Idéaux en algèbre linéaire MPSI
Idéaux en algèbre linéaire MPSI
k
X
∀x ∈ E v(x) = f A(x) = f a1 (x), · · · , ak (x) = ui ai (x) ,
i=1
k
X
donc v = ui ◦ ai .
i=1
1
c. On appelle idéal à droite de L(E) toute partie I qui est un sous-groupe additif de L(E) et qui
vérifie
∀u ∈ I ∀a ∈ L(E) u◦a∈I .
2
------------------------------
a. L’implication dans le sens indirect est immédiate.
Supposons donc Ker u ⊂ Ker w. Soit S un supplémentaire de Ker u dans E (on en admet
l’existence). On sait que u induit un isomorphisme (que nous noterons u) de S sur Im u.
Soit, par ailleurs, T un supplémentaire de Im u dans F . Pour tout y dans Im u, posons
v(y) = w u−1 (y) et, pour tout y dans T , posons v(y) = 0G ; on a ainsi défini (de
façon unique puisque T ⊕ Im u = F ) une application linéaire v de F vers G.
Si x ∈ E, alors u(x) ∈ Im u, donc u−1 u(x) est un élément x0 de S, donc de E (pas
nécessairement égal à x), tel que u(x0 ) = u(x) ; puisque Ker u ⊂ Ker w par hypothèse,
on a aussi w(x0 ) = w(x), ce qui se traduit par v u(x) = w(x), on a donc w = v ◦ u.
\k
clairement Ker f = Ker ui , donc Ker f ⊂ Ker v et il existe une application linéaire A de
i=1
E k vers E telle que v = A ◦ f . En posant a1 (x) = A(x, 0, 0, · · · , 0), a2 (x) = A(0, x, 0, · · · , 0),
et ainsi de suite, pour tout x de E, on a
∀x ∈ E v(x) = A f (x) = A u1 (x), · · · , uk (x)
= A u1 (x), 0, 0, · · · , 0 + A 0, u2 (x), 0, · · · , 0 + · · ·
k
X
= ai ui (x) ,
i=1
k
X
donc v = ai ◦ ui .
i=1
c. On appelle idéal à gauche de L(E) toute partie J qui est un sous-groupe additif de L(E) et
qui vérifie
∀u ∈ J ∀a ∈ L(E) a◦u∈J .
3
k
X
- si f ∈ JF , d’après la question b., on peut écrire f = ai ◦ fi , où les ai sont des
i=1
endomorphismes de E, et f ∈ I (car les fi appartiennent à I et I est un idéal à gauche).
Remarque. Si p est un projecteur de direction F (c’est-à-dire Ker p = F ), on peut noter que
JF = L(E) ◦ p = {f ◦ p ; f ∈ L(E)} :
JF est l’“idéal à gauche engendré par p”.
Ce qui précède ne se généralise pas dans un espace vectoriel E de dimension infinie ; l’ensemble
J des endomorphismes de E de rang fini est alors un idéal (bilatère) de L(E) qui n’est pas
de la forme JF .
EXERCICE 3 :
C’est un paysan, l’a 2n + 1 vaches. Quand qu’y met d’côté l’une quelconque d’ses vaches, ben
les 2n qui restent, y peut les répartir en deux sous-troupeaux de n vaches chacun et ayant
le même poids total.
Montrer qu’les vaches, è z’ont toutes le même poids.
Source : Merci à Christophe HÉNOCQ
------------------------------
Soient p1 , . . ., p2n+1 les poids
des vaches (nommées V1 , . . ., V2n+1 , c’est plus pratique que “Mar-
p1
.
guerite”). Soit P = .. ∈ IR2n+1 .
p2n+1
Traduisons l’hypothèse : pour tout i ∈ [[1, 2n + 1]], les vaches Vj (j 6= i) peuvent être réparties en
deux sous-troupeaux de même effectif et de même poids total. Il existe donc des coefficients
ai,j (avec 1 ≤ j ≤ 2n + 1) tels que
• (1) ai,i = 0 (la vache Vi part brouter dans son coin) ;
• (2) ai,j = ±1 si j 6= i ; (le signe dépend du sous-troupeau dans lequel on met la vache
Vj )
2n+1
X
• (3) ai,j = 0 (les deux sous-troupeaux ont même effectif)
j=1
2n+1
X
• (4) ai,j pj = 0 (les deux sous-troupeaux ont même poids total).
j=1
Autrement dit, il existe une matrice A = (ai,j ) ∈ M2n+1 (IR) telle que
• (1) : les coefficients diagonaux sont nuls ;
• (2) : les autres coefficients valent ±1 ;
4
1
.
• (3) : la somme des éléments de chaque ligne est nulle, ce qui revient à dire que X0 = ..
1
appartient au noyau Ker A ;
• (4) : la somme des éléments de chaque ligne, pondérés des coefficients pj , est nulle,
c’est-à-dire P ∈ Ker A.
Nous allons montrer que toute matrice A ∈ M2n+1 (IR) vérifiant les conditions (1) et (2) est
de rang 2n, ce qui signifie que son noyau est de dimension 1. Les conditions (3) et (4)
entraı̂neront alors que les vecteurs P et X0 sont colinéaires, donc que les vaches ont toutes
le même poids.
Soit donc une matrice A ∈ M2n+1 (IR) vérifiant les conditions (1) et (2). Considérons la matrice
extraite B = (aij )1≤i,j≤2n obtenue en ôtant la dernière ligne et la dernière colonne, et
montrons qu’elle est inversible. Son déterminant est
X
D = det(B) = ε(σ) a1,σ(1) . . . a2n,σ(2n) .
σ∈S2n
Les termes diagonaux étant nuls, les seuls termes non nuls du développement de ce déter-
minant sont ceux pour lesquels σ est un dérangement (permutation sans point fixe) de
[[1, 2n]]. Par ailleurs, chacun de ces termes non nuls vaut ±1, donc le déterminant D est un
entier relatif de même parité que le nombre de dérangements de l’ensemble [[1, 2n]]. Si nous
prouvons que ce nombre est impair, la démonstration est achevée.
Soit donc, pour tout k entier naturel non nul, dk le nombre de dérangements de l’ensemble [[1, k]].
Nous allons prouver la relation de récurrence
(R) : dk = (k − 1)(dk−1 + dk−2 ) (k ≥ 3) .
Preuve de la relation (R) : soit k ≥ 3, soit σ un dérangement de [[1, k]]. Il y a k − 1 choix possibles
pour le nombre j = σ(k) ∈ [[1, k − 1]]. Deux possibilités s’excluent alors mutuellement :
- si σ(j) = k, alors la restriction de σ à l’ensemble [[1, k]] \ {j, k} est un dérangement d’un
ensemble à k − 2 éléments, il y en a dk−2 ;
- si σ(j) 6= k, le dénombrement est un peu moins évident. Introduisons pour cela l’ensemble
Ej des dérangements de [[1, k]] tels que σ(k) = j et σ(j) 6= k, puis l’ensemble F des
dérangements
( de [[1, k − 1]]. A tout élément σ de Ej , associons l’élément τ de F défini
τ σ −1 (k) = j
par (en quelque sorte, on “zappe” l’élément k). On
τ (p) = p si p 6= σ −1 (k)
voit facilement que la correspondance
−1
σ 7→ τ est une bijection de Ej sur F, la bijection
σ τ (j) = k
réciproque est τ 7→ σ, avec σ(k) = j . Donc le cardinal de Ej est dk−1 ,
σ(p) = τ (p) sinon
ce qui achève la démonstration.
Revenons à nos vaches... De la relation (R), il résulte que d2n−1 = (2n − 2)(d2n−2 + d2n−3 ) est
toujours un nombre pair, puis on montre par récurrence sur n que d2n est impair :
5
- pour n = 1, d2 = 1 ;
- si d2n−2 est impair (pour n ≥ 2), alors d2n = (2n − 1)(d2n−1 + d2n−2 ) avec 2n − 1 impair,
d2n−1 pair et d2n−2 impair, donc d2n est impair, ce qui achève le troupeau.
******************************
Quelques compléments sur les dérangements, sans plus déranger les vaches qui finiraient par
devenir folles...
La relation de récurrence (R) permet d’écrire une fonction récursive en MAPLE pour calculer
le nombre dn , not der(n) :
n!
et, comme conséquence, l’équivalence dn ∼ .
e
EXERCICE 4 :
Soient P et Q deux polynômes de C[X], de degrés m et n respectivement.
1. Montrer que P et Q ont une racine commune si et seulement si la famille
(P, XP, . . . , X n−1 P, Q, XQ, . . . , X m−1 Q)
est liée dans C[X].
m
X n
X
2. On pose P = ak X k , Q = bj X j .
k=0 j=0
6
4. Un nombre complexe a est dit algébrique s’il annule un polynôme (non nul) à coefficients
rationnels.
Montrer que la somme de deux nombres algébriques est algébrique.
Ecrire un polynôme non nul de Q[X], de plus petit degré possible, admettant pour racine i + j.
Source : Jean-Pierre ESCOFIER, Théorie de Galois, Éditions Masson, ISBN 2-225-82948-9.
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1. Les polynômes P et Q ont une racine commune si et seulement si leur pgcd P ∧ Q est non
constant, c’est-à-dire si et seulement si leur ppcm P ∨ Q est de degré strictement inférieur
à m + n (puisque les polynômes P Q et (P ∧ Q)(P ∨ Q) sont associés). Cela équivaut à
l’existence d’un multiple commun non nul de degré < m + n, ou encore de deux polynômes
U et V non tous deux nuls tels que
UP − V Q = 0 , avec deg U < n et deg V < m .
Une condition nécessaire et suffisante est donc que la famille de polynômes
P = (P, XP, . . . , X n−1 P, Q, XQ, . . . , X m−1 Q)
soit liée.
2. Il suffit de considérer le déterminant (d’ordre m + n) de la famille P dans la base canonique
(1, X, X 2 , . . . , X m+n−1 ) de C m+n−1 [X] :
a0 0 . . . 0 b0 0 ... ... 0
.. .. .. .. .. ..
a1
. . . b1 . . .
.. .. .. .. .. ..
. . 0 . . . .
. . .. ..
. a0 . . 0
SX (P, Q) =
..
a1 bn . b0
..
am 0 . b1
.. .. .. ..
. . .
0 .
. .. .. .. .. ..
. . . . .
. .
0 . . . 0 am 0 ... ... 0 bn
(les n premières colonnes sont constituées des coefficients du polynôme P , que l’on décale
et les m colonnes suivantes des coefficients du polynôme Q, que l’on décale). SX (P, Q) est
le déterminant de Sylvester des polynômes P et Q.
3. On cherche une condition pour que le polynôme P et sa dérivée P 0 aient une racine commune.
Or,
q 0 p 0 0 0 0 p −3q 0
0 p −3q 0
p q 0 p 0 0 q 0 −2p 0
0 0 −2p −3q
SX (P, P 0 ) = 0 p 3 0 p = 0 0 3 0 −2p = −
0 3 0 −2p
1 0 0 3 0 1 0 0 3 0
1 0 0 3
0 1 0 0 3 0 1 0 0 3
7
p −3q 0
−3q = 4p3 + 27q 2
= 0 −2p
3 0 −2p
= SX X 2 + 1, (Y − X)2 + (Y − X) + 1
R(Y )
X 2 + 1, X 2 − (2Y + 1)X + (Y 2 + Y + 1)
= SX
1 0 Y2+Y +1 0
2
0 1 −(2Y + 1) Y + Y + 1
= = Y 4 + 2Y 3 + 5Y 2 + 4Y + 1 .
1 0 1 −(2Y + 1)
0 1 0 1
8
1 2 ··· n n + 1 n + 2 ··· n + m
matrice la permutation σ =
m + 1 m + 2 ··· m + n 1 2 ··· n
et cette permutation a pour signature (−1)mn , on peut la décomposer en produit de mn
transpositions par exemple en échangeant l’élément n successivement avec les m éléments
qui le suivent, puis idem pour l’élément n − 1, et ainsi de suite jusqu’à l’élément 1 ;
• si m = deg(P ) ≥ n = deg(Q) et si R est le reste de la division euclidienne de P par Q, on a
SX (P, Q) = bdeg(P
n
)−deg(R)
SX (P, R) ;
en effet, notons R1 le premier reste partiel dans la division euclidienne de P par Q (le
lecteur est vivement invité à traiter un exemple), en effectuant sur la matrice présentée
am
à la question 2. les opérations sur les colonnes Cj ← Cj − Cm+j (1 ≤ j ≤ n) et
bn
en développant par rapport à la dernière ligne deg(P ) − deg(R1 ) fois, on obtient l’égalité
SX (P, Q) = bdeg(P
n
)−deg(R1 )
SX (P, R1 ), il ne reste plus qu’à itérer.
Cela montre que l’on peut calculer le déterminant de Sylvester de deux polynômes de façon
récursive (cf. procédure ci-dessous) et cela prouve aussi que ce déterminant de Sylvester est
la même chose que le résultant défini dans l’exercice 5 de la semaine 1.
Procédure de calcul récursive :
> result:= proc(P,Q,X):
if (P=0) or (Q=0) then 0
elif degree(Q,X)=0 then lcoeff(Q,X) b degree(P,X)
else (-1) b degree(P,X)*degree(Q,X))*
lcoeff(Q,X) b (degree(P,X)-degree(rem(P,Q,X),X)) *
factor(result(Q,rem(P,Q,X),X))
fi
end;
EXERCICE 5 :
Pour toute matrice A = (aij ) ∈ Mn (IR), on appelle permanent de A le réel
X
per(A) = aσ(1),1 · · · aσ(n),n .
σ∈Sn
9
[
(2) : ∀ G0 ∈ P(G) Φ(g) ≥ |G0 |.
g∈G0
-------------------------------
1. Le permanent est une forme n-linéaire symétrique des n lignes (ou des n colonnes) de la
matrice, il est donc invariant par toute permutation de lignes ou de colonnes.
On peut développer le permanent par rapport à une ligne ou une colonne : si on note Aij
la matrice carrée d’ordre n − 1 obtenue en supprimant de A la i-ième ligne et la j-ième
colonne, on a
Xn
per(A) = aij per(Aij ) pour tout i ∈ [[1, n]] ;
j=1
n
X
per(A) = aij per(Aij ) pour tout j ∈ [[1, n]] .
i=1
A 0
On peut calculer des permanents par blocs : per = per(A) × per(D).
C D
Enfin, on a per( tA) = per(A).
Les propriétés qui précèdent se démontrent de façon analogue aux propriétés correspondantes
pour les déterminants.
Par contre, si A et B sont deux matrices carrées d’ordre n, alors per(AB) 6= per(A)
× per(B)
1 1
en général, et on a même per(AB) 6= per(BA) en général, essayer avec A = et
1 1
1 2
B= .
3 4
2. Notons M+ n l’ensemble des matrices carrées d’ordre n à coefficients positifs ou nuls.
• Soit A ∈ M+ n , supposons que l’on puisse extraire de A une matrice nulle de format
s × (n + 1 − s) pour s ∈ [[1, n]] donné. Par des permutations de lignes et de colonnes
(qui
ne
A 0
modifient pas le permanent), on peut transformer A en une matrice A0 = 1 s,n−s
,
A2 A3
avec A1 carrée d’ordre s ayant sa dernière colonne nulle (on en déduit le format des autres
matrices) ; en développant par rapport à cette dernière colonne, on a per(A1 ) = 0, puis
per(A) = per(A0 ) = per(A1 ) × per(A3 ) = 0.
• Pour l’implication réciproque, montrons par récurrence forte sur n ∈ IN∗ l’assertion
(An ) : ∀A ∈ M+
n per(A) = 0 =⇒ ∃s ∈ [[1, n]] 0s,n+1−s est extraite de A .
. pour n = 1, la propriété est immédiate.
10
. Soit n ∈ IN∗ , supposons l’assertion vérifiée pour les entiers 1, 2, · · ·, n et soit A ∈ M+
n+1
telle que per(A) = 0 et A 6= 0.
Soit aij un coefficient non nul (donc strictement positif) de la matrice A, on a alors
per(Aij ) = 0 : en effet, en développant par rapport à la i-ième ligne, on a
X n
0 = per(A) = aik per(Aik ) et, tous les termes de cette somme étant positifs, ils sont
k=1
donc tous nuls.
D’après l’hypothèse de récurrence, on peut extraire de la matrice Aij (donc de A) une
matrice nulle de format s × (n + 1 − s) avec 1 ≤ s ≤ n et des permutations
sur les
lignes
A 0
et les colonnes permettent de transformer A en une matrice A0 = 1 s,n+1−s
, où A1
A2 A3
et A3 sont carrées d’ordres s et n + 1 − s respectivement, et à coefficients positifs ou nuls .
On a
0 = per(A) = per(A0 ) = per(A1 ) × per(A3 ) ,
donc per(A1 ) = 0 ou per(A3 ) = 0.
Supposons per(A1 ) = 0. En utilisant l’hypothèse de récurrence, il existe un entier t
(1 ≤ t ≤ s) tel que l’on puisse extraire de A1 une matrice nulle de format t × (s + 1 − t). En
effectuant des permutations de lignes et de colonnes, on place cette matrice nulle dans
“le coin en haut à droite” de la matrice A1 et, en revenant à la forme diagonale par
A1 0s,n+1−s
blocs A0 = , on voit que l’on peut extraire de A un bloc nul de format
A2 A3
t × ((s + 1 − t) + (n + 1 − s)), c’est-à-dire t × (n + 2 − t), c’est bien ce qu’on voulait obtenir
(raisonnement analogue si per(A3 ) = 0).
3. Pour interpréter la question posée, notons
G = {g1 , . . . , gm } (“ensemble des garçons”)
F = {f1 , . . . , fn } (“ensemble des filles”}
Φ : à chaque garçon g ∈ G, on associe un ensemble de filles Φ(g) ;
(1) : chaque garçon g ∈ G peut choisir une fille ϕ(g) dans l’ensemble Φ(g), de telle sorte que
deux garçons différents ne choisissent jamais la même fille ;
(2) : si un sous-ensemble de garçons a k éléments, la réunion des ensembles de filles dans
lesquels ils peuvent choisir a au moins k éléments.
Allons-y :
• (1) =⇒ (2) est immédiat : si ϕ est une injection, on a |ϕ(G0 )| = |G0 | pour toute partie G0
[
[
de G. Or, ϕ(G0 ) ⊂ Φ(g), donc |G0 | = |ϕ(G0 )| ≤
Φ(g).
g∈G0 g∈G0
11
moins autant de filles que de garçons).
Construisons une matrice A ∈ M+ n de la façon suivante :
* sur les m premières lignes, le coefficient aij (1 ≤ i ≤ m, 1 ≤ j ≤ n) vaut 1 si le i-ième
garçon peut choisir la j-ième fille, c’est-à-dire si fj ∈ Φ(gi ), et vaut 0 sinon ;
* les coefficients des n − m dernières lignes valent tous 1.
Le permanent de la matrice A est non nul ; en effet, si on avait per(A) = 0, on pourrait
extraire de A une matrice nulle de format s×(n+1−s) et cette matrice serait nécessairement
extraite des m premières lignes (donc s ≤ m), notons i1 < i2 < . . . < is les indices de lignes
et j1 < j2 < . . . < jn+1−s les indices de colonnes de cette matrice nulle extraite ; on aurait
alors
[s
Φ(gik ) ⊂ F \ {fj1 , . . . , fjn+1−s } ,
k=1
s
[
donc Φ(gik ) ≤ n − (n + 1 − s) = s − 1 < s, ce qui contredit l’assertion (2) avec
k=1
G0 = {gi1 , . . . , gis }.
X
Donc per(A) = aσ(1),1 · · · aσ(n),n 6= 0, donc il existe au moins une permutation σ telle
σ∈Sn
que aσ(i),i 6= 0 pour tout i ∈ [[1, n]]. Ainsi, pour tout i ∈ [[1, m]], on a ai,σ−1 (i) 6= 0 et
fσ−1 (i) ∈ Φ(gi ). L’application ϕ : G → F , gi 7→ fσ−1 (i) (1 ≤ i ≤ m) vérifie les conditions de
l’assertion (1).
EXERCICE 6 :
Soit E un IK-espace vectoriel de dimension finie n ≥ 1.
Un élément τ de L(E) est une transvection s’il existe un hyperplan H tel que
τ H = idH et Im(τ − idE ) ⊂ H ,
c’est-à-dire Im(τ − idE ) ⊂ H ⊂ Ker(τ − idE ).
On note SL(E) = {u ∈ GL(E) | det u = 1} le groupe spécial linéaire de E.
1. Montrer que τ ∈ L(E) est une transvection si et seulement si
∃ϕ ∈ E ∗ ∃a ∈ Ker ϕ ∀x ∈ E τ (x) = x + ϕ(x) a .
2. Dans cette question, on suppose dim E ≥ 2. Soient x et y deux vecteurs non nuls de E.
Montrer qu’il existe τ , transvection ou produit de deux transvections, tel que τ (x) = y.
3. Soit x un vecteur non nul de E, soient H1 et H2 deux hyperplans distincts tels que
x 6∈ H1 ∪ H2 . Montrer qu’il existe une transvection τ telle que
τ (x) = x et τ (H1 ) = H2 .
4. En déduire que le groupe SL(E) est engendré par les transvections.
12
Source : Daniel PERRIN, Cours d’Algèbre, Éditions Ellipses, ISBN 2-7298-5552-1
-------------------------------
1. Soit τ une transvection.
• Si τ = idE , on peut choisir ϕ = 0 et a ∈ E quelconque.
• Si τ 6= idE , alors Ker(τ −idE ) est un hyperplan H, et Im(τ −idE ) est une droite vectorielle D
contenue dans H, soit a un vecteur directeur de D. Pour tout x de E, notons ϕ(x) l’unique
scalaire tel que τ (x) − x = ϕ(x)a. L’application ϕ : E → IK est une forme linéaire de noyau
H, donc a ∈ Ker ϕ.
Réciproquement, soit τ un endomorphisme de E tel que τ (x) = x+ϕ(x)a, avec ϕ forme linéaire
sur E et a ∈ Ker ϕ.
• si a = 0 ou ϕ = 0, alors τ = idE : c’est une transvection ;
• sinon, H = Ker ϕ est un hyperplan, on a bien ∀x ∈ H τ (x) = x et
∀x ∈ E τ (x) − x = ϕ(x)a ∈ H ,
donc τ est une transvection “d’hyperplan H”.
4. Vérifions d’abord que les transvections appatiennent à SL(E) : pour τ = idE , c’est immédiat,
sinon si τ : x 7→ x + ϕ(x)a avec a ∈ H = Ker ϕ, construisons une base B = (e1 , · · · , en−1 , en )
de E avec en−1 = a, (e1 , · · · , en−1 ) base de H et ϕ(en ) = 1, alors MB (τ ) = In + En−1,n
a pour déterminant 1.
Démontrons le lemme suivant :
Soit E un IK-espace vectoriel de dimension n ≥ 2, soit u ∈ SL(E). Soit H un hyperplan de E,
soit x ∈ E \ H. Alors il existe un élément v de SL(E) vérifiant v(H) = H et v(x) = x et
tel que u = σv où σ est composé d’un nombre fini de transvections.
13
Preuve du lemme : D’après la question 2., il existe τ (transvection, ou produit de deux transvec-
tions) tel que τ (x) = u(x), c’est-à-dire τ −1 u(x) = x.
Soit l’hyperplan H 0 = τ −1 u(H) :
. si H 0 = H, on prend v = τ −1 u ;
. si H 0 6= H, on a x 6∈ H ∪ H 0 , il existe donc (question 3.) une transvection µ telle que
µ(x) = x et µ(H) = H 0 et v = µ−1 τ −1 u répond à la question (fin de la preuve du lemme).
On montre alors que les transvections engendrent le groupe SL(E) par récurrence sur
n = dim(E) :
• pour n = 1, c’est clair puisque la seule transvection est idE et SL(E) = {idE } ;
• soit n ≥ 2, supposons l’assertion vraie au rang n − 1, soit E de dimension n, soit u ∈ SL(E).
Soit H un hyperplan de E, soit x ∈ E \ H (alors E = H ⊕ (IKx)), on écrit u = σ0 v,
où σ0 est un produit de transvections de E, et v ∈ SL(E) laisse stables H et x (lemme).
On vérifie alors que v H ∈ SL(H) (écrire la matrice de v dans une base adaptée à la
décomposition E = H ⊕ (IKx)), l’hypothèse de récurrence permet d’écrire v H = τ1 · · · τk ,
où les τi (1 ≤ i ≤ k) sont des transvections
de H ; on a alors v = σ1 · · · σk , où chaque σi
est l’endomorphisme de E défini par σi H = τi et σi (x) = x (on vérifie facilement que σi
est une transvection de E). Finalement, u = σ0 σ1 · · · σk est un produit de transvections.
14