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Cause — Wikipédia [Link]

org/wiki/Cause

Cause
On entend généralement par cause d’un fait ce qui le produit ou du moins qui participe à sa
production. En cas de cause complexe, on nomme facteurs les éléments qui y participent.
Donner sa cause revient à rendre un fait intelligible en répondant à la question : « Pourquoi
ce fait a-t-il lieu ? »

La donnée des causes peut être conçue comme l'« explication » du fait par excellence. Les
notions de cause et causalité sont liées à celle de déterminisme.

Sommaire
Qu'est ce qu'une cause ?
Différence entre implication et causalité
La « cause » en sciences physiques
La « cause » en probabilités
La « cause » au quotidien
Cause et déterminisme
La cause en philosophie et en épistémologie
La causalité platonicienne
La causalité aristotélicienne
Le mécanisme
La « cause » empiriste : l'analyse de David Hume
La « cause » comme concept pur de l'entendement chez Kant
Le déterminisme scientifique
Cause en français
Cause et raison en philosophie
L'acausalité
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes

Qu'est ce qu'une cause ?

Différence entre implication et causalité

En logique, quand « A implique B », on dit que « A est une condition suffisante pour B ».
Mais B pourrait être vraie sans que A le soit. A n'est donc pas une condition nécessaire pour
B.

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En revanche, quand « A implique B », B est une conséquence nécessaire pour A.

Dans l'implication logique il n'y a, à strictement parler, aucune relation causale.

La « cause » en sciences physiques

On peut poser la question de la cause d'un fait physique expérimental, dès lors qu'on peut
dire clairement si ce fait a eu lieu ou non. À la question « pourquoi tel fait est-il observé ? »
la réponse est toujours un ensemble de conditions initiales du système étudié et de lois
physiques. Ces conditions sont-elles nécessaires ? Il est souvent difficile de le savoir car le
fait pourrait certainement être produit autrement. Sont–elles suffisantes ? Oui, mais prises
ensemble   : tout le dispositif expérimental suffit à produire le résultat, ce qui exclut de
pouvoir répondre à la question « pourquoi ? » de manière simple. L’explication scientifique
se ramène donc à la donnée d’un dispositif expérimental qui suffit à produire le fait observé,
sans que ce dispositif soit nécessaire.

Pour affiner la compréhension du phénomène, le physicien va donc dépouiller son dispositif


pour le réduire au minimum nécessaire à produire le fait, c'est dans ce minimum qu'il va
trouver ce qu'il appellera les causes du phénomènes. On en revient à l'exigence du suffisant
et nécessaire qui satisfait la demande d'explication, comme en mathématiques.

La « cause » en probabilités

Une observation étant affectée d'une incertitude, il arrive fréquemment qu'un modèle de
causalité simple ne suffise pas à le déterminer. Un résultat est accompagné d'un indice de
fréquence, tandis que plusieurs phénomènes, plus ou moins fréquents, pourraient avoir
concouru à l'évènement.

L'inférence bayésienne détermine la probabilité des causes possibles pour une observation.

La « cause » au quotidien

Il faut souligner que les faits dont il est question dans notre expérience quotidienne ne sont
souvent pas aussi simples à expliquer qu'une expérience en physique. Ainsi, la simple
affirmation «Le fait a eu lieu.» peut soulever des difficultés insurmontables. Par exemple, on
peut dire   : «   Il fait beau   » pour tout une gamme de conditions météorologiques qui
dépendent du lieu, de la saison et de l'humeur de celui qui produit le jugement.

Mais, comme en physique, l’ensemble explicatif auquel nous avons recours en guise de
« cause » est un agglomérat de conditions qui ne sont pas toutes nécessaires, mais qui sont
suffisantes (puisque le fait s’est produit). Mais cet agglomérat peut être totalement
insatisfaisant pour l’esprit (on se doutait bien que l’état du monde avait produit le fait) s'il
n'est pas suffisamment restreint. Nous sommes alors contraints de sélectionner dans cet
ensemble une « cause principale », une « explication » qui sera suffisamment particulière
pour satisfaire notre curiosité. Souvent, cette cause ne sera ni nécessaire, ni suffisante.
Pourtant elle nous semblera une explication satisfaisante.

On le voit, la donnée des causes d'un fait au quotidien revient presque toujours à isoler dans
l'incroyable complexité du monde un fait antérieur notable qui semble être suffisant à

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produire le fait à expliquer, le reste du monde fonctionnant comme d'habitude. Alors


survient le vécu de compréhension.

Cause et déterminisme

[interprétation personnelle]

Il faut distinguer causalité, cause, déterminisme.

La causalité, c'est le rapport de cause à effet : par exemple, il y a causalité entre le


ruissellement des eaux et la constitution des cours d'eau. C'est aussi un principe,
philosophique, d'après lequel « tout phénomène a une cause et, dans les mêmes
conditions, la même cause est suivie du même effet. » La cause est une notion,
universelle, désignant ce qui produit l'effet, une force productive engendrant un effet et
se prolongeant en lui.
Le déterminisme est soit un principe, soit une notion. Le principe de déterminisme dit
que tous les phénomènes naturels sont liés les uns aux autres par des relations
invariables appelées lois sans qu'il faille chercher la cause : il suffit de parler de
relations fonctionnelles, au lieu de forces productrices. La notion de déterminisme
désigne l'ensemble des conditions nécessaires pour un phénomène. Par exemple, on
connaît le déterminisme du scorbut : l'absence ou l'insuffisance, dans l'alimentation,
des vitamines C (quant à la cause, ce peut être la misère, l'ignorance…).

La cause en philosophie et en épistémologie

La causalité platonicienne

Platon énonce le principe de la causalité : « Sans l'intervention d'une cause, rien ne peut être
1 2
engendré »  ; dans sa cosmologie , Platon fait intervenir cinq facteurs : le démiurge (qui
symbolise le pouvoir causal, le principe organisateur de l'univers), les Idées (à imiter), la
matière informe (χώρα / khora, l'emplacement), l'Âme du monde, le corps du monde. Plus
tôt, dans la République, il emploie le même schéma, avec en tête la Cause, « l'Idée de Bien »
(508 d, 509 b), Père du visible (509 b), puis les Idées (les Formes intelligibles), puis les êtres
mathématiques (510 b), enfin, en bas les êtres visibles (les réalités sensibles), sans parler des
simulacres (509 e).

La causalité aristotélicienne

Pour Aristote, causes (αἰτία / aitia) et effets sont simultanés. Pour tout être ou toute chose, il
distingue quatre causes qui agissent ensemble. Le chapitre 3 du livre II de sa Physique leur
est entièrement consacré.

« On appelle cause, en un premier sens, la matière immanente [la cause matérielle]
dont une chose est faite : l'airain est la cause de la statue... Dans un autre sens, la
cause, c'est la forme et le paradigme [la cause formelle], c'est-à-dire la définition de la
quiddité [l'essence qui se devait d'être réalisée]... La cause est encore le principe
premier du changement ou du repos [la cause efficiente ou encore la cause motrice] :
l'auteur d'une décision est cause de l'action, et le père est la cause de l'enfant... La
cause est aussi la fin, c'est-à-dire la cause finale ; par exemple, la santé est la cause

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de la promenade » (Aristote, Métaphysique, Livre Δ (Delta), 2, 1013 a 24).

La cause matérielle et la cause formelle sont immanentes ; le moteur et la fin sont des causes
extérieures. Par exemple, pour une maison :

Cause matérielle : le bois et les pierres ou les briques ;


Cause formelle : la disposition particulière de ces matériaux, le plan ;
Cause efficiente (ou cause motrice) : l'architecte et les ouvriers qui l'ont construite ;
Cause finale : la fonction que cette maison est destinée à remplir.

Mais la fin c’est la forme (la maison à bâtir et l’idée de maison) et c’est aussi celle qui agit
3
dans le moteur (l’idée de maison dans l’esprit de l’architecte) . Dans l’Éthique à Nicomaque
et dans La Physique, Aristote met l'accent sur la cause finale, et montre comment toutes les
autres s'y ramènent : la finalité est d'atteindre son essence propre (sa forme) et les causes
efficientes servent à rendre réel ce dessein. Seule la cause matérielle ne peut se réduire à la
finalité. On reproche souvent à Aristote d'avoir confondu la « cause » au sens physique (que
ne recouvre que partiellement la notion de cause efficiente) avec la «   raison   », au sens
éthique et métaphysique, qui correspond à la cause finale.

La scolastique accepte les quatre causes d'Aristote, en les regroupant en "causes


intrinsèques" (matérielle, formelle) et "causes extrinsèques" (efficiente, finale). Elle en
ajoute d'autres.
4
« cause première » et « cause seconde ». Thomas d'Aquin distingue : toute cause
créée est seconde par rapport à Dieu cause première (prima causa) et universelle, car
« la cause première est Dieu ».
« cause universelle » et « cause particulière ». Une cause particulière (par ex. une
5
planète) est subordonnée à une cause universelle (par ex. le ciel) .
« cause principale » et « cause instrumentale » : la cause instrumentale (causa
instrumentalis) n'agit que par et sous la notion de la cause principale (causa
principalis), dont elle transmet l'efficience à l'effet produit. L'ouvrier est cause
principale, l'outil cause instrumentale.
« cause par soi » et « cause par accident ». La causa per se produit l'effet propre
auquel elle est ordonnée, alors que la causa per accidens produit un effet qui s'ajoute
de façon accessoire. Les causes sont cause par soi ou cause par accident. La cause
par soi est cause de l’effet en tant que tel : l’architecte cause efficiente de la maison, le
bois cause matérielle de l’escabeau. La cause par accident est un accident de la
cause par soi : si un grammairien bâtit une maison, le grammairien est bien cause
efficiente de la maison, mais cause par accident, car ce n’est pas en tant que
grammairien qu’il bâtit la maison : c’est en tant que le constructeur est, par accident
6
grammairien.
« cause en acte » et « cause en puissance ». « Les causes sont cause en acte ou
cause en puissance. La cause en acte est celle qui produit présentement son effet : le
constructeur pendant qu’il construit, la pierre dont est faite la statue. La cause en
puissance est celle qui, bien qu’elle ne produise présentement aucun effet, est
susceptible d’en produire: le constructeur qui ne construit pas, mais peut construire ; la
7
pierre qui n’est pas encore statue . »
« cause prochaine » et « cause éloignée ». Dans la « cause prochaine », l'effet produit
est immédiat, alors que dans la « cause éloignée » il y a une série causale.
causa fiendi et causa essendi. La causa fiendi (cause de devenir) fait qu'une chose
devient ce qu'elle est, sans produire par elle-même l'être ; et la causa essendi (cause
d'être) est celle dont l'effet ne peut subsister quand la cause disparaît. Gilson note :
« L'homme engendre un homme indépendant de lui, il en est causa fiendi ; le soleil

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engendre la lumière, et la lumière cesse dès que le soleil se cache, il en est causa
8
essendi . »

Les modernes expliqueront la stagnation des sciences physiques au Moyen Âge par la
contrainte qu'exerçait la philosophie aristotélicienne adoptée par la théologie
scolastique. [réf. nécessaire]

La remise en question de la notion de cause physique coïncidera avec la constitution des


sciences physiques en tant que science indépendante de la métaphysique, et avec la
révolution copernicienne.

Le mécanisme

Le mécanisme au XVIIe siècle vise à réduire tous les phénomènes physiques à des chocs entre
particules ayant des propriétés mécaniques très simples telles que l'élasticité parfaite, la
sphéricité,... Ainsi, la température d'un système correspond à la vitesse moyenne des
particules qui le composent, la pression au choc de ces particules contre la frontière du
système, ... L'explication mécaniste ne laisse ainsi aucun mystère sur les relations cause-
effet : il s'agit de chocs dont les lois sont parfaitement connues et expriment la conservation
de la quantité de mouvement. Ayant suscité l'espoir de comprendre la nature de la
connexion causale, ce mécanisme constitue un modèle «   indépassable   » d'explication
scientifique satisfaisante pour l'esprit. Malheureusement, le mécanisme ne viendra jamais à
bout des phénomènes de gravitation, contrairement à la théorie newtonienne qui, elle,
admet l'idée (un peu mystérieuse) d'action à distance. [réf. nécessaire]

La « cause » empiriste : l'analyse de David Hume

[réf. nécessaire]
Quand un événement en cause un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la
connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second
terme du premier. Or, David Hume remarque que nous ne percevons rien d'autre dans
une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre
connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas totalement empirique. Mais alors d'où,
hormis de la perception, pourrions-nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous
puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se
sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente
que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction
constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est
tout ce que nous pouvons connaître de la causalité, i.e. nos idées ne peuvent pénétrer plus
avant dans la nature de la relation de la cause à effet.

La difficulté présentée par Hume est telle que des « humiens » comme Bertrand Russell
ont entièrement rejeté l'idée de causalité, cette idée relevant, selon eux d'une sorte de
« superstition populaire ». Mais, quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui
justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour
Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos
habitudes et de notre système nerveux. Cette croyance est donc indéracinable, mais elle
ne peut être prouvée par aucune sorte d'argument (déductif ou inductif).

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La « cause » comme concept pur de l'entendement chez Kant

Emmanuel Kant n'est pas satisfait par la conception de Hume : pour lui, l'idée de causalité
ne peut venir de l'expérience et de l'habitude. Elle fait partie des concepts a priori qui sont
eux-mêmes le fondement de l’expérience. [réf. nécessaire]

Le déterminisme scientifique

La cause en philosophie des sciences : même si, on l’a vu, la causualité en physique est à
manier avec précaution, elle tient une place importante en philosophie de la physique. Car si
on peut lire des livres entiers de théories physiques sans qu’il n’y soit jamais fait mention de
« cause », l’épistémologie est au contraire « obsédée » par la causalité. L’idée fondamentale
de toute science véritable est que les faits n’arrivent pas par hasard, que leur production est
la conséquence de faits qui l’ont précédés. La science refuse de croire que les faits se
produisent sans causes, spontanément. Poussé à l’extrême, cette position s’exprime dans le
déterminisme : étant donné un état du monde à un instant donné, alors son état dans un
instant ultérieur est alors entièrement déterminé (sans qu’il soit forcément possible de le
connaître, ce qui nécessiterait des moyens dépassant les capacités humaines, et qui seraient
même peut-être théoriquement impossibles). « Déterminé » signifie qu’aucun autre état ne
serait possible étant donné l’état antérieur. [réf. nécessaire]

Cause en français
En français, il existe beaucoup d'expressions retenant le mot « cause » quelques exemples :

À cause de… (pour exprimer un sujet parfois péjorativement, l'inverse de « grâce


à… ») ;
En cause de… (pour exprimer un sujet parfois péjorativement, l'inverse de « grâce
à… ») ;
C'est à cause… (de ; du…) (pour remplacer « c'est la faute » (de ; du…)) ;
Cause (à ; au…) (peu employé, toujours dans le sens d'exprimer un sujet parfois
péjorativement, l'inverse de « grâce à… »).

Cause et raison en philosophie


Pour un rationaliste, cause et raison sont identiques. Causa sive ratio : la cause, ou raison.
La causalité donne de l'intelligibilité. « La charge de la rationalité incombe principalement,
sinon exclusivement, à la causalité. La cause permet de rendre raison de la chose : du fait
qu'elle soit, de ce pourquoi elle est, de ce qu'elle est et de ses changements. Cette thèse en
9
suppose une autre : la causalité ne confère l'intelligibilité qu'en portant sur tout étant . » On
trouve l'équivalence peut-être chez Descartes, certainement chez Spinoza, Leibniz. Spinoza :
« Pour toute chose, on doit pouvoir assigner une cause ou raison qui explique pourquoi elle
existe ou pourquoi elle n'existe pas. Par exemple, si un triangle existe, il faut qu'il y ait une
raison, une cause de son existence. S'il n'existe pas, il faut encore qu'il y ait une raison, une
cause qui s'oppose à son existence, ou qui la détruise. Or cette cause ou raison doit se
trouver dans la nature de la chose, ou hors d'elle. Par exemple, la raison pour laquelle un
cercle carré n'existe pas est contenue dans la nature même d'une telle chose, puisqu'elle
10
implique contradiction . » Leibniz aboutit au principe de raison suffisante : « Le principe

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de raison suffisante pose que toute proposition vraie, qui n'est pas connue par soi, reçoit une
preuve a priori, c'est-à-dire que l'on peut rendre raison de toute vérité, ou encore — pour le
11
dire vulgairement — que rien n'arrive sans cause . » On ne trouve jamais la cause exacte de
vérités contingentes, non nécessaires, mais on peut en trouver une raison suffisante, qui
suffit à justifier l'existence de telle chose plutôt que telle autre.

L'acausalité
[réf. à confirmer] 12
Hubert Reeves cite quatre expériences de physique qui semblent mettre à
mal la notion de cause, faire entrer « dans le monde acausal ».

La désintégration des atomes.

Le fait que les atomes se désintègrent spontanément (ou radioactivité), passant d'une vie à
une demi-vie puis à de moins en moins de protons, est perçu comme une preuve
d'acausalité.

« Jusqu'ici nous sommes en pleine causalité. Une cause : la charge excessive,


un effet : la cassure [de l'atome]. Mais si nous demandons pourquoi tel atome
se casse en premier et tel atome ensuite, il semble bien que nous plongions
dans l'acausalité. La très grande majorité des physiciens s'accordent
aujourd'hui pour dire qu'il n'y a là aucune raison de quelque nature qu'elle
soit […] Nous savons pourquoi les atomes éclatent, mais pas pourquoi ils
éclatent à un instant donné. »

Le paradoxe d'Einstein-Podolsky-Rosen.

L'expérience E.P.R. (pour Einstein-Podolski-Rosen) dans lequel deux particules se


comportent de manière coordonnée entre elles mais cependant aléatoire par rapport aux
conditions initiales, alors que leurs positions leur interdisent de s'échanger des signaux (ou
alors des signaux supraluminiques voire rétrochrones, selon les variantes de l'expérience)
démontre en physique moderne l'incapacité de penser le monde de manière causale. Reeves
pense ainsi que cette expérience montre l'existence d'un plan d'informations consistant en
« une présence continuelle de toutes les particules dans tout le système, qui ne s'interrompt
pas une fois qu'elle a été établie. […] Ce paradoxe trouve sa solution quand on reconnaît que
la notion de localisation des propriétés n'est pas applicable à l'échelle atomique ».

La lueur fossile.

« Les atomes qui, il y a quinze milliards d'années, ont émis ce rayonnement étaient tous à la
même température. (Pourtant), ces atomes n'avaient pas et n'avaient jamais eu de relations
causales. »

Le pendule de Foucault.

« Si je lance le pendule dans la direction d'une galaxie lointaine bien déterminée, il gardera,
par la suite, cette orientation. Plus précisément, si une galaxie lointaine se trouve au départ
dans le plan d'oscillation, elle y restera. Tout se passe comme si le pendule en mouvement
choisissait d'ignorer la présence, près de lui, de notre planète, pour orienter sa course sur les
galaxies lointaines. Quelle est la force mystérieuse qui véhicule cette influence ? Le physicien
Mach a proposé d'y voir une sorte d'action du « global » de l'univers sur le « local » du

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pendule. »

Michel Cazenave ajoute des phénomènes psychologiques.

Les expériences extra-sensorielles.

Les expériences parapsychologiques comme la télékinésie ou la télépathie, étudiées


statistiquement par Joseph Rhine (1934) sous le nom de perception extra-sensorielle,
forment une classe de phénomènes appuyant l'acausalité. Jung explique à leur sujet : « Ne
devrions-nous pas quitter tout à fait les catégories spatio-temporelles quand il s'agit de la
psyché ? Peut être devrions-nous définir la psyché comme une intensité sans étendue et non
point comme un corps qui se meut dans le temps ».

La relation corps-esprit.

Michel Cazenave a été le premier à lancer l'idée que la synchronicité serait à l'origine de la
somatisation, et plus généralement de la symbiose corps-esprit, visible lors de certains états
13
maladifs ou pathologiques. Le Docteur Bernard Long y voit ainsi la loi de l'homéopathie.

La notion de synchronicité chez Carl Gustav Jung (1952) donne cette définition :
« relations acausales ».

[réf. à confirmer]

Notes et références
1. Timée, 28 a.
2. Timée, 29-50.
3. Léon Robin, Aristote, P.U.F., 1944, p. 150.
4. Philippe-Marie Margelidon et Yves Floucat, Dictionnaire de philosophie et de théologie
thomistes, Parole et Silence, 2011, p. 59-61.
5. Thomas Litt, Les corps célestes dans l'univers de saint Thomas d'Aquin, Louvain, 1963.
6. Thomas d'Aquin, Les principes de la réalité naturelle, chap. V : Diverses manières d'être
des causes, trad., Nouvelles éditions latines, 1963.
7. Thomas d'Aquin, Les principes de la réalité naturelle, chap. V.
8. Gilson, Le thomisme, Vrin, 1997, p. 231. Thomas d'Aquin, Compendium theologiae,
chap. 198.
9. Vincent Carraud, Causa sive ratio. La raison de la cause, de Suarez à Leibniz, PUF,
2002.
10. Spinoza, Éthique, I, prop. XI, autre démonstration.
11. Leibniz, Specimen inventorum de admirandis naturae generalis arcanis. Des
découvertes prouvant qu'il faut admirer les secrets de la nature, in Philosophischen
Schriften, t. VII, p. 309. Trad. Sarah Carvallo-Plus, Leibniz, Hachette, 2001, p. 47.
12. Hubert Reeves, "Incursion dans le monde acausal", apud La synchronicité, l'âme et la
science (1984), Albin Michel, 1995, p. 11-19.
13. [1] ([Link]

Voir aussi

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Bibliographie
Aristote, La Physique, Éthique à Nicomaque
David Hume, Traité de la nature humaine
Emile Meyerson, Identité et réalité
Bertrand Russell, La Méthode scientifique en philosophie
Karl Popper, L'Univers irrésolu

Articles connexes
Causalité 
Quatre causes Sur les autres projets Wikimedia :
Étiologie cause, sur le Wiktionnaire
Téléologie
Loi
Lien de causalité
Principe de raison suffisante
Cause en droit civil français

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