Collection
Collection
Un agitateur est un élément d'une unité de procédé ayant pour but d'assurer
l'homogénéisation d'un milieu (homogénéisation du point de vue des composants
du milieu et/ou de la température).
Il existe différents types d'agitateur en fonction du milieu, de la configuration de
l'unité et de l'effet désiré.
Laboratoire
Barreau magnétique sur une plaque chauffante faisant également office
d'agitateur
Un agitateur est une baguette de verre qui permet de remuer une
solution dans un récipient. Son utilisation peut être remplacé par
un barreau magnétique en association avec une plaque
chauffante.
Mélange radial
Le mélange radial provoque un mouvement au niveau de l'agitateur: le fluide
part du centre du récipient, est propulsé par l'agitateur vers les parois d'où il est
renvoyé vers le centre.
Type d'agitateur:
•Turbine
•Ancre
•Plaque
•Grille
•Impeller
Voir aussi
•Agitateur industriel
Autoclave
Autoclave moderne de laboratoire
Un stérilisateur d'antenne chirurgicale avancée de la
Première Guerre mondiale
Un autoclave est un récipient à parois
épaisses et à fermeture hermétique conçu pour
réaliser sous pression (de quelques bars) soit
une réaction industrielle, soit la
cuisson ou la stérilisation à la vapeur.
Pour qu'un matériel soit considéré comme
stérile, la probabilité théorique d'isoler un
germe doit être inférieure à 1 %. C'est le
niveau d'assurance de stérilité (NAS)
réglementé par la norme EN 556.
Le principe de l'autoclave a été inventé par Denis Papin en 1679, le 9 avril 1820
Pierre-Alexandre Lemare dépose un brevet "Marmite autoclave" qui sera
améliorée par Nicolas Appert 2. Son successeur et continuateur, Raymond
Chevallier-Appert, déposera, le 28 décembre 1852, le brevet de la pratique de
stérilisation sous le titre de « autoclave avec manomètre spécial »3, ancêtre du
stérilisateur actuel à vapeur. En 1879 Charles Chamberland améliore le procédé
à des fins médicales4.
On appelle autoclavage un cycle d'utilisation d'un autoclave et autoclaver est le
verbe.
Principe de stérilisation
Les agents stérilisants sont la vapeur d'eau saturée sous pression ou l'eau
surchauffée. La chaleur associée à l'humidité provoque la destruction des
germes en réalisant une dénaturation protéique par hydrolyse partielle des
chaînes peptidiques. La stérilisation par la vapeur est le mode de stérilisation le
plus utilisé en milieu hospitalier.
2Jean-Paul Barbier Nicolas Appert inventeur et humaniste page 149 et 171, et L'art de conserver
par Appert 1831.
3Académie des Sciences Morales et Politiques, Rétrospective du développement durable : les
révolutions industrielles, M. Michel Drancourt, séance du lundi 27 mai 2002
[Link]
À noter qu'une première étape constituée de successions de mises sous vide et
d'injections de vapeur permet d'augmenter l'efficacité du palier de stérilisation
en retirant l'air contenu dans la chambre de stérilisation et dans la charge à
stériliser. En effet, les poches d'air constituent des points froids où la force
stérilisatrice est diminuée.
Un cycle d'autoclave a une durée variable en fonction du barème appliqué et du
type d'objet à stériliser.
En France depuis la circulaire n° 100 du 11/12/95 et 138 du 14/03/01, afin de
faire face aux risques liés aux agents transmissibles non conventionnels (ATNC)
les cycles à 134 °C sont obligatoires pendant un temps de plateau (phase 3) de
18 minutes. Ceci est appliqué aux hôpitaux, cela dépend du type de charge
microbienne à traiter.
Éléments obligatoires
Selon la législation française, chaque autoclave doit pouvoir supporter une
pression supérieure de 1/3 à sa pression d'utilisation maximale (si le timbre5 est
de 3 bars, la pression d'épreuve est de 4 bars). Le timbre indique que l'autoclave
a été testé par une organisation certifiée par le bureau des mines. Il doit être
éprouvé au moins une fois par décennie, puis à chaque incident ou à chaque
changement de place.
Un autoclave doit comporter un manomètre gradué pour lecture directe de la
pression, un thermomètre à lecture directe, un thermomètre enregistreur et
deux soupapes de sécurité qui s'actionnent si la pression est supérieure à 3 bars.
La soupape de sécurité de la chambre peut être remplacée par un disque de
rupture, jugé plus sanitaire (utilisation industrie pharmaceutique)
5Marque (poinçon, plaque) que l'Administration appose, après épreuve, sur un appareil à vapeur
pour indiquer la pression maximale qu'il peut supporter
Principe d'un autoclave de chimie
Les autoclaves de chimie travaillant sous haute pression sont soumis à la DESP
(Directive Européenne Sous Pression). Ils sont le plus souvent équipés d'un
disque de rupture (pastille d'éclatement) qui s'apparente à un fusible sous
pression.
En chimie, un autoclave permet de réaliser des réactions sous pression, telles
que des hydrogénations, polymérisations, minations, etc. Les autoclaves de
chimie ou de recherche permettent de travailler à des pressions jusqu'à 5000
bars et des températures allant jusqu'à 900 °C6. Les autoclaves peuvent être
équipés d'un système d'agitation qui sera à entraînement magnétique afin de
s'isoler de la pression et de créer un vortex uniforme à l'intérieur du réacteur.
Ainsi de nombreuses manipulations de recherche et expérimentations en
laboratoire sont réalisées à partir d'autoclaves (recherche pharmaceutique,
chimique, pétrolière...).
Pour des améliorations de procédés ou en recherche fondamentale, le volume
des autoclaves varie de façon inversement proportionnelle à la pression qu'ils
doivent supporter. Ainsi, un autoclave de petit volume (50 cm³ à 300 cm³)
supportera plus facilement la pression qu'un autoclave ayant un volume plus
important (5 à 10 litres).
Les autoclaves haute pression (ou réacteurs de recherche plus communément
surnommés bombes de laboratoire) sont exclusivement réalisés dans des
matériaux métalliques permettant d'offrir une résistance à la pression. La
matière de fabrication la plus couramment utilisée pour les autoclaves étant
l'inox en nuance 316 SS. D'autres métaux tels que l'Hastelloy C276 ou l'Inconel
600 sont utilisés pour des applications corrosives ou très haute température (Ex:
900 °C)7.
Voir aussi
6Voir par exemple le Site de la Société Autoclave France ou Site de Lagarde Autoclaves
[Link] -Autoclave-france.
Articles connexes
•Hygiène
•Désinfection
•Conservation des bois
•APAVE, un organisme de certification d'appareils à vapeur en France
Bain-marie
Bain-marie utilisé pour faire fondre du chocolat.
En cuisine, le bain-marie désigne un liquide chaud
servant au chauffage d'un récipient contenant un mets
ou une préparation à chauffer. Par extension, le
bain-marie désigne également le récipient
contenant le liquide chaud. On appelle cuisson au bain-
marie la cuisson utilisant le bain-marie.
Le bain-marie contient un liquide (eau ou huile, par
exemple), alors que le récipient au-dessus contient le mets ou la préparation.
Cette technique de chauffage présente l'avantage d'éviter un apport de chaleur
trop brutal et permet de contrôler le chauffage en évitant à peu près tout risque
de calcination, même partielle. L'huile est utilisée lorsqu'il faut atteindre des
températures supérieures à 100 °C.
Ce dispositif est également utilisé en chimie, surtout en chimie organique lors de
synthèse organique, et en biologie moléculaire.
Histoire
Selon le chimiste allemand Lippmann, le médecin et mathématicien grec du
Ve siècle av. J.-C. Hippocrate de Chios et le naturaliste Théophraste IVe siècle av.
J.-C. ont les premiers décrit la technique du bain-marie8. On attribue la
vulgarisation du bain-marie à Albert le Grand ; ainsi le nom de bain-marie
proviendrait du vocabulaire alchimique antique, parlant alors de « bain de Marie
» en référence à l'alchimiste Marie la Juive (IIIe siècle av. J.-C.), à qui l'on
attribue également l'origine de certains ustensiles de laboratoire et l'emploi de la
technique comme outil. La première attestation en latin Balneum Mariae date du
début du XIVe siècle, dans le Rosarium attribué à Arnaud de Villeneuve9.
Utilisations
8Edmund von Lippman Zur geschiste des Wasserbades, dans Abhandlungen und Vortäge zur
Geschichte der Naturwissenschaft (2 Vols.) 1906-1913, cité par (Patai 1995, p. 62)
9Définitions lexicographiques et étymologiques de « bain-marie » du CNRTL.
En cuisine
Le bain-marie est utilisé en cuisine pour la cuisson de certains aliments ou
préparations fragiles, ainsi que pour maintenir la température acquise.
Usages classiques :
•fondre du chocolat ;
•création de sauces comme par exemple les sauces hollandaise ou béarnaise;
•cuire une coustarde (ou custard), un type de crème pâtissière anglaise ;
•cuire certains gâteaux au fromage ;
•réchauffer du lait maternel ;
•cuire un sabayon, crème au jaune d'œuf et au marsala, dessert typique de la
gastronomie italienne.
En biologie moléculaire
On utilise principalement le bain-marie pour effectuer des dénaturations par
exemple. Pour des applications à plus basse température, comme les digestions
enzymatiques avec des enzymes de restriction sur l'ADN à 37° C, par exemple,
on utilisera plutôt un bain thermostaté.
En chimie
Les chimistes utilisent souvent le bain-marie pour éviter toute destruction de
molécules par contact avec la paroi excessivement chaude ; l'agitation ne
suffisant pas à la répartition des calories. Il permet un meilleur réglage de la
température bien qu'il nécessite un apport d'énergie plus important. On peut
ainsi augmenter la température du milieu réactionnel.
Balance (instrument)
Une balance, du latin bis (2 fois) et lanx (plateau), est un instrument de mesure
qui sert à évaluer des masses. Pour effectuer cette mesure, on utilise des « poids
», appellation que l'on emploie dans le langage courant ; en termes scientifiques,
on utilise l'appellation « masses marquées ».
Les balances existent depuis l’Antiquité. La balance nécessitant l’utilisation de
poids, elle obligea à réglementer le pesage avec le plus grand soin. Les balances
ne sont devenues de véritables instruments de précision qu’au XIXe siècle.
Au XVIIe siècle, l’invention de Roberval révolutionne le pesage. C’est la première
fois que l’on a l’idée de poser les plateaux au-dessus du fléau et non plus en
dessous. Au XVIIIe siècle, Lavoisier perfectionne la balance et les principes de
pesage. Il en généralise l’usage dans les laboratoires, après avoir conçu une
balance très sensible. La balance Roberval est perfectionnée par Béranger qui
parvient à réduire les forces latérales et les frottements en utilisant des petits
fléaux secondaires qui remplacent les tiges de force. Au XXe siècle, les balances «
Roberval » et « Béranger » sont sur tous les comptoirs des commerçants
lorsqu'apparaît, à la fin du XIXe siècle, la «balance automatique» constituée d’un
cadran gradué, circulaire ou en forme d’éventail où l’on peut directement lire la
masse de l’objet pesé indiqué par une aiguille, et sans avoir à déplacer de poids
manuellement. Les dernières évolutions sont dues à l'électronique. Dorénavant
les balances électroniques affichent ou impriment directement la masse et bien
souvent calculent même le prix correspondant.
Une « bonne » balance doit être juste, sensible, et fidèle.
Le fabricant de balances est un « balancier ».
Balances. Dictionnaire encyclopédique de l'épicerie et
des industries annexes par Albert Seigneurie, 1904
Balance Napoléon III, pour le tabac à priser et à chiquer ;
plateaux en corne, poids périodiquement poinçonnés ;
poinçons couronne impériale et fabricant D.J.
Historique
Les balances existent depuis l’Antiquité. La
balance nécessitant l’utilisation de poids,
elle obligea à réglementer le pesage
avec le plus grand soin. Les balances ne sont
devenues de véritables instruments de précision
qu’au XIXe siècle.
Antiquité
Dans l’Antiquité, les fonctionnaires vérifiaient la
justesse de la pesée des négociants et des
commerçants à l’aide d’étalons de mesure. Les
premiers étalons, réalisés en cuivre ou en bronze, ont été réalisés en Asie et en
Égypte avant l’invention de la monnaie.
Rome
Plusieurs types d’instruments de pesage existaient déjà, les nôtres en sont les
descendants. La trutina était utilisée pour les grosses pesées, la moneta pour les
petites. La statera est la balance que nous appelons aujourd’hui balance
romaine. Elle permet d’utiliser un seul instrument pour effectuer des pesées.
La libra est l’unité de mesure (la livre) et correspond à la masse de la monnaie
as, soit environ 327 g. Cette masse se divise en douze onces d’environ 27.29 g.
Moyen Âge
Aucun nouveau type de balance n’apparaît, mais le mot « balance » prend sa
place dans la langue française.
À la fin du XIIe siècle, Philippe-Auguste remplace l’unité de « poids » — à
l'époque, on ne distinguait pas encore masse et poids — (la livre) par le marc, qui
restera l’unité de masse jusqu’en 1795. Le marc sera utilisé dans tous les pays
d’Europe, mais malheureusement avec des valeurs différentes de masse. En
France le marc se divise en huit onces, l’once en huit gros, le gros en trois
deniers, le denier en 24 grains.
XVIe siècle
C’est la période du développement des boîtes de pesage utilisées pour les petites
pesées. Ces petites boîtes en bois, d’environ 15 cm de longueur, contenaient une
balance à bras égaux montée sur une colonne démontable, ainsi que ses poids.
Très répandues chez les commerçants, elles servaient à vérifier la masse des
pièces d’or et d’argent en circulation. Les poids contenus dans ces boîtes étaient
appelés « poids monétaires ». Chacun de ces poids était ajusté sur la masse
légale d’une monnaie déterminée et souvent à son effigie.
XVIIe siècle
L’invention de Roberval (voir plus bas) révolutionne le pesage. C’est la première
fois que l’on a l’idée de poser les plateaux au-dessus du fléau et non plus en
dessous.
XVIIIe siècle
Lavoisier perfectionne la balance et les principes de pesage. Il en généralise
l’usage dans les laboratoires, après avoir conçu une balance très sensible (au
milligramme près).
XIXe siècle
Le système archaïque des poids et mesures propres à chaque ville ou à chaque
région est remis en cause au moment de la Révolution française. Les bienfaits du
système métrique, mis en place en France en 1795 et rendu obligatoire le
1er janvier 1840 accompagné d’un étalon unique pour tout le pays, se répandent
dans tous les pays progressivement. Les formes des poids étalons sont par
ailleurs réglementées :
•Un modèle cylindrique surmonté d’une prise en cuivre
•Un modèle hexagonal ou rectangulaire en fonte de fer, muni d’un anneau.
Les différents types de balance n’ont pas évolué depuis le XVIIe siècle. Il faudra
attendre les améliorations dues à Louis Poinsot en 1821 pour que la balance dite
de Roberval se répande très largement. Un arrêté ministériel autorise «
l’admission, la vérification et le poinçonnage de la balance Roberval ».
La balance Roberval est perfectionnée par Béranger qui parvient à réduire les
forces latérales et les frottements en utilisant des petits fléaux secondaires qui
remplacent les tiges de force.
C’est également à cette époque qu’apparaît le pont-bascule qui permet, grâce au
« levier compensé » inventé en Angleterre, de réaliser de grosses pesées sans
utiliser de gros pesons.
XXe siècle
Les balances « Roberval » et « Béranger » sont sur tous les comptoirs des
commerçants lorsqu'apparaît, à la fin du XIXe siècle, la «balance automatique»
constituée d’un cadran gradué, circulaire ou en forme d’éventail où l’on peut
directement lire la masse de l’objet pesé indiqué par une aiguille, et sans avoir à
déplacer de poids manuellement.
Les dernières évolutions sont dues à l'électronique. Dorénavant les balances
électroniques affichent ou impriment directement la masse et bien souvent
calculent même le prix correspondant.
La technique
Le fonctionnement
Il convient tout d'abord de comprendre la distinction entre poids et masse,
grandeurs physiques fondamentalement différentes :
•la première est une force, c'est-à-dire une grandeur vectorielle définie par une
grandeur scalaire (l'intensité de la force), par une direction (verticale pour le
poids), par un sens (vers le centre de la Terre pour le poids) et par un point
d'application (le centre de gravité G pour le poids)
•la deuxième est une grandeur scalaire définie par un nombre et par sa «
dimension » physique.
Les balances de type 1 sont constituées d'un levier avec lequel on obtient
l'équilibre entre les masses, par rapport au point d'appui. Ce sont les balances à
deux plateaux, les balances romaines, …
Les balances de type 2 sont constituées d'un levier avec lequel on obtient
l'équilibre entre les forces, par rapport au point d'appui. Ce sont les
dynamomètres (dont les pesons), les balances pneumatiques, les balances
électriques, …
Balance ordinaire
Balance ordinaire
La balance ordinaire se compose d'une barre
métallique rigide appelée « fléau »
traversée en son milieu perpendiculairement à
sa longueur par un prisme d'acier appelés «
couteau central ». Ce prisme repose par une
de ses arêtes sur deux petits plans d'acier fixés
à l'extrémité d'une colonne qui, par suite,
soutient le fléau. Les deux extrémités du fléau
servent à supporter : l'un, le corps à peser,
l'autre les masses marquées destinées à
faire équilibre au corps.
Balance à fléau
Balance à fléau
Le principe de fonctionnement de la
balance à fléau est le même que celui de la
balance ordinaire. la différence vient que
dans cette balance, le fléau ne repose pas sur
une colonne mais sur une pièce métallique qui
permet de suspendre la balance.
Trébuchet
Trébuchet
Le trébuchet est un type particulier de balance
ordinaire. C'est une balance de précision,
utilisée pour peser de faibles quantités de
substances. Il était également utilisé pour
peser les pièces de monnaies.
Il est à l'origine de l'expression « en
espèces sonnantes et trébuchantes ».
Dans ce type de balance, le levier à bras égaux
est constitué d'un fléau rigide dont le point
d'appui est un couteau central, fabriqué avec
un matériau très dur, dont la forme est celle d'un prisme triangulaire et dont une
arête repose sur un petit plan horizontal du même matériau. Aux extrémités du
fléau, deux autres couteaux équidistants du couteau central supportent 2 petits
plans horizontaux auxquels ont été fixés les étriers portant les deux petits
plateaux. Les arêtes des trois couteaux doivent être absolument parallèles et
coplanaires. Le fléau, sous l'action des forces-poids agissant sur les deux petits
plateaux, effectue des oscillations amorties autour de la position d'équilibre. Une
aiguille solidaire du fléau permet d'observer, sur une échelle graduée, les
oscillations et de déterminer la position d'équilibre.
Les couteaux étant très délicats, on ne leur fait supporter la charge qu'au
moment d'effectuer la pesée. Lorsque la balance est en position de repos, un
dispositif de blocage actionné manuellement de l'extérieur soulève le couteau
central, le sépare du plan d'appui et sépare également les couteaux des plateaux
de leur plan d'application.
Balance romaine
Balance romaine
L'appellation « romaine » vient de son origine
arabe, rommäna (grenade, par analogie
de forme entre le contre- poids et le fruit).
Dans cette balance, les deux bras du fléau n'ont
pas la même longueur. Le bras du côté de la
masse inconnue a une longueur constante alors
que la longueur du bras qui supporte le contre-
poids est variable. Dans cette balance, on
n'obtient pas l'équilibre en égalisant les deux
masses, mais en agissant sur la longueur du bras qui porte le contre-poids.
L'équilibre se fait lorsqu'en déplaçant ce contre-poids le long de sa tige, le fléau
atteint la position horizontale. Le bras le plus long porte des divisions avec
indication des masses correspondantes. Il suffit alors de lire la masse de l'objet.
Dans les balances romaines portables, il existe deux points d'accroche séparés,
donnant accès, après retournement de l'appareil, à deux échelles différentes,
afin de privilégier la précision ou la pesée de masses plus importantes.
La romaine, symbole du commerce (bas-relief du Palazzo mercanzie à Brescia, XVIe siècle).
La différence de longueur entre les bras
permet de peser des charges beaucoup plus
importantes que celle du contre-poids.
On peut aussi noter que la mesure des masses ne
dépend pas du champ de pesanteur.
De nos jours, la balance romaine est encore
souvent utilisée comme pèse-bébé, comme
balance de ménage, et parfois comme pèse-
personne. Lorsqu'ils sont en bon état et bien
réglés, ces instruments ont une bonne précision.
10Les balances ordinaires sont en effet attestées depuis 3 500 av. J.-C.
11Les balances de Roberval sur le site de l'Université de technologie de Compiègne
12Pour les balances Roberval par exemple, on distingue les balances de capacité :
•0.5 kg (diamètre des plateaux = 12 cm)
•1 kg (diamètre des plateaux = 14 cm)
•2 kg (diamètre des plateaux = 16 cm)
•5 kg (diamètre des plateaux = 18 cm)
•10 kg (diamètre des plateaux = 20 cm)
•15 kg (diamètre des plateaux = 22 cm)
Balance à pendule
Un modèle particulier de ce type de balance est la balance « Béranger » (du nom
de son fabricant Joseph Béranger13).
En Belgique de nos jours, l'arrêté royal du 9 septembre 1975 a précisé que deux
types de balance étaient dispensés de l'approbation de modèle : « Roberval » et «
Béranger ».
Balance de changeur
Cette balance est une petite balance à fléau qui était utilisée au XVIIIe siècle par
les changeurs pour peser les pièces de monnaie.
Peson
Deux pesons
Le peson est constitué d'un ressort dont on
mesure l'allongement grâce à une réglette se
déplaçant sur une échelle graduée.
Les mesures données sont des forces, et
n'indiquent la masse que dans un champ de
pesanteur donné.
Ces appareils, également soumis à erreurs en cas d'allongement irréversible du
ressort, sont interdits pour les transactions commerciales.
Ce même principe est utilisé dans de nombreux pèse-personnes mécaniques.
Balance de ménage
Balance de ménage
13Joseph Béranger naquit en 1802 à Prissé, en Saône-et-Loire. Il fit beaucoup pour que le
système métrique se répande en France. De simple ouvrier chez le sieur Turpin, en 1827 il fonda,
10 cours du Trocadéro à Lyon Brotteaux, ses propres ateliers qui occupaient 300 personnes. En
1857 son gendre déplaça ses établissements Catenot-Béranger à La Mulatière. Catenot mourut
en 1863. En 1866 sa veuve épousa M. Trayvou qui prit la direction régionale des affaires, et
laissa son nom à la célèbre marque de balances.
Ce modèle de balance a été très utilisé au milieu
du XXe siècle.
Il s'agit d'une variante de la balance romaine.
En tôle d'acier laquée, avec un plateau chromé,
cette balance fonctionne avec deux masses
coulissant sur deux réglettes graduées, l'une
pour les kilogrammes, l'autre pour les
grammes.
Ce modèle de balance était également utilisé
comme pèse-bébé, après avoir remplacé le plateau par un repose-bébé, constitué
de deux supports en matière plastique et d'une alèse en vinyle blanc opaque.
Pèse-lettre
Un pèse-lettre est une balance qui sert a peser
une lettre, et plus généralement un envoi
postal.
Bascule
La bascule est, comme la balance romaine, une
balance à bras inégaux. La charge est disposée sur un plan d'appui agissant sur
un bras de levier court. L'équilibre est réalisé en disposant des masses connues
sur le plateau situé à l'extrémité du bras libre qui est plus long. Suivant le
rapport entre les longueurs des deux bras, le rapport entre la masse connue et la
charge que l'on pèse peut aller jusque 1 à 100.
Balance électronique
Balance électronique de laboratoire
Le principe de fonctionnement de ces
balances repose sur les variations des
caractéristiques électriques de certains
matériaux lorsqu'ils sont soumis à des
compressions mécaniques. Ces
variations électriques sont mesurées et
envoyées à un cadran qui permet de donner
une indication sur la masse de la charge
inconnue qui a comprimé le matériau.
Selon la plus petite masse qu'elles peuvent
mesurer, les balances électroniques sont
classées en fonction de la plus petite division et
de la capacité typique :
•Balance analytique :
1. Ultramicroanalytique
(0.1 μg / 3 g)
2. Microanalytique (0.001
mg / 3 g)
3. Semimicroanalytique (0.01 mg / 30 g)
4. Macroanalytique (0.1 mg / 160 g)
Les poids
Les poids marqués
En termes scientifiques, on les appelle « masses marquées ». On utilise
également les termes de « poids de référence » et « boîte de poids ».
Forme et matière
La forme des poids varie de même que la matière employée pour leur fabrication.
La fonte, le cuivre, le laiton sont les métaux les plus fréquemment employés.
Les poids en fonte ont une forme de pyramide tronquée quadrangulaire pour les
poids de plus de 10 kg, et une forme de pyramide tronquée hexagonale pour les
poids de 10 kg à 50 g.
Les poids en cuivre sont cylindriques et surmontés d'un bouton pour les saisir.
Ils peuvent être en forme de godets s'emboîtant les uns dans les autres. C'est ce
que l'on appelle la « pile de Charlemagne » (pour plus d'informations, voir ci-
dessous le lien externe).
Pour les pesées de petites quantités de substance, les divisions du gramme (½
gramme à ½ milligramme) sont de petites lamelles, généralement en aluminium,
dont un coin est plié pour faciliter la saisie.
Le marquage du fabricant
Les fabricants, maîtres balanciers, sont habilités à marquer leurs poids d'un
poinçon permettant de les identifier. Ce poinçon est généralement constitué de
trois lettres ou d'un sigle.[réf. nécessaire]
14Le « service des poids et mesures » est maintenant régional et dépend de la Direction
Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Équipement.
15À partir de 1789, le poinçon était une République debout tenant dans sa main droite une pique
couverte d'un bonnet phrygien. Puis ce fut la République assise tenant de sa main droite un
caducée et de sa main gauche une balance au-dessus d'un autel. Pour faciliter la fabrication du
poinçon, on le remplaça par un fléau de balance avec son aiguille (avec ou sans bonnet phrygien)
et les lettres RF simples ou entrelacées. de 1795 à 1804 (Directoire et Consulat) : poinçon en
forme d'abeille ; de 1804 à 1814 (Premier Empire) : aigle impérial ; de 1815 à 1824 (Louis
XVIII) : armes de France (trois fleurs de lys, dont une est surmontée de la couronne royale) ; de
1824 à 1830 (Charles X) : fleur de lys dans un ovale ; de 1830 à 1848 : Couronne royale ; de 1848
à 1852 : poinçon de la bonne foi (identique à celui d'aujourd'hui) ; de 1852 à 1871 (Second
Empire) : couronne impériale ; depuis 1871 : poinçon de la bonne foi
Par ailleurs, ce service effectue des vérifications chaque année et, lors de cette
vérification « périodique », porte sur l'objet un poinçon constitué d'une lettre.
Cette lettre change chaque année. De nos jours, ce poinçon est remplacé par une
vignette verte indiquant la date de validité du contrôle.
Liens externes
Histoire
Notes et références
Bec Bunsen
Un bec Bunsen et sa virole.
les différentes flames obtenues avec un bec bunsen
Un bec Bunsen est un appareil utilisé en
laboratoire pour chauffer, stériliser, et
divers autres usages.
Historique
On attribue à tort son invention à Robert
Wilhelm Bunsen. Le bec Bunsen ne lui doit son
nom que parce que son assistant de laboratoire,
Peter Desdega, avait perfectionné en 1855 un
modèle créé par Michael Faraday.
Fonctionnement
Un bec bunsen est muni de quatre éléments
principaux : une arrivée de gaz latérale, un ajutage
(gicleur), une virole et une cheminée.
L'arrivée de gaz (combustible : méthane, propane, butane,...) latérale assure la
jonction entre le bec bunsen proprement dit et le tuyau qui permet d'acheminer
le gaz. Le gaz pénètre en flux continu dans la cheminée du bec bunsen via
l'ajutage, sorte de tube muni d'un orifice minuscule qui assure d'une part la
parfaite diffusion du combustible et empêche d'autre part un quelconque retour
de flamme.
16[0]
Au niveau de l'ajutage et sur la cheminée se trouve la virole mobile qui consiste
en une arrivée d'air qui peut être ou non ouverte. Dans le cas où la virole est
fermée, seul le gaz combustible emprunte la cheminée du bec bunsen. Le gaz
brûle alors de manière incomplète avec l'oxygène de l'air en sortie de cheminée
en produisant une flamme entretenue de couleur jaune, éclairante « furtive » et
dont la température ne dépasse pas les 800 °C (flamme de diffusion). En
revanche, lorsque la virole est ouverte, l'air et son oxygène (comburant) y sont
aspirés par le flux de gaz sortant de l'ajutage. Dès ce moment, on peut dire qu'il
y a prémélange dans la cheminée. Le combustible et le comburant brûlent alors
de manière complète en sortie de cheminée, en produisant une flamme continue
de couleur bleue, voire incolore (à la lumière du Soleil), et dont la température
atteinte peut facilement avoisiner les 1200 °C et même parfois jusqu'à 1500 °C.
Types de flammes
On distingue quatre sortes de flammes :
•la flamme éclairante (comme pour les briquets)
•la flamme douce (de couleur bleue)
•la flamme moyenne (on ne la voit quasiment pas)
•la flamme forte (on ne la voit pas, mais on l'entend très bien)
Voir aussi
•Bec Auer
Support élévateur
Un support élévateur, ou boy (nom de marque17
plus ou moins devenu nom commun), est un
outil utilisé dans les laboratoires de chimie
pour élever et placer à une hauteur donnée
d'autres éléments matériels. Ainsi, il est
habituellement utilisé pour élever un agitateur
magnétique, un chauffe- ballon, un cristallisoir,
un bain réfrigérant ou une partie d'un montage
désaxé qui nécessite un soutien.
17[Link]
Le support-élévateur intervient le plus souvent dans la zone inférieure des
appareillages qui sont ordinairement fixés quelques décimètres au-dessus du
plan de travail pour les commodités de surveillance et de liberté de manœuvre :
posé sur le plan de travail, il permet depuis ce niveau d'élever avec rapidité,
précision et sûreté tout autre instrument en l'un des points bas de l'appareillage.
La hauteur de fixation de celui-ci est d'ailleurs souvent choisi en prévoyant la
possibilité d'utiliser un ou plusieurs supports-élévateurs : trop bas le support et
ce qu'il doit hissé ne peuvent être glissés en dessous ; trop haut, l'extension
maximale du support peut être dépassée et donc la position non atteinte.
Sur le principe du cric, il se compose de plans articulés, assurant la résistance et
rigidité, qu'une vis sans fin, maniée par l'utilisateur par l'extrémité munie d'une
mollette, met progressivement en extension, le plan ou plateau supérieur s'en
trouvant élevé ; inversement leur repliement est déclenché par la rotation
inverse de la vis et favorisé par le poids du plateau, ceci sans verrouillage
particulier.
Voir aussi
•Tables élévatrices hydrauliques
Centrifugeuse
Une centrifugeuse est un appareil destiné à imprimer une accélération, grâce à
un mouvement de rotation, à un mélange liquide-solide (par exemple, un
colloïde). Le plus souvent, le mélange est déposé dans un récipient perforé de
multiples orifices, la taille de ceux-ci étant suffisamment grande pour laisser
passer le liquide et assez petite pour empêcher le passage du solide. Ce type
d'appareil peut aussi servir à séparer les mélanges constitués de parties ayant
une densité différente.
L'essoreuse à salade en est une : sous l'effet de la rotation, une accélération due
à une force centrifuge est appliquée au contenu. Les feuilles de laitue sont
bloquées par les parois du panier perforé et l'eau est éjectée sur les parois du
récipient : le corps dense est séparé du corps moins dense.
Ces appareils trouvent des applications technologiques et industrielles très
importantes :
•en biologie ;
•en dessiccation de boues ;
•en industrie nucléaire ;
•dans la formation des astronautes et l'entrainement des pilotes militaires.
Pour le vin et la bière
Centrifugeuse industrielle utilisée pour la mise au
propre des vins après fermentation alcoolique
La centrifugation peut être utilisée pour
clarifier rapidement les vins ou les bières après
fermentation alcoolique ou avant filtration de
finition en vue d'une mise en bouteilles. Elle
permet d'éliminer rapidement une grande
partie des particules et des micro-organismes en
suspension responsables de faux-goûts éventuels
(odeurs soufrées) et de déviations
microbiologiques.
Essoreuse décantatrice
Essoreuse décantatrice
•1 : collecteur des buées, avec des ouvertures
(bleu)
•2 : ouvertures de décharge du solide
•3 : ouvertures de décharge du liquide
•4 : vis sans fin
•5 : rotor (rouge)
•8 : carcasse fermée
Centrifugeuse en cuisine
Des centrifugeuses électriques sont utilisées en cuisine, y compris par des
particuliers, pour extraire le jus des fruits et des légumes. Elle est aussi utilisée
pour sécher la laitue. (centrifugeuse pour laitue)
Les centrifugeuses utilisées pour
l'enrichissement du combustible nucléaire
Elles permettent, par un procédé sophistiqué et long de centrifugation gazeuse
de séparer grâce à la différence de vitesse de décantation centrifuge les produits
de densité différente (tel l'hexafluorure d'uranium 238 de l'hexafluorure
d'uranium 235 plus léger, en vue d'augmenter sa proportion et d'enrichir le futur
combustible nucléaire, l'uranium naturel n'étant pas suffisamment riche en
uranium 235 fissile)18.
Le minerai d'uranium doit d'abord être purifié puis transformé en gaz
(hexafluorure d’uranium ou UF6). Ce gaz est injecté dans une centrifugeuse
spéciale, dont le rotor tourne à très grande vitesse dans un caisson sous vide.
Avec le temps les isotopes U238 (plus lourds) se déportent puis s’agrègent contre
la paroi de la centrifugeuse, tandis que les molécules d’U235 plus légères
s’accumulent au centre. Divers procédés favorisent une bonne séparation.
L'opération est renouvelée jusqu'à obtention du résultat voulu. On parle de
cascade de centrifugeuse (montées en séries, et en parallèles par milliers). Au
fur et à mesure de leur passage d'une centrifugeuse à l'autre, la teneur en
uranium 235 augmente. L'UF6 appauvri est renvoyé au début de la cascade pour
être retraité.
Le procédé a été développé dans les années 1980 aux USA par le DoE, avec la
construction d'une première cascade d'essai (1300 centrifugeuses à gaz) au
laboratoire d'Oak Ridge (Tennessee) et à l'usine d'enrichissement de Piketon
(Ohio) qui a exploité une centaine de centrifugeuses durant 9 mois. L'idée a été
abandonnée en 1986 puis relancée avec un système de séparation d'isotopes par
vapeur et laser (SILVA, qui fait depuis 2000 l'objet de recherches par l'USEC.
Plusieurs industriels ont développé la centrifugation gazeuse : russes et anglais
(Urenco qui a créé dans les années 1990 une société ERP), allemands,
néerlandais...
Cette solution tend à remplacer les autres alternatives d'enrichissement
(procédé laser, séparation électromagnétique ou diffusion thermique liquide et
même séparation par diffusion gazeuse (très consommatrice d'énergie)19).
L'enrichissement accroît le taux d'isotope 235 (de 0,7 %, il passe à 4 à 6 % selon
la durée de centrifugation, et selon la commande du client).
Elles sont nécessaires pour la production de combustible nucléaire, mais aussi
pour la production de matériel militaire, ce pourquoi les usines d'enrichissement
et le nombre de centrifugeuses sont surveillés par l'AIEA. À titre d'exemple,
l'Iran qui a déjà une usine en activité à Natanz (pouvant accueillir 54 000
centrifugeuses, au moins 8582 mi 2010 20 prévoit 9 autres usines et a annoncé
construire sa troisième usine en 2011 21).
18Uranium Enrichment ; Coming Full Circle Oak Ridge National Laboratory's Communications
and External Relations.
19Principe de la centrifugation gazeuse, par ETC (producteur)
20Rapport AIEA, mai 2010
21Enerpress n° 10139, p 2 mercredi 18 aout 2010
Aux USA, les usines d'enrichissement sont soumises à La loi qui leur impose une
assurance responsabilité civile pour l'installation, des inspections spéciales, dont
avant de commencer les opérations et une étude d'impact poussée, notamment
en raison des risques de pollution de l'air. Les déchets radioactifs que produisent
ces usines doivent être traités selon les lois en vigueur.
Utilisation en aéronautique
et astronautique
Les centrifugeuses sont utilisées pour la
formation des astronautes et
l'entrainement des pilotes militaires. Elles
permettent de tester leur résistance aux accélérations importantes et de
renforcer celle-ci.
Centrifugeuse utilisée par la NASA pour l'étude de
l'équilibre sur des astronautes
Centrifugeuse utilisée à la NASA
Voir aussi
Articles connexes
•Centrifugation
•Force centrifuge
Chauffe-ballon
Un chauffe ballon, utilisé dans les établissements scolaires
Le chauffe-ballon est, comme son nom
l'indique, un appareil électrique qui permet de
chauffer les ballons. Il se présente généralement
sous la forme d'un cylindre (ou parfois d'un
rectangle) sur la surface duquel on aurait creusé
une demi-sphère. Il est utilisé pour les
montages, notamment à reflux.
Selon leur domaine d'utilisatiion, on
distingue deux catégories de chauffe-
ballons: les chauffe ballons de laboratoire
avec un volume de 50ml à 20l et les chauffe-
ballons industriels avec un volume de 10l à
200l.
Les chauffe-ballons de laboratoire ont un
corps chauffant en soie de verre crochetée à la
main pour résister à des températures allant
jusqu'à 450°C. On les trouve entre-autres sous
la marque Pilz. Le chauffage est
électrique : une résistance chauffante transmet la chaleur au ballon. Ils sont
commercialisés sous forme de demi-sphère que l'on accroche sur un anneau ou
trépied ou intégrés dans un boitier métallique.
Les chauffe-ballons industriels sont utilisés par exemple dans le secteur des
industries pharmaceutique, chimique ou du recyclage des métaux pour
l'obtention de réactions chimiques ou biologiques ou bien dans les procédés de
distillation. Ils sont dotés d‘une structure métallique robuste qui leur confère une
résistance mécanique supérieure compatible avec la taille des ballons auxquels
ils s‘appliquent. La fixation est assurée par quatre boulons à oeillets mobiles sur
le support annulaire.
Colorimètre
Un colorimètre est un outil qui analyse les échantillons colorés.
En chimie, le colorimètre est un appareil permettant de mesurer l'absorbance,
ou le pourcentage de transmitance, d'une solution pour un petit nombre de
longueurs d'onde prédéterminées. La valeur de l'absorbance peut être reliée à la
concentration de l'entité colorée soit grâce à une courbe d'étalonnage, soit grâce
à la relation de Beer-Lambert. La méthode de la courbe d'étalonnage consiste à
comparer l'absorbance de la solution de concentration inconnue à l'absorbance
de solutions de concentrations connues de la même entité, à la même longueur
d'onde. L'utilisation de la relation de Beer-Lambert nécessite que le coefficient
d'absorption molaire de l'entité, à cette longueur d'onde, soit connu.
La lumière utilisée pour l'analyse est une lumière blanche filtrée. Les différents
filtres du colorimètre permettent de sélectionner certaines plages de longueurs
d'onde. Les filtres ne produisant pas une longueur d'onde monochromatique, un
tel dispositif est bien évidemment moins performant qu'un spectrophotomètre.
Les capteurs mesurent la quantité de lumière qui traverse la solution, comparée
à la quantité entrante et indiquent combien a été absorbé.
En d'autres applications, les colorimètres sont utilisés pour déterminer la bonne
reproduction des couleurs dans les moniteurs vidéo ou pour la calibration des
couleurs dans les impressions photographiques. Les colorimètres sont
disponibles pour les personnes souffrant de problèmes de vision, où les noms
subjectifs des couleurs sont annoncés sur les mesures objectives des paramètres
des couleurs. Certains colorimètres sont fabriqués avec des systèmes de vision
industrielle et sont intégrés sur les lignes d'impression.
Le spectromètre est aussi un instrument qui utilise les propriétés de la couleur
par composition chimique en astronomie ou d'autres applications.
Cryostat
Exemple de cryostat
Un cryostat est :
•un instrument de physique permettant
d’obtenir des températures
cryogéniques par l’utilisation de l'inertie
thermique d'un liquide très froid.
•un appareil de laboratoire proche de la
salle d'opération : une enceinte réfrigérée
destinée à refroidir rapidement un élément
de tissu humain issu d'une biopsie dans le but
de l'examiner sans délai important en préparant une coupe au microtome pour
l'examen au microscope pour la continuation de l'opération.
types de cryostats
•Le cryostat à diffusion utilise 2 isotopes, l'hélium 3(rare) et l'hélium 4(commun).
Lorsque la température descend en dessous de 0,8 K, le mélange des deux
isotopes devient hétérogène, la phase supérieure s'enrichissant en hélium 3 et la
phase inférieure en hélium 4. Lorsqu'on provoque leur mélange par un
mouvement, il en résulte une absorption de chaleur du milieu extérieur dû à
l'enthalpie de mélange de l'hélium 3 et de l'hélium 4. Le mélange est par la suite
aspiré puis distillé dans la partie supérieure du cryostat puis recomprimé et
refroidi. Il en résulte deux liquides, l'un riche en hélium 3, l'autre en hélium 4, et
le cycle peut recommencer.
Articles connexes
•Cryogénie
Étuve de laboratoire
Étuve universelle de laboratoire22
Une étuve de laboratoire est un
appareil de chauffage fonctionnant, dans la
majorité des cas, dans l'air (parfois sous vide
ou sous gaz neutre) et permettant d'effectuer
divers traitements thermiques à
température régulée.
Les laboratoires d'analyse ou de
recherche en sont souvent pourvus.
Leur thermostat est réglable de 3023 à
environ 300 °C (avec une régulation à ± 2 °C
près ou mieux) ; au-delà on parlera plutôt de four.
Les étuves de laboratoire sont généralement équipées de puissantes résistances
électriques, d'un thermostat de sécurité réglable, de grilles métalliques
amovibles (souvent au nombre de trois) et d'un système d'évacuation (par
aspiration) des gaz de cuisson. Certaines disposent d'une surface vitrée en face
avant pour suivre une expérience.
Ces étuves thermostatiques sont pourvues d'un système de ventilation forcée
afin de rendre la température la plus homogène possible24.
Elles sont de plus en plus souvent équipées d'un dispositif interne ou externe (PC
muni d'un logiciel) permettant la réalisation d'un cycle thermique qui peut être
couplé avec une mise sous vide à l'aide d'une bâche à vide. On peut également
utiliser la dilatation de noyaux expansibles (procédé Elastherm).
22L'afficheur indique 130 °C, le thermostat de sécurité (qui coupe la chauffe si la température
atteint un seuil) est réglé à 250 °C et l'évent est ouvert.
23Le simple brassage d'air créé par le ventilateur peut suffire à porter l'ambiance à environ
30 °C.
24La température peut varier d'un étage à l'autre, malgré la présence du dispositif de ventilation
forcée. Les (exigeantes) normes aéronautiques imposent un étalonnage périodique de l'étuve sur
au moins cinq points équidistants dans le volume.
L'étuve de laboratoire est un appareil compact utilisé :
•dans le domaine des matériaux composites (par exemple), pour assurer la
prépolymérisation et la cuisson (polymérisation) des pièces à base de résines
thermodurcissables ;
•pour effectuer des post-cuissons ;
•pour réaliser des essais divers (teneur en extrait sec25, taux de gonflement,
traction, fluage, etc.) ;
•ou tout simplement pour ramollir des matériaux thermoplastiques afin de les
rendre applicables.
Voir aussi
Articles connexes
•Thermostat
•Thermocouple
•Étuve | Étuve industrielle
•Enceinte de laboratoire
•Four | Four à gradient | Four à micro-ondes
Plaque chauffante
Une plaque chauffante est un appareil de laboratoire portable qui sert de
source de chaleur pour chauffer divers objets.
Elle peut être couplée avec un système d'agitation magnétique afin d'assurer
une homogénéisation efficace du contenu d'un récipient (il s'agit en général
d'une solution). Un chauffage sous agitation peut favoriser la dissolution de
certains sels ou accélérer une réaction endothermique. Il peut aussi servir à
maintenir un gel d'agarose ou d'agar-agar à l'état liquide.
La plaque chauffante possède un atout appréciable, celui de fonctionner à
l'énergie électrique. Dans un contexte de réchauffement climatique, elle
représente une solution judicieuse.
pH-mètre
Un pH-mètre muni d'une sonde de température
25Pour réaliser un taux de cendres, on se sert d'un four à moufles dont la température peut
atteindre 1000 °C, à ± 20 °C près environ.
Un pH-mètre est un appareil souvent
électronique permettant la mesure du pH d'une
solution.
Fonctionnement
Le pH-mètre est généralement constitué
d'un boîtier électronique permettant l'affichage de la
valeur numérique du pH et d'une sonde de pH
constituée d'une électrode de verre permettant la
mesure et d'une électrode de référence. Son fonctionnement est basé sur le
rapport qui existe entre la concentration en ions H3O¿ (définition du pH) et la
différence de potentiel électrochimique qui s'établit dans le pH-mètre une fois
plongé dans la solution étudiée.
Celui-ci est constitué de deux électrodes, l'une standard dont le potentiel est
constant et connu (appelée électrode de référence), l'autre à potentiel variable
(fonction du pH, appelée électrode de verre). Ces deux électrodes peuvent être
combinées ou séparées.
Une fois l'appareil étalonné à l'aide de deux solutions tampon (souvent de pH 4,
7 et 10), on peut déterminer la valeur du pH par simple corrélation, la différence
de potentiel évoluant proportionnellement à la valeur du pH selon la formule :
ΔE=apHa−pHbb
• ΔE est la différence de potentiel entre les deux électrodes
Étalonnage
Le pH-mètre est étalonné avant chaque campagne de mesures (par exemple tous
les matins) avec deux solutions tampon. Selon les mesures à effectuer, on
étalonne par exemple par une solution de pH=7 puis par une solution de pH=4
pour faire des mesures en milieu acide, ou par une solution de pH=7 puis une
solution de pH=10 pour des mesures en milieu basique. Les valeurs des mesures
sont idéalement comprises entre les deux valeurs de pH des solutions tampon
utilisées (les valeurs de pH=4, 7 et 10 sont les plus communément rencontrées
parmi les solutions tampon).
Mesure et conservation de la sonde
Après chaque mesure, la sonde de pH est rincée un court instant à l'eau purifiée
(eau déminéralisée, déionisée, distillée, etc.).
Une fois la campagne réalisée, la sonde doit être rincée, puis rapidement
immergée dans le liquide de conservation indiqué par le constructeur (exemples,
suivant le modèle de sonde : solution tampon de pH=4, électrolyte spécial).
Schéma de la sonde à pH
Schéma d'une sonde de pH
1. Corps de l'électrode de verre
2. Cristaux de KCl (visibles dans certains cas lorsque la solution est
sur-saturée)
3. Solution saturée en KCl
4. Fil conducteur relié à l'électrode de verre
5. Verre actif
6. Électrode de référence au calomel (autre possibilité :
électrode à Ag/AgCl)
7. Jonction électrolytique
Voir aussi
•Arnold Orville Beckman, chimiste, inventeur du pH-mètre.
•rH-mètre
Pompe à vide
Une pompe à vide est un outil permettant de faire le vide, c'est-à-dire d'extraire
l'air ou tout autre gaz contenu dans une enceinte close, afin d'en diminuer la
pression.
Quels gaz
Les gaz à évacuer sont d'une part ceux présents au début de la mise sous vide
(généralement à la pression atmosphérique) et d'autre part ceux émanant de
phénomènes tels que le dégazage naturel des parois sous vide (voire de zones
qui sont chauffées), des fuites éventuelles (réelles ou virtuelles), de la
perméabilité des joints ou des parois, voir d'introduction volontaire de gaz
(procédés de fabrication ou de traitement, dans le domaine des semi-conducteurs
par exemple), de l'évaporation de graisse.
Type de pompes
Vue en coupe d'une pompe à vide turbomoléculaire.
Il existe différents systèmes de pompes à
vide, dont le choix dépend entre autres de
la qualité du vide désirée. Les
technologies les plus courantes sont :
•Pour avoir un vide primaire :
1. éjecteurs à vide, pour le vide
grossier, utilisant la vapeur ou un
gaz comprimé
2. trompe à eau (103 Pa)
3. pompe à membrane (102 Pa)
4. pompe à palettes (lubrifiées ou
sèches) (10-2 Pa)
5. pompe à piston
6. pompe à anneau liquide
7. pompe Roots
8. pompe sèche (sans lubrifiant)
Historique
•1659 : pompe à air de Robert Boyle
Voir aussi
•Lyophilisateur
•Technologie du vide
Liens externes
•[Link] Site de la Société Française du Vide
•Pompes turbo et * pompes à diffusion
Spectromètre
Spectromètre
Un spectromètre est un appareil de mesure
permettant de décomposer une
quantité observée — un faisceau lumineux en
spectroscopie, ou bien un mélange de
molécules par exemple en spectrométrie de
masse — en ses éléments simples qui
constituent son spectre. En optique, il s'agit
d'obtenir les longueurs d'onde spécifiques
constituant le faisceau lumineux (spectre
électromagnétique) tandis que, pour un
mélange chimique, il s'agira d'obtenir les masses spécifiques de chacune des
molécules (spectre de masse). Des spectromètres sont également utilisés en
acoustique afin d'analyser la composition d'un signal sonore. De façon générale
l'étude des spectres est appelée la spectrométrie.
Dans le cas de l'optique (mais c'est également vrai en chimie), « spectromètre »
est un terme qui désigne en pratique une grande famille d'instruments
permettant de balayer un large éventail de longueurs d'onde, des rayons gamma
et des rayons X jusqu'à l'infrarouge. Cependant chaque type de spectromètre est
associé à une bande de fréquence particulière et nécessite une technologie
spécifique.
Différents types de spectromètres sont employés :
•Spectromètre électromagnétique (Spectromètre infrarouge, spectrofluorimètre,
spectromètre à rayons X) ;
•Spectromètre de masse
Spectromètre
La variable mesurée est le plus souvent l'intensité de la lumière mais pourrait
être également, par exemple, l'état de polarisation. La quantité mesurée est
habituellement la longueur d'onde de la lumière, normalement exprimée comme
une fraction d'un mètre, mais parfois exprimée comme une certaine unité
directement proportionnelle à l'énergie de photon, telle que la fréquence ou
l'électron-volt, qui est inversement proportionnelle à la longueur d'onde. En
pratique les longueurs d'ondes sont observées sous forme de raies spectrales.
Généralement un appareil ne fonctionnera que sur une petite partie du spectre
en raison de la variété des techniques employées pour mesurer chaque bande du
spectre. Au-dessous des fréquences optiques (c'est-à-dire, les micro-ondes, les
ondes radio, et aux fréquences sonores), on emploie un dispositif électronique
étroitement lié, l'analyseur de spectre.
Spectroscopes
Des spectromètres connus sous le nom de spectroscopes sont utilisés dans
l'analyse spectroscopique pour identifier les matériaux. Les spectroscopes sont
souvent utilisés en astronomie et dans quelques branches de la chimie. Les
premiers spectroscopes étaient simplement constitués d'un prisme avec des
repères marquant les longueurs d'onde de la lumière. Les spectroscopes
modernes, tels que des monochromateurs, emploient généralement un réseau de
diffraction, une fente mobile, et un détecteur photoélectrique. Le tout est
automatisé et commandé par un ordinateur. Le spectroscope a été inventé par
Gustav Kirchhoff et Robert Wilhelm Bunsen[réf. nécessaire].
Quand une matière est portée à incandescence, elle émet une lumière qui est
caractéristique des constituants atomiques de cette matière. La lumière émise
par un atome excité est constituée de différentes longueurs d'onde très
spécifiques que l'on peut considérer comme l'empreinte digitale de l'atome. Par
exemple, le sodium a une double bande jaune très caractéristique connue sous le
nom de D-lignes de sodium à 588.9950 et 589.5924 nanomètres : cette couleur
est bien connue de ceux qui ont déjà observé une lampe à vapeur de sodium à
basse pression.
Dans les spectroscopes du début du XIXe siècle, la lumière entrait par une fente
et une lentille de diffraction transformait la lumière en fins rayons lumineux
parallèles. La lumière traversait ensuite un prisme (dans des spectroscopes
portatifs, habituellement un prisme d'Amici) qui réfractait le faisceau lumineux
en un spectre26. Cette image était alors regardée dans un tube avec une échelle
qui permettait de mesurer l'image spectrale transposée.
Avec le développement du film photographique, un spectrographe plus précis fut
inventé. Il était basé sur le même principe que le spectroscope, mais comportait
un appareil photographique au lieu du tube de visionnement. Ces dernières
années, des circuits électroniques montés autour du tube de photomultiplicateur
ont remplacé l'appareil-photo, permettant l'analyse spectrographique en temps
réel avec une précision bien plus élevée. Des rangées de photodétecteurs sont
également utilisés à la place du film dans des systèmes spectrographiques. Une
telle analyse spectrale, ou spectroscopie, est devenue un outil scientifique
important pour analyser la composition d'une matière inconnue, pour étudier des
phénomènes astronomiques et confronter les théories astronomiques.
Spectrographes
Comparaison de la diffraction à partir de spectromètres. Systèmes optique
de réflexion, de réfraction, des fibres.
Un spectrographe est un instrument qui transforme une
onde entrante en un spectre de fréquences, ou généralement
une séquence d'un tel spectre. Il y a plusieurs genres
d'appareils désignés sous le nom de spectrographes, selon
la nature précise des ondes.
Utilisation en optique
En optique, le spectrographe sépare la lumière entrante
selon sa longueur d'onde et enregistre le spectre résultant
dans un certain détecteur. C'est ce type de spectromètre
qui a remplacé le spectroscope dans les applications scientifiques.
En astronomie, les spectrographes sont d'un usage courant. On les monte au
centre d'un télescope qui peut être un télescope d'observatoire terrestre ou un
télescope embarqué dans un vaisseau spatial.
Exemple d'un MER
26On rappelle que la réfraction est la propriété d'un faisceau lumineux d'être dévié à l'interface
entre deux milieux d'indice différents. Un milieu dispersif, comme le verre d'un prisme par
exemple, possède en plus la propriété d'avoir un indice différent pour chaque longueur d'onde.
Ainsi les différentes longueur d'ondes consituant un faisceau blanc arrivant sur un prisme sont
déviées avec des angles différents ce qui créé un arc-en-ciel en sortie.
Les Mars Exploration Rovers (MER) comportaient chacun un
Mini-TES - un spectromètre thermique miniature
d'émission (c'est-à-dire un spectromètre infrarouge).
Les premiers spectrographes ont employé le papier
photographique comme détecteur. La classification du
spectre des étoiles et la découverte de la séquence
principale, par la loi de Hubble et la séquence de Hubble ont toutes été réalisées
avec les spectrographes qui utilisaient le papier photographique. Le
phytochrome, un colorant issu des plantes a été découvert à l'aide d'un
spectrographe qui utilisait des plantes vivantes comme détecteur.
Les spectrographes plus récents emploient des détecteurs électroniques, tels
que les capteur CCD qui peuvent être employés tant pour la lumière UV que
celle visible. Le choix précis du détecteur dépend des longueurs d'onde de la
lumière à mesurer.
Telescope spatial James Webb
Le prochain télescope spatial James Webb contiendra aussi
bien un spectrographe proche- infrarouge (NIRSpec) et un
spectromètre mi-infrarouge (MIRI).
Un spectrographe Echelle emploie deux réseaux de
diffraction, tournés chacun de 90 degrés et placés l'un près
de l'autre. Par conséquent on capte la lumière par un point d'entrée, et non par
une fente, et un second capteur CCD enregistre le spectre.
Normalement, il faudrait s'attendre à lire le spectre sur la diagonale, mais
lorsque les deux réseaux ont un pas suffisant et que l'un est configuré pour qu'on
ne distingue que le premier ordre, tandis que le second est configuré pour
décomposer plusieurs des ordres supérieurs, on obtient un spectre bien séparé
sur un petit capteur CCD ordinaire. L'emploi d'un petit capteur présente
également l'avantage que le collimateur n'a pas besoin d'être corrigé pour la
coma ou l'astigmatisme, car l'aberration sphérique peut être considérée comme
nulle.
Utilisation en acoustique
Dans le domaine de l'acoustique, un spectrographe convertit une onde sonore en
un spectre sonore. Le premier spectrographe acoustique a été développé
pendant la Seconde Guerre mondiale par les laboratoires de téléphonie de Bell,
et était employé couramment en science de la parole, phonétique, acoustique et
recherche en matière d'audiologie, pour être, par la suite, remplacé par des
techniques numériques de traitement du signal.
Voir aussi
Liens internes
•Spectroscopie,
•Spectrométrie de masse
•Spectrofluorimètre
Titrage
Montage d'un titrage
La titrimétrie ou titrage est une technique de dosage
utilisée en chimie analytique afin de
déterminer la concentration d'une espèce chimique en
solution (ou titre d'une solution).
La méthode de titrage la plus utilisée est la
volumétrie ou titrage volumétrique. Elle consiste
à utiliser une solution de concentration connue
(appelée titrant) afin de neutraliser une espèce
contenue dans la solution inconnue (appelée analyte
ou espèce titrée).
Les titrages volumétriques les plus répandus sont les
titrages acide-base : L'opérateur fait couler
goutte à goutte un acide dans un volume déterminé
de base. Ainsi les réactifs réagissent mol à mol. Le
titrage base-acide est aussi possible.
Le point de neutralisation est connu grâce à un indicateur coloré ajouté dans la
solution inconnue (Cet indicateur change de couleur au moment de la
neutralisation) ou grâce à une variation du potentiel ou du pH (mesuré au moyen
d'une électrode trempant dans la solution inconnue).
Matériel nécessaire
Montage pour faire un titrage. La burette contient une solution titrante, et l'erlen la solution à
titrer
On utilise en général une burette graduée quand le titrage est manuel
ou un titrimètre automatique quand on souhaite améliorer la répétabilité
et la traçabilité. Le volume de l'échantillon est prélevé au moyen
d'une pipette de volume déterminé et est placé dans un erlenmeyer. La
burette contient toujours la solution de réactif titrante dont on connaît la
concentration. La burette donne le volume versé de solution titrante et
donc nous donnera le point à l'équivalence. La solution à doser
sera toujours dans un becher ou autre récipient propre, elle sera en
volume exactement connu.
Calculs
Le but d'un titrage est de trouver la concentration en un élément donné. Il existe
pour cela deux moyens possibles : par le calcul et par un tableau d'avancement.
Dans les deux cas il faut connaître l'équation bilan de la réaction.
Méthode mathématique
A l'équivalence, on a
• t A p B p r o d u i t
•Donc p×na=t×nb
•D'où pCA×VA=tCB×VB
•donc tC ×V
C A= B B
pV A
Avec :
• t et p : coefficents stoechiométriques
Cette formule est générale quels que soient les coefficients (ou nombres)
stoechiométriques.
En raisonnant avec les concentrations alors les coefficients stoechiométriques
interviennent.
Tableau d'avancement
Le bilan de la réaction s'écrit comme ceci :
H 3O¿ OH−¿ 2H2O
Au début du titrage, (quand vous n'avez encore rien versé), vous n'avez que des
réactifs et aucun produit de réaction. Au fur et à mesure que votre réaction se
déroule, une quantité x de réactif disparaît, alors qu'en même temps une
quantité x de produit apparaît. C'est l'application de la loi de lavoisier. A la fin du
titrage, c'est-à-dire quand un de vos réactifs a totalement disparu (celui se
trouvant dans votre erlen) vous avez atteint l'avancement maximal, votre
réaction ne peut pas aller plus loin.
A ce moment-là
•nH3O±x=0
•nOH− x=0
•donc nH3O¿nOH−¿
• O
H 3 O¿
H −¿ ×V O H
C¿
V¿
¿
H3 O =¿
−¿
C¿
Rappels
•Le nombre de mole n correspond à la quantité de matière d'une espèce
chimique.
•La masse molaire M d'un élément est la quantité de matière qu'il faut pour avoir
une mole de cet élément. Exemple : MC=1 g 2 , il faut 12 grammes de carbone pour avoir
1 mole.
•La masse m est la quantité de matière pesée.
m=M×n
•La concentration C est la quantité de matière contenue dans un litre de solution.
Elle est exprimée en mol/L ou en g/L.
C=n/V ou C=m/V
Exemple de calcul
On fait réagir du chlorure de sodium NaCl avec du nitrate d'argent AgNO3 .
On verse 10 ml de NaCl à 0.2 mol/L dans un becher contenant 20 ml de AgNO3 à 0.2
mol/L.
•M Ag =47 g/mol
•M N = 14 g/mol
•M O = 16 g/mol
Déterminer la masse de l'excès d'AgNO3 .
•xmax=nCl−¿
•nAg±xmax=n′Ag¿
•nAg±nCl−¿n′Ag¿
•n′Ag¿C NO3×VAgNO3−CNal×VNaCl
•mAgNO3=CAN3×VgO3−CNal×VCMAgNO3
Bibliographie
•(fr) L. Lopes, « Réactions "totales" en solution aqueuse », dans Bulletin de
l’union des physiciens, vol. 99, no 872(1), Mars 2005, p. 385-396 [ texte intégral ]
Liens externes
•Critère de réaction totale - Application aux dosages
•L. Lopes Titrages acidobasiques de mélanges contenant une espèce forte et une
espèce faible : successifs ou simultanés ?
•Titrages pH-métriques - résolution ou simulation avec Excel, en anglais ou
portugais
•Graphe de Gran: linéarisation graphique permettant la détermination du point
d'équivalence, du pKW (ou pKa) et autres paramètres
Viscosimètre
Un viscosimètre est un appareil destiné à mesurer la viscosité des fluides. Il
existe deux types de viscosimètre : les viscosimètres de process et les
viscosimètres de laboratoire.
Principe de fonctionnement
La partie active du viscosimètre est une tige vibrante animée par une
alimentation électrique constante. L'amplitude de la vibration varie en fonction
de la viscosité du fluide dans lequel la tige est immergée. Ces viscosimètres de
process sont vraiment révolutionnaires, en effet, n'ayant pas de pièce d'usure, ils
ne demandent aucune maintenance. De plus, certaines configurations de
viscosimètres vibrants peuvent fonctionner dans des conditions industrielles très
difficiles : zone explosive, haute pression 300 bar, haute température 300 °C,
haute viscosité 1000000 mPa.s. Contrairement aux viscosimètres rotatifs, les
viscosimètres de type vibrant sont les mieux adaptés pour des mesures de
viscosité industrielle, car ils fonctionnent à haut taux de cisaillement et peuvent
mesurer des fluides très visqueux, colmatants et fibreux.
Applications principales
•Contrôle des réactions de polymérisation
•Contrôle de la viscosité des encres en imprimerie
•Contrôle de combustion de fioul lourd
•Contrôle de texture en industrie agroalimentaire
•Contrôle qualité de tout fluide.
Viscosimètre capillaire
Viscosimètre d'Ostwald
Le principe est la mesure du temps d'écoulement du produit
pour en déduire sa viscosité.
Viscosimètre rotationnel de
laboratoire
Les viscosimètres rotationnels mesurent le couple nécessaire
pour faire tourner une tige en immersion dans un liquide. La tige
est entraînée en rotation par un moteur en passant par un ressort
calibré. La résistance à l’écoulement va augmenter en
fonction de la grosseur de la tige et/ou la vitesse de rotation.
Certains sont à mesure bidirectionnelle avec un contrôle
de vitesse variable. Ce type de viscosimètre n'est pas adapté à
l'industrie. En effet, en raison de la présence d'un moteur et en fonction de la
fréquence d'utilisation, la mesure de viscosité peut diverger assez rapidement et
des recalibrages réguliers sont nécessaires. De plus, avec ces systèmes, il est
impossible de mesurer des fluides de très haute viscosité, des produits
colmatants, ou encore des produits fibreux.
Un autre type de viscosimètre rotationnel est le viscosimètre de Maurice Couette
: il est composé de deux cylindres concentriques, le cylindre intérieur étant fixe
et le cylindre extérieur en rotation entraînée par un moteur. La mesure du
couple nécessaire pour empêcher la rotation du cylindre intérieur sous l'effet de
la force de viscosité du fluide contenu entre les deux cylindres permet de
remonter à la valeur de la viscosité du fluide. L'écoulement entre les deux
cylindres est un écoulement de Couette.
Voir aussi
Articles connexes
•Rhéomètre
•Melt flow index
•Coupe Zahn
Ampoule à décanter
Schéma d'une ampoule à décanter
L'ampoule à décanter est un élément de verrerie de
laboratoire, utilisé pour séparer par décantation
deux liquides non-miscibles pour effectuer une
extraction liquide-liquide . Les deux phases sont en
général l'une aqueuse et l'autre organique (éther,
cyclohexane, chloroforme...).
Lors de la décantation, le liquide le plus dense se
placera, sous l'effet de la gravitation, en dessous du
liquide le moins dense : on dira que le liquide le moins
dense constitue la phase supérieure, et le liquide le
plus dense la phase inférieure.
Les solvants organiques ont en général une densité
inférieure à 1 et constituent alors la phase supérieure. La
principale exception est celle des solvants halogénés comme le dichlorométhane
et le chloroforme qui ont une densité supérieure à 1 et constituent donc la phase
inférieure.
Constitution
L'ampoule à décanter a la forme d'un entonnoir surmonté d'un hémisphère au
sommet duquel se trouve un col généralement rodé fermé par un bouchon. Dans
sa partie inférieure l'entonnoir est prolongé par un tube étroit terminé par un
robinet.
La partie large permet un mélange efficace des deux liquides, tandis que le tube
plus étroit permet une séparation plus fine après décantation.
L'ampoule est généralement en verre borosilicate (ou Pyrex) tandis que le
bouchon et le robinet sont soit en PTFE (ou Teflon), soit en verre.
Les volumes usuels vont de quelques millilitres à plusieurs litres.
Remarque : L'ampoule à décanter ressemble beaucoup à l'ampoule à brome,
pourtant leurs usages sont totalement différents. La différence de constitution la
plus évidente est la place du robinet : celui de l'ampoule à décanter est placé en
bas du tube, alors que celui de l'ampoule à brome est placé en haut, juste sous la
partie évasée, puisque le tube est destiné à être introduit dans un autre
récipient.
Utilisation
•placer l'ampoule sur son support, et placer sous le robinet un récipient (bécher
par exemple) en cas de fuite ;
•vérifier que le robinet fonctionne correctement et le fermer ; commencer à
verser doucement pour vérifier son étanchéité ;
•verser les liquides dans l'ampoule, éventuellement à l'aide d'un entonnoir ;
l'ampoule ne doit pas être remplie plus qu'aux 2/3 sinon l'agitation n'est plus
assez efficace et les surpressions peuvent devenir dangereuses ;
•boucher l'ampoule ;
•ôter l'ampoule de son support, en tenant de la façon suivante : une main
enserre le col, le bouchon bloqué dans la paume, l'autre main tient le tube
près du robinet ;
•agiter vigoureusement, en renversant l'ampoule ;
•cesser d'agiter et dégazer en ouvrant le robinet pour rééquilibrer la pression
interne de l'ampoule (qui augmente à cause de l'évaporation des solvants) et la
pression atmosphérique ; attention à ne pas diriger le robinet vers une autre
personne à cause des risques de projection de liquides !
•refermer le robinet et répéter plusieurs fois les deux étapes précédentes,
jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de surpression ;
•reposer l'ampoule sur son support, enlever le bouchon et laisser décanter ;
toujours laisser un récipient sous l'ampoule !
•placer un premier récipient de collecte (erlenmeyer par exemple) sous
l'ampoule et laisser s'écouler la phase inférieure ;
•placer un deuxième récipient de collecte et recueillir la phase supérieure.
Remarques :
•Plusieurs opérations successives peuvent être nécessaires, en particulier lors
d'une extraction liquide-liquide ; il faut donc étiqueter soigneusement les
récipients et ne jeter aucune phase avant la fin du traitement.
•En cas de doute pour identifier les phases, on peut prélever avec une pipette
quelques gouttes de la phase à identifier et les ajouter dans un tube à essais
contenant un peu d'eau : si elles se mélangent il s'agit de la phase aqueuse, si
elles forment une nouvelle phase il s'agit de la phase organique.
•S'il se forme une émulsion, qui gêne la décantation, il existe plusieurs méthodes
pour tenter de "casser" cette émulsion :
1. laisser reposer longtemps, très longtemps...
2. utiliser une baguette de verre pour créer un tourbillon au niveau de
l'interphase ;
3. réchauffer avec les mains ; par la même occasion faire tourner
l'ampoule autour de son axe vertical pour créer un tourbillon comme
précédemment ;
4. ajouter du chlorure de sodium (relargage) ;
5. filtrer (filtre en papier, verre fritté, laine de verre, filtre hydrophobe...) ;
6. centrifuger...
Liens externes
•Mode d'emploi en images...
•(en) ...et en vidéo : VIDEO#5 Reaction Work-Up I
Ballon (chimie)
Schéma d'un ballon à moitié plein
En chimie, un ballon est un récipient généralement
en verre borosilicate de forme sphérique.
Il peut présenter une ou plusieurs ouvertures qui
sont désignées par le terme col ; ainsi un ballon avec un
seul col est dit ballon monocol (avec deux cols :
ballon bicol, avec trois cols : ballon tricol). Les
extrémités des cols comportent souvent des
joints coniques (partie femelle) en verre rodé.
Le ballon est très utilisé pour conduire des
réactions chimiques notamment en chimie
organique. Il peut recevoir sur les différents cols
d'autres équipements. Parmi les équipements les
plus communs, on distingue :
•l'agitateur pour par exemple homogénéiser le
milieu réactionnel, lors d'une réactions en chimie
organique ;
•le réfrigérant pour condenser les vapeurs de
solvants, de réactifs ou de produits ;
•l'ampoule de coulée pour ajouter en cours de manipulation un réactif liquide ;
•le thermomètre pour la mesure de la température du milieu réactionnel.
De même, le ballon est la plupart du temps chauffé avec un chauffe-ballon, qui
peut le cas échéant être équipé d'une agitation magnétique.
La contenance du ballon varie couramment de 5 mL à plusieurs litres.
Cependant, en laboratoire, au-dessus du litre, des réacteurs double-enveloppe
sont préférés.
Il existe des ballons à fond plat ; ils sont interdits à un usage sous vide. Les
ballons à fond rond sont maintenus droit par un valet en liège ou en matière
plastique.
Bécher
De gauche à droite : éprouvette graduée, ballon et bécher, trois icônes de la chimie
Béchers de 50 et 150 mL en pyrex, utilisables jusqu'à
500 °C, graduation blanche avec zone de marquage
Bécher transparent de 2 L en PMP, graduations
sérigraphiées rouges indélébiles par pas de 50 mL
avec notamment le code de plastique, la température
d'utilisation maximale (180 °C pendant une courte
durée, 150 °C en continu) et le symbole « Non résistant à
la flamme ». Autoclavable à 135 °C. Bécher plus
économique qu'un modèle en PTFE, à capacité égale.
Un bécher est un récipient utilisé pour de
nombreuses applications de laboratoire,
notamment en chimie, physique, biologie et
pharmacie. Il est aussi appelé vase de Berlin
ou berlin (surtout en Belgique).
Constitution
Il est généralement en verre (souvent en verre borosilicate)27 ou en matière
plastique incassable (PE (non autoclavable), PP, PMP, etc.), parfois en métal
(aluminium, acier inoxydable28).
Pour stocker des agents chimiques agressifs (acides (sauf fluorés), cétones,
oxydants forts) ou pour supporter des températures jusqu'à 250 °C, on peut
choisir des béchers anti-adhésifs (et onéreux) en Teflon ou en copolymères tels le
perfluoroalkoxy (par exemple Teflon-PFA) et fluoroéthylène propylène (par
exemple Teflon-FEP).
Les béchers en ETFE résistent jusqu'à 150 °C.
Il existe des béchers économiques à usage unique en PS (le PS ne résiste pas aux
solvants et n'est pas autoclavable ; pour usage jusqu'à 70 °C) ou en PP (tenue
jusqu'à 135 °C, autoclavable à 121 °C).
Forme
Le bécher est généralement constitué d'un cylindre vertical gradué, à fond plat,
au bord haut légèrement évasé et muni d'un bec verseur.
Il existe principalement des béchers de forme basse (modèle standard, appelé
bécher de Griffin) ou de forme haute (bécher de Berzelius).
La capacité, très diverse, varie de 5 mL à 10 litres pour les modèles de forme
basse en verre.
27Le verre est de qualité alimentaire. Il se distingue par une résistance chimique très élevée,
supérieure à celle de la plupart des matières plastiques. Il est uniquement attaqué par l'acide
fluorhydrique et, à des températures élevées, par les bases fortes et l'acide phosphorique
concentré. Le verre reste cependant sensible aux chocs thermiques ou mécaniques.
28L'acier inoxydable est de qualité alimentaire et résiste à la corrosion. L'utilisation d'acide
chlorhydrique et de dérivés chlorés est à proscrire. Exceptionnelle résistance thermique.
Variantes
Elles sont nombreuses. On distingue des modèles :
•en verre à paroi épaisse, pour un usage intensif (meilleure résistance aux chocs
mécaniques) ;
•de forme légèrement conique, à base plus large que le sommet, appelés béchers
de Phillips29 ;
•de forme légèrement conique, à base plus étroite que le sommet, souvent avec
trois nervures (ou ergots) d'empilement, offrant un encombrement réduit grâce à
la possibilité d'empilement ;
•thermostatiques de forme haute, en verre, à double enveloppes et raccords à
olive ou filetés pour tuyau en plastique30 ;
•à partir de 50 mL, ils peuvent comporter une anse permettant une bonne
préhension et servir de « mesures ». Certaines mesures avec anse comportent
une double graduation en ml et oz.
Utilisation
Le bécher est probablement l'élément de verrerie le plus utilisé en laboratoire :
agitation, préparation de solutions et de mélanges, chauffage31, titrage, mesure
du taux de gonflement d'une mousse au moyen d'une balance à densité, etc.
La présence du bec verseur fait que le bécher n'est pas destiné à être fermé
hermétiquement pour conserver des solutions, mais on utilise parfois un verre de
montre, un film étirable ou un couvercle adaptable en PE souple pour limiter
l'évaporation, les contaminations et/ou les éclaboussures accidentelles. Pour
limiter l'inconvénient des éclaboussures et pour diminuer l'évaporation du
solvant (en particulier en chimie organique), des récipients à col étroit comme
les ballons ou les erlenmeyers doivent leur être préférés.
Comme leurs cousins les erlenmeyers, ils sont généralement gradués
(graduations moulées, imprimées...) en mL pour indiquer approximativement le
volume du contenu [liquide, pâteux ou solide (poudre, granulés...)]. En effet, ces
récipients ne doivent pas être utilisés pour mesurer avec précision un volume :
on utilisera à cet effet une éprouvette graduée, une pipette, une fiole jaugée ou
une burette, selon le volume à mesurer et la précision nécessaire.
Voir aussi
Burette
Burette graduée de 50 ml
Une burette est un accessoire de laboratoire permettant d'ajouter au goutte-à-
goutte un liquide dans un récipient.
Elle est composée d'un tube en verre d'environ 1 cm de diamètre (il existe
plusieurs tailles), gradué (généralement en dixième de millilitres), munie à son
embouchure d'un robinet permettant de faire varier le débit du liquide, et ouvert
à son autre extrémité.
Historiquement, le robinet était fabriqué en verre, qui était lubrifié afin de
faciliter sa rotation. De nos jours, la plupart des burettes sont équipées de
robinets en Téflon, ce qui évite les problèmes reliés aux bloquages. En effet,
certains titrages nécessitent l'utilisation de bases fortes, telles l'hydroxyde de
sodium. Ce dernier, en plus de dissoudre à long terme la silice composant le
verre, réagit également avec le dioxyde de carbone présent dans l'air afin de
former des carbonates de sodium, qui peuvent alors obstruer l'interstice entre le
robinet et la burette, empêchant le premier de tourner.
Utilisation
On remplit la burette du liquide que l'on désire ajouter jusqu'au niveau « 0 ».
Pour une question de précision, on vérifie l'absence de bulles d'air au-dessous du
robinet.
En jouant sur l'ouverture du robinet, on peut faire varier le débit du liquide et
ainsi verser exactement le volume désiré.
Utilité
La burette est fréquemment utilisée lorsque l'on désire effectuer un titrage
manuellement. C'est un instrument précis.
La burette est régulièrement remplacée par des titreuses automatisées lorsque
des titrages longs et/ou répétitifs sont nécessaires. Ce type d'appareil est surtout
utilisé en industrie ou dans les lycées pour l'apprentissage en section générale
de la chimie.
Mode d'emploi
La burette étant un instrument de précision, il importe de bien l'utiliser afin
d'obtenir la plus grande précision possible. Avant chaque utilisation, il faut bien
veiller à :
•rincer la burette avec de l'eau distillée, puis avec de la solution titrante ;
•remplir la burette avec la solution titrante, puis titrer ;
•une fois le dosage terminé, vider la burette, la rincer plusieurs fois à l'eau
distillée et la ranger.
Voir aussi
•Ménisque
Colonne de Vigreux
Colonne Vigreux.
Colonne vigreux en verre borosilicate.
Une colonne de Vigreux (ou colonne
Vigreux) est un tube de verre employé pour
réaliser une distillation fractionnée. C’est un
article de laboratoire essentiel pour distiller
des mélanges liquides afin de les séparer en
fonction de leur différence de volatilité.
L'intérieur du tube est hérissé de piques,
orientées vers le bas, qui permettent par
condensation successive des différents
composants une séparation plus précise
des différents corps présents. Le nombre de
piques ainsi que leur espacement peuvent
différer selon le type de colonne. La longueur et
le diamètre de la colonne dépendent du
débit de fluide à traiter. Son inventeur est Henri
Vigreux.
Principes de fonctionnement dans le cadre d'une
distillation
Une colonne de distillation, dans son cas général, exploite les différences de
température d'ébullition des deux composants d'un mélange liquide pour les
séparer. Quand les températures d'ébullition des deux composants sont proches,
l'efficacité d'une colonne simple est faible, et la composition du mélange distillé,
enrichi en le composé le plus volatil, est proche de celle du mélange initial. La
colonne Vigreux apporte une amélioration peu coûteuse de ce procédé.
Pour réaliser une distillation fractionnée on raccorde directement la colonne au
ballon contenant le mélange à séparer. On chauffe ensuite ce ballon pour
atteindre, au sommet de la colonne, la température d'ébullition des corps à
extraire.
Quand on chauffe le produit à température d'ébullition, celui-ci commence à
s'évaporer ; la vapeur en équilibre au-dessus du liquide en ébullition est d'une
composition différente de celle du liquide, enrichie en le composant le plus
volatil.
Comparée à une colonne droite (simple tube en verre), la colonne Vigreux par sa
conception possède une grande surface de contact favorisant ainsi le transfert
thermique intérieur-extérieur, ainsi que le transfert de matière liquide-vapeur.
Ainsi les vapeurs provenant directement du ballon vont se condenser sur les
premières piques de la colonne et former des gouttes aux pointes des piques. Les
gouttes sont elles-mêmes chauffées par les vapeurs ascendantes et se vaporisent
à nouveau. Toutefois, ces nouvelles vapeurs n'ont pas la composition des vapeurs
initiales (voir la loi de Raoult) : elles sont plus concentrées en composé le plus
volatil.
Chaque cycle de vaporisation-condensation se produisant au sein de la colonne
de séparation est appelé un « plateau théorique » ; il conduit à une augmentation
de la concentration en le composé le plus volatil. On peut donc caractériser la
colonne par son nombre de plateaux théoriques : plus celui-ci est élevé, plus la
colonne sera capable de séparer le mélange avec efficacité.
On augmente le nombre de plateaux théoriques en allongeant la colonne ou en
modifiant sa surface interne grâce à différentes géométries de piques.
Utilisations
La colonne de Vigreux est un dispositif de séparation peu coûteux, autrefois l'une
des pièces les plus utilisées dans le domaine de la chimie moderne, et plus
particulièrement dans la chimie des aromatiques (Pétrole). Toutefois elle ne sert
qu'à petite échelle (en laboratoire) : pour traiter les débits importants, on préfère
les colonnes garnies (par exemple remplies d'anneaux de Raschig) ou les
systèmes à plateaux. Un distillateur à plateaux contient plusieurs étages, et
chaque plateau possède une température qui lui est propre; certains de ces
plateaux sont reliés à des systèmes d'extraction.
Références
•Henri Vigreux, Le soufflage du verre dans les laboratoires scientifiques et
industriels, Dunod et Pinat, Paris, 1920, 2e éd., 285 p.
Entonnoir Büchner
Un entonnoir Büchner
L'entonnoir Büchner est un équipement de laboratoire
utilisé pour la filtration sous vide. Il est traditionnellement
fait en porcelaine ou en verre fritté, mais de nos jours les
entonnoirs en plastique sont également disponibles. Sur la
partie haute de l'entonnoir il y a un cylindre avec une partie
plate perforée. Le matériel de filtration, souvent du papier
filtre, est placé sur cette partie plate. Le liquide à
filtrer est versé dans le cylindre et aspiré par un vide
partiel créé dans la fiole à vide. On croit souvent qu'il
porte le nom du prix Nobel de chimie Eduard Buchner mais
c'est en réalité du chimiste industriel Ernst Büchner qu'il
s'agit.
Éprouvette graduée
L'éprouvette graduée est un récipient utilisé en laboratoire
pour mesurer des volumes de liquides.
Constitution
L'éprouvette graduée est constituée d'un cylindre
vertical gradué, ouvert en haut et généralement muni d'un bec
verseur, fermé en bas et reposant sur un pied pour
assurer sa stabilité.
Il existe des éprouvettes graduées rétrécies dans leur
partie supérieure (sans bec verseur) et munies d'un rodage
ou d'un pas de vis pour recevoir un bouchon.
Une éprouvette est généralement en verre
(souvent borosilicaté tel le Pyrex®) ou en matière
plastique (polypropylène (PP), styrène acrylonitrile (SAN),
polyméthylpentène (PMP) (ou TPX®), etc.).
Le pied peut être solidaire de la partie cylindrique (photo de gauche), ou
amovible (photo de droite).
Les capacités usuelles sont de 5 mL à 2 L.
Utilisation
En bas du ménisque on lit 18 mL
L'éprouvette graduée fait partie de la verrerie
volumétrique peu précise, c’est-à-dire qu'elle est utilisée
pour mesurer des volumes de liquides ou de gaz mais avec
une précision moins importante que la verrerie
jaugée ou verrerie volumétrique de précision. Sa
précision, ou tolérance, dépend de sa classe.
Pour lire le volume de liquide, il faut poser l'éprouvette sur un
support horizontal et placer l'œil au niveau de la
graduation. La lecture se fait à la base du ménisque.
Cylindre jaugé
Au Canada, ce récipient peut être désignée par le terme « cylindre jaugé ».
Techniquement, cette appellation semble impropre, étant donné qu'un récipient
jaugé comporte comme repère un seul trait de jauge, alors qu'un récipient
gradué comporte plusieurs graduations régulièrement réparties, ce qui est
manifestement le cas de l'éprouvette graduée.
Voir aussi
•Verre doseur
Erlenmeyer (fiole)
Fiole erlenmeyer 500mL
erlenmeyers différents
La fiole Erlenmeyer, couramment appelée
erlenmeyer ou plus familièrement erlen, est
un récipient largement utilisé en verrerie de
laboratoire.
Il est constitué d'une base conique et d'un col
cylindrique ; il existe différents types
d'erlenmeyers selon la forme de ce col, la plus
courante étant l'erlenmeyer à col étroit.
L'erlenmeyer doit son nom à Emil Erlenmeyer,
chimiste allemand (1825-1909) qui l'a
inventé en 1861.
Utilisation de l'erlenmeyer
au laboratoire
L'erlenmeyer peut être comparé au bécher, autre récipient très utilisé au
laboratoire, dont il se distingue par un col rétréci :
•l'erlenmeyer peut être bouché par un bouchon en liège ou en plastique, ou
encore un film plastique, afin d'agiter un mélange, de conserver une solution ou
de limiter l'évaporation ;
•cette forme limite également les projections lors d'une réaction fortement
exothermique ou lorsqu'on recueille un liquide goutte à goutte ;
•par contre on ne pourra pas utiliser l'erlenmeyer lorsqu'on a besoin de plonger
plusieurs instruments de mesure (thermomètre, pH-mètre, conductimètre...), on
lui préférera alors le bécher.
Le ballon est un autre récipient de laboratoire qui possède un col rétréci, mais
pour des raisons de stabilité l'erlenmeyer sera utilisé préférentiellement lorsqu'il
doit être posé sur une surface plane, paillasse ou plaque chauffante, tandis que
le ballon est quasiment réservé aux situations nécessitant un chauffage réparti.
L'erlenmeyer, comme le bécher, est généralement gradué pour indiquer
approximativement le volume de liquide qu'il contient, toutefois ces récipients ne
doivent pas être utilisés pour mesurer un volume : on utilisera à cet effet une
pipette, une burette, une fiole jaugée ou une éprouvette graduée selon le volume
à mesurer et la précision nécessaire.
Dessin original
Fiole jaugée
Une fiole jaugée est un instrument de verrerie utilisé dans un laboratoire de
chimie destiné à préparer des solutions de titre précis, par exemple des solutions
étalons. Une fiole jaugée est étalonnée pour contenir un volume précis de
liquide. La précision de la fiole jaugée est mentionnée sur la pièce (par exemple :
10±0,025 ml à 20 °C).
Types
On distingue les fioles de classe A et celles de classe B, moins précises que les
premières.
Les modèles les plus courants sont en verre borosilicate. Certains modèles sont
en polypropylène ou en polyméthylpentène (ces derniers résistent jusqu'à
175 °C) ; d'autres en verre brun inactinique, destinés aux solutions
photosensibles.
Certaines fioles jaugées, de capacité maximale 50 ml, sont de forme
trapézoïdale.
Les capacités disponibles sont : 1, 2, 5, 10, 20, 25, 50, 100, 200, 250, 500, 1000,
2000 et 5000 ml.
Utilisation
En chimie analytique, outre la préparation de solutions de titre précis, elle sert à
préparer des dilutions (par exemple une solution diluée à 1/100) pour réaliser le
dosage d'une solution concentrée ou une gamme d'étalonnage, le prélèvement se
faisant au moyen d'une pipette jaugée ou automatique.
Après utilisation, elle est rincée plusieurs fois puis remplie d'eau distillée et
fermée avec son bouchon en verre ou en plastique.
Voir aussi
•Trait du ménisque
•Pycnomètre
Flacon laveur
Schéma du flacon laveur
Le flacon laveur est une verrerie utilisée en chimie lors
d'une filtration sur Büchner.
Le flacon laveur sert à empêcher une entrée d'eau
dans la fiole à vide lorsque l'on coupe l'eau dans la trompe à
eau. Lors d'une filtration sous vide (autre nom de la filtration
sur Büchner), le flacon laveur est placé entre la fiole à vide,
et la trompe à eau, et est reliée au reste du système par
des tuyau à air; la trompe à eau crée un vide dans la
verrerie du montage, si on coupe l'eau du robinet sans
casser le vide dans le montage (créer une entrée d'air en
enlevant un tuyau à air par exemple) de l'eau pénètre
dans le montage, le flacon laveur permet de ne pas
contaminer le contenu de la fiole à vide. Un flacon laveur
sert également de barboteur pour circuit de synthèse de gaz
Se référer à l'article filtration sous vide pour un schéma du montage et plus
d'explications.
Mortier et pilon
Mortier et pilon
Le mortier est un récipient permettant de
broyer des matières que l'on veut transformer en
pâte ou en poudre grâce à l'action d'un pilon.
Mortier et pilon sont souvent fabriqués en
bois, pierre, porcelaine, métal ou verre.
À La Réunion, on l'appelle le kalou.
L'action réalisée lors de l'utilisation de ces
ustensiles est appelée trituration.
Étymologie
Le mortier tient son nom du latin mortarium
tandis que le pilon tire le sien du verbe latin
pilare, signifiant appuyer fortement.
Pharmacie
Mortier et pilon sont utilisés depuis l'Antiquité par les apothicaires et les
préparateurs pour piler divers produits de la pharmacopée en vue de
préparations pharmaceutiques.
Ils sont un des symboles les plus fréquents des préparateurs à travers le monde.
Cuisine
« L'horrible danse du pilon » (illustration de l'ouvrage
Côte occidentale d'Afrique du colonel Frey, 1890)
Ils sont également utilisés dans les sociétés
traditionnelles pour broyer les grains en
l'absence de moulin, ou pour des préparations
culinaires plus délicates : mélanges
d'épices de la cuisine indienne, aïoli et pistou
(qui doit d'ailleurs son nom au pilon, ou piston).
Au Japon, de très larges mortiers sont utilisés
pour la préparation du mochi. Les mortiers de taille plus habituelle sont appelés
suribachi et le pilon surikogi. Les Japonais utilisent également une sorte de
mortier allongé, que l'on peut observer dans plusieurs mangas32,33, et dans lequel
le pilon est remplacé par une roue, qui s'appelle yagen.
Les mortiers traditionnels mexicains, faits de basalte, sont appelés molcajetes.
Le mortier tunisien, appelé Mahres, est le plus souvent en métal, il peut être en
pierre dans quelques zones rurales; il est utilisé pour piler les épices et pour
préparer une pâte avec épices et ail. Le mortier est utilisé presque
systématiquement dans la cuisine traditionnelle tunisienne.
Culture
Dans les contes populaires russes, la sorcière Baba Yaga se déplace dans un
mortier.
Liens externes
•(fr) Pilon et mortier
Pipette
Une pipette graduée de 20 mL.
En chimie, une pipette est un outil qui sert à prélever une solution. Elle
est en forme de tube plus ou moins fin (pipettes graduées) parfois élargi
en son milieu (pipettes jaugées). Elle peut être en plastique ou en verre. La
pipette fonctionne sur le même principe que les pailles : on aspire
dans le tube pour aspirer un liquide.
Biologie
En biologie cellulaire, on utilise des micropipettes appelées pipettes Pasteur,
prélevant des volumes extrêmement faibles. Il existe même des micropipettes
électroniques. Il existe également des pipettes automatiques, utilisées
notamment en chimie analytique et en biologie moléculaire.
Pipette automatique
Pipette Gilson munie de son embout
Une pipette automatique ou micropipette ou pipetteur
automatique est un système de pipettage de précision utilisé entre
autres en chimie analytique et en biologie moléculaire. Parmi les
marques, citons Pipetman® (marque déposée de Gilson®) et
Finnpipet®.
Description
Ce sont des systèmes actionnant des pistons. La modification de la
longueur de la colonne d'air à l'intérieur de l'appareil permet
d'aspirer ou de chasser des volumes de liquides avec une
grande précision.
Une molette permet à l'utilisateur de règler le volume à prélever, à
l'aide d'un indicateur à chiffres.
Il existe généralement une gamme de modèles selon le volume à
pipetter et la précision du prélèvement à effectuer :
•P5000 : permet de pipetter jusqu'à 5 ml de solution ;
•P1000 : permet de pipetter de 200 à 1000 µl de solution ;
•P200 : permet de pipetter de 20 à 200 µl ;
•P20 : permet de pipetter de 10 à 20 µl ;
•P10 : permet de pipetter de 0.5 à 10 µl.
Pointes
Il est nécessaire d'avoir des embouts (cônes de pipettes) qui soient adaptés à la
micropipette utilisée. Ces embouts doivent être le plus effilés possible,
notamment pour les petits volumes, afin de mieux voir le volume prélevé. Ils sont
généralement disposés dans des boites stérilisables, munies d'un plateau percé,
où l'on les met.
Il existe des embouts munis d'un filtre de coton. Ils permettent d'éviter la
contamination pouvant provenir du plastique de la pipette ou de la colonne d'air.
Il existe aussi des boîtes en paquet stérile déjà remplies d'embouts. Ces boîtes
sont jetables.
On prélève un embout simplement en appliquant le bout de la micropipette dans
le col de l'embout. En appuyant un peu, l'embout s'enfonce et peut être retiré de
la boîte.
Un éjecteur de cônes permet de jeter l'embout souillé de la micropipette sans se
servir de ses mains.
Utilisation
On commence par règler le volume à prélever sans dépasser la portée de la
pipette : c'est-à-dire la tranche de volumes pour laquelle elle est conçue.
Par exemple, une "P20" (10 µl à 20 µl) ne doit pas être réglée à moins de 10 µl ou
à plus de 20 µl. C'est aussi entre ces deux valeurs que la précision est la
meilleure.
Pour pipetter, on tient la pipette automatique par le corps avec les quatre doigts
de la main droite (si on est droitier) et le pouce sert à actionner le piston ou
l'éjecteur de cônes.
Les pipettes automatiques sont dotées de deux crans en fonction de la force
qu'on applique sur le piston :
•le premier permet d'aspirer le liquide avec la bonne pression correspondant au
volume choisi ;
•le second permet l'éjection du liquide prélevé pour que rien ne reste dans le
cône. En effet, un liquide visqueux (chargé par exemple en protéines ou acides
nucléiques) a tendance à adhérer aux parois.
Il faut prendre garde à ne surtout pas prélever avec le second cran (c'est-à-dire
dépasser le premier cran et atteindre le second), car dans ce cas un volume
beaucoup trop important est aspiré, de plus le liquide est susceptible d'entrer
dans la mécanique de la pipette et de l'endommager.
Lorsque l'on cherche à faire des prélèvements précis, il est important
d'immerger le cône le moins possible pour éviter que du liquide n'adhère à
l'extérieur du cône.
On se sert de la main gauche pour tenir, ouvrir ou fermer les microtubes.
Réglage
Une petite clé permet de serrer ou desserrer une vis modifiant la longueur de la
colonne d'air et permet de régler la micropipette.
Les pipettes automatiques doivent être régulièrement calibrées pour que le
volume qu'elles prélèvent reste précis.
Entretien
La plupart du temps, les pipettes automatiques peuvent être stérilisées avec la
technique d'autoclavage, courante en biologie.
Constructeurs
Lot de pipettes de différentes marques sur un portoir
•BioHit
•Eppendorf
•Finnpipet, avec les cônes "Finntips"
•Gilson
•Labsystems
•Rainin
Micropipettes multicanaux
Permettent d'effectuer 8 ou 12 prélèvements d'un coup pour remplir plus
rapidement une plaque 96 puits ou une plaque de microdilutions. La solution à
distribuer sur la plaque est versée dans une petite auge en plastique stérile
jetable.
Micropipette électronique
Pipette électronique Gilson « Pipetman Concept® »
Le manche de la micropipette contient un moteur électrique qui
effectue le pistonnage. Des boutons permettent d'effectuer une
programmation à l'aide d'un écran à cristaux liquides. Un gros bouton
permet de lancer le programme entré de pipettage. Le repose-pipette est
relié au secteur et sert de base de rechargement de la batterie de
l'appareil.
Voir aussi
•Pipette
•Pipette Pasteur
Pipette Pasteur
Les micro-pipettes ou pipettes Pasteur sont des tubes fins de verre dont
l'extrémité a été effilée pour obtenir une pointe ouverte d'un diamètre ad hoc.
Utilisation
•En électrophysiologie, les micro-pipettes sont remplies de solution saline dans
laquelle est insérée une électrode d'argent chloruré reliée à un amplificateur. La
pointe de la microélectrode ainsi préparée est appliquée contre la membrane
cellulaire pour en mesurer l'activité électrique. Après établissement d'un joint
entre la membrane et la micro-pipette, une forte succion (parfois accompagnée
d'un choc électrique léger) permet de rompre la membrane sous la micro-pipette
et de rentrer en conformation "cellule entière" (voir Patch-clamp).
•On utilise aussi des micro-pipettes dans le cadre de la biologie cellulaire pour
par exemple transfecter une cellule avec un ADN étranger par électrophorèse.
Pipettes pasteur avec un embout permettant de pomper le liquide
Obtention
Les micro-pipettes sont obtenues à partir d'un
capillaire de verre (environ 0,5 cm de diamètre) dont le
centre est chauffé par une étireuse en même temps
que les deux extrémités sont tirées. Le verre s'effile jusqu'à rupture et on obtient
deux micro-pipettes dont l'extrémité environ conique a le diamètre souhaité. On
peut obtenir le diamètre que l'on souhaite en variant le programme de chauffe-
étirement de la tireuse.
Pissette
Une pissette
Une pissette est un récipient de laboratoire, de forme cylindrique
(souvent en matière plastique souple), munie d'un tube
plongeant et d'un tube verseur recourbé.
La pissette est prévue pour contenir des solvants divers
(éthanol, méthanol, eau déminéralisée, etc.). Elle est
habituellement utilisée pour le rinçage de la vaisselle de
laboratoire (tubes à essai, ballons, etc.).
Son étymologie, par ailleurs évidente, est suggérée par le son
produit lors de l'expulsion du fluide.
Les pissettes sont en général en polyéthylène basse densité, un plastique à base
de pétrole résistant bien aux solvants. Il en existe également en polyéthylène
fluoré ou en Téflon.
Quand une pression est appliquée sur la bouteille, le liquide est forcé vers
l'extérieur au travers du tube verseur en un fin jet de liquide. Le tube plongeant
permet de l'utiliser en position verticale.
Pour des raisons de sécurité, lorsque l'on transfère des réactifs d'un contenant à
l'autre, il faut toujours s'assurer que l'étiquette de la pissette correspond bien à
son contenu. Il ne faut jamais mélanger des réactifs dans une pissette ni les
reverser dans leur contenant d'origine. De plus, les pissettes ne sont pas
appropriées aux stockages de longue durée et ne doivent jamais être utilisées
pour contenir des réactifs dangereux. Les liquides volatils tels l'acétone et le
méthanol requièrent la présence d'un évent afin de réduire l'égouttage (un évent
est souvent intégré à la partie supérieure du tube plongeant).
Réfrigérant (instrument)
Les réfrigérants sont utilisés dans les montages expérimentaux de chimie
organique pour refroidir et condenser des espèces chimiques présentes sous
forme de gaz. Les réfrigérants sont principalement utilisés pour récupérer un
liquide, ou distillat, lors d'une distillation, ou pour éviter des pertes de matière
par évaporation notamment dans le cas d'un chauffage à reflux.
Fonctionnement
Schéma de plusieurs réfrigérants utilisés dans
divers montage en chimie. De gauche à droite : réfrigérant
droit, réfrigérant à boules, réfrigérant à serpentins
De l'eau froide coule en permanence dans la
partie externe du réfrigérant, refroidissant
les parois internes. Le gaz chaud, issu du
milieu réactionnel, est refroidi en pénétrant
dans le réfrigérant et se condense alors sur les
parois sous formes de gouttelettes. Ces
gouttelettes, en grossissant, vont alors s'écouler soit dans le milieu réactionnel
(chauffage à reflux), soit dans un erlenmeyer pour être récupéré (distillation).
Aspect pratique
Comme tout équipement chimique d'un montage, les réfrigérants doivent
toujours être maintenus par une pince.
Cette verrerie étant rodée, il est souvent nécessaire de déposer une fine pellicule
de graisse (vaseline) pour encastrer les différents éléments entre eux. Cependant
l'utilisation de manchons en Téflon permet de sortir le milieu réactionnel du
réacteur sans entraîner la graisse.
Extracteur de Soxhlet
Représentation schématique d'un extracteur de Soxhlet :
1 Agitateur magnétique
2 Ballon à col rodé
3 Retour de distillation (tube d'adduction)
4 Corps en verre
5 Filtre
6 Haut du siphon
7 Sortie du siphon
8 Adaptateur d'expansion
9 Condenseur
10 Entrée de l'eau de refroidissement
11 Sortie de l'eau de refroidissement
Un extracteur de Soxhlet (ou appareil de Soxhlet) est
une pièce de verrerie utilisée en chimie
analytique et en chimie organique qui permet de
faire l'extraction par solvant continue d'une espèce
chimique contenue dans une poudre solide. Cet
appareil porte le nom de son inventeur : Franz von
Soxhlet.
Description
Il se compose d'un corps en verre (4) dans lequel est
placée une cartouche en papier-filtre épais (5), d'un
tube siphon (6-7) et d'un tube d'adduction (3). Dans
le montage, l'extracteur est placé sur un ballon (2)
contenant le solvant d'extraction (1). Dans
l'extracteur est insérée une cartouche dans laquelle est
placé la poudre contenant l'espèce à extraire ; puis un
réfrigérant (9-10-11) est adapté au-dessus de
l'extracteur (il est également souhaitable
d'utiliser un chauffe-ballon avec agitation magnétique
intégrée, afin d'éviter des à-coups d'ébullition qui provoquent une remontée du
liquide contenu dans le ballon et non de vapeurs de solvant pures. A défaut on
peut placer des billes de verres dans le ballon).
Quand le ballon est chauffé, les vapeurs de solvant passent par le tube
adducteur, se condensent dans le réfrigérant et retombent dans le corps de
l'extracteur, faisant ainsi macérer le solide dans le solvant (chauffé par les
vapeurs se trouvant en dessous). Le solvant condensé s'accumule dans
l'extracteur jusqu'à atteindre le sommet du tube-siphon, qui provoque alors le
retour du liquide dans le ballon, accompagné des substances extraites, et le
solvant contenu dans le ballon s'enrichit donc progressivement en composés
solubles.
Le solvant continue alors de s'évaporer, alors que les substances extraites
restent dans le ballon (leur température d'ébullition doit être nettement
supérieure à celle du solvant extracteur)
Avantages
Le cycle se répète indéfiniment. On peut ainsi épuiser complètement le solide en
quelques cycles sans intervention. Le résultat est équivalent à une série de
macérations successives, mais cette technique ne nécessite pas un grand nombre
d'opérations.
Ainsi, on a un net gain de temps de manipulation (à condition de laisser
l'appareil fonctionner un certain temps) : une fois mis en route, le montage n'a
pas besoin d'être manipulé ni même surveillé jusqu'à son démontage. De plus,
cette méthode requiert nettement moins de solvant que la méthode des
macérations successives pour une même efficacité d'extraction. L'intérêt est
donc également économique.
Le solvant est constamment distillé, de sorte qu'il ne se sature jamais. Même si la
substance extraite est en trop grande quantité par rapport au solvant et qu'elle
dépasse sa solubilité maximale, c'est toujours du solvant pur qui retombe de
l'évaporateur.
Inconvénients
L'extraction par Soxhlet peut présenter quelques inconvénients :
•La taille de la cartouche étant limitée, il peut être nécessaire de réaliser
plusieurs extractions successives avec plusieurs cartouches, ce qui peut prendre
un temps considérable
•L'extraction à chaud peut dégrader certaines substances chimiques
Applications
•Extraction d'hydrocarbures aromatiques polycycliques dans des sols pollués,
avec de l'acétonitrile comme solvant.
•Extraction de fullerènes d'une suie.
•Extraction de la caféine des feuilles de thé.
•Extraction de molécules odorantes telles que des terpènes dans les végétaux.
•Purification de polymères conducteurs des impuretés de synthèse
Tube à essai
Un tube à essai, ou tube à essais, est un
récipient utilisé en laboratoire, composé
d'un tube cylindrique étroit, ouvert dans sa
partie supérieure avec parfois un bord
légèrement évasé, fermé par une base arrondie en
U ou conique. On l'appelle parfois
éprouvette, terme principal couramment
utilisé au Canada français.
Le tube à essai est surtout utilisé en chimie
et en biologie.
Il est généralement constitué de verre
(souvent pyrex) ou en matière plastique
(souvent polypropylène).
Les tubes à essais ont de multiples utilisations,
aussi se déclinent-ils en une multitude de formes,
de tailles et de matériaux :
•la forme la plus classique est celle représentée en bleu sur le schéma, avec un
fond en U et un bord droit ; on s'en sert pour conserver des échantillons, réaliser
des tests simples, chauffer un liquide ;
•la forme évasée permet un transvasement plus facile ;
•la forme conique est surtout utilisée pour la centrifugation ;
•les tubes Vacutainer sont utilisés pour les hémogrammes ;
•les tubes Falcon, utilisés en biologie.
Les tubes à essais sont généralement utilisés par ensemble ou série plus ou
moins important ; de nombreux dispositifs en facilitent le maintien, la
manipulation, le déplacement, ou sont le socle d'opérations automatiques.
Voir aussi
•Éprouvette
•Microtube
•Tube de Nessler, utilisé en colorimétrie
Sécurité en laboratoire
Moyens de sécurité (à maintenir dégagés et à vérifier périodiquement), avec leur pictogramme,
en laboratoire de chimie
La sécurité en laboratoire renvoie à
de multiples aspects (prévention technique,
respect d'un minimum de consignes, formation
du personnel, organisation du travail,
qualité des relations).
Lors de son travail, le personnel de laboratoire
s'expose à des dangers chimiques, physiques,
biologiques et radiologiques.
Ces dangers peuvent être évités ou limités, si
les règles élémentaires de sécurité sont respectées. Dans un laboratoire, il faut
avoir une attitude réfléchie pour ne pas mettre sa vie en danger ni celle d'autrui.
Obligations
Interdictions
•De fumer, boire, préparer un repas ou manger dans un laboratoire.
•De travailler seul.
•De pipetter à la bouche tout produit chimique ; utiliser par exemple les
propipettes.
•Formelle de déverser à l’évier des produits chimiques (inflammables,
dangereux, explosifs, etc.), biologiques ou radioactifs.
•De manipuler un produit inflammable à proximité d’une flamme ou d’un point
chaud.
•De courir.
•De manipuler sans lunettes de protection, sans blouse et sans gants adaptés
(selon les produits : latex, nitrile, vinyle, etc.).
Dangers chimiques
Les équipements de protection collectifs doivent être utilisés avant les
équipements de protection individuelle. En effet, le port du masque en
laboratoire protège la personne qui manipule mais ne protège pas les autres
personnes présentes dans le laboratoire. Le travail confiné sous une hotte
aspirante enlève la pénibilité du port du masque et protège les autres.
La personne manipulant des flacons contenant des produits du commerce est
exposée à tout moment aux risques chimiques. Avant toute manipulation d'un
flacon, il convient de :
•porter l'équipement de protection adapté : blouse en coton, lunettes de
protection agréées CEE, gants de protection ;
•manipuler des flacons sous une hotte ventilée (pour les acides ou bases
concentrés par exemple) ;
•vérifier la verrerie de laboratoire avant toute manipulation pour éviter coupures
(matériel ébréché) ou casse du matériel en cours d'utilisation (verrerie ébréchée,
éclats, ...) ;
•toujours mettre un bac de rétention sous par exemple les réacteurs et les
bouteilles non vides afin de ne pas répandre de liquide en cas d'incident avec le
matériel ;
•ne pas prélever à la bouteille. Transvaser dans un grand bécher propre et
annoter le volume nécessaire pour les manipulations. Cela évite de se retrouver
avec des solutions « polluées » ;
•se référer aux pictogrammes des tableaux ci-dessous ; ceux du second
tableau étant en cours d'abandon, ils ne devront plus être utilisés d'ici la fin
2011 pour les substances, fin 2012 (2013) pour les mélanges et les préparations.
SGH02 Inflammable
SGH03 Comburant
Dangers biologiques
Pictogramme signalant l'ensemble des risques biologiques
•Ce pictogramme est présent à l'entrée d'un
laboratoire de microbiologie ou de
biologie, ainsi que sur les conteneurs destinés
à recevoir les déchets (boîte de Petri en
plastique, pipette Pasteur, tube à
hémolyses, etc.) ou des produits biologiques
(prélèvement ESB, sang, ...).
•Il signifie la contamination probable
par un agent biologique de nature connue ou non
(bactéries, protozoaires, virus, prions, etc.).
•À la vue de ce symbole, respecter les règles
d'asepsie, se laver les mains à l'eau et au
savon après les manipulations.
•En cas d'accident (déversement sur la paillasse, coupure avec un matériel
contaminé, ...) laver et désinfecter la plaie et/ou le plan de travail.
•Protéger les plaies par un pansement et des gants en latex ou en vinyle.
•Tenir le carnet de vaccination à jour.
Risque radiologique
Panneau identifiant les risques liés aux
rayonnements ionisants, ☢
Pictogramme présent dans tous les centres de
radiologie ainsi que chez les médecins possédant
un équipement de radiologie. Il doit être
visible à l'entrée de chaque pièce possédant
un équipement dont le rayonnement présente
un danger, que ce soit pour une exposition à
court ou à long terme.
Articles connexes
•Système général harmonisé
•Équipement de protection individuelle (EPI)
•Gant médical
•Extincteur
•Triangle du feu
•Azote liquide
•Paillasse
•Règlementation ATEX
•Règlementation européenne REACH
•Sauveteur-secouriste du travail
•INRS
Liens externes
•[pdf] Prévention des risques professionnels, avec pictogrammes. Source :
ministère de l'Éducation nationale
•Site hygiène et sécurité d'un laboratoire de biochimie et biologie moléculaire du
CNRS
•Dossier INRS - Risque chimique : sources d'information sur le Web, mis à jour
le 18/10/2004
Chromatographie
La chromatographie est une technique d'analyse chimique de la chimie
analytique pouvant être couplée à un détecteur en vue d'une analyse qualitative
et/ou quantitative. En chromatographie, l'échantillon contenant une ou plusieurs
espèces est entraîné par un courant de phase mobile (liquide, gaz ou fluide
supercritique) le long d'une phase stationnaire (papier, gélatine, silice, polymère,
silice greffée etc). Chaque espèce se déplace à une vitesse propre dépendant de
ses caractéristiques et de celles des deux phases.
La chromatographie est aussi utilisée dans les laboratoires d'analyses médicales
par exemple pour évaluer la quantité de vitamines dans le sang. Elle est aussi
très utilisée dans le domaine sportif pour savoir si un athlète s'est dopé. La
chromatographie est également utilisée pour analyser les substances (poudres,
liquides...) prélevées sur une scène de crime dans le cadre d'investigations en
police scientifique.
La chromatographie analytique est utilisée pour identifier ou doser les composés
chimiques d'un mélange et apprécier leur concentration.
La chromatographie préparative est utilisée pour purifier assez de produit pour
d'autres utilisations. Son but est d'obtenir de la substance ; c'est pourquoi, à
toute échelle, elle implique de collecter des fractions.
Définitions
Chromatographie : méthode physique de séparation basée sur les différences
d'affinités des substances à analyser à l'égard de deux phases, l'une stationnaire
ou fixe, l'autre mobile. Selon la technique chromatographique mise en jeu, la
séparation des composants entraînés par la phase mobile, résulte soit de leur
adsorption et de leur désorption successives sur la phase stationnaire, soit de
leur solubilité différente dans chaque phase.
Phase stationnaire : phase fixe soit sur la surface intérieure d'une colonne soit
sur une surface plane.
Phase mobile : phase qui se déplace à travers la phase stationnaire, en
entraînant les analytes. La phase mobile ne doit pas interagir avec la phase
stationnaire mais uniquement avec les analytes.
Chromatogramme : graphique d’une fonction de la concentration en analyte en
fonction du temps (ou du volume) d’élution.
Étymologie
Le mot chromatographie vient du grec ancien Khrôma qui signifie "couleur" et
Graphein qui signifie "écrire"
Histoire
Le botaniste russe Mikhail Tswett (1872-1919) fut, en 1906, le premier à utiliser
le terme chromatographie.
À partir de 1903, Tswett utilisa des colonnes d'adsorption pour séparer des
pigments de plantes. On spécula donc l'étymologie du mot « chromatographie » à
partir du grec khrôma- pour couleur et donc pigment. Toutefois, Tswett ne donna
jamais cette explication; mais tswett est le mot russe pour « couleur ».
En 1952, Martin et Synge reçurent le prix Nobel de chimie pour leur invention
de la chromatographie de partage.34
Principe
La chromatographie repose sur l'entraînement d'un échantillon dissous par une
phase mobile à travers une phase stationnaire. Celle-ci retient plus ou moins
fortement les substances contenues dans l'échantillon dilué selon l'intensité des
forces d'interactions de faible énergie (comme les forces de Van der Waals, les
liaisons hydrogène, etc.) réalisées entre les différentes espèces moléculaires et la
phase stationnaire.
Les différents composants de l'échantillon ont généralement une vitesse
caractéristique qui permet de les séparer, voire de les identifier. Cette vitesse de
séparation est fortement dépendante de la nature de la phase mobile et de la
phase stationnaire.
Souvent, l'échantillon est analysé par comparaison avec des substances déjà
connues dans l'échantillon ou par comparaison avec les résultats de l'analyse
d'une solution-étalon (solution commerciale contenant des substances connues, à
des concentrations bien connues). Ces substances servent de références et
permettent d'identifier ou de doser chaque espèce par comparaison des vitesses
de séparation (et éventuellement d'autres renseignements donnés par la
détection). Il s'agit de chromatographie analytique.
Dans d'autres cas, on se contente de séparer les fractions, de les récolter pour
les identifier par d'autres techniques: c'est la chromatographie préparative.
Il existe de nombreux types de chromatographie ; on peut notamment les classer
selon la nature de la phase mobile :
•la chromatographie sur couche mince (CCM ou TLC en anglais) ;
•la chromatographie en phase gazeuse (CPG ou GC en anglais) également
appelée CPV (chromatographie en phase vapeur) ;
•la chromatographie en phase liquide (CPL ou LC en anglais) ;
•la chromatographie en phase liquide à haute performance (CLHP ou HPLC en
anglais) ;
•la chromatographie en phase supercritique (CPS ou SFC en anglais).
On peut aussi les nommer selon les interactions développées par la phase
stationnaire :
•la chromatographie d'adsorption/d'affinité ;
•la chromatographie de partage ;
•la chromatographie à échange d'ions ;
34Chemistry 1952
•la chromatographie chirale (qui est, soit de la CPG, soit de la CPL) ;
•la chromatographie d'exclusion stérique (CES ou SEC en anglais) ;
Pour séparer des mélanges complexes de substances similaires, il peut être utile
d'employer la chromatographie à deux dimensions. Celle-ci s'effectue en deux
étapes entre lesquelles on change de solvant et on tourne le papier de 90°. Les
interactions développées par le nouveau solvant seront différentes, ce qui
modifiera la séparation dans cette deuxième dimension et permettra une
meilleure séparation globale.
La chromatographie sur papier peut aussi constituer une technique micro-
préparative : pour récupérer les produits ainsi séparés, les portions du papier où
ils se situent sont découpées et redissoutes ensuite. Les quantités récupérables
sont de l'ordre du milligramme ou moins.
2. Échantillonnage
3. Préparation de l’échantillon
1. Mise en solution
2. Extraction des analytes de l’échantillon
3. Concentration
4. Rendement de l’extraction
4. Éliminer les interférences
1. Effet de matrice
2. Purification de l’extrait
5. Analyse chromatographique
1. Directe
2. Après traitement (méthylation, sylilation…)
3. Étalonnage
4. Linéarité
Certains paramètres qui affectent les vitesses relatives des analytes peuvent être
modifiés :
•Vitesse linéaire de la phase mobile u¯
Facteur de capacité
Facteur de capacité k' : paramètre expérimental important permettant de
décrire la vitesse de progression des solutés dans les colonnes. C’est le rapport
des quantités d’un analyte présentes à l’équilibre dans les 2 volumes de phase
stationnaire et mobile adjacentes. Le facteur de capacité depend de la
température (CPG), du remplissage de la colonne (CPG), de la composition de la
phase mobile et stationnaire (HPLC)...
t′
k ′= R
tM
L’efficacité d’une colonne s’évalue à partir de l’un ou l’autre de ces deux termes
:
•H = hauteur équivalente à un plateau théorique
•N = nombre de plateaux théoriques
L’efficacité augmente quand N augmente ou quand H diminue à L constante. σ
est la variance, ω est la largeur de la base du pic, δ la largeur du pic à mi-
hauteur :
N= et H= σ
2
L
H L
t ou
R
2
t R
2
N=1 6 N=5, 5 4
ω δ
Résolution de la colonne
La résolution RS d'une colonne est la mesure quantitative de son aptitude à
séparer deux analytes A et B :
t B−t A
RS=2 R R
ωBωA
Méthodes d'optimisation
•Modification de la hauteur équivalent à un plateau théorique (diamètre colonne,
granulométrie…)
•Modification du facteur de capacité (composition phase mobile, température,
solvant…)
•Modification du facteur de sélectivité (composition phase mobile, température
colonne, composition phase stationnaire, effets chimiques (complexes…)
Voir aussi
•Diffusion de la matière
•Migration (matière)
•Chromatographie en phase gazeuse
•Chromatographie en phase liquide
•Chromatographie en phase supercritique
•Chromatographie chirale
•Chromatographie en phase liquide à haute pression
•Chromatographie d'exclusion stérique
•Chromatographie de partage
•Chromatographie à échange d'ions
Liens externes
•Cours de chromatographie (ne comprend pas l'HPLC)
•Société de BioChromatographie et Nanoséparations (SBCN)
•Site du gouvernement
Mode opératoire
L'exemple ci-dessous montre les différentes étapes de la procédure pour la
préparation, l'élution et la révélation de plaques de CCM pendant le suivi de
l'avancement d'une réaction chimique. On considère que la phase stationnaire
est un gel de silice standard comportant un indicateur fluorescent.
Chaque trait est à écrire au crayon à papier, car les encres des plumes ou des
stylos sont solubles dans la plupart des éluants, donc fausseraient la
chromatographie.
•On trace un trait horizontal (la ligne de base) à environ 1 cm du bas de la
plaque de CCM. Les marques D, B et M représentent respectivement le produit
de Départ, le Brut réactionnel et le point Mixte (un mélange de D et B). Le point
mixte permet de mieux visualiser les taches lorsqu'elles sont très proches ou
lorsque l'étape d'élution est imparfaite.
•On dépose, à l'aide d'un capillaire ou d'une microseringue, une petite quantité
d'une solution du produit de départ sur les marques D et M et une petite
quantité du brut réactionnel sur les marques B et M. Dans cet exemple, le
produit de départ est incolore (cercle en pointillé) alors que le brut réactionnel
est légèrement coloré.
•On prépare à côté, un éluant qui recouvrira le fond de la cuve sur environ 5mm
de hauteur, et on laisse saturer la cuve. ( C'est-à-dire : laisser la cuve fermée et
laisser les vapeurs de l'éluant 'remplir' le volume de la cuve, environ 5-10 min ).
•On place la plaque de CCM dans la cuve contenant l'éluant. Le solvant monte le
long de la plaque par capillarité. Lorsqu'il arrive presque en haut de la plaque,
on sort celle-ci de la cuve, on marque la ligne de front ( là où l'éluant s'est arrêté
de migrer ) et on laisse l'éluant s'évaporer. Ici, on ne voit que les taches 3 et 5
puisque les autres sont incolores. On observe que la tache 5 n'a que très
légèrement migré au-dessus de la ligne de base.
•Pour visualiser les différentes taches, on commence par placer la plaque sous
une lampe UV à 254 nm. La plaque apparaît en vert fluorescent et les produits
qui absorbent les UV apparaissent sous forme de taches sombres. On utilise
cette méthode de détection en priorité car elle n'endommage pas la plaque. Dans
cet exemple, on voit que le brut réactionnel contient encore du produit de départ
(tache 4) mais la taille de la tache indique qu'il y en a moins qu'en début de
réaction. On observe la formation d'au moins trois nouveaux produits (1, 2 et 5) :
1 et 2 sont moins polaires que le produit de départ, et 5 est plus polaire. Il
semble que le produit 5 est majoritaire dans le brut réactionnel (le produit 2 est
beaucoup moins visible) mais tous les produits ne révèlent pas avec la même
intensité aux UV.
•On plonge la plaque dans une solution acide de vanilline (il existe de nombreux
autres révélateurs) et l'on chauffe la plaque jusqu'à ce que des taches colorées
apparaissent. Ici on observe un autre produit (3) qui n'était pas visible aux UV.
La tache 1 est à peine visible ; elle l'était beaucoup plus sous lampe UV. La
surprise vient de la tache 2 : elle n'était que faiblement visible en UV mais elle
révèle très intensément avec la vanilline. Il est fort possible que ce soit le produit
majoritaire de la réaction et non le produit 5 comme le laissait supposer la
détection UV.
Exemple d'un suivi de réaction par CCM
Conclusion : il se produit bien quelque
chose lors de cette réaction chimique.
Plusieurs produits sont formés mais l'un (n°2)
semble nettement majoritaire. Il faudra
refaire une CCM un peu plus tard pour suivre la
disparition de la tache 4 (produit de départ) dans
la colonne B (brut réactionnel) ce qui
signifiera que la réaction est terminée. Ensuite,
une chromatographie sur colonne permettra
d'isoler les différents produits et d'effectuer
des analyses plus poussées pour s'assurer
que le produit 2 est bien le produit attendu.
Rapport frontal
C'est le rapport de la distance de vitesse du soluté sur la masse de migration du
lubrifiants.
Révélateurs
Révélation au permanganate de potassium
•10 g de K2CO3
•1,5 g de Permanganate de potassium (KMnO4)
•150 ml d'eau distillée
•1,25 ml d'Hydroxyde de sodium (NaOH) en solution à 10 %
On l'utilise sprayé ou par trempage et cela donne une coloration jaune/marron
des produits sur un fond violet/rose. Il est utilisable sur les plaques Alumine et
Silice. L'avantage par rapport à d'autre produits de révélation est qu'il n'est pas
nécessaire de chauffer (on peut donc révéler les plaques sur plastique).
Astuces
Exemples
Voir aussi
•Far-eastern blot (également appelé Thin Layer Chromatography Blot), une
technique d'analyse des lipides.
Dosage colorimétrique
Un dosage colorimétrique est possible lorsque qu'une réaction chimique donne
des produits colorés et si l'intensité de la coloration est proportionnelle à la
concentration de l'élément à doser. Les dosages colorimétriques s'appuient sur
la loi de Beer-Lambert.
Un dosage colorimétrique est également possible en utilisant des indicateurs
colorés tels que l'hélianthine, la phénolphtaléine, le vert de bromocrésol, etc. qui
vont se colorer à pH différents et de ce fait, vont pouvoir indiquer quand on
atteint l'équivalence.
Loi de Beer-lambert
La forme utilisée est la suivante : A=ϵ×l×C
N° de 0 1 2 3 4 5 x1 x2
tube
Solution 0 0,3 0,6 0,9 1,2 1,5 0 0
étalon
de
glucose
à 0,01
mol/L en
mL
Prise 0 0 0 0 0 0 0,5 1,0
d'essai
en mL
Eau 18,0 17,7 17,4 17,1 16,8 16,5 17,5 17,0
distillée
en mL
DNS 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0
(réactif)
en mL
Absorba 0 0,205 0,494 0,748 1,022 1,280 0,668 1,340
nce à
350 nm
pour un
tube/une
cuve
donné(e)
Quantité 0 3,0 6,0 9,0 12,0 15,0 7,9 hors
de gamme
glucose
en µmol
Voir aussi
•Dosage du glucose par le DNS
•Dosage du phosphore par la méthode de Briggs (colorimétrique)
•Dosage des protéines par le réactif de Biuret (colorimétrique)
•Dosage des protéines par la méthode de l'acide bicinchonique (BCA)
(colorimétrique)
•Tube de Nessler
Absorbance
L'absorbance mesure la capacité d'un milieu à absorber la lumière qui le
traverse. On l'appelle également densité optique ou extinction. Il s'agit d'une
grandeur sans unité donnée par la relation :
I
Aλ=l 1o 00.g
I
L'absorbance est définie par le ratio entre l'intensité lumineuse I0 , à une longueur
d'onde λ, avant traversée du milieu, et l'intensité lumineuse transmise
exprimée en logarithme de base dix36.
L'absorbance diffère selon la nature de l'élément et selon la longueur d'onde
sous laquelle il est étudié.
P0=PaPtPr.
Pour une substance donnée, avec une épaisseur et une longueur d'onde définies,
T est une constante.
Comment varie la transmittance en fonction de l'épaisseur du milieu ?
Supposons qu'une substance, d'un 1 cm d'épaisseur permet à 50 % de l'énergie
reçue de la traverser. Autrement dit, sa transmittance vaut 0,5. Si cette lumière
obtenue passe par une deuxième couche de même épaisseur, une nouvelle fois
seuls 50 % de celle-ci réussiront à passer à travers. Au passage successif par les
deux couches, seulement 25 % de l'énergie de la lumière incidente ont été
transmis par 2 cm de cette substance (0,5 x 0,5 = 0,52 = 0,25). De même, 3 cm
transmettront 12,5 % du total reçu (0,5 x 0,5 x 0,5 = 0,53 = 0,125). Il s'agit donc
là d'une progression géométrique : la transmittance ne diminue donc pas d'une
manière linéaire quand l'épaisseur augmente, mais exponentielle (voir figure).
En conséquence, le logarithme de T (logT) diminue linéairement en fonction de
l'épaisseur37.
Le changement subi par l'énergie rayonnante en fonction de la longueur du
trajet optique traversé , est défini par la relation:
dP
=−kP.
dl
¿ 0
d'où :
P
l n =−kl .
P0
−l T=aol. g
On définit maintenant l'absorbance par :
A=−l T=alo. g
a est le coefficient d'absorption ou absorptivité du milieu exprimé en m-1 ou cm-1.
Dans une solution, on peut diviser le coefficient d'absorption par la concentration
molaire des entités contenues dans le volume traversé par un faisceau lumineux :
a −1 P A
ε= = l o = g
c l⋅c P0 l⋅c
37En pratique les astronomes mesurent durant une nuit d'observation une même étoile à
différentes distances zénithales définies par l'angle θ. Les magnitudes portées en fonction de
l'épaisseur d'atmosphère traversée, proportionnelle à (1/cosθ), s'alignent sur une droite, en
tolérant les écarts dus aux erreurs de mesure et aux variations d'absorption atmosphérique au fil
des heures. Cette droite s'appelle la droite de Bouguer. L'ordonnée à l'origine de cette droite
(pour un cosinus virtuellement infini, dont l'inverse vaut zéro) donne la valeur de la magnitude
hors atmosphère.
ε, exprimée en [Link]-1, est l'absorptivité molaire ou coefficient d'extinction
molaire de l'entité en solution. Il dépend de la nature du corps absorbant, de la
longueur d'onde choisie et de la température.
Loi de Beer-Lambert
Pour plus de détails, voir l'article Loi de Beer-Lambert
Utilisant le même raisonnement que celui de la loi de Bouguer, August Beer
propose en 1852 une équation reliant l'absorbance et la transmittance à la
concentration d'une substance en solution. La loi est énoncée de la manière
suivante :
Aλ=−l To=a⋅c. g
La concentration c est exprimée en mol.L-1 ou en mol.m-3. L'absorptivité a peut
être remplacée dans l'équation par le coefficient d'extinction molaire ε comme
défini précédemment. Alors, par la combinaison des deux équations, on obtient la
loi de Beer-Bouguer mieux connue comme la loi de Beer-Lambert :
Aλ=ελ⋅l c.
La mesure de l'absorbance se fait grâce à un spectrophotomètre. l est la
longueur du chemin optique traversé par la lumière dans la solution en cm. En
pratique, cette longueur correspond à l'épaisseur de la cuve de mesure
(généralement prise de 1 cm).
Cette loi permet aux chimistes de déterminer la concentration inconnue d'un ou
plusieurs éléments dans une solution donnée. Toutefois, cette proportionnalité
entre la concentration et l'absorbance ne serait plus applicable pour c > 0,01
mol.L-1 (car le phénomène de réflexion n'est plus négligeable).
Colorimétrie
Si un élément n'absorbe pas assez la lumière pour effectuer des mesures
correctes, on le fait réagir avec un autre élément pour que le produit de la
réaction affiche une couleur bien visible. L'intensité de la coloration obtenue est
proportionnelle à la concentration réelle.
Turbidimétrie
La turbidimétrie se base sur un système de détection optique qui mesure la
turbidité, c’est-à-dire la concentration de très petites particules en suspension
dans une solution (mg.L-1). La lumière transmise à travers un milieu turbide
dépend de la concentration en objets diffusants et de leurs sections efficaces
d’extinction, donc de leurs tailles, leurs formes, leurs indices de réfraction, et de
la longueur d’onde considérée.
Pour de faibles concentrations, l’intensité transmise peut être déterminée par la
loi de Beer-Lambert. La mesure de l’intensité transmise permet ainsi, de
remonter à la distribution de taille et à la concentration des particules
absorbantes.
Exemple d'application
étude classique, par spectrophotométrie, de la croissance bactérienne dans un
milieu de culture liquide agité.
Références
James HENKEL, Essentials of drug product quality (p 130,133). 1978, The Mosby
Company, (ISBN 0801600316).
Voir aussi
•Absorptivité molaire
•Spectrophotométrie
•Spectroscopie d'absorption
•Transfert de rayonnement
Spectrométrie d'absorption
La spectrométrie d'absorption est une méthode physique d'analyse chimique.
Elle s'utilise principalement sur les liquides.
La couleur d'un corps en transmission (transparence) représente sa capacité à
absorber certaines longueurs d'onde. L'absorption d'une longueur d'onde λ par
un produit est modélisée par la loi de Beer-Lambert :
I=I0⋅e−μ⋅ρ⋅x
où
•I0 est l'intensité incidente de la radiation λ, et I est l'intensité sortante ;
•µ est le coefficient d'absorption, qui dépend du produit et de λ ;
•ρ est la masse volumique du produit ;
•x est le chemin parcouru dans le produit.
Analyse qualitative
Connaissant la densité d'un produit et le chemin x parcouru par la lumière, si
l'on mesure l'intensité sortant du produit, on peut déterminer le coefficient
d'absorption pour la longueur d'onde considérée.
Les pics d'absorption (maxima de µ) correspondent à des transitions
électroniques (quantifiées), et sont donc caractéristiques de la nature des atomes
et de leurs liaisons chimiques.
Ceci permet de reconnaître la nature chimique de certains produits. C'est
notamment l'absorption de longueurs d'onde données de la lumière solaire qui a
permis de découvrir que le Soleil était entouré de gaz, ce qui amena à la
découverte de l'hélium.
Analyse quantitative
Supposons que l'on ait :
•un produit 1 ayant un coefficient d'absorption µ1 très important pour une
longueur d'onde λ1 et négligeable pour λ2 ;
•un produit 2 ayant à l'inverse un coefficient µ2 d'absorption négligeable pour λ1
mais très important pour λ2 ;
alors, pour un mélange des produits 1 et 2, avec une masse volumique respective
ρ1 et ρ2, on aura :
Iλ1=0 1⋅e−μλ⋅ρμλ⋅ρx≃I0λ1⋅e−μλ⋅ρx
1 1 21 2 1 1
Iλ2=0 2⋅e−μλ⋅ρμλ⋅ρx≃I0λ2⋅e−μλ⋅ρx.
121 2 2 2 2
Iλ2 I0λ2
soit
I λ1
1 I λ
μ2λ2⋅ρ2−μ1 λ1⋅ρ1 ≃ ⋅ln 2
x I0 λ1
⋅I0 λ2 .
La deuxième équation est celle donnant la masse volumique totale ρ :
ρ = ρ1 + ρ2.
D'une manière générale, si l'on a un mélange de n produits ayant chacun un pic
d'absorption caractéristique pour une longueur d'onde donnée λi, on a alors un
système de n équations à résoudre :
n
Iλi=I0λi⋅e −x⋅∑j=1xμjλi⋅ρj p
et
∑j=1ρj=ρ.
n
Applications
Outre l'analyse chimique, on utilise cette méthode pour déterminer le
pourcentage d'oxygénation du sang (oxymétrie) ainsi que le pouls.
Annexes
Articles connexes
•Spectrométrie d'absorption des rayons X et XANES
•EXAFS (Extended X-Ray Absorption Fine Structure)
•Spectrométrie d'absorption atomique
Spectroscopie infrarouge
La spectroscopie infrarouge (parfois désignée comme spectroscopie IR) est
une classe de spectroscopie qui traite de la région infrarouge du spectre
électromagnétique. Elle recouvre une large gamme de techniques, la plus
commune étant un type de spectroscopie d'absorption. Comme pour toutes les
techniques de spectroscopie, elle peut être employée pour l'identification de
composés ou pour déterminer la composition d'un échantillon. Les tables de
corrélation de spectroscopie infrarouge sont largement présentes dans la
littérature scientifique.
Base et théorie
La partie infrarouge du spectre électromagnétique est divisée en trois régions :
le proche, le moyen et le lointain infrarouges, nommés en relation avec le spectre
visible. L'infrarouge lointain, allant approximativement de 400 à 10 cm-1 (1000–
30 μm), mitoyen de la région micro-onde, a une énergie faible et peut être utilisé
pour la spectroscopie rotationnelle. L'infrarouge moyen, allant
approximativement de 4000 à 400 cm-1 (30–1.4 μm) peut être utilisé pour étudier
les vibrations fondamentales et la structure rovibrationnelle associée. Le proche
infrarouge, plus énergétique, allant approximativement de 14000 à 4000 cm-1
(1,4–0.8 μm) peut exciter les vibrations harmoniques. Les dénominations et
classifications de ces sous-régions sont essentiellement des conventions. Elles ne
sont pas basées sur des divisions strictes ou sur des propriétés moléculaires ou
électromagnétiques exactes.
La spectroscopie infrarouge exploite le fait que les molécules possèdent des
fréquences spécifiques pour lesquelles elles tournent ou vibrent en
correspondance avec des niveaux d'énergie discrets (modes vibratoires). Ces
fréquences de résonance sont déterminées par la forme des surfaces d'énergie
potentielle, les masses atomiques et par le couplage vibronique associé. Afin
qu'un mode vibrationnel dans une molécule soit actif dans l'infrarouge, il doit
être associé à des modifications du dipôle permanent. En particulier, dans les
approximations de Born-Oppenheimer et harmonique, lorsque le hamiltonien
moléculaire correspondant à l'état fondamental électronique peut être
approximé par un oscillateur harmonique au voisinage de la géométrie
moléculaire d'équilibre, les fréquences de résonance sont déterminées par les
modes normaux correspondant à la surface d'énergie potentielle de l'état
fondamental électronique moléculaire. Néanmoins, les fréquences de résonance
peuvent être dans une première approche liées à la force de la liaison, et aux
masses atomiques de terminaison. Donc, la fréquence des vibrations peut être
associée à une liaison particulière.
Les molécules diatomiques n'ont qu'une seule liaison, qui peut être étirée. Les
molécules les plus complexes ont beaucoup de liaisons, et les vibrations peuvent
être conjuguées, ce qui conduit à des absorptions infrarouges à des fréquences
caractéristiques qui peuvent être liées à des groupes chimiques. Ainsi par
exemple, les atomes d'un groupe CH2, que l'on trouve communément dans les
composés organiques peut vibrer de six manières différentes : étirements
(stretching) symétriques et antisymétriques, cisaillement (scissoring), bascule
(rocking), agitation hors du plan(wagging) et torsion (twisting) :
étirement étirement Cisaillement Bascule Agitation Torsion
symétrique antisymétriq
ue
Le spectre infrarouge d'un échantillon est établi en faisant passer un faisceau de
lumière infrarouge au travers de cet échantillon. L'examen de la lumière
transmise indique la quantité d'énergie absorbée à chaque longueur d'onde. On
peut le faire avec un faisceau monochromatique, avec une modification de la
longueur d'onde dans le temps, ou en utilisant un instrument à transformée de
Fourier afin de mesurer toutes les mesures d'onde simultanément. On peut alors
produire les spectres en absorbance ou en transmittance, et indiquer les
longueurs d'ondes d'absorption. L'analyse de ces caractéristiques indique des
détails de la structure moléculaire de l'échantillon.
Cette technique fonctionne quasiment exclusivement sur les échantillons
présentant des liaisons covalentes. Des spectres simples sont obtenus à partir
d'échantillons avec peu de liaisons actives dans l'infrarouge et avec de hauts
degrés de pureté. Les structures moléculaires plus complexes conduisent à plus
de bandes d'absorption et donc à des spectres plus complexes. Cette technique a
cependant été utilisée pour la caractérisation de mélanges très complexes.
Préparation de l'échantillon
Les échantillons gazeux ne nécessitent que peu de préparation avant
purification, mais par contre requièrent normalement une cellule de mesure avec
une longueur de parcours importante (typiquement entre 5 et 10 cm), les gaz
n'absorbant que peu dans l'infrarouge.
Les échantillons liquides peuvent être placés entre deux plaques d'un sel très
pur (habituellement le chlorure de sodium, ou sel de table, bien qu'un nombre
important d'autres sels comme le bromure de potassium ou le fluorure de
calcium soit aussi utilisé). Les plaques sont transparentes à la lumière infrarouge
et n'introduisent donc pas de bandes supplémentaires dans le spectre.
Cependant, comme de nombreux sels sont très solubles dans l'eau, les
échantillons et agents de lavage doivent être anhydres.
Les échantillons solides peuvent être préparés de quatre manières majeures. La
première d'entre elles est de broyer l'échantillon avec un agent liant (souvent du
nujol) dans un mortier avec un pilon. Un film mince de ce broyat est appliqué sur
les plaques et mesuré.
La deuxième méthode consiste à moudre finement une quantité de l'échantillon
avec un sel purifié spécialement (comme le bromure de potassium) afin de
supprimer les effets de diffusion des gros cristaux. Ce mélange poudreux est
ensuite comprimé dans une presse afin de fournir une pastille translucide au
travers de laquelle un faisceau de spectromètre peut passer.
La troisième technique est dite de déposition de film, et est principalement
utilisée pour les matériaux polymères. L'échantillon est tout d'abord dissous dans
un solvant non hygroscopique et adéquat. Une goutte de cette solution est
déposée à la surface d'une cellule de KBr ou de NaCl. La solution est ensuite
évaporée jusqu'à séchage complet et le film ainsi formé sur la cellule est analysé
directement. Il faut faire attention à ce que le film ne soit pas trop épais,
empêchant la lumière de le traverser. Cette technique permet des analyses
qualitatives.
La quatrième méthode est l'utilisation de la microtomie afin de découper un film
mince (de 20 à 100 μm) dans un échantillon solide. C'est l'un des plus importants
moyens d'analyse des produits plastiques rejetés, par exemple, car cette
technique préserve l'intégrité physique globale de l'échantillon.
Il est important de savoir que les spectres obtenus à partir de différentes
méthodes peuvent présenter de légères différences entre eux en raison des états
physiques des échantillons.
Méthode classique
Schéma de fonctionnement d'un spectromètre infrarouge
« classique ».
Dans un spectromètre infrarouge « classique »
(il existe des montages spéciaux dépendants des
activités poursuivies), un rayon de lumière
infrarouge est produit et séparé en deux
faisceaux. L'un passe au travers de l'échantillon,
l'autre au travers d'une référence qui est parfois
le composé dans lequel l'échantillon a été dissous. Les faisceaux sont ensuite
réfléchis jusqu'à un détecteur, après être passés par un séparateur qui alterne
rapidement les faisceaux entrant dans le détecteur. Les deux signaux sont
comparés et le spectre ainsi obtenu tracé.
L'utilisation d'une référence permet :
•d'éviter les fluctuations de sortie de source qui peuvent affecter les données.
Ces fluctuations ont des origines diverses, comme le vieillissement.
•d'éviter la prise en compte des effets de solvant (la référence est habituellement
le solvant pur correspondant à celui dans lequel l'échantillon est dissous).
Aperçu des longueurs d'ondes d'absorption pour
les molécules organiques
Quelques domaines d'absorption correspondant à
divers types de liaisons chimiques. Les nombres
d'ondes sont exprimées en cm-1.
Usages et applications
La spectroscopie infrarouge est très répandue dans la recherche académique et
l'industrie en tant que technique simple et sure de mesure, de contrôle de qualité
et de mesure dynamique. Elle est, par exemple, utilisée en médecine légale pour
les cas criminels ou civils pour la caractérisation de la dégradation polymérique.
Elle est sans doute la technique de spectroscopie appliquée la plus
utilisée[réf. nécessaire].
Les instruments d'acquisition sont maintenant miniaturisés et donc
transportables, même pour des usages en extérieur. Avec l'accroissement des
technologies de filtrage informatique et de traitement des résultats, les
échantillons en solution peuvent maintenant être mesurés précisément (l'eau
présente une large absorbance sur les longueurs d'ondes intéressantes, ce qui
rend un spectre non traité ininterprétable). Certains instruments possédant leurs
propres bases de données, l'identification peut ainsi également être automatisée.
En se calant sur une fréquence spécifique dans le temps, les modifications dans
les propriétés ou la quantité d'une liaison particulière peuvent être mesurées.
Cette méthode est particulièrement utile pour mesurer le degré de
polymérisation en production. Les instruments de recherche modernes peuvent
acquérir des mesures sur la largeur du spectre voulue aussi souvent que 32 fois
par seconde. Cela peut se faire dans le même temps que d'autres mesures par
d'autres techniques, ce qui permet l'observation de réactions et processus
chimiques de manière plus rapide et plus précise.
La spectroscopie infrarouge est une technique probante à la fois en chimie
organique et en chimie inorganique. Ainsi on peut l'utiliser en analyse de surface
dans l'industrie de la micro-électronique38 pour des semi-conducteurs comme le
silicium, l'arséniure de gallium, le séléniure de zinc, le silicium amorphe, le
nitrure de silicium, etc.
Effets isotopiques
Les différents isotopes d'espèces particulières peuvent donner des détails fins en
spectroscopie infrarouge. Ainsi, la fréquence d'étirement O-O de
l'oxyhémocyanine est expérimentalement déterminées à 832 et 788 cm-1 pour
ν(16O-16O) et ν(18O-18O) respectivement.
=≈
νO 8 7 8 8
18
La spectroscopie infrarouge
bidimensionnelle non-linéaire39,40 est, en quelque sorte, la « version infrarouge »
de la spectroscopie de corrélation. Cette technique a été rendue possible avec le
développement de lasers infrarouges à pulsations femtosecondes. Dans ces
expériences, un ensemble de pulsations de « pompage » sont appliquées à
l'échantillon. Ce train de pulsations est suivi d'un temps d'attente pour permettre
au système de se relaxer. Ce temps dure typiquement de 0 à quelques
picosecondes et sa durée peut être contrôlée avec une résolution d'une dizaine
de femtosecondes. Une pulsation sonde est ensuite envoyée, déclenchant un
signal d'émission de l'échantillon. Le spectre infrarouge bidimensionnel non-
linéaire est un graphique bidimensionnel de corrélation de la fréquence ω1 excitée
par les pulsations pompes et de la fréquence ω3 excitée par la pulsation sonde
après le temps d'attente. Cela permet l'observation des couplages entre
Voir aussi
Autour de la spectroscopie infrarouge :
•Spectroscopie proche infrarouge
•Spectroscopie moyen infrarouge
•Spectroscopie lointain infrarouge
•Astronomie infrarouge
•Astronomie lointain infrarouge
Pour la spectroscopie :
•Spectroscopie
•Vibration moléculaire
•Spectroscopie rotationnelle
•Spectroscopie résolue en temps
•Vibration quantique
•Spectroscopie Raman
•Microspectroscopie photothermique
Historique
Les informations mentionnées dans cette partie proviennent des sources suivantes43,44
C’est en 1767 qu’a lieu la première utilisation d’un indicateur coloré pour un
dosage acide-base. C’est W. Lewis qui eut l’idée d’utiliser un changement de
couleur pour caractériser l’équivalence. Jusqu’alors, on utilisait le carbonate de
potassium K2CO3 comme base. On observait un dégagement gazeux à
l’équivalence.
42(pt)Daniela Brotto Lopes Terci, Adriana Vitorino Rossi, Indicadores naturais de pH: usar papel
ou solução ?, 2001
43Mady Chapon, Véronique Courilleau-Harvelant et Cécille Valette, Chimie des couleurs et des
odeurs, Culture et techniques, 1993, pages 157-162.
44Les indicateurs de pH sur le site CultureSciences-Chimie de l'École normale supérieure
Le premier indicateur coloré fut donc un extrait de tournesol45. Les dosages
consistaient alors en l’étude analytique des eaux minérales. Plusieurs autres
indicateurs naturels furent rapidement adoptés. On peut citer le chou rouge,
l’artichaut, la rose ou encore la betterave. En effet, ces composés présentent
tous la propriété de changer de couleur en fonction du pH. Mais ces composés
présentent des défauts importants : leur zone de virage est étendue et peu
précise, et elle dépend de la nature même du végétal en question. Un même chou
rouge pourra voir ses zones de virage déplacées d’une voire deux unités de pH.
Le XIXe siècle voit l’essor considérable de la chimie organique et la mise au point
de synthèse de nouvelles substances qui serviront d’indicateurs colorés, comme
la phénolphtaléine ou le bleu de bromothymol utilisés par Luck (1877), et la
fluorescéine (1876). Ces indicateurs permettent des dosages plus précis.
Aujourd’hui, un très grand nombre d’indicateurs colorés chimiques peuvent être
utilisés. Le chou rouge reste utilisé, mais plutôt à titre pédagogique dans les
cours de chimie. La teinture de tournesol est de moins en moins utilisée, au
profit du bleu de bromothymol notamment.
45(en) Edmund Bishop, Indicators, Pergamond Press, Oxford, New York, 1972, ISBN 0-08-
016617-2
46voir cette liste très complète pour plus de détails
47(en) David R. Line, Handbook of Chemistry and Physics 84th edition (2003/2004), CRC Press,
2004
48
49
50
51
52
transition)
Bleu de thymol rouge 1,2-2,8 jaune
(acide - 1re
transition)
Jaune de méthyle rouge 2,9-4,0 jaune
Bleu de jaune 3,0-4,6 violet
bromophénol (BBP)
Rouge congo bleu 3,0-5,2 rouge
Méthyl orange rouge 3,1-4,4 jaune
(Hélianthine)
Méthyl orange en pourpre 3,2-4,2 vert
solution dans le
xylène cyanole
Vert de jaune 3,8-5,4 bleu
bromocrésol
Rouge de méthyle rouge 4,2-6,3 jaune
Papier de tournesol rouge 4,5-8,3 bleu
(Azolitmine)
Pourpre de jaune 5,2-6,8 violet
bromocrésol
Bleu de jaune 6,0-7,6 bleu
bromothymol, BBT
(2e transition)
Rouge de phénol jaune 6,6-8,0 rouge
(Phénolsulfonephtal
éine)
Rouge neutre rouge 6,8-8,0 jaune orangé
Rouge de crésol jaune 7,2-8,8 rouge
(base - 2 transition)
e
Indicateurs naturels de pH
Les informations mentionnées dans cette partie proviennent des sources suivantes53,54,55,56
Voici une liste non exhaustive d'indicateurs colorés naturels. Contrairement aux
indicateurs chimiques purs, les indicateurs naturels contiennent plusieurs
composés chimiques qui influent sur la couleur. Les zones de virage diffèrent
donc selon la nature du composé utilisé. Par exemple, le jus de chou rouge peut
ne pas virer au jaune avant un pH > 14 s'il date de plusieurs jours. De même, la
transition du jus de carotte, par exemple, est difficilement observable.
L'avantage majeur des indicateurs naturels sur leurs équivalents de synthèse est
leur très faible coût. On les trouve souvent directement dans la nature où ils ne
coûtent pratiquement rien au supermarché, alors que les indicateurs chimiques
dépassent la dizaine d'euros pour quelques grammes de produits purs.
forme acide du thym
forme basique du thym
Un indicateur coloré naturel : le curcuma
tube 1 : pH 13 ; tube 2 : pH 11 ; tube 3 : pH 10 ; tube 4 : pH 6 :
tube 5 : pH 2
Indicateur Couleur (acide) Transition Couleur (base)
(approximativement
)
Chou rouge (acide - rouge environ 2,0-3,0 rose
1re transition)
Chou rouge (acide - rose environ 3,0-4,0 violet
2e transition)
Thé jaune environ 6,0-7,0 brun
Chou rouge (base - violet environ 6,0-7,0 bleu
3e transition)
Artichaut incolore environ 7,0-8,0 jaune
Curry jaune 7,4-8,6 brun-orangé
Curcuma jaune 7,4-8,6 brun-orangé
Chou rouge (base - bleu environ 8,0-9,0 vert
4e transition)
53
54Sébastien Bruneau (resp. Antoine Delon), Teintes Sensibles : les indicateurs colorés de pH,
2007, voir en ligne.
55Natural pH-Indicators
56(en) Opium Poppy § Flower pH indicator properties, sur le site [Link]
Betterave rouge environ 11,0-12,0 jaune
Chou rouge (base - vert environ 12,0-13,0 jaune
5e transition)
Thym jaune environ 12,0-13,0 brun
D'autres indicateurs de pH naturels :
•Certains pétales de fleurs (rose, violette ou pensée, pétunia, volubilis,
hortensia,lilas, géranium, delphinium, pavot, etc.) ;
•Quelques fruits ou légumes (rhubarbe, radis, cerise, carotte, fraise, cassis,
airelle, de manière générale la plupart des fruits rouges…) ;
Notions associées
Une solution est dite acide si son pH est inférieur à 7, basique s’il est supérieur à
7 et neutre s’il égal à 7. C'est tout l'intérêt des indicateurs colorés de pouvoir
déterminer facilement et rapidement cette acidité.
Zone de virage
Zones de virage du BBT
Le principe d'un indicateur coloré est d'exister sous
deux formes dont l'une prédomine par rapport à
l'autre en fonction du pH. On appelle zone de virage la
plage de pH dans laquelle aucune des deux formes de
l’indicateur n’est majoritaire. Pour les calculs
et les expériences, les indicateurs possèdent une
zone de virage tabulée, reflétant avec précision le
changement de couleur. Si l’on ne possède pas de
données sur la zone de virage mais uniquement le
pKi, on estime alors qu’une espèce prédomine sur
l’autre lorsque la concentration de la
première est 10 fois supérieure à celle de la
seconde57. Cela se reflète par une variation d’une
unité de pH autour du pKi.
Teinte sensible
La teinte sensible est le nom donné à la couleur que
prend la solution dans la zone de virage. Souvent,
cette couleur correspond au mélange additif des couleurs des formes mises en
jeu. Exemple : le bleu de bromothymol (image) a une teinte sensible verte,
superposition des couleurs jaune acide et bleue basique. Certains indicateurs
peuvent avoir une transition par l’incolore, à cause d’effets électroniques
supplémentaires, de présence d’une troisième forme intermédiaire ou encore à
cause d’une perte d’énergie de l’indicateur.
Aspects techniques
57Indicateurs acido-basiques et titration par Wyn Locke (trad. C. Jacoboni) sur le site de
l'université du Mans
Nature acido-basique des indicateurs
Un indicateur coloré peut être considéré comme un couple acide faible/base
faible (selon la définition de l’acidité de Brönsted)58. On notera InH la forme
acide d’un indicateur et In- sa forme basique. L’équilibre acide-base existant
entre ces deux formes est donc :
I nH ⇌I n
∓H
¿
la constante d’acidité associée est [In−¿]
[H 3O¿ ]
[InH]
¿
Ki=¿
A=ϵλ⋅l c
58Jacques Mesplède, Jérôme Randon, 100 manipulations de chimie générale et analytique, Bréal,
2004, p.46-48,130-136, ISBN 2-7495-0351-5
59René et Eric Mahé, Didier Devilliers, « Expériences portant sur la notion d’indicateur coloré »,
dans le Bulletin de l’Union des Physiciens, n°801 de février 1998, pages 299-326
60Sabine Chierici et Olivier Thomas, Fascicules de TP de chimie inorganique de l'UE CHI232
"Chimie expérimentale", UJF, 2006
Appliquons donc ce principe aux indicateurs
colorés. En exploitant les courbes
d'absorbance des différentes formes d'un
indicateur coloré, réalisées
expérimentalement, on détermine la longueur
pour laquelle la différence d’absorbance
entre les deux formes de l’indicateur est la plus
grande.
Par la suite, on détermine l’absorbance
à cette longueur d’onde d’une nouvelle solution,
tamponnée à un pH proche de celui attendu
pour le pKi. On peut utiliser les relations de
Beer-Lambert pour chacune des deux solutions acides et basiques pour
déterminer les coefficients d’absorption et ensuite déterminer par le calcul la
concentration de chaque forme de l’indicateur :
[ I n−¿]
cIn=[ I n H]¿
concentration analytique totale connue de l’indicateur, valable à tout instant
I nH
A=ϵ¿ l⋅[ I n H]
absorbance de la solution acide
I n
[I n−¿]
A=ϵ ¿ l⋅¿
−
[InH] est la seule inconnue, on en déduit donc aussi [In-]. Reste à déterminer le
pKi du couple InH/In- :
[In−¿]ta mpon
[H3O¿]tampon
¿
[I nH]tampon
K i=¿
et donc I n−¿]
[ tampon
[ I n H]t ampon
pK i=pHta mpon−l o¿ g
Aspects mécanistiques
Une espèce chimique est colorée à partir du moment où elle peut absorber
sélectivement des photons à certaines longueurs d’ondes du spectre visible. Elle
émet donc de la lumière visible. L’énergie d’absorption du composé est
inversement proportionnelle à la longueur d’onde du maximum d’absorption,
chaque longueur d’onde d’absorption correspondant à une longueur d'onde
d’émission et donc à une couleur. Les molécules colorées sont constituées de
l’association de deux types de groupements d’atomes :
Les groupes chromophores
Ils permettent à la molécule de se situer à des énergies d’absorption proches du
visible. Il s’agit le plus souvent de systèmes d’électrons conjugués (c’est-à-dire
des alternances entre orbitales σ et orbitales π, n ou p). Chaque type de
transition électronique (entre orbitales π liantes, n non liantes et π* antiliantes)
correspond à des énergies d’absorption différentes61 (tableau suivant) :
Groupe chromophore Transition électronique Absorption maximale
λmax (nm)
Alcène C=C π → π* 180
Carbonyl C=O π → π* 180
Benzène C6H5 n → π* 277
π → π* 200 - 255
Azo N=N n → π* 347
Nitroso N=O n → π* 665
La longueur d'onde du maximum d’absorption augmente lorsque le nombre
d’électrons délocalisés, et donc impliqués dans un système conjugué, augmente
lui aussi62
Lors d’un virage acide-base, un indicateur coloré change de forme. Sa nouvelle
structure possède donc des énergies d’absorption différentes, sa couleur change.
Catégories d'indicateurs de pH
Les indicateurs colorés acide-base classiques peuvent être classés
principalement selon deux catégories63,64 : ceux dérivant du triphénylméthane et
ceux dérivant de l’azobenzène. Ces structures permettent un grand nombre de
délocalisations d’électrons π, les groupements venant se greffer sur cette
structure pouvant augmenter la conjugaison du système.
Structure de base des indicateurs dérivants du triphénylméthane
61
62Claudine Kahane (resp.), Fascicule de Cours-TD-TP de l'UE TRA122 "Les couleurs en
sciences", TD2, UJF, 2006, pages 27 à 30
63
64Danielle Cachau-Herreillat, Des expériences de la famille Acide-Base, De Boeck, 2005, pages
71, 112-115, 132-136, 165-167, 326, 339-341
Triphénylméthane
Plusieurs groupes fonctionnels différents
peuvent se positionner en para sur les deux
cycles principaux – voire le troisième assez
rarement – et ce, du fait de la délocalisation de la
charge positive pouvant être portée par le
carbone central du triphénylméthane. Il
s’agit donc généralement de bases
de Lewis possédant un doublet libre
d’électrons, c'est-à-dire des composés azotés ou
hydrogénés. D’autres groupements peuvent se placer sur les autres positions des
deux premiers cycles.
On peut parfois observer la présence d’un cycle lactone R-CO-O-R' entre la
position 2" et le carbone central. C’est le cas des phtaléines.
Un cycle sulfonate R-SO2-O-R' est quant à lui présent entre les mêmes positions
dans les molécules du bleu de bromothymol, de bromophénol, du vert de
bromocrésol… Ces composés sont regroupés au sein d’une famille appelée les
sulfonephtaléines (ou simplement sulfones, lorsque l’on est dans un contexte
d’indicateurs de pH).
Nom \ 2" 2 3 4 5 2' 3' 4' 5'
Position
Bleu de SO3- Me Br OH MeEt Me Br OH MeEt
bromot
hymol
Bleu de SO3- H Br OH Br H Br OH Br
bromop
hénol
Vert de SO3- Me Br OH Br Me Br OH Br
bromoc
résol
Rouge SO3- H Me OH H H Me OH H
de
crésol
Phénolp CO2- H H OH H H H OH H
htaléine
Thymol CO2- Me H OH MeEt Me H OH MeEt
phtaléi
ne
Vert de H H H NMe2 H H H NMe2 H
malachi
te
Structure de base des indicateurs dérivants de l'azobenzène
Azobenzène
Nombreuses sont les molécules colorées qui
ont pour structure de base celle du 1,2-
diphénylazène, plus connu sous le nom
d’azobenzène. Toutefois, ces composés sont bien
plus connus en tant que teintures ou colorants que par leurs propriétés
halochromiques. Ces molécules sont dites azoïques. De manière analogue aux
dérivés du triphénylméthane, des groupements peuvent se positionner en para
principalement puis en ortho et méta.
Parmi ces groupements, on peut trouver d’autres cycles, par exemple, pour
former des naphtalènes mais aussi d’autres groupes azoïques. Ces derniers
engendrent des molécules qualifiées de diazoïques.
Seuls les indicateurs présents dans le tableau ci-dessous sont réellement utilisés
malgré le grand nombre de molécules de ce type.
Nom \ 2 3 4 5 4'
Position
Hélianthine H H SO3- H NMe2
Rouge congo NH2 naphtyl SO3- sym
Rouge de CO2H H H H NMe2
méthyle
Jaune de H H NMe2 H H
méthyle
Jaune H CO2H OH H NO2
d'alizarine R
AH⇌A
∓H¿ ou AHH2O⇌A∓HO¿
3 de constante d'équilibre [A
1
¿
−] [H 3 O ]
[ AH ]
−¿
A H /A =K ¿ ¿
¿
K¿
H ¿ 2 [B]
[ BH ¿ ]
¿
¿
[ H3 O ]
A H / A−¿=K ¿ ¿
¿
K¿
Colorants
Flacon d'hélianthine en teinture
Quelques-uns des indicateurs les plus courants sont aussi
utilisés en tant que colorants organiques (textiles
notamment). On peut citer le bleu de bromothymol, qui peut
être utilisé comme colorant bleu ou jaune, ou encore le
vert de malachite, qui est utilisé comme colorant vert66.
Chez la plupart des fournisseurs67 les indicateurs
colorés sont par ailleurs vendus sous le nom explicite
de teinture lorsqu'ils sont en solution68 (photo ci-contre).
Autres utilisations
•Les indicateurs colorés servent en chimie, outre leur
utilisation pour les dosages, pour déterminer rapidement
l'acidité ou la basicité d'un milieu. On préférera dans ce cas les utiliser sous la
forme d'un papier pH.
•Le rouge de phénol peut être utilisé par tous pour tester le pH des piscines69. Il
est souvent vendu en petits flacons et est accompagné d'une échelle de teintes
(zone de virage du jaune au rouge) permettant de déterminer qualitativement le
pH de l'eau.
•Quelques indicateurs possèdent aussi des propriétés biologiques, c'est le cas du
bleu de bromophénol.
Mélanges d'indicateurs
Indicateur universel
Un indicateur universel naturel : le jus de chou rouge
Le terme indicateur universel désigne un
mélange d’indicateurs colorés qui a pour
vocation de changer de couleur graduellement
en fonction du pH. On peut ainsi obtenir
rapidement une idée sur le pH d’une solution,
plus précisément qu’un indicateur qui possède
une voire deux zones de virage.
Composition70
Il existe une composition « classique » de
l’indicateur universel. Elle constitue la plupart des solutions pour papiers pH
variant de 0 à 14. Voici les constituants de ce mélange :
•phénolphtaléine ;
•rouge de méthyle ;
•phenol-4,4'-(3h-2,1-benzoxathiol-3-ylidene)bis-2-bromomethyl-6-(1-methylethyl)-
S,S-dioxyde ;
•phenol-4,4'-(3h-2,1-benzoxathiol-3-ylidene)bis-5-methyl-2-(1-methylethyl)-S,S-
dioxyde ;
•solvant : eau/méthanol/propan-1-ol.
Échelle de teintes
Un indicateur coloré universel possède aussi la particularité de suivre les
couleurs du spectre de la lumière blanche lorsque le pH augmente.
Couleurs forme très forme forme forme forme forme très
70Bruno Fosset, Christine Lefrou, Arlette Masson, et Christophe Mingotaud, Chimie physique et
expérimentale, Ermann, 2000, pages 95-97
de acide acide acide neutre basique basique
l'indicateur rouge orange jaune vert bleu violet
universel
Certains indicateurs se rapprochent des indicateurs universels en possédant
deux ou plusieurs zones de virage. C’est le cas, par exemple, d’un indicateur
naturel, le chou rouge.
Rouleau de papier pH
Papier pH
Le papier pH est en fait un papier spécial qui est
imbibé d’un indicateur universel71. Lorsque l’on
trempe un morceau de papier pH dans une
solution, il prend instantanément la
tonalité correspondant au pH du milieu. Les
laboratoires de chimie mis à part, on croisera le
papier pH dans le cabinet des médecins
généralistes qui l’utilisent, par exemple,
pour vérifier l’acidité de l’urine.
Il est possible par ailleurs d'imbiber une bande de papier de n'importe quel
indicateur - sans qu'il soit nécessairement un indicateur universel - puis d'ajouter
quelques gouttes de la solution désirée sur cette bande. Cette technique est
utilisée pour observer le changement de couleur sans avoir à mélanger
l'indicateur au milieu, les indicateurs colorés étant souvent toxiques ou nocifs. Le
papier tournesol est un exemple de papier n'utilisant pas d'indicateur universel.
Il indique l'acidité par une couleur rouge et la basicité par une couleur bleue.
Crayon pH
Le papier pH est utilisé pour donner le pH d’un liquide. Pour déterminer le pH
d’un solide, un Crayon pH peut être utilisé. Ce crayon s’utilise sur le papier,
textile, bois, ciment, bitume, batterie, peau, plastique, céramique, métal,... Il faut
passer un coup de crayon sur la surface et attendre quelques secondes. La
couleur obtenue indique le pH.
Bibliographie
•(en) Edmund Bishop, Indicators, Pergamond Press, Oxford, New York, 1972,
ISBN 0-08-016617-2
•(en) Ferenc Szabadvary, Indicators : A historical perspective, J. Chem. Educ.,
1964, 285 p. en ligne
Articles connexes
•Potentiel hydrogène
•Titrage colorimétrique
•Réaction acido-basique
Liens externes
•Un dossier complet sur les indicateurs colorés, sur le site [Link]
•Les indicateurs de pH sur le site CultureSciences-Chimie de l'École normale
supérieure
Indicateurs naturels
Acide
Acide acétique à l’état solide.
Un acide est un composé chimique généralement défini
par ses réactions avec un autre type de composé chimique
complémentaire, les bases.
Définitions
L’acidité fut d’abord définie par Svante August Arrhenius à
la fin du XIXe siècle : un acide est un composé chimique
pouvant libérer des protons (ions H+) en solution aqueuse
et une base un composé chimique pouvant libérer des ions hydroxydes (HO-) en
solution aqueuse. Mais cette définition n’était pas assez générale et n’expliquait
pas la basicité de certains composés chimiques ne libérant pas de HO- en
solution aqueuse.
Acide de Brønsted
Selon la théorie de Brønsted-Lowry, énoncée en 1923, un acide est toute espèce
qui peut libérer un ou plusieurs protons, et une base toute espèce qui peut
capter un ou plusieurs protons. Les protons ne pouvant exister à l'état libre en
solution, la théorie de Brønsted met l'accent sur le couple acide-base :
−¿ ¿
A¿B A¿B ac b ac i a Hi H d s d e e 1 2 1 2
Les réactions qui ont lieu entre un acide et une base sont nommées « réactions
acido-basique », ou « réactions acide-base ». Un tel acide est appelé acide de
Brønsted.
Dans cette théorie, l'autoprotolyse de l'eau s'interprète comme la réaction de
l'acide eau sur la base eau. L'eau est donc un ampholyte.
L'avantage de cette théorie sur la théorie d'Arrhenius est double :
1. La théorie justifie que certaines espèces comme l'ammoniac soient basiques
2. La théorie ne donne pas d'importance particulière au solvant, on peut donc
parler de réaction acido-basique, même en phase gazeuse
Acide de Lewis
La définition de Lewis (1923) est de loin la plus large : un acide de Lewis est
accepteur de doublets, ayant donc une orbitale vide, et une base de Lewis est un
donneur de doublets, ayant un doublet libre. Par cette définition, un acide est un
composé chimique qui peut, au cours d’une réaction, accepter une paire
d’électrons (un doublet). C’est donc un composé chimique électrophile, qui
possède une lacune électronique dans sa structure.
On peut aisément reconnaitre un acide grâce à des tests de pH. Une solution
acide a un pH inférieur à 7, à 25 °C. Plus le pH est bas, plus l’acidité est forte.
Pour mesurer le pH, on peut effectuer différents tests : papiers pH, indicateurs
colorés, utilisation d’un pH-mètre, feuilles de choux rouge, etc.
Les espèces acides au sens de Brønsted peuvent libérer un ou plusieurs protons
on parle alors respectivement de monoacides et de polyacides
Solvants protiques
Ce sont des solvants capables de céder et capter un ion H+, appelé
communément proton (d'où le terme « protique »). Par exemple NH3 (donne
NH2- et NH4+), HF, CH3COOH, H2SO4, etc.
Dans ces solvants, la notion de couple acide-base reste centrée sur l’échange de
protons et les couples dans ces solvants restent les mêmes que dans l’eau.
L’intérêt de ce type de solution vient de la réaction d’autoprotolyse du solvant
qui limite la force des acides (et des bases) pouvant exister en solution. On
utilisera donc un solvant plus basique que l’eau comme NH3 pour travailler avec
des bases très fortes comme H-CC:- ; et un solvant plus acide comme H2SO4 pour
travailler avec des acides forts.
Acides en géologie
En géologie, on dit qu’une pierre est acide si elle renferme plus de 65 % de
silice. Ceci est une règle qui traduit la définition des acides de Lux-Flood : la
silice qui est un accepteur d’ion oxyde O2- est acide.
SiO2 + H2O = H2SiO3
Donc les roches riches en silice sont acides, les roches riches en calcaire sont
basiques. Cela a une importance pour comprendre le comportement des magmas
(notamment dans les volcans), et lorsque l’on veut dissoudre une roche pour
l’analyser, par exemple dissolution dans un acide pour analyse par ICP ou bien
dissolution dans un verre pour analyse par spectrométrie de fluorescence X
(technique dite de la « perle fondue »).
Pour cette dernière application, on estime souvent l’acidité par l’indice d’acidité,
qui est le nombre d’atomes d’oxygène divisé par le nombre d’autres atomes ; par
exemple, le SiO2 a un indice d’acidité de 2, le CaCO3 a un indice d’acidité de 1,5.
Goût
Le goût acide est reconnu grâce à des récepteurs particuliers PKD2L1, qui sont
probablement sensibles à la présence des ions H+, ou à certains nucléotides
cycliques. Malgré certaines études on sait à présent que sa reconnaissance est
indépendante de la reconnaissance du goût salé. Ces récepteurs jouent aussi un
rôle physiologique important dans le reste de l’organisme et sont exprimés à la
surface de certaines cellules pour contrôler la quantité de CO2 dans le sang ou la
quantité de liquide cérébrospinal.
Dissolution acide
Une des principales propriétés des solutions acides est de pouvoir dissoudre un
grand nombre de matériaux. Le pouvoir de dissolution dépend de la
concentration de l’acide et de la nature chimique du matériau et de l’acide.
Les métaux, quand le potentiel redox du couple cation / métal dérivant de ce
métal est inférieur à 0, ne sont pas stables dans les solutions acides, ils sont donc
oxydés (c’est-à-dire ionisés par perte d’un ou plusieurs électrons) ; l’ion
métallique peut alors rester sous forme dissoute (solvatée), ou se combiner avec
un ou plusieurs ions oxygène et former un oxyde. L’acidité est un des paramètres
importants de la corrosion aqueuse. La dissolution des métaux est utilisée en
gravure d’art, c’est la technique de l’eau-forte ; elle est aussi utilisée en
métallographie pour révéler des défauts (par exemple joints de grain).
Le calcaire se dissout aisément avec des acides faibles ; on nettoie les
robinetteries avec du jus de citron (acide citrique) ou du vinaigre (acide
acétique).
Les verres peuvent être dissous par de l’acide fluorhydrique, mais la
manipulation de cet acide est extrêmement dangereuse, du fait de la présence
d’ions fluorures.
Les acides concentrés peuvent provoquer des brûlures sur la peau et les
muqueuses (yeux, nez, bouche). En cas de brûlure par acide, il faut :
•protéger : en se protégeant (gants…), fermer le récipient et éviter que l’acide
ne se répande (utilisation de papier absorbant), ouvrir les fenêtres pour éviter
les dégagements de vapeurs ;
•retirer les vêtements imbibés (en faisant attention à ne pas contaminer d’autres
personnes ou des parties saines de la victime) ;
•faire ruisseler de l’eau pour laver la partie atteinte, en évitant de contaminer
les parties saines ;
•prévenir les secours (« 112 » dans l’Union européenne, « 15 » en France) en
mentionnant le produit en cause.
L’utilisation d’acides concentrés doit toujours se faire par des personnes formées
et équipées (blouse, gants, lunette), sous hotte.
Exemples d'acides
Voici quelques-uns des principaux acides :
•l'acide acétique, de formule (CH3COOH), acide principal du vinaigre ;
•l'acide acétylsalicylique, de formule (HC9H7O4), plus connu sous le nom
d'aspirine ;
•l'acide ascorbique, de formule (H2C6H6O6), plus connu sous le nom de vitamine
C;
•l'acide citrique, de formule (H3C6H5O7), un acide présent dans les agrumes ;
•l'acide chlorhydrique, de formule (HCl, en solution aqueuse : H3O++ Cl-(aq)),
couramment utilisé dans l'industrie.
Bibliographie
•F. Claisse, Physics and chemistry of borate fusion
Articles connexes
•Liste des acides
•Acides
1. Acide carboxylique
2. Acide conjugué
3. Acide fort
4. Acide faible
5. Acide gras
6. Acide halohydrique
7. Nomenclature des acides
8. Polyacide
9. Superacide
•Bases
1. Base conjuguée
2. Base forte
3. Base faible
4. Superbase
•pH
•Oxydo-réduction
•Solution tampon
•Électrochimie
Acide fort
Un acide fort est un acide qui se dissocie totalement au cours de sa réaction
avec l'eau.
Définition
Lorsqu'un acide quelconque AH est mis en présence d'eau, la réaction suivante a
lieu :AHH2O=A∓HO¿
3
Or, si l'acide AH est fort – et c'est ce qui fait la spécificité de ce type d'acide –,
cette réaction est totale : tous les réactifs sont utilisés lors de la réaction, et
celle-ci est donc quantitative. Une mole d'acide fort dans l'eau entraîne toujours
la libération d'une mole d'ion hydronium. Au cours de cette réaction, l'acide fort
se transforme entièrement en sa base conjuguée en cédant un proton. Des
molécules d'eau captent ce proton et deviennent des ions hydroniums.
Le pKa (potentiel d'acidité dépendant de la capacité d'un acide à libérer son
proton) est d'autant plus élevé que l'acide est faible, et inversement. Le pKa
permet donc de différencier les acides forts des autres acides. Mais la notion de
pKa n'est valable que si le solvant utilisé est indiqué. Par exemple, dans un
solvant moins polaire que l'eau, la réaction acide/base n'est pas forcément
favorisée, et inversement. Dans ce cas, il est possible d'obtenir des pKa négatifs.
C'est souvent le cas pour des acides forts dans des solvants organiques.
Un des avantages des acides forts est qu'une faible quantité suffit à acidifier une
solution. Parfois même quelques gouttes d'acide suffisent. Un acide fort va
toujours se dissocier en libérant une grande quantité d'ion hydronium ce qui va
avoir pour conséquence de baisser le pH d'une solution. Par définition, plus une
solution contient des ions hydroniums, plus elle est acide. Une solution acide va
permette de casser certaines liaisons chimiques, ce qui est parfois d'une grande
utilité.
Un acide fort réagit rapidement avec une base forte. La réaction est totale et
exothermique. Des projections peuvent avoir lieu. Les acides forts sont donc
utilisés dans les dosages.
Ces acides forts auront une réaction totale avec l'eau et vont se transformer
totalement en produits. Les molécules de départ (HCl, HBr, HI, HNO3,
HClO4 ,H2SO4) vont totalement disparaitre de la solution en réagissant avec l'eau.
•L'acide chlorhydrique va se transformer entièrement en ions chlorure Cl-
HCl+H2O → Cl-+H3O+
•L'acide bromhydrique va se transformer entièrement en ions bromure Br-
HBr+H2O → Br-+H3O+
•L'acide iodhydrique va se transformer entièrement en ions iodure I-
HI+H2O → I-+H3O+
•L'acide nitrique va se transformer entièrement en ions nitrate NO3-
HNO3 + H2O → NO3- + H3O+
•L'acide perchlorique va se transformer entièrement en ions ions perchlorates
ClO4-
HClO4 + H2O → ClO4- + H3O+
Les acides de cette liste sont parmi les plus puissants qui existent mais ils sont
très rarement utilisés:
•acide fluoroantimonique ((SbF6)−,(H2F)+)
•acide triflique (CF3SO3H)
•acide fluorosulfurique
Sécurité
Les acides forts sont des produits à manipuler avec précautions. Des
règles de sécurité sont à respecter lors de leurs
utilisations. Les avertissements de risque et les indications de
prudence sont les suivants:
R 34 :Provoque des brûlures.
S 26: En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement et consulter un
ophtalmologiste.
S 45: En cas d’accident ou de malaise consulter immédiatement un médecin et
lui montrer l’emballage ou l’étiquette.
S 36/37/39 : Porter un vêtement de protection approprié, des gants et un
appareil de protection des yeux ou du visage.
La plupart des acides forts sont corrosifs mais ce n'est pas toujours le cas : le
carborane est un superacide un million de fois plus acide que l'acide sulfurique
mais il est entièrement non corrosif. Par contre l'acide sulfurique est
extrêmement corrosif et provoque de graves brûlures.
Voir aussi
•Liste des acides
•Acide, base
•Base forte
•pH
•Constante d'équilibre
•Réaction chimique
Acide faible
Un acide faible est un acide qui ne se dissocie pas totalement dans l'eau.
Définition
Lorsqu'un acide faible AH est mis en présence d'eau, la réaction suivante a lieu :
AHH2O⇌A∓HO¿
3
La réaction n'est pas totale mais équilibrée72, c'est-à-dire que pour avoir plus de
substance du côté droit de la réaction, il faut ajouter plus de produit AH du côté
gauche, dès lors il reste toujours de l'acide AH en solution. Dans un couple acide-
base, un acide faible est associé à une base faible si l'acide est vraiment faible,
c'est-à-dire pour un pKa supérieur à 14 (ou une base faible pour un pKa
inférieur) en laquelle il se transforme après avoir cédé son proton H+.
On classe les acides faibles en fonction de leur constante d'acidité, c'est-à-dire en
fonction de leur capacité à plus ou moins se dissocier en présence d'eau. On
estime qu'un acide est faible lorsque son pKa est supérieur à 0. Un acide est
d'autant plus faible que son pKa est élevé. Sa base conjuguée est donc d'autant
plus forte et moins stable que ce même pKa est élevé.
Acides organiques
Les acides carboxyliques (acide méthanoïque, acide acétique) sont des acides
faibles.
Acides minéraux
L'acide fluorhydrique, l'acide hypochloreux ou encore l'acide sulfureux sont des
acides faibles.
Voir aussi
•Liste des acides
•acide, base
•base faible
•pH
•constante d'équilibre
•réaction chimique
Principe
L'indice d'acide est déterminé par un dosage en retour. Le corps gras réagit avec
un excès connu de potasse alcoolique. L'excès de potasse est alors dosé par une
solution d'acide chlorhydrique. Le corps gras est mis en solution par un solvant
organique neutre.
Protocole
1- Étalonnage de la solution de HCl par pesée de borax (Chcl=0.1 mol/l):
•peser exactement une masse approcger à 300 mg de borax
•chauffer légèrement pour solubiliser tout le borax (Mborax=381.22g/mol)
•ajouter 20ml d'eau + 5 gouttes de vert de bromocrésol
•réaliser le dosage de la solution de HCl placée dans la burette jusqu'à avoir
2Chcl à 2CV(CV=0.01)
3- Réalisation du témoin
•10 mL de potasse
•5 mL de solvant organique
•2 gouttes de phénolphtaléine
Matériel
•Béchers
•burette
•pipette jaugée de 10 mL
Solutions
•potasse alcoolique(KOH,OH) de concentration 0,1 mol/L
•acide chlorhydrique de concentration 0,1 mol/L exactement connue
•phénolphtaléine
•éthanol
Étapes
Préparation de la solution de corps gras
Les corps gras étant insolubles dans l'eau, il faut les dissoudre dans un solvant.
•Dans un bécher, peser une masse connue et voisine de 4 g d'échantillon.
•Ajouter 100 mL de solvant.
•Agiter pour dissoudre le corps gras.
Calculs
n O H −¿ n H 3 O¿ .
CKOH×VOH−¿CHC×l VH3O¿.
VOH−¿
C H Cl×VH 3
C KO H=¿
O
¿
¿
.
Indice d'acide
VT−VE×C ×M
I A = HC l K O H
m
Précisions / Sécurité
Ne rien jeter dans l'évier, les solvants organiques sont dangereux pour
l'environnement. Manipuler les solvants sous hotte ventilée avec la protection
adaptée (gants et lunettes de protection). Pour plus de détails sur la sécurité, se
reporter à l'étiquetage des produits. Vous pouvez conserver la solution
d'acide gras pour la Détermination de l'indice de saponification
Voir aussi
•indice d'acide
•Lipide
•Détermination de l'indice de saponification
Hydracide
Les hydracides ont pour formule générale HnA.
Deux nomenclatures sont utilisées :
•Première nomenclature : le nom du composé est obtenu en ajoutant au nom du
non-métal le suffixe ure suivi de la dénomination d'hydrogène.
Oxacide
Les oxacides ont pour formule générale HnM'Om où M' désigne un non-métal ou
un métal de transition fortement oxydé.
Deux nomenclatures sont utilisées :
•Première nomenclature : le nom du composé est formé nom du non-métal suivi
du suffixe -ate ou ite et de la terminaison d'hydrogène
Voir aussi
•Acide
•Liste des acides
•Oxoacide
Base (chimie)
Une base est un produit chimique qui, à l'inverse d'un acide, est capable de
capturer un ou plusieurs protons. Un milieu riche en bases est dit basique ou
alcalin. La réaction chimique d'un acide et d'une base donne un sel et de l'eau.
C'est un produit caustique, qui peut provoquer des brûlures. Les bases les plus
connues sont la chaux vive, l'ammoniaque et la soude. Il existe différents
modèles chimiques pour expliquer le comportement des bases.
Théorie successives
Premières théories
La définition d'un acide et d'une base a été théorisée pour la première fois par
Arrhenius et Ostwald. Selon Arrhenius, un acide est un composé à hydrogène
mobile qui relâche dans l'eau des protons H+ alors qu'une base est un composé
qui relâche des ions hydroxyde HO- dans l'eau. Cependant, plusieurs limites de
ce modèle ont émergé assez rapidement. La principale limite est la restriction de
la définition de la base et de l'acide au milieu aqueux. On a très vite observé des
phénomènes acido-basiques dans des solvants non polaires, ce qui n'est pas
décrit par ce modèle. On peut également observer une autoprotolyse d'autres
solvants [[ polarité | polaires :
•autoprotolyse de l'ammoniac : 2 NH3 = NH4+ + NH2-
•autolyse de anhydride acétique : (CH3CO)2O = CH3CO+ + CH3COO-
Selon la théorie du système solvant, une base est une substance qui augmente la
concentration des anions dans un milieu et un acide une substance qui augmente
la concentration des cations dans un milieu. On peut remarquer ici que ce
modèle ne fait pas intervenir la dualité constatée entre les bases et les acides qui
sont une caractéristique intrinsèque au composé étudié. De plus, cette théorie ne
se préoccupe pas du comportement des acides dans les solvants non polaires.
Ces deux modèles, bien que partiellement valides, ont été remis en cause puis
abandonnés en 1923, tout d'abord par le chimiste Joannes Brønsted puis par
Gilbert Lewis, qui en a donné la définition la plus universelle.
Théories en vigueur
La théorie de Brønsted-Lowry a défini l'acide comme une substance capable de
céder un proton dans le milieu et la base comme une substance capable de
capter un proton. Brønsted a introduit ainsi la notion d'acidité et la basicité
comme la proportion dans la solution d'acide par rapport à la base. Cette
définition a mis fin à la plus grande partie des objections que l'on a fait aux deux
théories précédemment développées. En effet, cette théorie est valide dans le
cas des solvants non aqueux, ce qui a eu un grande importance pour l'analyse
chimique. Cependant, à la même date, Gilbert Lewis a proposé une autre
définition de l'acide et de la base mais celle-ci est passée inaperçue dans un
premier temps.
Lewis définit une base comme un donneur de doublets d'électrons et l'acide (ou
adduit de Lewis) comme accepteur de doublets d'électrons. Les acides sont ainsi
des substances qui, combinées avec des bases, partage des électrons afin de
former des composés de coordination. La théorie de Brønsted-Lowry est en fait
un cas particulier de la théorie de Lewis qui a une valeur théorique beaucoup
plus élevée. Cependant dans l'industrie, le modèle de Bronsted est largement
utilisé, on continue de raisonner en termes d'échange de protons. Dans le milieu
scolaire, on définit d'ailleurs toujours au moins dans un premier temps un acide
et une base selon le modèle de Bronsted.
Base en géologie
En géologie, on utilise plutôt la définition de Lux-Flood : une base est une espèce
pouvant céder un ion oxyde O2-. Par exemple, l'oxyde de calcium CaO est une
base, car dans la réaction :
CaO + H2O → Ca(OH)2
le CaO cède son ion oxyde
CaO → Ca2+ + O2-
qui lui est capturé par l'eau O2- + H2O → 2OH-. D'une manière synthétique, on dit
qu'une roche est basique si elle est pauvre en silice SiO2 (la silice étant acide).
Cela a une grande importance dans le comportement des magmas (notamment
dans les volcans), et aussi lorsqu'il faut dissoudre la roche pour l'analyser
(dissolution dans de l'acide pour l'ICP, ou bien dans un verre pour l'analyse en
spectrométrie de fluorescence X).
Références
1. Encyclopedia of Industrial Chemical analysis, Smell-Hilton, 1966
2. Valence and structure of Atoms and Molecules, Chemical Catalog, G.N
Lewis, 1938
Voir aussi
•Acide
•Potentiel hydrogène
Base forte
Une base forte est une base qui se dissocie totalement au cours de sa réaction
avec l'eau.
Définition
Lorsqu'une base quelconque B est mise en présence d'eau, la réaction suivante a
lieu : BH2O=BHOH−¿.
Or, si la base B est forte – et c'est ce qui fait la spécificité de ce type de base –,
cette réaction est totale : tous les réactifs sont consommés lors de la réaction, et
celle-ci est donc quantitative. Lorsqu'une base forte B est mise en présence
d'eau, une mole de base forte entraîne toujours la libération d'une mole d'ion
hydroxyde.
Souvent, les bases fortes sont des hydroxydes métalliques (MOHn). Dans ce cas, la
réaction suivante a lieu : Mn¿OHnOH=M .
−¿
¿
n
Une base forte est un composé chimique qui a une très forte affinité pour le
proton H+. Dans un couple acide base, une base forte est associée à un acide de
force nulle. Une base forte après avoir capté un proton H+ se transforme en un
acide de force nulle. Un tel couple est caractérisé, en solution aqueuse, par un
pKa supérieur à 14.
Voir aussi
•Acide, Base
•Acide fort
•pH
•Constante d'équilibre
•Réaction chimique
Base faible
Une base faible est une base qui ne se dissocie pas totalement dans l'eau.
Définition
Lorsqu'une base faible B- est mise en présence d'eau, il se produit la réaction
suivante : B- + H2O = BH + OH-.
La réaction n'est pas totale mais équilibrée (voir: Constante d'équilibre et
équation chimique), c'est-à-dire que pour avoir plus de substance du côté droit
de la réaction, il faut ajouter plus de base B- du côté gauche, mais la base reste
toujours présente en solution.
Dans un couple acide base, une base faible est associée à un acide faible. Une
base faible va se transformer en un acide faible après avoir capté un proton H+ .
On classe les bases faibles en fonction de leur constante d'acidité. Les bases
faibles ont un pKa compris entre 3 et 11.
Dans une réaction acido-basique, le schéma général est le suivant : une base
réagit avec acide et se transforme en son acide conjugué. L' acide réagit aussi
avec la base il devient en cédant un proton sa base conjuguée.
•Une base faible se transforme en son acide conjugué qui est toujours un acide
faible.
•Un acide faible va toujours se transformer en sa base conjuguée qui est toujours
une base faible.
Voir aussi
•Acide, Base
•Acide fort
•pH
•Constante d'équilibre
•Réaction chimique
•Mélange d'Henderson
Réaction d'oxydo-réduction
Une réaction d'oxydo-réduction est une réaction chimique au cours de
laquelle se produit un transfert d'électrons. L'espèce chimique qui capte les
électrons est appelée « oxydant » ; celle qui les cède, « réducteur ».
Les réactions d'oxydo-réductions constituent une grande famille comprenant de
nombreuses réactions chimiques, puisqu'elles interviennent dans les
combustions, certains dosages métallurgiques, la corrosion des métaux,
l'électrochimie ou la respiration cellulaire. Ces réactions jouent en particulier un
rôle fondamental en biologie, dans la transformation de l'oxygène au sein des
corps vivants. Elles sont également massivement utilisées par l'industrie
humaine, à l'exemple de l'obtention de la fonte à partir de minerais composés
d'oxyde de fer, par réduction, puis de fer et d'acier à partir de la fonte, par
oxydation.
Cette variété s'explique par la mobilité, la légèreté et l'omniprésence dans toutes
les formes de la matière de l'électron.
Définitions
Première définition
Suite à des expériences avec le mercure, Lavoisier met en évidence en 1772 le
rôle du dioxygène dans certaines réactions d'oxydo-réduction. Il pose les
premières définitions :
2 Hg + O2 → Hg2O2
•Une réduction est « l'extraction d'un métal de son oxyde », définition déjà
utilisée en métallurgie. Par exemple :
SO2 → S + O2
Dans le langage courant, l'oxydation est la réaction chimique dans laquelle un
composé se combine avec un ou plusieurs atomes d'oxygène. Comme l'oxydation
du fer qui produit la rouille :
4Fe + 3O2 → 2 Fe2O3.
Ce n'est qu'au XXe siècle, après la découverte de l'électron (J.J. Thomson, 1897)
et l'introduction du modèle atomique de Bohr (1913) que les réactions chimiques
ont été réexaminées à la lumière de ces nouveaux modèles et que des similitudes
observées permirent de dégager progressivement le concept actuel d'oxydo-
réduction qui s'exprime en termes de transferts d'électrons.
Les réactions d' oxydo-réduction par voie sèche ( échange de dioxygène ) sont
efficacement décrites par les diagrammes Ellingham. L' outil principal des
réactions redox en milieu aqueux étant la formule de Nernst
•Une oxydation est une perte d'électrons (donc une augmentation du n.o., les
électrons étant chargés négativement). Par exemple :
Cu → Cu2+ + 2 e-
•Ce don d'électrons ne se produit que s'il existe un corps susceptible de les
accepter.
•Le phénomène inverse (acceptation des électrons) est appelé la réduction.
•Une réduction est un gain d'électrons (donc une diminution du n.o., les
électrons étant chargés négativement). Par exemple :
I2 + 2 e- → 2 I-
Ainsi, les « combinaisons avec l'oxygène » ne sont qu'un cas particulier des
réactions d'oxydo-réduction. Voici deux réactions avec le cuivre :
2Cu + O2 → 2CuO
Cu + Cl2 → CuCl2
La première combine le cuivre et le dioxygène tandis que la seconde combine le
cuivre et le dichlore. Le chlore et l'oxygène ont un point commun : ce sont des
éléments plus électronégatifs que le cuivre.
L'oxydation d'un corps s'accompagne toujours de la réduction d'un autre (les
électrons ne peuvent pas circuler seuls et sont nécessairement captés), on parle
d'une réaction d'oxydo-réduction. L'oxydation est une demi-réaction de l'oxydo-
réduction et la réduction est l'autre demi-réaction.
Vocabulaire
Prévision du sens d'une réaction d'oxydo-réduction en
utilisant la règle du gamma
Dans une oxydo- réduction,
•l'élément qui perd un ou des électron(s) est
appelé « réducteur »,
•l'élément qui capte un ou des électron(s) est
appelé « oxydant ».
Le réducteur s'oxyde (réaction d'oxydation),
l'oxydant se réduit (réaction de réduction).
L'oxydo-réduction se compose donc de deux
demi-réactions : une oxydation et une
réduction.
•Oxydation
réducteur(1) = oxydant(1) + ne- (les
flèches n'apparaissent que si la réaction est totale, quand K > 10000)
•Réduction
oxydant(2) + ne- = réducteur(2)
•Oxydo-réduction (« somme » de l'oxydation et de la réduction)
oxydant(2) + réducteur(1) → oxydant(1) + réducteur(2)
Exemple :
Ce4+ + e- = Ce3+
Fe2+ = Fe3+ + e-
d'où la réaction bilan :
Ce4+ + Fe2+ → Ce3+ + Fe3+
Un réducteur oxydé (=forme oxydée) est un oxydant, et un oxydant réduit
(=forme réduite) est un réducteur. On définit ainsi le couple oxydant-
réducteur (aussi appelé « couple redox ») qui se compose de l'oxydant et du
réducteur conjugué (l'oxydant réduit). On le note sous la forme :
oxydant/réducteur.
En biochimie, et notamment à propos de la synthèse des molécules prébiotiques,
on parle de réactions se produisant dans une atmosphère oxydante, c'est-à-dire
en présence d'oxygène, par opposition à une atmosphère réductrice, contenant
par exemple du gaz carbonique.
Certain composés chimiques peuvent se comporter aussi bien en oxydant qu'en
réducteur. C'est notamment le cas de l'eau oxygénée, dont on dit qu'elle se
dismute, et qui par conséquent ne peut être conservée longtemps :
H2O2 = 2H+ + O2 + 2e- (oxydation)
H2O2 + 2H+ + 2e- = 2H2O (réduction)
Soit au final :
2H2O2 → 2H2O + O2 (oxydo-réduction)
On a par exemple les couples oxydant-réducteur Cu2+/Cu et Zn2+/Zn, qui donnent
la réaction en solution aqueuse :
Zn(s) + Cu2+(aq) → Zn2+(aq) + Cu(s) (oxydo-réduction)
Cette réaction peut se décomposer en une réduction et une oxydation :
Zn(s) = Zn2+(aq) + 2e- (oxydation)
Cu2+(aq) + 2e- = Cu(s) (réduction)
Les deux demi-réactions d'oxydation et de réduction peuvent réellement être
séparées dans certains cas (c'est-à-dire qu'elles ne se produisent pas au même
endroit), ce qui permet de générer un courant électrique (c'est ce qui se passe
dans les piles électriques). Dans les autres cas, par exemple dans l'exemple
donné, elles n'ont qu'un intérêt formel (les électrons libres n'existent pas dans
l'eau).
Potentiel d'oxydo-réduction
Le caractère « oxydant » ou « réducteur » est relatif dans le cadre d'une réaction
chimique. Un élément réducteur dans une réaction peut être oxydant dans une
autre. Mais il est possible de construire une échelle de force oxydante (ou, dans
l'autre sens, de force réductrice) : c'est le potentiel d'oxydo-réduction, qui se
mesure en volt. En outre, ce potentiel peut dépendre du contexte chimique et
notamment du pH, et même du contexte physique : les effets de la lumière sont
mis à profit aussi bien par la nature dans la photosynthèse, que par l'homme
dans la photographie.
Oxydant/Réducteur E0 (V)
F2 / F- +2,87
Au3+ / Au +1,50
O2 / H2O +1,23
NO3- / NO +0,96
Hg2+ / Hg +0,85
Ag+ / Ag +0,80
O2 / H2O2 +0,68
I2 / I- +0,62
Cu2+ / Cu +0,34
H + / H2 +0,00
Pb2+ / Pb -0,13
Sn2+ / Sn -0,14
Ni2+ / Ni -0,23
Cd2+ / Cd -0,40
Fe2+ / Fe -0,44
Zn2+ / Zn -0,76
Al3+ / Al -1,66
Mg2+ / Mg -2,37
Na+ / Na -2,71
Ca2+ / Ca -2,87
K+ / K -2,92
Li+ / Li -3,05
polarisée
ou
iono-covalente
•Dans les molécules symétriques H2 et O2, la charge de chaque atome est nulle et
le n.o. de chaque élément est égal à zéro :
n.o. = 0 (il n'existe pas de chiffre romain pour représenter le zéro).
Généralisation de l'oxydo-réduction
•Toute augmentation (en valeur algébrique) du n.o. est une oxydation
•Toute diminution (en valeur algébrique) du n.o. est une réduction
Cette définition est plus générale que celle se limitant à des échanges réels
d'électrons. Elle est applicable aussi bien à un transfert partiel qu'à un transfert
total d'électrons.
b) Cristaux iono-covalents
•AlCl3 - AlCl3 est le seul composé constitué des éléments Al et Cl : nom =
chlorure d'aluminium.
•Oxydes de fer - Fe présente deux degrés d'oxydation : II et III ; il existe trois
oxydes différents : Fe2O3 , FeO et Fe3O4 .
Formule de Proportion des Nom Modèle ionique Nom basé sur
l'oxyde constituants fictif les n.o. de Fe
Bibliographie
•Henry Guerlac (1961) Lavoisier — the crucial year: The background and origin
of his first experiments on combustion in 1772
•Schüring, J., Schulz, H. D., Fischer, W. R., Böttcher, J., Duijnisveld, W. H.
(editors)(1999). Redox: Fundamentals, Processes and Applications, Springer-
Verlag, Heidelberg, 246 pp. ISBN 978-3-540-66528-1 (pdf pesant 3,6 Mo)
•Paul Arnaud - Cours de chimie physique - 3è édition - Dunod - ISBN 2 10
001640 7
•Maurice Bernard - Cours de chimie minérale - 2è édition - Dunod - ISBN 2 10
002067 6
•International Union of Pure and Applied Chemistry (IUPAC) - Nomenclature of
Inorganic Chemistry - Recommendations 1990 - Blackwell Science - ISBN 0-632-
02494-1
Voir aussi
Articles connexes
•Oxydation et réduction en chimie organique
•Électrochimie
•Combustion
•Combustible
•Comburant
•Corrosion
•Feu
•Coupellation
•Oxydation à haute température
Liens externes
•Table des potentiels standards courants
Indicateur rédox
Un indicateur rédox (ou indicateur d'oxydo-réduction ou indicateur de
potentiel) est une association de deux molécules réunies pour leur capacité à
donner une couleur (parmi les deux possibles) à la solution dans laquelle
l'indicateur est versé selon que le potentiel d'oxydo-réduction de la solution est
inférieur ou supérieur à celui de ce couple de molécules.
On distingue deux types d'indicateurs rédox :
•les complexes organométalliques, tel que la phénantroline ;
•les indicateurs redox organiques, tel que le bleu de méthylène.
Voir aussi
•Réaction d'oxydo-réduction
•indicateur de pH
Concentration molaire
La concentration molaire, ou molarité, est la quantité de matière d'une
espèce par unité de volume de solution73. Son symbole est C ; cependant, la
plupart du temps, quand on parle successivement de la concentration de
plusieurs espèces chimiques différentes, on utilise plutôt la notation [symbole de
l'espèce] (ex: [Cu2+] : concentration en ion cuivre II). Son unité usuelle est la
mole par litre (mol·L-1) et ses sous-multiples.
La concentration est une grandeur intensive comme la température ou la
pression, c'est-à-dire qui ne dépend pas de la quantité de matière. Elle ne peut
être définie que si le milieu est homogène ; sa valeur étant identique en chaque
lieu de la solution.
73IUPAC Goldbook
C=
n • n est la quantité de matière de soluté
V
Ci⋅Vi=Cf⋅Vf
En effet,la quantité de matière ne change pas lors d'une dilution :
nintiale=nfinale
Et comme n=C⋅V
Voir aussi
•Mole
•Molalité
•Solution (chimie)
•Fraction molaire
•Concentration massique
•Ordre de grandeur (concentration)
Potentiel hydrogène
Le pH en phase aqueuse au quotidien :
Substance pH approximatif
Acide chlorhydrique molaire
0
Acide gastrique
2,0
Jus de citron
2,4 - 2,6
Cola74
2,5
Vinaigre
2,5 - 2,9
Bière
4,5
Café
5,0
Thé
5,5
Lait
6,5
Eau pure
7,0
Salive humaine
6,5 – 7,4
Sang
7,34 – 7,45
Eau de mer
8,0
Savon
9,0 à 10,0
Ammoniaque
11,5
Chaux
12,5
Historique
En 1893, le chimiste danois Søren Sørensen, qui travaille alors sur les effets des
concentrations de quelques ions sur des protéines, remarque l’importance des
ions hydrogènes et décide d’introduire le concept de pH76. Dans l’article où est
évoqué le pH pour la première fois, Sørensen utilise la notation pH77. Dans cette
publication, il donne au sigle la signification en latin Pondus Hydrogenii (« poids
de l’hydrogène ») ; mais dans les comptes-rendus de travaux qu’il rédige au sein
du Carlsberg Laboratory de l’Université de Copenhague la même année, p est
l’abréviation du mot allemand potenz (potentiel) et H est le symbole de
l’hydrogène78. Sørensen définit alors l’acidité d’une solution comme étant le
cologarithme décimal de la concentration (exprimée en moles par litre) en ions
hydrogène :
]
pH=−l 1 [Ho 0 g
Par la suite, la lettre p est reprise dans plusieurs notations usuelles en chimie,
pour désigner le cologarithme : pK, pOH, pCl… La signification du sigle pH a été
adaptée par chaque langue. Ainsi, en français, on entendra par pH « potentiel
hydrogène »81,82, on acceptera « potential hydrogen »83 en anglais, « potenz
hydrogene » en allemand ou encore « potencial hidrógeno » en espagnol.
76(en) Søren Sørenson, Chemical Achievers - The Human Face of the Chemical Science,
Chemical Heritage Foundation. Consulté le 2007-01-09
77(de) Søren Peder Lauritz Sørensen, « Enzymstudien. II: Mitteilung. Über die Messung und die
Bedeutung der Wasserstoffionenkoncentration bei enzymatischen Prozessen », dans
Biochemische Zeitschrift, volume 21, 1909, p. 131-304
78(en) Comptes rendus des travaux du laboratoire Carlsberg, vol. 8, p. 1, Copenhague,
1909(ISSN 0075-7497)
79(en) Søren Peter Lauritz Sørensen sur le site [1]
80(en) Patrick Gormley, « The facts about pH », 2003.
81« pH » dans le Trésor de la langue française informatisé
82pH sur Futura-Sciences. Consulté le 10/05/2006
83pH quiz Study Guide sur [Link]
La notion d’acidité, qui était à la base uniquement qualitative, s’est vue dotée
d’un caractère quantitatif avec les apports de la théorie de Bronsted-Lowry et du
pH. Alors qu’au début du XXe siècle, on utilisait uniquement des indicateurs de
pH pour justifier du caractère acide ou basique d’une solution, les évolutions en
électrochimie ont permis à l’IUPAC de se tourner dans les années 1990 vers une
nouvelle définition du pH, permettant des mesures plus précises84.
Définitions
Définition classique
Depuis le milieu du XXe siècle, l’IUPAC reconnaît officiellement la définition de
Sørensen du pH85. Elle est utilisée dans les programmes scolaires (études
supérieures) et les dictionnaires :
pH=−l aHo g
où aH (on utilise aussi la notation a(H+) ou encore [H+]) est l’activité des ions
hydrogène H+, sans dimension. Le pH est lui-même une grandeur sans
dimension.
Cette définition formelle ne permet pas des mesures directes de pH, ni même
des calculs. Le fait que le pH dépende de l’activité des ions hydrogènes induit
que le pH dépend de plusieurs autres facteurs, tels que l’influence du solvant.
Toutefois, il est possible d’obtenir des valeurs approchées de pH par le calcul à
l’aide de définitions plus ou moins exactes de l’activité.
Loi de Nernst
L’IUPAC donne aujourd’hui une définition du pH à partir d’une méthode
électrochimique expérimentale. Elle consiste à utiliser la relation de Nernst dans
la cellule électrochimique suivante :
Électrode de référence | Solution de KCl concentré | Solution X | H2 | Pt
(électrode à hydrogène)
À l’aide de mesures de la fem (force électro-motrice) de la cellule avec une
solution X et une solution S de référence, on obtient :
E −E F
p =p H SH X ( X( S )
RTl n1 0
avec
pH(X) : pH de la solution inconnue
84
85(en)« Manual of Symbols and Terminology for Physicochemical Quantities and Units », 2e rév.,
dans Pure Appl. Chem. no 51, p. 1, 1979
pH(S) : pH tabulé de la solution de référence S
E(X) : fem de la cellule avec la solution inconnue X
E(S) : fem de la cellule avec la solution de référence S à la place de la solution
X
F = 96485 C⋅mol-1 : Constante de Faraday
R = 8.314472 J⋅mol-1⋅K-1 : Constante universelle des gaz parfaits
T : température absolue, en kelvin
Démonstration
L’électrode de travail est en fait une électrode à hydrogène (voir #Mesure et
indicateurs). On considère le couple H+/H2.
Le potentiel électrochimique de l’électrode de travail est donné par la relation
de Nernst :
R T aH
EW=E0H H l n ¿
F a H2 2
Sachant que le potentiel standard du couple H+/H2 est nul par convention
(référence), on obtient :
RT RT 1
EW= l 1 lo anH0 l g n
F F aH2
et donc E=−RFTl1pHnRFTla1H0n W
2
d’où E− =−FRTln1pHSRFTln01pHX 0
SX
et enfin E −E F
p =p H SH X ( X( S )
RTl n1 0
En solution aqueuse
Définitions approximatives
Les manipulations liées au pH en chimie étant le plus souvent réalisées en milieu
aqueux, on peut déterminer plusieurs définitions approchées du pH en solution
aqueuse. En utilisant deux définitions différentes de l’activité chimique, on peut
écrire les deux relations ci-dessous. Elles sont valables dans le domaine limité
des solutions aqueuses de concentrations en ions inférieures à 0,1 mol⋅L-1 et
n’étant ni trop acide, ni trop basique, c’est-à-dire pour des pH entre 2 et 12
environ87.
avec
γH est le coefficient d’activité des ions H+, sans dimension
[H+] est la concentration molaire en ions H+, en mol.L-1
C0 = 1 mol⋅L-1 est la concentration standard
et
m
pH=−l 1 γoH 0H g
m0
avec
γH est le coefficient d’activité des ions H+, sans dimension
mH est la molalité des ions H+, en [Link]-1
m0 = 1 mol⋅kg-1 est la molalité standard
Pour des concentrations encore plus faibles en ions en solution, on peut assimiler
l’activité des ions H+ à leur concentration (le coefficient d’activité tend vers 1).
On peut écrire :
]
pH=−l 1o[H 0 g
Acides et bases
Bronsted et Lowry ont donné une définition simple des concepts d’acide et de
base comme étant respectivement un donneur et un accepteur de proton.
D’autres conceptions de l’acidité sont utilisées dans les milieux non protiques
(milieux où l’espèce échangeable n’est pas le proton), telle la théorie de Lewis :
Théorie Acide Base Domaine
d’application
Arrhenius donneur de H+ donneur de OH- eau
Bronsted donneur de H+ accepteur de H+ solvant protique
Lewis accepteur de paire donneur de paire e- cas général
e-
Exemples :
•OH- est une base d’Arrhenius, Bronsted et Lewis ;
•NH3 est une base de Bronsted et Lewis, mais pas d’Arrhenius ;
•BF3 est un acide de Lewis, mais ni d’Arrhenius, ni de Bronsted.
Autoprotolyse
Le pH varie dans l’intervalle défini grâce à la constante d’auto-protolyse du
solvant.
En solution aqueuse, à température et pression standard (CNTP), un pH de 7,0
indique la neutralité car l’eau, amphotère, se dissocie naturellement en ions H+
et OH- aux concentrations de 1.0×10-7 mol⋅L-1. Cette dissociation est appelée
autoprotolyse de l’eau :
•l’eau est un acide : H2O (l) = H+ (aq) + OH- (aq)
•l’eau est une base : H2O (l) + H+ (aq) = H3O+ (aq)
•d’où la réaction : H2O (l) + H2O (l) = H3O+ (aq) + OH- (aq)
Dans les conditions normales de température et de pression (TPN), le produit
ionique de l’eau ([H+][OH-]) vaut 1,0116 ×10-14, d’où pKe = 13,995. On peut
également définir le pOH (-log aOH-), de sorte que pH + pOH = pKe.
Le pH doit être redéfini – à partir de l’équation de Nernst – en cas de
changement de conditions de température, de pression ou de solvant.
Influence du solvant
Dans d’autres solvants que l’eau, le pH n’est pas fonction de la dissociation de
l’eau. Par exemple, le pH de neutralité de l’acétonitrile est de 27 (TPN) et non de
7,0.
Le pH est défini en solution non aqueuse par rapport à la concentration en
protons solvatés et non pas par rapport à la concentration en protons dissociés.
En effet, dans certains solvants peu solvatants, le pH d’un acide fort et concentré
n’est pas nécessairement faible. D’autre part, selon les propriétés du solvant,
l’échelle de pH se trouve décalée par rapport à l’eau. Ainsi, dans l’eau, l’acide
sulfurique est un acide fort, tandis que dans l’éthanol, c’est un acide faible.
Travailler en milieu non aqueux rend le calcul du pH très compliqué.
Acidité et alcalinité
Un pH moins élevé que celui de la neutralité (par exemple 5 pour une solution
aqueuse) indique une augmentation de l’acidité, et un pH plus élevé (par
exemple 9 pour une solution aqueuse) indique une augmentation de l’alcalinité,
c’est-à-dire de la basicité.
Un acide diminuera le pH d’une solution neutre ou basique ; une base
augmentera le pH d’une solution acide ou neutre. Lorsque le pH d’une solution
est peu sensible aux acides et aux bases, on dit qu’il s’agit d’une solution tampon
(de pH) ; c’est le cas du sang, du lait ou de l’eau de mer, qui renferment des
couples acido-basiques susceptibles d’amortir les fluctuations du pH, tels
anhydride carbonique / hydrogénocarbonate / carbonate, acide phosphorique /
hydrogénophosphate / phosphate, acide borique / borate.
Le pH d’une solution dite physiologique est de 7,41.
Activité et concentration
Pour des concentrations ioniques importantes, l’activité ne peut plus être
assimilée à la concentration et on doit tenir compte de la force ionique, par
exemple grâce à la théorie de Debye-Hückel. Le pH d’une solution décamolaire
d’acide fort n’est donc pas égal à -1 comme le pH d’une solution décamolaire de
base forte n’est pas égal à 15. L’agressivité de telles solutions et leur force
ionique importante rend la mesure du pH délicate avec les habituelles électrodes
de verre. On a donc recours à d’autres méthodes s’appuyant sur les indicateurs
colorés (spectroscopie UV ou RMN). Pour des concentrations élevées de H+, on
peut définir par analogie d’autres échelles de mesure d’acidité, telle l’échelle de
Hammett H0.
Mesure et indicateurs
Rouleau de papier pH
L’activité d’un ion n’étant pas directement
mesurable, on mesure la force électromotrice
engendrée par une différence de pH, d’où
l’utilisation d’une référence. Cette relation
suit la loi de Nernst :
pX= Sln1.RT−1F[HES−X] 0
dans laquelle X est la solution dont le pH est
inconnu et S, la solution de référence ; avec
ln(10).R.T.F-1 = 59,159 mV à 298 K (R
est la constante des gaz parfaits, T, la
température et F, la constante de Faraday).
Généralement, le pH est mesuré par
électrochimie avec un pH-mètre, appareil comportant une électrode combinée
spéciale, dite électrode de verre, ou deux électrodes séparées. L’électrode de
référence est en général au calomel saturé (ECS).
Il existe de nombreuses façons de mesurer l’acidité, on utilise fréquemment des
indicateurs de pH.
Cette relation n’est pas valable pour des concentrations inférieures à 1×10-
7
mol⋅L-1 et ne devrait s’appliquer qu’avec des concentrations supérieures
à 1×10-5 mol⋅L-1. Son application à une solution diluée à 10-8 donne en effet pH
= 8, ce qui est absurde puisque la solution est acide et non alcaline (le pH d’une
telle solution est de 6,98) ;
Dans le cas d’un monoacide, le pH se calcule en résolvant l’équation du troisième
degré suivante : (H+)3 + Ka (H+)2 - (H+) [Ke + KaCa] - [Link] = 0 ;
Dans le cas limite Ka∞ , l’équation précédente devient alors 2
( H − C a (H − K e = 0 d’où on déduit que . C C24K
( H= a a e
2
Cette relation est soumise aux mêmes remarques que pour le cas d’un acide fort.
p =−l 1oH 2 g
V1V2
Cette formule est très approximative, notamment si les acides ou bases utilisés
sont faibles, et devrait être utilisée avec la plus grande prudence.
pH négatif
En conséquence des formules précédentes, lorsque la concentration est
supérieure à 1, ce qui n’a rien d’impossible, le pH devient négatif.
Dans des solutions assez peu concentrées (on dit « solution diluée »), l’acidité est
mesurée par la concentration en ions hydronium (oxonium) ou [H3O+], car les
ions H+ s’associent avec [H2O]. Cependant, aux fortes concentrations, cet effet
est en partie contrebalancé par les coefficients d’activité qui s’effondrent aux
concentrations élevées. Néanmoins, il est possible d’obtenir des pH négatifs.
Par exemple, les laboratoires peuvent se procurer un acide chlorydrique [HCl]
concentré commercial (37 % en masse) qui fournit un pH d’environ -1,1 ; de
même, une solution saturée en NaOH a un pH de 15.0.
Les produits plus acides que l’acide sulfurique à 100 %, sont qualifiés de
superacides88. Ceux-ci sont couramment utilisés, notamment comme catalyseurs
pour l’isomérisation et le craquage des alcanes89,90.
pH d'un sol
Le pH d’un sol a une influence sur l’assimilation des nutriments et oligo-éléments
par une plante.
Annexes
Bibliographie
•(fr) L. Lopes, « Méthode de la réaction prépondérante : proposition d’une
approche quantitative systématisée », dans Bulletin de l’union des physiciens,
vol. 102, no 904, Mai 2008, p. 707-726 [ texte intégral ]
Voir aussi
Articles connexes
•pH-mètre
•Indicateur de pH
•Indicateur universel
Liens externes
•Influence du pH d’un sol sur l’assimilation des éléments nutritifs pour une
plante
•pKa de 70 couples acide/base usuels
•Calcul du pH et des coefficients d’activité des ions des solutions aqueuses -
feuille de calcul avec Excel, pKa de 250 couples acide-base, en anglais ou
portugais
Constante d'équilibre
En chimie, une constante d'équilibre caractérise l'état d'équilibre d'une
réaction. Elle représente donc un état qui ne peut pas évoluer de manière
spontanée. La valeur de la constante d'équilibre dépend uniquement de la
réaction chimique considérée et de la température. Les constantes d'équilibre
sont généralement données à 25 °C.
Claude-Louis Berthollet fut le premier, en 1803, à comprendre que toutes les
réactions chimiques ne sont pas totales. Dans son Essai de statique chimique, il
écrivit la première formule permettant de définir a priori les quantités présentes
à l'équilibre. C'est en observant les bords d'un « lac de natron » lors d'une
expédition en Égypte avec Napoléon Bonaparte et Gaspard Monge qu'il arriva à
cette conclusion, originale pour l'époque. Les bords du lac salé étaient couverts
de carbonate de sodium. Il établit que les deux réactifs (du chlorure de sodium -
du sel - et du carbonate de calcium) réagissent aussi avec les produits de
réaction.
Définition
En considérant l'équation chimique suivante :
N
∑i=1νiAi=0
où
•Ai est une espèce chimique,
•νi est le coefficient stoechiométrique de l'espèce Ai (ν est positif pour les
produits de la réaction et négatif pour les réactifs),
•N le nombre de constituants.
La constante d'équilibre est définie par la relation :
i
K=∏i=1 α¿ν
N où
•αi(f) est l'activité chimique de l'espèce i à l'équilibre,
• est l'opérateur produit.
Notion d'activité
L'activité chimique d'une espèce est l'influence de la quantité d'une espèce sur
l'énergie libre du système. Elle se définit schématiquement comme la «
concentration active » de l'espèce en solution. Elle est :
•égale à 1 si l'espèce est un solvant, ou plus généralement une phase pure,
•égale à la concentration molaire de l'espèce sur la concentration de référence
C0 que l'on choisit égale à 1 mol.L-1 si l'espèce est un soluté,
•égale au rapport de la pression partielle (en bar) de l'espèce rapportée à une
pression de référence p0 que l'on choisit égale à 1 bar si l'espèce est un gaz.
où R est la constante des gaz parfaits et T est la température absolue (en kelvin).
D'où
−Δr G0T
KT=e x p
RT
En physique statistique
Pour la réaction
∑νiAi=0 ,
en notant νi0 pour désigner les produits, la constante d'équilibre s'écrit
i
2πmk T 3ν/2 −E
i
où
• mi désigne la masse du réactif ou produit Ai ;
• ZiT est la fonction de partition interne de l'espèce Ai ;
•E est l'énergie consommée requise par la réaction (E < 0 pour une réaction
exothermique) ;
•T est la température ;
• kB est la constante de Boltzmann ;
Utilisation
Pour le calcul de la constante d'équilibre, les valeurs des activités des différentes
espèces mises en jeu sont prises en compte lorsque l'équilibre de la réaction est
atteint. Si l'on change l'activité chimique de l'une des espèces mises en jeu (en
changeant la concentration d'une espèce en solution ou la pression partielle d'un
gaz), alors l'équilibre est déplacé (si la réaction était en état d'équilibre, à cause
de cette modification elle n'est plus à l'équilibre).
Facteur d'équilibre
Un facteur d'équilibre est une variable d'état qui, lorsqu'elle est modifée, déplace
l'équilibre de la réaction.
Variables d'état
Une variable d'état caractérise l'état d'équilibre du système, par exemple :
•La pression de l'air ;
•La pression des espèces gazeuses participant à la réaction ;
•La température ambiante ;
•Les concentration molaires des espèces dissoutes.
Formule générale
; en fait, la formule est quasiment identique à celle de la constante d'équilibre,
i
N
Q R=∏i=1αν¿
mais ici les activités sont prises au moment où la réaction n'est pas terminée et
non pas à l'équilibre.
Utilisation
Pour prévoir le sens d'évolution du système on compare constante d'équilibre et
quotient de réaction de la réaction étudiée ; le système devant évoluer vers QR =
K(T):
•Si QR = K(T) le système est à l'équilibre
•Si QR < K(T) le système va évoluer dans le sens qui fait augmenter la valeur de
la fonction des concentrations (ou encore dans le sens qui fait diminuer les
quantités des réactifs et augmenter les quantités des produits) pour atteindre K,
c'est-à-dire la réaction spontanée est celle qui évolue dans le sens direct.
•Si QR > K(T) le système va évoluer dans le sens qui fait diminuer la valeur de la
fonction des concentrations (ou encore dans le sens qui fait augmenter les
quantités des réactifs et diminuer les quantités des produits) pour atteindre K,
c'est-à-dire la réaction spontanée est celle qui évolue dans le sens inverse.
en effet, c'est grâce à la loi de modération qu'on a pu tirer ces conclusions.
C0
[AH] f
0
f
c'est à dire à l'équilibre (on évite d'utiliser la notation eq que les étudiants
associent parfois à tort à "équivalence").
Plus la constante d'acidité est grande, plus l'acide se dissocie dans l'eau, et donc
plus l'acide est fort.
Par commodité, on utilise souvent le pKa au lieu du Ka, défini ainsi : pKA=−log1 KA;0 le pKa est
souvent tabulé à 25 °C.
•Par analogie, on définit aussi la constante de basicité KB. (Soit B la base et BH+
l'acide conjugué)
et de même pKB=−log1 KB 0
C0
Formule générale
−] f
[ A .[ A H ]
K= 1 2−]f
[ AH1] f . [ A2 f
K
K= A1
K A2
K =1 p K − p K 0
A2 A1
Utilisation
•Si K < 10-4, alors la réaction est très peu avancée.
•Si 10-4 < K < 104, alors il y a un état d'équilibre.
•Si 104 < K, alors la réaction est totale.
Voir aussi
•Détermination des constantes d'équilibre
Articles connexes
•Précipité
•pH
•Réaction chimique
•Équation chimique
Liens externes
•Essai de statique chimique de Berthollet sur Gallica :
1. Partie 1
2. Partie 2
Solution tampon
En chimie, une solution tampon est une solution qui maintient
approximativement le même pH malgré l'addition de petites quantités d'un acide
ou d'une base, ou malgré une dilution. Si l'un de ces trois critères n'est pas
vérifié alors la solution est une solution pseudo-tampon.
Une solution tampon est composée :
•soit d'un acide faible HA et de son anion A– 91
91On évite le terme de base forte conjuguée car on prend en compte la théorie acido-basique
d'Arrhenius et non de Brønsted.
•soit d'une base faible BOH et de son cation B+ 92
On trouve dans le sang humain une solution tampon physiologique formée par le
couple H2CO3/HCO3- qui maintient le pH sanguin entre 7,35 et 7,45.
On évalue la capacité d'une solution tampon à lutter contre les changements de
pH par le pouvoir tampon (noté PT ou encore τ).
Le pouvoir tampon maximal d'une solution est obtenu pour un mélange
équimolaire entre (par exemple) l'acide faible HA et son anion correspondant A–.
Dans ce cas le pH est égal à la valeur du pKa du couple en solution.
Démonstration de pH = pKa En effet, d'après la relation de Henderson-
Hasselbalch : pH=pKlog[[AAH] avec [A -] la concentration de la base conjuguée et [AH] la
a
−]
concentration de l'acide.
Or dans le cadre des solutions tampon, on a [AH] = [A-]
On a donc : pH=pKalog1=pKa
D'où pH = pKa
Le pouvoir tampon maximal est d'autant plus important que la solution tampon
est concentrée : PTmax=1. C 5(avec C la concentration de l'acide faible et de son anion
correspondant).
Il existe également des tampons redox qui vont fixer approximativement le
potentiel des solutions et des tampons ioniques qui vont fixer approximativement
la force ionique des solutions.
•L'évolution du pH
On prendra dans un premier temps la définition du pH tel que donnée dans la
relation de Henderson-Hasselbalch.
On considère donc que : pH=pKalog
−]
[A
[ AH ]
Afin d'étudier la variation, il faut dériver cette première expression et l'on trouve
que pH=Ln11∗−nnn1−0
′
aa
Cela veut dire que la variation du pH ¿pH′ admet un extremum (maximum) absolu.
Etant donné que pH(na) est décroissante, le maximum de la fonction dérivée veut
dire une variation minimale du pH: C'est l'effet tampon.
Pour retrouver la valeur de na réalisant cet effet tampon, résolvons pH′ =0 : on trouve
na=n/2 donc n(AH)=n/2=n(A ) et [AH]=[A ] . Cet effet tampon réalise ainsi: pH = pKa.
- -
Ceci explique pourquoi l'on doit choisir la solution tampon telle que son pKa soit
aussi proche que possible du pH désiré.
Le but du jeu est de la rendre maximale, tel que l'on apporte le maximum
d'élément perturbateur "y" à la solution pour une variation minime du pH.
Nous sommes dans le cas où le système est formé.On a donc A=[Link] désignera
cette quantité sous la variable C.
On reprend donc la relation initiale,pH = pKa + log(A--y)/(AH+y).
En dérivant cette expression on obtient ph'=1/ln(10)*(2C)/(C²-y²). On a posé que
le pouvoir tampon est l' inverse de la dérivée effectuée précédemment.
On obtient PT = ln(10)*(C²-Y²)/(2C).
Pour trouver le maximum de Pouvoir Tampon il faut dériver la fonction PT et
résoudre PT' = 0. On peut observer que le pouvoir tampon est maximal quand on
ajoute aucune entité perturbatrice donc pour y = 0. Ainsi obtient t-on PTmax = ln1 /2∗c.0
Liens externes
•Calcul rigoureux du pH et le pouvoir tampon des solutions aqueuses avec Excel
(en anglais ou portugais)
Voir aussi
•Ampholyte
•Équation de Henderson-Hasselbalch
Dosage
En chimie analytique, le dosage est l'action qui consiste à déterminer la quantité
d'une substance précise (l'analyte) présente dans une autre ou dans un mélange
(la matrice).
Il existe un grand nombre de techniques de dosage, en voici quelques-unes :
Dosages gravimétriegravimétriques
Un dosage gravimétrique consiste à déterminer la quantité d'analyte par pesée.
Exemples :
•Dosage de l'eau par perte de poids à la dessiccation
•Dosage des cendres après calcination
•Dosages par précipitation :
1. Dosage du cuivre selon Rivot
2. Dosage de l'argent sous forme de chlorure d'argent
Dosages titragetitrimétriques
Un dosage titrimétrique consiste à consommer la totalité du réactif (le titrant)
nécessaire à la transformation quantitative de la totalité du constituant à doser
(l'analyte). Par exemple, dosage d'une solution d'acide chlorhydrique [H+ ; Cl-],
de concentration inconnue, à l'aide d'une solution d'hydroxyde de sodium (appelé
plus communément Soude) [NA+ ; OH-] de concentration connue.
Exemples :
•Dosage par titrage volumétrique
•Dosage par titrage gravimétrique
•Dosage par titrage coulométrique
Dosage en retour
Le dosage en retour est une méthode de détermination indirecte de la quantité
de matière à doser. On fait réagir la substance à doser avec une quantité QT
connue et en excès de réactif titrant puis on neutralise l'excès de réactif titrant
avec un autre réactif.
Connaissant la quantité totale QT de réactif titrant et la quantité Q2 qui a été
neutralisée par le deuxième réactif, on en déduit par simple soustraction la
quantité Q1 qui a servi à neutraliser la matière à doser et par conséquent la
quantité de matière à doser.
Par exemple, lorsqu'on veut déterminer l'indice de saponification d'un acide
gras, il faut neutraliser cet acide par une base qui est généralement de la
potasse mais cette réaction est assez lente et doit se faire à chaud. Aussi préfère-
t-on mettre un excès de potasse dans la solution, laisser agir les deux produits
pendant une heure au moins pour que la réaction soit complète et on mesure
ensuite grâce à une solution d'acide chlorhydrique la quantité de potasse qui
n'avait pas été neutralisée par les acides gras.
Dosages électrochimique
Montage à 3 électrodes
On utilise pour ce montage:
•une électrode de travail (électrode tournante; celle que l'on veut étudier)
Autres techniques
•Détection couplée à un chromatographe en phase gazeuse :
1. Catharomètre ou arn synthase (détecteur par conductibilité thermique) :
Mesure de la variation de la conductibilité thermique du gaz vecteur.
2. FID : Détecteur à ionisation de flamme. Après séparation par le GC, les
substances arrivent une à une dans une flamme d'hydrogène/Oxygène
(air). En brûlant, elles sont transformées en ions qui, en passant entre
deux électrodes polarisées, créent un courant électrique. La mesure de
ce courant permet de doser la substance.
3. ECD : Détecteur à capture d'électron. Après séparation par le GC, les
substances arrivent une à une dans le détecteur où se trouve une source
ionisante (rayons β). Les ions formés sont capturés par des électrodes
et, le courant ainsi formé, mesuré.
Électrode de référence
Une électrode de référence est une électrode dont le potentiel est fixe. On
l'utilise en électrochimie pour étudier les propriétés d'oxydoréduction et en
chimie analytique pour mesurer les concentrations d'espèces dissoutes dans une
solution.
Potentiel fixe
Le potentiel de l'électrode de référence ne doit en aucun cas varier pendant la
mesure. L'électrode est formée d'un équilibre entre des éléments chimiques sous
différents état de la matière (métal, sel, gaz, solution aqueuse). Pour que le
potentiel soit fixé, on sature les composés, ainsi les concentrations sont
constantes (à température constante), et le potentiel définit par l'équation de
Nernst reste constant. On note toutefois que le potentiel d'une électrode de
référence varie avec la température, car cette dernière intervient dans le pouvoir
de solubilité des ions au sein de l'électrode de référence et déplace l'équilibre
chimique.
•On parle d'électrode à gaz si au moins une des espèces électroactives est sous
forme gazeuse.
Exemple : l'ESH
Composition
Exemple d'électrode de référence au calomel saturé
L'électrode au calomel saturée (en KCl) est
composée de mercure métallique (Hg) en contact
avec du calomel HgsCl lui-même en équilibre avec une
2 ¿
s
2¿2Cl−⇌Hg 2Cl¿
Hg ¿2
Soit:
s
2 Hg2Cl−⇌H g2Cl¿2e−¿
Intérêt
Le potentiel pris par l'électrode dépend uniquement de la concentration en ions
chlorures. Le potentiel de l'électrode au calomel est donc fixé par la
concentration de la solution de KCl dans laquelle elle baigne: concentration
molaire, décimolaire, ou saturée.
Le potentiel de l'ECS à 25 °C par rapport à l'électrode normale à hydrogène est :
95
E =0 , 2 V 4 8
Une telle électrode (ou demi-pile) sert en particulier, comme toutes les
électrodes de référence, à déterminer le potentiel électrochimique (inconnu)
d'une autre demi-pile (telle l'électrode de verre).
Théorie
La demi-équation d'oxydo-réduction associée au couple s
Hg2Cl¿ Hgl
est
s
H g2Cl¿2.e−¿[Link]l[Link]−¿
est réalisé.
Ainsi, la loi d'action de masse (ou loi de Guldberg et Waage), donne:
C l−¿] 2
[ °
C
2
− −
KsK Cls=7,0=a K .aCl =aC l =¿
s a t sa t s a t
95
Précautions
Lors de l'utilisation de cette électrode de référence, il faut prendre garde à ce
que les ions de la solutions à doser ne viennent, le cas échéant, pas réagir avec
les ions chlorure du KCl saturé et former un précipité dans le corps de
l'électrode. Pour ce faire, on rajoute un embout rempli de nitrate de potassium,
appelé allonge, sur l'électrode. S'il n'y a pas d'allonge disponible, on peut aussi
faire tremper l'ECS dans un bécher rempli d'une solution de chlorure de
potassium, mettre la seconde électrode dans le bécher où se trouve la solution
dont on veut suivre l'évolution et relier les deux par un pont imbibé d'une
solution conductrice. On peut aussi utiliser une autre électrode de référence
comme l'électrode au sulfate mercureux.
Les deux premiers critères peuvent être vérifiés. On obtient alors une électrode
normale à hydrogène. Les deux seconds critères ne peuvent être vérifiés. C'est
pourquoi l'ESH ne peut être réalisé.
Le caractère à part de l'ESH vient de la convention thermodynamique suivante.
On a fixé arbitrairement le potentiel chimique standard des protons en solution
comme étant nulle à toute température : μH+ = 0
Électrode de verre
Mise au point en 1909 par Fritz Haber, l'électrode de verre est le type le plus
courant d'électrode de mesure. Elle est principalement utilisée en pH-métrie.
Son principe de fonctionnement repose sur la différence de concentration en ions
hydronium (H3O+) existant de part et d'autre d'une membrane de verre très fine
(environ 0,1mm), qui génère un potentiel électrique, appelé potentiel de
membrane. Celui-ci est proportionnel au pH de la solution aqueuse dans laquelle
l'électrode est plongée. La différence de potentiel est mesurée par un fil
d'argent.
Membrane
Dans la membrane il y a un échange entre les ions sodium, Na+ appartenant à la
membrane de verre et les ions hydronium provenant de la solution dont on veut
mesurer le pH.
Il s' instaure une différence de potentiel entre la face interne de la membrane de
verre et la solution à étudier, différence de potentiel d qui vaut, à 298K:
d = 0.06.(pHinterne- pHexterne) (voir équation de Nernst)
Le pH interne étant bien entendu constant. Le potentiel E" pris par l' électrode
de verre sera alors égal à:
E" = E' électrode interne de référence + [Link] - [Link] externe.
Conservation du pH interne
Le fonctionnement de l' électrode de référence argent métallique Ag/chlorure
d'argent/ acide chlorhydrique 0.1 mol.L-1, est semblable à celui de l' électrode
au calomel saturée en chlorure de potassium (ECS).
Le potentiel E pris par cette électrode de référence, vu que le potentiel standard
du couple redox Ag+/Ag est égal à 0.80 V à 298K par rapport à l' ENH (électrode
normale à hydrogène), a la forme:
E = 0,80+0,06log[Ag+]
sachant que Ks=[Ag+][Cl-]
E= 0,80 + 0,06 log Ks -0,06 log (Cl-)
Ks:produit de solubilité du chlorure d'argent(AgCl)
KsAgCl=2.15.10-11 à 298K.
Comme [Cl-] est constant et égal ici à 0.1 mol.L-1, E est constant: c'est bien une
électrode interne de "référence". E= 0.22 V.
Erreur alcaline
A pH élevé, la très faible activité des ions H
autorise les autres cations de la solution, considérés jusqu'ici comme
spectateurs, à participer aux échanges à la surface de la membrane, faussant
ainsi la valeur du potentiel entre l'intérieur et l'extérieur de l'électrode, et donc
la lecture du pH. C'est vrai pour Na
, souvent présent lorsqu'on travaille avec la soude, et dont l'activité ne peut plus
être négligée à partir de pH ~ 12. Attention également à la présence de Li
dont les dimensions sont plus proches de celles de H
et qui en fait un ion particulièrement perturbateur.
Erreur acide
En dessous de pH = 0,5 on constate que la valeur de la mesure est trop élevée.
L'origine de cette erreur, qui n'est pas facilement reproductible, est encore mal
cernée.
Recommandations
Il faut faire attention à ne pas mettre cette électrode dans la soude concentrée,
auquel cas, elle serait endommagée.
Elle se conserve dans une solution saline diluée telle que du KCl.
Notes et références