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Couche Limite en Aérodynamique

Le document décrit la couche limite en aérodynamique. Il présente les équations décrivant le mouvement d'un fluide visqueux au voisinage d'une paroi, ainsi que les hypothèses permettant de simplifier ces équations pour décrire spécifiquement l'écoulement dans la couche limite. Différentes grandeurs caractéristiques de la couche limite sont également introduites.

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Couche Limite en Aérodynamique

Le document décrit la couche limite en aérodynamique. Il présente les équations décrivant le mouvement d'un fluide visqueux au voisinage d'une paroi, ainsi que les hypothèses permettant de simplifier ces équations pour décrire spécifiquement l'écoulement dans la couche limite. Différentes grandeurs caractéristiques de la couche limite sont également introduites.

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La couche limite

en aérodynamique

1/8/2010
NACA0012, M=0.5,inc=0°
Isovaleurs de pression

Fluide idéal Fluide visqueux

1/8/2010
Excellent accord sur la portance

1/8/2010
Présence d’une COUCHE LIMITE
Isovaleurs de la vitesse

Fluide visqueux

1/8/2010
Cas du fluide idéal
Plan du cours

• Description de la couche limite


Aspects qualitatifs
Equations de la couche limite
Phénomènes essentiels liés à la couche limite
- frottement pariétal
- décollement
- transition vers la turbulence
Quelques grandeurs utiles
Solutions particulières des équations de CL
- solution de Blasius
- solution de Falkner-Skan

1/8/2010
Plan du cours

• Outils d’analyse de la couche limite


Méthodes intégrales
Equation intégrale de Von Karman
Méthodes de Polhausen et Walz-Thwaites
Cas de la couche limite turbulente
Equations de Reynolds
Equation intégrale et couche limite turbulente
Profil de vitesse dans la CL turbulente
Modélisation des contraintes turbulentes

1/8/2010
Plan du cours

• Couche limite et performance aérodynamique


Couche limite et traînée
Couche limite et portance
Interaction choc / couche limite

1/8/2010
Description de la couche limite

•Aspects qualitatifs
Hypothèse de fluide parfait : T = − pδ ⇒ équations d’Euler
En réalité, air = fluide visqueux newtonien
T = − p δ + τ
 1 ∂ui ∂u j
 2 D ij = ( + )
τ = 2 µ D − µ Tr (D) δ 2 ∂x j ∂xi
 3
µ = viscosité dynamique
≈ 1.8 x 10-5 kg / m / s aux conditions normales de T et de p
⇒ effets des contraintes visqueuses non négligeables
là où il existe des gradients de vitesse élevés
(couche de cisaillement / shear layer)
1/8/2010
Description de la couche limite

•Aspects qualitatifs :
Ecoulement d’un fluide sur une paroi plane

pas de frottement frottement


1/8/2010
Description de la couche limite

Loi d’évolution de l’épaisseur de couche limite


- convection ∂u + u ∂u = 0 ⇒ u ∝ x / t
∂t ∂x
e e

δ ( x) / x ∝ 1 / u e x / ν
- diffusion ∂u ∂ 2u
=ν 2 ⇒ 1/t ∝ ν / δ 2
∂t ∂y

Nombre de Reynolds local :


ue x
Re x =
ν
δ ( x) 1
⇒ ∝
1/8/2010
x Re x
Description de la couche limite

Ordre de grandeur en aéronautique :


- vitesse de déplacement d’un avion de ligne
en vol de croisière : plusieurs centaines de m / s
- viscosité cinématique air ambiant de l’ordre de 10-5 m2 / s

⇒ rapport ue/v de l’ordre de 107 m-1

⇒ épaisseur de CL
de l’ordre du mm au bord d’attaque de l’aile,
du cm au bord de fuite de l’aile
et du dm en queue de fuselage

1/8/2010
Equations de la couche limite

• Description générale d’un écoulement de fluide visqueux :


équations de Navier-Stokes (cf. poly n°1 du cours)

• Ecoulement à grand nombre de Reynolds sur un obstacle :


épaisseur de couche limite << longueur de l’obstacle (corde)
⇒ description simplifiée de l’écoulement

1/8/2010
Equations de la couche limite

• Equations de Navier-Stokes pour un écoulement 2D


stationnaire de fluide incompressible :

 ∂u ∂v
 + =0
 ∂x ∂y
 ∂u ∂u 1 ∂p ∂ 2u ∂ 2u
u +v =− +ν ( 2 + 2 )
A  ∂x ∂y ρ ∂x ∂x ∂y
 ∂v ∂v 1 ∂p ∂ 2v ∂ 2v
u + v =− +ν ( 2 + 2 )
 ∂x ∂y ρ ∂y ∂x ∂y

Adimensionnement du système :  x = L x, y = L y ;

- échelle de longueur unique : L u = U ∞ u , v = U ∞ v ;
- échelle de vitesse 
 p = ρU ∞ p.
2

1/8/2010
Equations de la couche limite

• Equations adimensionnées : Re → ∞

 ∂u + ∂ v = 0  ∂u ∂ v
=0
∂ x ∂ y  +
 ∂ x ∂ y
 ∂u ∂u ∂p 1 ∂2u ∂2u  ∂u ∂u ∂p
u +v =− + ( 2 + 2 )  + = −
 ∂x ∂y ∂x ⇒ u v
 ∂x ∂y ∂x
Re ∂ x ∂y
  ∂v
u ∂ v + v ∂ v = − ∂ p + 1 ∂2 v ∂2 v ∂v ∂p
( 2 + 2) u +v =−
 ∂x ∂y ∂y Re ∂ x ∂y  ∂ x ∂y ∂y

Nombre de Reynolds caractéristique de l’écoulement : Re = U ∞ L


ν
⇒ équations d’Euler / écoulement de fluide parfait
incompatible avec la condition d’adhérence à la paroi
1/8/2010
Equations de la couche limite

⇒ il existe une zone d’épaisseur tendant vers 0 lorsque le Reynolds


devient grand dans laquelle les équations d’Euler ne s’appliquent pas
⇒ on décompose la recherche d’une solution de A en deux problèmes
- problème extérieur pour lequel l’approximation de fluide parfait
est valable (régie par les équations d’Euler)
échelle caractéristique de longueur = L
- problème intérieur au voisinage immédiat de la paroi où est
valable le modèle de couche limite
échelle caractéristique de longueur = épaisseur de CL δ << L
il n’y a pas rupture entre ces deux régions de l’écoulement et la
solution valable dans la CL se raccorde à la solution extérieure (FP)
échelle caractéristique pour la vitesse normale à la plaque = V0
1/8/2010
Equations de la couche limite

• Adimensionnement du système :
 x = L x, y = L y ;  x = L x, y = δ ~ y ;
  ~ ;
u = U ∞ u , v = U ∞ v ; ⇒  u = U ∞ u , v = V 0 v
 
 p = ρU 2
∞ p.
 p = ρ U 2
∞ p.

• Raccordement solution intérieure / solution extérieure :

lim ~y →∞ u ( x, ~
y ) = lim y →0 u ( x, y ) = u e ( x)
similairement pour la pression p

1/8/2010
Equations de la couche limite
• Transformation du système A :
 ∂u L V0 ∂v~
 + ~ =0
 ∂ x δ U ∞ ∂y
 ∂u L V ∂ ∂ ∂
2

 0 ~ u p 1 2
u  L 
2
u
 u + v ~ = − + ( +   )
 ∂ x δ U ∞ ∂y  δ  ∂y
∂ x Re ∂ x
2 ~ 2

 ~ ~ 2~ 2~

2
u ∂ v L V 0 ~ ∂ v L U ∂ p 1 ∂ v  L  v
+ v ~ =− ∞
~ + ( +   ~2 )
 ∂ x δ U ∞ ∂y δ V0 ∂y Re ∂ x  δ  ∂y
2

Principe de “moindre dégénérescence” : δ = V0


2
1 L
  =1
L U∞ Re  δ 
⇒ grandeurs caractéristiques
L U∞
δ = , V0 =
1/8/2010 Re Re
Equations de la couche limite
• Transformation du système A :
 ∂u ∂v~
 + ~ =0
 ∂ x ∂y
 ∂u ∂u ∂ p 1 ∂2u ∂2u
~
+v ~ = − + + ~2
u
 ∂x ∂y ∂ x Re ∂ x
2
∂y
1 ∂v~ ~ ∂v~ ∂p 1 ∂ 2 v~ 1 ∂ 2 v~
 (u + v ~) = − ~ + 2 ( 2 + )
∂y ∂y Re ∂ x ~
 Re ∂ x Re ∂y 2

⇒ Re → ∞
 ∂u ∂v~
 + ~ =0
 ∂ x ∂y pression constante
 ∂u ∂ ∂ ∂ 2

 u + ~
v ~
u
= −
p
+
u à travers la couche limite soit p = p e (x)
∂ ∂ y ∂ ∂~y 2
 x x
 ∂p
0 = − ~ vérifie la relation de Bernoulli
 ∂y
1 2
p e + u e = cste
1/8/2010 2
Equations de la couche limite
• Equations de la couche limite ou équations de Prandtl :

 ∂u ∂v~
 + ~ =0 • adhérence : u ( x,0) = 0 , v~ ( x,0) = 0
 ∂ x ∂y
 
u ∂ u ∂ u d u ∂ 2
u • raccord extérieur : u ( x, ∞) = u e ( x)
~
+ v ~ = ue
e
+ ~2
 ∂x ∂y d x ∂y

• Equations dimensionnées de la couche limite dynamique :

 ∂u ∂v
 ∂x + ∂y = 0 • adhérence : u = v = 0 pour y = 0

 ∂u • raccord avec l' écoulement de FP :
∂u due ∂ 2u  u ( x, ∞) = u e ( x)
u +v = ue +ν 2
 ∂x ∂y dx ∂y
1/8/2010
Equations de la couche limite
• Equations de nature parabolique i.e. décrivant un problème
d’évolution dans la direction principale de l’écoulement x
⇒ le système des équations de Prandtl admet une solution unique
lorsque le problème est posé ainsi :

* résolution par marche en


espace (de section en section,
de l’amont vers l’aval)
* échec en présence d’un
décollement
( u ( x, ~
y ) < 0 devenant négative)

1/8/2010
Equations de la couche limite

Fluide parfait
Equations

+
de Couche limite
Navier-Stokes +
Re L >> 1 Couplage

1/8/2010
Couche limite : frottement
 ∂u  ∂u ∂v  
 2µ µ  +  
 ∂x  ∂y ∂x  
• Tenseur des contraintes visqueuses : τ = 
 ∂u ∂v  ∂v 
 µ  +  2µ 
 ∂y ∂x ∂y 
  

• Tenseur des contraintes (totales) : σ = − pδ + τ


à grand nombre de Reynolds
 ∂u 
 −p µ 
∂y 
σ =
 ∂u 
 µ ∂y −p 
 
⇒ contrainte pariétale :
t =σ ⋅n n = normale unitaire à la paroi
1/8/2010
Couche limite : frottement

• Contrainte locale à la paroi :


- purement normale (pression) dans le cas fluide parfait
- composantes normale et surtout tangentielle (frottement visqueux)
dans le cas d’un écoulement de fluide visqueux
  ∂u  
 µ   = τ w 
t = σ ⋅ n =   ∂y  y =0 
 − 
 p e ( x ) 
avec τw la contrainte de frottement (pariétal)

• Frottement adimensionné par la pression dynamique = coefficient


de frottement (local) τw
Cf =
1 2
ρue
1/8/2010
2
Couche limite : frottement

• Force totale de frottement = traînée de frottement


par exemple sur la face supérieure d’une plaque de longueur L
L
D = ∫ τ w ( x)dx
0

• Coefficient de traînée de frottement :


D 1 L 1
CD = = ∫ C f ( x)dx ∝
1 2 L 0
ReL
ρue L
2

Traînée de frottement = contribution essentielle à la traînée des


avions modernes ⇒ diminution = enjeu majeur en aéronautique
1/8/2010
Couche limite : décollement

• La viscosité ralentit l’écoulement en particulier près de la paroi.


dp
• Gradient de pression e positif ⇒ contribue à ralentir l’écoulement
dx
* ce ralentissement peut aller jusqu’à l’annulation de la vitesse près
de la paroi puis à son inversion : c’est le décollement

dpe dpe
>0 <0
dx dx

τw = 0
1/8/2010
Décollement sur un profil

1/8/2010
FIN DE LA1 ère PARTIE

1/8/2010
Transition de la CL vers la turbulence
• Observation expérimentale :
* CL laminaire : écoulement très régulier donnant l’apparence
de « lamelles » de fluide glissant les unes sur les autres
* pour des nombres de Reynolds compris entre 300 000 et
3 000 000 la CL perd son aspect régulier (éclt laminaire)
pour devenir chaotique (éclt turbulent)

1/8/2010
Transition de la CL vers la turbulence
• Origine de la transition :
* instabilité de l’écoulement lorsque le nombre de Reynolds local
dépasse une valeur critique : les petites perturbations de l’écoulement
(liées par exemple à la rugosité) deviennent instables et s’amplifient
pour provoquer la transition vers la turbulence
* mécanismes exacts mal connus (sujet de recherche actuel)
• CL laminaire et CL turbulente ont un comportement très différent
vis-à-vis du frottement et du décollement
⇒ importance de la localisation de la transition
• Critères empiriques (corrélations expérimentales) de transition :
* faisant intervenir un nombre de Reynolds basé sur l’abcisse x et un
nombre de Reynolds basé sur l’épaisseur de quantité de mouvement :
Michel (1952) (Reθ )trans ≅ 2.9 (Re ) 0.4
x trans

1/8/2010
Quelques grandeurs utiles
u ( x, δ ( x))
• Epaisseur de la CL (définition conventionnelle) : = 0.99
ue ( x)
• Epaisseur de déplacement δ*:
correspond à la perte de débit-masse au travers d’une section de la CL
par rapport au cas d’un écoulement de fluide parfait
δ δ δ u
∫ ρ eue dy − ∫ ρudy = ρ eueδ soit δ = ∫ (1 − )dy
* *
0 0 0 ue

1/8/2010
Quelques grandeurs utiles

• Epaisseur de quantité de mouvement θ :


correspond à la perte de quantité de mouvement dans la CL
par rapport à un écoulement de fluide parfait (à débit masse équivalent)

 δ ρudy  × u − δ ρu 2 dy = ρu 2θ soit θ = δ u (1 − u )dy


 ∫0  e ∫0 e ∫0 ue ue
• Facteur de forme :
rapport des deux épaisseurs précédemment définies

δ*
H=
θ

1/8/2010
Analyse d’un écoulement visqueux

• Objectif essentiel d’une analyse quantitative :


- estimer la contrainte pariétale de frottement τw et en déduire
la traînée de frottement
- prédire un éventuel décollement de la couche limite
- estimer la zone de transition laminaire / turbulent

La vitesse extérieure ue pourra être considérée comme une donnée


issue par exemple d’une analyse potentielle de l’écoulement dans
le cas du régime incompressible (ou bien de l’application de la théorie
choc / détente dans le cas du régime supersonique).

1/8/2010
Analyse d’un écoulement visqueux
Couplage fluide parfait / CL
Calcul de l’écoulement de fluide parfait autour d’un profil d’aile réel
⇒ pe(x)

due ( x) dp ( x)
Calcul de la C.L. à partir de pe(x) ou ue(x) t.q. ρue ( x) dx
=− e
dx
⇒ u(x,y) et v(x,y) ⇒ Cf (d’où traînée de frottement) et δ*
Construction d’un profil d’aile fictif en engraissant le profil réel de
l’épaisseur de déplacement calculée + en prolongeant le profil par un
sillage
ou δ*

⇒ nouvelle distribution de pression ⇒ traînée de pression


Rappel : couplage de ce type possible en l’absence de décollement
1/8/2010
Solutions numériques des éqns de CL

• Pas de solution analytique connue des équations de Prandtl dans


le cas général
⇒ calcul de solutions approchées
* résolution numérique des équations locales par différences finies
(cf. cours sur les méthodes numériques en mécanique des fluides)

• Existence de solutions quasi-exactes (solutions auto-semblables) pour


des géométries simples auxquelles correspondent des distributions de
vitesse extérieure simples (cf. fin du chapitre 1 de ce cours)
⇒ intérêt pour la validation de méthodes d’approximation

• Possibilité de calculer des solutions approchées à partir d’équations


globales (méthodes intégrales) (cf. chapitre 2 de ce cours)
⇒ utilisation
1/8/2010 éventuelle de solutions auto-semblables
Solutions auto-semblables des équations de CL
Solution de Blasius

• Ecoulement sur une plaque plane semi-infinie placée à incidence


nulle dans un écoulement de fluide visqueux incompressible
⇒ pas d’échelle de longueur associée à la géométrie
⇒ solution extérieure de fluide parfait : ue=U∞
⇒ système d’équations à résoudre
 ∂u ∂v~
 + ~ =0 

~
y = 0 : u = ~=0
v
 ∂ x ∂y ~
  y → ∞ : u = 1
u ∂ u ∂ u ∂ 2
u
+ v~ ~ = ~ 2
 ∂x ∂y ∂y

⇒ on cherche une solution sous la forme
~ u x y U∞L
u = h( x, y ) soit = h( , )
U∞ L L ν
1/8/2010
Solutions auto-semblables des équations de CL
Solution de Blasius

• L étant arbitraire, on cherche u/U∞ sous la forme d’une fonction


h(η) où η est un paramètre sans dimension construit à partir de x
et de ~
y et qui ne dépende pas de L ⇒
 
 
u ~
y  y 
= h( ) = h  = h(η ) = f ' (η )
 νx 
U∞ x
 U 
 ∞ 

⇒ u = profil auto-similaire ou auto-semblable


η = paramètre de similitude
⇒ injection de cette solution postulée dans les équations de Prandtl

1/8/2010
Solutions auto-semblables des équations de CL
Solution de Blasius

⇒ obtention d’une équation différentielle ordinaire :

 ′′′ 1
 f (η ) + 2 f (η ) f ′′(η ) = 0
 f (0) = 0 , f ′(0) = 0

 f ′(∞) = 1
* résolution numérique par une méthode de tir par exemple
⇒ valeurs tabulées pour f et ses dérivées
⇒ connaissance du profil de vitesse dans la couche limite
laminaire se développant sur une plaque plane en l’absence
de gradient de pression

1/8/2010
Solutions auto-semblables des équations de CL
Solution de Blasius

Excellent accord entre théorie et expérience !


1/8/2010
Solutions auto-semblables des équations de CL
Solution de Blasius

• Connaissance du profil de vitesse


⇒ calcul du coefficient de frottement :
0.664 U∞ x
Cf = avec Rex =
Rex ν
⇒ estimation de la loi de variation de l’épaisseur de CL :
δ 0.99 5

x Rex
⇒ estimation de la loi de variation des épaisseurs de déplacement
et de quantité de mouvement :
νx νx
δ = 1.72
*
, θ = 0.664
1/8/2010 U∞ U∞
Solutions auto-semblables des équations de CL
Solution de Falkner-Skan
• Solution analytique de fluide parfait connue pour l’écoulement
sur un dièdre d’angle au sommet βπ

β
ue ( x) = Cx m
avec m =
2−β

⇒ existence d’un gradient de


pression favorable ou adverse
selon le signe de β

⇒ recherche d’une solution auto-semblable


⇒ construction d’une EDO que l’on peut résoudre numériquement
pour obtenir les profils de vitesse dans la couche limite selon la
valeur de β
1/8/2010
Solutions auto-semblables des équations de CL
Solution de Falkner-Skan

1/8/2010
ECOUL 1
Outils d’analyse de la CL :
méthodes intégrales

• Solutions exactes des équations de la CL (laminaire) connue pour


des distributions de vitesse extérieure ue particulières, i.e. qui
permettent la recherche de solutions auto-similaires.
• Pour des distributions arbitraires, cette recherche échoue en général
⇒ recherche de solutions approchées à l’aide de l’équation intégrale
de von Kármán

1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán

• Equations stationnaires de la CL dynamique :


 ∂u ∂v
 ∂x + ∂y = 0 (i )


u ∂u + v ∂u = u du e + 1 ∂τ (ii )
 ∂x ∂y
e
dx ρ ∂y
∂u
τ = frottement τ =µ dans le cas laminaire
∂y
+ conditions de paroi et de raccord avec l’écoulement extérieur
+ conditions au loin
τ ( y → ∞) = 0 , v( y → ∞) = 0
1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán

• Transformation en équation intégrale :


y →∞ ∂u ∂u du e 1 ∂τ ∂u ∂v
∫y =0
[u
∂x
+v
∂y
− ue −
dx ρ ∂y
] + (u − u e )[ + ] dy = 0
∂x ∂y
   

( ii ) (i )

* conditions aux limites aux bornes de l’intervalle d’intégration


⇒ 1 du e ∞ ∂ ∞
τw = ⋅ ∫ (u e − u )dy + ( ∫ u (u e − u )dy )
ρ dx 0 ∂x 0

⇒ introduction des épaisseurs de déplacement et de qdm


τw 1 du e * dθ Cf dθ θ du e
= (δ + 2θ ) + ou = + ( H + 2)
ρu e u e dx
2
dx 2 dx u e dx
1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán

• La solution exacte des équations de CL vérifie :

Cf dθ θ du e
= + ( H + 2) (EVK)
2 dx u e dx

⇒ EVK peut être utilisée comme un filtre pour obtenir une


approximation raisonnable du coefficient de frottement Cf
à partir d’un profil de vitesse u/ue qui ne constitue qu’une
approximation parfois très grossière du profil réellement observé

1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán

• Procédure-type d’utilisation de (EVK) : u y


* on se donne un profil de vitesse dans la couche limite = f( )
ue δ
qui respecte un certain nombre de conditions aux limites
exemple : u u
( y = 0) = f (0) = 0 et ( y = δ ) = f (1) = 1
ue ue
N.B. : δ est une inconnue du problème

* on calcule les épaisseurs de déplacement et de quantité de mvt :


δ u 1
δ =∫
*
(1 − )dy = δ ∫ (1 − f (ξ ))dξ = k1δ
0 ue 0

1
θ = δ ∫ f (ξ )(1 − f (ξ ))dξ = k 2δ
0

1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán

• Procédure-type d’utilisation de (EVK) :


* pour une couche limite laminaire, la contrainte de frottement à la
paroi est donnée par :
 ∂u  µu e µu e Cf τ ν
τ w = µ   = f ' (ξ ) w = f ' ( 0) ⇒ = w2 = f ' ( 0)
 ∂y  w δ δ 2 ρu e u eδ

* on injecte ces expressions dans (EVK) pour obtenir une équation


différentielle ordinaire à coefficients variables pour δ2:
νf ' (0) dδ δ 2 due
= k 2δ + (2k 2 + k1 )
ue dx ue dx
* ue(x) donnée ⇒ δ2 calculée ⇒ Cf évalué
1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán ECOUL 1

• Méthode de Polhausen :
u/ue=f(ξ) choisie sous la forme d’un polynôme en ξ=y/δ de degré
suffisant pour satisfaire les conditions aux limites suivantes :
* condition d’adhérence à la paroi : u(y=0)=0 soit f(0)=0
* raccord CL / écoulement extérieur : u(y= δ)=ue soit f(1)=1
* absence de frottement en-dehors de la CL : ∂u ( y = δ ) = 0 soit f’(1)=0
∂y
∂ ∂ ∂ 2
* équation de qdm dans la CL : u + v = ue e + ν u2
u u du
∂x ∂y dx ∂y
∂u ∂ 2u
y=δ : u= ue et =0 ⇒ ( y = δ ) = 0 soit f ' ' (1) = 0
∂y ∂y 2

y=0 : u= 0 et v=0 ⇒
∂ 2u ue due δ 2
due
( y = 0) = − soit f ' ' (0) = − = −Λ
∂y 2
ν dx ν dx
⇒ f(ξ) choisi comme un polynôme de degré 4
1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán

• Polynôme de Polhausen (1921) :

u Λ
= [2ξ − 2ξ + ξ ] + ξ (1 − ξ )3
3 4

ue 6

* premier polynôme entre crochets :


correspond au cas d’un écoulement
en l’absence de gradient de pression (due/dx=0 ⇒ Λ=0)
* second polynôme :
traduit la présence d’un gradient de pression
• Approche de précision limitée dans le cas général (ue quelconque)
et difficulté à prédire correctement le point de décollement dans le
cas d’un gradient de pression défavorable (Λ < 0)
1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán

• Méthode de Walz-Thwaites :
* 1940 : Holstein et Bohlen proposent un paramètre sans dimension
pour décrire les couches limites en corrélant les quantités
sans dimension importantes de l’EVK
θ 2 due τ wθ
λ= : H = H (λ ) et = S (λ )
ν dx µu e

⇒ EVK réécrite sous la forme :


d λ
ue ( ) = 2[ S (λ ) − λ (2 + H (λ ))] = F (λ )
dx u 'e
* 1941 : Walz montre que si F(λ) est linéaire alors cette 2formule
s’intègre analytiquement et permet d’obtenir θ = φ (ue )
ν
1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán

• Méthode de Walz-Thwaites :
* 1949 : après analyse de nombreux résultats analytiques et
expérimentaux, Thwaites montre qu’une corrélation très
simple est bien vérifiée :
F (λ ) ≈ 0.45 − 6λ
⇒ l’épaisseur de qdm d’une couche limite laminaire est donnée avec
une bonne précision par la formule :

0.45ν x 5
θ ( x) = 6 ∫
2
ue (t )dt
ue ( x) 0

1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán

• Méthode de Walz-Thwaites :
* connaissant la distribution de vitesse extérieure on peut évaluer
θ 2 due grâce à la formule précédente
λ=
ν dx
* connaissant λ on calcule H(λ) et S(λ) grâce à des tables de corrélation
fournies par Thwaites

* on en déduit le frottement à la paroi par S(λ) ainsi que la présence


d’un éventuel décollement (S(λ) =0 pour λ=-0.082)

* Remarque : on ne sait rien sur le profil de vitesse dans la CL

1/8/2010
Equation intégrale de von Kármán

• Méthode intégrale simple :


* connaissant la distribution de vitesse extérieure on peut évaluer
θ 2 due grâce à la formule précédente
λ=
ν dx
* connaissant λ on calcule H(λ) et S(λ) grâce à des tables de corrélation
fournies par Thwaites

* on en déduit le frottement à la paroi par S(λ) ainsi que la présence


d’un éventuel décollement (S(λ) =0 pour λ=-0.082)

* Remarque : on ne sait rien sur le profil de vitesse dans la CL

1/8/2010
FIN 2 ème PARTIE

1/8/2010
Couche limite turbulente

• Description statistique
d’un écoulement turbulent :

1/8/2010
Couche limite turbulente

• Choix d’une moyenne (d’ensemble, temporelle, spatiale)

• Décomposition de toute grandeur instantanée en une partie moyenne


et une partie fluctuante (décomposition de Reynolds) :

φ = φ +φ'
• Propriétés des opérateurs de moyenne :
φ' = 0
φψ = φψ + φ 'ψ ''
∂φ ∂ φ
=
1/8/2010 ∂x ∂x
Couche limite turbulente

• Equations de Reynolds :
* on écrit les équations de Navier-Stokes
(hypothèse simplificatrice : écoulement incompressible)
* on introduit la décomposition de Reynolds pour les champs de
vitesse et de pression
* on prend la moyenne des équations de Navier-Stokes et on
utilise les propriétés de cet opérateur pour obtenir les équations
de Reynolds dites aussi équations de Navier-Stokes aux
moyennes de Reynolds (Reynolds-Averaged NS equations)
ou encore, en franglais « équations RANS »
Remarque : dans le cas d’un écoulement compressible, la masse
volumique doit être également décomposée; on introduit une moyenne
pondérée par la masse volumique, dite moyenne de Favre.
1/8/2010
Couche limite turbulente

• Equations « RANS » :
 ∂u i
 =0
 ∂xi

 ∂u i + ∂ (ui u j ) = − 1 ∂ p + 1 ∂ ( µ ∂u i − ρ u ' u ' )
 ∂t ∂x j ρ ∂xi ρ ∂x j ∂x j
i j

∂u i
τ ij = µ = tenseur des contraintes visqueuses
∂x j
τ ijR = − ρ u 'i u ' j = tenseur des contraintes turbulentes
= tenseur de Reynolds
Système d’équations formellement identique à celui de NS
mais ouvert car les contraintes de Reynolds ne sont pas connues.
1/8/2010
Couche limite turbulente

• Equations de la CL turbulente :
* formellement identiques aux équations de la CL laminaire
 ∂u ∂v
 ∂x + ∂y = 0 • adhérence : u = v = 0 pour y = 0
 
 • raccord avec l' écoulement de FP :
u ∂u + v ∂u = u due + 1 ∂τ  u ( x, ∞) = u e ( x)
 ∂x ∂y
e
dx ρ ∂y

* ... sous réserve de définir la contrainte totale τ par :


∂u
τ = τ lam + τ turb = µ − ρ u 'v'
∂y
* ⇒ équation de von Karman inchangée :
Cf dθ θ du e
= + ( H + 2)
2 dx u e dx
mais pas d’expression explicite disponible pour Cf
1/8/2010
Couche limite turbulente

• Equations de la CL turbulente :
* utilisation de l’EVK requiert :
- la donnée d’un profil de vitesse (cf. cas laminaire)
- la donnée d’une loi de frottement pour Cf
* choix du profil de vitesse :
- bien différent du cas laminaire

Profils de vitesse
typiquement observés
dans une couche limite
de plaque plane

1/8/2010
Couche limite turbulente

• Structures tourbillonnaires présentes dans une CL turbulente


⇒ brassage de l’écoulement, transfert de quantité de mouvement
des régions haute vitesse vers les régions basse vitesse bien plus
efficace que par simple diffusion visqueuse comme dans le cas
laminaire
⇒ la CL turbulente est plus épaisse que la CL laminaire
⇒ le profil de vitesse croît beaucoup plus rapidement avec la
distance à la paroi :
* frottement turbulent bien plus élevé que frottement laminaire
(importance du contrôle de la laminarité)
* meilleure résistance de la CL turbulente aux gradients de
pression adverse (+ difficile à faire décoller)
(utilisation de générateurs de tourbillons)
1/8/2010
Couche limite turbulente

• Loi classiquement utilisée pour le profil de vitesse


dans la CL turbulente = loi en puissance
* approximation correcte des profils expérimentaux par :
1/ n
u  y
= 
ue  δ 
valeur typique pour n (gradients de pression modérés) : n=7
• Loi de frottement :
* en général de la forme C f = C f ( Reδ ) ou C f = C f ( Reθ )
* exemple :
loi de Prandtl basée sur la mesure de pertes de charge
dans des conduites cylindriques en éclt turbulent établi
0.0464
Cf =
Reδ1/ 4
1/8/2010
Couche limite turbulente

• Mise en oeuvre de l’EVK


* profil de vitesse en puissance
⇒ épaisseur de déplacement et de quantité de mouvement
en fonction de l’épaisseur de la couche limite
⇒ facteur de forme H(n)
* loi de frottement de la forme C f = C f ( Reθ )
⇒ EVK = équation différentielle ordinaire en θ(x)
dθ 1 due
+ [( H (n) + 2) ]θ = C f ( Reθ )
dx ue dx
⇒ on déduit Cf(x) de θ(x)
Exemple : à partir d’une loi en puissance (n=7) et de la loi de
frottement de Prandtl, on obtient :

(C )
f turbulent =
0.0592
1/8/2010 Re1x/ 5
Couche limite turbulente

• Comparaison frottement laminaire / frottement turbulent :

(C )
f la min aire
0.664
= 1/ 2
Rex

(C )
f turbulent =
0.0592
Re1x/ 5

1/8/2010
Couche limite turbulente

• Méthode intégrale simple : C


b
* hypothèses : f
= m , H = cste
2 Reθ
* injection dans l’EVK ⇒ intégration en :

* choix classiques pour les paramètres b,m,H


= valeurs caractéristiques d’une CL turbulente sur plaque plane
en l’absence de gradient de pression extérieur
C f 0.0086
= 1/ 5
, H = 1.4
2 Reθ

à comparer au cas laminaire : C f 0.2205


1/8/2010
= , H = 2.591
2 Reθ
FIN 3 ème PARTIE

1/8/2010
Couche limite turbulente

• Profil de vitesse dans la CL turbulente : étude analytique


* équation de quantité de mvt :
∂u ∂u ∂ ∂u ∂
u +v = (ν ) + (−u ' v')
∂x ∂y ∂y ∂y ∂y
* proximité immédiate de la paroi :
terme de frottement laminaire dominant
(vitesses moyennes et fluctuations de vitesses → 0 quand y → 0
∂ ∂u τw
(ν ) ≈ 0 quand y → 0 ⇔ u = Cy = y
∂y ∂y µ

zone de très proche paroi = sous-couche visqueuse


(viscous sub-layer)
* échelle caractéristique de la vitesse = vitesse de frottement
τw
uτ =
1/8/2010 ρ
Couche limite turbulente

• Profil de vitesse dans la CL turbulente : étude analytique


* variables sans dimension pertinentes dans la zone proche paroi :
+ u + uτ y
u = , y =
uτ ν
* relation de très proche paroi valable jusqu’à y + ∈ [5 , 10]
u+ = y+
* lorsque l’on quitte la sous-couche visqueuse, le frottement turbulent
devient peu à peu prépondérant par rapport au frottement laminaire
(faibles vitesses ⇒ termes d’inertie négligeables)
- dans cette zone, le frottement total reste à peu près constant
et égal à τ w
- la vitesse moyenne reste de l’ordre de la vitesse de frottement
+
- l’échelle caractéristique de longueur reste y
u+ = f ( y+ )
1/8/2010
Couche limite turbulente

• Profil de vitesse dans la CL turbulente : étude analytique


* lorsque l’on continue à s’éloigner de la paroi, frottement turbulent
et inertie deviennent dominants devant le frottement laminaire
- déficit de vitesse de l’ordre de la vitesse de frottement
- échelle de longueur de l’ordre de l’épaisseur de CL
ue − u y
= g ( ) = g (η )
uτ δ

* lorsque l’on est à l’extérieur de la CL seul le terme d’inertie est


dominant, les frottements laminaire et turbulent devenant
négligeables

1/8/2010
Couche limite turbulente

• Profil de vitesse dans la CL turbulente : étude analytique


* on distingue une zone interne et une zone externe
+ +
- variables caractéristiques de la zone interne : u , y
- variables caractéristiques de la zone externe : (ue − u) / uτ ,η
+
* on peut raccorder la solution dans la zone interne quand y → ∞
à la solution dans la zone externe quand η → 0
u
u + = f ( y + ) = e − g (η )
uτ y + uτ δ
* rapport entre variables interne et externe : = = Reτ
η ν
* raccord des expressions interne/externe :
u
f ( Reτη ) = e − g (η ) ⇒ y + f ' ( y + ) = −ηg ' (η )

d’où
y + f ' ( y + ) = cste et − ηg ' (η ) = cste
1/8/2010
Couche limite turbulente

• Profil de vitesse dans la CL turbulente : étude analytique


* par intégration immédiate :
+
- profil de vitesse dans la couche intérieure quand y →∞
loi de paroi (loi logarithmique à caractère universel)
+ 1 +
domaine de validité
u = ln( y ) + B y +
∈ [50 , 500]
κ
κ = cste de von Karman ≅ 0.40 − 0.41 , B = 5.0 − 5.2

- profil de vitesse déficitaire dans la couche extérieure quand η → 0


u − ue 1
= − ln(η ) + A avec A ≅ 2.35
uτ κ
domaine de validité (dépend de Reτ donc de Re) :
typiquement à partir de y ≈ 0.1δ
1/8/2010
Couche limite turbulente

• Profil de vitesse dans la CL turbulente : étude analytique


* on complète la description du profil de vitesse par :
- zone tampon entre sous-couche visqueuse et couche logarithmique:
+ +
relation implicite entre u et y : loi de Spalding (1961)
- zone de sillage lorsque l’on approche la frontière supérieure de
la couche limite : loi de sillage prenant en compte l’influence du
gradient de pression extérieur
1 Π
loi de Coles (1952)
+
u = +
ln( y ) + B + × W (η )
κ κ

ou en variables externes
ue − u 1 Π Π
= − ln(η ) − × W (η ) + 2
uτ κ κ κ
1/8/2010
Couche limite turbulente

• Profil de vitesse dans la CL turbulente : synthèse

1/8/2010
Couche limite turbulente

• Profil de vitesse dans la CL turbulente : utilisation


* profil de vitesse postulé pour EVK
* comparaison entre loi en puissance (n=7) et loi de sillage

1/8/2010
Couche limite turbulente

• Profil de vitesse dans la CL turbulente : utilisation


* estimation du frottement :
- utilisation de la loi de sillage pour obtenir une relation entre
2 u
Reθ et λ = = e qui peut être approchée simplement par :
C f uτ C f ≈ 0.012 Reθ−1/ 6
- application de EVK en l’absence de gradient de pression :
dθ dReθ
C f ( Reθ ) = 2 ⇔ = 0.006 Reθ−1/ 6
dx dRex
0.0244
⇒ C f ≈
Re1x/ 7

1/8/2010
Couche limite turbulente

• Autre voie possible pour estimer le frottement :

* rechercher une expression pour les contraintes turbulentes


⇒ modèle de turbulence
ce modèle devra être construit de façon à permettre notamment
de reproduire la distribution de vitesse dans la couche limite
turbulente qui vient d’être décrite

* résoudre les équations RANS ainsi fermées


⇒ par voie numérique

1/8/2010
Modélisation de la turbulence

• Objectif :
exprimer les contraintes de Reynolds en fonction du champ moyen

• Hypothèse de Boussinesq (1877) :


 ∂ui ∂u j 
− ρ u 'i u ' j = µ t  + 
 ∂x ∂x 
 j i 

µ t = viscosité turbulente ou viscosité tourbillonnaire


que l’on cherche à relier à l’état de l’écoulement moyen

µ t ≠ µ car la viscosité µ est une propriété du fluide alors


que la viscosité turbulente est une propriété de l’écoulement
1/8/2010
Couche limite
et performances aérodynamiques

Couche limite

Frottement Décollement

Traînée Perte Traînée


de frottement de portance de forme
(domaine / décrochage (domaine
aéronautique) (domaine automobile)
aéronautique)

Optimisation et contrôle
1/8/2010
Couche limite et traînée
Réduction de la traînée de frottement

• Constat : frottement turbulent >> frottement laminaire

⇒ on s’efforce de préserver la laminarité de l’écoulement


sur une grande partie du profil
⇒ on cherche à repousser la transition
* gradients de pression adverses favorisent la transition
en générant des profils de vitesse instables
* conception de « profils laminaires » générant des gradients
de pression favorables
- technique passive : pas d’apport d’énergie
- difficiles à concevoir
- sensibilité à d’autres paramètres de transition
(état de surface)
1/8/2010
Couche limite et traînée
Réduction de la traînée de frottement

• Constat : frottement turbulent >> frottement laminaire


⇒ on cherche à repousser la transition
* aspiration de la CL par des fentes ou des trous
- CL d’épaisseur constante peu susceptible de présenter
une transition vers la turbulence
- technique active : bilan d’énergie ?
- réalisation technologique délicate

⇒ compromis : technique hybride


* aspiration au bord d’attaque
* puis « laminarisation naturelle »
⇒ technique testée en vol avec succès
1/8/2010
Couche limite et traînée
Réduction de la traînée de frottement

• Constat : frottement turbulent >> frottement laminaire

⇒ réduction de la traînée de la couche limite turbulente


* « riblets » (cf. Star and Stripes en Coupe de l’America)
* LEBU (« Large Eddy Break Up »)

1/8/2010
Couche limite et traînée
Utilisation des bonnes propriétés de la CL turbulente
vis-à-vis du décollement

1/8/2010 Aile d’avion : générateurs de tourbillons


Couche limite et portance
Contrôle actif du décollement
par aspiration de la CL

1/8/2010
écoulement non contrôlé
Couche limite et portance
Contrôle actif du décollement
par aspiration de la CL

1/8/2010
écoulement contrôlé
Couche limite et portance
Contrôle actif du décollement
par soufflage

1/8/2010 écoulement non contrôlé


Couche limite et portance
Contrôle actif du décollement
par soufflage

1/8/2010 écoulement contrôlé


Interaction choc / couche limite
Exemples de décollement de CL induit
par la présence de chocs dans l’écoulement

Entrée d’air
Gouverne

Profil

1/8/2010
Interaction choc / couche limite

1/8/2010
Simulation
d’un cycle de tremblement
sur le profil OAT15A
M∝ = 0.73
Rec = 4.2  106
α = 3.5°

1/8/2010
Modélisation de la turbulence

• Dépendance de la viscosité turbulente vis-à-vis du champ moyen :


raisonnement dimensionnel
µ
ν t = t = C µ × u t × lt
ρ
ut, lt = échelles de vitesse et de longueur caractéristiques
de l’agitation turbulente
• Modèles de longueur de mélange (Prandtl, 1925) :
lt = lm = longueur de mélange (« mixing-length »)
donnée par une relation algébrique
∂u
ut = l m
∂y
2 ∂u
⇒ µ t = ρlm
1/8/2010 ∂y
Modélisation de la turbulence

• Contrainte turbulente dans la couche limite :


2
∂u 2 ∂u ∂u 2  ∂u 
− ρ u ' v' = µ t = ρlm = ρlm  
∂y ∂y ∂y  ∂y 
lm = dépend de l’écoulement considéré
exemple : pour un jet plan lm = 0.09δ 0.5
• Longueur de mélange dans une couche limite :
* zone logarithmique : ∂u  ∂u  τ
ν − u ' v' ≈ ν   = w = uτ2
∂y  ∂y  w ρ
* quand la contrainte turbulente domine la contrainte visqueuse :
2
 ∂u 
− u ' v' = lm2   ≈ uτ2 ⇒ (loi de paroi pour u ) lm = κy
 ∂y 
1/8/2010
Modélisation de la turbulence

• Modification de lm dans la sous-couche visqueuse :


- avec lm = κy on a − u ' v' ∝ y 2 quand y → 0
- observation expérimentale : − u ' v' ∝ y 3 ou y 4 quand y → 0
⇒ proposition de Van Driest (1956) :
introduction d’une fonction d’amortissement
− y + / A0+
lm = κy (1 − e )
• Modification de νt dans la zone de vitesse déficitaire (Clauser, 1956) :
(ν t )o = αueδ *
ue , δ * = échelles caractéristiques de vitesse / longueur dans cette zone
α = coefficient de fermeture
• Prise en compte du phénomène d’intermittence (Klebanoff, 1954) :
- pondération de la viscosité turbulente par :
−1
  y
6


Fkleb ( y; δ ) = 1 + 5.5  
 δ  
1/8/2010
 
Modélisation de la turbulence

• Modèle algébrique de Cebeci-Smith (1967) :


- modèle bi-couche qui s’appuie sur deux expressions distinctes
de la viscosité turbulente selon que l’on se trouve dans la zone
interne ou externe de la couche limite
(ν t )i , y ≤ ym
νt =  avec ym plus petite valeur tq (ν t )i = (ν t )o
(ν t )o , y > ym
- région interne :
1/ 2
 ∂u   ∂v  
2 2

(ν t )i = lm   +    avec lm = κy(1 − e )


2 y + / A+

∂y ∂x
    
- région externe :

(ν t )o = αueδ *
Fkleb ( y; δ )
1/8/2010
Modélisation de la turbulence
• Modèle algébrique de Baldwin-Lomax (1978) : ν t = min((ν t )i , (ν t )o )
- région interne : (ν t ) = lm2 ω avec lm = κy (1 − e y / A )
+ +

- région externe : (ν ) = αC F F ( y; y / C )
i

t o cp wake kleb max kleb


où Fwake permet de construire une échelle de longueur
caractéristique de la zone externe de la couche limite
basée sur la vorticité et qui reste donc bien définie même pour
un écoulement décollé

1/8/2010
Modélisation de la turbulence

• Insuffisance des modèles algébriques (ou à zéro équation) :


* la turbulence ne dépend que des valeurs locales du champ moyen
* pas d’ « effet d’histoire » de l’écoulement
µt
⇒ modèles à équations de transport νt = = C µ × u t × lt
ρ
avec des échelles caractéristiques de vitesse et de longueur
turbulentes calculées à partir de grandeurs turbulentes transportées
par l’écoulement

Prandtl (1945) : échelle de vitesse turbulente construite à partir


1
de l’énergie cinétique de la turbulence k = u 'i u 'i
2
* modèle incomplet car fermeture algébrique pour
l’échelle de longueur
1/8/2010
Modélisation de la turbulence

• Modèles à 2 équations (de transport) :


* échelle caractéristique de vitesse : ut = k
* échelle caractéristique de longueur :
lt = f (k , F )
avec F autre grandeur turbulente transportée par l' éclt
∂u 'i ∂u 'i
* choix très populaire : F = ε = ν
∂x j ∂x j
avec ε = taux de dissipation de l’énergie cinétique turbulente
⇒ k 3/ 2 k2
ε= et ν t = C 'µ
⇒ modèle k-ε
l
t ε
autre choix possible : k-ω
1/8/2010
Modélisation de la turbulence

• Modèles à 2 équations (de transport) :


* équation de transport exacte pour l’énergie cinétique turbulente
* équation de transport modélisée pour k de la forme :
∂k ∂k
+uj = Pk − ε + Dk
∂t ∂x j
* équation d’évolution de l’énergie cinétique turbulente modélisée
(les grandeurs moyennes sont connues tandis que le taux de
dissipation ε reste à déterminer)

1/8/2010
Modélisation de la turbulence

• Modèles à 2 équations (de transport) :


* équation de transport exacte pour ε difficile à fermer (présence de
corrélations doubles ou triples délicates à modéliser)
* équation de transport modélisée pour ε de la forme :

∂ε ∂ε ε2
+uj = Pε − Cε 2 + Dε
∂t ∂x j k

modèle dit « standard » dû à Jones-Launder (1972)

1/8/2010
Modélisation de la turbulence

• Modèle k-ε standard de Jones-Launder :

Constantes dites de calibration du modèle :


C ' µ = 0.09 , C ε1 = 1.44 , Cε 2 = 1.92 , σ k = 1.0 , σ ε = 1.3

1/8/2010
Modélisation de la turbulence

• Modèle k-ε standard de Jones-Launder :


* très couramment utilisé en pratique même si la qualité de prédiction
de ce modèle est mise en défaut pour des écoulements fortement
décollés
* le modèle standard n’est pas valable au voisinage d’une paroi solide :
pas d’amortissement des grandeurs turbulentes dans la région de
proche paroi
- stratégie 1 : utilisation d’une version dite « bas-Reynolds » de ce
modèle proposée par Launder-Sharma (1974) qui introduit des
fonctions d’amortissement (le Reynolds dont il est question est le
Reynolds dit de turbulence défini comme le rapport des diffusions
turbulente et moléculaire : Re t = k 2 /(νε ) )

1/8/2010
Modélisation de la turbulence
- stratégie 2 : utilisation de loi de paroi
on applique le modèle de turbulence jusque dans la zone log puis
on raccorde la solution au profil « universel » de vitesse
Difficultés : choix du point de raccord + validité limitée de la loi
de paroi dans le cas général (notamment écoulement fortement
décollé)

Il existe bien d’autres modèles à 2 équations de transport :


k-ω de Wilcox, de Menter, k-l de Smith… avec leurs points forts et
leur faiblesses (prédiction du décollement, du recollement …)

Modélisation plus évoluée : modèle dit au second ordre ou aux


tensions de Reynolds dans lequel on modélise l’évolution des
composantes du tenseur des contraintes de Reynolds
1/8/2010
Simulation numérique

• Principe de construction d’un schéma pour un problème


d’advection-diffusion :

Schéma NS
=
Schéma Euler + discrétisation centrée des termes de diffusion

Choix du flux numérique Euler de façon à limiter la dissipation


numérique qui vient polluer la dissipation physique
1/8/2010
Simulation numérique

Nombre de Mach = 0.5


Nombre de Reynolds = 5000

Isovaleurs du nombre de Mach

1/8/2010
Simulation numérique

Choix du maillage

grossier fin

1/8/2010
Simulation numérique
Précision de la solution numérique

Schéma décentré d’ordre 2


à faible dissipation numérique

Isovaleurs de la pression

1/8/2010
Simulation numérique
Précision de la solution numérique

Schéma décentré
d’ordre 2

1/8/2010
Simulation numérique
Précision de la solution numérique
Schéma décentré d’ordre 2

Coefficient de frottement Facteur de forme

trait continu = solution semi-analytique de référence


1/8/2010 points = simulation numérique
Simulation numérique
Efficacité de la résolution

Compte tenu d’une part du critère de stabilité pour un schéma explicite


appliqué à un problème d’advection-diffusion (qui fait intervenir le carré
de la taille des cellules) et compte tenu d’autre part du fait que les tailles
de cellules doivent être prises très petites pour simuler correctement
l’écoulement dans la CL (et en déduire notamment le frottement), il
n’est pas judicieux en pratique d’utiliser un schéma explicite pour des
calculs visqueux.
On a plutôt recours à des schémas dits implicites qui permettent de
s’affranchir de conditions de stabilité restrictives mais nécessitent à
chaque itération la résolution (efficace) de systèmes linéaires.

1/8/2010
Simulation numérique
Efficacité de la résolution

1/8/2010
1/8/2010

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