Pathologie des structures en acier
Citation extraite des © Techniques de l’Ingénieur, C 2 690
Sommaire du chapitre des Techniques de l’Ingénieur relatif à cette question
La lecture de ce sommaire permet de prendre conscience de la variété des causes de
sinistralité et de la diversité des questions nécessitant un grand soin lors de la conception
ou de la construction.
1. Erreurs matérielles
1.1 Au bureau d’études
1.2 À l’atelier
1.3 Au chantier
2. Causes accidentelles
2.1 Actions excessives de type normal
2.2 Actions anormales
3. Ignorance
3.1 Au niveau du projet
3.2 Au niveau de l’exécution
3.3 Au niveau du montage
3.4 Après la mise en service
4. Erreurs de conception ou d’études
4.1 Poutres à treillis
4.2 Poutres à âme pleine
4.3 Poteaux
4.4 Stabilités
4.5 Non-respect des hypothèses de calcul-modélisation
4.6 Instabilités d’ensemble
4.7 Interfaces
4.8 Qualité et choix des aciers
5. Facteurs externes
5.1 Neige
5.2 Poussière ou sable
5.3 Vent
5.4 Précipitations
5.5 Température
5.6 Tassements différentiels
6. Erreurs d’exécution
6.1 Mauvais choix du matériau
6.2 Mode d’assemblage
7. Erreurs de montage
7.1 Efforts anormaux
7.2 Instabilité en cours de montage
7.3 Ordre de montage
7.4 Pièces déformées avant montage
7.5 Contrôle chantier
8. Mauvaise utilisation et défauts d’entretien
8.1 Charges imprévues
8.2 Défaut d’entretien
9. Réparations
9.1 Réhabilitation des structures anciennes
9.2 Renforcement des structures
Pour en savoir plus
Une construction, quelle que soit sa destination (habitation, usage industriel, collectivité,
spectacle...) et son principe constructif (matériau, type de structure), doit être capable de
résister aux efforts qui lui sont appliqués. Dans le cadre du sujet du présent article, ce
rôle de « résistance » est assuré par l’ossature ou structure en acier constituant le
« squelette » de la construction.
L’acier utilisé en construction métallique a des caractéristiques garanties. C’est un
matériau isotrope et homogène ayant un comportement idéal vis-à-vis de la théorie de
l’élasticité, base des lois de la résistance des matériaux. Il est ductile, propriété
nécessaire à la bonne répartition des efforts dans les assemblages.
Il est soudable, sous réserve de respecter les dispositions prescrites au projet. C’est le
matériau d’usage courant en construction qui présente les caractéristiques les plus
élevées pour le poids le plus faible.
La structure assure principalement le cheminement des efforts extérieurs appliqués
jusqu’aux bases solides, les fondations. La connaissance de ce cheminement est
essentielle quant à l’étude des éléments constitutifs de la structure ainsi que de leurs
liaisons (attaches). La structure est stable si cette transmission s’effectue sans désordre.
Les ossatures métalliques sont généralement « souples » et constituées de barres
« élancées » ou d’éléments minces. Ces caractères spécifiques sont à garder présents à
l’esprit lors des études, les problèmes de flexibilité, voilement, déversement de poutres
fléchies et flambement d’éléments comprimés étant déterminants dans la justification et
le dimensionnement des structures métalliques.
Les règles actuelles permettent la justification des structures en acier par la théorie de la
résistance des matériaux dans le domaine élastique avec prise en compte éventuelle d’un
coefficient d’adaptation plastique. La justification des structures avec prise en compte de
la plasticité, sous certaines conditions et précautions, est codifiée depuis 1981.
Les futurs règlements de calcul des structures en acier en cours de préparation [Eurocode
3, EC3-DAN (document d’application national)] codifieront d’autres méthodes de
calculs (analyses non linéaires : géométrie et/ou matériau).
Le respect du domaine de validité de ces codes est essentiel et doit être vérifié à chaque
projet.
Les règlements sont une partie des outils nécessaires à la bonne réalisation d’une
structure. Le nombre des intervenants à la réalisation d’une construction fait que,
malheureusement, des erreurs et omissions peuvent être produites et être la cause de
sinistres plus ou moins graves.
Une structure peut être sinistrée :
• soit par effondrement total ou partiel sous l’effet de chargement ;
• soit par des déformations importantes rendant la structure impropre à
son exploitation.
Les origines de ces sinistres sont dues principalement à :
• des erreurs de conception : 13 %, dont 3 % de structures instables ;
• des erreurs de bureau d’études : 45 % ;
• des erreurs de montage : 35 %, dont la moitié est due à des instabilités
provisoires, l’autre moitié se partageant entre malfaçons et fausses
manœuvres ;
• des erreurs de fabrication ;
• des défauts du matériau.
L’analyse des causes d’un sinistre doit se faire en plusieurs étapes :
• examen de la structure sinistrée, déformations, déchirures, ruptures ;
• examen des conditions et circonstances au moment du sinistre,
chargement de la structure ;
• recherche des causes du sinistre faite, en général, par l’exécution d’un
nouveau calcul. Il n’est pas rare que cette nouvelle analyse fasse
apparaître des insuffisances n’étant pas à l’origine du sinistre et
auxquelles il faut alors aussi remédier.
La qualité des études est essentielle, compte tenu du caractère « industriel » des
structures métalliques dans le domaine du bâtiment. On constate qu’une des principales
causes actuelles des désordres provient de la mauvaise qualité des études.
Les contrôles doivent donc intervenir le plus tôt possible, dès le stade de la conception et
des études. Les origines des sinistres sont nombreuses et variées ; certaines sont
répétitives et connues, d’autres plus confuses.
Un sinistre est souvent dû à plusieurs causes : charges exceptionnelles, insuffisances, et
c’est leur concomitance qui le déclenche. Le risque de sinistre est donc accru par la
multiplicité des erreurs commises.
L’étude et le recensement de l’origine des sinistres constituent la pathologie.
Les sinistres ont principalement pour origine :
• les erreurs matérielles au niveau des études, de la fabrication ou du
montage ;
• les causes accidentelles comme les charges exceptionnelles ;
• l’ignorance au niveau du projet, de l’exécution, du montage et de
l’utilisation ;
• les erreurs de conception et d’étude ;
• les facteurs externes ;
• les erreurs d’exécution ;
• les erreurs au montage ;
• la mauvaise utilisation et le défaut d’entretien ;
• des défauts du matériau.
La gravité des désordres varie, suivant les circonstances, de l’effondrement
catastrophique au simple défaut d’esthétique ne présentant aucun risque. On peut
distinguer :
• les instabilités d’ensemble conduisant à l’effondrement ou au
renversement;
• les instabilités propres d’éléments pouvant, par réaction en chaîne,
conduire à une instabilité d’ensemble ;
• une durabilité insuffisante, corrosion, vieillissement, fatigue ;
• un comportement anormal comme les déformations excessives ou les
perturbations du bien-être des usagers ;
• une atteinte à l’esthétique.
© Techniques de l’Ingénieur, C 2 690