Impacts de la sécheresse en Algérie
Impacts de la sécheresse en Algérie
UNIVERSITE D’ORAN
THESE
Pour l’obtention
Par
Abdelkader KHALDI
Dans la plus grande partie de l'Afrique, la sécheresse est la calamité climatique la plus
fréquente. L’Algérie et surtout l’Ouest, a connu plusieurs grandes sécheresses durant ce siècle, les
années 40 et les années 80 jusqu'à nos jours. La plus récente a été caractérisée par la diminution de
la pluviométrie associée à l’accroissement considérable de la température durant les deux dernières
décennies a influencé par son ampleur spatiale, son intensité et par son impact majeur sur la
diminution des ressources en eau.
Une tendance évolutive vers l’aridification du climat est confirmé par les résultats des tests
de persistance s’y est manifeste, notamment par des déficits d’écoulement entraînant l’insuffisance
générale de l’alimentation des écoulements de surface et des nappes souterraines. La comparaison
des différentes cartes pluviométriques à travers des différentes périodes à savoir : 1913 à 1963, 1922
à 1989 et 1975 à 2000 a montré une nette progression des isohyètes ( 100 à 150 mm) et la disparition
de l’isohyète 400 mm.
Les valeurs des coefficients de variation des apports interannuels pour la période
1975 à 2000, sont relativement élevées ce qui indique un régime irrégulier. Cette irrégularité est plus
accrue au Sud de la région. Le synchronisme dans l’évolution des apports mensuels sur la plupart
des stations souligne la similitude des conditions d’écoulement. Les débits spécifiques moyens
annuels présentent une augmentation générale du Sud vers le Nord (0,46 à 0,81). La période d’étiage
pour la plupart des oueds des Monts de Tlemcen et de Saida est comprise entre mai et septembre.
Sur le plan hydraulicité, ces oueds se caractérisent par un écoulement violent et rapide. Les
coefficients de tarissements sont forts (0,63 à 0.7).
Afin de déceler l'impact des changements climatiques sur le débit de sources karstiques,
plusieurs systèmes aquifères ont été sélectionnés dans deux régions karstiques (Monts de Tlemcen -
Monts de Saida) possédant de longues chroniques hydroclimatologiques. A l'aide de tests statistiques
de tendance et d'analyses corrélatoires et spectrales, des tendances soit à la hausse soit à la baisse
des températures, des précipitations et des débits ont été observées. Ces tendances ne sont pas
suffisamment marquées pour affirmer qu'elles ont pour seules causes des changements climatiques.
Ainsi, l'influence des changements climatiques à court terme sur le débit et le chimisme des eaux
souterraines est relativement faible.
In most of Africa, the dryness is the climatic calamity most frequent. Algeria and especially the
West, knew several great drynesses during this century, the Forties and the Eighties until our days. Most
recent was characterized the reduction in pluviometry associated with the considerable increase in the
temperature during the two last decades influenced by its space width, its intensity and by its major
impact on the reduction in the water resources.
The study of detection of rupture made it possible to locate a modification of the pluviometric
mode during the decade 1970-1980 for the majority of the studied pluviometric stations. The application
of the statistical tests to the seasonal rains, enabled us to conclude that are the rains of winter and
springs which recorded a rupture in the time series during the decade 1970-1980. With the monthly
scale, we noticed that are the the two rainy seasons months which recorded the most significant falls
and the most significant in particular months of: December, January, March and April. The study of the
number of days of rains appears also interesting to us to consider because of its interest for the
agricultural managers.
The seasonal and monthly hydroclimatic fluctuations were similar to the annual pulsations.
Contrary to precipitations, are every month of the year which recorded a rupture of stationnarity because
the mode hydrological of the Algerian rivers is directly influenced by that of precipitations but undergoes,
also with an effect of delay, the incidence of the office plurality of repeated pluviometric deficits.
An evolutionary tendency towards the aridification of the climate confirmed by the results of the tests of
persistence y expressed, in particular by deficits of flow involving the general insufficiency of the food of
the flows of surface and the underground tablecloths. The comparison of the various isopluvial maps
through various periods with knowing: 1913 to 1963, 1922 to 1989 and 1975 to 2000 with shown a clear
progression of the isohyets (100 to 150 mm) and the disappearance of the isohyets 400 mm.
The values of the interannual coefficients of variation of the contributions over the period 1975 to 2000,
are relatively high what indicates an irregular mode. This irregularity is more increased in the South of
the area. The synchronism whose evolution of the contributions monthly on more shares of the stations
underlines the similarity of the conditions of flow. The average specific annual throughputs present a
general increase in the South towards North (0,46 to 0,81). The period of low water level for the majority
of the wadis of the Mounts of Tlemcen and Saida lies between May and September. On the hydraulicity
plan, these wadis are characterized by a violent and fast flow. The coefficients of dryings up are strong
(0,63 to 0.7).
In order to detect the impact of climatic changes on the flow of karstic sources, several
aquiferous systems were selected in two karstic areas (Mounts of Tlemcen - Mounts of Saida) having
long hydroclimatologic chronicles. Using statistical of tendency and analyses corrélatoires and spectral
tests, upward tendencies either or with the fall of the temperatures, precipitations and flows were
observed. These tendencies are not sufficiently marked to affirm that they have for only causes of the
climatic changes. Thus, the influence of the climatic changes in the short run on the flow and the
chimism of subsoil waters are relatively weak.
Key words: Climatic changes, dryness, evolution, modes, pluviometric, hydrometric, tendency, rupture,
Macta, Tafna Algeria
INTRODUCTION GENERALE
En Algérie, il est admis que des mesures sont nécessaires pour améliorer la capacité à
s’adapter à la variabilité hydrologique et aux phénomènes extrêmes (inondations et sécheresses)
observés aujourd’hui dans des circonstances dynamiques (notamment les pressions actuelles dues à la
démographie, à l’économie, à l’utilisation des terres et au développement régional), de même que pour
réduire les vulnérabilités significatives de la société, de l’économie et de l’environnement aux impacts
futurs.
Je voudrais, avant même d’aborder les problèmes de la sécheresse, vous parler de la prise de
conscience progressive de l’importance des problèmes posés par la disponibilité de l’eau dans le
monde, compte tenu de la croissance de la population, particulièrement dans les villes et dans les pays
pauvres ou en voie de développement, de la croissance des besoins notamment pour l’irrigation, voire
des inquiétudes liées aux risques des changements climatiques.
La question de l’eau constitue un défi permanent pour les pays de l’Afrique du Nord en général
et l’Algérie en particulier. La demande est en constante augmentation, notamment pour le secteur de
l ‘agriculture qui absorbe plus de 87 % du potentiel disponible. Par ailleurs, et à l’instar des pays
riverains de la Méditerranée, le développement socio-économique des pays de cette région s’est
accompagné d’une profonde modification des rapports que l’homme entretient avec la ressource en
eau. La dépendance par rapport aux eaux de surfaces et souterraines est extrêmement variable d’un
pays à l’autre.
La question de l’eau ne peut être réduite à un simple aspect d’insuffisance des réserves
disponibles. Dans les zones semi arides du sud de la méditerranée, la faiblesse des précipitations et
leurs distributions aléatoires se traduisent souvent par une situation de contrainte hydrique. Les
indications internationales concernant le changement climatique, mettent en évidence le besoin de
travailler à l’échelle régionale et de mettre l’accent sur la dimension spatiale des tendances trouvées.
Ces recommandations sont spécialement nécessaires dans les milieux méditerranéens, où les
incertitudes sur le comportement futur des précipitations sont encore plus grandes étant donné leur
caractère des domaines de transition.
Ce travail fait partie d`un projet plus vaste entrepris par le laboratoire de recherche sur les
écosystèmes fragilisés intitulé : "vulnérabilité de l’Ouest algérien face aux changements climatiques",
afin de déterminer l’impact de la sécheresse sur les ressources en eau superficielles et souterraines des
massifs calcaires.
L’originalité et la qualité des milieux montagnards des massifs calcaires de l’Ouest Algérien
(Monts de Tlemcen et Monts de Saida) ont été mises en évidence grâce aux résultats des travaux de
D. Auclair et J. Biehler (1967) par la publication d’une synthèse stratigraphique et structurale des
terrains compris entre Tlemcen et Saida. La publication de BENEST en 1985 des fascicules 1 et 2 sur
l’évolution de la plate forme de l’Ouest Algérien et du Nord Est du Maroc au cours du Jurassique
supérieur et du début du Crétacé a été d’un apport géologique considérable pour la connaissance des
ses hydrosystèmes Montagnards.
1
La reconnaissance par HAYAN.S.M., 1983 et B. COLLIGNON; 1986 des potentialités en eaux
de ses massifs. Ce qui nous permet de rappeler que ces massifs, grâce à leurs altitudes et la position,
sont un important château d’eau pour les villes avoisinantes.
3. Etudier la sensibilité des hydrosystèmes karstiques à la sécheresse. Déceler les impacts de"
la sécheresse hydrogéologique" sur les eaux souterraines par une étude statistique des paramètres
climatiques (chroniques hydroclimatologiques) et des réponses naturelles (débits, paramètres
hydrochimiques et tarissement des sources karstiques).
PROBLEMATIQUE
Abondante ou rare, l’eau disait Léonard de Vinci, "est la force conductrice de la nature". La
santé et le bien être de l’humanité, tout comme la survie des écosystèmes de la planète, reposent sur
l’eau. Et pourtant, la rareté et le mauvais emploi des réserves d’eau douce mettent notre avenir en
péril. L’eau n’a-t-elle pas été considérée comme un don du ciel inépuisable et gratuit ? L’humanité
pourrait manquer d’eau durant ce siècle ou du moins la ressource risque de devenir inaccessible dans
certaines zones de la planète. L’Algérie en est un. Elle est confrontée à un manque d’eau important dû
à la semi-aridité de son territoire, aux faibles précipitations, et à la sécheresse qui sévit d’année en
année face à des besoins qui ne cessent d’augmenter. L’eau devra être mobilisée et préservée, à défaut
tous les efforts de développements seront stoppés.
En effet, sur les 90 milliards de m3 qui précipitent en moyenne chaque année, seulement 12
milliards représentent les ressources en eaux superficielles et les ⅔ susceptibles d’être mobilisées
(Matari et al, 2000). Les possibilités de mobilisation des eaux souterraines sont évaluées à 1,8 Million
de m³ dans les bassins du nord du pays et sont actuellement exploitées à 90 %.
A la grande variabilité spatiale des précipitations correspond une différence régionale très nette
dans les potentialités des eaux superficielles (Oranie 0.65 milliards de m3, Constantinois 3 milliards de
m3). A la grande variabilité interannuelle et saisonnière des précipitations, on observe également une
forte irrégularité des apports liquides avec de violentes crues et des périodes de basses eaux qui
peuvent persister sur plusieurs mois consécutifs, entraînant une baisse sensible de la production
agricole.
Durant ces dernières décennies, d’importants déficits pluviométriques sont enregistrés dans
l’Ouest algérien. Cependant que plus à l’Est, la sécheresse se fait également ressentir.
L’impact de la sécheresse sur le comportement de nos ressources en eau souterraine des massifs
calcaires de l’ouest algérien revêt une importance primordiale. Cet hydrosystème montagnard joue un
rôle important dans le développement régional.
2
A travers ce constat, la situation est atterrante et par conséquent il est impérieux d’identifier les
différentes modifications du régime pluviométrique en Algérie en vue d’étudier leurs impacts sur
l’évolution du régime hydrologique et des écoulement souterrains.
De ce fait, la question à laquelle cette étude essaye d’apporter une ou plusieurs réponses est : comment
peut-on situer la diminution de la pluviométrie algérienne observée depuis plus de deux décennies au
sein de la chronologie pluviométrique de ce siècle ?
APPROCHE METHODOLOGIE
L’approche proposée n’a pas la prétention de fournir une clé pour expliquer et prévoir la
pluviométrie algérienne mais seulement les éléments qui permettent de la décrire avec plus de rigueur
à partir des outils statistiques les mieux adaptés à sa nature.
Dans le cycle de l’eau les précipitations constituent le premier maillon d’une chaîne dont
chacun des éléments est directement soumis à l’influence de celui qui le précède. Les précipitations
sont aléatoires par nature alors que les écoulements souterrains résultant sont directement déterminés
par des paramètres physiques propres à leur bassin d’alimentation.
Nous distinguons trois approches d’identification du comportement des systèmes aquifères face
aux modifications d’alimentation :
1. Une approche globale (« modèle boite noire »), c’est l’étude de la relation entrée – sortie, appelée
« déconvolution ». Dans cette approche, le système (bassin versant ou système aquifère) constituant la
« boite noire » est considéré comme invariant.
2. Une approche intermédiaire où l’on essaie également de reconstituer les débits à la source en
représentant les systèmes karstiques par quatre réservoirs superposés ( modèle de boite grise »).
3. Une approche où l’on recherche à identifier le champ des paramètres physiques hétérogènes dans
l’espace et dans le temps du système aquifère. A l’aide d’un modèle déterministe à éléments finis,
« modèle boite blanche ». Cette approche est la seule qui puisse prendre en compte les effets
anthropiques ponctuels tels que les pompages et les alimentations artificielles.
Suivant la connaissance que l’on a du système réel et des données disponibles, ces approches
peuvent être combinées. Tout au long de ce travail, nous nous sommes efforcés de préciser notre
démarche dans le choix des données de base, des méthodes et outils utilisés, et surtout dans les
interprétations des résultats de l’impact des variations climatiques sur l’hydrosystème. Notre approche
sera axée principalement sur les hydrosytèmes karstiques montagnard de Tlemcen et de Saida qui
génèrent les écoulements dans les principaux bassins versants de l’ouest algérien ( Tafna et la Macta).
Pour les deux bassins hydrologiques (Macta et la Tafna), les propriétés hydrogéologiques sont
fortement hétérogènes sur le plan spatial. Les précipitations sont aussi des phénomènes qui sont
distribuées dans le temps et dans l’espace. Cette combinaison de la distribution de la pluie et des
propriétés des aquifères (zone non saturée et saturée) montre la complexité de la reconstitution du
fonctionnement des systèmes naturels. Il faut ajouter qu’entre le moment où l’eau s’infiltre dans le sol
et celui où elle parvient à la nappe, il existe un retard (Besbes & al 1978). Ce déphasage peut être
important entre les précipitations et les réactions de l’aquifères suivant l’épaisseur et les paramètres
hydrodynamiques de la zone non saturée (Besbes & Marsily de 1984, Morel-Seytoux 1984, Morel-
Seytoux & Miracapilo 1989).
Afin d’illustrer ces phénomènes nous présentons deux exemples de schématisations des
écoulements en zone variablement saturée. Les nombreux paramètres qui caractérisent les écoulements
variablement saturés sont complexes. Cependant ils sont déterminants si on veut gérer les ressources
en eau de manière intégrés, c'est-à-dire tenir compte conjointement des eaux superficielles et
3
souterraines. Evaluer l’impact des changements climatiques sur les eaux souterraines revient à choisir
comme cadre, le cadre naturel des systèmes d’écoulement.
Ce travail, composé de quatre parties, sera particulièrement axé sur les approches suivantes :
- Après une présentation de la région d’étude, il sera question de faire une synthèse
bibliographique pour mettre en évidence le phénomène de la sécheresse. A l’aide d’outils statistiques,
nous allons détecter les hétérogénéités des données pluviométriques, la régionalisation (l’analyse en
composante principale), caractérisant la variabilité de la pluviométrie, rechercher les seuils critiques
de déficit pluviométrique à partir desquels un état de sécheresse peut être déclaré, et enfin étudier la
relation éventuelle entre la sécheresse rencontrée durant les dernières décennies et l’oscillation nord
atlantique.
La quantification des apports de surface des grands systèmes hydrographiques est nécessaire pour
déterminer la fraction qui participe à l’alimentation des hydrosystèmes karstqiues. L’analyse
corrélatoire et spectrale des débits ( signal sortie) feront l’objet de la troisième partie.
Enfin, L’impact de la sécheresse sur les écoulements souterrains des hydrosystèmes karstiques
sera traité dans la quatrième partie. Le suivi de sources principalement karstiques (choisie dans de
contextes différents), du débit, des paramètres physico-chimiques en relation avec les facteurs
météorologiques, nous permet d’apprécier le mode de fonctionnement et de définir l’influence à court
terme des variations climatiques.
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CHAPITRE I : PRESENTATION DE LA REGION D’ETUDE
Notre zone d’étude est située dans la partie Nord Ouest de l’Algérie, de 10 de longitude et au
Nord de 330 de latitude (fig. 1).Elle englobe les bassins versants de la Tafna , la Macta, le bassin des
côtiers oranais ,et une partie du bassin versant de Chelif. Vu le manque d’information, nous allons
présenter que les deux grands bassins à savoir la Tafna et la Macta.
I.2. La Tafna :
Le bassin versant de la Tafna est comptabilisé parmi les grands bassins versants du Nord-Ouest
algérien, il est limité par le 340 11’ en latitude nord et par 00 50’ W 20 20’W de longitude. Il couvre une
superficie de 7245 km2, dont moins d’un tiers se trouve sur le territoire marocain (Fig.2).
Région sud : les massifs calcaires des monts du Tlemcen; sont constitués par des dépôts carbonatés du
Jurassique supérieur calcaires et gréseux avec deux rides anticlinales SW-NE , sensiblement parallèles,
formées à l’Ouest par les djebels d’Ain-el-Hout et Hadid, à l ‘Est par les djebels Talet et Abiod. Au
centre : la dépression inter-montagneuse de la région de la plaine des Amgals et de Maghnia causée
par les dépôts marins du Miocène supérieur et inférieur ainsi que des alluvions de sable et de gravier.
2.3. Le climat :
Le régime général des pluies est celui des zones semi-arides méditerranéennes de l’Afrique du
Nord. Il est caractérisé par des précipitations d’hiver avec des maximas en décembre, janvier et
février, et une longue période de sécheresse, pratiquement sans pluie de juin à septembre.
L’évaporation sur nappe d’eau libre atteint la valeur moyenne annuelle de 1200 mm. Les vents sont
modérés à prédominance Nord et Nord-Ouest.
Le bassin versant de la Macta (14750km2) situé en Algérie occidentale est constitué de seize
sous bassins. Il est délimité au Nord Ouest par la chaîne montagneuse du Tessala au sud par les hauts
plateaux de Ras-el-Ma et les plaines de Maalifs, à l’Est par les plateaux du Telagh et les monts de
Tlemcen qui sont le prolongement des monts de Beni-Chaugrane.
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Fig.1 : Situation générale des Monts de Tlemcen et de Saida
35°30 35°30
Bassin versant de la Tafna
35°00 35°00
34°30 34°30
6
3.2. Relief et topographie du bassin versant :
Le bassin versant de la Macta est constitué d’une part par la haute plaine de Sidi Bel Abbes, les
plaines de la Habra et de Mascara et d’autre part par deux dispositifs orographiques parallèles à la côte
allant du Sud-Ouest au Nord-Est. Ces dispositifs sont formés essentiellement par les monts des Beni-
Cheugrane dont l’altitude varie entre 540 et 900m et les monts de Telagh et de Saida avec une altitude
variant de 600 à 1200m (Fig.2).
3.3. La géologie :
Le centre de la plaine de Sidi Bel Abbes est une cuvette à substratum Argilo-Marneux, gris et
vert, daté du Miocène ou du pliocène. Les monts plissés du Tessala sont allongés du Sud-Est au Nord-
Est avec une ossature crétacée et un recouvrement tertiaire très épais. Les monts de Tlemcen et de
Saida sont formés en presque totalité de matériaux jurassique moyen et supérieur et crétacé inférieur et
moyen. Le prolongement de Beni-Chougrane, par la série de Bouhanifia, atteint l’extrémité orientale
de la plaine de Sidi Bel Abbes. Dans la vallée ; on observe un important remblaiement argileux-
sableux quaternaire.
Les précipitations annuelles dans la région varient entre 280 mm dans la partie Sud du bassin et
350mm dans les montagnes de Beni-Cheugrane. Les années les plus humides peuvent avoir des
précipitations 3 à 4 fois supérieures à celle des années les plus sèches.
bt
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35°30 35°30
Bassin versant de la Tafna mm
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7
CHAPITRE I : RAPPEL BIBLIOGRAPHIQUE
INTRODUCTION
A la fin de ce siècle, le changement climatique est devenu l'un des sujets d'actualité. On lit
souvent dans la presse les titres suivants:
Ce genre de questions est souvent posé, vu l'impact de ces changements sur le plan socio-
économique de plusieurs pays, en particulier les pays du globe les moins développés au plan technique
c'est-à-dire dans ce qu'on appelle habituellement le tiers monde, l'économie de ces pays est fondée sur
l'agriculture, généralement non irriguée. Dans certains pays en développement, en Asie par exemple
les inondations comptent parmi les événements météorologiques les plus dommageables aux
communautés. Quant à la sécheresse, c'est un phénomène qui c'est produit en de nombreux endroits du
globe, avec des ampleurs et du durées variables.
Dans la plus grande partie de l'Afrique, la sécheresse est la calamité climatique la plus fréquente.
L’Algérie et surtout l’Ouest, a connu plusieurs grandes sécheresses durant ce siècle, les années 40 et
les années 80 jusqu'à nos jours. La plus récente a été caractérisée par son ampleur spatiale, son
intensité et par son impact majeur et sensible qui est la diminution des ressources en eau.
Etudier l'impact négatif de la sécheresse sur les ressources en eau est devenue un impératif de
plus en plus pressant en Algérie
Cette partie a comme objectif de déterminer comment se manifeste la sécheresse selon son
intensité, sa durée et sa situation chronologique. Dans cette optique, nous proposerons de faire l'étude
des données pluviométriques et hydrologiques observées au niveau de la région Ouest de l’Algérie ;
Afin de dégager les caractéristiques de la sécheresse et d'étudier les conséquences de la réduction des
précipitations sur les potentialités en eau.
• Après une présentation de la région d’étude, il sera question de faire une synthèse bibliographique
pour mettre en évidence le phénomène de la sécheresse, et montrer combien la communauté
scientifique s'intéresse à ce phénomène.
• Dans une autre partie , nous allons essayer de détecter les hétérogénéités des données
pluviométriques utilisées dans notre étude.
• Avec la méthode de l’analyse en composante principale, nous allons faire une régionalisation pour
rechercher les stations qui présentent des comportements similaires dans notre région d’étude.
• Dans une autre optique, il s’agira d’effectuer une analyse plus détaillée sur la variabilité de la
pluviométrie qui est l’une des caractéristiques de cette dernière dans notre région et de rechercher
les seuils critiques de déficit pluviométrique à partir desquels un état de sécheresse peut être
déclarée.
Dans une autre partie, nous allons procédé à une étude de la relation eventuelle entre la
sécheresse rencontrée durant les dernières décennies et l’oscillation nord-atlantique.
8
I.1. Les changements climatiques :
1.1.1. Introduction :
Notre planète s'est formée voilà environ 4,5 milliards d'années. L'être humain est présent sur
cette Terre depuis moins de deux millions d'années mais ce n'est que dans les 200 dernières années
qu'il a exercé une influence notable et à grande échelle sur le milieu naturel planétaire.
L'environnement a commencé à se dégrader au sein des peuplements humains et autour des premières
usines de la révolution industrielle mais, loin de ces endroits, la capacité de purification de
l'écosystème suffisait à limiter la plupart des effets de la présence humaine. Toutefois, depuis la
seconde guerre mondiale, cette situation a radicalement changé. La croissance démographique
exponentielle, les progrès technologiques fulgurants et l'accroissement notable de la consommation en
énergie comme ces matières premières font jouer au genre humain un rôle où ses activités
quotidiennes modifient dans leur intégralité des systèmes globaux comme l'atmosphère et les océans,
et ce à une vitesse que cette planète n'a jamais connue auparavant. Avant d’entamer la notion de
changement climatique, on va définir certains concepts de base comme suit :
Le climat et le temps sont deux notions différentes. Le temps, c'est l'état de l'atmosphère défini
par les éléments météorologiques :la température, les précipitations (la pluie, la neige, etc.), l'humidité,
l'ensoleillement et le vent à un endroit précis.
Le climat, c'est l'ensemble des phénomènes météorologiques observés dans le passé et qu'on
s'attend d'observer encore sur une longue période. On peut le définir aussi comme « la probabilité
d’occurrence de divers états de l’atmosphère dans un lieu ou une région, au cours d’une certaine
période donnée. »[Gibbs ;1987].
Le climat a une influence sur tous les êtres vivants. Il régit le cycle biologique des plantes et des
animaux, influe sur leur croissance et leur vitalité et est un des principaux facteurs qui déterminent leur
répartition autour de la planète. Presque toutes les formes de vie sont adaptées pour vivre dans une
zone climatique particulière et relativement limitée.
Elle est représentée par les déviations des valeurs des évènements observés par rapport à leur
valeur moyenne pour l’état climatique contemporain.
Les changements climatiques sont décrits de façons différentes selon les auteurs. Souvent le
changement du climat dénote une variation due a l’intervention humaine alors que le climat varie
d’une façon naturelle sous l’influence de différents facteurs climatiques. On peut citer les facteurs
astronomiques, les facteurs géographiques (relief, océan), les facteurs météorologiques (centre
9
d’action ). Aujourd’hui, l’homme est devenu un facteur de climat non négligeable par ces actions
industrielles.
Comment les scientifiques peuvent-ils prévoir les effets à long terme du changement
climatique, alors qu'on a encore beaucoup de mal à prévoir quotidiennement le temps qu’il fera?. C’est
à cause de la variabilité locale des conditions météorologiques que les prévisions du temps semblent
imparfaites; les modèles du changement climatique ne tentent pas d'effectuer de telles prévisions
détaillées et axées sur un lieu donné.
Ces modifications ne sont toutefois pas toutes causées par les êtres humains. Des phénomènes
naturels comme les éruptions volcaniques peuvent provoquer des changements soudains dans les
systèmes planétaires. Par contre, les bouleversements engendrés par l'espèce humaine peuvent être
catastrophiques et avoir des impacts à l'échelle du globe(inondation, sécheresse).
Les variations de l’activité solaire, une cause directe de variation climatique, pourrait être
expliquée par la variabilité de l’émission solaire. On a montré, il y’a quatre milliards et demi d’années,
au moment ou naissait le système planétaire, que l’énergie émise par le soleil était environ les 3/4 de
sa valeur actuelle. [Gilliland,1989] . En plus de ce facteur astronomique précité, le climat d’un lieu
comme nous l’avons déjà mentionné, dépend également de facteurs géographiques comme la latitude,
l’éloignement à la mer et l’altitude ; l’évolution de ces facteurs étant elle-même liée à la tectonique des
plaques( dérive des continents, mouvement des pôles et expansion des fonds océaniques).[Ruddimman
et Raymo , 1988 ; Kutzbach et al. ,1989].
On peut aussi citer le rôle important que joue la masse océanique dans les interactions océan
atmosphère et qui explique certains phénomènes tel que ENSO,et ONA. Les éruptions volcaniques
importantes (Tambora 1815 ; Krakatoa 1883) sont capables d’injecter dans la base stratosphère
d’énormes quantité de poussière, de cendre, de pierres et de vapeur d’eau qui peuvent séjourner
pendant plusieurs années ; le voile de poussière ainsi formé peut provoquer une décroissance de la
température moyenne au sol et une augmentation en altitude. En effet selon plusieurs spécialistes, le
climat du quaternaire, ère des glaciers serait expliqué par une épaisse couche d’aérosols et de
poussière qui a enveloppé le globe.
10
[Link]. Les causes artificielles :
Le facteur qui reste le plus préoccupant aujourd’hui est l’influence de l’homme sur le climat, qui
tient sa place dans les débats continues sur l’actuel changement climatique survenu sur plusieurs
points du globe.
Ce phénomène est provoqué par la progression des émissions de gaz issus d'activités
humaines: on peut citer
La terre absorbe environ 50 % de l'énergie que lui envoie le soleil. Cette énergie permet à notre
planète de se réchauffer. L’atmosphère se présente alors comme un "couvercle" constitué de vapeur
d'eau et de gaz. Couvercle indispensable qui agit un peu comme une serre agricole ; sans cet effet de
serre, la température moyenne de notre planète descendrait à –18C0, mais les gaz issus des activités de
l'homme viennent renforcer et faire grossir cette couverture naturelle. Ce qui résulte une augmentation
de la chaleur. C’est probablement l’homme par ses activités industrielles de plus en plus importantes
qui accentue le réchauffement de la terre.
11
Une augmentation concomitante de la température moyenne mondiale de l’ordre de 1.5 0C à 4.5 0C
correspondant au doublement réel du CO2 .figure(05)
Une élévation du niveau de la mer d’environ 0.3 à 0.5 m d’ici 2050 et d’environ 1m d’ici 2100,
accompagnée d’un réchauffement de la couche superficielle de l’océan variant de 0.2 0C à 2.5 0C.
• Perturbation du régime des pluies: les précipitations risquent d'être plus abondantes sur
l'hémisphère nord avec des inondations et des tempêtes (ouragans, tornades...).
• Des sécheresses plus fréquentes: notamment dans l'hémisphère sud. Les zones arides et semi-
arides semblent être les plus vulnérables.
• Hausse du niveau de la mer par dilatation thermique et fonte des glaciers: cette élévation du
niveau des océans pourrait atteindre 1 mètre par endroit. Des zones littorales, certains deltas de
fleuves, des îles pourraient être purement et simplement recouverts. Rappelons que 50 % des humains
vivent près de la mer.
les conséquences risquent d'être beaucoup plus importantes pour les pays pauvres que les pays
industrialisés. Ces derniers mobiliseront plus facilement les moyens financiers, technologiques et
matériels pour s'adapter aux changements climatiques annoncés. Les prévisions faites par
GIEC(groupe intergouvernemental d'évaluation des changements climatiques) ont affirmé que
l’Afrique, est sans doute le continent le plus vulnérable, notamment à cause de la pauvreté généralisée
qui y règne, le déficit en eau persistant, et la désertification déjà très avancée. [ [Link];1997].
Les évaluations des impacts du réchauffement global sur l’agriculture ont été établies à partir de
scénarios climatiques fondés sur des simulations effectuées à l’aide de modèles de circulation générale
(MCG).
12
On retrouve parmi les changements climatiques qui peuvent influer le plus sur l’agriculture de
nouveaux extrêmes climatiques, et la réduction de l’eau du sol disponible.
Une augmentation des températures moyennes mensuelles ou annuelles se traduirait par une
augmentation du nombre de jours dont les températures dépasseraient certains seuils critiques. Il est
mois sûr que les précipitations connaîtront une modification de leur fréquence ou de leur distribution,
mais les températures élevées conjuguées à la sécheresse constituent le plus grand danger du
changement climatique global pour l’agriculture dans de nombreuses régions.
Les plus grands effets pour l’agriculture seraient probablement attribuables à l’accroissement
possible de l’évapotranspiration causé en grande partie par l’élévation de la température de l’air et de
la surface terrestre. A l’heure actuelle, on peut décrire avec certitude la tendance régionale des
changements possibles dans l’eau du sol, en ce basant sur les modèles de prédictions (MCG)qui
indiquent tous une diminution de l’eau du sol [ Kelogg et Zhao ,1988 ; Schlesinger et Mitchell, 1985 ;
Zhao et Kellogg,1988].
I.2. la sécheresse :
Il n'existe aucune définition universelle de la sécheresse. Elle pourrait être définie comme une
période prolongée de précipitations insuffisantes sur une ou plusieurs saisons qui causent un déficit
d'eau dans certains secteurs de l'économie d'un pays.
La sécheresse est aussi définie selon les différents secteurs qui interagissent avec ses effets. On
définit donc une sécheresse du point de vue météorologique, hydrologique, agricole ou socio-
économique.
[Link]. En agriculture :
La sécheresse agricole est définie comme un déficit marqué et soutenu des précipitations qui
réduit significativement les productions agricoles par rapport à la normale ou les valeurs attendues
pour une région de grande étendue [Andrew,B et Johanne B ,96].
[Link]. En météorologie :
[Link]. En hydrologie :
C'est l'indice le plus utilisé pour estimer le déficit pluviométrique à l'échelle de l'année. L'écart à
la médiane est le plus utilisé par les agrométéorologues. Bien évidemment, quand l'échantillon de
données est dissymétrique, la différence entre la moyenne et la médiane est grande. L'écart à la
moyenne est la différence entre la hauteur de précipitation annuelle (Pi) et la hauteur moyenne
annuelle de précipitation (Pm).
Em = Pi – Pm (I)
L'écart est positif pour les années humides et négatif pour les années sèches. On parle d'année
déficitaire quand la pluie est inférieure à la moyenne et d'année excédentaire quand la moyenne est
dépassée.
Ip = Pi/Pm (II)
Une année est qualifiée d'humide si ce rapport est supérieur à 1 et de sèche s'il est inférieur à 1. Pour
situer une pluviométrie dans une longue série de relevés pluviométriques, on utilise l'écart
proportionnel à la moyenne (Ipm) qui diffère de l’indice de pluviosité en soustrayant 1 de cet indice.
Ipm = Ip – 1 (III)
Le cumul des indices d'années successives permet de dégager les grandes tendances en faisant
abstraction des faibles fluctuations d'une année à l'autre. Quand la somme des indices croît, il s'agit
d'une tendance humide. La tendance est de type « sèche », dans le cas contraire.
Lorsque la hauteur moyenne annuelle présentée est calculée sur une période assez longue, et que la
distribution n’est très loin de la loi normale on peut utiliser le rapport à la normale au lieu de la
moyenne.
Cet indice, qui est exprimé en pourcentage, peut être obtenu en divisant la précipitation annuelle
par la précipitation normale et en multipliant le résultat par 100 %. Il est exprimé
14
mathématiquement comme suit :
Le rapport à la normale en pourcentage permet d'estimer la variation ponctuelle des précipitations par
rapport à la normale.
En plus de l'identification des séquences sèches et de leur caractérisation par le calcul de ces
indices, il est possible de déterminer l'ampleur de la sécheresse en termes de sévérité. Nous présentons
quelques méthodes à titre indicatif.
Palmer a développé l'indice PDSI (Palmer Drought Severity Index) afin d'évaluer le début,
l'intensité et la fin des sécheresses passées et actuelles et d'effectuer la classification des sécheresses.
Cet indice est en fonction de l’état du sol, des précipitations et de l’évapotranspiration. McKee et al
[1995] pensent que l'indice de sévérité de Palmer est conçu pour l'agriculture et ne représente pas
exactement les effets hydrologiques résultant des sécheresses de longue période.
Ces deux méthodes sont basées sur l’ajustement des observations à une loi normale qui permet
d’estimer plus correctement les différents quantiles et calculer leurs durées de retour. pour les
quintiles, le seuil d’années sèches est observée en moyenne tous les 2.5 ans et les très sèches tous les
5 ans ; par contre la méthode des terciles suppose q’une année sèche a une durée de retour est égale à
3 ans.
15
[Link]. Distribution selon les déciles :
Arranger les données des précipitations dans des déciles est une autre façon d'identifier la
sécheresse. En effet, les déciles sont utilisés comme indicateurs de sécheresse. La méthode des déciles
partage la distribution des événements de précipitations enregistrées à long terme en sections chacune
contient de la distribution.
Pour une variable statistique donnée (exemple pluviométrie annuelle ou mensuelle), la série
climatologique correspondante est ordonnée dans le sens des valeurs croissantes ; les 10% des valeurs
les plus basses sont classées dans l'intervalle du décile 1, les 10% des valeurs suivantes dans
l'intervalle du décile 2, et ainsi de suite jusqu'au décile 10 qui correspond au 10% des valeurs les plus
élevées (extrêmement humide. tableau (01)
La méthode des déciles est sélectionnée comme une mesure météorologique de la sécheresse
dans le système mis en place en Australie dans le cadre de l'Australien Drought Watch System. Il est
relativement plus simple de calculer les déciles que d'estimer l'indice de Palmer relatif à la sévérité de
la sécheresse (Palmer Drought Severity Index - PDSI) [Smith DI et al; 1993]. Le calcul des déciles
nécessite tout de même une série de données pluviométriques relativement longue.
Un climat aride est caractérisé par la faiblesse des précipitations moyennes annuelles et par le fort
déficit de celles-ci par rapport à l'évapotranspiration potentielle, opposé à un climat humide. L'aridité
ne doit pas être confondue avec la sécheresse. L’aridité est un phénomène permanent alors que la
sécheresse est un évènement temporaire.
Les climatologues et les géographes ont élaboré de très nombreux indices d’aridité. Les plus
récent utilisent le bilan énergétique calculé à partir de l’insolation théorique ( radiation théorique :
1100kj/cm2/an) qui varie selon la durée d’insolation et l’incidence des rayons solaires. L’énergie
reçue au sol doit tenir compte des pertes par diffusion au niveau des nuages et par réflexion à partir du
sol. On peut citer, entre autre, l’indice radiatif (radiation nette / précipitations [Budyko MI.1974], et
l’indice de xéricité( radiation globale/évapotranspiration potentielle) [Le Houérou HN ; 1989]. Le
dryness ratio (rapport d’aridité) de Budyko-Lettau indique combien de fois la moyenne annuelle de la
radiation nette est capable d’évaporer la moyenne annuelle de pluie. Il est de l’ordre de 2 à 7 en région
semi-aride, de 7 en région aride et va jusqu’à 20en régions hyper-aride.
16
D’autres indices tiennent comptent de la valeur des éléments du climat prépondérant comme la
pluie et la température parmi les quels l’indice de Martonne. Emmanuel Martonne, proposa, en 1923,
un indice d'aridité I ; cet indice est calculé par la formule (I = P/T+10), où P est la hauteur moyenne
des précipitations annuelles, et T la moyenne des températures annuelles. Plus la valeur de I est faible,
et plus la station climatique considérée est aride. En fonction de cet indice, il est possible de distinguer
trois types de régions :
1.2.5. la désertification:
Qu'est-ce que la désertification? Cette question a reçu beaucoup de réponses de la part des
nombreux scientifiques et organismes qui ont tenté de définir et de décrire le phénomène. Dans une
revue de la littérature portant sur la désertification, Glantz et Orlovsky (1983) affirment avoir trouvé
plus de 100 définitions du terme. Depuis sa vulgarisation par Aubreville (1949), le mot présente
apparemment un dilemme conceptuel et descriptif aux chercheurs et aux organismes, qui ont chacun
mis l'accent sur des aspects et des perspectives reliés à leur discipline ou à leurs intérêts institutionnels
particuliers, et ont ainsi défini la désertification de différentes manières se rattachant chacune à un
certain nombre d'importantes caractéristiques. Il en a résulté une grande diversité de définitions,
comportant quelques contradictions, des malentendus, de la confusion, des déformations
institutionnelles et professionnelles ainsi que des mythes quant à la nature du phénomène.
Dans sa forme originale présentée par Aubreville (1949), considéré comme l'auteur du terme, la
désertification était présentée comme un processus de dégradation dû aux activités humaines qui
transformait la forêt tropicale en savane et la savane en régions quasi désertiques. Depuis, d'autres
auteurs ont donné des définitions qui considèrent le phénomène comme un processus évolutif
(Rozanov, 1990), comme un événement ou comme la phase finale d'un processus de changement
(Mainguet, 1991), ou comme une combinaison des deux. D'autres encore ont inclus dans leur
définition un certain nombre de descripteurs destinés à indiquer la forme du changement (destruction
du potentiel biologique de la terre, Nations Unies, 1977), sa localisation (ordinairement les terres
sèches, CNUED, 1992), son caractère réversible (Nelson, 1990) et sa cause (activités humaines,
Thomas et Middleton, 1994), la variabilité du climat (Tucker et al., 1991) ou à la fois le climat et les
activités humaines, (CNUED, 1992).
Selon Warren et Agnew (1988), la sécheresse peut accélérer la dégradation des terres en
réduisant l'apport en au dans un système déjà déséquilibré par suite d'une exploitation abusive. La
dégradation des terres peut, à son tour, contribuer à la sécheresse par des mécanismes de rétroaction
mettant en jeu l'albédo de la surface, l'humidité du sol et peut-être la poussière.
La réalité, par conséquent, c'est que la désertification n'est pas un événement nouveau postérieur à la
sécheresse sahélienne de 1970, mais un phénomène qui remonte à des siècles. Ce qui est nouveau,
c'est sa conceptualisation et sa vulgarisation.
En Algérie plusieurs séminaires et rencontres sur la désertification ont eu lieu. Des actions
comme abri du barrage vert avaient pour but de freiner l’avancement du désert. Pour plusieurs auteurs,
il existe un lien entre la désertification et la sécheresse. La sécheresse favorise le processus d’érosion
des sols, ce dernier peut amplifier les effets de la désertification. La désertification a des
conséquences bien connues comme le changement d’albédo qui favorise la formation des mouvements
de subsidences. Ces mouvements descendants empêchent la formation des nuages, et accentuent la
persistance de la sécheresse.
1.2.6. les causes de la sécheresse :
17
On sait que la formation des précipitations nécessite la présence de plusieurs conditions comme
la vapeur d’eau (humidité), les noyaux de condensation et un système de circulation qui permet et
favorise la condensation et donc la formation de nuages et des précipitations. En général, la sécheresse
se produit en l’absence de l’une de ces conditions. Mais, il existe des détails qui ne sont pas toujours
loin de ces conditions. Pour cela, il y a plusieurs travaux et études qui sont faites, elles concernent
différentes régions du monde.
Dr Lamb dans sa recherche sur les causes possibles de l’occurrence de la sécheresse au Maroc
entre 1979 et 1980, et qui a affecté en réalité une large partie du bassin occidental de la Méditerranée,
a identifie des corrélations acceptables entre l’indice de l’ONA et celui des précipitations.
Une autre étude menée par Nicholls (1985) a donné une relation entre le phénomène ENSO et la
sécheresse en Afrique sahélienne . Pour l’Algérie, les travaux antérieurs( Matari et al, 1995) ont
montré que la sécheresse qui est observée durant les vingt dernières années particulièrement dans la
région ouest est également influencée par le phénomène ENSO. Durant cette période le phénomène
EL NINO a été plus fréquent que par le passé, il a été observé plus de 5 fois depuis le début de la
décennie 70 .
Après avoir citer quelques exemples d’étude, on peut définir maintenant quelques termes utilisés
par certains auteurs.
Le sigle ENSO signifie « el nino-southern oscillation » . El nino est une anomalie climatique qui
se produit tous les trois à quatre ans dans l’océan pacifique et qui peut s’accompagner de violentes
perturbations météorologiques. L’oscillation australe « southern oscillation » est une bascule de
pression équatoriale entre le pacifique ouest et le pacifique central « la pression est normalement très
élevée dans le pacifique central que dans le pacifique ouest, mais cette différence s’inverse certaines
années.
Le terme el nino signifie «le petit garçon » qui fait référence à l’enfant jésus, à cause de son
apparition autour de Noël ; il est observé depuis plus d’un siècle par les pêcheurs sud-Américains qui
ont remarqué l’apparition d’eaux chaudes dans l’est du pacifique le long de la cote de l’équateur et du
Pérou. Ce phénomène océanographique présente une accumulation d’eaux chaudes qui se déplace de
l’Australie occidentale vers les côtes du Pérou.
Les eaux chaudes ont pour effet un dégagement de chaleur et d’humidité d’où des tempêtes et
des précipitations torrentielles plus fréquentes sur ces pays normalement arides(Pérou…). La phase
inverse du phénomène el Nino est appelée la nina. Cette dernière est caractérisée par une masse d’eau
plus froide que d’habitude apparaître au large de l’Amérique du sud, ceci a comme conséquence les
sécheresses en Amérique de sud et des précipitations diluviennes, même des inondations en Australie.
D’après plusieurs chercheurs les effets d’elnino peuvent se répercuter sur n’importe quelle région
du globe . Le déplacement des eaux chaudes du pacifique Ouest (Australie Indonésie) vers le pacifique
est entraîne d’importantes modifications dans la répartition des pluies sur ces régions du monde. C’est
18
ainsi que l’Indonésie, l’Australie et l’Inde doivent une ou deux fois par décennie faire face à des
cruelles sécheresses. Pendant ce temps les côtes du Pérou, du Chili, de la Bolivie et du Brésil se
trouvent sous des pluies lourdes et même des inondations.
L'oscillation nord-atlantique (ou North Atlantic Oscillation en anglais, d'où le sigle NAO), c'est
un phénomène atmosphérique et océanique, qui concerne principalement l'Atlantique Nord. On parle
d'oscillation parce qu'il y a un va-et-vient dans la direction nord-sud, d'air entre les régions de Ponta
Dalgada (Açores) et Akureyri (Islande). Ce va-et-vient de masse a pour conséquences :
Des influences sur le climat (températures, précipitations) tout autour du bassin atlantique, et tout
particulièrement sur l'Europe.
La sécheresse a de profonds retentissements. Elle affecte nos vies en exerçant des contraintes sur
l'approvisionnement en eau en dégradant l'environnement et la santé humaine par la mauvaise qualité
de l'eau, en intensifiant l'érosion du sol et en portant préjudice à l'économie du fait de la réduction de la
capacité de production agricole.
D’après les statistiques de 1994-1995, la ressource en eau mobilisable en Algérie est de 14.43
Km 3/an . Cette valeur est inférieure à la normale si on considère la capacité de mobilisation des
ressources en eau pour la majorité des pays de la méditerranée qui ont une population légèrement
supérieure, et même inférieure que celle de l’Algérie. Cette situation a entraîné des restrictions et des
coupures dans l'approvisionnement en eau potable, dans de nombreux noyaux urbaines surtout les
grandes villes comme Oran et Alger. Ces restrictions sont devenues de plus en plus sévères suite à la
persistance de la sécheresse des deux dernières décennies.
19
[Link]. Effets sur le sol :
Une sécheresse prolongée a des répercussions néfastes sur les sols. Le dessèchement de la
réserve hydrique donne lieu à l'accentuation de l'érosion éolienne qui engendre la perte de la
fertilisation des sols.
Le dessèchement des sols s'accompagne aussi par des phénomènes de salinisation de la couche
arable par effet de remontée capillaire. Les sels déposés détruisent la structure des sols. Ces aspects ne
sont pas négligeables dans les sols algériens.
L'agriculture est une activité humaine extrêmement sensible aux aléas du climat.
Des phénomènes climatiques extrêmes tels que les gels hâtifs et tardifs, les pluies excessives et les
inondations représentent une sérieuse menace pour la production agricole. Cependant, aucun
phénomène n'a été plus dévastateur à grande échelle que la sécheresse en Algérie, qui entraîne des
pertes directes sur la production agricole.
Outre la réduction des rendements, les sécheresses prolongées entraînent une multitude d’autres
effets comme, la réduction de la pâture et le tarissement des points d'eau d'abreuvement du cheptel.
Les conditions de sous alimentation du cheptel accentue sa mortalité surtout s'il est mal structuré.
En réduisant les productions agricoles et animales et donc le taux de couverture des besoins
nutritionnels de l'homme, la sécheresse provoque une sous-alimentation qui est la cause d'une faible
résistance aux maladies, et d'une mortalité importante notamment chez les enfants et les personnes
âgées; par exemple on estime qu'en Inde les famines dues à la sécheresse ont provoqué 1.5 millions de
morts. En relation avec l’évolution de la population et la pénurie de la ressource en eau, les maladies à
transmission hydriques deviennent un risque majeur.
Plusieurs travaux sur la pluviométrie de l’Algérie ont été menés depuis le dernier siècle, mais la
plupart d’entre eux en font une analyse superficielle sur quelques stations en se basant sur le calcul de
la moyenne. Ce n’est qu’on 1946 grâce aux travaux de Seltzer sur le climat de l’Algérie qu’une
analyse détaillée sur la pluviométrie est établie.
En Algérie, en considérant les stations du nord [Link] et al, (1994) par une méthode
comparative des moyennes(1974/1992 par rapport à celle de Chaumont 1913/1963) et à la moyenne de
longue durée (1922/1992), ont constaté que l’ampleur du déficit pluviométrique de la dernière période
1974/1992 s’intensifie d’est en ouest. ils mettent en évidence la tendance à la sécheresse des vingt
dernières années et font apparaître des sécheresses analogues durant les années 1913 et1940.
Farmer et Wigly (selon Kadi 1992) donnent l’évolution d’un indice de sévérité de la sécheresse
sur la même région et relèvent l’occurrence de sécheresse sévères et généralisés durant des années très
isolées : 1937, 1961,1970.
Matari et Douguédroit (1993) appliquent une analyse en composantes principales avec rotation
Varimax sur deux réseaux et sur deux périodes différentes ; ils ont abouti à une division régionale de
l’ouest Algérien pour une analyse spatio-temporelle de la pluviométrie. Les auteurs ont remarqué que
la sécheresse des années 40 est principalement due à une baisse de pluie de printemps et que celles des
années 80 à une baisse de pluie d’hiver.
20
Meddi et Humbert (2000), a partir d’une étude sur la sécheresse ont constaté qu’un déficit
pluviométrique apparaît à partir de 1970, et persiste encore actuellement. Ce déficit génère un grave
problème d’ordre économique et social, compte tenu de la pression croissante qui exerce sur la
ressource en eau (alimentation en eau potable, irrigation….).
II .1. Introduction :
Pour un bassin versant donné ou une région donnée, les stations pluviométriques fournissent
des mesures ponctuelles. Elles sont installées dans des conditions propres et forment le réseau
d’observation.
Les données relatives aux stations sont d'une haute importance pour les statistiques climatiques, la
planification, la gestion des ressources et les projets de construction.
La représentativité des précipitations par les mesures est fonction du réseau d'observation. Plus
celui-ci est dense, meilleure est l'information et plus l'ensemble des mesures est représentatif de la
lame d'eau tombée sur une surface donnée. Cependant le réseau est le résultat d'un compromis entre la
précision désirée et les possibilités ou charges d'exploitation. Le réseau devra donc être planifié.
L'hydrologue devra donc faire appel à son expérience de terrain pour planifier un réseau. Il tiendra
compte du relief et du type de précipitations (frontales, orographiques, convectives). Il s'assurera
également des facilités d'accès, de contrôle et de transmission des informations par télétransmission :
téléphone, satellite, etc..
II .2. Contrôle des données :
Avant de pouvoir exploiter les données et bien qu’elles soient dans un format adéquat, il importe
de contrôler la fiabilité et la précision de ces dernières. Le contrôle de la validité des données
d’observation est un travail préalable indispensable à toute analyse correcte malgré les nombreux
contrôles manuels intervenant dans la chaîne de traitement des données climatologiques.
Après un contrôle très souvent manuel au niveau de la station les documents sont de nouveau
contrôlé au service central. On constate encore des erreurs de nature fort différentes et qui sont
susceptibles d’être commises. Elles sont dues au capteur mal entretenu et à des erreurs de
transcription des données du carnet d’observation sur les CRQ (compte rendu quotidien) ; Des CRQ
sur les TCM (tableaux climatologiques mensuels) ou sur support informatique. Pour les stations
bénévoles, il existe par contre un TCM réduit.
Il existe deux types d’erreurs :
21
Elles affectent la précision des données, Ce type d'erreur est dû à des raisons nombreuses et
variées, généralement inconnues, affectant différemment chaque mesure individuelle. Ces erreurs étant
inévitables, il faut en estimer l'importance afin de pouvoir en tenir compte lors de l'évaluation de
l'incertitude finale.
Elles affectent la fiabilité des données, La différence entre la vraie valeur et la valeur mesurée, si
elle existe, est alors due à une erreur systématique. L'origine des erreurs systématiques est le plus
souvent liée à la calibration de l'appareil de mesure qui n'est pas parfaite ou à un phénomène extérieur
qui perturbe la mesure (erreur d'appareillage, changement d'observateur…).
Le contrôle manuel est basé sur l’expérience du correcteur par contre le contrôle automatique à
pour but de trier les données en deux catégories :
Il permet aussi de vérifier la concordance des résumés obtenus sur machines avec les résumés rédigés
en amont (avant traitement). On considère (03) type de procédure de contrôle: les contrôles de
cohérence interne, contrôles de cohérence temporelle et le les contrôles de cohérence spatiale.
Ils ont pour but de déceler les contradictions qui peuvent exister entre plusieurs paramètres d’une
même observation.
Ils ont pour but de vérifier la vraisemblance des variations dans le temps d’un paramètre
météorologique à une station. Ce contrôle temporel n’est possible que pour les éléments ayant une
variabilité diurne comme la température.
Ils ont pour but de vérifier la vraisemblance des écarts entre les valeurs d’un paramètre mesuré à
des stations voisines.
Comme chacun le sait, toute étude climatologique ou hydrologique nécessite des séries de
données régulières continues et de longue durée ; l’application des méthodes statistiques sur ces séries
impose un certain nombre de conditions entres autres.
L’historique du réseau climatique de l’ANRH et de l’ONM montre que la longueur des séries est
inversement proportionnelle à leur nombre. Nous ne disposons que de successions de séries de courte
durée et ce pour plusieurs raisons dont les plus importantes sont :
22
II.3. choix des stations :
Pour pouvoir sélectionner un réseau de station, nous avons commencé par relever sur l’historique les
stations couvrant l’Ouest algérien. Cet historique montre que les premières observations existent
depuis 1870 comme par exemple à Oran.
Nous avons été confrontés au choix d’un réseau avant les années 60 ou un réseau généralement
différent après 1968. Parce que après 1962 date à laquelle l’Algérie a eu son indépendance la plus part
des observateurs et des techniciens qui étaient d’origine européenne ont quitté l’Algérie en masse.
Ceci à paralysé le fonctionnement du réseau météorologique dans toute l’Algérie. Donc il fallu
atteindre la fin de la décennie soixante pour que le réseau commence à se stabiliser. Pour une raison
d’actualisation nous avons opté pour la période 1968-1998.
Le volume d’informations pluviométriques recueillies dans cette région est constitué d’une
quarantaine de stations réparties de façon plus au moins uniforme. Malheureusement on n’a pas pu
retenir que( 23 ) postes qui ont fonctionné sans arrêt depuis 1968. Les stations ont été retenues pour la
période 1968 à 1998 soit 30 ans, car malheureusement la plupart des postes retenus en premier lieu
ont été soit fermés au cours de la période considéré soit exploités bien après 1968. Deux critères nous
ont alors permis de sélectionner les stations choisies. Nous avons retenu seulement les stations
possédant une série de données la plus complète possible. Nous avons conservé une répartition
géographique de ces stations de manière à couvrir la plus grande superficie de l’Ouest algérien.
En dépit de ces choix, plusieurs stations présentaient quelques lacunes. Les stations retenues
sont représentées dans le tableau (annexe 01), et sur la carte de la figure n° 07.
N Mosta
Mer Méditerranée
Reliz
Oran Ferm-b
Fergo
Ham-B Cheur Masca
Bakha
Ainte Oued-S Bouhan
Ain-Fe
Sidi-b Souge
Ghaza
Fren
Telem Ain-ke
Saida
Maghn
Beni-b
Sebdo 0 50 km
23
2.3.3. Critique visuel des données disponibles :
Tout d'abord, nous avons délimité notre étude sur les totaux annuels de septembre à mai a
cause de deux points :
• La saison d’été, période des vacances de la plus part des observateurs ce qui a engendré top de
lacunes dans les séries.
• Le cycle végétatif du blé s’étend de septembre à mai.
L'examen visuel des totaux annuels pour la même période 68-98 de toutes les stations montre
que quelques séries sont affectées par un manque d'homogénéité ou par des lacunes. Nous citons à titre
d'exemple:
La station de Tlemcen :
Présente une différence dans l’ordre de grandeur des observations, donc on a admit, que ces
observations n'appartiennent pas à la même station, ce qui implique peut être la provenance des
données de deux stations différentes Zenetta et saf-saf..
Elle possède aussi des données incertaines entre les années 68-71 ; ces trois premières valeurs
ont un grand écart par rapport au reste de la série.
La station de Saida :
Présente deux valeurs successives semblables (l'année 87-89) ce qui paraît douteux.
Elle présente des lacunes entre les années 68-77. Ces dernières provenant de l’instabilité de
fonctionnement de la station entre ces deux années et du changement de site de cette dernière. Bien
que cette station soit plus lacunaire que les autres, Sa position géographique dans une zone dégarnie de
station, nous a dicte son choix.
On peut estimer les données manquantes ou erronées à une station à partir des valeurs provenant
des stations voisines soumises aux mêmes conditions climatiques et situées dans la même zone
géographique. Trois méthodes sont proposées pour la restitution des données pluviométriques :
- Remplacer la valeur manquante par la méthode de régression. Pour que cette méthode
soit efficace, il faut que la régression soit linéaire et que le coefficient de corrélation soit élevé. En ce
qui concerne la linéarité, elle peut être vérifiée dès le début à l’aide d’un graphique en portant sur les
coordonnées les deux stations à comparer. Ces stations doivent présenter au mois une dizaine de
valeurs comme dans une région ou les fluctuations d’amplitudes sont très différentes.
24
Dans notre étude, nous avons utilisé la méthode de régression pour reconstituer les lacunes des
stations mentionnées auparavant.
D’une façon générale les éléments climatiques dans le temps ne se produisent pas de la même
façon et la sérié correspondante n’est pas purement stationnaire.
Les causes perturbatrices les plus courantes de l’homogénéité des observations sont :
L’utilisateur des données doit connaître l’historique des stations d’observations ce qui permettra
d’expliquer les causes de l’hétérogénéité lorsqu’elle existe. Cet historique comprend le nom de la
station, les coordonnées, les périodes et le personnel d’exploitation et les détails sur son équipement.
Les séries de données de nos stations, comme nous venons de l’évoquer précédemment sont le plus
souvent hétérogènes. Ceci, nous a obligé de faire une étude d’homogénéité de ces dernières.
Dans cette optique, nous avons essayé tout d’abord de ne pas soumettre les séries des barrages à cette
étude du fait de leur régularité. Les stations concernées sont : Bakhada barrage, barrage Bouhanifia,
barrage Cheurfas, barrage Beni-Bahdel, barrage Fergoug ; Ceci nous a été également dicté par le
manque de station de référence.
Avant d’aborder l’étude de l’homogénéité de nos séries et donner les résultats nous allons
présenter la méthode traitant cette question. Il existe des tests graphiques et numériques comme par
exemple :
Le principe consiste à cumuler les valeurs annuelles observées de chaque paramètre à traiter ;
une fois que les valeurs sont cumulées, il faut les mettre en ordonnées et le temps en abscisse. A partir
de cumuls en fonction du temps on dispose d’un nuage de points, ces derniers fluctuent autour d’une
droite. Si on constate une cassure de la droite on conclut que la série correspondante présente une
tendance, des observations erronées ou des valeurs exceptionnelles. Lorsque la cassure est nette on
peut par simple lecture sur le graphique déterminer l’époque ou s’est manifestée la tendance et
contrôler dans les documents les causes de cette tendance.
25
La méthode du simple cumul ne permet pas de différentier dans le cas où l’on observerait une
tendance, celle qui est propre à la station (hétérogénéité) d’une tendance climatique. Nous avons
relégué ce test de notre étude, pour cette raison.
Le principe est le même que celui que nous avons décrit précédemment seulement la droite des
cumuls n’est plus obtenue en fonction du temps mais en fonction d’une deuxième station de la même
région, qu’on appellera station de référence, cette dernière devra être homogène dès le départ.
La similitude de comportement des deux stations se traduit par un quasi alignement des points
représentatifs ; Une déviation de comportement d’une des deux séries (stations) va se traduire par un
nouvel alignement le long d’une droite différente de la première. Les stations de référence considérées
sont celle des stations de barrage, car les techniciens de l’ANRH confirment l’homogénéité de ces
stations. La station d’Oran Es senia est aussi considérée comme une station homogène. Cette méthode
est particulièrement utilisée pour tester l’homogénéité et détecter l’époque de la tendance de quelques
stations de la région d’étude.
L’étude de l’homogénéité des séries par la méthode du double cumul est généralement confronté
au manque de tests statistiques valables pour préciser la signification des cassures apparentes. [Link] a
suggéré une méthode basée sur le cumul des résidus i . Une rupture peut exister à une certaine date ou
entre deux époques si ce cumul est trop grand ; le problème revient à rechercher une courbe de
contrôle telle que tout dépassement amène à repousser l’hypothèse d’homogénéité de la série, avec un
seuil de confiance choisie ; [Link] a montré que la courbe de contrôle est une ellipse d’équation :
i(n i)
y i
t s y 1 r 2 n 1
2
i(n i)
sy 1 r2 n 1 est la variance des résidus.
Ou
sy