Section 1 : Présentation de l’industrie marocaine :
I. L’industrie marocaine :
L'économie du Maroc est une économie de marché d'inspiration libérale. L'État joue
néanmoins un rôle non négligeable dans l'émergence économique du pays avec sa stratégie
d'industrialisation.
Depuis l'indépendance, le Maroc s'est lancé dans d'importants investissements pour
développer et doter le pays d'infrastructures industrielles de bases. Le secteur industriel
représente près de 28 % du PIB65. Longtemps dominé par les industries agro-alimentaires,
du textile et du cuir, le secteur industriel s’est diversifié rapidement grâce à l’essor des
secteurs de la chimie et parachimie, du papier et des cartons, des équipements automobiles et
de montage de véhicules66, les services aux entreprises, l’informatique, l’électronique et
l’industrie aéronautique.
Pour cela on peut définir que l’industrie, est un terme polysémique recouvrant originellement
la plupart des travaux humains.
L'industrie regroupe l'ensemble des activités économiques qui produisent en série des biens
matériels, par la transformation de matières premières ou de matières ayant déjà subi une ou
plusieurs transformations, et l'exploitation de sources d'énergie.
Historiquement, le terme ‘’Industrie’’ a d'abord désigné l'habileté à faire quelque chose puis
désigner la pratique d'une activité manuelle.
Le sens s’est ensuite élargi pour englober toute forme d'activité productive. Il a, par la suite,
désigné tout un secteur regroupant l’ensemble des activités socio-économiques tournées vers
la production en série
En matière de secteurs économiques, la loi des trois secteurs indique que l'industrie recoupe
pour l'essentiel le secteur secondaire.
Objectifs de l’Industrie :
Les objectifs stratégiques du secteur industriel Marocain sont, en synthèse, les suivantes :
Moderniser et diversifier l’économie nationale.
Augmenter les exportations.
Générer de façon significative de l’emploi.
II. Les secteurs industriels
a) L’automobile :
L'industrie automobile marocaine s’est hissée à des niveaux de croissance soutenus au
cours des dix dernières années. Sa performance est particulièrement remarquable à
l’export et en termes de création d’emplois, indicateurs à l’égard desquels le secteur
dégage une croissance annuelle à deux chiffres.
Le positionnement du Maroc en tant que plateforme de production et d’exportation
d’équipements et de véhicules automobiles est conforté par les implantations de groupes
étrangers de renom tels que RENAULT, SNOP, GMD, BAMESA, DELPHI, YAZAKI,
SEWS, SAINT-GOBAIN et plus récemment PSA Peugeot Citroën.
Secteur stratégique dans la politique industrielle nationale, depuis les années 2000
l’automobile dégage une croissance annuelle à deux chiffres à l’égard de la création
d’emploi et de l’exportation .
b) Aéronautique :
En 18 ans, le Maroc a pu édifier une base aéronautique de qualité, diversifiée et
compétitive. Le secteur connait un essor considérable et un dynamisme qui n’est plus à
démontrer.
Des métiers nouveaux et à forte valeur ajoutée se sont développés. Ils couvrent des filières
variées dont le câblage, la mécanique, la chaudronnerie, le composite, l’assemblage
mécanique...
Des majors mondiaux à l’exemple de Boeing, Safran,Hexcel, Eaton, Alcoa ou encore
Stelia ont opté pour la destination Maroc. Des acteurs de référence tels que Mécachrome,
Le Piston Français, LISI, Daher .... ont aussi fait le choix du Royaume. Ces implantations
sont la parfaite illustration de l’émergence d’un secteur qui ne fait que gagner en
performance et en compétitivité..
Le secteur compte actuellement plus de 140 entreprises. Celles-ci ont créés près de 17.000
emplois directs et ont réalisé, 17,35 milliards de dirhams de chiffre d'affaires en 2018
c) Textile :
Le secteur textile représente un secteur stratégique au sein de l’activité industrielle
nationale par sa contribution aux agrégats du secteur (27% des emplois et 7% de la valeur
ajoutée industriels), Dans le contexte de crise économique qui a touché ses principaux
partenaires (notamment l’Espagne et la France qui absorbent près de 60% des exportations
du secteur), le textile a fait preuve de résilience.
En vue de tirer meilleur profit de ses potentialités et d’y asseoir une croissance pérenne,
l’Etat a développé une vision globale, intégrant aussi bien l’export que le marché national,
un objectif poursuivi dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle 2014-2020.
Un appui soutenu sera particulièrement porté à l’émergence d’un amont textile compétitif
et innovant, afin de drainer davantage d’IDE, notamment chinois, et de développer des
partenariats gagnants-gagnants .
d) Cuir :
L’industrie marocaine du cuir couvre des activités diversifiées. Elle est composée d’une
branche tannerie de base exportatrice en partie mais travaillant surtout pour les besoins du
marché local, une branche maroquinerie et vêtements en cuir, ainsi qu’une filière
chaussure orientée presque exclusivement vers l’export.
Considéré comme un secteur historique ancré dans la culture Marocaine, le secteur du cuir
continue de représenter un des secteurs à fort potentiel à l’export pour l’industrie
marocaine. La différenciation et la montée en gamme, la cotraitance et le produit fini à
plus forte ajoutée, l’innovation et la créativité, la réactivité et le service, constituent la
trame sur laquelle repose la stratégie actuelle et future du secteur du Cuir marocain .
e) Electronique :
L’électronique se trouve en amont des industries aéronautique, automobile et ferroviaire, ainsi
que des domaines de la défense et de la sécurité.
Au Maroc, ce secteur a connu un développement soutenu ces dernières années avec des
opportunités grandissantes, à savoir :
Le développement de plus en plus de produits à forte valeur ajoutée .
L’émergence de sous-traitants mieux intégrés .
L’augmentation de la part de l’électronique dans l’automobile, l’aéronautique, le
ferroviaire, les énergies renouvelables et la défense.
Le secteur est aussi susceptible de bénéficier des possibilités de transfert d’une partie
offshorable importante de l’électronique de l’Europe de l’Ouest vers le Maroc. Le ciblage de
ce marché incite à l’émergence de nouvelles filières à forte valeur ajoutée telles que le
lighting et l’efficacité énergétique, le secteur électrique, la sécurité privée et publique et les
énergies renouvelables.
Pour atteindre le plein potentiel du Maroc dans l'électronique, l'Etat est déterminé à
accompagner le développement de ce secteur par la mise en place d’une offre axée sur le
développement de l’électronique de spécialité, permettant au pays de devenir une plateforme
de production et d’exportation vers l’Europe.
f) Electrique :
Bien qu’elles ne représentent que 31% de l’ensemble des sociétés du secteur, les activités de
fabrication de fils et câbles isolés, ainsi que de matériel de distribution et de commande
électrique réalisent 86% des exportations, 79% des investissements, 72% de la production et
65% de la valeur ajoutée de l’industrie électrique.
Depuis le lancement du Programme d’Electrification Rurale Généralisé (PERG) en 1995,
réalisé en grande partie par des entreprises marocaines avec des produits fabriqués
localement, le secteur électrique est dynamique.
Les programmes pour la résorption du déficit en matière d’habitat ont eu également un impact
positif sur ce secteur, dans la mesure où les entreprises marocaines ont réussi à adapter leurs
produits aux besoins des différentes couches sociales.
La Fédération nationale de l'électricité, de l'électronique et des énergies renouvelables
(FENELEC) collabore avec le Ministère Délégué chargé du commerce extérieur et avec
Maroc Export dans le cadre de la stratégie nationale de promotion des exportations
marocaines, et participe activement aux caravanes de l’export organisées dans plusieurs pays
africains. Le secteur électrique s’est résolument orienté vers l’extérieur, notamment vers le
marché africain, en exportant en particulier l’expérience marocaine en matière
d’électrification rurale.
La stratégie nationale dans le domaine des énergies renouvelables ouvre d’autres perspectives
de développement pour le secteur (plan solaire, plan éolien, efficacité énergétique).
g) CHIMIE-PARACHIMIE :
Les industries chimiques et parachimiques (ICP) occupent une place importante dans
l’économie nationale par la diversité de leurs produits et par leur lien organique avec d’autres
activités économiques en amont ou en aval.
De 2003 à 2012, ces industries ont connu un développement soutenu qui est une conséquence
directe des politiques sectorielles menées par le gouvernement d’une part, et du changement
des habitudes de consommation d’autre part.
Le secteur bénéficie de la présence de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), leader dans la
chimie des phosphates, dont les activités représentent 52% du chiffre d’affaires du secteur,
90% des exportations, 67% des investissements et 22% des emplois. Le bénéfice de l’accès à
une matière première à bas prix (phosphate) et d’un transfert de savoir-faire de l’OCP en
matière de formation, de sous-traitance, et de recherche et développement ouvre des
perspectives de développement d’activités industrielles phosphatées supplémentaires autour
de cette entreprise leader du secteur.
h) PHARMACEUTIQUE :
Après les phosphates, l’industrie pharmaceutique marocaine constitue la deuxième activité
chimique du Maroc et occupe la deuxième place à l’échelle du continent africain.
Cette industrie possède un grand potentiel de développement grâce à de forts atouts:
50 ans d’expérience
Des entreprises certifiées produisant aux normes de qualité européennes et/ou
américaines
Une capacité de production de 350 millions d’unités en un shift (session de production
de 8 heures)
L’adoption du code de la couverture médicale de base mettant en place l’Assurance
Maladie Obligatoire (AMO)
L’adoption d’un nouveau code des médicaments et de la pharmacie prévoyant la
libéralisation du capital social des entreprises pharmaceutiques.
Les laboratoires au Maroc sont répartis en trois catégories :
Les filiales de multinationales ne disposant pas de site de production sur place
Les entreprises mixtes qui représentent des filiales de multinationales tout en
fabriquant leurs propres médicaments
Les entreprises marocaines fabriquant leur propre palette de médicaments génériques
i) MATERIEUX DE CONSTRUCTION :
Le secteur des matériaux de construction revêt une importance notable dans l’industrie
nationale par les liens qu’il entretient avec le reste des activités économiques, et plus
particulièrement avec celles du bâtiment, du tourisme et des travaux d’infrastructure.
Au cours des dernières années, grâce aux politiques sectorielles menées par le
gouvernement pour faire de l’habitat, du tourisme et de l’industrie des moteurs de
croissance, l’industrie des matériaux de construction a connu un développement sans
précédent que le PAI entend maintenir et renforcer.
j) Energies renouvelables :
Le développement des énergies renouvelables, s’inscrit au cœur de la politique
énergétique nationale, laquelle s’oriente vers une diversification des sources
d’approvisionnement en énergie en portant à l’horizon 2020 la participation des énergies
vertes à 42% de la puissance électrique installée totale.
L’efficacité énergétique, parallèlement au développement des énergies renouvelables,
constitue une priorité dans la stratégie énergétique nationale : l'ambition est d'économiser
12% de la consommation d'énergie en 2020 et 15% en 2030. Dans cette perspective, des
plans d'actions d'efficacité énergétique ont été mis en place dans tous les secteurs clés, en
particulier les transports, l'industrie et le bâtiment.
Compte tenu de l’énorme potentiel en énergies renouvelables (solaire et éolienne) dont
dispose le Royaume, la construction d’un bouquet énergétique diversifié avantageant les
énergies renouvelables est prévue, pour satisfaire la demande croissante en électricité,
préserver l’environnement et réduire notre dépendance énergétique vis-à-vis de
l’extérieur. Pour relever ces défis, le Maroc a lancé un programme intégré de très grande
envergure de production électrique à partir des énergies renouvelables. Il s’agit de l’un des
plus grands projets à l’échelle mondiale, visant une puissance totale de 4000 MW à
l’horizon 2020, grâce à l’édification de nouveaux parcs éoliens et à la construction de cinq
centrales électriques solaires.
Ce projet intégré et structurant constitue un levier de développement économique et
humain (compétitivité, formation, recherche et développement, sous-traitance, intégration
industrielle). La concrétisation de ces projets est l’occasion de faire émerger et de
développer une industrie liée aux domaines des énergies renouvelables et de l’efficacité
énergétique, afin d’accompagner ces programmes et d’en optimiser les retombées socio-
économiques.
k) INDUSTRIES MECANIQUES ET METALLURGIQUES (IMM) :
La métallurgie et le travail des métaux sont les principales branches du secteur des
Industries Mécaniques et Métallurgiques (IMM) : elles réalisent 82% des exportations,
94% des investissements, 91% de la production et 82,6% de l’emploi des IMM.
Le secteur des IMM constitue un maillon essentiel de la chaîne d’approvisionnement
manufacturière, par son rôle de fournisseur et de sous-traitant pour de multiples marchés
applicatifs (notamment BTP, énergie, transport, agriculture). A ce titre, les IMM ne
peuvent que bénéficier du développement anticipé de ces marchés, portés par des
stratégies d’envergure nationale.
l) OFFSHORING :
Le secteur de l’offshoring est un secteur porteur pour l’économie nationale en raison de son
potentiel de création d’emplois pour les jeunes et de sa contribution à la balance commerciale
du pays.
Les activités de l’offshoring relèvent principalement de deux grands domaines et six filières :
o Le domaine du BPO (Business Process Outsourcing ou externalisation des processus
métiers) qui comprend les activités/fonctions administratives générales, les activités de
gestion de la relation client et les activités métiers spécifiques ;
o Le domaine de l’ITO (Information Technology Outsourcing ou externalisation des
processus liés aux technologies de l’information) qui regroupe les activités de gestion
d’infrastructure, les ac0
tivités de développement de logiciels et les activités de maintenance
applicative.
Le Maroc a été élu meilleure destination de l’offshoring pour l’année 2012 par l’Association
européenne de l’outsourcing (EOA). A l’horizon 2020, l’objectif défini par le Plan
d’Accélération Industrielle (PAI) est d’atteindre un PIB de 16 milliards de dirhams et 100 000
emplois .
III. La politique industrielle du Maroc :
La politique industrielle au Maroc est passée par plusieurs phases depuis les années 60. En
effet, sur la période 1960-1980, le Maroc avait opté pour une stratégie de substitution aux
importations visant à installer un système productif capable de réduire la dépendance par
rapport à l’acquisition de biens industriels de l’étranger. Bien que cette orientation ait permis
au pays de dresser les piliers de base pour un certain nombre de branches industrielles, ce
modèle connaîtra cependant un essoufflement à partir de la fin des années 70, une situation
exacerbée par la problématique de l’endettement durant cette phase.
A partir du début des années 80 et jusqu’à 2005, le Maroc a essayé de remédier aux
insuffisances constatées en favorisant une politique axée sur la promotion des exportations.
Cette dernière permettra à plusieurs branches intensives en main d’œuvre de se développer, en
l’occurrence le textile et l’agro-alimentaire. En revanche, le secteur industriel au Maroc est
demeuré limité à des exportations, majoritairement à faible valeur ajoutée, concentrées
géographiquement et à niveau de compétitivité faible comparativement à des pays émergents
de l’Asie, de l’Europe de l’Est, ainsi que de la région MENA.
A partir de 2005, le Maroc connaîtra un tournant par rapport au modèle de politique
industrielle adopté, en instaurant une stratégie basée sur les métiers mondiaux, considérés
parmi les secteurs les plus dynamiques du commerce mondial. C’est ainsi que le pays a vu se
succéder depuis 2005 le Plan Emergence, puis le Pacte National pour l’Emergence
Industrielle, avant d’initier sa nouvelle politique industrielle intitulée « Plan d’Accélération
Industrielle 2014 – 2020 » et ce, après avoir constaté l’insuffisance des progrès réalisés en
matière de compétitivité et la faible contribution de l’industrie à la croissance et à l’emploi.
L’objectif de ce policy brief consiste, ainsi, à analyser brièvement la stratégie de ciblage
sectoriel du Plan d’Accélération Industrielle 2014 – 2020, en faisant ressortir le
positionnement de ces nouveaux écosystèmes industriels dans l’espace-produit, ainsi que
par rapport aux capacités cognitives et productives actuelles du Maroc.
PLAN D’ACCELERATION INDUSTRIELLE 2014-2020 :
Le plan d’accélération industrielle vise 5 objectifs primordiaux pour accélérer la
transformation industrielle tels que :
Augmenter la capacité d’absorption des nouveaux actifs
Accroître la part de l’industrie dans le PIB
Dynamiser la capacité d’exportation sur les plans quantitatif et qualitatif
Améliorer les capacités d’accueil des investisseurs
Développer la productivité par un appui ciblé au tissu industriel