TROPICULTURA, 2002, 20, 1, 23-28
Effets des mesures prophylactiques sur la productivité
de la pintade locale (Numida meleagris) en zone sub-
humide du Burkina Faso
O.C.Hien1, H. Boly2, J.P. Brillard3, B. Diarra2 & L. Sawadogo4,
Keywords: Guinea fowl – Productivity – Mortality – Body weigth – Laying
Résumé Summary
Dans ce travail, nous avons étudié les effets des Effects of Preventive Medical Treatments on the
mesures prophylactiques sur la croissance et la ponte Productivity of Local Guinea-Fowl (Numida melea-
de pintades locales élevées sous photopériode natu- gris) in the Sub-Humid Region of Burkina Faso
relle en zone sub-humide du Burkina Faso. Deux
A study to measure the efficiency of preventive med-
groupes de 200 pintadeaux âgés d’un jour (T1 et T2)
ical treatments on subsequent reproductive perform-
ont été placés dans des conditions contrôlées d’habi-
ances of local guinea fowl kept under natural pho-
tat, d’hygiène, d’alimentation et de température. T1
toperiod in the sub-humid region of Burkina Faso has
n’a reçu aucun traitement médical préventif tandis que
been conducted. Two groups of 200 day-old guinea
T2, vacciné contre la maladie de Newcastle, a aussi
chicks each (T1 and T2) have been maintained under
reçu un traitement préventif anti-coccidiose et anti-tri-
controlled conditions of feed, water allowance and
chomonose. La mortalité en T2 est apparue significa-
more generally habitat (ex: temperature). T1 received
tivement plus basse qu’en T1 (21% vs 43%; P < 0,05).
no preventive medical treatment while Group T2 was
Dans les deux groupes, le taux de survie des pinta-
vaccinated against Newcastle disease, and supple-
deaux ayant un poids à la naissance < 25 g est
mented with a coccidiostatic and a trichomonacid.
apparu faible (26% en T1 et 28% en T2). Dans cha-
Percent mortality in T2 was significantly lower than in
que sexe, les poids vifs des deux groupes sont restés
T1: 21% vs 43% (P < 0.05). In both groups, the liv-
comparables jusqu’à 60 semaines (P < 0,05). Les
ability of chicks with hatching body weights < 25 g at
taux de ponte saisonniers (de mai à octobre) ont mon-
birth was very low (26% and 28% survival in T1 and
tré une différence significative entre T2 et T1 (19 vs
T2, respectively). No significant differences were
13%, respectivement; p < 0,05), l’âge de ponte du
observed for body weights between the two groups at
premier œuf étant lui-même plus précoce en T2
60 weeks of age irrespective of the sex (P < 0.05 in
(219 j) qu’en T1 (255 j). De manière générale, les
both cases). A comparison of laying rates observed
poids d’œufs ont été plus lourds en T2 qu’en T1 (ex:
during the entire laying period (May to October) indi-
40,1 ± 3,0 g en T2 vs 38,0 ± 1,7 en T1 à 52 semaines
cated a significant difference between T2 and T1 (19
d’âge).
vs 13%, respectively; P < 0.05). The onset of lay was
Nos résultats confirment les observations des éle- observed at 219 days in T2 but only at 255 days in T1.
veurs locaux selon lesquelles les performances A general tendency for heavier egg weights in T2 than
totales de reproduction des pintades au Burkina Faso in T1 was also observed (ex: 40.1 + 3.0 g in T2 vs
sont très faibles. La prévention des maladies par un 38.0 + 1.7 g in T1 at 52 weeks of age, respectively).
plan de prophylaxie améliore les taux de ponte et le
Our results confirm observations by farmers that the
poids des œufs tandis que la mortalité baisse signifi-
overall reproductive performances of guinea fowl in
cativement dans les troupeaux. L’amélioration du
Burkina Faso is generally very low. The prevention of
poids vif et du taux de ponte par une alimentation adé-
diseases by a preventive programme improves laying
quate associée à des traitements préventifs et, peut-
rates and egg weights while significantly decreasing
être aussi, à une sélection réfléchie des reproducteurs
mortality in breeder flocks. The improvement of the
serait d’un intérêt majeur dans cette partie d’Afrique.
average body weight and the laying rate over the sea-
son by improved feed, preventive treatments and,
possibly, genetic selection of breeder flocks would be
of major interest in this geographic portion of Africa.
1IN.E.R.A./Farakoba B.P. 910 Bobo-Dioulasso, E-mail: [Link]@[Link] (auteur pour la correspondance)
2Département Élevage, IDR, Université polytechnique de Bobo-Dioulasso 01 BP 1091 Bobo-Dioulasso 01 Burkina Faso
3Station de Recherches Avicoles, Centre de Tours 37380 Nouzilly, France
4Laboratoire de Physiologie Animale, STV/UO 03 B.P. 7021 Ouagadougou, Burkina Faso
Reçu le 04.05.01. et accepté pour publication le 27.11.01.
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Introduction La densité au sol est donc de 8,33 par m2 (normes
L’élevage de la pintade constitue avec celui du poulet habituelles en élevage intensif: 12 pintadeaux/m2). Un
les deux principales composantes de l’aviculture burki- matériel de chauffage constitué de lampes à pétrole et
nabé. Partout au Burkina Faso et dans presque toutes de la litière constituée de copeaux de bois de menuise-
les familles rurales, il existe un petit élevage dont l’ef- rie sont introduits dans chaque type d’élevage. Des
fectif ne dépasse généralement pas 50 têtes (12). Ce thermomètres à mercure ont servi au suivi de la tem-
type d’élevage intéresse 95 % de la population rurale et pérature ambiante des compartiments. La température
fournit 99 % des effectifs de volailles du pays (10). ambiante est maintenue par le chauffage à 35° ± 2°C
L’insuffisance de données sur les effectifs, comme sur pendant les trois premières semaines de vie puis rame-
les principaux paramètres de production (croissance née à 30 ± 2°C pendant les trois semaines suivantes.
pondérale, ponte, état sanitaire etc.) rend difficile dans Le chauffage des cellules est totalement supprimé à
les conditions actuelles l’évaluation précise de la pro- 6 semaines. A 16 semaines, les oiseaux ont été trans-
ductivité du secteur avicole burkinabé (3). Les pintades férés dans un grand poulailler et installés au hasard
au Burkina Faso représentent 16,2% du cheptel avicole dans des cages métalliques à raison de 4 pintades par
qui se chiffre à 20 millions de têtes (4). Selon Hien (7), cage de 0,5 m2 (normes habituelles en élevage inten-
le mode d’élevage pratiqué dans toutes les zones sif: 7,5 à 8 pintades par m2 (11)). A la maturité sexuelle,
rurales est le mode traditionnel, intégré aux systèmes les femelles ont été isolées des mâles. Le matériel de
agro-pastoraux; il s’agit d’un véritable élevage de pesée est une balance (METTLER PE 2000) de préci-
cueillette pratiqué en liberté totale autour des conces- sion 0,1 g. L’identification des oiseaux a été faite par
sions avec mélange des espèces et des âges. Un des bagues alaires.
ensemble de causes multifactorielles entraînent une Les animaux
mortalité importante des pintadeaux (2) qui représente Le matériel animal est composé de pintadeaux non
environ 70 p. cent du potentiel annuel des pintadeaux sexés âgés d’un jour. Ils ont été obtenus par incuba-
éclos (12). tion artificielle des œufs collectés dans des élevages
La présente étude a pour but de proposer quelques paysans situés dans le voisinage du site d’expérimen-
paramètres de production (mortalité, croissance pondé- tation. Le taux d’éclosion a été de 70%.
rale, ponte) des pintades locales soumises à des condi-
tions d’élevage contrôlées. Alimentation
Trois formules d’aliment différentes ont été distribuées
Matériel et méthodes en fonction des âges. Entre 0 et 12 semaines, les pin-
Matériel tadeaux ont reçu l’aliment poussin qui titrait 20,3% de
protéine et 2806 cal/kg MS, puis entre 3 et 6 mois, un
Site expérimental aliment poulette à 18,59% de protéine et 2700 cal/kg
L’étude a été conduite à Bobo-Dioulasso (lat. 11° 10’ N MS et enfin à partir de 7 mois, un aliment pondeuse à
et long. 4° 19’ W), ville située à l’Ouest du Burkina 18,01% de protéine et 2618 cal/kg MS.
Faso. Le climat est de type soudanien, caractérisé par
une saison sèche (novembre-avril) et une saison plu- Méthodes
vieuse (mai-octobre) dont la pluviométrie varie de 1000 Le groupe T1 était constitué de deux lots de 100 pinta-
à 1300 mm d’eau par an, la température de 20 à 33°C deaux placés dans des conditions d’élevage contrôlées
et l’humidité relative de 65 à 80%. (alimentation, hygiène, température) mais sans être
soumis à un plan de prophylaxie médicale. Le groupe
Habitat et matériel d’élevage T2, constitué de deux lots de 100 pintadeaux, a bénéfi-
L’étude a porté sur deux groupes d’élevage (T1 et T2) cié des mêmes conditions d’élevage que T1 et a été en
logés chacun dans une poussinière composée de 2 cel- plus soumis à un plan de prophylaxie médicale
lules. Chaque cellule a 12 m2 et abrite 100 pintadeaux. (Tableau 1).
Tableau 1
Programme de prophylaxie médicale des pintadeaux de T2
Âge Désignation Produits Posologie
1-4 j Anti-infectieux vitaminé Oxyfuran 45 0,5 g/l d’eau
3j Vaccin anti-Newcastle Hitchner B15
8-11 j Trichonomonacide Suldimeprim5 2 g/l d’eau
15-18 j Anti-coccidien Vétacox6 1 g/5l d’eau
20-23 j Anti-infectieux vitaminé Oxyfuran 45 0,5 g/l d’eau
21 j Vaccin anti-Newcastle Lasota5
45 j Trichonomonacide Vermifuge spécial pintade (VSP)5 _ comprimé
90 j Trichonomonacide Vermifuge spécial pintade (VSP)5 _ comprimé/tête
90-94 j Anti-stress Oxyfuran 45 1 g/l d’eau
92 j Vaccin anti-Newcastle Ita-New5 0,5 ml/tête
120 j Anti-parasitaire Vermifuge Polyvalent volailles (VPV)5 _ comprimé/tête
150 j Anti-coccidien Vétacox6 1 g/5l d’eau
180 j Anti-parasitaire Vermifuge Polyvalent volailles (VPV)5 _ comprimé/tête
5LAPROVET, 2 Chemin de la Milletière B.P. 2262, 37022 Tours Cedex-France
6SANOFI, La Baillastière, B.P. 126, 3350 Lisbourne Cedex-France
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Le suivi pondéral était individuel et hebdomadaire. faible quantité. Le taux de survie des pintadeaux
Les pintadeaux morts ont été autopsiés pour identifier ayant un poids < 25 g était de 28%. Septante pourcent
les micro-organismes et les parasites en cause. Des des pintadeaux morts de T2 se recrutaient dans cette
prélèvements de fèces ont été effectués hebdomadai- catégorie.
rement sur les différents lots de pintades vivantes Le tableau 2 présente les résultats d’analyses copro-
pour suivre le degré d’infestation parasitaire. L’étude a logiques effectuées périodiquement sur les deux
démarré le 15 octobre 1999 et s’est étalée sur 60 types d’élevage. On relève une omniprésence d’oo-
semaines. Les paramètres suivants ont été mesurés: kystes de coccidies sur les deux types d’élevages.
taux de mortalité par type d’élevage, évolution des Les trichomonas par contre ont été faiblement repré-
poids vifs moyens (PVM) par sexe, rendement car- sentés en T1 seulement durant les 24 premières
casse par sexe, taux de ponte moyen, évolution pon- semaines. De même, les ascaris ont été dans l’en-
dérale des œufs. Le dispositif statistique utilisé est le semble très faiblement observés.
Bloc Fisher. Les données recueillies ont été soumises
à une analyse de variance selon la procédure ANOVA
du logiciel SAS. La comparaison des moyennes a été Croissance pondérale
faite selon le test de DUNCAN au seuil de 5%. La figure 1 présente l’évolution pondérale des pin-
tades par traitement et par sexe. Dans un même trai-
tement, les femelles présentent une meilleure évolu-
Résultats tion pondérale que les mâles. La comparaison entre
femelles seules montre une meilleure croissance pon-
Mortalité dérale en T1 de la 1re à la 28e semaine. Mais à partir
Les pintades de T1 ont subi un taux de mortalité de de la 32e semaine, celles de T2 ont été supérieures.
43%, essentiellement dans les douze premières Chez les mâles, ceux de T2 ont présenté une meil-
semaines. Les autopsies effectuées sur les cadavres leure croissance pondérale de la 1re à la 60e semaine.
ont permis d’isoler les germes suivants: Salmonella De façon générale, les pintades ont enregistré leurs
sp., Enterobacter sp., Escherichia coli, Klebsiella sp. meilleurs poids entre la 36e et la 44e semaine d’âge.
Pseudomonas sp., Proteus sp., Candida albicans. Les Mais il n’existe pas de différence statistiquement signi-
organes atteints étaient principalement le foie et les ficative entre les différents poids.
Tableau 2
Nombre d’œufs / gramme de fèces en fonction de l’âge et du type d’élevage
Âge
(semaines) 4 8 12 16 20 24 28 32 36 40 44 48 52 56 60
parasites
Ookystes de T1 9500 2000 2700 21900 5200 2000 700 1650 6500 4000 1500 250 - 100 900
coccidie T2 500 600 - 800 - 400 150 400 - 400 - 200 - 100 -
Ascaris T1 - 500 400 - - - - - 100 - - - - - -
T2 - - - - - - - - 100 - - - - - -
Trichomonas T1 100 200 400 600 400 200 - - - - - - - - -
T2 - - - - - - - - - - - - - - -
(- = négatif)
intestins. La prévalence de ces micro-organimes sur
ces organes était néanmoins faible. Les parasites iso-
lés sur le contenu du tube digestif étaient des
ookystes de coccidies, des Trichomonas sp. et des
ascaris. Mais les symptômes les plus caractéristiques
observés sur les malades étaient ceux de la cocci-
diose. Par ailleurs, le taux de survie des pintadeaux
ayant un poids < 25 g était de 26%. Cette catégorie de
pintadeaux représentait 74% de la mortalité totale de
T1.
Les pintadeaux de T2 ont accusé un taux de mortalité
de 21%. Les micro-organismes observés sur les
cadavres étaient les mêmes que ceux observés sur
ceux de T1, mais avec des prévalences encore plus
faibles. Malgré les traitements administrés, des Figure 1: Évolution des poids vifs moyens par traitements et par
ookystes de coccidies ont été isolés mais en très sexe
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La figure 2 montre l’évolution des rendements car- les poids ont varié de 31,6 à 38,5g, et de 29,1 à 40,1g
casse par traitement et par sexe. De façon générale, pour T2.
les rendements sont arithmétiquement plus élevés
chez les femelles que chez les mâles et aussi plus
élevés en T2 qu’en T1.
Figure 3: Courbes de ponte des pintades de T1 et T2
Figure 2: Evolution des rendements carcasse des pintades par
traitement et par sexe
Ponte des pintades
La figure 3 donne le taux de ponte mensuel des pin-
tades (nombre d’œufs du mois x 100 / nombre de pin-
tades x nombre de jours du mois). T1 et T2 ont atteint
la maturité sexuelle à 36 et à 31 semaines respective-
ment.
En T1, les pintades ont d’abord pondu sans interrup-
tion pendant 56 jours (36e - 44e semaine). Ensuite,
après un arrêt de 15 jours, la ponte s’est poursuivie Figure 4: Relation linéaire entre l’âge et le poids moyen des
pendant 29 jours avant de s’interrompre à la 53e œufs des pintades de T1
semaine. Le 1er cycle de ponte des pintades de T1
s’est déroulé sur 100 jours (26 juin - 3 octobre), avec
une moyenne de 13,8 œufs / tête, soit un taux moyen
de ponte journalière de 13%. Le meilleur taux de
ponte a été enregistré à la 44e semaine (17,9%). La
proportion d’œufs déformés et d’œufs mous sont de
1,5 et 0% respectivement.
En T2, les pintades ont d’abord pondu sans disconti-
nuité pendant 91 jours (31e - 44e semaine). Ensuite,
après une interruption de 46 jours (45e - 51e semaine),
la ponte a repris et n’a duré que 26 jours (51e - 55e
semaine). Au total, les pintades de T2 ont connu un
1er cycle de ponte de 163 jours (22 mai - 30 octobre)
avec une moyenne de 31 œufs / tête, soit un taux
moyen de ponte journalière de 19%. La différence
avec T1 est significative au seuil de 5%. Le meilleur Figure 5: Relation linéaire entre l’âge et le poids moyen des
taux de ponte a été enregistré à la 36e semaine œufs des pintades de T2
(35,2%). Les proportions d’œufs déformés et d’œufs
mous sont de 1,6 et 0% respectivement. On remar- Discussion
quera qu’aucun œuf n’a été enregistré au cours des Mortalité
mois de novembre et de décembre en T1 et en T2.
Les taux de mortalité enregistrés, 43% et 21% en T1
et T2 respectivement, montrent l’incidence négative
Les figures 4 et 5 établissent la corrélation entre l’âge de la mortalité sur la productivité des élevages de pin-
et le poids moyen des œufs des pintades de T1 et T2. tades. Cette incidence est encore plus marquée en
Il se dégage une forte corrélation positive entre l’âge élevage traditionnel durant les saisons hivernales. En
et le poids moyen des œufs (r = 97,5% et 97,4% en effet Bessin et al. (2) et Hien (7) ont enregistré res-
T1 et en T2 respectivement). Pour les pintades de T1, pectivement 80 et 100% de mortalité sur des élevages
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traditionnels de pintades en hivernage due à des cau- les ookystes de coccidies, les examens coprologiques
ses multifactorielles impliquant les conditions d’éle- n’ont pas révélé une prévalence importante d’autres
vage, l’alimentation, les micro-organismes et les para- parasites dans T1. L’omniprésence d’ookystes de coc-
sites (2). Il se dégage tant en T1 qu’en T2 une relation cidie apparaît donc comme une des causes de l’at-
très étroite entre le poids à la naissance et la survie teinte tardive de la maturité sexuelle et de la faible
des pintadeaux. Les pintadeaux qui avaient un poids performance de ponte des pintades de T1 par rapport
< 25 g à la naissance étaient issus de petits œufs, à celles de T2; d’autres facteurs existent peut-être
d’où la nécessité d’opérer avant incubation un tri des mais n’ont pas pu être mis en évidence dans l’étude.
œufs afin d’écarter les petits issus généralement des L’absence totale de ponte durant les mois de
pintades qui sont à leur première ponte. Cette pra- novembre et de décembre dans les deux types d’éle-
tique étant ignorée des paysans ou pas appliquée, vage peut être due aux vents secs et frais qui carac-
une campagne de sensibilisation est à envisager. Les térisent cette période ou à la photopériode journalière.
mortalités enregistrées en T1 sont en partie dues au En effet à Bobo-Dioulasso, la longueur moyenne du
parasitisme à coccidiose. Par ailleurs, malgré les trai- jour par mois se présente comme suit: janvier, 11: 33;
tements, les ookystes de coccidie ont été omnipré- février, 11: 35; mars, 12: 03; avril, 12: 22; mai, 12: 38;
sents en T2. Les pintadeaux morts de T1 n’ont pas juin, 12: 46; juillet, 12: 42; août, 12: 28; septembre, 12:
manifesté de symptôme de la maladie de Newcastle. 11; octobre, 11: 52; novembre, 11: 36; décembre, 11:
On peut alors se demander s’il est réaliste économi- 29. La période de novembre à février apparaît très
quement et techniquement de vacciner les pintades défavorable à l’activité de ponte des pintades. Dans
en milieu rural contre la maladie de Newcastle en rai- les élevages modernes utilisant l’insémination artifi-
son du coût de vaccin et des charges imputables aux cielle comme moyen de reproduction de la pintade,
prestations de service par les vaccinateurs villageois. l’éclairement est maintenu à 14 heures / jour (4, 8).
D’après Le Coz-Douin (11), après la maturité sexuelle,
Développement corporel les performances peuvent être améliorées en aug-
Cette étude confirme les travaux rapportés par Lecoz- mentant la durée d’éclairement au-delà du seuil fati-
Douin (11) selon lesquels les pintades femelles ont dique des 14 heures. Une précédente étude conduite
des poids supérieurs à ceux des mâles. Elle a montré au Burkina Faso (5) a donné au terme du 1er cycle de
que durant les 26 premières semaines, les pintadeaux ponte un taux de ponte moyen de 22,1%. Au Nigeria,
soumis à des traitements préventifs rapprochés ont Ayorinde et al. (1) ont révélé que des pintades locales
acquis un faible gain pondéral par rapport à ceux qui élevées en système intensif ont atteint la maturité
n’ont pas été traités. En effet, il a été observé durant sexuelle à 28-32 semaines d’âge et ont pondu 60-90
les six semaines de médication rapprochée un man- œufs par femelle et par saison. A Cuba, Fraga et al.
que d’appétit des pintadeaux, ce qui a certainement (6) ont enregistré sur des pintades locales un âge à la
eu une répercussion négative sur leur développement maturité sexuelle de 262 jours, un cycle de ponte de
corporel; ce n’est qu’à partir de la 28e semaine que 168 jours avec 93,7 œufs / femelle soit un taux de
leurs PVM, mâles comme femelles ont marqué une ponte de 55,8% et une proportion d’œufs déformés et
supériorité par rapport à ceux du lot non traité (T1). d’œufs mous de 2,2 et 1,3 respectivement. Selon
C’est également à cet âge que les pintades de T1 et INRA (8), les pintades sont exploitées pendant un seul
de T2 ont atteint un poids de 918,8 et de 946,8 g res- cycle de ponte étalé sur 35 à 40 semaines; le nombre
pectivement. Des pintadeaux chair élevés industrielle- total d’œufs produits par femelle vivante en fin de
ment jusqu’à 12 semaines peuvent peser 1830 g (9). cycle est compris entre 140 et 180, soit un taux moyen
De la 32e à la 44e semaine, les femelles de T2 ont pré- de ponte annuel de 61%.
senté des PVM plus élevés. Cette période a coïncidé
avec la période de ponte de ces pintades. Il en est de Conclusion
même des femelles de T1 dont la ponte s’est faite
entre la 36e et la 50e semaine. Cette étude de la productivité des pintades locales en
S’agissant des carcasses, les femelles de T2 ont zone soudanienne du Burkina Faso a révélé une forte
montré à toutes les étapes un meilleur rendement. A mortalité dans les lots non traités, une croissance
l’opposé, ce sont les mâles de T1 qui ont présenté le pondérale lente et de faibles taux de ponte dans les
plus faible rendement en carcasse en raison sans deux groupes d’élevage. L’application d’un plan de
doute de la présence plus importante des ookystes de prophylaxie a permis de diminuer le taux de mortalité
coccidies (tableau 2). grâce notamment à la protection contre la coccidiose.
Par contre, il n’apparaît pas réaliste économiquement
Production d’œufs et techniquement de retenir la vaccination anti-
Newcastle dans le schéma de prophylaxie si l’on tient
Les deux types d’élevage sont caractérisés dans l’en- compte du rapport coût/avantage des vaccins propo-
semble par des taux moyens de ponte très faibles sés aux paysans et le coût des prestations. Toutefois,
malgré les différences dans les modes d’élevage. Les la productivité serait meilleure si les œufs à couver
pintades de T2 soumises à un plan de prophylaxie étaient au préalable triés et si un travail d’amélioration
médicale ont néanmoins donné un taux de ponte rela- génétique portant sur les critères de ponte et de pré-
tivement meilleur (19%) à celui de T1 (13%). Hormis cocité pondérale était conduit.
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TROPICULTURA
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2Département Élevage, IDR, Université polytechnique de Bobo-Dioulasso 01 BP 1091 Bobo-Dioulasso 01 Burkina Faso
3Station de Recherches Avicoles, Centre de Tours 37380 Nouzilly, France
4Laboratoire de Physiologie Animale, STV/UO 03 B.P. 7021 Ouagadougou, Burkina Faso
AVIS
Nous rappelons à tous nos lecteurs, particulièrement ceux résidant dans les pays en voie de
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Nous pensons ainsi, grâce à votre aide, pouvoir rendre un grand service à la communauté pour
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Merci.
BERICHT
Wij herrineren al onze lezers eraan, vooral diegenen in de ontwikkelingslanden, dat TROPI-
CULTURA bestemd is voor ieder die werk verricht op het gebied van het platteland en dit in de
meest ruime zin van het woord.
Daarom zou het nuttig zijn dat u ons de adressen zou geven van de Instellingen, Scholen,
Faculteiten, Centra of Stations voor landbouwonderzoekvan het land of de streek waar U zich
bevindt. Wij zouden ze kunnen abonneren, zo dit niet reeds gebeurd is.
Met uw hulp denken we dus een grote dienst te kunnen bewijzen aan de gemeenschap waar-
voor u werkt.
Dank U.
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