Sécurité des Machines Industrielles
Sécurité des Machines Industrielles
1999
2 Guide
Technique
Intersections - Novembre 1999
Guide
Technique 3
Intersections - Novembre 1999
Exigences techniques
• Les exigences techniques fixées par la directive Application aux établissements d’enseignement technique
s’expriment au travers des règles techniques à
respecter dès la conception et lors de la fabrication de Les ateliers et laboratoires des établissements dispensant un enseignement
technique ou professionnel sont soumis à plusieurs réglementations dont la loi
la machine.
91-1 du 3 janvier 1991 art. 30, qui rend obligatoire l’application du Livre II du
• Elles visent à garantir la sécurité et la santé des
Titre III du Code du travail.
personnes exposées lors de la mise en place, Concernant les équipements de travail, terme générique qui s’applique à
l’utilisation, le réglage et la maintenance de la machine. l’ensemble des machines et autres appareils, plusieurs risques sont pris en
• Elles sont formulées en terme d’objectifs à atteindre considération :
et sont réparties en deux catégories : -
■ le risque électrique, avec le décret 88-1056 du 14/11/1998, succédant au
- des règles techniques communes à toutes les
décret 62-1454. En pratique, les bornes des appareils de mesurage, les fiches
machines (commandes et circuits de commande et les cordons de mesures, etc., devront être conformes à l’article 20 de ce
d’arrêt, risques mécaniques…), décret (impossibilité de permutations des fiches et connecteurs, choisis en
- des règles techniques complémentaires fonction des tensions). Pour une utilisation sur des tensions supérieures à
applicables aux machines présentant des risques 25 volts en courant alternatif, ou 60 volts en courant continu, une connectique
spécifiques ou liés à des contraintes d’exploitation IP 2x ou IP xxB, et le cas échéant la mise à la terre de l’enveloppe du matériel,
(hygiène alimentaire…). met en conformité avec le décret la quasi totalité des appareils existants;
Chaque fabricant a l’obligation d’effectuer une analyse ■ les risques mécaniques (sont exclus les appareils mus à la main, les
des risques engendrés par la machine en projet. Il doit appareils de levage fixes ou mobiles), avec l’ensemble des textes, à savoir :
ensuite concevoir et construire la machine en prenant • les machines ou équipements d’avant les décrets du 15 juillet 1980, qui
en compte cette analyse. devront être mis en conformité au décret 93-40 du 11 janvier 1993, avant le
Un dossier technique est à réaliser par le fabricant. 1er janvier 1997. Cette réglementation s’applique aux utilisateurs;
Ce dossier doit être tenu à la disposition des autorités • les machines ou équipements soumis aux décrets du 15 juillet 1980 valables
jusqu’au 1er janvier 1995 (période de chevauchement du 1er janvier 1993 au
nationales compétentes et n’a pas à circuler avec la
1er janvier 1995), qui, si ils sont conformes ne seront pas modifiés étant réputés
machine. conformes au décret 93-40. Cette réglementation s’appliquait aux
constructeurs, les utilisateurs sont responsables de la vérification et du maintien
de cette conformité;
Certification – date d’application • les machines ou équipements soumis à la directive 89/392/CEE du 14 juin
Quelle que soit la machine, la certification se traduit par : 1989 modifiée, introduite par les décrets 92-765, 92-766 et 92-767 du 29 juillet
• l’apposition du marquage CE de conformité sur la 1992 applicable au 1er janvier 1993 dans la CEE.
La plus grande partie de ces machines est auto-certifiée par le constructeur lui
machine,
même qui délivre une “déclaration de conformité”.
• la remise à l’acheteur d’une déclaration CE de Il appartient à l’utilisateur de vérifier ou de faire procéder à la vérification et de
conformité. maintenir cette conformité.
La certification valable pour l’ensemble du marché de Les autres machines, généralement les plus dangereuses, sont soumises à
l’Union Européenne est réalisée selon les cas : examen CE de type par un organisme habilité qui délivre une “déclaration de
• à l’initiative du fabricant : autocertification CE, conformité CE de type”. Il appartient à l’utilisateur de maintenir cette conformité.
• ou après intervention d’un organisme notifié : examen Rappel :
CE de type. Les normes s’appliquent aux constructeurs.
Les machines qui relèvent de l’un ou l’autre cas sont Le Code du travail s’applique à l’utilisateur.
déterminées réglementairement.
Cette directive est seule applicable depuis le 1er janvier
1995 pour les machines et le 1er janvier 1997 pour les
composants de sécurité mis séparément sur le marché.
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Exemples :
Détermination des limites de la machine Oui Prévention
Risque éliminable ?
• pendant toutes les phases de sa vie (installation, intrinsèque - protecteur fixe
utilisation, démontage), Non Risque résiduel
(non acceptable)
• dans des conditions normales d’utilisation et de - protecteur mobile
Minimisation du Oui Prévention par
fonctionnement, risque possible ? disposition(s) avec dispositif
• dans des conditions abusives d’exploitation ou Non Risque résiduel de verrouillage
d’un dysfonctionnement, ou d’interverrouillage,
Protection vis-à-vis Oui Protections :
• en tenant compte du niveau de formation et du risque résiduel - collective - limitation d’accès
possible ? - individuelle
d’expérience des intervenants.
Non Risque résiduel
- balisage de zone,
Identification des phénomènes dangereux Risque résiduel Oui Consignes
Formation
- gant, casque, lunettes
critique ?
• mécaniques : écrasement, choc, etc., Qualification
• électriques,
• physico-chimiques : projection de substances
dangereuses, brûlures.
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Base principale Exigence du système Comportement en cas Structure typique d’un circuit
Catégories Commentaires
de la sécurité de commande de défaut de sécurité en cas de défaut
B Par la sélection des Contrôle correspondant aux Perte possible de la Perte possible de la
composants conformes aux règles de l’art en la matière fonction de sécurité fonction de sécurité
normes pertinentes
2 Par la structure des Test par cycle. Défaut détecté à chaque E • Redondance ou pas sur les
circuits de sécurité La périodicité du test doit test entrées
Contrôle
être adaptée à la machine UT • La boucle de retour permet
périodique
et à son application d’assurer un test cyclique sur
S la sortie
3 Par la structure des Un défaut unique ne doit Fonction de sécurité E1 E2 • Redondance sur les E
circuits de sécurité pas conduire à la perte de garantie, sauf en cas • Redondance sur les S
la fonction de sécurité. d’accumulation de défauts
UT1 UT2
Ce défaut doit être détecté
si cela est raisonnablement
faisable S1 S2
4 Par la structure des Un défaut unique (ou une Fonction de sécurité • Redondance sur les E
circuits de sécurité accumulation de défauts) ne toujours garantie E1 E2 • Redondance sur les S
doit pas mener à la perte de • La boucle de retour permet
la fonction de sécurité. d’assurer un test cyclique sur
UT1 UT2
Ce défaut doit être détecté les sorties
dès, ou avant la prochaine
sollicitation de la fonction S1 S2
de sécurité
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Démarche conduisant au
choix d’un système Les modules
de commande logiques de sécurité
Une matrice de correspondance entre les cinq niveaux Les modules logiques de sécurité sont des appareils
résultant de l’estimation du risque et les cinq catégories qui s’intègrent dans les circuits de commande pour
de système de commande figure en annexe de la assurer la sûreté et la disponibilité des fonctions de
norme EN 954-1. sécurité. Leur câblage interne est réalisé en
Elle permet au concepteur de déterminer lui-même la redondance et leur logique est autocontrôlée.
catégorie du système de commande correspondant à Les modules de sécurité sont des éléments
la fonction de sécurité concernée. indispensables pour assurer sans risque de
L’évaluation des risques est une opération très défaillance les fonctions de sécurité. Ils permettent
complexe et pour une machine donnée, elle peut être de détecter les défauts de fonctionnement qu’une
différente selon les parties de la machine considérée. installation simple ne permet pas d’éviter.
Ils effectuent à chaque cycle de fonctionnement une
Choix du système de commande selon EN 1050 et série de tests qui permettent de détecter toute
EN 954-1 en fonction des facteurs de risques estimés (S, F, P) défaillance des dispositifs de protection et des
circuits associés. C’est ainsi qu’ils détectent :
catégories du système • tout défaut et court-circuit sur les câblages des
Gravité de lésion de commande organes de commande,
S1 - lésion légère
classification des risques • tout collage d’un contact électrique dans un organe
(normalement réversible)
S2 - lésion sérieuse de service,
(normalement irréversible) • la mise en court-circuit d’un contact de bouton
y compris le décès B 1 2 3 4 d’arrêt d’urgence,
S1
I • le grippage d’un bouton d’impulsion de mise en
Fréquence et/ou durée P1 marche,
d'exposition au F1 II
phénomène dangereux P2 • un courant de fuite à la terre.
S2 III
F1 - rare à assez fréquent P1
F2 IV
et/ou courte durée P2
L’association de la redondance et de l’autocontrôle
F2 - fréquent à continu V dans certains modules de sécurité permet le
et/ou longue durée EN 1050 EN 954-1 classement des circuits de commande en catégorie 4.
Après un premier défaut, l’autocontrôle signale le
Possibilité d'éviter le
phénomène dangereux catégories ayant la préférence défaut et incite au dépannage tandis que la
redondance permet d’assurer la fonction de sécurité.
P1 - possibilité sous mesures excessives
certaines conditions Les principales fonctions que les modules de
P2 - rarement possible catégories exigeant des sécurité peuvent ainsi surveiller sont :
mesures supplémentaires
• l’arrêt d’urgence,
• les protecteurs mobiles (dispositifs de verrouillage
et d’interverrouillage),
• les commandes bimanuelles, les barrières
immatérielles,
• la détection de vitesse nulle, la rupture d’arbre ou
de chaîne,
• les tapis et bords sensibles, etc.
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Câblage d’un arrêt d’urgence sans redondance ni autocontrôle. Câblage redondant d’un arrêt d’urgence avec autocontrôle
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• les contacts des dispositifs d’arrêt d’urgence L’organe de commande d’un dispositif d’arrêt
doivent être à manœuvre positive d’ouverture. d’urgence doit être de couleur rouge sur fond jaune.
Les dispositifs d’arrêt d’urgence sont couramment
Ainsi, une fois manœuvré, l’organe de commande utilisés sans relayage intermédiaire, c’est-à-dire en
doit rester dans cet état jusqu’à ce qu’il soit réarmé agissant directement sur le circuit de commande de
manuellement. Les dispositifs d’arrêt peuvent la machine. Cette disposition est suffisante lorsque le
appartenir à l’une des catégories suivantes : risque estimé correspond aux catégories de
• catégorie 0 : une action sur le dispositif provoque systèmes de commande B ou 1.
immédiatement l’interruption de l’alimentation en
énergie des actionneurs de la machine, Dans les autres cas, l’emploi d’un module de sécurité
• catégorie 1 : après action sur le dispositif, les pour réaliser un relayage intermédiaire permet
actionneurs restent alimentés pour obtenir l’arrêt de d'éliminer les risques dus à un défaut du circuit de
la machine, l’alimentation étant coupée après arrêt commande ou du circuit de puissance, tel que court-
de la machine. circuit du bouton d’arrêt d’urgence, collage des
contacts du contacteur…
Un arrêt d’urgence est réalisé uniquement avec des
composants électromécaniques câblés.
XPS-AL/AX
Fonction-description : Fonction-description :
Mise en marche du moteur par appui sur S3 qui ferme Mise en marche du moteur par appui sur S3 qui ferme les sorties de sécurité
les sorties de sécurité du module Preventa. du module Preventa.
Arrêt du moteur par action sur S1 ou S2 qui ouvre les Arrêt du moteur par action sur S1 ou S2 qui ouvre les sorties de sécurité du
sorties de sécurité du module Preventa. module Preventa.
Surveillance de défaut : Surveillance de défaut :
Redondance des contacts de S1 et S2, des contacteurs Redondance des contacts de S1 et S2, des contacteurs KM1 et KM2.
KM1 et KM2. Surveillance de défaut par le module Preventa :
Pas de surveillance de ces composants, • premier défaut sur S1 ou S2,
ni du bouton S3. • défaut de S3,
• défaut de KM1 ou KM2 par la technique des contacts liés mécaniquement,
• court-circuit dans le câblage de S1 et S2.
(1) avec surveillance du bouton marche
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XPS-FB
Catégorie 2 Catégorie 4
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Techniques de
sécurité :
les modes négatif, Galet usé Mauvais
alignement
Défaillances dangereuses :
la machine continue de fonctionner
Figure 1 : fonctionnement en mode positif (défaillance externe visible)
Le fonctionnement d’un composant de sécurité tel
qu’un interrupteur de position peut s’effectuer suivant
plusieurs modes : le mode positif, le mode négatif ou
le mode combiné.
Le mode positif présente une meilleure sécurité du fait
que l’ouverture des contacts est assurée en cas de Contacts collés Ressort cassé
défaillance interne du composant. Par contre, l’usure
Machine en Machine Défaillances dangereuses :
de certains constituants peut conduire à une situation fonctionnement arrêtée la machine continue de fonctionner
dangereuse, mais les conséquences du vieillissement
Figure 2 : fonctionnement en mode négatif (défaillance interne non visible)
peuvent être évitées par des opérations de
maintenance (figure 1).
En mode négatif, une défaillance interne du
Protecteur
composant, telle que rupture du ressort de rappel ou mobile
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Offre de sécurité
Schneider Electric
Schneider Electric est un spécialiste de la sécurité. Les interrupteurs de position
Il offre plusieurs milliers de produits, de marque
Telemecanique et Merlin Gerin, concourant
de sécurité
directement ou indirectement à la sécurité. Parmi les Ces interrupteurs XCS sont dédiés à la
produits exclusivement conçus pour la sécurité, protection des personnes opérant sur des
citons : machines industrielles dangereuses. Montés
sur des protecteurs mobiles, ils assurent
efficacement des fonctions de sécurité
Les modules de sécurité adaptées aux machines avec ou sans inertie.
Preventa Par la diversité des constituants de la gamme
Ces modules XPS sont dédiés à la surveillance des et de leurs performances :
constituants fonctionnels de sécurité. - plastiques ou métalliques,
Cette gamme complète et homogène offre des - à clé-languette, à axe rotatif, à levier ou à
solutions adaptées pour toutes les applications réarmement,
générales de sécurité (surveillance d’arrêt d’urgence les interrupteurs XCS apportent des solutions
ou d’interrupteurs de position, contrôle de pupitres “à la mesure” des besoins.
de commande bimanuelle, surveillance de vitesse
nulle...) ou spécifiques (contrôle de presses
hydrauliques, surveillance dynamique
d’électrovannes…).
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Barrières immatérielles XUS-L assurant la protection d’une zone Vigirex RMH, appareil de mesure et
dangereuse. de signalisation des courants de fuite à la terre.
Bibliographie
Titres Références Editeurs
La sûreté des machines et installations automatisées D 313 SADAVE
L’essentiel de la sécurité 94319 Schneider Electric
Catalogue Contrôle industriel 1999/2000 (chapitre F : sécurité
et mise en conformité des machines) 16653 Schneider Electric
CD-Rom Schémathèque sécurité 89502 Schneider Electric
Cahiers techniques CT144 et 184 Schneider Electric
La sécurité des machines automatisées - tomes 1 et 2 MD1SMA1(et 2)F ISF
Maintenance et maîtrise du risque ED 1521 INRS
Concevoir une machine sûre ED 1520 INRS
Machines et équipements de travail ED 770 INRS
Sécurité des machines et des équipements de travail ED 807 INRS
Schémas électriques des machines industrielles et sécurité ED 723 INRS
Le risque électrique ED 1501 INRS
Equipements de travail - règles d’utilisation. Guide juridique 1707 Journaux officiels
Equipement de travail - moyens de protection. Guide juridique 1644-1 Journaux officiels
Equipement de travail - moyens de protection. Guide juridique 1644-2 Journaux officiels
Mise en conformité des machines 6D02 CETIM
Cette liste n’est pas exhaustive.
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Intersections - Novembre 1999
Figure 1
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Pour recenser un risque dans l’une de ces situations, Par exemple, la mise en place d’une cartérisation
il est nécessaire de bien connaître le concept de pour isoler l’opérateur d’un phénomène dangereux
l’émergence d’un dommage. Les définitions fournies entraîne la contrainte d’un contrôle fiable de son état
par la norme EN 1050 permet de tracer la structure fermé par la partie commande.
suivante (figure 2). L’analyse se termine lorsqu’il n’y a plus de risque
résiduel pour le point de vue donné et qu’aucune
Phénomène
Personne nouvelle contrainte vers un point de vue suivant n’a
dangereux
été créée. Dans le cas d’une contrainte créée dans
Cause capable un nouveau point de vue, il faudra ne pas oublier de
de provoquer une mener une analyse pour ce risque lors de l’étude de
lésion ou une Situation ce point de vue.
atteinte à la santé
dangereuse Evénement d’origine
Dans la suite de cet article nous allons mettre en
technique ou
dangereux humaine œuvre cette démarche au travers d’un exemple.
Risque probabilité d’occurence d’un
Combinaison de la événement dangereux
probabilité et de la
gravité d’une lésion
ou d’une atteinte à Possibilité d’origine Exemple de conception sûre
la santé pouvant technique ou
d’évitement humaine
survenir dans une
situation probabilité d’éviter ou de Comme support exemple, nous allons mener très
limiter le dommage rapidement quelques étapes de la conception d’un
système répondant aux extraits suivants du cahier
Dommage des charges d’un client :
Figure 2 • produit : réalisation d’un perçage dans une pièce
brute obtenue directement par sciage dans une barre
Dès l’instant où le risque est identifié, la norme (figure 3). Les pièces présentent une bavure très
EN 292 nous indique la démarche à suivre : coupante provenant de l’opération de sciage,
• mesure de prévention :
- la disparition du phénomène dangereux conduit à
la suppression de la situation dangereuse,
- sinon, minimisation du risque soit en diminuant le
phénomène dangereux, soit en écourtant voire en
supprimant la présence de la personne à proximité
Figure 3
du phénomène dangereux,
• mesure de protection : • production : 400 pièces par jour (sept heures de
- dans le cas contraire, des mesures de protection production) durant cinq ans réalisées par du
(collectives ou individuelles) seront à mettre en personnel non qualifié,
œuvre afin d’isoler l’opérateur du phénomène • procédé retenu : perçage par foret,
dangereux, • processus imposé : chargement et déchargement
• instruction : manuel du système.
- si malgré cela il existe un risque résiduel, il sera Le logiciel nous propose de commencer par le point
nécessaire de former et d’informer le personnel sur de vue “produit”. Les questions à se poser alors sont
les événements dangereux relatifs à la situation les suivantes :
dangereuse et sur les évitements possibles. • le produit présente-t-il un risque ?
Cette itération extraite de la norme NF EN 292 est • dans quelles limites ?
présentée en annexe. • quel est le phénomène dangereux ?
Les solutions retenues dans le cadre de cette • quelle est alors la situation dangereuse ?
démarche peuvent créer des contraintes pour des
points de vue suivants.
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• quel est l’événement dangereux qui conduira au Toute cette démarche est structurée par le logiciel au
dommage ? travers d’une succession d’écrans à renseigner.
• existe-t-il une possibilité d’évitement ? L’ensemble des réponses est stocké et imprimé afin
de conserver une trace de la démarche de sécurité et
Pour notre exemple, du point de vue produit, il existe des solutions retenues ou non lors de la conception
un phénomène dangereux : la présence de la bavure. de la machine.
La situation dangereuse sera la manipulation par Le tableau de bord nous renseigne en permanence
l’opérateur de production de cette pièce lors du sur l’état d’avancement de nos études (figure 4).
chargement ou déchargement manuel du système.
Le risque existe également pour le régleur ou
l’opérateur de maintenance mais avec moins de Ces documents devraient être également présents
probabilité car leur présence sur le système sera dans le dossier machine.
épisodique. L’événement dangereux sera la prise de Pour la suite de notre article nous allons passer
cette pièce au niveau de la bavure, l’évitement de la directement au point de vue PO. Le procédé retenu
coupure est possible si l’opérateur se rend compte pour réaliser le trou est l’utilisation d’un foret, le
du risque avant de saisir trop fortement la pièce. processus qui en découle est le suivant : chargement
L’analyse de ce risque recensé débute par la manuel, immobilisation de la pièce, usinage,
recherche de mesures de prévention qui consistent libération puis déchargement. Ce procédé et ce
soit à supprimer la bavure en amont, soit remplacer processus présentent des risques que nous
l’opérateur par un dispositif de chargement/ n’étudierons pas : risque de coupure et perforation
déchargement. Ces solutions sont à proposer au dû à l’outil coupant, projection de copeaux et de
client car non énoncées ou contraires au cahier des lubrifiant provenant de l’opération d’usinage. Les
charges présenté. Si ces solutions ne sont pas mesures retenues ont créé des contraintes
retenues, aucune mesure de réduction du risque d’utilisation d’une cartérisation en fonctionnement
n’existe (manipulation manuelle obligatoire de normal vers le point de vue PO.
l’ensemble des pièces qui présentent toutes des De ce point de vue, le risque de perforation ou de
bavures). Il faut donc passer au stade de la coupure en production normale n’existe que si le
protection. La solution la plus évidente est capot est ouvert, donc apparaît ici une contrainte de
l’équipement de l’opérateur de gants de protection fiabilisation de l’information “capot fermé” vers le
(équipement de protection individuel). Cette mesure point de vue partie commande. De plus lors de
qui ne crée aucune contrainte vers les points de vue phases qui nécessitent l’ouverture du capot, il faut
suivants peut être complétée par une information sur éviter tout mouvement intempestif des actionneurs,
les risques associés à la manipulation des pièces donc création d’une contrainte supplémentaire de
coupantes. L’étude de ce risque pour ce point de vue fiabilisation des commandes et de la chaîne d’arrêt
est considérée comme terminée. d’urgence vers le point de vue PC.
Figure 4
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Dans cette démarche par points de vue successifs, n’ont pas été abordés (troubles musculo-
l’ensemble des risques liés à chaque situation du squelettiques liés à la production et aux
système est analysé. La totalité du travail est manipulations...).
sauvegardée dans un fichier qui permettra d’avoir La nouvelle version du logiciel Loginorme sera
dans le temps la traçabilité et le pourquoi des choix normalement disponible à l’occasion du salon
réalisés. Educatec (24 au 28 novembre 1999).
Nous ne mènerons pas plus loin cet exemple. De
nombreux risques découlant du cahier des charges
Annexe
Tableau de bord final de notre étude menée complètement avec le logiciel Loginorme
Situation oui
dangereuse
évitable
non
Risques oui
réductibles ?
non
non Sécurité
insuffisante ?
Protection oui
possible ?
non
Sécurité
insuffisante ?
non
Sécurité
insuffisante ?
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Guide
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Ce guide technique a été réalisé sous la direction de Francis Bossu, avec la collaboration de :
Alain Guignabel, Bernard Lallemand, Eric Lamidieu, Alain Moutray et Michel Rochon.
Les textes et les illustrations de ce guide technique sont disponibles sur demande auprès de Schneider
Electric par e-mail : fulvio_filippini@[Link]
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Technique