I.
La révélation du sentiment de jalousie (l1 à 8)
➔ La jalousie = une passion insidieuse dont la PDC ne rends compte que trop tard
> phrase complexe + négation : « elle avait ignoré jusqu’alors les inquiétudes mortels de la défiance
et de la jalousie : elle n’avait pensé qu’à se défendre d’aimer Monsieur de Nemours, et elle n’avait point
encore commencé à craindre qu’il en aimât une autre. »
➔ La jalousie = une passion tragique
> hyperbole « les inquiétudes mortels » -> renvoie au tragique de cette passion négative
➔ La jalousie égal une passion plus forte que la morale
> Mode subjonctif « craindre qu’il en aimât une autre » : mode de ce qui est envisagée par l’esprit
> Souffrance récente plus forte que la morale
➔ La jalousie = une passion irrationnel
> concession « quoique les soupçons que lui avait donné cette lettre fussent effacés, nuances à
propos de soupçons » : domination de la passion amoureuse
> Passif + négation : « ils ne laissèrent pas de lui ouvrir les yeux sur le hasard d’être trompé, et de lui
donner des impressions de défiance et de jalousie qu’elle n’avait jamais eus. » –> Risques liés à la passion, la
jalousie ronge l’esprit et le transforme, pour toujours.
À savoir : le mot « étonnement » possède un sens très fort au XVIIe siècle : il signifie ébranlement, stupeur,
paralysie
➔ La jalousie ressenti = outil de révélation, ébranlement des perceptions, remise en question de l’être
aimé
> lexique “étonnée" force du mot au sens classique : ébranlement, stupeur, paralysie..
“elle fut étonnée"
> Comparaison qui généralise (“un homme comme") + qualificatifs péjoratifs "légèreté parmi les
femmes " + subjonctif imparfait "fût capable de” : “elle fût étonnée de n'avoir point encore pensé combien il
était peu vraisemblable qu'un homme comme monsieur de Nemours, qui avait fait paraître tant de légèreté
parmi les femmes, fût capable d'un attachement sincère et durable” > mise à jour tardive de la dimension
galante, de la possible hypocrisie de l'être aimé…
Hypocrisie qui règne en maître à la cour : l'amour s'inscrit dans un espace sociale d'où la vertu et la morale
sont exclues au profit de la galanterie...
La jalousie rompt l'aveuglement amoureux
> “peu vraisemblable" -> paradoxe qui est illustré par l'innocence “étonnante” de la princesse : le
narrateur et les lecteurs connaissent la cour comme un lieu de galanterie, où les passions sont feintes ou tues.
Il pourrait donc paraître invraisemblable qu'elle ne s'y soit pas attendu surtout compte tenu de l'éducation
reçue. Son analyse en pointant du doigt cette incohérence en paraît donc paradoxalement plus fine puisqu'elle
met en lumière l'aveuglement amoureux de la princesse.
La jalousie est ainsi une passion trouble et troublante : elle change l'être, défie la morale mais permet
également de rompre l'aveuglement amoureux. Elle ouvre les yeux de celui qui la ressent sur la vérité de
l'être aimé et sur sa vérité propre, son propre aveuglement.
II. L’expression du dilemme (l.8 à 15)
> verbe de perception “elle trouva" : constat -> hyperbole traduisant la division de soi ressentie par la
PDC : adverbe modalisateur de quantité “presque” + adjectif au superlatif “impossible” + litote “content de
sa passion" -> grande confusion des sentiments et ambivalence du constat foncé par la raison : aveu à elle-
même + dépossession de soi.
Rappel : dilemme = opposition entre pouvoir et vouloir, entre la passion et la raison.
> mais conjonction de coordination d'opposition + poussage au direct + accumulation de phrase
interrogatives + anaphore du verbe vouloir.
> surgissement de la 1ere personne qui fonce le cours de l'analyse pour exprimer le tourment affectif
avec opposition entre pouvoir et vouloir > impossibilité d'échapper à la passion et dire la quête morale de la
princesse: entre galanterie (“et ses malheurs” confère, éducation donné par la mère) et vertu (importance de
verbe “manquer” lié au sens du devoir de la princesse, pour son mari
(qu'elle nomme pan son patronyme) et pour elle-même (répétition du pronom personnel de la 1ère p.)
> anaphore de “veux-je" : les interrogations portent sur le vb vouloir > c'est la racine même de son
libre arbitre qui est atteinte ... combat de passion et raison. Chiasme.
> tournure passive : “je suis vaincue et surmontée”.
> parallélisme + oppositions (passé/présent , être/faire; volonté /actions)
> Chiasme autour des adverbes temporels hier/aujourd’hui.
Le dilemme auquel est confronté la PDC la divise entre 2 volontés contraintes : se protéger de la passion, de
la jalousie et de l'indignité (= conserver sa vertu et l’estime des autres et d' elle-même) en renonçant à l’être
aimé // prendre sa vertu et son honneur mais conserver l'être aimé...
III- La résolution du dilemme (l. 15 a la fin)
> forme impersonnelle “il faut" = verbe d'obligation répété : mise en oeuvre de la volonté : le devoir
s’impose à la princesse contre la passion.
> verbe “m'arracher" > dit la violence que lui coûte cette décision
> Verbe “m'en aller à la campagne” + “mon voyage”
> deux périphrases pour dire se fuite.
> subjonctif “aussi bizarre que puisse paraître mon voyage" -> la rumeur d'où son exigence de
dissimulation
> proposition subordonnées hypothèse : “et si monsieur de Clèves s'opiniâtre à l'empêcher ou à en
vouloir savoir les raisons"
> les objections de mari qui soulignent le soumission de la femme ( Son absence de libre arbitre).
> futur à valeur d’hypothèse "peut-être lui ferai-je le
mal, et à moi-même aussi, de les lui apprendre"
> annonce de l'aveu à venir.
> intéressant de constater que l'aveu est contraint par l'objection possible du mari à la décision de la
PDC de fuir la cour. De ce fait est soulignée ambivalence de cet aveu qui ne relève pas de la seule vertu mais
de la volonté d'obtenir gain de cause...
CONCLUSION EL7 :
Même l'être le plus vertueux ne parvient pas à résister à la force de la passion. Si la princesse souffre mais ne
cède pas, sa retraite signifie pourtant son amour.
Intérêt psychologique : découverte de la jalousie comme une expression malheureuse de la passion.
Ouverture possible sur l'intérêt possible sur l'intérêt dramatique du passage qui annonce l'aveu qui sera fait à
son mari.