Politiques et management public
Gibert P. : Le contrôle de gestion dans les organisations publiques
Christian Stephan
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Stephan Christian. Gibert P. : Le contrôle de gestion dans les organisations publiques. In: Politiques et management public,
vol. 1, n° 3, 1983. pp. 146-147;
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146 Analyses Critiques d'Ouvrages
- Les systèmes informatiques doivent être examinés non seulement a posteriori
mais aussi a priori lors de l'élaboration et du développement des systèmes ;
- Le travail d'audit est surtout un travail d'équipe et les contrôleurs doivent
s'appuyer sur les rapports précédents ;
- L'audit doit être transparent (communication des rapports, clarté des feuilles
de travail).
A partir de ce livre, il serait maintenant souhaitable que les organismes publics
de contrôle apportent leur contribution.
Guy PREVOST
Professeur-Conseiller, I.D.M.P
214 GIBERT P. : Le contrôle de gestion dans les organisations publiques - Les
Editions d'Organisation, Paris, 1980, 239 pages (Collection Management Public).
Christian Stephan Les questions que l'on peut se poser à propos du contrôle de gestion dans les
organisations publiques sont les mêmes que celles que l'on se pose de manière plus
générale pour le management public : y-a-til des caractères spécifiques par
rapport à ceux dégagés dans le secteur privé ? Les outils utilisés sont-ils différents ?
Les conditions de fonctionnement sont-elles particulières ? etc. C'est à ces
questions que se propose de répondre l'ouvrage en référence. Après avoir brossé
le cadre général -spécificité des organisations publiques, évolution des systèmes
de gestion publique d'un modèle bureaucratique vers un modèle managérial-
l'auteur traite de la problématique du contrôle de gestion avant d'en passer en
revue les principaux outils. Approche classique donc, mais qui a le mérite
d'identifier les problèmes-clés, de clarifier des relations et des notions souvent
présentées par d'autres auteurs de manière confuse, le tout exposé de manière
extrêmement didactique. Le théoricien, le praticien et l'enseignant liront avec intérêt
cet ouvrage : le théoricien, car, même si aucun concept véritablement nouveau
n'est présenté, l'éclairage donné par l'analyse de l'auteur permet de resituer les
concepts; le praticien, car les problèmes d'application -méthodologiques et
techniques- sont abordés, et enfin l'enseignant car la structuration des thèmes
abordés et l'abondance des exemples lui fournissent de solides bases de cours.
Plutôt que d'essayer d'établir une typologie des organisations publiques,
l'auteur s'attache à dégager les principales caractéristiques dont l'existence a une
influence plus ou moins directe et plus ou moins grande sur le fonctionnement
d'un système dont le but est d'aider les responsables à maftriser l'activité et le
développement de leur organisation. Dans un contexte où la taille, la nature
des activités et l'existence d'effets liés rendent difficile la maîtrise du système
Analyses Critiques d'Ouvrages 147
administratif, où le mode de financement, la dépendance à l'égard du pouvoir
public donnent une sensibilité particulière, et où le mode de gestion par la règle
est privilégiée, «la mise sur pied d'un système formalisé de contrôle de gestion va
à contre sens des tendances profondes de la gestion publique» . Il n'est donc pas
surprenant dans ces conditions que l'auteur consacre la moitié de son ouvrage à
l'analyse des conditions de fonctionnement et de la problématique du contrôle
de gestion dans les organisations publiques. Tout praticien du contrôle de gestion
sait à quel point le succès -ou l'échec- d'un système de contrôle de gestion est
lié aux conditions d'organisation et de relations entre les personnes. La
définition des responsabilités, préalable indispensable à tout système de contrôle de
gestion, prend un aspect particulier dans le secteur public : l'auteur montre
comment à côté des traditionnels contrôles d'efficacité et d'efficience, il devient
nécessaire d'établir un contrôle de pertinence, c'est-à-dire de l'adaptation des
moyens à la nature des objectifs. Il montre également comment la multifonc-
tionnalité des services publics au regard des objectifs de l'Etat, la diversité des
missions poursuivies rendent difficile la définition des mesures d'efficacité et de
pertinence. A ces problèmes viennent s'ajouter ceux liés à la dualité
Administration Centrale/Services Extérieurs et l'existence des corps dont le poids pèse
lourdement sur les relations organisationnelles et fonctionnelles dans le secteur
public.
La partie consacrée aux outils aborde au travers de nombreux exemples les
implications techniques de la mise en place d'une comptabilité analytique et d'une
analyse de coûts de la construction d'indicateurs et du montage de tableaux de
bord avant de traiter succinctement des budgets de programme. Si les chapitres
consacrés aux indicateurs et aux tableaux de bord sont traités de façon très
claire et imagée, ceux consacrés à l'analyse de coûts présentent une densité qui
peut rebuter le lecteur moins assidu et moins au fait des techniques de
comptabilité analytique. L'auteur a voulu relever la gageure de condenser en deux
chapitres la comptabilité en coûts complets, la comptabilité de contribution et
l'analyse des écarts sur coûts standards directs et indirects. Même si l'auteur y
parvient avec un certain bonheur, la densité est inévitable et l'apport des deux
chapitres à l'ensemble de l'ouvrage s'en ressent quelque peu. Il est vrai que le
dilemme était de taille : ou l'auteur s'apesantissait sur le sujet et il courait alors le
risque de noyer l'objet de l'ouvrage en refaisant un livre de comptabilité
analytique de plus, ou il l'abordait de manière plus schématique en risquant de tomber
dans la simplification abusive. On ne tiendra donc pas rigueur à l'auteur de la
solution qu'il a choisie et qui ne met nullement en cause tous les mérites d'un
ouvrage qui devrait être à bon droit l'une des références dans le domaine du
contrôle de gestion en milieu public.
Christian Stephan
Professeur-Associé et
Conseiller en chef I.D.M.P.