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Arithmétique des entiers de Gauss

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MPSI B 29 juin 2019

Énoncé  Soit u 6= 0 et v deux entiers de Gauss, on dit que u G-divise v si et seulement si il


existe w ∈ Z[i] tel que v = uw.
Ce problème porte sur les sommes de deux carrés de nombres entiers. On note  Soit u un entier de Gauss, on note Z[i]u l'ensemble des G-multiples de u.
Σ = x2 + y 2 , (x, y) ∈ Z2

Z[i]u = {wu, w ∈ Z[i]}

On appelle entier de Gauss un nombre complexe dont la partie réelle et la partie imaginaire
Partie I. Arithmétique des entiers de Gauss.
sont des entiers relatifs. On note Z[i] l'ensemble des entiers de Gauss.
1. a. Montrer que
Z[i] = x + yi, (x, y) ∈ Z2


∀z ∈ Z[i], |z|2 ∈ N; ∀(z, z 0 ) ∈ Z[i]2 , |zz 0 |2 = |z|2 |z 0 |2

b. Montrer que, pour tout entier n,


n ∈ Σ ⇔ ∃u ∈ Z[i] tel que n = |u|2

En déduire que le produit de deux éléments de Σ est dans Σ.


c. Soit u 6= 0 et z dans Z[i]. Montrer que si u G-divise z alors |u|2 divise |z|2 .
(divisibilité dans Z)
2. Un entier de Gauss u est dit G-inversible si et seulement si il existe v ∈ Z[i] tel que
uv = 1.
a. Montrer que 1, −1, i, −i sont G-inversibles, préciser les entiers de Gauss inverses.
b. Soit u un entier de Gauss G-inversible, montrer que |u|2 = 1. En déduire l'en-
semble des éléments G-inversibles.
3. Un entier de Gauss non nul et non G-inversible z est dit G-irréductible si et seulement
si, pour tout G-diviseur v de z , |v| = 1 ou |v| = |z|.
a. Étudier le caractère G-irréductible de 1 + i, de 5, d'un élément de Σ.
b. Montrer que tout entier de Gauss non nul et non G-inversible est G-divisible par
un entier de Gauss G-irréductible. En déduire qu'il est le produit d'un nombre
Fig. 1: Représentation des entiers de Gauss ni de G-irréductibles.
4. G-division euclidienne.
Question préliminaire.
a. Montrer que, pour tout x ∈ R, il existe a ∈ Z tel que |x − a| ≤ 21 .
Vérier que Z[i] est un sous-anneau de C contenant Z c'est à dire que
b. Soit u 6= 0 et z dans Z[i], montrer qu'il existe q et r dans Z[i] tels que
Z ⊂ Z[i], ∀(z, z 0 ) ∈ Z[i]2 : z + z 0 ∈ Z[i] et zz 0 ∈ Z[i]
z = qu + r avec |r|2 < |u|2
On introduit dans Z[i] des dénitions arithmétiques analogues à celles de Z ; on convient
de les noter en préxant par un  G- . Par exemple : (On pourra considérer le nombre complexe uz .)

Cette création est mise à disposition selon le Contrat 1 Rémy Nicolai Aari2car
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MPSI B 29 juin 2019

Partie II. Réseaux.

Dans ce problème, un réseau est une partie de Z[i] stable pour l'addition. Autrement dit,
une partie R de Z[i] est un réseau si et seulement si
∀(z, z 0 ) ∈ R2 , −z ∈ R et z + z 0 ∈ R
Il est évident que Z[i] est stable par conjugaison et multiplication par i. On dénit les
applications c, s et r de Z[i] dans Z[i] par :
∀z ∈ Z[i], c(z) = z, s(z) = i z, r(z) = iz
Un réseau R est dit 4-symétrique si et seulement si il est stable par r c'est à dire :
∀z ∈ R, r(z) = iz ∈ R
Soit n ≥ 2 un entier naturel. On dénit Sn et Tn par :
Sn = {z ∈ Z[i] tq Re(z) ≡ Im(z) mod n} , Tn = {z ∈ Z[i] tq Im(z) ≡ 0 mod n}
1. Vérier que s ◦ c = −c ◦ s = r.
2. Soit u ∈ Z[i]. Montrer que Z[i]u est un réseau et qu'il est 4-symétrique.
Un réseau R est dit carré si et seulement si il existe u ∈ Z[i] tel que R = Z[i]u. Fig. 2: Un réseau carré.
Comment peut-on justier ce terme ?
3. Soit n ≥ 2 un entier naturel. Montrer que Sn et Tn sont des réseaux. Pour quelles 1. a. Montrer que Ra est un réseau.
valeurs de n le réseau Sn est-il 4-symétrique ?
b. Montrer2 que R0 = Tp et que R1 = Sp .
4. On se propose de montrer que tout réseau 4-symétrique est carré.
Soit R un réseau 4-symétrique non réduit à 0. c. Soit a et b dans Z, montrer que
a. Soit u ∈ R. Montrer que tout G-multiple de u est dans R.
Ra = Rb ⇔ a ≡ b mod p
b. Montrer qu'il existe u0 ∈ R non nul tel que
∀v ∈ R, v 6= 0 ⇒ |u0 |2 ≤ |v|2 2. On suppose que a 6≡ 0 mod p. On dit dans ce cas que Ra est un satin.
c. Montrer que R = Z[i]u0 . Dans quel cas a-t-on |u0 | = 1 ? a. Montrer qu'il existe a0 ∈ Z tel que aa0 ≡ 1 mod p.
b. Montrer que c(Ra ) = R−a et que s(Ra ) = Ra0 .
Partie III. Armures et satins. c. Montrer que si a0 ≡ −a mod p alors Ra est carré.
Dans cette partie 1 , p désigne un nombre premier et a ∈ Z. On dénit Ra par d. Le réseau de la gure 2 est un satin. Déterminer p et a et vérier qu'il est bien
carré.
Ra = xp + yip + z(1 + ia), (x, y, z) ∈ Z3

3. a. Montrer que
∀(z, z 0 ) ∈ Z[i]2 , Im(zz 0 ) ∈ Z
1 D'après La géométrie des tissus d'Édouard Lucas. L'armure est le mode d'entrecroisement des ls de
chaîne et des ls de trame. Les armures peuvent être représentées par des réseaux Ra . 2 Notations T pour toile et S pour sergé : des types particuliers de tissus.

Cette création est mise à disposition selon le Contrat 2 Rémy Nicolai Aari2car
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b. Montrer que Partie V. Congruences modulo 4.


∀(u, u0 ) ∈ R2a , Im(u u0 ) ≡ 0 mod p
Cette partie utilise la dénition de Pc de la partie IV mais aucun des résultats démontrés
En déduire que Ra 6= Z[i]. dans les parties précédentes.
c. Montrer que, dans un satin Ra , il existe u et u0 tels que Im(u u0 ) = p. Soit p > 2 un nombre premier et I = J1, p − 1K.
4. On suppose qu'il existe a ∈ Z tel que a2 + 1 ≡ 0 mod p. 1. Soit x ∈ I . Préciser l'unique élément de I congru à −x modulo p. Montrer qu'il existe
a. Montrer que Ra est carré. dans I un unique élément noté x0 tel que xx0 ≡ 1 mod p. Cette notation x0 est valable
dans toute la partie.
b. Montrer que p est la somme de deux carrés d'entiers.
2. On dénit dans I une relation ./ par :
Partie IV. Sommes de deux carrés. ∀(x, y) ∈ I 2 , x ./ y ⇔ (x4 + 1)y 2 ≡ (y 4 + 1)x2 mod p
Notons Pc l'ensemble des nombres premiers p pour lesquels −1 est un carré modulo p Montrer que ./ est une relation d'équivalence.
c'est à dire tels que
∃a ∈ Z tel que a2 + 1 ≡ 0 mod p 3. a. L'équation x ≡ −x mod p admet-elle une solution dans I ?
Notons Pc0 l'ensemble des nombres premiers qui ne vérient pas cette propriété. On forme b. Déterminer les x ∈ I tels que x = x0 .
ainsi une partition de l'ensemble P de tous les nombres premiers. c. On considère l'équation x = p−x0 avec x ∈ I . Déterminer l'ensemble des solutions
1. a. Montrer que Pc ⊂ Σ. dans le cas où il existe a ∈ I tel que a2 + 1 ≡ 0 mod p.
Que se passe-t-il lorsqu'il n'existe pas un tel a ?
b. Soit n entier naturel non nul. On considère sa décomposition en facteurs premiers.
Montrer que si les valuations vp (n) sont paires pour les diviseurs premiers dans 4. Factoriser
Pc0 , alors n ∈ Σ. (x4 + 1)y 2 − (y 4 + 1)x2

2. Soit p un nombre premier dans Σ avec p = x2 + y 2 pour x et y non nuls dans Z. En déduire la classe d'équivalence pour ./ d'un x ∈ I .
a. Montrer qu'il existe λ et µ dans Z tels que λx − µy = 1. On pose a = λy + µx. 5. Montrer que p ∈ Pc si et seulement si p ≡ 1 mod 4.
b. Exprimer x et y en fonction de λ, µ, a.
c. Montrer que (λ2 + µ2 )p = 1 + a2 . En déduire que p ∈ Pc .
3. Montrer que tout p ∈ Pc0 est G-irréductible. En déduire, pour tout nombre premier p,
l'équivalence entre les trois propositions.
p ∈ Σ ⇔ p ∈ Pc ⇔ p n'est pas G-irréductible

4. a. Présenter un G-algorithme d'Euclide et justier sa terminaison.


b. Dénir une notion de G-pgcd et énoncer un G-théorème de Bezout.
c. Calculer un G-pgcd de 5 + 5i et de −3 + 4i.
5. a. Énoncer et démontrer un G-théorème de Gauss.
b. Soit n ∈ Σ et p ∈ Pc0 un diviseur premier de n. Montrer p2 divise n et que le
quotient est dans Σ. En déduire que la valuation vp (n) est paire.

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Corrigé 3. a. Si v est un G-diviseur de 1 + i, il existe u ∈ Z[i] tel que uv = 1 + i. On en déduit


la relation entière |u|2 |v|2 = 2. Comme 2 est premier, on doit avoir |u|2 = 1 ou
Question préliminaire Pour tout entier n, on peut écrire n = n + 0i ∈ Z[i]. Pour tout |u|2 = 2. Ce qui assure que 1 + i est G-irréductible.
(z, z 0 ) ∈ Z[i]2 , comme Re(z), Im(z), Re(z 0 ), Im(z 0 ) sont entiers, En revanche, 5 = 1 + 22 = (1 + 2i)(1 − 2i) n'est pas G-irréductible. De même
pour un élément de Σ. Soit il est un carré soit une somme de deux carrés non
z + z 0 = Re(z) + Re(z 0 ) + (Im(z) + Im(z 0 ))i ∈ Z[i] nuls donc de la forme u u pour un entier de Gauss u.
| {z } | {z }
∈Z ∈Z
b. Soit z un entier de Gauss ni nul ni G-irréductible. Considérons l'ensemble D des
zz 0 = Re(z) Re(z 0 ) − Im(z) Im(z 0 ) + (Re(z) Im(z 0 ) + Im(z) Re(z 0 ))i ∈ Z[i] |u|2 pour les diviseurs u non inversibles de z . C'est une partie non vide de N car
|z|2 ∈ D. Elle admet un plus petit élément m et il existe un G-diviseur u de z
| {z } | {z }
∈Z ∈Z
tel que |u|2 = m. Si w non inversible est un G-diviseur de u, il vérie |d|2 ≤ |u|2 .
Partie I. Arithmétique des entiers de Gauss. Mais il G-divise aussi z donc |d|2 ∈ D et |u|2 = m ≤ |d|2 . On en déduit |d| = |u|
donc u est G-irréductible.
1. a. Les parties réelles x et y d'un entier de Gauss z sont entières donc |z|2 = x2 + y 2 Soit z un entier de Gauss non nul et non inversible. On raisonne algorithmique-
est un entier naturel. Il est même dans Σ. La deuxième relation est une propriété ment en posant z0 = z . Tant que zk n'est pas inversible, il admet un diviseur
classique des modules des nombres complexes. G-irreductible uk . Il existe zk+1 ∈ Z[i] tel que zk = uk zk+1 .
b. On a vu que |u|2 ∈ Σ pour u ∈ Z[i]. Réciproquement, si n = x2 + y 2 avec x et y Cet algorithme se termine car |zk |2 est un entier qui diminue strictement à chaque
entiers, alors n = |u|2 avec u = x + iy ∈ Z[i]. étape. Lorsque l'algorithme se termine, le dernier zp est inversible et z est le pro-
Si n et m sont dans Σ, il existe u et v dans Z[i] tels que duit de zp et des G-irréductibles uk .
n = |u|2
) 4. a. Tout réel x est dans l'intervalle déni par sa partie entière : x ∈ [bxc, bxc[. Suivant
⇒ nm = |u|2 |v|2 = |uv|2 ∈ Σ car uv ∈ Z[i] la place par rapport au milieu on prend pour a l'une ou l'autre des extrémités :
m = |v|2
1

 bxc si bx ≤cxbx ≤c +
c. Si u G-divise z , il existe v ∈ Z[i] tel que z = uv donc |z|2 = |u|2 |v|2 . Comme il

a= 2
s'agit d'une relation entre entiers, on en déduit que |u|2 divise |z|2 au sens habituel 1
 bxc + 1 si bxc + < x < bxc + 1

de la divisibilité entière. 2
2. a. Des produits élémentaires se traduisent par des G-inversibilités.
Un tel a est bien entier et vérie |x−a| ≤ 12 . On remarque que si x est demi-entier,
1 × 1 = 1 ⇒ 1 inversible d'inverse 1 deux entiers a sont possibles.
(−1) × (−1) = 1 ⇒ −1 inversible d'inverse − 1 b. Soit u 6= 0 et z deux entiers de Gauss. Notons x et y la partie réelle et la partie
imaginaire du nombre complexe uz et a et b les nombres entiers relatifs dont
i inversible d'inverse − i
(
i × (−i) = 1 ⇒ l'existence est assurée par le a. et vériant
− i inversible d'inverse i
1 1
|x − a| ≤ , |y − b| ≤
b. Soit u un entier de Gauss G-inversible et v son inverse. On en tire la relation dans 2 2
N : |u|2 |v|2 = 1 qui entraîne que |u|2 = 1. Réciproquement, si u = x + iz (avec x
et y entiers) est de module 1, la relation x2 + y 2 = 1 entraîne que |x| = 1 et y = 0 Notons q = a + ib, c'est par dénition un entier de Gauss. De plus,
ou x = 0 et |y| = 1. On en déduit que les éléments G-inversibles sont seulement z
ceux de module 1 c'est à dire 1, −1, i, −i. u
= x + iy = a + ib + (x − a) + i(y − b) ⇒ z = uq + r

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a. Soit u ∈ R et z un G-multiple de u. Il existe x et y dans Z tels que


q
avec r = u((x−a)+i(y−b)) donc |r| ≤ |u| 14 + 14 = √ |u|
2
< |u| et r = z −uq ∈ Z[i].
Cela prouve l'existence des q et r vériant la relation. On peut noter qu'il n'y a z = (x + iy)u = xu + y(iu)
pas unicité du couple à cause des deux approximations possibles pour les nombres
demi-entiers. Exploitons les stabilités d'un réseau
si x ∈ N
 
u + u + ··· + u
Partie II. Réseaux.

 
|
 {z
x fois
} 

1. Pour tout z ∈ Z[i], xu = ⇒ xu ∈ R

 (−u) + (−u) + · · · + (−u) si x ∈ Z \ N


| {z } 

s ◦ c(z) = s(z) = i z = iz = r(z) = −iz = −c(s(z)) = −c ◦ s(z) −x fois

Comme le réseau est 4-symétrique, on raisonne de même pour iu ∈ R. En invo-


2. Soit u ∈ Z[i] et z , z 0 deux G-multiples quelconques de u. Il existe w et w0 dans Z[i] quant une dernière fois la stabilité pour l'addition, on peut conclure que xu ∈ R.
tels que z = wu, z 0 = w0 u. Alors Ainsi Z[i]u ∈ R.
−z = −w u, z + z 0 = (w + w0 )u, zz 0 = (ww0 u)u, iz = (iw)u b. Considérons l'ensemble N des |u|2 pour les u 6= 0 de R. C'est une partie non
|{z} | {z } | {z } |{z} vide de N. Elle admet un plus petit élément m. Il existe donc un u0 ∈ R tel que
m = |u0 |2 . Il vérie la propriété de minimalité demandée.
∈Z[i] ∈Z[i] ∈Z[i] ∈Z[i]

Donc Z[i]u est bien un réseau 4-symétrique. c. Soit z ∈ R. Écrivons la G-division euclidienne de z par u0 . Il existe des entiers de
Le terme carré est justié par le fait que les points d'axes dans Z[i]u sont ceux de Gauss q et r tels que
coordonnées entières dans le repère (O, →−u,→−
v ) où →

u est le vecteur d'axe u et →

v celui z = qu0 + r avec |r|2 < |u0 |2
d'axe iu. Comme r = z − qu0 avec z ∈ R et qu0 ∈ R d'après la question a., on en tire
3. Soit n ∈ Z∗ et z , z 0 deux entiers de Gauss r ∈ R. Mais comme |r|2 < |u0 |2 , la minimalité de |u0 |2 entraîne que r = 0. On en
) ( déduit
Re(z) ≡ Im(z) mod n Re(−z) ≡ Im(−z) mod n R = Z[i]u0

Re(z 0 ) ≡ Im(z 0 ) mod n Re(z + z 0 ) ≡ Im(z + z 0 ) mod n Le cas |u0 | = 1 ne se produit que si u0 est inversible ce qui revient à R = Z[i].
Donc Sn est un réseau. De même, les propriétés des congruences assurent que Tn est
Partie III. Armures et satins.
un réseau.
pour tout naturel n ≥ 2, 1 + i ∈ Sn . Si Sn est 4-symétrique, i(1 + i) = −1 + i ∈ Sn . 1. a. Chaque élément de Ra est une combinaison à coecients entiers de p, ip et 1 + ia.
Donc L'opposé d'un tel élément ou la somme de deux est encore une combinaison à
−1 ≡ 1 mod n ⇒ 2 ≡ 0 mod n ⇒ n = 2 coecients entiers. Cela traduit que Ra est un réseau.
Réciproquement, si n = 2, tout entier x est congru à son opposé modulo 2. Donc b. Pour tout élément u ∈ Tp , il existe λ ∈ Z tel que Im(u) = λp. On en déduit que

Re(z) ≡ Im(z) mod 2 ⇒ Re(iz) = − Im(z) ≡ Re(z) = Im(iz) mod 2 u = Re(u) + iλp = 0 p + λ (ip) + Re(u)(1 + 0 i) ∈ R0

Réciproquement, pour tout u ∈ R0 , il existe x, y , z dans Z tels que


Donc Sn est 4-symétrique si et seulement si n = 2.
4. Dans cette question, R est un réseau 4-symétrique. u = xp + yip + z(1 + 0i) = xp + z + ypi ⇒ Im(u) = yp ≡ 0 mod p ⇒ u ∈ Tp

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Donc R0 = Tp . De même, c. On suppose ici que a0 ≡ −a mod p. On va montrer que Ra est carré en montrant
d'abord qu'il est 4-symétrique puis en utilisant II.4. (tout réseau 4-symétrique est
∀u ∈ Sp , ∃λ ∈ Z tq Im(u) = Re(u) + λp ⇒ u = λp + 0ip + Re(u)(1 + i) ∈ R1 carré).
∀z ∈ Ra , iz = c(s(z))
∀u ∈ R1 , ∃(x, y, z) ∈ Z3 tq u = xp + yip + z(1 + i) D'après la question b. : s(z) ∈ Ra0 et c(s(z)) ∈ R−a0 . Or R−a0 = Ra car a0 ≡ −a
mod p. Donc iz ∈ Ra c'est à dire que le réseau est 4-symétrique.
⇒ Re(u) = xp + z ≡ yp + z = Im(u) mod p ⇒ u ∈ Sp
d. L'énoncé nous dit que le réseau présenté dans la gure est un satin. On peut
Donc R1 = Sp . trouver le p en comptant les points entres deux éléments sur une même colonne
c. Supposons Ra = Rb . Comme 1 + ia ∈ Ra , il existe des entiers x, y , z tels que (par exemple celle d'abscisse 2. On trouve p = 17. Le a (appelé décochement ) se
trouve en examinant le premier point de la colonne d'abscisse 1. On trouve a = 4.
( Comme 17 = 42 + 1,
1 = xp + z
1 + ia = xp + yip + z(1 + ib) ⇒
a = yp + zb 4 × (4) ≡ −1 mod 17 ⇒ 4 × (−4) ≡ 1 mod 17 ⇒ a0 ≡ −a mod 17
⇒ a = yp + (1 − xp)b = b + (y − xb)p ≡ b mod p La condition de la question c. est réalisée. Le satin est carré ce qui se voit bien
sur la gure.
Supposons a ≡ b mod p. Il existe alors λ ∈ Z tel que b = a + λp. On en déduit 3. a. Pour des entiers de Gauss z et z 0 , notons x = Re(z), y = Im(z), x0 = Re(z),
1 + ib = λp + 0ip + 1(1 + ia) ∈ Ra ⇒ Rb ⊂ Ra y 0 = Im(z 0 ). Ils sont tous entiers et
Im(z z) = xy 0 − x0 y ∈ Z
avec les stabilités. De a = b − λp, on déduit l'autre inclusion de la même manière.
D'où Ra = Rb . b. Soit u et u0 dans Ra , il existe des entiers x, y , z , x0 , y 0 , z 0 tels que
2. Dans cette question, a 6≡ 0 mod p. Donc a est premier avec p car p est premier. )
a. Comme a est premier avec p, le théorème de Bezout assure de l'existence d'entiers u = xp + z + i(yp + za)
⇒ Im(u u0 ) = (xp + z)(y 0 p + z 0 a)
a0 et λ tels que u0 = x0 p + z 0 + i(y 0 p + z 0 a)
a0 a + λp = 1 ⇒ aa0 ≡ 1 mod p − (yp + za)(x0 p + z 0 ) ≡ 0 mod p
b. Soit z ∈ c(Ra ). Il existe x, y , z entiers tels que car, dans le développement, les termes en az 0 a s'annulent et p se met en facteur
dans tous les autres.
z = xp + yip + z(1 + ia) = xp + (−y)ip + z(1 − ia) ∈ R−a
Comme dans Z[i], on peut trouver des u et v tels que Im(u u0 ) soit non congru à
On en tire c(Ra ) ⊂ R−a . L'autre inclusion est analogue d'où c(Ra ) = R−a . p, on en déduit que Ra 6= Z[i] ; par exemple pour u = 1 et u0 = i, Im(u u0 ) = 1.
Pour montrer que s(Ra ) ⊂ Ra0 . Il sut (à cause des stabilités) de prouver que c. Comme Ra est un satin, il existe a0 ∈ Z tel que aa0 ≡ 1 mod p donc il existe
s(1 + ia) ∈ Ra0 . λ ∈ Z tel que 1 = aa0 + λp. Considérons deux éléments particuliers de Ra
Par dénition de a0 , il existe un entier λ tel que 1 = aa0 +λp. Cela permet d'écrire : )
u = a0 p + (−λp) ip
⇒ Im(u u0 ) = a0 pa + λp2 = p(1 − λp) + λp2 = 1
s(1 + ia) = i(1 − ia) = a + i = a + (aa0 + λp)i = 0 p + λip + a(1 + a0 i) ∈ Ra0 u0 = 1 + ia

Comme a et a0 jouent des rôles symétriques, on a de même s(Ra0 ) ⊂ Ra et on Ces éléments particuliers ont été trouvés après une analyse eectuée au brouillon
conclut en remarquant que s est une involution (s ◦ s = Id). avec des coecients indéterminés.

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4. Dans cette question, on suppose qu'il existe a tel que a2 + 1 ≡ 0 mod p. On peut aussi b. Exprimons les relation comme un système aux inconnues x et y puis résolvons le
écrire cette relation comme par les formules de Cramer.
a(−a) ≡ 1 mod p
−µ

1
a. Avec les notations de la question 2, on peut donc écrire a = −a. On a montré 0 


a
 λ λ + aµ
dans ces conditions en III.2.c. que Ra est carré.

x= =



λ −µ λ2 + µ2


b. Comme Ra est carré, il est engendré par un de ses éléments. Notons u0 ∈ Ra tel ( 


λx − µy = 1 µ λ


que Ra = Z[i]u0 . ⇒
D'après la question II.3.c., il existe u et u0 dans Ra tels que Im(u u0 ) = p. Comme µx + λy = a 
 λ
1

µ a
le réseau est carré, il existe des entiers de Gauss z et z 0 tels que u = zu0 , u0 = z 0 u0 . λa − µ


y= =


On en déduit

λ2 + µ2



 λ −µ
p = Im(z u0 z 0 u0 ) = Im(zz 0 ) |u0 |2
 µ λ
| {z } | {z }
∈Z ∈Z
c. On remplace dans p = x2 + y 2 :
On en déduit que |u0 |2 divise p.
Il est impossible que |u0 | = 1 car on aurait Ra = Z[i] (d'après I.5.c.) en contra- (λ + aµ)2 + (λa − µ)2 (1 + a2 )λ2 + (1 + a2 )µ2
p= = ⇒ p(λ2 + µ2 ) = 1 + a2
diction avec II.3.a. On doit donc avoir |u0 |2 = p. Or u0 est un entier de Gauss, (λ2 + µ2 )2 (λ2 + µ2 )2
sa partie réelle et sa partie imaginaire sont entières donc p est la somme de deux
carrés d'entiers. On en déduit 1 + a2 ≡ 0 mod p c'est à dire p ∈ Pc .
3. Soit p un nombre premier. On se propose de montrer
Partie IV. Sommes de deux carrés.
p G-réductible ⇒ p ∈ Σ ⇒ p ∈ Pc ⇒ p G-réductible.
1. a. Cette question est une simple reformulation de III.4.b.
Supposons que p n'est pas G-irréductible. Il existe alors u ∈ Z[i] un G-diviseur de p
b. Soit n un entier naturel non nul. On suppose que, dans sa décomposition en
tel que |u|2 divise |p|2 = p2 (divisibilité dans Z) avec 1 < |u|2 < p2 . On peut envisager
facteurs premiers, tous les exposants des p ∈ Pc0 sont pairs. On veut montrer que
seulement trois possibilités : |u|2 = 1, |u|2 = p, |u|2 = p2 .
n ∈ Σ c'est à dire qu'il est somme de deux carrés.
Seule la deuxième est compatible avec les hypothèses sur u. On en déduit que p ∈ Σ.
Le point important est la stabilité de Σ par multiplication (question I.1.b).
 Chaque diviseur premier p ∈ Pc est d'après 1.a. un élément de Σ. Peu importe Or, d'après les questions IV 1.a. et 2., p ∈ Σ ⇔ p ∈ Pc .
donc sa valuation, le produit de tous ces facteurs sera encore une somme de Pour compléter la boucle, il sut de montrer que p ∈ Σ entraine p non G-irréductible.
deux carrés. Si p ∈ Σ, il existe des entiers a et b tels que
 Pour les diviseurs p ∈ Pc0 , les valuations sont paires. Leur produit sera un carré p = a2 + b2 = (a + ib)(a − ib)
donc une somme de deux carrés en prenant le deuxième carré de la somme nul.
Le produit de tous les diviseurs premiers sera bien une somme de deux carrés. ce qui signie que p est G-réductible.
2. Soit p un nombre premier avec p = x2 + y 2 pour des entiers x et y non nuls. 4. a. Les algorithmes d'Euclide (simple ou étendu) s'adaptent sans modication dans
a. Les entiers x et y sont forcément premiers entre eux car, à cause de p = x2 + y 2 , l'anneau des entiers de Gauss. On se donne deux entiers de Gauss non nuls u0
tout diviseur commun divise aussi p. Cette relation interdit à p d'être un diviseur et u1 puis, tant que uk est non nul, on divise uk−1 par uk en nommant uk+1
commun car p2 diviserait alors p. le reste obtenu. Le seul point nouveau est qu'il n'y a pas unicité du reste et du
Comme il sont premiers entre eux, le théorème de Bezout prouve l'existence d'en- quotient. Pour l'algorithme étendu, on utilise le quotient pour calculer deux suites,
tiers λ et µ vériant la relation demandée. convenablement initialisée et permettant d'exprimer uk comme combinaison de

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u0 et u1 . La validité de l'algorithme est justiée par le fait que l'ensemble des b. Soit n ∈ Σ et p ∈ Pc0 un diviseur premier de n. D'après la question 3., on sait que
diviseurs communs à uk et uk+1 est un invariant et que |uk |2 est une fonction de p est G-irréductible. Comme n est un carré d'entiers, il existe x et y entiers tels
terminaison. Il faut noter que l'on doit prendre le carré du module pour rester que n = x2 + y 2 = z c(z) avec z = x + iy .
dans N. Comme p divise n, on peut dire aussi que p G-divise zc(z).
b. Soit u0 et u1 deux entiers de Gauss non nuls et up le dernier reste non nul du Remarquons d'abord que, si p G-divise l'un des deux z ou c(z), on montre qu'il
G-algorithme d'Euclide. L'ensemble des diviseurs communs à u0 et u1 est aussi G-divise aussi l'autre en conjuguant la relation de divisibilité.
l'ensemble des diviseurs de up qui est donc aussi celui dont le carré du module Comme p est G-irréductible, s'il ne divise pas z il doit diviser c(z) d'après le
est le plus grand. On convient de le désigner comme un G-pgcd des deux. En G-théorème de Gauss ce qui est absurde. Ainsi p G-divise z , il existe λ ∈ Z[i] tel
multipliant up par un élément G-inversible on obtient un autre Gpgcd avec les que )
mêmes propriétés. z = λp
⇒ n = |λ|2 p2
En utilisant la version étendue du G-algorithme d'Euclide, on obtient λ et µ dans c(z) = λ p
Z[i] tels que up = λu0 + µu1 .
Deux entiers de Gauss seront dits G-premiers entre eux si et seulement si leurs Donc p2 divise n et le quotient |λ|2 est encore dans Σ.
G-pgcd sont G-inversibles. Si u et v sont G-premiers entre eux, en multipliant par Tant que le quotient admet au moins un diviseur premier dans Pc0 , on peut le
l'inverse du G-pgcd, on obtient : diviser par le carré de ce diviseur. Cela prouve que la valuation d'un élément de
Σ en un de ces diviseurs premiers doit être paire.
∃(λ, µ) ∈ Z[i]2 tq λu + µv = 1
Partie V. Congruences modulo 4.
c. Division euclidienne de u0 = 5 + 5i par u1 = −3 + 4i. On calcule le quotient
1. Dans I chaque classe de congruence modulo p admet un unique représentant et tous
complexe puis on l'approche au mieux par un entier de Gauss.
les éléments de I sont premiers avec p.
5 + 5i (5 + 5i)(−3 − 4i 5 − 35i 1 − 7i 1 − 2i Le seul représentant de la classe de −x est p − x. On a déjà montré (théorème de
−3 + 4i
=
25
=
25
=
5
= −i +
5
Bezout) l'existence d'entiers z tels que xz ≡ 1 mod p. Cette classe de congruence a
un unique représentant dans I , on le note x0 .
Comme aucun nombre demi-entier ne gure, une seule division euclidienne est 2. La réexivité et la symétrie de ./ sont évidentes d'après la dénition de la relation. La
possible : quotient q1 = i, reste transitivité devient aussi évidente lorsque l'on multiplie la dénition par (x0 y 0 )2 :
1 − 2i 5 + 10i x ./ y ⇔ (x4 + 1)x02 ≡ (y 4 + 1)y 02
u2 = (−3 + 4i) = = 1 + 2i
5 5
Division euclidienne de u1 par u2 . 3. a. L'équation n'a pas de solution.
x ≡ −x mod p ⇒ 2x ≡ 0 mod p ⇒ p divise 2x
u1 −3 + 4i (−3 + 4i)(1 − 2i) 5 + 10i
= = = = 1 + 2i ∈ Z[i]
u2 1 + 2i 5 5 Ce qui est impossible car p est premier avec 2 et x.
Le reste est nul. Un G-pgcd est 1 + 2i. b. L'équation admet deux solutions 1 et p − 1. En eet 1 et p − 1 sont bien solutions
et
5. a. Formulation du G-théorème de Gauss. Soit u, v , w non nuls dans Z[i]. Si u est
x = x0 ⇒ x2 ≡ 1 mod p ⇒ (x − 1)(x + 1) ≡ 0 mod p
G-premier avec v et s'il G-divise vw alors il G-divise w. La démonstration est
exactement la même que dans Z ou dans un anneau de polynômes. d'où x ≡ 1 mod p ou x ≡ −1 mod p.

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c. Dans le cas où il existe a tel que a2 + 1 ≡ 0 mod p, les solutions sont a et p − a.


En eet, on a alors
a2 + 1 ≡ 0 mod p ⇒ a(−a) ≡ 1 mod p ⇒ a0 ≡ −a mod p ⇒ a0 = p − a
Réciproquement
x = p − x0 ⇒ x2 ≡ −1 mod p ⇒ x2 ≡ a2 mod p
donc x ≡ a mod p ou x ≡ −a mod p.
On a vu dans le calcul précédent que si x est solution alors x2 ≡ −1 mod p. Donc,
s'il n'existe pas de a tel que a2 + 1 ≡ 0 mod p, l'équation n'a pas de solutions.
4. Factorisation :
(x4 + 1)y 2 − (y 4 + 1)x2 = x2 y 2 (x2 − y 2 ) + y 2 − x2 = (x2 − y 2 )(x2 y 2 − 1)
On en déduit que la classe de x est l'ensemble des y annulant (modulo p) l'expression
du dessus. Elle est donc formée par x et p − x (qui annulent le x2 − y 2 ) et de x0 et
p − x0 (qui annulent le x2 y 2 − 1).
5. Le c÷ur de cette question est l'examen de la partition de I en classes d'équivalence.
D'après la question précédente, chaque classe semble être formée de 4 éléments de la
forme
x, p − x, x0 , p − x0
Or ces éléments ne sont pas toujours deux à deux distincts. Les équations de la question
3. permettent de préciser les classes particulières avec moins de 4 éléments.
 La relation x = p − x ne peut pas se produire.
 La relation x = x0 ne peut se produire que si x = 1 ou p − 1. Cela conduit à une
classe particulière {1, p − 1}.
 La relation x = p − x0 ne peut se produire que si p ∈ Pc . Dans ce cas elle conduit à
une seule classe particulière : {a, p − a}.
En conclusion :
 Si p ∈/ Pc . Il existe une seule classe particulière à deux éléments {1, p − 1}. Toutes
les autres (disons m) sont à 4 éléments. Par le principe du berger, on en déduit
p−1=2+m×4⇒p≡3 mod p
 Si p ∈ Pc . Il existe deux classes particulières à deux éléments {1, p − 1} et {a, p − a}.
Toutes les autres (disons m) sont à 4 éléments. Par le principe du berger, on en
déduit
p−1=2+2+m×4⇒p≡1 mod p
On a bien démontré que si p > 2 est un nombre premier, −1 est un carré modulo p si
et seulement si p est congru à 1 modulo 4.

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