Mathématiques Appliquées pour Ingénieurs
Mathématiques Appliquées pour Ingénieurs
Cours
Elaboré par
Taieb HADHRI
Hédia CHAKER
Karim GRIBAA
Ridha MDIMEGH
Saber AMDOUNI
2019-2020
TABLE DES MATIÈRES i
3 Equation de la chaleur 31
3.1 Equation de la chaleur avec donnée initiale et conditions aux limites . . . . 31
3.2 Solution élémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.3 Utilisation de la transformée de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.4 Problème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
ii TABLE DES MATIÈRES
4 Equation de transport 51
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.2 Introduction à l’équation de transport . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.3 Résolution du problème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.3.1 Méthode des caractéristiques pour l’équation d’advection à coeffi-
cient constant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.3.2 Méthode des caractéristiques pour l’équation d’advection à coeffi-
cient variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.4 Solution faible de l’équation d’advection à coefficient constant . . . . . . . 55
4.5 Utilisation de la transformée de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
4.6 Problème discret . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.6.1 Discrétisation de l’équation de transport . . . . . . . . . . . . . . . 59
4.6.2 Condition nécessaire de convergence: condition de CFL . . . . . . . 60
4.6.3 Une famille à un paramètre de schémas pour l’équation de transport 61
Chapitre 1
PROBLÈMES PHYSIQUES
CONDUISANT À DES
ÉQUATIONS AUX DÉRIVÉES
PARTIELLES
1.1 Introduction
Dans ce cours, nous nous proposons de résoudre des équations aux dérivées partielles. Les
équations aux dérivées partielles ou EDP que nous rencontrons en pratique sont rarement
d’ordre élevé, le plus souvent d’ordre deux. Comme le sujet est immense et fort difficile
nous nous contenterons d’étudier quelques EDP modèles bien choisies: les équations de
Laplace, de la chaleur et des cordes vibrantes comme exemples d’équations du second
ordre linéaires et l’équation du transport comme modèle d’équation linéaire du premier
ordre.
Dans ce chapitre nous commençons par poser les problèmes physiques conduisant à ces
équations. Puis, afin que ces exemples puissent servir de modèles, il convient de les replacer
dans un contexte mathématique. C’est l’objet du dernier paragraphe de ce chapitre.
Comme ceci est vrai pour tout domaine Ω, en utilisant les propriétés de l’intégrale de
−−→
Lebesgue, on en déduit que div(grad u) = 0, c’est à dire:
∆u = 0 (1.3)
∑ n
∂2
où ∆ = . L’équation (1.3), dite équation de Laplace, est l’une des équations fon-
i=1
∂x2i
damentales de la physique et de la mécanique. C’est le prototype des équations elliptiques
linéaires et homogénes, comme nous le verrons dans la section 6 de ce chapitre.
où −
→
n représente la normale à Σ unitaire et extérieure à Ω.
Par unité de temps, le ”stock” d’énergie thermique accumulée par le matériau par échauffement
(c’est à dire l’énergie interne du matériau) s’accroit de
∫ ∫
∂u ∂u
c dm = c ρ dx, (1.5)
Ω ∂t Ω ∂t
où dm = ρ dx
Équation de la chaleur 3
Faisons le bilan : la variation (1.5) du stock d’énergie est égale au flux de chaleur entrant
(1.4). D’où l’équation
∫
+ div −→
∂u
(ρ c q ) dx = 0, (1.6)
Ω ∂t
et ceci pour tout sous-domaine Ω ⊂ D. En utilisant les propriétés de l’intégrale de
Lebesgue, on en déduit que :
= − div −→
∂u
ρc q p.p. (x, t) ∈ Ω × R. (1.7)
∂t
Ainsi nous disposons à ce stade d’une seule équation scalaire, l’équation (1.7), alors que le
nombre d’inconnues est de quatre: la température u et les trois composantes du vecteur
flux de chaleur −
→
q.
On introduit alors une ”loi de comportement” linéaire, dite loi de Fourier, qui est une loi
empirique, qui relie −
→
q et u par la relation:
−
→ −−−→
q = −k grad u, (1.8)
où k = k(x1 , x2 , x3 ) > 0 est la conductivité thermique du matériau.
La loi de Fourier exprime que les flux de chaleur sont d’autant plus intenses que les écarts
de températures sont plus marqués ou que les gradients de températures sont plus élevés,
et qu’en outre la chaleur va des points chauds vers les points froids.
∂u ∂ 2u
=α . (1.12)
∂t ∂x2
4 CHAPITRE 1. PROBLÈMES PHYSIQUES CONDUISANT À DES EDP
Cette équation de la chaleur est le protopyte des équations paraboliques qui interviennent
en particulier dans les phénomènes de thermiques et de qualité d’environnement.
Remarque 1.2 L’équation (1.12) est invariante dans le changement de x en −x. Mais il
n’en est pas de même dans le changement de t en −t: le phénomène décrit par l’équation
de la chaleur n’est pas réversible et le sens d’écoulement du temps joue un rôle essentiel.
Si nous rajoutons à l’équation (1.12) écrite pour (x, t) ∈ R × R+ une condition initiale, qui
représente la distribution de température à l’instant t = 0, nous obtenons:
∂u ∂ 2u
− α 2 = 0, (x, t) ∈ R × R∗+ ,
∂t ∂x (1.13)
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ R.
qui porte le nom de problème de Cauchy pour l’équation de la chaleur.
Dans le cas d’une barre de longueur L, nous nous restreignons à x ∈ ]0, L[ et nous rajoutons
les conditions aux limites qui fixent la température aux extrémités de la barre. Nous
obtenons alors le problème:
∂u ∂ 2u
− α = 0, (x, t) ∈ ]0, L[ × R∗+ ,
∂t ∂x2
(1.14)
x ∈ [0, L] ,
u(x, 0) = u0 (x),
u(0, t) = u(L, t) = 0, t ∈ R∗+ ,
dit problème aux limites d’évolution pour l’équation de la chaleur.
Dans le cas où la température aux extrémités est donnée par
La portion de corde [x, x + ∆x] est donc, sous les hypothèses ci-dessus, soumise aux forces
( )
1
F1 = −T ∂u , (1.21)
(x, t)
∂x
6 CHAPITRE 1. PROBLÈMES PHYSIQUES CONDUISANT À DES EDP
( )
1
F2 = T ∂u . (1.22)
(x + ∆x, t)
∂x
La résultante de ces deux forces est donc donnée par
( )
0
F = F1 + F2 = T ∂u ∂u , (1.23)
(x + ∆x, t) − (x, t)
∂x ∂x
soit donc
0
F ≈ T ∂ 2u . (1.24)
∆x (x, t)
∂x2
Si on désigne par ρ la masse linéique de la corde , la masse de la portion de corde [x, x + ∆x]
est donnée par m = ρ ∆x et le principe fondamental de la dynamique (F = mγ) donne
∂ 2u ∂ 2u
T ∆x = ρ ∆x , (1.25)
∂x2 ∂t 2
√
T
ce qui conduit, en posant: c = ρ
, à l’EDP que doit vérifier u
∂ 2u 2
2 ∂ u
= c , (1.26)
∂t2 ∂x 2
dite équation des cordes vibrantes ou équation CV ( ou équation des ondes scalaires à
une variable d’espace). La constante c est un paramètre positif, homogène à une vitesse
appelée ”célérité” des ondes propagées par la corde vibrante.
L’équation des CV est le prototype des équations hyperboliques linéaires d’ordre deux.
Rajoutons les conditions initiales dans le cas de la corde infinie. Nous obtenons
2
∂ u 2
2∂ u
− c = 0, (x, t) ∈ R × R∗+ ,
∂t
2 ∂x2
(1.27)
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ R,
∂
u(x, 0) = u1 (x), x ∈ R,
∂t
où u0 (x) et u1 (x) sont respectivement la position et la vitesse initiales de la section x. Le
problème (1.27) est le problème de Cauchy pour l’équation des cordes vibrantes (ou pour
l’équation des ondes à une variable d’espace).
Équation de transport 7
Dans le cas de la corde de longueur finie L il faut rajouter des conditions aux limites. Nous
obtenons
2 2
∂ u 2∂ u
− c = 0, (x, t) ∈ ]0, L[ × R∗+ ,
∂t2 ∂x2
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ ]0, L[
(1.28)
∂
u(x, 0) = u1 (x), x ∈ ]0, L[ ,
∂t
u(0, t) = u(L, t) = 0, t ∈ R∗+ .
Le problème (1.28) est un problème aux limites d’évolution pour l’équation des cordes
vibrantes.
∂ρ
+ div( ρu ) = 0, (1.29)
∂t
où ρ =ρ(x, t) est la masse volumique du fluide au point x à l’instant t et u = u(x, t) est la
vitesse du fluide au point x à l’instant t.
Dans le cas d’un écoulement unidimensionnel à vitesse constante u = a, l’équation (1.29)
devient:
∂ρ ∂ρ
+a = 0, (1.30)
∂t ∂x
Cette équation est dite équation de transport.
α ux + β uy + f = 0, (1.35)
Classification des EDP 9
où u = u(x, y) est la fonction inconnue et α , β et f sont des fonctions connues des
variables indépendantes x, y et de l’inconnue u. Pour les EDP du second ordre, nous nous
intéresserons à celles ayant la forme suivante:
α f
ut + ux = − , (1.39)
β β
α
Ainsi, le long des demi-droites du plan (x, t) d’équation x = β
t + x0 , t > 0, on a, si (1.39)
est vérifiée et si f = f (x, y):
d α α α α f α
u( t + x0 , t) = ut ( t + x0 , t) + ux ( t + x0 , t) = − ( t + x0 , t),
dt β β β β β β
soit
10 CHAPITRE 1. PROBLÈMES PHYSIQUES CONDUISANT À DES EDP
∫ t
α f α
u( t + x0 , t) = u(x0 , 0) + − ( τ + x0 , τ )dτ.
β 0 β β
Si f = 0, la valeur de u(x0 , 0) correspondant à l’instant 0, se retrouve en x = αβ t + x0 à
l’instant t et si f ̸= 0, un terme additionnel ne dépendant pas des valeurs de u(x0 , 0) vient
s’y rajouter. On dit que l’équation traduit un phénomène de propagation de l”’information”
avec la célérité, ou vitesse de propagation, c = αβ et la prise en compte d’un terme source
éventuel lorsque f ̸= 0.
où α, β, γ, δ, ϵ et φ sont des constantes réelles. On supposera que l’EDP (1.40) est
réellement du second ordre, c’est à dire que (α, β, γ)̸= (0, 0, 0).
Faisons un changement d’axes par une rotation d’angle θ. Alors les anciennes coordonnées
cartésiennes (x, y) deviennent de nouvelles coordonnées cartésiennes (X, Y ). Nous espérons
réduire les termes du second ordre, c’est à dire annuler une partie ou l’ensemble des coef-
ficients des dérivées partielles de u d’ordre 2.
On a
{
x = X cos(θ) + Y sin(θ),
(1.41)
y = −X sin(θ) + Y cos(θ),
ou bien encore
{
X = x cos(θ) − y sin(θ),
(1.42)
Y = x sin(θ) + y cos(θ).
De (1.42) on obtient
∂X ∂X
= cos(θ), = − sin(θ),
∂x ∂y
(1.43)
∂Y
= sin(θ),
∂Y
= cos(θ).
∂x ∂y
Classification des EDP 11
Reportant (1.45) et (1.44) dans (1.40), nous obtenons l’expression de notre EDP dans les
nouvelles coordonnées. Elle s’écrit sous la même forme, à savoir:
Nous déduisons de (1.49) que β 2 − αγ est un invariant de l’équation (1.40) dans la rotation
(1.41).
12 CHAPITRE 1. PROBLÈMES PHYSIQUES CONDUISANT À DES EDP
b) Deuxième étape Ayant choisit θ selon (1.50), trois cas sont alors possibles:
1er cas: Les coefficients A et C sont de même signe: AC > 0.
Quitte à multiplier (1.46) par −1, on peut toujours supposer ce signe commun positif. En
changeant d’échelle de longueur, séparément dans les directions X et Y , on peut écrire
(1.46) sous la forme
vXX + vY Y + D vX + E vY + F v = 0, (1.51)
avec bien sûr de nouvelles constantes D, E et F .
2ème cas: Les coefficients A et C sont de signes contraires: AC < 0.
En procédant de la même manière, on peut écrire (1.46) sous la forme
vXX − vY Y + D vX + E vY + F v = 0. (1.52)
ème
3 cas: L’un des deux coefficients A ou C est nul: AC = 0
Quitte à changer θ en θ + π2 , on peut toujours supposer que c’est C qui s’annule. De
façon analogue, on peut donc mettre (1.46) sous la forme
vXX + D vX + E vY + F v = 0. (1.53)
Dans le premier cas l’équation (1.40) est dite elliptique. Cela correspond à B 2 − AC < 0
et β 2 − αγ < 0.
Dans le deuxième cas, l’équation est dite hyperbolique, d’ailleurs on y retrouve une notion
de propagation comme dans les EDP hyperboliques du premier ordre, ainsi que nous le
verrons au chapitre consacré à l’étude de l’équation des cordes vibrantes. Cela correspond
à B 2 − AC > 0 et β 2 − αγ > 0.
Dans le troisième cas, l’équation est dite parabolique; cela correspond à B 2 − AC =
β 2 − αγ = 0.
Classification des EDP 13
Remarque 1.3 On peut définir la transformée de Fourier F (u) (où û) d’une fonction
u : R2 → R, en posant pour u ∈ L1 (R2 ) et (ξ, η) ∈ R2
∫
F (u)(ξ, η) = u(x, y) e−2iπ(xξ+yη) dxdy. (1.54)
R2
On a alors, lorsque les dérivées partielles de u d’ordre inférieur ou égal à deux sont dans
L1 (R2 ):
α ξ 2 + 2 β ξη + γ η 2 = 0, (1.55)
joue un rôle important lorsqu’on utilise la transformation de Fourier pour la résolution de
l’EDP (1.40). L’appellation des cas étudiés par elliptique, hyperbolique et parabolique est
liée aux fait que pour α > 0, équation (1.55) est l’équation d’une ellipse si β 2 − αγ < 0 et
celle d’une hyperbole si β 2 − αγ > 0.
∂v ∂h
= exp(aX)( + ah), (1.57)
∂X ∂X
∂ 2v ∂ 2h ∂h
2
= exp(aX)( 2
+ 2a + a2 h). (1.58)
∂X ∂X ∂X
Après simplification par exp(aX), (1.51) s’écrit alors
hXX + hY Y + H h = 0, (1.61)
hXX − hY Y + H h = 0, (1.62)
hXX + G hY + H h = 0, (1.63)
où G et H sont des constantes réelles (obtenues à partir des constantes D, E et F ).
Remarque 1.4 Il n’est pas possible d’aller sensiblement plus loin dans la simplification
de l’EDP: supprimer H change l’équation.
Toutefois, il nous faut admettre, que les caractères essentiels de l’EDP ne sont pas altérés
si l’on supprime le terme Hh.
1 ∂ 2h ∂ 2h
= , (1.65)
c2 ∂t2 ∂X 2
dite équation des cordres vibrantes, de nature hyperbolique, et
∂h ∂ 2h
=α , (1.66)
∂t ∂X 2
dite équation de la chaleur, de nature parabolique.
Ces trois équations modèles seront étudiées aux chapitres suivants.
Remarque 1.5 Si G=0 dans (1.63) , on ne peut aboutir à (1.66). En fait, on est en
présence d’une équation différentielle à coefficients constants bien classique (h′′ + Hh = 0),
Y n’intervenant plus que comme un simple paramètre.
15
Chapitre 2
2.1 Introduction
La résolution d’une équation aux dérivées partielles signifie l’obtention des valeurs d’une
(ou de plusieurs) inconnue(s) en fonction des variables (comme le temps t ou la position
x ∈ R, R2 ou R3 ) qui prennent une infinité de valeurs possibles. Si l’on est capable
de résoudre ”analytiquement”une équation aux dérivées partielles c’est à dire d’exprimer
sa solution à l’aide d’une formule explicite, alors il suffira, a posteriori d’appliquer cette
formule à telle ou telle valeur des variables (t ou x) que choisira l’utilisateur.
Malheureusement, les solutions analytiques ou exactes, quoique fort intéressantes, ne peu-
vent pas toujours être obtenues. Hormis le cas de problèmes très simples ou de géométries
très particulières, il ne faut pas trop espérer résoudre ” à la main”et il est inévitable en
pratique de recourir à l’ordinateur. Or l’ordinateur est ”fini” à plus d’un titre: il est limité
en place-mémoire, en précision, en durée de fonctionnement. Il faut donc discrétiser le
problème i.e. le remplacer par un problème dit discret parce que comportant un nombre
fini de ”quantités” à calculer censé lui être proche en un certain sens. On peut réaliser
une approximation par différences finies, par éléments finis, par une méthode particulaire
ou spectrale.. d’un problème aux dérivées partielles. Les méthodes sont nombreuses. On
se limitera ici à l’approximation par différences finies. La méthode des éléments finis fera
l’objet d’un cours de deuxième année.
Nous sommes, en fait, dans les cas courants, amenés à faire l’approximation d’une dérivée
première ou seconde en temps et d’une dérivée première ou seconde en espace par un taux
d’accroissement. Plusieurs possibilités s’offrent à nous, avec, comme pour la résolution des
équations différentielles, les deux interrogations suivantes sur la méthode d’approximation
choisie:
1) La stabilité: les erreurs d’approximation ou de troncature, inévitables en général,
16 CHAPITRE 2. SCHÈMAS NUMÉRIQUES POUR LES EDP
2.2.1 Maillage
Dans le demi-plan {(x, t) ∈ R2 , t > 0} muni d’une base orthonormée (Ox, Ot), nous traçons
un réseau de droites paralléles à l’axe des x, équidistantes de pas ∆t, ainsi qu’un réseau
de demi-droites paralléles à l’axe des t issues de l’axes des x équidistantes de pas ∆x. Les
intersections des deux réseaux sont les points Mjn de coordonnées (xj = j∆x, tn = n∆t),
j ∈ Z, n ∈ N. On dit que l’on a construit un maillage du demi-plan R × R+ .
Au lieu de chercher u dans R × R∗+ vérifiant l’une des équations qui seront traitées dans
les chapitres suivants (équation de la chaleur, équation de la corde vibrante ou équation
de transport), nous cherchons une suite vjn , j ∈ Z, n ∈ N, qui approche u au points Mjn
de la grille définie ci-dessus et qui vérifie une équation ”proche” de l’équation initiale.
Pour chercher une approximation de u en un point (x, t) qui n’est pas l’un des points
de la grille, on peut, par exemple, déterminer dans quel rectangle [j∆x, (j + 1)∆x[ ×
[n∆t, (n + 1)∆t[ se trouve le point (x, t) et effectuer une interpolation à partir des quatres
n
valeurs vjn , vj+1 , vjn+1 et vj+1
n+1
.
Ainsi la recherche d’une approximation d’une fonction u solution d’un problème aux
dérivées partielles (P ) posé sur R × R∗+ passe par la résolution d’un problème ”discret” Pe
consistant à déterminer les quantités vjn , j ∈ Z, n ∈ N. On dit que l’on a ainsi discrétisé
le problème (P ).
Pour celà, nous allons procéder pas de temps par pas de temps, selon les temps croissants.
Dans les équations aux dérivées partielles que nous avons à étudier, nous avons des dérivées
premières et des dérivées secondes par rapport au temps et des dérivées premières et des
dérivées secondes par rapport à l’espace.
Approximation des dérivées partielles par des différences finies 17
n n n
M j−1 M M j+1
n ∆t j
(j−1) ∆x j ∆x (j+1) ∆x x
Figure 2.1:
18 CHAPITRE 2. SCHÈMAS NUMÉRIQUES POUR LES EDP
On pose
( )n ( )n
∂u ∂u ∂u ∂u
= (xj , tn ), = (xj , tn ),
∂t j ∂t ∂x j ∂x
( 2 )n ( )n (2.1)
∂ u ∂2u ∂ 2u ∂2u
2
= 2
(xj , tn ), = (xj , tn ),
∂t j ∂t ∂x2 j ∂x 2
On dit qu’on utilise une technique de différence finie décentrée à gauche précise au premier
ordre.
Maintenant si on suppose que u soit de classe C 3 on peut écrire:
( )n ( )n
∂u ∆x2 ∂ 2u
unj+1 = unj + ∆x + + O(∆x3 ), (2.9)
∂x j 2 ∂x2 j
et
( )n ( )n
∂u ∆x2 ∂ 2u
unj−1 = unj − ∆x + + O(∆x3 ), (2.10)
∂x j 2 ∂x2 j
d’où
( )n
∂u unj+1 − unj−1
= + O(∆x2 ). (2.11)
∂x j 2∆x
On peut alors écrire l’approximation:
( )n
∂u n
vj+1 − vj−1
n
≃ . (2.12)
∂x j 2∆x
On dit qu’on utilise une technique de différence finie centrée précise au second ordre car la
puissance de ∆x dans l’erreur de troncature O(∆x2 ) est 2.
et
( )n ( )n ( )n
∂u ∆t2 ∂2u ∆t3 ∂ 3u
un−1
j = unj − ∆t + − + O(∆t4 ). (2.14)
∂t j 2 ∂t2 j 6 ∂t3 j
∂u ∂u
+a =0 x∈R t>0 (2.19)
∂t ∂x
où a est un réel non nul donné.
Nous allons discrétiser cette équation en utilisant une différence finie décentrée pour la
variable temps:
( )n
∂u vjn+1 − vjn
≃ (2.20)
∂t j ∆t
et une différence décentrée à droite pour l’espace:
( )n
∂u n
vj+1 − vjn
≃ . (2.21)
∂x j ∆x
On obtient alors le schéma numérique suivant:
vjn+1 − vjn n
vj+1 − vjn
+a = 0, ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N, (2.22)
∆t ∆x
ou encore
∆t n
vjn+1 = vjn − a (vj+1 − vjn ), ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N. (2.23)
∆x
Le schéma ainsi obtenu permet le calcul des termes (vln+1 )l∈Z à partir des termes (vln )l∈Z .
En somme, ”notre ordinateur”, ayant ”oublié” les niveaux de temps 0, 1, 2, ..., n − 1, ne
connait plus que les pas n et n + 1.
Dans ce cas, on dit qu’on a un schéma à deux niveaux (ou à un pas de temps).
Exemples de discrétisation 21
D’autres schémas numériques pourraient être proposés. On peut par exemple approcher
la dérivée partielle par rapport à l’espace par une différence finie centrée:
( )n
∂u n
vj+1 − vj−1
n
≃ . (2.24)
∂x j 2∆x
On obtient alors le schéma numérique suivant:
∆t n
vjn+1 = vjn − a (v − vj−1
n
), ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N. (2.25)
2∆x j+1
On remarque que dans les deux cas (2.23) et (2.25), vjn+1 ne dépend que d’un nombre fini
de valeurs vln , l ∈ Z. Lorsque k est le plus petit entier tel que vjn+1 est une fonction des
n
quantités vj−k , .., vjn , .., vj+k
n
, on dit qu’on a un schéma explicite à deux niveaux et à 2k + 1
points. Dans ce cas, le schéma s’écrit:
vjn+1 = H(vj−k
n
, .., vjn , .., vj+k
n
), ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N. (2.26)
Dans les deux cas particuliers, on a un schéma numérique explicite à deux niveaux et à
trois points.
Reprenons de nouveau l’EDP (2.19). On peut approcher le terme ∂u ∂x
au niveau n + 1
plutôt qu’au niveau n, c’est à dire à l’instant (n + 1)∆t au lieu de l’instant n∆t et garder
( )n+1
l’approximation (2.20) pour le terme ∂u ∂t j
. On écrit alors
( )n+1
∂u vjn+1 − vjn
≃ , (2.27)
∂t j ∆t
et
( )n+1
∂u
n+1
vj+1 − vjn+1
≃ . (2.28)
∂x j ∆x
On obtient
∆t n+1
vjn+1 = vjn − a (v − vjn+1 ), ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N. (2.29)
∆x j+1
Ce schéma est appelé implicite comme le justifie la remarque suivante.
Remarque 2.1 Le schéma (2.25) est explicite en ce sens que, pour calculer vjn+1 , il suffit
de remplacer explicitement les quantités figurant au second membre de (2.25) par leurs
valeurs connues et stockées en mémoire.
A l’inverse, avec le schéma (2.29), il n’est pas possible de calculer directement les quan-
tités (vln+1 )l∈Z à partir de (vln )l∈Z . Les inconnues sont liées entre elles par un ensemble
d’équations du type (2.29). On obtient en fait un système linéaire qu’il s’agit de résoudre
à chaque pas de temps.
22 CHAPITRE 2. SCHÈMAS NUMÉRIQUES POUR LES EDP
0 = J(vj−k
n+1
, . . . , vjn+1 , . . . , vj+k
n+1 n
, vj−k , . . . , vjn , . . . , vj+k
n
), ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N, (2.30)
où J est une fonction de R4k+2 → R sera qualifié de schéma implicite à deux niveaux et à
2k + 1 points.
∂ 2u 2
2∂ u
− c =0 x ∈ R t > 0. (2.31)
∂t2 ∂x2
Pour la discrétisation de (2.31) on va utiliser une différence finie centrée en temps et en
espace:
( )n
∂ 2u vjn+1 − 2vjn + vjn−1
≃ , (2.32)
∂t2 j ∆t2
et
( )n
∂ 2u n
vj+1 − 2vjn + vj−1
n
≃ . (2.33)
∂x2 j ∆x2
On obtient
0 = K(vj−k
n+1
, .., vjn+1 , .., vj+k
n+1 n
, vj−k , .., vjn , .., vj+k
n n−1
, vj−k ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N,
, .., vjn−1 , .., vj+k
n−1
),
(2.35)
où K est une fonction de R6k+3 → R sera qualifié de schéma implicite à trois niveaux et
à 2k + 1 points.
On a l’égalité
( ) p1 (∫ ) p1
∑
h |vjn |p = |vhn (x)|p dx .
j∈Z
Z R
De même si p = ∞
On a l’égalité
sup |vjn | = ||vhn ||∞ .
j∈Z
Z
Nous nous limiterons dans toute la suite aux schémas linéaires à deux niveaux et à 2k + 1
points ou aux schémas linéaires à trois niveaux et à 2k + 1 points. Nous venons de voir
que nous avons plusieurs façons de discrétiser une même équation aux dérivées partielles.
Alors comment choisir entre ces différents schémas. Pour cela, nous allons définir certaines
notions qui vont différencier les schémas entre eux et permettre de dire si un schéma est
meilleur qu’un autre.
2.4.1 Convergence
La première notion importante est la notion de convergence. Le schéma est convergent si
la solution du problème discret tend, en un certain sens, vers la solution du problème aux
dérivées partielles étudié, lorsque h = ∆x et ∆t tendent simultanément vers zéro.
Définition 2.4.1 On dit qu’un schéma numérique d’approximation d’une EDP, produisant
une suite (vhn )n∈N d’éléments dans Lp (R), converge dans L∞ (0, T, Lp (R)) si et seulement
si, pour toute donnée initiale u0 ∈ Lp (R),
2.4.2 Consistance
La deuxième notion est la notion de consistance d’un schéma numérique.
Nous n’aurons de chance d’obtenir la convergence du schéma que si nous approchons cor-
rectement ou avec une précision suffisante le problème continu, c’est à dire, si nous rem-
plaçons les dérivées partielles par des différences finies effectivement voisines. Pour ce
faire, il faut définir l’erreur de troncature du schéma numérique. Si u = u(x, t) est ” la
solution exacte” de l’EDP étudiée, on a, en notant unj = u(xj , tn ) et en supposant que u
est suffisamment régulière, une relation de la forme:
Définition 2.4.2 Le schéma numérique (2.30) (respectivement (2.35)) sera dit consistant
si dans (2.37)(respectivement (2.38)) on a
Si l’on a ϵnj (∆t, ∆x) = O(∆tp , ∆xq ), ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N on dit que le schéma considéré est
d’ordre p en temps et d’ordre q en espace.
2.4.3 Stabilité
∆t
Dans la pratique on garde le rapport λ = ∆x constant lorsqu’on raffine la grille. Soit à
résoudre une EDP sur l’intervalle de temps [0, T ] , T > 0. On prend alors un pas de temps
∆t = N T
et un pas d’espace ∆x = ∆t λ
. Les quantités vjN , j ∈ Z, sont donc censées nous
donner une approximation des valeurs u(xj , T ), j ∈ Z, car N ∆t = T .
Si les erreurs de discrétisation ne font que s’ajouter, l’erreur au pas N sera de l’ordre de
N ϵ(∆t, ∆x). On devrait avoir pour un schéma du premier ordre une erreur totale de l’ordre
de
T ∆t2 1
N (∆t2 + ∆x2 ) = (∆t2 + 2 ) = T (1 + 2 )∆t. (2.40)
∆t λ λ
En fait, l’erreur à l’étape n + 1 si l’on part de la solution exacte à l’étape n est bien de
l’ordre de (∆t2 + ∆x2 ) = (1 + λ12 )∆t2 . Mais l’erreur à l’étape n + 1 obtenue en partant
d’une approximation déjà entachée d’erreur à l’étape n peut, pour certains schémas, être
donc plus grande que (1 + λ12 )∆t2 .
Quelques définitions 25
C’est la notion de stabilité d’un schéma numérique, qui sera définie ultérieurement, qui
nous permettra d’évaluer la façon avec laquelle l’erreur de discrétisation à un pas de temps
donné, influe sur l’erreur aux pas de temps suivant. Ceci nous amène à introduire la
notion de stabilité. Comme cette notion dépend de la norme choisie, nous allons donner
deux définitions de la stabilité relativement aux deux normes les plus couramment utilisées.
Définitions
Définition 2.4.3 Nous dirons qu’un schéma est L∞ -stable s’il existe une constante C(T ) >
0 indépendante de ∆x, de ∆t et de n telle que:
sup vjn < C(T )sup vj0 (2.41)
j∈Z j∈Z
dès que sup vj0 < +∞, ce qui est équivalent à
j∈Z
Définition 2.4.4 Nous dirons qu’un schéma est Lp -stable s’il existe une constante C(T ) >
0 indépendante de ∆x, de ∆t et de n telle que:
( ) p1 ( ) p1
∑ p ∑ p
vjn < C(T ) vj0 (2.43)
j∈Z j∈Z
∑ p
dès que vj0 < +∞, ce qui est équivalent à
j∈Z
Remarque 2.4.1 En somme, la solution approchée au pas de temps “n” est bornée par
une quantité qui ne dépend que de la donnée initiale.
( \ ) ∫
φ(x + k∆x) (ξ) = e−2πixξ φ(x + k∆x)dx = e2πik∆xξ φ(ξ).
b (2.47)
R
∑ ∑
n+1
bk vj+k = n
ck vj+k , ∀j ∈ Z, ∀n ∈ N, (2.48)
k∈Z k∈Z
où les coefficients bk , ck ∈ R sont nuls sauf pour un nombre fini de valeurs de l’indice k.
Notons que si bk = 0 pour k ̸= 0 et b0 ̸= 0 on obtient un schéma explicite.
Au lieu de travailler sur les suites de l2 (Z), il va être plus pratique de travailler sur les
fonctions vhn de L2 (R) définit dans (2.36) de facon à pouvoir utiliser commodément la
transformation de Fourier. Nous écrivons alors le schéma (2.48) sous la forme:
( ) ( )
∑ ∑
bk vhn+1 (x + k∆x) = ck vhn (x + k∆x) , ∀x ∈ R, ∀n ∈ N. (2.49)
k∈Z k∈Z
||vhn ||L2 (IR) < C(T ) vh0 L2 (IR) . (2.50)
Pour cela, nous allons appliquer la transformation Fourier à l’équation (2.49) ce qui nous
donne
( ) ( )
∑ ∑
bk e2πik∆xξ vbhn+1 (ξ) = ck e2πik∆xξ vbhn (ξ) , ∀n ∈ N. (2.51)
k∈Z k∈Z
Quelques définitions 27
Si on pose
∑
b(ξ) = bk e2πik∆xξ ,
k∈Z
∑
c(ξ) = ck e2πik∆xξ , (2.52)
k∈Z
c(ξ)
a(ξ) = .
b(ξ)
On trouve
Théorème 2.4.1
Le schéma aux différence finies (2.48) est L2 stable, si et seulement si, il existe une con-
stante ν positive telle que
sup |a(ξ, ∆x, ∆t)| ≤ 1 + ν∆t
ξ∈R
où les coefficients bk , ck , dk ∈ R sont nuls sauf pour un nombre fini de valeurs de l’indice
k. Notons que si bk = 0 pour k ̸= 0 et b0 ̸= 0 on obtient un schéma explicite. Au lieu
de travailler sur les suites de l2 (Z), il va être plus pratique de travailler sur des fonctions
de L2 (R) de facon à pouvoir utiliser commodément la transformation de Fourier. Nous
écrivons alors le schéma (2.55) sous la forme:
( ) ( ) ( )
∑ ∑ ∑
bk v n+1
(x + k∆x) = n
ck v (x + k∆x) + dk v n−1
(x + k∆x) , ∀x ∈ R, ∀n ∈ N,
k∈Z k∈Z k∈Z
(2.56)
28 CHAPITRE 2. SCHÈMAS NUMÉRIQUES POUR LES EDP
( ) ( ) ( )
∑ ∑ ∑
bk e2πik∆xξ vbhn+1 (ξ) = ck e2πik∆xξ vbhn (ξ) + dk e2πik∆xξ vbhn−1 (ξ) , ∀n ∈ N.
k∈Z k∈Z k∈Z
(2.57)
Si on pose
∑
b(ξ) = bk e2πik∆xξ ,
k∈Z
∑
c(ξ) = ck e2πik∆xξ ,
(2.58)
k∈Z
∑
d(ξ) = dk e2πik∆xξ ,
k∈Z
Nous trouvons
La matrice A(ξ, ∆x, ∆t) est appelée matrice d’amplification du schéma (2.55) .
Théorème 2.4.2 Une condition suffisante de L2 -stable est qu’il existe une constante ν
positive telle que
sup ||A(ξ, ∆x, ∆t)||2 ≤ 1 + ν∆t,
ξ∈R
où ||.||2 est la norme matricielle subordonnée associée à la norme vectorielle ||.||2
Quelques définitions 29
Définition 2.4.5
On appelle condition de stabilité de Von Neumann la condition
où ρ(A(ξ, ∆x, ∆t)) est le rayon spectrale de la matrice A(ξ, ∆x, ∆t).
Remarque 2.4.2 La condition de stabilité de Von Neumann est une condition nécessaire
de stabilité L2 . Elle n est pas uns condition suffisante.
Remarque 2.2 Un peu, passionnement, pas du tout: c’est ainsi que vont fonctionner nos
schémas aux différences finies. Ils seront conditionnellement stables, inconditionnellement
stables, ou irrémédiablement instables, selon le cas.
2.4.4 Convergence
Nous avons maintenant tous les outils pour démontrer la convergence des schémas aux
différences finies linéaires.
Théorème 2.4.3 ( Lax) Soit u la solution assez régulière d’une EDP. Soient vjn la solution
numérique discréte obtenu par un schéma de différences finies avec la donnée initiale vj0 =
u0 (xj ). On suppose que le schéma linéaire est consistant et stable pour une norme ||.|| dans
un domaine S alors le schéma est convergeant au sens où
avec vhn la fonction associée à la suite (vjn )j∈Z définit dans (2.36).
30 CHAPITRE 2. SCHÈMAS NUMÉRIQUES POUR LES EDP
31
Chapitre 3
EQUATION DE LA CHALEUR
∗ ∂u ∂ 2 u
∀x ∈ [0, L] , ∀t ∈ IR+ , − 2 = 0, (3.1)
∂t ∂x
∗
∀t ∈ IR+ u(0, t) = u(L, t) = 0, (3.3)
Le problème qui consiste à trouver u solution de (3.1),(3.2) et (3.3) est ce qu’on appelle
un problème aux limites d’évolution.
Nous vérifions que si la donnée u0 est ”assez” régulière, et compatible avec les conditions
aux limites (3.3), le problème (3.1),(3.2) et (3.3) admet une solution unique.
Remarque 3.1
Si les ”sources” thermiques extérieures en x = 0 et x = L sont chacune à température
constante, T1 à gauche et T2 à droite, qui ne sont pas simultanement nulles, on se raméne
alors à un problème du type (3.1)-(3.3), en posant
32 CHAPITRE 3. EQUATION DE LA CHALEUR
[ x]
v(x, t) ≡ u(x, t) − T1 + (T2 − T1 ) ,
L
[ x]
v (x) ≡ u (x) − T1 + (T2 − T1 )
0 0
,
L
v(0, t) = u(0, t) − T1 = 0,
et
v(L, t) = u(L, t) − T2 = 0.
∗
La fonction v : (x, t) ∈ [0, L] × IR+ est alors solution du problème (3.1)-(3.3).
Proposition 3.2.1
La distribution associée à la fonction E définie par
{
x2
√1 e− 4t , t > 0,
E(x, t) = 2 πt
0, t < 0,
est une solution de (3.4).
Démonstration
Soit φ ∈ D(R2 ). Nous avons
⟨ ⟩ ⟨ ⟩
∂E ∂ 2 E ∂φ ∂ 2 φ
− , φ = − E, + 2 ,
∂t ∂x2 ∂t ∂x
∫ ∫ +∞ ∫ +∞ ∫ 2
1 − x4t ∂φ
2 1 x2 ∂ φ
=− √ e dt dx − √ e− 4t dx dt .
R 0 2 πt ∂t R 2 πt ∂x2
| {z } | 0
{z }
I1 I2
Solution élémentaire 33
Or on utilisant une intégration par partie dans I1 et le faite que φ ∈ D(R2 ) on trouve que
:
∫ ∫ +∞
1 x2 ∂φ
I1 = √ e− 4t dt dx,
R 0 2 πt ∂t
∫ ∫ +∞
1 x2 ∂φ
= lim √ e− 4t dt dx,
ε→0 R ε 2 πt ∂t
∫ ∫ +∞ ( ) ∫ [ ]+∞
∂ 1 2
− x4t 1 2
− 4x ε
= lim − √ e φ dt dx − lim √ e φ(x, t) dx,
ε→0 R ε ∂t 2 πt ε→0 R 2 πt
∫ ∫ +∞ ( ) ∫ ε
∂ 1 2
− x4t 1 x2
= lim − √ e φ dt dx − lim √ e− 4 ε φ(x, ε)dx,
ε→0 R ε ∂t 2 πt ε→0 R 2 πε
et on utilisant deux intégrations par parties dans I2 et le faite que φ ∈ D(R2 ) (pour anuler
les termes du bord) on trouve que :
∫ +∞ ∫ 2
1 x2 ∂ φ
I2 = √ e− 4t dx dt,
0 R 2 πt ∂x2
∫ +∞ ∫ 2
1 x2 ∂ φ
= lim √ e− 4t dx dt,
ε→0 ε R 2 πt ∂x2
∫ +∞ ∫ ( )
∂2 1 2
− x4t
= lim 2
√ e φ dx dt.
ε→0 ε R ∂x 2 πt
Un calcul simple nous donne que :
( ) ( )
∂ 1 2
− x4t ∂2 1 2
− x4t
√ e = √ e .
∂t 2 πt ∂x2 2 πt
Par suite :
⟨ ⟩ ∫
∂E ∂ 2 E 1 x2
− ,φ = lim √ e− 4 ε φ(x, ε)dx. (3.5)
∂t ∂x2 ε→0 R 2 πε
x
et en utilisant un changement de variable y = √ on trouve :
4ε
⟨ ⟩ ∫
∂E ∂ 2 E 1 −y 2
√
− , φ = lim √ e φ(y 4 ε, ε) dy,
∂t ∂x2 ε→0 R π
∫
1
e−y dy,
2
= φ(0, 0) √
π R
= φ(0, 0).
D’ou le résultat.
34 CHAPITRE 3. EQUATION DE LA CHALEUR
c
∂u
(y, t) = 2iπyb
u(y, t).
∂x
D’où, nous tirons
∂d2u
b(y, t) = −4π 2 y 2 u
(y, t) = (2iπy)2 u b(y, t).
∂x2
Admettons par ailleurs, que nous puissions dériver (3.6) sous le signe ”somme” :
c
∂u ∂
= u b.
∂t ∂t
Alors, en appliquant la transformation de Fourier partielle F à l’équation (3.1), nous
obtenons l’équation différentielle ordinaire
∂
b(y, t) = −4π 2 y 2 u
u b(y, t).
∂t
La solution générale de cette équation, s’écrit
b(y, t) = A(y)e−4π
2 y2 t
u , (3.7)
D’où, en prenant t = 0, dans (3.7), nous obtenons A(y) = ub0 (y), par conséquent
( \ )
b(y, t) = ub0 (y)e−4π y t = ub0 (y)b
2 2
u g (y, t) = u0 (.) ∗ g(., t) (y),
où gb(y, t) désigne la transformée de Fourier par rapport à la variable x d’une fonction g,
que nous allons déterminer. La fonction y −→ gb(y, t) = e−4π y t étant paire et dans L1 (R),
2 2
∫ +∞ ∫ +∞
g(x, t) = gb(y, t)e 2iπxy
dy = gb(−z, t)e−2iπxz dz,
∫−∞
+∞
−∞
dz = b
2
−2iπxz √1 e− 4t
x
= gb(z, t)e gb(x, t) = 2 πt
.
−∞
D’où finalement
∫ +∞
1 (x−z)2
u(x, t) = u (.) ∗ g(., t)(x) = √
0
u0 (z)e− 4t dz.
2 πt −∞
Remarque 3.2
Soit u0 ∈ L2 ([0, L]) où L > 0. Nous pourrons montrer que le problème : Trouver u ∈
C ∞ ([0, L] × ]0, +∞[) vérifiant (3.1)-(3.3) admet l’unique solution définie par:
∫ L
1 (x−z)2
u(x, t) = √ u0 (z)e− 4t dz.
2 πt 0
∂u ∂ 2 u
− 2 = 0, pour x ∈ R, t > 0, (3.8)
∂t ∂x
avec
Preuve: Soit u une solution forte de (3.8)-(3.9). Nous multiplions l’équation (3.8) par φ
et nous intégrons par rapport à t et x. Nous obtenons
∫ T ∫
∂u(x, t) ∂ 2 u(x, t)
φ(x, t)( − )dxdt = 0.
0 R ∂t ∂x2
36 CHAPITRE 3. EQUATION DE LA CHALEUR
Nous posons
∫ T ∫
∂u(x, t)
I= φ(x, t) dxdt,
0 R ∂t
∫ T ∫
∂ 2 u(x, t)
J= φ(x, t) dxdt.
0 R ∂x2
En faisant une intégration par partie de I par rapport à t, nous obtenons
∫ T ∫ ∫
∂φ(x, t)
I=− u(x, t) dxdt − u0 (x)φ(x, 0)dx.
0 R ∂t R
Comme φ est à support compact, le second terme est nul. En refaisant une deuxième
intégration par partie, nous trouvons
∫ T ∫
∂ 2 φ(x, t)
J= u(x, t) dxdt.
0 R ∂x2
D’où le résultat.
Proposition 3.4.1
On suppose que u0 est continue à support borné sur IR, alors la solution du problème (3.10)
est donnée par
∫ +∞ ∫ +∞
1 2
− z4t 1 (x−z)2
u(x, t) = √ u (x − z)e dz = √
0
u0 (z)e− 4t dz,
2 πt −∞ 2 πt −∞
2. Superpostion, où on essaie de trouver une somme de solutions de la forme 3.11 qui
vérifie la condition (3.2). Notons que telle somme vérifie encore (3.1) et (3.3).
1ère étape: Séparation des variables
Soit
u(x, t) = f (x) g(t) (3.12)
avec f ∈ C 2 (]0, L[) et g ∈ C 1 (R∗+ ). En remplacant 3.12 dans (3.1) on trouve :
D’ou f (0) = f (L) = 0 (car g ̸= 0) et par suite résoudre (3.1) et (3.3) par la méthode
de séparation de variables est équivalent à résoudre les équations différentielles ordinaire
suivantes :
Nous cherchons tout d’abord les solutions non nulles de (3.13). Les solutions de (3.13)
dépend de λ :
38 CHAPITRE 3. EQUATION DE LA CHALEUR
où A et B sont des réels à calculer à partir des conditions aux limites. On a f (0) =
f (L) = 0 alors
A + B = 0,
e ωL
+ B e−ωL = 0.
D’ou A = B = 0 et l’EDO (3.13) n’a pas de solutions non nulles dans ce cas.
f (x) = A x + B,
f (0) = 0 =⇒ B = 0,
f (L) = 0 =⇒ A = 0.
Il n’y a donc pas de solutions non nulles dans ce cas non plus.
où A et B sont des réels à calculer à partir des conditions aux limites:
f (0) = 0 =⇒ B = 0,
f (L) = 0 =⇒ A sin(ωL) = 0,
=⇒ A = 0 où ωL = n π, ∀n ∈ N∗ ,
nπ
=⇒ ω = , ∀n ∈ N∗ .
L
Il existe donc une suite infinie de solution non nulles de l’équation différentielle (3.13)
qui sont :
nπ
fn (x) = An sin( x), ∀n ∈ N∗ ,
L
associées aux valeurs de λ suivantes :
( )2
nπ
λn = − .
L
Problème aux limites d’évolution 39
L’équation étant linéaire, la somme de plusieurs solutions de l’équation (3.1) est toujours
∑∞
kπ k2 π 2
solution de cette équation. Donc u(x, t) = ck sin( x) e− L2 t , ∀x ∈ [0, L], ∀t ∈ R∗+
k=1
L
est une solution de l’équation (3.1) qui satisfaites les conditions aux limites (3.3) (à condi-
tion que cette somme soit convergente: voir section 3.5.2). Il faut maintenant déterminer
les coefficients ck pour que la solution u(t, x) vérifie la condition initiale. Cette condition
initiale s’écrit :
u(0, x) = u0 (x), ∀x ∈ [0, L],
ce qui donne
∑
∞
kπ
ck sin( x) = u0 (x), ∀x ∈ [0, L] (3.15)
k=1
L
en remarquant que
∫ {
L
kπ nπ 0 si n ̸= k,
sin( x) sin( x)dx = L
0 L L 2
si n = k,
on trouve
∫ L ∫ L (∑
∞ )
nπ kπ nπ
u0 (x) sin( x) dx = ck sin( x) sin( x) dx,
0 L 0 k=1
L L
∑∞ ∫ L
kπ nπ
= ck sin( x) sin( x) dx,
k=1 0 L L
L
= cn ,
2
et ∫ L
2 nπ
cn = u0 (x) sin( x) dx, ∀n ≥ 1
L 0 L
40 CHAPITRE 3. EQUATION DE LA CHALEUR
∑
+∞
k2π2 kπ
u : (x, t) ∈ [0, L] × [a, +∞[ −→ ck exp(− t) sin( x), (3.16)
k=1
L2 L
∑ k2π2 kπ
est bien définie et deux fois continument dérivable. En effet, la série ck exp(− 2
t) sin( x)
k≥1
L L
est normalement convergente sur [0, L] × [a, +∞[ , ∀ a > 0 :
∑ 2 2 ∑ k2π2
ck exp(− k π t) sin( kπ x) ≤ |c | exp(− a) < +∞,
L2 L k
L2
k≥1 k≥1
puisque
k2π2
lim k 2 |cn | exp(− a) = 0.
k→+∞ L2
De même, les séries obtenues en dérivant terme à terme par rapport à x et t un nom-
∑ k2π2 kπ
bre arbitraire de fois la série ck exp(− 2 ) sin( x), sont normalement convergentes
k≥1
L L
puisqu’on a pour tout n ≥ 2
k2π2
lim k n |ck | exp(− a) = 0.
k→+∞ L2
Il reste à montrer que la fonction u définie par (3.16) est solution de (3.1)-(3.3), en effet,
nous avons montré que u ∈ C ∞ ([0, L] × [a, +∞[) pour tout a > 0 et que les dérivées
partielles de u s’obtiennent en dérivant la série définissant u par (3.16) terme à terme, d’où
∂u ∑ k 2 π 2
+∞
k2π2 kπ
= − 2 exp(− 2 t) sin( x),
∂t k=1
L L L
Problème aux limites d’évolution 41
( 2 2 )
∂ 2u ∑
+∞
k2π2 k π kπ
= exp(− 2 t) − 2 sin( x) .
∂x2 k=1
L L L
Nous en déduisons que l’équation (3.1) est satisfaite. Enfin les conditions (3.2) et (3.3)
sont trivialement satisfaites.
La fonction u définie par (3.16) est donc bien une solution de (3.1)-(3.3). Cette solution u
appartient à C ∞ ([0, L] × [a, +∞[) pour a > 0 arbitraire, donc u ∈ C ∞ ([0, L] × ]0, +∞[).
Proposition 3.5.2
Soit E l’énergie cinétique de l’équation de la cahleur où u est supposé être de classe C 2 sur
[0, L] × R+ . Nous avons alors:
d
E(t) ≤ 0. (3.17)
dt
Démonstration
Multiplions léquation (3.1) par u et intégrons par rapport à x, nous déduisons
∫ L ∫ L
∂u ∂ 2u
udx = udx.
0 ∂t 0 ∂x2
D’où nous tirons, en faisant une intégration par parties et en utilisant (3.20)
∫ L [ ]L ∫ L ( )2 ∫ L ( )2
1d ∂u ∂u ∂u
2
u dx = u − dx = − dx ≤ 0. (3.18)
2 dt 0 ∂x 0 0 ∂x 0 ∂x
Remarque 3.3 Nous déduisons de (3.18), que E est une fonction positive décroissante.
cela veut dire que nous avons une perte de l’énergie cinétique pour l’équation de la chaleur.
Cette perte d’énergie est la cause de la non réversibilité du temps de cette équation.
Proposition 3.5.3
La solution du problème (3.1)-(3.3) est unique si elle existe .
42 CHAPITRE 3. EQUATION DE LA CHALEUR
Démonstration
Nous allons montrer que la solution du problème (3.1)-(3.3) est unique. En effet la
différence entre deux solutions du problème (3.1)-(3.3) est solution de (3.1) et vérifie les
conditions
u(x, 0) = 0, (3.19)
Proposition 3.5.4 Soit u0 une fonction de classe C 1 par morceaux sur [0, L], (où L > 0)
et nulle en zéro et en L. Alors le problème:
”trouver u ∈ C ∞ ([0, L] × ]0, +∞[) vérifiant ( 3.1)-(3.3)”
admet une solution unique qui s’écrit sous la forme :
∑
∞
kπ k2 π 2
u(x, t) = ck sin( x) e− L2 t , ∀x ∈ [0, L], ∀t ∈ R∗+ ,
k=1
L
∫ L
2 kπ
avec ck = u0 (x) sin( x) dx, ∀k ≥ 1
T 0 L
Démonstration
Le résultat est imédiat à partir des deux propositions 3.5.1 et 3.5.3.
3.6 Discrétisation
Dans le cas unidimensionnel, nous avons montré dans le paragraphe 3.4, comment nous
pourrons déterminer la solution du problème (3.1)-(3.3) par une formule intégrale explicite.
Dans les cas bidimensionnel et tridimensionnel, nous ne pourrons calculer la solution par
une formule intégrale explicite, que si le domaine considéré a une forme très simple (demi-
plan, disque,..). Lorsque le domaine considéré n’a pas une forme simple, nous devons donc
chercher une approximation de la solution.
Dans ce paragraphe, nous allons appliquer la méthode des différences finies pour discrétiser
l’équation (3.1) par rapport à la variable d’espace x, en se plaçant dans le cas unidimen-
sionnel, x ∈ R, pour simplifier la présentation.
Discrétisation 43
Démonstration
Nous avons, pour tout j ∈ {1, 2, .., N }, que
A N U p = λp U p .
Par conséquent, U p est le vecteur propre de AN associé à la valeur propre λp .
Proposition 3.6.3
Le système différentiel (3.22) admet une solution unique, elle est donnée par
∑
N
U (t) = (U 0 , U p )e−λp t U p ,
p=1
où (., .) désigne le produit scalaire Euclidien défini sur IRN où les scalaires λp sont donnés
par (3.24) et où les vecteurs U p de IRN sont définis par leurs composantes selon (3.25).
Démonstration
Nous obtenons, en faisant le produit scalaire des deux membres du système différentiel de
(3.22) par U p , les équations différentielles suivantes
d
( U (t), U p ) + (AN U (t), U p ) = 0, ∀p ∈ {1, 2, .., N } ,
dt
qui doivent vérifier les conditions initiales suivantes
αp (0) = (U 0 , U p ).
Il en résulte que
αp (t) = (U 0 , U p )e−λp t .
D’où, puisque (U p )1≤p≤N est une base orthogonale de IRN , (à vérifier).
∑
N
(U (t), U p ) ∑
N
(U 0 , U p )
U (t) = Up = e−λp t U p .
p=1
|U p |R2 p=1
|U p |R2
Remarque 3.4
Dans le cas bidimensionnel ou tridimensionnel et lorsque le domaine considéré n’a pas une
forme simple, les valeurs propres de la matrice AN obtenue après discrétisation en espace de
l’équation de la chaleur ne peuvent être calculées explicitement. Nous aonsv alors recours
à des méthodes numériques, il est donc inconcevable, lorsque N est grand de déterminer
toutes les valeurs propres et vecteurs propres de AN . Nous nous limitons alors au calcul
de quelques éléments propres de la matrice AN et nous négligeons les composantes de U (t)
suivant les vecteurs propres non calculés qui correspondent aux valeurs propres ”élevées”.
d’approximation non admissibles. C’est pour cette raison que nous avons recours à d’autres
méthodes numériques de résolution du problème (3.8) (3.9).
Une deuxième approche consiste à discrétiser l’équation aux dérivées partielles (3.8)) si-
multanément en temps et en espace.
∂u ∂ 2 u
− 2 = 0, (3.27)
∂t ∂x
au point Mnj ( voir chapitre 2).
Pour cela, nous posons vjn ≃ u(xj , tn ) et nous allons procéder pas de temps par pas de
temps, selon les temps croissants. Supposons donc que les valeurs vjn sont connues pour
tous les indices d’espace j et pour les instants 0( données initiales) 1, 2....n. Nous cherchons
maintenant vjn+1 .
Pour la dérivée en temps nous allons utiliser la différence finie décentrée:
( )n
∂u un+1
j − unj
= + 0(∆t), (3.28)
∂t j ∆t
précise au premier ordre seulement.
Pour la dérivée en espace nous allons utiliser la différence finie centrée:
( 2 )n
∂ u unj+1 − 2unj + unj−1
= + 0(∆x2 ). (3.29)
∂x2 j ∆x2
D’où le schéma, dit explicite:
Les deux schémas (3.30) et (3.32) étant à un pas de temps, ou à 2 niveaux, leur initialisation
nécessite la donnée d’une suite (vj0 )j∈Z . Celle-ci peut être obtenue grâce à condition initiale.
Dans le cas où la fonction u0 intervenant dans (3.9) est continue on peut choisir (vj0 )j∈Z
définie par:
∆t n+1 ∆t n+1
(1 + 2θ )vj − θ (v n+1
+ vj−1 ) = ..... (3.36)
∆x 2 ∆x2 j+1
La matrice symétrique est à diagonale dominante: elle n’est donc surement singulière et
outre elle est facile à factoriser.
Proposition 3.6.4
Soit u ∈ C 4 (R × ]0, +∞[), le schéma numérique (3.8) et (3.9) est d’ordre 1 pour θ ̸= 1
2
et
d’ordre 2 pour θ = 21 .
Démonstration
Soit u ∈ C 4 (R × ]0, +∞[) solution de (3.8). Nous avons, en faisant un développement
limité à l’ordre 3 :
∂u 1 ∂ 2u
u(xj , t + ∆t) − u(xj , t ) =
n n n
(xj , t )∆t + 2
(xj , tn )∆t2 + O(∆t3 ).
∂t 2 ∂t
En outre
∂ 2u
u(xj + ∆x, tn ) − 2u(xj , tn ) + u(xj − ∆x, tn ) = (xj , tn )∆x2 + O(∆x4 ).
∂x2
De même
∂2u
u(xj + ∆x, t n+1
) − 2u(xj , t n+1
) + u(xj − ∆x, t n+1
)= 2
(xj , tn+1 )∆x2 + O(∆x4 ).
∂x
48 CHAPITRE 3. EQUATION DE LA CHALEUR
Mais
∂ 2u n+1 ∂2u n ∂ 3u
(xj , t ) = (xj , t ) + (xj , tn )∆t + O(∆t2 ).
∂x2 ∂x2 ∂x2 ∂t
D’où, en utilisant (3.8):
[ ]
u(xj , tn+1 ) − u(xj , tn ) u(xj+1 , tn+1 ) − 2u(xj , tn+1 ) + u(xj−1 , tn+1 )
ϵnj = −θ
△t ∆x2
[ ]
u(xj+1 , tn ) − 2u(xj , tn ) + u(xj−1 , tn )
−(1 − θ)
∆x2
1 ∂ 2u ∂ 3u
= ∆t 2 (xj , tn ) − θ∆t 2 (xj , tn ) + O(∆t2 + ∆x2 )
2 ∂t ∂x ∂t
∂ 2u ∂3u 1 ∂3u
= 12 ∆t( (xj , t n
) − (xj , t n
)) + ( − θ)∆t (xj , tn ) + O(∆t2 + ∆x2 ).
∂t2 ∂x2 ∂t 2 ∂x2 ∂t
Mais
∂ 2u ∂ 3u ∂ ∂u ∂ 2 u
− = ( − 2 ) = 0.
∂t2 ∂x2 ∂t ∂t ∂t ∂x
D’où
{
1 ∂3u O(∆t + ∆x2 ) si θ ̸= 12
ϵnj = ( − θ)∆t 2 (xj , tn ) + O(∆t2 + ∆x2 ) =
2 ∂x ∂t O(∆t2 + ∆x2 ) si θ = 12 .
Proposition 3.6.5
Pour 0 ≤ θ < 12 , le schéma aux différences finies (3.35) est stable si et seulement si
∆t 1
≤ (3.37)
∆x2 2(1 − 2θ)
Pour θ ≥ 12 , le schéma aux différences finies (3.35) est inconditionnellement stable.
Démonstration
Discrétisation 49
∆t ( 2πiξ∆x −2πik∆xξ
)
b(ξ) = 1 − θ e − 2 + e ,
∆x2
∆t ( )
c(ξ) = 1 + (1 − θ) 2 e2πiξ∆x − 2 + e−2πik∆xξ .
∆x
Donc
∆t
b(ξ) = 1 + 4θ sin2 πξ∆x,
∆x2
∆t
c(ξ) = 1 − 4(1 − θ) sin2 πξ∆x.
∆x2
∆t
Posons λ = ∆x2
. Nous avons alors
4(1 − 2θ)λ ≤ 2.
D’où, pour 0 ≤ θ < 21 , la condition de stabilité s’écrit
∆t 1
≤ .
∆x2 2(1 − 2θ)
Pour θ ≥ 21 , le schéma aux différences finies (3.35) est inconditionnellement stable.
Nous voyons donc que la condition (3.37) ”s’allége” progressivement lorsque nous allons
du schéma explicite au schéma de Crank-Nicolson.
Remarque 3.5
2 ≤ 2 pour la stabilité du schéma explicite doit impérativemnt être
∆t 1
1) La contrainte ∆x
satisfaite
Or cette contrainte est pesante, voire redhibitoire: si nous voulons affiner raisonnablement
la discrétisation en espace, nous devons adopter un pas de temps ridiculement petit (pour
∆x = 0.1 il faut que ∆t = 0.005) d’où des calculs interminables. Nous lui préférons
50 CHAPITRE 3. EQUATION DE LA CHALEUR
T=n ∆ t M(X,T)
X− T X=j ∆ t X+ T x
λ λ
Figure 3.1:
Chapitre 4
EQUATION DE TRANSPORT
4.1 Introduction
Les phénomèmes de transport interviennent dans plusieurs problèmes physiques. Leur
modélisation physique débouchent très souvent sur des systèmes hyperboliques comme
par exemple les équations d’Euler ( les équations de la dynamique des gaz qui régissent
l’écoulement d’un gaz). Nous allons commencer, dans ce chapitre, l’étude de l’équation de
transport la plus simple, cest à dire l’équation de transport de premier ordre linéaire.
et donc
u(x, t) = u(x + c h, t + h)
Nous avons donc que la fonction u reste constante le long des courbes y = x + c h. Nous
avons donc la conservation de la concentration du polluant le long de ces courbes que nous
appelons les courbes caractéristiques.
Comme nous venons de le voir dans la section précédente, nous avons la conservation de
la quantité u le long des courbes caractériqtiques. Ces courbes s’obtienent en résolvant
léquation différentielle
dX(t)
= c, t ∈ R+ ,
dt (4.5)
X(0) = x0 .
Comme c est considéré comme une vitesse, ces courbes représentent le déplacement de la
quantité u à l’instant t qui se trouvait à t = 0 au point x0 . La solution de cette équation
différentielle s’obtient sans difficulté :
X(t) = c t + x0 . (4.6)
Nous pourrons réécrire cette relation d’une autre façon. Fixons t et x et calculons le x0
qui vérifie
c t + x0 = x,
c’est à dire
x0 = x − c t.
La relation (4.10) peut s’ćrire sous la forme
Théorème 4.3.1
Pour tout u0 de classe C 1 (R), le problème (4.4) admet une solution unique u de classe
C 1 (R × R+ ). Cette solution est donnée par
u(x, t) = u0 (x − ct), t ∈ R+ , x ∈ R.
54 CHAPITRE 4. EQUATION DE TRANSPORT
Nous allons essayer d’adapter au cas à coefficient variable la méthode des caractéristique
introduite dans le paragraphe précédent. Définisson d’abord la notion de courbe car-
actéristique.
Définition 4.3.1 Une courbe caractéristique X de l’équation de transport (4.12) est une
solution de léquation différentielle ordinaire
dX(t)
= c(X(t), t),
dt (4.13)
X(t0 ) = x0 .
Lorsqu’une solution de l’équation (4.13) existe et est unique nous la noterons X(t, t0 , x0 ).
Cette solution vérifie l’équation différentielle en la variable s
∂
X(s, t, x) = c(X(s, t, x), s).
∂s
Nous allons donner le lemme technique suivant:
Solution faible de l’équation d’advection à coefficient constant 55
Lemma 4.3.1 Soient T > 0, c est de classe C 1 sur R × [0, T ] et vérifiant la proriété
(4.15). Alors, ∀ t1 , t2 , t3 ∈ [0, T ] et x ∈ R, on a:
On peut aussi montrer que la solution de l’équation (4.13) vérifie l’équation de transport
∂X(s, t, x) ∂X(s, t, x)
+ c(X(s, t, x), t) = 0.
∂t ∂x
Maintenant, nous pourrons donner la solution générale de l’équation de transport.
Théorème 4.3.2 Pour toute fonction u0 ∈ C 1 (R), le problème (4.12) admet une unique
solution u ∈ C 1 (R × [0, T ]). Cette solution est donnée par
Preuve:
Comme le fonction u(X(t, 0, x), t) est constante d’après la proprièté (4.14), on a
En posant y = X(t, 0, x), on a x = X(0, t, y) de sorte que la relation (4.18) est équivalent
à la relation (4.17).
Preuve: Soit u une solution forte de (4.4). On multiplie l’équation (4.4) par φ et on
intégre par rapport à t et x. On obtient
∫ T∫ ( )
∂u(x, t) ∂u(x, t)
φ(x, t) +c dxdt = 0.
0 R ∂t ∂x
On pose ∫ ∫
T
∂u(x, t)
I= φ(x, t) dxdt,
0 R ∂t
56 CHAPITRE 4. EQUATION DE TRANSPORT
∫ T ∫
∂u(x, t)
J= cφ(x, t) dxdt.
0 R ∂x
En faisant une intégration par partie de I par rapport à t, on obtient
∫ T∫ ∫ [ ]T
∂φ(x, t)
I=− u(x, t) dxdt + u(x, t)φ(x, t) dt.
0 R ∂t R 0
Comme φ est à support compact, le second terme est nul. D’où le résultat.
Comme ϕ ∈ Φ, alors φ ∈ Φ.
Soit ϕ ∈ Φ et φ solution de (4.20). Puisque
∫ T∫
∂φ(x, t) ∂φ(x, t)
ω(x, t)( +c )dxdt = 0, ∀φ ∈ Φ,
0 R ∂t ∂x
on obtient ∫ ∫
T
ω(x, t)ϕ(x, t)dtdx = 0, ∀ϕ ∈ Φ.
0 R
Comme Φ est dense dans Lp (R × R+ ), on obtient w = 0 p.p. dans R×]0, T [
Théorème 4.4.2 Soit u0 ∈ Lp (R). Alors il existe une unique fonction u ∈ L∞ ([0, T ], Lp (R))
vérifiant:
∫ T∫ ∫
∂φ(x, t) ∂φ(x, t)
− u(x, t)( +c )dxdt = u0 (x)φ(x, 0)dx, (4.22)
0 R ∂t ∂x R
Preuve:
On rappelle, la formule
c
∂u
b(y, t)
(y, t) = 2iπy u
∂x
Admettons par ailleurs, que l’on puisse dériver (4.23) sous le signe ”somme” :
c
∂u ∂
= u b.
∂t ∂t
Alors, en appliquant la transformation de Fourier partielle F à l’équation (4.4), on obtient
l’équation différentielle ordinaire
( )
∂
ub(y, t) = −2icπyb
u(y, t).
∂t
La solution générale de cette équation, s’écrit
b(y, t) = A(y)e−2icπyt ,
u (4.24)
où A est une fonction arbitraire du ”paramètre” y.
Par ailleurs, en appliquant F à l’équation (4.5), on obtient
D’où finalement
u(x, t) = u0 (x − ct).
Problème discret 59
vjn+1 − vjn n
vj+1 − vj−1
n
−c = 0. (4.28)
∆t 2∆x
Mais on peut tout aussi bien appliquer le développement (4.27) à l’instant tn+1 plutôt qu’à
l’instant tn .
( )n+1
j+1 − uj−1
un+1 n+1
∂u
= + 0(∆x2 ). (4.29)
∂x j 2∆x
D’où le schéma, dit implicite:
1 n ∆t n
vjn+1 = ( vj+1 n
+ vj−1 )−c (v − vj−1
n
). (4.35)
2 2∆x j+1
En calculant b(ξ) et c(ξ), on trouve
b(ξ) = 1,
c(ξ) = cos(2π∆x) − ci ∆x
∆t
sin(2πξ∆x),
a(ξ) = cos(2π∆x) − ci ∆x sin(2πξ∆x).
∆t
On obtient ( )2
∆t
|a(ξ)| = cos(2πξ∆x) + c
2 2
sin(2πξ∆x) .
∆x
D’ou |a(ξ)|2 ≤ 1 si |c| ∆x
∆t
≤ 1. Donc le schéma est stable sous la condition |c| ∆x
∆t
≤ 1.
Cette condition est dite la condition de Courant- Friedricks-Levy(CFL du nom des trois
mathématiciens auxquels on doit ce résultat) qui est donc une condition nécessaire de
convergence,
Problème discret 61
On obtient
1
|a(ξ)|2 = ( )2 < 1
∆t
1+ c ∆x sin(2πξ∆x)
D’où le schéma est inconditionnellement stable.
Pour l’initialisation de ce schéma on utilise la suite (vj0 )j∈Z définies par (4.31) ou (4.32) .
On montre que le schéma est stable si θ ≥ 12 .
62 CHAPITRE 4. EQUATION DE TRANSPORT
63
Chapitre 5
5.1 Introduction
Dans notre étude des équations aux dérivées partielles et leur approximation par des
différences finies, nous allons maintenant aborder un nouveau chapitre: celui des problèmes
hyperboliques linéaires du second ordre, dont le modèle sera l’équation des cordes vibrantes
ou équations des ondes à une dimension d’espace:
∂ 2u 2
2∂ u
− c = 0, x ∈ R t > 0. (5.1)
∂t2 ∂x2
Cette équation régit le mouvement d’une corde de longueur L, fixée en ses extrémités,
d’abscisse 0 et L le long d’un axe (Ox). Nous supposons que cette corde initialement
tendue est élastique et qu’elle se déforme dans un plan (Oxy). Son état de mouvement est
décrit par la fonction u(x, t) qui représente, à l’instant t, le déplacement transversal, par
rapport à la position d’équilibre, du point√ d’abscisse x. Le paramètre c désigne la célérité
des ondes dans la corde donnée par c = Tρ où T est la tension de la corde et ρ est la
masse linéique de celle-ci.
La corde étant fixée à ses extrémités, nous rajoutons les conditions aux limites suivantes :
En outre, nous fixons les conditions initiales qui précisent la position et la vitesse initiale
des points constituant la corde :
{
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ [0, L] ,
∂ (5.3)
u(x, 0) = u1 (x), x ∈ [0, L] .
∂t
64 CHAPITRE 5. EQUATIONS DES COURDES VIBRANTES
Evidemment, ces conditions initiales ne peuvent pas être quelconques. Elles doivent, en
particulier, vérifier les conditions aux limites:
{
u0 (0) = u0 (L) = 0,
(5.4)
u1 (0) = u1 (L) = 0.
Ainsi, nous obtenons le problème aux limites d’évolution suivant:
2 2
∂ u 2∂ u
− c = 0, (x, t) ∈ ]0, L[ × R∗+ ,
∂t2 ∂x 2
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ [0, L] ,
(5.5)
∂u
(x, 0) = u1 (x), x ∈ [0, L] ,
∂t
u(0, t) = u(L, t) = 0, t ∈ R∗+ .
Dans le cas d’une corde de ”longueur infinie” nous somme conduits au problème suivant,
dit problème de cauchy pour l’équation des cordes vibrantes:
2
∂ u 2
2∂ u
− c = 0, (x, t) ∈ R × R∗+ ,
∂t 2 ∂x 2
(5.6)
u(x, 0) = u0 (x), x ∈ R,
∂ u(x, 0) = u1 (x), x ∈ R.
∂t
Pour la résolution analytique des problèmes (5.5) et (5.6) nous commençons par chercher la
solution générale de classe C 2 de l’équation (5.1) pour (x, t) ∈ R×R∗+ puis nous donnons une
solution élémentaire de l’équation des cordes vibrantes. Ensuite, nous nous intéresserons
à la recherche de la solution du problème de Cauchy (5.6). Enfin, nous aborderons le
problème des conditions aux limites et nous chercherons une solution sous la forme d’une
série trigonométrique pour le problème (5.5).
∂ 2u 2
2∂ u
− c = 0, x ∈ R, t > 0. (5.7)
∂t2 ∂x2
pour laquelle nous cherchons des solutions de classe C 2 . Nous avons le résultat suivant:
Proposition 5.1.1
Toutes les solutions du problème (5.7), appartenant à C 2 (IR, ]0, +∞[), sont de la forme:
Démonstration
Soit u ∈ C 2 (IR, ]0, +∞[) solution du problème (5.7).
Considérons le changement de variables suivant:
X +Y Y −X
x= , t= . (5.9)
2 2c
Posons
X +Y Y −X
v(X, Y ) = u( , ) = u(x, t) (5.10)
2 2c
Il est clair que nous avons:
∂u ∂v ∂v
(x, t) = (X, Y ) + (X, Y ),
∂x ∂X ∂Y
( )
∂u ∂v ∂v
(x, t) = c − (X, Y ) + (X, Y ) ,
∂t ∂X ∂Y
et que
2 ( 2 )
∂ u ∂ v ∂2v ∂2v
(x, t) = +2 + (X, Y ),
∂x2 ∂X 2 ∂X∂Y ∂Y 2
( 2 )
∂ 2u ∂ v ∂ 2v ∂ 2v
(x, t) = c 2
−2 + (X, Y ),
∂t2 ∂X 2 ∂XY ∂Y 2
et l’équation (5.7) donne alors
∂ 2u 2
2∂ u
2
2 ∂ v
− c = −4c . (5.11)
∂t2 ∂x2 ∂X∂Y
L’équation (5.11) s’intègre directement:
∫
∂ 2v ∂v
= 0 =⇒ = F (Y ) =⇒ v(X, Y ) = F (Y )dY + g(X)
∂X∂Y ∂Y
Nous posons ∫
f (Y ) = F (Y )dY
Nous obtenons
v(X, Y ) = f (Y ) + g(X)
66 CHAPITRE 5. EQUATIONS DES COURDES VIBRANTES
∂ 2E 2
2∂ E
− c = δx,t , (5.14)
∂t2 ∂x2
où δx,t est la distribution définie , pour φ ∈ D(R2 ) par
Proposition 5.1.2
La distribution associée à la fonction E définie par
{ 1
2c
, si |x| < ct,
E(x, t) =
0, si |x| > ct,
est une solution de (5.14).
Problème de Cauchy 67
Démonstration
Soit φ ∈ D(IR2 ). Nous avons
⟨ 2 2
⟩ ⟨ ⟩ ∫ ∫
∂ E 2∂ E ∂ 2φ 2
2∂ φ 1 ∂ 2φ 2
2∂ φ
− c , φ = E, − c = ( − c )dxdt.
∂t2 ∂x2 ∂t2 ∂x2 2c |x|<ct ∂t
2 ∂x2
En utilisant le changement de variables (5.8), nous avons
⟨ 2 2
⟩ ∫∫
∂ E 2∂ E 1 ∂ 2 ψ dXdY
− c , φ = −4c 2
( ) ,
∂t2 ∂x2 2c X<0
Y >0
∂X∂Y 2c
−X
où ψ(X, Y ) = φ( X+Y
2
, Y 2c ).
La fonction φ étant à support compact, nous obtenons:
⟨ ⟩ ∫ [ ]0 ∫
∂ 2E 2
2∂ E ∂ψ ∂ψ
− c ,φ =− dY = − (0, Y )dY = − [ψ(0, Y )]+∞
0 = ψ(0, 0).
∂t2 ∂x2 Y >0 ∂Y −∞ Y >0 ∂Y
∂2E ∂2E
Ceci prouve que ∂t2
− c2 ∂x2 = δx,t .
Démonstration
La solution générale de (5.15) est donnée par (5.12). Les conditions initiales se traduisent
alors par
f (x) + g(x) = u0 (x) (5.17)
et
c(f ′ (x) − g ′ (x)) = u1 (x).
En integrant la dernière équation par rapport à x, nous obtenons
∫ x
c(f (x) − g(x)) = u1 (ξ)dξ + cK (5.18)
0
où K est une constante arbitraire. En résolvant les deux équations (5.17) et (5.18), nous
obtenons ( ∫ )
1 1 x
f (x) = u0 (x) + u1 (ξ)dξ + K
2 c 0
et ( ∫ )
1 1 x
g(x) = u0 (x) − u1 (ξ)dξ − K
2 c 0
expressions que nous reporterons dans (5.12). La constante K, qui apparait dans chacun
des deux termes précédent disparait dans leur somme. Regroupant les intégrales nous
trouvons finalement:
∫
1 1 x+ct
u(x, t) = [u0 (x + ct) + u0 (x − ct)] + u1 (ξ)dξ
2 2c x−ct
Preuve: Soit u une solution forte de (5.15). Nous multiplions la première équation de
(5.15) par φ et nous intégrons par rapport à t et x. Nous obtenons
∫ T∫
∂ 2 u(x, t) 2
2 ∂ u(x, t)
φ(x, t)( − c )dxdt = 0.
0 R ∂t2 ∂x2
Problème de Cauchy 69
Nous posons ∫ ∫
T
∂ 2 u(x, t)
I= φ(x, t) dxdt,
0 R ∂t2
∫ T ∫
∂ 2 u(x, t)
J= φ(x, t) dxdt.
0 R ∂x2
En faisant une intégration par partie de I par rapport à t, nous obtenons
∫ T∫ ∫
∂u(x, t) ∂φ(x, t)
I=− dxdt − u1 (x)φ(x, 0)dx.
0 R ∂t ∂t R
En refaisant une deuxième intégration par partie de I par rapport à t, nous obtenons
∫ T∫ ∫ ∫
∂ 2 φ(x, t) ∂φ(x, 0)
I= u(x, t) 2
dxdt − u1 (x)φ(x, 0)dx + u0 (x) dx
0 R ∂t R R ∂t
En faisant une intégration par partie de J par rapport à x, nous obtenons
∫ T∫ [∫ T ]+∞
∂φ(x, t)
J =− u(x, t) dxdt + u(x, t)φ(x, t)dt .
0 R ∂x 0 −∞
Comme φ est à support compact, le second terme est nul. De même en refaisant une
deuxième intégration par partie de J par rapport à x, nous obtenons
∫ T∫
∂ 2 φ(x, t)
J= u(x, t) dxdt.
0 R ∂x2
D’où le résultat.
Nous obtenons ∫ ∫
T
ω(x, t)ϕ(x, t)dtdx = 0, ∀ϕ ∈ Φ.
0 R
Théorème 5.2.2 Soient u0 ∈ L1loc (IR) et u1 ∈ L1loc (IR) la dérivée au sens des( distributions)
d’une fonction h ∈ L1loc (R). Alors il existe une unique fonction u ∈ L∞ [0, T ], L1 (R)
vérifiant:
∫ T ∫ ∫ ∫
∂ 2 φ(x, t) 2
2 ∂ φ(x, t) ∂φ(x, 0)
u(x, t)( − c )dxdt = u1 (x) dx − u0 (x)φ(x, 0)dx,
0 R ∂t2 ∂x2 R ∂t R
(5.30)
pour tout φ ∈ Φ. De plus
∫ x+ct
1 1
u(x, t) = [u0 (x + ct) + u0 (x − ct)] + u1 (ξ)dξ. (5.31)
2 2c x−ct
Remarque 5.2 1) La solution en un point M (x, t), t > 0 est déterminée d’après (5.16)
par une partie des données initiales, en l’occurence u0 en A et B et u1 sur le segment AB
où A et B sont les points du plan de coordonnées (x − ct, 0) et (x + ct, 0) ( voir figure 1).
On dit que le segment [A(x − ct, 0), B(x + ct, 0)] est le domaine de dépendence rattaché
au point M (x, t).
2) Les demi-droites C − et C + d’équation x − ct = cte et x + ct = cte , t > 0 sont appelées
les courbes caractéristiques de l’opérateur des cordes vibrantes.
3) Avec les notations de la figure 2 les données u0 et u1 sur A0 B0 déterminent la solution
u dans le triangle A0 M0 B0 doublement recouvert par les caractéristiques C − et C + issues
du segment [A0 , B0 ].
Problème de Cauchy 73
M(x,t)
A(x−ct,0) B(x+ct,0) X
M (x 0,t 0)
0
x
A0(x0−c t 0,0) B 0(x 0+ct 0,0)
avec f ∈ C 2 (]0, L[) et g ∈ C 2 (R∗+ ). En remplacant 5.34 dans l’equation des ondes 5.32, on
obtient alors
f (x) g ′′ (t) = c2 f ′′ (x)g(t), ∀(x, t) ∈]0, L[×R∗+ .
Au points où u(x, t) ̸= 0 seci s’écrit comme :
1 g ′′ (t) f ′′ (x)
= , ∀(x, t) ∈]0, L[×R∗+ .
c2 g(t) f (x)
76 CHAPITRE 5. EQUATIONS DES COURDES VIBRANTES
D’ou f (0) = f (L) = 0 (car g ̸= 0) et par suite résoudre (5.32) par la méthode de séparation
de variables est équivalent à résoudre les équations différentielles ordinaire suivantes :
La première E.D.O (5.35) est exactement la même équation et les mêmes conditions aux
limites que (3.13). On a donc les mêmes solutions
nπ
fn (x) = An sin( x), ∀n ∈ N∗ ,
L
associées aux valeurs de λ suivantes :
( )2
nπ
λn = − ,
L
avec An est un nombre réel quelconque.
Maintenant connaissant λn on peut résoudre l’équation différentielle (5.36) :
nπ nπ
gn′′ (t) = λn c2 gn (t), ∀t ∈ R∗+ ⇐⇒ gn (t) = Bn sin( c t) + Dn cos( c t), ∀t ∈ R∗+
L L
avec Bn et Dn sont des constantes
( réel quelconque. )
nπ nπ nπ
De ce qui précède, un (x, t) = αn sin( L c t) + βn cos( L c t) sin( x), où αn et βn sont
L
des constantes réel quelconque, est une suite infinie de solution non nulles de de l’équation
des ondes (5.32) pour les quelles les conditions aux limites sont satisfaites mais pas la
condition initiale.
L’équation étant linéaire, la somme de plusieurs solutions de l’équation (5.32) est toujours
solution de cette équation. Donc
∑ ∞ ( )
kπ kπ kπ
u(x, t) = αk sin( c t) + βk cos( c t) sin( x), ∀x ∈ [0, L], ∀t ∈ R∗+ , (5.37)
k=1
L L L
Problème aux limites d’évolution 77
est une solution de l’équation (5.32) qui satisfaites les conditions aux limites (à condition
que cette somme soit convergente: voir section 5.3.2). Il faut maintenant déterminer les
coefficients αn et βn grâce aux conditions initiales, ce qui donne :
∑
∞
kπ
βk sin( x) = u0 (x), ∀x ∈ [0, L],
k=1
L
∑
∞
kπ kπ
αk c sin( x) = u1 (x), ∀x ∈ [0, L],
k=1
L L
en remarquant que
∫ {
L
kπ nπ 0 si n ̸= k,
sin( x) sin( x)dx = L
0 L L 2
si n = k,
on trouve
∫ L
2 nπ
βn = u0 (x) sin( x) dx, ∀n ≥ 1, (5.38)
L 0 L
∫ L
2 nπ
αn = v0 (x) sin( x) dx, ∀n ≥ 1. (5.39)
nπc 0 L
de la méthode des séries de Fourier à la résolution de l’équation des cordes vibrantes, nous
assurer que la résolution formelle est justifiée. Nous constaterons que, pour que cette
méthode soit applicable, les fonctions u0 (x) et u1 (x) doivent être suffisamment dérivables.
En particulier, des conditions suffisantes pour la validité de la méthode sont données par
le théorème suivant:
Proposition 5.3.1
Supposons que u0 (x) ∈ C 4 ([0, L]), u1 (x) ∈ C 3 ([0, L]), u0 (0) = u0 (L) = 0, u′′0 (0) = u′′0 (L) =
0 et u1 (0) = u1 (L) = 0 alors il existe une solution de l’équation des cordes vibrantes (5.32)
de Classe C 2 ([0, L] × R+ ). Cette solution est données par (5.37).
Démonstration
Soient αn et βn les coefficients définis par les relations (5.38) et (5.39).
Les fonctions u0 et u1 , étant, respectivement de classe C 4 ([0, L]) et C 3 ([0, L]), les coefficients
αn et βn vérifient:
Cte Cte
|αn | < 4
et n |βn | < 3 .
n n
Donc la série (5.37), ainsi que les séries obtenues en la dérivant terme à terme par rapport
à x et par rapport à t jusqu’à l’ordre 2 convergent absolument et uniformement sur tout
2 2
intervalle vers u(x, t), ∂∂xu2 (x, t), ∂∂t2u (x, t), respectivement.
Nous avons ainsi:
∂ 2u ∑∞
(x, t) = − (nωc)2 sin(nωx) [αn cos(nωct) + βn sin(nωct)] ,
∂t2 n=1
∂ 2u ∑∞
(x, t) = − (nω)2 sin(nωx) [αn cos(nωct) + βn sin(nωct)] .
∂x2 n=1
Donc:
∂2u 2
2∂ u
− c = 0.
∂t2 ∂x2
La série (5.37) est donc une solution de l’équation des cordes vibrantes (5.32) de Classe
C 2 ([0, L] × R+ ).
qui peut être interprétée comme étant l’énergie totale de la corde en mouvement dès que
ρ désigne la masse linéique de la corde et T la tension dans celle-ci ( ρ et T constants voir
Chapitre 1).
Proposition 5.3.2
Soit E l’énergie totale de la corde en mouvement définie par (5.40) où u est supposé être
de classe C 2 ([0, L] × R+ ). Nous avons alors:
d
E(t) = 0. (5.41)
dt
Démonstration
Multiplions l’équation CV par ∂u
∂t
et intégrons la par rapport à x de 0 à L à t fixé. Il vient,
2
après division par c :
∫ ∫ L
1 L ∂u ∂ 2 u ∂u ∂ 2 u
dx − dx = 0. (5.42)
c2 0 ∂t ∂t2 0 ∂t ∂x
2
Nous posons
∫ L
∂u ∂ 2 u
I(t) = 2
dx,
0 ∂t ∂t
et
∫ L
∂u ∂ 2 u
J(t) = 2
dx.
0 ∂t ∂x
∫L
Nous remarquons que I est la dérivée par rapport à t de 0 21 ( ∂u∂t
)2 dx
Quant à J, nous l’intégrons par parties:
[ ]L ∫ L ∫ L
∂u ∂u ∂u ∂ 2 u d 1 ∂u 2
J(t) = − dx = − ( ) dx.
∂t ∂x 0 0 ∂x ∂x∂t dt 0 2 ∂x
Compte tenu de ce que , u étant nul à tout instant t en x = 0 et en x = L, il en est de
même de sa dérivée par rapport à t. Enfin, rappelons que d’après le chapitre I, nous avons
1 ρ
= et multiplions (5.42) par T . Il vient
c2 T
d
E(t) = 0. (5.43)
dt
Remarque 5.3 L’énergie totale de la corde en mouvement définie par (5.40) peut être
décomposée comme suit
où
∫ L
1 ∂u 2
Ec (t) = ( ) ρdx, (5.45)
0 2 ∂t
désigne l’énergie cinétique et
∫ L
1 ∂u 2
Ep (t) = T ( ) dx, (5.46)
0 2 ∂x
désigne l’énergie potentiel de déformation élastique de la corde en mouvement.
En effet, dans le cadre de l’hypothèse de petites perturbations ∂u ∂t
(x, t) représente la vitesse
∂u
(transversale) et ∂x (x, t) représente la déformation du point x de la corde considérée, à
l’instant t.
Le résultat (5.44) s’interpréte comme une loi de conservation de l’énergie totale E(t) =
Ec (t) + Ep (t) = cte, en l’absence d’apport d’énergie en provenance de l’extérieur.
Proposition 5.3.3
La solution du problème (5.32) est unique si elle existe.
Démonstration
Grâce à la linéarité du problème (5.32), il nous suffit de prouver que le problème homogène
associé, c’est à dire celui qui correspondond au cas u0 = 0 et u1 = 0, n’admet que la
solution identiquement nulle. Le problème homogène associé correspond à E(0) = 0 d’où
E(t) = 0 pour tout t ≥ 0.
Les quantités Ep et Ec étant toutes les deux strictement positives, nous pourrons donc
affirmer que Ep (t) = 0. Nous en déduisons que ∂u ∂x
= 0 et que u = u(t). La condition u = 0
à l’une au moins des extrémités impose finalement u = 0 partout.
Nous aurons pu aboutir au même résultat en utilisant le fait que Ec (t) = 0 qui implique
que ∂u∂t
= 0 d’où u = u(x). La condition u0 = 0 permettrait alors de conclure que u est
identiquement nul.
D’où le résultat l’unicité annoncé.
Proposition 5.3.4
Supposons que u0 (x) ∈ C 4 ([0, L]), u1 (x) ∈ C 3 ([0, L]), u0 (0) = u0 (L) = 0, u′′0 (0) = u′′0 (L) =
0 et u1 (0) = u1 (L) = 0 alors il existe une solution unique de l’équation des cordes vibrantes
(5.32), qui est de Classe C 2 ([0, L] × R+ ). Cette solution est données par :
∑∞ ( )
kπ kπ kπ
u(x, t) = αk sin( c t) + βk cos( c t) sin( x), ∀x ∈ [0, L], ∀t ∈ R∗+ ,
k=1
L L L
avec
Problème discret 81
∫ L
2 kπ
βk = u0 (x) sin( x) dx, ∀k ≥ 1,
L 0 L
∫ L
2 kπ
αk = v0 (x) sin( x) dx, ∀k ≥ 1.
kπc 0 L
Démonstration
Le résultat est imédiat à partir des deux propositions 5.3.1 et 5.3.3.
∂ 2u 2
2∂ u
− c =0 (5.47)
∂t2 ∂x2
au point Mnj ( voir chapitre 2).
Pour cela, nous posons vjn ≃ u(xj , tn ) et nous allons procéder pas de temps par pas de
temps, selon les temps croissants. Supposons donc que les valeurs vjn sont connues pour
tous les indices d’espace j et pour les instants 0( données initiales) 1, 2....n. Nous cherchons
maintenant vjn+1 .
Pour la dérivée en temps et en espace nous allons utiliser la différence finie centrée:
( )n
∂ 2u un+1
j − 2unj + ujn−1
= + 0(∆t2 ), (5.48)
∂t2 j ∆t2
( )n
∂ 2u unj+1 − 2unj + unj−1
= + 0(∆x2 ). (5.49)
∂x2 j ∆x2
D’où le schéma, dit explicite
vj1 − vj0
= u1 (j∆x), j ∈ Z. (5.54)
∆t
Si u0 et u1 sont discontinues, localement sommables, nous pourrons par exemple prendre:
∫ (j+ 12 )∆x
1
vj0 = u0 (x)dx, j ∈ Z, (5.55)
∆x (j− 12 )∆x
vj1 −vj0
et une formule analogue pour ∆t
∫
vj1 − vj0 1 (j+ 12 )∆x
= u1 (x)dx, j ∈ Z. (5.56)
∆t ∆x (j− 12 )∆x
Le point fondamental est que cela nécessite une condition sur ∆x et ∆t et plus précisement
∆t
sur le rapport λ = ∆x qui ne doit pas être trop grand, comme nous allons le voir .
Pour le schéma (5.50,5.53,5.54), la valeur au point Mjn de l’approximation vjn au point xj
n−1
à l’instant tn dépend des quantités vj+1 n−1
, vjn−1 , vj−1 . Ainsi en remontant le temps, nous
voyons que vjn dépend des conditions initiales u0 et u1 sur l’intervalle [xj − n∆x, xj + n∆x]
.
Théorème 5.4.1
Une condition nécessaire de convergence du schéma (5.50,5.53,5.54) est que
∆t
≤ 1. c (5.57)
∆x
Cette condition est dite la condition de Courant- Friedricks-Levy(CFL).
Problème discret 83
M(X,T)
Qλ (X + Tλ , 0) x
Pλ (X − Tλ , 0)
Figure 5.3:
84 CHAPITRE 5. EQUATIONS DES COURDES VIBRANTES
Démonstration
Soit ua (M ) la valeur approchée de u en un point du demi-plan R × R+ de coordonnées
∆t
(X, T ). Si le schéma converge et si λ = ∆x , nous obtenons
[ une valeur approchée
] qui
dépend seulement des valeurs u0 et u1 sur l’intervalle Pλ = X − Tλ , Qλ = X + Tλ obtenu
sur l’axe t = 0 en menant par M (X, T ) les droites de pentes ±λ. ( voir figure 5.3).
Or d’après la remarque 5.2, la valeur exacte de u au point M dépend des valeurs u0 et
u1 sur l’intervalle [P = X − cT, Q = X + cT ] où M P et M Q sont les caractéristiques de
pente c et −c. Or la solution approchée ne peut être acceptable que si le domaine de
dépendance numérique [Pλ , Qλ ] couvre la domaine de dépendance exact [P, Q] . Ceci se
traduit par l’inégalité λ ≤ 1c , où encore:
∆t
c ≤1
∆x
qui est donc une condition nécessaire de convergence, dite condition de Courant-Friedricks-
Levy ou condition de CFL( du nom des trois mathématiciens auxquels on doit ce résultat).
Remarque 5.4 Nous démontrons que la condition de CFL (5.57) est suffisante pour la
convergence, sous des hypothèses raisonnables sur u0 et u1 .
Remarque 5.5 i) Le schéma (5.58) est invariant si l’on change le sens du temps. On
dit que c’est un schéma centré. Cela est conforme aux propriétés de l’équation des CV
invariante par changement du sens du temps.
ii) Nous démontrons que le schéma de Newmark est stable sous la condition de CFL suiv-
ante:
Problème discret 85
( ) 12
∆t 1
c ≤
∆x 1 − 4θ
si 0 < θ < 14 et il est inconditionnellement stable si 1
4
< θ < 12 .
iii) Si θ = 0, nous retrouvons le schéma (5.50)
86 CHAPITRE 5. EQUATIONS DES COURDES VIBRANTES
87
Chapitre 6
EQUATION HYPERBOLIQUE
NON LINEAIRE
6.1 Introduction
Les phénomèmes de transport interviennent dans plusieurs problèmes physiques. Leur
modélisation physique débouchent très souvent sur des systèmes hyperboliques comme
par exemple les équations d’Euler ( les équations de la dynamique des gaz qui régissent
l’écoulement d’un gaz). En effet, considérons un fluide parfait compressible. Alors un
écoulement unidimensionnel est modélisé, en coordonnées Eulériennes, par :
qui, bien que beaucoup plus simple à étudier, présente les mêmes caractères fondamentaux
que le système précédent.
Dans ce chapitre, nous nous intéressons aux équations scalaires de la forme (6.1) où f est
une fonction régulière de u. Cette équation traduit la conservation de la quantité u. On
dit qu’il s’agit d’une loi de conservation. Plus particulièrement, nous nous intéresserons à
l’équation aux dérivées partielles de Bürgers :
∂u ∂ u2
+ ( ) = 0,
∂t ∂x 2
Notre objectif est de résoudre le problème de Cauchy, qui consiste à trouver une fonction
u(x, t) telle que l’on ait :
∂u(t, x) ∂
+ (f (u(t, x))) = 0, ∀x ∈ R, ∀t > 0,
∂t ∂x
u(x, 0) = u0 (x), ∀x ∈ R,
où la condition initiale u0 est une fonction donnée.
Jusque là, nous avons fait l’hypothèse que le flux avait la forme f (u(x, t)). Pour beaucoup
de problèmes issus de la physique, il est plus réaliste de supposer que l’on
∂u(t, x) ∂ ∂ 2u
+ (f (u(t, x))) − ϵ 2 = 0, (6.2)
∂t ∂x ∂x
où ϵ est un petit paramètre strictement positif ce qui permet de tenir compte des effets de
dissipation de l’énergie et de dispersion. Par analogie avec la dynamique des gaz, on dit
qu’il s’agit d’un terme de viscosité.
L’équation (6.1) est en fait la limite de l’équation visqueuse (6.2) lorsque le paramètre
de viscosité ϵ tend vers 0. Or, contrairement à l’équation (6.1), l’équation (6.2) admet
une solution unique et très régulière comme la solution de l’équation de la chaleur. Cette
remarque, très importante, nous permettra de repérer la solution physique parmi toutes
les solutions faibles de l’équation (6.1).
C’est la forme non conservatrice qui est dite quasilinéaire, c’est à dire non linéaire mais
linéaire par rapport aux dérivées d’ordre 1. Ces deux formes sont certes équivalentes dans le
cas de la solution de classe C 1 , mais elles ne seront pas équivalentes dans le cas discontinue.
On associe à cette équation la condition initiale
Définition 6.2.1 On dit que u est solution classique de l’équation (6.3) dans un domaine
ouvert Q de R × R+ si c’est une fonction C 1 de x et t dans Q et si elle satisfait (6.3) point
par point dans Q.
Nous allons montrer que le problème (6.3)-(6.5) admet, au moins pour t < T ≤ +∞, une
solution classique (on parle de solution classique locale si T < +∞) et que celle ci peut
être construite par la méthode des caractéristiques.
Comme nous venons de le voir dans le chaiptre IV, nous avons la conservation de la quantité
u le long des courbes caractéristiques. Ces courbes s’obtienent en résolvant l’équation
différentielle
dX(t)
= f ′ (u(X(t), t)), t ∈ R+ ,
dt (6.7)
X(t0 ) = x0 .
Comme f ′ (u) est considéré comme une vitesse, ces courbes représentent le déplacement
de la quantité u à l’instant t qui se trouvait à t = t0 au point x0 . Nous supposons que
l’équation (6.7) admet une solution unique que nous noterons par X(t, t0 , x0 ). Nous fixons
90 CHAPITRE 6. EQUATION HYPERBOLIQUE NON LINÉAIRE
Remarque 6.2.2 On représente toujours les droites caractéristiques dans le plan (x, t)
et non dans le plan (t, x). La pente de la droite d’équation (6.14) est donc a(u01(ξ)) . En
particulier, si a(u0 (ξ)) = 0, la droite caractéristique issue de ξ est verticale.
Pour que la méthode des caractéristique définisse sans ambiguité la valeur de la solution
au point (x, t), il faut qu’il n’y ait qu’une droite caractéristique qui passe par ce point.
Ceci nous améne à introduire la fonction
Notons que a0 (ξ) peut s’interpréter comme la vitesse de propagation initiale de la solution
au point ξ : nous l appelerons vitesse initiale. La caractéristique associée passant par le
point (ξ, 0) a pour équation
x = a0 (ξ)t + ξ
Preuve:
On fixe t ∈ R+ . Si a0 est croissante, la fonction continue:
ξ → F (ξ) = ξ + a0 (ξ)t
lim F (ξ) = ±∞
ξ→±∞
Pour tout couple (x, t), il existe donc un unique ξ(x, t) tel que
et donc
[ ]
∂u ′ ∂u ′ ∂ξ ∂ξ
(x, t) + f (u(x, t)) (x, t) = u0 (ξ(x, t)) (x, t) + a0 (ξ(x, t)) (x, t) (6.18)
∂t ∂x ∂t ∂x
Or, en dérivant l’équation(6.17) par rapport à x et t, nous obtenons
∂ξ
(x, t)[1 + a′0 (ξ(x, t))t] = 1
∂x
(6.19)
∂ξ
(x, t)[1 + a′0 (ξ(x, t))t] = −a0 (ξ(x, t))
∂t
Mais par hypothèse
a′0 (ξ(x, t)) ≥ 0
on déduit que la quantité entre crochets dans (6.19) reste positive pour tout t ≥ 0 et on
déduit de (6.18) que l’équation (6.3) est vérifiée pour tout temps positive.
Remarque 6.2.3 Lorsque f est convexe, f ′ est croissante et la condition a0 est croissante
devient simplement u0 est croissante.
Exemple
Considérons par exemple la condition initiale suivante:
0 si x ≤ 0
u0 (x) = x
si 0 ≤ x ≤ α
α
1 si x ≥ α
où α est un réel strictement positif. Nous nous permettons de considérer une donnée initiale
qui n’est que C 1 par morçeaux en vertu de la remarque 2.1. On veut résoudre le problème
2
de Cauchy (6.3)-(6.5) pour l’équation de Burgers (f (u) = u2 ). D’après (6.17), la droite
caractéristique issue de (ξ, 0) a pour équation:
ξ si ξ ≤ 0
x= ξ
(t + α) si 0 ≤ ξ ≤ α
α
ξ+t si ξ ≥ α
t
α x
Résolution du problème de Cauchy 93
On en déduit bien sûr que la vitesse initiale a0 est elle même bornée.
Preuve:
Nous commençons par montrer l’existence d’une unique solution classique locale pour 0 <
t < t∗ . On reprend en fait la démonstration du théorème 2.1. Pour tout t < t∗ , la fonction
ξ → F (ξ) définie dans la preuve du théorème 2.1 est strictement croissante (sa dérivée - cf.
(6.16)- est supérieure à 1 − t/t∗ ) et tend vers ±∞ quand ξ → ±∞ (le lecteur notera que
c’est l’hypothèse technique (6.20) qui permet de le garantir). Elle définit donc à nouveau
une bijection de R dans R. L’équation (6.17) admet alors une solution ξ(x, t) unique, ce
qui permet d’établir l’existence d’un solution classique u pour t ∈ [0, t∗ [. Notons que,
d’après les formules (6.19), les dérivées de la solution classique tendent vers l’infini lorsque
t tend vers t∗ . Démontrons directement que la solution classique ne peut exister au delà
du temps t∗ . Soit tmax , le temps maximum d’existence d’une solution classique, défini par
{ }
tmax = sup t > 0/il existe une solution classique sur R+ × [0, t[
94 CHAPITRE 6. EQUATION HYPERBOLIQUE NON LINÉAIRE
−t
− x
ξ1 x ξ2
Nous savons déjà que tmax ≥ t∗ . Supposons qu’il existe ξ2 > ξ1 tels que a0 (ξ1 ) > a0 (ξ2 ).
Alors, les droites caractéristiques issues des points ξ1 et ξ2 se croisent à l’instant t̄ et au
point x̄ donnés par :
ξ2 − ξ1
t̄ = ,
a0 (ξ1 ) − a0 (ξ2 )
x̄ = ξ + a (ξ )t̄ = ξ + a (ξ )t̄
1 0 1 2 0 2
S’il existe une solution classique u jusqu’à l’instant t̄, elle devrait vérifier simultanément
u(x̄, t̄) = u0 (ξ1 ) et u(x̄, t̄) = u0 (ξ2 ) ce qui est impossible ( comme a0 (ξ1 ) > a0 (ξ2 ). Donc
t̄ ≥ tmax .
Soit ξ tel que a′0 (ξ) < 0. Pour h > 0 assez petit, on a nécessairement a0 (ξ + h) < a0 (ξ) et
donc d’après ce qui précède avec ξ1 = ξ et ξ2 = ξ2 + h
h 1
tmax ≤ ⇒ tmax ≤ ′
a0 (ξ) − a0 (ξ + h) a0 (ξ)
(en faisant tendre h vers 0). Ceci étant vrai pour tout ξ, on en déduit que tmax ≤ t∗ .
t t
t=0
t= α/2
t= α
1
t= α
α x α x
Preuve:
Soit u une solution forte de (6.6). Nous multiplions l’équation (6.3) par φ et nous intégrons
par rapport à t et x. Nous obtenons
∫ T∫
∂u(x, t) ∂f (u(x, t))
φ(x, t)( + dxdt = 0.
0 R ∂t ∂x
96 CHAPITRE 6. EQUATION HYPERBOLIQUE NON LINÉAIRE
Nous posons ∫ ∫
T
∂u(x, t)
I= φ(x, t) dxdt,
0 R ∂t
∫ T ∫
∂f (u(x, t))
J= φ(x, t) dxdt.
0 R ∂x
En faisant une intégration par partie de I par rapport à t, nous obtenons
∫ T∫ ∫
∂φ(x, t)
I=− u(x, t) dxdt − [u(x, t)φ(x, t)]T0 dx.
0 R ∂t R
Puisque φ = 0, on obtient
∫ T ∫ ∫
∂φ(x, t)
I=− u(x, t) dxdt − u0 (x)φ(x, 0)dx.
0 R ∂t R
Comme φ est à support compact, le second terme est nul. D’où le résultat.
pour tout φ ∈ Φ.
Définition 6.3.2 Soit O un ouvert borné de R × [0, +∞[.Une fonction v(x, t) est dite C 1
par morceaux sur O s’il existe un nombre fini de courbes Σ1 , ..., Σp de la forme :
{ (1) (2)
x = ξi (t), t ∈ [ti , ti ],
Σi :
où ξi est une fonction C 1 de t
telles que v soit égale à la restriction d’une fonction de C 1 (R2 ) dans chaque composante
connexe de O − Σ1 ∪ Σ2 · · · ∪ Σp . Une fonction v(x, t) est dite C 1 par morceaux sur
R × [0, +∞[ si elle est C 1 par morceaux sur tout ouvert borné de R × [0, +∞[.
Solutions faibles, Solutions entropiques 97
Notons que si une fonction v, C 1 par morceaux, peut admettre, à travers un nombre fini
de courbes Σj , des discontinuités en valeur ou en dérivée cette fonction, ainsi que ses
dérivées en temps et en espace admettent des limites de part et d’autre de ces courbes.
Nous pouvons maintenant considérer des solutions du problème qui soient seulement C 1
par morceaux. Nous allons voir cependant que les discontinuités d’une telle solution ne
sont pas arbitraires. Pour fixer les notations, si u est une fonction C 1 par morceaux dans
le plan (x, t) et Σ une courbe de discontinuité de u de la forme (ξ(t), t), on note :
• n la normale unitaire à Σ en (ξ(t), t) orientée vers les x positifs, de sorte que :
( ) ( )
nx 1 1
n= =√ (6.23)
nt 1 + s2 −s
où s = ξ ′ (t).
u−
n
u+
x
Nous pouvons maintenant démontrer le théorème suivant
Théorème 6.3.2 Soit u une fonction C 1 par morceaux dans R × [0, +∞[. Alors u est une
solution faible du problème de Cauchy (6.3)-(6.5) si et seulement si :
(i) u est une solution classique de (6.3)-(6.5) dans tout domaine où elle est C 1 .
(ii) u satisfait la condition :
′
ξ (t)(u+ − u− ) = f (u+ ) − f (u− ) (6.24)
Preuve:
Soit u une fonction C 1 par morceaux dans le plan (x, t) et Σ une courbe de discontinuité de
u . Soit alors K un ouvert borné que la courbe Σ partage en deux composantes connexes
K − et K + . Pour simplifier, on supposera que K est contenu dans le demi plan t > 0 mais
ceci n’est pas restrictif. Enfin, on suppose que u est C 1 dans l’adhérence de chacun des
ouverts K − et K + . Soit φ ∈ D(K). Comme u est régulière sur K − et K + :
t
Σ
−
K
+ Κ
K
D’où finalement :
∫ ∫ [ ]
∂φ(x, t) ∂φ(x, t) ∂u(x, t) ∂
u(x, t) + f (u(x, t)) dxdt = − φ(x, t) + (f (u(x, t))) dxdt
K ∂t ∂x K ∂t ∂x
∫
− ((u+ − n− )nt + (f (u+ ) − f (u− ))nx )φdγ
Σ
(6.25)
Le théorème s’en déduit. En effet, si u est une solution faible du problème (6.3)-(6.5), elle
satisfait l’équation (6.3) au sens des distributions dans K et au sens classique dans K − et
K + . Autrement dit :
∫ ∫
∂φ(x, t) ∂φ(x, t) ∂φ(x, t) ∂φ(x, t)
0= u(x, t) +f (u(x, t)) dxdt = u(x, t) +f (u(x, t)) dxdt
K ∂t ∂x K + ∪K − ∂t ∂x
Comme ceci est vrai pour tout φ ∈ D(K), on en déduit en utilisant l’expression exacte de
la normale (6.23) :
(u+ − u− )(−σ ′ (t)) + f (u+ ) − f (u− ) = 0,
Solutions faibles, Solutions entropiques 99
Par analogie à la dynamique des gaz, cette condition de choc est généralement appelée
condition de Rankine Hugoniot.
Preuve:
En effet, la condition de choc (6.24) est automatiquement satisfaite car on a toujours
u+ ≡ u− .
Exemple
Nous allons maintenant construire une solution faible globale pour la condition initiale de
l’exemple section 6.2.1. On rappelle qu’il existait une solution continue jusqu’au temps
t = α. La fonction u vaut alors :
{
1 si x < α,
u(x, α) =
0 si x > α.
100 CHAPITRE 6. EQUATION HYPERBOLIQUE NON LINÉAIRE
est bien solution du problème pour t > α. On a représenté ci-dessous les caractéristiques,
et la solution à différents temps.
t t
t=0
t= α
t= 2 α
1
t= α
α x α 3 α /2 x
On vérifie aisément à postériori que u est solution du problème, car c’est une solution
classique de l’équation de Bürgers là où elle est C 1 .
Solutions faibles, Solutions entropiques 101
Mais en suivant la démarche de l’exemple section 3.2, nous pouvons aussi calculer une
solution discontinue. La vitesse de propagation du choc est donnée par la relation
′ 1
ξ (t) = .
2
La solution qui en résulte est donc :
{
0 si x < 2t ,
u(x, t) =
1 si x > 2t .
x
_= 1 x
_ = 1/2
t t t t
x x
Solution continue Solution discontinue
Remarque 6.3.2 Il est intéressant de noter qu’une condition initiale discontinue peut
donner naissance à une solution continue. C’est encore un phénomène purement non-
linéaire.
Nous avons pu construire une deuxième solution au problème en introduisant une disconti-
nuité. En fait, on peut même construire une infinité de solutions si l’on admet trois courbes
de discontinuité.
En effet, pour tout γ < 1, la fonction suivante est solution du problème :
0 si x < γ2 ,
γ si γ2 t < x < 2t ,
u(x, t) =
1 − γ si 2t < x < (1 − γ2 ),
1 si x > (1 − γ2 )t.
En fait, la solution physique est la solution continue.
∂uϵ (t, x) ∂ ∂2
+ (f (uϵ (t, x))) − ϵ 2 (uϵ (x, t)) = 0, (6.27)
∂t ∂x ∂x
où ϵ est un petit paramètre strictement positif.
Nous admettrons que le problème de Cauchy constitué de l’équation (6.27) et de la condi-
tion initiale
u(x, 0) = u0 (x) p.p. x ∈ R (6.28)
où u0 ∈ L∞ (R), possède une solution unique uϵ qui appartient à L∞ (R × [0, +∞[). De
plus, uϵ est très régulière sur R×]0, +∞[ car c’est une équation parabolique. Sa solution se
comporte comme la solution de l’équation de la chaleur. Nous souhaitons donc caractériser
la solution physique de (6.26)-(6.28), comme limite de uϵ lorsque ϵ tend vers 0.
Lemma 6.3.1 Soit (uϵ )ϵ>0 une suite de solutions de (6.27) telles que :
et
uϵ → u quand ϵ → 0 presque partout dans R × [0, +∞[, (6.30)
alors u est solution au sens des distributions de l’équation (6.26).
Preuve:
En utilisant (6.29), (6.30) et le théorème de convergence dominée de Lebesgue, on vérifie
aisément que
uϵ ⇀ u
et que
f (uϵ ) ⇀ f (u),
′
au sens des distributions, c’est à-dire dans D (R × [0, +∞[).
Comme la dérivation est une opération continue dans l’espace des distributions, on en
déduit que :
∂uϵ ∂u
⇀ ,
∂t ∂t
∂ 2 uϵ ∂ 2u
⇀
∂x2 ∂x2
et
∂f (uϵ ) ∂f (u)
⇀
∂x ∂x
′
dans D (R × [0, +∞[). Le lemme s’en déduit.
Pour caractériser la limite u des solutions de l’équation visqueuse, on utilise un critère qui
repose sur la notion mathématique d’entropie. Précisons cela.
Solutions faibles, Solutions entropiques 103
Dès que U (.) et F (.) sont deux fonctions régulières reliées par la relation (ii) ci-dessus, si
u est une solution classique de l’équation (6.26) on a :
∂u ∂u
U ′ (u) + U ′ (u)f ′ (u) =0
∂t ∂x
d’où :
∂U (u) ∂F (u)
+ =0 (6.31)
∂t ∂x
En revanche, si u est une solution faible de (6.26), par exemple C 1 par morceaux, elle ne
satisfait pas en général l’équation (6.31) au sens des distributions. En effet, il faudrait
pour cela que la relation
s[U (u)] = [F (u)]
soit satisfaite le long de toute courbe de discontinuité de u. Cela est généralement incom-
patible avec la relation de Rankine-Hugoniot.
Par contre, lorsque U est convexe, on peut montrer que, si la solution faible u est construite
par passage à la limite sur l’équation avec viscosité, l’égalité (6.31) devient une inégalité
au sens des distributions. Plus précisément, on peut démontrer le théorème suivant.
Théorème 6.3.3 Soit (uϵ )ϵ>0 une suite de solutions régulières de (6.27) vérifiant (6.29)
et (6.30), et soit (U, F ) une entropie pour l’équation (6.26). Alors u vérifie
∂U (u) ∂F (u)
+ ≤0 (6.32)
∂t ∂x
au sens des distributions.
Preuve:
Comme uϵ est une solution régulière de (6.27), on a :
∂uϵ ∂uϵ ∂ 2 uϵ
U ′ (uϵ ) + U ′ (uϵ )f ′ (uϵ ) − ϵ 2 = 0,
∂t ∂x ∂x
qui s’écrit aussi :
( )2
′ ∂uϵ ∂uϵ ∂ 2 U (uϵ ) ∂uϵ
U (uϵ ) + U ′ (uϵ )f ′ (uϵ ) −ϵ 2
= −ϵU ′′ (uϵ ) .
∂t ∂x ∂x ∂x
Par des arguments similaires à ceux de la démonstration du lemme 3.1, on a :
∂U (uϵ ) ∂U (u)
⇀ ,
∂t ∂t
104 CHAPITRE 6. EQUATION HYPERBOLIQUE NON LINÉAIRE
∂ 2 U (uϵ ) ∂ 2 U (u)
⇀
∂x2 ∂x2
et
∂F (uϵ ) ∂F (u)
⇀
∂x ∂x
′
dans D (R × [0, +∞[).
( ϵ )2
En revanche, le terme ϵU ′′ (uϵ ) ∂u
∂x
ne peut être traité de façon similaire.
Malgré la présence du facteur ϵ, ce terme ne tend pas nécessairement vers 0 au sens des
distributions. Cela est dû au fait que les hypothèses n’empêchent pas ∂u ∂x
ϵ
de tendre vers
+∞.
Cependant, comme U est convexe, on a :
( )2
′′ ∂uϵ
≺ −ϵU (uϵ ) , φ ≻≤ 0
∂x
pour toute fonction φ positive de D(R × [0, +∞[). A la limite, on obtient donc :
∂U (u) ∂F (u)
≺ + , φ ≻≤ 0
∂t ∂x
pour toute fonction φ positive de D(R × [0, +∞[).
La condition (6.32) est appelée condition d’entropie.
On peut maintenant définir la notion de solution entropique.
Théorème 6.3.4 Soit u une fonction C 1 par morceaux dans R × [0, +∞[ solution faible
de (6.26)-(6.28), c’est à dire qui vérifie :
• u est une solution classique du problème de Cauchy (6.26)-(6.28) là où elle est C 1 .
Alors u est une solution entropique si et seulement si, pour toute entropie (U, F ), le long
de toute courbe de discontinuité Σ, on a
[ ] [ ]
ξ ′ (t) U (u+ (t)) − U (u− (t)) ≥ F (u+ (t)) − F (u− (t)) . (6.33)
Solutions faibles, Solutions entropiques 105
Preuve:
Soit u une fonction C 1 pa rmorceaux et (U, F ) une entropie pour l’équation (6.26). En
reprenant les notations et la démarche du théorème , on vérifie aisément que, pour tout
φ ∈ D(K) :
∫ ∫
∂φ(x, t) ∂φ(x, t) ∂U (u(x, t)) ∂
U (u(x, t)) + F (u(x, t)) dxdt = − φ(x, t) + (F (u(x, t)))dxdt
K ∂t ∂x K − ∪K + ∂t ∂x
∫
− ((U (u+ ) − U (n− ))nt + (F (u+ ) − F (u− ))nx )φdγ
Σ
(6.34)
Soit u une solution faible du problème satisfaisant la condition d’entropie (6.32). On a :
∫
∂φ(x, t) ∂φ(x, t)
U (u(x, t)) + F (u(x, t)) dxdt ≥ 0
K ∂t ∂x
et ∫ [ ]
∂U (u(x, t)) ∂
φ(x, t) + (F (u(x, t))) dxdt = 0
K − ∪K + ∂t ∂x
pour toute fonction φ positive de D(K). D’après (6.34 ), on a, en utilisant l’expression
exacte de la normale,
[ ] ′
U (u+ ) − U (u− ) (−ξ (t)) + (F (u+ ) − F (u− )) ≤ 0
Le critère (6.33) est relativement peu pratique pour vérifier qu’un choc est entropique ou
non. Heureusement, on peut en donner une forme équivalente plus simple, à commencer
par le cas où f est convexe.
Avant de démontrer ce théorème, nous allons montrer que la condition (6.35) signifie que
lorsqu’il y a choc, les caractéristiques doivent converger vers la ligne de choc et non s’en
écarter. On rappelle que a désigne la dérivée de f .
Lemma 6.3.2 Soit u une solution entropique du problème de Cauchy (6.26)-(6.28), qui
soit C 1 par morceaux dans R × [0, +∞[. Alors, u vérifie le long de toute courbe de discon-
tinuité Σ:
a(u+ ) < ξ ′ (t) < a(u− ).
106 CHAPITRE 6. EQUATION HYPERBOLIQUE NON LINÉAIRE
Preuve:
Comme f est strictement convexe, la fonction :
f (u) − f (u+ )
u→
u − u+
est continue et strictement croissante sur [u+ , u− ]. Il en résulte que :
f (u− ) − f (u+ )
a(u+ ) <
u− − u+
′
Mais, par la relation de Rankine-Hugoniot, ceci s’écrit : a(u+ ) < ξ (t). On démontre de
même la seconde inégalité.
u+ u− u− u+
Le graphe d’une fonction convexe étant toujours en dessous de sa corde et on retombe bien
sur la condition u+ < u− .
et nous avons pu remarquer que les solutions obtenues étaient de natures très différentes.
Pour l’étude du problème général également, il nous faudra distinguer deux cas suivant
que ug < ud ou ug > ud .
ug
ud
a(u g )t a(u d )t x
x
Problème de Riemann 111
f (ug ) − f (ud )
s= .
ug − ud
t x=s t u(.,t)
ud
ug
x st x