0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
43 vues21 pages

Pollution harmonique et solutions techniques

Ce chapitre présente un état de l'art sur la pollution harmonique des réseaux électriques causée par le raccordement de charges non linéaires. Il décrit les effets néfastes de cette pollution et les solutions existantes pour la limiter. Le chapitre détaille ensuite les topologies des convertisseurs à prélèvement sinusoïdal ainsi que les techniques de modulation associées.

Transféré par

Racem Loukil
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
43 vues21 pages

Pollution harmonique et solutions techniques

Ce chapitre présente un état de l'art sur la pollution harmonique des réseaux électriques causée par le raccordement de charges non linéaires. Il décrit les effets néfastes de cette pollution et les solutions existantes pour la limiter. Le chapitre détaille ensuite les topologies des convertisseurs à prélèvement sinusoïdal ainsi que les techniques de modulation associées.

Transféré par

Racem Loukil
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 1 : Etat de l’art

Chapitre 1 : Etat de l’art

Introduction

Au cours des dix dernières années, on a assisté à une multiplication des convertisseurs
d’énergie électrique raccordés au réseau de distribution. Ces charges non linéaires absorbent
des courants non sinusoïdaux et les courants perturbateurs (harmoniques) de telles charges
sont à l’origine de distorsions sur l’onde de tension au travers de l’impédance de court-circuit
au point de raccordement. C’est cette pollution harmonique des réseaux, qui remet donc en
cause leur aptitude à délivrer une tension sinusoïdale quelle que soit la forme du courant
absorbé par la charge.
Plusieurs solutions existent pour lutter contre cette pollution harmonique. Le redressement à
correction de facteur de puissance disposé en série avec le convertisseur incriminé et le
filtrage actif placé en parallèle avec le convertisseur polluant. Ces deux solutions permettent
de limiter la pollution harmonique à la source.
Après une brève description de la pollution harmonique, des nuisances occasionnées par le
raccordement des charges non linéaires au réseau, et des solutions pour lutter contre cette
pollution, nous présenterons dans ce chapitre les différentes topologies des convertisseurs à
prélèvement sinusoïdal du courant. Nous évoquerons ensuite les contraintes de fiabilité liées à
ce type de convertisseurs. Nous rappellerons les différentes techniques de modulation
susceptibles d’être utilisées par les convertisseurs à prélèvement sinusoïdal, ainsi que les
possibilités qu’elles offrent pour améliorer la qualité de ces convertisseurs du point de vue de
la compatibilité électromagnétique. Nous terminerons par une brève présentation des objectifs
de notre étude ainsi que des outils utilisés.

I. La pollution harmonique
I.1. Principales charges polluantes

Outre les machines et les transformateurs, les sources principales de la pollution harmonique
ont pour origine les charges non linéaires, principalement les fours à arc (en ce qui concerne
les fortes puissances) et les convertisseurs d'énergie. On qualifie de charges non linéaires des

- 9 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

charges qui absorbent un courant non sinusoïdal, donc des courants harmoniques, même
lorsqu’elles sont alimentées par des tensions parfaitement sinusoïdales.
Les convertisseurs statiques sont les plus représentatifs de ces charges en terme de puissance
déformante générée :

- Les montages gradateurs, que ce soit pour les entraînements à faible puissance, pour les
systèmes d’éclairage et de chauffage ou pour les systèmes de conduite des réseaux.
- Les redresseurs de tension à diodes ou à thyristors, présents dans la métallurgie ou encore
dans les variateurs de vitesse.
- Les redresseurs de courant à diodes avec filtrage capacitif, présents dans les alimentations
des ordinateurs ou des téléviseurs.

A titre d’exemple, la forme d’onde et le spectre du courant absorbé par un redresseur triphasé
à diodes sont présentés sur la figure I.1.1.

Pont à diodes Forme d’onde du courant Spectre du courant


Ia[A] Ia[A]
30 17,50

15,00
20

12,50
10

10,00
0
7,50

-10
5,00

-20
2,50

-30 0,00
0 10 20 30 40 50 60 0,00 0,50 1,00 1,50 2,00

Temps [ms] Fréquence [kHz]

Figure I.1.1 : Exemple de charge polluante

I.2. Les effets de la pollution harmonique [SUB-90]

I.2.1. La nécessité de surdimensionner les équipements


Comme le fondamental du courant, les harmoniques participent à l’effet Joule dans tous les
conducteurs et imposent donc un surdimensionnement des câbles et des lignes, ce qui se
traduit, pour un réseau national, par des quantités élevées de matériaux supplémentaires.
Lorsque les conducteurs ne sont pas dimensionnés en conséquence, la circulation
d’harmoniques de courant conduit irrémédiablement à une surchauffe. Ainsi, pour les
installations triphasées, l’existence d’harmoniques de courant peut dans certains cas conduire
à la circulation d’un courant efficace dans le fil du neutre supérieur au courant dans chaque
phase. De ce fait, à section égale, la puissance dissipée par effet Joule dans le fil du neutre
peut atteindre jusqu’à trois fois celle d’un fil de phase. Le problème est souvent aggravé par le

- 10 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

fait que la section du fil du neutre est généralement plus petite que celle des fils de phase, car
en régime sinusoïdal le neutre ne conduit que les courants dus au déséquilibre entre les
phases.
Plus généralement et indépendamment de l’effet Joule, les effets des courants harmoniques
doivent être pris en considération au niveau du dimensionnement de chaque appareil, voire de
chaque composant [TOL-96]. Prenons, à titre d’exemple le redresseur à diodes de la figure
I.1.1, le choix des diodes constituant le pont ne peut être guidé par de simple considérations
sur la puissance active délivrée par le redresseur. En effet, ce type de convertisseur est connu
pour prélever des pics de courant sur le réseau électrique. Une contrainte forte lors du choix
des diodes : elles doivent être dimensionnées pour supporter ces pics de courant.

I.2.2. La dégradation de la qualité de la tension disponible sur le réseau


Les harmoniques de courants créent des harmoniques de tension du fait de l’impédance
(principalement inductive) du réseau. Les harmoniques du courant ont donc des effets
potentiels sur tous les dispositifs connectés au réseau. Les harmoniques de tension peuvent
notamment avoir des effets désastreux sur les filtres passifs anti-harmoniques des installations
industrielles. On peut aussi observer des couples oscillatoires dans les machines tournantes
connectées directement sur le réseau.

I.2.3. Le vieillissement prématuré du matériel


C’est un effet à long terme des harmoniques de courant. Ce vieillissement prématuré concerne
différentes catégories de matériel, principalement les condensateurs de compensation de
l’énergie réactive et les conducteurs de neutre. On observe notamment, une usure accélérée
des conducteurs et des composants traversés par les courants déformés et soumis à un
échauffement non prévu, et la dégradation des isolants soumis à des surtensions. Les effets à
long terme de la pollution harmonique ne se manifestent pas uniquement sur les éléments
électriques. Ainsi, dans le cas des machines tournantes connectées directement au réseau, les
couples oscillatoires générés par les harmoniques contribuent au vieillissement des éléments
mécaniques (roulements, réducteurs, …). Plus généralement, les harmoniques de courant sont
à l’origine d’efforts électrodynamiques non prévus et participant à l’usure prématurée des
éléments mécaniques [SUB-90].

- 11 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

I.2.4. Le dysfonctionnement de certains dispositifs de télécommande


Sur les réseaux de distribution d’énergie (EDF, réseaux ferroviaires) circulent non seulement
un courant fondamental assurant le transfert de la puissance électrique mais aussi des signaux
de télécommande ou de signalisation sous la forme de courants sinusoïdaux de faible
amplitude et de fréquence supérieure à la fréquence fondamentale. Les courants harmoniques
générés par les dispositifs de puissance peuvent leurrer les dispositifs de télécommande et de
signalisation et conduire à des informations erronées ou à des disfonctionnements. Afin de
pallier ces problèmes, les signaux de télécommande et de signalisation sont généralement
transmis à des fréquences qui ne sont pas multiples de la fréquence réseau (175 Hz par
exemple pour les signaux de télécommande EDF) [CHE-00]. Ainsi aucun des harmoniques
n’est sensé interférer avec les signaux de télécommande. Néanmoins cette parade n’est pas
toujours efficace car des phénomènes d’inter modulation peuvent réinjecter des perturbations
liées aux harmoniques de courant dans la bande des signaux de télécommande. Dans le
domaine de la traction ferroviaire, ces phénomènes d’inter modulation doivent être pris en
compte sur les réseaux d’alimentation des motrices électriques, car les signaux de
télécommande sont généralement liés à des impératifs de sécurité.

I.2.5. Les problèmes de résonances sur les bancs de condensateurs


Les bancs de condensateurs de compensation d’énergie réactive des installations industrielles
constituent des circuits résonants LC avec les inductances des lignes de distribution et des
transformateurs. On peut donc en présence d’harmoniques de courant observer l’apparition de
tensions harmoniques très importantes conduisant à la destruction des équipements.
Cette liste n’est pas exhaustive, car les problèmes rencontrés peuvent être extrêmement variés
(bruits acoustiques sur les appareils HI-FI [TOL-96], bruits acoustiques dans les ballasts des
éclairages fluorescents [TOL-96], vibration et bruits acoustiques dans les moteurs, les
inductances et les transformateurs [TOL-96], mauvaise qualité d’image sur les téléviseurs et
les moniteurs, interférence avec certains dispositifs de télécommunication, etc.).

I.3. Réglementations et normes

Le niveau des perturbations électriques engendrées par les appareils électriques sur le réseau
basse tension peut être qualifié à l’aide du facteur de puissance, du spectre du courant absorbé
et du spectre des ondes électromagnétiques rayonnées. Le facteur de puissance permet
d’estimer la puissance apparente transitée par l’appareil, qui peut être plus grande que la
puissance active consommée (Annexe -A-).

- 12 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

Depuis le 5 août 1995, la norme européenne EN 61000-3-2 [NOR-95], qui traite de la


limitation des courants harmoniques injectés dans le secteur par les appareils électriques, est
entrée en vigueur. Elle définit les limites des harmoniques du courant qui peuvent être
produits par ces appareils (consommation inférieure à 16A par phase). Cette limitation a
introduit une classification des appareils de la manière suivante :
Classe A : Appareil triphasé équilibré et tout autre appareil à l’exception de ceux qui sont
indiqués dans l’une des classes suivantes.

Classe B : Outils portatifs (outils électriques tenus à la main pendant leur fonctionnement
normal et utilisés pendant une courte période uniquement).

Classe C : Appareil d’éclairage y compris les dispositifs variateurs de lumière.

Classe D : Appareil ayant un courant d’entrée à "forme d’onde spéciale" et dont la


puissance active est inférieure à 600W.
Dans notre cas, compte tenu de la puissance pour laquelle le convertisseur étudié sera
dimensionné, c’est la classe ‘A’ qui spécifiera la limitation des courants harmoniques. Les
valeurs limites pour les appareils de classe A sont données dans le tableau I.1.1.

Rang d’harmonique Courant harmonique maximal autorisé


n A (eff)
Harmoniques impairs
3 2.30
5 1.14
7 0.77
9 0.40
11 0.33
13 0.21
15 ” n ” 39 0.15*15/n
Harmoniques pairs
2 1.08
4 0.43
6 0.30
8 ” n ” 40 0.23*8/n

Tableau 1.1 : Limites pour les émissions des courants harmoniques (EN 61000-3-2)

I.4. Réduction de la pollution harmonique

Bien au-delà des contraintes normatives, nous avons vu que la minimisation des perturbations
harmoniques au sein d’un dispositif électrique évite un surdimensionnement, permet une
augmentation de sa fiabilité, une réduction de sa fatigue mécanique et une discrétion

- 13 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

acoustique… Pour pallier les problèmes générés par les convertisseurs et notamment la
production d’harmoniques, plusieurs solutions peuvent être envisagées : les solutions
traditionnelles reposent sur des composants passifs (inductances, condensateurs,
transformateurs) [SO-96], et les nouvelles solutions reposent sur des dispositifs actifs (filtres
actifs, redresseurs à absorption sinusoïdale des courants) [SO-96] [SAN-03].

I.4.1. Transformateur à secondaire zig-zag

L’utilisation d’un couplage zig-zag au secondaire (figure I.1.2) permet d’éviter le transfert de
la composante homopolaire (harmonique de rang 3n, n entier naturel) au primaire. Elle est
bien adaptée au cas de charges non linéaires du type redresseurs de courant et gradateurs, dont
le contenu harmonique homopolaire est statistiquement très élevé [SO-96].

Figure I.1.2 : Transformateur Yz

I.4.2. Transformateur à plusieurs secondaires

Un autre exemple est l’utilisation de transformateur ou autotransformateur avec plusieurs


secondaires déphasés. Le plus connu de ces montages, représenté sur la figure I.1.3, est le
redresseur constitué de deux ponts à thyristors alimentés par un transformateur à deux
secondaires dont l’un est en étoile et l’autre en triangle. Ainsi, les deux ponts sont alimentés
par des systèmes de tensions décalées de 30° entre elles. Cette approche est basée sur le fait
que le courant d’entrée de chaque pont est formé de créneaux positifs de largeurs 2S/3 suivi
S/3 plus loin de créneaux négatifs de même largeur [XU-94]. Sous la condition que les
redresseurs fournissent des courants continus identiques, il y a recombinaison des courants
harmoniques au primaire du transformateur : les harmoniques de rang 6n ± 1 (n entier naturel
impair) sont éliminés. Les premiers harmoniques éliminés par l’utilisation du pont
dodécaphasé sont les harmoniques de rang 5 et 7 (n = 1) qui ont les amplitudes les plus
grandes. Les premiers harmoniques présents sont le 11 et le 13. La forme du courant résultant
au primaire, représentée sur la figure I.1.4, dont le contenu harmonique ne comporte plus que
des harmoniques de rang 12n ± 1 (n entier naturel impair) est beaucoup plus proche d’une

- 14 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

sinusoïde que le courant obtenu avec un seul redresseur. Grâce à ce montage, on repousse le
rang du premier harmonique présent sur le réseau, ce qui constitue une solution à la réduction
du taux de distorsion harmonique.
Il est possible d’étendre cette propriété : en augmentant le nombre de redresseurs et le nombre
de secondaires du transformateur avec des déphasages relatifs appropriés, d’autres
harmoniques de courant peuvent être éliminés. Ainsi, l’association de 3 redresseurs connectés
avec des phases décalées deux à deux de 20° donne un courant à 18 niveaux. C'est-à-dire que
seuls restent les harmoniques de rang 18n ± 1. L’association de 4 redresseurs connectés avec
des phases décalées deux à deux de 15° donne un courant à 24 niveaux.

ǻ
ǻ

Figure I.1.3 : Schéma de principe d’un redresseur à 2 ponts décalés

1
Is1 /Io [A]
0

-1

1
Is ' 1 / Io [A]
0

-1

1
Ip1 /Io [A]
0

-1
0.04 0.05 0.06 0.07 0.08 0.09 0.1
Temps [s]

Figure I.1.4 : Forme d’onde des courants absorbés aux secondaires


et résultante au primaire

Cette solution est intéressante dans la mesure où elle permet de réduire le contenu spectral des
courants de charge et donc d’obtenir des taux de distorsion harmonique en courant
relativement faibles. En revanche, ces montages sont complexes et onéreux. Leur utilisation

- 15 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

se cantonne donc aux redresseurs de très fortes puissances. A titre d’exemple, l’électrolyse de
l’aluminium qui fait appel à des puissances de plusieurs MW utilise des montages allant
jusqu’à 72 phases [GUF-00].

I.4.3. Le filtrage passif

Il s’agit généralement de circuits LC placés en parallèle sur le réseau, comme illustré sur la
figure I.1.5, et accordés sur la pulsation de l’harmonique à atténuer. Le filtre, qui présente une
impédance minimale pour sa fréquence d’accord, se comporte comme un court-circuit pour
l’harmonique considéré. Simple, ce mode de filtrage présente toutefois plusieurs
inconvénients. Il est sélectif, ainsi si on souhaite atténuer plusieurs rangs d’harmoniques,
autant de filtres sont nécessaires, ce qui peut poser des problèmes en terme d’encombrement.
Par ailleurs, le filtre est raccordé à l’impédance variable du réseau et il se peut que cette
dernière forme avec lui un circuit résonant : les harmoniques aux fréquences voisines de la
fréquence de résonance risquent alors d’être amplifiés.

Figure I.1.5 : Filtrage passif des harmoniques

Enfin dans le cas d’une installation, du type réseau embarqué par exemple, soumise à des
variations importantes de la fréquence (de l’ordre de 10%), de la puissance de court-circuit et
où les fréquences de certains harmoniques sont variables (fonction de la vitesse), les filtres
passifs sont mal adaptés : pour être toujours efficaces, ils doivent être à large bande, ce qui
rend leur réalisation délicate et entraîne une augmentation des pertes, de leur puissance, de
leur volume et de leur coût.

I.4.4. Le filtrage actif

Le principe du filtrage actif est de compenser les harmoniques présents sur le réseau en
injectant des harmoniques de même amplitude mais en opposition de phase. On peut agir sur
les courants harmoniques (figure I.1.6) injectés par une charge polluante (filtrage actif shunt

- 16 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

ou parallèle) mais aussi sur les tensions harmoniques présentes sur le réseau (figure I.1.7) afin
de protéger une installation sensible (filtrage actif série).
Le filtrage série est destiné à protéger les installations sensibles aux perturbations provenant
du réseau telles que les harmoniques en tension, les surtensions,…. En revanche, le filtrage
série ne permet pas de compenser les courants harmoniques consommés par la charge [GUF-
00].

charge
réseau
polluante

courant absorbé par la charge


courant fourni par le réseau filtre actif
parallèle

courant absorbé par le filtre

Figure I.1.6 : Filtrage actif parallèle

tension réseau tension sinusoïdale

réseau filtre actif charge


série sensible

Figure I.1.7 : Filtrage actif série

Exemple : le filtrage actif parallèle

Le filtre actif parallèle est un convertisseur statique connecté au réseau en parallèle sur la
charge polluante (figure I.1.8). Il est commandé pour absorber un courant compensant les
harmoniques prélevés au réseau par la charge polluante. Globalement, c’est un courant
sinusoïdal qui circule sur le réseau. Plusieurs solutions technologiques à base d’électronique
de puissance sont envisageables. Selon que la source de courant commandée est construite à
partir d’un onduleur de tension (figure I.1.8a) ou d’un commutateur de courant (figure I.1.8b),
le filtre actif est dit à "structure tension" ou à "structure courant". Dans tous les cas les filtres
actifs n’échangent théoriquement aucune énergie active avec le réseau, si l’on fait abstraction
des pertes dans les composants.

- 17 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

Les filtres actifs ont fait l’objet de divers travaux de recherche concernant les structures
possibles de convertisseurs [LOT-95], les commandes envisageables [GUF-00] ou
l’amélioration de la robustesse et des performances dynamiques [GUF-00]. Des filtres actifs
sont d’ores et déjà proposés sur le marché par les industriels. C’est en effet une solution très
confortable pour l’utilisateur : le fait de connecter une "boîte noire" sur un appareillage
électrique le rend immédiatement conforme aux normes. Toutefois, ces filtres sont
dimensionnés pour une puissance donnée, et doivent être réétudiés si la charge varie.

réseau réseau

(a) Structure tension (b) Structure courant


Figure I.1.8 : Exemple de filtres actifs parallèles

I.4.5. Le redressement avec prélèvement sinusoïdal du courant (PFC)

Dans le cas du filtrage actif parallèle, pour compenser exactement les harmoniques de courant
générés par un redresseur de 6 kW un filtre actif de 6 kVA est nécessaire. Ce filtre peut être
constitué de n’importe quel convertisseur statique dont le courant d’entrée est contrôlable.
Théoriquement un filtre actif ne consomme que les puissances réactive et déformante.
Toutefois, vue les dispositifs de stockage d’énergie (condensateurs ou bobines) et les pics en
courant (dus aux harmoniques à compenser), pratiquement le filtre actif est dimensionné pour
une puissance équivalente à celle de la charge à compenser.
On peut donc se demander s’il n’est pas plus avantageux d’utiliser directement un
convertisseur AC/DC dont le courant d’entrée est asservi à une sinusoïde [CHE-00] [BEN-
98]. Ces convertisseurs statiques à absorption quasi sinusoïdale de courant sont appelés PFC
(Power Factor Corrector) : le courant d’entrée est asservi à une sinusoïde de référence par une
technique de découpage. L’amplitude de la référence est donnée par une boucle de régulation

- 18 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

de la tension redressée. Le paragraphe II est consacré à la description des différentes


structures triphasées à prélèvement sinusoïdal.

II. Convertisseur AC/DC à prélèvement sinsoïdal


Nous allons dans ce paragraphe présenter quelques structures triphasées permettant
d’effectuer la conversion alternatif/continu avec prélèvement sinusoïdal du courant.
Etant donné le nombre important des travaux publiés dans ce domaine [KOL-99] [MAO-97]
[SIN-00], une présentation exhaustive de toutes les structures existantes dépasse le cadre de
ce mémoire. Toutefois, il existe trois familles de redresseurs qui permettent de caractériser
tous ces convertisseurs. Il s’agit des redresseurs : élévateurs (Boost), abaisseurs (Buck) et
abaisseur / élévateur (Buck-Boost).
Le nombre important de publications reflète l’intérêt d’améliorer la qualité de l’énergie
électrique [WAT-03], et aussi une certaine maturité dans cette thématique de recherche.
Cependant, le nombre des publications sur les structures Buck-Boost bidirectionnelles en
courant est moins important [KIK-02] [SHI-02]. Cela peut s’expliquer par la complexité de la
commande de ces structures, engendrant un coût de réalisation élevé non justifié dans l’état
actuel des contraintes normatives.
Dans ce paragraphe, nous avons choisi de présenter les structures de redresseurs à
prélèvement sinusoïdal suivant leur classement par familles, avec une brève description pour
chacune d’entre elles.

II.1. Redresseurs élévateurs

II.1.1. Pont PD3 suivi d’un hacheur parallèle

La figure I.2.1 présente la structure la plus simple des redresseurs à prélèvement sinusoïdal,
ne nécessitant qu’un seul interrupteur commandable.

Figure I.2.1 : Pont PD3 suivi d’un hacheur parallèle

- 19 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

Ce montage économique permet le découpage du courant d’entrée de sorte qu’il n’y ait pas
d’harmoniques en basse fréquence [PRA-89] [KOL-93]. Le courant absorbé présente
cependant des ondulations élevées à la fréquence de découpage du hacheur, et nécessite donc
la présence d’un filtre passif (LC) encombrant en entrée. La tension de l’étage continu doit
être asservie à une valeur supérieure au maximum de la tension composée en entrée afin
d’assurer le contrôle du courant absorbé sur le réseau. Ce convertisseur ne convient que pour
une gamme de puissance inférieure à 8 kW [JAN-98].

II.1.2. Pont PD3 suivi d’un hacheur à deux interrupteurs

Figure I.2.2 : Pont PD3 d’un hacheur à deux interrupteurs

Cette structure (figure I.2.2) fonctionne dans des gammes de puissance plus importantes que
la précédente [MOH-92]. Le principe de fonctionnement est différent, car la commande est
inspirée du principe du filtrage actif. La commande du hacheur assure deux fonctions :
l’asservissement de la tension de sortie et l’injection d’harmoniques en opposition de phase
avec ceux générés par le pont redresseur PD3 dans le réseau, via des filtres LC [MOH-92].
Ceci permet de réduire la puissance déformante. Les filtres LC sont accordés pour
l’harmonique de rang 3. Dans [SAL-96] une approche utilisant la commutation des
interrupteurs au lieu du filtre LC, est présentée.

II.1.3. Redresseur Boost trois niveaux (Redresseur VIENNA)

Le circuit de puissance de cette structure est illustré sur la figure I.2.3. Cette structure contient
trois interrupteurs commandables. Avec un système de commande relativement simple [KOL-
94] [KOL-96] on obtient un facteur de puissance proche de 1. La difficulté de cette structure

- 20 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

réside dans l’asservissement de la tension continue, car l’équilibre entre les tensions aux
bornes des deux condensateurs doit être soigneusement maintenu [OOI-85] [WU-88] [WU-
91]. En plus des deux sources de tension continues, cette structure offre aussi la possibilité de
contrôler le déphasage courant tension, sans dépasser toutefois 30° [KOL-94], ce qui reste
insuffisant pour assurer la bidirectionnalité en puissance. Par contre si la bidirectionnalité en
courant n’est pas nécessaire, ce convertisseur est très avantageux.

Figure I.2.3 : Redresseur VIENNA

II.1.4. Redresseur Boost réversible en courant

C’est le convertisseur le plus répandu dans les applications à prélèvement sinusoïdal. Sa


réversibilité en puissance le rend très populaire et il peut être utilisé en redresseur ou en
onduleur. La plupart des travaux publiés sur les convertisseurs à prélèvement sinusoïdal
concernent cette structure [HAB-93] [LEE-00] [MAL-01]. La figure I.2.4 illustre le circuit de
puissance de ce convertisseur.
Dernièrement, les travaux menés sur ce convertisseur concernent son perfectionnement ainsi
que son utilisation en dehors du mode normal de fonctionnement. Par exemple le
fonctionnement en surmodulation [HOL-93], en régime triphasé déséquilibré [MAL-01], ou la
réduction du coût de réalisation en réduisant le nombre des capteurs utilisés [BHO-97] [LEE-
99] [LEE -02].
A cette structure nous pouvons associer tous les convertisseurs multiniveaux bidirectionnels
fonctionnant en mode onduleur de tension et en mode redresseur à prélèvement sinusoïdal
[NAB-81], comme le montre la figure I.2.5.

- 21 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

Figure I.2.4 : Redresseur Boost (réversible)

Figure 1.2.5 : Redresseur trois niveaux clampé par le neutre (réversible)

Indépendamment de la réversibilité en courant, les structures Boost ne sont intéressantes que


lorsque la tension de sortie est supérieure à la tension instantanée maximale de l’alimentation.
Elles ne peuvent être utilisées directement dans des applications nécessitant une tension
continue inférieure à la tension alternative. En plus, cette famille de redresseurs présente un
grand défaut, qui est le pic de courant lors de la mise sous tension, ce qui nécessite des
circuits auxiliaires de précharge des condensateurs pendant la phase de démarrage.
La deuxième famille de redresseurs, regroupe tous les convertisseurs fonctionnant en mode
abaisseur de tension (Buck). Cette famille permet d’avoir des niveaux de tensions plus bas en
sortie, ainsi qu’un contrôle du courant d’entrée dès la mise sous tension.

II.2. Redresseurs abaisseurs

II.2.1. Pont PD3 suivi d’un hacheur série

Dans ce convertisseur (figure I.2.6), le courant d’entrée ne peut être prélevé à la source que si
la tension d’entrée est supérieure à la tension de sortie. En conséquence, le courant d’entrée
prélevé aura de fortes composantes harmoniques de rangs faibles. De plus, le courant d’entrée
est haché ce qui explique l’utilisation du filtre LC du côté réseau [ISM-92]. Si on désire un
fonctionnement continu tout au long de la période réseau, ce convertisseur se trouve écarté.

- 22 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

Figure I.2.6 : Pont PD3 suivi d’un hacheur série

II.2.2. Redresseur Buck (3 interrupteurs IGBT)

La figure I.2.7 illustre le circuit de puissance d’un redresseur Buck. Les travaux de [MAL-87]
ont démontré que l’absorption sinusoïdale du courant peut être obtenue facilement par ce
redresseur, et que cet état de fonctionnement n’est assuré que lorsque le déphasage courant
tension d’entrée est compris entre -30° et +30°. Pour ij = 0°, la tension de sortie est inférieure
de 10% à la tension d’alimentation, et ce pourcentage augmente lorsque le déphasage
s’éloigne de 0°. Baumann [BAU-01] a approfondi l’étude de ce convertisseur en évaluant
expérimentalement les pertes dues aux commutations ainsi que sa fiabilité.

Figure I.2.7 : Redresseur Buck (3 IGBT)

II.2.3. Redresseur Buck (6 IGBT)

Les circuits de puissance correspondant à cette structure sont illustrés sur la figure I.2.8. Ce
convertisseur peut être considéré comme une extension du redresseur à thyristors [KAT-79]
[BUS-82] [WIE-84] [ZIO-85]. Chaque thyristor est remplacé par un IGBT avec une diode en
série. Cette structure assure le prélèvement sinusoïdal. Cependant, le courant absorbé présente
des ondulations élevées à la fréquence de découpage, et nécessite la présence d’un filtre passif
(LC) en entrée. L’inconvénient majeur de ce convertisseur est celui des pertes en conduction
dues à la présence des diodes [WAL-01].

- 23 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

(a) Structure courant (b) Structure tension


Figure I.2.8 : Redresseur Buck (les deux configurations d’utilisation possible)

Cette famille de convertisseurs ne nécessite pas de circuits auxiliaires pour la phase de


démarrage, parce que les courants sont contrôlés dès la mise sous tension. Cependant malgré
cet avantage, les redresseurs abaisseurs ne sont presque jamais utilisés pour assurer un
prélèvement sinusoïdal du courant car leurs performances restent limitées en régime
permanent.
Après cette description des structures Boost et Buck, nous pouvons déduire que pour pallier
les défauts de ces deux structures, il faut avoir un convertisseur regroupant les deux
fonctionnalités. Dans le paragraphe qui suit, sera présentée succinctement la famille des
structures qui remplissent la fonction abaisseur/élévateur avec absorption sinusoïdale du
courant.

II.3. Redresseurs abaisseurs/élévateurs

II.3.1. Redresseur VIENNA avec stockage intermédiaire de l’énergie

Les figures (I.2.9 et I.2.10) présentent deux structures améliorées du redresseur élévateur
VIENNA. Afin d’assurer un fonctionnement abaisseur/élévateur, des circuits de stockage
intermédiaires sont ajoutés [PAN-99] [SHI-00]. Comme le redresseur VIENNA, ces deux
structures ne permettent pas d’avoir une réversibilité en courant.

Figure I.2.9 : Redresseur VIENNA à accumulation capacitive

- 24 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

Figure I.2.10 : Redresseur VIENNA à accumulation capacitive et inductive

Le cas de la figure I.2.9 est inspiré du concept du hacheur à accumulation capacitive [PAN-
99]. Le second convertisseur (figure I.2.10), est inspiré de la structure SEPIC (Single Ended
Primary Inductance Converter) [KOL-97] [SHI-00].

Dans [KOL-97] le principe de fonctionnement ainsi que des résultats de simulation ont été
présentés. Toutefois les auteurs n’ont pas approfondi leur travail avec une étude
expérimentale et/ou une étude de la fiabilité comme dans le cas du redresseur Buck. Cela peut
s’expliquer, à notre avis, par la complexité engendrée par le nombre important de composants
passifs ajoutés à la structure de base.

II.3.2. Redresseur Buck-Boost réversible

Dans ce type de convertisseur, des circuits LC de stockage intermédiaire ainsi qu’un


interrupteur commandable à l'ouverture/fermeture sont ajoutés à la structure Boost (figure
I.2.4) afin d’assurer le fonctionnement abaisseur/élévateur [TSA-99] [MAR-98]. Les deux
redresseurs correspondant à cette famille sont illustrés dans les figures I.2.11 et I.2.12.

Figure I.2.11 : Redresseur SEPIC réversible

- 25 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

Figure I.2.12 : Redresseur à accumulation capacitive réversible (Cuk)

Le stockage intermédiaire de l’énergie modifie la commande par rapport à celle de la structure


Boost. Le principe de cette commande est basé sur la notion du vecteur de commande utilisé
dans la MLI vectorielle (paragraphe III.2) [KIK-00]. Ainsi les vecteurs de commande ‘zéro’
[TSA-99] correspondent à la fermeture du septième interrupteur (quatrième bras), permettant
de charger le condensateur de stockage intermédiaire et la bobine libère l’énergie
emmagasinée vers le condensateur de sortie afin d’assurer une tension continue et stable. Les
vecteurs de commande ‘actifs’ correspondent à l’ouverture du septième interrupteur. Pour ces
vecteurs actifs, la commande coïncide avec celle des convertisseurs Boost.

Les structures réversibles SEPIC (figure I.2.11) et Cuk (figure I.2.12) ont été étudiées
respectivement dans les travaux de [SHI-02] et [KIK-02]. Le principe de la commande est
exactement le même dans les deux structures. La seule différence significative concerne les
circuits logiques permettant de générer la commande des sept interrupteurs à partir de la MLI
vectorielle standard (six interrupteurs). Dans le cadre de ce mémoire, notre travail porte sur la
conception d’une nouvelle technique de commande de la structure Cuk réversible. Le principe
de notre méthode pourra facilement être adapté à la structure SEPIC réversible.

II.4. Fiabilité des convertisseurs à prélèvement sinusoïdal

Ces convertisseurs constituent une fonction incontournable de l’électronique de puissance,


présente dans les domaines d’application les plus variés, dont le plus connu sans doute est
l’étage en amont des variateurs de vitesse des machines à courant alternatif. Le prélèvement
sinusoïdal du courant nécessite l’utilisation de boucles d’asservissement du courant de phase
par rapport à des sinusoïdes de référence. Ainsi, des capteurs mesurant les courants prélevés
sont nécessaires dans tous ces systèmes [KOL-99] [LEE-00]. Cependant l’utilisation de ces
capteurs de mesure impose un contact direct entre le système de commande et le réseau

- 26 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

d’alimentation. Cette commande étant réalisée dans la majorité des cas avec des circuits
numériques sensibles, les perturbations provenant du réseau peuvent entraîner le
dysfonctionnement de ces circuits, voire même leur destruction.

En plus de l’asservissement des courants alternatifs, la commande doit aussi assurer une
tension continue en sortie quelle que soit la nature de la charge. Cette fonction nécessite
l’asservissement en temps réel de la tension de sortie en tenant compte de deux paramètres : la
tension de sortie et le courant dans la charge [LEE-00]. La connaissance de ces deux
paramètres exige une augmentation du nombre des capteurs afin de mesurer ces deux signaux.
En conséquence, cette augmentation du nombre de capteurs engendre une augmentation
considérable du coût de la réalisation. De plus, d’après [B-E380], le nombre de capteurs et de
composants utilisés est inversement proportionnel à la fiabilité des convertisseurs statiques.
C’est pour cette raison que depuis 1997, plusieurs travaux ciblent la réduction du nombre de
capteurs dans les convertisseurs à prélèvement sinusoïdal, plus particulièrement la structure
Boost réversible en courant. Les travaux les plus récents [LEE-02] ont permis de réaliser un
nouveau système de commande, pour la structure Boost, n’utilisant aucun capteur du côté
alternatif.

Le fonctionnement en mode PFC impose l’utilisation des techniques de modulation de largeur


d’impulsion (MLI) ou Pulse Width Modulation (PWM), afin de réduire les harmoniques de
courant, en s’appuyant sur les performances en fréquence de découpage permises par les
composants à semi-conducteurs.
Le paragraphe III présente le principe de la modulation MLI ainsi que quelques nouvelles
techniques de modulation permettant d’améliorer la qualité des convertisseurs à prélèvement
sinusoïdal.

III. Techniques de modulation


L’utilisation de la modulation MLI permet d’éliminer les premiers rangs d’harmoniques de
courant afin d’améliorer le facteur de puissance. Cependant, cette technique ne résout pas
totalement le problème des harmoniques de courant, parce que les harmoniques disparus en
basse fréquence, apparaissent en haute fréquence (aux multiples de la fréquence de
découpage) figure I.3.1. Afin de pallier ce défaut, de nouvelles techniques de modulation sont
apparues, telle que la modulation à découpage aléatoire.

- 27 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

III.1. Modulation MLI

La modulation MLI est fortement inspirée des techniques utilisées dans la transmission de
l’information. Elle consiste à moduler une onde porteuse (issue d’un découpage à fréquence
‘Fd’) par une onde modulante (fréquence ‘Fs’) à fréquence beaucoup plus basse.
Il existe néanmoins une différence fondamentale puisque à l’inverse de la transposition
spectrale recherchée en transmission, une composante basse fréquence est générée à partir de
l’onde porteuse. Pour obtenir ce résultat, c’est la valeur moyenne de cette onde porteuse
définie sur la période ‘Td’ qui est modulée tandis qu’elle reste nulle en transmission. Le
principe et les résultats purement qualitatifs de cette technique de modulation sont donnés
dans la figure I.3.1.

Td Ts

Fs
Fd

Figure I.3.1 : Exemple de modulation MLI

La modulation MLI peut être décomposée en deux grandes familles. La première famille
rassemble les stratégies autorisant des modifications de la largeur d’impulsion imposées par
les variations d’une grandeur instantanée générée par les organes de contrôle, à l’échelle de la
période de découpage ‘Td’. On parle alors de MLI instantanées, qui peuvent être locales
(commande d’une cellule ou interrupteur) ou globales (gestion vectorielle de la commande de
plusieurs cellules). Elles correspondent généralement à des cas pour lesquels la fréquence de
découpage ‘Fd’ est grande devant la fréquence fondamentale ‘Fs’ [F-D3176].
La seconde famille inclut les stratégies dans lesquelles les formes de l’onde découpée sur une
période fondamentale sont calculées a priori pour minimiser les composantes harmoniques
parasites, à valeur donnée de la composante fondamentale. Les résultats de ces calculs sont
mémorisés puis utilisés selon les besoins en cours de fonctionnement. On ne peut changer de
configuration qu’à l’échelle de la période de modulation ‘Ts’ (Ts/4 en monophasé, Ts/6 en
triphasé). Le principe de cette stratégie empêche d'agir en temps réel à l'échelle de la période

- 28 / 188 -
Chapitre 1 : Etat de l’art

de découpage et l'on perd donc le caractère quasi-instantané nécessaire pour la commande des
convertisseurs à prélèvement sinusoïdal des courants.
Comme l’objectif est de contrôler en temps réel le courant d’entrée, seule la première famille
de modulation présente un intérêt dans la commande des convertisseurs à prélèvement
sinusoïdal. En particulier en triphasé, la MLI vectorielle reste une stratégie incontournable
dans la conception de ce type de convertisseur [HOL-92].

III.2. MLI vectorielle

L’apparition du concept de la MLI vectorielle correspond au développement des techniques


de commande des machines à courant alternatif qui utilisent largement les transformations et
changement de repère (Park, Clarke, Concordia) et procède d’une vision globale du système
polyphasé. La commande d’un redresseur réversible triphasé peut donc se concevoir dans ce
cadre [ALL-02]. Pour présenter le principe des MLI vectorielles, nous avons choisi le cas
d’un onduleur triphasé (ou redresseur triphasé "Boost") qui facilite grandement l’explication
de cette approche.

ȕ
E 2/3
vĮȕ 3 vĮȕ 2
(010) (110)
II

III I
vĮȕ 4 vĮȕ 1
(011) (100)
VI
Į
IV

V
vĮȕ 5 vĮȕ 6
(001) (101)

(a) Structure (b) Tension de sortie dans le repère Į, ȕ


Figure I.3.2 : Onduleur triphasé

Si l’on s’appuie sur le schéma de la figure I.3.2a, il apparaît clairement que l’objectif final est
de contrôler le système triphasé {vaN,vbN,vcN} aux bornes d’une charge triphasée équilibrée.
On peut alors se ramener à un vecteur diphasé, image du système triphasé, à travers la
transformation de Concordia inverse.
La commande en MLI vectorielle de l’onduleur consiste à le piloter dans le repère Į, ȕ, dans
lequel il peut générer six vecteurs dont la représentation est donnée sur la figure I.3.2b. Si l’on
utilise directement ces états, on se place dans le cadre limité de la commande pleine onde.
Pour contrôler le vecteur (vĮ, vȕ) en phase et en amplitude, il faut ajouter un aspect temporel,
c’est à dire la modulation de largeur d’impulsion. On fabrique un vecteur moyen à l'échelle de

- 29 / 188 -

Vous aimerez peut-être aussi