Bilans thermodynamiques des fluides
Bilans thermodynamiques des fluides
V
Physique Bilans dynamiques et thermodynamiques
Nous avons vu que les équations modélisant des écoulements, même parfaits, étaient non-linéaires, et
par conséquent rarement solubles analytiquement.
Nous nous sommes jusqu’à présent limités à une approche locale, c’est à dire consistant à s’intéresser
à une particule de fluide.
Dans ce chapitre, nous allons montrer qu’une approche macroscopique est parfois plus efficace pour
caractériser un écoulement, notamment en régime stationnaire.
Afin de décrire les propriétés locales d’un fluide, on se ramène à l’étude de variables intensives. Ainsi, si
l’on isole une petite portion de fluide de masse δm, de volume δV , d’énergie interne 1 δU, d’enthalpie δH,
1
d’entropie δS, de quantité de mouvement δ − →
p = δm− →c , d’énergie cinétique δEc = δmc2 on définit les
2
variables intensives suivantes :
δV δm
⋆ le volume massique : v = ou la masse volumique ρ = ;
δm δV
δU
⋆ l’énergie interne massique : u = ;
δm
δH
⋆ l’enthalpie massique : h = ;
δm
δS
⋆ l’entropie massique : s = ;
δm
d1 2
⋆ l’énergie cinétique massique : ec = c ;
d2
1. On utilise la notation δ et non d. Ici, le symbole δ ne signifie pas "petite variation" mais plutôt petite quantité,
indépendamment d’une quelconque transformation.
Par ailleurs, si la portion de fluide est suffisamment petite, elle peut être supposée homogène de sorte
qu’on puisse lui associer une température T et une pression P bien définies.
Définition :
Au niveau de la surface d’entrée Σe , le fluide est dans un état noté (1) caractérisé par les variables
intensives : T1 (température), P1 (pression), v1 (volume massique), u1 (énergie interne massique), h1 (en-
thalpie massique), c1 (vitesse), s1 (entropie massique) . . .
Au niveau de la surface de sortie Σs , le fluide est dans un état noté (2) caractérisé par les variables
intensives : T2 (température), P2 (pression), v2 (volume massique), u2 (énergie interne massique), h2 (en-
thalpie massique), c2 (vitesse), s2 (entropie massique) . . .
Entre ces deux surfaces (appelées surfaces de contrôle), le fluide subit une transformation qu’il n’est
pas utile d’étudier en détail : il peut échanger du travail avec une turbine, échanger de la chaleur dans un
échangeur, subir une détente dans une tuyère . . .
À la date t, le système ouvert S est caractérisé par :
⋆ son énergie interne U(t) ;
⋆ son énergie cinétique macroscopique Ec (t) ;
⋆ son énergie potentielle macroscopique Ep (t) ;
⋆ sa masse M(t) ;
⋆ son entropie S(t) ;
⋆ sa quantité de mouvement − →p (t) . . .
T1 T2
P1 P2
v1 (S) v2
u1 u2
... ...
Σe Σs
Σe Σs
∗
(S )
Date t
δm1 (S)
Σe Σs
∗
(S )
Date t + dt
(S) δm2
À la date t + dt, le système fermé (S ∗ ) est constitué de (S) et de la tranche de fluide de masse δm2 .
On en déduit, qu’à la date t + dt :
M ∗ = M(t + dt) + δm2
Par conséquent
M(t + dt) + δm2 = M(t) + δm1
En régime permanent d’écoulement, les propriétés du système ouvert (S) ne dépendent pas du temps
de sorte que
M(t + dt) = M(t) en régime permanent
On en déduit
δm1 = δm2 en régime permanent
δm1 δm2
En introduisant les débits massiques à l’entrée Dm1 = et à la sortie Dm2 = , on obtient
dt dt
Dm1 = Dm2 en régime permanent
Propriété
En régime permanent, le débit massique Dm est le même en tout point d’un
écoulement. Dm est caractéristique de l’écoulement.
Remarque
On retrouve ce principe lorsque l’on remplit une bassine jusqu’à la faire déborder. Il y a ac-
cumulation de masse dans la bassine lorsqu’elle se remplit. Lorsque le régime permanent est
atteint, la masse entrante est identique à la masse sortante.
où m(t) et →
−
v (t) sont respectivement la masse et la vitesse du système (S) à la date t.
À la date t + dt, les gaz éjectés ont une masse δm = Dm dt, une vitesse −
→
v (t) + −
→
u et donc une quantité
de mouvement
δ−
→p = Dm dt [−
→
v (t) + −
→
u]
À la date t + dt, la quantité de mouvement du système fermé (S ∗ ) vaut donc
−
→
p ∗ (t + dt) = m(t + dt) −
→
v (t + dt) + δ −
→
p = m(t + dt) −
→
v (t + dt) + Dm dt [→
−
v (t) + −
→
u]
d−
→
p∗=−
→
p ∗ (t + dt) − −
→
p ∗ (t) = m(t + dt) −
→
v (t + dt) − m(t) −
→
v (t) + Dm dt [→
−
v (t) + −
→
u]
−
→ d(m−
→v)
∗
dp = dt + Dm −
→
v (t) dt + Dm −
→
u (t) dt
dt
Mais
dm
Dm = − variation de la masse de (S) par unité de temps
dt
On en déduit
−
→ d−
→v
∗
d p = m(t) dt + Dm −
→
u (t) dt
dt
En divisant par dt et en passant à la limite, on obtient
d−
→p∗ d→
−v
= m(t) + Dm −
→
u (t)
dt dt
d−
→
p ∗ X−
→
= F = m(t) −
→
g
dt
On en déduit
d−
→v
m(t) + Dm −
→
u (t) = m(t) −
→
g
dt
soit
d−
→v →
− →
−
m(t) = m(t) −
→
g + Π avec Π = −Dm − →
u
dt
Tout se passe comme si le mouvement du centre de masse de (S) était soumis à une force supplémentaire
→
−
fictive Π = −Dm − →
u appelée poussée.
– à l’instant t+dt de (S) et des masses δmA et δmB qui ont été éjectées en A et B entre les instants t
et t + dt.
On admet que le système (S) possède un moment d’inertie J, constant en régime permanent.
Exercice
::::::::
Déterminer l’évolution de la vitesse de rotation du tourniquet.
dL∗z X
= Mz = 0
dt
−∗
→ →
− →
−
L (t) = L ∗ (t) +δ L 0 = J ω(t)
| {z }
=Jω(t)
Dv
Le tourniquet éjecte de l’eau symétriquement en A et B avec un débit volumique . En appelant µ
2
la masse volumique de l’eau, le masses éjectées valent
1
δmA = δmB = µ Dv dt
2
−→
En négligeant le longueur des becs devant celle des bras, c’est-à-dire en prenant OA = R ~ur , la vitesse
de l’eau en A vaut
→
−
v A = (Rω − v ′ ) ~uθ
où v ′ est la vitesse d’éjection de l’eau dans le référentiel du tourniquet. Si s désigne l’aire de la section
droite des bras, v ′ est relié au débit volumique par
Dv
v′ =
2s
On en déduit
1
δLz,A (t + dt) = µ R Dv (Rω − v ′ ) dt
2
Par symétrie, la contribution de δmB au moment cinétique est identique. On en déduit le moment
cinétique du système (S ∗ ) à la date t + dt :
L∗z (t + dt) = J ω(t + dt) + δLz,A (t + dt) + δLz,B (t + dt) = J ω(t + dt) + µ R Dv (Rω − v ′ ) dt
avec
dL∗z X
= Mz = 0
dt
Cette équation s’écrit sous la forme canonique
J
dω τ =
τ + ω = ω∞ avec µR2 Dv
dt
Dv
ω∞ =
2sR
Remarque
On vérifie que le temps caractéristique τ du régime transitoire est proportionnel à J et diminue
avec Dv . Au bout de quelques τ , le tourniquet atteint une vitesse limite telle que
−
→ →
−
v A = (Rω − v ′ ) ~uθ = 0
L’eau éjectée n’emporte aucun moment cinétique : le terme moteur du bilan de moment cinétique
est nul et la rotation est uniforme.
IV Bilan énergétique
IV.1. Interprétation énergétique du théorème de Bernoulli
a) Description de l’écoulement
:::::::::::::::::::::::::::::::::
Considérons un écoulement stationnaire et, dans cet écoulement, un tube de courant élémentaire s’ap-
puyant sur une ligne de champ joignant les points A et B. En A l’écoulement est caractérisé par la
pression PA , la vitesse vA , la cote zA et la section SA du tube de champ. Les grandeurs correspondantes à
la sortie sont notées PB , vB , zB et SB .
Soit (S) le système ouvert constitué du fluide contenu dans le tube de courant. Notons Ec et E
respectivement son énergie cinétique et son énergie mécanique. L’écoulement étant stationnaire, Ec et E
ne dépendent pas du temps.
Soit (S ∗ ) le système fermé constitué :
⋆ à l’instant t, de (S) et de la masse δmA qui va entrer dans (S) entre les instants t et t + dt ;
⋆ à l’instant t + dt, de (S) et de la masse δmB qui est sortie de (S) pendant dt.
b) ::::::::::::
Théorème ::: de:::::::::::
l’énergie::::::::::::
cinétique
Appliquons le théorème de la puissance cinétique au système fermé (S ∗ ) :
dEc∗
= Pint + Pext
dt
La puissance des forces de pression extérieures se limite à celle exercée par le fluide amont et aval car,
sur la surface latérale du tube de champ, les forces de pression sont orthogonales à la vitesse. On en déduit
PA δVA PB δVB PA SA vA dt − PB SB vB dt
Ppression = − = = PA SA vA − PB SB vB
dt dt dt
Avec Dm = µA SA vA = µB SB vB (régime stationnaire), on obtient
PA PB
Ppression = Dm − Dm
µA µB
Entre les instants t et t + dt, tout se passe comme si une masse δmB = δmA = Dm dt passait de la
cote zA à la cote zB . Le travail du poids correspondant vaut
δWpesanteur = Dm dt(zB − zA ) g
d’où une puissance
δWpesanteur
Ppesanteur = = Dm (zB − zA ) g
dt
dEc∗ 1
= Dm (vB2 − vA2 )
dt 2
Par application du théorème de l’énergie cinétique, on obtient
dEc∗ 1
= Dm (vB2 − vA2 ) = Ppesanteur + Ppression + Pint
dt 2
soit !
1 2 PB 1 PA
Pint = Dm vB + + gzB − vA2 − − gzA
2 µB 2 µA
Pour un écoulement parfait incompressible, la relation de Bernoulli assure la nullité du membre de
droite. On obtient la propriété suivante
Propriété
La puissance des forces intérieures est nulle dans un écoulement parfait et incom-
pressible.
Remarque
La puissance des efforts intérieurs est due :
⋆ à la compression des particules de fluides dont le volume peut varier ;
⋆ au terme de viscosité, la puissance associée étant négative.
Dans le cas où l’écoulement est incompressible mais légèrement visqueux, Pint < 0 de sorte que
1 2 PB 1 PA Pint
vB + + gzB − vA2 − − gzA = <0
2 µB 2 µA Dm
Cette différence est alors appelée perte de charge.
Considérons l’écoulement stationnaire d’un fluide, par exemple dans le compartiment (compresseur,
échangeur) d’une machine thermique. On suppose l’écoulement unidimensionnel et l’on appelle Σe et Σs
les surfaces d’entrée et de sortie qui délimitent un système ouvert (S).
On appelle (S ∗ ) le système fermé constitué :
⋆ à la date t, du système (S) et de la masse δm1 qui va entrer dans (S) entre les dates t et t + dt ;
⋆ à la date t + dt, du système (S) et de la masse δm2 qui est sortie de (S) pendant dt.
En régime stationnaire, δm1 = δm2 = Dm dt.
b) ::::::
Bilan:::::::::::::::
énergétique
Appliquons le premier principe au système fermé (S ∗ ) entre les dates t et t + dt :
dU ∗ + dEc∗ + dEp∗ = δQ + δW
où l’on a utilisé les notations suivantes :
U∗ énergie interne de (S ∗ )
Ec∗ énergie cinétique macroscopique de (S ∗ )
Ep∗ énergie potentielle "macroscopique" de (S ∗ )
et où δQ et δW sont respectivement le transfert thermique et la travail reçus par (S ∗ ) pendant dt.
Mais, à la date t, le système (S ∗ ) est constitué de (S) et de la tranche de fluide de masse δm1 (d’énergie
interne massique u1 ). On a donc
U ∗ (t) = U(t) + u1 δm1
où U(t) est l’énergie interne de (S) à la date t.
À la date t + dt, le système (S ∗ ) est constitué de (S) et de la tranche de fluide de masse δm2 (d’énergie
interne massique u2 ). On a donc
U ∗ (t + dt) = U(t + dt) + u2 δm2
où U(t + dt) est l’énergie interne de (S) à la date t + dt.
En régime permanent
U(t) = U(t + dt) et δm1 = δm2 = δm
On en déduit
dU ∗ = U ∗ (t + dt) − U ∗ (t) = U(t + dt) + u2 δm2 − U(t) + u1 δm1 = (u2 − u1 )δm = Dm (u2 − u1 ) dt
De la même manière, on trouve, en régime permanent :
dEc∗ = (ec2 − ec1 )δm = Dm (ec2 − ec1 ) dt
dEp∗ = (ep2 − ep1 )δm = Dm (ep2 − ep1 ) dt
Remarque
L’énergie cinétique d’une tranche de fluide de masse δm et de vitesse c vaut
1
δEc = δ mc2
2
L’énergie cinétique massique vaut donc
δEc 1 2
ec = = c
δm 2
Si l’énergie potentielle du fluide est uniquement due à la pesanteur, alors, pour une tranche de
fluide de masse δm :
δEp = δm gz
où z est l’altitude de la tranche de fluide comptée à partir d’une origine arbitraire. On en déduit
l’énergie potentielle massique dans ce cas :
δEp
ep = = gz
δm
c) Échanges énergétiques
::::::::::::::::::::::::::
Au cours de son mouvement entre les dates t et t + dt, le système fermé (S ∗ ) échange avec le milieu
extérieur :
⋆ de la chaleur δQ ;
⋆ du travail δWp avec le fluide situé en amont (δWp1 ) et en aval (δWp2 ) de (S ∗ ). C’est ce travail qui
permet l’écoulement du fluide ;
⋆ du travail avec les éléments mobiles présents le long de l’écoulement (turbine, compresseur, . . . ). Ce
travail est appelé travail utile δWu ou travail indiqué 2 δWi .
δQ = Pth dt δWi = Pi dt
Σe Σs
∗
(S )
δWp1 δWp2
δm1 (S)
Il est souvent plus intéressant d’étudier les puissances thermique et mécanique échangées par le fluide
avec l’extérieur.
Définition :
δQ
Pth =
dt
où δQ est la chaleur reçue par le fluide pendant dt. On appelle puissance
mécanique reçue par le fluide ou puissance indiquée la quantité :
δWi
Pi =
dt
où δWi est le travail échangé avec les parties mobiles du compartiment
pendant dt.
2. Dans les installations thermiques, un capteur indique travail fourni par le fluide aux parties mobiles : d’où le terme de
travail indiqué.
Remarque
Comme les variables et fonctions d’état extensives sont des grandeurs massiques, on introduira
également le travail indiqué massique wi et la chaleur massique q définis par :
δQ
q= soit δQ = Dm q dt
δm
δWi
wi = soit δWi = Dm wi dt
δm
où δm est la masse déplacée pendant dt.
On note les relations suivantes :
δQ δQ δm
Pth = = ⇒ Pth = Dm q
dt δm δt
δWi δWi δm
Pi = = ⇒ Pi = Dm wi
dt δm δt
Le fluide contenu dans (S ∗ ) subit les forces de pression du fluide situé en amont et en aval de (S ∗ ).
C’est ce mécanisme qui permet l’écoulement du fluide.
Le travail reçu par (S ∗ ) de la part du fluide en amont est positif de sorte que
Σe
T1 , P1 , v1
F1 = P1 S1
fluide en amont
dℓ1
δm1
Le travail reçu par (S ∗ ) de la part du fluide en aval est négatif de sorte que
Σs
T2 , P2 , v2
F2 = P2 S2
fluide en aval
dℓ2
δm2
δm
où Dm = est le débit massique.
dt
d) ::::::::::
Premier ::::::::::
principe::::::
pour::::
les::::::::::::
systèmes :::::::::
ouverts
Appliquons le premier principe au système fermé (S ∗ ) entre les instants t et t + dt, en utilisant les
expressions précédentes, valables en régime permanent :
(u2 − u1 )δm + (ec2 − ec1 )δm + (ep2 − ep1 )δm = δQ + δWi + δWp
avec
δWp = (P1 v1 − P2 v2 )δm
On en déduit
[(u2 + P2 v2 + ec2 + ep2 ) − (u1 + P1 v1 + ec1 + ep1 )] δm = δQ + δWi
On reconnaît les enthalpies massiques h1 = u1 + P1 v1 et h2 = u2 + P2 v2 , respectivement à l’entrée et à la
sortie du système (S). En divisant par dt, on obtient le premier principe de la thermodynamique pour les
systèmes ouverts et en régime permanent :
δQ δWi
où Pth = est la puissance thermique et Pi = est la puissance indiquée reçues
δt δt
par le fluide entre l’entrée (indice 1) et la sortie (indice 2) de (S).
Remarque
En divisant cette équation par le débit massique Dm , on trouve
1
(h2 − h1 ) + (c22 − c21 ) + g(z2 − z1 ) = q + wi
2
δQ δWi
où q = est la chaleur massique et wi = est le travail massique reçus par le fluide entre
δm δm
l’entrée et la sortie du système ouvert (S).
V Bilan entropique
L’objectif de cette partie est d’établir un bilan entropique pour le fluide en écoulement. En appliquant
le deuxième principe de la thermodynamique au système fermé (S ∗ ), nous obtiendrons une relation entre
les grandeurs d’entrée et de sortie du système (S).
On en déduit
dS ∗ = S ∗ (t + dt) − S ∗ (t) = S(t + dt) + s2 δm2 − S(t) + s1 δm1 = (s2 − s1 )δm = Dm (s2 − s1 ) dt
dS ∗ = δSe + δSc
δQ
où δSe = est l’entropie échangée et δSc > 0 est l’entropie créée caractérisant l’irréversibilité de la
Text
transformation. On en déduit
q
s2 − s1 = + sc
Text
où sc est l’entropie massique créée.
Exercice
::::::::
cp,m
Exprimer l’entropie massique d’un gaz parfait de coefficient γ = constant.
cv,m
Propriété
La variation d’entropie massique d’un gaz parfait entre deux états (T1 , P1 )
et (T2 , P2 ) vaut !
R T2γ P21−γ
∆s = s2 − s1 = ln
(γ − 1)M T1γ P11−γ
cp,m
où γ = est supposé constant.
cv,m
Conséquence
Lors d’une transformation isentropique d’un gaz parfait
T γ P 1−γ = cste
cp
où γ = est supposé constant.
cv
vB2 vA2
hB + + gzB − hA − + gzA = 0
2 2
Par comparaison avec la relation de Bernoulli pour un écoulement compressible, on a
Z B
dP vB2 vA2
+ + gzB − − gzA = 0
A µ 2 2
Par identification, on a
Z B
dP
hB − hA =
A µ
Or l’identité thermodynamique impose
m dP
dH = T dS + V dP = T dS +
µ
En divisant par la masse, il vient
dp
dh = T ds +
µ
Par intégration entre les états aux points A et B, on obtient
Z B Z B Z B
dP dP
hB − hA = = + T ds
A µ A µ A
On a donc Z B
T ds = 0 ∀ A, B
A
En prenant deux points infiniment proches, on a
Propriété
Pour un écoulement parfait, les particules de fluide évoluent de manière isentro-
pique.
Exercice
::::::::
On considère la détente adiabatique d’un gaz parfait dans un tuyère. À l’entrée de la tuyère, le gaz est à
la température T1 et à la pression P1 et sa vitesse est négligeable. En sortie de la tuyère, le gaz est à la
température T2 et à la pression P2 = P0 = 1 bar. On note c2 la vitesse d’éjection.
Tuyère
c1 ≈ 0 c2
T2 , P2
T1 , P1
1 2
h2 − h1 + (c − c21 ) + g(z2 − z1 ) = q + wi = 0
2 2 |{z} |{z}
0 0
c22 = 2(h1 − h2 )
On en déduit
q R γ
c2 = 2cp (T1 − T2 ) avec cp =
M γ−1
L’application numérique conduit à
s
8, 314 1, 4
c2 = 2 × −3
× × (37 − 25) ⇒ c2 ≃ 150 m.s−1
29.10 1, 4 − 1
C’est typiquement la vitesse de l’air expulsé par les poumons lorsque l’on souffle les lèves pincées.
On en déduit !(1−γ)/γ
P1
T2 = T1
P2
On en déduit l’expression de c2 :
v v
u ! u
u !(γ−1)/γ
u T2 u P2
c2 = t2 cp T1 1− ⇒ c2 = t2 cp T1 1 −
T1 P1
On en déduit v
v ! u !(γ−1)/γ
u u
u T2 u P2
c2 = t2 cp T1 1− ⇒ c2 < t2 cp T1 1 −
T1 P1
On obtient donc
!γ/(1−γ)
c22
P1 > P2 1−
2cp T1
Pour une même vitesse d’éjection du gaz, il faut fournir une pression initiale plus importante dans
le cas irréversible que dans le cas réversible.