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Intégration (mathématiques)

En mathématiques, l'intégration est le fait de calculer une intégrale. C'est aussi une des deux branches du
calcul infinitésimal, appelée également calcul intégral, l'autre étant le calcul différentiel.

Les opérations de mesure de grandeurs (longueur d'une courbe, aire, volume, flux...) et de calcul de
probabilités étant souvent soumises à des calculs d'intégrales, l'intégration est un outil scientifique
1
fondamental . C'est la raison pour laquelle l'intégration est souvent abordée dès l'enseignement secondaire.

Les différents domaines dans lesquels peuvent se rencontrer des intégrales ont conduit à donner des définitions
différentes de l'intégrale permettant d'en calculer pour des fonctions de moins en moins régulières. On
rencontre ainsi les intégrales dites de Riemann, de Lebesgue ou de Kurzweil-Henstock. Mais toutes ces
définitions coïncident dans le cas des fonctions continues.

Le symbole mathématique représentant l'intégration, le « S long » : , est appelé signe somme, signe
d'intégration, signe intégral ou intégrateur ; il a été introduit par Leibniz pour noter l'intégrale.

Le présent article décrit l'intégrale des fonctions d'une variable réelle.


Pour les extensions aux fonctions de plusieurs variables, voir les
articles intégrale curviligne, intégrale multiple et intégrale de surface.
Le cas général de l'intégrale des fonctions définies sur un espace
mesurable muni d'une mesure positive est traité dans l'article intégrale
de Lebesgue. Une autre extension est l'intégrale des formes
différentielles.

L'intégrale de la fonction positive f,


peut être interprétée
comme l’aire du domaine délimité
par :
(1) la courbe représentative de la
fonction f (d'équation ),
(2) l'axe des abscisses
et (3-4) les droites verticales
d'abscisses a et b.
Sommaire
Cas particulier de la fonction continue sur un intervalle [a, b]
Calcul d'aire
Lien avec les primitives
Historique
Extension de l'intégrale aux fonctions non continues sur un intervalle
Différences entre l'intégration au sens de Riemann et au sens de Lebesgue
Cas des fonctions monotones
Cas des fonctions non monotones
Généralisation à un intervalle quelconque
Fonctions intégrables positives
Fonctions intégrables à valeurs complexes ou vectorielles
Intégrales impropres
Moyenne
Valeur moyenne d'une fonction
Moyennes pondérées
Propriétés des intégrales
Relation de Chasles
Linéarité
Inégalités
Intégration par parties
Intégration par changement de variable
Calcul d'intégrales sous forme explicite
Calcul numérique d'une intégrale
Méthode graphique de tracé d'une primitive
Méthodes analogiques
Mesure de surface
Intégration d'une fonction d'intensité électrique
Calculateurs analogiques électroniques
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
Liens externes

Cas particulier de la fonction continue sur un intervalle [a, b]

Calcul d'aire
Dans un plan muni d'un repère cartésien, on choisit comme unité d'aire, l'aire
du quadrilatère OIKJ où O est l'origine du repère et I, J et K les points de
coordonnées respectives (1 ; 0), (0 ; 1) et (1 ; 1).

Si f est une fonction réelle positive continue prenant ses valeurs dans un
segment I = [a, b], alors l'intégrale de f sur I, notée

Représentation graphique
d'un intégrande f positif et
de son intégrale.
est l'aire d'une surface délimitée par la représentation graphique de f et par les
trois droites d'équation x = a , x = b , y = 0 , surface notée S f. (Voir schéma
ci-contre pour l'intervalle I = [0, a].)

On donne un signe positif à l'aire des surfaces comme S f situées au-dessus de


l'axe des abscisses. Pour pouvoir traiter aussi les fonctions négatives, on
donne un signe négatif aux portions situées sous cet axe.

Ainsi, pour définir l'intégrale d'une fonction continue dans le cas général
(positive ou négative), il suffit de définir f + et f –, communément appelées Représentation graphique
parties positive et négative de f respectivement, comme suit : d'un intégrande f réel et de
son intégrale (avec signe).

puis de définir l'intégrale de f à partir de f + et f –, fonctions continues et


positives :

Plus précisément, définir l'aire de cette surface consiste, dans la définition de


la théorie de Riemann, à approcher f par une suite de fonctions g n dont on Quelle est l'intégrale
connaît l'intégrale (en général : des rectangles qu'on définit d'aire (animation)
± longueur × largeur) et telle que la différence entre f et gn tende vers 0
quand n tend vers l'infini.

Il se trouve qu'avec cette méthode il est possible de définir l'aire d'une fonction continue bornée présentant un
ensemble dénombrable de points de discontinuité.
2
On appelle f un intégrande , et on note ∫ (un s allongé, mis pour somme) l'opérateur mathématique, appelé
intégrateur, qui est associé à l'intégration. Ce symbole est un ancien s long : en effet, Leibniz s'est servi de
l'initiale du mot latin summa, « somme », lequel était le plus souvent écrit ſumma. À la différence du s long, ∫,
en typographie, garde toujours une hampe descendant au-dessous de la ligne de base, en romaine comme en
italique. (Voir l'article Notation de Leibniz pour une justification de la notation complète, et en particulier du
symbole dx.).
Lien avec les primitives

Le but du calcul intégral est de développer des méthodes permettant de calculer les intégrales. La principale
méthode pour calculer une intégrale passe par la notion de primitive d'une fonction. La « primitivation » est
l'opération qui, à partir d'une fonction f, donne une fonction F dérivable et dont la dérivée est égale à f :
F′(x) = f(x).
On montre que toute fonction continue sur un segment [a, b] admet des primitives, et que l'intégrale de a à b
est égale à F(b) – F(a), indépendamment de la primitive choisie.

De plus l'ensemble des primitives d'une fonction f continue sur un intervalle I est donné par l'ensemble de ses
intégrales indéfinies

où a est un point de I et K un réel quelconque.

Le théorème fondamental de l'analyse affirme que les deux approches de l'intégrale (« aire sous une courbe »
et « primitivation »), sont sous certaines conditions les mêmes. Ces conditions peuvent varier selon le type
d'intégrale considéré. Ainsi, les fonctions qui admettent des primitives presque partout, sont aussi intégrables
au sens de Kurzweil-Henstock, mais pas nécessairement au sens de Riemann ou au sens de Lebesgue.

Historique
L'histoire des mathématiques doit beaucoup à la théorie de l'intégration, et sa place prédominante a façonné
l'analyse en offrant à qui une solution, à qui un problème. Le lustre des « méthodes intégrales » en Grèce
antique l'atteste (voir méthode d'exhaustion), et bien qu'il faille attendre le calcul infinitésimal pour une
première formalisation, elles nous avaient déjà offert de profonds et beaux résultats : les Athéniens évaluèrent
les grandeurs de l'espace puis en démontrèrent implicitement l'existence et l'unicité ; au XVIIe siècle naissent des
méthodes générales de « calcul de l'infini » (rectification de courbes, quadratures, etc.) C'est alors que la
méthode des indivisibles de Cavalieri voit le jour.

C'est Leibniz qui opère le fondement de la théorie de l'intégration (Geometria recondita, 1686), perpétué
jusqu'aujourd'hui, d'une part par un symbolisme inégalé reliant intégration et dérivation, d'autre part par la mise
en place des principaux théorèmes.

La formalisation de cette théorie a revêtu diverses formes. Elle aboutit tardivement, à cause de la complexité
des problèmes soulevés :

que sont les fonctions ? les réels ? (ces questions ne furent pleinement élucidées que grâce
au développement de l'analyse au XIXe siècle) ;
quelles fonctions peuvent s'intégrer ? (c'est la question de l'intégrabilité ; elle est liée, entre
autres, à des problèmes de convergence).

L'intégrale de Riemann (Bernhard Riemann, 1854, publication posthume en 1867) puis l'intégrale de Lebesgue
(Henri Lebesgue, 1902) ont marqué les esprits par leur formalisation aboutie. L'intégration est encore un sujet
pour la recherche contemporaine ; en témoignent des extensions telles que l'intégrale d'Itō, l'intégrale de
3
Kurzweil-Henstock, ou la récente construction de Bongiorno (1996) .
Extension de l'intégrale aux fonctions non continues sur un
intervalle

Différences entre l'intégration au sens de Riemann et au sens de Lebesgue

Le schéma général utilisé pour construire une intégrale et qui cherche à mesurer l'aire du domaine sous la
courbe est le même pour les trois approches de l'intégration :

au sens de Riemann, voir Intégrale de Riemann


au sens de Lebesgue, voir Intégrale de Lebesgue
ou au sens de Kurzweil-Henstock, voir Intégrale de Kurzweil-Henstock.

D'abord, on considère une famille de fonctions élémentaires, pour lesquelles nous avons un moyen évident de
mesurer l'aire sous la courbe. Dans le cas de l'intégrale de Riemann ou de Kurzweil-Henstock, ce sont les
fonctions en escalier dont l'aire sous la courbe est égale à la somme des aires des rectangles ; les fonctions en
escalier étant constantes sur des intervalles, le domaine sous la courbe d'une telle fonction peut alors être vu
comme une réunion de rectangles. Pour l'intégrale de Lebesgue, les fonctions élémentaires sont les fonctions
étagées, constantes, non plus sur des intervalles, mais sur des parties mesurables (approche plus souple et plus
générale).

L'intégrale de Riemann permet d'intégrer entre autres les fonctions croissantes ou décroissantes, et les fonctions
continues, donc aussi les fonctions continues par morceaux, ainsi que les fonctions monotones par morceaux.
Toute limite uniforme d'une suite de fonctions intégrables au sens de Riemann est intégrable au sens de
Riemann. Cependant une limite simple (c'est-à-dire que f(x) = lim fn(x) pour tout x de l'intervalle [a, b]
sans condition d'uniformité en x) de fonctions Riemann intégrables n'est pas nécessairement Riemann
intégrable. Il est possible de caractériser les fonctions intégrables au sens de Riemann : ce sont les fonctions
bornées dont l'ensemble des points de discontinuité est de mesure nulle (critère de Lebesgue).

L'intégration au sens de Lebesgue permet d'intégrer plus de fonctions (dont des fonctions qui ne sont même
pas localement bornées), et elle donne la même valeur à l'intégrale lorsque la fonction est déjà intégrable au
sens de Riemann. Elle a l'avantage de munir l'espace vectoriel des fonctions intégrables (modulo l'égalité
presque partout) d'une structure d'espace normé complet. Ceci est essentiel pour beaucoup d'applications.
Cependant, on perd la notion de sommes de Riemann, et il existe des contextes (étude des suites uniformément
distribuées par exemple) où les fonctions intégrables au sens de Riemann surviennent naturellement ; pour une
généralisation de cette dernière permettant néanmoins d'intégrer également toutes les fonctions mesurables (au
sens de Lebesgue), voir l'intégrale de Kurzweil-Henstock.

Cas des fonctions monotones

Si sur le segment [a, b], 0 ≤ f ≤ g (ainsi S f est inclus dans S g), alors nous aurons ∫ f ≤ ∫ g .

Si l'on suppose par exemple la fonction f monotone sur [a, b], il est possible d'approcher son aire en utilisant
soigneusement une fonction élémentaire s (dans le cas de l'intégration de Riemann ou de Kurzweil-Henstock,
une fonction en escalier, et dans le cas de l'intégration de Lebesgue, une fonction étagée). Nous choisissons s
telle que s ≤ f mais en supposant s très proche de f, au sens où, ayant préalablement fixé un ε > 0
arbitrairement petit, les valeurs prises par f s'éloignent de celles prises par s d'au plus ε, ce qui se note
.
L'aire sous s, facilement calculable comme somme d'aires de rectangles, est majorée par l'intégrale de f, et est
appelée somme inférieure.

Cas des fonctions non monotones

Dans le cas de l'intégrale de Riemann ou de Kurzweil-Henstock, nous fabriquons aussi des sommes
supérieures de la même façon : nous choisissons une fonction en escalier, disons σ, telle que σ ≥ f en
supposant σ de la même manière très proche de f, et nous considérons une somme supérieure comme un
majorant de l'aire du domaine sous f. Dans le cas de l'intégrale de Riemann, les rectangles utilisés ont des bases
de longueur majorée par une constante ; dans le cas de l'intégrale de Kurzweil-Henstock, les rectangles ont des
bases de longueur variable. La théorie de Lebesgue n'utilise pas de sommes supérieures.

On montre que l'ensemble des aires sous les fonctions s que l'on peut choisir (respectivement sous les fonctions
σ dans la théorie de Riemann ou de Kurzweil-Henstock), admet une borne supérieure (resp. inférieure, et c'est
la même). Cette valeur est alors appelée intégrale de f sur [a, b].

Les fonctions que nous pouvons intégrer sont appelées fonctions intégrables.

Cependant, les différences commencent ici ; la théorie de Riemann est de loin la plus simple, mais de cette
simplicité résulte que l'ensemble des fonctions intégrables est plus restreint que celui de la théorie de Lebesgue
ou de Kurzweil-Henstock. En plus, l'interaction entre les limites et l'intégrale sont plus difficiles à décrire dans
la théorie de Riemann.

Généralisation à un intervalle quelconque

Fonctions intégrables positives

La généralisation de l'intégrale à un intervalle quelconque se fait en se basant sur la notion d'intégrale définie
sur un segment.

Soit f une fonction à valeurs réelles positives, continue définie sur un intervalle I quelconque, noté (a, b), où
a est réel ou égal à –∞ et b est réel ou égal à +∞, et où les parenthèses signifient [ ou ] (avec exclusion si
valeur infinie).

On dit que f est intégrable sur l'intervalle I lorsque l'ensemble est majoré. Partie non
vide et majorée de ℝ, il admet une borne supérieure : on la note alors et on l'appelle intégrale de f sur I.

Avec ces mêmes données, on a l'équivalence logique : f intégrable sur (a, b) si et seulement si toute primitive
de f sur (a, b) admet une limite finie en a et en b .

Dans le cas où une fonction f est intégrable sur un intervalle (a, b), on a

Fonctions intégrables à valeurs complexes ou vectorielles

Enfin, pour une fonction continue définie sur un intervalle I quelconque et à valeurs dans ℂ, on pose par
définition : f intégrable sur I si |f| intégrable sur I en tant que fonction à valeurs réelles positives.

║║
De même pour f continue définie sur I et à valeurs dans un espace vectoriel normé (E,║.║), f est intégrable
sur I si et seulement si ║f║ est intégrable sur I en tant que fonction à valeurs réelles positives.

Intégrales impropres

Il se peut très bien que « l'aire sous la courbe » d'une fonction définie et continue sur I et à valeurs réelles
(changeant de signe) ait une limite en faisant tendre les extrémités d'une suite de segments inclus dans I vers les
bornes de I, sans toutefois que la fonction en jeu soit intégrable sur I au sens de la définition. On parle alors
d'intégrale semi-convergente, la valeur de l'aire trouvée est appelée Intégrale impropre. C'est le cas avec
l'exemple classique de la fonction de ]0,+∞[ dans ℝ qui à tout t > 0 associe (sin t)/t : elle peut être
prolongée continûment par 1 en zéro mais le problème de l'intégrabilité se pose au voisinage de +∞ . On peut
calculer son intégrale impropre (puisqu'elle n'est que semi-convergente) : on trouve

Moyenne

Valeur moyenne d'une fonction

Pour toute fonction continue (ou même seulement continue par morceaux) sur un segment [a, b] tel que
a < b, la valeur moyenne de f sur [a, b] est le réel m défini par :

Cette notion généralise celle de moyenne d'un nombre fini de réels en l'appliquant à un nombre infini de
valeurs prises par une fonction intégrable. Elle sert par exemple dans la décomposition en série de Fourier
d'une fonction périodique : c'est la composante constante. En traitement du signal, pour les signaux
périodiques, il s'agit de la composante continue (offset).

Moyennes pondérées

On peut aussi, par analogie avec les moyennes pondérées d'un nombre fini de réels, affecter « à chacune des
valeurs prises par la fonction » un coefficient strictement positif. On utilise alors ce que l'on appelle une
fonction poids ( pour l'initiale de weight, poids en anglais) :

Ce procédé peut aussi s'utiliser sur un intervalle ouvert ou semi-ouvert mais borné (c.-à-d. aucune de ses
bornes n'est infinie) où la fonction f.w est intégrable. On peut citer l'exemple classique servant à montrer
l'orthogonalité de la famille des polynômes de Tchebychev :
où la fonction T n×T p est continue sur le fermé [0,1] et où la fonction poids est

Son intégrale est bien définie et vaut π/2 .

Propriétés des intégrales

Relation de Chasles

Soient f une fonction continue sur I et a, b et c trois réels de I.

(relation de Chasles)

Linéarité

Soient f et g deux fonctions continues sur I et a, b deux réels de I.

(linéarité de la fonction intégrale)

Inégalités

Soient f et g deux fonctions continues sur I et a, b deux réels de I.

Si f(x) ≤ g(x) sur [a, b], alors

Inégalité de la moyenne. Si f est continue sur [a, b], avec a ≤ b et si pour tout x de cet
intervalle, on a :

alors

Intégration par parties


Soient u et v deux fonctions de classe C1 (i. e. dérivables de dérivées continues sur le segment [a, b]) :

Intégration par changement de variable

Soit f une fonction numérique continue, et φ une fonction de classe C1 sur [a, b] dont l'image est contenue
dans le domaine de définition de f. Alors :

Calcul d'intégrales sous forme explicite

Les formules précédentes, bien que permettant la détermination de nombreuses intégrales et primitives, ne
permettent pas d'obtenir explicitement la plupart d'entre elles. Plus précisément, des théorèmes comme celui de
Liouville montrent qu'il est par exemple impossible d'exprimer les primitives d'une fonction telle que
à l'aide des fonctions usuelles (dites élémentaires), ce qui oblige à en définir de nouvelles (ici, la
a
fonction logarithme intégral) ; de même, la plupart des intégrales définies ne peuvent être calculées sans
introduire de nouvelles constantes (voir l'article Algèbre des périodes).

Calcul numérique d'une intégrale


On ne connaît pas toujours une formule pour
décrire une fonction, par exemple dans le cas
d'une courbe expérimentale. Dans d'autres
cas, on ne connaît pas de méthode analytique
pour exprimer la primitive, ou bien on n'a pas
besoin de l'expression analytique et seule la
valeur numérique suffit. On a recours dans
ces cas-là à une méthode numérique.
Intégration numérique par la Intégration numérique par la
méthode des rectangles. Les méthodes numériques consistent à méthode des trapèzes.
prendre une suite de valeurs (xi, f(xi)), les
valeurs des xi étant si possible équidistantes :
xi+1 – xi = p. On peut ensuite appliquer différentes méthodes, dont les deux principales consistent à faire la
somme d'aires S i :

méthode des rectangles : Si est l'aire d'un rectangle de hauteur f(xi) et de largeur p , on prend
donc pour approximation

méthode des trapèzes : Si est l'aire d'un trapèze de bases f(xi) et f(xi+1), et de hauteur p
(graphiquement, c'est plutôt sa « largeur »), on prend donc pour approximation
Les méthodes numériques sont automatisables sur les ordinateurs et calculatrices programmables.

D'autres méthodes sont possibles.

Méthode graphique de tracé d'une primitive


On peut utiliser des méthodes graphiques utilisant le
fait que la valeur de la fonction en un point est la
pente de la primitive.

Considérant le même découpage que


précédemment, on découpe l'intervalle d'intégration
en bandes verticales de largeur p centrées sur les Détermination graphique
valeurs xi. Sur un graphique voisin, le graphique d'une intégrale double :
polaire, on place des vecteurs à les vecteurs à droite

Intégration graphique
l'origine O et l'on considère un point P sur l'axe des correspondent aux

d'une fonction : les x, distant de O ; P est appelé le pôle. Si l'on relie P abscisses de la courbe
aux extrémités des vecteurs, on obtient des droites du haut à un facteur
vecteurs à droite
di dites polaires, dont les coefficients directeurs ai près ; la position du pôle
correspondent aux
détermine l'inclinaison de
ordonnées de la courbe sont proportionnels aux valeurs de f(xi ) :
la courbe.
de gauche.

On reporte ensuite les directions de ces droites polaires pour former un polygone funiculaire. L'axe des
ordonnées est à une échelle 1/OP. L'ordonnée de départ du funiculaire correspond à la constante d'intégration.

Si, au lieu de placer l'origine des vecteurs en O, on les met bout à bout, on effectue alors une double
intégration, puisque les valeurs sont cumulées. Le pôle n'est plus nécessairement sur l'axe des x ; cela incline
différemment la courbe obtenue, et correspond à la constante d'intégration de la première intégrale. Ceci est par
exemple appliqué pour déterminer le diagramme des moments fléchissants d'une poutre en flexion à partir des
charges, ou bien la forme de cette poutre à partir du diagramme des moments fléchissants.

Méthodes analogiques

Mesure de surface

Il est possible d'estimer la valeur d'une intégrale par des mesures physiques. Par exemple, on trace la courbe
sur une feuille de papier, on découpe la feuille suivant le tracé puis on pèse le résultat. En effet, si la masse
surfacique est uniforme, alors le poids mesuré est proportionnel à l'aire. Ce principe était notamment utilisé
pour déterminer l'aire d'un pic dans des mesures, par exemple pour faire de l'analyse quantitative par
diffractométrie X.

Intégration d'une fonction d'intensité électrique

On peut utiliser d'autres phénomènes physiques « intégrateurs », comme le chauffage d'un corps :
la fonction à intégrer est représentée par un courant d'intensité variable qui passe dans un
résisteur chauffant ;
l'intégrale est représentée par la température du corps chauffé, par exemple une quantité
donnée d'huile ;

puisque la variation de température dT est reliée à la chaleur reçue δQ par l'équation :

où m est la masse d'huile et Cp sa chaleur massique.

Cette variation dT est donc proportionnelle à l'intensité i par la loi d'Ohm :

, où dt est la durée de chauffage,

soit

Calculateurs analogiques électroniques

Notes et références

Notes
a. Historiquement, c'était déjà le cas de la fonction (logarithme naturel), aujourd'hui
considérée comme une fonction usuelle mais définie comme une certaine intégrale de la
fonction , qu'on ne peut pas exprimer explicitement à l'aide des fonctions élémentaires
antérieurement connues.

Références
1. Alain Michel, Constitution de la théorie de l'intégration, p. 10, aperçu ([Link]
books?id=k2830x1g-BcC&pg=PA10) sur Google Livres.
2. Mot masculin, comme multiplicande, opérande, radicande.
3. (it) B. Bongiorno, « Un nuovo integrale per il problema delle primitive », Le Matematiche,
vol. 51, no 2, 1996, p. 299-313 (lire en ligne ([Link]
e/article/viewFile/441/414)).

Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
Articles connexes
intégration, sur le Wiktionnaire
Calcul numérique d'une intégrale
Initiation au calcul intégral, sur Wikiversity
Arnaud Denjoy, Oskar Perron
Dérivée
Intégrale impropre
Intégrale indéfinie
Intégrale d'Itō
Intégrale curviligne
Intégrale multiple
Intégrale de Kurzweil-Henstock
Intégrale de Lebesgue
Intégrale de Riemann
Intégrale de Stieltjes
Intégration par changement de variable
Intégration par parties
Primitive
Somme de Riemann
Table d'intégrales
Table de primitives

Bibliographie
Jean-Yves Briend, Petit traité d'intégration, EDP Sciences, 2014, aperçu ([Link]
[Link]/books?id=VjulBQAAQBAJ) sur Google Livres
Marc Briane et Gilles Pagès, Théorie de l’intégration - Convolution et transformée de Fourier,
Vuibert, 2012
Frédéric Riesz, « L'évolution de la notion d'intégrale depuis Lebesgue », Annales de l'Institut
Fourier, vol. 1, 1949, p. 29-42 (lire en ligne ([Link]

Liens externes
Éric Charpentier, Textes de la journée sur l'intégration ([Link]
ofplus/docmaths/riemann/[Link]), Université Bordeaux I, 10 juin 1998
« Les différentes techniques d'intégration et de calcul de primitives » ([Link]
cles/mathematiques/integration/), sur [Link] — Nombreux exemples détaillés.
Jean Gounon, « Intégrale de Riemann et Intégrale de Lebesgue » ([Link]
uremath/maths/pdf/analyse/[Link]), sur [Link]/culturemath — Une présentation
systématique de deux théories de l'intégration pour les fonctions réelles d'une variable réelle,
en 9 pages, le plus souvent sans démonstration.

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La dernière modification de cette page a été faite le 7 janvier 2021 à 22:08.

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