Comptabilité des fusions et évaluations
Comptabilité des fusions et évaluations
ue 214 coMPtaBilitÉ
et audit
Année 2016-2017
Ce fascicule comprend :
La série 4
Le devoir 4 à envoyer à la correction
En collaboration avec le
Hervé JAHIER
Z2141-F4/4
Comptabilité et audit • Série 4
Les auteurs :
Hervé JAHIER : Diplômé expert-comptable, agrégé d’économie et gestion, professeur de classe
préparatoire au DCG et correcteur au DCG, DSCG et DEC.
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UE 214 • Comptabilité et audit
OBJECTIFS DE LA SÉRIE 4 7
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Comptabilité et audit • Série 4
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Section 2. Le traitement comptable dans les comptes
de la société absorbante.....................................................................53
Section 3. La fusion-renonciation.........................................................................54
Section 4. La comptabilisation de l’échange de titres..........................................56
Chapitre 5. Les difficultés comptables et fiscales...............................................57
Section 1. La dérogation à la règle de valorisation aux valeurs comptables.......57
Section 2. La différence entre valeur d’apport globale et élément par élément...58
Section 3. Le suivi ultérieur de la valeur du mali technique.................................59
Section 4. La détermination du mali technique en cas d’apport en valeur
comptable d’un actif net négatif..........................................................60
Section 5. La filialisation d’une branche d’activité distincte destinée à être
cédée...................................................................................................61
Section 6. Le traitement de la perte de rétroactivité............................................62
Section 7. L’approbation du traité de fusion
plus de six mois après la date de clôture............................................64
Section 8. L’opérations de fusion ou assimilées entre deux sociétés sous
contrôle conjoint..................................................................................65
Section 9. La fusion de deux sociétés par création d’une société nouvelle
(fusion-réunion)....................................................................................65
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UE 214 • Comptabilité et audit
EXERCICES AUTOCORRIGÉS 75
ANNEXE 109
INDEX 111
DEVOIR 4 113
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UE 214 • Comptabilité et audit
Objectifs de la série 4
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PARTIE
Fusion et opérations assimilées
Objectifs :
Chapitre 1. Généralités sur les méthodes d’évaluation
• Savoir déterminer la valeur d’une entreprise
des entreprises
et de ses titres.
Chapitre 2. Les méthodes fondées sur l’évaluation
• Savoir distinguer les deux grandes catégories
du patrimoine
de méthodes : méthodes fondées sur le
Chapitre 3. Les méthodes financières ou méthodes
patrimoine et méthodes fondées sur les flux
économiques
de profit futurs.
Les opérations qui nécessitent de connaître la valeur d’une entreprise sont nombreuses. On peut
notamment citer :
• des raisons comptables : détermination de la valeur actuelle des titres afin d’enregistrer une
éventuelle dépréciation, opération de réévaluation ;
• la détermination d’une valeur de vente ou d’achat, dans le cadre d’une OPA, d’une prise de
participation ou de cession ;
• les opérations d’augmentation de capital qui nécessitent de fixer un prix d’émission ;
• lors d’une première consolidation lorsqu’il faut déterminer écart d’évaluation et écart d’acqui-
sition ;
• pour des raisons de gestion lorsque l’évaluation constitue une activité quotidienne des ana-
lystes financiers pour vérifier la solvabilité de l’entreprise ou pour les dirigeants afin de déter-
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Comptabilité et audit • Série 4
RÉSUMÉ
Il existe plusieurs méthodes d’évaluation qui utilisent des approches différentes. Les deux
approches, patrimoniales ou par les flux, peuvent en effet se combiner dans le cadre d’une
approche hybride. Dans le cadre des fusions et opérations assimilées, il convient de bien dis-
tinguer les méthodes utilisées pour déterminer les valeurs d’échange pour le rapport d’échange
entre les actions de l’absorbée et les actions de l’absorbante et les méthodes d’évaluation
retenues par le PCG pour déterminer l’apport de la société absorbée, dénommées valeur glo-
bale (ou valeur réelle) et valeur comptable.
La réalisation d’une fusion implique le recours à des méthodes d’évaluation à toutes les étapes
du processus afin de :
• déterminer la valorisation des sociétés et le rapport d’échange ;
• valoriser les apports dans le traité de fusion globalement, d’une part, et élément par élément,
d’autre part.
Deux observations importantes sont à formuler avant de présenter les méthodes d’évaluation
des entreprises.
La première observation tient au fait que, dans le processus de fusion, il est fait référence à
plusieurs valeurs qui, bien que résultant de l’utilisation de méthodes d’évaluation et de données
financières et comptables identiques, peuvent présenter des résultats différents.
C’est ainsi que la valorisation utilisée pour déterminer le rapport d’échange, qui intègre l’effet de
négociations entre les dirigeants, peut être différente de celle résultant de l’évaluation basée
uniquement sur les données comptables et financières.
De même, la valeur d’apport globale peut être différente de la valorisation utilisée pour détermi-
ner le rapport d’échange, et ce pour les mêmes raisons. Ou encore la somme des valeurs d’ap-
port individuelles peut laisser subsister un solde non identifié par rapport à la valeur d’apport
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globale du fait des contraintes de la réglementation comptable.
L’attention des étudiants est attirée sur le fait que ces valeurs n’ont ni la même signification ni la
même utilisation et il leur est demandé de se rapporter au titre 3, chapitre 2 de cette série pour
obtenir les explications correspondantes.
La seconde observation tient au fait que l’approche la plus communément partagée pour défi-
nir objectivement la valeur est celle qui résulte du jeu normal de l’offre et de la demande dans un
marché réel et efficient. Force est cependant de reconnaître qu’elle peut s’avérer difficile à mettre
en œuvre car l’entreprise, en particulier celle qui n’est pas cotée, n’est pas un bien banalisé pour
lequel existe un marché actif.
C’est pourquoi l’évaluation d’une entreprise intègre nécessairement un jugement subjectif qui
sera différent selon le point de vue de l’évaluateur. Par exemple, le résultat de l’évaluation d’une
entreprise sera différent selon que l’évaluateur est :
• un investisseur purement financier, pour qui la valeur va dépendre du retour sur investisse-
ment, c’est-à-dire de la capacité de l’entreprise à distribuer des résultats ;
• une société de capital-risque envisageant de revendre à court terme, pour qui la valeur va
dépendre de la trésorerie générée (le cash-flow) ;
• un industriel qui considérera que la valeur d’une entreprise est avant tout la valeur des salariés
qui travaillent pour elle et les connaissances (le know-how) qu’ils détiennent.
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UE 214 • Comptabilité et audit
De plus, les méthodes d’évaluation font intervenir des prévisions de résultats futurs et des calculs
intégrant des facteurs de capitalisation ou d’actualisation ce qui implique une projection dans
l’avenir qui, par définition, est incertain.
C’est pourquoi, l’objectif final d’une évaluation d’entreprise est d’aboutir à une fourchette de
valeurs plus qu’à une valeur unique.
La conclusion de l’évaluation combinera les méthodes d’évaluation pour former une approche
multicritère, visant à obtenir une fourchette de valeurs et déterminer ainsi un intervalle de valori-
sation pertinent, c’est-à-dire raisonnable, et équitable, qui ne lèse pas les intérêts de l’une des
sociétés par le recours à une approche qui la pénalise au bénéfice des autres sociétés partici-
pant à l’opération.
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Comptabilité et audit • Série 4
RÉSUMÉ
La valeur patrimoniale est constituée de l’ensemble des biens et des dettes de l’entreprise,
c’est donc le bilan qui va nous servir de document de base. Cependant, en raison des prin-
cipes comptables de prudence et des coûts historiques, les valeurs comptables ne corres-
pondent pas aux valeurs économiques. En effet, des éventuelles plus-values latentes ne sont
pas comptabilisées. De même, la règle française de l’enregistrement de l’impôt exigible ne
permet pas de comptabiliser les décalages d’imposition. Il est donc nécessaire de corriger
l’actif net comptable.
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• des apports : capital, primes liées au capital ;
• des écarts de réévaluation ;
• des écarts d’équivalence ;
• des bénéfices autres que ceux pour lesquels une décision de distribution est intervenue :
réserves, report à nouveau créditeur, bénéfice de l’exercice ;
• des pertes : report à nouveau débiteur, perte de l’exercice ;
• des subventions d’investissement ;
• des provisions réglementées.
Rappelons aussi la signification du terme « retraitement » dans le cadre d’un processus d’éva-
luation d’entreprise : on procède à des retraitements pour tenir compte des distorsions entre les
règles comptables (coût d’entrée, coût historique, valeur nette comptable…) et la réalité écono-
mique (valeur actuelle, valeur de réalisation) du patrimoine de l’entreprise à évaluer.
En effet, le bilan comptable est établi selon des modalités qui ne sont pas toujours compatibles
avec la réalité économique et financière, du fait notamment de :
• l’application de certaines règles comptables qui conduisent à enregistrer à l’actif des charges
qui ne représentent pas de valeur patrimoniale : frais d’établissement, frais de recherche et
développement ;
• l’absence de comptabilisation de certains éléments incorporels : fonds de commerce, valeur
de marque créée, savoir-faire de l’entreprise, valeur du droit au crédit-bail, etc. ;
• l’évolution du marché : en particulier pour l’immobilier ;
• l’existence de réserves occultes, ou de la surestimation, ou sous-estimation, de certains
postes : dépréciations, provisions, par exemple.
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UE 214 • Comptabilité et audit
L’objectif des retraitements est d’attribuer aux actifs et aux passifs identifiables de l’entreprise à
évaluer une valeur déterminée en fonction de leur usage prévu. Cette démarche s’applique tant
aux éléments inscrits dans les livres qu’à ceux qui ne le sont pas.
En vue de procéder à leur évaluation, les actifs sont classés en deux catégories :
• les biens non destinés à l’exploitation, c’est-à-dire que les actifs destinés à être revendus ou
non nécessaires à l’exploitation, sont évalués à leur valeur de marché à la date de l’évaluation
ou, en l’absence de marché, à leur valeur nette probable de réalisation ;
• les biens destinés à l’exploitation sont évalués à leur valeur d’utilité pour l’entreprise éva-
luée. Celle-ci correspond au prix qu’elle aurait accepté de payer si elle avait acquis ces élé-
ments séparément, compte tenu de l’usage qu’elle compte en faire.
D’une manière générale, la valeur d’utilité s’identifie, pour les actifs acquis et destinés à l’exploi-
tation, à leur valeur de remplacement, c’est-à-dire à l’investissement que l’entreprise devrait
réaliser pour les remplacer par de nouveaux actifs, éventuellement différents, mais permettant à
l’entreprise le maintien de sa production dans son secteur.
Les dettes et créances d’impôts différés attachées aux retraitements d’évaluation sont aussi
prises en compte selon les modalités analysées plus loin dans ce chapitre.
Le tableau présenté ci-après résume la démarche d’ensemble à appliquer :
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Comptabilité et audit • Série 4
I. IMMOBILISATIONS INCORPORELLES
Tous les actifs incorporels identifiables, y compris ceux qui ne seraient pas inscrits dans les
comptes de l’entreprise évaluée, font l’objet d’une évaluation.
La valeur d’utilité des immobilisations incorporelles correspond à leur valeur de marché lorsqu’il
existe un marché actif pour des biens similaires. Par marché actif, on entend un marché sur
lequel s’échangent régulièrement, à des prix connus, des biens de nature homogène. En l’ab-
sence de marché actif, on retient la valeur d’utilité de l’immobilisation incorporelle en se référant
notamment à la pratique du secteur concerné.
Lorsque l’entreprise évaluée détient un bien dans le cadre d’un contrat de location financement,
ce qui ne donne lieu à aucun enregistrement à l’actif en application des règles du PCG, le droit
incorporel correspondant doit être évalué à un montant égal à la différence entre, d’une part, la
valeur actuelle du bien concerné et, d’autre part, la dette résiduelle à la date d’acquisition cor-
respondant à la valeur actualisée des loyers et de l’option de rachat restant à payer.
EXEMPLE APPLICATIF 1
Un contrat de crédit-bail prévoit, pour un bien d’équipement d’une valeur de 100 000 €, le paie-
ment d’un loyer annuel de 13 500 € sur 10 ans, et une option d’achat de 10 000 € en fin de
contrat.
La durée d’utilisation du bien est de 20 ans et le taux d’intérêt de 10 %.
Au bout de 5 années d’utilisation, le droit au crédit-bail sera évalué à :
• valeur actuelle du bien = 100 000 – (100 000/20) × 5 = 75 000 ;
1− (1+ 0,1)−5 10 000
• valeur actuelle de la dette = 13 500 × + = 57 365 €.
0,1 (1+ 0,1)5
Valorisation du droit au crédit-bail : 75 000 – 57 365 = 17 635 €.
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Leur valeur d’utilité correspond à la valeur de marché pour les biens banalisés ou à leur valeur
de remplacement nette pour les biens spécifiques à l’exploitation. Dans ce dernier cas, on
recherche la valeur à neuf d’un bien équivalent en tenant compte de l’usage que l’entreprise
évaluée compte en faire. De cette valeur, on retranche l’amortissement correspondant à la durée
de vie utile écoulée pour obtenir la valeur de remplacement nette.
La valeur des terrains et des constructions s’obtient en se référant aux conditions du marché
local.
Les agencements et installations n’ont pas à faire l’objet d’une évaluation séparée s’ils sont
intégrés dans la valeur des constructions.
En ce qui concerne les postes « Matériel, outillage, matériel de bureau et de transport », on
constate que la durée de vie économique de ces actifs est souvent supérieure à la durée d’utili-
sation comptable. C’est ainsi que l’on retrouve, totalement amortis, des biens qui ont toujours
une valeur d’usage et que l’on doit évaluer.
Exception faite des matériels d’usage courant pour lesquels il existe un cours sur le marché de
l’occasion, l’appréciation des valeurs pourra être faite :
• soit à partir de la valeur à neuf, diminuée d’un coefficient de vétusté, lequel devra tenir compte,
d’une part, de l’amortissement normal du matériel et, d’autre part, de son degré plus ou moins
grand de désuétude ou d’obsolescence ;
• soit à partir de la valeur comptable brute actualisée d’un amortissement normal eu égard à la
nature et à l’utilisation du bien.
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UE 214 • Comptabilité et audit
IV. STOCKS
En règle générale, la valeur d’utilité des stocks ne correspond pas au coût historique d’achat ou
de production reflété par les comptes de l’entreprise. Il convient de tenir compte des efforts déjà
consentis pour amener chaque élément du stock en l’état d’élaboration où il se trouve.
En conséquence, un produit fini est valorisé au prix de cession diminué des frais et de la marge
de commercialisation restant à réaliser, sur la base de la marge normale de l’activité de commer-
cialisation.
Un produit en cours de production est valorisé sur ces mêmes bases diminuées des coûts de
production restant à encourir et de la marge de production.
Pour les contrats à long terme ou de services en cours, la marge correspondant à l’état d’avan-
cement des contrats est incluse dans la valeur des en-cours.
Enfin, une matière première est valorisée à son coût de remplacement. Ce coût sera aisément
déterminé pour les matières premières qui font l’objet d’un large marché et dont, par consé-
quent, les prix sont connus. C’est le cas le plus fréquent.
Mais pour les processus d’évaluation simples, c’est, en pratique, la valeur comptable au bilan
qui est généralement retenue.
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Comptabilité et audit • Série 4
VII. PROVISIONS
L’évaluation du passif de l’entreprise doit tenir compte de tous les risques et charges identifiés
et en particulier de ceux qui, dans le respect des règles du PCG, ne peuvent pas figurer dans les
livres de l’entreprise évaluée :
• provisions pour pertes d’exploitation futures ;
• licenciements économiques programmés mais non rendus publics ;
• coûts de restructuration pour lesquels une annonce publique n’a pas encore été faite à la date
de l’évaluation.
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En application des règles du PCG, lorsqu’un impôt est dû ou à recevoir et que son règlement
n’est pas subordonné à la réalisation d’opérations futures, il est qualifié d’exigible et figure au
passif ou à l’actif du bilan.
Mais, dans le processus d’évaluation, il convient aussi de tenir compte des dettes ou créances
d’impôt qui existent à la date de l’évaluation mais qui, en application des règles fiscales, ne sont
pas encore exigibles et de ce fait non inscrites en comptabilité, le plus souvent.
Ces dettes et créances d’imposition différée ont trois origines :
• l’incidence des écritures passées pour la seule application de la législation fiscale (exemple :
différence entre amortissements dégressifs et amortissements économiques, provisions régle-
mentées) car l’économie d’impôt réalisée n’est que temporaire et un passif d’impôt différé
existe à ce titre ;
• les crédits d’impôts dont l’existence résulte d’un report déficitaire, dès lors qu’il n’existe pas
de doute sur les possibilités futures d’imputer ces crédits d’impôts sur les impôts qui seront
dus au titre des bénéfices futurs, un actif d’impôt différé existe à ce titre ;
• les retraitements pris en compte pour l’évaluation de l’entreprise qui peuvent avoir des consé-
quences fiscales positives ou négatives car ils sont potentiellement créateurs de différences
qui sont appelées à se manifester à l’avenir, entre le résultat fiscal et le résultat comptable de
l’entreprise évaluée.
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UE 214 • Comptabilité et audit
Pour cette dernière catégorie on retiendra, comme outil mnémotechnique, qu’un retraitement
qui vient majorer les capitaux propres comptables génère un passif d’impôt différé passif et,
qu’en sens inverse, un retraitement négatif des capitaux propres comptables génère un actif
d’impôt différé actif.
La question se pose de savoir s’il y a lieu de tenir compte dans le processus d’évaluation de
toute la fiscalité différée sur les plus-values observées sur les postes de l’actif immobilisé. La
règle admise le plus souvent est la suivante :
• pour les biens nécessaires à l’activité de la société, qui de ce fait n’ont pas vocation à être
vendus, il n’y a pas lieu de retenir l’incidence de la fiscalité différée dès lors qu’elle n’est que
latente puisqu’il n’est pas prévu qu’elle se transforme en impôt exigible ;
• pour les biens qui ne sont pas nécessaires à l’exploitation, la société pouvant les céder sans
nuire au bon déroulement de son activité, il convient de tenir compte de la fiscalité différée
puisque l’hypothèse que la fiscalité différée se transforme en impôt exigible est vraisemblable.
EXEMPLE APPLICATIF 2
ACTIF PASSIF
Frais d’établissement 7 000 (1) Capital 76 000
Fonds de commerce 203 000 (2) Réserve légale 7 600
Construction 7 000 (3) Report à nouveau 59 300
ITMO 4 000 Résultat 4 000 (5) (9)
Il est précisé que, le 1er janvier N–1, la société Amboise a pris en crédit-bail un équipement infor-
matique pour le traitement numérique des images dont les caractéristiques sont les suivantes :
• valeur du matériel : 250 000 € ;
• durée d’utilisation : 5 ans ;
• durée du crédit-bail : 4 ans ;
• taux implicite : 6 % ;
• loyer annuel à terme échu : 72 148 €.
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Comptabilité et audit • Série 4
Sur la base de ces données, l’évaluation selon la méthode de l’actif net comptable corrigé est la
suivante :
ANCC 254 425
Tableau d’emprunt
Année K restant Intérêt K remboursé Annuité
N–1 250 000 15 000 57 148 72 148
N 192 852 11 571 60 577 72 148
N+1 132 275 7 937 64 211 72 148
N+2 68 064 4 084 68 064 72 148
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Schéma 1 : ANCC
(1) La valeur du contrat de crédit-bail ne doit pas être confondue avec la valeur du bien pris en crédit-bail.
Valeur du contrat = Valeur du bien (valeur d’origine – ∑ amortissements théoriques) – valeur actualisée des flux de trésorerie négatifs futurs
(valeur actualisée des loyers restants à payer + valeur actualisée du prix de levée d’option).
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UE 214 • Comptabilité et audit
Section 2. Le goodwill
Dans cette approche, la valeur globale de l’entreprise est analysée comme étant constituée de
la somme de :
• la valeur attribuable aux éléments corporels ;
• la valeur attribuable aux éléments incorporels.
La valeur attribuable aux éléments corporels est appréciée à partir de la méthode de l’ANCC,
mais en neutralisant tous les éléments incorporels non dissociables car autrement on les inclu-
rait deux fois dans la valeur globale.
La valeur attribuée aux éléments incorporels est dénommée la « survaleur », ou le goodwill.
En définitive, dans cette méthode, la valeur de l’entreprise s’établit à partir de la formule :
VE = ANCC + GW
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Comptabilité et audit • Série 4
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• soit on considère que l’existence du superprofit ne peut être retenue que sur un horizon de
prévision raisonnable, soit 3 à 5 ans, et dans cette hypothèse on va procéder à l’actualisation
du superprofit (méthode de la rente abrégée).
Dans la méthode de la rente abrégée, le goodwill est égal à l’actualisation sur une période limitée
du superprofit.
GW = ∑(1 à n) SP/(1 + i)n avec i = taux de rémunération avec risque.
La définition des capitaux engagés (K) qui sont retenus pour le calcul du superprofit dépend de
l’approche retenue pour définir l’actif économique de l’entreprise. On peut retenir, par exemple :
• K = ANCC (actif net comptable corrigé) ;
• K = CPNE (capitaux permanents nécessaires à l’exploitation) ;
• K = VSB (valeur substantielle brute).
Le facteur K qui est retenu n’est pas la valeur de l’entreprise, mais une représentation écono-
mique de l’actif économique. Cette valeur ne sert qu’à calculer une rémunération « normale » de
l’outil de production et ainsi à déterminer le montant du goodwill.
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UE 214 • Comptabilité et audit
La mise en œuvre d’une évaluation d’entreprise par la méthode de la rente abrégée du goodwill
requiert en conséquence les étapes suivantes :
• détermination de l’actif économique à partir duquel le calcul sera fait ;
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Comptabilité et audit • Série 4
Schéma 2 : VSB
Immobilisations nécessaires à l’activité
à la valeur réelle
+
Complément de substance :
Biens pris en crédit-bail à la valeur actuelle
Valeur substantielle brute
Grosses réparations à immobiliser (VSB)
Actif circulant nécessaire à l’activité
+
Effets escomptés et non échus
Charges constatées d’avance
Schéma 3 : CPNE
Immobilisations nécessaires à l’activité
à la valeur réelle
+ Capitaux permanents nécessaires à l’exploitation
Complément de substance : (CPNE)
Biens pris en crédit-bail à la valeur actuelle
Grosses réparations à immobiliser
Toutes les dettes se rattachant à l’activité
Actif circulant nécessaire à l’activité
(sauf les dettes financières stables)
+
+
Effets escomptés et non échus
Effets escomptés et non échus
Charges constatées d’avance
Produits constatés d’avance
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Chiffre d’affaires 570 469
(a)
Autres produits 1 500
Produits exploitation 571 969
Achats consommés 280 400
(b)
Autres charges externes 106 000
(c)
Impôts 6 000
Personnel 121 000
(d)
Dotation aux amortissements 28 700
Autres charges 21 500
Charges exploitation 563 600
Résultat d’exploitation 8 369
Résultat financier – 1 200
Résultat exceptionnel – 1 169
IS – 2 000
Résultat net 4 000
(a) Loyer des constructions hors exploitation.
(b) Dont frais sur construction hors exploitation = 950.
(c) Dont impôt foncier construction hors exploitation = 50.
(d) Dont :
– DAP constructions exploitation = 10 000 ;
– DAP construction hors exploitation = 3 500 ;
– DAP ITMO = 10 000 ;
– DAP frais d’établissement 3 700 ;
– DAP R&C = 1 500.
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UE 214 • Comptabilité et audit
Sur la base d’un taux de rémunération des capitaux sans risques de 5 % et d’un taux d’actuali-
sation de 12 %, on en déduit la valeur de l’entreprise par application de méthode de la rente du
goodwill sur 5 ans avec un capital économique égal à l’ANCC.
Loyers HE – 1 500
Frais HE 950
Impôts HE 50
DAP HE 3 500
DAP FE 3 700
Résultat courant retraité 13 869
IS – 4 623
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c. Calcul du superprofit
SP = 9 246 – (5 % × 31 425) → SP = 7 675
d. Calcul du goodwill
GW = ∑ (1 à 5) 7 675/(1 + 12 %)n = 27 666
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Comptabilité et audit • Série 4
Immobilisations détenues :
Construction d’exploitation 10 000
ITMO 4 000
Autres immobilisations corporelles 17 000
Immobilisation en CB : valeur actuelle 150 000
Sous-total immobilisations nécessaires 181 000
BFR 93 776
Total CPNE 274 776
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Frais financier LT 600
Résultat retraité 36 617
IS – 12 206
Résultat courant CPNE 24 411
c. Calcul du « superprofit »
SP = 24 411 – (5 % × 274 776) = 10 673
d. Calcul du goodwill
GW = ∑ (1 à 5) 10 673/(1 + 14 %)n = 36 641
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UE 214 • Comptabilité et audit
RÉSUMÉ
L’approche de la valeur par les flux financiers ou économiques, considère que la valeur des
titres dépend des flux de profits attendus au cours des années à venir. En effet, dans une éco-
nomie de marché, l’objectif d’une entreprise est de réaliser des bénéfices et l’investisseur
attend un retour sur son investissement. Il s’agira donc de déterminer la valeur à partir de la
capitalisation du dividende ou de l’actualisation des bénéfices. Par ailleurs, les méthodes
comparatives donne une idée de la façon dont un marché organisé évalue les sociétés cotées.
Cette méthode se fonde sur le principe que la valeur d’une entreprise est celle qui correspond
au capital qu’il serait nécessaire de placer pour obtenir un revenu identique à celui que procure
l’entreprise. Le taux à retenir sera d’autant plus élevé que le revenu de l’entreprise concernée
sera volatil et donc que l’investissement sera risqué.
La valeur d’une entreprise est donc obtenue en capitalisant le résultat net réalisé par l’activité.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Quand cette méthode est mise en œuvre à partir du bénéfice distribué (les dividendes), dans le but
d’apprécier plus particulièrement la valeur des titres minoritaires, on parle de valeur de rentabilité,
mais tous les auteurs ne sont pas d’accord sur la terminologie. Dans ce cas, il faut qu’il existe une
politique régulière de distribution. Le rendement du titre est calculé en capitalisant le dividende.
La méthode de la valeur de rendement capitalise à l’infini le bénéfice. Aussi convient-il de déter-
miner avec précision le bénéfice retenu et de s’assurer qu’il est reproductible.
Le bénéfice à retenir est établi à partir du résultat net courant (résultat courant avant impôt,
minoré de l’impôt sur les sociétés), afin d’éliminer les éléments exceptionnels affectant le résultat
net comptable. On retient généralement le résultat net courant moyen des trois dernières années.
Ce résultat net courant moyen, ou net comptable, lorsque les résultats exceptionnels ne sont
pas déterminants, peut être pondéré. Par exemple, coefficient 1 pour l’année N–2, coefficient 2
pour l’année N–1, coefficient 3 pour l’année N, pour tenir compte de l’évolution des résultats.
Concrètement, la valeur de l’entreprise sera égale au capital qui correspond aux revenus qu’elle
procure, le revenu à considérer étant différent selon que l’on se place du point de vue d’un inves-
tisseur ou d’un entrepreneur comme résumé dans le tableau suivant :
Méthode Valeur de rentabilité Valeur de rendement
Capitalisation des dividendes Capitalisation des résultats économiques
Calcul
VE = D/i VE = R/i
Pour l’actionnaire minoritaire (investisseur), Pour l’actionnaire opérationnel
Choix
car il s’intéresse au revenu que procurent (entrepreneur), car il s’intéresse à l’ensemble
préférentiel
les dividendes (D) distribués par l’entreprise. des résultats (R) dégagés par l’entreprise.
202141TDPA0416 25
Comptabilité et audit • Série 4
Le compte de résultat de la société Amboise qui sert de base pour l’évaluation se présente
comme suit :
• résultat d’exploitation 8 369
• résultat financier – 1 200
• résultat exceptionnel – 1 169
• IS – 2 000
• résultat net 4 000
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L’application de la méthode DCF conduit donc à déterminer la valeur de l’entreprise comme la
somme des cash-flows disponibles prévisionnels actualisés au taux de rémunération du capital
engagé. La mise en œuvre d’une évaluation par la méthode des DCF comprend quatre phases
détaillées ci-après.
26
UE 214 • Comptabilité et audit
l’action (Ri) aux variations du taux de rendement moyen du marché (Rm) ; ce coefficient « bêta »
(Bi), qui reflète la façon dont l’entreprise considérée réagit aux aléas de la conjoncture, est égal
à (la covariance de Ri, Rm) divisée par (la variance de Rm).
→ (Bi) = COY (Ri, Rm)/VAR (Rm).
Quelques rappels de mathématiques financières sont donnés à la section 6 ci-après.
CF
VF =
kn
Avec :
• CF : flux de trésorerie disponible ;
• k : taux d’actualisation ;
• VF : valeur en fin de période.
Il est précisé qu’en règle générale, le taux d’actualisation de la valeur en fin de période est diffé-
rent du taux retenu pour la période de projection explicite.
202141TDPA0416 27
Comptabilité et audit • Série 4
Cette méthode se fonde sur le principe que l’on peut évaluer une société par comparaison avec
des entreprises similaires. La condition évidente de l’application de l’approche comparative est
que l’entreprise à évaluer et l’entreprise qui sert de référence soient comparables.
Deux modes de comparaison peuvent être mis en œuvre :
• soit à partir d’une cession ou d’un transfert antérieur du titre à évaluer ;
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• soit à partir de l’évolution des valeurs boursières concernant des sociétés cotées très proches
structurellement et financièrement de la société non cotée dont on recherche la valeur des
titres, ou encore à partir de transactions d’entreprises non cotées dans le même secteur d’ac-
tivité.
Il est donc nécessaire de constituer un échantillon de référence par sélection des sociétés com-
parables cotées en Bourse ou ayant fait l’objet de transactions récentes et de rechercher les
facteurs pouvant expliquer les différences de valeurs entre les sociétés choisies.
À partir des données publiées par les sociétés cotées opérant dans le même secteur d’activité
que la société à évaluer, il est possible de rechercher les ratios suivants :
• le taux de capitalisation de la valeur de rendement : c’est le rapport, exprimé en pourcentage,
entre le dividende par action et le cours moyen. Ce taux doit être mis en relation avec le pour-
centage de distribution c’est-à-dire la fraction du bénéfice distribué (ou pay-out) ;
• le coefficient multiplicateur à appliquer à la marge brute d’autofinancement qui s’obtient en
calculant le rapport existant entre la capitalisation boursière et la marge brutes d’autofinance-
ment ;
• le coefficient multiplicateur du résultat (en anglais, PER ou Price Earning Ratio). Ce ratio est le
rapport entre le cours moyen de Bourse et le bénéfice net par action : il est donc l’inverse du
taux de capitalisation retenu pour le calcul de la valeur de rendement.
Les valeurs de comparaison les plus couramment utilisées sont :
• pour les sociétés importantes, le PER ;
• pour les TPE, le coefficient du chiffre d’affaires.
28
UE 214 • Comptabilité et audit
Il ressort de la comparaison avec les entreprises cotées opérant dans le même secteur d’activité
que la société Amboise que le ratio multiplicateur de bénéfice moyen est de 8.
La société Amboise a un capital composé de 10 000 actions et réalise un bénéfice net moyen de
300 000 €.
La valeur unitaire du titre Amboise sera de : (300 000/10 000) × 8 = 240 €.
I. ACTUALISATION
L’actualisation a pour objet de ramener un ensemble de sommes réparties dans le temps à une
valeur actuelle (VA) :
VA = S1/(1 + i) + S2/(1 + i)² + S3/(1+ i)³ +……+ Sn/(1 + i)n et si S1 = S2 = S3 =……. = Sn
alors VA s’obtient avec la formule :
II. CAPITALISATION
La capitalisation permet de calculer le montant du capital nécessaire (K) pour obtenir un revenu
(R) selon un taux déterminé (i) :
R
Comme R = K × i, on en déduit que K = .
i
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La relation qui existe entre taux de capitalisation et taux d’actualisation est la suivante : quand la
durée des résultats tend vers l’infini, le résultat de l’actualisation devient égal au résultat de la
capitalisation :
∞
n ⎯⎯→
202141TDPA0416 29
Comptabilité et audit • Série 4
Chapitre 1. Les opérations
Objectifs :
de croissance externe
• Savoir analyser la stratégie d’entreprise qui motive le
Chapitre 2. Les opérations
regroupement et comprendre la différence entre une
de restructurations internes
opération de croissance et une opération de restructuration.
Chapitre 3. Les étapes du processus
• Prendre connaissance des étapes du processus.
de regroupement
Les opérations de regroupement, fusions, scissions et apports partiels d’actifs, constituent les
véhicules juridiques privilégiés de la mise en œuvre des stratégies d’entreprises.
On doit distinguer les opérations de croissance externe, qui modifient la consistance écono-
mique des sociétés qui participent à l’opération, des opérations de restructuration interne qui
n’ont, du point de vue économique, aucun effet significatif.
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La stratégie de croissance et les décisions d’investissement qu’elle implique confrontent l’entre-
prise à l’alternative de la croissance interne ou externe.
La croissance interne se base sur le développement des actifs et marchés actuels de l’entreprise
et passe par l’acquisition de nouveaux équipements, le lancement de nouveaux produits, l’aug-
mentation du chiffre d’affaires avec les clients actuels ou recherche de nouveaux clients…
La croissance externe se fonde sur l’obtention d’une activité nouvelle ou complémentaire par
l’acquisition d’une activité cible : ce mode de développement se réalise par la prise de contrôle
d’une autre entreprise déjà implantée dans le domaine de produits ou la zone géographique
ciblés.
La croissance externe présente, par rapport à la croissance interne, de nombreux avantages :
l’obtention immédiate de nouvelles parts de marché, de nouvelles compétences, d’une organi-
sation immédiatement opérationnelle, d’une nouvelle renommée, etc.
L’entreprise initiatrice dispose de deux voies juridiques pour réaliser une opération de croissance
externe : soit elle procède à l’acquisition des titres de la société cible, soit elle se regroupe avec
la société cible.
La première voie se traduit par une sortie de trésorerie équivalente à la valeur de la société cible,
cette trésorerie étant remise à ses actionnaires pour l’achat des titres qu’ils détiennent.
La seconde voie, qui se réalise par regroupement de sociétés, ce qui est le thème de ce cours,
se traduit par le transfert du patrimoine de la société cible à la société initiatrice et la rémunéra-
tion de ce transfert par remise de titres de la société initiatrice.
30
UE 214 • Comptabilité et audit
Qu’il s’agisse d’une acquisition de titres ou d’une opération de regroupement, il y a, dans les
deux cas, un transfert du pouvoir de contrôle de la société cible qui se trouve, après l’opération,
intégrée dans la stratégie de la société initiatrice.
Par comparaison avec l’acquisition pure et simple des titres de la société cible, l’avantage
évident d’un regroupement c’est que l’entreprise initiatrice aboutit au même résultat sans devoir
se priver de sa trésorerie.
En effet, réaliser une augmentation de capital ne lui « coûte » rien, à l’exception de quelques frais
qui sont peu importants au regard de la valeur de l’entreprise dont elle prend le contrôle. Cette
stratégie a cependant une incidence sur les actionnaires car ceux-ci se voient dilués dans le
nouvel ensemble.
RÉSUMÉ
À la différence des opérations de croissance externe, les opérations de restructuration interne
n’ont pas pour objectif une prise de contrôle. Elles visent à restructurer, pour des raisons
diverses, les relations juridiques qui existent entre des sociétés qui sont sous contrôle commun.
Ces opérations se caractérisent par l’absence de modification du pouvoir de contrôle et par une
continuité économique en dépit de l’apparente rupture juridique à laquelle on a procédé.
Dans la généralité des cas, on considère qu’il y a restructuration interne quand le regroupement
porte sur des entreprises sous contrôle commun, c’est-à-dire quand elles sont, au moment de
l’opération, dans le périmètre de consolidation d’un groupe par intégration globale. Ces notions
seront détaillées dans la suite du cours.
Les raisons qui fondent les décisions de restructurations internes peuvent avoir pour objet de
rationaliser les structures ou l’organisation, par exemple une société d’un groupe dont l’activité
est insuffisante rapportée au montant de ses frais généraux sera regroupée avec une autre
société du même groupe en vue de réaliser des économies d’échelle.
Elles peuvent aussi avoir un fondement visant la clarification de l’organisation juridique ; par
exemple, dans un groupe présentant un organigramme de filiales confus et complexe, il sera
nécessaire d’éclater ou de regrouper plusieurs entreprises qui sont toutes liées par l’unité de leur
direction ou de leur stratégie, sans que cette unité ne soit modifiée après la réalisation de la res-
tructuration interne.
202141TDPA0416 31
Comptabilité et audit • Série 4
Elle a pour objet de cadrer l’intérêt de l’opération pour les sociétés et les actionnaires concernés.
Les questions à traiter sont variées et leur examen conduit à une décision de principe des par-
tenaires : aspects économiques, aspects financiers, aspects fiscaux, aspects administratifs,
incidence pour le personnel, incidence pour l’image de marque…
Cette étape peut être plus facile si l’une des sociétés a déjà le contrôle de l’autre ou si les socié-
tés concernées font partie du même groupe.
Elle peut être très complexe si les sociétés en cause sont indépendantes, a fortiori si elles sont
concurrentes.
Cette étape débute par la rédaction d’une lettre d’intention qui marque la volonté des parties de
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s’engager dans le processus.
Cette étape comprend, pour les opérations importantes, des audits juridiques, fiscaux, comp-
tables et aussi des audits commerciaux dont l’objet est de s’assurer de la réalité et de la solidité
des clients et contrats.
On appelle communément Data room l’ensemble des informations qui sont ainsi centralisées
pour les besoins de ces audits.
Dans le même temps, le processus d’évaluation des sociétés concernées est lancé et intègre les
conséquences des négociations préparatoires.
À l’issue de cette deuxième étape, les dirigeants des sociétés en cause vont consigner, dans un
document ayant un caractère officiel, les conclusions des études et discussions de la phase de
négociation et préciser toutes les modalités financières de l’opération envisagée : c’est le projet
de traité de fusion ou d’apport.
Section 3. La réalisation
32
UE 214 • Comptabilité et audit
Les aspects humains et commerciaux ne sont pas à négliger. Même si ce n’est pas l’objet de ce
cours, rappelons que ce que l’on appelle le « management du changement » traite pour l’essen-
tiel des conséquences de ces opérations de regroupement.
absorbée, des modalités particulières sont prévues pour éviter d’aboutir à des situations d’au-
tocontrôle : ce sont la fusion-allotissement et la fusion-renonciation.
Si cette participation au capital de l’absorbée est de 100 %, le régime des fusions simplifié
s’applique ou celui de la transmission universelle du patrimoine (TUP) qui est organisé par le
Code civil.
202141TDPA0416 33
Comptabilité et audit • Série 4
Précisons que l’article L. 236‑2 du Code de commerce autorise la fusion entre des sociétés de
formes différentes.
Les trois conséquences de la fusion sont précisées à l’article L. 236‑3 du Code de commerce.
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cède son patrimoine, mais la « transmission universelle » recouvre une notion plus large que
celle recouverte par un simple contrat de cession.
Les effets d’une cession réalisée par contrat portent exclusivement sur les biens, ou les passifs,
explicitement mentionnés dans ce contrat.
A contrario, la « transmission universelle » recouvre tous les actifs et passifs, tous les droits et
obligations de la société absorbée qui les transmet à la société absorbante même s’ils ne figurent
pas dans le traité de fusion ou d’apport, même s’ils ont été omis dans l’inventaire ou le bilan de
l’absorbé qui sert de base à l’opération.
Le Code de commerce stipule, en outre, que ce patrimoine est transféré « dans l’état ou il se
trouve à la date de réalisation définitive de l’opération », ce qui signifie que si ce patrimoine a
subi des altérations, venant l’enrichir ou au contraire l’appauvrir, entre la date à laquelle il a été
inventorié et la date où l’opération est juridiquement réalisée, celles-ci n’ont pas d’incidence sur
la réalisation de l’opération.
Ce dernier point sera reprécisé avec l’étude des opérations de la période de rétroactivité.
34
UE 214 • Comptabilité et audit
Cela signifie que les actionnaires, ou associés, de la société absorbée doivent recevoir en
échange des titres qu’ils détiennent les actions, ou parts, de la société absorbante. Ces actions
ou parts doivent être créées par une augmentation de capital réalisée par celle-ci et concomi-
tante au transfert de patrimoine de la (ou les) société absorbée.
Cet échange de titres se fait sur la base d’un rapport d’échange. Cet aspect sera étudié au cha-
pitre 2 sur les modalités financières et comptables.
C’est le rôle des commissaires à la fusion de vérifier que les valeurs relatives attribuées aux
actions des sociétés participant à l’opération sont pertinentes et que le rapport d’échange est
équitable. Le contrôle légal des opérations de regroupement est étudié au titre 5.
Le Code de commerce autorise que l’échange des titres soit complété, éventuellement, par une
soulte en espèces dont le montant ne peut dépasser 10 % de la valeur nominale des parts ou
des actions attribuées.
Cette possibilité est utile pour gérer les calculs de rompus, c’est-à-dire de nombres non entiers,
qui peuvent éventuellement survenir lors de l’échange des titres de la société absorbée contre
ceux de la société absorbante.
Le processus de fusion peut s’étaler sur une durée assez longue. À titre indicatif, le calendrier
des formalités juridiques s’organise comme suit :
202141TDPA0416 35
Comptabilité et audit • Série 4
La date de réalisation juridique d’une fusion est la date de la dernière assemblée statuant sur le
traité de fusion mais sa date d’effet peut être différente. Selon l’article L. 236‑4 du Code de com-
merce, la fusion prend effet :
• en cas de création d’une ou de plusieurs sociétés nouvelles, à la date d’immatriculation, au
registre du commerce et des sociétés, de la nouvelle société ou de la dernière d’entre elles ;
• dans les autres cas, à la date de la dernière assemblée générale ayant approuvé l’opération
sauf si le contrat prévoit que l’opération prend effet à une autre date, laquelle ne doit être ni
postérieure à la date de clôture de l’exercice en cours de la ou des sociétés bénéficiaires ni
antérieure à la date de clôture du dernier exercice clos de la ou des sociétés qui transmettent
leur patrimoine.
Il convient de préciser que le cas de création d’une ou plusieurs sociétés nouvelles est limité à
la création des sociétés nouvelles résultant de la fusion elle-même, et non de la création préa-
lable d’une société « coquille vide » pour accueillir ensuite les sociétés absorbées.
Dans les autres cas où la société bénéficiaire des apports existe préalablement, il est possible
d’envisager deux possibilités décrites ci-après.
I. UN EFFET RÉTROACTIF
Dans cette situation, toutes les opérations réalisées par la (ou des) société absorbée seront
réputées avoir été réalisées par la société absorbante dès lors que l’opération aura été définiti-
vement réalisée juridiquement.
L’effet rétroactif est borné dans le passé par la date de clôture du dernier exercice clos de la (ou
des) société(s) absorbée(s).
La société Amboise qui clôture son exercice le 31 décembre N absorbe la société Bordo qui
clôture son exercice le 31 mars N. Les AGE qui approuvent l’opération se tiennent en juin N.
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La date d’effet de la fusion peut rétroagir au plus tôt le 1er avril N.
Du fait de l’effet rétroactif, la consistance des apports peut être affectée par les opérations que
la société absorbée réalise entre la date d’effet et la date de réalisation juridique de la fusion.
C’est pourquoi l’article L. 236‑3 du Code de commerce stipule que le patrimoine de la (ou les)
société(s) absorbée(s) est transféré « dans l’état où il se trouve à la date de réalisation définitive
de l’opération », ce qui signifie que si ce patrimoine a subi des altérations, venant l’enrichir ou,
au contraire, l’appauvrir, entre la date à laquelle il a été inventorié et la date ou l’opération est
juridiquement réalisée, celles-ci n’ont pas d’incidence directe sur la réalisation de l’opération.
Néanmoins, en cas de pertes réalisées par la (ou les) société(s) absorbée(s) durant la période
intercalaire, se pose, le jour de l’assemblée, la question de savoir si l’obligation de libération
immédiate du capital et des primes y afférentes, qui s’impose en cas d’apport en nature, est
respectée.
36
UE 214 • Comptabilité et audit
REMARQUE
L’option pour une date d’effet futur est généralement contestée quant à sa validité pour les
motifs suivants :
• elle fait peser sur les apports une incertitude qui est incompatible avec la nécessité de libérer
le capital ;
• le commissaire à la fusion, chargé aussi de l’appréciation des apports, ne peut apprécier une
situation future et, sauf cas particulier, la Compagnie des commissaires aux comptes recom-
mande d’éviter la mise en œuvre de l’effet futur.
Il existe néanmoins des cas où il est possible d’évaluer la situation financière future d’une société
avec une assurance raisonnable ; par exemple, dans les activités qui fonctionnent avec des
abonnements donnant lieu à un encaissement en début de période d’abonnement, car, dans
cette situation, il est possible d’évaluer la situation financière future.
Dans l’hypothèse où la société absorbante détient une participation dans le capital de la société
absorbée, il est interdit de procéder à l’échange des parts ou actions qui constituent cette par-
ticipation, conformément aux dispositions de l’article L. 236‑3 du Code de commerce.
En effet, s’il était procédé à cet échange, la société absorbante recevrait ses propres actions et
serait amenée à détenir une partie de son propre capital en conséquence de l’opération de
fusion.
Compte tenu de cette interdiction, deux voies sont possibles au plan juridique.
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I. LA FUSION-RENONCIATION
La société absorbante limite son augmentation de capital à la création des droits sociaux néces-
saires à la rémunération des associés de la société absorbée autres qu’elle-même.
Elle renonce, en conséquence, à recevoir ses propres actions en échange des actions qu’elle
détient dans le capital de la société absorbée.
EXEMPLE APPLICATIF 3
La société Amboise au capital composé de 2 000 actions absorbe la société Bordo au capital
composé de 1 000 actions. Deux actions de la société Bordo sont échangées contre une action
nouvelle de la société Amboise.
Mais la société Amboise détient 200 actions de la société Bordo.
La société Amboise va créer : (1 000 – 200) × (1/2) = 400 actions nouvelles.
Elle « renonce » ainsi à rémunérer les 200 titres qu’elle possède sur la société absorbée.
202141TDPA0416 37
Comptabilité et audit • Série 4
II. LA FUSION-ALLOTISSEMENT
Il est attribué à la société absorbante une fraction de l’actif de la société absorbée correspon-
dant à la quote-part que représente sa participation dans le capital de l’absorbée.
C’est un partage partiel d’actif de l’absorbée dont les modalités et conséquences sont iden-
tiques à celles qui résultent d’une liquidation de société. Ce partage partiel intervient au profit de
l’absorbante, le surplus d’actif faisant alors seul l’objet d’un apport fusion.
Cette formule n’est pratiquement pas appliquée pour un motif fiscal, puisque le partage partiel
qu’elle provoque s’assimile à une liquidation partielle et ne peut bénéficier du régime fiscal par-
ticulier des fusions qui est exposé au chapitre 3 ci-après.
Certains auteurs considèrent que la méthode de la fusion-renonciation serait la seule reconnue
par la loi et que la méthode de l’allotissement ne serait donc pas valable du point de vue juri-
dique.
Dans le cas où la société absorbée détient une participation dans le capital de la société absor-
bante, cette participation sera comprise dans les apports que reçoit la société absorbante.
De ce fait, la société absorbante est amenée à détenir une partie de son propre capital en consé-
quence de l’opération de fusion, mais contrairement au cas précédent cette situation n’est pas
interdite.
Elle reste néanmoins réglementée pour les sociétés par actions qui peuvent conserver des titres
de leur propre capital pendant un délai maximum de deux ans et sous réserve qu’ils ne repré-
sentent pas plus de 10 % de leur capital.
La société absorbante a la possibilité d’annuler les titres en cause par une réduction de capital
concomitamment à la fusion, ce qui permettrait, selon certains auteurs, de ne pas appliquer les
procédures légales prévues normalement pour les réductions de capital non motivées par des
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pertes (assemblée, rapport du commissaire aux comptes).
Si l’absorbante n’est pas une société par actions, aucune disposition légale ne lui permet de
conserver ses propres titres. Elle devra donc, dans tous les cas, les annuler par une réduction de
capital.
I. LA FUSION SIMPLIFIÉE
Les modalités de la fusion simplifiée sont prévues à l’article L. 236‑11 du Code de commerce :
• lorsque la société absorbante détient la totalité du capital des sociétés absorbées, il n’y a lieu
ni à approbation de la fusion par l’assemblée générale extraordinaire des sociétés absorbées
ni à l’établissement d’un rapport de commissaire à la fusion ;
• l’assemblée générale extraordinaire de la société absorbante statue au vu du rapport d’un
commissaire aux apports.
38
UE 214 • Comptabilité et audit
II. LA TUP
Les modalités de la TUP sont prévues par l’article 1845‑1 du Code civil :
• quand tous les droits sociaux se trouvent réunis entre les mains d’une seule personne ;
• l’actionnaire unique a la possibilité de décider de la dissolution de la société ;
• cette décision entraîne la transmission universelle du patrimoine de la société dissoute à son
actionnaire unique sans qu’il soit nécessaire de la liquider ;
• l’actionnaire unique se trouve, du fait de la transmission universelle du patrimoine de la société
dissoute, substitué dans tous les droits, biens et obligations de celle-ci.
Il convient de préciser que la TUP ne peut avoir d’effet rétroactif car le Code civil ne prévoit pas
cette possibilité, contrairement aux fusions simplifiées pour lesquelles la possibilité d’effet
rétroactif est offerte par le Code de commerce.
Le projet de fusion est arrêté par le conseil d’administration, le directoire, ou le gérant de cha-
cune des sociétés participant à l’opération de fusion projetée.
Il doit contenir les indications suivantes :
• la forme, la dénomination et le siège social de toutes les sociétés participantes ;
• les motifs, buts et conditions de la fusion ;
• la désignation et l’évaluation de l’actif et du passif dont la transmission aux sociétés absor-
bantes ou nouvelles est prévue ;
• les modalités de remise des parts ou actions ;
• la date à partir de laquelle les opérations de la société absorbée seront considérées comme
accomplies par la ou les sociétés bénéficiaires des apports ;
• les dates auxquelles ont été arrêtés les comptes des sociétés intéressées utilisés pour établir
les conditions de l’opération ;
• le rapport d’échange des droits sociaux et, le cas échéant, le montant de la soulte ;
• le montant prévu de la prime de fusion ;
• les droits accordés aux associés ayant des droits spéciaux et aux porteurs de titres autres que
des actions ainsi que, le cas échéant, tous avantages particuliers.
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RÉSUMÉ
Les modalités financières sont celles qui vont permettre de fixer le rapport d’échange et donc
de calculer le nombre d’actions que la société absorbante va créer pour rémunérer les apports
et ainsi fixer l’augmentation de capital qu’elle doit réaliser.
Sous réserve du maintien de l’équité entre les actionnaires des sociétés qui participent à l’opé-
ration, ce qui fait l’objet d’un contrôle légal, les modalités financières ne sont pas règlementées
et résultent en grande partie d’une négociation.
Les modalités comptables sont celles qui vont permettre de fixer les valeurs d’apports repor-
tés dans le traité de fusion. A contrario des modalités financières, les modalités qui déter-
minent ces valeurs sont fixées réglementairement par le PCG.
En particulier quand la société absorbante détient une participation dans le capital de la société
absorbée, le PCG impose des règles très précises pour calculer et enregistrer les bonis et les
malis qui sont créés par l’opération de fusion.
202141TDPA0416 39
Comptabilité et audit • Série 4
Il convient d’attirer l’attention des étudiants sur le caractère relativement complexe des modali-
tés financières et comptables relatives aux fusions.
Cette complexité est avant tout due au fait que le processus de fusion rend nécessaire l’appel à
des techniques qui couvrent une part importante des connaissances que les candidats du DSCG
doivent maîtriser : aspects financiers incluant les techniques d’évaluation d’entreprise, aspects
fiscaux incluant les principes de la fiscalité différée, aspects comptables incluant les règles de
transcription des apports et la maîtrise de la lecture des états financiers des entreprises… et
cette liste n’est sans doute pas exhaustive.
C’est pourquoi il est apparu intéressant de présenter une méthodologie (ce n’est pas la seule qui
existe) qui permet de dérouler le processus avec ses étapes logiques et nécessaires.
Section 1. Méthodologie
La méthodologie financière et comptable des opérations de regroupement s’organise en plu-
sieurs étapes qui répondent chacune à un objectif et à des règles propres. Ces étapes sont
résumées dans le tableau suivant et sont analysées en détail dans la suite du cours.
Cette étape a pour objet de fixer la valeur relative des titres de chacune des sociétés qui parti-
cipent à l’opération :
• les sociétés sont valorisées ;
• la valeur de chacune des sociétés est divisée par le nombre de titres qui composent son capi-
tal pour obtenir leur valeur de fusion, aussi appelée valeur d’échange ;
• la valeur de fusion relative de chaque titre est exprimée sous la forme d’un rapport.
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EXEMPLE APPLICATIF 4
La société Amboise dont le capital est composé de 150 000 actions de 30 € absorbe la société
Bordo dont le capital est composé de 120 000 actions de 10 €.
La valorisation de la société Amboise ressort à 8 100 000 € et celle de la société Bordo à
2 160 000 €.
On obtient donc les valeurs de fusion :
• pour Amboise : 8 100 000/150 000 = 54 € ;
• pour Bordo : 2 160 000/120 000 = 18 €.
Et le rapport d’échange s’établit à 1 Amboise pour 3 Bordo car : 1 × 54 = 3 × 18.
Le processus qui permet d’obtenir la valorisation des sociétés intègre à la fois les résultats de
l’évaluation financière des entreprises concernées, mais aussi, et surtout, les résultats des négo-
ciations qui ont été menées par les dirigeants de ces entreprises.
Il est piloté par des banques d’affaires ou des conseils financiers qui en ont fait leur spécialité,
sauf dans le cas des petites opérations qui sont, en règle générale, dans le périmètre d’interven-
tion de l’expert-comptable.
Concrètement, il faut distinguer, à l’intérieur de ce processus, la phase d’évaluation financière
uniquement fondée sur des critères mesurables, issus de la comptabilité et de prévisions finan-
cières, de la phase de valorisation qui intègre des éléments non mesurables objectivement.
40
UE 214 • Comptabilité et audit
• l’évaluation financière des entreprises est influencée par le respect des règles comptables et
l’insuffisance des informations relatives aux éléments absents des comptes.
Ces deux démarches aboutissent à des résultats nécessairement distincts, sauf exception.
La société absorbée disparaissant avec la fusion, ses actionnaires ou associés vont présenter
les titres qu’ils détiennent dans son capital et obtenir en échange des titres de la société absor-
bante.
Par voie de conséquence, le nombre de titres à créer s’obtient en appliquant la formule :
202141TDPA0416 41
Comptabilité et audit • Série 4
Certes, il peut arriver que les valeurs en euros soient utilisées pour calculer l’augmentation de
capital, et il arrive aussi qu’une fois l’accord réalisé sur un rapport d’échange, on soit amené à
déterminer des valeurs en euros pour répondre aux exigences fiscales ou comptables ou pour
déterminer une soulte afin d’équilibrer l’échange. Mais le lien entre les deux n’est pas obligatoire
et les valeurs relatives ont plus d’importance que les valeurs absolues.
EXEMPLE APPLICATIF 5
La société Amboise dont le capital est composé de 150 000 actions absorbe la société Bordo
dont le capital est composé de 120 000 actions.
Le rapport d’échange est arrêté à 1 Amboise pour 3 Bordo.
En conséquence la société Amboise devra créer : 120 000 × (1/3) = 40 000 actions.
Quand le rapport d’échange obtenu ne permet pas à certains actionnaires de la société absor-
bée d’obtenir à l’échange un nombre entier de titres de la société absorbante, il y a création de
rompus.
Cela signifie que les porteurs de titres de l’absorbée ont la possibilité d’acheter ou de vendre les
titres manquants ou en excédent pour se retrouver propriétaire du nombre voulu pour l’échange.
EXEMPLE APPLICATIF 6
La société Amboise absorbe la société Bordo. La valeur de fusion de l’action Amboise a été fixée
à 12 € et le rapport d’échange arrêté à 7 Amboise pour 3 Bordo.
Si l’actionnaire Durand détient 2 actions Bordo, il devra acquérir 1 action Bordo au prix de
12 × (7/3) = 28 € qui est la valeur du rompu.
Il est aussi possible d’ajuster l’équilibre de l’échange par la création d’une soulte en espèces.
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Les calculs doivent prendre en compte, le cas échéant, l’existence d’une participation de la
société absorbante dans le capital de la société absorbée.
Dans cette situation, comme cela a été exposé dans le chapitre portant sur le contexte juridique,
la société absorbante va renoncer à la création des titres nécessaire à l’échange des titres qu’elle
détient dans le capital de la société absorbée.
Par voie de conséquence, le nombre de titres à créer s’obtient en appliquant la formule :
Et les titres détenus par la société absorbante dans le capital de la société absorbée sont annu-
lés du fait de sa disparition puisqu’elle est dissoute dans l’opération de fusion.
42
UE 214 • Comptabilité et audit
EXEMPLE APPLICATIF 7
La société Amboise dont le capital est composé de 150 000 actions absorbe la société Bordo
dont le capital est composé de 120 000 actions. La société Amboise détient 30 000 actions de
la société Bordo.
Le rapport d’échange a été arrêté à 1 Amboise pour 3 Bordo.
En conséquence, la société Amboise devra créer :
(120 000 – 30 000) × (1/3) = 30 000 actions.
Les valeurs d’apport sont celles qui sont attribuées aux actifs apportés et aux passifs transférés
et qui sont obligatoirement mentionnées dans le traité de fusion.
Nous avons précédemment souligné que le processus de détermination des valeurs de fusion et
du rapport d’échange est totalement libre, sous réserve du contrôle légal auquel sont soumises
les opérations de regroupement étudié au titre 5 ci-après.
A contrario, la détermination des valeurs d’apport est un processus qui doit nécessairement
respecter les dispositions du règlement du CRC 2004‑01 relatif au traitement comptable des
opérations de fusions et assimilées.
Ce règlement, qui figure en annexe au PCG, pose les principes généraux décrits ci-après.
Il n’existe que deux méthodes pour valoriser les apports :
• la valeur comptable, qui correspond aux valeurs figurant dans les livres de la société absorbée ;
• la valeur réelle, qui correspond à la valeur globale attribuée aux apports, celle-ci étant affectée
aux éléments identifiés du patrimoine apporté et le solde résiduel étant assimilé à un élément
incorporel non identifié.
Pour les opérations impliquant des entreprises sous contrôle commun, c’est-à-dire les opéra-
tions de restructuration interne dans les cas où l’une des sociétés contrôle préalablement l’autre
ou bien lorsque les deux sociétés sont préalablement sous le contrôle d’une même société mère,
la méthode de valorisation est celle de la valeur comptable.
Il est précisé que la notion de contrôle renvoie à celle définie par le règlement n° 99‑02 du CRC
relatif aux comptes consolidés : le contrôle exclusif est le pouvoir de diriger les politiques finan-
cière et opérationnelle d’une entreprise afin de tirer avantage de ses activités. Il résulte :
• soit de la détention directe ou indirecte de la majorité des droits de vote dans une autre entre-
prise (contrôle présumé si la participation est supérieure à 40 %) ;
• soit de la désignation, pendant deux exercices successifs de la majorité des membres des
organes d’administration, de direction ou de surveillance d’une autre entreprise ;
• soit du droit d’exercer une influence dominante en vertu d’un contrat ou de clauses statutaires,
dès lors qu’existe la possibilité d’utiliser ou d’orienter l’utilisation des actifs de l’entreprise
concernée.
Le cas le plus général de situation de contrôle commun (à ne pas confondre avec le contrôle
conjoint) est celui où la majorité des droits de votes correspondant au capital des sociétés
fusionnées est détenue par une même société.
L’obligation de ne pas modifier les valeurs figurant dans les livres de la société absorbée se jus-
tifie par le fait que le regroupement opéré change la structure juridique du groupe, dont font
partie les sociétés fusionnées, mais ne modifie pas sa substance économique.
202141TDPA0416 43
Comptabilité et audit • Série 4
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EXEMPLE APPLICATIF 8
La société Mère n° 1 détient 99,99 % du capital de la société Fille n° 1 qui est composé de
100 actions au nominal de 100 €. La société Mère n° 2 détient 99,99 % du capital de la société
Fille n° 2 qui est composé de 50 actions au nominal de 100 €. À l’exception des participations
susmentionnées, il n’existe aucun lien, ni juridique ni contractuel, entre ces sociétés.
Les caractéristiques de l’opération projetée sont les suivantes :
• la société Fille n° 2 absorbera la société Fille n° 1 ;
• la valorisation en valeur réelle de la société Fille n° 1 est de 200 000 € et en valeur comptable
de 150 000 € ;
• la valorisation en valeur réelle de la société Fille n° 2 est de 20 000 € et en valeur comptable de
20 000 € ;
• les valeurs de fusion retenues pour déterminer le rapport d’échange sont les valeurs réelles.
Par simplification, on ne tiendra pas compte des 0,01 % des minoritaires.
Compte tenu de ces données les valeurs de fusion ressortent à 2 000 € (200 000/100) pour F1
et 400 € (20 000/50) pour F2. Le rapport d’échange est donc de 5 F2 pour 1 F1.
Le nombre d’actions créées par F2 est de 500 (100 × 5) et son capital se compose de 550 actions
(50 + 500) après l’opération.
Ces actions sont maintenant détenues par M1 à hauteur des 500 titres reçus en échange des
actions qu’elle détenait dans le capital de la société absorbée, et à hauteur de 50 par M2 pour
qui l’opération ne modifie pas le nombre de titres détenus dans le capital de F2.
44
UE 214 • Comptabilité et audit
Compte tenu de cette nouvelle répartition du capital de F2, celle-ci est maintenant contrôlée à
90,91 % par M1, alors qu’auparavant elle était contrôlée à 99,99 % par M2.
L’opération est donc à l’envers : la société absorbante est la cible. Elle devra donc être compta-
bilisée à la valeur comptable (le sens de la fusion influence évidemment le montant de l’augmen-
tation de capital et si F1 absorbe F2, l’augmentation de capital sera différente car il s’agira pour
F1 de rémunérer les actifs de F2, alors que dans l’exemple, c’est F2 qui rémunérera les actifs
apportés par F1). La principale différence entre valeur réelle et valeur comptable viendra de la
valeur finale de la prime de fusion.
La prime de fusion correspond à la différence positive qui est constatée entre la valeur globale
des apports stipulée au traité de fusion et la valeur nominale de l’augmentation de capital qui est
réalisée par la société absorbante.
Elle a la même nature qu’une prime d’émission car si une augmentation de capital identique avait
été réalisée en numéraire, les souscripteurs auraient versé une somme équivalente à la valeur
globale attribuée aux apports et dans cette situation la différence entre la trésorerie reçue et le
montant nominal de l’augmentation de capital constitue la prime d’émission.
La prime de fusion, comme la prime d’émission, est classée dans le PCG avec les « primes liées
au capital social », ce qui les situe entre le capital et les réserves.
EXEMPLE APPLICATIF 9
La société Amboise dont le capital est composé de 150 000 actions de 30 € absorbe la société
Bordo et crée 40 000 actions en rémunération des apports dont la valeur globale est de
2 000 000 €.
La prime de fusion se calcule comme suit : 2 000 000 – (40 000 × 30) = 800 000 €
Lorsque la société absorbante détient des titres de la société absorbée, il est procédé par fusion-
renonciation comme cela a été exposé précédemment. En conséquence, les titres détenus par
la société absorbante disparaissent avec la dissolution de l’absorbée.
Comptablement, un boni ou un mali peut apparaître lors de l’annulation des titres de la société
absorbée qui figuraient au bilan de la société absorbante.
Le boni représente l’écart positif entre l’actif net reçu par la société absorbante à hauteur de sa
participation détenue dans la société absorbée, et la valeur comptable de cette participation.
202141TDPA0416 45
Comptabilité et audit • Série 4
EXEMPLE APPLICATIF 10
La société Amboise, dont le capital est composé de 120 000 actions de 10 €, absorbe la société
Bordo dont le capital est composé de 60 000 actions de 10 €.
Le rapport d’échange est arrêté à 2 Amboise pour 3 Bordo ; la valeur d’apport globale de la
société Bordo est fixée à 720 000 €.
La société Amboise détient 15 000 actions de la société Bordo qu’elle a acquises pour 165 000 €.
Les modalités financières de l’opération sont donc les suivantes :
• actions nouvelles Amboise à créer : (60 000 – 15 000) × (2/3) = 30 000
• montant nominal de l’augmentation de capital : 30 000 × 10 = 300 000 €
• prime de fusion brute : 720 000 – 165 000 – 300 000 = 255 000
• boni de fusion : (720 000 × 15 000/60 000) – 165 000 = 15 000 €
• prime de fusion nette : (720 000 × 45 000/60 000) – 300 000 = 240 000 €
Le boni de fusion correspond donc à la réévaluation des titres détenus par l’absorbante du fait
de la valorisation des apports en valeurs réelle.
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Cette réévaluation a deux origines distinctes :
• d’une part, elle s’explique par les profits que la société absorbée a réalisés et qu’elle a mis en
réserve ;
• d’autre part, par l’existence des plus-values que son patrimoine recèle.
L’analyse du boni de fusion suit la même logique :
• il correspond à un résultat financier à hauteur de la quote-part des résultats accumulés et non
distribués par la société absorbée depuis son acquisition ;
• le montant résiduel a pour origine les plus-values d’apport ainsi que les résultats accumulés
qui ne peuvent être déterminés de façon fiable.
Le mali de fusion représente l’écart négatif entre l’actif net reçu par la société absorbante à hau-
teur de sa participation détenue dans la société absorbée, et la valeur comptable de cette parti-
cipation.
Reprenons les données de l’exemple précédent mais en supposant que les 15 000 actions de la
société absorbée Bordo détenues par la société absorbante Amboise ont été acquises pour
200 000 €.
46
UE 214 • Comptabilité et audit
Un mali existe généralement dans le cas des opérations réalisées entre entités sous contrôle
commun et évaluées à la valeur comptable. Dans cette situation, un écart négatif peut apparaître
entre l’actif net reçu par la société absorbante à hauteur de sa participation détenue dans la
société absorbée, et la valeur comptable de cette participation.
Selon l’article 745-3 du PCG, « le mali de fusion représente l’écart négatif entre l’actif net, positif
ou négatif, reçu par l’entité absorbante à hauteur de sa participation dans l’entité absorbée et la
valeur comptable de cette participation ».
Cet écart est dû au fait que la valeur comptable des titres est fondée sur la valeur réelle de la
société à la date de leur acquisition, alors que la quote-part de l’actif net reçu au moment de la
fusion est valorisée en valeur comptable.
C’est pourquoi le mali doit être analysé en fonction de ses deux origines :
• le mali technique correspondant aux plus et moins-values latentes sur les éléments d’actif et
de passif non réévalués ou non évalués dans les comptes de l’absorbée ;
• au-delà du mali technique, il est représentatif d’une dépréciation des titres qui aurait dû être
constatée en résultat financier par la société absorbante.
Le mali technique ne représente donc pas une vraie « perte de valeur » mais est la conséquence
de l’application de règles comptables qui se fondent sur le principe des coûts d’entrée aux
valeurs historiques.
Le régime fiscal de droit commun assimile une fusion à une cessation d’entreprise et en tire les
conséquences rigoureuses qui en résultent, en particulier en termes d’imposition des plus-
values, c’est-à-dire chaque fois que les valeurs d’apport sont différentes des valeurs comp-
tables et qu’elles génèrent des plus-values d’apport.
La rigueur de ce régime étant de nature à freiner le dynamisme économique du pays, le légis-
lateur a instauré un régime fiscal de faveur qui atténue fortement l’impact des conséquences
fiscales de la cessation d’activité de la société absorbée.
Les fusions de sociétés impliquent une cessation totale d’entreprise pour la (ou les) société(s)
absorbée(s), entraînent toutes les conséquences fiscales d’une telle opération et, notamment,
donnent lieu à l’imposition immédiate au nom de ces sociétés de l’ensemble des bénéfices non
encore taxés, y compris les plus-values réalisées à cette occasion.
202141TDPA0416 47
Comptabilité et audit • Série 4
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• se substituer à la société absorbée pour la réintégration des résultats dont la prise en compte
avait été différée pour l’imposition de cette dernière, en particulier les plus-values en report qui
proviennent de fusions ayant précédemment bénéficié du régime spécial ;
• calculer les plus-values réalisées ultérieurement sur la cession d’éléments d’actif non amortis-
sables d’après la valeur que ces éléments avaient, du point de vue fiscal, dans les écritures de
la société absorbée ;
• réintégrer dans les bénéfices imposables au taux de droit commun les plus-values nettes
dégagées lors de l’apport des biens amortissables en respectant les modalités suivantes :
–– la réintégration des plus-values d’actif immobilisé est effectuée par parts égales sur une
période de quinze ans pour les constructions et les droits qui se rapportent à des construc-
tions, sur une période de cinq ans dans les autres cas,
–– lorsque le total des plus-values nettes sur les constructions excède 90 % de la plus-value
nette globale sur éléments amortissables, la réintégration des plus-values afférentes aux
constructions est effectuée sur une période égale à la durée moyenne d’amortissement de
ces biens pondérée en fonction de leur valeur d’apport,
–– toutefois, la cession d’un bien amortissable entraîne l’imposition immédiate de la fraction de
la plus-value afférente à ce bien qui n’a pas encore été réintégrée,
–– il est précisé que les droits afférents à un contrat de crédit-bail sont assimilés à des éléments
de l’actif immobilisé amortissables ou non amortissables selon la nature du bien auquel ils
se rapportent ;
• enfin, la société absorbante doit inscrire à son bilan les éléments autres que les immobilisa-
tions pour la valeur qu’ils avaient, du point de vue fiscal, dans les écritures de la société absor-
bée. À défaut, elle doit comprendre dans ses résultats de l’exercice au cours duquel intervient
48
UE 214 • Comptabilité et audit
Que l’opération soit placée sous le régime de droit commun ou sous le régime spécial des
fusions, le résultat de fusion réalisé par la société absorbée constitue la base de l’imposition qui
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est due (régime de droit commun) ou reportée (régime spécial des fusions) selon le cas.
Le résultat de fusion résulte de la différence constatée entre les valeurs d’apport et les valeurs
fiscales qui sont, sauf cas particulier, identiques aux valeurs comptables figurant dans les livres
de l’absorbée.
Les règles fiscales de transcription des apports sont en conséquence celles qui déterminent le
résultat de fusion. Conformément au principe de « connexion », elles sont identiques aux règles
comptables, étant toutefois précisés les aspects suivants :
• les règles de transcription comptable des apports sont fixées par le Comité de la réglementa-
tion comptable et aucune disposition fiscale ne permet d’y déroger ; il convient donc de se
conformer à ces règles qui doivent être appliquées par les entreprises qui y sont soumises ;
• si les apports sont transcrits sur la base de leur valeur comptable, ces mêmes valeurs sont
admises du point de vue fiscal à la double condition que l’opération soit placée au régime
spécial des fusions et que la société absorbante reprenne à son bilan les valeurs d’origine, les
amortissements, les dépréciations et qu’elle continue de calculer les amortissements à partir
de la valeur d’origine qu’avaient les biens dans les écritures de la société absorbée ;
• si les apports sont transcrits sur la base de leur valeur comptable mais que l’opération est
placée sous le régime fiscal de droit commun, il faut déterminer la plus-value fiscalement
imposable en tenant compte de la valeur réelle des biens apportés.
En cas de cession ultérieure des biens apportés, le résultat de cession sera calculé en tenant
compte de la valeur réelle retenue pour la détermination de la plus-value d’apport fiscalement
imposable, diminuée des amortissements pratiqués depuis lors sur le bien en comptabilité.
202141TDPA0416 49
Comptabilité et audit • Série 4
Quand la société absorbante détient des titres de la société absorbée, le processus de la fusion-
renonciation conduit à l’annulation de ces titres en contrepartie de la quote-part détenue dans
l’actif net de la société absorbée. Du fait de l’annulation de ces titres, une différence apparaît qui
est soit un boni, soit un mali de fusion.
L’ensemble de ce processus est repris en détail au chapitre 4 ci-après.
La définition fiscale du boni de fusion est la suivante :
• il représente l’écart positif entre l’actif net reçu par la société absorbante à hauteur de sa par-
ticipation détenue dans la société absorbée et la valeur comptable de cette participation ;
• il correspond à un résultat financier à hauteur de la quote-part des résultats accumulés par la
société absorbée depuis l’acquisition et non distribués et à une composante de la prime de
fusion pour le montant résiduel ou si les résultats accumulés ne peuvent être déterminés de
manière fiable.
Il convient d’observer que la définition fiscale du boni de fusion est identique au plan comptable
et au plan fiscal.
Le traitement fiscal du boni de fusion dépend du régime fiscal dans lequel l’opération a été placée.
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correspondent à ses droits dans la société absorbée est imposable.
En conséquence la quote-part de la plus-value qui excède la part constitutive d’un résultat finan-
cier est aussi imposable et un retraitement extracomptable est à effectuer pour imposer la part
du boni qui ne figure pas en produits.
EXEMPLE APPLICATIF 11
La société Amboise détient 60 % des titres de la société Bordo, acquis 12 000 €.
À la date d’acquisition, le bilan de la société Bordo présentait des capitaux propres d’un montant
de 21 000 €.
La société Amboise absorbe sous le régime de droit commun la société Bordo qui présente à la
date de l’opération des capitaux propres d’un montant de 28 000 €.
Calcul du boni de fusion : (28 000 × 60 %) – 12 000 = 4 800 €
Calcul de la quote-part des résultats de Bordo mis en réserve et revenant à Amboise : (28 000 –
21 000) × 60 % = 4 200 €
En application des règles comptables sur les fusions, on aura :
• 4 200 € en produits financiers ;
• le reliquat soit : 4 800 – 4 200 = 600 € en capitaux propres.
Sur le plan fiscal, l’opération n’étant pas placée sous le régime spécial, il y aura lieu de soumettre
la totalité des 4 800 € à l’impôt sur les sociétés.
50
UE 214 • Comptabilité et audit
De même, la définition fiscale du mali de fusion est identique à sa définition comptable : il repré-
sente l’écart négatif entre l’actif net reçu par la société absorbante à hauteur de sa participation
détenue dans la société absorbée, et la valeur comptable de cette participation. Au plan fiscal
comme au plan comptable (voir chapitre 4 ci-après), le mali de fusion s’analyse en deux élé-
ments :
• un mali technique, généralement constaté pour les fusions en valeur comptable, lorsque la
valeur des titres de la société absorbée figurant à l’actif de la société absorbante est supé-
rieure à l’actif net comptable apporté.
Cette composante du mali correspond, à hauteur de la participation, aux plus-values sur élé-
ments d’actif, comptabilisées ou non dans les comptes de l’absorbée, déduction faite des
passifs non comptabilisés : par exemple provisions pour retraites, impôts différés passifs ;
• au-delà du mali technique, le solde peut être représentatif d’une dépréciation de la participa-
tion détenue dans la société absorbée.
Le sort fiscal du mali de fusion dépend donc de l’analyse comptable qui en est faite :
• le vrai mali est déductible. Dans le cas où les titres ont fait l’objet, avant la fusion, d’une provi-
sion pour dépréciation, le vrai mali est calculé à partir de la valeur nette comptable des titres ;
• le mali technique ne peut donner lieu à aucune déduction fiscale immédiate ou ultérieure dans
le cadre du régime spécial des fusions.
Cette non-déductibilité se justifie par le fait que ce mali technique est représentatif de tout ou
partie des plus-values et profits latents existant chez la société absorbée, lesquels ne font pas
l’objet d’une imposition lors de l’apport en application des dispositions du régime spécial
l’article 210 A du CGI ;
• si la fusion est placée sous le régime de droit commun, la société absorbée doit être imposée
sur les plus-values et profits latents existant à la date de l’opération.
Dans ces conditions, et dès lors que le mali technique est représentatif de tout ou partie de ces
plus-values ou profits latents, sa dépréciation ou sa sortie du bilan sont des charges déductibles
du résultat imposable.
Les associés de la société qui disparaît reçoivent en échange des titres qu’ils détenaient des
titres nouveaux créés par la société absorbante. Cet échange a pour conséquence fiscale la
constatation d’une plus-value (ou moins-value) d’échange.
En principe, tout échange d’éléments d’actif d’une entreprise contre d’autres éléments présente
le caractère d’une opération de vente suivie d’un achat. Il s’ensuit que le profit (plus-value) ou la
perte (moins-value) résultant éventuellement de cette opération doit être pris en compte pour la
détermination des résultats imposables de l’exercice en cours à la date de l’échange.
Toutefois, conformément aux dispositions de l’article 38‑7 bis du Code général des impôts, le
profit ou la perte réalisé lors de l’échange de droits sociaux résultant d’une fusion de sociétés,
ou d’une scission de société bénéficiant du régime prévu à l’article 210 B (voir titre 4, chapitre 2
ci-après), peut être compris dans le résultat de l’exercice au cours duquel les droits sociaux
reçus en échange sont cédés. Dans ce cas, le profit ou la perte résultant de la cession ultérieure
de ces droits sociaux est déterminé par rapport à la valeur que les droits sociaux remis à
l’échange avaient du point de vue fiscal.
Ce sursis d’imposition est applicable que l’opération ait été ou non placée sous le régime fiscal
de faveur prévu à l’article 210 A (régime spécial des fusions).
202141TDPA0416 51
Comptabilité et audit • Série 4
Les bénéficiaires du report d’imposition sont toutes les entreprises soumises, de plein droit ou
sur option, à l’impôt sur les sociétés ainsi que les entreprises imposables à l’impôt sur le revenu
selon un régime réel d’imposition dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ou
des bénéfices agricoles, qui reçoivent du fait de la fusion des titres de la société absorbante en
échange des titres précédemment détenus dans le capital de la société absorbée.
Dans les comptes de la société absorbée, les événements qui sont à enregistrer sont les sui-
vants :
• solder tous les comptes constitutifs des éléments actifs et passifs du patrimoine pour les mon-
tants figurant dans les livres ;
• constater une créance sur la société absorbante égale à la valeur globale des apports, stipulée
au traité de fusion, au compte « 466 Compte d’apport absorbante » ;
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• constater le résultat de fusion égal à la différence entre la valeur globale des apports et le mon-
tant de l’actif net comptable, au compte « 773 Résultat de fusion » ;
• enregistrer la remise des titres de la société absorbante en contrepartie de l’extinction de cette
créance ;
• annuler les capitaux propres de la société absorbée, qui comprennent le résultat de fusion, et
constater une dette envers les actionnaires au compte « 456 compte d’apports associés » ;
• constater la remise des titres de la société absorbante aux actionnaires pour extinction de
cette dette.
EXEMPLE APPLICATIF 12
L’opération est réalisée aux valeurs réelles et l’apport global ressort à 150 000, soit un résultat
de fusion de 50 000.
52
UE 214 • Comptabilité et audit
Dans les comptes de la société absorbante, les événements à comptabiliser sont les suivants :
• reprise du patrimoine transféré en valeur d’apport ;
• rémunération des apports par création de titres.
Reprenons les données de l’exemple précédent en considérant que les valeurs d’apport sont les
suivantes :
• fonds de commerce : 30 000 ;
• matériel et outillage : 120 000 ;
• autres éléments sans changement.
En supposant que l’augmentation de capital que la société Amboise réalise pour rémunérer les
apports est de 50 000 €, les enregistrements sont les suivants :
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Comptabilité et audit • Série 4
Section 3. La fusion-renonciation
EXEMPLE APPLICATIF 13
La société Amboise qui détient 20 % des titres de la société Bordo acquis pour 30 000 € absorbe
sa participation sur la base des apports en valeurs réelles suivants :
Terrains 200 000
Matériel et outillage 150 000
Marchandises 120 000
Fournisseurs – 30 000
Actif net apporté 440 000
L’augmentation de capital est de 10 000 €. Il est précisé que les résultats mis en réserves par la
société Bordo depuis sa date d’acquisition s’élèvent à 200 000 €.
Calcul du boni de fusion : (440 000 × 20 %) – 30 000 = 58 000 € dont :
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• résultats de Bordo mis en réserve et revenant à Amboise : 200 000 × 20 % = 40 000 €.
• reliquat soit : 58 000 – 40 000 = 18 000.
Calcul de la prime de fusion pure : 440 000 × 80 % – 10 000 = 342 000.
Les enregistrements sont les suivants :
54
UE 214 • Comptabilité et audit
lorsque la valeur actuelle de l’actif sous-jacent devient inférieure à sa valeur nette comptable,
majorée de la quote-part de mali affectée. La dépréciation est imputée en priorité sur la quote-
part du mali technique.
Le mali technique résiduel affecté au fonds commercial suit les règles de dépréciation appli-
cables aux fonds commerciaux. Aussi, s’il fait l’objet d’une dépréciation comptabilisée, aucune
reprise de dépréciation n’est possible.
Reprenons les données de l’exemple précédent en supposant que les apports sont réalisés en
valeurs comptables car les deux sociétés font partie du même groupe :
Terrains 20 000
Matériel et outillage 30 000
Marchandises 120 000
Fournisseurs – 30 000
Actif net apporté 140 000
202141TDPA0416 55
Comptabilité et audit • Série 4
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Section 4. La comptabilisation de l’échange de titres
En application des règles générales du PCG (art. 321-2), le coût d’entrée des biens acquis par
voie d’échange est la valeur vénale de celui des deux lots dont l’estimation est la plus sûre. En
conséquence, l’échange, même sans soulte, est considéré comme une cession des éléments
remis en échange, avec dégagement du résultat, suivie de l’acquisition des biens reçus en
échange. L’échange doit être enregistré à la date de la réalisation de l’opération, c’est-à-dire lors
du transfert de propriété des titres.
Selon la CNCC1, en application des articles 321-2 et 321-5 du PCG, les règles suivantes sont
applicables :
• les titres non cotés doivent être évalués suivant des méthodes et pratiques identiques à celles
retenus habituellement par l’entreprise dans le cas de prise de participations (on rappellera à
ce sujet qu’une approche multicritères est possible) ;
• les titres négociés sur un marché organisé ou assimilé doivent être évalués à leur valeur de
marché, qui est généralement égale au cours de bourse du jour de transfert de propriété ; dans
des « conditions anormales de marché » que la valeur vénale soit déterminée, la CNCC a
admis que la valeur vénale puisse être déterminée en utilisant une moyenne des cours consta-
tée sur une période permettant de limiter les effets des fortes variations temporaires éven-
tuelles.
56
UE 214 • Comptabilité et audit
Dans le cas d’opérations d’échange où la société initiatrice émet des titres en rémunération des
titres apportés, l’estimation de la valeur des titres de la société initiatrice est plus sûre que celle
des titres de la société cible.
Par dérogation, lorsque les apports doivent être évalués à la valeur nette comptable en applica-
tion des règles comptables et que l’actif net apporté est insuffisant pour permettre la libération
du capital, les valeurs réelles des éléments apportés doivent être retenues.
EXEMPLE APPLICATIF 14
La société Amboise absorbe la société Bordo. Les deux sociétés sont sous contrôle distinct et
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l’opération est réalisée à l’envers : la société initiatrice est la société Bordo et la société cible est
la société Amboise.
La valorisation en valeur comptable de la société Bordo est de 40 000 €, alors qu’en valeur réelle
elle ressort à 200 000 €. L’augmentation de capital est de 50 000 €.
En application des dispositions générales prévues pour la valorisation des apports, ceux-ci
doivent être retenus pour leur valeur comptable :
• valeur d’apport de Bordo : 40 000 € ;
• augmentation de capital d’Amboise : 50 000 €.
La valorisation en valeur comptable n’est pas possible car il n’y a pas libération du capital et par
dérogation, lorsque les apports doivent être évalués à la valeur nette comptable en application
des règles générale mais que l’actif net apporté est insuffisant pour permettre la libération du
capital, les valeurs réelles des éléments apportés doivent être retenues.
Donc :
• valeur d’apport de Bordo : 200 000 € ;
• augmentation de capital d’Amboise : 50 000 € ;
• prime de fusion : 150 000 €.
202141TDPA0416 57
Comptabilité et audit • Série 4
Lorsque les apports sont évalués à la valeur réelle, les valeurs individuelles des actifs et passifs
apportés correspondent aux valeurs réelles attribuées à chacun des éléments dans le traité
d’apport.
Ces éléments sont ceux qui figurent dans les livres de la société absorbée ou ceux que le pro-
cessus d’évaluation conduit à valoriser dans le traité d’apport alors qu’ils ne sont pas dans les
comptes : par exemple, les marques ou les impôts différés actifs, les provisions pour retraites ou
les impôts différés passifs.
Ces valeurs s’apprécient par référence au marché ou en fonction de l’utilité du bien pour la
société. Les modalités de valorisation de ces éléments sont exposées au chapitre 3 dans l’ex-
posé sur la méthode de l’ANCC (actif net comptable corrigé).
La différence entre la valeur globale des apports et la somme algébrique des valeurs réelles indi-
viduelles des éléments identifiés, est inscrite dans le traité d’apport sur une ligne « Fonds com-
mercial », reprise comme telle au bilan de la société absorbante.
EXEMPLE APPLICATIF 15
La société Amboise absorbe la société Bordo. Il s’agit d’une opération à l’endroit impliquant des
entités sous contrôle distinct et la valeur globale des apports est fixée en valeur réelle à
1 500 000 €.
À partir des comptes servant de base à l’opération, les valeurs réelles des éléments individuels
figurant dans les livres ont été réestimées comme suit :
Fonds de commerce 200 000
Matériel et outillage 150 000
Marchandises 120 000
Dettes financières – 325 000
Fournisseurs – 120 000
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Postes comptables en valeurs réelles 25 000
Par ailleurs, les éléments suivants non comptabilisés chez Bordo ont été identifiés dans le pro-
cessus d’évaluation :
• existence d’une marque dont la valeur est estimée à 773 000 €
• coûts des indemnités de départ à la retraite estimés à 72 000 €
• IS afférent aux plus-values d’apport sur éléments amortissables estimé à 43 000 €.
Compte tenu de ces éléments, il y a lieu d’inscrire ces éléments dans le traité d’apport, ainsi que
le fonds de commerce correspondant à la différence entre la valeur globale des apports et leur
valeur individuelle :
Valeur réelle des éléments comptables 25 000
Marque 773 000
Provision IDR – 72 000
Provision IS – 43 000
58
UE 214 • Comptabilité et audit
Lorsque les apports sont évalués à la valeur comptable, les valeurs comptables individuelles des
actifs et passifs apportés correspondent aux valeurs de chaque actif et passif figurant dans les
comptes de l’absorbée à la date d’effet de l’opération.
Lorsque, dans des cas exceptionnels où la prise en compte de ces éléments d’actifs et de pas-
sifs éventuels conduit à rendre la valeur du fonds commercial négative (constatation d’un bad-
will), il convient d’en tenir compte dans le traité d’apport, en comptabilisant cette différence dans
un sous-compte de la prime de fusion lors de la réalisation de l’opération.
Dès la constatation de la charge, celle-ci est imputée sur ce sous-compte de la prime de fusion.
En cas de sortie d’un actif auquel une quote-part de mali a été affectée, le mali doit être réduit à
due concurrence.
EXEMPLE APPLICATIF 16
La société Amboise détient une participation de 80 % dans la société Bordo acquise 4 000 k€.
Il est prévu que la société Amboise absorbe la société Bordo :
• la valeur comptable de la société Bordo ressort à 3 400 k€ ;
• les plus-values identifiées concernent : Fonds de commerce 20 000 k€ (valeur au bilan : néant)
et terrain 16 600 k€ (valeur au bilan : 100 000 k€) ;
• l’augmentation de capital chez Amboise sera de 640 000 €, compte tenu du processus de
fusion-renonciation.
L’opération étant réalisée entre sociétés sous contrôle commun elle se fait en valeurs comptable.
L’analyse des conditions financières donne :
Valeur d’apport 3 400
Valeur comptable de la participation – 4 000
Net – 600
Augmentation de capital 640
202141TDPA0416 59
Comptabilité et audit • Série 4
Dont :
• prime d’émission 40 : (3 400 × 20 % – 640) ;
• mali de fusion – 1 280 : (3 400 × 80 % – 4 000).
L’affectation du mali technique est présentée dans le tableau suivant :
Si le terrain est ensuite cédé pour une valeur de 150 000 k€, le mali technique doit être réduit à
due concurrence de la part correspondant à cet actif sous-jacent :
Cette situation trouve en particulier son application dans le cas des fusions simplifiées ou des
TUP. En effet, dans ce cas, la société absorbante détenant la totalité du capital de la société
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absorbée ne procède pas à une augmentation de capital et aucune contrainte de libération du
capital n’existe. Il est, de ce fait, juridiquement possible de faire un apport dont la valeur est
négative.
Ce point a été traité spécifiquement par le comité d’urgence du CNC en juin 2007 qui a rappelé
les règles générales suivantes :
• les opérations de dissolution par confusion de patrimoine étant par définition toujours réali-
sées entre entreprises sous contrôle commun, les actifs et passifs de l’entreprise dissoute sont
toujours transmis à leur valeur comptable ;
• le traitement du mali et du boni pouvant apparaître lors de l’annulation dans les comptes de
l’entreprise bénéficiaire de la transmission universelle de patrimoine suit les règles générales ;
• pour assurer la neutralité des opérations au niveau du résultat et des capitaux propres de la
société absorbante ou confondante, la définition générale du mali technique s’applique quel
que soit l’actif net comptable de la société absorbée ;
• le calcul du mali technique n’est limité que par les montants des plus-values latentes.
En conséquence, les modalités de détermination du mali technique sont identiques quel que soit
l’actif net comptable de la société absorbée.
60
UE 214 • Comptabilité et audit
EXEMPLE APPLICATIF 17
La société Amboise décide la dissolution avec TUP de la société Bordo dont elle est l’associé
unique.
La situation nette de Bordo est négative de 200 k€ et les titres Bordo figurent au bilan de la
société Amboise pour un montant de 50 k€. L’actif net apporté recèle des plus-values latentes
pour un montant de 100 k€.
Dans cette situation le mali de fusion ressort à 250 k€ et s’analyse à hauteur de 100 k€ comme
un mali technique, le solde étant représentatif d’une dépréciation non constatée sur les titres.
Le règlement sur les fusions prévoit une règle dérogatoire de valorisation des apports en cas de
filialisation d’une branche d’activité appelée à être cédée à une société sous contrôle distinct.
La filialisation par une société d’une branche d’activité appelée à être cédée à une société sous
contrôle distinct s’analyse comme une opération réalisée entre sociétés sous contrôle distinct,
les apports doivent donc être effectués à la valeur réelle.
Cette exception ne peut cependant être mise en œuvre que s’il existe, préalablement à l’opéra-
tion de filialisation, un engagement de cession conduisant à une perte de contrôle et mentionné
explicitement dans le traité d’apport.
Si la cession ne se réalise pas, les écritures d’apport initiales aux valeurs réelles doivent être
contre-passées pour enregistrer les apports aux valeurs comptables tant chez la société bénéfi-
ciaire des apports que chez la société apporteuse.
Au niveau de la société bénéficiaire, les valeurs comptables d’apport doivent être substituées
aux valeurs réelles, avec réduction de la prime d’apport et retraitement des amortissements,
provisions et des plus ou moins-values.
Au niveau de la société apporteuse, il convient de réduire la plus-value d’apport à concurrence
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EXEMPLE APPLICATIF 18
La société Amboise exerce plusieurs activités organisées sous forme de trois branches auto-
nomes d’activité : A, B et C.
Il est décidé de céder la branche A au groupe Cota selon le processus suivant :
• une société Bordo est constituée avec pour seul actionnaire la société Amboise ;
• la société Amboise transmet par apport partiel d’actif sa branche autonome d’activité A à la
société Bordo ;
• Amboise reçoit en contrepartie de cet apport des actions de Bordo pour lesquelles elle prend
dans le traité d’apport un engagement de cession au profit du groupe Cota avec une date
limite fixée 6 mois après la date de l’apport.
Suite à la défaillance du groupe Cota la cession des titres ne se réalise pas en définitive.
202141TDPA0416 61
Comptabilité et audit • Série 4
Pour valoriser l’apport conformément aux dispositions du règlement sur les fusions, il faut appli-
quer les règles suivantes :
• l’opération d’apport au profit d’une société sous contrôle commun doit obligatoirement se faire
en valeur comptable ;
• toutefois s’agissant d’une filialisation en vue d’une cession la règle est dérogatoire et la valori-
sation se fait aux valeurs réelles.
Du point de vue fiscal, le régime de faveur des apports partiels d’actif (voir titre 4, chapitre 2)
s’applique aux opérations :
• qui portent sur des branches complètes d’activité ;
• pour lesquelles la société apporteuse a pris l’engagement de conserver les titres reçus pen-
dant 3 ans ;
• pour lesquelles la société apporteuse a pris l’engagement de calculer les plus-values de ces-
sion ultérieure de ces titres par référence à la valeur que les éléments apportés avaient dans
ses propres livres.
La société Amboise ayant pris l’engagement de céder les titres reçus suite à l’apport de la
branche complète d’activité A, elle ne peut pas conserver les titres pendant 3 ans et de ce fait
c’est le régime fiscal de droit commun des fusions (voir chapitre 4, section 1) qui s’applique.
Compte tenu de défaillance du groupe Cota la cession n’a pas lieu en définitive. Dans cette situation
le règlement sur les fusions prévoit de retraiter l’apport comme il aurait dû être réalisé au départ,
c’est-à-dire en retenant une valorisation aux valeurs comptables. Il faut donc modifier la valeur d’en-
trée des apports chez Bordo et retraiter les amortissements qui ont éventuellement été pratiqués.
Du point de vue fiscal, l’administration autorise que l’opération soit placée sous le régime de
faveur sous réserve qu’une option ait été exercée dans le traité d’apport.
Les plus-values qui ont été imposées au moment de l’apport (application du régime de droit
commun) doivent être neutralisées (application du régime de faveur).
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L’obligation de libération des apports doit être appréciée à la date de réalisation définitive de
l’opération, c’est-à-dire la date des assemblées générales extraordinaires des sociétés partici-
pant à l’opération.
En cas d’effet rétroactif, lorsque la valeur des apports à la date d’effet risque de devenir, du fait
d’une perte intercalaire, supérieure à la valeur réelle globale de la société à la date de réalisation
de l’opération, une provision pour perte de rétroactivité est constatée au passif pris en charge
dans le traité d’apport, réduisant d’autant le montant des apports pour répondre à l’obligation de
libération du capital.
La société absorbante l’inscrit dans un sous-compte de la prime de fusion, et non en provisions
pour risques et charges. En effet, elle ne doit pas reprendre en résultat une provision qui n’a
jamais été dotée comptablement.
Lorsque les apports sont évalués à la valeur réelle, une provision pour perte de rétroactivité ne
devrait être constatée que dans des cas exceptionnels.
Lorsque les apports sont évalués à la valeur comptable, la valeur totale des apports est généra-
lement inférieure à la valeur globale de la société. De ce fait normalement, aucune provision ne
devrait être nécessaire.
Toutefois, l’existence d’une perte de rétroactivité n’amène à la constatation d’une provision que
dans les cas suivants (règlement CRC 04‑01, § 5) :
• si les apports sont évalués en valeurs réelles, en cas d’événements significatifs non prévus
durant la période intercalaire et qui remettraient en cause les évaluations effectuées ;
• si les apports sont évalués en valeurs comptables, en cas de valeur globale de la société
absorbée inférieure à sa valeur comptable.
62
UE 214 • Comptabilité et audit
EXEMPLE APPLICATIF 19
La société Galimard (SA au capital de 300 000 actions de 100 € de valeur nominale) absorbe la
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société Fragonard. Aucun lien de participation n’existe entre les deux sociétés à la date de la
fusion.
L’apport doit être enregistré à la valeur réelle de 5 000 000 €. Le nombre de titres créés pour
rémunérer cet apport est de 200 000. On évalue la perte de rétroactivité à 400 000 €.
• Comptabilisez l’opération de fusion dans la société Galimard.
• Quelles sont les conséquences (selon les deux hypothèses suivantes) sur l’affectation du
résultat par l’AGO lors de l’approbation des comptes ?
Hypothèse 1 : la perte de rétroactivité est de 400 k€.
Hypothèse 2 : la perte de rétroactivité n’est que de 350 k€.
202141TDPA0416 63
Comptabilité et audit • Série 4
Autre solution
Lors de l’AGO
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10429 Provision pour perte de rétroactivité 400 000
(Primes de fusion)
1291 Perte de rétroactivité 350 000
1042 Primes de fusion 50 000
64
UE 214 • Comptabilité et audit
4° Un état comptable établi selon les mêmes méthodes et suivant la même présentation
que le dernier bilan annuel, arrêté à une date qui, si les derniers comptes annuels se rap-
portent à un exercice dont la fin est antérieure de plus de six mois à la date du projet de
fusion ou de scission, doit être antérieure de moins de trois mois à la date de ce projet. »
Le règlement CRC 2005-09 précise les règles à appliquer dans le cas d’un contrôle conjoint.
En cas d’opération de fusion ou assimilée entre deux sociétés sous contrôle conjoint, il est
nécessaire de faire une distinction entre la situation de contrôle avant et après la fusion :
• s’il y a modification du contrôle, c’est-à-dire passage d’une situation de contrôle conjoint à
une situation de contrôle exclusif, en raison d’une prise de contrôle exclusif par l’une des
sociétés, les apports doivent être évalués à leur valeur réelle en raison de la prise de contrôle
(on peut, en effet, considérer dans ce cas qu’il s’agit d’une acquisition) ;
• si le contrôle reste conjoint, c’est-à-dire qu’après l’opération, la société issue de la fusion ou
les sociétés d’apports d’actifs sont dans la même situation de contrôle conjoint, qu’avant
l’opération de fusion, les apports doivent être évalués à la valeur comptable car cette opéra-
tion correspond à une simple restructuration interne au groupe.
Ce type de fusion se rencontre généralement, lorsque l’on ne souhaite pas que l’une des socié-
tés survive à l’opération. Sur le plan juridique, il est nécessaire que la nouvelle société existe
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avant de pouvoir réaliser la fusion. C’est la valeur nominale des titres qui détermine la parité
d’échange des titres. En conséquence, la valeur nominale des titres de la société nouvelle doit
être fixée de telle sorte qu’un échange équitable entre les deux sociétés soit possible.
EXEMPLE APPLICATIF 20
La société Fragal absorbe la Société Fragonard et la Société Galimard (Fusion réunion). Il n’existe
aucun lien de participation entre les sociétés Fragonard et Galimard.
202141TDPA0416 65
Comptabilité et audit • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
sur les regroupements d’entreprises
RÉSUMÉ
Les règles du PCG français restent empruntes de juridisme et, de ce fait, privilégient la vision
contractuelle dans le traitement comptable des opérations de fusions.
A contrario, la norme IFRS 3, qui traite du regroupement d’entreprises dans le cas des opéra-
tions d’acquisition, applique le principe général retenu par les normes internationales : la pré-
éminence de la substance sur la forme.
Il en résulte plusieurs divergences, notamment dans la transcription du coût d’acquisition
quand la fusion est à l’envers.
Section 1. Périmètre
La norme IFRS 3 porte sur les regroupements d’entreprises qui répondent à la définition stricte
d’acquisition ou de prise de contrôle (voir titre 1), mais ne s’applique pas :
• aux regroupements d’entreprises dans lesquels des entités ou des activités distinctes sont
rassemblées pour former une coentreprise ;
• aux regroupements d’entreprises impliquant des entités ou des activités sous contrôle commun.
66
UE 214 • Comptabilité et audit
Section 2. Résumé
La norme IFRS 3 impose que les regroupements d’entreprises soient comptabilisés en appli-
quant la méthode de l’acquisition.
Selon cette méthode, le regroupement doit être analysé du point de vue de l’acquéreur qui
comptabilise les actifs acquis et les passifs, y compris ceux qui n’étaient pas comptabilisés
auparavant par l’entreprise acquise.
Pour l’application de cette méthode, un acquéreur doit être identifié. L’acquéreur est l’entreprise
qui obtient le contrôle, c’est-à-dire le pouvoir de diriger les politiques financières et opération-
nelles, des autres entreprises qui participent à l’opération.
Le coût global pour l’acquéreur est le total formé par :
• les justes valeurs des actifs et passifs remis, et des titres émis par l’acquéreur, en échange du
contrôle de l’entreprise acquise ;
• plus tous les coûts externes directement attribuables à l’opération : honoraires versés aux
comptables, aux conseils juridiques, aux évaluateurs et autres consultants intervenus pour
effectuer le regroupement (comptabilisés en charge de l’exercice).
L’acquéreur doit affecter le coût de l’opération en comptabilisant les actifs et les passifs identi-
fiables de l’entreprise acquise qui satisfont aux critères de comptabilisation à leur juste valeur
respective.
Toute différence entre le coût global de l’opération (hors frais d’acquisition) et la juste valeur des
actifs et passifs et passifs identifiables ainsi constatée, doit être comptabilisée comme goodwill :
• en tant qu’actif ;
• dont la valeur est l’excédent du coût du regroupement d’entreprises sur la juste valeur nette
des actifs et passifs identifiables.
Pour la norme IFRS 3, le terme passif inclut les passifs éventuels.
partiels d’actifs
La définition des scissions est donnée à l’article L. 236‑1 du Code de commerce qui stipule
qu’une société peut, par voie de scission, transmettre son patrimoine à plusieurs sociétés exis-
tantes ou à plusieurs sociétés nouvelles.
202141TDPA0416 67
Comptabilité et audit • Série 4
La loi assimile totalement la scission à la fusion : dans les deux cas, il y a disparition d’une
société ancienne et transmission universelle de son patrimoine à plusieurs sociétés existantes
ou nouvelles, avec échange de droits sociaux.
D’une façon générale, les conditions, modalités et conséquences des scissions sont analogues
à celles des fusions, étant précisé que la scission constitue l’opération inverse de la fusion.
Les opérations d’apports partiels d’actifs sont prévues par les articles L. 236‑22 (pour les SA) et
L. 236‑24 (pour les SARL) du Code de commerce qui stipulent que la société qui apporte une
partie de son actif à une autre société et la société qui bénéficie de cet apport peut décider d’un
commun accord de soumettre l’opération aux dispositions applicables aux scissions.
RÉSUMÉ
Le cadre fiscal des scissions et apports partiels d’actifs est identique à celui des fusions sous
réserve de quelque aménagement. En particulier, la jurisprudence fiscale a créé une entité
originale : la branche d’activité complète et autonome.
Le régime spécial des fusions s’applique à l’apport partiel d’actif d’une branche complète d’ac-
tivité lorsque la société apporteuse prend l’engagement dans l’acte d’apport :
• de conserver pendant trois ans les titres reçus en contrepartie de l’apport ;
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• de calculer les plus-values de cession afférentes à ces titres par référence à la valeur que les
biens apportés avaient, du point de vue fiscal, dans ses propres écritures.
Le régime des fusions s’applique également à la scission de société comportant au moins deux
branches complètes d’activités si :
• chacune des sociétés bénéficiaires des apports reçoit une ou plusieurs de ces branches ;
• les associés de la société scindée s’engagent, dans l’acte de scission, à conserver pendant
trois ans les titres qui leur ont été répartis proportionnellement à leurs droits dans le capital de
la société scindée.
L’obligation de conservation des titres s’applique dans les conditions suivantes :
• elle concerne les associés qui détiennent dans la société scindée au moins de 5 % des droits
de vote ;
• et les associés qui exercent ou y ont exercé dans les six mois précédant l’opération des fonc-
tions de direction, d’administration ou de surveillance et qui détiennent au moins 0,1 % des
droits de vote dans la société scindée ;
• les droits de vote des associés ainsi soumis à l’obligation de conservation doivent représenter
ensemble, à la date de l’opération, 20 % au moins du capital de la société scindée.
La branche complète d’activité est définie par l’administration fiscale mais n’est pas supportée
par une définition juridique spécifique. Selon l’administration, la branche complète d’activité se
définit comme l’ensemble des éléments d’actif et de passif d’une division d’une société qui
constitue, du point de vue de l’organisation, une exploitation autonome, c’est-à-dire un ensemble
capable de fonctionner par ses propres moyens.
68
UE 214 • Comptabilité et audit
Cela implique notamment une clientèle, du personnel et des installations propres. L’autonomie
s’apprécie au regard de l’organisation de la société apporteuse et non de la société bénéficiaire
des apports.
En cas d’apport partiel d’actif, il est admis que la branche complète d’activité apportée ne com-
prenne pas certains éléments d’actif et de passif. Cette mesure d’assouplissement ne s’applique
pas aux opérations de scissions.
Lorsque les conditions mentionnées ci-dessus ne sont pas remplies, le régime spécial des
fusions s’applique aux apports partiels d’actif et aux scissions sur agrément de l’administration.
L’agrément est délivré lorsque, compte tenu des éléments faisant l’objet de l’apport :
• l’opération est justifiée par un motif économique ;
• l’opération n’a pas comme objectif la fraude ou l’évasion fiscales ;
• les modalités de l’opération permettent d’assurer l’imposition future des plus-values mises en
sursis d’imposition.
RÉSUMÉ
La méthodologie financière et le cadre comptable utilisé pour les fusions est adaptable aux
opérations de scissions et apports partiels d’actifs.
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Les développements qui ont été traités au titre 3 portant sur les fusions et relatifs à la détermination
d’un rapport d’échange et à la transcription des valeurs d’apports s’appliquent aux scissions.
Rappelons qu’il s’agit de l’opération par laquelle une société apporte un ensemble d’actifs et de
passifs constituant une branche autonome à une autre société et reçoit en échange des titres
remis par la société bénéficiaire des apports.
202141TDPA0416 69
Comptabilité et audit • Série 4
EXEMPLE APPLICATIF 21
1. Une branche complète et autonome d’activité de la société Amboise fait l’objet d’un apport
partiel d’actif à la société Bordo à leur valeur réelle. Le traité d’apport donne les valeurs d’apport
suivantes :
Fonds de commerce 4 004
ITMO 413
Marchandises 91
Clients 42
Trésorerie 7
Fournisseurs 7
Fiscal et social 406
Il est précisé que le fonds de commerce n’était pas inscrit dans les livres de la société Amboise
mais fait partie de la branche complète d’activité apportée.
L’enregistrement de l’opération dans les livres de la société B-M se présentera comme suit :
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261 Titres et participations 4 144
456 Associés apports 4 144
2. Considérons qu’en rémunération de ces apports, il sera procédé à une augmentation de capi-
tal de 854 k€ de la société Bordo.
L’enregistrement de l’apport dans les livres de la société Bordo sera le suivant :
70
UE 214 • Comptabilité et audit
Objectifs :
Chapitre 1. Les dispositions réglementaires Connaître les dispositions spécifiques
Chapitre 2. Le contrôle des modalités de la fusion qui s’appliquent au contrôle légal des opérations
Chapitre 3. Le contrôle des valeurs d’apport de regroupement : la mission du commissaire
à la fusion et du commissaire aux apports.
Le contrôle des opérations de regroupement est prévu par le Code de commerce et a fait l’objet
de normes professionnelles de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC
– Avis technique « La mission de commissariat à la fusion » – 02 décembre 2010).
Le rapport sur les modalités de la fusion et le caractère équitable du rapport d’échange est
requis pour les opérations suivantes :
• fusion et scission de sociétés par actions et à responsabilité limitée ;
• apport partiel d’actif à ces sociétés, soumis au régime des scissions (article L. 236‑22 du Code
de commerce).
Il est précisé que, dans ce cas, le commissaire à la fusion assure également la mission de com-
missaire aux apports.
En revanche ce rapport n’est pas nécessaire :
• dans le cas d’apport en nature ou d’apport partiel d’actif non placé sous le régime des scissions ;
202141TDPA0416 71
Comptabilité et audit • Série 4
• dans le cas de création, par voie de scission, de sociétés nouvelles constituées sans autre apport
que celui de la société scindée, où les actions ou parts de chacune des sociétés nouvelles sont
attribuées aux actionnaires ou associés de la société scindée proportionnellement à leurs droits
dans le capital de cette société (article L. 236‑17 et L. 236‑23 du Code de commerce) ;
• dans le cas de fusion simplifiée : depuis le dépôt du projet de fusion au greffe du tribunal de
commerce et jusqu’à la date de réalisation, la société absorbante détient la totalité des titres
représentant le capital des sociétés absorbées (article L. 236‑11 pour les sociétés anonymes
et L. 236‑23 pour les SARL).
Il est précisé que, dans ce cas, seul un commissaire aux apports interviendra.
Le commissaire à la fusion est choisi parmi les commissaires aux comptes inscrits et est désigné
par le président du tribunal de commerce, sur requête des dirigeants des sociétés concernées.
En pratique, les sociétés intéressées s’entendent pour faire une demande conjointe au tribunal
qui désigne un ou plusieurs commissaires qui agissent pour toutes les sociétés concernées.
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• le rapport d’échange représente le nombre d’actions de la société absorbante à échanger
contre une action de la société absorbée.
L’objectif du contrôle des modalités de l’opération est d’éclairer les actionnaires ou les associés
sur le caractère équitable du rapport d’échange proposé. À ce titre, le commissaire à la fusion met
en évidence les points qu’il estime utiles à une bonne information des actionnaires ou associés.
La mission dévolue au commissaire à la fusion a pour objectif final d’apprécier le caractère équi-
table du rapport d’échange. À cet effet, le commissaire à la fusion vérifie :
• que les valeurs relatives attribuées aux actions (ou parts) des sociétés participant à l’opération
sont pertinentes :
–– le caractère adéquat des méthodes d’évaluation retenues et les raisons ayant conduit à en
écarter certaines,
–– les hypothèses qui fondent les données prévisionnelles qui servent de base aux évaluations,
–– l’incidence sur les valeurs relatives des événements survenus entre la date de leur détermi-
nation et la date de son rapport,
–– la correcte mise en œuvre des méthodes d’évaluation ;
• l’importance relative donnée aux valeurs jugées pertinentes et le positionnement du rapport
d’échange par rapport à ces valeurs.
Il convient de rappeler que le processus d’évaluation qui permet de fixer les valeurs de fusion
et, par voie de conséquence le rapport d’échange, conduit à une fourchette de valeurs qui
72
UE 214 • Comptabilité et audit
En application des dispositions du Code de commerce relatives aux apports en nature, le com-
missaire aux apports vérifie :
• la valeur des apports et que celle-ci correspond au moins à la valeur au nominal des actions
ou parts à émettre, augmentée de la prime de fusion ou de scission ;
• les avantages particuliers qui peuvent être stipulés lors de telles opérations.
Il est précisé que la valeur des apports s’entend de la somme des valeurs individuelles des
apports figurant dans le traité d’apport et correspond, en cas de fusion ou d’apport d’une
branche d’activité, à la notion d’actif net apporté.
Généralement, la valeur globale ne correspond à la somme des valeurs individuelles que lorsque
les apports sont effectués à leur valeur nette comptable, ce qui n’est pas le cas pour les apports
en valeurs réelles.
La mission du commissaire aux apports a pour objectif final d’apprécier que la valeur des apports
ne soit pas surévaluée.
Hormis les opérations de fusion simplifiée, qui ne donnent pas lieu à augmentation de capital,
cette mission doit permettre au commissaire aux apports de conclure que la valeur des apports
est au moins égale au montant de l’augmentation du capital de la société absorbante (ou au
montant du capital de la société issue de la fusion) augmenté de la prime de fusion.
Pour répondre à l’objectif de sa mission, le commissaire aux apports met en œuvre les diligences
suivantes :
• contrôler la réalité des apports et l’existence des titres de propriété valides ;
• contrôler l’exhaustivité des passifs transmis à la société absorbée ou bénéficiaire des apports ;
202141TDPA0416 73
Comptabilité et audit • Série 4
• apprécier la pertinence des méthodes retenues pour déterminer la valeur individuelle des
apports ;
• apprécier l’incidence, sur la valeur individuelle des apports, des événements intervenus entre
la date de prise d’effet de l’opération et la date de son rapport ;
• s’assurer que la valeur réelle des apports, pris dans leur ensemble, est au moins égale à la
valeur des apports proposée dans le traité d’apport.
Pour apprécier la valeur des apports, le commissaire aux apports contrôle les apports pris indi-
viduellement et procède également à une approche directe de la valeur des apports considérés
dans leur ensemble.
Cette démarche ne se confond pas avec une simple sommation des évaluations individuelles et
relève des techniques d’évaluation d’entreprise. Le commissaire aux apports est ainsi conduit à
approcher la valeur réelle des apports pris dans leur ensemble selon une évaluation multicritères.
Il est précisé que, concernant la fiscalité différée dans la société absorbée ou apporteuse, le
commissaire aux apports prend en considération le caractère aléatoire de la survenance du fait
générateur de l’imposition.
Pour les valeurs individuelles qui ont fait l’objet de ré-estimations par rapport à leur valeur comp-
table, le commissaire aux apports vérifie que les méthodes d’évaluation retenues sont perti-
nentes et que la confrontation des résultats des méthodes retenues avec celles qui ont été
écartées ne remet pas en cause les valeurs obtenues.
Dans le cas d’une opération avec effet rétroactif, le commissaire aux apports examine si, durant
la période de rétroactivité, les activités apportées n’ont pas généré de pertes susceptibles d’af-
fecter la valeur des apports à la date de réalisation définitive de l’opération. Il s’assure, le cas
échéant, que les conséquences d’une telle situation ont été correctement appréhendées dans le
traité d’apport.
Le commissaire agissant en tant que commissaire aux apports établit un rapport distinct de celui
qu’il dépose en tant que commissaire à la fusion ou à la scission.
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Le rapport décrit chacun des apports, indique le mode d’évaluation adopté et les raisons pour
lesquelles il a été retenu. La conclusion du rapport contient :
• l’appréciation de la non-surévaluation des apports et l’affirmation que l’actif net apporté est au
moins égal à la valeur nominale des actions ou parts à émettre, augmentée de la prime de
fusion ou de scission ;
• l’appréciation sur les avantages particuliers stipulés.
CONCLUSION
Ce cours a permis de mettre en évidence la complexité et la technicité des opérations de
regroupement. À l’issue de cette étude, les étudiants doivent avoir acquis un ensemble de
connaissances financières, fiscales et comptables et aussi une compréhension économique
de ces opérations. Ils doivent avoir conscience que ces opérations sont de plus en plus fré-
quentes et qu’elles ne concernent pas uniquement les multinationales.
74
UE 214 • Comptabilité et audit
Exercices autocorrigés
Énoncé
Le groupe Ator (conception et vente de logiciels experts) comprend un nombre important de
sociétés, dont notamment :
• la SAS Ator holding ;
• la SA Forex, détenue à 60 % par la SAS Ator ;
• la SAS Virax au capital composé de 100 000 actions de 10 €, détenue à 90 % par la SAS Ator ;
• la SA Marax au capital de 50 000 actions de 1 000 €, détenue à 75 % par la SAS Ator.
La SA Marax détient elle-même des participations dans les sociétés suivantes :
• la SARL Avux au capital composé de 40 000 parts de 10 €, détenue à 40 %. Les parts déte-
nues par la SAw Marax ont été acquises 4 000 000 € ;
• la SARL Fox au capital composé de 3 000 parts de 1 000 €, détenue à 80 %. Les parts déte-
nues par la SA Marax ont été acquises 5 000 000 € ;
• la SARL Freex détenue à 100 %. Les parts détenues par la SA Marax ont été acquises
6 000 000 €.
La stratégie du groupe Ator pour l’exercice N est construite autour de 3 axes :
• recentrage sur les activités principales en cédant les sociétés qui ont une activité différente ;
• développement par croissance externe ;
• restructuration juridique visant la réduction des frais de fonctionnement.
Les opérations envisagées sont regroupées en 5 dossiers. Pour chacun des dossiers, vous
devez répondre aux questions posées.
La société Borax, au capital composé de 50 000 actions de 10 €, est une filiale de la société
BIO-International qui la détient à 80 %, les 20 % restant étant détenus par la famille G. Compte
tenu de la position de leader détenue par le groupe BIO-International, il a été décidé de lui céder
la société Virax qui vend les mêmes produits. Les caractéristiques de l’opération envisagée sont
les suivantes :
• la société Virax absorbera la société Borax ;
• la valeur réelle de la société Borax a été estimée à 8 000 000 € pour un montant de capitaux
propres comptables de 6 500 000 €, la plus-value correspond à la valorisation des éléments
incorporels ;
• la valeur réelle de la société Virax a été estimée à 2 000 000 € sans plus-value par rapport au
montant de ses capitaux propres ;
• l’opération est placée sous le régime de l’article 210 A. Compte tenu de la nature des plus-
values, aucune imposition différée n’est retenue ;
• il n’existe aucun lien, ni juridique ni contractuel, entre ces sociétés, ni entre les deux groupes.
TRAVAIL À FAIRE
1. Dans le cadre de l’opération projetée, déterminez :
a. le rapport d’échange ;
b. l’augmentation de capital à réaliser par la société Virax ;
c. la valeur de l’apport en justifiant les principes retenus.
2. À partir de l’analyse réalisée en répondant à la question 1, expliquez pourquoi cette opéra-
tion est qualifiée de « cession ».
202141TDPA0416 75
Comptabilité et audit • Série 4
Par ailleurs, les éléments suivants non comptabilisés chez Cotex ont été identifiés dans le pro-
cessus d’évaluation :
• existence d’une marque dont la valeur est estimée à 1 546 000 € ;
• indemnité de départ à la retraite estimée à 144 000 €.
Du point de vue fiscal, l’opération sera placée sous le régime spécial des fusions et il est conven-
tionnellement prévu que l’IS afférent aux plus-values d’apport qui sont à réintégrer par la société
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absorbante Forex, en application des dispositions de l’article 210 A du CGI, devra être calculé
au taux de 33,1/3 % et être inscrit comme passif transféré dans le traité d’apport.
3. Présentez l’enregistrement de l’apport chez la société Forex.
76
UE 214 • Comptabilité et audit
6. Déterminez :
a. la valeur d’apport en justifiant les principes retenus ;
b. le mali de fusion en analysant ses composantes.
7. a. Enregistrez la fusion dans les livres de la SA Marax.
b. Précisez le traitement fiscal du mali de fusion au moment où il est constaté.
8. En N+ 3, la construction qui figure au bilan pour : valeur brute 2 500 000 €, amortisse-
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ments 2 450 000 €, fait l’objet d’une cession-bail (vente assortie d’un crédit-bail) dégageant
une plus-value de 16 000 000 € sans évolution depuis la date de la fusion.
a. Enregistrez la cession.
b. Comparez le traitement comptable avec le traitement fiscal de la cession et calculez l’inci-
dence fiscale de cette cession.
202141TDPA0416 77
Comptabilité et audit • Série 4
Corrigé
Question 1
a. Rapport d’échange
Virax Borax
(absorbante) (absorbée)
Valeur réelle 2 000 000 8 000 000
Nb d’actions 100 000 50 000
Valeur de fusion 20 160
b. Augmentation de capital
Nombre d’actions composant le capital de l’absorbée Borax 50 000
Rapport d’échange 8
Nombre d’actions à créer par l’absorbante Virax 400 000
Valeur nominale de l’action Virax 10
Augmentation de capital 4 000 000
c. Valeur d’apport
Principes de détermination de la valeur d’apport selon le règlement CRC 2004‑01 relatif
au traitement comptable des fusions
Contrôle commun Contrôle distinct
Opérations à l’endroit Valeurs comptables Valeurs réelles
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Opérations à l’envers Valeurs comptables Valeurs comptables
On constate que la société Ator qui initialement contrôlait Virax ne la contrôle plus après la
fusion. Donc, dans l’opération envisagée :
• la société initiatrice est la société BIO-International et la société cible est la Virax ;
• l’opération envisagée est à l’envers car l’absorbante Virax est la société cible.
L’opération projetée étant à l’envers, la valorisation des apports se fera en valeur comptable, soit
6 500 000 €.
Question 2
Avant la fusion, le groupe Ator exerçait un contrôle exclusif sur la société Virax et de ce fait avait
le pouvoir de diriger ses politiques financière et opérationnelle : Virax était dans le périmètre de
consolidation du groupe Ator.
78
UE 214 • Comptabilité et audit
Après la fusion, le groupe Ator est devenu un actionnaire minoritaire qui n’exerce plus aucun
contrôle sur la société Virax : Virax est déconsolidée.
C’est pourquoi, on peut qualifier cette opération de cession par symétrie avec le terme fusion-
acquisition qui s’applique à la même opération du point de vue du groupe BIO-International.
Question 3
Lorsque les apports sont évalués à la valeur réelle, ce qui sera le cas ici en application des dis-
positions du règlement sur les fusions, les valeurs individuelles des actifs et passifs apportés
correspondent aux valeurs réelles attribuées à chacun des éléments dans le traité d’apport,
figurant ou non dans les comptes de l’absorbée à la date de l’opération.
La différence éventuelle entre la valeur globale des apports et la somme algébrique des valeurs
réelles des actifs et passifs identifiés, est également inscrite dans le traité d’apport, sur une ligne
« Fonds commercial », reprise comme telle au bilan de la société bénéficiaire :
Actif net comptable 2 000
Marque 1 546 000
Provision IDR – 144 000
Réestimation ITMO 258 000
Provision IS (a)– 85 991
3 Stocks 64 000
411 Clients 12 000
52 Trésorerie 4 000
151 Provision R & C 24 000
153 Provision IDR 144 000
155 Provision IS 85 991
164 Emprunts 98 000
401 Fournisseurs 10 000
42 Dettes fiscales et sociales 116 000
456 Société Cotex 3 000 000
202141TDPA0416 79
Comptabilité et audit • Série 4
Question 4
a. Valeur de fusion
Marax Avux
(absorbante) (absorbée)
Capitaux propres 48 000 000 3 400 000
Incorporels 20 000 000
PV terrain 16 600 000
40 % ANCC Soc. Avux 16 000 000
Titres Soc. Avux – 4 000 000
b. Rapport d’échange
5 actions Marax pour 6 actions Avux.
c. Augmentation de capital
Nombre d’actions de la SARL Avux 40 000
Dont 40 % détenues par SA Marax 16 000
Nombre d’actions SARL Avux à échanger 24 000
Rapport d’échange 0,8
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d. Valeur d’apport
Aucune des sociétés participant à l’opération ne contrôle préalablement l’autre et elles ne sont
pas sous le contrôle d’une même société mère, donc la SA Marax et la SARL Avux sont sous
contrôle distinct.
REMARQUE
La notion de contrôle d’une société est définie au paragraphe 1002 du règlement n° 99‑02 du
CRC relatif aux comptes consolidés : le contrôle exclusif est le pouvoir de diriger les politiques
financière et opérationnelle d’une entreprise afin de tirer avantage de ses activités.
Sens de l’opération :
Avant Après
Nombre de titres composant le capital de Marax 50 000 70 000
Dont détenus par Ator 37 500 37 500
soit 75 % 54 %
Après la fusion, l’actionnaire principal de l’absorbante (Ator), bien que dilué, conserve son pou-
voir de contrôle sur celle-ci :
• la cible est la société absorbée ;
• l’initiatrice est la société absorbante ou l’une de ses filiales.
C’est donc une opération à l’endroit.
Valeur d’apport égal valeur réelle en application de l’avis sur les fusions = 40 000 000 €.
80
UE 214 • Comptabilité et audit
e. Boni de fusion
Valeur d’apport société Avux 40 000 000
Valeur comptable de la participation – 4 000 000
Net 36 000 000
Augmentation de capital Marax 20 000 000
Question 5
Le boni représente l’écart positif entre l’actif net reçu par la société absorbante à hauteur de sa
participation détenue dans la société absorbée, et la valeur comptable de cette participation.
Le boni est comptabilisé dans le résultat financier à hauteur de la cote part des résultats accu-
mulés par la société absorbée depuis l’acquisition et non distribués et en capitaux propres pour
le montant résiduel ou si les résultats accumulés ne peuvent être déterminés de manière fiable :
• quote-part de boni à inscrire en résultat financier 2 000 000 × 40 % = 800 000 € ;
• prime de fusion = 16 000 000 – 800 000 = 15 200 000.
Le produit financier devra être déduit extracomptablement pour la détermination du résultat fiscal.
Question 6
a. Valeur d’apport
Une des sociétés participant à l’opération Marax contrôle préalablement l’autre. La société
Marax et la société Fox sont donc sous contrôle commun.
C’est donc une opération entre deux sociétés sous contrôle commun. Valeur d’apport égal
valeur comptable en application de l’avis sur les fusions = 6 000 000 €.
202141TDPA0416 81
Comptabilité et audit • Série 4
b. Mali de fusion
Valeur d’apport 6 000 000
Valeur comptable de la participation – 5 000 000
Net 1 000 000
Augmentation de capital 640 000
Le mali de fusion représente l’écart négatif entre l’actif net reçu par la société absorbante à hau-
teur de sa participation détenue dans la société absorbée, et la valeur comptable de cette parti-
cipation.
Dans les apports aux valeurs comptables, le mali de fusion peut être décomposé en deux élé-
ments :
• un mali technique qui correspond, à hauteur de la participation antérieurement détenue aux
plus-values latentes sur éléments d’actif déduction faite des passifs non comptabilisés, dans
les comptes de l’absorbée ;
• au-delà du mali technique, le solde correspond à un vrai mali représentatif d’une dépréciation
non comptabilisée chez l’absorbante de la participation antérieurement détenue dans la
société absorbée.
La société absorbante inscrit le mali technique dans un sous-compte du compte 207. Fonds
commercial, intitulé « Mali de fusion », et le solde du mali doit être comptabilisé dans le résultat
financier de la société absorbante de l’exercice au cours duquel l’opération est réalisée.
Ici, il s’agit d’un mali technique en totalité compte tenu de l’importance des plus-values latentes
non prises en compte.
Question 7
a. Enregistrement dans les livres de Marax
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Actifs et passifs divers 6 000 000
207 Mali technique 200 000
456 SA Fox 6 200 000
b. Traitement fiscal
L’enregistrement chez la société absorbante d’un mali technique dans une sous-rubrique du
compte 207. Fonds commercial, n’est pas constitutif d’une valeur intermédiaire susceptible
d’écarter l’application de l’article 210 A et d’augmenter l’actif net imposable par application du
2 de l’article 38 (BOI 4 I-1‑05). En conséquence, l’enregistrement de cet actif ne génère pas un
produit imposable.
Question 8
a. Enregistrement de la cession
Les entreprises procèdent à la date de l’opération de manière extracomptable, à l’affectation de
ce mali aux différents actifs apportés au prorata des plus-values.
82
UE 214 • Comptabilité et audit
36 600 000 200 000
En cas de sortie d’un actif auquel une quote-part de mali a été affectée, le mali doit être réduit à
due concurrence.
b. Traitement fiscal
La charge correspondant à l’annulation du mali technique n’est pas déductible. Le 3e alinéa
nouveau du 1 de l’article 210 A précise que l’inscription à l’actif de la société absorbante du mali
technique de fusion consécutif à l’annulation des titres de la société absorbée ne peut donner
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Comptable Fiscal
Prix de cession 16 050 000 16 050 000
VNC – 50 000 – 50 000
Extourne mali technique – 87 432 0
Étalement PV de cession – 15 912 568 0
PV en report solde 4 000 000
Total 0 20 000 000
202141TDPA0416 83
Comptabilité et audit • Série 4
Question 9
TUP Fusion simplifiée
• décision de l’associé unique, pas d’AGE • AGE
• pas de traité d’apport • rédaction d’un traité d’apport
Juridique
• pas de commissaire aux apports • intervention d’un commissaire aux apports
• effet rétroactif impossible • effet rétroactif possible
Fiscal(a) • pas de différence • pas de différence
Comptable(b) • pas de différence • pas de différence
(a) L’article 210‑0 A précise que sont éligibles au régime de faveur les opérations de dissolution sans liquidation visée à l’article 1844‑5 du
Code civil, sous la condition que la société bénéficiaire de la transmission de patrimoine s’engage à respecter les obligations déclaratives
prévues par l’article 210-A (état de suivi des PV en sursis d’imposition).
(b) Application du règlement 2004‑01 sur les fusions.
Question 10
Il s’agit d’une opération impliquant deux sociétés sous contrôle commun, la valeur d’apport est
égale au montant des capitaux propres comptables de Freex, soit 3 147 000 €.
Il y a un mali du fait de l’annulation des titres qui s’analyse comme suit :
Actif net comptable Freex 3 147 000
Coût de restructuration – 2 460 000
Plus-value 2 100 000
– perte (c)753 000
(a) Avis 2004‑01 : En cas d’effet rétroactif, lorsque la valeur des apports à la date d’effet risque de devenir, du fait d’une perte intercalaire,
supérieure à la valeur réelle globale de la société à la date de réalisation de l’opération, une provision pour perte de rétroactivité est
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constatée au passif pris en charge dans le traité d’apport, réduisant d’autant le montant des apports pour répondre à l’obligation de
libération du capital. La société absorbante l’inscrit dans un sous-compte de la prime de fusion, et non en provisions pour risques et
charges. En effet, elle ne doit pas reprendre en résultat une provision qui n’a jamais été dotée comptablement.
(b) Avis 2005-C CU : L’inscription dans le traité d’apport de la perte intercalaire résulte du risque de surévaluation des apports qui doit être
apprécié à la date définitive de l’opération (AGE) et non à la date d’effet. Le mali de fusion doit être calculé à la date d’effet rétroactif de
la fusion en fonction des éléments comptables. En conséquence, il n’est pas tenu compte de la perte de rétroactivité pour calculer le
montant du mali de fusion.
(c) Le mali technique correspond aux plus-values latentes nettes de l’absorbée inscrit dans un sous-compte intitulé « Mali de fusion » du
compte « 207 Fonds commercial », et le solde est représentatif d’un complément de dépréciation de la participation à comptabiliser dans
le résultat financier de la société absorbante. Ici compte tenu de l’existence des coûts de restructuration non provisionnés, car ne répon-
dant pas à la définition d’un passif, la totalité du mali doit être inscrit en perte.
Réserves 360 000
Prime de fusion 360 000(d)
(d) Du fait d’une valeur réelle devenue inférieure à la valeur d’apport, une perte de rétroactivité est apparue. Il faut donc inscrire dans le
traité d’apport une provision égale à la différence entre la valeur réelle des apports et la valeur d’apport qui est retenue. Cette provision
est normalement imputée sur la prime de fusion mais, s’agissant d’une fusion simplifiée, il n’y a pas de prime de fusion, la provision est
donc prélevée sur les réserves de l’absorbante.
84
UE 214 • Comptabilité et audit
Énoncé
Des extraits du traité de fusion du 1er aout 2011 concernant la société Smal Holding SA et la
société Tacos SA sont les suivants :
« ENTRE LES SOUSSIGNÉS : la société Smal Holding SA, ci-après « la société absorbante »,
d’une part, et la société Tacos SA, ci-après « la société absorbée », d’autre part, il a été convenu
ce qui suit en vue de réaliser la fusion de la société Tacos SA par voie d’absorption par la société
Smal Holding SA.
202141TDPA0416 85
Comptabilité et audit • Série 4
•••/•••
ACTIF APPORTÉ Comptable Réelle
Immobilisations incorporelles 4 274 136
Immobilisations financières 2 175 001 2 175 001
Clients et comptes rattachés 3 761 723 3 761 723
Disponibilités 91 588 91 588
Total 6 028 312 6 028 312
PASSIF TRANSMIS
Emprunts et dettes financières 302 448 302 448
Total 302 448 302 448
Article 6. Rapport d’échange
Pour déterminer la rémunération de l’actif net transmis au titre de la présente fusion, les actions de
la société absorbée et de la société absorbante ont été valorisées à leur valeur réelle selon la
méthode de l’actif net réévalué.
En ce qui concerne la société Smal Holding SA les parties ont convenu que l’actif net comptable
qui s’établit au 31 mars 2011 à la somme de 2 233 796 € devait, pour l’établissement du rapport
d’échange :
• faire l’objet d’une ré-estimation d’un montant de 9 350 204 € s’appliquant à la valeur des titres
de participation figurant au bilan ;
• prendre en compte les augmentations de capital intervenues entre la date d’effet et la date de
réalisation. »
TRAVAIL À FAIRE
À l’aide des extraits du traité de fusion, répondez aux questions suivantes. Attention, les
aspects fiscaux ne sont pas à traiter. Les réponses doivent être synthétiques.
1. À l’article 3 du traité de fusion, il est prévu de retenir une date d’effet différente de la date
de réalisation.
a. Selon le Code de commerce, cela est-il possible ?
b. Si oui, cela a-t-il des conséquences sur la valorisation des apports ?
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
c. Si une perte est réalisée pendant la période de rétroactivité, que faut-il faire ?
2. Rappelez les situations qui rendent obligatoire la nomination d’un commissaire à la fusion
et/ou d’un commissaire aux apports et celles qui permettent de ne pas avoir à le faire.
3. Les modalités de valorisation de la société Smal Holding SA ayant conduit à la détermina-
tion du rapport d’échange, telles que stipulées à l’article 6 du traité de fusion, paraissent-elles
acceptables ?
4. Déterminez le rapport d’échange.
5. Rappelez, sous forme de tableau, les règles de valorisation des apports et indiquez si les
termes de l’article 5 du traité vous paraissent corrects.
Corrigé
1. À l’article 3 du traité de fusion, il est prévu de retenir une date d’effet différente de
la date de réalisation.
86
UE 214 • Comptabilité et audit
• dans les autres cas, à la date de la dernière assemblée générale ayant approuvé l’opération
sauf si le contrat prévoit que l’opération prend effet à une autre date, laquelle ne doit être ni
postérieure à la date de clôture de l’exercice en cours de la ou des sociétés bénéficiaires ni
antérieure à la date de clôture du dernier exercice clos de la ou des sociétés qui transmettent
leur patrimoine.
b. Si oui, cela a-t-il des conséquences sur la valorisation des apports ?
« L’obligation de libération des apports doit être appréciée à la date de réalisation défini-
tive de l’opération (AGE des sociétés participant à l’opération). »
REMARQUE
Il est attendu du candidat que l’effet rétroactif n’a pas d’incidence à l’exception d’une perte
constatée entre la date de réalisation et la date d’effet.
c. Si une perte est réalisée pendant la période de rétroactivité, que faut-il faire ?
« En cas d’effet rétroactif, lorsque la valeur des apports à la date d’effet risque de devenir,
du fait d’une perte intercalaire, supérieure à la valeur réelle globale de la société à la date
de réalisation de l’opération, une provision pour perte de rétroactivité est constatée au
passif pris en charge dans le traité d’apport, réduisant d’autant le montant des apports
pour répondre à l’obligation de libération du capital. La société absorbante l’inscrit dans
un sous-compte de la prime de fusion, et non en provisions pour risques et charges. En
effet, elle ne doit pas reprendre en résultat une provision qui n’a jamais été dotée compta-
blement.
Lors de l’affectation du résultat de l’absorbante, la perte de l’absorbée constatée durant la
période intercalaire est imputée sur le sous-compte de la prime de fusion. Après cette
imputation, le solde du sous-compte de la prime de fusion est intégré à la prime de fusion. »
Comme l’obligation des apports est constatée à la réalisation définitive. Il se peut que la valeur
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des apports soit supérieure à la date d’effet par rapport à la date de réalisation. Dans ce cas une
perte est constatée.
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Comptabilité et audit • Série 4
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• immobilisations financières 9 350 204
Actif net comptable corrigé (ANCC) 11 584 000 10 000 000
Augmentation capital
• par compensation 2 847 465
• par apport 9 568 535
Valeur réelle 24 000 000 10 000 000
88
UE 214 • Comptabilité et audit
5. Rappelez sous forme de tableau les règles de valorisation des apports et indiquez
si les termes de l’article 5 du traité vous paraissent corrects.
Contrôle commun Contrôle distinct
Opérations à l’endroit Valeurs comptables Valeurs réelles
Opérations à l’envers Valeurs comptables Valeurs comptables
L’article 5 du traité de fusion prévoit « La valeur d’apport du patrimoine transmis par la société
Tacos SA au fin de sa comptabilisation dans les livres de la société Smal Holding SA est sa
valeur réelle à la date d’effet de l’opération ».
Avant l’opération, l’actionnaire principal de la société absorbante, la société Smal International
SAS détenait 228 000 actions sur les 240 000 actions qui composaient le capital de Smal
Holding SA, soit un contrôle exercé à hauteur de 95 %.
Après l’opération, le capital de Smal holding SA est composé de 340 000 actions, ce qui fait
passer la participation de Smal International à 67 %.
Le règlement du CRC sur les fusions prévoit, dans le cas de fusion de sociétés sous contrôle
distinct, que si après l’opération de fusion, l’actionnaire principal de l’absorbante, bien que dilué
conserve son pouvoir de contrôle sur celle-ci, il s’agit d’une opération à l’endroit pour laquelle il
convient de retenir les valeurs réelles pour la valorisation des apports.
L’article 5 du traité est donc correct.
Énoncé
La société Auriane envisage d’absorber la société Manon. Avant la fusion, il existe un pacte
d’actionnaires entre les sociétés Xenon et Yann pour le contrôle conjoint des sociétés Auriane et
Manon.
Vous êtes sollicité pour rédiger un rapport analysant cette opération et traitant des aspects
financiers et comptables de ce projet de fusion.
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TRAVAIL À FAIRE
1. Présentez l’organigramme des sociétés avant l’opération de fusion.
2. Analysez la situation de contrôle au moment de l’opération.
3. Déterminez le nombre de titres à créer dans le cadre de cette fusion.
4. Présentez l’organigramme après cette fusion.
5. Déterminez la valeur d’apport.
6. Déterminez l’augmentation de capital et le prime de fusion.
7. Comptabilisez l’opération dans les comptes de la société Auriane.
8. Comptabilisez l’échange de titres dans la comptabilité de la société Xenon.
9. Précisez les conséquences fiscales de l’échange des titres pour la société Xenon.
10. Dans l’hypothèse où, à la suite de la fusion, le pacte d’actionnaires a été rompu, refaite
l’analyse et l’enregistrement de l’opération.
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Comptabilité et audit • Série 4
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• Le nominal des titres Auriane est de 150 €.
• Le nominal des titres Manon est de 400 €.
• La valeur d’échange des titres Auriane est de 500 €.
• La valeur d’échange des titres Manon est de 1 000 €.
• La valeur d’échange est égale à la valeur réelle intrinsèque.
• Les frais de fusion s’élèvent à 240 000 HT. La société Auriane utilise systématiquement les
méthodes comptables préférentielles.
• Avant la fusion la société Xenon (Actionnaire principal) détient 60 % de la société Auriane et
60 % de la société Manon acquis au prix de 18 000 k€.
• Avant la fusion la société Yann (Actionnaire principal) détient 40 % de la société Manon et
40 % de la société Auriane.
90
UE 214 • Comptabilité et audit
Corrigé
1. Présentez l’organigramme des sociétés avant l’opération de fusion.
Société 40 % Société
Xenon Yann
40 000
actions
60 000 48 000
60 % 40 %
actions actions
Société Société
Auriane 60 % Manon
(340 000 (120 000
actions) 72 000 actions)
actions
Société Société
Xenon Yann
202141TDPA0416 91
Comptabilité et audit • Série 4
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Libération des apports
92
UE 214 • Comptabilité et audit
9. Précisez les conséquences fiscales de l’échange des titres pour la société Xenon
La plus-value d’échange (72 000 000 – 18 000 000), peut bénéficier d’un sursis d’imposition. En
effet, selon l’article 38-7 bis du CGI, le profit ou la perte réalisé lors de l’échange de droits
sociaux résultant d’une fusion ou d’une scission de sociétés peut être compris dans le résultat
au cours duquel les droits sociaux reçus en échange sont cédés. Dans ce cas, le profit ou la
perte résultant de la cession ultérieure des titres est déterminé par rapport à la valeur que les
droits sociaux remis en échange avaient du point de vue fiscal.
Énoncé
Il est envisagé l’opération suivante : fusion-absorption de la société Turner par la société Vermeer.
Les bilans simplifiés des deux sociétés concernées sont présentés en annexe (les chiffres sont
indiqués en milliers d’euros), ainsi que des informations complémentaires.
TRAVAIL À FAIRE
1. Rédigez une note de synthèse sur les modalités de l’opération de fusion envisagée. Les
trois hypothèses sur les résultats accumulés par Turner depuis l’acquisition par Vermeer et
non distribués devront être étudiées.
2. Enregistrez la fusion dans les livres de la société absorbante (pour ces écritures, on sup-
pose que les résultats accumulés par Turner depuis l’acquisition par Vermeer et non distri-
bués sont évalués à 1 000 k€ – hypothèse 2).
3. La société Lebrun envisage d’acquérir la participation de 66,5 % de la société Dali dans la
société Turner. Rédigez une seconde note de synthèse sur les modalités de la fusion dans
cette hypothèse et présentez les écritures comptables nécessaires.
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Comptabilité et audit • Série 4
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Annexe 2 Renseignements complémentaires
• Le nominal des titres Vermeer est de 400 €.
• Le nominal des titres Turner est de 300 €.
• La valeur d’échange des titres Vermeer est de 504 €.
• La valeur d’échange des titres Turner est de 360 €.
• La valeur d’échange est égale à la valeur réelle intrinsèque.
• Les titres Turner détenus par Vermeer sont évalués à la valeur intrinsèque.
• Le traité de fusion indique :
• Les autres postes actif et passif sont évalués à leur valeur bilantielle.
• Avant la fusion la société Lebrun (Actionnaire principal) détient 80 % de la société Vermeer.
• Avant la fusion la société Dali (Actionnaire principal) détient 66,5 % de la société Turner.
• Les résultats accumulés par Turner depuis l’acquisition par Vermeer et non distribués sont
évalués à :
–– hypothèse n° 1 : Ces résultats ne peuvent être évalués de manière fiable ;
–– hypothèse n° 2 : Ces résultats accumulés et non distribués sont évalués à 1 000 k€ ;
–– hypothèse n° 3 : Ces résultats accumulés et non distribués sont évalués à 3 000 k€.
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UE 214 • Comptabilité et audit
Corrigé
1. Rédigez une note de synthèse sur les modalités de l’opération de fusion envisagée.
Les trois hypothèses sur les résultats accumulés par Turner depuis l’acquisition par
Vermeer et non distribués devront être étudiées.
Note de synthèse 1
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Comptabilité et audit • Série 4
•••
D. Analyse du boni de fusion en fonction des 3 hypothèses :
Hypothèse 2
Le boni de 204 000 est comptabilisé dans le résultat financier à hauteur de la quote-part
16 % des résultats accumulés par la société absorbée depuis l’acquisition et non distribués
(1 000 000) : 16 % de 1 000 000 = 160 000
Et, dans les capitaux propres pour le montant résiduel de : 204 000 – 160 000 = 44 000
Hypothèse 3
Le boni de 204 000 est comptabilisé dans le résultat financier à hauteur de la quote-part de
16 % des résultats accumulés par la société absorbée depuis l’acquisition et non distri-
bué (3 000 000) 16 % de 3 000 000 = 480 000, étant donné que le boni n’est que de
204 000, il sera entièrement comptabilisé en résultat financier.
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20 Immobilisations incorporelles 3 300 000
21 Immobilisations corporelles 9 000 000
26 Immobilisations financières 1 700 000
3 Stocks 2 800 000
41 Clients 8 150 000
51 Disponibilités 1 300 000
15 Provisions pour risques et charges 600 000
16 Dettes financières 10 050 000
40 Dettes d’exploitation 1 200 000
4561 Société Turner compte d’apport 14 400 000
96
UE 214 • Comptabilité et audit
•••
B. Parité d’échange et nombre de titres à créer
La parité est identique, ainsi que le nombre d’actions à créer. À la suite de cette fusion :
• le capital de Vermeer comporte : 84 000 actions (60 000 + 24 000) ;
• Lebrun détient 67 000 titres Vermeer (48 000 + 19 000) ;
• la part de Lebrun sur Vermeer est donc de : 79,8 % (soit 67 000/84 000).
financières.
Selon le PCG, si le mali technique est inférieur à la somme des plus-values latentes, esti-
mées de manière fiable, sur les éléments d’actifs identifiés hors fonds commercial, il est
affecté aux actifs apportés au prorata des plus-values latentes.
Les deux plus-values identifiées sont :
• sur éléments incorporels : 900 000 (3 300 000 – 2 400 000)
• sur éléments corporels : 1 200 000 (9 000 000 – 7 800 000)
Soit 2 100 000, il existe donc des moins-values pour obtenir un écart entre la valeur globale
et la valeur comptable de 1 650 000.
Le mali technique sera donc affecté aux actifs apportés de la manière suivante :
• sur éléments incorporels : 60 000 × 900 000/2 100 000 = 25 714 ;
• sur éléments corporels : 60 000 × 1 200 000/2 100 000 = 34 286.
•••
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Comptabilité et audit • Série 4
•••
REMARQUE
Dans le cas d’un apport valorisé à la valeur comptable, il est nécessaire de reprendre
l’intégralité des postes du bilan comptable y compris les frais d’établissement.
Exercice 5 : Fusion
Énoncé
La SA Fleurys s’est spécialisée dans l’art floral. Elle détient une participation de 20 % dans la
société Vegetalis depuis 3 ans. Cette dernière société dispose d’un réseau constitué de plu-
sieurs magasins dans la région PACA. Les dirigeants de chaque société souhaiteraient profiter
de leurs forces respectives, réduire leurs coûts de fonctionnement afin de résister à la concur-
rence. Dans ce cadre, un rapprochement juridique des deux sociétés est envisagé. Fleurys
absorbera Vegetalis dans le cadre d’une fusion-renonciation.
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Vous êtes sollicité pour rédiger un rapport traitant des aspects financiers et comptables de ce
projet de fusion.
TRAVAIL À FAIRE
1. Définissez le rapport d’échange.
2. Évaluez chaque société en respectant les hypothèses suivantes :
– valeur patrimoniale de l’action : cette valeur correspond à la valeur mathématique intrin-
sèque calculée sur la base de l’actif net comptable corrigé. Ce paramètre servira de base
pour évaluer l’apport. La fiscalité latente et la fiscalité différée seront négligées ;
– valeur financière fondée sur la moyenne des dividendes versés au cours des cinq dernières
années. Le taux d’actualisation retenu est de 8 %.
3. a. Calculez la parité d’échange en retenant comme valeur d’échange une moyenne pondé-
rée entre la valeur patrimoniale et la valeur financière. Il convient d’appliquer un coefficient de
pondération de 2 à la valeur patrimoniale et un coefficient de 3 à la valeur financière. Arrondir
la valeur obtenue à l’euro le plus proche.
b. Déterminez le nombre d’actions nouvelles à émettre par Fleurys.
4. Caractérisez la situation de contrôle et indiquez l’évaluation de l’apport.
5. Pour rendre possible l’échange de titres Fleurys contre les titres Vegetalis, une soulte est
envisagée. Précisez les conditions juridiques à respecter et déterminez le montant de la soulte.
6. À partir des hypothèses précédemment formulées, déterminez le montant de l’augmenta-
tion de capital et analysez la prime de fusion.
7. Enregistrez les écritures dans le journal de la société Fleurys.
98
UE 214 • Comptabilité et audit
Annexe 1
Fleurys – Bilan actif
Exercice clos le 31/12/N
ACTIF (en euros)
(12 mois)
202141TDPA0416 99
Comptabilité et audit • Série 4
Capitaux propres
Capital social ou individuel (dont 5 000 actions) 600 000
Primes d’émission, de fusion, d’apport…
Écarts de réévaluation
Réserve légale 12 000
Réserves statutaires ou contractuelles
Réserves réglementées
Autres réserves 300 000
Report à nouveau
Résultat de l’exercice 180 000
Subventions d’investissement 31 000
Provisions réglementées
Total (I) 1 123 000
Produits des émissions de titres participatifs
Avances conditionnées
Total (II)
Provisions pour risques et charges
Provisions pour risques 30 000
Provisions pour charges
Total (III) 30 000
Emprunts et dettes
Emprunts obligataires convertibles
Autres emprunts obligataires
Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit 500 000
• Emprunts
• Découverts, concours bancaires
Emprunts et dettes financières diverses
• Divers
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• Associés
Avances et acomptes reçus sur commandes en cours
Dettes fournisseurs et comptes rattachés 300 000
Dettes fiscales et sociales
• Personnel
• Organismes sociaux 50 000
• État, impôts sur les bénéfices 20 000
• État, taxes sur le chiffre d’affaires 30 000
• État, obligations cautionnées
• Autres impôts, taxes et assimilés
Dettes sur immobilisations et comptes rattachés
Autres dettes 135 000
Produits constatés d’avance
Total (IV) 1 035 000
Écarts de conversion passif (V)
Total passif (I à V) 2 188 000
100
UE 214 • Comptabilité et audit
Annexe 2
Vegetalis – Bilan actif
Exercice clos le 31/12/N
ACTIF (en euros) (12 mois)
Brut Amort. prov. Net
Capital souscrit non appelé (0)
Actif immobilisé
Frais d’établissement 100 000 80 000 20 000
Recherche et développement
Concessions, brevets, droits similaires
Fonds commercial
Autres immobilisations incorporelles
Terrains 50 000 50 000
Constructions 300 000 120 000 180 000
Installations techniques, matériel & outillage industriels 200 000 55 000 145 000
Autres immobilisations corporelles 100 000 60 000 40 000
Immobilisations en cours
Avances et acomptes
Participations évaluées selon mise en équivalence
Autres participations
Créances rattachées à des participations
Autres titres immobilisés
Prêts
Autres immobilisations financières
Total (I) 750 000 315 000 435 000
Actif circulant
Matières premières, approvisionnements
En cours de production de biens
En cours de production de services
Produits intermédiaires et finis
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Comptabilité et audit • Série 4
Capitaux propres
Capital social ou individuel (dont 4 300 actions) 500 000
Primes d’émission, de fusion, d’apport…
Écarts de réévaluation
Réserve légale 50 000
Réserves statutaires ou contractuelles
Réserves réglementées
Autres réserves
Report à nouveau
Résultat de l’exercice 70 000
Subventions d’investissement
Provisions réglementées
Total (I) 620 000
Produits des émissions de titres participatifs
Avances conditionnées
Total (II)
Provisions pour risques et charges
Provisions pour risques 45 000
Provisions pour charges
Total (III) 45 000
Emprunts et dettes
Emprunts obligataires convertibles
Autres emprunts obligataires
Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit
• Emprunts 100 000
• Découverts, concours bancaires
Emprunts et dettes financières diverses
• Divers
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• Associés
Avances et acomptes reçus sur commandes en cours
Dettes fournisseurs et comptes rattachés 20 000
Dettes fiscales et sociales
• Personnel 2 000
• Organismes sociaux 15 000
• État, impôts sur les bénéfices
• État, taxes sur le chiffre d’affaires 23 000
• État, obligations cautionnées
• Autres impôts, taxes et assimilés
Dettes sur immobilisations et comptes rattachés
Autres dettes
Produits constatés d’avance
Total (IV) 160 000
Écarts de conversion passif (V)
Total passif (I à V) 825 000
102
UE 214 • Comptabilité et audit
Actif du bilan
• Les constructions, correspondant aux locaux commerciaux essentiellement, ont une valeur de
marché de 300 000 € et une durée de vie résiduelle de 20 ans.
• Les installations techniques et les autres immobilisations corporelles ont une valeur d’usage
conforme à leur valeur nette au bilan.
• Les autres participations correspondent à une participation minoritaire dans le capital de la
société Vegetalis acquise au coût de 172 000 €.
• Un écart de conversion actif apparaît pour 45 000 € et a donné lieu à une provision pour perte
de change comptabilisée pour 30 000 €.
Passif du bilan
• Le capital comprend 5 000 actions dont 4 000 détenues par Mme Dreyfus.
• Le résultat doit faire l’objet d’une distribution de dividende unitaire pour 15 €. Il convient de
rappeler le montant unitaire du dividende versé au cours des quatre dernières années.
• Les provisions pour risques comprennent une provision pour perte de change à concurrence
de 30 000 €.
Actif du bilan
• Le terrain était initialement destiné à l’implantation d’un entrepôt qui devait approvisionner la
région PACA. Ce projet a dû être abandonné pour des raisons techniques et financières, il y a
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quelques années. Le terrain figure toujours au bilan mais n’est donc pas utilisé par Vegetalis.
Sa valeur de marché est estimée à 50 000 €.
• Les constructions ont une valeur d’utilité de 200 000 € et une durée de vie résiduelle de 20 ans.
• Les installations techniques et les autres immobilisations corporelles ont une valeur d’usage
estimée à 150 000 €.
• Des camions réfrigérés ont été pris en crédit-bail le 01/01/N–2. Leur valeur économique au
31/12/N est estimée à 200 000 €. La valeur actualisée des sommes restant à verser au titre de
contrat de location financement (redevances restant dues et levée de l’option d’achat) s’élève
à 150 000 €.
Passif du bilan
• Le capital comprend 4 300 actions dont 1 720 détenues par M. Deschamps. Cet actionnaire
détient 50 titres Fleurys.
• Le résultat doit faire l’objet d’une distribution de dividende unitaire pour 10 €. Il convient de
rappeler le montant unitaire du dividende versé au cours des quatre dernières années.
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Comptabilité et audit • Série 4
Corrigé
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Éléments Montants
Capital 500 000
Réserves 50 000
Résultat avant distribution 70 000
Dividende à distribuer (4 300 × 10) – 43 000
Frais d’établissement – 20 000
Provision surévaluée + 13 000
Moins-value sur immobilisations corporelles nécessaires à l’exploitation – 15 000
(350 000 – 365 000)
Plus-value sur matériel pris en crédit-bail (200 000 – 150 000) + 50 000
Actif net comptable corrigé Vegetalis 605 000
104
UE 214 • Comptabilité et audit
Éléments Montants
Capital 600 000
Réserves 312 000
Résultat avant distribution 180 000
Subventions d’investissement 31 000
Dividende à distribuer (5 000 × 15) – 75 000
Frais d’établissement – 40 000
Écart de conversion actif non compensé (45 000 – 30 000) – 15 000
Plus-value sur immobilisations corporelles nécessaires à l’exploitation + 50 000
(300 000 – 250 000)
Moins-value sur titres de participation (860 × 140,697 € – 172 000) – 51 000
Actif net comptable corrigé Fleurys 992 000
ticiper à l’échange de titres. L’article 236-3 du Code de commerce lui interdit de recevoir ses
propres titres en échange des titres de la société absorbée. Le choix de la fusion-renonciation
repose sur l’idée que l’augmentation de capital concerne les titres à émettre aux associés autres
que la société absorbante.
Le capital de Vegetalis se compose de 4 300 actions. Fleurys doit rémunérer 4 300 × 80 % =
3 440 actions.
Fleurys doit créer : 3 440 × 3/5 = 2 064 actions.
Type de contrôle
Commun Distinct
Sens de l’opération
À l’endroit
À l’envers
À l’intérieur d’un groupe (situation 1 et 2), les apports sont enregistrés à la valeur comptable.
Cette démarche évite de retraiter les comptes consolidés.
202141TDPA0416 105
Comptabilité et audit • Série 4
Dans le cas 4, du fait de contraintes légales, les actifs et passifs de la cible (il s’agit de la société
absorbante) ne peuvent être enregistrés à leur valeur réelle car ils ne figurent pas dans le traité
d’apport. Les actifs et passifs mentionnés dans le traité d’apport sont ceux de la société initia-
trice ; ils n’ont pas à être réévalués.
Type de contrôle
• Les sociétés sous contrôle commun : une des sociétés participant à l’opération contrôle préa-
lablement l’autre ou les sociétés sont préalablement sous le contrôle d’une même société mère.
La notion de contrôle correspond au contrôle exclusif défini dans le cadre de la consolidation.
• Les sociétés sous contrôle distinct : aucune des sociétés participant à l’opération ne contrôle
préalablement l’autre ou ces sociétés ne sont pas préalablement sous le contrôle d’une même
société mère.
Sens de l’opération
Opération à l’endroit : après la fusion, l’actionnaire principal de la société absorbante conserve
son pouvoir de contrôle sur celle-ci. La société absorbée (la cible) passe sous le contrôle de la
société absorbante (l’initiatrice).
Opération à l’envers : après la fusion, l’actionnaire principal de la société absorbée prend le
contrôle de la société absorbante. La société absorbante (la cible) passe sous le contrôle de la
société absorbée (l’initiatrice).
Fleurys détient 20 % du capital de Vegetalis. Fleurys n’exerce pas de contrôle exclusif sur
Vegetalis. Les détenteurs de titres de chaque société sont des personnes physiques. Il n’existe
pas de société commune exerçant un contrôle sur les deux sociétés. Ces deux sociétés sont
sous contrôle distinct.
Mme Dreyfus, actionnaire majoritaire de la SA Fleurys, détient avant l’opération 4 000/5 000 soit
80 % du capital. Après l’opération, elle détient : 4 000/(5 000 + 2 064) soit 56,53 % du capital.
Mme Dreyfus demeure l’actionnaire majoritaire.
M. Deschamps possède 1 720 actions Vegetalis. Il possède par ailleurs 50 actions Fleurys.
Après l’opération, il détient : (50 + 1 720 × 3/5)/(5 000 + 2 064) soit 15,32 % du capital. Il ne
prend pas le contrôle de Vegetalis.
L’opération de fusion est à l’endroit. Il faut donc retenir comme valeur d’apport la valeur réelle.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
5. Pour rendre possible l’échange de titres Fleurys contre les titres Vegetalis, une
soulte est envisagée. Précisez les conditions juridiques à respecter et déterminez le
montant de la soulte.
S’il n’y a pas un nombre entier de titres pour traduire la parité, alors il y a versement d’une soulte
en espèces. Elle ne doit pas dépasser 10 % de la valeur nominale des droits sociaux attribués.
Dans le cas présent, cette situation existe. La soulte ne doit pas dépasser : 2 064 × 120 × 10 %
= 24 768 €. Pour 3 actions émises, la soulte est de 3,87 € donc pour 2 064 actions, elle sera de :
3,87 × (2 064/3) = 2 667,56 €.
106
UE 214 • Comptabilité et audit
Analyse du mali de fusion : ces titres ont été acquis pour 172 000 € alors qu’ils ne valent plus
que 121 000 €.
Ces titres auraient dû faire l’objet d’une dépréciation. Ce mali de fusion est un vrai mali et doit
être comptabilisé en charges financières. Il ne peut y avoir de mali technique, puisque les plus
ou moins-values ont déjà été intégrées dans la valeur de l’apport réalisée à la valeur globale.
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Comptabilité et audit • Série 4
REMARQUE
Le règlement n° 2004-01 du 4 mai 2004 relatif au traitement comptable des fusions et opéra-
tions assimilées précise le point suivant :
« La différence éventuelle entre la valeur globale des apports et la somme algébrique des
valeurs réelles des actifs et passifs identifiés, est également inscrite dans le traité d’apport
ou autre document faisant foi, sur une ligne “Fonds commercial”, reprise comme telle au
bilan de la société bénéficiaire. »
La plus-value sur un contrat de crédit-bail qui ne figure pas à l’actif des comptes sociaux doit
donc être assimilée à une différence entre la valeur globale de l’apport et la somme algébrique
des valeurs réelles des actifs identifiés et donc enregistrée en 207. Fonds commercial.
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UE 214 • Comptabilité et audit
Annexe
Art. 745-2.
table de cette participation. Le cas échéant, le mali est corrigé des ajustements de prix sur
les titres de participation, positifs ou négatifs, intervenus postérieurement à la fusion.
Lorsqu’une fusion a pour effet de transférer à l’entité absorbante ses propres titres, aucun
mali de fusion n’est constaté sur l’annulation de ces derniers. »
Art. 745-3.
« Le mali de fusion peut, le cas échéant, être décomposé en deux éléments :
• le mali technique proprement dit, qui correspond, à hauteur de la participation antérieu-
rement détenue, aux plus-values latentes sur éléments d’actif comptabilisés ou non
dans les comptes de l’absorbée (éléments d’actifs identifiés hors fonds commercial,
fonds commercial) déduction faite des passifs non comptabilisés dans les comptes de
l’entité absorbée en l’absence d’obligation comptable (par exemple provisions pour
retraites, impôts différés passifs). Cette composante est généralement constatée pour
les fusions ou les opérations de transmission universelle de patrimoine évaluées à la
valeur comptable, lorsque la valeur nette des titres de l’entité absorbée figurant à l’actif
de l’entité absorbante est supérieure à l’actif net comptable apporté. Les plus-values
latentes sur éléments d’actif destinés à être revendus à brève échéance sont évaluées
nettes d’impôts ;
• au-delà du mali technique, l’éventuelle dépréciation ou l’éventuel complément de dépré-
ciation de la participation détenue dans l’entité absorbée, nécessaire au moment de la
fusion. Cette dépréciation ou ce complément doivent être comptabilisés dans le résultat
financier de l’entité absorbante de l’exercice au cours duquel l’opération est réalisée. »
Art. 745-4.
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Comptabilité et audit • Série 4
« À la date de l’opération, l’entité procède à l’affectation du mali technique, calculé selon
les modalités prévues à l’article 745-4, aux différents actifs apportés concernés et inscrits
dans les comptes de l’absorbée, comme suit :
• si le mali technique est supérieur à la somme des plus-values latentes, estimées de
manière fiable, sur les éléments d’actifs identifiés hors fonds commercial, il est affecté
aux actifs apportés et le montant résiduel au fonds commercial ;
• si le mali technique est inférieur à la somme des plus-values latentes, estimées de
manière fiable, sur les éléments d’actifs identifiés hors fonds commercial, il est affecté
aux actifs apportés au prorata des plus-values latentes. »
Art. 745-5.
« Le mali technique est amorti ou rapporté au résultat selon les mêmes règles et dans les
mêmes conditions que les actifs sous-jacents auquel il est affecté. »
Art. 745-7
« En cas de cession, d’apport ou de toute autre opération relative à l’actif sous-jacent
auquel le mali est affecté, ce dernier suit le même traitement que l’actif sous-jacent. »
Art. 745-10.
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UE 214 • Comptabilité et audit
Index
Actualisation 29 Fusion-absorption 33
Alliance 31 Fusion-allotissement 38
ANCC (actif net comptable corrigé) 12 Fusion-création 33
Apport dont la valeur est négative 60 Fusion-renonciation 37
Apport partiel d’actifs 68 Fusion simplifiée 38
Approche comparative 11, 28 Goodwill 19
Approche fondée sur les performances Mali de fusion 46
réalisées 11 Méthodologie financière et comptable 40
Approche mixte 11 Mission de vérification des apports 73
Approche patrimoniale 11 Norme IFRS 3 66
Article 1845-1 du Code civil 39 Opération à l’endroit 44
Article L. 2361-1 du Code de commerce 38 Opération à l’envers 44
Article L. 2361 du Code de Participation de la société absorbante 42
commerce 33, 67 Plus-value exonérée 50
Association d’intérêts 31 Prime de fusion 45
Boni de fusion 45 Prise de contrôle 30
Branche complète d’activité 68 Rapport d’échange 40
Calendrier des formalités juridiques 35 Rapport sur les modalités de l’opération 72
Capitalisation 29 Régime de droit commun 47
Commissaire à la fusion 71 Régime spécial des fusions 47
Comptabilisation du boni de fusion 54 Règle fiscale de transcription des
Compte de la société absorbante 53 apports 49
Compte de la société absorbée 52 Règlement du CRC 2004-01 43
Contrôle des opérations de Restructuration interne 31
regroupement 71 Scission 67
Contrôle distinct 44 Société cible 44
Contrôle exclusif 43 Société initiatrice 44
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UE 214
Devoir 4
Comptabilité et audit
Année 2016-2017
À envoyer à la correction
Auteur : Hervé JAHIER
REMARQUE
Il vous est demandé d’apporter un soin particulier à la présentation de votre copie.
Toute information calculée devra être justifiée.
Les qualités rédactionnelles seront évaluées notamment pour les questions demandant explicitement
une analyse.
Le cabinet AUDITOR, dans lequel vous effectuez votre stage de DSCG, est spécialisé dans les regrou-
pements d’entreprises. Il vous confie deux dossiers indépendants pour tester vos compétences.
TRAVAIL À FAIRE
1. Déterminez le goodwill selon la méthode des CPNE (capitaux permanents nécessaires à l’exploita-
tion). (2,5 points)
2. Déterminez le goodwill selon la méthode de l’ANCC (actif net comptable corrigé). (2 points)
3. Quelle valeur globale de la société obtiendrait-on en retenant un goodwill qui serait la moyenne des
évaluations obtenues par les trois méthodes ? (0,5 point)
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Comptabilité et audit • Devoir 4
10. Analysez l’opération de fusion et décomposez le mali total en mati technique et vrai mali. (1,5 point)
11. Rappelez la règle d’affectation du mali technique. (1 point)
12. Présentez le tableau d’affectation des plus-values latentes et du mali technique. (1 point)
13. Enregistrez le mali de fusion dans la comptabilité d’ARGOS. (1 point)
14. Comptabilisez la cession du terrain le 01/07/N+1. (0,75 point)
15. Procédez au traitement comptable du mali technique fin N+1 sur la construction. (1,25 point)
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nette, compte tenu d’un amortissement annuel de 100 000 €, s’élevait à 700 000 € ;
• de la redevance annuelle de ce contrat de crédit-bail égale à 180 000 €.
Les renseignements suivants sont extraits des comptes de la société :
• extraits du bilan :
–– dettes financières : 7 300 000 €,
–– dettes d’exploitation : 3 912 500 € ;
• extraits du compte de résultat :
–– charges financières liées à l’endettement financier : 421 000 €,
–– charges financières liées aux opérations d’exploitation : 330 000 €.
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UE 214 • Comptabilité et audit
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