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— le principe ionique : une masse d’air ionisée par une décharge électrique HF
entre deux électrodes engendre une variation locale de pression proportionnelle
à l’agitation thermique induite par la modulation BF des électrodes.
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1. Haut-parleurs
à bobine mobile
Les haut-parleurs à bobine mobile sont des transducteurs électro-
dynamiques fonctionnant en émetteurs.
Ils arrivent, de très loin, en tête du marché des systèmes de repro-
duction sonore. Ce choix quasi exclusif est principalement dû au fait
que ce sont les seuls transducteurs capables de reproduire les basses
fréquences à des niveaux de puissances compatibles avec un rendu
équilibré de tout le spectre audible.
Figure 1 – Bobine placée dans l’entrefer d’un circuit magnétique
et soumise à un champ radial d’induction B
e = v ∧ B
v étant le vecteur vitesse de déplacement.
Cette force électromotrice s’oppose au courant qui lui a donné Figure 2 – Principe de la transduction électromécanique
naissance (loi de Lenz). L’équation du circuit électrique (figure 3)
s’écrit donc :
di
U = Ri + L --------- + Bv (1)
dt
l’équation mécanique traduisant le mouvement de la bobine est
alors :
d2 x dx
Bi = m ----------2- + r f --------- + k m x (2)
dt dt
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2 2
Or v = [ B ⁄ ( Z e Z m + B ) ] u À partir des courbes Z *e ( ω ) , généralement données par le
constructeur, on peut évaluer :
d’où la condition de linéarité : — la résistance électrique du bobinage R (ordonnée du point B) ;
— le coefficient d’auto-induction L ; les coordonnées du point C
Z e Z m = constante indépendante de la fréquence sont données par la relation :
En pratique, cette condition ne sera réalisée que pour une bande 2 2
Z *e C = R + (Lω)
de fréquence limitée.
Toutefois, contrairement aux microphones pour lesquels il est sou- (compte tenu du fait qu’à la fréquence f C (abscisse du point C),
haitable d’obtenir une grandeur de sortie (tension électrique) l’impédance motionnelle est négligeable) ; d’où :
proportionnelle à la grandeur active (force de pression agissant sur
la membrane), la linéarité des haut-parleurs ne se limite pas aux seuls 2 2
termes électromécaniques ; elle fait également intervenir les compo- yC–yB
L = ---------------------
santes acoustiques du rayonnement : impédance, puissance et 2πf C
directivité.
— le coefficient de frottement r f .
Il en résulte que la caractéristique la plus significative du couplage
électromécanique n’est pas la fonction de transfert v ⁄ i mais l’impé- Le point A correspond à la résonance mécanique de l’équipage
dance électrique Z * . mobile, d’où :
e
2 2
B
Z*
e
= R + --------------
A rf
1.2 Détermination des constantes À la fréquence f A , Lω est négligeable, on peut donc admettre que :
électromécaniques
2 2
B
r f = -------------------
yA – yB
Le tracé de la courbe du module de l’impédance électrique Z *e
en fonction de la fréquence est facile à obtenir expérimentalement — le rapport k m /m s’obtient directement à partir de l’abscisse du
(rapport de la tension de sortie au courant débité par l’amplificateur). point A :
Elle présente une allure caractéristique (figure 4) et permet d’obtenir km 2
la valeur de la plupart des constantes électroacoustiques du - = ( 2πf A )
------
m
haut-parleur.
Il en résulte que si l’on connaît la masse (ou la raideur) de l’équi-
La figure 4 montre le tracé des trois grandeurs caractéristiques
page mobile, ainsi que l’impédance de couplage B , toutes les
de l’impédance électrique du haut-parleur :
autres grandeurs électromécaniques [R, L, r f et k m (ou m )] peuvent
2 2 être évaluées à partir de la courbe d’impédance électrique du
B
Z *e = R + jL ω + -------------- haut-parleur.
Zm
■ Détermination de la masse m de l’équipage mobile
Une des méthodes classiques de détermination de la masse de
la membrane consiste à coller sur le dôme une masse additionnelle
M et à mesurer la nouvelle fréquence de résonance du système.
Si l’on admet, en première approximation, que le rapport des
fréquences propres est égal à celui des fréquences de résonance,
on aura :
km
f 0′ 2 --------------------
f0
-------
m+M m
= -------------------- = --------------------
km m+M
-------
m
d’où la masse cherchée :
M
m = ---------------------------------
( f 0 ⁄ f 0′ ) 2 – 1
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— la courbe de désaimantation du matériau : (Les indices a sont relatifs à l’aimant et les indices e à l’entrefer).
Nota : pour de plus amples renseignements, le lecteur pourra se reporter à l’article
B a (H a ) (5) Aimants permanents. Principes et circuits magnétiques [D 2 090] dans le traité Génie
électrique.
— la conservation du flux :
Exemple numérique : recherche du point de fonctionnement
ϕa = ϕe + ϕ f (6) d’un circuit magnétique
Un haut-parleur a un aimant permanent cylindrique :
avec ϕ a flux traversant l’aimant,
— de diamètre extérieur D e = 12 cm ;
ϕ e flux d’entrefer, — de diamètre intérieur D i = 6 cm ;
ϕ f flux de fuite. — de hauteur a = 2 cm .
Soit encore : L’entrefer du circuit a un volume de 1,286 · 10–6 m3, un rayon
de 23,15 mm et une hauteur b e de 6 mm. L’induction d’entrefer est
BaSa = pB eS e de 1,26 T pour un flux ϕ e de 1,1 · 10–3 Wb.
ϕf Le flux de fuite doit être voisin de (e0,48 – 1) 10 –3.
où p est le facteur de fuite = 1 + ---------
-.
ϕe
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0,6
p = 1 + ---------- = 1,55
1,1
si l’on admet que le circuit a un facteur de pertes q = 1,1.
Les caractéristiques connues de l’entrefer et de l’aimant étant :
Ve 1,286 –3
- = ------------------------------ = 1,47 ⋅ 10 m
e = ---------------
πdb e π ⋅ 46,3 ⋅ 6
S e = πdb e = 8,73 ⋅ 10 –4 m 2
— pour l’entrefer on a :
Be = 1,26 T
1,26
- = 10 6 A / m
H e = -----------------------
4π ⋅ 10 –7
— pour l’aimant on a une longueur :
a = 0,02 m Figure 7 – Notations utilisées pour la détermination
des grandeurs caractéristiques d’un circuit magnétique
et une surface effective :
π 2 2 π
S a = ------ ( D e – D i ) = ------ ( 0,12 2 – 0,06 2 ) = 8,48 ⋅ 10 – 3 m 2
4 4
Les équations du circuit se réduisent donc à (figure 7) :
H a a + 1,1 H e e = 0
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Z a = 4 ⋅ 10 5 + j 210 ω
F
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Ces variations ont la même origine : la suppression des termes Cette différence se traduit :
de charge des circuits acoustiques. a ) par une dérive de la pulsation propre de la membrane qui
En effet, l’étude précédente (§ 1.4.3) a montré que l’impédance passe :
acoustique de la membrane chargée avait pour expression :
km + ki km
km + k i de ω0 = -----------------------
- à ω 0v = -------
Z 0 = r f + R R + r sp + j ( m + m i + m spω ) + X R – ------------------ m + m sp m
ω
Sous vide, il y a disparition des termes d’origine acoustique : (La réactance de rayonnement X R est toujours négligeable
RR , X R , r sp et msp , de même que m i (la masse d’air comprise devant mω ).
dans la première partie) et éventuellement k i (la raideur induite par Il faut noter que, selon les valeurs respectives de msp et k i , la
cette cavité). fréquence propre peut augmenter ou diminuer.
L’impédance sous vide devient donc : Pour les haut-parleurs à spider ouvert (k i = 0), la fréquence propre
sous vide est toujours plus élevée qu’à l’air libre ;
km
Z 0v = r f + j m ω – -------
ω b ) par une diminution du coefficient d’amortissement de l’équi-
page mobile. Le coefficient passe (en négligeant R R et X R) :
r f + r sp rf
de λ A = -------------------------------
- à λ v = -----------
-
2 ( m + m sp ) 2m
• en ordonnée B 2 2
passage de ------------------- à
r f + r sp
B 2 2
------------- .
rf
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km km
La variation ∆ ω = ω 0 – ω 0v = ---------------------- - permet d’évaluer
- – ------ On peut donc inclure le terme de résistance mécanique induit par le
le terme msp . m + m sp m spider r sp = 1,4 N · s · m–1 et comme m sp ≈ mA – m v ≈ 8,8 g, on
Quant à l’accroissement du maximum d’impédance qui corres- possède un premier ordre de grandeur de l’impédance mécanique du
pond, théoriquement, à : spider :
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La droite d’ordonnée y = y A y B = 15,4 Ω coupe la courbe en deux ■ Application au rayonnement des haut-parleurs
points d’abscisses ω 1 = 108 rad/s et ω 2 = 313 rad/s. On en déduit la Tout haut-parleur monté dans une enceinte peut, en première
valeur du coefficient de surtension mécanique : approximation, être modélisé du point de vue de son rayonnement
à l’aide d’un piston plan encastré.
yA ω0 On a montré expérimentalement que la surface de rayonnement
QM = ------ ------------------- = 2
yB ω2 – ω1 effective d’une membrane conique ou exponentielle était générale-
ment peu différente de la projection sur le plan de base de cette
et la résistance mécanique du haut-parleur : membrane (figure 13).
En pratique, le diaphragme étant relié sur son pourtour au support
MM ω0 fixe du haut-parleur par un système de corrugations circulaires, sa
- = 3 N ⋅ s ⋅ m –1
R M = -----------------
QM surface de rayonnement se trouve généralement comprise entre le
diamètre nominal et le diamètre de la surface projetée du cône.
Cette valeur est peu différente de celle trouvée précédemment.
Cependant, la détermination la plus précise du rayon du piston
On notera que le maximum yA = 34 correspond à une valeur de :
plan équivalent s’obtient à partir du diagramme de directivité du
haut-parleur à une fréquence assez élevée pour que l’on puisse
B = ( y A – y B )R M = 9 N ⁄ A
observer au minimum un lobe complet.
Le même calcul effectué sous vide donnerait : On détermine alors l’angle d’annulation délimitant le lobe
principal θ 0 et on postule que cet angle correspond à la première
Q Mv = 3 et R Mv = 1,6 N · s · m–1 annulation de la fonction h (θ ).
On retrouve ici : Soit J1 (ka sin θ 0) = 0 :
et ka sin θ0 = 3,83
r sp = R M – R Mv = 1,4 N · s · m–1
3,83
d’où a = -----------------------
k sin θ 0
k 2a 2
Q = -------------
R1
— la puissance rayonnée :
Figure 13 – Surface de rayonnement de la membrane
π 2 d’un haut-parleur
E = ------ a 2 ρ 0 c R 1 v 0
2
avec v0 vitesse de la membrane.
Par ailleurs, à la même échelle, l’impédance de rayonnement du
piston peut être grossièrement représentée par deux droites :
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— une droite de pente 10 lg [R1(3) – R1(1,5)] dB/octave soit L’efficacité varie avec la fréquence. La valeur nominale, donnée
≈ – 3 dB/octave pour 0,5 < ka < 2 ; par le constructeur, correspond à une fréquence généralement
— une droite horizontale pour ka > 2. comprise entre 400 et 1 000 Hz.
Il en résulte que le niveau de puissance d’une telle source s’obtient L’expression du rendement en fonction de l’efficacité se déduit
par la sommation de deux courbes : de la formule précédente :
E
L W = 10 lg --------------
- = 120 + 10 lg R 1 + 20 lg v 0 η = 10 ( M0 – 109 – ID ) ⁄ 10
10 –12
■ Calcul du rendement d’un haut-parleur à bobine mobile
Le résultat fait apparaître clairement : La puissance acoustique émise par un haut-parleur encastré étant
— d’une part, la difficulté pour un système vibrant de rayonner (article Introduction à l’é[Link] électro-
de l’énergie en basse fréquence sinon à l’aide de très grands acoustique [E 5 150]) :
diamètres ;
— d’autre part, la chute de puissance au-delà de la fréquence de Bi 2
2
coupure mécanique du résonateur. E = R R v 0 = R R ------------
Z0
Pour élargir la bande passante de la puissance rayonnée, il faudrait
à la fois augmenter le rayon et diminuer la masse du piston, ce qui RR = ρ0c S R R1 est la partie réelle de l’impédance de rayonnement.
est évidemment incompatible. La puissance électrique fournie au haut-parleur étant, aux environs
Toutefois, il faut bien mettre en évidence le fait que la réponse de 400 Hz (partie de la courbe où Z*e ≈ R ), égale à Ri 2, on en déduit
en pression diffère de la réponse en puissance. le rendement du haut-parleur :
En effet, l’expression de la pression quadratique :
E RR B 2 2
2 EQ η = ---------------- = --------------------------------
-
p ax ( r ) = ρ 0 c ---------------
- P elec R (R 0 + X 0 )
2 2
4πr 2
montre que, pour une même distance r, la pression dans l’axe du Ce rendement est donc proportionnel à la résistance de rayon-
piston est à la fois proportionnelle à E et à Q. nement RR et inversement proportionnel au carré de l’impédance
mécanique Z0 de l’équipage mobile.
Or Q = k 2a 2/R1 devient pratiquement égal à k 2a 2 pour ka > 2
(R1 ≈ 1).
Il en résulte qu’au-delà de la fréquence f c = c /πa, la pression axiale
croît comme le carré de la fréquence et, par conséquent, le niveau
1.7 Matériaux utilisés
de pression augmente de 6 dB/octave par rapport au niveau de
puissance. 1.7.1 Aimants permanents
Autrement dit, la puissance émise par un haut-parleur décroît avec
Connu depuis 1877 le haut-parleur à bobine mobile n’a pas subi
la fréquence mais sa pression induite dans l’axe reste sensiblement
de modifications fondamentales au cours du 20e siècle et les modèles
constante.
les plus courants réalisés de nos jours ressemblent fort aux modèles
Bien entendu, ce recentrage de la puissance rayonnée s’effectue proposés dans les années 20.
au détriment de la largeur du faisceau (2 θ0) qui se rétrécit de telle
Les seules nouveautés acquises depuis lors sont exclusivement
façon que sin θ 0 reste égal à 3,83/ka.
d’ordre technologique. Parmi celles-ci, ce sont, peut-être, les maté-
riaux utilisés pour les aimants permanents et leur mode de fabri-
cation qui ont subi les évolutions les plus spectaculaires.
1.6.3 Rendement et efficacité
Après l’apparition des aimants au cobalt, qui date de 1920, la
recherche d’alliages à base de fer, de cobalt, de nickel, d’aluminium
L’efficacité d’une source électroacoustique peut s’exprimer :
puis, plus tard, de cuivre, débouchera en 1934 sur la série des aimants
— soit à partir du rendement : de type Alnico dont le produit BH atteignait alors 13 kJ/m3.
puissance acoustique rayonnée En 1938, Oliver et Shedden découvrirent qu’un aimant chauffé
η = ----------------------------------------------------------------------------------------- au-dessus de la température de Curie (≈ 1 200 oC) et refroidi dans
puissance électrique fournie
un champ magnétique unidirectif possédait des propriétés magné-
— soit à partir de la pression quadratique mesurée dans l’axe du tiques accrues de façon notable dans la direction du champ d’orien-
haut-parleur alimenté par une tension de référence. tation. Cette technique permettait d’obtenir des champs dont le
Le rendement varie avec la fréquence. Il ne donne aucune infor- produit BH pouvait atteindre 60 kJ/m3.
mation sur la directivité de la source. ■ Ferrites
La mesure de la pression quadratique axiale dépend à la fois de Parallèlement à ces découvertes, les aimants ferrites, connus
la puissance rayonnée et du facteur de directivité de la source. depuis 1930, commençaient à trouver leurs premières applications
Ainsi, pour un haut-parleur de rendement η alimenté par une puis- dans le domaine de l’électroacoustique.
sance électrique P de 1 W, la puissance acoustique obtenue à 1 m Les ferrites sont des céramiques ferromagnétiques qui se carac-
dans l’axe, et appelée efficacité axiale, vaut : térisent par une grande stabilité dans le temps et une faible sensi-
M 0 = L W – 10 lg 4π + 10 lg Q bilité aux champs démagnétisants.
E ηP Les constituants des ferrites (oxydes métalliques de baryum ou
et comme L W = 10 lg -------------
- = 10 lg -------------
-
10 –12 10 –12 de strontium) sont broyés et mélangés de façon à obtenir une poudre
homogène que l’on met en forme à l’aide de presses hydrauliques.
il reste M0 = 109 + 10 lg η + ID Les pièces obtenues sont passées au four et frittées. Mais ce frit-
ID désignant l’indice de directivité (= 10 lg Q ). tage entraîne un retrait important qui rend difficile l’obtention de
cotes très précises.
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Pour obtenir des tolérances plus rigoureuses, il est nécessaire de • améliorer le rendement ;
rectifier les pièces à la meule diamantée, ce qui augmente rapide- — la rigidité indispensable pour :
ment le prix de revient.
• réduire les déformations,
En pratique, les fabricants de haut-parleurs conservent les pièces • éviter l’apparition des modes propres,
brutes, ce qui entraîne, pour une même série de haut-parleurs, une • stabiliser la réponse vibratoire,
certaine dispersion des caractéristiques électromagnétiques. • réduire les pertes par dissipation ;
Parmi les ferrites les plus couramment utilisés dans la fabrication — la forme qui doit permettre :
des aimants permanents des haut-parleurs, on retiendra : • d’éviter les déformations et les résonances,
— les ferroxdures anisotropes composés de ferrites de baryum • d’optimiser la résistance de rayonnement,
(FXD 300 ) dont le produit BH atteint 30 kJ/m3 (densité 4,9, induction • d’adapter et de réguler la courbe de directivité.
nominale 0,24 T) ;
— les ferroxdures à base de ferrites de strontium (FXD 400 ) dont ■ Choix du matériau
le produit BH atteint 32 kJ/m3. La diversité des matériaux utilisés pour la réalisation des
diaphragmes et la multiplicité des formes proposées résultent de la
■ Alliages au cobalt recherche du meilleur compromis entre légèreté et rigidité.
Au cours des années 70, la nationalisation des mines du Zaïre, Une étude de Barlow publiée en 1958 a proposé qu’en termes phy-
principal exportateur de cobalt dans le monde, fit croître les cours
des alliages à base de cobalt (Alnico, Ticonal...) dans un rapport siques ce compromis s’exprime par la recherche d’un rapport E/ρ3
de 1 à 20. Une des conséquences de ce bouleversement est maximal (E module d’élasticité et ρ masse volumique du matériau).
qu’aujourd’hui, à BH constant, un aimant au cobalt est environ 12 Sachant que la célérité longitudinale des ondes dans les solides
à 15 fois plus cher qu’un aimant ferrite. C’est une des raisons pour est c = E ⁄ ρ , certains fabricants utilisent ce paramètre comme
lesquelles les aimants ferrites occupent maintenant une place pré-
critère de choix de leurs matériaux.
pondérante dans la fabrication des circuits magnétiques des
haut-parleurs à bobine mobile. Les plus utilisés sont donnés dans le tableau 1. (0)
On distingue :
■ Liquides ferromagnétiques
a ) les papiers qui, à masse égale, sont plus rigides que les métaux
Citons enfin, depuis 1974, l’apparition des aimants fluides (par-
(béryllium excepté).
ticules d’oxyde ferrique Fe3O4 suspendues dans un gel de diester).
Ces liquides ferromagnétiques placés dans un entrefer accroissent C e p e n d a n t , l e u r m o d u l e d ’ Yo u n g a s s e z f a i b l e ( 0 , 0 3
l’induction active du haut-parleur, participent à l’amortissement et, à 0,2 · 1010 N/m2) n’est pas toujours compensé par leur densité (0,1
surtout, favorisent le refroidissement de la bobine (§ 1.9.4). à 0,5) qui dépend du traitement subi. Ce traitement s’effectue, la plu-
part du temps, en associant le papier à d’autres substances destinées
à renforcer certaines de ses propriétés physiques.
1.7.2 Membranes Citons :
— le papier cellulose recouvert d’un enduit plastifiant assez rigide
Le choix des dimensions, du matériau et de la forme d’une pour limiter les déformations, mais pas trop pour éviter la
membrane est le résultat d’un compromis entre plusieurs impératifs fracturation ;
contradictoires. — le papier phénolé qui possède une bonne stabilité dans le
En effet, sachant qu’aux basses fréquences la puissance rayonnée temps et de faibles variations hygrométriques ;
est proportionnelle à la puissance quatrième du diamètre de l’émet- — le papier imprégné de résine dure contenant parfois des
teur, il est logique de chercher à reproduire les fréquences basses particules minérales, qui réalise un compromis acceptable entre
à l’aide de membranes larges. Toutefois, plus le diamètre est grand réponse transitoire et dissipation interne.
et plus la membrane est lourde. Il en résulte que sa fréquence de La mise en forme des membranes papier, le plus souvent
résonance se situe dans le grave et que le haut-parleur devient alors coniques, s’effectue par compression ou thermoformage.
très directif quand la longueur d’onde diminue.
Notons, enfin, que le papier entre souvent dans la composition
Pour que la directivité et l’impédance mécanique d’une membrane de structures sandwichs ;
ne soient pas trop inhomogènes sur l’ensemble du spectre, on est
b ) les résines thermoplastiques : ces résines ont l’avantage de
conduit à travailler par bandes de fréquences. C’est ainsi que la
se prêter à de nombreuses mises en forme et de présenter une
restitution de la bande audible du spectre passe, dans la plupart des
grande stabilité dans le temps.
cas, par la décomposition en 2, 3 ou 4 bandes (voies), contrôlées
par des haut-parleurs de diamètres adaptés (article Sonorisation Elles ont l’inconvénient d’engendrer de fortes dissipations internes
[E 5 155] dans le présent traité). et de se ramollir au- delà d’une certaine température (≈ 100 oC pour
le polystyrène, ≈ 120 oC pour le polypropylène et le polyéthylène) ;
Les éléments de base de cette décomposition sont donnés par le
tableau dans le paragraphe 3 qui présente également les principales c ) les métaux : les membranes métalliques sont généralement
caractéristiques des haut-parleurs : fréquences charnières, dia- réalisées à partir d’alliages d’aluminium. Ces composés sont très
mètres et fréquences de résonance. peu dissipatifs mais présentent des résonances très marquées.
Le béryllium est également un excellent matériau mais il est trop
[Link] Matériaux utilisés pour la fabrication des membranes difficile à usiner pour voir son utilisation s’étendre aux fabrications
en série ;
La membrane d’un haut-parleur constitue l’élément clé de la
qualité de la restitution sonore. Son rôle de transfert de puissance d ) les structures sandwichs : elles ont comme principal avantage
mécanique en puissance acoustique rayonnée lui impose des la suppression des déformations et des résonances. Cette stabilité
contraintes de nature très diversifiée, le plus souvent peu mécanique s’effectue au détriment du poids. Le nombre de combi-
compatibles entre elles. naisons possibles des structures sandwichs est illimité. Parmi les
plus courantes, retenons :
Parmi les paramètres prédominants, on retiendra :
— le polystyrène expansé recouvert d’aluminium ;
— la légèreté nécessaire pour : — les structures en nid d’abeille obtenues à l’aide de papier (ou
• accroître la bande passante, d’aluminium) enduit de résine.
• favoriser les réponses transitoires,
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---------
- = r ,
Rg
Dans le cas d’une impédance mécanique adaptée
l’expression du rendement se réduit à : α 2 f
B 2 2
η = --------------------------------------
-
4 Rr f + 2 B 2 2
1.8.2 Pavillons
S x = Sg x 2
— les pavillons hyperboliques :
x
2
x
S x = S g ch µ ------ + b sh µ ------
2
Figure 17 – Exemples de réalisations de chambres de compression
Dans la famille des pavillons hyperboliques ( 0 b 1 ) , on dis-
tingue également :
— les pavillons chaînettes (b = 0) : S x = Sg ch (µx /2) ;
— les pavillons exponentiels (b = 1) : S x = Sg eµx.
La figure 18 montre l’évolution théorique de la résistance et de
la réactance acoustiques réduites de la gorge d’un pavillon expo-
nentiel de longueur infinie.
Pour le pavillon de longueur infinie, on peut démontrer qu’aux
fréquences élevées, l’impédance de la gorge tend vers l’impédance
d’un tuyau de section constante Sg et de longueur infinie :
ρ c
Z ag ≈ ----------
S
0
-
g
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de transduction et B i = ( jm ω + 2 Z R ) v
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Q2
F = ----------------
2 ε0 S
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Sachant que cette charge Q est la somme de la charge statique L’impédance électrique motionnelle du haut-parleur est donc :
Q 0 et de la charge dynamique q, on en déduit que :
Zm 1
2 Z em = -----------------
- – --------------
Q0 q2 2qQ 2 2 j ω C0
- + ---------------- + ---------------0-
F = --------------- E 0C 0
2 ε0 S 2 ε0 S 2 ε0 S
et son impédance électrique totale est équivalente à la mise en
Il faut noter ici que si la linéarisation de ces équations est accep- parallèle de Z em et Z e = 1 ⁄ j ω C 0 .
table dans le cas du microphone où les déplacements de l’armature
1 Zm 1
mobile sont faibles, il n’en est plus de même lorsque le transducteur ---------------- ----------------- - – ----------------
fonctionne en émetteur. Les excursions des armatures sont alors Z e Z em j ω C 0 E C
2 2 j ω C0
0 0
relativement importantes et le terme q 2/2 ε0 S devient source de Soit Z*e = ------------------------
- = ---------------------------------------------------------------
distorsion harmonique qu’il est nécessaire de corriger. Z e + Z em Zm
-----------------
2 2
-
C’est pour compenser l’existence de ce terme quadratique que, E 0C 0
dès 1924, l’idée de la membrane fonctionnant en push-pull fut ( E0 ⁄ j ω ) 2
énoncée. ou en définitive Z* e = Z e – ----------------------- -
Zm
Deux armatures planes perforées sont situées à distance 2 d l’une
de l’autre. On place en leur milieu une armature mobile. Au repos, Le schéma électrique équivalent est celui de la figure 31.
l’ensemble constitue une association de deux condensateurs en
parallèle de capacité :
C 0 = ε 0 S /d
ε0 S ( U0 + u ) 2 ε0 S ( U0 – u ) 2 ε SU U0
- – ----------------------------------
F = ---------------------------------- - ≈ ----------------
0 0
- u + ------- y
2 ( d – y )2 2 ( d + y )2 d 2 d
d’où l’équation mécanique en écriture complexe : Figure 30 – Notations utilisées pour l’évaluation des forces
s’exerçant sur les armatures d’un haut-parleur électrostatique
C0 E0 ( u + E0 y ) = Z m v monté en push-pull
v
y = --------- et i = C0 E0 v
jω
l’équation se réduit à :
Zm 1
- i – ---------------- i
u = -----------------
2 2
E 0C 0 j ω C0
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Certaines enceintes associent un haut-parleur électrodynamique La possibilité de donner à ces membranes des formes variées
pour les fréquences graves et un système électrostatique pour les (thermoformage) constitue une ouverture de choix dans la
fréquences supérieures à la fréquence de raccord (100 à 300 Hz). recherche de caractéristiques de rayonnement et de directivité bien
En conclusion, il faut noter que les amplificateurs destinés à particulières.
alimenter les haut-parleurs électrostatiques doivent être conçus pour C’est ainsi que Pioneer a développé un tweeter à rayonnement
s’adapter à une charge capacitive sans risque d’amorçage. quasi cylindrique tandis que Thomson a conçu un dôme dont l’état
vibratoire se rapproche de celui de la demi-sphère pulsante. Ce
modèle trouve son application dans la réalisation d’écouteurs télé-
phoniques.
2.3 Autres systèmes utilisés Audax a également étudié un prototype de haut-parleur à dôme
pour l’émission de signaux acoustiques à partir d’un film piézoélectrique de 25 µm déposé sur une calotte
à rayon de courbure variable de 70 mm de diamètre. Cet émetteur
atteint une efficacité axiale de 93 dB/1 W/1 m avec une directivité
Bien que nettement moins utilisés que les électrodynamiques et presque hémisphérique sur une large bande passante.
les électrostatiques, un certain nombre de principes peuvent éga-
lement être mis en œuvre dans la conception et la réalisation de
sources électroacoustiques. 2.3.2 Haut-parleurs ioniques
Ces systèmes sont le plus souvent utilisés pour des applications
spécifiques et, à l’exception des sources à plasma, donnent rarement Issu du principe de l’arc chantant (la modulation du courant de
lieu à des applications grand public. Parmi ces principes, citons les décharge entre deux électrodes provoque une ionisation de l’air),
transducteurs piézoélectriques, électromagnétiques, ioniques, l’ionophone de S. Klein (1952) (figure 33) utilise une des propriétés
magnétostrictifs ou à effet Couronne. de l’air ionisé par un champ électrique de fréquence élevée. L’agi-
tation thermique d’une masse d’air ionisée varie proportionnelle-
ment à la modulation du courant de décharge. Comme la pression
2.3.1 Haut-parleurs piézoélectriques locale croît avec l’agitation thermique, il en résulte un transfert de
l’énergie en énergie acoustique sans l’aide d’aucun organe
Le transducteur piézoélectrique décrit dans l’article Microphones mécanique.
[E 5 160] peut fonctionner de façon réversible. Le dispositif comprend généralement une électrode centrale
Un signal électrique émis entre les deux faces parallèles métal- (platine irridié, alliages à base de molybdène ou de silicium ayant
lisées d’un cristal piézoélectrique fait vibrer celui-ci avec un rende- subi un traitement de surface destiné à favoriser l’émission
ment qui dépend : thermo-ionique) placée en regard d’une électrode extérieure portée
— du coefficient de couplage électromécanique k33 ; à très haute tension HF (10 000 V, 27 MHz, 50 W).
— de la fréquence du signal ; L’application de ce principe se heurte à un certain nombre de dif-
— de la compliance. ficultés plus ou moins bien résolues selon les différentes applications
Connaissant la valeur du carré du coefficient de couplage : commerciales (Ionofane d’Audax, Réalon, Magnet-Klein, Hill Plasma
Tronics, etc).
2 Énergie potentielle (stockée dans le matériau) Citons principalement :
k 33 = ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Énergie électrique fournie — la présence de fuites ;
k mx 2 km 2 — la vaporisation de l’électrode centrale lors de l’allumage ;
- = -------- d 33
= -------------- — l’émission d’ozone.
C0 u 2 C0
Les modèles vendus dans le commerce ont des efficacités éle-
avec C0 capacité statique, vées pouvant atteindre 115 dB/1 W/1 m.
d 33 constante de charge, Les modèles réalisés sans pavillon ont un rayonnement à peu
k m coefficient de raideur mécanique de la lame, près omnidirectif pour toutes les fréquences.
il est possible d’évaluer le rendement d’une lame piézoélectrique
émissive :
Puissance rayonnée RR v 2
η = -------------------------------------------------------------------------------- = -------------
-
Puissance électrique fournie C0 u 2
ω2 2
η = R R ------- d 33
C0
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(1) Sans unité. (2) Unité dépendant de la nature du circuit. (1) Sans unité. (2) Unité dépendant de la nature du circuit.
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P
O
U
Haut-parleurs R
E
par Jacques JOUHANEAU N
Professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)
S
Bibliographie A
Ouvrages généraux
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parleurs publiés dans le Journal de l’Audio Engi-
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OLSON (H.F.). – Acoustical Engineering. Von
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Autres références
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Cooke. Sixty-one papers, covering the years
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ROSSI (M.). – Électroacoustique. Presses Poly- sion Reduction in moving Coil Loudspeaker
techniques Romandes (1986).
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Audio Eng. Soc., vol. 37, n o 3, p. 129-148
1953 to 1977, written by the world’s greatest
transducer experts and inventors on the
design, construction, and operation of loud-
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KLEIN (S.). – L’ionophone. Bull. Soc. Radioelec.
32, p. 314-320 (1952).
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Cooke. Forty-nine papers, from 1978 to 1983,
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McLACHLAN (N.W.). – Loudspeakers, Theory, Audax : Catalogue des haut-parleurs. by experts in loudspeaker technology, exten-
Performance, Testing and Design. Dover ding the work initiated in vol. 1.
(1960).
P
L
U
S
3 - 1993
Doc. E 5 170