Chapitre 8
Espaces vectoriels normés de dimension nie
Notations.
K désigne R ou C.
E désigne un K-espace vectoriel normé, généralement de dimension nie.
I. Normes & Distances
I.1 Normes
Définition 1 (Norme).
L'application N : E → R+ est une norme sur E si
(i). Séparabilité. ∀ x ∈ E, N (x) = 0 ⇔ x = 0E .
(ii). Homogénéité. ∀ x ∈ E, ∀ λ ∈ K, N (λx) = |λ| N (x).
(iii). Inégalité triangulaire. ∀ (x, y) ∈ E 2 , N (x + y) 6 N (x) + N (y).
Le couple (E, N ) est un espace vectoriel normé .
Exercice 1. Soit I un segment de R. Montrer que les applications suivantes sont des normes.
1. Sur R, x 7→ |x|.
Sur Rn . Sur C (I, R). Sur Mn (R).
n
|xi |. |ai,j |.
P Z P
2. kxk1 = 5. kf k1 = |f |. 8. N1 (A) =
i=1 16i,j6n
I
Tr(tAA).
s p
n
rZ
9. N2 (A) =
|xi | .
2
|f |2 dt.
P
3. kxk2 = 6. kf k2 =
i=1 I 10. N∞ (A) = max |ai,j |.
16i,j6n
4. kxk∞ = max |xi |. 7. kf k∞ = sup |f |.
i∈J1,nK I
11. Soit (E, k·k) un e.v.n. et f ∈ G`(E). Montrer que l'application N : x 7→ kf (x)k est une norme
sur E .
Théorème 1 (Norme euclidienne).
Soit
p E un espace vectoriel muni d'un produit scalaire h·, ·i. L'application k·k : E → R+ , u 7→
hu, ui est une norme sur E . C'est la norme euclidienne issue du produit scalaire.
Si u ∈ E est tel que kuk = 1, le vecteur u est normé ou unitaire .
Exercice 2. Donner des exemples de normes euclidiennes sur Rn , C ([a, b], R) et Mn (R).
Propriété 1 (Inégalité triangulaire inverse).
Pour tout (x, y) ∈ E 2 , |kxk − kyk| 6 kx − yk .
Exercice 3. Soient x, y deux vecteurs non nuls. Montrer que
1
x y
kx − yk > max{kxk , kyk}
−
.
2 kxk kyk
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I.2 Distances
Définition 2 (Distance).
Soit (x, y) ∈ E 2 . La distance entre x et y est le réel d(x, y) = kx − yk .
Propriété 2.
Soit (x, y, z) ∈ E 3 et d la distance associée à la norme k·k .
(i). Séparation. d(x, y) = 0 si et seulement si x = y .
(ii). Symétrie. d(x, y) = d(y, x).
(iii). Inégalité triangulaire. d(x, y) 6 d(x, z) + d(z, y).
Définition 3 (Boule ouverte / fermée).
Soit a ∈ E et r ∈ R∗+ .
(i). B(a, r) = {x ∈ E ; d(a, x) < r} est la boule ouverte de centre a et de rayon r.
(ii). B(a, r) = {x ∈ E ; d(a, x) 6 r} est la boule fermée de centre a et de rayon r.
(iii). S(a, r) = {x ∈ E ; d(a, x) = r} est la sphère de centre a et de rayon r.
Exercice 4.
1. Dans R2 , représenter graphiquement les boules centrées en 0 et de rayon 1 associées aux normes
1, 2 et innie dénies précédemment. Discuter les inclusions entre ces boules.
2. Soient N1 (resp. N2 ) une norme sur E et B1 (resp. B2 ) sa boule unité. Montrer que, si
N1 6 N2 , alors B2 ⊂ B1 .
I.3 Parties Convexes & Bornées
Définition 4 (Partie convexe).
Soit A ⊂ E . La partie A est convexe si
∀ (x, y) ∈ A2 , ∀ t ∈ [0, 1], tx + (1 − t)y ∈ A.
Exercice 5.
1. Déterminer les parties convexes de R.
2. Représenter graphiquement une partie convexe de R2 qui ne soit pas un pavé.
3. Représenter graphiquement une partie non convexe de R2 .
4. Soient A, B deux vecteurs de E . On note [AB] = {tA + (1 − t)B, t ∈ [0, 1]}. Montrer que
[AB] est convexe.
5. On note P l'ensemble des matrices stochastiques, i.e. l'ensemble des matrices P ∈ Mn (R) à
n
coecients positifs et tels que pour tout i entier naturel non nul, pi,j = 1. Montrer que P
P
j=1
est convexe.
Propriété 3 (Convexité & Boules).
Toute boule est convexe.
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Définition 5 (Partie bornée).
Soient A ⊂ E , (un )n∈N une suite d'éléments de E et f une fonction d'un ensemble I à valeurs
dans E .
(i). La partie A est un ensemble borné s'il existe une boule fermée contenant A.
(ii). La suite (un ) est bornée si son support est borné, i.e. il existe K ∈ R+ tel que pour
tout n ∈ N, kun k 6 K .
(iii). La fonction f est bornée si f (I) est une partie bornée de E .
Exercice 6.
1. Montrer que toute boule est une partie bornée.
2. L'espace R2 est muni de la norme innie. Montrer que la fonction dénie sur [0, 1]3 par
f (x, y, z) = (x − y + 2z, x2 + y 2 + z 2 ) est bornée.
3. Montrer que l'ensemble des matrices stochastiques est borné.
4. On considère l'espace vectoriel C ([0, 1], R). Soit (fn ) la suite de fonctions continues sur [0, 1]
√
dénies pour tout entier naturel n par fn : x 7→ nxn .
a) Montrer que (fn ) n'est pas bornée pour la norme innie.
b) Montrer que (fn ) est bornée pour la norme 2.
I.4 Équivalence des normes
Théorème 2 (Équivalence des normes, H.P.).
Soient E un espace vectoriel de dimension nie et N1 , N2 deux normes sur E . Alors, il existe
(α, β) ∈ (R∗+ )2 tel que
∀ x ∈ E, αN1 (x) 6 N2 (x) 6 βN1 (x).
Exercice 7.
1. Déterminer les valeurs de α et β lorsque E = Rp et les normes considérées sont
a) k·k1 et k·k∞ . b) k·k2 et k·k∞ .
2. Montrer que, en dimension nie, la notion de partie bornée ne dépend pas de la norme choisie.
3. Montrer que l'équivalence des normes est fausse, en général, en dimension innie.
II. Suites d'un espace vectoriel normé de dimension nie
Définition 6 (Convergence).
Soit (un ) une suite d'éléments de E et ` ∈ E . La suite (un ) converge vers ` si kun − `k converge
vers 0. S'il n'existe pas d'éléments ` vériant cette propriété, la suite (un ) diverge .
Exercice 8.
1. Montrer que si (un ) possède une limite alors celle-ci est unique.
2. Montrer que (un ) converge vers 0 si et seulement si (kun k) converge vers 0.
3. Montrer que si (un ) converge vers `, alors (kun k) converge vers k`k . Montrer que la réciproque
est fausse.
Propriété 4 (Convergent & Borné).
Toute suite convergente est bornée.
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Exercice 9. Montrer que la réciproque est fausse.
Propriété 5 (Convergence en dimension finie).
En dimension nie, la convergence d'une suite ne dépend pas de la norme choisie.
Théorème 3 (Convergence composante par composante).
Soient (un ) une suite d'éléments d'un espace vectoriel pnormé E de dimension nie et
(e1 , . . . , ep ) une base de E . Pour tout n ∈ N, on note un = un,i ei .
P
i=1
La suite (un ) est convergente si
et seulementsi pour tout i ∈ J1, nK, la suite (un,i )n∈N converge.
p
Le cas échéant, lim un = lim un,i ei .
P
n→+∞ i=1 n→+∞
Exercice 10. Montrer que
!la suite dénie, pour tout entier naturel n non nul, par Mn =
1 n
1 − n1 2
1 +
cos(n)
n n
n
1/n (−1) + √1 est convergente.
e n e n n
Propriété 6 (Sous-suites).
Soit (un ) une suite convergeant vers `. Alors, toute suite extraite de (un ) converge vers `.
Exercice 11. Montrer que si (u2n ) et (u2n+1 ) convergent vers `, alors (un ) converge vers `.
III. Topologie
III.1 Intérieur
Définition 7 (Point intérieur).
Soient A ⊂ E et a ∈ A.
(i). Le vecteur a est un point intérieur à A s'il existe une boule ouverte non vide centrée
en a incluse dans A.
◦
(ii). L'intérieur de A, noté A, est l'ensemble des points intérieurs à A.
Exercice 12.
1. Déterminer l'ensemble des points intérieurs à l'intervalle [0, 1[.
2. Montrer que si a est un point intérieur à A et si (un ) est une suite d'éléments de E qui converge
vers a, alors à partir d'un certain rang, un ∈ A.
Définition 8 (Partie ouverte).
Soit A ⊂ E . La partie A est une partie ouverte si chacun de ses points est un point intérieur
à A.
Exercice 13.
1. Montrer que A est un ouvert si et seulement si pour tout a ∈ A, il existe r > 0 tel que
B(a, r) ⊂ A.
2. Montrer que E et ∅ sont des ouverts.
◦
3. Montrer que A est un ouvert si et seulement si A = A.
4. Montrer qu'une intersection nie d'ouverts est un ouvert. Ce résultat persiste-t-il pour les
intersections quelconques ?
5. Montrer qu'une réunion quelconque d'ouverts est un ouvert.
Propriété 7 (Ouverts & Boules).
Toute boule ouverte est un ouvert.
Exercice 14. Montrer que tout intervalle ouvert de R est un ouvert.
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III.2 Adhérence
Définition 9 (Point adhérent).
Soient A ⊂ E et ` ∈ E .
(i). Le vecteur ` est un point adhérent à A si toute boule ouverte non vide centrée en `
rencontre A.
(ii). L'adhérence de A, notée A, est l'ensemble des points adhérents à A.
Exercice 15.
1. Déterminer l'ensemble des points adhérents au segment [0, 1[.
2. Montrer que tout point de A est adhérent à A.
Propriété 8 (Caractérisation séquentielle).
Soient A ⊂ E et ` ∈ E . Le point ` est adhérent à A si et seulement s'il existe une suite
d'éléments de A qui converge vers `.
Exercice 16. Montrer que la matrice nulle est dans l'adhérence de l'ensemble des matrices inver-
sibles.
Définition 10 (Partie fermée).
Soit A ⊂ E . La partie A est une partie fermée si tous les points adhérents à A sont dans A.
Exercice 17.
1. Montrer que E et ∅ sont des fermés.
2. Montrer que A est un fermé si et seulement si A = A.
3. Déterminer Q et R\Q.
Propriété 9 (Caractérisation séquentielle).
Soit A une partie de E . La partie A est fermée si et seulement si, pour toute suite (un )
d'éléments de A convergeant (vers un vecteur de E ), la limite de (un ) appartient à A.
Exercice 18.
1. Montrer que l'ensemble des matrices stochastiques est fermé.
2. Les ensembles U et G`n (R) sont-ils des fermés ?
3. Soit F est un espace vectoriel de dimension nie de E . Montrer que F est fermé.
Propriété 10 (Fermés & Boules).
(i). Toute boule fermée est un fermé.
(ii). Toute sphère est un fermé.
Exercice 19. Montrer que tout segment de R est un fermé.
III.3 Frontière
Propriété 11 (Ouverts & Fermés).
Soit A ⊂ E . La partie A est fermée si et seulement si cA est ouverte.
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Chapitre 8. Espaces vectoriels normés de dimension nie PSI
Exercice 20.
1. Montrer qu'une intersection quelconque de fermés est un fermé.
2. Montrer qu'une réunion nie de fermés est un fermé.
3. Montrer qu'une réunion quelconque de fermés n'est pas toujours un fermé.
Définition 11 (Frontière).
Soit A ⊂ E . La frontière de A, notée ∂A, est l'ensemble des points de E adhérents mais non
◦
intérieurs à A, i.e. ∂A = A\A.
Exercice 21. Déterminer la frontière de B(a, r).
IV. Fonctions entre espaces vectoriels normés
Notation.
f désigne une application d'une partie A d'un e.v.n. (E, k·k ) dans un e.v.n. (F, k·k ).
E F
IV.1 Limite & Continuité
Définition 12 (Limite en un point).
Soit a ∈ A et b ∈ F . La fonction f a pour limite b en a si
∀ ε > 0, ∃ η > 0 ; ∀ x ∈ A, (kx − akE 6 η ⇒ kf (x) − bkF 6 ε) .
Exercice 22. Montrer que les fonctions constantes ainsi que la fonction identité admettent des
limites en tout point.
Propriété 12 (Unicité de la limite).
Si f admet une limite en a, alors cette limite est unique.
Définition 13 (Limite en l’infini).
On suppose que E ⊂ R et b ∈ F .
(i). Si +∞ ∈ A, alors f admet b pour limite en +∞ si
∀ ε > 0, ∃ M > 0 ; ∀ x ∈ A, (x > M ⇒ kf (x) − bkF < ε) .
(ii). Si −∞ ∈ A, alors f admet b pour limite en −∞ si
∀ ε > 0, ∃ M < 0 ; ∀ x ∈ A, (x < M ⇒ kf (x) − bkF < ε) .
Propriété 13 (Caractérisation séquentielle).
Soit a ∈ A. Les propriétés suivantes sont équivalentes :
(i). La fonction f possède une limite en a.
(ii). Pour toute suite (an ) d'éléments de A qui converge vers a, la suite (f (an )) admet une
limite.
Le cas échéant, lim f (x) = lim f (an ).
x→a n→+∞
Exercice 23. Montrer que la fonction x 7→ cos x1 n'admet pas de limite en 0.
Définition 14 (Continuité).
Lorsque a ∈ A et f admet une limite en a, alors lim f (x) = f (a). La fonction f est
x→a
continue
en a.
La fonction f est continue sur A si f est continue en tout point de A.
Stanislas 63 A. Camanes
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IV.2 Opérations sur les limites
Propriété 14 (Composante à composante).
r
Soit (ε1 , . . . , εr ) une base de F . Notons f = fi εi .
P
i=1
(i). Soit a ∈ A. La fonction f admet une limite en a si et seulement si, pour tout i ∈ J1, rK,
r
fi admet une limite en a. Alors, lim f (x) = lim fi (x)εi .
P
x→a i=1 x→a
(ii). Soit a ∈ A. La fonction f est continue en a si et seulement si pour tout i ∈ J1, rK, fi est
continue en a.
(iii). La fonction f est continue sur A si et seulement si pour tout i ∈ J1, rK la fonction fi est
continue sur A.
Propriété 15 (Opérations algébriques).
Soient f et g deux fonctions dénies sur A à valeurs dans F et α une fonction dénie sur A à
valeurs dans K. Soit a ∈ A. On suppose que f, g et α admettent une limite en a. Alors,
(i). f + g admet une limite en a et lim(f + g) = lim f + lim g .
a a a
(ii). αf admet une limite en a et lim(αf ) = lim α · lim f .
a a a
(iii). Si α(x) 6= 0 sur une boule centrée en a, alors la fonction f
α admet une limite en a et
lim f
lim αf = lim α .
a
a a
Lorsque a ∈ A, ces propriétés sont étendues à la continuité.
Propriété 16 (Composition).
Soient E, F, G trois espaces vectoriels normés de dimension nie, A une partie de E et B une
partie de F telles que f (A) ⊂ B , g soit dénies sur B et g(B) ⊂ G. Soit a ∈ A tel que f
admette une limite b en a. Alors,
∗ b ∈ B.
∗ Si g admet une limite c en b, alors g ◦ f admet une limite en a et lim g ◦ f = c.
a
Lorsque a ∈ A, ces propriétés sont étendues à la continuité.
Corollaire 4 (Fonctions polynomiales).
r
Toute application polynomiale sur Kp , i.e. toute fonction f = fi εi telle que pour tout
P
i=1
(i, j) ∈ J1, pK × J1, rK, x 7→ fi (x1 , . . . , xj−1 , x, xj+1 , . . . , xp ) soit polynomiale, est continue.
Exercice 24. Montrer que l'application f : R3 → R2 , (x, y, z) 7→ (x2 + z 2 + xyz, 2x + 3yz) est
continue.
IV.3 Fonctions lipschitziennes
Définition 15 (Fonctions lipschitziennes).
Soit k ∈ R+ . La fonction f est k-lipschitzienne si
∀ (x, y) ∈ A2 , kf (x) − f (y)kF 6 k kx − ykE .
Exercice 25.
1. Montrer que la fonction cos est une fonction lipschitzienne sur R.
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Chapitre 8. Espaces vectoriels normés de dimension nie PSI
2. Montrer que la norme est une fonction 1-lipschitzienne.
3. Montrer que l'ensemble des fonctions lipschitziennes est un espace vectoriel stable par compo-
sition.
Propriété 17 (Continuité).
Toute fonction lipschitzienne est continue.
Exercice 26.
1. Montrer que la réciproque est fausse.
2. Montrer que la norme est une fonction continue.
3. Soit B une partie de E . Pour tout x ∈ E , on dénit d(x, B) = inf {d(x, y), y ∈ B}.
a) Montrer que d(·, B) est bien dénie et continue.
b) Montrer que d(x, B) = 0 si et seulement si x ∈ B .
Théorème 5 (Applications linéaires).
Soient E et F deux espaces vectoriels de dimension nie. Toute application linéaire de E dans
F est lipschitzienne (donc continue).
Exercice 27.
1. Donner des exemples d'applications linéaires.
2. Soient (P, Q) ∈ Mp (R)2 et ϕ l'application dénie pour tout M ∈ Mp (R) par ϕ(M ) = P M Q.
Montrer que ϕ est continue et en déduire G`p (K).
Corollaire 6 (Applications multilinéaires).
Soient E et F deux espaces vectoriels de dimension nie. Toute fonction multilinéaire est
continue.
Exercice 28.
1. Montrer que l'application déterminant est continue.
2. Montrer que l'application produit scalaire est continue.
3. Montrer que le produit matriciel est une application continue. En déduire que si (An ) est
une suite de matrices inversibles convergeant vers une matrice A et si (A−1
n ) converge vers une
matrice B , alors A est inversible.
IV.4 Fonctions à valeurs réelles
Définition 16 (Limites infinies).
Si a ∈ A et F = R,
(i). f admet +∞ pour limite en a si
∀ M > 0, ∃ η > 0 ; ∀ x ∈ A, (kx − akE < η ⇒ f (x) > M ) .
(ii). f admet −∞ pour limite en a si
∀ M < 0, ∃ η > 0 ; ∀ x ∈ A, (kx − akE < η ⇒ f (x) < M ) .
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Chapitre 8. Espaces vectoriels normés de dimension nie PSI
Propriété 18 (Ensembles de niveau).
Soit f une application continue de E dans R. Alors,
(i). L'ensemble {x ∈ E ; f (x) > 0} est une partie ouverte de E .
(ii). L'ensemble {x ∈ E ; f (x) > 0} est une partie fermée de E .
(iii). L'ensemble {x ∈ E ; f (x) = 0} est une partie fermée de E .
Exercice 29.
1. Montrer que le cercle unité est fermé.
2. Montrer que G`n (R) est ouvert.
Théorème 7 (Théorème des bornes atteintes, Admis).
Soit K une partie fermée, bornée non vide de E (e.v.n. de dimension nie) et f : K → R une
fonction continue. Alors, f est bornée et atteint ses bornes.
Exercice 30.
1. Soient n un entier naturel non nul et On = M ∈ Mn (R) ; tM M = In .
cos θ − sin θ
a) Pour tout θ ∈ R, on note Rθ = . Montrer que Rθ ∈ O2 .
sin θ cos θ
b) Montrer que si M = (ai,j ) ∈ On , alors a2i,j = n.
P
16i,j6n
c) En déduire que On est un ensemble fermé borné.
2. On suppose que E est non trivial. Pour tout u ∈ L (E), on note N (u) = sup ku(x)k .
x∈E ; kxk=1
Montrer que N (u) est bien déni et qu'il existe x0 ∈ E tel que N (u) = ku(x0 )k .
Normes subordonnées
Exercice
n 31. Soit k·k une
o norme sur K . Pour toute matrice A ∈ Mn (K), on note |||A||| =
n
sup kvk , v ∈ Kn \ {0} et S = {v ∈ Kn ; kvk = 1}. Soit A ∈ Mn (K).
kAvk
1. Montrer, sous réserve d'existence de la borne supérieure, que |||A||| = sup kAvk .
v∈S
2. Montrer qu'il existe v0 ∈ tel que |||A||| = kAv0 k .
Kn
3. Montrer que |||·||| est une norme sur Mn (K).
4. Montrer que pour tous A, B ∈ Mn (K), |||AB||| 6 |||A||| · |||B||| .
5. Pour chacune des normes suivantes, montrer les correspondances :
n n
|vi | et |||A|||1 = max |ai,j |.
P P
a) kvk1 =
i=1 j∈J1,nK i=1
n
b) kvk∞ = max |vi | et |||A|||∞ = max |ai,j |.
P
i∈J1,nK i∈J1,nK j=1
Programme ociel (PSI)
Espaces vectoriels normés de dimension nie (p. 11)
Stanislas 66 A. Camanes