Cours d'Analyse 2 - Semestre S2
Cours d'Analyse 2 - Semestre S2
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Faculté des Sciences Aïn Chock كلية العلوم عين الشق
________________________________________________________________________________________
_
Filière : SMPC
Module : Analyse 2
Semestre S2
Cours d’analyse II
Réalisé par:
________________________________________________________________________________________
____
المغرب20100 المعاريف الدار البيضاء5366 ب. ص- طريق الجديدة8 كلم- كلية العلوم عين الشق
Faculté des Sciences Aïn Chock - Km 8 Route d’El Jadida - B.P 5366 Mâarif Casablanca 20100 Maroc
Tel.: 0522 23 06 80 Fax: 0522 23 06 74. [Link]
UNIVERSITÉ HASSAN II
FACULTE DES SCIENCES
AIN CHOCK CASABLANCA
DEPARTEMENT DE MATHEMATIQUES
ET INFORMATIQUE
*******************************************************
Cours d’analyse 2
**********************
Semestre S2
Analyse 2
************************************************
************************************************
Réalisé par :
Prof. Radouan Daher.
Prof. Mohamed El Hamma.
2020/2021
Table des matières
1 Calcul Intégral 3
1.1 Primitive d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Calcul des intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Téchniques d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.1 Intégration par partie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.2 Changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Intégrale d’une fraction rationnelle : PQ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.5 Intégrale dépendant d’un paramètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2 Intégrales Généralisées 13
2.1 Définition des intégrales
R +∞ généralisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2 Intégrale de type a f (x)dx . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.3 Convergence absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3 Equations différentielles 18
3.1 Equations différentielles d’ordre 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.2 Equations différentielles linéaire d’ordre 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.3 Equation différentielle du second ordre à coefficients constants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2
TABLE DES MATIÈRES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
7 Intégrales doubles 51
7.1 Intégrale double d’une fonction continue bornée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
7.2 Théorème de Fubini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
7.3 Changement de variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3
Chapitre 1
Calcul Intégral
Remarque :
Si F est une fonction primitive de f , alors F + c (avec c est une constante dans R) est une fonction primitive de
f , c’est-à-dire les fonctions primitives d’une fonction différent que d’une constante.
Fonction Primitive
u′ + v ′ u+v
ku′ ku
u′ v + uv ′ uv
1
u′ ur r+1 u r+1 , (r 6= −1)
u′
u ln |u|, (u 6= 0)
u′ v−uv′ u
v2 v
u′ eu eu
u′ (v) × v ′ u(v)
4
1.2. CALCUL DES INTÉGRALES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Exemples
R6√
1. Calculons l’intégrale I = 2 2 + tdt.
√
On pose f (t) = 2 + t pour tout t ∈] − 2, +∞[. Donc f (t) = v ′ (t)(v(t))1/2 avec v ′ (t) = 1 et v(t) = 2 + t. La
fonction primitive de f est donnée par
2
F (t) = (2 + t)3/2 .
3
Alors
Z 6√
I = 2 + tdt
2
6
2 3/2
= (2 + t)
3 2
2 3/2 2 3/2
= 8 − 4
3 3
16 √
= (2 2 − 1)
3
R ln 2 et
2. Calculons J = 0 et +1 dt. Donc
ln 2
et
Z
J = dt
0 et + 1
Z ln 2 t
(e + 1)′
= dt
0 et + 1
ln 2
= ln(et + 1) 0
= ln(eln 2 + 1) − ln(e0 + 1)
= ln 3 − ln 2
3
= ln( ).
2
Propriétés 1.2.2 Soient f : [a, b] → R et g : [a, b] → R deux fonctions intégrables sur [a, b] et k ∈ R alors on a les
propriétés suivantes
Rb Rb
1. a kf (x)dx = k a f (x)dx,
Rb Rb Rb
2. a (f (x) + g(x))dx = a f (x)dx + a g(x)dx,
Rb
3. Si f ≥ 0, alors a f (x)dx ≥ 0,
Rb Rb
4. Si f ≥ g, alors a f (x)dx ≥ a g(x)dx,
R R
b b
5. a f (x)dx ≤ a |f (x)|dx,
5
1.2. CALCUL DES INTÉGRALES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Proposition 1.2.3 Soit f une fonction définie et continue sur [a, b], alors la fonction
Z x
F (x) = f (t)dt
a
est une primitive de f sur [a, b] telle que F (a) = 0.
Proposition 1.2.4 Soit f : I → R une fonction continue sur un intervalle I de R, et u, v deux fonctions définies de
J → I de classe C1 . On pose
Z v(x)
G(x) = f (t)dt.
u(x)
D’où le résultat.
La fonction f : t → ln(et
+ t) est continue sur R et les deux fonctions u : x → −x et v : x → 2x sont dérivables
sur R, donc F est dérivable et on a
Théorème 1.2.5 (Théorème de la moyenne) Soit f : [a, b] → R et g : [a, b] → R deux fonctions continues, avec
f (x) > 0 sur [a, b], alors il existe c ∈ [a, b] tel que
Z b Z b
f (t)g(t)dt = g(c) f (t)dt
a a
6
1.2. CALCUL DES INTÉGRALES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Preuve. Puisque g est une fonction continue sur [a, b] alors il existe m et M dans R tel que g([a, b]) = [m, M ] avec
m = min{g(x)/ x ∈ [a, b]} et M = max{g(x)/ x ∈ [a, b]}. Alors ∀t ∈ [a, b] on a m ≤ g(x) ≤ M , et par suite on obtient
Z b Z b Z b
m f (t)dt ≤ f (t)g(t)dt ≤ M f (t)dt,
a a a
car f (t) > 0.
Par conséquence on a
Rb
a f (t)g(t)dt
m≤ Rb ≤M
a f (t)dt
ce qui implique d’après le théorème des valeurs intérmidaires il existe c dans [a, b] tel que
Rb
a f (t)g(t)dt
g(c) = Rb .
a f (t)dt
D’où le résultat
corollaire 1.2.6 Soit f une fonction continue sur [a, b]. Alors il existe c ∈ [a, b] tel que
b
1
Z
f (c) = f (t)dt
b−a a
Définition 1.2.7 Soit f une fonction continue sur [a, b]. La valeur moyenne de la fonction f sur [a, b] est le nombre
réel suivant
b
1
Z
µ= f (t)dt
b−a a
Exemples
1. Calculons la valeur moyenne de la fonction f (x) = ln(x) sur [1, e].
On a
Z e
1
µ = f (t)dt
e−1 1
Z e
1
= ln(t)dt
e−1 1
1
= [t ln t − t]e1
e−1
1
=
e−1
2. Calculons la valeur moyenne de la fonction f (x) = cos(x) sin3 (x) sur [0, π4 ]
On a
Z π
1 4
µ = π f (x)dx
4 0
π
4
Z
4
= cos(x) sin3 (x)dx
π 0
π
4
Z
4
= sin′ (x) sin3 (x)dx
π 0
π
4 1 4
4
= sin (x)
π 4 0
7
1.3. TÉCHNIQUES D’INTÉGRATION El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
√ !4
1 2
=
π 2
1
=
4π
F (a) = G(a) = 0.
De plus G′ (x)
= u′ (x)v(x) + u(x)v ′ (x) − u(x)v ′ (x)
= u′ (x)v(x) et F ′ (x) = u′ (x)v(x). Donc F (x) = G(x) + c (c est
une constante) et puisque G(a) = F (a) = 0 alors la constante c est nulle. D’où F (x) = G(x) pour tout x ∈ [a, b] en
particulier pour b.
Exemples
Re
1. Calculons l’intégrale I = 1 ln xdx. On fait une intégration par partie, on pose
′
u (x) = 1 et v(x) = ln x
u(x) = x ; v ′ (x) = x1
Alors
Z e
I = ln xdx
1
Z e
= [x ln x]e1 − dx
1
= e−e+1
= 1
R √3
2. Calculons l’intégrale J = 1 t arctan tdt. On fait une intégration par partie, on pose
(
u′ (t) = t et v(t) = arctan t
t2 1
u(t) = 2 ; v ′ (t) = 1+t2
Alors
√
Z 3
J = t arctan tdt
1
√3 Z √3
t2 t2
= arctan t − dt
2 1 1 2(t2 + 1)
Z √3
3π 1
= − 1− 2 dt
8 1 t +1
3π √ π
= − 3−1−
8 √ 12
5π 1 3
= + −
12 2 2
8
1.3. TÉCHNIQUES D’INTÉGRATION El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Z β
f (g(t))g′ (t)dt = [F (g(t))]βα
α
= F (g(β)) − F (g(α))
= F (b) − F (a)
Z b
= f (x)dx
a
D’où le résultat.
Exemples
R1√
1. Calculons I = 0 1 − t2 dt. On pose le changement de variable t = sin(u), donc dt = cos(u)du
t=0 alors u=0
t=1 alors u = π2
Z 1p
I = 1 − t2 dt
0
Z π q
2
= 1 − sin2 (u) cos(u)du
0
Z π
2
= cos2 (u)du
0
π
1 cos(2u)
Z
2
= ( + )du
0 2 2
1 π 1 π
= [u]02 + [sin(2u)]02
2 4
π
=
4
Re 1
2. Calculons l’intégrale J = √
e−2 t dt. On pose le changement de variable x = ln(t), donc dx = 1t dt et
3+ln(t)
t = e−2
alors x = −2
t=e alors x=1
e
1
Z
J = p dt
e−2 t 3 + ln(t)
e
(ln(t))′
Z
= p dt
e−2 3 + ln(t)
9
1.3. TÉCHNIQUES D’INTÉGRATION El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
1
1
Z
= dx √
−2 3+x
√ 1
= 2 3 + t −2
= 2.
Proposition 1.3.3 Soit f une fonction continue sur [−a, a] avec a > 0. Alors
Ra
1. −a f (t)dt = 0 si f est impaire,
Ra Ra
2. −a f (t)dt = 2 0 f (t)dt si f est paire,
3. Soit f une fonction continue sur R et périodique de période T , alors
Z α+T Z T
f (t)dt = f (t)dt, ∀α ∈ R.
α 0
Preuve. (Exercice)
Proposition 1.3.4 Soit f : [a, b] → R une fonction continue, alors les deux suites suivantes
n−1 n
b−aX b−a b−aX b−a
un = f (a + k ) et vn = f (a + k )
n n n n
k=0 k=1
Exemples
1. Calculer la limite de la suite suivante
√ √ √
1+ 2 + .... + n
Un = √ .
n n
En effet
√ √ √ !
1 1 + 2 + .... + n
un = √
n n
r r r !
1 1 2 n
= + + ..... +
n n n n
Donc
1√
2
Z
lim un = xdx = .
n→+∞ 0 3
n
P 1
2. Calculer la limite de la suite suivante un = n+k .
k=1
En effet
n
1X 1
un = k
.
n 1+ n
k=1
Donc
10
P
El Hamma,
1.4. INTÉGRALE D’UNE FRACTION RATIONNELLE : QDaher: Analyse 2 SMPC2
2
1
Z
lim un = dx
n→+∞ 1 x
= ln(2)
P
1.4 Intégrale d’une fraction rationnelle : Q
P = EQ + R
P (x) R(x)
Donc Q(x) = E(x) + Q(x) , avec deg R < deg Q
♣ Etape 2 :
R(x)
On fait la décomposition en éléments simples dans R[x] de Q(x) .
Exemples
R2
1. Calculons I = 1 xx−1
3 +4x dx.
x−1 x−1 a bx + c
3
= 2
= + 2
x + 4x x(x + 4) x x +4
On calcule a, b et c
x(x − 1) bx + c
2
= a+x 2
x(x + 4) x +4
−1
et on donne x = 0, on trouve a = 4 et on a
x−1 (a + b)x2 + cx + 4a
=
x(x2 + 4) x(x2 + 4)
ceci implique que a + b = 0, donc b = 41 . Et puis f (1) = 0 = a + b+c
5 =⇒ c = 1. Alors
2 Z 2
−1 x+4
Z
I = dx + 2
dx
1 4x 1 4(x + 4)
1
−1 2 1 1 2 2x 1 2
Z Z Z
2
= dx + dx + dx
4 1 x 8 1 x2 + 4 2 1 ( x2 )2 + 1
−1 1 2 1 h x i2
= [ln x]21 + ln(x2 + 4) 1 + arctan
4 8 2 2 1
1 1 π 1 1
= ln 2 − ln 5 + − arctan
4 8 8 2 2
R x4 +x2 +4
2. Calculons J = x3 +5x 2 +8x+4 dx.
x4 + x2 + 4 18x2 + 36x + 24
= x − 5 +
x3 + 5x2 + 8x + 4 x3 + 5x2 + 8x + 4
et x3 + 5x2 + 8x + 4 = (x + 1)(x + 2)2 .
11
ElÈTRE
1.5. INTÉGRALE DÉPENDANT D’UN PARAM Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
18x2 + 36x + 24 a b c
= + +
(x + 1)(x + 2)2 x + 1 x + 2 (x + 2)2
D’après le calcul, on trouve a = 6, b = 12 et c = −24. Donc
1 24
J = (x − 5)2 + 6 ln(|x + 1|) + 12 ln(|x + 2|) + + const
2 x+2
R1
Exemple Soit f : [0, 1] × R → R une fonction définie par f (t, x) = cos(tx), calculons l’intégrale K = 0 f (t, x)dt.
On a si x 6= 0, alors
1 1
1 sin x
Z
cos(tx)dt = sin(tx) =
0 x 0 x
R1
Si x = 0, alors on a 0 dt = 1
Donc
sin x
x si x 6= 0
K=
1 si x = 0
12
ElÈTRE
1.5. INTÉGRALE DÉPENDANT D’UN PARAM Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
SERIE 1
Exercice 1 : Calculer
R e−2 dt
R e4 1 R eπ cos(ln(x))
A= e−1 t ln2 (t) B = e3 t ln(t) dt C= 1 x dx
Rπ 1
Rπ 2
D = 04 1+sin(2x) dx E = 02 sin(2x)ecos (x) dx.
R √3 π
ex cos(x)dx.
R
Exercice 2 : Calculer A = 1 t arctan(t)dt B= 2
0
R1 √
Exercice 3 : Soit In = 0 xn 1 − xdx, ∀n ∈ N.
1. Calculer I0
2. Montrer que (2n + 5)In+1 = (2n + 2)In , ∀n ∈ N
Exercice 4 : Calculer
R 1 √x √
1. A = 0 x+1 dx (poser t = x)
Rπ
2. B = 04 ln(1 + tan(x))dx (poser x = π4 − t)
R1 1
Exercice 5 : Montrer que 0 x2 −x+1 dx = 32π√
3
t2
Exercice 6 : Soit f (t) = t+1 ∀t 6= −1
1. Décomposer f en éléments simples
R √2 t2
2. Calculer I = 1 t+1 dt
R ln(2) ex
3. Calculer J = 0 − x dx
1+e 2
n n−1
√ 1 1
P P
Exercice 7 : Calculer lim n2 +k
lim n n2 +k 2
.
n→+∞ k=1 n→+∞ k=0
13
Chapitre 2
Intégrales Généralisées
Exemples
R1
1. l’intégrale I = √ dt est convergente.
0 1−t2
En effet
x
dt
Z
√ = [arcsin(t)]x0 = arcsin(x)
0 1 − t2
π
Puisque lim arcsin x = 2, alors I converge et on a
x→1−
π
I= .
2
R1 dt
2. l’intégrale J = 0 1−t est divergente.
En effet
x
1
Z
dt = − ln(1 − x)
0 1−t
Puisque lim (− ln(x − 1)) = +∞, alors J diverge.
x→1−
R1
3. l’intégrale L = 0 t12 est divergente.
En effet
1
L = lim (−1 + ) = +∞
x→0 + t
Donc L diverge.
Théorème 2.1.2 Soient f et g deux fonctions définies sur [a, b[ telles que ∀x ∈ [a, b[,
0 ≤ f (x) ≤ g(x)
Alors on a
14
R +∞
2.2. INTÉGRALE DE TYPE A F (X)DX El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Rb Rb
1. Si a g(x)dx converge, alors a f (x)dx converge
Rb Rb
2. Si a f (x)dx diverge, alors a g(x)dx diverge
Rb dx
Théorème 2.1.3 I = a (b−x)α converge, si et seulement si α < 1
Rt dx
Preuve. Soit F (t) = a (b−x)α
1
(b − t)1−α − (b − a)1−α
1. Si α 6= 1, alors F (t) = α−1
corollaire 2.1.4 Soit f une fonction intégrable sur tout segment [a, t[ avec a ≤ t < b et
1
f (x) ∼
b− (b − x)α
Rb
Alors a f (x)dx converge si et seulement si α < 1
π
On pose x = 2 − t, donc
1 1 1
√ =√ ∼√ .
cos x sin t 0+ t
D’où
1 1
√ ∼ π
cos x π2 − ( 2 − x)1/2
1
Puisque α = 2 < 1, donc l’intégrale I converge
Rb Rb
Proposition 2.1.5 Soient f et g deux fonctions continues et positives sur [a, b[. Si f ∼ g, alors a f (x)dx et a g(x)dx
b−
sont de même nature
R +∞
2.2 Intégrale de type a f (x)dx
R +∞ Rx
Définition 2.2.1 On dit que l’intégrale I = a f (t)dt est convergente si et seulement si lim f (t)dt existe et
x→+∞ a
finie.
15
R +∞
2.2. INTÉGRALE DE TYPE A F (X)DX El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Exemple
R +∞
1. Soit l’intégrale généralisée I = 0 cos tdt.
On a
Z x
cos tdt = [sin t]x0 = sin x
0
R +∞
Or, on sait que sin x n’admet pas de limite lorsque x → +∞, donc l’intégrale généralisée 0 cos tdt est
divergente.
R +∞ 1
2. Soit l’intégrale généralisée J = 1 t2
dt.
On a
x
1 1
Z
2
dt = − + 1
1 t x
1
R +∞ 1
Or, on sait que lim 1 − x = 1, donc l’intégrale généralisée 1 t2
dt est convergente.
x→+∞
Théorème 2.2.2 Soient f et g deux fonctions sur [a, +∞[→ R intégrables sur tout segment [a, t], t ≥ a telles que
0 ≤ f (x) ≤ g(x)
Alors on a
R +∞ R +∞
1. Si a g(x)dx converge, alors a f (x)dx converge
R +∞ R +∞
2. Si a f (x)dx diverge, alors a g(x)dx diverge
Exemples
R +∞ 2
1. Etudier la convergence de l’intégrale I = 1 e−x dx.
On a
2
0 ≤ e−x ≤ e−x
Or,
Z +∞ Z t
−x
e dx = lim e−x dx
1 t→+∞ 1
R +∞
Théorème 2.2.4 Soient f et g deux fonctions continues et positives sur [a, +∞[ et f ∼ g. Alors a g(x)dx est de
+∞
R +∞
même nature que a f (x)dx
16
2.3. CONVERGENCE ABSOLUE El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
R +∞ 1
Exemple Etudier la nature de l’intégrale généralisée I = 1 ln(sh(xα )) dx.
1
On pose f (x) = ln(sh(xα )) est continue et positive sur [1, +∞[. De plus
ex
sh(x) ∼
+∞ 2
Donc
α
ex
sh(xα ) ∼
+∞ 2
D’où
ln(sh(xα )) ∼ xα − ln 2 ∼ xα
+∞ +∞
Par suite
1 1
α
∼ α
ln(sh(x )) +∞ x
R +∞ 1
Or, 1 xα dx converge si et seulement si α > 1 et alors
Z +∞
1
dx converge ⇐⇒ α > 1
1 ln(sh(xα ))
R +∞ sin x
Exemple On a 1 x2
dx
est absolument convergente, donc convergente car
sin x 1
∀x ∈ [1, +∞[; 2 ≤ 2
x x
R +∞ 1 R +∞ sin x
Or, on sait que 1 x2 dx converge, donc 1 x2 dx est absolument convergente.
Remarque La réciproque est fausse.
Proposition 2.3.3 (Critère d’Abel) Soit f une fonction continue positive et décroissante sur [a, +∞[, tel que lim f (x) =
x→+∞
R +∞ R +∞
0. Alors a cos(kt)f (t)dt et a sin(kt)f (t)dt convergent pour tout k 6= 0
R +∞ sin t
Exemple Soit l’intégrale I = 1 t dt. On pose la fonction f (t) = 1t est continue positive et décroissante sur
+∞ sin t
[1, +∞[, de plus lim 1t = 0. Donc l’intégrale généralisée 1
R
t→+∞ t dt est convergente.
17
2.3. CONVERGENCE ABSOLUE El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
SERIE 2
Exercice 1 : Déterminer la nature des intégrales suivantes
R +∞ 1−cos x R +∞ x2 R0 dx
A= 1 x2 dx ; B= 0 17 dx ; C = −1 x(x+2)
x 5 +1
R +∞ √ Rπ R1
D = 0 (x + 2 − x2 + 4x + 1)dx ; E = 02 (tan(x))a dx, a ∈ R F = 0 sin 1
√
t
dt ;
R1 e−t
G = 0 √t3 −2t 2 +t
dt.
Exercice 2 :
R +∞ x2
1. Montrer que I = 0 (1+x2 )2 dx converge.
2. En faisant le changement de variable x = tan(θ). Calculer I.
Exercice 3 :
R +∞ 4x
1. Montrer que A = 2 x4 −1 dx converge.
4x
2. f (x) = x4 −1 . Décomposer en éléments simples f (x).
3. Calculer A.
Exercice 4 :
Etudier la nature de l’intégrale généralisée suivante
1
1
Z
A= √
3
dx
0 x2 − x3
Exercice 5 : R +∞ α−1
Discutez suivant les valeurs de réel α la nature de l’intégrale I(α) = 0 √x dx.
x+x3
18
Chapitre 3
Equations différentielles
Dans ce chapitre, on donnera des méthodes pour trouver l’ensemble de toutes les solutions à une certaine classe
d’équations différentielles.
y ′ = f (x, y) (E)
avec x une variable réelle et y la fonction inconnue, y ′ sa dérivée par rapport à x et f (x, y) une fonction donnée par
deux variables.
Exemples
1. xy ′ − x2 y 2 + 3x = 0 est une équation différentielle d’ordre 1.
2. (4 + x)y ′ = 1 + y est une équation différentielle d’ordre 1.
3. (2x + x2 )y ′ + 5xy = 0 est une équation différentielle d’ordre 1.
Résolution :
Résoudre ou intégrer l’équation (E), c’est trouver toutes les solutions y = g(x) qui vérifient l’équation suivante
Définition 3.1.2 On appelle équation à variables séparées toute équation différentielle d’ordre 1 de la forme
f (x)
y′ =
φ(y)
On a
dy f (x)
=
dx φ(y)
D’où
19
El Hamma,
3.1. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES D’ORDRE 1 Daher: Analyse 2 SMPC2
(1 + x2 )y ′ + 3xy = 0
Si y = 0 est une solution évidente.
Si y 6= 0, alors
−3x dy −3x
y′ = 2
y ⇐⇒ = y
1+x dx 1 + x2
Donc
dy −3x
= dx
y 1 + x2
D’où
3
ln(|y|) = − ln(1 + x2 ) + c
2
Par suite
1
|y| = ec √
(1 + x2 ) 1 + x2
Donc
λ
y= √ , λ∈R
(1 + x2 ) 1 + x2
Définition 3.1.3 On appelle équation différentielle homogéne d’ordre 1 une équation différentielle de la forme
y
y′ = f (H)
x
Résolution :
y
On pose x = t d’où y = xt donc
dy dt
=t+x
dx dx
alors
y ′ = t + xt′
Donc (H) sera équivalente à
1
t + xt′ = f (t) ⇐⇒ t′ = (f (t) − t)
x
qu’est une équation à variable séparée.
2x2 y ′ − y 2 = 4xy
On a
2x2 y ′ = 4xy + y 2
Donc
20
El Hamma,
3.2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRE Daher:
D’ORDRE 1 Analyse 2 SMPC2
4xy + y 2
y′ =
2x2
D’où
1 y 2 y
y′ =
( ) + 2( )
2 x x
Donc il s’agit d’une équation homogéne. Alors on pose t = xy ⇐⇒ y = xt.
Par conséquent
y ′ = t + xt′
1 2
t + xt′ = t + 2t
2
1 2
xt′ = t +t
2
dt t2 + 2t
x =
dx 2
2dt dx
=
t2 + 2t x
2dt dx
=
t(t + 2) x
Donc
dt dt
Z
− = ln(|x|) + c
t t+2
t
ln = ln(|x|) + c
t + 2
t
= kx
t+2
2kx
t =
1 − kx
D’où
2kx2
y= , k ∈ R.
1 − kx
Résolution :
b(x)
a(x)y ′ + b(x)y = 0 ⇐⇒ y ′ = − y
a(x)
qui est une équation à variable séparée, et on sait la résoudre.
21
El Hamma,
3.2. EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRE Daher:
D’ORDRE 1 Analyse 2 SMPC2
xy ′ − y = 0
Donc
y′ 1
=
y x
dy dx
=
y x
ln(|y|) = ln(|x|) + c
|y| = ec |x|
Donc
y0 = kx, k ∈ R
a(x)(y − yp )′ + b(x)(y − yp ) = 0
Recherche de yp
Méthode de la variation de la constante
Soit u0 une solution de l’équation sans second membre. On pose yp = h(x)u0 avec h(x) est une fonction a chercher.
Donc yp′ = h′ (x)u0 + h(x)u′0 puis on remplace dans l’équation (L) et on aura
c(x)
h′ (x) = .
a(x)u0 (x)
22
3.3. EQUATION DIFFÉRENTIELLE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS
CONSTANTS El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
xy ′ − y = 0
Donc
dy dx
=
y x
y = kx, k∈R
On va chercher une solution particulière yp = h(x)u0 avec u0 (x) = x, donc yp′ = h′ (x)u0 + h(x)u′0 , d’où
x
x(h′ u0 + hu′0 ) − hu0 =
x2 −1
Ceci implique
x
x2 h′ (x) =
x2 −1
alors
1 −1 1 1
h′ (x) = = + +
x(x − 1)(x + 1) x 2(x − 1) 2(x + 1)
Donc
1
h(x) = − ln(|x|) + ln(|x2 − 1|)
2
Alors la solution est
1
y = kx + x(− ln(|x|) + ln(|x2 − 1|)) avec k ∈ R
2
ay ′′ + by ′ + cy = f (x)
avec a, b, c des constantes réelles et f une fonction continue sur un intervalle I.
Résolution :
ay ′′ + by ′ + cy = 0
Pour résoudre cette équation, on remarque d’abord que l’ensemble des solutions est un espace vectoriel de di-
mension 2 et pour chercher sa base on a besoin de l’équation caractéristique ar 2 + br + c = 0. Il y a trois cas
possibles
1. ∆ = b2 − 4ac > 0 dans ce cas nous avons deux racines réelles r1 6= r2 , alors les solutions de l’équation
ay ′′ + by ′ + cy = 0 sont de la forme
23
3.3. EQUATION DIFFÉRENTIELLE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS
CONSTANTS El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
2. ∆ = b2 − 4ac = 0 dans ce cas l’équation caractéristique admet une seule solution double r et donc les solutions
de l’équation sans second membre sont données par la formule suivante
y = (λx + µ)erx ,
avec λ, µ deux réelles quelconques.
3. ∆ = b2 − 4ac < 0 dans ce cas nous avons deux racines complexes distincts z1 6= z2 avec z1 = α+ iβ et z2 = α− iβ
et dans ce cas les solutions de l’équation sans second membre sont données par la formule suivante
y = [A cos(βx) + B sin(βx)]eαx ,
avec A et B deux réelles
Rechereche d’une solution particulière
ay ′′ + by ′ + cy = eαx Pn (x)
avec α un réel et Pn un polynôme de degré n.
y ′′ − 3y ′ − 4y = 6e2x
On commence par résoudre l’équation caractéristique suivante
r 2 − 3r − 4 = 0
on trouve r1 = 4 et r2 = −1 et donc la solution de l’équation sans second membre est
24
3.3. EQUATION DIFFÉRENTIELLE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS
CONSTANTS El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
y ′′ − 3y ′ − 4y = −8ex cos(2x)
L’équation caractéristique : r 2 − 3r − 4 = 0, donc r1 = −1 et r2 = 4. La solution sans second membre est
yp = ex (A cos(2x) + B sin(2x))
3 −5
on calcule yp′ et yp′′ puis on remplace dans l’équation différentielle, on trouve A = 17 et B = 17 .
Donc
4x −x x 3 −5
y = λe + µe + e cos(2x) + sin(2x)
17 17
ay ′′ + by ′ + cy = f1 + f2 (F )
où f1 et f2 deux fonctions.
Pour chercher une solution particulière de (F), on cherche une solution particulière y1 de ay ′′ + by ′ + cy = f1 et
une solution particulière y2 de ay ′′ + by ′ + cy = f2 , alors yp = y1 + y2 sera une solution particulière de (F).
y ′′ + y ′ − 2y = ex + e−2x
L’équation caractéristique r 2 + r − 2 = 0, donc r1 = −2 et r2 = 1. La solution de l’équation sans second membre
est
Pour la première équation y1 = Axex et y1′ = (Ax + A)ex et y1′′ = (Ax + 2A)ex puis on remplace dans l’équation
on trouve A = 13 . Pour l’autre équation y2 = Bxe−2x , on a y2′ = (−2Bx + B)e−2x et y2′′ = (4Bx − 4B)e−2x , donc
B = −13 . Par suite
25
3.3. EQUATION DIFFÉRENTIELLE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS
CONSTANTS El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
1 1
yp = xex − e−2x
3 3
Donc la solution générale de l’équation (F) est
1 1
y = λex + µe−2x + xex − e−2x .
3 3
26
3.3. EQUATION DIFFÉRENTIELLE DU SECOND ORDRE À COEFFICIENTS
CONSTANTS El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
SERIE 3
Exercice 1 :
Intégrer les équations différentielles suivantes
1
1. y ′ = cos2 (y) 5e−2x + (2x+3) 2 .
y ′′ − 4y ′ + 3y = 6x + 1 + 4ex + 7e−x
Exercice 5 :
x
Intégrer l’équation différentielle suivante : y ′′ − 2y ′ + y = sh2
2 .
Exercice 6 :
x−1 −x
Intégrer l’équation différentielle suivante : y ′′ + 3y ′ + 2y = x2 e .
27
Chapitre 4
4.1 Généralités
Définition 4.1.1 Soit (un ) une suite de nombres réels, on pose une nouvelle suite (Sn )n définie par
S0 = u0 , S1 = u0 + u1 , S2 = u0 + u1 + u2 , Sn = u0 + u1 + ... + un .
La suite (Sn )) est appelée la suite des sommes partielles. On appelle série numérique une somme infinie de type :
u0 + u1 + ... + un + ...., où un est appelée le terme général de la série.
P +∞
P
Notation : Une série de terme général un est notée un ou un .
n≥0 n=0
Exemples
+∞
P n
1. 2n
n=0
+∞
1
P
2. sin n2
n=0
4.2 Convergence
Définition 4.2.1 Une série de terme général un est dite convergente si la suite des sommes partielles (Sn )n est
convergente. Dans ce cas, la limite de la suite (Sn )n appelée somme de la série et on note
+∞
X
lim Sn = un .
n→+∞
n=0
Exemples
+∞
P
1. Si un = 1 ∀n ∈ N. Alors la série un diverge car la suite Sn = n + 1 est divergente.
n=0
28
4.2. CONVERGENCE El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
2. La série géométrique : une série géométrique est une série dont le terme général est de la forme un = an ; a 6= 0.
Pour ce type de série, le calcul de la somme partielle est donnée par la formule suivante
Sn = u0 + u1 + .... + un
= 1 + a + a2 + .....an
1 − an+1
=
1−a
Donc
(
1−an+1
1−a si a 6= 1
Sn =
n+1 si a = 1
On remarque que lim Sn existe si et seulement si |a| < 1. Dans ce cas la série géométrique converge et on a
n→+∞
+∞
X 1
an =
n=0
1−a
1
3. Soit la série de terme général un = n(n+1) avec n ≥ 1 on a
1 1
un = −
n n+1
1
Donc Sn = 1 − n+1 , d’où lim Sn = 1. Par suite la série est convergente.
n→+∞
1
4. Série harmonique. C’est la série dont le terme
général
est de la forme un = n où n ∈ N∗ . Pour n assez grand on
ln(n)
a ln(n) ≥ ln(2). Alors, si on note m = E ln(2) , on obtient
ln(n)
m≤ <m+1
ln(2)
et donc m ln(2) ≤ ln(n). Par suite
2m ≤ n
Alors
n 2 m
X 1 X1
Sn = ≥
k k
k=1 k=1
Or
2m
X 1 1 1 1 1 1 1 1
= 1+ + + + + ... + + ... + + .... + m
k 2 3 4 5 8 2m−1 + 1 2
k=1
1 1 1 1
≥ 1+ + 2. + 4 + .... + 2m−1 m
2 4 8 2
m
= 1+ → +∞
2
Par conséquent Sn ≥ 1 + m
P1
2 . Il en résulte donc que la série n diverge
29
El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
4.3. OPÉRATIONS SIMPLES SUR LA CONVERGENCE
Remarque Dans le cas complexe : Si le terme général un est complexe un = an + ibn , la somme partielle est
n
X n
X n
X
Sn = u0 + u1 + u2 + .... + un = (ak + ibk ) = ak + i bk .
k=0 k=0 k=0
Alors on a les deux conditions suivantes sont équivalentes
+∞
P
1. un converge
n=0
+∞
P +∞
P
2. an et bn convergent en même temps.
n=0 n=0
+∞
P
Proposition 4.2.2 Soit un une série convergente alors lim un = 0.
n=0 n→+∞
+∞
1
P
Exemple Soit la série sin 7n . On a
n=0
1 1
0 ≤ sin
n
≤ n
7 7
+∞ +∞
1 1
P P
et donc 7n est une série géométrique converge, alors la série sin 7n est convergente.
n=0 n=0
30
4.4. SÉRIES À TERMES POSITIFS El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
+∞ +∞
P P 1 4n2 +5 un
Exemple Soient les séries un et vn tels que un = n et vn = , on a lim = 1. La première série
n=1 n=1
4n3 +2n n→+∞ vn
étant la série harmonique qui est divergente, donc il en est de même de la seconde.
Exemples
Rt Rt
1. Considèrons la fonction f : [1, +∞[→ R+ définie par f (x) = x1 , or 1
1 x dx = ln t et lim 1
dx = +∞. Donc la
t→+∞ 1 x
+∞
P 1
série n diverge.
n=1
1
2. Soit la fonction f : [1, +∞[→ R+ définie par f (x) = x(x+1) , f est continue, décroissante et positive. On a
Rt Rt +∞
t 1 P 1
1 f (x)dx = ln t+1 − ln( 2 ), et comme lim 1 f (x)dx = ln 2. Donc la série n(n+n) est alors convergente.
t→+∞ n=1
Remarque Les séries de Riemann sont donc des séries à termes positifs.
P 1
Proposition 4.4.7 Une série de Riemann nα converge si et seulement si α > 1.
Exemples
+∞
√1 1
P
1. La série n
est divergente car α = 2 < 1.
n=1
+∞
P 1
2. La série n3
est convergente car α = 3 > 1.
n=1
lim un+1
P
corollaire 4.4.9 Soit un une série à termes strictement positifs, posons = l. Alors
n→+∞ un
P
1. Si l < 1, alors un converge
P
2. Si l > 1, alors un diverge
3. Si l = 1, on ne peut rien conclure.
31
El Hamma,
4.5. CRITÈRE DE CONVERGENCE DES SÉRIES ALTERNDaher:
ÉES Analyse 2 SMPC2
1
Exemple Soit la série de terme général un = n! . On a
un+1 n! 1
lim = lim = lim = 0 < 1.
n→+∞ un n→+∞ (n + 1)! n→+∞ n+1
+∞
P 1
Donc la série n! est convergente.
n=0
P Une
Définition 4.5.1
n
série alternée est une série dont les termes sont alternativement positifs et négatifs. On écrit
sous la forme (−1) un avec un ≥ 0 ∀n ∈ N
n
P
Théorème 4.5.2 Soit (−1) P un une série alternée, si la suite un est décroissante ( à partir d’un certain rang) et
lim un = 0. Alors la série (−1)n un est convergente.
n→+∞
+∞ n
P (−1) √1
Exemple La série √
n
converge car un = n
est décroissante et lim un = 0.
n=1 n→+∞
32
El Hamma,
4.5. CRITÈRE DE CONVERGENCE DES SÉRIES ALTERNDaher:
ÉES Analyse 2 SMPC2
SERIE 4
Exercice 1 :
Donner la nature des séries numériques suivantes
+∞ +∞ +∞
P 1 P 1 P cos(nπ)
n(n+1)(2n+1) n−1 sin 1+ n2
n=1 n=2 n=1
+∞ +∞
P (−1)n P n!
n+en n2+n .
n=0 n=1
Exercice 2 : Etudier la nature des séries numériques suivantes dont les termes généraux sont
n n
n2
1
un = √ un = an! avec a > 0 un = nn! un = n+1 n
.
n(n+1)(n+2)
Exercice 3 :
Soient α > 0 et la suite numérique un définie par
(−1)n
un =
αn + 1
1. Montrer que la série numérique de terme général un est convergente et que
+∞ 1
1
X Z
un = dt.
0 1 + tα
n=0
+∞ +∞
P (−1)n P (−1)n
2. En déduire n+1 et 2n+1 .
n=0 n=0
Exercice 4 :
+∞
P
Soit un une série à termes positifs, convergente.
n=1
P √un
+∞
Montrer que la série n est convergente.
n=1
Exercice 5 :
+∞
P (−1)n
Soit la série n+(−1)n
n=2
1. Expliquer pourquoi le critère des séries alternées ne s’applique pas
(−1)n (−1)n
2. Calculer n+(−1)n − n , et en déduire la nature de la série proposée.
33
Chapitre 5
Exemples
nx +
1. fn (x) = 1+nx avec I = R
2n x
2. fn (x) = 1+n2n x2
avec I = [0, 1]
Définition 5.1.2 1. On dit que la suite de fonctions (fn )n converge simplement sur I vers la fonction f , si pour
tout x ∈ I, la suite numérique (fn (x))n converge vers f (x).
2. On dit que la suite de fonctions (fn )n converge uniformément sur I vers la fonction f si
Proposition 5.1.3 Si la suite de fonctions (fn )n converge uniformément vers f alors (fn )n converge simplement
vers f .
Remarque Pour montrer que fn → f converge uniformément, on majore |fn (x) − f (x)| par une quantité un
indépendante de x telle que un → 0.
nx 5
Exemple Soit fn (x) = 1+nx 4.
Pour x = 0 on a fn (0) = 0
Si x 6= 0 on a lim fn (x) = x. Alors la suite de fonctions (fn ) converge simplement sur R vers la fonction f (x) = x.
n→+∞
Si |x| ≤ √1 , on a
n
−x
|fn (x) − x| =
≤ |x|
1 + nx4
Alors
1
|fn (x) − x| ≤ √
n
nx4 |x| 1 √1
Puisque 1+nx4 ≤ 1 alors 1+nx4 ≤ n|x3 | . Il s’ensuit alors que si |x| ≥ n
on a
|x| 1 1 1
|fn (x) − x| = 4
≤ 3
≤ 2√ ≤ √
1 + nx n|x | n n n
34
5.2. SÉRIES DE FONCTIONS El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Par suite
Alors, la suite de fonctions (fn )n converge aussi uniformément sur R vers la fonction f (x) = x.
Théorème 5.1.4 La limite uniforme, d’une suite de fonctions continues sur I, est continue.
Théorème 5.1.5 Soit fn : [a, b] → R. On suppose que fn → f uniformément sur [a, b].
1. Si les fn sont intégrables alors f est intégrable et
Z b Z b
lim fn (x)dx = f (x)dx.
n→+∞ a a
Rx Rx
2. On définit Fn (x) = a fn (t)dt et F (x) = a f (t)dt. Alors Fn → F uniformément sur [a, b]
Remarque Le théorème précédent n’est plus vrai si I n’est pas un intervalle fermé bornée.
⇐⇒ Rn (x) → 0 uniformément.
P P
5. La série fn converge absolument sur I si la série |fn | converge simplement sur I.
P
Définition 5.2.2 Une série de fonctions fn converge normalement sur I si et seulement si il existe une suite (vn ),
vn ≥ 0 telle que
P
1. vn converge
2. ∀n, ∀x ∈ I, on ait |fn (x)| ≤ vn .
35
5.3. SÉRIES ENTIÈRES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
e−nx
Exemple Soit fn (x) = n2 +1
avec I = R+ .
On a −nx
e 1 1
n2 + 1 ≤ n2 + 1 ≤ n2
+∞ +∞
P 1 P
Puisque la série n2
converge, alors la série fn converge normalement.
n=1 n=1
P P
Proposition 5.2.3 Si la série
P fn converge normalement, alors la série fn converge uniformément, et donc
fn converge simplement.
+∞
P e−nx
Exemple La série n2 +1 est convergente uniformément.
n=1
P P
Théorème 5.2.4 Soit fn une série de fonctions définies sur I = [a, b]. On suppose que fn converge uni-
n n
formément sur I vers F et que les fn sont continues. Alors
P
1. La fonction F = fn est continue
n
P R b
2. La série a f n (t)dt converge et on a
n
!
Z b X X Z b
fn (t) dt = fn (t)dt
a n n a
36
5.3. SÉRIES ENTIÈRES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
+∞
xn n
Posons fn (x) = xn! et appliquons le critère D’Alembert,
P
Exemple Soit la série n! .
n=0
fn+1 (x) x
lim = lim =0
n→+∞ fn (x) n→+∞ n + 1
Exemples
+∞
xn est de rayon de convergence R = 1, et elle diverge pour tout x ∈ R tel que |x| = 1.
P
1. La série
n=0
P xn
2. La série n2
est de rayon de convergence R = 1
n≥1
an+1
Proposition 5.3.3 ( Règle D’Alembert) Si lim an = l ∈ [0, +∞], alors le rayon de convergence de la série
n→+∞
an xn est
P
entière
n
1
R=
l
1 1
avec les conventions 0 = +∞ et +∞ = 0.
+∞
P xn 1
Exemple Soit la série n! . On a an = n! ,
utilisons le critère de D’Alembert :
n=0
an+1 1
lim = lim =0
n→+∞ an n→+∞ n + 1
donc le rayon de convergence est R = +∞. La série est absolument convergente pour tout x ∈ R.
+∞
an xn de rayon de convergence R, f est indéfiniment dérivable, et
P
corollaire 5.3.6 Soit la série entière f (x) =
n=0
l’on a
+∞ (n)
X f (0)
∀x ∈] − R, R[, f (x) = xn .
n!
n=0
37
5.4. SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
an xn de
P
Définition 5.3.8 On dit qu’une fonction f est développable en série entière s’il existe une série entière
n
rayon de convergence R tel que
X
f (x) = an xn , x ∈ I ⊂] − R, R[
n
f (n) (0)
an =
n!
an xn , alors
P
Proposition 5.3.9 Si f est développable en série entière avec f (x) =
n
1. Si f est paire, alors a2p+1 = 0
2. Si f est impaire, alors a2p = 0
Exemples
+∞
xn
1. ex =
P
n! , R = +∞
n=0
+∞
1
xn , R = 1
P
2. 1−x =
n=0
P xn
3. ln(1 − x) = n , R=1
n=1
+∞
P x2n
4. cosh x = (2n)! , R = +∞
n=0
+∞
P x2n+1
5. sinh x = (2n+1)! , R = +∞
n=0
+∞
P (−1)n 2n+1
6. sin x = (2n+1)! x , R = +∞
n=0
+∞
P (−1)n 2n
7. cos x = (2n)! x , R = +∞
n=0
Le problème est de détrminer l’ensemble ∆ tel que la série (5.1) soit convergente pour tout x ∈ ∆.
38
5.4. SÉRIES TRIGONOMÉTRIQUES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
+∞ +∞ +∞
1 1
cos(2nx) + n13 sin(2nx). Puisque les séries 1 1
P P P
Exemple Soit la série 2 + (n+1)2 (n+1)2 et n3 sont absolument
n=1 n=1 n=1
convergentes, alors cette série est normalement convergente.
Proposition 5.4.3 Si les suites numériques (an ) et (bn ) sont décroissantes et tendent vers 0, alors la série trigo-
nométrique (5.1) est convergente pour x 6= 2kπ
w où k ∈ Z
Calcul des coefficients de la série trigonométrique : Mettons nous dans les conditions de convergence uniforme
de la série trigonométrique (5.1) et posons
+∞
a0 X
f (x) = + an cos(nwx) + bn sin(nwx).
2 n=1
Représentation complexe d’une série trigonomt́rique D’après les relations d’Euler, on trouve
+∞
a0 X X
+ an cos(nwx) + bn sin(nwx) = Cn einwx
2
n=1 n∈Z
avec
an − ibn an + ibn a0
Cn = , C−n = Cn = et C0 =
2 2 2
39
5.5. SÉRIES DE FOURIER El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Lemme 5.5.1 Soit f une fonction périodique de période T > 0 et intégrable dans l’intervalle [0, T ]. Alors pour tout
α ∈ R, on a
Z T Z α+T
f (t)dt = f (t)dt
0 α
Définition 5.5.3 Une fonction f admet une discontinuité de première espèce en un point x0 si les limites à droite
et à gauche de x0 existent. (Celles-ci ne sont pas forcément égales sauf en cas de continuité).
Théorème 5.5.4 (Dirichlet) Soit f : R → R une fonction périodique de période 2π satisfaisant aux conditions
suivantes.
1. Les discontinuités de f sont de première espèce et sont en nombre fini dans tout intervalle fini.
2. f admet en tout point une dérivée à droite et une dérivée à gauche.
Alors la série de Fourier associée à f et convergente et on a
+∞
(
a0 X f (x) si f est continue en x
+ an cos(nx) + bn sin(nx) = f (x+ )+f (x− )
2 n=1 2 si f est discontinue en x
De plus la convergence est uniforme sur tout intervalle où la fonction f est continue. Les notations f (x+ ) et f (x− )
respectivement les limites à droite et à gauche de f au point x.
bn = 0, ∀n ∈ N
40
5.5. SÉRIES DE FOURIER El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
an = 0, ∀n ∈ N
et
π
2
Z
bn = f (x) sin(nx)dx
π 0
f (x) = x
Rπ 2(−1)n+1
f est une fonction impaire donc a0 = an = 0 et bn = π2 0 x sin(nx)dx = n et par suite
+∞
X (−1)n+1
f (x) = 2 sin(nx).
n=1
n
Egalité de Parseval
2π
Théorème 5.5.6 Soit f une fonction développable en série de Fourier et de période T = w > 0, alors on a pour α
réel qualconque
+∞ α+ 2π
a20 X 2 w
Z
w X
+ an + b2n = f 2 (x)dx = 2 |Cn |2
2 π α
n=1 n∈Z
Remarque
1. Si f est de période 2π, on a
+∞ 2π π
a20 X 2 1 1
Z Z
+ an + b2n = 2
f (x)dx = f 2 (x)dx
2 π 0 π −π
n=1
+∞
a20 2
Rπ
2. (a) f fonction paire =⇒ f 2 fonction paire =⇒ a2n = f 2 (x)dx
P
2 + π 0
n=1
+∞ Rπ
2
(b) f fonction impaire =⇒ f 2 fonction paire =⇒
P 2
bn = π 0 f 2 (x)dx
n=1
41
5.5. SÉRIES DE FOURIER El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Donc
+∞
X (−1)n π
=
n=0
2n + 1 4
42
5.5. SÉRIES DE FOURIER El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
SERIE 5
Exercice 1 :
ne−x +x2
1. Etudier la convergence uniforme de la suite de fonctions définie sur [0, 1] par fn (x) = n+x , n ≥ 1.
2. On pose fn (x) = e−nx sin(nx). Etudier la convergence uniforme de la suite de fonctions (fn ) sur [a, +∞[ avec
a > 0.
3. Etudier la convergence uniforme de la suite de fonctions définie sur [0, 1] par fn (x) = xn .
fn avec fn (x) = sin(nx)
P
Exercice 2 : On considère la série n3
.
n≥1
X (2n)! +∞ +∞
X 1 n X 2
n
xn x e−n xn .
n!n n!
n≥1 n=0 n=0
43
Chapitre 6
Définition 6.1.1 Une fonction à deux variables est un objet qui à tout couples de nombres réels (x, y) associe au
plus un nombre réel. Si f est une fonction, on note
f : R×R →R
Si f associe un nombre à (x, y), on note f (x, y) ce nombre. On dit que f (x, y) est la valeur de f en (x, y).
Exemples
1. Soit f : R × R → R une fonction définie par
f (x, y) = exy
f (x, y) = x2 − y
Définition 6.1.2 Une fonction à 3 variables est un objet qui à tout triplet de nombres réels (x, y, z) associe au plus
un nombre réel. Si f est une fonction, on note
f :R×R×R→R
Si f associe un nombre à (x, y, z), on note f (x, y, z) ce nombre. On dit que f (x, y, z) est la valeur de f en (x, y, z).
Exemples
1. Soit f : R × R × R → R une fonction définie par
f (x, y, z) = x + y + z − 6
x2 + z
f (x, y, z) =
y
Définition 6.1.3 Soit f une fonction à 2 variables (resp. à 3 variables). On appelle ensemble de définition de f et
on note Df l’ensemble des points (x, y) (resp. (x, y, z)) tels que f (x, y) existe (resp. f (x, y, z) existe).
44
6.2. LIMITE ET CONTINUITÉ El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Exemples
1. Soit f (x, y, z) = x + y + z. Alors
Df = R × R × R
2. Soit la fonction f (x, y) = xy . Alors
Df = R × R∗
p
3. Soit f (x, y) = 1 − x2 − y 2 . Alors
Df = {(x, y) ∈ R2 / 1 − x2 − y 2 ≥ 0}
Donc
Df = {(x, y) ∈ R2 / x2 + y 2 ≤ 1}
Remarque Les théorèmes sur les sommes et produits de limites sont utilisables de la même façon que sur R.
Exemples
1. Soit f une fonction définie par
f (x, y) = x + y + 2
on a Df = R × R et lim f (x, y) = 4.
(x,y)→(1,1)
2. Soit f une fonction définie par
1
f (x, y) =
x+y
on a Df = {(x, y) ∈ R2 / x + y 6= 0}, donc lim f (x, y) = +∞ dans P1 = {(x, y) ∈ R2 / x > 0 et y > 0}
(x,y)→(0,0)
Exemple
(
(x+y)2
x2 +y 2 si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) =
0 si (x, y) = (0, 0)
f est continue sur R × R − {(0, 0)} car c’est la composée de fonctions continues.
Problème en (0, 0).
Si x = y on a f (x, x) = 2 et donc lim f (x, x) = 2.
(x,x)→(0,0)
Si x = 0 on a f (0, y) = 1 et donc lim f (0, y) = 1.
(0,y)→(0,0)
Donc f n’est pas continue en (0, 0).
45
6.3. DÉRIVÉES PARTIELLES PREMIÈRES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Soit (x0 , y0 ) ∈ A. Les dérivées partielles de f en (x0 , y0 ) sont les dérivées des fonctions partielles
∂f f (x0 + h, y0 ) − f (x0 , y0 )
(x0 , y0 ) = lim
∂x h→0 h
et
∂f f (x0 , y0 + h) − f (x0 , y0 )
(x0 , y0 ) = lim
∂y h→0 h
Autrement dit
Soit f une fonction à deux variables. On dit que f admet une dérivée première par rapport à x en (x, y) si la
dérivée de la fonction
fy : x → f (x, y)
existe en x, on note
∂f ′
: (x, y) → fy (x, y).
∂x
∂f
Pour calculer ∂x , on dérive f par rapport à la variable x en considérant y comme un nombre constant.
On dit que f admet une dérivée première par rapport à y en (x, y) si la dérivée de la fonction
fx : y → f (x, y)
existe en y. On note
∂f ′
: (x, y) → fx (x, y).
∂y
∂f
Pour calculer ∂y , on dérive f par rapport à la variable y en considérant x comme un nombre constant.
∂f √
(x, y) = 2x y
∂x
La fonction f admet une dérivée partielle par rapport à x sur Df .
√ 1
Si x est constant, la dérivée de x2 y + y par rapport à y est x2 2√ y + 1 donc
∂f 1
(x, y) = x2 √ + 1
∂y 2 y
La fonction f admet une dérivée partielle par rapport à y sur {(x, y) ∈ R2 / y > 0} ⊂ Df .
∂f ∂f
Définition 6.3.1 Si les fonctions dérivées partielles ∂x et ∂y sont continues sur A, on dit que f est de classe C 1
sur A.
46
El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
6.4. DÉRIVÉES PARTIELLES D’ORDRE SUPÉRIEUR
∂2f ∂2f
∂ ∂f ∂ ∂f
= ; =
∂x2 ∂x ∂x ∂y 2 ∂y ∂y
et
∂2f ∂2f
∂ ∂f ∂ ∂f
= ; =
∂x∂y ∂x ∂y ∂y∂x ∂y ∂x
Les dérivées partielles d’ordre supérieur à 2 se définissent par récurrence de façon analogue.
Définition 6.4.1 Si les fonctions dérivées partielles d’ordre k sont continues sur A, on dit que f est de classe C k
sur A. Si les dérivées partielles de tous ordres existent, f est dite de classe C ∞ sur A.
∂2f ∂2f
Théorème 6.4.2 (Schwartz) Si au moins des dérivées partielles ∂x∂y et ∂y∂x est continue en (x0 , y0 ), alors
∂2f ∂2f
(x0 , y0 ) = (x0 , y0 )
∂x∂y ∂y∂x
∂2f ∂2f
(0, 0) 6= (0, 0)
∂x∂y ∂y∂x
∂2f ∂2f
le théorème de Schwartz permet de conclure que les dérivées secondes ∂x∂y et ∂y∂x ne sont pas continues en (0, 0).
fy,z : x → f (x, y, z)
existe en x. On note
∂f ′
: (x, y, z) → fy,z (x, y, z)
∂x
∂f
Pour calculer ∂x , on dérive f par rapport à la variable x en considérant y et z comme des nombres constants.
De même ∂f
∂y est la fonction de trois variables obtenue en dérivant f par rapport à y après avoir supposé x et z
constants.
∂f
De même ∂z est la fonction de trois variables obtenue en dérivant f par rapport à z après avoir supposé x et y
constants.
f (x, y, z) = ex + xy + z 2 y 3
On a
∂f x ∂f ∂f
∂x = e + y, ∂y = x + 3z 2 y 2 et ∂z = 2zy 3
47
6.6. DÉRIVÉES PARTIELLES D’ORDRE 2 DES FONCTIONS À TROIS
VARIABLES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
∂2f
∂ ∂f
=
∂a∂b ∂a ∂b
est la dérivée partielle première par rapport à a de la dérivée partielle de f par rapport à b. on l’appelle dérivée
partielle seconde de f par rapport à (a, b).
∂f
Exemple Soit f (x, y, z) = x2 + y 2 + z 2 x, on a ∂z (x, y, z) = 2zx. Donc
∂2f
(x, y, z) = 2z
∂x∂z
∂f ∂f
(x0 , y0 ) = 0 et (x0 , y0 ) = 0
∂x ∂y
Définition 6.7.2 1. Soit f une fonction à deux variables f admet un maximum local en (x0 , y0 ) ∈ Df si :
(a) (x0 , y0 ) est un point critique de f
(b) Pour tout couple (x, y) ∈ Df , on a
f (x, y) ≤ f (x0 , y0 )
f (x, y) ≥ f (x0 , y0 )
Condition suffisante d’extremum local Soit f une fonction de classe C 2 sur Df et (x0 , y0 ) un point critique,
posons
Etude directe Après avoir détrminé un point critique (x0 , y0 ), on peut aussi étudier directement le signe de la
différence
48
6.8. TANGENTES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Exemples
1. Soit f une fonction de classe C 1 définie par
f (x, y) = x2 − 2x + xy + y 2
Montrons que f admet un minimum local en 34 , −2
3 . On a
∂f
∂x (x, y) = 2x − 2 + y = 0
∂f
∂y (x, y) = x + 2y = 0
4 −2
est l’unique point critique de f sur R2 . On a
On trouve que (x, y) = 3, 3
R = 2, S = 1 et T = 2
4 −2
Puisque S 2 − RT = 1 − 4= −3 < 0, alors f présente un extremum local en
3, 3 , or R > 0 donc f admet un
minimum local en 43 , −23 qui vaut f 34 , −2
3 = 34 .
2. Soit f une fonction définie sur R3 par
x2
f (x, y, z) = + xyz − z + y
2
On a
∂f
∂x = x + yz = 0
∂f
∂y = xz + 1 = 0
∂f
= xy − 1 = 0
∂z
Donc
x=1
y=1
z = −1
Pour étudier la nature du point critique obtenu, nous pouvons étudier le signe de f (x, y, z) − f (1, 1, −1) lorsque
x est voisin de 1 , y voisin de1 et z voisin de −1. Mais il est plus intéressant de considérer la différence
h2
D(h, k, l) = f (1 + h, 1 + k, −1 + l) − f (1, 1, −1) = kl + hl − hk + hkl +
2
avec h, k et l voisins de 0.
On a
3
D(h, 0, h) = h2 > 0 pour h 6= 0
2
et
1
D(h, h, 0) = − h2 < 0 pour h 6= 0.
2
Donc la fonction f n’admet pas un extremun au point (1, 1, −1).
6.8 Tangentes
Définition 6.8.1 Si f est une fonction d’une variable, la tangente au graphe de f au point x0 est une droite d’équation
y = f (x0 ) + (x − x0 )f ′ (x0 )
49
6.8. TANGENTES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
y = 2 + (x − 1) × 4 = 4x − 2.
Dans le cas d’une fonction à 2 variables, c’est le plan tangent qu’on étudie
Définition 6.8.2 Si f est une fonction à deux variables dont on sait calculer les dérivées premières, l’équation du
plan tangent à f au point (x0 , y0 ) est
∂f ∂f
z = f (x0 , y0 ) + (x0 , y0 )(x − x0 ) + (x0 , y0 )(y − y0 )
∂x ∂y
Exemple Si f (x, y) = x2 y 3 , on a
∂f ∂f
= 2xy 3 et = 3x2 y 2
∂x ∂y
L’équation du plan tangent au point (1, 2) est
∂f ∂f
z = f (1, 2) + (1, 2)(x − 1) + (1, 2)(y − 2)
∂x ∂y
Donc
50
6.8. TANGENTES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
SERIE 6
Exercice 1 :
Déterminer l’ensemble de définition des fonctions suivantes :
x2 + y 2 x y ln(x)
f (x, y) = , g(x, y) = + , h(x, y) =
x+y y x x2 + y2 − 4
Exercice 2 :
1. La fonction f définie sur R2 par
√ xy
(
si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = 2 x +y 2
0 si (x, y) = (0, 0)
√x+y
(
si (x, y) 6= (0, 0)
f (x, y) = 2 x +y 2
0 si (x, y) = (0, 0)
f (x, y) = ex cos y
1. Calculer les dérivées partielles d’ordre 1.
∂2f ∂2f
2. Calculer ∂x2 + ∂y 2
Exercice 4 : Soit f une fonction définie par
51
Chapitre 7
Intégrales doubles
Dans ces notes nous résumons les propriétés importantes concernant le calcul de l’intégrale d’une fonction f à
valeurs réelles et définie sur un domaine D ⊂ R2
Nous donnons maintenant une liste de propriétés concernant l’intégrale double. Celle-ci sont analogues à ce qui a
été vu pour l’intégrale simple sur un segment.
RR
Remarque Si f ≥ 0, alors f (x, y)dxdy ≥ 0.
D
52
7.3. CHANGEMENT DE VARIABLES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
Exemple Soit D le domaine défini par 1 ≤ x ≤ 2 et 0 ≤ y ≤ 1 et f : (x, y) → f (x, y) = xexy + 3xy 2 . Alors
ZZ Z 2 Z 1
xy 2
f (x, y)dxdy = (xe + 3xy )dy dx
1 0
D
2h
x xy
Z i1
= e + xy 3 dx
1 x 0
Z 2
= (ex − 1 + x)dx
1
2
x2
x
= e −x+
2 1
1
= e2 − e −
2
♣ On étend aussi cette définition au cas où le domaine d’intégration D est de la forme
x2 ydxdy où
RR
Exemple Calculons
D
D = {(x, y) ∈ R2 / 0 ≤ x, 0 ≤ y, x + y ≤ 1}
Le domaine D peut aussi s’exprimer sous la forme
D = {(x, y) ∈ R2 / 0 ≤ x ≤ 1, 0 ≤ y ≤ 1 − x}
Donc
ZZ Z 1 Z 1−x
2 2
x ydxdy = x ydy dx
0 0
D
1 1−x
y2
Z
2
= x dx
0 2 0
1
(1 − x)2 1
Z
= x2 dx = .
0 2 60
Dans ce cas on a
53
7.3. CHANGEMENT DE VARIABLES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
ZZ ZZ
f (x, y)dxdy = f (au + bv + c, a′ u + b′ v + c)|ab′ − a′ b|dudv
D ∆
♣ Coordonnées polaires
x = r cos θ
y = r sin θ
Dans ce cas on a
ZZ ZZ
f (x, y)dxdy = f (r cos θ, r sin θ)rdrdθ
D ∆
Exemples
1. Soit D = {(x, y); x2 + y 2 ≤ R2 }
Donc
ZZ ZZ
dxdy = rdrdθ
D ∆
Z 2π Z R
= dθ rdr
0 0
R2
= 2π. = πR2 .
2
(x2 + y 2 )dxdy, avec D le quart de cercle de centre O(0, 0), de rayon 2 avec x ≥ 0 et y ≥ 0.
RR
2. Calculons I =
D
Sachant que x2 + y 2 = r 2 , donc I = r 2 rdrdθ avec ∆ = {(r, θ), 0 ≤ r ≤ 2, 0 ≤ θ ≤ π2 }. Alors
RR
∆
π
2
π
Z Z
2
I= dθ r 3 dr = × 4 = 2π.
0 0 2
54
7.3. CHANGEMENT DE VARIABLES El Hamma, Daher: Analyse 2 SMPC2
SERIE 7
Exercice 1 :
Calculer l’intégrale double
dxdy
ZZ
I=
(1 + x + y)2
D
Exercice 2 :
Calculer l’intégrale double
ZZ
I= xydxdy
D
Exercice 3 :
Calculer l’intégrale double avec un changement de variables
dxdy
ZZ
I= p
1 + x2 + y 2
D
Exercice 4 :
Calculer
ZZ
I= sin(x2 + y 2 )dxdy
D
√
où D désigne le disque de centre O et de rayon π.
55