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Matrices Semblables et Propriétés

Les exercices portent sur la similarité de matrices et présentent des démonstrations sur des propriétés d'endomorphismes et de leurs matrices dans différentes bases. Le document contient la correction détaillée de sept exercices sur ce sujet.

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Les exercices portent sur la similarité de matrices et présentent des démonstrations sur des propriétés d'endomorphismes et de leurs matrices dans différentes bases. Le document contient la correction détaillée de sept exercices sur ce sujet.

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Ex 1 Facile

Soit deux matrices A ∈ GLn (K) et B ∈ Mn (K). Montrer que AB et BA sont semblables.

Ex 2 Facile
On note En = K n [X] l’espace vectoriel des polynômes à coefficients dans le corps K de degré inférieur ou égal
à n. On définit l’endormorphisme de E suivant :

E −→ E
φ:
P 7→ P 0 + P

Écrire la matrice de φ dans la base canonique de E. En déduire que les matrices


   
1 1 0 ... 0 1 1 0 ... 0
 .. ..   .. .. 
0 1
 2 . .
0 1
 1 . .
 .. . . . .. . ..   .. . . . .. . .. 
A = . . 0 et B =  . . 0
   
. .  . . 
 .. .. 1 n  .. .. 1 1 
0 ... ... 0 1 0 ... ... 0 1

sont semblables.

Ex 3 Moyen, instructif
 
0 1
On considère la matrice P =  % .
1 0
a) Montrer que la matrice P est inversible et calculer son inverse P −1 .
b) Pour une matrice A ∈ Mn (K), calculer la matrice P AP .
c) En déduire qu’une matrice triangulaire inférieure est semblable à une matrice triangulaire supérieure.

Ex 4 Moyen
A quelle condition deux matrices Epq et Ekl de la base canonique de Mn (R) sont-elles semblables?

Ex 5 À faire, instructif
Soit une matrice A ∈ M vérifiant A2 = I et telle que A n’est pas une matrice scalaire. Montrer que A est
2 (R) 
0 1
semblable à la matrice
1 0
Ex 6 ENSI
On considère un C-e.v. E de dimension 3 et f un endomorphisme non nul de E. Montrez que f 2 = 0 si et
seulement s’il existe une base e de E telle que
 
0 1 0
Mate (f ) = 0 0 0
0 0 0

Ex 7 Moyen
Soit un K-espace vectoriel de dimension finie n et un endomorphisme f ∈ L(E) de rang 1.
a. Si l’on suppose que Ker f ∩ Im f = {0E }, montrer qu’il existe une base ε de E et un scalaire λ ∈ K tels
que  
λ 0 ... 0
 . .. 
 0 .. .

Matε (f ) =  . . 
. 
 .. .. .. 
0 0 ... 0
b. En déduire que pour tout endomorphisme f de rang 1, il existe un scalaire α ∈ K tel que f 2 = αf .
c. Soit une base e quelconque de E, et un endomorphisme f ∈ L(E) quelconque. On note B = Mate (f ) la
matrice de l’endomorphisme f dans la base e. Montrer l’équivalence
 
rg(f ) = 1 ⇐⇒ ∃(X,Y ) ∈ Mn1 (K)2 non nuls tels que B = X t Y
(i) (ii)

(On se contentera de la démonstration dans le cas où Ker f ∩ Im f = {0E }).


Corrigé des exercices

Q 1 Si A est inversible, il suffit d’écrire


AB = A(BA)A−1

Q 2 Dans la base canonique, la matrice de φ est A puisque φ(1) = 1 et ∀k ≥ 1, φ(X k ) = kX k−1 +X k . En considérant
X2 Xn 
la base de Taylor, t = 1,X, ,..., , la matrice de φ dans cette base est B. Les deux matrices A et B
2! n!
représentent le même endomorphisme dans deux bases différentes, elles sont semblables.
Q 3 a) Soit E = Rn et e = (e1 , . . . ,en ) la base canonique. Alors ∃!u ∈ L(E) tq M ate (u) = P . On a ∀i ∈ [1,n],
u(ei ) = en−i+1 etPu2 (ei ) = ei et donc P 2 = I. Par conséquent, P ∈ GLn (R) et P −1 = P .
n
b) Puisque P = k=1 Ek,n−k+1 ,
X X X
P AP = aij Ek,n−k+1 Eij En−l+1,l = δn+1−k,i δj,n+1−l Ek,l = an+1−k,n+1−l Ekl
1≤i,j,k,l≤n i,j,k,l k,l

La matrice P AP s’obtient en faisant deux symétries de A par rapport aux deux diagonales.
c) Puisque P −1 = P , P AP −1 est une matrice triangulaire supérieure lorsque A est une matrice triangulaire
inférieure.
Q 4 Considérons l’espace vectoriel E = Kn muni de sa base canonique.
a. Une condition nécessaire est que les matrices aient même trace. Donc si p = q et k 6= l, (ou bien p 6= q et
k = l), les deux matrices ne sont pas semblables.
b. Montrons que deux matrices Epp et Eqq (p 6= q) sont semblables. Soit u l’unique endomorphisme de E
tel que Mate (u) = Epp . Considérons la base e0 obtenue en permutant les deux vecteurs ep et eq . Dans
la base e0 , la matrice de u est Eqq . Par conséquent, les deux matrices Epp et Eqq représentent le même
endomorphisme dans deux bases différentes : elles sont semblables. Complément : écrivez la matrice de
passage de la base e vers la base e0 , et son inverse.
c. Soient quatre indices (p,q) ∈ [[1,n]]2 avec p 6= q et (k,l) ∈ [[1,n]]2 avec k 6= l. Notons u l’unique endomor-
phisme ayant pour matrice Epq dans la base e. Considérons la base e0 obtenue en échangeant les vecteurs
eq ↔ el et ep ↔ ek . Alors la matrice de l’endomorphise u dans la base e0 est la matrice Ekl (faire un
dessin et vérifier ce résultat même lorsque p = q ou k = l). Donc les matrices Epq et Ekl sont semblables.
Pouvez-vous écrire la matrice de passage Pe→e0 correspondante? Quel est son inverse?
Q 5 Soit E = R2 et e = (e1 ,e2 ) la base canonique de E. Il existe un unique endomorphisme u de E ayant A comme
matrice dans la base e. Puisque A2 = I, u2 = id et donc u est une symétrie vectorielle. Comme A n’est pas
scalaire, u 6= id et u 6= − id. Par conséquent, aucun des noyaux n’est réduit au vecteur nul. Ce sont des droites
vectorielles car on sait que
E = Ker(u − id) ⊕ Ker(u + id)
Considérons f1 6= 0 un vecteur de Ker(u − id) et f2 6= 0 un vecteur de Ker(u + id). D’après le théorème sur les
bases adaptées à une somme directe, f = (f1 ,f2 ) est une base de E. Dans cette base,
 
1 0
D = M atf (u) =
0 −1
 
0 1
De la même façon, il existe un unique endomorphisme v ayant B = comme matrice dans la base
1 0
canonique. Comme B 2 = id, le même raisonnement montre que v est une symétrie vectorielle et permet de
construire une base g dans laquelle M atg (v) = D.
Par conséquent, puisque A et D sont semblables et que B et D sont semblables, on en déduit que A et B sont
semblables.
Q 6 Si f 2 = 0, Im f ⊂ Ker f . D’après le théorème du rang,

dim Im f + dim Ker f = 3

Comme dim Im f ≤ dim Ker f , il vient que 3 ≤ 2 dim Ker f et donc que dim Ker f ≥ 2. Comme f n’est pas
l’endomorphisme nul, dim Ker f = 2 et dim Im f = 1. Donc il existe un vecteur e1 ∈ E non-nul tel que
Im f = Vect(e1 ). On complète en une base (e1 ,e3 ) de Ker f que l’on complète ensuite en une base (e1 ,e2 ,e3 ) de
E. Comme f (e2 ) ∈ Im f , il existe λ ∈ R tel que f (e2 ) = λe1 . Mais λ n’est pas nul (sinon f = 0) ; on pose alors
1
ε2 = e2 . La matrice de f dans la base e = (e1 ,ε2 ,e3 ) est de la forme souhaitée. La réciproque est évidente.
λ
Q7
a. D’après la formule du rang,
n = dim Ker f + rg f
donc Ker f est un hyperplan de E de dimension (n − 1). Comme rg(f ) = dim Im f = 1, il existe un
vecteur a 6= 0 tel que Im f = Vect(a). Puisque l’on a supposé que Im f ∩ Ker f = {0E }, et que dim Im f +
dim Ker f = n, on sait que
E = Vect(a) ⊕ Ker f
le système (a) est une base de Im f , et si l’on suppose n ≥ 2, puisque Ker f 6= {0E }, il existe une base
de Ker f de la forme (ε2 . . . ,εn ). Le théorème de la base adaptée à une somme directe nous dit alors que
le système ε = (a,ε2 , . . . ,εn ) est une base de E. Comme f (a) ∈ Im f = Vect(a), il existe λ ∈ K tel que
f (a) = λa. La matrice de f dans la base ε est donc bien de la forme souhaitée.
b. Dans le cas où a ∈ Ker f , on a Im f ⊂ Ker f et donc f 2 = 0. Le résultat est montré avec α = 0K .
On peut donc supposer que Im f 6⊂ Ker f et alors Im f ∩ Ker f = {0}. D’après a), on a construit une base
ε dans laquelle la matrice de f était simple : A = Matε (f ) = λE11 . On calcule alors A2 = λ2 E11 E11 =
λ2 E11 = λA et on en déduit que f 2 = λf .
c. Supposons que rg f = 1. Lorsque Im f ∩ Ker f = {0}, on a construit une base ε dans laquelle la matrice
de f s’écrivait A = λE11 . Posons X 0 la matrice colonne avec un λ sur la première ligne et des zéros sur
les autres lignes, et Y 0 la matrice colonne avec un 1 sur la première ligne et des zéros sur les autres lignes.
Un calcul direct montre que
t
A = X0 Y 0
Mais puisque les matrices A et B représentent le même endomorphisme f dans deux bases différentes ε
et e, elles sont semblables. En notant P la matrice de passage entre la base e et la base ε, on a
t t t
A = P BP −1 = (P X 0 ) Y 0 P −1 = (P X 0 ) ( P −1 Y 0 )
t
et il suffit de poser X = P X 0 ∈ Mn1 (K) et Y = P −1 Y 0 ∈ Mn1 (K) pour avoir B = X t Y .
Si l’on suppose maintenant que B = X t Y , en notant X = (xi )1≤i≤n et Y = (yi )1≤i≤n , la matrice B
s’écrit :  
x1 y1 x1 y2 . . . x1 yn
 x2 y1 x2 y2 . . . x2 yn 
 
B = ((xi yj ))1≤i,j≤n =  . .. .. .. 
 .. . . . 
xn y1 xn y2 ... xn yn
On s’aperçoit que toutes les colonnes de cette matrice sont proportionnelles à la matrice colonne X. En
utilisant l’algorithme du rang, on trouve que cette matrice est de rang 1 (la colonne X est non-nulle).

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