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Signe de Köplick et transmission de la rougeole

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55- ROUGEOLE

I- INTRODUCTION

I.1- Définition:
 Maladie virale, cosmopolite, essentiellement infantile, très contagieuse, endémo-
épidémique et solidement immunisante, due à un paramyxoviridae appelé virus
morbilleux ou morbillivirus

I.2- Intérêt
 C’est la plus fréquente des maladies éruptives de l’enfant
 Diagnostic essentiellement clinique
 Grave pouvant mettre en jeu le PV par ses complications infectieuses et le PF par la
cécité
 Prévention++: maladie à déclaration obligatoire, cible du PEV sénégalais

II- SIGNES

II.1- TDD: Forme commune non compliquée de l’enfant non vacciné


II.1.1- Incubation

 Muette et dure en moyenne 10 jours

II.1.2- Invasion ou phase de début ou phase catarrhale: brutale, dure 2-4 jours

 Marquée par 3 signes principaux


 Fièvre 39-40°C
 Catarrhe: qui apparait dans les 24 heures
o Oculaire: conjonctivite avec yeux rouges, brillants, larmoyants, photophobie
et parfois sécrétions mucopurulentes
o Nasal: rhinorrhée séreuse puis mucopurulente avec éternuements voire
épistaxis
o Laryngé: toux quinteuse, rauque, difficile avec enrouement de la voix
o Digestif: diarrhée parfois vomissements
 Enanthème: éruption muqueuse
o Apparait vers la 36ème heure et siège au niveau bucco-pharyngien
o L’élément déterminant est le signe de Köplick, pathognomonique de la
rougeole: semis de petits éléments blanc bleuâtres qui reposent sur une base
érythémateuse, au niveau de la face interne des joues, en regard des dernières
molaires

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 D’autres signes peuvent être observés: polyadénopathies, éruption urticarienne,
insomnie, irritabilité, signes méningés voire convulsions chez le jeune enfant
 CAT: devant ce tableau clinique extrêmement contagieux, il faut isoler le sujet et
rechercher un exanthème

II.1.3- Phase d’état ou phase éruptive: dure 3 à 6 jours

 Survient 2 semaines après la contamination, en plus du catarrhe et de la fièvre


 Marquée par un exanthème: éruption cutanée remarquable par:
 Aspect: maculopapuleux et érythémateux, non prurigineux, fait de lésions de petite
taille (1-2 cm de diamètre), à contours irréguliers, isolées ou confluentes mais
laissant toujours des intervalles de peau saine. Elle respecte les paumes et les
plantes
 Extension:
o 1er jour: débute à la racine des cheveux, derrière les oreilles puis partie
supérieure du cou, menton et pourtour de la bouche
o 2ème jour: envahit visage, cou, thorax, membres supérieurs
o 3ème jour: gagne abdomen, membres inférieurs
o 4ème jour: généralisation
 Evolution: vers la desquamation qui commence dès le 5ème jour
o Fine, faite de petites squames et dite furfuracée
o Débute à la face puis se généralise à tout le corps donnant sur peau noire un
« aspect tigré »

II.1.4- Evolution-Pronostic

II.1.4.1- Eléments de surveillance

 Cliniques: constantes, examen appareil respiratoire et du SN


 Paracliniques: NFS, CRP, Rx thorax

II.1.4.2- Modalités évolutives

 Favorable: la guérison complète est la règle


 Fièvre régresse au 5ème jour (coïncide avec la fin de l’éruption)
 Persistance d’une asthénie résiduelle
 Restitution ad integrum de la peau en quelques semaines
 Défavorable: vers des complications (voir formes compliquées)

II.1.4.3- Eléments de mauvais pronostic

 Individuels: faible poids de naissance, malnutrition, hypovitaminose A, jeune âge avant


1an ou grand âge après 20 ans, maladies infectieuses ou parasitaires associées
 Collectifs: la misère sociale (famille nombreuse, surpopulation), les situations de conflit
(précarité de l’hygiène)

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II.2- Formes cliniques
II.2.1- Formes symptomatiques

 Formes frustes ou atténuées: syndrome grippal + éruption discrète; source de


contamination++
 Formes malignes (rares): Formes brutales rapidement mortelles, 3 tableaux cliniques
 Forme suffocante: SDRA rapidement mortelle
 Forme ataxo-adynamique: troubles de la conscience, délires, prostration
 Forme hémorragique: syndrome hémorragique notamment digestif et cérébro-
méningé due à une coagulopathie de consommation

II.2.2- Formes compliquées

 Complications infectieuses bactériennes


 Laryngite tardive dyspnéisantes: voix rauque ou éteinte, dyspnée permanente avec
des signes de lutte pouvant motiver une trachéotomie en urgence ou une intubation
 Broncho-pneumopathies staphylococciques
o Tableau: défaillance respiratoire fébrile avec AEG, râles en foyer à
l’auscultation et opacités mal systématisées multiples
o Complications: suppurations pulmonaires, pneumothorax, pyopneumothorax,
emphysème cervico-médiastinal, pouvant laisser des séquelles
 Kératite bactérienne: cécité, taie cornéenne, peut → fonte purulente de l’œil
 Otites, septicémies
 Complications infectieuses virales
 Encéphalite morbilleuse: leucoencéphalite aigue péri-veineuse démyélinisante
o Clinique: habituellement survient 3-6 jours après l’éruption, parfois précoce
avec: recrudescence ou persistance de la fièvre, des signes neuro: troubles de
la vigilance, crises convulsives et signes focaux
o Evolution: séquelles invalidantes: troubles du caractère ou du comportement,
troubles cognitifs entrainant des difficultés scolaires secondaires, épilepsie
 Gingivostomatite herpétique: empêche alimentation et aggrave la malnutrition
 Kératite herpétique: → cécité partielle ou totale si elle est bilatérale
 Complications nutritionnelles et métaboliques
 Le kwashiorkor « la rougeole est le grand boulevard qui mène au kwashiorkor »:
favorisée par les restrictions diététiques favorisées par les tabous et les coutumes et
aggravées par les troubles digestifs (anorexie, diarrhée, vomissement)
 La déshydratation secondaire au catarrhe digestif non compensé

II.2.3- Formes selon le terrain

 NRS: rare, souvent fruste car présence d’Ac maternel


 Enfant malnutri: sévère, desquamation en lambeaux, surinfections à staph et herpès
 Sujet vacciné: frustes
 Femme enceinte: risque avortement, prématurités, mortalité périnatale

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 Adulte: tableau souvent plus sévère avec des complications fréquentes notamment
respiratoires et une convalescence qui dure

III- DIAGNOSTIC

III.1- Diagnostic positif


 Arguments épidémiologiques:
 Absence de vaccination
 Notion de contage
 Arguments cliniques:
 Catarrhe oculo-naso-laryngé et digestif
 Signe de Köplick
 Exanthème: éruption maculo-papuleuse à évolution descendante, respectant des
intervalles de peau saine
 Arguments paracliniques
 En pratique, ne sont utilisés que pour des activités de surveillance et de recherche:
sérologie, culture virale, détection du virus par PCR

III.2- Diagnostic différentiel


 Scarlatine ou fièvre écarlate: due au streptocoque du groupe A
 Rubéole: maladie virale épidémique
 Mononucléose infectieuse: provoquée par le virus d’Epstein-Barr (EBV)
 Toxoplasmose
 Arboviroses
 Allergies médicamenteuses
 Rash morbilliforme: varicelle, septicémies à staph, streptocoque, méningocoque
 Rickettsioses

III.3- Diagnostic étiologique

 Germe: Virus à ARN appartenant au groupe des paramyxoviridae


 Mode de transmission: maladie strictement humaine
 La transmission est souvent directe par l’intermédiaire des gouttelettes de Pflügge
émises par le malade en période de contagion
 La transmission indirecte est possible: essentiellement aéroportée
 Terrain: tout sujet ayant une immunité absente ou incomplète est réceptif, il s’agit
 Nourrisson de plus de 6 mois (non protégé par les anticorps maternels)
 Sujet n’ayant pas fait la rougeole
 Sujet dont la vaccination n’a pas été efficace

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IV- TRAITEMENT

IV.1- Traitement curatif


IV.1.1- Buts

 Rompre la transmission
 Eviter la survenue de complications et les traiter le cas échéant

IV.1.2- Moyens

 MHD: repos, régime riche et équilibré


 RAM: 4 voies + réhydratation
 Antipyrétiques: paracétamol, acide acétyl salicylique, bains tièdes, enveloppement
humide, ventilation
 Anti-infectieux:
 Antibiotiques: beta-lactamines, macrolides
 Antiviraux: Aciclovir, antiseptique oculaire
 Solutions de désinfection muqueuse
 Corticoïdes
 Vitaminothérapie A: 400.000 UI

IV.1.3- Indications

 Rougeole non compliquée


 Soins oculaires: collyres ou pommades
 Drainage des sécrétions naso-pharyngées: sérum physiologique
 Antipyrétique chez l’enfant fébrile
 Complément vitaminique A systématique en pays en développement: 100.000 à
200.000UI per os au moment du diagnostic, à renouveler quelques jours plus tard
 Rougeole compliquée: hospitalisation systématique
 Complications bactériennes bénéficieront d’un traitement antibiotique à base de
béta-lactamine et macrolides essentiellement
 Complications virales seront traitées par l’Aciclovir
 Corticothérapie en cas de laryngite dyspnéisante
 Complications métaboliques et nutritionnelles: apports hydriques et caloriques
suffisants sont souvent nécessaires; vitamines A systématique
 Formes malignes: prise en charge en service de réanimation. Pas de traitement antiviral
spécifique pour la rougeole

IV.2- Traitement préventif


IV.2.1- Mesures individuelles

 Vaccination: vaccin vivant suratténué, en une seule injection SC à partir de 9mois; peut
être simultanément administré avec d’autres vaccins (ROR)

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 Immunoprophylaxie spécifique: administration de gammaglobulines: n’a d’intérêt que
dans les six jours ayant suivi le contact

IV.2.2- Mesures collectives

 Déclaration de la maladie
 Eviction scolaire et isolement respiratoire sont indiqués pendant la période de contagion:
pendant les 4 jours précédents et les 4 jours suivants le début de l’éruption
 Campagnes de vaccination de masse

V- CONCLUSION
 La rougeole est une maladie virale bénigne qui peut être grave dans certains cas
 Il existe pourtant une vaccination efficace, il s’agit d’une maladie théoriquement
éradicable
 Cela passe nécessairement par l’amélioration de la couverture vaccinale qui nécessite
l’implication de tous les acteurs de la santé publique

Bibliographie

 Cours DCEM2 Infectieuse: Dr Assane DIOUF: ROUGEOLE Février 2010


 Cours personnels d’internes: Dr Dia Mamadou DIOP, Dr F.B SALL/Dr [Link]

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