Applications du Traitement d'Images
Applications du Traitement d'Images
Robotique
Contrôle industriel
Télédetection
Multimédia
Médecine
Biométrie
Vidéo-surveillance
Applications en TdI
Robotique (1)
Applications :
Conduite automatique
Suivi et préhension d’objets en robotique mobile
Caractéristiques
Environnement non structuré / hostile et évolutif
Temps réel primordial
Exemples
Praxitèle
(INRIA)
AIBO (SONY)
Applications en TdI
Robotique (2)
Exemples
Mars Exploration Rovers
TdI
Reconstruction3D
Fusion de données
Reconnaissance des formes
Applications en TdI
Contrôle industriel
Applications
Contrôle qualité produit
Surveillance de matériel, détection de défauts
Caractéristiques
Environnement maîtrisé
Algorithmes dédiés
Exemples
Inspectiondes équipements nucléaires (EDF)
Contrôle qualité de médicaments, sieges,…
Applications en TdI
Télédétection (1)
Applications
Cartographie (réseaux routiers, milieu urbain, etc.)
Reconstruction 3D
Surveillance (détection de changements, mouvements,
poursuites)
Caractéristiques
Très grande diversité des capteurs d’observation de la
terre (longueurs d’onde, résolutions, répétitivité
temporelle,…)
Nécessaire automatisation des traitements (bases de
données gigantesques)
Applications en TdI
Télédétection (2)
Exemples
Applications militaires (préparation de mission)
(DGA, ONERA, …)
Applicationsciviles (aménagement du territoire,
problématiques agricoles, observation de la terre et
protection de l’environnement,…)
(CNES, SPOT Image, …)
TdI
Reconstruction 3D
Cartographie (classification)
Applications en TdI
Mutimédia
Applications
Compression / codage / rendu visuel
Indexation
Traitement des œuvres d’art
Caractéristiques
Trèsgrandes bases de données
Flux vidéo
Exemples
Reconnaissance d’action pour l’indexation vidéo (recherche par le
contenu)
Reconnaissance et re-synthèse de gestes pour le codage et la
transmission du langage signé
Applications en TdI
Biomédical
Applications
Aide au diagnostic
Planification préopératoire
Chirurgie assistée par ordinateur
Aide à la recherche médicale
Caractéristiques
Interactionforte avec les utilisateurs finals
Temps réel pour certaines applications
Exemples
TdI
Reconnaissance des formes
Reconstruction 3D
Applications en TdI
Biométrie
Applications
Contrôle d’accès, vérification d’indentité (petite base)
Recherche dans une base de données
Identification (avec déclaration d’identité : nom, carte, …)
Caractéristiques
Militaire/ grand public
Parties on-line / off-line
Exemples
Reconnaissance d’empreintes digitales
Reconnaissance de l’iris
TdI
Reconnaissance des formes
Compression
Applications en TdI
Vidéo-surveillance
Applications
Surveillance lieux publics ou privés
Caractéristiques
Tempsréel
Caméras de médiocre qualité
Exemples
TdI
Reconnaissance et suivi de visages
Fusion de plusieurs sources
Applications en TdI
Introduction aux images couleur
Couleur : perception, formalismes, traitements
●
Aspects physiques et perceptuels
●
Acquisition et Restitution
●
Les espaces couleur : RGB, XYZ, HSV, Yuv
●
Traitements d'images couleur
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 2
La couleur : Introduction
Les couleurs trouvent leur origine dans la séparation de la lumière blanche naturelle en
composantes absorbées et composantes réfléchies. Toute source lumineuse visible est composée
d'un mélange d'ondes électromagnétiques cohérentes (i.e. couleurs pures), dont la longueur d'onde
est comprise entre 0,4 µm (violet) et 0,7 µm (rouge) :
Un mélange quelconque de ces couleurs pures engendre une autre couleur, qu'on peut qualifier en
termes de nuances selon différents critères plus ou moins intuitifs :
La question principale que nous allons considérer dans la suite est :
« Comment représenter ces couleurs dans un espace qui soit à la fois facile à manipuler et qui
soit pertinent en termes d'analyse d'images couleur ? »
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La trichromie
Le principe de la trichromie réside dans la découverte qu'il suffit d'un triplet de couleurs pures
pour restituer – par mélange de ces 3 composantes qu'on peut qualifier de primaires –
l'intégralité des couleurs.
En remplissant le triangle de primaires selon la loi des
aires cidessous, on obtient le triangle de Maxwell :
g
r
b
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Restitution de la couleur
La trichromie permet donc de voir l'ensemble des couleurs comme un espace vectoriel de
dimension 3, où 3 sources lumineuses primaires (r,g,b) varient en intensité entre 0 et 100%.
Ce principe de synthèse additive de la couleur se retrouve dans la plupart des dispositifs
lumineux de restitution de la couleur : CRT, LCD, Plasma.
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Acquisition de la couleur
Les systèmes d'acquisition de la couleur fonctionnent aussi habituellement par une combinaison
locale de capteurs sélectifs sensibles à une certaine partie du spectre lumineux.
TriCCD
Matrice de Bayer
Dans les matrices de Bayer, noter que la résolution spatiale est différente de la
résolution couleur, ce qui implique une interpolation de la valeur de chaque
composante pour éviter les phénomènes d'aliasing de couleur.
Dans la partie centrale de la rétine humaine
(fovea) se trouvent les cellules photoréceptrices
appellées cônes, qui se distinguent en trois types
selon leur spectre de sensibilité.
Noter que globalement, notre œil ne présente pas la
même sensibilité aux différentes longueur d'ondes
(max dans le vert/jaune).
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L'espace RGB
L'espace RGB est l'espace vectoriel engendré par les 3 composantes primaires (Rouge, Vert, Bleu).
L'ensemble des couleurs produites se représente comme l'intérieur d'un cube :
taux
de vert
origine
taux de rouge
taux de
bleu
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L'espace RGB
Triangle chromatique Axe achromatique
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Limites de la trichromie
En réalité, les trois composantes RGB ne permettent pas de reconstituer vraiment toutes les
couleurs perceptibles par l'oeil humain :
r'
b b
t g t g
r r
Expérience de « color matching » : une source lumineuse On observe que certaines couleurs cibles ne peuvent être
cohérente t est comparée à un mélange des 3 couleurs. On reproduites par le triplet (r,g,b), et qu'on n'obtient l'identité
dose les taux (r,g,b) jusqu'à ce que les 2 zones soient des couleurs qu'en ajoutant à la source cible t un certain
perçues parfaitement identiques. taux d'une des composantes primaires. Ce taux r' intervient
donc négativement dans l'expression de t.
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Limites de la trichromie
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L'espace XYZ
L'espace XYZ (CIE 1931) est défini à partir d'une
transformation linéaire sur l'espace RGB telle que
toutes les couleurs du spectre visible soient diagramme CIE
contenues dans le triangle xyz. (spectre visible)
Les coordonnées XYZ des couleurs naturelles ont
triangle xyz
ainsi toujours des valeurs positives.
X 2,769 1,7518 1,1300 R
Y = 1,0000 4,5907 0,0601 ⋅ G
Z 0,0000 0,0565 5,5943 B
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L'espace XYZ
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Classification des couleurs
●
En terme de distance perceptuelle,
l'espace XYZ n'est pas uniforme : on
perçoit plus de nuances en x et z qu'en y.
●
D'autre part, certaines dimensions
descriptives de couleur : clair/foncé,
pure/délavé ne sont pas accessibles
directement.
ellipses de Mc Adam
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L'espace HSV
Le principe de l'espace HSV est de caractériser les couleurs de façon plus
intuitive, conformément à la perception naturelle des couleurs, en termes de :
1 teinte : intuitivement, c'est le nom qu'on utilisera pour désigner la couleur,
"vert", "mauve", "orange", etc. Idéalement associé à une longueur d'onde, donc
à une position sur le cercle de Newton.
2 saturation : c'est le taux de pureté de la couleur, qui doit varier entre la
pureté maximale (couleur éclatante) et l'achromatisme (niveau de gris).
3 valeur : c'est la mesure de l'intensité lumineuse de la couleur, qui doit
varier entre le noir absolu et le blanc.
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L'espace HSV
Un point x de coordonnées (r,g,b) du
cube RGB peut être décomposé en deux
x composantes (c,a). Soit y la projection
c orthogonale de x sur l'axe achromatique.
●
Une composante chromatique c : c'est
a
le vecteur yx.
●
Une composante achromatique a : c'est
le vecteur Oy.
Cette décomposition permet d'associer les composantes
HSV à des grandeurs géométriques :
●
la valeur : c'est le module de la composante
achromatique ∥a∥
●
la saturation : c'est le module de la composante
chromatique ∥c∥
●
la teinte : c'est l'argument (par référence à une
direction arbitraire du triangle chromatique), de la
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 16
L'espace HSV
s
r gb h
v=
3
3 min r , g , b v
s =1−
r gb
h=
{ si bg
2 − si bg ∣
=arccos
r −gr −b
2 r−g 2r −b g−b
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L'espace HSV
Voici un autre exemple, sans l'Arc Cosinus :
(1)
s (2) (0)
v
(3) (5)
(4)
h
L'hexagone chromatique et les
valeurs de associées.
r gb
v=
3
∣
3
s=
{
2
3
2
M −v si vmed
v−msi vmed
M =max r , g , b
m=min r , g , b
med =mediane r , g , b
0 si r gb ; 1 si gr b
1
h= −−1
3 2
M m−2 med
2v {
; = 2 si gbr ; 3 si bgr
4 si br g ; 5 si rbg }
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Image couleur Composante valeur
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 19
Image couleur Composante saturation
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Image couleur Composante teinte
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6
( On voit l'effet de la quantification de couleurs réalisée lors de la compression) page 21
Un autre exemple, sans compression Jpeg...
Image couleur Composante valeur
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 22
Image couleur Composante saturation
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 23
Image couleur Composante teinte
La teinte n'est pas significative pour les régions
peu saturées, très claires, ou très sombres.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 24
L'espace Yuv
Le principe de l'espace Yuv est de représenter les couleurs en
utilisant une composante de luminance Y, et 2 composantes de
chrominance (u,v) correspondant aux composantes bleue et rouge
dans les coordonnées chromatiques réduites :
Cb + Cr + Cg = Cte
Cg = Cte – Cb – Cr
g La composante de luminance est une
r
moyenne pondérée par la sensibilité
b
humaine relative des primaires.
0Y N max
Y = 0,2989 r + 0,5866 g + 0,1145 b
u = 0,5647(b – Y) = 0,1687 r 0,3312 g + 0,5000 b
v = 0,7132(r – Y) = 0,5000 r 0,4183 g 0,0817 b
Les composantes de chrominance correspondent à la différence
normalisée entre la composante primaire et la luminance.
−N max N max −N max N max
u v
2 2 2 2
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 25
L'espace Yuv
Les composantes de chrominance u et v
u
représentent respectivement le contraste
Bleu/Jaune et le contraste Rouge/Cyan.
v
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 26
Traitements d'images couleur
PLAN DE CETTE PARTIE :
●
Opérations linéaires
●
Filtres non linéaires
●
Opérateur de contraste
●
Détection des ombres
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 27
Filtres linéaires couleurs
Un opérateur linéaire couleur est défini dans une base vectorielle par une matrice 3x3
d'opérateurs linéaires scalaires. Les opérateurs linéaires couleurs invariants par rotation sont
donc décrits par une matrice de convolutions :
Cas général Traitement marginal Traitement identique
f 11 f 12 f 13 f1 0 0 f 0 0
F= f 21 f 22 f 23 F= 0 f2 0 F= 0 f 0
f 31 f 32 f 33 0 0 f3 0 0 f
Par exemple, dans le cas des filtres d'ordre (et donc des opérateurs morphologiques), la relation
d'ordre dans l'espace couleur n'existe pas a priori. Le résultat de l'érosion ou de la dilatation calculée
par composante a peu de choses à voir avec l'érosion ou la dilatation...
On peut fixer explicitement un ordre sur l'espace vectoriel (e.g. lexicographique).
On peut aussi appliquer différents opérateurs sur les composantes (e.g. érosion sur Y, (u,v) constant,
etc.)
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 29
Contraste couleur
Comment caractériser les variations spatiales d'une image couleur I = (I1 , I2 , I3) ?
Les 2 colonnes de la matrice Jacobienne de I par rapport à (x,y) sont les dérivées partielles
directionnelles. Ce sont des images couleurs qui ont un sens car les dérivées partielles sont des
opérateurs linéaires : ∂ I ∂I ∂I
Ix= 1
∂x
,
2
∂x ∂x
,
3
Les 3 lignes de la matrice Jacobienne sont les vecteurs gradients des 3 composantes. Ces grandeurs
ont aussi un sens en tant que mesure des variations des composantes :
∂ I k ∂ Ik
∇ I k=
∂x ∂y
,
Mais quel sens aura la notion de gradient couleur ? En terme de contraste (module), on utilise
souvent une approche en 2 temps :
La norme (1) est une norme L1, L2 ou L∞ ; la norme 2 est souvent la norme L∞.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 30
Contraste couleur
I Ix
∂r ∂g ∂b
∂x ∂x ∂x
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 31
Contraste HSV
Dans les espaces HSV, on peut utiliser la saturation comme pondération pour calculer une norme
de gradient couleur par combinaison linéaire des normes des gradients de la luminance et de la
teinte :
S K −S
∥I∥d ' = ∥∇ H∥1 ∥∇ V∥1
K K
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 32
Détection des ombres
La couleur permet de détecter plus facilement les ombres grâce aux invariants couleurs, i.e. les
quantités qui ne changent pas si on diminue l'intensité de la source d'éclairement. Le principe est
que dans les zones ombrées, les 3 composantes RGB diminuent de manière identique. On peut
par exemple utiliser : les coordonnées chromatique (u,v) ou les coordonnées (r,g,b) réduites
(normalisées).
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 33
Bibliographie
Généralités sur la couleur :
●
Brun, L. « Traitement d'images couleur »
[Link]
●
Metz D. « Comprendre la couleur et ses profils » [Link]
Traitement d'images couleur :
● Angulo, J. et Serra J. « Traitement des images de couleur en représentation l/s/t par norme L1 »
Traitement du Signal 21(6) 583604 (2004)
Sur le traitement des ombres :
●
Coll. University of Haïfa « Shadow Removal – Computer vision seminar »
[Link]
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 34
Conclusion
A retenir pour ce cours :
(1) Les espaces couleurs
●
RGB
●
XYZ
●
HSV
●
Yuv
(2) Traitements couleurs
●
Filtres linéaires
●
Filtres non linéaires
●
Mesure du contraste
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master 2 UPMC Paris 6 page 35
Introduction au TI – Plan du cours
I Développement du TI et domaines connexes
I1 Historique du Traitement d'images (TI)
I2 TI et vision par ordinateur
I3 TI et Intelligence Artificielle
I4 TI et perception visuelle
II Introduction aux images numériques
II1 Modalités
II2 Vocabulaire
II3 Échantillonnage et quantification
III Les modèles formels du TI
III1 Le modèle linéaire : la convolution...
III2 Le modèle fréquentiel : la transformée de Fourier, l'échantillonnage...
III3 Le modèle statistique : l'histogramme, la quantification, l'entropie,...
III4 Le modèle différentiel : gradients, isophotes, équations différentielles,...
III5 Le modèle ensembliste : morphologie mathématique,...
III6 Le modèle discret : maillage, connexité, distances,...
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 4
Historique du Traitement d'Images
Images de EMPIRISME
chambre à bulles
Restauration VISION ACTIVE
Amélioration
RECONSTRUCTIONISME
1950 Caractères
typographiés MORPHOLOGIE
Classification Imagerie satellite MATHEMATIQUE
Imagerie médicale et aérienne
EDP & SCALE
Télesurveillance
SPACE
et armement
Reconstruction
Contrôle qualité
Détection
Robotique
Poursuite mobile
Localisation
Gestion des données
multimedia
Compression
Indexation
2005
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 5
TI & vision par ordinateur
Vision industrielle Vision robotique
● Environnement non contrôlé /hostile
● Environnement connu / contrôlé ● Contraintes d'énergie
● Contraintes de temps
● Action / Adaptation
● Contraintes de qualité
Traitement
d'Images
Adéquation
Multimedia Algorithme
Architecture
● Humain dans la boucle
● Contraintes d'espace
● Prise en compte de la machine
● Protection des contenus
● Compromis temps/énergie/espace
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 6
Systèmes à base de TI
Transmission
e
Sc
Codage / compression
èn
Décodage / restitution
Amélioration
Segmentation U f I x
x∈ Ig
Acquisition
Calcul de gradient
Extraction
Traitement d'attributs ∑
∂I
p
p∈ S ∂x
Détection de contours Analyse
Compréhension
Filtrage
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 7
TI & Intelligence Artificielle
Dans la conception moderne de l'Intelligence Artificielle dite située (i.e. mise en
situation) ou incarnée (i.e. introduite dans un « acteur »), la machine agit sur le
monde extérieur, éventuellement se déplace, et aussi perçoit son environnement pour
pouvoir s'y adapter.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 8
TI & Intelligence Artificielle
Réciproquement, le traitement d'image et la vision tirent parti des connaissances et des
techniques d'intelligence artificielle pour gérer l'adaptation à un environnement changeant,
l'information incertaine, les systèmes hétérogènes de connaissances et les différents
niveaux de prise de décision.
Représentation Modélisation des
de l'incertain connaissances
Apprentissage
Raisonnement
et décision
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 9
TI & perception visuelle
Une difficulté fondamentale de la vision artificielle vient du manque de connaissance
profonde des mécanismes qui régissent la compréhension des images dans la nature.
La vision humaine est en effet extrêmement performante (déplacement, lecture,
reconnaissance), mais nous n'avons aucun retour conscient sur la mécanismes mis en
jeu (à la différence du jeu d'échec par exemple). En cela l'étude des mécanismes
physiologiques et psychologiques de la vision sont une source très importante
d'information, et d'inspiration.
● Exemples :
●
● Traitements rétiniens / traitements corticaux.
● Mécanisme d'accentuation des contrastes.
● Multirésolution et rétine.
● Vision des batraciens.
● .../...
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 10
I1 Types d'images, de capteurs
Phénomène physique Grandeur mesurée Capteur
Émission et réflexion CCD, CMOS,
Réflectivité, luminance,...
de la lumière visible Barrettes CCD,...
Rayonnement
Luminance IR (chaleur), ... Bolomètres,...
infrarouge
Échographie,
Écho ultra sonore Distance, densité de tissus,...
sonar,...
Radiographie,
Absorption des rayons X Densité de tissus,...
tomographie,...
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 13
Images numériques
x I(x,y)
R(x,y)
L'échantillonnage est le procédé de discrétisation spatiale
y d'une image consistant à associer à chaque zone
rectangulaire R(x,y) d'une image continue une unique
valeur I(x,y).
On parle de souséchantillonnage lorsque l'image est
déjà discrétisée et qu'on diminue le nombre d'échantillons.
La quantification désigne la limitation du nombre de valeurs différentes que peut
prendre I(x,y).
Une image numérique est une image échantillonnée et quantifiée.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 14
Pixels et niveaux de gris
Largeur i Indice de
colonne
O
j
Hauteur Le pixel [i,j]
I[i,j] = N
Indice de
Une image numérique I Valeur
ligne
Niveau de gris
N ∈ [Nmin,Nmax]
(Nmax Nmin) = nombre de niveaux de gris
Log2(Nmax Nmin) = dynamique
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 15
Échantillonnage et quantification
Résolution...
...spatiale : Échantillonnage
...tonale : Quantification
Ce phénomène appelé aliasing est encore
pire en 2d, car il affecte la fréquence et la
direction des structures périodiques.
Imaginons par exemple qu'on souhaite
échantillonner l'image correspondant aux
bandes noires cicontre :
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 17
Échantillonnage et information
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 18
Échantillonnage et information
Un exemple, sur une image de synthèse :
Image originale Image souséchantillonnée
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 19
Quantification et information
La quantification peut également faire apparaître des
distortions dans les images :
Comme pour l'échantillonnage, il existe des règles pour déterminer la bonne quantification
(le bon nombre de bits) pour coder les images numériques.
L'une dépend du capteur, et de sa capacité effective à observer des signaux de valeurs
différentes : le rapport signal sur bruit.
Le rapport signal sur bruit est défini à partir du rapport entre l'amplitude des niveaux de gris
mesurables par le capteur (nmax nmin) et le niveau du bruit, en gros l'écarttype sn de la
perturbation aléatoire qui affecte les niveaux de gris. En prenant le logarithme, on a le
nombre de bits utile au capteur pour coder les images.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 20
Quantification et information
Outre les capacités du capteur, le nombre de bits réellement
nécessaires pour coder une image varie d'une image à
l'autre, en fonction de leur contenu informationnel.
Ce nombre dépend de l'entropie, définie à partir de la
distribution des niveaux de gris de l'image (cf plus loin,
modèle statistique).
E= ∑ − pi log 2 pi
i N
Où N est le nombre de niveaux de gris présents, pi est la proportion (0 < pi < 1) de
points de l'image ayant pour niveau de gris i. Cette grandeur représente le nombre
moyen de bits par pixel nécessaires pour coder toute l'information présente. Elle est
utilisée dans les techniques de compression sans perte pour adapter le volume de
donnée des images à leur contenu informationnel.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 21
III Modèles et outils fondamentaux
Dans la suite, on présente une introduction aux outils d'analyse d'images numériques
les plus courants. Pour des raisons didactiques, la présentation est organisée selon les
principaux modèles mathématiques qui ont été employés pour traiter les images. Ces
différents modèles ne sont cependant ni exclusifs ni cloisonnés, et la séparation ne
sera pratiquement plus visible dans les cours suivants.
Aux différents modèles présentés correspondent un certain nombre d'outils
fondamentaux, qui se sont révélés au cours du temps plus ou moins incontournables,
que ce soit d'un point de vue pratique ou théorique. Citons : la convolution, la
transformée de Fourier, l'histogramme, les pyramides, la corrélation, la transformée
en toutourien, les ondelettes...
Nous donnons dans la suite de ce cours une introduction aux outils les plus basiques
ou les plus courants. Les autres seront traités ou approfondis dans la suite du cours
TERI, ou dans les autres cours optionnels.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 22
III1 : Le modèle linéaire
Dans le modèle linéaire, la structure mathématique sousjacente est l'Espace
Vectoriel. Les opérateurs fondamentaux sont ceux qui préservent la structure
d'espace vectoriel, c'estàdire les applications linéaires :
f I J = f I f J
f I = f I
Pour les images, ces opérateurs correspondent aux convolutions :
La convolution :
C'est l'opérateur de base du traitement linéaire des images. Apparue très tôt dans les premiers
systèmes d'analyse d'images sous forme empirique et justifiée par des considérations d'implantation,
ce n'est que plus tard qu'on a fourni des justifications physiques et fait le lien théorique avec les
filtres et le traitement du signal.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 23
La Convolution
Soit I une image numérique.
Soit h une fonction de [x1,x2]×[y1,y2] à valeurs réelles.
La convolution de I par h est définie par :
x2 y2
La fonction h est dite
noyau de convolution
Propriétés de la convolution : x
h[x , y]
COMMUTATIVITÉ h∗g= g∗h y
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 24
La Convolution
Exemple :
5
11 16 11
1/152 5 16 24 16 5
11 16 11
5
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 25
III2 : Le modèle fréquentiel
Le modèle fréquentiel tend à décrire l'image en termes de structures périodiques, en la
décomposant dans une base de fonctions périodiques simples, comme des sinusoïdes :
La transformée de Fourier :
Outil fondamental d'analyse en traitement du signal, le pendant bidimensionnel de la TF et sa version
discrète peut être appliqué avec profit aux images numériques. Si son utilisation en tant qu'outil
analytique et algorithmique s'est estompée en traitement d'images au profit d'approches mieux adaptées à
la localisation spatiale des fréquences (ondelettes), elle reste un outil théorique et pédagogique important :
la formalisation du phénomène de l'aliasing et des contraintes d'échantillonnage en est un exemple (voir
cours Espace d'échelles).
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 26
Transformée de Fourier
La transformée de Fourier permet la décomposition d'un signal f en combinaison linéaire de
sinusoïdes complexes, dont les coefficients F[u,v] dit coefficients de Fourier, fournissent des
informations sur les fréquences (u,v) et permettent des manipulations dans le domaine
fréquentiel.
Transformée de Fourier discrète bidimensionnelle :
w−1 h −1
(x,y) sont les coordonnées −2i uxvy / wh
du domaine spatial Directe : F [u , v]= ∑ ∑ f [ x , y ]e
x =0 y= 0
w−1 h−1
(u,v) sont les coordonnées 1 2i uxvy /wh
du domaine fréquentiel Inverse : f [ x , y ]= ∑ ∑ F [u , v ]e
wh u=0 v=0
Propriétés de la transformée de Fourier (1) :
ÉCRITURE SOUS FORME MODULE / PHASE F [ u , v]=∥ F [ u , v]∥e i [ u , v ]
PÉRIODICITÉ F [ u , v]= F [ u w , v h ]
SYMÉTRIE
Si F est la transformée de Fourier d'une fonction réelle f :
F [ u , v]= F [−u ,− v ] et donc : ∥F [ u , v ]∥=∥F [−u ,−v ]∥ et [u , v ]=−[−u ,− v ]
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Transformée de Fourier
Module Phase
Image
v v
u u
f [ x , y] ln ∥F [u , v ]∥ [u , v ]
Propriétés de la transformée de Fourier (2) :
TF
{ }
f [x ,y] F [u , v ] LINEARITÉ
si f 1[ x , y ] F1[ u , v ] a⋅f 1 [ x , y ] b⋅ f 2 [ x , y ] a⋅F 1 [ u , v ] b⋅F 2 [ u , v]
f 2
[x ,y] F 2 [ u , v]
TRANSLATIONS SPATIALES / FRÉQUENTIELLES
CORRESPONDANCE CONVOLUTION / PRODUIT f [ x− x ' , y− y ' ] F [u , v ]⋅e
−2i ux ' vy ' /wh
f 1 [ x , y]∗ f 2
[ x , y] F 1 [ u , v ]⋅F 2 [ u , v]
f [ x , y ]⋅e 2i u ' x v ' y / wh F [u−u ' , v−v ' ]
f 1 [ x , y]⋅f 2
[x ,y] F 1 [ u , v ]∗F 2 [ u , v]
THÉORÈME DE PARSEVAL
DÉRIVATION
w−1 h−1 w−1 h −1
∂ f [ x , y] ∂ f [ x , y] 2 1 2
iuF [ u , v ] et ivF [ u , v ] ∑ ∑ ∥ f [ x , y ]∥ = ∑ ∑ ∥F [ u , v ]∥
∂x ∂y x =0 y =0 wh u= 0 v =0
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QUIZZ Transformée de Fourier
Attribuez à chaque image son spectre de Fourier
Par exemple, le modèle des champs de Markov considère l'image comme la réalisation d'un
champ aléatoire (chaque pixel correspondant à une variable aléatoire), où la valeur prise par
un pixel ne dépend que de celle de ses voisins (selon une topologie discrète donnée, voir
plus loin).
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III3 : Le modèle statistique
Un autre exemple remarquable d'analyse statistique est l'utilisation des matrices de co
occurrence, habituellement utilisées pour caractériser les textures. j
Ces techniques, et d'autres exemples de modèles statistiques seront présentées plus en
détail dans les prochains cours. Dans le cadre de cette introduction, nous développerons
seulement le premier outil statistique d'analyse des images : l'histogramme.
L'histogramme :
Outil de base pour l'étude des capteurs ou de la dynamique d'une scène, il est utilisé par certains
opérateurs d'analyse. On retiendra cependant qu'il ne faut pas considérer l'histogramme comme une
caractéristique fondamentale de l'image dans la mesure où on peut le transformer radicalement sans
changer significativement l'image.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 32
Histogramme
W Histogramme
Effectif
H(x) H(x) est le nombre
de pixels dont le
H
niveau de gris est
égal à x.
Niveau de gris
L'histogramme représente la
répartition des pixels en
Histogramme cumulatif normalisé
fonction de leur niveau de Effectif x
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Niveau de gris page 33
Traitement à base d'histogramme
On présente dans la suite quelques traitement d'analyse effectués uniquement à partir
de l'histogramme. Retenons que certains de ces traitements sont souvent calculés au
niveau des capteurs, et qu'en général leur pertinence est très intimement liée aux
conditions d'acquisition.
(1) Normalisation
→ exploiter toute la dynamique de codage.
(2) Égalisation
→ équilibrer la dynamique de codage et augmenter le contraste.
(3) Segmentation
→ simplifier l'image en regroupant les pixels selon leurs valeurs.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 34
Histogramme : normalisation
La normalisation d'histogramme, ou expansion de dynamique, est une transformation affine
du niveau de gris des pixels de telle sorte que l'image utilise toute la dynamique de
représentation.
Pour rendre la normalisation moins sensible
● D : dynamique aux valeurs marginales (outliers), on utilise
● Nmin : la plus petite
généralement un paramètre , 0<<1,et on
valeur dans l'image 2 D−1
f new [ x , y ]= f [ x , y ]−Nmin⋅ prend :
● Nmax : la plus Nmax− Nmin
grande valeur dans
Nmin∈ HC −1
l'image Nmax ∈ HC −1 1−
image d'origine f[x,y]
expansion de dynamique
Nmin Nmax 2D 1 fnew[x,y]
histogramme d'origine histogramme normalisé
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Histogramme : égalisation
L'égalisation d'histogramme est une transformation des niveaux de gris dont le principe est
d'équilibrer le mieux possible la distribution des pixels dans la dynamique (Idéalement, on
cherche à obtenir un histogramme plat).
●La technique classique consiste à rendre « le plus linéaire ● D : dynamique
D HC f [ x , y]
possible » l'histogramme cumulé de l'image en utilisant la f new [ x , y ]= 2 −1⋅ ● (w,h) : dimension de l'image
wh ● HC(.) : histogramme cumulé
transformation suivante :
Histogramme de f Histogramme de fnew
Le résultat est une augmentation globale du contraste dans l'image. Notez dans l'exemple cidessus l'accentuation
des défauts avec la mise en évidence du bruit spatial fixe (effet de tramage) de l'imageur infrarouge.
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Histogramme : segmentation
Il existe des techniques de segmentation basées sur un regroupement des niveaux de gris à
partir de l'histogramme. Ces techniques sont rarement efficaces car elles ne considèrent que
la valeur des pixels sans tenir compte de critères géométriques ou topologiques (voir cours
Segmentation).
Par exemple, la méthode cidessous calcule un certain nombre de quantiles à partir de
l'histogramme cumulé, les regroupe par classes en fonction d'un critère de distance, puis
attribut la même étiquette aux pixels dont la valeur est la plus proche d'une classe donnée :
Histogramme cumulé avec
Image originale agrégation des quantiles
Image segmentée
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III4 : Le modèle différentiel
Dans le modèle différentiel, on considère l'image comme une fonction continue f(x,y),
dont on étudie le comportement local à l'aide de ses dérivées.
Une telle étude, fondée sur la formule de Taylor, n'a de sens que si la fonction f a une
certaine régularité, ce qui constitue le problème clef des méthodes différentielles.
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 38
III5 : Le modèle ensembliste
En morphologie mathématique, l'image est considérée comme un ensemble, dont on
étudie les propriétés en fonction de relations locales avec un ensemble de référence
(élément structurant) en termes d'intersection et d'inclusion (relations en toutourien).
B ∩ X =∅
B⊂X
B ∩ X ≠∅
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Érosion et Dilatation
Les transformations morphologiques sont définies à partir des 2 opérateurs ensemblistes de
base que sont l'érosion et la dilatation
2 2
Original (Matisse 1952) B X ={x ∈ℝ ; B x ⊂ X } B X ={x ∈ℝ ; B x ∩ X ≠∅}
(élément structurant : disque)
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III6 : Le modèle discret
La géométrie discrète est une discipline au moins aussi ancienne que le traitement
d'images. Alors que le modèle différentiel considère les structures géométriques
(courbes, surfaces, droites, etc) comme des approximations numériques de leurs
homologues continues, ou que le modèle fréquentiel traduit la discrétisation en termes de
perte d'information, le modèle discret, lui, intègre l'espace échantillonné comme cadre
mathématique, et s'efforce de donner un cadre formel aux structures géométriques
discrètes : définition, propriétés, théorèmes,...
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Pavages du plan
Un pavage du plan est une partition du plan en cellules élémentaires (pixels).
Il n'existe que 3 pavages réguliers du plan :
... mais de nombreux pavages irréguliers :
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Pavages du plan
D'autres pavages irréguliers du plan...
Pavage apériodique de Penrose
Pavage périodique d'Escher
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Pavages et maillages
A tout pavage du plan on peut associer un graphe où les sommets (noeuds) représentent
les cellules élémentaires, et où les arêtes représentent la relation d'adjacence entre les
cellules (2 cellules sont adjacentes si elles ont un côté en commun). Un tel graphe est un
maillage du plan.
Les pavages et les maillages réguliers sont duaux :
Questions :
représentation dans Z2 ?
combien de directions ?
récursivité ?
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Maillage et connexité
Les relations topologiques dans les images discrètes sont définies à partir de la relation
de connexité induite par le graphe du maillage (X,S), où X représente les sommets et S les
arêtes. 2 2
X ⊂ℤ ; S⊂X
Soient x et y 2 points de X, par définition x et y sont voisins si :
x≈ y ⇔ x , y∈S
La clôture transitive de la relation de voisinage est une relation d'équivalence
« il existe un chemin connexe entre x et y » :
x~ y ⇔∃ {x 1, ... , x n }/ x≈ x1, ... , x i≈ x i1 , ... , x n≈ y
Les classes d'équivalence de cette relation s'appellent les composantes connexes de X
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Topologie dans la maille carrée
Dans la maille carrée, la notion de trou dans un objet X (X ⊂Z2), qui doit correspondre à
une composante connexe finie du complémentaire Xc, n'est pas bien définie...
8connexité 4connexité
...sauf si l'on considère des connexités différentes pour X et pour Xc :
Questions :
combien de composantes
connexes, combien de trous
compte l'image cicontre
(8,4)connexité (4,8)connexité
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Métrique dans la maille carrée
Le graphe du maillage induit également une distance dans le plan discret, la distance
entre 2 points x et y étant définie par la longueur du plus court chemin connecté entre x et
y. En pondérant toutes les arêtes du maillage par la valeur 1, on trouve :
distance de la 4connexité 1 distance de la 8connexité
1 1
∣ ∣ ∣ ∣
d 4 x , y = x1 − y 1 x 2 − y 2 ∣ ∣∣ ∣
d 8 x , y = max x 1 − y1 , x 2 − y 2
On peut aussi pondérer différemment les arêtes du maillage 8connexe, voire utiliser des
maillages plus complexes (i.e. des voisinages plus grands) :
4 7
11
3 5
distance du distance du
chamfrein (3,4) chamfrein (5,7,11) y
Questions :
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Conclusion
A retenir pour ce cours :
Équivalence convolution /
multiplication
image numérique
échantillonnage
modèle quantification
linéaire modèle
fréquentiel
histogramme
convolution
Filtres
représentation fréquentielle
différentiels Corrélation
Ondelettes connexité et distance
– ACP
discrètes
modèle modèle
différentiel statistique
.../...
Morphologie
EDP / Ensemble statistique
de niveaux modèle
ensembliste
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Sources et bibliographie Liens utiles
Livres :
J.P. Cocquerez et S. Philipp « Analyse d'images : filtrage et segmentation » Masson 1995
●
R.C. Gonzalez et Woods « Digital Image Processing 2d edition » Addison Wesley 2002
●
A. Rosenfeld et A.C. Kak « Digital picture processing » Academic Press London 1982.
●
H. Maître (ss la direction de) « Le traitement des images » Hermes Lavoisier IC2 2003.
●
J.R. Parker « Algorithms for Image Processing and Computer Vision » Wiley & Sons 1997.
●
● S. Bres, J.M. Jolion, F. Lebourgeois « Traitement et analyse des images numériques» Hermes Lavoisier
2003
I.T. Young, J.J. Gerbrands et L.J. Van Vliet « Fundamentals of Image Processing » Université de Delft. (sur
●
internet : [Link]
D. Lingrand « Introduction au Traitement d'images » Vuibert 2004
●
Pages web :
● Telesun – INSA : [Link]
● Univ. de Delft : [Link]
● Projet Marble : [Link]
● CVOnLine Univ. d'Édimbourg : [Link]
Antoine MANZANERA Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6 page 50
Filtrage vs Restauration
Ce cours s'intéresse aux techniques d'amélioration des images numériques, pour augmenter la qualité
de leur rendu visuel, ou pour faciliter leur analyse. On cherche donc à atténuer, sinon supprimer une
certaine dégradation. Celle-ci n'est pas forcément connue a priori, mais elle peut parfois être estimée
a posteriori. On distinguera ici :
- les dégradations liées au bruit : g(x) = f(x)+b(x) ou g(x) = f(x)b(x) liées au capteur, à la
quantification, à la transmission... On les traite en tirant parti des informations locales par le filtrage.
Par différenciation, les techniques de filtrage permettent en outre de calculer ou amplifier les
contrastes locaux.
- les dégradations convolutives : g(x) = f(x)∗b(x) liées à un mouvement du capteur ou un défaut de
mise au point. On les traite en inversant un opérateur linéaire, donc supposé connu : ce sont les
techniques dites de restauration (voir cours Restauration).
I Filtres de lissage
I-1 Filtrage dans le domaine de Fourier
I-2 Filtrage par convolution
I-3 Implantation des filtres linéaires
I-4 Bruit multiplicatif
I-5 Filtres non linéaires
II Filtres dérivateurs
II-1 Filtrage dans le domaine de Fourier
II-2 Filtrage par convolution
II-3 Filtres non linéaires
TF
TF-1
Passe-
bas
(ℝ2 \ [-umax,umax]×[-vmax,vmax])
∪ [-umin,umin]×[-vmin,vmin] TF TF-1
Notons que dans ce cas
comme le précédent, la
valeur de la fréquence
origine F[0,0] est
inchangée. Or :
Coupe-
w h
bande
F [0,0 ]=∑ ∑ f [ x , y ]
x=0 y=0
1 1 1 1 1 11 23 29 23 11 1 1 3 1 1
1 1 1 1 1 23 48 62 48 23 1 3 7 3 1
1 1 1
⋅1 1 1 1 1 ⋅ 29 62 80 62 29 ⋅3 7 16 7 3
25 864 80
1 1 1 1 1 23 48 62 48 23 1 3 7 3 1
1 1 1 1 1 11 23 29 23 11 1 1 3 1 1
Image originale
Échelon bruité filtré
* Coefficients de dispersion :
2
1 1
= 2
= 2
=
4 16
La complexité de l'implantation par multiplication dans le domaine fréquentiel est celle de 2 calculs
de TF (1 direct + 1 inverse), plus 1 multiplication. Pour une image de taille N×N, le coût de la
multiplication est en O(N2), et en utilisant la transformée de Fourier rapide (FFT), le coût de la TF est
en O(N.log2(N)).
Dans ce cas, la complexité est indépendante de la taille K×Κ du noyau de convolution. Ce type
d'implantation peut être intéressant pour des gros noyaux, (K2 >> log2(N)). Il nécessite cependant une
grande précision dans les valeurs de la TF (représentation en complexes flottants).
1 1 3 1 1
1 3 7 3 1 représenté par un noyau fini (éventuellement tronqué) peut être calculé
1
80
⋅3 7 16 7 3 directement par balayage des pixels de f et calcul de la somme des
1 3 7 3 1
1 1 3 1 1
valeurs des voisins de chaque pixel pondérées par les valeurs du noyau
de convolution.
La complexité de l'implantation directe pour une image de taille N×N et pour un noyau de
convolution de taille K×Κ, est en O(K2N2). Le coût par pixel est donc quadratique en fonction du
rayon du noyau.
Filtres séparables :
Lorsque la matrice de convolution peut s'écrire comme produit d'un vecteur colonne et d'un vecteur
ligne : t
〚 h 〛 =[h col ]⋅[h lig ]
Alors : h [ x , y ]=hcol [ x ]⋅hlig [ y ]
x2 y2 x2 y2
La complexité de l'implantation pour une image de taille N×N et pour un noyau de convolution de
taille K×Κ, devient O(KN2). Le coût par pixel est donc linéaire en fonction du rayon du noyau.
Les filtres moyenneur, gaussien, exponentiel sont des filtres séparables.
Certains filtres IIR possèdent la propriété de pouvoir être calculés de manière récursive (cf
transformée en Z). C'est la cas du filtre exponentiel, ou de certaines approximation du noyau
gaussien. Le filtrage est en général obtenu par un filtre causal, calculé par balayage direct, suivi d'un
filtre anti-causal, calculé par un balayage rétrograde :
La complexité de cette implantation est en O(N2), elle est en général indépendante des paramètres du
noyau de convolution. Elle a de plus donné lieu à des implantations matérielles (circuits spécialisés).
Cependant les problèmes de précision nécessitent en général un passage en nombre flottant et donc
une augmentation de la dynamique.
g h=log g H H ×T k
f =e k
logarithme TF Filtrage TF inverse exponentiel
aberrantes.
● L'intégrité des frontières : on souhaiterait éliminer le bruit sans rendre
pour k=N/2, on parle de filtre médian, pour k=1, d'érosion morphologique, pour k=N, de dilatation morphologique.
voisinage : élément
structurant
Implantations du médian :
● calcul d'histogrammes locaux
● tri des valeurs dans le voisinage (Quick Sort)
● tri incrémental
● .../...
original Nagao
D1 D2 D3
D4 D5 D6
D7 D8 D9
Filtre
Original Alterné
Séquentiel
B= B ° B
∀ X Y B X B Y
∀ X B B X =B X
B B B
La fermeture morphologique est
l'opération duale de l'ouverture :
Elle est égale à la composition B
d'une dilatation suivie d'une
érosion. C'est aussi un filtre
morphologique.
B
B X c = B X c
B= B ° B
X B X B X
B X B X
X B X B X
1= 1 1 1=1 1
n = n n n−1 n = n n n −1
Ξ1 Ξ2 Ξ5 Ξ8
Somme f(x)+E(x)
Bruit E(x)
Application directe
du filtre alterné φ5 γ5
Θ2 Θ3 Θ4 Θ5
ouverture par
reconstruction
E X (γ B ( X ))
X
fermeture par
reconstruction
La fermeture par reconstruction
est définie par dualité : ( E ( (ϕ ( X ) ) ) )
Xc
B
c c
élément structurant
de l’ouverture
morphologique :
2 2
∂ f ∂ f
[i , j ] [i , j]
∂f ∂x
2
∂ x∂ y
[i , j ] H f [i , j ]= 2 2
∂x ∂ f ∂ f
[i , j ] [i , j ]
∂ x∂ y ∂y
2
Le problème du calcul des filtres dérivateurs dans les images numériques est l'approximation de ces
grandeurs différentielles dans notre espace discret ; on s'intéresse aussi à leur utilisation :
réhaussement, détection de contours,...
TF-1 TF-1
TF
[ ]
−1
On utilise plus souvent [−1 0 1 ] , respectivement 0 qui produisent des frontières plus épaisses,
1
mais bien centrées (phase nulle).
Ces opérations étant très sensibles au bruit, on les combine en géneral avec un filtre lisseur dans la
direction orthogonale à celle de dérivation, par ex par le noyau suivant (ou sa transposée) : [1 2 1]
Le calcul des dérivées directionnelles en x et en y revient finalement à la convolution avec les noyaux
suivants, respectivement :
[ ] [ ]
−1 0 1 −1 −2 −1
f x [i , j ]= f ∗h x [i , j] , avec : h x = −2 0 2 h y = 0 0 0 (Masques de Sobel)
f y [i , j ]= f ∗h y [i , j ] −1 0 1 1 2 1
[ ]
2 1 2
[1−2 1] , pour l'approximation de ∂ f , et : −2 , pour l'approximation de ∂ f
∂ x2 1 ∂ y2
∂2 f ∂2 f
Le laplacien f = peut donc être approximé par l'opérateur linéaire suivant :
∂ x2 ∂ y2
[ ] [ ]
1 1 1 1
Laplacien en Laplacien en
1 −4 1 4-connexité , ou encore 1 −8 1 8-connexité
1 1 1 1
B X B X
B X B X
X B X = X − B X
B
X = B X − X
FILTRAGE
additif multiplicatif
g x = f x . b x
g x = f x b x
TF
Log
G u = F u Bu
Filtrage
linéaire : Filtrage non linéaire :
convolution rang, morphologique,...
1 Méthodes élémentaires
2 Méthodes analytiques : principe
3 Méthodes analytiques : multi-échelle
Image n°13
Contours image n°13 Contours image n°22
Antoine MANZANERA – Cours TERI – Master 2 IAD page 3
Contours : méthode élémentaire
Norme L1 du gradient de Sobel
∣...∣
+
∂I
Sobel vertical :
∂y Seuillage
Original
∣...∣
∂x ● Poursuite
● Fermeture
Antoine MANZANERA – Cours TERI – Master 2 IAD page 4
III Contours : méthode analytique
En 1d, un contour correspond à un maximum
f (x) f '(x) f ''(x)
de la dérivée première, c'est-à-dire à un
passage par zéro de la dérivée seconde :
x I g g =0
t
2
∂ I
I g g= 2
∂g
y I g =∥∇ I ∥
I t =0
Or Itt, la dérivée seconde dans la direction de t, correspond à la courbure de la ligne isophote (ligne de
niveau). Si cette courbure est faible, on a : I ≃0⇒≃I
tt gg
Laplacien
+ + ++
+ - - +
● Seuiller les passages par + - .../...
zéro selon le contraste. + +
● Sélectionner les structures
I Ix ∥∇ I ∥= I x 2 I y 2 I xx I xy I=I x x I y y
CONTOURS
Courbure négligée ?
non oui
∥∇ I ∥
I g g I
Seuil Seuil par
simple hystérésis
Passages par zéro
Z G
Intersection
σ : échelle C
caractéristique
Contours
n 1 n 1
I ( x, y ) C (u, v ) Fu ,v ( x, y )
u 0 v 0
avec : Fu ,v ( x, y ) 1 ( 0 , 0 ) ( u ,v )
2
cos ( 2 x 1) u
n sin ( 2 y 1) v
n
La compression Jpeg
exploite cette différence en
quantifiant plus fortement,
voire en supprimant les
fréquences les plus élevées
de la DCT2d
(2) (1)
Antoine MANZANERA – Cours TERI – Master IAD UPMC Paris 6
Transmission progressive d’image correspondant à une allocation de débit variable du codage DCT2d.
La norme Jpeg utilise en outre un codage entropique qui n’est pas pris en compte ci-dessous :
(1) Chaque bloc DCT2d quantifié est transformé en un vecteur ligne grâce à un parcours en zig-zag :
(2) Les valeurs non nulles sont codées par le codage de Huffman :
a 0
0,15
0 Symbole Probab. Code
0,32 a 0,15 000
b 1 0,5 0
0,08 0 b 0,08 010
c
0,5 1 1 c 0,5 1
1
d d 0,04 0110
0,04
0 0,18 e 0,17 001
e 1
0,17 0,1 f 0,06 0111
f 1
0,06
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