Analyse Matricielle : Valeurs Propres et Diagonalisation
Analyse Matricielle : Valeurs Propres et Diagonalisation
Mahfoudhi 1
Le contenu du cours :
Rappel sur les éléments de l’analyse matricielle
Approximation polynomiale
2
T. Moulahi & I. Mahfoudhi 3
Remarque 1.2.2 Les racines réelles du polynôme caractéristique étant les valeurs propres
de A. En général, on cherchera à déterminer une factorisation du polynôme PA pour avoir
les valeurs propres explicites.
1 −1 −1
Exemple 1.2.3 Déterminer les valeurs propres de A = −1 1 1
−1 1 3
1 − λ −1 −1 −λ −λ 0
PA (λ) = det(A − λI) = −1 1 − λ 1 =L1 ←L1 +L2 0 −λ −2 + λ
−1
1 3 − λ L2 ←L2 −L3 −1 1 3−λ
−1 −1 0 0 −1 0
= λ 0 −λ −2 + λ = λ λ −λ −2 + λ C1 ← C1 − C2
−1 1 3−λ −2 1 3−λ
0 −1 0
λ −2 + λ
PA (λ) = λ λ −λ −2 + λ = λ
= λ(−λ2 + 5λ − 4)
−2 1 −2 3 − λ
3−λ
Les valeurs propres de A sont λ = 0, λ = 1 et λ = 4
Remarque 1.2.4 ∗ Si 0 est une valeur propre alors la matrice n’est pas inversible
∗ Le nombre des valeurs propres de A ∈ Mn (R) est au plus égal à n
Définition 1.2.5 On dit que λ est une valeur propre d’ordre de multiplicité nλ lorsque λ
est une racine d’ordre de multiplicité nλ dans PA .
1 −1 3
Exemple 1.2.6 Soit A = 0 4 0 PA (λ) = −(2 + λ)(4 − λ)2
3 2 1
Les valeurs propres de A sont λ = −2 d’ordre de multiplicité 1 et λ = 4 d’ordre de
multiplicité 2
Définition 1.2.8 (Matrice positive) Une matrice A ∈ Mn (R) est dite positive si pour tout
X ∈ Rn et X 6= 0, on a
< AX, X >≥ 0 ⇐⇒ les valeurs propres sont positives
Définition 1.2.9 (Matrice définie positive) Une matrice A ∈ Mn (R) est dite définie positive
si pour tout X ∈ Rn et X 6= 0, on a
< AX, X >> 0 ⇐⇒ les valeurs propres sont strictement positives
Proposition 1.2.10 (valeurs propres d’une matrice triangulaire) Les valeurs propres
d’une matrice triangulaire (Inf. ou Sup.) sont ses éléments diagonaux :
4 Analyse Numerique
1.3 Diagonalisation
Définition 1.3.1 Une matrice est diagonalisable si elle est semblable à une matrice diagonale
Si A est diagonalisable, on a A = P DP −1 où D est une matrice diagonale et P est la matrice
de passage de la base initiale à une base formée par les vecteurs propres.
Exercice
1.3.2 SoitA la matrice d’un endomorphisme f de R3 dans la base canonique
2 −1 2
A= 0 1 0
3 1 −3
On donne les vecteurs u(1, 5, 2) ; v(1, 0, −3) et w(2, 0, 1)
Proposition 1.3.3 Si dim E = n et si A admet n valeurs propres distinctes alors f est diago-
nalisable
Réponce
1) Le polynôme caractéristique
−λ 1 1 −λ − 1 1 + λ 0
PA (λ) = det(A − λI) = 1 −λ 1 =L1 ←L1 −L2 0
−λ − 1 1 + λ
1 1 −λ L2 ←L2 −L3 1 1 −λ
−1 1 0 −1 1 0
2
2
= (1 + λ) 0 −1 1 = (1 + λ) 0 −1 1 L3 ← L3 + L1
1 1 −λ 0 2 −λ
−1 1
PA (λ) = −(1 + λ)2 = (2 − λ)(1 + λ)2
2 −λ
Les valeurs propres de A sont λ = 2 d’ordre de multiplicité 1 et λ = −1 d’ordre de
multiplicité 2.
2) Calculons la dimension du sous espace propre associé à λ = −1
1 1 1
rg(A + I3 ) = rg 1 1 1 = 1 signifie dim ker(A + I3 ) = 2
1 1 1
Définition 1.7.2 (Déterminant) Soit A ∈ Mn (R) une matrice. On définit son déterminant
par : det(A) := Πλ∈λ(A) λ.
Exemple 1.7.3 Déterminer les valeurs propres, rayon spectral et le déterminant de la matrice
A
4 0 2
A= 0 1 3 .
0 3 1
Théorème 1.7.4 (Caractérisation des matrices inversibles) Soit A une matrice de Mn (C).
Les propriétés suivantes sont équivalentes.
1 A est inversible
2 det(A) 6= 0
3 Ker(A) = {0 ∈ Rn }
4 dim(A) = n
Définition 1.7.5 (Norme vectorielle) Une norme sur E un K−espace vectoriel est une ap-
plication . N : E −→ R+ vérifiant :
— ∀x ∈ E, N (x) = 0 =⇒ x = 0
— ∀(x, λ) ∈ E × K, N (λx) = |λ|N (x)
— ∀(x, y) ∈ E × E, N (x + y) ≤ N (x) + N (y)
Exercice 1.7.6 — 1) Montrer
v que les applications suivantes sont des normes dans Rn .
u n n
uX X
||x||2 := t x2i , ||x||1 := max |xi | et ||x||∞ := |xi |
1≤i≤n
i=1 i=1
AX = b (2.1)
8
T. Moulahi & I. Mahfoudhi 9
La méthode de Gauss, consiste à éliminer x des lignes 2,3 4, puis y des lignes 3,4, puis z de
la ligne 4. On obtient alors la valeur de t et on en déduit les autres valeurs on remontant. Le
système (3.2) s’écrit sous forme matricielle Ax = b.
2 3 3 1 x 15
−4 −6 3 2 y 3
−1 1 1 1 z = 5 (2.2)
−2 −1 1 1 t 1
a1i,1
Li ← Li − L1
a11,1
On obtient
2 3 3 1 x 15
0 0 9 4 y 33
= (2.3)
0 5 5 3
z 25
2 2 2 2
0 2 4 2 t 16
Étape 2 : On pose A2 la matrice, le pivot a22,2 de la nouvelle matrice est nul. On échange la
deuxième ligne par la troisième. On obtient
2 3 3 1 x 15
0 5 5 3 y 25
2 2 2 = 2 (2.4)
0 0 9 4 z 33
0 2 4 2 t 16
a4,2 4
L4 ← L4 − L2 = L4 − L1
a2,2 5
ce qui donne
2 3 3 1 x 15
0 5 5 3
y 25
2 2 2 = 2 (2.5)
0 0 9 4 z 33
4
0 0 2 5 t 6
Étape 3 : On obtient la matrice A3 . Le pivot est maintenant a33,3 = 9. On effectue :
a4,3 2
L4 ← L4 − L3 = L4 − L3
a3,3 9
ce qui donne
2 3 3 1 x 15
0 5 5 3 25
2 2 2 y = 2 (2.6)
0 0 9 4 z 33
−4 −4
0 0 0 45 t 3
10 Analyse Numerique
ai,k
Li ←− Li − Lk
ak,k
Théorème 2.1.2 (Méthode de décomposition LU ) Soit A une matrice dont toutes les sous-
matrices diagonales sont inversibles. Alors Il existe un unique couple (L, U ), avec U triang. sup.,
et L triang. inf. à diagonale unité tel que A = LU
Théorème 2.1.4 (Méthode de Cholesky) Soit A une matrice réelle symétrique définie posi-
tive. Alors il existe une unique matrice réelle B triangulaire inférieure, telle que tous ses éléments
diagonaux soient positifs et qui vérifie : A = BB t
T. Moulahi & I. Mahfoudhi 11
AX = b ⇔ GX = HX + b ⇔ X = MX + N
X 0 donnée initial
X k+1 = M X k + N
AX = b ⇔ DX = (E + F )X + b ⇔ X = X − D−1 AX + D−1 b
Théorème 2.2.4 Si A est une matrice à diagonale strictement dominante alors la méthode de
Jacobi appliquée au système AX = b est convergente pour tout X (0) .
Remarque 2.2.5 A est une matrice à diagonale strictement dominante est une condition suffi-
sante (non nécessaire).
1 2 −2
Contre exemple : Soit A = 1 1 1 , la méthode de Jacobi converge (ρ(J) < 1) pour la
2 2 1
résolution du système AX = b. Mais A n’est pas à diagonale strictement dominante.
X(0) vecteur initial
||X(k+1) − X(k) ||2
2
Tant que ≥ ε && k < N Faire
(k+1) 2
||X ||2
X(k+1) = X(k) − D−1 AX(k) + D−1 b
k = k + 1;
Exemple 2.2.6 1) Etudier la convergence de la méthode de Jacobi pour les systèmes suivants :
10 x + y = 11
(S1 )
2 x + 10 y = 12
2 x + 10 y = 12
(S2 )
10 x + y = 11
2) Comparer les deux systèmes :
Remarque 2.2.7 Les deux systèmes (S1) et (S2) l’une converge et que l’autre diverge par la
méthode de Jacobi. On peut conclure que : le choix du systèmes depend des variables x et y.
Même si les deux systemes sont égales.
AX = b ⇔ PX = NX + b ⇔ X = X − P −1 AX + P −1 b
Remarque 2.2.10 - Les méthodes de Jacobi et de Gauss-Seidel sont appelées les techniques
de relaxation
- La méthode de Gauss-Seidel converge plus vite que la méthode de Jacobi
Remarque 2.2.12 Les deux systèmes (S1) et (S2) l’une converge et que l’autre diverge par la
méthode de Gauss-Seidel. On peut conclure que : le choix du systèmes depend des variables x et
y. Même si les deux systemes sont égales.
Chapitre 3
3.1 Introduction
L’objet essentiel de ce chapitre est la résolution numerique des équatiions non linéaires. Étant
donné une fonction
f :I⊂R→R (3.1)
Une valeur α ∈ I, telle que f (α) = 0 est appelée racine ou zéro de la fonction f .
En générale, il n’existe pas des formules qui permettent le calcul des valeurs exactes des
racines de la fonction f . Pour cette raison, on s’intéresse à chercher l’approximation des racines
de f à l’aide des méthodes numériques.
Les méthodes employées pour approcher une racine α de f sont en générale des méthodes
itératives : elles consistent à construire une suite (xn ), telle que
lim xn = α.
n→∞
Définition 3.1.1 Une valeur α est une racine séparée ou localisée de la fonction f s’il existe un
intervalle J ⊂ I, tel que α est l’unique racine f dans l’intervalle J .
Définition 3.1.2 Soit xn unr suite convergente vers la solution α de l’équation f (x) = 0. On
pose en = xn − α. La suite xn est dite convergente d’ordre p ≥ 1 s’il existe une constante finie
C > 0, telle que
|en+1 |
lim = C.
n→∞ |en |p
14
T. Moulahi & I. Mahfoudhi 15
Définition 3.1.3 1) Soit xn une suite convergente vers α avec un ordre p et une constante
asymptotique d’erreur C et yn une suite convergente vers α avec un ordre q et une
constante asymptotique D. Alors si (p > q) ou et (p = q et C < D), on dit que la
suite xn converge pus vite que yn .
2) La convergence des méthodes pour la détermination des racines d’une équation non li-
néaire dépend en générale de la donnée initiale x0 . Le plus souvent, on ne sait établir
que des résultats de convergence locale, c’est à dire valable seulement pour une valeur x0
appartenant à un certain voisinage de la racine α pour tout choix de x0 ∈ I sont dites
globalement convergentes vers α.
Définition 3.2.1 (Théorème des valeurs intermédaires) Soit f une fonction continue sur
I = [a, b], telle que f (a)f (b) < 0. Alors il existe α ∈ [a, b] tel que f (α) = 0.
La condition f (a)f (b) ≤ 0 signifie que f (a) et f (b) sont de signes opposés (où que l’un des
deux est nul). L’hypothèse de continuité est essentielle !
Ce théorème affirme qu’il existe au moins une solution de l’équation (f (x) = 0) dans l’inter-
valle [a, b]. Pour le rendre effectif est trouver une solution (approchée) de l’équation (f (x) = 0), il
s’agit maintenant de l’appliquer sur un intervalle suffisamment petit. On va voir que cela permet
d’obtenir un solution de l’équation (f (x) = 0) comme la limite d’une suite.
Étant donné une fonction continue
f : I = [a, b] → R.
Cette méthode consiste à construire des intervalles emboités In = [an , bn ], tels que In+1 ⊂ In ⊂
In−1 ⊂ · · · ⊂I où la longueur de l’intervalle In+1 est la moitié de celle de l’intervalle In en
concervant la propriété f (an )f (bn ) ≤ 0.
Voici comment construire une suite d’intervalles emboîtés, dont la longueur tend vers 0, et
contenant chacun une solution de l’équation (f (x) = 0).
On part d’une fonction f : [a, b] → R continue, avec a < b, et f (a)f (b) ≤ 0. Voici la première
étape de la construction : on regarde le signe de la valeur de la fonction f appliquée au point
milieu a+b
2
16 Analyse Numerique
Nous avons obtenu un intervalle de longueur moitié dans lequel l’équation (f (x) = 0)
admet une solution. On itère alors le procédé pour diviser de nouveau l’intervalle en
deux. Voici le processus complet :
• Au rang 0 :On pose a0 = a, b0 = b. Il existe une solution x0 de l’équation (f (x) = 0)
dans l’intervalle [a0 , b0 ].
• Au rang 1 :
- Si f (a0 )f ( a0 +b
2 ) ≤ 0, alors on pose a1 = a0 et b1 = x1 =
0 a0 +b0
2 ,
a0 +b0
- sinon on pose a1 = x1 = 2 et b1 = b.
- Dans les deux cas, il existe une solution x1 de l’équation (f (x) = 0) dans l’intervalle
[a1 , b1 ].
• ···
b−a
• Au rang n : supposons construit un intervalle [an , bn ], de longueur 2n , et contenant une
solution xn de l’équation (f (x) = 0). Alors :
- Si f (an )f ( an +b
2 ) ≤ 0, alors on pose an+1 = an et bn+1 = xn =
n an +bn
2 ,
an +bn
- sinon on pose an+1 = xn = 2 et bn+1 = bn .
- Dans les deux cas, il existe une solution xn+1 de l’équation (f (x) = 0) dans l’intervalle
[an+1 , bn+1 ].
Exemple 3.2.2 Montrer que la suite xn est convergente vers α la racine de l’équation f (x) = 0.
bn−1 − an−1
bn − an = tel que f (an )f (bn ) ≤, ∀n ≥ 1
2
et
bn + an
xn = , ∀n ≥ 1
2
T. Moulahi & I. Mahfoudhi 17
|b0 − a0 |
2n ≥
ε
soit alors
|b0 −a0 |
ln ε
n≥ .
ln 2
Exemple 3.3.3 Trouver les équivalences entre les points fixes et les zéros des fonctions sui-
vantes :
— f1 (x) = x2 − x − 3
— f2 (x) = x3 − 3x
9 −x
— f3 (x) = 10 e
— f4 (x) = sin(x) − x
18 Analyse Numerique
Proposition 3.3.4 Soit f : [a, b] → R une fonction continue telle que f ([a, b]) ⊂ [a, b]. Alors la
fonction f admet au moins un point fixe dans [a, b].
D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe α ∈ I, tel que g(α) = 0. Ainsi, on a
démontré qu’il existe α ∈ I tel que f (α) = α.
Principe de la méthode Cette methode consiste à faire d’abord des opérations algébriques sur
l’équation f (x) = 0 afin de l’écrire sous la forme g(x) = x où g est une fonction à déterminer. La
recherche d’une solution de l’ équation f (x) = 0 est équivalent alors à la déterminer d’un point
fixe de la fonction g.
Exemple 3.3.6 Soit f (x) = x3 + x − 1, on peut choisir la fonction g définie par g(x) = 1 − x3 .
Définition 3.3.7 On dit que la fonction f est contractante (où f est une contraction) s’il existe
k ∈ [0, 1[ tel que
|f (x) − f (y)| ≤ k|x − y|, ∀x, y ∈ [a, b].
Le réel k est appelé rapport de contraction
Théorème 3.3.8 (Fonction k-lipschitzienne) Soit f : [a, b] −→ R est une fonction diffé-
rentiable sur [a, b] inclu dans R. Si sup |f 0 (x)| ≤ k pour tout x dans [a, b], alors f est k-
x∈[a,b]
lipschitzienne sur [a, b].
Théorème 3.3.9 (Théorème du point fixe) Soit f : [a, b] −→ R est une fonction contractante
telle que f ([a, b]) ⊂ [a, b]. Alors f admet un unique point fixe α ∈ [a, b]. De plus, pour tout point
initial x0 ∈ [a, b] la suite (xn )n≥0 définie par xn+1 = f (xn ) converge vers α ∈ [a, b].
Preuve 3.3.10 (i) Existence du point fixe : La fonction f est contractante donc elle est
Lipshitizienne. f est alors continue. En utilisant le fait que f ([a, b]) ⊂ [a, b], on démontre
que f admet au moins un point fixe dans [a, b] (voir la démonstration du proposition
3.3.4).
(ii) Unicité du point fixe : Supposons qu’il existe deux point fixes différents α et β de f
et notons par k ∈ [0, 1[ le rapport de contraction de f . Ainsi, on a
Puisque 0 ≤ k < 1, on a
lim |xn − xm | = 0.
n,m→∞
On en déduit que la suite (xn ) est de cauchy dans [a, b] donc elle est convergente. Notons
par l la limite de la suite (xn ). En utilisant la continuité de la fonction f et par passage
à la limite dans l’identité xn+1 = f (xn ), on obtient f (l) = l. Donc α = l.
Corollaire 3.3.11 Le résultat du Théorème 3.3.9 reste valable si on remplace l’hypothèse "f est
contractante " par : f de classe C 1 sur [a, b] et supa≤x≤b |f 0 (x)| < 1.
Corollaire 3.3.12 Soit f une fonction réelle admettant un point fixe α. Supposons que f est
continûment différentialle sur un voisinage de α. Alors
(i) Si |f 0 (α)| < 1, la méthode du point fixe est localement convergente, i.e., il existe un
voisinage V de α tel que, pour tout choix de x0 ∈ V, la suite (xn ) définie par xn+1 = f (xn )
converge vers α.
(ii) Si |f 0 (α)| > 1, la méthode du point fixe est divergente pour tout choix de x0 .
Remarque 3.3.13 Le cas |f 0 (α)| = 1, est le plus délicat car on peut avoir les deux cas : Conver-
gente et divergente.
Définition 3.3.14 (L’ordre de la méthode) Une méthode du point fixe est d’ordre p ssi
xn+1 − α
lim =C
n→∞ (xn − α)p
— Si p = 1 on parle de convergence linéaire,
— Si p = 2 on parle de convergence quadratique.
Proposition 3.3.15 Supposons que la méthode du point fixe converge et que f est de classe C2 ,
alors xn+1 − α = f 0 (α)(xn − α) + O(||xn − α||) en particulier, en dimension 1 d’espace, si xn 6= α
xn+1 − α
lim = f 0 (α)
n→∞ (xn − α)
En général, la méthode du point fixe, quand elle converge, est une méthode d’ordre 1. C’est à
dire que, en gros, à chaque itération l’erreur est multipliée par un coefficient(plus petit que un).
Algorithme du point fixe
D’où l’algorithme de la méthode du point fixe :
Etant donné une fonction f vérifiant les hypothèses (H1) et (H2)sur un intervalle [a, b], et un
nombre positif ε :
f : [a, b] → R
(H1) f est continue et dérivable sur [a, b].
0
(H2) ∃K ∈]0, 1[: ∀x ∈ [a, b] |f (x)| ≤ K
Algorithme Méthode du point fixe :
— On choisit x0 ∈ [a, b], ε > 0 et K.
log(ε) − log |b − a|
— On calcule n0 = E +1
log K
— Pour n de 1 à n0 , on calcule xn = f (xn−1 ).
Une valeur approchée à ε près de la racine c est xn0 .
20 Analyse Numerique
f (xn )
xn+1 = xn − .
f 0 (xn )
f (xn )
y = 0 ⇒ x = xn − .
f 0 (xn )
Approximation polynômiale 1
4.1 Interpolation
Le but de cet chapitre est de trouver une approximation " polynômiale" d’une fonction f .
Soient f ∈ C 0 ([a, b]) et x0 , x1 , . . . , xn ∈ [a, b] n + 1 des points distincts. On cherche un polynôme
p de degré n tel que
. . . xn0
1 x0 a0 f (x0 )
1 x1 . . . xn1 a1 f (x1 )
=
.. .. .. ..
. . . .
1 xn . . . xnn an f (xn )
Mal conditionné :
— Y
La matrice de ce système linéaire est une matrice de Vandermonde de déterminant
(xi − xj ) 6= 0 car les points xi sont distincts.
i<j
Définition 4.1.2 (Système mal conditionné) On appelle un système mal conditionné si pour
une petite erreur sur les coefficients ou le second membre entraéne une erreur importante sur la
solution du système. Autrement le conditionnement d’une matrice inversible A est :
cond(A) = ||A|| × ||A−1 || = λλmax
min
où ||.|| est une norme matricielle.
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21
22 Analyse Numerique
n
X
Pn (x) = f (xi )Li (x), 0≤i≤n (4.1)
i=0
1
Exercice 4.1.3 Soient x0 = 0, x1 = 21 , x2 = 1 et f (x) = .
1+x
1) Construire les polynômes de Lagrange Li , i = 0, 1, 2.
2) Construire le polynôme P2 qui interpole f aux points xi pour i = 0, 1, 2.
Algorithme Méthode de Lagrange :
Donner deux vecteurs X = (xi )1≤i≤n , Y = (yi )1≤i≤n et t
— P = 0;
— Pour i = 1 à n faire
— L = 1;
— Pour j = 1 à i − 1
(t−x )
— L = L (xi −xjj ) ;
— Pour j = i + 1 à n
(t−x )
— L = L (xi −xjj ) ;
— P = P + y(i)L;
1
Exercice 4.1.5 Soient x0 = 0, x1 = 12 , x2 = 1 et f (x) = .
1+x
1) Construire les coefficients f [x0 , . . . , xi ], i = 0, 1, 2.
2) Construire le polynôme P2 qui interpole f aux points xi pour i = 0, 1, 2.
En prenant la borne supérieure de la valeur absolue des deux membres dans la formule d’erreur,
on obtient en particulier :
1
||f − pn || ≤ ||πn+1 ||||f (n+1) ||
(n + 1)!
Remarque 4.2.2 L’erreur d’interpolation f (x)−pn (x) dépend à la fois de la quantité ||f (n+1) ||,
qui peut être grande si f oscille trop vite, et de la quantité πn+1 , qui est liée à la répartition des
points xi dans l’intervalle [a, b]. Dans le cas particulier où les noeuds sont équirepartis
1 (b − a) n+1
||f − pn || ≤ ||f (n+1) ||
4(n + 1) n
1
Exemple 4.2.3 On définit la fonction f (x) = 1+x 2