Introduction au modèle Kubelka-Munk
Introduction au modèle Kubelka-Munk
Frédéric Geniet
Introduction au transfert radiatif
F. Geniet
Résumé
Une introduction à la théorie du transfert radiatif et à quelques unes
de ses applications est présentée. Ce cours se veut simple, non exhaustif,
et présente la théorie élémentaire, les domaines dans lesquels cette théo-
rie est utile, et les méthodes les plus simples de résolution de l’équation
du transfert radiatif (ETR). Ce rapide aperçu du permet de se faire une
idée du sujet, et d’aborder de façon mieux équipée les publications spé-
cialisées. Des sujets peu abordés par les astrophysciciens y sont traités
(sphère intégrante, correction de Giovanelli...). Les calculs sont raisonna-
blement détaillés, et on utilise assez systématiquement des outils d’analyse
fonctionnelle (δ de Dirac en particulier) qui permettent de court-circuiter
les arguments vagues à la “on voit bien que...”, en particulier pour établir
l’équation de Giovanelli. Enfin, j’ai essayé de garder des conventions de
signe cohérentes et décentes pour un physicien. Comme toujours, les mis-
prints et erreurs de signes sont de moi. Ce cours correspond à l’enseigne-
ment de transfert radiatif du Master Physique Informatique de l’université
de Montpellier 2.
1
Table des matières
1 Présentation du transfert radiatif. 4
1.1 Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Bref historique et domaines d’applications. . . . . . . . . . . 5
1.3 quand ne pas utiliser la théorie du transfert radiatif ? . . . . 6
1.4 Voyage dans un verre de menthe à l’eau. . . . . . . . . . . . 6
1.5 Le problème type. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2 Photométrie. 10
2.1 Différentes photométries. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 La photométrie énergétique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2.1 Flux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2.2 Intensité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2.3 Eclairement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.4 Emittance et réflectance. . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.5 Luminance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.3 La photométrie lumineuse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.4 Exemple d’applications : le four à pain et la sphère intégrante. 17
2
6 Méthodes de résolution de l’ETR. 45
6.1 Une première solution non triviale. . . . . . . . . . . . . . . 45
6.2 Equation intégrale du transfert. . . . . . . . . . . . . . . . . 47
6.3 Equation intégrale de Schwartzschild - Milne. . . . . . . . . 48
6.4 Développement en série de Born. . . . . . . . . . . . . . . . 49
6.5 Solution de Chandrasekhar. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
6.6 Solution du problème de Milne. . . . . . . . . . . . . . . . . 52
6.7 Méthode de “Adding-Doubling”. . . . . . . . . . . . . . . . . 54
6.7.1 Dérivation de la méthode . . . . . . . . . . . . . . . 54
6.7.2 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
6.8 Equations de Preisendorfer et Mobley . . . . . . . . . . . . 58
7 Conclusion. 59
3
1 Présentation du transfert radiatif.
1.1 Introduction.
La théorie du transfert radiatif permet de décrire la propagation de la lumière
dans les milieux désordonnés où se produisent des phénomènes de diffusion et
d’absorption multiples. Il s’agit d’une théorie phénoménologique : l’approche
utilise une description de la lumière par flux énergétiques, sans passer par les
équations de Maxwell. De plus, le milieu dans lequel se produit la diffusion
et l’absorption est traité comme un milieu continu. Puisque on traite de la
propagation des flux, on ne peut pas décrire d’effets interférentiels 1 . On ne
peut donc en principe pas l’utiliser lorsque la distance entre diffuseurs est plus
petite que la distance de cohérence de la lumière, ce qui est rarement le cas en
pratique. Cependant on constate souvent que cette description fonctionne très
bien, même lorsqu’elle ne devrait pas, et que l’on peut appliquer la théorie du
transfert radiatif dans des milieux très denses ! Cela est du au fait qu’un grand
nombre de diffusion finit toujours par faire disparaitre les effets de cohérence.
Dans le même ordre d’idées, la diffusion individuelle de la lumière par les par-
ticules est ce que l’on appelle la diffusion de Mie. Dans le cas de sphères, la
figure de diffraction est connue et assez complexe, présentant en particulier un
grand nombre de pics de diffraction lorsque la longueur d’onde est comparable
à la taille des sphères. Cette diffusion de Mie complexe n’est quasiment jamais
observée en pratique : quelques diffusions suffisent à faire disparaitre les subtiles
figures de la diffraction de Mie. On peut alors traiter le milieu comme un milieu
effectif, où la diffusion se fait de façon quasi isotrope, avec des paramètres de
diffusion effectifs empiriques, et que l’on ne relie jamais à la théorie de Mie : le
calcul est bien trop compliqué 2 !
Une bonne illustration de ce passage est ce que l’on observe en pratique avec
des pigments nacrés dans une peinture : déposés à très faible concentration sur
un support transparent ou noir, on voit très nettement des irisations. Déposés
en couches épaisses, ces nacres se comportent comme des pigments métalliques
(dorés ou argentés) et les effets d’irisation disparaissent très rapidement. Ils
apparaissent et on peut alors les décrire comme des pigments ordinaires.
En résumé, la théorie du transfert telle que nous allons la présenter est bien
adaptée pour décrire des milieux présentant une diffusion multiple, avec des
paramètres de diffusion qui seront souvent obtenus par un fit empirique des
données observées, plutôt que par un calcul ab initio.
Il est par ailleurs clair que la théorie du transfert radiatif présente une parenté
assez forte avec la théorie classique de la diffusion : dans le cas du transfert radia-
tif, on décrit la répartition angulaire détaillée des flux. Dans le cas de l’équation
1. Cependant l’indicatrice de diffusion peut tenir compte d’effets de diffraction par les
diffuseurs individuels, comme dans le cas des nacres interférentielles par exemples.
2. sauf lorsque celle ci est isotrope, à basse énergie (diffusion en onde S ou P)
4
de la diffusion le flux est global, et la répartition angulaire n’est pas prise en
compte. On comprend qualitativement que très à l’intérieur d’un milieu diffu-
sant de façon efficace, le transfert radiatif dégénère en équation de la diffusion :
le détail fin de la répartition angulaire des flux est “lavé” par la diffusion, et
n’intervient plus dans la description de la propagation. Le classique “problème
de Milne” consiste en particulier à recoller une solution de type diffusion à une
solution de type transfert radiatif en surface du milieu.
5
Ces quelques exemples montrent l’importance pratique de cette théorie. On peut
en particulier affirmer que la compréhension de tout ce que l’on voit autour de
soi passe par une compréhension plus ou moins poussée du transfert radiatif !
Ce qui précède donne quelques idées sur les cas où la théorie complète n’est
pas nécessaire : à l’intérieur d’un milieu fortement diffusant, il suffit d’avoir une
description de la propagation par l’équation de la diffusion, qui est beaucoup plus
simple à traiter. C’est ce que l’on fait en pratique dans les études de neutronique,
où on est principalement intéressé par ce qui se passe dans le bulk, et non
pas en surface du milieu multiplicateur. A contrario, dès que l’on souhaite une
description correcte au voisinage de la surface du milieu (quelques distances
de diffusion), on doit utiliser le transfert radiatif, comme par exemple dans le
problème classique de l’obscurcissement du disque solaire, ou la description des
peintures à effet. C’est aussi l’outil indispensable des sondages (qu’y a t-il sous
l’atmosphère de Vénus ?)
Observons la lumière se propager dans un verre d’eau. Tout étudiant sait que
la propagation se fait sans absorption et en ligne droite, avec des phénomènes
de réflexion et de réfraction à la surface de l’eau. La réflexion observée, due à
la discontinuité entre milieux, est dite réflexion spéculaire (du latin spéculum :
miroir), et suit les lois de Descartes. En dehors de la déformation des images
due à la réfraction, et au faible reflet du à la réflexion spéculaire, l’eau n’altère
6
pas la propagation de la lumière, et les images des objets se forment à travers
le verre.
Rajoutons alors quelques gouttes de sirop de menthe à notre breuvage. On
continue à voir les images se former à travers le verre, mais colorées en vert.
Ceci traduit la propagation de la lumière sans diffusion (pas de changement de
direction), mais avec une absorption qui dépend de la longueur d’onde. On parle
d’absorption sélective. C’est elle qui est responsable de la couleur : on perçoit la
couleur complémentaire de celle qui a été absorbée. La théorie associée est la loi
de Beer Lambert (Cf. section 5.2), qui permet de prédire la couleur en fonction de
la dilution, de la forme du verre. . . Noter aussi qu’un verre de menthe très épais
paraitra toujours noir : toute la lumière de rétroéclairage qui nous parvenait de
derrière le verre a été absorbée.
Enfin, selon son goût, on rajoute quelques gouttes de lait ou de pastis à notre
mélange : pour le transfert radiatif, l’effet est le même ! Immédiatement, le milieu
se trouble, il devient turbide, les images ne se forment plus, bref, la lumière est
diffusée, soit par les pelotes de caséine dans le cas du lait, soit par la précipitation
de l’anéthol dans le cas du pastis. L’opacité est donc synonyme de diffusion. Elle
se produit efficacement à 2 conditions :
– Des particules de taille voisines de la longueur d’onde doivent être présentes
dans le milieu. Pour le visible, l’ordre de grandeur est le micromètre.
– L’indice optique de ces particules doit être très différent de celui du milieu
environnant.
Ce dernier résultat explique les changements de couleur du sable et du plâtre
lorsqu’on les mouille : à sec, l’indice du milieu environnant est 1, mouillé il vaut
1.33, ce qui comparé au 1.5 de la silice conduit à une diffusion beaucoup moins
efficace. On voit donc mieux la couleur de la roche ! On explique aussi de cette
façon les belles couleurs évanescentes des galets mouillés. De façon similaire,
du verre pilé de façon de plus en plus fine présente un aspect de plus en plus
blanc, car la diffusion par les interfaces air-verre augmente. La lumière ressort
du milieu avant d’avoir été absorbée dans les fragments de verre, sauf si on le
mouille.
Notons enfin l’effet amusant suivant : on mélange une peinture blanche (diffusant
pur) à une peinture noire (absorbant à toutes les longueurs d’ondes). Le mélange
obtenu est un gris légèrement bleu, quelle que soit la qualité et la pureté de la
peinture utilisée ! Cet effet est bien connu des peintres, qui le neutralisent en
ajoutant une pointe d’ocre pour obtenir un gris neutre. En fait la diffusion
de la lumière bleue est plus efficace que celle du rouge (diffusion Rayleigh) et
la lumière bleue sort donc du milieu plus souvent avant d’avoir été absorbé.
(Question : pourquoi ne voit on pas l’effet avec du blanc pur, ou du noir pur ?)
Dans le cas des peintures, des cosmétiques... le diffusant est soit du monoxyde
de Zinc ZnO, soit du dioxyde de Titane Ti02 (PbO, le “blanc de céruse”, qui
a donné son nom à une marque de peinture, est maintenant interdit). Pour le
papier, ce sont les fibres de cellulose qui assurent la diffusion, et donnent l’aspect
blanc. Pour les nuages et le brouillard ce sont des gouttes d’eau ou des cristaux
7
de glace, ainsi que dans le cas de la neige, mais dans tous les cas, ou retrouvera
des particules de taille micrométrique.
Tous ces exemples permettent de se faire une idée de la compétition entre dif-
fusion et absorption que nous voulons décrire à travers la théorie du transfert
radiatif. C’est bien l’aspect des objets qui nous entourent qui est en jeu ici.
8
Remarquons enfin que l’observateur n’est pas toujours placé à l’extérieur de
milieu : quand nous sommes sous une couche de nuages, nous sommes nous
mêmes les petits démons observateurs plongés dans le matériau, et posés sur la
couche du fond : le sol !
9
2 Photométrie.
La photométrie est la science souvent mal aimée et maltraitée qui à trait à
la mesure des quantités de lumière. D’une part c’est un domaine expérimental
compliqué, car la lumière passe son temps à fuir par tous les trous mis à sa
disposition, et des écarts de facteur 2 par rapport à ce qu’on devrait trouver
sont très courants. D’autre part, on y croise une jungle de grandeurs répondants
aux doux noms de luminances, candela, lux... et en général c’est un peu confus.
Cela étant, c’est un savoir très utile, et qui livre une quantité d’applications
pratiques à qui sait l’apprivoiser ! Voyons un peu ce qu’il en est.
où Ie (λ) est une grandeur photométrique énergétique, par exemple une intensité,
et Iv (λ) est la grandeur visuelle correspondante. V (λ) est le coefficient d’effica-
cité relatif de l’oeil, qui traduit la sensibilité de notre capteur favori : V (λ) est
non nul dans le domaine du visible, entre 400 et 700 nm, et son maximum se
situe dans le vert-jaune, à λ = 555 nm , comme on le voit figure (3) ci-dessous.
10
Km = 683 Lumen/watt est une constante dont l’utilisé est historique : les deux
photométries ont été développées indépendamment, il a fallu relier les gran-
deurs entre elles. En pratique Km donne la valeur maximum du rendement
photométrique d’une source lumineuse 3 . Notons enfin que pour la photométrie
nocturne, la relation présente la même forme, avec une constante et une courbe
de sensibilité différentes.
Une autre difficulté apparait : la photométrie peut être globale, comme avec
l’oeil, ou spectrale, lorsqu’on utilise un spectromètre. La relation entre les deux
types de grandeur est de la forme
ˆ
IeT = Ie (λ) dλ (2)
sur le domaine spectral envisagé. Ie (λ) est alors une densité spectrale énergétique,
et s’exprime en unité énergétique par nanomètre.
On peut alors définir le coefficient d’efficacité moyen de l’oeil (ou d’un capteur)
par la relation : IvT = Km V IeT , ce qui conduit immédiatement à la relation
´ 700
V (λ) Ie (λ) dλ
V = 400´ 700 (3)
I (λ) dλ
400 e
La situation type est schématisé sur la figure suivante, que nous allons suivre
de la source au détecteur :
2.2.1 Flux.
11
Figure 4 – Une situation photométrique générale
2.2.2 Intensité.
dφe
Ie = (4)
dΩ
Figure 5 – Intensité
Un Laser He-Ne de flux valant quelques milliwatts peut atteindre de très grandes
intensités. Pour une source isotrope, on a Ie = φe /4π. Si on utilise un miroir
ou un plan diffuseur blanc comme abat-jour, on double l’intensité de la source.
L’intensité s’exprime en Watt/Stéradian.
12
2.2.3 Eclairement.
Ie cos(θ)
Ee = (5)
r2
Figure 6 – Eclairement
Ce résultat essentiel s’appelle la loi de Bouguer. Il indique comment l’éclairement
varie en fonction de la distance à la source : si on double celle ci, l’éclairement
est divisé par 4. Il fait plus froid sur Mars que sur la terre, où le flux solaire au
zénith est ce qu’on appelle la constante solaire, valant environ C � 1000W . On
voit aussi l’influence du facteur d’inclinaison (il fait plus froid aux pôles) que
nous allons retrouver un peu partout dans ce cours.
dφ�e
Me =
dS
On définit alors la réflectance globale de la surface
Me
R= (6)
Ee
13
Figure 7 – Emittance
qui est sans dimension. La réflectance varie en général avec la longueur d’onde,
et cette dépendance reliée à la couleur de l’objet est mesurée par un spectroco-
lorimètre. Bien entendu, dans le cas d’une réflexion, la réflectance globale est
inférieure à 1, ce qui traduit la conservation de l’énergie. On peut toutefois ob-
server couramment des réflectances spectrales plus grande que 1 dans le cas des
fluorescents : le flux incident dans l’UV est réemis dans le visible.
2.2.5 Luminance.
Cette grandeur est reliée à la loi de Lambert : une grande classe de matériaux
diffusants, dits lambertiens, ont une répartition angulaire de flux émis qui varie
comme cos(θ� ). Du point de vue pratique, ces objets sont mats, sans aspect de
brillant 4 . On définit alors la luminance par
14
La luminance s’exprime en Watts/m2 /Stéradian. Lorsque la surface est Lamber-
tienne, la luminance est indépendante de la direction d’observation. A contrario,
pour une surface non Lambertienne, une surface brillante par exemple, la lu-
minance dépend de la direction de sortie, et cette dépendance dépend de la
direction du flux entrant. Dans le cas d’une surface Lambertienne, on peut cal-
culer facilement l’émittance,
ˆ ˆ 2π ˆ π/2
Me = Le cos(θ� ) dΩ” = Le dϕ� dθ� cos(θ� ) sin(θ� ) = πLe (8)
cos θ � ≥0 0 0
Cette relation peut alors s’étendre au cas non Lambertien, et conduit à la défi-
nition de le BRDF (bidirectional reflexion density function) : la surface éclairée
→
− →
−
dans une direction d’incidence Ω présente une luminance Le ( Ω � ) dans la direc-
→
−
tion de sortie Ω � . La BRDF vaut alors
→
−
−
→� →− πLe ( Ω � )
R(Ω , Ω ) = →
− (10)
Ee ( Ω )
→
− →
−
Ici Ω et Ω � et →−
n sont des vecteurs unitaires repérant les directions d’entrée et
de sortie de la lumière, ainsi que la normale à la surface. Tous ces vecteurs sont
orientés vers l’extérieur du milieu.
15
Terminons maintenant notre chaine photométrique en regardant ce qui arrive
au capteur en bout de chaine. celui ci placé à une distance r� de dS, présente
une pupille d’entrée notée σ, inclinée d’un angle α par rapport à la direction de
−
→
sortie Ω� . il est donc sous tendu par un angle solide 5
σ cos α
dΩ” = r� 2
cos(θ� ) cos(α) σ dS
d2 φe = Le cos(θ� ) dS dΩ” = Le
r�2
6
ce qui donne un éclairement au niveau du capteur
d2 φ e
ee = = Le dΩ� cos(α) (11)
σ
On voit que la luminance donne directement la quantité de lumière enregistrée
au niveau du capteur de façon très simple. Cette expression est tout à fait re-
marquable : pour un détecteur d’ouverture angulaire donnée (dΩ� fixé) orienté
vers l’objet à mesurer (cos(α) = 1), l’éclairement ne dépend plus de la distance
de l’objet, ni de son orientation ! On peut vérifier ce résultat en orientant un
luxmètre vers un mur éclairé : l’éclairement obtenu ne dépend pas de la distance
au mur, ni de l’orientation du luxmètre. En effet si on écarte le détecteur de la
surface, chaque point source contribue en 1/r2 suivant la loi de Bouguer, mais
la surface qui contribue augmente comme r2 , et les deux effets se compensent.
L’effet est similaire pour l’inclinaison : chaque point de la source contribue
comme cos(θ� ) (loi de Lambert), mais la surface qui contribue augmente comme
1/ cos(θ� ) . On ne peut donc pas déterminer la géométrie d’un objet Lamber-
tien d’après son aspect, et c’est ce qui fait que les braises d’un feu présentent
5. attention à ne pas confondre les deux angles tête-bêche dΩ� et dΩ” !
cos(θ � ) cos(α) σ dS
6. Les connaisseurs auront reconnu l’étendue géométrique du faisceau r �2
16
un aspect indéfini, sans relief. Dans le même ordre d’idée, le fait que le disque
solaire semble plus sombre au bord qu’en son centre montre directement que
l’émission du soleil n’est pas Lambertienne, ce qui pour un corps noir de cette
taille semble assez perturbant ! (Problème de l’obscurcissement du disque so-
laire). Au passage, la pleine Lune présente aussi un disque non uniforme, mais
ici, c’est l’éclairement non uniforme du au cos(θ) qui est en jeu, car la Lune est
une réflecteur Lambertien, de réflectance (Albédo) R � 7% 7 .
cos(θM ) cos(θP )
‹
E(M ) = L(P ) dSP
P MP2
7. c’est un objet noir sur un fond très très noir, éclairé par un très gros spot !
17
Figure 11 – enceinte fermée
18
R(M ) cos(θM ) cos(θP )
‹
L(M ) = L(0) (M ) + L(P ) dSP
π P MP2
1 cos(θM ) cos(θP )
‹
E(M ) = E (0) (M ) + R(P ) E(P ) dSP
π P MP2
L(0)
L=
1−R
cos(θM ) cos(θP ) 1
= 2
MP2 4a
et l’équation devient
1
‹
(0)
E(M ) = E (M ) + R(P ) E(P ) dSP
S P
qui est cette fois facilement soluble pour toutes fonctions E (0) (M ) et R(M ).
C’est ce qu’on appelle la théorie de la sphère intégrante d’Ulbricht. Il suffit en
9. Ce genre de transformation fait partie des techniques usuelles pour les équations inté-
grales.
19
effet de remarquer que l’intégrale est une constante K ne dépendant par de la
position M . On doit alors résoudre le système
‹
K = R(P ) E(P ) dSP
P
1
E(M ) = E (0) (M ) + K
S
Rech Eech φT Rw
Lech = = Rech
π πS (1 − R)
20
– La réponse du capteur va dépendre de façon non linéaire de Rech car R dépend
de Rech . Cet effet est d’autant plus marqué que le port de mesure est grand,
et traduit le fait que l’échantillon lui même modifie la sphère. Pour obtenir
une réponse linéaire du capteur, on utilise un dispositif de double faisceau
(voir ci-dessous).
– La sphère intégrante est un dispositif peu lumineux : le flux incident total de
la lampe φT est divisé par la surface de la sphère S. C’est d’ailleurs son rôle :
répartir le flux uniformément.
– On voit toujours le rôle amplificateur de la sphère (terme 1/(1 − R) ), qui
compense un peu l’effet précédent.
– Le double faisceau correspond à un port qui mesure la surface blanche de la
sphère par un système de miroirs. Ce port donne un résultat proportionnel
à Lref = Rw φπS T Rw
(1−R)
. Le rapport de ce signal et du signal de mesure Lech
permet d’éliminer le terme non linéaire, et d’obtenir un résultat de mesure
proportionnel à Rech directement : Lech /Lref = Rech /Rw .
A titre d’exercice, on regardera comment sont modifiés ces résultats si l’échan-
tillon n’est pas Lambertien. On pourra également établir et résoudre l’équation
correspondant à un angle de mur Lambertien éclairé uniformément.
21
3 Les grandeurs de la théorie du transfert.
3.1 Notations.
3.2 La radiance.
3.2.1 Définition.
22
→
− −
d2 φe = Ie (ν, Ω , →
r , t) dνdSdΩ
1 →
− −
ˆ
ue (ν, →
−
r)= Ie (ν, Ω , →
r )dΩ (13)
c Ω=4π
23
dS vaut (exercice : expliquer pourquoi)
− →
→ −
d2 φe = Ie (Ω, →
−
r )( Ω · n)dSdΩ = Ie (Ω, →
−
r ) cos(θ)dSdΩ (14)
→
− → →
−
ˆ
Je ( −
r)= Ie (Ω, →
−
r ) Ω dΩ (15)
→
− →
et le courant algébrique total à travers dS orienté par →
−n vaut J→ −
n = Je · n =
−
J+ − J− , ou J+ et J− sont les courants orientés “vers le haut” et “vers le bas” :
− →
→ − �→
�− − �
ˆ ˆ
Ie (Ω, →
− Ie (Ω, →
−
r ) �Ω · →
�
J+ = − −
→ →
r ) ( Ω · n) dΩ , J− = − −
→ →
n � dΩ
( Ω ·n)>0 ( Ω ·n)<0
→
−
Je correspond à la notion familière de densité de courant vue en électricité, en
théorie de la diffusion...
3.2.4 Exemples.
24
→
−
2. Flux totalement collimaté dans une direction Ω 0 = (µ0 , ϕ0 ) donnée : toute
→
−
la lumière va dans la direction Ω 0 et la radiance vaut
→
− → −
Ie (µ, ϕ) = F δ( Ω − Ω 0 ) = F δ(µ − µ0 )δ(ϕ − ϕ0 )
→
− →−
n = F cos(θ0 ) .
Dans ce cas, on a Je = F Ω 0 , et J→
−
25
En utilisant l’équation (14) pour calculer l’éclairement, et la relation entre ra-
diance et luminance en surface, on obtient la relation fondamentale reliant les
radiances entrantes et sortantes de la surface 11 :
→
− 1 →− → − →
−
dIe ( Ω � ) = R( Ω � , Ω ) Ie (− Ω ) cos(θ) dΩ (16)
π
En pratique, on veut la plupart du temps calculer la radiance totale sortant de
la surface, due à toutes les directions incidentes, ce qui est obtenu en sommant
la formule précédente :
→
− 1 →
− → − →
− → − → −
ˆ
Ie ( Ω � ) = − − →
R( Ω � , Ω ) Ie (− Ω ) ( Ω · n) dΩ (17)
π →
( Ω ·n)>0
Cette relation est fondamentale dans la théorie du transfert radiatif. Elle trouve
de nombreuses applications. Par exemple, si la BRDF est connue, elle permet de
calculer une distribution sortante pour une distribution entrante donnée. Elle est
par conséquent à la base de tous les calculs de “rendering” (simulation réaliste
du rendu des objets sous des éclairages complexes).
On peut définir l’analogue de la BRDF pour la transmission, avec exactement
les mêmes idées : l’objet correspondant s’appelle la BTDF, et permet de relier
la radiance en sortie d’un milieu à celle entrant de l’autre coté suivant :
Figure 18 – BTDF.
→
− 1 →
− → − →
− → − → −
ˆ
Ie ( Ω � ) = − − →
T ( Ω � , Ω ) Ie ( Ω ) ( Ω · n) dΩ (18)
π →
( Ω ·n)>0
Quelques remarques :
– remarquez la convention “matricielle” pour les directions dans les expressions
ci dessus : la physique s’écrit de droite à gauche.
11. Attention aux conventions de signe : La BRDF utilise la plupart du temps des normales
extérieures, mais le flux incident est vers le bas !
26
– La BRDF est un objet “lourd” du point de vue numérique : Elle dépend des 4
variables angulaires (θ� , ϕ� , θ, ϕ) et de la longueur d’onde. Si on veut un point
tous les 5 degrés en sortie cela représente 1650 points sur la demi-sphère,
multiplié par 20 angles d’incidence, multiplié par 32 longueurs d’ondes, c.a.d.
1 million de valeurs pour une résolution correcte !
– En stricte rigueur, la BRDF (et la BTDF) dépend aussi des position d’entrée
et de sortie des pinceaux lumineux. On parle alors de BSSRDF. Cela traduit le
fait qu’un photon rentre dans le matériau, diffuse, et ressort un peu plus loin.
En pratique cela n’a d’utilité que au voisinage des changements de textures,
lorsqu’on veut un rendu réaliste un peu diffus, comme à la séparation lèvres-
visage par exemple.
– Pour la BTDF, le milieu peut avoir une épaisseur, contrairement à ce que
montre le schéma.
– En raison d’un principe de retour inverse généralisé de la lumière (voir com-
→
− → −
mentaire page 50) la BRDF et la BTDF sont symétriques : R( Ω � , Ω ) =
→
− → −� →
−� →− →
− →−�
R( Ω , Ω ) et T ( Ω , Ω ) = T ( Ω , Ω ) , relations très utiles en pratique.
12. Sur la plupart des spectrocolorimètres, l’angle prend la valeur standardisée de 8° pour
pouvoir mesurer le spéculaire.
27
Le principe de retour inverse généralisé montre que ces deux valeurs sont en
principe égales : R0/D = RD/0 .
Enfin, les dispositifs à double sphère, en illumination et en détection donnent la
double moyenne ˆ 1
RD/D = R(µ� , µ) 2µ� dµ� 2µdµ
0
L’interface entre deux couches d’indice différents offre un bon exemple de BRDF
et BTDF. Cela nous permettra de bien comprendre la différence entre réflectance
et coefficient de réflexion. En outre, c’est un résultat qui nous sera très utile par
la suite, pour combiner les réflectances de différentes couches par exemple.
Les lois de Descartes pour la réflexion et la réfraction à l’interface entre un
milieu d’indice 1 et un milieu d’indice n peuvent s’écrire :
µr = µi ϕr = ϕ i + π
2
n (1 − µ2t ) = (1 − µ2i ) ϕt = ϕ i (19)
Ce qui donne pour les angles solides des pinceaux incidents et transmis n2 dΩt =
dΩi . Cette dernière relation exprime la concentration du faisceau lumineux
produite par la réfraction (exercice : montrer cette relation).
Le coefficient de réflexion de Fresnel non polarisé vaut alors
�� �2 � �2 �
1 n µt − µ i n µi − µ t
rF (µi ) = + (20)
2 n µt + µ i n µi + µ t
δ(µ� − µ)
RF (µ� , ϕ’ ;µ, ϕ) = rF (µ) 2π δ(ϕ� − ϕ − π)
2µ�
� � �
δ µ − 1 − n2 (1 − µ�2 )
TF e (µ� , ϕ� ; µ, ϕ) = n2 tF (µ) 2π δ(ϕ� − ϕ) (21)
2µ
13. Notez aussi la forme très symétrique de ce coefficient : il est invariant si on échange µi
et µt et aussi n → 1/n.
28
On voit bien dans ces expressions la différence entre un coefficient de transmis-
sion, qui ne concerne que les flux d’énergie (dφt = rF dφi ), et une transmittance,
qui concerne la répartition angulaire. Notez aussi le facteur n2 qui traduit l’effet
de concentration du à la réfraction, et se déduit de la relation entre les flux.
29
4 L’équation du transfert radiatif.
L’équation du transfert radiatif (ETR) est une équation bilan de type équation
de Boltzmann. Elle est cependant beaucoup plus simple que cette dernière :
les particules n’interagissent pas entre elles, mais avec des diffuseurs-absorbeurs
fixes. De plus, les flux et les diffuseurs sont traités dans l’approximation continue.
Il en résulte une équation intégro-différentielle linéaire, beaucoup plus simple à
étudier que l’équation de Boltzmann.
D’une façon générale, une partie du flux incident sur un bloc de matériau va
être diffusée dans une autre direction :
−→ → −
p(Ω� , Ω ) − →
�
dφe ��
= κ T Ie (Ω) dΩ dΩ� (23)
ds →� − →
−
Ω→Ω� 4π
30
Figure 20 – processus de diffusion
−
→ −→ → − dΩ� −
→
�
dIe ��
ˆ
= κT Ie (Ω) p(Ω� , Ω ) = ω0 κT Ie (Ω) (24)
ds → � −
Ω →4π Ω � 4π
−→ →− �
La quantité ω0 ≡ Ω� p(Ω� , Ω ) dΩ
´
4π s’appelle l’albédo du matériau, et représente
la fraction totale de rayonnement diffusé. On peut donc définir les coefficients
de diffusion et d’absorption suivant :
κs = ω 0 κT
(25)
κa = (1 − ω0 ) κT
Lorsque le matériau est isotrope, la fonction de phase dépend en fait de l’angle
− −
→ →
de diffusion cos [Θ] = Ω · Ω� . En exprimant les angles dans un système de
coordonnées sphériques (Cf. figure (13)), on a
� �
cos [Θ] = µµ� + 1 − µ2 1 − µ�2 cos(ϕ − ϕ� )
→
− −
dIe ( Ω , →
r) −
→ − → −
− → −→ − dΩ�
ˆ
= −κT Ie (Ω, →
r ) + κT p(Ω · Ω� ) Ie (Ω� , →
r) (26)
ds Ω� 4π
31
Il s’agit bien d’une équation linéaire, ce qui donne quelque espoir de pouvoir
faire quelque chose avec ! Le milieu est ici décrit par la fonction de phase et le
coefficient d’extinction, qui peuvent dépendre de la position →−r.
L’équation précédente est encore trop compliquée pour être utilisable. On utilise
des hypothèses de symétrie plane ou sphérique pour la résoudre. Dans ce cours,
nous supposerons le milieu constitué de couches horizontales, suivant le schéma :
dIe (z, µ, ϕ)
µ = −κT Ie (z, µ, ϕ)
dz
√ √ dµ� dϕ�
ˆ
+ κT p [µµ� + 1−µ2 1−µ�2 cos(ϕ−ϕ� )] Ie (z, µ� , ϕ� )
Ω� 4π
32
4.3 Conditions aux limites.
L’ETR peut être considérée comme un système (infini !) d’équations différen-
tielles linéaires couplées du premier ordre. Pour espérer la résoudre, il nous
faut donner des conditions aux limites. Celles ci vont être reliées à la physique
du problème, et en particulier aux flux entrants et sortants dans le milieu. En
contemplant les équations (17) et (18) on voit que pour déterminer la BRDF,
il suffit de résoudre l’ETR pour un flux incident collimaté dans la direction
(µ0 > 0, ϕ0 = 0) , donné par
Ie (τ = 0, µ > 0, ϕ) = F δ(µ − µ0 )δ(ϕ)
La BRDF est alors obtenue par le flux diffus sortant 14 , suivant (exercice : le
monter)
πIe (τ = 0, µ < 0, ϕ)
R(−µ, ϕ; µ0 ) = (28)
µ0 F
Pour incorporer ces conditions aux limites de manière simple dans l’ETR, on
pose
Ie (τ, µ, ϕ) = F δ(µ − µ0 )δ(ϕ) e−τ /µ0 + Idiff (τ, µ, ϕ) (29)
et Idiff vérifie l’équation (exercice : le monter) :
dIdiff (τ, µ, ϕ) dµ� dϕ�
ˆ
µ = −Idiff (τ, µ, ϕ) + p [cos(Θ)] Idiff (τ, µ� , ϕ� )
dτ Ω� 4π
F
+ p(µ, ϕ; −µ0 ) e−τ /µ0 (30)
4π
avec les conditions aux limites Idiff (τ = 0, µ > 0, ϕ) = 0 , qui traduisent l’ab-
sence de flux diffus incident. On voit que dans l’équation ci dessus, le terme
collimaté incident apparait maintenant sous la forme d’un terme de source dans
l’ETR, et que le terme en Dirac, impossible à traiter numériquement, est évacué
de l’équation.
A titre d’exercice, on refera le traitement pour la transmittance, et on vérifiera
qu’elle peut se calculer comme
4.4 Invariances.
Nous avons déjà utilisé l’invariance azimutale 15 en choisissant la direction d’in-
cidence à ϕ0 = 0. En intégrant l’équation du transfert sur l’angle ϕ, on obtient
une équation sans dépendance azimutale
14. Notez que pour la BRDF, les arguments µ sont pris positifs.
15. la fonction de phase ne dépend que de (ϕ − ϕ0 )
33
1
dI(τ, µ) 1 F
ˆ
µ = −I(τ, µ) + p(µ, µ� ) I(τ, µ� ) dµ� + p(µ; −µ0 ) e−τ /µ0
dτ 2 −1 4π
1
dI(τ, µ) ω0 F
ˆ
µ = −I(τ, µ) + I(τ, µ� ) dµ� + ω0 e−τ /µ0 (32)
dτ 2 −1 4π
Nous allons voir plus loin des solutions exactes et approchées de cette équation.
Pour l’instant, on va s’intéresser à des “poor man’s ETR versions”, modèles
simplifiés qui permettent de comprendre la physique de l’ETR en restant à un
niveau de calcul élémentaire.
16. Sous une couche nuageuse épaisse, on est incapable de dire de quelle direction provient
la lumière, par contre on peut estimer la hauteur du soleil à la luminosité : le flux ne dépend
pas de ϕ0 , mais il dépend de µ0 ! C’est particulièrement flagrant quand il neige, comme
aujourd’hui ! !
34
5 Loi de Beer-Lambert et théorie de Kubelka-
Munk
5.1 Introduction
La loi de Beer Lambert, observée empiriquement dans les solutions diluées ab-
sorbantes, mais non diffusantes, s’énonce “l’absorbance est proportionnelle à la
concentration et à l’épaisseur de la solution traversée”, soit en termes de chi-
mistes A(λ) = ε(λ)CL , où ε(λ) s’appelle le coefficient d’absorption molaire, et
caractérise l’absorbant. Pour un mélange idéal, on somme les absorbances des
constituants. Nous allons “démontrer” cette loi.
Pour cela, adoptons un modèle simple de confettis, petits disques opaques de
surface σa arrêtant la lumière de façon géométrique, et disposés aléatoirement
dans le milieu, avec un nombre moyen de confettis par unité de volume C.
Considérons une épaisseur dx suffisamment faible 18 de matériau absorbant.
Celui-ci contient des confettis qui arrêtent la lumière. Le flux en entrée de cette
17. Une variante à 4 flux est parfois utilisée, mais elle présente plus d’inconvénients que
d’avantages, et nous n’en parlerons pas.
18. i.e. ne comportant en moyenne pas de confettis “se faisant de l’ombre”
35
Figure 22 – Modèle d’absorption
dI(x)
= −σa C I(x)
dx
I(L)
T (λ) = = exp(−σa CL)
I(0)
Remarquons que cette “démonstration “ de la loi de Beer Lambert n’en est bien
entendu pas une. On a passé un certain nombre de difficultés sous le tapis.
En particulier, on peut se demander comment un processus par nature discret
se transforme en absorption continue du flux. La réponse est bien sûr cachée
dans le fait de prendre un nombre fixe d’absorbeurs dans dx, et de traiter I(x)
comme une variable continue. En réalité, le nombre de confettis rencontrés suit
36
une loi de Poisson, et le flux décroit de manière discrète, en moyenne de fa-
çon exponentielle, mais avec des fluctuations. C’est la même description que la
désintégration radioactive, ou le “bruit de grenaille” en électronique.
Noter aussi que la quantité K = σa C , inverse d’une longueur, s’appelle la
“section efficace macroscopique” en physique nucléaire, et donne la profondeur
de pénétration dans le milieu suivant l = 1/K.
Enfin, il est très facile de reprendre la démonstration avec plusieurs sortes de
confettis, dont les populations sont supposées indépendantes (un rouge ne se
colle pas systématiquement sous un vert !). Dans ce cas, il est facile d’établir que
K = σ1 C1 +σ2 C2 = K1 +K2 , c’est à dire que les absorbances se somment. Cette
loi est à la base de la formulation des solutions colorées absorbantes non dif-
fusantes (verres colorés, sirops, teintures...), dits mélanges soustractifs simples.
Elle donne la couleur d’une solution en fonction des concentrations de ses consti-
tuants (Cf. Geniet - 2012 [10]).
5.3.1 Présentation.
37
– K représente la section macroscopique d’absorption du matériau. Comme pré-
cédemment, il est raisonnable de penser qu’elle varie proportionnellement à
la concentration.
– De même S représente en gros la section macroscopique de diffusion.
– Les termes en S décrivent le couplage des flux entrant et sortant par la diffu-
sion. Si S = 0 on retrouve Beer Lambert.
– Noter la parfaite symétrie x ↔ −x , I ↔ J des équations, qui doit se retrouver
dans les solutions, et traduit l’invariance droite-gauche.
– Noter aussi le signe − devant la 2ème équation : le sens de propagation est
inverse.
– On peut facilement montrer que si on suppose que les deux distributions de
flux vers la droite et vers la gauche sont hémi-isotrope, c.a.d. constantes dans
un demi-hémisphère, l’ETR (33) produit le système ci dessus (exercice : le
montrer, et relier K et S à κa et κs , Cf. équation (25) ).
�
où les valeurs propres ±α sont données par α = K(K + 2S), et A et B sont
des constantes arbitraires. On note encore à ce stade la symétrie x ↔ −x de
la solution. La valeur propre α donne la longueur d’atténuation dans le milieu
suivant l = 1/α. Si il n’y a pas de diffusion, S = 0 et on retrouve le résultat
de Beer Lambert. Le cas sans absorption est plus subtil, et pourra être traité
en exercice. Dans ce cas, la solution varie de façon linéaire en x (exercice : le
montrer. Voir aussi annale 03-2012 en appendice).
38
Cas Opaque :
l’exemple le plus simple consiste à considérer une couche opaque, c’est à dire
dont l’épaisseur L � 1/α. Dans ce cas, le flux s’éteint avant d’arriver au fond,
ce qui revient à supposer le milieu infini avec I(x), J(x) −−−−→ 0 , c.a.d. A = 0.
x→∞
On obtient alors immédiatement la réflectance
�
K
J(0) 1 − K+2S
R∞ = = �
I(0) K
1 + K+2S
2
(1−R∞ )
ce qui se ré-écrit encore KS = 2R∞ . Cette dernière expression est la formule
de Kubelka Munk opaque, parangon du savoir du coloriste moyen. Plusieurs
remarques sont utiles :
– Il y a bien sûr une dépendance en longueur d’onde : la réflectance dépend de
λ ( c’est la couleur de l’objet ! ) , car les sections K et S en dépendent. Les
résultats présentés sont valables à chaque longueur d’onde indépendamment.
– On vérifie que la formule ci dessus donne bien les limites attendues R = 0
pour S = 0 (milieu absorbant, noir, décrit par Beer Lambert) et R = 1 pour
K = 0 (matériau non absorbant, blanc idéal).
– On se souvient que K et S sont proportionnels à la concentration C. On voit
alors immédiatement que la réflectance est indépendante de C ! Cela semble
totalement idiot, sauf si on réalise que la couche est opaque, par hypothèse :
on ne sait pas si il faut 1 µm ou 1 km pour assurer cette opacité.
– En cas de mélange, K et S sont les sommes des sections macroscopiques des
constituants : K = K1 + K2 + K3 et S = S1 + S2 + S3 . On obtient donc la
réflectance d’un mélange, qui cette fois dépend du rapport des concentrations,
de façon non-linéaire à travers la formule de Kubelka Munk. C’est donc une
théorie de la couleur d’un mélange, à la base des méthodes de formulation des
peintures opaques (Cf. Geniet - 2012 [10]).
– Dans ces méthodes opaques, l’échelle des sections macroscopiques est relative :
on pose arbitrairement Sw = 1 pour un matériau de référence, en général le
blanc diffusant de la peinture. Toutes les valeurs de K et de S sont exprimées
relativement à cette échelle (cela revient en fait à choisir une unité de longueur
égale à 1/Sw ) . Il n’y a ici en effet aucun moyen de déterminer une épaisseur
ou une concentration absolue, puisque la couche est opaque. Nous allons voir
comment on arrive à une détermination absolue de K et S avec les méthodes
dites translucides.
Cas Translucide :
Le cas type correspond à une couche de fond de réflectance RF , surmontée
d’une couche diffusante d’épaisseur L . La condition au bord en x = L s’écrit
alors J(L)/I(L) = RF , ce qui permet de déterminer la réflectance de l’ensemble
R = J(0)/I(0) . Après des calculs simples, on trouve
39
Figure 24 – Milieu translucide.
B 1 − RF R ∞
= e2αL
A RF − R∞
et
(RF − R∞ ) + e2αL R∞ (1 − RF R∞ )
R= (35)
R∞ (RF − R∞ ) + e2αL (1 − RF R∞ )
A partir de cette expression, on peut facilement tracer les profils des flux entrant
et sortant dans le milieu, en fonction de la profondeur. Voici par exemple un
40
profil typique, obtenu pour les valeurs S = 0.9, K = 0.4 , RF = 0.2 . On obtient
R∞ � 0.4 , et R � 0.37 pour une épaisseur L = 1.
L’expression (35) est à la base d’une foule de méthodes de sondages, par exemple
– en astrophysique : “je connais l’atmosphère de Vénus, diffusante et absorbante,
je mesure R depuis la Terre, que vaut la réflectance du sol RF ?”
– en océanographie, “je connais la nature du fond RF , je mesure R depuis un
satellite, quel renseignement en tirer sur l’état de la mer (turbidité S, absorp-
tion K) ?
RF (ψ − x) + 1 − RF
R=
(ψ + x) + 1 − RF
√ √
avec par définition x = K/S et ψ = x2 + 2x coth( x2 + 2x SL).
Si on mesure les 2 réflectances (R1 , R2 ) de la couche sur 2 fonds différents
(RF 1 , RF 2 ) , on obtient un système linéaire en ψ et x, dont la résolution donne
finalement K et S de façon explicite. Cela explique la popularité de la mé-
thode dans le domaine des peinture : elle donne toujours une solution. Dans un
contexte plus ambitieux, elle permet de disposer d’une première approximation
aux sections efficaces, déterminées ensuite par des modèles plus sophistiqués
basés sur l’ETR.
Exercice : montrer que la transmittance d’une couche translucide d’épaisseur L
en l’absence de fond vaut :
�
ψ 2 − (x2 + 2x)
T =
ψ+x+1
Nous abordons ici un sujet subtil, qui sera envisagé sous plusieurs aspects dans
ce cours : la correction de surface de Giovanelli-Saunderson. Les calculs ci dessus
sont valables en l’absence de discontinuité de surface, comme c’est par exemple
le cas pour une atmosphère, un brouillard... Si le milieu est dense, il se produit
une réflexion de Fresnel à l’interface Cf. section (3.5). La réflectance mesurée
Rext est donc différente de celle que nous avons calculée juste à l’intérieur du
milieu, Rint . La correction de Saunderson relie ces deux réflectances 19 . Histo-
riquement, cette correction a été introduite afin de mettre en accord les calculs
de formulation de peinture par Kubelka et Munk opaque avec les résultats (J.L.
Saunderson - 1942 [6]). Voyons comment l’établir simplement :
19. La correction de Giovanelli fait de même dans le contexte de l’ETR.
41
Figure 26 – Relations entre flux à l’interface
Avant de poursuivre, persuadons nous que l’effet est suffisamment grand pour
mériter d’être calculé : à priori pour un milieu d’indice n = 1.5 , le coefficient de
� �2
réflexion en incidence normale vaut r⊥ = 1−n 1+n � 0.04 . Il semble donc que
l’effet soit faible, ce que sait bien tout opticien : la transmission des N interfaces
est 0.96N . La situation change pour un flux diffus sortant comportant des grands
angles d’incidence : le coefficient de réflexion de Fresnel augmente et atteint 1
pour le flux sortant, au delà de l’angle critique θcr = arcsin(1/n) � 42°. Il est
facile de calculer le coefficient de réflexion moyen à l’aide des outils présentés
dans ce cours : on a, d’après (6) et les relations vues à la partie (3.3)
´ sortant
J+ I µdµdϕ
r̄ = = ´
J− I entrant µdµdϕ
ˆ 1
r̄ = rF (µ)2µdµ
0
Dans le cas d’un milieu d’indice n = 1.5 , le calcul donne ri � 0.59 , c’est
à dire que pour un flux sortant isotrope, le coefficient de réflexion moyen de
l’interface vaut 60% ! Pour le coefficient entrant, dans le cas d’un flux diffus, on
42
aura 1 − re = n2 (1 − ri ) , soit re � 0.09 20 . Pour un flux collimaté incident,
on prendra par contre re = r⊥ = 0.04 . Dans la pratique, on détermine r⊥
expérimentalement : c’est la réflectance minimale mesurée en incidence normale,
obtenue pour un objet noir totalement absorbant. On calcule alors n puis ri ,
ce qui permet d’appliquer la correction de Saunderson en pratique.
La résolution du système (36) permet de passer des réflectances internes Rint =
J (0 )/I (0 ) aux réflectances externes mesurées Rext = Je /Ie suivant :
(1 − ri )(1 − re )Rint
Rext = re +
1 − ri Rint
5.4 Conclusion
Les quelques calculs esquissés ici peuvent évidemment être adaptés à un grand
nombre de situations variés de façon très simple, ce qui en fait le couteau Suisse
du transfert radiatif. Il est cependant clair qu’il ne faut par forcément en at-
tendre trop, surtout si on souhaite s’intéresser à la géométrie angulaire des flux,
ce que nous allons faire maintenant. L’autre intérêt de cette présentation des
méthodes élémentaires est qu’elle permettent d’obtenir une bonne intuition des
phénomènes en jeu, sans être noyé dans la complexité des équations, ce qui est
toujours appréciable. Cela dit, il est clair que les astrophysiciens n’utilisent plus
20. cette relation provient du principe du retour inverse, et de la concentration des flux à
l’interface, Cf. §(3.5)
43
cette approche depuis belle lurette. Voyons donc maintenant quelques outils de
résolution propres au transfert radiatif.
44
6 Méthodes de résolution de l’ETR.
Il existe un très grand nombre d’approches pour résoudre l’ETR dans des
contextes très variés. Les méthodes numériques sont en particuliers très utilisées
de nos jours, car elles permettent de résoudre des situations très complexes de
diffusion non-isotrope dans des milieux non homogènes. Nous présenterons ici
des méthodes analytiques, dont l’intérêt est de fournir une bonne compréhen-
sion de la nature des solutions attendues, ainsi que des benchmarks pour les
méthodes numériques. Je ne prétends pas non plus donner toutes les méthodes
de résolution, mais seulement celles qui me sont familières. Enfin, dans cette
introduction au sujet, je me limiterai à l’équation du transfert simple avec sy-
métrie azimutale, et une diffusion isotrope, équation (33) avec ou sans terme de
source. Pour plus de méthodes, une référence s’impose : Van de Hulst - 1980 [4].
Pour 0 < ω0 < 1 il existe une solution réelle unique 0 < α < 1 et sa symétrique
−α que nous sommes contents de retrouver (il n’y a pas de direction privilégiée
haut-bas). On peut aussi montrer que cette solution a la plus petite partie
réelle, et correspond au plus faible amortissement dans le milieu. C’est le mode
fondamental de transfert, qui est le seul qui subsiste en profondeur dans le
milieu, d’où son intérêt. On verra plus bas qu’il correspond à une diffusion
simple 21 . La solution ainsi obtenue s’écrit donc finalement
exp(−ατ )
I↓ (τ, µ) = C
1 − αµ
21. les autres modes, amortis plus rapidement, présentent une distribution angulaire plus
compliquée, et on peut les obtenir systématiquement par une analyse en ondes partielles, ce
dont nous ne parlerons pas ici.
45
On reconnait un profil angulaire elliptique (rappel : µ = cos(θ)), d’excentricité
α, dont le grand lobe est orienté vers le bas, ce qui correspond à une solution
descendant dans le milieu en s’amortissant de façon exponentielle. La solution
montante est obtenue par le changement α ↔ −α .
46
dJ
=− (1 − ω0 )E(τ )
dτ
dK
= −J(τ )
dτ
...
Dans le cas général, cette chaine infinie équivaut à l’ETR. La première équation
correspond clairement à une équation de conservation : l’absorption est respon-
sable de la disparition du flux. Pour la solution vue plus haut, K et E sont
proportionnels, et la seconde équation s’écrit
dE(τ )
J(τ ) = −D
dτ
47
Dans le cas des EDP, une technique souvent utilisée consiste à transformer une
équation différentielle en une équation intégrale incorporant les conditions aux
limites. Cette recette s’applique ici aussi, et elle ouvre la voie à des méthodes
d’approximation intéressantes. L’équation peut s’écrire formellement
dI(τ, µ)
µ = −I(τ, µ) + S(τ, µ) (37)
dτ
Remarquer que nous nous sommes placés ici dans le cas simple de la diffusion
isotrope avec une symétrie azimutale, mais les calculs s’étendent au cas général
sans problème. En utilisant la “méthode de variation de la constante”, la solution
de (37) s’écrit I(τ, µ) = J(τ, µ) exp(−τ /µ) , où J vérifie
dJ(τ, µ) eτ /µ
= S(τ, µ)
dτ µ
On peut donc intégrer cette équation, en tenant compte des conditions aux
limites au bord de la couche. On obtient finalement pour les flux descendant et
montant :
ˆ τ −(τ −τ � )/µ
e
I↓ (τ, µ) = S(τ � , µ)dτ � µ>0
0 µ
ˆ L −(τ −τ � )/µ
e
I↑ (τ, µ) = − S(τ � , µ)dτ � µ<0 (39)
τ µ
F ω0 L
ˆ
−τ /µ0
S(τ ) = ω0 e + K(τ − τ � ) S(τ � ) dτ �
4π 2 0
48
avec le noyau donné par une exponentielle intégrale
e−|τ −τ |/µ
�
ˆ 1
� �
K(τ − τ ) = E1 (|τ − τ |) = dµ
0 µ
(Exercice : le montrer ).
En résolvant numériquement cette équation, on peut alors retrouver les ra-
diances par (39). Le noyau présente une singularité logarithmique en 0, mais
ce n’est pas trop méchant à traiter, et la théorie des équations de Fredholm est
bien connue (Cf. par exemple Hilbert & Courant - 1953 [11]). Cependant, je ne
connais pas de moyen d’étendre cette solution au cas non isotrope contrairement
à la suivante.
49
Un autre point intéressant dans ces expressions est que la forme de la solution
est assez typique, et se retrouve dans la solution exacte de Chandrasekhar, ou
d’autres schémas d’approximation plus sophistiqués. La solution de Chandrase-
khar s’écrit en effet sous la forme factorisée :
ω0
T (µ, µ0 ) = [X(µ)Y (µ0 ) − X(µ0 )Y (µ)]
4(µ0 − µ)
ω0
R(µ, µ0 ) = [X(µ)X(µ0 ) − Y (µ0 )Y (µ)]
4(µ0 + µ)
50
Figure 30 – Réflectance à une profondeur τ
On écrit alors cette équation sous une forme infinitésimale, en dérivant par
rapport à τ en τ = 0 . On obtient
1
dI(τ = 0, −µ) 1 dI(τ = 0, µ� ) � �
ˆ
= − R(µ, µ0 )F + R(µ, µ� ) 2µ dµ
dτ π 0 dτ
51
où la fonction H vérifie l’équation intégrale non linéaire :
ˆ 1
1 H(µ� )
= 1 − ω0 µ �)
dµ�
H(µ) 0 2(µ + µ
52
profondeur un flux de type diffusion montante (Cf. § 6.1). La radiance globale
s’écrit donc
exp(ατ )
I(τ, µ) = δI((τ, µ) + C
1 + αµ
I(τ = 0, µ > 0) = 0
c’est à dire une situation de couche opaque, avec un flux incident donné. On
sait donc résoudre ce problème de réflexion classique au moyen de la BRDF du
milieu que l’on a calculé au paragraphe précédent :
ˆ 1
δI((τ = 0, µ < 0) = R(−µ, µ� )δI((τ = 0, µ� )2µ� dµ�
0
ce qui donne
1
R(−µ, µ� ) � �
� �
1
ˆ
I((τ = 0, µ < 0) = C − 2µ dµ
1 + ᵠ0 1 + �
53
Sur la figure ci dessus, on a tracé la radiance en fonction de l’angle de sortie, pour
une valeur ω0 = 0.99 , α � 0.172511 . On voit bien l’effet d’obscurcissement,
et la résolution du paradoxe apparent : “comment un diffuseur isotrope peut il
avoir un comportement non Lambertien ?”. La réponse est en fait assez simple :
c’est la solution diffusive profonde qui introduit l’anisotropie dans la solution de
l’ETR.
54
On peut écrire les relations suivantes, qui expriment la linéarité entre les flux :
+ −
I1 =T1 I0 + R1 J1
J0 =T − J1 + R+ I0
1 1
+ −
(41)
I2 =T2 I1 + R2 J2
J1 =T2− J2 + R2+ I1
I2 = T2+ (1 − R1− R2+ )−1 T1+ I0 + (R2− + T2+ (1 − R1− R2+ )−1 R1− T2− ) J2
�
J0 = T1− (1 − R2+ R1− )−1 T2− J2 + (R1+ + T1− (1 − R2+ R1− )−1 R2+ T1+ ) I0
R+ =R1+ + T1− (1 − R2+ R1− )−1 R2+ T1+
=R2− + T2+ (1 − R1− R2+ )−1 R1− T2−
−
R
55
6.7.2 Applications
RF
R(µ, µ0 ) = R1 (µ, µ0 ) + (e−L/µ + t1 (µ)) (e−L/µ0 + t1 (µ0 )) (42)
1 − r1 R F
56
Figure 34 – relations de passage de Fresnel
δ(µs − µe )
R1+ (µs , µe ) = re (µe )
2µe
�
δ(µ − µ)
R1− (µ� , µ) = ri (µ)
2µ
� � �
δ µe − 1 − n2 (1 − µ2 )
T1+ (µ, µe ) = n2 te (µe ) si µ2 > 1 − 1/n2
2µe
= 0 sinon � �
�
� (1−µ2s )
δ µ − 1 − n2
1
T1− (µs , µ� ) = t e (µ s )
n2 2µ�
l’intégrale sur µ� est triviale, mais celle sur µ nécessite le changement de variable
µ → µe avec n2 µdµ → µe dµe , qui donne finalement le résultat presque attendu
57
(attention au facteur 1/n2 ! ) :
�� � �
1 (1 − µ2s ) (1 − µ2e )
T1− KT1+ (µs , µe ) = 2 te (µs ) te (µe ) K 1− , 1−
n n2 n2
58
7 Conclusion.
Comme souvent, le principal destinataire de ces notes de cours est votre servi-
teur. Cependant si elle présentent quelque intérêt à vos yeux, ou au contraire si
vous voyez des améliorations possible à leur contenu, n’hésitez pas à m’en faire
part, ainsi que des erreurs que vous détecterez à l’adresse [Link]@univ-
[Link] . A l’issu de la rédaction je suis bien entendu insatisfait, car c’est trop
long, mais il n’y a pas tous les sujets que je souhaiterais aborder : on souhaite-
rait une voiture grande dedans pour tout transporter, et petite dehors pour la
garer ! Il est dont temps de mettre un point final à la chose.
Références
[1] S. Chandrasekhar, Radiative Transfer, Dover, New York, 1960.
[2] S. Chandrasekhar, An Introduction to the Study of Stellar Struc-
ture, Dover, New York, 1963.
[3] H.C. Van de Hulst, Light Scattering by Small Particules, Dover,
New York, 1957.
[4] H.C. Van de Hulst, Multiple light scattering, Tables, Formulas and
Applications, vols. 1 and 2, Academic Press, New York, 1980.
[5] L.C. Woods, Introduction to Neutron Distribution Theory, Wiley,
New York, 1964.
[6] J. L. Saunderson, "Calculation of the Color of Pigmented Plastics,"
J. Optical Society of America, 32, pp. 727-736, 1942.
[7] P.E. Pierce & R.T. Marcus, Radiative transfer theory solid color-
matching calculations, Color Research & Application 22, 2, pp.
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[8] Necati Öziçik, Radiative Transfer & Interactions With Conduction
& Convection, Wiley-Interscience, 1973.
[9] I.W. Busbridge, The Mathematics of Radiative Transfer, Cam-
bridge University Press, 1960.
[10] F. Geniet, Approche de la Couleur, Poly de cours, Université Mont-
pellier 2, 2012.
[11] R. Courant & D. Hilbert Methods of Mathematical Physics, John
Wiley & Sons, 2008.
59