100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
174 vues67 pages

Densité et caractéristiques des sols

Ce document décrit les concepts fondamentaux de la mécanique des sols et des roches. Il introduit les notions de géotechnique, de sol, de roche, de phases dans le sol, de propriétés physiques des sols et de quelques problèmes typiques en géotechnique.

Transféré par

paul kalenga
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
174 vues67 pages

Densité et caractéristiques des sols

Ce document décrit les concepts fondamentaux de la mécanique des sols et des roches. Il introduit les notions de géotechnique, de sol, de roche, de phases dans le sol, de propriétés physiques des sols et de quelques problèmes typiques en géotechnique.

Transféré par

paul kalenga
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

MÉCANIQUE DES SOLS ET DES ROCHES

(Mec6351)

Première Partie : THÉORIE & EXERCICES

Enseignant : MUSHOMBE MUMA

Assistant : KISALU NZUNDU David

UNIVERSITÉ NOUVEAUX HORIZONS

SCIENCES TECHNOLOGIQUES

Troisième Licence

Année académique : 2019 – 2020


2
1
GÉNÉRALITÉS

1.1 LA GÉOTECHNIQUE

L’étude de la mécanique des sols et des roches, appelée géotechnique, s’applique aux
matériaux qui constituent l’écorce terrestre. La mécanique des sols et la mécanique des
roches s’intéressent aux propriétés physiques, hydrauliques et mécaniques du sol et de la
roche.

Pour un ingénieur, le sol se définit comme un agrégat peu compact, composé de minéraux,
de matières organiques et de sédiments que l’on retrouve au-dessus du substrat rocheux.
Les sols peuvent être fractionnés assez facilement en particules organiques ou minérales,
contrairement à la roche, dont les grains minéraux sont retenus par une force cohésive et
moléculaire très importante. Il est souvent difficile de déterminer ce qui différencie le sol de
la roche; c’est pourquoi il est parfois impossible de classer de façon absolue certains
matériaux naturels utilisés dans les travaux de génie. À titre d’exemple, on parlera parfois
d’une « roche tendre » ou d’un « sol très dur ».

Le sol est milieu poreux composé de 3 phases : solide (les grains), liquide (l’eau) et gazeuse
(l’air). Son comportement se traduit en termes de facilité de compactage, perméabilité,
compressibilité et résistance au cisaillement, et est influencé par la forme et la grosseur des
grains, la disposition des grains (arrangement), la présence (concentration) de l’eau, la
composition chimique/minéralogique des grains et l’histoire géologique. De par sa nature,
le sol est un milieu complexe et très hétérogène.

En géologie, par exemple, la roche désigne tout type de matériau de l’écorce terrestre sans
égard à la force qui lie les particules de minéraux entre elles. Quant au sol, il n’est en fait
rien d’autre qu’une roche qui se serait décomposée et désintégrée pour former ensuite une
mince couche à la surface de la Terre, où croit la végétation.
La pédologie (la science qui étudie les sols) et l’agronomie s’intéressent également au sol,
mais plus particulièrement à sa couche supérieure, c’est-à-dire à celle qui est susceptible
d’être exploitée à des fins d’agriculture et de foresterie. La pédologie et la géologie, et plus
particulièrement le génie géologique, sont des compléments essentiels à la géotechnique.

La mécanique des sols est une science qui étudie les propriétés physiques, hydrauliques, et
mécaniques des sols, en vue de leur utilisation comme matériau de fondation ou de
construction d’ouvrage en génie civil.

Les propriétés physiques décrivent les sols afin de les subdiviser en classes de
comportements mécaniques et hydrauliques similaires. Les propriétés hydrauliques
permettent de prévoir l’influence de l’eau dans les sols. Les propriétés mécaniques servent
à évaluer les déformations du sol sous une charge et la stabilité de l’ouvrage.

Le sol est utilisé comme matériau de fondation : il s’agit d’évaluer les caractéristiques du sol
en place (à l’état intact) qui sont pertinentes à un projet (exemple : fondation de bâtiment,
ponts, …). Le sol est aussi utilisé comme matériau de construction : les remblais d’autoroute
et de voies ferrées, les installations aéroportuaires, les barrages en terre et les enrochements,
les digues et les aqueducs sont quelques exemples de structures en terre que l’ingénieur est
appelé à concevoir et à réaliser. Quant aux ingénieurs spécialisés dans la construction
d’autoroutes et d’aéroports, ils doivent aussi concevoir le revêtement de la structure, c’est-
à-dire le pavage.

Ces utilisations du sol nécessitent des essais préliminaires en laboratoire (qualité, évaluer le
comportement) et des essais de contrôle in situ (sur terrain).

La mécanique des roches étudie la roche en tant que matériau de construction et de


fondation. Puisque la plus grande partie de l’écorce terrestre est recouverte de sol (ou d’eau),
la mécanique des roches trouve la majorité parte de ses applications dans des ouvrages
souterrains tels que les tunnels, les centrales électriques souterraines, les sites d’entreposage
pour le pétrole, les mines, … Mais il peut arriver que l’étude des roches s’applique à certains
ouvrages de surface comme les fondations d’édifices ou de barrages construits directement
sur le socle rocheux, les excavations profondes dans des terrains rocheux, la stabilisation
des talus rocheux, …

4
1.2 QUELQUES PROBLÈMES DE GÉOTECHNIQUE

1.2.1 Tassement différentiel : ex. Tour penchée de Pise

1.2.2 Dépassement de la contrainte de cisaillement de sol : ex. Glissement de terrain

5
1.2.3 Interaction de la dispersion des contraintes dans le sol : ex. « Kissing » silos

1.2.4 Fondation des routes/autoroutes : ex. nids-de-poule

1.2.5 Affaissement du sol des villes suite au pompage excessif des eaux souterraines : ex.
les villes de Tokyo s’étaient affaissées respectivement de plus de 4.2 m et 7.0 m

6
2
CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES DES SOLS

2.1 DIAGRAMME DE PHASES ET RELATIONS ENTRE LES PHASES

Le sol est, en général, un système à trois phases constituées de particules solides, liquide et
de gaz. Dans la pratique, le liquide en considération est l’eau (quoique dans certains cas,
l’eau peut contenir des sels dissouts) et le gaz est l’air. Les particules solides sont des grains
minuscules de différents minéraux alors que le liquide et le gaz remplissent les vides entre
les particules solides. Le système des phases peut être exprimé en unités du SI en termes de
relations masse-volume ou de poids-volume.

Les relations entre les différentes entre les différentes phases sont importantes par le fait
qu’elles aident à définir la condition ou la physique du sol.

2.1.1 Relation Masse-Volume

En unités du SI, la masse M s’exprime en kg et la masse volumique  en Kg⁄m3 . Quelques


fois, la masse et la masse volumique s’expriment aussi respectivement en g et g⁄cm3 ou Mg
et Mg⁄m3 . La masse volumique de l’eau 𝜌𝑜 à 4 C est exactement 1.0 g⁄cm3 (=
1000 Kg⁄m3 = 1.0 Mg⁄m3 ). Étant donné que la variation de la masse volumique est
relativement faible sur des intervalles de températures rencontrées dans la pratique
d’ingénierie, la masse volumique de l’eau 𝜌𝑤 aux autres températures peut être considérée
identique à celle à 4 C. Le volume est exprimé en m3 ou en cm3 .
2.1.2 Relation Poids-Volume

Le poids par unité ou poids par unité de volume est une mesure commune dans la pratique
en ingénierie géotechnique. La masse volumique 𝜌, peut être convertie en poids spécifique,
𝛾 en utilisant la relation :

𝛾 = 𝜌𝑔 (2.1)

La valeur « standard » de 𝑔 est 9.807 m⁄s 2 (= 9.81 m⁄s2 pour toutes les suggestions
pratiques).

2.1.3 Conversion de la masse volumique de l’eau 𝜌𝑤 en poids spécifique 𝛾𝑤

De l’équation 2.1,

𝛾𝑤 = 𝜌𝑤 𝑔 (2.2)

En substituant 𝜌𝑤 = 1000 kg⁄m3 et 𝑔 = 9.81 m⁄s 2 , on a :

𝛾𝑤 = 9810 N⁄m3 (2.3)

En général, le poids spécifique d’un sol peut être obtenu de l’équation :

𝛾 = 9810 𝜌 N⁄m3 = 9.81 𝜌 kN⁄m3 (2.4)

2.2 RELATIONS MASSE-VOLUME

Les relations de phases en termes de masse-volume et poids-volume pour un sol sont


montrées par le diagramme de la Figure 2.1. On considère un bloc d’une unité de superficie.
Les volumes de différents constituants sont montrés à droite et les masses/poids
correspondants sont à droite et à gauche du diagramme. Les masse/poids de l’air sont
considérées comme étant zéro.

8
Figure 2.1 – Diagramme de trois phases d’un élément de sol

2.2.1 Ratios Volumétriques

Il y a trois ratios volumétriques qui sont très utiles en génie géotechnique et ceux-ci peuvent
directement être déterminés à partir du diagramme de phases (Figure 2.1).

1. Indice de vides e, défini par :

𝑉𝑣
𝑒= ⁄𝑉 (2.5)
𝑠

2. Porosité n, définie par :

𝑉
𝑛 = ( 𝑣⁄𝑉 ) 𝑥 100 (2.6)

avec V volume total de l’échantillon du sol. La porosité est toujours exprimée en %.

3. Degré de saturation S est définie par :

𝑉
𝑆 = ( 𝑤⁄𝑉 ) 𝑥 100 (2.7)
𝑣

Il est souvent exprimé sous forme de pourcentage. Quand 𝑆 = 0 %, le sol est complètement
sec, et quand 𝑆 = 100 %, le complètement saturé.

9
2.2.2 Relations Masse-Volume

Les autres aspects du diagramme de phases connectés à la masse et au poids peuvent être
expliqués par référence à la Figure 2.1.

[Link] Teneur en eau pondérale, w

La teneur en eau pondérale, w, d’un sol est définie comme le ratio de la masse d’eau, 𝑀𝑤 ,
dans les vides à la masse des solides, 𝑀𝑠 :

𝑀𝑤
𝑤=( ⁄𝑀 ) 𝑥 100 (2.8)
𝑠

La teneur en eau, qui s’exprime souvent sous forme de pourcentage, peut aller de zéro (sol
sec) à plusieurs centaines de pourcentages. La teneur en eau naturelle de la plupart des sols
est en dessous de 100 %, mais pour les sols d’origine volcanique (par exemple la bentonite),
la teneur en eau peut aller jusqu’à 500 % ou plus.

[Link] Masse et poids volumiques

Un autre concept très utile en génie géotechnique est la masse volumique (ou poids
spécifique) qui est exprimée comme une masse par unité de volume. Il existe plusieurs
masses volumiques souvent utilisées. Elles peuvent être définies comme la masse
volumique totale ou humide, 𝜌𝑡 ; la masse volumique sèche, 𝜌𝑑 ; la masse volumique saturée,
𝜌𝑠𝑎𝑡 ; la masse volumique des particules ou la masse volumique des solides, 𝜌𝑠 ; et la masse
volumique de l’eau. Chacune de ces masses volumiques est définie relativement à la Figure
2.1.

 Masse et poids volumiques totaux (humides) :

𝜌𝑡 = 𝑀⁄𝑉 et 𝛾 = 𝑊⁄𝑉 (2.9)

 Masse et poids volumiques secs :

𝑀𝑠⁄ 𝑊𝑠⁄
𝜌𝑑 = 𝑉 et 𝛾𝑑 = 𝑉 (2.10)

10
 Masse et poids volumiques saturés :

𝑀𝑠𝑎𝑡⁄ 𝑊𝑠𝑎𝑡⁄
𝜌𝑠𝑎𝑡 = 𝑉 et 𝛾𝑠𝑎𝑡 = 𝑉 (2.11)

 Masse et poids volumiques des solides :

𝑀𝑠 𝑊𝑠
𝜌𝑠 = ⁄𝑉 et 𝛾𝑠 = ⁄𝑉 (2.12)
𝑠 𝑠

 Masse et poids volumiques de l’eau :

𝑀𝑤 𝑊𝑤
𝜌𝑤 = ⁄𝑉 et 𝛾𝑤 = ⁄𝑉 (2.13)
𝑤 𝑤

 Masse et poids volumiques déjaugés :

𝜌′ = 𝜌 − 𝜌𝑤 et 𝛾 ′ = 𝛾 − 𝛾𝑤 (2.14)

Les masses volumiques de certains sols sont données au Tableau 2.1.

Tableau 2.1 – Masses volumiques de certains sols

Masse volumique (𝐌𝐠/𝐦𝟑 )


Types de sol
𝜌𝑠𝑎𝑡 𝜌𝑑 𝜌′

Sables et graviers 1.9 – 2.4 1.5 – 2.3 1.0 – 1.3


Silts et argiles 1.4 – 2.1 0.6 – 1.8 0.4 – 1.1
Moraines (tills) 2.1 – 2.4 1.7 – 2.3 1.1 – 1.4
Pierres concassées 1.9 – 2.2 1.5 – 2.0 0.9 – 1.2
Tourbes 1.0 – 1.1 0.1 – 0.3 0.0 – 0.1
Argiles et silts organiques 1.3 – 1.8 0.5 – 1.5 0.3 – 0.8

[Link] Densité spécifique

La densité spécifique d’une substance est définie comme le ratio de sa masse dans l’air à la
masse d’un volume égal d’eau à la température de référence de 4 C. La densité spécifique
d’un sol (incluant l’air, l’eau et les solides) est appelée la densité spécifique totale 𝐺𝑚 . Elle
est exprimée par :

𝜌𝑡
𝐺𝑚 = ⁄𝜌𝑤 = 𝑀⁄𝑉𝜌 (2.15)
𝑤
11
La densité spécifique des solides, 𝐺𝑠 , (excluant l’air et l’eau) s’exprime par :

𝜌𝑠 𝑀
𝐺𝑠 = ⁄𝜌𝑤 = 𝑠⁄𝑉 𝜌 (2.16)
𝑠 𝑤

[Link] Relations entre les différents paramètres

Des relations peuvent être établies entre les différents paramètres définis par les équations
de (2.5) à (2.16). Pour développer ces relations, le diagramme de phases à la Figure 2.2 peut
être utilisé. Le volume des solides peut être représenté comme 𝑉𝑠 = 1. Quand le sol est
complètement saturé, les vides sont totalement remplis d’eau.

Figure 2.2 – Diagramme de phase d’un élément de sol

 Relation entre 𝑒 et 𝑛

𝑉𝑣 𝑉 𝑉
𝑒= ⁄𝑉 = 𝑣⁄1 = 𝑉𝑣 ; 𝑛 = 𝑣⁄𝑉 = 𝑒⁄(1 + 𝑒)
𝑠

𝑒 = 𝑛⁄(1 − 𝑛) (2.17)

 Relation entre 𝑒, 𝐷𝑠 et 𝑆

Cas 1 : Sol partiellement saturé (𝑆 < 100 %) :

𝑉𝑤 𝑉 𝑀 𝑤𝑀𝑠⁄ 𝑤𝐺𝑠 𝑉𝑠 𝜌𝑤⁄


𝑆= ⁄𝑉 = 𝑤⁄𝑒 ; on a : 𝑉𝑤 = 𝑤⁄𝜌𝑤 = 𝜌𝑤
= 𝜌𝑤
𝑣

Par conséquent,

12
𝑤𝐺𝑠⁄ 𝑤𝐺𝑠⁄
𝑆= 𝑒 ou 𝑒= 𝑆 (2.18)

Cas 2 : Sol saturé (𝑆 = 100 %)

De l’équation (2.18), on obtient (𝑆 = 1) :

𝑒 = 𝑤𝐺𝑠 (2.19)

 Relation entre la masse volumique 𝜌 et autres paramètres

La densité de sol peut être exprimée en fonction d’autres paramètres pour des cas de sol (1)
partiellement saturé (𝑆 < 100 %); (2) complètement saturé (𝑆 = 100 %); (3) complètement
sec (𝑆 = 0); et (4) submergé.

Cas 1 : Pour 𝑆 < 100 %

𝑀𝑤 (1 + 𝑤) 𝐺 𝜌 (1 + 𝑤)
𝜌𝑡 = 𝑀⁄𝑉 = ⁄(1 + 𝑒) = 𝑠 𝑤 ⁄(1 + 𝑒) (2.20)

En substituant 𝑤 de l’équation (2.17) dans (2.19), on obtient :

𝜌𝑤 (𝐺𝑠 + 𝑒𝑆)
𝜌𝑡 = ⁄(1 + 𝑒) (2.21)

Cas 2 : Pour 𝑆 = 100 %

De l’équation (2.21), on a :

𝜌𝑤 (𝐺𝑠 + 𝑒)
𝜌𝑡 = 𝜌𝑠𝑎𝑡 = ⁄(1 + 𝑒) (2.22)

Cas 3 : Pour 𝑆 = 0

De l’équation (2.21), on a :

𝜌𝑤 𝐺𝑠
𝜌𝑡 = 𝜌𝑑 = ⁄(1 + 𝑒) (2.23)

Cas 4 : Quand le sol est submergé

Si le sol est submergé, la masse volumique du sol submergé 𝜌𝑏 , est égale à la différence entre
la masse volumique du sol saturé et la masse volumique de l’eau, c’est-à-dire :

𝜌𝑤 (𝐺𝑠 + 𝑒) 𝜌 (𝐺 − 1)
𝜌𝑏 = (𝜌𝑡 − 𝜌𝑤 ) = [ ⁄(1 + 𝑒)] − 𝜌𝑤 = 𝑤 𝑠 ⁄(1 + 𝑒) (2.24)

13
 Densité relative

La densité d’un sol sablonneux lâche peut être exprimée numériquement par la densité
relative 𝐷𝑟 définie par l’équation suivante :

(𝑒𝑚𝑎𝑥 − 𝑒)
𝐷𝑟 = [ ⁄(𝑒 ] x 100 (2.25)
𝑚𝑎𝑥 − 𝑒𝑚𝑖𝑛 )

où 𝑒𝑚𝑎𝑥 est l’indice de vide du sable à son état lâche ayant une masse volumique sèche 𝜌𝑑𝑚𝑖𝑛 ,
𝑒𝑚𝑖𝑛 est l’indice de vide du sable à son état de masse volumique plus élevée 𝜌𝑑𝑚𝑎𝑥 , et 𝑒 est
l’indice de vide dans des conditions sur terrain 𝜌𝑑 .

De l’équation (2.23), l’équation générale de 𝑒 peut être écrite comme suit :

(𝜌𝑤 𝐺𝑠 − 𝜌𝑑 )⁄
𝑒= 𝜌𝑑

En substituant les masses volumiques sèches correspondantes de 𝑒𝑚𝑎𝑥 , 𝑒𝑚𝑖𝑛 et 𝑒 dans


l’équation (2.25) et en simplifiant, on obtient :

𝜌𝑑𝑚𝑎𝑥 (𝜌 − 𝜌𝑑𝑚𝑖𝑛 )
𝐷𝑟 = ( ⁄𝜌𝑑 ) x [ 𝑑 ⁄(𝜌 ] x 100 (2.26)
𝑑𝑚𝑎𝑥 − 𝜌𝑑𝑚𝑖𝑛 )

Les valeurs de densité relative de divers types des sols sont fournies dans le Tableau 2.2.

Tableau 2.2 – Types des sols et leurs densités relatives

14
2.3 TEXTURE ET TAILLE DES GRAINS D’UN SOL

2.3.1 Texture des grains

La texture d’un sol fait référence à l’apparence extérieure du sol; elle peut varier suivant les
dimensions et la forme des particules, ainsi que selon la distribution relative des grosseurs
de grains. Les sols peuvent être classifiés selon :

(a) L’apparence ou sensation au toucher du sol

Gros grains : texture granulaire; les particules sont visibles (sable et gravier) à l’œil nu.

Grains fins : texture lisse; les particules sont tellement petites qu’on ne peut les voir. Les
particules ont une apparence continue (silt, argile).

(b) La plasticité et la cohésion

La plasticité est la propriété d’un sol de se laisser modeler tandis que la cohésion est
l’attraction interne de ses particules. Les sables, contrairement aux argiles, ne sont ni
plastiques ni cohérents; ils sont pulvérulents. Quant aux silts (mi-chemin entre les sables et
les argiles), ils ont des grains fins, mais ils ne sont ni plastiques ni cohérents (Tableau 2.3).

La présence d’eau dans les sols à grains fins influence considérablement le comportement
de ces sols où elle joue un rôle beaucoup plus important que la grosseur ou la texture des
grains. L’eau modifie les forces qui agissent sur les grains et peut influencer leur plasticité
et leur cohésion.

Tableau 2.3 – Relation entre la taille des grains et la plasticité ou la cohésion

Gros grains Grains fins


Propriété
(graviers, sables) Silt Argile
Plasticité Non plastiques Non ou peu Peu à très
Cohésion Non cohérents Non ou peu Peu à très

La texture des grains a une influence sur la compressibilité du sol : réduction en volume
suite à l’application d’une pression ou augmentation de compressibilité lorsque des
particules fines sont ajoutées au sable.

15
2.3.2 Taille des grains

La classification des sols selon la taille les divise en deux groupes principaux : lorsque la
dimension des particules est supérieure à 0.075 mm (D > 0.075 mm), on parle des sols à gros
grains (blocs erratiques, cailloux, graviers, sables); et si elle est inférieure à 0.075 mm (D 
0.075 mm), on a des sols à grains fins (silt, argile, tourbe : sol organique).

a) Analyse de la taille des grains – Méthode mécanique

La distribution des grosseurs de particules se fait par au moyen de l’analyse


granulométrique. Pour les sols grossiers, on utilise le tamisage (méthode mécanique),
procédé par lequel un échantillon de sol sec est vibré à travers une série de tamis à mailles
carrées dont les ouvertures vont en décroissant. Connaissant la masse totale de l’échantillon,
on détermine par pesage le pourcentage relatif de particules recueillies sur chacun des
tamis, après le tamisage.

Il existe plusieurs échelles granulométriques d’analyse de grosseurs des particules d’un


sol (Figure 2.3): ASTM D-422 (American Society for Testing and Materials), AASHTO T-88
(American Assosiation for State Highway and Transportation officials, USCS (Unified Soil
Classification System : US Bureau of Reclamation, US Army Corps of Engineers, Normes
britanniques et du M.I.T (Massachusetts Institute of Technology).

Figure 2.3 – Quelques échelles granulométriques de grosseurs des particules d’un sol

Le Tableau 2.4 présente la gamme des numéros de tamis et leur ouverture (U.S. Standard
Sieve Sizes).

16
Tableau 2.4 – U.S. Standard Sieve Sizes

N Tamis Ouverture (mm) N Tamis Ouverture (mm)


2 po 50.80 25 0.71
1.5 po 38.10 30 0.60
0.75 po 19.00 35 0.500
0.375 po 9.51 40 0.425
4 4.75 45 0.355
5 4.00 50 0.300
6 3.35 60 0.250
7 2.80 70 0.212
8 2.36 80 0.180
10 2.00 100 0.150
12 1.70 120 0.125
14 1.40 140 0.106
16 1.18 200 0.075
18 1.00 270 0.053
20 0.85 400 0.038

b) Analyse de la taille des grains – Méthode de l’hydromètre

Étant donné qu’il existe une limite pratique à la taille des particules pouvant se tamiser due
à la force électrostatique qui colle les très petites particules aux mailles de tamis et à la
difficulté de construire une maille régulière inférieure à 0.075 mm d’ouverture, on utilise le
principe de la vitesse de chute d’une particule sphérique dans l’eau basé sur la loi de Stokes.
Ce qui est la base de l’analyse par hydromètre.

Loi de Stokes : la vitesse de chute d’une sphère dans un fluide visqueux est proportionnelle
au carré de son diamètre.

(𝛾𝑠 − 𝛾𝑜 )⁄ 𝐷 2
𝑣𝑐 = (2⁄9) ( 𝜇 ) ( ⁄2) (2.27)

où 𝑣𝑐 est la vitesse de chute (cm/s), 𝛾𝑠 est le poids volumique de la sphère, 𝛾𝑜 est le poids
volumique du fluide (m/L3 ), 𝜇 est la viscosité du fluide (poise) et D est le diamètre de la
sphère (cm). Cette équation est valide pour 0.0002 mm  D  0.2 mm.

Avec 𝛾𝑠 = 𝐺𝑠 𝛾𝑤 et 𝑣𝑐 = 𝐿⁄𝑡, on obtient :

17
18𝜇
𝐷=√ ⁄(𝐺 − 1)𝛾 √𝐿⁄𝑡 (2.28)
𝑠 𝑤

Si L est en cm, t en min, 𝛾𝑤 en g/cm3 , 𝜇 en g. s/cm2 et D en mm, l’équation (2.28) devient :

𝐷(𝑚𝑚)⁄ = 18𝜇 30𝜇


10 √ ⁄(𝐺 − 1)𝛾 √𝐿⁄𝑡 x 60 = √ ⁄(𝐺 − 1)𝛾 √𝐿⁄𝑡 = 𝐾 √𝐿⁄𝑡 (2.29)
𝑠 𝑤 𝑠 𝑤

30𝜇
𝐾=√ ⁄(𝐺 − 1) (2.30)
𝑠

en assumant 𝛾𝑤 = 1 g/cm3 .

Il peut être observé que le facteur K est fonction de la température t, de la densité spécifique
𝐺𝑠 des particules et de la viscosité de l’eau. Le Tableau 2.5 donne les valeurs de K pour
différentes valeurs de 𝐺𝑠 aux différentes valeurs de t. S’il est nécessaire de calculer D sans
utiliser le Tableau 2.5, l’équation (2.29) peut être directement utilisée. La variation de 𝜇 avec
la t, donnée au Tableau 2.6, est requise.

Tableau 2.5 – Valeurs de K à utiliser dans l’équation (2.29)

18
Tableau 2.6 – Variation de 𝜇 et 𝛾𝑤 avec t

En pratique, on fait un mélange d’eau et de sol ( 50 g/L) et on suppose que les hypothèses
suivantes s’appliquent : la vitesse de chute se fait suivant un régime laminaire, pas
d’interaction entre les particules (collision ou attraction) et les particules de sol sont
sphériques. Pour satisfaire la 2e hypothèse, la concentration  50 g/L minimise la collision
ou on peut recourir à l’utilisation d’un défloculant (élimine l’attraction) :
Hexamétaphosphate (savon à vaisselle).

La Figure 2.4 montre le type d’hydromètre ASTM 152H utilisé pour l’analyse des particules
fines et la Figure 2.5 présente la correction à faire suite à l’immersion.

19
Figure 2.4 – Hydromètre ASTM H152 Figure 2.5 – Correction d’immersion

L est exprimée sous forme d’une équation linéaire donnée par :

𝐿 = 16.3 − 0.1642 𝑅 (2.31)

où 𝑅 = 𝑅𝑎 (lecture réelle) corrigée pour le ménisque (Tableau 2.7 ou équation (2.32)). La


raison d’utilisation de la correction du ménisque est que la distance de chute pendant un
temps t est de la surface de l’eau au centre de l’ampoule et non du haut de ménisque.

𝑅 = 𝑅𝑎 + 𝐶𝑚 (2.32)

20
Tableau 2.7 – Facteurs de correction pour le ménisque

L’hydromètre 152H est calibré au moyen d’une suspension des grains d’une densité
spécifique 𝐺𝑠 = 2.65, le pourcentage des particules fines doit être corrigé par le facteur 𝐶𝑠𝑔
(Tableau 2.8 ou équation (2.33)).

Tableau 2.8 – Facteur de correction de 𝐺𝑠

21
1.65𝐺𝑠
𝐶𝑠𝑔 = ⁄2.65(𝐺 − 1) (2.33)
𝑠

La lecture corrigée de l’hydromètre pour des grains de sol en suspension (g) est calculée
par :

𝑅𝑐 = 𝑅𝑎 − zéro correction + 𝐶𝑇 (2.34)

où 𝐶𝑇 est le facteur de correction de température (Tableau 2.9).

Tableau 2.9 – Facteurs de correction de la température

Le pourcentage 𝑃′ de particules plus fines qu’une particule de diamètre D dans une masse
de sol 𝑀𝑠 utilisée dans la suspension est calculé par :

𝐶𝑠𝑔 𝑅𝑐
𝑃′ = ( ⁄𝑀 ) x 100 (2.35)
𝑠

Si 𝑀𝑝 est la masse de particules passant à travers le tamis 0.075 mm (plus grand que 𝑀𝑠 ) et
M est la masse totale des tamis combinés et l’analyse par hydromètre, le pourcentage de
particules plus fines de l’échantillon entier peut se calculer par :

𝑀𝑝
𝑃 = 𝑃′ ( ⁄ ) (2.36)
𝑀

c) Courbe granulométrique

On met en graphique la relation entre le logarithme du diamètre des grains et la distribution


cumulative de ces derniers en pourcentages (Figure 2.6). Les particules de sol étant rarement
des sphères parfaites, le diamètre d’une particule fait plutôt référence à un diamètre
équivalent mesuré par tamisage.

22
Figure 2.6 – Courbe de distribution de la taille des particules

2.3.3 Formes de courbes de distribution de la taille des particules

La forme d’une courbe de distribution de la taille des particules indique la nature du sol
testé. Sur base des formes de courbes (Figure 2.7), les sols peuvent être classés suivant une
granulométrie :

1. Uniformément ou pauvrement étalée


2. Étalée
3. Discontinue

Les sols uniformément étalés sont représentés des lignes à peu près verticales telle que
montrée par la courbe C2 . De tels sols possèdent des particules d’à peu près même diamètre.
Un sol bien étalé, représenté par la courbe C1 , possède une large gamme de taille des
particules allant du gravier à l’argile. Sur cette courbe, la section AB représente la portion
de taille des particules obtenue par tamisage et la section A′ B′ par l’hydromètre. Un sol

23
discontinu, tel que montré par la courbe C3 a certaines tailles de particules qui manquent.
Sur cette courbe, les particules de sol dans l’intervalle XY manquent.

Figure 2.7 – Courbes de distribution de la taille des grains

Pour déterminer si un matériau est uniformément étalé ou bien étalé, Hazen a proposé le
coefficient d’uniformité 𝐶𝑢 , donnée par l’équation suivante :

𝐷60
𝐶𝑢 = ⁄𝐷 (2.37)
10

où 𝐷10 est le diamètre des grains (en mm) qui correspond à 10 % de passant en masse. Cela
signifie que 10 % des particules sont de diamètre plus petit que le diamètre 𝐷10 . Il est appelé
diamètre effectif. 𝐷60 est le diamètre des grains (en mm) correspondant à 60 % de passant.

Plus 𝐶𝑢 est faible, plus le sol est uniforme (le diamètre des particules est unique).

La granulométrie d’un matériau peut être :

 Très serrée : 𝐶𝑢 < 2

 Serrée : 2 < 𝐶𝑢 < 5

24
 Semi-étalée : 5 < 𝐶𝑢 < 20

 Étalée : 20 < 𝐶𝑢 < 200

 Très étalée : 𝐶𝑢 > 200

On utilise aussi un autre paramètre pour la classification des sols : le coefficient de courbure,
déterminé par :

2
𝐷30⁄𝐷 x 𝐷
𝐶𝑐 = (2.38)
10 60

où 𝐷30 est le diamètre des grains (en mm) correspondant à 30 % de passant.

Un sol à granulométrie bien étalée a un coefficient de courbure compris entre 1 et 3.

2.3.4 Utilité de la courbe granulométrique

La courbe granulométrique est particulièrement utilisée pour :

a. Classer de façon détaillée les sols


b. Estimer la perméabilité des sables
c. Dimensionner les filtres
d. Estimer la possibilité d’injection
e. Estimer la capillarité des sables, silts et graviers
f. Estimer grossièrement la compacité
g. Estimer la susceptibilité au gel.

25
2.4 FORME DES GRAINS ET COULEUR DES SOLS

Les fractions plus grossières de sols sont formées de sable et gravier. Les particules de
gravier, qui ne sont que des fragments de roche, sont composées d’un ou plusieurs
minéraux, tandis que les grains de sable contiennent surtout un minéral qui est du quartz.
Les grains de gravier et du sable peuvent être angulaires, sous-angulaires, sous-arrondis,
arrondis et bien arrondis (Figure 2.8). Le gravier peut contenir des grains qui peuvent être
plats. Certains sables contiennent un pourcentage assez élevé de flocons de mica qui leur
donne la propriété d’élasticité.

Figure 2.8 – Formes des fractions plus grossières de sol

Chaque grain des fractions plus fines du sol (silts et argiles) contient un seul minéral. Les
particules peuvent être angulaires, en forme de flocons ou quelque fois en forme de bâtonnet
ou aiguille.

La couleur de grains présents dans un sol est fonction de la région d’origine du sol.
Généralement, on peut avoir des :

 Sols jaunes : généralement oxydés


 Argiles brunes : dépôts bien drainés qui ont subi une oxydation
 Argiles grises : mal drainés et non oxydées
 Argiles bleues : peu oxydées

Le sol foncé (noir) indique la présence de la matière organique.

26
2.5 CONSISTANCE D’UN SOL ARGILEUX

2.5.1 Limites d’Atterberg

La consistance est un terme utilisé pour indiquer le degré de dureté ou de solidité des sols
cohésifs. La consistance de dépôt de sol naturel cohésif est exprimée qualitativement en
termes de consistance molle, très molle, raide, très raide et dure. Les propriétés physiques
des argiles sont différentes aux différentes teneurs en eau. Un sol très mou à une teneur en
eau plus élevée devient très dur avec la diminution de la teneur en eau. À une même teneur
en eau, deux échantillons d’argile de différentes origines peuvent avoir deux consistances
différentes.

La consistance d’un sol peut être exprimée en termes de limites d’Atterberg (scientifique
suédois Atterberg, 1911) qui sont des teneurs en eau des points critiques du comportement
du sol; c’est-à-dire des teneurs en eau correspondant au passage d’un état à un autre
(Figures 2.9 et 2.10). Toute réduction du volume d’eau est à peu près égale à la diminution
du volume du sol.

Figure 2.9 – Limites d’Atterberg

Figure 2.10 – Différents états et consistance de sols avec les limites d’Atterberg
27
La transition de l’état liquide à l’état plastique (la plasticité est définie comme étant la
propriété des sols cohésifs ayant l’aptitude de subir des changements de forme sans rupture)
est appelée limite de liquidité, 𝑤𝑙 . La transition de l’état plastique à l’état semi-solide est
appelé limite de plasticité, 𝑤𝑝 . À ce stade, l’échantillon commence à sécher à la surface, la
saturation n’est pas complète, et toute diminution ultérieure de l’eau dans les vides a lieu
sans variation du volume des vides. La couleur du sol commence à changer, du foncé au
clair. La teneur en eau est appelée limite de retrait, 𝑤𝑠 .

Les limites de plasticité et de liquidité s’obtiennent au laboratoire par la méthode ASTM D


4318 ou AASHTO T 89 et T 90; et la limite de retrait par ASTM D 427 ou AASHTO T 92.

2.5.2 Indices de plasticité, liquidité et consistance

Toutes les limites sont exprimées par leurs pourcentages de teneur en eau. La gamme des
teneurs en eau entre les limites de liquidité et de plasticité, qui est une mesure importante
du comportement plastique (utile pour la classification des sols à grains fins), est appelée
indice de plasticité, 𝐼𝑝 , donnée par :

𝐼𝑝 = 𝑤𝑙 − 𝑤𝑝 (2.39)

Dépendamment de leur nature, les sols peuvent être non, faiblement, moyennement et
hautement plastiques (Tableau 2.10).

Tableau 2.10 – Classification des sols selon leur indice de plasticité

Les sols d’une même origine géologique reposent sur une droite d’équation :

𝐼𝑝 = 𝑎 𝑤𝑙 + 𝑏 (2.40)

La consistance relative ou indice de consistance, 𝐼𝑐 , est le quotient de la différence entre la limite


de liquidité et la teneur en eau naturelle d’un sol à son indice de plasticité.
28
(𝑤𝑙 − 𝑤𝑛 )
𝐼𝑐 = ⁄𝐼 (2.41)
𝑝

L’indice de liquidité, 𝐼𝑙 , est le quotient de la différence entre la teneur en eau naturelle d’un
échantillon et sa limite plastique à son indice de plasticité.

(𝑤𝑛 − 𝑤𝑝 )
𝐼𝑙 = ⁄𝐼 (2.41)
𝑝

Les valeurs de 𝐼𝑐 et 𝐼𝑙 aux différents états de consistance sont données dans le Tableau 2.10.
Il peut être observé qu’à une même consistance du sol, les valeurs de 𝐼𝑐 et 𝐼𝑙 sont opposées
l’une à l’autre.

Tableau 2.11 – Valeurs de 𝐼𝑐 et 𝐼𝑙 selon la consistance du sol

2.5.3 Retrait et gonflement des sols

Si un sol cohésif humide est soumis au séchage, il perd son humidité et se rétrécit. Le degré
de retrait, 𝑆𝑟 , s’exprime par :

(𝑉𝑜 − 𝑉𝑑 )
𝑆𝑟 = [ ⁄𝑉 ] x 100 (2.42)
𝑜

où 𝑉𝑜 est le volume original de l’échantillon du sol à l’état saturé, 𝑉𝑑 le volume final de


l’échantillon à la limite de retrait.

Selon le degré de retrait, les sols peuvent avoir une bonne, moyenne, pauvre ou très pauvre
qualité (Tableau 2.12).

29
Tableau 2.12 – Classification des sols selon leur degré de retrait

a) Taux de retrait

Le taux de retrait, SR, est le quotient d’une variation de volume sec exprimée en pourcentage
correspondant à la variation de teneur en eau au-dessus de la limite de retrait.

(𝑉𝑜 − 𝑉𝑑 )⁄𝑉𝑑
𝑆𝑅 = [ ⁄(𝑤 − 𝑤 )] x 100 (2.43)
𝑜 𝑠

où 𝑉𝑜 est le volume original d’un échantillon du sol à la teneur en eau 𝑤𝑜 ,

𝑉𝑑 le volume final de l’échantillon à la limite de retrait 𝑤𝑠 .

(𝑉𝑜 − 𝑉𝑑 )𝜌𝑤
(𝑤𝑜 − 𝑤𝑠 ) = variation de la teneur en eau = ⁄𝑀
𝑑

𝑀𝑑 = masse du volume sec, 𝑉𝑑 , de l’échantillon

En remplaçant (𝑤𝑜 − 𝑤𝑠 ) dans l’équation (2.43), on a;

𝑀𝑑 𝜌 𝛾
𝑆𝑅 = ⁄𝜌 𝑉 = 𝑑⁄𝜌𝑤 = 𝑑⁄𝛾𝑤 = 𝐺𝑚 (2.44)
𝑤 𝑑

Ainsi, le taux de retrait d’un sol est égal à la densité spécifique 𝐺𝑚 à son état sec.

b) Retrait volumétrique

Le retrait volumétrique ou variation volumétrique, 𝑆𝑣 , est la diminution de volume d’un sol,


exprimé en pourcentage du volume sec de sol lorsque la teneur en eau est réduite de 𝑤𝑜 à
la limite de retrait 𝑤𝑠 .

(𝑉𝑜 − 𝑉𝑑 )
𝑆𝑣 = [ ⁄𝑉 ] x 100 = (𝑤𝑜 − 𝑤𝑠 ) 𝑆𝑅 (2.45)
𝑑

Le retrait linéaire peut être calculé à partir de la variation volumétrique au moyen de


l’équation suivante :

30
1⁄3
𝐿𝑆 = [1 − {1.0⁄(𝑆 − 1.0)}] x 100 (2.46)
𝑣

Le retrait linéaire peut être aussi calculé par :

(𝐿𝑜 − 𝐿𝑓 )
𝐿𝑆 = ⁄ (2.47)
𝐿𝑜

où 𝐿𝑜 est la longueur initiale de l’échantillon dans la moule et 𝐿𝑓 est la longueur finale après
séchage de l’échantillon.

2.5.4 Coefficient d’activité

Le coefficient d’activité, A, est le quotient de l’indice de plasticité à la teneur en argile du


sol :

𝐼
𝐴 = 𝑝⁄Teneur en argile (2.48)

𝑀𝑠 des particules ≤ 2 μm⁄


Teneur en argile =
Masse totale sèche de l′échantillon

Le Tableau 2.13 présente la classification des sols selon leur coefficient d’activité :

Tableau 2.13 – Classification selon leur activité

2.5.5 Surface spécifique

C’est le rapport entre la surface d’un solide et sa masse ou son volume. En termes de
volume, elle est exprimée par :

Surface spécifique = surface⁄volume (2.49)

31
Au moyen d’un cube de 1 x 1 x 1 cm, la signification de la surface spécifique peut être
démontrée :

(1 cm2 )⁄
Surface spécifique = 6 6⁄
1 cm3 = cm =
0.6⁄
mm

Si le cube a un côté de 1 mm, la surface spécifique est :

6 (1 mm2 )⁄ 6⁄
1 mm3 = mm

Si le cube a un côté de 1 m, la surface spécifique est :

6 (1 μm2 )⁄ 6 6000⁄
1 μm3 = ⁄μm = 𝑚𝑚

De ces trois valeurs de surface spécifique, on remarque que les plus grosses particules ont
des surfaces plus petites que les plus petites particules, qu’elles soient cubiques ou
sphériques. Afin d’exprimer la surface spécifique en termes de masse, il suffit de diviser la
valeur en volume par la masse volumique des grains solides, 𝜌𝑠 . Les unités seront alors des
2 2
mètres carrés par gramme (𝑚 ⁄𝑔) ou des mètres carrés par kilogramme (𝑚 ⁄𝑘𝑔).

La surface spécifique est inversement proportionnelle à la dimension des grains d’un sol :
plus une particule est petite, plus sa surface spécifique augmente, et plus l’effet de surface
(film d’eau adsorbée, …) prend de l’importance.

De ce principe de la surface spécifique, on peut s’attendre à ce que les teneurs en eau des
sols à grains fins soient plus élevées que celles des sols à grains grossiers, lorsque tous les
autres facteurs, tels que l’indice des vides et la structure, sont identiques.

32
EXEMPLES

1. Du sol doit être excavé d’une fosse pour la construction d’un remblai. Le poids
volumique du sol non perturbé est 18 kN⁄m3 et sa teneur en eau est 8 %. Afin de
construire un remblai de 4 m de haut avec une largeur supérieure de 2 m et des pentes
latérales 1 : 1, estimer la quantité de sol devant être excavée par mètre de longueur du
remblai. Le poids volumique sec requis dans le remblai est 15 kN⁄m3 avec une teneur
en eau de 10 %. La densité spécifique des solides est 2.67. Déterminer aussi l’indice des
vides et le degré de saturation du sol dans le cas non perturbé et celui perturbé.

2. Un échantillon d’argile silteuse a un volume de 14.88 cm3 , une masse totale de 28.81 g,
une masse sèche de 24.83 g, et une densité spécifique des solides de 2.7. Déterminer
l’indice des vides et le degré de saturation.

3. Un échantillon de sol dans son état naturel a une teneur en eau de 32.5 % lorsqu’il est
complètement saturé. Déterminer l’indice des vides, les poids volumiques total et sec.
Calculer le poids total d’eau requis pour saturer une masse de sol d’un volume de 10
m3 en assumant que 𝐺𝑠 = 2.69.

4. Un sol à grain fin a une limite liquidité de 300 % et une limite plasticité de 55 %. La
teneur en eau naturelle du sol au champ est de 80 % et la teneur en argile est de 60 %.
Déterminer l’indice de plasticité, l’indice de liquidité et le coefficient d’activité de ce sol
?

5. Un essai de limite de retrait sur un sol argileux a fourni les données ci-dessous. Calculer
la limite de retrait. Si le volume total du sol sec est égal à son volume total à la limite de
retrait, quel est le degré de retrait ? Quelle est la nature de ce sol ?
Masse du contenant + sol saturé : 𝑀1 = 38.78 g
Masse du contenant + sol sec : 𝑀2 = 30.46 g
Masse du contenant : 𝑀3 = 10.65 g
Volume du contenant : 𝑉𝑜 = 16.29 cm3
Volume total du sol sec : 𝑉𝑑 = 10.00 cm3
33
3
IDENTIFICATION ET CLASSIFICATION DES SOLS

3.1 INTRODUCTION

Un système de classification des sols est un outil ou véhicule de communication pour les
ingénieurs. C’est un moyen de transmission des connaissances entre ceux qui ont précédé
dans la carrière et ceux qui suivent.

Il s’agit d’établir des corrélations entre les propriétés géotechniques, les indices et les
paramètres de classification d’un sol donné. La classification fournit des renseignements sur
la façon dont le sol va se comporter dans un ouvrage, pendant la construction ou sous les
charges structurales. Elle fournit ainsi le degré de performance d’un sol soit comme
matériau de sous-fondation pour les routes, pistes d’aéroports, fondations de structures, …
(Figure 3.1).

Les méthodes de classification des sols sont basées sur l’un ou l’autre de deux systèmes
suivants :

 Un système textural fondé sur la distribution de la taille des grains seulement;

 Des systèmes fondés sur la distribution de la taille des grains et les limites du sol.

Les systèmes les plus utilisés sont ceux fondés sur la distribution de la taille des grains et
les limites du sol. Les systèmes les plus populaires parmi les ingénieurs sont AASHTO
(American Association of State Highway Transportation Officials) et USCS (Unified Soil
Classification System). On peut aussi recourir à la classification texturale et classification sur
terrain.
3.2 CLASSIFICATION TEXTURALE

En utilisant les limites de taille des grains de sable, silt et argile (Tableau 3.1), un abaque
triangulaire de classification des sols a été développé (U.S. Department of Agricultural System)
pour classifier un mélange de sols (Figure 3.1).

La première étape consiste à classifier un échantillon de sol suivant le pourcentage de la


taille des grains du sable, silt et argile par l’analyse mécanique. Au moyen des pourcentages
de sable, silt et argile, un point est localisé sur l’abaque de la Figure 3.1. Cette méthode de
classification ne révèle aucune autre propriété de sol à part la distribution de la taille des
grains. Suite à sa simplicité, elle est largement utilisée dans le domaine de l’agriculture.

Tableau 3.1 – Fractions des grains de sols de U.S. Department of Agriculture

Figure 3.1 – Classification texturale de U.S. Department of Agriculture


36
3.2 SYSTÈME DE CLASSIFICATION UNIFIÉE DE SOLS (USCS)

Le système de classification unifiée des sols n’est ni trop élaboré ni trop simpliste. Il permet
de classifier un sol selon ses propriétés d’ingénierie incluant sa résistance, perméabilité et
compressibilité. L’information concernant les limités de liquidité et de plasticité, et
l’étalement du sol est requise.

Le USCS utilise des symboles de la taille des grains : G = gravier, S = sable, M = silt et C=
argile. Ces symboles sont combinés à d’autres symboles exprimant les caractéristiques
d’étalement des grains : – W pour bien étalé et P pour pauvrement étalé; et les
caractéristiques de plasticité : H pour plasticité élevée et L pour plasticité faible; et un
symbole O indiquant la présence de matériau organique.

Les trois types principaux de sols et les groupes de symboles dans chaque type de sol sont :

 Graviers : GP, GW, GM et GC

 Sables : SP, SW, SM et SC

 Silts et argiles : ML, CL, CH, MH, OH et OL.

Dans cette classification, il n’y a pas de distinction entre les silts et les argiles, quoique les
particules d’argiles soient plus petites et minéralogiquement différentes que celles des silts.
Les silts et les argiles sont indirectement distingués dans la classification USCS au moyen
des limites de liquidité et plasticité. Une classification typique de CL signifie un sol argileux
avec faible plasticité au moment où SP signifie un sable pauvrement étalé.

Les organigrammes des Figures 3.3 et 3.4 fournissent les cheminements à suivre pour la
classification des sols par la méthode USCS.

37
Figure 3.2 – Organigramme de l’USCS pour les sols à grains grossiers

Figure 3.3 – Organigramme de l’USCS pour les sols à grains fins


38
3.3 SYSTÈME DE CLASSIFICATION AASHTO

Ce système a été proposé à l’origine (1928) par U.S. Bureau of Public Roads pour l’utilisation
par les ingénieurs des autoroutes. Il est utilisé pour déterminer la convenance des sols dans
les ouvrages en terre, des digues et les fondations des routes. Selon l’AASHTO, les sols
granulaires sont ceux pour lesquels 35 % ou moins passent à travers le tamis 200 (0.075 mm).
Les sols silt-argile sont ceux pour lesquels plus de 35 % passent le tamis 200 (Tableau 3.2).

Tableau 3.2 – Types de sols, taille moyenne des grains et description selon AASHTO

Le système AASHTO classifie les sols en 7 groupes majeurs : de A1 à A7. Les 3 premiers
groupes (A1 à A3) sont des sols granulaires (grains grossiers : Tableau 3.3); tandis que les 4
derniers groupes (A4 à A7) sont des sols silt-argile (grains fins : Tableau 3.4). Ce système est
basé sur les trois propriétés suivantes des sols : distribution de la taille des grains, limite de
liquidité et indice de plasticité.

Un indice de groupe a été introduit pour différencier davantage les sols contenant de
matériau à grains fins. Cet indice de groupe est déterminé par :

𝐺𝐼 = 0.2𝑎 + 0.005𝑎𝑐 + 0.01𝑏𝑑 (3.1)


𝑎 est la portion de pourcentage des particules de sol passant le tamis 200, plus grand
que 35 = (𝐹 − 35).
𝑏 est la portion de pourcentage des particules de sol passant le tamis 200, plus grand
que 15 = (𝐹 − 15).
𝑐 est la portion de limite de liquidité plus grande que 40 = (𝑤𝑙 − 40).
𝑑 est la portion de l’indice de plasticité plus grande que 10 = (𝐼𝑝 − 10).
𝐹 est le pourcentage passant le tamis 200. Si 𝐹 < 35, utiliser (𝐹 − 35) = 0.

Prendre note que si 𝐺𝐼 < 0, utiliser 𝐺𝐼 = 0. Il n’existe pas de limite supérieure de 𝐺𝐼. Pour
calculer le 𝐺𝐼 des sols appartenant aux groupes A-2-6 et A-2-7, on utilise seulement l’indice
partiel de groupe (𝑃𝐺𝐼), donné par :
39
𝑃𝐺𝐼 = 0.01𝑏𝑑 = 0.01(𝐹 − 15)(𝐼𝑝 − 10) (3.2)

Des résultats expérimentaux de sols testés des différentes parties du globe étaient
représentés sur un graphique d’indice de plasticité en fonction de la limite de liquidité. Il a
été observé que les argiles, silts et sols organiques se trouvent dans des régions distinctes
du graphique. Une ligne définie par l’équation :

𝑃𝐼 = 0.73(𝑤𝑙 − 20) % (3.3)

appelée « ligne A (A-line) », délimite les frontières entre les argiles (au-dessus de la ligne)
et silts et sols organiques (en dessous de la ligne). Une seconde ligne, « ligne U (U-line),
exprimée sous :

𝑃𝐼 = 0.9(𝑤𝑙 − 8) % (3.4)

définit la limite supérieure de la corrélation entre l’indice de plasticité et la limite de


plasticité.

Figure 3.4 – Abaque de plasticité

La Figure 3.5 fournit un moyen rapide pour utiliser les limites de liquidité et de plasticité
(et l’indice de plasticité) pour déterminer la classification des sous-groupes A-2, et de A-4 à
A-7. Par exemple, le groupe A-7 est subdivisé en A-7-5 ou A-7-6 dépendamment de l’indice
de plasticité. Pour A-7-5 : 𝐼𝑝 ≤ 𝑤𝑙 − 30 et pour A-7-6 : 𝐼𝑝 ≥ 𝑤𝑙 − 30.

40
Figure 3.5 – Classification AASHTO de silt et argile avec l’abaque de plasticité

41
Tableau 3.3 – Classification AASHTO pour les sols à grains grossiers

43
Tableau 3.4 – Classification AASHTO pour les sols à grains fins

44
Tableau 3.5 – Groupes de sols comparables selon les systèmes AASHTO et USCS

Groupes de sols comparables selon le système de l’AASHTO


Groupe de sol selon
le système USCS Possible mais peu
Très probable Possible
probable
GW A-1-a - A-2-4, A-2-5, A-2-6,
A-2-7
GP A-1-a A-1-b A-3, A-2-4, A-2-5,
A-2-6, A-2-7
GM A-1-b, A-2-4, A-2-5, A-2-6 A-4, A-5, A-6, A-7-5,
A-2-7 A-7-6, A-1-a
GC A-2-6, A-2-7 A-2-4, A-6 A-4, A-7-6, A-7-5
SW A-1-B A-1-a A-3, A-2-4, A-2-5,
A-2-6, A-2-7
SP A-3, A-1-b A-1-a A-2-4, A-2-5, A-2-6,
A-2-7
SM A-1-b, A-2-4, A-2-5, A-2-6, A-4, A-5 A-6, A-7-5, A-7-6,
A-2-7 A-1-a
SC A-2-6, A-2-7 A-2-4, A-6, A-4, A-7-5
A-7-6
ML A-4, A-5 A-6, A-7-5 -
CL A-6, A-7-6 A-4 -
OL A-4, A-5 A-6, A-7-5, A-7-6 -
MH A-7-5, A-5 - A-7-6
CH A-7-6 A-7-5 -
OH A-7-5, A-5 - A-7-6
Pt - - -
Tableau 3.5 – (suite)

Groupe de sol Groupes de sols comparables selon le système USCS


selon le système de Possible mais peu
l’AASHTO Très probable Possible
probable
A-1-a GW, GP SW, SP GM, SM
A-1-b SW, SP, GM, SM GP -
A-3 SP - SW, GP
A-2-4 GM, SM GC, SC GW, GP, SW, SP
A-2-5 GM, SM - GW, GP, SW, SP
A-2-6 GC, SC GM, SM GW, GP, SW, SP
A-2-7 GM, GC, SM, SC - GW, GP, SW, SP
A-4 ML, OL CL, SM, SC GM, GC
A-5 OH, MH, ML, OL - SM, GM
A-6 CL ML, OL, SC GC, GM, SM
A-7-5 OH, MH ML, OL, CH GM, SM, GC, SC
A-7-6 CH, CL ML, OL, SC OH, MH, GC, GM,
SM

EXEMPLES/EXERCICES

1. Une analyse de tamisage a été faite sur 650 g de sol. Les résultats sont les suivants :

N tamis 9.53 mm 4 10 20 40 100 200 Plateau


Ouverture (mm) 9.53 4.75 2 0.85 0.425 0.15 0.075
Masse retenue (g) 0 53 76 73 142 85 120.5 99.8

Déterminer :
(a) La quantité de sols à grains grossiers et à grains fins; et représenter graphiquement
la courbe de ce sol
(b) La quantité de chaque type de sol selon le système ASTM.

46
2. Un échantillon d’un matériau sec à gros grains d’une masse de 500 g est secoué dans un
ensemble de tamis et les résultats suivants ont été obtenus :

N tamis Ouverture (mm) Masse retenue (g)


4 4.75 0
10 2.00 14.8
20 0.85 98
40 0.425 90.1
100 0.15 181.9
200 0.075 108.8
Plateau 6.1

(a) Représenter la courbe de distribution de la taille des grains


(b) Déterminer : (1) la taille effective; (2) la taille moyenne des particules; (3) le
coefficient d’uniformité; et (4) le coefficient de courbure
(c) Déterminer la composition texturale du sol (i.e., la quantité de gravier, sable, etc.)

3. Un échantillon d’un sol inorganique a les caractéristiques de taille des grains suivantes :

Taille (mm) Pourcentage passant


2.0 (n 10) 95
0.075 (n 10) 75

La limite de liquidité est 56 % et l’indice de plasticité 25 %. Classer ce sol selon le système


de classification AASHTO.

4. Une analyse mécanique sur quatre échantillons différents A, B, C et D a été faite dans un
laboratoire de sols. Les résultats des essais sont donnés ci-dessous. L’analyse à
l’hydromètre a été faite sur l’échantillon D. Le sol est non plastique. Échantillon D : limite
de liquidité = 42, limite de plasticité = 24, et indice de plasticité = 18. Classer ces sols selon
le système USCS.

47
Échantillons A B C D
Tamis ASTM Pourcentage passant
63.0 mm 100 93
20.0 mm 64 76
6.3 mm 39 100 65
2.0 mm 24 98 59
600  12 90 54
212  5 9 47 100
63  1 2 34 95
20  23 69
6 7 46
2 4 31

48
4
LATÉRITES ET SOLS LATÉRITIQUES

4.1 DÉFINITION, FORMATION, COMPOSITION ET LOCALISATION

4.1.1 Définition

La latérite est un matériau meuble ou induré utilisé pour la construction d'édifices dans les
régions tropicales, riche en hydroxydes de fer ou d’aluminium, constituant des sols des
horizons superficiels, des horizons profonds de profil d’altérations. Il est apparemment non
stratifié et se situe à faible profondeur dans les sols. Lorsqu’il est frais, il peut être facilement
découpé en blocs réguliers à l’aide d’un instrument tranchant. Exposé à l’air, il durcit
rapidement et résiste alors remarquablement aux agents météorologiques.

Ces propriétés des latérites expliquent leur emploi fréquent comme matériau de
construction, emploi comparable à celui des briques. Dans les langues locales, ces
formations sont dénommées « terre à brique » (Figure 3.1). Le nom « latérite » n’est donc
que la traduction latine d’une terminologie vernaculaire. Latérite a pour racine later, qui
signifie « brique » en latin, et ceci uniquement par référence à l’utilisation de ces blocs.
Figure 3.1 – Photos de deux sol latéritiques

Du recensement du nombre aussi important d’ouvrages construits au moyen des sols


latéritiques, on peut retenir ce qui suit :

 les sols fins ferralitiques (ou latérite),

 les graveleux latéritiques, utilisés le plus souvent en construction routière comme


couche de forme, couche de fondation ou de base,

 la carapace (ou horizon) latéritique, très dure mais pouvant être détruite par un engin
de terrassement ou à la pioche, …

 la cuirasse latéritique, qui est une couche très dure de matériau aggloméré ressemblant
à des scories, difficilement destructible par des engins à lame, parfois naturellement
fragmenté.

Il a aussi été suggéré de limiter l’usage du mot latérite à son emploi comme adjectif dans
des expressions sans ambiguïté telles que :

 graveleux latéritiques,

 argiles latéritiques,

 carapace ou cuirasse latéritique.

50
4.1.2 Formation

La latérite est le résultat d’une décomposition ou d’un processus d’altération. Elle est un
produit d’altération en milieu tropical. La roche mère est chimiquement altérée suite à
l’intensité de précipitations et de la chaleur, et s’enrichit en oxydes de fer et d’aluminium
alors que les autres éléments plus solubles sont lessivés par les eaux selon la topographie.
Les bases sont ainsi évacuées, les feldspaths se transforment en illite et surtout en kaolinite.
Il résulte de tous ces processus des matériaux de couleurs jaune, ocre, rouge et violet, les
matériaux rouges étant prédominants.

Le phénomène de latérisation est un processus de formation des sols spécifiques aux régions
tropicales chaudes et humides. Il s’agit d’une altération de la roche-mère dont la
caractéristique essentielle réside dans la mise en solution puis le départ de la silice. Ce
phénomène de lessivage s’accompagne d’un enrichissement en fer et en alumine sous forme
d’oxydes Fe2 O3 et Al2 O3 .

Certains facteurs ont une influence prépondérante sur l’altération des roches et la formation
des sols latéritiques qui en découlent, ce sont :

 le climat (pluviométrie, température, bilan hydrique) ;

 la topographie (érosion et drainage) ;

 la végétation (matière organique, bactéries, acides humiques) ;

 la roche-mère.

a) Climat

L’influence du climat sur la formation des latérites est multiforme :

 la température intervient dans la réaction physique et chimique nécessaire à la formation


des sols. La majorité des sols latéritiques contemporains se développent sous des
températures moyennes annuelles qui avoisinent 25 °C, mais qu’il existe aussi des sols
latéritiques profonds sur les hauts plateaux malgaches, où la température moyenne
annuelle est de 18 à 20 °C. On peut en conclure que les latérites se forment dans les régions
où la température est élevée, mais qu’il peut en exister dans d’autres régions où la
température a été élevée lors de leur formation ;

51
 les précipitations nécessaires à la formation des latérites sont très variables. On remarque
que les valeurs des précipitations peuvent être différentes pour un sol sous climat tropical
à saison peu étalée et pour un sol sous climat équatorial à précipitation étalée ;

 le rôle de l’eau étant surtout de lessiver le matériau, l’efficacité de son action dépend de
la nature de la roche.

b) Topographie

Le relief conditionne le drainage (il détermine la quantité d’eau s’écoulant à travers la zone
d’altération) et contrôle la vitesse de l’altération. Les formations latéritiques, et surtout les
latérites indurées, sont associées à des topographies subhorizontales et à des plateaux élevés
ou ayant des ondulations douces, mais rarement à des pentes raides.

c) Végétation

Le rapport entre le climat et les latérites débouche nécessairement sur le rapport entre le
type de végétation et les latérites. La latérite peut se former sous une végétation forestière
et que l’induration suivrait la disparition du couvert forestier. C’est ainsi que les latérites
durcies sont plus répandues dans les régions de savane. Les formes nodulaires sont très
courantes dans les régions forestières.

La végétation influe sur la teneur en éléments grossiers des horizons superficiels des sols
latéritiques en limitant l’érosion (les débris de quartz et gravillons se concentrent par suite
de l’entraînement des matériaux fins par les eaux de ruissellement). L’action des racines
provoque aussi une certaine homogénéisation de ces matériaux.

d) Roche-mère

En Afrique sub-saharienne, notamment en Afrique de l’ouest, la latérisation peut se réaliser


sur des roches basiques sous une pluviométrie de 1100 mm/an alors que sur des granites
riches en quartz cette limite s’élève à 1250 – 1300 mm/an.

52
4.1.3 Composition

La composition minéralogique est considérée comme étant la plus importante pour


expliquer les propriétés physiques des latérites indurées ainsi que des sols latéritiques. Les
éléments majeurs n’affectent pas le processus de latérisation. Il s’agit essentiellement des
oxydes et des hydroxydes d’aluminium et de fer avec les minéraux d’argile et
accessoirement, du manganèse, du titane et des silicates. Les sols latéritiques sont des sols
maigres, lessivés et appauvris en silice et en éléments nutritifs fertilisants (Ca, Mg, K, Na).
La végétation, comme par exemple les grandes forêts équatoriales, reste cependant
abondante sur ces sols, bien que fragile.

Le fer oxydé donne la couleur rouge d'une latérite. La présence d’alumine Al2 O3 fait de
certaines latérites appelées bauxite le principal minerai d’aluminium. Il s'agit aussi d'une
réserve importante d’aquifères, les sols latéritiques filtrant environ 50% de l'écoulement
global. Les constituants mineurs sont résiduels ou des matériaux classiques. Le fer apparait
surtout sous forme de goethite ou limonite et hématite, la magnésite et l’ilménite sont rares;
l’alumine est souvent sous forme de gibbsite, de boehmite et des composés amorphes.

Le minéral d’argile le plus commun est la kaolinite et accessoirement, sa variété oxydée


appelée halloysite. L’illite et la montmorillonite sont aussi rares. Une latérite peut se former
à partir de n'importe quel type de roche, mais seulement si le climat est aride sur une période
prolongée. Cependant, il se forme autant de types de latérites qu'il y a de roches d'origine.
Lors de l'altération, les minéraux de base les plus instables disparaissent (comme les
feldspaths), et les ions les plus solubles s'échappent en solution. Les autres restent sur place
en formant de nouvelles roches.

La composition chimique des latérites varie fortement localement et verticalement (Tableau


4.1).

Tableau 4.1 – Composition de différentes latérites

Le matériau comporte donc une succession d’éléments de diverses grosseurs et de diverses


formes allant de colloïdes à parfois des blocs.

53
4.1.4 Localisation

Les latérites sont largement répandues à travers le monde, mais plus particulièrement dans
les régions intertropicales d’Afrique, d’Australie, de l’Inde, du sud-est asiatique et
d’Amérique du sud (Figure 4.2). Toutefois la répartition de ces sols ne correspond pas
nécessairement aux conditions actuelles de genèse. Beaucoup de ces formations sont sub-
actuelles ou fossiles, même en régions intertropicales. Leur existence montre qu’à un
moment ou un autre de l’histoire du globe, les conditions de formation ont pu se trouver
réunies, conditions qui n’ont pas été nécessairement contemporaines en tous points de la
terre.

Figure 3.2 – Localisation des sols latéritiques dans le monde

54
4.2 CARACTÉRISTIQUES MORPHOLOGIQUES DES SOLS LATÉRITIQUES

Les sols latéritiques présentent une grande variabilité de caractéristiques morphologiques


liée en général aux conditions dans lesquelles ils se sont formés et à la nature de la roche
mère. Les caractéristiques morphologiques des sols latéritiques sont :
 l’induration ;
 la structure ;
 la couleur ;
 la densité.

4.2.1 Induration

L’induration des sols latéritiques dépend de plusieurs facteurs :

 la composition et le degré de cristallisation des composants : les latérites moins


hydratées sont les plus dures et la dureté croît avec les teneurs en fer (plus la teneur
en sesquioxydes est élevée plus l’induration est forte) ;

 de l’assemblage des différents constituants ;

 du degré de vieillissement : les latérites les plus âgées sont plus dures que celles issues
de formations récentes.

La résistance et la dureté des latérites durcies est fonction de leur composition chimique, de
leur âge et de leur homogénéité. Les latérites durcies riches en fer sont plus dures que celles
qui sont riches en alumine.

4.2.2 Structure

La structure des latérites est extrêmement variée mais les modes d’assemblage peuvent se
réduire à trois éléments :

 les éléments indurés forment un squelette cohérent et continu ;

 les éléments indurés sont des concrétions ou des nodules libres au milieu d’un
matériau terreux ;
55
 les éléments indurés cimentent les matériaux préexistants.

4.2.3 Couleur

La couleur des sols latéritiques est variée mais généralement d’intensité vive. Les teintes les
plus courantes sont le rose, l’ocre, le rouge, le jaune et le brun. Il est généralement admis
que la couleur du sol est due, dans une large mesure, à la présence de fer, comme c’est le
cas pour certains sédiments. Les couleurs vives, rouges ou jaunes, sont dues aux oxydes ou
hydroxydes ferriques. La couleur rouge est provoquée par la présence d’hématite et la
couleur jaune par la goethite.

4..2.4 Densité

La densité des particules des sols latéritiques, qui varie dans d’assez grandes proportions
(2.5 à 3.6), dépend de leur composition chimique. Elle augmente avec les teneurs en fer et
diminue avec les teneurs en alumine. Les formes oxydées sont plus denses que les formes
hydratées.

56
4.3 CARACTÉRISTIQUES CHIMIQUES ET MINÉRALOGIQUES DES LATÉRITES

Des latérites physiquement semblables peuvent avoir des compositions chimiques


différentes et inversement des latérites chimiquement semblables peuvent posséder des
propriétés physiques très distinctes.

Les constituants minéralogiques sont divisés en éléments principaux, essentiels à la


latérisation, et en éléments secondaires qui n’affectent pas le processus de latérisation. Les
éléments principaux sont les oxydes et hydroxydes d’alumine et de fer des minéraux
argileux et, à un degré moins important, ceux de manganèse et de titane, et la silice. Les
constituants secondaires sont des restes résiduels ou matériaux clastiques.

Le pourcentage d’oxydes et d’hydroxydes d’alumine et de fer (sesquioxydes) peuvent


atteindre pour certains sols latéritiques près de 80% du produit de la latérisation. La
kaolinite est le plus répandu des minéraux argileux dans les sols latéritiques. L’halloysite y
est également trouvée. L’illite et la montmorillonite y sont rares.

4.4 CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES ET MÉCANIQUES DES LATÉRITES

Un graveleux latéritique est un sol résiduel d’altération tropicale, constitué par un mélange
de particules de dimensions généralement comprises entre 2 et 20 mm (pisolithes,
concrétions ou nodules plus ou moins durs et/ou rognons de quartz) et d’argile latéritique
de couleur le plus souvent rougeâtre ou ocre (parfois grise, plus au nord). Il est utilisé pour
construire la partie inférieure des corps de chaussées (couche de base et couche de
fondation) dans la partie de l’Afrique située au sud du Sahara, en raison de son intérêt
économique.

Définir les propriétés physiques et mécaniques d’un matériau naturel utilisé dans la
construction des routes revient à déterminer, par des essais de laboratoire et des essais en
place, les caractéristiques physiques d’identification (limites de plasticité 𝑤𝑝 et de liquidité
𝑤𝑙 , indice de plasticité 𝐼𝑝 , courbe granulométrique, notamment les proportions de particules
fines et de particules graveleuses, pourcentage de matières organiques, poids volumique
des particules 𝛾𝑠 ), caractéristiques mécaniques de compactage (densité 𝛾𝑑 𝑚𝑎𝑥 et teneur en
eau 𝑤𝑜𝑝𝑡 à l’optimum Proctor modifié), caractéristiques de résistance au cisaillement (angle
57
de frottement interne φ et cohésion c) et les caractéristiques de consolidation et de
poinçonnement (indice CBR, …).

Le paramètre de comportement mécanique le plus souvent corrélé au comportement des


couches de base ou de fondation en graveleux latéritiques est l’indice portant CBR, parce
que la résistance au poinçonnement constitue l’une des caractéristiques fondamentales des
chaussées du type souple.

58
5
COMPACTAGE

5.1 DÉFINITION ET OBJECTIF

Le compactage est peut-être la plus simple méthode pour améliorer les sols. Il est la
densification des sols par application d’énergie mécanique. Ceci peut entraîner aussi bien
une modification de la teneur en eau qu’une modification de la granulométrie.

En laboratoire, les sols fins et cohérents peuvent être compactés par pétrissage ou par
pression statique. Sur le terrain, on utilise les tamponneuses manuelles, les rouleaux
compresseurs à tambour lisse, à pieds de mouton ou à pneu multiples, ...

Le compactage vise à améliorer les propriétés géotechniques des sols. Il permet de :

 réduire ou éliminer les tassements futurs;


 augmenter la résistance (au cisaillement) des sols et la stabilité des talus;
 améliorer la capacité portante des infrastructures routières;
 limiter les variations de volume indésirables causées, par exemple, par l’action du
gel, le gonflement et le retrait;
 réduire la percolation de l’eau
5.2 THÉORIE DE COMPACTAGE

Proctor (1930) a démontré que le compactage est fonction de quatre variables :

 le poids volumique sec (𝛾𝑑 );


 la teneur en eau (𝑤);
 l’énergie de compactage;
 le type de sol (étalement granulométrique, présence d’argile.

L’énergie de compactage est une mesure de l’énergie mécanique appliquée à une masse de
sol ou par unité de volume, et s’exprime en J⁄m3 .

Sur le terrain, l’énergie de compactage correspond au nombre de passages d’un rouleau


d’un certain type et de poids donné, sur un volume déterminé. En laboratoire, le compactage
par impact est le procédé le plus répandu. Il consiste à laisser tomber à plusieurs reprises
un marteau sur un échantillon dans un moule. La masse du marteau, la hauteur de chute,
le nombre de coups, le nombre de couches de sol et le volume du moule sont bien définis.

5.2.1 Essai de compactage Proctor (ASTM D 1140 et ASTM D 1557)

But de l’essai Proctor : fournir une quantité d’énergie mécanique (effort compactif) pour
déterminer le poids volumique sec maximal.

Dans l’essai Proctor normalisé, un échantillon de sol est mélangé à l’eau et compacté dans
un moule cylindrique d’un volume de 9.55 x 10−4 m3 au moyen des coups d’un marteau de
2.5 kg, tombant librement d’une hauteur de 305 mm (Figure 3.3). Le sol est compacté en trois
couches dont chacun est soumis à 25 coups.

60
Figure 5.1 – Appareillage de l’essai de compactage Proctor

L’énergie transmise par le marteau est :


𝐸𝑐𝑜𝑚𝑝 = 𝑚ℎ 𝑔 ( 𝑑⁄𝑉 ) 𝑁𝑏 𝑁𝑙 (5.1)

où 𝑚ℎ est la masse du marteau, 𝑔 est l’accélération due à la gravité, ℎ𝑑 est la hauteur de


chute du marteau, 𝑉 est le volume du sol compacté, 𝑁𝑏 est le nombre de coups, et 𝑁𝑙 est le
nombre de couches. Par conséquent, l’énergie de compactage de l’essai Proctor est :

𝐸𝑐𝑜𝑚𝑝 = 2.5 x 9.8 (0.305⁄9.44 x 10−4 ) 25 x 3 x 10−3 = 594 kJ⁄m3

Pour la plupart des projets, l’essai de compactage Proctor est satisfaisant. Pour des projets
impliquant des charges lourdes, telles que les pistes pour supporter les charges lourdes des
avions, un essai de Proctor modifié a été développé. Pour cet essai, le marteau a une masse
de 4.54 kg et tombe librement d’une hauteur de 457 mm. Le sol est compacté en cinq couches
avec 25 coups par couche dans le moule Proctor standard. L'énergie de compactage du test
de compactage du test Proctor modifié est de 2696 kJ⁄m3 , soit environ 4.5 fois l'énergie de
l’essai Proctor normalisé.

Les argiles produisent généralement des courbes en forme de cloche. Les sables montrent
souvent une diminution initiale du poids volumique sec, attribuée à la tension capillaire qui
restreint la libre circulation des particules du sol, suivie d'une bosse. Certains sols – ceux
dont la limite de liquidité est inférieure à 30% et les sables fins et pauvrement étalés –
peuvent produire une ou plusieurs bosses avant que le poids volumique sec maximum soit
atteint (Figure 5.2).

61
Figure 5.2 – Relation entre le poids volumique sec et la teneur en eau

La teneur en eau à laquelle le poids volumique sec maximum (𝛾𝑑 ) est atteint est appelée la
teneur en eau optimale (𝑤𝑜𝑝𝑡 ). À des teneurs en eau inférieures à l'optimum (sèches de
l'optimum), l'air est expulsé et l'eau facilite le réarrangement des grains du sol en une
configuration plus dense – le nombre de grains du sol par unité de volume de sol augmente.
À des teneurs en eau juste au-dessus de l'optimum (humides de l'optimum), l'effort de
compactage ne peut pas expulser plus d'air et de l'eau supplémentaire déplace les grains du
sol, diminuant ainsi le nombre de grains de sol par unité de volume de sol. Par conséquent,
le poids volumique sec diminue. L’essai Proctor modifié, utilisant des niveaux plus élevés
d'énergie de compactage, atteint un poids volumique sec maximum plus élevé à une teneur
en eau optimale inférieure à celui du test normalisé (Figure 5.3). Le degré de saturation est
également plus faible à des niveaux de compactage plus élevés que dans l’essai de
compactage normalisé.

62
Figure 5.3 – Effet de l’augmentation de l’effort de compactage sur la relation 𝛾𝑑 - 𝑤𝑜𝑝𝑡

5.2.2 Interprétation des résultats de l’essai Proctor

La connaissance de la teneur en eau optimale et du poids volumique sec maximum est très
importante pour les spécifications de l’amélioration des sols en construction. Ces
spécifications pour les structures en terre (remblais, semelles, …) nécessitent généralement
un minimum de 95 % du poids volumique sec maximum du Proctor. Ce niveau de
compactage est atteint à deux teneurs en eau – une avant d’atteindre la teneur en eau
optimale ou le sec de l’optimum, l’autre après l’atteinte de la teneur en eau optimale ou
l’humide de l’optimum (Figure 5.4). Une pratique normale est de compacter le sol au sec de
l’optimum

63
Figure 5.4 – Illustration de spécification de compactage sur le terrain

5.3 SPÉCIFICATIONS ET CONTRÔLE DU COMPACTAGE SUR LE TERRAIN

La conception et la construction d’un ouvrage en terre passe par les phases suivantes :

1) on effectue des essais en laboratoire, sur des échantillons du matériau d’emprunt


considéré afin de définir les propriétés nécessaires à la conception;

2) lorsque la conception du massif de sol est déterminée, on établit le devis de compactage


et on spécifie des essais de contrôle du compactage sur le terrain

3) des inspecteurs effectuent des essais de contrôle sur le terrain pour vérifier si
l’entrepreneur se conforme aux exigences du devis.

Deux catégories de spécification sont utilisées : spécifications du produit fini et


spécifications de la méthode employée.

Dans le premier cas, on spécifie une compacité relative ou pourcentage de compacité (𝐶. 𝑅. ),
défini comme le rapport de la masse volumique du matériau sec sur le terrain (𝜌𝑑 𝑠𝑖𝑡𝑒 ) à la

64
masse volumique maximale du matériau sec obtenue en laboratoire (𝜌𝑑 𝑚𝑎𝑥 ) et mesurée à
l’aide d’un essai Proctor normalisé ou l’essai Proctor modifié.

𝜌𝑑 𝑠𝑖𝑡𝑒
𝐶. 𝑅. = ( ⁄𝜌𝑑 𝑚𝑎𝑥 ) x 100 (%) (5.2)

Dans la plupart des spécifications pour les travaux de terrassement, il est nécessaire
d'atteindre un poids volumique sec compacté sur le terrain de 90 % à 95 % du poids
volumique sec maximum obtenu en laboratoire, appelé aussi compacité relative.

Différents types d'équipements sont utilisés pour vérifier la qualité de compactage (masse
volumique) obtenue sur le terrain (Figure 5.5) : (a) le cône de sable, (b) le ballon, (c) le
déversement d’eau ou d’huile et (d) le densimètre nucléaire. Ces essais de contrôle sur le
terrain peuvent être destructifs (creusage et prélèvement d’une partie du matériau de
remblai) ou non destructifs (détermination de façon indirecte de la masse volumique et la
teneur en eau du remblai).

Pour un essai destructif :

1) Creuser un trou dans le remblai jusqu’à la profondeur d’échantillonnage désirée.


Déterminer ensuite la masse du matériau excavé.

2) Prélever un échantillon dont on détermine la teneur en eau.

3) Mesurer le volume du matériau excavé (cône de sable, ballon, déversement d’eau ou
d’huile, dont on connaît la masse volumique, dans le trou). Déterminer le volume du
trou à partir de la relation entre la masse du sable versé dans le trou et sa masse
volumique (en absence de tout engin vibrant à proximité). Par la méthode du ballon, le
volume du trou est déterminé par la dilation du ballon.

4) Ayant la masse totale du matériau excavé (𝑀𝑡 ) et le volume du trou (𝑉𝑡 ), calculer la
masse volumique totale (𝜌). Connaissant la teneur en eau de l’échantillon, on peut
calculer la masse volumique du remblai sec (𝜌𝑑 𝑠𝑖𝑡𝑒 ).

5) Calculer la compacité relative en comparant la valeur de 𝜌𝑑 𝑠𝑖𝑡𝑒 avec celle de 𝜌𝑑 𝑚𝑎𝑥 .

65
Cône de sable Ballon Densimètre nucléaire

Figure 5.5 – Quelques méthodes de détermination de masse volumique sur le terrain

5.4 EXEMPLES/EXERCICES

1. Les résultats d’un essai de compactage standard sont donnés ci-dessous

Teneur en eau (%) 6.2 8.1 9.8 11.5 12.3 13.2


Poids volumique humide (kN⁄m3 ) 16.9 18.7 19.5 20.5 20.4 20.1

(a) Déterminer le poids volumique sec maximum et la teneur en eau optimale


(b) Quel est le poids volumique sec à la teneur en eau à 95 % de compactage standard
sec de l’optimum
(c) Déterminer le degré de saturation à la densité sèche maximale
(d) Représenter la ligne des vides à zéro air

2. Les résultats détaillés d’un essai de compactage standard sont présentés ci-dessous.
Déterminer le poids volumique sec maximum et la teneur en eau optimale.
Diamètre de moule = 101.4 mm
Hauteur de moule = 116.7 mm
Masse de moule = 4196.50 g

66
Masse sol humide Masse sol humide Masse sol sec + tare Masse tare (g)
+ moule (g) + tare (g) (g)
5906.00 114.92 111.48 46.50
6056.00 163.12 155.08 46.43
6124.00 190.43 178.64 46.20
6156.00 193.13 178.28 46.50
6103.00 188.77 171.58 46.10

3. Un essai Proctor standard d’un sable graveleux (24 % gravier, 76 % sable) à être utilisé
comme une sous-fondation dans un remblai d’une autoroute est représenté ci-dessous.

(a) Spécifier les critères de compactage sur le terrain;


(b) Spécifier le poids volumique sec et la teneur en eau à 95 % de compactage standard
sec de l’optimum.

67

Vous aimerez peut-être aussi