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Impacts de la sécheresse en Algérie

Ce document présente une thèse sur les impacts de la sécheresse sur les écoulements souterrains dans les massifs calcaires de l'Ouest algérien. La thèse étudie la sécheresse, les données climatiques, l'homogénéité des séries de données et la régionalisation des précipitations.

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Impacts de la sécheresse en Algérie

Ce document présente une thèse sur les impacts de la sécheresse sur les écoulements souterrains dans les massifs calcaires de l'Ouest algérien. La thèse étudie la sécheresse, les données climatiques, l'homogénéité des séries de données et la régionalisation des précipitations.

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N° d’ordre

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE


MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE D’ORAN

THESE

Présentée à la faculté des Sciences de la terre,


de Géographie et l’Aménagement du Territoire,

Pour l’obtention

du diplôme de Docteur d’Etat


(Option : Hydrogéologie)

Titre : Source Ain Taga


Monts de Tlemcen

Impacts de la sécheresse sur le régime des


écoulements souterrains dans les massifs calcaires de
l’Ouest Algérien " Monts de Tlemcen - Saida"

Par
Abdelkader KHALDI

Soutenue le 21/05/2005 devant la commission d’examen :

Président : M. MAHBOUBI Professeur , Faculté des Sciences de la Terre Université d’Oran


Rapporteur M. BESSEDIK Professeur, Faculté des Sciences de la Terre Université d’Oran
Examinateurs : J. MANIA Professeur, Ecole polytechnique Universitaire de Lille
L. DJABRI Professeur, Faculté des Sciences Université Badji Mokhtar Annaba
P. HUBERT Maître de Recherche, Ecole des Mines de Paris
Invité A. HANI Maître de Conférence, Faculté des Sciences Université Badji Mokhtar Annaba
AVANT – PROPOS

Ce mémoire n’aurait jamais vu le jour sans le concours et les encouragements


d’innombrables amis enseignants et professeurs ne pourrai tous les citer, mais je
voudrais leurs exprimer collectivement toutes ma, reconnaissance. J’espère qu’ils
trouveront dans ce mémoire la justification de leurs efforts.

Le travail présenté doit beaucoup aux conseils de Monsieur le professeur


Mostefa BESSEDIK, qui ma fait bénéficié de sa compétence, je le remercie pour
ses conseil et pour sa lecture attentive du manuscrit malgré son emploi du temps très
chargé. Je voudrais surtout le remercier pour l’esprit de tolérance avec lequel il a
dirigé ce travail.

Je tiens aussi à exprimer mes sincères remerciements à Monsieur Mohamed


MAHBOUBI , Professeur ; président du comité scientifique du département des
Sciences de la Terre, pour ses précieux conseils et pour l’intérêt qu’il a porté pour
l’aboutissement de ce travail et d’avoir accepté de présider ce jury.

Mes vifs remerciements s’adressent, plus particulièrement, à Monsieur Jackie


MANIA, Professeur à l’école polytechnique universitaire de Lille (France) et à
Monsieur Pierre Jean Yves HUBERT, Directeur de Recherche à l’école des mines
de Paris (France) et secrétaire général de l’association internationale des sciences
hydrologiques, pour l’intérêt qu’il ont porté à mes recherches et pour avoir accepté
sans hésitation, et malgré leurs lourdes charges, de juger ce travail.

Je ne saurai comment remercier monsieur DJABRI Larbi professeur à


l’université Badji Mokhtar de Annaba, pour l’intérêt qui’ il a porté à ce travail, qui m’a
toujours demandé « et alors c’est pour bientôt ? » C’est fait Monsieur DJABRI et
merci d’avoir accepté d’évaluer ce travail.

Mes remerciements vont également à Monsieur Azzedine HANI maître de


conférence à l’université Badji Mokhtar de Annaba pour l’attention qu’il a toujours
manifesté à mon égard et d’avoir accepté de juger ce travail.

Mes vifs remerciements s’adressent également à Monsieur Khelladi.


MEDERBAL, Directeur du LRSBG et professeur au Centre Universitaire de Mascara,
pour ses encouragements, ses conseils et ses fameuses boutades qui aboutissent
toujours au relèvement sensible du moral.

Je remercie Melle DJAFRI Fatiha, professeur à l’université qui s’est toujours


portée volontaire pour me fournir l’aide demandée.

Je tiens a remercie Monsieur HOUARI Omar, pour l’aide et le soins qu’il a


apporté à la mise en forme de ce document.

En plus de mes lourdes taches administratives, réaliser une telle étude


demande beaucoup de temps, et ce temps, je l’ai pris sur celui que j’aurais peut-être
dû consacrer à ma famille. Nacera, Amina, Bouchra, Mohamed et Zouheir qui ont
supporté jusqu’au bout, sans trop de récriminations mes absences fréquentes.
J’espère qu’elles n’ont pas eu trop à souffrir de mon manque de disponibilité. Ce
travail est un peu le leur.
SOMMAIRE
AVANT PROPOS
INTRODUCTION GENERALE 1
1. Problématique et stratégie d’étude 2
PRESENTATION DE LA REGION D’ETUDE 5
1. Situation géographique 5
2. Bassin versant la Tafna 5
3. Bassin versant de la Macta 5

PARTIE I : ETUDE DE LA SECHERESSE

Chapitre I : CARACTERISATION DE LA SECHERESSE 8


I.1. Les changements climatiques 09
1.1.1. Introduction 09
1.1.2. Le climat et le temps 09
1.1.3. Le système climatique 09
1.1.4. La variabilité climatique 09
1.1.5. Changements climatiques 09
1.1.6. Prévision du changement climatique 10
1.1.7. Les causes du changement à l'échelle du globe 10
[Link]. Les causes naturelles susceptibles d’affecter le climat 10
[Link]. Les causes artificielles 11
1.1.8. Quelques scénarios envisagés dans cet axe 11
1.1.9. Les conséquences du réchauffement 12
1.1.10. Impact du changement climatique sur l’agriculture 12
[Link] .Extrêmes climatiques 13
[Link]. Réduction de l’eau disponible du sol 13
I.2. la sécheresse 13
1.2.1. Définition de la sécheresse 13
[Link]. En agriculture 13
[Link]. En météorologie 13
[Link]. En hydrologie 13
1.2.2. Les indices de la sécheresse 14
[Link]. Indice de l'écart à la moyenne (Em) 14
[Link]. Indice de pluviosité (Ip) 14
[Link]. Rapport à la normale des précipitations (RN) 14
1.2.3. Indices de sévérité de la sécheresse 15
[Link]. Indice de sévérité de la sécheresse de Palmer 15
[Link]. Indice standardisé de précipitation 15
[Link]. Méthode des quintiles et des terciles 15
[Link]. Distribution selon les déciles 16
1.2.4. Sécheresse et aridité 16
[Link]. Les indices de l’aridité 16
1.2.5. La désertification 17
1.2.6. Les causes de la sécheresse 18
[Link]. Le phénomène ENSO 18
[Link]. L’oscillation nord atlantique (ONA) 19
1.2.7. L’impact de la sécheresse 19
[Link]. Problème d’approvisionnement en eau 19
[Link]. La surexploitation des aquifères 19
[Link]. Effets sur le sol 20
[Link]. Impact sur le secteur agricole et l’élevage 20
[Link]. Impact sur la santé humaine 20
1.2.8. La sécheresse en Algérie 20
CHAPITRE 2: ETUDE D’HOMOGENEITE DES DONNEES 21
2.1. Introduction 21
2.2. Contrôle des données 21
2.3. Choix des stations 23
2.3.1. Choix de la période d’étude 23
2.3.2. Critique visuelle des données disponibles 24
2.3.3. Estimation des données manquantes 24
2.4. Etude d’homogénéité des séries 25

CHAPITRE 3 : ETUDE DE LA REGIONALISATION 31


3.1. Introduction 31
3.2. Méthode de l’A.C.P 31
3.2.1. Principe de la méthode 31
3.2.2. Description de la méthode 31
[Link]. Calcul de la matrice variance - covariance 32
[Link]. Détermination des composantes principales 32
[Link]. Corrélation entre les variables d’ origine et les composantes 33
3.2.3. Nombre d’axe à retenir 33
3.2.4. L’A.C.P sans rotation 33
3.2.5. L’A.C.P avec rotation 33
3.3. Analyses des résultats 33
3.3.1. L’A.C.P sans rotation 34
3.3.2. L’A.C.P avec rotation Varimax 37

CHAPITRE 4 : ETUDE DE LA SECHERESSE 40


4.1. Variabilité inter-annuelle des pluies 40
4.2. Etude de la tendance climatique 41
4.3. Etude de la variabilité intra-annuelle 43
4.3.1. Les précipitations mensuelles 44
4.3.2. La variabilité saisonnière 45
4.4. Etude de la sévérité de la sécheresse 47
4.4.1. Test de normalité 48
4.4.2. La méthode des quintiles 49
4.4.3. Méthode des terciles 51
CHAPITRE 5 : RELATION ENTRE LA PLUVIOMETRIE DANS L’OUEST
ALGERIEN ET L’OSCILLATION NORD-ATLANTIQUE. 52
5.1. Introduction 52
5.2. L’origine et la variabilité de l’oscillation nord-atlantique 54
5.3. Etude de la relation entre la pluviométrie sur l’Ouest Algérien et l’indice ONA 54
5.3.1. Les corrélations 54
5.3.2. Les tableaux de contingences 55
5. 3.2.1. Choix des intervalles 57

CHAPITRE 6 : ETUDE DES SEQUENCES 59


6.1. Introduction 59
6.2. Modèle Markovien d’ordre 1 59
6.3. Application du modèle sur nos stations 60
6.3.1. Séquences pluvieuses 60
6.3.2. Application aux séquences sèches 61
6.3.3. Ajustement des séquences 62

PARTIE II : ETUDE DU SIGNAL PLUIE

CHAPITRE 1 : EVOLUTION DES REGIMES PLUVIOMETRIQUES 65


I-1. Collecte des données 65
I-1-1 Choix des stations 65
I-2. Critiques des données 65

I-2-1 Détection des anomalies 66


I-2-1-1 Méthodes analytiques 66
I-2-1-2 Méthodes graphiques 67
I-3. Choix d’un modèle statistique 69

1.4. Etude de la variabilité pluviométrique 71


1.4.1. Caractéristiques statistiques des pluies annuelles 71
1.4.2. Evolution des totaux pluviométriques annuels 73
1.4.3. Evolution des totaux pluviométriques printaniers et hivernaux... 74
[Link]. La moyenne mobile 74
[Link]. La méthode des écarts à la moyenne 74

CHAPITRE. 2. APPROCHES ET ANALYSES DES SERIES PLUVIOMETRIQUES 76


2.1 Considérations théoriques 76
2.1.1. Rappels sur les principes des tests statistique 76
2.1.2. Caractère aléatoire des séries d’observations 78
[Link]. Test du rapport de Von Neumann. 78
[Link]. Autocorrélogramme 79
[Link]. Test de corrélation sur le rang 79
[Link] Statistique de rang de Spearman 79
2.1.3 Tests de détection de ruptures 81
[Link]. Test de Pettitt 81
[Link]. Test du rapport de vraisemblance 82
[Link]. Statistique U de Buishand 83
[Link]. La procédure bayésienne de Lee et Heghinian 83
[Link]. La procédure de segmentation de Pierre Hubert 84
[Link]. Les conditions d’application des méthodes 85
2.1.4. Les méthodes retenues dans l’étude 86
[Link]. Test de corrélation sur le rang 86
[Link]. Test de Pettitt 86
[Link]. Statistique U de Buishand 86
[Link]. La procédure bayésienne de Lee et Heghinian… 86
[Link]. Procédure de segmentation de Pierre Hubert……. 87
2.2 Evolution du régime pluviométrique et détection de rupture 87
2.2.1. L’échelle annuelle 88
2.2.2. L’échelle saisonnière 91
2.2.3. L’échelle mensuelle 94
2.3. Conclusion 96
CHAPITRE 3. REPRESENTATIONS GRAPHIQUES ET ANALYSE
CARTOGRAPHIQUE 97
3.1. Cartographie de la variabilité pluviométrique annuelle 97
3.2. Résultats et discussion 98
3.3. Conclusion 107
CHAPITRE. 4. EVOLUTION DU REGIME HYDROLOGIQUE ET
DETECTION DE RUPTURE 107
4.1 Données 107
4.2 Analyse des débits 108
4.2.1 Ajustement statistique 108
4.3 Analyse de la variabilité temporelle des écoulements 108
4.3.1 L’écoulement annuel 109
4.3.2 L’écoulement mensuel 111
4.4 Fluctuations hydroclimatiques dans les bassins versants 112
4.4.1 Description des bassins versants 112
4.3.2 Méthode appliquée 116
4.3.3 Résultats et discussion 117
4.5 Approches statistiques et détection de rupture 123
4.5.1. à l’échelle annuelle 124
4.5.2. A l’échelle saisonnière 125
4.5.3 A l’échelle mensuelle 128
4.6 Conclusion 131

PARTIE III : IMPACT DE LA SECHERESSE SUR


LES ECOULEMENTS SUPERFICIELS

CHAPITRE 1 : APPORT DE L’ANALYSE HYDROLOGIQUE


DES MONTS DE SAIDA 132
1.1. Introduction 132
1.2. Réseau hydrographique 132
1.3. Caractéristiques hydrologiques 132
1.4. Les eaux de surface 132
1.4.1. Analyse statistique des débits au niveau des stations 133
1.4.2. Evolution et distribution des débits moyens journaliers 133
1.4.3. Ecoulement mensuels et régime hydrologique 133
1.4.4. Ecoulement inter-annuel et variabilité des débits 134
1.5. Distribution des débits 135
1.5.1. Analyse des débits 135
1.5.2. Analyse des courbes des débits classés 135
[Link]. Courbes des débits classés 135
[Link]. Débits caractéristiques 137
1.5.3. Analyse des courbes des débits cumulés 137
[Link]. Méthode 137
[Link]. Résultats 138
1.6. Ajustement des débits 139
1.7. Analyse corrélatoire et spectrale 139
1.7.1. Principe de la méthode 140
1.7.2. Application au bassin des Monts de Saida 140
[Link]. Analyse du signal d’entrée : la pluie 142
[Link]. Analyse du signal de sortie : débits 142
[Link]. Analyse croisée 148
1.8 Conclusion
149
CHAPITRE 2 : APPORT DE L’ANALYSE HYDROLOGIQUE
DES MONTS DE TLEMCEN 149
2.1. Introduction 149
2.2. Réseau hydrographique 149
2.3. Analyse des débits 149
2.3.1. Etude des écoulements annuels 149
[Link]. Ajustement statistique 149
2.3.2. Etude des écoulements mensuels 151
2.3.3. Régime des débits 152
2.3.4. Variation des débits journaliers 153
2.4. Les débits extrêmes 155
2.4.1. Etude des crues 155
2.4.2. Etude des étiages 157
2.5. Conclusion 159

PARTIE IV : IMPACT D’UN EVENEMENT PLUVIOMETRIQUE


EXCEPTIONNEL SUR LE FONCTIONNEMENT DU KARST

CHAPITRE 1 : APPROCHE HYDRODYNAMIQUE DES HYDROSYSTEMES


KARSTIQUES DES MONTS DE SAIDA 160
1.1. Méthodologie et stratégie d’étude 160
1.2. Courbe de tarage 160
1.3. Détermination des coefficients et des volumes de tarissement 161
1.3.1. Application au système karstique de Ain Tifrit. 162
1.3.2. Application au système karstique de Ain Zerga. 165
1.5. Résultats et interprétations 167
1.6. Conclusion 167
CHAPITRE 2 : ETUDE HYDROCHIMIQUE DES CRUES ET DECOMPOSITION DE
L’HYDROGRAMME 169
2.1 Méthodologie 169
2.2 Evolution du signal chimique en fonction des périodes hydrologiques 169
2.2.1. Etude des courbes chimiques et isotopiques à Ain Tifrit 169
2.2.2. Interprétation 170
2.2.3. Discussion de la décomposition hydrochimique de l’hydrogramme karstique 171
2.3 Essai de décomposition de l’hydrogramme de crue à partir de l’oxygène 18 173
2.3.1. Discussion de la décomposition hydrochimique de l’hydrogramme karstique 174
2.3.2 Applications 175
2.4. Conclusion. 177

CHAPITRE 3 : APPROCHE HYDRODYNAMIQUE DES HYDROSYSTEMES


KARSTIQUES DES MONTS DE TLEMCEN 178
3.1. Fonctionnement hydrodynamique des principaux systèmes 178
3.1.1. Aquifères karstiques perchés 178
[Link]. Le synclinal de Merchich 179
[Link]. Le bassin de Meffrouch 179
[Link]. La station de Kef Oued 179
3.1.2. Les aquifères drainés par un oued 180
3.1.3. Les aquifères s’en fouissant sous le Miocène au Nord des Monts de Tlemcen 180
[Link]. Flux profond sous le Miocène 180
3.1.4. L’alimentation latérale des aquifères du Plio-Quaternaire… 181
[Link]. La nappe de Maghnia 181
[Link]. La nappe de Hennaya 181
3.1.5. Les aquifères s’enfouissant sous les conglomérats des Hauts Plateaux 181
3.1.6. Rôle hydrodynamique des grès de Boumédiènne 182
3.2. Etude des sources 183
3.3 Principales sources karstiques 183
3.4. Le régime des débits des sources et leur évolution avec les précipitations 185
3.5. Conclusion 186
CHAPITRE 4 : APPORT DE L’HYDROCHIMIE POUR LA CARACTERISATION DES
HYDROSYSTEMES KARSTIQUES. 187
4.1. Variation des caractéristiques physico-chimiques 187
4.2. Interprétation des résultats 190
4.2.1. Les eaux de la matrice calcaréodolomitique fissurée 190
4.2.2. Les eaux d’infiltration rapide 190
4.2.3. Les eaux d’infiltration dispersée 190
4.2.4. Les eaux d’infiltration concentrée 190
4.2.5. Les eaux d’infiltration retardée 191
4.3. Etude des distributions de fréquences des bicarbonates dans les systèmes karstiques 191
4.4. Reproductibilité des courbes de distribution 192
4.5. Conclusion. 193

CHAPITRE. 5 : IMPACT DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR LES RESSOURCES EN EAU 194


5.1 Bassin de la Tafna 194
5.2.1 Modélisation des débits maxima en liaison avec l’intensité pluviométrique 194
5.2 Impact sur les eaux souterraines 198
5.2.1 Introduction 198
5.2.2 Analyse temporelle des coefficients de tarissement 198
5.2.3 Calcul des réserves écoulables 199
5.2.4 Conclusion 200
5.3. Bassin versant de la Macta 201
5.3.1 Collecte et traitement des données 201
5.3.2. Carte de la pluviométrie annuelle 202
5.3.3 Régionalisation 204
5.3.4. Essai d’analyse en composantes principales 204
5.3.5 Classification automatique 205
5.4. Conclusion 206
CONCLUSION ET PERSPECTIVES 207
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 212
LISTE DES FIGURES 227
LISTE DES TABLEAUX 229
ANNEXES 230
RESUME

Au cours de la dernière décennie, la problématique des changements climatiques a été


reconnue comme l’un des problèmes majeurs du développement à l’échelle locale et régionale voire
même à l’échelle internationale. La question de l’eau constitue un défi permanent pour les pays de
l’Afrique de l’Ouest en général et l’Algérie en particulier. La demande est en constante augmentation,
notamment pour le secteur de l ‘agriculture qui absorbe plus de 87 % du potentiel disponible. Par
ailleurs, et à l’instar des pays riverains de la Méditerranée, le développement socio-économique des
pays de cette région s’est accompagné d’une profonde modification des rapports que l’homme
entretient avec la ressource en eau. La dépendance par rapport aux eaux de surfaces et souterraines
est extrêmement variable d’un pays à l’autre.

Dans la plus grande partie de l'Afrique, la sécheresse est la calamité climatique la plus
fréquente. L’Algérie et surtout l’Ouest, a connu plusieurs grandes sécheresses durant ce siècle, les
années 40 et les années 80 jusqu'à nos jours. La plus récente a été caractérisée par la diminution de
la pluviométrie associée à l’accroissement considérable de la température durant les deux dernières
décennies a influencé par son ampleur spatiale, son intensité et par son impact majeur sur la
diminution des ressources en eau.

L’étude de détection de rupture a permis de localiser une modification du régime


pluviométrique durant la décennie 1970-1980 pour la plupart des stations pluviométriques étudiées.
L’application des tests statistiques aux pluies saisonnières, nous a permis de conclure que se sont les
pluies d’hiver et de printemps qui ont enregistré une rupture dans les séries chronologiques durant la
décennie 1970-1980. A l’échelle mensuelle, nous avons remarqué que se sont les mois des deux
saisons pluvieuses qui ont enregistré les baisses les plus significatives et les plus importantes
notamment les mois de : décembre, janvier, mars et avril. L’étude du nombre de jours de pluies nous
parait également intéressante à considérer en raison de son intérêt pour les gestionnaires agricoles.

Les fluctuations hydroclimatiques saisonnières et mensuelles étaient semblables aux


pulsations annuelles. Contrairement aux précipitations, ce sont tous les mois de l’année qui ont
enregistré une rupture de stationnarité car le régime hydrologique des oueds algériens est directement
influencé par celui des précipitations mais subit, aussi avec un effet de retard, l’incidence du cumul de
déficits pluviométriques répétés.

Une tendance évolutive vers l’aridification du climat est confirmé par les résultats des tests
de persistance s’y est manifeste, notamment par des déficits d’écoulement entraînant l’insuffisance
générale de l’alimentation des écoulements de surface et des nappes souterraines. La comparaison
des différentes cartes pluviométriques à travers des différentes périodes à savoir : 1913 à 1963, 1922
à 1989 et 1975 à 2000 a montré une nette progression des isohyètes ( 100 à 150 mm) et la disparition
de l’isohyète 400 mm.

Les valeurs des coefficients de variation des apports interannuels pour la période
1975 à 2000, sont relativement élevées ce qui indique un régime irrégulier. Cette irrégularité est plus
accrue au Sud de la région. Le synchronisme dans l’évolution des apports mensuels sur la plupart
des stations souligne la similitude des conditions d’écoulement. Les débits spécifiques moyens
annuels présentent une augmentation générale du Sud vers le Nord (0,46 à 0,81). La période d’étiage
pour la plupart des oueds des Monts de Tlemcen et de Saida est comprise entre mai et septembre.
Sur le plan hydraulicité, ces oueds se caractérisent par un écoulement violent et rapide. Les
coefficients de tarissements sont forts (0,63 à 0.7).

Afin de déceler l'impact des changements climatiques sur le débit de sources karstiques,
plusieurs systèmes aquifères ont été sélectionnés dans deux régions karstiques (Monts de Tlemcen -
Monts de Saida) possédant de longues chroniques hydroclimatologiques. A l'aide de tests statistiques
de tendance et d'analyses corrélatoires et spectrales, des tendances soit à la hausse soit à la baisse
des températures, des précipitations et des débits ont été observées. Ces tendances ne sont pas
suffisamment marquées pour affirmer qu'elles ont pour seules causes des changements climatiques.
Ainsi, l'influence des changements climatiques à court terme sur le débit et le chimisme des eaux
souterraines est relativement faible.

Mots clés : Changements climatiques, sécheresse, régimes pluviométriques, hydrométrie,


traitement statistique, hydrologie karstique, ressources en eau l’Ouest Algérien.
Abstract
During the last decade, the problems of the climatic changes were recognized like one of the
major problems of the development on a local and regional scale to see even on an international scale.
The question of water constitutes a permanent challenge for the countries of West Africa in general and
Algeria in particular. The request is in constant increase, in particular for the sector of L ` agriculture
which absorbs more than 87 % of the potential available. In addition, and following the example
countries on the Mediterranean, the socio-economic development of the countries of this area was
accompanied by a deep modification of the reports/ratios which the man maintains with the water
resource. The dependence compared to water surfaces and underground is extremely variable from one
country to another.

In most of Africa, the dryness is the climatic calamity most frequent. Algeria and especially the
West, knew several great drynesses during this century, the Forties and the Eighties until our days. Most
recent was characterized the reduction in pluviometry associated with the considerable increase in the
temperature during the two last decades influenced by its space width, its intensity and by its major
impact on the reduction in the water resources.

The study of detection of rupture made it possible to locate a modification of the pluviometric
mode during the decade 1970-1980 for the majority of the studied pluviometric stations. The application
of the statistical tests to the seasonal rains, enabled us to conclude that are the rains of winter and
springs which recorded a rupture in the time series during the decade 1970-1980. With the monthly
scale, we noticed that are the the two rainy seasons months which recorded the most significant falls
and the most significant in particular months of: December, January, March and April. The study of the
number of days of rains appears also interesting to us to consider because of its interest for the
agricultural managers.

The seasonal and monthly hydroclimatic fluctuations were similar to the annual pulsations.
Contrary to precipitations, are every month of the year which recorded a rupture of stationnarity because
the mode hydrological of the Algerian rivers is directly influenced by that of precipitations but undergoes,
also with an effect of delay, the incidence of the office plurality of repeated pluviometric deficits.

An evolutionary tendency towards the aridification of the climate confirmed by the results of the tests of
persistence y expressed, in particular by deficits of flow involving the general insufficiency of the food of
the flows of surface and the underground tablecloths. The comparison of the various isopluvial maps
through various periods with knowing: 1913 to 1963, 1922 to 1989 and 1975 to 2000 with shown a clear
progression of the isohyets (100 to 150 mm) and the disappearance of the isohyets 400 mm.

The values of the interannual coefficients of variation of the contributions over the period 1975 to 2000,
are relatively high what indicates an irregular mode. This irregularity is more increased in the South of
the area. The synchronism whose evolution of the contributions monthly on more shares of the stations
underlines the similarity of the conditions of flow. The average specific annual throughputs present a
general increase in the South towards North (0,46 to 0,81). The period of low water level for the majority
of the wadis of the Mounts of Tlemcen and Saida lies between May and September. On the hydraulicity
plan, these wadis are characterized by a violent and fast flow. The coefficients of dryings up are strong
(0,63 to 0.7).

In order to detect the impact of climatic changes on the flow of karstic sources, several
aquiferous systems were selected in two karstic areas (Mounts of Tlemcen - Mounts of Saida) having
long hydroclimatologic chronicles. Using statistical of tendency and analyses corrélatoires and spectral
tests, upward tendencies either or with the fall of the temperatures, precipitations and flows were
observed. These tendencies are not sufficiently marked to affirm that they have for only causes of the
climatic changes. Thus, the influence of the climatic changes in the short run on the flow and the
chimism of subsoil waters are relatively weak.

Key words: Climatic changes, dryness, evolution, modes, pluviometric, hydrometric, tendency, rupture,
Macta, Tafna Algeria
INTRODUCTION GENERALE

Au cours de la dernière décennie, la problématique des changements climatiques a été


reconnue comme l’un des problèmes majeurs du développement à l’échelle locale et régionale voire
même à l’échelle internationale, aux côtés du développement durable, de la préservation et de la
protection de l’environnement. La plupart des sujets de préoccupation recouvrent ou convergent vers
le domaine de la gestion des ressources en eau. De fait, la tendance actuelle est de considérer que les
réponses au changement climatique font partie intégrante de la prise de décision sur la gestion durable
des ressources en eau (par. ex. concernant les interactions terre – eau - environnement). Ces réponses
devraient aussi être intégrées dans la planification nationale du développement économique, social et
régional, et harmonisées avec d’autres activités de gestion des ressources et de l’environnement, tant
en pratique qu’au niveau de la prise de décision.

En Algérie, il est admis que des mesures sont nécessaires pour améliorer la capacité à
s’adapter à la variabilité hydrologique et aux phénomènes extrêmes (inondations et sécheresses)
observés aujourd’hui dans des circonstances dynamiques (notamment les pressions actuelles dues à la
démographie, à l’économie, à l’utilisation des terres et au développement régional), de même que pour
réduire les vulnérabilités significatives de la société, de l’économie et de l’environnement aux impacts
futurs.

Je voudrais, avant même d’aborder les problèmes de la sécheresse, vous parler de la prise de
conscience progressive de l’importance des problèmes posés par la disponibilité de l’eau dans le
monde, compte tenu de la croissance de la population, particulièrement dans les villes et dans les pays
pauvres ou en voie de développement, de la croissance des besoins notamment pour l’irrigation, voire
des inquiétudes liées aux risques des changements climatiques.

La question de l’eau constitue un défi permanent pour les pays de l’Afrique du Nord en général
et l’Algérie en particulier. La demande est en constante augmentation, notamment pour le secteur de
l ‘agriculture qui absorbe plus de 87 % du potentiel disponible. Par ailleurs, et à l’instar des pays
riverains de la Méditerranée, le développement socio-économique des pays de cette région s’est
accompagné d’une profonde modification des rapports que l’homme entretient avec la ressource en
eau. La dépendance par rapport aux eaux de surfaces et souterraines est extrêmement variable d’un
pays à l’autre.

La question de l’eau ne peut être réduite à un simple aspect d’insuffisance des réserves
disponibles. Dans les zones semi arides du sud de la méditerranée, la faiblesse des précipitations et
leurs distributions aléatoires se traduisent souvent par une situation de contrainte hydrique. Les
indications internationales concernant le changement climatique, mettent en évidence le besoin de
travailler à l’échelle régionale et de mettre l’accent sur la dimension spatiale des tendances trouvées.
Ces recommandations sont spécialement nécessaires dans les milieux méditerranéens, où les
incertitudes sur le comportement futur des précipitations sont encore plus grandes étant donné leur
caractère des domaines de transition.

Ce travail fait partie d`un projet plus vaste entrepris par le laboratoire de recherche sur les
écosystèmes fragilisés intitulé : "vulnérabilité de l’Ouest algérien face aux changements climatiques",
afin de déterminer l’impact de la sécheresse sur les ressources en eau superficielles et souterraines des
massifs calcaires.
L’originalité et la qualité des milieux montagnards des massifs calcaires de l’Ouest Algérien
(Monts de Tlemcen et Monts de Saida) ont été mises en évidence grâce aux résultats des travaux de
D. Auclair et J. Biehler (1967) par la publication d’une synthèse stratigraphique et structurale des
terrains compris entre Tlemcen et Saida. La publication de BENEST en 1985 des fascicules 1 et 2 sur
l’évolution de la plate forme de l’Ouest Algérien et du Nord Est du Maroc au cours du Jurassique
supérieur et du début du Crétacé a été d’un apport géologique considérable pour la connaissance des
ses hydrosystèmes Montagnards.
1
La reconnaissance par HAYAN.S.M., 1983 et B. COLLIGNON; 1986 des potentialités en eaux
de ses massifs. Ce qui nous permet de rappeler que ces massifs, grâce à leurs altitudes et la position,
sont un important château d’eau pour les villes avoisinantes.

Ce travail a un triple objectif scientifique :

1. Déterminer comment se manifeste la sécheresse selon son intensité, sa durée, sa situation


chronologique et ses seuils critiques. Afin de dégager les conséquences de ses caractéristiques sur les
ressources naturelles.

2. L’identification d’une éventuelle fluctuation climatique et l’étude de ses conséquences sur


les ressources en eau. Cette fluctuation pourrait se traduire par des ruptures dans les séries
chronologiques pluviométriques et hydrométriques. Les manifestations les plus sensibles de ces
ruptures seront étudiées ainsi que les modifications apportées par la sécheresse aux facteurs de
l’écoulement des eaux de surface.

3. Etudier la sensibilité des hydrosystèmes karstiques à la sécheresse. Déceler les impacts de"
la sécheresse hydrogéologique" sur les eaux souterraines par une étude statistique des paramètres
climatiques (chroniques hydroclimatologiques) et des réponses naturelles (débits, paramètres
hydrochimiques et tarissement des sources karstiques).

PROBLEMATIQUE

Abondante ou rare, l’eau disait Léonard de Vinci, "est la force conductrice de la nature". La
santé et le bien être de l’humanité, tout comme la survie des écosystèmes de la planète, reposent sur
l’eau. Et pourtant, la rareté et le mauvais emploi des réserves d’eau douce mettent notre avenir en
péril. L’eau n’a-t-elle pas été considérée comme un don du ciel inépuisable et gratuit ? L’humanité
pourrait manquer d’eau durant ce siècle ou du moins la ressource risque de devenir inaccessible dans
certaines zones de la planète. L’Algérie en est un. Elle est confrontée à un manque d’eau important dû
à la semi-aridité de son territoire, aux faibles précipitations, et à la sécheresse qui sévit d’année en
année face à des besoins qui ne cessent d’augmenter. L’eau devra être mobilisée et préservée, à défaut
tous les efforts de développements seront stoppés.

En effet, sur les 90 milliards de m3 qui précipitent en moyenne chaque année, seulement 12
milliards représentent les ressources en eaux superficielles et les ⅔ susceptibles d’être mobilisées
(Matari et al, 2000). Les possibilités de mobilisation des eaux souterraines sont évaluées à 1,8 Million
de m³ dans les bassins du nord du pays et sont actuellement exploitées à 90 %.

A la grande variabilité spatiale des précipitations correspond une différence régionale très nette
dans les potentialités des eaux superficielles (Oranie 0.65 milliards de m3, Constantinois 3 milliards de
m3). A la grande variabilité interannuelle et saisonnière des précipitations, on observe également une
forte irrégularité des apports liquides avec de violentes crues et des périodes de basses eaux qui
peuvent persister sur plusieurs mois consécutifs, entraînant une baisse sensible de la production
agricole.

Durant ces dernières décennies, d’importants déficits pluviométriques sont enregistrés dans
l’Ouest algérien. Cependant que plus à l’Est, la sécheresse se fait également ressentir.
L’impact de la sécheresse sur le comportement de nos ressources en eau souterraine des massifs
calcaires de l’ouest algérien revêt une importance primordiale. Cet hydrosystème montagnard joue un
rôle important dans le développement régional.

2
A travers ce constat, la situation est atterrante et par conséquent il est impérieux d’identifier les
différentes modifications du régime pluviométrique en Algérie en vue d’étudier leurs impacts sur
l’évolution du régime hydrologique et des écoulement souterrains.
De ce fait, la question à laquelle cette étude essaye d’apporter une ou plusieurs réponses est : comment
peut-on situer la diminution de la pluviométrie algérienne observée depuis plus de deux décennies au
sein de la chronologie pluviométrique de ce siècle ?

APPROCHE METHODOLOGIE

L’approche proposée n’a pas la prétention de fournir une clé pour expliquer et prévoir la
pluviométrie algérienne mais seulement les éléments qui permettent de la décrire avec plus de rigueur
à partir des outils statistiques les mieux adaptés à sa nature.

Dans le cycle de l’eau les précipitations constituent le premier maillon d’une chaîne dont
chacun des éléments est directement soumis à l’influence de celui qui le précède. Les précipitations
sont aléatoires par nature alors que les écoulements souterrains résultant sont directement déterminés
par des paramètres physiques propres à leur bassin d’alimentation.

Nous distinguons trois approches d’identification du comportement des systèmes aquifères face
aux modifications d’alimentation :

1. Une approche globale (« modèle boite noire »), c’est l’étude de la relation entrée – sortie, appelée
« déconvolution ». Dans cette approche, le système (bassin versant ou système aquifère) constituant la
« boite noire » est considéré comme invariant.

2. Une approche intermédiaire où l’on essaie également de reconstituer les débits à la source en
représentant les systèmes karstiques par quatre réservoirs superposés ( modèle de boite grise »).

3. Une approche où l’on recherche à identifier le champ des paramètres physiques hétérogènes dans
l’espace et dans le temps du système aquifère. A l’aide d’un modèle déterministe à éléments finis,
« modèle boite blanche ». Cette approche est la seule qui puisse prendre en compte les effets
anthropiques ponctuels tels que les pompages et les alimentations artificielles.

Suivant la connaissance que l’on a du système réel et des données disponibles, ces approches
peuvent être combinées. Tout au long de ce travail, nous nous sommes efforcés de préciser notre
démarche dans le choix des données de base, des méthodes et outils utilisés, et surtout dans les
interprétations des résultats de l’impact des variations climatiques sur l’hydrosystème. Notre approche
sera axée principalement sur les hydrosytèmes karstiques montagnard de Tlemcen et de Saida qui
génèrent les écoulements dans les principaux bassins versants de l’ouest algérien ( Tafna et la Macta).

Pour les deux bassins hydrologiques (Macta et la Tafna), les propriétés hydrogéologiques sont
fortement hétérogènes sur le plan spatial. Les précipitations sont aussi des phénomènes qui sont
distribuées dans le temps et dans l’espace. Cette combinaison de la distribution de la pluie et des
propriétés des aquifères (zone non saturée et saturée) montre la complexité de la reconstitution du
fonctionnement des systèmes naturels. Il faut ajouter qu’entre le moment où l’eau s’infiltre dans le sol
et celui où elle parvient à la nappe, il existe un retard (Besbes & al 1978). Ce déphasage peut être
important entre les précipitations et les réactions de l’aquifères suivant l’épaisseur et les paramètres
hydrodynamiques de la zone non saturée (Besbes & Marsily de 1984, Morel-Seytoux 1984, Morel-
Seytoux & Miracapilo 1989).

Afin d’illustrer ces phénomènes nous présentons deux exemples de schématisations des
écoulements en zone variablement saturée. Les nombreux paramètres qui caractérisent les écoulements
variablement saturés sont complexes. Cependant ils sont déterminants si on veut gérer les ressources
en eau de manière intégrés, c'est-à-dire tenir compte conjointement des eaux superficielles et
3
souterraines. Evaluer l’impact des changements climatiques sur les eaux souterraines revient à choisir
comme cadre, le cadre naturel des systèmes d’écoulement.

La méthodologie employée, consiste principalement à caractériser à différents pas de temps et


d’espace, le signal « entrée » que constituent les précipitations, et le signal « sortie » par l’étude de
l’acquisition des paramètres physico-chimiques dans les systèmes karstiques d’une part et d’autre part,
la détermination du rôle des eaux en transit dans le milieu non saturé sur les processus de karstification
et leurs participations aux écoulements.

Ce travail, composé de quatre parties, sera particulièrement axé sur les approches suivantes :
- Après une présentation de la région d’étude, il sera question de faire une synthèse
bibliographique pour mettre en évidence le phénomène de la sécheresse. A l’aide d’outils statistiques,
nous allons détecter les hétérogénéités des données pluviométriques, la régionalisation (l’analyse en
composante principale), caractérisant la variabilité de la pluviométrie, rechercher les seuils critiques
de déficit pluviométrique à partir desquels un état de sécheresse peut être déclaré, et enfin étudier la
relation éventuelle entre la sécheresse rencontrée durant les dernières décennies et l’oscillation nord
atlantique.

La deuxième partie sera consacrée à l’étude de l’évolution des régimes pluviométriques et


hydrologiques et leurs conséquences sur les ressources en eau superficielle. L’approche statistique
permettra de mettre en évidence la variabilité spatio-temporelle des précipitations et l’irrégularité des
écoulements.

La quantification des apports de surface des grands systèmes hydrographiques est nécessaire pour
déterminer la fraction qui participe à l’alimentation des hydrosystèmes karstqiues. L’analyse
corrélatoire et spectrale des débits ( signal sortie) feront l’objet de la troisième partie.

Enfin, L’impact de la sécheresse sur les écoulements souterrains des hydrosystèmes karstiques
sera traité dans la quatrième partie. Le suivi de sources principalement karstiques (choisie dans de
contextes différents), du débit, des paramètres physico-chimiques en relation avec les facteurs
météorologiques, nous permet d’apprécier le mode de fonctionnement et de définir l’influence à court
terme des variations climatiques.

4
CHAPITRE I : PRESENTATION DE LA REGION D’ETUDE

I.1. Situation géographique :

Notre zone d’étude est située dans la partie Nord Ouest de l’Algérie, de 10 de longitude et au
Nord de 330 de latitude (fig. 1).Elle englobe les bassins versants de la Tafna , la Macta, le bassin des
côtiers oranais ,et une partie du bassin versant de Chelif. Vu le manque d’information, nous allons
présenter que les deux grands bassins à savoir la Tafna et la Macta.

I.2. La Tafna :

2.1. Présentation géographique du bassin versant de la Tafna :

Le bassin versant de la Tafna est comptabilisé parmi les grands bassins versants du Nord-Ouest
algérien, il est limité par le 340 11’ en latitude nord et par 00 50’ W 20 20’W de longitude. Il couvre une
superficie de 7245 km2, dont moins d’un tiers se trouve sur le territoire marocain (Fig.2).

2.2. Géologie (d‘après [Link], 1965) :

Le bassin versant de la Tafna présente trois formations géologiques bien distinctes :


Région du nord : les massifs montagneux des monts des Beni-Snassen et des Traras sont constitués de
formations jurassique moyen et inférieur qui se prolongent sous les puissantes assises marneuses du
Miocène à faciès tantôt argileux calcaire marneux ou encore gréso-marneux comme au centre de
l’Isser (Fig.3).

Région sud : les massifs calcaires des monts du Tlemcen; sont constitués par des dépôts carbonatés du
Jurassique supérieur calcaires et gréseux avec deux rides anticlinales SW-NE , sensiblement parallèles,
formées à l’Ouest par les djebels d’Ain-el-Hout et Hadid, à l ‘Est par les djebels Talet et Abiod. Au
centre : la dépression inter-montagneuse de la région de la plaine des Amgals et de Maghnia causée
par les dépôts marins du Miocène supérieur et inférieur ainsi que des alluvions de sable et de gravier.

2.3. Le climat :

Le climat du bassin de la Tafna s’apparente à celui de toute la région méditerranéenne de


l’Afrique du Nord, il est doux et humide. La température moyenne annuelle est d’environ 15.50C en
été. Les deux mois les plus chauds sont juillet et août, et ont une température moyenne de 260C [
Dekkiche A; 1998].

Le régime général des pluies est celui des zones semi-arides méditerranéennes de l’Afrique du
Nord. Il est caractérisé par des précipitations d’hiver avec des maximas en décembre, janvier et
février, et une longue période de sécheresse, pratiquement sans pluie de juin à septembre.
L’évaporation sur nappe d’eau libre atteint la valeur moyenne annuelle de 1200 mm. Les vents sont
modérés à prédominance Nord et Nord-Ouest.

I.3. Bassin versant de la Macta :

3.1. Situations géographiques et limites :

Le bassin versant de la Macta (14750km2) situé en Algérie occidentale est constitué de seize
sous bassins. Il est délimité au Nord Ouest par la chaîne montagneuse du Tessala au sud par les hauts
plateaux de Ras-el-Ma et les plaines de Maalifs, à l’Est par les plateaux du Telagh et les monts de
Tlemcen qui sont le prolongement des monts de Beni-Chaugrane.

5
Fig.1 : Situation générale des Monts de Tlemcen et de Saida

2°00W 1°00W 0°00 1°00E


ALGERIE
Bassin versant de la Macta

35°30 35°30
Bassin versant de la Tafna


35°00 35°00

34°30 34°30

2°00W 1°00W 0°00 1°00E


0 50 km

Fig.2 : Carte hydrographique des bassins versants ( Tafna – Macta)

6
3.2. Relief et topographie du bassin versant :
Le bassin versant de la Macta est constitué d’une part par la haute plaine de Sidi Bel Abbes, les
plaines de la Habra et de Mascara et d’autre part par deux dispositifs orographiques parallèles à la côte
allant du Sud-Ouest au Nord-Est. Ces dispositifs sont formés essentiellement par les monts des Beni-
Cheugrane dont l’altitude varie entre 540 et 900m et les monts de Telagh et de Saida avec une altitude
variant de 600 à 1200m (Fig.2).

3.3. La géologie :

Le centre de la plaine de Sidi Bel Abbes est une cuvette à substratum Argilo-Marneux, gris et
vert, daté du Miocène ou du pliocène. Les monts plissés du Tessala sont allongés du Sud-Est au Nord-
Est avec une ossature crétacée et un recouvrement tertiaire très épais. Les monts de Tlemcen et de
Saida sont formés en presque totalité de matériaux jurassique moyen et supérieur et crétacé inférieur et
moyen. Le prolongement de Beni-Chougrane, par la série de Bouhanifia, atteint l’extrémité orientale
de la plaine de Sidi Bel Abbes. Dans la vallée ; on observe un important remblaiement argileux-
sableux quaternaire.

3.4. Aspect climatologique :

En général, le bassin de la Macta subit l’influence méditerranéenne au Nord et continentale au


Sud où le climat est aride et sec avec des hivers froids et des étés chauds.

Les précipitations annuelles dans la région varient entre 280 mm dans la partie Sud du bassin et
350mm dans les montagnes de Beni-Cheugrane. Les années les plus humides peuvent avoir des
précipitations 3 à 4 fois supérieures à celle des années les plus sèches.

2°00W 1°00W 0°00 1°00E


ALGERIE
Bassin versant de la Macta

bt
qt cs
35°30 35°30
Bassin versant de la Tafna mm
ei


ms
B p a
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mm o mp js1
em
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35°00 yp qt hv d 35°00
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j mh j i c i j s 3 cic
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ci t cm
34°30 qt pc 34°30
mc

2°00W 1°00W 0°00 1°00E


0 50 km

Fig.3 : Carte Géologique des bassins versants ( Tafna – Macta)

7
CHAPITRE I : RAPPEL BIBLIOGRAPHIQUE

INTRODUCTION

A la fin de ce siècle, le changement climatique est devenu l'un des sujets d'actualité. On lit
souvent dans la presse les titres suivants:

Le climat change t-il ? La terre se réchauffera t-elle ? etc…

Ce genre de questions est souvent posé, vu l'impact de ces changements sur le plan socio-
économique de plusieurs pays, en particulier les pays du globe les moins développés au plan technique
c'est-à-dire dans ce qu'on appelle habituellement le tiers monde, l'économie de ces pays est fondée sur
l'agriculture, généralement non irriguée. Dans certains pays en développement, en Asie par exemple
les inondations comptent parmi les événements météorologiques les plus dommageables aux
communautés. Quant à la sécheresse, c'est un phénomène qui c'est produit en de nombreux endroits du
globe, avec des ampleurs et du durées variables.

Dans la plus grande partie de l'Afrique, la sécheresse est la calamité climatique la plus fréquente.
L’Algérie et surtout l’Ouest, a connu plusieurs grandes sécheresses durant ce siècle, les années 40 et
les années 80 jusqu'à nos jours. La plus récente a été caractérisée par son ampleur spatiale, son
intensité et par son impact majeur et sensible qui est la diminution des ressources en eau.

Etudier l'impact négatif de la sécheresse sur les ressources en eau est devenue un impératif de
plus en plus pressant en Algérie

Cette partie a comme objectif de déterminer comment se manifeste la sécheresse selon son
intensité, sa durée et sa situation chronologique. Dans cette optique, nous proposerons de faire l'étude
des données pluviométriques et hydrologiques observées au niveau de la région Ouest de l’Algérie ;
Afin de dégager les caractéristiques de la sécheresse et d'étudier les conséquences de la réduction des
précipitations sur les potentialités en eau.

Cette partie sera articulée sur plusieurs points :

• Après une présentation de la région d’étude, il sera question de faire une synthèse bibliographique
pour mettre en évidence le phénomène de la sécheresse, et montrer combien la communauté
scientifique s'intéresse à ce phénomène.

• Dans une autre partie , nous allons essayer de détecter les hétérogénéités des données
pluviométriques utilisées dans notre étude.
• Avec la méthode de l’analyse en composante principale, nous allons faire une régionalisation pour
rechercher les stations qui présentent des comportements similaires dans notre région d’étude.
• Dans une autre optique, il s’agira d’effectuer une analyse plus détaillée sur la variabilité de la
pluviométrie qui est l’une des caractéristiques de cette dernière dans notre région et de rechercher
les seuils critiques de déficit pluviométrique à partir desquels un état de sécheresse peut être
déclarée.

Dans une autre partie, nous allons procédé à une étude de la relation eventuelle entre la
sécheresse rencontrée durant les dernières décennies et l’oscillation nord-atlantique.

8
I.1. Les changements climatiques :

1.1.1. Introduction :

Notre planète s'est formée voilà environ 4,5 milliards d'années. L'être humain est présent sur
cette Terre depuis moins de deux millions d'années mais ce n'est que dans les 200 dernières années
qu'il a exercé une influence notable et à grande échelle sur le milieu naturel planétaire.
L'environnement a commencé à se dégrader au sein des peuplements humains et autour des premières
usines de la révolution industrielle mais, loin de ces endroits, la capacité de purification de
l'écosystème suffisait à limiter la plupart des effets de la présence humaine. Toutefois, depuis la
seconde guerre mondiale, cette situation a radicalement changé. La croissance démographique
exponentielle, les progrès technologiques fulgurants et l'accroissement notable de la consommation en
énergie comme ces matières premières font jouer au genre humain un rôle où ses activités
quotidiennes modifient dans leur intégralité des systèmes globaux comme l'atmosphère et les océans,
et ce à une vitesse que cette planète n'a jamais connue auparavant. Avant d’entamer la notion de
changement climatique, on va définir certains concepts de base comme suit :

1.1.2. Le climat et le temps :

Le climat et le temps sont deux notions différentes. Le temps, c'est l'état de l'atmosphère défini
par les éléments météorologiques :la température, les précipitations (la pluie, la neige, etc.), l'humidité,
l'ensoleillement et le vent à un endroit précis.

Le climat, c'est l'ensemble des phénomènes météorologiques observés dans le passé et qu'on
s'attend d'observer encore sur une longue période. On peut le définir aussi comme « la probabilité
d’occurrence de divers états de l’atmosphère dans un lieu ou une région, au cours d’une certaine
période donnée. »[Gibbs ;1987].

Le climat a une influence sur tous les êtres vivants. Il régit le cycle biologique des plantes et des
animaux, influe sur leur croissance et leur vitalité et est un des principaux facteurs qui déterminent leur
répartition autour de la planète. Presque toutes les formes de vie sont adaptées pour vivre dans une
zone climatique particulière et relativement limitée.

1.1.3. Le système climatique :

Le système climatique de la Terre se compose d'éléments en interaction complexe. L'élément


moteur est le Soleil, dont l'énergie réchauffe la Terre. Cette énergie est à l'origine de la circulation
atmosphérique et océanique ainsi que des processus d'évaporation et de précipitation qui font partie du
cycle de l'eau. En plus de l'atmosphère et des océans, le système climatique englobe les eaux douces,
les plantes, les animaux, les couvertures de glace et de neige, les masses terrestres et même la croûte
terrestre.

1.1.4. La variabilité climatique :

Elle est représentée par les déviations des valeurs des évènements observés par rapport à leur
valeur moyenne pour l’état climatique contemporain.

1.1.5. Changement climatique :

Les changements climatiques sont décrits de façons différentes selon les auteurs. Souvent le
changement du climat dénote une variation due a l’intervention humaine alors que le climat varie
d’une façon naturelle sous l’influence de différents facteurs climatiques. On peut citer les facteurs
astronomiques, les facteurs géographiques (relief, océan), les facteurs météorologiques (centre

9
d’action ). Aujourd’hui, l’homme est devenu un facteur de climat non négligeable par ces actions
industrielles.

1.1.6. Prévision du changement climatique :

Comment les scientifiques peuvent-ils prévoir les effets à long terme du changement
climatique, alors qu'on a encore beaucoup de mal à prévoir quotidiennement le temps qu’il fera?. C’est
à cause de la variabilité locale des conditions météorologiques que les prévisions du temps semblent
imparfaites; les modèles du changement climatique ne tentent pas d'effectuer de telles prévisions
détaillées et axées sur un lieu donné.

Il existe deux grandes méthodes de prévision du changement climatique possibles; la première


est celle des analogues, qui consiste à comparer les conditions climatiques et hydrométriques passées
et actuelles, et l'autre, beaucoup plus courante, fait appel à la simulation mathématique du climat
(modèles climatiques) qui sont des modèles de circulation générale (MCG)).

1.1.7. Les causes des changements à l'échelle du globe :

Ces modifications ne sont toutefois pas toutes causées par les êtres humains. Des phénomènes
naturels comme les éruptions volcaniques peuvent provoquer des changements soudains dans les
systèmes planétaires. Par contre, les bouleversements engendrés par l'espèce humaine peuvent être
catastrophiques et avoir des impacts à l'échelle du globe(inondation, sécheresse).

Les changements à l'échelle du globe comprennent le réchauffement de la planète,


l'affaiblissement de la couche d'ozone, la déforestation et le transport à grande distance de polluants
atmosphériques.

[Link]. Les causes naturelles susceptibles d’affecter le climat :

Les variations de l’activité solaire, une cause directe de variation climatique, pourrait être
expliquée par la variabilité de l’émission solaire. On a montré, il y’a quatre milliards et demi d’années,
au moment ou naissait le système planétaire, que l’énergie émise par le soleil était environ les 3/4 de
sa valeur actuelle. [Gilliland,1989] . En plus de ce facteur astronomique précité, le climat d’un lieu
comme nous l’avons déjà mentionné, dépend également de facteurs géographiques comme la latitude,
l’éloignement à la mer et l’altitude ; l’évolution de ces facteurs étant elle-même liée à la tectonique des
plaques( dérive des continents, mouvement des pôles et expansion des fonds océaniques).[Ruddimman
et Raymo , 1988 ; Kutzbach et al. ,1989].

On peut aussi citer le rôle important que joue la masse océanique dans les interactions océan
atmosphère et qui explique certains phénomènes tel que ENSO,et ONA. Les éruptions volcaniques
importantes (Tambora 1815 ; Krakatoa 1883) sont capables d’injecter dans la base stratosphère
d’énormes quantité de poussière, de cendre, de pierres et de vapeur d’eau qui peuvent séjourner
pendant plusieurs années ; le voile de poussière ainsi formé peut provoquer une décroissance de la
température moyenne au sol et une augmentation en altitude. En effet selon plusieurs spécialistes, le
climat du quaternaire, ère des glaciers serait expliqué par une épaisse couche d’aérosols et de
poussière qui a enveloppé le globe.

10
[Link]. Les causes artificielles :

Le facteur qui reste le plus préoccupant aujourd’hui est l’influence de l’homme sur le climat, qui
tient sa place dans les débats continues sur l’actuel changement climatique survenu sur plusieurs
points du globe.

[Link].1. Effet de serre:

Ce phénomène est provoqué par la progression des émissions de gaz issus d'activités
humaines: on peut citer

• le gaz carbonique (C02), provenant de la combustion du pétrole et du charbon qui constituent


actuellement plus de 65 % des sources d'énergie auxquelles les humains ont recours.
• le méthane (CH4), issu essentiellement des activités agricoles .

La terre absorbe environ 50 % de l'énergie que lui envoie le soleil. Cette énergie permet à notre
planète de se réchauffer. L’atmosphère se présente alors comme un "couvercle" constitué de vapeur
d'eau et de gaz. Couvercle indispensable qui agit un peu comme une serre agricole ; sans cet effet de
serre, la température moyenne de notre planète descendrait à –18C0, mais les gaz issus des activités de
l'homme viennent renforcer et faire grossir cette couverture naturelle. Ce qui résulte une augmentation
de la chaleur. C’est probablement l’homme par ses activités industrielles de plus en plus importantes
qui accentue le réchauffement de la terre.

1.1.8. Quelques scénarios envisagés dans cet axe:

Le groupe de travail de L’IPCC [programme intergouvernemental sur les changements


climatiques] sur l’évaluation des incidences éventuelles du changement climatique a envisagé des
scénarios présentant en général les caractéristiques suivantes:
Un doublement de la concentration atmosphérique de CO2 d’ici 2025 à 2050. le graphique suivant
figure (04) montre l’évolution importante de la concentration du dioxyde de carbone, le plus important
des gaz à effet de serre après 1940. On a même prévu que cette concentration doublera durant le milieu
de ce siècle.

Figure n ° 4: évolution des concentrations de dioxyde de carbone durant la période 900-2000

11
Une augmentation concomitante de la température moyenne mondiale de l’ordre de 1.5 0C à 4.5 0C
correspondant au doublement réel du CO2 .figure(05)

Figure n °5 : évolution de la température durant la période 1860-1998.

ƒ Une élévation du niveau de la mer d’environ 0.3 à 0.5 m d’ici 2050 et d’environ 1m d’ici 2100,
accompagnée d’un réchauffement de la couche superficielle de l’océan variant de 0.2 0C à 2.5 0C.

1.1.9. Les conséquences du réchauffement :

• Perturbation du régime des pluies: les précipitations risquent d'être plus abondantes sur
l'hémisphère nord avec des inondations et des tempêtes (ouragans, tornades...).

• Des sécheresses plus fréquentes: notamment dans l'hémisphère sud. Les zones arides et semi-
arides semblent être les plus vulnérables.

• Hausse du niveau de la mer par dilatation thermique et fonte des glaciers: cette élévation du
niveau des océans pourrait atteindre 1 mètre par endroit. Des zones littorales, certains deltas de
fleuves, des îles pourraient être purement et simplement recouverts. Rappelons que 50 % des humains
vivent près de la mer.

• Modification des écosystèmes et de la végétation..

les conséquences risquent d'être beaucoup plus importantes pour les pays pauvres que les pays
industrialisés. Ces derniers mobiliseront plus facilement les moyens financiers, technologiques et
matériels pour s'adapter aux changements climatiques annoncés. Les prévisions faites par
GIEC(groupe intergouvernemental d'évaluation des changements climatiques) ont affirmé que
l’Afrique, est sans doute le continent le plus vulnérable, notamment à cause de la pauvreté généralisée
qui y règne, le déficit en eau persistant, et la désertification déjà très avancée. [ [Link];1997].

1.1.10. Impact du changement climatique sur l’agriculture :

Les évaluations des impacts du réchauffement global sur l’agriculture ont été établies à partir de
scénarios climatiques fondés sur des simulations effectuées à l’aide de modèles de circulation générale
(MCG).

12
On retrouve parmi les changements climatiques qui peuvent influer le plus sur l’agriculture de
nouveaux extrêmes climatiques, et la réduction de l’eau du sol disponible.

[Link]. Extrêmes climatiques :

Une augmentation des températures moyennes mensuelles ou annuelles se traduirait par une
augmentation du nombre de jours dont les températures dépasseraient certains seuils critiques. Il est
mois sûr que les précipitations connaîtront une modification de leur fréquence ou de leur distribution,
mais les températures élevées conjuguées à la sécheresse constituent le plus grand danger du
changement climatique global pour l’agriculture dans de nombreuses régions.

[Link]. Réduction de l’eau du sol disponible :

Les plus grands effets pour l’agriculture seraient probablement attribuables à l’accroissement
possible de l’évapotranspiration causé en grande partie par l’élévation de la température de l’air et de
la surface terrestre. A l’heure actuelle, on peut décrire avec certitude la tendance régionale des
changements possibles dans l’eau du sol, en ce basant sur les modèles de prédictions (MCG)qui
indiquent tous une diminution de l’eau du sol [ Kelogg et Zhao ,1988 ; Schlesinger et Mitchell, 1985 ;
Zhao et Kellogg,1988].

I.2. la sécheresse :

I.2.1. définition de la sécheresse :

Il n'existe aucune définition universelle de la sécheresse. Elle pourrait être définie comme une
période prolongée de précipitations insuffisantes sur une ou plusieurs saisons qui causent un déficit
d'eau dans certains secteurs de l'économie d'un pays.

La sécheresse est aussi définie selon les différents secteurs qui interagissent avec ses effets. On
définit donc une sécheresse du point de vue météorologique, hydrologique, agricole ou socio-
économique.

[Link]. En agriculture :

La sécheresse agricole est définie comme un déficit marqué et soutenu des précipitations qui
réduit significativement les productions agricoles par rapport à la normale ou les valeurs attendues
pour une région de grande étendue [Andrew,B et Johanne B ,96].

[Link]. En météorologie :

La sécheresse météorologique se caractérise par une absence prolongée, un déficit marqué ou


une faible distribution des précipitations par rapport à la normale climatique.

[Link]. En hydrologie :

La sécheresse survient suite à l'affaiblissement prolongé des apports pluviométriques au niveau


des bassins versants. Un déficit d'écoulement en résulte systématiquement au niveau des cours d'eau.
La recharge des nappes souterraines est réduite et les opérations d'irrigation sont compromises.
[[Link], 1996].

On distingue schématiquement plusieurs types de sécheresse :


Les sécheresses dites exceptionnelles qui se traduisent par un déficit pluviométrique important,
affectant une vaste région pendant un temps pouvant atteindre plusieurs années consécutives. C'était le
cas des sécheresses des années 1913-1915 et 1940-1949 au Sahel. Il faut signaler que durant ces
13
mêmes périodes, on a enregistré des sécheresses analogues en Algérie, durant le 19ème siècle, à partir
des données sur Oran Boudens qui ont débuté en 1870, nous avons remarqué qu’une sécheresse s’est
produite au début des années 1890.
Les sécheresses que l'on pourrait appeler "méditerranéennes" sont liées aux irrégularités du climat
méditerranéen. Elles peuvent compromettre les récoltes d'une saison sans qu'il y ait pour autant un
déficit global annuel important. En effet pour les céréales, les pluies de printemps, qui correspondent à
la phase maturité des céréales jouent un grand rôle dans la valeur du rendement.

I.2.2. Les indices de la sécheresse:

Vu la complexité du phénomène il est difficile de faire une analyse exhaustive de la sécheresse


dans toutes ses composantes. Beaucoup d'auteurs se sont penchés sur la possibilité de mettre au point
des indices permettant d’identifier la sécheresse et mettre en évidence les fluctuations temporelles des
précipitations. On peut citer entre autres :

2.2.1. Indice de l'écart à la moyenne (Em) :

C'est l'indice le plus utilisé pour estimer le déficit pluviométrique à l'échelle de l'année. L'écart à
la médiane est le plus utilisé par les agrométéorologues. Bien évidemment, quand l'échantillon de
données est dissymétrique, la différence entre la moyenne et la médiane est grande. L'écart à la
moyenne est la différence entre la hauteur de précipitation annuelle (Pi) et la hauteur moyenne
annuelle de précipitation (Pm).

Em = Pi – Pm (I)

L'écart est positif pour les années humides et négatif pour les années sèches. On parle d'année
déficitaire quand la pluie est inférieure à la moyenne et d'année excédentaire quand la moyenne est
dépassée.

[Link]. Indice de pluviosité (Ip) :

C'est le rapport de la hauteur de précipitation annuelle à la hauteur moyenne annuelle de


précipitation.

Ip = Pi/Pm (II)

Une année est qualifiée d'humide si ce rapport est supérieur à 1 et de sèche s'il est inférieur à 1. Pour
situer une pluviométrie dans une longue série de relevés pluviométriques, on utilise l'écart
proportionnel à la moyenne (Ipm) qui diffère de l’indice de pluviosité en soustrayant 1 de cet indice.

Ipm = Ip – 1 (III)

Le cumul des indices d'années successives permet de dégager les grandes tendances en faisant
abstraction des faibles fluctuations d'une année à l'autre. Quand la somme des indices croît, il s'agit
d'une tendance humide. La tendance est de type « sèche », dans le cas contraire.
Lorsque la hauteur moyenne annuelle présentée est calculée sur une période assez longue, et que la
distribution n’est très loin de la loi normale on peut utiliser le rapport à la normale au lieu de la
moyenne.

[Link]. Rapport à la normale des précipitations (RN) :

Cet indice, qui est exprimé en pourcentage, peut être obtenu en divisant la précipitation annuelle
par la précipitation normale et en multipliant le résultat par 100 %. Il est exprimé

14
mathématiquement comme suit :

RN (%) = (Pi/Pn)*100 (IV)

Où : RN : rapport à la normale des précipitations en pourcentage.

Pi : précipitation annuelle (en mm).


Pn : précipitation normale (en mm).

Le rapport à la normale en pourcentage permet d'estimer la variation ponctuelle des précipitations par
rapport à la normale.

I.2.3. indices de sévérité de la sécheresse :

En plus de l'identification des séquences sèches et de leur caractérisation par le calcul de ces
indices, il est possible de déterminer l'ampleur de la sécheresse en termes de sévérité. Nous présentons
quelques méthodes à titre indicatif.

[Link]. Indice de sévérité de la sécheresse de Palmer :

Palmer a développé l'indice PDSI (Palmer Drought Severity Index) afin d'évaluer le début,
l'intensité et la fin des sécheresses passées et actuelles et d'effectuer la classification des sécheresses.
Cet indice est en fonction de l’état du sol, des précipitations et de l’évapotranspiration. McKee et al
[1995] pensent que l'indice de sévérité de Palmer est conçu pour l'agriculture et ne représente pas
exactement les effets hydrologiques résultant des sécheresses de longue période.

[Link]. Indice standardisé de précipitation :

L'indice standardisé de précipitation « SPI » (standardised precipitation index) peut caractériser


les déficits de précipitation pour une période donnée. Cet indice est exprimé mathématiquement
comme suit :

ISP = (Pi - Pm)/sigma (V)

[Link]. Méthodes des quintiles et des terciles :

Ces deux méthodes sont basées sur l’ajustement des observations à une loi normale qui permet
d’estimer plus correctement les différents quantiles et calculer leurs durées de retour. pour les
quintiles, le seuil d’années sèches est observée en moyenne tous les 2.5 ans et les très sèches tous les
5 ans ; par contre la méthode des terciles suppose q’une année sèche a une durée de retour est égale à
3 ans.

Très sèche sèche normale humide Très humide

20% 20% 20% 20% 20%

Année sèche Année normale Année humide

33% 33% 33%

Figure N ° 06 : représentation de la méthode des quintiles et des terciles

15
[Link]. Distribution selon les déciles :

Arranger les données des précipitations dans des déciles est une autre façon d'identifier la
sécheresse. En effet, les déciles sont utilisés comme indicateurs de sécheresse. La méthode des déciles
partage la distribution des événements de précipitations enregistrées à long terme en sections chacune
contient de la distribution.

Pour une variable statistique donnée (exemple pluviométrie annuelle ou mensuelle), la série
climatologique correspondante est ordonnée dans le sens des valeurs croissantes ; les 10% des valeurs
les plus basses sont classées dans l'intervalle du décile 1, les 10% des valeurs suivantes dans
l'intervalle du décile 2, et ainsi de suite jusqu'au décile 10 qui correspond au 10% des valeurs les plus
élevées (extrêmement humide. tableau (01)

La méthode des déciles est sélectionnée comme une mesure météorologique de la sécheresse
dans le système mis en place en Australie dans le cadre de l'Australien Drought Watch System. Il est
relativement plus simple de calculer les déciles que d'estimer l'indice de Palmer relatif à la sévérité de
la sécheresse (Palmer Drought Severity Index - PDSI) [Smith DI et al; 1993]. Le calcul des déciles
nécessite tout de même une série de données pluviométriques relativement longue.

Tableau N ° 01 : classification de la sécheresse suivant les déciles

Décile Distribution Classification


Décile 1-2 Très inférieure à 20% Très inférieure à la normale
Décile 3-4 Inférieure à 20% En dessous de la normale
Décile 5-6 Proche de 20% Proche de la normale
Décile 7-8 Supérieure à 20% Au-dessus de la normale
Décile 9-10 Très supérieure à 20% Très supérieure à la normale

I.2.4. sécheresse et aridité :

Un climat aride est caractérisé par la faiblesse des précipitations moyennes annuelles et par le fort
déficit de celles-ci par rapport à l'évapotranspiration potentielle, opposé à un climat humide. L'aridité
ne doit pas être confondue avec la sécheresse. L’aridité est un phénomène permanent alors que la
sécheresse est un évènement temporaire.

L'aridité se manifeste surtout par ses conséquences :


Edaphiques: extrême dénuement de la végétation, raréfaction des êtres vivants;
Hydrologiques : faiblesse et irrégularité extrême des écoulements, dégradation fonctionnelle des
réseaux hydrographiques;
Géomorphologiques : processus d'érosion et pauvreté des sols...

[Link]. Les indices de l’aridité :

Les climatologues et les géographes ont élaboré de très nombreux indices d’aridité. Les plus
récent utilisent le bilan énergétique calculé à partir de l’insolation théorique ( radiation théorique :
1100kj/cm2/an) qui varie selon la durée d’insolation et l’incidence des rayons solaires. L’énergie
reçue au sol doit tenir compte des pertes par diffusion au niveau des nuages et par réflexion à partir du
sol. On peut citer, entre autre, l’indice radiatif (radiation nette / précipitations [Budyko MI.1974], et
l’indice de xéricité( radiation globale/évapotranspiration potentielle) [Le Houérou HN ; 1989]. Le
dryness ratio (rapport d’aridité) de Budyko-Lettau indique combien de fois la moyenne annuelle de la
radiation nette est capable d’évaporer la moyenne annuelle de pluie. Il est de l’ordre de 2 à 7 en région
semi-aride, de 7 en région aride et va jusqu’à 20en régions hyper-aride.

16
D’autres indices tiennent comptent de la valeur des éléments du climat prépondérant comme la
pluie et la température parmi les quels l’indice de Martonne. Emmanuel Martonne, proposa, en 1923,
un indice d'aridité I ; cet indice est calculé par la formule (I = P/T+10), où P est la hauteur moyenne
des précipitations annuelles, et T la moyenne des températures annuelles. Plus la valeur de I est faible,
et plus la station climatique considérée est aride. En fonction de cet indice, il est possible de distinguer
trois types de régions :

• Dans les régions hyperarides, l'indice d'aridité est inférieur à 5.


• Les régions arides sont celles où les valeurs de I sont comprises entre 5 et 10.
• Les régions semi-arides ont des valeurs de I oscillant entre 10 et 20, sont des espaces
de transition entre les régions arides et les régions subhumides voisines.

1.2.5. la désertification:

Qu'est-ce que la désertification? Cette question a reçu beaucoup de réponses de la part des
nombreux scientifiques et organismes qui ont tenté de définir et de décrire le phénomène. Dans une
revue de la littérature portant sur la désertification, Glantz et Orlovsky (1983) affirment avoir trouvé
plus de 100 définitions du terme. Depuis sa vulgarisation par Aubreville (1949), le mot présente
apparemment un dilemme conceptuel et descriptif aux chercheurs et aux organismes, qui ont chacun
mis l'accent sur des aspects et des perspectives reliés à leur discipline ou à leurs intérêts institutionnels
particuliers, et ont ainsi défini la désertification de différentes manières se rattachant chacune à un
certain nombre d'importantes caractéristiques. Il en a résulté une grande diversité de définitions,
comportant quelques contradictions, des malentendus, de la confusion, des déformations
institutionnelles et professionnelles ainsi que des mythes quant à la nature du phénomène.

Dans sa forme originale présentée par Aubreville (1949), considéré comme l'auteur du terme, la
désertification était présentée comme un processus de dégradation dû aux activités humaines qui
transformait la forêt tropicale en savane et la savane en régions quasi désertiques. Depuis, d'autres
auteurs ont donné des définitions qui considèrent le phénomène comme un processus évolutif
(Rozanov, 1990), comme un événement ou comme la phase finale d'un processus de changement
(Mainguet, 1991), ou comme une combinaison des deux. D'autres encore ont inclus dans leur
définition un certain nombre de descripteurs destinés à indiquer la forme du changement (destruction
du potentiel biologique de la terre, Nations Unies, 1977), sa localisation (ordinairement les terres
sèches, CNUED, 1992), son caractère réversible (Nelson, 1990) et sa cause (activités humaines,
Thomas et Middleton, 1994), la variabilité du climat (Tucker et al., 1991) ou à la fois le climat et les
activités humaines, (CNUED, 1992).

Selon Warren et Agnew (1988), la sécheresse peut accélérer la dégradation des terres en
réduisant l'apport en au dans un système déjà déséquilibré par suite d'une exploitation abusive. La
dégradation des terres peut, à son tour, contribuer à la sécheresse par des mécanismes de rétroaction
mettant en jeu l'albédo de la surface, l'humidité du sol et peut-être la poussière.

La réalité, par conséquent, c'est que la désertification n'est pas un événement nouveau postérieur à la
sécheresse sahélienne de 1970, mais un phénomène qui remonte à des siècles. Ce qui est nouveau,
c'est sa conceptualisation et sa vulgarisation.

En Algérie plusieurs séminaires et rencontres sur la désertification ont eu lieu. Des actions
comme abri du barrage vert avaient pour but de freiner l’avancement du désert. Pour plusieurs auteurs,
il existe un lien entre la désertification et la sécheresse. La sécheresse favorise le processus d’érosion
des sols, ce dernier peut amplifier les effets de la désertification. La désertification a des
conséquences bien connues comme le changement d’albédo qui favorise la formation des mouvements
de subsidences. Ces mouvements descendants empêchent la formation des nuages, et accentuent la
persistance de la sécheresse.
1.2.6. les causes de la sécheresse :
17
On sait que la formation des précipitations nécessite la présence de plusieurs conditions comme
la vapeur d’eau (humidité), les noyaux de condensation et un système de circulation qui permet et
favorise la condensation et donc la formation de nuages et des précipitations. En général, la sécheresse
se produit en l’absence de l’une de ces conditions. Mais, il existe des détails qui ne sont pas toujours
loin de ces conditions. Pour cela, il y a plusieurs travaux et études qui sont faites, elles concernent
différentes régions du monde.

Dr Lamb dans sa recherche sur les causes possibles de l’occurrence de la sécheresse au Maroc
entre 1979 et 1980, et qui a affecté en réalité une large partie du bassin occidental de la Méditerranée,
a identifie des corrélations acceptables entre l’indice de l’ONA et celui des précipitations.

Une autre étude menée par Nicholls (1985) a donné une relation entre le phénomène ENSO et la
sécheresse en Afrique sahélienne . Pour l’Algérie, les travaux antérieurs( Matari et al, 1995) ont
montré que la sécheresse qui est observée durant les vingt dernières années particulièrement dans la
région ouest est également influencée par le phénomène ENSO. Durant cette période le phénomène
EL NINO a été plus fréquent que par le passé, il a été observé plus de 5 fois depuis le début de la
décennie 70 .

Budyko, (1977) a répertorié l’influence de l’homme au cours de son activité industrielle et


agricole . Cette influence de l’homme sur la couverture végétale peut changer les propriétés du sol
(humidité du sol, rugosité…).par suite de l’extension des surfaces irriguées qui évolue avec
l’accroissement de la population, le bilan hydrologique soit modifie. A ceci on peut ajouter le
changement d’albédo dû à l’activité agricole.

Après avoir citer quelques exemples d’étude, on peut définir maintenant quelques termes utilisés
par certains auteurs.

[Link]. Le phénomène ENSO :

Le sigle ENSO signifie « el nino-southern oscillation » . El nino est une anomalie climatique qui
se produit tous les trois à quatre ans dans l’océan pacifique et qui peut s’accompagner de violentes
perturbations météorologiques. L’oscillation australe « southern oscillation » est une bascule de
pression équatoriale entre le pacifique ouest et le pacifique central « la pression est normalement très
élevée dans le pacifique central que dans le pacifique ouest, mais cette différence s’inverse certaines
années.

Le terme el nino signifie «le petit garçon » qui fait référence à l’enfant jésus, à cause de son
apparition autour de Noël ; il est observé depuis plus d’un siècle par les pêcheurs sud-Américains qui
ont remarqué l’apparition d’eaux chaudes dans l’est du pacifique le long de la cote de l’équateur et du
Pérou. Ce phénomène océanographique présente une accumulation d’eaux chaudes qui se déplace de
l’Australie occidentale vers les côtes du Pérou.

Les eaux chaudes ont pour effet un dégagement de chaleur et d’humidité d’où des tempêtes et
des précipitations torrentielles plus fréquentes sur ces pays normalement arides(Pérou…). La phase
inverse du phénomène el Nino est appelée la nina. Cette dernière est caractérisée par une masse d’eau
plus froide que d’habitude apparaître au large de l’Amérique du sud, ceci a comme conséquence les
sécheresses en Amérique de sud et des précipitations diluviennes, même des inondations en Australie.

D’après plusieurs chercheurs les effets d’elnino peuvent se répercuter sur n’importe quelle région
du globe . Le déplacement des eaux chaudes du pacifique Ouest (Australie Indonésie) vers le pacifique
est entraîne d’importantes modifications dans la répartition des pluies sur ces régions du monde. C’est

18
ainsi que l’Indonésie, l’Australie et l’Inde doivent une ou deux fois par décennie faire face à des
cruelles sécheresses. Pendant ce temps les côtes du Pérou, du Chili, de la Bolivie et du Brésil se
trouvent sous des pluies lourdes et même des inondations.

[Link]. L’oscillation nord atlantique (ONA):

L'oscillation nord-atlantique (ou North Atlantic Oscillation en anglais, d'où le sigle NAO), c'est
un phénomène atmosphérique et océanique, qui concerne principalement l'Atlantique Nord. On parle
d'oscillation parce qu'il y a un va-et-vient dans la direction nord-sud, d'air entre les régions de Ponta
Dalgada (Açores) et Akureyri (Islande). Ce va-et-vient de masse a pour conséquences :

Des changements de la pression au sol, donc de l'intensité et de la position de l'anticyclone des


Açores et des dépressions d'Islande. De cette façon quand la pression est plus élevée dans la ceinture
subtropicale, elle est moins élevée au pôle, et réciproquement (phénomène de balançoire) ;

Des variations des vents d'ouest moyens ;

Des influences sur le climat (températures, précipitations) tout autour du bassin atlantique, et tout
particulièrement sur l'Europe.

1.2.7. L’impact de la sécheresse:

La sécheresse a de profonds retentissements. Elle affecte nos vies en exerçant des contraintes sur
l'approvisionnement en eau en dégradant l'environnement et la santé humaine par la mauvaise qualité
de l'eau, en intensifiant l'érosion du sol et en portant préjudice à l'économie du fait de la réduction de la
capacité de production agricole.

[Link]. Problème d’approvisionnement en eau :

En période de sécheresse, la demande en eau tend à augmenter. L'approvisionnement hydrique


à usage domestique se pose en terme de quantité et de qualité.

D’après les statistiques de 1994-1995, la ressource en eau mobilisable en Algérie est de 14.43
Km 3/an . Cette valeur est inférieure à la normale si on considère la capacité de mobilisation des
ressources en eau pour la majorité des pays de la méditerranée qui ont une population légèrement
supérieure, et même inférieure que celle de l’Algérie. Cette situation a entraîné des restrictions et des
coupures dans l'approvisionnement en eau potable, dans de nombreux noyaux urbaines surtout les
grandes villes comme Oran et Alger. Ces restrictions sont devenues de plus en plus sévères suite à la
persistance de la sécheresse des deux dernières décennies.

[Link]. La surexploitation des aquifères :

En Algérie, la demande en eau et la sécheresse associées ont causé une diminution de la


ressource en eau souterraine. La pénurie de ressources hydriques superficielles a entraîné, pendant les
dernières années, une exploitation intensive des nappes souterraines surtout à usage agricole, ce qui a
produit de fortes baisses de niveaux phréatiques.

19
[Link]. Effets sur le sol :

Une sécheresse prolongée a des répercussions néfastes sur les sols. Le dessèchement de la
réserve hydrique donne lieu à l'accentuation de l'érosion éolienne qui engendre la perte de la
fertilisation des sols.

Le dessèchement des sols s'accompagne aussi par des phénomènes de salinisation de la couche
arable par effet de remontée capillaire. Les sels déposés détruisent la structure des sols. Ces aspects ne
sont pas négligeables dans les sols algériens.

[Link]. Impact sur le secteur agricole et l’élevage :

L'agriculture est une activité humaine extrêmement sensible aux aléas du climat.
Des phénomènes climatiques extrêmes tels que les gels hâtifs et tardifs, les pluies excessives et les
inondations représentent une sérieuse menace pour la production agricole. Cependant, aucun
phénomène n'a été plus dévastateur à grande échelle que la sécheresse en Algérie, qui entraîne des
pertes directes sur la production agricole.

Outre la réduction des rendements, les sécheresses prolongées entraînent une multitude d’autres
effets comme, la réduction de la pâture et le tarissement des points d'eau d'abreuvement du cheptel.
Les conditions de sous alimentation du cheptel accentue sa mortalité surtout s'il est mal structuré.

[Link]. Impact sur la santé humaine:

En réduisant les productions agricoles et animales et donc le taux de couverture des besoins
nutritionnels de l'homme, la sécheresse provoque une sous-alimentation qui est la cause d'une faible
résistance aux maladies, et d'une mortalité importante notamment chez les enfants et les personnes
âgées; par exemple on estime qu'en Inde les famines dues à la sécheresse ont provoqué 1.5 millions de
morts. En relation avec l’évolution de la population et la pénurie de la ressource en eau, les maladies à
transmission hydriques deviennent un risque majeur.

I.2.8. la sécheresse en Algérie :

Plusieurs travaux sur la pluviométrie de l’Algérie ont été menés depuis le dernier siècle, mais la
plupart d’entre eux en font une analyse superficielle sur quelques stations en se basant sur le calcul de
la moyenne. Ce n’est qu’on 1946 grâce aux travaux de Seltzer sur le climat de l’Algérie qu’une
analyse détaillée sur la pluviométrie est établie.

En Algérie, en considérant les stations du nord [Link] et al, (1994) par une méthode
comparative des moyennes(1974/1992 par rapport à celle de Chaumont 1913/1963) et à la moyenne de
longue durée (1922/1992), ont constaté que l’ampleur du déficit pluviométrique de la dernière période
1974/1992 s’intensifie d’est en ouest. ils mettent en évidence la tendance à la sécheresse des vingt
dernières années et font apparaître des sécheresses analogues durant les années 1913 et1940.

Farmer et Wigly (selon Kadi 1992) donnent l’évolution d’un indice de sévérité de la sécheresse
sur la même région et relèvent l’occurrence de sécheresse sévères et généralisés durant des années très
isolées : 1937, 1961,1970.

Matari et Douguédroit (1993) appliquent une analyse en composantes principales avec rotation
Varimax sur deux réseaux et sur deux périodes différentes ; ils ont abouti à une division régionale de
l’ouest Algérien pour une analyse spatio-temporelle de la pluviométrie. Les auteurs ont remarqué que
la sécheresse des années 40 est principalement due à une baisse de pluie de printemps et que celles des
années 80 à une baisse de pluie d’hiver.

20
Meddi et Humbert (2000), a partir d’une étude sur la sécheresse ont constaté qu’un déficit
pluviométrique apparaît à partir de 1970, et persiste encore actuellement. Ce déficit génère un grave
problème d’ordre économique et social, compte tenu de la pression croissante qui exerce sur la
ressource en eau (alimentation en eau potable, irrigation….).

Cette synthèse bibliographique montre l'importance du phénomène étudié et combien la


communauté scientifique s'intéresse à la sécheresse, principalement aux indicateurs de sécheresse
comme éléments essentiels pour la gestion de la pénurie d'eau . Les risques de sécheresse ainsi que la
préparation et l'élaboration des plans d'intervention pour la réduction des impacts potentiels de la
sécheresse ont retenu l’attention de plusieurs chercheurs.

CHAPITRE II : ETUDE D’HOMOGENIETE DES DONNEES

II .1. Introduction :

Pour un bassin versant donné ou une région donnée, les stations pluviométriques fournissent
des mesures ponctuelles. Elles sont installées dans des conditions propres et forment le réseau
d’observation.
Les données relatives aux stations sont d'une haute importance pour les statistiques climatiques, la
planification, la gestion des ressources et les projets de construction.

La représentativité des précipitations par les mesures est fonction du réseau d'observation. Plus
celui-ci est dense, meilleure est l'information et plus l'ensemble des mesures est représentatif de la
lame d'eau tombée sur une surface donnée. Cependant le réseau est le résultat d'un compromis entre la
précision désirée et les possibilités ou charges d'exploitation. Le réseau devra donc être planifié.

L'hydrologue devra donc faire appel à son expérience de terrain pour planifier un réseau. Il tiendra
compte du relief et du type de précipitations (frontales, orographiques, convectives). Il s'assurera
également des facilités d'accès, de contrôle et de transmission des informations par télétransmission :
téléphone, satellite, etc..
II .2. Contrôle des données :
Avant de pouvoir exploiter les données et bien qu’elles soient dans un format adéquat, il importe
de contrôler la fiabilité et la précision de ces dernières. Le contrôle de la validité des données
d’observation est un travail préalable indispensable à toute analyse correcte malgré les nombreux
contrôles manuels intervenant dans la chaîne de traitement des données climatologiques.

Après un contrôle très souvent manuel au niveau de la station les documents sont de nouveau
contrôlé au service central. On constate encore des erreurs de nature fort différentes et qui sont
susceptibles d’être commises. Elles sont dues au capteur mal entretenu et à des erreurs de
transcription des données du carnet d’observation sur les CRQ (compte rendu quotidien) ; Des CRQ
sur les TCM (tableaux climatologiques mensuels) ou sur support informatique. Pour les stations
bénévoles, il existe par contre un TCM réduit.
Il existe deux types d’erreurs :

Les erreurs aléatoires (accidentelles):

21
Elles affectent la précision des données, Ce type d'erreur est dû à des raisons nombreuses et
variées, généralement inconnues, affectant différemment chaque mesure individuelle. Ces erreurs étant
inévitables, il faut en estimer l'importance afin de pouvoir en tenir compte lors de l'évaluation de
l'incertitude finale.

Les erreurs systématiques:

Elles affectent la fiabilité des données, La différence entre la vraie valeur et la valeur mesurée, si
elle existe, est alors due à une erreur systématique. L'origine des erreurs systématiques est le plus
souvent liée à la calibration de l'appareil de mesure qui n'est pas parfaite ou à un phénomène extérieur
qui perturbe la mesure (erreur d'appareillage, changement d'observateur…).

Le contrôle manuel est basé sur l’expérience du correcteur par contre le contrôle automatique à
pour but de trier les données en deux catégories :

Données considérées comme correctes.


Données considérées comme douteuses.

Il permet aussi de vérifier la concordance des résumés obtenus sur machines avec les résumés rédigés
en amont (avant traitement). On considère (03) type de procédure de contrôle: les contrôles de
cohérence interne, contrôles de cohérence temporelle et le les contrôles de cohérence spatiale.

2.2.1. Les contrôles de cohérences internes :

Ils ont pour but de déceler les contradictions qui peuvent exister entre plusieurs paramètres d’une
même observation.

2.2.2. Les contrôles de cohérences temporelles :

Ils ont pour but de vérifier la vraisemblance des variations dans le temps d’un paramètre
météorologique à une station. Ce contrôle temporel n’est possible que pour les éléments ayant une
variabilité diurne comme la température.

2.2.3. Les contrôles de cohérences spatiales :

Ils ont pour but de vérifier la vraisemblance des écarts entre les valeurs d’un paramètre mesuré à
des stations voisines.

Comme chacun le sait, toute étude climatologique ou hydrologique nécessite des séries de
données régulières continues et de longue durée ; l’application des méthodes statistiques sur ces séries
impose un certain nombre de conditions entres autres.

Continuité des observations dans le temps.


Pérennité des méthodes d’observations.

L’historique du réseau climatique de l’ANRH et de l’ONM montre que la longueur des séries est
inversement proportionnelle à leur nombre. Nous ne disposons que de successions de séries de courte
durée et ce pour plusieurs raisons dont les plus importantes sont :

Les déplacements de certaines stations.


La fermeture de certaines autres.
L’implantation récente de nouvelles stations.

22
II.3. choix des stations :

Pour pouvoir sélectionner un réseau de station, nous avons commencé par relever sur l’historique les
stations couvrant l’Ouest algérien. Cet historique montre que les premières observations existent
depuis 1870 comme par exemple à Oran.

2.3.1. Choix de la période d’étude :

Nous avons été confrontés au choix d’un réseau avant les années 60 ou un réseau généralement
différent après 1968. Parce que après 1962 date à laquelle l’Algérie a eu son indépendance la plus part
des observateurs et des techniciens qui étaient d’origine européenne ont quitté l’Algérie en masse.
Ceci à paralysé le fonctionnement du réseau météorologique dans toute l’Algérie. Donc il fallu
atteindre la fin de la décennie soixante pour que le réseau commence à se stabiliser. Pour une raison
d’actualisation nous avons opté pour la période 1968-1998.

2.3.2. Choix des stations :

Le volume d’informations pluviométriques recueillies dans cette région est constitué d’une
quarantaine de stations réparties de façon plus au moins uniforme. Malheureusement on n’a pas pu
retenir que( 23 ) postes qui ont fonctionné sans arrêt depuis 1968. Les stations ont été retenues pour la
période 1968 à 1998 soit 30 ans, car malheureusement la plupart des postes retenus en premier lieu
ont été soit fermés au cours de la période considéré soit exploités bien après 1968. Deux critères nous
ont alors permis de sélectionner les stations choisies. Nous avons retenu seulement les stations
possédant une série de données la plus complète possible. Nous avons conservé une répartition
géographique de ces stations de manière à couvrir la plus grande superficie de l’Ouest algérien.

En dépit de ces choix, plusieurs stations présentaient quelques lacunes. Les stations retenues
sont représentées dans le tableau (annexe 01), et sur la carte de la figure n° 07.

N Mosta
Mer Méditerranée
Reliz
Oran Ferm-b
Fergo
Ham-B Cheur Masca
Bakha
Ainte Oued-S Bouhan
Ain-Fe
Sidi-b Souge
Ghaza
Fren
Telem Ain-ke
Saida
Maghn
Beni-b
Sebdo 0 50 km

Figure n ° 7 : localisation des stations retenues.

23
2.3.3. Critique visuel des données disponibles :

Tout d'abord, nous avons délimité notre étude sur les totaux annuels de septembre à mai a
cause de deux points :

• La saison d’été, période des vacances de la plus part des observateurs ce qui a engendré top de
lacunes dans les séries.
• Le cycle végétatif du blé s’étend de septembre à mai.

L'examen visuel des totaux annuels pour la même période 68-98 de toutes les stations montre
que quelques séries sont affectées par un manque d'homogénéité ou par des lacunes. Nous citons à titre
d'exemple:

La station de Tlemcen :

Présente une différence dans l’ordre de grandeur des observations, donc on a admit, que ces
observations n'appartiennent pas à la même station, ce qui implique peut être la provenance des
données de deux stations différentes Zenetta et saf-saf..

La station de Ain Fekkan :

Elle possède aussi des données incertaines entre les années 68-71 ; ces trois premières valeurs
ont un grand écart par rapport au reste de la série.

La station de Saida :

Présente deux valeurs successives semblables (l'année 87-89) ce qui paraît douteux.

La station de Ain kermes :

Elle présente des lacunes entre les années 68-77. Ces dernières provenant de l’instabilité de
fonctionnement de la station entre ces deux années et du changement de site de cette dernière. Bien
que cette station soit plus lacunaire que les autres, Sa position géographique dans une zone dégarnie de
station, nous a dicte son choix.

2.3.4. Estimation des données manquantes :

On peut estimer les données manquantes ou erronées à une station à partir des valeurs provenant
des stations voisines soumises aux mêmes conditions climatiques et situées dans la même zone
géographique. Trois méthodes sont proposées pour la restitution des données pluviométriques :

- Remplacer la valeur manquante par celle de la station la plus proche ;


- Remplacer la valeur manquante par la moyenne des stations voisines. Cette méthode est
utilisée lorsque les précipitations moyennes annuelles de la station à compléter ne diffèrent pas de plus
de 10% des précipitations moyennes annuelles aux stations de référence.

- Remplacer la valeur manquante par la méthode de régression. Pour que cette méthode
soit efficace, il faut que la régression soit linéaire et que le coefficient de corrélation soit élevé. En ce
qui concerne la linéarité, elle peut être vérifiée dès le début à l’aide d’un graphique en portant sur les
coordonnées les deux stations à comparer. Ces stations doivent présenter au mois une dizaine de
valeurs comme dans une région ou les fluctuations d’amplitudes sont très différentes.

24
Dans notre étude, nous avons utilisé la méthode de régression pour reconstituer les lacunes des
stations mentionnées auparavant.

II.4. Etude d’homogénéité des séries :

La question de l’homogénéité ou de la non homogénéité des observations est un problème


important, compte tenu des conséquences que peut entraîner l’utilisation de séries non homogènes,
considérées en fait comme homogènes. Une série est dite homogène si les observations qui la
composent ont été observées de la même façon et sont issues de la même population. Pour les
statisticiens, la série de données est dite homogène si les propriétés statistiques de l’erreur de mesure
affectant ces données sont restées invariables au cours de la période d’observation.

D’une façon générale les éléments climatiques dans le temps ne se produisent pas de la même
façon et la sérié correspondante n’est pas purement stationnaire.

Les causes perturbatrices les plus courantes de l’homogénéité des observations sont :

• Le mauvais état ou la défectuosité d’appareils de mesures.


• Un changement d’observateur.
• Le déplacement de la station (différences topographiques).
• Le changement de type d’appareils, de leurs conditions d’installations (hauteur au-dessus du sol).

L’utilisateur des données doit connaître l’historique des stations d’observations ce qui permettra
d’expliquer les causes de l’hétérogénéité lorsqu’elle existe. Cet historique comprend le nom de la
station, les coordonnées, les périodes et le personnel d’exploitation et les détails sur son équipement.

Les séries de données de nos stations, comme nous venons de l’évoquer précédemment sont le plus
souvent hétérogènes. Ceci, nous a obligé de faire une étude d’homogénéité de ces dernières.

Dans cette optique, nous avons essayé tout d’abord de ne pas soumettre les séries des barrages à cette
étude du fait de leur régularité. Les stations concernées sont : Bakhada barrage, barrage Bouhanifia,
barrage Cheurfas, barrage Beni-Bahdel, barrage Fergoug ; Ceci nous a été également dicté par le
manque de station de référence.

Avant d’aborder l’étude de l’homogénéité de nos séries et donner les résultats nous allons
présenter la méthode traitant cette question. Il existe des tests graphiques et numériques comme par
exemple :

2.4.1. Le simple cumul :

Le principe consiste à cumuler les valeurs annuelles observées de chaque paramètre à traiter ;
une fois que les valeurs sont cumulées, il faut les mettre en ordonnées et le temps en abscisse. A partir
de cumuls en fonction du temps on dispose d’un nuage de points, ces derniers fluctuent autour d’une
droite. Si on constate une cassure de la droite on conclut que la série correspondante présente une
tendance, des observations erronées ou des valeurs exceptionnelles. Lorsque la cassure est nette on
peut par simple lecture sur le graphique déterminer l’époque ou s’est manifestée la tendance et
contrôler dans les documents les causes de cette tendance.

25
La méthode du simple cumul ne permet pas de différentier dans le cas où l’on observerait une
tendance, celle qui est propre à la station (hétérogénéité) d’une tendance climatique. Nous avons
relégué ce test de notre étude, pour cette raison.

2.4.2. Le double cumul :

Le principe est le même que celui que nous avons décrit précédemment seulement la droite des
cumuls n’est plus obtenue en fonction du temps mais en fonction d’une deuxième station de la même
région, qu’on appellera station de référence, cette dernière devra être homogène dès le départ.

La similitude de comportement des deux stations se traduit par un quasi alignement des points
représentatifs ; Une déviation de comportement d’une des deux séries (stations) va se traduire par un
nouvel alignement le long d’une droite différente de la première. Les stations de référence considérées
sont celle des stations de barrage, car les techniciens de l’ANRH confirment l’homogénéité de ces
stations. La station d’Oran Es senia est aussi considérée comme une station homogène. Cette méthode
est particulièrement utilisée pour tester l’homogénéité et détecter l’époque de la tendance de quelques
stations de la région d’étude.

2.4.3. Méthode des résidus (Bois, 1972) :

L’étude de l’homogénéité des séries par la méthode du double cumul est généralement confronté
au manque de tests statistiques valables pour préciser la signification des cassures apparentes. [Link] a
suggéré une méthode basée sur le cumul des résidusi . Une rupture peut exister à une certaine date ou
entre deux époques si ce cumul est trop grand ; le problème revient à rechercher une courbe de
contrôle telle que tout dépassement amène à repousser l’hypothèse d’homogénéité de la série, avec un
seuil de confiance choisie ; [Link] a montré que la courbe de contrôle est une ellipse d’équation :

i(n i)
y i  t s y 1 r 2 n 1
2

i(n i)
sy 1 r2 n 1 est la variance des résidus.
Ou

Ces résidus étant déterminés par la relation suivante :

sy
i  yi y r ( xi x)
sx

i :est donc la différence entre la valeur observée et la valeur donnée par la régression linéaire de Y en
X.

t
2 : la variable de student.

sy
: l’écart type de Y.

s x : l’écart type de X.

x : la moyenne de X.
26
y : la moyenne de Y.

nous avons pris quatre stations de référence pour les deux méthodes(double cumul et bois) :

• Barrage de Beni-Bahdel pour tester l’homogénéité des stations voisines (Maghnia, Ghazaout,
Tlemcen et Aintemouchent)
• Barrage de Bouhanifia pour tester l’homogénéité des stations de Mascara, Ferme blanche, Sidi
belabess et Ain fekkan.
• Barrage de Bakhada qui a une bonne corrélation avec la station de Ain Kermes, de Relizenne
et de Frenda.
• Barrage d’Oued Sarno pour tester l’homogénéité de la station de Hammam Bouhdjar.

N.B : le choix des stations de référence est basé sur la bonne corrélation entre les stations à tester et
ces dernières.

2.4.4 Analyse des résultats :

[Link]. Méthode du double cumul :

La méthode de double cumul a donnée les résultats suivants : Lorsqu’on considère la station de
barrage Beni-Bahdel comme une station de référence. L’examen des graphiques des doubles cumuls
figures 8 et 9, montre que le tracé obtenu entre Ghazaout et Beni-Bahdel ne présente aucune cassure ce
qui signifie que les données de cette dernière sont fiables, ce qui n’est pas le cas pour les stations de
Maghnia, de Tlemcen et de Sebdou. La station de Maghnia présente une cassure entre le début des
observations et l’année 1975 avant l’ouverture de la station principale dont les observations
débutèrent à partir de 1976. Ceci montre que durant cette période les précipitations sont inférieures par
rapport à la nouvelle station. Pour la station de Tlemcen la cassure devient apparente durant les trois
derniers points, par contre pour la station de Sebdou la cassure se trouve entre 1968 et 1979.

De ce fait, nous avons corrigé les valeurs aberrantes mises en évidence par ce test pour
homogénéiser les séries des trois stations. Dans cette optique nous allons citer à titre d’exemple la
correction des données de la station de Maghnia (figure.14), le reste des résultas est regroupé dans
l’annexe (02).

En prenant la station du barrage de Bouhanifia comme station de référence les résultats sont
représentés sur les figures (10,11 ); D’après ces dernières on peut considérer les stations de Mascara et
de Sidi Bel Abess comme homogènes. Mais les deux autres stations à savoir Ferme Blanche et Ain
Fekkan présentent des valeurs incertaines qui seront corrigées par la suite( figure en annexe 02).

La figure n 12, montre que la station de Hammam Bouhdjar est homogène en utilisant la station
du barrage d’oued Sarno comme station de référence.

De la figure n013, nous voyons que les données des stations de Relizane et d’Ain Kermes sont
d’une fiabilité acceptable. Par contre, la station de Frenda présente une déviation apparente à la droite
d’ajustement dans les premières années ce qui nous a obligé de faire une correction des données.

Pour la correction des données de toutes les séries hétérogènes; Par exemple la station de
Maghnia nous avons déduit l’équation de la droite traversant les points de double cumuls entre les
deux stations (Maghnia et Beni-Bahdel), après nous avons introduit dans cette équation les valeurs de
la station de référence qui coïncident avec les observations aberrantes de la station à tester. Le tableau
02, met en évidence les données corrigées de la station de Maghnia.

27
Tableau n° 2: résultats de correction des données de la station de Maghnia.

Les années Les données de base Les données corrigées


1968/1969 4160 4108
1969/1970 4319 4260
1970/1971 4120 4797
1971/1972 4699 5343
1972/1973 6177 5706
1973/1974 7212 4087
1974/1975 6541 3992

m éth o d e d u d o u b le cu m u l en tre m a g h n ia et B b en i-b a h d el d o u b le cu m u l en tre les sta tio n s(G h a za o u t et B b en i-b a h d el)

120000
100000
la station de Ghazaout

100000
80000
station de maghnia

80000
60000

60000
40000

40000
20000

20000

0
0
0 20000 40000 60000 80000 100000 120000 140000 0 20000 40000 60000 80000 100000 120000 140000

s ta tio n d e b e n i-b a h d e l la s ta tio n d e B e n i-B a h d e l

Figure n ° 08: la méthode du double cumuls (Maghnia,Ghazaout) la station du barrage de Beni-Bahdel comme station de
référence.

d o u b le c u m u l e n tre T le m e ce n e t B en i-B a h d e l d o u b le cu m u l en tre S eb d o u et B en i-B a h d el

160000 120000

140000
100000
station de sebdou
station de Telemecen

120000
80000
100000

80000 60000

60000 40000

40000
20000
20000

0 0

0 20000 40000 60000 80000 100000 120000 140000 0 20000 40000 60000 80000 100000 120000 140000

s t a tio n d e B e n i-B a h d e l s ta t io n d e B e n i-B a h d e l

Figure n ° 09 : la méthode du double cumuls entre(Tlemcen,Sebdou) et la station du barrage de


Beni-Bahdel comme station de référence.

28
la m é th o d e d u d o u b le c u m u l e n tre A in F e k k a n e t B o u h a n ifia d o u b le cu m u l e n tre F e rm e B la n c h e e t B o u h a n ifia
100000

100000

la station de Ferme Blanche


la station de Ain Fekkan 80000
80000

60000
60000

40000
40000

20000 20000

0 0
0 20000 40000 60000 80000 100000 0 20000 40000 60000 80000 100000
la s t a t io n d e B o u h a n if ia la s t a tio n d e B o u h a n if ia

Figure n ° 10 : la méthode du double cumuls entre (Ain Fekkan, Ferme Blanche) et la station du
barrage de Bouhanifia comme station de référence.

d o u b le c u m u l e n tre S id i b e l A b e ss e t B o u h a n ifia do u b le cu m u ls en tre M a scara et B o u h a n ifia

120000
la station de Sidi bel Abess

100000

la station de Mascara
100000
80000

80000
60000
60000

40000
40000

20000
20000

0 0
0 20000 40000 60000 80000 100000 0 20000 40000 60000 80000 100000

la s t a t io n d e B o u h a n if ia la s ta tio n d e b a r r a g e B o u h a n ifia

Figure n ° 11 : la méthode du double cumuls entre (Sidi Bel Abess, Mascara) et la station du barrage
de Bouhanifia comme station de référence.

120000
d o u b le c u m u ls e n tre O u e d sa rn o e t d e H a m m a m B o u h d ja r A in K e rm e s
les cumuls des totaux pluviométriques

R e liz e n n e
la station de Hammam Bouhjar

120000
100000
F re n d a
100000
80000
80000

60000
60000

40000
40000

20000 20000

0
0
0 20000 40000 60000 80000 100000
0 20000 40000 60000 80000 100000 120000

la s ta t io n d e b a r r a g e O u e d S a r n o barra ge B ak h ad a

Figure n ° 12 : la méthode du double Figure n ° 13 : la méthode du double cumuls


cumuls entre (Hammam Bouhdjar) la prenant la station du barrage de Bakhada comme
station du barrage d’Oued Sarno comme station de référence.
station de référence.

29
la m éthode du dou ble cum uls entre M aghnia corrigée et B eni-B ahdel
120000

100000

la station de Maghnia
80000

60000

40000

20000

0
0 20000 40000 60000 80000 100000 120000 140000

la sta tion d e B en i-B ah d el

Figure n ° 14 : la méthode du double cumuls entre (Maghnia corrigée) et la station du barrage de


Beni-Bahdel comme station de référence.
[Link]. Ellipse de bois :

La méthode du cumul des résidus a été appliquée à un seuil de signification de 0.05 aux mêmes
stations précédentes avec les mêmes stations de références. Les résultas de cette méthode ont une
bonne concordance avec ceux trouvés par la méthode du double cumul. (Figure en annexe. 03).

Tableau n ° 03 : résultats de l’analyse des stations par la méthode de Bois.

Nom de la station de
Nom de la station à tester Remarques
référence
Ain Temouchent Barrage de Beni-Bahdel Homogène.

Maghnia Barrage de Beni-Bahdel Une légère hétérogénéité

Ghazaout Barrage de Beni-Bahdel Homogène.

Tlemcen Barrage de Beni-Bahdel Une hétérogénéité dans les


dernières années.
Sebdou Barrage de Beni-Bahdel Homogène.

Relizane Barrage de Bakhada Plus ou moins homogène.

Frenda Barrage de Bakhada Hétérogène avant 1975.

Ain Kermes Barrage de Bakhada Homogène.

Hammam Bouhdjar Barrage d’Oued Sarno Une légère hétérogénéité


entre 1985 et1988.
Mascara Barrage de Bouhanifia Légère hétérogénéité entre
1983-1990.
Ain Fekkan Barrage de Bouhanifia Hétérogène pendant les
premières années.
Sidi bel Abes Barrage de Bouhanifia Homogène.

Ferme Blanche Barrage de Bouhanifia Hétérogène entre 1968


et1972.

30
31
La première chose qui frappe notre tableau de données constitué par les stations est l’existence
de poste à faible et forte pluviométrie; c’est pourquoi la première opération consiste à centrer et à
réduire le tableau.
On suppose que la matrice (tableau) centrée réduite est Y.

⎡Y11 .....Y1J ......Y1P ⎤


⎢. . ⎥⎥
Y ⎢
⎢. . ⎥
⎢ ⎥
⎣Y N 1 ....Y NJ .....Y NP ⎦

Remarque :
Le tableau centré et réduit possède (02) propriétés particulières.
La somme de tous les individus est nulle donc la moyenne est nulle.
La somme des carrés de tous les individus est égale au nombre de ces individus (n) donc l’écart
type est égal à 1.

[Link]. calcul de la matrice VARIANCE-COVARIANCE :

Le produit y*y nous donne une matrice V appelée variance-covariance. Qui est dans notre
cas la matrice de corrélation. Cette matrice étant symétrique de dimension (p.p).
Le calcul des valeurs propres consiste à trouver les racines du polynôme
V − λ I I =0
I : la matrice unité
V : matrice variance-covariance.
λ I : les valeurs propres.
Pour trouver les vecteurs propres C J de la matrice V , il suffit de résoudre l’équation suivante
⎛ C J1 ⎞
⎜ ⎟
⎜CJ 2 ⎟
λ1 → C J ⎜ . ⎟
⎜ ⎟
⎜. ⎟
⎜ ⎟
V * C J = λ I * C J Pour ⎝ C JN ⎠

[Link]. Détermination des composantes principales:


Pour déterminer les C.P il suffit de transformer la matrice V en une autre matrice ψ tel
que ψ = c ′j . y

c ′j : Matrice des vecteurs propres transposés.


ψ : Matrice des composantes principales.
Remarque :
La première composante principale absorbe ou rend compte de la plus grande proportion de
la variation totale.
Les autres composantes ont une partie explicative dégressive.

32
[Link]. Corrélation entre les variables d’origine et les composantes :
La corrélation entre une composante principale δ j et une variable y i appelée saturation.

(cov ariance δ j , y i ) / var iance δ j var iancey i

ce qui s'écrit pour l'ensemble des y i et des δ j

−1 −1
R (δ, y) = D λ C ′D V2
2

D λ : La matrice diagonalisable des valeurs propres.


D V : La matrice diagonalisable des vecteurs propres
3.2.3. Nombre d’axes à retenir :
Plusieurs méthodes existent pour limiter le nombre de composantes principales à retenir.
Entre autre on peut citer les tests empiriques suivants :
• on peut ne retenir que les valeurs propres les plus grandes dont la somme représente un
certain pourcentage de la variance totale.
• Kaiser propose de ne retenir que les composantes principales dont les valeurs propres sont
supérieures à 1.
• Une méthode graphique permet de limiter le nombre de composantes à retenir, sur un
graphe, donnant le numéro d’ordre des composantes principales en fonction de leur pourcentage
des variances expliquées ; le point d’inflexion de la courbe obtenue permet de fixer le choix des
composantes à retenir.

3.2.4. L’A.P.C sans rotation :


Le maximum d’information se trouve dans la 1ere composante. Cette dernière décrit l’effet
de masse. La majorité des stations ont tendance à décrire un ensemble commun. Par contre les
deux composantes, la 2eme et la 3eme ont tendance à différencier les stations les plus lointaines et
elles sont moins informatives.
3.2.5. L’A.C.P avec rotation :
Elle permet d’améliorer l’interprétation des résultats par une transformation linéaire des
composantes principales. La méthode utilisée est du type Varimax reconnue comme étant la
méthode la plus utilisée des rotations orthogonales ; elle permet de maximiser les informations à
l’aide des résultats des coefficients de saturation et aussi de mieux différencier les régions par
groupes de stations.
3.3. analyses des résultats:
En vue d’étudier la régionalisation des précipitations de la région d’étude, une A.C.P a été
appliquée aux totaux annuels sans la saison d’été, sur la période choisie auparavant, c’est à dire
1968 à1998. Notre fichier est donc formé d’une matrice de 23 stations soit 690 valeurs. Les
résultats de l’A.C.P, avant et après rotation Varimax, sont représentés dans les tableaux (04,05).
Le choix du nombre des composantes a été fixé à 3 en se basant sur le critère d’une valeur propre
supérieure ou égale à 1.
La figure (15) donne la répartition des différentes valeurs propres, ce choix est en accord
avec l’autre critère cité antérieurement c’est à dire le point d’inflexion de la courbe.

33
Le calcul des communautés montre que chaque station est représentée par une composante
principale.

Figure n ° 15 : courbe informative des valeurs propres.


3.3.1. L’A.C.P sans rotation :
Tableau n ° 04 : matrice des saturations de chaque composante(A.C.P sans rotation )
1ère composante 2ème composante 3ème composante
stations ψ1 ψ2 ψ3
Ain Temouchent 0.865 0.183 0.231
Oran 0.841 0.221 0.135
B. Beni-bahdel 0.840 -0.323 0.232
B. Bakhada 0.825 -0.030 -0.413
B. Cheurfas 0.872 0.048 0.075
Ferme Blanche 0.834 0.092 -0.024
B. Bouhanifia 0.959 -0.037 0.026
Maghnia 0.786 -0.365 0.135
B oued Sarno 0.772 0.308 0.174
Ghazaout 0.683 -0.473 0.343
Sebdou 0.882 -0.193 0.065
Tlemcen 0.748 -0.467 0.246
Ain Fekkan 0.810 0.033 0.101
B. Fergoug 0.862 0.115 0.115
Relizane 0.789 0.148 -0.120
Frenda 0.719 -0.030 -0.309
Sidi Bel Abess 0.889 0.164 0.041
Hammam Bouh 0.709 0.443 0.264
Mascara 0.926 0.209 0.002
Sougeur 0.724 -0.110 -0.457
Ain kermes 0.678 -0.359 -0.438
Saida 0.753 -0.097 -0.363
Mostaganem 0.730 0.386 -0.277
Variance
expliquée par les 15.010 1.510 1.367
cp

Pourcentage de la
variance totale 65.3% 6.6% 6%
expliquée par les
cp
34
Le tableau n°4, montre que la première composante, à elle seule, explique 65.3% de la
variance totale, il faut également remarquer que les trois premières valeurs propres, les plus
significatives, expliquent plus de 77% de l’information totale du réseau.

Une cartographie des coefficients de corrélations entre les trois composantes principales et
le réseau d’observation (stations), montre que pour la première composante qui explique 65.3%
de la variance totale, les valeurs sont fortement positives (0.678< R <0.959). Cet axe correspond
à un champ uniforme soumis à la même influence qui couvre entièrement la région. Donc, on
peut dire que cette composante décrit un effet de masse comme l’on remarqué plusieurs auteurs
[Matari, 1995]. Ceci est remarquable sur les projections des stations sur la première composante
(fig.16).

Pour le deuxième axe, qui explique 6.6% de la variance totale, on observe une séparation
entre valeurs positives et valeurs négatives ; la composante principale correspondante est
corrélée négativement avec les stations délimitant notre région d’étude au Sud Est et au Sud
Ouest, et positivement avec la partie restante de cette dernière (fig.17).

Quant au troisième axe, qui explique 6 %, la composante principale présente des


coefficients de corrélation négatifs sur l’Est de la région d’étude, par contre les stations couvrant
la partie Ouest sont corrélées positivement avec cette troisième composante. Figure,18.

Tenant compte des caractéristiques traduites par les trois composantes, on peut conclure
que les résultats obtenus en plus de l’effet de masse font une discrimination des stations les plus
éloignées entre le Nord et le Sud, l’Ouest et l’Est. Une A.C. P avec rotation permettra
certainement d’améliorer la régionalisation.

Mosta
N
Mer Méditerranée
Reliz
Oran Ferm-b
Fergo
Ham-B Cheur Masca
Bakha
Ainte Oued-S Bouhan
Ain-Fe
Sidi-b Souge
Ghaza
Fren
Telem Ain-ke
Saida 0 50 km
Maghn
Beni-b
Sebdo

Figure n° 16 : cartographie de la première composante principale sans rotation

35
Mosta
N Mer Méditerranée
Reliz
Oran Ferm-b
Fergo
Ham-B Cheur Masca
Bakha
Ainte Oued-S Bouhan
Ain-Fe
Sidi-b Souge
Ghaza
Fren
Telem Ain-ke
Saida
Maghn 0 50km
Beni-b
Sebdo

Figure n°17 : cartographie de la deuxième composante principale sans rotation

Mosta
N Mer Méditerranée
Reliz
Oran Ferm-b
Fergo
Ham-B Cheur Masca
Bakha
Ainte Oued-S Bouhan
Ain-Fe
Sidi-b Souge
Ghaza
Fren
Telem Ain-ke
Saida 0 50km
Maghn
Beni-b
Sebdo

Figure n ° 18 : cartographie de la troisième composante principale sans rotation

36
3.3.2. L’A.C.P avec rotation Varimax :
Tableau n ° 05 : matrice des saturations de chaque composante (A.C.P avec rotation de
type Varimax )
1ère composante 2ème composante 3ème composante
stations ψ1 ψ2 ψ3
Ain Temouchent 0.771 0.426 0.245 0.84
Oran 0.751 0.341 0.305 0.00.77
[Link]-bahdel 0.408 0.775 0.311 0.86
[Link] 0.404 0.253 0.790 0.85
B. Cheurfas 0.636 0.453 0.399 0.77
Ferme Blanche 0.610 0.355 0.454 0,70
B Bouhanifia 0.621 0.535 0.500 0,92
Maghnia 0.315 0.730 0.369 0.77
B oued Sarno 0.777 0.262 0.222 0,72
Ghazaout 0.234 0.853 0.159 0,81
Sebdou 0.475 0.625 0.452 0,82
Tlemcen 0.253 0.836 0.273 0,84
Ain Fekkan 0.592 0.443 0.347 0,67
B Fergoug 0.707 0.451 0.293 0,79
Relizane 0.590 0.246 0.500 0,66
Frenda 0.365 0.248 0.647 0,61
Sidi Bel Abes 0.716 0.362 0.418 0,82
Hammam Bouh 0.854 0.176 0.093 0,77
Mascara 0.760 0.331 0.463 0,90
Sougeur 0.269 0.237 0.785 0,74
Ain kermes 0.075 0.399 0.785 0,78
Saida 0.325 0.287 0.721 0,71
Mostaganem 0.667 -0.029 0.560 0,76
Variance expliquée par
les composantes
7.48 5.09 5.32
Pourcentage de la Total
variance totale
32 5% 22 1% 23 1%
li L’information
l totale est mieux distribuée entre les trois composantes principales retenues.
La première composante ψ 1 , qui explique 32.5% de la variance est la plus importante; elle fait
apparaître un district plus ou moins homogène, couvrant le Nord Est de notre région d’étude
(fig. 19). Et la deuxième composante qui explique 22.1% de la variance met en évidence une
deuxième région, longeant la première région à partir de Ain Temouchent. Il ressort que la
station la mieux représentée est celle de Ghazaout puisqu’elle possède la plus grande saturation
(fig.20).

Quant à la troisième composante qui explique plus de 23% de la variance, elle représente
les stations situées à l’Est de la région. Ces différents résultats permettent de diviser notre région
d’étude en trois secteurs. Figure, 22. Si on compare les coefficients de corrélation des stations
avec la première composante principale on voit que l’influence de cette composante n’est pas la
37
même pour toutes les stations; par exemple la variance expliquée par la première composante est
de 0.85 pour la station de Hammam Bouhdjar et de seulement 0.59 pour la station de Relizane.

Pour chaque région on a trouvé par la méthode des composantes principales, des groupes de
stations ayant un comportement semblable. L’étude des figures 19,20 et 21, nous montre que les
groupes divisent d’une façon distincte notre région d’étude en trois localités.

N Mer Méditerranée
.
Mosta

Reliz
Oran Ferm-b
Fergo
Ham-B Cheur Masca
Bakha
Ainte Oued-S Bouhan
Ain-Fe
Sidi-b Souge
Ghaza
Fren
Telem Ain-ke
Saida
Maghn 0 50km
Beni-b
Sebdo

Figure n °19 : cartographie de la première composante principale avec rotation Varimax.

Mer Méditerranée
N Mosta

Reliz
Oran Ferm-b
Fergo
Ham-B Cheur Masca
Bakha
Ainte Oued-S Bouhan
Ain-Fe
Sidi-b Souge
Ghaza
Fren
Telem Ain-ke
50km
Saida 0
Maghn
Beni-b
Sebdo

Figure n ° 20 : cartographie de la deuxième composante principale avec rotation Varimax.

38
Mosta
N Mer Méditerranée
Reliz
Oran Ferm-b
Fergo
Ham-B Cheur Masca
Bakha
Ainte Oued-S Bouhan
Ain-Fe
Sidi-b Souge
Ghaza
Fren
Telem Ain-ke
Saida
Maghn
Beni-b 0 50km
Sebdo

Figure n ° 21 cartographie de la troisième composante principale avec rotation Varimax.

N
Mer Méditerranée

mostag
Région I relizan
Oran ferme bla
fergou
ham bou cheurfas mascar
bakha
Ain temou sarno bouhanif Région III
Ain fekk sougeur
sidi bel ab
ghazao Région II
frenda 0 50km
telemce
saida
maghnia
beni-bah
sebdou

Figure n ° 22 : cartographie des trois composantes principales avec rotation Varimax.

39
CHAPITRE 4 : ETUDE DE LA SECHERESSE

4.1. Variabilité inter-annuelles des pluies :

L’une des caractéristiques principales de la pluviométrie, dans notre région, est sa


grande variabilité inter-annuelle. En effet, d’une année à l’autre le total annuel peut varier
fortement. Ceci nous a conduit à une étude détaillée de la variabilité inter-annuelle des
précipitations.

Dans cette partie, nous avons axé notre travail sur trois stations qui seront considèrée
comme stations types, chacune décrit une zone plus au moins homogène de notre région d’étude
(Mascara, Maghnia et Sougeur), puisqu’elles présentent des fortes saturations.

Tableau n ° 06 : Analyse des précipitations inter-annuelles a Mascara, Sougeur et Maghnia


(période d’étude 1950-1998)

Nom de coefficient de
maximum minimum écart type moyenne médiane
la station variation
Sougeur 612.4 140.4 103.4 344.1 337.7 30%
Maghnia 747.7 189.4 135.8 389.3 372.9 34.9%
Mascara 786.02 196.5 134.4 444.6 440.1 30.2%

Le tableau n0 6 caractérise bien cette variabilité inter-annuelle. Le rapport entre l’année la


plus humide et l’année la plus sèche peut être supérieur à 4 ; le coefficient de variation représente
bien cette variabilité relative et peut dépasser les 30%. Ce même tableau montre que les
moyennes des trois stations sont assez proches des médianes et montre que la loi de distribution
est symétrique.

Pour une analyse plus détaillée, nous allons caractériser la variabilité inter-annuelle par les
variables centrées réduites des totaux annuels. Le figure n°23 représentent cette variabilité inter-
annuelle des précipitations à Mascara, à Maghnia et à Sougeur pour la période 1950-1998, on y
remarque la concordance des années déficitaires des trois stations.

Par ailleurs, nous observons à travers les mêmes figures ,des excédents pluviométriques
relatifs à l’année 1973-1974 pour la station de Maghnia, l’année 1969-1970 pour la station de
Sougeur, et 1962-1963 pour la station de Mascara. Il est à remarquer aussi que chacune des trois
stations représente un record de déficit. En ce qui concerne Maghnia, le déficit de 1987-1988 est
le plus bas sur plus de 30 années. Tandis qu’à Sougeur le déficit de 1983-1984 est la plus basse
valeur enregistrée depuis que l’observation existe. Par contre à Mascara les deux années 1981 et
1992 sont les plus déficitaires depuis 1950.

La valeur de 1995-1996 à Sougeur, comparée aux autres stations nous a paru douteuse. Une
nouvelle confirmation de cette observation à partir des archives nous a montré que la valeur était
bien exceptionnelle.

Ces graphiques confirment l’apparition et la persistance d’une sécheresse durant les deux
dernières décennies. Dans ce qui suit nous allons étudier la tendance climatique de nos séries.

40
la statio n de S ou g eu r la station de M agh nia
3 3

variables centrées réduites


variables centrées réduites

2 2

des totaux annuels


des totaux annuels

1 1

0 0

-1 -1

-2 -2

54/55

59/60

64/65

69/70

74/75

79/80

84/85

89/90

94/95
54/55

59/60

64/65

69/70

74/75

79/80

84/85

89/90

94/95
les an n ées les an n ées

la sta tio n de M a scara

3
variables centrées réduites

2
des totaux annuels

-1

-2
54/55

59/60

64/65

69/70

74/75

79/80

84/85

89/90

94/95
le s a n n é e s

Figure n° 23 : variation inter-annuelle des précipitations (Souueur, Maghnia, Mascara)

4.2. Etude de la tendance climatique :

Les formes que risquent de prendre les tendances climatiques et les changements
climatiques qui peuvent correspondre sont décrites de façon différente selon les auteurs. Dès
1966 l’organisation météorologique mondiale a essayé d’unifier la définition de la tendance.

La tendance climatique est un changement climatique caractérisé par une diminution ou un


accroissement significatif régulier monotone des valeurs moyennes durant la période de relevé.
Plusieurs tests existent pour mettre en évidence l’existence éventuelle d’une tendance , on peut
citer ceux préconisés par la note 143 de l’organisation mondiale de la météorologie.

[Link]. Test de Spearman :

On calcule la corrélation entre la chronologie ( i )et le rang yi des valeurs de la série.


Plus la corrélation est grande et plus elle est significative. Ce coefficient est donné par
l’expression :

n
r= 1 − ( 6 ∑ ( yi − i ) 2 n ( n 2 − 1))
i =1

i : la chronologie.
yi : le rang.
41
[Link]. Test de Mann Kendall :
Soit la série X i , i variant de 1 à n . On calcule pour chaque élément, le nombre d’élément
qui le précède et qui lui sont inférieurs et l’on fait la somme de ces nombres ( t ). Plus (t) est
grand et plus l’organisation de la série est importante.
La variable ( t )est distribuée selon une loi normale avec :
E(t )= n×(n −1) 4 Var (t)= n×(n −1)×(2n +5) 72
On cherche la probabilité 1 à l’aide de la loi normale centrée réduite tel que
1= prob ((|u|>u(t ))

Avec : u(t) =(t − E(t)) Var(t)


L’hypothèse nulle (absence de tendance) est acceptée ou rejetée au niveau de signification
α 0 pour un seuil de 0.05 selon que l’on a 1> 0 ou 1< 0.
Lorsque les valeurs de u(t) sont significatives (Sneyers.R,1975), on conclut à une
tendance croissante ou décroissante selon que u(t) est positif ou négatif.
Il reste à souligner que l’un et l’autre de ces tests possèdent la même efficacité. Toute fois
lorsqu’une série présente une tendance significative et que l’on désire situer l’époque à partir de
laquelle la tendance s’est manifestée, la statistique du second test (Mann Kendall) se prête mieux
au calcul progressif et rétrograde nécessaire à cet effet. On fait la même procédure qu’avant, en
inversant la direction du calcul ; la variable u(t') obtenue est appelée série rétrograde. Le point
d’intersection de −u(t') avec u(t') donne le début de la tendance.
Nous allons faire cette étude sur les mêmes stations utilisées antérieurement dans l’analyse
de la variabilité inter-annuelle.
2.2. Analyses des résultats :
Pour tester la tendance et détecter le début de cette dernière, nous avons utilisé le test de
Mann Kendall. Les résultas obtenus sur les trois stations sont donnés dans les tableaux de
l’annexe(04 )
Tableau N ° 07 : test statistique de tendance des séries pluviométriques

La statistique u(t) Seuil de Début de la dernière


Nom de la station
signification tendance
Mascara -4.92 -1.96 1982/1983
Maghnia -1.78 -1.96 1983/1984
Sougeur -1.67 -1.96 1981/1982
La statistique du test montre que la tendance est négative pour les trois stations, mais elle
est fortement significative sur seulement Mascara. L’observation des figures, 24,25 et 26,
confirment l’apparition d’une tendance négative à partir de début des années quatre-vingt et qui
a persiste durant les deux dernières décennies 80-90. Les mêmes figures montrent que les
stations présentent une pluviométrie inférieure à la normale durant la plupart des années sur ces
deux dernières décennies.

42
Les résultats de cette étude ont montré l’apparition d’un déficit pluviométrique à partir des
années quatre-vingt; ce phénomène persiste actuellement et génère des graves répercutions
d’ordre économique et social, compte tenu de la pression croissante qui s ‘exerce sur la ressource
en eau (alimentation en eau potable, irrigation…). Ce qui confirme les résultats trouvés par
(Meddi et al ; 2000), (Meddi et al ; 2002a) et (Meddi et al ; 2002b).
la sta tio n d e M a sca ra h y d ra u liq u e
800

700 ten d a n c e
600

500

400

300
200

4 d éb u t d e ten d a n c e
2

-2

-4

-6
54/55

59/60

64/65

69/70

74/75

79/80

84/85

89/90

94/95
les a n n ées
u (t) -u (t ') p lu v io m é tr ie a n n u e lle

Figure n° 24 : étude de la tendance (station de Mascara)

la sta tio n d e M a g h n ia
800

700
ten d a n c e
600

500

400

300

200

4
d é b u t d e te n d a n c e
2

-2

-4

-6
54/55

59/60

64/65

69/70

74/75

79/80

84/85

89/90

94/95

les a n n ées
u (t ) -u (t ') p lu v io m é t r ie a n n u e lle

Figure n° 25 : étude de la tendance (station de Maghnia)

la sta tio n d e S o u g e u r
800

700

600
ten d a n c e
500

400

300

200

4 d é b u t d e te n d a n c e
2

-2

-4

-6
54/55

59/60

64/65

69/70

74/75

79/80

84/85

89/90

94/95

les a n n ées
u (t ) -u (t ') p lu v io m é t r ie a n n u e lle

Figure n° 26 : étude de la tendance (station de Sougeur)

4.3. Etude de la variabilité intra-annuelle :

Nous venons d’analyser la variabilité inter-annuelle, c’est à dire entre les années. Nous
étudions à présent la variabilité entre les mois et les saisons. En effet, on se demande si la baisse
pluviométrique mise en évidence précédemment est due à une saison donnée, ou si elle a touché
l’ensemble des mois. Sur le plan agronomique, un déficit hydrique n'aura pas les mêmes
43
Les résultats de cette étude ont montré l’apparition d’un déficit pluviométrique à partir des
années quatre-vingt; ce phénomène persiste actuellement et génère des graves répercutions
d’ordre économique et social, compte tenu de la pression croissante qui s ‘exerce sur la ressource
en eau (alimentation en eau potable, irrigation…). Ce qui confirme les résultats trouvés par
(Meddi et al ; 2000), (Meddi et al ; 2002a) et (Meddi et al ; 2002b).

la sta tio n d e M a sca ra h y d ra u liq u e


800

700 ten d a n c e
600

500

400

300

200

4 d éb u t d e ten d a n c e
2

-2

-4

-6
54/55

59/60

64/65

69/70

74/75

79/80

84/85

89/90

94/95
les a n n ées
u (t) -u (t ') p lu v io m é tr ie a n n u e lle

Figure n° 24 : étude de la tendance (station de Mascara)

la sta tio n d e M a g h n ia
800

700
ten d a n c e
600

500

400

300

200

4
d é b u t d e te n d a n c e
2

-2

-4

-6
54/55

59/60

64/65

69/70

74/75

79/80

84/85

89/90

94/95

les a n n ées
u (t ) -u (t ') p lu v io m é tr ie a n n u e lle

Figure n° 25 : étude de la tendance (station de Maghnia)

la sta tio n d e S o u g e u r
800

700

600
ten d a n c e
500

400

300
200

4 d é b u t d e te n d a n c e
2

-2

-4

-6
54/55

59/60

64/65

69/70

74/75

79/80

84/85

89/90

94/95

les a n n ées
u (t ) -u (t ') p lu v io m é t r ie a n n u e lle

Figure n° 26 : étude de la tendance (station de Sougeur)

4.3. Etude de la variabilité intra-annuelle :


Nous venons d’analyser la variabilité inter-annuelle, c’est à dire entre les années. Nous
étudions à présent la variabilité entre les mois et les saisons. En effet, on se demande si la baisse
43
pluviométrique mise en évidence précédemment est due à une saison donnée, ou si elle a touché
l’ensemble des mois. Sur le plan agronomique, un déficit hydrique n'aura pas les mêmes
conséquences, selon qu'il intervient au début de la campagne ou pendant les différentes phases
du cycle.
4.3.1. Les précipitations mensuelles:
Pour connaître s’il existe une éventuelle relation entre les changements dans le régime
pluviométrique des dernières décennies et la baisse de la pluviométrie d’un mois spécifique,
nous allons comparer deux périodes de vingt quatre ans successives à savoir 1950-1951 à 19 73-
1974 et 1974-1975 à 1997-1998. Le choix de ces deux périodes a été fait selon les données
disponibles.
Deux paramètres statistiques ont été utilisés pour effectuer cette comparaison, la moyenne
et la médiane. Ces deux paramètres de tendance centrale ne sont pas statistiquement différents
dans le cas de distributions symétriques. Mais comme plusieurs travaux réalisés dans ce
sens montrent que les distributions mensuelles sont dissymétriques, (Bouacheria et Matari,
2000), il nous a paru judicieux de les considérer toutes les deux.
L’analyse mensuelle des précipitations pour les trois stations étudiées montre que
l’ampleur de la variation de ces dernières est très nette entre les deux périodes précitées. Les
figures, 27,28 et 29, montrent la supériorité de la moyenne sur la médiane pour toutes les
stations.
Les trois stations représentent une pluviométrie plus abondante sur la première période que
la seconde. Ceci confirme les résultats obtenus par les études évoqués auparavant.
Pour la station de Maghnia, les mois de décembre et de janvier, aussi bien sur les moyennes
que sur les médianes sont devenues moins pluvieuses sur la deuxième période. Par contre le
mois de février est devenu plus pluvieux pour la seconde période. Pour le reste en remarque une
bonne concordance sur les deux périodes surtout le mois d’avril et les mois de la saison d’été.
La station de Mascara représente presque le même comportement que Maghnia, c’est-à-
dire, la pluviométrie des mois de décembre et de janvier est devenue moins abondante sur la
deuxième période. Par contre le mois de mars est devenu le plus pluvieux durant les deux
dernières décennies pour cette station.
Pour la station de Sougeur la différence entre les deux périodes n’est pas nette, mais on
peut dire également que les mois de décembre et de janvier représentent les mois les plus
pluvieux pour la première période, et le mois de février pour la seconde période.

é v o l u t i o n i n t a -a n n u e l l e d e l a p l u i e (M a g h n i a ) é v o l u t i o n i n t r a -a n n u e l l e d e l a p l u i e ( M a g h n i a )

80

60

60
50
la moyenne

la médiane

40
40
30

20
20

10

0
FEV
m o is 0
OCT DEC AVR JUN DEC AVR
OCT FEV JUI m o is

m o y (5 0 -5 1 à 7 3 -7 4 ) m o y (7 4 -7 5 à 9 7 -9 8 ) la m é d (5 0 -5 1 à 7 3 -7 4 ) la m é d (7 4 -7 5 à 9 7 -9 8 )

Figure n° 27 : évolution intra-annuelle de la pluviométrie (Maghnia)

44
é v o l u t i o n i n t r a -a n n u e l l e d e p l u i e (S o u g e u r ) é v o lu tio n in tr a -a n n u e lle d e p lu ie (S o u g e u r )

50
50

40
40
la moyenne

30

la médiane
30

20
20

10
10

0
0
OCT DEC FEV AVR JUI m o is
m o is OCT DEC FEV AVR JUI

m o y (5 0 - 5 1 à 7 3 - 7 4 ) m o y (7 4 - 7 5 à 9 7 - 9 8 ) m ed (5 0-5 1 à 73 -7 4) m ed (7 4 -75 à 9 7-9 8 )

Figure n° 28 : évolution intra-annuelle de la pluviométrie (Sougeur)

é v o lu t io n in t a -a n n u e lle d e la p lu ie (M a s c a r a ) é v o lu t i o n in t r a -a n n u e l le d e p l u ie (M a s c a r a )
100
80

70
80

60
la moyenne

60
50

médiane
40
40
30

20 20

10
0
FEV
m o is
OCT DEC AVR JU N 0
OCT DEC FEV AVR JUI m o is
m o y (5 0 -5 1 à 7 3 -7 4 ) m o y (7 4 -7 5 à 9 7 -9 8 ) m e d (5 0 - 5 1 à 7 3 - 7 4 ) m e d (7 4 -7 5 à 9 7 - 9 8 )

Figure n° 29 : évolution intra-annuelle de la pluviométrie (Mascara)

4.3.2. La variabilité saisonnière :


L’étude de la variabilité saisonnière est indispensable, pour voir si la baisse ou la hausse de
la pluviométrie est spécifique à une saison particulière ou à plusieurs saisons. Pour cette
analyse, nous allons utiliser la moyenne mobile (une méthode de filtrage), et qui permet de
mieux visualiser la chronologie des totaux de pluie saisonniers dans le temps. Cette étude s’est
bornée aux trois saisons (l’automne, l’hiver et le printemps).

Les figures n° 30, 31 et 32, traduisent l’évolution des totaux saisonniers pour les trois
stations. Elle montrent la fluctuation autour de la moyenne des totaux de pluie d’automne, sans
tendance apparente. Par contre les totaux hivernaux sont en nette baisse dés le début des années
quatre-vingt, ceci apparaît très nettement pour les stations de Mascara et de Maghnia. La saison
du printemps a connu aussi des variations assez semblables pour les trois stations, de sorte qu’on
observe une baisse de pluie durant les deux dernières décennies.

Donc, on peut conclure que la tendance à la baisse de la pluviométrie pour les trois stations
durant les deux dernières décennies est principalement occasionnée par une baisse des pluies du
printemps et particulièrement celles de l’hiver.

Le tableau n°8, donne les moyennes hivernales et printanières pour les trois stations, en
considérant les deux périodes (1951-1974) et (1975-1998). Ce dernier montre que la moyenne
pour la deuxième période est toujours inférieure par rapport à la première, en considérant les
deux saisons. Toutefois pour la station la plus méridionale la différence n’est point significative.

45
Tableau n ° 08 : Analyses des moyennes hivernales et printanières sur les deux périodes
(1951-1974)et (1975-1998)

Nom des Hiver printemps


stations Moyenne 1 Moyenne 2 Moyenne 1 Moyenne 2

Mascara 220 130.9 170.8 122.6

Maghnia 165.5 127.8 149.8 127.4

Sougeur 123.7 111.2 119.7 104.4

300

la station de Sougeur
250
les totaux d'automne

200

150

100

50

54/55 59/60 64/65 69/70 74/75 79/80 84/85 89/90 94/95


les années
total autom moy mobile moy saisonière

450 300

400 la station de Mascara la station de Maghnia


250
les totaux d'automne

les totaux d'automne

350

300 200

250
150
200

150 100

100
50
50

0
0

54/55 59/60 64/65 69/70 74/75 79/80 84/85 89/90 94/95 54/55 59/60 64/65 69/70 74/75 79/80 84/85 89/90 94/95
les années les années
total autom moy mobile moy saisonière total autom moy mobile moy saisonière

Figure n° 30 : évolution des totaux d’automne avec leur moyenne mobile dans les trois stations

46
300
250
station de Sougeur
station de Sougeur
les totaux hivernaux

250

les totaux printaniers


200

200
150

150

100
100

50
50

0 0

54/55 59/60 64/65 69/70 74/75 79/80 84/85 89/90 94/95 54/55 59/60 64/65 69/70 74/75 79/80 84/85 89/90 94/95
les années les années
total d'hiver moy mobile moy saisonière total print moy mobile moyen saisonière

400 450

350 la station de Mascara 400 la station de Mascara

les totaux printaniers


les totaux hivernaux

300 350

300
250
250
200
200
150
150
100
100
50
50

0 0

54/55 59/60 64/65 69/70 74/75 79/80 84/85 89/90 94/95 54/55 59/60 64/65 69/70 74/75 79/80 84/85 89/90 94/95
les années les années
total d'hiver moy mobile moy saisonière total print moy mobile moyen saisonière

500 550

450 la station de Maghnia


les totaux printaniers

500
la station de Maghnia
400 450
les totaux hivernaux

350 400

350
300
300
250
250
200
200
150
150
100
100
50
50
0 0

54/55 59/60 64/65 69/70 74/75 79/80 84/85 89/90 94/95 54/55 59/60 64/65 69/70 74/75 79/80 84/85 89/90 94/95
les années les années
total d'hiver moy mobile moy saisonière total print moy mobile moyen saisonière

Figure n° 31: évolution des totaux hivernaux avec leur Figure n° 32 : évolution des totaux printaniers avec leur
moyenne mobile moyenne mobile
4.4. Etude de la sévérité de la sécheresse :

Le niveau du déficit hydrique à partir duquel on peut dire qu’il y a sécheresse a constitué
souvent une difficulté majeure pour les chercheurs. Certains auteurs, qui ont étudié la sécheresse
à partir de données climatiques, suggèrent des seuils arbitraires de pluviométrie : 10% de la
moyenne pour le Goff [1985], ou le dernier décile pour Meko [1985]. Pour estimer l’intensité du
déficit pluviométrique plusieurs indices ont été déjà mentionnés; la plupart de ces indices
prennent comme référence la valeur la plus fréquente qui est généralement la moyenne
climatologique ,ou l’analyse fréquentielle grâce à laquelle on peut calculer des seuils de
sécheresse. D’une façon générale, le seuil de sécheresse est choisi selon la sévérité désirée
puisqu’il n’existe pas de règle préalable.

Au commencement et pour cette analyse, notre choix s’est porté sur l’utilisation de la
méthode des terciles et celle des quintiles. Avec ces deux méthodes, le calcul peut se faire en se
47
basant sur la loi de probabilité adéquate aux séries d’observations. L’utilisation de la loi de
probabilité permet d’estimer plus correctement les différents quantiles et calculer leurs durées de
retour. Si on prend, les quintiles, le seuil d’années sèches est observé en moyenne tous les 2.5
ans et les très sèches tous les 5 ans, et si on prend les tersiles une année sèche a une durée de
retour de 3 ans. Avant d’aborder cette analyse, il nous a apparu très intéressant de vérifier la
normalité de nos séries .

4.4.1. Test de normalité :

Pour tester la normalité des séries, il existe deux méthodes :


Test graphique : consiste à tracer sur un papier de Gauss la courbe théorique et la courbe
empirique et de les comparer.

Test analytique : parmi les tests analytiques de normalité des séries, on a le test de khi deux
( X 2) , le test de Kolmogorov , et on peut aussi utiliser un test qui considère les coefficients
d’asymétrie et d’aplatissement. Le test de khi deux mesure l’écart qu’il y a entre les fréquences
observées et les fréquences théoriques, il est donnée par la statistique du X 2. On utilise le test
de X 2 pour déterminer si une distribution théorique comme la distribution normale, peut ajuster
une distribution empirique, c’est à dire une distribution calculée à partir des données observées.

La loi normale est la loi statistique la plus répandue et la plus adéquate à nos séries
pluviométriques annuelles. De plus, de nombreuses autres lois statistiques peuvent être
approchées par la loi normale, tout spécialement dans le cas des grands échantillons. Plusieurs
travaux réalisés au niveau de plusieurs instituts ( IHFR, ANRH…)ont montré que la loi normale
ajuste bien les séries pluviométriques du nord de l’Algérie .

Pour notre cas, nous allons appliquer le test graphique sur les trois stations considérées
auparavant ; c’est à dire la station de Mascara, de Maghnia, et de Sougeur , et ce en utilisant le
logiciel Hydrolab. (Laborde,1928)
Ajustement à une loi Normale pour la station de
Sougeur (1950-1998)
A juste m ent à une lo i N o rm a le p o ur la sta tio n d e M a sc a ra
(1 9 5 0 -1 9 9 8 )
les totaux annuels de la pluviométrie

800
les totaux annuels de la pluviométrie

700
700
600
600
500
500
400
300 400

200 300

100 200

0 100

-2.5 -1.5 -0.5 0.5 1.5 2.5 0


-2.5 -1.5 -0.5 0.5 1.5 2.5
les variables réduites de Gauss
les variab les réd u ites d e G au ss

Ajustement à une loi Normale pour la station


de Maghnia(1950-1998)
les totaux annuels de la pluviom

800
700
600
500
400
300
200
100
0
-2.5 -1.5 -0.5 0.5 1.5 2.5
les variables réduites de GAUSS

Figure n 33 : Ajustement à une loi normale pour les trois stations d’étude.

48
A partir de la figure n°33, on remarque que la loi normale ajuste bien les séries de notre région à
un seuil de probabilité égale à 0.05.

4.4.2. La méthode des quintiles :

Comme nous l’avons déjà évoqué précédemment cette méthode tient compte de la loi de distribution de
l’échantillon, et elle suppose aussi une période de retour est égale à 2.5 ans pour une année sèche et 5ans pour une
année très sèche. Afin de considérer un maximum d’information , et faire une analyse détaillée, nous avons
également tenu compte d’une période commune s’étalant de 1950 à 1998 pour les trois stations qui présentent notre
région d’étude.

Le tableau n°9, ci-dessous donne les valeurs des seuils pluviométriques pour nos stations, en
considérant les critères cités auparavant : T=5ans pour une année très sèche et T= 2.5 ans pour
une année sèche.

Tableau n ° 9 : seuils des années sèches, très sèches, humides et très humides ; par la méthode
des quintiles, période(1950-2000)

Les Années Années Années normales Années Années très humides


stations très sèches sèches humides
Mascara 336.5 mm 432 mm 432 p X i p 516.1 516.1 mm 611.5 mm
Maghnia 273.8 mm 354 mm 354 p X i p 424.6 424.6 mm 504.7 mm
Sougeur 317.2 p X i p 371 371 mm
256.2 mm 317.2 mm 432 mm
Le seuil des années sèches et très sèches est plus proche pour les stations de Maghnia et
Sougeur ; par contre si on considère la station de Mascara il atteint 336.5 mm pour les années
très sèches et 432 mm pour les années sèches. Pour les années normales la plage variée d’une
station à une autre. En examinant ce tableau, on constate aussi une diminution du seuil des
années humides et très humides si nous allons de Mascara vers Sougeur et de Mascara vers
Maghnia.

En considérant les résultas mis en évidence par l’étude de la tendance climatique, nous
allons calculer la fréquence des années sèches et très sèches. En partageant notre période d’étude
en deux, une avant la tendance et l’autre après la tendance.
Tableau n ° 10 : années sèches, et très sèches, normales, humides et très humides pour les
différentes stations selon la méthode des quintiles.

Les années
1950-1951

1951-1952

1952-1953

1953-1954

1954-1955

1955-1956

1956-1957

1957-1958

1958-1959

1958-1960

1960-1961

1961-1962

1962-1963

1963-1964

1964-1965

1965-1966

1966-1967

1967-1968

1968-1969

1969-1970

1970-1971

1971-1972

1972-1973

1973-1974

Mascara N th n th h h n n s h s s th n th ts h n h n n th h h
Maghnia th h s s n n s s s n ts s h th th ts n th h h h h th th
sougeur H h s h n h ts n h th ts ts n ts h n ts n th th n th th n
Les années
1974-1975

1975-1976

1976-1977

1977-1978

1978-1979

1979-1980

1980-1981

1981-1982

1982-1983

1983-1984

1984-1985

1985-1986

1986-1987

1987-1988

1988-1989

1989-1990

1990-1991

1991-1992

1992-1993

1993-1994

1994-1995

1995-1996

1996-1997

1997-1998

Mascara H n n s s h n ts s s ts s s n ts ts n ts ts ts ts s ts ts
Maghnia th th h n n th th ts ts ts ts s n ts ts s n h ts ts ts s ts s
sougeur th s n h th h h n ts ts ts s s s n ts s h ts ts s th n s

Tableau n ° 11 : statistiques des années sèches et pluvieuses par la méthode des quintiles
49
Années Années très Années Années Années très
Les stations période sèches sèches normales humides humides
Nbre % Nbre % Nbre % Nbre % Nbre %
Mascara 1950-1982 5 15.6% 2 6.3% 11 34.4% 9 28.1% 5 15.6%
1982-1998 5 31.2% 9 56.2% 2 12.5% 0 0% 0 0%
Maghnia 1950-1983 6 18.2% 4 12.1% 6 18.2% 7 21.2% 10 30.3%
1983-1998 4 26.7% 8 53.3% 2 13.3% 1 6.7% 0 0%
Sougeur 1950-1981 2 6.5% 5 16.1% 8 25.8% 9 29% 7 22.6%
1981-1998 6 35.3% 6 35.3% 3 17.6% 1 5.9% 1 5.9%

Le tableau ci-dessus (n°11), montre que pour la première période la fréquence des années
sèches varie de 6.5 %pour la station de Sougeur à 18.2% pour Maghnia . Les années très sèches,
pour cette même période, ont une fréquence légèrement inférieure que celle des années sèches
pour les deux stations Mascara et Maghnia. Les années humides et très humides sont très
fréquentes et ce pourcentage varie d’une station à une autre.

Pour la deuxième période, le nombre des années sèches et très sèches est devenu plus
important pour les trois stations représentant notre région d’étude. Tandis que le nombre
d’années humides et très humides est devenu pratiquement négligeable. Pour une nouvelle
optique, nous avons également recensé pour chaque décennie les années sèches, très sèches,
normales, humides et très humides.

Tableau n° 12 : statistiques des années sèches et pluvieuses pour chaque décennie


(méthode des quintilles)

Années Années très Années Années Années très


Les stations période sèches sèches normales humides humides
Nbre % Nbre % Nbre % Nbre % Nbre %
1950-1960 1 10% 0 0% 4 40% 3 30% 2 20%
1960-1970 2 20% 1 10% 3 30% 2 20% 2 20%
Mascara 1970-1980 2 20% 0 0% 3 30% 4 40% 1 10%
1980-1990 4 40% 4 40% 2 20% 0 0% 0 0%
1990-1998 1 12.5% 6 75% 1 12.5% 0 0% 0 0%
1950-1960 5 50% 0 0% 3 30% 1 10% 1 10%
1960-1970 1 10% 2 20% 1 10% 3 30% 3 30%
Maghnia 1970-1980 0 0% 0 0% 2 20% 3 30% 5 50%
1980-1990 2 20% 6 60% 1 10% 0 0% 1 10%
1990-1998 2 25% 4 50% 1 12.5% 1 12.5% 0 0%
1950-1960 1 10% 1 10% 2 20% 5 50% 1 10%
1960-1970 0 0% 4 40% 3 30% 1 10% 2 20%
Sougeur 1970-1980 1 10% 0 0% 3 30% 2 20% 4 40%
1980-1990 3 30% 4 40% 2 20% 1 10% 0 0%
1990-1998 3 37.5% 2 25% 1 12.5% 1 12.5% 1 12.5%

Le tableau n°12, montre que le plus grand nombre d’années déficitaires c’est à dire
sèches et très sèches s’observe durant les deux dernières décennies pour les trois stations, à
l’exception de la décennie cinquante pour la station de Maghnia qui a présenté une succession
des années sèches. Les résultats obtenus par cette méthode (quintile) confirment la persistance
des années déficitaires et leurs successions durant les deux dernières décennies

50
4.4.3. Méthode des Terciles :

Cette méthode a le même principe que celle des quintiles , mais cette dernière suppose
qu’une année sèche a une durée de retour est égale à 3 ans. Le tableau n°13, illustre les seuils
pluviométriques pour les mêmes stations considérées précédemment en utilisant une période de
retour égale à 3ans pour une année sèche.

Tableau n ° 13 : les seuils des années sèches , normales, et humides; par la méthode des terciles
(1950-1998).
Les Années
Années sèches Années normales
stations humides
Mascara p 386mm 386 ≤ X i ≤ 505.1 f 505.1mm
Maghnia p 329.5 mm 329.5 ≤ X i ≤ 449 f 449 mm
Sougeur p 299.6 mm 299.6 ≤ X i ≤ 389.5 f 389.5mm

Comme pour les résultats de la première méthode, le seuil des années sèches varie d’une
zone à une autre dans notre région; il atteint 386 mm pour la station de Mascara et seulement
299.6mm pour la station de Sougeur. Ce qui donne des résultats proches de ceux trouvés par
Meddi et al (2002b) en étudiant le Nord de l’Algérie.

Tableau n ° 14 : les années sèches, et très sèches, normales, humides et très humides pour les
différentes stations selon la méthode des terciles.

Les années
1950-1951

1951-1952

1952-1953

1953-1954

1954-1955

1955-1956

1956-1957

1957-1958

1958-1959

1958-1960

1960-1961

1961-1962

1962-1963

1963-1964

1964-1965

1965-1966

1966-1967

1967-1968

1968-1969

1969-1970

1970-1971

1971-1972

1972-1973

1973-1974
Mascara n h n h h h n h n h n n h n h s h n h h n h h h
Maghnia h h s n n n s n s n s n h h h s n h h n n h h h
sougeur h n s h n h s n h h s s n s h n s n h h n h h n
Les années
1974-1975

1975-1976

1976-1977

1977-1978

1978-1979

1979-1980

1980-1981

1981-1982

1982-1983

1983-1984

1984-1985

1985-1986

1986-1987

1987-1988

1988-1989

1989-1990

1990-1991

1991-1992

1992-1993

1993-1994

1994-1995

1995-1996

1996-1997

1997-1998

Mascara h n n s n h n s s s s n s n s s n s s s s n s s
Maghnia h h h n n h h s s s s s n s s s n n s s s n s s
sougeur h n n h h h n n s s s n s s n s s n s s s h n n

Tableau n ° 15 : statistiques des années sèches et pluvieuses par la méthodes des terciles

Années sèches Années Années


Les stations période normales humides
Nbre % Nbre % Nbre %
Mascara 1950-1982 3 9.4% 14 43.8% 16 50%
1982-1998 12 75% 4 25% 0 0%
Maghnia 1950-1983 6 18.2% 11 33.3% 15 45.5%
1983-1998 12 80% 4 26.7% 0 0%
Sougeur 1950-1981 6 19.4% 12 38.7% 14 45.2%
1981-1998 10 58.8% 5 29.4% 1 5.9%
51
le tableau n°15, montre que le pourcentage des années déficitaires détectées par la
méthode des terciles est très élevé pour la deuxième période et il varie de 58.8% pour la station
de Sougeur à 80% pour la station de Maghnia et 75% pour la station de Mascara. les années
humides sont presque négligeables durant cette période. Par contre, la fréquence des années
normales diffère légèrement d’une zone à une autre et d’une période à une autre.
Tableau n ° 16 : les statistiques des années sèches et pluvieuses pour chaque décennie
(méthode des terciles)

Années sèches Années normales Années humides


Les stations période Nbre % Nbre % Nbre %
1950-1960 0 0% 4 40% 6 60%
1960-1970 1 10% 4 40% 5 50%
Mascara 1970-1980 1 10% 4 40% 5 50%
1980-1990 7 70% 3 30% 0 0%
1990-1998 6 75% 2 25% 0 0%
1950-1960 3 30% 5 50% 2 20%
1960-1970 2 20% 3 30% 5 50%
Maghnia 1970-1980 0 0% 3 30% 7 70%
1980-1990 8 80% 1 10% 1 10%
1990-1998 5 62.5% 3 30% 0 0%
1950-1960 2 20% 3 30% 5 50%
1960-1970 4 40% 3 30% 3 30%
Sougeur 1970-1980 0 0% 4 40% 6 60%
1980-1990 6 60% 4 40% 0 0%
1990-1998 4 50% 3 37.5% 1 12.5%

Comme pour la méthode des quintiles, le tableau n°16, confirme la persistance et


l’abondance des années déficitaires durant les deux dernières décennies pour notre région
d’étude. Malgré que la méthode des terciles exagère la fréquence d’apparition des années
déficitaires avec une durée de retour égale à 3 ans, on peut dire que ces résultats sont proches de
la réalité.

CHAPITRE V : RELATION ENTRE LA PLUVIOMETRIE DANS L’OUEST


ALGERIEN ET L’OSCILLATION NORD ATLANTIQUE (ONA)

5.1 Introduction

Dans notre pays, plusieurs travaux se sont penchés sur l’étude de la relation qui existe
entre la sécheresse observée durant les deux dernières décennies et le phénomène ENSO défini
précédemment ; Par ailleurs peu nombreux sont les travaux qui s’intéressent à l’étude de la
relation existante entre l’ONA et les précipitations sur l’Ouest algérien.

Vu sa naissance l’ONA nous concerne beaucoup plus directement, car elle étend son
influence sur l’Afrique du Nord et d’autre région du monde comme l’Europe; pour cette raison il
nous a paru très intéressant d’analyser l’oscillation Nord Atlantique (ONA) pour faire le point
sur la nature de relation entre cette dernière et la pluviométrie sur l’Ouest algérien.

Ajoutant à ce que nous avons déjà mentionner auparavant, l’oscillation nord-atlantique a


été découvert en 1920 par les deux météorologues, l’Autrichien Friedrich Exner et l’Anglais
Gilbert Walker, cette oscillation peut être quantifiée par un indice, l'indice ONA. Comme dans
Rogers (1984), l’indice de l’oscillation nord-atlantique est défini comme la différence entre les
anomalies de pressions normalisées à Lisbonne (Açores) et Reykjavik (Islande).

52
ONAi = ⎛⎜ Pi − P ⎞⎟ − ⎛⎜ Pi − P ⎞⎟
⎝ σ ⎠L ⎝ σ ⎠R
P L : la moyenne normalisée à Lisbonne de la pression au niveau de la surface de la mer.
PR : la moyenne normalisée à Reykjavik de la pression au niveau de la surface de la mer.
L’ONA se ramène ainsi à un chiffre compris entre –5 et +5. Quand cet indice est positif, la
différence de pression est maximale, les hautes et les baisses pressions sont accentuées ; un
indice négatif correspond au contraire à un anticyclone des Açores et une dépression islandaise
faible. Ces deux états de l’oscillation nord-atlantique correspondent aux deux grands types de
climats hivernaux ; Un indice ONA positif avec ses pressions hautes aux Açores et basse en
Islande (fig. 34) , se manifeste par des vents forts et rapides d’ouest- sud-ouest balayant l’océan
atlantique ; Il engendre des tempêtes et des précipitations fréquentes sur le nord de l’Europe et
des sécheresses sur l’Afrique du nord.

Quand l’indice ONA est négatif, ces effets sont inversés. Avec une différence de pression
réduite entre le Portugal et l’Islande, les vents d’Ouest sont faibles et les perturbations
s’engouffrent plus au sud, apportant des pluies sur les régions méditerranéennes.

Figure n° 34 : représentation des deux cas de l’indice d’oscillation nord-atlantique ONA+ et ONA-

53
5.2. L’origine et la variabilité de l’oscillation nord-atlantique:

Si les effets de l’oscillation nord-atlantique sont bien définis, ses causes restent plutôt
obscures ; les climatologues ignorent ce qui provoque le basculement. Donc comprendre
l’origine de ces oscillations représente l’un des grands défis du moment.

Certains scientifiques en analysant l’évolution de l’indice ONA penchent pour des


fluctuations aléatoires, d’autres distinguent une périodicité décennale de l’oscillation.
Quand on observe la succession des indices ONA depuis plus d’un siècle (fig.35) la vision d’une
périodicité n’apparaît pas évidente, et l’étude statistique de cette évolution laisse place à
différentes interprétations. Pour éclaircir cette question il faut savoir si les oscillations de
pression entre l’Islande et le Portugal ne répondent qu’à des variations de l’atmosphère, ou bien
si l’océan y joue un rôle, et dans ce cas, le quel. Si l’ONA n’est commandée que par
l’atmosphère seule, alors la succession d’une année sur l’autre est aléatoire. Car l’atmosphère n’a
qu’une faible mémoire; C’est à dire l’état de l’atmosphère à un instant donnée ne dépend pas de
son état plusieurs jours ou plusieurs semaines auparavant; Les recherches et les études faites sur
cet axe montrent que cet état antérieur est totalement oublié par l’atmosphère. Ce qui est évident
dans notre étude sur les séquences.

Figure n° 35 :la variabilité séculaire de l’indice d’oscillation nord-atlantique.

5.3. Etude de la relation entre la pluviométrie sur l’ouest algérien et l’indice ONA :

5.3.1. Les corrélations :

Dans le cadre de cette analyse nous allons rechercher l’éventuelle relation qui existe entre
la pluviométrie dans l’Ouest algérien et l’indice d’oscillation nord-atlantique.
En l'absence de mesures mensuelles de la pluviométrie sur la majorité des stations dans notre
région d’étude, nous nous sommes donc bornés à faire également la corrélation des totaux
pluviométriques hivernaux et printaniers avec l’indice d’oscillation nord-atlantique uniquement
sur quelques stations.

54
Donc nous avons corrélé ces totaux pluviométriques hivernaux et printaniers avec
l’indice d’oscillation nord-atlantique de décembre à mars ; Les résultas sont consignés dans le
tableau n°17.

Tableau n ° 17: corrélation entre l’indice ONA (décembre - mars ) et les totaux pluviométriques
saisonniers.
Coef
Nom de stations (hiver et print+ONA)
Maghnia -0.041
Mascara -0.501
Mostaganem -0.480
Oran -0.230
Relizanne -0.156
Telemecen -0.350
Ain temouchent -0.477
Beni bahdel -0.514
Hammam bouhdj -0.563
Sidi bel abess -0.315
Sougeur -0.582

Le tableau n° 17, montre que la plupart des stations prises en considération représentent
des corrélations significatives, à l’exception de quelques stations comme Oran, Relizanne, Sidi
Bel Abess et l’extrémité ouest de l’Algérie (Maghnia….). Une étude comportant des stations
voisines (Maroc) serait d’une grande importance.

La plus grande valeur du coefficient de corrélation significatif a été enregistré pour la


station de Sougeur ; Quant au signe de corrélation, il est négatif. Donc un indice d’oscillation
fortement positif associé au déficit pluviométrique. La figure n°36, présente les stations qui ont
une bonne corrélation avec cet indice (Le coefficient de corrélation significatif est calculé par le
test de Student).

En appliquant la formule suivante :

t = r n−1
1−r 2
n : taille de l’échantillon.
t : statistique de student à n-2 degré de liberté.
r : le coefficient de corrélation significatif.

55
Dans notre cas r = [Link] toutes les valeurs qui sont supérieures à 0.32 sont significatives
(fig.36).

N Mer Méditerranée
Mosta.
Reliz
Oran -0.23 Ferm-b -0.16

Fergo
Ham-B Cheur Masca
Bakha
Ainte Oued-S Bouhan
Ain-Fe
Sidi-b Souge
Ghaza
Fren
Telem Ain-ke
Saida
Maghn 0 50km
-0.04 Beni-b
Sebdo

Figure n° 36 : représentation de coefficient de corrélation entre les totaux pluviométriques de


décembre à mai et l’indice ONA (septembre –mars).

5.3.2. Les tableaux de contingences :

Une autre façon d’analyser la relation entre la pluviométrie et l’oscillation nord-atlantique


est de les représenter sous forme de tableau de contingence. Cette méthode est basée sur le choix
des intervalles partageant notre échantillon; donc elle présente quand même une certaine
subjectivité ; mais en dépit de çà l’analyse par intervalle minimise à notre avis l’effet ponctuel
de la mesure que présente la corrélation simple qui relie une valeur à une autre.

Les indices d’oscillation nord-atlantique standardisés par rapport à une période de 1950-
1996 suivent une loi normale (fig.37) et les totaux annuels des précipitations, en variable centrée
réduite pour les stations considérées (Mascara, Maghnia et Sougeur ) sont proches de la normale
(fig.32).
Ajustement à une loi Normale des variables centrées réduites ONA

6
les valeurs de l'indice ONA

-2

-4

-6

-8
-2.5 -2 -1.5 -1 -0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
les variables réduites de Gauss

Figure n° 37 : Ajustement à une loi normale des variables centrées réduites de l’indice
d’oscillation nord-atlantique.

56
[Link]. Choix des intervalles :

a) La détermination des seuils des intervalles dépend de la période sur laquelle la moyenne et
l’écart type sont calculés. Elle est basée sur les résultats de l’ajustement par une loi normale des
variables centrées réduites de l’indice d’oscillation nord-atlantique (voir tableaux en annexe05),
et des totaux pluviométriques. Nous avons partagé notre échantillon en 3 parties ; deux
intervalles d’extrémités ONA+ et ONA- et l’intervalle centrale ONA normale (fig.38 et 39).
Pour la pluviométrie deux intervalles d’extrémité année sèche et année humide, et celle de centre
année normale. Donc nous avons opté pour les seuils suivants.

ONA
ONA- ONA+
normale
-0.95 +0.95

Figure n° 38: représentation des seuils de l’indice ONA.

Année sèche Année Année humide


normale
-0.95 +0.95
Figure n° 39 : représentation des seuils de variables centrées réduites des totaux annuels.

En se basant sur la loi normale de distribution de notre échantillon, l’indice d’oscillation


nord-atlantique sera négatif s’il est inférieur à - 0.95 nous avons un ONA- ce qui impliquera
d’après la recherche précédente à une année pluvieuse sur nos régions. Lorsque ces valeurs sont
comprises entre -0.95 et 0.95 nous avons une année normale ; par contre si elles sont
supérieures à 0.95 nous avons un ONA+ donc une année sèche.

Le tableau. Suivant (18) donne la contingence pour les trois stations types considérées
précédemment sur la période 1950-1996. .

57
Tableau n ° 18: table de contingence entre l’indice d’oscillation nord-atlantique et les totaux
annuels de la pluviométrie.

station station de Mascara Station de Maghnia Station Sougeur


sèche normale humide sèche normale humide sèche normale humide
indice
ONA+ 6 11 0 6 6 5 5 10 2
35.29% 64.7% 0% 35.29% 35.29% 29.41% 29.41% 58.82% 11.76%
ONA 2 9 2 2 9 2 0 10 3
normale 15.38% 69.23% 15.38% 15.38% 69.23% 15.38% 0% 76.92% 23.07%
ONA- 1 11 4 2 11 3 3 11 2
6.25% 68.75% 25% 12.5% 68.75% 18.75% 18.75% 68.75% 12.5%

le tableau n°18, montre que cette méthode exagère le nombre des années normales pour
les trois stations et n’explique pas bien la relation qui existe entre l’indice d’oscillation nord-
atlantique et la pluviométrie aux différentes stations. Une autre méthode basée directement sur
les données observées sera analysée.

b) cette méthode est basée sur le partage de notre échantillon classé par ordre croissant en
trois parties. Les seuils sont consignés dans les tableaux en annexe 06.

Tableau n ° 19: table de contingence entre l’indice d’oscillation nord-atlantique et les


totaux annuels de la pluviométrie par la deuxième méthode

station station de Mascara Station de Maghnia Station Sougeur


sèche normale humide sèche normale humide sèche normale humide
indice
ONA+ 7 7 3 7 4 6 8 6 3
41.17% 41.17% 17.64% 41.17% 24% 35.29% 47.06% 35.29% 17.64%
ONA 5 4 4 5 5 3 4 4 5
normale 38.46% 30.77% 30.77% 38.46% 38.46% 23.07% 30.77% 30.77% 38.46%
ONA- 4 3 9 4 5 7 4 5 7
25% 18.75% 56.25% 25% 31.25% 43.75% 25% 31.25% 43.75%

Le tableau n°19, montre que la fréquence des années sèches pendant un indice
d’oscillation nord-atlantique fortement positif est plus grande que la première méthode pour les
trois stations. Pour un indice d’oscillation nord-atlantique négatif (ONA-), il est plus probable
d’avoir une année humide, qu’une année normale ou sèche surtout pour la station de Mascara ou
la fréquence dépasse 56%.

A notre connaissance, et en se basant sur la recherche bibliographique , les études ont


analysées la relation entre l’ONA et la pluviométrie à partir de la corrélation ; Les résultas
restent toutefois discutables. Aucune affirmation ne peut être avancée à l'heure actuelle sur la
liaison entre l’oscillation nord-atlantique et la pluviométrie sur l’Ouest algérien. Mais à la
lumière de nos résultats surtout à partir des tableaux de contingences on peut dire qu’il y a
quand même un lien entre cette oscillation et la pluviométrie dans notre région d’étude à
l’exception de quelques stations à l’instar de la station de Maghnia. Ceci est logique parce qu’il
faut avoir à l’esprit que la pluviométrie n’est pas expliquée uniquement par ce facteur mais elle
est influencée par beaucoup de facteurs climatiques.

58
CHAPITRE 6 : ETUDE DES SEQUENCES

6.1 Introduction

Toutes les plantes cultivées et particulièrement les grandes cultures ont des besoins
spécifiques en eau. Ces besoins varient selon la période de croissance et dépendent des facteurs
climatiques sous les quels elles évoluent. Le cycle végétatif est traversé par des épisodes
favorables et défavorables du climat, et dont la répartition aléatoire dans le temps fait que ces
besoins spécifiques ne sont pas nécessairement satisfaits. Les déficits ainsi enregistrés peuvent
coïncider avec des périodes sensibles au cours des quelles les phénomènes végétatifs (la
fécondation, florisation…) sont affectés. Ce qui conditionne le rendement final. D'ou l'intérêt de
l'étude des séquences sèches et les séquences pluvieuses.

L’analyse des séquences pluvieuses ainsi que celle des séquences sèches nous conduit à
l’utilisation du modèle Markovien. Ce modèle est basé sur un codage binaire des précipitations
journalières, c’est à dire ces dernières sont recodées en jours secs et pluvieux notés
respectivement par 0 et 1. Le jour sec dépend du seuil Is qu’on fixe selon l’utilisation voulue,
dans notre étude nous allons utiliser plusieurs seuils . Plus Is est grand plus les séquences sèches
deviennent longues et par conséquences les séquences pluvieuses se raccourcissent.

Les chaînes de Markov tiennent compte de cette liaison entre les jours successifs ; en effet
la pluie du jour k dépend de l’état des jours passés. Ce modèle sera du premier ordre si la pluie
du jour k ne dépend que du jour précédent c’est à dire du passé le plus proche de l’état. Il sera
d’ordre h si la pluie du jour k dépend des k-1, k-2, ….,k-h jours passés. Nous nous limitons dans
notre étude à l’analyse du premier ordre seulement.

6.2. Modèle Markovien d’ordre 1 :

Soit X la variable aléatoire caractérisant l’état ; Xk =j (j=0,1) représente l’état du jour k et


Xk-1 = I (I=0,1) l’état du jour k-1. le modèle Markovien du premier ordre est caractérisé par les
probabilités conditionnelles de passage de l’état du jour k-1 à l’état du jour k.
Tel que : prob ( Xk=j /Xk-1 =I) =ij
avec ces deux états, on a quatre probabilités conditionnelles ij formant la matrice de passage
suivante, dans laquelle la somme des lignes est égale à l’unité.

Etat au jour k-1 Etat au jour k


0 1
0  00  01
1  10  11

Ces probabilités peuvent être obtenues à partir du dénombrement des éventualités N00 ,N01, N10
,N11 ; 11 sera par exemple, le rapport entre le nombre de cas ou l’on a observé deux jours
pluvieux successifs N11 sur le nombre de jours de pluie N1.

N 11
α 11 =
N 1
on peut aussi déterminer la probabilité de passage pluie, pluie par la formule suivante :

α 11 = 1 − (LP N P )

LP : nombre de séquences pluvieuses.


N P : nombre de jours de pluie.
59
La probabilité de recevoir un jour de pluie est :

P0 = N P N
Ou N est le nombre de jours d’observation; il existe entre cette probabilité et les probabilités
conditionnelles la liaison suivante :

P0 =α 01 (α10 +α 01 ) Q =α10 (α10 +α 01 )

A l’aide du modèle Markovien du premier ordre on peut calculer la moyenne LP , l’écart type
σ P et le coefficient de variation CVP des séquences pluvieuses par les formules suivantes :

LP =1 (1−α11 ) σ P = α11 (α10 )2 CVP = α11

6.3. Application du modèle sur nos stations :

Tenant compte des résultats de la régionalisation précitée, nous avons choisi que trois
stations pour appliquer cette analyse ; la station de Saida représentant la première région ,
Tlemcen Zenatta pour la deuxième région et la station de Mascara pour la troisième région .

Selon la méthode de calcul citée auparavant, nous obtenons les matrices de transition pour
nos stations à des seuils différents et sur la période 1982 à [Link] (20)

Tableau n ° 20 : les probabilités conditionnelles pour les trois stations à des seuils différents.

Seuil 0.1mm Seuil 0.5mm Seuil 1mm Seuil 5mm


station
α 00 α 01 α 10 α 11 α 00 α 01 α 10 α 11 α 00 α 01 α 10 α 11 α 00 α 01 α 10 α 11
Mascara 0.86 0.14 0.50 0.50 0.88 0.12 0.56 0.44 0.90 0.10 0.57 0.43 0.95 0.05 0.77 0.23
Saida 0.85 0.15 0.47 0. 53 0.88 0.12 0.56 0.44 0.89 0.11 0.62 0.38 0. 96 0.04 0.78 0.22
Zenatta 0.87 0.13 0. 53 0.47 0.90 0.10 0.58 0.42 0.91 0.09 0.63 0.37 0.96 0.04 0.74 0.26

a partir des matrices de transition pour le seuil 0.1mm on remarque que pour la station de Saida
la probabilité conditionnelle 11 est un peu supérieur à 10 ce qui n’est pas le cas pour la station
de Zenatta et la station de Mascara. Pour cette dernière (Mascara)les deux probabilités sont
égales par contre pour Zenatta il sera plus probable qu’il pleuve le lendemain, si aujourd’hui il
fait beau. Pour le seuil 0.5 mm, comme pour les autres seuils, les probabilités conditionnelles
varies légèrement d’une station à l’autre.

6.3.1. Séquences pluvieuses :

Connaissant la fréquence des différentes longueurs de séquences on a calculé leur longueur


moyenne, leur écart type et leur coefficient de variation. Les résultats de calcul des séquences
pluvieuses sur toute l’année et en considérant la période 1982-1991, sont regroupés dans le
tableau (21)

60
Tableau N ° 21 : Moyenne, écart type et coefficient de variation des séquences pluvieuses à
des seuils différents.

Seuil 0.1mm
Station Longueur moyenne Ecart type Coef de variation
observée Markov observée Markov observée Markov
Mascara 2.02j 2.00j 1.38j 1.41j 68.43% 70.71%
Saida 2.10j 2.13j 1.50j 1.55j 71.15% 72.80%
Zenatta 1.88j 1.89j 1.34j 1.29j 71.18% 68.56%
Seuil 0.5mm
Station Longueur moyenne Ecart type Coef de variation
observée Markov observée Markov observée Markov
Mascara 1.78j 1.78j 1.17j 1.18j 65.74% 66.33%
Saida 1.80j 178j 1.27j 1.18j 70.57% 66.33%
Zenatta 1.72j 1.72j 1.09j 1.12j 63.50% 64.80%
Seuil 1mm
Station Longueur moyenne Ecart type Coef de variation
observée Markov observée Markov observée Markov
Mascara 1.74j 1.75j 1.04j 1.15j 59.54% 65.57%
Saida 1.62j 1.61j 1.07j 0.99j 65.98% 61.64%
Zenatta 1.60j 1.59j 0.92j 0.97j 57.54% 60.82%
Seuil 5mm
Station Longueur moyenne Ecart type Coef de variation
observée Markov observée Markov observée Markov
Mascara 1.29j 1.30j 0.58j 0.62j 44.54% 47.95%
Saida 1.28j 1.28j 0.57j 0.60j 44.67% 46.90%
Zenatta 1.34j 1.35j 0.66j 0.69j 49.33% 50.99%

A partir des formules mentionnées antérieurement nous avons calculé les paramètres du
modèle Markovien pour les trois stations (tableau, 21). Pour le seuil 0.1mm la longueur
moyenne annuelle de séquences pluvieuses de Saida est un plus longue (2.11j) qu’à Zenatta et à
Mascara. A Saida, la séquence pluvieuse maximale a atteint 12 jours. Alors qu’a Zenatta et à
Mascara elle n’a pas dépassée 9 jours. Et pour les autres seuils c’est Mascara qui a une longueur
moyenne annuelle de séquences pluvieuses légèrement supérieure aux autres stations.

On remarque aussi que les longueurs moyennes des séquences pluvieuses se


raccourcissent au fur et à mesure que le seuil pluviométrique augmente. Le même tableau n°21,
montre qu’il est difficile de faire apparaître une différence entre les paramètres observés et ceux
qui sont calculés par notre modèle.

6.3.2. Application aux séquences sèches :

Il est intéressant de faire l’étude des séquences sèches dont l’impact est certainement
important pour la plante puisque le stock hydrique du sol décroît au fur et à mesure que la
séquence sèche est plus longue. Les séquences sèches sont très variables. Pour le seuil 0.1mm,
elles s’étendent de 1à 50 jours pour la station de Saida, à 111jours pour la station de Zenatta et à
129 jours pour la station de Mascara. Ces valeurs croissent avec l’augmentation du seuil.

Le tableau n° 22, donnent les résultats des statistiques calculés à partir des données observées et
en considérant le modèle de Markov d’ordre [Link] formules sont les mêmes que les précédentes
et il suffit de remplacer l’état 1 par 0.

61
Tableau n ° 22: Moyenne, écart type et coefficient de variation des séquences pluvieuses à
des seuils différents.

Seuil 0.1mm
Station Longueur moyenne Ecart type Coef de variation
observée Markov observée Markov observée Markov
Mascara 7.14j 7.14j 11.11j 6.62j 155.53% 92.73%
Saida 6.65j 6.66j 7.63j 6.14j 114.63% 92.19%
Zenatta 7.68j 7.69j 11.01j 7.17j 143.34% 93.27%
Seuil 0.5mm
Station Longueur moyenne Ecart type Coef de variation
observée Markov observée Markov Observée Markov
Mascara 8.55j 8.33j 12.98j 7.82j 151.87% 93.80%
Saida 8.07j 8.33j 9.60j 7.82j 118.88% 93.80%
Zenatta 9.68j 10j 14.80j 9.49j 152.90% 94.87%
Seuil 1mm
Station Longueur moyenne Ecart type Coef de variation
observée Markov observée Markov observée Markov
Mascara 10.05j 10j 15.53j 9.49j 154.58% 94.87%
Saida 9.25j 9.09j 11.93j 8.58j 128.94% 94.33%
Zenatta 11.58j 11.11j 20.31j 10.60j 175.49% 95.39%
Seuil 5mm
Station Longueur moyenne Ecart type Coef de variation
observée Markov observée Markov Observée Markov
Mascara 21.36j 20j 27.59j 19.49j 129.13% 97.47%
Saida 24.08j 25j 28.11j 24.49j 116.74% 97.97%
Zenatta 26.10j 25j 38.27j 24.49j 146.60% 97.97%

Comme pour les séquences pluvieuses, les moyennes calculées par les deux méthodes
sont presque les mêmes , mais ce n’est pas le cas pour l’écart type et le coefficient de variation.
Comparées aux séquences pluvieuses, ces séquences sèches sont bien plus longues et bien plus
variables.

6.3.3. Ajustement des séquences :

Dans le modèle Markovien du premier ordre la probabilité d’observer une séquence


pluvieuse de n jours est donnée par la fonction de distribution, elle sera définie comme suit :

f(n)=α10 ×(α11 )(n −1)

On peut aussi déterminer la probabilité d’observée d’une séquence pluvieuse inférieure ou


égale à une certaine longueur en utilisant la fonction de répartition .
la probabilité au non dépassement ou la fonction de répartition est donnée par la relation
suivante :

F(n)=1−α11
n

Les graphiques des figures (40,41et 42) et celles de l’annexe 7 montrent l’ajustement par ce
modèle des trois stations et on peut constaté qu’il est bien adapté pour les séquences pluvieuses.
Les séquences pluvieuses de 1 jour sont les plus fréquentes pour tous les cas.

62
L’ajustement des séquences sèches par le modèle Markovien montre qu’il existe une
grande différence entre les fréquences calculées et les fréquences théoriques surtout lorsque nous
allons vers des seuils plus grands. D’après l’étude faite par Matari .A ; la loi binomiale négative
fournie un bon modèle pour représenter la répartition des nombres de jours secs observés au
cours d’une période fixée de l’année comme le mois, la saison ou l’année elle même.
Figure n°40 : modèle Markovien appliqué aux séquences sèches et pluvieuses pour la station de Mascara
Saida(seuil 0.1mm)
m o d è le M a r k o v ie n a p p liq u é a u x s é q u e n c e s p lu v ie u s e s p o u r m o d è le M a r k o v ie n a p p liq u é a u x s é q u e n c e s s è c h e s
la s ta tio n d e M a s c a r a (s e u il 0 .1 m m ) p o u r la s t a t io n d e M a s c a r a (s e u il 0 .1 m m )
1 ,0
0 ,2 5
0 ,9

0 ,8
0 ,2 0
les fréquences

0 ,7

les fréquences
0 ,6
0 ,1 5
0 ,5

0 ,4
0 ,1 0
0 ,3

0 ,2 0 ,0 5
0 ,1

0 ,0 0 ,0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0 20 40 60 80 100 120 140
n o m b r e d e jo u r s d e p lu ie
la fré q u e n c e o b s e r v é e F (n ) fo n c tio n d e r é p a rtitio n
le n o m b r e d e jo u r s s e c s
f(n ) fo n c tio n d e d e n s ité la fré q u e n c e o b s e r v é e f (n ) d e n s i t é d e r é p a r t i t i o n

m o d è le M a rk o v ie n a p p liq u é e a u x s é q u e n c e s p lu v ie u s e s p o u r le m o d èle M a rk ovien a p p liqu é a u x séq u en ces s èch es p ou r


la s ta tio n d e Z e n a tta (s e u il 0 .1 m m ) la sta tio n d e Z e n a tta (seu il 0 .1 m m )
1 ,0
0.25
0 ,9

0 ,8
0.20
les fréquences

les fréquences
0 ,7

0 ,6 0.15
0 ,5

0 ,4 0.10
0 ,3

0 ,2 0.05
0 ,1

0 ,0 0.00

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0 20 40 60 80 100 120
n o m b re d e jo u rs d e p lu ie
la fré q u e n c e o b s er vé e F (n ) fo n ctio n d e r ép a rtitio n
n om b re d e jou rs s ecs
f(n ) d en s ité d e ré p a r titio n la fréq u en ce ob servé e f(n ) d en sité d e rép artitio n

Figure n°41 : modèle Markovien appliqué aux séquences sèches et


pluvieuses pour la station de Zenatta (seuil 0.1mm)
m o d è le M a r k o v ie n a p p liq u é a u x s é q u e n c e s p lu v ie u s e s m o d è le M a r k o v ie n a p p liq u é a u x s é q u e n c e s s è c h e s p o u r
p o u r l a s t a t i o n d e S a i d a (s e u i l 0 .1 m m ) la s ta tio n d e S a id a (s e u il 0 .1 m m )
1 ,0

0 ,9 0 ,2 0

0 ,8
les fréquences

0 ,7 0 ,1 5
les fréquences

0 ,6

0 ,5
0 ,1 0
0 ,4

0 ,3
0 ,0 5
0 ,2

0 ,1

0 ,0 0 ,0 0

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
0 10 20 30 40 50
n o m b r e d e jo u r s d e p l u i e
la fr é q u e n c e o b s e r v é e F (n ) f o n c t i o n d e r é p a r t i t i o n
n o m b r e d e jo u r s s e c s
f (n ) f o n c t i o n d e d e n s i t é la fr é q u e n c e o b se v é e f(n ) d e n s ité d e r é p a r titio n

Figure n° 42 : modèle Markovien appliqué aux séquences sèches et


pluvieuses pour la station de Saida(seuil 0.1mm)

63
6.4. CONCLUSION

Durant les dernières décennies l’eau s’est raréfie un peu partout et particulièrement à
l’Ouest algérien. Notre étude serait un complément à celles menées sur cet axe. Elle va nous
permettre d’analyser la pluviométrie à l’échelle spatiale, temporelle et ses conséquences sur les
ressources hydriques.

Cette étude s’est basée sur l’analyse de données pluviométriques observés au niveau de
notre région. Nous avons choisi à partir de l’historique des stations existantes 23 postes
pluviométriques, couvrant d’une manière uniforme couvrant le Nord Ouest algérien et qui ont
fonctionné sans arrêt depuis 1968.

En dépit de ce tri de stations, l’examen visuel des données de ces dernières montre que
certaines séries présentent un certain nombre de lacunes et d’autre une hétérogénéité. Pour tester
l’homogénéité de nos séries nous avons utilisé la méthode de double cumul et celle des résidus
de [Link] . Ces deux méthodes présentent une bonne concordance entre elles. Elles montrent en
évidence des hétérogénéités de quelques séries qui sont corrigées par la suite.

Les résultats fournis par une analyse en composantes principales, pour la mise en évidence
d’ensembles régionaux de notre zone d’étude montrent une bonne cohérence spatiale entre les
stations. On remarque l’existence de trois ensembles régionaux distincts, formés par un groupe
de stations ayant un comportement similaire.

L’étude de la variabilité des précipitations à partir des variables centrées réduites des totaux
annuels, a été faite sur trois stations représentatives (Mascara, Maghnia et Sougeur). Cette
analyse a mis en évidence la succession de deux phases, un long épisode globalement pluvieux
qui s'est étendu entre le début des années 50 et la fin des années 70, une période globalement
déficitaire, qui aurait commencé au début des années 80 et qui persiste jusqu'à nos jours. Les
pluies d’hiver durant la dernière période ont connu généralement une baisse pour les trois
stations types, alors que les pluies du printemps sont devenues plus élevées durant les deux
dernières décennies.

Les résultats obtenus par l’étude de la sévérité de la sécheresse, en utilisant différentes


méthodes comme celles des quintiles et des terciles, confirment la persistance et l’abondance des
années déficitaires durant les deux dernières décennies pour notre région d’étude.

Quant à la relation entre l’oscillation Nord-atlantique et la pluviométrie sur l’Ouest


algérien, à la lumière de nos résultats surtout à partir des tableaux de contingences on peut dire
qu’il y a quand même un lien statistique significativement différent de zéro entre cette oscillation
et la pluviométrie dans notre région d’étude à l’exception de quelques stations comme celle de
Maghnia. Ceci est probablement du à des causes propres à certaines stations ou bien à l’existence
d’autres facteurs qui influencent la pluviométrie de notre pays(tel que géomorphologiques …).

L’étude des séquences sèches et des séquences pluvieuses par les chaînes de MARKOV
qui ne sont fondées que sur les états des jours, secs ou pluvieux a montré que les séquences
sèches ont une longueur moyenne qui augmente au fur et à mesure que le seuil croît.. Le modèle
Markovien ajuste bien les séquences pluvieuses, par contre l’ajustement des séquences sèches
par ce modèle montre qu’il existe une grande différence entre les fréquences calculées et les
fréquences théoriques surtout lorsque nous allons vers des seuils plus grands.

64
CHAPITRE I : EVOULUTION DES REGIMES PLUVIOMETRIQUES

I.1. Introduction

L’analyse de l’évolution des précipitations au Nord Ouest Algérien et les tendances qu’on
y peut détecter pendant les dernières décennies du XXème siècle, sont du plus grand intérêt pour
une région où les ressources hydriques constituent un des aspects clés de la gestion de
l’environnement. D’autre part, les indications internationales concernant le changement
climatique, mettent en évidence le besoin de travailler à l’échelle régionale et de mettre l’accent
sur la dimension spatiale des tendances trouvées. Ces recommandations sont spécialement
nécessaires dans les milieux méditerranéens, où les incertitudes sur le comportement futur des
précipitations sont encore plus grandes. Le manque d’études consacrées á la régionalisation des
variables climatiques, sont à la base de cette ignorance.

Notre travail essaie de combler cette lacune. De toute évidence, garantir la fiabilité de
cette information constitue une étape préalable à la réalisation d’une étude temporelle ou spatiale
quelle qu’elle soit. Il n’existe pas de procédés générateurs d’information en dehors des procédés
de mesure. Cet adage, vieux comme le monde, s’applique à toute démarche scientifique et à la
climatologie en particulier. De ce fait, l’étude du climat et le suivi de son évolution nécessitent
de longues et nombreuses séries d’observations. Malheureusement, nous ne disposons jamais de
sériés de données parfaitement fiables ni continues.

La constitution d’échantillons, au sens statistique du terme est donc un processus long


parsemé d’embûches et au cours duquel de nombreuses erreurs de nature fort différente sont
susceptibles d’être commises. Par ailleurs, il est indispensable, avant d’utiliser des séries de
données, de se préoccuper de leur qualité et de leur représentativité. Le contrôle des données
pluviométriques fera l’objet de cette deuxième partie du travail.

I-2 Collecte des données

Les données qui figurent dans le présent travail ont été fournies par l’A.N.R.H et l’ONM d’oran.
Il s’agit des totaux mensuels et annuels de précipitations.

I-2-1- Choix des stations

Pour un bon traitement des données recueillies, il est nécessaire et indispensable que la
période de collecte soit suffisamment longue, autrement dit l’échantillon doit être suffisamment
grand (El Ouissi A. 2004). Cependant, la réalité est différente à cause des lacunes que nous
trouvons souvent dans les séries d'observation de ces stations (Azzaz H. 2001). Pour assurer
une bonne représentation de notre région, nous avons d'abord travaillé sur 23 stations
pluviométriques ayant des périodes aussi longues que possibles et réparties d'une façon plus ou
moins uniforme sur toute la zone.

Le tableau n°23 résume les coordonnées Lambert et la période d'étude des différentes
stations retenues dans l'étude.
I-2 Critique des données
Pour être utilisables, les observations doivent être aussi exactes que possibles et
comparables les unes aux autres, donc synchrones et faites dans les mêmes conditions.

65
1-2-1 Détection des anomalies:
Dans les séries de données climatiques se glissent des erreurs qui peuvent avoir des
origines multiples (erreur de lecture, erreur de report, déterrage de l'appareillage, etc.…).

Tableau n°23 : liste des stations du réseau météorologiques retenues


code nom X (Km) Y (Km) Altitude (m) période d'étude
010803 Mehdia 413,90 237,35 918 1915-1998
010901 Sougueur 390,55 210,10 1140 1926-2001
010904 Dahmouni trumulet 388,80 235,95 970 1926-2001
012309 Oued Sly 365,20 312,70 95 1926-2001
012503 Sidi Hosni 392,95 242,05 790 1926-2001
012605 Ammi Moussa 357,40 286,15 140 1926-2001
012703 Kenenda ferme 330,15 262,60 590 1926-2001
013002 Frenda 348,60 197,00 990 1926-2001
013004 Ain El Haddid 334,50 197,00 829 1926-2001
013304 Takhemaret DH1 312,75 202,85 640 1968-1998
040405 Tamzourah 195,45 239,90 189 1915-1998
040438 Oran ANRH 198,70 272,60 126 1915-1998
040601 Stidia 526,25 284,75 41 1915-1998
080701 Mederissa 367,05 178,60 1095 1926-2001
110201 Sidi Ali Benyoub 186,55 192,20 635 1915-1998
111208 Sidi Mimoun 288,90 196,25 690 1968-1998
111403 Ain Fekan 254,30 217,20 990 1915-1998
111404 Aouf M.F 287,15 211,80 990 1926-2001
111503 Bouhanifia bge. 248,15 225,05 306 1926-2001
111511 Mohamadia GRHA 261,85 257,70 50 1926-2001
160311 Maghnia Lalla 95,00 181,35 395 1915-1998
160401 Sebdou 131,25 158,55 875 1968-1998
160403 Beni Bahdel 254,30 217,20 666 1941-2001
160410 Merchiche 133,60 163,85 1250 1968-1998
160601 Chouly 149,65 181,00 700 1941-2001
160602 Meurbah 145,75 167,60 1100 1968-1998
160701 Meufrouche bge 135,55 180,20 1110 1968-1998
160702 Benskrane 143,42 205,35 260 1950-1998
160802 Pierre du Chat 123,10 213,35 80 1941-2001

Contrairement aux altitudes, les données exceptionnelles devraient se répéter dans


plusieurs stations. Donc, il est indispensable de comparer tous les relevés des stations faisant
partie de la même micro- région pour s'assurer qu'ils ne présentent pas de discordance anormale.
Par exemple : en 1974, au niveau de la station de Beni Bahdel le taux pluviométriques annuel est
particulièrement singulier (229.7 mm), en faisant la comparaison
avec d’autres stations avoisinantes (Chouly : 194.5 mm ; Mefrouch : 273.4 mm), nous avons
déduit que cette valeur est une donnée extrême.

Les méthodes utilisées pour la détection des valeurs aberrantes peuvent être analytiques
ou graphiques.

I-2-2-1- Méthodes analytiques:

Pour la détection des valeurs aberrantes, nous utiliserons, généralement, l'intervalle de


confiance pour la moyenne d'après la loi normale, ou encore nommé méthode du cumul des
résidus.
66
Pour la pluviométrie, l'intervalle est:
x ∈( x − Sx , x + Sx )
Avec x et S x la moyenne et l'écart type de la série calculée sur le mois où la valeur
aberrante apparaît.
∑ ( xi − x )
Sx =
n −1
xi : Précipitation mensuelle.
n : nombre d’années d’observations.

Cependant, nous avons utilisé un intervalle exprimant un seuil de 99%


(de la table de la distribution normale, nous trouvonsU 0.99 = 2.575 ).

Cet intervalle est comme suit:


x ∈ ( x − 2.575 × S x , x + 2.575 × S x )
Chaque donnée sortante de l'intervalle ainsi défini est comparée aux données équivalentes
des stations voisines. Si toutes les données des stations comparées sortent de l'intervalle, il s'agit
d'un phénomène météorologique particulier. Cette valeur ne peut être mise en doute. Par contre
si les valeurs des autres stations ne sortent pas de l'intervalle de confiance calculé pour chaque
station, il convient de corriger la donnée aberrante par la méthode d'estimation par les données
des stations voisines (El Ouissi A. ; 2004).

Le fait de rejeter un certain nombre de valeurs aberrantes ne fait qu’augmenter le nombre


de valeurs manquantes, déjà important pour certains postes. D’une manière générale, les
manques affectent surtout le début des années soixante ; ces manques sont dus à la guerre.

I-2-2-2- Méthodes graphiques

I-2-2-2-1- Le simple cumul

Le principe consiste à cumuler les valeurs observées et voir ensuite si ces cumuls forment
une droite en fonction du temps, avec ou sans changement de pente. D'après cette méthode, une
série est dite homogène si la droite obtenue ne représente pas de cassure apparente, c'est à dire
que dans le cas contraire la série est hétérogène.

Les années sont portées en abscisse et les cumuls en ordonnée. L'application de cette
méthode est limitée, lorsqu'il s'agit d'une série dont les valeurs varient fortement d'une année à
une autre, et même s'il existe une cassure de la droite, on ne peut pas différencier entre une
hétérogénéité des données et une tendance climatique.

I-2-2-2-2- Le double cumul

La méthode du double cumul peut également mettre en évidence la vérification de


l'homogénéité des données des stations étudiées pour la recherche d'une éventuelle tendance en
dehors de celles produites naturellement. Le principe est le même que celui de la méthode du
simple cumul, seulement la droite des cumuls n'est plus obtenue en fonction du temps mais en
fonction d'une deuxième station de la même région qu'on appellera station de référence, cette
dernière devra être homogène dès le départ.
67
Les stations de références considérées sont celles de barrage, car le personnel de l'ANRH
confirme l'homogénéité de ce genre de stations. La similitude de comportement des deux
stations se traduit par un quasi alignement des points représentatifs, une déviation de
comportement d'une des deux séries va se traduire par un nouvel alignement le long d'une droite
différente de la première. Cette méthode permet de visualiser graphiquement la rupture de pente
de la droite de régression en cas d'hétérogénéité.
I-2-2-2-3- Méthode des résidus (Bois, 1972)
L'étude d'homogénéité des séries par la méthode du double cumul est généralement
confrontée au manque de tests statistiques valables pour préciser la signification des cassures
apparentes.
P. Bois a suggéré une méthode basée sur le cumul des résidus ε i . Cette méthode permet
de déterminer un seuil à partir duquel la cassure est significative.

Le problème revient à rechercher une courbe de contrôle telle que tout dépassement
amène à repousser l'hypothèse d'homogénéité de la série avec un seuil de confiance Choisi.
P Bois a montré que la courbe de contrôle est une ellipse d'équation:

i( n − i )
Yi = ±tα / 2 ⋅ S y ⋅ 1 − r ² .
n −1
i( n − i )
Où S y . 1 − r² . est la variance des résidus. Ces résidus étant déterminés
n−1
par la relation suivante :
Sy
ε i = yi − y − r . ( xi − x )
Sx
εi est donc la différence entre la valeur observée et la valeur donnée par la régression
linéaire de y en x.
tα / 2 : Variable de Student ;

Sy : L’écart type de y ;

S x : L’écart type de x ;
y : Moyenne de y ;
x : Moyenne de x ;
r : Coefficient de corrélation entre les deux variables.
Cette méthode permet de dilater les différences, ce qui augmente considérablement la
clarté du graphique surtout dans le cas où les écarts types sont faibles.

Les résultats obtenus sont représentés par les figures n° : 43 au n° :46 (le reste dans
l’annexe n°8).

68
Détection des anomalies systématiques de VT par Detection des anomalie de VT
rapport à VR par rapport à VR
Station C110308 et C110312 Station de C110102 et C110201
200 300
200
100 100
0 0
-100
-100
-200
-200 -300
4
8

12
16

20
24

28
32

36
40

4
8

12
16

20
24

28
32

36
40
(ellipse ayant 98% de chance de contenir le cumul des écarts) (ellipse ayant 98% de chance de contenir le cumul des écarts)

Fig.43

Détection des anomalies systématiques de VT par Détection des anomalies systématiques de VT par
rapport à VR rapport à VR
Station C111406 et
Station C110305 et C110304
300 C111401 300
200 200
100 100
0 0
-100 -100
-200 -200
-300 -300
4
8

12
16

20
24

28
32

36
40

4
8

12
16

20
24

28
32

36
40
(ellipse ayant 98% de chance de contenir le cumul des écarts) (ellipse ayant 98% de chance de contenir le cumul des écarts)

I-3 Choix d'un modèle statistique


Comme Chaumont, nous avons constaté que les distributions statistiques des
précipitations annuelles et mensuelles présentaient une nette dissymétrie positive. Il préconisait
par contre deux modèles de distribution: Une distribution log-normale en "régime méditerranéen,
une distribution racine- normale en régime "sub- tropical".

Les moyens de calcul à notre disposition maintenant, nous permettent de tester ces deux
types de lois sur un très grand nombre de stations.

Il nous est apparu que la quasi- totalité des séries les plus longues et les plus fiables
suivaient une loi racine-normale. Dans les rares cas où la loi log-normale paraissait mieux
adaptée, l'étude effectuée par l'A.N.R.H dans le cadre du projet PNUD/ ALG/88/021 a montré
que ces séries avaient subi des détarages.

69
Les figures qui suivent (fig. n° :47), présentent pour chaque grand bassin versant
l'ajustement à une loi racine-normale d'une des stations les plus longues et les plus fiables. On
constate que sur ces données (réellement observées et non-encore homogénéisées) que la loi
racine-normale est bien adaptée depuis le site très pluvieux de Aouf, jusqu'au site de Medrissa au
Sud ouest de notre zone d'étude.

En abscisses sont portées les fréquences expérimentales selon l'intégrale de Gauss, et en


ordonnées les racines carrées des précipitations annuelles et mensuelles exprimées en
millimètres.

Figure n°44: ajustement selon une loi racine normale pour les trois stations
Médrissa Sidi Ali Benyoub et Bensekrane

Station de Mederissa, 080701, 76 ans

30
Racine de x

Station de Bensekrane, 160702, 41 ans


20 30

Racine de x
10 20
0 10
-2,5 -1,5 -0,5 0,5 1,5 2,5 0
-2,5 -1,5 -0,5 0,5 1,5 2,5

Station de Bensekrane, 160702, 41 ans


30
Racine de x

20
10
0
-2,5 -1,5 -0,5 0,5 1,5 2,5

Dans nos essais pour combler les lacunes, nous sommes persuadés qu'il n'est pas possible
de combler une série, au sens où l'on prétend la remplacer par une suite de valeurs individuelles,
ayant les mêmes propriétés qu'un échantillon de la population hypothétique exacte.

Nous avons dans un premier temps comblé les lacunes par régression avec des stations
proches et disponibles. Cette démarche s'est avérée fastidieuse et surtout peu fiable. Le choix des
variables explicatives est vite compliqué et de plus les erreurs accidentelles et/ou systématiques
qui ne manquent pas d'affecter certaines observations, sont ainsi répétées.

Laborde J.P propose une méthode qui permet de combler rapidement et simplement les
lacunes avec la partie la plus fiable du tableau de données. Cette méthode est basée sur le
principe de l'analyse en composantes principales (ACP). Ayant montré que les variables (totaux
pluviométrique annuels et mensuels) sont sensiblement "racine – normales, il suffit de remplacer
chaque observation par sa racine carrée pour obtenir de nouvelles variables de distribution
70
normale et ainsi de se rapprocher des conditions dans lesquelles des régressions linéaires
puissent être envisageables.

Une fois cette étape réalisée, nous avons jugé nécessaire un essai de séparation des
stations retenues pour l'étude en petits groupes se trouvant dans la même région et ayant
probablement presque les mêmes conditions topographiques.

Dans chacun de ces groupes, nous avons choisi une station de référence. Les critères de
choix de cette dernière sont par ordre d'importance:

L'intensité de liaison des séries combinées à la grandeur des échantillons


(coefficient de corrélation).
La distance des postes deux à deux (on a intérêt à corréler des stations voisines),
en cas d'égalité, on s'intéressera à leur différence d'altitude ou à leur situation
géographique.

En se basant sur ces critères, nous avons pu dégager 12 groupes de stations. Pour combler
les lacunes des données d'observation à l'échelle annuelle et mensuelle, nous avons utilisé les
macro-commandes Hydrolab (Hydrolab 98.2).

I.4. Conclusion

Deux résultats de cette étude sont à retenir :

La majeure partie de travail a résidé dans l’analyse critique des données. Malgré cet
effort il faut être modeste et prudent : il réside encore des anomalies dans les séries de données.
Afin de valider les ruptures et corriger ces anomalies, il est nécessaire d’avoir un historique des
postes le plus complet possible.

A des échelles de temps plus fines comme celle du mois, nous avons rencontré de très
grosses difficultés à corréler les séries. Au Sud c’est indéniablement la faible densité du réseau
exploitable qui en est la cause principale. Au Nord, c’est plus vraisemblablement des erreurs qui
expliquent cette difficulté.

I.5 Etude de la variabilité pluviométrique

Le Nord Ouest Algérien est soumis à des variations pluviométriques spatio-temporelles


très irrégulières, pour caractériser cette variabilité interannuelle, nous avons défini les différentes
caractéristiques descriptives des stations pluviométriques ayant une période d’observations
comprise entre 1930 et 1999 (tableau n°24). Nous avons constaté que la moyenne annuelle des
totaux précipités varie entre 321 mm et 566 mm au niveau de la station du barrage de Bouhanifia
et la station de Aouf, ce dernière constitue le secteur le plus arrosé de la macta. On a remarqué
également que les moyennes des 23 stations sont assez proches de la médiane, ceci montre
qu’effectivement la loi de distribution est légèrement dissymétrique.

I.5.1 Caractéristiques statistiques des pluies annuelles

Pour évaluer la variabilité des précipitations annuelles sur la région, nous avons employé
des formules climatiques simples mais capables de donner de bonnes informations, permettant
aussi une représentation efficace du phénomène. A ce propos nous avons utilisé le coefficient de
variation exprimé en pourcentage (%) sachant que :

71
CV = σ ( x )× 100
x : Moyenne de la série ; σ: Écart-type.

Nous rappelons que selon Matthews (1981) le coefficient de variation des pluies est une
mesure assez efficace de la variabilité par rapport à la moyenne d’un échantillon et que ses
valeurs sont, en général, plus élevées si les moyennes des séries sont petites. Au niveau de notre
zone d’étude, le coefficient de variation varie entre 25 % et 45 % à la station de Medrissa et à la
station de Ain El hadjar.

Pour mieux évaluer la signification spatiale et temporelle des relations entre les
précipitations et leur variabilité, nous avons cherché une technique efficace pour présenter d’une
façon simple des renseignements sur les caractères régionaux. Pour réaliser cette technique, on a
mis en abscisses toutes les stations de l’Ouest vers l’Est et en ordonnées tant les précipitations
(en mm) que le coefficient de variation (en %).

Sur la figure n°45, plusieurs situations caractéristiques et différentes spécificités


régionales de notre zone d’étude sont tout à fait évidentes. La variabilité est très importante et
irrégulière. Le coefficient de variation varie entre 25% et 45% à la station de Mederissa et à la
station de Ain El Hadjar. respectivement. La moyenne des totaux pluviométriques annuels
oscille à son tour entre 326 mm et 566.1 mm à la station de Rechaga et à la station de Aouf
respectivement.

Tableau n°24 : caractéristiques descriptives des séries d’observations à l’échelle annuelle


Station Moyenne Médiane Minimum Maximum Ecart-type CV max/min
Mehdia 386,98 369,30 203,80 735,20 101,00 0,26 3,6
Sougueur 361,49 348,90 115,50 730,50 120,87 0,33 6,3
Dahmouni Trumulet 418,95 405,30 176,20 748,40 118,02 0,28 4,2
Tissemsilet 394,83 381,50 169,60 784,70 118,60 0,30 4,6
Oued Sly 349,70 345,20 129,60 611,10 116,31 0,33 4,7
Sidi Hosni 387,56 366,20 129,40 763,70 146,18 0,38 5,9
Ammi Moussa 380,88 364,00 192,80 627,50 111,49 0,29 3,3
Kenenda Ferme 423,64 437,00 102,90 894,00 165,38 0,39 8,7
Frenda 437,57 431,30 237,30 705,10 116,03 0,27 3,0
Ain El Haddid 374,22 363,80 169,80 627,00 110,07 0,29 3,7
Tamazourah 409,62 430,40 165,70 720,20 118,24 0,29 4,3
Stidia 363,84 355,50 123,90 645,40 121,08 0,33 5,2
Oran 375,80 372,60 167,30 661,00 114,36 0,30 4,0
Mederissa 326,35 327,10 159,70 595,50 82,31 0,25 3,7
Sidi Ali Ben Youb 377,56 383,00 79,90 621,20 104,30 0,28 7,8
Tessala 440,70 422,42 134,30 953,99 161,63 0,37 7,1
Ain El Hadjar 384,00 374,50 54,80 997,80 174,44 0,45 18,2
Saida 342,26 335,20 157,90 595,60 97,72 0,29 3,8
Oued Taria 304,47 298,90 32,50 582,90 113,45 0,37 17,9
Ain Fekan 368,89 365,50 166,00 616,60 118,48 0,32 3,7
Aouf M.F. 566,14 547,70 205,90 991,20 175,72 0,31 4,8
Bouhanifia Bge. 321,11 322,00 135,00 479,00 87,34 0,27 3,5
Mohamadia GRHA 347,94 345,90 165,60 515,90 89,56 0,26 3,1
Maghnia 397,83 382,80 143,90 724,80 142,04 0,36 5,0

72
Figure n°45: Relation entre les pluies annuelles et leurs coefficients de variations

Préciptations annuelles CV

600 50
45
500

Précipitations annuelles (mm)


40

400
35
30

CV (%)
300 25
20
200
15

100
10
5
0 0
Tamzourah

Mehdia
Ain Fekan

Kennenda

Oued Sly
Saida

Frenda
Tessala

Oued Taria

Sougueur
I.5.2 Evolution des totaux pluviométriques annuels Ferme

En Algérie, l’étude de variabilité interannuelle sur la période 1930-1999 pour les région
de l’Ouest (fig.46), montre que le plus grand nombre d’années déficitaires s’observe durant la
décennie 40, la décennie 80 et la décennie 90. Ces résultats montrent également la persistance
des totaux déficitaires qui se sont prolongés sur plusieurs années successives. Entre ces deux
grandes sécheresses, la pluviométrie a été généralement normale ou excédentaire, on a même
enregistré 7 années pluvieuses consécutives entre la fin des années 40 et le début des années 50
au niveau de la station de Ain Fekan. L’année hydrologique la plus sèche depuis 1930 est
observée au début des années 80 (1982-1983), durant cette année, le total pluviométrique annuel
a atteint 32.5 mm à la station de Oued Taria. Ceci fut le cas pour plusieurs stations du Maghreb
et même du Sahel.
moyenne=397.3 Totaux précipités annuels
écart-type=142.0 moyenne
C.V=0.36
8 ann. exc. 3 ann. exc. 5 ann. exc. 8 ann. exc. 6 ann. exc. 2 ann. exc. 1 ann. exc.
800
Totaux précipités annuels (mm)

700

600

500

400

300

200

100 2 ann. def. 7 ann. def. 5 ann. def. 2 ann. def. 4 ann. def. 8 ann. def. 9 ann. def.

1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 1999

Figure n°46 : Evolution chronologique des totaux pluviométriques annuels à la station Maghnia Lalla

73
I.5.3. Evolution des totaux pluviométriques printaniers et hivernaux

La répartition saisonnière des précipitations dans l’année et ses variations conditionnent,


en relation avec les facteurs thermiques, l’écoulement saisonnier et par conséquent le régime des
cours d’eau ainsi que celui de nappes aquifères. Sa connaissance est donc fort indispensable pour
la gestion des ressources en eau.

Cependant, si le phénomène de variabilité des précipitations saisonnières se prêtent


facilement à l’analyse, vu son caractère tranché dans la zone d’étude, il est néanmoins malaisé de
définir de saisons pluviométriques spatialement homogènes et ce en raison des différences des
régimes de précipitations déterminés eux-mêmes par des variantes à la fois géographiques et
météorologiques.

Pour étudier l’évolution des totaux pluviométriques printaniers et hivernaux, on a


appliqué la méthode des cumuls des écarts à la moyenne et la méthode de la moyenne mobile.

cu1.5.3.1. La moyenne mobile :

Chaque observation est remplacée par une moyenne arithmétique calculée sur la valeur
de cette observation et les valeurs voisines qui l‘encadrent ; dans le cadre de notre étude on a
utilisé trois valeurs : ainsi xi est remplacé dans la série par
xi − 1 + xi + x i + 1
……………. (Grisolet H.)
3

Cette méthode réduit l’influence des variations accidentelles, élimine l’effet des
fluctuations de très courtes périodes et par conséquent les résultats sont plus commodes à
interpréter. On a opté pour cette méthode en raison de sa simplicité.

I.3-2 La méthode des écarts à la moyenne :


n
La méthode des cumuls des écarts à la moyenne ∑(x − x )
i =1
i dont la somme égale est à zéro

permet de dégager les grandes tendances en faisant abstraction des faibles fluctuations d’une
année à l’autre, quand la somme de ces écarts croit, la tendance est à la hausse, quand elle
décroît, elle sera à la baisse.

Les figures n°49 et 50, traduisent l’évolution des totaux hivernaux et printaniers. A partir
de ces graphes, on remarque que les précipitations printanières et hivernales caractérisées par
une variabilité spatio-temporelle irrégulière.

1) Pour les stations situées sur la bande comprise entre les méridiens
2 W et 2°00’ E, on remarque :

Un caractère excédentaire des pluies d’hiver depuis les années 30 jusqu’au milieu des
années 70. Cependant, certains épisodes à la baisse sont enregistrés durant la fin des années 30 et
le début des années 40 ; durant cette période, la station de Aouf enregistre une tendance à la
hausse (le nombre d’années déficitaires ne dépasse pas 3 années consécutives).

Depuis les années 80 jusqu’à nos jours, cette zone a connu l’une des périodes les plus
déficitaire en intensité et en persistance.

En ce qui concerne les pluies printanières, on a enregistré des variations différentes : ces
pluies augmentent durant la décennie 30 puis diminuent au milieu des années 40. Au début des

74
années 50, les totaux pluviométriques printaniers présentent un caractère excédentaire sur
l’ensemble de cette zone d’étude ; au milieu de ces années, on a enregistré un caractère
déficitaire qui a duré jusqu’au milieu des années 60. Les totaux printaniers ont enregistré une
augmentation jusqu’au milieu des années 70.

Au cours des années 80 et 90, les totaux printaniers sont les plus faibles et les plus
déficitaires. On a donc constaté que les pluies de printemps traduisent bien l’évolution et la
variation du régime pluviométrique dans cette zone. Mais la sécheresse observée durant ces deux
décennies est principalement due à la baisse des pluies d’hiver.

Figure n°47 : Evolution chronologique des totaux pluviométriques hivernaux à la station de Aouf Période
d’observation (1930-2000)

Méthode de la moyenne mobile à trois Méthode des cumuls des écarts à la


points moyenne
Totaux pluviométriques hivernaux Moyenne mobile Moyenne
1600
Totaux pluviom étriques hivernaux (m m )

700
1400

Cum ul des écarts à la m oyenne


600
1200

500
1000

400 800

300 600

200 400

100 200

0 0
1930

1935

1940

1945

1950

1955

1960

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000

1930

1935

1940

1945

1950

1955

1960

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000
Figure n°48 : Evolution chronologique des totaux pluviométriques printaniers à la station de
Aouf Période d’observation (1930-2000)

Méthode de la moyenne mobile à trois Méthode des cumuls des écarts à la


points moyenne
Totaux pluviométriques printaniers Moyenne mobile Moyenne 1200
Totaux pluviom étriques printaniers (m m )

600
1000
Cumul des écarts à la moyenne

500 800

400 600

400
300
200
200
0
100
-200

0 -400
1930

1935

1940

1945

1950

1955

1960

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000

1930

1935

1940

1945

1950

1955

1960

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000

75
Figure n°49 : Evolution chronologique des totaux pluviométriques hivernaux à la station Oued Sly Période
d’observation (1930-1998)
Méthode de la moyenne mobile à trois points Méthode des cumuls des écarts à la moyenne

Totaux hivernaux Moyenne Mobile Moyenne 1000


400,0
900
Totaux pluviom étriques hivernaux (mm )

350,0 800

Cum ul des écarts à la m oyenne


300,0 700

250,0 600

500
200,0
400
150,0
300
100,0
200
50,0 100

0,0 0
1930

1935

1940

1945

1950

1955

1960

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000

1930

1935

1940

1945

1950

1955

1960

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000
-100

Figure n°50 : Evolution chronologique des totaux pluviométriques printaniers à la station de Oued Sly
Période d’observation (1930-1998)

Méthode de la moyenne mobile à trois points Méthode des cumuls des écarts à la moyenne

Totaux pluviométriques printaniers Moyenne mobile Moyenne 700,0

300 600,0
Totaux pluviom étriques printaniers (m m )

Cum ul des écarts à la m oyenne

500,0
250
400,0
200
300,0

150 200,0

100,0
100
0,0
50
-100,0

0 -200,0
1930

1935

1940

1945

1950

1955

1960

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000
1930

1935

1940

1945

1950

1955

1960

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000

CHAPITRE 2 : APPROCHES ET ANALYSES PLUVIOMETRIQUES

2.1 Considérations Théoriques

2.1.1. Rappels sur les principes des tests statistiques

Une hypothèse statistique est simplement une assertion au sujet d’une population que
l’on peut mettre à l’épreuve en tirant un échantillon au hasard. Une utilisation courante des
statistiques est la notion de test, un test est un mécanisme qui permet de trancher entre deux
hypothèses au vu des résultats d’un échantillon : soient H0 (l’hypothèse nulle) et H1
(l’hypothèse alternative) ces deux hypothèses, dont une et une seule est vraie.

Dans le processus de prise de décision, on court le risque de commettre deux sortes


d’erreurs distinctes. La première est de rejeter à tort H0 qui est vraie, c’est l’erreur de première
espèce et sa probabilité est α , le seuil d’erreur de test. La deuxième est d’accepter H0 alors
quelle est fausse, c’est l’erreur de deuxième espèce et sa probabilité est notée β .

76
Le tableau suivant résume le dilemme du test d’hypothèses : l’état de la réalité est
inconnu.
On ne sait si H0 est vraie ou fausse. Si une décision de rejet ou de non-rejet doit être prise
face à cette incertitude, on doit prendre le risque de commettre l’une ou l’autre des erreurs. Il y a
quatre résultats possibles d’un test d’hypothèses.

Décision
Résultat
H0 acceptable H0 rejetée
Décision correcte. Erreur de 1ère espèce.
Si H0 est vraie Probabilité=1- α =seuil de Probabilité = α = seuil du
confiance test
ème
Si H0 est fausse (H1 est vraie) Erreur 2 espèce. Décision correcte.
Probabilité = β Probabilité = 1- β =
puissance du test

Plus α sera grand (respectivement petit), plus β sera petit (respectivement grand). Le
fait d'imposer un α faible conduit à une règle de décision plus stricte qui aboutit le plus souvent
à n'abandonner l'hypothèse H0 que dans des cas rarissimes, et donc à conserver cette hypothèse
quelque fois à tort. Le compromis entre les valeurs de α et β est donc souhaitable bien que
difficile à réaliser. Les valeurs les plus courantes sont 5%, 1% ou 10%.

α étant fixé, il faut choisir une variable de décision, variable qui doit apporter de
l'information sur le problème posé, à savoir le choix entre les deux hypothèses. La loi de cette
variable doit être parfaitement connue dans au moins une hypothèse (le plus souvent H0) afin de
ne pas introduire de nouvelles inconnues dans le problème. On appelle alors région critique
l'ensemble des valeurs de la variable de décision qui conduisent à écarter H0 au profit de H1. On
appelle région d'acceptation la région complémentaire de la région critique. La zone ou région
d'acceptation correspond à l'intervalle dans lequel les différences observées entre les réalisations
et la théorie sont attribuables aux fluctuations d'échantillonnage. La région critique ou zone de
rejet correspond donc aux intervalles dans lesquels les différences sont trop grandes pour être le
fruit du hasard d'échantillonnage.

La construction d'un test est la détermination a priori de la région critique sans connaître
le résultat de l'expérience. On peut donc résumer cette démarche de la manière suivante:
Choix de H0 et de H1.
Choix de la valeur du risque de première espèce α
Détermination de la région critique en fonction de α
Calcul de la valeur expérimentale de la statistique
Rejet ou acceptation de l'hypothèse nulle en fonction de la valeur observée.

Choix du test

Un test paramétrique requiert un modèle à fortes contraintes (normalité des distributions,


égalité des variances) pour lequel les mesures doivent être réalisées dans une échelle au moins
d'intervalle. Ces hypothèses sont d'autant plus difficiles à vérifier que les effectifs étudiés sont
plus réduits.

Un test non paramétrique est un test dont le modèle ne précise pas les conditions que
doivent remplir les paramètres de la population dont été extrait l'échantillon.

Dans les deux cas, les données considérées doivent être aléatoires, identiquement
distribuées et indépendantes les unes des autres.
77
Le test qui fournit l'erreur β la plus petite, pour une même valeur α , est par définition le plus
puissant (celui ayant la plus grande valeur de la puissance de test 1- β ). En effet, il peut détecter
les plus petites différences entre les populations sans pour autant augmenter l'erreur de première
espèce.

La majorité des tests statistiques repose sur le respect d'un certain nombre de conditions.
Selon le degré de respect de ces conditions d'application, la validité des résultats se trouve plus
ou moins affectée et elle l'est d'autant plus que le test est moins robuste. Ainsi, la robustesse d'un
test équivaut à sa tolérance vis-à-vis du respect des conditions.

Si le statisticien dispose de plusieurs tests pour vérifier une hypothèse, il choisira bien sûr
le plus puissant et le plus robuste.

Les tests peu puissants augmentent la probabilité de commettre une erreur de deuxième
espèce. Cette erreur peut s'avérer particulièrement grave. En effet, en médecine par exemple, une
analyse qui classerait comme malade un individu bien portant peut avoir des conséquences aussi
graves qu'une analyse qui classerait comme bien portants des individus malades (erreur de
première espèce). Dans de tels cas, il y a intérêt à tracer la courbe de puissance du test, qui
indique la probabilité de prendre une bonne décision si H1 est vraie. La puissance est mesurée
par la valeur de 1- β pour un α donné.
Dans notre étude, l'hypothèse H0 correspondra à une "stationnarité" de la série et
l'hypothèse alternative H1 à "un changement (rupture ou tendance)".

2.1.2. Caractère aléatoire des séries d’observations

Le caractère aléatoire simple d’une série d’observations est une hypothèse fondamentale
pour l’analyse statistique d’une telle série. De nombreuses méthodes statistiques utilisées soit
pour vérifier des propriétés particulières des séries d’observations, soit pour estimer certains
paramètres caractéristiques du processus qui produit ces séries ne sont applicables qu’à condition
que cette première hypothèse soit effectivement réalisée. Sa vérification constitue donc le
problème à résoudre avant de procéder à toute analyse statistique complémentaire.

Les tests les plus répandus portent sur la constance de la moyenne de la série tout au long
de sa période d’observations. Ces tests sont en général assez puissants pour faire une distinction
entre le caractère aléatoire et le caractère non aléatoire de la série. En revanche, tous ne
permettent pas d’identifier une alternative à la constance du type tendance, discontinuité brutale,
oscillations …

Quelques tests ont pour objet la constance de la dispersion de la série, c’est-à-dire qu’ils
étudient si la variabilité de la série est uniforme dans le temps.

Soit la série chronologique (xi), i = 1,N, les xi désignent les réalisations de la variable X
observées à des pas de temps successifs égaux (Kotz et al., 1981).

L’hypothèse nulle est donc : « La série des(xi) , i=1,N, est aléatoire ».

[Link]. Test du rapport de Von Neumann (Buishand, 1982)

Il s’agit du rapport de la moyenne du carré des différences successives des valeurs


observées à la variance.

78
On note V ce rapport :
N −1
∑ (x − x )
2
i i +1
V= N ⋅ i =1
N −1 N
⎛ N ⎞
2
1

i =1
xi − ⎜ ∑ xi ⎟
2
N ⎝ i =1 ⎠

Pour N grand (N>30), si la série est aléatoire, V est distribué selon une loi normale de
4(N −2)
moyenne 2N et de variance approximativement égale à .
N −1 (N −1)2
Il en résulte que, si l’hypothèse nulle est vraie, la variable :

V − 2N
U = N −1
2 N −2
N −1

Pour un risque α de première espèce donné, la région d’acceptation de l’hypothèse nulle


est comprise entre :

(V) = 2N −2UN −α1 N −2


(V) = 2N +2UN −α1 N −2
− +
1− / 2 1− / 2
et
t t

aucune hypothèse alternative spécifique n’est associée à ce test.

[Link] Autocorrélogramme (Lubes et al, 1994)

On suppose qu’il existe des dépendances significatives entre les termes successifs d’une
série non aléatoire.

Le coefficient d’autocorrélation d’ordre k est donné par l’expression :

N −k

∑(x − x )⋅(x
t 1 t +k − x2 )
rk = t =1

⎡ N −k N −k


⎢⎣ t =1 (xt − x1 ) ∑(xt + k − x2 )²
2
t =1
⎥⎦

Avec x1 moyenne des observations (xi), i = 1,N-k, et x2 moyenne des observations (xi), i
= k+1,N.

D’après Chatfield (1989), si une série chronologique est aléatoire, alors pour N grand,
rk ≈0 pour toute valeur de k non nulle. En fait pour une série chronologique aléatoire, et pour N
grand, rk suit approximativement une distribution normale de moyenne nulle et de variance 1/N.

Il est donc possible de définir une région de confiance contenant pour un seuil de
confiance donné, sous l’hypothèse nulle, l’autocorrélogramme. Pour un seuil de confiance

79
U1−α / 2
1−α / 2 donné, la région de confiance est définie par ± . U désigne la variable normale
N
réduite.

Une importance particulière doit être donnée au comportement de l’autocorrélogramme


pour de faibles valeurs de k, notamment pour k=1 (WMO, 1966). En effet sur les vingt premières
valeur de rk , il n’est pas rare qu’une valeur sorte de la région de confiance même lorsque la série
est réellement aléatoire. Ceci souligne les difficultés d’interprétation de l’autocorrélogramme.
En revanche l’estimation de ce dernier est incontournable comme première exploitation de toute
série chronologique.

[Link]. Test de corrélation sur le rang

Ce test se propose de calculer le nombre de paires P pour lesquelles xj>xi, j>i, avec i
=1,….,N-1.

Pour N grand, sous l’hypothèse nulle, la variable τ telle que :

4Q N(N −1)
τ =1− avec Q = −P
N(N −1 ) 2

2(2N +5)
σ
2
suit une distribution normale de moyenne nulle et de variance égale à =
r 9N(N −1)
Il en résulte que si l’hypothèse nulle est vraie, la variable U = τ est une variable
σr
normale réduite.

Pour un risque α de première espèce donné, la région d’acceptation de l’hypothèse nulle est
comprise entre :
−U1−α / 2σ r et +U1−α / 2σ r

L’hypothèse alternative reconnue de ce test est celle d’une tendance.

Lorsque l’on s’intéresse directement à la distribution asymptotique de la variable P, ce


test porte le nom de test de Mann-Kendall. Les deux formulations sont équivalentes.

[Link]. Statistique de rang de Spearman (SNEYERS, 1975)

Les observations originales (xi), i = 1, N sont remplacées par le rang yi qui leur est
attribué lorsqu’on les range par ordre de grandeur croissante et la statistique du test est le
coefficient de corrélation rs entre les séries i et yi, coefficient qui peut se calculer au moyen de la
formule :

6
n(n2 −1) ∑ i
rs =1− (y −i)2

La distribution de cette statistique est asymptotiquement normale avec


E(rs)=0 et var(rs) = 1 .
n−1

Il convient de déterminer à l’aide d’une table de la loi normale réduite la probabilité α1


tel que

80
α1= P⎜⎛ u ≥ u(rs ) ⎞⎟ avec u(rs )=rs n−1
⎝ ⎠
L’hypothèse nulle est acceptée ou rejetée au niveau α1> α0 ou α1< α0 .
Ce test et largement cité dans la littérature. L’hypothèse alternative est celle de la tendance. La
puissance de ce test est comparable à celle du test de corrélation sur le rang.

2.1.3. Tests de détection de ruptures

« Rupture » doit être compris comme un changement dans la loi de probabilité de la série
chronologique à un instant donné, le plus souvent inconnu (Lubes et al., 1994).

[Link]. Test de Pettit « version modifiée de Mann-Withney » (Lubes et al., 1994) :

Le test de Pettit est non-paramétrique et dérive du test de Mann-Whitney. L’absence d’une


rupure dans la série (xi) de taille N constitue l’hypothèse nulle.
Le fondement de ce test est le suivant :

La série est divisée en deux sous-échantillons respectivement de taille m et n.


Les valeurs des deux échantillons sont regroupées et classées par ordre croissant. On calcule
alors la somme des rangs des éléments de chaque sous-échantillon dans l’échantillon total. Une
statistique est définie à partir des deux sommes ainsi déterminées, et testée sous l’hypothèse
nulle d’appartenance des deux sous-échantillons à la même population.

La formulation du test de Mann-Withney modifiée par Pettit est la suivante :

La mise en œuvre du test suppose que pour tout instant t variant de 1 à N, les séries (xi), i
= 1, t et (xi), i = 1, t+1, N appartiennent à la même population.

Soit Dij =sgn( xi − x j ) avec : sgn(x) = 1 si x>0


sgn(x) = 0 si x=0
sgn(x) = -1 si x<0

On considère Ut, N telle que :


t N
U t, N =∑ ∑ Dij
i =1 j = t +1

Soit KN la variable définie par le maximum en valeur absolue de Ut, N pour t variant de 1
à N.

A partir de la théorie des rangs, Pettitt montre que si k désigne la valeur de KN prise sur la
série étudiée, sous l’hypothèse nulle, la probabilité de dépassement de la valeur k est donnée
approximativement par :

prob(K N 〉 k)≈2exp( −36k² )


(N + N²)
Pour un risque α de première espèce donné, si prob(K N 〉 k) est inférieur à α , l’hypothèse nulle
est rejetée. La série comporte alors une rupture localisée au moment τ où est observée KN .

Le test est plus particulièrement sensible à un changement de moyenne.

81
2-1-3-2 Test du rapport de vraisemblance (Buishand, 1982, 1984)

Ce test fait référence au modèle simple qui suppose un changement de moyenne de la série :

μ +εi i =1,......... ,m
xi =
μ +Δ+εi i =m+1,....,n

Les εi sont de variables aléatoires normales de moyenne nulle et de variance commune


inconnue σ² . Le point de rupture m et les paramètres μ et Δ sont aussi inconnus.

Plusieurs méthodes statistiques ont été développées pour tester l’hypothèse nulle Δ =0 contre
l’hypothèse alternative Δ ≠0.

On s’intéresse aux termes du cumul d’écarts suivants :


k

S =∑(x − x) Pour

k i k=1,…………..,N
i =1

s =0
0

x est la moyenne des valeurs x1, x2, ………..,xN.



S k
est tel que :
( ) ∗
E S k =−k(N −m)N −1Δ, k =0,………m
E(S )=−m(N −k)N Δ,

k
−1 k = m+1,.........,N
var(S )=k(N −k)N σ²,

k
−1 k = 0,…………,N


On observe que la moyenne des S k
est :

Nulle pour une série homogène ( Δ =0) ;


Positive pour Δ <0 ;
Négative pour Δ >0.

La variance est maximale si k=N/2. Même pour une série purement aléatoire, les valeurs

de S k peuvent différer de zéro, spécialement pour k au voisinage de N/2.
Le test du rapport de vraisemblance porte sur la variable :
⎧ ∗

V =max⎨
⎪ S k ⎪
⎬ Pour 1 ≤ k ≤ N-1
⎪⎩ Dx k(N −k) ⎪⎭
avec Dx écart-type de la série.

De grandes valeurs de V conduisent à rejeter l’hypothèse nulle. Les valeurs critiques de la


statistiques V peuvent être obtenues à partir des valeurs critiques de la statistique W telle que :
W = N −2.V
1−V²
qui ont été tabulées par Worsley (1979).

La statistique V est fortement dépendante de l’hypothèse de normalité sur la distribution


de la variable étudiée.
82
[Link]. Statistique U (Buishand, 1982, 1984)

Le test ici présent est de nature Bayésienne.

Il fait référence au même modèle de base et aux mêmes termes que le test précédent.
En supposant une distribution a priori uniforme pour la position du point de rupture m, la
statistique U est définie par :
2
N −1⎛ ⎞

U= 1
∑ S
⎜ k⎟
N(N +1) k =1 ⎜ Dx ⎟
⎝ ⎠

Des valeurs critiques de la statistique U sont données par Buishand (1982) à partir d’une
méthode de Monte Carlo. De meilleures estimations sont parues ultérieurement (Buishand, 1984)
(tableau n°25).

Tableau n°25 : Valeurs critiques et bornes de la statistique U pour tester Δ = 0 contre


Δ ≠ 0.
Taille de l’échantillon Borne inférieure Niveau de signification α Borne supérieure Umax
Umin 0.10 0.05 0.01
10 0.023 0.333 0.416 0.574 0.929
20 0.012 0.340 0.440 0.659 1.934
30 0.008 0.343 0.447 0.688 2.944
40 0.006 0.344 0.451 0.702 3.956
50 0.005 0.345 0.453 0.710 4.968
100 0.002 0.346 0.457 0.727 10.033
∞ 0 0.347 0.461 0.743 ∞

La statistique U donne moins de poids que la statistique V (test précédent) aux premières
et dernières valeurs de la série. En conséquence, la statistique V est supérieure à la statistique U
pour déceler un changement de moyenne en début et en fin de série. Pour tout changement de
moyenne survenant au milieu de la série, la statistique U s’avère plus performante.

En cas de rejet de l’hypothèse nulle, aucune estimation de la date de rupture n’est


proposée par ce test.

Outre cette procédure, la construction d’une ellipse de contrôle permet d’analyser


l’homogénéité de la série de (xi). la variable Sk, définie au dessus, suit une distribution normale
de moyenne nulle et de variance k ( N − k ) N −1σ ² , k = 0, …, N sous l’hypothèse nulle
d’homogénéité de la série des (xi). il est donc possible de définir une région de confiance dite
ellipse de contrôle associée à un seuil de confiance contenant la série des Sk.

[Link]. La Procédure Bayésienne de Lee et Heghinian (Lubes et al., 1994)

Le modèle de base de la procédure est le suivant :


μ +εi i =1,.........,τ
xi =
μ +δ +εi i=τ +1,....,n
Les εi sont des variables aléatoires normales de moyenne nulle et de variance σ² . τ , μ , δ et σ
sont des paramètres inconnus et indépendants, 1≤τ ≤ N −1 , −∞ μ ≤+∞ , −∞ δ ≤+∞ , σ >0.

83
τ et δ représentent respectivement la position dans le temps et l’amplitude d’un changement
éventuel de moyenne.

L’approche Bayésienne présentée ici est fondée sur les distributions marginales a
posteriori de τ et δ (Lee et Heghinian, 1977).

a. Les distributions a priori de τ et δ sont :


p(τ)= 1 , τ =1,2,....N −1
N −1
p(τ) est normale de moyenne nulle et de variance σ δ .
2

b. La distribution a posteriori de τ est définie par :

p(τ )=[N /(τ(N −τ))] .[R(τ)]


1/ 2 −(N − 2) / 2
, 0≤τ ≤ N −1
x
avec :

τ N

H(τ)
∑ (xi − xτ )²+ ∑(xi − xN −τ )²
i =τ +1
R(τ)= N
= i =1
N

i =1
(xi − xN )² ∑
i =1
(xi − xN )²

et :
N τ N
xN = 1 ∑ xi ; xτ = 1 ∑ xi ; xN −τ = 1 ∑ xi
N i =1 τ i =1 N −τ i =τ +1

c. la distribution a posteriori de δ est définie à partir de la distribution a posteriori


τ
de τ , p( ) et de la distribution conditionnelle a posteriori par rapport à τ , p(δ ) :
x τ, x
N −1
p(δ )= ∑ p(δ ).p(τ )
x τ =1 τ, x x

d. la distribution conditionnelle a posteriori de δ par rapport à τ est une distribution


N.H(τ)
σ
2
de Student de moyenne δˆτ = xN − xτ et de variance =
δ /τ (N − 2).(τ(N −τ))
avec υ = N −2 ,la

fonction densité de probabilité de cette loi de Student est la suivante :

υυ / 2Γ((υ +1)/ 2)
p( δ 1
τ, x Γ(1/ 2).Γ(υ / 2).( 2 )1/ 2 ⋅ (υ +(δ −δˆτ )² / 2 )(υ +1) / 2
)=
σ δ /τ σ δ /τ
Le changement éventuel, position et amplitude, correspond au mode des distributions a
posteriori de τ et δ . La méthode fournit la probabilité que le changement se produise au moment
τ dans une série où on suppose a priori qu’il y a effectivement un changement à un moment
indéterminé. De même elle donne une estimation de la probabilité que l’amplitude du
changement ait la valeur δ .

2-1-3-5 La procédure de segmentation des séries hydrométéorologiques


(Hubert P., 1997)

84
Une procédure de segmentation de séries hydrométéorologiques a été présentée par
Hubert en 1989. Le principe de cette procédure est de « découper » la série en m segments
(m>1) de telle sorte que la moyenne calculée sur tout segment soit significativement
différente de la moyenne (ou des) segment(s) voisin(s). Une telle méthode est appropriée à la
recherche de multiples changements de moyenne.
La segmentation est définie de la façon suivante :
Toute la série xi, i = i1, i2 avec i1 ≤ 1 et i2 ≥ N où (i1 < i2) constitue un segment de la série
initiale des (xi), i = 1, ……, N.

Toute partition de la série initiale en m segments est une segmentation d’ordre m de cette
série.

A partir d’une segmentation particulière d’ordre m pratiquée sur la série initiale, on définit :

ik, k=1, 2,……, m, le rang dans la série initiale de l’extrémité terminale du kième
segment ;

nk= ik – ik-1, la longueur du kième segment ;


i =ik

∑ xi
i =ik −1 +1
xk la moyenne du kième segment, xk = ;
nk
m
Dm, l’écart quadratique entre la série et la segmentation considérée, Dm =∑d k avec
k =1
i =ik
dk = ∑(xi − xk )² . Cet écart permet d’apprécier la proximité de la série et de la
i =ik −1 +1

segmentation qui lui est appliquée.

La segmentation retenue au terme de la mise en œuvre de la procédure doit être telle que
pour un ordre m de segmentation donné , l’écart quadratique Dm soit minimum. Cette
condition est nécessaire mais non suffisante pour la détermination de la segmentation optimale.
Il faut lui adjoindre la contrainte suivante selon laquelle les moyennes de deux segments
contigus doivent être significativement différentes : xk ≠ xk +1∀k =1,2,...,m−1 . Cette contrainte est
satisfaite par application du test de Scheffé qui repose sur le concept de contraste (Dagnélie,
1970).

Par conséquent si lors du processus de segmentation d’ordre m+1, aucune segmentation


produite n’est valide au sens du test de Scheffé, la segmentation de la série qui est retenue en tant
que meilleure segmentation est la segmentation optimale d’ordre m.
D’après les auteurs (Hubert et al., 1989), cette procédure de segmentation peut être regardée
comme un test de stationnarité, « la série étudiée est stationnaire », constituant l’hypothèse nulle
de ce test. Si la procédure ne produit pas de segmentation acceptable d’ordre supérieur ou égal à
2, l’hypothèse nulle est acceptée.

2.1-3-6 Les conditions d’application des méthodes

Les procédures statistiques qui sont utilisées regroupent des tests statistiques classiques,
une méthode bayésienne et une technique de segmentation de séries chronologiques. Leurs
conditions d’application sont ici précisées.

85
a. Les tests classiques

Le test de corrélation sur le rang ne suppose aucune propriété particulière de la série


chronologique étudiée. Le test de Pettitt s’applique à des séries non autocorrélées et requiert
implicitement que la variance de la série ne soit pas affectée par la rupture si une rupture
prioritairement recherchée. La statistique de Buishand repose sur l’ensemble des hypothèses
suivantes : normalité de la série, égalité de variances des distributions de part et d’autre du point
de rupture, absence d’autocorrélation.

b. Procédure bayésienne

La procédure bayésienne de Lee et Heghinian impose normalité, non autocorrélation et


constance de la variance.

c. Segmentation

La segmentation qui fait intervenir le test de Scheffé sous-entend implicitement la


normalité de la série chronologique.

2.1.4 Méthodes retenues dans l’étude

Les divers tests qui viennent d’être présentés ne constituent en aucun cas une liste
exhaustive des procédures qui ont pour objectif d’analyser « les traits » d’une série
chronologique. Toutefois, ont été recensés les tests les plus utilisés et les plus argumentés dans la
littérature.

Parmi les méthodes présentées précédemment, ont été retenus pour l’étude des séries
chronologiques de pluies et de débits, les tests suivants.

[Link] Test de corrélation sur le rang

Ce test est intéressant du point de vue de son hypothèse alternative qui est celle d’une
tendance. De plus, ce test s’est révélé satisfaisant pour détecter un changement de moyenne sur
des séries aléatoires générées artificiellement avec perturbations (Bonnaud, 1994).

[Link]. Test de Pettitt

La réputation de ce test de détection de rupture dont il existe de multiples applications


(Demarée, 1990 ; Sutherland et al., 1991 ; Vannitsem et Demarée, 1991) justifie qu’il soit ici
retenu.

[Link] Statistique U de Buishand

La robustesse de ce test et l’originalité de son fondement à partir d’une approche


Bayésienne le rendent intéressant.

[Link]. La Procédure Bayésienne de Lee et Heghinian

La procédure Bayésienne de Lee et Heghinian a été déjà appliquée à l’étude de la


structure de la saison des pluies en Afrique Soudano-Sahélienne (Chaouche, 1988) et elle a
donné de très bons résultats.

86
[Link] Procédure de segmentation des séries hydrométéorologiques de P. HUBERT

Déjà appliquée à des séries de précipitations et de débits de l’Afrique de l’Ouest (Hubert


et Carbonnel, 1993) et de l’Algérie (Meddi et al., 2003), son utilisation est lucrative dans la
présente étude.

Parmi les raisons pour lesquelles certaines méthodes n’ont pas été retenues, il faut citer :
Absence d’hypothèse alternative précise

L’existence de tests similaires plus performants ; c’est ainsi que les procédures de
détection ont été jugées plus pertinentes que le test t de Student de différence de deux
moyennes ou le test de Cramer.

Une hypothèse trop forte de normalité de la variable étudiée, c'est-à-dire un défaut de


robustesse.

Les conclusions relatives à une étude de simulation de séries aléatoires artificiellement


perturbées (Bonnaud, 1994).

2.2 Approches statistiques et analyses des séries pluviométriques

La stationnarité ou la non stationnarité des séries pluviométriques intéresse beaucoup les


utilisateurs de ces dernières dans les différentes applications (hydrologie, agronomie, gestion des
ressources hydriques, etc.). La détection d’une ou plusieurs ruptures renseigne sur l’évolution
pluviométrique dans la région donnée. Cette rupture peut être considérée comme étant due à un
changement des paramètres de la loi de probabilités des variables aléatoires dont les réalisations
successives constituent les séries chronologiques étudiées.

En Algérie, les changements climatiques de ces dernières décennies ont eu une influence
négative sur la ressource hydraulique (recharge des nappes et remplissage des barrages
réservoirs) et sur le rendement agricole. Ces changements poussent actuellement les décideurs à
revoir les types de cultures qui peuvent s’adapter à la nouvelle donne climatologique de certaines
régions du pays et surtout de l'Ouest de l'Algérie.

Nous espérons mettre ici en évidence cette évolution par la détermination de l’année ou
des années de rupture des séries pluviométriques et de voir l’évolution saisonnière et mensuelle
qui influence le cycle végétatif et le renouvellement des ressources hydriques.

Nous traiterons la totalité de l’information contenue dans les séries chronologiques


retenues. L’étude sera menée par l’application de tests statistiques de détection de ruptures des
séries chronologiques de pluies à l’échelle de temps annuelle et mensuelle. Le choix des
méthodes repose sur la robustesse de leur fondement.

En premier lieu, le problème qui se pose au sujet des séries chronologiques est celui du
savoir si les valeurs qui les composent sont organisées dans le temps ou, au contraire, se
succèdent d’une manière absolument fortuite. On appelle série purement aléatoire ou série « au
hasard », toute série chronologique dans laquelle la probabilité pour que la variable X prenne la
valeur xi+1 est indépendante de la valeur immédiatement précédente xi ; dans le cas contraire, la
série est dite « organisée ».

Partant de cette définition, nous avons utilisé le test de corrélation sur le rang pour
vérifier le caractère aléatoire des séries chronologiques.

87
Les résultats obtenus (tableau n°26) montrent un effet de tendance entre les valeurs
successives de certaines séries chronologiques ; on a conclu que ces séries que nous allons
analysées, sont dépourvues du caractère aléatoire.

En deuxième lieu, les méthodes pour mettre en évidence ces ruptures sont :
La statistique U de Buishand, le test de Pettitt, la méthode bayésienne de Lee et Heghinian
et la procédure de segmentation de Hubert dont la puissance et la robustesse ont fait l’objet d’une
revue par lubés- Niel et al (1998) et dont la dernière a fait l’objet d’une évaluation spécifique
avec un recul de 10 ans (Hubert et al, 1998) et une application en Algérie (Meddi et Hubert P.,
(2003).

2.2.1 l’échelle annuelle

Appliqués à chaque site, ces tests donnent des résultats généralement concordants du
moins au niveau de la reconnaissance d’une hétérogénéité dans la série, même si les estimations
des ruptures en moyenne données par plusieurs tests diffèrent parfois de quelques années.

Tableau n°26 : résultats du test de corrélation sur le rang appliqué aux séries pluviométriques
annuelles

Station H0 intervalle de U
Oued Sly rejetée 99%-95%-90% -3,23
Ammi Moussa rejetée 99%-95%-90% -3,24
Kenenda ferme rejetée 99%-95%-90% -4,56
Frenda rejetée 99%-95%-90% -3,50
Ain El Haddid rejetée 99%-95%-90% -4,84
Ain Hamara rejetée 99%-95%-90% -3,08
Takhemaret DH1 rejetée 90% -1,92
Tamzourah rejetée 99%-95%-90% -3,04
Stidia rejetée 99%-95%-90% -2,86
Sidi Ali Ben Youb rejetée 99%-95%-90% -2,34
Mustafa Ben Brahim rejetée 99%-95%-90% -1,86
Tessala rejetée 99%-95%-90% -5,25
Merine rejetée 90% -1,92
Touazizine (Dhaya) rejetée 95%-90% -2,34
Ain El hadjar rejetée 95%-90% -2,5
Saida rejetée 99%-95%-90% -2,65
Oued Taria rejetée 99%-95%-90% -3,24
Sidi Mimoun rejetée 95%-90% -2,09
Ain Fekan rejetée 99%-95%-90% -3,58
Aouf M.F rejetée 99%-95%-90% -3,09
Bouhanifia bge. rejetée 99%-95%-90% -3,87
Mohamadia GRHA rejetée 99%-95%-90% -4,8
Maghnia Lalla rejetée 95%-90% -2,19
Sebdou rejetée 99%-95%-90% -3,04
Beni Bahdel rejetée 95%-90% -2,18
Khemis rejetée 90% -1,92
Merchiche rejetée 90% -1,65
Chouly rejetée 99%-95%-90% -3,48
Meufrouche bge rejetée 99%-95%-90% -2,97
Benskrane rejetée 95%-90% -2,43

88
Les résultats des détections de ruptures sont consignés dans le tableau n°27
au tableau n°28.

Tableau n°27: résultats des tests de détection de rupture appliqués aux séries pluviométriques
annuelles

Station période Segmentation de Pierre Hubert Buishand PettittLee et


d'étude Heghinian
début fin moyenne écart- H0 année année
type
Rechaiga 1915-1998 1915 1977 311,6 91,0 rejetée 1976 1977
1978 1998 203,6 57,0
Tissemsilet 1926-2001 1926 1955 429,7 99,3 rejetée 1978 1978
1956 2001 352,0 80,5
Ain Oussera 1915-1998 1915 1951 264,5 73,1 rejetée 1951 1951
1952 1998 200,2 64,3
Ammi Moussa 1926-2001 1926 1979 415,9 113,5 rejetée 1977 1979
1980 2001 305,0 93,9
Kenenda ferme 1926-2001 1926 1978 495,9 137,8 rejetée 1978 1978
1979 2001 266,0 136,4
Frenda 1926-2001 1926 1979 477,6 111,3 rejetée 1977 1979
1980 2001 345,0 97,2
Ain El Haddid 1926-2001 1926 1976 418,4 101,0 rejetée 1976 1976
1977 2001 279,4 74,7
Ain Hamara 1968-1998 1968 1972 368,7 105,0 rejetée 1980 1980
1973 1998 256,8 68,4
Takhemaret DH 1968-1998 1968 1972 339,0 69,1 rejetée 1980 1972
1973 1998 239,4 68,4
Sidi AEK El 1968-1998 1968 1979 285,4 35,5 rejetée 1979 1979
Djellali 1973 1998 223,6 57,8
Tamzourah 1915-1998 1915 1974 637,0 96,8 rejetée 1973 1973
1975 1998 332,6 100,1
Stidia 1914-2000 1915 1980 399,4 108,8 rejetée 1980 1980
1981 1998 268,2 99,5
Oran 1915-1998 1915 1976 398,7 115,5 rejetée 1976 1976
1977 1998 318,9 82,8
Sidi Ali Ben 1915-1998 1915 1954 455,7 100,3 rejetée 1954 1954
Youb 1955 1998 341,4 93,7
Mostefa Ben 1968-1998 1968 1979 420,2 57,6 rejetée 1980 1980
Brahim 1980 1998 266,7 81,7
Tessala 1915-1998 1915 1980 561,6 165,5 rejetée 1971 1974
1981 1998 302,1 72,4
Ain El hadjar 1926-2001 1926 1951 471,8 117,0 rejetée 1953 1953
1952 2001 348,6 139,6
Saida 1926-2001 1926 1972 375,1 84,9 rejetée 1972 1972
1973 2001 296,6 96,0
Oued Taria 1915-1998 1926 1949 393,6 116,3 rejetée 1949 1943
1950 2001 280,6 111,6

89
Tableau n°28: résultats des tests de détection de rupture appliqués aux séries pluviométriques annuelles
Station période Segmentation de Pierre Hubert Buishand Pettitt Lee et
d'étude Heghinian
début fin moyenne écart- H0 année année
type
Ain Fekan 1915-1998 1915 1974 371,5 89,9 rejetée 1974 1974
1975 1998 278,2 69,5
Aouf 1926-2001 1926 1976 628,1 161,5 rejetée 1976 1976
1977 2001 429,7 162,8
Bouhanifia bge. 1926-2001 1926 1980 386,5 83,8 rejetée 1975 1980
1981 2001 254,5 54,7
Mohamadia 1926-2001 1926 1980 386,5 83,8 rejetée 1980 1980
GRHA 1981 2001 254,5 54,3
Maghnia 1915-1998 1915 1980 419,3 125,4 rejetée 1980 1980
1981 1998 283,7 83,8
Beni Bahdel 1941-2001 1941 1974 535,7 133,2 rejetée 1974 1974
1975 2001 390,4 122,8
Sebdou 1968-1998 1968 1980 448,3 67,6 rejetée 1980 1980
1981 1998 345,9 77,7
Sidi Medjahid 1968-1998 1968 1975 411,2 103,1 rejetée 1976 1976
1976 1998 271,4 81,7
Chouly 1968-1998 1968 1975 580,6 59,1 rejetée 1980 1975
1976 1998 388,4 89,5
Meffrouch 1968-1998 1968 1975 879,1 110,7 rejetée 1980 1975
1976 1998 549,7 146,9
Sidi Gourari 1968-1998 1968 1975 672,0 63,5 rejetée 1980 1975
1976 1998 391,4 108,6
Meffrouch 1968-1998 1968 1975 879,1 110,7 rejetée 1980 1975
1976 1998 549,7 146,9
Bensekrane 1968-1998 1968 1980 448,3 67,6 rejetée 1980 1980
1981 1998 345,9 77,7
Lalla Setti 1968-1998 1968 1975 797,0 74,0 rejetée 1977 1975
1976 1998 498,5 112,7
Tlemcen 1968-1998 1968 1974 743,2 73,4 rejetée 1979 1975
1975 1998 235,2 53,2
Afin d’interpréter ces résultats, nous avons esquissé une carte sur laquelle on a porté les
résultats obtenus (figure n°51).

Figure n°51 : esquisse cartographique des résultats obtenus à l’échelle annuelle

90
Au niveau de toute notre zone d’étude et pour l’ensemble des tests, la rupture s’est
produite durant la décennie 1970-1980 et c’est donc là que la baisse du module pluviométrique
annuel est devenue une réalité. Nous avons représenté la baisse au niveau de quelques stations à
partir de la figure n°52.

m oy1 m oy2

600

500

400

300

200

100

0
Oued Sly
Rechaiga

Ghrib Bge

Bahdel
(1972)
Saida

Maghnia
Tamzourah

(1974)
Tessala
(1971)

Beni
(1980)
(1977)

(1980)
(1975)

(1973)

Figure n°52 : variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle annuelle

Cette rupture, dans le sens d’une diminution de la pluviométrique annuelle, donne à


réfléchir pour mieux gérer une ressource hydrique sans cesse décroissante face à une demande
sans cesse en augmentation.

2.2.2 l’échelle saisonnière

Dans l’année hydrologique, des essais de détection de rupture ont été effectué sur les
séries pluviométriques saisonnières pour mieux comprendre leur apport dans la réduction de la
pluviométrique annuelle. Nous avons également utilisé les tests statistiques cités précédemment.

Concernant les pluies d’automne et d’été, aucune rupture significative n’a été détectée.
Par contre se sont les pluies d’hiver et de printemps qui contribuent à l’évolution du régime
pluviométrique. La détection de rupture des pluies d’hiver montre une rupture pour la majorité
des stations en 1973, ce qui confirment la baisse et le changement du régime pluviométrique
durant cette décennie. Les pluies d’hiver ont connu une diminution comprise entre 40% et 70%.
Les déficits atteignent les 97% (tableau n°29 et figure n°53).

Tableau n°29 : la comparaison entre les deux moyennes de part et d’autre de la date de
rupture à l’échelle saisonnière- hiver-

Station moy1 moy2 rapport date de rupture déficit max


Ammi Moussa 178,7 122,5 0,7 1980 68% en 1991
Tamzourah 203,1 126,9 0,6 1973 77% en 1988
Sidi Ali Ben Youb 173,6 112,4 0,6 1973 81% en 1978
Saida 132,9 98,7 0,7 1972 76% en 1988
Aouf 259,3 165,3 0,6 1976 97% en 1999
Bouhanifia Bge. 141,9 94,7 0,7 1973 75% en 1984
Mohamadia GRHA 164,7 110,5 0,7 1973 75% en 1974
Beni Bahdel 208,4 142,4 0,7 1980 78% en 1991
91
moy1 moy2

300,0

250,0

200,0

150,0

100,0

50,0

0,0

Ben Youb
Tamzourah

Saida

Bouhanifia
Aouf

Bahdel
Moussa

Mohamadia
Ammi

Beni
Sidi Ali

GRHA
Bge.
Figure n°53 : variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle saisonnière - Hiver -

Afin d’interpréter ces résultats, nous avons également esquissé une carte sur laquelle on a
porté les résultats obtenus (figure n°54). On remarque que les totaux précipités hivernaux
traduisent bien l’évolution du régime pluviométrique. Se sont ces pluies qui sont responsables de
la diminution des totaux annuels.

Figure n°54 : esquisse cartographique des résultats obtenus à l’échelle saisonnière Hiver

Les pluies de printemps présentent une rupture située entre les années 1974 et 1980 pour
la plupart des postes pluviométriques. Ces pluies, à leur tour, ont connu une baisse considérable
dépassant les 80% pour la station de Sidi Ali Ben Youb ; les déficits pluviométriques au cours de
cette saison sont considérables et importants par exemple : la station de Oued Taria a enregistré
un déficit de plus de 99% (figure n°55 et tableau n°30).

92
Tableau n°30 : la comparaison entre les deux moyennes de part et d’autre de la date de
rupture à l’échelle saisonnière- printemps-

station moy1 moy2 rapport date de rupture déficit max


Ammi Moussa 119,7 88,8 0,7 1974 93% en 1939
Kenenda Ferme 150,2 75,0 0,5 1977 94% en 1999
Sidi Ali Ben Youb 127,5 96,3 0,8 1975 81% en 1982
Ain El Hadjar 140,5 92,9 0,7 1975 90% en 1982
Saida 117,7 89,5 0,8 1974 78% en 1993
Oued Taria 104,5 72,4 0,7 1974 99% en 1983
Aouf 188,1 125,2 0,7 1975 84% en 1982
Bouhanifia Bge. 113,4 76,6 0,7 1975 76% en 1944
Mohamadia GRHA 119,5 77,8 0,7 1979 94% en 1944
Chouly 256,7 125,1 0,5 1975 84% en 1984

moy1 moy2

300,0

250,0

200,0

150,0

100,0

50,0

0,0
Bouhanifia
Sidi Ali Ben

Aouf
Kennenda

Chouly
Moussa

Saida

Oued Taria

Mohamadia
Hadjar
Ain El
Ammi

Ferme

GRHA
Bge.
Youb

Figure n°55 : variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle saisonnière –printemps-

Figure n°56: esquisse cartographique des résultats obtenus à l’échelle saisonnière - printemps -
93
Par cette analyse, on a déduit que :

- Les pluies d’hiver et de printemps sont responsables de la diminution des


pluies annuelles au niveau de la zone d’étude. Cette baisse des totaux pluviométriques explique
donc les conséquences subies par les agriculteurs et les consommateurs (alimentation en eau
potable). Du point de vue agricole, cette évolution négative, a eu un effet néfaste sur le
développement de la région étudiée. Ces constatations doivent pousser les décideurs à prendre
des décisions sur la nature des cultures à pratiquer dans la région affectée par ce phénomène en
fonction de cette nouvelle donne.

2.2.3 l’échelle mensuelle

Nous avons déjà présenté l’apport des pluies d’hiver et de printemps dans la réduction de
la pluviométrie. Afin de mieux cerner cette diminution à une échelle plus fine, nous avons
effectué une étude à l’échelle mensuelle pour détecter le changement.

Nous avons appliqué toutes les méthodes décrites précédemment à tous les mois de
l’année. Nous avons remarqué que se sont les pluies d’hiver ; notamment les pluies de décembre
et de janvier ; et les pluies de printemps (mars et avril) qui ont connu une rupture de stationnarité
dans les séries chronologiques.

- Les pluies du mois de décembre ont connu une diminution comprise entre 5%
et 63% (figure n°57).
- Les pluies du mois de janvier à leur tour ont enregistré des déficits très
importants variant entre 33% et 53% (figure n°58).
- Les variations du mois de mars oscillent entre 37% et 69%(figure n°59).
- Concernant les mois d’avril, les déficits ont dépassé les 67% (figure n°60).

Se sont ces pluies de ces mois qui sont responsables du taux de ruissellement et de
l’écoulement à l’échelle annuelle, cette diminution nous donne une idée préliminaire sur
l’évolution du régime hydrologique.

moy1 moy2

100,0
90,0
Précipitations mensuelles (mm)

80,0
70,0
60,0
50,0
40,0
30,0
20,0
10,0
0,0
Sidi Ali Ben

Ain Soltane

Beni Bahdel
Ain El Haddid

Bensekrane
Sidi Hosni

Frenda

Tamzourah

Sidi Mimoun
Youb

Figure n°57 : variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle mensuelle –décembre-

94
moy1 moy2

140,0

Préciptations mensuelles (mm) 120,0

100,0

80,0

60,0

40,0

20,0

0,0

Mostefa Ben

Oued Taria

Lalla Setti
Sidi Gourari
N'gaous

Tlemcen
Frenda

Merine

Saida

Meurbah
Ksob Bge
Sidi Hosni

Ain El Haddid

Brahim

Figure n°58 : variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle mensuelle –janvier—

moy1 moy2

250,0
mensuelles (mm)

200,0
Précipitations

150,0

100,0

50,0

0,0
Ain Hamara

Bensekrane
Kenenda

Khemis

chouly
Merchich

Meffrouch
Mimoun
Takhemaret
ferme

Sidi
DH1

Figure n°59 : variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle mensuelle –mars –

95
moy1 moy2

140,0

Précipitations mensuelles (mm)


120,0

100,0

80,0

60,0

40,0

20,0

0,0

Mostefa Ben Brahim


Takhemaret DH1
Ain Hamara

Benskrane
Meufrouche bge

Lalla Setti
Merine

Beni Bahdel
Chouly
Frenda

Sidi AEK El Djellali

Oued Taria

Sebdou

Tlemcen
Ain El Hadjar
Sidi Hosni

Ain El Haddid

Figure n°60 : variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle mensuelle –avril--

2.3. Conclusion

L’étude de détection de rupture a permis de localiser une modification du régime


pluviométrique durant la décennie 1970-1980 pour la plupart des stations pluviométriques
étudiées.

Pour mieux comprendre l’apport des pluies saisonnières dans la réduction


pluviométrique, nous avons appliqué aux séries chronologiques de cette échelle les tests
statistiques suivants: la statistique U de Buishand, le test de Pettitt, la méthode bayésienne de Lee
et Heghinian et la procédure de segmentation de Hubert. Nous avons conclu que se sont les
pluies d’hiver et de printemps qui ont enregistré une rupture dans les séries chronologiques
durant la décennie 1970-1980. Se sont les pluies d’hiver qui traduisent le mieux la rupture de
stationnarité des séries pluviométriques annuelles.

A une échelle de temps plus fine, celle du mois, nous avons remarqué que se sont les
mois de décembre, de janvier, de mars et d’avril qui ont enregistré les baisses les plus
significatives et les plus importantes. L’étude du nombre de jours de pluies nous parait
également intéressante à considérer en raison de son intérêt pour les gestionnaires agricoles.

Cette partie de notre travail met en avant l’évolution temporelle du régime


pluviométrique ainsi que l’influence des pluies saisonnières et mensuelles sur cette évolution.
Cependant, une étude spatiale s’avère indispensable pour connaître et localiser les régions les
plus touchées par ce phénomène enregistré lors de ces deux dernières décennies. Ceci fera
l’objet de la partie suivante.

CHAPITRE 3 : REPRESENTATION GRAPHIQUE ET ANALYSE


96
CARTOGRAPHIQUE

3.1. Introduction

Depuis plus de vingt ans maintenant, l’ouest algérien ainsi que les centre sont soumis à
une sévère sécheresse qui se traduit par des déficits pluviométriques importants. Les résultats des
tests statistiques de détection de rupture des données de la pluviométrie mensuelle, saisonnière et
annuelle ont mis l’accent sur la période 1970-1980. Cependant plus à l’Est, la sécheresse semble
se faire également ressentir mais sans s’inscrire dans l’histoire des changements exceptionnels.

Pour mieux visualiser l’extension régionale de cette variabilité climatique, nous avons
allié représentations cartographiques aux procédures statistiques déployées dans la partie
précédente. Pour réaliser cette étude, un grand nombre de postes pluviométriques ont été retenus
afin de constituer une base de données annuelle la plus complète et la plus représentative
possible de la zone d’étude. Les postes retenus obéissent à des critères de durée de l’information
(1930-1999) et de qualité de données. Le choix des postes s’est également effectué de manière à
permettre une bonne couverture de la zone d’étude.

Ont ainsi été retenus une cinquantaine de postes avec des séries chronologiques qui
couvrent une information suffisante pour permettre des représentations graphiques significatives
et une analyse cartographique satisfaisante pour apercevoir la variabilité spatiale du régime
pluviométrique algérien.

3.2. Cartographie de la variabilité pluviométrique annuelle

Sur la période 1930-1999, retenue comme période de référence car commune à tous les
postes étudiés et présentant une forte densité d’information. Nous avons, en outre, procédé à une
étude cartographique. Pour chacun des postes retenus, un indice pluviométrique a été calculé,
défini comme une variable centrée réduite (Lubes et al., 1994) :

xi − x
S
Avec :
xi : Pluviométrie de l’année ;
x : Pluviométrie moyenne interannuelle sur la période de référence;
S : écart-type de la pluviométrie interannuelle sur la période de référence.

L’indice standardisé de précipitation a été développé en 1993 en vue de caractériser les


déficits de précipitation pour une période donnée. Il reflète l’impact de la sécheresse sur la
disponibilité des différentes ressources en eau. Cet indice est calculé lorsque la précipitation
n’est pas normalement distribuée. On effectue une classification de la sécheresse suivant les
valeurs de l’indice pluviométrique (tableau n°31).

Tableau n°31: sévérité de la sécheresse

Type de sécheresse Critère de comparaison


Modérée pi −σ 〈 pi 〈 pm

Forte pi −2σ 〈 pi 〈 pm −σ

Très sévère pi 〈 pm −2σ


Cet indice pluviométrique traduit un excédent ou un déficit pluviométrique pour l’année
considéré par rapport à la période de référence choisie. En premier lieu, une cartographie de la
97
moyenne par décennie des indices pluviométriques pour chacun des postes pluviométriques
considérés est dressée.

La cartographie des courbes d’isovaleurs qui en résulte est une cartographie


d’«intensité » de déficit ou d’excès pluviométriques. Elle révèlera ainsi le contraste entre les
différentes périodes étudiées. En deuxième lieu, pour mieux visualiser les résultats obtenus,
nous avons rangé les stations par longitude (figure n°61) et latitude croissante (figure n°62) ; ceci
dans le but d’observer :

• Une succession de périodes déficitaires et excédentaires ;


• Une intervention simultanée ou non des fluctuations climatiques à une même date sur
l’ensemble de la zone d’étude.

3.3. Résultats et discussion

Pour enrichir et pour mieux doter notre étude d’arguments, on a pris en considération le
nombre d’années déficitaires. Sachant que, le déficit pluviométrique correspond à la différence
entre la pluie d’une année donnée et la normale sur une période longue (dans notre cas 70 ans).
Nous avons remarqué que plus de 50% des années sont déficitaires et cela pour l’ensemble des
stations représentatives du Nord Ouest Algérien (figure n°64). Ces déficits varient d’une année à
une autre et d’une station à une autre selon des proportions différentes. Pour certaines stations, le
nombre d’années déficitaires peut atteindre les 68 % notamment à la station de Medrissa, ce qui
montre la diminution de la pluviométrie.

Figure n°61 : visualisation des périodes déficitaires et excédentaires en fonction de la longitude du poste de mesure

98
Figure n°62 : visualisation des périodes déficitaires et excédentaires en fonction de la latitude du poste de mesure

70

60

50
% des années déficitaires

40

30

20

10

0
Kennenda Ferme

Mohamadia GRHA
Ammi Moussa

Sidi Ali Ben Youb

Bouhanifia Bge.
Oued Sly

Frenda

Tessala

Saida

Oued Taria
Tissemsilet

Ain El Hadjar
Ain El Haddid

Stidia
Sidi Hosni

Aouf M.F.

Fig. n°63 : Nombre des années déficitaires par station sur la période 1930-1999

99
1930-1939 1940-1949 1950-1959 1960-1969 1970-1979 1980-1989 1990-1999

100%

% des années déficitaires par décennie


80%

60%

40%

20%

0%
Ammi Moussa

Aouf M.F.
Tessala
Tissemsilet

Tamzourah

Stidia

Saida

Oued Taria

Mohamadia

Ain Fekan
Frenda
Sidi Hosni
Oued Sly

Ain El Hadjar
Kennenda Ferme

Ain El Haddid

Sidi Ali Ben Youb

Bouhanifia Bge.

GRHA
Figure n°64: Pourcentage des années déficitaires par décennie

Pour mieux cerner ce phénomène, nous avons représenté le pourcentage des années
déficitaires par décennie (figure n°64). Pour mieux expliquer et interpréter les résultats obtenus
décennie par décennie, on s’est basé sur la figure n°61, la figure n°62 et la figure n°63.

La décennie 1930-1939 : (fig. n°65)

Durant cette décennie, le nombre d’années déficitaires oscille entre 1 année sur dix et 7
années sur dix pour la station de Saida..

Fig. 65 : Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1930-1939)

100
La décennie 1940-1949 : (fig. n°66)

Sur la majorité de la zone d’étude, le caractère déficitaire gagne du terrain avec des
indices pluviométriques variant entre 0 et -0.6. Le nombre d’années déficitaires oscille entre 8
années sur dix à la station de Sidi Ali Ben Youb. Toutefois, dans la région située entre les
méridiens 0°55’ W et 1°60 E, un caractère excédentaire particulier est observé. L’indice
pluviométrique varie entre 0.1 et 0.62 à la station de Bouhanifia Bge. Vu cette particularité, nous
avons cartographié la moyenne par quinquennat des indices pluviométriques pour chacun des
postes pluviométriques considérés.

Fig. 66 : Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1940-1949)

1940-1944 (fig. n°67)

Entre les méridiens 1°60’ W et 0°55’ W, le caractère déficitaire s’est accentué. L’indice
pluviométrique varie entre -0.6 et -0.2. Cependant, la région située entre les méridiens 0°55’ W
et 2° E, le caractère excédentaire s’accentue encore plus.

1945-1949 (figure n°68)

Durant ce quinquennat, le caractère déficitaire commence à s’estomper sur pratiquement


toute la région et les indices pluviométriques diminuent et ils sont plutôt proches de la normale.
La région située entre les méridiens 0°55’W et 2°E préserve son caractère excédentaire
exceptionnelle. Pour essayer d’expliquer ce phénomène, nous nous sommes intéressé au nombre
d’années déficitaires durant cette décennie. Ce nombre varie entre 10% et 40% au niveau des
stations de Ain El Hadjar et Bouhanifia Bge respectivement.
Pour l’ensemble des stations situées dans cette région, l’année 1944-1945 est la plus
déficitaire avec un indice pluviométrique variant entre -0.55 et -1.98 à la station de Ain
El Hadjar et à la station de Mohamadia GRHA respectivement.

101
Fig. 67 : Variation de l’indice pluviométrique du quinquennat (1940-1944)

Pour la décennie 1940-1949 ( Fig.66), on a constaté que le caractère déficitaire a envahi toute
l’Algérie du Nord au début des années 40. Cette tendance à la baisse a atteint son paroxysme au
cours de l’année 1944-1945 au niveau du bassin de la Macta. Ceci est dû :

Fig. 68 : Variation de l’indice pluviométrique du quinquennat (1945-1949)

- Au relief et à la topographie du bassin, ce dernier est constitué d’une part par la haute plaine
de Sidi Bel Abbes, les plaines de la Habra et de Mascara et d'autre part par deux dispositifs
orographiques parallèles à la côte allant du Sud- Ouest au Nord- Est. Ces dispositifs sont formés
essentiellement par les monts de Beni Chougrane dont l'altitude varie entre 540 et 900m et les
monts de Telagh et de Saida avec une altitude variant de 600 à 1200m.

102
- Au climat, en général, le bassin de la Macta subit l'influence méditerranéenne au Nord et
continentale au Sud où le climat est aride et sec avec des hivers froids et des étés chauds. Les
précipitations annuelles dans la région varient entre 280 mm dans la partie Sud du bassin et 600
mm dans les montagnes de Beni Chougrane. Les années les plus humides peuvent avoir des
précipitations 3 à 4 fois supérieures des années les plus sèches.

A partir de l’année 1945, le caractère déficitaire s’estompe pour laisser place à la


tendance à la hausse.

La décennie 1950-1959 : (fig. n°69)

C’est une période excédentaire sur l’ensemble de la zone étudiée. L’indice


pluviométrique varie entre 0.2 et 1.2. Le nombre d’années déficitaires n’a pas dépassé 1 année
sur dix pour certaines stations, notamment : les stations de Ain El Haddid. On remarque
également le début d’un épisode sec sur la zone comprise entre les longitudes 2°00’W et 2°00’E
et les latitudes 33°20’ N et 35° N. Au niveau de cette zone, l’indice pluviométrique varie entre
0 et 0.2.

Fig. 69 : Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1950-1959)

La décennie 1960-1969 : (figure n°70)

Dans la zone comprise entre les longitudes 1°60’ W et 2°00’ E et les latitudes
35°00’ N et 36° 00’ N, on remarque la présence d’un caractère excédentaire avec des indices
pluviométriques compris entre 0 et 0.8.

103
Fig. 70: Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1960-1969)

La décennie 1970-1979 : (fig. n°71)


Lors de cette décennie, un net contraste est observée à l’Ouest. Au niveau de la zone
située entre les méridiens 1°40’ W et 2° E et les latitudes 35°00’ N et 36°50’ N, cette décennie
est une période excédentaire avec des indices pluviométriques relativement élevés variant entre 0
et 1. Pour mieux cerner l’évolution irrégulière du régime pluviométrique pendant cette décennie,
nous avons encore une fois calculé la moyenne des indices pluviométriques sur 5 ans de tous les
postes retenus lors de cette étude.

Fig. 71 : Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1970-1979)

104
1970-1974 (fig n°72)

Pendant ces 5 ans, notre zone d’étude est divisée en deux groupes géographiques à
caractère pluviométrique bien distinct : - Le caractère excédentaire couvre la zone située entre
les longitudes 2°00’ W et 1°60’ E (région Ouest) et les latitudes 33°50’ N et 36°50’ N. Au
niveau de ces deux zones, l’indice pluviométrique varie entre 0.2 et 1.

Fig. 72 : Variation de l’indice pluviométrique du quinquennat (1970-1974)

1975-1979 (figure n°73)

La sécheresse a gagné tout le territoire étudié. Les indices pluviométriques varient entre -
0.2 et -0.8. Il faut souligner le caractère excédentaire pluviométrique particulier de la zone située
entre les méridiens 0°55’ W et 2’ E et les latitudes 35°50’ N et 36°50’ N. On a constaté qu’au
cours de la décennie 1970-1979, c’est la zone de l’Est qui a été touché en premier. C’est
seulement qu’au milieu des années 70 que le caractère excédentaire s’est généralisé sur
l’ensemble de la zone étudié. Comme on l’a remarqué durant la décennie 1940-1949, la zone
située entre les méridiens 0°55’ W et 2° E, a connu la même évolution durant la décennie 1970-
1979. Toutefois, on ne peut pas parler de cycle.

Fig.73: Variation de l’indice pluviométrique du quinquennat (1975-1979)


105
La décennie 1980-1989 : (fig. n°74)

C’est une des périodes des plus déficitaires que n’a jamais connu la zone. Ce caractère
s’accentue et apparaît très marqué dans la zone comprise entre les longitudes 0°00’ et 2°00W. et
les latitudes 35° N et 36° N Au niveau de cette région, les valeurs des indices y sont beaucoup
plus bas qu’auparavant [-1.2, -0.6]. Le pourcentage d’années déficitaires varie entre 10 années
sur dix de la station de Sidi Hosni.

Fig.74: Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1980-1989)

La décennie 1990-1999 : (figure n°75)

Le caractère déficitaire de la décennie précédente semble s’estomper. En effet, les zones


extrêmement sèches sont ponctuelles et l’indice pluviométrique est moins important, il varie
durant cette décennie entre -1 et -0.2. Par contre la région située entre les méridiens 0°00’ W et
2’ E et les latitudes 33°30’ N et 35° N voit sa pluviométrie augmenter. On enregistre des
excédents qui atteignent par exemple 21% au niveau de la station de Médrissa. Au niveau de
cette zone, les indices pluviométriques sont plus élevés et ils oscillent entre 0 et 0.4.

Fig.75: Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1990-1999)

106
3.4. Conclusion

Cette étude montre qu’au cours de ce siècle, l’Ouest Algérien a connu une succession de
périodes à déficits et de périodes à excédents pluviométriques sans toutefois, pouvoir parler de
cycle.

Il apparaît d’une façon générale une tendance à la hausse couvrant les années 30 et les
années 50. La baisse de la pluviométrie était par contre marquée pendant le début des années 40
et le milieu des années 70.

La fluctuation la plus brutale et la plus significative (au sens statistique du terme) est
observée autour des années 80, au cours desquelles on note une diminution généralement assez
importante de la pluviométrie annuelle. Cette période déficitaire se caractérise depuis lors par
son intensité et sa durée. Ce phénomène observé à l’Ouest ne semble s’inscrire que dans
l’histoire des variations « normales » des séries chronologiques et revêt un caractère d’exception.

CHAPITRE 4 : EVOLUTION DU REGIME HYDROLOGIQUE ET


DETECTION DE RUPTURE

D'une manière générale, les précipitations déterminent la variabilité ou, mieux,


l'irrégularité inter-saisonnière et interannuelle de l'écoulement de surface. Elles représentent la
part essentielle de l'alimentation fluviale. Par ailleurs, le climat et les variations hydroclimatiques
(températures, précipitations et drainage) représentent l’un des principaux facteurs de contrôle
des processus de la géodynamique externe des bassins versants.

Les précipitations connaissent en effet de fortes fluctuations qui se traduisent par


l'existence d'années sèches et d'années humides, des séquences exceptionnellement sèches, ou
contraire, très humides. Les conséquences d'une telle variabilité se marquent dans l'abondance
annuelle, dans les régimes fluviaux saisonniers et dans les formes extrêmes de l'écoulement
(crues et étiages). L'étude des séries hydrométriques menées sur une période de temps assez
longue permet d'évaluer la sensibilité des rivières aux variations du climat. A cet égard, nous
proposons la présente étude en vue de déterminer l'influence de ces aléas sur les ressources en
eau superficielles.

4.1 Les données


Cette étude est fondée sur l'utilisation des débits liquides mensuels et annuels des
différents cours d'eau de la région d'étude. Malheureusement, le volume d'informations recueilli
auprès de l'ANRH est assez limité et ne couvre qu'une partie restreinte de la région d'étude.

La liste des stations hydrométriques retenues, ainsi que leurs spécificités sont
représentées dans le tableau n°32.

107
Tableau n°32 : stations hydrométriques retenues dans l’étude

station Coordonnées Lambert S (km²) période bassin


X (Km) Y (Km) altitude (m)
Hacaiba 183,50 161,65 950 955 1961-2001 La Macta
Sidi Ali Ben Youb 186,55 192,20 635 1890 1949-2001
Sidi Bel Abbés 194,25 215,60 485 3000 1942-2001
Oued Taria 262,25 305,10 501 1365 1972-2001
Ain Fekan 254,3 217,2 990 1160 1969-2001
Trois Rivières 246,45 216,95 315 7440 1947-2001
Bouhanifia 248,15 225,05 306 7685 1974-2001
Hacine 254,60 243,50 145 7950 1973-2001
Chouly 149,65 181,00 700 170 1941-2000 La Tafna
Beni Bahdel 115,00 164,60 666 600 1941-2000
pierre du chat 123,10 213,35 80 6900 1941-2000

4.2 Analyse des débits


4.2.1 Ajustement statistique
En général pour un climat méditerranéen, les apports à l'échelle annuelle ainsi qu'à
l'échelle mensuelle ne suivent pas une loi normale, le plus souvent, on essaie d'ajuster les apports
à une loi log –normale qui a la particularité d'être dissymétrique.

La loi log- normale est préconisée par certains hydrologues qui la justifient en
argumentant que l'apparition d'un événement hydrologique résulte de l'action combinée d'un
grand nombre de facteurs qui se multiplient. En effet, le produit de r variables se ramène à la
somme de r logarithmes de celle- ci.

L'examen graphique de ces séries a confirmé l'ajustement de la loi citée précédemment


aux séries des apports annules (fig. n°76) et mensuels (annexe n°7).

Figure n°76: ajustement à la loi log-normale des lames d’eau écoulées annuelles

1000 1000

100 100

10 10

1 1
-2.5 -1.5 -0.5 0.5 1.5 2.5 -2.5 -1.5 -0.5 0.5 1.5 2.5

Ain Fekan Beni Bahdel

4-3 Analyse de la variabilité temporelle des écoulements

En Algérie du Nord, un déficit significatif de l'écoulement de certains cours d'eau a été


observé. La conséquence d'un tel déficit des ressources en eau superficielles peut endommager
108
l'équilibre environnemental et par conséquent nuire aux différentes activités humaines qui sont
directement ou indirectement liées à l'utilisation de ces ressources.

4-3-1 Présentation des rivières


L'approche proposée a été appliquée sur 8 rivières algériennes:
Oued Mekerra.
Oued Taria.
Oued Ain Fekan.
Oued El Hammam.
Oued Isser.
Oued Tafna.
Le choix des stations utilisées s'est basé sur deux critères:
Longueur de la période d'étude.
Représentativité des données.

4-3-2 L’écoulement annuel


A partir des caractéristiques hydrologiques des bassins étudiés (tableau n°32), nous avons
déduit que:

Tableau n° 32: caractéristiques hydrologiques des stations retenues.

Station Rivière Dmi* Lame CV Dma* année Dma année


(m3/s) d’eau max min
écoulée (m3/s) (m3/s)
(mm)
Hacaiba Oued 1,74 46,43 0,8 6,36 1950 0,32 1994
Sidi Ali Ben Mekerra 8,1 135,15 0,47 15,94 1951 0,66 1992
Youb
Sidi bel Abbes 11,63 122,27 0,6 35,28 1950 3,35 1998
Oued Taria Oued Taria 11,25 260,01 0,74 44,62 1977 2,42 1992
Ain Fekan Ain Fekan 3,52 95,56 0,75 9,62 1971 0,24 1998
Trois rivières Oued El 44,33 187,89 0,51 112,33 1976 7,43 1995
Bouhanifia Hammam 23,04 93,15 0,59 50,3 1976 4,22 1993
Hacine 27,53 113,56 0,5 56,04 1974 6,3 1993
Chouly Oued Isser 0,35 64,34 0,65 0,9 1973 0,05 1996
Beni Bahdel Oued Tafna 12,7 53,98 0,66 40,48 1972 1,36 1996
Pierre du chat 11,23 51,34 1,11 68,64 1972 0,43 1993
* Dmi : débit moyen interannuel ; Dma : débit moyen annuel
- Le coefficient de variation varie entre 1.11 et 0.47 pour le bassin versant de Sidi Ali Ben Youb
et Pierre du Chat respectivement. Ceci met en évidence l'irrégularité de l'écoulement et la forte
dispersion autour de la moyenne des séries chronologiques des débits moyens annuels.

- Les années correspondants au débit moyen annuel minimum sont pratiquement les mêmes pour
l'ensemble des stations étudiées (les années 90).

- Concernant le débit moyen annuel maximum, nous avons distingué deux périodes:
Les années 50 pour le bassin Hacaiba, Sidi Ali Ben Youb .
Les années 70 pour le reste des stations.

Par contre, de simples graphes (figure n°77) permettent la visualisation des éventuelles
ruptures dans les séries hydrométriques.
109
3 3
débit (m /s) débit (m /s) débit (m3/s)

0
10
20
30
40
0
20
40
60
80
100
120
0
5
10
15
20
25
30
35
40

1943 1949 1944


1946 1952 1947
1949 1955 1950
1952 1953
1958
1955 1956
1961
1958 1959
1964
1961 1962
1967
1964 1965
1970
1967 1968
1973

110
1970 1971
1973 1976
1974
1976 1979
1977
1979 1982 1980
1982
Sidi Bel Abbes

1985 1983
1985 1988 1986
1988 1991 1989
1991 1992
1994
1994

moyenne
moyenne

moyenne

1997 1995
1997
2000 1998

Beni Bahdel
Trois Rivières

2000
2001

débit moyen annuel


débit moyen annuel

débit moyen annuel

Figure n°77: variation du débit moyen annuel à la station


En se basant sur ces graphes, il apparaît que, durant les années 70 (1973 pour le bassin de
la Macta ; 1979 pour le bassin de la Tafna ), la majeure partie des débits moyens annuels est
inférieure au débit moyen interannuel.

Durant 25 années consécutives (1975-1999), les débits moyens annuels ont été inférieurs
à la moyenne dans la station hydrométrique de Pierre du Chat. Des observations similaires sont
enregistrées dans les autres stations.

4-3-3 L’écoulement mensuel


Au niveau de l’ensemble des stations de la Tafna (figure n°78), on a remarqué que la
variation des apports moyens mensuels selon la saison, de telle manière que ces derniers
connaissent un accroissement de septembre à mars puis une diminution. Ce net contraste entre
ces deux saisons est dû principalement à l’influence de la répartition des précipitations sur
l’écoulement ; qui à son tour subit l’impact des perturbations complexes du régime
méditerranéen et l’effet néfaste de l’évaporation sur la nappe d’eau libre qui atteint la valeur
moyenne annuelle de 1200 mm au niveau du bassin de l’oued Tafna.

Au niveau du bassin de la Macta, nous avons remarqué le comportement particulier des


deux artères principales de ce bassin :

a. Pour les stations situées au niveau de l’oued Mekerra, les écoulements mensuels sont
concentrés durant les deux mois de septembre et d’octobre (figure n°79).

b. Pour les stations situées au niveau de l’oued El Hammam, on a remarqué un accroissement


des apports mensuels de septembre à mars puis une diminution (figure n°80 et 81).

Effectivement, par sa forme allongée, ce bassin se caractérise par un écoulement violent


dans la partie amont où le chevelu hydrographique est dense. Cet écoulement s’affaiblit en aval
par les pertes de charges du ruissellement le long du cours d’eau, et faute d’existence d’affluents
assez importants.

Son régime hydrologique est marqué par une forte irrégularité d’écoulement tant
mensuelle qu’annuelle. Les crues sont rapides, souvent violentes (inondations catastrophiques de
la région de Sidi Bel Abbes).

Les apports liquides sont relativement faibles compte tenu du déficit pluviométrique très
sensible que subit la région ces deux dernières décennies.

111
2 , 5 0 0 0, 600

0, 500
2 , 0 0 0

0, 400
1, 5 0 0

0, 300

1, 0 0 0
0, 200

0 , 5 0 0
0, 100

0 , 0 0 0
0, 000

Figure n°78 : répartition des apports moyens Figure n°80: répartition des apports
mensuels La station de Beni Bahdel moyens mensuels La station de Ain Fekan

1, 400 60

1, 200 50

1, 000
40

0, 800
30

0, 600
20
0, 400

10
0, 200

0, 000 0

Figure n°79: répartition des apports moyens Figure n°81: répartition des apports moyens
mensuels La station de Sidi Bel Abbes mensuels La station de trois rivieres

4-4 Fluctuations hydroclimatologiques dans les bassins versants


Pour mieux déterminer l’impact des aléas climatiques sur le régime hydrologique, deux
bassins versants de l’Ouest algérien ont été choisis celui : de la Tafna et de la Macta. Ce choix
s’est " imposé " du fait du manque de données hydrométriques au niveau du reste des bassins
versants algériens.

Pour une bonne interprétation des éventuels résultats de cette étude, nous avons jugé utile
de présenter en premier lieu les caractéristiques des deux bassins versants.

4-4-1 Description des bassins versants

A Bassin versant de la Tafna:

Le bassin versant de la Tafna, situé à l'extrême Ouest de l'Algérie, est constitué de 8 sous
bassins, dont deux se trouvent en amont dans le territoire marocain.
Culminant à 1843 m, au djebel Tenouchfi, le bassin est délimité par le principal relief (Monts de
Tlemcen) entre la Méditerranée et les hautes plaines oranaises et relayé à l'Ouest par le moyen
Atlas marocain et à l'Est par les monts Daïa (Saida).
Relief et topographie du bassin versant

112
Le bassin est constitué principalement au Sud par une barre montagneuse
(800- 1400 m d'altitude) axée WSE- ENE, dominant largement au Nord, les régions des plaines
de Maghnia, de Hannaya et de Sidi Abdelli. Cette structure orographique, dominée au Nord par
les monts de Traras (1081 m) de faible largeur, entraîne une barrière efficace pour les
précipitations, ceci explique l'aridité de la plaine de Maghnia.
Hydrographie: (figure n°82)

Le réseau hydrographique du bassin de la Tafna est constitué principalement par deux


artères fluviales: L'oued Tafna à l'Ouest et l'oued Isser à l’Est, ce dernier prend sa source dans les
monts de Tlemcen.
La partie Ouest du bassin est drainée par trois principaux affluents dont les sous- bassins,
le Mouilah (1982 Km2) situé dans le territoire marocain, le Mehaguène (665 Km2) et la haute
Tafna (1294 Km2), pris dans leur ensemble, convergent en éventail pour former l'oued Tafna
jusqu'à la confluence, soit une superficie totale de 4949 Km2.
La partie orientale est drainée, par le sous- bassin : l'Isser Cedra (1118 Km2) dont les
cours d'eau sont généralement pérennes.
La partie avale représente la Tafna maritime (388 Km2) dont le cours d'eau principal est à
sec en été, il est situé à la mise en eau des ouvrages hydrauliques situé en amont.

Figure n°82: réseau hydrographique du bassin de la Tafna et stations hydrométriques retenues pour l’étude

113
La géologie

Le bassin versant de la Tafna présente trois formations géologiques bien distinctes:

Région du Nord: Les massifs montagneux des monts des Beni- Snassen et des Traras sont
constitués de formations jurassique moyen et inférieur qui se prolongent sous les puissantes
assises marneuses du miocène à facièces tantôt argileux, calcaire-marneux ou encore greso-
marneux comme au centre de l'Isser.

Région sud: Les massifs calcaires des monts du Tlemcen, sont constitués par des dépôts
carboniques jurassique supérieur calcaires et gréseux avec deux rides anticlinales SW-NE,
sensiblement parallèles, formées à l'Ouest par les Djebels d'Ain El Hont et Hadid, à l'est par les
djebels Talet et Abiod.

Région centre: La dépression inter- montagneuse de la région de la plaine des Amglas et


de Maghnia causée par les dépôts marins du Miocène supérieur et inférieur ainsi que des
alluvions de sable et de gravier.
Le climat

Le climat du bassin de la Tafna s'apparente à celui de toute la région méditerranéenne de


l'Afrique du Nord, il est doux et humide. Les deux mois les plus chauds sont juillet et août, et ont
une température moyenne de 26°C (Dakiche A; 1998).
Le régime général des pluies est celui des zones semi-arides méditerranéenne de l'Algérie
du Nord. Il est caractérisé par des précipitations d'hiver avec des maxima en décembre, janvier et
février, et une longue période de sécheresse, pratiquement sans pluie de juin à septembre.
L'évaporation sur nappe d'eau libre atteint la valeur moyenne annuelle 1200 mm. Les vents sont
modérés à prédominance Nord et Nord-Ouest.
B- Bassin versant de la Macta

Situé au nord de l’Algérie, le bassin de la Macta s’étend sur une superficie de


14380 Km². Il est limité au Nord Ouest par les chaînes montagneuses du Tessala au Sud par les
hauts plateaux de Maalif à l’Ouest par les plateaux de Telagh et à l’Est par les monts de Saida.
Le bassin de la Macta est traversé par deux principaux cours d’eau à l’Est l’Ouest Mekerra et à
l’Ouest l’oued EL - Hammam (figure n°83).

114
*

Figure n°83: réseau hydrographique du bassin de la Macta et stations hydrométriques retenues dans l’étude

Oued EL – Hammam

Le bassin versant de l’ouest EL-Hammam couvre une superficie de 7550 Km². Le talweg
principal est de longueur de 150 Km, il est drainé par quatre (4) principaux affluents dont les
bassins élémentaires sont : Fekan (1200 Km²), Sahouet (2200 Km²) pris dans leur ensemble
convergent pour former l’oued EL-Hammam ([Link] 1997).

Oued Mékerra

Le bassin versant de l’oued Mekerra ayant une superficie de 1890 Km² est limité au Nord
par les monts de Tessala qui sont traversé par l’oued Mekerra pour rejoindre les marais de la
Macta sans se jeter directement dans la mer, au Sud par la ride anticlinale des hauts plateaux du
Ras-El-Ma (Bedeau) au Sud de laquelle commence le bassin versant du chott Ech -Chergui à
l’Ouest par les monts de Béni Chougrane et de l'oued El Hammam.

L'oued Mekerra jaugé à la station Sidi Ali Ben Youb et ayant une longueur de 92 Km est
partiellement régularisé par un canal de déviation qui alimente le barrage de l’Ouest Sarno.

Oued Saida

Le bassin versant de oued Saida a une superficie de 400 Km², il est drainé par l’oued
Saida qui prend sa source a Ain Tebouda, il représente l’un des principaux cours d’eaux qui par
leur confluence forment l’oued EL-Hammam ([Link], 1997).

115
Relief et topographie du bassin versant

Le bassin versant de la Macta est constitué d’une part par la haute plaine de Sidi Bel
Abbes, les plaines de la Habra et de Mascara et d'autre part par deux dispositifs orographiques
parallèles à la côte allant du Sud- Ouest au Nord- Est. Ces dispositifs sont formés essentiellement
par les monts de Beni Chougrane dont l'altitude varie entre 540 et 900m et les monts de Telagh
et de Saida avec une altitude variant de 600 à 1200m.

La géologie

Le centre de la plaine de Sidi Bel Abbes est une cuvette à substratum argilo- marneux,
gris et vert, daté du Miocène ou du Pliocène. Les monts plissés de Tessala sont allongés du Sud-
Est au Nord-Est avec une ossature crétacée et un recouvrement tertiaire très épais.
Les monts de Tlemcen et de Saida sont formés en presque totalité de matériaux jurassique moyen
et supérieur et crétacé inférieur et moyen. Le prolongement de Beni Chougrane, par la série de
Bouhanifia, atteint l'extrémité orientale de la plaine de Sidi Bel Abbes. Dans la vallée; on
observe un important remblaiement argileux – sableux quaternaire.

Le climat

En général, le bassin de la Macta subit l'influence méditerranéenne an Nord et


continentale au Sud où le climat est aride et sec avec des hivers froids et des étés chauds.
Les précipitations annuelles dans la région varient entre 280 mm dans la partie Sud du bassin et
600 mm dans les montagnes de Beni Chougrane. Les années les plus humides peuvent avoir des
précipitations 3 à 4 fois supérieures des années les plus sèches.

Méthodologie appliquée

Les variations hydroclimatologiques interannuelles sont caractérisées à partir des débits


moyens annuels des différentes stations des deux bassins. La méthode adoptée est celle des
écarts (Ec) des débits moyens annuels ( Qi ) au débit moyen interannuel ( Q ) :
( Qi − Q )
Ec(%) = × 100
Qi
Cette méthode, utilisée par Riehl et al. (1979) sur le Nil, par Probst et Tardy (1985) sur
les grands fleuves mondiaux et par Echanchu (1988) sur la Garonne, permet de distinguer les
périodes humides (courbe croissante) des périodes sèches (courbe décroissante).

La détermination de ces écarts dans toutes les stations autorise une étude comparative sur
l’ensemble des deux bassins.
Huit classes de débits dont les limites correspondent au degré d’humidité établi à partir
du taux d’écart du débit moyen annuel par rapport au débit moyen interannuel ont été établies
(tableau n°33).

Tableau n°33: valeurs des limites des classes des débits liquides correspondant au degré
d’humidité des différentes années hydrologiques.

Classe EH/ES TH/TS H/S MH/MS


Excédent > 60 % < 40 % < 20 % <0%
Déficit > 60 % < 40 % < 20 % <0%

116
* EH : années exceptionnellement humides ; ES : exceptionnellement sèches ; TH : très
humides ; TS : très sèches ; H : humides ; S : sèches ; MH : moyennement humides ; MS :
moyennement sèches.

Pour retracer les périodes climatiques, un coefficient hydroclimatique moyen (Chm) à


partir de l’écart des débits liquides annuels par rapport au débit moyen interannuel ( Q ) a été
calculé pour toutes les stations et, pour chacune d’entre elles, les écarts ont été pondérés par la
taille des sous bassins versants correspondants, ce qui donne :

1 n S
Chm = ∑ ( Eci ⋅ i )
n i =1 S ex
Avec
n : nombre de stations ;
Eci : écart du débit moyen annuel par rapport au débit interannuel ;
Si : superficie du sous bassin versant (Km²) ;
S ex : superficie du bassin à la station la plus en aval (Km²).
4-4-3 Résultats et discussion

A- Bassin versant de la Tafna

L’étude de l’impact de l’évolution du climat sur le régime des débits d’écoulement


de surface nécessite la connaissance des paramètres hydrologiques et leur variabilité spatio-
temporelle. La présente approche a pour finalité l’évaluation des fluctuations
hydroclimatologiques dans le bassin de la Tafna. Les résultats obtenus (figure n°84 à la figure
n°86) permettent de comparer, en année déficitaire et en année excédentaire, le comportement
hydrologiques de l’oued Tafna et de l’oued Isser.

14

12

10

0
EH/ES TH/TS H/S MH/MS

excdent 8 4 6 7

déficit 13 6 5 8

Figure n°84: évolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Chouly

117
14

12

10

0
EH/ES TH/TS H/S MH/MS

excedent 9 6 4 5

déficit 14 1 10 11

Figure n°85: évolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Beni Bahdel

18

16

14

12

10

0
EH/ES TH/TS H/S MH/MS

excedent 11 4 4 3

déficit 18 13 6 3

Figure n°86: évolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Pierre du Chat

En effet, pour le bassin de la Tafna et ses affluents, la nature karstique des terrains et les
caractéristiques climatologiques de leurs sous bassins n’assurent pas un rôle régulateur
interannuel très important. Cette similitude du régime hydrologique entre les oueds de l’Ouest
(Oued Tafna) et de Saida( oued El hammam) se voit très nettement à travers la comparaison des
débits spécifiques de ces cours d’eau (tableau n°32). On distingue ainsi des lames d’eau écoulées
variant seulement entre 53 t 187 mm. Cependant, on remarque une tendance à la hausse de
l’amont vers l’aval.

Les variations à l’échelle pluriannuelle des régimes hydrologiques de ces oueds montrent
des fluctuations à tendance généralisée sur l’ensemble de ce bassin. L’étude de ces pulsations
climatiques est mise en oeuvre à partir les variations du coefficient climatique moyen (Chm) et
de sa moyenne mobile calculée sur 3 ans.

Les résultats obtenus par ce coefficient pour la période 1941-2000 sont identiques aux
variations des débits liquides moyens annuels mesurés à l’aval du bassin. La figure n°87 met en
évidence la bonne corrélation entre ces deux paramètres ce qui permet de déduire que les
mesures hydrologiques effectuées à l’exutoire de la Tafna reflètent bien la tendance
hydroclimatique générale de l’ensemble du bassin.

118
70 2
Y = 0 .0 9 * x -1 .0 0 a v e c R = 0 .9 3

Coefficient hydroclimatique moyen


60

50

40

30

20

10

-1 0
-1 0 1 2 3 4 5 6
D é b it liq u id e m o y e n a n n u e l
à l'a v a l d u b a s s in v e rs a n t d e la T a fn a (à la s ta tio n d e P ie rre d u C h a t)

Figure n°87 : Relation entre le module annuel de la Tafna à la station de Pierre du Chat et le coefficient
hydroclimatique du bassin de la Tafna

Les variations de ce coefficient en fonction des années (figure n°88) montrent


qu’au cours de l’épisode compris entre 1941-1973, le bassin de la Tafna a connu une alternance
d’années humides (de 3 à 9 ans maximum) et d’années sèches (ne dépassant pas 6 années
consécutives). Pendant cette période, on distingue l’année 1949-1950 avec un excédent de 180%.
Il est important de souligner que la décennie 50 est caractérisée par un écoulement relativement
important ce qui correspond à l’évolution des précipitations durant cette décennie.

A partir de 1973, une période très sèche de plus de 25 ans s’est installée sur ce
bassin avec des déficits variant de 10 % à 30 %.

CHMP
moyenne mobile

2,5
alternance d'années sèches
et d'années humides périodes trés sèche
2,0
coefficient climatique moyen

1,5

1,0

0,5

0,0

-0,5
1942-43
1944-45
1946-47
1948-49
1950-51
1952-53
1954-55
1956-57
1958-59
1960-61
1962-63
1964-65
1966-67
1968-69
1970-71
1972-73
1974-75
1976-77
1978-79
1980-81
1982-83
1984-85
1986-87
1988-89
1990-91
1992-93
1994-95
1996-97
1998-99
2000-01

Figure n°88: variations annuelles du coefficient hydroclimatique moyen pondéré (Chmp) pondéré par les superficies
des sous-bassins versants et de sa moyenne mobile
119
B- Bassin versant de la Macta

A partir de la figure n°89 à la figure n°91, on remarque :

Un net contraste du comportement hydrologique des oueds de l’Ouest. Ceci est dû


principalement :

Les crêtes montagneuses se relayant du Sud-Ouest au Nord-Est, pouvant atteindre


localement 1400 m d’altitude. Au Sud, les limites du bassin constituent un véritable seuil naturel
climatique séparant deux régimes pluviométriques opposés : continental saharien pour les flancs
Sud et méditerranéen humide pour les flancs Nord. Au Nord, le bassin subit l’invasion des
masses d’air marines, très chargées en humidité, engendrant le plus souvent des précipitations
abondantes en saison froide. Par contre au Sud, un régime continental mixte où la pluviométrie
sous l’influence des masses d’air chaud et sec est de nette décroissance.

A partir du tableau n° :32, on déduit qu’il existe une différence hydrologique entre les
deux cours d’eau principaux, à l’Ouest l’oued Mekerra et à l’Est l’oued El Hammam. A travers
la comparaison des débits spécifiques de ces deux cours d’eau, on distingue ainsi que les débits
moyens interannuels de l’oued Mekerra varie entre 1.74 et 11.63 m3/s, alors que pour les stations
de l’oued El Hammam, les valeurs de ces derniers sont comprises entre 27.5 et 44.3 m3/s.
Sachant que, les potentialités en eau de ce bassin sont évaluées à plus de 260 Hm3 qui se
répartissent respectivement entre 70 Hm3 dans la Mekerra et 190 Hm3 dans El hammam qui
draine la partie orientale la plus arrosée du bassin.

12

10

0
EH/ES TH/TS H/S MH/MS

Excedent 7 4 7 6

Déficit 4 9 6 11

Figure n°89 : évolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Oued Taria

120
16

14

12

10

0
EH/ES TH/TS H/S MH/MS

Excedent 6 2 7 4

Déficit 1 8 15 10

Figure n°90: évolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Sidi Bel Abbes

10

0
EH/ES TH/TS H/S MH/MS

Excedent 7 2 4 6

Déficit 6 6 9 10

Figure n°91: évolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Ain Fekan

121
A une échelle pluriannuelle, les variations des régimes hydrologiques des oueds du bassin
de la Macta révèlent des irrégularités à tendance généralisée à l’ensemble du bassin. Ces
irrégularités ou pulsations climatiques, peuvent être étudiées à partir des variations annuelles du
coefficient climatique moyen (Chm) et de sa moyenne mobile calculée sur 3 ans. Les résultats
obtenus par ce coefficient pour la période 1949-2001 sont semblables aux variations des débits
liquides moyens annuels mesurés à l’aval du bassin.

CHM P
m o y en n e m o b ile

2 ,0

1 ,5 P ério d e d ef. P ério d e ex c. P ério d e d ef.


coefficient climatique moyen

1 ,0

0 ,5

0 ,0

-0 ,5

-1 ,0
1950-51
1952-53
1954-55
1956-57
1958-59
1960-61
1962-63
1964-65
1966-67
1968-69
1970-71
1972-73
1974-75
1976-77
1978-79
1980-81
1982-83
1984-85
1986-87
1988-89
1990-91
1992-93
1994-95
1996-97
1998-99
2000-01
Figure n°92: variations annuelles du coefficient hydroclimatique moyen pondéré (Chmp) pondéré par les superficies
des sous-bassins versants et de sa moyenne mobile

Les variations de ce coefficient en fonction des années (figure n°92) montrent qu’au
cours de l’épisode compris entre 1949 et 1963, le bassin de la Macta a connu un épisode
déficitaire très important suivi d’une période excédentaire ne dépassant pas 3 ans consécutives.
Pendant ces deux périodes, on distingue également une année à caractère climatique
exceptionnel : 1950-1951 avec un excédent de 170 %.

A partir de 1972-1973, une période très sèche de plus de 19 ans s’est installée sur ce
bassin avec des déficits variant de 10 % à 80 %.

Remarque

Lors de cette étude hydrologique des deux bassins, nous avons constaté que chacun deux
a un comportement qui lui est approprié :

Les eaux de surface du bassin de la Tafna sont drainées par deux grandes artères
fluviales : l’oued Tafna à l’Ouest et l’oued Isser à l’Est. L’évolution du régime hydrologique est
presque synchrone d’une station à l’autre.

La forme géomorphologique du bassin de la Macta et la forte dissymétrie dans la


répartition des pluies entre le Nord et le Sud déterminent les régimes hydrologiques des
différents cours d’eau.

122
Toutefois, les fluctuations hydroclimatiques observées sur d’aussi longues périodes
(1941-2000 pour le bassin de la Tafna et 1949-2001 pour le bassin de la Macta) peuvent être
généralisées à l’ensemble des stations des deux bassins.

On remarque, avant 1973, une persistance de l’alternance d’épisodes humides et secs.


Après 1973, on peut distinguer une nette décroissance continue des débits moyens qui atteint son
paroxysme de 1992 à 1996.

Par conséquent, les déficits pluviométriques et hydrologiques peuvent renforcer l’écart


entre les besoins importants en eau d’une population sans cesse croissante et les ressources
hydriques pouvant être mobilisées.

4 -5 Approche statistique et détection des ruptures


En se basant sur les observations et les constatations précédentes, la présente étude
analyse le comportement de ces rivières algériennes. La méthodologie employée a pour finalité
la détection et la caractérisation des ruptures possibles dans certaines séries hydrométriques.

Les écoulements des différentes stations hydrométriques, retenues dans le cadre de


l'étude; ont été analysés. Afin d’identifier et de localiser le point de rupture dans ces séries
hydrométriques, nous avons employé l’ensemble les méthodes statistiques de détection de
rupture : la statistique U de Buishand, le test de Pettitt, la méthode bayésienne de Lee et
Heghinian et la procédure de segmentation de Pierre Hubert.

Comme la statistique de Buishand et la méthode de Lee et Heghinian requièrent la


normalité des séries d’observations et que les données hydrologiques s’ajustent à une
loi log-normale. Nous avons normalisé les séries des lames d’eau écoulées annuelles,
saisonnières et mensuelles en appliquant une transformation logarithmique. Pour normaliser la
dissymétrie des variables hydrologiques, on prend le logarithme de la variable. La variable Z
telle qu’elle est définie :

Z = log (x) pour 0< x <x0


Ou
Z = log (x-x0) pour 0 < (x-x0) < 1, elle est distribuée normalement.

L’inconvénient majeur de ce type de transformation dans notre cas réside dans


l’existence de valeurs nulles dans les séries des lame d’eau écoulées à l’échelle mensuelle. Pour
éviter ce problème, nous avons remplacé ces valeurs nulles par des valeurs proches de zéro.

Ensuite, nous avons étudié l'autocorrèlation afin de déterminer la dépendance linéaire


entre les valeurs successives des séries. A cet égard, nous avons eu recours au test de corrélation
sur le rang qui a révélé l'existence d'un effet persistant dans les séries hydrométriques (tableau
n°33).

123
Tableau n°33: résultats du test de corrélation sur le rang appliqué aux séries des lames
d’eau écoulées à l’échelle annuelle.

Station H0 Intervalle de confiance U (t)


Sidi Ali Ben Youb rejetée 99%-95%-90% -2,93
Sidi Bel Abbés rejetée 99%-95%-90% -2,16
Oued Taria rejetée 99%-95%-90% -2,37
Ain Fekan rejetée 99%-95%-90% -4,93
Trois Rivières rejetée 99%-95%-90% -4,46
Bouhanifia rejetée 99%-95%-90% -2,81
Hacine rejetée 99%-95%-90% -2,85
Chouly rejetée 99%-95%-90% -3,19
Beni Bahdel rejetée 99%-95%-90% -4,01
Pierre du Chat rejetée 99%-95%-90% -4,31

4-5-1 A l’échelle annuelle

Comme pour les précipitations, il est possible de comparer l’évolution des écoulements
de surface entre les différents bassins fluviaux de l’Algérie du Nord. L’incidence de la
sécheresse est largement amplifiée dans le régime hydrologique.

Le tableau n°33 représente les résultats des méthodes précédentes appliquées aux séries
des lames d’eau écoulées à l’échelle annuelle. Nous remarquons non seulement l’existence d’une
rupture dans la plupart des stations étudiées, mais aussi la même date de début de tendance (la
fin des années 70 et le début des années 80). Pour mieux cerner ce phénomène, nous avons
représenté les variations relatives

x2 − x1
( ) des moyennes des deux sub-séries (1) et (2), calculées de part et d’autre de la date
x1
de rupture. Comme l’illustre bien la figure n°92, ces variations variant de 34 % à 131 % pour
Sidi Ali Ben Youb et Chouly respectivement sont significatives et négatives (tableau n°34 et la
figure n°93).

Tableau n°34: situation de la rupture et caractéristiques des sub-séries des lames d'eau
écoulées annuelles

Station Date de rupture Variations relatives


(année)
x1 x2 des moyennes (%)
Sidi Ali Ben Youb 1974 154,8 115,5 -34
Sidi bel Abbes 1977 135,7 104,1 -31
Ain Fekan 1980 179 49,4 -262
Trois Rivières 1974 237,9 137 -74
Bouhanifia 1981 139,3 72,7 -92
Hacine 1976 209,3 99,4 -111
Chouly 1980 81,33 30,35 -168
Beni Bahdel 1979 70,6 22,9 -68
Pierre du Chat 1979 70,6 17 -76

124
moyenne de la sub-séries 1. moyenne de la sub-séries 2.

400

350

300

250

200

150

100

50

0
ub es n res ifi
a e ly el ha
t ria ek
Yo bb Fe
ka
v iè an cin ou hd da irb
en lA n Ri uh Ha ch Ba d uC kh M
be Ai Bo ni re La
il B di ois Be ier
A Si Tr P
S idi

Figure n°93: variations relatives des deux moyennes à l’échelle annuelle.

4-5-2 A l’échelle saisonnière

Les résultats des méthodes statistiques de détection de rupture à l’échelle saisonnière sont
représentés dans l’annexe n°8.
moyenne de la sub-séries moyenne de la sub-séries

0
Ain Fekan Bouhanifia Hacin chouly Beni Bahdel Pierre du Lakhdari

Figure n°94: variations relatives des deux moyennes en automne.

moyenne de la sub-séries 1. moyenne de la sub-séries 2.

30

25

20

15

10

0
ub es an res ifi
a e ly el at
Yo bb ek vi è an cin ou hd Ch
en A nF Ri uh Ha ch Ba du
el Ai Bo ni
iB ib ois Be r re
i Al Sid Tr Pie
Sid

Figure n°95: variations relatives des deux moyennes en hiver.

125
moyenne de la sub-séries 1. moyenne de la sub-séries 2.

30

25

20

15

10

0
u b es ka n res fia ne uly el at
Yo bb Fe è ani ci ch o hd Ch
en el A n ivi uh Ha Ba du
iB ib Ai is R Bo ni rre
Al Tro Be Pie
i Sid
Sid

Figure n°96: variations relatives des deux moyennes en printemps

moyenne de la sub-séries 1. moyenne de la sub-séries 2.

0
u b ka n res fia ne uly el at
Yo Fe è ani ci ch o hd Ch
en n ivi uh Ha Ba du
iB Ai is R Bo ni rre
Al Tro Be Pie
i
Sid

Figure n°97: variations relatives des deux moyennes en été.

A partir du graphe n°94 au graphe n°97, on déduit que :

1. Pour les bassins de l’extrême Ouest, aux stations de Pierre du Chat, Beni Bahdel et Chouly,
l’automne et l’hiver sont marqués par un changement du régime hydrologique dans la période
comprise entre 1980 et 1986 avec des variations relatives dépassant 464%. Au printemps et en
été le changement s’est effectué bien avant c'est-à-dire en 1976, 1978, 1974 pour les trois
stations citées précédemment. Pour ces deux saisons les variations ont dépassé 549 %.
pour le bassin de la Macta, une diminution des volumes d’eau écoulés au niveau de toutes les
saisons s’est produite entre 1975 et 1982. Ces fluctuations hydrométriques sont semblables à
celles de l’échelle annuelle.

4-5-3 A l’échelle mensuelle

Afin de connaître l’influence de l’écoulement mensuel sur les variations


hydroclimatiques annuelles, nous avons réalisé avec les mêmes méthodes une analyse de
stationnarité des lames d’eau écoulées mensuelles de l’ensemble des stations de la région
étudiées dont les résultats sont présentés dans l’annexe n°9.

Nous avons déduit à partir de la figure n°98 à la figure n°109 que le régime hydrologique
à l’échelle mensuelle subit les mêmes variations que celles à l’échelle annuelle et saisonnières.
La date de rupture est comprise entre 1972 et 1986.

126
Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

2,50

2,00

1,50

1,00

0,50

0,00
b
be
s ria n es ia e ly el at
ou Ta ka vi èr if c in ou hd Ch
Y Ab Fe Ri an Ha Ch Ba du
en el ed
Ai
n uh ni
iB iB Ou o is Bo e
er
re
i Al Sid Tr B
Pi
Sid

Figure n°98: moyennes des mois de septembre sur les deux périodes

Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

3,50
3,00

2,50
2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
l at
ub es ria ka
n es ifi
a e ly de
Yo bb Ta èr an cin ou ah Ch
lA Fe vi Ha Ch
en ed n Ri uh iB du
iB B e
Ou Ai s o n e
Al di oi B Be er
r
di Si Tr Pi
Si

Figure n°99: moyennes des mois d’octobre sur les deux périodes

Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

3,50

3,00

2,50

2,00

1,50

1,00

0,50

0,00
ub

es

el
n

y
es

ne

at
ra

ria

ifi

l
ka

hd
ou

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b

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Yo

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el

ni
Ai
B

Bo
Ou

e
B

Be

r
oi
li

er
di
A

Tr
Si

Pi
di
Si

Figure n°100: moyennes des mois de novembre sur les deux périodes

127
Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

8,00
7,00
6,00
5,00
4,00
3,00
2,00
1,00
0,00
b

el
a

t
es

ria

e
an

a
u

ul
i fi
re

in

Ch
bb
Yo

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B

Ai

en

e
iB

B
O

rr
oi
li

e
iA

Tr

Pi
Si
d
Si

Figure n°101: moyennes des mois de décembre sur les deux périodes
Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

12,00

10,00

8,00

6,00

4,00

2,00

0,00
ub be
s ia n es ifi
a ne ly el at
Yo ar ka èr ci ou hd Ch
Ab T Fe ivi an Ha Ch Ba
en l ed n uh ni du
iB Be Ou Ai sR o re
Al idi oi B Be ier
di S Tr P
Si

Figure n°102: moyennes des mois de janvier sur les deux périodes

Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

12,00

10,00

8,00

6,00

4,00

2,00

0,00
ria l t
ub
bb
es
Ta ek
a n res ifia cin
e
ou
ly de ha
Yo ivi
è an Ha Ch ah C
en el
A ed nF R uh ni
B du
li B iB Ou Ai ois Bo rre
Be
iA Sid Tr Pie
Sid

Figure n°103: moyennes des mois de février sur les deux périodes

128
Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

18,00
16,00
14,00
12,00
10,00
8,00
6,00
4,00
2,00
0,00
ou
b
be
s
ari
a n s ifi a e ly el at
Y Ab Fe
ka è re an cin ou hd Ch
en el ed
T ivi uh Ha Ch Ba du
li B iB Ou Ain i sR Bo Be
ni rre
iA Sid Tro P ie
Sid

Figure n°104: moyennes des mois de mars sur les deux périodes

Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

14,00

12,00

10,00
8,00

6,00

4,00

2,00

0,00
b s a an res ifi a e ly el at
ou be ari ek an ci n ou hd Ch
Y Ab T
nF viè uh Ha Ch Ba du
en el ed Ai Ri ni
li B iB Ou ois Bo Be erre
iA Sid T r P i
Sid

Figure n°105: moyennes des mois d’avril sur les deux périodes

Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

14,00
12,00
10,00
8,00
6,00
4,00
2,00
0,00
ub be
s ia n es ifi
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Yo ar ka èr ci ou hd Ch
Ab T Fe ivi an Ha Ch Ba
en l ed n uh ni du
iB Be Ou Ai sR o re
Al idi oi B Be ier
di S Tr P
Si

Figure n°106: moyennes des mois de mai sur les deux périodes

129
M oyenne de la sub-série1 M oyenne de la sub-série 2

4,50
4,00
3,50
3,00
2,50
2,00
1,50
1,00
0,50
0,00

Figure n°107: moyennes des mois de juin sur les deux périodes

Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

3,00

2,50

2,00

1,50

1,00

0,50

0,00
ou
b
be
s a ia n
res ifi a e ly el at
nir ar ka
an ci n ou hd Ch
Y Ab Te T Fe viè Ha Ch Ba u
en
Be
l ed Ai
n Ri uh ni ed
iB Ou oi
s Bo e r r
Al idi Tr B
Pi
e
S idi S

Figure n°108: moyennes des mois de juillet sur les deux périodes

Moyenne de la sub-série1 Moyenne de la sub-série 2

3,50
3,00
2,50
2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
ub be
s ia n es ifi
a ne ly el at
Yo ar ka èr ci ou hd Ch
Ab T Fe ivi an Ha Ch Ba
en el ed n uh ni du
iB iB Ou Ai sR o re
Al id oi B Be er
di S Tr Pi
Si

Figure n°109: moyennes des mois d’août sur les deux périodes

130
4-6 Conclusion

Les analyses présentées ci-dessus sont basées sur des méthodes diverses et
complémentaires. D’un point de vue quantitatif, les résultats obtenus montrent clairement une
variation relative pouvant atteindre 130 % à partir de la décennie 1970.

Les différentes méthodes utilisées convergent pratiquement vers l’identification d’une


même date de rupture dans les séries chronologiques annuelles, cette date varie entre 1974 et
1982 selon la station hydrométrique étudiée.

A l’échelle saisonnière, Nous avons constaté les mêmes variations avec les mêmes
proportions que l’échelle annuelle.

Nous avons estimé qu’une étude à l’échelle mensuelle pour détecter le changement était
indispensable pour mieux cerner cette diminution à une échelle plus fine. Effectivement, les
fluctuations hydroclimatiques mensuelles étaient semblables aux pulsations annuelles et
saisonnières.

Contrairement aux précipitations, se sont tous les mois de l’année qui ont enregistré une
rupture de stationnarité car le régime hydrologiques des oueds algériens est directement
influencé par celui des précipitations mais subit, aussi avec un effet de retard, l’incidence du
cumul de déficits pluviométriques répétés.

131
CHAPITRE 1 : APPORT DE L’ANALYSE HYDROLOGIQUE DES MONTS DE SAIDA

1-1 Introduction

Si l’évaluation des ressources en eau superficielle est très utile dans le but de leur
planification, de leur aménagement, il est utile de connaître les réactions hydrologiques du
réservoir vis à vis des conditions d’alimentation. C’est l’un des paramètres essentiels dans
l’estimation globale des ressources en eaux.

Les Monts de Saida, par leur situation géographique et sa constitution lithologique, joue
un rôle très important dans l'hydrologie régionale. C'est dans ce massif montagneux que
prennent naissance les principales sources karstiques de la zone; Ain zarga, Ain tifrit, Ain
soltane et Ain balloul d’où partent oued Tifrit, oued Sidi minmoue et oued Saida (Tab.35), avec
respectivement un débit moyen annuel de 0.36 m 3./s , 0.57 m3 /s et 0.95 m3./s.

Les précipitations constituent la seule origine d’alimentation des eaux souterraines. La


pluviométrie annuelle varie entre 389 mm pour le sous bassin de oued Sidi Mimoune à 313 mm
pour le bassin de oued Tifrit. Les eaux s’infiltrent très facilement; environ 35 à 40 % des eaux
écoulées se perdent dans les calcaires et les dolomies du Bajo bathonien( dogger).
La connaissance du système hydrologique de surface des bassins versant des Monts de Saida est
indispensable pour l'étude hydrogéologique de la région, et plus particulièrement dans la
connaissance du régime d'écoulement, la détermination du comportement hydrodynamique du
cours d'eau principal et du mode de répartition de la lame d'eau écoulée dans le temps et dans
l'espace.

1-2- Réseaux hydrographiques.

Le grand bassin des Monts de Saida est drainé par un réseau hydrographique bien
structuré et bien hiérarchisé formé principalement par les trois (03) grandes rivières; Oued
Tiffrit, Oued Sidi Mimoune et Oued Saida qui conserve sa pérennité relative durant presque
toute l'année. Les débits de ces oueds sont jaugés par des stations hydrométriques installées sur
chaque rivière.

* La station PK 50 sur oued Saida;


* La station de Tiffrit sur O. Tiffrit;
* La station de S. Mimoune sur O. S. Mimoune.

Enrichi par les eaux des sources karstiques, ces cours d'eau sont caractérisés par des débits assez
irréguliers au cours de l'année, les étiages peuvent atteindre des débits de l’ordre de 0,12 m3./s
au mois. L'alimentation importante et permanente de l'oued El Hammam est assurée en grande
partie par ses trois affluents.

1-3 Caractéristiques hydrologiques

Les écoulements de oueds Saida et de ses affluents et des sources sont définis à partir de
l'analyse statistique des chroniques des débits moyens journaliers. La période commune des
observations pour les eaux de surface est de 24 ans entre septembre 1977 et août 2000.

1-4 Les eaux de surface

Après l ‘étude des précipitations (signal entrée), nous entamons l’étude hydrologique qui
traitera essentiellement les débits, afin de mettre en évidence le régime des cours d’eau et les
volumes d’eau qui y transitent.

132
1-4-1 Analyse statistique des débits au niveau des stations:

L'analyse statistique des données hydrométriques doit permettre de définir les régimes
d'écoulements des différents oueds étudiés à partir des valeurs caractéristiques du régime (la
moyenne, écart type….). Il importe de reconnaître leur fréquence et leur dispersion.

1-4-2 Evolution et distribution des débits moyens journaliers

Les graphes de la figure 110, montrent que la période allant de 1977 et août 2000 est
caractérisée par une suite de séquences humides et sèches. L'étude des débits moyens journaliers
montre la similitude de variations des débits. Une diminution des débits est ressentie sur
l’ensemble des trois stations à partir des années 75 (1981-82-83 et 84) où l’on a assisté à une
sécheresse qui s’est manifestée sur tout l’ouest algérien.

1-4-3 Ecoulement mensuel et régime hydrologique

Tab. 35 : Moyennes mensuelles interannuelles des débits en m3/s de 1975 à 2000.


Mois SEPT OCT NOV DEC JAN FEV MAR AVR MAI JUIN JUIL AOU Moy
[Link] 0.22 0.32 0.36 0.63 0.57 0.61 0.71 0.49 0.37 0.37 0.20 0.21 0.42
[Link] 0.27 0.67 0.74 0.77 0.91 0.80 0.72 0.69 0.33 0.28 0.27 0.33 0.57
[Link] 1.50 1.71 0.98 0.97 1.00 1.41 0.85 0.80 0.69 0.59 0.51 0.40 0.95

0,00

20,00

40,00

60,00

80,00

100,00

120,00

140,00

7,0000
6,0000
5,0000
4,0000
3,0000
2,0000
1,0000
0,0000

Fig. 110 : Débits journaliers à la station de Saida PK50.

Les débits de l’oued Oued Saida à la station PK50 montrent une très grande irrégularité.
Le débit moyen est de l’ordre de 0.92 m³/s, et celui de la saison d’étiage passent souvent en
dessous de 0.58 m³/s. Le tableau 35 et la figure 111 montrent que pour toutes les stations, les
débits augmentent à partir de septembre pour atteindre leur maximum au mois de février, puis ils
diminuent régulièrement jusqu’ à un minimum au mois d’août.

133
Q m3/s Ditribution des moyennes annuelles des débits à la satation de Saida
varaition de la moyenne mensuelle de débit (1977- 2000) 1,40

Oued Saida 1,20


Q m3/s
1,00
2
0,80
1,5
1 0,60
0,5
0,40
0
0,20

il
i
ai
ar
v
n
v
c
p
ct

ut
Ju
r

Ju
Fe
No
De

Av
Ja
Se

M
M
O

Ao
0,00
mois

78

80

82

84

86

88

90

92

94

96

98
e

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19
An
Année

Q m3/s Ditribution des moyennes annuelles des débits à la satation deTifrit


Variation de la moyenne mesuelle du débits(1980-2002) 0,9
Oued Tifrit 0,8
0,7
0,8
0,6
0,6
Q m 3 /s

0,5
0,4 0,4
0,2 0,3

0 0,2
0,1
il
i
ai
ar
v
n
v
c
p
ct

ut
r

Ju
Ju
Fe
No
De

Av
Ja
Se

M
M
O

Ao

mois 0
77

79

81

83

85

87

89

91

93

95

97

99
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19
Année

Q m3/s Ditribution des moyennes annuelles des débits à la satation de Sidi Mimoune
variation de la moyenne mensuelle du débits 0,90

Q m3/s (1977-2000) Oued Sidi Mimoun 0,80


1 0,70

0,60
0,8
0,50
0,6 0,40

0,4 0,30

0,20
0,2
0,10
0 0,00
Sep Oct Nov Dec Jan Fev Mar Avr Mai Jui Juil Aout mois
77

79

81

83

85

87

89

91

93

95

97

99
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19
Année
Fig. 111 : Distribution des moyennes mensuelles Fig. 112 : Distribution des moyennes annuelles
des débits par stations des débits par stations

Les débits minima se retrouvent en août et les maxima en février. Il n'y a pas de période
de basses eaux d'hiver ce qui démontre un caractère montagnard nettement marqué.

1-4-4 Ecoulement inter-annuel et variabilité des débits

Sur une période de 23 ans (1977-2000). L'analyse de la courbe des débits moyens annuels
(Fig. 112 et 113) montre que:

Les lames d'eaux écoulées varient énormément d'une année à l'autre. Le débit moyen
annuel de l'oued, calculé sur 23 ans, est de 0,92 m3/s à la station PK50 et de 0,59 m 3 /s à la
station de sidi Mimoune et 0,45 m3./s à la station de Oued Tifrit. L’irrégularité interannuelle
marquée au niveau de la pluviométrie a pu engendrer une importante influence sur le régime
d'écoulement de oued Saida, ce qui traduit l'irrégularité interannuelle des débits ;

134
Ditribution des m oyennes inter - annuelles des débits
Q m3/s [Link] [Link] oune [Link]
1,40

1,20

1,00

0,80

0,60

0,40

0,20

0,00
77

79

81

83

85

87

89

91

93

95

97

99
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

19
Année

Fig.113: Comparaison de la distribution des débits moyens annuels (période 1977-00)

1-5 Distribution des débits

1-5-1 Analyse des débits

La description statistique des débits (m3/s) moyens journaliers est donnée dans le tableau 36 :

Tab. 36 : Paramètres statistiques des débits journaliers des différentes stations étudiées.

Oueds Saida Sidi Mimoun Tifrit


Maximum 25 11 5
Minimum 0.58 0,37 0,25
Moyenne 0,92 0,59 0,450
Variance 158,1 124,63 111,8
Ecart type 29,29 11,16 13,37
C.V 1,37 0,70 1,97
I. Confiance 0, 55 0,25 0,3

1-5-2. Analyse des courbes des débits classés

La dispersion des débits moyens journaliers est représentée par la courbe de distribution
de leurs fréquences (courbes des débits classés) où les écoulements sont donnés en fonction de
leur fréquence de dépassement. La courbe des débits classés permet de traduire la dispersion des
débits moyens journaliers. Les représentations utilisées sont: L’histogramme des débits associant
à chaque classe de débits une fréquence d'apparition. La courbe cumulée des débits classés,
définissant les débits caractéristiques dépassés durant 1, 3, 6 et 9 mois par an, ainsi que 10 jours
ou 365 jours. L’analyse des débits classés a été effectuée sur les données disponibles pour les
trois stations recouvrant la période de septembre 1977 à août 2000 correspondant à 23 cycles
(8395 valeurs moyennes journalières).

1-5-2.1. Courbes des débits classés

Les figures, 114, 115 et 116 présentent les histogrammes de fréquences d'apparition des
débits et les courbes des débits classés pour les trois stations. On constate que les polygones de
fréquences ne montrent qu'un seul mode (avec les faibles débits qui sont dominants). La
fréquence maximale s’observe à Saida (Fig. 116) entre 0.58 m³/s et 25 m3/s ceci est
probablement la conséquence des apports des différents affluents. . Les courbes des débits
classés montrent la même concavité pour les autres stations.

135
Débit (en m3/s) Jours
70 8000
Max = 5 7000
60 6000
5000
50 Polygone de Fréquences
4000
3000
40
2000
1000
30
0 Q m3/s
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
20

10
Qm = 0.450 m3/s
MIN: 0.365m3/s
0
1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000

0 25 50 75 100%
Temps (en jours)
Fig. 114 : Courbe des débits classés à Tifrit
Jours
Débit (en m3/s) 8000
12 7000

Max = 11 6000
10 5000
4000 Polygone de Fréquences
8 3000

2000
6 1000
Q m3/s
0
4 0 10 20 30 40 50 60

2
Qm = 0.8 m3/s
MIN: 0.5
0
1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000 8000

0 25 50 75 100%
Temps (en jours)
Fig. 115: Courbe des débits classés à la station de Sidi Mimoun.

136
Débit (en m3/s) Jours
7000
25 Max = 25
6000

5000
20 4000 Polygone de Fréquences

3000

15 2000

1000
Q m3/s
0
10
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50

50
Q m = 0.92 m3/s
MIN 0.58 m3/s
0
2000 4000 6000 8000

0 25 50 75 100%
Temps (en jours)
Fig. 116: Courbe des débits classés à la station PK50 ( Saida).

1-5-1-3 Débits caractéristiques

Le régime d'écoulement des rivières est généralement défini par des débits
caractéristiques (DC) débits dépassés durant 1, 3, 6 et 9 mois (DC1, DC3, DC6, DC9) par an,
ainsi que 10 jours (DCM) et 355 jours (DCE).

Le tableau. 37 ci-dessous, regroupe les débits caractéristiques en m³/s obtenus des trois
stations pour la période (1997-2000).

Tab. 37: Débits caractéristiques en m3/s des trois stations (1997-2000)

Station DC1 DC3 DC6 DC9 DCM DCE


Saida 28,3 17,5 13 10,3 44,8 7,79
Tifrit 4,61 2,49 1,37 1,02 9,27 0,7
Sidi Mimon 15,9 6,04 3,12 2,02 36,5 1,08

Les valeurs de débits caractéristiques (Tab.37) témoignent de l’importance des


irrégularités des écoulements de surfaces de oued Saida et de ses affluents. Ces derniers ne
possèdent pas des pouvoir régulateurs car son débit d’étiage est trop faible qui est de 0,58 m3 /s.

1.5.3. Analyse des courbes des débits cumulés

1-5-3-1 Méthode :

L’étude des débits cumulés peut être effectuée selon l’application d’une loi de probabilité
dérivant de la loi de Laplace (Mangin, 1971, 75). D’un point de vue méthodologique, elle consiste à
étudier l’évolution des fréquences cumulées des débits (sur une échelle de probabilité) en fonction
des débits (sur une échelle arithmétique ou logarithmique). Cette méthode permet de détecter des
anomalies dans le régime du cours d’eau (apports ou fuites), se traduisant par des ruptures de pente
137
dans la courbe cumulée. Notre objectif consiste à rechercher l’existence possible de trop-pleins ou
d’apports, non contrôlés à partir de la surveillance de l’exutoire principal (station limnigraphique).

1-5-3-2 Résultats :

Nous avons réalisé cette application sur une période de 23 cycles (1977-2000) pour
l’ensemble des stations. Les figures (Fig. 117, 118 et 119) qui ont été construites pour 23
cycles d’observations montrent des ruptures de pente. Ces ruptures de pente font penser soit à
des modifications du fonctionnement hydraulique à l’intérieur du réservoir soit à des transferts
entre sous-bassins. Le relèvement de la pente suggère la présence de trop-pleins et de fuites hors
du bassin. L’inverse serait plutôt un apport ou pourrait être dû à l’influence de niveaux de la
réserve sollicitée exceptionnellement.

Les courbes ont des allures sensiblement identiques, indiquant l’analogie des réseaux
hydrographiques concernés. L’observation de plusieurs segments de droites traduit le fait que les
émergences étudiées suivent plusieurs lois d’écoulement, à chaque segment de droite correspond
une loi d’écoulement. Ces changements de loi d’écoulement peuvent avoir des origines diverses
liées soit à des modifications hydrodynamiques internes au systèmes karstique comme le
stockage-destockage des réserves ou l’entrée en fonctionnement de trop-plein, soit à des
interrelations avec un systèmes voisins qui se traduit par des apports ou des fuites.

L’allure générale des courbes montre 3 à 4 segments. Les deux segments extrêmes sont à
pente plus forte qui présente uniquement une pente pour les faibles débits. La rupture de pente
au niveau des faibles débits correspond à la vidange du réservoir matriciel et fissuré (apport des
réserves pour les faibles débits). L’augmentation de la pente pour le fort débit, correspond à la
mise en fonction de trop-pleins pour les trois stations (Tifrit, Sidi mimoune et Saida).

Fig. 117: Courbes des fréquences


cumulées Fig. 118: Courbes des fréquences
cumulées

138
Fig. 119: Courbes des fréquences cumulées des débits classés à Saida

1-6 Ajustement des débits

L'ajustement des données à une loi de probabilité intéresse par définition des variables
aléatoires (liées au temps et indépendantes les unes des autres), donc en matière de débit, des
valeurs moyennes sur des périodes assez longues. Par extension la période en deçà de la quelle
l'ajustement n'est plus satisfaisant, suggère une liaison de dépendance entre les valeurs
successives.

Le but de cette étude est de rechercher le meilleur ajustement des débits à divers pas de
temps pour apprécier la période limite de validité de la loi reconnue. Puis en référence à ces
critères on définira les écoulements dans oued Saida. Les figures 120 et121 montrent que les
modules mensuels et annuels de la station de Saida s'ajustent parfaitement avec la loi log-
normale, puisque l'ensemble des points appartient à un intervalle de confiance de 90 %. Par
contre, au pas de temps journaliers les débits ne s'ajustent sur aucune loi théorique, ce qui révèle
l'irrégularité du régime de oued Saida

Fig.120: Ajustement des débits moyens Fig.121: Ajustement des débits annuels Oued
mensuels à Saida à la loi Log-normale Saida à la loi Log-normale

1-7. Analyse corrélatoire et spectrale


1.7.1 Principe de la méthode
L'analyse corrélatoire et spectrale est une méthode descriptive. Elle est fondée sur l'emploi du
corrélogramme et du spectre de variance. Ces méthodes s'inspirent directement des méthodes de traitement du
signal. Les analyses corrélatoires et spectrales ont été appliquées à l'étude des séries chronologiques au niveau des
systèmes karstiques par A. Mangin (1981 a et b, 1984 ). Elles s'attachent à décrypter les informations contenues
dans les séries chronologiques qui représentent la fonction d'entrée et de sortie des systèmes karstiques. Dans notre
cas, il s'agit des chroniques de

139
pluie et de débit. Le système karstique est assimilé à un filtre laissant passer plus ou moins
l'information contenue dans la pluie. La comparaison de la structure et des différentes
composantes de la chronique des pluies avec celles des débits permet une meilleure
compréhension des systèmes hydrologiques et de leur fonctionnement. La présentation et le
principe de la méthode est en annexe.

1-7-2 Application au Bassin des Monts de Saida

Les données utilisées sont celles récoltées à la direction de l'hydraulique de Saida et qui
concernent les trois stations du bassin des Monts de Saida. Les données de base sont les totaux
journaliers des précipitations et les valeurs moyennes journalières des débits enregistrés au
niveau des différentes stations. Les données sont parfois incomplètes et présentent parfois des
lacunes d'observation d'une journée à plusieurs jours c’est pour cette raison que cette étude a été
limitée à la période 1977-2000. La méthode d'analyse corrélatoire et spectrale a été appliquée
aux systèmes hydrologiques de surface (oueds) drainant le secteur d'étude. Les analyses
corrélatoires et spectrales ont été effectuées dans le but de mettre en évidence les caractéristiques
hydrogéologiques des systèmes du bassin versant et d'estimer les réserves, et d'examiner la
relation entrée -sortie. Le tableau suivant n°: 38 résume l’ensemble des chroniques des
différentes stations existantes sur le bassin.

Tableau.38 : Station hydroclimatologique retenues

Données Stations Altitude (m) Période d’étude


Débits et Tifrit 990 1997/00
pluies Sidi Mimoune 690 1977/00
journalières Saida 886 1997/00

1-7-2-1 Analyse du signal d’entrée : la pluie

Les corrélogrammes (Fig.122A,123A et 124A) sont très proches et présentent la même


allure. Ils décroîent très rapidement dans les premiers jours, le coefficient d’auto-corrélation rk
qui est de 0,1 est atteint au bout de deux jour pour la station de Tifrit, après 4 jours pour Sidi
Mimoune et à environ 7 jours à Saida. Les corrélogramme n’indiquent aucune structure bien
visible. Nous pouvons conclure que la succession de la pluie journalière dans le haut bassin de
saida est un phénomène quasi-aléatoire. Cette constatation à été mise en évidence dans les Monts
de Tlemcen.

Dans le domaine fréquentiel (Fig. 122B, 123B et 124B) la répartition de la pluie n’est pas
tout à fait monotone. Les spectres présentent une légère tendance avec la présence de quelques
pics de faible amplitude, proches du bruit de fond, qui laisse supposer que ce phénomène est
légèrement structuré, correspondent probablement à la variation annuelle de la pluie. Les
corrélogrammes et les spectres de la pluie mesurée aux différentes stations sont presque
confondus. Ils soulignent l’homogénéité de la répartition temporelle des précipitations.

140
Fig. 122 A-B : Analyse de la chronique de la pluie Fig. 122 C-D : Analyse de la chronique des débits à
à Tifrit du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours). Tifrit du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours).

Fig. 123A-B : Analyse de la chronique de la pluie à S. Fig. 123 C-D: Analyse de la chronique des débits à
Mimoune du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours). [Link] du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours).

141
Fig. 124.A-B : Analyse de la chronique de la pluie à Saida Fig. 124.C-D : Analyse de la chronique des débits à
du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours). Saida du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours).

1-7-2-2 Analyse du signal de sortie : les débits

Pour étudier le régime de l’oued Saida, à la station PK 50 stations principales qui le


contrôlent ; ainsi que les deux autres stations qui contrôlent ses affluents. Les données utilisées
sont les débits moyens journaliers. Vu la présence de lacune au niveau des observations et pour
pouvoir faire des comparaisons, la période retenue va du 01/09/97 au 31/08/00.

Les corrélogrammes des débits (Fig.122C, 123C et 124C) montrent une allure très
différente de ceux de la pluie. On peut conclure que les différents systèmes amortissent très bien
le signal d’entrée (la pluie). Ils présentent au début une décroissance rapide puis très lente. Dans
le domaine fréquentiel (Fig.122D, 123D et 124D), les oueds présentent un comportement
composite qui se traduit, dans les basses fréquence par des spectres qui décroissent rapidement
mettant en évidence un effet mémoire faible, la décroissance se poursuit ensuite lentement. Ce
double comportement témoigne de l’existence d’au moins de deux sources d’alimentation avec
un comportement différent.

- La première alimentation est représenté par le premier tronçon du spectre ou la


décroissance très rapide traduit un écoulement sans mémoire, il s’agit des précipitations dont la
réponse est très rapide représenté par le ruissellement.

- la deuxième alimentation se traduit au niveau du spectre par un phénomène présentant,


un effet mémoire non négligeable. L’effet mémoire est très important à Tifrit où le
corrélogramme simple atteint la valeur de r = 0,2 est atteinte au bout de 77 jours , ce qui traduit
l’ importance des réserves en eau souterraines dont dispose le système.

1-7.2.3 Analyse croisée

L’analyse croisée a été effectuée (Fig.125) entre les pluies et les débits enregistrés au
niveau des trois stations. Les corrélogrammes croisés présentent pour toutes les stations une
allure pointue qui caractérise les systèmes à faible pouvoir régulateur possédant un réseau de
142
drainage bien développé. Les graphes présentent plusieurs ruptures de pentes lors de la
décroissance. Ces ruptures de pentes traduisent des retards dans les apports des oueds. La
réponse est donc composite, témoignant de différentes sources d’alimentation. La première partie
(forme pointue) correspond aux ruissellements de surface rapide, elle indique que le système est
bien drainé et peu capacitif. La deuxième partie montre une décroissance progressive témoignant
de l’importance des réserves des systèmes étudiés, cette décroissance serait due à une
alimentation à partir de sous bassin dont les comportements hydrogéologiques (écoulement de
surface, résurgence, pente, lithologie) sont différents. La corrélation maximale entre pluie et
débit s’observe pour le pas +1. Elle est de 0,52 à Sidi Mimoune et de 0,50 à Tifrit. Les systèmes
hydrologiques étudiés montrent un effet immédiat de la pluie et possèdent des réserves
importantes.

L’analyse croisée pluie-débit a montré que l’hydrogramme unitaire présente une réponse
rapide mais les corrélogrammes montrent un amortissement du signal entré ce qui confirme que
les sous bassins ont des effets mémoires non négligeables.

Oued Tifrit

Oued Sidi Mimoun

Oued Saida

Fig.125 : Corrélogramme croisé pluie et débit au niveau des trois stations du bassin des
Monts de Saida du 29/08/97 au 10/10/00

143
a- Fonction d’amplitude (Fig. 126)

La fonction d’amplitude du spectre croisé pour l’ensemble des stations a une allure
semblable au spectre simple de la pluie. Les graphiques montrent que la relation pluie-débit est
maximale pour les basses fréquences.

S x, y
10
Tifrit
9

7
Fonction d’amplitude croisée
6

1
6 32 1 10 7 5 4
0 f
0.00 0.10 0.20 0.30 0.40 0.50

S x, y

10
Sidi Mimoun
9

6 Fonction d’amplitude croisée

1
60 3020 15 10 7 5 4
0 f
0.00 0.10 0.20 0.30 0.40 0.50

144
S x, y
10
Saida

9
8
7
6
Fonction d’amplitude croisée
5
4
3
2
1
60 3020 15 10 7 5 4
0 f
0.00 0.10 0.20 0.30 0.40 0.50
Fig.126 Fonction d’amplitude croisée des pluies et débits des trois systèmes du 1/09/97 au 31/08/00.

b- Fonction de cohérence
Il exprime la linéarité de la relation pluie-débit (Fig.127). Les graphes de la fonction de
cohérence montrent une mauvaise linéarité. Ce résultats confirment la complexité de l’aquifère
ou l’existence de plusieurs entrées (alimentation).

C x, y
1.0

0.9 Cohérence
0.8

0.7

0.6

0.5

0.4

0.3 Tifrit

0.2

0.1
60 3020 15 10 7 5 4
F
0.0
0.00 0.10 0.20 0.30 0.40 0.50

145
C x, y
1.0
Cohérence
0.9

0.8

0.7

0.6

0.5

0.4

0.3
Sidi Mimoun
0.2

0.1
60 3020 15 10 7 5 4
0.0 F

0.00 0.10 0.20 0.30 0.40 0.50

C x, y

1.0

0.9
Saida Cohérence
0.8

0.7

0.6

0.5

0.4

0.3

0.2

0.1
60 30 20 15 10 7 5 4
0.0
F
0.00 0.10 0.20 0.30 0.40 0.50

Fig.127 : Fonction de cohérence des pluies et débits des trois systèmes du 1/09/97 au 31/08/00.

146
c- Fonction de gain (Fig. 128)

Elle traduit la façon dont la pluie est mise en réserve, c’est une bonne image du caractère
régulateur du système.
R x y
Tifrit
4

3 Gain

amplification
1
Atténuation

0 f
0.00 0.10 0.20 0.30 0.40 0.50
R x y
Sidi Mimoune
4

3 Gain

amplification
1
Atténuation

0 f
0.00 0.10 0.20 0.30 0.40 0.50
R x y

4 Saida

3 Gain

amplification
1
Atténuation

0 f
0.00 0.10 0.20 0.30 0.40 0.50
Fig.128 : Fonction de Gain des pluies et débits des trois systèmes du 1/09/97 au 31/08/00.

Pour toutes les stations le signal d’entrée est complètement atténué pour les fréquences
supérieures à 0.02 j-1. Les graphes montrent que cette fonction exprime une bonne atténuation
147
du signal entrée (pluie). On note que la décroissance des courbes est plus rapide pour toutes les
stations, l’amplification est observée pour les basses fréquences et correspond à un destockage
des réserves, et l’atténuation est effectuée pour les hautes fréquences traduisant un stockage du
signal d’entrée au moment des périodes pluvieuses.

1-8 Conclusion

D'après les résultats climatiques et hydrométriques on peut dire que le bassin versant des Monts
de Saida est caractérisé par un climat semi-aride de type méditerranéen qui se traduit par un
hiver relativement froid et pluvieux et un été très chaud et sec. On note aussi que les sources ne
réagissent pas aux précipitations locales. Et que l’alimentation des aquifères se fait dans les
hautes altitudes. Les écoulements des différents sous bassins présentent les mêmes
caractéristiques. Les débits mensuels et annuels suivent le même type de loi log-normale.

L’étude des débits classés montre la même concavité, elle indique, une mise en réserve
relativement réduite. On note aussi que la courbe est amortie à Tifrit et Sidi Mimoune par contre
elle ne l'est pas à Saida, ceci est probablement la conséquence des apports des ses affluents.
L’analyse corrélatoire et spectrale a montré que les chroniques de pluie peuvent être assimilées à
un phénomène quasi-aléatoire à l’échelle de la période d’étude. Ils montrent que les systèmes
hydrologiques du bassin des Monts de Saida ont un effet mémoire important traduisant la
présence de réserves considérables. Les analyses ont montré aussi un comportement complexe
des différents sous systèmes hydrologiques avec à la fois les caractéristiques : d’un système bien
drainé (ruissellement de surface important) d’un système inertiel, avec des réserves importantes.
La campagne de jaugeage différentiel a montré l’existence des pertes et de résurgences qui
peuvent être expliquées par la présence et l’importance de la fracturartion. Ces pertes et
résurgences montrent le rôle de la fracturation et de la karstification dans le fonctionnement de
l’hydrosystème.

148
CHAPITRE 2 : APPORT DE L’ANALYSE HYDROLOGIQUE
DES MONTS DE TLEMCEN

2.1. Introduction

L’étude de l’impact de l’évolution du climat sur le régime des débits d’écoulement de


surface nécessite la connaissance des paramètres hydrologiques et leur variabilité spatio-
temporelle. A cet égard, nous proposons une étude hydrologique, en vue d’évaluer les
caractéristiques des écoulements superficielles des bassins de la haute et moyenne Tafna.

Pour l’élaboration de cette étude nous avons utilisé les données mensuelles et annuelles
des stations suivantes : Béni Bahdel, Sidi Aissa, Sebdou et Chouly. La période d’observation et
comprise entre 1989 et 2000. Pour l’analyse de la variabilité séculaire des écoulements nous
avons utilisé la série historique de la station Béni Bahdel qui s’étend entre 1925 et 2000.

2.2. Réseau hydrographique

Les bassins de la haute et de la moyenne Tafna (Monts de Tlemcen) dispose d’un chevelu
hydrographique assez dense qui s’organise autour de deux oueds principaux, Isser à l’Est et la
Tafna à l’Ouest. Le chevelu des deux sous bassins prend leur source dans les hauts reliefs des
Monts de Tlemcen et les traverse par des vallées étroites et profondes. Le réseau hydrométrique
de l’Agence Nationale des Ressources Hydrauliques est assez dense et permet d’évaluer
correctement les principaux écoulements superficiels (tab.39 et 129).

Tableau n°39 Stations hydrométriques A.N.R.H

Surf du Coordonnées Lambert Altitude Z


Code Station 2
bassin Km X Y (m)
16 04 01 Sebdou 195 130.50 156.05 950
16 04 02 Béni Bahdel 990 115.20 165.50 645
16 06 01 Chouly 170 149.63 181.06 725
16 06 14 Sidi Aissa 870

2.3. ANALYSE DES DEBITS

2.3.1. Etude des écoulements annuels


[Link]. Ajustement statistique

L’expérience confirme pleinement la règle qui stipule que la distribution des


ruissellements dans un bassin soumis à un régime unique (méditerranéen), s’ordonne suivant les
mêmes lois statistiques que les distributions des précipitations du bassin correspondant
(Dakkiche, 1993). En effet, les bassins de la haute et de la moyenne Tafna subissent l’influence
du régime méditerranéen. En particulier, les apports annuels à la station de Béni Bahdel,
s’ajustent mieux suivant la loi log-normale. Les résultats de fréquence donnée sont représentés
dans l’annexe n° 12.

La période d’observation est suffisamment longue (1925-2000). Cette série qui s’étale sur
75 ans, comporte des lacunes dans l’année 1962/1963 et entre les années 1985 à 1988. Les
apports pour ces années lacunaires ont été reconstituées par corrélation avec la série
pluviométrique des stations avoisinantes. La liaison entre les deux séries est caractérisée par un
coefficient de corrélation (R= 0 ,75). Cette série historique présente un maximum de 178 Hm3, et

149
un minimum de 10,2 Hm3, enregistré respectivement en 1973 et 1974. La moyenne est de 63
Hm3/an. La représentation graphique (fig.129 ).

E V O L U T IO N S E C U L A IR E D E S A P P O R T S IN T E R A N N U E L S
D A N S L E S M O N T S D E T L E M C E N (1 9 2 5 -2 0 0 0 )
200
Fig.129
180
3
A p (h m )
160
3
A p m o y (h m )
140
Apport annuel (hm )
3

120

100

80

60

40

20

3 4 -3 5 4 4 -4 5 5 4 -5 5 6 4 -6 5 7 4 -7 5 8 4 -8 5 9 4 -9 5
Année

Ce graphique fait apparaître une tendance à la hausse couvrant les périodes (1927-1934), (1970-
1974), une autre tendance moins importante observée entre (1949-1955), de sorte que celle ci se
situe au-dessus de la moyenne. Au début des deux dernières décennies (80 et 90), on observe une
baisse des apports assez caractéristiques par sa persistance.

La figure n° 130, montre l’ajustement des apports en log-normal, au seuil de 0.1 (90%)
dont la distribution des observations semble être adéquates.

Les résultats de l’ajustement statistique, sont résumé dans le tableau annexé (voir annexe
n° 12).

Fig.130: Ajustement à une loi Log-normale


1000

100
x-xo

10

(xo=0,00 [Link](x-xo)=1,6876 E.T. log(x-xo)=0,3337 n=75 et I.C. à 90%)

1
-2,5 -1,5 -0,5 0,5 1,5 2,5

150
Tableau n° 41 : Débits absolus moyens mensuels en l/s (période 1989-2000)
B Bahdel [Link] Sebdou Chouly
Mois
SEP 670,63 320,38 109,78 36,60
OCT 455,63 141,20 56,71 62,89
NOV 311,04 147,12 30,62 46,30
DEC 408,95 247,68 38,97 65,97
JAN 563,83 400,66 127,70 100,07
FEV 594,90 368,05 222,61 184,40
MRS 1687,77 2094,77 504,84 617,23
AVR 767,74 551,69 319,83 195,60
MAI 679,59 401,03 216,20 203,13
JUN 450,61 72,15 79,09 57,48
JUL 219,56 12,32 28,01 45,93
AUT 229,55 37,81 23,92 32,79

Tableau n° 42 Débits spécifiques moyens mensuels en l/s.km2 (période 1989-2000)


Mois B Bahdel Sidi Aissa Sebdou Chouly
SEP 0,68 0,37 0,56 0,22
OCT 0,46 0,16 0,29 0,37
NOV 0,31 0,17 0,16 0,27
DEC 0,41 0,28 0,20 0,39
JAN 0,57 0,46 0,65 0,59
FEV 0,60 0,42 1,14 1,08
MRS 1,70 2,39 2,59 3,63
AVR 0,78 0,63 1,64 1,15
MAI 0,69 0,46 1,11 1,19
JUN 0,46 0,08 0,41 0,34
JUL 0,22 0,01 0,14 0,27
AUT 0,23 0,04 0,12 0,19

Tableau n° 43 Débits relatifs moyens mensuels (période 1989-2000)


Mois B Bahdel [Link] Sebdou Chouly
SEP 1,14 0,80 0,75 0,27
OCT 0,78 0,35 0,39 0,46
NOV 0,53 0,37 0,21 0,34
DEC 0,70 0,62 0,27 0,48
JAN 0,96 1,00 0,87 0,73
FEV 1,01 0,92 1,52 1,34
MRS 2,88 5,24 3,45 4,49
AVR 1,31 1,38 2,18 1,42
MAI 1,16 1,00 1,48 1,48
JUN 0,77 0,18 0,54 0,42
JUL 0,37 0,03 0,19 0,33
AUT 0,39 0,09 0,16 0,24

[Link]. Régime des débits


La répartition mensuelle des débits montre un net contraste dans l’écoulement entre deux
sous périodes de crue d’intensités différentes: une période de hautes eaux principale, localisée
entre (février à mai) et une autre secondaire généralement faible en (septembre-octobre).

152
La première est relativement plus longue correspond aux pluies d’hiver. La seconde qui est
marquée par son caractère brusque et bref, imputable aux averses d’automne d’amplitude plus ou
moins différentes (pluies torrentielles) (fig.131, 132 et133).

Les deux périodes de crue précédentes intercalent deux saisons d’étiage: un étiage
principal en été et un autre secondaire en octobre-novembre. Les courbes de débits moyens
mensuels pour l’ensemble des stations font apparaître un pic traduisant une valeur maximum
bien distincte au mois de mars. Le synchronisme des variogrammes des apports mensuels
correspondant aux quatres stations hydrométriques représentatives des bassins versants indiquent
la similitude des conditions d’écoulement. La comparaison des chiffres correspondant aux
débits spécifiques moyens mensuels afférents aux différents oueds de la région souligne que
durant l’hiver, ce débit est généralement plus important aux exutoires des sous bassins perchés
karstiques situés en amont (Chouly, Sebdou).

Pour les oueds de la moyenne Tafna et Isser, les débits spécifiques sont relativement
atténués. Durant les autres saisons de l’année, les débits spécifiques sont généralement plus
stables avec une tendance à la hausse de l’amont vers l’aval.

DEBITS SPECIFIQUES MOYENS MENSUELS (période 1989-2000) DEBITS MOYENS MENSUELS (période 1989-2000)

4,00 2500,00

3,50

2000,00
3,00
Débits spécifique (l/s par KM2)

2,50
1500,00
B Bahdel
Débits (l/s)

B Bahdel
Sidi Aissa [Link]
2,00
Sebdou Sebdou
Chouly Chouly
1000,00
1,50

1,00
500,00

0,50

0,00 0,00
SEP OCT NOV DEC JAN FEV MRS AVR MAI JUN JUL AUT 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Mois Mois

Figure n° 131 Figure n°132

D E B ITS R E LATIFS ME N S U E L S (p ério de 1989-2000)

6,00

5,00

4,00
Débits relatifs

B Bahdel
[Link] s a
3,00
Sebdou
Chouly

2,00

1,00

0,00
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
M ois

Figure n°133

2.3.3. Variation des débits journaliers

L’étude du régime d’écoulement à l’échelle journalière mérite d’être analysé, car les
oueds karstiques des Monts de Tlemcen subit des variations journalières importantes. Les
153
courbes des débits journalières font ressortir deux périodes : une saison pluvieuse qui débute de
janvier à juin au cour de laquelle les crues ont été brutales, le mois de janvier le débit est passé
de 0,1m3/s à 5 à 20m3/s pour la station de Meffrouch. La décroissance des débits relativement
brusque. Pour la station de l’oued Chouly le débit passe de 0,2 m3/s à 5 à 10 m3/s le mois de
janvier Les débits moyens journaliers varient selon une fréquence propre à chaque saison. La
saison entre septembre et décembre voient leurs débits journaliers qui ne dépassent pas les 0,1
m3/s pour les stations Chouly et Meffrouche, alors que les stations pluviométriques de la région
ont enregistré une hauteur pluviométrique moyenne de 60 mm. Ceci est lié en grande partie à
l’état du sol. Au début de l’automne, une grande partie de la lame d’eau précipitée s’infiltre dans
le sol étant donné que ce dernier est complètement sec par une longue période estivale sèche.
Durant cette même période le sol imbibé est soumis à une forte évaporation provoquée par une
température encore assez élevée ce qui réduit les débits journaliers maximaux. Au début de
janvier le sol est suffisamment gorgé d’eau, les micro-fissures des nappes souterraines karstiques
de la région sont presque saturées, on assiste alors à des variations brusques provoquées par le
ruissellement superficiel dû aux averses. A la fin du mois de mars les débits commencent à
décroître lentement jusqu’au minimum de l’année.

OULED MEFFROUCH OUED CHOULI


Débits Journaliers moyens en m3/sec Q
Débits Journaliers moyens en m3/sec
Q 20

20
10

10
05

05

02

01
01

0,1 0,1

Figure n° 134 : Hydrogrammes de l’année Figure n° 135 : Hydrogrammes de l’année


hydrologique 1997 / 1998 pour les stations de hydrologique 1947 / 1948 pour les stations de
Chouly et du Meffrouch Sebdou et Chouly

Station:SEBDOU
TAFNA OUED CHOULY
Débit journalier
Débit moyen annuel Débit journalier
10 Débit moyen annuel
Hydrogramme annuel Débits journaliers classés
Débits journaliers classés
10 Hydrogramme annuel

1
Débits (m3/sec)

0.1
Débits (m /sec)

1
3

0.01 0,168

0.1

0.001

0.0001
0.01
0 30 50 60 120 150 180 210 240 270 300 330 360 0 30 50 60 120 150 180 210 240 270 300 330 360
Jours Jours

154
2.4. LES DEBITS EXTREMES

2.4.1. Etude des crues

Les crues représentent un des traits fondamentaux du régime d’un cours d’eau,
malheureusement nous ne possédons pas une longue liste de crues pour pouvoir tirer des
conclusions globales. Nous nous contenterons d’exploiter les données disponibles durant les
quelques dernières années. Cet état de fait nous conduit à étudier brièvement ces phénomènes
exceptionnels. Selon R. Frécaut (1971), il convient de distinguer crue et hautes eaux. Les hautes
eaux moyennes représentent une situation saisonnière durable. Les crues, au contraire,
constituent avec les étiages une situation extrême dans le comportement des cours d’eau. Il s’agit
de gonflement fluviaux exceptionnels et irréguliers, tant en saison froide, période de hautes eaux
qu’en saison chaude, période de basses eaux.

L’évolution de la crue obéit principalement à la puissance et l’intensité de l’averse, sa


vitesse est largement influencée par le couvert végétal, la lithologie, par les paramètres
morphométriques du bassin et par la densité du chevelu hydrographique. Parmi les crues les plus
dévastatrices durant les 04 dernières années dans les Monts de Tlemcen, celles de septembre
1997 et septembre 1999 que nous allons les comparais avec ceux des années 1970 à 1977. Les
Hydrogrammes des principales crues des oueds des bassins de la haute et de la moyenne Tafna
avec leurs caractéristiques présentées sur les figures suivantes :
Fig.136 Hydrogramme crue de la station fe l’oued SEBDOU (crue du 3/1974)
♦ Les caractéristiques des crues d’Oued Sebdou

H Y D R O G R A M M E D E C R U E D E L A S T A T IO N D E L 'O U E D S E B D O U (c ru e d u 1/ 19 7 0 ) H Y D R O G R A M M E D E C R U E D E L A S T A T I O N D E L ' O U E D S E B D O U ( c ru e d u 3 / 1 9 7 3 )

10
10
Débits (m /s)
3
Débits (m /s)

1
3

1 C O E F F IC IE N T D E T AR IS S E M E N T = 0 ,0 6 2
C O E F F IC IE N T D E T A R IS S E M E N T = 0 ,0 5 7

0 ,1
0 ,1

0 2 :0 0 0 0 :0 0 0 7 :0 0 0 0 :0 0 1 2 :0 0 2 4 ,5 7 9 ,5 12
D a te ( jo u r s ) D a te (jo u r s )

Fig.136 Fig.137

H Y D R O G R A M M E D E C R U E D E L A S T A T IO N D E L 'O U E D S E B D O U (cru e d u 3/ 1974) H Y D R O G R A M M E D E C R U E D E L A S T A T IO N D E L 'O U E D S E B D O U (c ru e d u 1/ 197 7)

10

1
Débits (m /s)

C O E F F IC IE N T D E T A R IS S E M E N T = 0 ,0 3 9
3
Débits (m /s)
3

1 C OEFFICIENT DE TAR ISSEM ENT = 0,07

0 ,1

0 ,1

0 ,0 1

2 4 ,5 7 9 ,5 12 2 4 ,5 7 9 ,5 12
Date (jours) D a te ( jo u r s )

Fig.138 Fig. 139

155
Les caractéristiques des crues d’Oued Chouly

H Y D R O G R A M M E D E C R U E D E L A S T A T I O N D E L 'O U E D C H O U L Y ( c ru e d u 3 / 1 9 7 3 ) H Y D R I G R A M M E D E C R U E D E L A S T A T I O N D E L 'O U E D C H O U L Y ( c r u e d u 3 / 1 9 7 4 )
100

100

10

10

Débits (m /s)
Débits (m /s)

3
3

C O E F F IC IE N T D E T AR IS S E M E N T = 0 ,0 5 8 1
C O E F F IC IE N T D E T AR IS S E M E N T = 0 ,0 4 8

0 ,1
2 4 ,5 7 9 ,5 12 1 4 ,5 1 ,5 4 6 ,5 9 1 1 ,5 14

D a te (jo u r s ) D a te ( jo u rs )

Fig.140 Fig. 141

H Y D R O G R A M M E D E C R U E D E L A S T A T IO N D E C H O U L Y (c ru e d u 1/ 19 7 6 ) H Y D R O G R A M M E D E C R U E D E L A S T A T I O N D E L 'O U E D C H O U L Y ( c ru e d u 1 2 / 1 9 7 7 )

10

10

Débits (m /s)
1
3
Débits (m /s)
3

1 C O E F F IC IE N T D E T AR IS S E M E N T = 0 ,0 5 4

C O E F F IC IE N T D E T A R IS S E M E N T = 0 ,0 6 2

0 ,1

0 ,1

1 1 ,5 2 2 ,5 3 3 ,5 4 4 ,5 5 5 ,5 6
1 ,5 4 6 ,5 9
D a t e ( jo u r s ) D a te (jo u rs )

Fig. 142 Fig.143

♦ Les caractéristiques des crues de l’oued Béni Bahdel

La crue du 16 septembre 1997.

La hauteur pluviométrique responsable de cette crue est de 47,3 mm, elle est largement
supérieur à la normale. Cependant le total annuel des précipitations de 1997 a été de 327,4 mm,
donc proche de la normale. Le maximum instantané est de 249 m3/s (fig.144).

156
H Y D R O G R AM M E D E C R U E D U 16/09/1997 (S T : B E N I B A H D E L)

3
Q m ax: 249 m /s
10 0 Fig.144

Débits (m /s)
3
10

1
C o efficien t d e tarissem en t : 0,028

0 4 30 0 93 0 1 4 30 1 93 0 0 1 00 11 0 0
H e ure s

La crue du 27 septembre 1999.

Cette crue a été engendrée par une hauteur pluviométrique de 25,1 mm. Le module
pluviométrique de l’année correspondante est de 130,0 mm ce qui est trop faible par rapport à la
normale. Le débit maximum instantané est de 240 m3/s. fig.145.

Le coefficient de tarissement de l’oued au niveau de la station de Béni Bahdel est


relativement fort : (0,03 et 01)

H Y D R O G R A M M E D E C R U E D U 27/09/1999 (S T : B E N I B A H D E L )

3
Q m a x: 240 m /s
100
Fig.145
Débits (m /s)
3

10

C o efficien t d e tarissem en t: 0,1

04 30 0 9 30 1 4 30
H e ure s

Les oueds des Monts de Tlemcen présentent en générale des crues violentes de courte
durée. Les coefficients de tarissement sont relativement forts (α = 0,03 à 0,1) pour un modèle
exponentiel.

2.4.2 Etude des étiages

Au cours des périodes de basses eaux , le régime des oueds est souvent perturbé par les
prélèvements par suite de l’augmentation des besoins en eau. Dans un bassin du Nord-Ouest
d’Algérie, comme la Tafna où l’écoulement connaît des formes extrêmes, l’étude des étiages
mérite d’être abordée car leur intérêt est de permettre d’apprécier les resserves hydrologiques
157
souterraines des bassins qui fournissent l’eau aux oueds par l’intermédiaire des sources. D’autre
part, le soutient naturel des étiages met en lumière la capacité de rétention des bassins.

Les causes essentielles des étiages est une sécheresse climatique exceptionnelle et
prolongée, se traduisant par une grave pénurie des précipitations et par une intense
évapotranspiration en saison chaude (R. Frecaut 1971).

Les étiages peuvent être appréhendés par plusieurs types d’expression numérique : débits
moyens minimaux, débits journaliers minimaux, débits caractéristiques d’étiage et le rapport
entre les débits minimaux et le module.

Tableau n° 44 : Débits mensuels d’étiage observés aux différentes stations des


Monts de Tlemcen

Station Débit 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 Moy
Sebdou Aut Nov Sep Aut Oct Jul Nov Jul Nov Sep
Q m3/s 0,0027 0,016 0,019 0,0027 0,0031 0,037 0,0031 0,0011 1,14 0,022 0,87
Q l/skm2 0,014 0,082 0,097 0,014 0,016 0,019 0,016 0,0056 0,007 0,011 0,028
Chouly Sep Aut Sep Aut Sep Jul Aut Aut
Q m3/s 0,024 0,024 0,025 0,023 0,022 0,028 0,030 0,027 0,025
Q l/skm2 0,141 0,141 0,147 0,135 0,129 0,164 0,176 0,159 0,149
Bahdel Aut Aut Sep Aut Sep Aut Sep Jul Jul Oct
Q m3/s 0,140 0,238 0,26 0,16 0,163 0,157 0,125 0,043 0,124 0,120 0,153
Q l/skm2 0,141 0,240 0,263 0,162 0,165 0,159 0,126 0,043 0,125 0,121 0,155

Il est aussi utile d’analyser le débit d’étiage exprimé en (l/s) et en (l/s.km2) pour les
différentes stations et ceci en relation avec les formations lithologiques.

D’après le tableau n°44, le débit moyen mensuel spécifique d’étiage le plus faible est
observé à Sebdou (0,028 l/s.km2), bassin correspondant aux versant sud des Monts de Tlemcen
(Hautes plaines) semi-aride de faible précipitations. La formation lithologique est constituée
essentiellement par des dolomies karstiques avec des zones masquées par les conglomérats (de
faible perméabilité).

Sur les bassins de Béni Bahdel (oued Tafna) et Chouly (oued Isser) le débit moyen
mensuel spécifique d’étiage varie entre (0,149 et 0,155 l/s.km2). Ces bassins sont relativement
plus humides que le précédent, néanmoins la formation
lithologique dolomitique karstique est relativement très perméable, ce qui favorise l’infiltration
au détriment du ruissellement.

Afin de mieux saisir ces phénomènes d’étiage, nous avons tracé les courbes de
tarissement à partir des débits moyens mensuels disponibles ‘période : 1989 à 2000) et nous
avons montré l’évolution des modules mensuels pendant la période sèche pour les stations de
Béni Bahdel, Chouly et Sebdou représentatives des bassins de la haute et de la moyenne Tafna
(fig. 139, 140 et 141).

158
La décroissance des débits se réalisent généralement d’une manière progressive du mois
de mai à septembre. Cet abaissement du plan d’eau est souvent interrompu par de remontées
passagères dues à des averses orageuses.

C O U R B E D E T A R IS S E M E N T (S E B D O U ) C O U R B E D E T A R IS S E M E N T ( C H O U L Y )

100
100

Débits (l/s)
C o e ffic ie n t d e ta r is s e m e n t = 0 ,2 8
Débits (l/s)

C o e ffic ie n t d e ta r is s e m e n t = 0 ,5 7

10
MAI JU N JU L AUT SEP OCT MAI JU N JU L AUT SEP OCT
M o is M o is

Fig. 146 Fig.147

C O U R B E D E T A R IS S E M E N T ( B E N I B A H D E L )

700

600

500

400
C o e ffi c ie n t d e ta r is s e m e n t = 0 ,3 1
Débits (l/s)

300

200
MAI JU N JU L AUT SEP OCT
M o is

Fig.148

2.5. Conclusion

Les eaux de surface des Monts de Tlemcen sont drainées par deux grandes artères
fluviales : la haute et la moyenne Tafna proprement dit à l’Ouest et l’oued Isser à l’Est. Sur la
base des données de débits relatifs aux stations Béni Bahdel, Sebdou, Chouly et Sidi Aissa, nous
avons pu dégager les grands traits du régime des oueds des Monts de Tlemcen.

Les variations des débits interannuels des différents oueds montrent que l’écoulement
varie très considérablement d’une année à l’autre, les coefficients de variation sont compris entre
(0,8 et 0,9), valeurs relativement forts. De plus l’évolution est presque synchrone d’une station à
l’autre, ce qui indique la similitude des conditions d’écoulement. Les débits spécifiques
présentent une augmentation générale du Sud vers le Nord (de 0,46 à 0,81).

L’analyse des débits mensuels à travers les différentes stations hydrométriques montre
une nette décroissance et d’une manière progressive à partir du moi de mai à septembre. Le
coefficient de tarissement annuel est de 0,31 à 0,57. Les oueds des Monts de Tlemcen ont des
crues violentes et de courte durée avec un coefficient de tarissement relativement fort ( 0,03 à
0,7). 20% du volume total annuel est évacué en 3 à 6 jours.

159
CHAPITRE 1 : APPROCHE HYDRODYNAMIQUE DES HYDROSYSTEMES
KARSTIQUES « Monts de Saida »

L'utilisation de l'hydrodynamique souterraine dans l'étude des systèmes karstiques s'est


révélée déterminante pour la compréhension du fonctionnement de ce type d'aquifère. A. MANGIN
(1975) pose les bases de cette approche et propose à partir de l'étude mathématique des courbes de
décrue et de tarissement une classification des systèmes en fonction de leur degré de karstification
mais aussi de l'importance de leur zone noyée. Cette seule approche, selon l'auteur, ne peut suffire à
tout expliquer, en particulier la part différents types d'eau à l'écoulement et l'origine de ces derniers.
Nous allons faire appel à des traceurs météorique tel que 18O pour mettre en évidence l'importance de
la zone non saturée dans le fonctionnement des systèmes et le rôle de ses eaux dans le processus
chimique de karstification. Il est maintenant intéressant d'étudier de quelle façon ces eaux
interviennent dans les caractéristiques hydrodynamiques des karsts; étudiés et de tenter de les
quantifier.

1. Méthodologie et stratégie d'étude

Les principales sources des Monts de Saida (Ain zerga, Ain tiffrit, Ain soltane et Ain Balloul)
prennent naissance à partir des formation géologique karstifiée caractérisée par les calcaires et
dolomies de Saida " Bajo- bathonien", ces sources sont alimentées en grande partie par leur
impluvium (fig. 150).

Les émergences de Ain Tifrit dans les Monts de Saida se trouvent malheureusement dans des
contextes très défavorables aux suivis de débits. L'exutoire du premier système se trouve en effet
quasiment à la cote de la rivière ‘oued Tifrit’. La source a été équipée d'un déversoir triangulaire par la
direction de l’hydraulique de Saida. en 1980, lors d'études préliminaires concernant un projet de
captage. L’installation d’un Iimnigraphe avec l'aide des services techniques en amont du déversoir.
Ceci nous a permis de suivre les débits et d'enregistrer quelques crues.

La source de Tifrit est quant à elle utilisée pour les besoins de l’alimentation en eau potable.
L'eau de la source est amenée vers les bassins situés à quelques mètres par l'intermédiaire d'un canal
bétonné de forme trapézoïdale. Selon les besoins en eau de l'exploitation, des vannes sont actionnées
au niveau des bassins ce qui entraîne un contrôle aval important sur la cote du plan d'eau de la source.
De plus, en période de fortes crues, une vanne latérale peut être ouverte afin d'évacuer le surplus d'eau
vers oued Tifrit.

2. Courbes de tarage de la source Ain Tifrit

En ce qui concerne la source Ain Tifrit, nous avons utilisé l'équation du déversoir triangulaire
de la forme:

Q=1,32 x tg(
α ) x h 2,5
2
avec α : angle du déversoir (ici 90°)
h : hauteur d'eau au dessus de la pointe du déversoir (max. = 50 cm).

Quelques mesures au moulinet nous ont permis de contrôler la validité de l'équation utilisée malgré la
difficulté de cette manipulation sur le site.

160
Q mesuré Q calculé
Hauteur (cm)
(I/s) (I/s)
25 39,7 41,3
36,5 108,6 106,2
46 170,9 189,4

Les deux premières mesures correspondant à des débits faibles à moyen s'ajustent très correctement
aux valeurs calculées par l'équation. Par contre en période de forte crue la valeur calculée est
surestimée de plus de 10 %. Ceci s'explique par un contrôle aval de la rivière qui est généralement en
crue en même temps que la source. Le niveau d'eau à la sortie de l'exutoire est alors soutenu par celui
de la rivière et les hauteurs sont surestimées par rapport au débit réel de la source.

Il faut noter de plus qu'il existe plusieurs griffons à la sortie du système. Les deux principaux,
représentant 80% du débit total au cours de l'étude, sont collectés au niveau du déversoir. De
nombreux autres en amont des précédents peuvent s'activer au moment des crues et représenter un
débit non négligeable. Ces quantités sont malheureusement très difficiles à mesurer car ces arrivées
d'eau sont situées au niveau de la rivière.

Enfin lors de crues exceptionnelles la grotte surmontant l'exutoire (30 à 40 mètres) est
susceptible de fonctionner en trop-plein et de fournir un débit considérable difficile à estimer (cascade
de Tifrit). Des mesures différentielles au niveau de la rivière pourraient permettre une estimation
globale des sorties du système de Ain Tifrit, mais celle-ci deviendrait très aléatoire au moment des
crues de la rivière dont Ie régime est torrentiel.

3. Détermination des coefficients et des volumes de tarissement; discussion sur les résultats

Nous rappellerons quelques notions:

- Le coefficient de tarissement α : Les courbes de tarissement peuvent être décrites par une
fonction exponentielle de la forme (MAILLET, 1905) :

Q (t) = Q0 e – α t

Avec Qo : débit du tarissement à un instant t0


α: coefficient de tarissement (pente de la droite issue de la relation Ln Q - temps)

- Volume de tarissement:
A partir de l'intégration de la formule de Maillet, on obtient:


Q0
V = ∫ Q0e −αt = c0
t0 α
Avec c0 facteur de correction de l'unité temps, si Q en m³/s et t en jours alors c0 = 86400.

Le "volume dynamique" (MANGIN, 1975) correspond au volume d'eau écoulé (pour t = ∞) pendant
la phase de tarissement. Celui-ci est défini comme la vidange de la zone noyée au dessus de la cote de
l'exutoire sans participation aucune de l'infiltration rapide ou différée. Ce terme n'a de sens que du
point de vue hydrodynamique et ne saurait en aucun cas distinguer les types d’eau s'écoulant à
l'exutoire ni les circulations utilisées par ces eaux.
161
Nous utiliserons, pour répondre à notre objectif, le terme moins restrictif de volume de
tarissement (CASTANY et MARGAT, 1978), Nous le définirons comme le volume d'eau déplacé
dans l'aquifère (réserve noyée, drains, réserve suspendue), susceptible d'être renouvelé, et s'écoulant à
l'exutoire suivant une fonction exponentielle de type MAILLET. En l'absence de transfert de pression,
donc de changement des conditions d'écoulement à l'exutoire, toute eau peut participer au tarissement.
Ainsi les écoulements diffus ou différés à travers la zone non saturée en relation hydraulique avec la
zone noyée peuvent soutenir largement les débits du tarissement. Ces écoulements peuvent être
assimilés à un égouttage des parties supérieures de l'aquifère karstique (PUIG, 1987). De plus, il est
probable que dans les secteurs peu perméables de la zone noyée, en mauvaise relation hydraulique
avec l'exutoire (pertes de charges importantes), la participation du ruissellement souterrain peut être
importante et ne pas être visible sur la courbe des débits.

Le coefficient α sera alors dépendant de l'importance de la participation de ces écoulements au


tarissement et de leur influence dans le temps. Le volume calculé dépend du débit initial choisi Q0 à un
instant t0. Il est préférable de prendre ce temps t0 au début du tarissement et non au moment du pic de
crue. Le volume calculé a alors une signification hydrodynamique.

L'évaluation de la composante "eau de réserve" à partir de la décomposition hydrodynamique


extrapolant le Q0 au moment du débit maximum n'a que peu de signification. Ceci pour les raisons
évoquées auparavant mais aussi par l'utilisation des traceurs chimiques et isotopiques qui a prouvé que
l'écoulement des eaux de la réserve pendant les crues ne suivait pas une relation exponentielle de type
tarissement (BLAVOUX et MUDRY, 1983; DREISS, 1989; HARUM el al., 1992).

3.1. Application au système karstique de Ain Tifrit

Quatre premières crues à compter de la fin août 1997 ont été suivies en débits et leur courbe
analysée suivant les méthodes maintenant classiques (MANGIN, 1975). En raison de la faible période
de suivi, seuls les calculs du coefficient de tarissement et du volume de tarissement seront effectués.
120
Q l/s

100

80
Fig. 149: Crue du 29/8/97 à Ain Tifrit (Q en l/s).

60

- Crues du 29/8/97 et du 10/9/97 :


40

Début de Tarissement

20

0 Jours

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
28/8/97 3/9/97 10/9/97

162
120

Fig. 150 : Crue du 10/9/97 à Ain Tifrit (Q en l/s).


90

60
Début de tarissement

30

0 Jours
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
8/9/97 15/9/97 23/9/97

Ces premières crues de la reprise 1997 sont dues à des pluies orageuses localisées dont les
hauteurs mesurées au pluviomètre sont respectivement de 33 mm (29/8/97) et de 21 mm (10/9/97).
Les réponses de la source sont très semblables pour les deux crues (Fig. 151et Fig. 152).

Crue du 22/9/00 :

L'orage très localisé du 22 septembre 2000, a eu un impact considérable sur le système


karstique de Ain tifrit. 92 mm d'eau se sont abattus sur le bassin en 4 heures et demi, Ce coup de piston
formidable sur le système est à l'origine d'une crue certainement centennale. La forte mise en charge
de l'aquifère a provoqué la réactivation de la grotte ‘ conduits’ que l'on pensait inactifs. Le fait le plus
spectaculaire été le débordement de la grotte surmontant la source, véritable évacuateur de crue et qui
n'avait plus fonctionné de longtemps "alimentant les cascades". Les débits de ce phénomène à
caractère exceptionnel ont été évalués sur place à 1,5 à 2 m3/s pour la seule grotte. Malheureusement
le lirnnigraphe situé à la source a été submergé par la crue. Le limnigraphe a été remis en fonction le
lendemain ce qui nous a permis de suivre la courbe de décrue (Fig.153).
240

Fig. 151 : Crue du 22/9/00 à Ain tifrit (Q en l/s).


200

160

100

Début de Tarissement
60

40

0 Jours
Q l/s
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
21/9/97 27/9/97 6/10/97

163
- Crue du 10/10/00.

Cette crue (Fig,154) répond à une faible pluie (12,5 mm ) survenant après la période perturbée
qui a succédé à l'orage du 22/9/00. Les débits observés sont supérieurs aux deux premières crues
relatives à des quantités d'eau précipitées pourtant très supérieures.
Q l/s
120

100
Fig.152 : Crue du 10!l0/00 à Ain Tifrit (Q en l/s).
80

Début de Tarissement
60

40

20

Jours
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
8/10/00 14/10/00 20/10/00

Les résultats obtenus à partir de l'étude des quatre crues sont reportés dans le tableau 45.
Les coefficients de tarissement et les volumes de tarissement calculés à partir des deux premières
crues sont très proches, α = 0,01 et V do = 0,2 .106 m3. L'influence de la première pluie (90 mm) sur la
recharge est insignifiante et montre qu'une grosse partie de celle-ci a été stockée ou est encore en
transit dans la zone non saturée.

Tableau n° :45 : Paramètres obtenus à partir des courbes de tarissement des crues.

Crues Q max (l/s) Q0 (l/s) t jours α Vdo m3

29/8/97 120 25 5.67 0.0112 0,193.106


10/9/97 136 32 6.67 0,0108 0,256 .106
22/9/00 250 55 5.67 0,040 0,118 .106
10/10/00 125 51 4.67 0,033 0,133 .106

L'impact de la crue du 22/9/00 est à l'origine d'un changement important des conditions
d'écoulement à la sortie du système. Le coefficient de tarissement augmente d'un facteur 4 (α = 0,047)
et le volume de tarissement est divisé par 2 par rapport aux crues précédentes. Ce phénomène
s'explique par un décolmatage important dans Ies parties basses du système consécutif à la mise en
charge du réservoir. Cette hypothèse est clairement justifiée par les observations

164
sur le terrain. L'eau de la crue était en effet très turbide, fortement chargée en éléments fins provenant
du réseau de drainage. Le fait le plus intéressant est l'apparition de deux griffons, une dizaine de
mètres en amont de l'exutoire principal, qui représentent maintenant au moins 15 % du débit total. Ces
nouvelles sorties d'eau expliquent en partie l'accroissement de la vitesse de vidange du réservoir. Ainsi
on peut observer qu'à la fin de la crue le débit enregistré est inférieur à celui d'avant crue, ceci malgré
l'énorme quantité d'eau apportée par l'orage du 22/09/00.

La crue du 10/10/00 confirme qu'un nouvel équilibre s'est créé et que les paramètres
hydrodynamiques caractérisant le réservoir ont réellement changé. Ainsi le coefficient de tarissement
et le volume dynamique observés pour cette crue sont proches de la crue du 22/9/00.

- Discussion:

On peut s'interroger sur les conséquences de tels phénomènes sur la karstogenèse.


L'augmentation importante de la vidange du réservoir et l'accroissement des vitesses de circulation
dans le réseau de drainage auront certainement une influence sur l'évolution future de ce karst. La
diminution des réserves, pouvant potentiellement participer au débit d'étiage, se traduira par un
dénoyage de certaines parties du magasin et une augmentation de la vitesse d'écoulement dans ces
secteurs du karst. Les conséquences de ce mécanisme peuvent être comparables à une baisse du
niveau de base, phénomène bien connu dans l'évolution de nombreux karsts et conforté par les travaux
de (COUTURAUD, 1993). Ceci implique de nouvelles possibilités d'accroissement de la
karstification par érosion souterraine ou par arrivée rapide d'eau de la surface ayant conservé son
potentiel agressif. Il est probable que la chimie des eaux à l'exutoire sera aussi influencée par ces
modifications de l'écoulement (mélanges en proportions différentes).

Le colmatage dans les parties basses du système est à l'origine de l'accroissement des réserves
en amont mais certainement aussi de l'arrêt de la karstification dans la zone noyée en raison de la
diminution des vitesses de transit et d'un effet régulateur accru sur les eaux d'infiltration. Il est
probable que l'effet inverse peut avoir lieu en cas de décolmatage provoqué par des événements
exceptionnels comme celui de la crue du 22/9/00.

3.2. Application au système karstique de Ain Zerga

Nous avons bénéficié sur ce site d'une série chronologique de débit plus importante grâce à
l'installation d'un enregistreur automatique à partir de mars 1992. La source étant captée pour
l’alimentation en eau potable du village de Rebahia.

- Crue de début de printemps (mars-avril 1997)

Cette crue (Fig. 155) intervient après un long étiage hivernal et a été engendrée par une pluie
de 23,5 mm tombée entre le 30/3/97 et le 31/3/97. La décrue est perturbée par une pluie de 6,5 mm le
4/4/97 mais le tarissement montre aussi quelques variations en réponse à de faibles pluies. Le début du
tarissement a été fixé le 14/4/97 et la fin le 26/4/97, soit douze jours.

165
130 Ql/s

120

100 Fig. 153 : Crue de printemps à Ain Zerga (Q en l/s).

80 Début de Tarissement

60

40

20

0 Jours

0 5 10 15 20 25 30
31/3/97 14/4/97 1/5/97

- Crue du début d’automne 29/8/97.

La crue du 29/8/97 survient pendant le tarissement estival (Fig. 156). Elle est provoquée par un
orage de 28 mm (29/8/97). On remarque une décrue rapide, perturbée cependant par une pluie de 6,5
mm, le 31/8/97. Le début du tarissement a été fixé le 2/9/97, la rupture de pente étant beaucoup plus
nette que pour les crues précédentes. La durée totale du tarissement pour cette crue est de 5,6 jours.

100 Q l/s

90

80
Fig. 154 : Crue du 29/8/97 à Ain Zerga.
4.3

60

50

40 Début de Tarissement

30

20

10

0 Jours
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
29/8/97 2/9/97 8/9/97
00 :00

166
4 - Résultats:

Les valeurs de coefficient de tarissement (0,0045 à 0.0082) sont nettement plus faibles qu'à Ain Tifrit
(0,01 à 0,04) et les volumes de tarissement plus importants (Tab.46). Ces paramètres indiquent une
réserve noyée plus importante et une vidange plus lente. Cela confirme les observations effectuées à
partir de la chimie des isotopes (18 O) qui a montré le pouvoir mélangeur de cet aquifère et l’effet
tampon important sur les variations des teneurs en éléments.

Tableau n° : 46 : Paramètres obtenus à partir des courbes de tarissement à l'exutoire Ain Zerga.

Qmax t décrue t tarissement


Périodes Crues Qo (l/s) α Vdo m3
(l/s) (jours) (jours)
printemps 31/3/97 120 49 9 12,2 0,0082 0,516.106
début de reprise 29/8/97 96 22 3 5,58 0,0045 1,843.106

Les différences importantes de α pour ces deux crues qui sont intervenues à des périodes
hydrologiques distinctes amènent les remarques suivantes:

- Ces variations ne proviennent pas d'un changement de condition d'écoulement à l'exutoire du


système comme nous avons pu le signaler à Ain Tifrit. En effet il n'y a pas eu d'effet comparable à la
crue du 22/9/97 sur la période étudiée (mars 97-mars 98) et l'hypothèse d'un colmatage (ou l'inverse)
n'est guère probable.

- le coefficient de tarissement décroît tout au long de cette période. On constate, de plus, que les temps
de décrue augmentent pour les trois grandes périodes étudiées (Tab. 25). La crue isolée du 29/8/97
intervient en plein tarissement estival et l'onde de crue passe très vite à l'exutoire ce qui explique une
décrue rapide.

Conclusion :

Les observations effectuées dans les systèmes karstiques des Monts de Saida montrent le
volume "dynamique" ne représente pas seulement une simple vidange de la zone noyée en dehors de
toute influence des zones supérieures. Il est préférable dans notre cas d’utiliser le terme "volume de
tarissement" qui englobe tous les différents types d’eau susceptibles de participer aux écoulements et
pour lesquels la courbe de restitution décrit une décroissance exponentielle.

Une limitation du volume de tarissement à la seule participation de la zone noyée peut


entraîner une erreur importante des capacités réelles de celle-ci. Ainsi le volume "potentiel" de
tarissement de la zone noyée de Ain Tifrit est plus proche de la valeur trouvée pour la première crue,
peu influencée par la zone non saturée, que pour la dernière. Une autre erreur serait de considérer que
seule la partie supérieure de la zone noyée participe au tarissement. La chimie a montré les fortes
discontinuités existant dans la zone noyée de la source de Ain Tifrit et l'importance des circulations
préférentielles véhiculant des eaux de différentes origines.

Le coefficient α est aussi très dépendant des conditions d'écoulement à la sortie du système et
dans le cas de Ain Tifrit le colmatage de ces zones est responsable, en partie, de l'importance des

167
volumes "potentiels" de tarissement. Ce coefficient ne rend pas compte des possibilités réelles de
stockage du système karstique ni de sa potentialité à restituer ces réserves.

Le phénomène de décolmatage, rarement observé dans d'autres aquifères, provoqué par la crue
du 22/9/97 permet de mettre en évidence les véritables caractéristiques hydrodynamiques de ce
système.

Cette étude a permis de définir le rôle de la zone non saturée dans les processus de
karstification et de soulever le problème de la localisation des réserves potentielles de l'aquifère
karstique. Dans les exemples étudiés le volume disponible dans la zone non saturée est important et
sera dépendant des conditions hydrologiques.

Il est probable qu'il en est de même pour les systèmes karstiques des Monts Tlemcen, mais
dans ce cas-là l'influence de la zone non saturée dépendra des caractéristiques hydroclimatiques de
plusieurs cycles. Si ces hypothèses se révèlent exactes, il en résulte qu'une partie du volume d'eau
écoulé en tarissement est expliquée par des réserves n'appartenant pas à la zone noyée. Ces
observations exigent la prise en compte, dans la modélisation des écoulements en milieu karstique,
d'une part du pouvoir de stockage de la zone non saturée, et d'autre part du pouvoir de restitution
(vitesse) de cette eau. L'utilisation des paramètres calculés par les méthodes hydrodynamiques
classiques peut conduire à des erreurs importantes en terme d'exploitation de la ressource pour ces
types de systèmes karstiques (surévaluation des capacités de la zone noyée, rabattement bien
supérieur aux prévisions lors des pompages).

168
CHAPITRE 2 : ETUDE HYDROCHIMIQUE DE CRUES ET DECOMPOSITION
D'HYDROGRAMME

2.1. Méthodologie

Deux crues ont été suivies simultanément aux systèmes karstiques des Monts de Saida. Ces
crues de début de reprise 1997, le 10/09/97 et le 22/09/97 ont été traitées précédemment par l'approche
hydrodynamique (Principalement Ain Tifrit et Ain Zerga).

Nous avons utilisé sur chaque site un préleveur (par le personnel de L’EPEOR) sur un pas de
temps horaire en pic de crue et trihoraire pour la décrue et le tarissement. En ce qui concerne la crue du
22/09/97 à Tifrit,, les prélèvements ont donc été réalisés manuellement à raison de deux échantillons
par jour. Ce pas de temps s'est révélé suffisant pour décrire l'évolution du signal chimique et
isotopique. Une analyse complète des ions majeurs a été réalisée et des échantillons ont été
sélectionnés pour des mesures d'oxygène 18.

2.2. Evolution du signal chimique en fonction des périodes hydrologiques

2.2.1. Etude des courbes chimiques et isotopiques à Ain Tifrit.

[Link]- Application à la - Crue du 10/09/97

L'interprétation de l'évolution du signal chimique en cours de crue exige de replacer cet événement
dans son contexte. Le type d'eau s'écoulant à l'exutoire, provenant des drains, est un mélange issu de
différentes origines dont le signal n'est pas représentatif de la réserve noyée. II faut signaler de plus
que cette crue succède à celle du 29/8/97 survenue après un orage de 33 mm.

La figure 155, représente les variations de quelques éléments, significatifs du fonctionnement


du système en période de crue. Ainsi les bicarbonates et les sulfates augmentent alors que le
magnésium décroît. Les teneurs en chlorures et nitrates sont relativement stables avec cependant des
pics (positifs ou négatifs) au moment de la pointe de crue. Cette échelle de temps permet cependant de
mettre en évidence un mécanisme non décelé par les prélèvements hebdomadaires. On constate en
effet une dilution de certains éléments en montée de crue (CI-, HCO3 - , Mg2+) correspondant à une
infiltration rapide. Ce phénomène est aussi très visible pour les isotopes. Les teneurs de cette pluie et
de l'orage précédent sont respectivement de - 5,49 et - 6,41 δ ‰ (station de Tifrit et Rebahia) et cette
infiltration directe se traduit par un pic positif en oxygène 18 (valeurs moins négatives) en tout début
de crue.

169
Temps (Jours)
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
110

100
Début de tarissement
Q (I/s)
90

80
70

60 -7.8

-8
-8.2

-8.4

310 -8.6 δ O%
HO-3
300
290
280
270
260
250 10.5
10 SO 24-
240 9
9.5
8.5
8
5.5 7.5
MG2+ 7
5
4.5

4
5.4
3.5 5.2 CI
-

5
4.8
3.2 4.6
NO-3 3 4.4
4.2
2.8 4
2.6
2.4
2.2
2 Jours
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
9/9/97 22/9/97

Fig. 155 : Variations des éléments chimiques et isotopiques au cours


de la crue du 10/09/97 à Ain Tifrit.

2.2.2. Interprétation

Il est clair que la participation d'une eau nouvelle existe mais celle-ci ne représente qu'un très
faible volume d'eau par rapport à l'écoulement total. Ainsi les teneurs en éléments reprennent très vite
leurs valeurs initiales. L'eau qui s'écoule pendant le pic de crue correspond à la chasse, par effet piston, de
l'eau préexistante dans les drains. Les teneurs sont alors relativement stables (HCO3 – SO4 2- et δ 18 O).
Les teneurs évoluent ensuite pendant toute la décrue mais aussi pendant le tarissement. Ces
augmentations des bicarbonates et sulfates et la décroissance du magnésium peuvent s'expliquer par
l'arrivée d'une eau provenant de réservoirs superficiels qui a été chassée par l'eau nouvelle. Il est probable
qu'une partie de ces eaux provient du stockage de la pluie précédente.

170
On constate que les teneurs en chlorures et nitrates de cette eau sont proches de celles de l'eau
initialement présente dans les drains, le signal étant très stable après le pic de crue. Les valeurs d'oxygène
18 avant la crue sont particulièrement négatives et correspondent sensiblement à la teneur moyenne
mesurée pour les fortes pluies de août 1997 (- 8,50 δ ‰ à 990 m d'altitude). Ce type d'eau était
certainement encore en transit dans le système par écoulement différé ou a été chassé en partie lors de la
première crue. En fin de tarissement les teneurs tendent à retrouver leurs valeurs initiales malgré
l'accumulation des deux orages (53 mm) fortement marqués en isotopes (- 5,80 δ ‰). Cette observation
indique clairement que l'eau nouvellement précipitée a été stockée dans des réservoirs intermédiaires et
qu'une faible partie de cette eau a participé aux écoulements, pendant la crue.

2.2.3. Discussion de la décomposition hydrochimique de l’hydrogramme karstique

L'analyse de cette crue montre la complexité de l'interprétation du signal que l’on observe à
l’exutoire du système. Il est clair qu'une décomposition des composantes de l’écoulement à partir du
signal pluie n'aurait aucune signification quant à l'hydrocinématique du système. En effet, la
participation de l'eau nouvelle est infime et les variations observées correspondent avant tout au
déplacement de l'eau qui était en transit (ou momentanément stockée) dans la zone d'infiltration. De plus,
la concentration initiale d'avant crue n'est aucunement représentative de la réserve noyée. Elle est la
résultante d'un mélange qui évolue continuellement suivant l'influence plus ou moins importante de la
zone non saturée. Ces constatations entraînent qu'une décomposition d'hydrogramme ne pourrait en
aucun cas permettre une différenciation des volumes d'eau mis en jeu.

La connaissance du signal du "non saturé" pourrait permettre éventuellement d'évaluer les


proportions entre l'eau préexistante, et non celle de la réserve noyée, et l'eau chassée d:ms la zone non
saturée. Certains auteurs ont assimilé cette composante au ruissellement souterrain (BLAVOUX et
MUDRY, 1983 ; MUDRY, 1987) par opposition à la composante "eau matricielle" (réserve noyée). Ils
déterminent la concentration de ces composantes à partir de la relation flux-débit en effectuant deux
postulats. Premièrement, la concentration du ruissellement souterrain est constante en raison d'une
homogénéisation du signal "entrée" dans l'épikarst, et deuxièmement, ce type d'eau n'intervient plus sur
le signal à l'exutoire à partir du moment où Ie système est en tarissement hydrodynamique.

Il est clair malheureusement que ce procédé est inapplicable à notre système. L'existence d'un ou
de plusieurs réservoirs suspendus très dépendants des conditions hydrologiques (état de recharge), de la
saison (production de CO2), de la nature lithologique de l'encaissant, des conditions d'écoulement et de
mélange (structure, perméabilité) font que ce signal "ruissellement", pour la quasi totalité des traceurs, ne
peut être constant en cours de crue. Mais surtout, l'apparition du tarissement hydrodynamique ne signifie
pas l'arrêt de la composante "non saturé" dans les écoulements. C'est ce que nous avions déjà soupçonné
lors de l'étude des variations du coefficient de tarissement. Les courbes de Mg2+, de HC03-, ou de S042-
indiquent en effet, que le maximum de contribution des eaux superficielles se passe au début du
tarissement hydrodynamique (Fig. 155). Enfin, le signal de base (réserve noyée) classiquement
déterminé avant la crue et pendant l'effet piston initial (montée de crue) qui chasse l'eau des drains, ne
représente en réalité qu'un état instantané du système correspondant à un mélange de différents types
d'eau.

171
[Link] Application à la Crue du 22/09/97
Temps (Jours)
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18

600
500 Début de tarissement

Q (I/s)
400
300
200
100
-8
0
-8.5
-7
-7.5
-8 δ O%
HO-3 330 -8
320
310
300
290
280
270 10.5
10 SO 24-
9
9.5
8.5
8
5 7.5
MG2+ 4.5 7
4
3.5
3
2.5
2 5
4.5 CI -
4
4 3.5
NO-3 3.5
4
3
2.5
2
1.5 Jours
1
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18
21/9/97 9/10/97

Fig. 156 : Variations chimiques et isotopique au cours de la crue


du 22/09/97 à Ain Tifrit.

La crue du 22/09/97 survient alors que la recharge de l'aquifère est très avancée en raison des
fortes pluies des deux orages précédents (33 mm et 21 mm). La réaction de la source est quasi immédiate
après le début de la pluie et s'est traduite par une montée de débit très rapide. Il faut signaler que le
premier prélèvement a été effectué 2 heures après la fin de l'orage alors que le débit n'était pas encore
maximal.

On observe en montée de crue l'arrivée d'une eau chargée en bicarbonates, calcium et sulfates, qui
s’accompagnent d'une augmentation de température de 0,6 °C et d'un enrichissement en oxygène 18
d'environ 2 δ ‰. La teneur en isotope de la pluie est de -5,37 δ ‰ à Rebahia (710 m) et de – 7,25 δ ‰ à

172
Tifrit (990 m). On constate d'autre part une chute des teneurs en magnésium, nitrates et chlorures. Le
prélèvement du jour suivant montre une diminution de HC03- et de SO4 2- alors que la concentration des
autres éléments reste faible. Pendant la première partie de la décrue, on observe une augmentation de la
minéralisation particulièrement visible pour les nitrates et le magnésium. En seconde partie de décrue et
pendant le tarissement, les concentrations diminuent à nouveau excepté pour le magnésium.

2.2.4. Interprétation :

Les variations de la chimie sont assez semblables à celles observées lors de la crue précédente,
cependant nous n'observons pas de dilution en début de crue. Il est probable que s'il y a eu une infiltration
rapide, celle-ci s'est produite avant le premier prélèvement en tout début de crue. Il serait tentant, au vu de
la chute des concentrations de certains éléments au moment du pic de crue (Cl-, Mg2+, NO3-) et de
l'enrichissement en oxygène 18, d'incriminer la participation directe de la pluie aux écoulements.
Cependant, cela ne pourrait expliquer les fortes augmentations de bicarbonates, calcium et sulfates,
éléments qui auraient dû se diluer de la même façon. Ce comportement des éléments chimiques et des
isotopes ne peut pas non plus s'expliquer par une chasse d'eau dans la réserve noyée. Les caractéristiques
de ce réservoir, déterminées pendant le grand étiage 1997, ne correspondent pas au type d'eau observé
lors de cette crue. Aussi, comme pour la crue précédente, s'agit-il de la chasse de l'eau transitant dans les
drains et issue certainement des orages de début septembre. Ces pluies de fin d'été, probablement
chaudes, étaient elles-mêmes très enrichies en oxygène 18 ce qui explique les augmentations des teneurs
en isotopes lourds et de la température à l'exutoire.

2.2.5. Conclusion

On se rend compte de "hétérogénéité importante du réservoir karstique et de la complexité des


phénomènes de mélange qui se produisent à l'intérieur de l'aquifère. Il est clair qu'il existe de multiples
systèmes qui participent à l'écoulement général et que chaque composante de ces derniers joue un rôle
dans les variations de la chimie. L'oxygène 18 reste le seul élément susceptible d'apporter un signal
commun à partir de l'ensemble de ces systèmes. Ce paramètre est relativement homogène sur l'ensemble
du bassin et n'évolue plus à l'intérieur du magasin. Cependant, cette information globalisée ne permet
guère de différencier l'origine des eaux en particulier dans un système qui fonctionne avant tout par effet
piston. Les temps de transit assez longs et les circulations profondes provoquent un amortissement très
important du signal isotopique à l'échelle du cycle. Il faut des événements particuliers comme ceux de
cette reprise 1997, avec des pluies enrichies et de fortes intensités (effet piston) pour observer des
variations notables à l'exutoire. Le milieu non saturé joue un rôle prépondérant dans le système de Ain
Tifrit et Ain Zerga du point de vue qualitatif mais certainement aussi quantitativement

2.3. Essai de décomposition de l'hydrogramme de crue à partir de l'oxygène 18

L'évaluation de la proportion des différentes composantes à l'écoulement total à partir de la


décomposition hydrochimique des hydrogrammes reste très délicate pour ce genre de système. Il est clair
que la participation directe de la pluie est très faible et que le signal "non saturé" n'est pas constant pour la
quasi totalité des paramètres. Cependant les observations isotopiques effectuées sur les trois griffons
suivis pendant la crue du 22/09/97 montrent un comportement du signal et des teneurs en oxygène 18
quasi identiques pour ces systèmes pourtant différents (Fig.157). Cela indique que l'eau en transit dans la
zone non saturée possède un signal tamponné, homogène semble-t-il sur l'ensemble du bassin. Cette
teneur correspond a priori à la moyenne des pluies précédentes. De la même manière, l'eau préexistante
dans le système paraît posséder un signal relativement homogène issu de la pondération (mélange
successif) des pluies du printemps. Il est probable en effet que ces importantes précipitations ont rechargé
la zone noyée en profondeur.

173
-6

-6
Ain Zerga Ain Tifrit

-6.5

-7

-7.5

-8
δ 18 O ‰
-8.5
1=0 5 10 10 20 25

Fig.157 : Variation isotopique au cours de la crue du 22/09/97 à Ain tifrit et Ain Zerga.

Il est clair que le contexte existant au moment de la crue du 22/9/92 est très favorable. Les deux
pluies précédentes sont fortement marquées (- 5,35 δ ‰) et leur hauteur précipitée est importante (33
mm). Ces eaux se sont infiltrées et ont été stockées (où étaient en transit lent) dans le milieu non saturé
pour être chassées au moment de l'orage du 22/09/97. Ces eaux se sont marquées différemment du point
de vue chimique suivant les conditions où elles se trouvaient (pCO2, lithologie, profondeur...) mais ont
conservé leur signal isotopique initial.

2.3.1. Discussion

La décomposition d'hydrogramme nécessite que les concentrations de chaque composante soient


constantes au cours de l'épisode et qu'elles soient suffisamment différentes. Dans notre cas ces conditions
ne semblent être réunies que pour l'oxygène 18 car cet élément est conservatif (FONTES, 1976;
HUBERT, 1989). De plus, les observations précédentes permettent de penser que ce signal est
homogène dans chaque réservoir en raison du contexte très favorable dans lequel surviennent les deux
crues analysées.

La détermination du signal de ces différentes composantes reste la phase la plus délicate et


représente certainement la plus grosse source d'erreur. L'erreur effectuée sur le choix des concentrations
des composantes est par contre difficile à quantifier. Il faudrait pour cela avoir une meilleure
connaissance du signal de la zone noyée et du "non saturée" en multipliant les prélèvements dans ces
milieux (forages, trop-plein, sources superficielles...) ce qui permettrait de mieux connaître la répartition
spatiale et la constance de chaque signal. Nous avons vu dans la seconde partie de ce travail que le signal
isotopique était variable en cours d'épisode. Il est clair que dans des systèmes très transmissifs ou de
petites tailles, il serait nécessaire de prendre en compte celle évolution du signal. Pour le système de
Monts de Saida, nous pouvons négliger cette source d’erreur puisqu'il n'y a pas d'infiltration directe (ou
faiblement) jusqu'à l'exutoire. L'eau nouvelle est d'abord stockée dans les aquifères superficiels d'où un
signal tamponné.

174
2.3.2. Application - Crue du 10/9/97:

Le signal isotopique d'avant crue est à l'évidence influencé par l'orage du 29/8/97. Nous avons
donc utilisé la teneur mesurée avant cet épisode correspondant au prélèvement effectué à la source le
26/8/97. Celle valeur de -7,25 δ ‰ sera donc prise comme signal de la composante "zone noyée". Elle
correspond sensiblement à la moyenne pondérée des pluies de printemps. L'étude hydrochimique a en
effet montré que celle période correspond à une véritable reprise et que l'eau à la fin du mois d'août était
encore très influencée par celle-ci. La concentration de la composante "non saturée" peut être discutée.
Nous avons choisi d'utiliser la teneur de la pluie du 29/08/97 (33 mm) qui était de -5,49 δ ‰ à Rebahia
(710 m) et de -7,21 δ ‰ à ain Tifrit (960 m). En prenant une altitude moyenne du bassin à 750 m, le
signal est donc de – 7,02 δ ‰ . Celle valeur reste aléatoire car il n'y a aucune certitude que ce signal soit
resté constant dans le non saturé. Il est probable que cette eau s'est mélangée en partie avec l'eau
préexistant dans les zones superficielles. On peut cependant penser que l'eau ancienne a été en grande
partie chassée de ces aquifères par effet piston vu l'importance de l'orage.

Les débits calculés (méthode en annexe) des deux composantes sont représentés sur la figure 158
et les résultats dans le tableau 47. Les résultats montrent que la participation de la composante "zone
noyée" est nettement prépondérante pendant la crue. Ceci confirme qu'une grande partie de l'eau issue
des deux orages du 29/08/97 et du 10/09/97 a été stockée dans la zone non saturée et n'a que peu participé
aux écoulements. Il est possible cependant que cette composante soit sous estimée en raison de
l'incertitude sur le signal de la zone "non saturée", En effet, nous avons émis plus haut l'hypothèse que la
teneur en oxygène 18 de cette composante pourrait en fait être plus négative, en raison du mélange avec
l'eau préexistant dans le milieu non saturé. Evidemment, cela impliquerait une participation plus
importante par rapport à ce que nous avons calculé.

Tab. 47 : Résultats concernant 1a décomposition isotopique de la crue du 10/09/97


et du 22/09/97 à Ain Tifrit

Proportion au pic de crue Participation au volume total


Date Cr ( ‰ ) Ci ( ‰ )
Non saturée Zone noyée Non saturée Zone noyée
10/09/97 - 7,25 -7,02 15 % ± 6 % 85 % ± 13 % 19 % ± 7 % 81 % ± 12 %
22/09/97 -8,85 -4,58 56 % ± 15 % 44% ± 12% 41 % ± 11% 59 % ± 12 %

On remarque qu'au moment du pic de crue la zone noyée fournit pratiquement l'intégralité du
débit en raison de l'effet piston dans les drains. La contribution maximale de la zone non saturée survient
seulement le 16/09/97 (23 %), soit 6 jours après le pic de crue alors que le tarissement hydrodynamique
a déjà commencé.

175
120 Q (I/S)

100

80
Qt (total)

60
Qr (zone noyée)

40

20 Qi (non saturée)

0
1=0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
8/9/97 23/9/97
Temps (jours)
Fig. 158 : Décomposition isotopique de l'hydrogramme de la crue du 10/9/97 à Ain Tifrit

2.3.3. Application à la Crue du 22/09/97.

L'analyse de la crue précédente permet de penser que le signal de la composante "non saturée"
sera mieux connu pour la crue du 22/09/97. Il est probable en effet, que les 33 mm de pluie tombés sur le
bassin ont largement remplacé l'eau préexistante. Le signal de cette composante sera donc la pondération
des teneurs isotopiques de ces deux orages, soit -4,58 δ ‰. La faible participation des eaux superficielles
pendant la crue du 10/09/97 suggère que celles-ci sont encore en transit dans la zone d'infiltration ou
momentanément stockées dans les réservoirs suspendus. Nous utiliserons donc le même signal que
précédemment pour la composante "zone noyée" en supposant que celui-ci a été peu affecté, soit - 8,85 δ
‰ . Les résultats de la décomposition sont reportés dans le tableau 47 et sur la figure 159.

176
Q (I/S)
700

600

500

400

300

Qt (total)
200
Qr (zone noyée)
Qi (non saturé
100

0
1=0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17
21/09/97 Temps 08/10/97

Fig.159: Décomposition isotopique de l'hydrogramme de la crue du 22/09/97

La contribution de la zone non saturée est beaucoup plus importante pour cette crue en particulier
pendant le pic de crue. L’énorme quantité de pluie qui s’est abattue sur le bassin a provoqué un effet de
piston sur l’ensemble de l‘aquifère karstique. Le transfert a été quasi immédiat en raison de la saturation
du bassin d'où une montée de débit très rapide. De même, l'arrivée des eaux de la réserve suspendue
atteint 41 % sur l’ensemble de la crue. Cette forte proportion est certainement due à la nature de l’orage
qui a été d’une intensité importante. Il est probable que dans la majorité des cas l’effet piston dans le
milieu "non saturée" se traduit par une arrivée d’eau beaucoup plus tardive de ce type d’eau à l’exutoire.

. 2.4. Conclusion .

La compréhension du fonctionnement du système karstique de Ain Tifrit à l'échelle du cycle ne


peut suffire à l'explication des phénomènes observés à la reprise 1997 (pics de température et d'oxygène
18, chute des chlorures et nitrates...). L'étude de crue a permis de mieux distinguer la succession des
différents types d'eau à l'exutoire et de mettre en évidence la grande hétérogénéité du milieu non saturé
mais aussi celle de la zone noyée. Dans le cas de Ain Tifrit , il est clair que les eaux qui transitent dans la
zone saturée sont marquées différemment et proviennent de secteurs distincts. La part des eaux de la zone
non saturée peut devenir prépondérante en période de crue à cause des fortes discontinuités du système
(hyérarchisation élevée). Ce mécanisme reste cependant, très dépendant des conditions hydrologiques au
moment où survient la crue.

Pendant l'année 1997, les eaux à l'exutoire sont continuellement influencées par la zone non
saturée (réserve suspendue) et il n'y a jamais homogénéisation du signal dans la zone noyée. Ces
observations impliquent une participation relativement faible de la réserve noyée en raison probablement
de la faible perméabilité (mauvais drainage) de celle-ci. Il devient nécessaire, dans l'interprétation du
fonctionnement hydrocinématique, de distinguer les eaux en transit des zones transmissives (drains) de
l'eau de la réserve, et ceci à l'intérieur même de la zone noyée. Ces constatations impliquent un décalage
important entre l'approche hydrodynamique des écoulements et l'approche hydrocinématique qui traite

177
des flux d'eau dans le système. En effet, l'étude des crues a clairement mis en évidence que la
contribution maximale des eaux de la zone non saturée intervient au moment ou commence le
tarissement hydrodynamique (crue du 10/09/97).

Dans le système de Ain Zerga, le rôle de la réserve noyée sur le fonctionnement


hydrocinématique est prédominant. La stabilité du signal à l'échelle du cycle et le faible impact des crues
de la reprise 1997 indiquent une meilleure participation de celle réserve et probablement une
perméabilité supérieure à celle de Ain Tifrit. L'homogénéisation du signal est rapidement réalisée à
l'intérieur de la zone saturée mais aussi au niveau des "réservoirs suspendus". Cependant, en période de
crue la contribution de la zone non saturée peut devenir importante. De même, l'infiltration directe de la
pluie est sensible à l'exutoire. Ces observations confirment l'existence d'un drainage rapide à partir de la
surface (drains) probablement dans des secteurs localisés. Cette structure de l'aquifère explique les
venues importantes d'eau de la zone non saturée en période de crue puis l'homogénéisation rapide du
signal après la crue ou en période de hautes eaux.

Ces conclusions sur le fonctionnement des aquifères karstiques ders Monts de Saida et en
particulier en ce qui concerne l'hétérogénéité des types d'eaux présents dans les systèmes font que
l'estimation de la contribution des différentes composantes de l'écoulement reste un exercice délicat.

CHAPITRE 3 : APPROCHE HYDRODYNAMIQUE DES HYDROSYSTEMES


KARSTIQUES DES MONTS DE TLEMCEN

3.1. Fonctionnement hydrodynamique des principaux systèmes

Les données actuellement disponibles ne permettent pas de déterminer précisément le


fonctionnement hydrodynamique des différents systèmes aquifères. Pour ce faire, il faudra une longue
période (plusieurs années) et d’une façon continue des observations pluviométriques, hydrométriques et
piézométriques. Néanmoins, on peut schématiser le mode des principaux transferts des eaux souterraines.
L’étude des propriétés hydrogéologiques des différentes formations montre trois grands types
d’aquifères (fig.1159:

- les aquifères perchés, entièrement limités par les terrains imperméables ;


- les aquifères à plongement nord, sous les terrains miocènes ;
- les aquifères à plongement sud, sous les conglomérats des Hauts Plateaux.

3.1.1. Aquifères karstiques perchés

On considérera ici les aquifères karstiques entièrement délimités par des affleurements de terrains
peu perméables qu’ils surmontent (fig.159). Toutes l’eau qui s’y infiltre ressort donc le long des limites
d’affleurement et ces aquifères peuvent faire l’objet d’un bilan en eau détaillé. Pour distinguer ces
aquifères de ceux qui s’ennoient sous les formations cénozoïques et qui seront envisagés plus loin. Les
aquifères de cette catégorie sont très étendus. Il leur correspond près d’un tiers des impluvia karstiques de
la région (tab.48). Leurs exutoires sont des sources situées en général aux points bas des limites
d ‘affleurement (Ain Taga, qui draine la plus grande partie des eaux du synclinal de Merchich). Leur
débit est très irrégulier, avec souvent un tarissement estival complet. Il n’est donc pas toujours facile de
les utiliser, même pour l’irrigation.

178
Les réserves permanentes de ces aquifères sont très limitées, car les exutoires occupent souvent
les points bas du mur des roches carbonatées. (fig.159) Ce n’est que dans quelques situations structurales
particulières qu’il peut se former un magasin important.

[Link]. Le synclinal de Merchich

Les eaux qui s’infiltre dans le synclinal sont drainées vers Aïn Taga à travers l’immense réseau
souterrain de Ghar Bou’Maaza (fig.159). La Superficie du bassin est de: 185 Km², dont 109 Km² (soit 59
%) sont karstifier.

Fig.160 : Coupe à travers la cuvette synclinale de Merchich

[Link]. Le bassin de Meffrouch

L’écoulement total (superficielle et souterrain) du bassin du Meffrouch est contrôlé grâce aux
jaugeages effectués à la station d’Aïn Méharras située à l’extrême exutoire. La superficie du bassin
versant à partir de la station est de 90 Km² dont 60 Km² karstifiés.

[Link]. La station de Kef Oued

Cette station est située sur l’oued Tafna, en aval du barrage de Béni Bahdel. En dehors des
périodes de lâchés, elle mesure donc le débit de sortie d’un bassin versant presque totalement karstifié.
Les résultats du bilan hydrologique de quelques systèmes aquifères sont présentes dans le tableau
suivant :

Tableau n° 48 : bilan en eau sur les karts perchés des Monts de Tlemcen

Superf % de la Pluvio Module moyen Lame Débit Coef


Bassin Totale superf (24/77) Infil Spéc Infiltr
(Km2) karst (mm) L/s Mm3/an (mm) L/s/km2 %
Merchiche 109 65 350 220 07 64 2.01 20
Meffrouche 90 67 300 370 10.5 112 4.2 28
O Kef 107 84 340 350 5.5 51 3,3 16
Khemis 336 90 412 951 30 89 1.2 11

Il faut souligner le caractère très approximatif de ces résultats, vu que le coefficient d’infiltration varie
énormément avec l’intensité des précipitations. La comparaison avec les résultats de la période récente
sera traitée ultérieurement dans le chapitre (impact du climat sur les ressources en eau)

179
On comparaison avec d’autres régions karstiques méditerranéen (même contexte climatique, les
valeurs de l’infiltration estimées sur les Monts de Tlemcen, à partir de l’étude de bassin témoins, sont
faibles. Ceci pouvait être expliquée comme suit :

Les Monts de Tlemcen présentent une particularité qui y limite l’infiltration efficace. Il est
possible que les dolomies saccharoïdes, dont les altérites remplissent les fentes karstiques, soient moins
favorables à l’infiltration que les roches plus compactes que l’on rencontre habituellement sur les karts.
Elles retiennent pendant quelque temps l’eau des précipitations, les laissant exposées à l’évaporation. Le
développement de ces altérités est remarquable sur les dolomies de Tlemcen.

3.1.2. Les aquifères drainés par un oued

Ces aquifères pourraient tous rangés les autres catégories, soit parce qu’ils s’ennoient sous le
Miocène (comme pour l’oued Chouly ou l’oued Isser), soit parce qu’ils sont entièrement délimités par
des marnes imperméables (comme pour l’oued Khemis, le bassin du Kef et la haute Tafna). Néanmoins,
ils posent des problèmes d’étude et d’exploitation qui justifient un traitement.

Leur bilan en eau (Tab.49) est compliqué par l’existence d’un débit d’entrée amont (celui des
cours supérieurs des oueds). Même si ce débit est mesuré, les incertitudes des divers termes connus du
bilan s’additionnent et il est difficile d’évaluer les autres par différence. En pratique, on ne s’est servi que
des données du bassin d’oued Khemis (car c’est un aquifère perché) et de celles du bassin du Kef (car le
barrage de Béni Bahdel contrôle totalement le débit amont).

Tableau n° 49 éléments du bilan en eau sur les principaux aquifères drainés par des oueds

Superf % de la Pluvio Coef


Zone Infiltration
Totale superf (24/77) Exutoire Géologie Infiltration
Considéré (Mm3/an)
(Km2 karst (mm) (%)
Dj. Hamar 86 80 300 [Link] DTl/DTe 15 ,5 7à9
[Link]Ï A. El Bard
[Link]
[Link]
[Link]
[Link] Ham
B.V. Isser 250 60 350 [Link] DTl/DTe 13 21
[Link] 248 20 325 [Link] DTe 4 5à6
Dj. Sandel [Link]
Dj. Amoud 124 20 420 ZA 0,5 1

3.1.3. Les aquifères s’enfouissant sous le Miocène au Nord des Monts de Tlemcen

Les aquifères karstiques du Nord du massif sont nombreux et isolés les uns des autres par des
terrains peut perméables (grès jurassiques et marnes miocènes). La plupart d’entre eux possèdent des
exutoires concentrés bien connu, au tour desquels s’est rassemblé la population et qui ont donnévarie à la
région sa réputation de ‘’pays des sources’’

[Link]. Flux profond sous le Miocène

Le seul indice expérimental de telles circulations est la forte recharge observée pendant l’hiver
1985-1986 sur l’aquifère exploité par les forages SAB1 ET SAB2. Il n y a pas d‘exutoire naturel (sources
karstiques) à proximité immédiate des forages. On pourrait donc supposer que cette recharge correspond
à des apports qui transitent lentement vers le Nord, sous le Miocène.
180
Cependant l’altitude de la surface piézométrique correspond grosso-modo à celle de deux sources
de gros débits qui jaillissent au milieu des affleurements miocènes : Aïn El Berd et Hammam Sidi
Abdelli. L’importance de leurs débits et le faciès chimique des eaux indiquent des aquifères karstiques. Il
s’agit vraisemblablement des exutoires naturels de l’aquifère exploité par les forages ; la source froide et
débit irrégulier correspond au ‘’trop-plein’’ et la source tiède pérenne à l’exutoire inférieur (voir
paragraphe sources). Il n’existe donc aucune preuve expérimentale de transits vers le Nord.

De nombreuses sources importantes sont pérennes, avec des débits parfois fort stables (fig.160).
Elles n’ont pas tari au cours des périodes de sécheresse, contrairement à beaucoup d’autres sources
situées plus haut dans le massif. Ceci indique que ces sources pérennes sont probablement les exutoires
les plus bas des aquifères. Les indications piézométrique des forages se raccordent en général assez bien
avec celles données par les sources.

3.1.4. L’alimentation latérale des aquifères du Plio-Quaternaire

On a vu ci-dessus qu’il existait, au Nord des Monts de Tlemcen, quelques nappes situées dans les
épandages conglomératiques du Plio-Quaternaire. Les aquifères karstiques contribuent-ils pour une part
notable à leur alimentation et cela représente-t-il un terme important du bilan en eau des Monts de
Tlemcen ?

[Link]. La nappe de Maghnia

La partie transmissive de cette nappe ne se développe que plusieurs kilomètres au Nord des Monts de
Tlemcen. De plus, à cet endroit, le Jurassique est représenté par les grès de Boumedienne. Le passage de
l ‘eau, des aquifères karstiques à la nappe de Maghnia est donc diffile, d’après BONNET, 1966, les
modèles mathématiques ont été construits avec l’hypothèse d’une alimentation latérale nulle à partir des
Monts de Tlemcen.

[Link]. La nappe de Hennaya

La partie transmissive de cette nappe n’atteint pas les reliefs aquifères du Jurassique, HAYAN,
1983, a supposé l’existence d’une alimentation latérale faible (moins de 20 l/s) car : - les terrains situés
entre les deux aquifères sont peu perméables ; le débit total, aux exutoires de la nappe de Hennaya est
tombé à 20 l/s durant cette dernière période. Quant aux prolongements des dolomies de Tlemcen vers le
Nord, il n’existe pas de preuve (par sondage mécanique) de la continuité lithologique de cette formation
sous le Miocène vers le Nord-Nord-Ouest, ce qui prouve l’érosion des dolomies (sondage M3 , B24 ,
B21, HE3). Par contre, vers l’Est-Nord-Est, quelques forages profonds ont recoupé , vers 400 à 500 m de
profondeur, des dolomies jurassiques karstifiés. Ceci prouve l’existence de flux profonds des Monts vers
le Nord-Nord-Est sous la plaine de Sidi Bel Abbes et la vallée de l’oued Isser.

3.1.5. Les aquifères s’enfouissant sous les conglomérats des Hauts Plateaux

Les coupes géologiques des forages et les sondages électriques ont prouvé l’étalement de vastes
impluviums des dolomies karstiques du Jurassique. Cependant le manque de données relatives aux
observations piézométriques et l’absence de sources, n’ont pas suscité l’intérêt des hydrogéologues. Les
eaux qui s’infiltrent dans le versant sud des Monts de Tlemcen s’enfonce donc vers des aquifères
profonds. L’étude hydrochimique des eaux des forages profonds de la bordure nord du Chott Gharbi

181
indiquent l’origine des dolomies karstiques (AZZAZ, 1995). Les exutoires de cet aquifères pourraient
être les sources tièdes et les forages de Berguent au Maroc, mais aussi la zone d’évaporation du Chott
Gharbi où le jaillissement de quelques forages (forage artésien Oglat En Naadja - AZZAZ, 1995).

3.1.6. Rôle hydrodynamique des grès de Boumédiènne

Les grès de Boumédienne occupent une étendue considérable dans les Monts de Tlemcen, il sont
souvent recouverts par les dolomies de Tlemcen, sauf dans le Horst de Ghar Roubane. Le contexte
géologique de quelques une des sources de cette formation émergent juste aux niveaux des minces bancs
de calcaire emboîtés dans les grès. Ces bancs assurent donc la drainance des grès de Boumédienne qui
présente une transmissivité médiocre avec une réserve renouvelable assez limitée. Il est donc illusoire de
vouloir exploiter à gros débit les grès en utilisant comme drains leurs lentilles calcaires.

Fig.161

182
3.2 ETUDE DES SOURCES

Deux facteurs contribuent à la multiplication des émergences :

- Le découpage du massif en Horsts et Grabens délimite des aquifères totalement disjoints,


- L’incision des vallées a encore morcelé ces aquifères (ceci est surtout vrai pour ceux du
membre calcaréo-dolomitique supérieur). La distribution géographique et géologique est très
significative (fig.159). La plus part des sources soit 80% (représentant plus de 95% du débit
évacué) jaillissent des calcaires et dolomies du Jurassique supérieur, ce qui souligne leur large
prépondérance comme aquifère dans la région. la plupart d’entre elles sont strictement
localisées:

-sur la limite Nord des affleurements jurassiques,


- au contact des terrains miocènes,
- le long des grands oueds qui traversent le massif par de profondes vallées et
aux points bas des limites d’affleurements des karts perchées. Il n’y a pas de sources le long de la
limite sud du massif, du coté des Hautes Plaines.

3.3 Les principales Sources Karstiques

Aïn Taga ou source de la Tafna est la source la plus importante des Monts de Tlemcen
(plusieurs dizaines de m3/s en période de crue). Son bassin d'alimentation d'une centaine de km2
est situé à une altitude variant entre 1100 et 1400m et correspond au synclinal de Merchiche
(Fig.160). Ce synclinal à pente faible, est formé par des terrains carbonates du Jurassique
supérieur (Dolomies de Terny et calcaires du Lato à la base) qui reposent sur un substratum
pratiquement imperméable (Marno-calcaires de Raouraï). La presque totalité de l'eau qui
s'infiltre sur cette cuvette est drainé vers Aïn Taga à travers l'immense réseau souterrain de Rhar
Boumaaza qui est le plus grand réseau exploré en Afrique (18,4 km). Cet ensemble draine le
synclinal de merchiche et soutien la pérénité de la Tafna en période des basses eaux.

Tableau n° 50 : Caractéristiques hydrodynamiques des principales sources.

Sources Q max (l/s) Q0 (l/s) t jours α Vdo m3

Ain Taga2 780 32 2.5 0.008 0,.345.106

Ain El Hout 136 12 4 0,014 0,074 .106

Ain Isser 250 22 9 0,016 0,118 .106

Ain Tallout 230 27 7 0.006 0.038. 106

Ain Fouara 125 28 12 0,083 0,074 .106

Les oueds des Monts de Tlemcen ont des crues violentes et de courte durée. Elle sont synchrones
sur la plupart des stations, ce qui souligne la similitude des conditions d'écoulements mais aussi
complique la gestion des ressources en eaux superficielles. Le coefficient de tarissement des
principales sources α varie considérablement 8.10-3 à 8.10-2 avec une réponse naturelle de
récession qui varie de 2 jours à 12 jours. Le volume dynamique maximal écoulable peut atteindre
8.106 m³/s.

183
184
Fig.162 : Localisation géographique des principaux hydrosystèmes karstiques de Tlemcen
3.4. Le régime des débits des sources et leur évolution avec les précipitations

La plupart des sources de la région présentent un régime très irrégulier, typiquement


karstique. Le temps de réponse aux précipitations est généralement court et le coefficient de
tarissement est relativement fort avec un régime très irrégulier (fig. 161, 162, 163, 164, 165, 166,
191 et 192). L’importance des dénivelées entre les plateaux karstiques et les émergences
conditionnent l’énergie de l’écoulement est donc l’évacuation vers le bas. Cette dénivelée est le
plus souvent comprise entre 300 et 500 mètres. Le régime des sources est similaire à ce de
beaucoup d’oueds de la région : un très long étiage avec des débits insignifiants (8 à 10 mois par
an ) et quelques crues très brusques avec des débits instantanées importants. Quelques sources
présentent même la propriété de tarir complètement pendant de nombreux mois.

En contre partie des sources qui dérivent des grès en aval présentent un régime
stable. Ces émergences sont alimentées par la réinfiltration des eaux provenant des sources
karstiques en amont (Sidi Abdelli). Dans le cycle de l'eau les précipitations constituent le
premier maillon d'une chaîne dont chacun des éléments est directement soumis à l'influence de
celui qui le précède. Les précipitations sont aléatoires par nature alors que les écoulements
souterrains résultants sont directement déterminés par des paramètres physiques propres à
plusieurs bassins d'alimentation (facteurs géologiques, géomorphologiques, conditions aux
limites, etc.). Nous distinguons trois approches d'identification du comportement des systèmes
aquifères face à des modifications de l'alimentation:

FIG.163 : VARIABILITE
Figure n° 77 DES DEBITS
VARIABILITE DES(SOURCE 23-E1)
DEBITS (SOURCE ETETPLUIES
23-E1) (ST
PLUIES (ST 160410)
160410) FIG.164 : VARIABILITE DES DEBITS
Figure n° 78 VARIABILITE (SOURCE
DES DEBITS 4-C1)
(SOURCE 4-C1)ET PLUIES
ET PLUIES (ST (ST160403)
160403)

160 160 250 60

140 140 Pluies (mm)


Débits (l/s) 50
Pluies (mm)
200
Débits (l/s)
120 120

40
100 100
débits et pluies

débits et pluies

150

80 80 30

100
60 60
20

40 40
50
10
20 20

0 0 0 0
sept-99
sept-85

août-00

déc-00

mars-00

déc-00
mars-86

déc-87

mars-95

août-98

déc-98

août-99

déc-99

déc-85

mars-86

mars-95

août-98

déc-98
oct-00

oct-00
oct-86

oct-98

oct-99

oct-85

oct-98
juin-99

juin-00

mai-99

nov-99

mai-00
nov-85

mai-86

juin-88

juin-98

mai-86

mai-92

juin-98
avr-99

avr-00
janv-86

juil-86

avr-87
juil-87

avr-98

juil-99

janv-00

juil-00
avr-85

avr-98
févr-88

févr-99

févr-00

temps temps

Figure n° 79 VARIABILITE
FIG.165 : VARIABILITE DES DEBITSDES (SOURCE
DEBITS (SOURCE IS18-G3)
IS18-G3) ET DES(ST160601)
ET PLUIES PLUIES FIG.166 : VARIABILITE DES DEBITS
Figure n° 80VARIABILITE (SOURCE
DES DEBITS (SOURCE72-E1) ETDES
72-E1) ET PLUIES
PLUIES (ST160602)
(ST 160602)
(ST160601)
250 100 100 0,25

90 90 Pluies (mm)
Pluies (mm) Débits (l/s)
200 Débits (l/s) 80 80 0,2

70 70
débits et pluies

débits et pluies

150 60 60 0,15

50 50

100 40 40 0,1

30 30

50 20 20 0,05

10 10

0 0 0 0
juil-85
oct-85
déc-85
févr-86
avr-86
juin-86
sept-86
nov-86
janv-87
avr-87
juil-87
janv-88
juin-98
sept-98
nov-98
janv-99
mars-99
mai-99
juil-99
sept-99
nov-99
janv-00
mars-00
mai-00
juil-00
sept-00
nov-00

sept-98

sept-99

sept-00
mars-98

août-98

mars-99

déc-99

mars-00

août-00

déc-00
oct-98

oct-99

oct-00
mai-98
mai-98
juin-98

nov-98

mai-99
juin-99

nov-99

mai-00
juin-00

nov-00
avr-98

juil-98

janv-99

avr-99

juil-99

janv-00

avr-00

juil-00
févr-99

févr-00

temps temps

185
FIG.167 : VARIABILITE DES DEBITS
Figure n° VARIABILITE (SOURCE
DES DEBITS 75-E1)
(SOURCE 75-E1) ET PLUIES
ETDES (ST160602)
PLUIES (ST 160602) FIG.168: VARIABILITE
Figure DESDES
n° 82 VARIABILITE DEBITS (SOURCE
DEBITS (SOURCE81-C3)
81-C3) ET PLUIES(ST
ET PLUIES (ST 160406)
160406)

100 45 45 35

90 40 40
30
80 Pluies (mm)
35 35
Débit (l/s)
25

débits et pluies
70
30 30
débits et pluies

60
25 25 20

50
20 20 15
40

15 15
30 Pluies (mm) 10
Débits (l/s)
10 10
20
5
10 5 5

0 0 0 0

sept-98

sept-99

sept-00
mars-98

août-98

déc-98

mars-99

août-99

mars-00

août-00

déc-00
oct-98

oct-99

oct-00
sept-85

nov-85

avr-86

sept-86

mai-93

mai-98

juil-98

sept-98

nov-98

janv-99

mars-99

mai-99

juil-99

oct-99

déc-99

févr-00

avr-00

juin-00

août-00

oct-00

déc-00

mai-98
juin-98

nov-98

mai-99
juin-99

nov-99

mai-00
juin-00

nov-00
avr-98

juil-98

janv-99

avr-99

juil-99

janv-00

avr-00

juil-00
févr-00
temps temps

FIG.169: VARIABILITE DES DES


Fig n° 83 VARIABILITE DEBITS (SOURCE
DEBITS TAGA
(SOURCE TAGA1)
1) ET PLUIES
ET DES (ST
PLUIES 160601)
(ST 160601) FIG.170: VARIABILITE DES DEBITS (SOURCE TAGA2 OUEST 1)
Fig n° 84 VARIABILITE DES DEBITS (SOURCE TAGA 2 OUEST) ET DES PLUIES (ST
ET PLUIES (ST 160601)
160601)
120 100

100 2500
Pluies (mm) 90
Débits (l/s)
100 90
80
Pluies (mm)
80 2000
70 Débits (l/s)
80
débits et pluies

70
60

Débits et pluies
60 1500
60 50

50
40

40 40 1000
30

20 30
20

10 20 500

0 0 10
avr-00
sept-85
nov-85
févr-86
avr-86
juin-86
sept-86
nov-86
janv-87
juin-87
oct-87
janv-88
mars-88
août-88
août-98
oct-98
déc-98
févr-99
avr-99

août-99
oct-99
déc-99
févr-00
juin-99

août-00
oct-00
déc-00
juin-00

0 0
juil-85

nov-85

mars-86

juin-86

sept-86

déc-86

avr-87

avr-92

août-98

oct-98

févr-99

avr-99

juin-99

août-99

oct-99

déc-99

févr-00

avr-00

juin-00

août-00

oct-00

déc-00
temps Temps

3.5. Conclusion

La représentation des propriétés hydrogéologiques des Monts de Tlemcen, permettra dans


un premier temps de dégager certains aspects des conditions de l’écoulement à travers les
différents systèmes aquifères.

Les aquifères karstiques ‘’perchés’’ ne jouent qu’un rôle dans l’écrêtage des crues et la
régularisation interannuelle des écoulements. Leur rôle dans l’exploitation est moins important,
car ils ne possèdent que de faibles réserves permanentes.

Les aquifères karstiques qui s’ennoient sous des formations peu perméables le long des
marges des Monts de Tlemcen possèdent des réserves permanentes considérables (de l’ordre du
milliard de m3 ) et sont le siège de flux souterrains à grande distance.

Les grès de Boumédiènne sont peu perméables et leur exploitation à gros débit n’est donc
pas possible même en utilisant comme drains leurs lentilles calcaires ou les aquifères karstiques
qui les bordent.

Le régime des sources qui drainent les aquifères karstiques est très irrégulier, avec un
temps de réponse aux précipitations très court et un coefficient de tarissement relativement fort.

186
CHAPITRE 4 : APPORT DE L’HYDROCHIMIE POUR LA CARACTERISATION DE
L’HYDROSYSTEME KARSTIQUES DES MONTS DE TLEMCEN.

4.1 Introduction :

Le couplage de données hydro-dynamiques, hydrochimiques et isotopiques a permis


d’importantes avancées dans la connaissance du fonctionnement des aquifères karstiques. Cependant la
difficulté de maîtriser le signal entré ou les modalités d’acquisition de la minéralisation limitent souvent
l’exploitation des observations faites au niveau des exutoires. Si le karst n’est plus tout à fait une boite
noire, beaucoup reste à faire sur le rôle des systèmes de stockage, le drainage, le marquage chimique et la
pollution.

La maîtrise du signal sortie aux exutoires des systèmes karstiques est un problème fondamental
pour la compréhension du fonctionnement de ce type d’aquifère (L’origine et la pollution des différents
types d’eau provenant aux exutoires). Les variabilités spatio-temporelles des éléments hydrochimiques se
sont révèles des outils performants dans la caractérisation du fonctionnement hydrodynamique des
aquifères karstiques et de différentier les types d’eau en fonction de leur origine (précipitation, eau de
surface, eau de la zone non saturée, eau de la réserve noyée, ...) et de leur temps de séjour dans le
réservoir (perméabilité).

L’origine et la pollution des différents types d’eau provenant aux exutoires des systèmes
karstiques sont des problèmes fondamentaux pour la compréhension du fonctionnement de ce
type d’aquifère. Les variabilités spatio-temporelles des éléments hydrochimiques se sont révélés
des outils performants dans la caractérisation du fonctionnement hydrodynamique des aquifères
karstiques et de différentier les types d’eau en fonction de leur origine (précipitation, eau de
surface, eau de la zone non saturée, eau de la réserve noyée, ...) et de leur temps de séjour dans le
réservoir (perméabilité).

Pour répondre à l’objectif, quatre sources (exutoire principal) en milieu karstique soumis
à différentes conditions hydrogéologiques et hydrologiques ont été sélectionnées dans le massif
calcaréodolomitique des Monts de Tlemcen (Nord-ouest algérien). Un suivi a été réalisé à pas de
temps mensuel sur trois cycles 2000 à 2002 (KHALDI & al 2004).

L’étude du fonctionnement de ces systèmes a utilisé les éléments hydrochimiques


classiques (tab.51) : Ca, Mg, Na, K, SO4, Cl, HCO3, NO3, pH, Conductivité et Minéralisation,
aux quels ont été associes les précipitations et les débits.

Tableau n° : 51. Analyses physicochimiques des principales sources karstiques des Monts de Tlemcen
HCO3/2
NOM T°C CA MG NA K CL SO4 CO3 CO3H NO3 PH C25 MINERAL RS105 DEBIT Mg/Ca
(Mg+Ca)
AIN TELLOUT 17.8 65.54 46.05 31.15 1.21 80.46 48.74 0.31 304.87 16.13 6.81 724.15 448.90 560.26 19.96 0.72 1.19

AIN TAGA 16.4 50.19 35.30 22.91 8.66 60.49 37.51 18.57 234.13 26.37 5.52 527.04 326.70 405.38 15.75 0.12 0.87

AIN EL HOUT 16.8 50.69 35.21 21.54 14.62 58.99 36.55 32.08 236.43 36.40 5.72 509.33 315.75 393.08 15.15 0.51 0.83

AIN FOUARA 16.4 49.61 34.92 21.18 20.65 57.41 35.46 45.14 233.01 46.07 5.91 488.39 302.77 374.10 14.72 0.50 0.79

* les concentrations en g/l et le débits en l/s


4.2 Variations des caractéristiques physico-chimiques

L’examen des courbes de variation des paramètres physico-chimiques mensuelles,


montre outre la similitude entre certains systèmes, une similitude de comportement de certains
paramètres hydrochimiques. Les figures n° 171, 172, 173 et 174, détaillent le comportement
général de ces paramètres au cours des trois cycles hydrologiques (2000-2002). Un premier
groupe de marqueurs tels que le magnésium, les bicarbonates et le calcium présentent des valeurs
faibles au moment des crues puis augmentent durant les décrues pour atteindre des valeurs
régulières et maximales au cours de l’étiage. On observe cependant quelques différences entre
les paramètres et entre les sources.

187
Les teneurs maximales en Ca2+, Mg2+ et HCO3- ne sont acquises qu’au moment du
tarissement, soit 30 à 40 jours après les crues de printemps à la source Taga, 2 mois à la source
Fouara et plus de 3 mois pour les sources El-Hout et Telout. Il apparaît que les teneurs en HCO3-
et en Ca2+ atteignent leurs valeurs maximales avant le Mg2+ pour Taga et Fouara. Pour Telout et
El-Hout les pics de Mg2+ et HCO3- apparaissent avant le maximum du Ca2+. Ceci peut être
expliqué par la composition géochimique des systèmes karstiques Taga et Fouara relativement
riche en Ca2+.

Le déphasage des pics de Ca2+ , Mg2+ et HCO3- traduisent d’une part le caractère
superficiel des sources Taga et Fouara et d’autre part la grande extension géographique et le
degré de karstification relativement faible de la zone non saturée des systèmes El-Hout et Telout.
Le second groupe de marqueurs tels que les SO42-, Cl-, NO3-, K+ tendent généralement tous vers
un minimum au cours de l’étiage avec également quelques différences entre les paramètres et les
sources.
1 0 0 3 5

8 0 3 0
Débit en l/sec

Débit en l/s
6 0 2 5

4 0 2 0

2 0 1 5

0 1 0

5 0
4 5
4 0 8 0
Mg en mg/l

3 5 7 0

3 0 6 0

Mg en mg/l
2 5
5 0
2 0
4 0
1 5
3 0
1 0
2 0

1 2 0 1 7 0
1 6 0
1 0 0 1 5 0
1 4 0
Ca en mg/l

8 0 1 3 0
Ca en mg/l 1 2 0
6 0 1 1 0
1 0 0
4 0 9 0
8 0
2 0 7 0
6 0
5 0
4 0
2 4
2 2
2 0
1 8
5 0
Na en mg/l

1 6
1 4 4 5
1 2
Na en mg/l

1 0 4 0
8
3 5
6
4 3 0

2 5

2 0
4 0 0

3 5 0
HCO3 en mg/l

3 0 0
4 5 0
2 5 0
4 0 0
2 0 0
HCO3 en mg/l

3 5 0
1 5 0
3 0 0
1 0 0
2 5 0

2 0 0
6 5 1 5 0
6 0

5 5

5 0
Cl en mg/l

4 5
1 2 0
4 0

3 5 1 1 0
3 0
1 0 0
Cl en mg/l

2 5
9 0
2 0

8 0

7 0
8 0 6 0
7 0
6 0
SO4 en mg/l

5 0
4 0 1 2 0

3 0 1 0 0
2 0
SO4 en mg/l

8 0
1 0
6 0
0
4 0

2 0

5 0
4 5
4 0 9 0

3 5
NO3 en mg/l

8 0
NO3 en mg/l

3 0
2 5 7 0

2 0
6 0
1 5
1 0 5 0

5
4 0

1 4 0 1 6 0
Precipitations (mm)

1 2 0 1 4 0
Precipitations (mm)

1 0 0 1 2 0

8 0 1 0 0
8 0
6 0
6 0
4 0
4 0
2 0
2 0
0
0
04/01/2000

02/02/2000

01/03/2000

01/04/2000

03/05/2000

03/06/2000

01/07/2000

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05/09/2000

01/10/2000

04/11/2000

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03/02/2001

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01/04/2001

05/05/2001

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02/03/2002

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08/05/2002

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02/07/2002

04/01/2000

02/02/2000

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05/09/2000

01/10/2000

04/11/2000

02/12/2000

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04/03/5001

01/04/2001

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01/11/2001

12/12/2001

07/01/2002

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02/03/2002

23/04/2002

08/05/2002

08/06/2002

02/07/2002

Fig. 171 SOURCE AIN TAGA Fig. 172 SOURCE EL-HOUT

Les sulfates (SO42-) présentent un comportement similaire pour les quatre sources avec un
léger décalage et une amplitude relativement faible pour Telout et El-Hout, ce qui dénote pour
ces deux aquifères un impluvium relativement vaste, peu karstifié, alimenté essentiellement par
les zones non saturées peu transmissives, qui régule la composition chimique des eaux. Les
teneurs de cet élément montrent d’une part une stabilisation durant le tarissement avec des
teneurs voisines de 15 mg/l à Taga , de 20 mg/l à Fouara et de 30 mg/l pour El-Hout et Telout et
188
d’autre part des valeurs élevées durant les crues de printemps et les pluies de juin . Au cours des
décrues les pics sont suivis par des décroissances relativement rapides pour Taga, Fouara et El-
Hout par rapport à Telout, ce qui traduit le caractère inertiel de ce dernier système. Les teneurs
relativement élevées à Telout et El-Hout par rapport à Taga et Fouara s’expliquent par le
lessivage des marno-calcaires de Rarouaï surmontant ces aquifères (Collignon, B., 1986).

Le chlorure (Cl-) a une origine exclusivement météorique en l’absence de toute pollution


anthropique ou de dépôt évaporitique. C’est un bon marqueur des horizons de surface car il se
concentre par évaporation dans ces milieux. Sa mobilisation est rapide au moment des pluies
grâce à une forte solubilité (Huneau, F, 2000).

5 5
3 5
5 0

3 0 4 5

4 0

Débit en l/s
2 5
Débit en l/sec

3 5

2 0 3 0

2 5
1 5 2 0

1 5
1 0
1 0
5

0
5 5

5 0
9 0

Mg en mg/l
4 5
8 0
4 0
Mg en mg/l

7 0

++
3 5
6 0
3 0
5 0

4 0 2 5

3 0

1 0 0
9 5
1 2 0 9 0
8 5
1 0 0 8 0
7 5

Ca en mg/l
Ca en mg/l

7 0
8 0 6 5
6 0
5 5
6 0 5 0
4 5
4 0
4 0 3 5
3 0
2 0

3 5

8 0 3 0
7 0
2 5
Na en mg/l

6 0
Na en mg/l

5 0 2 0
4 0
1 5
+

3 0
2 0 1 0
1 0 5
0

1 3 0 3 5 0

1 2 0 3 0 0

1 1 0
HCO3 en mg/l

2 5 0
Cl en mg/l

1 0 0
2 0 0
9 0
1 5 0
8 0
1 0 0
7 0

6 0 5 0

1 8 0 7 0
1 6 0
6 0
1 4 0
Cl en mg/l

1 2 0 5 0
SO en mg/l

1 0 0 4 0

8 0
3 0
4

6 0
2 0
4 0
2 0
0
1 0 0

8 0
SO en mg/l

5 5 0 6 0

5 0 0
4

4 0
4 5 0
HCO3 en mg/l

4 0 0 2 0
3 5 0
3 0 0 0
2 5 0
2 0 0
1 5 0

6 0

5 0
NO3 en mg/l

3 5
4 0
3 0
3 0
NO3 en mg/l

2 5
2 0

2 0
1 0

1 5

1 0

1 07
1 06
1 03 1 05
1 02 1 04
Precipitations (mm)

1 01
1 03
1 02
1 00
Precipitations (mm)

1 01
09 1 00
08 09
07 08
06 07
05 06
04 05
04
03 03
02 02
01 01
0 0
-1 0 -1 0
04/01/2000
02/02/2000
01/03/2000
01/04/2000
03/05/2000
03/06/2000
01/07/2000
01/08/2000
05/09/2000
01/10/2000
04/11/2000
02/12/2000
02/01/2001
03/02/2001
04/03/5001
01/04/2001
05/05/2001
18/06/2001
01/07/2001
01/08/2001
01/09/2001
01/10/2001
01/11/2001
12/12/2001
07/01/2002
11/02/2002
02/03/2002
23/04/2002
08/05/2002
08/06/2002
02/07/2002
04/01/2000
02/02/2000
01/03/2000
01/04/2000
03/05/2000
03/06/2000
01/07/2000
01/08/2000
05/09/2000
01/10/2000
04/11/2000
02/12/2000
02/01/2001
03/02/2001
04/03/5001
01/04/2001
05/05/2001
18/06/2001
01/07/2001
01/08/2001
01/09/2001
01/10/2001
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07/01/2002
11/02/2002
02/03/2002
23/04/2002
08/05/2002
08/06/2002
02/07/2002

Fig.173 SOURCE AIN TELOUT Fig.174 SOURCE AIN FOUARA

Le relatif synchronisme des courbes représentatives de Cl- de Taga et à un degré moins


Fouara avec les courbes de précipitations indique le caractère superficiel de ces deux systèmes.
Par ailleurs les courbes de Cl- ne suivent pas régulièrement celles des précipitations pour Telout
et El-Hout. Ce dernier cas de figure s’explique par l’immensité de ces deux systèmes et leur
caractère inertiel. Les teneurs relativement élevées en Cl- au moment des crues d’automne
proviennent du lessivage des sols fortement concentrés en cet élément par évaporation des
averses des saisons sèches pour les quatre sources.

189
Les nitrates (NO3-) proviennent généralement de l’activité pédologique. On les trouvera
dans les eaux d’infiltration (Puig, J. M, 1987). Le comportement de cet élément est nettement
différent d’une source à l’autre. Les teneurs sont généralement faible,(15 à 20 mg/l, pour Fouara
et 15 à 40 mg/l pour Taga et Telout. Par ailleurs, les teneurs varient entre 50 et 80 mg/l pour El-
Hout. Les valeurs relativement élevées à El-Hout s’expliquent par l’importance des activités
agricoles dans cette zone. A Taga, les teneurs en NO3- passent par un maximum au moment des
crues, avec un degré moindre pour les crues d’automne, puis, présentent une faible variabilité au
cours des tarissements.

A Fouara les teneurs en NO3- sont relativement stabilisées durant les trois cycles
hydrologiques à l’exception d’un pic positif au moment de la crue d’hiver 2002, qui correspond à
une pollution anthropique. A El-Hout les teneurs maximales en NO3- apparaissent un mois après
les crues avec des valeurs plus accentuées au printemps. La décrue et le tarissement sont
caractérisés par une grande variabilité. A Telout les valeurs en NO3- passent par un maximum au
moment des crues de printemps puis présentent une variabilité relativement forte au cours de la
décrue. Des pics exceptionnels à la suite des épisodes pluvieux, engendrés par des pollutions
anthropiques.

4.3 Interprétation des résultats

Les courbes de variation montrent que les crues provoquent d’importantes variations du
chimisme des eaux des sources. L’analyse des variations chimiques en fonction des événements
hydrométéorologiques a permis de différentier les familles d’eau qui transitent aux quatre
émergences et de comprendre leur fonctionnement hydrodynamique. Trois familles peuvent être
distingues :

4.3.1- Les eaux de la matrice calcaréodolomitique fissurée (réserve)

Elle est définie par les caractéristiques chimiques de l’eau des sources au moment de leur
tarissement. Ces eaux sont relativement riches en Ca2+, Mg2+ et HCO3- et pauvre en SO42- et
NO3- et dans une moindre mesure en Cl- et Na+.

4.3.2- Les eaux d’infiltration rapide

Dans le cas des systèmes Taga et Fouara, elle est constituée par les apports des
précipitations sur la surface du karst (infiltration dispersée) et par les apports des oueds
(infiltration concentrée).

4.3.3. Les eaux d’infiltration dispersée

Elle correspond à la part des précipitations (pluie efficace) qui pénètre dans le karst sur
toute sa surface (B. BLAVOUX, 1980). Elle peut être drainée rapidement par des chenaux vers
le réseau karstique principal. Elle est marquée par l’augmentation rapide de SO42-, Cl-, NO3-, K+.
En début de crue cette composante est présente dans les eaux des sources. Elle dilue l’eau, de
l’aquifère capacitif. Ces eaux vont soit posséder le marquage chimique de l’eau de pluie (SO42-
et Cl-), soit l’acquérir par lessivage des horizons pédologiques (SO42-, NO3- et K+) comme
l’attestent les crues d’hiver et de printemps pour les trois cycles étudiés. La diminution rapide de
NO3- et de Cl- au cours des cycles montre qu’ils proviennent d’un phénomène de lessivage
(épuisement d’un stock).

4.3.4. Les eaux d’infiltration concentrée

Des pics d’amplitude relativement faibles de SO42-, Cl-, NO3-, K+, apparaissent au cours
des décrues et au début de tarissement, avec une diminution simultanée des teneurs en éléments
190
caractéristiques de la zone noyée (Ca2+, Mg2+ et HCO3-), marquent l’apparition d’une infiltration
concentrée au niveau de ces émergences.

4.3.5 Les eaux d’infiltration retardée

Elles comprennent les eaux qui circulent plus lentement dans les petites fissures et celles
stockées temporairement dans les zones non saturées au cours de la période de crue. Elles
possèdent d’une part la marque chimique de l’eau des oueds et d’autre part celle de l’eau de
percolation. En effet les émergences restituent en décrue des eaux contenant SO42-, NO3- et K+,
mais à des teneurs plus faibles que l’infiltration rapide (D. ROUILLER, 1987). Dans le cas des
systèmes étudiés, l’infiltration retardée diminue progressivement, elle est peu à peu substituée
par les eaux de la période. Elle est généralement plus lente pour les crues d’automne que pour
celles d’hiver et de printemps. La durée de vidange varie entre 25 et 45 jours à Taga et Fouara,
cependant du fait de la grande extension géographique des aquifères de Telout et El-Hout et des
apports provenant des zones éloignées, l’infiltration retardée peut aller jusqu’à 3 à 4 mois.

L’examen des courbes de variation des paramètres physico-chimiques met également en


évidence une augmentation synchrone du Ca2+, Mg2+, HCO3-, Cl- et NO3-, au moment des crues
d’automne et parfois de printemps. Ceci fait penser que l’infiltration a chassé de la zone non
saturée des eaux qui avaient séjourné assez longtemps pour en avoir gardé l’empreinte (effet de
piston).

4.4. Etude des distributions de fréquence des bicarbonates dans les systèmes karstiques des
monts de Tlemcen

M. BAKALOWICZ, 1979, propose une classification des systèmes en milieu carbonaté


en utilisant les distributions de fréquence de la conductivité. L’allure de ces courbes nous
renseigne en effet sur les capacités du système à faire transité différents types d’eau jusqu’à
l’exutoire. La perturbation du signal à la sortie est donc fonction de la plus ou moins grande
perméabilité du système et de son degré d’organisation. Ainsi les aquifères poreux ou fissurés
ont une distribution unimodale, ce qui traduit des eaux homogènes, hydrochimiquement stable.
Les systèmes karstifiés au contraire ont des courbes plurimodales plus ou moins étalées suivant
la complexité de la structure du réservoir.

Nous avons reporté sur les figures 175,176,177 et 178 les distributions de fréquence des
HCO3 des sources des Monts de Tlemcen précédemment étudiées. La conductivité et les HCO3-
-

étant très bien corrélés pour tous les système, les enseignement sont donc du même ordre. Les
quatre sources montrent une distribution de fréquence des HCO3- plurimodales, cependant les
plages de variation varient d’un système à un autre. Chacune de ces sources se caractérise par un
mode bien défini, correspondant aux eaux de la réserve ou à long temps de transit et par
dissymétrie causée par la participation à l’écoulement de différents types d’eau.

L’allure des courbes des sources montre un mode principal axé sur les fortes valeurs et un
étalement de la distribution vers les faibles teneurs en HCO3-. Ce phénomène correspond à
l’arrivée d’eau nouvelle à l’exutoire en période de crue, ce qui crée un effet de dilution.
Cependant l’impact de l’arrivée de différents types d’eau sur le signal global reste caractéristique
de chaque système mais dépend pour certains des conditions hydrologiques et
hydroclimatologiques préexistantes.

L’allure des courbe de Taga et Fouara est relativement semblable. On trouve un mode
principal entre 300 et 350 mg/l, correspondant au drainage de l’eau des horizons superficiels.
L’étalement de la courbe vers les faibles valeurs est la conséquence de l’arrivée de l’eau nouvelle
à la reprise (dilution)( Lastennet, R., 1994).

191
L’apparition d’un mode secondaire de forte teneur en HCO3- au-delà du pic principal
pourrait correspondre aux eaux prélevées pendant l’étiage hivernal (écoulement retardé). Ainsi
les variations dans la distribution des HCO3- de ces deux systèmes soulignent les fortes
discontinuités existant dans ce système. Cependant, pour les systèmes El-Hout et Taga, il est
clair en effet que la présence d’un mode principal et des eaux toujours à l’équilibre, traduisent un
effet tampon dans le système. L’hydrogéologie de ces systèmes a mis en évidence une réserve
relativement importante qui contribue certainement à cette relative homogénéité chimique des
eaux de ces deux émergences (Collignon, B, 1986 ; Azzaz , H , 2001). Ce constat devrait nous
faire conclure à une mauvaise karstification des aquifères.
8

Ain Fouara 4 A in T aga Fig.196


7 Fig. 175

Frequence (nb individus)


6 3
Frequence (nb individus)

2
4

3
1
2

1 0

0
50 100 150 200 250 300 350 100 150 200 250 300 350 400
HCO3 en mg/l H C O 3 en m g /l

5
Ain Telout 5
A in E l-H o u t
4 Fig. 177 4 Fig. 178
Frequence (nb individus)

Frequence (nb individus)

3 3

2 2

1 1

0 0

150 200 250 300 350 400 450 500 550 150 200 250 300 350 400 450
HCO3 en mg/l H C O 3 e n m g /l

Fig. 175-178 Courbe des distributions des fréquences des teneurs en bicarbonates

4.5 Reproductibilité des courbes de distributions.

Les deux cycles étudies étant hydroclimatiquement différents avec une année 2000
relativement homogène et une année 2001 contrastée (grand étiage et forte reprise) (Azzaz, H,
2001). On constate pour le système de la source Taga (Fig. 179), que la distribution des teneurs
en HCO3- du cycle 2000 montre une plage de variation plus importante par rapport au cycle
2001. La variabilité des distributions entre les deux cycles montre que la reproductibilité du
signal chimique n’est pas assurée et les conditions hydroclimatiques survenant en cours de cycle
jouent un rôle essentiel dans ce type de système. Le test de reproductibilité pour les systèmes El-
Hout et Telout (fig.180 et 181) on utilisant les mêmes cycles (2000 et 2001) montre des courbes
semblables avec un degré moins pour Fouara (Fig.182). Ceci indique que les distributions sont
représentatives du fonctionnement hydrodynamique et hydrochimique des systèmes et que le
comportement de ces sources est reproductible entre deux années climatiquement différentes.

192
4

4 Source F ouara Sou rce T aga

Frequences (nb individus)


c y c le 2 0 0 0 Fig. 182 3 Fig. 179

Frequence (nb individus)


c y c le 2 0 0 1
3

2
c y c le 2 0 0 0
2 c y cle 2 0 0 1

1
0

0
215 225 235 245 255 265 275 285 295 305 315 325 90 110 130 150 170 190 210 230 250 270 290 310 330 350 370 390
-
H C O 3 e n m g /l HCO3

5 ,5
4 .5 5 ,0 Sou rce T elout
4 .0
E l-H o u t 4 ,5
Fig. 181

Frequences (nb individus)


4 ,0
3 .5
Fig. 180
Frequences (nb individus)

3 ,5
3 .0 cy cle 2 0 0 1 3 ,0
cycle 2001
2 .5 2 ,5
cycle 2000
cy cle 2 0 0 0 2 ,0
2 .0
1 ,5
1 .5
1 ,0
1 .0
0 ,5
0 .5 0 ,0
0 .0 -0 ,5
1 7 0 1 90 2 10 2 30 2 50 27 0 29 0 3 1 0 3 3 0 3 5 0 3 7 0 3 9 0 4 10 4 30 4 50 170 190 210 230 250 270 290 310 330 350 370 390 410 430 450 470 490 510
-
H C O 3 en m g /l H C O 3 en m g/l

Fig. 179-182 : Courbe de reproductibilité des distributions des fréquences des teneurs en bicarbonates

4.6. Conclusion

L’interprétation des courbes de variation des paramètres hydrochimiques et les courbes


de distribution de fréquence nécessite une bonne connaissance hydrogéologique des systèmes
(Lastennet, R., 1994).

L’analyse des courbes de variation des paramètres physico-chimiques et l’étude des


distributions de fréquence des HCO3- ont permis de caractériser les systèmes aquifères karstiques
des Monts de Tlemcen en fonction de leurs particularités hydrodynamiques et hydrochimiques.

Les systèmes karstiques superficiels, sont caractérisés par des débits très irréguliers avec
souvent un tarissement estival complet indiquant des réserves permanentes très limitées. Le
chimisme caractérisé par des teneurs variables indique un temps de renouvellement rapide (cas
des systèmes Taga et Fouara).

Les systèmes karstiques à écoulement profond, sont caractérisés par une relative stabilité
des débits et des teneurs physico-chimiques. Ceci indique l’importance de la réserve permanente
et le pouvoir régulateur des systèmes dans le fonctionnement hydrodynamique et hydrochimique
(cas des systèmes Telout et El-Hout). L’arrivée d’eau à long temps de séjour au moment de
certaines crues par effet de chasse témoigne d’une part de l’inertie de ces deux systèmes et
d’autre part du développement de leur zone noyée.

L’étude des distributions de fréquence des HCO3- a permis de confirmer les hypothèses
précédentes concernant le fonctionnement hydrocinématique et de mieux visualiser la part des
différents types d’eau à l’écoulement global.

193
CHAPITRE 5 : IMPACT DU CHANGEMENT CLIMATIQUE ET LES
RESSOURCES EN EAU

La ressource en eau est au cœur de la vitalité des écosystèmes naturels et d'un grand
nombre des activités socio-économiques de notre pays, toute modification dans la variabilité du
climat pourrait avoir un impact sérieux sur la disponibilité et la qualité de cette ressource. A cet
égard, il est important d'insister sur le fait qu'une saine gestion des ressources en eau en Algérie
est impensable sans tenir compte du climat et de ses variations

5.1. BASSIN DE LA TAFNA

Etant donné la grande complexité des processus hydrogéologiques, due à l'interaction


entre le terrain et l'eau, la connaissance des variations, dans l'espace et dans le temps, d'un grand
nombre de paramètres physiques, essentiellement hydrodynamiques et structuraux, est
nécessaire. Dans ce cadre, nous présentons un essai de modélisation des phénomènes extrêmes.

L’étude est réalisée à partir des données collectées durant la période allant de (1952 à
2000) pour les débits des crues enregistrés à l’exutoire du bassin de la Tafna et les intensités
pluviométriques quotidiennes, enregistrées à travers l’ensemble du bassin versant.

Pour se faire, on a dû sélectionner 35 valeurs représentant les débits de pointe ayant


dépassé les 2,5 mètres de hauteur d’eau. Ceci correspond à une crue au moins de 150 m 3 / s dont
les conséquences fluviales sont extrêmement dangereuses.

5.1.1 Modélisation des débits maxima en liaison avec l’intensité pluviométrique

On voudrait, à cet effet exprimer les débits maxima de crues en relation linéaire avec
l’intensité pluviométrique journalière, enregistrée à travers l’ensemble du bassin versant, sachant
que les pointes de crue sont en relation fonctionnelle aux intensités de précipitations par
l’expression :
Qmax = K . Pt . Ce . Smax

Qmax = débit de pointe de crue, en m3/s,


Pt = pluie de durée répartie dans le bassin en mm,
Ce = coefficient d’écoulement du bassin,
Smax = surface maximale (bassin de la Tafna) participant au transfert de l’eau pendant le temps
(t), (DAKKICHE, 1993)

Il est donc utile de donner le temps de concentration du bassin pour estimer


l’asynchronisation de la crue par rapport à la pluviométrie précipitée.
Pour S = 6900, L = 160 km, Hmoy = 780 m

ƒ Formule de GIANDOTI :
1 1
Tc = ( 4 × S 2
+ 1.5 × L ) /( 0.8 × Hmoy 2
)

Tc = 25,6 heures

ƒ Formule du CCR :

Tc = (0.87 × L3 / Hmoy)0.387

Tc = 26,0 heures
194
Les événements crues se manifestent lors des fortes averses. Sur ce, on se propose, par la
méthode de régression multiple, de trouver un relation fonctionnelle entre ces deux paramètres.

Sur l’ensemble du réseau du bassin de la Tafna, on a pu retenir seize (16) stations


comme variables prédicteurs, reparties plus ou moins uniformes. La sélection de ces variables a
porté sur deux critères:
- choix de stations susceptibles d’être génératrices de crues, situées généralement sur
les crêtes en altitude,
- réduction du nombre de stations en éliminant la redondance entre elles par la méthode
de corrélation.
Les séries de ces variables s’étendent sur (44) valeurs reparties sur la période
d’observation (1952 à 2000).

A l’aide du logiciel HYDROLAB, les résultats obtenus donnent la constante et les seize
(16) coefficients de régression, ainsi que les paramètres d’estimation dont le coefficient de
corrélation multiple:

R2 = 0,73 R = 0,86

Le modèle de régression multiple est le suivant :

Qmax = - 325,27 + 10,81 * S2 + 4,98 * S3 – 3,97 * S4 –0,49 * S5 + 18,14 * S7 + 10,08 * S9 –


11,92 * S12 + 2,38 * S13 + 3,38 * S14 – 5,95 * S16 + 14,02 * S17 + 6,44 * S19– 9,88 * S20 –
2,78 * S22 – 18,82 * S27 + 12,41* S26

Station Code Station Code Station Code Station Code


S2 16 03 11 S7 16 04 10 S14 16 06 09 S20 16 08 02
S3 16 04 01 S9 16 05 02 S16 16 07 01 S22 16 05 17
S4 16 04 03 S12 16 06 02 S17 16 07 02 S27 14 02 01
S5 16 04 06 S13 16 06 08 S19 16 07 06 S26 11 03 07

Cette approche globale, semble toute satisfaisante pour la prévision des débits maximums
de crue à partir des seules données pluviométriques d’un bassin ayant fait l’objet d’un minimum
de mesures hydrométriques. Ce modèle pourrait aussi contribuer à la prévision de crue dans le
cadre de la sécurité et de la bonne gestion des ressources en eau superficielle.

La carte des coefficients de régression présente des valeurs négatives de moindre


intensité, sauf à l’Est, ceci indique que les crues ainsi définies n’ont jamais été à l’origine des
pluies précipitées en aval du bassin, et que les surfaces participantes au transfert de l’eau sont
faibles.

La carte des courbes isochrones du bassin versant de la Tafna (lignes d’égal écoulement)
(fig.183 ) montre que le ruissellement est plutôt violent sur les versants ouest par les averses
intenses des Monts de Tlemcen (vitesse d’écoulement ≈ 13 km/h) que dans la partie est où le
versant est relativement moins arrosé (vitesse d’écoulement ≈ 3 km/h).

195
Fig.183 : Carte des courbes isochrones ( d‘égale vitesse d’écoulement) du bassin
versant de la Tafna.

Compte tenu de la structure d’écoulement, il semble que les pointes de crues sont à
l’origine des intensités enregistrées au Sud, dans la haute Tafna (Monts de Tlemcen).

Par ailleurs, les isohyètes des pluies moyennes quotidiennes maximales, correspondant à
l’événement de crue, mettent en évidence deux maxima, l’un (66 mm) est situé sur les Monts de
Tlemcen, sur le versant Ouest, l’autre (51 mm) sur les Monts de Traras au Nord-Ouest. Dans la
partie orientale, la moins arrosée, les pluies sont légèrement faibles avec un minimum centré
dans la haute Isser (29 mm) (fig.184).

196
CARTE DES COEFFICIENT DE REGRESSION

Fig.184

CARTE D'ISOCORRELATION (DEBITS MAX ET PLUIE JOURNALIERES MAX)


160802
040201
210 0.6
160702 0.58
160517 0.56
0.54
160609
200 0.52
0.5
160706 0.48
110307 0.46
190 0.44
0.42
0.4
16 0311 160701 0.38
180 160502
0.36
0.34
160608 0.32
0.3
170 160602 0.28
160403 0.26
160410
0.24
0.22
160
160 160406 0.2
160401
0.18
90 100 110 120 130 140 150 160 170

197
Cette répartition des pluies journalières confirme l’action positive des noyaux des
coefficients de régression dans le sous bassin à l’Ouest, en opposition de phase des noyaux
négatifs dans l’autre sous bassin à l’Est (fig.184 et 185).

5.2 Impact sur les eaux souterraines

5.2.1 Introduction

L'étude statistique des tendances et des cycles a porté sur deux régions distinctes: la
première sur le bassin de la Tafna et la deuxième le bassin de la Macta. Le but de cette étude est
d'une part d'essayer de retrouver la tendance régimes d’écoulement dans les hydrosystèmes
étudies et d'autre part d'évaluer l'impact de cette tendance, si elle existe, sur les réponses des
systèmes aquifères sélectionnés tant sur le point de vue des débits.

Il est bon de rappeler la problématique d'une telle démarche dans l'interprétation


statistique des données d'entrée (précipitations) et des données de sortie (débits). L'interprétation
hydrogéologique des résultats statistiques des tendances ne fait pas intervenir d'autres
paramètres. En effet, notre système aquifère (considéré comme une «boîte noire») est considéré
implicitement comme invariant, ce qui n'est pas la réalité.

Le test de Spearman et de Kendall sont très efficaces pour détecter présence de tendance
mais lorsqu'une série présente une tendance significative et que l'on désire situer l'époque à
partir de laquelle la tendance s'est manifestée, la statistique du second test se prête mieux au
calage progressif nécessaire à cet effet et par suite à sa représentation.

5.2.2 L'analyse temporelle des coefficients de tarissement

L'étude des variations du coefficient de tarissement de la principale source des monts de


Tlemcen à moyen et long terme a été réalisée d'abord dans le but de déceler une évolution de ce
paramètre face aux régimes des précipitations et ensuite pour répondre, si c'est le cas, à la
question suivante: «Ce paramètre peut-il être utilisé comme indicateur?». Pour répondre à cette
question, il faut estimer:

- 1. si la variabilité du coefficient de tarissement dans le temps (1976 -2000) est importante;


- 2. si une relation existe entre les coefficients de tarissement calculés et le régime climatique et
enfin;
- 3. comment se répercutent une ou des années déficitaires sur les valeurs de ce coefficient.

Nous avons calculé, en fonction des données disponibles (source de Taga 2 pour la
période 1976 -2000, 24 coefficients de tarissement (fig.186). Le coefficient de tarissement est
calculé en choisissant des périodes de décroissance des débits supérieurs à 15 jours.

Il a été facile de dégager des périodes de décrue en régime strictement non influencé (
maximum des débits dynamique s’écoule a près 3 jours). Pour l'analyse des précipitations, nous
avons choisi la station météorologique de la Merchiche, située dans le bassin versant de la source
Taga2. Les valeurs les plus élevées du coefficient de tarissement correspondent le plus souvent à
des décrues relativement courtes. Il est probable que la durée de ces décrues n'est pas suffisante
pour atteindre un tarissement «réel» des zones capacitives de l'aquifère.

198
1999 0.0147
1998 0.00243
1997
1996 0.0044
1995 0.0117
1994 0.011909
1993 0.00286
1992 0.00566
1991 0.00561
1990 0.00662
1989 0.0078
1988 0.00585
1987 0.00982
1986 0.00936
1985 0.003289
1984 0.0082
1983 0.00633
1982 0.00837
1981 0.0123
1980 0.0069133
1979 0.00363
1978 0.00594
1977 0.0064
1976 0.003842

0 0,002 0,004 0,006 0,008 0,010 0,012 0,014 0,016


Coefficient de tarissement (j-1)

Fig. 185 : Variations inter annuelles des coefficients de tarissement

6.2.3 Calcul des réserves écoulables

On observe cependant que les réserves écoulables pour les années 1965, 1979, 1989-
1990 et 1994 sont plus faibles que celles des autres années étudiées (fig.186). Par ailleurs, la
variabilité du coefficient de tarissement est très grande. On observe un facteur 8 entre les valeurs
extrêmes.
4000000
0,016

0,014 3500000

Réserves écoulables (m3)


0,012 3000000
Coefficient de tarissement (j-

0,010 2500000

0,008 2000000

0,006 1500000
1)

0,004 1000000

0,002 500000

0 0
1976

1977

1978
1979

1980

1981
1982

1983

1984
1985
1986
1987

1988
1989
1990

1991
1992

1993

1994
1995

1996

1997

1998

1999

Fig. 186: Calcul des réserves écoulables de la source Ain Taga à partir de l'étude des
coefficients de tarissement.
199
Les déficits d'alimentation provoqués par les sécheresses relatives de 1974,1984 et 1994
ne sont comblés, au niveau des réserves écoulables, qu'au terme de crues successives des années
suivantes. Ceci traduit un caractère fondamental des zones capacitives de cet aquifère. En effet,
les alimentations pluviales successives ne rechargent que progressivement l'aquifère. L'hiver
1974, les réserves écoulables calculées à partir du coefficient de tarissement, sont de 3.106 m3,
elles ne représentent plus que 1,2.106 m3 lors de l'étiage de l'hiver 1989-1990. II faut attendre
l'étiage de 1992 pour retrouver des réserves comparables à l'année 1989 (fig.187).

Ces résultats montrent d'une part que l'analyse temporelle des coefficients de tarissement étudiés
ne révèlent aucune tendance à long terme et d'autre part qu'un stress climatique exceptionnel de
courte durée a un effet important sur les réserves écoulables de l'aquifère karstique de Ain
Taga2.

100
précipitations (mm/an.
Module annuel des

200

300

0,014 3,5.106
Coefficient de tarissement (j-1)

0,012 3,0

Réserves écoulables (m3)


0,010 2,5

0,008 2,0

0,006 1,5

0,004 1,0

0,002 0,5

0 0

Période suivant le déficit Période suivant le Période suivant le déficit


d’alimentation de 1974 déficit d’alimentation de 1994
d’alimentation de
1984

Fig.187 : Influence d’événements climatiques de sécheresse sur le coefficient


et les réserves écoulables

6.2.4. Conclusion

L'impact de la sécheresse hydrogéologique sur les eaux souterraines a été étudié dans le
cadre naturel des systèmes d'écoulement. L'objectif de cette partie est de déterminer la résistance
des aquifères à un déficit prolongé de l'alimentation et par conséquent d'apprécier la contribution
spontanée des eaux souterraines à l'atténuation des effets de la sécheresse hydrogéologique sur les
eaux superficielles.

Du fait de leurs faibles extensions et de leurs conditions aux limites, les principaux
aquifères étudiés qui représentent par ailleurs la ressource en eau la plus exploitée, sont
vulnérables aux variations climatiques (si nous les comparons aux aquifères européens). Ce sont
200
des nappes dont les niveaux sont très soutenus par des conditions de potentiel aux limites (cours
d'eau ou plan d'eau). Dans ce cas, les variations d'apport se traduisent assez rapidement par des
variations de débit. Il s'agit de nappes à niveaux et à réserves régulatrices peu variables. Au
contraire beaucoup de nos sources présentent la regrettable caractéristique de tarir complètement
pendant plusieurs mois.

6.3. BASSIN VERSANT DE LA MACTA

. C’est pourquoi, les caractéristiques climatiques du bassin versant de la Macta ont été
étudiées. Les systèmes d’information géographiques (S.I.G.) ont été utilisés pour numériser toutes
les informations nécessaires et faire ressortir les caractéristiques morphométriques.

Le bassin versant de la Macta est considéré comme le plus important bassin de l’ouest
Algérien, il draine les principales ressources hydriques de l’ouest. La pluviométrie annuelle

6.3.1 Collecte et traitement des données

2.1. Choix des stations et de la période d’étude

La collecte de données s’est faite essentiellement auprès de l’Office National de


Météorologie d’Oran (O.N.M.), et de l’Agence Nationale des Ressources Hydrauliques
(A.N.R.H.). Pour un bon traitement des données recueillies, il est nécessaire et indispensable que
la période de collecte soit suffisamment longue, autrement dit l’échantillon doit être suffisamment
grand. Ceci est indispensable, non seulement pour connaître les traits d’un climat, mais aussi pour
suivre son évolution (ELOUISSI. A. 1992). Cependant, la réalité est différente, à cause des
lacunes que nous trouvons souvent dans les séries d’observation de ces stations. Pour assurer une
bonne représentation de notre région, nous avons tout d’abord travaillé sur 36 stations
pluviométriques ayant des périodes aussi longues que possible. En premier lieu, nous avons
écarté les stations qui présentaient un grand nombre de valeurs manquantes. Cependant, la plus
part des stations présentent des lacunes pendant une période donnée. La Fig. n°188 illustre très
clairement le manque d’information durant les années antérieures à 1970 où le pourcentage des
lacunes est parfois supérieur à 70%.

Fig. 188. Pourcentage des lacunes par année.

Pour toutes ses raisons, et afin d’éviter un grand pourcentage lacunaire, nous nous sommes
résolu à adopter l’année 1970 comme début de série et l’année 2001 comme fin de série pour
chacune des stations retenues. Nous avons retenu 31 stations qui forment un réseau qui couvre
l’ensemble des sites, ainsi nous pourrons distinguer des stations côtières, des stations de
montagnes, des stations de collines et des stations de plaines.
201
6.3.2. Valeurs aberrantes

Une excellente analyse effectuée sur des données fausses n’a évidemment aucune valeur.
Toute analyse suppose deux opérations : d’abord la collecte des données et ensuite leur
traitement. Il est clair que la première opération est d’une importance capitale (DE LAGARDE J.
1983).

Pour notre étude, nous avons utilisé cette méthode pour la facilité de la détection des
anomalies. Pour cela, nous formerons des matrices où sont consignées en colonnes les valeurs
mensuelles. Chaque colonne contenant les valeurs d’un mois donné d’une station donnée, tandis
que les lignes comporteront les valeurs des différentes stations pour une année donnée. Ainsi,
nous formerons pour chaque groupe douze (12) matrices présentant chacune les valeurs d’un mois
précis.

Chaque couple de ces matrices est soumis à la détection des valeurs aberrantes avec la
formule précédente en utilisant les macro-commandes Hydrolab (Hydrolab 98.2), nous obtenons
un graphe contenant les valeurs des deux stations utilisées. Les valeurs qui sortent de l’ellipse sont
considérées comme aberrantes, par rapport à ce couple, nous devons ensuite comparer ces valeurs
avec les autres colonnes de la matrice pour trancher si celles-ci sont aberrantes ou
exceptionnelles.

6.3.3. Comblement des lacunes

L’idée fondamentale des méthodes d’estimation des données manquantes, est de trouver
des valeurs numériques à insérer dans la table à la place des données manquantes. Après avoir
inséré ces estimations, l’analyse des données se poursuit presque comme si aucune valeur n’était
manquante (PREECE D.A. 1976).
Pour évaluer les données manquantes, nous avons utilisé la macro-commande « Bouche
trou » de l’Hydrolab (Hydrolab 98.2). Ainsi, comme pour l’opération de détection des valeurs
aberrantes, nous avons formé des matrices comportant en colonne les données des stations pour
un mois données, et en ligne, les données des différentes années. Chaque donnée manquante a été
remplacée par le texte « LAC » et sera complétée par les données de la même matrice. Pour
former les matrices, nous avons calculé le coefficient de corrélation pour chaque couple de
station. Celles qui ont un coefficient de corrélation supérieur à 0.55 ont été retenues dans la même
matrice.

6.3.4. Carte de la pluviométrie annuelle

Puisque les données sont complétées, il était possible de dresser des cartes des
pluviométries annuelles des périodes 1970-1981, 1980-1991 et 1990-2001 pour voir l’évolution
des isohyètes. En comparant ces cartes, nous remarquons bien qu’un changement pluviométrique
a affecté le bassin de la Macta. Par exemple, il y a une nette remontée de l’isohyète 400mm vers
le nord, puisque cette isohyète était au niveau de la latitude 190000 dans la carte 1971-1981, la
même isohyète se retrouve au niveau de la latitude 210000 dans la carte 1980-1991 pour
disparaître complètement dans la carte 1990-2001 (Fig. 189,190 et191)(KHALDI & al 2004).

202
Fig. 189. Pluviométrie annuelle 1970-1981

Fig.190. Pluviométrie annuelle 1980-1991

Fig. 191. Pluviométrie annuelle 1990-2001

203
6.3.5 Régionalisation

Tout le traitement des données affectant l’analyse en composantes principales et la


classification automatique. Ce dernier permet l’utilisation de l’A.C.P. et de la classification
automatique.
Notre but est la formation d’un certain nombre de groupes qui ont le même régime
pluviométrique et non la même pluviométrie annuelle. Deux stations peuvent avoir une même
pluviométrie annuelle, mais elles ne feront pas partie du même groupe, si la répartition des
précipitations n’est pas semblable.

6.3.6. Essai d’analyse en composantes principales

Le traitement des moyennes mensuelles par l’analyse en composantes principales a permis


l’obtention de graphiques (Fig. 192 et193). En appliquant la rotation Varimax, nous avons obtenu
la fig. 194. Les Figures obtenues montrent la formation de groupes évidents, notamment celui des
stations des hauts plateaux (Bled Beida « C111209 » et Tamesna « C111210 »). Le pourcentage
de la variance expliquée par les trois premiers axes (Facteurs) est de 67.53%, ce qui permet
d’avoir une représentation fiable par ces trois axes.

Fig.192. Graphique de l’A.C.P. sans rotation du Fact1 et 2.

Fig. 193. Graphique de l’A.C.P. sans rotation du Fact1 et 3.

204
Fig. 194. Graphique de l’A.C.P. avec la rotation Varimax.

6.3.7 Classification automatique

En utilisant le logiciel STATISTICA (STATISTICA 5.1.), nous avons procédé à une


classification automatique en choisissant l’option de classification automatique descendante
hiérarchique. Cette classification nous donne un arbre hiérarchique (Fig.195).
Après analyse de l’arbre obtenu par la classification automatique descendante
hiérarchique, nous avons formé les classes suivantes (Fig. 196):

Table 52. Les classes obtenues par la classification descendante hiérarchique.

Classe A Bled Beida, Tamesna


Classe B Ain Soltane, Sidi Ali Benyoub, Aouf
Classe C Ras El Ma, El Hacaiba, Telagh, Daoud Youb
Classe D Tabia, Tenira, Sidi Ali Boussidi, Sidi Bel Abbes, Mostefa Ben
Brahim, Ain Trid, Sarno Bge, Ghriss
Classe E Mascara, Bouhanifia, Tizi, Froha, Matemore, Hacine, Khalouia,
Mohammadia, Ferme Blanche, Bled Taouria, Marais de Sirat,
Fornaka.

Les stations de Ain Fares (C111409) et Maoussa (C111401) semblent n’appartenir à


aucune des classes précédentes, ceci est clair sur les graphiques de l’A.C.P. et surtout sur le
Dendrogramme réalisé par la classification automatique descendante hiérarchique puisque ces
stations se retrouvent très loin des autres stations.

205
Fig. 195. DENDROGRAMME obtenu par la classification automatique descendante hiérarchique.

Fig. 196. Les régions possédant le même régime pluviométrique.

6.4. Conclusion

Les résultats obtenus nous amènent à valider l’hypothèse du changement climatique et


plus précisément qu’un déficit hydrique est entrain d’être installé au niveau de notre région
d’étude, a cet effet, il serait nécessaire de prendre toutes les mesures possible pour se préparer à
minimiser le maximum de dégâts possible.

Cette étude peut être extrapolé pour dire que tout notre pays est touché par ce déficit
hydrique, des études sur l’ensemble du territoire pourront confirmer cette hypothèse.

A défaut d’être précis, visons le pire et réagissons en conséquence: pour éviter des
catastrophes de plus en plus nombreuses, prenons les mesures qui s’imposent, réduisons nos
consommations d’énergie, et réduisons notre production de gaz à effet de serre.

206
CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES

Au terme de ce travail, mené sur les deux principaux bassin versant de l’Ouest algérien
(Tafna – Macta), aux nuances climatiques variées, nous avons essayé de dégager les grands traits
sur la variabilité des précipitations et le phénomène de la sécheresse, du point de vue
persistance, étendue, causes et conséquences. Cependant, l’insuffisance des données
pluviométriques et hydrométriques, particulièrement l’absence de longues séries de données
piézométriques, n’a pas rendu possible l’approfondissement de ce travail, notamment pour
l’étude de l’impact sur les ressources en eau.

Se basant sur l’évolution des écoulements de surface à l’échelle régionale, il est admis
que le climat subit sans cesse des fluctuations significatives dans le temps comme dans l’espace,
en présentant des oscillations plus ou moins irrégulières à caractère cyclique. C’est dans ce cas
précis que les potentialités des ressources en eau, se faisant bien sentir, sont de plus en plus
affectées

L’eau qui est devenue une denrée rare et précieuse, constitue un élément indispensable
pour la vie et l’équilibre de l’individu. Elle représente un facteur déterminant pour le
développement économique et social d’un pays. Du fait de sa précarité et de sa fragilité, voire de
son irrégularité, cette ressource nécessite notamment une attention très particulière quant à sa
mobilisation et sa gestion.

Durant les dernières décennies cet élément " l’eau " s’est raréfié, un déficit important
s’est fait sentir et particulièrement à l’Ouest algérien. Notre étude serait un complément à celles
menées dans ce domaine. Elle va nous permettre d’analyser la pluviométrie à l’échelle spatiale,
temporelle et ses conséquences sur les ressources en eau.

Cette étude s’est basée sur l’analyse de données pluviométriques et hydrologique


observés au niveau de notre région. Nous avons choisi à partir de l’historique des stations
existantes 25 postes pluviométriques, couvrant d’une manière plus au moins uniforme la plus
grande superficie de l’Ouest algérien et qui ont fonctionné sans arrêt depuis 1968.

En dépit de ce tri de stations, l’examen visuel des données de ces dernières montre que
certaines séries présentent un certain nombre de lacunes et d’autre une hétérogénéité. Pour tester
l’homogénéité de nos séries nous avons utilisé la méthode de double cumul et celle des résidus
de l’ellipse de Bois. Ces deux méthodes présentent une bonne concordance entre elles. Elles
monttent en évidence des hétérogénéités de quelques séries qui sont corrigées par la suite.

Les résultats fournis par une analyse en composantes principales, pour la mise en
évidence d’ensembles régionaux de notre zone d’étude montrent une bonne cohérence spatiale
entre les stations. On remarque l’existence de trois ensembles régionaux distincts, formés par un
groupe de stations ayant un comportement similaire.

L’étude de la variabilité des précipitations à partir des variables centrées réduites des
totaux annuels, a été faite sur trois stations représentatives (Mascara, Maghnia et Sougeur). Cette
analyse a mis en évidence la succession de deux phases, un long épisode globalement pluvieux
qui s'est étendu entre le début des années 50 et la fin des années 70, une période globalement
déficitaire, qui aurait commencé au début des années 80 et qui persiste jusqu'à nos jours.

Les pluies d’hiver durant la dernière période ont connu généralement une baisse pour les
trois stations types, alors que les pluies du printemps sont devenues plus élevées durant les deux
dernières décennies.

207
Les résultats obtenus par l’étude de la sévérité de la sécheresse, en utilisant différentes
méthodes comme celles des quintiles et des terciles, confirment la persistance et l’abondance des
années déficitaires durant les deux dernières décennies pour notre région d’étude.

Quant à la relation entre l’oscillation Nord-atlantique et la pluviométrie sur l’Ouest


algérien, à la lumière de nos résultats, surtout à partir des tableaux de contingences on peut dire
qu’il y a quand même un lien statistique significativement différent de zéro entre cette oscillation
et la pluviométrie dans notre région d’étude à l’exception de quelques stations comme celle de
Maghnia. Ceci est probablement du à des causes propres à certaines stations ou bien à l’existence
d’autres facteurs qui influencent la pluviométrie de notre pays.

L’étude des séquences sèches et des séquences pluvieuses par les chaînes de MARKOV
qui ne sont fondées que sur les états des jours, secs ou pluvieux a montré que les séquences
sèches ont une longueur moyenne qui augmente en fur et à mesure que le seuil croît.. Le modèle
Markovien ajuste bien les séquences pluvieuses, par contre l’ajustement des séquences sèches
par ce modèle montre qu’il existe une grande différence entre les fréquences calculées et les
fréquences théoriques surtout lorsque nous allons vers des seuils plus grands. La distribution
saisonnière de ces séquences est en relation avec les rendements.

L’analyse de la température minimale et maximale moyenne a permis de déceler une


augmentation des minima et des maxima sur la station d’Oran durant les deux dernières
décennies. Cette tendance à la hausse de la température a engendré une accélération de
l’évapotranspiration qui s’accompagne d’un manque d’eau dans le sol (khaldi et al., 2001)

La diminution de la pluviométrie associée à l’accroissement considérable de la


température durant les deux dernières décennies a influencé le régime des écoulements.

Mais La question qui se pose, comment peut-on procéder à l’irrigation avec la situation
actuelle de la ressource en eau en Algérie? D’après plusieurs séminaires et rencontres il ressort
que la façon de résoudre le problème de l’eau en Algérie est de se tourner résolument vers de
nouvelles techniques. On peut préconiser le traitement et la récupération des eaux usées, la lutte
contre l’envasement des barrages et à l’état actuel, on parle beaucoup de la technique de
dessalement des eaux de la méditerranée.

Au vu de ce qui précède, il s’avère que la sécheresse est un mal qui ne peut être
combattu. Il faudrait en revanche la gérer et développer des stratégies pour surmonter ces effets.
De nombreuses interrogations peuvent être posées quant aux causes, aux conséquences, voire à
l’existence d’une variabilité de la pluviométrie en Algérie. La première question concerne un
éventuel changement de la pluviométrie. Il est délicat d’avancer une tendance générale même si
la répartition annuelle, saisonnière et mensuelle des précipitations de ces deux dernières
décennies a été particulièrement irrégulière d’une année à l’autre. Ces variations climatiques
dans l’Ouest Algérien ont générés une réduction du régime hydrologique.

La région étudiée se caractérisée par un relief contrasté et d’une vaste superficie, (39115
km²) marquée par les empruntes d’un climat méditerranéen semi aride (hiver doux et humide et
un été chaud et sec). Ces caractéristiques varient avec l’éloignement de la mer ; Ceci rend
délicat l’interprétation et la généralisation des résultats obtenus.

Quels que soient les types de développements mis en œuvre, il faut déplorer
l’hétérogénéité de la répartition spatiale des stations qui reste un élément majeur préjudiciable,
les techniques statistiques ou cartographiques les plus sophistiqués ne pouvant s’affranchir de
l’unique source d’information objective que représentent les données. La majeure partie du
travail a donc résidé dans la collecte et l’analyse critique des données. Afin de valider les

208
ruptures et corriger les anomalies détectées, il est nécessaire d’avoir un historique des postes le
plus complet possible.

L’étude de détection de rupture a permis de localiser une modification du régime


pluviométrique durant la décennie 1970-1980 pour la plupart des stations pluviométriques
étudiées.

L’application des tests statistiques aux pluies saisonnières, nous a permis de conclure que
se sont les pluies d’hiver et de printemps qui ont enregistré une rupture dans les séries
chronologiques durant la décennie 1970-1980. A l’échelle mensuelle, nous avons remarqué que
se sont les mois des deux saisons pluvieuses qui ont enregistré les baisses les plus significatives
et les plus importantes notamment les mois de : décembre, janvier, mars et avril. L’étude du
nombre de jours de pluies nous parait également intéressante à considérer en raison de son intérêt
pour les gestionnaires agricoles.

Les représentations graphiques et l’analyse cartographique de l’indice pluviométrique montrent


qu’au cours de ce siècle, l’Ouest algérien a connu une succession de périodes à déficits et de
périodes à excédents pluviométriques sans toutefois, pouvoir parler de cycle.
Il apparaît d’une façon générale une tendance à la hausse couvrant les années 30 et les années 50.
La baisse de la pluviométrie était par contre marquée pendant le début des années 40 et le milieu
des années 70.

La fluctuation la plus brutale et la plus significative (au sens statistique du terme) est
observée autour des années 80, au cours desquelles on note une diminution généralement assez
importante de la pluviométrie annuelle. Cette période déficitaire se caractérise depuis lors par
son intensité et sa durée.

A l’Ouest, plus exactement au niveau de la zone située entre le -2° parallèle Ouest et le
+2° parallèle Est, ce phénomène ne semble s’inscrire dans l’histoire des variations « normales »
des séries chronologiques, il est revêtis d’un caractère d’exception.

L’étude de l’évolution du régime hydrologique a été menée par l’application des


méthodes statistiques de détection de ruptures aux séries hydrométriques. Les différentes
méthodes utilisées convergent pratiquement vers l’identification d’une même date de rupture
dans les séries chronologiques annuelles, cette date varie entre 1974 et 1982 selon la station
hydrométrique étudiée.

Les fluctuations hydroclimatiques saisonnières et mensuelles étaient semblables aux


pulsations annuelles. Contrairement aux précipitations, se sont tous les mois de l’année qui ont
enregistré une rupture de stationnarité car le régime hydrologiques des fleuves algériens est
directement influencé par celui des précipitations mais subit, aussi avec un effet de retard,
l’incidence du cumul de déficits pluviométriques répétés.

Une tendance évolutive vers l’aridification du climat confirmé par les résultats des tests de
persistance, s’y est manifesté, notamment par des déficits d’écoulement entraînant l’insuffisance
générale de l’alimentation des écoulements de surface et des nappes souterraines. La
comparaison des différentes cartes pluviométriques à travers des différentes périodes à savoir :
1913 à 1963, 1922 à 1989 et 1975 à 2000 à montré une nette progression des isohyètes ( 100 à
150 mm) et la disparition de l’isohyètes 400 mm.

Les valeurs des coefficients de variations des apports interannuels pour la période 1975 à
2000, sont relativement élevées ce qui indique un régime irrégulier. Cette irrégularité est plus
accrue au Sud de la région. Le synchronisme dont l’évolution des apports mensuelles sur la
plus parts des stations souligne la similitude des conditions d’écoulement. Les débits spécifiques
209
moyens annuels présentent une augmentation générale du Sud vers le Nord (0,46 à 0,81). La
période d’étiage pour la plupart des oueds des Monts de Tlemcen et de Saida est comprise entre
mai et septembre. Sur le plan hydraulicité, ces oueds se caractérisent par un écoulement violent
et rapide. Les coefficients de tarissements sont forts (0,63 à 0.7).

Le modèle de régression multiple des débits maxima. en fonction des pluies journalières
maximales à l’échelle du bassin de la Tafna et de la Macta, nous a permis de mettre en évidence
les zones de fortes contributions dans l’alimentation des écoulements de surface à l’exutoire du
bassin. L’analyse de l’évolution des pluies et des apports liquides sur une période de 75 ans
(1925 à 2000) a montré un parfait synchronisme entre ces deux paramètres et l’effet des périodes
de sécheresse dans la réduction de la ressource en eau.

La géologie de la région des Monts de Tlemcen présente une grande diversité


lithologique avec une nette prédominance des formations carbonatées. L ‘éventail stratigraphique
s’étend du Paléozoïque au Plio-Quaternaire.

Les nombreuses épisodes tectoniques qui se sont succédées depuis la fin du Crétacé ont
provoqué le morcellement de l’ensemble rigide des roches jurassiques, déterminant un ensemble
de Horsts et de Grabens, ce qui a donné naissance à une multitude d’aquifères indépendants
drainés vers de très nombreuses sources avec un mode de fonctionnement très diversifié. L'étude
des variations du coefficient de tarissement "α comme indicateur" (des principales sources
karstiques) à moyen et long terme a été réalisé d'abord dans le but de déceler une évolution de ce
paramètre face aux régimes des précipitations. L'analyse temporelle de ce paramètre ne révèle
aucune tendance à long terme. Les valeurs les plus élevées du coefficient de tarissement
correspondent le plus souvent à des décrues relativement courtes. Il est probable que la durée de
ces décrues n'est pas suffisante pour atteindre un tarissement «réel» des zones capacitives de
l'aquifère. On observe cependant que les réserves écoulables pour les années 1975, 1979, 1998-
1999 et 2001 sont plus faibles que celles des autres années étudiées. Par ailleurs, la variabilité du
coefficient de tarissement est très grande.

La confrontation des débits des sources et des niveaux piézométriques a montré :


- Que les ressources en eaux souterraines dépendent très fortement des apports pluviométriques,
- Les sources et les forages ont une réaction très rapide (2 à 3 jours) aux averses pluviométriques
d’hiver, cette réaction est un peu plus lente pour les averses d’été.
Les apports en eau que se soit au profit de l’alimentation des écoulements de surface ou pour la
recharge des nappes souterraines varient très considérablement d’une année à l’autre, quelle que
soit la zone. De plus, l’évolution est presque synchrone sur l’ensemble de la région. Ceci a
plusieurs implications : - Les aquifères karstiques qui couvrent une bonne partie des bassins
versants jouent un rôle régulateur interannuels très important;
- Le synchronisme des années sèches et humides, sur tous les bassins versants, rend très
vulnérables l’exploitation de ces ressources.

L'impact de la sécheresse hydrogéologique sur les eaux souterraines a été étudié dans le
cadre naturel des systèmes d'écoulement. Dans le contexte actuel de modification climatique, Il
serait judicieux dans le futur d’entreprendre des travaux pour déterminer la résistance des
aquifères à un déficit prolongé de l'alimentation et par conséquent d'apprécier la contribution
spontanée des eaux souterraines à l'atténuation des effets de la sécheresse
hydrogéologique sur les eaux superficielles. Du fait de leurs faibles extensions et de leurs
conditions aux limites, les principaux aquifères étudiés qui représentent par ailleurs la ressource
en eau la plus exploitée, sont vulnérables aux variations climatiques (si nous les comparons aux
aquifères européens). Ce sont des nappes dont les niveaux sont très soutenus par des conditions de
potentiel aux limites (cours d'eau ou plan d'eau).

210
Il serait intéressant de les classer suivant leurs résistances relatives face à un déficit
prolongé de l'alimentation. L'application de la méthode de cartographie de la résistance des
systèmes aquifères à la sécheresse

La détermination du temps de demi-tarissement et de la capacité régulatrice spécifique


nécessité une étude sur la représentativité des piézomètres. En effet, ces deux facteurs sont les
plus importants dans la détermination d l'indice synthétique de la résistance à la sécheresse.
L'impact anthropogène sur les systèmes aquifères (pompage, alimentation artificielle, irrigation et
modifications de l'aménagement du territoire, etc.) doit être pris en compte. En effet, l'historique et
la projection dans le futur de ces activités n'est pas évidente à obtenir d'une part par manque de
données et d'autre part par leur mise en valeur qui serait laborieuse et coûteuse.

Finalement, notre écosystème est vulnérable à un éventuel changement climatique, il est


donc indispensable d’encourager et de promouvoir les efforts entrepris dans le domaine de la
recherche scientifique pour aboutir à des travaux pluridisciplinaires sur le problème l’impact du
changement climatique sur les ressources en eau.

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224
LISTE DES FIGURES
Nom des Figures Pages
Fig. N° 001 : Situation générale des Monts de Tlemcen et de Saida 6
Fig. N° 002 : Carte hydrographique des bassins versants ( Tafna – Macta) 6
Fig. N° 003 : Carte Géologique des bassins versants ( Tafna – Macta) 7
Fig. N° 004 : Evolution des concentrations de dioxyde de carbone durant la période 900-2000 11
Fig. N° 005 : Evolution de la température durant la période 1860-1998. 12
Fig. N° 006 : Représentation de la méthode des quintiles et des terciles 15
Fig. N° 007 : Localisation des stations retenues. 23
Fig. N° 008 : La méthode du double cumuls (Maghnia,Ghazaout) la station du barrage de Beni-Bahdel
comme station de référence. 28
Fig. N° 009 : La méthode du double cumuls entre(Tlemcen,Sebdou) et la station du barrage de Beni-Bahdel
comme station de référence. 28
Fig. N° 010 : La méthode du double cumuls entre (Ain Fekkan, Ferme Blanche) et la station du barrage de
Bouhanifia comme station de référence. 29
Fig. N° 011 : La méthode du double cumuls entre (Sidi Bel Abess, Mascara) et la station du barrage de
Bouhanifia comme station de référence. 29
Fig. N° 012 : La méthode du double cumuls entre (Hammam Bouhdjar) la station du barrage d’Oued Sarno
comme station de référence 29
Fig. N° 013 : La méthode du double cumuls prenant la station du barrage de Bakhada comme station de
référence. 29
Fig. N° 014 : La méthode du double cumuls entre (Maghnia corrigée) et la station du barrage de Beni-
Bahdel comme station de référence. 30
Fig. N° 015 : Courbe informative des valeurs propres. 34
Fig. N° 016 : Cartographie de la première composante principale sans rotation 35
Fig. N° 017 : Cartographie de la deuxième composante principale sans rotation 36
Fig. N° 018 : Cartographie de la troisième composante principale sans rotation 36
Fig. N° 019 : Cartographie de la première composante principale avec rotation Varimax. 38
Fig. N° 020 : Cartographie de la deuxième composante principale avec rotation Varimax. 38
Fig. N° 021 : Cartographie de la troisième composante principale avec rotation Varimax. 39
Fig. N° 022 : Cartographie des trois composante principales avec rotation Varimax. 39
Fig. N° 023 : Variation inter-annuelle des précipitations (Souueur, Maghnia, Mascara) 41
Fig. N° 024 : Etude de la tendance (station de Mascara) 43
Fig. N° 025 : Etude de la tendance (station de Maghnia) 43
Fig. N° 026 : Etude de la tendance (station de Sougeur) 43
Fig. N° 027 : Evolution intra-annuelle de la pluviométrie (Maghnia) 44
Fig. N° 028 : Evolution intra-annuelle de la pluviométrie (Sougeur) 45
Fig. N° 029 : Evolution intra-annuelle de la pluviométrie (Mascara) 45
Fig. N° 030 : Evolution des totaux d’automne avec leur moyenne mobile dans les trois stations 46
Fig. N° 031 : Evolution des totaux hivernaux avec leur moyenne mobile 47
Fig. N° 032 : Evolution chronologique des totaux pluviométriques printaniers à la station de Oued Sly
Période d’observation (1930-1998) 47
Fig. N° 033 : Ajustement à une loi normale pour les trois stations d’étude. 48
Fig. N° 034 : Représentation des deux cas de l’indice d’oscillation nord-atlantique ONA+ et ONA- 53
Fig. N° 035 : La variabilité séculaire de l’indice d’oscillation nord-atlantique. 54
Fig. N° 036 : Représentation de coefficient de corrélation entre les totaux pluviométriques de décembre à
mai et l’indice ONA (septembre –mars). 56
Fig. N° 037 : Ajustement à une loi normale des variables centrées réduites de l’indice d’oscillation nord-
atlantique. 56
Fig. N° 038 : Représentation des seuils de l’indice ONA 57
Fig. N° 039 : Représentation des seuils de variables centrées réduites des totaux annuels 57
Fig. N° 040 : Modèle Markovien appliqué aux séquences sèches et pluvieuses pour la station de Mascara
Saida(seuil 0.1mm) 63
Fig. N° 041 : Modèle Markovien appliqué aux séquences sèches et pluvieuses pour la station de Zenatta
(seuil 0.1mm) 63
Fig. N° 042 : Modèle Markovien appliqué aux séquences sèches et pluvieuses pour la station de Saida(seuil
0.1mm) 63
Fig. N° 043 : Détection des Anomalie systématique 1 69
Fig. N° 044 : Détection des Anomalie systématique 2 69
Fig. N° 045 : Détection des Anomalie systématique 3 69
225
Fig. N° 046 : Détection des Anomalie systématique 4 69
Fig. N° 047 : ajustement selon une loi racine normale pour les trois stations Médrissa Sidi Ali Benyoub et
Bensekrane 71
Fig. N° 048 : Relation entre les pluies annuelles et leurs coefficients de variations 73
Fig. N° 049 : Evolution chronologique des totaux pluviométriques annuels à la station Maghnia Lalla 73
Fig. N° 050 : Evolution chronologique des totaux pluviométriques hivernaux à la station de Aouf Période
d’observation (1930-2000) 75
Fig. N° 051 : Evolution chronologique des totaux pluviométriques printaniers à la station de Aouf Période
d’observation (1930-2000) 75
Fig. N° 052 : Esquisse cartographique des résultats obtenus à l’échelle annuelle 90
Fig. N° 053 : Variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle annuelle 91
Fig. N° 054 : Variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle saisonnière - Hiver 92
Fig. N° 055 : Esquisse cartographique des résultats obtenus à l’échelle saisonnière Hiver 89
Fig. N° 056 : Variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle saisonnière –printemps 93
Fig. N° 057 : Esquisse cartographique des résultats obtenus à l’échelle saisonnière - printemps - 93
Fig. N° 058 : Variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle mensuelle –décembre 94
Fig. N° 059 : Variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle mensuelle –janvier 95
Fig. N° 060 : Variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle mensuelle –mars 95
Fig. N° 061 : Variations des deux moyennes des séries pluviométriques à l’échelle mensuelle –avril 96
Fig. N° 062 : Visualisation des périodes déficitaires et excédentaires en fonction de la longitude du pote de
mesure 98
Fig. N° 063 : visualisation des périodes déficitaires et excédentaires en fonction de la latitude du pote de
mesure 99
Fig. N° 064 : Nombre des années déficitaires par station sur la période 1930-1999 99
Fig. N° 065 : Pourcentage des années déficitaires par décennie 100
Fig. N° 066 : Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1930-1939) 100
Fig. N° 067 : Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1940-1949) 101
Fig. N° 068 : Variation de l’indice pluviométrique du quinquennat (1940-1944) 102
Fig. N° 069 : Variation de l’indice pluviométrique du quinquennat (1945-1949) 102
Fig. N° 070 : Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1950-1959) 103
Fig. N° 071 : Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1960-1969) 104
Fig. N° 072 : Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1970-1979) 104
Fig. N° 073 : Variation de l’indice pluviométrique du quinquennat (1970-1974) 105
Fig. N° 074 : Variation de l’indice pluviométrique du quinquennat (1975-1979) 105
Fig. N° 075 : Variation de l’indice pluviométrique de la décennie (1990-1999) 106
Fig. N° 076 : Ajustement à la loi log-normale des lames d’eau écoulées annuelles 107
Fig. N° 077 : Variation du débit moyen annuel à la station 110
Fig. N° 078 : Répartition des apports moyens mensuels La station de Beni Bahdel 112
Fig. N° 079 : Répartition des apports moyens mensuels La station de Sidi Bel Abbes 112
Fig. N° 080 : Répartition des apports moyens mensuels La station de Ain Fekan 112
Fig. N° 081 : Répartition des apports moyens mensuels La station de trois rivieres 112
Fig. N° 082 : Réseau hydrographique du bassin de la Tafna et stations hydrométriques retenues pour l’étude 113
Fig. N° 083 : Réseau hydrographique du bassin de la Macta et stations hydrométriques retenues dans l’étude 115
Fig. N° 084 : Evolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Chouly 117
Fig. N° 085 : Evolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Beni Bahdel 118
Fig. N° 086 : Evolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Pierre du Chat 118
Fig. N° 087 : Relation entre le module annuel de la Tafna à la station de Pierre du Chat et le coefficient
hydroclimatique du bassin de la Tafna 119
Fig. N° 088 : Variations annuelles du coefficient hydroclimatique moyen pondéré (Chmp) pondéré par les
superficies des sous-bassins versants et de sa moyenne mobile 119
Fig. N° 089 : Evolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Oued Taria 120
Fig. N° 090 : Evolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Sidi Bel Abbes 121
Fig. N° 091 : Evolution du régime hydrologique à travers les caractéristiques hydroclimatiques des années
hydrologiques dans le sous-bassin de Ain Fekan 121
Fig. N° 092 : Variations annuelles du coefficient hydroclimatique moyen pondéré (Chmp) pondéré par les
superficies des sous-bassins versants et de sa moyenne mobile 122
Fig. N° 093 : Variations relatives des deux moyennes à l’échelle annuelle. 125

226
Fig. N° 094 : Variations relatives des deux moyennes en hiver. 125
Fig. N° 095 : Variations relatives des deux moyennes en printemps 125
Fig. N° 096 : Variations relatives des deux moyennes en été. 126
Fig. N° 097 : Moyennes des mois de septembre sur les deux périodes 126
Fig. N° 098 : Moyennes des mois d’octobre sur les deux périodes 127
Fig. N° 099 : Moyennes des mois de novembre sur les deux périodes 127
Fig. N° 100 : Moyennes des mois de décembre sur les deux périodes 127
Fig. N° 101 : Moyennes des mois de janvier sur les deux périodes 128
Fig. N° 102 : Moyennes des mois de février sur les deux périodes 128
Fig. N° 103 : Moyennes des mois de mars sur les deux périodes 128
Fig. N° 104 : Moyennes des mois d’avril sur les deux périodes 129
Fig. N° 105 : Moyennes des mois de mai sur les deux périodes 129
Fig. N° 106 : Moyennes des mois de juin sur les deux périodes 129
Fig. N° 107 : Moyennes des mois de juillet sur les deux périodes 130
Fig. N° 108 : Moyennes des mois d’août sur les deux périodes 130
Fig. N° 109 : Débits journaliers à la station de Saida PK50. 130
Fig. N° 110 : Distribution des moyennes mensuelles des débits par stations 133
Fig. N° 111 : Distribution des moyennes annuelles des débits par stations 134
Fig. N° 112 : Comparaison de la distribution des débits moyens annuels (période 1977-00) 134
Fig. N° 113 : Courbe des débits classés à la station de Sidi Mimoun. 136
Fig. N° 114 : Courbe des débits classés à la station PK50 ( Saida). 137
Fig. N° 115 : Courbes des fréquences cumulées des débits classés à Tifrit 138
Fig. N° 116 : Courbes des fréquences cumulées des débits classés à Sidi Mimoun 138
Fig. N° 117 : Courbes des fréquences cumulées des débits classés à Saida 139
Fig. N° 118 : Ajustement des débits moyens mensuels à Saida à la loi Log-normale 139
Fig. N° 119 : Ajustement des débits annuels Oued Saida à la loi Log-normale 139
Fig. N° 120 : A-B Analyse de la chronique de la pluie à Tifrit du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours). 141
Fig. N° 121 : C-D Analyse de la chronique des débits à Tifrit du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours). 141
Fig. N° 122 : A-B Analyse de la chronique de la pluie à S. Mimoune du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125
jours). 141
Fig. N° 123 : C-D Analyse de la chronique des débits à [Link] du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours). 141
Fig. N° 124 : A-B Analyse de la chronique de la pluie à Saida du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours). 142
Fig. N° 125 : C-D Analyse de la chronique des débits à Saida du 01/09/89 au 31/08/89 (m=125 jours). 142
Fig. N° 126 : Corrélogramme croisé pluie et débit au niveau des trois stations du bassin des Monts de Saida
du 29/08/97 au 10/10/00 143
Fig. N° 127 : Fonction d’amplitude croisée des pluies et débits des trois systèmes du 1/09/97 au 31/08/00. 144
Fig. N° 128 : Fonction de cohérence des pluies et débits des trois systèmes du 1/09/97 au 31/08/00. 145
Fig. N° 129 : Fonction de Gain des pluies et débits des trois systèmes du 1/09/97 au 31/08/00. 146
Fig. N° 130 : Evolution Seculaire des apports interannuels dans les monts de tlmcen (1925-2000) 150
Fig. N° 131 : Ajustement à une loi log-normale 150
Fig. N° 132 : Variabilité annuelle des apports HM3 période 1989-2000 151
Fig. N° 133 : Débits Spécifiques Moyen Mensuels (période 1989-2000) 153
Fig. N° 134 : Débits Moyen Mensuels (période 1989-2000) 153
Fig. N° 135 : Débits Relatif Mensuels (période 1989-2000) 153
Fig. N° 136 : Hydrogrammes de l’année hydrologique 1997 / 1998 pour les stations de Chouly et du
Meffrouch 154
Fig. N° 137 : Hydrogrammes de l’année hydrologique 1947 / 1948 pour les stations de Sebdou et Chouly 154
Fig. N° 138 : Hydrogramme crue de la station fe l’oued SEBDOU (crue du 1/1970) 154
Fig. N° 139 : Hydrogramme crue de la station fe l’oued SEBDOU (crue du 3/1973) 154
Fig. N° 140 : Hydrogramme crue de la station fe l’oued SEBDOU (crue du 3/1974) 155
Fig. N° 141 : Hydrogramme crue de la station fe l’oued SEBDOU (crue du 1/1977) 155
Fig. N° 142 : Hydrogramme crue de la station fe l’oued CHOULY (crue du 3/1973) 155
Fig. N° 143 : Hydrogramme crue de la station fe l’oued CHOULY (crue du 3/1974) 155
Fig. N° 144 : Hydrogramme crue de la station fe l’oued CHOULY (crue du 1/1976) 156
Fig. N° 145 : Hydrogramme crue de la station fe l’oued CHOULY (crue du 12/1977) 156
Fig. N° 146 : Hydrogramme crue du 16/09/1997 (ST BENI BAHDEL) 157
Fig. N° 147 : Hydrogramme crue du 27/09/1999 (ST BENI BAHDEL) 157
Fig. N° 148 : Courbe de tarissement (SEBDOU) 159
Fig. N° 149 : Courbe de tarissement (CHOULY) 159
Fig. N° 150 : Courbe de tarissement (BENI BAHDEL) 159

227
Fig. N° 151 : Crue du 29/8/97 à Ain Tifrit (Q en l/s). 162
Fig. N° 152 : Crue du 10/9/97 à Ain Tifrit (Q en l/s). 163
Fig. N° 153 : Crue du 22/9/00 à Ain tifrit (Q en l/s). 163
Fig. N° 154 : Crue du 10!l0/00 à Ain Tifrit (Q en l/s). 164
Fig. N° 155 : Crue de printemps à Ain Zerga (Q en l/s). 166
Fig. N° 156 : Crue du 29/8/97 à Ain Zerga. 166
Fig. N° 157 : Variations des éléments chimiques et isotopiques au cours de la crue du 10/09/97 à Ain Tifrit. 170
Fig. N° 158 : Variations chimiques et isotopique au cours de la crue du 22/09/97 à Ain Tifrit 172
Fig. N° 159 : Variation isotopique au cours de la crue du 22/09/97 à Ain tifrit et Ain Zerga. 174
Fig. N° 160 : Décomposition isotopique de l'hydrogramme de la crue du 10/9/97 à Ain Tifrit 176
Fig. N° 161 : Décomposition isotopique de l'hydrogramme de la crue du 22/09/97 177
Fig. N° 162 : Coupe à travers la cuvette synclinale de Merchich 179
Fig. N° 163 : Coup transversale aux monte de Tlemcen, lustrant les principaux types d’aquifères 182
Fig. N° 164 : Localisation géographique des principaux hydrosystèmes karstiques de Tlemcen 184
Fig. N° 165 : Variabilité des débits (Source 4-C1) et Pluies (ST160403) 185
Fig. N° 166 : Variabilité des débits (Source 23-E1) et Pluies (ST 160410) 185
Fig. N° 167 : Variabilité des débits (Source IS18-G3) et Pluies (ST160601) 185
Fig. N° 168 : Variabilité des débits (Source 72-E1) et Pluies (ST160602) 185
Fig. N° 169 : Variabilité des débits (Source 75-E1) et Pluies (ST160602) 186
Fig. N° 170 : Variabilité des débits (Source 81-C3) et Pluies (ST 160406) 186
Fig. N° 171 : Variabilité des débits (Source TAGA 1) et Pluies (ST 160601) 186
Fig. N° 172 : Variabilité des débits (Source TAGA2 OUEST 1) et Pluies (ST 160601) 186
Fig. N° 173 : SOURCE AIN TAGA 188
Fig. N° 174 : SOURCE EL-HOUT 188
Fig. N° 175 : SOURCE AIN TELOUT 188
Fig. N° 176 : SOURCE AIN FOUARA 189
Fig. N° 177-180 : Courbe des distributions des fréquences des teneurs en bicarbonates 189
Fig. N° 181-184 : Courbe de reproductibilité des distributions des fréquences des teneurs en bicarbonates 192
Fig. N° 185 : Carte des courbes isochrones ( d‘égale vitesse d’écoulement) du bassin versant de la Tafna. 193
Fig. N° 186 : Variations inter annuelles des coefficients de tarissement 196
Fig. N° 187 : Calcul des réserves écoulables de la source Ain Taga à partir de l'étude des coefficients de
tarissement. 199
Fig. N° 188 : Influence d’événements climatiques de sécheresse sur le coefficient et les réserves écoulalbles 200
Fig. N° 189 : Pourcentage des lacunes par année. 201
Fig. N° 190 : Pluviométrie annuelle 1970-1981 203
Fig. N° 191 : Pluviométrie annuelle 1980-1991 203
Fig. N° 192 : Pluviométrie annuelle 1990-2001 203
Fig. N° 193 : Graphique de l’A.C.P. sans rotation du Fact1 et 2. 204
Fig. N° 194 : Graphique de l’A.C.P. sans rotation du Fact1 et 3. 205
Fig. N° 195 : Graphique de l’A.C.P. avec la rotation Varimax. 205
Fig. N° 196 : DENDROGRAMME obtenu par la classification automatique descendante hiérarchique. 206

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LISTE DES TABLEAUX

Titre Page
Tab.01 : Classification de la sécheresse suivant les déciles 17
Tab.02 : Résultats de correction des données de la station de Maghnia. 29
Tab.03 : Résultats de l’analyse des stations par la méthode de Bois 31
Tab.04 : Matrice des saturations de chaque composante (A.C.P sans rotation ) 35
Tab.05 : Matrice des saturations de chaque composante (A.C.P avec rotation de type Varimax) 38
Tab.06 : Analyse des précipitations inter-annuelles a Mascara, Sougeur et Maghnia (période d’étude 1950-1998) 41
Tab.07 : Test statistique de tendance des séries pluviométriques 43
Tab.08 : Analyses des moyennes hivernales et printanières sur les deux périodes (1951-1974) et (1975-1998). 47
Tab.09 : Seuils des années sèches , très sèches, humides et très humides ; par la méthode des quintiles,
période(1950-1998) 50
Tab.10 : Années sèches, et très sèches, normales, humides et très humides pour les différentes stations selon la
méthode des quintiles. 50
Tab.11 : statistiques des années sèches et pluvieuses par la méthode des quintiles 51
Tab.12 : statistiques des années sèches et pluvieuses pour chaque décennie (méthode des quintilles). 51
Tab.13 : les seuils des années sèches , normales, et humides; par la méthode des terciles (1950-1998). 52
Tab.14 : les années sèches, et très sèches, normales, humides et très humides pour les différentes stations selon la
méthode des terciles. 52
Tab.15 : Statistiques des années sèches et pluvieuses par la méthodes des terciles. 52
Tab.16 : Les statistiques des années sèches et pluvieuses pour chaque décennie (méthode des terciles). 53
Tab.17 : Corrélation entre l’indice ONA ( décembre - mars ) et les totaux pluviométriques saisonniers. 56
Tab.18 : Table de contingence entre l’indice d’oscillation nord-atlantique et les totaux annuels de la pluviométrie. 59
Tab.19 : Table de contingence entre l’indice d’oscillation nord-atlantique et les totaux annuels de la pluviométrie
par la deuxième méthode. 59
Tab.20 : Les probabilités conditionnelles pour les trois stations à des seuils différents. 61
Tab.21 : Moyenne, écart type et coefficient de variation des séquences pluvieuses à des seuils différents. 62
Tab.22 : Moyenne, écart type et coefficient de variation des séquences pluvieuses à des seuils différents. 63
Tab.23 : Liste des stations du réseau météorologiques retenues 67
Tab.24 : Caractéristiques descriptives des séries d’observations à l’échelle annuelle 73
Tab.25 : Valeurs critiques et bornes de la statistique U pour tester 84
Tab.26 : Résultats du test de corrélation sur le rang appliqué aux séries pluviométriques annuelles 89
Tab.27 : Résultats des tests statistiques de rupture appliqués aux séries pluviométriques annuelles 90
Tab.28 : La comparaison entre les deux moyennes de part et d’autre de la date de rupture à l’échelle saisonnière-
hiver- 92
Tab.29 : La comparaison entre les deux moyennes de part et d’autre de la date de rupture à l’échelle saisonnière-
printemps- 94
Tab.30 : Sévérité de la sécheresse 98
Tab.31 : Stations hydrométriques retenues dans l’étude… 109
Tab.32 : Caractéristiques hydrologiques des stations retenues…… 110
Tab.33 : Valeurs des limites des classes des débits liquides correspondant au degré d’humidité des différentes
années hydrologiques 117
Tab.34 : Résultats du test de corrélation sur le rang appliqué aux séries des lames d’eau écoulées à l’échelle
annuelle 125
Tab.35 : Moyenne mensuelle inter annuelle des debits 134
Tab.36 : Paramètres statistiques des débits journaliers des stations étudiées 136
Tab.37 : Débits caractéristiques des trois stations ( Saida, Sidi Mimoun et tifrit) 138
Tab.38 : Stations hydroclimatologiques retenues (Monts de Saida) 141
Tab. 39 : Stations hydroclimatologiques retenues (Monts de Tlemcen) 150
Tab.40 : Valeurs des coefficients de variation des débits annuels à travers les stations des Monts de Tlemcen
(période 1989 à 2000) 152
Tab.41 : Débits absolus moyens mensuels (période 1989-2000)… 153
Tab.42 : Débits spécifiques moyens mensuels (période 1989-2000) 153
Tab.43 : Débits relatifs moyens mensuels (1989-2000) 153
Tab.44 : Débits mensuels d’étiage observés aux différentes stations des Monts de Tlemcen 159
Tab.45 : Paramètres caractéristiques du taissements Ain Tifrit 165
Tab.46 : Paramètres caractéristiques du taissements Ain Zerga 168
Tab.47 : résultats de la décomposition isotopique de l’hydrogramme de crue 176
Tab.48 : Bilan en eau sur les karts perchés des Monts de Tlemcen 180
Tab.49 : Eléments du bilan en eau sur les principaux aquifères drainés par des oueds 181
Tab.50 : Caractéristiques hydrodynamiques des principales sources de Tlemcen 184
Tab.51 : Analyses physicochimiques des principales sources karstiques 188
Tab.52 :Classes obtenues par la classification descendante hiéarchique 206

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