Asservissement des systèmes linéaires
Asservissement des systèmes linéaires
— Cours — 1
1 Introduction 4
1.1 Historique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Définitions et Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 But de l’Automatique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.4 Classification des systèmes de commande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.5 Intérêt de la boucle fermée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Introduction
1.1 Historique
L’automatique a débuté avant l’histoire à travers l’horloge à eau de Ktesybios dont le schéma de fonction-
nement est représenté par la figure 1.1. En effet, ce procédé, construit il y a 250 ans avant Jesus, permet
d’indiquer le temps. Son fonctionnement se base sur la régulation de niveau au sein d’un réservoir (voir
figure 1.1).
La deuxième étape de l’utilisation d’un procédé automatisé est la révolution industrielle en Europe. En
Niveau
constant
Vitesse v
constante
Débit v
constant
Figure 1.1: Horloge à eau de Ktesybios
effet, Watt a pu assurer la régulation de la vitesse de rotation d’une turbine moyennant ce qu’on appelle
le régulateur à boules de Watt, représenté par le schéma de la figure 1.2. Le fonctionnement se fait de la
façon suivante: quand la vitesse augmente, l’angle θ augmente, ce qui permet d’agir sur la vanne en la
fermant; de même, quand la vitesse diminue, le système tend à ouvrir la vanne.
Pour ces deux étapes, aucun formalisme n’a été utilisé pour décrire le fonctionnement des procédés
développés. Ce n’est qu’au début du vingtième siècle, pour des besoins militaires, que l’automatique a
été formulée. L’approche fréquentiel a été le premier à être utilisé et a été caractérisé par les travaux de
Routh, Hurwitz, Nyquist, Bode .... L’approche temporelle a été développée au début des années soixante
du vingtième siècle, depuis, presque tous les systèmes sont étudiés en représentation d’état dont le schéma
de fonctionnement est représenté par la figure 1.3
Ω Vitesse de rotation
Chaudière
θ
Régulateur à
Vanne boules de Watt
Turbine
Sortie
Entrée
Système
Etat
Loi de commande
Pression
niveau N
Résistance Fuites thermiques
V chauffante
Fuite
Utilisation :
Débit Q
Température θ
V Q
Procédé
N θ
• Informations:
2. Choix de la structure des organes de commande: Plusieurs types de loi de commande sont
utilisés, le type est imposé par les conditions de travail et/ou les performances souhaitées.
C’est une commande manuelle qui consiste à bloquer l’entrée du système à une valeur constante
dépendant de la sortie désirée: Si on veut que la sortie y(t) soit égale à y1 compte tenu de p(t) = p1
alors, il faut appliquer u(t) = u1 . Mais si p(t) = p2 alors il faut changer la commande u(t) en u2 ,
manuellement, pour l’adapter à la nouvelle situation. C’est une commande qui n’a pas la possibilité
d’atténuer les effets des perturbations.
• Soit en boucle fermée(B.F): C’est une commande automatique, dans ce cas, le signal de com-
mande dépend du signal de sortie à chaque instant.
Perturbation
• Précision: Il est impossible à un être humain de comparer la consigne à la sortie à chaque instant
alors qu’un comparateur à base d’amplificateur opérationnel peut le faire tout le temps, surtout
que les systèmes à commander doivent parfois fonctionner à plein temps.
• Complexité: Il existe des algorithmes de commande très complexes qu’un être humain ne peut
pas faire à chaque instant. En effet, les méthode automatique modernes permettent de réaliser de
grandes performances moyennant des algorithmes très complexes.
• Répétitivité: En général, les algorithmes sont des processus répétitifs. En effet, les procédés
industriels doivent fonctionner tout le temps à réaliser un même travail, ce qui oblige les concepteurs
à utiliser des processus itératifs (algorithmes par exemple).
2.1 Introduction
La modélisation d’un processus physique fait intervenir des équation différentielles dont la résolution
détermine le comportement du système en régime transitoire et permanent. Étant donné que ce cours
se limite à l’étude des systèmes linéaires, l’utilisation des transformées de Laplace dans la résolution des
équation différentielle est courante.
Définition 2.1.1. Soit f une fonction nulle sur l’intervalle ] − ∞, 0[. La transformée de Laplace de f (t),
notée F (p) est une fonction de la variable complexe p définie par,
∫ +∞
F (p) = f (t)e−tp dt
0
−1
on notera L(f (t)) = F (p) et L (F (p)) = f (t).
2.2 Propriétés
Unicité
Toute fonction réelle f (t) admet une image F (p) et réciproquement.
Linéarité
Si F (p) = L(f (t)) et G(p) = L(g(t)) alors,
L(αf (t) + βg(t)) = αF (p) + βG(p), ∀α, β ∈ C
Integration
∫ +∞
1
L( f (µ)dµ) = F (p)
0 p
1
L(δ(t)) = 1 et L(λ(t)) =
p
δ est la fonction de Dirac et λ est la fonction échelon.
tn 1
L( λ(t)) = n+1
n! p
Dérivation
df (t)
L( ) = pF (p) − f (0+ )
dt
et d’une manière générale,
dn f (t)
L( ) = pn F (p) − pn−1 f (0+ ) − pn−2 f ′ (0+ ) − ... − f (n−1) (0+ )
dtn
Translation sur p
F (p + a) = L(e−at f (t)), ∀a ∈ C
Application
1 t
L(e−at λ(t)) = et L(f ( )) = aF (ap)
p+a a
Remarque 2.2.1. Les résultats précédents sont valables à condition que les pôles de pF (p) soient stables.
Théorème de la convolution
si F (p) = L(f (t)) et G(p) = L(g(t)) alors,
∫ t ∫ t
L((f ∗ g)(t)) = L( f (t − µ)g(µ)dµ) = L( f (µ)g(t − µ)dµ) = F (p)G(p)
0 0
3.1 Définitions
• Un système est dit continu si son fonctionnement évolue de manière continue dans le temps. Il
est décrit par des équations différentielles ou aux dérivées partielles, (on se limitera aux systèmes
décrits par des équations différentielles).
• Un système est dit linéaire s’il satisfait le principe de superposition : si y1 est la sortie correspondante
à u1 et y2 est la sortie correspondante à u2 alors y = y1 +y2 est la sortie correspondante à u = u1 +u2 .
• Un système est dit dynamique si sa réponse à une excitation appliquée à l’instant t dépend aussi
des réponses aux excitations antérieures, on dit que ces systèmes ont une mémoire.
Exemple 3.1.1. Lorsqu’on applique une tension u(t) aux bornes d’un condensateur à l’instant t0 ,
sa charge à l’instant t > t0 est,
q(t) = q(t0 ) + Cu(t)
où C est la capacité du condensateur et q(t0 ) est sa charge à l’instant t0 .
• Un système est dit mono-variable s’il n’a qu’une seule entrée et une seule sortie (SISO).
Hypothèses:
Pour faciliter l’étude, on suppose que le moteur est en régime linéaire: Γe = ki(t),i.e., le couple électrique
est proportionnel au courant dans l’inducteur.
Equations:
Par application de la loi des mailles dans l’inducteur,
di(t)
v(t) = Ri(t) + L
dt
i(t) R
I J
Ω
V(t) L f
ou encore,
Y (p) bm pm + bm−1 pm−1 + ... + b0
= = H(p)
U (p) an pn + an−1 pn−1 + ... + a0
H(p) s’appelle fonction de transfert du système.
Conditions initiales non nulles: Dans ce cas, celles ci sont prises en compte dans l’application de la
transformée de Laplace,
( )
n n−1
(an p m+ an−1 p m−1+ ... + a0 Y) (p) − J(p) =
bm p + bm−1 p + ... + b0 U (p) − I(p)
Si on désigne par zi les racines de N (p) et par pj les racines de D(p), les zi s’appellent les zéros du
système et les pj s’appellent les pôles du système. La fonction de transfert peut être représentée sous la
forme dite pôles-zéros, ∏m
(p − zi ) bm
H(p) = k ∏ni=1 , avec k =
j=1 (p − pj ) an
ou encore sous la forme,
∏m ∏m
′
(1 − p
zi ) (−zi )
avec k ′ = k ∏ni=1
i=1
H(p) = k ∏n p ,
j=1 (1 − pj ) j=1 (−pj)
Les racines zi et pj peuvent être réelles ou complexes, et d’un ordre de multiplicité quelconque. N (p)
et D(p) peuvent donc avoir des termes en pγ (une racine p = 0 de multiplicité γ) ou (1 + pT )β (une
racine p = − T1 de multiplicité β) ou des racines complexes conjuguées, donc des termes sous la forme
2
(1 − a22a+b2 p + a2 +b2 ) (la paire de complexe conjugués p = a + jb et p = a − jb de multiplicité α)
p α
alors,
Y (p) N (p)
= e−τ p
U (p) D(p)
et le coefficient τ s’appelle retard pur.
1
α
t
α
Soit un système linéaire défini par sa fonction de transfert H(p). D’après ce qui précède, Y (p) = H(p)U (p)
et puisque l’entrée est une impulsion,U (p) = 1 et Y (p) = H(p). Par conséquence, la réponse d’un système
linéaire à une impulsion unitaire est égale à sa fonction de transfert. Ce résultat est important puisque
sa sortie en réponse à une impulsion coincide avec sa fonction de transfert, mais la réalisation physique
d’une impulsion n’est pas évidente.
u(t)
a- Diagramme de Bode: Il est constitué de deux partie, une pour le module et l’autre pour la phase.
Pour ce qui est du module, on représente 20 log10 (|H(jw)|), i.e., le module de H(jw) exprimé en
décibel (dB), qu’on note par |H(jw)|dB . Pour la phase, noté φ(H(jw)), elle est représentée en
degré. L’axe des abscisses est commun aux deux graphes et est gradué en échelle logarithmique.
H(jw )
dB
10 100 1000
w
ϕ(H(jw ))
en degré
w w
w10 100 1000
w
Remarque 3.4.1. Si H(p) est le produit de fonctions de transfert F (p) et G(p) alors,
Le diagramme de H(p) s’obtient donc par simple addition des diagrammes de F (p) et G(p). L’intérêt
de cette remarque réside dans le fait que la plupart des fonctions de transfert s’écrivent sous forme
de produit de fonctions de transfert simples, pour avoir le graphe de la fonction produit, il suffit de
superposer les graphes des fonctions élémentaires.
b- Diagramme de Nyquist: C’est une représentation de H(jw) en coordonnées polaires. Pour cela,
on représente Im(H(jw)) (partie imaginaire de H(jw)) en fonction de sa partie réelle Re(H(jw)).
Dans le plan de Nyquist, la courbe est graduée en pulsation: sur la figure 3.5, pour w = w0 , le
module de la fonction de transfert est donné par A et sa phase est donnée par φ.
Im(H(jw))
0 Re(H(jw))
ϕ
A
w 0
Ordre
croissant
de w
H(jw )
dB
ϕ(H(jw0 ))
ϕ(H(jw )) en degré
0
w0 H(jw0 )
dB
4.1 Introduction
N (p)
Toute fonction de transfert H(p) = D(p) peut être écrite sous la forme d’éléments simples de la forme
K K w02
p , 1+pT ou p2 +2pξw0 +w2 . Et d’après ce qui précède, le traçage de la fonction de transfert H(p) est la
0
superposition des traçages des fonctions de transfert de ces éléments, ce qui nous motive à faire leur étude
un par un.
R -
+
y
u
y(t)
δ(t)
1
K
α K
p
t
t
α
y(t)
u(t)
1
K K
p
t
1
t
Diagramme de Bode
Le module en décibel est donné par,
Si on trace |H(jw)| en fonction de log(w), le résultat est une droite de pente −20dB par décade, c’est à
dire, en allant de w à 10w, la droite décroı̂t de 20 décibels. Parfois on dit que la droite décroı̂t de 6dB par
octave, c’est à dire, en allant de w à 2w, la droite décroı̂t de 6 décibels. Remarquons que pour w = K,
|H(jw)| = 0. Quant à la phase,
K
tan(φ) = − w
−→ −∞ =⇒ φ = −90◦
0
Diagramme de Nyquist
La partie réelle de H(jw) est nulle pour tout w, pour la partie imaginaire, elle tend vers l’infini quand w
tend vers zéro et vers zéro quand w tend vers l’infini (voir figure 4.5).
H(jw )
dB
Pente –20dB/décade
K
w échelle log
w échelle log
- 90
Im(H(jw))
Re(H(jw))
w +∝
w croissant
w 0
Diagramme de Black-Nichols
A partir des relations, {
|H(jw)| = 20 log10 −20 log10 (w)
φ(H(jw)) = −90◦
le diagramme de Black est donné par la figure 4.6.
H(jw )
dB
- 90
ϕ(H(jw )) en degré
0
w
croissant
R
u C y
L
u R y
δ(t) y (t)
1 K
α T
K
1+ pT
t
α t
u(t) y(t)
K K
1 1+ pT
0 0
t t
Définition 4.3.1.
1. Le temps de réponse à 95% tr est défini par le temps mis par le système pour atteindre 95% du
régime permanent, il est obtenu à partir de l’équation suivante,
1 − e−tr /T = 0.95 =⇒ tr ≃ 3T
tm ≃ 2.2T
Diagramme de Bode
Dans ce genre d’étude, on commence par tracer les asymptotes, c’est à dire les axes correspondants aux
cas: w << T1 (basses fréquences) et w >> T1 (hautes fréquences).
• Si w << 1
T alors, |G(jw)| ≃ 1 et 20 log10 (|G(jw)|) ≃ 0 et φ(G(jw)) = 0.
• Si w >> T1 alors, |G(jw)| ≃ wT1
et |G(jw)|dB ≃ −20 log10 (wT ), soit une pente de −20dB/decade et
◦
une phase de −90 . En w = T , |G(jw)| = √12 , par conséquence |G(j T1 )|dB = 20 log10 ( √12 ) ≃ −3dB
1
et φ(G(j T1 )) = −45◦ . Le diagramme entier (asymptotes et courbes réelles) est représenté sur la
figure 4.10.
Remarque 4.3.2. Si on utilise H(jw) au lieu de G(jw), on n’a qu’à faire une translation de 20 log10 (|K|)
pour le module, mais pas de changement pour la phase.
|G(jw)|dB
1/T 10/T
w
-3dB
asymptotes
-20dB
-45°
-90°
Diagramme de Nyquist
1 1
G(jw) = = (1 − jwT )
1 + jwT 1 + w2 T 2
En posant,
1 wT
x = Re(G(jw)) = > 0 et y = − = −wT x < 0
1 + w2 T 2 1 + w2 T 2
il est facile de voir que,
1 1
x2 + y 2 = x =⇒ (x − )2 + y 2 = ( )2
2 2
qui n’est autre que l’équation d’un cercle de centre (0.5, 0) et de rayon 0.5.
Im(G(jw))
1/2
w +∞ Re(G(jw))
w 0
-1/2
w croissant
Diagramme de Black-Nichols
Pour w = 0, φ(G(jw)) = 0 et |G(jw)|dB = 0.
Pour w = 1/T , φ(G(jw)) = −45 et |G(jw)|dB = −3dB.
Pour w −→ +∞, φ(G(jw)) −→ −90 et |G(jw)|dB −→ −∞.
Le diagramme est représenté sur la figure 4.12.
|G(jw)|dB
-3dB
w croissant
w +∞
y(t)
δ(t)
α
1/ 1/α
e−pT
α t T t
u(t) y(t)
1 e−pT
t
t T
|H(jw)|dB
w
ϕ(H(jw))
w
Diagramme de Nyquist
Diagramme de Black-Nichols
w02
H(p) = K
p2 + 2w0 ξp + w02
K est le gain statique, ξ est le coefficient d’amortissement et w0 est la pulsation naturelle du système.
Il est connu que si le coefficient ξ ≥ 1, le système est équivalent à la mise en série de deux systèmes du
Im(H(jw))
Re(H(jw))
w=0
w croissant
|H(jw)|dB
w ∞
ϕ(H(jw))
w=0
w croissant
premier ordre, dont l’étude a été déjà faite. On ne va considérer que le cas où ξ < 1. Les pôles du système
sont ainsi donnés par, { √
p1 = −ξw0 + jw0 √1 − ξ 2
p2 = −ξw0 − jw0 1 − ξ 2
qui n’est autre que l’équation d’une sinusoı̈de amortie(voir figure 4.18). Le temps du premier dépassement
tp est donné par,
cos−1 (ξ)
tp = √
w0 1 − ξ 2
et la sortie en t = tp est,
ξ cos−1 (ξ)
y(tp ) = Kw0 exp(− √ )
w0 1 − ξ 2
avec, √
1 − ξ2
cos(φ) = ξ et tan(φ) =
ξ
1.2
0.8
0.6
y(t)
0.4
Figure 4.18: Réponse impulsionnelle d’un système d’ordre 2
0.2
Kw02
0 1 2 3 4 5 6
Temps
Step Response
1.4
1.2
0.8
Amplitude
0.6
Figure 4.19: Réponse indicielle d’un système d’ordre 2
0.4
On pose r = ww0 . Si u(t) = U0 sin(wt) alors, en régime permanent, y(t) = Y0 sin(wt + φ) avec Y0 =
U0 |G(jw)| et φ est la phase de G(jw). Ce qui permet d’obtenir,
0.2
{ Y0
√
0
U0 = |G(jw)| =
0 1 2 1 3 4 5 6
Time (sec)
2 2 2 2 (1−r ) +4ξ r
φ = − arctan( 1−r
2ξr
2)
1
2ξ 2 ≤ 1 ⇐==⇒ ξ ≤ √
2
√
r = 1 − 2ξ ⇐==⇒ wr = w0 1 − 2ξ : pulsation de résonance
2 2 2
Diagramme de Bode
Le diagramme de Bode est donné par les schémas des figures 4.20 et 4.21 pour trois valeur de ξ.
Diagramme de Nyquist
Le diagramme de Nyquist est donné par le schéma de la figure 4.22 pour trois valeur de ξ.
Diagramme de Black-Nichols
Le diagramme de Black-Nichols est donné par le schéma de la figure 4.23 pour trois valeur de ξ.
Remarque 4.5.1. Le diagramme de Black-Nichols, connu aussi sous le nom de Abaque de Black, sert
à déterminer les caractéristiques du système en boucle fermée(bouclage unitaire) connaissant ses car-
actéristiques en boucle ouverte, ces notions seront reprises dans les chapitres qui suivent.
10
dz=0.2
5
dz=0.5
0
dz=0.8
−5
|G(jw)|dB
−10
−15
Figure 4.20: Diagramme de Bode (module) d’un système d’ordre 2
−20
−25
−30
−2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pulsation (Echelle Log)
−20
−40 dz=0.8
−60
−80
Phase
−100
dz=0.5
−160
−180
−2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Pulsation (Echelle Log)
Nyquist Diagram
2.5
dz=0.2
2
1.5
dz=0.5
1
dz=0.8
0.5
Imaginary Axis
−0.5
Figure 4.22: Diagramme de Nyquist d’un système d’ordre 2
−1
−1.5
−2
A. BADDOU, Professeur à l’ENSA d’Agadir 29
−2.5
Nichols Chart
40
0 dB
0.25 dB
0.5 dB
20 1 dB −1 dB
3 dB dz=0.2
−3 dB
6 dB
0 dz=0.5 −6 dB
Open−Loop Gain (dB)
−12 dB
dz=0.8
−20 −20 dB
−60 −60 dB
−80 dB
−80
−360 −315 −270 −225 −180 −135 −90 −45 0
Open−Loop Phase (deg)
5.1 Introduction
Dans ce chapitre, on va s’intéresser à l’étude des performances d’un système linéaire, particulièrement sa
stabilité. En fait, c’est une propriété minimale et nécessaire pour l’existence d’un système. La précision
fera l’objet d’une section comme performance à réaliser. Avant de commencer, on va définir quelques
notions qui servirons dans la suite du cours.
On considère le schéma de fonctionnement suivant. L’organe de commande peut être représenté par une
Gr (p)
Elément de
retour
fonction de transfert R(p), le système peut être représenté par H(p) et l’élément de retour par Gr (p). Ce
qui permet de donner les définitions suivantes:
Y (p) G(p)
F (p) = =
Y c (p) 1 + G(p)Gr (p)
s’appelle fonction de transfert en boucle fermée.
Remarque 5.1.1. Si le retour est unitaire, Gr (p) = 1 et la fonction de transfert en boucle fermée est
donnée par,
G(p)
F (p) =
1 + G(p)
sinon,
G(p)
F (p) =
1 + Gr (p)G(p)
mais on peut toujours le ramener à un système à retour unitaire en remarquant qu’il y’a équivalence entre
les schémas suivants,
Gr (p)
Définition 5.2.4. Un système est dit instable s’il n’est pas stable.
Zone de Zone
stabilité d’instabilité
Les pôles du système en boucle ouverte sont −3.6180 et −1.3820 ce qui permet de dire que le système est
asymptotiquement stable en boucle ouverte. La fonction de transfert du système en boucle fermée (retour
unitaire) est donnée par,
G(p) 1
F (p) = = 2
1 + G(p) p + 5p + 6
les pôles du système bouclé sont −2 et −3, ainsi, le système bouclé est asymptotiquement stable.
Remarque 5.2.6. On parle de stabilité critique si la partie réelle de certaines valeurs propres sont nulles.
Dès que le degré du dénominateur dépasse trois, la recherche de ses racines devient de plus en plus
compliquée. Dans ce cas, on fait appel à d’autres méthodes pour conclure à sa stabilité.
3. Conclure à la stabilité.
Soit D(p) le dénominateur de la fonction de transfert, tel que
p3 1 12500
p2 262.5 250K
p b1 0
p0 c1 0
avec,
262.5 × 12500 − 250K
b1 = et c1 = 250K
262.5
Le système est stable si b1 > 0 et c1 > 0. Ce qui permet de dire que le système est stable si 0 < K < 13125
Remarque 5.2.10. Le critère comporte certaines limitations à savoir,
1. Le critère n’est valable que pour des polynômes à coefficients réels constants.
2. Pour des systèmes à retard, le critère ne s’applique pas directement
3. Lorsque le pivot est nul.
4. Si tous les éléments de la ligne sont nuls.
Si le système comporte un retard pur, le terme e−τ p qui apparaı̂t dans la fonction de transfert peut être
approché en utilisant un développement de Taylor à l’ordre un ou deux, ce qui permet d’avoir une idée sur
la stabilité de tels systèmes; mais l’analyse fréquentielle permet de faire une étude précise de la stabilité
des systèmes à retard. Pour les deux derniers cas de la remarque précédente, les méthodes suivantes sont
utilisées.
Dans le cas où le pivot est nul, celui-ci est remplacé par un ε > 0 et on continu la construction du tableau.
Pour connaı̂tre le nombre de changement de signe, on fait tendre ε vers zéro.
Exemple 5.2.11. Soit,
1
G(p) =
p4 + 2p3 + 4p2 + 8p + 10
Le tableau correspondant est,
p4 1 4 10
p3 2 8 0
p2 0(ε) 10 0
p b1 0 0
p0 c1 0 0
avec b1 = 3ε−20
ε et c1 = 10. limε−→0 b1 = −∞
On remarque deux changement de signe dans la première colonne, le système est donc instable. En
effet, les pôles du système sont, p12 = 0.42 ± j1.86 et p34 = −1.42 ± j0.86
Si une ligne est nulle, elle est remplacée par les coefficients de la dérivée du polynôme correspondant
à la ligne précédente.
Exemple 5.2.12. Soit,
1
G(p) =
p3 + 3p2 + 4p + 12
Le tableau correspondant est,
p3 1 4
p2 3 12
p 0(6) 0
p0 12 0
pas de changement de signe =⇒ stabilité
−σ
Stabilité relative
Pour garantir des performances particulières, on a besoin parfois d’assurer un placement de pôles dans
certaines régions du plan complexe. Si on veut que la partie réelle des pôles soit inférieure à −σ, avec
σ > 0,(voir figure 5.3) alors, on change p par p + σ dans la fonction de transfert et on applique le critère
de Routh. Il faut toujours s’assurer de la stabilité avant de chercher la stabilité relative.
Gr (p)
Im(p) Im(F(p))
C
F(p)
Z pôles
P pôles Re(F(p))
Re(p)
Γ
Théorème 5.3.1. Si le contour C entoure Z zéros et P pôles de F (p) dans le sens des aiguilles d’une
montres, la fonction F (p) décrie le contour Γ dans le sens trigonométrique en faisant N tours autour de
l’origine, avec, N = P − Z.
Application
Im(p)
Re(p)
Énonce
Lorsque p décrit le contour C dans le sens des aiguilles d’une montre, G(p)Gr (p) tourne autour du point
critique dans le sens trigonométrique N fois, avec
N =P −Z
Im(p)
-1
Re(p)
1 2 3
|F(p)|dB
-180
ϕ(F(p))
1 2 3
1. Instabilité
2. Stabilité critique
3. Stabilité
Diagramme de Bode: Le système bouclé est stable si et seulement si, en parcourant le lieu de Bode du
système en boucle ouverte, dans le sens croissant des fréquences, on laisse le point critique (0dB , w∗ )
à gauche. Où w∗ est la pulsation telle que φ(G(w∗ )Gr (w∗ )) = −180◦ (voir figure 5.6).
|GG |
r dB
w
2 1
3
ϕ(GGr)
w
w
*
-180
1. Instabilité
2. Stabilité critique
3. Stabilité
N (jw)
H(jw) = e−jwτ = e−jwτ F (jw).
D(jw)
D’après cette écriture, le gain de la fonction de transfert n’est pas influencé par le retard, par contre, la
phase est décalée d’un terme. En effet,
ce qui justifie qu’un système à retard pur est un système à non minimum de phase.
∆G = −|H(jw∗ )|dB
∆Φ = 180 + φ(H(jwc ))
|H|dB
∆Φ
-180°
ϕ(H)
w croissant
∆G
|GG |
r dB
wc w
*
w
∆G
ϕ(GGr)
∆Φ
-180
Im(H(jw))
∆G
-1
Re(H(jw))
∆Φ
w croissant
y(t)
c
y (t)
e(t)
K
E(p) = Y c (p) − Y (p) = Y c (p) − G1 (p)E(p)
pn
ce qui permet d’écrire,
1
E(p) = K
Y c (p)
1+ pn G1 (p)
y0c
ε = lim
p−→0 1 + K
pn G1 (p)
1. Si n = 0 alors
y0c
ε=
1+K
ce qui permet de conclure que l’écart en régime permanent n’est jamais nul.
2. Si n ≥ 1 alors ε = 0, ce qui se traduit par la présence d’un intégrateur dans la chaı̂ne directe.
y0c
ε = lim K
p−→0 p(1 + pn G1 (p))
3. Si n ≥ 2 alors ε = 0.
Remarque 5.4.2. L’écart dû à une perturbation est surtout rencontré en régulation (voir schéma de la
figure 5.12). Il est facile de voir que l’écart en position dû à la perturbation s’annule si G1 (p) contient
P(p)
+ E(p) +
Yc (p) G1(p) G2(p) Y(p)
- +
un intégrateur ( il suffit pour cela de prendre Y c = 0 et de calculer la fonction de transfert entre l’écart
et le bruit, i.e., E(p)
P (p) ).
Y (p)
c
+ E(p) K Y(p)
p(p +1)(p +5)
-
1
Pour Y c (p) = p2 (rampe),
1
ε = limt−→+∞ e(t) = limp−→0 pE(p) = limp−→0 KG1 (p)
= limp−→0 p(p+1)(p+5)
pK = 5
K ≤ 0.01
Finalement, le paramètre K doit être choisi tel que, K ≥ 500. Pour la stabilité, la fonction de transfert
entre la sortie et la consigne est donnée par,
Y (p) G(p) K K
c
= = = 3 2
Y (p) 1 + G(p) p(p + 1)(p + 5) + K p + 6p + 5p + K
6.1 Introduction
Lorsque les performances d’un système ne sont pas satisfaisantes, le concepteur doit introduire un nouveau
système dans la boucle de commande pour réaliser ses objectifs. Le système introduit s’appelle correcteur.
Les correcteurs les plus utilisés comportent trois actions: Action proportionnelle (P), l’action intégrale
(I) et l’action dérivée (D). Dans le cas où les trois actions agissent, on parle d’un correcteur PID. On va
étudier l’effet de chaque action séparément avant d’étudier leur combinaison.
Réalisation électronique
Il peut être réalisé à partir d’amplificateurs opérationnels comme sur la figure 6.2
R2
R
R1 -
R -
+
+
e(t)
u(t)
Exemple 6.2.1. On considère la régulation de niveau d’eau dans un réservoir (voir schéma de la figure
6.3).
Electrovanne
y(t)
Capteur
- e(t) u(t)
K
+
yc(t)
dy(t)
= u(t) − s(t)
dt
or, la quantité d’eau qui sort par s est en première approximation proportionnelle au niveau y, i.e.,
dy(t)
= u(t) − ay(t)
dt
par passage à la transformée de Laplace,
Y (p) 1
pY (p) + aY (p) = U (p) ⇐⇒ =
U (p) p+a
et on a,
K
Y (p) = E(p)
p+a
finalement,
K p+a
E(p) = Y c (p) − Y (p) ⇐⇒ Y c (p) = (1 + )E(p) ⇐⇒ E(p) = Y c (p)
p+a p+a+K
Pour une consigne échelon,
y0c ay0c
Y c (p) = =⇒ ε = lim pE(p) = ̸= 0
p p−→0 a+K
Pour réduire l’écart ε, il faut augmenter K, ce qui risque de déstabiliser le système(Dilemme stabilité
précision).
u(t) est la commande, e(t) est l’erreur entre la consigne et la sortie et Ki est le gain du correcteur (voir
schéma de la figure 6.4). Sa fonction de transfert est donnée par,
K ∫ e(τ)dτ G(p)
i
0
-
U (p) Ki
C(p) = =
E(p) p
Une réalisation électronique d’un correcteur intégral est donnée par le schéma de la figure 6.5. Pour
R1 -
R -
+
e(t) +
u(t)
montrer l’effet de son introduction dans la boucle de commande, on considère un système du premier
ordre décrit par la fonction de transfert,
K
G(p) =
1 + τp
Par bouclage sur un intégrateur, la fonction de transfert entre l’erreur et la consigne est donnée par,
Ki K p(1 + τ p)
E(p) = Y c (p) − E(p) ⇐⇒ E(p) = Y c (p)
p(1 + τ p) p(1 + τ p) + Ki K
y0c
Pour y c (t) = y0c , Y c (p) = p , ce qui permet d’écrire,
y0c (1 + τ p)
E(p) =
p(1 + τ p) + Ki K
l’erreur statique est,
ε = lim pE(p) = 0
p−→0
L’action intégrale annule l’écart en régime permanent d’un système de classe zéro (ne possédant pas de
pôles à l’origine en boucle ouverte). L’inconvénient de l’action intégrale réside dans le régime transitoire.
En effet, elle introduit des oscillations, ce qui gène parfois le fonctionnement du système.
Step Response
0.9
0.8 (I)
0.7
(P)
0.6
0.5
Amplitude
0.4
0.3
Figure 6.6: Réponse à un échelon avec un proportionnel et un intégrateur
0.2
0.1
Pour C(p), le degré du numérateur est supérieur à celui du dénominateur, le correcteur est donc physique-
ment non réalisable. En pratique, on utilise la fonction,
Kd p
C(p) = avec τ très faible
1 + τp
L’avantage de cette écriture est double,
• La causalité de C(p) est obtenue (circuit physiquement réalisable)
• Pour w << τ1 , on obtient une action dérivée pure. Pour w >> 1
τ, C(jw) ≃ Kd
τ = Constante,
autrement dit, les hautes fréquences ne sont pas touchées.
Un circuit qui permet de réaliser C(p) est donné par le schéma de la figure 6.7. Si l’action dérivée agit sur
e(t), un changement brusque du signal de référence représente un danger pour le système. En général,
l’action dérivée agit sur la sortie et non sur l’erreur. Pour cela, il existe des configurations particulières
qui le permettent.
C R2
R1 -
+
e(t)
u(t)
L’action d’un (PI) s’exprime par l’ajout d’un pôle à l’origine et d’un zéro à la fonction de transfert du
K p e(t) + K i
système en boucle ouverte. Une de ses réalisation électronique est donnée par le schéma de la figure 6.9.
C
R2 R
R1 -
R -
+
e(t) +
u(t)
1.4
1.2
0.8
y(t)
0.6
0.2
L’inconvénient majeur du correcteur dérivé est son insensibilité aux variations lentes de l’erreur, c’est
pourquoi il n’est jamais utilisé seul. Une solution à cet inconvénient est un correcteur proportionnel
dérivé. Son équation temporelle est donnée par,
de(t)
u(t) = Kp e(t) + Kd
dt
Sa fonction de transfert est,
C(p) = Kp + pKd
qui est une fonction de transfert non causale, par suite physiquement non réalisable. Le recourt à la
filtration de l’action dérivée est souvent une solution adéquate. A titre d’exercice, calculer la fonction de
R3 R
C
R1 -
R -
+
e(t) +
R2
u(t)
qu’on boucle sur un PD de fonction de transfert C(p) = Kp + pKd . La fonction de transfert du système
bouclé est donnée par,
K(Kp +pKd )
C(p)G(p) c
Y (p) = 1+C(p)G(p) Y (p) = 1+pτ
K(Kp +pKd ) Y c (p)
1+ +pτ
K(Kp +pKd ) c
= 1+KKp +p(τ +KKd ) Y (p)
Y c (p) 1 + τp
E(p) = = Y c (p)
1 + C(p)G(p) 1 + KKp + p(τ + KKd )
y0c
ε = lim pE(p) = ̸= 0
p−→0 1 + KKd
En réponse à un échelon, l’erreur en régime permanent ne s’annule pas. Mais le régime transitoire
s’améliore grace à l’action dérivée.
Kp
+
E(p) Ki
+ U(p)
p
+
pKd
circuit électronique à base d’amplificateur opérationnel est donné par le schéma de la figure 6.13. Les
C
R2
R1 -
R
+
R4 R
e(t)
R3 -
+
R -
C +
u(t)
1.8
1.6
1.4
1.2
Amplitude
To: Y(1)
0.8
0.6
0.4
0.2 Pente a
0
0 2 4
Tr
Time (sec.)
3.5
2.5
1.5
To
0.5
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
période d’oscillation est Tc = 1.99. En utilisant le tableau 6.1, les paramètres du PID sont,
Pour cet exemple, kc et Tc peuvent être déterminés analytiquement. En effet, le polynôme caractéristique
du système bouclé est donné par,
k 0.1p3 + 1.1p2 + p + k
1+ =
p(p + 1)(0.1p + 1) p(p + 1)(0.1p + 1)
la valeur de k qui donne la limite de stabilité peut être obtenue en appliquant le critère de Routh.
p3 0.1 1
p2 1.1 k
1.1−0.1k
p 1.1 0
p0 k 0
1.1
1.1 − 0.1k = 0 =⇒ kc = = 11
0.1
Pour cette valeur,
√ le système est oscillant à la fréquence racine du polynôme auxiliaire 1.1p2 + 11 = 0,
soit p = ±j 10, ce qui permet d’obtenir,
2π
Tc = √ = 1.99
10
Step Response
1.4
1.2
Basses fréquences
0.8
Amplitude
Hautes fréquence
0.6
Figure 6.17:
0.4
marge de phase sans toucher à la précision en basse fréquences. L’équation temporelle de ce correcteur
est donnée par, 0.2
de(t) du(t)
Kc (aT + e(t)) = T + u(t)
0
0
dt
5 10
dt 15 20 25 30
Time (sec)
avec a > 1. Sa fonction de transfert est,
1
U (p) 1 + aT p p + aT
H(p) = = Kc =K avec K = aKc
E(p) 1 + Tp p + T1
La représentation du correcteur dans le plan de bode est donnée par le schéma de la figure 6.18
Bode Diagram
14
12
10
Magnitude (dB)
60
30
Remarque 6.3.1. Un correcteur PD peut être une approximation du correcteur par avance de phase
(a >> 1).
0
−2 −1 0 1
10 10 10 10
Frequency (rad/sec)
Un circuit permettant la réalisation d’un correcteur par avance de phase est donné sur la figure 6.19.
La fonction de transfert du circuit est,
C
R 1
R
e(t) u(t)
2
U (p) 1 1 + τp R1
C(p) = = τ avec τ = R1 C et k = 1 + >1
E(p) k 1 + kp R2
Si τ
kw << 1 −→ w << k
τ alors,
1
C(p) = (1 + τ p)
k
qui n’est autre que la fonction de transfert d’un PD. Si on note,
1
C(p) = G(p)
k
alors le lieu de G(p) dans le plan de Bode est donné sur la figure 6.20. Il est facile de voir que,
|G(jw)|dB
1 k
ϕ(G(jw)) τ τ
ϕm
k
τ
k−1
φm = arcsin( )
k+1
Sur le tableau suivant, on donne les valeurs de φm en fonction de k.
k 4 6 8 10 12
φm 37◦ 45◦ 51◦ 55◦ 58◦
Une bonne marge de phase doit être 43◦ ≤ ∆Φ ≤ 50◦ .
Un circuit à base d’amplificateur opérationnel réalisant un correcteur par avance de phase est donné sur
la figure 6.21
R2
C1
C2
R
R1 -
R -
+
e(t) +
u(t)
Figure 6.21: Circuit à base d’amplificateurs opérationnels d’un correcteur par avance de phase
k 4 6 8 10 12
φm −37◦ −45◦ −51◦ −55◦ −58◦
R 1 R 2
e(t) u(t)
C
Le lieu de C(p) dans le plan de Bode est donné sur la figure 6.23 Pour kτ w >> 1 −→ w >> 1
kτ ,
1 1
C(p) = +
k kτ p
qui n’est autre que la fonction de transfert d’un PI. Un correcteur par retard de phase est donc une
généralisation d’un PI. Sur le tableau 6.2, on donne les valeurs de φm en fonction de k. La phase φm
introduite par le correcteur est donnée par l’équation 6.1.
1−k k−1
φm = arcsin( ) = − arctan( √ ) (6.1)
1+k 2 k
Un circuit à base d’amplificateur opérationnel assurant la fonction d’un retard de phase est donné sur la
figure 6.24. L’utilisation d’un correcteur par avance ou retard de phase est imposée par le but recherché,
|G(jw)|dB
1
1 τ k 1
kτ τ
w
ϕ(G(jw))
ϕm
R 2
R
R 1 -
+
C
R
R 3 -
R -
+
e(t) +
u(t)
Figure 6.24: Circuit à base d’amplificateurs opérationnels d’un correcteur par retard de phase
i.e., augmenter les marge de stabilité ou augmenter la précision. Dans les deux cas, le choix de la zone
où le correcteur doit agir est primordial, un mauvais choix de ce paramètre risque de provoquer l’effet
inverse. Quoique les effets indésirables sont faibles, l’amélioration de la stabilité agit négativement sur la
précision et l’amélioration de la précision agit négativement sur la stabilité. En règle, l’avance de phase
agit sur les hautes fréquences alors que le retard de phase agit en faibles fréquences.
R3
C1
C2
R1 R4 R
R2 -
R -
+
e(t) +
u(t)
Figure 6.25: Circuit à base d’amplificateurs opérationnels d’un correcteur par avance retard de phase
la consigne et la sortie, puis en déduire la fonction de transfert du correcteur. Pour cela, on considère le
schéma de la figure 6.26.
C(p)G(p)
Y (p) = Y c (p) = H(p)Y c (p)
1 + C(p)G(p)
=⇒ H(p) + C(p)G(p)H(p) = C(p)G(p)
H(p)
=⇒ H(p) = C(p)G(p)(1 − H(p)) =⇒ C(p) =
G(p)(1 − H(p))
Remarque 6.3.2.
• Si l’ordre de H(p) dépasse 2, le choix des performances devient de plus en plus délicat.
Choix de H(p)
Si H(p) peut être choisie comme un second ordre par exemple,
w02
H(p) =
p2 + 2ξw0 p + w02
alors, w0 et ξ sont choisis en fixant le dépassement et l’erreur en vitesse par exemple. En effet,
√
π 1 − ξ2
X1 = exp(− ) avec tan(φ) =
tan(φ) ξ
Θ(P ) 50
H(p) = =
U (p) p(1 + 0.5p)
Déterminons ∆Φ et ∆G. D’après la formule de la marge de phase, ∆Φ = 180 + ϕ(H(jwc )), wc est la
pulsation pour laquelle |H(jw)| = 1.
50
|h(jwc )| = 1 ⇐⇒ √ = 1 ⇐⇒ wc ≃ 10
wc 1 + 0.25wc2
180 180
φ(H(jwc )) = −90 − arctan(0.5wc ) × = −90 − arctan(5) × = −168.7◦
π π
∆Φ = 180 + φ(H(jwc )) = 11.3◦
Pour calculer ∆G, on a besoin de w180 qui est la pulsation pour laquelle φ(H(jw180 )) = −180.
ce qui permet de conclure que ∆G −→ +∞. Le lieu de H(jw) dans le plan de bode est donné sur la
figure 6.27.
La pulsation propre du système est donc w02 = 100, le coefficient d’amortissement ξ = w10 = 0.1, le
√ 2
− tan(φ)
π 1−ξ
dépassement est X1 = e , avec tan(φ) = ξ , donc X1 ≃ 0.73, le dépassement est donc de 73%.
Le temps correspondant au dépassement est tp = √π 2 = 0.321.
w0 1−ξ
Bode Diagram
Gm = Inf, Pm = 11.421 deg (at 9.9002 rad/sec)
60
50
40
Magnitude (dB)
30
20
10
−10
−90
−180
10
−1
Figure 6.28: Bouclage
10 du moteur sur un retour unitaire
0
10
1
Frequency (rad/sec)
Au lieu d’un retour unitaire on utilise une correction tachymétrique dont le schéma est donné sur la figure
6.29. La fonction de transfert du système est,
Θ(p) H(p) 50
F (p) = = = 2
E(p) 1 + λpH(p) 0.5p + p(1 + 50λ)
λp
λp
π
tp = √ = 0.34s
w0 1 − ξ 2
Avec la correction tachymetrique, le temps du dépassement est resté pratiquement le même alors que le
dépassement est réduit de 50%.
k−1
φm = arcsin( ) = 33.7 =⇒ k = 3.5
k+1
Le choix de la zone d’action du correcteur se fait de la façon suivante,
√
k
= wc ≃ 10 =⇒ τ ≃ 0.2
τ
Si on refait les calculs avec ces paramètres, on trouve ∆Φ = 38◦ , cette valeur est due au choix de la zone
d’action du correcteur.
1
Γ(t) p Γ(t − τ) e−τp p1
1 1
t p2
te−at (p+a)2