Exposé
Exposé
SOPHIE LIM
(GÉNIE CIVIL)
DÉCEMBRE 2015
Ce mémoire intitulé :
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier mes directeurs de recherche, professeur Robert Corthésy, professeure Maria
Helena Leite et Marco Quirion, pour leur contribution au projet et pour l’accroissement de mes
connaissances en mécanique des roches. Leur support et leur grande disponibilité ont permis
l’achèvement de ce long travail.
Finalement, il m’est impossible d’imaginer la réalisation du projet sans l’aide de mes proches et
amis. Je tiens à remercier spécialement mon amoureux Gilbert Blais, mes beaux-parents Ginette
Gilbert Blais et Pierre Blais, ma bonne amie Isabelle Jamison et ma famille pour leur soutien
moral dans ce projet qui s’est apparenté à un «IronMan».
iv
RÉSUMÉ
Le soulèvement hydraulique observé lors de l’injection des fractures est sensible à la pression
d’injection et aux paramètres rhéologiques du coulis d’injection ainsi qu’à la résistance
mécanique et l’ouverture des fractures. Dans cette étude, l’injection de coulis est simulée dans un
massif rocheux dont les conditions (ouvertures de fractures constantes et contrainte horizontale
équivalente à la contrainte verticales) sont favorables à l’hydrosoulèvement des fractures. Ce
soulèvement a été observé à des pressions d’injection légèrement supérieures à celles prescrites
par l’industrie. Le mécanisme de soulèvement est principalement lié aux fractures près de la
surface. Comme le modèle ne comporte pas la possibilité d’introduire des paramètres du coulis
variant dans le temps, celui-ci parcourt une distance beaucoup plus grande que ce que l’on
observe en réalité. De plus, le modèle bidimensionnel comporte certaines limites et hypothèses
restreignant l’interprétation des résultats parce que celui-ci reproduit difficilement la géométrie
complexe des fractures et le phénomène de diffusion du coulis dans un espace tridimensionnel.
Toutefois, une comparaison des pressions limites est quand même possible et elle permet de
mettre en lumière l’influence des paramètres géomécaniques sur la grandeur de ces pressions.
v
ABSTRACT
Grouting jointed rock masses improves their water tightness and strength for civil infrastructure
foundations such as hydroelectric dams. In North America, the most common method involves
injecting grout in fractures at a pressure given by a rule of thumb of 25 kPa per meter of rock
cover. The criterion used to define the limit pressure is conservative because it considers a state
of stress due to gravity only and does not take into account the geomechanical characteristics of
the rock mass and the properties of the injection grout. The objective of this study is to verify the
influence of geomechanical parameters on maximum injection pressures and compare it to the
empirical criterion of 25 kPa /m using UDEC, a distinct element code for 2D modelling of
fractured rock masses.
The hydrojacking mechanism during fracture injection is sensitive not only to the grout pressure
but also to its rheological parameters as well as the strength and the opening of the fractures. In
this study, grouting in different rock mass models is simulated with conditions (constant-width
fractures openings and horizontal stress equivalent to the vertical stress) favorable to
hydrojacking. With the numerical model, hydrojacking was observed at injection pressures
slightly higher than those prescribed by the industry. The jacking mechanism is mainly related to
fractures near the surface. Because the model does not include the possibility of introducing time
dependent grout parameters, grout flows at larger distances than what is observed in the field. In
addition, the two-dimensional model has certain limitations and requires assumptions restricting
the direct transposition of results to the field due to the complexity of fracture geometries and the
grout spreading in 3D. A relative comparison of limit grouting pressures is nonetheless possible
and it highlights the effects of certain geomechanical parameters on its magnitude.
vi
RÉSUMÉ ....................................................................................................................................... IV
ABSTRACT ................................................................................................................................... V
BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………………….………...108
ANNEXES……………………………………………………………………………………....111
ix
Tableau 3-5: Effet des paramètres liés à la résistance au cisaillement (Φ, Ѱ et Cf) sur la contrainte
tangentielle limite au déplacement ......................................................................................... 34
Tableau 3-8 : Pression de fluide critique au soulèvement pour le modèle au bloc avec les fractures
verticales................................................................................................................................. 39
Tableau 3-9 : Pression de fluide critique au soulèvement pour le modèle au bloc avec les fractures
inclinées .................................................................................................................................. 44
Tableau 3-10: Paramètres mécaniques du fluide selon le rapport eau/ciment. D’après l’IREQ
(Saleh, Tremblay, & Mnif, 1995) pour un ciment Portland type 10 - D50 = 0,016mm et
Dmax=0.1mm.)......................................................................................................................... 44
Tableau 3-12: Paramètres et valeurs géomécaniques du roc dans le massif rocheux .................... 49
Tableau 3-13 : Paramètres et valeurs géomécaniques des fractures du massif rocheux ................ 50
Tableau 3-14 : Paramètres et valeurs rhéologiques du coulis de ciment. D’après l’IREQ (Saleh et
al., 1996) pour un ciment Portland type 10 - D50 = 0,016mm et Dmax=0.1mm. ..................... 50
Tableau 4-6: Propriétés mécaniques de la roche, des fractures et du coulis du modèle. ............... 85
Tableau B-3 : Modèle à deux blocs imbriqués – fractures verticales – analyse avec injection....120
Tableau B-4 : Modèle à deux blocs imbriqués – fractures inclinées - analyse avec injection…..121
Tableau B-5 : Modèle à deux blocs superposés –analyse de la distance du coulis d’injection…123
Figure 2-1 : La géométrie tridimensionnelle d’une fracture (Olsson et Barton (2001)). ................. 5
Figure 2-3 : Déplacement élastique de l’ouverture (Δa) et rigidité des fractures (Rafi & Stille,
2014)......................................................................................................................................... 7
Figure 2-4 : Bris graduel des aspérités (Gothall et Stille (2009)). ................................................... 8
Figure 2-5 : Relation entre la résistance au cisaillement et la contrainte normale : (a) concept de la
dilatance (b) Modèle bi-linéaire de Patton (1966) ................................................................. 10
Figure 2-6 : Relation entre la résistance en cisaillement et les déplacements tangentiel et normal
................................................................................................................................................ 10
Figure 2-7 : Comparaison entre le comportement d’un corps de Bingham (courbe 2) et d’un corps
Newtonien (courbe 1) (Weaver & Bruce, 2007). ................................................................... 11
Figure 2-8 : Représentation des paramètres influençant sur la distance parcourue du fluide
(Rahmani (2010)). .................................................................................................................. 14
Figure 2-10 : Comparaison des critères limites de la méthode traditionnelle (a) et du GIN (b)
(Lombardi (2008)). ................................................................................................................. 17
Figure 2-11 : Abaque (américain) des pressions d’injection maximales en relation avec la hauteur
du couvert de roche (Houlsby, 1990; Stille & al., 2012). ...................................................... 20
Figure 2-12 : Abaque (européen) des pressions d’injection maximales en relation avec la hauteur
du couvert (Stille et al., 2012). ............................................................................................... 21
Figure 2-14 : Propriétés du modèle et ses conditions frontières (θ = 45° et β = 30°, 60° ou 90°)
(Maadikhah & Mortazavi (2009)). ......................................................................................... 23
Figure 2-15: Géométrie des modèles (a) β = 30°, (b) β =60° et (c) β =90° (Maadikhah et
Mortazavi (2009). ................................................................................................................... 24
xii
Figure 2-16 : Pénétration d’un coulis avec propriétés constantes (A) et d’un coulis avec propriétés
variant selon le temps et considérant le temps de prise (B) suite à une injection à une
pression de 1 MPa à l’intersection du point (0 m, 25 m) (Hässler et al. (1992b) .................. 24
Figure 2-17: Modèle avec deux systèmes de fractures. Les grandes fractures sont présentes à
l’intérieur d’une matrice de roche fracturée. .......................................................................... 26
Figure 3-1 : Modèle à deux blocs pour l’analyse du comportement mécanique de la fracture. ..... 30
Figure 3-2 : Modèle à deux blocs soumis à une contrainte en traction. ......................................... 31
Figure 3-3 : Représentation graphique des vecteurs déplacement pour le cas 1. À gauche, le bloc
supérieur est soumis à une contrainte en traction de 135 kPa et le déplacement maximal est
de 0,03mm. À droite, le bloc supérieur est soumis à une contrainte en traction de 135.1 kPa
et le déplacement maximal est de 61,22 mm.......................................................................... 32
Figure 3-4 : Profil de la contrainte normale sur la fracture à limite de la contrainte menant au
soulèvement (135 kPa). .......................................................................................................... 33
Figure 3-5 : Modèle à deux blocs soumis à une contrainte tangentielle. ....................................... 34
Figure 3-6 : Représentation graphique des vecteurs déplacement pour le cas 1. Respectivement à
gauche et à droite, le bloc supérieur est soumis à une contrainte en tangentielle de 0,01 kPa
et 0,50 kPa. Le déplacement maximal est de 14,7 mm (déplacement élastique)
comparativement à 19,3 mm (déplacement plastique). .......................................................... 35
Figure 3-7 : Convergence de la solution numérique pour les modèles dont le bloc supérieur est
soumis à une contrainte en tangentielle de 0,010 kPa et 0,500 kPa. ...................................... 35
Figure 3-9 : Modèle à deux blocs encastrés (fractures verticales) et injection en un point. .......... 37
Figure 3-10 : Contrainte normale et pression de fluide appliqué à la fracture horizontale pour le
cas 1 soumis à une pression d’injection de 135 kPa............................................................... 40
Figure 3-11 : Représentation graphique des vecteurs déplacement pour le cas 1. Respectivement à
gauche et à droite, le bloc supérieur est soumis à une contrainte en traction de 140 kPa et
145 kPa. Le déplacement maximal est de 3,0 mm comparativement à 1,8 m. ...................... 40
xiii
Figure 3-12 : Convergence de la solution numérique pour les modèles dont le bloc supérieur est
soumis à une contrainte en traction de 140 kPa (à gauche) et 145 kPa (à droite). ................. 41
Figure 3-13 : Distribution de la pression du fluide (pp) et de la contrainte normale résultante (ns)
observées aux fractures verticales perméables (à gauche) et la fracture horizontale (à droite)
pour le cas 4 suite à une pression d’injection de 145 kPa (solution numérique). .................. 42
Figure 3-14 : Distribution de la pression du fluide (pp) et profil d’ouverture des fractures
observés pour les fractures verticales perméables du cas 4 suite à une pression d’injection de
145 kPa (solution numérique). ............................................................................................... 42
Figure 3-15 : Distribution de la pression du fluide (pp) et profil d’ouverture des fractures
observés pour la fracture horizontale du cas 4 suite à une pression d’injection de 145 kPa
(solution numérique). ............................................................................................................. 43
Figure 3-16 : Modèle à deux blocs encastrés (fractures inclinées) et injection en un point. ......... 43
Figure 3-18 : La pression et la distance parcourue du coulis d’injection selon son rapport
eau/ciment .............................................................................................................................. 46
Figure 3-19 : Influence de la pression de fluide sur l’ouverture de la fracture selon le type de
coulis ...................................................................................................................................... 46
Figure 3-22: Géométrie des modèles réalisés. 1) Modèle avec familles de fractures continues
horizontales et verticales. 2) Modèle avec familles de fractures continues inclinées à +/- 45
degrés. 3) Modèle avec familles de fractures discontinues horizontales et verticales. 4)
Modèle avec des fractures désordonnées de géométrie Voronoï. .......................................... 52
Figure 3-23 : Représentation tridimensionnelle du modèle 2D. Les directions X et Y sont dans
l’axe de la section analysée et l’axe Z est normale à la section analysée............................... 54
Figure 3-25 : La perte de charge du coulis dans une fracture horizontale d’un modèle
axisymétrique (3D) de forage d’injection d’un massif rocheux d’un massif rocheux fracturé.
................................................................................................................................................ 56
Figure 3-26 : La perte de charge du coulis dans une fracture horizontale d’un modèle 2D de
forage d’injection d’un massif rocheux d’un massif rocheux fracturé. .................................. 57
Figure 3-27 : Relation des forces de poussées sous le bloc du modèle bidimensionnel et
tridimensionnel en fonction de la distance parcourue par le coulis 2r sous le bloc de largeur
2r’. .......................................................................................................................................... 58
Figure 3-28 : Vecteurs déplacement dans le modèle suite à l’initialisation des contraintes (avant
les passes d’injection). Le modèle de massif rocheux fracturé comporte deux familles de
joints dont l’angle de frottement est de 30º (géométrie 1 de la section [Link]) et les
paramètres généraux du modèle sont présentés dans les tableaux 3, 4 et 5 de la section 3.2.2.
K=1, soit les contraintes horizontales (selon x et z) sont égales aux contraintes gravitaires
(selon y). ................................................................................................................................. 59
Figure 3-29 : Influence des contraintes normales sur l’ouverture et la fermeture des fractures. ... 61
Figure 4-1 : Modèle de massif rocheux aux fractures verticales et horizontales ........................... 67
Figure 4-2 : Soulèvement de 30 mm observé à l’injection (800 kPa) du coulis 5/1 à la passe 1. .. 69
Figure 4-3 : Pressions d’injections limites pour chaque passe avec le coulis de rapport e/c de 5/1,
1/1 et 1/2. Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont celles du critère 25
kPa/m (bornes inférieures) et celles obtenues pour le coulis de ciment 2/1 (bornes
supérieures) pour chaque passe de 5 m. ................................................................................. 70
Figure 4-4 : Distance parcourue à chaque passe selon le critère d’injection et le rapport e/c du
coulis d’injection. ................................................................................................................... 71
Figure 4-5 : Pression limite d’injection pour un coulis 1/1 en fonction de l’ouverture d’une
fracture comprise dans la passe située entre 35 et 40 m de profondeur. ................................ 73
Figure 4-6 : Influence de l’ouverture des fractures sur la pression limite d’injection pour un coulis
1/1. Les valeurs présentées sont les pressions d’injection pour un modèle dont les ouvertures
des fractures sont de 0.05 mm et 0.1 mm. .............................................................................. 73
xv
Figure 4-7 : Effet de l’ouverture sur la distance parcourue par le coulis et comparaison entre les
solutions numériques et solution numérique des distances parcourues. ................................ 74
Figure 4-8 : Effet de l’angle de frottement des fractures sur la pression limite d’injection pour un
coulis e/c = 1/1. Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont celles du critère 25
kPa/m (borne inférieure) et celles obtenues pour le modèle dont les fractures présentent un
angle de frottement Φ = 30° (borne supérieure) pour chaque passe de 5 m. ......................... 76
Figure 4-9 : Effet de l’angle de frottement des fractures sur la pression limite d’injection pour un
coulis e/c = 5/1. Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont celles du critère 25
kPa/m (borne inférieure) et celles obtenues pour le modèle dont les fractures présentent un
angle de frottement de Φ = 30° (borne supérieure) pour chaque passe de 5 m...................... 77
Figure 4-10 : Effet de l’angle de frottement sur les déplacements des blocs d’un massif rocheux.
Première passe (40-35m) d’injection du coulis de ciment 1/1 dans le modèle dont l’angle de
frottement des fractures est de 30° (à gauche) et 0° (à droite) à la pression d’injection limite
respective, soit 1100 kPa et 1000 kPa. Le vecteur maximal de déplacement pour le cas de
gauche et de droite est respectivement de 0.236 mm et 0.329 mm. ....................................... 78
Figure 4-11 : Effet de l’angle de frottement sur les déplacements des blocs d’un massif rocheux.
Première passe (40-35m) d’injection du coulis de ciment 5/1 dans le modèle dont l’angle de
frottement des fractures est de 30° (à gauche) et 0° (à droite) à la pression limite d’injection
de 770. Le vecteur maximal de déplacement pour le cas de gauche et de droite est
respectivement de 0.236 mm et 0.448 mm............................................................................. 79
Figure 4-12 : Distance maximale parcourue par le coulis de 1/1 et de 5/1 (e/c) injecté à des
pressions d’injection limites et selon le critère 25 kPa/m. ..................................................... 80
Figure 4-13 : La pression d’injection limite pour chaque passe dans un massif rocheux dont les
fractures comportent une résistance à la traction et une cohésion équivalente. ..................... 82
Figure 4-14 : Rupture (en bleu) par soulèvement de la fracture pour un modèle soumis à un σH =
σv. ........................................................................................................................................... 83
Figure 4-15 : Rupture (en bleu) par soulèvement et rupture en cisaillement (en rouge) de la
fracture pour un modèle soumis à un σH = 3 MPa. ................................................................. 84
xvi
Figure 4-16 : Effet de la contrainte horizontale du massif rocheux sur la pression limite
d’injection pour un coulis 1/1. Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont
valables pour les 3 cas dont l’angle de frottement des plans des fractures est de 0º (bornes
inférieures) et celles obtenues pour les 3 cas dont l’angle de frottement des plans des
fractures est de 30º (bornes supérieures) pour chacune des passes de 5 m. ........................... 86
Figure 4-17: Portrait de la rupture du modèle avec K=1, Φ = 30°, M/V=2700 kg/m3 à pression
d’injection de 1.2 MPa. .......................................................................................................... 87
Figure 4-18: Portrait de la rupture du modèle avec K=1, Φ = 30°, M/V=1350 kg/m3 à pression
d’injection de 0.65 MPa. ........................................................................................................ 87
Figure 4-19: Portrait de la rupture du modèle avec K=3, Φ = 30°, M/V=1350 kg/m3 à pression
d’injection de 0.65 MPa. ........................................................................................................ 88
Figure 4-20 : Portrait de la rupture du modèle avec SH = 2.5 MPa, Φ = 30°, M/V=1350 kg/m3 à
pression d’injection de 0.65 MPa. .......................................................................................... 88
Figure 4-21 : Déplacement critique pour le modèle 2 composé de fractures continues et inclinées
à +/- 45 degrés. ....................................................................................................................... 90
Figure 4-22 : La pression d’injection limite pour un coulis e/c = 1/1 dans les modèles 1 (famille
de fractures continues verticales et horizontales) et 2 (famille de fractures continues de +/-
45º). Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont valables pour le modèle 1
(bornes supérieures) pour chacune des passes de 5 m. .......................................................... 91
Figure 4-23 : Patron de propagation du coulis des modèles 1 (famille de fractures continues
verticales et horizontales) et 2 (famille de fractures continues de +/- 45º) après les 8 passes
d’injection à des pressions maximales. .................................................................................. 92
Figure 4-24 : Patron de propagation du coulis dans les modèles 1 (famille de fractures continues
verticales et horizontales) et 3 (famille de fractures discontinues verticales et horizontales)
après les 8 passes d’injection. ................................................................................................ 93
Figure 4-25 : Modèle 3 comportant des fractures non-continues horizontales et verticales. ......... 93
Figure 4-26 : Pression d’injection limite à chaque passe pour les modèles 1 (famille de fractures
continues verticales et horizontales) et 3 (famille de fractures discontinues verticales et
xvii
horizontales). Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont valables pour le
modèle 1 dont l’angle de frottement des plans des fractures est de 30º (bornes supérieures)
pour chacune des passes de 5 m. ............................................................................................ 94
Figure 4-27 : Patron de propagation du coulis dans les modèles 1 (famille de fractures continues
verticales et horizontales) et 4 (famille de fractures continues générée par la fonction
Voronoï) après les 8 passes d’injection. ................................................................................. 95
Figure 4-28 : modèle 4 comportant des fractures générées à partir de la fonction Voronoï. ......... 95
Figure 4-29 : Pression d’injection limite à chaque passe pour les modèles 1 (Fractures continues
verticales et horizontales) et 4 (Fractures continues générées par la fonction Voronoï). Les
pressions d’injection indiquées sur le graphique sont valables pour le modèle 4 dont l’angle
de frottement des plans des fractures est de 30º (bornes supérieures) pour chacune des passes
de 5 m. .................................................................................................................................... 96
Figure 4-30 : La pression d’injection limite pour chaque passe dans un massif rocheux dont les
fractures sont injectées selon la méthode de passes descendantes et ascendantes. Les
pressions d’injection indiquées sur le graphique sont valables pour chacune des passes de
5m du modèle 1 dont l’angle de frottement et la résistance en traction des plans des fractures
remplies de coulis sont respectivement de 30º et de 1 MPa et dont l’injection est de type
descendantes (bornes supérieures). ........................................................................................ 98
Figure 6-1 : Récapitulation des résultats des différentes analyses en lien avec les critères
d’injection actuels. ............................................................................................................... 106
Figure A-1 : Représentation des blocs rigides selon la méthode des éléments distincts (à gauche) ;
Représentation des blocs déformables subdivisés en zones (à droite)………………..…..111
Figure A-3 : Pression du fluide sur les contacts des blocs : F est la force exercée par le fluide sur
le contact, P est la pression exercée par le fluide sur le contact, n·L est l’aire sur laquelle la
pression du fluide s’exerce………………………………………………………………....113
Figure A-4 : À gauche, graphique du débit hydraulique (Q) qui est en fonction de l’ouverture au
cube, du coefficient de perméabilité et du gradient de pression hydraulique……………..114
xviii
Figure A-6: À gauche, schématisation d’un essai de cisaillement à contrainte normale; À droite,
graphique présentant la relation non linéaire de la contrainte normale (σn) en fonction de la
fermeture de la fracture (un)……………………………………………………………......115
ao ouverture initiale
C cohésion de la roche
F force normale
H-Q Hydro-Québec
m mètre
ns contrainte normale
Pa Pascal
xx
Cf cohésion de la fracture
δ déplacement (mm)
Ѱ angle de dilatance
ν coefficient de Poisson
CHAPITRE 1 INTRODUCTION
Les injections de coulis de ciment dans les fractures sont effectuées dans le but d’améliorer les
propriétés du massif rocheux, soit en réduisant la perméabilité et/ou en augmentant la résistance
mécanique. De grandes campagnes d’injection sont nécessaires pour bien imperméabiliser les
fondations de digues et de barrages hydroélectriques afin de minimiser les fuites d’eau du
réservoir et de s’assurer de la stabilité de l’ouvrage.
Les paramètres contrôlant la qualité de l’injection sont la pression d’injection, les propriétés
rhéologiques du coulis d’injection, l’ouverture des fractures, l’espacement des forages d’injection
ainsi que le choix du critère d’arrêt (débit d’injection, temps d’injection ou volume de coulis).
Ces derniers dépendent essentiellement de la géologie et de la perméabilité du massif rocheux
fracturé (Rafi, 2012). D’ailleurs, plusieurs approches théoriques, tels le GIN (Grouting, Intensity
Number – Lombardi, (1993)) ou l’injection contrôlé par l’ouverture (Aperture Controlled
Grouting – Carter, Dershowitz, Shuttle & Jefferies (2012)) proposent une conception des travaux
d’injection basée sur un ou plusieurs de ces paramètres. Toutefois, la pratique repose
généralement sur des relations empiriques qui suggèrent, par exemple, des valeurs de pression
d'injection basées sur le poids du couvert de roc pour limiter le risque de soulèvement du massif.
La méthode la plus répandue en Amérique du Nord consiste à injecter le coulis à une pression
égale ou inférieure au critère empirique de 25 kPa par mètre de couvert qui, à titre d’information,
est la règle empirique américaine de 1 psi/ft. La méthode classique d’injection a comme
limitation le fait qu’il n’y a pas d’optimisation possible de la pression d’injection en fonction des
caractéristiques géomécaniques du massif rocheux.
Dans le but d’optimiser la méthode d’injection, il serait souhaitable d’établir la grandeur des
pressions d’injection en fonction des conditions géomécaniques du site et des propriétés du fluide
d’injection.
Par l’analyse des différents modèles, il sera possible d’identifier les paramètres, essentiellement
liés au coulis et aux conditions géomécaniques, qui révéleraient le potentiel d’optimisation du
critère d’injection actuel.
Il est reconnu que l’injection à des pressions plus élevées permet une meilleure progression du
coulis dans le réseau de fractures et peut même dans certains cas ouvrir légèrement des fractures
trop fines pour être injectées à des pressions plus faibles. Avec ces pressions d’injection élevées,
il faut toutefois éviter la propagation de fractures existantes (hydro-fracturation) ou encore éviter
d’ouvrir inutilement des fractures existantes (soulèvement hydraulique). L’optimisation de la
pression d’injection est alors définie comme l’équilibre entre une bonne pénétration du coulis
sans qu’elle ne provoque de fracturation ou de soulèvement.
3
4) la revue des études sur l’injection de coulis dans les massifs rocheux.
Le quatrième chapitre contient les résultats des différentes analyses menées afin d’identifier les
paramètres contrôlant le phénomène du soulèvement hydraulique. L’influence de la variable sur
le modèle est étudiée en isolant chacun des paramètres et en comparant les pressions d’injection
du critère de 25 kPa/m aux pressions d’injection limites à l’observation d’un déplacement
plastique des fractures. Les paramètres étudiés sont :
3) la méthode d’injection.
(2.2) Circulation des fluides d’injection. La propagation des coulis d’injection dans un
massif rocheux est difficilement prédictible puisqu’il y a plusieurs paramètres qui la contrôlent,
soit la pression d’injection, soit les propriétés rhéologiques du coulis, soit la géométrie (ouverture
hydraulique) des fractures. Le modèle théorique des fluides de Bingham, la loi cubique et le
couplage hydromécanique sont exposés dans cette partie.
La fracture est formée par la superposition de deux surfaces rugueuses laissant des vides de
géométrie complexe. L’espacement moyen mesuré sur la section normale à la fracture est appelé
ouverture mécanique (am). La géométrie d’une fracture montre une variation dans son ouverture à
cause des aires de contact, générées par la rugosité des surfaces, menant ainsi à la tortuosité, et à
diverses interconnexions. La Figure 2-1 illustre cette idée.
[2.1]
La relation (2.1) implique le facteur JRC (Joint Roughness Coefficient). Le JRC est un critère
empirique basé sur l’observation du profil de rugosité de la fracture. La Figure 2-2 montre la cote
JRC associée aux degrés de rugosités et d’aspérités le long du profil de la fracture. Ce facteur est
6
également utilisé dans le critère de Barton (1976) tel que présenté dans la section sur la
déformation des fracture ([Link].).
Le déplacement élastique des plans de la fracture dépend des rigidités normale et tangentielle. Le
modèle théorique élastique stipule que la fracture s’ouvre ou se ferme proportionnellement à la
constante de rigidité Kn en réponse à une contrainte normale à la fracture (Figure 2-3). Dans le
domaine de l’injection, le déplacement normal à la fracture, aussi appelé hydrosoulèvement, est
une réponse normale à la présence du coulis sous pression. Il existe une distinction entre le
soulèvement élastique et plastique. Le soulèvement plastique et non contrôlé de la fracture est
indésirable dans le cas de l’injection des fondations puisque celui-ci induit un changement dans
l’état de contrainte du massif rocheux ou amène un déplacement permanent de la surface du roc
(Rafi & Stille 2013).
7
Figure 2-3 : Déplacement élastique de l’ouverture (Δa) et rigidité des fractures (Rafi & Stille,
2014).
La loi est linéaire et correspond davantage dans le cas où les fractures sont lisses (équation 2.2)
[2.2]
Lorsqu’il y a des aspérités et des rugosités, la fracture montre des points de contact qui entraînent
une distribution non uniforme des contraintes normales le long de la fracture rendant ainsi la
relation non-linéaire. Le modèle élasto-plastique de Barton-Bandis tient compte de l’effet des
aspérités sur la résistance et la déformabilité des fractures en incluant des paramètres tels que le
JRC et le JCS. Le modèle analytique est présenté à l’équation 2.3.
8
[2.3]
[2.4]
Et
[2.5]
Et
Dans les massifs de roches cristallines, les surfaces de fractures présentent généralement des
aspérités et des rugosités. Selon l’équation 2.6, la résistance au cisaillement dépend du contact
entre les plans d’une fracture qui est traduit par la contrainte normale à la fracture ainsi que par la
cohésion, l’angle de frottement et l’angle de dilatance de la fracture. Dans un contexte où les
grandes familles de fractures sont sub-verticales, l’influence de la résistance au cisaillement n’est
pas négligeable lorsque les contraintes normales aux fractures sont élevées.
[2.6]
Afin de tenir compte de ces rugosités, le terme de dilatance ψ est ajouté au modèle linéaire de
Mohr-Coulomb. L’interaction des rugosités des surfaces de la fracture lors d’un déplacement
tangentiel engendre un déplacement normal. Le rapport de ces déplacements est la tangente de
l’angle de dilatance ψ (voir la Figure 2-5 a).
élastique est réversible. Une fois que la contrainte en cisaillement (τ) appliquée atteint la
résistance au cisaillement (τmax), le déplacement tangentiel plastique est démarré. Le déplacement
plastique est associé à un état irréversible et non contrôlé (Figure 2-6).
Cf
Figure 2-5 : Relation entre la résistance au cisaillement et la contrainte normale : (a) concept de la
dilatance (b) Modèle bi-linéaire de Patton (1966)
Déplacement
plastique
Déplacement
élastique
Figure 2-6 : Relation entre la résistance en cisaillement et les déplacements tangentiel et normal
11
Figure 2-7 : Comparaison entre le comportement d’un corps de Bingham (courbe 2) et d’un corps
Newtonien (courbe 1) (Weaver & Bruce, 2007).
La relation qui existe entre la contrainte de cisaillement présente dans le fluide et la vitesse en
cisaillement est donnée par :
[2.7]
où τf est la résistance au cisaillement du fluide;
c est la cohésion ou le seuil de cisaillement du fluide;
η est la viscosité dynamique et
D est la vitesse de cisaillement.
12
Ainsi, pour le coulis d’injection ou le fluide de Bingham, il est requis de générer une pression
minimale (seuil de cisaillement - c) pour amorcer son déplacement (écoulement). De plus, la
perte de charge sera plus grande étant donné sa consistance plus visqueuse (η).
L’utilisation de coulis stable est souvent citée dans la littérature. Les coulis stables sont des coulis
denses, soit de faible rapport e/c, dont les propriétés mécaniques finales et la résistance au
lessivage sont élevées. Les coulis de rapport e/c inférieur à 1 sont considérés comme des coulis
stables donnant un mélange plus homogène et un risque de séparation de la phase liquide et
solide (sédimentation, filtration et ressuage) moins élevé (Hässler, Hakansson, & Stille, 1992b).
La cohésion d’un coulis stable est plus élevée, mais peut être cependant réduite à l’aide d’additifs
de type superplastifiant.
Le coulis d’injection est thixotrope et sensible à la température, c’est-à-dire que ses propriétés
rhéologiques varient avec le temps et selon la température du milieu dans lequel il est injecté. De
plus, le coulis est un fluide viscoplastique. Alors le coulis progresse dans le milieu, la pression
d’injection diminue et celui-ci devient de moins en moins fluide, se changeant finalement sous sa
forme solide. Le résultat de l’injection est donc difficile à prévoir parce que les paramètres du
coulis varient avec le temps. Ce phénomène n’est pas pris en compte dans cette étude.
13
[2.8]
À noter que ; soit le rapport entre la viscosité dynamique du fluide sur la masse volumique
du fluide.
L’équation 2.8 montre à quel point la diffusion du coulis d’injection dépend du choix du coulis et
de la pression d’injection et que le phénomène est très sensible à l’ouverture hydraulique (valeur
au cube). Cette relation est appelée loi cubique et est valable pour un fluide incompressible
circulant selon un écoulement laminaire (1D) et sous un régime permanent entre deux plaques
lisses, parallèles, horizontales et espacées de ah (Fransson,1999).
théorique élémentaire dont les fractures comportent des plans lisses, d’ouverture constante et sans
matériaux de remplissage.
Figure 2-8 : Représentation des paramètres influençant sur la distance parcourue du fluide
(Rahmani (2010)).
[2.9]
L’injection à la fondation du barrage assure une étanchéité de manière à éviter des fuites d’eau du
réservoir sous celui-ci. Pour ce faire, une série de forages est planifiée à proximité de la fondation
de manière à construire un rideau ou un tapis d’injection. Les trous de forage primaires sont
espacés de 6 à 12 mètres de sorte à bâtir une étanchéité hydraulique suffisante pour contenir la
charge hydraulique du futur ouvrage. Le patron de forage montre généralement une configuration
15
en quinconce. Des trous secondaires et tertiaires peuvent être requis sur le site si le massif
rocheux est très fracturé ou si une fracture plus importante est interceptée localement.
Chaque trou de forage est injecté par section, couramment appelé passe d’injection. La passe
d’injection est délimitée à l’aide d’un ou de deux obturateurs (packers). Ce dispositif permet de
confiner la pression sur une courte longueur de forage et ainsi assurer une pression suffisante à la
propagation du coulis et surtout de recouper précisément une zone fracturée. Le tout est
représenté à la Figure 2-9.
La pratique recommande des passes de trois à cinq mètres à une pression de 25 à 35 kPa/m et de
succession ascendante ou descendante dépendamment de la qualité du massif rocheux. À titre
d’exemple, le massif rocheux présent sur le site du projet Eastmain est de bonne qualité et les
passes mesurent cinq mètres. L’injection se termine par le refus d’absorption, c’est-à-dire lorsque
le débit d’injection devient nul ou lorsqu’une absorption minime est observée durant une période
de temps prédéterminée (Houlsby, 1990).
16
Afin de pallier aux incertitudes décrites ci-haut, Lombardi et Deere (1993) développent la
méthode du GIN (Grouting Intensity Number ou intensité d’injection). Cette méthode consiste à
utiliser un seul mélange de coulis, un coulis stable, et à modifier la pression selon le volume
absorbé. Un essai de perméabilité à l’eau est d’abord réalisé pour déterminer les paramètres
critiques d’injection, soit la pression critique (Pmax - bars) et le volume maximal (Vmax -
litre/minute).
17
Figure 2-10 : Comparaison des critères limites de la méthode traditionnelle (a) et du GIN (b)
(Lombardi (2008)).
Par contre, les données in situ ne sont pas facilement disponibles, ce qui rend la définition des
paramètres critiques incertaine et encore catégorisée comme étant empirique. C’est pourquoi
certains experts sont réticents à la pratique du GIN. Bruce (2011) conteste la légitimité du GIN.
Le GIN fixe des critères de limites, mais le refus d’absorption pour certaines fissures peut se
présenter avant même l’atteinte d’une diminution de la perméabilité. De plus, Bruce affirme que
la perméabilité devrait être utilisée dans les critères de design plutôt que la limite d’absorption de
coulis. L’auteur souligne que les pressions maximales sont trop hautes, ce qui pourrait causer
l’hydrofracturation, et que les volumes maximaux, à de faibles pressions, ne sont pas suffisants
aux remplissages des plus larges fissures. Bruce croit également que la méthode n’est pas facile à
reproduire sur le terrain. Effectivement, le GIN doit être utilisé en présence d’équipements
modernes pour le monitoring en temps réel et avec un personnel spécialisé pour pouvoir repérer
la présence d’hydrofracturation. L’auteur souligne aussi que le GIN n’est pas reproductible pour
tous les cas, la méthode pouvant être trop conservatrice ou bien simplement non applicable.
18
Aussi, il se peut qu’il soit nécessaire de redéfinir le volume maximal ou la valeur GIN pendant le
processus.
Lombardi préconise l’utilisation du coulis stable. Puisqu’un coulis stable est constitué d’un
mélange de ratio e/c supérieur à un, son utilisation est de plus en plus suggérée avec des pressions
supérieures aux critères actuellement utilisées. Cependant, ceci requiert un suivi plus maintenu
pour éviter le soulèvement ou la propagation de fractures. Cette méthode pourrait également être
appliquée en parallèle avec la méthode « Real Time Grouting Control ».
Une méthode plus récente est basée sur le contrôle en temps réel de l’injection (« Real Time
Grouting Control »). Cette méthode est beaucoup plus proactive et oblige un suivi continuel des
paramètres d’injection. En effet, le suivi en simultané de la pression, du débit et du temps
d’injection peut révéler des conditions relatives aux fractures telles que l’hydrosoulèvement. Le
relevé systématique de ces indicateurs permet d’ajuster ceux-ci en temps réel et le développement
de modèles numériques permet de meilleures prédictions sur le comportement du système
(relation entre la rhéologie du coulis et les paramètres hydromécaniques des fractures) (Stille, H.,
Gustafson & Hässler, 2012). Cette méthode fait l’objet de plusieurs études et les conclusions
tirées de celles-ci sont favorables à son utilisation.
La pression d’injection est choisie de sorte à assurer un bon débit d’absorption, une bonne
pénétration, à contrer la pression d’eau présente dans les fractures et à ne pas créer de
soulèvement ou de fracturation. Les critères pour le choix de la pression d’injection sont
empiriques et basés essentiellement sur l’expérience et l’épaisseur du couvert.
La pression d’injection prescrite en Amérique du Nord est de 1 psi par pied de couvert, soit
approximativement 25 kPa/m, et ce peu importe les conditions géomécaniques du massif rocheux
et le type de coulis à injecter. Ce critère reste d’ailleurs conservateur en comparaison avec la
grandeur de la composante verticale due au poids du couvert rocheux. En Europe, les pressions
d’injections sont plus élevées, soit 1 bar par mètre de couvert ou 100 kPa/m. En Norvège, les
19
pressions d’injection sont encore plus élevées, allant entre 500 à 1000 kPa par mètre de couvert,
notamment en raison de la présence de massifs rocheux de bonne qualité.
Dans la littérature, il est souvent question d’optimiser la méthode d’injection par le choix d’une
pression d’injection favorisant l’équilibre entre une bonne pénétration du coulis sans qu’elle ne
provoque de fracturation ou de soulèvement plastique. Toutefois, il arrive que l’augmentation des
pressions d’injection pour ouvrir élastiquement les fractures ne soit pas nécessaire et que d’autres
critères d’arrêt répondent davantage aux objectifs du concepteur. Dans certains cas,
dépendamment de la qualité du massif rocheux et de la nature de l’ouvrage, il est possible de
privilégier un écoulement du coulis plutôt que sa diffusion sous pression. Par exemple le fait
d’injecter des fractures pour une cellule nucléaire ou pour des fondations d’une digue ne
comporte pas les mêmes enjeux sur l’environnement. Il est à noter qu’il existe plusieurs critères
d’arrêts et qu’il ne va pas sans dire que ceux-ci doivent être choisis en lien avec les objectifs des
travaux.
Le critère de 25 kPa/m est fixé de façon indépendante des conditions géomécaniques du terrain.
Or, le nombre de fractures et l’ouverture des fractures influencent la perte de pression du coulis.
L’abaque de Houlsby (1990) décrit des critères empiriques en fonction de la qualité du massif
rocheux qui est définie entre autre, selon la quantité et la géométrie des familles de fractures ainsi
que la résistance en compression de la roche.
La Figure 2-11 expose les pressions d’injection maximales possibles en fonction de la profondeur
de la passe. Le critère nord-américain se situe dans la gamme de pressions d’injection suggérée
pour un massif rocheux de faible et de moyenne qualité. Selon cet abaque, le choix du critère 25
kPa/m est donc conservateur pour la qualité du massif rocheux retrouvé dans le Bouclier
Canadien.
d’injection en deçà de Pmax (équation 2.10). La relation est valable pour un massif rocheux
compact fissuré. L’expression équivaut approximativement au critère de 25 kPa/m.
[2.10]
10
15
jusqu'à la surface (m)
20
25
30
35
40
45
50
Figure 2-11 : Abaque (américain) des pressions d’injection maximales en relation avec la hauteur
du couvert de roche (Houlsby, 1990; Stille & al., 2012).
L’abaque présenté à la Figure 2-12 expose des pressions d’injections maximales beaucoup plus
élevées que celles utilisées en Amérique du Nord. Effectivement, le critère empirique nord-
américain se situe en deçà du critère de pression d’injection dans un massif rocheux de faible
qualité.
21
Le critère empirique européen se situe entre les pressions d’injection suggérées pour un massif
rocheux de moyenne et de bonne qualité. Le critère est comparable à trois fois la valeur de la
contrainte gravitaire du couvert rocheux. Les normes en Europe sont nettement supérieures à
celles retrouvées en Amérique.
10
15 Pressions
jusqu'à la surface (m)
d’injection
20 utilisées en
Suède
25
30
35
40
45
50
Figure 2-12 : Abaque (européen) des pressions d’injection maximales en relation avec la hauteur
du couvert (Stille et al., 2012).
Les abaques basés sur la qualité du massif rocheux constituent un bon outil pour le choix des
pressions d’injection quoiqu’ils négligent l’effet de la fluidité du coulis. Effectivement, la
cohésion et la viscosité du coulis influencent la distance parcourue et la pression du fluide dans la
fracture. Stille et coll. (2012) présentent un critère basé sur la distance parcourue du coulis et la
, H
La Figure 2-13 présente les valeurs ciblées répondant à un critère basé sur la distance parcourue
et la hauteur du couvert. L’axe des ordonnées correspond au rapport de la pression d’injection sur
le critère classique européen (~100 kPa/m). L’axe des abscisses correspond au rapport de la
distance parcourue (R) sur la hauteur du couvert rocheux (h). Des pressions d’injection plus
élevées sont possibles lorsque le rapport R/h est faible. Un faible rapport R/h indique un moindre
risque de soulèvement puisque la contrainte due au poids du couvert de roche appliquée à la
fracture est grande et donc, probablement plus élevée que la pression du fluide. Aussi, un faible
rapport pourrait indiquer que le coulis parcourt une faible distance et donc, qu’il est dense et qu’il
perd rapidement de sa pression.
2010; Gu & Su, 2009; Kim, Kaiser, & Grasselli, 2007; Maadikhah & Mortazavi, 2009; Rahmani,
2010; Roberge, 1998; Zhang & Sanderson, 1998). L’avantage de la méthode des éléments finis
est qu’elle offre une plus grande flexibilité quant à la définition de l’hétérogénéité, l’anisotropie,
les conditions frontières et le comportement linéaire ou non des matériaux. Cependant, la
méthode des éléments distincts permet de valider le caractère unique de chaque fracture (Backers
2010).
Maadikhah et Mortazavi (2009) utilisent le logiciel UDEC afin de vérifier l’influence de certains
paramètres sur la propagation de coulis dans une section perpendiculaire au forage. Dans leur
étude, les modèles ont un patron régulier et sont soumis à des contraintes axiales équivalentes.
Les paramètres nécessaires au modèle sont l’ouverture des joints, la rigidité normale à la fracture,
la pression d’injection, l’espacement entre les joints et leur orientation, la viscosité et la cohésion
du coulis et la pression in situ. Le modèle et ses paramètres font l’objet de la Figure 2-14.
Figure 2-14 : Propriétés du modèle et ses conditions frontières (θ = 45° et β = 30°, 60° ou 90°)
(Maadikhah & Mortazavi (2009)).
Les résultats sont tous en accord avec la théorie, à savoir que la pénétrabilité augmente avec
l’augmentation de l’ouverture, la baisse de la rigidité normale, et l’augmentation de la pression
d’injection. La diminution de la pression in-situ et de la pression d’eau augmente également la
pénétrabilité du coulis. Une augmentation de la cohésion du coulis diminue la distance parcourue.
L’orientation des fractures influence la propagation du coulis. Effectivement, tel qu’observé dans
la Figure 2-15, le cas de deux familles de fractures perpendiculaires (β =90°) est plus favorable à
une propagation uniforme autour du forage.
24
a) b) c)
Figure 2-15: Géométrie des modèles (a) β = 30°, (b) β =60° et (c) β =90° (Maadikhah et
Mortazavi (2009).
Hässler et coll. (1992b) vérifient également l’influence de la densité des fractures et l’orientation
des fractures sur la pénétrabilité du coulis. L’analyse prend en compte le facteur temps, soit plus
particulièrement l’effet du temps de prise sur le patron de propagation. Les auteurs utilisent leur
propre programme implémenté, nommé PaWorks, qui décrit la circulation d’un fluide de
Bingham dans un modèle 1-D de fracture (équation 2.9). De plus, le code permet de tenir compte
de la présence de l’eau et de l’inclinaison de la fracture.
(A) (B)
Figure 2-16 : Pénétration d’un coulis avec propriétés constantes (A) et d’un coulis avec propriétés
variant selon le temps et considérant le temps de prise (B) suite à une injection à une pression de
1 MPa à l’intersection du point (0 m, 25 m) (Hässler et al. (1992b)
25
En résumé, ils remarquent un effet non négligeable de la densité de fractures sur la diffusion du
coulis. L’orientation de la fracture (horizontale ou verticale) influence la propagation en
impliquant l’effet de la gravité. Finalement, la Figure 2-16 montre que l’hypothèse de propriétés
constantes du coulis produit un patron de diffusion différent pour un temps d’injection t.
La modélisation d’un massif rocheux étendu amène un grand nombre d’éléments à définir et une
lourdeur au modèle. Afin de réduire le temps de calcul, plusieurs auteurs utilisent un modèle
d’écoulement 1D et de géométrie 2D (Hässler, Håkansson et al. 1992; Eriksson, Stille et al. 2000;
Rahmani 2010). Selon Hässler et coll. (1992), l’hypothèse du modèle d’écoulement 1D est
valable étant donné que le coulis a une portée limitée, c’est-à-dire la distance de propagation est
beaucoup plus faible à la dimension du modèle. Un modèle numérique bidimensionnel simulant
l’injection dans un réseau de fractures est avantageux parce qu’il est beaucoup plus réaliste et
qu’il tient compte de la perte de charge du coulis dans les fractures ainsi que le caractère unique
de chaque fracture (Rahmani, 2010). Ainsi, la modélisation permet de valider rapidement la
distance parcourue en fonction des paramètres du coulis et du réseau de fractures. Les
conclusions de l’auteur indiquent, entre autres, que la propagation du coulis est en majeure partie
influencée par les propriétés des fractures, soit essentiellement l’ouverture.
Contrairement aux autres auteurs, Wang et coll. (2003) sont d’avis qu’un modèle à large échelle
est beaucoup plus représentatif de la perméabilité réelle d’un massif rocheux et diminue par le
fait même l’effet des troncatures. Ils utilisent un modèle à deux systèmes de fractures pour
simuler un massif rocheux de grande échelle. Comme la perméabilité est essentiellement
contrôlée par les grandes fractures et que le réseau de fines fractures contribue également à
transporter un grand volume d’eau, le modèle de grandes fractures traversant une matrice de
roche fracturée constitue une option intéressante (Figure 2-17).
Fractures Network) du modèle numérique UDEC. La trace, l’orientation, la persistance ainsi que
l’ouverture sont définies respectivement selon la loi de puissance, la distribution de Fisher, la loi
de Poisson et la loi log normale.
Figure 2-17: Modèle avec deux systèmes de fractures. Les grandes fractures sont présentes à
l’intérieur d’une matrice de roche fracturée.
Le logiciel UDEC est fréquemment utilisé pour la modélisation de l'injection dans un réseau de
fractures. Par contre, il existe d’autres logiciels qui peuvent aussi être utilisés pour modéliser la
propagation d'un fluide: COMSOL (Rahmani 2010) et PaWorks (Gustafson & Stille 1996). Les
logiciels comportent cependant des limites. Par exemple, le logiciel UDEC ne considère pas les
problèmes de filtration ou de sédimentation pouvant freiner la propagation. La prise et la
variation des propriétés du coulis sont également des facteurs qui ne sont pas considérés dans la
définition des paramètres de ces logiciels.
Gustafson et Stille (1996) ainsi que Rahmani (2010) considèrent les hypothèses suivantes :
Le réseau de fractures d’un massif rocheux dessine des blocs et leur déplacement
élastique normal ou en cisaillement est contrôlé par une loi linéaire.
CHAPITRE 3 MÉTHODOLOGIE
(3.1) du choix du logiciel. Une description du logiciel UDEC est d’abord présentée et des
cas simples simulant le comportement mécanique et hydromécanique d’un massif rocheux
sont validés en lien avec l’objectif spécifique du projet.
(3.2) du développement du modèle numérique. Dans cette section, il sera question des
données de terrain disponibles et leur application dans la définition du modèle. Découlant
des analyses préliminaires exposées dans la section 3.1, certaines hypothèses ont été
posées afin de prendre en compte les limites du logiciel. Ces résultats serviront à mieux
comprendre l’injection du coulis dans un modèle final à plus grande échelle et comportant
plusieurs fractures.
Le massif rocheux fracturé peut être comparé à un assemblage de blocs, où chaque bloc est
déformable, puisqu’il peut être subdivisé en maillage triangulaire d’éléments. La circulation du
fluide dans le modèle n’est possible qu’à travers le système de fractures car les blocs sont
imperméables par définition.
Les détails du code numérique et des calculs du logiciel UDEC sont exposés dans la section
ANNEXE A.
Les prochaines sections consistent à comparer les résultats numériques aux modèles analytiques.
Le modèle étant élémentaire, il est facilement et rapidement vérifiable par calcul. D’abord, le
modèle à deux blocs rectangulaires permet de valider les contraintes maximales en traction et en
cisaillement à appliquer sur un bloc avant que celui-ci ne se déplace de façon irréversible et que
le modèle devienne instable. Ensuite, le modèle à deux blocs imbriqués permet de valider le
phénomène de résistance en cisaillement et en traction en présence de fluide sous pression. Les
propriétés de la roche du modèle correspondent aux valeurs moyennes pour un granite
(Gudmundsson, 2011).
Le modèle à deux blocs est soumis uniquement à la gravité et les frontières du bloc du bas sont
fixées. Le modèle est présenté à la Figure 3-1. Le comportement de la roche est décrit par le
modèle linéaire élastique (E et ν) et les propriétés sont exposées dans le Tableau 3-1. La masse
volumique de la roche est de 2700 kg/m3.
30
Figure 3-1 : Modèle à deux blocs pour l’analyse du comportement mécanique de la fracture.
La modélisation du modèle implique deux étapes. La première étape consiste à paramétrer les
propriétés mécaniques du matériel et de la fracture du modèle, à appliquer l’influence gravitaire
sur celui-ci ainsi qu’à fixer les frontières de manière à ce que le bloc ne se déplace qu’en réponse
à une contrainte. La deuxième étape comporte l’application d’une contrainte, soit en traction ou
tangentielle, de sorte à déterminer la contrainte maximale avant d’initier le déplacement plastique
du bloc. Le déplacement plastique se caractérise par l’apparition d’un déséquilibre des forces du
modèle et se traduit par un état de rupture. Quant au déplacement élastique, il est plutôt lié aux
propriétés élastiques du modèle et à la convergence du calcul numérique indiquant un état stable
du modèle. L’approche par essai-erreur permet de trouver les contraintes ou les pressions de
fluides critiques au soulèvement. Ces dernières sont testées par incrémentation maximale de 10
kPa. Les détails du code numérique sont fournis à l’ANNEXE B.
Dans cette section, la contrainte en traction nécessaire au soulèvement du bloc est évaluée en
fonction des paramètres géomécaniques de la fracture. Ainsi, une contrainte en traction σs est
uniformément appliquée sur toute la frontière supérieure du bloc du haut comme le présente la
Figure 3-2. Les comportements de la fracture sollicitée sous contrainte normale sont décrits par le
modèle linéaire élastique (Kn). Les propriétés de la fracture diffèrent selon les cas et sont
présentées au Tableau 3-2.
31
[3.1]
Le Tableau 3-3 présente les valeurs de contrainte en traction appliquée sur le bloc supérieur du
modèle avant d’y observer son soulèvement et permet d’apprécier l’écart entre les solutions
analytiques et numériques.
Figure 3-3 : Représentation graphique des vecteurs déplacement pour le cas 1. À gauche, le bloc
supérieur est soumis à une contrainte en traction de 135 kPa et le déplacement maximal est de
0,03mm. À droite, le bloc supérieur est soumis à une contrainte en traction de 135.1 kPa et le
déplacement maximal est de 61,22 mm.
Pour le cas 2, un écart de 6% entre les solutions est observé puisque le modèle numérique montre
une contrainte normale à la fracture non-uniforme alors que la solution analytique suppose une
distribution uniforme des contraintes au contact des deux blocs.
La Figure 3-4 présente le profil de la contrainte normale à la fracture pour le cas 1 dont les
valeurs de Kn varient entre 4 et 4 000 GPa/m. Lorsque le coefficient de rigidité normale Kn est
égal à 4 GPa/m, la contrainte normale à la fracture est nulle à l’application de la contrainte en
traction maximale, soit à 135 kPa. Cependant, en variant Kn, il y a une rupture progressive qui se
produit à 135 kPa et le contact entre les plans de la fracture n’est ainsi pas uniforme. C’est cette
rupture progressive qui explique le faible écart entre les valeurs théorique et numérique de
contrainte de traction requise pour soulever plastiquement le bloc.
33
50
45
Contrainte normale à la fracture kPa
Kn=4GPa
40 Kn =40GPa
35 Kn=4000GPa
30
25
20
15
10
5
0
0 5 10 15 20
Axe fracture horizontale (m)
Figure 3-4 : Profil de la contrainte normale sur la fracture à limite de la contrainte menant au
soulèvement (135 kPa).
Dans cette section, la contrainte nécessaire au déplacement tangentiel du bloc est évaluée en
fonction des paramètres de résistance de la fracture. La résistance au cisaillement correspond à la
contrainte de cisaillement nécessaire pour initier un déplacement plastique parallèlement au plan
de la fracture. L’adhérence des plans de la fracture est due au profil de rugosité sur ceux-ci, à
l’angle de frottement résiduel, aux contraintes normales au contact de la fracture et à la présence
de coulis ou de matériau de remplissage.
La contrainte tangentielle (σs) est uniformément appliquée sur la frontière latérale gauche du bloc
supérieur et les frontières latérales du bloc inférieur sont fixées pour éviter son déplacement
comme le montre la Figure 3-5. Le modèle est soumis à différentes combinaisons de paramètres
de résistance au cisaillement qui sont présentées au Tableau 3-4. Les comportements de la
fracture sollicitée sous contrainte normale et en cisaillement sont décrits par le modèle linéaire
élastique (Kn et Ks) et le modèle linéaire de Mohr-Coulomb (Φ et Cf).
34
Le Tableau 3-5 présente les valeurs de contrainte tangentielle maximale appliquée sur le bloc
supérieur du modèle avant d’y observer un déplacement vers la droite. Les solutions analytiques
et numériques y sont comparées.
Tableau 3-5: Effet des paramètres liés à la résistance au cisaillement (Φ, Ѱ et Cf) sur la contrainte
tangentielle limite au déplacement
35
Pour les cas 1 et 2, les résultats analytiques et les résultats numériques correspondent très bien.
La réponse du modèle numérique soumis à une contrainte tangentielle lorsque les paramètres liés
à la résistance au cisaillement sont nuls (cas 1) est illustrée à la Figure 3-6. Le modèle de gauche
est stable alors que le modèle de droite montre un déplacement plastique du bloc. À la Figure 3-7,
la stabilité du modèle de gauche est traduite par la diminution des forces en déséquilibre
(convergence de la solution) et correspond à un déplacement très faible, dit élastique, alors que le
déplacement tangentiel du modèle de droite engendre une augmentation des forces en
déséquilibres (convergence vers une constante non-nulle) et correspond à un déplacement non-
négligeable, dit plastique.
Figure 3-6 : Représentation graphique des vecteurs déplacement pour le cas 1. Respectivement à
gauche et à droite, le bloc supérieur est soumis à une contrainte en tangentielle de 0,01 kPa et
0,50 kPa. Le déplacement maximal est de 14,7 mm (déplacement élastique) comparativement à
19,3 mm (déplacement plastique).
(maximum unbalanced force)
Forces en déséquilibres
L’effet de l’angle de dilatance est étudié dans le cas 3 et se traduit par un déplacement normal
associé à mouvement en cisaillement sur les plans de la fracture lorsqu’il y a présence
d’aspérités. À la Figure 3-8, le modèle numérique présente un déplacement normal lié à l’angle
de dilatance et le bloc est ainsi déplacé vers le haut ou vers le bas dépendamment si sa valeur est
positive ou négative. Dans le modèle analytique de Patton (1966), l’angle de dilatance est ajouté à
l’angle de frottement (équation 3.2), ce qui augmente la résistance au cisaillement, mais néglige
le déplacement normal associé à celui-ci. L’écart entre les solutions numérique et analytique est
de 11% et est essentiellement expliqué par le déplacement du bloc vers le haut qui réduit
l’importance du cisaillement dans le déplacement du bloc.
Modèle d’un bloc avec une fracture horizontale et deux fractures verticales
Dans cette section, des analyses préliminaires ont pour objectif de valider le phénomène de
soulèvement du bloc sous l’effet d’une pression de fluide en relation avec les différents
paramètres géomécaniques de la fracture. Les paramètres des cas sont présentés au Tableau 3-6.
Dans le modèle présenté à la Figure 3-9, le bloc B1 est encastré dans le bloc B2. Un fluide est
injecté en un point sous le bloc 1. Comme le fluide est peu visqueux, celui-ci perd très peu de
pression dans la fracture. Le bloc B2 est fixe et ses frontières verticales sont soumises à une
contrainte horizontale uniforme P de 100 kPa.
37
Point
d’injection
Figure 3-9 : Modèle à deux blocs encastrés (fractures verticales) et injection en un point.
La modélisation implique deux étapes. La première étape consiste à paramétrer les propriétés
mécaniques du modèle et à appliquer les contraintes aux frontières de sorte à ce que le bloc ne se
déplace qu’en réponse à une pression de fluide. La deuxième étape consiste en l’injection du
coulis. Pour déterminer la pression d’injection maximale avant d’initier le soulèvement du bloc,
les pressions sont testées par incrément maximal de 10 kPa. Les détails du code numérique sont
fournis à l’ANNEXE B.
Le modèle utilise la logique d’écoulement de type stationnaire puisque, en pratique, l’injection se
termine lorsque la pression est stable et que le débit devient nul. Aussi, au moment où le coulis
arrête de circuler dans le modèle, les forces générées par la pression du coulis sont maximales
puisque la pénétration du coulis dans le réseau de fractures est maximale. Le régime stationnaire
marque donc les conditions de soulèvement les plus critiques, ce qui justifie cette approche, sans
compter que les phénomènes transitoires ne sont pas couverts par les besoins du projet. Le coulis
injecté présente des caractéristiques rhéologiques (Tableau 3-7) identiques à l’eau et il y a donc
38
peu de perte de pression dans la fracture. De plus, comme le coulis parcourt une courte distance,
il y a peu de perte de la pression du fluide, ce qui justifie l’hypothèse d’une solution analytique
basée sur une pression de fluide uniforme.
Voici la solution analytique utilisée pour ce cas. La pression de fluide nécessaire au soulèvement
doit être supérieure à la sommation des contraintes verticales dues au poids gravitaire du bloc et
au terme A, ce dernier désignant la contribution de la résistance au cisaillement des fractures
verticales et à la résistance à la traction de la fracture horizontale.
[3.3]
A= 2τ·lf si
ou A= To·Lf si
et
Tableau 3-8 : Pression de fluide critique au soulèvement pour le modèle au bloc avec les fractures
verticales
Le Tableau 3-8 présente les valeurs de pression de fluide critique au soulèvement. Pour les cas 1,
2 et 3, le fluide ne circule pas dans les fractures verticales (modèle avec fractures verticales
imperméables), ce qui permet de relier directement le cisaillement à la contrainte normale aux
fractures verticales. Pour le cas 1, la pression de fluide provoquant le soulèvement de la fracture
horizontale est légèrement supérieure à la contrainte due au poids du bloc alors que, pour le cas 2,
la pression de fluide provoquant le soulèvement de la fracture horizontale est légèrement
supérieure à la contrainte due au poids du bloc et à la résistance au cisaillement des fractures
verticales.
La Figure 3-10 présente la contrainte normale à la fracture horizontale du modèle (cas 1). La
contrainte normale à la fracture n’est pas uniforme puisque la contrainte aux extrémités de la
fracture horizontale est reprise par la déformation des fractures verticales. Cette observation
valide l’écart, toutefois faible, entre les solutions analytique et numérique. Le modèle du cas 3
présente une résistance à la traction le long de la fracture horizontale et une résistance au
cisaillement le long des plans des fractures verticales. Le bloc du cas 3 se soulève à la contrainte
correspondant à la résistance la plus élevée, soit la résistance à la traction dans ce cas-ci.
Le déplacement d’un bloc soumis à une contrainte tangentielle lorsque les paramètres liés à la
résistance au cisaillement sont nuls (cas 1) est illustré à la Figure 3-11. Le modèle de gauche est
stable alors que le modèle de droite montre un déplacement plastique du bloc. À la Figure 3-12,
le modèle de gauche montre un déplacement élastique qui se traduit par une convergence du
modèle à un état d’équilibre alors le modèle de droite expose une rupture (déplacement plastique)
qui ne permet pas l’atteinte de l’équilibre pour ce modèle.
40
160
140
Contrainte normale à la fracture
et Pression de fluide (kPa)
120
100
80
20 Contrainte normale à la
fracture
0
0 2 4 6 8 10
Figure 3-10 : Contrainte normale et pression de fluide appliqué à la fracture horizontale pour le
cas 1 soumis à une pression d’injection de 135 kPa.
Figure 3-11 : Représentation graphique des vecteurs déplacement pour le cas 1. Respectivement à
gauche et à droite, le bloc supérieur est soumis à une contrainte en traction de 140 kPa et 145
kPa. Le déplacement maximal est de 3,0 mm comparativement à 1,8 m.
41
Divergence de la
solution
Figure 3-12 : Convergence de la solution numérique pour les modèles dont le bloc supérieur est
soumis à une contrainte en traction de 140 kPa (à gauche) et 145 kPa (à droite).
Le cas 4 simule la circulation de coulis dans la fracture horizontale et les fractures verticales
(modèle avec fractures verticales perméables). Toutefois, la frontière imperméable en surface
limite la sortie du coulis à l’extérieur du réseau de fracture.
La Figure 3-13 présente le phénomène de la perte de charge du coulis d’injection le long des
fractures du modèle (cas 4). Une diminution de 10 kPa est observé le long de la fracture
horizontale et correspond à la perte de charge normalement attendue pour un fluide comportant
une résistance au cisaillement de 0.1Pa et ayant parcourue une distance de 5m dans une fracture
d’ouverture équivalente à 0.1 mm. Une diminution de la pression du coulis de 55 kPa est
légèrement inférieure à ce qui avait été attendu considérant le poids gravitaire et la résistance au
cisaillement du coulis. Bien entendu, le modèle analytique ne tient pas compte de la déformabilité
de la fracture et de la variabilité de l’ouverture. La Figure 3-14 et la Figure 3-15 montrent la
distribution de l’ouverture le long des fractures (horizontales et verticales) du modèle en parallèle
avec le profil des pressions du coulis dans celles-ci. La relation entre ces paramètres est évidente.
42
160
5
de 10kPa
présence de
1 40
20
0
0
0 50 100 150
0 2 4 6 8 10
Pression de fluide et contrainte normale
à la fracture verticale (kPa) Axe de la fracture horizontale (m)
Figure 3-13 : Distribution de la pression du fluide (pp) et de la contrainte normale résultante (ns)
observées aux fractures verticales perméables (à gauche) et la fracture horizontale (à droite) pour
le cas 4 suite à une pression d’injection de 145 kPa (solution numérique).
140
0,1045
Ouverture de la fracture verticale (mm)
120
ah Pression de fluide (kPa)
0,1035
pp 100
0,1025
80
0,1015
60
0,1005 40
0,0995 20
0,0985 0
0 1 2 3 4 5
Axe de la fracture verticale (m)
Figure 3-14 : Distribution de la pression du fluide (pp) et profil d’ouverture des fractures
observés pour les fractures verticales perméables du cas 4 suite à une pression d’injection de 145
kPa (solution numérique).
43
0,108 146
Ouverture de la fracture horizontale (mm)
0,107
144
0,106 ah
0,104
140
0,103
0,102 138
0,101
136
0,100
0,099 134
0 2 4 6 8 10 12
axe de la fracture horizontale (m)
Figure 3-15 : Distribution de la pression du fluide (pp) et profil d’ouverture des fractures
observés pour la fracture horizontale du cas 4 suite à une pression d’injection de 145 kPa
(solution numérique).
Le prochain cas consiste à valider l’effet du cisaillement sur un modèle constitué de fractures non
verticales. La Figure 3-16 présente ce modèle. Les conditions de ce dernier sont identiques au
modèle précédent à l’exception de l’inclinaison des fractures ainsi que de la surface exposée à la
pression du fluide. Les fractures inclinées sont imperméables au coulis d’injection afin de vérifier
l’effet de la résistance au cisaillement. Les valeurs des paramètres du modèle ainsi que les détails
du code numérique sont fournis à l’ANNEXE B.
Figure 3-16 : Modèle à deux blocs encastrés (fractures inclinées) et injection en un point.
44
L’inclinaison des fractures est favorable au soulèvement vertical du bloc puisqu’il n’y a plus de
contact entre le bloc et le bloc encaissant une fois le mouvement du bloc initié (lorsque la
contrainte gravitaire est équivalente à la pression de fluide sous le bloc). La contrainte normale à
la fracture est donc nulle, et l’effet de l’angle de frottement dans le critère de Mohr-Coulomb ne
se fait plus sentir. Les pressions d’injection enregistrées des cas 1, 2 et 3 sont présentées dans le
Tableau 3-9 et elles sont comparables avec le cas ne présentant aucune résistance de cisaillement.
Tableau 3-9 : Pression de fluide critique au soulèvement pour le modèle au bloc avec les fractures
inclinées
Les résultats qui suivent exposent l’effet de la densité du fluide sur la distance qu’il parcourt. Les
différents paramètres des fluides sont indiqués dans le Tableau 3-10.
Tableau 3-10: Paramètres mécaniques du fluide selon le rapport eau/ciment. D’après l’IREQ
(Saleh, Tremblay, & Mnif, 1995) pour un ciment Portland type 10 - D50 = 0,016mm et
Dmax=0.1mm.)
La pression d’injection est de 1000 kPa au point de forage situé au centre de la fracture du
modèle. L’écoulement est de type stationnaire. Le rayon de propagation varie selon les
paramètres du fluide. L’eau circule très facilement dans la fracture puisque la perte de charge sur
45
la distance parcourue est faible comparativement à un coulis plus visqueux. Selon la relation de
Lombardi, la distance parcourue est proportionnelle à la pression de fluide et à l’ouverture
hydraulique qui sont, elles-mêmes, étroitement reliées. La relation de Lombardi est exposée à
l’équation 2.11. Il est à noter que la valeur de l’ouverture a été choisie indépendamment du
diamètre maximal des grains du ciment puisque le modèle ne tient pas compte de cette dernière.
Les valeurs des paramètres du modèle ainsi que les détails du code numérique sont fournis à
l’ANNEXE B.
Point
d’injection
[3.4]
La Figure 3-18 compare la distance parcourue par le fluide obtenue à l’aide de la méthode
numérique et de la méthode analytique. Dans le cas de l’eau, la solution numérique affiche des
valeurs inférieures à la solution analytique puisque celle-ci atteint la frontière extérieure
perméable à 100 m du point d’injection (effet de bordure). Pour les coulis de rapport e/c de 1 et 5,
la solution analytique sous-estime la distance parcourue puisque cette dernière tient compte d’une
ouverture constante. En réalité, l’ouverture varie comme le montre la Figure 3-19. L’ouverture
initiale de la fracture est de 0,065 mm. Le coulis 1/1 montre une perte de charge plus rapide et
parcourt une trentaine de mètres, soit respectivement la moitié et le tiers de la distance du coulis
5/1 et de l’eau. La relation ouverture et distance parcourue n’est donc pas linéaire.
46
UDEC - eau
1200
Solution analytique - eau
UDEC - coulis 5/1
1000
Solution analytique - coulis 5/1
Pression du fluide (kPa)
400
200
0
0 20 40 60 80 100 120
Distance parcourue (m)
Figure 3-18 : La pression et la distance parcourue du coulis d’injection selon son rapport
eau/ciment
9,60E-05 eau
coulis 5/1
Ouverture de la fracture (m)
8,10E-05
7,60E-05
7,10E-05
6,60E-05
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Distance parcourue (m)
Figure 3-19 : Influence de la pression de fluide sur l’ouverture de la fracture selon le type de
coulis
Plus régionalement, près de la rivière Eastmain, la présence d’une zone de faille introduit un roc
fracturé en blocs. Près du rivage, on remarque la formation de talus à blocaux expliquée par une
présence plus soutenue de joints qui se recoupent. La perméabilité des 20 premiers mètres étant
grossièrement de l’ordre de 10 L/min.m (slug test).
À la fondation du barrage, le rapport de forage indique que les dix premiers mètres montrent des
joints ouverts et que la qualité du massif rocheux se situe entre très pauvre et moyen (0% <RQD
< 60%). Les joints ouverts contiennent du matériel de remplissage. Plus profondément, entre 10
m et 60 m, il y a alternance de bonne (RQD = 60 - 80%) à excellente (RQD = 90 % et plus)
qualité de massif rocheux. Le gneiss présente plus de fractures que la diorite/granite. Les joints
48
La roche présente sur le site du Projet Eastmain a été testée et présente une bonne résistance à la
compression uniaxiale, soit approximativement 100 MPa en moyenne. Les valeurs de cohésion et
de la résistance en traction de la roche intacte, respectivement 28 MPa et 33 MPa, sont estimées à
partir de sa valeur de résistance en compression. Selon la littérature, la résistance à la traction de
la roche est bien en deçà des valeurs de pression d’injection modélisée dans le projet
(Gudmundsson, 2011). La masse volumique du granite est d’environ 2700kg/m3 d’après les
rapports d’investigation du site de barrage Eastmain.
Les valeurs des paramètres définissant le comportement du coulis ont été obtenues à partir d’une
étude de l’Institut de Recherche d’Hydro-Québec (IREQ) sur la stabilité et les paramètres du
coulis (Saleh, Tremblay, Lacasse, & Lapointe, 1996; Saleh et al., 1995). Généralement, le type de
ciment employé est le ciment Portland type 10 et la proportion e/c varie entre 5/1 et 1/1 (volume).
La granulométrie médiane (D50) du ciment se situe entre 12 µm et 16 µm et la granulométrie
maximale (Dmax) est d’environ 100 µm.
La Figure 3-20 présente l’exemple d’un massif rocheux fracturé et sa représentation numérique.
Afin de valider les résultats à l’échelle du massif du rocheux, le modèle doit être simple et limité
aux familles de fractures importantes (trace, persistance et intersection) dans le phénomène de
circulation du coulis et de l’hydro-soulèvement.
La construction du modèle commence par sa délimitation par des frontières extérieures, puis des
discontinuités y sont tracées. Les familles de fractures peuvent être facilement générées en y
définissant des valeurs telles que l’espacement et la persistance. L’injection se fait à l’aide de
nœud de maillage se présentant sur la fracture et correspondant à la position du forage
d’injection. La section [Link] expose les différents éléments de la géométrie des modèles.
Les blocs sont déformables par le biais des éléments finis, c’est-à-dire que chaque bloc est
déformable s’il est subdivisé en maillage triangulaire d’éléments, aussi appelés zones. La densité
du maillage est choisie selon la dimension du modèle et, lorsqu’elle est élevée, celle-ci augmente
la précision du modèle, mais aussi le temps d’analyse. Les modèles de ce projet comptent jusqu’à
15 000 éléments dont la longueur moyenne est de 1m.
Pour chaque élément, contacts ou zones, il est possible d’assigner différentes propriétés et
d’obtenir un modèle très précis et distinct. Dans ce projet, afin de simplifier l’analyse et pour
mieux cerner l’influence des paramètres sur les pressions d’injection limites, il a plutôt été décidé
de construire un modèle comportant des paramètres de valeurs uniformes pour le roc (zones) et
les joints (contacts). Ceux-ci sont respectivement présentés dans le Tableau 3-12 et le Tableau
3-13. La section [Link] présente les justifications pour le choix des paramètres.
Le volume de roche à injecter est confiné dans un massif rocheux infiniment étendu. Pour valider
la distance maximale parcourue par le coulis, celui-ci ne doit évidemment pas se rendre aux
frontières. Pour reproduire ce contexte, les conditions frontières sont d’abord appliquées au
modèle. Puis, les frontières ont été fixées pour mieux confiner le modèle. Cette séquence permet
au modèle de se déformer initialement selon les contraintes in-situ. La section [Link] explique
les conditions appliquées aux modèles.
L’injection du fluide est modélisée sous un régime d’écoulement de type stationnaire. Ainsi, le
résultat correspond à l’atteinte d’un débit nul du coulis dans le modèle, ce qui peut aussi
ressembler au refus d’absorption observé sur le terrain. Les forces causant le soulèvement sont
maximales lorsque le coulis a atteint ses limites et cette situation est associée au cas le plus
critique pour le soulèvement puisque c’est le cas qui génère les forces les plus grandes dans le
modèle. De plus, comme les propriétés du coulis sont considérées indépendantes du temps
pendant l’analyse, les pressions en régime stationnaire sont indépendantes du cheminement du
coulis en fonction du temps. Les paramètres du fluide sont présentés dans le Tableau 3-14. Les
détails concernant l’injection du coulis sont présentés dans la section [Link].
Tableau 3-14 : Paramètres et valeurs rhéologiques du coulis de ciment. D’après l’IREQ (Saleh et
al., 1996) pour un ciment Portland type 10 - D50 = 0,016mm et Dmax=0.1mm.
51
La section suivante présente les paramètres menant à la construction des modèles. Les limites et
les hypothèses du modèle sont basées sur les analyses préliminaires exposées dans la section
méthodologie. Celles-ci seront décrites dans cette section.
Les modèles sont bidimensionnels et analysés en déformations planes. La section des modèles
présente les dimensions de 250 m (en y) et 400 m de largeur (en x). Afin de mieux simuler le
contexte géologique, l’initialisation des contraintes in situ se fait préalablement à la définition des
frontières fixes. La contrainte verticale (σv) in situ est équivalente à la contrainte exercée par le
poids du couvert. À la base (référence à la section [Link]), les contraintes horizontales (σH et σh)
in situ étudiées sont proportionnelles à la contrainte verticale. Le massif rocheux fracturé est
confiné dans un plus grand massif non fracturé (2 zones de maillage) pour faciliter la stabilité des
blocs lors de la mise en place des contraintes in situ ou à l’application des contraintes
horizontales (Figure 3-21). La présence d’une nappe phréatique n’est pas considérée dans le
modèle.
σH = σh et σV = ρ·ɡ·h
Frontière supérieure imperméable (I)
ρ·ɡ·h X
Les quatre modèles de massif rocheux sont présentés à la Figure 3-22. Le cas 1 correspond au
contexte géologique retrouvé aux abords de la rivière Eastmain. Les autres cas sont présentés en
vue d’analyser l’influence de la géométrie du réseau de fractures dans le massif rocheux sur la
pression critique d’injection.
Géométrie 1 Géométrie 2
Géométrie 3 Géométrie 4
Figure 3-22: Géométrie des modèles réalisés. 1) Modèle avec familles de fractures continues
horizontales et verticales. 2) Modèle avec familles de fractures continues inclinées à +/- 45
degrés. 3) Modèle avec familles de fractures discontinues horizontales et verticales. 4) Modèle
avec des fractures désordonnées de géométrie Voronoï.
53
Les équations qui gouvernent le modèle 2D font que les fractures sont des plans infinis dans la
direction normale au plan d’analyse et que le forage d’injection est aussi un plan infini dans la
direction perpendiculaire à la section.
Modéliser l’injection à partir d’un sondage de section droite circulaire dans un milieu semi-infini
par un modèle axisymétrique serait idéal. Toutefois, UDEC ne permet pas d’analyse
axisymétrique pour les problèmes de circulation de fluide. La solution serait donc d’utiliser
3DEC (version tridimensionnelle de UDEC), mais ceci implique une augmentation de la
complexité des analyses et des temps de calcul. Une analyse bidimensionnelle en déformations
planes implique toutefois que la géométrie axisymétrique du sondage ne pourra être respectée, et
donc, ne correspond pas nécessairement à quelque chose qui puisse se transposer directement à la
réalité.
Dans un modèle 2D représentant une section verticale passant par l’axe d’un sondage, la perte de
charge se fait uniquement le long des fractures selon une dimension. L’aire d’injection, soit la
surface sur laquelle la pression d’injection est imposée dans le modèle, est beaucoup plus grande
qu’elle ne l’est dans un sondage axisymétrique pour un volume de roche donné. Les volumes de
fluide injecté sont donc surestimés puisque la pression du fluide est constante dans la direction
normale (axe z) au plan de l’analyse. La Figure 3-23 présente le modèle bidimensionnel tel que
considéré dans le logiciel. Les calculs impliquent que les forces sont constantes en un point
donné dans la direction z.
Figure 3-23 : Représentation tridimensionnelle du modèle 2D. Les directions X et Y sont dans
l’axe de la section analysée et l’axe Z est normale à la section analysée.
Le raisonnement suivant a été réalisé dans le but de comparer les poussées exercées sur les blocs
résultant du modèle 2D UDEC avec des poussées obtenues si cela avait été d’un modèle 3D. Le
modèle 3D aurait été espéré puisqu’il permet une représentation plus fidèle de la réalité.
Toutefois, compte tenu de l’approche simplifiée et de la disponibilité des ressources, le modèle
2D a été choisi pour le projet.
pour cette famille est de 1m. L’espacement des deux familles verticales est de 2r’. Le massif
rocheux est donc formé de blocs de 2r’ x 2r’ x 1 (Figure 3-24).
Approche 3D
La Figure 3-25 illustre un forage d’injection vertical centré sur l’un des blocs. L’analyse suppose
que la distribution de pression d’injection est isotrope (axisymétrique par rapport au forage) et
radiale et qu’elle décroît de façon linéaire de ‘’h’’ à l’axe de forage (r=0) à zéro sur une distance
radiale r (Figure 3-25). La force de poussée à laquelle le bloc est alors soumis correspond à la
résultante des pressions appliquées sous un bloc de 2r’ x 2r’. Cette résultante correspond au
volume de l’intersection d’un prisme à base carrée de côté 2r’ (la base du bloc) et de hauteur h
avec un cône de rayon r (r≥r’) et de hauteur h, h étant la pression au point d’injection qui diminue
linéairement jusqu’à atteindre 0 à la distance r. Ceci défini un cône de rayon r (r≥r’) et de hauteur
h. Ce cône représente la distribution de la pression autour du forage obtenue dans un modèle 3D.
Le volume de l’intersection est alors donné par le polynôme suivant, en fonction du rapport r’/r
pour une valeur de pression h (Corthésy et Leite, communication personnelle).
[3.5]
Figure 3-25 : La perte de charge du coulis dans une fracture horizontale d’un modèle
axisymétrique (3D) de forage d’injection d’un massif rocheux d’un massif rocheux fracturé.
Approche 2D
forme un prisme de section triangulaire dont la longueur est infinie perpendiculairement au plan
de l’analyse. La perte de charge linéaire est considérée dans l’analyse pour simplifier le concept
puisque l’ouverture hydraulique des fractures est considérée constante.
Le cas bidimensionnel est construit tel le modèle UDEC. En transposant le modèle en 3D, le
forage est une tranchée mince dans laquelle la distribution de pression ressemble à un prisme de
section triangulaire dont la longueur est infinie perpendiculairement au plan de l’analyse. La
section de ce prisme a une base de dimension 2r et une hauteur h (Figure 3-26).
Selon cette adaptation à la réalité 3D, la distribution de pression triangulaire exerce une poussée
sur la base du bloc de 2r’ x 2r’. Cette poussée est proportionnelle au volume de l’intersection
d’un prisme à base carrée de 2r’ x 2r’ avec le prisme triangulaire de base 2r (r≥r’) et de hauteur h
(Corthésy et Leite, communication personnelle). Le volume d’intersection de ces deux prismes
est égal à,
[3.6]
Figure 3-26 : La perte de charge du coulis dans une fracture horizontale d’un modèle 2D de
forage d’injection d’un massif rocheux d’un massif rocheux fracturé.
Le volume dessiné par chacune des approches est calculé à l’aide du logiciel AutoCad. En faisant
le rapport entre ces deux volumes, c’est-à-dire le rapport entre la poussée exercée sur un bloc à
base carrée dans le modèle 2D et la poussée réellement exercée en 3D avec une distribution de
pression axisymétrique, on obtient la relation suivante (Figure 3-27) :
58
2
1,9
Rapport des poussées 2D/3D
y = 0,9087x2 - 0,0229x + 1
1,8 R² = 0,9957
1,7
1,6
1,5
1,4
1,3
1,2
1,1
1
0% 20% 40% 60% 80% 100%
Rapport 2r'/2r (%)
Figure 3-27 : Relation des forces de poussées sous le bloc du modèle bidimensionnel et
tridimensionnel en fonction de la distance parcourue par le coulis 2r sous le bloc de largeur 2r’.
À pression égale et en posant l’hypothèse que la distance parcourue par le coulis est identique, la
poussée exercée sur les blocs de roche dans notre modèle 2D est plus forte qu’elle ne le serait
avec un modèle 3D. Les manipulations présentent donc un modèle 2D conservateur puisque, pour
déplacer un bloc, il faudra appliquer une pression plus faible dans ce modèle que pour le modèle
3D. La différence de pression est d’environ 20% lorsque les dimensions des côtés du bloc sont
50% de celles de la limite de distance parcourue par le coulis, et cette différence va en
augmentant lorsque les dimensions du bloc augmentent. Toutefois, étant donné l’objectif du
projet qui est de comparer le critère de 25 kPa/m à des pressions autres, toutes les analyses sont
affectées par le même biais et de ce fait, les différents scenarii peuvent être comparés entre eux.
La roche intacte
Les paramètres mécaniques de la roche dans le modèle des cas 1, 2, 3 et 4 (Figure 3-22)
apparaissent dans le Tableau 3-12. Dans ce projet, la roche n’est pas sollicitée jusqu’à sa rupture
en traction (fracturation hydraulique) puisque l’objectif du projet est en lien avec la déformation
59
élastique de la fracture (soulèvement hydraulique). Sous cette condition, il est alors plus simple
de supposer que la roche soit élastique (modèle linéaire dépendant du module de Young).
La Figure 3-28 expose les déplacements en y (verticaux) enregistrés dans le modèle de massif
rocheux suite à mise en place des contraintes initiales du modèle. Les déplacements plus
importants sont observés près de la surface du modèle et à proximité de la zone fracturée. Les
valeurs de déplacements sont faibles à la base du modèle en raison des frontières fixées (section
[Link]). Les déplacements maximaux sont de l’ordre du 10-5 m et sont observés près de la
surface et du centre du modèle, soit loin de l’influence des frontières fixées. Le fait que les
déplacements des blocs supérieurs sont plus importants résulte également de la déformation des
fractures.
Figure 3-28 : Vecteurs déplacement dans le modèle suite à l’initialisation des contraintes (avant
les passes d’injection). Le modèle de massif rocheux fracturé comporte deux familles de joints
dont l’angle de frottement est de 30º (géométrie 1 de la section [Link]) et les paramètres
généraux du modèle sont présentés dans les tableaux 3, 4 et 5 de la section 3.2.2. K=1, soit les
contraintes horizontales (selon x et z) sont égales aux contraintes gravitaires (selon y).
60
Le déplacement élastique tangentiel à la fracture est décrit par la loi linéaire de Hooke alors que
la rupture en cisaillement des fractures suit le critère linéaire de Mohr-Coulomb (référence à la
section ANNEXE A).
Quant au déplacement élastique normal à la fracture, aussi appelé soulèvement élastique, il est
linéairement dépendant de sa rigidité normale et de la contrainte normale appliquée à celle-ci
(Loi de Hooke). Il est à noter que le modèle de fermeture non-linéaire (Modèle Barton-Bandis) ne
s’applique pas au modèle puisque le projet cible le phénomène de soulèvement de la fracture. La
rupture en soulèvement est contrôlée par la résistance à la traction de la fracture (référence à la
section ANNEXE A).
La dilatance est le déplacement normal associé au déplacement tangentiel dû aux aspérités sur les
plans de la fracture. Toutefois, comme l’influence de l’angle de dilatance sur la résistance en
cisaillement a été négligeable selon les analyses préliminaires, celle-ci n’a pas été considérée.
Les valeurs d’ouverture des fractures (amax, ao et ares) ont été choisies en fonction de la distance
parcourue maximale ainsi que du diamètre moyen des particules de ciment. D’abord, l’ouverture
maximale (amax) des fractures a été restreinte à une valeur minimale pour que la progression du
coulis n’atteigne pas les frontières du modèle. Comme les pressions d’injection et les distances
parcourues maximales sont étudiées dans ce projet, il est donc important que la propagation du
coulis ne soit pas limitée par les frontières imperméables du modèle.
De plus, pour évaluer la distance parcourue par un coulis injecté à une pression maximale et pour
éviter que celle-ci ne soit biaisée par une ouverture plafonnant à la valeur amax. amax a été
paramétrée à une valeur suffisamment grande et raisonnable, soit à 40 fois la valeur de a0. De
plus, pour des fins pratiques, la valeur de l’ouverture initiale du modèle numérique est basée sur
la D50 (granulométrie médiane des particules) du ciment généralement utilisé. La D50 se situe
entre 12 et 16 m et la Dmax est de 100 m. L’ouverture initiale a été fixée à la valeur Dmax afin
de prendre en compte le risque que les particules de ciment ne puissent entrer dans la fracture et
bloquent la progression du coulis (quoique ceci ne soit pas considéré de façon directe dans le
61
modèle numérique). Hormis cette hypothèse, il n’y a aucune considération de l’état du coulis
(thixotropie, température) dans le calcul numérique et, bien que, en pratique, l’injectabilité du
coulis est définie comme étant sa valeur de Dmax inférieure le tiers de l’ouverture de la fracture.
La Figure 3-29 montre l’intervalle des valeurs d’ouverture des fractures. Les valeurs amax, a0, ares
et Kn sont définies par l’utilisateur.
1
kn
Figure 3-29 : Influence des contraintes normales sur l’ouverture et la fermeture des fractures.
La présence de fractures non continues et l’ouverture a une incidence sur la circulation du coulis.
Comme le logiciel ne considère pas les fractures non connectées au système de fractures, il
n’était pas possible de construire un modèle avec des familles de fractures moins fréquentes pour
mieux simuler la condition de ponts rocheux ou de résistance mécanique des épontes de fractures.
Augmenter l’espacement et la trace des familles de fractures réduit la probabilité de points de
jonction. Ceci a pour conséquence de modéliser un massif rocheux très peu fracturé.
Il a été décidé que la cohésion et la résistance à la traction des fractures sont des paramètres
obtenus à l’aide de la résistance en compression de la roche intacte servant à simuler la présence
de ponts de roche intacte en donnant aux discontinuités un pourcentage (1%, 5% et 10%) de la
62
résistance de la roche intacte. Le pourcentage fait référence au rapport des aires moyennes des
discontinuités avec les aires formées de ponts de roche intacte.
Dans le Bouclier Canadien, les contraintes horizontales (σh) sont de l’ordre de 2 à 3 MPa en
surface et elles sont de 2 à 3 fois supérieures aux contraintes verticales (σv). Des analyses
préliminaires du modèle 2D avec des conditions de contraintes similaires au Bouclier Canadien
(rapport σh/σv supérieur à 1 (K > 1) montrent que le coulis finit par atteindre les frontières avant
même de noter le soulèvement des fractures. Puisque le modèle est limité par un nombre maximal
d’éléments distincts, il n’était pas possible d’augmenter les dimensions du modèle. Il faut se
rappeler que les dimensions du modèle sont limitées à 400 m x 250 m (Lxl) pour avoir un
maillage suffisamment serré et un modèle dont le temps de calcul soit raisonnable. De plus, les
dimensions du modèle sont suffisamment grandes pour inclure un rayon de propagation
normalement observé autour d’un forage d’injection puisque le patron d’injection utilisé pour
l’imperméabilisation des fondations de barrages est généralement de 6 m entre les forages pour la
plupart des projets d’Hydro-Québec dans ce type de contexte géologique.
Comme les contraintes horizontales sont plus élevées que la contrainte verticale dans le Bouclier
Canadien, l’apport de la résistance au cisaillement n’est pas négligeable sur les plans de fractures
63
découpant des blocs susceptibles de soulever. L’influence des contraintes est pertinente dans ce
projet.
Frontières extérieures
Lors des travaux d’injection, les fuites de coulis à la surface sont colmatées pour éviter les pertes.
De ce fait, la frontière supérieure du modèle a été définie comme imperméable pour permettre de
simuler cette condition. Les frontières inférieures et latérales, quant à elles, sont suffisamment
éloignées de la zone d’injection de manière à ce que le coulis ne les atteigne pas lors des
simulations d’injection.
Les frontières latérales et inférieures sont fixes. Cette condition permet de simuler le massif
rocheux confiné dans un plus grand volume.
Comme les pressions de fluide sont restées dans les fractures des passes préalablement injectées
de coulis, les fractures sont parfois à la limite de la rupture à la traction et au cisaillement.
Puisque le modèle est déjà fortement saturé en coulis dès les premières passes d’injection, les
passes situées près de la surface présentent un soulèvement à des pressions d’injection très
faibles.
Afin d’éviter ce problème, les pressions de fluide aux passes inférieures à la passe testée sont
remises à zéro. D’autant plus que cette hypothèse simule du même coup le lavage du forage
d’injection à chaque passe. Cette étape assure que l’ouverture des fractures des passes
subséquentes ne soit pas bouchée par du coulis. Bien que les pressions soient remises à zéro
localement dans le forage, une partie du coulis reste dans le réseau puisque son retour est
empêché par la perte de charge, ce qui permet indirectement de simuler la prise du coulis, sans
toutefois modifier la résistance des fractures injectées.
Les passes d’injection sont généralement ascendantes. Ainsi, les pressions de fluides
subséquentes à la dernière passe sont plus faibles. Le coulis ne peut donc pas circuler dans les
64
fractures colmatées par du coulis déjà en place et figé. La solution numérique du logiciel UDEC
tient compte de la saturation du réseau dans les possibilités du coulis à circuler dans le réseau. En
d’autres mots, les pressions déjà existantes dans les fractures (soit le coulis toujours présent après
la remise à zéro des pressions) ne permettent pas la progression du coulis de la nouvelle passe à
condition que la pression de fluide de la nouvelle passe soit supérieure à celle déjà en place.
Thixotropie du coulis
Dans les analyses du projet, les propriétés du coulis ne diffèrent pas dans le temps. Il est toutefois
possible de tenir compte du caractère thixotrope du coulis en ajustant les paramètres de cohésion
et de résistance à la traction aux fractures injectées.
Dans la section 4.3 des Résultats, le modèle est soumis à l’injection selon des passes
descendantes, ce qui implique qu’il y a un temps de cure suffisamment long pour laisser le coulis
atteindre une résistance à la traction/compression maximale. Dans ce modèle, de nouvelles
propriétés ont été conférées aux fractures remplies de coulis supposé figé avant l’injection d’une
passe subséquente. Les valeurs utilisées proviennent des essais de compression et de cisaillement
sur des éprouvettes de béton réparé par du coulis de ciment (Gallagher (2012). Selon ces
résultats, la cohésion et la résistance à la traction spécifiquement associées à un coulis de ciment
sont respectivement de 0,57 MPa et de 1 MPa.
Les propriétés rhéologiques du coulis sont sensibles à la température du milieu à injecter. Malgré
ce fait, l’influence de la température sur la fluidité du coulis n’a pas été considérée dans le
modèle.
La longueur maximale des éléments distincts, aussi appelée arrête, est définie à 5m dans le
modèle et chaque élément est relié à son voisin par des nœuds. Les pressions de fluide sont
calculées aux nœuds, soit à tous les segments de fractures de 5m.
La distance parcourue par le coulis est définie comme étant des nœuds enregistrant une pression
de fluide non nulle. La distance parcourue du coulis n’est pas une donnée précise dans ce modèle.
Elle permet d’apprécier grossièrement l’influence de certains paramètres sur la perte de charge du
coulis parce qu’elle ne peut être relevée qu’à tous les 5m. Toutefois, les pressions d’injections
65
sont testées à des incréments de 10 kPa et, selon la solution analytique, il faut respectivement un
peu plus de 50 kPa et 100 kPa de pression d’injection pour faire parcourir un coulis 5/1 et coulis
1/1 sur une distance de 5m. Ceci étant dit, la solution théorique est valable pour un modèle dont
l’ouverture est constante. Puisque que le modèle UDEC tient compte du processus hydro-
mécanique, il est normalement attendu que la solution analytique soit inférieure à celle du modèle
numérique.
La convergence de la solution est basée sur l’équilibre des forces. Les forces et les déplacements
associés aux éléments des blocs (nœuds du maillage) sont enregistrés à chaque pas de temps.
Dans une analyse de type stationnaire, l’absence de convergence du modèle vers une solution
indique que le modèle est instable et que des déplacements constants peuvent être enregistré aux
nœuds du modèle.
D’après les analyses préliminaires, il est possible de distinguer deux types de déplacement des
blocs. D’abord, le déplacement élastique qui est plutôt lié aux propriétés élastiques du modèle et
à la convergence du calcul numérique. Puis, le déplacement plastique qui se caractérise par des
déplacements constants allant parfois jusqu’à l’état de rupture (Figure 4-21). Cet état est observé
lorsque le coulis atteint la frontière supérieure (surface) et initie le mouvement non-réversible de
la rangée supérieure de blocs qui se soulève.
Gudmundsson, A. (2011). Rock Fractu res in Geological P rocesses: Cambridge University Press.
Saleh, K., Tremblay , S., Lacasse, J.-P., & Lapointe, R. (1996). In jection de la dalle de béton no 3 1 par un coulis stable à ba se de ciment Portland type 10. IREQ.
Saleh, K., Tremblay , S., & Mnif, T. (199 5). Injection de la dalle de béton no 30 par le coulis de ciment Por tland type 10. IREQ.
Gallagher, S. (2012). Mechanica l resis tance of cracked dam mas s concrete repaired by g routing : an experimenta l study (Dissertatio n/Thesis, École Poly technique, Mon tréal, Québec). (MR94981). T iré de http ://p [Link] ly [Link]/1013/ [Link] .[Link]/openurl?url_ver=Z39.88-2004&rft_val_fmt=info:ofi/fmt:kev:mtx :dis sertation&res_dat=xri:pqd iss&rft_dat=xri:pq diss :M R9498 1
Gudmundsson, A. (2011). Rock Fractu res in Geological P rocesses: Cambridge University Press.
Saleh, K., Tremblay , S., Lacasse, J.-P., & Lapointe, R. (1996). In jection de la dalle de béton no 3 1 par un coulis stable à ba se de ciment Portland type 10. IREQ.
Saleh, K., Tremblay, S., & Mnif, T. (1995). Injection de la dalle de béton no 30 par le coulis de ciment Portland type 10. IREQ.
66
CHAPITRE 4 RÉSULTATS
La comparaison des pressions d’injection limites (autrement dit les pressions d’injection
maximales avant que le soulèvement plastique ne se produise) aux pressions d’injection
suggérées par l’industrie est aussi présentée dans cette section.
Les pressions d’injection d’un coulis de ciment 1/1 pour des modèles de géométries différentes
seront comparées à celles obtenues avec le modèle de massif rocheux fracturé de la section 4.1.
(4.3) L’influence de la méthode d’injection. Cette section sert à comparer les pressions
d’injection limites obtenues selon la méthode classique d’injection par passes ascendantes et
selon la méthode d’injection par passes descendantes. L’objectif de cette analyse est de vérifier si
cette méthode permet d’optimiser les pressions d’injection.
67
Dans ce projet, il faut se rappeler que la pression d’injection limite correspond à la pression
maximale d’injection possible avant d’observer une instabilité numérique (déséquilibre des
forces) du modèle. L’approche par essai-erreur permet de trouver les pressions d’injection de
coulis critiques au soulèvement.
Les 5 variables sont: (1) la cohésion et la viscosité du coulis d’injection (en lien avec le rapport
e/c), (2) l’ouverture de la fracture (ah), (3) l’angle de frottement de la fracture (Φf), (4) la
cohésion et la résistance à la traction des fractures et (5) les contraintes dans le massif rocheux.
Les paramètres généraux du roc sont présentés au Tableau 3-12. Les propriétés des fractures et du
coulis sont présentées dans un tableau au début de chaque sous-section.
Forage
d’injection
Le coulis de rapport e/c de 5/1 est utilisé comme mélange de départ dans certains travaux
d’injection parce que sa consistance permet au coulis de parcourir une grande distance dans la
fracture. Lorsque la pression d’injection n’arrive pas à se stabiliser (absorption trop importante),
le coulis est alors épaissi. Un coulis de rapport e/c inférieur à 1 est considéré comme un coulis
stable. Toutefois, un coulis plus dense parcourt une plus faible distance qu’un coulis fluide dû à
sa résistance au cisaillement plus élevée.
Dans les prochaines analyses, les coulis de rapport e/c de 5/1, 1/1 et 1/2 sont étudiés. Ces derniers
sont différents par leur densité, leur viscosité et leur cohésion. Les valeurs de ces paramètres sont
présentées dans le Tableau 4-1. Le modèle de massif rocheux fracturé comporte deux familles de
fractures continues (géométrie 1 de la section [Link]). Les propriétés géomécaniques des
fractures sont disponibles au Tableau 4-1. Les contraintes horizontales sont égales aux contraintes
gravitaires (K=1).
Dans la Figure 4-3, les pressions maximales pour chaque passe et pour les différentes
consistances de coulis peuvent être comparées à la contrainte gravitaire du couvert rocheux (27
kPa/m) et aux pressions prescrites par le critère classique d'injection (25 kPa/m). Les valeurs de
pressions du critère 25 kPa/m sont identifiées dans le graphique pour chacune des passes.
69
La relation «pression d’injection et profondeur» pour chaque passe est sensiblement linéaire pour
les trois types de coulis. À l’exception de la première passe, les pressions limites enregistrées
pour le coulis 5/1 avoisinent les valeurs de pressions associées au poids du couvert. Les coulis e/c
de 1/1 et de 1/2 présentent des pressions limites d’injection plus élevées que le coulis de rapport
e/c de 5/1, ceci correspondant à un écart de l’ordre du 200 kPa pour les passes 1 (35 à 40 m de
profondeur) et 2 (30 à 35 m de profondeur). À de faibles profondeurs, les courbes ont tendance à
se rapprocher puisque la distance à parcourir pour se rendre sous les blocs de la première rangée
est courte et l'effet de la perte de charge du coulis est négligeable.
Contrairement aux autres passes pour le coulis e/c de 5/1, la première passe d’injection de 770
kPa génère une diffusion plus grande puisqu’aucune pression de coulis n’est encore présente dans
le modèle. En supposant le trajet le plus court vers la surface et la perte de charge de 11 kPa/m
(équation 3.4) due à la résistance au cisaillement du coulis 5/1, le coulis atteint effectivement la
surface avec une pression suffisamment grande pour soulever la fracture située au niveau
supérieur du modèle. C’est d’ailleurs ce qui est présenté à la Figure 4-2. Les contraintes normales
sont nulles dans la fracture horizontale près de la surface et dans les fractures verticales à
proximité du forage d’injection, là où les plus faibles contraintes gravitaires et les plus fortes
pressions d’injection sont respectivement attendues. Ce mécanisme est également observé pour
les autres consistances de coulis à l’exception que le soulèvement survient à pressions d’injection
évidemment plus élevées.
Figure 4-2 : Soulèvement de 30 mm observé à l’injection (800 kPa) du coulis 5/1 à la passe 1.
70
5 125 210
Profondeur de la passe d'injection (m)
10 250 380
15 375 560
20 500 730
25 625 870
30 750 1030
35 875 1170
40
coulis 1/2 coulis 1/1 coulis 5/1 poids couvert critère 25 kpa/m
Figure 4-3 : Pressions d’injections limites pour chaque passe avec le coulis de rapport e/c de 5/1,
1/1 et 1/2. Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont celles du critère 25 kPa/m
(bornes inférieures) et celles obtenues pour le coulis de ciment 2/1 (bornes supérieures) pour
chaque passe de 5 m.
La Figure 4-4 permet de mieux comparer la distance parcourue selon le type de coulis utilisé dans
le même modèle de massif rocheux. Comme le coulis de ciment 1/2 est rarement utilisé, la
comparaison ne s’attarde que sur les coulis de ciment 1/1 et 5/1. Pour une même pression
(équivalente au critère 25 kPa/m), le coulis e/c de 5/1, étant plus fluide, circule plus loin dans le
réseau de fractures horizontales que le coulis de rapport e/c de 1/1. Les distances parcourues par
les coulis injectés aux pressions maximales correspondent bien à la solution théorique (équation
3.4). Il y a peu d’écart entre les coulis injectés aux pressions de 25 kPa/m et aux pressions
d’injection limites pour les deux types de coulis. Comme les pressions d’injection maximales et
le critère de pression 25 kPa/m sont comparables pour le coulis 5/1, les distances parcourues sont
très comparables pour les deux cas. En profondeur, le coulis 1/1 montre une augmentation de près
71
de 20% de la pression d’injection sur le critère de 25 kPa/m, ce qui se reflète sur les distances
parcourues. D’après l’équation 3.4, pour un coulis 1/1, chaque 5m parcouru requiert une pression
d’injection d’un peu plus de 100 kPa.
30 25 35 42
35 35 45
48
Figure 4-4 : Distance parcourue à chaque passe selon le critère d’injection et le rapport e/c du
coulis d’injection.
Étroitement liée au phénomène de la perte de charge, l’ouverture hydraulique des fractures est le
principal facteur d’influence dans la mise en place du débit d’injection (équation 2.8) et de la
72
distance parcourue par le coulis (équation 3.4). Les prochaines analyses consistent à évaluer
l’influence de l’ouverture sur la pression d’injection d’un coulis de ciment 1/1, plus couramment
utilisé dans l’industrie. Les propriétés des fractures et du coulis d’injection sont présentées dans
le Tableau 4-2. Le modèle de massif rocheux fracturé comporte deux familles de fractures
(géométrie 1 de la section [Link]). Les contraintes horizontales sont égales aux contraintes
gravitaires K=1.
La Figure 4-5 montre les pressions d’injection maximales de la première passe d’injection (35 et
40 m de profondeur) pour différentes valeurs d’ouverture de fractures. La droite en pointillé
illustrée (945 kPa) correspond à la valeur de la pression de fluide minimale nécessaire au
soulèvement du couvert rocheux, équivalente à la contrainte gravitaire du couvert rocheux, à
condition qu’elle soit uniformément appliquée à la fracture et que l’interaction entre les blocs soit
négligée. Comme le laisse présumer le modèle analytique, le modèle numérique montre une
relation non-linéaire entre la pression d’injection et l’ouverture hydraulique. La relation converge
rapidement vers une valeur asymptote avoisinant la valeur de la contrainte gravitaire du couvert
rocheux. Les plus grandes pressions d’injection sont possibles lorsque l’ouverture des fractures
est de l’ordre du micromètre puisque la perte de charge est plus importante.
La Figure 4-6 décrit la pression d’injection maximale du coulis 1/1 du modèle selon des
ouvertures de fractures de 0.05 mm et de 0.1 mm. Il est possible de constater que la variation des
pressions limites est linéaire et qu’elle est à peu près parallèle à la courbe de la contrainte
73
gravitaire du couvert de roche. La différence entre les deux courbes de pressions d’injection
maximales est d’environ 100 kPa malgré le fait que la valeur de l’ouverture soit doublée.
3500
3000
Pression d'injection d'injection
1,25E-07; 2800
2500
2000
2,50E-06; 1600
(kPa)
1500
5,00E-06; 1200 2,50E-05; 1150 7,50E-05; 1100
1000
945 kPa = contrainte due au poids du couvert rocheux
500
0
0,00E+00 2,00E-05 4,00E-05 6,00E-05 8,00E-05 1,00E-04
Ouverture hydraulique (m)
Figure 4-5 : Pression limite d’injection pour un coulis 1/1 en fonction de l’ouverture d’une
fracture comprise dans la passe située entre 35 et 40 m de profondeur.
0
5 280
135
10 460
270
15 610
405
20 760
540
25 930
675
30 1070
810
35 1150
945
40
coulis 1/1; a0=0.05mm coulis 1/1; a0=0.1mm critère 25KPa/m poids du couvert
Figure 4-6 : Influence de l’ouverture des fractures sur la pression limite d’injection pour un coulis
1/1. Les valeurs présentées sont les pressions d’injection pour un modèle dont les ouvertures des
fractures sont de 0.05 mm et 0.1 mm.
74
La Figure 4-7 présente la distance parcourue par le coulis dans les fractures horizontales de la
passe injectée. En doublant la valeur de l’ouverture du modèle, il est possible d’augmenter la
distance de propagation de manière considérable. Ces valeurs sont comparées avec celles
obtenues à l’aide de la solution analytique basée sur la pression maximale de la solution
numérique (équation 3.4). La comparaison indique que la solution numérique est inférieure à
l’approximation théorique puisque cette dernière est basée sur une valeur d’ouverture constante.
0 0
Profondeur de la passe d'injection (m)
Figure 4-7 : Effet de l’ouverture sur la distance parcourue par le coulis et comparaison entre les
solutions numériques et solution numérique des distances parcourues.
75
Les propriétés des fractures et du coulis d’injection sont présentées dans le Tableau 4-3. Le
modèle de massif rocheux fracturé comporte deux familles de fractures (géométrie 1 de la section
[Link]). Les contraintes horizontales sont égales aux contraintes gravitaires (K=1).
La Figure 4-8 montre les pressions d’injection maximales possibles pour chaque passe effectuée
avec un coulis 1/1 dans un modèle selon la condition A (avec un réseau de fractures où l’angle de
frottement est 0°) et la condition B (avec un réseau de fractures présentant un angle de frottement
de 30°).
D’après les résultats, les relations sont linéaires. Le modèle avec la condition B permet l’injection
à des pressions plus élevées à mesure que la profondeur augmente puisque les contraintes
76
5 180
Profondeur de la passe d'injection (m)
125
10 330
250
15 510
375
20 670
500
25 800
625
30 970
750
35 1100
875
40
coulis 1/1, Φ=30° coulis 1/1, Φ=0° Critère 25KPa/m poids du couvert
Figure 4-8 : Effet de l’angle de frottement des fractures sur la pression limite d’injection pour un
coulis e/c = 1/1. Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont celles du critère 25
kPa/m (borne inférieure) et celles obtenues pour le modèle dont les fractures présentent un angle
de frottement Φ = 30° (borne supérieure) pour chaque passe de 5 m.
La Figure 4-9 montre les pressions d’injection maximales possibles pour chaque passe effectuée
avec un coulis 5/1 dans un modèle selon la condition A (avec un réseau de fractures où l’angle de
frottement est 0°)) et la condition B (avec un réseau de fractures présentant un angle de
frottement de 30°).
77
Les pressions limites d’injection des cas A et B sont très près des valeurs de la contrainte
gravitaire du couvert rocheux, mais toutefois supérieures aux critères 25 kPa/m. La relation entre
la pression d’injection et la profondeur de la passe est linéaire dans les deux cas. La condition A
montre des pressions d’injection légèrement supérieures à la condition B. Ainsi, inversement aux
résultats du coulis 1/1, le modèle aux fractures avec Φ = 0º permet l’injection à des pressions
maximales légèrement plus élevées que celui aux fractures avec Φ = 30º pour les passes en
profondeur (supérieure à 10 m). La Figure 4-9 fait part de cette observation.
125 300
10
250 450
15
375 580
20
500 710
25
625 840
30
750
35
875
40
coulis 5/1, Φ=0° coulis 5/1; Φ=30° Critère 25KPa/m poids du couvert
Figure 4-9 : Effet de l’angle de frottement des fractures sur la pression limite d’injection pour un
coulis e/c = 5/1. Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont celles du critère 25
kPa/m (borne inférieure) et celles obtenues pour le modèle dont les fractures présentent un angle
de frottement de Φ = 30° (borne supérieure) pour chaque passe de 5 m.
La Figure 4-10 présente les vecteurs déplacement aux nœuds du modèle et les distances
parcourues par un coulis 1/1 injectés aux pressions limites dans les modèles dont l’angle de
frottement des fractures est de 30º et 0º. L’angle de frottement n’a pas d’incidence directe sur la
distance de diffusion comme le laisse présumer la solution analytique (Équation 3.4). À des
78
pressions d’injection égales, les résultats ne montrent évidemment aucune différence sur la
distance parcourue pour les conditions A et B.
Diffusion du coulis
Figure 4-10 : Effet de l’angle de frottement sur les déplacements des blocs d’un massif rocheux.
Première passe (40-35m) d’injection du coulis de ciment 1/1 dans le modèle dont l’angle de
frottement des fractures est de 30° (à gauche) et 0° (à droite) à la pression d’injection limite
respective, soit 1100 kPa et 1000 kPa. Le vecteur maximal de déplacement pour le cas de gauche
et de droite est respectivement de 0.236 mm et 0.329 mm.
La Figure 4-11 montre les vecteurs-déplacement aux nœuds des fractures lors de l’injection d’un
coulis de rapport e/c de 5/1. Il est possible de constater une divergence dans l’orientation des
vecteurs-déplacement pour chacun des deux modèles. Le modèle aux fractures à Φ = 0º démontre
un déplacement plutôt local et associé à la présence du coulis sous-pression, alors que le modèle
aux fractures avec Φ = 30º montre un déplacement de plusieurs blocs créé par la cohésion aux
blocs avoisinants (effet d’entraînement). Des déplacements (rotation) des blocs liés au coulis qui
rejoint les fractures en surface sont observées. La rotation des blocs près du forage modifie le
degré de contact entre ceux-ci. Cette observation rend les blocs plus facilement soulevés puisque
le contact des blocs voisins ne crée plus de résistance. La contrainte normale aux fractures
verticales est nulle et le mouvement des blocs est facilement initié.
79
Contrainte
normale
nulle
Figure 4-11 : Effet de l’angle de frottement sur les déplacements des blocs d’un massif rocheux.
Première passe (40-35m) d’injection du coulis de ciment 5/1 dans le modèle dont l’angle de
frottement des fractures est de 30° (à gauche) et 0° (à droite) à la pression limite d’injection de
770. Le vecteur maximal de déplacement pour le cas de gauche et de droite est respectivement de
0.236 mm et 0.448 mm.
La Figure 4-12 présentent respectivement les distances parcourues par les coulis 1/1 et 5/1
suivant leur injection à des pressions limites et au critère d’injection 25 kPa/m. Le coulis 5/1
parcours une distance d’environ deux fois celle du coulis 1/1, ce qui s’explique aisément.
Effectivement, la distance est directement liée à la valeur du seuil de cisaillement du coulis et,
dans le cas du coulis 5/1, son seuil de cisaillement vaut le double de celui du coulis 1/1. Les
conditions A et B pour chaque type de coulis montrent des distances comparables puisque l’angle
80
de frottement de la fracture n’est pas relié directement lié au phénomène de perte de charge
(équation 3.4).
Passe 4 20 25
25 25
Passe 3 35
30 25
Passe 2 35
35 35
Passe 1 45
Passe 7
5 15
Pressions maximales, e/c=5, Φ =0° Cas A
Passe 6
10 25
Passe 5 Pressions maximales, e/c=5, Φ =30°
15 35 Cas B
Passe 4
20 45
Passe 3
25 45
Passe 2
30 55
Passe 1 35 65
Figure 4-12 : Distance maximale parcourue par le coulis de 1/1 et de 5/1 (e/c) injecté à des
pressions d’injection limites et selon le critère 25 kPa/m.
81
Dans un massif rocheux, les fractures sont de grandeur finie et peuvent présenter des ponts de
roche intacte. Construire un modèle avec des fractures de portée finie complexifie l’analyse en
rendant le réseau imperméable pour le cas 2D. Une solution à ce problème consiste à donner une
cohésion et une résistance à la traction aux fractures tout en gardant la continuité des fractures du
réseau. En associant une valeur de résistance mécanique aux discontinuités et en permettant la
circulation du coulis dans le réseau, l’analyse reste conservatrice puisque la poussée est
supérieure à ce qu’elle aurait été générée réellement. En effet, les ponts de roche intacte ne
transmettent pas de poussée puisque, en réalité, le coulis sous-pression n’y est pas présent. Les
prochaines analyses consistent à évaluer l’influence des paramètres de résistance sur la pression
d’injection limite pour un coulis 1/1.
Les propriétés des fractures et du coulis d’injection sont présentées dans le Tableau 4-4. Le
modèle de massif rocheux fracturé comporte deux familles de fractures (géométrie 1 de la section
[Link]). Les contraintes horizontales sont égales aux contraintes gravitaires (K=1).
La cohésion et la résistance à la traction sont des paramètres liés à la résistance de la roche intacte
et peuvent donc être associées à la résistance des ponts de roche. Pour faciliter la construction du
modèle, il a été décidé de pondérer les paramètres de résistance de façon à tenir compte de la
proportion des points de contact dans l’ensemble du réseau (résistance à la traction et cohésion
82
équivalente). Le Tableau 4-5 montre les valeurs des paramètres de résistance de la roche intacte
pondérées
Les relations sont linéaires et à peu près parallèles pour les différents modèles tels que montré à
la Figure 4-13. Due à la résistance à la traction plus élevée des fractures, le déplacement plastique
des blocs survient à des pressions d’injection maximales plus élevées et le coulis circule par
conséquent plus loin dans le modèle. Pour une passe, l’écart des pressions d’injection entre les
différents modèles est à peu près équivalent à la valeur de la résistance à la traction.
0% RI
5 180 440 1 780 1% RI
10 330 620 1 900 5% RI
15 510 780 2 040
20 670 930 2 150
25 800 1 070 2 330
30 970 1 230 2 330
35 1100 1 400 2 400
Tf=333kPa
40
Tf = 1667kPa
Figure 4-13 : La pression d’injection limite pour chaque passe dans un massif rocheux dont les
fractures comportent une résistance à la traction et une cohésion équivalente.
83
Les contraintes horizontales dans le massif rocheux influencent les contraintes normales aux
fractures verticales qui, à leur tour, déterminent l’ouverture hydraulique et la résistance au
cisaillement des fractures. À la pression d’injection limite (Figure 4-14 et Figure 4-15), une
rupture en cisaillement est observée pour un modèle soumis à un σ H = σv contrairement au
modèle σH = 3 MPa démontrant ainsi l’effet des contraintes horizontales sur la résistance au
cisaillement des fractures verticales. Toutefois, la pression limite pour les deux modèles est
identique.
σH = σv
Pression
d’injection limites
du coulis 1/1
Figure 4-14 : Rupture (en bleu) par soulèvement de la fracture pour un modèle soumis à un σH =
σv.
84
σH = 3 MPa
Pression
d’injection limites
du coulis 1/1
Figure 4-15 : Rupture (en bleu) par soulèvement et rupture en cisaillement (en rouge) de la
fracture pour un modèle soumis à un σH = 3 MPa.
Afin d’éviter que le coulis n’atteigne les frontières du modèle avant qu’une rupture soit
observable, les analyses ont été effectuées sur un modèle dont la masse volumique de la roche est
réduite de 1350 kg/m3. Ce matériau ayant un poids volumique plus faible, le phénomène de
soulèvement devrait être observé à des pressions plus faibles, ceci permettant d’étudier l’effet des
contraintes horizontales sur la pression d’injection limite et de valider la distance maximale
parcourue par le coulis. Pour mettre en relation les prochains résultats avec ceux de cette section,
le modèle dont la masse volumique de la roche est réduite à 1350 kg/m3 est non seulement
85
Les prochaines analyses consistent à évaluer l’influence des contraintes horizontales dans le
modèle sur la pression d’injection pour le coulis 1/1. Les propriétés du roc, des fractures et du
coulis d’injection sont présentées dans le Tableau 4-6.
La Figure 4-16 présente les pressions d’injections maximales, pour un coulis 1/1, obtenues dans
un modèle soumis à des contraintes horizontales uniforme de 2.5 MPa, à des contraintes
horizontales égales à trois fois les contraintes verticales et à des contraintes horizontales égales
aux contraintes verticales. Les résultats montrent que les pressions d’injection limites sont
supérieures aux contraintes dues au poids du couvert et qu’elles sont supérieures lorsque l’angle
de frottement des fractures est de 30º, l’écart allant jusqu’à 20%. Ces observations vont dans le
même sens que les résultats précédents. Par contre, la contrainte horizontale n’a pas d’effet sur le
modèle. Soumis à des contraintes horizontales plus élevées que la contrainte gravitaire, les
contraintes normales aux fractures verticales sont évidemment plus élevées. Malgré ce fait, le
modèle montre de très faibles variations quant à la pression d’injection maximale pour chacune
des passes.
86
65
10 210 3*σh=σv; φ=30°; e/c=1/1
130
15 σh=σv; φ=30°; e/c=1/1
300
195 σh=σv; φ=0°, e/c=1/1
20 400
260 poids du couvert rocheux
25 480
325
30 550
390
35 630
455
40
Figure 4-16 : Effet de la contrainte horizontale du massif rocheux sur la pression limite
d’injection pour un coulis 1/1. Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont valables
pour les 3 cas dont l’angle de frottement des plans des fractures est de 0º (bornes inférieures) et
celles obtenues pour les 3 cas dont l’angle de frottement des plans des fractures est de 30º (bornes
supérieures) pour chacune des passes de 5 m.
En comparant le modèle de massif rocheux selon une masse volumique de la roche à 2700 kg/m3
et à 1350 kg/m3, il est possible de remarquer une différence quant à la localisation de la rupture
(Figure 4-17 et Figure 4-18). Pour le modèle dont la masse volumique de la roche est de 1350
kg/m3, le soulèvement de la fracture horizontale à la passe d’injection est observé peu importe la
grandeur des contraintes horizontales (Figure 4-18, Figure 4-19, Figure 4-20).
87
Rupture au niveau de
la fracture horizontale
près de la surface
Figure 4-17: Portrait de la rupture du modèle avec K=1, Φ = 30°, M/V=2700 kg/m3 à pression
d’injection de 1.2 MPa.
Rupture au niveau de
la fracture horizontale
de la passe d’injection
Figure 4-18: Portrait de la rupture du modèle avec K=1, Φ = 30°, M/V=1350 kg/m3 à pression
d’injection de 0.65 MPa.
88
Figure 4-19: Portrait de la rupture du modèle avec K=3, Φ = 30°, M/V=1350 kg/m3 à pression
d’injection de 0.65 MPa.
Figure 4-20 : Portrait de la rupture du modèle avec SH = 2.5 MPa, Φ = 30°, M/V=1350 kg/m3 à
pression d’injection de 0.65 MPa.
contrainte horizontale n'a aucun effet. L'ajout d'une contrainte horizontale supérieure à la
contrainte gravitaire ne change rien à la pression limite dans le cas du modèle étudié.
Les prochaines analyses consistent à évaluer l’influence de la géométrie du modèle sur les
pressions limites et l’hydro-soulèvement. Les propriétés du roc, des fractures et du coulis
d’injection sont présentées dans le Tableau 4-7.
Le modèle illustré à la Figure 4-23 compte des blocs de 2.53 m par 2.53 m dessinés par des
fractures continues et inclinées à +/- 45 degrés. Le modèle offre un réseau de fractures plus serré
et, par conséquent, davantage de connexions pour la circulation du coulis et de blocs plus légers.
Le modèle a été développé afin l’influence d’un assemblage de blocs possiblement plus favorable
au déplacement vertical sur la pression d’injection.
Les pressions d’injection maximales pour le modèle 2 et celles observées pour le modèle avec des
familles de fractures continues horizontales et verticales sont présentées dans la Figure 4-22. Les
résultats indiquent que, pour les passes 1 à 4 (entre 20 et 40 m de profondeur), les pressions
d’injections maximales sont comparables pour les deux modèles. Par contre, les passes
subséquentes (entre 0 et 20 m de profondeur) montrent que le modèle aux fractures inclinées
enregistre des pressions limites plus faibles. Ceci peut être expliqué, par la géométrie et par la
dimension des blocs près de la surface. En effet, la géométrie de ce dernier facilite la rotation ou
la translation des blocs près de la surface. Ces déplacements jouent sur le contact (σn) et la
résistance au cisaillement des plans des fractures, menant ainsi à un soulèvement plastique de la
rangée de blocs à la surface (Figure 4-21). De plus, les blocs près de la surface sont plus
facilement déplacés à cause de leur poids. Les pressions d’injection permises lors des passes à
proximité de la surface approchent les pressions du critère de 25 kPa/m normalement utilisé dans
l’industrie.
Figure 4-21 : Déplacement critique pour le modèle 2 composé de fractures continues et inclinées
à +/- 45 degrés.
91
5
125 330
10
250 510
15
375 670
20
500 800
25
625 970
30
750 1100
35
875
40
Figure 4-22 : La pression d’injection limite pour un coulis e/c = 1/1 dans les modèles 1 (famille
de fractures continues verticales et horizontales) et 2 (famille de fractures continues de +/- 45º).
Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont valables pour le modèle 1 (bornes
supérieures) pour chacune des passes de 5 m.
La Figure 4-23 compare la diffusion du coulis injecté à des pressions maximales pour les modèles
1 et 2. Les pressions de coulis varient entre 0 et 1 MPa. L’orientation des fractures à -45º du
modèle 2 montre une propagation du coulis en profondeur qui s’explique par l’influence du poids
gravitaire propre au coulis. Ceci rend la comparaison de la distance maximale parcourue par le
coulis difficilement comparable pour les deux modèles.
92
Modèle 2 Modèle 1
Figure 4-23 : Patron de propagation du coulis des modèles 1 (famille de fractures continues
verticales et horizontales) et 2 (famille de fractures continues de +/- 45º) après les 8 passes
d’injection à des pressions maximales.
Les familles de fractures du modèle 3 sont générées aléatoirement dans un intervalle de valeurs
choisi par l’utilisateur. Les paramètres de fractures randomisés sont l’angle de pendage, la
persistance et la trace des familles). La Figure 4-24 montre la géométrie asymétrique du modèle.
et que ces dernières sont sensibles au mécanisme de rupture (soulèvement) tel que montré à la
Figure 4-25. Ainsi, pour ce modèle, la géométrie des premiers mètres de socle rocheux influence
les pressions d’injections limites.
Modèle 3 Modèle 1
Figure 4-24 : Patron de propagation du coulis dans les modèles 1 (famille de fractures continues
verticales et horizontales) et 3 (famille de fractures discontinues verticales et horizontales) après
les 8 passes d’injection.
5
125 330
10
250 510
15
375 670
20
500 800
25
625 970
30
750 1100
35
875
40
modèle 3, e/c=1 et Φ=30° modèle 1, e/c=1 et Φ=30° critère 25KPa/m
Figure 4-26 : Pression d’injection limite à chaque passe pour les modèles 1 (famille de fractures
continues verticales et horizontales) et 3 (famille de fractures discontinues verticales et
horizontales). Les pressions d’injection indiquées sur le graphique sont valables pour le modèle 1
dont l’angle de frottement des plans des fractures est de 30º (bornes supérieures) pour chacune
des passes de 5 m.
Dans la Figure 4-27, la propagation du coulis dans le modèle 4 se distingue du modèle 1 par la
présence de fractures sub-horizontales et sub-verticales. La présence de ces fractures tend à
diffuser le coulis de façon radiale. La distance radiale maximale parcourue par le coulis est
comparable pour les géométries 1 et 4. Dans la Figure 4-29, le modèle généré par la
décomposition Voronoï montre des pressions d’injection légèrement supérieures au modèle 1
pour les passes situées entre 25 et 40m de profondeur. Quant aux passes situées entre 0 et 10 m
de profondeur, les pressions d’injection approchent les pressions du critère 25 kPa/m
95
Modèle 4 Modèle 1
Figure 4-27 : Patron de propagation du coulis dans les modèles 1 (famille de fractures continues
verticales et horizontales) et 4 (famille de fractures continues générée par la fonction Voronoï)
après les 8 passes d’injection.
Figure 4-28 : modèle 4 comportant des fractures générées à partir de la fonction Voronoï.
96
230
125
10
250 470
15
375 680
20
500 970
25
625 1070
30
750 1130
35
875
40
modèle 4, e/c=1 et Φ=30° modèle 1, e/c=1 et Φ=30° critère 25 kPa/m
Figure 4-29 : Pression d’injection limite à chaque passe pour les modèles 1 (Fractures continues
verticales et horizontales) et 4 (Fractures continues générées par la fonction Voronoï). Les
pressions d’injection indiquées sur le graphique sont valables pour le modèle 4 dont l’angle de
frottement des plans des fractures est de 30º (bornes supérieures) pour chacune des passes de 5 m.
La méthode de l’injection par passes descendantes peut être envisagée pour optimiser la qualité
de l’injection. L’avantage de passes descendantes est la possibilité de consolider le couvert
fracturé d’abord, pour ensuite injecter les passes subséquentes à de plus fortes pressions. Cette
dernière nécessite toutefois un temps de cure de 24 heures entre les passes. La méthode par
passes descendantes est plus fastidieuse puisqu’elle implique un temps de cure entre les passes
97
pour permettre au coulis de figer. Cependant, cette méthode permet l’utilisation de pressions
d’injection plus élevées à cause des sections supérieures qui servent de toit (Lapointe, 1997).
Les prochaines analyses consistent à évaluer l’influence de la méthode d’injection sur les
pressions d’injection maximales. Les propriétés du roc, des fractures et du coulis d’injection sont
présentées dans le Tableau 4-8. À noter que les propriétés de cohésion et de résistance à la
traction de la fracture font état de la résistance présente une fois le coulis figé.
Les résultats montrent que les pressions d’injection des passes situées entre 0 et 10m sont
similaires aux pressions prescrites par le critère classique de 25 kPa/m. Les pressions des passes
subséquentes, situées entre 10 et 40 m, enregistrent toutefois des pressions supérieures à 3 MPa,
ce qui est largement supérieur à la pression de la pompe d’injection. Ce phénomène est dû à la
présence de fractures imperméables et consolidées par les passes précédentes. Ceci limite
également la distance parcourue par le coulis malgré la forte pression d’injection.
98
La Figure 4-30 expose les résultats d’une modélisation consistant à uniquement consolider les
fractures injectées tout en rendant possible la propagation du coulis dans celles-ci, ce qui se
compare à des passes successives sans temps de cure. Ces résultats sont comparés aux résultats
obtenus par la méthode d’injection classique du massif rocheux.
Selon les analyses à la section 4.1.4, l’augmentation de la pression d’injection maximale doit être
de l’ordre de la résistance à la traction de la fracture. De plus grandes pressions limites
d’injection associée à la présence de coulis «figé» sont observées. La relation n’est pas linéaire et
la courbe des pressions limites d’injection présentée par la méthode des passes descendantes
s’éloigne de celle de la méthode par passes ascendantes. L’écart observé, pour les pressions
limites d’injection des passes situées entre 10 et 40 m de profondeur, est égal à la valeur de la
résistance en traction de la fracture.
Figure 4-30 : La pression d’injection limite pour chaque passe dans un massif rocheux dont les
fractures sont injectées selon la méthode de passes descendantes et ascendantes. Les pressions
d’injection indiquées sur le graphique sont valables pour chacune des passes de 5m du modèle 1
dont l’angle de frottement et la résistance en traction des plans des fractures remplies de coulis
sont respectivement de 30º et de 1 MPa et dont l’injection est de type descendantes (bornes
supérieures).
99
CHAPITRE 5 DISCUSSION
Dans cette section, il est question d’identifier les paramètres influençant le soulèvement des
fractures dans un massif rocheux, de comparer les pressions d’injections obtenues avec le critère
d’injection de 25 kPa/m fréquemment utilisé dans l’industrie et d’émettre quelques critiques sur
le modèle bidimensionnel UDEC.
Les sections de la discussion sont présentées de sorte à suivre l’ordre des sections retrouvées dans
le chapitre Résultats et sont exposées comme suit :
Une discussion générale se trouve à la fin de ce chapitre pour récapituler et mettre en lien les
sections 5.1 à 5.3.
2) l’ouverture de la fracture,
Le rapport e/c contrôle les paramètres rhéologiques et la densité du coulis d’injection qui dictent
la facilité avec laquelle le fluide circule dans un réseau de fracture. Le coulis 1/1 a une résistance
100
au cisaillement et une viscosité plus élevées que le coulis 5/1. Ceci se traduit par des pressions
limites d’injection plus élevées et une distance parcourue plus faible que celles obtenues avec le
coulis 5/1 (Figure 4-3 et Figure 4-4). Dans le cas du coulis 5/1, il circule plus loin dans le réseau
de fractures et génère le soulèvement des fractures à des pressions d’injection se rapprochant du
critère d’injection 25 kPa/m.
D’après les résultats, l’optimisation du critère d’injection est possible en considérant la perte de
charge générée par le seuil de cisaillement d’un coulis. Ce gain est spécifiquement observable en
profondeur puisque la courbe «pression d’injection - profondeur» s’éloigne de la courbe du
critère d’injection 25 kPa/m (Figure 4-3). De plus, l’optimisation de la pression d’injection est
envisageable puisque les pressions limites d’injection de ce projet sont associées au soulèvement
des fractures horizontales. Rappelons-nous que, pour notre modèle, la distance parcourue dans les
modèles par le coulis dépasse la réalité observée sur le terrain. La surestimation de la diffusion du
coulis vient de l’impossibilité d’introduire des paramètres rhéologiques variant dans le temps
(thixotropie), de simuler une perte de charge radiale et de considérer la variabilité des ouvertures
des fractures (étranglements) dans le modèle.
La perte de la charge hydraulique est non seulement associée aux paramètres rhéologiques du
coulis, mais elle est aussi proportionnelle à l’ouverture hydraulique (Équation 3.4). Les résultats
obtenus correspondent bien à la théorie. L’ouverture hydraulique influence effectivement les
pressions limite d’injections et les courbes «pressions d’injection – profondeur» (Figure 4-6)
indiquent une possibilité d’optimiser le critère d’injection en lien avec l’ouverture hydraulique.
L’intérêt du modèle numérique UDEC est en grande partie dû à sa prise en charge du processus
hydromécanique. La relation non-linéaire entre l’ouverture hydraulique et les pressions limites
d’injection a pu être identifiée (Figure 4-5). Il a été intéressant de valider les pressions limites
d’injection pour différentes valeurs d’ouverture hydraulique, ceci nous informant du besoin
d’identifier ces valeurs lors des campagnes d’investigation. Toutefois, il a été nécessaire de
choisir l’intervalle des ouvertures en fonction des dimensions du modèle. Effectivement, compte
tenu des distances parcourues par le coulis, les valeurs des ouvertures choisies sont très faibles,
mais la possibilité d’une valeur limite de pression d’injection (asymptote) supérieure à la
101
contrainte due au poids du couvert rocheux semble envisageable. Cependant, il y a une nécessité
d’investiguer pour des valeurs d’ouverture réellement injectables.
D’après les résultats, les pressions d’injections maximales obtenues pour les modèles avec
fractures dont l’angle de frottement est de 0° ou de 30° sont supérieures pour le coulis 1/1 (Figure
4-8). L’influence de l’angle de frottement en lien avec la résistance au cisaillement n’a pas été
complètement confirmée. Puisque le modèle ayant été soumis à différentes conditions de
contraintes n’a pas montré de rupture en cisaillement (section 4.1.5), l’influence de la résistance
au cisaillement n’a pas pu être observée.
Toutefois, d’après les comparaisons entre les modèles, il y a une influence de l’angle de
frottement sur les déplacements des blocs du massif rocheux. Le modèle dont les fractures
comportent un angle de frottement de 30° montre des déplacement de blocs situés à l’extérieur de
la zone de diffusion du coulis, ce qui laisse supposer l’influence du cisaillement le long des
fractures verticales lors du soulèvement des fractures horizontales (Figure 4-10).
Les résultats (Figure 4-13) montrent que le gain en pressions d’injections est proportionnel à la
valeur de la résistance à la traction des fractures. L’avantage d’utiliser les paramètres de
résistance des fractures est la simplicité de l’analyse et de la construction du modèle, puisque le
modèle reste élastique. Cette hypothèse demeure une solution envisageable pour construire un
modèle bidimensionnel adapté à la réalité du terrain dont les fractures sont de portée infinie dans
la direction normale à la section analysée. Par contre, cette avenue exige une calibration du
modèle basée sur des essais sur le terrain.
102
Le ratio des contraintes horizontales sur celles verticales rencontré dans le Bouclier Canadien se
situe généralement entre 2 et 3. Cette condition est favorable à la fermeture des fractures
verticales. Il est raisonnable de supposer que la résistance au cisaillement développée le long de
ces fractures limite le soulèvement des fractures horizontales.
Les résultats indiquent étonnamment que les pressions d’injection maximales sont sensiblement
identiques pour les différents cas de contraintes horizontales appliquées sur le modèle. Le
mécanisme de rupture est similaire à celui observée aux précédentes analyses de ce projet à
l’exception qu’il est situé à la passe injectée au lieu de la surface. Comme les contraintes
gravitaires sont plus faibles, les pressions d’injections sont nécessairement plus faibles. Ceci
laisse supposer que la rupture (déplacement plastique) survient au niveau des fractures
horizontales de la passe d’injection parce que le coulis n’atteint pas les fractures horizontales en
surface plus critiques au soulèvement.
Comme l’instabilité provient de l'ouverture des fractures horizontales sur lesquelles la contrainte
horizontale n'a aucun effet, le modèle ne permet pas de s’avancer sur l’influence de l’état des
contraintes du massif rocheux. L’influence des contraintes horizontales mérite une investigation
plus soutenue.
D’après les résultats, les pressions d’injection limites sont supérieures aux contraintes dues au
poids du couvert (σv) pour toutes les conditions de contraintes étudiées (Figure 4-16). Quant à
l’influence de l’angle de frottement, elle est prouvée en partie par le modèle. Toutefois, comme
l’effet des contraintes horizontales n’est pas démontré, l’effet de la résistance au cisaillement et
de l’angle de frottement n’a pas pu être étudié comme il était prévu.
D’après les résultats (Figure 4-22, Figure 4-26 et Figure 4-29), le mécanisme de soulèvement est
identique pour toutes les géométries de massif rocheux. Le soulèvement des blocs en surface est
observé et les pressions limites d’injection sont supérieures au critère d’injection 25 kPa/m. Pour
tous les modèle de géométrie, les pressions d’injections observées pour les passes situées en
profondeur sont comparables. Toutefois, les modèles 2 et 4 montrent des pressions d’injection
plus faibles que les modèles 1 et 3 étant donné la petite dimension des blocs. Le relevé des
discontinuités, surtout localisées en surface, pourrait être avantageux afin d’identifier les familles
de joints dessinant des blocs susceptibles au soulèvement.
L’injection par passes descendantes consiste à injecter les fractures de la surface vers les
profondeurs. Cette méthode rend possible l’injection à de plus fortes pressions, puisque le toit de
la passe est déjà imperméabilisé et consolidé. Les résultats confirment que la pression d’injection
maximale pour chaque passe est plus élevée avec cette méthode (Figure 4-30). L’inconvénient
avec cette méthode est la présence de coulis figé dans les fractures depuis les passes précédentes,
ce qui limite la diffusion du coulis. La relation n’est pas tout à fait linéaire puisque la
consolidation des fractures permet d’élever la pression d’injection d’une valeur égale à la
résistance en traction.
(1) L’interprétation des pressions relevées par le modèle repose sur la conceptualisation du
modèle 2D en 3D. La perte de charge cependant simulée dans le plan du modèle et les pressions
de fluides restent constantes selon l’axe perpendiculaire à la section du modèle. Ceci a pour effet
de surestimer la pression que le fluide exerce sur les blocs. Ainsi, le modèle 2D utilisé dans nos
analyses va causer un soulèvement à des pressions plus faibles que la réalité tridimensionnelle.
Tout dépendant des dimensions des blocs soulevés relativement à la distance parcourue par le
coulis, les pressions d’injection appliquées sur le terrain par rapport à celles obtenues de nos
analyses pourraient suivre le ratio présenté à la Figure 3-27. Par exemple, si les côtés de la base
carrée d’un bloc sont d’une longueur égale à la distance parcourue par le coulis, la pression
appliquée en pratique pourrait être 1.9 fois plus élevée que celle prédite par notre modèle.
(2) Le mécanismes d’instabilité observé dans le modèle est le soulèvement des fractures à
la surface du massif rocheux et des fractures horizontales de la passe injectée. L’instabilité du
modèle liée à la résistance au cisaillement des structures verticales n’a pas pu être étudiée puisque
le modèle ne permet pas de s’avancer sur l’influence de l’état des contraintes dans le massif
rocheux. D’ailleurs, une investigation plus profonde de l’influence des contraintes horizontales
sur l’hydro-soulèvement fait partie des recommandations de l’étude.
(3) La nécessité de relever les propriétés des fractures en surface ainsi que leur orientation
dans l’espace permet l’identification des blocs susceptibles au soulèvement. En lien avec la
rupture des fractures observée près de la surface du massif rocheux, la méthode d’injection avec
des passes descendantes pourrait s’avérer une avenue intéressante. Ceci permettrait d’injecter à
des pressions supérieures au critère actuel d’injection sans risquer de soulever les fractures en
surface puisqu’elles seraient déjà consolidées.
(4) L’effet des paramètres géomécaniques des fractures (ouverture hydraulique, angle de
frottement, résistance à la traction) et des propriétés du coulis (seuil de cisaillement) sur la
pression d’injection est observable sur ce modèle. Les résultats du projet correspondent à ce qui
avait été recensés dans la littérature. Le projet propose donc de considérer l’influence de ces
paramètres afin d’optimiser le critère empirique actuellement utilisé de 25 kPa/m qui ne tient
compte que de la contrainte gravitaire du couvert rocheux.0 27235&silo_library=GEN01
1
105
Les travaux d’imperméabilisation des fondations d’ouvrages de retenue d’eau utilisent l’injection
de coulis de ciment. Dans plusieurs cas, la pression d’injection appliquée est basée sur le critère
empirique de 25 kPa par mètre (1 psi/ft) de couvert rocheux, ne tenant ainsi pas compte des
conditions géomécaniques du site.
La présente étude porte précisément sur l’influence des paramètres géomécaniques sur la pression
d’injection. Par le biais d’un modèle numérique bidimensionnel d’un massif rocheux fracturé, il
est ainsi tenté de mieux comprendre le comportement du massif rocheux injecté ainsi que la
dispersion du coulis dans les fractures à des pressions d’injection limite au soulèvement.
UDEC est un logiciel d’éléments distincts bidimensionnel qui est idéal pour simuler la réponse
d’un modèle présentant une géométrie complexe de fractures. Les modèles numériques de ce
projet, quoique bidimensionnels, peuvent rapidement nous renseigner sur la réaction du massif
rocheux suite à son injection. Le modèle bidimensionnel comporte certaines limites et hypothèses
complexifiant l’interprétation des résultats parce que celui-ci ne peut simuler la propriété
thixotropique du coulis et la perte de charge du coulis dans le plan perpendiculaire à la section
étudiée.
La Figure 6-1 affiche les différents résultats dans l’abaque des pressions d’injection proposé par
Houslby (1990). Bien que le massif rocheux modélisé soit de bonne qualité, la grande majorité
des données se mobilise dans la catégorie du massif rocheux de qualité moyenne. Il est
intéressant de souligner que la pression d’injection maximale obtenue par le modèle dépasse le
critère d’injection et qu’il y a une linéarité dans la plupart des relations «pression d’injection-
106
profondeur» pour les différents paramètres. Cette observation révèle une certaine correspondance
avec le critère actuel.
Figure 6-1 : Récapitulation des résultats des différentes analyses en lien avec les critères
d’injection actuels.
Les pressions d’injection calculées par le modèle UDEC ne sont pas représentatives de la réalité.
Il reste que le modèle proposé est un bon outil pour débuter les analyses.
6.2 Recommandations
Afin d’approfondir les connaissances liées au phénomène de soulèvement et l’optimisation des
opérations d’injection, il est proposé de développer sur les sujets suivants
(1) Développer un modèle pour l’étude de l’influence des paramètres géomécanique sur les
pressions limites d’injection avec 3DEC. Le modèle bidimensionnel donne une piste intéressante,
mais le caractère tridimensionnel du phénomène de l’injection rend impossible la comparaison
directe des pressions de soulèvement à celles observées à la réalité. Le modèle 3D permet de
simuler la diffusion radiale du coulis et ainsi mieux reproduire l’effet de la pression du coulis sur
le système de fractures du massif rocheux.
107
Les effets des contraintes horizontales et de la résistance au cisaillement sur les pressions
d’injection devront aussi être étudiés avec le modèle 3D car le modèle 2D n’est pas en mesure de
démontrer leur effet. De plus, puisqu’il n’a évidemment pas été possible dans cette étude, l’effet
d’un système de fracture parallèle à la section étudiée pourra être considéré dans l’analyse du
modèle 3D.
(2) Valider le modèle avec des données de terrain. Originalement, il avait été considéré de faire
une rétro-analyse des travaux d’injection d’une fondation de barrage. Puisque les données de
terrain ne permettaient pas de générer ce type d’analyse, la géométrie des systèmes de fractures et
le relevé des paramètres géomécaniques du site ont été déduits.
Il serait intéressant de procéder à des bancs d’essais sur le terrain ou en laboratoire dont l’objectif
principal serait de générer des pressions d’injection provoquant le soulèvement. Le suivi de
l’ouverture des fractures pourrait provenir d’un capteur relevant les déplacements installé à la
surface à proximité du forage. Ces observations pourront être utilisées pour faire le parallèle entre
les pressions d’injection proposée par le modèle numérique et les pressions maximales
d’injections réelles relevées.
(3) Vérifier l’effet de la méthode d’injection. En lien avec le mécanisme de rupture observé dans
ce projet, il est proposé de vérifier la possibilité d’injecter sans risquer le soulèvement en
consolidant les fractures en surface. La méthode d’injection par passe descendante, en lien avec
la théorie du bloc (Key Block Theory - Shi 1985) serait une avenue intéressante. La théorie du
bloc consiste à déterminer le potentiel de rotation ou de translation des blocs formés par un
système de fractures.
Des essais sur le terrain viseraient à comparer les pressions limites d’injection suite à l’injection
classique par passes ascendantes et l’injection par passes descendantes.
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111
Bloc et zone
Figure A-1 : Représentation des blocs rigides selon la méthode des éléments distincts (à gauche) ;
Représentation des blocs déformables subdivisés en zones (à droite).
Contact et domaine
La circulation du fluide dans le modèle n’est possible qu’à travers le système de fractures car les
blocs sont imperméables par définition. Les fractures sont représentées par les aires de contact
entre deux blocs qui définissent les conditions frontières aux blocs. Les fractures perméables
permettent l’écoulement du fluide dans l’espace entre deux blocs, aussi appelé domaine.
112
Lois de comportement
Plusieurs lois du comportement mécanique sont déjà implémentées dans UDEC. Le nombre et la
nature des paramètres à entrer dépendent du modèle de comportement choisi pour les fractures
(contact) et la matrice rocheuse (zones).
Entre autres, le modèle linéaire de Coulomb et le modèle non linéaire de Barton-Bandis sont
mieux adaptés à la réalité du comportement mécanique des fractures. De plus, il est possible
d’augmenter la représentativité du modèle en assignant différents paramètres à chaque fracture et
à chaque segment d’une même fracture. Quant au matériau formant les blocs, le modèle linéaire
Mohr-Coulomb et le modèle non linéaire Hoek et Brown sont généralement utilisés pour définir
la résistance de la roche formant le massif.
Plusieurs types d’analyses sont disponibles pour la circulation de fluide en fonction du régime
d’écoulement (transitoire et stationnaire) et du type de fluide utilisé (compressible ou
incompressible).
Certains phénomènes inhérents à l’injection de coulis ne peuvent par contre être considérés tels
les problèmes de filtration ou de sédimentation pouvant freiner la propagation. La prise et la
variation des propriétés des coulis dans le temps sont également des facteurs non considérés lors
de la définition des paramètres.
Dans le logiciel UDEC, le fluide ne circule que dans les fractures. La conductivité hydraulique de
ces dernières dépend essentiellement de leur ouverture.
La propagation de fluide dans le réseau de fracture peut entrainer plusieurs réponses mécaniques
telles qu’un soulèvement, une fermeture ou une propagation de la fracturation. Un changement
mécanique engendre à son tour un changement sur la réponse hydraulique, soit une augmentation,
une baisse ou un arrêt du débit du fluide. Une étude sur l’injection des massifs fracturés implique
donc une analyse en couplage hydromécanique.
113
Le couplage hydromécanique implique une solution itérative en quatre étapes. Chaque étape est
présentée dans les sous-sections 1.2.1 à 1.2.4. La Figure A-2 montre l’interrelation des variables.
À chaque pas de temps, les quatre variables sont recalculées jusqu’à l’équilibre du modèle.
Figure A-3 : Pression du fluide sur les contacts des blocs : F est la force exercée par le fluide sur
le contact, P est la pression exercée par le fluide sur le contact, n·L est l’aire sur laquelle la
pression du fluide s’exerce.
La figure A-3 montre que la force du fluide appliquée sur l’ouverture est en fonction de la
pression du fluide dans le domaine et de l’aire de l’ouverture. La pression du fluide dépend de la
pression d’injection, de la cohésion du fluide et de la perte de pression hydraulique. La pression
du fluide s’additionne aux contraintes dans le massif s’exerçant aux contacts des blocs. C’est la
contrainte normale effective qui influence la déformation de la fracture. Elle est nulle à la limite
du soulèvement hydraulique. Cet état peut être observé avec l’outil graphique ‘’OPEN’’ de
UDEC.
théorie de la mécanique des fluides le stipule, le débit du fluide dans une fracture suit la loi
cubique. Cette dernière idéalise la fracture comme deux plans parallèles infinis et lisses.
Figure A-4 : À gauche, explication graphique du débit hydraulique (Q) qui est en fonction de
l’ouverture au cube, du coefficient de perméabilité et du gradient de pression hydraulique.
Dans le logiciel UDEC, le débit d’un fluide de Bingham se calcule selon l’équation de
Buckingham (Équation A-1). Cette équation est valable pour fluide s’écoulant selon un régime
laminaire et stationnaire dans un conduit de rayon r. L’équation de Buckingham montre que le
débit dépend de la cohésion et la viscosité du fluide ainsi que la pression hydraulique.
[A-1]
Le déplacement normal à la fracture, noté Δa, dépend à la fois des contraintes normales
s’exerçant sur la fracture et de la rigidité normale à la fracture. La figure A-5 expose la loi de
Hooke qui fait l’analogie entre le comportement mécanique de la fracture et celui du ressort. Ce
modèle stipule que la fracture se déforme de façon élastique et proportionnelle à la constante de
115
Figure A-6: À gauche, schématisation d’un essai de cisaillement à contrainte normale; À droite,
graphique présentant la relation non linéaire de la contrainte normale (σn) en fonction de la
fermeture de la fracture (un)
Contrainte en
compression
où Δa est le déplacement des épontes de l’ouverture
Contrainte en
traction
La figure A-6 montre la relation entre l’ouverture et la contrainte exercée sur la fracture. Les
paramètres d'ouverture maximale (amax) et résiduelle (ares) sont déterminant dans le calcul du
débit. Afin d’obtenir un débit représentatif de l’ouverture mécanique, les limites sont choisies de
sorte à inclure les valeurs d’ouverture possible des fractures lors de l’injection à de fortes
pressions. Le coefficient de rigidité Kn (MPa/m) correspond à la pente de la relation ouverture en
116
Cette section présente les codes numériques et les solutions analytiques associés aux modèles
préliminaires et est divisé selon les analyses avec une contrainte uniformément appliquée sur le
bloc (section B1) et avec une pression de fluide appliquée sous le bloc (section B2)
Les cas suivants présentent un bloc soumis à une contrainte en traction (modèle 1) et en
cisaillement (modèle 2) et sans pression de fluide.
Code numérique
Étape 1 : mise en place des contraintes
config
round 1E-2
edge 2E-2
block 0,0 0,10 20,10 20,0 ; Dimension du bloc
crack (0,5) (20,5) ; Géométrie de la fracture
gen edge 1 ; Longueur maximale de l’arrête du maillage (discrétisation)
Paramètres
Tableau B-1 : Modèle à deux blocs – Résistance à la traction
Les cas suivants présentent un bloc sous lequel le coulis est injecté en un point sous le bloc 1.
Code numérique
Étape 1 : mise en place des contraintes
reset disp ; Mise à zéro des déplacements dus aux contraintes in-situ
Paramètres
Tableau B-3 : Modèle à deux blocs imbriqués – fractures verticales – analyse avec injection
Tableau B-4 : Modèle à deux blocs imbriqués – fractures inclinées - analyse avec injection
B3 Modèle à deux blocs superposés – injection dans une fracture (section [Link])
Le cas suivant présente une fracture soumise à l’injection d’un fluide aux propriétés rhéologiques
similaires à l’eau, au coulis eau/ciment de 5/1 et au coulis eau/ciment de 1/1.
Code numérique
Étape 1 : mise en place des contraintes
Tableau B-5 : Modèle à deux blocs superposés –analyse de la distance du coulis d’injection
; Définition des paramètres de déformation élastique (module de Young et module de cisaillement) du roc
;group zone 'User:gneiss dioritique'
;zone model elastic density 2.7E3 bulk 2.22222E10 shear 1.66667E10 range group 'User:gneiss dioritique'
;Définition des paramètres géomécaniques des familles de fractures 1 et 2
group joint 'User:joints verticals foliation et diaclase' range 38.5,350.5 40.5,258.5 angle 89.0,91.0
group joint 'User:joints horizontaux' range 19.5,366.5 36.5,264.5 angle -1.0,1.0
joint model area jks 4E10 jkn 4E10 jfriction 30 jperm 0.82 ares 2.5E-5 azero 1E-4 empb 1 expa 3 range group 'User:joints
verticals foliation et diaclase'
joint model area jks 4E10 jkn 4E10 jfriction 30 jperm 0.82 ares 2.5E-5 azero 1E-4 empb 1 expa 3 range group 'User:joints
horizontaux'
;Définition des conditions aux frontières extérieures du modèle ( σxx, 0, σyy) + (0,0,0)*x + (27000,0,27000)*y
insitu stress -6750000.0,0.0,-6750000.0 xgrad 0.0,0.0,0.0 ygrad 27000.0,0.0,27000.0 szz -6750000.0 zgrad 0.0,27000.0 pp 0
boundary impermeable range -4.5,402.5 245.5,258.5 ; frontière supérieure imperméable
boundary xvelocity 0 range -3.5,2.5 -4.5,252.5; frontière latérale gauche fixe
boundary xvelocity 0 range 397.5,402.5 -10.5,253.5 ; frontière latérale droite fixe
boundary yvelocity 0 range -4.5,406.5 -3.5,4.5 ; frontière inférieure fixe
; Application de la gravité
set gravity=0.0 -10.0
; Solution
solve force 500
125
(…)
; Définition des paramètres de déformation élastique (module de Young et module de cisaillement) du roc
group zone 'User:gneiss dioritique'
zone model elastic density 2.7E3 bulk 2.22222E10 shear 1.66667E10 range group 'User:gneiss dioritique'
;Définition des paramètres géomécaniques des familles de fractures 1 et 2
group joint 'User:joints verticals foliation et diaclase' range 93.5,321.5 101.5,260.5 angle -45.0,135.0
joint model area jks 4E10 jkn 4E10 jfriction 30 jperm 0.82 ares 2.5E-5 azero 1E-4 empb 1 expa 3 range group 'User:joints
verticals foliation et diaclase'
;Définition des paramètres géomécaniques du forage d’injection
group joint 'User:forage injection' range 196.5,205.5 118.5,252.5 angle 89.0,91.0
joint model area jks 4E10 jkn 4E10 jcohesion 4e6 range group 'User:forage injection'
;Définition des conditions aux frontières extérieures du modèle ( σxx, 0, σyy) + (0,0,0)*x + (27000,0,27000)*y
insitu stress -6750000.0,0.0,-6750000.0 xgrad 0.0,0.0,0.0 ygrad 27000.0,0.0,27000.0 szz -6750000.0 zgrad 0.0,27000.0 pp 0
boundary impermeable range -4.5,402.5 245.5,258.5 ; frontière supérieure imperméable
boundary xvelocity 0 range -3.4499,2.8087 -4.7199,252.5788; frontière latérale gauche fixe
boundary xvelocity 0 range 397.1015,402.6647 -10.2831,253.9696; frontière latérale droite fixe
boundary yvelocity 0 range -4.8407,406.1417 -3.3291,4.3203; frontière latérale droite inférieure
; Application de la gravité
set gravity=0.0 -10.0
;Solution
Solve
(…)
127
; Définition des paramètres de déformation élastique (module de Young et module de cisaillement) du roc
group zone 'User:gneiss dioritique'
zone model elastic density 2.7E3 bulk 2.22222E10 shear 1.66667E10 range group 'User:gneiss dioritique'
;Définition des paramètres géomécaniques des familles de fractures 1 et 2
group joint 'User:joints verticals foliation et diaclase'
joint model area jks 4E10 jkn 4E10 jfriction 30 jperm 0.82 ares 2.5E-5 azero 1E-4 empb 1 expa 3 range group 'User:joints
verticals foliation et diaclase'
; new contact default
set jcondf joint model area jks=4E10 jkn=4E10 jfriction=30 jperm=0.82 ares=2.5E-5 azero=1E-4 empb=1 expa=3
;Définition des conditions aux frontières extérieures du modèle ( σxx, 0, σyy) + (0,0,0)*x + (27000,0,27000)*y
insitu stress -6750000.0,0.0,-6750000.0 xgrad 0.0,0.0,0.0 ygrad 27000.0,0.0,27000.0 szz -6750000.0 zgrad 0.0,27000.0
boundary xvelocity 0 range -3.5,3.5 -7.5,252.5; frontière latérale gauche fixe
boundary xvelocity 0 range 397.5,405.5 -3.5,252.5, frontière latérale gauche fixe
boundary yvelocity 0 range -7.5,407.5 -4.5,4.5 ; frontière supérieure droite fixe
boundary impermeable range -4.2247,5.5 248.5,262.5 ; frontière supérieure imperméable
128
; Application de la gravité
set gravity=0.0 -10.0
; solution
solve force 500.0
(…)
; Définition des paramètres de déformation élastique (module de Young et module de cisaillement) du roc
group zone 'roche:Granite'
zone model elastic density 2.7E3 bulk 2.22222E10 shear 1.66667E10 range group 'roche:Granite
129
;Définition des conditions aux frontières extérieures du modèle ( σxx, 0, σyy) + (0,0,0)*x + (27000,0,27000)*y
insitu stress -6750000.0,0.0,-6750000.0 xgrad 0.0,0.0,0.0 ygrad 27000.0,0.0,27000.0 szz -6750000.0 zgrad 0.0,27000.0 pp 0
boundary impermeable range -4.1961,402.691 245.4106,258.455; frontière supérieure imperméable
boundary xvelocity 0 range -3.4499,2.8087 -4.7199,252.5788, frontière latérale gauche fixe
boundary xvelocity 0 range 397.1015,402.6647 -10.2831,253.9696, frontière latérale droite fixe
boundary yvelocity 0 range -4.8407,406.1417 -3.3291,4.3203, frontière inférieure fixe
; Application de la gravité
set gravity=0.0 -10.0
; Solution
solve r_typ local