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Test de Rorschach

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Test de Rorschach
Le test de Rorschach ou psychodiagnostic de Rorschach est un outil de l'évaluation psychologique de type
projectif élaboré par le psychanalyste Hermann Rorschach en 1921. Il consiste en une série de planches
graphiques présentant des taches symétriques a priori non figuratives qui sont proposées à la libre
interprétation de la personne évaluée. Analysées par la personne administrant le test, les réponses fournies
servent à évaluer la personnalité du sujet
servent à évaluer la personnalité du sujet.

Le test n'a fait aucune preuve de son efficacité et comme tel


l'utilisation de ce test a presque disparu de la recherche scientifique en
1
psychologie ou psychiatrie . En dépit de son inefficacité, il reste
2
largement utilisé en psychologie clinique et dans l'évaluation
psychologique plus généralement (médico-légal, recrutement, etc.).

Le test projectif de Rorschach est généralement associée à la


paréidolie, phénomène psychologique qui se base sur l'interprétation
personnelle de considérer des formes indéfinies (nuages, flaques, Tache utilisée lors d'un test de
rocher) comme des formes reconnaissables (le nuage ressemble à une Rorschach
poule, la flaque évoque une carte de France, le rocher a la forme d'un
3, 4
visage humain, etc.) .
Sommaire
Description
Histoire et conception
Origine et contexte scientifique
Intérêt d'Hermann Rorschach pour les taches d'encre
Diffusion du test
Utilisation en psychologie clinique
Déroulement
L'enquête
Psychogramme
L'analyse et la cotation du protocole
Études sur les jumeaux
Critiques
Controverse autour de la validité psychométrique du test
Critique de la « validité interne »
Critique de la « validité externe »
Critique de la théorisation
Publication des planches
Taches d'encre
Évocation du test de Rorschach
Bande dessinée
Jeux Vidéos
Téléfilms
Musique
Littérature
Cinéma
Notes et références
Annexes
Bibliographie
En français
En anglais
Articles connexes
Liens externes

Description
Les planches sont au nombre de dix, sept sont monochromatiques et dites « noires » tandis que trois sont
polychromatiques dites « de couleur ». Cependant, dans les planches noires, il y a deux planches utilisant le
rouge. Toutes les planches comportent des nuances, du gris clair au noir, de la couleur vive à la couleur pastel.
Histoire et conception
Origine et contexte scientifique

L'idée d'utiliser l'interprétation que donne un individu à des dessins ambigus pour en déduire des traits de sa
personnalité est très ancienne.

L'utilisation de telles images dans un cadre psychologique donnera naissances à la méthode projective. En
France, dès 1895, Alfred Binet suggère que la méthode des taches d'encre peut être utilisée pour l'étude de
5
divers traits psychologiques, et en particulier l'imagination visuelle . Mais ne parvenant à en faire une méthode
quantitative susceptible d'être intégrée à une batterie de tests d'intelligence, il renonce à cette idée. Pendant les
deux premières décennies du XXe siècle, de nombreux autres travaux utilisant cette méthode seront publiés en
6
Europe mais aussi aux États-Unis et en Russie .

Intérêt d'Hermann Rorschach pour les taches d'encre

En Suisse, à la même époque, un jeu d'enfant dit klecksographie


consistait à déposer une goutte d'encre sur une feuille de papier que
l'on pliait de façon à obtenir diverses formes d'oiseaux ou de
papillons. En 1911, Rorschach recueille avec Konrad Gehring, un ami
d'enfance devenu instituteur, les réponses d'enfants et d'adultes face à
une série de taches d'encre obtenues de la sorte. Rorschach note alors
que certains malades mentaux semblent répondre de façon
caractéristique à ce test, et en particulier ceux souffrant de
schizophrénie, maladie récemment identifiée par Eugen Bleuler qui
fut aussi le directeur de thèse de Hermann Rorschach. Devant le peu
d'écho de cette découverte, H. Rorschach abandonne rapidement ce
projet.

Quelques années plus tard, un psychiatre d'origine polonaise, Szymon


Hens, dans sa thèse de doctorat, également sous la direction de E.
Bleuler à Zurich, collecte de façon systématique les réponses que
7, 6
donnèrent des centaines de sujets face à des taches d'encres . La
présentation de ces résultats incite Rorschach à reprendre ses travaux
avec les taches d'encre. Son objectif est alors non pas de s'intéresser
au contenu des réponses (comme le firent Hens et ses prédécesseurs) Hermann Rorschach en 1910
mais aux caractéristiques de ces réponses. Pour cela, il développe un
système de codage des réponses inspiré du mouvement de la
psychologie de la forme (ou Gestalt).

Dans la volonté de raffiner son matériel, Hermann Rorschach élabore une méthode pour créer ces taches
d'encre. Dans ses écrits, il reste cependant assez vague sur le choix de telle ou telle planche, mais aboutit
finalement à une série d'une dizaine de planches qu'il exploitera dans ses travaux cliniques. En effet, après
quelques années de recherche, ses premiers résultats indiquent que, sur la base des réponses à ces taches
d'encre, il est notamment possible de distinguer les malades schizophrènes des autres pathologies mentales.

Encouragé par ses collègues dont Eugen Bleuler, H. Rorschach met alors par écrit sa méthode et cherche un
éditeur qui puisse publier son manuscrit accompagné de ses planches. Or, à l'époque, la reproduction d'images
en couleur dans un ouvrage imprimé est un procédé très coûteux. H. Rorschach essuiera plusieurs refus. Grâce
à l'intervention de son collègue et ami Walter Morgenthaler, l'éditeur médical Ernst Bircher accepte à condition
de limiter le nombre de planches à 10 et de réduire leur taille. Le titre initialement proposé par H. Rorschach
était Method and Results of a Perceptual-Diagnostic Experiment: Interpretation of Arbitrary Forms mais il
était Method and Results of a Perceptual Diagnostic Experiment: Interpretation of Arbitrary Forms mais il
finira par opter pour la suggestion de Morgenthaler : Psychodiagnostik. Finalement, malgré quelques défauts
dans la reproduction des planches, la première édition de l'ouvrage paraît en septembre 1921. Ces défauts se
sont révélés très intéressants pour les planches : des estompages non-voulus et apparus à l'imprimerie ont
permis d'ouvrir un champ d'analyse pour les praticiens [réf. souhaitée]. L'année suivante Rorschach décède
brutalement, à l'âge de 37 ans.

Diffusion du test

Alors qu'à sa publication le livre de Rorschach fut d'abord mal reçu par la profession, le test de Rorschach
connut par la suite une célébrité croissante. Toutefois, dès ses débuts, dans les années 1940, les praticiens des
méthodes projectives, qui mettent en avant l'intérêt du caractère qualitatif du Rorschach dans les diagnostics de
structure, se heurtent aux critiques sur le manque de scientificité (quantitative, statistique). Les recherches
8, 7
quantitatives et critiques vinrent jeter un doute sur la validité du test . Et en 1955, lors du XIIe congrès de
l'« Association internationale de psychologie appliquée », à Londres, certains membres de la profession
9
jugèrent que les tests projectifs, dont le Rorschach, n'étaient pas valides .

L'École française du Rorschach, née dans les années 1960 des travaux notamment de Didier Anzieu, Nina
Rausch de Traubenberg et Catherine Chabert, s'efforce de montrer l'intérêt du test dans une perspective
10
psychanalytique . Elle considère que la situation projective, en facilitant les mouvements régressifs, dans un
rapport de type transférentiel, permet d'étudier certaines manifestations de processus psychodynamiques
inconscients. Ainsi, le test met en évidence certains mécanismes de défense (de type plutôt rigide ou labile,
comme dans la plupart des organisations à dominante névrotique, ou encore inhibé, voire de l'ordre du clivage
ou du déni qui relève de registres plus proches des psychoses), la place des affects et des pulsions ainsi que
11
celle des représentations, et la prise en compte du principe de réalité . L’École française, dite aussi
12
aujourd'hui École de Paris, se distingue des approches intégrées comme celles d'Exner en ce qu'elle met
l'accent sur les éléments qualitatifs plutôt que quantitatifs, mais aussi par sa référence au modèle
13
psychanalytique plutôt que psychiatrique (elle réaffirme notamment l'écart entre contenu manifeste et latent) .
Les travaux menés à partir d'une importante quantité de protocoles (environ 700) ont permis de réactualiser les
14
critères de cotation des réponses formelles et de proposer de nouveaux outils de référence .
15
Les Éditions Hogrefe France sont actuellement les distributeurs officiels du Psychodiagnostic de Rorschach
en France.

Utilisation en psychologie clinique


Le test de Rorschach est censé faire appel à la fois à la sensorialité du sujet et à son inconscient mais surtout à
sa capacité projective à partir de son interprétation libre des taches.

Le discours du sujet, ses interprétations, sont ainsi analysées par le clinicien afin de dégager des éléments
pertinents quant à l'évaluation du psychisme du sujet : structure psychopathologique : (névrose, psychose, état
limite), mécanismes de défense privilégiés, type de relation d'objet, thèmes récurrents...

Le Rorschach est ainsi le plus souvent utilisé comme outil de diagnostic avec le TAT (Thematic Apperception
Test) dans la démarche de l'examen psychologique qui se conclut par un rapport d'analyse avec conclusion.
L'examen psychologique sert au diagnostic, à l'indication d'un traitement : psychothérapie psychanalytique en
particulier, ou encore à étayer le travail d'expertise (justice, assurances, etc). L'examiné doit être dûment
informé du contexte et de ce à quoi l'examen servira. Utiliser les méthodes projectives dans des contextes
imprécis ou pour satisfaire la curiosité des uns ou des autres n'est pas déontologique.

Déroulement
Le psychologue présente au sujet les dix planches du test, à l'endroit et dans un ordre déterminé (d'abord, une
noire, puis 2 bicolores (rouge/noire), 4 noires et enfin les 3 polychromes). Les avis divergent en ce qui
concerne la consigne à passer au sujet : l'éventail va du « ne rien dire », à une consigne plus détaillée pour
rassurer le patient. Le patient peut appréhender le matériel comme il le souhaite : retourner les planches, les
regarder dans la transparence...

Le sujet doit ainsi dire ce qu'il voit dans les taches, sans aucune restriction. Le psychologue note
scrupuleusement les dires du sujet, aussi bien ceux qui concernent les taches proprement dites que les dires en
marge, qui constituent une libre association à partir du matériel présenté.

L'enquête

Une fois toutes les réponses données à toutes les planches, le psychologue clinicien représente les planches
une par une, afin de permettre au sujet d'étayer ses réponses. Le but principal est de clarifier la localisation et
les "déterminants" (forme, mouvement, couleurs, estompage, etc.) de chaque réponse.

C'est en général au moment de l'enquête que le sujet apporte du matériel supplémentaire.

Psychogramme

Les différents chiffres pour les modes d'appréhension, les déterminants et les contenus sont notés sur la feuille
de psychogramme, ainsi que leur moyenne pondérée et leur pourcentage par rapport au total des réponses. Le
temps de latence et le temps par réponse sont aussi des indicateurs importants.

Dans l'ouvrage d'origine de Rorschach, on considérait que sur le psychogramme pouvait apparaître :

Le type de résonance intime (rapport des déterminants couleur et kinesthésie) ;


L'indice d'angoisse, obtenu en faisant la moyenne sur cent des contenus sang, anatomie,
sexe et détail humain (bras, jambe, nez… vu seul).

Ces items ont été depuis passablement discutés et certains ne sont plus du tout retenus dans la technique
moderne.

L'analyse et la cotation du protocole

On appelle protocole l'ensemble des réponses du sujet, analysées par le clinicien. L'interprétation de la
performance au Rorschach comporte habituellement une partie quantitative (nomothétique) et une partie
16
qualitative (idiographique) .

L'interprétation quantitative repose sur un système de « cotation » des réponses auquel correspondent des
statistiques normatives. Plusieurs systèmes ont été développés (le premier de la main même d'Hermann
17 22
Rorschach), mais depuis les dernières décennies le système d'Exner s'est imposé à l'échelle internationale

Actuellement, les revues savantes n'acceptent de publier des résultats de recherches avec le Rorschach que s'ils
23
reposent sur ce système. Des normes francophones sont en développement .

L'interprétation qualitative est, par nature, plus libérale. Elle ne repose pas sur un système, mais elle s'appuie
24
quand même, normalement, sur une théorie définie de la personnalité et du fonctionnement psychique .

L' l li i l i i i ' ff d h d l é d j f i l'


L'analyse qualitative et la cotation quantitative s'effectuent en dehors de la présence du sujet, une fois l'examen
psychologique terminé.

Tous les éléments sont importants pour l'analyse.

Les localisations des réponses : des formes peuvent être vues dans des détails des planches
ou l'ensemble de la planche peut être interprétée par le sujet. Il existe des statistiques sur
l'utilisation des localisations, qui représente la moyenne des passations : une prédilection
pour les petits détails ou pour les détails originaux, que peu de personnes utilisent, se
prêtera à l'analyse car ne correspondant pas à la moyenne.

On appelle mode d'appréhension le résultat de la moyenne des localisations.

Les déterminants : c'est ce qui a déterminé la réponse du sujet. Les déterminants utilisés sont
la forme, la couleur, l'estompage et les kinesthésies. Le terme de kinesthésie recouvre les
réponses où le sujet a vu un mouvement, qui peut être sous-tendu par une forme (« ici je vois
un bonhomme qui danse ») ou bien perçu vaguement et de manière abstraite (« ça
tourbillonne »). On distingue les kinesthésies humaines (où le mouvement appartient à un
sujet humain ou parahumain) et les kinesthésies mineures (animales ou abstraites).

Le quotient des déterminants est important pour l'établissement du psychogramme : l'utilisation privilégiée de
certains déterminants peut fournir certaines informations.

On distingue les déterminants en fonction de leur pertinence : une forme ou une couleur peut être cotée + ou -
selon qu'elle s'appuie ou non sur le réel (« ici, je vois une araignée parce que c'est bleu », en planche X).

Les contenus : Dans les modèles d'interprétation qualitative d'inspiration psychanalytique,


les taches des planches font l'objet d'un certain consensus au sujet de leur capacité à faire
appel à des contenus inconscients spécifiques. Ainsi, la planche IV est dite planche
phallique : sa conformation fait appel à la problématique du phallus et de la castration, à
l'image du père. La planche V fait appel à l'image de soi et à l'image du corps. On note donc
les contenus amenés par le sujet, ses réponses, et on les met en relation avec le matériel lui-
même. Les modèles interprétatifs plus inspirés par la psychologie scientifique adoptent plutôt
une approche « statistique » des contenus. Les chercheurs ont mesuré les contenus les plus
statistiquement fréquents de chaque carte. L'analyse individuelle consiste alors à vérifier la
capacité du sujet à se conformer à des contenus fréquents.
On note enfin les différents temps, temps de latence et temps total, temps moyen de réponse,
ainsi que le nombre de réponses.

L'analyse du langage utilisé, le type de formulation des phrases, etc. ont une importance
25
primordiale pour l'analyse qualitative .

Le résultat des analyses tant qualitatives que quantitatives (psychogramme) est à interpréter en convergence
avec les observations de l'examen clinique et de l'histoire personnelle du sujet. Il faut noter aussi qu'il est rare
de n'utiliser que le seul Rorschach pour procéder à un diagnostic de structure. En général, la plupart des
psychologues font aussi passer un autre test (MMPI, MCMI-III, TAT, Hands test, etc.) et, lorsqu'il existe un
doute sur les ressources intellectuelles, un test de performance intellectuelle comme le WAIS, ce dernier tant
pour ses données quantitatives brutes (QI) que pour son analyse qualitative.

Études sur les jumeaux


26
En 1953 Schachter & Chatenet ont l'idée d'appliquer le test à 30 couples de jumeaux (23 univitellins et 7
bivitellins). Ils rapportent en détail les profils rorschachiens de ces jumeaux, ce qui a permis de comparer la
fréquence et le type de réponses entre vrais et faux jumeaux. Ils trouvent quelques ressemblances dans les
fréquence et le type de réponses entre vrais et faux jumeaux. Ils trouvent quelques ressemblances dans les
réponses, mais soulignent non seulement « leur faible fréquence, mais aussi et surtout leur signification

nettement secondaire » concluant que du point de vue du test de Rorschach, les jumeaux (uni-ou-bivitellins)
sont bien distincts, probablement en raison du « rôle prépondérant de l'ambiance sur la constitution
26
héréditaire » .

Critiques

Controverse autour de la validité psychométrique du test

En dépit de son utilisation très répandue, aussi bien en psychologie clinique que dans le cadre de l'expertise
psychologique médico-légale, le test de Rorschach (tout comme la plupart des autres tests projectifs) fait l'objet
de nombreuses critiques et controverses. Ces critiques portent notamment sur le fait que les recherches
psychométriques échouent à démontrer la validité du test pour ce pourquoi il est utilisé, les mesures
27, 28
psychométriques .

Critique de la « validité interne »

Plusieurs problèmes intrinsèques au test de Rorschach ont été identifiés au cours des années. Dès les années
1950, des critiques se sont élevées contre l'usage de ce test, déplorant notamment l'absence de données
normatives (statistiques) dans l'ouvrage princeps de Rorschach. Par ailleurs, les déterminants isolés par
Rorschach présentaient un certain nombre de défauts. Par exemple, la valeur du score R (autrement dit, le
nombre de réponses à une planche) influence la variance des autres scores du test. En particulier un des défauts
du test de Rorschach concerne le fait que plus le sujet donne de réponses, plus il a de chances qu'une d'elles
soit assignée à la catégorie diagnostic psychotique (Holtzmann et al, 1961).

Le système de cotation mis au point par John Exner et publié au cours des années 1980 et 1990, le
Comprehensive System (CS) offre une méthodologie standardisée et précise pour la passation, le recueil, la
cotation et l'interprétation des réponses. Le système CS présente ainsi l'avantage d'offrir une meilleure
concordance inter-juges que les méthodologies antérieures. De plus, avec ce nouveau système, un grand
nombre de données ont pu être collectées de façon à établir des normes statistiques. Mais cette entreprise a elle-
même été confrontée à des difficultés : publication de données erronées, changement des méthodes de cotation
au fil des ans (Krall et al, 1983). Les protocoles de cotation, même standardisés comme le CS, sont également
critiqués pour leur manque de validité inter-culturelle : les résultats obtenus sont aussi influencés par la culture
d'origine des individus testés. Ainsi, au moins deux études tendent à montrer que des populations telles que les
indiens d'Alaska ou les noirs urbains d'Amérique présentaient des caractéristiques très déviantes de la norme
du protocole (Krall et al, 1983; Glass et al, 1996).

Critique de la « validité externe »

La conception du test se fit relativement rapidement (entre 1917 et 1921) et Rorschach est décédé en
avril 1922, moins d'un an après la première publication du Psychodiagnostik. Malgré la brièveté de son
développement, Rorschach voyait dans son test un outil promis à un riche avenir dans le diagnostic des
pathologies mentales. Or malgré un usage intensif par les psychologues cliniciens, le test de Rorschach, même
analysé selon la méthode CS, n'a pas fait l'objet d'évaluations systématiques permettant de le comparer à
29
d'autres outils diagnostiques validés . Cette lacune rend hasardeuse l'interprétation des différents scores
obtenus.

La norme CS a aussi été critiquée pour son manque de spécificité : elle donne lieu à un grand nombre de faux
positifs en diagnostiquant des individus sains comme déviants avec tout ce que ces deux catégories comportent
de discutable (Lilienfeld et al, 2000 ; Shaffer et al, 1999). Malgré près de 70 ans de tentatives, et de
nombreuses versions du protocole d'interprétation du test de Rorschach, il apparaît très clairement que ni la
validité, ni la cohérence des mesures du test n'ont été prouvées par des procédures psychométriques
(quantitatives) (Wood et al, 1999, 2000; Eysenck, 1959). Une seule tentative a été couronnée d'un modeste
succès (avec un taux de signifiante très bas) dans les années 1970, par Holley (1973) et à titre exploratoire
seulement (c'est-à-dire sur un minuscule groupe), grâce à une étude utilisant une analyse de type Q (qui se
focalise sur la cohérence des cas, plutôt que sur celle des questions, et dont la rigueur méthodologique a été
largement décriée, cette méthode étant désormais largement supplantée par les analyses en classe latente). Le
test de Rorschach continue d'être pratiqué par de nombreux psychologues cliniciens, certains y voyant un
moyen précieux et irremplaçable de recueillir des informations riches et diverses sur le patient qui font appel à
sa subjectivité et à celle du clinicien (Kline, 1983; 2000).

Critique de la théorisation

Certains auteurs comme Lydia Chabrier, qui en a fait sa thèse, critiquent la validité du test de Rorschach du fait
même de sa construction. Une erreur épistémologique serait à l'origine d'approches successives abordant cet
outil par « tâtonnements empiriques, en fonction de l’étalonnage effectué par Hermann Rorschach, et
30
l'explication théorique est venue se greffer sur cet empirisme . »

Publication des planches


Selon certains praticiens, il est nécessaire que les patients n'aient jamais vu les planches du test avant d'y être
soumis ; pour cette raison, les éditeurs du test et les praticiens ont longtemps tenté de garder ces planches
confidentielles bien qu'elles fussent souvent visibles du grand public, comme dans Le Divan, l'émission de
télévision à succès d'Henry Chapier, au cours de laquelle chaque invité était confronté à plusieurs des planches
31
du Rorschach. Or, les planches étant désormais dans le domaine public , elles ont été largement diffusées. En
particulier, la publication sur la Wikipédia en anglais en juin 2009 des dix planches originales, accompagnées
de certains commentaires d'interprétation, a provoqué une controverse sur la validité future du test dans
32, 33
l'éventualité où un individu aurait pu s'y préparer en consultant Wikipédia .

Taches d'encre
Vous trouverez ci-dessous les dix lots de taches d'encre du test de Rorschach imprimés dans le test de
34
Rorschach Test de Rorschach - Plaques psychodiagnostiques , ainsi que les réponses les plus fréquentes
pour l'ensemble de l'image ou les détails les plus importants selon les différents auteurs.

Réponses les plus 38, 39


Card 35, 36, 37 Commentaires
fréquentes
chauve- Lorsqu'ils voient " carte I ", les sujets
souris, s'interrogent souvent sur la façon de
papillon, procéder et les questions sur ce qu'ils sont
Beck:
papillon, autorisés à faire avec la carte (p. ex. la
papillon de retourner) ne sont pas très importantes.
nuit Étant la première carte, elle peut fournir des
chauve- indices sur la façon dont les sujets
souris (53%), s'attaquent à une tâche nouvelle et
Piotrowski:
papillon stressante. Il ne s'agit toutefois pas d'une
(29%) carte qui est habituellement difficile à
papillon manipuler pour le sujet, car des réponses
D (F )
pap o
Dana (France): sont facilement accessibles.
(39%)

Beck: deux Les détails rouges de la " carte II " sont


humains souvent considérés comme du sang et sont
quadrupède les caractéristiques les plus distinctives. Les
Piotrowski: (34%, partie réponses à ces questions peuvent fournir
grise) des indications sur la façon dont un sujet est
susceptible de gérer ses sentiments de
animal :
colère ou de violence physique. Cette carte
chien,
Dana (France): éléphant, peut induire une variété de réponses
sexuelles.
ours, chien
(50%, gris)

deux
Beck: humains La " Carte III " est généralement perçue
(gris) comme contenant deux humains impliqués
dans une certaine interaction et peut fournir
figures
de l'information sur la façon dont le sujet
Piotrowski: humaines
interagit avec d'autres personnes (en
(72%, gris)
particulier, la latence de réponse peut
humain (76%, révéler des interactions sociales difficiles).
Dana (France):
gris)

La carte IV se distingue par sa couleur


foncée et son ombrage (ce qui pose des
difficultés aux sujets déprimés), et est
peaux généralement perçue comme une grande
Beck: d'animaux, figure parfois menaçante ; à cela s'ajoute
peaux, tapis l'impression courante que le sujet se trouve
dans une position inférieure (" levant les
peaux
yeux "), qui lui donne un sens de l'autorité.
Piotrowski: d'animaux,
Le contenu humain ou animal vu dans la
peaux (41%)
fiche est presque invariablement classé
peaux comme étant masculin plutôt que féminin, et
Dana (France): d'animaux les qualités exprimées par le sujet peuvent
(46%) indiquer des attitudes envers les hommes et
l'autorité. C'est pour cette raison que la
Carte IV est souvent appelée "La Carte du
40
Père" .
chauve-
souris,
papillon, La " Carte V " est une carte facile à élaborer
Beck:
papillon, qui n'est généralement pas perçue comme
papillon de menaçante et qui provoque généralement
nuit un " changement de rythme " dans le test,
papillon après les précédentes cartes plus difficiles.
(48%), Contenant peu de caractéristiques qui
Piotrowski:
chauve- suscitent des préoccupations ou
souris (40%) compliquent l'élaboration, c'est la tache la
papillon plus facile à produire une réponse de bonne
(48%), qualité sur le sujet.
Dana (France):
chauve-
souris (46%)
peaux La texture est la caractéristique dominante
Beck: d'animaux, de la " carte VI ", qui suscite souvent des
peaux tapis associations liées à la proximité
peaux, tapis p
Piotrowski: peaux interpersonnelle ; il s'agit spécifiquement
d'animaux, d'une " carte sexuelle ", ses perceptions
peaux (41%) sexuelles probables étant rapportées plus
peaux fréquemment que dans toute autre carte,
Dana (France): d'animaux même si les autres cartes présentent une
(46%) plus grande variété de contenus sexuels
couramment vus.

têtes ou La " Carte VII " peut être associée à la


visages féminité (les figures humaines qu'on y voit
Beck:
humains (en généralement comme des femmes ou des
haut) enfants), et fonctionner comme une " carte
mère ", où les difficultés de réponse peuvent
chefs de
être liées à des préoccupations concernant
femmes ou
Piotrowski: les figures féminines dans la vie du sujet. Le
d'enfants
détail du centre est relativement souvent
(27%, en haut)
(mais pas populairement) identifié comme
têtes un vagin, ce qui fait que cette carte se
Dana (France): humaines rapporte aussi à la sexualité féminine en
(46%, en haut) particulier.
Les gens expriment souvent un
soulagement à propos de la " carte VIII ", qui
animal: pas leur permet de se détendre et de réagir
de chat ou efficacement. Semblable à la carte V, elle
Beck: représente un "changement de rythme" ;
de chien
(rose) cependant, la carte introduit de nouvelles
difficultés d'élaboration, étant complexe et la
quadrupède
Piotrowski: première carte multicolore de l'ensemble.
(94%, rose)
Par conséquent, les personnes qui trouvent
quadrupède le traitement de situations complexes ou de
Dana (France):
(93%, rose) stimuli émotionnels pénibles ou difficiles
peuvent se sentir mal à l'aise avec cette
carte.
La caractéristique de la " carte IX " est une
forme indistincte et des traits chromatiques
diffus et discrets, créant un flou général. Il
humain n'y a qu'une seule réponse populaire, et
Beck:
(orange) c'est la moins fréquente de toutes les cartes.
Piotrowski: aucun Le fait d'avoir de la difficulté à traiter cette
Dana (France): aucun carte peut indiquer un problème à traiter des
données non structurées, mais à part cela, il
y a peu de "suggestions" particulières
typiques pour cette carte.
crabe, La carte X est structurellement similaire à la
homard, carte VIII, mais son incertitude et sa
Beck: complexité rappellent celles de la carte IX :
araignée
(bleu) les personnes qui ont de la difficulté à
Piotrowski: crabe, composer avec de nombreux stimuli
araignée simultanés n'aiment peut-être pas
(37%, bleu),
particulièrement cette carte par ailleurs
rabbit head agréable. Comme il s'agit de la dernière
(31%, vert clair),
carte, elle peut être l'occasion pour le sujet
chenilles, de "se déconnecter" en indiquant à quoi
ressemble sa situation ou ce qu'il souhaite
vers, ressemble sa situation ou ce qu il souhaite
serpents, savoir.

serpents
(28%, vert foncé)
Dana (France): aucun

Évocation du test de Rorschach

Bande dessinée

Rorschach est aussi le nom de l'antihéros du comics Watchmen, appelé ainsi à cause de son masque dont les
motifs de taches symétriques changent tout le temps de forme. Il est à noter que le test de Rorschach a par
41
ailleurs inspiré le travail de nombreux artistes contemporains, dont l'un - le peintre français Rorcha - a choisi
son pseudonyme en référence au psychiatre suisse.

Jeux Vidéos

Dans le jeu vidéo Fallout New Vegas, la création du personnage principal inclus un questionnaire sur quelques
cartes du test de Rorschach afin de déterminer les traits de personnalité initiaux de l'avatar du joueur.

Téléfilms

Rorschach est le nom de l'agent matrimonial dans l'épisode 21 de la saison 1 de How I met your Mother.

Dans l'épisode 6 de la saison 6 de The Blacklist Reddington est soumis au test de Rorschach.

Musique

Le test de Rorschach est aussi l'objet du clip de Gnarls Barkley, Crazy.

Littérature
42
Dans un autre registre, les inquiétants extra-terrestres du roman de science-fiction Blindsight de Peter Watts
indiquent aux membres de l’expédition humaine venus les rencontrer, dans le nuage d'Oort du système solaire,
que leur vaisseau se nomme le Rorschach. Avant la rencontre, ces créatures ont longtemps observé la Terre ;
« ce nom-là me paraît bien trop symbolique pour avoir été choisi par hasard », fera remarquer l’un des humains
au moment du contact.

Ce test joue aussi un rôle important dans "Des fleurs pour Algernon" de Daniel Keyes. Un idiot, avant de
subir une intervention chirurgicale au cerveau ne peut y voir rien d'autres que des taches. Devenu intelligent
suite à l'opération, déjà il est capable de dire ce nom, Rorschach, puis il commence à voir des choses, mais
aussi à devenir méfiant, voire méchant...

Cinéma

Dans le film Virgin Suicides de Sofia Coppola, le personnage de Cécilia est soumis au test de Rorschach.
Notes et références
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populations: a meta-analysis. Psychol Assess. 2010 Jun;22(2):336-49.
22. Le « Comprehensive System » de Exner a cependant fait lui-même l'objet d'une controverse
scientifique lancée par l'article très critique de Wood & al (1996) 18. La controverse s'étant sur
presque 10 ans. Essentiellement, Wood & al (1995, 2000, 2005) 19, 20 mettaient en doute :
1) la fidélité interjuges du CS, c’est-à-dire la capacité de ce système de cotation à
produire les mêmes scores pour le même protocole quel que soit l'évaluateur qui
l'analyse ;
2) la validité externe des échelles cliniques, c'est-à-dire la capacité de ces échelles à
prédire des diagnostics spécifiques ;
3) l'absence de valeur diagnostique de l'échelle DEPI et la sursensibilité de l'Échelle
SCZI ;
4) une grave erreur de calcul des données normatives (un groupe de protocoles a été
additionné deux fois)
Wood & al. ont essuyé un retour de feu des spécialistes américains de la psychométrie dans
lequel chacune de leurs erreurs leur a été soulignée avec insistance. La controverse a perdu de
son intensité, mais elle ne semble pas vraiment terminée 21.
23. S. Sultan, A. Andronikof, D. Fouques, G. Lemmel, C. Mormont c, C. Réveillère, T. Saïas (2004)
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Annexes

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Rorschach : une relecture pointilliste, Lausanne, Éd. Payot, 2005 (ISBN 2-601-03348-7)

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Articles connexes
Examen psychologique
Thematic Apperception Test
Structure en psychopathologie
Psychopathologie psychanalytique
Test de Szondi
Test (psychologie)
Paréidolie
Projection (psychanalyse)
Structure en psychopathologie

Liens externes
(en) Histoire du test et liens ([Link] Sur les autres projets Wikimedia :
[Link]/fu/[Link])
Toutes les planches du test de Rorschach
Société du Rorschach et des méthodes
projectives ([Link] ([Link]
g/[Link]) chach_inkblot_test?uselang=fr), sur
Site de la Société québécoise des Wikimedia Commons
méthodes projectives ([Link]

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