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Formulation faible des équations elliptiques

Ce document décrit la formulation faible des équations elliptiques linéaires. Il présente la formulation faible comme une généralisation de la formulation classique lorsqu'il n'existe pas de solution classique. Le document introduit également le lemme de Lax-Milgram qui est utilisé pour démontrer l'existence et l'unicité des solutions.

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Formulation faible des équations elliptiques

Ce document décrit la formulation faible des équations elliptiques linéaires. Il présente la formulation faible comme une généralisation de la formulation classique lorsqu'il n'existe pas de solution classique. Le document introduit également le lemme de Lax-Milgram qui est utilisé pour démontrer l'existence et l'unicité des solutions.

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Chapitre 2

Equations elliptiques linéaires

2.1 Formulation faible


Soit Ω un ouvert borné de IR N de frontière ∂Ω = Ω \ Ω. Soient ai,j ∈ L∞ (Ω), pour i, j = 1, . . . , N . On suppose
que les fonctions ai,j vérifient l’hypothèse d’ellipticité uniforme, c’est-à-dire :
N

∃α > 0; ∀ξ = (ξ1 , . . . , ξN ) ∈ IR N , ai,j ξi ξj ≥ α|ξ|2 . (2.1.1)
i,j=1

On se donne f ∈ L2 (Ω) et g : ∂Ω → IR, et on cherche une solution au problème :


N �
� N
ai,j ∂i (ai,j ∂j u)(x) = f (x), x ∈ Ω (2.1.2a)
i=1 i=1

u(x) = g(x), x ∈ ∂Ω, (2.1.2b)


où ∂i u désigne dérivée partielle de u par rapport à sa la i-ème variable.
Exemple 2.1 (Le Laplacien) Si on prend ai,j = δi,j (c’est-à-dire 1 si i = j, 0 si i �= j), alors le problème (2.1.2)
devient

−∆u = f sur Ω,
u = g sur ∂Ω.

Définition 2.2 (Solution classique) On suppose que ai,j ∈ C 1 (Ω) pour tout i, j = 1, . . . , N . On suppose que
f ∈ C(Ω) et g ∈ C(∂Ω) On appelle alors solution classique de (2.1.2) une fonction u ∈ C 2 (Ω) ∩ C(Ω) vérifiant
(2.1.2).

Le problème est qu’il n’existe pas forcément de solution classique à (2.1.2). Mais il existe des solutions plus
faibles, en un sens que l’on va définir ci-après. Pour comprendre leur nature, considérons d’abord le cas g = 0,
avec ai,j ∈ C 1 (Ω) f ∈ C(Ω), et supposons qu’il existe une solution classique u ∈ C 2 (Ω) ∩ C(Ω). Par définition,
celle ci vérifie :
� N � N
ai,j ∂i (ai,j ∂j u)(x) = f (x), ∀x ∈ Ω.
i=1 i=1

14
2.1. FORMULATION FAIBLE CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
Soit ϕ ∈ Cc∞ (Ω) ; multiplions l’équation précédente par ϕ(x) et intégrons sur Ω :
� �� N � N
� �
∂i (ai,j ∂j u)(x) ϕ(x) dx = f (x)ϕ(x) dx, ∀ϕ ∈ Cc∞ (Ω).
Ω i=1 i=1 Ω

Une intégration par parties donne alors :


� �� N �N
� �
ai,j ∂i u(x)∂j ϕ(x) dx = f (x)ϕ(x) dx, ∀x ∈ Ω. (2.1.3)
Ω i=1 i=1 Ω

Comme u ∈ C 2 (Ω), on a ∂i u ∈ C 2 (Ω) ⊂ C(Ω) ⊂ L2 (Ω), et Di u = ∂i u p.p (ce résultat n’est pas évident à
démontrer). De plus u ∈ C(Ω) ⊂ L2 (Ω) et donc u ∈ H 1 (Ω). Enfin, comme u = 0 sur ∂Ω, on a finalement
u ∈ H01 (Ω).
Soit v ∈ H01 (Ω), par densité de Cc∞ (Ω) dans H01 (Ω), il existe une suite (ϕn )n∈IN ⊂ Cc∞ (Ω) telle que ϕn → v
dans H 1 (Ω), c’est-à-dire ϕn → v dans L2 (Ω) et Di ϕn → v dans L2 (Ω) pour i = 1, . . . , N . En écrivant (2.1.3)
avec ϕ = ϕn , on obtient :
� �� N � N
� �
ai,j ∂i u(x)∂j ϕn (x) dx = f (x)ϕn (x) dx,
Ω i=1 i=1 Ω

et en passant à la limite, on obtient que u satisfait le problème suivant, qu’on appelle formulation faible du problème
(2.1.2) (lorsque g = 0)

u ∈ H01 (Ω),
� �� N � N
� �
ai,j ∂i u(x)∂j v(x) dx = f (x)v(x) dx, ∀v ∈ H01 (Ω). (2.1.4)
Ω i=1 i=1 Ω

On vient ainsi de montrer que toute solution classique du problème (2.1.2) (lorsque g = 0) est solution faible,
c’est-à-dire vérifie (2.1.4).

Remarque 2.3 (Cas symétrique, formulation variationnelle) Dans le cas où ai,j = aj,i pour i �= j, u est solu-
tion de (2.1.4) si et seulement si u est solution du problème suivant, qu’on appelle formulation variationnelle :

u ∈ H01 (Ω),
J(u) ≤ J(v), ∀v ∈ H01 (Ω), (2.1.5)
� ��
N �
N

1
où la fonctionnelle J est définie par : J(v) = ai,j Di vDj v dx.
2 Ω i=1 i=1

La démonstration de l’existence et de l’unicité des solutions des problèmes (2.1.4) et (2.1.5) utilise le lemme de
Lax-Milgram, que nous rappelons ici :
Lemme 2.4 (Lax-Milgram) Soient H un espace de Hilbert réel muni du produit scalaire noté (·, ·), de norme
associée notée �.� et a(·, ·) une forme bilinéaire qui est
– continue sur H × H : ∃ c > 0, ∀(u, v) ∈ H 2 , |a(u, v)| ≤ c�u��v�,
– coercive sur H (certains auteurs disent plutôt H-elliptique) : ∃ α > 0, ∀u ∈ H, a(u, u) ≥ α�u�2 ,

EDP, Télé-enseignement, M2 15 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.1. FORMULATION FAIBLE CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
et soit T une forme linéaire continue sur H.
Alors il existe un unique u de H tel que l’équation a(u, v) = T (v) soit vérifiée pour tout v de H :

∃! u ∈ H, ∀v ∈ H, a(u, v) = T (v)

Si de plus la forme bilinéaire a est symétrique, alors u est l’unique élément de H qui minimise la fonctionnelle
J : H → IR définie par J(v) = 12 a(v, v) − T (v) pour tout v de H, c’est-à-dire :

∃! u ∈ H, J(u) = min J(v).


v∈H

Notons que dans le cas où la forme bilinéaire a est symétrique, elle définit un produit scalaire sur H, et dans ce
cas, le lemme de Lax-Milgram est une conséquence directe du théorème de Riesz.
Pour appliquer le théorème de Lax-Milgram au problème (2.1.4), nous aurons besoin de l’inégalité de Poincaré :

Lemme 2.5 (Inégalité de Poincaré) Soit Ω un ouvert borné de IR N (ou qui est au moins borné dans une direc-
tion), alors il existe CΩ ne dépendant que de Ω tel que

�u�L2 (Ω) ≤ CΩ �∇u�L2 (Ω) , ∀u ∈ H01 (Ω). (2.1.6)

Démonstration Par hypothèse sur Ω, il existe a > 0 tel que Ω ⊂] − a, a[×RN −1 . Soit u ∈ Cc∞ (Ω), on prolonge
u par 0 en dehors de Ω :
u ∈ Cc∞ (IR N ), u = 0 sur Ωc .
Soit x = (x1 , . . . , xN )t = (x1 , y)t ∈ Ω, avec x1 ∈] − a, a[ et y = (x2 , . . . , xN ) ∈ IR N −1 . On a :
� x1
u(x1 , y) = ∂1 u(t, y) dt,
−a

et donc, par l’inégalité de Cauchy–Schwarz,


�� a �2 � a
|u(x1 , y)|2 ≤ ∂1 u(t, y) dt ≤ 2a (∂1 u(t, y))2 dt.
−a −a

En intégrant entre −a et a, on obtient :


� a
|u(x1 , y)|2 dx1 ≤ 4a2 (∂1 u(t, y))2 dt,
−a

et donc � �
|u(x)|2 dx ≤ 4a2 (∂1 u(x))2 dx, ∀u ∈ Cc∞ (Ω) (2.1.7)
Ω Ω

On procède ensuite par densité ; pour u ∈ H01 (Ω), il existe une suite (un )n∈IN ⊂ Cc∞ (Ω) telle que un → u dans
H01 (Ω), un → u dans L2 (Ω), et ∂i u → Di u dans L2 (Ω). On écrit alors (2.1.7) pour un et en passant à la limite
lorsque n → +∞, on obtient :
N

�u�2L2 (Ω) ≤ 4a2 �D1 u�2L2 (Ω) ≤ 4a2 �Di u�2L2 (Ω) = 4a2 �u�2H 1 (Ω)
0
i=1

EDP, Télé-enseignement, M2 16 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.1. FORMULATION FAIBLE CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
Théorème 2.6 (Existence et unicité de la solution de (2.1.4)) Soit Ω un ouvert borné de IR N , f ∈ L2 (Ω), et
soient (ai,j )i,j=1,...,N ⊂ L∞ (Ω) et α > 0 tels que (2.1.1) soit vérifiée. Alors il existe une unique solution de
(2.1.4).
Démonstration Pour appliquer le lemme de Lax-Milgram on écrit le problème (2.1.4) sous la forme : u ∈ H ;
a(u, v) = T (v) pour tout v ∈ H, avec H = H01 (Ω) (qui est bien un espace de Hilbert, muni de la norme définie
1
par �u�H 1 (Ω) = (�u�2L2 (Ω) + �∇u�2(L2 (Ω))N ) 2 ), et avec a et T définies par
� �� N � N
� � �
a(u, v) = ai,j Di u(x)Dj v(x) dx = f (x)v(x) dx et T (v) = f (x)v(x) dx.
Ω i=1 i=1 Ω Ω

On remarque tout d’abord que la forme linéaire T est bien linéaire continue. En effet, |T (v)| ≤ �v�L2 (Ω) �f �L2 (Ω) ≤
�v�H 1 (Ω) �f �L2 (Ω) . Quant à la forme a, elle est évidemment bilinéaire, et elle vérifie :
N

|a(u, v)| ≤ �ai,j �L∞ (Ω) �Di u�L2 (Ω) �Dj v�L2 (Ω) ≤ C�u�H 1 (Ω) �v�H 1 (Ω) ,
i,j=1
�N
avec C = i,j=1 �ai,j �L∞ (Ω) . Elle est donc continue.
Voyons si a est coercive : il faut montrer qu’il existe β ∈ IR + tel que a(u, u) ≥ β�u�2H 1 (Ω) , pour tout u ∈ H01 (Ω).
Par hypothèse sur a, on a :
� �� N � N
� � �� N
� �
2
a(u, u) = ai,j Di u(x)Dj u(x) dx ≥ α |Di u(x)| dx = α |∇u(x)|2 dx.
Ω i=1 i=1 Ω i=1 Ω

On applique alors l’inégalité de Poincaré (2.1.6) :


N
� N

�u�2H 1 (Ω) = �u�2L2 (Ω) + �Di u(x)�2 ≤ (CΩ + 1) �Di u(x)�2 ,
i=1 i=1

d’où on obtient que :


N
� 1
�Di u(x)�2 ≥ �u�2H 1 (Ω) ,
i=1
CΩ + 1
et donc
N
� α
a(u, u) ≥ α �Di u(x)�2 ≥ �u�2H 1 (Ω) ,
i=1
CΩ + 1
ce qui démontre la coercivité de a. Par le lemme de Lax-Milgram, on a donc bien existence et unicité du problème
de la solution du problème (2.1.4).
Par le lemme de Lax-Milgram, on démontre de manière similaire l’existence et l’unicité dans le cas où le second
membre est dans H −1 (Ω) (dual de H01 (Ω), c.à.d. l’ensemble des formes linéaires continues sur H01 (Ω)).
Théorème 2.7 (Existence et unicité, T ∈ H −1 ) Sous les mêmes hypothèses qu’au théorème 2.6, si T ∈ H −1 (Ω),
il existe une unique solution u de :
u ∈ H01 (Ω),
� �� N � N

ai,j ∂i u(x)∂j v(x) dx = T (v), ∀v ∈ H01 (Ω). (2.1.8)
Ω i=1 i=1

EDP, Télé-enseignement, M2 17 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.2. ANALYSE SPECTRALE CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES

Soit Ω un ouvert borné de IR N et f ∈ L1 (Ω). Il est intéressant de savoir si l’application ϕ �→ Ω f (x)ϕ(x)dx
(définie, par exemple, pour ϕ ∈ Cc∞ (Ω)) se prolonge en un élément de H −1 (Ω) (et dans ce cas, le prolongement
sera unique par densité de Cc∞ (Ω) dans H01 (Ω)). En dimension N = 1, l’hypothèse f ∈ L1 (Ω) est suffisante. En
dimension N ≥ 3, l’hypothèse f ∈ Lq (Ω), avec q = 2N/(N +2) est suffisante. En dimension N = 2, l’hypothèse
f ∈ Lq (Ω), avec q > 1 est suffisante. Un résultat plus précis (pour N = 2) est donné dans l’exercice 22.
L’existence et l’unicité de solutions faibles est possible avec d’autres conditions aux limites. L’exercice 18 traite le
cas des conditions de Neuman et l’exercice 20 les conditions dites de Fourier (ou de Robin, selon les auteurs). La
résolution du probème de Neuman permet d’ailleurs de montrer une décomposition utile d’un élément de L2 (Ω)N ,
appelée décomposition de Hodge, exercice 23. L’exercice 19 s’intéresse à des conditions aux limites apparaissant
en mécanique du solide. Il est possible aussi de coupler un problème elliptique sur un ouvert Ω de IR 2 avec un
problème elliptique unidimensionel sur le frontière de Ω, ceci est l’objet de l’exercice 25.
Les exercices 24, 26 et 21 montrent l’existence (et l’unicité ou une “unicité partielle") pour des systèmes elliptiques
(problème des Stokes et équation de Schrödinger).
Enfin, il est possible de traiter des problèmes elliptiques avec des coefficients ai,j non bornés. On introduit alors
des espaces de Sobolve dit “à poids", exercice 17.

2.2 Analyse spectrale


2.2.1 Quelques rappels
Soit E un espace de Banach réel, et T une application linéaire continue de E dans E. On note :
• σ(T ) = {λ ∈ IR; T − λI est non bijective } l’ensemble des valeurs singulières de T,
• ρ(T ) = {λ ∈ IR; T − λI est bijective } = IR \ σ(T ) l’ensemble des valeurs régulières de T,
• VP(T ) = {λ ∈ IR; T − λI est non surjective } l’ensemble des valeurs propres de T,
Lorsque dim E < +∞, on a VP(T ) = σ(T ). On a un résultat similaire en dimension finie, à condition que
l’opérateur T soit linéaire continu et compacte ; en effet dans ce cas on a : VP(T ) \ {0} = σ(T ) \ {0}, comme
précisé dans le théorème suivant :

Proposition 2.8 (Opérateur linéaire continu compact autoajoint) Soit E un espace de Hilbert séparable muni
du produit scalaire (·, ·)E , et soit T un opérateur linéaire continu compact autoadjoint dont le noyau N (T ) =
{u ∈ E ; T (u) = 0} est réduit à {0}. Alors il existe une base hilbertienne de E formée de vecteurs propres
de T ,�
c.à.d. des vecteurs en , n ∈ IN, vérifiant (en , em )E = δn,m et tels que si u ∈ E, alors u peut s’écrire
u = n∈N (u, en )E en , et les valeurs propres λn ∈ IR associées, i.e. telles que T en = λn en , sont telles que
λn → 0 lorsque n → +∞.

2.2.2 Le Laplacien
On va considérer dans
�N cette2section, pour simplifier, le cas du Laplacien, c.à.d. l’opérateur A qui a une fonction
u associe ∆u = i,j=1 ∂i u. Afin que cet opérateur ait un sens, on le définit sur son domaine D(A), c.à.d.
l’ensemble :
D(A) = {u ∈ H01 (Ω) ; ∆u ∈ L2 (Ω)},
et on définit alors A : D(A) ⊂ L2 (Ω) → L2 (Ω), par Au = ∆u.

EDP, Télé-enseignement, M2 18 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.2. ANALYSE SPECTRALE CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
On a vu dans les paragraphes précédents que si f ∈ L2 (Ω), il existe une unique solution au problème (2.1.4) qui
s’écrit, pour le Laplacien, c.à.d. avec les valeurs ai,j = δi,j , i, j = 1, . . . , N :
u ∈ H01 (Ω),
� �
∇u(x)∇v(x) dx = f (x)v(x) dx, ∀v ∈ H01 (Ω). (2.2.9)
Ω Ω

L’opérateur A est inversible. Son inverse, l’opérateur A−1 , est défini de L2 (Ω) dans L2 (Ω) par A−1 f = u où u
est solution de (2.2.9). Cet opérateur est injectif mais non surjectif. Les deux opérateurs sont linéaires.
Pour montrer qu’il existe une base hilbertienne formée des vecteurs propres de A−1 , on va démontrer le théorème
suivant :
Théorème 2.9 L’opérateur T est linéaire continu compact et autoadjoint de L2 (Ω) dans L2 (Ω).
Démonstration Il est immédiat de voir que T est linéaire. Soit f ∈ L2 (Ω), et u = T f . En prenant v = u dans
(2.2.9), on obtient � �
�u�2H 1 (Ω) = ∇u · ∇u dx = f u dx ≤ �f �L2 (Ω) �u�L2 (Ω) .
0
Ω Ω
Par l’inégalité de Poincaré, il existe CΩ ∈ IR + ne dépendant que de Ω tel que �u�2L2 (Ω) ≤ CΩ �u�2H 1 (Ω) , et donc :
0

N

�u�2H 1 (Ω) = �Di u�2L2 (Ω) ≤ �f �L2 (Ω) �u�L2 (Ω) ≤ CΩ �f �L2 (Ω) �u�H01 (Ω) .
0
i=1

On en déduit que �u�H01 (Ω) ≤ CΩ �f �L2 (Ω) et donc :

�T f �2L2 (Ω) = �u�2L2 (Ω) ≤ CΩ �u�2H 1 (Ω) ≤ CΩ2 �f �2L2 (Ω) ,


0

ce qui démontre la continuité de T .


Montrons maintenant que l’opérateur T est compact, c.à.d. que l’image T (B) d’un ensemble B borné de L2 (Ω)
est relativement compact dans L2 (Ω). On peut écrire T sous la forme T = I + T0 où I est l’injection canonique
de H01 (Ω) dans L2 (Ω) et T0 est l’application qui à f ∈ L2 (Ω) associe u = T f ∈ H01 (Ω). L’application T0 est
continue et l’injection I est compacte par le théorème de Rellich (théorème 1.23 page 8), et donc l’opérateur T est
compact.
Montrons maintenant que l’opérateur T est auto-adjoint, c.à.d. que
�T f, g�L2 (Ω) = �f, T g�L2 (Ω) , ∀f, g ∈ L2 (Ω). (2.2.10)
Soient donc f et g ∈ L2 (Ω), u l’unique solution de (2.2.9), et v l’unique solution de (2.2.9) où on a remplacé f
par g dans le second membre. On a :
� � � �
�T f, g�L2 (Ω) = T f g dx = u g dx = − u ∆v dx = ∇u · ∇v dx
Ω Ω Ω Ω

On montre de même que �f, T g�L2 (Ω) = Ω
∇u · ∇v dx, ce qui démontre (2.2.10).

D’après le théorème 2.9 et la proposition 2.8, il existe donc une base hilbertienne (en )n∈IN de L2 (Ω) formées de
vecteurs propres de T . Les valeurs propres associées sont toutes strictement positives. En effet, si f ∈ L2 (Ω) et
f �= 0, alors u = T f �= 0 et

(T f, f )L2 (Ω) = (u, f )L2 (Ω) = ∇u · ∇u dx = �u�2H 1 (Ω) > 0,
0

EDP, Télé-enseignement, M2 19 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.3. RÉGULARITÉ DES SOLUTIONS FAIBLES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
et donc si λn ∈ VP(T ), est associée au vecteur propre en �= 0, on a T en = λn en , et donc, comme en �= 0,

λn (en , en )L2 (Ω) = (λn en , en )L2 (Ω) = (T en , en )L2 (Ω) > 0.

La suite (λn )n∈IN est donc strictement positive, décroissante et minorée par 0. Remarquons que les valeurs propres
de A = ∆ sont donc les valeurs µn = λ1n , n ∈ IN, avec µn > 0, ∀n ∈ IN et µn → +∞ lorsque n → +∞.
On peut alors caractériser le domaine de l’opérateur Laplacien D(A) de la façon suivante :
� �

2 2 2
Soit u ∈ L (Ω), [u ∈ D(A)] ⇐⇒ µn (u, en )L2 (Ω) < +∞.
n∈IN
�+∞
De plus si u ∈ D(A), alors Au = n=1 µn (u, en )L2 (Ω) en . On peut ainsi définir les puissances de l’opérateur A :

Définition 2.10 (Puissance de l’opérateur) Soit Ω un ouvert borné de IR N , A = ∆, et soit s ≥ 0. On définit


+∞

D(As ) = {u ∈ L2 (Ω) : µ2s 2
n (u, en )L2 (Ω) < +∞.
n=1

Et pour u ∈ D(As ), on peut alors définir As u par :


+∞

As u = µsn (u, en )L2 (Ω) .
n=1

Pour s = 0, on a D(A0 ) = L2 (Ω) et A0 u = u : A0 est l’opérateur identité.


Pour s = 1, on retrouve l’opérateur laplacien.
�+∞
1 1
Pour s = 12 , on a D(A 2 ) = {u ∈ L2 (Ω); n=1 µn (u, en )2L2 (Ω) < +∞. On peut montrer que D(A 2 ) = H01 (Ω),
1 �+∞
et on a A 2 u = n=1 µn (u, en )L2 (Ω) .
Pour le cas N = 1, Ω =]0, 1[, Le théorème de décomposition spectrale est détaillé dans l’exercice 16.

2.3 Régularité des solutions faibles


Sous les hypothèses (2.1.1), on sait par les résultats précédents qu’il existe une unique solution au problème (2.1.4),
et on se demande quelle est la régularité de cette solution en fonction des données du problème. Le problème est
assez simple en dimension N = 1, voir l’exercice 15, mais beaucoup plus difficile en dimension N > 1.

Théorème 2.11 (Régularité de la solution du problème de Dirichlet) Sous les hypothèses (2.1.1), soit u ∈ H01 (Ω)
la solution de (2.1.4).
1. Si ai,j ∈ C 1 (Ω) pour i, j = 1, . . . , N et Ω est à frontière C 2 , alors, pour tout f ∈ L2 (Ω), on a u ∈ H 2 (Ω).
2. Si ai,j ∈ C ∞ (Ω) pour i, j = 1, . . . , N , si Ω est à frontière C ∞ , et si f ∈ H m (Ω) avec m ≥ 0, alors
u ∈ H m+2 (Ω).
En conséquence, si f ∈ C ∞ (Ω), alors u ∈ C ∞ (Ω) et donc u est solution classique. De même, si f ∈ H m (Ω)
avec m > N2 , alors u ∈ C 2 (Ω) et donc u est encore solution classique.

Remarque 2.12 (Optimalité des hypothèses) Notons que la partie 1. du théorème précédent est fausse sans les
hypothèses ai,j ∈ C 1 (Ω) et Ω est à frontière C 2 .
Par contre dans le cas du Laplacien, c.à.d. ai,j = δi,j , si Ω est convexe, alors u ∈ H 2 (Ω) dès que f ∈ L2 (Ω).

EDP, Télé-enseignement, M2 20 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.3. RÉGULARITÉ DES SOLUTIONS FAIBLES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
Idée de démonstration du théorème 2.11
N −1
On se ramène par la technique dite des “cartes locales" au cas Ω = IR N
+ = {(x1 , y), y ∈ IR , x1 > 0}, et au
problème suivant :

u ∈ H01 (Ω),
� �
∇u∇v dx = f v dx, ∀v ∈ H01 (Ω).
Ω Ω

et on applique ensuite le théorème 2.15, qui dit que la solution de ce problème appartient à H 2 (IR N
+ ).

La démonstration du théorème de Nirenberg 1 que nous énonçons un peu plus loin nécessite les lemmes techniques
suivants :
Lemme 2.13 Soit g ∈ L2 (Ω) et, pour h > 0, Ψh g défini par :Ψh g = 1
h (gh − g), où gh ∈ H01 (Ω) est définie par
gh (x) = g(x1 , x2 + h). Alors �Ψh g�H −1 (Ω) ≤ �g�L2 (Ω) .
Démonstration Soit g ∈ L2 (Ω), par définition,

�Ψh g�H −1 (Ω) = sup{ Ψh g v dx, v ∈ H01 (Ω), �v�H 1 (Ω) ≤ 1},

et donc, par densité de Cc∞ (Ω) dans H01 (Ω),



�Ψh g�H −1 (Ω) = sup{ Ψh g v dx, v ∈ Cc∞ (Ω), �v�H 1 (Ω) ≤ 1}.

Soit v ∈ Cc∞ (Ω) tel que �v�H 1 (Ω) ≤ 1.


� � �
1
Ψh g v dx = (g(x1 , x2 + h) − g(x1 , x2 )) v(x1 , x2 ) dx1 dx2
Ω h IR + IR
� � � �
1
= g(x1 , x̃2 )v(x1 , x̃2 − h) dx1 dx̃2 − g(x1 , x2 )v(x1 , x2 ) dx1 dx2
h IR + IR IR + IR
� �
v(x1 , x2 − h) − v(x1 , x2 )
= g(x1 , x2 ) dx1 dx2 .
IR + IR −h

Donc, par l’inégalité de Cauchy-Schwarz,



v(·, · − h) − v(·, ·)
| Ψh g v dx| ≤ �g�L2 (Ω) � �L2 (Ω) ≤ �g�L2 (Ω) �v�H 1 (Ω) ≤ �g�L2 (Ω) .
Ω −h

On en déduit que �Ψh g�H −1 (Ω) ≤ �g�L2 (Ω) .

Lemme 2.14 Sous les hypothèses du lemme 2.13, soit u ∈ L1loc (Ω), alors Ψh u → D2 u dans D∗ lorsque h → 0.

Démonstration Soit ϕ ∈ Cc∞ (Ω) ; on veut montrer que


� �
Ψh u ϕ dx → − u∂2 ϕ dx = �D2 u, ϕ�D∗ ,D lorsque h → 0.
Ω Ω

1. Louis Nirenberg (né en 1925) est un mathématicien Canadien qui a beaucoup contribué à la théorie des équations aux dérivées partielles
linéaires et non linéaires.

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2.3. RÉGULARITÉ DES SOLUTIONS FAIBLES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
Or
� � �
u(x1 , x2 + h) − u(x1 , x2 )
Ψh ϕ dx = ϕ(x1 , x2 ) dx1 dx2
Ω IR + IR h
� �
ϕ(x1 , x2 − h) − ϕ(x1 , x2 )
= u(x1 , x2 ) dx1 dx2 .
IR + IR −h

Mais ϕ(x1 ,x2 −h)−ϕ(x 1 ,x2 )


→ ∂2 ϕ uniformément lorsque h → 0, et le support de cette fonction est inclus dans un
−h � �
compact K de Ω, qui est fixé si |h| < 1. Donc limh→0 Ω Ψh u ϕ dx = − Ω u ϕ dx.

N −1
Théorème 2.15 (Nirenberg) Soit Ω = IR N + = {(x1 , y), y ∈ IR , x1 > 0} et f ∈ L2 (Ω), et soit u ∈
N
H0 (Ω)(IR + ) l’unique solution du problème suivant :
1

u ∈ H01 (Ω),
� �
∇u · ∇v dx = f v dx, ∀v ∈ H01 (Ω). (2.3.11)
Ω Ω

Alors u ∈ H 2 (IR N
+ ).

Démonstration On va effectuer la démonstration dans le cas N = 2. Soit u ∈ H01 (Ω) solution de (2.3.11), u
vérifie donc :
� � �
∇u · ∇v dx + u v dx = gv dx, ∀v ∈ H01 (Ω), où g = u + f ∈ L2 (Ω)(IR 2+ ).
Ω Ω Ω

On a donc �
(u, v)H 1 (IR 2+ ) = g v dx ≤ �g�H −1 (Ω) �v�H 1 (Ω) , (2.3.12)
IR 2+

puisque, par définition, �g�H −1 (Ω) = sup{ IR 2 g v dx, v ∈ H01 (Ω), �v�H 1 (Ω) ≤ 1}, où, comme d’habitude, on
+ �
confond l’application Tg qui à v ∈ H01 (Ω) associe gv dx, qui est donc un élement de H −1 (Ω), avec la (classe
de) fonction(s) g ∈ L2 (Ω). On prend v = u dans (2.3.12). On obtient �u�H 1 (Ω) ≤ �g�H −1 (Ω) .
Pour montrer la régularité sur D2 u, on introduit la fonction �Ψh u = h1 (uh − u)�où uh ∈ H01 (Ω) est définie par
uh (x) = u(x1 , x2 + h). Comme u vérifie (2.3.11), uh vérifie Ω ∇uh · ∇v dx = Ω fh v dx où fh (x) = f (x + h),
et donc Ψh u = h1 (uh − u) vérifie � �
∇Ψh u · ∇v dx = Ψh f v dx.
Ω Ω

On en déduit que (Ψh u, v)H 1 (Ω) = Ω
Ψh f v dx, et donc que �Ψh u�H 1 (Ω) ≤ �Ψh g�H 1 (Ω) . Par le lemme 2.13,
comme g ∈ L2 (Ω), on a donc
�Ψh u�H 1 (Ω) ≤ �g�L2 (Ω) .
Prenons maintenant h = n1 et faisons tendre n → +∞. Par ce qui précède, la suite (Ψ n1 u)n∈IN est bornée, et il
existe donc une sous-suite encore notée (Ψ n1 u)n∈IN , et w ∈ H01 (Ω) telle que Ψ n1 u → w dans H01 (Ω) faible, donc
S(Ψ n1 u) → S(w) pour tout S ∈ H −1 (Ω).
Donc Ψ n1 u → w dans D∗ . Mais par le lemme 2.14, Ψ n1 u → D2 u dans D∗ . Donc D2 u = w ∈ H01 (Ω), et par
conséquent, D1 D2 u ∈ H01 (Ω) et D2 D2 u ∈ H01 (Ω). Pour conclure, il ne reste plus qu’à montrer que D1 D1 u ∈

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2.4. PRINCIPE DU MAXIMUM CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
H01 (Ω). Pour cela, on utilise l’équation satisfaite par u. En effet, comme u est solution faible de (2.1.4), on a
−∆u = f dans D∗ , et donc D1 D1 u = f − D2 D2 u ce qui prouve que D1 D1 u ∈ L2 (Ω). Ceci termine la preuve.

Remarque 2.16 (Plus de régularité. . . )


1. Supposons que ai,j ∈ C 1 (Ω) et que Ω est à frontière C 2 . On a déjà vu que si f ∈ L2 (Ω) alors u ∈ H 2 (Ω).
On peut montrer que si f ∈ Lp (Ω) alors u ∈ W 2,p (Ω).
2. Supposons maintenant qu’on ait seulement ai,j ∈ L∞ (Ω). On peut montrer (c’est un résultat de Meyers)
qu’il existe p∗ > 2 tel que si f ∈ Lp (Ω) avec 2 ≤ p ≤ p∗ , alors u ∈ W 2,p (Ω).
3. Toujours dans le cas ai,j ∈ L∞ (Ω), on peut montrer (ce résultat est dû à Stampacchia 2 ) que si f ∈ Lp (Ω),
avec p > N2 , alors u ∈ L∞ (Ω).
4. Il est possible aussi de démontrer des résultat de régularité pour d’autres conditions aux limites. L’exer-
cice 18 donne un exemple avec les conditions de Neuman, l’exercice 20 un exemple avec conditions de
Fourier et l’exercice 21 traite l’exemple du système elliptique induit par l’équation de Schrödinger (qui est
généralement présenté comme une équation dont l’inconnue prend ses valeurs dans C).

2.4 Principe du maximum


Question. (Positivité de la solution faible.) Soit Ω un ouvert borné de IR N , N ≥ 1, ai,j ∈ L∞ (Ω), pour i, j =
1, . . . , N . On suppose que les fonctions ai,j vérifient (2.1.1). Soit f ∈ L2 (Ω) et u la solution de (2.1.4). On
suppose que f ≥ 0 p.p.. A-t-on u ≥ 0 p.p. ?

Remarque 2.17 On suppose que u ∈ C 2 (Ω), −∆u = f dans Ω et u = 0 sur le bord de Ω (la fonction u est donc
une solution classique avec ai,j = 0 si i �= 1 et ai,j = 1 si i = j). On suppose aussi que f > 0 dans Ω. On va
montrer que u ≥ 0 dans Ω. Pour cela, on raisonne par l’absurde. On suppose qu’il existe a ∈ Ω t.q. u(a) < 0. On
choisit alors x ∈ Ω t.q. u(x) = min{u(y), y ∈ Ω} (un tel x existe car Ω est compact, u continue et u = 0 sur le
bord de Ω). On a alors
∂i u(x) = 0 et ∂i2 u(x) ≥ 0 pour tout i ∈ {1, . . . , N }.
Ceci donne ∆u(x) ≥ 0 en contradiction avec ∆u(x) = −f (x) < 0. On obtient donc finalement que u(x) ≥ 0 pour
tout x ∈ Ω. Un argument supplémentaire (consistant à considérer, par exemple, la fonction uε (x) = u(x) − εx21
pour ε > 0 et ε → 0) permet de remplacer l’hypothèse f > 0 par f ≥ 0. La question posée au début de ce
paragraphe consiste donc à étendre cette propriété de positivité aux solutions faibles.

Nous donnons maintenant deux petits lemmes, dûs à G. Stampacchia.

Lemme 2.18 Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) et ϕ ∈ C 1 (IR, IR). On suppose que ϕ� est bornée et
ϕ(0) = 0. Soit u ∈ H01 (Ω), alors ϕ(u) ∈ H01 (Ω) et Di ϕ(u) = ϕ� (u)Di u p.p. (pour tout i ∈ {1, . . . , N }). (La
notation ϕ(u) désigne la fonction ϕ ◦ u.)

Démonstration Il existe une suite (un )n∈IN de fonctions appartenant à Cc∞ (Ω) t.q. un → u dans H01 (Ω) (quand
n → +∞), c’est-à-dire
un → u dans L2 (Ω),
Di un → Di u dans L2 (Ω), pour tout i ∈ {1, . . . , N }.
2. Mathématicien italien né à Naples en 1922, mort en 1978, spécialiste de calcul des variations et des équations aux dérivées partielles,
entre autres.

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2.4. PRINCIPE DU MAXIMUM CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
Après extraction éventuelle d’une sous suite, on peut même supposer qu’il existe F ∈ L2 (Ω) et, pour tout i ∈
{1, . . . , N }, Fi ∈ L2 (Ω) t.q.
un → u p.p. et |un | ≤ F p.p. et pour tout n ∈ IN,
Di un → Di u p.p. et |Di un | ≤ Fi p.p. et pour tout n ∈ IN, i ∈ {1, . . . , N }.
On a alors ϕ(un ) ∈ Cc1 (Ω) et pour tout n ∈ IN et tout i ∈ {1, . . . , N },
Di ϕ(un ) = ∂i ϕ(un ) = ϕ� (un )∂i un .
On pose M = sup{|ϕ� (s)|, s ∈ IR}, de sorte que |ϕ(s)| ≤ M |s|, pour tout s ∈ IR. On a donc
ϕ(un ) → ϕ(u) p.p. et |ϕ(un )| ≤ M F p.p. et pour tout n ∈ IN.
Comme M F ∈ L2 (Ω), le théorème de convergence dominée (dans L2 (Ω)) donne ϕ(un ) → ϕ(u) dans L2 (Ω). On
a donc aussi Di ϕ(un ) → Di ϕ(u) dans D� (Ω). On rappelle maintenant que Di ϕ(un ) = ϕ� (un )∂i un . Comme
ϕ� (un ) → ϕ� (u) p.p.,
∂i un → Di u p.p.,
|ϕ� (un )∂i un | ≤ M Fi p.p. et pour tout n ∈ IN.
Le théorème de convergence dominée donne ϕ� (un )∂i un → ϕ� (u)Di u dans L2 (Ω) et donc aussi dans D� (Ω). Par
unicité de la limite dans D� (Ω) on a donc Di ϕ(u) = ϕ� (u)Di u p.p. (et pour tout i). Finalement, on obtient donc
que ϕ(u) ∈ H01 (Ω) (comme limite, pour la norme de H 1 (Ω) de fonctions de H01 (Ω)) et Di ϕ(u) = ϕ� (u)Di u p.p.,
pour tout i.

Lemme 2.19 Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1). Soit u ∈ H01 (Ω). On définit u+ par u+ (x) = max{u(x), 0}
Pour x ∈ Ω. Alors, u+ ∈ H01 (Ω) et Di u+ = 1u≥0 Di u = 1u>0 Di u p.p. (pour tout i ∈ {1, . . . , N }). En particulier
on a Di u = 0 p.p. (pour tout i) sur l’ensemble {u = 0}.
Démonstration Pour n ∈ IN� , on définit ϕn ∈ C 1 (IR, IR) par
ϕn (s) = 0 si s ≤ 0,
ϕn (s) = n2 s2 si 0 < s < n1 ,
ϕn (s) = s − 2n1
si n1 ≤ s.
On a donc ϕn (s) → s+ pour tout s ∈ IR (quand n → +∞) et |ϕ�n (s)| ≤ 1 pour tout s et pour tout n ∈ IN� . Le
lemme 2.18 donne ϕn (u) ∈ H01 (Ω) et Di (ϕn (u)) = ϕ�n (u)Di u p.p. (et pour tout i ∈ {1, . . . , N }). D’autre part,
on a
ϕn (u) → u+ p.p., |ϕn (u)| ≤ |u| p.p. et pour tout n ∈ IN.
Le théorème de convergence dominée donne donc ϕn (u) → u+ dans L2 (Ω) (et donc que Di ϕn (u) → Di u+ dans
D� (Ω)). Puis, on remarque que ϕ�n (u) → 1{u>0} p.p. et donc
ϕ�n (u)Di u → 1{u>0} Di u p.p., |ϕ�n (u)Di u| ≤ |Di u| p.p. et pour tout n ∈ IN,
ce qui (toujours par le théorème de convergence dominée) donne ϕ�n (u)Di u → 1{u>0} Di u dans L2 (Ω) (et donc
dans D� (Ω)). Comme Di (ϕn (u)) = ϕ�n (u)Di u on en déduit (par unicité de la limite dans D� (Ω)) que Di u+ =
1{u>0} Di u p.p.. La suite (ϕn (u))n∈IN est donc une suite de H01 (Ω), elle converge dans H 1 (Ω) vers u+ . On a bien
montré, finalement, que u+ ∈ H01 (Ω) et Di u+ = 1{u>0} Di u p.p. (et pour tout i).
En considérant la suite (ψn (u))n∈IN avec ψn définie par ψn (s) = ϕ(s + 1/n) − 1/(2n), un raisonnement analogue
montre que Di u+ = 1{u≥0} Di u (la différence essentielle entre ϕn et ψn est que ϕ�n (0) = 0 alors que ψn� (0) = 1).

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2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
Remarque 2.20 Le lemme 2.19 peut se généraliser à toute fonction lipschitzienne s’annulant en 0, on obtient
ainsi le résultat suivant. Soit Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) et ϕ une fonction lipschitzienne de IR dans
IR, s’annulant en 0. Soit u ∈ H01 (Ω). On a alors ϕ(u) ∈ H01 (Ω) et Di ϕ(u) = ϕ� (u)Di u p.p. (pour tout i ∈
{1, . . . , N }). Un exemple important consiste à prendre ϕ(s) = (s − k)+ pour tout s ∈ IR, avec k donné dans IR + .
On obtient ainsi, pour u ∈ H01 (Ω), (u − k)+ ∈ H01 (Ω) et Di ϕ(u) = 1{u>k} Di u = 1{u≥k} Di u p.p..

On peut maintenant répondre à la question posée au début de ce paragraphe.

Théorème 2.21 (Positivité de la solution faible) Soit Ω un ouvert borné de IR N , N ≥ 1, ai,j ∈ L∞ (Ω), pour
i, j = 1, . . . , N . On suppose que les ai,j vérifient (2.1.1). Soit f ∈ L2 (Ω) et u la solution de (2.1.4). On suppose
que f ≥ 0 p.p.. On a alors u ≥ 0 p.p..

Démonstration On suppose que f ≤ 0 p.p. et on va montrer que u ≤ 0 p.p. (en changeant f en −f et u et −u on


obtient le résultat désiré). Comme u est solution de (2.1.4), on a
� n
� �
ai,j (x)Dj u(x)Di v(x)dx = f (x)v(x)dx pour tout v ∈ H01 (Ω).
Ω i,j=1 Ω

On choisit, dans cette égalité, v = u+ et on obtient


� � n
� �
2 +
α |∇u(x)| 1{u≥0} (x)dx ≤ ai,j (x)Dj u(x)Di u (x)dx = f (x)u+ (x)dx ≤ 0.
Ω Ω i,j=1 Ω

� �
On en déduit que α�u+ �2H 1 (Ω) = α Ω
|∇u+ (x)|2 dx ≤ Ω
f (x)u+ (x)dx ≤ 0, et donc u+ = 0 p.p., c’est-à-
0
dire u ≤ 0 p.p..

Remarque 2.22 Nous n’avons considéré ici que les problèmes elliptiques avec condition nulle au bord du do-
maine. Il est assez facile de remplacer la condition “u = 0" sur le bord de Ω par “u = g" à condition que Ω
soit assez régulier pour que l’opérateur “trace", noté γ et introduit au chapitre précédent, soit bien défini et que
g = γ(G) avec G ∈ H 1 (Ω). On cherche alors alors la fonction u − G comme solution faible d’un problème
elliptique posé dans H01 (Ω) avec un second membre dans H −1 (Ω). La solution faible existe bien et est unique. On
peut alors montré, par une méthode voisine de celle donnée dans le théorème 2.21 que, si f = 0 et A ≤ g ≤ B
p.p. (avec A, B ∈ IR), on a alors A ≤ u ≤ B p.p. (où u est la solution faible du problème elliptique avec 0 comme
second membre et g comme condition au bord). C’est ce résultat que l’on appelle “principe du maximum".

2.5 Exercices
Exercice 15 (Régularité en dimension 1)

f ∈ L2 (]0, 1[). On rappelle (cf. cours) qu’il existe un et un seul u solution de

u ∈ H01 (]0, 1[),


� 1 � 1
(2.5.13)
Du(t)Dv(t)dt = f (t)v(t)dt, ∀v ∈ H01 (]0, 1[).
0 0
�x
On suppose maintenant que f ∈ C([0, 1], IR)(⊂ L (]0, 1[). On pose F (x) = 2
0
f (t)dt, pour tout x ∈ [0, 1]. Soit
u la solution de (2.5.13). Montrer que, pour tout ϕ ∈ C([0, 1], IR), on a

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2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
� 1 � 1
(Du(t) + F (t))ϕ(t)dt = cϕ(t)dt
0 0
avec un certain c ∈ IR convenablement choisi (et indépendant de ϕ).
En déduire que Du = −F + c p.p., puis que u est deux fois continûment dérivable sur ]0, 1[ et −u�� (x) = f (x)
pour tout x ∈]0, 1[ (et que u(0) = u(1) = 0).

Exercice 16 (Décomposition spectrale en dimension 1)

On reprend l’exercice précédent. On pose E = L2 (]0, 1[) (muni de la norme � · �2 ). Pour f ∈ E, on rappelle qu’il
existe un et un seul u solution de (2.5.13).
On note T l’application de E dans E qui à f associe u (solution de (2.5.13), noter que H01 (]0, 1[) ⊂ E). On
rappelle que T est un opérateur linéaire compact autoadjoint de E dans E.
1. Soit λ ∈ VP(T ). Montrer qu’il existe u ∈ C([0, 1], IR) ∩ C 2 (]0, 1[, IR), u �= 0, tel que −λu�� = u, sur ]0, 1[
et u(0) = u(1) = 0.
2. Montrer que VP(T ) = { k21π2 , k ∈ IN∗ } et σ(T ) = VP(T ) ∪ {0}.
�1
3. Soit f ∈ E. Pour n ∈ IN∗ , on pose cn = 2 0 f (t) sin(nπt)dt. Montrer que :
n

�f − cp sin(pπ·)�2 → 0, quand n → ∞.
p=1

(Comparer avec les séries de Fourier. . . , )


4. Soit µ ∈ IR ∗ . En utilisant l’alternative de Fredholm, donner une C.N.S. sur f ∈ E pour que le problème
suivant ait une solution :

u ∈ H01 (]0, 1[),


� 1 � 1 � 1
Du(t)Dv(t)dt + µ u(t)v(t)dt = f (t)v(t)dt, ∀v ∈ H01 (]0, 1[).
0 0 0

Exercice 17 Problème elliptique à coefficients non bornés

Soit Ω un ouvert borné de IR N , N ≥ 1, et p : Ω → IR une fonction mesurable t.q. inf{p(x), x ∈ Ω} = a > 0. On


pose H 1 (p, Ω) = {u ∈ L2 (Ω) t.q. Di u ∈ L1loc (Ω) et p Di u ∈ L2 (Ω) pour tout i ∈ {1, . . . , N }}.
On rappelle que Di u désigne la dérivée, au sens des distributions, de u dans la direction xi , la variable de IR N
étant notée x = (x1 , . . . , xN )t .
N

Pour u ∈ H 1 (p, Ω), on définit �u� par �u�2 = �u�22 + �p Di u�22 , avec � · �2 = � · �L2 (Ω) .
i=1
1. (Etude de l’espace fonctionnel.)
(a) Montrer que H 1 (p, Ω) ⊂ H 1 (Ω).
(b) Montrer que H 1 (p, Ω), muni de la norme � · �, est un espace de Hilbert. [On pourra remarquer qu’une
suite de Cauchy dans H 1 (p, Ω) est aussi de Cauchy dans H 1 (Ω).]

On pose H01 (p, Ω) = H 1 (p, Ω) ∩ H01 (Ω).


2. (Espace fonctionnel, suite.) Montrer que H01 (p, Ω) est un s.e.v. fermé de H 1 (p, Ω).

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2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
3. (solution faible.) Soit h ∈ L2 (Ω), montrer qu’il existe un et un seul u t.q.

u ∈ H01 (p, Ω), (2.5.14)

� �
p2 (x)∇u(x) · ∇v(x)dx = h(x)v(x)dx, ∀v ∈ H01 (p, Ω). (2.5.15)
Ω Ω

4. (Précisions. . . )
(a) On suppose ici que p2 ∈ L1loc (Ω). Montrer que Cc∞ (Ω) ⊂ H01 (p, Ω).
(b) On prend maintenant N = 1 et Ω =]0, 1[. Donner un exemple de fonction p (avec p : Ω → IR
mesurable et t.q. inf{p(x), x ∈ Ω} > 0) pour lequel Cc∞ (Ω) ∩ H01 (p, Ω) = {0} (cette question est
plus difficile).

Exercice 18 Problème de Neumann

Soient
� Ω un ouvert borné connexe de IR N (N ≥ 1), faiblement lipschitzienne. On pose H = {u ∈ H 1 (Ω),

u(x)dx = 0}. On rappelle que sur un tel ouvert, une fonction L1loc dont les dérivées (au sens des distributions)
sont nulles est nécessairement constante (c’est-à-dire qu’il existe C ∈ IR t.q. cette fonction soit égale à C p.p..
1. (Inégalité de “Poincaré moyenne".) Montrer que H est un s.e.v. fermé de H 1 (Ω) et que, sur H, la norme H 1
est équivalente à la norme � · �m définie par �u�m = �(|∇u|)�L2 (Ω) .
[On pourra montrer, en raisonnant par l’absurde, qu’il existe C, ne dépendant que Ω, t.q. �u�L2 (Ω) ≤
C�u�m , pour tout u ∈ H.]
2. (Caractérisation de (H 1 (Ω))� .) Soit T ∈ (H 1 (Ω))� , Montrer qu’il existe a ∈ IR et F ∈ (L2 (Ω))N t.q.
� �
�T, u�(H 1 (Ω))� ,H 1 (Ω) = a u(x)dx + F (x) · ∇u(x)dx, ∀u ∈ H 1 (Ω). (2.5.16)
Ω Ω

[On pourra considérer T|H et utiliser une injection convenable de H dans L2 (Ω)N .]

Pour tout x ∈ Ω, on se donne une matrice, notée A(x), dont les coefficients sont notés ai,j (x), i, j =
1, . . . , N . On suppose que ai,j ∈ L∞ (Ω) pour tout i, j = 1, . . . , N et qu’il existe α > 0 t.q A(x)ξ · ξ ≥
α|ξ|2 , pour tout ξ ∈ IR N et p.p. en x ∈ Ω. Soient a ∈ IR et F ∈ (L2 (Ω))N . On cherche u solution de
1
� ∈ H (Ω),
u � �
(2.5.17)
A(x)∇u(x)∇v(x)dx = a v(x)dx + F (x) · ∇v(x)dx, ∀v ∈ H 1 (Ω).
Ω Ω Ω

3. (Existence et unicité.)
(a) Si a �= 0, montrer que (2.5.17) n’a pas de solution.
(b) Si a = 0, montrer que (2.5.17) a une solution et que cette solution est unique si l’on demande qu’elle
appartienne à H.
(c) Dans cette question, on suppose que a = 0, ai,j ∈ C ∞ (Ω̄, IR) pour tout i, j = 1, . . . , N , F ∈
C ∞ (Ω̄, IR N ), Ω est de classe C ∞ et que la solution (appartenant à H) de (2.5.17) est aussi dans
C ∞ (Ω̄, IR), montrer que −div(A∇u) = −divF , dans Ω, et que A∇u · n = F · n sur ∂Ω, où n est la
normale à ∂Ω, extérieure à Ω.

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2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
4. (Dépendance par rapport aux paramètres.) On suppose a = 0 et on note u la solution (appartenant à H) de
(2.5.17). On suppose que, pour tout n ∈ IN, un ∈ H est la solution de (2.5.17) avec An au lieu de A et Fn
au lieu de F (et a = 0). On suppose que
(n)
– An = (ai,j )i,j=1,...,N vérifie, pour tout n, les mêmes hypothèses que A avec un α indépendant de n,
(n)
– (ai,j )n∈IN est bornée dans L∞ (Ω), pour tout i, j = 1, . . . , N ,
(n)
– ai,j → ai,j p.p., quand n → ∞, pour tout i, j = 1, . . . , N ,
– Fn → F dans L2 (Ω)N , quand n → ∞.
Montrer que (un )n∈IN est bornée dans H, puis que un → u faiblement dans H 1 (Ω) (quand n → ∞) et
enfin que un → u dans H 1 (Ω).
5. (Régularité H 2 par la technique des réflexions, � cette question est indépendante
� de la précédente.). On sup-
pose que a = 0 et qu’il existe f ∈ L2 (Ω) t.q. Ω F (x) · ∇v(x)dx = Ω f (x) · v(x)dx, pour tout v ∈ H 1 (Ω).
On note u la solution (appartenant à H) de (2.5.17). On suppose que N = 2 et que Ω =]0, 1[×]0, 1[.
On pose Ωs =] − 1, 1[×]0, 1[. On définit A, f et u sur Ωs en posant ai,j (x1 , x2 ) = ai,j (−x1 , x2 ) si
(x1 , x2 ) ∈] − 1, 0[×]0, 1[ et i = j, ai,j (x1 , x2 ) = −ai,j (−x1 , x2 ) si (x1 , x2 ) ∈] − 1, 0[×]0, 1[ et i �= j,
f (x1 , x2 ) = f (−x1 , x2 ) si (x1 , x2 ) ∈]−1, 0[×]0, 1[ et u(x1 , x2 ) = u(−x1 , x2 ) si (x1 , x2 ) ∈]−1, 0[×]0, 1[.
Montrer que u est solution de (2.5.17), avec Ωs au lieu de Ω.
En utilisant ainsi plusieurs réflexions, montrer (en se ramenant au théorème de régularité locale vu en cours)
que u ∈ H 2 (Ω) dans le cas A(x) = Id pour tout x ∈ Ω.
Exercice 19 (Modélisation d’un problème de contact)
On pose B = {x ∈ IR 2 , |x| < 2}, I =] − 1, 1[ (⊂ IR), et Ω = B \ [−1, 1] × {0} (Ω est donc un ouvert de IR 2 ).
On note ∂B = B − B. On rappelle que |x| désigne la norme euclidienne de x ∈ IR 2 et x · y le produit scalaire
correspondant de x et y (∈ IR 2 ).
Soient f ∈ L2 (Ω) et g ∈ L∞ (I) t.q. g ≥ 0 p.p. (sur I). On s’intéresse au problème suivant.

−∆u(x) = f (x), x ∈ Ω, (2.5.18)


u(x) = 0, x ∈ ∂B, (2.5.19)
∂u ∂u
(x, 0+ ) = (x, 0− ), x ∈ I, (2.5.20)
∂y ∂y
∂u
(x, 0+ ) = g(x)(u(x, 0+ ) − u(x, 0− )), x ∈ I. (2.5.21)
∂y
1. (Recherche d’une formulation faible)
On suppose, dans cette question, que f est une fonction continue sur Ω et g une fonction continue sur I. On
note Ω+ = Ω ∩ {(x, y), y > 0} et Ω− = Ω ∩ {(x, y), y < 0}. Soit u ∈ C 2 (Ω, IR) t.q. u|Ω+ ∈ C 2 (Ω+ )
et u|Ω− ∈ C 2 (Ω− ). Noter alors que toutes les expressions dans (2.5.18)-(2.5.21) ont bien un sens. On a, par
exemple, u(x, 0+ ) = limy→0, y>0 u(x, y).
Montrer que u est solution “classique" de (2.5.18)-(2.5.21) (c’est-à-dire vérifie (2.5.18) pour tout x ∈ Ω,
(2.5.19) pour tout x ∈ ∂B et (2.5.20),(2.5.21) pour tout x ∈ I) si et seulement si u vérifie :

u(x)
� = 0, ∀x ∈ ∂B,
∇u(x) · ∇v(x)dx+
�Ω � (2.5.22)
g(x)(u(x, 0+ ) − u(x, 0− ))(v(x, 0+ ) − v(x, 0− ))dx = f (x)v(x)dx,
I Ω

EDP, Télé-enseignement, M2 28 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
pour tout v ∈ C 2 (Ω, IR) t.q. v|Ω+ ∈ C 2 (Ω+ ), v|Ω− ∈ C 2 (Ω− ) et v(x) = 0 pour tout x ∈ ∂B. Noter que dx
désigne l’intégration par rapport à la mesure de Lebesgue (1 ou 2 dimensionnelle).
2. (Construction de l’espace fonctionnel) On se donne une fonction ρ ∈ Cc∞ (IR 2 , IR + ) t.q. ρ(x) = 0, si
|x| ≥ 1, et d’intégrale 1 (sur IR 2 ). Pour n ∈ IN, on définit ρn par ρn (x) = n2 ρ(nx), pour tout x ∈ IR 2 .

(a) (Trace sur ∂B, sans “cartes locales") Soit u ∈ H 1 (Ω). Pour n > 5, on pose un (x) = Ω u(y)ρn (x(1 −
n ) − y)dy, pour x ∈ D, avec D = {x ∈ B, 2 < |x| < 2}. Montrer que un ∈ C (D), et que
1 3 ∞

un → u|D , dans H 1 (D), quand n → ∞.


En déduire qu’il existe un opérateur linéaire continu γ de H 1 (Ω) dans L2 (]0, 2π[) t.q. γ(u)(θ) =
u(2 cos θ, 2 sin θ) p.p. en θ ∈]0, 2π[ si u ∈ H 1 (Ω) et u est continue sur B \ [−1, 1] × {0}.
(b) Montrer qu’il existe γ+ [resp. γ− ] linéaire continu de H 1 (Ω) dans L2 (I) t.q. γ+ (u)(x) = u(x, 0+)
[resp. γ− (u)(x) = u(x, 0−)] p.p. en x ∈ I si u ∈ H 1 (Ω) et u|Ω+ est continue sur Ω+ [resp. u|Ω− est
continue sur Ω− ].
3. (Coerci(ti)vité)
On pose H = Kerγ (où γ est défini à la question précédente).
Montrer qu’il existe C t.q. �u�L2 (Ω) ≤ C�|∇u|�L2 (Ω) pour tout u ∈ H. [On pourra, par exemple, remarquer
que u|Ω+ ∈ H 1 (Ω+ ) et u|Ω− ∈ H 1 (Ω− )]
4. (Existence et unicité de solutions faibles)
On rappelle que H = Kerγ. Montrer qu’il existe un et un seul u solution de (2.5.23).



 � ∈ H,
u �

∇u(x) · ∇v(x)dx + g(x)(γ+ u(x) − γ− u(x))(γ+ v(x) − γ− v(x))dx
(2.5.23)
 Ω�

I

 = f (x)v(x)dx, ∀v ∈ H.

5. Pour n ∈ IN, on note un la solution de (2.5.23) avec g t.q. g(y) = n, pour tout y ∈ I. Montrer que un → u
(en un sens à préciser), quand n → ∞, où u est la (unique) solution (faible) de −∆u = f dans B, u = 0 sur
∂B.

Exercice 20 (De Fourier à Dirichlet. . . )


N −1
Soient σ ≥ 0, f ∈ L2 (IR N
+ ) et g ∈ L (IR
2
). On s’intéresse au problème suivant :

−∆u(x) + u(x) = f (x), x ∈ IR N +,


(2.5.24)
−∂1 u(0, y) + σu(0, y) = g(y), y ∈ IR N −1 .
1. Donner une définition de solution “classique” de (2.5.24) et de solution “faible” de (2.5.24).
2. Montrer l’existence et l’unicité de la solution faible de (2.5.24).
3. Montrer que si g = 0 presque partout, la solution faible de (2.5.24) (trouvée à la question précédente)
appartient à H 2 (R+
N
).
4. Toujours lorsque g = 0 presque partout, on note un la solution forte associée à σ = n. Montrer que un
converge dans H 1 (IR N
+ ) vers u solution faible de :

−∆u(x) + u(x) = f (x), x ∈ IR N


+,
(2.5.25)
u(0, y) = 0, y ∈ IR N −1 .

EDP, Télé-enseignement, M2 29 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
Exercice 21 (Equation de Schrödinger)

Soit N ≥ 1. On note Ω la boule unité de IR N (en fait, les résultats de cet exercice restent vrais si Ω un ouvert borné
“assez régulier" de IR N ).

Pour f1 , f2 ∈ L2 (Ω), on s’intéresse au système :

−∆u1 + u2 = f1 dans Ω,
(2.5.26)
−∆u2 − u1 = f2 dans Ω,
avec diverses conditions aux limites.
1. On considère dans cette première question la condition aux limites :

u1 = 0, u2 = 0 sur ∂Ω. (2.5.27)


Soit f1 , f2 ∈ L2 (Ω), on dit que (u1 , u2 ) est solution faible du problème (2.5.26)-(2.5.27) si

u1 ∈ H01 (Ω), u2 ∈ H01 (Ω),


� � �
∇u1 (x) · ∇ϕ(x)dx + u2 (x)ϕ(x)dx = f1 (x)ϕ(x)dx, ∀ϕ ∈ H01 (Ω),
�Ω �Ω �Ω (2.5.28)
∇u2 (x) · ∇ϕ(x)dx − u1 (x)ϕ(x)dx = f2 (x)ϕ(x)dx, ∀ϕ ∈ H01 (Ω).
Ω Ω Ω

(a) Montrer que le problème (2.5.28) admet une et une seule solution. [Utiliser l’espace V = H01 (Ω) ×
H01 (Ω).]
(b) Montrer que le problème (2.5.26)-(2.5.27) admet une et une seule solution au sens suivant : u1 ∈
H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω), u2 ∈ H 2 (Ω) ∩ H01 (Ω) et les équations (2.5.26) sont satisfaites p.p. sur Ω. [Utiliser,
en particulier, la question précédente et un théorème de régularité vu en cours. Ne pas oublier de
montrer aussi l’unicité.]
On suppose maintenant que f1 , f2 ∈ C ∞ (Ω̄). Montrer que u1 , u2 ∈ C ∞ (Ω̄). [Utiliser aussi des
théorèmes de régularité vu en cours.]
(c) Pour f = (f1 , f2 ) ∈ L2 (Ω) × L2 (Ω), soit u = (u1 , u2 ) la solution de (2.5.28), on note u = T (f ).
Montrer que l’opérateur T : f �→ u est un opérateur linéaire continu et compact de L2 (Ω) × L2 (Ω)
dans lui-même.
2. On considère dans cette deuxième question la condition aux limites :

∂u1 ∂u2
= 0, = 0 sur ∂Ω, (2.5.29)
∂n ∂n
où n désigne le vecteur normal à ∂Ω, extérieure à Ω.
Pour résoudre le problème (2.5.26)-(2.5.29), on va introduire un paramètre, n ∈ IN� , destiné à tendre vers
l’infini.
Soit f1 , f2 ∈ L2 (Ω). Pour n ∈ IN� , on s’intéresse au système :

1
−∆u1 + u2 + u1 = f1 dans Ω,
n (2.5.30)
1
−∆u2 − u1 + u2 = f2 dans Ω,
n

EDP, Télé-enseignement, M2 30 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
avec la condition aux limites (2.5.29).
On dit que (u1 , u2 ) est solution faible du problème (2.5.30)-(2.5.29) si

1 1
�1 ∈ H (Ω), u2 ∈ H (Ω),
u � �
1
∇u1 (x) · ∇ϕ(x)dx + (u2 (x) + u1 (x))ϕ(x)dx = f1 (x)ϕ(x)dx, ∀ϕ ∈ H 1 (Ω),
�Ω �Ω n �Ω (2.5.31)
1
∇u2 (x) · ∇ϕ(x)dx + ( u2 (x) − u1 (x))ϕ(x)dx = f2 (x)ϕ(x)dx, ∀ϕ ∈ H 1 (Ω).
Ω Ω n Ω

Noter aussi que (u1 , u2 ) est solution faible du problème (2.5.26)-(2.5.29) si (u1 , u2 ) est solution de (2.5.31)
en remplaçant n1 par 0.

Soit f1 , f2 ∈ L2 (Ω).
(a) Soit n ∈ IN� . Montrer que le problème (2.5.31) admet une et une seule solution, que l’on note
(n) (n)
(u1 , u2 ) dans la suite.
(b) Montrer que :
(n) (n)
�u1 �2L2 (Ω) + �u2 �2L2 (Ω) ≤ �f1 �2L2 (Ω) + �f2 �2L2 (Ω) .
(n) (n)
En déduire que les suites (u1 )n∈IN� , et (u2 )n∈IN� sont bornées dans H 1 (Ω).
(c) Montrer qu’il existe une et une seule solution au problème (2.5.31) obtenu en remplaçant 1/n par
0, c’est à dire une et une solution faible au problème (2.5.26)-(2.5.29). [Pour l’existence, utiliser les
(n) (n)
suites (u1 )n∈IN� , et (u2 )n∈IN� de la question précédente et faire tendre n vers +∞. Montrer ensuite
l’unicité.]
(d) Montrer que le problème (2.5.26)-(2.5.29) admet une et une seule solution au sens suivant : u1 ∈
H 2 (Ω), u2 ∈ H 2 (Ω), les équations (2.5.26) sont satisfaites p.p. sur Ω et les équations (2.5.29) sont
satisfaites p.p. (pour la mesure de lebesgue N − 1-dimensionnelle) sur ∂Ω en utilisant l’opérateur
“trace" (vu en cours) de H 1 (Ω) dans L2 (∂Ω) pour donner un sens à ∂u ∂u2
∂n et ∂n .
1

On suppose maintenant que f1 , f2 ∈ C ∞ (Ω̄). Montrer que u1 , u2 ∈ C ∞ (Ω̄). [Utiliser aussi des
théorèmes de régularité vu en cours.]
(e) Pour f = (f1 , f2 ) ∈ L2 (Ω) × L2 (Ω), soit u = (u1 , u2 ) la solution faible de (2.5.26)-(2.5.29), on
note u = T (f ). Montrer que l’opérateur T : f �→ u est un opérateur linéaire continu et compact de
L2 (Ω) × L2 (Ω) dans lui-même.
3. De manière similaire, résoudre le problème (2.5.26) avec la condition aux limites :

∂u2
u1 = 0, = 0 sur ∂Ω.
∂n
Exercice 22 (A la limite de H −1 )

Partie I, décomposition dans H01 (Ω)

Soit Ω un ouvert de IR N , N ≥ 1.

EDP, Télé-enseignement, M2 31 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
1. Soit ϕ ∈ C 1 (IR, IR) t.q. ϕ� ∈ L∞ (IR) et ϕ(0) = 0. Soit u ∈ H01 (Ω). On note ϕ(u) la fonction (de Ω dans
IR) x �→ ϕ(u(x)). Montrer que ϕ(u) ∈ H01 (Ω) et que Di ϕ(u) = ϕ� (u)Di u p.p. pour tout i ∈ {1, . . . , N }
(où ϕ� (u) désigne la fonction x �→ ϕ� (u(x))). [Reprendre la méthode vue en cours.]

On définit maintenant ϕ de IR dans IR par

ϕ(s) = s, pour 0 ≤ s ≤ 1,
2
ϕ(s) = − s2 + 2s − 12 , pour 1 < s ≤ 2,
ϕ(s) = 32 , pour 2 < s,
ϕ(s) = −ϕ(−s), pour s < 0.
Pour k ∈ IN� , On définit ϕk de IR dans IR par ϕk (s) = kϕ( ks ) pour s ∈ IR.
2. Montrer que, pour tout s ∈ IR, ϕk (s) → s et ϕ�k (s) → 1 quand k → ∞ et que |ϕk (s)| ≤ |s|, ϕ�k (s) ≤ 1.
3. Soit u ∈ H01 (Ω). Montrer que ϕk (u) ∈ H01 (Ω), pour tout k ∈ N � , et que ϕk (u) → u dans H01 (Ω), quand
k → ∞.
4. En déduire que, pour tout u ∈ H01 (Ω) et pour tout ε > 0, il existe u1 ∈ L∞ (Ω) et u2 ∈ H01 (Ω) t.q.
u = u1 + u2 et �u2 �H01 ≤ ε.
Partie II, Inégalité de Trudinger-Möser

Soit Ω un ouvert borné de IR 2 . On admet qu’il existe C > 0, ne dépendant que de Ω, t.q.

�u�Lq (Ω) ≤ C q�u�H01 (Ω) , ∀u ∈ H01 (Ω), ∀q ∈ [1, ∞[.

(Noter que cette inégalité a été démontrée en T.D. avec q au lieu de q.)
1. Soit u ∈ H01 (Ω) t.q. �u�H01 (Ω) ≤ 1. Montrer qu’il existe σ > 0 et a > 0, ne dépendant que de C (donné ci
2 2
dessus) t.q. eσu ∈ L1 (Ω) et �eσu �L1 (Ω) ≤ a. [Développer es en puissances de s . . ..]
2
2. En utilisant la partie I (et la question précédente), Montrer que eσu ∈ L1 (Ω) pour tout u ∈ H01 (Ω) et tout
2
σ > 0. En déduire que eσu ∈ Lp (Ω) pour tout u ∈ H01 (Ω), tout σ > 0 et tout p ∈ [1, ∞[.
Partie III, sur la résolution du problème de dirichlet

Soit Ω un ouvert borné de IR 2 . Soit f ∈ L1 (Ω) t.q. f | ln (|f |)| ∈ L1 (Ω).
1. (Préliminaire.) Soit σ > 0. Montrer qu’il existe α, β, γ ∈ IR �+ , ne dépendant que de σ, t.q.
2 �
st ≤ αeσs + βt | ln t| + γt, ∀s, t ∈ IR �+ .
� 2 2
[On pourra, par exemple, remarquer que st ≤ max{βt | ln t|, se(s /β ) } puis choisir β et conclure.]

2. Montrer que f u ∈ L1 (Ω) pour tout u ∈ H01 (Ω) et que l’application T : u �→ Ω f (x)u(x)dx est un
élément de H −1 (Ω).
3. Montrer qu’il existe un et un seul u ∈ H01 (Ω) t.q. −∆u = f dans D� (Ω).
Partie IV, contre-exemple

Soit Ω un ouvert borné de IR 2 et θ ∈]0, 12 [. On suppose que 0 ∈ Ω et on se donne δ ∈]0, 12 [ t.q. B2δ = {x ∈ IR 2 ,
|x| < 2δ} ⊂ Ω.
1. Soit γ ∈]0, 12 [. Montrer qu’il existe u ∈ H01 (Ω) t.q. u(x) = (ln |x|)γ p.p. sur Bδ . [On pose v(x) = (ln(|x|)γ .
On rappelle qu’on a vu en T.D. que v ∈ H 1 (B2δ ). Il n’est pas demandé de redémontrer ce résultat.]

EDP, Télé-enseignement, M2 32 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
2. Montrer qu’il existe f ∈ L1 (Ω) t.q. f (ln |f |)θ ∈ L1 (Ω) et f u ∈
/ L1 (Ω) pour certains u ∈ H01 (Ω).
3. Montrer qu’il existe f ∈ L1 (Ω) t.q. f (ln |f |)θ ∈ L1 (Ω) et t.q. il n’existe pas u ∈ H01 (Ω) vérifiant −∆u = f
dans D� (Ω).

Exercice 23 (Décomposition de Hodge)

Soient Ω un ouvert borné connexe faiblement lipschitzien de IR N (N ≥ 1) et f ∈ (L2 (Ω))N .


Montrer qu’il existe u ∈ H 1 (Ω) t.q.
� �
∇u(x) · ∇ϕ(x)dx = f (x) · ∇ϕ(x)dx, ∀ϕ ∈ H 1 (Ω).
Ω Ω

En déduire qu’il existe u ∈ H 1 (Ω) et g ∈ (L2 (Ω))N t.q. f = ∇u + g, p.p. dans Ω et Ω g(x) · ∇ϕ(x)dx = 0 pour
tout ϕ ∈ H 1 (Ω).
On suppose maintenant que g ∈ C 1 (Ω̄) et que Ω = (]0, 1[)N . Montrer que div g = 0 sur Ω et que g · n = 0 p.p.
(pour la mesure de Lebesgue (N − 1)−dimensionnelle) sur ∂Ω, où n est un vecteur normal à ∂Ω.

Exercice 24 (Problème de Stokes, vitesse)

Soient Ω un ouvert borné de IR N (N ≥ 1) et f = (f1 , . . . , fN )t ∈ (L2 (Ω))N . On pose H = {u ∈ (H01 (Ω))N ;


div u = 0 p.p. dans Ω}. On rappelle que u est solution du problème de Stokes si :

N �
� �
u = (u1 , . . . , uN )t ∈ H, ∇ui (x) · ∇vi (x)dx = f (x) · v(x)dx, ∀v = (v1 , . . . , vN )t ∈ H. (2.5.32)
i=1 Ω Ω

On se propose ici de montrer qu’il existe une et une seule solution de (2.5.32) par une méthode de pénalisation.
Soit n ∈ IN� , on considère le problème suivant :

t 1 N
� = (u1 , . . . , uN ) ∈ (H0 (Ω)) ,
u �
(2.5.33)
(∇ui (x) · ∇v(x) + n(div u(x))Di v(x))dx = fi (x)v(x)dx, ∀v = H01 (Ω), ∀i ∈ {1, . . . , N }.
Ω Ω

1. Montrer que (2.5.32) admet au plus une solution.


2. Montrer qu’il existe une et une seule solution à (2.5.33). [Utiliser le lemme de Lax-Milgram sur (H01 (Ω))N .]
On note, dans la suite, u(n) cette solution.

3. Montrer que la suite (u(n) )n∈IN est bornée dans (H01 (Ω))N et que la suite ( n div u(n) )n∈IN est bornée
dans L2 (Ω).
4. Montrer que, après extraction éventuelle d’une sous suite, u(n) → u faiblement dans (H01 (Ω))N , quand
n → ∞, où u est solution de (2.5.32). En déduire (avec la question 1) que (2.5.32) admet une unique
solution, notée u, et que u(n) → u faiblement dans (H01 (Ω))N , quand n → ∞ (sans extraction de sous
suite).

Exercice 25 (Conditions aux limites de Vencel)

EDP, Télé-enseignement, M2 33 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
Notations et Rappels du cours
On note Hp1 (0, 2π) = {u ∈ H 1 (]0, 2π[); u(0) = u(2π)} (on rappelle que, si u ∈ H 1 (]0, 2π[), u admet toujours
un représentant continu sur [0, 2π] et on identifie u avec ce représentant continu).
Soit B = {(x, y)t ∈ IR 2 , x2 + y 2 < 1}. On rappelle qu’il existe une application γ : H 1 (Ω) → L2 (∂B), linéaire,
continue et t.q. γ(u) = u p.p. sur ∂B si u ∈ H 1 (Ω) ∩ C(B, IR).
Si w ∈ L2 (∂B), on définit j(w) ∈ L2 (]0, 2π[) par j(w)(θ) = w(cos θ, sin θ), pour θ ∈ [0, 2π[. L’application
j est donc une isométrie de L2 (∂B) sur L2 (]0, 2π[), de sorte que g = joγ est linéaire continue de H 1 (Ω) dans
L2 (]0, 2π[).
On pose H = {u ∈ H 1 (Ω) ; g(u) ∈ Hp1 (0, 2π)}. On munit H du produit scalaire (u/v)H = (u/v)H 1 (Ω) +
(g(u)/g(v))Hp1 (0,2π) .
Partie I (Préliminaire d’analyse fontionnelle)
1. Montrer que Hp1 (0, 2π) est une espace de Hilbert.
2. Montrer que H est une espace de Hilbert.
Partie II (Conditions aux limites de Vencel)
1
Pour (x, y) ∈ IR 2 , (x, y) �= (0, 0), on définit r et θ par r = (x2 + y 2 ) 2 et θ ∈ [0, 2π[ t.q. x = r cos θ et y = r sin θ.
N y
Pour u ∈ C 1 (IR \(0, 0), IR), on pose ur (x, y) = xr ∂u ∂x (x, y)+ r ∂y (x, y) et uθ (x, y) = −y ∂x (x, y)+x ∂y (x, y).
∂u ∂u ∂u

(Dans la suite, on pose uθθ = (uθ )θ , si u ∈ C (B, IR).)


2

Pour f et g données, on s’intéresse au problème :

−∆u(x, y) + u(x, y) = f (x, y), (x, y) ∈ B, (2.5.34)


ur (x, y) − uθθ (x, y) + u(x, y) = g(x, y), (x, y) ∈ ∂B. (2.5.35)

Soient f ∈ L2 (B) et g ∈ L2 (∂B), on appelle “solution faible" de (2.5.34)-(2.5.35) une solution du problème
suivant :

u ∈ H, (2.5.36)

� � � 2π
( Di u(z)Di v(z) + u(z)v(z))dz + (Dg(u)(θ)Dg(v)(θ) + g(u)(θ)g(v)(θ))dθ
B 0
i � � 2π (2.5.37)
= f (z)v(z)dz + j(g)(θ)j(γ(v))(θ)dθ, ∀v ∈ H.
B 0

1. Soient f ∈ L2 (B) et g ∈ L2 (∂B). Montrer qu’il existe une et une seule solution de (2.5.36)-(2.5.37).
2. (Question plus difficile) On retire, dans cette question, “uv" dans la 1ère intégrale de (2.5.37). Soient f ∈
L2 (B) et g ∈ L2 (∂B). Montrer qu’il existe encore une et une seule solution de (2.5.36)-(2.5.37).
3. Soient f ∈ C(B, IR) et g ∈ C(∂B, IR). Soit u ∈ C 2 (B, IR). Montrer que u est solution au sens “classique"
de (2.5.34)-(2.5.35) (c.a.d. vérifie (2.5.34) pour tout (x, y) ∈ B et (2.5.35) pour tout (x, y) ∈ ∂B) si et
seulement si u est solution faible de (2.5.34)-(2.5.35).
4. Pour f ∈ L2 (B) et g ∈ L2 (∂B), on note T (f, g) = (u, γ(u)) ∈ L2 (B) × L2 (∂B), où est l’unique solution
faible de (2.5.34)-(2.5.35). Montrer que T est un opérateur linéaire compact autoadjoint de L2 (B)×L2 (∂B)
dans lui-même.

Exercice 26 (Problème de Stokes, vitesse et pression)

EDP, Télé-enseignement, M2 34 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
Soient Ω un ouvert borné connexe de IR N (N ≥ 1) à frontière lipschitzienne et f = (f1 , . . . , fN )t ∈ (L2 (Ω))N .
On s’intéresse ici au problème de Stokes, c’est-à-dire à trouver u = (u1 , . . . , uN )t et p solution de

−∆u + ∇p = f dans Ω,
div(u) = 0 dans Ω, (2.5.38)
u = 0 sur ∂Ω.

Noter que la première équation de (2.5.38) est vectorielle.


On pose H = {u ∈ (H01 (Ω))N ; div u = 0 p.p. dans Ω}. On appelle solution faible de (2.5.38) un couple (u, p)
solution de
u = (u1 , . . . , uN )t ∈ H, p ∈ L2 (Ω),
�N � � �
∇ui (x) · ∇vi (x)dx − p(x)div v(x)dx = f (x) · v(x)dx (2.5.39)
i=1 Ω Ω
pour tout v = (v1 , . . . , vN )t ∈ (H01 (Ω))N .
On pourra remarquer qu’une solution classique (u, p) de (2.5.38) est solution de (2.5.39).

Partie I, existence et unicité de u


Montrer que, si (u, p) est une solution classique de (2.5.38), u est alors solution de

N �
� �
t
u = (u1 , . . . , uN ) ∈ H, ∇ui (x) · ∇vi (x)dx = f (x) · v(x)dx, ∀v = (v1 , . . . , vN )t ∈ H. (2.5.40)
i=1 Ω Ω

On montre dans cete pemière partie que (2.5.40) a une et une seule solution et que si (u, p) est solution de (2.5.39),
u est alors l’unique solution de (2.5.40).
1. Montrer que H est un s.e.v. fermé de (H01 (Ω))d .
2. Montrer que (2.5.40) admet une et une seule solution. [Utiliser le lemme de Lax-Milgram.]
3. Soit (u, p) une solution de (2.5.39). Montrer que u est l’unique solution de (2.5.40).
Soit u la solution de (2.5.40). La suite de l’exercice consiste à trouver p pour que (u, p) soit solution de (2.5.39).

Partie II, préliminaire d’analyse fonctionnelle


Soit E et F deux espaces de Hilbert (réels). On note (·/·)E (resp. (·/·)F ) le produit scalaire dans E (resp. F ). Soit
A un opérateur linéaire continu de E dans F . On note A� l’opérateur adjoint de A. L’opérateur A� est un opérateur
linéaire continu de F dans E. Pour tout g ∈ F , A� g est l’unique élément de E défini par

(A� g/u)E = (g/Au)F pour tout u ∈ E.

(Noter que l’existence et l’unicité de A� g est donnée par le théorème de représentation de Riesz.)
1. Montrer que KerA = (ImA� )⊥ .
(On rappelle que si G ⊂ E, G⊥ = {u ∈ E, (u/v)E = 0 pour tout v ∈ G}.)
2. Montrer que (KerA)⊥ = ImA� .

Partie III, Existence et unicité partielle de p


Dans cette partie, on va utiliser le lemme suivant (souvent attribué à J. Nečas, 1965) que nous admettons.

EDP, Télé-enseignement, M2 35 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010


2.5. EXERCICES CHAPITRE 2. EQUATIONS ELLIPTIQUES LINÉAIRES
Lemme
� 2.23 Soient Ω un ouvert borné connexe de IR N (N ≥ 1) à frontière lipschitzienne et q ∈ L2 (Ω) t.q.

q(x)dx = 0. Il existe alors v ∈ (H0 (Ω)) t.q. div(v) = q p.p. dans Ω et
1 N

�v�H01 (Ω)N ≤ C�q�L2 (Ω) ,

où C ne dépend que de Ω.

On prend ici E = H01 (Ω)N et F = L2 (Ω). Pour u ∈ E on pose Au = div u, de sorte que A est un opérateur
linéaire continu de E dans F .
1. Soit (pn )n∈IN une suite de F et v ∈ E t.q. A� pn → v dans E quand n → +∞. Pour n ∈ IN, on pose
qn = pn − an , où an est la moyenne de pn dans Ω.
(a) Montrer que A� pn = A� qn .
(b) Montrer que la suite (qn )n∈IN est bornée dans F . [Utiliser le lemme 2.23.]
(c) Montrer que v ∈ ImA� .
2. Montrer que (KerA)⊥ = ImA� et que KerA = H.
3. On rappelle que le produit scalaire dans E est défini par
N �

(u/v)E = ∇ui (x) · ∇vi (x)dx.
i=1 Ω


On définit Tf ∈ E par (Tf /v)E = Ω
f (x) · v(x)dx pour tout v ∈ E. Soit u la solution de (2.5.40).
(a) Montrer que u − Tf ∈ H . En déduire que u − Tf ∈ ImA� .

(b) Montrer qu’il existe p ∈ F t.q. (u, p) est solution de (2.5.39).


4. Soit (u1 , p1 ) et (u2 , p2 ) deux solutions de (2.5.39). Montrer que u1 = u2 = u (où u est l’unique solution de
(2.5.40)) et qu’il existe a ∈ IR t.q. p1 − p2 = a p.p..

EDP, Télé-enseignement, M2 36 Université Aix-Marseille 1,R. Herbin, 7 décembre 2010

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