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Impact de l'IS sur les entreprises marocaines

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L’IS, quel impact sur le résultat des

entreprises Marocaines ?

INTRODUCTION GÉNERALE
I. Introduction :
Les impôts font partie de la réalité économique des pays .Ils existent de tous les temps
et presque de tous les lieux. Payer les impôts est, avant tout, une obligation civique avant
d’être une participation à la couverture des charges de la nation.
La fiscalité peut être définie comme étant la discipline juridico économique qui a pour
objet d’étudier les principes, les règles et les techniques de fonctionnement des impôts, cette
discipline est régie par une branche du droit des affaires appelée « droit Fiscal ».Elle a pour
champ d’application les richesses économiques et financières des différents agents
économiques.
Le Droit fiscal réglemente les relations financières entre l’Etat et les assujettis à
travers un certain nombre de prélèvements fiscaux sous formes d’impôts et taxes.
Par impôt, il faut entendre toute prestation pécuniaire requise des particuliers par voie
d’autorité à titre définitif et sans contrepartie immédiate en vue de la couverture des charges
publiques.
Les principes d’égalité et d’équité qui sont à la base du Droit fiscal impliquent que
chaque personne assujettie participe aux charges publiques de la collectivité selon sa capacité
contributive.

1. Classification des impôts :

On peut prétendre à plusieurs classifications des impôts .Ainsi, à côté de la


classification administrative classique qui distingue entre impôts directs et impôts indirects,
on peut retenir, au moins, deux autres classifications : celle qui classe les impôts selon les
modalités d’assiette et celle qui les range en fonction des modes de liquidation.

A. Classification administrative :

C’est la distinction la plus répandue et qui est, d’ailleurs, reprise dans les textes
législatifs et réglementaires, elle a trait au principe de la dissociation ou non entre la personne
qui acquitte l’impôt et celle qui le supporte effectivement en dernier ressort .Cette
classification range ainsi les impôts directs et les impôts indirects :
• Un impôt direct est un impôt payé et supporté définitivement par la même personne .C’est
le cas des impôts sur les revenus des personnes physiques et morales (IR et IS).

Ahlam MORCHID 1-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
• Un impôt indirect est acquitté par une personne qui le répercuté sur une autre personne
appelée redevable réel qui le supporte en dernier ressort .C’est l’exemple de la taxe sur la
valeur ajoutée (TVA) payé par les entreprises, simple intermédiaire dans la plupart des
cas, mais supportée en dernier ressort par le consommateur final du produit ou service.

B. Classification en fonction des modalités d’assiette :

Selon l’assiette ou la matière imposable, on distingue entre trois types d’impôts :

• Les impôts sur le revenu : Ce sont les impôts qui frappent la richesse en voie
d’acquisition des personnes physiques et morales .Ils sont fondés, en général sur le
principe de la déclaration. C’est le cas de l’IS qui impose les résultats des sociétés ou
encore de l’IR qui frappe les revenus des personnes physiques.

• Les impôts sur la dépense : Ce est les impôts qui frappent la richesse en circulation .La
TVA, qui taxe les biens et les services aux différents stades de leur commercialisation, est
un impôt sur la dépense.

C. Classification en fonction des modalités de liquidation :

Cette classification permet de distinguer entre les impôts selon la nature des taux
appliqués pour le calcul des sommes dues au trésor public .On distingue alors entre impôt à
taux fixe,à taux proportionnel et à taux progressif.

 Un impôt à taux fixe est constitué par une somme prédéterminée indépendamment de
la qualité de la personne imposable .Exemple : Droits de timbre.

 Un impôt à taux proportionnel est calculé en application d’un pourcentage à une base
imposable .L’impôt augmente proportionnellement à l’augmentation de la matière
[Link] : Droits d’enregistrement, Impôt sur les sociétés (IS).

 Un impôt à taux progressif est un impôt dont le taux augmente au fur et à mesure que
s’accroît la base imposable .Cette progressivité a pour origine la recherche d’une certaine

Ahlam MORCHID 2-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
équité fiscale entre les contribuables .C’est le cas de l’IR dont le taux progresse en passant
d’une catégorie de revenu à une autre.

2. Quelques aspects du système fiscal


marocain :

Jusqu’au début des années 1980, le système fiscal marocain comptait plusieurs impôts
et taxes disparates dont le plus important est l’impôt sur les bénéfices professionnels qui
imposaient indistinctement les revenus des personnes physiques et morales.
En 1984, une loi cadre de la réforme fiscale a été adopté et a visé une refonte du
système fiscal marocain pour mieux l’adapter à l’évolution de l’environnement économique et
social. Sur une période de six ans, cette réforme fiscale a remodelé les principaux impôts et
taxes en élargissant le champ de la matière imposable pour plus d’efficacité et d’équité entre
les contribuables.
Cette réforme fiscale, a permis ainsi de doter le pays d’un système fiscal moderne et
synthétique qui s’est substitue au système cédulaire, devenu caduque.
Les principaux impôts qui composent ce système fiscal sont l’impôt sur les sociétés
(I.S), qui frappe les revenus et bénéfices réalisés par les sociétés et autres personnes morales,
l’impôt sur le revenu (I.R), qui frappe les revenus et bénéfices acquis par les personnes
physiques et les sociétés de personnes, et la taxe sur la valeur ajoutée (T.V.A), qui s’applique
aux dépenses de consommation.
Parallèlement à cela, d’autres impôts et taxes, de moindre importance budgétaire,
contribuent à la composition de l’arsenal fiscal marocain .On peut citer, entres autres, l’impôt
des patentes, la taxe urbaine, les droits d’enregistrement et de timbre, les prélèvements sur les
revenus des placements financiers et d’autres impôts et taxes fiscales et parafiscales.
Nous nous contenterons, toutefois, dans ce volume, d’étudier le premier et important
impôt à savoir, l’impôt sur les sociétés.

II. Problématique :

Nous nous assignons comme objectif dans le cadre de ce travail, d’étudier l’incidence
de l’IS sur le résultat des entreprises Marocaines, nous allons étudier l’impact de l’IS sur les
différents aspects concernant les dites entreprises. Les règles nouvelles d’imposition des
bénéfices, revenus, plus values etc…., introduites par l’IS, de façon certaine une incidence sur
le bénéfice imposable,sur l’autofinancement, sur la décision d’investissement, sur la trésorerie
etc.…

Ahlam MORCHID 3-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Notre travail est scindé en deux parties :
I. La première partie a pour souci de poser les jalons théoriques afin de
mieux appréhender l’IS, plusieurs questions se posent :
- Quelle a été l’évolution historique de l’IS ?
- Quelles sont les caractéristiques et les raisons d’être de cet impôt ?
- Quel est le domaine d’application d’IS ?

II. La deuxième partie (qui est fondamentale) est consacrée à l’analyse de


l’incidence de l’IS .Notre étude sera focalisée sur l’incidence de l’IS sur le résultat de
l’entreprise .Nous tenterons d’analyser autant soit peu cette incidence sur différents
volets intéressant l’entreprise, de multiples questions nous assaillent et se posent
d’emblée :
-Quelle est l’incidence de l’IS sur l’autofinancement, quel en est le degré ; étant
donné qu’il constitue le moteur de développement des entreprises ? L’IS représente-t-il un
progrès ou une régression par rapport à l’I.B.P ?
- quel est l’impact de l’IS sur les produits et les charges constituant le résultat des
entreprises ?
-l’IS aurait-il une incidence sur le choix d’investissement : fonds propres /fonds
d’emprunt ?
-dans le même ordre d’idées, la trésorerie étant un élément important, nous nous
demandons quel est l’impact de l’IS sur cette composante fondamentale des entreprises ?
-L’IS aurait-il une incidence sur le choix de la forme juridique de l’entreprise ?
-aurait-il également une incidence sur la décision d’investissement ?

III. Intérêt du sujet

Ce sont autant de questions qui appellent une approche réaliste, puisée dans le
quotidien des entreprises. Nos moyens étant limités pour faire le point au niveau des différents
impôts ; nous optons pour l’étude d’un parmi eux, l’impôt sur les sociétés, en l’occurrence.
Au fait, d’aucuns se demanderont l’intérêt d’un sujet tel que l’IS. Nous tenons à
souligner que l’IS est récent, il est un sujet d’actualité, d’une acuité intense, il nous a semblé
donc préférable de sortir des sentiers battus. Les entreprises marocaines ou plutôt les
entrepreneurs sont habitués aux impôts [Link], avec l’avènement de l’IS, ils
commencent à s’habituer tant bien que mal à cet impôt moderne.
Certes, nombreux sont les mémoires et ouvrages qui traitent l’IS mais nous avons
constaté que ces études se limitent toujours à un niveau macro-économique. Autant que nous
sachons, aucune thèse ou travail de recherche ne s’est penché sur l’étude de l’impact de l’IS
au niveau micro-économique. Et partant, c’est un terrain vierge qui nous semble approprié
pour mener un travail de recherche aussi modeste soit-il.

Ahlam MORCHID 4-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

IV. Méthodologie

La méthode que nous avons adoptée pour mener à bien ce travail s’est axée à quatre étapes.

1°) ETAPE 1 : Définition de la problématique et son adoption


Cette première étape quoiqu’ayant beaucoup accaparé notre temps nous a permis de
définir les contours du sujet, qui nous semblaient de prime abord ambigus et difficiles. Elle
nous a aidé à cerner la problématique du sujet ; à définir les questions inhérentes au thème.

2°) ETAPE 2 : Recherche bibliographique

Nous avons essayé de procéder à une recherche documentaire et bibliographique assez


fournie. Cette recherche a porté sur des ouvrages, thèses, mémoires, périodiques relatifs au
thème choisi. Durant cette étape, nous nous avons affronté une carence en matière de
bibliographie.

Ahlam MORCHID 5-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

Partie I :

Ahlam MORCHID 6-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

La taxation des revenus réalisés par les sociétés à l’impôt sur les sociétés date de 1986
en remplacement à l’impôt sur les bénéfices professionnels qui imposaient, auparavant et sans
distinction, les revenus professionnels réalisés par les personnes physiques et morales.
L’institution de cet impôt et la délimitation de son champ d’application aux seules
entreprises constituées sous formes de sociétés de capitaux ,en plus de la S.A.R.L,émane de la
volonté du législateur de réserver à cette catégorie d’entreprises des modalités d’imposition
mieux adaptées à leurs caractéristiques juridiques et patrimoniales.
L’impôt sur les sociétés vise les résultats réalisés par les sociétés .Par résultat, on
entend, évidemment les profits dégagés par différence entre les produits imposables et les
charges déductibles .Toutefois, et même en cas de perte, ces sociétés sont redevables d’un
minimum d’impôt dit cotisation minimale calculée sur la base des produits d’exploitation.
Basé sur le système déclaratif ,l’établissement de l’impôt sur les sociétés est réalisé par
les sociétés elles-mêmes ,suite aux différents travaux extra-comptables réalisés à la clôture de
chaque exercice .Son paiement est effectué sous forme de fractions ,dites acomptes
provisionnels, versés au cours de l’année, à la fin de chaque trimestre ,sur la base de l’impôt
payé au titre de l’exercice précédent .La régularisation des sommes dues est effectuée avant
l’expiration du troisième mois suivant celui de la clôture de l’exercice.
A côté des mesures d’ordre général concernant les sociétés imposable à l’IS ,les
dispositions fiscales liées à la mise en application de cet impôt ont institué des régimes

Ahlam MORCHID 7-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
d’imposition visant des cas particuliers tel celui des entreprises étrangères représentées au
Maroc ,ou encore celui des fusions des sociétés .
Dans notre étude, tout au long de cette partie, nous allons aborder dans un premier
chapitre l’évolution historique et caractéristiques de l’IS ; et les principes généraux de l’IS
dans un dernier lieu (chapitre second).

Chapitre I : Évolution historique et


caractéristiques de l’IS

Section 1 : Evolution historique

Après l’indépendance en 1961, la 1ère réforme fiscale au Maroc a substitue la taxe sur
les produits et les services à la taxe sur les transactions.
La modification la plus importante fut la disparition du tertib et son remplacement par l’impôt
agricole. Quant aux autres changements, ils furent de faible envergure puisqu’ils consistèrent
en un élargissement de l’assiette imposable et la révision des barèmes de taxation de la taxe
urbaine, de l’impôt sur les bénéfices professionnels.
En 1973, il y a eu institution de la taxe sur les produits des actions, parts sociales et
revenus assimilés (T.P.A).
Dans le cadre de ce travail, nous allons décrire de façon succincte l’impôt sur les
bénéfices professionnels (I.B.P) c'est-à-dire l’impôt précurseur de l’IS.

1. L’impôt sur les bénéfices professionnels :

L’impôt sur les bénéfices professionnels fut crée par le dahir du 22 février 1954. Cet
impôt avait pour objectif d’imposer les bénéfices de toute activité professionnelle et ceux des
sociétés quelle que soit leur forme et leur objet.

a - Taux de l’I.B.P :

Ahlam MORCHID 8-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

Les sociétés et autres personnes morales assimilées étaient imposées à l’I.B.P au taux
de 40% pour la tranche inférieure ou égal à 250 000DH et au taux de 48% pour le surplus.

b - Paiement de l’I.B.P :

Le paiement de l’I.B.P se faisait comme suit :


- La moitié, spontanément, au moment du dépôt de la déclaration du résultat, soit avant la fin
du 3ème mois suivant la date de clôture de l’exercice.
- L’autre moitié par voie de rôle, avant la fin du 3ème mois suivant la date de recouvrement
mentionné sur l’avis d’imposition.

2. La réforme fiscale et impôt sur les sociétés :

La réforme fiscale fut élaborée au mois de mai 1980 par les services du ministère des
finances, cette réforme avait pour but de remplacer un système fiscal devenu désuet et
difficile à gérer et de clarifier toutes les dispositions qui, par leurs imprécisions, ont pu
conduire dans le passé à des erreurs d’interprétation.

3. La réforme fiscale et opportunité de l’institution de l’impôt sur les


sociétés :

Il est vrai que la réforme fiscale prévoyait l’instauration d’un impôt global sur le
revenu des personnes physiques. Comme le revenu de l’entreprise a ses spécifiés, il était
impératif de réserver aux entreprises un impôt propre à elles se caractérisant par son
exclusivité.
Avant l’avènement de l’IS, les différentes modalités d’imposition selon la nature des revenus
concernés (l’I.B.P, impôt agricole, taxe urbaine) entraînait des incohérences, une certaine
complexité et des discriminations.
À l’origine, le taux unique et proportionnel de l’IS était fixé à 50% mais « le projet de
la loi de finance sur l’IS … prévoyait la suppression de la réserve d’investissement et de la
participation à la solidarité nationale ». Lorsque fut adopté l’IS le taux a été ramené à 45%
avec le maintien de la participation à la solidarité nationale. Mais, à partir du 01/01/1988, le
taux de l’IS a été ramené à 40%.
À l’instar de l’IS français, au Maroc, l’IS a introduit la cotisation minimale (sorte
d’imposition forfaitaire annuelle) dans un souci de diminuer le nombre d’entreprises
déficitaires. De plus, le paiement de l’IS se fait de manière spontanée par la société et ne se
fait par voie de rôle qu’exceptionnellement pour les entreprises ne respectant pas la législation
fiscale. Les entreprises n’attendent plus l’avis d’imposition du fisc.

Ahlam MORCHID 9-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Sous l’I.B.P l’imposition des bénéfices de sociétés ne correspondait à aucune
philosophie rationnelle, ni à des principes cohérents comme il a été démontré plus haut.
L’IS, dont la loi a été adoptée par la chambre des représentants le 26/06/1986 et
promulguée le 31/12/1986, est venu pour pallier à ces lacunes. Il a pallié à la cédule des
bénéfices industriels et commerciaux et aux innombrables incohérences de l’I.B.P. Puisque
les sociétés n’étaient pas très distinguées dans le système cédulaire et il y avait une
progressivité de taux qui n’était pas justifiée.
Tandis que l’I.B.P concernait les revenus qui provenaient uniquement des activités
industrielles, commerciales ou de services, l’IS s’applique à l’ensemble des bénéfices ou
revenus des sociétés et autres personnes morales.
Selon A. BERRADA (1) « En dépit des nombreuses lacunes de taille qu’il comporte et
qui rendent nécessaire la définition de ses grandes lignes d’une réforme fiscale authentique, le
projet officiel de loi cadre relative à la réforme fiscale ne manque pas d’aspects positifs ».

Section 2 : Caractéristiques de l’IS

Avant 1987, c'est-à-dire avant l’institution de l’IS et lors de l’existence de l’I.B.P les
sociétés personnes morales étaient soumises aux impôts que les personnes physiques. En 1987
fût institué l’IS qui est impôt spécifique aux personnes morales. Quelles sont les
caractéristiques de cet impôt ainsi que les raison de sa création ?

PARAGRAPHE 1 : DEFINITIONS DE L’IMPOT

1-L’IS est un impôt mais qu’est ce qu’un impôt ? Nous reprendrons pour cela la
célèbre définition de GASTON GEZE : « l’impôt est une prestation pécuniaire requise des
particuliers par voie d’autorité à titre définitif et sans contrepartie en vue de la couverture des
charges publiques ».
 Par prestation pécuniaire, nous entendons que l’impôt est payé en numéraire par
différentes modalités : argent (espèces) : chèque, virement.
 Par voie d’autorité : cela veut dire que le prélèvement est imposé par l’Etat au moyen
de son pouvoir de contrainte.
 A titre définitif : le contribuable ne se verra jamais restituer l’argent de l’impôt.
 Sans contrepartie : « cela veut dire qu’il n’existe aucune corrélation entre l’impôt
payé et les services rendus par l’État même si le contribuable bénéficie gratuitement des
services publics : santé, enseignement.. »
 L’impôt sert à la couverture des charges publiques :
Il fournit l’essentiel des recettes de l’Etat, les autres ressources sont les emprunts et les
moyens de trésorerie ».
1
Abdelkader BERRADA : colloque national de réforme fiscale.

Ahlam MORCHID 10-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

PARAGRAPHE 2 : DEFINITIONS DE L’IS ET CARACTERISTIQUES

I- Définitions
• Par définition, l'impôt sur les sociétés (IS) concerne uniquement les personnes morales.
• L'impôt sur les sociétés s'applique sur l'ensemble des produits, bénéfices et revenus des
sociétés et autres personnes morales.

• L’impôt sur les sociétés (IS) est le deuxième grand volet de la réforme fiscale, il a
été promulgué par la loi 24/86 publiée au B.O. 3873 du 21/1/87. L'IS a remplacé à
partir du 21/01/87 l’ancien impôt sur le bénéfice professionnel (IBP).

II- Caractéristiques
1. L’IS est un impôt réel :

L’IS est basé en principe sur la constatation de résultat taxable et non sur les signes
extérieurs de richesse tel le cas de la patente. Et le bénéfice de la société est un revenu qui est
tout à fait indépendant de celui des associés.

2. L’IS est un impôt a taux proportionnel

L’IS a un taux proportionnel qui soumet la matière imposable à un taux constant.


L’I.B.P au contraire était progressif car le bénéfice imposable était soumis à un taux
croissant selon la croissance du bénéfice imposable.
Il comportait une progressivité par tranche. Selon COLLETTE (1) : « Pour les
personnes physiques, la progressivité trouve sa justification dans le fait que : plus un revenu
augmente, plus le détenteur de ce revenu peut satisfaire des besoins superflus ».

3. L’IS est un impôt annuel

Annualité du bénéfice

L’IS repose sur le principe de l’annualité. Ainsi, la notion d’exercice qui est la
période d’un an correspond ou non à l’année civile. Les entreprises ont la liberté du choix
mais il faut le concilier avec le principe de l’annualité de l’IS.

Chapitre II : Principes généraux de l’IS

Ahlam MORCHID 11-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
L’impôt sur les sociétés vise les bénéfices des entreprises constituées sous forme de
société de capitaux, essentiellement les sociétés anonymes et les sociétés en commandite par
action, en plus de la forme hybride de la société à responsabilité limitée. D’autres sociétés de
personnes peuvent opter pour l’imposition l’IS.
Ce chapitre propose d’étudier successivement le champ d’application de l’IS, la
détermination de la base imposable, la liquidation et le paiement de l’impôt.
Section 1 : Champ d’application
Par champ d’application de l’IS, nous entendons l’éventail qui comprend aussi bien
les personnes imposables (paragraphe 1), que la territorialité de cet impôt (paragraphe 2).
Exposer les cas des entités exonérées fera l’objet du paragraphe 3.

PARAGRAPHE I : Personnes Imposables


I. les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés par obligation :

Ces sociétés n’ont pas le choix .Il n’est pas question pour elles, même si elles y
trouvent avantage, d’opter pour le régime de l’impôt sur le revenu. Voici la liste des sociétés
obligatoirement soumises à l’IS :

 Les sociétés de capitaux : sociétés anonymes et sociétés en commandite par action.


 Les SNC et SCS : lorsque les associés ne sont pas des personnes physiques.
 SARL, à l’exception des SARL de famille ayant opté pour l’impôt sur le revenu.
 EURL créées par des personnes morales ;
 Sociétés en participation, uniquement pour la part des bénéfices revenant aux
associés dont la responsabilité est limitée ou dont l’identité n’est pas révélée à
l’administration.
 Les établissements publics et autres personnes morales qui se livrent à une
exploitation ou à des opérations à caractère lucratif.
 Les sociétés civiles.

 les centres de coordination d'une société non résidente ou d'un groupe international
dont le siège est situé à l'étranger.

Par centre de coordination, il faut entendre toute filiale ou établissement d'une


société ou d'un groupe international dont le siège est situé à l'étranger et qui exerce, au seul
profit de cette société ou de ce groupe, des fonctions de direction, de gestion, de coordination
ou de contrôle.

 les associations à but lucratif et les organismes légalement assimilés

Ahlam MORCHID 12-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
II. Sociétés assujetties sur option :

Le club de l’IS est accueillant .Les sociétés de personnes qui relèvent normalement de
l’impôt sur le revenu y sont admises si elles y trouvent intérêt. C’est ainsi qu’une EURL créée
par une personne physique peut se placer sous l’égide de l’IS si le régime de l’impôt sur le
revenu lui parait oppressif.
Le régime de l’IS devient en effet préférable dès que le niveau des bénéfices atteint un
certain seuil .Il faut cependant prendre garde au fait qu’une fois exercée, l’option est
irrévocable .La société de personnes qui a opté pour l’IS est condamnée à vivre sous ce
régime; le retour à la case départ est interdit.
N.B : On en prend pour quinze ans d’impôt sur le revenu quand on transforme une
société de capitaux en société de personnes.
Le fisc n’aime pas les aller et retours des sociétés de personnes en matière d’IS. On a
vu qu’une fois exercée, l’option pour l’IS devient irrévocable. A l’opposé l’option est refusée
aux sociétés de personnes qui sont issues de la transformation d’une société de capitaux. Il
s’agit le plus souvent de la transformation d’uns SA ou d’une SARL en SCS. Par principe, il
est interdit à la nouvelle société de personne d’opter à l’avenir pour le régime de l’IS : elle est
condamnée à vivre sous le régime de l’IR. Il existe cependant deux tempéraments :
- l’option immédiate pour l’IS : La société de personnes est autorisée à opter
immédiatement pour l’IS ; l’option doit être notifiée à l’administration dans les trois mois de
la transformation, de cette façon, la nouvelle société continue d’être soumise à l’IS comme
l’ancienne ; la transformation n’entraine pas de changement de régime fiscal ;
- l’option à l’IS après quinze ans ; après un temps de pénitence de quinze ans, la
société de personnes issue de la transformation d’une société de capitaux est autorisée à opter
pour l’IS.

III. Les sociétés exclues :

1°- Les SNC, les SCS (société de personnes), les sociétés de participation, les sociétés de fait,
les sociétés à objet immobilier transparent et les groupements d’intérêt économique.

2°- Les sociétés à objet immobilier, quelle que soit leur forme, dont le capital est divisé en
parts sociales ou actions nominatives :

a) lorsque leur actif est constitué soit d'une unité de logement occupée en totalité ou en
majeure partie par les membres de la société ou certains d'entre eux, soit d'un terrain destiné à
cette fin ;

b) lorsqu'elles ont pour seul objet l'acquisition ou la construction, en leur nom, d'immeubles
collectifs ou d'ensembles immobiliers, en vue d'accorder statutairement à chacun de leurs

Ahlam MORCHID 13-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
membres, nommément désigné, la libre disposition de la fraction d'immeuble ou d'ensemble
immobilier correspondant à ses droits sociaux. Chaque fraction est constituée d'une ou
plusieurs unités à usage professionnel ou d'habitation susceptibles d'une utilisation distincte.

PARAGRAPHE 2 : De la question des exonérations

I. Exonérations et réductions permanentes

1. Exonérations permanentes :

a. Les associations et les organismes a but non lucratif sauf leurs établissements de ventes ou
de services ;
b. La ligue nationale de lutte contre les maladies cardiovasculaires ;
c. La fondation Hassan II pour la lutte contre le cancer ;
e. La fondation Cheikh Zaid ibn Soltan ;
f. La fondation Mohamed V pour la solidarité pour l‘ensemble de ses activités ou
opérations et pour les revenus y afférents ;
g. La fondation Mohammed VI de promotion des œuvres sociales de l’éducation formation.
h. L’Office national des œuvres universitaires sociales et culturelles;
i. Les coopératives et leurs unions légalement constituées ;
n. L’agence Bayet Mal Al Qods Acharif ;
u. Les promoteurs immobiliers, personnes morales, pour l’ensemble des logements sociaux
dans le cadre de la convention conclue avec l’Etat pour réaliser 2.500 logements pour une
période maximale de 5 ans ;
v. L’agence pour la promotion et le développement économique et social des régions du nord

w. L’agence pour la promotion et le développement économique et social des régions du sud ;

x. L’agence pour la promotion et le développement économique et social des régions de


l’oriental ;
y. L’agence spéciale Tanger- Méditerranée ;
z. L’université al Ahkawayne d’Ifrane ;
w. Les sociétés installées dans la zone franche du port du Tanger.
2. Exonération totale suivie d’une réduction permanente :
Exonération totale (100%) de l’IS pendant une période de 5 ans consécutifs à compter
de la première opération d’exportation et une réduction de 50% du dit impôt au delà de 5 ans
pour :
a. Les entreprises exportatrices de produits ou de services ;
b. Les Entreprises hôtelières au titre de leurs établissements, pour la partie de la base

Ahlam MORCHID 14-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
imposable correspondant à leur chiffre d’affaires réalisé en devises dûment rapatriées
directement par elle ou par l’intermédiaire d’une agence de voyage.

3. Réductions permanentes :

a. Les entreprises minières exportatrices bénéficient d’une réduction de 50% de l’IS à


compter de l’exercice au cours duquel la 1ére opération d’exportation a été réalisée, et
également les entreprises minières qui vendent leur produits à des entreprises qui les exportent
après leur valorisation ;
b. Les entreprises ayant leur domicile fiscal ou leur siège social dans la province de Tanger et
y exerçant une activité principale, bénéficie d’une réduction de 50% de l’IS.

II. Exonérations et réductions temporaires

1. Exonérations totales suivies de réductions temporaires :

a. Les entreprises qui exercent leurs activités dans les zones franches d’exportations
bénéficient :
- de l’exonération totale (100%) de l’IS durant les 5 premières années à compter de la
première opération d’exportation ;
- et de l’imposition au taux de 8,75% au delà de 5 ans et pendant 10 ans ;
b. L’agence spéciale Tanger- méditerranée, ainsi que les sociétés intervenant dans la
réalisation, l’aménagement, l’exploitation et l’entretien du projet de Tanger-Med et qui
s’installent dans les zones franches, bénéficient des avantages accordés aux entreprises
installées dans les zones franches d’exportation.

2. Exonérations temporaires :

a. Les revenus agricoles tel que défini par la loi sont exonérés jusqu’au 31 décembre 2010 ;
b. Les titulaires ou les co-titulaires de toute concession d’exploitation de gisements
d’hydrocarbures bénéficient d’une Exonération totale (100%) de l’IS pendant les 10 premières
années à compter de la date de la concession ;
c. Les sociétés exploitant les centres de gestion de comptabilité agréés sont exonérés de l’IS
pendant 4 ans suivant la date de leur agrément.

3. Réductions temporaires :

a. Bénéficient d’une réduction de 50% de l’I.S pendant les cinq (5) premiers exercices

Ahlam MORCHID 15-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
consécutifs :
- Les entreprises, autres que les établissements stables des sociétés n’ayant pas leur siège au
Maroc attributaires des marchés de travaux, les établissements de crédit, Bank Al Maghrib, la
Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), les sociétés d’assurances.
- Les Entreprises artisanales dont le travail est essentiellement manuel ;
- Les Établissements privés d’enseignement ou de formation professionnelle.

b. Bénéficient de la même réduction (50%) pendant 5 ans à compter de la date d’obtention du


permis d’habiter :
- Les revenus provenant de la location de cités, résidences et campus universitaires ainsi que
les promoteurs qui réalisent pendant 3 ans des opérations de constructions de cités, résidences
et campus universitaires d’au moins 500 chambres dans le cadre d’une convention conclue
avec l’Etat ;
- Les sociétés Holding offshore sont imposées forfaitairement à 500 dollars US par an pendant
15 ans, libératoire de tous impôts et taxes sur les bénéfices ou sur les revenus.

PARAGRAPHE 3 : Territorialité de l’IS

1°- Les sociétés, qu'elles aient ou non un siège au Maroc, sont imposables à raison de
l'ensemble des produits, bénéfices et revenus :

- Se rapportant aux biens qu'elles possèdent, à l'activité qu'elles exercent et aux


opérations lucratives qu'elles réalisent au Maroc, même à titre occasionnel ;
- Dont le droit d'imposition est attribué au Maroc en vertu des conventions tendant à
éviter la double imposition en matière d'impôts sur le revenu.

2°- Les sociétés n'ayant pas leur siège au Maroc, appelées sociétés non résidentes sont
imposables à raison des produits bruts qu'elles perçoivent en contrepartie de travaux qu'elles
exécutent ou de services qu'elles rendent, soit pour le compte de leurs propres succursales ou
leurs établissements au Maroc, soit pour le compte de personnes physiques ou morales
indépendantes, domiciliés ou exerçant une activité au Maroc.

Toutefois, les dispositions de l'alinéa précédent ne sont pas applicables lorsque les
travaux sont exécutés ou les services sont rendus au Maroc par une succursale ou un
établissement au Maroc de la société non résidente, sans intervention du siège étranger. Les
rémunérations perçues à ce titre sont comprises dans le résultat fiscal de la succursale ou de
l'établissement qui est, dans ce cas, imposé comme une société de droit marocain.

Section 2 : Base imposable

PARAGRAPHE 1: Passage du résultat comptable eu résultat fiscal

Ahlam MORCHID 16-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Ce processus de détermination du bénéfice imposable comprend deux phases :

a- Une phase comptable de détermination du résultat où on a le résultat comptable


est égale à la différence entre les produits et les charges de l’exercice.

b- Une phase de transformation du résultat comptable en résultat fiscal imposable.


À ce niveau, le résultat comptable fait l’objet de rectifications extra-comptables
positives (réintégrations) ou négatives (déductions) qui aboutissent à la détermination du
résultat fiscal.
Il y a donc distorsion entre le résultat comptable et le résultat fiscal. Et cette distorsion
provient exclusivement des divergences entre le droit comptable et le droit fiscal. Il faut donc
prendre en considération tous les points de divergence entre ces deux catégories de droit.
Ainsi, les rectifications extra-comptables dont l’entreprise doit y procéder sans les suivantes :
 Les réintégrations : qui concernent les charges déduites pour la détermination du
résultat comptable mais dont la déduction n’est pas autorisée par la loi fiscale.
 Les déductions : qui sont relatives à des sommes non déduites pour la détermination
du résultat comptable mais dont la déduction est autorisée par la loi fiscale.
Ces sommes vont donc venir soit en diminution du bénéfice comptable, soit en
augmentation de la perte comptable.
La détermination du résultat fiscal obéit à deux règles :
1ère règle : Redressements qui comprennent les réintégrations et déductions, les reports
dé[Link] imputations se font dans l’ordre suivant :
D’abord, les redressements proprement dits, ensuite, l’imputation des déficits antérieurs.
2e règle : Si on a un déficit antérieur, on doit le retrancher du résultat brut fiscal. Priorité
donnée au défit hors amortissement dont le délai d’imputation est inférieur à 4 ans.
Ainsi, pour obtenir le résultat fiscal, il faudrait faire les regroupements suivants :
Résultat comptable
- Déductions
+ Réintégrations
- Déficits fiscaux antérieurs
= Résultat imposable
Le résultat fiscal (R.F) = Résultat net comptable (RNC) rectifié selon les
dispositions de l’IS.

PARAGRAPHE 2 : Les produits imposables (à détailler dans la deuxième partie).


PARAGRAPHE 3 : Les charges déductibles (à détailler dans la deuxième partie).

Section 3 : Liquidation et paiement de l’IS

Ahlam MORCHID 17-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
La liquidation de l’IS consiste à calculer la somme due par le contribuable. Une fois
connue la quantité de matière imposable c'est-à-dire la base imposable, l’IS est acquitté
spontanément par l’entreprise qui doit déclarer son résultat dans les trois mois suivant la
clôture de chaque exercice comptable qui ne peut être supérieur à douze mois. Le taux et le
lieu d’imposition sont précités par le législateur (PARAG I). Quant aux modalités de
paiement, il a été institué une cotisation minimale (PARAG II), et un système d’acomptes
provisionnels (PARAG III).

PARAGRAPHE 1 : Taux et lieu d’imposition1

Le taux de l’impôt sur les sociétés est fixé à :


 30 % : appliqué au résultat réalisé par les sociétés soumises à l’IS.
 37 % : appliqué au résultat réalisé par les établissements de crédit et organismes
assimilés, Bank Al Maghrib, la Caisse se Dépôt et de Gestion, les sociétés d’assurance
et de réassurances.
Les sociétés sont imposées pour l’ensemble de leurs produits, bénéfices et revenus au
lieu de leur siège social ou de leur principal établissement au Maroc.

PARAGRAPHE 2 : Cotisation minimale (CM)

1. Cotisation minimale :

Quel que soit le résultat fiscal de la société, une CM est due pour chaque exercice,
elle se calcule sur la base des éléments suivants :
 Le chiffre d’affaires : constitué par les recettes et créances acquises se rapportant
aux produits livrés et aux services rendus.
 Les produits accessoires.
 Les produits financiers, à l’exclusion des dividendes qui sont exonérés.
 Les subventions, primes et dons.
Le taux de la CM est fixé à 0,50%.
Ce taux est à 0,25% pour les opérations effectuées par les sociétés commerciales au
titre des ventes portant sur :
- Les produits pétroliers, le gaz, le beurre, le sucre, la farine, l’eau, l’électricité.
Toutefois, le montant de la cotisation minimale ne peut être inférieur à 1500 DH.
La CM n’est pas due par les sociétés pendant les trente-six premiers mois suivant la
date du début de leur exploitation. Toutefois, cette exonération cesse d’être appliquée à
l’expiration d’une période de soixante mois qui suit la date de constitution des sociétés

1
Code Général des Impôts : Ch III, art.17, 18,19

Ahlam MORCHID 18-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
concernées.

2. Imputation de l’excédent de la CM par rapport à l’IS sur l’excédent de


l’IS par rapport à la CM :

Les sociétés déficitaires qui paient la cotisation minimale ne perdent pas le droit
d’imputer leur déficit sur les bénéfices éventuels des exercices suivants.
La cotisation minimale acquittée au titre d’un exercice déficitaire ainsi que la partie
de cotisation qui excède le montant d’impôt acquitté au titre d’un exercice donné, sont
imputés sur le montant de l’impôt qui excède celui de la cotisation exigible au titre de
l’exercice suivant.
A défaut de cet excédant, ou en cas d’excédent insuffisant pour que l’imputation
puisse être opérée en totalité ou en partie, le reliquat de la CM peut être déduit du montant
de l’impôt sur les sociétés dû au titre des exercices suivants jusqu’au troisième exercice
qui suit l’exercice déficitaire ou celui au titre duquel le montant de la dite cotisation excède
celui de l’impôt.

3. Détermination de l’impôt exigible :

IS = Résultat net fiscal × taux de l’IS.


CM= Base de calcul × taux de la CM.
Comparaison entre IS et CM Retenir le montant le plus exigible.

PARAGRAPHE 3 : Acomptes provisionnels (AP)

 Modalités de paiement :

1. Mode de calcul des AP et calendrier:

 L’impôt sur les sociétés donne lieu, au titre de l’exercice comptable en cours, au
versement par la société de quatre acomptes provisionnels dont chacun est égal à 25% du
montant de l’impôt dû au titre du dernier exercice clos, appelé exercice de référence.
 Les versements des acomptes sont effectués avant l’expiration des 3°, 6°, 9° et 12°
mois suivant la date d’ouverture de l’exercice comptable en cours.

Ahlam MORCHID 19-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
2. Régularisation :

Le montant de l’impôt dû doit être comparé au montant des acomptes déjà versés au
titre de l’exercice en cours.
De cette comparaison peut découler soit :
 Un complément d’impôt à acquitter : Lorsque l’impôt dû est supérieur au montant
des acomptes provisionnels déjà versés, la société doit verser le complément au trésor.
 Un excédent de versement : Dans le cas contraire, l’excédent d’impôt versé
par la société est imputé d’office par celle-ci sur le premier acompte provisionnel échu et,
le cas échéant, sur les autres acomptes restants. Le reliquat éventuel est restitué d’office à
la société dans le délai d’un mois à compter de la date d’échéance du dernier acompte
provisionnel.

Tout au long de cette partie, nous avons essayé de nous attaquer aux fondements
théoriques de l’impôt sur les sociétés : son évolution historique, ses caractéristiques ainsi que
les principes généraux de cet impôt.
Nous constatons que l’IS a été conçu comme un impôt spécifique aux sociétés.
C’est à la société « qu’il incombe de mettre en place l’organisation adéquate devant lui
permettre de satisfaire à l’ensemble des obligations fiscales auxquelles elle est soumise
(personnel affecté aux taches fiscales ; documentations, consultation… »1

1
Revue Française de gestion, Novembre- Décembre 1990 : Article de MARTIAL CHADEFAUX. p.91

Ahlam MORCHID 20-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Mais en sus de cette contrainte administrative, l’IS représente une certaine incidence
ou impact sur différents paramètres de la société ; c’est ce que nous allons étudier dans la
deuxième partie.

Partie II :

Ahlam MORCHID 21-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

Comme le souligne Ch. CAMPET1 la science économique nous montre que tout impôt
«constitue en soi un phénomène économique : un prélèvement fiscal nouveau introduit de
quelque manière que ce soit, dans un système économique en équilibre, trouble
nécessairement, par le seul fait de son introduction, cet équilibre ; il se produira ensuite un
nouvel équilibre, mais dans lequel les rapports respectifs des éléments du système ne seront

1
Ch. CAMPET : ‘’Quelques aspects économiques de la taxe française sur la valeur ajoutée’’.
Public Finance n° 1.1957

Ahlam MORCHID 22-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
plus les mêmes. On ne peut donc prétendre introduire un impôt qui n’apporte aucune
perturbation dans les structures économiques ».
Personne ne conteste aujourd’hui l’influence de la fiscalité sur la vie de l’entreprise.
Un impôt tel que l’IS joue un rôle dans toute l’entreprise.
Selon Andre BOYER1 « Toute analyse de l’effet de l’impôt sur la firme doit se situer
par rapport à la dimension psychologique de l’impôt et cet impôt est fonction au moins de
cinq variables :
 Le montant réel de l’IS ;
 La capacité du chef d’entreprise à évaluer la charge fiscale réelle ;
 L’attitude du chef de l’entreprise vis-à-vis de l’État et de la fiscalité ;
 La capacité à utiliser les règles administratives en faveur de l’entreprise ;
 Le degré d’accoutumance aux impôts ».

En définitive, nous pouvons avancer que tout impôt a des incidences sur les
entreprises.
Beaucoup de changements sont engendrés par l’IS, dans l’organisation productive des
entreprises. Dans ce cas, nous allons commencer, de prime abord, par l’appréciation
comptable et fiscal des produits et des charges (Ch.I), puis, nous allons traiter l’incidence de
l’IS sur l’autofinancement (Ch. II), IS et incidences sur le choix de moyens de financement
(Ch. III), sur la trésorerie ([Link]), sur le choix de la forme juridique (Ch.V) et en fin de
compte sur la décision d’investissement ([Link]).

Chapitre I : Appréciation comptable et


fiscal des produits et des charges

Section 1 : Appréciation comptable et fiscal des


produits

I. De la question des produits d’exploitation :

1
Andre BOYER.

Ahlam MORCHID 23-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Les produits d’exploitation sont représentés essentiellement par les ventes des
marchandises, des biens ou services produits, appelés chiffre d’affaires de l’entreprise. Ils
comprennent également des produits accessoires et d’autres produits non liés à l’exercice de
l’activité principale.

A. Les ventes :

Le chiffre d’affaires est constitués du montant des recettes et créances acquises se


rapportant aux produits livrés, aux services rendus et aux travaux immobiliers ayant fait l’objet
d’une réception partielle ou totale, qu’elle soit provisoire ou définitive.
 Exercice d’imposition :

Le rattachement d’une vente à un exercice pour son imposition respecte les obligations
fiscales qui sont d’ailleurs similaires aux principes comptables sur ce point.
 La vente des produits fabriqués ou des marchandises est réputée réalisée dès la
livraison. Le fait générateur d’imposition à observer est donc le transfert des biens aux
clients.
Dès la livraison des produits ou des marchandises, le prix de vente correspondant doit
être inscrit et imposé au titre de l’exercice où la livraison a été effectuée.
Pour le respect de cette règle fiscale, des régularisations des ventes en fin d’exercice
sont d’ailleurs indispensables en vue d’insérer à l’exercice clôturé les ventes déjà livrés mais
non encore facturées et d’éliminer du chiffre d’affaires de l’exercice les ventes facturées et
enregistrées mais non encore réalisées.
 S’agissant des prestations de services, l’exercice de rattachement est celui au cours
duquel est intervenu l’exécution des prestations concernées. Le fait générateur d’imposition à
observer est donc l’exécution du service.
Il convient à ce niveau de distinguer les services à exécution instantanée dont
l’imposition intervient au titre de l’exercice où celle-ci est observée et les services à exécution
continue où l’imposition concerne toute la période couverte.

Opérations Exercice d’imposition


 Ventes de produits - Exercice au cours duquel la livraison est intervenue
 Prestations de
services :
− Ponctuelles - Exercice où l’exécution unique est effectuée.
− Continue - Rattachement à l’exercice au fur et à mesure de l’exécution
de la prestation.

Ahlam MORCHID 24-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
B. Les produits accessoires :

Ils sont représentés essentiellement par les créances acquises et les produits perçus par
l’entreprise au cours d’un exercice mais ne se rattachent pas nécessairement à son objet
principal.
La distinction entre le chiffre d’affaires principal et les produits accessoires ne revêt
pas une grande importance sur le plan fiscal, car tous les deux font partie de la base de la
cotisation minimale et rentrent dans la base imposable de l’exercice.
À titre d’exemple nous énumérons les produits accessoires les plus couramment
rencontrés :
 Les revenus des immeubles (loyers reçus) à termes échus ils constituent des
produits imposables chez les sociétés bénéficiaires qui n’ont pas pour objet principal la
location d’immeubles sinon ce dernier se transforme en chiffre d’affaires.
 Les redevances des brevets, marques, licences et droits similaires : les produits
perçus en contrepartie de la concession des licences et d’autres droits similaires constituent
des produits imposables compte tenu des termes du contrat de concession.
 Les jetons de présence et les tantièmes spéciaux reçus : la société personne
morale peut être désignée membre du conseil d’administration d’une autre société dans
laquelle elle détient une participation, en vertu des dispositions statutaires, elle peut percevoir
une rémunération en sa qualité d’administrateur. Les rémunérations qui lui sont allouées sont
dès lors imposables.

C. Les immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même et


les transferts de charge :

 Les travaux effectués par une entreprise pour elle-même et qui ont pour
conséquence, l’accroissement ou la valorisation des éléments de son actif immobilisé
représentent des produits imposables inscrits à leur coût réel en comptabilité.
 Les transferts de charges ne constituent pas des recettes accessoires pour la
société mais simplement un jeu d’écriture comptable en vue de réduire le montant des charges
comptabilisées.

D. Les subventions d’exploitations :

Les subventions d’exploitation sont celles acquises par la société, de l’État ou des
collectivités locales, pour lui permettre de compenser l’insuffisance du prix de vente qui lui
est imposé très souvent. Elles sont donc imposées et rattachées à l’exercice où elles sont
acquises.

Ahlam MORCHID 25-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
C’est ainsi que sont soumises à l’impôt les aides et les primes accordés par l’Etat,
même s’il y a quelque paradoxe à voir l’Etat reprendre d’une main ce qu’il a donné de
l’autre. Il en va de même pour les aides interentreprises, comme les subventions ou les
abandons de créances consentis par une société mère à une filiale en difficulté.

II. De la question des produits financiers :

Ils sont représentés principalement par les revenus des titres des produits des valeurs
mobilières, des intérêts créditeurs rattachés aux créances et prêts accordés par l’entreprise et
d’autres produits assimilés.

A. Les dividendes :

Ce sont des sommes prélevées sur les bénéfices nets ou éventuellement sur les réserves
par décision des associés pour rémunérer ces derniers. Composés très souvent de deux parties :
l’intérêt statutaire (ou les dividendes) et le super dividende, ils sont exonérés totalement
d’impôt car ils proviennent d’un résultat déjà imposé chez la société distributrice, ils
bénéficient d’un abattement de 100 %. Ils sont donc à déduire pour éviter leur double
imposition.

B. Produits d’obligations, de bons de caisse et autres revenus assimilés


sous forme de coupons reçus :

Ces revenus différent des dividendes car ils ne proviennent pas d’une distribution de
bénéfice mais ils représentent en général des intérêts augmentés parfois de primes de
remboursement, s’ils sont soumis à un prélèvement retenus à la source ce dernier représente en
fait une avance sur l’impôt à soustraire du montant définitif de l’exercice pour déterminer l’IS
exigible par l’entreprise.
Ces produits sont imposables pour leur montant brut y compris la retenue à la source.
La retenue à la source (TPPRF : Taxe sur les Produits de Placement à Revenu Fixe)
peut être imputée sur les acomptes provisionnels payés en cours d’exercice par la société.

C. Les intérêts créditeurs :

Les intérêts perçus ou à recevoir sur prêts et dépôts de l’entreprise sont des produits
imposable pour leur montant brut y compris le prélèvement à la source opéré par la banque qui
est considéré comme une avance sur l’IS de l’exercice à prélever en fin d’année ou à imputer
sur les acomptes provisionnels en cours d’exercice.

Ahlam MORCHID 26-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

D. Les escomptes obtenus :

Obtenus des fournisseurs sur factures ou hors factures (factures d’avoir), ils
représentent toujours des produits financiers imposables pour l’entreprise qui en bénéfice.

Sont enfin considérés comme des produits financiers les sommes prélevées sur les
bénéfices ou les réserves pour l’amortissement du capital ou le rachat d’actions et les bonis de
liquidation augmentés des réserves distribués ainsi que les tantièmes ordinaires perçus de
l’affectation du résultat, tous ces produits trouvent leur source dans le résultat net d’une autre
société déjà imposée, de ce fait ils sont totalement exonérés par similitude aux dividendes.
Signalons également que les gains de change sont classés en produits exceptionnels par la loi,
par référence au plan comptable 1957 qui les considèrent comme des produits exceptionnels,
ils sont imposables.
Les écarts de conversion représentant des gains de change latents ne sont pas
comptabilisés par respect du principe de prudence, mais le fisc les impose.
Ils doivent donc être réintégrés en extra-comptable au résultat comptable.

III. De la question des produits non courants :

Les produits non courants représentent des gains ou des profits divers qu’une société
peut acquérir ou recevoir suite à des événements accidentels ou conjoncturels survenus au
cours de l’exercice.
Ils ont donc un caractère exceptionnel et de ce fait sont qualifiés de produits hors
exploitation.
On distingue principalement :
 Les prix de cession des immobilisations.
 Les subventions d’équilibre et d’investissement.
 Les indemnités reçues.
 Les dégrèvements d’impôts.

A. Les prix de cession d’Immobilisations :

La vente d’immobilisations par une entreprise constitue une opération non courante et
lui procure une recette à caractère exceptionnel qui rentre dans la base imposable. La cession
d’immobilisation peut laisser apparaître, soit une plus-value, soit une moins-value. Les
résultats sur cession d’immobilisations ont un traitement fiscal spécial qui sera vu
ultérieurement.

Ahlam MORCHID 27-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

B. Les subventions d’équilibre et d’investissement :

Les subventions reçues entraînent une augmentation de l’actif net. Elles constituent un
élément du bénéfice imposable. Le régime est toutefois différent pour les subventions
d’équilibre, imposables immédiatement, et les subvention d’équipement qui bénéficient, sur
option, d’un échelonnement d’imposition.

 Les subventions d’équilibre : sont accordées en fonction des résultats, par une société
mère à sa filiale qui est en difficulté.
 Les subventions d’investissement : sont accordées par l’Etat, les collectivités locales
ou les groupements professionnels agrées, elles représentent des aides à l’investissement pour
l’entreprise et de ce fait, elles sont inscrites en tant que ressources parmi les capitaux propres
assimilés au passif du bilan.

1. L’imposition
Exemple de traitementdes subventions
d’une d’équilibre
subvention : :
d’équipement
 Les données :
Toutes les subventions d’équilibre sont imposables immédiatement. C’est ainsi que
sont soumises à l’impôt
Une les aides
entreprise et les
acquiert le primes interentreprises,
1er Octobre 2005, pour comme
un prix les
HTsubventions ouDH,
de 1 000 000 les
abandons de créances
une machine consentis par
amortissable une le
selon société
modemère à unesur
linéaire filiale
uneenpériode
difficulté.
de cinq ans. On
supposera dans une première hypothèse qu’elle a obtenu une subvention finançant la
2. L’imposition
totalité échelonnée
de l’investissement. Dansdesunesubventions
deuxièmed’équipement
hypothèse, on(ousupposera que la
d’investissement)
subvention ne couvre que la: moitié de l’investissement.
 La solution :
 les modalités de l’échelonnement de l’imposition :
Dans le premier cas, l’entreprise rapportera aux bénéfices imposables une
Les subventions
portion d’équipement
de subvention égale auxsont imposables dès
amortissements la date de
pratiqués leurclôture
à la attribution
de l’exercice.
officielle, même si le règlement ne s’effectue qu’à une date ultérieure. Les modalités
Dans le deuxième, le rapport de la subvention sera limité à la moitié des amortissements
d’imposition
pratiqué[Link] les suivantes :
 Si elles servent
Annéesà financer des
1èreimmobilisations
hypothèse : amortissables, les subventions
2e hypothèse : sont
rapportées aux bénéfices des exercices suivants
Subvention de proportionnellement
100 % subventionauxdeamortissements
50 %
pratiqués ; 2005 50 000 25 000
 Si les équipements financés ne sont pas amortissables, la subvention est rapportée,
2006 résultats des années
par fractions égales,aux 200 000
pendant lesquelles les100 000
biens ne peuvent être
aliénés ; si aucune clause d’inaliénabilité n’est prévue, la subvention est rapportée par dixième
2007 200 000 100 000
aux résultats sur une période de dix ans.

2008 200 000 100 000

2009 200 000 100 000

2010 150 000 75 000


Ahlam MORCHID 28-72 Nadia RIZQI
1 000 000 500 000
L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

C. Les indemnités :
Les indemnités sont très souvent perçues des assurances mais parfois des tiers à titre de
dédits.
 Si l’indemnité est allouée à la suite d’un vol ou de charges d’exploitation, elle
constitue une recette imposable.
 Si l’indemnité compense la disparition d’une immobilisation elle suit le régime
des plus ou moins-values.
Le capital versé par la compagnie d’assurance-vie à une entreprise constitue un produit
imposable après déduction des cotisations versées qui étaient non déductibles les exercices
précédents.

Ahlam MORCHID 29-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
L’entreprise peut bénéficier d’autres dédommagements suite à une rupture de contrat,
d’un retard d’exécution d’un marché ou pour d’autres raisons, dans tous ces cas les recettes
reçues sont imposables.

Fiscalité et vol :
 Les données :

Une entreprise se fait voler une camionnette chargée de marchandises.À la date


du vol, la position comptable de la camionnette est la suivante :
- valeur d’origine HT…………………………………………………………100 000
- amortissements pratiqués…………………………………………………….60 000
- valeur comptable nette………………………………………………………. 40 000
Le coût de revient des marchandises volées s’élève à 15 000 DH. On supposera, dans
une 1ère hypothèse, que l’entreprise n’est pas assurée contre le vol. Dans une 2e
hypothèse, on supposera que l’entreprise est assurée et que la compagnie lui verse une
indemnité de 145 000 DH se décomposant de la façon suivante :
-valeur actuelle à neuf , HT, de la camionnette :………………………………130 000
- valeur comptable des marchandises :………………………………………….15 000
 La solution :

a. L’entreprise n’est pas assurée contre le vol :


- Le vol de la camionnette dégage une moins-value à court terme de 40 000 DH
correspondant à la valeur comptable nette.
- Le vol des marchandises dégage une perte de 15 000 DH ; cette perte sera
constatée à la fin de l’exercice au moment de l’inventaire physique ; l’évaluation
des marchandises en stocks en tient automatiquement compte.
L’entreprise est assurée contre le vol :
- Le vol de la camionnette dégage une plus-value globale de 90 000 DH (130 000 –
40 000).
- L’indemnité de 15 000 DH compensant la disparition des marchandises est à
rattacher aux produits imposables, exactement comme si ces marchandises avaient
été vendues pour un prix de 15 000 DH.

D. Les dégrèvements :

Les dégrèvements représentent une restitution d’impôt payé à tort par l’entreprise.

Ahlam MORCHID 30-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
 Les dégrèvements sur impôts déductibles obtenus par l’entreprise sont
[Link] : Patente.
 Les dégrèvements sur impôts non déductibles sont non imposables, ils sont donc à
dé[Link] : IS.

E. Les abandons de créance :

1. La légitimité de l’aide consentie à la filiale :

Il existe par nécessité une certaine solidarité financière entre sociétés appartenant à un
même groupe. Cette solidarité justifie qu’une société mère vienne au secours d’une filiale en
difficulté. On dit parfois qu’elle remplit son devoir d’actionnaire, tout comme dans le droit de
la famille les parents assument leur obligation alimentaire en secourant leurs enfants dans le
besoin. Elle peut d’abord conforter le crédit de sa filiale en se portant caution ; il est admis
dans ce cas, et dans ce cas seulement, qu’elle n’exige pas de rémunération pour ce service.
Elle peut encore fournir à sa filiale exsangue de l’argent frais en lui consentant des avances ; il
est également admis qu’elles puissent être consenties sans intérêts. Elle peut enfin contribuer
au désendettement de la filiale en lui accordant des subventions ou des abandons de créances ;
elles ne sont pas illégitimes si elles sont justifiées par le souci d’aider une filiale qui connaît
des difficultés passagères. Le régime des abandons de créances et des subventions, en raison
de leur fréquence, mérite des développements particuliers.

2. Le régime des abandons de créances et des subventions :

Si les abandons de créances sont si prisés par les sociétés mères, c’est qu’elles y
trouvent un avantage fiscal appréciable. Les incidences des différents modes de renflouement
ne sont pas neutres. La société mère peut par exemple recapitaliser sa filiale en manque de
capitaux propres. Cette augmentation de capital ne dégage aucune perte déductible chez elle
puisqu’il n’y a pas diminution de l’actif net. Il n’y a pas d’avantage de perte déductible
lorsque la société mère accorde une avance à sa filiale. Il en va différemment des abandons de
créance ou des subventions que se traduisent par une diminution de son actif net. C’est une
façon de faire participer le Trésor public au renflouement des filiales en difficulté à
concurrence des tiers (économie d’impôt sur les sociétés). Indirectement, c’est un moyen de
faire remonter les déficits de la filiale sur les bénéfices de la société mère. Les conséquences
ne sont cependant pas identiques selon que l’abandon de créance présente un caractère
commercial ou un caractère financier.

 L’abandon de créance présente un caractère financier :

Ahlam MORCHID 31-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

Les abandons de créances et les subventions à caractère financier ne se conçoivent


qu’au sein des groupes de sociétés. Il faut supposer que la société mère et la filiale
n’entretiennent pas de relations d’affaires du type de celles qui unissent un fournisseur et un
distributeur : les liens sont donc simplement capitalistiques par le jeu de la participation au
capital de la filiale. Ce lien financier justifie que la mère vienne au secours de sa filiale en
difficulté. Seulement, le régime fiscal des abandons de créances et des subventions est moins
libéral :
− Tant que la situation nette de la filiale demeure négative, on applique le droit
commun : perte déductible pour la mère, profit imposable pour la filiale ;
− Dès lors que la situation nette de la filiale devient positive, l’abandon de créance ou
la subvention consentis par la société mère cessent d’être déductibles ; corrélativement,ils ne
sont pas imposables chez la filiale ;cette exonération est toutefois subordonnée à
l’engagement pris par la filiale d’augmenter son capital dans les deux ans pour un montant
égal à l’aide qui lui a été consentie ; dans la mesure où l’abandon de créance ou la
subvention rendent la situation nette de la filiale positive, il y a augmentation correspondante
de la valeur réelle des titres détenus par la société mère ; celle-ci ne s’appauvrit donc pas ;
l’opération est assimilée à un apport en société.
Un exemple chiffré permet de mieux comprendre ce mécanisme. Le bilan d’une filiale
présente une situation négative de 50 000 DH ; pour la renflouer, sa mère, qui possède 80 %
de son capital, lui consent un abandon de créances de 110 000 DH.

Bilan de la filiale avant l’abandon de la créance


Actif réel 350 000 Capital 80 000
Pertes -130 000
Situation nette négative - 50 000
Avances de la mère 110 000
Autres emprunts 290 000
Total 350 000 Total 350 000

Bilan de la filiale après l’abandon de créance


Actif réel 350 000 Capital 80 000
Pertes (20 000)
Situation nette positive 60 000
Autres emprunts 290 000
Total 350 000 Total 350 000

Dans cet exemple, l’abandon de créance consenti par la société mère est déductible des
résultats imposables à concurrence :

Ahlam MORCHID 32-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
− D’une part, de la proportion de la situation nette négative avant abandon de créance ;
………………………………………………………………………………….50 000
− D’autre part, de la proportion de la situation nette positive après abandon de créance
correspondant à la participation des associés minoritaires : 60 000 × 20 %......................12 000
62 000
Le surplus (110 000 – 62 000 = 48 000) est traité fiscalement comme un supplément
d’apport puisque la participation de la société mère dans le capital de la filiale s’est valorisée
de ce montant. La valeur réelle des titres de la mère est en effet de 48 000 (60 000 × 80 % =
48 000).
IV. Le traitement fiscal des plus-values et moins-values sur cession des
immobilisations :

Les opérations visées sont la cession ou le retrait des éléments d’actif portant sur des
immobilisations incorporelles, corporelles ou financières et portant sur les différentes valeurs
de placement (actions, obligations ou autre).
La sortie de l’actif de ces éléments peut être génératrice de plus-value ou de moins-
value.
Le résultat sur sortie d’immobilisation est concrétisé en comptabilité par l’inscription
en charge de sa valeur nette d’amortissement et en produit par son produit de cession, ainsi
donc, on obtient ce résultat de la différence suivante :
Résultat/cession = PC (poste 751) – VNA (poste 651)

Si le résultat est positif, il traduit l’existence d’une plus-value.


S’il est négatif, il présente une moins-value.
Pour les immobilisations non amortissables, les titres et les valeurs de placement, le
résultat sur cession ou retrait est obtenu par simple différence entre leur prix de cession et leur
prix d’acquisition.
Les profits réalisés et les plus-values constatées ne sont compris dans le résulta fiscal
qu’après application des abattements prévus par l’article 19 de la loi relative à l’IS.
La taxation réduite des plus-values revient de plein droit à la société qui doit réduire
son résultat fiscal par la constatation en extra-comptable d’une déduction calculée
conformément aux textes de la loi.
La société peut même bénéficier d’une exonération totale par option au
réinvestissement de son produit net de cession.

Ahlam MORCHID 33-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
A. La taxation réduite des plus-values réalisées en cours
d’exploitation :

Les taux d’abattement autorisés sont les suivants pour les plus-values réalisés en cours
d’exploitation.
 0 % : si le délai écoulé entre l’année d’acquisition de l’élément sorti et celle de son
retrait est inférieur ou égal à 2 ans.
 25 % : si ce délai est supérieur à 2 ans et inférieur ou égal à 4 ans.
 50 % : si ce délai est supérieur à 4 ans et inférieur ou égal à 8 ans.
 70 % : si ce délai est supérieure à 8 ans.
Lorsque les plus-values sont réalisées en fin d’exploitation (opération de liquidation totale, de
fusion…) la loi autorise les taux d’abattement suivants :

1. Abattement sur plus-values réalisées en fin d’exploitation :

 0 % : si le délai écoulé entre l’année d’acquisition de l’élément sorti et celle de son


retrait est inférieur 4 ans.
 50 % : si ce délai est égal à 4 ans au moins et inférieur à 8 ans.
 Deux tiers (75 %) : si ce délai est égal ou supérieur à 8 ans.

2. Abattement pondéré en cas de plus et moins-values :

Dans le cas de cessions de multiples, où la société dégage des plus-values et des


moins-values au titre d’un même exercice, il est procédé au calcul d’un abattement pondéré
tout en tenant compte des moins-values.
 Les abattements sont déterminés élément par élément puis totalisé.
Désignons leur somme par A1.
 L’abattement pondéré fiscal est obtenu ainsi :
A2 = A1 x P2
P1

A2 = Abattement fiscalement déductible ;


A1 =Somme des abattements théoriques ;
P2 = Somme des plus-values – Somme des moins-values ;
P1 = Somme des plus-values.

B. L’option à l’exonération totale des plus-values :

Ahlam MORCHID 34-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
La société doit s’engager par écrit à réinvestir en biens d’équipement ou autres le
produit net global des cessions effectuées au cours d’un même exercice dans un délai
maximum de 3 années qui suivent l’expiration de cet exercice.
Les investissements réalisés doivent être conservés pendant un délai de 5 ans à compter
de la date de leur acquisition.
Lorsque l’option à l’exonération totale est choisie. La société procède à
l’enregistrement d’une dotation non courante aux provisions réglementées équivalente à la
fraction de la plus-value dépassant l’abattement autorisé de plein droit en vue de réduire son
résultat comptable et déduit en extra-comptable l’abattement autorisé qui lui revient de plein
droit sans engagement au réinvestissement de produit net de cession.
La reprise sur ces provisions réglementées lorsqu’elles seront constatées doit constituer
des déductions fiscales pour éviter leur taxation puisqu’elles proviennent d’une autorisation
d’exonération.
Il faut noter enfin que l’appréciation fiscale des produits consiste à distinguer les
produits imposables qui rentrent dans la base imposable et les produits exonérés totalement ou
partiellement qu’il convient de soustraire en déduction fiscale mais également de s’assurer
que tous les produits concernés sont correctement évalués.
Toute minoration des produits imposables entraîne une réduction du résultat, le fisc est
alors amené à réintégrer tous les produits éludés et à rectifier les sous-évaluation constatées en
vue de redresser la base imposable.

Section 2 : Appréciation comptable et fiscale des


charges

Le résultat imposable est déterminé sous déduction des différentes dépenses engagées
par l’entreprise en vue de l’acquisition et de la conservation de son revenu disponible. La loi
instituant l’impôt sur les sociétés a énuméré certaines charges et a précisé les règles de leur
déductibilité. Auparavant, elle a aussi fixé les conditions générales applicables à toutes les
charges déductibles.
• Conditions générales de déductibilité des charges :

Pour pouvoir bénéficier de la déductibilité, les charges d’exploitation doivent


obligatoirement remplir certaines conditions de fond et de forme. L’inobservation de l’une de
ces règles amène la charge à être réintégrée extra-comptablement au niveau du résultat fiscal
imposable. Ces conditions sont au nombre de quatre :
 Il faut que la charge soit engagée dans l’intérêt de l’exploitation : Ainsi toute
dépense engagé par l’entreprise, ou charge constatée au sein de sa comptabilité, doit
absolument avoir un lien avec l’activité exercée par l’entreprise. Sont ainsi exclues toutes les
dépenses engagées par le dirigeant pour la satisfaction de ses besoins personnels ou ceux des

Ahlam MORCHID 35-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
membres de sa famille. De même, les charges calculées notamment les amortissements, ne
peuvent être fiscalement déductible que si le bien concerné figure effectivement parmi les
éléments de l’actif immobilisé. Les immobilisations acquises par l’intermédiaire des sociétés
de crédit-bail ne peuvent faire l’objet d’amortissements fiscalement déductibles. L’entreprise
n’est juridiquement que locatrice de ces biens qui restent la propriété de la société de leasing
jusqu’à l’expiration de la durée du contrat et la levée éventuelle de l’option d’achat.
 Il faut qu’elle corresponde à une charge effective et qu’elle soit appuyée par des
justificatifs : Les dépenses engagées par l’entreprise doivent être comptabilisées sur la base
de documents justifiant leur paiement effectif. Les pièces justificatives s’entendent
essentiellement des factures, mémoires, pièces de caisse, relevés bancaires, qui permettent le
contrôle de la réalité des dépenses engagées.
 Elle doit se traduire par une diminution de l’actif net : Ainsi sont considérées
comme des charges les seules dépenses engagées pour être consommées durant l’exercice
comptable sans aucune incidence sur l’actif immobilisé. Ne sont pas considérées comme des
charges les dépenses ayant pour contrepartie la disparition d’une dette du passif comme les
remboursements d’emprunt par exemple.
 Elle doit être engagée au cours de l’exercice : Vu le principe comptable de la
spécialisation, chaque exercice ne doit supporter que les charges lui afférant. Les charges
constatées d’avances et celles à payer doivent faire l’objet de rectifications extra-comptables
pour les lier à l’exercice durant lequel elles sont réellement consommées.

I- Les charges d’exploitation

1. Impact positif de l’IS sur l’amortissement

PARAGRAPHE 1 : Notion d’amortissement

En considérant l’amortissement comme une charge déductible du bénéfice imposable,


l’IS a fait considérer l’amortissement comme charge.
C’est un grand mérite qui revient à l’IS puisque comme l’affirme R. MAZARS (1) :
« S’il n’y avait pas d’impôt sur les sociétés……, la plupart des entreprises considéreraient
l’amortissement comme prélèvement sur les bénéfices, comme une réserve, nécessaire dans la
mesure où il faut absorber le coût, mais à caractère facultatif et qui ne peut être constituée que
dans la mesure où il y a des bénéfices ».
Ce sont donc les règles de l’IS. Qui incitent l’entreprise à considérer l’amortissement
en tant que charge normale d’exploitation.
L’amortissement étant déductible du bénéfice imposable et de plus étant une charge non
décaissée, elle est déductible de l’assiette de l’IS, fait accroitre donc la marge après impôt et
constitue en définitive une ressource.
1
MARZARS la fiscalité et l’entreprise.

Ahlam MORCHID 36-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Les règles de l’IS sont favorables à l’entreprise quand celle-ci connait un déficit. L’IS
permet donc aux entreprises de reporter de façon illimitée les amortissements antérieurement
pratiqués sur les résultats bénéficiaires prochains quand les entreprises connaissent des
périodes déficitaires.
L’IS sépare donc le déficit dont la cause serait une mauvaise exploitation de celui qui
serait imputé à la comptabilisation des amortissements. Cette disposition de l’IS présente
l’avantage de ne pas inciter l’entreprise à limiter ses amortissements et de conserver à ceux-ci,
l’une de leurs fonctions principales en l’occurrence l’autofinancement.
Même en période déficitaire, l’entreprise doit calculer ses amortissements afin de ne
pas fausser le bilan. Le souci du législateur est de préserver l’autofinancement de l’entreprise.
Le mérite de l’IS est de permettre aux sociétés d’affecter à chaque exercice comptable les
amortissements le concernant sans pour autant que le report des déficits provenant de la
dotation aux amortissements soit limité dans le temps.
« La société qui n’inscrit pas en comptabilité la dotation aux amortissements se
rapportant à un exercice comptable déterminé perd le droit de déduire l’annuité ainsi omise
sur le résultat du dit-exercice mais conserve le droit de pratiquer cette déduction à partir du
premier exercice qui suit la période normale d’amortissement ».
La législation marocaine est plus tolérante en matière d’omission d’amortissement que
la législation française. Le fisc français est au contraire plus sévère en la matière puisque
l’entreprise est sévèrement punie car elle perd le droit de déduire la fraction des
amortissements différée irrégulièrement. Si cette rigueur prévalait au Maroc, l’entreprise
serait dans l’obligation de payer l’IS sur l’amortissement omis comme nous allons le
démontrer grâce à l’exemple ci-dessous :
Une entreprise est propriétaire d’une machine acquise au début de l’année N pour un
montant de 2 000 dh. Cette machine est amortie de manière linéaire en 5 ans. Si cette
entreprise a réalisé un bénéfice imposable avant amortissement s’élevant en N+1 à 5 000 dh et
6 000 dh en N+2.

1er cas de figure :


Exercice N+1 :
La firme comptabilise normalement ses amortissements en N+1 :
Le résultat avant amortissement est de : 5 000 DH
- Amortissement (2 000 *1/5) : - 400 dh
= Bénéfice imposable = 4 600 dh

L’entreprise étant assujettie à l’IS au taux de 30%, nous aurons :

4 600 * 30% = 1 380 dh d’IS à payer

Exercice N+2 :

Ahlam MORCHID 37-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

Le résultat avant amortissement est de : 6 000 dh


- amortissement (2 000 * 1/5) : -400 dh
= Bénéfice imposable = 5 600 dh

L’entreprise étant toujours assujettie à l’IS au taux de 30%, nous aurons :


5 600 * 30% = 1 680 dh d’IS à payer
L’entreprise devra s’acquitter de l’IS sur les deux années et N+1 et N+2 :
1 380 + 1680 = 3 060 dh

2ème cas de figure :

Dans ce 2ème cas illustratif, nous considérons que l’entreprise va oublier de


comptabiliser l’amortissement en N+1.

En N+1 : L’entreprise devra s’acquitter d’un montant d’IS s’élevant à :


- 5 000 * 30% = 1 500 dh

En N+2 :
- Le bénéfice avant amortissement s’élève à : 6 000 dh
- amortissement au titre N+2 : - 400 dh
5 600 dh
Montant d’IS à payer :
5 600 * 30% = 1 680 dh

Conséquence :

Au titre des deux exercices N+1 et N+2, l’entreprise devra s’acquitter d’un IS s’élevant
à:
1 500 + 1 680 = 3 180 dh

Il en ressort que l’entreprise a payé l’IS sur l’amortissement.


Entre le cas de figure N°1, il existe une différence s’élevant à :
3 180 – 3 060 = 120 DH
Cette différence représente bien l’impôt qu’aurait payé l’entreprise sur
l’amortissement puisque :
400 * 30% = 120 dh
Amortissement * taux d’IS = 120 dh
Donc, cette dotation d’amortissement omise sera déductible en N+5.

Ahlam MORCHID 38-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Ainsi, l’IS donne à l’entreprise un supplément de garantie dès lors que la dotation
d’amortissement qui a été omise en cours d’un exercice donné n’est pas perdue. Cette dotation
demeure déductible à l’expiration de la période normale d’amortissement de l’immobilisation
concernée.

PAGRAPHE 2 : Les conditions de déductions des amortissements


Les dotations aux amortissements ne sont déductibles pour la détermination du résultat
fiscal que sous quatre conditions :

Conditions Commentaires
Les amortissements ne peuvent être pratiqués Les biens en leasing sont exclus de la pratique
que sur des éléments inscrits en actif d’amortissement chez la société qui les loue.
immobilisé. Les dépenses non immobilisées et
enregistrées en charges font perdre le droit de
déduction au titre de l’exercice. La société
récupère ce droit, l’exercice qui suit la date de
régularisation qui permet le virement de la
dépense concernée des frais généraux en
immobilisation.
Les amortissements doivent correspondre à Les amortissements des terrains ne sont pas
des immobilisations dépréciables admis, sauf, terrains de gisements et de
régulièrement et effectués en respectant des carrières.
normes fiscales. Les amortissements exagérés sont réintégrés
pour fractions excédant les seuils autorisés
par le fisc.
Les amortissements doivent être Cette condition de forme exclut toute
effectivement comptabilisés déduction d’amortissement en
extracomptable. La société qui n’inscrit pas
au titre d’un exercice une dotation aux
amortissements perd le droit de la déduire
mais conserve ce droit à partir du 1er exercice
qui suit la période normale d’amortissement.
Les amortissements ne doivent pas être Cela exclu les amortissements relatifs à
exclus expressément du droit à déduction. l’excédent de la valeur d’acquisition des
voitures de tourisme au-delà de 300 000 DH
TTC et au taux de 20%.

 Les bases de calcul de l’amortissement

Mode d’acquisition de l’immobilisation Valeur d’origine

Ahlam MORCHID 39-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
A titre onéreux Coût d’acquisition = prix d’achat hors TVA
récupérable + frais accessoires d’achat.
(+TVA non récupérable pour les biens
n’ouvrant pas droits à la déduction de cette
taxe).
A titre gratuit Valeur vénale
Apport à la société Valeur nominale dans l’acte d’apport
Créée par l’entreprise Coût de production = cout des matières +
charges directes et indirectes de production,
sauf les charges financières.

2. Les provisions

Une provision est constituée soit pour faire face à une dépréciation d’un élément
d’actif soit à des risques ou à des charges probables.
Il existe également des provisions réglementées qui résultent de l’application des dispositions
fiscales.
La constitution de provision est nécessaire en comptabilité pour respecter le principe
de prudence, mais l’appréciation du risque ou de la perte probable est subjective pour une
bonne part, ce qui pourrait conduire à la fraude ou à l’évasion fiscale. C’est pourquoi le fisc
soumet les provisions à des règles précises pour leur admission en déduction.

a- Les conditions de déductibilité

Les provisions ne sont déductibles pour la détermination du résultat fiscal que


lorsqu’elles répondent aux cinq conditions suivantes :

Conditions Commentaires
La perte ou la charge provisionnée doit être Ceci exclu du droit à déduction toutes les
elle-même déductible provisions des charges non déductibles
provision pour IS
Provision pour pénalités
La perte ou la charge doit être nettement Les recours à la statistique peuvent être admis
précisée s’il permet une approximation suffisante mais
la pratique d’un pourcentage forfaitaire ou
d’une estimation globale est refusée.
La perte ou la charge doit être probable et Les provisions constatées pour des risques
non pas seulement éventuelle. simplement éventuels et sans engagements
précis avant la clôture de l’exercice ne sont
pas déductibles.
Ex : provision pour propre assureur (non

Ahlam MORCHID 40-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
déductible)
La perte ou la charge doit avoir son origine L’événement qui motive doit avoir eu lieu
dans l’exercice avant la clôture de l’exercice. C’est en
quelque sorte une condition intimement liée
au principe de spécialisation des exercices.
Les provisions doivent être comptabilisées et L’enregistrement comptable est une condition
reportées sur le tableau des provisions à de forme pour toutes les charges calculées qui
joindre à la déclaration annuelle de l’IS ne reposent pas sur des pièces justificatives.

b- Appréciation fiscale de certaines provisions

• Provisions pour dépréciation


Les provisions pour dépréciation des immobilisations non amortissables.
Les provisions pour dépréciation des titres et valeurs de placement.
Toutes ces provisions sont déductibles quand elles remplissent les conditions de
déductions citées précédemment.
Les provisions pour dépréciation des créances : elles doivent être précédées par une
action intentée en justice contre les clients concernées et doivent être évaluées
individuellement client par client.
• Provision pour litiges
Elles sont déductibles quand elles se rapportent à des risques ou à des charges
déductibles et quand elles remplissent les conditions de déduction précédemment citées.
• Les provisions pour garanties données aux clients
La loi n’autorise pas les entreprises à constituer en franchise d’impôt ce genre de
provisions.
Elles sont donc à réintégrer globalement quand la société les comptabilise.
• Provisions pour congés payés
Ces provisions sont non déductibles ; Ce refus catégorique du droit à déduction pour
congés payés n’interdit pas leur comptabilisation par les sociétés pour respecter le principe de
spécialisation des exercices. Il suffit donc de les réintégrer en extra-comptable comme toutes
les charges comptables non acceptées en déduction.
• Provision pour retraite
Les cotisations de retraite constituent des charges sociales déductibles quand elles sont
versées à des organismes sociaux spécialisés, par contre les provisions pour fonds de retraite
ne sont pas déductibles.
• Provision pour gratification du personnel
Ces provisions ne sont déductibles que dans la mesure où les modalités de versement
résultent d’un engagement formel, écrit, pris par l’entreprise avant la date d’inventaire.
• Provision pour indemnités de licenciement

Ahlam MORCHID 41-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Ces provisions sont déductibles lorsqu’elles se rapportent à des licenciements déjà
prononcés avant la clôture de l’exercice et que leur montant ne dépasse pas l’indemnité légale
fixée par la loi.

3. Entretien et réparation

Les charges d’entretien et de réparation sont normalement déductibles du résultat


fiscal si elles ont pour seul objet de maintenir les éléments de l’actif en bon état (réfection des
peintures par exemple) et de permettre son fonctionnement pendant la période initiale prévue
pour son amortissement.
Les dépenses engagées pour la rénovation d’un matériel d’occasion, ou
l’aménagement d’un immeuble ou de toutes autres dépenses ayant pour objet d’augmenter la
valeur de l’élément réparé ou de prolonger sa durée de vie ne peuvent être acceptées en tant
que charges déductibles, mais elles représentent des bases d’amortissement à répartir sur
plusieurs exercices.

4. Les charges de loyer

La location d’immeubles, de matériel et le crédit bail sont des charges imposables à


terme échu.
Les redevances leasing des voitures de tourisme ne sont acceptées en déduction fiscale
qu’à la limite du plafond fixé pour leur amortissement soit 300 000 TTC au taux linéaire de
20%.
Toute fraction d’amortissement de la redevance dépassant le seuil doit être réintégré.
Toutefois cette limitation ne s’applique pas lorsque la durée de location n’excède pas trois
mois.
Le leasing est une forme de financement courante pour les petites et moyennes
entreprises. Il se présente sous forme d’une location qui s’achève couramment par un transfert
de propriété du bien loué au locataire moyennant un prix résiduel. Ce dernier constitue dès
lors un prix d’acquisition du bien concerné qui doit être amorti par la suite.
L’indemnité du rachat ne doit pas être considérée comme une charge mais comme un
prix d’acquisition servant de base au calcul des amortissements.
D’autres sommes perçues indépendamment des loyers et concernant essentiellement
les biens immeubles posent davantage de difficultés, il s’agit des dépôts de garanties, du droit
d’entrée et du pas de porte dit droit au bail.
 Le dépôt de garantie est une somme exigée souvent par le bailleur lorsqu’un nouveau
locataire occupe les lieux (une avance sur loyers généralement). Cette somme devant être
restituée au locataire à la fin de la période du contrat est considérée comme une dette du
bailleur envers son locataire. Elle est donc considérée parmi les valeurs immobilisées comme

Ahlam MORCHID 42-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
dépôts et cautionnement. Ce n’est ni un produit pour le bailleur ni une charge pour le
locataire sauf dans le cas où elle a servi pour le paiement des loyers. Dans ce cas le dépôt est
définitivement acquis au bailleur et constitue dès lors pour lui un produit imposable, et se
transforme chez le locataire en charge fiscalement déductible.
Vu que la confusion est souvent faite, il convient de distinguer le droit d’entrée, qui est
la somme versée par un locataire commerçant à un propriétaire louant un immeuble libre et le
pas-de-porte représentant le droit au bail versé par un nouveau locataire à l’ancien.
 En matière de droit privé, le droit d’entrée est tantôt analysé comme un supplément de
loyer, tantôt comme une indemnité représentant la valeur du droit au renouvellement du bail.
L’interprétation fiscale diffère selon que l’on adopte l’une des qualifications. Lorsque le
droit d’entrée est considéré comme supplément de loyer payé d’avance, il constitue une
charge déductible à répartir sur la durée du bail. S’il est considéré comme une indemnité
représentant le prix d’acquisition d’un élément de l’actif incorporel, il ne peut constituer une
charge déductible du fait qu’il augmente l’actif de l’entreprise. C’est un exemple de l’une
des difficultés rencontrées en droit fiscal à distinguer entre frais généraux et éléments de
l’actif immobilisé.
 Quant au pas-de-porte, la qualification juridique est incontestable, le droit au bail est
un élément du fond de commerce et constitue, par conséquent, une immobilisation
incorporelle. Les sommes engagées pour son acquisition ne peuvent, en aucun cas, être
considérées comme des charges déductibles.
En plus lorsqu’un commerçant cède son droit au bail, le profit éventuel qu’il réalisera
est imposable selon le régime des plus-values sur cession des éléments d’actif.

5. Les primes d’assurances

Elles sont représentées par :


- les assurances versées par l’entreprise aux compagnies d’assurance.
- les assurances contractés au profit de la société sont déductible fiscalement lorsqu’elles sont
destinées à couvrir un risque (vol, incendie..) dont la réalisation entrainerait la perte d’un
élément d’actif.
En ce qui concerne les assurances contractées au profit du personnel, elles ne sont
déductibles que lorsqu’elles sont intégrées aux salaires et soumis à l’IR. La part patronale des
assurances groupes au profit du personnel fait donc partie, des charges de personnel.
Par contre ne sont pas déductibles les primes d’assurance-vie au profit de la société
contractées au nom des dirigeants (placements financiers effectués à titre de prévoyance). Ces
assurances ont pour objet de compenser le préjudice qui résulterait pour la société en cas du
décès de la personne visée au contrat.
Le droit à déduction est également refusé pour les provisions de propre assureur.

Ahlam MORCHID 43-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
La société au lieu de s’adresser à une compagnie d’assurance se constitue elle-même son
propre assureur par prélèvement sur les bénéfices d’une provision.

6. Les rémunérations d’intermédiaires et les honoraires

Les rémunérations allouées aux tiers de la société autres que le personnel salarié,
constituent des charges déductibles. Elles doivent faire l’objet d’une déclaration spéciale à
déposer en même temps que la déclaration de l’IS (dans les trois mois qui suivent la date
d’inventaire).
Cette obligation de forme s’applique à toutes les rémunérations versées à des
contribuables inscrits à l’impôt des patentes de l’IS, à défaut de quoi une réintégration au
résultat fiscal de 50% des sommes non déclarées devient exigible.

7. Les frais d’annonces et de publicité

Les dépenses d’annonces, de documentation et de publicité promotionnelle constituent


en générale des charges déductibles. Cependant les charges relatives au montage d’un spot
publicitaire et les frais d’annonce légale ou de lancement d’un nouveau produit sont à
immobiliser et à amortir sur plusieurs exercices.

8. Les frais de transport et de déplacement

Ils couvrent tous les frais de déplacement du personnel et de transports de


marchandises et matières, les frais de représentation et de voyage exposés dans l’intérêt
général de la société : ces charges sont normalement déductibles.

9. Les cadeaux publicitaires et les subventions et dons

a- les cadeaux publicitaires


Les dépenses en cadeaux publicitaires sont déductibles à condition que leur prix
unitaire TTC ne dépasse pas 100 DH et qu’ils portent soit le nom, le sigle de la société soit la
marque de fabrique des produits qu’elle commercialise.

b- les dons et les subventions


Les entreprises ne sont pas des organisations philanthropiques ; leur objet est de
réaliser des profits et non de faire la charité. Par principe, les pures libéralités que consentent

Ahlam MORCHID 44-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
les entreprises constituent des actes anormaux de gestion et ne sauraient figurer parmi les frais
généraux déductibles. Mais par-delà cette rigueur de principe, le droit fiscal doit composer
avec la réalité, laquelle impose aux entreprises de consentir, dans leur intérêt propre, certaines
formes de dons ou de subventions et qui ne sont admis en déduction fiscale que s’elles sont
allouées à des associations ou organismes énumérés par la loi et reconnues d’utilité publique.
- Habous publics, Entraide nationale, Etablissements publics ayant pour mission de
disposer des soins de santé, ou des établissements d’enseignement ou qui exercent dans des
domaines culturelles ou de recherche
- Ligue nationale de lutte contre les maladies cardio-vasculaires
- Comité olympique marocain et les fédérations sportives
- Fondation Mohamed V
- Fondation Hassan II
Cependant ne sont acceptés qu’à la limite de 2/1000 du CA TTC du donateur, les dons
octroyés aux :
- Œuvres sociales des entreprises publiques ou privées
- Œuvres sociales des institutions qui sont autorisées par la loi à percevoir des dons.
Tous les autres dons sont refusés en déduction fiscale.
10. Les impôts et taxes

Tous les impôts et taxes se rapportant à l’exploitation (patente, taxe urbaine, vignette
des voitures de services…) sont déductibles.
Seuls les impôts frappant le résultat sont refusés en déduction fiscale (IS, IR).
La TVA est une taxe récupérable en règle générale elle ne constitue pas une charge
pour l’entreprise, lorsqu’elle est refusée en déduction, elle s’intègre au coût de
l’immobilisation ou de la charge concernée.

11. Les charges de personnel


Le salaire par toutes leurs composantes sont déductibles à condition qu’ils soient
versés en contrepartie d’un travail effectif et qu’ils ne soient pas excessifs à l’égard au service
rendu.
L’IR retenu au salarié est une composante du salaire brut, les primes, les indemnités et
les avantages alloués au personnel sont naturellement des charges déductibles.
Les charges sociales relatives aux charges du personnel sont intégralement acceptées
en déduction fiscale.
L’indemnité de licenciement est déductible dans la limite du plafond calculé d’après la
législation en vigueur, le montant de l’indemnité est également accepté en déduction lorsqu’il
est fixé par une juridiction.
La rémunération des associées au titre de leurs fonctions exercées au sein de la société
est pratiquement assimilée à un salaire. De même les tantièmes spéciaux et les jetons de

Ahlam MORCHID 45-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
présence alloués aux dirigeants des sociétés bénéficient du droit à déduction sans que leur
montant n’excède la rétribution normale des fonctions exercées.
Cependant il convient de distinguer la rémunération d’un travail effectif et la
participation aux bénéfices. Par conséquent les dividendes et les tantièmes ordinaires ne
constituent pas des charges mais une affectation du résultat et de ce fait ils ne sont pas
déductibles.
12. Autres charges d’exploitation
Les jetons de présence constituent une rémunération allouée aux membres du conseil
d’administration d’une société, ils sont normalement déductibles. Les pertes sur créances
irrécouvrables sont admises en déduction fiscale lorsque l’entreprise tente une action judicaire
contre son client ou lorsque les dites pertes résultent d’une liquidation judicaire du client.

II- Les charges financières

Les charges financières regroupent en général, les agios bancaires, les escomptes
accordés, les intérêts débiteurs dus sur emprunts reçus par la société et les pertes de change.
a- Charges financières dues à des tiers autres que les associés
Les intérêts payés sont normalement déductibles si l’emprunt :
- Figure au bilan de l’entreprise
- A été souscrit pour les besoins de l’entreprise
b- Intérêts sur avances en comptes courants d’associés
Les intérêts dus aux associés en raison des avances qu’ils ont mis à la disposition de
leur société sont déductibles sous une condition et une double limite fiscale.
 La condition de déduction est représentée par la libération intégrale du capital
social, faute de quoi tout l’intérêt dû aux associées est réintégrable.
 La double limite :
Si le capital est libéré, il faut observer dans le calcul de l’intérêt déductible deux
limites fiscales :
- Le taux d’intérêt ne doit pas dépasser le taux réglementaire décrété pour l’année en
cours.
- Le montant des avances ne doit pas dépasser le montant du capital social.
Exemple :

Dans une société anonyme d’un capital social de 500 000 DH entièrement libéré, les
associés ont effectué les avances suivantes à leur société :
- Le 01/01/N : 300 000DH
- Le 01/07/N : 300 000DH
Le taux de rémunération des avances est de 12%

Ahlam MORCHID 46-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Le taux fiscalement admis pour l’année et qui constitue la charge financière à
comptabiliser : 10%.
- 300 000 * 12% = 36 000 DH
- 300 000 * 12% * 6/12 = 18 000 DH
54 000 DH
Le capital étant libéré, il convient de déterminer l’intérêt fiscalement admis en
déduction :
- Du 01/01/N au 30/06/N : la somme des avances reste inférieure au capital (300 000
< 500 000).
Le taux servi aux associés est supérieur au taux fiscal (12% > 10,50%)
L’intérêt fiscal de cette période sera calculé ainsi :
300 000 * 10,50%* 6/12 = 15 750 DH
- Du 01/07/N au 31/12/N : la somme des avances sera calculé sur le plafond autorisé :
500 000 * 10,50% * 6/12 = 26 250 DH
Total = 42 000 DH
Donc il convient de réintégrer au résultat fiscal l’excédent des intérêts non déductibles
soit :
54 000 – 42 000 = 12 000 DH

c- Les autres charges financières


Elles peuvent prendre des appellations diverses, elles sont normalement déductibles.
On cite à titre indicatif les escomptes de règlement, les pertes de change qui résultent des
fluctuations des monnaies étrangères et les dotations aux provisions pour dépréciation des
titres de participation ou des titres et valeurs de placements ainsi que leur moins-values
enregistrées dans le compte charges nettes sur cession des titres et valeurs de placement.

III- Les charges non courantes

À titre exceptionnel les entreprises supportent des charges à caractère accidentel


a- Charges non courantes déductibles
Sauf exclusion expresse du droit à déduction et à condition qu’elles soient liées à
l’exercice de l’activité de l’entreprise, les charges non courantes sont déductibles. Il en est ainsi
par exemple des dédits sur retard d’exécution d’un marché.
Les pertes déductibles lorsqu’elles résultent d’événement ayant affecté certains éléments
d’actif doivent être rattachées à l’exercice où la perte a été effectivement subie : les pertes
résultant de l’annulation des créances insolvables sans que ne soit un abandon de créance. Les
pertes résultant du vol et de sinistres variés.
b- Charges non courantes refusées en déduction

Ahlam MORCHID 47-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Les charges qui, bien qu’elles soient supportées dans le cadre de l’exploitation ne sont pas
déductibles. Il s’agit des majorations, des amendes et pénalités de toute nature appliquées pour
infraction à des dispositions légales ou réglementaires.
Seront donc réintégrées toutes les charges relatives aux infractions du code du travail, du
code de la route, au contrôle des prix, aux dispositions fiscales et toutes les autres réglementations
à respecter par obligation.
Les provisions liées aux charges non déductibles sont également non déductibles.

Chapitre II : Quelle est l’incidence de


l’IS sur l’autofinancement ?

Avant d’examiner l’incidence de l’IS sur l’autofinancement, il nous semble intéressant


d’expliquer au préalable cette notion d’autofinancement.
L’autofinancement d’une entreprise est l’ensemble des capitaux d’origine interne qui,
au cours d’une période, est dégagé par l’activité de cette entreprise et définitivement affecté
au financement de sa croissance. L’autofinancement joue un rôle essentiel dans le
développement et l’équilibre financier des entreprises. Nombreux sont les chefs marocains qui
considèrent l’autofinancement comme la cinquième roue du carrosse. Ils ont penché pour faire
du revenu de leur entreprise un revenu personnel. Il y a confusion entre le patrimoine de
l’entreprise et celui du dirigeant. Cette confusion provient du fait que le chef détient et le
pouvoir et le capital. Mais en sus de ces contraintes internes, il existe des contraintes externes
dont le poids est important notamment celui des mesures fiscales. Pour l’entreprise
marocaine, le financement de la croissance compatible avec son objectif d’autonomie reste
nécessairement conditionné par le niveau de son autofinancement. L’IS a-t-il apporté des
dispositions afin d’encourager l’autofinancement des entreprises ? Y a-t-il un changement par
rapport à l’I.B.P ? Est-ce dans un sens de promotion ou de pénalisation ? Nous allons étudier
l’impact de l’IS sur tous les postes susceptibles de participer à l’autofinancement.

SECTION 1 : Incidence des provisions sur


l’autofinancement

En général, l’IS n’a apporté aucune nouveauté en matière de provisions qui serait
susceptible de renforcer l’autofinancement.

PARAGRAPHE 1 : Notions de provisions

Ahlam MORCHID 48-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Quand un particulier sait qu’il devra faire face à une dépense prévisible, il met de
l’argent de côté afin de pouvoir la régler au moment venu. De même, une entreprise
prévoyante se doit de mettre de côté une fraction de son bénéfice pour faire face à des charges
qu’elle sait probables. C’est à cette préoccupation que répond la constitution des provisions, à
ceci près qu’il ne s’agit pas d’une mesure facultative de prévoyance mais une stricte
obligation juridique.
Quand bien même elle ne revête pas un caractère d’avantage financier définitif
puisque la provision ordinaire ne fait qu’anticiper une charge ou une perte et qu’elle ne
constitue donc qu’un avantage de trésorerie, nous allons étudier la provision sous l’aspect de
l’autofinancement puisqu’elle peut être un moyen de financement à court et à moyen terme.
Ces provisions ont un caractère de réserves mais seulement certaines d’entre elles
seraient définitivement exonérées. Ces provisions à caractère fiscal donneraient de nouvelles
sources de financement qui sont soit temporaires, soit définitives. Ces provisions
s’apparenteraient donc à de véritables sources à long terme.

PARAGRAPHE 2 : Pour un renforcement de l’autofinancement par le biais des


provisions

1. Provision pour hausse de prix

Lorsque les cours sont en baisse, les entreprises pratiquent une provision pour dépréciation
des stocks, laquelle est une provision de droit commun ; Lorsque les cours sont en hausse,
elles pratiquent une provision pour hausse des prix, laquelle est une provision de caractère
fiscal. Il peut paraître étrange à priori de permettre à une entreprise de pratiquer une provision
sous prétexte que les marchandises qu’elle a en stock augmentent de valeur. En réalité
l’entreprise doit constamment disposer d’un stock de sécurité qu’elle finance à chaque
renouvellement en fonction des nouveaux cours et non en fonction des anciens. La provision
pour hausse des prix a pour objet de faciliter l’autofinancement du coût de
l’approvisionnement lorsqu’il est supérieur à 10% par an au cours de deux exercices
consécutifs. La provision ne doit être constituée que pour la fraction de la hausse dépassant le
seuil de 10%.

D’ailleurs, tel est le cas de la France ainsi, lorsqu’il y aurait hausse du prix supérieur à
10% pendant une période biennale c'est-à-dire ne dépassant pas 2 années successives, la
société constituerait une provision correspondant à la fraction de cette hausse excédant 10%.
Ces provisions devraient être comptabilisées et mentionnées sur le relevé des provisions et
inscrites au passif du bilan dans un compte de capitaux permanents (autofinancement).

2. Mécanisme de la provision pour hausse des prix :

Ahlam MORCHID 49-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Pratiquement, le montant maximal de la dotation serait obtenu en multipliant :
- Les quantités de chaque matière, produit au approvisionnement données existant en
stock
- Par la différence entre :
- La valeur unitaire d’inventaire de l’élément considéré,
- Et une somme égale à 110% de sa valeur unitaire d’inventaire de l’exercice
précédent (ou de l’exercice considéré si elle est inférieure).

La provision doit être rapportée aux résultats de l’exercice en cours à l’expiration


de la sixième année suivant la date de cette clôture ; si une provision est constituée
par exemple en 2009, elle devra être rapportée aux résultats de l’exercice 2014.

3. Exemple de calcul d’une provision pour hausse des prix

A- Les données

Soit un stock d’un produit donné dont l’inventaire physique fait ressortir les quantités
suivantes à la clôture de chacun des exercices :
- 2007 : 900 unités
- 2008 : 1 000 unités
- 2009 : 1 200 unités
On supposera, dans quatre hypothèses distinctes, que la valeur unitaire de ce produit à
la clôture de chacun des exercices est de :

Année Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4


2006 150 150 210 160
2007 140 140 200 150
2008 160 200 140 200
2009 200 200 160 140

B - Le calcul des provisions

a)- Hypothèse n° 1

Il faut prendre la valeur unitaire de 2007 comme point de référence puisqu’elle est
inférieure à celle de 2008 :
- provision maximale pour 2009 :

[200 – (140*1,10)] *1200 = 55 200

Ahlam MORCHID 50-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

- soustraction de la provision constituée en 2008 :

[160 – (140*1,10)]*1000 = 6 000

Provision déductible en 2009 :

55 200 – 6 000 = 49 200

b)- Hypothèse n° 2

On reprendra comme point de référence la valeur de 2007 qui est la plus faible, ce qui
donne, comme dans l’hypothèse n° 1, une provision maximale de 55 200 :
- soustraction de la provision constituée en 2008 :
[200 – (140*1,10)]*1 000 = 46 000
- provision déductible en 2009 :
55 200 – 46 000 = 9 200

c)- Hypothèse n° 3

On prendra comme point de référence la valeur unitaire de 2008 qui est la plus faible :
[160 – (140*1,10) ]*1 200 = 7 200
En 2008, aucune provision n’avait pu être constituée.

d)- Hypothèse n° 4

en 2009, du fait de la baisse des cours aussi bien par rapport à 2008 qu’à 2007, aucune
provision ne peut être constituée.
En revanche, la provision pratiquée en 2008 par rapport aux cours de 2007 n’est pas
remise en cause :
[200 – (150*1,10)]*1 000 = 35 000

C - La reprise des provisions

Les provisions constituées en 2008 devront être rapportées aux résultats comptables de
l’exercice 2013, et celles de 2009 dans les résultats comptables de l’exercice 2014.

SECTION 2 : IS, Réserves et incidence sur


l’autofinancement

Ahlam MORCHID 51-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

Les réserves sont définies par le plan comptable général comme étant «tous bénéfices
conservés à la disposition de l’entreprise et non incorporés au capital »
Les réserves représentant une part importance de l’autofinancement, leur
encouragement serait au moyen de garantir la pérennité et l’indépendance des entreprises.
Les dispositions de l’IS favorisent-elles et encouragent-elles la constitution de
réserves, indispensable au développement et à la croissance des entreprises ? Nous allons citer
quelques propositions susceptibles de promouvoir les réserves.

PROPOSITIONS SUSCEPTIBLES DE RENFORCER LES RESERVES**

PARAGRAPHE 1 : Taux d’IS discriminatoire

Nous constatons avec amertume que l’IS a instauré un seul taux, lui, qui a été pourtant
inspiré du modèle français. Pourquoi ne pas avoir instauré un taux discriminatoire en faveur
des bénéfices non distribués ? Cela aurait été une mesure d’incitation.
PARAGRAPHE 2: Technique de fond de réserves pour investissement

Cette technique a été instaurée en suède. Le fisc peut s’inspirer de cette méthode et
permettre à l’entreprise de mettre en réserve 40% de leurs bénéfices bruts annuels.
Cette proportion de bénéfice financera de futurs investissements et sera exonéré de l’IS.

SECTION 3 : IS et incidence des reports des


déficits sur l’autofinancement

La vie comptable et fiscale de l’entreprise est divisée en exercices bien déterminés.


L’entreprise dispose d’une date bien déterminée pour faire la clôture de l’exercice et d’une
date pour entamer l’exercice suivant.
Le report des déficits doit exister car un exercice comptable ou fiscal ne correspond
pas forcément au cycle de production et de vente. Et il faut recréer donc au delà des exercices,
une continuité dans la constitution du résultat.
Dans cet ordre d’idées, l’IS a prévu le report des déficits sur les résultats des quatre
exercices ultérieurs. Cette mesure de report déficitaire constitue une sorte d’enrichissement
de l’entreprise et vient donc alimenter l’autofinancement. Le report des déficits contribue
à améliorer la situation financière de l’entreprise et partant à son autofinancement. L’IS a-t-il
innové en matière de report déficitaire ? Si oui, comment ?

PARAGRAPHE 1 : Régime du report en avant

Ahlam MORCHID 52-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

Avec le report en avant, tout déficit ou partie de déficit non résorbé par les quatre
exercices est considéré comme perdu de façon irrévocable. Cela pénalise les entreprises qui
ont réalisé un effort d’investissement important (supérieur à quatre ans).
La limitation du report déficitaire est plus défavorable aux petites entreprises qu’aux
plus grandes sociétés à activité multiple. Ces dernières peuvent donc compenser les pertes
d’une activité sur les bénéfices d’une autre.
En France, pays dont nous nous inspirons sur le plan fiscal, il existe un système assez
judicieux qui pallie cette lacune à savoir le système du report en arrière des déficits. Pourquoi
ce système du « carry back » a-t-il été ignoré par les instances fiscales ? Pourquoi ne pas
instituer un système de report en arrière des déficits ?

PARAGRAPHE 2 : Régime du carry back

Le carry back c’est imputer le déficit sur les bénéfices non distribués des 3 derniers
exercices. C’est en quelque sorte un « trop payé d’IS » qui devient une créance au profit de
l’entreprise. La créance est donc un impôt payé sur les 3 derniers bénéfices d’imputation.
Le carry back permet :

1. Le renforcement des fonds propres par la créance fiscale

Elle fait disparaître un report déficitaire qui diminuerait la situation nette.


Elle constitue donc un enrichissement en contribuant au renforcement des fonds propres.

2. La créance fiscale servirait à payer l’IS pendant 4 ans


3. L’amélioration de la situation financière

Conclusion : la créance fiscale renforce les fonds propres de la société en faisant


disparaître un report déficitaire qui vient diminuer la situation nette.
Avantage du carry back :
1/ L’IS payé au titre des exercices antérieurs d’imputation est remboursable à la
société sous forme d’une créance sur l’Etat inscrite au bilan.
La créance fiscale peut :
1.1 : servir à payer l’IS au titre des exercices bénéficiaires futurs.
1.2 : peut être remboursée au bout de 4 ans ;
1.3 : la créance peut être cédée à titre de garantie à un établissement de crédit.

SECTION 4 : IS et incidence du compte courant


d’associé sur l’autofinancement

Ahlam MORCHID 53-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

Nous allons montrer au premier lieu l’incidence de l’IS en matière d’autofinancement


des comptes courant d’associés, puis nous allons préconiser quelques solutions à même de
renforcer l’autofinancement par le biais des C.C.A.

A priori, tous les chefs des entreprises connaissent que les intérêts des C.C.A sont
déductibles alors que les dividendes sont inclus dans le bénéfice imposable. Comme
[Link] (1)« les dividendes constituent un emploi du bénéfice disponible après paiement
de l’impôt sur les sociétés ; ils ne seraient donc rangés Parmi les charges déductibles ; ceci
explique l’attrait des sociétés pour le financement par obligations ou comptes courants
d’associés dont les intérêts constituent des charges financières déductibles ».

Un renforcement de l’autofinancement par le compte courant


d’associé

Sous L’I.B.P, les fonds producteurs d’intérêts déductibles avancés par les associés ou
actionnaires dirigeants de l’entreprise ne devaient dépasser la moitié du capital social. Avec
l’IS cette limite a été gravement amputée au détriment d’une politique d’autofinancement de
l’entreprise puisque les avances en C.C.A dont les intérêts sont déductibles peuvent atteindre
le montant du capital et non seulement sa moitié.
L‘IS aurai dû, préconiser le blocage des C.C.A et l’incitation à leur capitalisation. Cela
aurait été une source d’autofinancement considérable pour les entreprises.
Pourquoi ne pas accorder des avantages fiscaux aux associés qui accepteraient
d’incorporer au capital social les montants de leurs comptes courants ?
Selon Ch. COLETTE (2) « les C.C.A comme forme de financement est spécifique à la
société d’importance moyenne ».

Le problème aigu des entreprises est la faiblesse de leurs fonds propres.


Malheureusement, les dispositions de l’IS ont une incidence négative sur l’autofinancement
des entreprises. Ce dernier est pénalisé. En passant en revue les différentes composantes de
l’autofinancement, nous avons constaté que l’IS a certes amené quelques innovations mais qui
sont maigres et dérisoires. Or, en parlant de croissance, CONSO affirme (3) « l’aménagement
de la fiscalité en vue d’accroître la capacité d’autofinancement demeure sans doute la voie la
plus sure ».

1
[Link] : Précis de fiscalité des entreprises
2
Christine collette
3
CONSO : la gestion financière de l’entreprise tome 2, 7éme Ed 1985

Ahlam MORCHID 54-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Et [Link] (1) estime que « les emprunts ne procurent pas aux entreprises un
financement aussi durable ni toujours aussi sûr que les apports en capital ».

Chapitre III : L’IS aurait-il une incidence


sur le choix de moyens de
financement ?

Les entreprises bénéficient en s’endettant de l’encouragement indirect de


l’endettement par le système fiscal qui permet à l’entreprise la déduction des charges
financières et la réalisation, en conséquence d’une économie d’impôt sur les bénéfices.
Actuellement, la situation de sous-capitalisation des entreprises marocaines est
préoccupante au regard de la compétitivité internationale. C’est pourquoi, les pouvoirs publics
ont mis en place des incitations fiscales au renforcement des fonds propres des entreprises.
Toutefois, ces mesures sont insuffisantes.
Le financement d’origine interne repose essentiellement sur l’autofinancement généré
par l’activité d’exploitation. Les financements externes sont généralement de quatre natures :
les apports en capital, l’emprunt sous toutes ses formes, les titres convertibles et le crédit-bail.

Section 1 : Le choix entre le financement par


fonds propres et le financement par emprunt

I. Le financement par fonds propres

 Modalités de financement par fonds propres

1. Apport de capital en numéraire

Le recours à l’augmentation de capital en numéraire, au cours de la vie de la société,

est taxé de la même façon que les apports initiaux. Cependant, pour que l’augmentation de

capital en numéraire procure de l’argent frais, la société devra envisager de consacrer une

proportion suffisante de ses bénéfices pour assurer la rémunération de ces apports sous forme

de dividendes.

1
LAURE

Ahlam MORCHID 55-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
2. Capitalisation de réserves

Une augmentation de capital par incorporation de réserves n’apporte aucun moyen de


financement nouveau à la société, mais elle stabilise les fonds mis en réserve en interdisant
leur distribution. En créant des actions gratuites, la société augmente la part de capital de
chaque actionnaire et les prédispose à investir de nouveau dans la société, et elle sous-entend
qu’elle est apte à rémunérer le nouveau capital.
En général, les incorporations de réserves sont acceptées favorablement par les
actionnaires. Ceci facilite les augmentations ultérieures de capital en numéraire.

II. Le financement par emprunt

Les capitaux empruntés créent pour la société emprunteuse des charges financières
déductibles fiscalement.
En fait, dans ce type de financement, on rencontre des emprunts réalisés auprès de
certains actionnaires ou dirigeants d’une part, des emprunts réalisés auprès d’entités
indépendantes d’autre part.

 Modalités de financement par emprunt

1. Emprunts contractés auprès des associés

Il s’agit des sommes mises à la disposition de la société par les associés en comptes
courants et rémunérées par des intérêts. Juridiquement, ce sont des dettes à court terme vis-à-
vis des associés, inscrits dans les comptes de tiers au bilan et non dans les dettes financières.
Les avantages de ce mode de financement doivent être soulignés par rapport à
l’augmentation de capital :
− Pas de droits d’enregistrement et de partage de pouvoir entre les
associés, car les avances constituent des dettes ;
− Les intérêts sur comptes courants sont déductibles.

2. Emprunts contractés auprès des tiers

Le coût associé à l’emprunt est généralement plus faible (en taux et en frais
d’émission), puisqu’il s’agit en général de titres sans risque ; il lui est associé un avantage
fiscal, puisque les intérêts sur emprunts sont déductibles du bénéfice imposable, etc.

Section 2 : Le choix du financement par crédit-


bail

Ahlam MORCHID 56-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Cette opération a pour effet, pour l’entreprise locataire, de transformer les intérêts en
loyers, ce qui présente un certain nombre d’avantages par rapport à l’achat de crédit.
Son avantage est la déduction parfois plus importante des loyers comparés aux intérêts
augmentés des amortissements qui pourraient être déduits dans le cadre d’un achat à crédit.
Toutefois, ce mode de financement coûte plus cher et peut donc nuire à la rentabilité de
l’entreprise.

 Modalités de financement par crédit-bail

1. Situation de l’entreprise utilisatrice pendant la durée de location

L’entreprise utilisatrice peut inclure dans ses charges déductibles, les redevances
versées à la société de crédit-bail, ce qui procure une économie d’impôt.
En matière de crédit-bail mobilier, les redevances sont passibles de la TVA. Celle-ci
est récupérable sauf si le bien loué fait partie des biens « exclus » du droit de déduction.

2. Situation de l’entreprise utilisatrice lors de l’achat du bien

L’achat de l’immeuble auprès de la société de leasing entraîne, en principe,


l’exigibilité des droits d’enregistrement.

3. Les cessions de contrats de crédit-bail

Si l’entreprise cède, avec l’accord du crédit bailleur, à un tiers le contrat dont elle est
titulaire, le prix obtenu est considéré comme une plus-value imposable à l’IS au taux normal.
Pour le nouveau titulaire du contrat, sa situation fiscale sera quasiment analogue à
celle du premier : c'est-à-dire la possibilité pour lui de déduire les redevances payées et la
possibilité de lever l’option d’achat à l’échéance du contrat de crédit-bail.

Comme l’entreprise déduit la charge de la dette de son revenu imposable, alors que la
rémunération des actions ou des parts s’effectue après paiement de l’impôt, elle peut être
incitée à préférer l’emprunt plutôt que d’avoir recours aux capitaux propres »1
Pour Harold BIERMAN : « Une raison importante jouant en faveur de l’endettement
est que son coût est fixe, ce qui offre la possibilité de gains importants pour les actionnaires si
les investissements rapportent les profits prévus. Ce jeu sur la différence est une motivation à
s’endetter. L’endettement augmente la rentabilité des capitaux propres ».
Ainsi, l’IS n’est pas sans avoir un impact sur le financement des entreprises. Il y a
traitement discriminatoire des rémunérations des modes de financement. Les charges

1
BOB et LLAU ‘’Fiscalité et choix économique’’
CALMEN – LEVY 1978

Ahlam MORCHID 57-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
financières sont déductibles du bénéfice imposable les dividendes ne le sont pas. Donc, l’IS
est en faveur de l’endettement.
Comme l’affirme [Link] « …..L’entreprise déduit la charge de la dette de son
revenu imposable alors que la rémunération des actions s’effectue après paiement de l’impôt :
elle peut donc être incitée à préférer emprunter plutôt que d’avoir recours aux capitaux ».

Chapitre IV : Quel est l’incidence de l’IS


sur la trésorerie ?
L’IS constitue une diminution de la liquidité de l’entreprise, puisque qui dit
paiement de l’IS dit sortie de disponibilité pour l’entreprise. Or, nous savons pertinemment
que l’équilibre du budget de trésorerie a une grande influence sur les décisions de gestion. La
trésorerie est d’un enjeu considérable.
Dans le cas éventuel d’une forte augmentation d’impôts rapidement recouvrables, la
trésorerie des entreprises est donc à l’étiage et est en but à d’énormes difficultés.
Quant à la cotisation minimale, elle grève lourdement la trésorerie des entreprises
avant son imputation. Et elle pénalise gravement les entreprises qui connaissent un exercice
déficitaire.
Par ailleurs, les différents changements de taux de l’IS (de l’IBP à l’IS, puis des taux
de l’IS eux-mêmes) ont une certaine incidence sur la trésorerie des entreprises.

SECTION 1 : Notion, importance et enjeu de la


trésorerie

Pour MEUNIER, de BAROLET et BOULMER (1) « la trésorerie nette d’une


entreprise » à une date déterminée est la différence à cette date entre les ressources mises en
œuvre pour financer son activité et les besoins entrainés par cette activité ».
Il faut souligner que la trésorerie varie et il est plus judicieux de parler de la trésorerie
nette à une datte donnée. La trésorerie nette a donc un caractère instable tant il est vrai qu’elle
fluctue de façon constante en fonction des mouvements de recettes et de dépenses.
Pour KNIEPPE (2) « la trésorerie nette apparait donc comme la soupape de sécurité
qui permit à l’entreprise d’équilibrer ses ressources et ses besoins grâce à un apport ou à un
transfert de fonds avec l’extérieur (la banque) ».

1
[Link],F. de BAROLET et [Link] : La trésorerie de l’entreprise
2
[Link] : Gestion de la trésorerie de l’entreprise

Ahlam MORCHID 58-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Pour la définition précitée, MEUNIER, DE BAROLET et BOULMER, ont préconisé
les concepts de besoins et de ressources et non ceux de recettes et dépenses.
« En fait, il faudrait substituer aux termes de recettes et de dépenses ceux
d’encaissement et de décaissements ou de paiement car se sont les mouvements de fonds eux-
mêmes et non leurs faits générateurs qui influent sur la trésorerie ».
Pour MEUNIER, de BAROLLET et BOULMER, les dettes fiscales et parafiscales
constituent pour l’entreprise des ressources car l’entreprise ne paie jamais les dites dettes
rigoureusement comptant.
La trésorerie étant la convergence des conséquences financières des activités de
gestion de toutes natures, il est fondamental pour l’entreprise que sa trésorerie ne soit pas
perturbée. L’impôt sur les sociétés par l’institution du système d’acomptes provisionnels
(paiement de l’impôt avant qu’il ne soit réalisé), de la cotisation minimale et les baisses des
taux qu’il a connu a-t-il une incidence positive ou négative sur la trésorerie des entreprises ?
Il faut dire que la période transitoire des acomptes provisionnels gêne énormément la
trésorerie des entreprises. Il y a en général un accroissement de la charge fiscale des
entreprises.
Or, le poids du prélèvement fiscal sera plus ou moins fortement ressenti selon que
l’entreprise pourra ou non obtenir du crédit à court terme supplémentaire. Les grandes
entreprises ayant facilités beaucoup plus larges pour obtenir avec célérité des crédits à court
terme et qu’elles ont en sus, des possibilités d’escompte ; avantages dont les petites
entreprises sont lésées et de beaucoup.

SECTION 2 : Incidence du système des acomptes


provisionnels sur la trésorerie

Le système d’acomptes provisionnels, est en principe, bon pour la trésorerie des


entreprises surtout les P.M.I.
Un impôt qui est payé en plusieurs fois est meilleur, sur le plan trésorerie, qu’un impôt
réglé en une seule fois.
Mais ce système est-il toujours favorable à l’entreprise ? Et qu’en est-il de la phase
transitoire ? Constitue-t-elle une gêne pour la trésorerie ou non ?

PARGRAPHE 1 : Incidence de la phase transitoire sur la trésorerie

L’entreprise paie l’IS de 2010 sous des acomptes au cours de la même année comme
suit :
-A1= ¼ de L’IS de 2009 : payé le 31/ 03/2010
-A2 = ¼ de L’IS de 2009 : payé le 31/06/2010
-A3= ¼ de L’IS de 2009 : payé le 31/09/2010

Ahlam MORCHID 59-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
-A4 =¼ de L’IS de 2009 : payé le 31/12/2010

Chacun des acomptes représente 25% du montant de l’IS calculé sur le bénéfice
afférent à l’exercice référence c’est-à-dire l’exercice 2009.
Le paiement de l’IS nécessite une sortie de trésorerie pour l’entreprise. Si l’IS est
acquitté en une seule fois comme auparavant, il entraine une perturbation très grande sur la
trésorerie de l’entreprise.
Ainsi, apparemment, si l’IS est payé en un nombre réduit de fois et si son montant est élevé
cela entraine des perturbations non négligeables sur la trésorerie de l’entreprise. Afin de
vérifier le bien- fondé ou non de ces affirmations générales, prenons des exemples concrets :
Prenons par exemples une entreprise qui a réalisé à l’année N-1(année de référence pour le
calcul de l’IS) un bénéfice de 900 000 DH.

Donc, le calcul des acomptes de l’IS pour l’exercice N, se fera sur la base de 900 000
DH.
Montant de l’IS : 900 000 * 30% = 270 000 DH.
Soit :
1er acompte A1 au 31/03/N : 270 000 * 25% = 67 500 DH
2 éme acompte A2 au 30/06/N : 270 000*25%= 67 500 DH
3éme acompte A3 au 30/09/N : 270 000*25%= 67 500 DH
4ème acompte A4 au 31/12/N : 270 000 * 25% = 67 500 DH
Si, en fait, le bénéfice qu’elle réalise au titre de l’exercice N n’est que de 500 000 DH.

L’IS sera = 500 000* 30% = 150 000 DH

L’entreprise aura donc payé à peu près la moitie de l’IS qu’elle doit véritablement,
juste 3 mois après le début de l’exercice N.

67 500 = 45%
150 000
Avec le système des acomptes provisionnels, elle a payé à peu près la moitie dès la fin du
3éme mois de l’exercice N et environ l’impôt en intégralité (67 500 + 67 500) = 135 000 DH
dès la fin du 6ème mois de l’exercice N.

135 000 = 90%


150 000
Plus grave encore, elle aura réglé 35% de plus que l’impôt exigible dès la fin du
9éme mois de l’exercice N :
67 500 + 67 500 + 67 500 = 202 500 = 3 acomptes

Ahlam MORCHID 60-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
202 500 – 150 000 = 35%
150 000

Ou 202 500 = 135% soit 35% de plus


150 000

Si nous poussons le même raisonnement jusqu’à la fin du 12éme mois, nous


constatons que l’entreprise aura réglé 80% de plus de ce qu’elle doit :

270 000 = + 180%


150 000

Ou 270 000 – 150 000 = 80% soit 80% de plus


150 000

Donc, sa trésorerie se trouve amputée d’une forte somme 150 000 – 270 000 = 120 000
DH. C’est une avance offerte gracieusement au trésor. Pour les petites entreprises, payer 80%
de plus qu’elles ne doivent, est une hérésie cela lèse de façon très grave la trésorerie de
l’entreprise lorsque nous savons que les entités que sont les petites moyens entreprises ont
pour principale difficulté : une trésorerie serrée.

En payant 120 000 DH de plus qu’elle ne doit ou 80%, l’entreprise est fortement pénalisée
sur le plan trésorerie puisqu’elle aurait utilisé la dite somme à bon escient au lieu de l’avancer
gratuitement au fisc.
Ainsi, nous avons remarqués que si l’entreprise connait une phase de ralentissement et
réalise un bénéfice inférieur à celui de l’année de référence, le système des acomptes pénalise
sa trésorerie.

Conclusion :
Quand le résultat est décroissant ou négatif, le paiement des acomptes calculés
sur des bases élevées gène la trésorerie de l’entreprise. Contrairement à l’exemple évoqué ci-
dessus, supposons qu’une entreprise a réalisé, à l’exercice N-1, un bénéfice de 500 000 DH et
qu’en exercice N, son bénéfice s’est avère de 900 000 DH.
Nous procéderons au calcul des acomptes sur la base du résultat de l’exercice de
référence soit : 500 000 DH
IS = 500 000 * 30% = 150 000 DH
L’entreprise paie quatre acomptes de 150 000 * 25% = 37 500 DH
Or, normalement l’IS qu’elle doit payer est de : 900 000 * 30% = 270 000 DH
Et partant, nous remarquons :

Ahlam MORCHID 61-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
- Fin 3ème mois de l’exercice N, l’entreprise n’a réglé que :

37 500 = 13,88% de l’IS réellement du


270 000
- Fin 6ème mois de l’exercice N, l’entreprise n’a réglé que :
75 000 = 27,77% de l’IS réellement du
270 000

- Fin 9ème mois de l’exercice N, l’entreprise n’a réglé que 41,66% de l’IS réellement
du
- Fin 12ème mois de l’exercice N, l’entreprise n’a réglé que 55,55% de l’IS réellement
du.
L’entreprise aura donc gardé 44,55% de l’IS pendant 15 mois puisque la date
de régularisation (liquidation définitive est 31/03/N).

100% - 55,55% = 44,55%

Le système des acomptes favorise cette entreprise dans la mesure où elle garde
dans sa trésorerie 44,55%( soit à peu près la moitié de l’IS) pendant 15 mois. L’autre
moitié d’IS a été réglée en 4 fois constitue une facilité pour l’entreprise car, dans ce
contexte de croissance, il est préférable pour l’entreprise de payer la moitié de l’IS en 4
fois et ne pas payer l’autre moitie qu’après : 15 mois après.
Nous remarquons donc que lorsque l’entreprise connait une croissance et réalisé un
bénéfice supérieur à celui de l’année de référence, le paiement de l’IS par 4 acomptes
provisionnels est à son avantage.

Conclusion :
Dans un contexte ou perspective de croissance, le système des acomptes
favorise l’entreprise car les acomptes sont calculés sur impôt inférieur à celui de l’année.
Le paiement de l’IS nécessite une sortie de trésorerie pour les entreprises.
Cette sortie de fonds a un impact beaucoup plus grave si l’impôt est réalisé en un
nombre réduit de fois. Donc, le système d’acomptes est en principe un système bon pour
la trésorerie des entreprises.
Mais comme vu précédemment, le système des acomptes favorise l’entreprise si
elle connait une phase de croissance tandis qu’il la pénalise en période de rupture de
tendance.
SECTION 3 : Cotisation minimale et son incidence
sur la trésorerie de l’entreprise

Ahlam MORCHID 62-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Nous essaierons de voir l’incidence de la cotisation minimale sur la trésorerie des
entreprises. Nous tenterons d’étudier l’incidence (positive ?, négative ?) sur les entreprises à
travers les différentes étapes et changements qu’a connus cette cotisation.
Nous allons voir cette incidence suivant l’évolution et les changements qui ont affecté
cette cotisation après de nouvelles dispositions fiscales.

A) Incidence de la C.M avant institution des acomptes provisionnels

La cotisation minimale présente une lourde charge fiscale et grève énormément la


trésorerie des petites entreprises ; comparativement aux grandes entreprises réalisant
d’importants chiffre d’affaires.
La cotisation minimale étant une participation forcée de l’entreprise en cas de déficit,
puisqu’elle reste acquise au trésor, ses taux et son plafond ne sont qu’injustes et défavorisent
les petites entreprises.
De surcroit, la cotisation minimale étant réglée le mois suivant la clôture de l’exercice,
il en découle que pour les sociétés dont l’exercice est en fonction de l’année civile, le
paiement de la cotisation minimale correspond au 30 janvier.
Or, ce premier versement au titre de l’IS qu’est la cotisation minimale coïncide avec
de nombreuses échéances, entre autres, la TVA, l’impôt global sur le revenu qui est plus du
double des mois habituels en raison des gratifications de fin d’année, de l’augmentation
corrélative des cotisations à la CNSS, à la CIMR, à l’assurance accident de travail et à la
mutuelle.
Toutes ces échéances tombant fin janvier pénalisent gravement la trésorerie des
entreprises.

B) Après institution des acomptes provisionnels

La cotisation minimale, après institution du système des acomptes provisionnels, n’est


plus payable le 1er mois qui suit la clôture de l’exercice comptable.
En effet, depuis l’adoption de la loi de finance rectificative de l’année 1990 n° 044-90, les
entreprises assujetties à l’IS ne paient plus la cotisation minimale un mois après la clôture de
l’exercice pour les exercices ouverts à partir du 1er janvier 1990.
Mais il faut bien préciser que l’institution des acomptes provisionnels ne remet pas en
cause le principe de la cotisation minimale.
La cotisation minimale est de ce fait, payée lors de la liquidation de l’IS si le montant
de la cotisation minimale s’avère supérieur au montant de l’IS.

• Incidence des nouveaux taux d’imposition sur la trésorerie

Ahlam MORCHID 63-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Toute diminution de l’impôt entraine une économie d’impôt qui aura une incidence
positive directe sur la trésorerie des entreprises.
Lorsque fut supprimé l’I.B.P et fut institué l’IS à 45%, il en a résulté :
- Une augmentation de la ponction fiscale pour les entreprises réalisant des bénéfices
de 50 000 à 200 000 DH.
Le passage d’un taux d’imposition à un autre plus faible qui survient après un exercice
connaissant une perte a un impact défavorable sur l’entreprise. La baisse du taux de l’IS
atténue l’économie d’impôt résultant du report de la perte d’un exercice à un autre.
Cet effet est annihilé dès que l’entreprise connait de façon durable une situation
bénéficiaire.
La CM a donc un impact négatif pour les sociétés accusant des résultats déficitaires
puisqu’elle ne peut être remboursée. Elle impute donc définitivement la trésorerie des
entreprises.
De manière générale, et à la lumière des développements vus plus haut, nous remarquons
que la baisse du taux de l’IS pénalise sensiblement les entreprises connaissent des déficits
alors qu’elle favorise l’entreprise en situation de bénéfice.

Le système des acomptes provisionnels a gravement lésé la trésorerie des entreprises.


Il en est de même pour la CM en cas de réel déficit, pis, le renchérissement infernal du coût
du crédit ne fait qu’aggraver la dite trésorerie .

Chapitre V : L’IS aurait-il une incidence


sur le choix de la forme juridique de
l’entreprise ?

« Toutes les dispositions fiscales qui permettent de taxer différemment des revenus
économiques identiques aboutissent à une influence de la fiscalité sur le choix de la structure
juridique de l’entreprise » J. WIZNER
Fiscalement, le choix de la forme d’entreprise revient à choisir entre deux types
d’impôts sur le revenu : l’IR et l’IS. Cette différence du régime d’imposition du revenu est-
elle un facteur de distorsion ?
Les dispositions fiscales de l’IS sont-elles avantageuses ou désavantageuses par
rapport à l’IR ? Il est certain que le traitement fiscal du résultat étant différent selon la forme
de l’entreprise c'est-à-dire selon son mode d’imposition IR ou IS,cette différence n’est pas
sans avoir un impact sur le choix de la forme de l’entreprise.
Il est certain que l’entreprise peut prendre théoriquement n’importe quelle forme
juridique : Entreprise individuelle, SNC, SARL, SA, société en commandite simple. Celle-ci

Ahlam MORCHID 64-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
correspondrait, en pratique, à des formes adaptées selon l’évolution de l’entreprise, selon les
étapes par lesquelles elle passe indéniablement. L’entreprise peut échoir en un SARL.
Tout entrepreneur quand il désire créer son entreprise se pose pour lui le problème du
choix de la forme juridique de l’entreprise. Bien sûr, il y a le coût fiscal de création des
différentes entreprises qui joue un rôle important (et qui dépasse le cadre de cette étude).
Néanmoins, l’IS par le biais de traitement fiscal du résultat va jouer un rôle quant au choix de
la forme de l’entreprise.

Section 1 : différence de taux IR/IS :

Rappelons que l’IS est un impôt à taux proportionnel tandis que l’IR est un impôt
progressif.
L’imposition sera différente et donc le traitement fiscal du résultat ne sera pas
identique selon que nous soyons en présence d’une part d’une entreprise individuelle ou d’une
société de personnes relevant de l’IR et d’autre part d’une société de capitaux relevant de
l’IS.
Alors que le taux de l’IS est proportionnel et unique quel que soit le résultat, l’IR est
un impôt progressif augmentant selon des tranches bien déterminées.
Apparemment, l’IR avec son taux le plus haut 38 % seraient moins avantageux par
rapport au taux de 30 % de l’IS.
Mais une analyse plus poussée de la question pourrait infirmer cette supposition.
Pour l’exploitant individuel ou les associés de sociétés de personnes, il faut raisonner
en terme d’ensemble de revenu pour chacun d’eux. En effet, l’entreprise individuelle ou la
société de personnes ne sont pas taxées en leur nom. Il faut prendre en considération la quote-
part de chaque associé du bénéfice imposable en l’augmentant de l’ensemble de ses revenus
(rémunération…). Donc, nous nous mettons d’accord sur ce point pour la suite de notre
raisonnement.
Par bénéfice imposable (BI), nous entendons donc : ensemble de revenus.

1- Cas d’une société assujetties à l’IS :

Si BI société = 60 000 (IS =30 %) l’IS serait de 18 000 DH.

2- Cas de société de personnes assujetties à l’IR :

Deux associés ayant 50 % chacun du capital et chacun un BI de 60 000.


IR = (60 000× 30 %) – 14 000 = 4 000 DH.
Ainsi, si chacun (exploitant, associé de société de personnes) a un ensemble de revenu
assujetti à l’IR, la taxation à l’IR est avantageuse dans ce cas.
En revanche, à partir d’un certain seuil, l’option pour l’IS devient préférable.

Ahlam MORCHID 65-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

TABLEAU COMPARATIF : Poids fiscal réel IR/IS

IR IS
Charge Charge
BI en Montant Montant relative : Montant relative :
Taux Taux
DH à déduire IR Poids fiscal IS Poids
réel fiscal réel
+30 000 10% 3 000 2 700 9% 30% 9 000 30%
+50 000 20% 8 000 84 00 16.8% 30% 15 000 30%
+60 000 30% 14 000 13 800 23% 30% 18 000 30%
+80 000 34% 17 200 21 352 26.69% 30% 24 000 30%
+180 000 38% 24 400 59 128 32.84% 30% 54 000 30%

Ce tableau met en évidence qu’il est plus judicieux de raisonner selon la charge
d’imposition relative moyenne comparée.
En effet, nous constatons que quand bien même le BI de 80 000 figure dans la 4ème
tranche de l’IR et est taxé à 34 % dans l’absolu, en réalité, sa charge relative d’imposition
n’est que de 26.69 % tandis qu’elle est de 30 % si le BI était assujetti à l’IS.

Ainsi, si chacun (exploitant,associé de société de personne) a un ensemble de revenu


assujetti à l’IR avec une charge relative moyenne inférieure à 30% , la taxation à
l’IR est avantageuse dans ce cas.

En revanche, à partir d’un certain seuil, l’option pour l’IS devient préférable.

Exemple :

Un BI de 180 000 DH sera taxé sous l’IR à 38 % et sa charge d’imposition relative est
donc plus élevée par rapport à celle de l’IS :
IR = 59 128 charge moyenne relative = 32.84 %
IS = 54 000 charge fiscale = 30 %

En conséquence, si au contraire, chacun a un ensemble de revenu taxé à l’IR avec une


charge relative supérieure à 30 %, la taxation à l’IS serait préférable.

Donc, il serait aberrant de raisonner en terme de taux le plus haut atteint mais en
terme de charge relative moyenne d’imposition.

Ahlam MORCHID 66-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Section 2 : Régime fiscal des rémunérations,
réserves et ses incidents quant au choix de la
forme juridique

Pour les associés de société de personne qui a optée pour l’IR, les associés acquittent
eux-mêmes directement l’IR à concurrence de leur participation dans les bénéfices, que ces
bénéfices soient distribués ou qu’ils soient mis en réserves et l’IR affecte aussi bien les
bénéfices de la société que la rémunération de l’activité déployée par la direction. C’est
pourquoi nous allons voir donc :
PARAG I : traitement fiscal des rémunérations des dirigeants
PARAG II : traitement fiscal des réserves
PARAG III : exemple de synthèse

PARAGRAPHE 1 : Traitement fiscal des rémunérations des dirigeants


Dans les entreprises non soumises à l’IS (entreprises individuelles,sociétés de
personnes) ; l’impôt touche le revenu du capital ou bénéfices de l’exploitation mais également
la rémunération de l’activité du chef de l’entreprise.
Dans ces entreprises, l’entrepreneur ne peut être salarié de son entreprise et ses
rémunérations ne sont pas déductibles du bénéfice imposable.
La rémunération des chefs d’entreprises individuelles ou les associés de sociétés de
personnes constitue une quote-part du bénéfice et n’est pas assimilée à un salaire fiscal.
Par contre, pour les entreprises assujetties à l’IS, les rémunérations des dirigeants sont
des charges déductibles (bien sûr, ces rémunérations ne doivent pas être exagérées).
Les dirigeants qui sont salariés (c’est-à-dire dont les sociétés sont passibles à l’IS)
bénéficient de la déduction forfaitaire de 20 % pour frais professionnels (avec un plafond de
30 000 DH annuel) et de l’abattement qui dépend de l’importance du salaire.
Or, le dirigeant d’une société de personne est assujetti à l’IR au taux plein sans
déduction.

Entreprise soumise à l’IR Entreprise soumise à l’IS


Le dirigeant ne peut être salarié Le dirigeant est salarié
Bénéfice : 300 000 Bénéfice : 300 000
Il comprend la rémunération d’un dirigeant de La rémunération de 100 000 DH est
100 000 DH déductible.
L’IR sera dû sur le montant intégral de 300 000 Bénéfice imposable à l’IS = 200 000
L’IS sera dû sur la somme 200 000

Essayant de résumer ce qui a été avancé par le tableau suivant :

Ahlam MORCHID 67-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

IS IR
Le dirigeant peut bénéficier du statut L’entrepreneur ou l’associé de
fiscal de salarié en concluant un contrat de sociétés de personnes ne peut avoir le statut
travail avec la société. de salarié. Les rémunérations en tant que
La société a la capacité juridique dirigeant ne sont pas déductibles.
d’embaucher. Ses rémunérations sont L’entreprise ou gérant ne peut se
déductibles du BI. verser de salaires en raison de l’inexistence
Dans la SA, SARL et sociétés ayant du lien de subordination entre lui et
opté pour l’IS, l’employeur c’est la société. l’employeur car ils sont une seule et même
personne.

Mais,
Le dirigeant va payer l’impôt l’IS Problème de double imposition ne se
parce que la société est sujet de droit. pose pas.
Et
l’IR parce que lui, en tant que
personne physique est également sujet de
droit.
Ce phénomène est atténué néanmoins
par l’abattement de 85 %.(à voir)

Donc, pour entreprises assujetties à l’IS, les rémunérations des dirigeants sont
déductibles. Et nous estimons que le traitement fiscal des rémunérations des dirigeants est un
critère important au choix de la forme juridique de l’entreprise.

PARAGRAPHE 2 : Traitement fiscal des réserves

L’impôt sur les sociétés n’est pas dû sur les sommes laissées en réserve de la société
contrairement aux sociétés de personnes.
Dans les sociétés de personnes, la responsabilité illimitée des associés empêche la
séparation du patrimoine de l’entreprise de celui des intéressés.
Le bénéfice réalisé est immédiatement imposable au nom des associés même s’il n’y a
pas de distributions. La taxation du revenu intégral de l’entreprise à l’IR rend impossible la
constitution de réserves. Il y a donc imposition de la totalité des bénéfices réalisés même s’ils
serviront à l’autofinancement de l’entreprise.
Dans l’entreprise individuelle, la notion de distribution n’existe pas. Tout bénéfice
réalisé est supposé approprié. Donc, quel que soit l’emploi des bénéfices réalisés, ils sont
soumis à l’impôt progressif qu’est l’IR.

Ahlam MORCHID 68-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Absence de séparation entre le patrimoine de l’entreprise et le patrimoine individuel
donne à l’investissement un caractère aléatoire. L’imposition intégrale du revenu de
l’entreprise à l’IR implique l’impossibilité de constituer des réserves.
Que le bénéfice d’un entrepreneur ou d’un associé de société de personne serve à son
usage personnel ou soit mis en réserve pour être réinvesti dans son entreprise, il est soumis au
même régime fiscal.

PRAGRAPHE 3 : Exemple se synthèse

1er Cas de figure : Entreprise individuelle

Mr KTIRI a son entreprise individuelle. Il la dirige et s’octroie une rémunération de


120 000 DH annuellement. L’activité de l’entreprise dégage en outre un bénéfice de 350 000
DH.
L’entreprise KTIRI emploie le technicien Mr HAMDI qui reçoit une rémunération
annuelle s’élevant à 120 000 DH.
La rémunération de 120 000 DH que s’octroie Mr KTIRI n’est pas une charge déductible. Elle
fait partie intégrante de son bénéfice qui se compose donc de :
Rémunération KTIRI = 120 000 DH
Surplus bénéfice = 350 000 DH
= 470 000 DH
Mais le salaire de Mr HAMDI est déductible, nous aurons donc :
Résultat Imposable (RI) = 470 000 DH
-120 000 DH
= 350 000 DH
Ce RI de 350 000 sera assujetti à l’IR :
(350 000 × 38 %) – 24 400 = 108 600 DH d’impôt à payer.

2e Cas de figure : SNC

Mr KTIRI constitue le 1er Janvier 2009 une société en nom collectif (à parts égales)
avec le technicien HAMDI.
Leur rémunération est de 120 000 DH chacun. Le surplus de bénéfice est toujours
350 000 DH.
Dans la SNC, chaque associé sera imposé selon sa quote-part du BI.
La rémunération de Mr KTIRI et HAMDI dirigeants de la SNC ne sera pas déductible.
Elle représente un élément du bénéfice imposable.

Ahlam MORCHID 69-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?

Rémunération : = 120 000 DH Rémunération = 120 000 DH


Surplus bénéfice = 175 000 DH Surplus bénéfice = 175 000 DH
(350 000/2)
BI = 295 000 DH BI = 295 000 DH

IR = (295 000 × 38 %) – 24 400 = 87 700 DH


Les associés KTIRI et HAMDI sont considérés comme ayant la disposition des
sommes mises en réserve. Les associés des sociétés de personnes (n’ayant pas opté pour l’IS)
sont imposés sur la totalité des rémunérations prélevées par eux et des bénéfices distribués ou
non.

3e Cas de figure : SARL

Mr KTIRI et HAMDI décident de constituer une SARL à parts égales le 1er Janvier
2009. Leur rémunération annuelle est toujours égale à 120 000 pour chacun et le surplus des
bénéfices atteint toujours 350 000 DH.
Selon les règles fiscales, la SARL est assujettie à l’IS.
2 points importants :
 Le bénéfice réalisé est imposé à l’IS au nom de la SARL.
 Les rémunérations des dirigeants sont déductibles.

Bénéfice réalisé = 350 000 DH


Rémunération KTIRI = -120 000 DH
Rémunération HAMDI = -120 000 DH
= 110 000 DH

La SARL paie IS :

IS = 110 000 × 30 % = 33 000 DH.


Bénéfice net après impôt :
110 000 – 33 000 = 77 000 DH.
Quand le bénéfice disponible après impôt est mis en réserve, les associés ne sont pas
imposables à la concurrence de leur quote-part dans les réserves.

Le choix de la forme juridique de l’entreprise, sur le plan fiscal, revient au choix de 2


types d’impôts : l’IR et l’IS et ce choix a de l’importance.
La différenciation quant à la matière imposable illustre l’incidence que peut exercer la
législation fiscale sur le choix de la forme juridique de l’entreprise.

Ahlam MORCHID 70-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
En France, le rapport SUDREAU 1 affirme « L’on ne saurait ignorer les raisons qui
incitent les entrepreneurs à préférer le statut société anonyme même lorsque ce choix se
traduit par des complications supplémentaires allant jusqu’à l’accomplissement fictif des
formalités de réunion d’assemblée générale ou de conseils d’administrations. La préférence
pour le statut de SA provient en fait d’avantages qu’en tire le chef d’entreprise sur le plan
fiscal et social ».

Chapitre VI : L’IS aurait-il une


incidence sur la décision
d’investissement ?

Section 1 : Choix entre l’acquisition et la location


des biens d’investissement

Pour avoir des biens d’exploitation, l’entreprise a le choix entre l’acquisition ou la


location. Ces deux situations ont des conséquences juridiques différentes.
L’acquisition suppose d’abord que l’entreprise établisse un plan de financement dont
le coût fiscal varie selon que l’on fait appel à un financement propre ou externe.
Ensuite, l’acquisition d’un bien rend le droit de mutation, notamment dans le cas
d’acquisition d’un immeuble.
Ainsi, si l’entreprise est propriétaire de l’immobilisation, celle-ci figurera à son bilan.
Ceci permet d’informer les tiers sur la composition du « capital d’exploitation » dont dispose
l’entreprise.
De plus, celle-ci va pratiquer des amortissements comptables qui viennent en
déduction du résultat comptable. Les frais d’entretien seront également déductibles.
Par ailleurs, il existe une autre solution qui consiste à acquérir ledit bien par crédit-bail
en vertu duquel la société utilise les biens d’équipement loués pendant une certaine durée,
puis a la possibilité de les acquérir en fin de contrat moyennant une valeur résiduelle fixée au
début.
La technique du leasing a l’avantage de la souplesse, mais constitue un moyen de
financement onéreux malgré la déduction fiscale. Elle est intéressante dans la mesure où
l’entreprise dispose d’une trésorerie excédentaire. De plus, elle permet de différer dans le
temps, le paiement de l’impôt à travers la déduction des redevances sur une durée inférieure à
la durée d’amortissement.
1
Rapport SUDREAU sur ‘’la réforme de l’entreprise’’
La documentation Française 1975 cités par ARMEL LIGER p.67

Ahlam MORCHID 71-72 Nadia RIZQI


L’IS, quel impact sur le résultat des
entreprises Marocaines ?
Sur le plan fiscal, l’entreprise qui recourt à ce mode de financement bénéficie de
l’avantage suivant :
- la déduction en totalité de la redevance facturée par la société de crédit-bail. Ceci
permet au preneur du bien en crédit-bail de bénéficier, de façon accélérée, d’une économie
d’impôt en raison du fait que la redevance annuelle est dans la majorité des cas, supérieure au
montant de la dotation aux amortissements.

Ahlam MORCHID 72-72 Nadia RIZQI

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