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Histoire et géographie de Skikda

L'article décrit la ville de Skikda en Algérie. Il présente brièvement sa localisation, son histoire depuis l'époque phénicienne, son économie et son patrimoine. L'article contient de nombreuses informations sur la géographie, la démographie, l'administration et la culture de Skikda.

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Histoire et géographie de Skikda

L'article décrit la ville de Skikda en Algérie. Il présente brièvement sa localisation, son histoire depuis l'époque phénicienne, son économie et son patrimoine. L'article contient de nombreuses informations sur la géographie, la démographie, l'administration et la culture de Skikda.

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Skikda

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Skikda
(ar) ‫سكيكدة‬

Plage prés de Skikda

Noms

Nom arabe
‫سكيكدة‬
Nom berbère
ⵙⴽⵉⴽⴷⴰ

Administration

Pays
 Algérie
Wilaya
Skikda
Daïra
Skikda1
Chef-lieu
Skikda
Code ONS
2101

Démographie

Gentilé
Skikdis
Population
163 618 hab. (2008 ) 2

Densité 3 147 hab./km2

Géographie

Coordonnées
36° 52′ 00″ nord, 6° 54′ 00″ est

00−75 m
Altitude
Min. 0 m
Max. 300 m
Superficie
52 km2

Divers

Saint patron
Sidi Ahmed, Sidi Ali Al-Adib, Bouyala,
Sainte-Digna
Fête patronale
15 mai
Budget
12 700 000 000 DA

Localisation

Localisation de la commune dans la Wilaya de Skikda

Géolocalisation sur la carte : Algérie


Skikda
 Voir sur la carte administrative d'Algérie
 Voir sur la carte topographique d'Algérie

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Skikda (/[Link]/ Écouter) (en berbère: ⵙⴽⵉⴽⴷⴰ, en arabe : ‫)سكيكدة‬,


anciennement appelée Rusicada à l'époque phénicienne et
romaine, Philippeville lors de la colonisation française, est une commune
algérienne située en bordure de la mer Méditerranée, à 471 km à l'est d'Alger,
dans la wilaya de Skikda. Elle est le chef-lieu éponyme de la wilaya de
Skikda et de la daïra de Skikda.
La population de la commune de Skikda s'élève, au dernier recensement de
2016 à 320 000 habitants pour l'ensemble de l'agglomération.

Sommaire

 1Géographie
o 1.1Situation
o 1.2Relief et hydrographie
 2Transports
 3Toponymie
 4Histoire
o 4.1Origine de la population
o 4.2Préhistoire
o 4.3Antiquité
o 4.4Moyen Âge et période arabo-musulmane
o 4.5La période coloniale
o 4.6La Seconde Guerre mondiale
o 4.7La guerre d'indépendance
o 4.8Depuis l'indépendance
 5Administration
o 5.1Jumelages
 6Économie
 7Sports
 8Culture
o 8.1Patrimoine
 8.1.1Patrimoine Préhistorique
 8.1.2Patrimoine antique
 8.1.3Patrimoine moderne
 9Personnalités liées à Skikda
 10Notes et références
o 10.1Notes
o 10.2Bibliographie
 11Voir aussi
o 11.1Articles connexes
o 11.2Liens externes

Géographie[modifier | modifier le code]
Situation[modifier | modifier le code]

Environs de Skikda

Skikda est située à 345 km à l'est de la capitale Alger, à 105 km à l'est


de Jijel, à 65 km au nord-est de Constantine et à 72 km à l'ouest d'AnnabaNote 1.
La commune de Skikda est située au nord de la wilaya de Skikda, sur le
littoral maritime. Elle est bordée au nord par la mer Méditerranée et est
attenante aux communes de Filfila (à l'est), d'El Hadaiek et Hamadi
Krouma (au sud) et de Aïn Zouit (à l'ouest et au sud-ouest).

Communes limitrophes de Skikda

Mer Méditerranée

Aïn
Filfila
Zouit

El
Hadaiek  • Hamadi
Krouma

La commune couvre une superficie de 5 200 hectares3. Les coordonnées


géographiques de la commune au point central de son chef-lieu valent
respectivement 36° 52′ 00″ Nord et 6° 54′ 00″ Est.
Relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

Grande vallée de Skikda.

La région de Skikda, de part et d'autre de la vallée du Saf-Saf, jusqu'à Ain


Bouziane, est localisée entre la presqu'île de Collo, dont le cap Bougaroun à
l'ouest, la plaine de Guerbes, le cap de Fer et le massif de l'Edough à l'est,la
chaîne numidique (prolongement des Babors), dont le djebel Sidi Driss, le col
du Contour et la chaîne de Zerdeza, au sud, et enfin, le golfe de Numidia au
Nord. Outre les dépressions de Saf-Saf, la plus importante, et celles de
Tamalous et Azzaba, la wilaya de Skikda est une région montagneuse où
l'altitude moyenne est de 300 m, avec, cependant, des pics dépassant les
1 000 m (djebel El Goufi, au-dessus de Collo, et djebel Sidi Driss, au-dessus
de Oum Toub). Elle fait partie de l'Atlas tellien qui, à partir de l'Algérois vers
l'Est du pays, se scinde en deux chaînes montagneuses parallèlement à la
côte méditerranéenne : le bourrelet liminaire ancien du littoral et la chaîne du
tertiaire, plus au sud, représentant la chaîne numidique qui prend naissance à
Mila, à l'ouest (djebel M'cid Aïcha) et traverse la région de Guelma (djebel
Maouna), après avoir servi de rempart entre les wilayas de Skikda
et Constantine4.

Grotte à Skikda

Par ailleurs, l'étude géologique du sous-sol de cette région fait ressortir cinq
types de structures lithologiques: un soubassement primaire du pré-permien
constituant le bourrelet liminaire ancien de la presqu'île de Collo; des sables
ferrugineux (rouges) de l'ère secondaire (Ben M'hidi, Ain Righa…) une
couverture gréso-argileuse modérément plissée du Numidien de l'ère tertiaire
(El Goufi, Sidi Driss et toute la chaîne numidique) des terrains éruptifs ou
volcaniques récents du tertiaire et du quaternaire (Bougarouni, Filfila, Cap de
Fer, Chetaïbi…)5 et, enfin, des terrains très récents de plaines alluviales du
Saf-Saf, Zeramna, oued El Guebli, dans la dépression de Tamalous et oued
El Kébir, dans la plaine de Guerbés. Du point de vue climatique, la région de
Skikda est dominée par un climat dit de type méditerranéen caractérisé par
un hiver doux et pluvieux et un été sec et chaud6. Les précipitations
moyennes annuelles enregistrées varient entre 800 et 1 200 mm de pluies, ce
qui permet le développement d'une couverture végétale abondante se
traduisant sur le terrain par la densité des forêts de chênes lièges et la
biodiversité importante qui caractérise les écosystèmes terrestre, marin et
d'eau douce (rivières, lacs…). Cette abondance de pluie explique également
le vaste réseau hydrographique constitué par les cours d'eau permanents et
alimente les réserves en eau souterraine sous forme de nappes phréatiques7.

Transports[modifier | modifier le code]

Une télécabine du téléphérique de Skikda.

La ville dispose d'un important port commercial autonome assurant entre


autres des liaisons maritimes régulières de transport de voyageurs
avec Marseille, et irrégulières avec Nice et Barcelone. Divers projets de
liaisons maritimes de transports de voyageurs entre Skikda et Rome ou avec
les villes côtières voisines d'Annaba et Béjaïa ont été évoqués mais tardent à
voir le jour pour des raisons de rendement économique.
En plus du port principal situé quasiment en plein centre-ville, la ville dispose
d'un terminal pétrolier ainsi que d'un port de pêche (ce dernier est sis à
Stora). Elle est également dotée d'une gare ferroviaire située près du port
commercial où abutissent les liaisons ferroviaires avec l'hinterland. La ville
disposait également d'un aérodrome mais ce dernier a été fermé à
la navigation aérienne pour des raisons de sécurité industrielle, puisque les
pistes se trouvaient au sein de la gigantesque zone pétrochimique.
En septembre 2008, la ville de Skikda s'est dotée d'un téléphérique reliant la
cité Bouabaz à la cité Bouyala.
La ville dispose d'un réseau de transport routier (bus et taxi) dynamique qui
relie les principales cités, communes et les villes algériennes.

Toponymie[modifier | modifier le code]
Le nom de la commune dérive de Rusicada, ancien nom phénicien de la ville8.
Skikda est également le nom de l'un des principaux promontoires de la ville
donnant directement sur la mer. Rusicada, forme latinisée du toponyme
punique de l'antique ville lieu choisi jadis par les Phéniciens pour y allumer un
feu permanent destiné à guider leurs navires dans le golfe de Numidie (Sinus
Numidicus), d'où l'appellation Rûs Ucadh (littéralement « le cap du feu » et,
par extension sémantique, « le phare »).
Une autre hypothèse laisse penser que le nom est composé de Rus et
de sicade et signifierait « le cap des sauterelles ». Cette dénomination basée
sur un nom sémitique composé de Rus a probablement servi de base au nom
latinisé Rusicade.
L'idée du phare est profondément ancrée dans l'inconscient collectif de la ville
côtière.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Origine de la population[modifier | modifier le code]


La population de la ville de Skikda et de sa région littorale est d'origine très
diversifiée sur son substrat berbère, même si elle reprenait jusqu'à l'époque
contemporaine les structures de l'organisation clanique villageoises des
populations d'Afrique du Nord.
On sait très peu de chose sur le peuplement de la ville après sa destruction
subite au VI  siècle de l'ère chrétienne mais des sources arabes du Moyen
e

Âge et notamment les géographes El-Bakri et El-Idrissi, attestent de


l'occupation du port de Stora aux XI  et XII  siècles. L'historien Ibn
e e

Khaldoun l'évoque au XIV  siècle en la désignant sous le nom de Sikda et un


e

siècle plus tard, Hassan Al-Wazzani, plus connu sous le nom de Léon
l'Africain la décrit comme Sukaykida en précisant qu'elle était réservée au
négociants de la République de Gênes.
La région est dominée par des tribus berbères, issues des restes des
anciennes populations numides, puniques puis des diverses
strates romanisées avant l'arrivée des populations vandales au Vème diècle
(Presqu'île de Collo jusqu'aux Toumiettes) mais aussi de tribus arabes au
Xième siècle, dont la structure a permis l'absorption d'autres éléments venus
d'Afrique noire, des îles méditerranéennes.
Selon une théorie émise par Émile Masqueray, Il aurait existé également
dans la région de Skikda un foyer de peuplement celtique autour de l'antique
ville de Celtianis près de Beni Oulbane9. Les souches originelles de ce qui
allait composer actuellement la population de Skikda et sa région, et à travers
notamment des rapports d'enquêtes et de chroniques que Laurent-Charles
Féraud avait réalisés pour l'armée coloniale française et publiés dans
le no 110 de la Revue africaine, en 1875.
Dans la région de Skikda (le sahel de Skikda ou de Phillipeville comptait donc
à cette époque à peu près dans le massif de Phillipeville 5 360 arabes pour
14 820 berbères10 (page 450 [archive]), ainsi selon l'étude française officielle en
question (Recherches sur les tribus de l'Afrique septentrionale plus
particulièrement de l'Algérie)10.
Les tribus arabes ethniques en 1851 selon le capitaine et scientifique Ernest
Carette à Skikda11 :

 Beni Ouelban
 Eulma
 Ouichaouia du Filfila
 Redjeta
o Tribus indécise :
 selon Carette et Ibn Khaldoun une fraction des Banu Mehena sont
arabes ;
 Oulad djebara considérés comme arabes mais sûrement berbères
(Ernest Carette)
Les tribus berbères ethniques en 1851 selon le capitaine et scientifique E.
Carette à Skikda12:

 Medjàdja
 Banu Mehena (plusieurs fractions kabyles mêlées avec des arabes)
o Hichaoua
o Tâabna
o Zerdeza
o El-Arouch
o Elma
o Beni-Salah
o Medjasda
o Merdjia
o Haddada
o Chekatktat
o Ouled-Oudina
o Ouled-Nouar
o Hadjadjemïa
o Demenia
o Ouled-Mazouni
o Ouled-Ah'med
o Beni-Djalama
o Msabah
o Zerdera
 Tehabena
 Zeramna ou jeramna tribu d'origine arabe13
 Oulad Atia (selon Ibn Khaldoun ils serrai une branche des Hilal)14
 Oulad el-Hadj
 Achéch
 Banu Ishak
 Banu Salah
 Oulad Aisha
 Oulad Atia (Colo) ideme14
 Beni Fergan
 Beni Merwan
 Slais
 Mchat
Cette liste ne saurait être exhaustive, notamment en raison des différentes
expropriations, du démantèlement de l'organisation tribale, des
recompositions sociales introduites au sein des populations autochtones,
ainsi que de l'exil et l'expatriement de pans entiers de la société qui ont suivi
les différentes périodes d'occupation qu'a connues Skikda, d'autant plus que
le recoupement des témoignages consignés dans les différents rapports des
chroniqueurs se font par voie orale. Par ailleurs, relativement à d'autres
sources, en sa qualité de région du nord constantinois, Skikda appartient à
l'extrémité de ce que des géographes, tels que Paul Vidal de La Blache, Jean
Despois et René Raynal15 appellent la Kabylie orientale. ].
Préhistoire[modifier | modifier le code]
Cette période sur laquelle on connaît très peu de choses se compose de deux
âges : la préhistoire et la protohistoire. Le premier âge se traduit par
l'existence d'un ensemble de vestiges qui ont été recensés dans les localités
de Tamalous et de Kerkera, dans la zone ouest du bas massif, ainsi qu'à
Souk Lihoud, près de Bounaghra, dans la presqu'île de Collo. Ces vestiges
sont représentés par des monuments mégalithiques importants. Il s'agit, en
l'occurrence, de dolmens, monuments datant de l'ère néolithique (20 000 ans
av. J.-C.). On y trouve également des grottes anciennes. Quant au second
âge, la protohistoire, qui représente en fait l'aube ou le début de l'ère
historique, elle a été décrite par le célèbre historien français Stéphane
Gsell (1864-1932) qui lie cette période à une peuplade qui avait élu domicile
dans cette région et que des sources latines auxquelles il a été fait référence
appelaient les Gutuma. II s'agit en fait des Kutama, une tribu berbère dont les
limites territoriales occupaient, selon le sociologue et historien arabe
maghrébin Ibn Khaldoun, l'axe Béjaïa, Annaba et Baghaï, dans les Aurès.
Antiquité[modifier | modifier le code]
Statue de Philippeville 1893

Skikda entre 1860 et 1900.

Période phénicienne
Ancien comptoir phénicien fondé durant l'extension de la civilisation des
Phéniciens au-delà de leurs frontières originelles. Sa création se situe à
l'arrivée de ces derniers sur les côtes de l'océan Atlantique vers 2 000 ans av.
J.-C.
Entre les XII  et XI  siècles avant notre ère, virent le jour les comptoirs de
e e

Rusucade (Skikda), Chullu (Collo), Tsaf-Tsaf et Astora (Stora), tous quatre


faisant partie de l'actuelle wilaya de Skikda. Le comptoir de Tsaf-Tsaf fut érigé
à proximité de l'ancienne embouchure de l'actuel Oued Zeramna, non loin de
l'actuelle gare ferroviaire et de la place du 1er novembre, au pied de cet autre
comptoir qu'est Rusucade, appellation phénicienne composée de deux mots
« Rus » désignant le cap, et « Ucade » (prononcé Oucade) signifiant feu, le
tout donnant ainsi une traduction littérale de « cap du feu ».
Cette signification étymologique se retrouve également dans deux autres
villes côtières auxquelles les Phéniciens donnèrent les noms de Rusazir
(Azzeffoun) et Rusuccum (Dellys). Les phares n'existant pas encore, le
premier ayant été édifié par les Grecs d'Alexandrie, en Égypte, sur l'Île de
Pharos sous le règne de Ptolémée II Philadelphe au III  siècle avant notre ère,
e

les Phéniciens allumaient chaque soir un brasier sur le promontoire de


Rusucade afin de diriger vers Astora les navires venant de l'Est. II faut dire
que de par sa position altitudinale avantageuse car plus élevée que les autres
promontoires environnants, Rusucade était l'emplacement idéal pour accueillir
le phare.
D'ailleurs, à ce propos, notons qu'en berbère "Askad" désigne le belvédère et
Skikda signifierait donc le belvédère d'où l'on peut admirer la beauté de la
baie de Stora. Pour sa part, Tsaf-Tsaf désigne également le nom de l'antique
Zeramna. Tout cours d'eau bordé de saules est appelé par les Phéniciens
Tsaf-Tsaf (Saf-Saf en arabe). À cette époque (antiquité), beaucoup plus loin
en amont, et la plaine alluviale actuelle située entre Merdj Eddib et Ben M'hidi
n'existait pas encore, un lagon ainsi que d'immenses marécages que finira
par combler la rivière venant des Zerdezas en représentaient le paysage
originel.
En outre, à 3 km à l'ouest de Rusucade est localisé le comptoir de Astora
dont le mot tire son origine de la racine sémitique « STR » qui signifie
« protéger ». Astora désigne également la déesse phénicienne de l'amour et
de la beauté, déesse considérée par la même occasion protectrice des
navigateurs. Il est, par ailleurs, à signaler que le trait particulier de Astora, qui
est aussi un golfe montrant donc une eau toujours calme, renforce la
croyance des navigateurs sur le caractère protecteur de Astora, car les
protégeant, ainsi que le port, des vents violents de direction nord-ouest
soufflant sur la région.
Rusucade connut un développement important sur tous les plans à telle
enseigne qu'il devint le centre névralgique des activités commerciales autour
duquel perlaient notamment Chullu et Tsaf-Tsaf. Actuellement, il ne reste plus
de cette grande ville phénicienne que quelques vestiges funéraires localisés
sur les hauteurs de Stora, à travers les nécropoles de Stora, le djebel de
Skikda, antique Rusucade, à proximité du siège de la wilaya, dans un site
dominant le golfe.
Durant cette phase d'occupation de Rusucade, les Phéniciens introduisirent
l'usage du bronze et du fer ainsi que celui de leurs nombres et de leur
alphabet. Ils enseignèrent également aux autochtones de meilleurs procédés
de culture de la vigne et leur apprirent à greffer l'oléastre pour donner l'olivier.
Période numide
En 202 av. J.-C., l'armée du général carthaginois Hannibal est vaincue lors de
la bataille de Zama (Tunisie actuelle) dans de violents affrontements qui l'ont
opposé à l'alliance scellée entre les Romains dirigés par Scipion l'Africain et
la cavalerie numide menée par le chef des Numides Massyles, Massinissa.
Tsaf-Tsaf, que les Romains transcrivent Thapsa ou Thapsus, ainsi qu'Astora
et Rusucade font partie du royaume numide gouverné par Massinissa et qui
s'étend de Vaga (Béja en Tunisie) à la Mulucha (actuelle Moulouya), rivière
frontalière avec la Maurétanie turgitane (le Maroc actuel). La capitale de ce
royaume est Cirta, qu'on prononce Qurta (quourta), mot
d'origine punique signifiant la ville.
Durant cette période, Rusucade connut un niveau de développement des plus
importants. À cet effet, elle contribua de façon notable à la promotion et
l'amélioration des relations commerciales avec le siège principal des
Romains, à savoir la grande ville de Rome. Cette coopération bilatérale
permit à Cirta de devenir le point nodal de la production agricole qui a atteint
un degré d'évolution tel que la capitale du royaume numide constitua pour les
Romains le principal centre d'approvisionnement en viandes, huiles, olives et
autres denrées alimentaires pour toutes leurs colonies et leur territoire situes
à l'intérieur des plaines. Cependant, malgré cette embellie commerciale, la
période numide fut caractérisée par une faiblesse clans le réseau routier,
problème d'ailleurs que les Romains rencontrèrent lors de
l'approvisionnement de leurs colonies situées à l'intérieur des terres qui
étaient desservies par de simples chemins de terre non aménagés à travers
monts et collines. C'est ce qui poussa les Romains, lors de leur occupation, à
développer tout un réseau de maillages routiers, notamment à Rusucade.
Seulement, cette coopération numidoromaine est loin d'être un havre de paix,
car les intentions belliqueuses des Romains commencèrent à poindre à
l'horizon, notamment après la destruction de Carthage en 146 av. J.-C., qui vit
les Romains s'intéresser de près au royaume numide afin d'empêcher et de
mettre un terme à l'expansion et l'essor de ce dernier.

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