Phèdre (PDFDrive)
Phèdre (PDFDrive)
publiée sous le
patronage de rASSOClATION GUILLAUME BUDÉ
PLATON
OEUVRES COMPLÈTES
TOME IV — 3« PARTIE
PHÈDRE
PARIS
SOCIÉTÉ D'ÉDITION « LES BELLES LETTRES
[Link]
PHÈDRE
844287
NOTICE
LE PHÈDRE
effet il est
parlé de l'amour et ce sont eux qu'on utilise pour
définir la conception que s'en fait Platon. Toutefois, ainsi
la relation n'est
comprise, peut-être qu'extérieure et superfi-
cielle. Sans doute n'est-il pas faux de dire que l'amour est
le sujet du Banquet ;
mais c'est une question, comme on le
verra (section ///), de savoir s'il en' est pareillement du
Phèdre. Bien plus, même à propos du premier, on avait pu
se demander (Notice p. xcn, n. i) s'il ne s'y cachait pas une
autre intention, celle d'opposer, sur ce thème, le point de
vue de la
Philosophie à celui des Sophistes et des Rhéteurs.
Cette intention se dévoile et prend corps dans le second dia-
logue, où décidément le problème de l'amour semble bien
n'être pour Platon qu'une occasion de dire comment il conçoit
la culture et
l'enseignement, d'une façon qui contraste vive-
ment avec l'idée qu'on s'en faisait dans les écoles de rhéto-
rique. Il en résulte d'ailleurs, ainsi qu'on essaiera de le
montrer plus tard (Notice, p. cxxxv sqq.), un approfon-
dissement et un élargissement de la conception même de
l'amour par la nécessité, ouvertement reconnue, d'y intro-
duire une théorie de l'àme. Il est possible aussi que, dans le
Banquet, cette nécessité fût déjà entrevue, si vraiment la
•connaissance de l'âme humaine est, comme je l'ai pensé
ii PHÈDRE
(p. 92, n. 1 et Notice, p. vu), la condition qui permettrait
au même homme d'exceller également dans l'art
tragique et
l'art
comique. En tout cas ce qui, d'après le Phèdre, fait
l'infirmité del'art de la
parole, en général et tel qu'il est
présentement constitué, c'est justement l'ignorance où il est
du rapport de ses moyens d'action avec la nature vraie des
âmes humaines.
L'authenticité du Phèdre n'a pas plus
Authenticité .
la composition.
( uet
l
E,,e st
garantie, d'abord par
\ f
plusieurs références aristotéliciennes,
soit avec le titre seul, soit avec le nom seul de Platon 1 ,
1. Pour le
premier cas: Rhet. III 7 fin (à propos de l'emploi
ironique de la langue de la poésie). Pour le second Top. VI 3, :
p. 9,1 4-ï
9 Couvreur; Olympiodore (le Jeune) Vie de Platon (vol. VI
du Platon d'Hermann, p. 192 s. med.), témoignage qui se confond
avec celui de la Scholie à 2 27 a (Hermann p. 262), d'après le commen-
taire surPremier Alcibiade; car la 1 je de Platon est elle-même
le
p. la
question dans
A. Diès Autour de Platon, p. a5o-a55.
2. Cf. Banquet, Notice, p. xvn et, ici, p. 27 n. 2. L'interpré-
tation que j'ai
donnée de xaXXi^ai? n'est qu'une de celles que propose
iv PHÈDRE
Enfin nombre de passages du Phèdre ne prennent, je crois,
tout leur sens que si on les rapproche du Banquel 1 .
n. 3 ; p. a5 n. 1 ; p. 28 n. 3 p. 46 n. 3 p. A7 n. 1
; p. 02 n. 1,2
; ;
et 4 p- 53 n. 1 fin
; p. 68 ni 1
; p. 96 n. 1. Cf. aussi Notice
;
qu'en effet le
dialogue retient beaucoup dupasse, notamment
temps il
présage et définit l'avenir. L'erreur de Schleierma-
eher a été de s'imaginer une telle anticipation figeant, pour
cinquante ans au moins, la pensée de Platon dans un moule
préfiguré. Or
les développements méthodologiques ou doctri-
naux que Phèdre anticipe sont au contraire tout proches, et
le
le
programme ou le plan qu'il en trace est pour être réalisé
dans la dizaine d'années qui suit. En plaçant ainsi le Phèdre
après le Banquet et la République, je suis amené à le rappro-
cher du Théétète ce sont des dialogues du même type et qui
:
pensée ;
d'une polémique serrée, pressante non sans
à côté
c'est avec les écoles des rhéteurs. Les deux dialogues se pla-
ceraient donc dans la période qui précède le départ de Platon,
au printemps de 366, pour son deuxième voyage en Sicile.
Toute tentative pour préciser davantage serait arbitraire.
Mais, si la
République a, commeprécédé le Phèdre
je le crois, ;
si le
Banquet est de 385 ou de 38o environ, écho plus ou
moins attardé de la fondation de l'Académie (cf. Banquet,
Notice p. ix n. a et p. xci sq.) si l'on réfléchit aux tâches
;
II
QUESTIONS D'HISTOIRE
Platon 3
i. I, p. 459. Toutefois il n'en résulte pas nécessairement
que, comme il le dit, le Phèdre doive être en quelque sorte le
« soupir de
soulagement » qu'arrache, sans délai, à Platon la ligne
finale de la
République.
2. Comme l'a fait L. Parmentier, L'âge de Phèdre dans le
t,
Topographie.
^_ or ,i,,„ Ce qui, par
i »r une singularité
e remar-
quable, mente en revanche plus d atten-
tion, c'est le lieu même de cette scène.
Il ne semble
pas en
effet qu'il soit
imaginaire, puisque indications les
topogra-
phiques données par Platon nous permettent, avec le secours
des découvertes archéologiques, de le retrouver sur le ter-
rain Relevons dans leur ordre toutes ces indications. Phèdre
1
.
petit problème.
NOTICE xi
Maisonr tt-
,+.+.*. +. +
• + •+
[Link]
IV. 3. — b
xii PHEDRE
plus court est alors le
trajet dans le lit de la rivière
jus-
qu'au gué d'Agra : deux plus de 3oo
stades, soit un peu
mètres. Dans l'autre hypothèse, le trajet serait plus long,
puisqu'ils auraient atteint la rivière plus en aval: trois stades,
ou un peu plus de 5oo mètres. Les deux évaluations sont
données par Platon, mais comme si la première lui avait
semblé trop modérée ce qui est en faveur de la sortie par la
:
passer sur l'autre bord (2^2 a déb., b 8), cela semble indiquer qu'ils
sont en effet à proximité du gué d'Agra. Voir en outre la suite.
NOTICE xiii
les trois
dialogues où il figure ce dernier, le nôtre et le Pro-
:
tagoras. On
a eu raison ' de réagir contre la tradition qui fait
ici de Phèdre un tout jeune homme. C'est ainsi en effet qu'il
apparaît dans le Protagoras, dont l'action se passe vers 433/a.
Mais alors, seize ans plus tard, à l'époque du banquet
d' Agathon il doit être environ dans sa trente-cinquième année.
Si donc le Phèdre suppose le Banquet, il faut enfin qu'ici
il encore plus âgé. Toutefois, à vouloir préciser davan-
soit
gratuite le Phédon ne
: dit-il
pas (59 b fin) que tous ceux
des Attiques qui étaient présents n'ont pas été nommés ?
Conjecture arbitraire et que démentie portrait psychologique
du Phèdre platonicien son honnête sincérité lui vaut d'être
:
i.
Diogène Lacrce (VI i5) parle d'un écrit d'Antisthène qui pou-
vait être également un parallèle de Lysias et d'Isocrate (cf. Banquet,
Notice p. xli n. a) si en effet il s'agit, dans cet écrit, de VAmarty-
;
ros d'Isocrate que nous avons conservé, on sait que Lysias défendait la
grants allant occuper les lots de terre qui leur avaient été
assignés (clèrouchié) sur le territoire deThourii, dans l'Italie
méridionale. C'était une cité de création récente (444/3):
Hippodame de Milet en aurait été l'architecte et Protago-
ras, le législateur Hérodote, comme on sait, la visita et
;
446, parfois même pour une date plus tardive. La date de 4i2 pour
son retour à Athènes est mieux assurée, pour la raison qu'on va voir.
Mais, faute de savoir quand il est né, on ne peut s'aventurer à dire
quel âge il avait alors.
xvi PHÈDRE
professeur et que Lysias l'ait été, lui aussi, avant son retour
à Athènes, il est permis de croire qu'une fois revenu c'est
sous cette forme qu'il commença d'exercer son activité.
Toutefois certaines autres données peuvent suggérer de la
vie de Lysias une représentation différente. Il est remar-
quable tout d'abord que Gicéron, qui nous donnait à penser
que Lysias avait commencé par s'illustrer comme rhéteur, ne
connaît cependant en lui, comme nous-mêmes, que le causi-
dicus, l'avocat (Orator 3o). Il est donc possible que ce soit
en appliquant à la composition de plaidoyers les connais-
sances techniques acquises en Italie, qu'il a fondé sa répu-
tation. Un tel début expliquerait en outre ses ambitions ulté-
rieures. Huit ans après son retour à Athènes, quand
après
la prise de la ville
par Lysandre s'y fut établi le gouverne-
ment des Trente Tyrans, Lysias se trouva dans une situation
périlleuse. Sans doute sa qualité d'isoléle, c'est-à-dire de
métèque privilégié, admis sans être citoyen au droit de pos-
séder, était peu faite pour le rendre sympathique à une aris-
tocratie en majorité nationaliste, prête d'ailleurs à toutes le»
dans cette année 4o3 qui avait failli voir son triomphe,
contre Ératosthène, qui avait fait périr son frère. Or, ce serait
justement à partir de 4o3 que Lysias aurait cherché à se faire
une réputation d'homme de lettres etde professeur décompo-
sition litéraire. A cette période appartient en effet son Discours
2
Olympique, prononcé en 388 et c'est ainsi que, par l'élo-
il se serait consolé de n'avoir
quence d'apparat, pu devenir
un orateur politique. Il y jetait feu et flamme contre les
tyrans, engageant les Grecs à se réconcilier contre eux non ;
1.
Comparer dans le Phèdre le passage de a58 b et Notice,
p. xxxv n. 1. —
Sur les faits, voir Paul Cloché, La restauration
démocratique à Athènes en 4o3 (igi5).
2. Celui de Gorgias est de
3g 2, à la Fête précédente.
xvm PHÈDRE x
conservé un échantillon ;
ceux-ci seraient de la sorte assez
voisins de sa mort survenue en 379 *.
(cf. p.
2 n. 2), ni l'homme suspect au gouvernement des
Trente qu'on aurait voulu supprimer comme on le fit de
et
ils étaient
déjà des inconnus. Le seul, dans l'affaire, qui eût
du pouvoir, c'est celui qui avait mis sa signature à côté de
de Lycon, savoir Anytus. Il était une des têtes du parti
celle
démocrate et, dans la révolution de 4o3, son rôle avait été de
2
premier plan Mais, si le pluriel de la Lettre a une signifi-
.
i. On ose à
peine avouer que les multiples arguments allégués
aujourd'hui par tant d'illustres critiques en faveur de l'authenticité,
totale ou partielle, du recueil des Lettres ne semblent pas décisifs.
Plusieurs d'entre elles, sans doute, reflètent de bons documents et
question dans Ménexene (a35 c), ce sont ceux qui composent à loisir
des Panégyriques d'Athènes, des oraisons funèbres, des éloges des
ancêtres, bref des rhéteurs qui écrivent des discours épidictiques.
Euthydeme a8A b : les orateurs, quand ils
parlent dans l'Assemblée du
Peuple (cf. Alcib.
I n£ c d)... ;
3o5 b : un orateur, soit de ceux qui
ont la
pratique des débats judiciaires, soit de ceux qui composent des
discours pour les gens engagés dans ces débats... Dans Théétele
20 1 a, les orateurs sont les avocats. Dans notre dialogue, le mot est
pris au sens le plus général : 2 58 b 10 (où il
signifie à la fois l'orateur
politique, le logographe, le législateur), 260 a, 269 d. C'est juste-
ment pour avoir, dans le passage en question de l'Apologie, entendu
fîjTwp au sens étroit d'orateur politique, que certains critiques (dont
Wilamowitz Platon* II, p. 48 n. 2) ont suspecté les mots « et les
hommes politiques » à la suite de « gens de métier » ces mots seraient, :
sition.
On observera seulement, pour terminer, quelle différence
il
y a sous ce rapport même entre le point de vue d'Isocrate
et celui de Platon. Tous deux, en vue de réaliser leurs plans,
se sont tournés vers des tyrans, investis d'un pouvoir absolu.
Mais le plan d'Isocrate vise uniquement lePanhellénisme ;
III
••* I «•
corps qui ait une partie centrale, une tête, des membres,
bref des éléments qui soient solidaires les uns des autres
et du tout, se convenant entre eux et au tout. Là-dessus
maint critique s'étonne que Platon ait si mal appliqué un
si bien formulé: comment se fait-il
précepte que, dans une
première partie, le Phèdre traite de l'amour et de la beauté,
puisdans une seconde, de la rhétorique opposée à la dialectique?
Certains en prennent bravement leur parti • Platon était :
a. On voit par Hermias (p. 10, 26 sqq.) que ce débat sur le vrai
sujet du Phèdre était fort ancien ;
cf. p. lix.
mythes
un
où faire halte et, tandis qu'on
coin
se lance dans une recherche qui est sans fin comme sans
dialogue.
cours de Socrate. Puisque, en appa-
rence au moins, le thème en est identique, on doit les consi-
dérer, je crois, comme les deux sections, entre lesquelles il
n'y a différence que de forme et de méthode, d'une première
partie. C'est ce que me paraît marquer très nettement cette
observation de Socrate: mon
attention, dit-il (234e sq.),
s'est portée tout entière, tandis que j'écoutais le discours de
la poitrine,
qui est au milieu du corps j or, tout à l'heure (23o b), il
a parlé de ses pieds qui lui offrent le
témoignage de l'aimable fraî-
cheur de la source ;
bientôt (234 b) il appellera Phèdre « tête
NOTICE xxxi
roule tout entier sur les mots autre et différent, qui dans son
esprit ne doivent concerner que le vocabulaire et le style.
C'est de quoi justement le raille Socrate quand il lui donne
à entendre (235 e
sq.) que, à moins de changer la donnée,
il
n'y a pas réellement de nouveauté possible. Mais la vio-
lence exercée sur lui par Phèdre le contraint de garder la
donnée de Lysias. En dépit du comique de la scène et qui
d'ailleurs est surtout dans le rôle de Phèdre, sa défense n'est
Mention û
.-m h -,
allait passer
j
de
1»
1 autre
deuxième partie. ,
côté de l'eau, il a entendu la voix de
son démon, l'avertissant de n'en faire. Il avait eu
rien
auparavant, tandis qu'il parlait, vague divination d'une
la
faute personnelle, il s'était senti troublé et décontenancé, il
partie
subdiviser en trois sections. Dans la
rhétorique
a été P° sée tout à heure
)'
58 *) O :
B. Le but de la
rhétorique, deman-
La rhétorique n'est-ce pas de «
dera-t-il, diriger les
'
« »
âmes P ar la P arole d être une PV'
psychag^ogie ? .>
de l'illusion. chagogie
i
, comme il existe une pédagogie
dont le but est de diriger l'enfance ?
Est-elle cela dans toutes les circonstances possibles, soit
qui, sur ces objets, ignorent la vérité, aura-t-on beau jeu pour tout
brouiller sans qu'ils s'en aperçoivent.
2. Le genre « ressemblance », dit le Sophiste (23 1 a) exige qu'on
soit constamment sur ses gardes, car « il
n'y a pas de genre plus
glissant ».
3. Il suit de là qu'en cette matière l'art véritable ne peut appar-
tenir qu'à celui qui emploie à faire illusion un savoir authentique ou
qui joue, comme Socrate, la comédie de Y inscience. Cela rappelle, la
NOTICE xu
une mimétique informée (taxoptxrj tij [Link],r atç) et celui des autres, une
i
s'agit ici d'après lui (art. cit. p. 338) des deux discours
il
guet :
de Socrate.
xlii PHEDRE
côté, jouerde l'éloquence pour tromper l'auditeur quoiqu'on
sache soi-même ce qui est vrai, cela convient seulement, et
au discours de Lysias en une acception ironique et comme
si celui-ci dissimulait ce que réellement il sait (comparer 271
c déb.), et au premier discours de Socrate, puisque le mensonge
de ce discours est celui de l'homme qui sait ce qui est vrai.
Sans doute une telle connaissance de la vérité est-elle pareil-
lement impliquée par second discours; sans doute celui-ci
le
est-il
pareillement un jeu oratoire (cf. a65 c, déb. et fin) ;
doit avoir des règles techniques qui lui soient propres (cf. 269
(268 b s.
fin. ; cf. 270 b). Tout au contraire, la rhétorique
met le tout de l'art dans une théorie qui ne concerne que les
éléments, qui est scolaire et livresque, qui se flatte d'être
exhaustive parce que, dans l'abstrait et artificiellement, elle
envisage les opposés d'un même genre. Quant au surplus,
qui est véritablement l'essentiel, elle n'en a cure et c'est
affaireaux élèves de se débrouiller tout seuls quand ils auront
à parler ou à écrire. Or ce surplus, il n'y a que l'exercice de
la dialectique
qui puisse le donner (269 bc). C'est justement
ce qu'expliquera Platon par la suite quand il parlera de la
'
rhétorique philosophique .
kraliker ch. 7^, B 3) sons la même forme qu'ici, dans l'écrit connu
;
Burnet, que à 270 a 5 il faille lire, avec les meilleurs mss. et avec
Hermias, àvo;'aç, absence d'intelligence, et non Stavot'aç, pensée discur-
sive (par opposition à l'Intelligence souveraine). Mais il est peu vrai-
semblable que, comme le voudrait Hermias (2^4i i5), Yabsence
d'intelligence désigne la matière, c'esl-à-dire le mélange infini des
désintéressé (269 d, 270 a), ce qui le fait prendre par les sots
pour un vain bavardage et une rêverie « dans la lune », et,
pour le caractériser, le Phèdre use des mêmes termes que la
République (VI ^88 c sq. *); général (2700c), parce que chaque
chose est solidaire du tout, et c'est la République encore qui
c) sur l'aptitude caractéristique du dialecti-
insiste (VII 537
cien philosophe à voir les choses dans leur ensemble, à être
un esprit synoptique. Là-dessus Platon indique à quelles
conditions générales la recherche doit satisfaire pour n'être
pas un tâtonnement d'aveugle , à quelles conditions d'autre
2
diversité des
tempéraments physiques et la possibilité de les
classer? Ainsi, une fois de plus, la relation du second discours
1. Cf. p. 82 n. 2 :
je ne crois pas que aù~à [xiv xh $t\\l<xxx stneïv
271 c 6 puisse signifier : dire la chose en termes propres. Toute la
suite ne
consiste-t-elle pas en effet à dire en termes propres la « façon
de s'y prendre » (cf. b 7 oi'toi âXXw;, c 3 xôv xpôzov toutov, c 5 ttva
-coÏÏTov D'un autre côté, l'opposition (marquée par
(xôv xpd^ov);)?
ne se comprend plus entre ce qui présente de la difficulté et
Ucv... 8é)
ce qu'au contraire Socrate se dit prêt à montrer et qui concerne préci-
sément la façon dont on doit s'y prendre pour faire œuvre d'art en parlant
ou eh écrivant (w; 8è SsT ypaécpstv, si [xsÀXe-....). En d'autres termes,
tandis que Phèdre, ainsi que l'y ont habitué ses maîtres, attend un
modèle ou un corrigé qui lui donne « les phrases elles-mêmes»,
un « dites ceci, dites cela », où sera mise en action la méthode de
l'Art, c'est seulement une théorie de cette méthode que Socrate
est
(cf. p.86 n. 2) les dieux sont nos maîtres et nous sommes leur
:
s'évader de sa tutelle.
NOTICE li
^instruction
m
P arlie Platon a }f un m > the celui de '
campe devant nos yeux est réellement une vie morte et, à
notre appel, ces figures demeurent inertes et silencieuses. Or
ilen est de même pour l'écrit on s'imagine y trouver une :
sait que se
répéter ou se taire
2
de plus, incapable comme ;
il est de discerner à
qui il doit ou non s'adresser, il tombe à
Phédon (cf. ma
Notice, p. xxi sq.) ? Sans doute la plupart
rappelaient-ils à Platon la circonstance particulière qui en
avait été l'occasion et les méditations qu'elle avait suscitées ;
serviront aussi, ajoute Platon dans une phrase qui vaut d'être
soigneusement notée (276 d), à quiconque marche sur les
traces de cette pensée. Mais, comme Socrate insiste sur la
valeur d'un tel divertissement comparé à d'autres, ce qui
frappe l'esprit de Phèdre et ce qu'il retient, c'est seulement
l'idée de jeu littéraire et d'exercice rhétorique (e et la note
ad loc") il concède donc
; que les thèmes en devront être
ceux dont Socrate a parlé, le Juste, le Beau, le Bien (c, s. in.
et 277 e déb.). S'il y a là de sa part un malentendu, on
verra plus tard de quelle façon il doit être dissipé (cf.
p. cxv sqq.). Toujours est-il qu'avec cette
indulgence nar-
quoise et polie qui lui est habituelle, Socrate s'abstient de
contredire ouvertement. Il y a cependant, ajoute-t-il, bien
il
suppose en effet une participation active du répondant
C'est là pourtant
*
le terrain sur lequel,
Récapitulation. dèg ,e début ge meut le dialogue) et
cette surface ne doit pas finir par éclater sous la poussée de
ce dont elle recouvre la vie secrète. Voilà sans doute la rai-
son d'être d'une récapitulation (277 a sqq.) qui, en fait, se
Un
semblable souci de rejoindre l'un à
pi gue. deux bouts du dialogue se
l'autre les
manifeste dans la façon dont Platon « boucle » l'entretien de
Phèdre avec Socrate. Au moment où les deux amis vont
quitter leur retraite, sont de nouveau évoquées les divinités
de l'endroit, aussi bien les Nymphes et Achéloûs que Pan,
dont le nom est seul prononcé (279 b, cf. 278 b). On leur
doit bien cette politesse pour les remercier d'une inspiration
conclure à souhait un
entretien sur la rhétorique, au cours
l
guet avec l'art d'une symphonie musicale Le thème géné- .
i
développe cette idée avec un rare bonheur d'expression p. 346
. Il
IV. 3. -
PHÈDRE
IV
2
quons rien dans un sens ou dans l'autre Deux seulement .
e
sont précis et formels celui de Diogène Laërce, III a5 (m
:
e
siècle), et celui d'Hermias (deuxième moitié du v ).
Dans
le premier nous lisons que Platon a réfuté le discours de
(t.
II du Lysias de la coll. Budé, 192O). Wilamowitz, Platon I 2 ,
tournes ;
sa langue est précise et sans bavures (cf. p. 8 n. 2
et p. i3 n. 1).
Il
y a donc lieu d'étudier d'assez près la conlexture rhéto-
rique du morceau. Il paraît être divisé en quatre parties, plus
une conclusion. La première, qu'on pourrait intituler
« Amanl et aimé », est précédée d'une introduction: « Tu le
je te voudrais à moi. Mais
sais déjà : ce n'est pas sous l'em-
passion, inconstante, lui fera plus tard haïr celui que jadis il
aimait. —
3° (c fin) Reprise, du point de vue de l'aimé raison- :
1 . Tel me semble être le sens ici de zov PéXtiotov : c'est bien celui
« qui a le plus de valeur », non pourtant sous le
rapport de l'utilité,
mais au point de vue qui à présent occupe Lysias, celui de l'amour
passionné. Je m'écarte en ceci de l'opinion de M. Méridier.
lxvi PHÈDRE
fatuité, tandis qu'un amant qui a de l'empire sur soi pré-
fère à la vanité de se faire valoir l'avantage d'en venir à ses
fins. — 2° (a32 a mil.) Variation : de toute manière, les assi-
duités du passionné compromettent son aimé, car celui-ci est
quelle autre cause, le dommage est égal des deux côtés, c'est
au contraire pour l'aimé qu'il est le plus grand s'il a déjà
cédé à la passion d'un amoureux. La jalousie de celui-ci aura
en effet écarté de l'aimé tous ceux dont il redoute l'influence ;
il semble
qu'avec ce sens ne se comprenne plus la phrase de laquelle
dépend tout le développement en cause à quoi aurait-il servi de dire
:
que ce n'est pas à sa passion, mais d son mérite propre, que l'aman
froid doit son succès, si l'objet de son inquiétude devait être ensuite
la réalité du mérite chez Vaimè ?
NOTICE lxvii
durable 1
.
— 3° (223 b
Réponse à une objection pos-
s.
fin.')
sible 2 si la passion amoureuse devait être le principe de tout
:
marquer une conclusion destinée à mettre dans tout son jour l'ensei-
gnement de l'antithèse qui précède.
a. Bien qu'ici la section ne soit pas marquée, comme elle l'est
ordinairement, par k'tt 81 ou xou uiv 8tj, je la crois réelle cf. Bonitz, ;
penser qu'elle doit être détachée du reste, comme elle l'est par
Bonitz, toc. cit.
lxviii PHÈDRE
dique (cf. Banquet Notice, p. xl). Les périodes y sont au
nombre de quatre, dont chacune comprend un exorde et une
conclusion. Sauf la première qui est de quatre membres
(cola), toutes les autres en ont trois : soit en tout, avec l'in-
troduction et l'épilogue, quinze membres, dont treize consti-
tuent le corps même du développement et quant au rythme
desquels il est difficile de saisir aucune relation.
amoureux, mais il veut faire croire qu'il ne l'est pas (287 ab).
Quant au discours même, il est divisé clairement en deux
parties l'une concerne la nature de l'amour et l'autre, ses
:
(237 c fin
effets ;
cf.
p. 18 n. 3). Elles sont séparées par
une pause dont j'ai essayé de déterminer la signification
(p. xxxu sq.).
_, La première
r partie,
r à son tour, se divise
Première partie. ',
nettement en deux, c
, .
,
très bocrate com-
mence (237 b fin-d) par établir un principe général sans
lequel nulle question ne peut être utilement débattue il faut :
c'est là en effet ce
que nous cherchons (cf. 238 b 8). Glou-
tonnerie, ivrognerie sont données comme exemples de ces
formes obsédantes et passionnées du désir, qui sont décelées
par le nom qu'on donne au type d'homme où elles prédo-
minent. Or, on appelle « amoureux » celui en qui est prédo-
minante, par rapport à l'aspiration raisonnée et raisonnable
vers le meilleur, une impulsion non raisonnée et déraison-
nable vers la beauté, désir irrésistible parce qu'il se renforce
d'autres désirs du même groupe qui tendent spécialement à
la beauté du corps, et c'est ce désir
qu'on nomme spécialement
« amour ».
convoite ;
d'autre part on dit de certains hommes qu'ils
si
(a38 d-24i c) ?
Puisque la fiction, bien que démasquée, y
reste conforme au thème de Lysias, les effets de l'amour n'y
encore moins qu'il puisse lui tenir tète par conséquent il le;
que nous avons ici une première « palinodie », mais elle est,
dirait-on, celle de la pure rhétorique. Le progrès de forme
qu'elle manifeste n'est pas douteux en dépit de développe-
:
cf. Heraclite fr. qî D.), ne désigne pas autrement et qui est sans
il
le début du livre III X 6o5 a-c, 606 a et en outre les passages qui
;
seront mentionnés plus bas; Lois II 656 bc, 658 e sqq., 660 a et
VII 817 a-c). Il note en effet, et que l'élève des Sophistes se trompe
en croyant qu'on peut se passer de l'inspiration pourvu qu'on
connaisse les règles (cf. 268 c d), et qu'un Homère se fait illusion
quand il
s'imagine que, parce qu'il est inspiré, on le laissera libre
de pervertir les âmes par sa propre immoralité (cf. Rép. X bgb b c,
6ooab, 606 e sq ). Mais, s'il arrivait que la poésie réunît ces deux
conditions d'inspiration et de moralité, on pourrait alors dans l'édu-
cation, qui est le butsuprême du législateur philosophe, lui accorder
la place à laquelleson origine divine l'autorise à prétendre. Il —
n'y
a pas grand intérêt à observer, avec la plupart des critiques et après
Gicéron (Dù\ I 37 déb.) comme après Horace (Ars poet. ago),
qu'avant Platon Démocrite avait déjà dit (fr. 18 D.) que la poésie
suppose l'enthousiasme et le souffle divin. Est-il croyable en effet que
Démocrite ait été le premier à le penser et à le dire ? Rappelons
a dans l'/on toute une théorie de l'inspiration poé-
plutôt qu'il y
tique (533e-534 e), qui est très voisine de celle du Phèdre: le poète
ne compose que sous l'influence d'une possession divine ; la preuve
en est qu'il est même incapable de composer en dehors du genre
d'inspiration qui
lui est propre, et qu'il peut même lui arriver de
ne connaître qu'une seule fois l'inspiration. Voir plus loin p. cxxxn
et n. 1.
NOTICE lxxvii
autant pour celui qui reçoit le don divin que pour celui qui
ensuite en bénéficie. Si donc le délire d'amour est à son tour
un bien, il le sera tout autant pour l'aimé que pour l'amant,
pour celui qui est l'objet de l'enthousiasme amoureux que
pour celui qui en [Link] sujet c'est ce qui avait été méconnu
:
p. 34 n. i. Gomme tout
i. Cf. à l'heure à propos de la notion de
13. — inengendrée
L'immortalité de l'âme étant ainsi
Image mythique démontrée, voyons à présent quelle est
^ a nalure de cette chose immortelle
de l'âme (2^6
a 3 sqq.). Pour la dire telle quelle est,
un savoir divin serait nécessaire ; mais un savoir humain
1. Cf. p. 35 n.
1 et Notice,
p. cxxv sq.
L'origine de cette image peut être (je dois encore cette indi-
2.
1. Quand il
s'agit de l'attelage en général, divin comme humain,
Platon se sert en effet du terme terme qui est
général zeugos ;
le
premiers qui, loin d'êlre les éléments ou les lettres des choses, en
sont les véritables syllabes, donc des mélanges dont il a déjà expliqué
la composition ainsi dans le Philèbe (5g c) les objets de la dialec-
;
tique, c'est-à-dire les Idées, dont l'exactitude a été comparée (58 cd)
à la pureté d'un blanc qui n'est mêlé d'aucune autre couleur ou
d'un plaisir qui n'est pas mêlé de douleur (53 a b). De même dans
lePhèdre 247 d 2, quand il parle de « savoir sans mélange », cela ne
doit pas s'entendre à la rigueur, puisqu'il n'y a pas de savoir qui ne
comporte des relations (cf. Théét. 201 e-206 b).
3. Cf. p. 38 n. 1. Wilamowitz Ia 463 suit le texte de Burnet
p.
et traduit comme
L'objet du morceau, qui est d'opposer des
j'ai
fait.
qui y circule. On
conduit à distinguer deux formes
est ainsi
ou espèces d'âme qui est ailée en perfection et qui se
: celle
meut dans les régions supérieures de l'univers, du haut des-
quelles elle est pour l'ensemble de celui-ci le principe d'une
vie organisée ; celle qui,
pour les raisons qu'on verra bientôt,
a cessé d'être ailée et qui ainsi tombe jusqu'à ce qu'elle se
dans cette masse, solidement assemblée (cf. Timèe
soit arrêtée
le nom de « vivant » en
2
y ajoutant l'épithète de « mortel » .
«ft£
S
6 d 3 «•). e-«tl«
T,e lieu ^
* amc,
par laquelle
son
«M
est aile
au delà du ciel puisque attelage
comme
son cocher, peut cepen-
l'est aussi
dant perdre ce qui est une propriété de sa nature. Platon
commence donc par exposer (d 6 sqq.) en quoi consiste la
fonction propre de l'aile: c'est d'élever vers le haut ce qui
est naturellement pesant, d'être ainsi, étant admis
que le
divin est au-dessus de nous, ce qu'il y a de plus divin parmi
qui conduit, en leur donnant des ailes, à paraître les pourvoir d'un
corps.
—
Mais les dieux du Pantbéon hellénique ne représentent-ils
pas plutôt aux yeux de Platon une tradition, qu'il s'agit moins de res-
pecter que de redresser pour en faire sortir une vérité ? Et les seuls
dieux qui pour lui soient réellement des dieux ne sont-ils pas juste-
ment les dieux planétaires ? Au fond de ceci le vrai problème est
celui de la relation du corps à l'àme et nous aurons à l'envisager
par la suite cf. p. cxxxii sqq.
;
NOTICE lxxxih
vers lesquelles fait monter l'aile, c'est ce qui est beau, savant
et bon Voilà donc ce qui, étant l'objet auquel tendent les
l
.
ailes comme à ce qui les nourrit (cf. 2/j6 e), donne à celles-ci
leur vertu propre. Inversement, cette vertu est détruite par
ce qui est le contraire du beau, du savant et du bon. —
Ceci dit, on va voir quels sont les effets de cette vertu, d'abord
en ce qui concerne le ciel lui-même ou le monde, puis en ce
qui concerne un autre monde qui est par delà le ciel, et,
dans chaque cas, pour les âmes qui sont divines comme pour
celles qui ne le sont pas.
Platon décrit donc (a46 e sqq.) une sorte de procession
a.
2. Cf.
p. 37 n. 1.
—
Le mot hestia désigne proprement le foyer
auprès duquel est placé l'autel des divinités domestiques c'est la :
la
plupart sont au contraire incapables d'étendre ainsi leur
horizon parce qu'au bon leur attelage mêle trop de mau-
vais et parce que leur cocher, faute d'avoir su corriger et
dresser le mauvais, sent peser sur sa main le poids d'une
résistance.
b. âmes portées par la bonté
Voici donc les meilleures
même de leurs aspirations au seuil d'un autre monde, exté-
rieur à l'univers physique. Qu'on dise tant qu'on voudra que
nous sommes ici en plein mythe. Il n'en est pas moins vrai, si
Banquet (2o3 b) Pauvreté a été tenue à l'écart du festin par lequel les
dieux célébraient la naissance d'Aphrodite. Ici l'exclusion de l'Envie
est l'expression mythologique d'une double intention: d'abord purifier
lanotion du dieu de cette jalousie méchante qui en était inséparable
dans la croyance populaire puis dégager la responsabilité des dieux
;
parce que, d'une façon générale, le bien seul, non le mal, lui est
imputable (cf. aussi Politique 269 e sq., 373 b c).
NOTICE lxxxt
Il
n'y aurait aucun doute si Platon avait, ainsi que dans le Timée,
parlé de révolution qui ramène au même point tous les astres les ans
par rapport aux autres. —
Certes, un esprit moderne a de la peine à
concevoir, surtout chez un penseur de l'envergure de Platon, de
pareilles spéculations qui supposent un synchronisme entre les réve-
lxxxvi PHÈDRE
lect, s'enfonce de nouveau dans ce ciel qui est la demeure
ordinaire de son âme. C'est alors qu'il donne à ses chevaux
une nourriture et une boisson choisies, dont les noms prou-
vent assez que, dans l'esprit de Platon, elles sont le produit
de cette contemplation supérieure et la quintessence de ce
qui est propre à entretenir la vertu des ailes (2^7 e fin cf. ;
âmes déchues
: i
a contemplation des réalités vraies, les
une double escha-
... ,. .
T „
, .•
autres en ont été privées. La question
,
«
époptie » seulement partielle (cf. p. 44 n. i) pour les ;
„ ,, x _..
a.
. La première eschatologie
° consiste à
Prédestinations. ... F. , 1M ,
hiérarchiser des espèces d hommes et
p. cvn n. 1).
réfère à ce qui est dit 349 a et surtout 356 e fin (cf.
Si cette révolution est celle dont il était question d 5 lxxxv
247 (p.
n. 1) etque celle-ci dure le temps d'une Grande Année, on en devrait
conclure que celle ci est pour Platon un millénaire. Mais chez per-
sonne il n'y a trace d'une évaluation si modeste, et, en ce qui
concerne Platon, on est réduit à des conjectures passablement arbi-
txxxvm PHÈDRE
exemptes de dommage, c'est-à-dire sans doute admises à
continuer leur existence céleste sans entrer dans la généra-
tion Deux cas peuvent alors se présenter: ou bien elles
1
.
après leur séjour dans la plaine brûlante du Lêlhè, les âmes qui se
sont trop largement désaltérées au fleuve Amélès oublient tout ce
qu'elles ont appris depuis lamort et chez Hadès.
3. La préposition dont se sert ici Platon (km et non s!;) semble
indiquer que ce n'est pas à la chute même qu'il pense (cf. 2^6 c),
mais plutôt à ce qui doit résulter de la chute, une fois faite, pour
l'avenir de l'âmo dans la génération.
NOTICE lxxxix
les
peintres sans doute aussi bien que les poètes (cf. p. xl
(X 6i4 c d) les âmes les meilleures, celles des vrais philosophes, sont
soumises comme les autres au jugement. Or ici il semble qu'il n'y
ait de jugement que pour ces dernières (a/Jp, a 5) : si en effet le
renouveau des immédiat pour toute âme qui, par une vie
ailes est
s'est déchargée de ce qui pesait sur elle (cf. a£8 e
philosophique,
8 sq., y '49 a .\, sq.), les âmes des philosophes semblent
.1
monter
NOTICE xci
p. 55 n. i),
âmes généreuses et nobles mais dénuées de
philosophie.
tout droit au ciel (cf. 256 b £), tandis que celles dont les efforts pour
redevenir ailées ont besoin d'être estimés doivent attendre le
juge-
ment a56 d b) voir la suite.
(cf. ;
corps d'homme, quel que doive être d'ailleurs son rang dans
la hiérarchie des valeurs humaines que jamais une âme de
;
parlant ici d'àmes qui jamais n'ont vu la vérité et qui par là même
sont incapables d'animer un corps d'homme, Platon semble admettre
pas voir » est pris au sens de « voir mal », et l'équivoque signalée est
seulement due à l'élan lyrique de tout le morceau qui nuit parfois à
la précision de l'expression.
NOTICE xciii
1 . On
peut se demander cependant si là-dessus la pensée de Platon
n'a pas évolué. Dans le Phédon en effet (81 e-82 b, cf. 83 d fin) et,
d'autre part, dans le Timée (/41 b c, 76 d, 90 e-gQ b), la condition de
bête n'est pas le fait d'une option, mais le résultat nécessaire d'une
vie humaine antérieure que dominaient de mauvais penchants et un
résultat en harmonie avec ces penchants ; du supérieur à l'inférieur,
la sériede ces dégradations de l'homme commence par la femme,
qui provient d'un homme lâche et injuste, et elle finit aux animaux
aquatiques, qui descendent des hommes les plus intelligents et les
plus ignorants. Peut-être, à la vérité, les deux conceptions ne sont-
Peut-être aussi Platon pense-l-il que dans
elles pas inconciliables.
ce domaine mythique une vraisemblance n'est pas loin d'en valoir
une autre.
xciv PHÈDRE
(619 cd). Ce sont des points sur lesquels on aura l'occasion
de revenir plus tard (cf. p. cxxix sq.).
1 . Il faut,
je crois, garder ici le texte des mss. et d'Hermias. Les
objections de Thompson et d'autres me semblent peu décisives : ce
n'est pas de l'idée que Platon dit qu'elle va de la multiplicité à
l'unité, mais bien de « l'acte de comprendre, comme on dit, selon
l'Idée » ; pas davantage ce n'est l'idée qui est rassemblée par une
réflexion raisonnée, mais c'est l'unité qui apparaît ainsi comme une
totalité unifiée ; cf. a5o e et la note. Il n'y a rien d'autre ici
que ce
qu'on trouve dans Ménon 74 d-75 a, dans Phédon 65 d-66 a, 76 cd,
dans la République VII 5a3 e-5a5 a ou X 5g6a b, dans Théétète i48d
et ailleurs encore.
2. Sur Ménon 80 d sqq., Pliédon 72 e sqq.
la réminiscence, cf.
3. Cf. p. £2 n. 2. —
Peut-être y a-t-il dans ce passage de quoi
lever les doutes qui se sont élevés sur le sens d'une phrase du Timée
, tan-
dis qu'en vérité il est possédé d'un dieu.
— Or
c'est justement la même chose
A.
Le délire d'amour, „uj
eu (j ans j a quatrième forme
a jj
son onqme et ses i »... , »,,. j, , , , ,
caractères.
du dehre le dehre d amour ( a'
d 4
^9
sqq.). La vue d'une beauté dans l'ordre
sensible provoque le ressouvenir de la Beauté véritable ;
(34 a), et elle se retrouve à la fin du Timée (92 c), où le monde est
appelé « dieu sensible qui est la copie du dieu intelligible ».
le
qui est sans amour ou sans passion (cf. lxxiii et lxxvi sq.). D'un
autre côté, s'il est vrai que ceci concerne à la fois l'amour et la
doute du vocabulaire des Mystères. En tout cas elles doivent être rap-
prochées de ce qu'il y a d'analogue dans le Phédon 67 a b et dans le
Banquet 209e sq., 210e, 2ïi c-212 a.
Qui sont ces derniers ? Sans doute il peut s'agir d'âmes qui
2.
«ont depuis peu incarnées non bien entendu d'àmes nouvelles, car
;
(fîcp. X 611 a cf. Phédon 72 a-d, Lois X o/)4 a b), une telle nou-
;
veauté est inconcevable. Ce n'est pas d'ailleurs pour les avoir perdues
depuis trop longtemps que les âmes oublient les visions idéales; c'est
parce qu'elles entrent dans la génération et justement parce qu'elles
s'unissent à un corps (cf. Phédon 75 d, 76 c d). Ne s'agit-il pas plutôt
d'àmes en qui, par l'éducation ou par l'amour philosophique, la sève
préempirique a vu sa fraîcheur renouvelée (cf. 25 1 a-c) ?
-de l'initiation
Leur cas s'oppose très naturellement à celui des âmes dont il a été
mettre un terme,
s'emploie avec ardeur à se rapprocher
elle
le plus possible de l'objet vers lequel elle tend elle travaille,;
consonnes 81 devrait être une longue et non une brève d'autre part, ;
dans ^TÊpoçuxop', le û devrait à son tour être une brève et non pas
une longue, au moins selon l'usage moderne car il semble qu'ori-
;
ginairement la voyelle ait été longue dans la racine fv, ainsi qu'elle
l'est restée dans plusieurs temps du verbe f'jw et comme Aristote en
(cf. p. 48 n. 1), que je n'ai pas osé transporter dans le texte, paraît
ainsi qu'il le fera plus tard (265 b 3, passage auquel se réfère vrai-
semblablement Hermias loc. cit.), en tant qne Dionysos est patron
c PHÈDRE
personnellement soumis : il le conseille et le dirige afin de
l'élever à son niveau, et ainsi de l'élever, avec lui-même, au
niveau de son dieu, car il n'est point jaloux de le voir devenir
meilleur 1 L'amant qui délire, quand son délire s'oriente,
.
or c'est cette chaleur qui, fondant une sève durcie, est capable
de rendre à l'appareil ailé sa vitalité, mais en même temps
il ressent ces mêmes piqûres que faisait endurer à l'âme
l'absence de la beauté (cf.a5i de). Autrement dit, il est dans
un état d'instabilité qui lui enlève son pouvoir de contrôle et
de direction, si bien que les forces dociles à son action ne
savent plus elles-mêmes à quoi obéir et que celles dont la
tendance naturelle est déséquilibre et révolte finissent, après
diverses alternatives, par prendre le dessus et conduisent au
cocher ». Or, le cocher qui sait ainsi se faire écouter, c'est l'intellect,
conducteur ou pilote de l'âme (cf. 2^7 c fin).
i. Ce passage difficile doit être interprété à la lumière des deux
développements qu'il rappelle et auxquels j'ai renvoyé. Le mot dont
use Platon a53 e 7, ro'60;, signifie à la fois désir passionné et regret.
Si on le prend au premier sens, on attribue au cocher une convoitise
dans 1 amoureux ;
Cette exposition
,
raie, et
r est toutefois trop séné-
,,
en outre elle ne considère qu un
-ni
seul des deux personnages entre lesquels se joue le drame
visiblede l'amour. Il faut donc reprendre l'analyse du drame
intérieur, successivement dans l'âme de chacun d'eux, et
d'abord dans l'âme de l'amoureux, autrement dit du sujet de
l'amour (a54 b 5 sqq.). Supposons que la vision flamboyante
du bel objet ait réveillé dans l'âme de l'amant les souvenirs
assoupis de la Beauté idéale et des autres réalités absolues que
le cocher a
jadis contemplées dans le voisinage de celle-ci.
Une sorte de religieuse terreur s'empare de lui, il redoute de
„™+,. o™„„„
i„ contre-amour.
le
I autre
'
qu en resulte-t-u :
*J
? C est sur ce
pour leurs rapports
point
que va désormais poursuivre l'analyse (2Ô5 d 3 sqq.).
se
L'éclosion de l'amour chez celui qui n'était d'abord qu'un
aimé a déterminé en lui un trouble qu'il ne s'explique pas
(cf.256 a déb). La vérité est que, sans qu'il s'en rende compte,
c'est lui-même qu'il voit dans son amant ainsi qu'en un
miroir. Vision directe de l'amant et image réfléchie de l'aimé
ne font plus qu'un. Aussi se manque-t-il à lui-même en
quelque sorte quand son amant est éloigné de lui, et, quand
il le retrouve, c'est vraiment lui-même
qu'il retrouve, de sorte
qu'aussitôt prend fin la souffrance qu'il éprouvait réplique :
2
préservera l'aimé de la chute définitive .
qu'opposition et antagonisme.
i Ceci pour faire voir que la confusion des deux choses dans
. le
Deux épilogues .
d un am dont Qn reconnu a
-
DOSSlÙlGS
du drame. es * un véritable amour puisqu'il est un
ceux-ci ne sont en effet bienfaisants que par rapport aux choses d'ici-
(2^9 e déb. ;
cf. 2^5 b fin).
—
Il me semble d'autre
part moins pro-
bable que, comme le suggère Z. Diesendruck (p. 11, i3, i4), la
sagesse humaine dont il est ici question soit celle dont le premier
cvi PHEDRE
Le second épilogue (206 b 8 sqq.) concerne un délire
d'amour où la philosophie n'a point de part, mais seulement
un certain souci de l'honneur et qui cependant n'est pas
qu'ils ont faits, dans leur délire d'amour, pour s'élever au-
dessusd'eux-mêmes,etaussi du détachement que signifient ces
efforts. N'ayant toutefois fait rien de plus ainsi que se mettre
en route pour le céleste voyage, la mort les trouvera donc
encore sans ailes, mais du moins allégés; capables par consé-
quent, au lieu de descendre sous terre aux demeures d'Hadès,
de monter au contraire, mais sans pouvoir dépasser les régions
inférieures du ciel. Leurs âmes, toujours unies, y goûteront
ensemble les joies d'une existence lumineuse. Puis, quand
l'âme qui est docile à la raison (cf. a53 d). Peut-on dès lors prétendre
que le second discours de Socrate ne fasse qu'élargir, mais sans
l'abandonner, le point de vue du premier ? La vérité semble être
plutôt qu'on passe alors sur un plan qui est entièrement différent.
NOTICE cvn
la terre.
Le discours s'achève (257 a 3 sqq.) comme s'achèvent ceux
du Banquet par des paroles d'offrande à l'Amour. Mais ici
l'offrande est en même
temps expiation si le Dieu daigne :
i. Voir
par ex. 61 d c ; 62 bc (cf. ici 273 c sq.) ;
70 b ; 79 a b, e ;
mais, si l'on se reporte à ce que j'ai dit plus haut des postulats
qu'elle implique, on verra aisément comment chaque détail
vient s'y ajouter à la donnée première pour rendre compte
de quelque effet observable ou pour satisfaire quelque
exigence doctrinale interne. Ainsi Platon, sous peine de ne
donner sur la réalité de l'âme que des vues
fragmentaires et
inconsistantes, est amené à déployer librement ses concep-
tions dans l'espace et dans le temps sous la forme d'une
T
, Quand Phèdre, au début du dialogue
(229 b sqq.), demande à Socrate s'il
croit à la légende de l'enlèvement
d'Orithye par Borée,
celui-ci rejette résolument l'interprétation rationaliste de
cette légende comme de toute autre. Mais, s'il leur donne
leur congé, ce n'est point du tout pour les repousser elles-
mêmes c'est au contraire pour leur laisser libre carrière en
;
le
développement organique de l'œuvre ? Un effort vers la
vérité a été commencé avons-nous le droit, étant philo-
;
qui «
mylhologise » sur le Juste, sur le Beau, sur le Bien,
et le sérieux avec le dialogue, le dialecticien
lequel, par
s'applique à ces mêmes objets. On
l
de rappro-a eu raison
cher ceci d'un passage du Politique, 3o4 cd. L'Étranger éléate
vient d'établir qu'il appartient à l'art politique de commander
à tous les autres, parce que seul il sait dans quels cas il faut
avoir recours à la force ou au contraire à la persuasion. Or
l'art
qui a le pouvoir de persuader la multitude, c'est la rhé-
moyen du mythe il
n'y a, je crois, que ces deux passages
pour nous le la rhétorique qui use
dire. Pensera-t-on que
du mythe pour persuader qui a été si rudement
soit celle
traitée dans le Gorgias? ou celle qui, ici même, est envisagée
avec moins d'àpreté peut-être, mais encore sans indulgence ?
Ilfaudrait alors supposer que, dans l'un et l'autre passage,
Platon a en vue des mythes rhétoriques ou sophistiques du
type de l'Hercule au carrefour (cf. Banquet, p. 9 n. 3) ou du
3
mythe de Prométhée et d'Épiméthée dans le Prolagoras .
i.
Thompson, p. xvi de l'Introduction à son édition du Plùdre.
2. Cf. par ex. Gorgias 455 a, Théétele 201 a ; ici 260 a sqq.
3. Voir A. Diès, Autour de Platon, p. 422 n. 1 et Notice p. lui.
cxvi PHÈDRE
Politique.
—
Or il existe, c'est justement ce que nous enseigne
le Phèdre, au-dessus de cette rhétorique dont l'objet est de
produire des vraisemblances illusoires (260 b-e) une autre
rhétorique, qui est philosophique. Celle-ci ne se refuse pas
sans doute à persuader (271 a, e sq.), mais elle le fait en
rattachant le vraisemblable au vrai, qui en est le principe
(262 a-c,273 d, 277 b). Cette rhétorique philosophique
consiste en outre à distinguer les diverses sortes d'âmes et
les diverses sortes de discours, puis à établir quelle sorte de
discours est propre à convaincre telle sorte d'âme (271 b,
d e 277 bc ; 278 d fin). Ne peut-on dès lors penser que son
;
r
On a vu tout à l'heure (p. cix) que la
plaisance :
distinguer entre l'ami des richesses et l'ami des
honneurs pour les opposer ensemble au philosophe, comparer
à un tonneau
percé ce qui dans l'âme est le siège des désirs,
tout cela, d'ailleurs banal ', est bien loin de la conception
définie qui est en question. Encore doit-on même ajouter
Platon n'est pas sur ce point bien fixé. Ce sont en tout cas
si bien des fonctions distinctes que le
mythe du Phèdre, tout
en les faisant solidaires, n'hésite pas à les individualiser. Cette
tripartition, on le verra plus loin, se retrouve, notablement
modifiée il est vrai, dans le Timêe, mais avec la même dispo-
sition à
séparer les trois fonctions
séparation anatomique :
1. Ainsi que le font Burncl, Aurore etc. (Early Gr. P/i.) p. 3ig
n. 3 et A. E. Taylor, Plalo p. 120 n. 1.
Voir Zcller, Ph. der Griechen 4 n. I,
2. II 1 , p. 846
NOTICE cxix
80 76 c, e 79 d e 83 e.
b. Cf. aussi ; ;
composition n'en soit aussi parfaite que vient de nous paraître celle
de l'âme >;. Par rapport au contexte du présent morceau cela consti-
tuerait difficilement explicable. De plus, comment
une contradiction
parlerait-on de la perfection d'un compose qui précédemment a été
comparé (IX 588 b sqq.) à un être fabuleux dont la structure
comprend un animal féroce, un animal paisible et enfin un monstre
à mille têtes ? Le sens me paraît cire difficilement serait éternel
:
qu'un grand pas ait été fait avec le livre IV dans le sens de
la n'estime pourtant pas avoir encore complè-
composition, il
ont un qui est rétif (2^6 a b, 2^7 b, 2^8 a b). Ainsi, dans
les âmes divines elles-mêmes, il y a donc les mêmes facteurs
ligence indéfectible.
—
Il est toutefois
probable que Platon
fermait les yeux sur ces difficultés de la tripartition. En effet
<lans les Lois, qui sont son dernier ouvrage, il attribue à l'âme,
dont il veutprouverqu'elle est première par rapport au corps,
une égale convenance aux états passifs comme aux états actifs ;
en elle il met, à côté de la pensée pure, les jugements vrais
ou faux, c'est-à-dire l'opinion, les dispositions du caractère
c'est-à-dire un certain « comportement », des aspirations et
des délibérations, des souvenirs et des préoccupations d'ave-
nir, enfin desémotions et des passions, des joies et des peines,
<le l'assurance et de la crainte, de la dilection et de la haine :
ger. C'est du
reste ce que paraît dire Platon dans le premier
des passages du Timée auxquels j'ai renvoyé. Or n'est-ce pas
cela justement que le Phèdre appelle la cbute de l'âme?
Une seconde remarque prouverait d'une façon plus déci-
sive encore que la doctrine du Timée ne diffère pas au fond
de celle du Phèdre et des Lois. La nature parfaite de l'âme
y est en effet, sans contestation possible, décrite comme
composée. Bien plus, il y a double composition car l'âme ;
corps est quelque chose de l'âme, s'il est vrai, comme nous le verrons
tout à l'heure (cf. p. cxxxm), qu'à ce stade de sa pensée Platon ne
conçoit pas d'àme qui ne soit l'âme d'un corps.
NOTICE cxxm
règle
•
les deux
,
forces qui tirent le char de l'âme humaine
sont, d'après le Phèdre (253 c 9), des contraires dans le genre
cheval. En résumé, de part et d'autre, l'âme apparaît triple.
Mais le Phèdre se borne à distinguer les âmes des dieux et
des hommes, des immortels et des mortels par la qualité des
forces qui les meuvent ou par la possession, pleine dans un
cas, latente dans l'autre, de l'usage de leurs ailes (246 a-d) ;
IV. 3. — i
cxxiv PHÈDRE
autrement que par analogie l'essence propre de l'âme faute ;
ne sont pas quelque chose d'éternel (oùx atwviov) comme Je sont les
o dieux légitimes », mais qu'ils sont l'un et l'autre indestructibles,
ne contredit pas ceci. L'at'oiv en effet c'est l'éternité, et d'aucune
façon il ne pourrait êlre question d'éternité pour une chose composée,
sinon en ce qui concerne tel ou tel de ses composants. Au surplus le
Phèdre dit simplement que l'âme est inengendrée, et non pas qu'elle
est éternelle. Quant au Timée. il déclare (3^ d, 38 c) que l'éternité
la constitution
originelle et normale de l'âme, il y a subor-
cxxtiii PHÈDRE
dinalion nécessaire de l'Autre à l'autorité du Même, orga-
nisation réglée du divers par l'identique, unification harmo-
nieuse du multiple par l'un (5i d-5a a cf. 35 a fin). ;
achevé, et dont toutes les fins sont atteintes dès qu'il est, se
dissout-elle parfois dans l'infinité sans borne des désirs et dans
le dérèglement ou la méchanceté qui en résultent? Pourquoi
la chute ? Le Phèdre explique celle-ci par Une faute originelle
et il
y ajoute une prédestination. De toute façon il
accepte
qu'il y ait des élus et des réprouvés. D'abord c'est une néces-
sité qu'il
y ait des âmes de dieux une sorte cCisonomie veut
:
d'autre part que les dieux n'ont pas su régler avec ordre la
corrompue et
corruptrice, où les passions ne
pouvaient être
dominées par la voix de la philosophie (cf. Banquet, Notice
p. xcix sqq.). Bref, si le salut est possible, s'il ne faut pas
désespérer d'apporter un remède aux erreurs originelles et aux
autres, ou devra demander à la philosophie de recréer l'état
social, de régénérer par de saines mesures le troupeau humain,
de prendre le gouvernement. C'est ce dont justement la Repu-
cxxx PHÈDRE
bliqne a dessiné le plan. Bien plus, c'est du pire des maux que
sortira ce bien décisif; car pour le réaliser, telle est la convic-
tion obstinée de Platon (Lois IV 709 e), la philosophie devra
commencer par apprivoiser celui dont le Phèdre a fait le der-
nier des réprouvés: le
tyran.
Mais que au philosophe pour se faire l'initiateur de
faut-il
cette œuvre grandiose et redoutable ? Sans doute cette voca-
tion éducatrice, ce désir divin de féconder pour toujours d'au-
tres âmes par son enseignement en les unissant à la sienne
et entre elles
par un amour dont la philosophie est la sub-
stance. Voilà en effet ce qui caractérise l'homme dont le Ban-
larencontre aussi dans Y Apologie aabc, dans VIon 534 bc, dans le
Banquet 2o3 a, môme dans les Lois III 682 a, IX 875 c et le Phèdre ;
ment ou par degrés. Pour qu'il n'en soit pas ainsi, il faut
que toute l'âme y porte intérêt; autrement dit, que l'intel-
lect, si l'on peut dire, prenne en main l'émotion et que
l'amour devienne philosophie, allant de la sorte à ce qui est
l'aimable vrai, la réalité de la beauté et non plus une image
de celte réalité (256 c, a5o d 7). Or cette conception présente
de remarquables analogies avec la théorie de la divination
qu'expose le Timée (71 b-72 b). 11 semble tout d'abord qu'en
celle-ci l'âme inférieure soit seule en cause. C'est en effet
il les a
interprétées et, en comprenant son péché, le sage a
découvert pénitence qui convient. Aussi se dit-il un
la
« devin de petite envergure il est vrai, et assure-t-il
»,
par 1 amour et la
philosophie a notre
condition d'hommes, il n'en demeure pas moins que nous
restons des hommes et qu'il y a des dieux. Il importe donc
de définir le mieux possible en quoi ceux-ci diffèrent de nous ;
ce qui nous conduira à préciser la nature de la relation qui
existe entre le corps et l'âme. —
Tout d'abord, on a déjà pu
voir (cf. p. lxxxii et cxxn sq.) quelle difficulté il y a de dire
ce que sont les dieux. Pour en représenter la nature on est donc
chaque astre mais il est certain qu'elle est un dieu et, vrai-
;
ab, de; cf. Timée 3o bc, 38 cd, !*o a-d et aussi Philèbe 28
a-3o d).
Ainsi se pose une deuxième question les âmes des dieux
:
L'amour. ,
'77' , , ,
. , .
i. Voir p. lxxix et
p. xciv sq. Il va sans dire— que, dans ce
qui suit, je laisse de côté les cinq premiers discours du Banquet,
puisqu'ils ne représenlent pas le point de vue de la philosophie sur
la question.
cxxxvi PHEDRE
si telle est sa fonction, il ne peut s'en acquitter sans une
discipline qui règle ses aspirations, sans une « méthode » qui
les empêche de se détourner de leur but discipline progres- :
il
y a d'évidentes analogies. Le discours de Lysias et le premier
discours de Socrate sont l'équivalent des points de vue
incomplets des cinq premiers discours du Banquet. D'autre
part Stésichore, le poète, tient la place de la prophétesse
Diotime seuls des inspirés sont capables de prendre sur
:
l'Intelligible il
y a donc là une culture moyenne (Rèp. VII
;
coup il
intégrait, plus clairement qu'il ne l'avait fait dans le
Banquet, la doctrine de l'amour à toute sa philosophie. On
peut même ajouter que l'âme devient ainsi le médiateur dont
les objections du Parménide accusent la nécessité par l'amour :
ment, car c'est ce désir qui attache les âmes non divines aux
guible de l'idéal.
Enfin, bien que le Banquet parle beaucoup de l'amour
charnel, il est certain que, dans la partie du dialogue où
s'exprime la pensée de Platon, le point de vue qui compte
est celui de la génération, parce qu'il atteste dans l'ordre de
la chair le désir de l'immortalité
(cf. 207 a-d, 208 e). Quant
à l'amour masculin, ceux qui se complaisent à en faire
précis doit porter son effort pour être capable d'en tourner la
bassesse, la perversité même, au profit de son élévation. Sans
doute un motif d'équilibre intervient-il aussi dans la pensée
de Platon s'il
:
y a un amour « droit » et un amour
«
gauche», la méthode de division dichotomique exige que
ce dernier, dans l'analyse ou dans la description, ne soit pas
escamoté, ni ses jouissances voilées pour faire valoir plus
sûrement les joies
contemplatives que l'autre promet; on
obtiendrait ainsi l'effet contraire de celui qu'on cherche. Au
•
i. Cf. a53 e-a5A b, a55 e sq., a56cd. — L'interprétation à
laquelle je fais allusion est notamment celle de Wilamowitz Platon I 2 ,
ont fait ? Peut-être plus sage de voir ce qui est, que d'ériger en
est-il
c'est la
pérennité de l'action que son enseignement a exercée
sur les âmes qu'il a lui-même conquises en les aimant et en
s'en faisant aimer.
En résumé, si sur la doctrine de l'amour le Phèdre n'ap-
porte rien qui soit à proprement parler nouveau, en revanche
qu'il y a incorporé une théorie
il l'a transformée du fait de
l'âme, dont le retentissement esl profond sur l'ensemble de
sa [Link] raison en est, je crois, celle que j'ai déjà
indiquée (cf. p. c sqq.): dans le Phèdre, au lieu d'envi-
sager l'amour dans son essence et de transfigurer la mytho-
logie, il a voulu surtout y voir le drame intérieur de l'âme
tout entière, avec la diversité des motifs et des mobiles qui,
en elle, s'unissent à la pensée réfléchie, avec toutes les péri-
cxlii PHÈDRE
péties qui en résultent et les dénouements auxquels elles
conduisent.
VI
RHÉTORIQUE ET DIALECTIQUE
avant Aristote 1900 (thèse Paris); E. Drerup, die Anfânge der rhetor.
.
sobre et tantôt copieux (267 b, 268 c, 269 a, 272 a cf. a35 a). ;
sujet le contre-pied de ce
qui est raisonnable et de se
complaire aux paradoxes. Gonfler de petits sujets pour les
faire paraître grands, évider les grands pour qu'ils semblent
ils ne se
trompent pas. Ce n'est pas toutefois par leurs
méthodes que cela se fera la façon superficielle dont ils
:
n. 1 et p. xLvin n. 1).
Ainsi donc, ni par leurs œuvres, ni par leur enseignement
les maîtres de rhétorique ne manifestent qu'il existe en fait
un art rhétorique fondé sur un savoir défini, comportant
des règles précises, capable enfin d'être enseigné. S'il doit y
avoir un tel art de la parole, c'est d'un autre côté qu'il
faudra le chercher et c'est par d'autres voies qu'on pourra
l'atteindre (269 cd, cf. 271 a).
érudits, on n'a qu'à lire la très intéressante revue qu'a faite À. Diès
de ces discussions (en 191 2) et qu'il a réimprimée dans le vol. I de
Autour de Platon (p. 3o-45). On comprendra que je ne puisse m'ar-
rèter sur ce problème, dont tant d'efforts divergents semblent
prouver qu'il est actuellement insoluble. Au surplus, si l'impor-
tance en est peut-être grande pour la question hippocratique, il n'en
est pas de même en ce qui concerne l'intelligence de la pensée
...
1 ame, n
, ,, ni,.
est pour cette nouvelle rhéto-
quoi elle agit ou ce qui agit sur elle ce sont des discours et
des pratiques, de telles causes ou de tels effets sont assortis
à sa nature tous les mouvements d'ordre physique qui consti-
:
le cas
qui nous occupe, ce par quoi une âme agit sur une
cl PHÈDRE
autre âme ou
pâtit de la part d'une autre, ce sont des dis-
cours par la force persuasive desquels elle sera amenée à
telles façons de penser et de se conduire qui soient, en
1. Il semble difficile
que cette classification des discours puisse
ressembler à celle des rhéteurs : discours concis ou abondants, qui
excitent la pitié ou bien la fureur, etc. Hermias (2^7, 29 sq.) parle de
discours démonstratifs ou sophistiques, abondants ou secs ce qui :
la
rhétorique n'a d'autre base qu'une aptitude aventureuse à
conjecturer, à laquelle on se flatte de donner par l'exercice
une sûreté qu'elle ne peut avoir 2 Que dans cette direction
.
qui a son corps à lui et dont toutes les parties sont réelle-
ment solidaires les unes des autres comme de l'ensemble
(a63 a-c, 264
269 c, c, 277 bc ;
[Link] 287 b-d, 238esqq.).
plus, en suivant cette « méthode », autrement dit cette
route, on donne à l'âme une véritable culture surtout à ;
Gorgias la conçoit, et, quoi qu'il en dise, elle ne peut donc être le
premier de tous.
NOTICE cliii
dente, sauf que Platon cette fois insiste sur ce point que, dans sa
nature, l'unité atteinte doit être précisément l'unité de la multiplicité
considérée. C'est ainsi que paraît avoir compris Hermias (236, 6) :
« ...l'homme qui est capable de poser son regard sur la nature des
choses ».Mais ce qui est à mon sens décisif, c'est la comparaison
avec Philhbe (cf. i5 e)
iôesq. à cet endroit Platon raille «les
:
d déb. ;
cf.
277 b 6 et 262 b fin) ;
il
n'y a pas en effet d'autre
moyen de rester, dans la déduction des conséquences, conséquent
avec soi-même. — La seconde démarche est donc l'inverse de
celle-ci : elle consiste à spécifier l'unité définie dont elle part,
et elle cherche à reconnaître quelles formes sont enveloppées
dans sa nature et dépendent de cette nature ; on découpe
l'unité selon ses articulations naturelles, autrement dit selon
ses espèces 4 L'unité dont il s'agit est en effet comparable à
.
IV. 3, —k
clvi PHÈDRE
dans cette forme on n'aperçoit plus de contrariété, donc plus-
de différence pouvant donner lieu à un sectionnement. Elle
est le dernier échelon de la descente.
Ainsi les deux démarches seraient liées comme la montée
et la descente. Mais, comme la montée s'est souvent faite d'un
hond dans la direction de l'unité qu'on suppose être au
sommet et sans tenir compte de tous les degrés qu'il doit y
avoir entre ce sommet et la base à laquelle est accoutumée
notre expérience, rien n'assure que nous ne nous sommes pas-
lancés dans une fausse direction. Il faut donc que, à partir de
notre point d'arrivée, nous cherchions maintenant sous nos
pieds un premier appui, puis un autre après celui-là, et ainsi
de suite jusqu'à ce que nous retrouvions notre base initiale.
C'est à la solidarité même de ces deux démarches que Platon
se dit fermement attaché, à la solidarité du a rassemblement »
car ce sont proprement des Jamilles qui sont issues d'une souche
commune, laquelle est la forme initiale, le type de la race. Cf. Zeller,.
Ph. d. Gr. II 1*, p. 626 n. 1.
NOTICE clvii
le mérite de le résoudre.
2
celui d'Antiphon de Rhamnonte qui, contemporain de
Gorgias, aurait été cependant son élève et qui périt en [\i i ;
celui d'Alcidamas, autre disciple de Gorgias et son succes-
seur, dit-on, à la tête de l'école, contemporain de Platon et
rival d'Isocrate, un rhéteur dont nulle part Platon n'a pro-
noncé le nom et que pourtant il a cité au moins une fois 3 .
époque récente.
2. Platon le nomme
dans le Ménexène (236 a) comme un très
bon maître de rhétorique. Etant admis qu'il serait l'auteur des
Tétralogies, qui seules intéressent l'histoire de la rhétorique, il n'y
a pas à se demander s'il est distinct (ce que je ne crois pas) d'Anti-
276 a 6) mais, si l'on n'est pas là, c'est une assistance qui
;
1
Rapprochement entre la politique et la rhétorique Phèdre
. :
qu'il est bien plus facile de jouer avec les grands sujets que de les
traiter avec le sérieux qui leur convient. —
Isocrate (Hélène 64) parle
dans les mêmes
termes que Platon de la « palinodie » par laquelle
Stésichore, insulteur d'Hélène, a obtenu que fût levée sa peine. Il —
fait remonter (f/éZ. 67) à la guerre de Troie l'origine des arts et des
« philosophies » (entendez de la rhétorique). Platon évoque (261 b)
:
ces « Arts oratoires » que Nestor et Ulvsse ont composés sous les
murs de Troie pendant leurs heures de loisir. — Le reproche d'être
Oppositions.
Il Y a, par contre, un avantage positif à
: i .
•
i
noter les points sur lesquels une diver-
îi-
gence se manifeste : on voit ainsi où sont les oppositions et
en quoi elles consistent. — Une première opposition, tout
extérieure en apparence, mais fort importante en un temps
où le métier salarié déconsidère celui qui l'exerce, apparaît
à propos de la rétribution de l'enseignement. Or Isocrate se
faisait payer très cher, dit-on ; et, comme ses élèves étaient
dit- il, toujours les mêmes lettres qui servent, tandis que la
le souvenir de quelque
proposition du Phèdre, qui en est
l'exact contrepied. Qu'on interprète comme on voudra cette
cf.
p. cxlvi).
Nous touchons ici à une opposition aussi nette que profonde :
qu'elle est, n'est pas entendue en son vrai sens, mais en un sens
rhétorique, puisque c'est du point de vue de la rhétorique que
Socrate conçoit son premier discours. Peut-être en devrait-il être de
même pour la « philosophie » qu'invoque le Pausanias du Banquet
182 c 1, 1 83 a 1.
NOTICE clxxi
ment que comme des dialogues éristiques par un esprit aussi rebelle
à spéculation philosophique que l'était celui d'Isocrate? Au surplus,
la
le mot
« éristique » n'avait sans doute pas pour lui l'acception histo-
•s'agit
d'ennemis qu'il est impossible de traiter par le dédain.
m
paraît donc comme un réquisitoire contre la rhétorique d'Iso-
•crate '. Tous les autres Maîtres dont il est question çà et là
manquer, si tout ce
qui a été dit plus haut est vrai, de
ressentir à quel point s'appliquaient mal à Lysias la plupart
des observations de Platon, à quel point au contraire elles
portaient contre Isocrate. La brusque apparition de son nom
quand la lecture est déjà presque achevée, l'inattendu d'un
VII
ÉTABLISSExMENT DU TEXTE ET APPARAT CRITIQUE
a4'3d5 la même
faute absurde, èiuôyfju^t, l'ascription de-
l'iôta étant ici dans W
d'autant plus singulière qu'elle y est
3
le plus souvent omise alors qu'elle serait nécessaire ;
à
244 b 7, après £Tu;[Link]<jôat, il
y a dans la marge de W un
yp. âno tou dvdjxaToç, qu'on retrouve pareillement dans la
:
outo) V, aÙTcp W
à 274 d 3 -rçv V, ô'v
;
*. W
Quatre papyrus nous ont conservé des-
Papyrus. du texte du Phèdre.
débris Le pre- —
mier et le plus important, découvert en 1 906 au verso d'un
acte d'achat de terrain (n° 1016 5 des Oxyrynchus Pap. de
Grenfell et Hunt, vol. VII p. 1 15 sqq.), est du premier tiers
du 111 e siècle de notre ère. Le début du dialogue jusqu'à
a3oe 4 s'y trouve dans un état parfait et avec d'excellentes
leçons ainsi, 228 b 5 7ràvu rt, 7 îEwv [x^v, 229 e 4 ta TOiaiïxa,.
:
tAVïîfxT),
a5i d 5 IxâuTT), a5a a 7 gyYUTctTw, a56 e 5 awcppoauvr] 8vt)tt},
379 a 9 ôpfxT) 0£totlpa.
Pour V je me fie aux collations de Burnet, mais
4. il se peut
qu'elles ne soient pas plus exactes que celles de W.
5. Sur ce Papyrus et le suivant, cf. Alline, op. cit., p. I/J4 n. 2-
2. Je dois à
l'obligeance de mon collègue Paul Collart d'avoir
connu les deux derniers.
Exception faite de deux lacunes, l'une qui porte sur le texte de
3.
a3a e 4 à a34 d 1 (p. 3g, 7 Couvreur), l'autre au cours d'un
long
développement sur a45 c d (p. 108, 1), mais par laquelle n'est pas
interrompue la conséculion de l'exégèse du texte lui-même.
clxxviii PHÈDRE
Ce commentaire représente la tradition
néoplatonicienne de 1 interprétation du
Phèdre. Avec Proclus, Hermias (deuxième moitié du v e s.)
avait été l'élève de Syrianus, et il est possible qu'il
n'ait fait que rédiger, peut-être à en l'enrichissant
la vérité
de ses propres réflexions, des leçons de son maître sur notre
dialogue. Ces leçons semblent avoir eu la forme, alors
commune dans les écoles, de la diatribe ou de l'entretien :
e
blique (deuxième moitié de iv s.), dont Proclus (Theol. Pla-
ton. IV 16) mentionne expressément un commentaire sur le
Phèdre, auquel du reste Hermias lui-même fait plus d'une
allusion l .Il —
n'y a pas lieu de parler ici des idées d'Her-
mias ni de de son commentaire un échantillon en a
l'esprit :
A
que j'ai dit dans la notice du Phè-
ce
lxxx sqq.) sur la forme usuelle
don (p.
de la tradition indirecte, je voudrais ajouter quelques remar-
ques dont l'étude de cette tradition pour le Phèdre a été
l'occasion. —
Il n'est certes
pas douteux que souvent les
auteurs citent de mémoire. Mais, quand en plusieurs endroits
un même auteur cite de façon différente, on peut se deman-
der si l'on est en présence d'une variation de sa mémoire ou
bien d'une variante réelle, en rapport avec l'utilisation
par de copies différentes. C'est ainsi que le passage de
lui
246 e 4 ô [/.iv 8yj jxeyocç Tjyefjuov ...Zeu; est cité deux fois par
Plutarque. Or, dans les Quaestiones conuiuales VIII 3, 5 722 d,
son texte: b yàp Bv) fiiyaç Tiyejxojv ...Zeuç est très voisin du
nôtre dans le Non posse suauiter uiui secundum Epicurum,
;
jrgpt Travée,
<L irat, ..àvaY**]» est citée par trois commenta-
.
Stnésius ;
Aristénète ;
Jean Stobée ;
Strianus (in. Ar. Metaph.
Kroll, coll. Acad. de Berlin) ;
Hermias Proclus (in Rempubl.,
;
Kroll ;
in Crat.,Pasquali, bibl. ; Teubner) Jean Philopon (in Ar.
de an. Hayduck, coll. de l'Acad. de Berlin) ;
Simplicius (in Ar.
Phys., Diels, ibid.) ;
David (Prolegomena et in Porphyrii Isagogé,
Busse, ibid.) ;
Elias (in Porph. Isag. et in Categ. Busse, ibid.) ;
ils sont donc signalés seulement quand leur texte n'est pas celui que
j'ai adopté, sans que je m'astreigne d'ailleurs à les nommer séparé-
ment quand, à l'exception d'un seul (exe), tous sont du même avis.
J'ai négligéde signaler que Rurnet et Vollgraff, d'accord en cela,
comme on l'a vu (p. clxxvi), avec la copie du Phidre dans W,
e
adoptent constamment la désinence tj pour la 2 pers. sing. de l'indic.
prés, moyen. D'autres particularités orthographiques de peu d'im-
portance ont été cependant signalées :
pour vuv 87J, que Schanz,
Rurnet et Vollgraff écrivent constamment vuv8tj ; pour que
utôç, ûteï;
les mêmes éditeurs, d'accord avec les inscriptions du temps, écrivent
Go;, pour l'augment des verbes commençant par eu pour
Geîç ; ;
/ovTa, comme dans Œdipe Roi, v. 709 253 a 6 je n'ai pas osé
;
i .
Puisque Phèdre lit et relit son cahier, il est peu naturel qu'il ,
y lise une fois yevoij.é*viov toûtcov (23o e 7), et, les deux autres fois,
toutwv yevouivtov. La divergence n'existe d'ailleurs que dans B.
a. a3a d 7, avec Burnet je repousse la correction de Heindorf 0' ujt'
èxei'vwv au lieu de uît' exeîvcuv, car celui qui croit devoir à son mérite
d'avoir réussi dans son entreprise aura des satisfactions d'orgueil à
voir qu'on recherche le jeune garçon qui a cédé à ce mérite et se
sentira personnellement insulté par ceux qui ne font aucun cas de sa
conquête (cf. p. lxvi n.) ; a36 c 3 je garde zv\a.6i\Qr\-zi qui est dans
tous les mss. et, avec T, je lis à la 1. a tva 81, en coupant la phrase
si d'autre
part à 2^8 c 3 et 2^9 c 3 on a le singulier 8sw, c'est qu'il
s'agit du cortège d'un dieu déterminé.
1. a36 c 2,
point en haut après eï, cf. p. précéd. n. 2 ;
253 a 6 je
mets, comme Schanz, la virgule devant uxnzep aï Baxyat et non
après ce mot, cf. p. xcix n. 1 ; 269 b 2 je supprime la virgule après axi,
cf. p. 78 n. 2 ; 276 d 4 je lis un point au lieu d'une virgule après
[XET'.dvTt parce que, dans ce qui suit, on ne peut disjoindre l'opposi-
tion du plaisir en
question à d'autres plaisirs qui sont sans délicatesse.
SIGLES
IV. 3.
PHEDRE
[ou De la Beauté ; genre moral.]
SOCRATE, PHÈDRE
227 p Socrate. —
Où vas-tu comme cela,
mon
cher Phèdre, et d'où viens-tu ?
Phèdre. —
De chez Lysias, le fils de Céphale Socrate et 1
, ;
mien, c'est le long des grands chemins que je fais mes pro-
menades : elles sont ainsi, dit-il, plus remontantes que celles
b qu'on fait dans les préaux.
Socrate. —
Et il a, ma foi, raison de le dire, camarade !
chienne 3 .
Socrate. —
Eh bien alors, à quoi passait-on le temps?
!
IQKPATHE <t>AIAPOZ
*f>AI .
riEIJOEL, Et 001 CT^oX^I TtpOtOVXl OCKOÛEIV.
Hermias xetyouç
||
Te; s. u. Oxy.
:
eru/vôv petxpov Oxy. 5 'Axou- ||
:
||
Oxy. t. -rciEtou
Vollgraff 6 5tj om. 3 3 BT* 7 eurcfa:
: TW :
W
|| || ||
iffria
Oxy. 8 TCEuast -<jtj
Il
om. Oxy. :
227 b PHÈDRE 2
Socbate. —
Quelle idée Ne suis-je pas à tes yeux, comme !
Phèdre. —
Qu'est-ce à dire, excellent Socrate? T'ima-
228 gines-tu que des choses dont la composition a été pour Lysias
l'affaire de beaucoup de temps et d'une patiente étude, pour
lui le plus habile des écrivains actuels, ces choses-là, moi un
chesse. Sur ce trait de son caractère, cf. Banquet, Notice p. xxxvn sq.
a $AIAPOS 227 b
ZG. Tl 5é ;
oûk àv oïei jie,
Kaxà nivSapov Kal ào)(o-
Xlaç ÛTTÉpTspov Ttpayua TtoiijaaaBai x8 cnf|V
te Kal
Aualou Suxxpiôfjv àicoGaai ;
f) IpÔVTl.
Z.CÏ. *C1 YEVvaîoç' eÏ8e ypài|>EiEV &q xpr| TtÉvr|TL ^fiXXov
u^ aou àTtoXEi(p8ô.
4>AI. riôç XÉyeiç, 8> |5ÉXxiaxE ZâKpaxsç ;
Oïei jie,
fi
y' av uaXXov f\
uoi ttoXù ^pualov yEvéaSai.
ZO. *C1 <t>aî8pE, eÎ êyô <t>aî8pov àyvoô, Kal luauxoG
C 4 om. Oxy.
î)v :
||
5 y«P :
J«V yap Oxy. 6 ||
o;:ô : uît'
Oxy. (ut uid.)
7 yàp om. Oxy. :
(ut uid.) ut] ... r]
: xa> ... rj xa> Oxy. 9 oi :
W
|| || [jlïj ||
& TW «S B Hermi. 1
||
10 oaa (et Oxy.) : oa' B ||
d 1 rcpoaeaxi 2
rec. :
Tïpo; loti
Oiy. av W
av i\i' ci. Richards
-x:v 2 ïytoy' ouv ||
:
||
:
xar eywye u. Oxy. 2 E-farfS [xévxoi uel èyw 8è xaî vuv ci.
Oxy. ouv s.
èàv aicxe av
: -te àv T w. xav Vollgr. W 228 a 1 <JuVc6r)xev (et ||
Oxy.) -x£ B : W
D 4 ^oXù (et Oxy.) rcoXùv T 6 yàp xooxwv (et Oxy. :
||
. . .
Etç TtEplTTCCTOV
fJEL, 63Ç pèv lyà> oîpai vf)
t6v KUVa, E^ETU-
TtEpl X6yov àKon,v, auyKopu- tSèbv pév, fja8r| 8ti e£oi t8v
BavTLÔvxa, Kal Ttpoàyeiv IkéXeue. AEopévou 8è XéyEiv xoO c
tôv X6yov EpacrcoO, èBpÙTtTETo &ç 8f| oôk EmBupûv XÉyEiv
teXeutôv 8è e^ieXXe Kal, eI p/) tlç ekôv àicoûoi. (Ha èpslv.
Zù o8v, £>
<î>aî8pE, auxoO Se^B^tl S-rtEp xà^a TcàvToç
Ttoin aEi vOv
i fjSr)
ttoueîv.
oïpai : om.
sycopai Oxy. Jtavu ti Oxy.
Oxy. ||
5 tôv
n. xiç : W ||
:
W
j| ||
son Burnet î8. p. îoiv Ven. 54 (G) îovxa uulg. sic <Xv Winckelmann
s'Ôt'a olim Schanz Èvvowv Vahlen stSw; Kramm aùxo'v Richards
2
auyxo- ||
pu6avxtwvca :
Çu-pc. Oxy. |j
C i
rcpoayetv (et Oxy.) rcpoaày. : W ||
Ixê*-
pT] èp. ci. Vollgr., qui reliqua damnât Oxy.) xat Hirschig :
t] (et ||
Vollgr.
228 d PHÈDRE 4
le discours
qu'en ta main gauche tu peux bien tenir
là, sous ton manteau... Je gage en effet que c'est le discours
lui-même Mais, si c'est bien cela, mets-toi sur mon compte
!
Notice, p. xxvn et n. i.
a. C'est un trait bien connu (Banquet 174 a, 220 b) et que note
aussi Aristophane dans les Nuées (io3, 363). Quanta Phèdre, s'il est
va bientôt être midi (cf. 23oc, 2^2 a, 258 e sq., 25g d, 279 b).
4 *AIAPOS 228 d
xà toO uf),
ev KEcpaXaloiç EKaarov ètyzÇfîq SIeiul, àp£,À^evoç
àTTè ToO TtpdùTOU.
ZO. AeU^xç yc Txpâxov, & <j)iA6Tr|c;,
*tt
apa âv xfj api-
KaBi£ô^£voi àvayvS^iEV ;
toùç TuSSaç levai, Kal oôk àrjSÉc;, aXXcoç te Kal t^vSe xf|v
ôSpav toO Itouç te Kal Tfjç ^Épaq.
IO. l~lp6ayE Sua ottou Ka8EOoù^£8a.
8r), Kal atcôrczi
<t>AI. 'Opfiç oSv EKElvrjv Tf|v ôi|;r|XoTaTr|v TtXàTavov ;
ZO. Tl \xi]v :
Vollgr. 8' èxst'vou Badham 3 Sa/.vus (et Oxy.) -vu Hirschig et, :
W W
||
Il
èX7CÎ8o; : xcov (exp.) £À^i8o; Oxy. -8wv fort, prius scripserat ||
5 rcou :
2
j:otOxy. probat Wilamowitz Platon II 363 6 xaOtÇopevot xocOeÇ. ||
:
W
||
Il
'IXiaôv Oxy. -aaôv codd. 2 orcou (et Oxy.): ony
: sed ô'rcou 7
|| ||
av eav Oxy. èv
fjauyt'a: xa0 Tjauyiav Oxy. xa0tÇyioo'ji.£8a (et Oxy.,
:
|| ||
Gaacov ouv Oxy. àpiaxov ouv ci. Naber 5 xoùç xoù sic B 6 exouç :
||
:
W
||
Vollgr., omnes.
229 b PHÈDRE 5
b Phèdre. —
C'est là qu'il y a de l'ombre, une brise mo-
dérée, du gazon pour nous asseoir et, si nous le voulons, pour
nous étendre.
Socrate. — Si tu avançais ?
b Socrate. —
Elle l'admet en effet.
Phèdre. — Enfin voyons ! est-ce d'ici ? Quel charme,
conviens-en, quelle pureté, quelle transparence offrent aux
yeux ces filets d'eau, et comme leurs bords se prêtent bien à
des amusements de jeunes filles !
un autel de Borée.
Phèdre. —
Tiens je ne m'en suis pas du tout aperçu.
!
i. Cette
Nymphe, selon la légende, était fille d'Érechthée, le vieux
héros de l'Àttique. Pharmacée, sa compagne (cf. c) est la Nymphe à
qui était consacrée une fontaine, peut-être curative, près de l'Ilissus.
2. Cette dernière phrase me paraît être, non l'interpolation d'une
glose (Alline, Hist. du texte de Platon 267, 3), mais une omission,
d'abord rétablie en marge, puis mal replacée dans le texte. Avec la
transposition, la suite des idées semble plus naturelle la réplique de :
<ÊAI. 'EkeÎ aKid x' taxlv Kal TtvEOua uÉxpiov, Kal néa b
KaSt^EoBai fj,
âv (SouXcÔueBoc. KaxaKXi8f]vai.
ZO.. npoàyoLc; av.
<t>AI. EItté uoi, S>
Z&Kpaxeç* oôk evBevSe u.évxoi ttoSèv
Ttap' aôxà.
3
ZO. Oôk, àXXà kcxtcùBev. 8aov Sô f\ xpla axàSia, ?| c
auxôBi BopÉou.
3
<I>AI. Où Ttàvu vsvérjKa. 'AXX eIttè Ttpàç Ai6q, o Zdb-
del. Vollgr. ||
'IXiaou sic B (sed cf. a i) -aaou B 2 (c s. u )
: TW j|
d i rj ...
Oxy.) auct. Heindorf hue transposai
a rjp^âdOri (et non :
||
Burnet 2
|| Ôiaêatvojiev : oteS. ci. Thomps. rcoù xîç (et
Oxy. as. u.): ||
rcoû xi B
xouxi fort. Oxy. 4 vevÔYjxa ewcv. Oxy. 5 au ce Oxy. ||
||
: :
W
|j
[Link]ïz:
(et Oxy.): -67) exe. Thomps. omnes 7 çaiV v (et Oxy.): 3. av || (
om. Oxy. |j
d 3 à'XXtoç ;[Link]
:
post xà. xoiauxa Galon. ||
4 Xîav : Xetav Oxy.
229 d PHÈDRE 6
230 qu'il y aurait, pour moi à qui cette connaissance fait encore
défaut, d'examiner les choses qui y sont étrangères. En foi de
quoi, je donne à ces fables leur congé et, à leur sujet, je m'en
rapporte à la tradition ; je le disais à l'instant, ce n'est point
elles que j'examine, c'est moi-même peut-être suis-je une
:
une idée de fumée, de souffle typhon est le nom d'un vent qui fume
:
5
TtXaTavoç aÛTr) u.àX àpcpi.Xacp1 |ç te Kal uv(jr|Xf)' toO te ayvou
£
Galen. ) :
6*7) Vollgr. ||
e 1 xkrfii\ ... <XTo::tai (et Galen.): -si... -t'a
Oxy. (•.
mutum s.
u.) Par. 181 1 Athen. exe. Burnet omnes. Post àx.
(et Oxy.): 6. ov TW
Burnet 0. div uulg. Vollgr. 5 ÉTUTeOuppÉ'vov ||
(et Oxy.): pr. p. eras. B sic Plut" (adu. Col. ai, 1119 b) Teôuup.
2
ci. Naber cf. Photi. Itc ts6. ci. Buhnken b 3 Syvou <£yv. ||
: W ||
4 xal to; (et Oxy.) x. oÛTtoç ci. Heindorf /.. [Link]âSç Winckelm. xa:
:
^w; Madvig xat Schanz Vollgr. xaXfTj; t' uel xat xaXw; ci. Richards.
230 b PHÈDRE 7
Socrate. —
Sois indulgent pour moi, mon bon ami :
le
patron des eaux potables et des rivières.
3. Voir plus bas, a58 e-a5g d, le mythe des Cigales.
3. L'hyperbole est certaine. Qu'on laisse même de côté les expé-
ditions militaires (Potidée, Délion, Amphipolis), puisque c'était alors
le devoir civique qui appelait Socrate hors d'Athènes. On ne doit
apprend (52 b) qu'il était une fois allé aux jeux Isthmiques. Sûre-
ment les voyages, en tout cas, ne lui (lisaient rien autre preuve de :
<|>IXe ^aîSpE.
<t>AI. Zù Se yE, S BaupàaiE, àxoTt&xaxdç xiç <palvEi.
'Axe)(vSç yâp, 8 XÉyEiç, E,EvayouuÉvop xivl Kal oôk etu-
^cùp'icp EOLKaç oSxcoç
Ik xoO aaxEcaç oflx' eÎç xf]v ÛTtEpoplav d
-
rec. :
uçt;xei xto Oxy. Ororp/eîto B 4 *jpe'p<* (et Oxy. ?) -pa T izpo- ||
:
||
xou à'aiew; Oxy. èxx. -xsoç codd. del. Vollgr. ci. dubit. où'x' èÇ a.
:
||
oiV -te Oxy. D 5 p' êOsXst (et Hermogen.) [ae SIXei B (utrum
: :
ifteScowTMte""
(< et mono P inion sur l'intérêt que nous
a avons à la réalisation de ceci tu l'as1
Lysias. ,
231 «
requête doive valablement échouer pour ce motif que,
«
justement, je ne suis point ton amoureux. La preuve en
« est que les gens dont je parle, le jour où leur désir aura
« pris fin, en viennent à regretter le bien qu'ils ont pu faire,
« tandis que pour les autres il n'y a pas de saison où les
«
repentirs soient à propos. Ce n'est pas en effet sous la
«
pression d'une nécessité, mais librement, en s'appliquant
« à consulter au mieux leur situation personnelle, que ces
« derniers mesurent à ce qu'elle leur permet le bien qu'ils
2
« font. Autre chose ceux qui aiment considèrent, et celles
:
p.01
8ok£> KaTaKELoeaSaf au Se, èv ônotcp a^^iati oïei
6 i
çat'vs; (et Oxy.) :
-vr) W ||
onot :
otzi\ Oxy. ||
2 vuv 8' oùv
(et
Oxy.) : vjy ouv BW jj Seûp' :
-po Oxy. ||
3 xaxa/.sîaeaOai (et Oxy.):
-xsîaOat BW Oxy.) 8'
||
8s (et bitoUp (et Oxy. ot s. u.)
: fors, TW ||
2 :
W
|| jj
ce
comment, par suite, une fois leur pensée rentrée dans
« l'ordre, estimeraient-ils qu'il y a quelque chose de bon
ce dans les projets qu'ils forment quand ils sont dans cet
état? Il y a plus s'agit-il pour toi, entre ceux qui aiment
ce :
« contraire, ceux
qui n'aiment pas, étant capables de se
ce
dominer, c'est à ce qui a le plus de valeur qu'ils donnent
ce
préférence sur la réputation auprès du public. Autre
la
« chose avec ceux qui aiment, une foule de gens sont for-
:
C 2 çaai : -atv B ||
3 sxoip.oî v.t. xal B2 rec. (i. m.): om. B et,
exe. Burnet, omnes ||
5 oxi oatuv : ô^daov B ot
y' oatov Hermann
Vollgr. 6 7:otTJ(iovtat
Il
: -atovxai T 8 notrjaouaiv
||
: -ai W saxe : -xtv
W
||
T d 4 auxûv au.
II
:
||
6 oiixto T 2 rec. (add. ace. et w s. u.) (e, notam
scrips.i. m. B )
2
argument] diuisionis, non w, ouxot codd.
:
|| pouXsu-
ovxat Stephan. floûXovxat codd. : obelo not. Thomps. pEÊoôXeuvxat
Heindorf Schanz Yollgr. addub. Badham || 7 aîpoîo : -oîxo B ||
«
aperçoit en train de s'entretenir ensemble, on est alors
b «
persuadé que leur commerce suppose qu'ils ont donné déjà
« ou qu'ils vont donner satisfaction à leur désir. A l'égard
« de ceux qui n'aiment pas, au contraire, on ne cherche
« même pas à les incriminer à cause de leur commerce on ;
« a
plus une crainte est-elle venue à ton esprit au sujet
:
«
griner toutes
! sont interprétées par eux comme tournant à
« leur
propre dommage ! Voilà justement aussi pourquoi
« tout commerce de leur aimé avec d'autres, ils cherchent à
«
conjurer, de peur que ceux qui possèdent de la fortune
le
« se servent de leur argent pour surenchérir sur eux, ou
ne
«
que ceux qui ont de l'instruction ne se servent de leur
«
intelligence pour avoir sur eux le dessus ; quant à ceux qui
«
possèdent quelque autre bien, c'est chaque fois contre son
d « ascendant
qu'ils se mettent en garde le ; résultat, c'est
«
qu'en te persuadant de te faire détester de ceux-ci, ils en
« viennent à faire autour de toi le vide des amitiés Mais si, !
«•
SoOvxaç xoîç èpo^Évoiç Kal Ipyov toOto ttoioujiévovç,
« &oxe, 8xav ocf>8coai SiaAsyo^Evoi àXX^|Xoiç, x6xe aôxoùç b
« oïovxau f) yEYEvr)^évr)Ç f) ^eXXoùar|ç EO~Ea8ai xf]ç èm-
« Bu^taç auvEivat/ xoùç Se \it\ èpovxaç oôS' alxifiaSai Sià
« xfjv auvoualov ETU)(EipoOaiv, stSéxEç 8xi àvayKaîdv eoxiv
« f\
Sià <}[Link] tu caaXÉyeaBoa f|
Si* aXXrjv xivà f]8ovf)V.
« Kal p:èv Sn,, eï aoi Séoç TtapÉaxr|KEv riyou^Évcp ^aXETtbv
b 3 t% èrciôupiaç :
Tfjî Tzkr\<3[L0v7)i (uel àjioîtXT)pc>i<j£ti>; ci.
'
Her-
werden) ttJç et:. Vollgr. || l\ àvayxato'v Èaxiv : -atov l<r:iv cit
Vollgr.
||
5 tw T 2 (ace. offudit) : xwTW 8 av Hirschig om. codd. :
W
||
Thomps. |j
C 1 [Link]ï :
-r; ||
av aot :
8rj ao\ Schanz rso<. Vollgr.
||
2 pXd6r,v :
p. Sv B et, exe. Thomps., omnes av pri.(et Hermi.): 8tj j|
Schanz Vollgr. ||
av ait. : om. TW Hermi. 3 aùtouç Èaxt -tv au. Hermi.
||
:
|| (\
a&xàiv : au. BW |j xàç :
ttîç corr. Ven. i84 (E)|| 5 tôSv ipio^vwv :
Herwerden.
232 d PHÈDRE n
«
que les seconds font fi de lui, alors que dans ton commerce
il trouve son
avec les autres profit. J'en conclus que celui-
e «
« là te donne bien plus d'espoir de voir l'amitié naître de la
« réalisation de ses vœux, à la place de l'inimitié.
a II
y a plus parmi ceux qui aiment, beaucoup commen-
:
«
plutôt, elle subsistera comme un gage de ce que promet
« l'avenir. Il y a plus il
t'appartient d'acquérir, en me
:
«
que manifeste l'amour une malchance qui pour le reste
:
« même
pas qu'on se réjouisse, il les contraint d'y trouver
« matière à
louange de leur part. J'en conclus que c'est la
«
pitié,beaucoup plus que l'envie, qui convient à l'égard de
« ceux qui sont aimés! Si en revanche tu me cèdes, d'abord
« ce n'est
pas à servir la jouissance présente que tendra mon
« commerce avec toi, mais encore intérêt dans
à servir ton
C « l'avenir ;
sans me laisser subjuguer par l'amour, mais en
« me dominant moi-même l
;
sans me laisser non plus empor-
«
cpiXlav aôxoîç Ik toO Ttpàyuaxoc; fj I^Spav yEvrjaEaGai.
« Kal jièv 8f)
xûv u.èv èpdbvTov tioXXoI Ttp6x£pov xoO
a aôu-axoç ETT£8\Jur|aav f|
xèv xporrov lyvcoaav ical tqv
« aXXcov oikeIqv lu/TTEipoi lyÉvovxo, ôote a8r|Xov aôxoîç El
a eti x6xe fiouXrjaovxai <plXoi EÎvai etieiSùv xf]ç etti-
«
Su^laç Ttaûacûvxaf xoîç Se [Link] npéxEpov 233 Ipûaiv. ot Kal
«
àXXrjXoïc; (plXoi 8vteç xaOxa ETtpa^av, oôk e£ Sv Sv eÇ
a TtaBcooi xaOxa eIkôç èXàxxoa xr|V cpiXlav auxoîç noiî^aai,
« àXXà xaOxa Livr^Ela KaTaXEL^B^vai xûv jieXX6vtov
« laeoSai. Kal \xkv Sn, (JeXxIovi <joi Ttpoaf|KEi yEVÉaSai,
« Êpol TTEi6ou.Évcp î] Ipaoxfj. 'Ekeîvoi uèv yàp Kal napà tô
« BéXxuxxov xà xe XsyéuEva Kal xà Ttpaxx6u£va ETtai-
« voOaiv, xà uèv 8e8u5xe<; uf| ànÉ^Bovxai, xà Se Kal aôxol
«
^EÎpov 8ià xf|V êmSuuiav YLYVûbaKovxEÇ• xoiaOxa yàp b
« 6 ipcoç ImSElKvuxaf 8uaxu)(o0vxaç uév, fi
uf| XÛTtr|v
« xoîç aXXoiç Ttapé^Ei àviapà ttoieî voui^eiv EÔxu)(oOvxaç
« 8é, Kal xà (jl^| r|8ovf|ç a£,ia Ttap* ekeIvov ETtalvou àvay-
« Kà^Ei xuy^àvEiv. "Ooxe TtoXù uSXXov eXeeîv xoîç èpo-
« uévoiç f| £r|XoOv aôxoùç TtpoarjKEi. 'Eàv 8é uoi TiEl8r|,
a
Tipôxov uàv ou xr|v TtapoOaav r|8ovf|V SepaTtEÛcùv auvé-
«
aoûtat aoi àXXà Kal tr]v uéXXouaav âxpéXEiav laeaOai, c
«
oôx ûtt* Ipcoxoç f\xxô[Link]<; àXX' èuauxoO Kpaxûv, oô8è
yïvéaflai
TW Burnet |j
5 aùxoïç e'. ïaxt : et I. au. TW Iicrmi. eî Ixi
W
|| jj
âcfo[iévoiç (et Stob.) : xoùç -vou; Ven. 184 (E) uulg. Schanz Vollgr.
xoû -vou Badham del. Ast 6 aùxoùî (et Stob.) -otç
||
8i ixot : TW ||
:
8' è[[Link]
Ven. 184 et, exe. Burnet, omnes jcsiOï) J«. Herwerden Vollgr.
||
:
C 1
wçsXsiav :
wpsXi'av exe. Thomps. omnes.
233 e PHÈDRE îa
« ter par de faibles motifs à une forte inimitié, mais sur des
« raisons
graves lent à concevoir une légère irritation, pour
« les fautes involontaires
ayant de l'indulgence et, celles qui
« sont volontaires, m'efforçant de les conjurer ne sont-ce :
«
pas là des indices d'une amitié qui vivra longtemps? Si
« cette idée
pourtant a bien pu te venir, qu'il n'est pas pos-
te une amitié forte de se former s'il ne
sible à se trouve pas
d «
quelqu'un qui aime d'amour, il te faut alors réfléchir que,
« ni nos fils ne nous
importeraient guère ni, sans doute, nos
«
pères et nos mères, ni nous n'aurions d'amis fidèles, puisque
« ce n'est pas dans une passion de cette sorte que ces attache-
ce ments ont leur principe, mais dans des convenances d'un
« ordre différent.
si c'est à ceux dont la
« Autre chose :
requête est la plus
qu'on doit accorder ses faveurs, alors ce n'est
« pressante
pas« non
plus, par ailleurs, à ceux qui valent le plus
«
qu'il convient de faire du bien, mais à ceux qui sont le
«
plus dénués puisqu'en effet ils auront été débarrassés des
:
« maux les plus grands, infinie sera leur gratitude envers vous !
« à ceux
qui se contentent d'aimer, mais à ceux qui méritent
234 « l'affaire ce ne sont pas davantage tous ceux pour qui la
;
« fleur de ta
jeunesse doit être objet de jouissanee, maisqui-
«
conque te donnera, quand tu seras devenu vieux, part à
« ses biens pas davantage ceux qui, l'affaire faite, aimeront
;
Ttpàyjjiaxoç à^ioiç
1
et
àTtoXaùaovxai, àXX otxivEç TtpEaBuxÉpca yEvoiaéva xôv
«
acpEXÉpcov àyaGcàv ^ExaScbaouaiv oôSè oï, SiompccEjà^Evoi.
« Ttpôç xoùç SXXouç cpiXoxmr|aovxaL, àXX' oIxiveç, ataxu-
« vo^evol, npoç Snavxaç aitoTtr|aovxai" oùSe xoîç ôXtyov
d i uîsî; :
Oeïç iid. ||
6 xai toîç aXXot; : tûv aXXwv Aid.
x.
àya^rj^ouatv : -<jt
àxoXouôijaouatv -at || l\ -îjÇouatv -<n : W ||
:
l|
pour le vocabulaire ?
«
aa^évou xf]ç capotç, x6xe xf]V ocûxcùv àpExfjv ETtiSe^ovTaL. b
« Zù o3v xôv te EiprjpÉvcov péuvrjao <a\ ekeIvo âvBupoO,
« 8tl xoùç pèv Ipcovxaç ol cplXoi vouBexoOctivcùç Svxoç
« KOCKOG XoO EmXr)SEÙ[Link]Ç, XOÎÇ 8È pf} IpÛGlV OÔSeIç
a TtamoTE xâv oIkeIcov Ipéja^aTo ôbç Suk xoOxo kcxkûc;
«
ftouXEUopÉvoiç TTEpl iauxâv.
« "'lacoç Sv ouv Ipoi.6 p£ eI aTictal aoi Ttapcavco xoîç pf|
3
« ipcoai xapt^EaSai. 'Eyco u.èv oîpcu ouS Sv x&v Ipcovxa .
7 ocv ouv :
jiiv ouv B Thomps. Vollgr. oir.a<j( : -aiv B 8 èpcoai :
W
|| ||
-atv T II {xèv
B reuera (et Hermi.) : 6â T reuera 9 npôç
W
j|
T Schanz Burnet xùi y' oûtoj Xau6. Badham aùr<3 ou. Xauê. Her-
werden tw ou. Xap6. Vollgr. t^> j:oXXojtw Madvig a ïar î otor,; B || t
:
otost; W
(cf. Alline Hist. du texte de P. aflo) 3 8eï atec B àî;' ||
:
||
i
art' TW l|
4 tioê'Xeiav : -eXi'av T et, exe. Thomps., omnes |j
5 81 -t: 8'
ïtt Tt Heindorf Schanz Burnet 8' Ixi
Vollgr. || au 7:oO£Ïî Ven. 189 :
au unoOfiç BW
et -6a; T au rzoôctç t:
Vollgr. au kmK. Ast 6 êpoka ||
:
d Socrate. —
Disons mieux, cela tient
divin, du mon cama-
rade, au point que j'en suis tout étourdi Et cette impres-
!
sion, c'est à loi, Phèdre, que je la dois: j'avais les yeux sur
toi et, pendant ta lecture, tu me semblais tout illuminé par
ce discours et, vois-tu, dans la conviction qu'à ces sortes de
choses tu t'entends mieux que moi, je me mettais à ta suite,
1
et, m'y étant mis, je suis avec toi entré dans la bacchanale ,
e Phèdre. —
Point du tout, Socrate. Mais la vérité vraie,
moi, au nom du Zeus de l'Amitié
2
dis-la penses-tu qu'il :
Aiàç <t>iXlou, olei &v Ttva exeiv eIttelv aXXov xSv 'EXXfpcov
àXX' oôk £KEivr| p6vov. bxu aa<pf| Kal axpoyyûXa, Kal àKpt-
auy^QpT]xÉov X^P IV a ^] v i
ètteI eue yE eXcxSev îm& xfjç Èuf^ç
ouSevlaq. T8> yàp j5r)xopi.Kc3 auxoO uévo x6v voOv npocx- 235
yâvv. W
(cf. Schanz Proleg. §3) 7 8oxst 87) B 8sï Schanz 6 1 ||
:
||
aTpoyyûXa :
-o>ç x. -o>ç Plut. ||
xat àxpt&oç : om. Plut, et fors. Hermi.
del. Vollgr. xai addubit. Badham || 7 éxaaxa râiv ôvopàxtov : t. ôv. ...
âpTlv ... olsaGat : av add. ante aùrov Burnct, ante o">pr|v ci. Thomps.,
Autres idées
Socrate. —
Voilà quelque chose qu'il
•! j •
sur l'amour
concéder L'Antiquité, sache-le, compte
!
des Sages, hommes aussi bien que femmes, qui ont traité de
ces matières, oralement ou par écrit. Ils me confondront
c — Qui
Phèdre. où
sont-ils, dis ! donc as-tu entendu un
langage supérieur à celui-là ?
u.àXiaTa, S
ev tô Tcpày^iaTi. oûSèv TtapaXÉXoLTtev. "Qctte, Ttapà xà
ekeIvcù Etpr|^Éva, jit^Sév'
av tcote SûvaaBai eItieîv aXXa
tiXeIoî <al tiXeiovoç àE,ia.
5
ZQ. ToOto Eyâ) aot oukétl oÎ6ç t [Link] TTi6Éa.9ai.
b 2 àijttoç
Madvig Schanz Vollgr.
:
àÇt'ov l\ (jltjB^v' av Aid. ||
W niOe'aOai
||
tce£0. : TW
Thomps. C 2 tttuîi fors, aot tir.. Hermi. ||
:
||
3 t] pr. ?)
B 4 Sri
: °° Heindorf ||Vollgr. 5 7tu>ç (et Hermi. )
: :
||
1
:
Burnet érépa [Link]/ £<jei et. codd. et. Gnôdytî Et. Wex
: om. et.
Badham Thomps. et. Gjî'XjyÉOrjtt Et. Stephan. Vollgr. et. OrôaOriTt et.
ci. Stallb. é't. Et. Schanz alia alii.
È^t-^EtpEt
235 e PHÈDRE 16
cours avec celte thèse qu'il faut accorder ses faveurs à celui
:
qui n'aime pas plutôt qu'à celui qui aime, qui crois-tu
capable, s'il renonce à célébrer la prudence du premier, à
236 blâmer l'imprudence du second —
développements qui à tout
prendre s'imposent ,
—
de trouver après cela quelque chose
? De
encore à dire pareils thèmes, je crois au contraire qu'il
y a lieu de les
passer à l'orateur, de les lui pardonner, et
que, pour tout ce qui est du même genre, ce n'est pas
l'invention, c'est plutôt l'arrangement, qu'il y a lieu de louer ;
xf)v EOpEaiv.
<t>AI. Zuyxopô 8 XÉyEiç- uExplcoç yap uoi Sokeîç Etprj-
KÉvai. nouf|aa> o3v Kal Eyo oîjxo
-
xo uèv xèv êpcàvxa xoO
KiXdâxEpov ;
||
^avTa xaiïxa : t. «. T om. Jïdtvxa Ven. 54
!\ où8' av \[Link] (om. ||
:
W
||
et'novxo; A. B et. xôîv tou A. T 2 rec. (-ou s. u. ad 8è) 6t. xôivSe tûv
A. Vahlen et. tûv A. exe. Burnet omnes 3 axotOïjTt ||
:
èaxa6r) Photi.
I<jTa6t auct. Gobet, exe. Burnet, omnes 5 £peayr)Xâ5v ||
: -eXôiv T2 rec.
ut uid. (cf. Schanz Proleg. § 4) ||
C i
èX7]'Xu6<xî : -0a B ||
a fva
8è : tva BW edd. || çopxtxôv 7:pày|j.a : auct. Hartman del. Vollgr.
||
3 àvavxa^wpieOa :
-op.£0a T || £ÙXa6r|6T)Xi : auct. Cobet secl. Schanz
Burnet del. Thomps. Vollgr. (cf. Notice p. xxxi n. a).
IV. 3.-3
236 c PHÈDRE 17
de parler et
faisait pourtant des manières ». Mets-toi bien
plutôt dans la tête que nous ne nous en irons pas d'ici
que tu
n'aies dit ce qu'à t'entendre tu as en l'âme Vois, nous !
Socrate. —
Mais, bienheureux Phèdre, je vais être ridi-
cule, moi profane, de me mettre dans une improvisation
en parallèle, sur le même sujet, avec un auteur accompli !
Phèdre. —
Sais-tu ce qui en est? Finis de minauder avec
moi je ne suis pas loin en effet de tenir la formule qui te
:
contraindra à parler...
Socrate. —
Garde-toi bien alors de la prononcer !
Phèdre. —
Non pas, je la dis au contraire, et tout de suite !
Ce sera un serment : « Je te le
jure... »
mais, et par Ah !
Phèdre. —
Qu'as-tu donc à tergiverser ?
Socrate. —
Non, c'est fini, puisqu'aussi bien tu as fait ce
serment comment serais-je capable en effet de me priver
:
Phèdre. — Explique-toi...
Socrate. — Je vais m'encapuchonner pour parler, afin
Xei x^v TtXàxavov xauxrjvl; « f\ u^|v, èàv uoi uf) EÏTtpç xèv e
C4 £t :
interpos. pr. manu W || 7 SiavojjôriTt :
-0ï)xe B ||
d 1
pdvto :
p. pèv TW y a ÇiSveç : cuv. Schanz Burnet ||
toi Schanz : aot
codd. Thomps. tcv Gobet ||
3 (itav :
p(aç BW 2
(a s. u. pr. m. ?)
Il
6 ?yet I^e auct. Naber Vollgr.
:
||
10 xlva ... xt'va : xivà ... Ttvà
codd.'sed in ait. ttvà ace. add. T 2
1 W 2
||^:^Tv)B||ei^:«iB||
3 pTjBsvôç pTJxe ...
[ATJTE
: -voç t' ... p7JT£ B pT)8evôç ... pTjS' Hermann
Il èÇayyeXstv (reuera T) :
-y&Xeiv BW 4 âvsîîpeç
:
àvrjupeç exe.
W
j|
'
. Socrate. —
vous que j'invoque,
« C'est
« Muses à voix légèrela
q«e vous
discoursteSoc'rate.
« deviez ce surnom à la
\
qualité de votre
« chant ou bien à la race musicienne des Ligures ! Prenez
« en main, avec moi, la fiction 2 dont me force à discourir le
« beau sire que voici, dans l'intention que l'homme dont il
b « est le fidèle, après lui avoir fait déjà apprécier son talent,
« le lui fasse
davantage encore
apprécier !
c «
obligatoirement, de savoir ce qu'est l'objet sur lequel on
« délibère; autrement, c'est forcé, on manque complète-
« ment le but 3 . Or un fait
qui échappe à la
plupart des
« hommes, c'est qu'ils ne savent
pour cbaque chose, pas,
« quelle en ainsi, se figurant le savoir, ils ne
est l'essence ;
xov X6yov «xl, prj |}Xéttqv Ttpoç aé, ôtt' alaxûvr|Ç Sicmo-
pcopcu.
5
<ÊAI. Aéys pévov xà S SXXa otioç |5oûXel tiolel.
1
ZO. « "AyexE Srj,
S MoOaca, elxe Si à8f]ç eÎSoç Xlyeiai,
« elte Sià yévoç pouaucèv xo Aiyùcov xauxr|V eg^et' etto-
« vuLilav, £ùp poi XcxBecjBe toO liuBou. 8v lie &vay<d^EL
a 8 ftÉXxLaxoç ouxoal XéyEiv, ïva 8 éxcûpoç auxoO, <al Ttp6-
« TEpov Sokûv xooxcp cotybç eÎvcu, vOv etl liSXXov 86£r). b
a *Hv oîSxco St ttolç, p&XXov Se pELpaiciatcoç, pciXa KaXéç
1 1
« yoOvTOCL EV
àpXVJ T f|Ç OKÉLpEÛÙÇ* TtpOEX86vTEÇ 8É, x8 eIk&Ç
Xtytat B
9 poûatxôv xô Atyuwv
||
tô A. p.. Dionys. p. tô Xtyù ov :
io Çûp :
Çûv T ut uid. Xa6ea6e Xaêe^Oat Stob. n
||
i'va tV exe. :
||
n :
Schanz omnes ||
b 2 peipax-'oxoç :
p. àraXo'; W uulg. |
t\
aîpuXoç :
aï. BT ||
5 aÙTÔv at'xwv : au. epùiv Bau. rceipûv Winckelm. au. Xê'ytDV
Richards addub. ah. Vollgr. ejceiôev -6e 6 tout' -to B 8 ||
: W ||
:
||
toïî pe'XXoua'. xaXâiç (et Albin. Simplic.) xa> p. x. Philop. tou x. id. :
alibi David Elias c i fiouXeûeaOai (et Alb. Philop. Simpl. Dav. Eli.):
||
d «
poser une définition ayons là-dessus les yeux fixés et rap-
;
«
portons-nous y, tandis que nous examinons si c'est utilité,
« ou bien dommage, que l'amour apporte avec lui.
« Et maintenant, ceci dit, que l'amour soit un désir,
« c'est une évidence pour tout monde
que, d'autre part,
le
1
;
« même des gens qui n'aiment pas désirent ce qui est beau,
« on le sait: à
quel signe distinguons-nous donc entre celui
«
qui aime et celui qui n'aime point? Il faut par ailleurs
« réfléchir
qu'en chacun de nous il existe deux formes de
«
principes et de motifs d'action, que nous suivons où ils
« peuvent bien nous mener: l'un, qui est inné, est le désir
« des plaisirs l'autre, qui est une façon de voir acquise,
;
«
aspire au meilleur. Or ces deux tendances sont en nous
e a
parfois concordantes, mais il arrive aussi qu'elles soient en
« lutte, et c'est parfois celle-ci
qui domine, mais d'autres fois
« c'est celle-là. Gela
posé,c'est une façon de voir
quand qui,
« par la raison, conduit vers
meilleur et qu'elle domine,
le
« cette domination s'appelle tempérance quand c'est le désir ;
d 6 aoo a 3, e 3
a, e ;
—
aoi a 5,8 (cf. ao4 d 3-8, e 3);
;
ao5 a —
8-d 8 ao6 b-209 e.
;
C 5 àXXïjXoiç :
à'XXoiç W et fors. T2 (Xr) exp. et eras.) Albin. |
8 roxEpa 2
(a W u.) roTepov W Thomps. om. B Schanz
s. :
Vollgr.
|| 9 oldv t' ïaxi oïov xi : TW olov Èaxi
Hirschig Vollgr. tt Eaxi || IrfV.
:
el^e B i
i|
d opov addub. Schanz : W (sed a u.) || eîç : sî s. ||
Toiixo :
-xov Stephan. a JjçsXstav -sXt'av Tet, exe. Thomps., omnes 5 \ù\ (et
||
:
||
Stob.): en [at]
auct. Madvig Vollgr. 6 au (et Stob.) Srj Schanz ôè ||
:
Vollgr. ||
8 oîv (et Stob.) aiv s. u. 2
pr. m. ut uid.
:
9 .fjo'ovtov B
2
W ||
(em.): SrjXovojv B ||
10 (et e i)xoxè ... xoxè Stob. : xc»xe ... xoxe codd.
|j
6 3 <Ko<ppoauvir] :
-vr) W
238 a 3 -oXuasXèç ... rcoXusiSs'ç (et Stob.)
||
:
i'|
îj (et Stob.) :
fj
2
(em.) i\ B aux7)ç
rec. ||
: au. W Stob. au.
B II
5 ôvojj.aÇdpEvov : knov. Stob. Heindorf Vollgr.
238 a PHÈDRE 20
«
plus sûr de le faire entendre que de le sous-entendre Le !
« désir,
dirai-je, qui, dépourvu de raison, prédomine
sur un
c « élan réfléchi vers la rectitude, quand il se porte au plaisir
«
que donne la beauté et quand, fortement renforcé à son
« tour
par les désirs de sa famille dont la beauté corporelle
« est
l'objet,
il
s'y porte victorieusement, alors, empruntant
« sa dénomination à sa rhômè, à sa force, il a reçu le nom
« d'Êros ou d'amour... »*
«
cpavEpov Xej^Gèv 8è f) Lin, Xe)(6èv Ttàvxaç aacpÉaxEpov.
« 'H yàp avEU X6you 56£r|ç ettI xo opBèv opLicôar|q Kpaxn,-
a aaca ImBuLÛa, np&ç n.8ovr|V à^SEto-a KàXXouç Kal ûtc6 C
« a8 xôv éauxf|Ç auyyEvûv EmSuLiiéàv ettI aeùLiàxov KàXXoç
« âppcùLiévcoç pco<j8etaa, viK^aaaa àycoyf], an' auxf]ç xf)ç
« p<£>[ir\q ETtcavuLiiav Xa6o0aa, Ipcoç EKX^8r|. »
TtdtSoç TTETtovSévat ;
ÈxxrjaGa'. Scbanz 7 Èô*ioÔ7)v (et Stob.) -8àç Hermi. xou Xd-j-ou xe xoîi
||
:
||
(et Stob.) xou X. xou B Hermi. (?) Schanz Vollgr. (hic etiam xou
:
(rec. ut uid.) tj
B Stob. Schanz 7 xà
: om. Stob. 8 rcavxios ||
:
||
(i.
m. èv à'XXco) Dionys. (cf. Notice, p. clxxx sq.) C 1 àyjlsîaa ||
Hermann Èppwu.£'vwç B
2
rec. (em. et i. m.) (et Dionys. Stob.)
||
:
« mais
toujours au contraire il travaille à leur abaissement
« et à leur infériorité. Or l'ignorant est au-dessous du
« savant le
poltron, au-dessous du brave le parleur inhabile,
; ;
« de celui
qui a appris la rhétorique celui qui a l'esprit ;
Ttapà xè etcoBèç
« Eîev, cô
cpÉpiaxE, 8 uèv
Sf) xuyxàvEi
8v nEpl oG |5ou-
« Xeuxéov, EÏpr|xat xe Kal ôpiaxac (îXettovxec; Se Sf| Ttpèq
« aôx6, xà XoiTtà XÉyeùUEV xlç àcpÉXEia f) fiXdtBrj àné xe e
«
èpcovxoç Kal uf|
xô )(api£ouÉvcû !£ eIk6xoç [Link].
« Tô 8r| ûtt6 èmBuulaç àp^o^évco SouXeuovxI xe n,8ovf],
«
àvàyKr) ttou xSv ëpcSuEVOv cSç fjSurxov éauxô napa-
« a<Euâ^Eiv. NocroOvxi 8è tïSv r^Sù x6 ur| àvxixEÎvov,
«
KpEÎxxov 8è Kal ïaov E^8p6v. Oôxe 8r| KpElxxoo OÛXE 239
« Iooûuevov ÉKcbv Epaaxr|c; TtaiSiKà àvÉ^exai, fjxxcù 8è Kal
« ÔTtoSEÉaxEpov àsl àTTEpyâ^Exai- fjxxav 8è à^a8r]ç aocpoO,
« SeiXoç àvSpELou. àSûvaxoç EtTtEÎv |5pa8ùç
j5r|XopiKoO,
a
ày^lvou. Toaouxcov kcckGv Kal Ixi tiXeuSvcov Kaxà xf)v
Hermi. ||
a yé'vcûuai : ante npoïovxoç Dionys. 3 oùx^T'. (et Oxy.): ||
a 1
xpEÏTTOv (et Oxy. ut uid. Stob. Hermi.) : tô x. Hirschig Vollgr.
Il
ïaov (et Oxy. ut uid. Stob. Hermi. 1 ) : fooûu-Evov Hermi. (cf. 23g a
2
2) D 8t) .£.
(oe) Oxy. s. u.
: 3 àei Oxy. ||
: où. codd. || à^EpyaÇsTat
(et Oxy. Stob.): -aaETat Stephan. Vollgr. tjttcov (et Oxy. Stob.):
W
j|
r TTov
(
Vindob. 209 Stob."
239 a PHÈDRE aa
« il
échapper la jouissance du moment Il va de soi
laisse !
«
dommage le plus grand si c'est à l'écart de cette relation
« d'où résulterait pour lui la plus grande élévation de la pen-
sée. Or c'est un
justement le cas de la divine philosophie
1
ce :
cc
tagème lui est bon pour faire que son aimé soit ignorant
« de tout, et qu'en tout il ait les yeux tournés vers son
« amoureux : une mis en un
fois tel état, il charmera sans
ipw. transp. Vollgr. ytyvouivwv (et Oxy. Stob.): è[Link]. auct. Naber
||
2
Oxy. Stob.) auct. Nutzhorn secl. Burnet del. Schanz xoï; Oxy. (s.
:
Oxy. Stob. [IV, 478, 6]) f. xiç Stob. [III, 209, i3] 5 ndppwOev i.:
||
:
p.T]
B 2 (tj s. u.) y âauxû (et [ut uid.] Oxy. Stob.) xw I. B Schanz :
jj
Stob.) :
ayrj[[Link]
Plut.
239 d PHÈDRE 23
«
parures d'emprunt, dont toute l'occupation sera ce qui par
s'y rattache. Toutes choses manifestes et ne valant
« ailleurs
«
pas la peine qu'on aille plus avant, mais plutôt, après avoir
« sur un point particulier défini le principal, que l'on
passe à un autre point un corps de cette sorte, à la guerre
« :
* «
toutce qu'à lui l'aimé a déplus cher, de plus bienveillant
« à son
égard, de plus divin, c'est de cela que pour celui-ci
« l'amoureux souhaiterait par-dessus tout la perte père, ;
demi-jour, c'est en grec une ombre mêlée par opposition à ce qui est
k
cpiXTaTcov xe Kal EuvouaxAxeov Kal 8eiot<xtcûv KTrjuaTcov
1
« op<pav6v Ttp6 Ttavxôç EuÊ.aiT av EÎvai xèv IpcouEvov
« Tiaxp6ç yàp Ka ^
r
11 K<xl £uyyEvcSv Kal cplXcov axÉ- !^^
« peaBou av auxov oÉc^aixo, SiaKcoXuxàç Kal Emxi^rjxàc; 240
«
r)yoùuEvoç xf|ç ^8laxr|ç npoç auxèv ô^iiXlaç. 'AXXà uf|v
3
« ouatav y I^ovxa XP uo"°û ?j tivoç aXXr|Ç kx^oeoç, o#xe
« eôcxXcotov ôuolcoc; oÛte àXdvxa EÔuETa^EipiaTov ^yfjaExai.
« 'E£ Sv Ttaaa àvayKr) ipaax^v TtatSiKo'îç cpBovEiv uèv
« oualav KEKxrj^iÉvoiç, àTToXXuuÉvr|c; 5è x a ^P Elv ^xi xolvuv "
--fa Stob. Il
3 Xdtvti (et Oxy. 2 xi add. s.
u.) 7:av Oxy.
: 8è (et Oxy.
||
2 6 x=xxt|ue'voiî (et
(et Oxy. v s. u.) -si Oxy. :
|j Oxy. Stob) -vto :
Naber èxtt);j.év(o Vollgr. a7roXXua^vriç (et Oxy. [ut uid.] Stob.) -votç ||
:
ingrat. De
lui on ne peut donc espérer un plaisir qui compense vrai-
ment désagréments et les dommages dont il est la cause.
les
a. Flatteur grugeant les riches, courtisane plumant les jeunes gens,
sont des types traditionnels: celui-ci, surtout de la comédie moyenne,
3. Le proverbe complet dit: « A chaque âge plais-toi
avec qui a
ton âge ; mais, vieux, plais-toi avec un vieux. »
*!> *AIAPOS 240 a
Vollgr. 3 xa' ... £ àv : secl. ci. Hartman Itaipav (et Oxy. Stob.) :
W
|| ||
-pa ||
4 te : del. i. m. Oxy. ut uid. 5 rpfaxotatv eTvou
||
T reuera
n n
(et Oxy. i. m.): -toiç eïvai Oxy. Stob. -toiç auvsïvît Stob. ||
C i
yàp
(et Oxy. Hermi.) y. :
8ï] Aristaenet. Stob. Burnet ||
a Xo'yoç
(et Aris-
n
taenet.): om. Stob. ft\ii X. Stob. Xiyci X. Cob't Vollgr. || TÉpre'.v
T (v s. u. pr. m.) (et reuera Stob.): -i: Aristaenet. || f) ykp... 5
lytt : auct. Hartman del. Vollgr 3 in' (et Oxy. ut uid.)
||
ixt : TW
Aristaenet. || ô[Link],Ta : -oxatov Aristaenet. 5 au (et Stob.) eTvœi ||
:
Stob. n ||
8 éxwv a7:oX£t^£Ta'. : àj:. Éx. ÏW j|
d i àei [a!, coild.] 8i8oùç
àyet :
àï^t'ouç à'y. ci. Schneider àïct'ou; o. ày. Vollgr. 3 t^ovwv Oxy. ||
:
W
|j
IV. 3. — 4
240 d . PHÈDRE a5
«
lorsque l'amoureux n'a pas encore bu, ne sont pas tolé-
« râbles, et qui, lorsque l'ivresse le gagne, ne sont pas into-
« lérables seulement, mais en plus outrageants, et desquels
« se saoule l'impudence débridée de son langage?
« Ce n'est
pas tout l'amoureux est nuisible et déplaisant
:
«
pliait ces promesses grâce auxquelles, à grand renfort
« de serments et de prières 1 , il avait péniblement réussi à
241 « maintenir, si accablant qu'en fût le fardeau, le commerce
« d'alors à cause des biens qu'il faisait espérer Voici donc !
b «
acquis la raison et qu'il est devenu sage, il ne veut pas
«
qu'une conduite identique à celle de l'homme d'autrefois le
« fasse ressembler à celui-ci et redevenir le même. De ce
«
passé il est donc à présent le transfuge, et c'est désormais
Ici apparaît une des deux images qui se mêlent dans le mor-
a.
coquille selon qu'elle tombe ou non sur la face nacrée, c'est à l'une des
;
«
uETa)(Eipl£Eo6ai &t\ Ka^uTtoTéTtouç <puXax-
; cpuXaKàç te
«
to^lévq Sià TtavTÔç Kal Ttpoç &TTavTaç aKaîpouç te ;
Xf)E,aç Se toO
«
IpCùTOÇ, Etç TÔV ETtElTa )(p6vOV aTTLGTOÇ EIÇ OV, TtoXXà Kal
« uetà ttoXXôv SpKav te Kal Serjaecov ûmaxvoûuEvoç, u.6y«;
a KaTEÎ)(E t/jv y' èv tô t6te £,ovoualav iTtlnovov oSaav 241
«
àyaBâv. T6te 5f| Séov ektIveiv ^lETa-
cpépEiv Si* âXTtlSa
« 6aXàv a^Xov apxovTa ev aùxco Kal TTpoaràTr|V, voOv Kal
3
«
aocppoaûvT]v àvT IpoToç Kal ^avLaç. aXXoç yEyovebç
«
XéXt]8e Ta TtaiSiKa. Kal S jièv aÔTov X^P LV àTtaiTEÎ tûv
« t6te, ÙTto^ii.^vr]OKcou Ta npayiQévia. Kal XE)(0ÉVTa, a>ç t$
a aÔTÔ SiaXEyéuEvoç.
c
O Se ûtï*
ata^\jvr|c; oûte eItteîv
« ToXuSt 8ti aXXoç yÉyovEV, ou8' oticùç Ta Tfjç TtpoTÉpaç
«
àvoi*|Tou àp^fjç ôpKco^LÔaLoc te Kal ÔTtoaxÉaEiç lpTTEScbar|
«
e^el, voOv fjSrj eo^t) Kcbç Kal aEao<j)povT]K(!bç, Xva. uf|, b
« TtpàTTCùv TaÔTa tû Ttp6a8EV, bjjioioç te ekelvco Kal Ô
« aÛTÔç TtàXiv yÉvr|Tai. <t>uyàç Sf) yfyvETai ek toùtcùv Kal,
àx. t« xai ère. B Vollgr. àx. te xal èyxat'poo; etc. apogr. àx. te xaî
èna/ÔEÏç en. Winckelm. ||
5 vîfaovToç :
-te; B ||
6 èrcata^Etç, 7:ap-
pTjat'a xataxopeî Heindorf : ir.'
al'a^Et
t.. x. BT É7taîa/Ei jî. x. W
ïxwjïi r.. xaï x.
Vollgr. ||
241 a 3 y'
: om. B Thompg. Vollgr. |[
Çuvouat'av Burnet
: oùaav om. B Schanz Vollgr.
auv. a Ixtîveiv
||
:
||
:
W
|| ||
«
pour lui une nécessité de faire défaut, maintenant qu'en
« tombant la coquille s'est retournée et, retourné lui-même, ;
« il se hâte de
prendre la fuite L'autre, de son côté, est dans!
d «
pour l'agneau, voilà l'image de l'amitié qu'ont des amoureux
'
ce
pour un jeune garçon ! »
C'est cela, je l'avais prévu, Phèdre ! Tu
Si on doit
r us £ en tendre de ma bouche
1 »
n as pi un
continuer, il faudra , . ,. . .
, , A.
seul mot et dls - to1 utot maintenant
changer de ton. .> P)
que le discours a le point final...
Phèdre. —
Pas possible Et moi qui me figurais que tu
!
Hermogen. C a iauxôv
||
au. Stob. et, exe. Thomps., omnes au.
:
B Stob. n
||
SuaxdXb) çGovEpôi auct. Spengel del. Schanz 3 (3Xa6Épu)
:
||
(et Stob.) :
-sptoTÉpco auct. Naber Vollgr. om. uulg.
||
tou (et Stob.) :
||
5 ojte pri. (et Hermi. 1
)
: oÙ8èv oùV Badham Vollgr. 7 ouvvoeîv ||
:
—
;
Phèdre. —
Eh! ce n'est pas là déclaration de guerre 3 !
(177 a-e), donc le père aussi de tant de beaux discours Ici il est !
àxE)(v6ûç BauLiàciLoq. OÎLiai yàp èyd) xôv etiI xoO aoO (itou
xovjxç ;
W
||
W
||
2
(X et (3
s.
u.) Il
5 âvBouaiaaw èvôua. : B ||
6 Jipoaeariv -xi :
||
242 a 1
xàyù> : xat èytô TW || (\ i\ Srj ... 5 uTaOepâ : secl. Ru lin km
Schanz addub. Thomps. del. Vollgr. f, 8rj (ex em. fors. T) (et j|
Suidas) :
ffiy\ B
uulg. îaxaxai r$i\ ax. Ast 6 xdtya È7ceiSàv in. ||
:
xa^taxa ci. Herwerden uel aùxîx' hx. Vollgr. || àrco^uyfj ffttv : àmo-
B ànotf'uÇT) Ïwluv T et "p.£v
({.u^T)t[i.£V (sed -^ s. Ç fecit T ) in. antpey
2 W
Bekkeri anecd. Vollgr. ||b 1 Xdywv om. BWet, exe. Burnet,omnes :
||
jcetcov. T
yEvê'aôai Richards Vollgr. a
: :
zereoiTjxivai yEy£vîja6<xi ||
W uulg.
j|
àÇaipôî Heindorf :
âÇocîpco codd. -pcov Ven. i85 Xdyou : xou X. W
W
|| ||
8« : 8'
JJ
5 Y£y£vr)<j6at :
^cvifa. Badham Vollgr.
242 b PHÈDRE 28
Phèdre. —
Quel est donc le péché dont tu parles?
Socrate. —
Épouvantable, Phèdre, épouvantable est le
discours dont tu t'es toi-même chargé, aussi bien que celui
vantable discours ?
nelle; jamais elle ne fait que détourner Socrate d'agir (Apologie 3i d).
2. De Rhégium (milieu du iv
e
s.) ;
fr. 5i Bergk.
3. Il n'est pas impossible que la réplique (cf. aussi infra) soit une
a8 *AIAPOE 242 b
3
Zft. 'Hv'ik IueXXov, &ya8É, T0V Ttoxa^èv SiaBalvsiv, xè
SaïuôvLov te Kal xè elcdSoç ar)UEÎ6v uoi ylyvEaBai. lyÉVEXO'
à£l Se ue ETtla)(£L 8 av uéXXcd TtpàxxEiv, Kal xiva <|>a>vf|v C
NOv 8*
fja8r)uai xè &uàpxr|Lia.
<t>AI. AÉyEiç Se 8f|
xt ;
poq;
<t> Al .
OôSeIç, eï y£ aii àXr|8fj XéyEiç.
3
ZO. Tl oîv xèv "Epoxa ouk Acppo8ixr)ç Kal 8e6v xiva
;
r^yet;
<t>AI. AéyExal yE 8f).
C 1 àd ...
7ipaTT£tv (et Proclus) : secl. Heindorf Schanz del. Vollgr.
[|
àet : aï. codd. || 8 : a Proclus ||
2 èa (et Proclus) eïa Richards :
Vollgr. j|
3 <î>ç (et Hermi. 1
) :
<uç 8î) Proclus Burnet 5 oaov oa. p.èv ||
:
B edd. Il
txavdç :
-vûç B ||
6 <5>ç 8rJ iot, ai :
wç 8s îioko BW 2
(e s. rj et
it s.
t) oïa0a 8é 7:01», ai Herwerden Vollgr. || 7 yé'
: del. idem. d 1
àp.6Xaxiov (àp.6Xà. W) :
àp.7:Xaxùjv TW 2 (i vet. man. s.
(3) || Tifxàv
:
-jj.5v
B d a vuv 8' T)'a8ri[xat auvTj'aG. Proclus
:
7 oS tfc ou tiç B outu Oxy. ||
:
'
ou tf et mox Seivôxepov Proclus || 9 A<ppo8ÎT7]$ -Seitt)? Oxy. 10 rjyeï :
W
||
(et Oxy.) :
-îj D
11 ye (et Oxy. 2 ) : 8c Oxy.
242 d PHÈDRE 39
Amour, s'il
que réellement il est) un dieu ou bien quel-
est (ce
243 disent rien de sain ni de vrai, ils se font gloire d'être quelque
chose, si d'aventure ils doivent faire illusion à je ne sais quels
bouts d'homme et s'être acquis auprès d'eux de la réputation !
il ne
partagea pas l'incompréhension d'Homère il avait de la :
Diotime
allusion au discours de : Amour est démon et non dieu, fils
fragilité,
à son tour l'innocente héroïne était en droit de punir ceux
d 12 oj tt B2 2
(ex o fecit ou et signa rescr.) (et Oxy. tl s. u.) oti :
B ouv Oxy. où'rot Heindorf Vollgr. où8è ou3 Oxy. 6 3 wazep ... ||
:
||
6etov : om. Oxy. 3 tw 81 Xdyn) iw (et Oxy. 2 ace. in pr. x«o) tôS 8è
||
:
||
d TjLiapTav^TTiv :
f|[/.ocpTavé xtjv
B sed ace. rec. m. || 5 ïxi te (et Oxy.) :
e"té B II
243 a i
[at)8è B2 (i. m.) :
[it{te
B ||
a àv0pw7tt'<jxouç (et Oxy. 2
o s. u.): -n'xDUî W Oxy. xafl^pa^Oat (et Oxy.) ||
3 ÊjaoS
:
E[as Oxy. ||
:
xaOr). T j|
6 'ËXivrjç t% 'E. Oxy. 2 (tïjî s.
4 IiTt(et Oxy.) : -tiv B ||
:
(et Oxy.): del. Vollgr. 8 rotet (et Oxy.): izoiu Richards Vollgr. || ||
où8' ||
io où8' ïoaç : ou8à pà; BW || eùaEÀjJioiç
: euaa. Oxy. b 5 xaxriYO- ||
2
ptav (et Oxy. x s.
u.) :
xatq. Oxy. ||
6 tîj (et Hermi.) : om. B Oxy.
243 b PHÈDRE 3o
Phèdre. —
Ah Socrate, c'est tout ce
!
que tu pouvais me
dire de plus agréable!
c Socrate. — Cela prouve, mon bon Phèdre, que tu conçois
ce qu'il y avait d'impudent dans les deux discours prononcés,
aussi bien celui-là que celui que tu as lu sur ton cahier.
pas penser qu'à son jugement les propos entendus sont ceux
de gens nourris parmi des matelots et qui n'ont jamais eu
le spectacle d'un amour vraiment libre? Ne s'en faudrait-il
d pas de beaucoup qu'il fût d'accord avec nous dans ces repro-
ches dont nous chargeons Amour ?
Phèdre. — par Zeus, bien possible, Socrate
C'est, !
reux, à toute force il faudra que Lysias soit par moi forcé
e d'écrire à son tour un discours sur le même sujet 2 .
Socrate. —
Où donc est passé ce jeune garçon à qui je
suivi Paris à Troie (cf. Rép. IX 586 c). Pour offrir au dieu qu'il a
offensé sa palinodie, préventive celle-là, Socrate sera le pénitent qui
<t>AI .
Touxovl, S»
ZÔKpaxEÇ, oùk laxiv &xx' av è[Link]
eÎtteç f\hia.
ZO. Kal y<xp, coyaBè «PaîSpE, evvoeÎç ôç àvaiScoc; C
Xapl££a8ai.
5
<PAI. 'AXX e8 Ïa8i ôxl I^el xoOS' ouxar aoO yàp eIttôvxoç
1
xèv xoO IpaaxoO Itraivov, nSaa àvâyKr| Aualav ûtt èpoO
outoç te ...
piqOetç
: del. Hirschig. Vollgr. j| prjÔei'ç
:
xXy]9eiç Oxy. j|
2
l\
ÈpùSv (et Oxy. ) :
ETEpcov Oxy. ||
6 eyoucre : -atv
Oxy. çôovepwç :
W
||
«pave. Oxy. 7 ||
o?£t :
-») (r)
ex e) ||
8 vaÛTaiç :
auTat; Oxy. ||
T£')[Link]£vwv
corr. Coislin. i55: -ijlÉvov codd. || ÈXeù'lEpov (et Oxy.):
-Qéptov Hirschig ||
d 5 Êjïi8u[aw :
-juBt sic
TW ||
6 a7toxXuaaaGai (et
Oxy. Hermogen. Plut.): xaxaxX. Plut. Quaest. conuiu. 1g, 4, 627 f et
Vil 8, a, 711 d 9 oôtw -wç codd. Oxy. II
ctoù T 2 (a interpos et :
: W ||
Socrate. — « Eh bien !
voici, mon beau
Second discours me tt re en
((
g arg) ce q Ue lu (j js fc en te
« il
n'y a pas de vérité dans un présence langage qui, la
« d'un amoureux étant admise,
prétendra que c'est à celui
«
qui n'aime pas qu'on doit de préférence accorder ses
« faveurs, et cela
pour ce motif que le premier est en délire,
« et le second, de sens rassis ! Si en effet il était vrai, sans
« restriction,
que le délire est un mal, ce serait bien parler.
« Mais le fait est que, parmi nos biens, les plus grands sont
« ceux qui nous viennent par l'intermédiaire d'un délire,
« dont à coup sûr nous dote un don
Les , divin Qa le voit en cffet la prophé_
.
quatre^formes
tesse de Delphes, les prêtresses de
(<
inspiré des dieux
b « Dodone, c'est dans leur délire qu'elles
« ont été
pour la Grèce les ouvrières de nombre de bienfaits
« évidents, tant d'ordre
privé que d'ordre public, tandis que,
«
quand elles étaient dans leur bonsens,leur action serédui-
« sait à
peu de chose, ou même à rien. Après cela, parlerons-
« nous de la Sibylle ? de tous ceux qui, usant d'une divina-
« tion
qu'un dieu inspire, ont d'avance dicté à bien des gens,
« en bien des occasions, le droit chemin de leur avenir? Ce
« serait s'attarder à ce
qui est évident pour tout le monde.
jt, , . « Voici vraiment qui vaut lapeine
r d'être
Etymologies. . . r .
« produit en témoignage : cet autre tait
«
que les hommes qui, dans l'Antiquité, noms instituaient les
« ne tenaient pas le délire, mania, pour une chose honteuse,
« non plus que pour un opprobre. Autrement, ils n'auraient
c «
pas en effet, enlaçant ce nom- là au plu s beau des arts, à celui
«
qui permet de discerner l'avenir, appelé celui-ci manikê,
« l'art délirant Mais c'est
parce qu'ils regardaient le délire
!
3i «DAIAPOS 243 e
êpûvxi.
<t>AI. OOxoc; Ttapà aoi, pàXa TiXr)alov, àcl TtàpEaxiv 8xav
au 3oiûXrj.
«
yàp f^v anXoOv x8 ^tavlav kcxkov eîvai, kocXûç av EXéyEXO"
« vOv Se xà jiÉyiaxa xôv àyaSGv t^tv ydyvExai 8ià ^laviaq.
« 8eUx jjlÉvxol ôoaei 8iSo^Évr)q. "H xe yàp 8f|
Iv AsXcpoîç
3
«
Ttpocpf]xi.ç aX x èv AcùScùvt] tépEiai, ^avEÎaai ^iév, TtoXXà b
«
8f\
Kal <aXà tSla xe Kal Sq^oaia xf|v 'EXXàSa Etpyàaavxo*
« acôcppovovaai Se, (ipa^Éa f\
oôSév. Kal, èàv 8r| XÉyco^iEV
« ZISuXXdv xe Kal aXXouç 8aoi, ^avxixfj xpcb^iEvoi evBéco,
« TtoXXà 8f) TtoXXoîç TtpoXÉyovxEÇ elç x8 u.ÉXXov wpBcoaav.
«
jirjKtivomEV av SfjXa iravxl XéyovxEÇ.
« T68e u.f|V a£iov ê[Link]ôpaa8ai, 8xt Kal x&v TtaXaiSv
a ot xà [Link] xi8é^ievol oôk ata^pSv f|yoOvxo oôSè
« SveiSoç ^avlav ou yàp av xfj KaXXlaxr) xé^vr), fj
x8 C
« U.ÉXX0V KplvEXaL, aux8 XOOXO XOtïVOU.a IfclTtXÉKOVXEÇ
« ^iaviKf]v EKàXeaav. 'AXX', 6c; KaXoO Svxoç Sxav 8ela
2
del. Vollgr. Oxy.
||
244 a 1 rjv (et Oxy. 2)
9 oOtwaî :
ouxcoç || ;
W || ||
Vollgr. Il
4 ÈvOïw (et Aristid.) :
èvôeoîî B èvOéojç Winckelm. ||
5 el; :
secl. Hirschig del. Vollgr. top8<oaav Ven. 189 (et Aristid.) : ôpôwç
||
codd. 7 xoSe
Il
2 W (et Aristid) xô 8è T xô$e :
èj:t|[Link]ûpaa6at W :
W
||
Aristid. |j
C 2 ètAiïXÉxovxe; (et Aristid.): addub. Herwerden.
244 c PHÈDRE 3a
« comme une belle chose, toutes les fois qu'il provient d'une
«
dispensation divine, c'est pour cela qu'ils instituaient cette
« dénomination. Lesmodernes au contraire, n'ont le
qui, pas
« sens du beau, y ont introduit le t et l'ont appelé mantikê,
« l'art divinatoire. La preuve en est aussi que c'est justement
« l'artdes gens qui se possèdent, s'employant à la recberche
« de l'avenir
par le moyen des oiseaux et des autres signes ;
« un art qui en effet, à l'aide de la réflexion, procure à l'opi-
« nion des hommes, oïêsis, rationalité et information, nous et
« hisloria. C'est pour cela que cet art fut par ces Anciens
« dénommé Aujourd'hui les modernes l'appel-
oïo-no-histikê.
de l'augure, avec un o
« lent oïônistikê, l'art des oiseaux, l'art
d «
long, pour nom imposant Autant donc, cela va
en rendre le !
« de soi, sont
supérieurs en perfection et en dignité, et l'art
« du devin par
rapport à celui de l'augure, et le nom comme
« la fonction de l'un
par rapport au nom comme à la fonction
« de l'autre, autant le délire est
par sa beauté, les Anciens en
supérieur à la sagesse, le délire qui vient du
1
« témoignent ,
i. Ce morceau
suppose la doctrine du Cratyle institution du lan-
:
«
potpa ylyvr|xai., ouTCi vo^taavTeç IBevxo* oî Se vOv,
«
cVrtEipoKàXcoç xo xaO ETt£p6aXXovx£Ç, [iavTiKr]v EKâÀEaav.
« 'EtteI Kal
xrjv ys xSv £p<pp6vcùv, ^xrjaiv xoO ^éXXovtoç
« 8ià te opv'iBcov ttolou^iévcov <al xôv aXXov ar)^i£(ov,
5
« Sx Siavotaç TTopi£opÉvcûv àvBpoTtlvr) otrjaEi voOw te
lie
« icaltaToptav, otovotaxiKr) v
£Tt©v6p:aaav, fiv vOv oIcùvi-
« axiKfjv i(ù 5 aE^vûvovxEç ot véol KaXoOoxv. "Oaca 8r) d
« o3v xeXeôxepov ^lavxiKf] otoviaxiK^ç, Kal EvxipéxEpov
5
« x<5 xe ovo^a xoO 5v6p:axoç Ipyov x Ipyou, léocp k<xXXlov
« papxupoOaiv ot iraXaiol pavlav aocppocnivr)ç, xf)v ek GeoO
« xf)ç Ttap' àvBpamcùv yiyvo^Évrjç.
« 'AXXà fcif|V
véacov yE Kal tkSvcov xSv pEyiaxov, fi
8f|
dorf y àv0pa)7::v7) oîrj'ast B 2 (et Oxy. Aristid.): -vtjv ol. B -vtj vorjaei
TW D 9 olovoï<TTtxT)v (et Aristid. Hermi.) : otwvotaT. et oÎovktt.
Aristid. n oTov voïatixrjv T wtoviat. Hermogen. vuv : ante véo: transp.
W
||
Hermi. 1
)
: te Aristid. ||
7:dvojv (et Aristid. Hermi. 1
) : -otvwv ci.
Valckenaer ||
a (et Aristid.): axe Heindorf || 7 ëvt ci. dubitanter
Thomps. : ëv codd. îjv k'v Vollgr. yevwv rj y. |j
:
tjv (om. t;) Hermann
yEvofiéviov T)
Heindorf y. (om. f ) Vollgr. 6 1
eûpETO rfi. exe. :
W
(
|j
Thomps. omnes ||
Ôecov : ôeov |
a 8tj : om. B xaî Aristid. ||
3 Éa-JTfjç : secl. Burnet (fors, e glossem. è'Çw atT)s) del. Vollgr. aùx7)v
Aristid. eu lau. Richards2 || s/ovra : addub. Badham pETÉyovTa ci.
IV. 3.-5
245 a PHÈDRE 33-
l
«
priment en odes, en poésies diverses , il pare de gloire mille
« et mille exploits des Anciens, et ainsi il fait l'éducation de
«
pas dans l'intérêt de l'amant et de l'aimé que leur vient
« l'amour
envoyé par les dieux Et nous, ce qu'en revanche 1
« démonstration ne convaincra-t-elle
pas les esprits forts,
« mais
pour des sages elle sera convaincante. Dans ces
« conditions, ce qui est tout d'abord
Nécessité de savoir j •
1 i ? » • .
,,. ,
« requis, c est ou au suiet
.
J
de la nature
ce qu'est l'âme :
,
*
?.. .. ,.
'
.
,. .
« Or voici d'où part cette démonstration:
son immortalité ; . F. . ,, .-,
« toute âme est immortelle. Ce qui en
« effet se meut soi-même 3 est immortel, au lieu que, pour ce
i . La pureté de l'âme est inséparable d'une inspiration vraiment
divine. Il y a donc deux sortes de poètes que condamne Platon :
ceux qui ne sont que des techniciens sans inspiration, et ceux dont
l'inspiration est impure et immorale seul un poète philosophe
;
unira les deux conditions (cf. Lois IV 719 cd, VII 801 bc).
a. L'amour inspiré des dieux ne peut être qu'un amour philoso-
« ToaaOxa uév aoi Kal exi tcXeIcû ê\a uavlaç Y<-Y V0 HÉvi]<; b
« àno 9eûv Xéyeiv KaXà £pY<x. "ftaxE xo0x6 y e aôxà jir|
uavla SlSoxai. H 8è
e
« xoiauxr) S?) &Ti6&EiE,iq taxai Seivoîç c
« uèv amaxoç, aocpo'ic;
Se maxr). Aeî o8v Ttpcoxov i^u^ç
«
cpùaEcoç TtÉpi, SEtaç xe Kal àv9pcmlvr)<;, tS6vxa Ttà8r| xe
« Kal Epya, xàXr)8èç voterai.
«
'Ap^ 8è ànoSElc^Ecaç ^8e- ipu)(f|
nacra àSàvaxoç. T8
J
« Y^p auxoKlvrjxov àSavaxov xo S aXXo kivoCv Kal ûti'
Il
8 f] Stob. ï\ : TW
r) B H b I Jiîv acu (et Oxy. Aristid. Hermi. )
1
:
Aristid.) y.,
e/w Oxy.: a touto ye ye t. Stob. 3 ôsSittôuévoî (et
||
:
||
Oxy.) 8ei8. Stob." a'.vtxx. auct. Naber Vollgr. 4 x£xcvr tiivou xexîiv.
:
|| (
:
codd. Oxy. 2 (i. m.)Cic. (quod semper mouetur) Hermogen. Stob. Hermi.
(108 17, 1098, n3 ia)et, exe. Vollgr., omnes ||
8* (et Oxy. ?):ÔèBW
Il
â/./.o : a. Tt Alex. Aphrod. ||
Gt:' (et Oxy.) : ùnà W Stob.
245 c PHÈDRE 34
«
qui, moteur d'autre chose, est mû aussi par autre chose,
la cessation de son mouvement est la cessation de son
existence. Il n'y a dès lors que ce qui se meut soi-même
grec qui, trois fois déjà, a signifié venir à l'existence, car on ne peut,
sans absurdité, dire qu'il ne naîtrait plus de principe 1
C 7 xtvTÎGêwç ... 8 %<or ; (et Oxy.) Ç. ... xtv. Stob. 8 auto (et
t
:
||
3 oùx àv IÇ ipy_rjç (et Oxy. Stob.) oùx àv àp/T] Vindob. 8g Gic. [nec :
(et Oxy. Stob.) ysvotxo Buttmann Vollgr. eî'r) Simplic. Ast rjv Theo-
:
doret. (cf. supra) 4 èaxtv (et Oxy.) -T« àStâtpGopov (et Oxy.)
||
. W ||
:
-çopov B àcpôopov Stob. aùxô àvàyxr) dvat (et Oxy.) au. et. àv.
|[
:
Stob. y 5 txoxe (et Oxy.) om. Simplic. 6 xà (et Stob.): om. Oxy.
:
||
H 7 ôt) (et Oxy. Stob.) om. Simplic. aùxô (et Ar. Top. VI 3,
:
||
8i (et Oxy.) 0" ouv Stob. e 1 ye'veatv (et Oxy. Gic. [omnisque natura]
:
||
n
oufAHïaouaav :
Oxy.): auax. Stob. axT^agaGai
Çuu.;:. Oxy. 3 || axfjvat (et
Syrian. auGtç||
lïttv Oxy. Stob.
:
ly,. axîjvat codd.
aoxt; Oxy. ||
:
(et Oxy. Ar. [I. c. a 34, 64] Alex. Stob. Philopon.) çùaiv ci. Naber|| :
xoiïxov aùxo'v xouxo' Alex. xt; oùx (et Oxy. Alex. Stob. Philopon.):
:
||
xt; (om. oùx) e Ciceronis quis est qui... neget Herwerden Vollgr.
245 e PHÈDRE 35
« est au contraire un
corps animé, celui pour qui c'est du
« dedans qui en tient de lui-même le principe, attendu
et
«
que c'est en
cela que consiste la nature de l'âme. Mais, si
c'est bien ainsi
qu'il en est, si ce qui se meut soi-même
«
246 « n'est
pas autre chose que l'âme, alors nécessairement l'âme
« devra être à la fois inengendrée 1 et immortelle.
« Aussi bien, voilà
qui suffit sur la
Sa nature: <(
q Ues ti on ae son immortalité. Quantx
le mythe ?
de Vattelage ailé. a ce <l
.
<c
,
m . .
.
,.,
est de sa n at"re, voici ce qu il
. .
«
qui est beau, bon et formé de tels éléments, tandis que la
«
composition de l'autre est contraire, et contraire sa nature.
« Il s'ensuit
que, dans notre cas, c'est nécessairement un
« métier difficile et
ingrat que celui de cocher D'où vient !
« donc, ceci
posé, que mortel aussi bien qu'immortel soient
« des dénominations du vivant? Voilà ce
qu'on doit tâcher
«
àyaSol Kal èE, àyaSSv, t8 Se tûv &XXqv uéuiKTai. Kal b
pèv r|uSv ô &p\av auvoplSoç f)vioxEÎ EÎTa tôv
-
« TrpéûTov
||7 loti (et Oxy. Stob.) -iv BT 8 touto tout' Oxy. ey ov (et :
||
:
||
Oxy.) om. Stob.: tô aÙTÔ sauTÔ xtvouv (et Oxy. Ar. [Metaph. ||
Il
246 a 4 Oxy. i. m.): exp.
aÛTris (et om. Oxy. 5 paxpà; W 2
||
:
paxapt'aç 3^7 a 4)
Oxy. 8tT)y7j'aeu>î (et Oxy.)
(cf. 8erj<j. Pro- ||
:
mus 6 oùv (et fors. Oxy. i. m.) 8r) Oxy. X^yeo(jLsv (et Oxy.)
Il
:
||
:
~).iyo.
Stob. n y îoiv.i toi OY] (et Hermi.) E. 8/j tw Vindob. 109 : W
èotxsTwSï) T Yp. et
2 2 i. m. Stob. Hermi." edd. W
(pro uerborum conti-
nuitate et muti solita omissione nihil ex Oxy. induci
t
potest) 7 ||
xaî X. au. B 7t. om. Hermi. 7:. xaî au. Baiter b 1 tô Ta dubit. ci. :
||
i. G.-à-d. tout ce qui est âme. Mais la plupart des éditeurs lisent
un texte dont le sens est : toute l'âme, l'âme tout entière; considération
qui est hors de propos en cet endroit où Platon distingue les âmes
par rapport à la fonction qu'il a définie 2^5 e.
ne disons pas, sans plus, qu'elle la précipite dans un corps (car les
âmes divines, qui sont exemptes de cette chute, n'en ont pas moins
un corps [a46 d déb.]), mais dans un corps solide et fait de terre, non
de feu, comme celui des dieux-astres (cf. Notice, p. cxxxm sq.).
3. Le cas des dieux est donc, à un plus haut degré encore, le
même que celui de l'âme on n'en peut parler autrement que par
:
«
H'uxr] Traça Ttavxèç ETUUEXEÎxat xoO àvjjù^ou" Tïàvxa Se
«
oûpavèv TtEpiTtoXEl, aXXoxE lv ccXXoiç eïSecti yiyvo^Évr|.
cc
riÉcpuKEV fj TtxEpoO Sûvauiç x8 Eu6pi6Èç ayEiv avo,
cc
(jETEcoplc^ouaa fj
xà xôv 8ecov yévoç oikei' KEKOtVCJVrjKE
33
b 7 <J,ux.r) rcîaa (et Oxy. Plotin. [III 4, a ; IV 3, i ] Euseb. 1
mow.) ||
3 ciTEpsoù" (et Oxy. i. m.) :
axeppou Oxy. ||
ou : ou B || 4 aùxô
n
cxutq (et Oxy. a&. sic) auxo <zuto B <xùtô Hermi. au. id. : 5 Çùpxav j|
||
te Oxy. t' codd. àôavaTov ôè (et Oxy. Hermi.)
:
||
tô àO. 8È :
'
Heindorf tô 3 à0. Vollgr. 7 où8' (et Oxy.) oùx Hermi. \z\oyia- ||
:
||
uivou (et Procl. Hermi.) -îapsôa Badham Vollgr. àXXà âXXo ci. :
||
:
W
Il || ||
W d
8s S' :
D 4 XâêwuEv
àvaX. ci. Naber 6 8uvau.iç (et Her- :
||
mi. ):1
oûcit; Plut. Il 7 f t
:
ï] B D xsxotvoivrjxs (et Hermi. 1
) : -xsv BT.
246 d PHÈDRE 3?
247 maison des Dieux, toute seule. Quant aux autres, tous ceux
qui, dans ce nombre de douze ont obtenu rang de dieu
1
,
avoir ici songé aux dieux de l'Olympe, ce n'en est sans doute pas le
nombre qu'il envisage. Il s'agit plutôt d'un mythe cosmologique :
laquelle se meut l'astre (cf. aussi 2^7 b, de 2^8 a). Par suite, celui ;
jjiévEi yàp
'Eaxla iv 8eûv oÎKcp, u6vr|. Tqv 8è aXXov 8aot 247
ev x$ xSv 8<*>8£Ka àpi8u£> xExayuÉvoi 8sol apxovxEç
fjyoOvxai, Kaxà xà£iv f\v EKaaxoç èxâx8r|. rioXXal uèv
o3v Kal uaKàpiai 8éai xe Kal 8lé£,o8ol evxoç oôpavoO, Stc,
d 8 8et'ou Plut. : 0.
tyuyr) codd. (inter punctos <{/. W) tj/.
secl.
Burnet del. cett. [jeu auS-stat (et Hermi.) âpSsxat : alibi Hermi.
Proclus." || jjuxXiaxâ yE B2 (em.) :
p..
te B uaXiaTa TW ||
3 xal toîj
ÈvavTÎot; (et Hermi.) : secl. Schanz toiç 8' I.
(uel xaî à'XXoi; È.) ci.
: om. Stob. (uerba referens Platonici cuiusd.) yàp alibi Plut. 8r) ||
{et Dionys. Plut. [c. yàp]) om. Plut. c. fjiv Tjy£[Link] (et Dionys. :
j|
«
y a de la rétiveté appuie pesamment il tire vers la terre ;
« effet
qu'on nomme immortelles, une fois qu'elles sont au
« sommet, s'avancent au dehors, se dressant alors sur le dos
« de la voûte céleste, et, ainsi dressées, sa révolution cir-
c « culaire les
emporte tandis qu'elles contemplent les réalités
«
qui sont en dehors du ciel.
« A l'honneur de ce lieu supracéleste
' '
(< nul P oète P anni ceux d ic i- bas n a
suprlcéleste. .
« le
courage de dire la vérité, c'est surtout quand on parle
« sur la Vérité ! Eh bien !
donc, la réalité qui réellement est
figure, intangible celle qui ne peut être
« sans couleur, sans ;
renseignent ;
mais YÉpinom is (98/4 bc) assigne les trois places vacantes
à l'éther (d'autres disent le feu), l'air et l'eau. Il s'agirait donc des
zones intermédiaires entre le ciel et la terre (le domaine de la mé-
téorologie chez Aristote), influencées par le premier, agissant sur la
seconde, dont elles conditionnent l'existence.
1. C'est le sens du mot grec, mais l'image alors a changé, car il
est bien clair qu'il s'agit toujours du cocher qui mène l'attelage.
2. Ce lieu, la plaine de Vérité (a48 b), est celui des réalités intel-
ligibles ; Tempérance ou Sagesse, Science (ici,
Justice, d), Pensée,
Beauté (a5o b-d) sont seules nommées. Le rapport de cette région
des Idées au ciel des astres symbolise celui de la dialectique à l'astro-
nomie et au reste de la mathématique, soit dans la hiérarchie du
38 <ï>AIAPOE 247 b
W
t ||
Hermi.): -aai codd. || 4 itoxï: om. Aristid. Origen. j| 7 ouaa, u X*i? <{'
pÉXT) Ven. 54 P&Xt) codd. Hermi. edd. iid. S^ÇaaOat (et Hermi.):
:
||
« savoir
e qui n'est pas celui auquel est lié le devenir, qui
« n'est
pas non plus celui qui se diversifie avec la diversité
« des
objetsauxquels il s'applique et auxquels, dans notre pré-
cesente existence, nous donnons le nom d'êtres, mais le Savoir
«
qui s'applique à ce qui est réellement une réalité
'
Après .
savoir, soit dans l'éducation (Rip. VII 5a i c-534 e, Philkbe 55 c-5q c)r
l'ordre d'étude exprime le rapport réel des objets connus.
i. Opposition de l'être et de l'apparence, et, corrélativement, du
savoir dont les objets sont éternels, invariables dans leur constitution
2
Syrian. Hermi.): au xrjv Oxy. (i. m. au xt]v) Coislin. i55 Heindorf
||7 ôtxatoauvTjv 8. [o £rc]t SixatoauvT) Oxy.
: àï 8' Oxy. utuid. e ||
: i
où8 'rj (et Oxy. [oj8s f, sic] Simplic.) où8ï) T où8' fj uulg. Iaxtv -xt :
||
:
WOxy. 2 ouaa (i. m. Oxy. 2 seu prius omissum seu pro alio uerbo)
||
W
|| j|
Wilamow. II 363) 8ew codd. edd. ÉTCopé'vT) Oxy. In. xat £Îxa<jp;£VTi
:
||
:
W
||
ace. fecit] Proclus) ou B 4 [Link] (et Oxy. [ut uid.] Proclus): secl.
:
|!
Stallb. || r/ouaat :
«r/ouaai Egelie.
248 b PHÈDRE 4o
«
partie du cortège d'un Dieu, a eu quelque vision des
« réalités véritables, est
jusqu'à la révolution suivante exempte
«
d'épreuve, et, si toujours elle est capable de réaliser
« cette condition, à
toujours elle est exempte de dommage;
«
quand au contraire, faute d'avoir été capable de suivre doci-
« lement, ne voit point; quand, par l'effet de quelque
elle
«
disgrâce, comblée d'oubli et de perversion, elle s'est
« alourdie; que, s'étant ainsi alourdie, elle a enfin perdu
« son plumage et gît sur la terre, c'est alors une loi
d «
qu'elle n'aille s'implanter en aucune sorte de bête dès
« la première génération mais que celle qui aura eu la plus
;
«
copieuse vision aille s'implanter dans la semence d'un
« homme appelé à devenir ami du savoir ou ami de la beauté,
« ou bien d'un homme qui a de la culture et qui est instruit
« en matière d'amour; que, pour celle du second rang, ce
« soit dans la semence d'un roi qui obéit à la loi, ou bien
«
guerrier et habile à commander que celle du troisième
;
«
rang vienne animer un politique, à moins que ce ne soit un
« bon intendant ou un financier; celle du quatrième, un
« homme qui aime la fatigue des exercices physiques, ou bien
« encore qui s'emploiera à guérir le corps la cinquième aura ;
i. Tandis que les âmes des dieux et celles qui leur sont appa-
rentées ont le savoir pour aliment (a^7 d déb.).
2. L'Inévitable, épitbète de Némésis, ou Justice distributive. Ici,
son décret concerne la destinée finale des âmes, par rapport à ce que
sera leur existence dans la vie terrestre et après. Que l'eschatologie
soitpour Platon une croyance sérieuse, on n'en peut douter; mais,
que le présent exposé comporte une part de fantaisie, c'est possible :
4o <ï>AIAPOS 248 b
« XOUXCÛ xpscpExcu.
a ©Eauàç te 'ASpaaxElaç 88e' fjxiç <xv
ipux^h ^ e$
fj xivoç
« oticovouiicoO
f) ^pr)^axLOXLKoO, x£xcxpxr)v eIç cpiXcmévou
«
yuuvaaxiicoO f) TtEpt acôuaxoç ïaatv xivoç èao\ikvov.
« TTÉ^Ttxr|v uavxiK&v |itov ¥\ xiva xeXectxik&v EÊ,ouaav 2<xr| e
« Ttoir|Xuc8<; f)
xâv TtEpl u'iur)alv xiç cxXXoç àpuéaei., lôSô^ir)
'
b 6 en» 8f, iv£y tj (et Hermi. 1
)
: où8sv ï-/ei
B ou 8* ïv. tj
corr.
Ven. i85 auct. Madvig edd. tou Ast tov 8' £v. t) Badham 8t) ev. tj ||
7 ou Èaxtv (et Oxy. [ut uid. sed ante raSîov] Hermi. ) Èctiîv (ouom.)
1
:
Madvig Schanz utrumcpie damn. Wilam. II 364 oZ eotiv Ast 8û' èoto'v
Badham Vollgr. C 3 tyu/ji -t} B 4 ÇuvoJ:a8ôç auv. Burnet : :
||
W
|| j|
ypr,aaaÉvr (
:
-vr) B ||
d 1 Or^pstov ÛT;pE;av : BT 2rec. (a s. u.) Thomps.
Y'javaoTixoj (et
Hermi. ut uid. [om ç.J) :
ç. rj y- Thomps. Burnet
| 7 t'.vo; Hermann : Ttva codd. Thomps. r\ ÔEparasav te xtva
Heindorf.
IV. 3.-6
248e PHÈDRE Ai
« Et maintenant, admettons
que, dans l'ensemble de ces
hommes, y il en ait un qui ait mené une vie juste il reçoit :
n'est pas avant tout ce temps que l'âme en effet reçoit des
ailes, exception faite pour celle de l'homme qui a été un
(a48 d déb.). Mais elle peut ensuite choisir, selon le rang que le sort
a fixé pour ce choix, d'animer un corps de bête. Comparer le mythe
d'Er l'Arménien, Rép. X 6i7d-6i8b, 6igb-6aod.
tu *AIAPOS 248 e
<c
povoç. Etç uèv yàp xo au*ro 88ev îJkei r) ipu^r)
^ KaaTTl
« oôk ÀcpiKVEÎTai etôv uvplov ou yàp TtTEpoOxai Ttpo
« too-oùtou xp<i vou TiXfjv f) toO cpiXoaocpfjaavToq àSôXwq f] 249
>
Il
249 a 1 àSo'Xwç t\ (et iid.) y\ ko. Vollgr. 3 y^Xtrcet -exta :
||
:
W
|
« La cause en est
qu'une intelligence
L'Idée ({ d'homme doit s'exercer selon ce qu'on
*
et la réminiscence ; n TJ ,
n j» u .
«
délire
<c
appelle idée, en allant d une multi-
c d'amour (<
plicité de sensations vers une unité,
dont l'assemblage est acte de réflexion
« '
.
« c'est
grands objets, auxquels constamment par
que les
le souvenir elle
s'applique dans la mesure de ses forces,
«
« sont justement ceux auxquels, parce qu'il s'y applique, un
« dieu doit sa divinité 2 Eh bien c'est en usant droitement
! !
« rend
pas compte !
« on a ce
qu'il faut pour se faire taxer d'être atteint de
« délire... La conclusion, c'est
que, entre toutes les formes
e k de
possession divine, celle-là se révèle être la meilleure, en
i . Pour aller à l'Idée et obtenir la réminiscence de visions oubliées,
cette discipline logique d'un exercice normal de la pensée a un pen-
dant émotif, le don divin du délire d'amour (Notice p. xciv sq.).
a. Au-dessus du dieu il y a donc du divin la réalité intelligible :
W
|| ||
6cïos(et Hermi. 1
) : ô 8eoç ... Oeïôç Hermi. (ff.) 8sô; ... Oedç Hermi.
(yp.) 0£Ôç ô ... Oeo'î id. (fp.) Plut. Qu. conu. 718 f ||
8 àei : aï. codd. ||
d 3 Xê^Oe : kti
-Oev T H A (et Hermi. ): 1
-tiv BT ||
ô (et Stob.
Hermi. 1
) : om. Hermi. qq 29 ||
5 rv
( (et Stob. Hermi. 1 ) :
7)
Vin-
dob. 89 et al. iv'
uulg. TÔ ttj 8É (et Hermi. ) to tï|8c B tôÔ' rjSrj 1
:
W
||
i. m. W 2
pr. m. ||
6 ^tepûtat
||
:
-pouTcu W 2
Stob. EJîTspcoTat Herm. 1
||
«
qui aime les beaux garçons fait dire de lui qu'il est fou
« d'amour Toute âme d'homme en effet a par nature,
!
« ainsi
que je l'ai dit, contemplé les réalités: autrement,
elle ne serait
«
pas venue dans le vivant dont je parle. Mais
250 « trouver dans les choses de ce monde-ci le moyen de se
« ressouvenir de celles-là n'est pas aisé pour toute âme,
ni pour toutes celles qui alors n'ont eu
«
qu'une brève
« vision des choses de là-bas, ni
pour celles qui, une fois
« tombées en ce lieu-ci, ont été assez malchanceuses
pour se
l'injustice par on ne sait quelles fréquen-
« laisser tourner à
« tations et
pour y trouver l'oubli des augustes objets dont
« en ce temps-là elles ont eu la vision il n'en reste donc ;
«
qu'un petit nombre auxquelles appartienne en suffisance
<r le don du souvenir. Mais, quand il arrive à celles-ci
«
d'apercevoir une imitation des choses de là-bas, elles sont
« hors d'elles-mêmes et ne se possèdent plus !
Quant à la
« nature de ce
qu'elles éprouvent, elles ne s'en rendent pas
b «
compte, faute de pouvoir s'analyser comme il faut.
« Ce
qu'il y a de sûr, c'est que Justice»
Le P
deJa Beauté.
*
Sagesse, tout ce qu'il y a de précieux
« encore
pour des âmes, ne possèdent
« aucune luminosité dans les images de ce monde-ci à :
«
grand peine, au contraire, de troubles instruments per-
ce
mettent-ils, et même à un petit nombre de gens, de
« recourir aux représentations de ces objets pour contempler
« en elles les traits de famille que ces représentations ont
« gardés. La Beauté, elle, était resplendissante à voir,
« en ce temps où, unis à un chœur fortuné, ces gens-là
« avaienten spectacle la béatifique vision, nous à la suite de
« Zeus et dans son cortège, d'autres dans celui d'un autre
« dieu ;
ce temps où cela était sous leurs yeux ;
où ils s'ini-
«
xfjç pavlaç, 8 Ipûv xSv kccÀôv Ipaoxfjç KaXEÎxai. Ka8
« àTtEp yàp eïpïlTai, Ttâaa pèv àv8p<imou *\>v\i\ «pûaEi
« TEBÉatai xà 8vxa' f)
ouk av rjXBEv eIç x68e x8 £coov.
« 'Avajmiv/|CKEa8ai 8è Ik xûvSe Ikelvoc ou ^ASlov aTtàcrr|, 250
« oûxe 8aai |ipa)(É<ac; eîSov x6xe xàKEÎ, 008* at, SsOpo
« TtEOoOaai,
èSuaxû^aav ôaxE, imé xivov ô^lXlGv ettI xo
Xf|8r|v Sv x6xe
« &5lkov xpa-néjiEvai, eTSov tEpûv e^eiv
a ÔXlyai 8r| XElTtovxai aîç x8 xf]ç jiv/|tirjc; tKavSç TtàpE-
« ctxiv. AOxai 8é, 8xav xi xôv èKEÎ ôuolœua ïScocnv,
« EKTtXf|Xxovxai Kal oôké8' aôxôv yIyvovtoil. 8' iaxt x8
a Ttà8oç àyvooOai. Sià x8 ur| Ikcxvgùc; SioacBàvsaGai. b
« AïKaioauvrjç uèv ouv <al o<a<ppoauvr|<; Kal oaa aXXa
s.
u.) où8è
: W
Taxe! : xa èx. W
W
|| || ||
'
où'8 : oùo' 3 cûtrte T2 yp. : outs T €Ïtoc Heindorf || 4 è'yetv :
W
||
aÔTtov (éau. Hermi.): -it' au. codd. -h' iv au. Hirschig Burnet
Vollgr. y ïatt : -Ttv T Schanz b 1 àyvoouai -atv T 5 ôXt'yot T 2 (a
||
:
||
exp.) :
-ot; T ôX. aùxtov olim Hermann 6 -coxe i^v tôt' r)v B Oxy.
||
:
7)
T t) W' C 1 (ôpyià^otAsv ôpy. BT Hermi. 2 u^spevtv (et Oxy
Il
.
||
« donnant
regret de ce passé, voici qu'à présent il nous a
« fait
trop longuement parler Or c'est de la Beauté qu'il!
«
s'agissait. Dans sa réalité, disions-nous, elle resplendissait
d «
parmi les réalités dont il était question. Depuis notre
« venue en ces régions, c'est elle encore sur qui nous
« avons eu prise au moyen de celui qui est le plus clair des
« sens que nous possédons, elle-même brillante d'une supé-
« rieure clarté. De fait, la vision est la plus aiguë des percep-
« tions qui nous viennent par l'intermédiaire du corps mais ;
« ce lot de
pouvoir être ce qui est le plus en évidence et ce
« dont le charme est le
plus aimable,
« A la vérité, celui
e
qui n'est pas fraîchement initié ou
« bien qui s'est laissé
corrompre n'est point vif, d'ici, à se
a
porter là-bas, vers la Beauté en soi, quand il contemple
« ce à
quoi, en ce monde-ci, est appliqué son nom*. Aussi
« n'est-ce point avec vénération
qu'il tourne
dans cette
* « direction ses
regards ;* mais au contraire, s'abandonnant
« au plaisir, il
agit en bête à quatre pattes, il se met en
ce devoir de d'engrosser, et, se familiarisant avec la
saillir et
251 «
poursuivre un plaisir contre nature. Quant à celui
au
« contraire qui vient d'être initié, celui pour qui l'abondant
« objet de ses contemplations, ce furent les réalités de jadis,
« celui-là,
quand il voit un visage d'un aspect divin, imi-
« tation réussie de la Beauté, ou quelque corps pareille-
« ÎSvteç iccil
à[Link] toutou 8 vOv Sf) aûpa TtEpicpÉpovTEc;
« èvopà£op.£v, ôarpÉou Tp6nov [Link]... TaOTa
« pèv o3v pv^ur) KE^aptaBco fjv, Tt68ç> Si* tûv tSte, vOv
«
paicpSTEpa EÏpr|Tai. rispl 8è K<iXXouç, ôanEp EÏnopEv,
«
p£T* ekeîvov te IXapnEv 8v, SsGpS t' eX86vteç kccteiXi'i-
d
« cj>ap£v ciutS Sià if\q EvapyEaT<xTr|c; ata8f|a£Q<; tôv
«
fjpETÉpov, otIXBov èvapYÉaTctTa. "OiJaç yàp f^ptv ô£ut<xtt|
« tôv Sià ToO acôpaToç Ep^ETCii ataSi^aEcov, fj (ppdvrjaiç
«
oux SpâTca
-
« evBévSe ekeÎoe
(pépETai, Tipèç ciutô t6 KaXXoç, Becùpevcc;
« oiutoO Tf]v tî^Se ETtQvuplav cxrz' ou oeBetcu Ttpoaopôv,
« àXX', f^Sovrj TtapaSoùç, TETpdmoSoç vépov ftalvEiv èm-
«
X ELP E^ Ka ^ "naiSoanopE'îv ical, uBpsi TtpoaopiXôv, oô
« SéSoikev oùS' ata^ûvETai Ttapà cpûcuv f|8ovr)v Siôkcov. 251
« 'O 5è àpTiTEXr)ç, Ô tûv t6te -noXuSEàpcùv, 8toiv SeoelSéç
Hermi. 1
||
d 1 ov ov B ov Oxy. îo'v uulg. |j 3 èÇjTacTïi (et Plut.) -T^pa
: :
Hermi. ||
4 tp/j'01.1 (et Plut.): EÏatv uel iaT'.v id. alibi, auct. Baiter
del. Vollgr. || aî<j8r{a£wv (et Plut.): 7ia6r)paTa>v id. in al. loco || fj
:
rj
(et Hermi. 1
) :
ut] reuera non del. T 2 àpTiT. Geer (cf. a5i a a) ï)
Hermi.) : del. Vollgr. (cf. a5i a 5) || 251 a i 0Ù8' : 0Ù8È TVV Hermi.
Il
2 àpTtTEXrlî (et :ô ||
:
rj Oxy. ||
« ses
impressions sont exactement ce que sont, dans le cas de
« la dentition, les de ceux qui font leurs dents,
impressions
«
quand ils sont tout juste en train de les percer : une déman-
«
geaison, un agacement 2 ,
c'est identiquement ce qu'éprouve
« en vérité l'âme de celui chez qui commencent à pousser les
«
plumes ;
elle est à la fois en ébullition, agacée, chatouillée
« dans le
temps où elle fait ses ailes.
« Or donc, le voilà qui regarde dans la direction de la
« beauté du jeune garçon. De là provient un flot de parti-
« cules, et c'est précisément pour cette raison que ce flot est
ton du mythe, se comprend mal si, au mot grec que j'ai rendu par
donner de la vitalité à (ranimer), on donne partout son sens propre :
glose :
je doute que cette précision ait semblé nécessaire à Platon.
45 ^AIAPOS 251 a
'ÔeS. Schanz Vollgr. jat] osStetT) B (sed sit] utuid. exp. B 2) iat] ÔeStoty)
îiaiotxoïç (et Oxy. Hermi.) auct. Herw. del. Vollgr. 8s (et Oxy.):
||
:
5' B Hermi. b a fl... 3 apSsTai (et Oxy.) secl. Schanz del. Vollgr.
1
||
:
(et Hermi.): s^î Gray to tAXol'. om. Hermi. i85 18 sed habet 126 7
||
:
Il
C 1 £sï T 2 W 2 (si s. u.) (et Hermi.) Çfj T £tj : BW ||
a Ôoovtosuouvtwv
T2 (cm.) (et Hermi. ): 1
ôSo'vctov ©udvxtuv T ||
3 «ûtoaiv : -ai TW ||
xvtjsîç :
xt'v7)crî{ BW || àyavâxtTiai; :
ày. Jispt xà. ouXa codd. edd. ego
del. ut glossema ||
5 Çsï W 2 :
Ç9j BW || Cet... 5 jrrspa : forsan non
s. u.): kizipè.
xai tdvxa (Éîîtpps'.) in. Br^nou x. ^».
Ficin. àrc.
x. p*
.
Vollgr. ai-' l. x. p. Herwerden t. x.
sjtipps.
Badham.
251 c PHÈDRE 46
«
appelé vague de désir
la Une fois que l'âme l'a reçu, sa
1
.
ce
tise, aux lieux où, pense-t-elle, elle pourra voir celui qui
« possède la beauté. Or, quand elle l'a vu, qu'elle a fait
« dériver vers elle la vague de désir, elle commence alors à
« dégager ce qui auparavant était obstrué elle a repris son
:
«
pour elle c'en est fini des piqûres ainsi que du
souffle,
« douloureux travail, et c'est en
quoi aussi elle cueille pour
plaisir le plus délicieux. Voilà certes une condi-
« l'instant le
252 « tion de
laquelle elle n'accepte pas volontiers d'être éloignée,
« et il
n'y a non plus personne dont elle fasse plus de ca3
«
que du bel objet : mères, frères, camarades, tout cela est
« au contraire oublié ; la perte des biens, fruit de son
« incurie, ne compte à ses yeux pour rien ; les bons usages
« et les belles manières, dont jusqu'alors elle faisait sa
«
parure, sont englobés par elle dans un même dédain ;
elle
« est prête à l'esclavage, elle est est prête à dormir où on
3
« lui donnera
permission, au plus près de ce qu'elle convoite !
traduiraient (cf. a5i bc) les idées de mouvoir en avant (hiénaï) les
«
KaXeîxai) Se^ouév^, apSrjxai xe Kal 8epualvr|xai., ÀcocfiS
ÔSùvrjc; Kal YÉyr)8£V. "Oxav 8è x°P^ Y^ VT TOa
« xe xf]ç KOt ^ ^
)
&
aô)(jjuf)crr|,
xà xcov Sie^éScav axipaxa fj
xo nxepèv ôpufi
« cuvauaivô^Eva, pûaavxa aTtOKXetEt xf|v liXàaxrjv xoQ
« TtxepoO' f\
S' èvx6ç, UExà xoO IpÉpou àTtoKEKXEitiEvr),
«
Ttr|8ôaa oîov xà a<pû£ovxa, xfj 8le£,6Scû ly^ptEi, ÉKàaxr|
«
xfj
Ka8' aûxfjv, aSaxE Ttâaa KEVxoupÉvrj kukXcù f\ y\>vyî\
C 8 8e)(0[«v7) 8. xôv
rpspov codd. xôv
: t. secl. Thomps. Burnet
del. Schanz Vollgr. 8. x$ îjJ^pw Heindorf ||
d a aù-/jxT)<iT], :uirgulam
post axo'paxa transpos. Heindorf Vollgr. 7j r\
B ôppa (et Her- ||
:
||
xXeip^V7) :
-ï)u.£vt) BT -rjpé'vT) 5 Ixâaxr) Ruhnken.
edd. -xrj BT :
W
||
(muto -.
saepiss. in déficiente, huius cod. lectio dubia) 6 ttJ xaô' ||
a&T7)v :
T7) Hermi. quasi non legens 5 xfj SieÇ-
xaO' au. BteÇoSoj 8
1
||
||
6 av Cet Hermi.) : iàv B || 7 èyyu^â'w :
-Vf BT (in
cf. ad aôi d 5).
252 b PHÈDRE ,
47
« vrai dire, sonnom pour les mortels ; mais, pour les immor-
« tek, c'est VEmplumè, à cause de son pouvoir de faire pous-
c « ser des plumes. Permis, bien entendu, de croire à cela,
2
«
permis aussi le contraire I Toujours est-il que, pour ce
«
qui concerne la cause et l'effet, c'est précisément ce qui en
« est dans le cas des amants.
« Poursuivons celui
qui s'est fait
:
Chaque âme «
prendre, de ceux qui ont fait
s'il est
cortè 8e à Zeus est capable de porter,
C(
>
dont^elle a suivi
2e cortège. * avec une P ms solide assiette, le far-
« deau du dieu
qui tire son nom de
« son
emplumage. Quant à ceux qui furent les servants
« d'Ares et ont accompagné sa révolution, quand Amour
«
s'empare d'eux et qu'ils pensent avoir été injustement
« traités par leur bien-aimé, ils sont portés au meurtre et
«
prêts à se sacrifier eux-mêmes en même temps que leurs
d « mignons. Et de même, en rapport avec chacun des Dieux
« dont chacun fut le choreute, c'est à honorer ce dieu-là, à
« l'imiter le pluscomplètement possible, que se passe la vie :
« tant
qu'il n'y a pas eu contamination et que l'exis-
« tence vécue est celle de la première génération ici-bas,
« c'est encore selon cette manière d'être qu'on se comporte
« dans les relations avec les bien-aimés comme à l'égard des
« hommes en général. Ainsi donc, pour ce qui est de
(Diotime) et 192 de (Aristophane). Bien entendu, tout ceci répond
au discours de Lysias et au premier de Socrate, passim.
1. C'est ce que dit Aristophane, Banquet 189 d cf. ig3 a. ;
tique usage d'affecter à une même chose deux noms, l'un, sacré et
l'autre, profane (il y en a des exemples dans Homère) ; ensuite de
ces trésors de variantes qu'avaient constitués les exégètes d'Homère.
Le second vers pèche par démesure, au figuré comme au propre.
47 *AIAP02 252 b
« xèv 8'
fjxoi 6vr|Tol jxèv "Epcùta KaXoOca TtoTr)v6v,
« àSâva-roi 8è riTÉpcoxa, 8ià TtXEpocpÙTop' àvàyKrjv.
« Toùtoiç C
8f| I^Eaxi u.èv Ttel6Ea8ai, e^ectti 8è \i.-f]' o^oç 8è
« fj y£ atxta Kal t8 Ttà8oç xôv IpcbvTcov toOto ekeîvo
« xuy)(ovEi Sv.
b i
ê'jpT)xs
:
tju. Schanz Burnet Vollgr. a npô? ... 3 Xoyoç (et ||
W W
|| ||
-3t Stob. Il
4 etxottoî : il. 81 Stob. || yeXâaet :
-ar) -<j6iç Stob.
-cstaç Hermi. (av -aetaç ci. Couvreur) ||
5 oTpiat : o* [xiv B ||
àîtoQiTwv:
à?:, non legit Hermi. addub. Wachsmuth
èrcûv codd. Stob. edd. sed èi:c5v
ad Stob. 6 tô ËTEpov (et Stob.) Oaxepov auct. Herwerden Vollgr.
||
:
W
||
T;epte7idXouv
2
(em.) :
rcept èrcd.
W || 7 àXwat : -atv ||
8 autou; : au. T
B H d 3 Ç^ recc. :
Çijv codd. i| rj
:
r\
B ||
4 Pioteût) W (ex em.) : -et
BT II
Te :
yt TW ||
5 xat toù? : x. Ttpôj t. TW Thomps. Vollgr.
252 d PHÈDRE 48
qui est le leur Tous ceux qui, d'autre part, ont suivi
!
i . Il se peut que ceci vise Dion : le mot diios (de Zeus) serait un
48 *AIAPO£ 252 d
«
pETai T6v te o3v ëpcoTa tSv kocÀûv npbq TpoTiou
«
EKXÉyETai EKaaxoç Kal, qç 8e6v aÛTOv ekeîvov 8vto,
« lauxco oTov ayaX^a TEKTalvETal te Kal KaTaKoapEÎ, &ç
«
Tmr|acov te Kal ôpyiàacov. Ot jièv 8f| oSv Aiôç At6v Tiva e
'
« EÎvai £r)ToOai Tn,v i|n>x?)v t ^ v ^ t a ^ T " v EpdbjiEvov cko- < >
e i Aïdv (et
Hermi.) tmôv oV ov B :a èpwjxevov TW :
W
||
W
|| ||
exe. Schanz, non hic sed post (Soxyat interpung. omnes 8 "Hpaç ||
W
|| ||
IV. 3.-7
253 b PHÈDRE *9
« à l'égard de leurs mignons ; tout au contraire, c'est à leur
« ressembler à eux-mêmes et, totalement, de tout
point, à
« tel Dieu qu'ils honorent, c'est à cela qu'ils s'efforcent le
«
plus possible de les amener, c'est pour cela qu'ils se
« conduisent comme ils font. Concluons : les aspirations de
« tout amant véritable et son initiation, à condition du moins
«
qu'il prenne, pour réaliser ce à quoi il aspire, la voie
« dont je parle, voilà quelles en sont la beauté, la félicité
«
pour celui qu'un ami dont Amour cause le délire a pris
« en amitié, à condition
que celui-ci ait été conquis.
« Or voici maintenant de
quelle façon
Les alternatives
de l'amour.
« se fait prendre celui qui a été
«
conquis. Rappelons-nous qu'au com-
mencement de cette fable nous avons dans chaque âme
distingué trois sortes de choses il
y en a deux qui sont
:
premier des deux, et qui est celui dont plus belle est la
calembour sur son nom ; l'homme qui, ayant suivi Zeus, garde son
équilibre sous le poids de l'amour (a5a c), qui est philosophe et apte
à diriger, qui cherche à rendre tel l'aimé chez qui il en a deviné la
« icctl
x$ 8eô 8v &v Ti^ôai Ttfiaav nàvxaç 8xi ^làXiaxa C
C 2 oûxto ||
îiotouat : -atv Vollgr.
:
-xto; TW
7tpo8ujjua (et ||
Hermi. 1
Vollgr. (cf. c 4)
) : -t'otv3 xeXexz{ em. Paris. 1808: -xt{v ||
14 20 xô
Vollgr. (cf. ibid.) xeXeuxr) codd. (cf. Hermi. 19a éâv -
xeXoç) ||
Xe'yw, î) Vollgr. Il
5 Yt'Yv
etat :
**nw B II
6 aîpeôf) :
alpf;
auct. Badham
Vollgr. eupeOfi Heindorf 7 ô atpeOeîç (et Hermi.) secl. Schanz del.
:
||
8ieiXo'fAT)V
codd. || 9 îjtTtojAÔpçco -çu> B 8ûo (et Hermi.") : 8tia> :
||
Hermi. |[
d a Imaaw : -moB || çajilv (et Hermi.): Içajxev Gornar.
Vollgr. j|
xaî xou Hirschig Vollgr. || 4 aùxotv (et Hermi. 1) :
3 ri
: <•
-xc3v B H
axàaei (et Hermi.) : eÇet dubit. ci. Herwerden 7 xe om. ||
:
Hermi. ||
xat ait. del. Badham Vollgr. || àXr)6tvrj$: om. Heraclit.
: 8 ||
W Vindob. 109.
||
xapxep. Hermi. ||
a ppayoxpâ^TjXoj (et Hermi.) :
|3apu.
253 e PHÈDRE 5o
b «
gnation devant une contrainte qui tend à ce qu'ils jugent
« abominable et contraire à la loi ;
ils finissent pourtant,
«
quand mal ne connaît plus de borne, par se laisser sans
le
« résistance mener de l'avant et ils consentent à faire ce à
«
quoi on les invite.
« Les voilà donc tout contre regardent l'apparition ; ;
ils
3
« elle flamboie : c'est le bien-aimé
Mais, à sa vue, les sou- !
« il la revoit,
accompagnée de la Sagesse et dressée sur son
« socle sacré l'a vue dans son souvenir, et un mélange
! 11
cocher, l'intellect qui connaît le vrai (2^7 c), mais attelé avec la
passion ; il se confond donc avec le thumos (Rèp. IV 43g e-44i c).
Aussi s'en tient-il à l'opinion droite, moyenne entre ignorer et savoir
(Banquet 20a a) comme
s'y tiennent les militaires de la République,
;
« oflxE
KÉVXpOV f)VLO)(lKÔV oflxE uàaXiyOÇ EXL EVXpÉTTEXai,
« aKipxôv 8è (ila cpÉpExai Kal, Ttàvxa Ttpàyuaxa napé^cov
a
x$ o-u£uyl xe Kal f)vi8x<p, àvayKa^Ei levai xe Ttp8<; xà
« TtaiSiKa Kal uvslav TtoiEÎaBai xfjÇ xôv àcppoSialesv
«
xaptxoç. Td> 8è Kax'
àp^àç jièv àvxiXElvExov, àyava-
« kxoOvxe ébç Ssiva Kal Ttapavoua àvayKa£ouÉv(»' xeXeu- b
«
uvf)^ir| xoO koXXouç cpûaiv t^vÉ^Br), Kal naXiv
Ttp6ç xi*|v
a
ocp68pa &ax* etiI xà la^la aucpco KaBloai xcb ïtittcû, x6v
a jièv EKévxa Sià xo uf| àvxiXElvEiv, xàv 8è ûBpiaxfjv
« uàX' &Kovxa. "AtceXBôvxe 8è à-ncùxépca, ô uév, ôtc'
b i xeXeuTôivxe :
-xeç B ||
8 êv àyvw paôpw (et Hermi.) : èv (5<x8potç
« mais l'autre, une fois passée la souffrance que lui ont fait
« endurer et le mors et sa chute, n'a pas encore repris
« haleine que déjà sa colère se répand en invectives et qu'il
« abreuve de ses reproches le cocher ainsi que son compagnon
« d'attelage par lâcheté, par pusillanimité, ils ont déserté
:
d «
malgré leurs refus, il les met en demeure de revenir à la
« charge, c'est à grand peine qu'ils obtiennent de lui qu'on
ce remette à une autre fois. Puis, quand arrive l'époque
« convenue, comme ils font tous deux mine d'en avoir perdu
« souvenance, il les en fait de force se ressouvenir, il hennit,
« il tire une fois de plus il les a contraints d'approcher du
:
« bien -aimé,
pour lui tenir les mêmes propos Enfin, main-
!
explication
<c Dornes comme à un égal des dieux
>
:
«
ala\tivT]c; te kcù 8â^6ouq, ISpÛTi TT&aav IBps^E ttjv
«
ibvvfyr S Se, Xrj£aç Tr)ç ôS\ivr|Ç fjv ûtto
toO xaXivoO te
«
Ict^e Kal toO TiT<*>jiaTO<;, jxéytc; â£,avoenvE\Joaç IX01S6-
« prjaEV
Ôpyfl, TtoXXà koocî£cùv
t6v te fjvlo^ov Kal tov
« ô^6£uya, ôbç SeiXla te Kal àvavSpla Xlti6vte Trjv t<x£iv
C 6 Tiv :
rjv B || 7 la^e : -ev BT || 9 te : om. Hermi. ||
Xi7idvTE
Il
oeoaivwv: -votv Heindorf Schanz del. Vollgr. 3 ^pdvou Heindorf: ||
^. ou
codd. y 6 èjïeiBï] iizi\ 81 B rjaav e'.ctiv Buttmann :
Vollgr. ||
:
||
Il
te om. :
D
8 «pô6w (et Hermi.) -ov B :
|| Çup.Çaîv.1 <ju[a£. Burnet
:
||
tôt* : r.ô-z' TW l|
10 8£0*iuïav Bekker oe8u. : B (xut s. u. B 2) oeSoixu.
TW y 255 a a
u;:oay(T)[AaTi£[Link]
B (ayr,}iaTt^o i. m.) (et Hermi. ): 2 1
uTsoa/rijiivou B urcô
jyrjjxaT. exe. Vollgr. omnes || àXX' -a : TW.
255 a PHÈDRE 5a
« il
repousse l'amoureux. Une fois pourtant que le temps a
« marché, l'âge aussi bien que la force des choses l'ont amené
b « à l'admettre dans sa société c'est, sans nul doute, qu'un
:
a 3 fpt'Xo;
:
ç. eîj xaù-côv àyei t/,v <piX£av (-/.aï
tov spcoTa Hermi.)
2
6 xaî (interpos. fors. pr. manu) : om. || àntoOf, -6eï codd.
:
||
èpâivca lowxa: BW
7 8è 7J87) 8à Hermi. y* tj8t) Stephan. Vollgr.
||
:
1
||
te xal TW
y 5 ÇôprcavTEç aupx:. Burnet 8 tou Euseb. touto codd.
:
||
:
Il
C 1 toV ^8») (et Hermi.) tote 8rj Euseb. 2 wvdpaaev -as B Euseb.:
||
:
j|
4 aT:oppEÏ (et Euseb.) àrcopeï B àjîeppÛT) Badham : 5 Xs^tov (et
Euseb. Hermi.) [Link] Herwerden :
àXXop^vn ||
W 2
||
d « de la vitalité ;
le branle a été donné à la
poussée du plu-
«
mage : à son tour, l'âme de l'aimé est maintenant pleine
« d'amour !
«
Ipoxa, aXXà cpiXlav EÎvai* étuSuueÎ Se, Ike'ivco Ttapa-
« uèv àaSEveaxÉpcaç 8é, 8p8v, aTtxeaSai, cpiXetv,
TtXrçolcùç
a auyKaxaKEÎaSai. Kal 8f|, otov eIk6ç, tioieî xô UExà xoOxo
a
«
xa^ù xaOxa. Ev oSv xfl auyKoiuf|<j£i, xoO uèv IpaaxoO 8
« &K6Xaaxoç ïtittoç I^el 8 xl XÉyfl Ttpèç xSv fjvlo^ov, Kal
a£,iot àvxl TtoXXôv Tt6vosv auitcpà aTroXaOaai. O 8è xôv
c
«
«
SEr|6£lr) xu^eiv. 'O Se 8u6£u£, a3 uex<x xoO fjvuSxou TtpSç
1
« xaOxa uex atSoOç Kal X6you ovxixeIvei..
d i
(et Euseb.)
topjjLTiae
-aev T 7:xepo<pu£Îv eïv ex em. :
||
: W
||
xat Euseb. te xaî codd. Schanz Burnet Vollgr.
: 3 o58* ||
:
où/^
Euseb." où8' Buttman Schanz Vollgr. A ôsOaXpcaç xfj -t'a |]
:
Bekker :
Xe'yEt codd. Euseb. -01 Euseb." XiÇst auct. Herwerden
Vollgr. d 256 a 1
àîtopûv :
èKiOupÂSv Hermi. ôpyôv ci. Naber ||
||
:
||
«
TeXeuxl'iaavTsc; 8è Sf^, ÛTténTEpoi Kal IXacppol YeyovéxEt;
« tôv Tpiôv TtaXaia^àTov tôv ebç àXr|8ôç 'OXuji-
« maKÔv, ev V£VL<f]KaaLv oS ueî£ov àycx86v oÔte aocppo-
« a\ivr| àvSpGmlvr) oÛte BEla uavta Suvaxf) Ttoplaai
s
«
àvBpémcp. Eàv Se
8r| SialTr) cpopTiKQTEpa
te Kal acpiXo-
« aétya cpiXoTlucp Se xpf)acovTai, xà^' &v itou, Iv uÉGaiç fj c
« tivi aXXr| àuEXEla, td> à<oXà<rro auToîv ÔTto^uy^ Xa66vT£ )
256 b 1 Stayouaiv :
8iàÇ. Euseb." ||
2 auxàiv : éau. Euseb. au. codd.
Hermi. o> B 2 (em.)
|| (et Hermi. 1
) : o>ç ? B ||
3 £V£yfyv£TO (et Hermi. 1 ) :
(et Euseb.) «ptXotvw Vollgr. (cf. 2^0 e 5, 276 d 6 App. crit. i46)
:
Euseb.) tw -tu BT
: aùxotv (et Euseb.) aùxfjv (et cf. 265 d 1)
||
: W
Il u7toÇoY''w ( e * Euseb.): -îa> BT Xa6dvT£ Xà6wvxai Euseb. 3 ||
:
||
(et Euseb.)
: arcâvta uulg. j| 7 çt'Xto piv :
cptX<3p.£v
B || rjrcov :
fjrru>
Euseb." Il
d 1 àXXirJXoiv : ex w W
Yevop.£vw (et Hermi.)
||
-vtov :
Euseb. Il
2 r)[Link] Euseb. : -vwv codd. 3 8£8é/6a: (et Euseb.) ||
:
8É^0at B [|
6 [Link]'a( (et Euseb.): om. Theodoret.
256 d PHÈDRE 55
« bres, ni pour le
voyage souterrain, qu'en vertu de la Loi
«
partent ceux qui déjà ont commencé le voyage qui se fait
« au-dessous du ciel ' Elle veut au contraire que, passant une
!
«
tique : c'est une nécessité dont Phèdre est responsable.
« Eh bienen accordant à mon premier discours ton pardon,
!
« science de l'amour
que tu m'as accordée, par colère ne me
« la retire
pas ne la rends pas infirme accorde-moi au
! !
«
propos trop dur à ton égard, Phèdre aussi bien que moi,
Lysias, le père du sujet
3
« c'est
que tu dois incriminer: ,
«
yEvovxai, yevÉaBai.
a TaOxa xoaaOTa, & Ttaî, Kal Bsîa oOxco aoi Sop^dExai
« rj Ttap' ÉpaaxoO cpiXla' f\
8è àrtè xoO ur| èpôvxoç
« otK£i6xr|<;, aaxppoaûvri 0vnxfj KEKpauÉVT], Bvnxà xe Kal
«
(pEiSoXà otKovojioOaa, àveXEuSeplav ôti6 nX^Souç ÊTcai-
«
voujiÉvnv â>q àpExrjv xfj cf>tXr| U/uxfi èvxEKoOaa, ivvéa
«
^iXiâSaç Ixûv TtEpl yr]v KuXivSou^iÉvTjv aûxf|V Kal ûtx8 257
«
yf)ç avouv TtapÉ^EL.
«
vcpSla, xà xe SXXa Kal xotç [Link].v ^vayKaatiÉvr)
«
TToir|xiKOLÇ xiaiv Sià <t>aî8pov stpf]'a8ai, àXXà, xûv Ttpo-
« xépov xe auyyvd3UT|v Kal xûvSe X^P IV *-X°°
v 5 £ÛjiEvf|q Kal
« ïXeqç, xr|v lp<axLK^)v uoi xÉ^vrjv f\v ëSoKaç ui|XE àcpÉXr)
«
uf|XE ttt]p<*)ot|ç Si' Ôpy/|V S'lSou 8' exi u.8XXov f\
vOv Ttapà
J
« xoîç KaXoîç [Link] EÎvai. Ev xô TtpôaSEv 8' eï xi Xéyç> b
« aoi àTrrjvèc; eîttouev <t>aî8p6ç xe Kal àydb, Auolav, xov xoO
xoaau-ca: haec uerba distinx. 8eîa oôrto ooi où. Ôeta d. (se. TW ||
:
W
|| ||
èpwtixrjv p.01
:
tïJv (x. âp. TW 28a)xaç : 8e'8. TW (atjte
:
|[Link]' ||
W
|| ||
9 jîripoSaTjç :
Ttap. Hermi. 8É v. B Hermi. n t' ett
||
8' Iti 1
: TW
Hermi. n Burnet bnv: om. B Hermi. et, exe. Burnet, omnes
||
1
||
2 à^Tivè? :
Ôwiyi^èç
Hermi. Burnet Auai'av (et Hermi.) damn. Naber. ||
:
267 b PHÈDRE 56
«
guéris-le de parler comme il fait ; tourne-le plutôt, ainsi
«
que l'a été déjà son frère Polémarque, vers la philosophie ,
« afin
que son amoureux, ici présent, ne soit plus comme
«
aujourd'hui entre deux selles mais que sans partage, avec
!
soit un
c est vrai que ce avantage pour nous Quant à ton !
Socrate. —
La drôle d'idée que voilà, jeune homme Tu !
d te
trompes du tout au tout sur le compte de ton ami, en le
prenant ainsi pour quelqu'un qui se laisse intimider. Mais
sans doute penses-tu également que l'auteur de l'invective
mettait un blâme à son égard dans les propos qu'il tenait?
Phèdre. —
C'était de toute évidence, Socrate! El, même
toi, tu n'es pas sans savoir, je pense, que ceux qui dans les
Cités ont le plus de pouvoir et dont la respectabilité est le
mieux assise, rougissent d'écrire des discours tout comme de
laisser après eux des écrits de leur main, par crainte des
v|io<poSEa* ïacoç
Se Kal xov XoiSopoôuEvov auxS otsi SveiSI-
£ovxa XéyEiv fi
IXeyev.
'E<palvEXo yàp, <S ZoKpaxeç. Kal aôvotaSà ttou
<J>AI.
t)y" :
_
T1 II
3 ôvet5t£ovxa Postgate :
vou.tÇ. TW Hermi. Thomps. 1
IV. 3.-8
257 e PHÈDRE 57
que, chaque fois qu'ils écrivent quelque discours, ils ont pour
les approbateurs 1 une telle tendresse, qu'ils font mention
Socrate. —
« Il a
plu », ce sont quasiment les termes,
« au Sénat », ou bien « au
Peuple », ou bien à tous les deux
à la fois, « sur la proposition de Un tel »... Et voici que
l'écrivain se met à parler de lui-même avec beaucoup de
solennité et à chanter ses propres louanges après quoi, voici
;
par écrit?
b Phèdre. — Rien d'autre, à mes yeux du moins.
Socrate. — Or, dans le où l'œuvre
cas tient la scène,
l'auteur s'éloigne tout joyeux du théâtre; si, au contraire,
elle est rayée du
répertoire et qu'il soit, lui, privé du droit
de logographie et de la dignité d'écrivain, c'est un deuil pour
lui aussi bien que pour ses partisans.
Phèdre. —
Ah je crois bien
! !
Socrate. —
Il est clair alors
que, dans leur pensée, il n'y a
pas de dédain pour cette pratique, mais plutôt de l'admira-
tion.
<t>AI. I~lûç;
ZO. « "ESo^é », ttou <pr)auv, « xfj BouXfj », f)
a
xÇ
Ar]^icp », f) apcpoxEpoiç, Kal « Sç eTttev »... x&v aûxov Sf|
||
258 a i
àpyfj :
tJ
: xat Hermi. 5 xat 0; éÏ7t£v|(
x. os xat oç eI. Winckelm. Burnet :
ô*7j
B au. Eauxôv or, Stephan. au. lau. àeî Winckelm. 7 o*t) pexà ||
xoûxo :
p. x. 8rj Winckelm. xô (x.
x. Krische Vollgr. || xoî; ènatvé'xaiç :
del. Vollgr. ||
8 paxpôv :
pu.
W || 9 tj pr. :
»)
T ||
b a èpp^vr) (et
W
||
Phèdre. — Hé
absolument. !
Socrate. —
Et quoi? lorsqu'un orateur, ou bien un roi,
C s'est rendu capable, étant investi du pouvoir d'un Lycurgue,
d'un Solon, d'un Darius 1 d'être dans un État un immortel
,
Phèdre. — Ah !
je crois bien !
d Socrate. —
C'est donc une chose claire pour tout le monde :
Phèdre. —
Et pourquoi, en effet?
Socrate. — Où la chose par contre commence, à mon
avis, d'être vilaine, c'est quand on ne parle ni n'écrit de la
mais d'une vilaine et d'une mauvaise.
belle façon,
Phèdre, —
Eh oui, c'est clair
! !
Socrate. —
Qu'est-ce donc qui caractérise le fait d'écrire,
ou non, de la belle façon? Avons-nous, Phèdre, quelque
besoin de nous enquérir là-dessus près de Lysias, ou de qui-
conque a jamais écrit et écrira ? que l'écrit concerne les
choses de la Cité ou bien quelque affaire privée, et qu'il use
du mètre, étant œuvre de poète, ou qu'il s'en passe, comme
dans la prose ?
e Phèdre. —
Tu demandes si nous en avons besoin Mais !
ZO. ToOto Lièv apa Travxl Sf^Xov, 8ti oûk alaxpov auxô d
yE to ypâcpEiv Xoyouç.
<*>AI. Tl yàp;
ZQ. 'AXX' ekeîvo,
oîuai, ataxp&v fjSrj, to uf) koXûç
s
b 10 t( 8^ ;
otav : xl 8è oTav codd. Hermi. 1 || rj (3aciXeuç :
||
3 auTÔç a&TOv au. au. B 'n taùxa xauta Tau. tau.
:
|j
: Tau. Tau.
B || 7 Tivà ouv ouv t. : TW ||
8 aÙTÔ :
-Tcp Ast || g ouxouv : ouxouv
TW Vollgr. ouxouv B ||
io lauToû : au. TW au. Vollgr. ||
d I
aîa/pôv :
afcr/pô'v ye
Hermi. ai8 9 4 oI[xat : oT. ae TW ot. y£ uulg.
W
||
Hermi.) : îioté
i|
10 105 7totï)TT)ç d 1 1 w; ïSttoTTjç : fors, non legit
Hermi. aucl. Badham (qui ab tv totam damn. sententiam) secl.
Thomps. del. Vollgr. ||
e 1 âptoTÔtî... 5 xixXïjvTat : addub. Heindorf
|j ti'vo;... 5 xéxXr^vTat Socrati tribuit Bernhardy (cf. 6)
:
||
Êvsxa x£v :
Socrate. — En tout
cas nous avons le temps, à ce qu'il
Phèdre. —
Et quel est ce privilège ? Dis-le moi, car c'est
une chose dont il se trouve que, vraisemblablement, je n'ai
point entendu parler.
Socrate. — En vérité, il n'est guère
ZO. Z^oX^j u.èv Sf]. côç Iolkev. Kal au.a uoi 8oko0<jiv,
ZO. Ou u.Èv
Sf) TipÉTtEi yE cf>[Link] avSpa tûv toloûtcov
àvrjKoov EÎvai. AÉyETai 8' &q tcot' î^aavoCtoi av6p6moi,
tôv Ttplv Moûaaç yEyovévai" yEvouÉvcov Se Mouaôv Kal
<pavEtor)c; «f^Ç? oStqç Spa Tivèç tûv t<Ste è^ETxXayr|aav
et Stob.) -xe : BW
Ilermi. Tliomps. Burnet Soxouaiv wç wç
1
||
:
om. Stob." -ai vu Badbam Yollgr. 259 a a xaî r,ij.àç (et Stob.) : ||
Stob.) : -8a TW ||
àxxa Stob. ax. T <xt : BW ||
èXÔôVca -xa S Stob.»
:
6
Troisième partie. Socrate. — Alors,
la question que jus-
— Première tement nous proposions à l'examen tout
section : à l'heure, de savoir quels sont les carac-
les conditions
de l'œuvre d'art.
teres ^
un jj 0n dJ scours comme d'un
..
, , ., , . ,
bon écrit et quels sont les caractères
de ceux qui ne le sont pas, voilà ce qu'il faut examiner.
Phèdre. —
C'est clair !
Socrate. —
Eh bien est-ce que ce ne doit pas être une
!
aura à parler ?
Phèdre. — Voici, cher Socrate, ce que j'ai
ouï-dire là-
260 dessus: c'est qu'il n'est point nécessaire, pour celui qui se
destine à être orateur, d'avoir appris ce qui en est de la réalité
de la justice, mais plutôt ce que peut bien en penser la mul-
LiEaT]Li6pla.
<t>AI. Aekxéov yàp oSv.
aKETIXÉOV.
<t>AI. AfjXov.
J
ZO. *Ap oSv oty ÔTtàp^Eiv 8eî xoîç eS yE Kal koXôç
j5r|8r|0-oLiÊvoiç xfjv
xoO Xéyovxoç Siàvoiav siSutav xàXr|8èç
8>v av IpEÏv TiÉpi liéXXt] ;
Hermi.) :
-Trj ttJî ci. Egelie 3 pex' aÙT7)v (et Stob.) p. t<xutt)v T :
W
||
||
xi : Tt te auct. Jongh Vollgr.
Il
6 5 5p* :
<xp'
T (cum pers. dist. post 8f)Xov 4) *p' B (se. 8î)Xov £p')
H ye : te TW 6 TàXrjQèç : tô àX. B Burnet 260 a 2 SdÇavt' : -ta
W
|| ||
TW y oireep
2
(0? s.
u.) :
uitep sic W.
260 a PHÈDRE 61
disent !
Et, en particulier, ce que tu viens de dire, il ne faut
pas en faire fi.
Phèdre. — Parfaitement !
mais qu'il y ait pourtant une chose que, sur ton compte, je
me trouverais à connaître, c'est que, au jugement de Phèdre,
le cheval est de tous les animaux domestiques celui qui a les
achevé !
Socrate. —
Dis-moi, est-ce qu'il ne vaut pas mieux le
ridicule chez un ami que la puissance' redoutable chez un
2
ennemi ?
XéyEiç.
ZO. *fi8E 8f) OTXOTTÔJ1EV aÔx8 .
ai. naç;
ZO. ET as tteLSol^ll lyù ttoXe^iIouç «x^iùveiv Kxr|a<ipEvov b
Al. alvExai.
Zfl. "Oxav oûv ô p^xopucàç, ayvoâv àyaSàv Kal kcxk6v .
a 6 ojToi oj ti Hermi. n
: w <I>a?8p£ 8 ô 4> o B 7 cdpot 0?
[|
:
|j
:
oSzw y£ où'^oie B
:
8t) om. B Schanz Vollgr.
j|
:
<J7ïou&fî -Sri B ||
:
II
W
||
W
||
uerba â/9pov sequentia non legisse uid. Hermi. secl. Burnet Etvatsecl.
Thomps.
260 c PHÈDRE 6a
Phèdre. —
Un produit qui sans doute n'est pas du tout
recommandable.
Socrate. —
Eh mais n'avons-nous pas, mon bon, outre-
!
«
gens, peuvent bien rimer vos calembredaines ? Moi, c'est
« un fait, je n'oblige personne, à qui la vérité est inconnue,
« d'apprendre à
parler ; mais (supposé que mon avis vaille
«
quelque chose) c'est une acquisition à faire avant, moi, de
« me
prendre en main. Et voici donc ce que je déclare
a hautement
c'est que, sans moi, celui qui possédera la
:
e Phèdre. —
N'y aura-t-il pas, de sa part, justice à parler
ce langage ?
TtpôVrxEiv àvx' àyaBôv, Ttoî6v xiv° &v oïei, uexci xaOxa, xr)v
Hermi. àp' T
B wyaGi Hermi. Vollgr. w'ya.
1 1
): àp* 5> :
|| àyaOé
Thomps. fors, non leg. Hermi.
d tou Séovtoç 5 oùSév'
: -va ||
: TW
oùôèv B 7 Tt
II ttç : TW
Hermi. exe. Burnct omnes il ÈVctv ci. Ast 1
oùxouv ... Taûrca Socratis, çYjpi' ... Xeyouatv Phaedri B et, ante Bek-
kerum, edd. tpir)pt Phaedro âàv ... Xe'youatv Socrati adscr. Heindorf
a ye (et Hermi. 1 ) y' B || papxupwatv
oùxouv : oùxouv Vollgr. : :
W
Il ||
Allons !
produis-les ici ; questionne-les :
que disent ils et en
quels termes ?
Socrate. — Comparaissez
donc, nobles créatures, et per-
suadez à Phèdre, père de beaux enfants, que, s'il n'a pas
dignement philosophé, il ne sera pas digne non plus de par-
ler de rien ' Que Phèdre maintenant réponde...
!
Phèdre. — Interrogez-moi !
toire, avecmoins d'àpreté, mais avec plus de précision (cf. note suiv.).
i.L'objet de cette partie du dialogue est ainsi bien défini opposer :
«ÊaîSpoç.
<t>AI. 'EpOT&TE.
Zfï. *Ap* o8v oô, x6 pèv 8Xov, f) j5r)TopiKr) av eïtj té^vt]
-at 3 ôpE^fiaxa (et Hermi. ): toôp. Ast 4 ratîtexE (et cf. Hermi.
codd. j|
1
||
-ÔExat B
:
w; èàv wj av Hermi.' éui av T 7 ipwxàxE
:
7CE''<jaxe) || ||
28
(Phaedro adscrib. codd.) Socrati, ut uid., Hermi. (aa3 ) et,:
b 4 A t'a (et ||
: W ||
Hermi. 1
): At' exe. Schanz omnes 6 kizl ttXsov É7ct7tX. 8 âXX'||
: BW ]|
?)
: àXX' rj
T Hermi. àXXï] B xat xex.
1
9 rapt secl. Thomps.
||
: TW ||
:
de Thrasymaque ou de Théodore !
Socrate. —
Il se
peut. Mais, après tout, ne nous occupons
plus de ces gens-là A toi la parole: dans les tribunaux, que
!
Phèdae. — Oui.
Socrate. — Et, n'est-ce pas ? celui qui s'acquitte de cela
en conformité avec l'Art, fera que la même chose apparaisse
aux mêmes gens, tantôt juste, puis injuste quand il- le
voudra... ?
parole relèveraient d'un art unique (s'il est vrai qu'il existe !),
celui grâce auquel on sera en état de rendre toute chose
semblable à toute chose, de celles, bien entendu, qui le peu-
Éléate, et ses thèses sont celles de Zenon le double trajet sur le stade,
:
qu'Aristophane, dans les Nuées (cf. p. 17, n. 3), accuse Socrate d'en-
seigner. Que le
grief n'atteigne pas celui-ci, il n'en est pas moins
U «fcAIAPOS 261 c
<t>AI. Nal.
ZO. OôkoOv ô fé^vri toOto SpSv Ttoi^asi cpavf]vai x6
aôxo xoîç aôxoîç xoxè pkv SlKaiov, oxav Se |5otiXr|xai, d
aSiKov... ;
<t>AI. Tl ^v;
ZQ. ...Kal iv Si^ir)yopla Sf), xfi tï6Xei Sokeîv Ta aôxà
totè uèv àya8à, xoxè S* aS TàvavTta ;
<t>AI. Ofixaç.
ZO. T6v oûv
XÉyovxa oôk 'EXeotikôv naXauf|8r|v,
ïa^EV xâ^vrj &aie(palvEoBai. xoîç aKoûouai ta aôxà b^oia
Kal àvé^oia, Kal ev Kal TtoXXà, jievovxà te aS Kal
cpEpé-
jiEva ;
MàXa yE.
<t>AI.
si mox e!
[itj
seruetur |j Néuxopoî : N.
xaî 'Oôucaewç
Vollgr. || ut) :
5e B5 àvrtXiyouat
H -aiv codd. :
||
10 (et d 8) xe/vt] :
-vtj BW
(quanquam in altero -vtj d 8) d ||
i
(et 5) totè: xdxe codd. || (îoûXt)-
xai a8ixov T2 (transpon. notauit) : àô\ p. 8 çaiveaôatT 8oxeTv <p.
|j
:
IV. 3. - 9
261 e PHÈDRE è&
pas.
Phèdre. —
Le moyen qu'il en soit autrement !
Socrate. —
Il faut donc, alors, si l'on doit faire illusion
vrai que, sur le fond, la pensée de Platon est la même iantilogie des :
Sophistes ou, ce qui est tout un, des maîtres de rhétorique et des
logographes, est coupable de la malhonnêteté des plaideurs (cf. 37a de r
373 a) et de celle des orateurs politiques.
65 $AIAP02 261 e
<pûç SyeLV.
<I>AI. riôç Sn, t6 toioOtov XÉyeiç ;
<t>AI. 'ASûvcctov. b
ZO. OukoOv toîç Ttapà xà 8vTa 8o£,à£ouai «xl àna-
Tcojiévotç SfjXov &ç to tkxBoç toOto Si' Ôyoï[Link]ùv tivôv
EtaEppùr| .
«PAI.
riyvETat yoOv outo.
Zft. "EaTiv oCv 8ttqç texvik6ç Iotou ^ETaBiSà^Eiv KaTà
apiKpôv, Sià tcov 5^o loti tco v àno toO 8vtoç EKàcrroTE ItcI
1
Il à^aTT] r\
à. Galen.
: 8 t] (et Galen.) i\ iv Hirschig Vollgr-
||
:
Il
262 a a ye Stj ôt] |at]v Galen.
: TW
tj.e-ca6acvcDv xata6. Galen. ||
:
||
Galen.) r\ reuera B
: 1 1
Siaytyvoiaxetv Biaytv.
||
b 2 8oÇà£ou<Ji :
||
:
W
||
.
- <"
art ?
— «d.™»
prononcés, envisager
Phèdre. —
Voilà, ma foi oui, mon vœu le plus cher !
C'est une chose, Phèdre, que pour ma part je dois aux divi-
nités locales mais il se peut aussi que les interprètes des
;
Lysias.
e Phèdre. — « Quel est mon cas, tu en es instruit, et mon
«
opinion sur Vintérêt que nous avons à la réalisation de ceci,
« tu l'as entendue. Or, je ne crois pas que ma requête doive
« valablement échouer
pour ce motif que, justement, je ne suis
«
pas ton amoureux. La preuve en est que les gens dont je parle
« en viennent à regretter... »
Socrate. — Halte-là ! En quoi, maintenant, Lysias est-il
fautif et sa composition, dénuée d'art, il faut le dire: c'est
bien cela, n'est-ce pas?
263 Phèdre. — Oui.
Socrate. — Eh bien !
n'y a-t-il
pas une chose au moins
Il w; çgp\ [jlsv
evia :
utinsp bî a. Iv. W ||
263 a PHÈDRE 67
qui pour tout le monde est claire, savoir que, dans des ques-
tions de ce genre, il y a des points sur lesquels nous sommes
d'accord, tandis que sur d'autres il y a dissentiment?
Phèdre. — Je comprendre ce que tu
crois dis ; parle tou-
tefoisplus clairement encore.
Socrate.— Quand, nommément, on nous parle de fer ou
d'argent, est-ce que nous ne pensons pas tous la même chose ?
Phèdre. — Rien de plus certain.
Socrate. — Mais, quand du juste il
s'agit et du bon, que
se passe-t-il ? Chacun ne dans une direction
se porte-t-il pas
différente? Est-ce qu'à nos contestations mutuelles ne
s'ajoutent pas celles que nous avons avec nous-mêmes?
Phèdre. —
Hé absolument, !
b Socrate. —
Alors, c'est donc qu'il y a des cas où nous
sommes en accord, et d'autres, non?
Phèdre. —
C'est cela.
Socrate. —
Or donc, dans lequel de ces deux cas som-
mes-nous le mieux dupes de l'illusion et dans lequel des
deux domaines la rhétorique a-t-elle plus de pouvoir ?
Phèdre. —
Dans celui, la chose est claire, où notre pensée
1
est flottante .
Socrate. —
Et puis après, en toute question à laquelle on
s'attache, je pense qu'on ne doit pas laisser échapper, mais,
au contraire, percevoir finement auquel des deux genres se
trouve appartenir le sujet sur lequel on aura à parler.
pias II). Mais, pour qu'il se plaise à un tel jeu, il y faut quelque
influence étrangère, une influence à laquelle, averti par son Démon,
Socrate sait qu'il eut tort de céder. Ceci vise donc le premier discours
(cf. a63 d et p. ao, n. a).
1. Ici et injra le grec dit errante; ce qui en français suggère l'idée
d'erreur. Mais il
s'agit seulement de distinguer les problèmes dont
67 4>AIAP0S 263 a
CTtaaiQTiKQÇ ;
piicr)
ev TTOTÉpoiç ueî£ov Su v axai ;
Galen. 5 o Xéyc.ç
|| ôXfyov Galen. 7 ovoua -jx' B
:
ap' (et Galen- ||
:
||
W
||
Socrate. — Miséricorde
Quelle supériorité, à t'entendre,
!
qu'une de
foisplus nous en lisions le commencement?
Phèdre. —
Bien sûr, si cela te plaît; mais, à dire vrai,
ce n'est pas là que se trouve ce que tu cherches !
<t>AI. Tl \ii]v ;
ZO. Tt oSv ;
xèv Epcoxoc TtÔTEpov cpcopEv eÎvcu tôv
àpcpLa6r)Tr|o-lp<3v, f)
tqv jif) ;
1
ZO. "ApiaTa XÉyEiç" àXX eItté Kal t6Se (âyà) yàp T0L d
8uk t6 Ev8ouaLaoTiKàv oô Ttàvu pÉpvrnicu), eI obpi.o-àpr|V
Galen.): tj
B tj
T jl Èy/o>pî)aa* Galeni cod. Marcian. : auyy. codd.
Hermi. 1
Thomps. ||
10 vuv 8t) : oy] Galen. vuv8tj exe. Thomps.
omnes || [Link], :
-aç Vollgr. ||
xè itszi :
xsptfffti Galeni Marcian. \\
t. X. Aristid. ||
6 Ilàva : ::av*a BT ex sâvra 7 Xrîyou; -ou ||
:
BW II
e 6 [Link]. :
-pat T [|
264 a 2 to'ts : tô te B.
:264 a PHÈDRE 69
«
pas ton amoureux. La preuve en est que les gens dont je
«
parle en viennent à regretter le bien qu'ils ont pu faire, le
«
jour où leur désir aura pris fin... »
'
Socrate. —
Mais que dire du reste? N'a-t-il pas l'air
d'avoir jeté pêle-mêle les éléments du sujet ? Ou bien existe-t-il
Socrate. —
Voici pourtant une chose au moins que tu
affirmerais, je pense : c'est que tout discours doit être
constitué à la façon d'un être animé : avoir un corps qui
soit le sien, de façon à n'être ni sans tête ni sans pieds, mais
à avoir un milieu en même temps que deuxbouts, qui aient
été écrits de façon à convenir entre eux et au tout 4 .
Phèdre. —
Comment le nier en effet ?
Socrate. —
Eh bien examine donc si le discours de ton
!
l\. Voir plus bas 268 d et Notice, section III. Cette idée de l'unité
organique de toute construction de la pensée est profonde chez Pla-
ton, en relation avec sa conception finaliste du cosmos lui-même.
«9 $AIAP02 264 a
liévoç Sv fjSrj
8 Ipaaxfjç Xéyoi TtpSç xà TtcuSiicà. "H oôSèv
£8r|KEv ;
pÉva.
<t>AI. riôç yàp oO ;
a 5 Hermi. B -xoôjxevo; B
1
t) (et ) :
tj || Çt)-:oûu.£V oj :
|| 7
oiaveîv : -vûetv B2 rec. (exp. et u s. u.) ||
8 èpaaxrjî : -6e t; codd. || g
<t>aï8pe : w $. Vindob. 3a Hirschig ||
b 1 esxt : -xiv codd. || SrJ :
^8t)
Badham Vollgr. zept... a j:o:eîxai auct. Heindorf addub. Schanz :
||
W
j|
4 t] Tj
T II 5 8eïv xeôrjvat otj t. Schanz Vollgr. del. ci. 8eïv Mad-
: :
W
II ||
B y rjyet
:
-fj ||
c 3 aùlpa xi T reuera :
awpaxi B ||
autou : au.
codd. y 4 pr. pr|xe B 2
(ex fecit e) :
pr|
xo B ||
eïvai :
post arcouv
Hermi. 5 xe x' ||
: TW || np^ovxa (et Dionys. Ars rhet. X 6 [H
1
,
364 17 ]) :
-percô'vxu); Vollgr. || 7 Ixaîpou : kté. W.
264 c PHÈDRE 70
ami est dans ce cas, ou bien si c'est autrement : tu ne le
trouveras pas du tout différent, alors, de l'épitaphe qui, dit-
on, fut faite pour Midas le Phrygien!
d Phèdre. —
Quelle est-elle et quelle en est l'histoire?
Socrate. —
En voici la teneur: « Vierge de bronze, au
«. tombeau de Midas y ai place ; —
tant que coulera teau, ver-
tu doieront les grands arbres, —
fixée au même lieu, sur le tertre
« où l'on pleure, —
aux passants je dirai: Là, sous terre est
« Midas 4 / » Or, il est
complètement indifférent que tel élément
e en soit dit le premier ou le dernier : tu le comprends assez,
je suppose !
~ Socrate. —
Eh bien pour que, toi, !
6 UrS
tu n a * es P as de chagrin, laissons-le donc
<L Socrate°
en paix, ce discours Ce n'est pas pour- !
pas.
Phèdre. —
Et quelle n'était pas leur ardeur !
Socrate. —
Je pensais que tu dirais le vrai mot leur :
Phèdre. — Oui.
Socrate. — Mais le délire, sais-tu, comporte deux espèces,
1.
Épigrammeattribuée à Cléobule de Lindos, parfois nommé
parmi Sept Sages, et raillée par Simonide dans une de ses odes,
les
(fr.
6 Bergk). Dans Diogène Laërce qui la cite (I 6, 2), elle a deux
autres vers, pure amplification du second.
a. La contrariété met en évidence deux espèces d'un genre heu- :
ypà<p8ai.
<t>AI. riotov toOto, Kal tI TXETtovSéç ;
d
ZQ. "Eaii \ikv toOto t68e*
1
«
XaXicfj TtapBévoç Etui, MLSa 8 ettI ar^axi KEÎ^iai.
« "'Ocpp' av ôScop te vor| Kal SévSpea paicpà
xeSi^Xt),
« aàxoO xfjSE (lÉvouaa TtoXuicXaùxou etiI xûu.6ou,
«
àyyEXéo TtapioOai MlSaç bxi t^Se xéSaTixai. »
<t>AI. Nal.
Zft. Mavlaç Se yE EÏ8r| 8ùo, tt)v \ikv ûtt6 voar|^àxcov
ctojai : -atv ||
e i oti... a Êywjxat : del. ci. Naber ||
3 f [«3v
(
Ta rec.
om, Hermi. 1
||
6 $\iizo*v (et Hermi.)... (itjx£îo6ai |3X. fxÈv...
:
p..
S'
Heindorf Vollgr. 7 xc : ti eÙçutj? tîiv uel àtpoTjç Winckelm. efç :
W
|| ||
Socrate. — Quant au
délire divin, nous l'avons divisé en
mélange oratoire qui n'était pas tout à fait sans force persua-
Phèdre. —
Un hymne, ma parole! qu'il ne m'a pas du
tout déplu d'entendre.
Socrate. — Voici donc la leçon que
La méthode ^ .• j .1 »
,. ,
.. nous avons a tirer de cet hymne
J même,
dialectique. .
, ., ... .
, ,.
de la manière, dis-je, dont le discours
fut à même
de passer du blâme à l'éloge.
Phèdre. —
Comment l'entends-tu donc?
Socrate. —
Pour moi c'est évident dans le reste nous :
Phèdre. —
Et quelles sont-elles?
Socrate. —
La première vers une forme unique mener,
:
àplaxr)v EÎvai -
pr. tj.£v : 8è Galeni codd. xà uiv à'XXa (et Galen.) ta âXXa uel x£XX.
||
:
Hermi. e'.Soïv
(et Stob.): eVooiv B eîoûv Galen. d 1 aùxoîv :
-xf)v
W
|| ||
mais, ce jeu étant ce qu'il doit être, il s'ensuit que l'objet en est
vraisemblable. Or, dans ce délassement on va trouver les indices
d'une méthode sérieuse. On le comprend si l'on se rappelle que le
5
ZO. T6 TtaXiv kol-v' elSt] 8ûvaa8ca [Link] kcxt cxpSpa e
d A ~o'.f,
: -sî Galeni Marcian. |j
5 kil Galen. Stob. : al. codd. ||
axaià : -xe; xaî à sic B k. xat âxxa uel à'x. Stob. n 7t. xà aÈv <s.
Vollgr. xà oè Stob. : xâ8« rj codd. (tj B) xô xà Stob. 3 . :
|| || || [Link].-
vo:a; (-.
s. u.
T) -otv:aç Stob. w; (et Stob.) del. Vollgr.
:
gv gv ||
:
||
n
(-vo) B) xw-io codd. Stob. (Xdyw Stob. ) l\ xo om. Stob. àptaxeoà ||
:
||
(et Hermi.) :
-pa T Stob. || xeu.vÔ([Link]; j/ipo; (et Stob.) :
x., (1$ [Link]
Badham rcaXtv... xejjlvwv (et Stob.): del.
Vollgr. 4 È^avrjxEv :
W
|| ||
IV. 3. - io
266 a PHÈDRE 73
d r>
Deuxième section
j..
:
Socrate.
„
— Comment
, , ..
l'entends-tu
.
?
,
SIkt),
ô S ctç Ta Iv Se^ucî Tr]ç ^avtaç àyaycljv ^t1 "^
ô^covupov ^iev ekeivco, 8eîov 8' a3 Ttva Ipoxa l(pEupà>v Kal
||
-/.ai
(et Stob.) secl.
Thomps. del. Scbanz Vollgr.
: b i ^poTetvâ- ||
omnes 6 re^uxô; (et Stob. n) -xdxa uulg. -xôO' exe. Vollgr. omnes
||
:
||
xaxo'TttaOE -6êv codd. Stob. ||8tjB 2 (s. u.) : Et B rj Stob.» || oïSev
: :
ci. Richards ||
3 xiyyi\: -vtj 6 || otvSpE; Bekker à'vSpE; codd.
:
Socrate. — Et même
tu as bien fait, oui, de me les rap-
peler Il y a d'abord, si je ne me trompe, le préambule qu'on
!
Phèdre. —Oui.
e Socrate. — En second lieu vient maintenant une expo-
s'y rapportent; en
sition et, elle, les
après témoignages qui
troisième lieu, les indices', en quatrième lieu, les probabilités.
Et à la preuve s'ajoute, si
je ne me trompe, le supplément de
preuve, au dire du moins de cet homme de Byzance qui
excelle à ciseler des discours.
Phèdre. — C'est du magistral Théodore 2 que tu parles ?
267 Socrate. — Belle question! Pour lui, en outre, après la
réfutation il
y a lieu de procéder à un supplément de réfutation,
dans l'accusation aussi bien que dans la défense. Mais le
magnifique Événus de Paros, ne l'introduisons-nous pas dans
la lice, lui qui, le premier, a découvert l'insinuation et
i'éloge
indirect; lui qui a aussi, certains l'assurent, mis en vers
mnémotechniques le blâme indirect? Quel savant homme, en
effet! Et Tisias? Et Gorgias? Les laisserons-nous sommeiller,
eux qui ont vu que, par-dessus la vérité, c'est la probabilité
qu'il faut davantage honorer; qui encore, par la force de la
parole, donnent aux petites choses l'apparence d'être grandes
et aux grandes, d'être petites qui mettent de l'archaïsme
;
<t>AI. Nat. e
T.C1. Aeûtepov Se 5r) 8ir)yr)atv xiva uapxupiaq x' ett*
ZO. Tt\i-f\v
Kal IXey)(6v yc Kal ette£éXeyxov &ç 267
; ,
àpXfl ht'
: à. 2 BW
(z s. u.) auct. Sclianz del. Vollgr. || 9 (et î)
Hermi. ): B 1
f; ||
6 l\ XoYOOaî8aXov (et Cicero Hermi.
1
)
:
Xdyov oa:8.
B D 267 a 3 è« :
ef« TW Thomps. Vollgr. Jyojuv :
gg. ci. Richards
W
||
Heindorf àv. codd. T'.at'av (et Hermi. ) Te:, ubiq. Burnet Vollgr. ||
||
1
:
W
|| ||
ce sont ses expressions sans égal aussi, quel que soit le cas,
;
<t>AI.
Zo<pô>TaTà ye, S> [Link].
ZO. Se oô XÉyo^sv
'Inirtav OT^ai yàp ^ v ; <rô^ipr|(pov
aÔTÛ Kal t6v 'HXeÎov E,évov yevéaBai.
<t>AI. TIS' oô;
ZO. Ta 8è ricbXou Ttûç cppàacù^EV aï M ouosîa Xéyav ,
a-jptjrtriçov
B 2 (em.) :
aùpç. 10 (ppâaiopEV B ||
8 'HXeîov :
rjXtov B ||
:
-aopEv TW
où <ppdao. Schanz Vollgr. Èâaopev Winckelm. au: om.
W del. Winckelm. c i a>? 8; (cf. ad c 3 irpôç [Link]\<jiv) del.
||
: TW
||
Heindorf av. Bekker et, exe. Thomps., omnes 3 ôGevStj Paris. 1808
W W
||
'
(o6ev Sf )(
oO. 8eï codd.
:
4 & 8 8 8s 5 TtÔEvrai (et Her-
||
:
||
:
||
mogen.) :
t:0e'vtêî B.
267 d PHÈDRE 76
268 „
Examen .,. Socrate. — Eh bien ! les vétilles au
critique. .
, .
, , ,.,,-.
moins, laissons-les de cote. Quant aux
choses dont nous parlions, regardons-les davantage au grand
jour, pour voir quelle est et dans quels cas, du point de vue
de l'art, la vertu qu'elles possèdent...
Phèdre. —
Une vertu, Socrate, qui est tout à fait puis-
sante au moins, c'est évident, dans des réunions populaires
: !
Socrate. —
Eh bien dis-moi, si l'on venait trouver
!
b «
propres suivant mon
intention aussi bien à échauffer qu'à
« refroidir, et, mon bon plaisir, à faire vomir ou, si
si c'est
«
je change d'avis, à faire aller du bas 1 ; plus quantité d'au-
« très effets de même sorte Et, puisque j'ai ce savoir, j'es-
!
tout art l'essentiel serait, sans avoir égard à la vérité, d'être égale-
ment apte à produire un contraire ou l'autre. Sur Éryximaque et —
Acoumène (227 a), cf. Banquet, Notice, p. xxxvn, li sq.
76 $AIAP02 267 d
xtXr|8ouc; auvéSoiç.
IQ. "Exei yâp. 'AXX', £ SaïudviE, tSè Kal au eî apa Kal
aol cpatvExai 8i£oxr|KOç aûxûv x8 fjxpiov, ôcmep [Link].
<t>AI. Ae'ikvue ^6vov.
Zft. Et-nè Sr) jioi* eï xiç, TtpoCTeXBcbv xû èxatpcp aou
'Epu£,L^àxcp f\
x£3 Ttarpl aûxoO 'AkouuevS, eïttoi 8xi* « 'Eyà
« Interracial xoiaOx' axxa o&^iaai TtpoacpÉpEiv ôgxe 8Ep-
« palvEiv i', làv froûXcopai. Kal ipûxEiv Kat, làv uèv b
86£r|
« uoi, e^ieîv TtoiEÎv, làv S' au, Kàxci SiaxcopEÎv Kal
(et Hermi. )
1
•j^aùyâCT|i.a xoùov
B || a l'8o)[[Link] (et Hermi.) : <xxo;:ûiu£v
:
(B reuera) ||
Vindob. 109 b 1 piv u.r) B ex em.
owjxaat : -Tt W et ||
:
W
Il ||
mi. 1
)
:
y£ àXXo B |j TtpoaErcîcrraTai
:
Tipôç ijiÎGxaaat W c 1 Jioteîv
||
:
Socrate. —
Eh bien suppose qu'à présent ce soit So-
!
Socrate. —
Mais, au lieu, je pense, de l'invectiver avec
grossièreté, bien plutôt ils imiteraient un musicien qui, sur
sa route, rencontrerait un homme se figurant être un har-
moniste, parce qu'il se trouve savoir comment on s'y prend
pour faire rendre à la corde le son le
plus aigu ou le son le
« Malheu-
e plus grave il n'irait
pas lui dire brutalement
; :
1. L'importance
capitale de l'arrangement, déjà indiquée 236 a,
symbolisée par la formule de a64 c que Phèdre répète en écho, sera
de nouveau soulignée 269 c. Gela suppose en tout art un acquis
préalable, mais qui n'est pas condition suffisante (ib. b fin).
2. En
grec tu as la bile noire, ce
:
qui pour nous est autre
chose.
77 $AIAPOS 268 c
|5i6Xtou f)
no8èv àicoûaaç
TTEpiTux&v cpapuaKloiç, taxpèç
oiexai yEyovévai, oôSèv ETtauov ir\q TÉ^vrjç.
S
ZQ. Tl 8 ,
et Zo(po<Xet a8 TtpoaeX8<i>v <al EupiTtlSr] tu;
<PA\.'Op86TaTà yE.
Zft. OùkoOv Kal ô ZocpoKXfjç t6v crcpicuv etilSeikvû^evov 269
C 2 tTffOUV à'v
Stephan. itxot avcodd. xi [Link] av; Socratis supra
:
et tX. àv ibi Phaedri esse censuit. Cornar. Socratis xi et', à'v Phaedri
otpai oxi Heindorf efceïv à'v Burnet âvOpcorcoî Bekker âvOp. codd. ||
:
W
|| ||
8È) 8st B
: 6 cpixpou pt. || (sed api. 7 et e 5) 8 au xai au BT:
||
:
àypiwç :
-c'xwç (cf. d 6) Osann ||
2 àXX' âxs : àXXà xi B || 4 oùBkv
prjv
:
où8£pr,v sic B ||
6 r.pô T2 (a eras.) :
r.pôi BT (sed recte 269 a
2,3).
269 a PHÈDRE 78
celui qui fait sa parade devant Euripide et devant lui il sait :
Socrate. —
Voyons nous imaginons-nous Adrasle aux
!
« [Link].
v xeXéoç ÔTjxopiKn.v O£oi5â)(0ou, xo 8è fKaoxa
« xouxcùv TtuBavôç XéyEiv xe Kal x6 oXov cruvlaxaaoat.,
a ouSèv Ipyov 8v, aôxooç 8eîv Ttap' lauxôv xoùç ua8r|xàç
a ocpcov Ttopl^EaSai iv xoîç Xéyoïç » ;
oîdpeBa: -;[Link]'
av Hirschig Vollgr. 6 vuv 8tj :
vuvS?) exe. Thomps.
omnes || 8t^[xev
W 2
(em.) :
8ÎT)p€v T
||
8 aùyà; :
aùxàç B ||
b 2 pî)ua xi :
prjpaxt B [|
3 £T)Topixïjv : del.
Vollgr. 4 doçwcépou; :
aoço. W 6 CTuy^-yvcô^xeiv :
awffiv. W Hermi. 1
W
|| ||
omnes ||
a açtaiv : -ai || 4 oùôèv é'pYov ôv Heindorf : wç où. è. ov
Hermi. uel wç où.ov I.
Stephan. où. codd. Thomps. Schanzoùcçétepov
I.
Badham ||
aù-coùj Beîv : au. 8î Badham 5 açoiv afwv T èçwv B ||
:
||
?)
-xeï B.
:
269 c PHÈDRE 79
l'art de celui qui, en réalité, est à la fois éloquent et persua-
d sif, comment et où est-il possible de se le procurer ?
aaaOai ;
aûxfj.
<t>AI. nôç xoOxo XéyEiç ;
{et Hermogen.) :
-xôç B ||
et 6 laet (et Aristid.) :
-arj || 7 otou
Aid. Vollgr. n
(et Aristid.) : 07:00 || IXXetZT)? (et Aristid. Hermog.
em.) : èXXi. B Thomps. Schanz || aTeXï){ (et Aristid.) :
-Xiç B ||
8 rj
:
(et Plut.) :
-yixôv TW TeXecUpYOv Badham 4 xotoûtw tuj B 5 ||
:
||
àvotaç (et Hermi.) : 8tav. Vindob. 109 Aristid. (teste Schanz) Bur-
net êvv. apogr. j|
6 wv B 2
(em.) : ov B (J r.èpi
B 2
rec. :
[Link]
B || 7
rpdcçopov :
^poaspé. B.
270 b PHÈDRE 80
Phèdre. — Il
y a au moins vraisemblance qu'il en est
ainsi, Socrate.
c Socrate. —
Mais la nature de l'âme, penses-tu qu'il soit
possible de la concevoir d'une façon qui vaille d'être men-
tionnée, indépendamment de la nature du tout ?
2
Phèdre. —
Ma foi, si c'est Hippocrate qu'il en faut croire,
lui qui est un Asclépiade, on ne peut même pas traiter du
corps sans recourir à cette méthode !
Socrate. —
Il a raison, vois-tu, mon camarade, de dire
Zfî.
c
O aôx6ç Tiou Tpénoç xé)(vr|<; iaxpiKr]ç 8<mep Kal b
^T]TOpiKf^Ç.
<PA\. r\8>q Sn, ;
J
Zfï. Ev Â^icpoTÉpaiq Seî SieXéaSai cfûaiv, oôpToq u.èv
Spav Ê^ov, f)
xlva eIç x6 TtaBEÎv ûnè xoO ;
âàv Se ttXeIo
b k om. B
èv 5 8s: 3' BT
7 zr 6; x$ M B 8 PoôXt) :
||
: :
W
|| t ||
JÎouXtj B
9 rcapaSoiaciv -aei
D C a o'Xou Xdyou B 3 pùv (et
:
||
:
||
Il
O^ô xou 6. xouSe B : u;to' xou TW ("cf. 8 et
371 a 10) 6 àptOtxrjaâ- ||
IV. 3. — n
270 d PHÈDRE 81
271 Socrate. — Voilà donc l'objet vers lequel son effort s'est
d'une chose.
Phèdre. — Hé ! absolument.
Socrate. — Voici par le moyen de quoi
le second
point :
b Socrate. —
Enfin (c'est le troisième point), après avoir
fait une classification des
genres de discours comme des
genres d'âme, ainsi que de leurs modalités respectives, il
fait la revue des relations causales, établissant ainsi la corres-
Phèdre. —
En tout cas, qu'il en pût être ainsi ce serait
apparemment tout ce qu'il y a de magnifique !
i .
Psychologie et éthologie fondent la rhétorique, Not. p. cxlix sqq.
,
81 «MIAPOS 270 d
EU. OôkoOv f\
écuiXXa auxû xéxaxai npèç xoOxo Tracra* 271
Tt£i8à) yàp ev xoùxcp ttoieîv ETti)(ELpEÎ. *H yap ;
<*>AI. Nai.
TTÉCpUKEV.
<t>AI. Tl ^v;
ZO. Tplxov 8è 8f|, SiaxaE,(xuEvoç xà X6ycov xe Kal b
vpu^ç yÉvr| Kal xà xoùxgîv Tta8f|uaxa, StEiai xàç atxlaç,
TtpoaapuSxxcov Ikootov EKàaxco, Kal SiSàaKOV oïa ouaa
ôcp' oïcov X6ycov Si' fjv atxlav e£ àvàyKr|c; f\
u.èv TtEl6Exai,
f)
Se àTtEiBEÎ.
<ÊAI. KàXXiaxa yoOv &v, &q Ioik', 2x ol fl TW Ç-
G:ro tou TW
y e 1 iXX' où ur,v àXXà p.. oûx auct. Herwerden Vollgr.
:
Il
om.
yg : TW
3 toi ||
Henni. tio T (fors, ex em.)
1
: om. B 4 W ||
8 om. B
: 271 a a âwxetpet :
-pT)
B* s.
u.) ^ :
^ B 10 TÉ :
II (tj || ||
c Mais ceux
qui aujourd'hui écrivent des Arts oratoires, et que,
toi, tu as entendu parler, sont des rusés et font les cachottiers
bien qu'ils sachent à merveille ce qui concerne l'âme. Ainsi
donc, en attendant qu'ils manifestent cette façon de s'y
prendre, dans leurs discours comme dans leurs écrits, ne les
laissons pas nous persuader qu'ils ont l'art d'écrire !
ia° IX16ZI10CI&
Phèdre.
îi
> .
—
Cette façon de s'y prendre,
1 «\
1
quelle est-elle ?
Socrate. —
Puisque justement la fonction propre du
une façon de mener les âmes, une psycha-
discours est d'être
XÉyEiv !8éXcû.
<t>AI .
AéyE Bf\.
^)
EÏSr) e^ei" loxiv oCv xdaa Kal x6aa, Kal xoîa ical xoîa,
88ev ot uèv xoioISe, ot Se xoioISe ytyvovxai.. Toùxcov Se Sf|
ouxcù 8ir|pr|UÉV(av, X6ycov aS xéaa Kal x<5aa loxiv £Ï8r|,
toioiBe ... Tototoe T Toioïôe ... totoïSê xoîoi ... Toïot Hermann W
Vollgr. y 8tj : om. TW Galen. ||
4 oûtw (et Galen.) : om. B ||
au
xoaa (et Galen. Hermi. 1
) :
aùtôç a B ||
5 TOto'vôe : t. 8è Galen. Vollgr.
Il
ouv (et Galen.): om.
totoîBe (et 6): totoîo'e W xwv ||
W ||
:
plus qu'il n'y a dans ces cours qu'on écoutait jadis, du temps
qu'on fréquentait l'école, Mais, lorsqu'on est suffisamment
en état de se prononcer sur la sorte d'homme que convaincra
telle sorte de discours, lorsque, l'ayant à côté de soi, on est
Vérité
et vraisemblance. r 0ur laquelle
a ra j son p j
*
il faut retourner
. .
, ,
en tout sens toutes les théories et, ainsi,
examiner si par hasard ne s'offre pas à nos yeux un chemin
C plus aisé et plus court qui mènerait à cet art, et qui nous évi-
terait de nous en aller en pure perte sur une route longue et
8<p'
otcov TtelBsTai, •napaYiYvéjiEvév Te 5uvaT8c; îj,
SiaiaBa-
(pùaiç TtEpt îjc; t6te fjaav ol Xôyoi, vOv Epycp TtapoOaà ot, fj
272
tIç Ttr| pàcov Kal (ipa^UTÉpa cpalvETai Itt' aÛTrjv 886c, tva C
ji^l uaTrjv TtoXXrjv ànlr) Kal Tpa^EÎav, IE,èv ôXlyr|v te Kal
3
Xe'iav. AXX' eï Tivà np |iof|8Eiav E)(£t.ç, ETtaKr|Koc!>ç Aualou
Galen.) aÙTT| : B ||
272 a i vuv :
f]
v. Galen." ||
oî Ven. i55 : om.
codd. dot Galen. || t) Galen.) tj
(et : B ||
2 toû<joe : touoSe TW ||
3
Tauxa '6' rjô"^ 7:àvTa : n. 8t) -c. Galen. || l\ ko'te : kotè B ||
te au xai : te
[Link] Galen." 5 ÈÀEEivoXo-p'a; (et Galen.): ÊXEEtXoy.
[|
T eXeivoX. exe.
Schanz omnes ooa (et Galen.) ou' sic etiam
||
: W T sed elisionis
Phèdre. —
S'il ne s'agissait
que d'essayer, ce serait en mon
pouvoir mais pas comme cela et tout de suite
'
!
Socrate.
;
—
Eh bien veux- tu alors que ce soit moi qui
!
Socrate. —
prétendent donc qu'il ne faut pas du tout
Ils
ni, bien sûr aussi, dans les hommes, qu'ils doivent à leur
nature ou à leur éducation d'être ce qu'ils sont il ne le faut ;
3. Renvoi probable (de même 3^3 a déb.) à a5o, e sq. 260 cd. ,
84 *AIAPOS 272 c
oSxcoç %X a -
T.C1. BoûXei ouv âycb xiv' eïttcd X6yov, 8v tûv TTEpl TaOxà
tlvcùv à<r]Koa ;
<t>AI. Tl jifjv ;
yàp, S Kal Kax àp^àç eïtco^iev toOSe to0 Xôyou, 8ti ouSèv
||
ut uid. (et Hermi.): -a>v B 8 xtvwv Seivcôv em. Ven. 18/i Vollgr. ||
:
Il
d 5 nipi ittpl B 6 t) Tpoçfj
:
2
(signa em. mut. om.) f TpoçTj
II
W t :
(
TW Hermi." r, -:poft\ B ||
8 àXrjÔÊtaî (et Hermi.) : del. Vollgr.
(Append. crit. i5a) uiXeiv e Ficino Stephan. -et codd. Hermi."
||
:
||
||
5 £»Yit|/iu.c8a
:
tyrfliai. B.
273 a PHÈDRE 85
a-t-il écrit,
qu'un homme sans vigueur et hardi en ait rossé
un autre, vigoureux et lâche qu'il lui ait arraché son man-
;
teau ou autre chose et puis qu'il soit traduit devant les tri-
;
en vérité, qu'il avait été mis dans une cachette, l'art dont
Tisias a fait la trouvaille, lui ou un autre, qui que ce puisse
être et quel que soit le nom dont il lui plaise d'être appelé 2 !
d Phèdre. —
Quoi donc?
Socrate. Ceci — « il
y a longtemps (c'était même,
:
3. Supra, b déb. Le renvoi, ici et ensuite, est à 263 a-c; cf. 260 a, c.
85 d>AIAP02 273 a
ZC1. 'AXXà\it\v
x6v ye Tialav aûxôv TtETtàxTjKac; &Kpi6ûç'
ElnÉToa xoivuv Kal xôSe r^îv S Tiataç, \x1) xi aXXo XÉyei x8
etKèç f)
xè xû ttXi )8ei
(
SokoOv. b
Tt yàp aXXo;
<t>AI.
\£ipi)aa. ;
»
8f| xfjv
e
O
K<xKr|V, 8' oôk Ipsî lauxoO àXXà ti
aXXo iyEÙ8Ea8ai èm)(Et.pôv xà^' av eXeyxov Tir) TtapaSolr)
xô àvTiS'iKcp. Kal TtEpl xSXXa 8f) xoiaOx' axxa èaxl xà
xÉ)(VT] XEy6^iEva. Ou yàp, S <l>aî8pE ;
<I>AI. Tl \ii\v ;
«ÊAI. T8 ttolov ;
d
ZO. "Oxi- t^eîç, « *0 Tiala, -nàXai -nplv Kal aè
«
napEXSEÎv, xuy^àvojxEV XéyovxEç ôbç apa xoOxo x8 elkôç
« xoîç ttoXXoîç Si* 8^oi6xr)xa xoO àXrjBc-Oç xuy)(àvEi âyyi-
«
yv6^iEvov xàç 8è 8^oi6xr)xaç apxi 8if)X8ojiEV oxi navxa^oO
« 8 xf|v oX/|6euxv e18<*>ç KàXXiaxa ETtiaxaxai sâplaKEiv.
tw T II
toiôjSe : -û8e
3 tay' av B II
:
"i'/^ct
8' av W ||
4 xaXXa xâX. :
TW xaX. B ||
totaut' «ta -Ta ». : W t.' aTTa BT ||
èoT* : -Ttv codd.
3
point à t'en étonner avec de grands objets pour but, les
:
taque à ce qui est beau, il est beau aussi de subir les consé-
quences qu'on peut avoir à Subir.
Phèdre. —
Rien de plus certain.
discours écrit.
1 absence dart, en voila largement
assez...
«
TtEploSoç, Lin, Sau^ào-riç* LtEyàXov yàp evekoc TtEpuxéov,
«
oà^ &q au Sokelç. "Eaxai \ii\v, â>ç 6 X8yoç (pr)alv, Iàv
« xiç eSéXt], Kal xaOxa KàXXiaxa èB, IkeIvqv yiyvéLiEva. »
[Link]; ELioiys Sokel XéyEaBai, S ZcbicpaxEc;,
8è :
etS-rjB || vÛv Stj vuv B Galen. Vollgr. vuvo*7) Schanz Burnet
:
||
W
|| || ||
Heindorf :
7). r] TW up.ô5v Jj
2
(u s. u.) r\ (Î)lu3v om. sed s. u. aliquid
parum dist. B ||
274 a 3 wcrr' : wate W ||
3 r, (et Henni. 1
)
:
ïj
B ||
Henni. 1
) : om. Stob. addub. Heindorf del. Vollgr. ||
b i 8 tt
ôtw B ||
t«o ÇuLiSf] : tw Ç. B Ç. :ù Stob. <jupê. Burnet.
274 b PHÈDRE 87
Socrate. —
...
que, de savoir si justement c'est
tandis
bienséant ou malséant d'écrire, dans quelles conditions il est
bon que cela se fasse et dans lesquelles cela messiérait, voilà
une question qui nous reste, n'est-il pas vrai ?
Phèdre. — Oui.
Socrate. — Eh bienalors, est-ce que tu sais quelles sont
!
c Socrate. —
H y a du moins une tradition que je suis à
même de rapporter, une tradition de l'antiquité 1 Or le vrai, .
L'invention
conter que vécut du côté de Naucratis,
de récriture. & j . -mi j- •*' j •
(27a d), tandis qu'au contraire ils prétendent savoir (ibid. c) comment
on y arrive au plus vite. Mais, si ce sommet est la Vérité (cf. p. 44,4),
on peut accepter des circuits.
1. bien probable, comme le prouve la suite (275 b), que ce
11 est
mythe est une invention de Platon, aussi bien que celui des cigales.
Theuth, qu'on retrouve dans Philèbe (18 b), est le Thoth égyptien,
l'inventeur divinisé des arts, des sciences, des lois, de l'écriture.
87 <ϻAIAP02 274 b
AI. Tt uf|v;
ZO. ...xi> 8' EÔTtpenEtac; 8r) ypacpf]<; TtÉpu Kal àupeneiaq
<t>AI. Nat.
Zn. Oîa8' oSv 8îrr] fciàXiaxa 8e$ ^apiEÎ, X8y<»v TtÉpi
•npàxxcùv f) Xéyov ;
4>AI. OùSauSç* au 8é ;
Ôcôiv codd. toî; Geoïç Hermi. Geck; Vollgr. || /apteî (et Stob.):
-iTJ Burnet ia où ||
: oot Stob. || C a toùto (et Stob.) : touO'
Hermi. 1
|| aùtot, (et Stob.) : auôt; ci.
Vollgr. j| apa
âpa : TW
Stob." àpa B 3 p&ot (et Stob.): tiill.
II
TW uiXei Hermi. ||
W sed
Il |
)
:
-Ce W
Stob.
274 d PHÈDRE 88
finirait
plus d'en dire le détail !
Mais, le tour venu d'envi-
a Voici, ô Roi, dit Theuth,
sager les caractères de l'écriture :
Roi de répliquer «
Incomparable
: maître es arts, ô Theuth,
autre est l'homme qui est capable de donner le jour à
l'institution d'un art autre, celui qui l'est d'apprécier
;
8'
iTTif|V£i.
rioXXà p.èv 8f| Ticpl £KàaTr|ç xf)ç TExvrjç étt'
«
SiSa^^ç, TtoXuYvcô^ovEc; eÎvou hôEyOVOiv, ayv<*>p.0VEÇ <£>ç b
où v Stob." j|
3 à^oçr|vaaflat (et Stob.): àrcoçrjg. Stallb. ||
S... 4 S'.eX-
Il
8 à'XXoç : ex âXXcoç T xexeîv 8uvatôî ||
8. t. Stob. Hermi. :
g
1
||
T ^X VTi» ( e * Stob.) :
ttjî t. B et, exe. Burnet, omnes 10 MftXeiai (et ||
Stob.) :
-Xtaç T et, exe. Thomps., omnes 275 a 1 *) ï) B a uèv (et
||
:
||
Socrate. —
C'était, mon cher, une tradition dans le
sanctuaire de Zeus à Dodone, que d'un chêne étaient issues
les premières révélations divinatoires. Ainsi donc, pour les
Phèdre. —
Tout à fait juste !
Socrate. —
Ce qu'il y a de terrible en effet, je pense,
dans l'écriture, c'est aussi, Phèdre, qu'elle ait véritablement
tant de ressemblance avec la peinture. Et de fait, les êtres
celle-ci font figure d'êtres vivants ; mais, qu'on leur
qu'enfante
pose quelque question, pleins de dignité ils se taisent Il en !
Adaptation d'un proverbe (Od. XIX i63) qui, sans allusion aux deux
sanctuaires, signifiait une origine exempte de mystère.
a. Pour Platon la peinture est par excellence l'art d'illusion.
89 *AIAPOS 275 b
u6vov &Xr|8fj XÉyoïEV. Zol S' ïacoç SiacpépEi xtç ô XÉyov Kal c
TtoSandç
-
ou yàp ekeÎvo \16vov aKOTteîç eïxe ouxcùç, eïxe
SXXqç e^ei.
Al. °Op8ûç ETtÉTtXT]£,aç, Kal uoi SokeÎ nEpl ypauuaxav
I)(Eiv fJTTEp ô ©r)6oûoç XéyEL.
Zft. OukoOv ô TÉ)(vr|v ot6usvoc; lv ypâp|iaai KaxaXmEÎv,
<al a8 ô TtapaS£x<5u£voç &q xi aacpèç Kal 3É6aiov è< ypau-
udxcov êoéuEvov, TtoXXfjç av EorjBEÎaq yÉuoi <al i£b Bvxi xrjv
W
||
'
to B ut uid. et Hermiae Vindob.
oïS' Èy' pleriq. codd. où8* Èy ai
109 aot et au S' èyw Stob. 6 ÎEp$ (et Slob.): -pTJç Vollgr.
|| Ëçï]aav ||
(et Stob.) :
Êça. TW )|7 6ueî; (et Stob.) r,p£t; apogr. Heindorf :
Il
8 8puôî B2 (p s.
u.) :
8uô; B c i XsyotEv -eiev Stob." || 8' fato; (et
||
:
kot. Hermi. ||
3 I/Et. :
I/ê: ;
Schanz Burnet j|
5 rj^Ep :
r\r.. B eI'ïc.
-Xeijteiv Stob. ||
8 av (et Stob.): om. B 9 "Appwvoç àppo. Wut uid.
||
:
I/stv (^0!EÎv Stallb.) X. y. (uel slvat Èv [Èvétvat Richards] toîç -ot; -otç)
Heindorf Vollgr. d 1 toS tov tojtov B xxt tootov Stob. ij xô tov
||
:
-r,v codd. ||
5 Ta : -aÎTaStob. ||
6 ÊatrjXE : -xev Stob. || àvÉpr) B 2 (exp.):
8' av Ip/j B 8è IpT) Stob.
IV. 3. — ia.
275 d PHÈDRE 90
e
chaque discours s'en va rouler de droite et de gauche, indif-
féremment auprès de ceux qui s'y connaissent et, pareille-
ment, auprès de ceux dont ce n'est point l'affaire, et il ne
sait pas quels sont ceux à qui justement il doit ou non s'adres-
coquille, dans un panier, dans un vase, des plantes qui mouraient vite :
90 «frAIAPOS 275 d
n
Zn. Oç p.£T° ETuar/|u.r|ç ypàcpETai êv -zr\
toO p.av8à-
vovtoç ^uxiï> SuvaTàç pèv activai ecxutû. Emar^ov Se
::Àt)[j.u.£XoÛ[x6voî
B 2 rec. u. Xoujae) : rXï)[jipevoî B || 4 Se xaî : om.
(s.
2
2
rec. (locum iterans i. m.) || àet a!, codd. ||
6 aut<}> T':
(spir. em.) :
au. TW au. B 276 a ||
1 ri U ;
àXXov : ri S* 4XX. codd. Hermi. 1
W
||
2
ôpwu-Ev :
àpo9ijL£v (È et ou s. u. fors. pr. m.) èpû p.èv et èpCfiEV
Hermi. n |] yvr(aiov em. Goislin. i55 (et Hermi.): -tôt codd. ||
b 1
vouv : vuv B II
a wv : a) B «3v ex av)
(fors, av Vindob. 109 W
A àptôv j|
W 2
rec. (à s. :
u.)
ôp. W Vindob. 109 addub. Heindorf 07t£t'paî ci.
Herwerden xcopa arat. ci. Vollgr. ||
5 *]
:
^ B r\
T fors, non legit
Hermi. 1
Il 6 Eanoûo'axEv -xe : W.
276 b PHÈDRE 9»
Socrate. —
Ainsi, tu vois, ce n'est pas pour de bon qu'il
ira écrire sur Veau
*
ces choses-là au moyen d'encre, usant
d'un roseau pour ensemencer avec des discours, qui ne sont
pas seulement impuissants à se porter assistance à eux-mêmes
par la parole, mais impuissants aussi à enseigner convena-
blement la vérité 2 !
Phèdre. —
Tout au moins ce n'est pas probable.
Socrate. — Non, en effet. Ces jardinets en caractères
d'écriture, ce sera au contraire, selon toute apparence,
piste*.
Il
prendra son plaisir à voir pousser ces tendres cultu-
res; d'autres useront d'autres divertissements, se gorgeant
de beuveries et de tous les plaisirs encore qui sont frères de
ceux-là, pendant que lui, c'est bien probable, il leur préfé-
rera ceux dont je parle et qui sont le divertissement de son
existence !
2. Ce sont les deux points qui seront distingués ibid. c sq., pas-
XP&uevoç Slv
iéyyr\, onelpac; eIç x6 Ttpoaf^icov, àyom<*>r| &v
èv oySéco ur|vl oaa lanEtpEv xÉXoç XaSévxot ;
ypàcprj,
éauxû xe ÛTtouvif|uaxa 6r|aaupi£6uevoc; eIç x6 Xr)8r|<;
b 7 ypwixsvoî av tê'/vt)
: av /p. t. av B |]
C 3 t;
:
ïj
T r;
B ]|
rrotoî :
-oit) Thomps. || 7 ps'Xavt : èv tx. Badham j|
8 pEtà Xdycov : dcl.
Heindorf d^Ép;jiaTa X. Badham Vollgr. ào"uvâ"Cu>v... g xouvdrojv :
||
TaXr,6àç :
-Orj B edd. ||
10 où'xouv eùxojv B reuera oùx ouv Vollgr.
:
jj
d 1 *où; jxàv TÔ p. Hermi. || : èv ypaapact (et Hermi.) xt)'^ouç :
•/.aï :
«papijuxxa, [Link] ci. Winckelm. || \uxiâm. :
-Tt, edd. ||
5 ôrav 3è
add. Paris. 181 1 oxav codd. 07. te Stephan. 7 auToo; B reuera ||
:
au. TW II
8 olç XÉyto Paris. 181 2 yp. oîç Xèytov codd. ou X. Schanz :
(cf. Theael. 17a b a) èv oïç ÉXEyov Heindorf Vollgr. alia alii || JtatÇwv :
tyuc.
Richards || SidtÇet : hii. B èvSta. Bake StiÇetat Winckelm. ||
e 1
Socrate. —
En fait il en est bien ainsi, mon cher Phè-
der. Mais il y a beaucoup plus de beauté, je crois, dans une
certaine façon de s'appliquer pour de bon à cette fin c'est :
Phèdre. —
Dans ce que tu dis il
y a en effet beaucoup
plus de beauté encore.
l'espèce indivisible ;
jusqu'à ce qu'ensuite, grâce à une ana-
lyse, fondée sur la même méthode, de la nature de l'âme, on
ga 4>AIAP0S 276 e
A I . Ta nota ;
8E8r]Xcoa8aL ^lExpluq.
<&AI. "ESo^é yE 8f|* TtaXtv 8è ÛTx8^vr)a8v ^e ttôç.
eTSr) ^É^pi T0
yévr|xai" Spiaa^Evéq xe, ttoXlv Kax' ^ ^x^tov
e 3 ji.u0oXoyovvTa :
-Ta; Hermi. -toç Richards || 7 0? Éamoîî :
II
a ypàçoivTO : -ovtou W sed -. s. u. post || 4 tâXiv ... «w; primus
Phaedro tribuit Schleierm. sed iam Hermias 3Ô3 19 : Socrati sicut et
subsequentia codd. ||
5 te :
ys Hermi. etSfj tôr; ||
: T 1813
B || K*pl :
7rlpt
Burnet Vollgr. 6 xaT* aÙTo' te x. au. yE Bas. 2 xir* au. yî
||
:
Steplian. xaO' ay. Heindorf xai au. Richards 7 xaT' e"8tj xaTiSr, B. ||
:
277 c PHÈDRE 93
4
quer, éveillé ou bien en songe de toute notion concernant le
,
Phèdre. —
Non, effectivement!
Socrate. —
Quant à cet autre, au jugement de qui un
discours écrit, quel qu'en soit le sujet, contient nécessaire-
ment une large part de divertissement pour qui jamais nul ;
5. Les récitations des rhapsodes (cf. Ion) ont pour but le plaisir
93 $AIAP02 277 c
l u
P Xfl
Ka ^ Ttavapuovlouç SiSoùç Xdyouç, àTtXoOç 8è àTtXf],
— oô TtpéTEpov Suvaxèv TÉ^vr) loeadai icaS' 8aov TTÉcpUKE
ftETa)(ELpia8fjvai t6 Xôyov yÉvoç, oôte ti Ttp&c; x6 SiSa£ai,
oSte ti Ttpoç t6 TtEÎaai, êbç ô EunpoadEv ttSç UEufjvuKEV
n,^îv X6yoç.
«fcAI. navrànaai uèv oSv to0t6 yc oîJxo -ncoç ë<f>dvr|.
Zfï. Tl S' <x8 TtEpl xoO koXôv f) ataxpov EÎvai xè X6youç d
XÉyEiv te <al ypàcpEiv, Kal OTtr| yiyvéuEvov âv SIkt] XÉyoïx'
Sv 8veuSoç f\ ^ ; *Apa ou SeS^Xcokev Ta XE^SévTa ôXlyov
luTtpoaBEv . . .
;
<t>AI. Ta -nota ;
xi
||
6 {ie[xrjvu-/.ev
:
[i.s[[Link]][Link]£u.
W ||
8 Jtco; :
7t<3ç BW ||
d 1 xou
(et Henni. 1
) : xô B ||
2 Xéyeiv xe xai auct. Suckow del. Vollgr.
:
||
Xsyotx' av :
XÉ-fêt xàv B ||
3 rj em. Paris. 1812 et codd. ||
àpa : :
Badham Vollgr. [Link] fors, non legit Hermi. auct. Heindorf del.
||
:
1
del. Vollgr. (aut saltem &ç ... èX. Ast) || <wç o£ : oaot Schleierm.
277 e PHÈDRE 94
ni volonté d'instruire, et
que la persuasion en ait été le but ;
b premier, et ses frères à la fois, s'il en est qui soient nés chez
d'autres hommes, en d'autres âmes à proportion de ce qu'elles
valent 2 qui au reste des discours dit adieu... cet homme,
;
« ce
qui constitue le vrai, que tel de vous a composé ces écrits ;
aaûxwv -xâi B
i 4 fi-ovotç Heindorf
: èv çiovotî codd. Thomps.
j|
:
e'ipo.
W H èûv : èav auct. Wilamow. (teste Vollgr.) et Naber Vollgr.
Il
8è8t| Heindorf Vollgr.
:
7 7tE7rai'a9u> || (et Hermi. [Monac. 11])1
:
postea eras. []
6 B lypa^Ev :
-|« exe. Schanz omnes.
278 c PHÈDRE g5
« des dénominations en usage ici-bas * qu'on emploiera pour
d « l'homme qui est de cette sorte, mais celle de l'objet supé-
« rieur
auquel il s'est appliqué »
—
!
Phèdre,
excessif, et cela Mais l'ap-
ne sied qu'à la divinité.
Socrate. —
Mais en revanche, est-ce que celui qui ne pos-
sède rien de plus précieux que ce qu'il a composé ou écrit,
Socrate. —
Eh bien! c'est cela que tu dois expliquer à
ton camarade!
Phèdre. — Et toi? comment t'y pren-
dras-tu ? Pas davantage, en effet, ton
camarade à toi, on ne doit non
plus négliger le !
— Qui
Socrate. est-ce ?
Phèdre. — Le bel Isocrate 3
Socrate, quel message : à lui,
aTÉpCOÇ E)(Ol.
<t>AI. Kal ouSév y£ àno Tpénou.
ZO. OôkoOv a8 tôv u^| E^ovxa TiuiÔTEpa Sv auvéBrjKEV
f) lypoupEv, avco k<xtcù axpÉcjjcov iv xp6vç>, Ttpèç aXXr|Xa
koXXôv te Kal àcpaipov, ev SIkt] ttou Ttoir|Tf|V f) Xéyov e
<t>AI . Tt uf|v ;
KpaTEÇ ;
Ttva aÔTèv <pr]ao\izv EÎvai ;
W
|| ||
à'noTpô. sic. T II
8 oùxouv (et Hermi. ) oùxouv B oùxouv Hermi. n 1
:
Stephan Tt : 8s ;
au ntS; exe. Burnet omnes || 7 toutov : toioû. |j
279 a k té : 8È TW» (0 s.
u.) ||
5 ttjç fjXixt'aç :
lariXtxta; B.
279 a PHÈDRE 96
, .
Socrate. — Ne
sied-il pas qu'avant de
9 en route on adr esse une prière
se mettre
La prière du Sage.
aux divinités de ces lieux ?
Phèdre. Bien sûr — !
Socrate. « —
mon cher Pan et vous autres, toutes tant
«
que vous êtes, Divinités d'ici, accordez-moi d'acquérir la
« beauté intérieure, et, pour les choses extérieures, faites que
•
« toutes celles qui m'appartiennentaient de l'amitié pour celles
du dedans Puissé-je aussi me persuader de la richesse du
c « !
«
Sage
2
Et puisse être ma fortune juste de la grandeur qu'il
!
Phèdre. —
Associe-moi, moi aussi, à tes souhaits ! Entre
amis tout est commun*.
Socrate. En marche — !
1. Comme la
prière à Pan rappelle la prière au Soleil du Ban-
quet 220 d, ceci évoque la fameuse comparaison de Socrate avec ces
boites qui, sous les dehors d'un Silène, cachaient au dedans l'image
d'un dieu (210 ab, 216 c sqq., 219 e sq.).
2 . Thème
souvent repris, surtout par les Epicuriens.
[Link] deux temps du pillage ; ou, en supposant un double sens,
Dorter sur soi tout son bien, n'être point en peine de le gérer.
4. Formule pythagoricienne bien connue.
96 <ï>AIAPOS 279 a
fjTUdùTEpOV yÉyovEV.
4>AI. Tt ^v;
ZO. « *0 (J>IXe
riâv te Kal &XX01 oaoi t^Se GeoI, SotrjTÉ
«
jioi
kcxXco yEVÉaBai tSvSoGev e^coBev Se baa e^co, toîç
« IvTèç EÎval jioi cplXia. nXoû[Link] 8è vo^i^oi^i xôv aocpov c
« t6 8è XP U<J °Û "nX^Soç EÎrj fciot
oaov ur|TE cpépEiv ur)T£
1
«
ayEiv SûvaiTO aXXoç f) ô acôcppcov. » "Et aXXou tou
OE6uE8a, S>
<J>aî8pE ;
'Euol jièv yàp jieTptcoç rj^KTai.
<t>AI. Kal E^iol TaOTa auvEO^ou* Koivà yàp Ta tôv
(ptXoov.
ZO. "IcùJIEV.
a 6 Toùç : om. B ||
rcXÉov rj
^ai'Swv : 7C. r]
7C. ôc7:âvTU)V tc5v aXXwv
Bergmann 7tX. ïj
vuv k. Vollgr. || 7 2tt te : e? te B Spengel Rohde |[
8 àrco/p^aat T2 (rec.) :
-9)<jat TW Hermi. 1
-iqaat B || [aeiÇco recc. :
-Çcov BT (aeïÇov T2 (0 s. u. et ~) W ||
8é : secl. Thomps. del. Schanz
Vollgr. 8rJ Ueberweg ||
aùiôv : -tw BW 2
(to s. u.) j| 9 ôpp.}) Oetot^pa :
ÈÇay-^XXco :
-^eXôS Stallb. Vollgr. || 4 Taux' : -Ta TW zvtyoç T
W 5
||
reuera : 7îvi.
|| Tj7:ioiTEpov
:
rjnt. T et ut uid. W ||
6 EÙÇapEvw :
(a s. u.) TW
Glem. Hermi. 3 IV eti ||
: TW ||
tou : tou BW.
[Link]