EBIOS:Expressions des Besoins et Identification des Objectifs de Sécurité
ISACA:Information System Audit and Control Association
ISO: International Standards Organization
MEHARI: Méthode Harmonisée d'analyse des Risques
OCTAVE:Operationally Critical Treat and Vulnerability Evaluation
L'audit interne
est défini comme une activité indépendante et objective qui donne à une
organisation une assurance sur le degré de maîtrise de ses opérations, lui
apporte ses conseils pour les améliorer, et contribue à créer de la valeur ajoutée.
La finalité de beaucoup d'activités et d'opérations effectuées en entreprise est de
produire des informations financières et opérationnelles fiables dont il faut
assurer l'intégrité et la protection.
Les normes telle que ISO 27000 adoptent une approche basée sur les processus
pour la création, la mise en oeuvre, l'utilisation, la surveillance, l'analyse, le
maintien et l'amélioration des systèmes de gestion de la sécurité de l'information.
En effet le système d'information est une organisation des ressources destinées
à traiter l'information, soit pour produire, soit pour [Link] but de la sécurité de
l'information est de mettre en place des méthodes et des technologies afin
d'éliminer, ou du moins de minimiser, les menaces qui planent sur le système
d'information
l'audit est défini comme un processus méthodique, indépendant et documenté
permettant d'obtenir des preuves d'audit et de les évaluer de manière objective
pour déterminer dans quelle mesure les critères d'audit sont satisfaits
. Son rôle est d'assurer la bonne santé de toutes les fonctions au sein même de
l'organisation
Il n'y a pas d'audit interne sans dispositif de contrôle interne. De ce fait, l'audit
interne est une fonction d'appréciation et d'évaluation dont la tâche essentielle est
notamment la validation et le maintien du contrôle interne. Sa mission principale
est de s'assurer que les objectifs de contrôle interne s'inscrivent dans une
approche globale du management des risques (COSO I et COSO II) et qu'ils sont
relativement atteints.
o l'atteinte des objectifs stratégiques de l'organisation ;
o la fiabilité et l'intégrité des informations financières et opérationnelles ;
o l'efficacité et l'efficience des opérations et des programmes ;
o la protection des actifs ;
o le respect des lois, règlements, règles, procédures et contrats.
La sécurité de l'information
Le manuel de préparation CISA (ISACA, 2011 : 101) définit l'information comme
étant des « données dotées de sens et d'objet ».
Selon Moisand et Garnier De Labareyre (CobiT, 2009 : 31), l'information présente
7 critères précis significatifs pour chacune des entités de l'entreprise :
o efficacité : la mesure par laquelle l'information contribue au résultat des
processus métier par rapport aux objectifs fixés ;
o efficience : la mesure par laquelle l'information contribue au résultat des
processus métier au meilleur coût
o confidentialité : la mesure par laquelle l'information est protégée des
accès non autorisés;
o intégrité : la mesure par laquelle l'information correspond à la réalité de la
situation ;
o disponibilité : la mesure par laquelle l'information est disponible pour les
destinataires en temps voulu ;
o conformité : la mesure par laquelle les processus sont en conformité avec
les lois, les règlements et les contrats ;
o fiabilité : la mesure par laquelle l'information de pilotage est pertinente.
Facettes de la sécurité de l'information qui sont:
o la sécurité physique : liée aux systèmes matériels et à l'environnement
(locaux, alimentation électrique, climatisation ...) ;
o la sécurité logique et applicative : liée aux logiciels et applications
(contrôle d'accès et protection de données) ;
o la sécurité de l'exploitation : procédures de maintenance des systèmes,
les mises à jour, plan de sauvegarde et plan de secours ;
o la sécurité des télécommunications : liée aux infrastructures de réseaux.
Selon la norme ISO/IEC 27001 : 2005, la sécurité de l'information se caractérise
par les cinq piliers suivants de l'information :
o l'intégrité : qui assure que la donnée reçue est la même que celle qui a été
émise, c'est à dire qu'elle n'a pas été corrompue.
o la confidentialité : qui assure que la donnée reste privée durant la
transmission pour que seules les personnes concernées aient la possibilité
de la traiter. Il faudrait pour cela un message crypté ou une clé d'accès
détenue uniquement par le(s) destinataire(s) concerné(s). La divulgation
d'informations privées (perte de la confidentialité) ou le transfert
d'informations privées à un destinataire autre que celui concerné, peut
affecter la crédibilité de l'entreprise et surtout favoriser la concurrence.
o la disponibilité : qui assure que la donnée est présente et accessible à
tout moment. L'indisponibilité des informations en temps réel pourrait
entrainer un retard considérable dans les tâches à accomplir et
occasionner par la suite la perte de clients et donc des pertes financières.
o la non-répudiation : qui permet de s'assurer de l'identité réciproque à la
fois de l'émetteur et du destinataire. Aussi qui permet de garantir qu'une
transaction ne peut être niée par aucun des correspondants. Déroger au
principe de non répudiation entraine une non-traçabilité des conversations
ou messages entre l'émetteur et le destinataire et donc un non suivi quant
au respect de la confidentialité des informations (divulgation frauduleuse
d'informations).
o l'authentification : qui permet de s'assurer de la véracité de l'identité de
l'utilisateur qui souhaite accéder à des données à accès restreint.
Afin d'encadrer la démarche de mise en oeuvre du cadre de gestion de la
sécurité de l'information, notre étude se réfèrera à la norme ISO/IEC
17799 :2000, aujourd'hui appelé Norme ISO [Link] norme ISO/IEC 27002
considère que beaucoup de systèmes d'information n'ont pas été conçus pour
être sécurisés. Ainsi la mise en oeuvre de moyens techniques de protection a un
impact limité et doit être soutenue par une organisation appropriée et par des
procédures. La dite norme propose 133 règles regroupées en 11 thèmes
décrivant les meilleures pratiques en matière de sécurité de l'information. Linlaud
(2003 : 55 - 80) par un tableau d'analyse des thèmes de la norme ISO/IEC 27002
et Hollo (2009 : 12) par son diagramme de répartition des catégories ISO 27002,
ont défini chacun des éléments du cadre de gestion de la sécurité de
l'information. Ainsi, le cadre de gestion de la sécurité de l'information prend donc
en compte les 11 étapes suivantes :
Figure 1 : Le diagramme de répartition des catégories ISO 27002
Source : Laurent Hollo (2009)
o Ø Thème 1 : la gestion de la politique de sécurité : elle traduit
l'engagement de la direction à fournir une orientation stratégique
et un support en ce qui concerne la gestion de la sécurité de
l'information par l'établissement d'une politique de sécurité
approuvée, publiée et communiquée par elle à tous les employés.
Cette politique doit faire l'objet d'une révision constante et doit être en
phase avec les objectifs de l'entreprise.
o Ø Thème 2 : l'organisation de la sécurité : il s'agit de l'organisation
interne et externe liées à la sécurité de l'information de l'entreprise.
L'organisation interne doit prendre en compte un cadre adéquat de
gestion de la sécurité par
la présence d'un comité de gestion de la sécurité de
l'information émanant de la direction,
la répartition claire des responsabilités en matière de sécurité
de l'information,
les procédures de sécurité mises en place et les dispositifs de
contrôle.
Pour l'organisation externe en particulier pour l
a sécurité d'accès des tiers
et les contrats d'externalisation, la politique de sécurité doit
tenir compte des risques associés à l'accès des tiers au
système d'information de l'entreprise ainsi que des contrôles
adaptés qui doivent être mis en oeuvre.
Elle doit également prendre en compte le fait que les contrats
d'externalisation fassent l'objet d'engagements contractuels
très précis.
Ø Thème 3 : la classification et le contrôle des actifs : Deux points
importants : la responsabilité liée aux actifs et la classification de l'information.
o Concernant la responsabilité liée aux actifs, l'entreprise doit réaliser un
inventaire régulier de tous ses actifs liés à son SI.
En délégant des responsables de gestion de ces actifs, elle peut
mieux contrôler et s'assurer qu'une mise à jour récurrente de
l'inventaire est effectuée.
o Concernant la classification de l'information,
elle doit être accompagnée de procédures formelles et être exécutée
en tenant compte des besoins liés à l'exploitation, de la sensibilité
des informations, des restrictions éventuelles et du degré d'impact
des évènements nuisibles à leur exploitation.
Ø Thème4 : les éléments de sécurité liés aux ressources humaines :
o il s'agit ici d'intégrer la sécurité de l'information dans la description des
tâches ;
o de sélectionner le personnel permanent, contractuel ou intérimaire en
fonction des critères liés à la sécurité de l'information conformément à la
politique de sécurité ;
o de faire signer au personnel des accords de confidentialité ;
o de sensibiliser et de former tous les employés de l'organisme et les tiers
utilisateurs si nécessaire à l'application et au respect des procédures et
politique de sécurité de l'information ;
o d'inciter les employés à réagir face aux incidents et aux défauts de sécurité
en signalant toute forme de défaillance ou dysfonctionnement.
Ø Thème5 : la sécurité physique et la sécurité de l'environnement : consiste
en la mise en place de périmètres de sécurité dans le but de protéger les
secteurs physiques qui abritent les équipements de traitement des informations
de même que les équipements eux-mêmes. Il s'agira de protéger ces secteurs
ainsi que leurs accès afin de garantir que l'entrée n'est accordée qu'aux
personnes autorisées. Les équipements et les secteurs physiques doivent être
protégés contre tout sinistre (coupure de courant intempestive, tentative
d'interception causée par une défaillance du câblage électrique, crise, guerre
etc.).
Ø Thème 6 : la gestion des communications et des opérations : inclut
plusieurs objectifs. L'organisme doit mettre en place des procédures et
documents formels d'exploitation afin de définir les responsabilités et de séparer
au mieux les tâches qui s'avèrent incompatibles. Ces procédures devront prendre
en compte la gestion des incidents, la gestion des réseaux, l'utilisation de
services extérieurs, la protection contre les logiciels malveillants, la sauvegarde
de l'information, l'accès du système aux parties externes (prestataires, clients,
public...), la sécurisation du E-commerce, la sécurisation du courrier électronique
et des systèmes bureautiques. Ces procédures doivent s'encadrer de dispositifs
de contrôles adaptés aux technologies de l'entreprise.
Ø Thème 7 : le contrôle des accès logiques : il s'agira ici de contrôler les
accès à l'information. Les exigences concernant ce contrôle doivent être
documentées et contenues dans la politique de sécurité de l'information. Ce
contrôle inclut que chaque utilisateur soit clairement identifié par une
authentification et un mot de passe forts et uniques (pour le respect du principe
de traçabilité) ; que les attributions et utilisations des privilèges sont limitées et
contrôlées ; que les procédures d'enregistrement, de modification ou de
suppression des droits d'utilisateurs existent et sont respectées et utilisées au
moment opportun ; que les accès aux réseaux et aux applications sont
restreints ; que les accès aux matériels, systèmes, applications, réseaux, ont été
délivrés aux personnes indiquées.
Ø Thème8 : le développement et la maintenance des systèmes : il s'agit de
mettre en place des sécurités dans les applications et les systèmes de fichiers
(système de validation des données entrantes et sortantes, contrôle du traitement
interne), et aussi des mesures de cryptographie (code, signature numérique etc.)
dans le but d'assurer la confidentialité des informations. Il faut également que les
processus de maintenance des systèmes soient adaptés et mis régulièrement à
jour et en oeuvre. Les logiciels et progiciels doivent être protégés contre toute
attaque virale et les systèmes doivent être révisés lorsque qu'une modification se
produit. Les évènements des systèmes doivent être générés et conservés
(journalisation des évènements).
Ø Thème9 : la gestion des incidents de sécurité : consiste d'abord en la
journalisation ou l'élaboration d'un rapport des évènements exceptionnels et
significatifs ayant attrait à la sécurité de l'information. Cela permet de surveiller
les opérations et d'apporter en temps réel les corrections qui s'y rapportent.
Ensuite il faudrait gérer à proprement dit les incidents en définissant les
responsabilités et en développant un processus d'amélioration continue qui prend
en compte l'arsenal technologique de l'entreprise de même que les objectifs
globaux.
Ø Thème10 : la gestion de la continuité de l'activité : l'entreprise doit mettre
en place un processus pour gérer les interruptions des activités d'exploitation
causées par des défaillances majeures ou des sinistres. Ensuite elle doit
développer non seulement un plan stratégique basé sur l'évaluation des risques
afin de déterminer l'approche complète de la continuité d'activités, mais en plus
elle doit définir des plans de continuité pour maintenir ou rétablir le
fonctionnement de l'exploitation. Ces plans doivent être de façon récurrente
contrôlés, testés et réévalués.
Ø Thème11 : la gestion de la conformité : la politique de sécurité et les
procédures doivent respecter les exigences légales, règlementaires et
contractuelles applicables à la structure. Ces procédures doivent être mis à jour,
protégés et correctement suivis par tous les employés de l'entreprise ; le
département de l'audit interne ou de la conformité devront s'en assurer. Les
dispositifs de sécurité des SI doivent être régulièrement vérifiés pour assurer leur
conformité technique. Les exigences d'audit des systèmes opérationnels doivent
être soigneusement planifiées et approuver afin de minimiser au maximum le
risque.
La mise en oeuvre du cadre de gestion ainsi développé, doit permettre d'assurer
une gestion efficace de la sécurité de l'information. Aussi l'entreprise désireuse
d'améliorer de façon continue sa sécurité de l'information, a le choix entre
prendre en compte les recommandations ou bonnes pratiques des normes ISO
citées plus haut ou opter pour une gestion de la sécurité de l'information par des
méthodes d'analyse des risques ; toujours est-il que ces méthodes intègrent les
recommandations de certaines normes ISO.
Une méthode d'analyse des risques est une démarche, un processus ou un
ensemble de principes qui permet d'appliquer une norme au système
d'information de l'entreprise. La méthode sert aussi à faire un audit qui donne
l'occasion d'effectuer, par exemple, un état de la sécurité du système
d'information. Elle est souvent accompagnée d'outils afin d'appuyer son
utilisation. Selon Debrock et Gourdin (2009 : 8 - 9), on distingue 3 catégories de
méthodes : les méthodes quantitatives (ex : cout, impact financier...), qualitatives
(ex : classement des risques - élevé, moyen, faible) et celles avec bases de
connaissance (ex : recherche de standard ou bonnes pratiques à appliquer dans
la sécurisation des TI). Les méthodes les plus utilisées sont les méthodes
OCTAVE, MEHARI et EBIOS. Bien que fonctionnant de façon différente, ces
méthodes ont pour finalité la mise en avant des actifs importants de l'entreprise et
de la vulnérabilité des infrastructures des SI, l'étude des risques et
l'établissement des plans de sécurité afférents.
Une entreprise s'attelant à mettre en place un cadre de gestion de la sécurité de
l'information tel que décrit par la norme ISO/IEC 27002, atteindra ses objectifs en
matière d'intégrité, de confidentialité et de disponibilité de l'information.
Cependant il faudrait que tous ses acteurs, contribuant à son fonctionnement,
comprennent leur responsabilité directe et indirecte quant à la sécurité des
informations pour une atteinte effective des buts et objectifs globaux.
La série 27000 des normes ISO se concentre sur la gouvernance en sécurité de
l'information. La liste suivante illustre les encadrements ISO prévus dans cette
catégorie :
o ü ISO/CEI 27000 : Introduction et vue globale de la famille des normes,
ainsi qu'un glossaire des termes communs (mai 2009)
o ü ISO/CEI 27001 : Norme de certification des SMSI (publiée en 2005,
révisée en 2013)
o ü ISO/CEI 27002 : Guide des bonnes pratiques en SMSI (renuméroté en
ISO/CEI 27002:2005 en juillet 2007, dernière révision en 2013)
o ü ISO/CEI 27003 : Guide d'implémentation d'un SMSI, publié le 3 février
2010 (Lignes directrices pour la mise en oeuvre du système de
management de la sécurité de l'information)
o ü ISO/CEI 27004 : Norme de mesures de management de la sécurité de
l'information (publiée le 12 juillet 2009)
o ü ISO/CEI 27005 : Norme de gestion de risques liés à la sécurité de
l'information (publiée le 4 juin 2008, révisée le 19 mai 2011)
o ü ISO/CEI 27006 : Guide de processus de certification et d'enregistrement
(publié (en) le 1er décembre 2011)
o ü ISO/CEI 27007 : Guide directeur pour l'audit des SMSI (publié (en) le 14
novembre 2011)
o ü ISO/CEI 27008 : Lignes directrices de vérification en matière de mesures
de sécurité (publiée (en) le 15 octobre 2011)
o ü ISO/CEI 27011 : Guide pour l'implémentation de ISO/CEI 27002 dans
l'industrie des télécommunications (publié le 15 décembre 2008)
o ü ISO/CEI 27031 : Lignes directrices pour mise en état des technologies de
la communication et de l'information pour continuité des affaires (publiée en
mars 2011)
o ü ISO/CEI 27799 : Guide pour l'implémentation de ISO/CEI 27002 dans
l'industrie de la santé (publié le 12 juin 2008),