Diagnostic de l'hémophilie et hémorragies
Diagnostic de l'hémophilie et hémorragies
clinique et biologique
de l’hémophilie
et des autres désordres hémorragiques héréditaires
Guide pour le diagnostic
clinique et biologique
de l’hémophilie
et des autres désordres hémorragiques héréditaires
Préambule
Ce guide, tant à l’usage du clinicien que du biologiste, a pour objectif de résumer les principaux
éléments conduisant au diagnostic et permettant une prise en charge médicale adaptée des troubles
hémorragiques constitutionnels de l’hémostase primaire et de la coagulation. Il s’agit d’un guide au
sens de la démarche diagnostique et thérapeutique qui pourra servir d’aide au lecteur pour mieux
comprendre ces pathologies rares, mais dont la prévalence fait que plusieurs milliers de malades en
sont atteints sur le territoire algérien.
Il est donc important de pouvoir reconnaitre ces maladies au travers de signes cliniques évocateurs
et d’éléments biologiques demandés de façon précise afin de servir la démarche diagnostique et de
détecter rapidement les complications qui peuvent résulter de la thérapeutique, telles l’apparition
d’anticorps anti-facteur VIII ou anti-facteur IX. En effet, pour bien traiter, il faut bien comprendre
la physiopathologie de ces affections et donc la physiologie dynamique de ces processus intriqués
de l’hémostase qui conduisent en quelques minutes à fermer efficacement une brèche vasculaire
et entamer le processus de réparation tissulaire. Il faut également savoir comment interpréter
correctement des résultats d’examens biologiques complémentaires et peut être plus important
encore comment les demander à bon escient, qu’en attendre et connaitre leurs limites.
De manière générale, le cadre des maladies rares, du fait de leur faible incidence ou prévalence,
impose un travail étroit entre le biologiste et le clinicien, qui nécessite une compréhension mutuelle.
Ce besoin est d’autant plus important que ces maladies touchent les individus durant la totalité de leur
existence et que celle-ci peut être émaillée de complications imprévisibles telles que les complications
immunologiques. Ainsi le pédiatre, l’hématologue et le biologiste doivent mettre en œuvre cette
coopération pluridisciplinaire nécessaire à la prise en charge organisée des malades présentant ces
affections. Ils constituent ensemble le socle de la structure d’hémostase clinico-biologique à laquelle
viennent s’ajouter d’autres partenaires tels que le rhumatologue, l’orthopédiste, le rééducateur, le
radiologue, ou encore l’infectiologue, sans oublier le personnel paramédical (infirmière coordinatrice,
kinésithérapeute, psychologue…).
2. Physiologie de l’hémostase
2.1 Hémostase primaire P. 01
2.1.1 Acteurs P. 01
2.1.2 Déroulement P. 01
2.2 Coagulation P. 01
2.2.1 Acteurs P. 01
2.2.2 Déroulement P. 01
2.3 Fibrinolyse P. 01
3. Approche diagnostique
3.1 Circonstances de découverte P. 01
3.2 Interrogatoire P. 01
3.3 Examen clinique P. 01
3.4 Caractère héréditaire P. 01
3.5 Manifestations cliniques d’un syndrome P. 01
hémorragique
3.6 Éliminer une cause acquise P. 01
3.7 Cas particulier du nouveau- né P. 01
3.8 Orientation diagnostique P. 01
4. Exploration de l’hémostase
4.1 Prélèvements P. 01
4.2 Préparation des plasmas : P. 01
4.3 Exploration de l’hémostase primaire P. 01
4.4 Exploration de la coagulation P. 01
4.5 Contrôle de qualité P. 01
Annexes P. 01
Équipements d’un laboratoire d’hémostase
Exemple de courbe
Tableaux
Tableau 1 : Les facteurs de la coagulation
Tableau 2 : Les principaux inhibiteurs de la coagulation
Tableau 3 : Principales étiologies des pathologies acquises de la coagulation
Tableau 4 : Principales pathologies hémorragiques de la coagulation chez le nouveau né et tests
d’exploration
Tableau 5 : Tableau représentant quelques anomalies d’agrégation plaquettaire
Tableau 6 : La classification du type et du sous type de la maladie de Von Willebrand
Tableau 7 : Symptomes liés au type de déficit congénital en fibrinogène
L’hémostase se déroule en plusieurs temps, qui d’ailleurs s’imbriquent : temps vasculaire et temps
plaquettaire constituant l’hémostase primaire, temps plasmatique, constituant l’hémostase
secondaire.
L’hémostase primaire permet la formation d’un thrombus blanc ou clou plaquettaire.
Le temps plasmatique constitue la coagulation proprement dite; elle aboutit à la formation d’un
« thrombus rouge » ou caillot de fibrine constitué d’un réseau de fibrine insoluble contenant dans
ses mailles des éléments figurés du sang. Il renforce le clou plaquettaire fragile de l’hémostase
primaire pour arrêter définitivement l’hémorragie. Par la suite, le caillot est le siège de phénomènes
de rétraction et de fibrinolyse.
L’hémostase primaire fait intervenir la paroi endothéliale du vaisseau, les plaquettes, le facteur
Willebrand et le fibrinogène.
La coagulation est possible grâce à une cascade de réactions d’activation des différents facteurs et
à la présence de phospholipides.
C’est l‘anomalie d’un ou de plusieurs facteurs qui est à l’origine des pathologies hémorragiques, les
étiologies peuvent être acquises ou héréditaires.
Le diagnostic des anomalies héréditaires de l’hémostase est guidé par l’interrogatoire et la clinique
qui permettent d’évoquer et même parfois d’affirmer le caractère héréditaire et rattacher le ou les
signes cliniques à un déficit donné.
La clinique va guider la prescription des tests biologiques et dans un souci d’économie et d’efficacité
on commencera par les plus simples.
Les progrès de l’exploration biologique permettent des diagnostics de plus en plus précis mais il n’en
demeure pas moins que des règles de base doivent être respectées : prélèvements faits dans les
normes et données de l’examen clinique fournies au biologiste.
Seuls les troubles héréditaires à l’origine de saignement seront étudiés dans ce guide. Les troubles
acquis seront évoqués dans le diagnostic différentiel. Les thromboses et la fibrinolyse ne seront pas
abordées.
Ce guide est élaboré par un groupe d’experts, il s’adresse aux techniciens en biologie, aux médecins
généralistes et aux spécialistes.
Son objectif est d’être un support aux personnels de santé prenant en charge les désordres
héréditaires concernant la démarche diagnostique aussi bien clinique que biologique. Il comporte
un chapitre détaillé illustré sur les différentes techniques de base au laboratoire.
2. Physiologie de l’hémostase
L’hémostase est l’ensemble des mécanismes qui concourent à maintenir le sang à l’état fluide à
l’intérieur des vaisseaux (arrêter les hémorragies et empêcher les thromboses). On distingue trois
temps : l’hémostase primaire ferme la brèche vasculaire par un «thrombus blanc» (clou plaquettaire),
la coagulation consolide ce premier thrombus en formant un réseau de fibrine emprisonnant des
globules rouges (thrombus rouge), et la fibrinolyse permet la destruction des caillots ou la limitation
de leur extension
L’hémostase primaire fait intervenir le vaisseau sanguin, les plaquettes, le fibrinogène et le facteur
von Willebrand.
Toutes les parois vasculaires de l’organisme sont construites sur un schéma identique (Figure 1).
L’intima est faite d’une couche continue monocellulaire de cellules endothéliales (l’endothélium),
séparée du sous-endothélium par la membrane basale.
L’endothélium vasculaire est thrombo-résistant c’est-à-dire qu’il empêche toute activation
plaquettaire alors que le sous-endothélium comporte des microfibrilles constituées de collagène qui
est thrombogène.
- La média est riche en fibres musculaires qui permettent la vasoconstriction et en fibroblastes.
- L’adventice fait le lien avec les autres structures tissulaires péri-vasculaires : vasa vasorum et
ramifications nerveuses.
Cellule anucléé du sang de 2 à 4 microns, elle est issue de la fragmentation, dans la moelle osseuse,
du cytoplasme d’un précurseur appelé mégacaryocyte. Sa durée de vie dans la circulation est courte
4 à 8 jours.
Le taux normal de plaquettes est de 150 000 à 400 000 /mm3 chez l’adulte. Elles circulent dans les
vaisseaux à l’état non activé.
Lorsque l’on met une goutte de sang sur une lame, qu’on l’étale et que l’on colore cette lame au
MGG pour l’examiner au microscope, les plaquettes peuvent apparaître soit isolées, soit groupées
en amas (Figure 2)
Les plaquettes portent les antigènes érythrocytaires ABO, les antigènes HLA et des antigènes
spécifiques déterminants 5 groupes: les antigènes HPA (Human Platelet Antigen).
A B C
Figure 2 : Images de frottis de sang coloré au MGG et observé en microscopie optique Grossissement X100
(A) : Plaquettes regroupées en amas, (B) Plaquettes isolées,(C) :Plaquettes et éléments figurés du sang :
plaquette (1) polynucléaire (2) lymphocyte (3).
Plus d’info :
La microscopie électronique permet de visualiser la structure des plaquettes (Figure 3).
Chaque plaquette est constituée d’une membrane et d’un cytoplasme riche en granules :
[Link] Fibrinogène :
De plus le fibrinogène intervient dans l’hémostase primaire en formant des ponts inter-plaquettaires
permettant l’agrégation plaquettaire.
C’est une glycoprotéine multimérique synthétisée dans les cellules endothéliales (70%) et les
mégacaryocytes (30%).
Il circule dans le sang lié au facteur VIII qu’il protège contre la protéolyse. Ainsi, une diminution
importante du VWF entraînera une diminution du FVIII.
De plus il permet l’adhésion des plaquettes au sous endothélium par l’intermédiaire du complexe
GPIb-IX-V.
Le premier phénomène est une vasoconstriction qui permettra de réduire le flux sanguin et favori-
sera les interactions moléculaires et cellulaires au niveau des structures sous endothéliales mises à
nu par la brèche vasculaire.
Il comprend l’adhésion aux structures endothéliales, l’agrégation des plaquettes entre elles et la
sécrétion de leur contenu granulaire.
Plus d’info :
Adhésion plaquettaire :
Les plaquettes se retrouvent en contact avec le sous-endothélium et vont y adhérer grâce
au facteur von Willebrand par l’intermédiaire du complexe GPIb-IX- V.
Une première couche monocellulaire de plaquettes se constitue. Les plaquettes adhérentes
s’activent et recrutent d’autres plaquettes circulantes.
Activation plaquettaire
Cette étape d’activation est marquée par des modifications morphologiques et des réactions
biochimiques. Les plaquettes vont être stimulées par l’ADP, le collagène, l’adrénaline et la
thrombine (IIa), par l’intermédiaire de récepteurs spécifiques.
Cette interaction aboutit à une augmentation de la concentration du Ca++ intra
cytoplasmique.
Sur le plan morphologique (Figure 4), les plaquettes qui ont adhéré vont perdre leur
forme discoïde (de repos) pour prendre la forme d’une sphère qui émet des pseudopodes
La membrane subit des modifications structurales :
- Redistribution des PL membranaires de manière à ce que des molécules de
phosphatidylserine (PS) soient extériorisées par un mécanisme enzymatique nécessitant
de l’énergie, désigné par le terme de Flip-Flop. Ces molécules chargées négativement vont
permettre la concentration des facteurs de la coagulation. Ce phénomène est appelé
l’activité procoagulante plaquettaire.
- l’activation plaquettaire et les changements morphologiques aboutissent à l’augmentation
et à la redistribution des complexes GPIIb-IIIa.
Enfin les plaquettes vont libérer les substances contenues dans leurs granules α et denses.
Plus d’info :
Agrégation plaquettaire :
Sur la première couche de plaquettes se fixent d’autres plaquettes. Les complexes GPIIb-IIIa
des plaquettes déposées en couches vont établir des ponts grâce au fibrinogène (Figure 6). Un
thrombus fragile est ainsi formé (agrégation réversible). Parallèlement, la libération de thrombine
va permettre l’agrégation irréversible des plaquettes. De ce fait, l’agrégat plaquettaire devient
plus résistant constituant le thrombus blanc ou clou plaquettaire. (Figure 7)
Collagéne Autre
FT facteurs
2. Physiologie de l’hémostase
L’hémostase primaire a permis la formation d’un thrombus blanc ou clou plaquettaire mais ce
dernier est fragile. L’étape suivante ou coagulation va aboutir a la formation d’un « thrombus rouge »
ou caillot constitué d’un réseau de fibrine insoluble contenant dans ses mailles les éléments figurés
du sang, qui permet de colmater la brèche vasculaire et d’arrêter l’hémorragie.
Ultérieurement, 24 à 72 heures après, se produit la rétraction du caillot par contraction des
plaquettes. Parallèlement le processus de fibrinolyse s’active et permettra ainsi la dissolution du
caillot rétracté. Durant ce temps, se produisent la réparation et la cicatrisation de la lésion vasculaire
initiale.
Activité
Taux minimum
N° Facteur Nom Synthèse C en mg/ml Demi-vie plasmatique
nécessaire
normale *
40%<5% dans
Facteur II Prothrombine Hépatique, 100 -150 3-4 jours
sérum
SRH : système réticulo –histiocytaire. Les facteurs II, VII, IX, X (PPSB : Prothrombine, Pro-
* Valeurs obtenues chez l’adulte. convertine, facteur antihémophilique B et facteur
** Tous groupes sanguins ; le taux de VIII : C varie en Stuart) portent des résidus gamma- carboxylés qui leur
fonction du groupe sanguin, il est plus faible chez les sujets permettent de fixer le calcium et de se lier aux phospho-
de groupe O. lipides membranaires de la plaquette.
*** Le taux minimal nécessaire est inconnu vu que son La gamma-carboxylation nécessite la présence de vita-
déficit n’entraîne pas d’hémorragie mine K d’où le nom de facteur vitamine K dépendant.
Elle est assurée par un système inhibiteur de protéines plasmatiques classées en trois groupes
(Tableau 2)
• les inhibiteurs des serines protéases, principalement l’anti-thrombine
• le système protéine C- protéine S.
• l’inhibiteur de la voie extrinsèque (TFPI : Tissu Factor Pathway inhibitor)
Une série d’activations enzymatiques en cascade va aboutir à la formation d’une enzyme puissante la
thrombine qui transforme le fibrinogène en fibrine : c’est le processus de coagulation qui se déroule
en 3 étapes : formation de la prothrombinase, la génération de la thrombine et la formation de
fibrine par la thrombine (Figure 8)
La coagulation du sang passe par trois phases successives, son initiation ou déclenchement du
processus, son amplification qui permet une plus grande efficacité et sa propagation qui doit être
limitée par les processus de régulation.
- L’exposition des constituants de la paroi vasculaire (en particulier le facteur von Willebrand, et
le collagène) dont l’interaction avec les plaquettes sanguines va entraîner leur adhésion,
activation et finalement leur agrégation (voir chapitre hémostase primaire).
- la libération par les cellules endothéliales, les monocytes, les fibroblastes ou autres cellules lésées
d’un phospholipide appelé le facteur tissulaire (FT). Une série d’activations enzymatiques en
cascade va se déclencher en présence de l’excès de FT dont les étapes sont :
2. Physiologie de l’hémostase
Le FT forme un complexe avec le facteur VIIa circulant, lequel active le facteur X. Les plaquettes
qui ont été activées lors de leur adhésion exposent les phospholipides chargés négativement, phos-
phatidyl éthanolamine et phosphatidyl sérine (PE et PS), ce qui permet la liaison du facteur Xa
avec son coenzyme le Va, liés par les ions Ca++. Ce complexe Xa –Va lié par les ions Ca ++ aux PL
plaquettaires est appelé le complexe prothrombinase.
Cette voie d’initiation est prépondérante en excès de facteur tissulaire lors d’une blessure vasculaire.
Le complexe FT-VIIa peut également activer le IX en IXa lequel en se liant au VIIIa à la surface
des plaquettes par des ponts calciques (ions Ca++) forme le complexe ténase. Cette ténase active
le X en Xa ce qui aboutit également à la formation de la prothrombinase. (Figure 8).
Amplification : Les premières traces de thrombine activent les facteurs V en Va et VIII en VIIIa
qui forment les coenzymes des complexes prothrombinase et ténase. Le résultat est donc une
augmentation de la concentration de la thrombine générée. Cette action en amont de sa propre
formation permet d’amplifier le processus de coagulation pour le rendre plus efficace.
C- Formation de la fibrine
Ainsi outre la dégradation du fibrinogène en fibrine, la thrombine a plusieurs autres impacts d’action :
activation des coenzymees V et VIII , du XIII et des plaquettes sanguines.
Hémostase
1. Les cellules sous-endothéliales situées dans la zone de la lésion
vasculaire exposent le facteur tissulaire (FT) à leur surface.
Le facteur VIIa forme un complexe avec le FT et amorce l'hémostase.
2. Après plusieurs étapes intermédiaires, le facteur X (FX)
devient activé à la surface des plaquettes activées
et se lie au facteur Va (FVa).
3. Le complexe FXa/FVa transforme
des quantités importantes 1 Phase d'initialisation
de prothrombine en thrombine, 1. Une altération de la paroi
engendrant ainsi un vasculaire est à l’origine
“pic de thrombine” d’un contact entre le sang
massif. et les cellules sous-endothéliales.
4. Ce “pic de Le facteur tissulaire (FT) est exposé
thrombine” TF 4 et se lie au FVIIa ou FVII, qui est
transforme VIIa ensuite activé en FVIIa.
le fibrinogène 1
2. Le complexe FT/FVIIa active le
Thrombine
en fibrine, ce FIX et le FX.
qui provoque Thrombine Paroi 3. Le FXa se lie au
la formation 3
vasculaire
FVa sur la
2
d'un caillot Plaquette Va Xa surface
stable. activée TF 1
VIIa cellulaire.
IXa
Lumière 2
vasculaire
IX
VIIIa
IXa X
X Va Xa
3
Lésion vasculaire
Va Xa Prothrombine
XIIIa
XIIIa 1
XIIIa XIIIa
XIIIa
4 Thrombine
2
V
propagation Thrombine
Plaquette
1. Le complexe 2 2 Phase
FVIIIa/FIXa active Plaquette Va Xa
activée d'amplification
le FX à la surface des VIIIa
Prothrombine
1. Le complexe FXa/FVa
plaquettes activées. IXa
1 X
transforme de faibles quan-
2. Le FXa, en association = Activation tités en thrombine.
au FVa, transforme d’importantes 2. La faible quantité de throm-
quantités de prothrombine bine générée active localement
en thrombine, engendrant ainsi un “pic de thrombine”. les FVIII, FV, FXI et les plaquettes.
3. Le “pic de thrombine” provoque la transformation Le FXIa transforme le FIX en FIXa.
du fibrinogène en fibrine. Les plaquettes activées fixent les
4. Aboutissant à la formation d’un caillot de fibrine stable. FVa, FVIIIa et FIXa.
2. Physiologie de l’hémostase
In vitro la génération de la thrombine peut être obtenue :
- par addition de substance tissulaire c’est la voie exogène mesurée par le temps de Quick (TQ)
- soit par addition d’un activateur du facteur XII (kaolin, acide ellagique, silice micronisée) c’est la
voie endogène mesurée par le temps de céphaline activée (TCA) .
La distinction entre voie exogène et endogène est importante pour l’exploration analytique (Figure 10);
ainsi pour l’exploration d’un déficit en facteurs de la coagulation on doit se baser sur le schéma global
de la coagulation ci-dessous qui situe le niveau d’action de chaque facteur. On considère que la voie
exogène est la voie principale in vivo et la voie endogène est une voie de consolidation.
Plus d’info :
2.3.1 Déroulement
- voie d’activation secondaire : due à la pro-urokinase synthétisée par les cellules rénales,
et activée par la Kallicréine, (mécanisme sous la dépendance du XIIa qui transforme la
prékallicréine en kallicréine )
La plasmine est une enzyme protéolytique (sérine protéase) comme la thrombine elle va
dégrader la fibrine du caillot en produits de dégradation (PDF) de poids moléculaires de plus
en plus faible. Parmi ces produits issus de la dégradation de la fibrine, 2 monomères de
fibrine contigus peuvent former un dimère D-D ou D dimère (2 fragments D liés par une
liaison covalente) qui n’est pas dégradé par la plasmine.
La plasmine si elle est en excès (en cas de libération massive de tPA) peut dégrader le
fibrinogène (action fibrinogénolytique) en produits de dégradation du fibrinogène mais
sans formation de D dimères (Figure 11)
Dans certaines conditions d’activation, (excès de formation par rapport aux capacités
d’inhibition, lors de libération massive de t-PA) il y a un effet systémique qui peut dégrader
d’autres facteurs de la coagulation (-destruction du VIIIa, Va, XIIIa)
• Trzeciak MC, Bordet JC. Exploration de l’hémostase primaire. In: Laffont A, Durieux F, editors.
Encyclopédie Medico-Chirurgicale: Hématologie. Paris, France: Editions Scientifiques et Médicales
Elsevier SAS, 2002: 13-9)
• Arabi A, Brahimi M, Benzineb B, Bekadja MA. L’hémostase!!! C’est facile. Oran, Algeria: Edition
Dar El Gharb, 2009
• Samama M M., Elalamy I., Conard J., Achkar A., Horellou M.H.Hémorragies et thromboses du
diagnostic au traitement. Masson, Paris, 2004
• Steve Kitchen and Angus Mc Craw Diagnostic of Haemophilia and other bleeding disorders a
laboratory manuel World Federation of Haemophilia ,Laboratory Sciences Committee, 2000
• Hoffman M et al. Activated FVII activates factors IX and X on the surface of activated platelets:
thoughts on the mechanism of action of high-dose activated FVII. Blood Coag Fibrinolysis; 9 (
suppl 1): S61-S65, 1998
• Deri E. Trigg and al, Hormonal Influences on Hemostasis in Women Seminars In Thrombosis and
Hemostasis/ Volume 37, Number 1 2011
3.2 Interrogatoire
Il doit être précis avec le ou la malade et avec les parents s’il s’agit d’un enfant.
Il vise à préciser :
• les circonstances de survenue de l’hémorragie : âge du premier accident spontané ou provoqué,
intensité de l’hémorragie, accident isolé ou répétitif ;
• des signes pouvant révéler une pathologie sous jacente ;
• un terrain familial : hémorragie similaire ou lors d’un acte invasif tel qu’une circoncision, la notion
d’hospitalisation ou de transfusion pour hémorragie ;
• une prise médicamenteuse.
Les éléments recueillis vont permettre de distinguer dans un premier temps une pathologie acquise
d’une pathologie congénitale.
3. Approche diagnostique
Il a pour but de typer le saignement et de rechercher les stigmates d’une maladie sous-jacente.
Une bonne évaluation des signes cliniques oriente vers une catégorie donnée de déficit et c’est à
partir de ces données cliniques que seront orientés les tests biologiques.
- Purpura cutané : le purpura est formé par des éléments cutanés dus à une extravasation sanguine
en dehors des capillaires de la peau et des muqueuses ;
Plusieurs formes :
- Pétéchies: petites taches punctiformes, multiples (Photo 1)
Photo 1
- Vibices: traînées de longueur variable siégeant dans les plis de flexion.
- Ecchymoses: placards plus ou moins étendus (Photo 2).
Photo 2
D’apparition spontanée, ne s’effaçant pas à la pression : rouge pourpre, évoluant vers la disparition
sans séquelle, en suivant les couleurs de la biligenèse. Les lésions récentes ont un aspect violacé, les plus
anciennes une couleur jaune vert, ou brune, en fonction des stades de dégradation de l’hémoglobine
Photo 3
Les troubles de la coagulation se manifestent par des hémarthroses ou des hématomes profonds,
localisés, provoqués par un traumatisme pouvant être minime ou même passer inapparent.
- Hématomes : saignements profonds, musculaires, articulaires ou viscéraux pouvant entraîner
des compressions nerveuses et entraîner une urgence fonctionnelle. Les hématomes réalisent un
tableau douloureux focalisé. Un traumatisme est habituel ; la douleur est généralement le signe
révélateur : on essaie d’apprécier la tuméfaction et l’état de tension. Il peut y avoir une compression,
la plus classique étant la cruralgie symptomatique d’un hématome du psoas.
- Hémarthroses : (Photo 4) évoquent en premier lieu une hémophilie ce sont des épanchements
intra articulaires réalisant un gonflement articulaire visible (doit être mesuré au mètre ruban en
prenant soigneusement les repères), avec douleur vive, permanente, exacerbée par la mobilisation
et par la palpation ,augmentation de la chaleur locale et limitation des mouvements.
Photo 4
3. Approche diagnostique
Les causes acquises sont de loin les plus fréquentes.
Les troubles hémorragiques peuvent être secondaires à de nombreuses étiologies.
Le Tableau 03 résume les étiologies des pathologies acquises de l’hémostase :
Siège Etiologies
Consommation : CIVD microangiopathies : purpura thrombotique
thrombocytopénique ou syndrome de Moschowitz, syndrome hémolytique
et urémique de l’enfant)
Destruction :
Infections (surtout virales: HIV, EBV, CMV, Hépatites B et C), parfois bacté-
riennes, parasitaires(Plasmodium falciparum)
Immunoallergiques (quinine/quinidine, digoxine, sulfamide, cimétidine,
rifampicine, pénicillines, héparine ++ ) maladies auto-immunes (lupus,
polyarthrite rhumatoïde, hépatite chronique active)
Thrombopénies Périphériques
Séquestration:
Hypersplénisme
Aplasies médullaires
Dysmyélopoïèses
les anémies mégaloblastiques par carence vitaminique, ou primitives
idiopathiques comme les syndromes myélodysplasiques (elles peuvent être
isolées au début)
Plus d’info :
Néanmoins, cet équilibre est instable et le nouveau-né est exposé à des pathologies
acquises et constitutionnelles de l’hémostase parfois sévères, dont le diagnostic précoce est
essentiel pour garantir un traitement efficace.
Le diagnostic des déficits constitutionnels est parfois difficile chez le nouveau -né en raison
du taux physiologiquement bas de certains facteurs de la coagulation.
– Les taux de facteurs vit K dépendants, synthétisés par foie (II, VII, IX, X) sont
diminués
– Les taux de facteurs VII, IX, XI, XII sont diminués
– Les Inhibiteurs naturels de la coagulation (proteine C, proteine S, anti thrombine)
sont diminués
– Plasminogène : 50 % du taux adulte
– Activateur tissulaire du plasminogène : 63 - 75 % du taux adulte
– Facteurs V, VIII, fibrinogène : normaux
– Facteur von Willebrand : augmenté
– Taux de plaquettes : normal mais hypo réactivité plaquettaire
3. Approche diagnostique
• P. Reverdiau-Moalic et al Blood, VOI 88, NO 3 (August I), 1996: pp 900-906)
• Andrew M, Paes B, Milner R, et al. Development of the human coagulation system in the full-term
infant. Blood 1987;70:165-72.
• Samama M M., Conard J., Horellou M.H., Lecompte [Link] et exploration de l’hémostase.
Doin, Paris ,1990.
• Samama M M., Elalamy I., Conard J., Achkar A., Horellou M.H.Hémorragies et thromboses du
diagnostic au traitement. Masson, Paris, 2004
• Richards. M and al, Neonatal bleeding in haemophilia: a European cohort study; British Journal of
Haematology 2011, 156, 374–382
4. Exploration de l’hémostase
4.1 Prélèvement de l’échantillon :
• Le prélèvement de sang veineux se fait par ponction franche à la veine du coude sans garrot ou
garrot peu serré qu’il conviendra d’ôter immédiatement après piqûre
• Le calibre de l’aiguille ne doit pas être supérieur à 21 jauges pour les adultes .Pour les nourrissons,
une aiguille de 22 ou 23 jauges peut s’avérer nécessaire
• Le recueil de sang se fait sur un tube avec le citrate de sodium comme anticoagulant (concentration :
0.109M) et doit être à raison de 9 parties de sang pour une partie d’anti coagulant (trait de jauge
visible (Photo 5). Le tube doit être remué par simple inversion en évitant de remuer vigoureusement
• Pour la numération plaquettaire l’EDTA est l’anticoagulant de référence
• Les tests d’hémostase doivent être faits à distance (15 jours d’intervalle) d’une prise d’aspirine ou
d’autres médicaments ayant la propriété d’inhiber les fonctions plaquettaires.
• Les prélèvements avec hémolyse et/ou présence de micro caillots au niveau du plasma sont non-
conformes et doivent être rejetés (Photos 6 et 7 )
Photo 6 Photo 7
Pour l’exploration de l’hémostase primaire, les tests doivent être effectués dans les deux heures qui
suivent le prélèvement.
A .Numération Plaquettaire :
La numération se fait sur automate. Le taux normal de plaquettes varie entre 150 000 et 400 000/mm3.
Une thrombopénie est définie par un taux de plaquettes inférieur à 150 000/mm3, une thrombocy-
tose par un taux supérieur à 500 000/mm3.
L’EDTA peut induire l’agglutination des plaquettes, responsable d’une fausse thrombopénie.
Toute thrombopénie doit être vérifiée sur un prélèvement effectué sur tube citraté 0,9 MOL et
impose un contrôle sur frottis de sang
Lorsqu’on examine le frottis au microscope optique avec un objectif à immersion les plaquettes
apparaissent arrondies ou ovalaires de 2 à 3 µm de diamètre sous forme d’agrégats. On estime
qu’un taux normal de plaquettes correspond à un frottis avec 8 à 10 plaquettes par agrégat d’aspect
azurophile avec granulomères.
Il se pratique sur sang total. Ce test est réalisable grâce à un appareil (PFA 100 ou platelet function
analyzer) qui explore les fonctions d’adhésion et d’agrégation des plaquettes.
Il reproduit in vitro l’hémostase primaire en apportant au sang citraté les agents agrégants
qui déclenchent la formation du thrombus, puis évalue le temps d’obstruction complète.
Le temps d’occlusion plaquettaire est sensible au déficit en facteur de Willebrand et est perturbé
dans la plupart des thrombopathies.
E . Tests d’agrégation :
Ce sont des tests qui sont faits en présence d’agents qui entraînent l’agrégation.
L’agrégation est mise en évidence par une étude spectrophotométrique qui évalue la transmission
lumineuse suite aux agrégats plaquettaires formés (Photos 9-10).
Plus d’info :
Si les plaquettes sont normales il y’a formation d’agrégats et ceux-ci tombent au fond du
tube, facilitant ainsi la transmission lumineuse. En cas de thrombopathie, les plaquettes
restent en suspension et freinent la transmission lumineuse.
Les agents agrégants utilisés à des concentrations déterminés : collagène, ADP (adénosine-
5’-diphosphate), arachidonate , épinéphrine et la ristocétine( utilisée pour diagnostiquer le
déficit du facteur de Willebrand: Tableau 5).
Photo 9
Agrégation avec
Pathologie
ADP collagène Epinéphrine Ristocétine
Thrombasthenie de Glanzmann D D D N
Maladie de von Willebrand N N N D
Maladie de Bernard-Soulier N N N A
Tableau 5: Tableau représentant quelques anomalies d’agrégation plaquettaire
N= Normal ; D = Diminué ; A = Absent ;
Plus d’info :
La cytométrie en flux est une technique qui permet la détection des protéines de membrane
qui sont révélées à l’aide d’anticorps monoclonaux spécifiques de récepteurs plaquettaires.
Cette technique est largement utilisée pour confirmer le diagnostic des thrombopathies par
anomalies des glycoprotéines de la surface plaquettaire.
Les plaquettes sont incubées avec des anticorps monoclonaux fluorescents spécifiques
d’une glycoprotéine de membrane (CD pour cluster de différentiation). Cette fixation est
détectée à l’aide d’un capteur laser d’intensité de fluorescence
Le cytométre de flux est un appareil qui détecte et mesure l’intensité de la couleur
fluorescente (si elle existe), à la surface de la plaquette.
Les GP les plus recherchées sont : la GP Ib (CD42b) : pour l’exploration de l’adhésion
la GP IIb (CD41), la GPIIIa (CD61) : pour l’exploration de l’agrégation
Certaines GP comme le anti-GMP140 (CD62-P) et le CD63 sont exprimées sur la membrane
lors de l’activation plaquettaire.
Figure 13 :
1 Le principe de la cytométrie en flux Les plaquettes sont «marquées» par des anticorps fluorescents
(verts et rouges)
2 Elles passent, l’une après l’autre, à travers un laser qui va les exciter
3 Le capteur de la lumière rouge va mesurer l’intensité de la fluorescence rouge
4 Le capteur de la lumière verte va mesurer l’intensité de la fluorescence verte
Le temps de saignement et le temps d’occlusion plaquettaire qui sont allongés dans pratiquement
la totalité des cas de maladies de Willebrand, sauf pour le sous-type 2N.
La numération plaquettaire : Une thrombopénie plus ou moins importante peut se voir dans deux
types particuliers : le type 2M et le type 2B (ou pseudo 2B). La numération des plaquettes est
normale dans tous les autres types.
Le TCA peut être allongé dans la maladie de Willebrand, et son allongement est parallèle au déficit
en FVIII.
Ces tests de dépistage sont importants mais insuffisants pour poser le diagnostic. Le diagnostic de la
maladie de Willebrand repose sur les dosages du facteur Von Willebrand immunologique (VWF:Ag)
et fonctionnel (dosage de l’activité cofacteur de la ristocétine (VWF:RCo) ainsi que le dosage du
facteur VIII :C.
4. Exploration de l’hémostase
La ristocétine a la propriété de permettre in vitro l’interaction du VWF avec la GPIb.
Un test quantitatif a été développé en utilisant des plaquettes d’un sujet normal fixées par de la
formaline ou de la paraformaldéhyde et des dilutions en série d’un pool de plasmas normaux ou du
plasma du patient.
Le principe du dosage employé est une mesure spectrophotométrique basée sur la variation de
l’absorbance de la lumière après agrégation ou agglutination des plaquettes normales en présence
du VWF apporté par le plasma pauvre en plaquettes du patient à tester, en présence de ristocétine
(en concentration définie). On mesure donc une variation de densité optique qui passe de 0 %
pour le PRP de transmission de la lumière pour le PRP à 100 % de transmission de lumière quand
l’agglutination est totale. L’étalonnage est nécessaire il doit être fait à partir de plasma de donneurs
de sang des groupes A, B et O des 2 sexes compte tenu des différences physiologiques..
La concentration de ristocétine étant fixe (1,2 mg/ml), l’agglutination des plaquettes témoins est
alors dépendante de la concentration du VWF présent dans le plasma pauvre en plaquettes
Le dosage du VWF:RCo peut aussi être réalisé par une technique d’agglutination macroscopique
semi-quantitative adaptée à l’urgence.
Les taux de VWF:RCo sont diminués dans tous les types de maladie de Willebrand (sauf le sous-type
2N)…et ce dosage est donc le critère de choix pour le diagnostic. Cette valeur est donc très faible
voire indétectable dans les formes les plus graves,et évolue de façon globalement parallèle au déficit
en VWF:Ag, dans les anomalies quantitatives.
Les taux de VWF:RCo sont plus abaissés que les taux de VWF:Ag dans les anomalies qualitatives. Les
valeurs normales sont comprises entre (50 à 200 Ul/dl).
Ce test repose sur l’agglutination (visualisée grâce à un agrégomètre) d’un PRP (plaquettes normales
de groupe sanguin O) par le VWF en présence de la ristocétine (concentration = 1,2 mg/ml).
L’agglutination de ces plaquettes par le VWF est évaluée par la variation de DO du PRP. Elle est
fonction du taux et de l’activité plasmatique du VWF.
Le taux du VWF est évalué grâce à un étalonnage au moyen d’un pool normal de plasma de tous
les groupes sanguins .Un minimum de 20 plasmas est nécessaire pour déterminer la concentration.
Les sujets de groupes sanguins A, B et AB ont des taux plasmatiques de VWF:Ag sensiblement plus
élevés que les sujets de groupe O.
Les valeurs normales sont très variables dans une population contrôle (50 à 200 Ul/dL).
Plus d’info :
3 .Dosage du facteur VIII coagulant (VIII :C) voir chapitre exploration coagulation
Sachant que le VWF assure le transport du FVIII dans le plasma, le FVIII va être logiquement
déficitaire chez la plupart de patients atteints de Maladie de Willebrand.
Généralement, les taux de FVIII sont un peu plus élevés que les taux de VWF. Chez les
patients atteints de Willebrand grave, les taux de FVIII sont de l’ordre de 2 à 7% de la
normale, alors que les taux de VWF ne sont pas mesurables.
Cependant, les patients porteurs d’une anomalie quantitative fruste ou d’une anomalie
qualitative du VWF peuvent avoir des taux de FVIII normaux ou peu diminués.
Le plus souvent, le FVIII:C est dosé par une méthode chronométrique. Il peut aussi être
évalué par une méthode chromogénique.
4. La classification du type et du sous type de la maladie de Von Willebrand repose sur des
tests discriminatifs (Tableau 6) à savoir :
Le rapport FVIII/VWF:Ag est supérieur ou égal à 1 dans toutes les formes de maladie de
Willebrand, sauf dans le type 2N où il est inférieur à 0,70 voire inférieur à 0,5.
Ainsi, la détermination de ces rapports peut orienter vers le type de maladie de Willebrand.
Différentes concentrations de ristocétine (de 0,2 à 1,5 mg/ml) sont ajoutées au PRP du
patient dans un agrégomètre. L’agrégation est indétectable en cas de déficit total ou
presque total en VWF, mais peu modifiée en cas de déficit quantitatif modéré.
Les patients avec une diminution d’affinité du VWF pour les plaquettes (types 2A et 2M) ont
une agrégation nulle ou très diminuée aux concentrations de ristocétine de 1,3 a 1,5 mg/ml.
L’intérêt majeur de ce test est de mettre en évidence chez les patients avec une
augmentation d’affinité du VWF pour la GPIb (type 2B) une agglutination paradoxale à
de faibles concentrations de ristocétine (0,2 - 0,8 mg/ml ), incapables de l’induire dans une
population normale .
Les mêmes conditions pour la réalisation des tests d’hémostase doivent être respectées
Principe du test :
Il s’agit d’un temps de recalcification plasmatique en présence de céphaline (substitut plaquettaire)
et d’activateur particulaire non sédimentable (silice ou acide ellagique). Cet activateur permet l’acti-
vation du facteur XII ; il s’ensuit une série de réactions enzymatiques en cascade pour aboutir à la
formation de la thrombine selon le schéma ci-dessus. On explore ainsi la voie intrinsèque ou endo-
gène de la coagulation (facteurs XII, XI, IX, VIII, X, V, II et I) à l’exception des plaquettes. Le TCK est
le test qui utilise le kaolin comme activateur du XII.
Réactifs
Tous les réactifs doivent être utilisés et conservés selon les recommandations du fabricant et figurant
dans la notice se trouvant dans le coffret fourni, cette notice qui porte les références des produits
doit être conservée.
Chlorure de calcium CaCl2 0,025M
Céphaline (substitut plaquettaire)
Activateur : si kaolin suspension à 5mg/ml
Plasma
Témoin normal constitué d’une dizaine de plasma en pool
Plasma de contrôle de qualité (valeur normale et valeur de TCK allongée)
Réalisation du test
Mettre les tubes dans un Bain-Marie à 37 °c
Mélanger céphaline et activateur et homogénéiser
Pré incuber à 37 °c tous les réactifs
Résultats et Interprétation
Noter le temps de coagulation du plasma du patient, du plasma témoin et des plasmas de contrôle ;
pour ces derniers, vérifier qu’ils se situent dans les fourchettes indiquées.
Valeur normale aux alentours de 30 s ± 2s. Les valeurs normales varient en fonction des conditions
locales (population, réactifs, équipement)
- L’allongement du TCA dû à la présence d’ACC lupique n’est pas pris en considération dans cet
algorithme : dans ce cas il n’existe pas de contexte hémorragique mais au contraire cette anomalie
est en faveur d’un risque thrombotique syndrome des anticorps antiphospholipides (SAPL).
- Le déficit en XII allonge le TCA sans entraîner d’hémorragie (de même que les autres facteurs de la
phase contact KHPM et kallicréine, leur déficit étant exceptionnel)
Principe :
Le principe du temps de Quick consiste à comparer, en présence de thromboplastine calcique
(analogue in vivo au facteur tissulaire), le temps de coagulation du plasma à étudier à celui d’un
témoin normal servant de référence et qui après étalonnage permet de traduire le temps de Quick
en pourcentage d’activité désigné ‘’de façon impropre ‘’par taux de prothrombine
Technique
Réactifs
- Thromboplastine pré calibrée, lyophilisée (certains fabricants ajoutent un inhibiteur de l’héparine).
La valeur de l’ISI (Indice de Sensibilité International est indiquée, cet indice n’est pas nécessaire dans
l ‘exploration d’un syndrome hémorragique.
- CaCl2 0,025 M
Le réactif lyophilisé doit être régénéré selon les recommandations précisées dans la notice,
homogénéisé et laissé se stabiliser avant utilisation pendant 30mn à température ambiante. Si les
réactifs ont été conservés à +4 °C, ils doivent aussi se stabiliser à température ambiante avant
utilisation pendant 15 minutes.
Réalisation du test
Mélanger le CaCl2 à la thromboplastine, homogénéiser et laisser se stabiliser à température
ambiante. Mettre le réactif ainsi préparé à 37°C, homogénéiser par retournement régulièrement
(si on travaille dans un coagulométre il faut utiliser un barreau aimanté et suivre le protocole de
l’appareil)
4. Exploration de l’hémostase
- mesure semi automatique : après ajout de la thromboplastine par l’opérateur, le chronomètre
se déclenche automatiquement et l’apparition des premiers filaments de fibrine arrête le système.
- mesure automatisée : Il existe des automates qui permettent la réalisation de tous les tests selon
un protocole prédéterminé ou configuré, il suffit de disposer les tubes après centrifugation dans
l’appareil, de placer également les réactifs reconstitués (au niveau de l’emplacement indiqué), ainsi
que les plasmas de contrôle et la mesure est entièrement automatisée. Dans le cas des dosages de
facteurs, il réalise aussi les dilutions adéquates pour la calibration ou étalonnage Cependant le rôle du
biologiste est de veiller à la qualité des plasmas et des réactifs utilisés ; il doit être vigilant aux résultats
de l’étalonnage et à la reproductibilité du contrôle de qualité. Par ailleurs l’automate doit avoir un
programme de maintenance régulier au laboratoire et par le fournisseur
Interprétation
Valeur normale aux alentours de 12 secondes. Les valeurs normales varient en fonction des condi-
tions locales (population, réactifs, équipement)
Un allongement du temps de Quick isolé ou associé au TCA est observé dans les cas suivants :
- déficits congénitaux en facteurs II, VII (allongement isolé du TQ), X, V et fibrinogène (allongement
associé à celui du TCK). Ces déficits congénitaux sont rares (1 cas/ 500 000 à 1 cas/ 2 millions)
- déficits acquis :
• insuffisance hépatique (cirrhose, hépatite, ictère)
• administration d’antivitamine K (AVK)
• maladie hémorragique du nouveau-né
• roubles de l’absorption intestinale
• fibrinolyse
• coagulation intravasculaire disséminée (CIVD)
1- Dosage du fibrinogène
Principe :
En présence d’un excès de thrombine, le temps de coagulation d’un plasma préalablement dilué est
directement proportionnel à la quantité de fibrinogène plasmatique.
En portant en abscisses les inverses de dilutions successives d’un plasma et en ordonnées les temps
de coagulation correspondants, on obtient une droite.
Réactifs
Thrombine calcique titrée (80NIH/ml) : lyophilisée, en flacon siliconé, à reconstituer par de l’eau
distillée selon les indications portées sur l’étiquette du flacon. La thrombine, ainsi reconstituée, sera
conservée dans du matériel siliconé ou en plastique.
Solution tampon pH 7.35 Owren –Koller : pour la dilution des plasmas à étudier
Plasma de contrôle normal et pathologique
Pour le dosage du fibrinogène chez les patients sous héparine, elle doit contenir un inhibiteur spé-
cifique de l’héparine
Mode opératoire :
Diluer le plasma à étudier au 1/10 dans le tampon pour les plasmas normaux. Cette dilution équivaut
à une concentration en fibrinogène de 2 à 4 g/l, correspondant à la zone de précision optimale; dans
le cas d’hyperfibrinogénémie ou d’hypofibrinogénémie, il y a lieu d’adapter la dilution pour rester
dans cette zone favorable.
Technique automatique
• Se conformer aux instructions du fabricant
4. Exploration de l’hémostase
Dans le cas d’une dilution au 1/10ème le taux de fibrinogène est obtenu par simple lecture du
tableau fourni par le fabricant des réactifs qui donne le taux de fibrinogène en fonction du temps
de coagulation
Si le taux de fibrinogène du plasma étudié impose une dilution différente, on apportera au résultat
la correction correspondante (ex. : pour une dilution au 1/20ème, multiplier la valeur par deux).
Principe :
Le principe du dosage consiste à mesurer, en présence de céphaline (substitut plaquettaire riche en
phospholipides) et de l’activateur, le temps de coagulation d’un système où tous les facteurs sont
présents, constants et en excès (apportés par le plasma commercial) à l’exception du facteur VIII
apporté par l’échantillon soit le plasma à tester ou le plasma contrôle). Le taux de facteur VIII:C est
déduit après un étalonnage réalisé en mesurant le temps de coagulation sur le plasma normal (pool
normal) et différentes dilutions de ce plasma dans un tampon
Préparation du plasma :
Toutes les mêmes recommandations données pour le TCA et TCK doivent être appliquées lors des
dosages de facteurs pour la conformité du prélèvement et les modalités de centrifugation.
Si le dosage est différé il faut congeler le plasma pauvre en plaquettes PPP obtenu après double
centrifugation pendant 15 jours à -20 °C ou 1 mois à -80 °C
Le réactif reconstitué doit être laissé à température ambiante pendant 30 minutes pour se stabiliser:
il faut agiter doucement pour homogénéiser pendant cette stabilisation.
Réalisation du test
Matériel nécessaire :
Pool de plasma normal
Plasma contrôle normal
Plasma contrôle pathologique
Tampon à PH 6,25 à 7,03 (tampon d’Owren Koller)
Plasma déficient en VIII (commercialisé ou plasma de référence du laboratoire dont le taux a été validé)
Plasma du patient à tester
Consommable : micropipettes et embouts
Bain marie thermostaté ou coagulomètre (ou automate)
Il faut travailler sur le PPP du patient à tester, le pool PPP de plasma normal qui sert à effectuer
l’étalonnage, le plasma de contrôle normal et pathologique qui servent à valider le dosage (ils
sont commercialisés ou bien peuvent correspondre à des témoins du laboratoire soit un plasma de
patient connu dont le dosage a été validé et un plasma normal de référence dont le taux normal
a été déterminé et validé).
- Le plasma à tester et les plasmas de contrôle sont utilisés purs soit frais soit décongelés selon les
recommandations citées dans le paragraphe préparation du plasma.
-Le pool de plasma normal est utilisé pur et à différentes dilutions effectuées dans le tampon
d’Owren Koller commercialisé :
On effectue des dilutions de raison 2 au 1/20 ,1/40 au 1/80, 1/160,1/320,1/640 comme suit en
partant d’une dilution de départ du plasma au 1/10 :
Dilution 1 /20 : 1 volume de PPP au 1/10 et le même volume de tampon Owren –Koller Homogénéiser
Dilution 1/40 : 1Volume de la dilution 1/20 et le même volume de tampon Owren –Koller Homogénéiser
Dilution 1/80 : 1 volume de la dilution 1/40 et le même volume de tampon Owren - Koller - Homogénéiser
Dilution au 1/160 : 1 volume de la dilution 1/80 et le même volume de tampon Owren - Koller Homogénéiser
Dilution au 1/320 : 1 volume de la dilution 1/160 et le même volume de tampon Owren - Koller Homogénéiser
Déterminer le temps de coagulation sur le Pool de plasma pur et sur toutes les dilutions.
Il est recommandé de faire une double détermination et de refaire si les valeurs s’éloignent de
+ 2 secondes, on prend la valeur moyenne
Schéma
Le mélange Pool normal et tampon est fait dans un volume égal (1 volume plasma + le même
volume de tampon)
Le dosage en automatique utilise pour l’étalonnage un calibrant dont le taux de VIII c est prédéterminé
et indiqué
4. Exploration de l’hémostase
On effectue la mesure sur la PPP du patient à tester, sur le PPP pool normal et ses différentes dilutions
Les valeurs obtenues sont reportées sur le papier bilogharitmique, en abscisse on porte les %
d’activité coagulante (taux de facteur VIIIc) et en ordonnées les temps de coagulation obtenus.
Pour un plasma à tester donné on effectue le temps de coagulation, on place le point sur l’ordonnée
et on projette le point sur la droite pour obtenir le % de facteur VIIIc correspondant sur l’abscisse.
Plus d’info :
La présence d’anticorps anti- VIII entraîne la diminution du facteur VIII : C dans le mélange
par rapport à un contrôle effectué dans les mêmes conditions.
Le titre des anticorps anti-VIII est déterminé en Unités Bethesda (UB). 1 Unité Bethesda
correspond au plasma qui diminue de 50 % le taux de facteur VIII :C dans le mélange M+P.
On multiplie par la dilution du plasma correspondante.
Technique
-Dépistage de l’anticorps :
Résultats et Interprétation
- Titrage
On refait la même technique en effectuant le mélange du plasma du patient à des
dilutions de 2 en 2. La dernière dilution qui donne une inhibition de 50 % dans le mélange
correspond à 1 unité Bethesda
-Remarque
Lorsqu’il y a une forte suspicion de la présence d’inhibiteurs on effectue d’emblée le
dépistage et le titrage
Si le taux de VIII :C est > à 1% (à la suite d’une injection de facteur VIII par exemple) on
effectue une décomplémentation à 56 °C pendant 1 heure avant de faire le dépistage.
3- Dosage du Facteur IX
Principe du test :
Le principe du dosage consiste à mesurer, en présence de céphaline et activateur, le temps de
coagulation d’un système ou plasma déficient en IX où tous les facteurs sont présents, constants
et en excès à l’exception du facteur IX apporté par l’échantillon à tester (plasma témoin et plasma
du patient). Le taux de facteur IX est déduit après un étalonnage réalisé en mesurant le temps de
coagulation sur le plasma normal (pool normal et différentes dilutions de ce plasma en tampon
Technique
Réalisation du test
4. Exploration de l’hémostase
Pool PPP de plasma normal
Plasma PPP du patient à tester
Plasma contrôle normal
Plasma contrôle pathologique
Tampon à PH 6,25 à 7,03 pour faire les dilutions
Plasma déficient en IX (commercialisé ou plasma de référence du laboratoire dont le taux a été
validé)
Céphaline kaolin ou autre activateur si dosage en automatique
Il faut travailler sur le PPP du patient à tester, le pool PPP de plasma normal qui sert à effectuer
l’étalonnage, le plasma de contrôle normal et pathologique qui servent à valider le dosage (ils
sont commercialisés ou bien peuvent correspondre à des témoins du laboratoire soit un plasma de
patient connu dont le dosage a été validé et un plasma normal de référence dont le taux normal
a été déterminé et validé).
- Le plasma à tester et le pool de plasmas normal sont utilisés soit frais soit décongelés selon les
recommandations citées.
- Le pool de plasma normal est utilisé pur et à différentes dilutions effectuées dans le tampon
d’Owren Koller
- Les plasmas de contrôle sont lyophilisés et reconstitués selon les recommandations mentionnées
dans la notice.
On effectue des dilutions de raison 2 au 1/2 ,1/4 au 1/8, 1/16,1/32,1/64,1/128 comme suit :
Dilution 1/4 : 1Volume de la dilution 1 /2 et le même volume de tampon Owren –Koller Homogénéiser
Dilution 1/8 : 1 volume de la dilution 1/4 et le même volume de tampon Owren - Koller - Homogénéiser
Dilution au 1/16 : 1 volume de la dilution 1/8 et le même volume de tampon Owren - Koller Homogénéiser
Dilution au 1/32 : 1 volume de la dilution 1/16 et le même volume de tampon Owren - Koller Homogénéiser
Déterminer le temps de coagulation sur le Pool de plasma pur et sur toutes les dilutions. Il est
recommandé de faire une double détermination et de refaire si les valeurs s’éloignent de + 2
secondes, on prend la valeur moyenne
On effectue la mesure sur le PPP du patient à tester, sur le PPP pool plasma normal et ses différentes
dilutions
-Interprétation
Les valeurs obtenues sont reportées sur le papier bilogharitmique, en abscisse on porte les %
d’activité coagulante (taux de facteur IX) et en ordonnées les temps de coagulation obtenus. On
obtient une droite d’étalonnage taux de facteur IX en fonction du temps de coagulation
Pour un plasma à tester donné on effectue le temps de coagulation, on place le point sur l’ordonnée
et on projette le point sur la droite pour obtenir le % de facteur correspondant sur l’abscisse.
4- Dosage du facteur XI
Principe du test :
Le principe du dosage consiste à mesurer, en présence de céphaline et de l’activateur, le temps de
coagulation d’un système où tous les facteurs sont présents, constants et en excès apportés par
un plasma déficient en XI, lequel sera apporté par le plasma à tester XI (plasma du témoin et du
patient).
Le dosage est effectué par un temps de Quick en présence d’un plasma déficient en VII et du
plasma du patient à tester dilué. La détermination du taux est déduite après étalonnage en utilisant
une gamme de dilutions du Pool de plasma normal selon le même principe que celui décrit pour le
dosage du VIII.
Préparation du plasma
-le plasma destiné au dosage du VII ne doit pas être conservé à + 4 °c (entre 2 -8 °c) car il peut y avoir
une activation par la Kallicréine à froid
-le plasma à tester et les plasmas de contrôle sont utilisés dilués au 1/10 dans le tampon d’owren
extemporanément
-le pool de plasma normal est préparé selon les modalités décrites, il est utilisé au 1/10 à partir de
cette dilution qui correspond à 100 % de facteur VII on prépare la gamme d’étalonnage (1/20,
/40,1/80,1/160)
-l’étalonnage peut être réalisé à l’aide d’un calibrant commercial (pour les automates)
4. Exploration de l’hémostase
Reconstituer les réactifs (plasma déficient en VII et thromboplastine calcique et tampon) selon les
recommandations indiquées dans la notice
Résultats
Placer les points de l’étalonnage sur le papier bilogharithmique (abscisse % de VII, ordonnée temps de
coagulation) tracer la droite et déduire le taux pour chacun des plasma (contrôle et plasma patient à
Principe du test :
Il s’agit d’un dosage semi-quantitatif du FXIII par la détermination de la plus grande dilution de
plasma pour laquelle le caillot, obtenu par l’action de la thrombine et du calcium sur du fibrinogène
purifié (sans FXIII) est insoluble en présence d’acide monochloroacétique à 5%.
Plasma normal
Pool de plasma normal
Plasma du patient :
Préparer une gamme de dilutions du plasma avec le tampon Owren koller de 1/1 à 1/256.
Réactifs
Réactif 1 : 4mg/ml de fibrinogène humain dépourvu de FXIII.
Réactif 2: suspension de kaolin 10 mg/ml.
Réactif 3: 10 unités NIH de thrombine bovine calcique.
Réactif 4 : acide monochloroacétique à 5 %.
Tampon : Owren Koller pH 7,35.
1- Mode opératoire :
On compare le plasma à tester au plasma normal contenant par définition 100% de facteur XIII ; le
taux de FXIII est calculé par le rapport :
Le contrôle inter-laboratoires :
Le contrôle inter-laboratoires doit déterminer la reproductibilité des mesures entre différents
laboratoires sur un étalon de référence. Il s’agit d’un contrôle d’exactitude, il permet la comparaison
de différentes techniques et de différents laboratoires.
Références :
• Bain BJ, Lewis SM, Bates I. Basic haematological techniques. In: Lewis SM, Bain BJ, Bates I, editors.
Dacie and Lewis: Practical Haematology. 10th ed. Philadelphia: Churchill Livingstone, 2006: 26-54).
• Samama M M., Conard J., Horellou M.H., Lecompte [Link] et exploration de l’hémostase.
Doin, Paris ,1990.
• Samama M M., Elalamy I., Conard J., Achkar A., Horellou M.H.Hémorragies et thromboses
du diagnostic au traitement. Masson, Paris, 2004
4. Exploration de l’hémostase
a laboratory manuel World Federation of Haemophilia ,Laboratory Sciences Committee, 2000
• Brahimi M, et al. The estimation of platelet count from a blood smear on the basis of the red
cell: platelet ratio. Turk J Hematol.2009; 26: 21-4.
• Bain BJ. Diagnosis from the blood smear N Engl J Med. 2005; 353: 498-507.)
• Deri E. Trigg and al, Hormonal Influences on Hemostasis in Women Seminars In Thrombosis and
Hemostasis/ Volume 37, Number 1 2011
Les femmes qui transmettent sont dites conductrices. Il existe 2 types de conductrices.
Les conductrices obligatoires sont les filles d’un hémophile, les sœurs d’hémophiles qui ont un fils
hémophile, les mères de deux ou de plus de deux enfants hémophiles
Les conductrices potentielles sont par exemple les filles d’une conductrice obligatoire ou les sœurs
d’un hémophile.
- L’arbre généalogique reste essentiel pour détecter les conductrices obligatoires et potentielles (Figure 15)
- Le dosage du facteur hémophilique est souvent moyennement abaissé par rapport à la normale.
- Le rapport facteur VIII sur facteur Willebrand- antigène est un meilleur indicateur que le seul dosage du
facteur VIII puisque deux conductrices sur trois ont un rapport facteur Willebrand/ facteur VIII voisin de 2
- Cette enquête simple permet de détecter parfois des conductrices d’hémophilie avec un taux de facteur
anti-hémophilique < 30 % nécessitant un traitement spécifique à l’occasion d’une intervention chirurgicale.
Il ne faut pas méconnaitre ces conductrices à taux bas dont le risque hémorragique n’est pas négligeable
dans certaines situations..
- Autres Hémorragies
Hémorragies buccales
Elles sont fréquentes, en particulier chez le jeune enfant (morsure ou plaie de la langue ou des lèvres),
et lors d’extractions dentaires effectuées sans précaution. L’hémorragie peut être importante ou
répétée sur plusieurs jours, pouvant entraîner une anémie parfois sévère en l’absence de traitement.
Hémorragies digestives
Elles sont rares. Il peut s’agir de saignements occultes découverts devant une microcytose et une
hyposidérémie, d’un méléna dont la valeur d’alarme est souvent méconnue par l’enfant ou d’une
hématémèse.
Épistaxis
Elles sont fréquentes.
Hématuries
Elles s’observent le plus souvent à partir de l’adolescence. Elles sont volontiers spontanées, mais
peuvent survenir après un traumatisme lombaire.
Hémorragies intracrâniennes
Elles sont rares mais entraînent un risque vital ou de séquelles neurologiques.
Ces hémorragies intracrâniennes restent une des grandes causes de décès chez le jeune hémophile.
Elles peuvent apparaître après un traumatisme banal ou passer inaperçues. Ainsi se justifie la
substitution systématique devant tout traumatisme crânien, même mineur, ou en cas de céphalées
violentes d’apparition brutale.
Un problème très particulier est celui de la période néonatale .Les hémorragies intracrâniennes
sont rares à cet âge. Il existe un certain nombre de facteurs favorisants : prématurité, souffrance
foetale aiguë, accouchement par forceps ou ventouse. Elles peuvent être le mode de révélation
d’une hémophilie sporadique ; elles sont parfois précédées d’un céphalhématome ou d’une bosse
sérosanguine, mais peuvent aussi apparaître isolées.
Le traitement d’un accident hémorragique est substitutif par l’apport du facteur manquant.
Actuellement la principale complication de ce traitement est le développement d’un inhibiteur
(anticorps anti-FVIII ou anti-FIX)
Le médecin qui prend en charge l’hémophile, doit s’assurer à court terme de la résolution
du saignement de la disparition de la douleur et de la reprise de la fonction. Par la suite il fera
régulièrement un bilan à la recherche des complications du saignement en particulier articulaire
grâce à l’imagerie et l’établissement de scores clinique et radiologique.
L’indication de la chirurgie et le type d’intervention est fonction de l’atteinte articulaire, il revient au
médecin du centre de traitement des hémophiles de prévenir la récidive des saignements.
A chaque consultation, dans le cadre d’un suivi ou de l’urgence dans la structure habituelle de
prise en charge ou ailleurs, l’hémophile doit se munir de ses documents résumant sa maladie et les
traitements reçus.
Le suivi d’un hémophile outre la clinique doit obligatoirement comporter une recherche d’inhibiteur
au moins annuelle et plus fréquente chez le petit enfant que chez l’adulte. Si cette recherche est
positive elle doit être complétée par un titrage des anticorps inhibiteurs. On parlera d’un titre faible
si celui-ci est inférieur ou égal à 5 unités Bethesda; le titre est élevé s’il est > à 5 unités Bethesda. Le
taux peut diminuer voire disparaître ou augmenter.
Le risque de transmission d’un agent infectieux (hépatite B, hépatite C ou VIH) par les produits
anti-hémophiliques est aujourd’hui quasi-nul du fait de leur mode de fabrication (génie génétique)
ou par une sélection rigoureuse des donneurs et une sécurisation à plusieurs niveaux des produits
dérivés du plasma humain.
En dehors de la clinique le médecin s’assurera de l’efficacité du traitement par la mesure du taux de
facteur ou récupération 30 minutes à 1 heure après substitution pour le facteur VIII et pour le facteur
IX. Le niveau de facteur récupéré doit être proche du niveau théorique que l’on voulait atteindre.
La collaboration clinicien / biologiste est nécessaire pour la prise en charge de l’hémophilie
Références :
• Wintrobe’s Clinical Hematology, 11th Ed by John P. Greer (Editor), John Foerster (Editor), John N.
Lukens (Editor) Publisher: Lippincott Williams & Wilkins Publishers; 11th edition (December 2003)
• Samama M M., Elalamy I., Conard J., Achkar A., Horellou M.H.Hémorragies et thromboses du
diagnostic au traitement. Masson, Paris, 2004
• Astermark.J, Inhibitor development: patient-determined risk factors Haemophilia (2010), 16, 66–70
• Verbruggen.B Diagnosis and quantification of factor VIII inhibitors Haemophilia (2010), 16, 20–24
• Développement des inhibiteurs et prise en charge chez les patients hémophiles traités par Facteur
VIII ou IX d’origine plasmatique ou recombinante Rapport de l’AFSSAPS 15 mai 2006
• G.M Rodgers Diagnosis approach to the bleeding disorders in Wintrobe’s Clinical Hematology
12th edition 2009 : 1274-1288
héréditaires
6.1 Anomalies constitutionnelles de l’hémostase primaire
6.1.1 Anomalie de la structure vasculaire :
C’est une pathologie héréditaire de l’hémostase dont la prévalence est variable selon que l’on
s’intéresse aux données cliniques avec diminution importante du taux de facteur Willebrand ou
aux valeurs anormales des dosages de facteur Willebrand (dans ce dernier cas, la, prévalence a été
décrite comme pouvant atteindre 1 à 2% de la; population générale).
Elle atteint aussi bien le garçon que la fille. Elle est de transmission autosomique le plus souvent dominante.
Les données cliniques :
• Il existe une grande variabilité du syndrome hémorragique selon le type et souvent au sein de la
même famille bien que l’anomalie génétique soit identique
• Les hémorragies cutanéo-muqueuses sont prédominantes
• Les hémorragies peuvent être spontanées ou provoquées par un traumatisme minime
• Les saignements post traumatiques de la cavité buccale et hémorragies amygdaliennes sont assez
caractéristiques chez l’enfant
• Les manifestations hémorragiques sont très fréquentes après avulsion dentaire
Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à présenter les symptômes de la maladie de
Willebrand en raison des menstruations et de l’accouchement.
Les ménorragies sont des complications hémorragiques fréquentes. La prévalence des ménorragies
Les problèmes hémorragiques gynécologiques doivent être pris en charge par une équipe
pluridisciplinaire : gynéco-obstétricien, hématologiste, hémobiologiste pour éviter des actes invasifs
telle une ovariectomie ou une hystérectomie chez la femme jeune. La survenue d’hémorragies
imprévisibles et abondantes n’est pas rare à l’approche de la ménopause.
La maladie de Willebrand (VWD) est rarement symptomatique en période périnatale, sauf dans les
cas sévères (type 3).
Chez le nouveau-né, le diagnostic des formes modérées de VWD de type 1 (déficit quantitatif) et de
type 2 (déficit qualitatif) n’est en pratique souvent possible qu’après l’âge de 3 à 6 mois.
- Type I (< 5% de GPIIb-IIIa; absence de fibrinogène dans les granules; absence de rétraction du caillot)
- Type II (10-20% de GP IIb-IIIa; présence de fibrinogène intra plaquettaire; rétraction partielle)
- Type III (variant, expression en quantité normale de GPIIb-IIIa mais non fonctionnelles)
Clinique:
• Il s’agit d’une forme sévère chez les homozygotes ou hétérozygotes composites avec syndrome
hémorragique souvent précoce :
saignements cutanéo-muqueux, épistaxis, gingivorragies, ménorragies, hémorragies post-traumatiques
• la forme hétérozygote est généralement asymptomatique
Génotypique: recherche de mutations au niveau des gènes αIIb et β3. Plus de 100 mutations
répertoriées
Ils sont beaucoup plus rares que l’hémophilie et sont transmis suivant le mode autosomal et donc
atteignent aussi bien l’homme que la femme. Le risque hémorragique est variable et peut être
comparable à celui de l’hémophilie avec en plus les problèmes de menstruations difficiles à gérer,
les problèmes de nidation chez la femme, des avortements et les risques hémorragiques à prévenir
lors de l’accouchement.
Diagnostic biologique : il est évoqué devant: allongement isolé du TQ (TCA normal) et confirmé
par un dosage chronométrique de l’activité du FVII (FVII:C <30%). Ce résultat du dosage du facteur
VII peut être variable en fonction de l’origine (humaine ou animale) de la thromboplastine utilisée
dans la mesure du temps de Quick.
• Diagnostic biologique :
– Le diagnostic est évoqué devant un allongement du TQ et du TCA et confirmé par la mesure de
l’activité du FII
– La recherche de l’anomalie génétique est utile.
Diagnostic biologique :
Il est évoqué devant un allongement isolé du TCA (TQ normal)
Allongement inconstant (défaut de sensibilité de certaines céphalines en cas de déficit modéré)
Le diagnostic est confirmé par un dosage chronométrique de l’activité du FXI (FXI:C <30%)
– déficit sévère : FXI <15%
– déficit modéré : 15% <FXI<30%
Le test de génération de thrombine pourrait être prédictif du risque hémorragique
La recherche de l’anomalie génétique révèle plus de 220 mutations répertoriées.
La transmission est autosomale récessive pour l’afibrinogénémie et dominante pour les dysfibrinogénémies
Les déficits sont qualitatifs dans les dysfibrinogénémies et quantitatifs dans l’afibrinogénémie et
l’hypofibrinogénémie.
Dans les afibrinogénémies il existe des hémorragies graves chez le nouveau-né lors de la chute du
cordon, des hémorragies intracrâniennes et des avortements à répétition.
• Clinique: le déficit est asymptomatique dans 55 % des cas, par contre il existe une diathèse
hémorragique dans 25% des cas, en général dès la 1ère année de vie avec hémorragie ombilicale,
hématomes, saignements gastro-intestinaux et muqueux, parfois hémarthroses, ménorragies ou
hémorragies Intra cérébrales. Parfois thromboses dans certaines dysfibrinogénémies (20%).
Diagnostic biologique :
• Le diagnostic est évoqué devant des manifestations hémorragiques avec TQ,TCA, TT et dosage du
fibrinogène normaux et est confirmé par la mesure de l’activité du FXIII.
• Test de solubilité du caillot (solubilité du caillot dans une solution d’urée 5M) mais peu sensible
• La recherche de l’anomalie génétique révèle une majorité de mutations ponctuelles (sous-unité A)
• Incidence: <1/1000000
La diathèse hémorragique se manifeste en général chez les homozygotes, mais peut aussi apparaître
chez les hétérozygotes.
Les taux des 2 facteurs sont modérément bas et le syndrome hémorragique est habituellement
modéré. Il est lié à une anomalie de l’une des molécules chaperonnes impliquées dans le trafic
intracellulaire du facteur V et du facteur VIII. Plusieurs mutations ont pu être caractérisées.
Références :
• Steven Arkin haemostatic disorders in manual of pediatric hematology and oncology Fifth edition
lanzkowsky 2011 :456-560
• Wintrobe’s Clinical Hematology, 11th Ed by John P. Greer (Editor), John Foerster (Editor), John N.
Lukens (Editor) Publisher: Lippincott Williams & Wilkins Publishers; 11th edition (December 2003)
• Simseka I and al, Afibrinogenemia resulting from homozygous nonsense mutation in A alpha
chain gene associated with multiple thrombotic episodes, Blood Coagulation and Fibrinolysis 2008,
19:247–253
• G.M Rodgers Diagnosis approach to the bleeding disorders in Wintrobe’s Clinical Hematology
12th edition 2009 : 1274-1288
• Les Cahiers d’Orphanet - Prévalence des maladies rares : Données bibliographiques - Novembre
2011 - Numéro 2
• George M. Rodgers and Wayne L. Chandler, Laboratory and Clinical Aspects of Inherited
Thrombotic Disorders American Journal of Hematology 41 :113-122 (1992)
Les maladies de l’hémostase et l’hémophilie en premier lieu ont été abordées sous l’angle diagnostic
clinique et biologique. Une place plus importante est réservée à l’hémophilie parce qu’elle est la
coagulopathie la plus fréquente et la plus invalidante.
Le diagnostic des troubles de l’hémostase et de la coagulation nécessite une bonne connaissance de
la physiologie et des explorations de l’hémostase.
Les conditions de prélèvement du sang doivent être rigoureuses.
Les délais d’obtention des résultats doivent être connus du clinicien car ils conditionnent leur utilité pratique.
Du point de vue clinique une revue simple et néanmoins très informative permet d’évoquer le
diagnostic d’anomalies congénitales de l’hémostase et d’écarter les nombreuses pathologies
acquises grâce à un faisceau d’arguments que tout médecin généraliste est en mesure d’appliquer
à son patient avant de demander l’aide du laboratoire.
Les problèmes chez le nouveau ont été soulignés et la connaissance des particularités de l’hémostase
pédiatrique est indispensable pour le choix judicieux des tests à réaliser.
Sans l’aide de la biologie le diagnostic précis des anomalies de l’hémostase ne peut être fait. De
même il est impossible de connaitre la présence ou l’absence d’anticorps inhibiteurs anti-FVIII ou
anti-FIX si on ne les recherche pas, et pourtant la prise en charge thérapeutique peut varier de façon
très importante.
Dans un souci d’efficacité et d’économie le médecin prescripteur doit savoir hiérarchiser sa demande
d’examens. C’est ainsi qu’une part très importante a été réservée à la physiologie de l’hémostase ,au
principe et à la réalisation des tests bénéfiques pour les cliniciens et utiles pour les techniciens en
biologie qui doivent rendre des résultats rapides et fiables pour traiter le patient. Le diagnostic
étiologique est facilité par l’utilisation d’arbres décisionnels, présentés dans cet ouvrage, car ils
prennent en compte la multiplicité des signes biologiques et des étiologies.
Annexes
I - Équipements d’un laboratoire d’hémostase (fiche technique):
L’équipement de base d’un laboratoire d’hémostase nécessaire à la réalisation des tests décrits dans
ce guide comprend :
• Un réfrigérateur à 4 °C pour les réactifs qui doivent être conservés normalement à une température
entre 2 à 8 °C. Un appareil ménager de bonne qualité peut convenir
• Un congélateur ≤ -35 °C. Une température inférieure, comme -70 °C, est utile pour l’entreposage
prolongé. Les congélateurs à -20 °C et ceux munis d’un cycle de dégivrage automatique ne
conviennent pas à l’entreposage des plasmas et des réactifs.
• Bain(s) d’eau réglable(s) pouvant garantir une température de 37 °C ± 0,5 °C
• Un pH-mètre
• Une source de lumière
• Chronomètre(s)
• Pipettes automatiques calibrées capables de transférer avec précision un volume d’échantillon et
de réactif entre 0 μl et 200 μl et allant jusqu’à 1000 μl.(Il est important qu’elles soient calibrées). La
réutilisation des tubes à essai et des embouts de pipette après nettoyage doit être évitée.
• Une pipette calibrée pour la distribution de volumes de liquide allant jusqu’à 5 ml
• Une centrifugeuse à au moins 1700 g .La centrifugation à la température de laboratoire (20 °C
à 25 °C) convient pour la plupart des analyses de coagulation. On recommande pour certaines
techniques une centrifugation à 2500 g et à 4 °C.
• Une balance analytique étalonnée ou une balance pouvant mesurer les grammes jusqu’à la
troisième décimale (milligramme)
Le titre d’un plasma donné est déduit par extrapolation sur la courbe
ci-dessous
Références :
• Professeur M. Belhani, service d’hématologie et de transfusion sanguine, CHU Beni Messous, Alger.
• Professeur G. Hariti, service d’hémobiologie et de transfusion sanguine, CHU Bab El Oued, Alger.
• Professeur N. Cherif, Service de Pédiatrie, CHU Beni Messous, Alger.
• Professeur M. Brahimi, Service d’Hémobiologie, EHU Oran, Oran.
Laboratory preparation is crucial for accurate coagulation tests. Plasma must be free of platelets and handled under strict conditions, such as proper centrifugation and freezing protocols . Improper handling can activate or degrade coagulant proteins; for example, factor VIII assays are sensitive to pH and temperature, requiring precise reagent calibration and stable storage conditions . Deviations can lead to inaccurate readings, impacting clinical decision-making .
Laboratory tests like clotting assays (e.g., TCA) dictate therapeutic interventions by identifying specific factor deficiencies and their severity, guiding treatment with factor concentrates or desmopressin . Accurate calibration and execution of these tests determine dosing regimens and emergency preparation, such as factor replacement prior to surgeries . Variations in assay results between labs emphasize the need for standardized procedures to ensure effective and tailored therapeutic strategies .
Hemophilia diagnosis is based on clinical evaluation and laboratory findings, focusing on factor VIII (Hemophilia A) or IX (Hemophilia B) assays . It requires a detailed personal and family bleeding history . Unlike hemophilia, other hereditary bleeding disorders may involve multiple factor deficiencies or platelet function anomalies, diagnosed by broader assays like von Willebrand factor tests or platelet aggregation studies . Genetic testing further differentiates these conditions by identifying specific mutations .
The hemostatic process involves primary and secondary hemostasis, each with distinct steps. Primary hemostasis includes the vascular and platelet phases, leading to the formation of a white thrombus or platelet plug. It requires the integrity of the vascular endothelium, platelets, von Willebrand factor, and fibrinogen . Secondary hemostasis involves the plasmatic phase, characterized by a series of activation reactions forming a red thrombus or fibrin clot, resulting from insoluble fibrin network that secures the platelet plug . These steps ensure hemostasis is maintained to stop bleeding and may involve different etiologies if disrupted .
Phospholipids play a critical role by providing a surface for assembly and specific binding sites for the activated coagulation factors, facilitating the formation of tenase and prothrombinase complexes necessary for thrombin generation . During platelet aggregation, phospholipids expose negatively charged sites that recruit and orient clotting factors, enhancing the coagulation cascade's efficiency and stability, culminating in fibrin clot formation .
Hemophilia is primarily X-linked recessive; males are commonly affected while females are carriers . Genetic counseling involves assessing possible carrier status through family history and DNA testing for mutations in factor VIII or IX genes . Prenatal testing or carrier detection in females has significant implications for family planning, enabling informed decisions to manage or mitigate risk in future generations . New mutations pose unresolved genetic risks necessitating a multidisciplinary approach .
Factor level variability impacts clinical management during pregnancy, as levels such as VWF naturally increase and decrease post-partum, influencing bleeding risk . Women require specific monitoring and treatment plans to manage obstetric hemorrhages, necessitating collaboration between hematologists and obstetricians . Precise factor level assessment and targeted treatments based on this variability are crucial to preventing peri-operative or post-partum hemorrhage, especially when gynecological surgeries could impact fertility .
Diagnosing VWD in infants is challenging due to its mild and variable presentation at birth, with severe Type 3 being an exception . Symptom onset can be delayed as Type 1 and 2 are often minimally symptomatic in neonates. Laboratory tests may not accurately reflect the condition until 3-6 months due to neonatal hemostatic variations . Age-related increases in VWF levels, influenced by external factors such as infection or stress, further complicate diagnosis, necessitating repeated tests over time for accurate assessment .
Platelet function disorders, like Glanzmann's thrombasthenia and Bernard-Soulier syndrome, affect platelet aggregation and adhesion, respectively, often leading to mucocutaneous bleeding symptoms . They are differentiated through specific laboratory diagnostics: platelet aggregation tests are abnormal with all agonists in Glanzmann's, while Bernard-Soulier shows reduced aggregation only to ristocetin . Flow cytometry can confirm specific glycoprotein defects, guiding precise diagnosis .
von Willebrand factor (VWF) is crucial for primary hemostasis, facilitating platelet adhesion to subendothelial collagen and carrying factor VIII, stabilizing it in circulation . Deficiencies are classified into types: Type 1 (quantitative deficiency), Type 2 (qualitative deficiency with subtypes 2A, 2B, 2M, 2N), and Type 3 (severe deficiency). Type 1 shows reduced VWF and factor VIII, while Type 2 is characterized by qualitative defects with varying effects on multimer structure or function . Type 3, the most severe, involves very low levels of VWF and factor VIII .