Cours d'Analyse Complexe et Fonctions
Cours d'Analyse Complexe et Fonctions
1
Table des matières
3
4 TABLE DES MATIÈRES
7. Diffraction de Fraunhofer 89
8. Épilogue 1 90
9. Fonctions de Bessel modifiées 90
10. Épilogue 2 91
Annexe A. Rappels de topologie sur un espace métrique 93
1. Ouverts, fermés, compacts 93
1.1. Espaces métriques 93
1.2. Ouverts, fermés 93
1.3. Adhérence d’un ensemble 93
1.4. Compacts 94
Première partie
Analyse complexe
7
CHAPITRE 1
1. Introduction
Soit une fonction, pour l’instant supposée uni-valuée, associant à chaque point z du plan
complexe un autre nombre complexe w. Nous notons :
(1) w = f (z)
La notion de fonction étant très générale, nous nous limiterons aux fonctions f (z) données par
la paire de fonctions réelles u(x,y) et v(x,y) avec z = x + iy (i2 = −1), où z est un point d’un
domaine Ω du plan complexe
(2) f (z) = u(x,y) + iv(x,y)
Sans autres hypothèses, on ne peut aller plus en avant. Par contre, si la fonction est f (z)
est continue et si elle est différentiable, cette deuxième propriété impliquant la première,
les conséquences sont importantes et très surprenantes. Voici quelques exemples qui nous
intéresserons par la suite :
(1) Toutes les fonctions différentiables du plan complexe donnent les solutions de l’équation
de Laplace.
(2) Si f (z) est holomorphe sur un domaine Ω, son maximum est sur la frontière de Ω.
(3) Deux fonctions analytiques, c’est-à-dire développables en série entière, qui coïncident
sur un sous-ensemble non discret (segment, voisinage d’un point, etc.) d’un ouvert Ω
coïncident sur Ω. 1 Cette propriété est absolument remarquable. Il suffit de connaître
la fonction dans un voisinage d’un point pour la connaître dans tout le domaine
de définition. On remarque l’analogie avec les polynômes de degré n qui sont eux
parfaitement déterminés par leurs n racines.
Les fonctions holomorphes généralisent les polynômes complexes, mais ce sont des objets
beaucoup plus flexibles : l’inverse d’une fonction holomorphe, son logarithme ou sa racine carrée,
la division de deux fonctions holomorphes etc. sont des fonctions holomorphes alors que ces
opérations ne laissent pas invariant l’ensemble des polynômes à variables complexes.
2. Continuité
Définition 1.
(3) lim f (ζ) existe et lim = f (z)
ζ→z ζ→z
ou de façon équivalente:
Définition 2. Soit z1 ,z2 , . . . ,zn , . . . une suite de points telle que
(4) lim zn = z
n→∞
Alors
(5) lim f (zn ) = f (z)
n→∞
1. Un ouvert Ω et tel que pour chaque point de Ω il existe un disque centré en ce point contenu dans Ω..
9
10 1. FONCTIONS D’UNE VARIABLE COMPLEXE
Il est bien évident que ces définitions impliquent que les fonctions réelles u(x,y) et v(x,y)
soient elles aussi continues 2 .
3. Différentiabilité
Définition 3.
f (ζ) − f (z)
(6) lim existe et est notée f 0 (z)
ζ→z ζ −z
Définition 4. Une fonction qui est définie et différentiable au sens des complexes en tous
points d’une région Ω est dite holomorphe dans cette région. On parle ici de région et cette
notion ne porte que sur les points intérieurs. Dans certaines présentations, on rajoute une
condition : la fonction est holomorphe si sa dérivée est continue. Nous verrons que cela n’a
aucune importance, car la fonction sera nécessairement infiniment dérivable.
3.1. Conditions de Cauchy-Riemann. Les fonctions régulières possèdent une structure
interne surprenante (nous verrons que les fonctions holomorphes sont nécessairement analytiques,
donc C ∞ ). Un point z = x + iy étant donné, il existe deux et seulement deux méthodes pour
approcher z dans (6). Nous pouvons poser
(1) Soit ζ = x + + y.
(2) Soit ζ = x + i(y + )
et former le quotient dans les deux cas:
f (ζ) − f (z)
(7)
ζ −z
Théorème 1. Soit f (z) = u(x,y) + iv(x,y)
(1) La première méthode donne f 0 (z) = ux + ivx
(2) La deuxième méthode donne f 0 (z) = 1i (uy + ivy )
Mais il faut que le résultat soit unique. D’où le théorème :
Théorème 2. (Cauchy) Si f (z) = u + iv est différentiable en un point, alors les dérivées
partielles obéissent à
∂u ∂v ∂u ∂v
(8) = et =−
∂x ∂y ∂y ∂x
Cette propriété conduit immédiatement au résultat suivant:
Théorème 3. Si f (z) = u(x,y) + iv(x,y) est différentiable, alors u(x,y) et v(x,y) satisfont
tous les deux à l’équation de Laplace
∂ 2ϕ ∂ 2ϕ
(9) + 2 =0
∂x2 ∂y
3.2. Dérivées complexes. Soit f = u + iv une fonction C 1 . Nous pouvons penser f (x,y)
comme une fonction de z et z̄, f (z,z̄). Nous définissons:
∂ 1 ∂ ∂
(10) f = −i f
∂z 2 ∂x ∂y
∂ 1 ∂ ∂
(11) f = +i f
∂ z̄ 2 ∂x ∂y
Exercice 1. Montrer que la condition ∂f /∂ z̄ = 0 est équivalente à reformuler les conditions
de Cauchy-Riemann.
2. Une fonction dont la kième dérivée est continue est dite de classe C k .
4. POTENTIEL ET FONCTION DE COURANT EN PHYSIQUE 11
Exercice 2. Vérifiez que chacune des fonctions suivantes est holomorphe dans le domaine
où elle est définie :
z2
(1) f (z) = sin z − z+1 .
3
(2) f (z) = e2z−z − z 2 .
(3) f (z) = zcos z
2 +1 .
qui peut être interprété comme la condition d’orthogonalité des deux vecteurs gradients ∇u·∇v =
0. On en conclut que les isoclines u = const. et v = const. se coupent à angle droit. En
électromagnétisme, u est associé au potentiel électrique et la condition v = cst. donne les lignes
de champ.
Une autre application est donnée par la fonction courant en mécanique des fluides. Nous
considérons un fluide incompressible et non visqueux. Nous sommes intéressés à trouver le
champ de vitesse v(x,y). Cette question n’est pas évidente, car tout dépend des conditions aux
limites, c’est-à-dire que la géométrie du domaine est importante.
Si v est le champ de vitesse d’un fluide irrotationnel, nous pouvons l’écrire comme un
gradient :
vx = ∂x φ
(18)
vy = ∂y φ
où φ définit le potentiel des vitesses. Supposons maintenant le fluide incompressible, alors
div v = 0, et le champ de vitesses peut être écrit comme le rotationel d’une fonction appelée
fonction de courant χ
vx = ∂y χ
(19)
vy = −∂x χ
Les courbes χ = cst sont les lignes de courant, car les particules de fluide se meuvent
tangentiellement aux lignes χ(x,y) = cste. 3 . Les deux représentations, soit par φ, soit par χ,
devant nécessairement être les mêmes, on retrouve les conditions de Cauchy-Riemann pour la
fonction φ(x,y) + iχ(x,y)
(20) ∂x φ = +∂y χ
(21) ∂y φ = −∂x χ
Nous pouvons donc former la fonction complexe
(22) F = φ + iχ
qui est généralement appelée potentiel des vitesses.
En mécanique des fluides, les solution v(x,y) sont données par des conditions aux limites.
La condition la plus naturelle est que la vitesse v(x,y) est parallèle aux frontières du domaine
considéré. Lorsque la géométrie de ce domaine est simple, on peut facilement trouver une
solution. Par exemple, pour une soltuion limitée par un plan, v(x,y) = v0 :
(23) φ(x,y)) = v0 Re(z)
L’outil des transformations conformes que nous allons aborder permet de trouver la solution
dans des géométries beaucoup complexes en procédant par changement de repère. Pour aller de
l’avant, il faut mieux définir ce qu’est une application du plan complexe sur lui-même.
Ces deux propriétés peuvent être démontrées de la manière suivante. Soit f = u + iv. f
définit une application du plan réel sur lui-même (x,y) → (u,v) dont le Jacobien en P est la
matrice
ux uy
(26) J(P ) =
vx vy
Cette matrice donne la façon avec laquelle f transforme le plan complexe en lui-même dans un
voisinage local du point P . Dans ce voisinage, l’approximation linéaire de f est satisfaisante et
f peut être représentée par cette matrice. qui peut être ré-écrite en utilisant les conditions de
Cauchy
ux uy
(27) J(P ) =
−uy ux
Posons r2 = u2x + vy2 et nous pouvons écrire J(P ) comme le produit d’une matrice orthogonale
de déterminant 1 et d’une dilatation. Posons cos ψ = ux /r sin ψ = −uy /r
1 0 cos ψ − sin ψ
(28) J(P ) = r ·
0 1 sin ψ cos ψ
Les matrices orthogonales de déterminant 1 étant associées à des rotations directes dans le sens
horaire, elles préservent les angles tout comme les dilatations.
14 1. FONCTIONS D’UNE VARIABLE COMPLEXE
4. Simplement connexe : tout parcours fermé peut être réduit à un point sans sortir du domaine. À ne pas
confondre avec connexe dont la définition est : ne peut pas avoir une partition en deux ouverts disjoints. C’est le
cas d’un intervalle.
Theorem: The interior of any simply connected domain D in C whose bound-
ary consists of more that one point can be mapped conformally one-to-one
and onto the interior DES
7. L’IDéE of theTRANSFORMATIONS
unit circle. It is possibleCONFORMES
to choose an arbitrary 15
interior point w0 of D and map it to the origin, and to take an arbitrary
direction through w0 and make it the direction of the real axis. With these
two choices the mapping is unique.
w z
w0
D f
O
Exemple 2. Cherchons à trouver la solution du problème de Dirichlet (la solution est donnée
sur les frontières. Pour le problème de Neuman qui obéit au même théorème, c’est la dérivée
normale qui est donnée) :
(35) ∆u = 0 sur Ω et u = f sur ∂Ω
où f est une donnée du problème. Si nous connaissons la transformation h(z) qui associe Ω
au disque unité, nous pouvons résoudre le problème comme suit. Soit u0 (x,y) la solution du
problème sur le disque, alors, comme le bord de Ω a pour image le bord du disque, la solution
cherchée est u(x,y) = u0 ◦ h.
Exercice 13. Considérer les transformations de la figure 7. Vérifiez que les transformations
sont bijectives et que les frontières des domaines sont bien images l’une de l’autre.
Exercice 14. Soit H la partie supérieure du plan, y > 0. Nous désirons trouver la fonction
harmonique sur H telle que
u(x) = c0 si x ∈] − ∞,x1 ]
u(x) = c1 si x ∈]x1 ,x2 [
(42)
...
u(x) = cn si x ∈]xn , + ∞[
(1) Vérifier que la solution du problème est donnée par la partie réelle de
1
(43) cn + {(cn−1 − cn ) ln(z − xn ) + . . . + (c0 − c1 ) ln(z − x1 )}
iπ
(2) Montrer que
1
(44) u(x,y) = cn + {(cn−1 − cn )θn + . . . + (c0 − c1 )θ1 }
π
où on définira les angles θi sur un schéma.
(3) En utilisant ce résultat ainsi que l’un des transformations de la fig. 7 trouver la solution
du problème suivant. Considérer un cercle dont le demi-cercle supérieur est maintenu
au potentiel +1 et le demi-cercle inférieur à φ = 0. Trouver la distribution du potentiel
φ(x,y) à l’intérieur du cercle.
h 2 2i
Rép. φ(x,y) = 1 − π arctan 1−x2y−y
1
Intégration
1. Intégrales
Définition 5. Soit w = f (z) une fonction continue dans un domaine Ω. Soient z0 et Z
deux points arbitraires de Ω. On définit l’intégrale en se donnant un chemin entièrement contenu
dans Ω. Ce chemin est divisé en n − 1 intervalles z0 ,z1 , . . . ,zn = Z. Sur chaque division [zν−1 ,zν ],
choisir un point ζv et former la somme
ν=n
X
(47) Jn = (zν − zν−1 )f (ζν )
ν=1
La limite
(48) lim Jn = J
n→∞
existe et est indépendante de la division z0 ,z1 , . . . ,zn à condition que la longueur des intervalles
tende vers zéro lorsque n tend vers l’infini. Cependant, la valeur de la limite J dépend du chemin.
Le problème est maintenant de calculer cette intégrale. Nous nous limitons au cas suivant :
Supposons que le chemin soient donné par x(t), y(t) avec t parcourant l’intervalle [α,β]. Si les
deux fonctions ont des dérivées x0 (t), y 0 (t) continues, l’arc est dit rectifiable. Nous pouvons
subdiviser l’intervalle [α,β] comme
α = t0 < t1 < t2 . . . < tn = β
et poser la notation
(49) zν = z(tν ) pour ν = 0, 1, 2, . . . , n
(50) ζν = z(τν ) pour τν ∈ [tν−1 ,tν ], ν = 1, 2, . . . , n
Allégeons l’écriture en posant
(51) u(x(t),y(t)) = ū(t)
(52) v(x(t),y(t)) = v̄(t)
Les sommes Jn deviennent
ν=n
X ν=n
X
(53) Jn = (zν − zν−1 )f (ζν ) = [xν − xν−1 + i(yν − yν−1 )] [ū(τν ) + iv̄(τν )]
ν=1 ν=1
D’où
Théorème 6. Lorsque l’arc Γ est rectifiable avec t ∈ [α,β]
Z Z β
(55) J = f (z)dz = (ū + iv̄)(x0 (t) + iy 0 (t))dt
Γ α
19
20 2. INTéGRATION
Exemple 3.
1
f (z) = , Γ : z(t) = cos t + i sin t, t ∈ [0,2π]
z
Z Z 2π Z 2π
dz − sin t + i cos t
(56) = dt = i dt = 2πi
Γ z 0 sin t + i cos t 0
Fig. 1.
3. Intégrale de Cauchy
Dans l’un des exemples précédents, nous avons montré que l’intégrale d’une fonction suivant
un parcours dépendait a priori du parcours. Pour une fonction continue, on ne peut rien
démontrer de plus. Par contre, si la fonction est holomorphe dans un domaine où l’arc peut être
déformé, l’intégrale entre deux points ne dépend pas du parcours.
Théorème 8. Soit w = f (z) une fonction régulière ou holomorphe dans un domaine Ω
supposé simplement connexe. Alors l’intégrale
Z Z
f (z)dz
z0
est indépendante du chemin d’intégration.
Corollaire 1. Prenons 2 chemins Γ1,2 . Alors
Z Z
(61) =
Γ1 Γ2
Soit Z Z
(62) − =0
Γ1 Γ2
effectués en sens contraire (et qui donnent une contribution nulle une fois sommés).
Z Z Z Z Z
(64) = + + +
T TI T II T III T IV
Parmi les quatre triangles, il y en a un dont l’intégrale est supérieure en valeur absolue aux trois
autres. Nous le notons T1
Z Z
(65) ≤ 4
T T1
Le sous-triangle T1 peut à son tour est divisé en quatre sous-triangles avec
Z Z
(66) ≤ 4
T1 T2
Soit au bout de n sous-divisions Z Z
(67) ≤4
n
T Tn
Nous savons qu’il existe un seul point z0 commun à tous les triangles Ti , i = 0,1, . . . ∞.
Soit alors > 0. Il existe un voisinage Dδ de z0 tel que
(68) ∀z ∈ Dδ , f (z) = f (z0 ) + (z − z0 )f 0 (z0 ) + η(z − z0 )
(69) avec |η(z − z0 )| ≤
Une fois donné , nous pouvons choisir n tel que Ti ⊂ Bδ , i ≥ n.
D’où : Z Z Z Z Z
0 0
(70) f (z)dz = f (0)dz − z0 f (z)dz + zf (z)dz + η(z − z0 )dz
Tn Tn Tn Tn Tn
Z Z
(71) f (z)dz = 0 + 0 + 0 + η(z − z0 )dz
Tn Tn
Prenant la norme, sn étant le périmètre du triangle Tn
Z Z
(72) f (z)dz ≤ |z − z0 | dz
Tn Tn
2
(73) ≤ s
2 n
À chaque itération, le périmètre sn est divisé par 2. D’où
Z
1 n s0
(74) ≤ 4
2 4n
T
qui peut être aussi petit que désiré. D’où le théorème.
Partie 2: Cas de la ligne polygonale. Il suffit alors de décomposer le chemin dur la ligne en
une somme finie sur des triangles composant la ligne polygonale.
Partie 3: Cas du chemin arbitraire. On prend la limite d’un chemin polygonal où le nombre de
segments tend vers l’infini.
Il existe une autre démonstration utilisant le théorème de Green (que nous verrons dans un
chapitre ultérieur);
Théorème 10. Soit un domaine Ω fini de R2 de frontière (non singulière) δΩ. On suppose
que f (x,y) et g(x,y) sont de classe C 1 dans Ω. Alors
Z Z Z
∂g ∂f
(75) − dx dy = (f dx + gdy)
Ω ∂x ∂y δΩ
1
4. CONSéQUENCES 23
z
z
We shall see in Section 4.1.1 that the Cauchy integral formula gives an
easy proof that a holomorphic function is infinitely differentiable. Thus the
Cauchy-Goursat theorem is swept under the rug: holomorphic functions are
1
as smooth as can be, and we can differentiate them at will.
3
2
3.1.5 More General Versions of the Cauchy Formula
A more general version of the Cauchy formula—the one that is typically used
in practice—is this:
4. Conséquences
Théorème 11. Si l’anneau défini par les chemins C1 et C2 est tel que la fonction f (z) y
soit régulière et si C1 et C2 sont orientés dans le même sens alors
Z Z
(78) f (z)dz = f (z)dz
C1 C2
même si la fonction f (z) n’est pas régulière dans l’intérieur de la région définie par C2 .
Théorème 12. Si f (z) est régulière dans une région simplement connexe 1 Ω et si f (z)
possède une primitive F (z), alors
Z z1
(79) f (z)dz = F (z1 ) − F (z0 )
z0
à condition que z0,1 et que le chemin d’intégration appartiennent à Ω.
1. Une région est dite simplement connexe si tout chemin peut être rétrécis à un point (en tirant sur le
lacet !) sans rencontrer d’obstacle, c’est-à-dire de trou.
24 2. INTéGRATION
Considérons une suite {zn }n≥0 de Ω approchant z mais pour l’instant arbitraire. Nous avons
Z
f (zn ) − f (z) 1 φ(ζ)
(86) = dζ
zn − z 2πi Γ (ζ − z)(ζ − zn )
D’où :
Z Z Z
f (zn ) − f (z) 1 φ(ζ) 1 φ(ζ) 1 φ(ζ)
An =
(87) − 2
dζ = dζ − dζ
zn − z 2πi Γ (ζ − z) 2πi Γ (ζ − z)(ζ − zn ) 2πi Γ (ζ − z)2
Z
zn − z φ(ζ)
(88) = dζ
2πi Γ (ζ − z)2 (ζ − zn )
Soit M une borne supérieure de |φ(z)|. Nous avons :
Z
|zn − z| 1
(89) An ≤ M 2
dζ
2π Γ (ζ − z) (ζ − zn )
où l’intégrale est majorée car, pour n suffisamment grand, aucun des points n’est sur le contour.
La suite {zn }n≥0 tendant vers z, An tend vers zéro.
Comme les dérivées d’ordre supérieur peuvent être traitées de la même manière, le théorème
est démontré.
2
Remarque 2. Nous venons de démontrer qu’un fonction holomorphe est infiniment dérivable,
ce qui est évidemment faux pour des fonctions de variable réelle.
6. Le logarithme
Théorème 15. Soit Ω un région simplement connexe et supposons 0 ∈ / Ω. Alors il existe une
fonction analytique f (z) unique à 2πi près telle que exp[f (z)] = z. Nous écrirons f (z) = ln z et
le choix de la constante arbitraire qui multiplie 2πi est appelé coupure
L’exsitence de ectte fonction nous est assurée en prenant f 0 (z) = 1/z. Choisissons un point
z0 arbitraire. La fonction ln est donc définie par l’intégrale
Z z
(90) ln z = f 0 (z) dz
z0
(91) g 0 (z) = 0
D’où le résultat.
Nous aurons besoin dans la suite de la définition suivante:
Définition 7. Soit c une singularité d’une fonction réelle. On appelle Partie Principale de
l’intégrale de f (x) sur [a,b] avec c ∈ [a,b] la limite
Z c− Z b
(92) lim f (x)dx + f (x)dx
→0 a c+
Rb
On remarque que l’intégrale a
dx f (x) n’existe pas forcément. Quand elle existe, les deux
définitions coïncident.
26 2. INTéGRATION
Im(ω’)
ω
Re(ω’)
Fig. 4. Contour utilisé dans (100).
Figure 1: Contour C for Eq. (12 – Kramers-Kronig relation
7. Réponse linéaire
Considérons une quantité mesurable x(t). La réponse de x(t) à un champ F (t) est linéaire :
where C could be any contour confined to a region Z +∞ where χ(ω) is analytic, and not containing
he point z(93)
= ω. Let C denote the contour x(t) =shownχ(t t0 )F (t0 )Because χ vanishes as |z| goes to
in−fig.1.
−∞
nfinity, the large arc0
of C contributes nothing as it recedes to infinity. The remaining part
où χ(t − t ) est une suceptibilité. Nous avons supposé le système invariant sous translation dans
f the contour can: laberéponse
le temps separated intot the
à l’instant ne peutstraight
dépendrepart
quealong the real taxis,
de la différence − t0 oùwhich becomes a
t0 est l’instant
rinciple-value integral
où le champ F (tas
0 theappliqué.
) est small arc
Si F shrinks, and àanunintegral
(t) est assimilé overnous
pic de Dirac, theavons
smallx(t)arc= which
χ(t). is
iφ 0 0
arameterized by z =
Le principe de ωcausalité
+ ϵe .exigeThus − t )(12)
χ(tEq. = 0, tbecomes
< t : La réponse est provoquée par la force et ne
la précède pas.
! ∞ ! 0
la′ réponse du sysème
′ χ(ω )
Nous considérons maintenant iϵeiφ dφ
à un champ alternatif
iφ
F (t) = F0 e−iωt .
D’où : 0=P dω ′ + lim iφ
χ(ω + ϵe ). (13)
−∞ ω −ω ϵ→0 π ϵe
(94) x(t) = χ̃(ω)F0 e−iωt
This becomes the general relation
où la susceptbilité χ̃(ω) a une partie réelle et une partie imaginaire :
! Z ∞ ′
P ∞ ′ χ(ω ) iωt
(95) χ(ω) == χ1 + iχ2dω
χ̃(ω) = .
dt χ(t)e (14)
iπ −∞ ω0 ′ − ω
Le principe de causalité entraîne que l’intégrale est prise sur [0, + ∞[.
inally, separating
Commeinto real and
un champ imaginary parts
est nécessairement une and using
quantité theseule
réelle, results from réelle
la partie Eqs. de
(8,9)
(94)that
1 is even compte
in ω and
: χ2 is odd, this becomes
(96) (ω)F!0 ∞
x(t) = χ12P cos ωt +
ωχ′χ2 (ω)F
(ω ′0)sin ωt
′ 2
χ1en
où le premier terme oscille (ω) = avec F0 cos
phase dωωt, ′2alors que (15)
π 0 ω − ω 2 le deuxième est en quadrature.
Nous montrons que χ1 et χ2 ne sont pas indépendants en raison du principe de causalité.
! ∞
Posons z = x + iy avec x = ω et 2ωP
définissons χ1 (ωle′ )plan complexe supérieur :
(95)′ dans
χ2 (ω) = − Z ∞ dω ′2 2
. (16)
(97) π
χ̃(x + iy) = 0 ω −
−yt ixt ω
dt χ(t)e e , ∀y > 0
0
car χ(t) est nullle pour t <= 0. Cette fonction est clairement holomorphe dans le demi-plan
3 Damped
supérieur.
Harmonic Oscillator
The HarmonicExercice [Link]
oscillator directementexample.
the canonical que les conditions de Cauchyresults
The quantum s’appliquent
are essentially the
(98) dχ
ame as the classical results, so consider the 1 /dx = dχ
Newtonian 2 /dy equation
(99) dχ2 /dx = −dχ1 /dy
mẍ + mẋ/τ + mω02 x = F (t) (17)
where 1/τ is a phenomenological damping rate, and mω02 is the spring constant K. If F (t)
7. RéPONSE LINéAIRE 27
Le théorème intégral de Cauchy donne que l’intégrale sur le contour C de la figure 4 est nul :
I
χ(z)
(100)
c z −ω
converge éventuellement. Soit Ω le domaine de convergence : on sait que Ω est l’intérieur d’un
certain cercle dont le centre est un point z0 . Nous avons le théorème :
P
Théorème 16. (Hadamard) Soit la suite des nombres an , n > 0. La série n an (z − z0 )n
converge absolument 2 si |z − z0 | < r et diverge si |z − z0 | > r où r est donné par
1
(113) r = lim p
n→∞ n |a |
n
On remarque que rien n’est dit sur ce qui se passe sur le cercle de convergence lui-même. Tout
est cas d’espèce.
Souvent plus commode, on a la règle de d’Alembert
Théorème 17. (D’Alembert) Le rayon du disque de convergence est déterminé par la limite
an
(114) r = lim
n→∞ an+1
8.2. Convergence uniforme. Il existe Pen fait une convergence plus forte que la convergence
simple d’une série. Supposons que la série an z n converge dans un domaine z ∈ Ω, alors pour
chaque et pour chaque point z1 de Ω, il existe un n1 = n1 (,z1 ) tel que
|fn+1 (z1 ) + fn+2 (z1 ) + . . . fn+p (z1 )| < , ∀n > n1 , ∀p > 0
On remarque que n1 dépend non seulement de , mais aussi de z1 . D’où la définition suivante :
P
Définition 8. La série an z n converge uniformément si n1 ne dépend que de et non
de z1 dans tout le domaine Ω.
Cette convergence uniforme nous assure des théorèmes suivants
Théorème 18. Toute série converge de façon uniforme dans un cercle concentrique à son
domaine de convergence et de rayon strictement plus petit.
P
Théorème 19. Considérons la série fn (z) où toutes les fonctions sont régulières dans la
même région simplement connectée Ω.
P
– La série F (z) = fn (z) représente une fonction continue dans Ω.
– Pour chaque chemin Γ
XZ Z
fn (z)dz = F (z)dz
n Γ Γ
2. C’est-à-dire si X n
an |z − z0 |
n
converge.
CHAPITRE 3
Fonctions analytiques
1. Fonctions analytiques
1.1. Définitions. Nous avons (enfin) la définition suivante :
Définition 9. La fonction f (z) est dite développable en série entière en z0 si et si seulement
il existe une série entière de rayon de convergence r > 0 tel que
X
f (z) = an (z − z0 )n
n≥0
Une fonction développable en série entière dans un voisinage est dite analytique.
Théorème 20. Si f (z) est une fonction holomorphe sur un ouvert Ω. Alors f (z) est
nécessairement analytique en tout point z0 de Ω avec
Z
1 f (ζ)
(115) an =
2πi C(z0 ,r) (ζ − z0 )n+1
En particulier
Théorème 21. Si f (z) est une fonction holomorphe sur un ouvert Ω, elle est infiniment
différentiable en tout point de Ω avec
(116) ∀z ∈ Ω, f (n) (z) = an n!
Il y a donc équivalence entre les principes d’holomorphie et d’analycité, une fonction
analytique étant clairement holomorphe. Ce résultat explique une terminologie fluctuante.
Suivant les sources, on parle de façon équivalente de fonctions holomorphes, analytiques,
différentiables au sens des complexes, régulières ou, enfin, conformes. Enfin, on appelle fonction
entière une fonction analytique sur tout le plan complexe.
Exemple 6. Il est évident que tout polynôme est localement la somme de son développement
de Taylor.
Exemple 7. f (z) = 1/z est analytique sur C/ 0, car pour z0 6= 0, Z = z − z0 et
1 X (−1)n Z
n <1
(117) f (z) = = n+1 (z − z0 ) si z0
z0 + Z n≥0
z0
2. Prolongement analytique
2.1. Prolongement par la méthode des séries.
Théorème 22. Soient deux fonctions f1 (z) et f2 (z) régulières dans une région Ω. Nous
supposons que f1 (z) et f2 (z) coïncident dans une région de z0 de Ω. Cette région peut aussi être
un chemin incluant z0 . Alors ces deux fonctions coïncident sur Ω.
Pour démontrer ce théorème, nous aurons besoin du lemme
Lemme 1. On se donne deux séries :
X X
an (z − z0 )n et bn (z − z0 )n
n≥0 n≥0
ayant un rayon de convergence. Si les deux séries coïncident dans un voisinage de z0 sur un
nombre infini de points avec comme point limite z0 , alors les deux séries sont identiques.
29
30 3. FONCTIONS ANALYTIQUES
Supposons que ce lemme soit vrai: Soit C0 le plus grand cercle de centre z0 contenu dans Ω.
Les deux fonctions étant analytiques, elles sont développables en série et ces séries convergent
dans C0 . D’après le lemme précédent, les deux fonctions sont identiques sur C0 .
Donnons-nous maintenant un point arbitraire ζ de C0 . Les deux points z0 et ζ peuvent être
connectés par un chemin entièrement contenu dans Ω. Divisons ce chemin de façon arbitraire
z0 , z1 , z2 , . . . zm = ζ. Pour chaque zν , nous traçons le cercle Cν entièrement contenu dans Ω. La
division est choisie de telle sorte que chaque cercle contient le centre du suivant.
Les deux fonctions coïncidant dans C0 , elles coïncident en z1 et dans un voisinage de z1 .
Elles sont développables en série en z1 et leur séries sont identiques sur C1 . Les deux fonctions
sont donc identiques sur C1 . Itérant le processus, nous arrivons à zm−1 . Nous avons donc
f1 (ζ) = f2 (ζ).
2
Reste à démontrer le lemme :
(1) On fait z = z0 , d’où a0 = b0 .
(2) Supposons que nous ayons démontré la même propriété jusqu’au rang m, ai = bi , 0 ≤
i ≤ m. Dans le voisinage de z0 , nous avons donc
am+1 + am+2 (z − z0 ) + . . . = bm+1 + bm+2 (z − z0 ) + . . .
Les séries de gauche et de droite représentant des fonctions continues, on peut passer à
la limite z = z0 . D’où am+1 = bm+1
2
Ce théorème peut être interprété comme une extension aux fonctions analytiques du théorème
des polynômes : deux polynômes coïncidant en n + 1 points sont identiques. Ici, il faut que les
fonctions coïncident en un nombre infini de points avec un point d’accumulation.
Remarque 3. Ce théorème n’a de sens que pour les fonctions analytiques et il est en règle
général faux pour des fonctions infiniment dérivables. Il suffit de prendre f (x) = 0, si x ≤ 0 et
2
f (x) = e−1/x si x > 0 qui ne coïncide pas avec la fonction nulle.
3. AUTRES THéORèMES 31
Définition 10. Soit Ω un domaine et V un ouvert de U . Soit f (z) une fonction définie sur
V. On appelle prolongement analytique de f (z) sur U toute fonction définie sur Ω et coïncidant
avec f (z) sur V.
Conclusion : pour démontrer que deux fonctions analytiques sont identiques, il suffit de le
démontrer sur l’axe réel ou sur un segment [0,1].
Remarque 4. feuillets de Riemann : L’énoncé de ce théorème cache en fait une très
grande subtilité quant au domaine de définition de la fonction analytique. Considérons un
prolongement analytique obtenu par la méthode des séries en définissant de proche en proche
des disques de convergence (voir Fig. 3). Chaque disque de convergence Di , 1 ≤ i ≤ n, a une
intersection non-nulle avec le précédent. Il peut arriver que la valeur de la fonction analytique
définie dans le dernier disque Dn ne coïncide pas avec celle qui a été définie dans le premier
D1 . En apparence, nous pouvons donc avoir deux valeurs pour un même point, ce qui contredit
notre conclusion sur l’unicité du prolongement unique. Dans ce cas, il faut assimiler le plan
complexe à une surface construite de proche en proche suivant un processus géométrique inventé
par Riemann.
Imaginons que nous empilions une série de feuillets 1 ≤ i ≤ n. Chaque feuillet est coupé
suivant une ligne que nous pouvons assimiler à l’axe des réels négatifs. En collant par les bords de
la coupure, x < 0, deux feuillets successifs, nous construisons une surface qui s’enroule comme
une spirale autour de l’origine (voir l’exemple du stationnement). Projetons cette surface spirale
sur le plan et nous avons défini une fonction multi-valuée sur plan. L’apparente discontinuité de
la fonction analytique est donc uniquement due au fait que nous avons oublié le feuilletage de la
surface de Riemann. Ce sera le cas de la fonction logarithme étudiée plus bas.
3. Autres théorèmes
Théorème 23. Si Ω est un domaine ouvert et connexe (c’est-à-dire fait d’une seul tenant).
Si f est holomorphe dans D et si |f (z)| atteint son maximum dans Ω, et non sur la frontière
∂Ω, alors f (z) est une fonction constante. En particulier, une fonction holomorphe atteint sa
borne supérieure quelque part sur le bord δΩ si Ω est fini
(118) sup |f (z)| = sup |f (z)|
z∈Ω̄ z∈δΩ
Comme |f (ζ0 )| ≥ |f (z)|, nous avons f (ζ0 ) = f (z), ∀z ∈ Dρ (ζ0 ). Tout point de O possède donc
un voisinage dans O. O est donc ouvert. Mais il est aussi fermé. La seule possibilité est O = Ω
et f est donc constante.
Définition 11. Une fonction f (z) est dite entière si elle est définie et holomorphe sur C.
Par exemple, f (z) = sin z, ez etc. sont des fonctions entières. La fonction f (z) = 1/z n’est pas
entière, car elle est singulière en z = 0.
Théorème 24. (Liouville) Si f est une fonction holomorphe sur C et si il existe une
constante M telle que |f (z)| ≤ M, ∀z ∈ C, alors f (z) est une constante.
Introduisons la fonction auxiliaire g(z) = (f (z) − f (0)/z. Même si le dénominateur tend vers
0 quand z → 0, g est holomorphe sur C, car f est C ∞ . On a évidemment g(0) = f 0 (0).
Posons |z| = R. Nous avons :
|f (z)| + |f (0)| 2M
(123) |g(z)| ≤ =
|z| R
Soit w un point du plan et R un nombre réel choisi tel que |w| ≤ R.
Utilisant la formule intégrale de Cauchy :
Z
1 g(z)
(124) g(w) = dz
2πi |z|=R z − w
Mais
Z
1 g(z) 1 sup|g(z)|
(125) | dz| ≤ 2πR
2π |z|=R z − w 2π inf|z − w|
Mais |g(z)| ≤ 2M/R et, pour z sur le cercle, la distance minimale entre z et w est obtenue
quand les deux vecteurs sont colinéaires. D’où inf|z − w| = R − |w|, cf. Fig. 2. D’où
2M
(126) |g(w)| ≤
R − |w|
Mais R peut être aussi grand que voulu. Faisant R → ∞, nous avons g(w) = 0. Revenant à la
définition de g, nous avons f (z) = f (0), ∀z ∈ C. Donc, f est bien constante.
Remarque 5. Ce théorème ne s’applique pas aux fonctions sur la droite réelle: heureusement !
La fonction sin(x) est bornée sur R et elle n’est pas constante.
Nous avons une autre démonstration : Pour z ∈ C, nous avons pour tout R ∈ [0,∞[
Z
0 1 f (z)
(127) f (z) = dζ
2πi ∂DR (z) (ζ − z)2
Nous pouvons paramétriser ∂DR (z) par ζ(t) = z + Reit , 0 ≤ t ≤ 2π. L’intégrale précédente
devient
Z 2π
0 1 f (z + Reit )
f (z) = 2 2it
iReit dt
2πi 0 R e
(128) Z 2π
1
= f (z + Reit )e−it dt
2πR 0
Donc si : ∀z ∈ C, |f (z)| ≤ M :
M
(129) |f 0 (z)| ≤
R
Faisant R → ∞, nous avons f 0 (z) = 0 quelque soit z et donc f est constante.
Ce théorème a pour conséquence :
3. AUTRES THéORèMES 33
z
Z
Fig. 2. La distance minimale entre z sur le cercle et w est obtenue quand z est
colinéaire avec w.
Théorème 25. (dit théorème fondamental de l’algèbre) Si p(z) est un polynôme de degré
n > 0, alors p(z) s’annule quelque part dans C.
Supposons que p(z) ne s’annule pas. Alors g(z) = 1/p(z) est une fonction entière. Nous
avons aussi |p(z)| → ∞ quand |z| → ∞. Donc |g(z)| → 0 quand |z| → ∞ et g(z) est bornée.
Donc g(z) est constante. D’où la contradiction.
Définition 12. Lorsque qu’une fonction de classe C 2 obéit à l’équation de Laplace
∂ 2f ∂ 2f
(130) + 2 =0
∂x2 ∂y
on dit que f (x,y) est harmonique. On sait que si f = u + iv est holomorphe, alors les parties
réelles et imaginaires u et v sont harmoniques.
Nous avons :
Théorème 26. Si u(x,y) est une fonction réelle et harmonique de classe C 2 dans un
domaine Ω, alors il existe une fonction v(x,y) de classe C 2 telle que la fonction f = u + iv soit
holomorphe.
Exercice 20. Nous démontrons ce théorème.
(1) Nous démontrons d’abord que si Ω est simplement connexe, alors il existe une fonction
analytique f sur Ω telle que u = Re f .
(a) Considérer la fonction g(z) = ∂u/∂x − i∂u/∂y Démontrer que g(z) est analytique.
(b) Nous désirons démontrer le théorème suivant :
Théorème 27. Soit g une fonction analytique sur un domaine simplement connexe
Ω. Alors il existe une fonction f analytique sur Ω telle que f 0 (z) = g(z). La fonction
f est unique à une constante additive près.
Nous avons : limR→∞ |I(R)| = 0 qui sera constamment utilisé dans les application du théorème
des résidus.
Exercice 21. Nous allons démontrer ce théorème.
(1) Choisir R suffisamment grand pour que |f (z)| < .
(2) Utilisez
2
(140) θ ≤ sin θ θ ∈ [0,π/2]
π
pour majorer cette intégrale (faire un dessin pour démontrer cette propriété).
(3) En déduire le résultat.
Fig. 3. (a) Tracé de la partie imaginaire et réelle, (b), du ln. En (c), la surface
de Riemann du ln.
En conséquence, suivant le chemin, nous avons une infinité de valeur de ln(−1). La fonction
est multi-valuée. Chaque valeur de ln z pouvant être obtenue à partir de l’autre par l’addition
d’un multiple de 2πi. Chacune de ces déterminations constitue une branche de la fonction ln et
chaque branche est bien holomorphe dans n’importe quelle région qui ne contient pas l’origine.
Théorème 32. On considère le plan complexe auquel on a retranché la partie négative de
l’axe réel. En d’autres mots, on considère C\{x + iy|x ≤ 0 et y = 0}. La fonction
(149) ln z = ln|z|+i arg z − π < z < +π
est appelée la branche principale du logarithme. Cette fonction est analytique sur C\{x + iy|x ≤
0 et y = 0} et
d 1
(150) ln z =
dz z
4.3. L’idée des coupures et des surfaces de Riemann. Lorsque la fonction f (z) est
multi-valuée, il existe deux méthodes pour l’étudier :
(1) Introduire des coupures dans le plan complexe.
(2) Remplacer le plan complexe par une surface. À partir de fonction f originalement
définie dans le plan complexe, on définit une nouvelle fonction f˜ sur une surface où la
fonction devient uni-valuée. Cette surface est généralement compliquée dans un espace
de dimension 4.
Commençons par tracer un graphe. Considérons la fonction z = f (w) = ew , w ∈ C. Cette
fonction est périodique, car
f (w + 2kπi) = f (w)
et f (w) ne peut donc être surjective. Par contre, si le domaine de variation est restreint au
domaine
(151) −∞ < Re w < ∞ et − π < Im w ≤ π
la fonction est clairement surjective et on peut définir son inverse, le ln ! D’où l’idée de la coupure
qui est mieux visualisée en traçant les deux surfaces donnant les parties imaginaires et réelles
du ln, c.f. Fig. 3, sous forme paramétrée :
(1) (Re f (w), Im f (w), Im w).
(2) (Re f (w), Im f (w), Re w).
Prenant Im w = 0, la deuxième surface revient à tracer la courbe (ew ,w) qui n’est autre que le
graphe du logarithme donné sous forme paramétrée. Les deux surfaces correspondent donc aux
parties imaginaires et réelles du ln dans le plan complexe. La partie réelle, cas (b), est clairement
6. SINGULARITéS 37
5. Fonction puissance
Soient a et b deux nombres complexes. Nous avons ab = eb ln a et cette fonction est multivaluée
car ln est multivaluée. Nous avons :
Théorème 33. (1) Quelque soit le choix de la branche choisie pour la fonction ln, la
z
fonction z → a est entière, c-à-d. analytique dans le plan complexe, et a pour dérivée
z → ln a az .
(2) Fixons la branche de la fonction ln, par exemple, la branche principale. Alors la fonction
z → z b est analytique dans le domaine de la branche du ln qui a été choisie et sa dérivée
est z → bz b−1 .
Exercice 23. Donner la dérivée des fonctions suivantes en précisant les régions où ces
fonctions sont analytiques:
(1) ez .
(2) sin ez
(3) ez /(z 2 + 3).
√
(4) ez + 1.
(5) cos z̄.
(6) 1/(ez − 1).
(7) ln(ez + 1).
6. Singularités
6.1. Classification des singularités. Il y a trois possibilités pour une fonction f au
voisinage d’un point P :
(1) Si la singularité est effaçable : |f (z)| est bornée dans un disque ayant P pour centre.
(2) Si la fonction f a un pôle : limz→P |f (z)| = +∞.
(3) Si la singularité est essentielle : Aucune de ces possibilités.
6.2. Théorème du prolongement de Riemann.
Théorème 34. Soit f : D(P,r)\P → C un fonction holomorphe et bornée. Alors nous
pouvons effacer la singularité. Celle-ci est dite effaçable :
(1) limz→P f (z) existe.
(2) la fonction fˆ(z) définie par
(152) fˆ(z) = f (z) si z 6= P et lim f (z)sinon
z→P
avec
Z
1 f (ζ)
(160) an = dζ , n ≥ 0
2πi γ1 (ζ − z0 )n+1
Z
1
(161) an = f (ζ)(ζ − z0 )m dζ , n = −m − 1 < 0
2πi γ0
qui donne le développement de Laurent. Déformant les contours :
Z
1
(162) an = f (ζ)(ζ − z0 )n+1 dζ , n ∈ Z
2πi γ
où γ est n’importe quel cercle parcouru dans le sens anti-horaire et entourant z0 .
Un cas intéressant est r0 = 0.
Proposition 1. Supposons f (z) holomorphe sur le disque DR (z0 )\z0 . Si :
(1) Si il existe un n fini et < 0 tel que am = 0, ∀m < n, alors f (z) a un pôle en z0 .
(2) Dans le cas contraire, la singularité est essentielle.
Théorème 36. Le j-ième coefficient de la série de Laurent d’une fonction f ayant un pôle
d’ordre k en P est
1 dk+j k
(163) aj = (z − P ) f (z) |z=P
(k + j)! dz k+j
40 3. FONCTIONS ANALYTIQUES
Nous verrons plus tard que les fonctions yn (x) sont des fonctions de Bessel Jn (x) et
que la fonction du membre de gauche est appelée fonction génératrice.
(a) Exprimer yn (x) comme une intégrale de Cauchy.
(b) Faire la substitution t = 2u/x et démontrer :
x n X (−1)k x 2k
(168) yn (x) =
2 k≥0 (n + k)!k! 2
(e) La méthode de la phase stationnaire est en général valable pour les intégrales du
type:
Z
(173) I(λ) = eiλf (z) dz
C
où λ est grand et positif et où f (z) est un nombre réel le long du contour.
(i) Nous considérons l’intégrale d’Airy:
Z
1 ∞ 1
(174) cos( s3 + zs)ds
π 0 3
(ii) Faire le changement de variable s = z 1/2 t et x = z 3/2 . Quelle est alors
l’intégrale à évaluer?
(iii) Montrer que le chemin d’intégration peut être déformé en n’importe quel
chemin tel que:
– Le chemin part dans le secteur 2π/3 < t < π.
– Le chemin se termine dans le secteur 0 < t < π/3.
(iv) Quels sont les points col?
(v) Posant t = x + iy, montrer que le chemin de plus grand gradient est obtenu
pour
(175) x(x2 − 3y 2 + 3) = 0
(vi) On trace sur la figure la cubique solution de cette équation. Les flèches
indiquent les directions où Re h[t] décroît. Quelle branche choisissez-vous
pour faire l’intégration?
(vii) Pour information, le résultat final est
Γ(1/2) 1 3/2
(176) Ai(x) ' exp −2/3x
4π x1/4
Fig. 4.
CHAPITRE 4
Transformations intégrales
1. Séries de Fourier
Nous nous concentrons sur l’intervalle [0,2π[ en identifiant les point 0 et 2π. Sur le plan
géométrique, notre analyse portera donc sur un cercle. Si f (θ) est une fonction intégrable sur
[0,2π[, nous définissons :
Z 2π
˜ 1
(177) fn = f (t)e−int dt
2π 0
On appelle série de Fourier de f l’expression :
+∞
X
(178) f (t) ∼ f˜n eint
n=−∞
43
44 4. TRANSFORMATIONS INTéGRALES
où la fonction f (θ) est une donnée du problème. C’est ce qu’on appelle une condition de Dirichlet.
Pour information, la condition de Neumann imposerait de trouver une solution ayant un flux
nul, c’est-à-dire une dérivée nulle, à la frontière du disque.
En 2d le laplacien est (formule qu’il faut connaître) :
∂2 1 ∂ 1 ∂2
(187) ∆= + +
∂r2 r ∂r r2 ∂θ2
et nous cherchons une solution de (185) sous la forme : w(r,θ) = u(r) · v(θ). Nous avons :
1 1
(188) u00 (r)v(θ) + u0 (r)v(θ) + 2 u(r)v 00 (θ) = 0
r r
D’où :
v 00 (θ) r2 u00 (r) + ru0 (r)
(189) − =
v(θ) u(r)
Le membre de gauche ne dépend que de la variable θ. Le membre de droite, quant à lui, ne
dépend que de la variable r. Ces deux variables étant indépendantes, les deux membres sont
constants. Soit λ cette constante :
(190) v 00 (θ) + λv(θ) = 0
(191) r2 u00 (r) + ru0 (r) − λu(r) = 0
On demande que v(θ) soit continue et périodique : On a donc λ = n2 où n est un entier positif.
(192) vn (θ) = an cos nθ + bn sin nθ
où qn et bn sont deux constantes d’intégration. Supposons n > 0. Dans l’équation pour u(r), on
fait le changement de variable r = ez qui transforme cette équation en une équation linéaire à
coefficients constants :
(193) u00 (z) − n2 u(z) = 0
avec la solution u(z) = e±nz lorsque n 6= 0. D’où la solution générale : un (r) = An rn +Bn r−n pour
n > 0. Si n = 0, il faut revenir à l’équation originale, dont la solution est u0 (r) = A0 + B0 ln r.
On a donc la soltution générale
X
(194) w(r,θ) = A0 + B0 ln r + un (r)vn (θ)
n>0
Dans le cas qui nous intéresse, les solutions sont régulières à l’origine. Cela élimine le ln et les
puissances n < 0.
X
(195) w(r,θ) = A0 + rn (An cos nθ + Bn sin nθ)
n>0
Enfin, la fonction f (θ) est supposée régulière. Elle est donc développable en série de Fourier :
1 X
(196) f (θ) = a0 + (an cos nθ + bn sin nθ)
2 n>0
Exercice 27. Démontrer le résultat précédent en dérivant sous le signe somme donnant
une équation pour f˜0 (y)/f˜(y).
Théorème 38. Nous avons la transformée inverse :
Z +∞
1
(198) f (x) = √ eixy f˜(y) dy
2π −∞
Théorème 39. Nous avons la formule de Poisson :
n=+∞
X n=+∞
1 X ˜
(199) f (x + 2πn) = √ f (n)einx
n=−∞
2π n=−∞
P
Définissons h(x) = +∞n=−∞ f (x + k). La fonction h(x) est clairement périodique de période
1. Elle est donc développable en séries de Fourier. Ses coefficients de Fourier sont an = f˜(n).
D’où le résultat.
2 /4t
Exemple 11. Si f (x) = e−x , nous avons l’identité de Jacobi :
l=+∞
X k=+∞
−πl2 τ 1 X −πk2 /τ
(200) e =√ e
l=−∞
τ k=−∞
3. Transformée de Laplace
Soit f : R+ → C une fonction integrable sur [0,R], ∀R > 0 telle que
Z +∞
(201) |f (t)| e−at dt < ∞, ∀a > A
0
To solve this equation, we assume some initial magnetization modulation and Fourier transform
the initial condition:
Z
(213) M(k,0) = dkeik·x M̄(k,0)
Z
(215) M̄(k,t) = dxe−ik·x M(x,t)
where we use the “bar” symbol for the spatial Fourier transform. We also Laplace transform the
last equation in time.
Z ∞
(216) M̃(k,z) = dt M̄(k,t)eizt
0
We get
i
(218) M̃(k,z) = M(k,0)
z + iDk2
Since M(k,0) is given by the initial conditions, the last equation tell us how the initial condition
spreads with time through the system.
From (218), the solution M̃(k,z) is an analytic function in the C-plane but at the the point
z = iDk2 . The pole for z = −iDk2 is characteristic of an hydrodynamic mode. Taking the
inverse Laplace transform, we get:
2
(219) M̄(k,t) = e−Dk t M̄(k,t = 0)
Assuming the initial condition M(x,0) = M0 δ(x), we get the classical result (in 3 dimensions)
M0
(220) < M(x,t) >= 3/2
exp −x2 /6Dt
(4πDt)
20
15
10
5 10 15 20 25
Le graphe de la fonction tx e−t est porté en Fig. 3 et fait clairement apparaître un maximum.
La contribution dominante à l’intégrale (225) viendra donc du voisinage de ce maximum, car
c’est dans cette partie que l’aire par “unité de courbe” est la plus concentrée.
Pour trouver le maximum à x donné, on calcule t qui annule la dérivée d(tx e−t )/dt = 0 et
on trouve t = x. Pour faire l’approximation qui nous intéresse, on pose
(226) ef (t) = tx e−t = e−t+x ln t
avec f 0 (t = x) = 0 et f 00 (t = x) = −x/t2 .
Développant f (t) 1 au deuxième ordre :
Z +∞
1 2
Γ(x + 1) ≈ exp x ln x − x − (t − x)
0 2x
(227) Z +∞
x ln x−x 1 2
≈e exp (t − x)
−∞ 2x
où, pour x suffisant grand, nous pouvons étendre l’intégrale jusqu’à −∞. L’intégrale sur t est
maintenant une gaussienne 2 . Cela donne :
√
(228) Γ(x + 1) ≈ 2πxxx e−x x → ∞
qui est le premier terme de la formule de Stirling
√ n n 1 1
(229) n! = 2πn 1+ + + ...
e 12n 288n2
5.3. Méthode du col. Soit γ =] − ∞, + ∞[→ C une courbe (γ peut aussi être définie sur
un intervalle). Soit h(ζ) une fonction analytique sur γ. On suppose que :
R
(1) f (z) = γ ezh(ζ) dζ converge absolument.
(2) h0 (ζ0 ) = 0 et h00 (ζ0 ) 6= 0.
(3) Im(zh(ζ)) constant pour ζ sur γ dans un voisinage de ζ0 .
1. Il faut développer la fonction apparaissant dans l’argument de l’exponentielle : le développement de la
fonction exp [f (t)] n’apporterait rien.
R +∞ 2
2. Pour calculer −∞ e−x dx, on fait :
Z +∞ 2 Z +∞ Z +∞ Z +∞ Z +∞
−x2 −x2 −y 2 2 2
e dx = e dx e dy = e−x −y dxdy
−∞ −∞ −∞ −∞ −∞
Passer en coordonnées polaires donne :
Z 2π Z +∞
2
dθ dr re−r = π
0 0
D’où le résultat : Z +∞ √
2
e−x dx = π
−∞
50 4. TRANSFORMATIONS INTéGRALES
Résidus
Le théorème de Cauchy donne donc une formule très simple pour évaluer l’intégrale de f sur le
bord ∂Ω
Z XZ X
(238) f (z)dz = f (z)dz = 2πi Respj (f )
∂Ω j ∂Dj j
Théorème 43. On appelle ordre du pôle, le dernier entier k tel que (z − P )k f (z) est borné
en P . Autrement dit,
ln |f (z)|
(241) Ordre du pôle = lim
z→P ln |z − P |
Le résidu d’une fonction f ayant un pôle d’ordre k en P est calculé à partir de la formule
k−1
1 ∂
(242) Resf (P ) = z − P )k f (z) z=P
(k − 1)! ∂z
Exemple 12. Calculons
Z +∞
dx
(243)
−∞ 1 + x2
51
52 5. RéSIDUS
qui peut être calculée directement (= π!). Les pôles sont simples, car les zéros son simples, et ils
sont localisés en z = ±i. Si les pôles sont simples, le calcul des résidus est immédiat
(244) Resp (f ) = lim (z − p)f (z)
z→p
D’où
1
(245) Resi (f ) =
2i
Soit γR le chemin allant de −R à +R > 1 sur l’axe réel et complété par le demi arc-de-cercle de
rayon R dans le demi-plan supérieur. Ce chemin encercle le pôle +i et par conséquent
Z
dz
(246) 2
= 2πi Resi (f ) = π
γR 1 + z
D’un autre côté, sur le demi-cercle βR de rayon R, nous avons en majorant l’intégrale
Z
dz
(247) lim =0
R→∞ β 1 + z 2
R
car
Z Z
dz +π Reiθ
(248) = dθ
2 2 2iθ
βR 1 + z 0 1+R e
d’où le résultat, car 1 + R2 e2iθ ≥ |1 − R2 |.
Exercice 28. Montrer que
Z +∞
dx π
(249) = √
−∞ 1 + x4 2
Exemple 13. Nous désirons calculer :
Z +∞
sin x
(250) dx
−∞ x
Cette intégrale converge en 0, car sin x ≈ x, x → 0. Nous considérons la fonction intermédiaire :
eiz
(251) g(z) =
z
Le pôle de cette fonction est en x = 0 et son résidu en 0 est 1. Pour appliquer le théorème des
résidus, il faut choisir un contour. Mais le contour d’intégration doit être tel que ce pôle n’y
réside pas ! Nous formons donc le contour µR = ∪i=1,4 µiR (t) comme sur la Fig. 1 avec
(252) µ1R (t) = t, − R ≤ t ≤ −1/R
(253) µ2R (t) = eit /R, π ≤ t ≤ 2π
(254) µ3R (t) = t, 1/R ≤ t ≤ R
(255) µ4R (t) = Reit , 0 ≤ t ≤ π
et donc :
I XI
(256) g(z) dz = g(z) dz = 2πi
j=1,4 µjR
Nous avons
"I I # Z Z
+∞ +∞
eix eiz
(257) lim g(z) dz + g(z) dz = dx dz =
R→∞ µ1R µ3R −∞ −∞ x z
√ √
Pour le contour µ4R , nous coupons le parcours en deux suivant que Im z > R (A) ou Im z < R
(B).
√
e− R
(1) Sur (A), g(z) ≤ R
.
1. THE
5.5. APPLICATIONS TO CALCUL DES RéSIDUSOF INTEGRALS
CALCULATION 151 53
curve R
4
R
3
- 1/R 1/R R
-R 1 R
R 2
R
de telle sorte que les deux intégrales tendent vers 0 quand R → +∞. Enfin
I Z 2π it
eie /R i it
g(z) dz = e dt
µ2R π eit /R R
(262) Z 2π
it /R
=i eie dt → πi, quand R → +∞
π
P P
Ind = +1
Ind = +2
P
P
Ind = -3 Ind = -1
3.1. Index d’une courbe. Considérons un arc fermé γ : [a,b] → C supposé de classe C 1
encerclant un point P (pas nécessairement une fois). On suppose que P n’appartient pas à γ.
La quantité
I
1
(266) Indγ (P ) = dz
γ z −P
ne prend que des valeurs entières et mesure le nombre de fois que l’arc entoure le point P , Cf.
Fig. 2. Elle donne aussi le sens. Si l’arc γ entoure k-fois P dans le sens anti-horaire, son index
vaut +k. Si le sens est anti-horaire, son index est −k. Ce nombre est l’index d’une courbe ou
son “winding number” (indice d’un point autour d’un cycle).
4. Produits infinis
Considérons le produit :
k=N
Y
(267) (1 + ak )
k=0
où pour des raisons techniques aucun des ak n’est supposé égal à −1. Que peut-on dire sur la
limite n → ∞?
Théorème 45. Si :
X
(268) |ak | < ∞
k
alors
Y Y
(269) (1 + |ak |) et (1 + ak ) convergent
k k
5. FONCTION GAMMA 55
10
-4 -2 2 4
-5
-10
D’où le résultat :
alors
Y
(271) g(z) = (1 + fk (z))
k
5. Fonction Gamma
La fonction Γ(z) intervient dans la transformée de Laplace de f (t) = tz−1 en raison de
définition :
Z ∞
(272) Γ(z) = e−t tz−1 dt, Re z > 0
0
Si la définition de la fonction Gamma n’est valable que pour Re z > 0, l’identité (273) montre
que Γ(z) est aussi méromorphe dans le dommaine {z ∈ C : z > −1} avec un pôle simple
en −1. Itérant la même identité, on démontre que Γ(z) est en fait définie dans tout le plan
complexe sauf aux entiers négatifs où elle a un pôle simple.
Il suffit d’établir cette identité pour 0 < Re z < 1 pour qu’elle soit vraie dans le plan
complexe. Dans ce cas
Z ∞Z ∞
Γ(z)Γ(1 − z) = e−(s+t) s−z tz−1 dsdt
Z0 ∞ Z0 ∞
(276) = e−u v z−1 (1 + v)−1 dudv
Z0 ∞ 0
= (1 + v)−1 v z−1 dv
0
qui est une fonction holomorphe dans le domaine 0 < Re z < 1. Pour démontrer la dernière
égalité, il suffit de se concentrer sur la ligne z = 1/2 + iξ, ξ ∈ R
Z +∞
x −1 ixξ π
(278) 2 cosh e dx =
−∞ 2 cosh(πξ)
Or
π π
(279) =
sin π( 12 + iξ) cosh πξ
Ce qui achève la démonstration.
En particulier
π2 π4
(281) ζ(2) = , ζ(4) =
6 90
Cette fonction intervient dans de nombreaux calculs de physique statistique, voir en particulier
la condensation de Bose-Einstein. Elle intervient aussi en théorie des nombres dû au théorème
suivant :
Théorème 47. Soit {pj : j ≥ 1} = {2,3,5,7,11, . . .} l’ensemble des nombres premiers. Alors,
pour Re s > 1
∞
Y −1
(282) ζ(s) = 1 − p−s
j
j=1
De façon surprenante, la démonstration est très simple. Nous pouvons développer le membre
de droite de (282)
X X X
(283) 1+ psj + (pj1 pj2 )s + (pj1 pj2 pj3 )s + . . .
j j1 <j2 j1 <j2 <j3
qui est équivalente à la définition (281), car chaque nombre peut être décomposé de façon unique
en produit de facteurs premiers.
Théorème 48. La fonction de Riemann définit une fonction méromorphe dans C avec un
pôle simple en 1.
6. FONCTION ZETA DE RIEMANN 57
Définissons la fonction
X 2 πt
(284) g(t) = e−n
n≥1
= ζ(2s)π −s Γ(s)
Rappelons l’identité de Jacobi, cf. (200), qui implique
1 1
(286) g(t) = − + t−1/2 + t−1/2 g(1/t)
2 2
Nous avons :
Z ∞ Z 1 Z ∞
s−1 s−1
(287) g(t)t dt = g(t)t dt + g(t)ts−1 dt
0 0 1
58 5. RéSIDUS
7. Problèmes
(1) Appliquer le théorème intégral de Cauchy (en le justifiant) pour calculer (γ est un
cercle entourant l’origine)
Z Z
cos z sin z
(288) dz et 2
dz
γ z γ z
(2) On rappelle qu’une coupure dans le plan complexe est une « barrière » qui empêche un
chemin quelconque d’être déformé lorsque les fonctions sont multivaluées.
(a) Démontrer que f (z) = ln(z 2 ) est analytique sur A = {z|z 6= 0 et arg z 6= ±π/2}.
√
(b) On cherche à déterminer la région du plan complexe où la √ fonction z → √ ez + 1
est analytique. On choisira la coupure de la fonction w → w telle que w soit
analytique dans le domaine C\{x + iy|y = 0, x ≤ 0}. Quelle est sa dérivée?
√
(3) Démontrer que la √ branche de la fonction w → w peut être choisie de telle sorte que
2
la fonction z → z − 1 soit analytique dans la région schématisée dans la figure.
(a) Quels sont les pôles de l’intégrant? Pourquoi ne peut-on pas appliquer le théorème
des résidus directement?
7. PROBLèMES 59
(b) Pour calculer cette intégrale, nous allons la comparer avec celle prise sur le chemin
γ(x) = x − 2πi. Démontrer que :
2πζ eiπζ
(292) A + e A = 2πiRes−iπ
2 cosh(z/2)
En déduire A.
(6) Nous désirons calculer :
Z ∞
xα
(293) B= dx α ∈ [0,1]
0 1 + x2
(a) On pose z α = rα eiαθ 0 ≤ α ≤ 2π. Quelle est la coupure introduite dans le plan
complexe par cette définition?
(b) Soit γR le chemin défini par 1) 0 < r < R, θ = 0 2) r = R, 0 ≤ θ ≤ 2π, 3)
R > r > 0, θ = 2π. Démontrer
Z
zα
(294) lim dz = B − e2πiα B
R→∞ γ 1 + z 2
R
Fonctions de Green
61
CHAPITRE 1
Introduction
1. Introduction
Nous sommes intéressés à trouver la solution générale des équations aux dérivées partielles
linéaires. À titre d’exemple, considérons l’équation de la chaleur en une dimension (D est le
coefficient de diffusion) :
∂u ∂ 2u
(304) = D 2 + f (x,t), 0 < x < L
∂t ∂x
avec les conditions :
(305) u(0,t) = u(L,t) = 0 (conditions aux frontières)
(306) u(x,0) = u0 (x) (condition initiale)
où f (x,t) et u0 (x) sont des données du problème. La méthode générale est celle de la séparation
des variables. On cherche u(x,t) sous la forme :
X πx
(307) u(x,t) = an (t) sin(n )
n≥1
L
avec :
Z
P πx 2 L πx
(308) f (x,t) = n≥1 fn (t) sin(n L )et fn (t) = f (x,t) sin(n ) dx
L 0 L
Z L
P πx 2 πx
(309) u0 (x) = n≥1 gn sin(n L ) et gn = u0 (x) sin(n ) dx
L 0 L
d’où
n2 π 2
(310) a0n (t) + an (t) = fn0 (t) et an (0) = gn
L2
La méthode de la variation de la constante permet d’intégrer cette dernière équation :
Z t
−n2 tπ 2 /L2 +n2 π 2 s/L2
(311) an (t) = e gn + ds e fn (s)
0
La solution générale est donc :
(312) Z
Z t Z L
2 X −n2 π2 /L2 t 2 L πy +n2 π 2 s/L2 πy
u(x,t) = e u0 (y) sin(n ) dy + + ds e f (y,t) sin(n ) dy
L n≥1 L 0 L 0 0 L
P R
qui peut être mis sous la forme en intervertissant les signes et :
Z L Z tZ L
(313) u(x,t) = G(x,t; y,0)u0 (y) dy + G(x,t; y,s)f (y,s) dy ds
0 0 0
où la fonction de Green est définie par :
2 X −n2 π2 /L2 (t−s) nπy nπx
(314) G(x,t; y,s) = e sin( ) sin( )
L n≥1 L L
Par conséquent :
– Si nous connaissons G(. . .), nous pouvons trouver la solution quelques soient u0 et f .
– G(. . .) est une “fonction” de deux paires (x,t) et (y,s).
63
64 1. INTRODUCTION
– G(. . .) s’exprime en fonction des fonctions propres du Laplacien avec les mêmes
conditions aux limites.
2. L’espace L2
Pour toutes fonctions à valeurs complexes et continues sur [a,b], nous pouvons définir le
produit scalaire
Z b
(315) ∀f,g ∈ C([a,b]) (f,g) = f (x)g(x)dx
a
ainsi que la norme
p
(316) kf k = (f,f )
Mais cet espace C([a,b]) n’est pas nécessairement un espace approprié pour la « suite des
opérations », car il n’est pas fermé : une suite de fonctions continues peut ne pas converger
dans C([a,b]), alors qu’elle converge dans un sens que nous définirons plus bas. Là encore, il y
a d’autres difficultés. Si deux focntions f, g sont intégrables au sens de Riemann, leur produit
f × g ne l’est pas nécessairement. Cette propriété n’est vraie que si l’intégrale est prise dans
un sens plus large (intégrale de Lebesgue). Comme les fonctions qui nous intéresserons seront
toutes intégrables au sens de Riemann, nous oublierons ce problème 1 .
Définition 17. On appelle L2 (a,b) l’espace vectoriel des fonctions telles que
Z b
(317) |f (x)|2 dx < ∞
a
Comme
(318) kαf + βgk ≤ kαf k + kβgk = |α|kf k + |β| kgk ∀α, β ∈ C, ∀f, g ∈ L2 (a,b)
αf + βg est dans L2 (a,b) si f et g sont toutes les deux dans L2 (a,b).
Remarque 6. Dans L2 (a,b), l’égalité kf k = 0 n’implique pas f (x) = 0 sur tous les points
de l’intervalle [a,b]. La fonction nulle sauf en un nombre fini de points a une norme nulle. La
fonction nulle sur L2 (a,b) définit donc une classe d’équivalence dont la fonction strictement
nulle est la seule représentante qui soit continue. De même, nous dirons que f et g g sont égales
dans L2 (a,b) si kf − gk = 0. Cela ne veut pas dire que f et g sont partout identiques, mais
qu’elles sont simplement égales presque partout.
Définition 18. Une suite fn de fonction dans L2 (a,b) converge si il existe une fonction f
de L2 (a,b) telle
(319) lim kfn − f k = 0
n→∞
Définition 19. Un suite fn de fonctions de L2 (a,b) est une suite de Cauchy si et seulement
si
(320) ∀ > 0 ∃N ∈ N tel que ∀m,n > N kfn − fm k <
Théorème 49. L2 (a,b) est complet. Autrement dit, toute suite de Cauchy converge dans
L2 (a,b).
Exercice 29. (1) Considérons la suite de fonctions {fn (x)}n∈N définie par :
(321) fn (x) = xn x ∈ [0,1]
(a) Étudier la convergence presque partout sur [0,1].
(b) Démontrer que xn −→ L2 0.
1. «La plus grande jouissance dans l’existence, c’est de vivre dangereusement ...», F. Nietzsche.
2. L’ESPACE L2 65
Distributions
Définition 20. Une distribution est une fonctionnelle continue sur l’espace des fonctions
test noté C0∞ (R). Les fonctions test sont des fonctions infiniment différentiables sur R et nulles
en-dehors d’un intervalle [−a,a], où a n’est pas précisé. Autrement dit, une distribution associe
un nombre réel à toutes fonctions test.
Exemple 14. Un exemple de fonction de test est :
2 −x2 )
(326) φ(x) = e−1/(a si − a < x < a et 0 sinon
Pour une distribution f , on note généralement
Z
(327) f (ϕ) =< f,φ >= f (x)φ(x) dx
bien que l’intégrale ne soit pas une “vraie” intégrale, car f n’est pas une fonction ! f est en fait
l’abstraction mathématique d’une densité.
D’autre part, cette application doit être linéaire
(328) f (aφ + bψ) = af (φ) + bf (ψ)
pour tous nombres réels (a,b).
Exemple 15. Un premier exemple de distribution est donné par n’importe quelle fonction
f (x) qui peut être intégrée. L’opération
Z
(329) f (φ) = f (x)φ(x) dx
est effectivement une opération linéaire. Les distributions incluent donc toutes les fonctions
intégrables, d’où le nom de fonctions généralisées.
Exemple 16. La distribution Delta de Dirac notée δ(z) ou δ(z − x) (distribution centrée en
z = x) n’est pas une fonction. Son action sur l’espace des fonctions est
Z
δ(φ) = φ(0) = δ(z)φ(z) dz
(330) Z
δx (φ) = φ(x) = δ(z − x)φ(z) dz
√ 2
Fig. 1. Graphes de G(j,x) = j/ πe−jx pour j = 2,3,5,7.
67
68 2. DISTRIBUTIONS
Il est possible de généraliser aux distributions les opérations que l’on fait d’habitude sur des
fonctions :
(1) Différentiation
Si f est une fonction usuelle, une intégration par parties montre que
Z Z
(331) < f ,φ >= f (x)φ(x)dx = − f (x)φ0 (x) dx = − < f 0 ,φ >
0 0
Pour une distribution, l’accroissement relatif f 0 (x) = ∆f /∆x n’a aucun sens, mais on
peut définir une dérivée par
(332) < f 0 ,φ >= − < f,φ0 >
et
(333) < f (n) ,φ >= (−1)n < f,φ(n) >
À titre d’exemple, considérons la distribution de Heavyside définie par
(334) H(x) = 1 si x > 0 et 0 sinon
H(x) est une fonction usuelle, mais elle n’est pas dérivable au sens usuel. Mais sa
dérivée au sens des distributions est connue
Z +∞
0 0
(335) < H ,φ >=< H, − φ >= − φ0 (x) dx = φ(0)
0
car φ est nulle en-dehors de l’intervalle. On a donc
d
(336) H(x) = δ(x)
dx
(2) Multiplication par des fonctions suffisamment régulières et ayant une
inverse :
Soit g : R → R une fonction différentiable et bijective, avec g 0 (x) > 0. Nous avons
en faisant le changement de variable y = g(x)
Z Z
dy
(337) f ◦ g,φ) = f (g(x))φ(x)dx = f (y)φ(g −1 (y)) 0 −1
g (g (y))
Exercice 30. Démontrer : δ(cx) = 1c δ(x).
Exercice 31. Que devient la fonction δ(x − x0 ) = δ(x − x0 )δ(y − y 0 ) en coordonnées
polaires? Rép. 1/r0 δ(r − r0 )δ(θ − θ0 ).
(3) Convergence des distributions :
Soit {fj }j≥0 une suite de distributions. Nous dirons que fj tend vers f si et seulement
si pour toutes fonctions test
(338) lim (fj ,φ) = (f,φ)
j→∞
Le problème de Sturm-Liouville
Dans cette section, nous allons étudier un cadre général qui permet de montrer que certaines
fonctions sont orthogonales entre elles. Nous allons obtenir ces fonctions comme les solutions
d’une équation différentielle qui appartient à une classe très générale[?].
Définition 22. L’équation de Sturm-Liouville est l’équation différentielle ordinaire
d dy
(346) r(x) + (q(x) + λp(x))y = 0 où x ∈ [a,b]
dx dx
Ici p(x), r(x), q(x) sont des fonctions à valeurs réelles sur [a,b] et où y(x) et la constante λ ∈ C
sont toutes les deux à à déterminer. L’équation de Schrödinger est une équation de type
Sturm-Liouville, où la fonction q(x) joue le rôle de potentiel (avec r(x) = p(x) = 1).
Exemple 17. (1) L’équation de Bessel : x2 y 00 (x) + cy 0 (x) + (x2 − ν 2 )y(x) = 0
h i
d −x2 0 2
(2) L’équation d’Hermite : dx e y (x) + λe−x y = 0
hp i
d λ
(3) L’équation de Chebyshev : dx 1 − x2 )y 0 (x) + √1−x 2y = 0
71
72 3. LE PROBLèME DE STURM-LIOUVILLE
Anderson () a démontré qu’un potentiel aléatoire stationnaire pour les milieux désordonnés
peut avoir un spectre dense de fonctions propres associées à des fonctions ayant une décroissance
exponentielle. Ce phénomène est appelé localisation d’Anderson.
Comme exemple, considérons l’équation de Schrödinger sous la forme :
" #
X
(360) u00 (x) + Qn f (x − n) u(x) = λu(x)
n∈Z
où f (x) est un potentiel donné et où les Qn sont des variables aléatoires indépendantes distribuées
suivant la même loi de probabilité. Le spectre de cette équation est dense et dénombrable dans
λ ∈ [0,∞[ avec des solutions exponentiellement décroissantes.
Théorème 53. Pour un problème régulier :
(1) Les valeurs propres sont réelles.
(2) Les fonctions propres correspondantes à des valeurs propres distinctes sont orthogonales
avec le poids p(x) :
Z b
dx p(x)ui (x)uj (x) = 0 si i 6= j
a
(3) Les valeurs propres sont simples : l’espace associé à une valeur propre est de dimension
1.
(4) L’opérateur associé est auto-adjoint.
(5) Le spectre de l’opérateur −L défini plus lin est borné inférieurement.
(6) L’ensemble des vecteurs propre constitue une bas complète sur laquelle toute fonction
suffisament régulière et ayant les bonnes conditions aux limites peut être développée.
Point 1 :
Nous avons en notant ȳ le conjugué complexe de y :
d dy
(361) ȳ r + ȳ(q + λp)y = 0 + Conditions aux limites
dx dx
d dȳ
(362) y r + y(q + λ̄p)ȳ = 0 + Conditions aux limites
dx dx
d’où
0
(363) [r (y 0 ȳ − y ȳ 0 )] + (λ − λ̄)p|y|2 = 0
Soit en intégrant
Z b
0 0 b
(364) [r (y ȳ − y ȳ )]a = −(λ − λ̄) dx p(x)|y(x)|2
a
En raison des conditions aux limites, le membre de gauche est nul. La fonction p(x) est supposée
strictement positive et l’intégrale est nécessairement non nulle si la fonction y(x) n’est pas la
fonction nulle. D’où λ = λ̄.
Point 2 :
Soient ui,j deux fonctions propres associées à deux valeurs propres λi 6= λj . En procédant comme
au point 1 :
Z b
0 0
b
(365) r ui uj − ui uj a = −(λi − λj ) dx p(x)ui (x)uj (x) = 0
a
Comme auparavant, le membre de gauche est nul en raison des conditions aux limites. D’où le
résultat.
Point 3 :
Ce point est le plus délicat. Rappelons le théorème d’algèbre :
74 3. LE PROBLèME DE STURM-LIOUVILLE
Théorème 54. Soit A une matrice n × n définie dans un espace vectoriel V avec un produit
scalaire (x,y). Si (Ax,y) = (x,Ay) alors
(1) V possède une base orthonormale (v1 ,v2 , . . . ,vn ) de vecteurs propres correspondants à
des valeurs propres distinctes (λ1 ,λ2 , . . . ,λn ).
P
(2) La matrice A peut être décomposée comme i=1,n λi Pi où les Pi sont les projecteurs
sur la base (v1 ,v2 , . . . ,vn ).
Pour définir l’équivalent d’une matrice symétrique, il faut définir ce qu’est un opérateur
auto-adjoint.
Considérons l’opérateur L défini par :
d2 u du
(366) Lu = a0 (x) 2
+ a1 (x) + a2 (x)u(x)
dx dx
sur l’espace des fonction définies sur [x0 ,x1 ] avec les conditions aux limites u(x0 ) = u(x1 ) = 0.
On peut prendre d’autres conditions aux limites mais celles-ci simplifieront l’écriture. Nous
désirons trouver la solution de
(367) Lu = f (x)
sous la forme
Z x1
(368) u(x) = G(x; z)f (z) dz = (Gx ,f )
x0
D’où la propriété.
1. EXISTENCE DES FONCTIONS PROPRES (VECTEURS PROPRES) 75
Théorème 56. Les valeurs propres de l’opérateur −L possèdent une borne inférieure.
Mais u(a) = u(b) = 0 en raison des conditions aux frontières. Si u est un vecteur propre associé
à la valeur propre λ alors :
Z b Z b
2 0 2
(380) λkuk = p(x)|u | dx − r(x)|u(x)|2 ≥k u k2 max {|r(x)| : a ≤ x ≤ b}
a a
Définition 27. Une fonction de Green pour cette opérateur est une fonction :
(1) De [a,b] × [a,b] → R.
(2) G(x,ξ) satisfait les conditions aux limites (382) pour les deux variables x et ξ. G(x,ξ) =
G(ξ,x).
(3) G(x,ξ) est continue sur [a,b] × [a,b] est est de classe C 2 sur [a,b] × [a,b] sauf sur la
droite x = ξ. En dehors de cette droite, G satisfait à Lx G(x,ξ) = 0.
(4) Enfin, la derivée (par rapport à x ) de G(x,ξ) subit un saut au voisinage de x = ξ, voir
Fig. 1
∂G ∂G 1
(384) (x = ξ + ,ξ) − (x = ξ − ,ξ) =
∂x ∂x p(ξ)
Théorème 59. Nous pouvons exprimer la fonction de Green G(x; z) = Gx (z) comme une
série:
∞
X
(405) G(x; z) = Gx (z) = cj (x)φj (z)
j=0
où
1
(406) cj (x) = φj (x)
λj
Remarque 10. (1) La formule
X 1
(407) G(x; z) = φj (x)φj (z)
j
λj
est clairement symétrique en x et z comme attendu.
78 3. LE PROBLèME DE STURM-LIOUVILLE
(2) Si l’une des valeurs propres λj est nulle, cette expression n’a pas de sens. Il n’y a pas
de fonction de Green au sens usuel dans ce cas.
(3) La solution de (398) est écrite comme
Z bX∞ X∞
1 1
(408) u(x) = (Gx ,f ) = φj (x)φj (z)f (z) dz = φj (x)(φj ,f )
a j=0 λj λ
j=0 j
d’où le résultat.
CHAPITRE 4
79
80 4. APPLICATIONS DES FONCTIONS DE GREEN
81
82 5. POLYNôMES ORTHOGONAUX ET FONCTIONS DE BESSEL
pour 0 ≤ k < n.
Théorème 62. Si {Pn (x)}n∈N est une famille de polynômes orthogonaux, il existe trois
nombres An , Bn , Cn tels que :
(439) xPn (x) = An Pn+1 (x) + Bn Pn (x) + Cn Pn−1 (x)
Le polynôme xPn (x) est un polynôme de degré n + [Link] peut donc le développer sur la base
des polynômes Pn (x) comme suit :
k=n+1
X
(440) xPn = ck Pk (x)
k=0
2. Polynômes de Legendre
Le polynômes de Legendre ont été introduits dans le cadre du potentiel newtonien. Un
corps situé au point A(0,0,1) crée au point P de coordonnées (r, θ) un potentiel inversement
proportionnel à la distance kAP k:
1 1
(446) =
kAP k (1 − 2r cos θ + r2 )1/2
qu’il est intéressant de développer en puisance de r. Nous aurons :
X ∞
1 1
(447) = 1/2
= Pl (cos θ)rl
kAP k 2
(1 − 2r cos θ + r ) l=0
Démontrer que
k(k + 1) − λ
(450) ck+2 = ck
(k + 1)(k + 2)
En déduire que si λ = n(n + 1), n ∈ N, alors l’une des solutions est un polynôme (on
choisira les constantes c0 et c1 ) .
(2) L’autre solution est la fonction de Legendre Qn (x). Démontrer que
1 1+x
(451) Q0 (x) = ln
2 1−x
(1 − 2xt + t2 )−1/2
Cette fonction génératrice est une fonction analytique de la variable t ∈ [−1,1]. Nous
pouvons poser
X
(452) f (t,x) = an (x)tn
n≥0
5. Fonctions de Bessel
5.1. Introduction. Les fonctions de Bessel se rencontrent aussi fréquemment que les
fonctions sinus ou cosinus. Elles interviennent chaque fois que le problème possède une symétrie
cylindrique. Citons pêle-mêle :
(1) La physique des membranes vibrantes et donc de tous les instruments acoustiques.
(2) La physique de la diffraction par un trou circulaire en optique (tache d’Airy, cf. Fig 1).
(3) La propagation des ondes dans les guides d’onde et dans les fibres optiques.
(4) Tout phénomène où le Laplacien bi-dimensionnel intervient (équation de Schrödinger,
physique de la diffusion etc.)
L’équation différentielle de Bessel est du type :
00 1 0 ν2
(473) y + y + 1− 2 y =0
x x
et on désigne habituellement la solution de (473) par Zν (x).
Exemple 20. On considère l’équation de Helmholtz en symétrie cylindrique:
2 1 d 1 dψ
(474) ∆ψ + k ψ = + k2ψ = 0
r dr r dr
Cette équation se ramène à la précédente, car
1
(475) ψ 00 + ψ 0 + k 2 ψ = 0
r
et on cherchera la solution sous la forme ψ(r) = y(kr) où y est solution de (473).
De nombreuses équations se ramènent à cette équation par changement de variable et de
fonction. Par exemple, l’équation différentielle
00 1 − 2α 0 β−1 2 α2 − ν 2 β 2
(476) y + y + (Kβx ) + y=0
x x2
86 5. POLYNôMES ORTHOGONAUX ET FONCTIONS DE BESSEL
a pour solution
(477) y(x) = xα Zν (Kxβ )
En particulier :
(478) x(y + y 00 ) + (2ν + 1)y 0 = 0
qui a pour solution
(479) y(x) = x−ν Zν (x)
5.2. Forme intégrale des solutions. Chercchons une solution de (477) en la représentant
par une intégrale de Laplace très générale
Z
(480) v(x) = exz f (z) dz
l
D’où
Z
00
(482) x(v + v ) = exz x(1 + z 2 )f (z) dz
L
1.0
0.8
0.6
0.4
0.2
5 10 15 20
-0.2
-0.4
Fig. 2. Graphe des fonctions J0 (x), J1/2 (x) et J1 (x). La seule fonction qui ne
s’annule pas à l’origine est J0 (x). Lorsque x est grand, on retrouve bien que
2 1/2
Jν (x) ≈ πx cos x − π2 (ν + 1/2) .
La première condition ne dépend que des points limite du parcours L. Celui-ci sera choisi une
fois la fonction f déterminée par la seconde condition qui s’écrit aussi
dg 1 2z
(488) = (ν + ) 2
dz 2 z +1
d’où :
(489) g(z) = Cte · (z 2 + 1)ν+1/2 dz
soit
Z
ν
(490) Zν (x) = Cte · x exz (1 + z 2 )ν−1/2 dz
L
Le parcours L sera déterminé dan la section suivante. L’équation différentielle étant du deuxième
ordre, il existe aussi une autre famille de solutions. Celle-ci sera explicitée plus loin.
Pour s’affranchir de cette condition, constatons que x−ν Jν (x) est une fonction paire de x,
analytique et donc développable en série entière. Écrivons pour l’intégrale:
Z +1 Z +1
ixt 2 ν−1/2
dt e (1 − t ) dt = dt cos(xt)(1 − t2 )ν−1/2 dt
−1 0
(494) ∞
X Z +1
x2kk
=2 (−1) dt tk (1 − t2 )ν−1/2
k=0
(2k)! 0
Comme d’habitude, la fonction génératrice permet d’obtenir les relations de récurrence pour
les Jn (x). On a
∂g 1 1
= x 1 + 2 e(x/2)(t−1/t)
∂t 2 t
(502) n=+∞
X
= nJn (x)tn−1
n=−∞
7. DIFFRACTION DE FRAUNHOFER 89
0.25
0.20
0.15
0.10
0.05
-10 -5 5 10
Fig. 3. Fonction (J1 (x)/x)2 utilisé pour calculer l’intensité difractée par une
ouverture circulaire. La fonction est maximale en 0 et est rapidement négligeable.
En substituant la série pour e(x/2)(t−1/t) et en identifiant les puissances de t (on rappelle que la
représentation en série est unique), nous démontrons
2n
(503) Jn−1 (x) + Jn+1 (x) = Jn (x)
x
Exercice 40. Dériver la fonction génératrice g(x,t) par rapport à x. Démontrer :
(504) Jn−1 (x) − Jn+1 (x) = 2Jn0 (x)
avec en particulier:
(505) J00 (x) = −J1 (x)
7. Diffraction de Fraunhofer
Dans la théorie de la diffraction par une ouverture circulaire, nous avons à évaluer l’intégrale
Z a Z 2π
(506) Φ∝ rdr eibr cos θ dθ
0 0
où Φ est l’amplitude de l’onde diffractée. L’angle θ est l’ange azimuthal dasnnle plan de
l’ouverture circulaire de rayon a et l’angle α est l’angle défini par le point sur l’écran avec la
normale à l’ouverture. Le pramètre b est défini par:
2π
(507) b= sin α
λ
où λ est la longueur d’onde incidente.
Nous avons donc:
Z a
(508) Φ ∝ 2π rJ0 (br)
0
soit en utilisant (refeq:bessel0),
2πab λa 2πa
(509) Φ ' 2 J1 (ab) = J1 sin α
b sin α λ
D’où l’intensité :
2
2 λa 2πa
(510) Φ ' J1 sin α
sin α λ
qui est tracée en Fig. 3.
90 5. POLYNôMES ORTHOGONAUX ET FONCTIONS DE BESSEL
2.5
2.0
1.5
1.0
0.5
Fig. 4. . Graphe des fonctions de Bessel Iν (x), ν = 0,1 et Kν (x). Les fonctions
Kν (x) décroissent exponentiellement et divergent en x = 0 y compris pour ν = 0.
8. Épilogue 1
Nous avons démontré que les fonctions de Bessel Jν (x) donnaient une famille de fonctions
solutions de (473). Lorsque ν n’est pas une entier, les fonctions Jν (x) et J−ν (x) sont indépendantes.
Que se passe-t-il lorsque ν est entier?
Théorème 66. Les fonctions de Bessel modifiées définies par
(
(Jν (x) cos(νx) − J−ν (x)) / sin(νπ) ν 6= 0, 1, 2 . . .
(511) Yν (x) =
limν→n Yν n = 0, 1, 2 . . .
donnent la deuxième famile de solutions de cette équation différentielle. On remarque bien
que ν = n entier donne la forme indéterminée 0/0 dans la première équation.
L’autre famille de solutions est obtenue comme les solutions de Neuman. On pose :
π I−ν (x) − Iν (x)
(517) Kν (x) =
2 sin νπ
La famille des Kν (x) (fonctions de Bessel modifiées) permet d’obtenir les fonctions de Green du
problème de la diffusion. En particulier, la fonction de Green du problème
(518) ∆ψ − ψ = 0
est −1/2πK0 (x).
Exercice 41. En utilisant l’identité
Z ∞
(519) rdr K0 (r) = 1
0
démontrer que la fonction de Green est −1/2πK0 (r).
Enfin, les fonctions Kν (x) décroissent exponentiellement pour x → ∞
r
π −x
(520) Kν (x) 'x→∞ e (1 + . . .)
2x
Cette décroissance exponetielle est souvent utlisée pour définir des longueurs caractéristiques en
physique statistique.
10. Épilogue 2
ANNEXE A
93
94 A. RAPPELS DE TOPOLOGIE SUR UN ESPACE MéTRIQUE
1.4. Compacts.
Définition 34. Si K est une partie de R ou C. K est un compact si et seulement si K
est un fermé borné. Dans un compact K, toute suite d’éléménts de K possède une sous-suite
convergente.