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Rôle vital des sols et de leur biodiversité

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Le sol est vivant

Champignons conocybes

Les conocybes sont des champignons de la famille des Bolbitiacées. Cette famille
comporte plusieurs genres dont les caractères de détermination principaux
résident dans leur biotope et les spores qu’ils produisent. Les conocybes se
développent sur le bois mort et les débris végétaux, essaimant une sporée ocre,
rouille ou brune. Avec de nombreux autres organismes (bactéries, racines, vers
de terre, etc.), ils participent au recyclage de la matière organique et au
fonctionnement des sols.

Importance des sols


Les sols ont une vocation principale de production agricole et sylvicole et assurent
le développement de la végétation naturelle, support de la biodiversité.
Les sols sont aussi des réacteurs biologiques qui assurent de nombreuses
fonctions environnementales. En ralentissant l’écoulement de l'eau de pluie qu'ils
absorbent partiellement, les sols participent de la prévention des inondations
et des coulées de boue. Ils jouent un rôle de filtre et stockent en partie des
molécules introduites par l'Homme (métaux lourds, produits phytosanitaires…),
étant ainsi des acteurs indirects de la qualité de l’eau. Après les océans, les sols
sont le deuxième réservoir de carbone (C), en contact avec l'atmosphère.

Les sols, constituants inertes et êtres vivants


Outre les particules minérales, l’eau et l’air, 260 millions d’êtres vivants vivent
en moyenne dans un mètre carré de sol de prairie permanente. Le sol est surtout
peuplé de bactéries et d’actinomycètes, mais également de champignons, d’algues,
de vertébrés (serpents, renards, lapins, taupes…, surtout des locataires
temporaires) et d’invertébrés (fourmis, termites, mille-pattes, vers de terre…).
Par sa nature chimique et physique complexe, le sol offre des habitats très
diversifiés. D’un sol à l’autre, les différences en termes de biodiversité sont
grandes : la communauté des vers de terre ne dépasse pas 100 individus/m2
dans des sols pauvres en matière organique alors qu’elle atteint plus de
1 000 individus/m2 dans des sols riches.
a L e s o l e s t v i v a n t
a I N T R O D U C T I O N
a 2

Les sols, des systèmes écologiques complexes


L’activité biologique des sols joue un rôle fondamental dans la transformation,
l'accumulation et le transfert de nombreux composés. Les champignons, bactéries
et actinomycètes décomposent la matière organique. Les micro-organismes et
quelques invertébrés recyclent une partie des éléments nutritifs tels que l’azote
ou le phosphore et les rendent disponibles pour les racines. Les microorganismes
contrôlent aussi les échanges de gaz carbonique avec l’atmosphère et participent
à la séquestration du carbone dans le sol. Certains micro-organismes peuvent
décontaminer un sol pollué, en particulier par des hydrocarbures, car ils ont
la capacité de dégrader des polluants organiques (ex : les bactéries Pseudomonas
ou les champignons Penicillium).
Véritables ingénieurs des écosystèmes, les lombrics dominent la macrofaune
du sol. Ils fragmentent et enfouissent la matière organique lors de leurs
déplacements. Grâce au réseau de galeries qu’ils creusent, ils favorisent l’aération
du sol, l’infiltration de l’eau et l’enracinement.
L’activité biologique souterraine est aussi au cœur de la relation sol/plante.
Par exemple, les rhizobia sont des bactéries qui infectent les racines des
légumineuses et forment des nodosités où l’azote de l'air est fixé, satisfaisant
l'essentiel des besoins en azote de la plante. Une partie de la faune du sol
contribue également à la protection des plantes contre les nuisibles, parasites
et autres maladies. Des nématodes ont été utilisés avec succès comme auxiliaires,
en tant qu’agents de lutte biologique contre une gamme étendue d'insectes
nuisibles, notamment les charançons sur fraisier, les mouches des fruits et les
sirex. Certaines espèces du sol sont au contraire responsables de maladies.
Les nématodes phytoparasites attaquent les racines des plantes occasionnant
ainsi des pertes de rendement très préjudiciables à l’agriculture.

Dégradation et protection des sols


Les sols sont très fortement sollicités par l’activité humaine de longue date.
Cette pression humaine s’est renforcée au cours des dernières décennies.
En 2002, la Commission européenne a identifié les risques majeurs de dégradation
des sols européens, parmi lesquels elle cite en priorité les pertes irréversibles
dues à l’érosion et à l’imperméabilisation du sol, la contamination constante
par des sources diffuses et locales de polluants, la salinisation, la compaction,
la perte en matière organique et la diminution de la biodiversité. Elle annonçait
la parution d’une directive européenne dont l’objectif était de préciser
les dispositions législatives que les États membres devraient adopter
pour protéger les sols.
Le sol est vivant 3

COLLÈGE
Sciences de la vie et de la Terre

1. Sur quelles parties des programmes s’appuyer ?


Sixième Partie transversale : diversité, parentés et unité des êtres vivants
“Ce chapitre sera l’occasion de sensibiliser les élèves à la nécessité de reconnaître
les êtres vivants du milieu proche afin d’identifier et de respecter les espèces
à protéger.”

Origine de la matière des êtres vivants


“Il s’agit :
– de montrer la place particulière des décomposeurs du sol dans le recyclage
de la matière organique ;
– de faire prendre conscience aux élèves de la réalité du recyclage de la matière
dans leur environnement, afin d’en tenir compte dans une perspective
de développement durable…“
L’activité des êtres vivants du sol assure la transformation de la matière organique.

Des pratiques au service de l’alimentation humaine


“L’amélioration quantitative et qualitative de la production alimentaire, permise par
les progrès des sciences et des techniques, vise la satisfaction des besoins de la
population humaine. Elle doit s’inscrire dans une perspective de développement
durable.”
“Dans le cadre de l’éducation à la responsabilité des élèves, il est essentiel
d’accompagner l’étude de l’exemple choisi d’une réflexion sur les limites de la
pratique : effets sur l’environnement et la santé, respect des êtres vivants
et maintien de la biodiversité.”

2. Quelles problématiques aborder ?


Sixième Le thème “Le sol est vivant”, illustré par cette photo, peut être abordé en liaison
directe avec les programmes de sciences de la vie et de la Terre en classe de sixième.

L’étude des êtres vivants du sol permet :


– de constater la biodiversité, l’organiser dans la classification, l’évaluer à l’échelle
des organismes ;
– de s’interroger et de comprendre l’importance de :
. la décomposition de la matière et la biodégradabilité (sacs plastiques) ;
. le recyclage de la matière (mise à disposition des éléments nutritifs nécessaires
à la croissance des végétaux) ;
. le recyclage des déchets organiques : le compostage ;
. comprendre le lien entre le fonctionnement des agrosystèmes et les actions
directes de l’homme sur la biodiversité à travers les pratiques agricoles :
améliorer et faciliter la production tout en préservant l’environnement.
a Le sol est vivant
a COLLÈGE
a S c i e n c e s d e l a v i e e t d e l a Te r r e
a 4

Problématique dans l’esprit de l’éducation au développement durable :


Il s’agit alors de connaître et de comprendre les intérêts et les enjeux
de la biodiversité pour agir, donc de s’interroger sur les choix possibles d’action
sur la préservation des sols, d’un point de vue écologique (maintenir
les matières organiques du sol, contrôler les eaux de ruissellement et protéger
la surface des sols exposés… et maintenir la biodiversité) mais aussi
économique et social.

3. Quels contenus et notions mobiliser ?


Sixième – La place des animaux du sol dans la classification actuelle des êtres vivants.
– Les besoins nutritifs des champignons.
– La composition du sol, origines organique et minérale.
– La décomposition des matières dans le sol : les matières biodégradables.
– Le sol abrite des êtres vivants (décomposeurs) qui forment un réseau alimentaire
permettant la transformation de la matière organique en matière minérale et ainsi
le recyclage de la matière.

4. Quelles pistes de travail envisager ?


La photo de l’exposition permet d’observer la présence de feuilles mortes
et de champignons et de s’interroger sur le lien qui peut les unir et,
plus généralement, de s’interroger sur le rôle du sol et de ses habitants
non-visibles, dans la transformation de la matière organique donc d’aborder
les différentes problématiques énoncées.

L’organisation de sorties à différentes saisons et/ou la collecte de sol et de feuilles


mortes, à proximité du collège, pour une étude en classe peut permettre de
visualiser ces phénomènes de biodégradation et d’aborder la notion de matières
biodégradables.

À l’échelle locale, l’étude menée par l’INRA de l’impact des êtres vivants sur le sol
(fertilité, relation sol/plante) peut être proposée afin de comprendre la nécessité
d’une agriculture durable préservant la qualité des sols, de l’eau (pollution)
et de l’air, protégeant la biodiversité, et respectueuse de l'environnement, une
agriculture techniquement convenable, économiquement viable et socialement
acceptable.
À l’échelle globale : les effets de la sécheresse, des inondations, des incendies
et des labours profonds sur le sol.

Très concrètement également, on peut, à partir d’observations ou de recherches


d’informations locales, montrer l’influence directe ou indirecte de l’Homme
sur l’exemple des sols. Ainsi, certains choix de pratiques culturales conduisent
à des appauvrissements du sol et leur dégradation. Un exemple classique
et répandu : les plantations de conifères sur sol acide ! On peut observer
a Le sol est vivant
a COLLÈGE
a S c i e n c e s d e l a v i e e t d e l a Te r r e
a 5

des litières épaisses, mal décomposées et constater la faible biodiversité


par comparaison avec d’autres zones présentant des conditions proches
mais sur lesquelles poussent des “forêts de feuillus”. La démonstration d’un lien
entre “activité humaine – biodiversité – décomposition et vie du sol” peut alors être
établi et amener à s’interroger sur “la durabilité” de certaines pratiques.

Plus généralement, on pourra revenir aux pistes proposées dans la première


exposition “Se nourrir en respectant la Terre”.

L’étude des paysages en géographie et de l’environnement en éducation civique


peut ainsi être complétée par une approche codisciplinaire.
Le sol est vivant 6

EN SAVOIR PLUS

Sites internet
Propriétés a Fiches d'information INRA Préserver la qualité biologique des sols
[Link]
médicinales
du Pau d’arco [Link]

a Le sol : un patrimoine vivant


[Link]

a Page internet qui présente la faune du sol (nématodes, acariens, collemboles,


vers de terre et mammifères)
[Link]

a Clés de détermination simples de la faune du sol, destinées à des élèves de collège


[Link]
[Link]

a Soil Science Education Homepage


Ce site américain contient des ressources pédagogiques sur les relations entre
les sols et l'environnement, l’agriculture, la société ainsi que des travaux d'élèves
(voir en particulier la rubrique “Links”
[Link]

a Purdue Agronomy’s K-12 Science program


Ce site propose des documents, des expériences, des idées de sorties de terrains
pour professeurs et étudiants
[Link]

a Sols au bord de l’épuisement, courrier Unesco


[Link]

a Le rôle régulateur du sol dans le changement climatique, le courrier


de l’environnement de l’INRA
[Link]

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