Smaoui
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Institut National Polytechnique
de Toulouse (INP Toulouse)
Génie de Procédéset Environnement
Mr Slim SMAOUI
26 Mai 2010
Purification et Caractérisation de Biomolécules à partir de microorganismes
et identifiés
nouvellement isolés
Pr. Néji GHARSALLAH Président
Dr. Radhouane GDOURA Rapporteur
Dr. Bertrand AIGLE Rapporteur
Pr. Jean Luc PERNODET Examinateur
Mécanique, Energétique, Génie civil et Procédés (MEGeP)
Laboratoire de Génie Chimique (LGC- Toulouse)
Pr. Florence MATHIEU Directeur de Recherches au LGC
Dr. Lotfi MELLOULI Directeur de thèse (Côté Tunisien)
Dr. Radhouane GDOURA Rapporteur
Dr. Bertrand AIGLE Rapporteur
République Tunisienne
*******
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Ecole Nationale Supérieure Ecole Doctorale Mécanique, Laboratoire de Génie Faculté des Sciences de Sfax Centre de Biotechnologie de Sfax
Agronomique de Toulouse Énergétique, Génie Civil Chimique Département des Sciences de la Vie Laboratoire de Microorganismes et de
et Procédés Biomolécules
THÈSE
Présentée à
DOCTORAT
Dans la discipline : Sciences Biologiques
par
Slim SMAOUI
Purification et Caractérisation de Biomolécules à partir de microorganismes
nouvellement isolés et identifiés
2009--2010
ANNEE UNIVERSITAIRE 2009
Dédicace
Je dédie ce travail à
Mon père Mohamed Néjib, pour ses encouragements incessants et son soutien moral aux
moments difficiles qui furent pour moi les meilleurs gages de réussite. Qu’il trouve dans ce
Mon adorable mère Raoudha, qui est toujours présente et continue de l’être pour faire mon
bonheur. Merci pour être sacrifiée pour que ces enfants grandissent et prospèrent. Que dieu la
protège et lui donne bonne santé et qu’elle trouve ici la preuve de ma reconnaissance infinie.
Mes frères Morsi et Becem pour leur disponibilité, leur soutien moral, leur encouragement
Ma fiancée Hajer d’être toujours à mes côtés pour me soutenir, pour m’aider dans la mesure
du possible, mais surtout pour donner du goût à ma vie par son amour et sa tendresse, j’espère
Ma belle-famille pour leur soutien, gentillesse et sympathie, pendant cette thèse parfois
Envahissante, que dieu les protège et leurs donne une vie pleine de réussite et de bonheur.
Remerciements
Le présent travail de thèse, qui entre dans le cadre d’un programme de recherche
CMCU (thèse co-tutelle), a été réalisé dans le Laboratoire de Microorganismes et de
Biomolécules (LMB) du Centre de Biotechnologie de Sfax (CBS) et au Laboratoire de
Génie Chimique (LGC-ENSAT-Toulouse-France) sous la direction de Monsieur Lotfi
MELLOULI (Directeur de thèse côté Tunisien) et Mme Florence MATHIEU
(Directrice de thèse côté Français).
Avec une rigueur et un intérêt constant, Monsieur Lotfi MELLOULI Maître de
Conférences au Centre de Biotechnologie de Sfax a dirigé ce travail avec beaucoup
d’enthousiasme en me faisant bénéficier de ses compétences scientifiques. Je tiens à
lui exprimer ma très grande reconnaissance et le témoignage de mon profond
attachement pour l’attention qu’il a porté à cette thèse, pour les encouragements, pour
la confiance qu’il m’a toujours témoignée, sa constante disponibilité et la gentillesse
dont il a fait preuve à mon égard.
Je tiens aussi à exprimer ma profonde gratitude au Pr. Florence MATHIEU, Directeur
du LGC, pour avoir accepté d’être la directrice côté Français de cette thèse. Son enthousiasme
et son dynamisme m’ont chaque fois permis de rebondir dans les moments difficiles. Je la
remercie vivement pour l’aide scientifique précieuse et tous les conseils qu’il a pu me fournir.
Je remercie également Monsieur Samir BEJAR Chef du Laboratoire de
Microorganismes et de Biomolécules du Centre de Biotechnologie de Sfax pour
l’intérêt qu’il a porté à ce travail.
Je profite de cette occasion d’exprimer ma profonde reconnaissance à Monsieur
Ahmed LEBRIHI, Professeur et Directeur de l’Ecole National Supérieur Agronomique
de Toulouse pour les encouragements et les conseils qu’il n’a cessé de me prodiguer
durant mes séjours au (LGC-ENSAT-Toulouse-France) et pour la confiance qu’il m’a
toujours témoignée.
Que Messieurs : Bertrand AIGLE, Maitre de Conférences au Laboratoire de Génétique
et de Microbiologie à la Faculté des Sciences et Technique de l’Université Henri
Poincarré- Nancy. Radhouane GDOURA, Maitre de Conférences au Laboratoire de
Microbiologie et Pathologie Humaine à l’Hôpital Habib Bourguiba, trouvent ici
l’expression de mes vifs remerciements pour avoir bien voulu être les rapporteurs de
cette thèse malgré leurs nombreuses occupations et pour l’honneur qu’ils me font en
acceptant de participer au Jury de cette thèse. Par ailleurs, Je tiens à avouer
sincèrement ma profonde gratitude à Monsieur Néji GHARSALLAH Professeur au
Laboratoire de Biotechnologie microbienne à la Faculté des Sciences de Sfax, de
l’honneur qu’il me fait d’avoir accepter de présider le jury de ma thèse.
Je remercie vivement Monsieur Jean Luc Pernodet, Directeur de recherche CNRS à
l’Institut de Génétique et Microbiologie à l’Université Paris Sud11 qui me fait
l’honneur, malgré ses importantes charges, d’accepter de juger mes travaux de thèse en
tant qu’examinateur. Je remercie Monsieur Yannick COPPEL, Ingénieur au
Laboratoire de Chimie de Coordination de Toulouse pour son aide précieuse et à sa
disponibilité pour la réalisation des analyses spectroscopiques. Je remercie encore, Pr.
Georges Merlina, Ingénieur de Recherches au Laboratoire d’Ecologie Fonctionnelle
(EcoLab) à l’Ensat pour son aide et la réalisation des analyses des Acides gras.
Mes remerciements vont également à tous les membres du Centre de Biotechnologie
de Sfax : étudiants, chercheurs, ingénieurs, techniciens, secrétaires… et en particulier
les Ingénieurs et les techniciens du l’unité analyse du CBS et plus précisément (Mr
Hedi Aouissaoui, Mme Najla Masmoudi et Mlle Lobna Jlaiel) pour leurs aides et les
facilités analytiques qu’ils m’ont offertes.
Ala : Alanine
Asn : Asparagine
ATB : Antibiotique
C : Cytosine
CTC : Chlorotétracycline
d : Doublet
DCM : Dichlrométhane
dd : Doublet de doublet
DKP : Dicétopipérazine
Gln : Glutamine
His : Histidine
IE : Ionisation Electronique
Ile : Isoleucine
kDa : Kilodalton
LB : Luria Bertani
Leu : Leucine
M : molaire
m : Multiplet
MALDI-TOF: Matrix-Assisted Laser Desorption/Ionisation-Time-Of-Flight mass
spectrometry
MeOH : Méthanol
MHz : Megahertz
min : minute
ml : millilitre
mm : millimètre
mM : millimolaire
Orn : Ornithine
PC : Phosphatidylcholine
PE : Phosphatidylethanolamine
Phe : Phenylalanine
PMSF : Phenylmethanesulphonylfluoride
ppm : partie par million
Pro : Proline
q : Quadruplet
Rf : Rapport frontal
TC : Tétracycline
Thr : Thréonine
Trp : Tryptophane
trs/min : Tours/min
Tyr : Tyrosine
UV : Ultraviloet
Val : Valine
δ : Déplacement chimique
λ : longueur d'onde de la radiation
µm : micromètre
Φ : Diamètre
Introduction générale
INTRODUCTION GENERALE
Depuis des milliers d'années, les êtres humains se servent des microorganismes (bactéries,
levures et moisissures) pour fabriquer des produits comme le pain, la bière, le fromage, etc.
Ces microorganismes, omniprésents dans notre environnement (le sol, l'air et les eaux) et dans
quelques aliments que nous consommons, ne cessent d’occuper une place de plus en plus
importante dans notre vie et sont actuellement à l’origine de l’essor du domaine de la
biotechnologie. En effet, ils sont doués de plusieurs activités importantes et peuvent être
considérés comme étant des agents performants de transformation et certaines espèces
permettent l'obtention de produits alimentaires fermentés stables à partir de matières premières
d'origine naturelle. Les microorganismes sont également des agents de dégradation et leurs
propriétés métaboliques et cinétiques peuvent être exploitées pour permettre l'hydrolyse,
l'oxydation, la nitrification, la dénitrification, l'élimination des sulfates et des phosphates ainsi
que la méthanisation des effluents polluants. De plus, les microorganismes sont de
remarquables agents de production et on leur doit la production de nombreuses molécules
organiques obtenues par fermentation et utilisées pour leurs propriétés fonctionnelles dans des
domaines extrêmement variés. Parmi ces molécules, on peut citer les alcools, les acides
organiques, les acides aminés, les polysaccharides, les vitamines, les enzymes, les
antibiotiques, les antifongiques, les bactériocines, etc. Malgré ce côté très bénéfique des
microorganismes, certains d’entre eux causent des problèmes majeurs pour l’humanité. Il
s’agit de bactéries, de levures unicellulaires et de champignons filamenteux pathogènes pour
l’homme. A ce propos, actuellement on assiste à un problème très épineux qui est la résistance
de ces microorganismes pathogènes aux molécules antibactériennes et antifongiques
communément utilisées. De plus, dans le domaine agro-alimentaire, les aliments que nous
consommons sont en grande majorité d’origine biologique (végétale ou animale) et les
modifications microbiologiques (par le développement de microorganismes altérants et
pathogènes) qu’ils subissent, les rendent très vite inconsommables et voir impropres à la
consommation. Pour combattre ces microorganismes pathogènes, plusieurs travaux de
recherche sont actuellement orientés vers la découverte de nouvelles molécules bioactives, à
savoir des antibiotiques, des antifongiques et des bactériocines, pour des applications
1
Introduction générale
2
Introduction générale
3
Synthèse bibliographique
SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE
Les microorganismes sont utilisés depuis des milliers d'années pour la transformation des
produits alimentaires (boissons alcoolisées, pain, fromages, etc.). Plus récemment, et avec l’essor
de la biotechnologie, des procédés exploitant certaines caractéristiques de microorganismes ont
été développés, soit pour dégrader de nombreuses molécules organiques ou minérales afin de
dépolluer les sols, les eaux ou l'air, soit pour la production de plusieurs métabolites primaires et
secondaires ayant des valeurs ajoutées et des activités biologiques très importantes.
Bien que la plupart des micro-organismes soient très bénéfiques et inoffensifs pour
l'homme, les animaux et les plantes, malheureusement certains sont néfastes et pathogènes en
provoquant plusieurs maladies qui peuvent être très graves, et d’autres sont à l’origine de
plusieurs dégâts en agriculture. Pour combattre cette pathogénicité, l’homme a utilisé depuis
l’antiquité des pâtes moisies sur les plaies infectées et malgré les effets bénéfiques, il ne
comprenait pas le phénomène en question. En 1928, le microbiologiste Alexander Fleming a
constaté que l’une de ses cultures bactériennes, une souche de Staphylococcus aureus, était
envahie par la moisissure, Penicillium notatum. Cette observation miraculeuse était à l’origine
d’une des plus grandes révolutions du monde médical par l’ouverture de l’ère des antibiotiques.
Par cette observation, Fleming déduisait que Penicillium notatum avait secrété une substance qui
avait inhibé la croissance de la souche Staphylococcus aureus. Il a nommé cette substance la
pénicilline. En 1938, le Français René Dubos a purifié le premier antibiotique, la Gramicidine ce
qui a permis à Florey et Chain en 1939 de purifier la pénicilline G. Cet antibiotique a été utilisé
pour la première fois en médecine humaine en 1941 pour le traitement des infections
bactériennes. Depuis, la quête de nouveaux antibiotiques se poursuit de plus belle. Avec la
découverte des antibiotiques, l’humanité a disposé d’un moyen et d’un remède extrêmement
efficace contre les bactéries pathogènes qui l’accablaient depuis des millénaires.
Lors de la découverte des antibiotiques, le mot antibiotique (du grec anti : « contre », et
bios : « la vie ») désigne une substance naturelle qui a une action d’inhibition ou de destruction
spécifique contre les bactéries. Actuellement, cette définition s’est encore élargie pour devenir :
toute substance naturelle, semi-synthétique ou synthétique qui a le pouvoir d’inhiber ou détruire
4
Synthèse bibliographique
A. LES ANTIBIOTIQUES
5
Synthèse bibliographique
Chacune de ces trois étapes peut être perturbée par l'action des antibiotiques. Par exemple,
les β-lactames inhibent la dernière étape de la synthèse du peptidoglycane.
* Les phénicols, qui se fixent sur le ribosome au niveau du site aminoacyl. Ils inhibent
l'élongation de la chaîne peptidique ce qui arrête le mouvement des ribosomes le long de l'ARN
méssager.
* Les tétracyclines, qui se fixent sur le ribosome au niveau du site aminoacyl et aussi au
niveau du site peptidyl. La conséquence est l'arrêt de la fixation du nouvel aminoacyl-tRNA sur
le ribosome et un arrêt de l'élongation des chaînes peptidiques.
* L'acide fusidique, qui en se liant au site aminoacyl, bloque l'adjonction d'un nouvel acide
aminé dans la chaîne peptidique en formation (blocage de la translocation).
* Les aminosides agissent sur divers métabolismes cellulaires dont la synthèse des
protéines. Ils pénètrent dans le cytoplasme par un mécanisme actif nécessitant de l'énergie
(systèmes de transporteurs d’électrons et ATP). Ces antibiotiques sont des inhibiteurs de la
traduction. En effet, ils provoquent des erreurs de lecture du message porté par l'ARN messager
ce qui engendre plusieurs perturbations : altération fonctionnelle de la membrane cytoplasmique,
blocage des systèmes de sécrétion et de respiration, etc.
* Les macrolides inhibent la synthèse protéique en se fixant sur la sous-unité 50S du
ribosome. Les macrolides empêchent la translocation et par suite l'incorporation des aminoacides.
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Synthèse bibliographique
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Synthèse bibliographique
Figure 1. Principaux cibles et modes d'action des antibiotiques ( Davies et Mazel, 1997)
8
Synthèse bibliographique
Les dérivés de DKP constituent une nouvelle classe de métabolites secondaires qui sont
produits principalement par des levures, des champignons filamenteux et quelques bactéries
comme les Streptomyces (Ben Ameur Mehdi et al., 2004 ; 2006). D’autres ont été isolés à partir
d’organismes marins comme les éponges.
Les DKP ont été longtemps hors d’attention car plusieurs dipeptides cycliques formés à
partir des hydrolysats protéiques et trouvés dans les milieux de culture de divers
microorganismes, avaient été considérés comme étant des artéfacts de fermentation indésirables
résultant de la dégradation des polypeptides (Son et al., 1999). Cependant, il a été vérifié par
Fdhila et al., 2003 que les dicétopiperazines ne sont pas générés par stérilisation thermique ni
incubation du milieu de culture durant le processus de fermentation. En effet, ces dipeptides
cycliques ne sont pas détectés dans les profils HPLC des extraits obtenus à partir du milieu de
culture stérlisé sans inoculation.
9
Synthèse bibliographique
contre les VRE (enterococci vancomycin resistants), Bacillus subtilis, Micrococcus luteus,
Staphylococcus aureus et Saccharomyces cerevisiae. Ces deux DKP inhibent également la
croissance de plusieurs lignées de cellules tumorales, à savoir : HL60 et W937 (leucémie humaine)
et SNU-1 (cancer de l’estomac) (Rhee, 2002). De plus, et à côté des deux DKP cyclo (L-leucyl-L-
prolyl) et cyclo (L-phenyl-L-prolyl), il a été rapporté que d’autres dérivés de DKP tels que :
l’ambewelamide, la verticilline et la phényl-ahistine possèdent des activités antitumorales sur
plusieurs lignées cellulaires (Williams et al., 1998). Des études hématologiques et anticancéreuses
ont permis de déduire que les dicétopipérazines à histidine (cyclo (His-Ala) et cyclo (His-Gly))
constituent une nouvelle génération potentielle d’agents cytotoxiques avec des effets anti-
thrombotiques (Lucietto et al., 2006). Egalement, il a été rapporté que les trois DKP : le cyclo (L-
His-L-Pro), le cyclo (L-Phe-L-Pro) et le cyclo (L-Pro-L-Tyr) agissent sur le système nerveux
central où ils modulent un nombre remarquable de comportement humain (Prasad, 1995). Ceci en
fait n’est pas surprenant si on considère la similarité structurale entre ces trois DKPs et les peptides
signaux endogènes chez l’être humain à savoir la « thyrotropin-releasing hormon TRH ».
La figure 3, montre la structure chimique de deux dérivés de dicétopipérazines qui sont : cis
cyclo (L-Phe, L-Pro) et cis cyclo (L-Leu, L-Pro). Ces dérivés de DKP, ont été purifiés et
10
Synthèse bibliographique
O
10
3
O
9
1
12 H
3' 3
1' N H3C
1
11 9 N
N 7
5' H 5 CH3 N 7
13
H 5
O
cis-cyclo(L-phenyl,L-prolyl) O
cis-cyclo (Leucyl-prolyl)
Figure 3. Structure chimique de deux dérivés de DKP : cis cyclo (L-Phe, L-Pro) et
cis cyclo (L-Leu, L-Pro) (Mehdi Ben Ameur et al., 2006)
• Les cyclotripeptides, très peu sont naturels et les structures publiées sont en fait des
cyclopeptides alcaloides produits soit par des plantes surtout de la famille des
Rhamnaceae soit par des éponges marines (Joullet et Nutt, 1983).
• Les cyclotetrapeptides, ces molécules sont souvent décrites comme des produits naturels et
possèdent plusieurs activités biologiques intéressantes. A ce propos, on peut citer la
Rhodopeptine isolée à partir d’une bactérie du genre Rhodococcus. Cette molécule possède
des activités antifongiques (Chiba et al., 1999). La molécule cyclotetrapeptide appelée
apicidin a été isolée à partir d’une souche de Streptomyces et possède des activités
antitumorales (Okada et al., 2006).
11
Synthèse bibliographique
• Les cyclopentapeptides, ces molécules sont très peu décrites naturellement. On peut citer
dans ce cas la Viscumamide, Cyclo (Leu-Ile-Leu-Ile-Leu), isolée à partir de la plante
Viscum album (Okumura et Sakurai, 1973).
• Les cyclohexapeptides, ces molécules ont été caractérisées chez les plantes supérieures, les
éponges marines et les microorganismes notamment les champignons (Whyte et al., 2000).
• Les cycloheptapeptides forment une classe relativement importante et ont été isolés à partir
de microorganismes, d’organismes marins et de plantes supérieures. Comme exemple, la
Rhizonine A, est une mycotoxine hepatotoxique isolée à partir du champignon Rhizopus
microsporus (Potgieter et al., 1989).
• Les cyclooctapeptides, très peu de données existent sur la structure tridimensionnelle des
peptides cycliques de huit résidus. Cependant, quelques peptides naturels de cette taille ont
été isolés à savoir l’Agardhipeptine B, cyclo (Trp-Leu-Pro-Trp-Ala-Pro-Trp-Val) secrété
par une souche de cyanobactérie. Cette molécule ne présente pas d’activité biologique
(Shin et al., 1996). Au contraire, la Cyclolinopeptide D, cyclo (Pro-Phe-Phe-Trp-Ile-Mso-
Leu-Leu), produite par le spongiaire Hymeciacidon, présente une importante activité
immunosuppressive (Morita et al., 1999).
• Les cyclodécapeptides, le cas le plus connu est le Tyrocidine, qui est un décapeptide
cyclique « D-Phe-Pro-Phe-D-Phe-Asn-Gln-Tyr-Val-Orn-Leu » produit au début de la
phase stationnaire de croissance de Bacillus brevis ATCC 8185 (Fûrbass et al., 1991). Ce
décapeptide a des activités antibiotiques contre plusieurs bactéries Gram+. Dans le
surnageant de la culture de Bacillus brevis, la Tyrocidine est en fait produite sous forme
d’un mélange de quatre décapeptides qui sont les Tyrocidines A, B, C, et D. La différence
entre eux réside au niveau des résidus Phe et Tyr qui sont remplacés par Trp. Chaque
Tyrocidine contient deux acides aminés dans la configuration D et le résidu L-ornithine
12
Synthèse bibliographique
B. LES ANTIFONGIQUES
Les antifongiques sont des molécules bioactives utilisées contre les champignons. Ces
organismes forment un groupe phylogénétique homogène constitué de champignons
macroscopiques et de champignons microscopiques (mycètes) à savoir les levures et les
moisissures qui peuvent être saprophytes ou parasites. Dans ce dernier cas, ils peuvent attaquer
soit l’être humain et on parle de mycose, soit les plantes causant ainsi des maladies
cryptogamiques.
13
Synthèse bibliographique
14
Synthèse bibliographique
Les effets de l’amphotéricine B sur les cellules fongiques sont multiples : l’étape initiale
de toxicité consiste en une interaction avec les stérols des membranes plasmiques pour former des
pores. Ce phénomène entraîne immédiatement un déséquilibre ionique à l’intérieur de la cellule
du champignon en particulier au niveau des ions monovalents Na+ et K+ et altère la perméabilité
cellulaire. Les pores (ou canaux) résultant de l’agrégation de plusieurs molécules de
l’amphotéricine B à l’intérieur de la bicouche lipidique de la membrane fongique, forment une
sorte de cylindre creux par lequel peuvent fuir les ions et les constituants cellulaires essentiels du
champignon (Baginski et al., 2005).
Malgré leur efficacité, les antifongiques polyèniques trouvent des limitations
d’applications en thérapeutique vue leur toxicité vis-à-vis des cellules hôtes. Ces effets
indésirables des polyènes sur les cellules eucaryotes des mammifères peuvent s’expliquer par
l’interaction de ces agents avec le cholestérol (Yilma et al., 2007) « présent essentiellement dans
le cerveau, le tissu nerveux est également le précurseur de plusieurs hormones comme la
progestérone, le cortisol, l’aldostérone, etc. ». En effet, le cholestérol humain a une structure très
proche de celle de l’ergostérol fongique, cible préférentielle des polyènes, d’où la toxicité de ce
type de molécules antifongiques. Ces dernières provoquent généralement une toxicité surtout
rénale (Knopik-Skrocka et al., 2003).
15
Synthèse bibliographique
• Les macrolides non polyèniques ayant surtout des activités antibactériennes. Leur
première utilisation en médecine remonte à 1952, date de la découverte de l'érythromycine
(Vara et al., 1989). Ils constituent un groupe d'antibiotiques surtout actifs sur les bactéries
Gram+, et sont très utilisés actuellement en milieu hospitalier pour le traitement des
infections microbiennes (Olano et al., 1998). Ces antibiotiques sont constitués d’un
macrocycle porteur d'une fonction lactone, sur laquelle viennent se greffer deux ou
plusieurs sucres dont l'un est aminé.
• Les macrolides non polyèniques ayant des activités surtout antifongiques. Ces derniers,
peuvent également avoir en plus des activités antibactériennes contre les Gram+. Ce genre
de molécules trouve des applications en médecine mais surtout des applications de plus en
plus dans le domaine agricole pour lutter contre les phytopathogènes causant des maladies
cryptogamiques.
Une maladie cryptogamique est une maladie causée par un champignon microscopique
parasitant une plante. Les différentes formes de maladies cryptogamiques représentent environ
90% des maladies des végétaux. Pour que la maladie d’une plante se développe, trois
composantes sont nécessaires : la plante et le pathogène, qui doivent se mettre en contact et
interagir, et les conditions de l’environnement qui favorisent la prolifération du pathogène
(Bouzid, 2002).
II. 1. 1. L’inoculation
L’inoculation se réalise quand un pathogène se met en contact avec une plante. Les
propagules du champignon pathogène (spores, sclérotes, fragments mycéliens,…) qui se déposent
16
Synthèse bibliographique
sur la plante sont appelées inoculum. Un inoculum en conservation provoque une contamination
primaire.
II. 1. 2. La pénétration
II. 1. 3. L’infection
L’infection commence quand le pathogène s’installe dans les cellules ou tissus sensibles
de la plante hôte et s’en procure des éléments nutritifs. Ainsi, le pathogène se multiplie de façon à
envahir la plante plus ou moins rapidement. Quand l’infection s’installe, les symptômes, qui sont
les changements visibles dus à la maladie, apparaissent. La période entre l’inoculation et
l’apparition des symptômes est appelée incubation. Nombreuses substances telles que les
enzymes, les toxines et autres sont libérées par les pathogènes dans les plantes hôtes. Elles
affectent l’intégrité structurale et les processus physiologiques des cellules hôtes. Pour réagir aux
pathogènes, les plantes hôtes répondent par divers mécanismes de défense, aboutissant à
différents degrés de protection allant de la sensibilité à la résistance.
Les spores du champignon sont activement transportées par le vent. Pour la plupart des
cas, les spores sont passivement transportées par différents vecteurs tels que l’eau, l’air, les
semences, les animaux, l’homme, etc.
Les pathogènes se conservent principalement sous forme de spores, mais aussi sous forme
de fragments mycéliens et de sclérotes. Ils se conservent dans le sol, les débris des plantes
infectées et dans les semences. Les spores de dissémination, telles que les conidies se conservent
quelques semaines tandis que les spores de conservation (chlamydospores, téliospores,
ustilospores) peuvent se conserver plusieurs années. Les spores de dissémination sont produites
activement par les champignons durant la saison favorable pour propager la maladie tandis que les
spores de conservation sont produites par les champignons pour surmonter la saison défavorable
(Bouzid, 2002).
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Synthèse bibliographique
La fusariose est une maladie causée par des champignons du genre Fusarium qui vivent
dans le sol, et attaquent de nombreuses plantes (Amzelloug, 1999). Il existe plusieurs espèces
recensées de ce champignon dont à savoir Fusarium oxysporum. Ce dernier est un agent
vasculaire qui se conserve dans le sol sous forme de chlamydospores et infecte les plantes via les
racines qu'elles pénètrent directement ou par des blessures d'origine mécanique ou biologique
(percées des racines secondaires, piqûres de nématodes,...). Les maladies dues à l’espèce F.
oxysporum sont largement répandues dans le monde. Elles sont dommageables pour de
nombreuses plantes maraîchères (tomate, cucurbitacées,…) et ornementales (œillet), ainsi que
pour des cultures en plein champ telles que le coton, le bananier (la maladie de Panama) et le
palmier dattier (maladie du Bayoud) causée par Fusarium oxysporum albedinis (Foa). Ce
champignon qui se trouve dans le sol, pénètre par les racines en cheminant la sève et envahissant
le bourgeon terminal du palmier dattier. Par conséquent, il provoque un desséchement puis un
dépérissement rapide des arbres. Le bayoud ou la fusariose du palmier dattier se caractérise par sa
résistance à la sécheresse et par sa capacité de rester dangereux après plus de trente ans passés
sous sol. Il est également très prolifique soit par le repiquage de rejets apparemment sains, soit par
l’irrigation, soit par les vents de sables qui peuvent transporter de minuscules éléments végétaux
(El Hadrami et al., 1998).
II. 2. 2. La verticilliose
La verticilliose est une maladie causée par des champignons du genre Verticillium comme
Verticillium dahliae qui se conserve dans le sol sous forme de microsclérotes. Il infecte aussi bien
les arbres fruitiers (abricotier, amandier, etc.) et les plantes maraîchères (Solanacées,
Cucurbitacées). Le champignon émet ses filaments qui pénètrent dans le système vasculaire de
l’arbre. Il s’y développe en se ramifiant vers les parties aériennes où il entrave la circulation de la
sève, provoquant le dessèchement de la ramification atteinte. Cette maladie est la plus grave pour
l’olivier et provoque des pertes très importantes (Matallah et al., 1997 ; Bellahcene et al., 2000).
Les méthodes de luttes utilisées contre les phytopathogènes sont généralement chimiques.
Ces fongicides agissent contre les champignons en dissolvant ou détruisant les membranes
cellulaires, en inhibant la synthèse de certaines substances des parois cellulaires et en complexant
18
Synthèse bibliographique
ou inactivant certains coenzymes essentiels. Ces fongicides peuvent être organiques à savoir des
dérivés de composés aromatiques, hétérocycliques, des quinones ou inorganiques comme les
composés soufrés, carbonatés et phosphatés. Cependant, l’utilisation massive des fongicides
chimique a engendré des problèmes très graves sur l’environnement, la faune et la flore. Il est
donc grand temps de limiter voir même d’interdire leur application et les remplacer par des usages
biologiques. Actuellement, la tendance est orientée vers la lutte biologique selon deux approches :
- la première par le biais de microorganismes antagonistes. Elle consiste à utiliser des
microorganismes antagonistes qui se trouvent normalement dans la nature. Leur mode d’action
peut être par parasitisme direct, par concurrence ou effet toxique. Pour accroître l’efficacité de ces
microorganismes, l’homme essaie de les introduire dans les sols en grande quantité ou de stimuler
leur croissance. Il est à noter que cette méthode présente l’inconvénient de provoquer un risque de
deséquilibre de la composition de la flore microbienne du sol.
- La deuxième utilisant des molécules antifongiques produites par voies naturelles. Elle
consiste à isoler et à sélectionner des microorganismes capables de synthétiser des molécules
antifongiques non polyèniques naturelles.
Pour ces deux approches, les Streptomyces sont les candidats les plus potentiels pour
l’utilisation en lutte biologique. Environ 60% des antifongiques naturels développés en agriculture
ont pour origine des actinomycètes du genre Streptomyces (Tanaka et Omura, 1993).
A ce propos, nous pouvons citer la souche de Streptomyces sp. US80 qui produit trois
molécules macrolides non polyéniques qui sont : l'irumamycine, le X-14952 B et le 17-Hydroxy-
venturicidine A. Les deux premières molécules ont été déjà décrites à partir de deux souches de
Streptomyces (chacune produit une molécule). La structure chimique totale de la troisième
molécule n’a jamais été rapportée. La souche de Streptomyces sp. US80 est la seule bactérie
capable de produire ces trois molécules macrolides simultanément (Fourati et al., 2005).
Ces auteurs, après des études in vitro, ont essayé de tester, en pots, les activités antifongiques de
l’extrait brut d’une culture de la souche de Streptomyces US80 contre un champignon
phytopathogène, qui est le Fusarium oxysporum, responsable de la pourriture racinaire et du
flétrissement de la plante de tomate. Comme le montre la figure 6, l’étude in vivo a permis de
constater qu’il y a une absence totale des symptômes sur la plante inoculée par le champignon
phytopathogène puis traitée par une solution de l’extrait sec actif de la culture de la souche de
19
Synthèse bibliographique
Streptomyces US80. La plante inoculée puis traitée se comporte comme la plante témoin saine
non infectée par le Fusarium oxysporum. Par contre pour la plante inoculée et non traitée par les
activités antifongiques de l’extrait actif de la souche de Streptomyces US80, il a été observé le
flétrissement des feuilles et par la suite la mort totale de la plante.
20
Synthèse bibliographique
A T1 T2 T3
B T1 T2 T3
C T1 T2 T3
Figure 6 : Effet des activités antifongiques sur la croissance de la plante de tomate en fonction
du temps (T1 : 7 jours, T2 : 15 jours et T3 : 26 jours) en présence et en absence du Fusarium
oxysporum . A : Plante inoculée par Fusarium oxysporum et non traitée par l’extrait actif. B :
Plante de tomate inoculée par Fusarium oxysporum puis traitée au cours du temps par l’extrait
actif de la souche de Streptomyces US80. C : Plante de tomate saine (témoin), non inoculée.
21
Synthèse bibliographique
C. LES STREPTOMYCES
Les Streptomyces (du grec Streptos : courbé, tordu et Myces : moisissure) sont des bactéries
filamenteuses à Gram+ et sporulantes (Molnar, 1994) dans des conditions de stricte aérobiose.
Elles appartiennent à la classe des Actinomycètes (groupes de bactéries filamenteuses et
ramifiées) (Larpent et Sanglier, 1989; Holt et al, 1994), à l'ordre des Actinomycétales et à la
famille des Streptomycetaceae (Waksman et Henrici, 1943; Kutzner, 1981) et appartient au
groupe des Streptomycetes.
I. Caractéristiques générales
I.1. Cycle de développement
Les Streptomyces ont un cycle de développement complexe qui se divise en plusieurs
étapes. Sur milieu solide (Figure 7), il débute par la germination d’une spore qui donne naissance
à un mycélium primaire formé d’hyphes non septés et plurinuclés, ramifié et ancré dans le milieu
solide. Un mycélium aérien se développe sur ce mycélium primaire. En effet ce dernier s’autolyse
et les produits de la lyse sont cannibalisés par le mycélium aérien. Les extrémités des hyphes
aériens se spiralisent puis se cloisonnent et se différencient pour former des chaînes de spores
uninuclées, ces spores sont des agents de dissémination.
Figure 7 : Cycle de développement des Streptomyces sur milieu solide (Hopwood et al., 1985)
22
Synthèse bibliographique
solide, une différentiation morphologique est donc observée (formation du mycélium aérien)
tandis qu’en milieu liquide, la différentiation est généralement physiologique.
23
Synthèse bibliographique
1984). C'est l'un des plus grands génomes bactériens. En effet, la taille des chromosomes
bactériens varie de 580 kb pour Mycoplasma genitalium, bactérie parasitaire à Gram+, à 9450 kb
pour Myxococcus xanthus (Goldman et al., 2006). Les Streptomyces sont les rares bactéries ayant
un chromosome linéaire avec une origine de réplication oriC localisée au centre du chromosome
(Kolsto, 1997). La séquence des bouts du chromosome des Streptomyces a montré de part et
d’autre de l’oriC des répétitions terminales inversées appelées TIR (Terminal Inverted Repeats)
dont la taille varie considérablement de 25 kb à 550 kb suivant les espèces. Chez la souche
S. ambofaciens, leur taille est d'environ 210 kb (Leblond et al., 1996).
II. 1. Généralités
La taxonomie est une science ayant pour objectif de décrire les organismes vivants et de
les regrouper en entités appelées taxons (familles, genres, espèces, etc) afin de pouvoir les
nommer et les classer. Chez les bactéries, les taxons sont dans l’ordre hiérarchique : divisions,
classes, sous-classes, ordres, familles, sous-familles, tribus, sous-tribus, genres, sous-genres,
espèces et sous-espèces. Cependant parmi ces rangs hiérarchiques, il y a quelques uns qui sont
très peu utilisés. Par conséquent, pour une bactérie donnée on peut attribuer des rangs et pas
d’autres. Différentes approches taxonomiques sont utilisées pour la classification des bactéries :
Depuis la classification proposée par Cohn en 1872 et jusqu'au début des années 1960, la
définition d'une espèce (et d'une manière générale toute la taxonomie bactérienne) reposait sur
une classification phénétique ou phénotypique. Cette dernière utilise un faible nombre de
caractères considérés comme importants tels que la morphologie, la présence d'une spore, la mise
en évidence d'un caractère biochimique jugé essentiel, l'habitat, le pouvoir pathogène... Une
classification phénétique a l'inconvénient de ne refléter qu'une quantité d'information réduite.
En 1957, Sneath développe une taxonomie qualifiée de numérique pour les bactéries. La
méthode consiste à étudier, pour chaque souche, plus d'une centaine de caractères
morphologiques, biochimiques, culturaux, structuraux... et à attribuer le même poids à chacun des
24
Synthèse bibliographique
caractères qui sont codés 1 (présence du caractère) ou 0 (absence du caractère). Le but recherché
est de rassembler dans une classe de similitude les individus les plus semblables.
Dès 1936, Kluyver et van Niel proposaient l'utilisation d'une taxonomie phylogénétique,
mais les outils nécessaires au développement d'une telle taxonomie n'étaient pas disponibles et il
fallut attendre la deuxième moitié du 20ème siècle pour qu'une taxonomie phylogénétique
commence à se mettre en place.
* Détermination du (G+C %)
Chez une bactérie, les gènes qui codent pour les ARNr sont organisés en opérons. Ces
opérons existent en un ou plusieurs exemplaires sur le chromosome. Le nombre de copies est
grossièrement corrélé à la taille du génome et à la vitesse de croissance des bactéries. L'ARNr
16S est le plus utilisé et le séquençage des gènes correspondants peut être automatisé et les
données concernant ces molécules s'accumulent en permanence. L'utilité du séquençage des
ARNr 16S est reconnue par tous les taxonomistes mais, comme cette technique n'analyse qu'une
faible partie du génome, elle ne permet pas de différencier les espèces proches les unes des
autres. En revanche le séquençage des ARNr 16S est très utile pour classer les bactéries dans un
rang hiérarchique supérieur à l'espèce. Pour Stackebrandt et Goebel 1994, lorsqu'il existe moins
de 97% de similarité entre les séquences des ARNr 16S de deux souches, ces souches
appartiennent à des espèces différentes. Par contre, si le pourcentage de similarité est égal ou
25
Synthèse bibliographique
supérieur à 97, le placement de deux souches dans une unique espèce ou dans deux espèces
différentes doit reposer sur les résultats des hybridations ADN-ADN.
Les hybridations ADN-ADN se sont révélées essentielles pour la définition d'une espèce
bactérienne. Leurs réalisations n'ont été possibles qu'après la découverte par Marmur (1961) du
phénomène de renaturation de l'ADN. Les hybridations ADN-ADN, utilisées en bactériologie,
sont réalisées à partir d'un mélange de deux ADN dénaturés provenant de deux bactéries
différentes. En fonction des similitudes de séquence, deux types de duplex hétérologues peuvent
se former : Si les ADN des deux bactéries présentent des similarités importantes, il se produit
d'abord un appariement étroit au niveau d'un segment qui porte des bases complémentaires (site
de nucléation), puis le duplex se complète de proche en proche. Si les ADN des deux bactéries
ont des séquences très différentes, il peut se produire un appariement au niveau de quelques bases
complémentaires situées dans une zone limitée, mais le reste des fragments ne s'associe pas ou
seulement par quelques liaisons hydrogène éparses.
26
Synthèse bibliographique
nombreux genres dont les limites entre eux n’étaient pas toujours nettes, ce qui a engendré
beaucoup de confusion (Waksman, 1943).
La seconde période voit l’utilisation de la chimiotaxonomie basée sur la composition
cellulaire en acides aminés (Becker et al., 1964), en sucres (Lechevalier et Lechevalier, 1970b),
en acides mycoliques (lipides pariétaux complexes et insaturés) (Mordarska et al., 1972) en
phospholipides membranaires (Lechevalier et al., 1977; Minnikin et al.,1977) et en
ménaquinones membranaires (collins et al., 1980). La chimiotaxonomie, combinée aux critères
morphologiques, fut d’un apport essentiel pour distinguer de nombreux genres entre eux, tels par
exemple, Streptomyces de Nocardia (Becker et al., 1964), Actinomadura de Nocardiopsis (Grund
et Kroppenstedt, 1990) ou encore certains genres apparentés phylogénétiquement aux
actinomycètes mais n’ayant pas un véritable mycélium, comme Corynebacterium, Cellulomonas,
Clavibacter, etc. (Bergey, 1989).
La troisième période qui a débuté dans les années 70 et a trouvé son apogée entre 1980 et
1990, combine l’outil informatique à de nombreux tests physiologiques pour différencier les
espèces de chaque genre entre elles. Ainsi est née la taxonomie numérique avec l’obtention de
dendrogrammes qui ont permis d’apporter beaucoup de clarté au niveau de la composition en
espèces des genres Rhodococcus (Goodfellow et Alderson, 1977), Nocardia (Orchard et
Goodfellow 1980), Streptomyces (Williams et al.,1983), Actinomadura (Athalye et al.,1985),
Nocardiopsis (Grund et Kroppenstedt,1990) et Actinophanes (Goodfellow et al., 1990).
La quatrième période a débuté durant les années 80 et s’étend jusqu’à l’heure actuelle.
Elle consiste en l’application des méthodes d’analyses génétiques et moléculaires, notamment
l’hybridation ADN-ADN et le séquençage de l’ARN ribosomique 16S, qui ont permis de tracer
toute la phylogénie des actinomycètes (Stackebrandt et Kroppenstedt 1987; Kinoshita et al.,
1999; Hu et al., 2004). Grâce au séquençage de l’ARN 16S, certains genres bactériens non
mycéliens furent inclus dans l’ordre des Actinomycetales, tandis que d’autres en furent exclus.
Le genre Streptomyces se distingue des autres genres bactériens par des caractéristiques
chimiques (présence de l'isomère de l'acide L-L-diamino-pimélique (DAP) et de glycine dans
leurs parois), et morphologiques (production de chaînes de spores). Il comprend de nombreuses
espèces dont la classification repose sur plusieurs critères telles que la détermination de la
couleur de différents milieux après croissance des souches, la croissance possible à 4°C, la
production de métabolites spécifiques ou la morphologie des chaînes de spores. D'autres critères
27
Synthèse bibliographique
P1 AGAGTTTGATCCTGGCTCAG 8
P2 GTGGGCAATCTGCCCTTGCACTCT 120
P3 GTGAGTCCCCAGATCACCCCGAAG 1100
28
Synthèse bibliographique
P4 AAGGAGGTGATCCAGCCGCA 1530
29
Synthèse bibliographique
de Gesheva et al., 2005 ont montré que la nature des sources : de carbone, d’azote, de phosphore,
de potassium, de magnésium et de trace éléments minéraux (essentiellement Mn2+, Cu2+ et Fe2+),
affectent fortement la production de la molécule antifongique de type macrolide non polyènique,
la AK-111-81, par Streptomyces hygroscopicus. De plus, Mellouli et al., 2003 ont constaté que la
production des deux biomolécules actives : un dérivé de DKP le Cyclo (L-Phe, L-Pro) et la
molécule 3-indo-éthanol à partir d’une nouvelle bactérie de Streptomyces, est étroitement liée à la
nature de la source de carbone. Egalement, l’origine d’une même source de carbone peut affecter
la sécrétion des biomolécules par le microorganisme producteur. C’est le cas de l’antibiotique
aminoglycoside, la néomycine. Il a été démontré par Adinarayana et al., 2003, que la production
de cette molécule par la souche Streptomyces marinensis est fonction de l’origine céréalière de
l’amidon utilisé comme source de carbone.
Outre l’importance de la nature de la source de carbone, plusieurs travaux ont montré
l’implication d’autres nutriments dans la production de biomolécules par les microorganismes.
Pour la source d’azote, la production de l’antibiotique SBR-22 par Streptomyces BT-408 a été
étudiée sur plusieurs sources d’azotes inorganiques ou sous forme d’acides aminés. Il a été
rapporté que c’est la source d’azote inorganique (nitrate d’ammonium) qui donne la meilleure
production de la molécule SBR-22 (Sujatha et al., 2005). Ces mêmes auteurs ont montré
également l’importance de la nature de la source de phosphate dont certaines peuvent conduire à
l’arrêt de la production de la biomolécule SBR-22. Cette constatation a déjà été décrite pour la
production de la tétracycline, l'actinomycine et le candicidine (Kishimoto et al., 1996).
L'importance du magnésium et du potassium dans la production des antibiotiques par différentes
espèces de Streptomyces a été rapportée par plusieurs chercheurs. Mellouli et al., 2004, ont
constaté que le meilleur rendement de production de biomolécules de la nouvelle bactérie de
Streptomyces TN58 est obtenu en présence de potassium à 2 mM.
Il est à noter que plusieurs autres additifs comme le sulfate, le chlorure, l'acétate et
l'arginine peuvent influencer la production de plusieurs métabolites secondaires. C’est le cas des
deux biomolécules, l’antibiotique IM-111-81 et de l’azalomycine B, dont la production par la
souche Streptomyces hygroscopicus est stimulée par la présence de ces additifs (Gesheva et al.,
2005).
30
Synthèse bibliographique
31
Synthèse bibliographique
d’incubation pour atteindre un maximum après 72 h. Elle reste stable jusqu’à 80 h puis elle
décroît progressivement pour disparaître à partir de 120 h (Mellouli et al., 2004). Cependant, pour
la souche Streptomyces rochei AK39, qui produit un métabolite antifongique, la production
commence après quatre jours d’incubation pour atteindre un maximum après huit jours
(Augustine et al., 2005).
IV. 1. Purification
A l’échelle industrielle, lors d'une production naturelle à partir de microorganismes, les
métabolites secondaires biologiquement actifs sont produits dans des immenses cuves appelées
fermenteurs, qui peuvent contenir des milliers de litres d’un milieu de culture favorable à la
croissance du microorganisme producteur de ou des molécules recherchées. Généralement les
milieux de production utilisés pour la préparation naturelle de métabolites secondaires
biologiquement actifs sont complexes. Ces milieux peuvent devenir encore chargés vu que le
microorganisme producteur peut sécréter plusieurs autres métabolites outre la ou les molécule(s)
recherchée(s). L'extraction et la séparation de ces molécules d'intérêts du jus de fermentation,
constituent une étape délicate et souvent tributaire de leurs caractériqtiques.
Le schéma général consiste à séparer par centrifugation la biomasse du jus de
fermentation contenant les molécules d'intérêts. Par ailleurs, il est à noter que dans des cas assez
rares, certaines molécules ne sont pas secrétées en totalité dans le surnageant et une fraction reste
intracellulaire. Dans cette situation il faut traiter la biomasse par des moyens physiques.
L'extraction et la purification des molécules actives du jus de fermentation nécessitent
l'application de plusieurs techniques chimiques et physico-chimiques. Cependant, bien que le
schéma utilisé pour l'extraction et la purification des molécules bioactives soit assez général,
quelques étapes doivent être adaptés selon la nature de la molécule d'intérêt.
La figure 8 illustre le schéma général utilisé pour la préparation à l’état pur d’une
molécule biologiquement active.
32
Synthèse bibliographique
IV. 2. Caractérisation
Après obtention de la molécule active à l’état pur et pour élucider sa structure chimique, il
est nécessaire d'appliquer plusieurs techniques spectroscopiques. Le nombre de techniques à
utiliser dépend de la nature de la molécule à savoir sa masse, sa géométrie dans l'espace, sa
polarité, etc. L’élucidation structurale des molécules organiques ayant des activités biologiques
telles que les antibiotiques est faite à l'aide de mesures de susceptibilité magnétique, des
techniques spectroscopiques (UV-visible, Infrarouge ou Résonance Paramagnétique
Electronique…..). Ces techniques sont complémentaires et généralement l'élucidation de la
structure chimique de la molécule recherchée est obtenue par la combinaison de leurs résultats.
Les spectres UV qui fournissent généralement moins de renseignements sur la structure
moléculaire des composés comparés aux spectres RMN et IR, sont utilisés soit pour une
confirmation soit pour une identification grâce à des règles empiriques et à la comparaison avec
des spectres de références.
Cependant, et malgré tous les techniques spectroscopiques innovantes qui sont de nos
jours de plus en plus utilisées pour l'élucidation totale de la structure chimique des biomolécules,
on se trouve parfois confronter à quelques problèmes de configuration de la molécule étudiée. En
effet, la molécule, Haliangicine (Figure 9), ayant des activités antibiotiques, antifongiques et
antitumorales a été décrite pour la première fois par Fudou et al., 2001. Cependant, Bangi et al.,
2003, ont constaté que cette molécule possède quatre autres isomères qui sont biologiquement
actifs (Tableau 2). Après l’élucidation du premier isomère par Fudou et al., 2001, en utilisant des
techniques spectroscopiques simples, Bangi et al., 2003 ont suggéré que cette molécule peut
présenter des isomères puisqu'elle contient un groupement époxyde traduisant la présence des
isomères trans et cis et le groupement polyènique traduisant la présence des isomères Z et E.
Cette suggestion a été confirmée par la technique spécifique de l’RMN 2D appelé NOESY
permettant de voir la corrélation des protons dans l’espace.
33
Synthèse bibliographique
Fermentation
Centrifugation
Plusieurs étapes
d’extractions - séparations
Concentration
Cristallisation
Dissolution et décoloration
Nouvelle cristallisation
Séchage
34
Figure 8 : Schéma général conduisnant à l’obtention des antibiotiques à l’état pur
Synthèse bibliographique
13 O 11
15 Me
9
Me
Me OMe
5 3
7
Me OMe CO2Me
Géométrie
Composés
C2 C4 C6 Epoxide
La découverte des antibiotiques à la fin des années 1940 a marqué une étape capitale dans
la lutte contre les maladies infectieuses. Ces traitements ont permis d'épargner un grand nombre
de vies et l'on a cru, un peu trop vite, que les maladies infectieuses seraient un jour toutes
jugulées. En effet, cette introduction aurait dû provoquer une catastrophe chez les microbes, mais
leur plasticité génétique leur a permis, non seulement de survivre, mais même de prospérer dans
cet environnement hostile. Ainsi, on assiste de plus en plus au développement de souches
35
Synthèse bibliographique
microbiennes résistantes aux molécules bioactives. Plus la résistance est élevée, plus on prescrit
de biomolécules et on favorise l’émergence de nouvelles résistances et la survenue d’infections
incurables. On assiste à une sorte de spirale infernale de la résistance, avec ses graves
conséquences médicales.
Les mécanismes de résistances aux différents antibiotiques ont été dans la plupart des cas
élucidés. Pour chacune des classes d'antibiotiques, il existe au moins un mécanisme permettant à
la bactérie résistante de se protéger. D'après (Davies et Mazel 1994), les diverses formes de
résistances aux antibiotiques (ATB) sont:
A l’exemple des bactéries qui deviennent résistantes aux antibiotiques, les champignons
pathogènes pour l’homme (causant des mycoses) ainsi que les phytopathogènes développent des
formes de résistances aux antifongiques et aux fongicides respectivement.
36
Synthèse bibliographique
37
Synthèse bibliographique
E. LES BACTERIOCINES
Différentes définitions ont été données au cours du temps pour les bactériocines. Celle de
(Klaenhammer, 1988) définit les bactériocines comme des protéines, ou complexes de protéines,
avec une activité bactéricide contre des espèces proches de la souche productrice. Actuellement,
on admet une définition plus générale et le spectre d’activité des bactériocines peut être étroit et
confiné à des bactéries fortement apparentées à l’espèce productrice ou, à l’opposé, large et
agissent sur une variété d’espèces microbiennes.
L’utilisation des bactériocines dans le domaine alimentaire est avantageuse non seulement
à cause de leur large spectre d’activité, mais aussi parce qu’elles sont non toxiques, facilement
dégradables par les enzymes digestives et ne compromettent pas la prise des médicaments (Ryan
38
Synthèse bibliographique
et al., 1998). Du fait qu’elles sont des substances naturelles, l’emploi des bactériocines
permettrait d’avoir des produits plus sains et réduirait l’utilisation des agents chimiques de
conservation (Harlander, 1993 ; Galvarez et al., 2007). Ces dernières années, l’application des
bactériocines dans la technologie a gagné une grande attention. En effet, plusieurs bactériocines
montrent des effets synergiques ou addititionnels lorsqu’elles sont utilisées en combinaison avec
d’autres agents antimicrobiens, incluant des conservateurs chimiques, des composés phénoliques
naturels (Grande et al., 2007), et même d’autres protéines antimicrobiennes. L’utilisation
combinée de bactériocines différentes, peut être aussi une approche attirante pour éviter le
développement de souches résistantes (Galvarez et al., 2007). La combinaison de bactériocines
avec des traitements physiques, comme le traitement à haute pression ou dans un champ
électrique, offre une conservation plus efficace des produits alimentaires, fournissant ainsi une
barrière complémentaire aux formes les plus résistantes comme les endospores bactériennes
(Galvarez et al., 2007).
Malgré le fait que la majorité des bactériocines soit des substances naturelles non
toxiques, seule la nisine est reconnue jusqu’à maintenant comme « GRAS » (Generally
Recognized As Safe) (Delves-Broughton, 1990). Ainsi, la nisine est utilisée comme additif dans
les aliments en conserves, notamment dans les produits laitiers, les soupes et les poudings à base
de céréales (Eckner et al., 1992). Par ailleurs, Rayman et al., 1981 ont démontré que l’interaction
synergique entre la nisine et les nitrites contre les spores de Clostridium botilinum permettrait de
réduire l’emploi de ces substances cancérigènes. A ce jour, plus de 45 pays ont approuvé
l’utilisation de la nisine comme agent de conservation, ce qui fait de la nisine la bactériocine la
plus utilisée à travers le monde (Riley et Wertz, 2002). Tout comme la nisine, l’utilisation de la
pédiocine dans la conservation des viandes, des salades et du fromage a été brevetée en Europe
(Chen et al., 1997a).
39
Synthèse bibliographique
agents de thérapie naturelle, alternative aux antibiotiques, puisque l’effet inhibiteur des
bactériocines pourrait réduire les effets nocifs engendrés par l’antibiothérapie.
Quelques lantibiotiques sont utilisables dans les applications médicales pour l’espèce
humaine et animale. L’épidermine produite par Staphylococcus epidermidis (Allgaier et al.,
1986) est active contre Propionibacterium acnes, qui cause l’acné. Ce lantibiotique est utilisé
dans la thérapie pour remplacer l’usage habituel de l’érythromycine et de la vitamine A. Cette
application montre plusieurs avantages tels que l’absence de résistance aux lantibiotiques et leur
faible coût de production par rapport aux antibiotiques. La nisine, quant à elle, peut être utilisée
dans le traitement des ulcères gastriques vu sa stabilité aux pHs acides et son activité contre
Helicobacter pylori (De Vuyst et Vandamme, 1993). Trois autres bactériocines produites par
Lactobacillus johnsonii LA1, Lactobacillus casei YIT 9029 et Lactobacillus amylovorus DCE
471 montrent une activité inhibitrice contre l’agent pathogène gastrique humain Helicobacter
pylori qui cause des ulcères gastriques (Avonts et De Vuyst, 2001). Cinnamycine produite par
différentes souches de Streptomyces spp est impliqué dans l’immunité humaine (prolifération des
leucocytes) et la régulation de la pression du sang avec l’intervention de phospholipase A2 et
l’enzyme de conservation de l’angiotensine. De plus, ce groupe peut être impliqué aussi dans la
protection contre le virus Herpes simplex (Marki et Franson, 1986). Une « bacteriocin-like
inhbitory substance » (BLIS) anti – Streptococcus pyogenes produite par Streptococcus salivarius
est appliquée dans la préservation de la pharyngite streptococcique (Tagg, 2004).
40
Synthèse bibliographique
antibiotiques classiques ne sont pas digestibles, sont très toxiques et doivent être manipulés et
administrés avec précaution.
41
Synthèse bibliographique
42
Synthèse bibliographique
et formique, d’éthanol et de dioxyde de carbone chez les hétérofermentaires (Liu, 2003). Grâce à
cette production d’acides organiques, les bactéries lactiques diminuent le pH du milieu dans
lequel elles se multiplient en inhibant une partie de la flore qui s’y développe. Outre la
diminution du pH du milieu, l’effet antagoniste des acides organiques résulte de l’action de leur
forme non dissociée. En effet, la forme non dissociée de l’acide peut traverser passivement la
membrane et acidifier le cytoplasme par libération du proton, ce qui affecte le métabolisme
cellulaire en inhibant certaines fonctions (Klaenhammer, 1993; Brul et al., 1999; Caplice et al.,
1999; Hsiao et al., 1999; Cotter et al., 2003; Janssen et al., 2007).
Les acides organiques sont un des agents classiques de préservation des aliments (Brul et
al., 1999) et sont reconnus comme des additifs alimentaires. Les acides couramment utilisés sont
les acides benzoïque, sorbique, acétique, fumarique, propionique et lactique. Ils sont utilisés pour
prévenir ou retarder la croissance des bactéries dégradant la nourriture (Hsiao et al., 1999). Le
principal problème consécutif à leur utilisation est la haute concentration nécessaire pour inhiber
les bactéries pathogènes ou indésirables et qui est parfois inacceptable pour le consommateur
(Kobilinsky et al., 2007). La concentration minimale inhibitrice (qui est la plus petite quantité
d’acide qui peut empêcher la croissance d’un microorganisme) de chacun de ces acides doit être
déterminée dans des conditions précises de pH mais aussi d’activité de l’eau, de température…
(Hsiao et al., 1999). Elle varie avec chaque microorganisme à inhiber. Hsiao et al., 1999 ont
montré qu’une concentration en acide acétique de 0,105 g/l inhibe la croissance de Bacillus
subtilis à un pH de 5,3 alors qu’il faut une concentration de 27,5 g/l pour inhiber Lactobacillus
plantarum et une concentration de 1,6 g/l pour inhiber Escherichia coli dans les mêmes
conditions. Listeria monocytogenes est inhibée par l’acide lactique et l’acide chlorhydrique à 9,0
g/l respectivement à un pH de 3,7 et 3,4 (Gravesen et al., 2004).
43
Synthèse bibliographique
III.4. Le diacétyl
Il est synthétisé par différents genres de bactéries lactiques comme Lactococcus sp.,
Leuconostoc sp., Lactobacillus sp. et Pediococcus sp. Le diacétyl (C4H6O2) est un des
composants aromatiques essentiels du beurre. Il a des propriétés antimicrobiennes qui sont
dirigées contre les levures, les bactéries Gram-négatif et les bactéries Gram-positif non lactiques,
ces dernières y sont néanmoins moins sensibles (El Ziney et al., 1998). Les concentrations
nécessaires à l’obtention d’une inhibition sont de l’ordre de 100 ppm, et sont supérieures à celles
présentes dans le beurre et susceptibles de provoquer son arôme (2 à 7 ppm) (Caplice et al.,
1999).
III.5. La reutérine
La reutérine (ou 3-hydroxypropionaldehyde) est une substance antimicrobienne qui est
produite comme métabolite intermédiaire pendant la fermentation anaérobie du glycérol par
certaines espèces de Lactobacillus ainsi que par d’autres genres bactériens non lactiques tels que
Bacillus, Klebsiella, Citrobacter, Enterobacter et Clostridium (El-Ziney et al., 1998). La
fermentation du glycérol se déroule en deux étapes. Le glycérol sera tout d’abord deshydraté par
44
Synthèse bibliographique
une «glycérol deshydratase» pour former de la reutérine qui sera ensuite réduite en 1,3-
propanediol par une oxydoréductase. La reutérine s’accumule alors dans le microorganisme
producteur. A haute concentration, elle est excrétée dans le milieu. Sa toxicité contre la cellule
productrice limite sa production, certaines espèces comme Lactobacillus reuteri y sont plus
résistantes (Vollenweider, 2004). La reutérine a un large spectre d’activité. Elle a une action
contre les bactéries (Gram-positif ou Gram-négatif), les champignons et les protozoaires. Elle
interfère avec la réplication de l’ADN. Elle a des applications aussi bien dans le domaine médical
que dans le domaine alimentaire (Vollenweider, 2004).
Ce sont des peptides de taille inférieure à 5 kDa, stables à la chaleur et qui contiennent des
acides aminés inhabituels soufrés formés post-traductionnellement, comme la lanthionine, la β-
méthyl lanthionine, la déhydrobutyrine et la déhydroalanine. Les lantibiotiques peuvent être
divisés en deux types : la classe Ia qui comprend des peptides cationiques hydrophobes allongés
contenant jusqu'à 34 acides aminés et la classe Ib qui comprend les peptides globulaires chargés
négativement ou sans charge nette et contenant jusqu'à 19 acides aminés (McAuliffe et al., 2001 ;
Twomey et al., 2002). Certains lantibiotiques sont par ailleurs constitués de deux peptides
agissant ensemble pour avoir une activité comme la lacticin 3147.
45
Synthèse bibliographique
Les lantibiotiques composés de deux peptides comme la lacticine 3147 agissent également
par formation de pores dans la membrane des cellules cibles (McAuliffe et Hill., 2001). La
lacticine 3147 a un spectre d'action large. Le peptide A1 a une activité qui est plus élevée en
présence du peptide A2. Il a été récemment proposé que la lacticine 3147 A1 agit en se liant au
lipide II, inhibant la synthèse du peptidoglycane et permettant à la lacticine 3147 A2 de former un
pore dans la membrane de la cellule cible (Morgan et al., 2005 ; Wiedemann et al., 2006).
Ce sont des peptides de taille inférieure à 10 kDa, stables à la chaleur, ne contenant pas
d'acides aminés modifiés. Leur point isolélectrique varie entre 8 et 10. Le tableau 4, présente les
séquences de quelques bactériocines appartenant à cette classe. Cette dernière est subdivisée en
trois sous-classes.
- La sous-classe IIb. Elle comprend les bactériocines ayant besoin de deux peptides pour
avoir une activité. Deux types de bactériocines de classe IIb peuvent être distingués : le type E
(Enhancing) où la fonction d'un des deux peptides est d'augmenter l'activité de l'autre et le type S
(Synergy) où les deux peptides sont complémentaires.
- La sous-classe IIc. Toutes les autres bactériocines de classe II ne pouvant pas être
classées dans les sous-classes a et b.
46
Synthèse bibliographique
47
Synthèse bibliographique
2007) ont récemment montré que les deux peptides composant la lactocine 705 ont des activités
bien spécifiques. La lactocine 705α interagit avec la surface de la membrane cellulaire et la
déshydrate, ce qui permet à la lactocine 705β de former des pores.
Le mode d'action de ces bactériocines diffère complètement des bactériocines des autres
classes. En effet, l'enterolysin A, la zoocin A et la millericin B agissent par l'hydrolyse des liens
peptidiques du peptidoglycane des cellules sensibles. La zoocin A a un spectre d'action étroit
alors que l'enterolysin A et la millericin B ont un spectre d'action large. L'helveticin J a un mode
d'action bactéricide (Nilsen et al., 2003).
III. 6. 4. Classe IV
Ce sont des peptides requérant une partie carbohydratée ou lipidique pour avoir une activité.
Comme l'ont montré Moretro et al., 2000 pour la production de sakacin P par L. sakei, une
même bactériocine peut être produite par des souches ou espèces différentes dont la capacité de
48
Synthèse bibliographique
production peut être variable. Les conditions de culture influencent fortement la production de
bactériocines. En effet, l'optimisation de la croissance ne résulte pas nécessairement de
l'optimisation de la production de bactériocines (Parente et al., 1999). Il a même été suggéré que
des conditions de croissance défavorables permettent de stimuler leur production (Verluyten et
al., 2004). Les températures et pH optimaux de production sont souvent inférieurs à ceux
optimaux de la croissance. C'est par exemple le cas pour la production de sakacin P par
L. sakei CCUG42687 (Moretro et al., 2000), d'amylovorin L471 par L. amylovorus DCE471 (De
Vuyst et al., 1996) et de pediocin PA-1 par Pediococcus damnosus (Nel et al., 2001).
49
Synthèse bibliographique
d'ions ou des interactions hydrophobes et une étape finale de chromatographie liquide à haute
performance en phase inverse. Ces traitements ne sont pas applicables à l'échelle industrielle. La
stratégie souvent mise en œuvre est la semi - purification. Les bactériocines semi-purifiées
peuvent alors être conditionnées sous forme sèche par atomisation ou lyophilisation (Parente et
al., 1999). La nisine, la seule bactériocine légalement approuvée comme additif alimentaire, est
commercialisée sous une forme semi-purifiée.
50
Synthèse bibliographique
développer en surface durant la conservation du produit (Luchansky et al., 2004 ; Deegan et al.,
2006 ; Ghalfi et al., 2006 ; Galvez et al., 2007).
Les bactéries productrices de bactériocines peuvent être ajoutées comme starter dans des
produits fermentés ou comme culture protectrice. Elles doivent être capables de croître et de
produire des bactériocines dans l'aliment à conserver. La composition du produit (nutriments
accessibles, pH, additifs alimentaires, etc.) et les conditions de stockage (température,
atmosphère, activité d'eau, etc.) doivent donc permettre la croissance et la production de
bactériocines. Si les bactéries sont ajoutées en tant que starter dans des produits fermentés, elles
doivent pouvoir conférer au produit les propriétés organoleptiques désirables tout en produisant
des bactériocines. Les bactéries productrices de bactériocines peuvent être également ajoutées en
combinaison avec un autre starter qui conférera les propriétés organoleptiques désirables. Dans ce
cas, la bactérie productrice de bactériocines ne doit pas détériorer les qualités organoleptiques de
l'aliment fermenté et la bactériocine produite ne doit pas avoir d'activité contre le starter (Deegan
et al., 2006 ; Galvez et al., 2007).
Si la bactérie est appliquée en tant que culture protectrice, elle doit être capable de
produire sa bactériocine sans modifier les propriétés organoleptiques (Rodgers, 2001). La
concentration cellulaire maximale atteinte dans le produit doit par ailleurs être inférieure à la
limite de 106 cfu/g généralement admise pour les produits non fermentés.
51
Matériel et méthodes
A. MATERIEL
I. Bactéries
I. 2. Bactéries lactiques
I.2.1. Productrices de bactériocines
51
Matériel et méthodes
I. 4. Streptomyces
Deux souches ont fait l’objet d’études approfondies durant ce présent travail. Il s’agit de
la souches TN17 et Fr10 qui ont été isolées, sélectionnées et identifiées lors de travaux antérieurs
réalisés au LMB-CBS. Pour les études taxonomiques, les souches utilisées sont:
- trois souches apparentées à la souche TN17 qui sont: Streptomyces lavendofoliae
NBRC 12882, Streptomyces gobitricini NBRC 15419 et Streptomyces lilaceus NBRC 13676
- Deux souches apparentées à la souche Fr10 qui sont: Streptomyces microflavus DSM
40331 et Streptomyces griseorubiginosus DSM 40469.
II. Champignons
Les activités antifongiques ont été déterminées contre le champignon filamenteux
Fusarium sp., isolé à partir d'un consortium microbien au CBS, et la levure unicellulaire
Candida tropicalis R2 CIP203 (CTR2), qui est une souche de référence résistante aux deux
antifongiques polyèniques majeurs : l’amphotéricine B et la nystatine.
52
Matériel et méthodes
IV.1.2.1. Bactéries
Pour les bactéries lactiques de genre Lactobacillus (Lactobacillus casei DSM 20011,
Lactobacillus sakei 2525 et Lactobacillus delbrueckii DSM 20081) le milieu utilisé est le milieu
MRS «Man, Rogosa and Sharpe» dont la composition est : polypeptone (10g/l), extrait de viande
(10g/l), extrait autolytique de levure (5g/l), glucose (20g/l), Tween 80 (1,08g/l), phosphate
dipotassique (2g/l), acétate de sodium (5g/l), citrate d’ammonium (2g/l), sulfate de magnésium
(0,2 g/l) et sulfate de manganèse (0,05 g/l) . Pour les bactéries lactiques du genre Lactococcus
(Lactococcus lactis ATCC 11454 et Lactococcus lactis subsp cremoris DSM 11603) le milieu
utilisé est le milieu M17 dont la composition est : peptone (5 g/l), extrait de viande (2,5 g/1),
peptone de caséine (2,5/g), extrait de levure (2,5g/l), extrait de levure (5g/l), glucose (5 g/l), acide
ascorbique (0,5 g/l), sulphate de magnesium (0,25 g/l), hydrogénophosphate de dipotassium (13,3
g/l), dihydrogénophosphate de potassium (5,7 g/l) et agar (15 g/l). Pour Listeria ivanovii BUG
496, Enterococcus faecalis JH 2-2, Enterococcus faecium ENASAIA 631, Serratia [Link] Hafnia
sp. et le milieu de culture utilisé est le BHI (Brain Heart Infusion) dont la composition : perfusion
du cœur et du cerveau de porc (17,5g/l), gélatine de pancréas digéré (10g/l), chlorure de sodium
(5g/l), phosphate disodique (2,5 g/l) et glucose (2g/l).
IV.1.2.2. Champignons
Pour le champignon filamenteux, Fusarium sp., c’est le milieu PDA commercial (Potato
Dextrose Agar : Pomme de terre – Glucose – Agar) à raison de 39,5g/l. Concernant la levure
Candida tropicalis R2 CIP203, le milieu utilisé est le YP10 dont la composition est : 10 g/l
extrait de levure, 10 g/l peptone, 100 g/l glucose, 15 ml d’une solution d’adénine à 2 g/l et 15g/l
Agar.
53
Matériel et méthodes
Milieux ISP (International Streptomyces Project ; (Shirling and Gottlieb, 1966) ISP1 à
ISP9 dont la composition
* ISP1 : Extrait de levure 3 g, Tryptone 5 g, Agar 15 g, H2O qsp 1l.
* ISP2 : Extrait de levure 4 g, Extrait de malte 10 g, Dextrose 4 g, Agar 15 g, H2O qsp 1l.
* ISP3 : Farine d’avoine Agar (gruau 20 g, Agar 18 g), ajouter 1ml d’une solution saline dont la
composition est la suivante : FeSO4. H2O (1g /l) , MnCl2.4H2O (1g /l) et ZnSO4.7H2O (1g/l).
Agar 15 g, H2O qsp 1l
* ISP4 : Amidon soluble 10 g, K2HPO4 1g, MgSO4 1g, NaCl 1g, (NH4)2SO4 2g, CaCO3 2g,
ajouter 1 ml d’une solution saline dont la composition est la suivante : FeSO4. H2O (1g /l) ,
MnCl2.4H2O (1g /l) et ZnSO4.7H2O (1g/l). Agar 15 g, H2O qsp 1l
* ISP5 : glycérol 10 g, L-Asparagine 1g, K2HPO4 1g, MgSO4 0,5 g, ajouter 1 ml d’une solution
saline dont la composition est la suivante : FeSO4. H2O (1g /l) , MnCl2.4H2O (1g /l) et
ZnSO4.7H2O (1g/l). Agar 15 g, H2O qsp 1l.
* ISP6 : Peptone 20 g, Citrate ferrique d’ammonium 0,5g, K2HPO4 1g, Thiosulfate de sodium
0,08g, extrait de levure 1 g, Agar 15 g, H2O qsp 1l.
* ISP7 : glycérol 15 g, L-Asparagine 1,0g, L-Tyrosine 0,5g, K2HPO4 0,5g, MgSO4 0,5 g, NaCl
0,5g, FeSO4 0,01g, Agar 15 g, H2O qsp 1l.
* ISP 8 : Peptone 5g, Galactose 5g, Extrait de viande 3g, Na2HPO4 2,5, KNO3 1g , Agar 15 g,
H2O qsp 1l.
54
Matériel et méthodes
* ISP9 : (NH4)2SO4 2, 64 g, KH2PO4 2,38g, MgSO4 1g, K2HPO4 5,65g, auquel on ajoute 1 ml
d’une solution saline dont la composition est : CuSO4.5H2O 6,4g/l, FeSO4.7H2O 1,1g/l,
MnCl2.4H2O 7,9g/l, ZnSO4.7H2O 1,5g/l, Agar 15 g, H2O qsp 1l.
* Milieu Gélose nutritive (Goodfellow 1971, Gordon et al., 1974) pour la détermination
de la capacité à hydrolyser: la tyrosine, l'hypoxanthine, la xanthine, l'adénine et la guanine :
peptone : 5 g ; extrait de viande : 1 g ; extrait de levure : 2 g ; NaCl : 5 g ; agar : 15 g ; eau
distillée q.s.p. 1000 ml pH 7,5.
* Milieu pour l’utilisation des sels de sodium (Gordon et al., 1974): Sel de sodium
(Sulfate, Nitrate, Acétate, Tétraborate, Alginate, Hydrogen carbonate, Perchlorate,
Desoxycholate, Thiosulfate, Sulfite, benzoate, butyrate, citrate, oxalate, propionate, pyruvate,
succinate et tartrate): 2 g de l’un de ces sels, NaCl: 2 g ; MgSO4, 7H2O: 0,2 g ; (NH4)2HPO4: 1 g ;
KH2PO4 : 0,5g ; agar: 15 g ; eau distillée q.s.p. 1000 ml ; solution aqueuse de rouge de phénol.
* Milieu pour l’utilisation des acides aminés (Gordon et al., 1974). C’est le milieu ISP9
additionnée par 1ml d’une solution saline. La concentration d’acide aminé est de 10g/L. Les
acides aminés testés sont : Méthionine, Asparagine, Phénylalanine, Acide aspartique, Cystéine,
55
Matériel et méthodes
• Pour l'extraction d’ADN génomique, c'est le milieu TSB (Tryptic Soy Broth) à 30g
additionné de 5g/l d’extrait de levure. Ajuster le volume à 1l par H2O distillée et le pH à
7.
• Pour la production des molécules bioactives les milieux utilisés sont : Pour la souche TN17
c’est le milieu TSB (Bouillon triptyque de soja) à 30 g/l additionné de glucose à 1% (w/v)
et de (K2HPO4) 1 mmol/l. Pour la souche Fr10, il s’agit du milieu TSB à 30 g /l pour la
préculture et le milieu Bennett dont la composition est la suivante : Extrait de viande (1g/l),
extrait de levure (1g/l), tryptone (1g/l) et glycérol à 0,5% (w/v) pour la culture.
Pour les bactéries lactiques du genre Lactobacillus et Lactococcus le milieu utilisé est le
MRS. Pour les autres bactéries le milieu utilisé est le LB. Le soft correspondant à ce milieu est du
LB à 5g/l d'agar-agar. Concernant Fusarium sp. nous avons utilisé le milieu PDA à raison de 39,5
g/l. Pour Candida tropicalis R2 CIP203, le milieu utilisé est le YP10.
V. Tampons et Solutions
Sauf indication, la composition des tampons et des solutions utilisés sont décrites par
Sambrook et al., (1989).
56
Matériel et méthodes
V. 1. Tampons
T.E. 10X : 100 mM Tris base ; 10 mM EDTA ; H2O distillée q.s.p 1 l. Ajuster le pH à 8
avec du HCl et autoclaver 20 min à 120°C.
T.B.E 10X : 108 g Tris base ; 55 g acide borique ; 7,44 g EDTA ; H2O distillée q.s.p 1 l.
Ajuster le pH à 8,3.
Tampon de chargement de l’ADN : 50% Sucrose ; 75 mM EDTA ; 0.2% Xylène cyanol ;
0,2% Bleu de Bromophénol.
Tampon CaCl2-MOPS-Glucose (pour la préparation des cellules compétentes d'[Link]) :
100mM CaCl2 ; 100mM MOPS ; 0,5% glucose ; H2O distillée q.s.p 1 l. Ajuster le pH à 8.
Tampon de migration pour les protéines (10X) : Tris 0,25M pH 8,5, glycine 1M, SDS
1%.
Tampon phosphate (0.1M): il est composé par les proportions des solutions A et B
suivantes:
- Solution A : tampon phosphate de sodium monobasique (0,2 M) : 27,8 g de NaH2PO4 dans
1000 ml.
- Solution B : tampon de phosphate de sodium dibasique (0,2 M) : 53,65 g de Na2HPO4, dans
1000 ml.
Vt = 100 ml (X ml de A + Y ml de B), Vt = volume total égal à 200ml (Tableau 5).
X (ml) Y (ml) pH
87,7 12,3 6
5,3 94,7 8
Tampons utilisés pour la purification des biomolécules de Streptomyces par HPLC : Deux
tampons d’élutions ont été utilisés :
57
Matériel et méthodes
V. 2. Solutions
Solution d'oligo-éléments : 40 mg ZnCl2 ; 200 mg FeSO4 ; 6,5 mg H3BO3 ; 13,5 mg
MoNa2O4,2H2O et 100 ml H2O.
Solution de MgSO4, 7H2O (0,1M).
Solution de K2HPO4 (0,1M).
Solution de X-gal : dissoudre 20 mg de 5-Bromo-4-Chloro-3-indolyl β-D-galactoside (X-
gal) dans 1 ml diméthyl-formamide, puis garder à -20°C à l'abri de la lumière.
Solution d’IPTG : dissoudre 0,2 g d'isopropyl-D-thiogalactopyranoside (IPTG) dans 10
ml d'eau distillée puis stériliser par filtration sur 0,22 µm et garder à -20°C.
Solution saline pour l’étude de la dégradation du tween 80 : K2HPO4: 0,25 g ; MgSO4,
7H2O : 0,125 g ; NaCl : 0,125 g ; FeSO4, 7H2O : 0,00 1 g ; MnSO4 : 0,00 1 g ; eau
distillée q.s.p. 50 ml.
58
Matériel et méthodes
59
Matériel et méthodes
- Solution III : 3M acétate de potassium ; ajuster le pH à 4,8 par l'acide acétique glaciale et
filtrer sur millipore.
60
Matériel et méthodes
VI. 1. Enzymes
* RNase pancréatique (RNase A) : la RNase A est solubilisée à une concentration de 10mg/ml. Cette
solution est traitée à 100°C pendant 15min. Après refroidissement à la température ambiante, la
solution est gardée en aliquote à -20°C.
* Protéinase K (pour la préparation de l’ADN): La protéinase K est solubilisée dans H2O distillée
stérile à raison de 5mg/ml et garder en aliquote à -20°C.
* Les endonucléases de restrictions sont utilisées selon les instructions du fournisseur.
* Phosphatase alcaline : la phosphatase alcaline d'intestin de veau "CIP" (Calf Intestinal alkaline
Phosphatase) est utilisée dans son tampon avec une activité optimale à 37°C.
* Ligase : la ligase utilisée est la T4 DNA ligase fournie par Amersham. Son activité optimale est
atteinte dans le tampon T4 DNA ligase fourni par le fabricant à une concentration finale de 1X.
* Taq DNA polymérase (Fermentas): enzyme utilisée pour les réactions d’amplifications par PCR.
61
Matériel et méthodes
VI. 2. Kits
* Kit de clonage (clonage du gène ARNr 16S de la souche TN635) : Kit pGEM® T Easy Vector
System I de Promega.
* Kit de purification de l'ADN: Kit GFX d'Amersham.
VI. 3. Oligonucléotides
Pour l’amplification du gène ARN 16S de la souche TN635 par PCR, les
oligonucléotides utilisés sont préparés par Proligo ([Link]).
Le matériel utilisé pour la séparation et la purification des molécules actives des jus de
fermentation des souches de Streptomyces :
- Des plaques CCM : ce sont des feuilles d’aluminium recouvertes de gel de silice d’épaisseur
0,2 mm (gel 60 F254) fournies par Merck.
- Des plaques CCE : ce sont des plaques en verre recouvertes de gel de silice d’épaisseur 0,75
mm (gel 60 F254) fournies par Fluka.
- Une chromatographie de haute performance (HPLC) Shimadzu type LC-6A équipé d’un
détecteur Shimadzu UV Visible SPD-6AV et d’un intégrateur C-R6A, les colonnes utilisées,
sont des colonnes en C18 (analytique et semi-préparative).
62
Matériel et méthodes
- Trois types d'appareil résonance magnétique nucléaire RMN ont été utilisés qui sont: de genre
Bruker AMX 300 (300.135 MHz), de genre Varian unité 300 (300.145) et de genre Varian inova
500 (499.875).
- Pour la détermination des masses des molécules bioactives, on a utilisé un appareil LC/MSMS
Trap XCT – Electrospray (Agilent Technologies) équipé d’une HPLC Agilent 100 DAD detector
(C18 column Zorbax 300 2.1 x 150 mm).
63
Matériel et méthodes
B. METHODES
I. Cultures des bactéries
I. 2. Souches de Streptomyces
En milieu solide, les souches de Streptomyces sont cultivées sur milieux Gruau. Les
spores apparaissent après environ une semaine d'incubation à 30°C pour les deux souches TN17
et Fr10. Après sporulation, les cultures en milieux liquides sont inoculées à partir de spores
obtenues par filtration sur coton comme suit:
- Mettre 10 ml d'eau distillée sur une boite contenant la souche sporulée en question et gratter
soigneusement avec une anse de platine. Passer la solution de spores ainsi récupérée sur une autre
boite.
- Passer sur filtre à coton pour retenir le mycélium.
- Compléter le volume à 45 ml par de l'eau distillée et centrifuger 10 min à 5000 trs/min et à 4°C.
- Reprendre le culot de spores dans du glycérol à 15%, et compter le nombre de spores obtenues
sur cellule de Thomas.
- Conserver à -80°C.
Pour la production des biomolécules, des précultures sont préparées à partir des deux
souches dans des erlenmeyers de 1 litre contenant chacune 200 ml de milieu TSB (Tryptic Soy
Broth). L’inoculation est à 107 spores/l. Après culture à 30°C pendant 24h et sous une agitation
64
Matériel et méthodes
de 250 rpm, ces précultures serviront pour la préparation des cultures en fermenteurs sous une
agitation de 500 rpm. La composition du milieu de ces cultures semi-préparatives est:
* Souche TN17 : TSB à 30 g/l supplémenté de glucose à 1% (w/v) et de potassium de phosphate à
1 mmol/l
Les cultures de productions des biomolécules sont incubées durant trois jours à 30°C.
I. 4. Souches indicatrices
I.4.1. Bactéries
Pour la détermination des activités antibactériennes, les bactéries sont cultivées sur
milieu MRS pour les bactéries lactiques et sur LB pour les autres bactéries dans des conditions
d’aérobiose et à 30°C pour les souches suivantes : Lactobacillus casei DSM 20011,
Lactobacillus sakei 2525, Lactococcus lactis ATCC 11454, Lactococcus lactis subsp. cremoris
DSM 11603, Listeria ivanovii BUG 496, Salmonella enterica ATCC43972, Pseudomonas
aeruginosa ATCC 49189 et Micrococcus. luteus LB 14110. Dans des conditions d’aérobiose et à
37°C pour les souches suivantes : Escherichia coli ATCC 8739 et Staphylococcus aureus ATCC
6538. Dans des conditions d’anaérobioses et à 30°C pour les souches : Enterococcus faecalis JH
2-2, Enterococcus faecium ENSAIA 631, Hafnia sp. et Serratia sp, et dans des conditions
d’anaérobiose à 37°C pour la souche Lactobacillus delbrueckii DSM 20081.
I.4.2. Champignons
65
Matériel et méthodes
de Pétri contenant du milieu PDA (Potato Dextrose Agar) puis incubées durant 7 jours à 30°C.
Les spores correspondantes sont collectées dans de l’eau distillée puis concentrée pour obtenir
une suspension d’environ 104 spores/ml. La levure Candida tropicalis R2 CIP203 est cultivée en
milieu YP10 à 30°C pendant 24h et sous une agitation de 200 rpm.
- Couvrir une boite de Pétri contenant du milieu solide « LB » avec 3,5 ml de LB soft
(milieu LB à 5g/l agar-agar) contenant 30 µl d’une culture de 5 h (phase exponentielle) de la
souche indicatrice en question, ou 100 µl d'une suspension de spores du champignon filamenteux
Fusarium sp., ou 50 µl d'une culture de la levure Candida tropicalis R2 CIP203.
- Laisser sécher les boites environ 20 min dans des conditions stériles.
- Sur des disques de 8 mm de diamètre soigneusement mis sur la boite de Pétri, déposer
150µl du surnageant (par dépôts successifs de 20 µl chacun tout en évitant les débordements).
Laissez sécher les disques dans des conditions stériles.
- Placez les boites 2 h à 4°C pour faire diffuser l’activité biologique déposée sur le disque
vers le milieu de la boite de pétri.
- Incubez une nuit les boites à la température optimale de croissance de la souche
indicatrice
66
Matériel et méthodes
Pour vérifier la présence d'activité inhibitrice dans les surnageants de culture des souches
lactiques testées, nous avons utilisé la méthode d'antagonisme différé. Cette méthode consiste à
inclure la souche indicatrice dans une gélose LB pour les bactéries et dans le milieu PDA pour les
champignons. Ainsi, la souche indicatrice bactérienne ayant poussé dans un milieu liquide LB
durant environ 5 heures est diluée 60 fois (50µl dans 3ml de LB soft, un milieu LB contenant de
l'agar à 5g/l). La solution obtenue est ensuite homogéinisée et coulée sur une boite contenat déjà
un milieu gélosé LB. Pour les activités antifongiques, c’est le même principe sauf pour le
Fusarium sp., nous utilisons une suspension de spores diluée, et pour la levure Candida tropicalis
R2 CIP203 nous utilisons une dilution d’une culture de 24h. Après étalement de la cellule
67
Matériel et méthodes
indicatrice, 20 µl des échantillons à tester sont déposés sur un disque de papier de diamètre 8 mm
délicatement mis sur la boite. Les boites sont ensuite placées à 4°C durant 2h pour faire diffuser
les biomolécules puis incubées à la température optimale de croissance de la souche indicatrice
en question. Comme contrôle négatif, 20µl de milieu MRS incubé sans ensemencement
microbien sont déposés sur un disque dans les mêmes conditions.
Pour doser le pouvoir inhibiteur du surnageant de la culture de la souche TN635, nous avons
utilisé la méthode Agar Well Diffusion Assay (AWDA) (Tagg et McGiven 1971). Pour
déterminer le nombre d’unités arbitraires du surnageant, nous avons réalisé différentes dilutions.
L’activité est définie comme étant l’inverse de la plus grande dilution montrant une zone
d’inhibition de la souche indicatrice. Elle est exprimée en unités arbitraires par millilitre (UA/ml).
68
Matériel et méthodes
69
Matériel et méthodes
La chromatographie sur couche mince (CCM) repose principalement sur des phénomènes
d’adsorptions; la phase mobile est un solvant ou un mélange de solvants, qui progressent le long
d’une phase stationnaire fixée sur une plaque de verre ou sur une feuille semi-rigide de matière
plastique ou d’aluminium. Après le dépôt de l’échantillon sur la phase stationnaire, les substances
migrent à une vitesse qui dépend de leur nature et de celle du solvant. Lorsque les composants de
l’échantillon à analyser sont colorés, leur séparation est relativement facile sur la plaque. Dans le
cas contraire, nous devons rendre les tâches visibles par révélation. Les méthodes de révélation
utilisées sont les suivantes:
* Révélation chimique : p-anisaldehyde: (84 / 14/ 1/ 0,5) méthanol, acétate d’éthyle, acide
sulfurique, p-anisaldehyde. Ce genre de révélateur permet de mettre en évidence la présence de
plusieurs substances entre autres des glycosides, antioxydants, stéroïdes, sapoginines, phénols,
alcools et des macrolides.
70
Matériel et méthodes
71
Matériel et méthodes
72
Matériel et méthodes
III.[Link]. Analyseur
Pour chacune des espèces ioniques issues de la source d’ion, l’analyseur mesure le rapport
entre la masse (m) et la charge (z). On distingue deux types d’analyseurs :
* Analyseur quadripolaire : Il est constitué de quatre barreaux, de section hyperbolique ou
circulaire, disposés autour de la trajectoire des ions dans l’analyseur. Ces quatre barreaux sont
soumis deux à deux à un potentiel composé d’une tension continue (U) et d’une tension
alternative (V).
* Analyseur à trappe d’ions : Les ions produits par la source electrospray sont ensuite piégés
dans la trappe puis éjectés en fonction de leur m/z pour parvenir au détecteur. Il est bien sûr
possible de garder un ion dans la trappe. Cet ion parent peut alors y être fragmenté par collisions
avec un gaz rare induisant des dissociations et les ions fils formés sont alors éjectés de la trappe.
Il est possible dans certaines conditions de répéter tout le processus plusieurs fois ; c’est de la
MSn. Dans le présent travail, nous avons utilisé un spectromètre de masse à trappe d’ions.
Gouttelette chargée
Ions analytes
+ + Clusters de solvant
+ - +
+ -
+ - + Sels (paires d’ions)
- + + -
+
Neutres
Evaporation
+
+ + Ion solvaté
+ ++ + -- +
+
Lim ite de + +
--- +
+
+
Rayleigh - -
+ +
+ +
+
+ -- +
+
+
+ Ion analyte
Explosions Coulom biennes
73
Matériel et méthodes
III.[Link]. Détecteur
Le détecteur mesure en fonction des différentes valeurs de m/z, l’intensité de signal (I) qui
leurs corresponds.
74
Matériel et méthodes
recueillies a été testée contre Listeria ivanovii BUG 496, Salmonella enterica ATCC43972 et
contre Candida tropicalis R2 CIP203.
La fraction active a été soumise à une étape de purification par HPLC en phase
inverse en utilisant une colonne C18 (300 × 4,6 mm) à un débit de 0,5 ml/min, avec deux
solvants : le solvant A (99,9% d'eau, 0,1% d'acide trifluoroacétique "TFA") et le solvant B
(99,9% d'acétonitrile, 0,1% TFA). Le programme d’élution est le suivant : de 0 à 5 min (90% A,
10% B), de 5 à 30 min (50% A, 50% B), de 30 à 35 min (20% A , 80% B), de 35 à 50 min (10%
A, 90% B) et de 50 à 60 min (90% A, 10% B). Les protéines sont détectées par UV à une
longueur d’onde de 280 nm.
Les souches indicatrices utilisées dans ces expériences sont : Listeria ivanovii BUG 496,
Salmonella enterica ATCC43972, Staphylococcus aureus ATCC 6538, Enterococcus faecalis JH
2-2 et Enterococcus faecium ENSAIA 631 et le champignon pathogène Candida tropicalis R2
CIP203. Toutes ces expériences ont été menées simultanément trois fois dans les mêmes
conditions. Pour chaque détermination, des tests de contrôle ont été réalisés (sans le traitement
correspondant).
75
Matériel et méthodes
76
Matériel et méthodes
77
Matériel et méthodes
78
Matériel et méthodes
79
Matériel et méthodes
La lecture des densités optiques est effectuée à 280 nm et à 260 nm. Une unité
d’absorbance correspond à une concentration de 50 µg/ml d’ADN double brin. La pureté de
l’ADN est estimée par le rapport DO260/DO280. Ce rapport doit être compris entre 1,8 et 2.
80
Matériel et méthodes
- après séparation des fragments d’ADN par électrophorèse sur gel d’agarose, visualiser la bande
à purifier et découper la partie du gel qui la contient ;
- ajouter un volume suffisant de TE1X de façon à recouvrir l’agarose et porter à 65°C pendant
10 min jusqu’à liquéfaction complète de l’agarose ;
81
Matériel et méthodes
82
Matériel et méthodes
83
Matériel et méthodes
Les deux souches: TN17 et Fr10 sont cultivées sur milieu ISP2 liquide (50 ml par
Erlenmeyer de 250 ml) en agitation permanente (à 250 rpm) à 30°C. Après 3 jours, lorsque les
cultures deviennent denses, le mycélium est recueilli par filtration, lavé plusieurs fois à l’eau
distillée, séché à 37°C durant une nuit puis conservé à -20°C pour les analyses ultérieures.
Il s’agit dans ce cas de déterminer l’isomère de l’acide diaminopimélique (DAP), qui peut
être sous forme LL ou DL (= méso) et de noter la présence ou non de glycine.
La méthode utilisée est celle de Becker et al. (1964). Dix mg de mycélium sec sont
hydrolysés pendant 18 h à 100°C par 1 ml de HCl 6N dans des tubes à vis hermétiquement
fermés. Après refroidissement, les hydrolysats sont filtrés sur membranes en verre pour éliminer
84
Matériel et méthodes
les débris mycéliens. Les filtrats sont évaporés à sec dans un bain de sable chaud. Des lavages à
l’eau distillée sont effectués jusqu’à l’élimination complète du HCl et l’obtention d’un pH
compris entre 5,5 et 7.
Le résidu sec est repris dans 0,3 ml d’eau distillée. 15 microlitres sont chromatographiés
sur papier Wathman n° 1. Les papiers sont développés pendant 18 h par chromatographie
descendante à front perdu dans un solvant composé de méthanol, eau distillée, HCl 10N et
pyridine (8 - 17,5 - 2,5 - 10 en volumes). Dix microlitres d’une solution à 0,01M d’acide
diaminopimélique (mélange des isomères LL et DL) et d’une solution de glycine à 0,2 % sont
utilisés comme standards et chromatographiés.
La révélation des chromatogrammes se fait par une solution de ninhydrine à 0,2 %. Les
tâches de DAP sont de couleur olive virant par la suite au jaune. La forme LL migre plus
rapidement que la forme DL (Becker et al., 1964). La glycine apparaît de couleur violette et
migre plus rapidement que les deux isomères de DAP.
85
Matériel et méthodes
C’est une étape importante dans la classification des actinomycètes et surtout dans la
différenciation entre certains genres proches d’actinomycètes. Selon Lechevalier et al., (1977), le
Streptomyces possède le type PII ce type est caractérisé par la présence de la PE
(phosphatidyléthanolamine).
La méthode utilisée est celle préconisée par Minnikin et al., (1977). Quatre cent mg de
mycélium sec sont mis dans un Erlenmeyer de 250 ml hermétiquement fermé, contenant 40 ml
du mélange chloroforme - méthanol (2-1; v/v) puis laissé en agitation (250 rpm) durant une nuit à
température ambiante. L’extrait organique est ensuite récupéré et évaporé à sec à 37°C. Le résidu
est dissout dans 0,3 ml du même mélange de solvants, puis 10 µl de cet échantillon sont déposés
en double dans deux plaques de gel de silice G60 (Fluka) et développés par chromatographie
ascendante dans un solvant composé d’un "mélange chloroforme - méthanol - eau distillée" (65
- 25 - 4, en volumes). De même, 10 µl des solutions témoins (0,01g dans 1ml de chloroforme) de
phosphatidylcholine (PC) et de phosphatidyléthanolamine (PE) sont également
chromatographiés.
La première plaque est révélée avec le réactif de Dragendorff pour la détection de la PC
dont les tâches apparaissent de couleur jaune - orange vif et la seconde plaque, avec la solution de
ninhydrine (0,2% dans de l’acétone) pour la détection de la PE, de couleur violette, après un
chauffage de 5 min à 100°C.
• Extraction des acides gras des souches Streptomyces (Quatre étapes sont utilisées) :
- la saponification : 45 g d’hydroxyde de sodium, 150 ml de MeOH et 150 ml d’eau
distillée
- la méthylation : 325 ml de HCl à 6N et 275 ml de MeOH permettant d’abaisser le pH
jusqu’ à 1,5
- l’extraction : 200 ml d’hexane et 200 ml de méthyltertiobutyléther : permettant d’extraire
les esters méthyliques d’acides gras dans la phase organique pour l’utilisation avec le
chromatographe en phase gazeuse.
- le lavage : 10,8g de NaOH dissout dans 900 ml d’eau distillée.
86
Matériel et méthodes
L’observation des pigments mélanoïdes est réalisée sur les milieux gélosés ISP1, ISP6 et
ISP7 recommandés à cet effet par Shirling et Gottlieb (1966).
La mise en évidence du nitrate réductase se fait sur bouillon nitrate. La recherche du nitrate
réductase est effectuée grâce au réactif de Griess (commercialisé) (Marchal et Bourdon, 1973).
Les glucides sont ajoutés au milieu de culture à raison de 1 %. Les lectures se font par
comparaison de la croissance des actinomycètes en présence des glucides ou en leur absence
(témoin négatif). Le milieu contenant du glucose sert de témoin positif. Les glucides testés
87
Matériel et méthodes
comme seule source de carbone sont les suivants : arabinose, inositol, mannose, raffinose,
ribose, sucrose, tréhalose, fructose, galactose, glucose, maltose, lactose, glycérol, rhamnose et
xylose.
* Dégradation de la caséine du lait (Gordon et al., 1974). L’apparition d’une auréole claire
autour des colonies indique la dégradation de la caséine.
* Utilisation des sels de sodium. La dégradation est notée positivement après virage de
l'indicateur coloré du jaune au rouge-rose. (Gordon et al., 1974).
* Utilisation des acides aminés. Les lectures se font par comparaison de la croissance des
actinomycètes en présence des acides aminés ou en leur absence (témoin négatif). Le milieu
contenant de l’acide aminé sert de témoin positif (Gordon et al., 1974).
Pour évaluer la sensibilité des souches TN17 et Fr10 vis-à-vis de certains composés, à des
concentrations définies, certains tests préconisés dans la taxonomie des actinomycètes (Athalye et
al., 1985) sont choisis à savoir :
- Sensibilité au lysozyme à 0,005% (Gordon et Barnett, 1977).
88
Matériel et méthodes
89
Résultats et discussion
RESULTATS ET DISCUSSION
Bien que le nombre de molécules bioactives obtenu par voie naturelle, notamment à partir
des microorganismes ne cesse d’augmenter, il n’y a qu’une faible proportion de ces molécules
qui peuvent aboutir à des applications. Il est donc évident d’orienter les cribles vers des niches
particulières, et également de s’assurer que la bactérie productrice est bien nouvelle, non déjà
décrite pour augmenter les chances d’avoir des biomolécules nouvelles. Par ailleurs, il est à
signaler que les manipulations d’extraction, de purification et de caractérisation chimique des
biomolécules sont très délicates, fastidieuses et coûteuses. En effet, la détermination complète de
la structure chimique d’une molécule biologiquement active nécessite d’une part, la combinaison
de plusieurs techniques d'extractions et de purifications et la disposition d’une quantité assez
importante (quelques mgs) de la molécule à l’état pur, une telle quantité ne peut être obtenue que
dans des conditions semi-préparatives ou même préparatives, et d’autre part, l’utilisation de
plusieurs techniques physico-chimiques et spectroscopiques.
L’objectif de ce premier chapitre relatif aux travaux de cette présente thèse, concerne
l’étude taxonomique des deux souches TN17 et Fr10.
90
Résultats et discussion
Les souches TN17 et Fr10 ont été isolées durant un programme de recherche de nouvelles
souches d’actinomycètes à partir de différents habitats Tunisiens. Ces souches ont été
sélectionnées pour leurs activités biologiques (antibactériennes et antifongiques) importantes
(Figure 11). En utilisant le moyen moléculaire (amplification, séquençage et analyse de la
séquence nucléotidique des gènes codant pour l’ARN 16S correspondant), il apparait que les
souches TN17 et Fr10 sont de nouvelles souches d’actinomycètes, et qu’elles appartiennent au
genre Streptomyces.
A B C A B C
Souche TN17 Souche Fr10
Figure 11 : Activités biologiques des souches TN17 et Fr10 contre : Fusarium sp (A) et Verticillum
dahliae (B) et contre Micrococcus luteus (C) estimées en milieu solide après une durée d’incubation
spécifique pour chaque souche cible. Les souches TN17 et Fr10 sont ensemencées en un point central de
la boite de pétri.
91
Résultats et discussion
concernent les analyses de la séquence des gènes codant pour l’ARN 16S, la phylogénie, les
hybridations ADN-ADN, etc.
92
Résultats et discussion
93
Résultats et discussion
94
Résultats et discussion
Tableau 9 : Différents types de parois et leurs constituants majeurs chez les actinomycètes (Murray et al.,
1989)
95
Résultats et discussion
Cellulomonas
DAP : Acide Diaminopimélique
Les données obtenues à ce niveau, confortent que les deux isolats étudiés sont des
actinomycètes du genre Streptomyces. Ces mêmes données ont été rapportées par d’autres auteurs
à savoir Dastager et al., 2007, qui ont démontré la présence de l’isomère LL de l’acide
diaminopimélique, la présence de glycine et l’absence des sucres (xylose, arabinose, galactose et
rhamnose) dans la paroi de la nouvelle bactérie de Streptomyces gulbargensis sp. nov..
96
Résultats et discussion
Streptomyces. Par ailleurs, il est à signaler que les actinomycètes du genre Streptomyces sont
caractérisés par la présence du phospholipide (PE) dans leur paroi. L’autre type de phospholipide
(PC) peut être présent ou absent. En effet, la paroi cellulaire de la souche Streptomyces
gulbargensis sp. nov. contient les deux types de phospholipides « PE + PC » (Dastager et al.,
2007) et la paroi cellulaire de la souche de Streptomyces mayteni sp. nov. qui contient, comme la
paroi des souches TN17 et Fr10, uniquement le « PE » (Chen et al., 2009).
Les acides gras constituent les éléments essentiels des lipides cellulaires chez les bactéries
et leur proportion majeure est localisée au niveau des membranes cellulaires (Kroppenstedt,
1985). En se basant sur la composition cellulaire en acides gras, les actinomycètes se divisent en
trois groupes majeurs :
- Type à acides gras iso et anteiso : c’est la composition en acide gras la plus rencontrée
chez les bactéries à Gram-positif et plusieurs genres d’actinomycètes ont ce type de composition
(Okami et al., 1968).
- Type à chaînes linéaires mono-insaturées : les chaînes longues 16 :1 et 18 :1 sont les
acides gras dominants dans ce type. Généralement, les chaînes sont branchées à des acides 10-
méthyliques et en particulier l’acide 10-méthyl octadécanoïque (Suziki, 1988).
- Type complexe : dans ce type, la composition en acides gras est constituée non
seulement par des acides iso et anteiso mais aussi par des acides gras à chaîne linéaire
monoinsaturée et des acides 10–méthyliques.
La composition en acide gras de la paroi des souches TN17 et Fr10 est présentée sur le
tableau 10. Nous remarquons que les acides gras dominants au niveau de la paroi sont :
* Souche TN17 : l’anteiso C15:0 (29,889 %), suivi de l’iso C16:0 (28,529 %) et de l’iso C15:0
(23,583 %). Ces acides gras et leur richesse dans la paroi de cette souche sont semblables à ceux
de la bactérie de Streptomyces gulbargensis sp. nov., (Dastager et al., 2007). La paroi de cette
dernière possède une composition et une richesse en acides gras comme suit : l’anteiso C15:0 (26
%), suivi de l’iso C16:0 (20%) et de l’iso C15:0 (10 %) (Dastager et al., 2007).
* Souche Fr10 : l’iso C16:0 (43,124%), suivi de l’anteiso C15:0 (24,192%), l’iso C15:0
(12,082%) et C16:0 (6,812%). Concernant cette souche, on distingue une abondance des mêmes
types d’acides gras que la souche TN17 et Streptomyces gulbargensis sp. nov., mais avec des
richesses différentes. Par ailleurs, il est à noter que pour la souche Fr10, les deux acides gras les
97
Résultats et discussion
plus abondants au niveau de la paroi à savoir l’iso C16:0 et l’anteiso C15:0, sont les mêmes que
pour la paroi de la souche de Streptomyces mayteni sp. nov. La paroi de cette dernière possède la
composition suivante en acides gras : l’iso C16:0 (28,1%), l’anteiso C15:0 (16,2%), l’anteiso C17:0
(14,8%) (Chen et al., 2009).
D’après ces données, on peut déduire que les parois des souches TN17 et Fr10 sont du
type iso et ante-iso caractéristique de la plupart des actinomycètes (Okami et al., 1968). De plus,
les parois des deux souches étudiées ont une composition en acides gras presque similaire à celle
des souches Streptomyces gulbargensis sp. nov. et Streptomyces mayteni sp. nov.,
respectivement. Une fois de plus on confirme l’appartenance des deux souches étudiées au genre
Streptomyces.
Tableau 10. Profil des acides gras des isolats TN17 et Fr10
98
Résultats et discussion
99
Résultats et discussion
D’après la figure 13, les souches les plus apparentées à la souche Fr10 sont : Streptomyces
microflavus HBUM 174043 et Streptomyces griseorubiginosus.
100
Résultats et discussion
Dans ce qui suit, nous abordons le côté physiologique des deux souches de Streptomyces
ainsi que les souches apparentées standardisées reçues à partir des banques internationales de
souches NBRC et DSM :
* Pour la souche de Streptomyces TN17, les souches apparentées reçues sont :
Streptomyces lavendofoliae NBRC 12882 ; Streptomyces lilaceus NBRC 13676 et
Streptomyces gobitricini NBRC 15419.
* Pour la souche de Streptomyces Fr10, les souches apparentées reçues sont :
Streptomyces griseorubiginosus DSM 40469 et Streptomyces microflavus DSM 40331.
101
Résultats et discussion
V. Etudes Physiologiques
A B C D
Hydrolyse des bases
puriques et leurs dérivés
Adénine - - - -
Guanine - - - +
Xanthine - + - +
Hypoxanthine + + + +
Utilisation des glucides
Arbutine - + - -
Esculine - + + -
Amidon + + + +
102
Résultats et discussion
Arabinose + - + +
Fructose + + + -
Galactose + - + +
Glucose + - + -
Glycérol + - + +
Inositol - + - -
Lactose + - + +
Maltose + + - +
Mannose + - + +
Raffinose - + - -
Rhamnose - + - +
Ribose + - - +
Sucrose + + + -
Tréhalose + - - +
Xylose - + - +
Utilisation des acides
aminés et des protéines
Méthionine + + + +
Asparagine - + - +
Phénylalanine + - + -
Acide aspartique - + - -
Cystéine + - - +
Tyrosine - + + -
Histidine + + + -
Alanine + + + +
Leucine + - + -
Arginine + - + -
Isoleucine + - + -
Acide glutamique - - - -
Thréonine - - - +
Proline + - + +
Sérine + - + +
Tryptophane - + - -
Caséine + + + +
Gélatine + + + -
Utilisation des sels de
sodium
Acétate + + + -
Alginate - + - -
103
Résultats et discussion
Benzoate - + - -
Butyrate - - + +
Citrate + + + +
Desoxycholate - + + -
Hydrogen carbonate - + - -
Nitrate - - + +
Oxalate - + - +
Perchlorate + - + +
Propionate - - + +
Pyruvate - + + -
Succinate + + - -
Sulfite - + - -
Tartrate - - + -
Tétraborate - + + -
Thiosulfate + - + +
Décomposition de
surfactants
Tween 80 + + + +
Réduction des nitrates + + + +
Production des pigments - + - +
mélanoides
Croissance à différentes
Températures
12°C - - - -
20°C - - + -
30°C + + + +
37°C + + + +
40°C + - + +
45 °C - - - +
50 °C - - - -
Croissance à différents
pH : (pH initial)
pH 5.0 + + + +
pH 6.0 + + + +
pH 7.0 + + + +
pH 8.0 + + - -
pH 9.0
+ + - -
Tolérance à
Lysozyme (0,05%) + + + +
Phénol (0,05%) + + + +
Phénol (0,1%) - - - -
104
Résultats et discussion
Azide de sodium - + - +
(0,001%)
NaCl (5 %) + + - -
NaCl (7%) - - - -
NaCl (10%) - - - -
Résistance aux
antibiotiques
Chloramphénicol (25µg/ml) - - - -
Erythromycine (10µg/ml) - - - -
Gentamicine (5 µg/ml) + + - +
Kanamycine (25 µg/ml) - + + -
Oxytétracycline (25 µg/ml) + - + -
Pénicilline (10 µg/ml) - - - -
Rifampicine (5 µg/ml) - + + -
Streptomycine (10 µg/ml) + + - -
Vancomycine (5 µg/ml) + - - -
Il est à noter que toutes les analyses effectuées et présentées dans le tableau 11 ont été
réalisées trois fois et les résultats sont reproductibles. D’après les données ainsi obtenues, nous
pouvons déduire les caractéristiques suivantes pour la souche Streptomyces TN17:
* Elle est incapable d’hydrolyser les bases puriques.
* Elle utilise la plupart des glucides testés comme seule source de carbone sauf l’arbutine,
l’esculine, l’inositol, le raffinose, le rhamnose et le xylose.
* Elle est capable d’utiliser la plupart des acides aminés comme source d’azote.
* Elle a une capacité réduite pour la dégradation des sels de sodium.
* Elle peut croître en présence de Tween 80 à 1% et a la capacité de réduire les nitrates.
* Elle ne produit pas des pigments mélanoides.
* Elle croît à des températures comprises entre 30 et 40°C et par conséquent elle est
mésophile.
* Elle tolère des pH initiaux de culture entre 5 et 9.
* Elle tolère des concentrations en NaCl jusqu’à 5%.
105
Résultats et discussion
* Sur les neuf antibiotiques testés, la souche Streptomyces TN17 peut croître en présence
des antibiotiques suivants : Gentamicine, Oxytétracycline, Streptomycine et Vancomycine à des
concentrations respectives de 5, 25, 10 et 5 µg/ml.
Ce sont les mêmes études réalisées que pour Streptomyces TN17. Le tableau 12 illustre les
résultats des caractéristiques physiologiques de la souche Streptomyces Fr10. Toutes les analyses
ont été effectuées trois fois et les résultats sont bien reproductibles.
Tableau 12 : Caractéristiques physiologiques de la souche Streptomyces Fr10 (A) et des deux souches
apparentées : Streptomyces griseorubiginosus DSM 40469 (B) Streptomyces microflavus DSM 40331
(C).
Adénine + - +
Guanine - + +
Xanthine - - -
Hypoxanthine - + -
106
Résultats et discussion
Arbutine - - -
Esculine - + -
Amidon + + +
Arabinose - - +
Fructose + - -
Galactose + - +
Glucose + - -
Glycérol + + +
Inositol - - -
Lactose - + -
Maltose + - +
Mannose + - -
Raffinose - + -
Rhamnose - + +
Ribose + + +
Sucrose + - +
Tréhalose - - -
Xylose + + -
Utilisation des acides
aminés et des protéines
Méthionine + - +
Asparagine + - -
Phénylalanine + + +
Acide aspartique - - -
Cystéine + - +
Tyrosine - - -
Histidine - + +
Alanine + + +
Leucine - + -
Arginine + - -
Isoleucine - + -
Acide glutamique - - -
Thréonine + - +
Proline + + +
Sérine + + +
Tryptophane + - -
Caséine + - +
Gélatine + + -
107
Résultats et discussion
pH 9.0 + - -
108
Résultats et discussion
Tolérance à
Lysozyme (0,05%) + + +
Phénol (0,05%) + + +
Phénol (0,1%) - + +
Azide de sodium - + +
(0,001%)
NaCl (5 %) + + +
NaCl (7%) + - -
NaCl (10%) - - -
Résistance aux
antibiotiques
Chloramphénicol (25µg/ml) - - +
Erythromycine (10µg/ml) - - -
Gentamicine (5 µg/ml) - + -
Kanamycine (25 µg/ml) + + -
Oxytétracycline (25 µg/ml) + - +
Pénicilline (10 µg/ml) - - -
Rifampicine (5 µg/ml) + - +
Streptomycin(10 µg/ml) + + +
Vancomycine (5 µg/ml) - - -
D’après les données ainsi obtenues, nous pouvons déduire que Streptomyces Fr10:
* Elle est incapable d’hydrolyser les bases puriques.
* Elle utilise la plupart des glucides testés comme seule source de carbone sauf l’arbutine,
l’esculine, l’arabinose, l’inositol, le lactose, le raffinose, le rhamnose et le tréhalose.
* Elle est capable d’utiliser la plupart des acides aminés comme source d’azote.
* Elle a une capacité réduite pour la dégradation des sels de sodium.
* Elle ne peut pas croître en présence de Tween 80 à 1%. Elle est nitroréductice.
* Elle ne produit pas de pigments mélanoïdes.
* Elle croît à des températures comprises entre 30 et 40°C et par conséquent elle est
mésophile.
109
Résultats et discussion
110
Résultats et discussion
Conclusion
Les travaux de recherche de ce premier chapitre de la présente thèse ont été orientés vers
l’identification des deux souches TN17 et Fr10. Pour ce faire, nous avons utilisé plusieurs études
qui sont :
* Des études morphologiques utilisant dix milieux de culture solides. Les résultats obtenus
confortent l’hypothèse que les deux souches étudiées sont des bactéries actinomycètes du genre
Streptomyces.
* Des études chimiotaxonomiques qui se basent sur l’analyse des constituants de la paroi.
Durant ces analyses nous nous sommes intéressés à :
- L’analyse des acides aminés et des sucres pariétaux : Nous avons constaté que la paroi
des deux souches TN17 et Fr10, contient l’isomère LL de l’acide diaminopimélique et la glycine.
Ces résultats indiquent que la paroi des deux souches est du type I. Ce dernier est caractéristique
des bactéries du genre Streptomyces.
- L’analyse des lipides membranaires à savoir les phospholipides et les acides gras. Nous
avons démontré la présence de phosphatidyléthanolamine (PE) et l’absence de
phosphatidylcholine (PC) dans les parois cellulaires des deux isolats (TN17 et Fr10). Ce résultat
nous a permis de déduire que ces deux souches sont des actinomycètes de type II. De plus, et suite
aux analyses des acides gras pariétaux, nous avons remarqué que les parois des souches TN17 et
Fr10 sont de type iso et ante-iso caractéristique de la plupart des actinomycètes.
* Des études phylogéniques qui se basent sur les analyses des séquences nucléotidiques
du gène codant pour l’ARN16S. Par le bais de programmes spéciaux, nous avons élaboré les
arbres phylogéniques des deux souches TN17 et Fr10. D’après les résultats obtenus, nous
constatons que les souches les plus apparentées à la souche TN17 sont: Streptomyces
lavendofolia AB 184217, Streptomyces gobitricini AB 184666 et Streptomyces lilaceus AB
184457. Pour la souche Fr10, les souches les plus apparentées sont : Streptomyces microflavus
HBUM 174043 et Streptomyces griseorubiginosus.
111
Résultats et discussion
* Des études physiologiques qui s’intéressent à la capacité des isolats à hydrolyser les
bases puriques et leurs dérivés, à dégrader les glucides, les acides aminés, les surfactants et les
sels de sodium, à réduire les nitrates, à produire des pigments mélanoïdes, à tolérer différentes
températures, différents pH initiaux, le lysozyme, le phénol, l’azide de sodium, le chlorure de
sodium et les antibiotiques. Ces études ont permis de conforter l’idée que les deux isolats TN17
et Fr10 sont des actinomycètes du genre Streptomyces et que ces deux bactéries sont des
nouvelles espèces de Streptomyces.
112
Résultats et discussion
Comme nous l’avons signalé dans la partie bibliographique, les métabolites secondaires
biologiquement actifs (antibiotiques, antifongiques,..) sont généralement liés et influencés par le
métabolisme primaire de la bactérie productrice. Un ou plusieurs métabolites intermédiaires du
métabolisme primaire servent fréquemment comme précurseur pour leur synthèse. Toutefois, la
composition du milieu de culture gouverne la capacité et la quantité de métabolites secondaires
produit par le micro-organisme en question. Plusieurs travaux ont montré que la nature de la
source de carbone ainsi que les additifs chimiques à savoir le potassium (K2HPO4), le magnésium
(MgSO4, 7H2O) et les oligo-éléments influencent énormément la capacité de production des
antibiotiques chez les Streptomyces (Mellouli et al., 2003 – 2004 ; Fourati ben Fguira 2005 ; Ben
Ameur Mehdi et al., 2006).
I. 1. Sources de carbone
En utilisant comme milieu de base (pour la pré-culture et la culture) le milieu TSB
(Bouillon tryptique de Soja) à 30 g/l nous avons testé cinq sources de carbone (le glucose,
l’amidon, le fructose, le saccharose et le glycérol) à 1% (w/v). Les cinq cultures de 200 ml
113
Résultats et discussion
chacune de 18h par la pré-culture correspondante. Après 72 h d'incubation à 30°C sous une
agitation à 250 rpm, les surnageants des cinq cultures ont été séparés de la biomasse par
centrifugation. Un double extraction par l’acétate d’éthyle (2v/v) a été réalisé sur chacun des cinq
surnageants obtenus. Après évaporation, les extraits actifs correspondants ont été repris dans 2 ml
de mélange de « dichlorométhane 90 % et méthanol 10 % », puis utilisés pour la détermination
des activités biologiques en utilisant les tests d'inhibitions de la croissance des cellules indicatrices
suivantes : une bactérie à Gram+ (Micrococcus luteus LB 14110), une bactérie à Gram-
(Salmonella enterica ATCC 43972) et un champignon filamenteux (Fusarium sp.)
Comme le montre la figure 14, des zones d'inhibitions (plus au moins importantes) ont été
obtenues pour toutes les sources de carbones contre tous les microorganismes cibles testés. La plus
forte inhibition est observée avec la source de carbone glucose. En utilisant cette source de
carbone, nous avons testé quatre concentrations différentes (0,5%; 0,75%; 1% et 1,5% w/v). Pour
se faire, quatre cultures de 200 ml chacune, ont été réalisées et étudiées dans les mêmes conditions
utilisées pour la détermination de la meilleure source de carbone. En se basant sur les tests
d’inhibitions de la croissance des trois souches indicatrices, nous avons constaté que la
concentration en glucose de 1% (w/v) est celle qui donne la meilleure activité biologique : le
glucose est un précuseur n écaessaire pour la production de ces métabolites.
Micrococcus luteus
30
Salmonella enterica
Fusarium sp
25
20
Diamètre d'inhibition
(mm)
15
10
5
glucose fructose saccharose amidon glycérol
Sources de carbones
Figure 14 : Effet des sources de carbones à 1% (w/v) sur les activités biologiques de la souche de
Streptomyces lilaceus sp. TN17
114
Résultats et discussion
I. 2. Eléments chimiques
Comme la source de carbone, les additifs chimiques tels que le magnésium, le potassium et
les oligo-éléments peuvent influencer la production des métabolites secondaires biologiquement
actifs chez les bactéries et notamment les Streptomyces (Elleuch et al., 2009). Dans le présent
travail, nous avons testé l’effet des trois additifs chimiques : MgSO4, 7H2O (2 mM), K2HPO4 (1
mM) et les oligo-éléments à raison de 7,5 ml /l d’une solution contenant (40 mg ZnCl2, 200 mg
FeSO4.7H2O, 6,5 mg H3BO3 et 13,5 mg MoNa2O4.2H2O pour 100 ml d'eau distillée) sur la
production des activités antimicrobiennes de la souche de Streptomyces lilaceus sp. TN 17. Pour
ce faire, huit cultures de 200 ml chacune sur milieu TSB compléter avec 10g/l de glucose ont été
réalisées comme suit : La première culture (témoin) sans additifs chimiques, la deuxième contient
du MgSO4,7H2O, la troisième est additionnée de K2HPO4, la quatrième contient la solution
d’oligoéléments, la cinquième est additionnée des deux additifs MgSO4,7H2O et K2HPO4, la
sixième contient du MgSO4,7H2O et la solution d’oligoéléments, la septième est additionnée de
K2HPO4 et de la solution d’oligoéléments et la huitième culture est enrichie par les trois additifs
chimiques testés. Les huit cultures sont incubées durant 72h à la température 30°C est sous une
agitation de 250 rpm.
Après une double extraction par l’acétate d’éthyle des surnageants des huit cultures, les
phases organiques correspondantes ont été évaporées à sec puis les extraits secs correspondants
ont été repris chacun dans 2 ml de mélange de « dichlorométhane 90% et méthanol 10% », puis
utilisés pour la détermination des activités biologiques contre : Micrococcus luteus LB 14110,
Salmonella enterica ATCC 43972 et le champignon filamenteux Fusarium sp.
Les résultats obtenus montrent que la présence du K2HPO4 dans le milieu de culture affecte
positivement la production des biomolécules de la souche de Streptomyces lilaceus sp. TN17 alors
que, la présence des oligoéléments affecte négativement cette production. Concernant l’additif
MgSO4,7H2O nous n’avons pas constaté d’effet ni positif et ni négatif. Le milieu de culture retenu
pour les cultures de la souche de Streptomyces lilaceus sp. TN17 dans des conditions semi-
préparatives (en fermenteur) est le TSB à 30 g/l additionné de glucose à 1% (w/v) comme source
de carbone et de K2HPO4 (1mM) comme additif chimique.
Par ailleurs, il est à noter que ces mêmes constations (effet positif de l’additif K2HPO4 et
négatif des oligoéléments sur la sécrétion de métabolites secondaires biologiquement actifs) ont
été déjà rapportées pour la souche de Streptomyces sp. TN58 (Mellouli et al., 2004). Cependant, la
115
Résultats et discussion
nature de l’influence de ces additifs chimiques n’est pas toujours la même et elle varie selon la
souche étudiée. En effet, alors que les oligoéléments influencent négativement la sécrétion de
métabolites secondaires chez les deux bactéries Streptomyces lilaceus sp. TN 17 et Streptomyces
TN58. Ces mêmes oligoéléments augmentent (influencent positivement), la production des
métabolites secondaires biologiquement actifs chez la souche de Streptomyces sp. US24 (Mellouli
et al., 2003).
Les tests biologiques réalisés sur les extraits secs collectés montrent un fort pouvoir
inhibiteur de ces extraits contre les bactéries à Gram+ et à Gram- et les champignons (Tableau 12).
116
Résultats et discussion
Tableau 12 : Activités biologiques des extraits secs collectés de la souche de Streptomyces lilaceus sp.
TN 17: Pour chaque test, 50 µl (du mélange 5 ml de DCM–MeOH (9 :1) ont été déposés.
Φ(mm) 24 22 23 21 21
II. 2. Purification
La figure 15, présente le schéma global adopté pour la purification des trois molécules
bioactives (M1, M2 et M3) de la souche de Streptomyces lilaceus sp. TN 17
117
Résultats et discussion
Filtration et Centrifugation
Evaporation
FI FII FIII
M1 M2 M3
Figure 15 : Schéma de purification des trois biomolécules de la souche de Streptomyces lilaceus sp. TN17
118
Résultats et discussion
Les 2,8 g d’extrait sec actif obtenus ont été dissous dans 5 ml de dichlorométhane -
méthanol (DCM 90% - MeOH 10%) puis déposés sur une colonne de chromatographie (Séphadex
LH-20) en utilisant comme tampon d’élution un mélange de dichlorométhane - méthanol (DCM
90% - MeOH 10%). Cette première étape de purification nous a permis d’obtenir sept fractions qui
ont été réduites à trois fractions (FI, FII et FIII) suite aux analyses chromatographiques sur couche
mince (CCM).
Après concentration, cette fraction biologiquement active a été soumise à deux autres
étapes chromatographiques successives :
* Chromatographie sur colonne de gel de silice éluée par un gradient allant de « 100%
dichlorométhane - 0% méthanol » à « 0% dichlorométhane – 100% méthanol ». Plusieurs sous
fractions ont été collectées et en se basant sur des tests microbiologiques nous avons constaté
qu’une seule sous fraction présente une activité biologique.
* Chromatographie liquide à haute performance (HPLC). La sous fraction active de la
fraction FI a été le siège d’une étape de purification HPLC à travers une colonne C18 (250x7).
L’élution a été réalisée avec un gradient linéaire utilisant deux solutions A (eau) et B
(acétonitrile) à un débit de 1ml/min. Les proportions utilisées sont les suivantes : De 100% A à
50% A et 50% B pendant 35 min puis jusqu’à 100% B et 0% A pendant 10 min (jusqu’à 45 min).
Le chromatogramme obtenu montre plusieurs pics bien développés et séparés entre les temps de
rétentions 5 et 45 min. Les différents pics ont été collectés séparément, concentrés puis testés
pour leurs activités biologiques. Seule la solution correspondant au pic ayant un temps de
rétention de 39 min est biologiquement active. La molécule correspondante est nommée M1.
Ces deux fractions ont fait chacune l’objet de deux étapes de séparation qui sont : La
chromatographie sur couche épaisse (CCE) suivie par une Chromatographie Liquide Haute
Performance (HPLC). Les conditions de purification HPLC utilisées pour les deux sous fractions
issues de la purification CCE des fractions FII et FIII, sont les mêmes que celles utilisées pour la
sous fraction issue de la fraction FI. Les tests microbiologiques ont montré que les molécules
obtenues M2 et M3 sont biologiquement actives.
119
Résultats et discussion
* Spectre RMN 1H de M1 :
Le spectre RMN 1H à 600MHz dans DMSO (Figure 16) de la molécule M1 montre un
signal dans la région aromatique et douze signaux dans la région aliphatiques.
120
Résultats et discussion
1
H (ppm) multi Integration et J(Hz) RMN 1H
7,96 s NH
4,19 dd (1H, J=8.1, 8.0) Ces quatre signaux correspondent aux
4,01 dd (CH, J=6.9, 5.9)
hydrogènes proches d’éléments
3,41 m 1H
3,28 m 1H électronégatifs (O ou N).
2,13 m 1H
1,92 m 1H
1,90 m 1H
1,79 m 1H Ces huit signaux correspondent à des
1,77 m 1H H aliphatiques.
1,37 m 1H
0,88 d (1H, J=7.0)
0,87 d (1H, J=7.0)
121
Résultats et discussion
13
C (ppm) RMN 13C
170,8 C=O avec X=O, ou X=N
167,0
X
59,0 CH
53,1 CH
45,3 CH2 aliphatique
38,3 CH2 aliphatique
27,9 CH2 aliphatique
24,6 CH
23,2 CH3
22,9 CH2 aliphatique
22,4 CH3
13
D’après le spectre RMN δC
C, il est possible de discerner deux groupes carbonyle (δ
δC 59.0, 53.1
170,8 et 167,0), trois sp3-carbures hybridées portant un hétéroatome électronégatif (δ
δC 38.3, 27,9, 24,6 et 22,9) et deux groupes de
et 45.3), quatre sp3-hybridées de carbone (δ
δC 23.3 et 22.4). Les données spectrales, RMN 1H et RMN 13C de la molécule M1, sont
méthyle (δ
insuffisantes pour déterminer la structure chimique de cette molécule. Il est donc nécessaire de
réaliser des expériences RMN multidimensionnelles qui vont permettre de corréler les
hydrogènes et les carbones entre eux.
* Spectre HH COSY : Cette étude (Figure 18) permettra de corréler les protons entre eux par
couplage scalaire (interaction à 2, 3 voir 4 liaisons). Le tableau 15 résume les corrélations en
conséquences.
122
Résultats et discussion
Figure 19: Structure chimique de M1 déduite selon les analyses spectrales réalisées
Toutes ces informations sont toujours insuffisantes pour donner une structure exacte de
M1. Pour cette raison, nous avons réalisé l’expérience HSQC qui permet de corréler les
hydrogènes avec les carbones à une liaison. Nous avons réalisé une expérience en mode « edité »
qui permet de distinguer les CH/CH3 (positif) des CH2 (négatif).
123
Résultats et discussion
* Spectre HSQC : La figure 20 présente le spectre obtenu et le Tableau 16, illustre les
corrélations en conséquence.
13 1 1
C (ppm) H (ppm) multi H (ppm) multi HSQC
59,0 4,19 dd - CH-N
53,1 4,01 dd - CH-N
45,3 3,41 m 3,28 m CH2-N
38,3 1,37 m 1,77 m CH2 aliphatique
27,9 1,92 m 2,13 m CH2 aliphatique
24,6 1,9 m - CH2 aliphatique
23,3 0,88 d - CH-N
22,4 0,87 d - CH3
22,9 1,79 m - CH2 aliphatique
124
Résultats et discussion
Les données obtenues sont toujours insuffisantes d’élucider la structure chimique complète
de M1. Nous étions amenés à réaliser le spectre HMBC qui permet de rétablir les corrélations des
protons et les 13C à deux, trois ou à quatre liaisons.
* Spectre HMBC : La figure 21 présente le spectre obtenu et le tableau 17, illustre les
corrélations en conséquences
125
Résultats et discussion
13 1 1
C (ppm) H (ppm) multi H (ppm) multi HSQC
O
170,8 2,13 m 4,19 d
C
CH2
CH N
N
167 ,0 1,77 m 4,01 d
170,8 0,88 d -
126
Résultats et discussion
127
Résultats et discussion
1.0
283.2
0.5
295.2
199.0 343.2 452.3
148.9
177.0 243.0 255.1 309.2 328.3 364.3 391.3 408.2 419.2
211.1 227.1 434.4
135.1 165.0
0.0
x10 7 1. +M S2(269.1), Line, 12.4-12.5m in (#892-#896), 100%=8984623
1.0
254.9
0.8
0.6
0.4
0.2
227.0
0.0
150 200 250 300 350 400 450 m /z
128
Résultats et discussion
II. 3. 2. Molécule M2
Cette molécule est de couleur blanche à l’état solide. Son Rf = 0,411 (CH2Cl2 / MeOH
4%). Comme la molécule M1, l’identification chimique de cette molécule a été déterminée par le
biais de plusieurs techniques spectroscopiques.
* Spectre RMN 1H de M2: Comme le montre la figure 24, dix signaux ont été obtenus
dont deux dans la région aromatique et 8 signaux dans la région aliphatiques. Le tableau 19,
résume les données relatives aux études RMN 1H de M2.
129
Résultats et discussion
1 Intégration et J (Hz)
H (ppm) multi
7,74 m
7,59 m
13
L’analyse du spectre RMN C de M2 a permis de distinguer les corrélations suivantes
(Tableau 20).
130
Résultats et discussion
13
C (ppm) RMN 13C
162,5
132,5
130,9
128,7
68,0 CH2=O
38,8
30,4
28,9 CH2 aliphatiques
23,8
23,0
13,8 CH3
13
D’après les résultats des analyses en RMN C de M2, il est possible de discerner un
carbonyle du groupe (δC 162,5), trois sp -carbures hybridées (δC 132,5, 130,9 et 128,7), une sp3-
2
131
Résultats et discussion
1 1
H (ppm) multi H (ppm) multi H-H COSY
7,74 m 7,59 m
CH3
CH2
O CH2 CH
CH2
CH3
Les données obtenues suite aux différentes études spéctrales RMN (1H et 13
C) restent
insuffisantes pour l’élucidation totale de la structure de la molécule de M2. Nous avons alors
poussée les études spectroscopiques :
* Spectre HSQS de M2 : Les résultats obtenus suite à ces études sont montrés par la
Figure 28 et le Tableau 22.
132
Résultats et discussion
13 1
C (ppm) H (ppm) multi HSQC
128,7 7,74 m CH typiques d’un cycle
130,9 7,59 m aromatique
68,0 4,25 dd CH2-O
68,0 4,21 dd
38,8 1,71 m CH
30,4 1,40 m
28,9 1,36 m CH2
23,0 1,36 m
13,8 0,94 t CH3
23,8 1,46 m CH2
10,7 0,96 t CH3
133
Résultats et discussion
134
Résultats et discussion
L’ensemble des données des études RMN de M2 sont représentées dans le tableau
suivant :
135
Résultats et discussion
Cette molécule présente un Rf = 0,353 (CH2Cl2 / MeOH 4%). Les différentes études
spectroscopiques ayant permis la détermination de la structure chimique de M3 sont :
* spectre RMN 1H de M3: Le spectre obtenu (Figure 32), montre trois signaux dans la
région aromatique et neuf signaux dans la région aliphatique. Le Tableau 24 présente les
corrélations en conséquence.
1 Intégration et J(Hz)
H (ppm) multi
7,98 s NH
7,27 m H Les H sont de type benzénique
7,20 m H
4,36 t (H, J=5.1) Ces six signaux correspondent
4,09 d H à des hétéro éléments, de type
3,40 m H de CH ou CH-N ou CH-O
3,28 m H
3,08 dd (H, J=14.2, 5.1)
3,02 dd (H, J=14.2, 5.1)
2,01 m Ces trois signaux correspondent à des CH
1,73 m aliphatiques
1,43 m
136
Résultats et discussion
* Spectre RMN de 13C de M3 : D’après la Figure 33, on peut distinguer 12 signaux relatifs à 12
carbones différents. Chaque signal correspond à un carbone différent. Le tableau 25 donne les
corrélations en conséquence.
13
C (ppm) RMN 13C
169,5 X- C=O avec X=O, ou X=N
165,53
137,74
130,2
128,4
126,79
58,86 CH2-N
56,2
45,04 C- C=O
35,8
28,22 CH2 aliphatique
22,35
137
Résultats et discussion
La RMN 13C, montre qu’il est possible de discerner deux groupes carbonyle (δC 169,5 et 165,5),
quatre carbones sp2-hybridées (δC 137,7 à 126,8), trois sp3-carbures hybridés portant un
hétéroatome électronégatif (δC 58.9, 56.2 et 45.0) et trois sp3-carbures hybridés (δC 35.8, 28.2 et
22.4).
* Spectre HH COSY de M3: La figure 34 présente le spectre obtenu est le tableau 26
illustre les corrélations correspondantes.
138
Résultats et discussion
1 1 1
H (ppm) multi H (ppm) multi H (ppm) multi H-H COSY
7,20 m 7,27 m
2,01 m 4,09 d
2,01 m 1,43 m 1,73 m CH2-CH2
1,73 m 3,28 m 4,09 d
3,08 d 4,36 d CH-CH2
4,36 d 4,09 d
L’ensemble des analyses réalisées sur la molécule M3 permet de déduire que cette dernière
contient une structure chimique présentée sur la figure ci-dessous.
NH
CH2 I
CH2
139
Résultats et discussion
13 1 1
C (ppm) H (ppm) multi H (ppm) multi HSQC
130,2 7,27 m -
126,8 7,20 d - CH typiques de cycle aromatique
128,4 7,27 m
58,9 4,09 d - CH-N
56,2 4,36 t - CH-N
45,0 3, 4 m 3,28 m CH2-N
35,8 3,08 d 3,02 d
28,2 2,01 m 1,43 m CH2 aliphatique
22,4 1,73 m -
140
Résultats et discussion
141
Résultats et discussion
13 1 1
C (ppm) H (ppm) multi H (ppm) multi HSQC
CH2
CH
Les données obtenues suite aux études HMBC, montrent qu’il s’agit d’une Phénylalanine
(Figure 38).
142
Résultats et discussion
Le tableau ci-après englobe toutes les données d’analyses RMN réalisées sur la molécule
M3.
143
Résultats et discussion
144
Résultats et discussion
II. 4. 1. La biomolécule M1
II. 4. 2. La biomolécule M2
La deuxième molécule (M2) produite par la souche de Streptomyces lilaceus sp. TN17 est
le dérivé de phtalate le di-(2-éthylhexyl) phtalate. Les phtalates sont généralement connus comme
étant des sous produits de la pétro-chimie. Cependant, plusieurs molécules de cette famille ont été
déjà décrites produites à partir d’algues marines, à partir de plantes et également à partir de
microorganismes et notamment les bactéries du genre Streptomyces (Lee et al., 2000). Comme
exemple on peut citer le dérivé dibutyl phthalate produit par trois souches de Streptomyces qui
sont : Streptomyces nasri (El Naggar 1997), Streptomyces albidoflavus (Roy et al., 2006) et
145
Résultats et discussion
Streptomyces melanosporofaciens (Lee, 2000). Notre molécule M2 a été déjà décrite, produite par
la souche de Streptomyces bangladeshiensis (Al Bari et al., 2006).
D’après nos tests microbiologiques, la molécule M2 possède des activités antibactériennes
contre les bactéries à Gram+ et une activité antifongique (Tableau 30).
II. 4. 3. La biomolécule M3
Plusieurs biomolécules tétrapeptides cycliques ont été décrites notamment à partir de bactéries
à savoir la Rhodopeptine, purifiée à partir d’une bactérie du genre Rhodococcus et cette
biomolécule se caractérise par ses activités antifongiques (Chiba et al., 1999). L’apicidin, un
tetrapeptide cyclique produit par une souche bactérienne du genre Streptomyces et possèdent des
activités antitumorales (Okada et al., 2006).
Concernant la molécule M3 secrétée par notre souche, elle a été récemment décrite à partir
d’une autre souche de Streptomyces (Lebrihi et al., 2008). Ces auteurs ont breveté la molécule M3
pour ses activités antifongiques applicables dans le domaine agronomique contre des
phytopathogènes. Selon nos tests d’inhibitions de la croissance des microorganismes utilisés, nous
avons constaté que cette molécule outre ses activités antifongiques, elle possède des activités
antibactériennes contre les bactéries à Gram+ (Tableau 30).
146
Résultats et discussion
Tableau 30. Activités microbiennes des molécules pures M1, M2 et M3: La quantité déposée pour chaque
molécule est de 50 µg. Les diamètres d’inhibitions des cellules indicatrices sont donnés en mm.
M. luteus LB 14110 20 17 19
S. aureus ATCC 6538 14 12 15
E. coli ATCC 8739 11 ND ND
Fusarium sp. 21 14 17
III. 1. Extraction
La nouvelle souche de Streptomyces microflavus sp. Fr10 a été sélectionnée durant des
travaux antérieurs pour ses activités antimicrobiennes importantes contre les bactéries à Gram+ et
à Gram- et les champignons. Les conditions de production de biomolécules de cette souche ont été
également optimisées lors de travaux antérieurs réalisés au LMB-CBS. Les meilleurs conditions
retenues sont : Le milieu Bennett ayant comme source de carbone le glycérol à 0,5% ; une
température de croissance de 30°C avec une agitation de 250 rpm. Les additifs chimiques testés
« MgSO4, 7H2O (2 mM) ; K2HPO4 (1 mM) et les oligo-éléments » n’ont pas d’effet sur la
production de biomolécules.
Pour l’extraction et la purification des biomolécules de cette souche nous avons préparé un
volume de surnageant actif de 35 litres (7 fermentations de 5 litres chacune) utilisant les conditions
optimales décrites ci-dessus. Après incubation de 72 h à 30°C, le jus de fermentation est filtré puis
centrifugé. Le surnageant obtenu est extrait deux fois par un volume égal d’acétate d’éthyle. La
phase organique biologiquement active, est évaporée à sec par Rotavapor. Les sept extraits secs
obtenus (des sept fermentations successives) de couleur marron ont été mélangés pour donner une
147
Résultats et discussion
masse totale de 3g et puis dissous dans 5 ml de dichloro-méthane - méthanol (DCM 95% - MeOH
5%).
Les tests biologiques réalisés sur les extraits secs collectés montrent un fort pouvoir
inhibiteur de ces extraits contre les bactéries à Gram+ et à Gram- et les champignons (Tableau 31).
Tableau 31. Activités biologiques des extraits secs collectés de la souche de Streptomyces microflavus
sp. Fr10: Pour chaque test, 50 µl (du mélange 5 ml de dichloro-méthane – méthanol) ont été déposés.
Φ(mm) 22 23 25 19 20
III. 2. Purification
La figure 41, présente le schéma global adopté pour la purification de six molécules
bioactives (M1 – M6) de la souche de Streptomyces microflavus sp. Fr10
148
Résultats et discussion
Centrifugation
Evaporation
CCE
M1 M2 M3 M4 M5 M6
Figure 41 : Les différentes étapes utilisées pour la purification des six biomolécules de la souche de
Streptomyces microflavus sp. Fr10
149
Résultats et discussion
Les six molécules bioactives ont été obtenues à l’état pur suite à deux étapes
chromatographiques : Une chromatographie sur couche épaisse suivie par une chromatographie
en phase liquide à haute performance (HPLC). Les tests d’inhibition de la croissance des
microorganismes utilisés comme cellules indicatrices ont montré que :
* Les molécules M1, M2 et M6, à l’état pur, possèdent une forte activité inhibitrice contre
les champignons et les bactéries à Gram+ et à Gram-.
* Les molécules M3, M4 et M5, à l’état pur, possèdent des activités antibactériennes
uniquement contre les bactéries à Gram+. Egalement, ces molécules possèdent des activités
antifongiques qui sont moins importantes que celles des molécules M1, M2, et M6.
Nous avons déterminé, par la technique LC/MS/MS, les masses de ces six biomolécules pures
(Figure 42 A-F). Ces masses MW en Da sont : M1 = 413 ; M2 = 300 ; M3 = 279 ; M4 = 194 ; M5
= 239 et M6 = 290g/mol.
150
Résultats et discussion
1 153.9
168.8 201.8 388.7
110.8
0
100 200 300 400 500 600 700 800 m /z
2.5
2.0
1.5
1.0
151.9
0.5 214.9
124.9 282.8
0.0
100 200 300 400 500 600 700 800 m /z
151
Résultats et discussion
2
216.8
1
145.9 177.8
99.9
0
x10 4 1. +M S2(238.9), Line, 6.1-6.4m in (#189-#201), 100%=67355
4
256.7
238.7
278.2
3 628.7
2 351.6
329.6 412.8
1 124.9
97.9 190.9 380.3 520.5
449.9 593.3
83.9 494.0
0
100 200 300 400 500 600 700 800 m /z
1.0
238.8
0.5
145.9
121.9 210.9 311.7
59.1 422.6
0.0
x10 7 4. +M S2(290.0), Line, 2.4min (#77), 100%=7941802
1.0
196.8
0.8
0.6
0.4
0.2
126.9 154.8
0.0
100 200 300 400 500 600 700 800 m/z
152
Résultats et discussion
Conclusion
* Après une double extraction du surnageant par l’acétate d’éthyle, l’extrait sec actif
obtenu a été soumis à plusieurs étapes chromatographiques (Séphadex LH-20, Chromatographie
sur couche épaisse et chromatographie en phase liquide à haute performance). Trois molécules
pures biologiquement actives (M1, M2 et M3) ont été obtenues et les structures chimiques
correspondantes ont été caractérisées par le biais de plusieurs techniques spectroscopiques. Il
s’agit de :
- M1 (MW = 269 g/mol) c’est un dérivé de DKP (L-Leu, L-Arg). Cette molécule
possède des activités antibactériennes contre les bactéries à Gram+ et à Gram- et
antifongiques.
- M2 (MW = 390 g/mol), c’est un dérivé de phtalate le di-(2-éthylhexyl) phtalate.
Cette molécule possède des activités antibactériennes contre les Gram+ et des activités
antifongiques.
- M3 (Mw = 488 g/mol), c’est tétrapeptide cyclique;
le 1 - [2 -(cyclopentanecarbonyl-3-phenylpropionyl] - pyrrolidine-2-carboxylique (1-carbamoyl-
propyl)-amide. Cette molécule possède des activités antibactériennes contre les Gram+ et des
activités antifongiques.
* Nous avons également préparé une culture de 35 litres à partir de la deuxième souche
étudiée, la souche de Streptomyces microflavus sp. Fr10. Après une double extraction par l’acétate
153
Résultats et discussion
d’éthyle du surnageant correspondant, l’extrait sec actif a été soumis à deux étapes de
purification : Une chromatographie sur couche épaisse suivie par une chromatographie en phase
liquide à haute performance (HPLC). Six molécules bioactives ont été obtenues (M1-M6). Les
masses moléculaires de ces dernières sont : M1 = 413 ; M2 = 300 ; M3 = 279 ; M4 = 194 ; M5 =
239 et M6 = 290g/mol.
Les travaux de recherche relatifs à la souche de Streptomyces lilaceus sp. TN17 ont fait
l’objet d’un article publié dans le Journal à Comité de lecture Internationale : Natural Product
Research et un brevet National :
Article
Slim Smaoui, Lotfi Mellouli*, Ahmed Lebrihi, Yannick Coppel, Lilia Fourati-Ben Fguira and
Florence Mathieu (2009). Purification and structure elucidation of three naturally bioactive
molecules from the new terrestrial Streptomyces sp. TN17 strain. Natural Product Research. In
press
154
Résultats et discussion
Brevet
Slim SMAOUI, Florence MATHIEU, Ahmed LEBRIHI, Yannick COPPEL, Lilia FOURATI
Ben FGUIRA, Lobna ELLEUCH, Samir BEJAR et Lotfi MELLOULI* (2009). Trois molécules
biologiquement actives, dont une nouvelle dérivé de dikétopipérazine, produites simultanément à
partir d’une nouvelle souche bactérienne appelée Streptomyces sp. TN17. INNORPI TUNISIE
TN2009/0065.
155
Résultats et discussion
C. SELECTION ET IDENTIFICATION DE LA
SOUCHE Lactobacillus plantarum sp. TN635. ETUDE
DES CARACTERISTIQUES BIOCHIMIQUES ET
MICROBIOLOGIQUES ET PURIFICATION DE LA
BACTERIOCINE BACTN635
Avec la découverte des antibiotiques, l’humanité a disposé d’un moyen et d’un remède
extrêmement efficaces contre le fléau des bactéries pathogènes qui l’accablaient depuis des
millénaires. Depuis la découverte de la pénicilline, des milliers d’antibiotiques sont produits et
différentes classes ont été décrites. L’utilisation des antibiotiques a représenté alors le plus grand
succès thérapeutique et cette utilisation sauve annuellement des millions de vies.
Malheureusement, l'utilisation massive et répandue des antibiotiques en médecine humaine et
vétérinaire, a engendré un problème très épineux qui est la résistance des bactéries pathogènes
aux traitements par les antibiotiques. Les scientifiques ont observé que les bactéries qui étaient
auparavant sensibles pouvaient y devenir résistantes, et plus on utilise d'antibiotiques, plus cette
résistance s'accroît. On s’est rendu compte que le miracle « antibiotique » a ses limites.
Actuellement, il existe des souches de Staphylococcus aureus et de Pseudomonas aeruginosa qui
résistent à tous les antibiotiques connus. La question est donc comment remédier à cette
situation ?
Outre la recherche de nouvelles molécules antibiotiques, l’une des solutions pour
surmonter le problème de la résistance des bactéries pathogènes aux biomolécules, pourrait être
l’utilisation des bactériocines. En effet, les bactériocines ont été énormément appréciées comme
étant des agents de thérapie naturelle, complémentaire aux antibiotiques. Les domaines
d’utilisation des bactériocines sont multiples à savoir :
- dans le domaine agronomique où l’utilisation est avantageuse parce que les bactériocines
sont non toxiques, facilement dégradables par les enzymes digestives et du fait qu’elles sont des
substances naturelles, leur emploi permettrait d’avoir des produits plus sains et réduirait
l’utilisation des agents chimiques de conservation.
156
Résultats et discussion
- Dans les domaines de la médecine humaine et vétérinaire et bien que cette utilisation ne
soit pas encore répandue, mais plusieurs études s’orientent actuellement vers cet axe de recherche
pour résoudre les problèmes de résistance des microorganismes pathogènes aux antibiotiques.
De nombreuses souches bactériennes, à Gram positif et à Gram négatif ont été décrites
pour leur capacité à produire des bactériocines. Cependant, les bactéries lactiques restent les
meilleures candidates pour la production de ce genre de biomolécules.
Dans cette troisième partie de cette présente thèse, notre intérêt s’est porté vers les
biomolécules de nature bactériocine produites par des bactéries lactiques, pour des éventuelles
applications en agro-alimentaire, en agronomie et en médecine humaine. Ci-après nous
développons les principaux résultats obtenus.
157
Résultats et discussion
(Lactobacillus casei DSM 20011, Lactobacillus sakei 2525, Lactobacillus delbrueckii DSM
20081, Lactobacillus lactis ATCC 11454 et Lactobacillus lactis subsp cremoris DSM 11603) et
deux champignons, Fusarium sp. (champignon filamenteux) et Candida tropicalis R2
(champignon unicellulaire). Comme le montre le tableau 33, l’isolat TN635 inhibe la croissance
de toutes les souches indicatrices testées. A ce propos, il est à noter que les bactériocines
extraites des bactéries lactiques sont généralement dirigées vers les bactéries à Gram+ et rares
sont celles qui possèdent un spectre d’action large (Atanassova et al., 2001). Le spectre large de
la biomolécule (bactériocine) de l’isolat TN635 pourrait être intéressant, ce qui nous a amené à
étudier les caractéristiques et purifier cette bactériocine.
Tableau 32. Spectre d’action des isolats (TN600-TN653) contre cinq souches cibles testées.
158
Résultats et discussion
TN628 - - 6 16 -
TN629 7 - - 6 -
TN630 9 9 - 6 6
TN631 - 18 17 9 -
TN632 - 8 8 - -
TN633 9 - - - 7
TN634 6 - 7 7 -
TN635 9 22 21 23 21
TN636 9 6 - 7 -
TN637 8 7 - 15 -
TN638 7 - 7 16 -
TN639 - 7 7 18 7
TN640 7 7 8 6 -
TN641 - 16 17 - 15
TN642 6 - - 16 -
TN643 - 6 7 17 6
TN644 7 16 6 22 6
TN645 6 7 8 - -
TN646 - - - 18 7
TN647 7 - 6 8 -
TN648 8 8 - 18 -
TN649 - - 8 16 6
TN650 - 16 - 17 17
TN651 6 - 7 7 6
TN652 - 8 - 12 7
TN653 7 16 17 18 8
Tableau 33. Spectre d’action des neuf isolats pré-sélectionnés (TN600, TN606, TN615, TN618, TN623,
TN627, TN635, TN 644 and TN653) contre les quinze bactéries et les deux champignons utilisés
comme souches indicatrices.
Souches indicatrices TN600 TN606 TN615 TN618 TN623 TN627 TN635 TN644 TN653
Micrococcus luteus 23 14 6 14 14 6 23 14 11
LB 14110
Staphylococcus aureus 12 15 16 14 9 16 22 21 8
ATCC 6538
Listeria ivanovii 12 18 6 16 20 9 22 16 16
BUG 496
Enterococcus faecalis 6 18 8 - 15 16 22 7 8
JH 2-2
Enterococcus faecium 6 14 7 - 14 14 21 8 6
ENSAIA 631
159
Résultats et discussion
Lactobacillus casei
DSM 20011 6 7 7 8 7 8 9 7 7
Lactobacillus - 6 8 - - 9 9 6 -
delbrueckii DSM 20081
Lactobacillus sakei - 6 7 - 7 6 9 - -
2525
lactococcus lactis - - 6 5 6 7 9 - 9
ATCC 11454
lactococcus lactis - - 5 7 7 9 8 - 8
cremoris
DSM 11603
Champignons
14 16 19 18 17 14 23 22 18
Fusarium. Sp
Candida tropicalis 8 9 5 9 19 10 21 6 8
R2 CIP203
160
Résultats et discussion
ayant une taille attendue d’environ 1500 pb. Ce fragment a été purifié puis cloné dans un vecteur
approprié. Après transformation de cellules compétentes d’E. coli par le produit de ligation, nous
avons analysé les ADNs plasmidiques de quelques transformants ce qui nous a permis d’obtenir
le plasmide recombinant pSS1 contenant comme insert le fragment d’ADN d’environ 1500 pb.
Ce fragment a été séquencé dans les deux sens et la séquence nucléotidique correspondante est de
1540 pb (Figure 43).
5’TGATCCAGCCCCAGGTCCTCTTACGGCTACCATAATACAACTTCAGCTTAATCATCT
GTCCCACCTTAGGCGGCTGGTTCCTAAAAGGTTACCCCACCGACTTTGGGTGTTACA
AACTCTCAGGGTGTGACGGGCGGTGTGTACAAGGCCCGGGAACGTATTCACCGCGG
CATGCTGATCCGCGATTACTAGCGATTCCGACTTCATGTAGGCGAGTTGCAGCCTAC
AATCCGAACTGAGAATGGTTTTAAGAGATTAGCTTACTCTCGCGAGTTCGCAACTCG
TTGTACCATCCATTGTAGCACGTGTGAAGCCCAGGTCATAAGGGGCATGATGATTTG
ACCTCATCCCCACCTTCCTCCGGTTTGTCACCGGCAGTCTCACCAGAGTGCCCAACTT
AATGGTGGCAACTGTTAATAAGGGTTGCGCTCGTTGCGGGACTTAACCCAACATATC
AGTTCAGGAGCTGACGACAACCATGCACCACCTGTATCCATGTCCCCGAAGGGAACG
TCTAATCTCTTAGATTTGCATAGTATGTCAAGTCCTGGTAAGGTTCTTCGCGTAGCTT
CGAATTAAACCACATGCTCCACCGCTTGTGCGGGCCCCCGTCAATTCCTTTGAGTTTC
AGCCTTGCGGCCGTACTCCCCAGGCGGAATGCTTAATGCGTTAGCTGCAGCACTGAA
GGGCGGAAACCCTCCAACACTTAGCATTCATCGTTTACGGTATGGACTACCAGGGTA
TCTAATCCTGTTTGCTACCCATACTTTCGAGCCTCAGCGTCAGTTACAGACCAGACAG
CCGCCTTCGCCACTGGTGTTCTTCCATATATCTACGCATTTCACCGCTACACATGGAG
TTCCACGGTCCTCTTCTGCACTCAAGTTTCCCAGTTTCCGATGCACTTCTTCGGTTGA
GCCGAAGGCTTTCACATCAGACTTAAAAAACCGCCTGCGCTCGCTTTACGCCCAATA
AATCCGGACAACGCTTGCCACCTACGTATTACCGCGGCTGCTGGCACGTAGTAAGCC
GTGGCTTTCTGGTTAAATACCGTCAATACCTGAACAGATGTTCTCAGATATGTTCTTC
TTTAACAACAGAGTTTTACGTGCCGAAACCCTTCTTCACTCACGCGGCGTTGCTCCAT
CAGACTTTCGTCCATTGTGGAAGATTCCCTACTGCTGCCTCCCGTAGGAGTTTGGGCC
GTGTCTCACTCCCAATGTGGCCGATTACCCTCTCAGGTCGGCTACGTATCATTGCCAT
GGTGAGCCGTTACCTCGCCGTCTACCTAATACGCCGCGGGACCATCCAAAAGTGATA
GCCCAAGCCATCTTTCAAGGTAGGACCATGCGGTCCAAGGGGTTGTGCGGTATTAGC
161
Résultats et discussion
CTCTGTTTCGAGGTGTTATCCCCCGCTTTTAGGAAGGTTTCCCACGTGTTACTCAACT
GTTCGCCACTCACTCAAATGGAAAACATGGTGCAAGCACCAATCAATACCAGACTTG
GTCCAAGTTGCATGTATTAGGGACCCCGGTAGCGGTCGTCCTGAGCCAT3’
Figure 43 : Séquence nucléotidique du gène codant pour l’ARN 16S de la souche TN635.
L’alignement de cette séquence nucléotidique avec celles des gènes codant pour l’ARN
16S des banques de données a montré une forte similarité (entre 97 et 99%) avec les gènes codant
pour l’ARN 16S du genre lactobacillus. Le score d’identité le plus élevé a été obtenu avec la
séquence nucléotidique du gène ARN 16S de la souche Lactobacillus plantarum NRIC 0383.
L’étude de la phylogénie de la souche TN635 (Figure 44) a confirmé ce résultat.
En tenant compte de la séquence nucléotidique du gène codant pour l’ARN 16S de l’isolat
TN635 ainsi que de l’arbre phylogénique correspondant, nous constatons que cette souche est une
nouvelle espèce du genre lactobacillus et nous proposons sa désignation comme étant
Lactobacillus plantarum sp. TN635.
162
Résultats et discussion
35 8
7
30
6
Inhibitory Zone Diameter (mm)
25
Diamètre 20 OD 600 nm
d’inhibition 4 DO 600
(mm) 15 nm
3
10
2
5 1
0 0
0 6 12 18 24 30 36 42 48
Incubation time (h)
Temps d’incubation
163
Résultats et discussion
164
Résultats et discussion
Tableau 34: Effet de la température sur l'activité inhibitrice de BacTN635 contre les cellules indicatrices
testées : Listeria ivanovii BUG 496, Salmonella enterica, Fusarium sp et Candida tropicalis R2.
165
Résultats et discussion
IV. 4. Effet du pH
Afin de déterminer la sensibilité de BacTN635 aux pH, le surnageant de la culture de la
souche TN635 (30°C, 16 h d'incubation) est ajustée à différents pH allant de 1 à 14 (intervalle de
1,0). Les activités antimicrobiennes sont ensuite effectuées sur les différents échantillons traités.
D’après le tableau 35, nous pouvons déduire que BacTN635 présente une activité dans une large
gamme de pH comprise entre 3 et 11 avec un optimum de 7. Approximativement, une activité
résiduelle de 50% est maintenue à pH 12. Cette activité est totalement détruite à des pH 1, 2, 13
et 14.
Tableau 35: Effet du pH sur l'activité BacTN35 contre les cellules indicatrices testées : Listeria ivanovii
BUG 496, Salmonella enterica, Fusarium. sp et Candida tropicalis R2.
166
Résultats et discussion
V. Purification de BacTN635
Pour la purification de BacTN635 à partir de la souche Lactobacillus plantarum sp.
TN635, nous avons utilisé une culture de 900 ml. Après 16h d’incubation à 30°C et sans
agitation, nous avons appliqué, sur le surnageant obtenu, quatre étapes de purification différentes
qui sont :
* Purification sur membrane cutoff (10 kDa) : Le précipité récupéré par la première étape
de purification a été resuspendu dans le tampon phosphate 0,1 M et passé à travers des
microconcentrateurs centrifuges (Amicon, Inc), avec une membrane de coupure de 10-kDa.
* Gel filtration sur colonne de Séphadex G-25 : La solution non retenue résultante de la
deuxième étape de purification, a été passée sur une colonne de gel filtration Sephadex G-25.
Cent quarante fractions (F1-F140) ont été collectées. Comme le montre la figure 46, ces 140
fractions détectées au moyen de mesures d'absorbance à 280 nm ont été regroupées en six
échantillons (S1-S6): S1 (F1-F40), S2 (F41-F70), S3 (F71-F76), S4 (F77-F81), S5 (F82-F93) et
S6 (F94-F140). L'activité antimicrobienne des différentes fractions recueillies a été testée contre
Listeria ivanovii BUG 496, Salmonella enterica ATCC43972 et contre Candida tropicalis R2
CIP203. Seul l’échantillon S5 (F82-F93), présente une activité inhibitrice contre les trois
souches indicatrices testées.
S5
3.5
2.5
DO
OD 280nm
2
280nm
1.5
0.5
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95 100 105 110 115 120 125 130 135 140 145 150
Nombre de fraction
Fraction number
Figure 46. Fractions obtenues suite à la purification de BacTN635 par filtration sur gel G-25.
167
Résultats et discussion
Absorbance (280nm)
xE+3
1.0
P3 39.317
0.5
mAU
38.383
P2
P1
34.550
18.500
31.133
0.0
0 10 20 30 40 50 60 70
Time (min)
Temps de rétention (min)
Figure 47. Profil d’élution de BacTN635 par HPLC (quatrième étape de purification)
Sur le tableau 36, nous résumons toutes les données relatives aux différentes étapes de
purifications à savoir : La teneur en protéines, l’activité totale, l’activité spécifique, le rendement
et le facteur de purification.
168
Résultats et discussion
Les résultats présentés sur le tableau 36, montre que les différentes étapes de purification
adoptées ont permis l’obtention de la BacTN635 avec un degré de pureté d’environ 95 fois que
celle existante dans le surnageant brut. Le rendement de purification est de 2,5%. L’activité
spécifique de BacTN635 purifiée est de l’ordre de 197368 UA/mg de protéines.
169
Résultats et discussion
Comme le montre la figure 48a, une seule bande a été révélée avec une masse moléculaire
d’environ 4 kDa. Ce résultat implique que BacTN635 a été purifiée à homogénéité. De plus, le
test antimicrobien contre la cellule indicatrice utilisée, Listeria ivanovii BUG 496, montre une
zone d’inhibition de croissance (figure 48b) au même niveau que la bande détectée
MM
1 2 1
(kDa)
55.6
42.7
34.6
27.0
20.0
14.3
6.5
3.4
a b
Figure 48. Electrophorèse et zymogramme de Bac TN635. a : gel SDS-PAGE. Colonne 1: marqueur de
170
Résultats et discussion
Au cours des dernières années, plusieurs bactériocines ont été décrites à partir de bactéries
Lactobacillus. Cependant, la plus part de ces bactériocines présentent des activités inhibitrices
dirigées uniquement contre les bactéries à Gram+. Les bactériocines ayant des activités contre les
bactéries à Gram- et les champignons sont très rares. Ce genre de bactériocines sont généralement
des dérivés de dicétopipérazines à faible masse moléculaire inférieure à 1 kDa (Lavermicocca et
al., 2000). De rares bactériocines sont décrites à partir de Lactobacillus ayant une masse
moléculaire supérieure à 1 kDa et ayant une activité antifongique. Dans ce cas, nous pouvons
mentionner la bactériocine de Lactobacillus paracasei subsp. paracasei M3 avec une masse
moléculaire de 43 kDa (Atanassova et al., 2003) et pentocine TV35b produite par Lactobacillus
pentosus, dont la masse moléculaire est de 3930 Da (Okkers et al., 1999).
171
Résultats et discussion
Toutes ces données suggèrent fortement que BacTN635 produite par la nouvelle
Lactobacillus plantarum isolées sp. TN635 est une nouvelle bactériocine originale ayant un
spectre d’action très large contre les bactéries à Gram+ et à Gram- et contre les champignons
filamenteux et unicellulaires.
Nous avons constaté que l’ajout de BacTN635, engendre une diminution rapide du
nombre de cellules viables de Listeria ivanovii BUG 496. En effet, on passe de 107 UFC / ml à
moins de 10 UFC/ml) pour une période de 5h (figure 50). De plus, dès l’ajout de BacTN635, la
densité optique de la culture de Listeria ivanovii BUG 496 a resté constante (figure 50).
Ces données indiquent que BacTN635 a un effet bactéricide contre Listeria ivanovii BUG
496.
Concernant le mode d’action de BacTN635 contre Candida tropicalis R2 CIP203, et
comme le montre la figure 51, nous constatons que la densité optique de la culture de ce
champignon est très similaire à celle du témoin (sans ajout de BacTN635). Cependant, nous
remarquons qu’à partir de 20h de croissance, une augmentation de cellules viables en absence de
BacTN635 (figure 51). Ces données indiquent que BacTN635 a un effet fongistatique contre
Candida tropicalis R2 CIP203.
172
Résultats et discussion
Addition de BacTN635
10
1,4
9
8 1,2
(CF U m l -1 )
7
1
6
600n m
0,8
5
OD
4 0,6
10
L og
3
0,4
2
0,2
1
0 0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Temps d’incubation
Incubation time (h)
Figure 50 : Effet de BacTN635 sur la croissance de L. ivanovii BUG 496 : Densité optique à 600 nm en
absence (♦) et en présence (▲) de BacTN635. CFU/ml en absence () et en presence (■) de BacTN635.
9,5 5
4,5
9
4
Addition de BacTN635
Log 10 (CFU m l -1 )
8,5 3,5
600n m
3
8
2,5
7,5
OD
2
7 1,5
1
6,5
0,5
6 0
0 4 8 10 12 16 20 24 28 32 36 40 44
Temps d’incubation
Incubation (h) (h)
time
Figure 51 : Effet de BacTN635 sur la croissance de Candida tropicalis R2 CIP203: Densité optique à
600 nm en absence (♦) et en présence (▲) de BacTN635. CFU/ml en absence () et en presence (■) de
BacTN635.
173
Résultats et discussion
Conclusion
Dans la troisième partie des travaux de recherche de cette présente thèse, notre intérêt a
été porté vers les biomolécules de nature bactériocine à partir de bactéries lactiques. Il est à noter
que durant des travaux antérieurs réalisés au LMB-CBS, une collection de cinquante quatre
bactéries lactiques (TN600-TN653) a été construite. Ces bactéries ont été isolées à partir de
plusieurs origines (viande, fruits, végétaux et produits laitiers).
Dans une première étape, nous avons testé ces bactéries pour leur capacité de produire des
biomolécules (bactériocines) tout en utilisant différentes cellules indicatrices. Cette étude a
permis la présélection de neuf isolats (TN600, TN606, TN615, TN618, TN623, TN627, TN635,
TN644 et TN653). Ces derniers ont été ensuite testés une deuxième fois tout en utilisant d’autres
cellules indicatrices (bactéries à Gram+ et à Gram- et des champignons). L’isolat TN635 a été
retenu pour ses activités biologiques importantes contre toutes les cellules indicatrices testées.
174
Résultats et discussion
fractionnée par le sulfate d’ammonium à 80 %, une purification sur membrane cutoff (10 kDa),
un passage à travers le Gel filtration sur colonne de Séphadex G-25 et la quatrième étape une
Chromatographie Liquide à Haute Performance (HPLC). Ces différentes étapes de purification
ont permis l’obtention de la BacTN635 avec un degré de pureté d’environ 95 fois que celle
existante dans le surnageant brut. Le rendement de purification est de 2,5 %. L’activité spécifique
de BacTN635 purifiée est de l’ordre de 197368 UA/mg de protéines. La masse de BacTN635
pure a été estimée par SDS-PAGE à environ 4 kDa. La masse exacte déterminée par
spectroscopie de masse est de 3847 Da.
Les études de mode d’action de BacTN635, ont montré que BacTN635 a un effet
bactéricide contre Listeria ivanovii BUG 496 et fongistatique contre Candida tropicalis R2
CIP203.
Les données obtenus à ce niveau de travail, suggèrent fortement que BacTN635, produite
par la nouvelle Lactobacillus plantarum sp.TN635, est une nouvelle bactériocine originale ayant
un spectre d’action très large contre les bactéries à Gram+ et à Gram- et contre les champignons
filamenteux et unicellulaires (Fusarium sp. et Candida tropicalis R2) .
175
Résultats et discussion
176
Conclusion générale
CONCLUSION GENERALE
Dans ce présent travail de thèse, qui entre dans le cadre de l’axe de recherche métabolites
secondaires biologiquement actifs du Laboratoire de Microorganismes et de Biomolécules
(LMB) du Centre de Biotechnologie de Sfax (CBS), nous nous sommes intéressés aux aspects
microbiologiques, taxonomiques, biochimiques et spectroscopiques des activités
antimicrobiennes de nouvelles souches bactériennes. Trois parties ont été développées :
* Les travaux de recherche de la première partie ont été orientés vers la classification des
deux actinomycètes TN17 et Fr10, isolés et sélectionnés lors de travaux antérieurs pour leur
capacité de produire des activités antimicrobiennes (antibactériennes et antifongiques). Pour se
faire, nous avons développé plusieurs études qui sont :
- Des études morphologiques utilisant dix milieux de culture solides. Les résultats obtenus
laissent penser fortement que les deux souches étudiées sont des actinomycètes du genre
Streptomyces.
- Des études chimiotaxonomiques qui se basent sur l’analyse des constituants de la paroi.
Durant ces analyses nous nous sommes intéressés d’une part à l’analyse des acides aminés et des
sucres pariétaux, et d’autre part à l’analyse des lipides membranaires à savoir les phospholipides
et les acides gras. Nous avons constaté que la paroi des deux souches TN17 et Fr10 contient
l’isomère LL de l’acide diaminopimélique et la glycine. Ces résultats indiquent que la paroi de
nos deux souches est du type I. Ce dernier est caractéristique des bactéries du genre Streptomyces.
Egalement, nous avons démontré la présence de la phosphatidyléthanolamine (PE) et l’absence de
phosphatidylcholine (PC) dans les parois cellulaires des deux isolats (TN17 et Fr10). Ce résultat
nous a permis de déduire que nos deux souches sont des actinomycètes du type II. De plus, et suite
aux analyses des acides gras pariétaux, nous avons remarqué que les parois des souches TN17 et
Fr10 sont du type iso et ante-iso caractéristique de la plupart des actinomycètes.
- Des études phylogéniques qui se basent sur les analyses des séquences nucléotidiques
des gènes ARN16S. Par le bais de programmes spéciaux, nous avons élaboré les arbres
178
Conclusion générale
phylogéniques des deux souches TN17 et Fr10. D’après les résultats obtenus, nous constatons
que les souches les plus apparentées à la souche TN17 sont: Streptomyces lavendofolia AB
184217, Streptomyces gobitricini AB 184666 et Streptomyces lilaceus AB 184457. Pour la
souche Fr10, les souches les plus apparentées sont : Streptomyces microflavus HBUM 174043 et
Streptomyces griseorubiginosus.
- Des études physiologiques qui s’intéressent à la capacité des isolats à hydrolyser les
bases puriques et leurs dérivés, à dégrader les glucides, les acides aminés, les surfactants et les
sels de sodium, à réduire les nitrates, à produire des pigments mélanoides, à tolérer différentes
températures, différents pH, le lysozyme, le phénol, l’azide de sodium, le chlorure de sodium et
les antibiotiques. Ces études ont permis de renforcer de plus en plus que les deux isolats TN17 et
Fr10 sont des actinomycètes du genre Streptomyces et que ces deux bactéries sont des nouvelles
espèces de Streptomyces.
En tenant compte de toutes les analyses morphologiques, chimiotaxonomiques,
phylogéniques et physiologiques, nous confirmons bien que nos deux souches TN17 et Fr10 sont
deux nouvelles espèces du genre Streptomyces, et nous leurs proposons les nomenclatures
suivantes : Streptomyces lilaceus sp. TN 17 et Streptomyces microflavus sp. Fr10.
En perspectives pour cette première partie de travaux de thèse, nous projetons de
compléter les différentes analyses citées ci-dessus, par des études moléculaires qui consistent à
comparer le degré d’hybridation des ADN totaux des souches Streptomyces lilaceus sp. TN 17 et
Streptomyces microflavus sp. Fr10, avec les ADN totaux des souches les plus apparentées.
179
Conclusion générale
biologiquement actives (M1, M2 et M3) ont été obtenues et les structures chimiques
correspondantes ont été caractérisées par le biais de plusieurs techniques spectroscopiques. Il
s’agit de : M1 (Masse moléculaire = 269 g/mol) c’est un dérivé de DKP (L-Leu, L-Arg). Cette
molécule possède des activités antibactériennes contre les bactéries à Gram+ et à Gram- et
antifongiques. M2 (Masse moélculaire = 390 g/mol), c’est un dérivé de phtalate le di-(2-
éthylhexyl) phtalate. Cette molécule possède des activités antibactériennes contre les Gram+ et des
activités antifongiques. M3 (masse moléculaire = 488 g/mol), c’est un tétrapeptide cyclique, le 1 -
[2 -(cyclopentanecarbonyl-3-phenylpropionyl] - pyrrolidine-2-carboxylique (1-carbamoyl-propyl)-
amide. Cette molécule possède des activités antibactériennes contre les Gram+ et des activités
antifongiques.
- Nous avons également préparé une culture de 35 litres à partir de la deuxième souche
étudiée, la souche de Streptomyces microflavus sp. Fr10. Après une double extraction par l’acétate
d’éthyle du surnageant correspondant, l’extrait sec actif a été soumis à deux étapes de
purification : Une chromatographie sur couche épaisse suivie par une chromatographie en phase
liquide à haute performance (HPLC). Six molécules bioactives ont été obtenues (M1-M6). Les
masses moléculaires de ces dernières, déterminées par spectroscopie de masse, sont : M1 = 413 ;
M2 = 300 ; M3 = 279 ; M4 = 194 ; M5 = 239 et M6 = 290 g/mol.
En perspectives à cette deuxième partie de travail de thèse, nous comptons caractériser, par
applications de différentes techniques spectroscopiques, la structure chimique complète de
chacune des six biomolécules pures secrétées par la souche de Streptomyces microflavus sp. De
plus, et vue l’importance des activités biologiques sécrétées par les deux souches étudiées, et
notamment les activités antifongiques, une des perspectives la plus immédiate est l’essai in vivo de
ces biomolécules contre quelques phytopathogènes qui causent des dégâts dans le domaine
agronomique.
* Dans la troisième partie des travaux de recherche de cette présente thèse, notre intérêt
s’est porté vers des biomolécules de nature bactériocine produite par des bactéries lactiques. Il est
à noter que durant des travaux antérieurs réalisés au LMB-CBS, une collection de cinquante quatre
bactéries lactiques (TN600-TN653) a été construite. Ces bactéries ont été isolées à partir de
plusieurs origines (viande, fruits, végétaux et produits laitiers). Les travaux réalisés sont :
180
Conclusion générale
- Nous avons testé ces bactéries pour leur capacité à produire des biomolécules
(bactériocines) actives contre différentes souches indicatrices. Cette étude a permis la présélection
de neuf isolats (TN600, TN606, TN615, TN618, TN623, TN627, TN635, TN644 and TN653). Ces
derniers ont été ensuite testés une deuxième fois en élargissant leur spectre d’action avec d’autres
souches indicatrices (bactéries à Gram+ et à Gram- et des champignons). L’isolat TN635 a été
retenu pour ses activités biologiques importantes contre toutes les souches indicatrices testées.
181
Conclusion générale
- Les études de mode d’action de BacTN635 ont montré que BacTN635 a un effet
bactéricide contre Listeria ivanovii BUG 496 et fongistatique contre Candida tropicalis R2
CIP203.
En perspectives à ce travail, nous projetons la détermination de la séquence N-H2
terminale de BacTN635. Egalement, des essais de cette bactériocine dans le domaine agro-
alimentaire seraient très intéressants vu le spectre d’action très large de BacTN635 contre les
bactéries à Gram+ et à Gram- et contre les champignons filamenteux et unicellulaires.
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207
TABLE DE MATIERE
INTRODUCTION GENERALE......................................................................................................1
E. LES BACTERIOCINES............................................................................................................38
I. Domaines d’applications des bactériocines ................................................................................38
I.1. Le typage bactérien ..............................................................................................................38
I.2. Domaine alimentaire ............................................................................................................38
I.3. Domaines de la médecine humaine et vétérinaire................................................................39
I.4. Domaine agricole .................................................................................................................41
II. Microorganismes producteurs de bactériocines ........................................................................41
III. Les propriétés antimicrobiennes des bactéries lactiques..........................................................42
III-1 Le pH et les acides organiques..........................................................................................42
III. 2. Le peroxyde d’hydrogène.................................................................................................43
III.3. Le dioxyde de carbone ......................................................................................................44
III.4. Le diacétyl .........................................................................................................................44
III.5. La reutérine .......................................................................................................................44
III.6. Les bactériocines ...............................................................................................................45
III.6.1. Classe I : Les lantibiotiques ................................................................................................ 45
III.6.2. Classe II. ............................................................................................................................ 46
III.6.3. Classe III ............................................................................................................................ 48
III.6.4. Classe IV ............................................................................................................................ 48
IV. La production des bactériocines...............................................................................................48
V. Le conditionnement des bactériocines .....................................................................................49
VI. L’application des bactériocines dans le secteur alimentaire ....................................................50
VI. 1. Application de la bactériocine..........................................................................................50
VI. 2. Application de la bactérie productrice de bactériocines ..................................................51
A. MATERIEL...............................................................................................................................51
I. Bactéries......................................................................................................................................51
I. 1. Souches d’E. coli pour les manipulations de clonage.........................................................51
I. 2. Bactéries lactiques ..............................................................................................................51
I.2.1. Productrices de bactériocines................................................................................................. 51
I.2.2. Utilisées comme cellules indicatrices..................................................................................... 51
I. 3. Autres bactéries indicatrices ...............................................................................................51
I. 4. Streptomyces .......................................................................................................................52
II. Champignons .............................................................................................................................52
III. Vecteur de clonage ...................................................................................................................52
IV. Les milieux de cultures ............................................................................................................52
IV. 1. Milieux solides .................................................................................................................52
IV. 1. 1. Milieux utilisés pour les souches d’Escherichia coli.......................................................... 52
IV. 1. 2. Milieux utilisés pour les cellules indicatrices..................................................................... 53
IV. 1. 3. Milieux utilisés pour les bactéries lactiques productrices de bactériocines ......................... 53
IV. 1. 4. Milieux utilisés pour les souches de Streptomyces............................................................. 53
IV. 2. Milieux liquides ...............................................................................................................56
IV. 2. 1. Milieux utilisés pour E. coli .............................................................................................. 56
IV. 2. 2. Milieux utilisés pour les souches de Streptomyces............................................................. 56
IV. 2. 3. Milieux utilisés pour les souches indicatrices .................................................................... 56
V. Tampons et Solutions ................................................................................................................56
V. 1. Tampons ............................................................................................................................57
V. 2. Solutions............................................................................................................................58
B. METHODES .............................................................................................................................64
I. Cultures des bactéries .................................................................................................................64
I. 1. Souches d'E. coli .................................................................................................................64
I. 2. Souches de Streptomyces ....................................................................................................64
I. 3. Souche Lactobacillus plantarum sp. TN635 ......................................................................65
I. 4. Souches indicatrices............................................................................................................65
I.4.1. Bactéries ............................................................................................................................... 65
I.4.2. Champignons ........................................................................................................................ 65
II. Détection des activités biologiques ...........................................................................................66
II.1. Activités biologiques à partir des souches de Streptomyces...............................................66
II.1.1. Dosage de l’activité antimicrobienne dans le surnageant brut................................................ 66
II.1.2. Dosage de l’activité antimicrobienne après extraction des biomolécules ............................... 67
II.2. Activités biologiques à partir des bactéries lactiques .........................................................67
II.2.1 La méthode d'antagonisme différé ......................................................................................... 67
II.2.2 La méthode des dilutions (AWDA) ....................................................................................... 68
III. Purification et caractérisation des biomolécules ......................................................................68
III.1. A partir de souches de Streptomyces.................................................................................68
III.1.1. Purification......................................................................................................................... 68
III.1.2. Caractérisation chimique des biomolécules ......................................................................... 70
III.2. A partir de la souche de Lactobacillus plantarum TN635 ................................................74
III.2.1. Précipitation fractionnée par le sulfate d’ammonium ........................................................... 74
III.2.2. Purification sur membrane cutoff (10 kDa) ......................................................................... 74
III.2.3. Gel filtration sur colonne de Séphadex G-25 ....................................................................... 74
III.2.4. Chromatographie liquide à haute performance (HPLC)............................................... 75
III.2.5. Effet des différents traitements sur l’activité bactériocine ................................................... 75
III.2.6. Electrophorèse en gel polyacrylamide (SDS-PAGE) ........................................................... 76
III.2.7. Mode d’inhibition .............................................................................................................. 77
III.2.8. Détermination de la masse de BacTN635 ............................................................................ 77
IV. Techniques d’extraction et de manipulation de l’ADN ...........................................................77
IV. 1. Extraction de l'ADN plasmidique à partir d'E. coli..........................................................77
IV. 1. 1. Les mini préparations (Birnboim et Doly "1979" modifiée)............................................... 77
IV. 1. 2. Les maxi préparations (lyse alcaline) ................................................................................ 78
IV. 2. Extraction de l'ADN génomique à partir des souches de Streptomyces ..........................78
IV.3. Extraction de l’ADN génomique de la souche Lactobacillus plantarum sp. TN635 .......79
IV.4. Quantification de l’ADN...................................................................................................80
IV.4.1. Méthode spectrophotométrique........................................................................................... 80
IV.4.2. Méthode utilisant la fluorescence émise par le BET (méthode empirique) ........................... 80
IV. 5. Digestion de l’ADN par des endonucléases de restriction...............................................80
IV.6. Déphosphorylation de l'ADN............................................................................................81
IV.7. Ligation de l'ADN.............................................................................................................81
IV.8. Electrophorèse sur gel d’agarose ......................................................................................81
IV.9. Purification de l’ADN.......................................................................................................81
IV.10. Séquençage de l’ADN.....................................................................................................82
IV.11. Analyse des Séquences nucléotidiques ...........................................................................82
IV.12. Amplification par PCR....................................................................................................83
V. Transformation d’E. coli ...........................................................................................................83
VI. Identification et classification des souches de Streptomyces ...................................................84
VI.1. Critères Morphologiques...................................................................................................84
VI.2. Analyse des constituants de la paroi .................................................................................84
VI. 2.1. Obtention de la biomasse mycélienne ................................................................................ 84
VI. 2.2. Analyse des acides aminés pariétaux.................................................................................. 84
VI. 2.3. Analyse des sucres cellulaires ............................................................................................ 85
VI. 2.4. Analyse des phospholipides membranaires ........................................................................ 86
VI. 2.5. Analyse des acides gras cellulaires..................................................................................... 86
VI. 3. Etudes physiologiques......................................................................................................87
VI. 3. 1. Production de pigments mélanoïdes ................................................................................. 87
VI. 3. 2. Production de nitrate réductase ......................................................................................... 87
VI. 3. 3. Utilisation des composés glucidiques comme seules sources de carbone ........................... 87
VI. 3. 4. Dégradation de divers autres composés organiques ........................................................... 88
VI. 3. 5. Tests de sensibilité à divers agents physiques et chimiques ............................................... 88
RESULTATS ET DISCUSSION...................................................................................................90
A. CARACTERISTIQUES TAXONOMIQUES DES SOUCHES TN17 ET FR10 .....................91
I. Rappel des résultats antérieurs....................................................................................................91
II. Etudes morphologiques des souches TN17 et Fr10...................................................................92
III. Etudes chimiotaxonomiques ...................................................................................................94
III. 1. Analyse des acides aminés et des sucres pariétaux ..........................................................95
III. 2. Analyse des lipides membranaires ..................................................................................96
III. 2. 1. Les phospholipides ........................................................................................................... 96
III. 2. 2. Les acides gras.................................................................................................................. 97
IV. Arbres phylogéniques des souches de Streptomyces TN17 et Fr10.........................................99
V. Etudes Physiologiques.............................................................................................................102
V. 1. La souche Streptomyces TN17 et les trois souches de Streptomyces apparentées ..........102
V. 2. La souches Streptomyces Fr10 et les deux souches de Streptomyces apparentées..........106
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Thirty litres of fermentation broth was extracted from the newly isolated
Streptomyces sp. strain TN17 and various separation and purification
15 steps led to the isolation of three pure bioactive compounds (1–3).
Compound 1: Cyclo (L-Leu-L-Arg), a diketopiperazine ‘DKP’ derivative;
2: di-(2-ethylhexyl) phthalate, a phthalate derivative and 3: Cyclo
1-[2-(cyclopentanecarbonyl-3-phenyl-propionyl]-pyrrolidine-2-carboxylic
acid (1-carbamoyl-propyl)-amide, a cyclic tetrapeptide derivative. The
20 chemical structure of these three active compounds was established on the
basis of spectroscopic studies MS and NMR and by comparing with data
from the literature. According to our biological studies, we showed in this
work that the pure compounds (1–3) possess antibacterial and antifungal
activities.
25 Keywords: Streptomyces sp. TN17; purification; chemical structure; cyclo
(L-Leu-L-Arg); phthalate derivative; cyclic tetrapeptide
1. Introduction
Increase in the frequency of multi-resistant pathogenic bacteria created an urgent
demand in the pharmaceutical industry for more rational approaches and strategies
30 to screen new antibiotics. Currently available bioactive molecules can be classified
into different ways based on the bacterial spectrum, the type of activity (bactericidal
or bacteriostatic) and the chemical structure. Using the chemical structure
classification, several classes of antibiotics can be distinguished: -lactams chemically
characterised by a -lactam ring; chloramphenicol, a nitro benzene derivative of
35 dichloroacetic acid; macrolides, macrocyclic lactones divided in two main subgroups:
polyene macrolide and non-polyenic macrolide antibiotics; glycopeptides, they
consist of glycosylated cyclic or polycyclic nonribosomal peptides; polyethers, which
2 S. Smaoui et al.
contain a number of cyclic ether and ketal units and have a carboxylic acid group;
aminoglycosides, which characteristically contain amino sugars; tetracyclines, char-
40 acterised as containing a polyhydronaphthacene nucleus; cyclic tetrapeptides family;
diketopiperazine derivatives ‘DKP’ (piperazine 2,5-diones, 2,5-dioxopiperazines or
cyclodipeptides); phthalate derivatives; etc.
It has been well established that microorganisms are an unlimited source
of natural products, many of which have potential therapeutic applications.
45 Filamentous soil bacteria belonging to the genus Streptomyces are widely recognised
as industrially important microorganisms because of their ability to produce many
kinds of secondary metabolites including antibiotics and bioactive compounds
valued in human and veterinary medicine and agriculture (Williams et al., 1983).
These bacteria produce about 75% of commercially and medically useful antibiotics,
50 and approximately 60% of antibiotics, which have been developed for agricultural
use were isolated from Streptomyces species (Miyadoh, 1993; Tanaka & Mura, 1993).
This genus of bacteria represents at least 90% of actinomycetes isolated from
soil (Anderson & Wellington, 2001). Active molecules of Streptomyces species
are generally extracellular and their isolation in highest purity from the complex
55 fermentation broth needs the application of a combination of various separation
steps such as solvent extraction, chemical precipitation, ion exchange chromato-
graphy, HPLC purification, etc.
From Tunisian soil we have isolated a new actinomycete strain called
Streptomyces sp. TN17 producing diverse biological activities (data not shown).
60 The present article describes the extraction, the purification (using different
chromatographic techniques) and the structure elucidation of three bioactive
molecules from a liquid culture broth of this strain. The biological activity of
these pure compounds is addressed as well.
(b)
(a) HN NH2
4 O
HMBC
HN 1
COSY 4
NH
2
NOE HN
O 2
1
+ 1 2
H3N O HMBC O
2 NH 4
1 COSY
–
H3C O HN NH2
NOE
4
CH3 NH
Figure 1. HMBC, COSY and NOE correlations of the two proposed structures (a and b) of
compound 1.
HMBC
COSY
O 7'
3 3'
2 1'
4 1 O 5'
4 S. Smaoui et al.
HMBC
5 7
COSY
O 3
H
N O
N 1 1
2 3
2
4
N
O N 5
H
O
The 2D 1H–1H and 1H–13C experiments permitted to assign two fragments to proline
and phenylalanine. The HMBC correlations from the -protons and proline CH2-5
protons to the respective amide carbonyls established the cyclic tetrapeptide. The
105 structure of compound 3 was determined to be 1-[2-(cyclopentanecarbonyl-3-phenyl-
propionyl]-pyrrolidine-2-carboxylic acid (1-carbamoyl-propyl)-amide (Figure 3).
The corresponding molecular formula is C28H32O4N4 with a MW of 488.
Test organism 1 2 3
M. luteus LB 14110 20 17 19
S. aureus ATCC 6538 14 12 15
E. coli ATCC 8739 11 ND ND
Fusarium sp. 21 14 17
(Amade, Mallea, & Bouaicha, 1994) and bacterial culture broths, especially those
belonging to the genus Streptomyces. Compound 2 has been already described from
Streptomyces bangladeshiensis (Al-Bari, Abu Sayeed, Sazedur Rahman, & Ashik
135 Mossadik, 2006). Other phthalate derivatives have been isolated from Streptomyces
species, such as the dibutyl phthalate (El-Naggar, 1997; Lee, 2000; Roy, Laskar, &
Sen, 2006). Phthalate derivatives which possess several antimicrobial activities are
also effective compounds against demodicidosis (Yuan, Guo, Qin, Deng, & Huang,
2001), as well as endocrine disruptors with estrogenic activity (Marchetti et al., 2002)
140 and drug channelling agents (Makhija & Vavia, 2003). Our antimicrobial studies
show that compound 2 possesses antibacterial activities against Gram-positive
bacteria and fungi (Table 1).
The third active compound (3), produced by the studied TN17 strain is the
cyclo 1-[2-(cyclopentanecarbonyl-3-phenyl-propionyl]-pyrrolidine-2-carboxylic acid
145 (1-carbamoyl-propyl)-amide, a cyclic tetrapeptide derivative. Cyclic tetrapeptides
are a class of natural products that have been shown to possess broad-ranging
biological activities and good pharmacokinetic properties (Horton et al., 2008).
Several groups of cyclic tetrapeptides have been described, such as rhodopeptins
isolated from Rhodococcus species having antifungal activities (Chiba, Agematu,
150 Dobashi, & Yoshioka, 1999), cyclic tetrapeptides group of protein synthesis
inhibitors described from Streptomyces genus (Brandi et al., 2006), apicidin
tetrapeptides group acting as antitumour agents that can induce cell cycle arrest
and apoptosis in various cancer cells (Okada et al., 2006). Compound 3 has been
recently isolated from the Streptomyces barakatei J2 and a patent for the use of this
155 active molecule in plants treatment has been deposed (Lebrihi, Errakhi, & Barakate,
2008). According to our microbiological tests, compound 3 shows inhibitory
activities against Gram-positive bacteria and fungi (Table 1).
3. Experimental
An NMR sample was prepared by dissolving the pure compounds (1–3) in
160 600 mL of DMSO, CD2Cl2 and CD3OD, respectively. 1D and 2D 1H and 13C NMR
experiments were recorded on a Bruker Avance 500 spectrometer equipped with
XML Template (2009) [12.5.2009–3:03pm] [1–9]
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6 S. Smaoui et al.
a 5 mm triple resonance inverse Z-gradient probe (TBI 1H, 31P, BB) or a Bruker
Avance 600 spectrometer equipped with a 5 mm triple resonance inverse (TCI 1H,
13
C, 15N) Z-gradient cryoprobe. All chemical shifts for 1H and 13C are relative to
165 TMS using 1H (residual) or 13C chemical shifts of the solvent as a secondary
standard. The temperature was set at 298K. All the 1H and 13C signals were assigned
on the basis of chemical shifts, spin–spin coupling constants, splitting patterns and
signal intensities, and by using 1H–1H COSY45, 1H–13C HMQC and 1H–13C HMBC
experiments.
170 The LC/MS analysis of compound 1 was performed using an LC/MSD Trap
XCT – Electrospray (Agilent Technologies), equipped with an HPLC Agilent 100
DAD detector (C18 column Zorbax 300 2.1 150 mm). [M – H]+ of 1 is 268.5,
which involves a corresponding MW of 269.
3.1. Microorganisms
175 The Streptomyces sp. TN17 strain was isolated and selected as a producer of
potent antimicrobial activities. Bacterial strains: Micrococcus luteus LB 14110,
Staphylococcus aureus ATCC 6538 and Escherichia coli ATCC 8739 were used as
indicator microorganisms for the antibacterial activity essays. Antifungal activity
was determined against the filamentous fungus, Fusarium sp.
8 S. Smaoui et al.
4.21 (1H, dd, J ¼ 10.8, 6.0 Hz, H10 ), 1.71 (1H, m, H20 ), 1.46 (2H, m, H70 ), 1.40
(2H, m, H30 ), 1.36 (4H, m, H40 , H50 ), 0.96 (3H, t, J ¼ 7.3 Hz, H80 ), 0.94
(3H, t, J ¼ 7.0 Hz, H60 ); 13C NMR (CD2Cl2, 125 MHz) 162.5 (C, C1), 132.5
(C, C2), 130.9 (CH, C4), 128.7 (CH, C3), 68.0 (CH2, C10 ), 38.8 (CH, C20 ),
250 30.4 (CH2, C30 ), 28.9 (CH2, C40 ), 23.8 (CH2, C70 ), 23.0 (CH2, C50 ), 13.8
(CH3, C60 ) and 10.7 (CH3, C80 ).
Compound (3): Cyclo 1-[2-(cyclopentanecarbonyl-3-phenyl-propionyl]-pyrro-
lidine-2-carboxylic acid (1-carbamoyl-propyl)-amide. 1H NMR (CD3OD, 500 MHz)
7.98 (1H, br s, Phe-NH), 7.27 (4H, m, Phe-H5, Phe-H6), 7.20 (1H, m, Phe-H7),
255 4.36 (1H, t, J ¼ 5.1 Hz, Phe-H2), 4.36 (1H, dd, J ¼ 9.0, 7.0 Hz, Pro-H2), 3.40
(1H, m, Pro-H5), 3.28 (1H, m, Pro-H5), 3.08 (1H, dd, J ¼ 14.2, 5.1 Hz, Phe-H3), 3.02
(1H, dd, J ¼ 14.2, 5.1 Hz, Phe-H3), 2.01 (1H, m, Pro-H3), 1.73 (2H, m, Pro-H4),
1.43 (1H, m, Pro-H3); 13C NMR (CD3OD, 125MHz) 169.5 (C, Pro-C1), 165.5
(C, Phe-C1), 137.7 (C, Phe-C4), 130.2 (CH, Phe-C5), 128.4 (CH, Phe-C6), 126.8
260 (CH, Phe-C7), 58.9 (CH, Pro-C2), 56.2 (CH, Phe-C2), 45.0 (CH2, Pro-C5), 35.8
(CH2, Phe-C3), c28.2 (CH2, Pro-C3) and 22.4 (CH2, Pro-C4).
Acknowledgements
This work was supported by the CMCU project No: 06/S 0901 ‘MELLOULI/AIGLE’. The
265
authors are grateful to Mr H. Aouissaoui and Ms L. Jlail for the LC/MS determination and
to Ms L. Elleuch and M.I. Karray-Rebai for generous help.
3
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DOI 10.1007/s12010-009-8821-7
Slim Smaoui & Lobna Elleuch & Wacim Bejar & Ines Karray-Rebai & Imen Ayadi &
Bassem Jaouadi & Florence Mathieu & Hichem Chouayekh & Samir Bejar &
Lotfi Mellouli
Abstract The aim of this study was to evaluate 54 lactic acid bacteria (LAB) strains
isolated from meat, fermented vegetables and dairy products for their capacity to produce
antimicrobial activities against several bacteria and fungi. The strain designed TN635 has
been selected for advanced studies. The supernatant culture of this strain inhibits the growth
of all tested pathogenic including the four Gram-negative bacteria (Salmonella enterica
ATCC43972, Pseudomonas aeruginosa ATCC 49189, Hafnia sp. and Serratia sp.) and
the pathogenic fungus Candida tropicalis R2 CIP203. Based on the nucleotide sequence of
the 16S rRNA gene of the strain TN635 (1,540 pb accession no FN252881) and the
phylogenetic analysis, we propose the assignment of our new isolate bacterium as
Lactobacillus plantarum sp. TN635 strain. Its antimicrobial compound was determined as a
proteinaceous substance, stable to heat and to treatment with surfactants and organic
solvents. Highest antimicrobial activity was found between pH 3 and 11 with an optimum
at pH=7. The BacTN635 was purified to homogeneity by a four-step protocol involving
ammonium sulfate precipitation, centrifugal microconcentrators with a 10-kDa membrane
cutoff, gel filtration Sephadex G-25, and C18 reverse-phase HPLC. SDS-PAGE analysis of
the purified BacTN635, revealed a single band with an estimated molecular mass of
approximately 4 kDa. The maximum bacteriocin production (5,000 AU/ml) was recorded
after a 16-h incubation in Man, Rogosa, and Sharpe (MRS) medium at 30°C. The mode of
F. Mathieu
Département « Bioprocédés & Systèmes Microbiens » INP-ENSAT, Université de Toulouse, Laboratoire
de Génie Chimique UMR 5503 (CNRS/INPT/UPS), 1 Av, de l’Agrobiopôle, BP 32607, 31326 Castanet-
Tolosan, France
L. Mellouli (*)
Laboratoire d’Enzymes et de Métabolites des Procaryotes, Centre de Biotechnologie de Sfax, B.P
“1177”, Route Sidi Mansour Km 6, 3018 Sfax, Tunisia
e-mail: [Link]@[Link]
Appl Biochem Biotechnol
action of the partial purified BacTN635 was identified as bactericidal against Listeria
ivanovii BUG 496 and as fungistatic against C. tropicalis R2 CIP203.
Introduction
During the last two decades, with the misuse use of existing antibiotics in human and
veterinary medicine and in agriculture, the effectiveness of currently available antibiotics is
decreasing due to the increasing number of resistant pathogenic strains. This is presently an
urgent focus of research and it becomes inevitable to discover new antimicrobial agents for
combating such a problem. Numerous antibacterial agents are now being considered, such
as bacteriophage [1], probiotic bacteria [2], antimicrobial peptides [3], and bacteriocins [4].
Bacteriocins are ribosomally synthesized peptides with a narrower spectrum of antimicro-
bial activity than most antibiotics [5]. Their antimicrobial activity has been found more
effective against closely related strains [6]. Actually, attention is turning to the potential
application of bacteriocins in the protection of human health [7], in agriculture [8], and in
food preservation [9]. Although bacteriocins are produced by many Gram-positive and
Gram-negative bacteria, those produced by lactic acid bacteria (LAB) are of particular
interest because they are known as “good bacteria” and can be used as natural preservatives
in food industry [10]. During the last few years, a large number of new LAB bacteriocins
have been identified and characterized. However, only few have been described to possess
activities against Gram-negative bacteria, e.g., plantaricin 35d produced by Lactobacillus
plantarum [11], bacteriocin ST34BR produced by L. lactis subsp. Lactis [12], bacteriocins
ST26MS and ST28MS produced by L. plantarum [13] and bacteriocin AMA-K produced
by L. plantarum AMA-K [14].
During our search program for bioactive compounds from LAB, a new bacterium called
TN635 was selected. This paper describes the selection, identification, and phylogenetic
determination of this bacterium. The purification and the characterization of a bacteriocin-
like substance called BacTN635, from the supernatant culture of this new strain are also
reported.
The TN635 strain was selected as a producer of potent antimicrobial activities and was used
as the source of chromosomal DNA to amplify the 16S rRNA gene. E. coli TOP10
(Invitrogen), F-mcrA Δ(mrr-hsdRMS-mcrBC) φ 80lacZΔM15 ΔlacX74 deoR recA1
araD139 Δ(ara-leu)7697 galU galK rpsL endA1 nupG, and E. coli DH5α [15] were used
as host strains. Bacterial strains: Gram-positive bacteria (Micrococcus luteus LB 14110,
Staphylococcus aureus ATCC 6538, Listeria ivanovii BUG 496, Enterococcus faecalis JH
2-2 and Enterococcus faecium ENSAIA 631), Gram-negative bacteria (Escherichia coli
ATCC 8739, Salmonella enterica ATCC43972, Pseudomonas aeruginosa ATCC 49189,
Hafnia sp. and Serratia sp.), and lactic acid bacteria: (Lactobacillus casei DSM 20011,
Lactobacillus sakei 2525, Lactobacillus delbrueckii DSM 20081, Lactococcus lactis ATCC
Appl Biochem Biotechnol
11454 and Lactococcus lactis subsp. cremoris DSM 11603) were used as indicator
microorganisms for the antibacterial activity assays. Antifungal activity was determined
against the Fusarium sp. and Candida tropicalis R2 CIP203.
pIJ2925 [16] derivative of pUC18 and pCR-Blunt vector (Invitrogen) Col E1 origin
(pUC-derived) KnR were used as the cloning vectors. pSS1, derivative of pCR-Blunt vector
carrying a 1,540-bp DNA fragment corresponding to the whole 16S rRNA gene of the
TN635 strain (this work).
Culture Conditions
E. coli DH5α was grown on Luria Bertani (LB) plates supplemented with ampicillin
(50 μg/ml) and 5-bromo-4-chloro-3-indolyl-β-D-galactopyranoside (40 μg/ml) when
appropriate [17]. Transformation of E. coli DH5α with pIJ2925 derivatives was carried
out according to Hanahan [15]. Growth and transformation of TOP10 E. coli strain with the
pCR-Blunt vector derivative were carried out according to the manufacturer’s instructions
(Invitrogen). For determination of antibacterial activities, indicator microorganisms were
grown overnight in LB medium in aerobic conditions at 30°C for Lb. casei DSM 20011,
Lb. sakei 2525, Lc. lactis ATCC 11454, Lc. lactis subsp. cremoris DSM 11603, L. ivanovii
BUG 496, S. enterica ATCC43972, P. aeruginosa ATCC 49189, and M. luteus LB 14110,
in aerobic conditions at 37°C for E. coli ATCC 8739 and S. aureus ATCC 6538, in
anaerobic conditions at 30°C for E. faecalis JH 2-2, E. faecium ENSAIA 631, Hafnia sp
and Serratia sp, and in anaerobic conditions at 37°C for Lb. delbrueckii DSM 20081. For
antifungal activities determination, Fusarium sp. was grown in potato dextrose agar (PDA)
for 7 days at 30°C. Spores were collected in sterile distilled water and then concentrated to
produce a suspension with approximately 104 spores/ml. C. tropicalis R2 CIP203 was
grown in YP10 medium (10 g/l yeast extract, 10 g/l peptone, 100 g/l glucose, 15 ml of 2 g/
l adenine solution) at 30°C for 24 h in an orbital incubator with shaking at 200 rpm. The
TN635 strain was maintained as frozen stocks at −80°C in Man, Rogosa, and Sharpe
(MRS) broth containing 20% (v/v) glycerol. Before experimental use, the cultures were
propagated twice in MRS medium at 30°C for 12 h and the transfer inoculum was 1% (v/v).
Total DNA preparation from TN635 strain was carried out according to the method of
Leenhouts et al. [18] with slight modifications as described by Lee et al. [19]. Small-scale
plasmid preparations from E. coli were performed as described by Sambrook et al. [17].
Digestion with restriction endonucleases, separation of DNA fragments by agarose gels
electrophoresis, dephosphorylation with alkaline calf intestinal phosphatase, ligation of DNA
fragments, and transformation of E. coli were performed according to Sambrook et al. [17].
PCR amplification of the 16S rRNA gene of TN635 strain was performed using two specific
primers P1: 5′-AGAGTTTGATCCTGGCTCAG-3′ and P2: 5′-ATGGCTCAGGAC
GAACGCT-3′. Approximately 200 ng genomic template DNA was used with 150 pmol of
each primer per 50 μl reaction volume. Amplification was performed in an automated
thermocycler (Perkin Elmer) using 1 U Pfu DNA polymerase (Stratagene) according to the
following amplification profile: 94°C (3 min) followed by 40 cycles of denaturation at 94°C
(30 s), annealing at 60°C (1 min), and extension at 72°C (3 min).
Appl Biochem Biotechnol
Nucleotide sequence of the whole 16S rRNA gene of TN635 strain was determined on both
strands by an automated 3100 Genetic Analyser (Applied Biosystems) using specific
primers. Homology search was performed using Blast Search algorithm. The nucleotide
sequence of the whole 16S rRNA gene (1,540 pb) of TN635 strain has been assigned
GenBank (EMBL) under accession number FN252881. Multiple sequence alignment was
carried out using CLUSTAL W [20] at the European Bioinformatics Institute website
([Link] Phylogenetic analyses were performed using programs
from the PHYLIP package [21] and phylogenetic tree was constructed by the neighbor-
joining (NJ) algorithm [22] using Kimura ten-parameter distance. The robustness of the
inferred tree was evaluated by bootstrap (100 replications).
The ability of TN635 strain to produce diffusible metabolites was tested by the agar well
diffusion assay [23]. The diameters of the inhibition zones were measured. The bacteriocin
samples to be spotted were serially diluted twofold, and the reciprocal of the highest
inhibitory dilution was used to calculate the arbitrary activity units (AU) per milliliter. The
un-inoculated media were also tested for inhibitory zones as a control.
The indicator strains used in these experiments were: L. ivanovii BUG 496, S. enterica
ATCC43972, S. aureus ATCC 6538, E. faecalis JH 2-2 and E. faecium ENSAIA 631, and
the pathogenic fungus C. tropicalis R2 CIP203. All determinations were carried out
simultaneously three times under the same conditions. For each determination, control tests
were realized without the corresponding treatment.
Cultures of the TN635 strain in MRS broth under anaerobic condition were maintained at
different temperatures (25, 30, 37, and 45°C). The growth was followed by measuring the
optical density (OD) at 600 nm. Sensitivity to heat of antimicrobial compounds was
investigated by treating the 16-h culture supernatant of the TN635 strain growing at 30°C
in water bath at 45, 70, 85, and 100°C for 90 min and 2 h and by autoclaving (20 min at
121°C). In order to determine the sensitivity of the bacteriocin to pH, the supernatant of the
TN635 strain culture (30°C, 16 h incubation) was adjusted to pH levels ranging from 1 to
14 (intervals of 1.0) with sterile 1 N HCl or 1 N NaOH and kept at 4°C for 6 h. The treated
supernatants were adjusted to pH 7.0 and tested for their antimicrobial activities as
previously described.
In order to determine the biological nature of the antimicrobial activity produced by the
strain TN635, 1 ml of the cell-free supernatant was incubated for 3 h at 37°C in the
presence of 1 mg/ml catalase (Boehringer). The untreated bacteriocin-containing cell-free
supernatant served as control. Sensitivity to proteolytic, lipolytic and α-amylase enzymes of
antimicrobial compounds was investigated by the addition of Trypsin, pronase E (Sigma),
Appl Biochem Biotechnol
The culture supernatants of the TN635 strain (30°C, 16 h) were mixed with various organic
solvents (ethyl acetate, isopropanol and methanol) at a final concentration of 50% (v/v).
After incubation for 1 h at room temperature, the organic solvent was evaporated in a
vacuum concentrator and the residual antimicrobial activity was determined.
Strain TN635 was inoculated (1% v/v) into 900 ml (Duran bottles, containing 900 ml of MRS
broth), and incubated without agitation at 30°C until early stationary phase (16 h)
corresponding to maximum bacteriocin production. For bacteriocin purification, proteins of
the crude supernatant fluid (CSF) were precipitated with 40, 60, and 80% saturated
ammonium sulfate, gradually added by slow stirring during 4 h at 4°C. After centrifugation at
9,000×g for 30 min at 4°C, the precipitate was suspended in 10 ml of 20 mmol/l sodium
phosphate buffer (pH 7.0) and desalted in centrifugal microconcentrators (Amicon, Inc.) with
a 10-kDa membrane cutoff. The resulting solution (3.5 ml) was loaded on a column (70×
1.5 cm) of gel filtration Sephadex G-25 equilibrated with 20 mmol/l sodium phosphate buffer
(pH 7). Elution of proteins was performed with the same buffer at 30 ml/h; 140 fractions (F1–
F140) with 5 ml each were eluted from the Sephadex G-25 column and collected
automatically. These 140 fractions detected using absorption measurements at 280 nm were
fractioned into six samples (S1–S6): S1 (F1–F40), S2 (F41–F70), S3 (F71–F76), S4 (F77–
F81), S5 (F82–F93), and S6 (F94–F140). The antimicrobial activity of the different collected
fractions was tested using L. ivanovii BUG 496, S. enterica ATCC43972, and C. tropicalis
R2 CIP203 as an indicator strains. The active fraction was then applied to a second round of
purification by a reverse-phase HPLC method using a C18 column (300×4.6 mm) at a flow
rate of 0.5 ml/min. Bacteriocin was eluted from the column with two mobile phases: A
(99.9% water, 0.1% trifluoroacetic acid “TFA”) and B (99.9% acetonitrile, 0.1% TFA); from
0 to 5 min (90% A, 10% B), from 5 to 30 min (50% A, 50% B), from 30 to 35 min (20% A,
80% B), from 35 to 50 min (10% A, 90% B) and from 50 to 60 min (90% A, 10% B).
Proteins were monitored at 280 nm. The pooled biological active fraction obtained from
HPLC elution was concentrated and stored at −20°C. The estimated molecular weight of the
purified bacteriocin was determined by SDS-PAGE according to Laemmli [24] with 20%
acrylamide gel. Protein concentration was measured using BSA as reference as described by
Bradford [25]. The used protein marker is from BioLabs with a broad range of 2–212 kDa.
To determine the apparent molecular mass of the bacteriocin, the gel was cut into two vertical
parts after SDS-PAGE. The part of the gel containing the sample and the protein marker was
stained with 0.25% Coomassie brilliant blue R-250 (BioRad), while the remaining part,
containing only the sample, was washed in 10 mmol/l phosphate buffer (pH 7) for 4 h, then
Appl Biochem Biotechnol
fixed and used for direct detection of antimicrobial activity by overlaying with LB soft agar
containing 100 μl of a 5 h culture of L. ivanovii BUG 496.
For this realization, we have used two indicator microorganisms: L. ivanovii BUG 496 and
C. tropicalis R2 CIP203. Partially-purified BacTN635 (the fraction obtained from gel
filtration chromatography and freeze-dried) at 400 AU/ml, was added to 200 ml LB culture
of L. ivanovii BUG 496 and 200 ml YP10 of C. tropicalis R2 CIP203 at in early
exponential phase (107 colony-forming units (CFU)/ml). The two indicator microorganisms
growing in LB (L. ivanovii BUG 496) and YP10 (C. tropicalis R2 CIP203) in the absence
of bacteriocin were used as controls. Changes in the turbidity of the cultures were recorded
at an O.D. of the 600 nm and the number of CFU was determined by plaiting the samples
on LB or YP10 agar.
During previous works (data not shown), a collection of 54 LAB strains were isolated from
several isolates (meat, fermented vegetables, and dairy products). We have tested these
bacteria for their capacity to produce antimicrobial activities against the following indicator
microorganisms: Lb. casei DSM 20011, L. ivanovii BUG 496, S. enterica ATCC43972,
Fusarium sp., and C. tropicalis R2 CIP203. As shown in Table 1, different profiles of
inhibition were observed. Nine strains (TN600, TN606, TN615, TN618, TN623, TN627,
TN635, TN644, and TN653) were characterized by the broad-spectrum inhibition. These
nine isolates were tested for their capacity to inhibit the growth of other microorganisms
(Table 2). The largest spectrum of inhibition was showed by TN635 strain which inhibited
all used indicator microorganisms. Moreover, the active molecule(s) of the TN635 strain
presents the highest inhibitory effect against all tested microorganisms including the
pathogenic Gram-positive bacteria (L. ivanovii BUG 496, S. aureus ATCC 6538, E. faecalis
JH 2-2 and E. faecium ENSAIA 631), the four pathogenic Gram-negative bacteria (S.
enterica ATCC43972, P. aeruginosa ATCC 49189, Hafnia sp. and Serratia sp.), and the
pathogenic fungus C. tropicalis R2 CIP203. Since bacteriocins often have a narrow killing
spectrum and inhibit only bacteria closely related to those from which they have been
formed, bacteriocins from Gram-positive bacteria are generally not effective against Gram-
negative bacteria and have no effect with yeasts and fungi [26, 27]. The search for new
bacteriocins with a wider spectrum of activity which can be used in human health,
agriculture, and the food industry is being studied by several research groups. According to
its large inhibitory spectrum, our finding, BacTN635 of the new isolated TN635 strain, may
be of applied interest as food preservation and/or in the protection of human health.
Table 1 Inhibitory spectrum (zone of inhibition/mm) of the isolated 54 LAB (TN600- TN653) against Lb.
casei DSM 20011, L. ivanovii BUG 496, S. enterica ATCC43972, [Link], and C. tropicalis R2
CIP203: L (listeria); Lb (Lactobacillus); C (Candida).
TN600 6 12 22 14 8
TN601 – 7 – – –
TN602 – – – – –
TN603 8 – – – 6
TN604 – – – 8 8
TN605 10 16 7 7 –
TN606 7 18 16 16 9
TN607 6 5 – – –
TN608 8 8 8 – –
TN609 9 – 7 8 –
TN610 – 13 15 – –
TN611 – – – – –
TN612 – – – – –
TN613 9 17 10 – 8
TN614 – 6 7 8 15
TN615 7 6 18 19 5
TN616 8 – – 16 –
TN617 – – – 18 –
TN618 8 14 16 18 9
TN619 8 7 – 10 –
TN620 7 16 – – –
TN621 6 – – 20 –
TN622 – 7 5 – 6
TN623 7 20 18 17 19
TN624 8 8 7 7 –
TN625 7 6 17 – –
TN626 – – – – –
TN627 8 9 12 14 10
TN628 – – 6 16 –
TN629 7 – – 6 –
TN630 9 9 – 6 6
TN631 – 18 17 9 –
TN632 – 8 8 – –
TN633 9 – – – 7
TN634 6 – 7 7 –
TN635 9 22 21 23 21
TN636 9 6 – 7 –
TN637 8 7 – 15 –
TN638 7 – 7 16 –
TN639 – 7 7 18 7
Appl Biochem Biotechnol
Table 1 (continued).
TN640 7 7 8 6 –
TN641 – 16 17 – 15
TN642 6 – – 16 –
TN643 – 6 7 17 6
TN644 7 16 6 22 6
TN645 6 7 8 – –
TN646 – – – 18 7
TN647 7 – 6 8 –
TN648 8 8 – 18 –
TN649 – – 8 16 6
TN650 – 16 – 17 17
TN651 6 – 7 7 6
TN652 – 8 – 12 7
TN653 7 16 17 18 8
Table 2 Inhibitory spectrum (zone of inhibition/mm) of TN600, TN606, TN615, TN618, TN623, TN627,
TN635, TN 644 and TN653 strains against Gram-positive and Gram-negative bacteria, LAB and fungi: L
(listeria); Lb (Lactobacillus); Lc (Lactococcus); C (Candida).
Indicator strains TN600 TN606 TN615 TN618 TN623 TN627 TN635 TN644 TN653
Gram-positive bacteria
M. luteus LB 14110 23 14 6 14 14 6 23 14 11
S. aureus ATCC 6538 12 15 16 14 9 16 22 21 8
L. ivanovii BUG 496 12 18 6 16 20 9 22 16 16
E. faecalis JH 2-2 6 18 8 – 15 16 22 7 8
E. faecium ENSAIA 631 6 14 7 – 14 14 21 8 6
Gram-negative bacteria
E. coli ATCC 8739 5 22 13 15 15 23 22 13 22
S. enterica ATCC43972 22 16 18 16 18 12 21 6 17
P. aeruginosa ATCC 49189 22 16 6 9 14 9 22 8 9
Hafnia sp. 5 15 6 13 24 6 24 5 7
Serratia sp. 12 6 12 15 21 7 23 8 9
LAB
Lb. Casei DSM 20011 6 7 7 8 7 8 9 7 7
Lb. delbrueckii DSM 20081 – 6 8 – – 9 9 6 –
Lb. Sakei 2525 – 6 7 – 7 6 9 – –
Lc. lactis ATCC 11454 – – 6 5 6 7 9 – 9
Lc. lactis cremoris DSM 11603 – – 5 7 7 9 8 – 8
Fungi
Fusarium sp. 14 16 19 18 17 14 23 22 18
C. tropicalis R2 CIP203 8 9 5 9 19 10 21 6 8
Appl Biochem Biotechnol
Easy vector, yielding the pSS1 plasmid. Total nucleotide sequence of 1,540 pb (accession
number FN252881) of the whole 16S rRNA gene of strain TN635 was determined in both
strands. The alignment of this sequence through matching with reported 16S rRNA gene
sequences in gene bank shows high similarity (97–99%) to the Lactobacillus 16S rRNA
genes. The organism most similar to the new isolate TN635 strain was L. plantarum NRIC
0383 (Fig. 1). Based on the nucleotide sequence of the 16S rRNA gene of the TN635 strain
and the phylogenetic analysis, we propose the assignment of our new isolate bacterium as
L. plantarum sp. TN635 strain.
To test the effect of incubation temperature on cell growth and antimicrobial activity
production, cultures of the L. plantarum sp. TN635 strain in MRS broth under anaerobic
conditions were maintained at different temperatures (25, 30, 37, and 45°C). The growth
was followed by measuring the OD at 600 nm and the antimicrobial activity was
determined against the three indicator microorganisms: L. ivanovii BUG 496, S. enterica
ATCC43972, and C. tropicalis R2 CIP203. Aliquots were withdrawn at 3 h time intervals.
Obtained results show that the secretion of biological activity is correlated with biomass
production. Highest growth and antimicrobial activity were obtained at 30°C (Fig. 2). We
can deduce that the extracellularly antimicrobial activity was produced in the logarithmic
growth phase and the production profile was a typical growth associated patter. The
maximum antimicrobial activity was detected 16 h after incubation. This activity remains
stable between 13 and 20 h and then gradually decreased.
88
6
24
18 88
51
40
95
53
4 76
66 94
92
10
1
10
Fig. 1 Phylogenetic trees derived from 16S rDNA sequence of L. plantarum sp. TN635 strain. All the
sequences used here were from LAB type strains
Appl Biochem Biotechnol
35 8
7
30
Inhibitory Zone Diameter (mm)
6
25
OD600 nm
20
4
15
3
10
2
5 1
0 0
0 6 12 18 24 30 36 42 48
Incubation time (h)
Fig. 2 BacTN635 production during growth of L. plantarum TN635 in MRS broth at 30°C. (filled square)
Optical density at 600 nm; activities of BacTN635 against C. tropicalis R2 CIP203 (filled upright triangle);
against S. enterica ATCC43972 (filled circle), and against L. ivanovii BUG 496 (filled diamond) were
measured by diameter (mm) of zone of inhibition
Enzymatic tests showed that the antimicrobial activity against the three tested indicator
microorganisms, L. ivanovii BUG 496, S. enterica ATCC43972, and C. tropicalis R2
CIP203, of the supernatant culture of the L. plantarum sp. TN635 strain was not affected by
the addition of catalase, indicating that the observed growth inhibition was not due to
hydrogen peroxide production. In contrast, treatment with the proteolytic enzymes (Trypsin,
pronase E, and Proteinase K) caused complete inactivation of the antimicrobial compounds,
which therefore identified them as proteinaceous substances. The sensitivity of the
inhibitory compounds to heat treatment showed that inhibitory activity was not significantly
altered by boiling for 90 min showing that the antagonistic activity of the culture
supernatant is heat-resistant. The activity of the sample was insensitive to lipase and α-
amylase, which eliminates the possibility that synthesized active compounds are included in
the group of complex biologically active substances containing a lipid or carbohydrate
component [28]. Concerning the sensitivity to pH, the supernatant culture of the Lb.
plantarum sp. TN635 (30°C, 16 h incubation) was adjusted to pH levels ranging from 1 to
14 (intervals of 1.0). The obtained results show that bacteriocin activity was highest when
the pH of the supernatant was between 3 and 11, with an optimum at pH 7. About 50%
activity was maintained at pH 12 and was completely inactivated above pH 12. Exposure to
surfactants caused about 15% inactivation of the antimicrobial activity for the SDS agent
and about 40% for the other tested surfactants (Tween 20, Tween 80, Triton X-100, Urea,
EDTA, and PMSF). Concerning the treatment with organic solvents (ethyl acetate,
methanol, and isopropanol), no significant alteration of the BacTN635 activity was
observed.
Appl Biochem Biotechnol
3,5 S5
3
2,5
OD280nm
1,5
0,5
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130 140 150
Fraction number
1.0
P3
39.317
Absorbance (AU) at 280 nm
0.5
P2
38.3 83
P1
34.550
18.500
31.133
0
0 10 20 30 40 50 60 70
Retention time (min)
Fig. 4 Elution profile of bacteriocin using HPLC reverse-phase chromatography on C18 column monitoring
by absorbance at 280 nm
Appl Biochem Biotechnol
a
Antibacterial activity (in arbitrary units [AU]) was assayed by agar well diffusion assay using L. ivanovii
BUG 496 as an indicator strain
peaks (P1–P3) were obtained having, respectively, the following retention times: P1:
34.55 min, P2: 38.38 min, and P3: 39.31 min (Fig. 4). Only the fraction of the peak P3
possesses an antimicrobial activity against the three tested microorganisms mentioned
above and no activity has been observed for the two other fractions. The yield, activity, and
purification fold of the BacTN635 of the four various purification steps were summarized in
Table 3. SDS-PAGE analysis of the purified BacTN635, revealed a single band with an
estimated molecular mass of approximately 4 kDa indicating that this bacteriocin had been
purified to homogeneity (Fig. 5a). Antibacterial activity determination against L. ivanovii
BUG 496 strain, reveals a growth inhibitory zone at the same position than that visualized
in the stained gel (Fig. 5b). During the last few years, a large number of new bacteriocins
produced by LAB bacteria have been identified and characterized. However, a few
bacteriocins produced by this species have been reported to be active against Gram-
negative bacteria and particularly against fungi. Most of the described bacteriocins as
antifungal agents from Lactobacillus are organic compounds or diketopiperazine
derivatives with low molecular mass, lower than 1 kDa [29]. Too rare are the bacteriocins
described from LAB bacteria with a molecular mass higher than 1 kDa and having
antifungal activities [30].
14.3
6.5
3.4
a b
Appl Biochem Biotechnol
The addition of partial purified BacTN635 (the fraction obtained from gel filtration
chromatography and freeze-dried) at 400 AU/ml, to cells of L. ivanovii BUG 496 (3 h old)
and C. tropicalis R2 CIP203 (10 h old) in their early logarithmic growth phase, resulted in a
rapid decrease in the number of L. ivanovii BUG 496 viable cells (from 107 CFU/ml to less
than 10 CFU/ml) over a period of 5 h (Fig. 6a). The optical density readings of this
indicator microorganism remained constant since the addition of the BacTN635 (Fig. 6a).
These results indicate that the studied bacteriocin exhibits bactericidal effect against L.
ivanovii BUG 496 strain. Concerning the C. tropicalis R2 CIP203, the optical density
readings were very similar in presence and absence of BacTN635 (Fig. 6b). However, we
notice an increase of the number of viable cells grown in the absence of the bacteriocin at
a
10 1.5
Addition of BacTN635
9
8 1.2
Log10 (CFU ml-1)
7
6 0.9
OD 600nm
5
4 0.6
3
2 0.3
1
0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
Incubation time (h)
b 9.5 5
4.5
9 Addition of BacTN635
4
Log10 (CFU ml-1)
8.5 3.5
OD 600nm
8 3
2.5
7.5 2
7 1.5
1
6.5
0.5
6 0
0 4 8 10 12 16 20 24 28 32 36 40 44
Fig. 6 The effect of BacTN635 on the growth of L. ivanovii BUG 496. Optical density at 600 nm in absence
(▲) and in presence (■) of BacTN635. Viable cell counts (CFU/ml) in absence (♦) and in presence (■) of
BacTN635 (a). The effect of BacTN635 on the growth of C. tropicalis R2 CIP203. Optical density at 600 nm
in absence (♦) and in presence (▲) of BacTN635. Viable cell counts (CFU/ml) in absence (□) and in
presence (■) of BacTN635 (b)
Appl Biochem Biotechnol
40 h of growth (Fig. 6b). These data indicate that BacTN635 acts with a fungistatic effect
against C. tropicalis R2 CIP203.
Conclusions
A new LAB strain has been selected for its antimicrobial activity against pathogenic Gram-
negative bacteria and fungi. Based on the analysis of the nucleotide sequence (1,540 pb) of
the whole 16S rRNA gene (accession no: FN252881) and the phylogenetic study, we
propose the assignment of our new isolate bacterium as Lb. plantarum sp. TN635 strain.
The antimicrobial compound of this strain was determined as a proteinaceous substance.
The maximum bacteriocin-like substance (BacTN635) production (5,000 AU/ml) was
recorded after a 16-h incubation in MRS medium at 30°C. BacTN635 was stable to heat
and to treatment with surfactants and organic solvents. Highest antimicrobial activity was
found between pH 3 and 11 with an optimum at pH=7. The purified BacTN635, revealed a
single band with an estimated molecular mass of approximately 4 kDa. BacTN635
produced by Lb. plantarum sp. TN635 strain, may possess potential practical applications,
since it was able to inhibit important Gram-negative pathogenic bacteria such as (S.
enterica ATCC43972, P. aeruginosa ATCC 49189, Hafnia sp., and Serratia sp.) and
pathogenic fungi such as C. tropicalis R2 CIP203. S. enterica is an important cause of
human salmonellosis and food-poisoning associated with consumption of contaminated
chicken eggs and poultry products [31]. P. aeruginosa is an opportunistic pathogen of
humans. It causes urinary tract infections, respiratory system infections, gastrointestinal
infections, and a variety of systemic infections, particularly in patients with severe burns
and in cancer and AIDS patients who are immunosuppressed [32]. Serratia and Hafnia sp.
are usually found in the intestinal tract. These pathogenic bacteria cause s wide variety of
infections primarily pneumonia, wound, and urinary tract infections. Moreover, it should be
noted that the number of patients with fungal infections has been rising in recent years. In
addition to the species Candida albicans and Candida stellatoidea, C. tropicalis is one of
the significant pathogenic yeasts in humans belonging to the genus Candida [33].
Acknowledgments This work was supported by the Tunisian government (Contract Program CBS-LEMP)
and the CMCU project (2006-2008) No 06/S 0901 “MELLOULI/AIGLE”. We are grateful to Dr. M.
Ferchichi for providing the indicator bacteria.
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Résumé :
Au cours de ce travail de thèse, nous nous sommes intéressés aux études taxonomiques
des deux souches TN17 et Fr10 qui sont deux nouvelles espèces du genre Streptomyces dont
nous avons proposé les nomenclatures suivantes : Streptomyces lilaceus sp. TN17 et
Streptomyces microflavus sp. Fr10.
A partir de la souche Streptomyces lilaceus sp. TN17, trois molécules on été purifiées
et identifiées par le biais de plusieurs techniques spectroscopiques, il s’agit d’un dérivé de
DKP (L-Leu, L-Arg), un dérivé de phtalate le di-(2-éthylhexyl) phtalate et un tértrapeptide
cyclique : le 1 - [2 -(cyclopentanecarbonyl-3-phenylpropionyl] - pyrrolidine-2-carboxylique
(1-carbamoyl-propyl)-amide. Ces trois molécules présentent des activités antibactériennes et
antifongiques.
Suite au criblage des souches de bactéries lactiques productrices de bactériocines de la
collection de notre laboratoire et leurs caractérisations, nous avons identifié une nouvelle
souche de Lactobacillus nommée Lactobacillus plantarum sp.TN635 qui produit une
bactériocine « BacTN635 » de 3,8 KDa. Cette dernière a été purifiée à homogénéité, elle
possède un spectre d’action très large contre les bactéries à Gram+, à Gram- et contre les
champignons filamenteux et unicellulaires. BacTN635 a un effet bactéricide contre Listeria
ivanovii BUG 496 et fongistatique contre Candida tropicalis R2 CIP203.
Abstract :
In This Thesis, we are interested in taxonomic studies of two strains TN17 and Fr10
which are two new species of the genus Streptomyces, and we have proposed the following
names: Streptomyces lilaceus sp. TN17 and Streptomyces microflavus sp. Fr10.
From Streptomyces lilaceus strain sp. TN17, three molecules have been purified and
identified by means of several spectroscopic techniques, it is a derivative of DKP (L-Leu, L-
Arg), a derivative of phthalate di-(2-ethylhexyl) phthalate and cyclic peptide 1 - [2 -
(cyclopentanecarbonyl-3-phenylpropionyl] - pyrrolidine-2-carboxylic acid (1-carbamoyl-
propyl)-amide. All three molecules exhibit antibacterial and antifungal activities.
A novel strain of lactic acid bacteria was isolated and characterized from a collection
of our laboratory. It’s identified as a new strain of Lactobacillus, named Lactobacillus
plantarum sp.TN635 producing a new bacteriocin "BacTN635" of 3.8 kDa, purified to
homogeneity and spectrum with a very broad action against Gram + and Gram-, filamentous
and unicellular fungi. BacTN635 has a bactericidal effect against Listeria ivanovii BUG 496
and fungistatic against Candida tropicalis R2 CIP203.