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Rêveries solitaires de Rousseau analysées

Le document présente des extraits des Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau décrivant ses rêveries solitaires au bord d'un lac où il se laissait dériver dans un bateau ou s'asseyait sur la rive, plongé dans des réflexions agréables et détaché du monde extérieur.

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Le document présente des extraits des Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau décrivant ses rêveries solitaires au bord d'un lac où il se laissait dériver dans un bateau ou s'asseyait sur la rive, plongé dans des réflexions agréables et détaché du monde extérieur.

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Atelier de lecture « 

La modernité au prisme du rêve ».


Judith Bordes et Margot Buvat.
Séance 1, le 10 mars 2021 : « Introduction conceptuelle et racines romantiques »

Rousseau, Rêveries du promeneur solitaire, « Cinquième promenade », Paris : GF Flammarion,


1997, rééd. 2006. p. 113-116.

« L’exercice que j’avais fait dans la matinée et la bonne humeur qui en est inséparable me
rendaient le repos du dîner très agréable ; mais quand il se prolongeait trop et que le beau temps
m’invitait, je ne pouvais si longtemps attendre ; et pendant qu’on était encore à table, je
m’esquivais et j’allais me jeter seul dans un bateau que je conduisais au milieu du lac quand l’eau
était calme, et là, m’étendant de mon long dans le bateau les yeux tournés vers le ciel, je me
laissais aller et dériver lentement au gré de l’eau, quelquefois plusieurs heures, plongé dans mille
rêveries confuses mais délicieuses, et qui sans avoir aucun objet déterminé ni constant ne
laissaient pas d’être à mon gré cent fois préférables à tout ce que j’avais trouvé de plus doux dans
ce qu’on appelle les plaisirs de la vie ».

« Quand le soir approchait je descendais des cimes de l’île et j’allais volontiers m’asseoir au bord
du lac, sur la grève, dans quelque asile caché ; là le bruit des vagues et l’agitation de l’eau fixant
mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation la plongeaient dans une rêverie délicieuse
où la nuit me surprenait souvent sans que je m’en fusse aperçu. Le flux et le reflux de cette eau,
son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux,
suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire
sentir avec plaisir mon existence, sans prendre la peine de penser. »

« Tel est l’état où je me suis trouvé souvent à l’île de Saint-Pierre dans mes rêveries solitaires, soit
couché dans mon bateau que je laissais dériver au gré de l’eau, soit assis sur les rives du lac agité,
soit ailleurs, au bord d’une belle rivière ou d’un ruisseau murmurant sur le gravier. […] De quoi
jouit-on dans une pareille situation ? De rien d’extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa
propre existence, tant que cet état dure on se suffit à soi-même comme Dieu. »

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