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La nouvelle
Qu’est- ce qu’une nouvelle ?
C’est un récit court, c.à .d. un texte qui raconte une histoire complète sur quelques pages
(parfois une seule). Contrairement au fait divers, la nouvelle ne raconte pas un fait vrai,
vécu,
L’histoire comme les personnages sont entièrement inventés par l’auteur : c’est une
fiction. Pour les personnages, l’action, le cadre de l’action, l’intrigue, l’auteur s’inspire de la
réalité pour produire un effet de réel, pour créer l’illusion de réel. Il arrive toutefois que
l’illusion du réel soit rompue et que le récit bascule dans l’invraisemblable, dans
l’étrange et le surnaturel. C’est ce qui caractérise la nouvelle fantastique.
Qu’est- ce que le fantastique ?
Le fantastique se caractérise par l’irruption du surnaturel dans le cadre de la vie ordinaire. Il peut naître
La nouvelle est bien adaptée au fantastique car sa forme brève permet de condenser et
d’intensifier ses effets : intrusion de l’étrange, suspens, rebondissements où l’espoir
succède à l’inquiétude. De plus elle ménage une chute qui, le plus souvent laisse le lecteur
dans l’incertitude et l’angoisse.
Les thèmes : ce sont le plus souvent des thèmes qui se situent à la frontière de la vie et
de la mort.
• Les hallucinations : le rêve, les cauchemars, la folie
• Thème du double : le revenant, le vampire, le fantô me
• Les objets qui s’animent : statue, marionnette, poupée qui parle
• Le pacte avec le Malin (diable)
• La mort…
Les effets produits sur le lecteur
• la confusion des sens : l’atmosphère inquiétante propice au déroulement
d’événements inexplicables provoque une confusion troublante des sens. Le
personnage entend (ou croit entendre) des bruits, des voix, éprouve des
sensations physiques (frô lements, sensation d’une présence, contact physique…)
• la peur qu’engendrent ces sensation va crescendo : de l’inquiétude à l’épouvante
• le cadre de l’action : l’action se déroule généralement dans un lieu isolé, une
maison abandonnée, un vieux châ teau, un cimetière … et souvent la nuit
I COMPREHENSION DE L’ECRIT
1 Deux situations d’énonciation
• 1ère situation d’énonciation : émetteur 1 : le narrateur / récepteur : l’auditeur/ le
lecteur : Récit premier
• 2ème situation d’énonciation : émetteur 2 : le magicien / récepteur : Francis
Burton. Récit second enchâssé
Illustration de la situation d’ énonciation dans la nouvelle
Récit premier (3ème personne)
É metteur : le narrateur / récepteur : l’auditeur / le lecteur
Cadre réaliste
Récit second
Emetteur : le magicien /récepteur : Francis Burton
É léments réalistes et fantastiques
1ère personne : je = le magicien
Il / tu= le tyran
2 Caractéristiques de la nouvelle fantastique
A Le réalisme et le fantastique dans la nouvelle de Borges
Rappel : Un titre peut avoir une fonction informative lorsqu’il annonce de façon objective
le contenu du texte .Exemple : « Les volcans » pour un texte informatif
Il a une fonction incitative lorsqu’il suscite la curiosité et incite à lire
Exemple :
Le miroir d’encre : la curiosité naît de la juxtaposition de deux termes renvoyant à deux
réalités opposées : transparence, limpidité , netteté, solidité (verre) versus
Un oxymore est une figure de style composée de deux éléments antithétiques, c.à .d. de
sens contraires, ou renvoyant à deux réalités opposées.
Exemples :
• une sombre clarté.
• le clair-obscur
• un sourire triste
3 Structure narrative du récit
Plan Contenu Outils linguistiques
Situation initiale Un souverain tyrannique Temps du récit (passé
(antérieure) simple + imparfait)
Présent d’énonciation
( discours rapporté +
commentaires faits à
l’adresse de F. Burton)
Discours rapporté direct
Invocation
Vocabulaire se référant au
monde oriental (Coran,
invocations, ingrédients
utilisés pour la magie…)
Champ lexical de
l’injonction : « exiger »,
« demander », « ordre »,
« intimer » …
Modalisateurs péjoratifs :
expressions des sentiments
Ressentiments :
« détestés »,
« tyran », « pas…pitié », « co
upable »
Vocabulaire de la mort, de
la peur
Invocation , modalisateurs
mélioratifs (glorification de
Dieu)
subjonctif
Elément déclencheur Le complot puis assassinat
du frère
Problème Captivité et péril encourus
après l’assassinat du frère
Péripéties
• Proposition d'un
Complication du marché
problème • Mise à l'épreuve
• Constitution du
Dénouement (résolution
miroir d'encre
du problème)
• Réussite de
l'épreuve
• Acceptation du
marché
• Péril
momentanément
écarté
• Apparition du
double
• Demande de Yakoub
• Demande acceptée
• Vision de sa mort
• Mort de Yakoub
Situation finale • Satisfaction du
magicien
« Le feu qui flambait jetait des reflets rougeâ tres dans l’appartement, de sorte qu’on
pouvait sans peine distinguer les personnages de la tapisserie et les figures des portraits
enfumés pendus à la muraille. (…)
Tout à coup le feu prit un étrange degré d’activité ; une lueur blafarde illumina la chambre,
et je vis clairement que ce que j’avais pris pour de vaines peintures était la réalité : car les
prunelles* de ces êtres encadrés remuaient, scintillaient d’une façon singulière : leurs
lèvres s’ouvraient et se fermaient comme des lèvres de gens qui parlent, mais je
n’entendais rien que le tic-tac de la pendule et le sifflement de la bise* d’automne. »
Une terreur insurmontable s’empara de moi,
Théophile Gautier, La Cafetière
Lisez le texte puis répondez aux questions
*les prunelles : les yeux / * la bise : vent froid
Questions :
1. A quel thème se rattache ce récit ?
2. Relevez les éléments qui renvoient au réel, ceux qui traduisent le phénomène
fantastique, les manifestations physiques de la peur éprouvée par le narrateur.
Eléments relevant du réel
Statut du narrateur :
Le narrateur (celui qui raconte) peut être interne :il est témoin ou personnage de son
récit ; il marque alors sa présence par l’emploi du « je ».
Il peut être externe : il s’efface alors derrière ses personnages, fait comme si l’histoire se
racontait d’elle-même. (Emploi de la 3ème personne/il(s), elle(s))
Exemples :
narrateur externe : « il resta là , debout, les bras croisés, la tête inclinée, et la relevait
parfois pour regarder alternativement le palais consulaire et sa femme assise à cô té de
lui… »
• Le narrateur = non-personnage
narrateur interne : « C’est lui, le Horla, qui me hante, qui me fait penser ces folies .Il est
en moi, il devient mon âme, : je le tuerai . Je l’ai vu… » ( Guy de Maupassant, Le Horla )
• Le narrateur = personnage
Exercice 1
Dites s’il s’agit d’un narrateur interne ou d’un narrateur externe. Soulignez les indices qui
le montrent.
« Il sortit un bout de journal de sa poche, le tendit au prêtre qui commença de le lire,
tenant le papier près de ses yeux clignotants, d’une main tandis que de l’autre, il continuait
à caresser distraitement le chien » ([Link] Balzac, La Vendetta)
Lorsque le narrateur est dit externe (emploi de la 3ème personne), son absence n’est
qu’apparente : souvent sa présence se manifeste à travers les modalisateurs qui expriment
son opinion, sa position par rapport à son énoncé .On distingue :
• les modalisateurs d’évaluation qui peuvent être mélioratifs ou péjoratifs
(dépréciatifs)
Exemple : « tout le haut de la tête était grave et réfléchi comme un front de vieillard »
(modalisateurs mélioratifs)
• les modalisateurs de probabilité qui expriment les différents degrés d’incertitude
ou de certitude , le doute
Exemple : Il va peut-être réussir à s’évader.
Dans les récits à la 3ème personne, le narrateur organise l’histoire selon un point de vue ou
une perspective (on parle aussi de focalisation) qui détermine la nature et la quantité des
informations offertes. Le narrateur peut adopter :
• Le point de vue interne : le narrateur a la possibilité de se glisser dans l’un de ses
personnages ; il ne dit que ce que sait et perçoit un personnage. Sa connaissance du
fait est limitée à ce que le personnage voit, sent ou entend.
Exemple : « A l’apparition de la mystérieuse silhouette, Anna vit son compagnon pâ lir ; il lui
sembla qu’il était submergée par la peur. Ses mains tremblaient … ».
• Le point de vue externe : les éléments sont représentés comme s’ils étaient vus de
l’extérieur .Le lecteur ne connait les pensées et les sentiments du personnage qu’à
travers ses actions, ses paroles et les expressions de son visage. Ce genre de
narration objective ménage un certain suspens .
Exemple : « A l’apparition du fantô me, l’homme s’immobilisa.
• Le point de vue omniscient (ou focalisation zéro) : le narrateur sait tout de ses
différents personnages : leurs pensées , leur passé , leur avenir. Il livre au lecteur
ses commentaires de façon explicite.
.Exemple : A l’apparition du fantô me l’homme sentit monter la peur en lui. Son cœur
battait à tout rompre. Il voulait s’enfuir mais ses jambes devenues subitement lourdes
étaient rigides. Il avait ressenti la même chose autrefois, pendant la guerre, lorsqu’il
s’était trouvé face au canon que pointait sur lui l’ennemi… ».
« La Joconde » portrait de Mona Liza par Léonard de Vinci
Indiquez le point de vue adopté par le narrateur (interne, omniscient ,externe)
1. « Les chasseurs achevaient leur dîner, encore bottés, rouges, animés …Ils parlaient
comme on hurle, riaient comme rugissent les fauves , buvaient comme des
citernes ».
2. « Le comte regarda autour de lui, la robe jetée la veille sur un fauteuil ; sur la
cheminée, les bijoux, le collier de perles, l’éventail à demi fermé, les lourds flacons
de parfums qu’elle ne respirerait plus ».
3. « Imaginez-vous quelqu’un vêtu d’un complet d’été , ayant couvert les soixante
kilomètres qui séparent les deux villes, celle où on lui a refusé tout travail et tout
secours, et celle qui fut son dernier espoir. Imaginez-vous cet être nourri de carottes
sentant le purin et de pommes aigres et dures oubliées sur l’herbe d’un verger
désert … ».
Voici une liste de nom exprimant la peur : crainte, effroi, anxiété, appréhension,
angoisse, trac, phobie, frayeur, affolement, inquiétude, épouvante, horreur, panique,
peur, alarme, terreur,
Selon l’intensité qu’ils traduisent, placez-les dans le tableau ci-dessous :
Peur faible
4 Exprimer l’hésitation, le doute
Dans le récit fantastique, l’auteur fait partager au lecteur le point de vue du narrateur.
L’hésitation du lecteur est la première condition du fantastique. Le jeu de l’écriture
consiste à faire douter le lecteur. Pour cela le narrateur recourt à différents
modalisateurs pour créer le doute tels que
Soulignez le modalisateur exprimant l’incertitude, le doute, l’hésitation.
1. Il aurait été incapable de se lever, même si dehors le jour s’était levé.
2. Au moment où il ouvrit la porte, il crut voir passer une ombre.
3. Je voulais savoir qui elle était. Pourquoi portait-elle des lunettes de soleil en pleine
nuit ?
4. Curieusement, son regard lança des éclairs.
5. Cette maison a dû être le théâ tre de scènes terribles.
6. Il crut entendre un gémissement derrière la porte.
7. C’était sans doute le vent dans les roseaux.
8. J’étais fasciné par cette ville étrange. C’était comme si elle avait surgi d’un film.
9. Qui aurait dit que cet homme était un vampire.
10. Qui aurait dit faire un cauchemar?
Classes Fonctions Exemples
• Adjectifs • Epithète liée Il se mit à rire d’un
qualificatifs • Epithète détachée rire strident
• Participes passés
La mer s’étendait à perte de
vue , étincelante
• Un groupe nominal • Apposition - L’animal, une sorte de
• Un complément chacal , montra ses crocs.
du nom précédé
d’une -Un oiseau couleur de
préposition : de feu se posa sur mon épaule
/des ,à /aux
- Les chiens des
gendarmes le
poursuivaient.
-L’homme aux gants
blancs avait quitté le
tableau.
-L’homme à la jambe de
bois fumait dans un coin de
la salle
Proposition subordonnée Complément du nom « Je lui saisis la main droite
relative (l’antécédent) qui tremblait dans la
mienne qui ne tremblait
pas »
Remarque 1:
• Les expansions de classes grammaticales différentes peuvent se combiner
Exemple : Un monstrueux insecte aux yeux globuleux, aux pattes velues, me fixait, prêt
à sauter sur moi.
• monstrueux : adjectif épithète /aux yeux globuleux, aux pattes velues, 2 G.N ,
compléments du nom
• prêt à sauter sur moi : adjectif épithète détaché et son expansion
Remarque 2 : Une expansion peut elle-même avoir des expansions ; c’est le cas de
l’adjectif qualificatif
Exemples :
Prêt à bondir, rouge de colère.
Il semblait sûr de lui.
J’étais certain qu’il m’observait.
• Retrouver la chronologie des événements dans un récit complexe
• Identifier les procédés de variation du rythme d’un récit
• Produire un récit en variant l’ordre chronologique des événements ainsi que le
rythme
Certains récits peuvent présenter une structure enchâ ssée : existence d’un récit dans le
récit. Dans le premier appelé récit-cadre ou récit enchâssant, sont emboîtés un ou
plusieurs récits encadrés ou récits enchâssés
1. Chronologie respectée
L’auteur peut choisir de rapporter les événements en respectant leur chronologie selon une
progression linéaire c.à .d. en respectant leur succession dans le temps.
Exemple: « Il longea la maison avec détermination, s’arrêta devant la porte pour
prendre son souffle et son élan, puis donna un violent coup de poing contre la porte
… »
2. Chronologie bouleversée
Pour rendre son récit vivant ou plus clair, le narrateur peut modifier l’ordre
chronologique en effectuant des retours en arrière ou des anticipations.
a/ Le retour en arrière ou analepse (appelé flash-back au cinéma).
L’auteur raconte le passé d'un personnage ou évoque des faits anciens qui expliquent
l'origine des événements racontés. Le retour en arrière retarde l'action principale.
Les retours en arrière sont introduits par des expressions telles que : Quelques jours
auparavant, la veille, autrefois, avant, il y a ... année(s), le lendemain, un jour, un soir
Si le récit est au présent, alors le retour en arrière se fera au passé composé et/ou à
l'imparfait.
Si le récit est au passé, il se fera au plus-que-parfait ou au passé antérieur
Exemple : « Le vieux Vania leva les yeux et l’aperçut : la mère de Vania l’avait
toujours prévenu des dangers de l’alcool… »
b/ L’anticipation ou prolepse : L’auteur peut interrompre le déroulement chronologique
d'un récit pour raconter ou annoncer des événements qui se produiront plus tard dans
l'histoire.
Ce procédé peut être introduit par des termes tels que : plus tard, par la suite, ensuite,
bientôt.
Il sera rédigé au futur ou au conditionnel.
Exemple : Demain quand il se réveillera, il aura tout oublié.
L'auteur peut ralentir ou accélérer le rythme du récit en détaillant ou en résumant
les événements.
1. L'ellipse narrative
L'auteur passe sous silence certains faits qui ne sont pas essentiels pour le déroulement de
l'intrigue. L'ellipse permet généralement un changement d'époque, de lieu, et la mise en
scène de nouveaux personnages.
Exemple : Cinq ans plus tard, alors qu’il était en voyage d’affaire à Paris, il
rencontra son ami .
2. Le sommaire
Sorte de résumé ( on raconte très brièvement un épisode). Il accélère le récit, et permet de
couvrir une longue période en quelques mots.
Exemple : Durant toutes ces années, il s’enferma chez lui, passant ses journées à lire et
à écrire et refusant toute compagnie autre que celle de son chien.
3. La scène : correspond à un moment important du récit. Les événements sont
racontés en détail, les paroles et les pensées des personnages rapportées
comme en temps réel.
Exemple : Nous ne parlons pas. J’entends le murmure d’un jet d’eau qui tourne, au
milieu de la plus proche pelouse. Quelqu’un descend l’escalier à notre rencontre, un
homme dont j’ai distingué de loin le costume jaune pâle. Il nous fait un geste de la
main. (Patrick Modiano, Villa triste, Gallimard)
4. La pause
L'auteur interrompt le récit pour introduire un portrait ou une description, une lettre,
un dialogue, une explication …Comme son nom l'indique, ce procédé sert à faire une
pause dans le déroulement de l'action.
Exemple : Il ne semblait pas trop surpris ; son visage était un tel nid de ride qu’il
s’avérait plutôt difficile d’y déceler un quelconque changement » (Henry Kuttner,
Pour le meilleur et pour le vampire)
La scène et la pause ont pour effet de ralentir le rythme du récit tandis que l’ellipse et
le sommaire l’accélèrent.
a- Procédés de ralentissement
Exemple 1 :
Des légendes se firent autour de lui. On prétendit que c'était un haut personnage
fuyant sa patrie pour des raisons politiques; puis on affirma qu'il se cachait après
avoir commis un crime épouvantable. On citait même des circonstances
particulièrement horribles .
Exemple 2 :
Ce que j'avais surtout à poursuivre là-bas, c'étaient les affaires de vendetta. Il y en a
de superbes, de dramatiques au possible, de féroces, d'héroïques. Nous retrouvons là
les plus beaux sujets de vengeance qu'on puisse rêver, les haines séculaires, apaisées
un moment, jamais éteintes, les ruses abominables, les assassinats devenant des
massacres et presque des actions glorieuses. Depuis deux ans, je n'entendais parler
que du prix du sang, que de ce terrible préjugé corse qui force à venger toute injure
sur la personne qui l'a faite, sur ses descendants et ses proches. J'avais vu égorger
des vieillards, des enfants, des cousins, j'avais la tête pleine de ces histoires.
La pause descriptive :
Le gilet était déchiré, une manche arrachée pendait, tout annonçait qu'une lutte
terrible avait eu lieu.
L'Anglais était mort étranglé! Sa figure noire et gonflée, effrayante, semblait
exprimer une épouvante abominable; il tenait entre ses dents serrées quelque chose;
et le cou, percé de cinq trous qu'on aurait dits faits avec des pointes de fer, était
couvert de sang .
b- Procédés d’accélération
Le sommaire :
Exemple 1 :
Je revins plusieurs fois chez lui. Puis je n'y allai plus. On s'était accoutumé à sa
présence; il était devenu indifférent à tous.
Exemple 2 :
Alors je lui posai, avec de grandes précautions et sous la forme d'un intérêt très vif,
quelques questions sur sa vie, sur ses projets. Il répondit sans embarras, me raconta
qu'il avait beaucoup voyagé, en Afrique, dans les Indes, en Amérique .
L’ellipse :
Exemple 1 :
Un soir enfin, comme je passais devant sa porte, je l'aperçus qui fumait sa pipe, à
cheval sur une chaise, dans son jardin. Je le saluai, et il m'invita à entrer pour boire
un verre de bière. Je ne me le fis pas répéter.
Il me reçut avec toute la méticuleuse courtoisie anglaise, parla avec éloge de la
France, de la Corse, déclara qu'il aimait beaucoup ce pays, ce rivage.
Exemple 2 :
Or, une nuit, trois mois après le crime, j'eus un affreux cauchemar. Il me sembla que
je voyais la main, l'horrible main, courir comme un scorpion ou comme une araignée
le long de mes rideaux et de mes murs. Trois fois, je me réveillai, trois fois je me
rendormis, trois fois je revis le hideux débris galoper autour de ma chambre en
remuant les doigts comme des pattes .
c- Temps de l’histoire = temps du récit
La scène :
Exemple 1 :
On dirait qu'il a été étranglé par un squelette.
Un frisson me passa dans le dos, et je jetai les yeux sur le mur, à la place où j'avais
vu jadis l'horrible main d'écorché. Elle n'y était plus. La chaîne, brisée, pendait.
Alors je me baissai vers le mort, et je trouvai dans sa bouche crispée un des doigts
de cette main disparue, coupé ou plutôt scié par les dents juste à la deuxième
phalange.
Puis on procéda aux constatations. On ne découvrit rien. Aucune porte n'avait été
forcée, aucune fenêtre, aucun meuble. Les deux chiens de garde ne s'étaient pas
réveillés.
Exemple 2 :
Un soir enfin, comme je passais devant sa porte, je l'aperçus qui fumait sa pipe, à
cheval sur une chaise, dans son jardin. Je le saluai, et il m'invita à entrer pour boire
un verre de bière. Je ne me le fis pas répéter.
Il me reçut avec toute la méticuleuse courtoisie anglaise, parla avec éloge de la
France, de la Corse, déclara qu'il aimait beaucoup cette pays, cette rivage.
Les indicateurs de temps servent :
• à dater une action : le 3 aoû t de la même année. il revint chez lui par le même
bateau.
• à exprimer la succession des actions : d’abord, puis, ensuite, enfin …
• à situer les actions les unes par rapport aux autres en exprimant :
la simultanéité : au même moment, pendant ce temps….
l’antériorité : la veille, auparavant, le moins précédent, une semaine avant…
la postériorité : le lendemain, deux jours plus tard, la semaine suivante…
la durée ou la brièveté de l’action : longtemps, durant toutes ces années ≠ en un
instant, aussitôt…
Classez les indicateurs temporels selon qu’ils expriment la brièveté ou la durée
d’une action
En un clin d’œil / continuellement/ subitement/ perpétuellement / soudain / des
heures durant / promptement/ aussitôt / sans fin / tout à coup / toujours /à peine
…/ durablement / instantanément / pendant des années
Brièveté d’une action
Figures de style
Définitions
Exemples
La comparaison / La métaphore / La personnification
La comparaison
Mise en relation de deux éléments, comparé et comparant, grâce à un connecteur :
comme, tel que, pareil à……
-Le garçon était immobile (comparé) comme une statue (comparant)
- Sa figure était pâle comme un linge
La métaphore
Rapprochement de deux mots (un comparé et un comparant) sans outil grammatical
(comparaison implicite / absence de connecteur )
-La mer est un grand miroir…
- Le long ruban de la route
- La route, ce long ruban
La personnification
Forme de métaphore, elle consiste à attribuer des comportements humains à des
animaux, des objets, des éléments de la nature.
-Les arbres tendaient leurs bras décharnés
-La plaine se couvre d’un blanc manteau
Dans les phrases suivantes, soulignez les comparants ( ce à quoi sont comparés les
termes en gras)
a-C’était un enfant vif comme un papillon, curieux comme un rouge-gorge
b-Les avions, tels des vautours, piquaient vers le sol à vive allure
c- Il tonna toute la nuit…les éclairs s’ouvraient et se fermaient comme des ciseaux de feu.
d-Tel le regard phosphorescent d’un hibou, le point lumineux réapparut dans le trou.
e- La neige par ce matin d’hiver s’étendait à l’infini pareille à une immense nappe
immaculée.
f-Le bruit des pas de l’être mystérieux était semblable à celui des sabots ferrés d’un
cheval.
Cliquer et glisser les réponses dans les cases correspondantes parmi les mots possibles ci-
dessous
Ton Score
Le décor de l’endroit où je creusais aurait suffi à ébranler les nerfs d’un homme ordinaire.
Des arbres me contemplaient d’en haut comme les colonnes de quelque temple infernal,
assourdissant , laissant passer quelques rares gouttes de pluie. Là -bas, au-delà des
troncs meurtris, , se dressaient les pierres de la maison abandonnée ; un peu plus
près s’étendait le jardin hollandais, , qui n’avait jamais reçu
H.P Lovecroft, La Peur qui rô de
le bruit du tonnerre et celui du ventaux allées et aux massifs pollués par une végétation
surabondante, blanche, fétide humides et couvertes de lierrela pleine lumière du
jourilluminés par de faibles éclairs sinistres, de taille anormale et d’aspect grotesque
Texte à compléter
Le narrateur s’est arrêté dans un presbytère de Bretagne chez l’abbé Macomb pour y passer
quelques jours. Une nuit, on frappe à sa porte…
J’allais m’endormir.
Trois petits coups secs, impératifs, furent frappés à ma porte.
– Hein ? me dis-je, en sursaut.
Alors je m’aperçus que mon premier somme avait déjà commencé. J’ignorais où j’étais […].
En ce moment, l’heure sonna, dehors, dans le vent nocturne.
– Qui est là ? demandai-je, à voix basse.
La lueur s’éteignit : j’allais m’approcher…
Mais la porte s’ouvrit, largement, lentement, silencieusement
En face de moi, ………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………
……………………………………… Tout à
coup………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………
Alors – et avec un râ le d’angoisse, car les forces me trahissaient pour crier, – je repoussai
la porte de mes deux mains crispées et étendues, et je donnai un violent tour de clé,
frénétique et les cheveux dressés !
Chose singulière, il me sembla que tout cela ne faisait aucun bruit.
C’était plus que l’organisme n’en pouvait supporter. Je m’éveillai.
Consignes à suivre
Lire attentivement les extraits et relever au brouillon les indications données et qu’il faut
respecter pour assurer la cohérence du texte
Dans la situation initiale :
• le statut du narrateur : narrateur interne, emploi de la 1ère personne
• l’action au moment où survient l’événement : il était à moitié endormi (mon somme
avait commencé)
• cadre spatio-temporel : la nuit, dans un presbytère (demeure d’un prêtre),
probablement en hiver (le vent)
• les éléments qui prédisposent à la perception de l’étrange en brouillant l’esprit du
narrateur : la nuit noire, le sommeil qui l’accable, l’état de demi-éveil dans lequel il se
trouve
Dans l’élément perturbateur : les trois coups secs frappés à la porte
• les modalisateurs qui annoncent le caractère mystérieux, inattendu et impérieux d’un
événement qui s’impose au narrateur : secs, impératifs, forme passive (furent
frappés) et absence de l’agent (auteur inconnu)
Dans l’énoncé final :
• la rapidité et violence des gestes (« repoussai », « violent coup de clé » ,
« frénétique »)
• persistance de la peur (« cheveux dressés » ,« frénétique » ), du mystère ( « chose
singulière » )
• expression du doute, de l’incertitude (« il me sembla »)
• emploi du passé simple
• la chute : il s’agissait donc d’un mauvais rêve, d’un cauchemar (effet de suspense)
Le cœur de la nouvelle doit donc comprendre
- un discours narratif pour raconter le phénomène : arrivée d’un personnage mystérieux, ses
faits et gestes, leurs conséquences sur le narrateur,
-un discours descriptif : pour décrire:
• l’être mystérieux (homme, animal ou monstre)
• le cadre : le manque de lumière qui restreint, brouille la vue et déforme les silhouettes
des êtres et des objets
• la peur du narrateur et ses manifestations physiques
• les commentaires du narrateur qui fit part de ses impressions
Boîte à outils
Outils
Parties Plan Contenu linguistiques
Situation
initiale Présentation La nuit , dans Imparfait ,
(donnée) du cadre un passé simple,
spatiotempo presbytère plu-que –
rel Sur le point parfait ;
Situation du de Vocabulaire
personnage- s’endormir de la nuit
narrateur
Elément Annonce du Les trois
perturbateur mystère coups sur la Passé
(donné) porte simple,
forme
passive +
indicateur de
temps , » en
ce moment »
Adverbes de
manière
Péripéties L’ouverture Silhouette, Description
(évocation mystérieuse forme,
du de la porte Vocabulaire
cauchemar) visage, de l’étrange
Apparition regard,
Cœur de la De
nouvelle à du tenue,
mystérieux voix…. l’inquiétant
rédiger
arrivant Adjectifs
Une
Réaction du apparence qualificatifs
narrateur surprenante, Comparaison
mystérieuse s,
Un élément
nouveau qui Ses gestes propositions
terrifie le relatives…
narrateur La peur
Vocabulaire
De la peur à Une action de la peur
la terreur
du
personnage, Expression
un objet du doute, de
étrange , un l’incertitude
animal (il me
sembla, je
Manifestatio crus, une
ns physiques sorte de…)
de la peur :
Connecteurs
temporels et
logiques
(tout à coup,
mais,
soudain,
puis,…)
Description
de la
gradation
dans la peur
du
personnage
/ le corps, la
gorge, le
front, les
yeux...
(Exemples :
paralysé,
figé, la gorge
nouée, les
cheveux
hérissés,
incapable de
prononcer
un mot ...)
Dénouement Résolution Le renvoi de Alors
(donné) du problème l’être ou
personnage Verbes
Commentair
e du mystérieux d’action
narrateur Vague Imparfait et
conscience passé
du simple,
cauchemar
Situation La chute Le réveil
finale Passé simple
Commentair
e du
narrateur
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