Évaluation des Barrières de Sécurité
Évaluation des Barrières de Sécurité
- 10
MEDD
Février 2005
-10 : EVALUATION DES BARRIERES TECHNIQUES DE SECURITE [Link]
PAGE DE VALIDATION
EVALUATION DES BARRIERES TECHNIQUES DE SECURITE
Rédaction initiale
Sébastien BOUCHET
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PREAMBULE
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Ces documents décrivant les méthodes pour l’évaluation et la prévention des risques
accidentels, constitueront un recueil des méthodes de travail de l’INERIS dans le domaine
des risques accidentels.
1.2 OBJECTIFS
L’avantage de cette approche repose sur le fait que les méthodes mathématiques très
performantes pour l’analyse d’évènements fréquents et peu complexes (au sens de la
complexité des sciences humaines), ne sont pas du tout adaptées pour l’analyse
d’évènements rares et souvent complexes tel que les accidents majeurs pour lesquels les
données statistiques et probabilistes ne sont pas satisfaisantes.
L’utilisation de telles méthodes est très difficile car faute de données correctes, elles sont
utilisées hors de leur domaine de validité et peuvent donner lieu à des résultats erronés.
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l’accident majeur. Il paraît alors difficile de fonder sur cette approche seule une politique
cohérente et transparente de gestion des risques. D’autant que la pratique montre la
difficulté de résumer le risque acceptable à un seul nombre purement technique (par exemple
10-6 /an).
De ces constats est née l’idée d’utiliser, pour la démonstration de la maîtrise des risques, une
solution alternative fondée sur le concept des barrières de sécurité, principe de base de la
sécurité industrielle depuis de nombreuses années. L'approche par barrières permet plus de
transparence dans la présentation de la gestion des risques, et donc :
une communication mieux perçue au final par le public et les associations, notamment
dans le cadre des PPRT.
Mais attention, cette approche barrière n’a de sens que si la performance effective des
barrières de sécurité peut être démontrée.
L'objectif de la démarche décrite dans ce rapport est avant tout de fournir une méthode
d'évaluation qualitative et relativement simple pour évaluer la performance des barrières
techniques de sécurité, applicable en groupe de travail, notamment lors de la réalisation
d'analyse des risques.
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Rapport sur l'analyse des risques et la prévention des accidents majeurs (DRA-07) –
Identification des scénarios d'accident - P. BONNET, S. BOUCHET – décembre 2002
Rapport sur l'analyse des risques et la prévention des accidents majeurs (DRA-34) –
Méthodes systématiques de détermination d'ensemble de scénarios et exigences pratiques
en terme de barrière de sécurité – S. CHAUMETTE, N. RODRIGUES – mai 2004 –
Etude de cas réalisée dans le cadre du DRA-34 (opération c) – Evaluation des barrières
techniques de sécurité – N. AYRAULT, S. CHAUMETTE – juin 2004
Une analyse des risques a pour but d'identifier les scénarios d'accidents pouvant survenir sur
une installation. La fréquence d'occurrence des différents événements initiateurs est estimée
et l'ensemble des barrières de sécurité susceptibles de réduire l'occurrence et / ou les
conséquences des scénarios est listé.
L'approche par barrière consiste tout d'abord à vérifier, sur la base de certains critères, si la
barrière de sécurité peut être retenue pour le scénario étudié, puis à attribuer un niveau de
confiance aux barrières de sécurité retenues. La combinaison de la fréquence d'occurrence de
l'événement initiateur et des niveaux de confiance des barrières de sécurité permettant de
maîtriser un même scénario, permet d'estimer une classe de probabilité d'occurrence du
scénario.
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Les barrières techniques de sécurité peuvent être de nature très différente. Il peut s'agir de
dispositifs de sécurité ou de systèmes instrumentés de sécurité.
Un dispositif de sécurité est en général un élément unitaire, autonome, ayant pour objectif de
remplir une fonction de sécurité1, dans sa globalité.
Un dispositif peut être classé en 2 catégories :
- dispositif passif : dispositif qui ne met en jeu aucun système mécanique pour
remplir sa fonction
exemples : cuvette de rétention, mur coupe-feu…
- dispositif actif : dispositif qui met en jeu un dispositif mécanique (ressort,
levier…) pour remplir sa fonction
exemples : soupape de décharge, clapet anti-retour…
Remarque : une vanne de sécurité n'est pas considérée comme un dispositif de sécurité, car
elle n'assure pas à elle seule une fonction de sécurité dans sa globalité. Il faut une action
humaine et/ou une source d'énergie externe (cf. § 2.2 - SIS) pour l'actionner.
Détecteur 2 Elément
Actionneur
terminal
Un détecteur est un équipement qui délivre, à partir d'une grandeur physique, une autre
grandeur, souvent électrique (tension, courant, résistance), fonction de la première et
directement utilisable pour la mesure ou la commande.
Cette grandeur physique peut être la température, la pression, le débit, la concentration d'un
gaz...
1 Cf. glossaire
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La fonction "traitement" peut être plus ou moins complexe. Elle peut se résumer à acquérir
une grandeur mesurée par un capteur et à l'indiquer. Elle peut également consister à activer
la commande d'un ou plusieurs actionneurs à partir d'une fonction combinatoire des
informations délivrées par différents capteurs. Les unités de traitement peuvent être
classées en deux catégories selon leur technologie :
Enfin, l'unité de traitement est reliée aux capteurs et aux actionneurs par des moyens de
transmission. Il peut s'agir de câbles électriques, de lignes téléphoniques, d'ondes hertziennes
(transmission par talkie-walkie…), ou de tuyauteries (transmission pneumatique ou
hydraulique).
Les capteurs, l'automate et les éléments terminaux sont des équipements de sécurité. Un
équipement de sécurité est un élément d'un SIS qui remplit une sous-fonction de sécurité.
Exemples :
- un capteur remplit la sous-fonction "détecter du gaz",
- une vanne motorisée la sous-fonction "juguler une fuite".
Associées au traitement, l'ensemble de ces sous-fonctions permet la réalisation de la fonction
"maîtriser une fuite".
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Exemple :
tuyau
pneumatique Vanne
câbles
pneumatique 1
câbles
Détecteur Electrovanne
de gaz 1 Vanne
Automate de
pneumatique 2
sécurité
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L'évaluation des barrières techniques de sécurité d'une installation industrielle doit se faire,
de préférence, en groupe de travail (lors de l'analyse de risques ou de réunions spécifiques),
sur le site industriel étudié.
Avant d'étudier dans le détail les performances d'une barrière technique de sécurité (BTS), il
faut en premier lieu vérifier que la BTS est de concept éprouvé2, ou qu'à minima, le cahier
des charges réalisé pour son achat mentionne son utilisation "sécurité". Puis il faut s'assurer
que la BTS est bien indépendante du procédé. Si c'est le cas, cette barrière peut-être
retenue comme barrière de sécurité et l'étude de ses performances peut-être réalisée ; sinon,
la barrière ne peut pas être considérée comme étant une barrière de sécurité.
De la même manière, pour pouvoir considérer plusieurs barrières pour la maîtrise d'un
scénario d'accident, il faut s'assurer de leur niveau d'indépendance3.
La performance des barrières techniques de sécurité peut être estimée à l'aide de 3 critères :
- l'efficacité,
- le temps de réponse,
- le niveau de confiance.
2 Cf. glossaire
3 la notion d'indépendance sera précisée courant 2005
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Les tableaux ci-dessous, extraits et adaptés de la norme NF-EN 61508, résument, pour les
systèmes simples (Tableau 1) et complexes (Tableau 2), les exigences qualitatives pour
pouvoir prétendre à un niveau de confiance.
Le niveau de confiance 1 (NC 1) est le plus faible, NC 4 est le plus élevé.
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Les barrières techniques de sécurité doivent faire l'objet d'un suivi particulier afin de
maintenir dans le temps leurs performances (efficacité, temps de réponse et niveau de
confiance). En effet, si les dispositifs ne bénéficient pas d'opérations de maintenance,
d'inspections et de tests, leurs performances se dégradent dans le temps.
Il serait donc souhaitable que l'évaluation de la performance d'une BTS, en groupe de travail,
se déroule de la façon suivante :
- Première évaluation des performances de la barrière en considérant le dispositif à
un état 0 (configuration initiale),
- Caractérisation de l'évolution des critères de performance dans le temps, en
étudiant les principes de testabilité, de maintenance spécifique et d'inspection (cf
chapitre 7).
remarque : La périodicité des tests et de la maintenance devra être adaptée à
l'environnement interne et externe dans lequel évolue la BTS (produits corrosifs,
atmosphère saline…).
- Deuxième évaluation des performances :
- elles seront identiques aux premières si les 3 principes4 énoncés ci-avant
(testabilité, maintenance, inspection) sont vérifiés ;
- sinon, la barrière ne sera plus retenue comme barrière de sécurité.
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4 EFFICACITE
L'évaluation de l'efficacité d'une barrière technique de sécurité (BTS) repose en premier lieu
sur les principes de dimensionnement adapté et de résistance aux contraintes spécifiques.
D'autres paramètres, comme le positionnement et l'accessibilité peuvent également, selon la
barrière étudiée, influencer la valeur attribuée à ce critère.
La résistance aux contraintes spécifiques doit être validée par des notes de calcul, des
essais ou par des attestations constructeurs.
4.2.1 GENERALITES
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Positionnement / accessibilité :
- Est-ce que la position de la barrière permet d'optimiser son aptitude à remplir la
fonction qui lui est dévolue ?
Question à se poser notamment dans le cas de l'étude :
- de capteurs (de gaz, de flamme, de température, de pression, de chaleur…),
- d'un système d'extraction (position du conduit d'extraction dans le bâtiment, en partie
inférieure ou supérieure du local ?),
- de murs coupe-feu,
- de vannes (optimiser leur positionnement vis à vis des fuites)
- (…)
- La barrière est-elle facilement accessible ?
- Bouton d'Arrêt d'Urgence,
- Système homme mort,
- Commande des réseaux de purge (…)
4.3 EXEMPLES
1er exemple :
L'efficacité de la fonction "abattre tout le gaz toxique" par une installation de neutralisation
de gaz peut être, par conception, inférieure à 100 %, de l'ordre de 80 % - 90 % par exemple
dès les premiers instants de fonctionnement. La durée d'exécution de la fonction correspond
à la quantité de solution de traitement disponible ; l'efficacité diminuera dans les derniers
instants.
Cet exemple permet tout d'abord d'illustrer l'élément de définition : "ce % peut varier
pendant la durée de sollicitation de la BTS " (cf. §[Link]).
D'autre part, il est important, à travers cet exemple de préciser qu'il est parfois possible,
notamment pour des raisons d'ordre technique, que les exigences des fonctions de sécurité
en terme de capacité de réalisation ne soient pas satisfaites par les barrières prévues ou
existantes (ici, taux d'abattage inférieur à celui fixé…). Il faut dans ce cas, soit redéfinir la
fonction de sécurité à remplir (en précisant dans notre exemple, la quantité de gaz toxique
non traitée acceptable), soit remplacer les barrières par d'autres barrières pouvant remplir le
cahier des charges.
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2ème exemple :
L'efficacité de la fonction "détecter un nuage de chlore" par un réseau de détecteurs peut
varier en fonction :
- du type de capteurs utilisés,
- du maillage du réseau,
- de la position des capteurs,
- de l'installation à contrôler (aérienne ou confinée).
La barrière de sécurité composée de 3 détecteurs de même technologie pourra donc, pour un
même événement redouté donné, avoir une efficacité totalement différente selon les éléments
mentionnés ci-avant.
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5 TEMPS DE REPONSE
5.1 INTRODUCTION
Ainsi, le temps de réponse défini précédemment n'intègre pas le temps nécessaire pour que
le flux de danger (par exemple un nuage de gaz) atteigne ou sollicite un capteur. Ce temps
dépendra, notamment, pour des capteurs de gaz, de l'implantation des différents systèmes de
détection par rapport à un point de fuite et donc de la configuration de l'installation étudiée
(paramètre pris en compte dans l'Efficacité).
Rappelons que pour qu'une barrière soit retenue selon ce critère, le temps de réponse
de la barrière doit être en adéquation avec la cinétique du phénomène qu'elle doit
maîtriser.
Comme le montrent les résultats statistiques d'une étude de l'EXERA5 (cf. annexe B), il faut
être prudent avec les performances des dispositifs annoncées par les fabricants. En effet,
selon les essais que l'EXERA a menés sur 107 matériels en 5 ans, seulement un sur deux
répondait globalement à l'ensemble des spécifications annoncées.
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Il est important de préciser que les temps de réponse annoncés par les constructeurs ne sont,
en général, pas mesurés sur des dispositifs se trouvant dans leur configuration réelle
d'utilisation.
Exemple : les temps de fermeture de vannes indiqués généralement par les constructeurs (et /
ou les fournisseurs) correspondent à des temps de fermeture qui ont été mesurés sur des
dispositifs qui n'étaient pas dans leur contexte d'utilisation : les vannes sont testées hors
charge et l'électrovanne est directement montée sur le moteur de la vanne, dans le cas de
vanne à commande pneumatique. Or, en situation réelle, du fluide circule dans la
canalisation, ce qui peut générer des contraintes (pression, viscosité, vitesse d'écoulement…)
et l'électrovanne peut être déportée ; de ce fait, le temps de vidange du réseau pneumatique
peut être plus long que celui pris en compte pour l'estimation du temps de fermeture.
Ainsi, hormis un solide retour d'expérience, les essais restent la seule solution pour
vérifier si les performances réelles d'un dispositif, dans son contexte d'utilisation,
correspondent bien aux attentes de l'industriel.
5.3 DEMARCHE
Si la réalisation d'essais n'est pas possible en raison du type d'installation étudiée (procédé en
continu…), d'impossibilités techniques ou du fait de l'industriel, les temps de réponse fournis
par les constructeurs ou le groupe de travail, seront pris en compte pour évaluer le temps de
réponse de la barrière. Il faudra, dans ce cas, veiller à bien préciser la référence des données
dans le rapport.
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6 NIVEAU DE CONFIANCE
La méthode utilisée pour évaluer le niveau de confiance d'une barrière technique de sécurité
diffère en fonction de la nature de la barrière étudiée.
Pour un dispositif actif ou un système instrumenté de sécurité, l'évaluation du niveau de
confiance repose sur son architecture et sur les principes de sécurité positive et de
tolérance à la première défaillance.
Pour un dispositif passif, l'évaluation du NC repose sur l'estimation de la probabilité
moyenne de défaillance à la demande (PFDavg) de la barrière.
6.1.1 INTRODUCTION
Pour déterminer le niveau de confiance d'un dispositif actif (soupapes de sécurité, ...) ou d'un
SIS (cf. annexe A), il faut :
- étudier l'architecture de la barrière,
- vérifier si la barrière est à sécurité positive, (cf. § [Link]),
- et regarder si le système étudié est tolérant aux anomalies matérielles (cf. § [Link]).
D'autres paramètres, comme le maintien dans le temps de la fonction de sécurité (ex : BAU
maintenu une fois actionné) et la possibilité de shunts (mise hors service) de la barrière
peuvent également, selon la barrière étudiée, influencer la valeur attribuée à ce critère.
Le niveau de confiance initial de ces barrières sera estimé avec l'aide des tableaux présentés
ci-dessous, qui sont extraits et adaptés de la norme NF-EN 61508.
6 Système simple : on appelle système simple, les BTS ne comprenant pas de microprocesseurs.
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Concernant l'intitulé des colonnes de ces tableaux, la norme 61508 fournit les définitions
suivantes :
- "une tolérance aux anomalies du matériel N signifie que N+1 anomalies sont
susceptibles de provoquer la perte de la fonction de sécurité".
- "la proportion de défaillance en sécurité d'un sous-système est définie par le rapport
du taux moyen des défaillances en sécurité plus les défaillances détectées au taux de
défaillance moyen total du sous-système."
Ce paragraphe définit tout d'abord les principes qui permettent d'estimer, via les tableaux 3
et 4 inclus ci-avant, le niveau de confiance des dispositifs actifs et des S.I.S., puis il indique
un certains nombres de règles qui permettent de cadrer la démarche proposée ici par rapport
à une application rigoureuse de la norme 61508.
Si une BTS n'est pas à sécurité positive, elle ne sera pas retenue. Ce principe ne
s'applique pas à tous les dispositifs (ex : les soupapes).
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8 Redondance : existence, dans une entité, de plus d'un moyen pour accomplir une fonction requise (CEI-
271-1974)
9 Définition et étude de ce paramètre courant 2005
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2, le NC retenu pour ce système sera celui indiqué dans la colonne "2 tolérances aux
anomalies matérielles".
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Dans cet exemple, la combinaison de sous-systèmes parallèles est basée sur le fait que
chaque sous-système réalise la fonction de sécurité prescrite qui le concerne
indépendamment de l'autre sous-système (parallèle). La fonction de sécurité sera réalisée :
- en cas d'anomalie, soit dans le sous-système A, soit dans le sous-système B (car la
combinaison des sous-systèmes C et D est capable d'assurer la fonction de sécurité) ;
ou
- en cas d'anomalie, soit dans le sous-système C, soit dans le sous-système D (car la
combinaison des sous-systèmes A et B est capable d'assurer la fonction de sécurité).
A NC 3 B NC 2
G NC2
C NC 1 D NC 2
L'architecture se
réduit à
a) Combinaison (A, B)
NC 2
G NC2
b) Combinaison (C, D)
NC 1
L'architecture se
réduit à
c) Combinaison A, B, C, G NC2
D
L'architecture
se réduit à
d) Combinaison A, B, C, D, G
NC 2
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Remarque : la représentation sous forme d'architecture des SIS permet de bien repérer les
redondances ou les modes communs de défaillance.
6.1.3 EXEMPLE
Avant d'estimer le niveau de confiance, nous avons vérifié que ce système était de concept
éprouvé (il est largement utilisé dans l'industrie du GPL avec un bon retour d'expérience et
c'est un équipement de sécurité par définition), indépendant du procédé et que l'efficacité de
ce système était de 100 % (le critère temps de réponse ne s'applique pas à ce système).
Evaluation du niveau de confiance :
Les deux soupapes permettent, indépendamment l'une de l'autre, de limiter la pression au
sein du réservoir. Les soupapes sont donc redondantes vis à vis de la fonction de sécurité à
assurer.
L'hypothèse est émise que la proportion de défaillances en sécurité est < 60 %.
Le système étudié, composé de soupapes de sécurité est un système simple, qui est tolérant à
une défaillance.
En recoupant ces informations avec le tableau n°3, on trouve que le niveau de confiance du
système étudié est 2.
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6.2 BILAN
L'évaluation du niveau de confiance d'une barrière se fait selon les étapes suivantes, une fois
vérifiés le principe de concept éprouvé, l'indépendance du procédé, et l'adéquation de son
efficacité et de son temps de réponse par rapport au scénario étudié :
1- Vérifier si la BTS est à sécurité positive (si BTS concernée par ce principe) : BTS
retenue si ce principe est vérifié.
2- Estimation, pour une fonction de sécurité donnée, d'une première valeur du niveau de
confiance de la BTS (dispositif actif, SIS) à partir :
- des tableaux de la norme CEI-EN 61508 et donc des principes de tolérance aux
anomalies matérielles et de proportion de défaillances en sécurité,
- de l'architecture de la BTS.
3- Le niveau de confiance estimé alors correspond au niveau de confiance maximal pouvant
être attribué à la barrière.
Ensuite, comme indiqué au § 3.1.2, il est essentiel d'étudier les procédures et les moyens
(maintenance, inspection…) mis en œuvre par l'Industriel pour maintenir dans le temps
le niveau de confiance de la barrière. En fonction des éléments apportés par l'Industriel,
le niveau de confiance pourra être maintenu ou la barrière non retenue comme barrière
de sécurité.
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Pour déterminer le niveau de confiance d'un dispositif passif (cuvette de rétention, mur
coupe-feu...), il faut essayer de déterminer, avec les membres du groupe de travail, son taux
de défaillance à la sollicitation, ou PFD.
Une fois la PFD estimée, le tableau suivant, qui est inspiré de la norme NF EN 61508,
permet de faire le lien entre la PFD et le niveau de confiance.
A titre d'information, l'exploitation des bases de données montre que le NC pour les murs
coupe-feu et les cuvettes de rétention serait de 2.
Ensuite, comme indiqué au § 3.1.2, il est essentiel d'étudier les procédures et les moyens
(maintenance, inspection…) mis en œuvre par l'Industriel pour maintenir dans le temps le
niveau de confiance du dispositif. En fonction des éléments apportés par l'Industriel, le NC
pourra être maintenu ou le dispositif non retenu comme barrière de sécurité, suivant le crédit
qui pourra être apporté à ces documents.
10 Cf. glossaire
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Comme indiqué au § 3.2.2, les barrières techniques de sécurité doivent faire l'objet d'un suivi
particulier afin de maintenir dans le temps leurs performances (efficacité, temps de réponse
et niveau de confiance). En effet, si les dispositifs ne bénéficient pas d'opération de
maintenance, d'inspections et de tests, leurs performances se dégradent dans le temps.
7.1 MAINTENANCE
Les barrières techniques de sécurité doivent faire l'objet d'une maintenance préventive. La
périodicité de la maintenance sera fonction :
- des données constructeurs,
- du retour d'expérience de l'Industriel, donc de l'utilisation de la BTS dans ses
conditions réelles de fonctionnement,
- du personnel de la maintenance (expérience, sous-traitance..),
- des agressions liées à l'environnement naturel (atmosphère saline, humidité…)
- des agressions liées au procédé (température, pression…), au produit
(corrosif…), à la localisation du dispositif…
- des tests (cf § 7.2).
Le groupe de travail doit pouvoir prouver la maintenance effectuée sur chaque BTS étudiée
et justifier sa périodicité.
Et enfin, il est important de se faire préciser en quoi consistent les opérations de maintenance
réalisées. Il faut en fait vérifier si les opérations menées consistent à démonter entièrement la
barrière pour tout nettoyer, voire pour changer certaines pièces, par prévention ou bien si
elles consistent juste à graisser, ou par exemple, à revisser certains boulons. Un dispositif
peut bien entendu être sujet à différents niveaux de maintenance.
7.2 TESTABILITE
Pour vérifier si les performances d'une barrière de sécurité se maintiennent dans le temps, il
faut tester cette dernière, c'est à dire qu'il faut simuler la situation de danger et vérifier si la
fonction de sécurité pour laquelle elle a été mise en place est bien réalisée.
Les tests permettent d'avoir un retour sur la dérive des équipements et donc sur la
maintenance à mettre en place.
La périodicité des tests et de la maintenance pourra varier et sera adapté en fonction des
résultats des tests réalisés par l'industriel dans le contexte d'utilisation.
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Dans tous les cas, tous les éléments d'une barrière de sécurité (soit la fonction de sécurité
dans sa globalité) doivent faire l'objet d'un test complet par du personnel qualifié avant la
mise en service de l'installation ainsi qu'avant chaque redémarrage.
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NC : Niveau de Confiance
Barrière technique de sécurité : barrière qui permet d'assurer une fonction de sécurité. Elle
est constituée d'un dispositif de sécurité ou d'un système instrumenté de sécurité qui
s'oppose à l'enchaînement d'événements susceptibles d'aboutir à un accident.
Dispositif de sécurité : c'est en général un élément unitaire, autonome, ayant pour objectif
de remplir une fonction de sécurité, dans sa globalité.
Dispositif passif : dispositif qui ne met en jeu aucun système mécanique pour remplir
sa fonction
Dispositif actif : dispositif qui met en jeu un dispositif mécanique (ressort, levier…)
Efficacité : l'efficacité d'une BTS est évaluée au regard de son aptitude à remplir la fonction
de sécurité pour laquelle elle a été choisie, dans son contexte d'utilisation et pendant une
durée donnée de fonctionnement. Cette aptitude s'exprime en pourcentage
d'accomplissement de la fonction définie, en considérant un fonctionnement normal (non
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Equipement de sécurité : Elément d'un SIS qui remplit une sous-fonction de sécurité.
Niveau de confiance : c'est une adaptation par l'INERIS des exigences des normes NF-EN
61508 [1] et CEI 61511 [2], notamment quant aux architectures des systèmes pour tous les
équipements de sécurité, quelle que soit leur technologie.
SFF
T D
T
SFF
T DU
T
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Redondance : existence, dans une entité, de plus d'un moyen pour accomplir une fonction
requise (CEI-271-1974)
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9 REFERENCES
[3] Article dans Face aux Risques : "performance des EIPS : quelles exigences ?" S.
BOUCHET, C. BONNET – juin-juillet 2004
[4] Synthèse des résultats de la campagne d'évaluation des détecteurs de gaz ammoniac
A. WATTIER, S. BOUCHET – août 2004
[5] Etat de l'art sur les colonnes d'abattage – INERIS pour le Ministère de
l'Environnement - N. AYRAULT – mai 2004
[6] Prise en compte des rideaux d'eau pulvérisée fixes dans les démarches d'analyse des
risques – INERIS pour le Ministère de l'Environnement - S. BOUCHET – décembre
2000
[7] Sûreté des explosimètres à long chemin optique dans les stockages de produits
inflammables liquides ou liquéfiés - Ministère de l'économie, des finances et de
l'industrie - Ministère de l'écologie et du développement durable - février 2003 - Réf.
INERIS DRA - VD/FVa - 2003/[Link]
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Le présent document forme un ensemble indissociable. Il ne peut être utilisé que de manière intégrale.
-10 : EVALUATION DES BARRIERES TECHNIQUES DE SECURITE [Link]
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-10 : EVALUATION DES BARRIERES TECHNIQUES DE SECURITE [Link]
ANNEXE A
Les SIS sont constitués de différents éléments unitaires reliés entre eux par des moyens de
transmissions. Au minimum, on retrouve en série un capteur, une unité de traitement et un
actionneur qui vient commander un élément terminal (cf. Figure 4).
Une barrière de sécurité a pour finalité, en cas de sollicitation, d'accomplir un certain nombre
de fonctions (isoler une capacité, arrêter les flux de produits,….) qui elles-mêmes peuvent se
décomposer en tâches (fermeture de plusieurs vannes, arrêt de plusieurs machines,…). C'est
dans l'optique d'accomplir toutes les tâches que l'on trouve fréquemment au sein des SIS le
montage en parallèle de plusieurs actionneurs et d'éléments terminaux (cf. Figure 5).
A noter qu'un unique actionneur peut commander plusieurs éléments terminaux. Par
exemple, une électrovanne trois voies située sur un réseau d'air instrumenté peut, par mise à
l'atmosphère de ce réseau, commander la fermeture de toutes les vannes pneumatiques
alimentées par le réseau.
Elément terminal
1
Actionneur 1 Tâche 1
Elément terminal
2
Capteur Unité de Moyens de transmission
Moyens de transmission traitement Moyens de transmission Tâche 2
Tâche 3
Capteur 1
Capteur 2
Pour améliorer le niveau de confiance d'une barrière de sécurité, il est possible, entre autres,
de la doubler totalement (redondance totale), ou de doubler une partie de ses composants
(redondance partielle de la barrière de sécurité). A noter que la redondance peut être réalisée
avec du matériel identique ou avec du matériel de technologie différente, ce dernier type de
redondance permet de limiter les modes communs de défaillance.
Tous les éléments constituants une barrière de sécurité peuvent être redondés : capteurs,
unité de traitement, actionneurs, éléments terminaux et même les moyens de transmission.
La figure 6 donne un exemple d'un SIS complexe, les redondances étant indiquées en rouge.
-10 : EVALUATION DES BARRIERES TECHNIQUES DE SECURITE [Link]
Elément terminal
1
Tâche 1
Actionneur 1
Moyens de transmission
Capteur
Elément terminal
2
Moyens de transmission Actionneur 4 Tâche 2
Unité de
Moyens de transmission
traitement
Tâche 3
la redondance active qui est une redondance telle que tous les moyens d'accomplir une
fonction requise fonctionnent simultanément.
la redondance passive qui est une redondance telle qu'une partie seulement des moyens
d'accomplir une fonction requise est en fonctionnement, le reste n'étant utilisé sur
sollicitation qu'en cas de défaillance de la partie en fonctionnement.
la redondance majoritaire m/n qui est une redondance telle qu'une fonction n'est
assurée que si au moins m des n moyens existants sont en état de fonctionner ou en
fonctionnement.
Les architectures les plus souvent rencontrées relatives à ce dernier type de redondance sont
les suivantes :
ANNEXE B