CHAPITRE VII 672&.
$*('¶e1(5*,(6
PARTIE 1 7HFKQRORJLHVGHVWRFNDJHGHO¶pQHUJLH
I. Définition eWJpQpUDOLWpVVXUOHVWRFNDJHG¶énergie
Le stRFNDJH G¶pQHUJLH GpSHQG GX W\SH G¶pQHUJLH /HV pQHUJLHV IRVVLOHV © FKDUERQ JD]
et pétrole » sont stockées naturellement dans des réservoirs « des nappes », une fois extraites,
elles peuvent facilement être transformées ou transportées d un point de vue technique [1].
Le stockage pour les énergies intermittentes concerne principalement le stockage
de l'électricité et celui de la chaleur. Il s avère plus complexe « nécessite des systèmes
spécifiques », à cause de la dépendance de leur production à des vecteurs énergétiques tels
que l électricité, la chaleur ou l hydrogène. Cependant, l'électricité est généralement
transformée « en énergie mécanique, thermique ou chimique » pour être stocké.
Contrairement, le stockage de la chaleur est généralement effectué sous sa forme originale [2].
Le but principal du stockage d énergies est de faire un équilibre entre la demande
et la production d électricités « il permet l adaptation dans le temps entre l offre et la demande
en énergie », cet équilibre est nécessaire au fonctionnement des réseaux électriques.
Ces réseaux sont conçus pour résister à un certain nombre d aléas climatiques, pertes
d ouvrages pour la production, «etc [3].
L'un des inconvénients majeurs des énergies renouvelables en général est son intermittence
due au caractère intermittent du vent, du soleil ou de la géothermie. C'est pourquoi
les systèmes de stockage auront un rôle important dans le développement de ces énergies dans
la venir.
L'électricité produite, par les panneaux solaires ou les éoliennes, dans les périodes de faible
consommation ou de surproduction peut être stockée pour être restituée ensuite pendant
les périodes où la production ne couvre pas la demande « production faible ou demande forte
».
La nature du stockage est multiple et fonction du temps de décharge, de la puissance
et de la durée requises. Le stockage peut être :
- à usage fixe ou centralisé : on parle stockage stationnaire
- à usage mobile : il est alors qualifié d embarqué « moyens de transport, appareils
électroniques, «etc. ».
On différencie aussi le stockage en fonction de sa capacité « quantité de charge électrique
disponible » :
- Le stockage est dit de faible capacité lorsque celle-ci est de l'ordre du kWh,
- Le forte capacité si elle est supérieure à 10 MWh. Dans ce cas, on parle de stockage massif
de l'énergie.
II. Stockage de l'électricité
À ce jour, le stockage direct de l'énergie électrique est actuellement limité et coûteux. Certains
systèmes permettent de stocker directement l énergie sous forme électrique. Il s agit
principalement des grands condensateurs ou des super condensateurs [4]. Cette difficulté
de stockage ne pas permettre d envisager exploitation du stockage direct à grande échelle.
Au contraire, le stockage indirect de l énergie électrique représente la part de lion des
capacités de stockage massif d'énergie installées dans le monde. Ce stockage de l'électricité
vise à répondre à quatre problématiques principales :
88
- La récupération de la production d'énergie excédentaire par rapport à la demande
du moment.
- La fourniture d'énergie pour compenser l'insuffisance due au caractère intermittent de l'offre.
- a fourniture d'énergie pour alimenter un pic de demande occasionnel
- La fourniture d'énergie en cas de défaillance du système électrique ou de mauvaise qualité
du réseau local.
II.1. Stockage direct de l électricité
Le stockage direct de l électricité est réussi par l utilisation de grands condensateurs
« composants électriques constitués de deux armatures conductrices stockant des charges
électriques opposées », dont la capacité se mesure à l échelle du microfarad, qui ont des
capacités de stockage limitées et dont les coûts sont plus ou moins élevés.
Une autre piste du stockage direct de l électricité est le stockage par les super condensateurs
« des condensateurs fabriqués à base des matériaux supraconducteurs » [5]. Cependant,
ceux-FL © OHV VXSUDFRQGXFWHXUV ª UHTXLqUHQW GHV WHPSpUDWXUHV G¶XWLOLVDWLRQV SURFKHV GX ]pUR
absolu « - 273°C » dont le maintien est techniquement aussi difficile que coûteux. Mais, les
VXSHU FRQGHQVDWHXUV LQWHUYLHQQHQW SOXW{W HQ SXLVVDQFH TX¶HQ pQHUJLH © FDSDEOHV GH GpOLYUHU
une forte puissance pendant un temps très court ». Ils peuvent donc représenter un
complément intéressant des batteries. La combinaison batterie/super condensateur peut
s avérer particulièrement efficace dans le cas des véhicules hybrides [6].
II.2. Stockage indirect de l électricité
Hormis dans les condensateurs ou super condensateurs, l électricité ne se stocke pas
directement. Il est donc nécessaire de convertir l électricité en une autre énergie qu4en peut
la maitrisée. Les différents modes de stockage sont classés en fonction des énergies primaires
de conversion.
II. 2.1. Mode de stockage mécanique
Ce mode de stockage d4électricités englobe tous les W\SHV GH VWRFNDJH G¶pQHUJLH j JUDQGH
échelle que ce soit potentielle ou cinétique.
A- Stations de transfert d'énergie par pompage « STEP »
Ce système de stockage repose sur le principe de l'énergie gravitaire « énergie hydraulique
donc aux barrages ». Il V DJLW GH OD VROXWLRQ OD SOXV HPSOR\pH SRXU VWRFNHU O¶pQHUJLH GHV
centrales électriques et il permet de stocker de grandes quantités d'énergie électrique, il utilise
deux bassins à des altitudes différentes [7]. Le surplus d'électricité du réseau est utilisé pour
pomper l'eau du bassin inférieur dans le bassin supérieur. Dans le cas, de déficit de production
électrique, l'eau pompée dans le bassin supérieur fait tourner une turbine par gravité et restitue
l'énergie accumulée.
Avec un rendement pouvant atteindre plus de 80%, ce type de stockage représente près
de 99 % des capacités de stockage massif d'énergie installées dans le monde à fin 2011,
avec une capacité totale d'environ 140 GW assurée par presque 400 STEP [8]. Cependant,
les études prospectives prévoient que la capacité mondiale des STEP devrait être de l ordre
GH*:jO¶KRUL]RQ
89
La centrale STEP de l'île d'El Hierro « Canaries, Espagne » représente un meilleur exemple
de cette technique, elle permet d'assurer l'autonomie électrique de l'île et d'éviter l'importation
de 6000 tonnes de pétrole par an. La centrale est constituée de 5 éoliennes « 11,2 MW »,
de deux bassins bassin inferieur de 50 000 m3 et bassin supérieur 700 mètres plus haut
de 550 000 m3 » de turbines hydrauliques « 11,3 MW » pour le pompage et le turbinage [9].
Les éoliennes et les turbines peuvent produire de l'électricité simultanément pour gérer les
pics de consommation.
B- Stations de stockage par air comprimé « Compressed Air Energy Storage CAES »
Les stations de stockage par air comprimé sont conçu, tous simplement, pour stocker de l¶air
comprimé « sous forme de pression dans des cavités souterraines au lieu du pompage
de l'eau », grâce à un compresseur, en heure creuse. Cet air est libéré pour faire tourner
des turbines qui produisent de l électricité, pour le délivrer en heure de pointe.
$XMRXUG¶KXL GHX[ LQVWDOODWLRQV OLpHV j GHV FDYLWpV VDOLQHV VRQW HQ IRQFWLRQQHPHQW
une à Huntorf « Allemagne » de 290 MW fonctionne depuis 1978 et la seconde à McIntosh
en Alabama « Etats-Unis » de 110 MW fonctionne depuis 1991 [10].
Le rendement des CAES est malheureusement réduit « inférieur à 50% » car la chaleur
des gaz post-compression est perdue. Afin d en améliorer la performance, des systèmes
de stockage thermique sont en cours de développement afin de récupérer la chaleur « stockage
adiabatique» [11].
C- CAES adiabatiques avancées AA-CAES « Advanced Adiabatic CAES »
Le système CAES adiabatique a été étudié à Université technique de Clausthal en Allemagne,
dont le principe est d éviter la perte de chaleur, mais il n'existe pas un réservoir capable
de supporter à la fois une forte pression et une forte température, cependant, ce système n est
jamais expérimenté.
Le principe du AA-CAES reprend cette idée, mais propose deux réservoirs, un réservoir
permettant de stocker l air comprimé « semblable aux réservoirs des CAES conventionnels »
et d un système de stockage thermique récupérant la chaleur de l air comprimé. En phase
GH GpVWRFNDJH FHWWH FKDOHXU HVW UHVWLWXpH j O¶DLr comprimé avant le passage dans la turbine.
Les CAES adiabatiques avancées atteignent grâce à ce système une efficacité de l ordre
de 70% [12].
Les stations AA-CAES nécessitent encore un effort de recherche pour diminuer les coûts
du stockage thermique. La plus grande station CAES dans le monde est en construction
à Ohio « Etats-Unis », de puissance 0.8 à 2,7 GW avec 16h de stockage et une pression
GHO¶RUGUHGHjEDUVHWXQUpVHUYRLU©XQHFDYLWpGXQPLQpHGHFDOFDLUHªGHSURIRQGHXU
de 670 m [13].
Note : un processus est dit adiabatique lorsque les deux systèmes qui le composent
n'échangent pas de chaleur entre eux.
Chiffres clés :
- Puissance : 10 à 300 MW ;
- Production annuelle : de 10 MWh à 10 GWh ;
- Temps de réponse (temps nécessaire pour faire passer le système d un état de stockage
sans décharge à une décharge à pleine puissance) : quelques minutes ;
- Efficacité : ~50 % pour les systèmes conventionnels, ~70 % pour les adiabatiques et ~95%
pour les isothermes (pour le système détendeur / compresseur);
- Durée de vie : potentiellement supérieure à 30 ans ;
90
Zone d'utilisation :
Il existe actuellement dans le monde quelques CAES, en production. Citons [14]:
- Huntorf en Allemagne : 290 MW en 1979, utilisant une mine de sel, 3h de stockage ;
- Alabama au USA : 110 MW en 1991, utilisant une mine de sel, 26h de stockage ;
- Hokkaido au Japon : 2 MW en 2001, utilisant une mine de charbon, 4h de stockage;
- New Hampshire au USA : 1 MW en 2011 en surface, 4h de stockage ;
- Hydrostor au Canada : 1 MW en 2013 en sous-marin, 4h de stockage ;
- Texas au USA : 2 MW en 2014, utilisant une mine de sel, 16h de stockage ;
En construction citons :
- ADELE en Allemagne : 90 MW prévus en 2018, utilisant une mine de sel, 4h de stockage ;
- Californie au USA : 300 MW prévus en 2021, utilisant une mine de sel, 10h de stockage ;
- Ohio aux USA : 2 700 MW, utilisant une mine de calcaire 16h de stockage.
D- 9RODQWVG¶LQHUWLH
Les volants inertiels sont longtemps utilisés pour la régulation des machines à vapeur.
AXMRXUG¶KXL OHXU SULQFLSH SHUPHW GH VWRFNHU O
pQHUJLH VRXV IRUPH GH URWDWLRQ PpFDQLTXH
/¶pOHFWULFLWpIDLWWRXUQHUDWUqVJUDQGHYLWHVVHXQHPDVVHDXWRXUGXQD[HF\OLQGULTXHGDQVXQ
FDLVVRQ LVROp TXL SHUPHW GH FRQYHUWLU O¶pQHUJLH plectrique « dans le cas de surplus
de production » en une énergie cinétique. Cette énergie cinétique conservée peut être ensuite
UpFXSpUpHVRXVIRUPHG¶pOHFWULFLWpJUkFHjXQDOWHUQDWHXU©SULQFLSHGHODG\QDPRª[15].
II. 2.2. Mode de stockage chimique
Le SULQFLSH GH FH PRGH GH VWRFNDJH G¶pOHFWULFLWpV UHSRVH VXU OD FRQYHUVLRQ GH O
pQHUJLH
chimique en énergie électrique, concerne principalement les batteries et le vecteur hydrogène.
A- Batteries
Le stockage d électricité s effectue grâce à des réactions électrochimiques qui consistent
à faire circuler des ions et des électrons entre deux électrodes. Les composants chimiques
peuvent être différents d une technologie à une autre, créant ainsi une grande variété
de batteries [16].
Batteries à flux
Ces batteries sont des batteries rechargeables, permettent le stockage des couples
électrochimiques électrolytes » à l extérieur de la cellule de réaction, dans des réservoirs
séparés par une membrane, à l'état liquide. Les électrolytes circulent à travers une cellule
d'échange d'ions. On trouve différentes technologies des batteries à flux.
- Technologie redox réduction-oxydation « technologie conventionnelle NASA en 1976 »
[17].
- Technologie Hybride
- Technologie sans-membrane
- Technologie organique
- Technologie à nanoréseaux
- Densité énergétique
91