1er Congrès International sur les Ingénieries Civile, Mécanique et Electrique pour l’Energie CMEEE 2015- Marrakech
Etude de l'interaction des zones de rupture des plaques
d'ancrage contigües en milieu analogique
Abbad Hichem1, Elmeich Nouredine2, Mechab Ismail2, Dekar Chahinez1,
Daoud Sidi Mohamed1, Meghachou Mourad1
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Département de génie civil, Laboratoire de génie civil et environnement, Université Djillali liabès, Sidi Bel
Abès,Algérie.
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Département de génie civil, Université Mustapha Stambouli, Mascara, Algérie.
Résumé : Connaître ce qui se passe au-dessus des plaques d’ancrage est certainement toujours instructif.
C’est dans cette vision générale de l’interaction sol-plaques d’ancrage que notre travail s’est orienté. Un
modèle réduit constitué d’un dispositif parallélépipédique est rempli de granulés en plastique dont le
mouvement est limité dans un plan. Le problème est considéré bidimensionnel à l’image du milieu de
Schneebeli. Notre travail expérimental a concerné la réalisation de différents essais d’arrachement de « plaques
d’ancrage » afin d’examiner l’influence du paramètre d’ancrage et écartement entre nus de plaques sur le
comportement du milieu analogique. Concernant ces derniers essais, on se pose la question suivante : A partir
de quelle distance entre nus de plaques, ces dernières agissent indépendamment sur le sol ?
1. INTRODUCTION
Les plaques d'ancrage sont des éléments structuraux légers employés pour résister à des forces d’arrachement
« traction » sollicitant les pylônes, les mâts de transmission et les structures soumises à la poussée d’Archimède
telle que les stations offshore. Des études théoriques ‘Meyerhof [1]; Kumar et Kouser [2]’, et expérimentales sur
modèle réduits sur des plaques contigües ancrées dans un sol pulvérulent effectuées par ‘Hanna et Sparks [3] ;
Geddes et Murray [4] ’ ont mis en évidence l'influence du sol d’ancrage, de la géométrie des plaques, de la
profondeur de d’ancrage et de la distance entre deux plaques voisines sur leur comportement. Voir de plus près
ce qui se passe dans le milieu environnant deux plaques d’ancrage voisines, reste cependant toujours instructif.
Cela est d’autant plus vrai que le comportement du milieu est conditionné par l’existence des configurations
particulières des plaques ‘Abbad [5]’. L’analyse cinématique de ces milieux, moyennant une modélisation
physique, permet de se rendre compte du comportement réel du milieu étudié et surtout répondre à des
interrogations des problématiques précises. L’utilisation d’un milieu analogique dans ce genre de modélisation
rapproche à la compréhension de la phénoménologie des sols réels tant que les deux matériaux ont des points
communs tels que l’incompressibilité des grains et leur caractère frottant
2. MODELE EXPERIMENTAL
Le modèle réduit sur lequel nous avons réalisé différents essais est un dispositif parallélépipédique, de
dimensions égales à (100x80x5) cm, conçu pour contenir des granulés en plastique (matériau analogique)
simulant un milieu granulaire. La paroi d’avant du modèle est constituée d’une plaque de verre de 6mm
d’épaisseur, avec un indice réfraction constant sur toute sa surface. Les autres parois sont réalisées avec des
plaques en bois rigides. Des parallélépipèdes en bois lissé de dimensions (5x5x1,5) cm, modélisant des plaques
d’ancrage, sont en contact ponctuel avec des tiges filetée de 50 cm de longueur. Des écrous sont soudés à un
système d’attache au châssis du modèle, ce qui permet de contrôler l’arrachement des deux plaques en dévissant
les tiges. Un déplacement strictement vertical est imposé aux plaques d’ancrage du fait que ces dernières sont
guidées par des rails de 5 mm d’épaisseur, placés sur la paroi arrière, empêchant toute rotation (Figure 1).
Les grains en plastique, ronds de diamètre moyen 1mm, de différentes couleurs (rouge, bleue, jaune, verte et
noire) sont mélangés pour matérialiser un milieu visuellement contrasté (mouchetis naturel). Afin d’obtenir un
milieu compact et homogène, le matériau est déposé uniformément sur toute la largeur du bac par petites
couches de 2cm d’épaisseur, chaque couche est compactée moyennant une dame de compactage métallique de
masse égale à 2,5 kg en exerçant 75 coups avec une hauteur de chute de 30 cm. Le milieu à un indice des vides
de 0,321, correspondant à une densité relative Dr = 96% (emin = 0.302, emax= 0.855). Vu les très faibles
contraintes mises en jeu, les grains en plastique constituant le milieu étudié sont considérés indéformables.
Afin de décrire le champ de déplacement et de déformation au dessus d’une plaque d’ancrage, plusieurs séries
d’essais ont été réalisées.
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Pour chaque essai réalisé, une série de photos numériques, de résolution 3200 x 2400 pixels, est prise de face,
l’axe de la prise de vue étant perpendiculaire au plan du modèle réduit. Ces photos matérialisent différentes
configurations déformées du milieu granulaire, engendrées par l’arrachement des plaques d’ancrage. Les images
enregistrées sont traitées ultérieurement pour restituer le champ de déplacement pour déterminer le champ de
déformation par le logiciel 7D (Vacher et al [6]). Il s’agit d’une méthode de corrélation entre deux images, ces
dernières seront comparées en utilisant le coefficient de corrélation du niveau de gris. En d'autres termes, les
points de l'image initiale sont retrouvés sur les images successives avec une incertitude de mesure de l’ordre de
0,1pixel, voire 0,01 pixel en petite déformation. L'image pour laquelle la déformation sera analysée est divisée
en un certain nombre d'éléments de grille, carrés de côtés 20 pixels.
Plaque en verre
Tige filetée Rails de guidage
Plaque d’ancrage en
bois
Milieu granulaire constitué
de granulés en plastique
Châssis
Fig. 1. Vue du modèle réduit.
3. DEPLACEMENTS ET DEFORMATIONS AU-DESSUS DES PLAQUES D'ANCRAGE
La mise en évidence de l’influence du ratio d’ancrage (H/B) sur le comportement du milieu granulaire au-dessus
des plaques d’ancrage est volontairement cinématique, faisant abstraction de toute mesure de l’état de
contrainte. Les essais en question ont été effectués à des profondeurs d’ancrage de la plaque carrée de H = 3B,
H = 5B et H = 7B, H et B étant respectivement la profondeur d’ancrage de la plaque et la largeur de celles-ci.
Lors des traitements d’images, un domaine d’étude est défini par l’opérateur. On suivra à volonté l’évolution
des déplacements et des déformations dans ce domaine. L’arrachement ou soulèvement imposé à la plaque
d’ancrage se fait à des pas constants de l’ordre de 0,266 mm correspondant à 1pixel.
3.1. Champ de déplacement
Les figures (2a, 2b et 2c) reproduisent graphiquement les trajectoires des grains pour un arrachement de 20
pixels et pour des distances entre nus des plaques d’ancrage respectives de (3B ), (4B) et (6B). On remarque que
le déplacement des grains s’accentue verticalement suivant l’axe de la plaque, et horizontalement vers les bords
de celle-ci. Les vecteurs de déplacement sont tracés avec un coefficient d’amplification de 7 (700%). En premier
lieu, nous constatons que les vecteurs de déplacement sont globalement verticaux et orientés vers le haut, les
trajectoires des grains s’amortissent, à peu près, à l’approche d’un plan horizontal parallèle à la surface libre du
massif, suivant un arc incurvé vers le haut.
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(a) S = 3B, 20 pixels
(b) S = 4B, 20 pixels
(c) S = 6B, 20 pixels
Fig. 2. Vecteurs de déplacements pour un arrachement de 20 pixels
et pour différentes distances entre nus de plaques.
3.2. Champ de déplacement
Les figures (3a, 3b et 3c) représentent les champs de déplacement verticaux du matériau soumis à l’arrachement
des deux plaques d’ancrage écartées entre nus respectivement de (3B), (4B) et 6B, l’enfoncement est de 20
pixels. Localement, au-dessus de chaque plaque, le milieu se comporte de manière similaire à une plaque isolée.
Remarquons que la formation d’un « coin rigide » au-dessus chaque plaque confirme la compacité élevée du
matériau.
En fonction de l’intensité de l’arrachement des plaques, un fort gradient de déplacement se met en place sur un
contour triangulaire légèrement incurvé confirmant l’existence des coins rigides au-dessus des plaques.
On remarque qu’au-delà d’un écartement S = 4B les plaques agissent indépendamment sur le matériau. A une
distance S = 3B, l’interaction des zones de rupture de chaque plaque crée un bulbe de déplacement vertical qui
atteint la valeur de 5.17 pixels au niveau de la surface du massif à mi distance entre nus de plaques.
Le refoulement des grains est limité par des droites inclinées passantes par les nus des plaques, l’inclinaison de
ces droites est d’environ 31°.
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(a) S = 3B, 20 pixels
(b) S = 4B, 20 pixels
(c) S = 6B, 20 pixels
Fig. 3. Champ de déplacement vertical pour un arrachement de 20 pixels
et pour différentes distances entre nus de plaques.
3B
2B
Fig. 4. Superposition entre les isovaleurs du déplacement vertical et les résultats de Ilamparuthi et al. 2002.
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La figure 4 schématise la superposition entre les isovaleurs du déplacement vertical pour un arrachement de la
plaque de 20 pixels et le mode de rupture préconisée par Ilamparuthi et al en 2002 [7], nous constatons une
similitude de forme entre les isovaleurs de déplacement et le mode de rupture généralisé pour un ancrage de H =
3B, en effet ce mode de rupture concerne les milieux granulaires denses soumis à l’arrachement d’une plaque
d’ancrage superficielle.
3.3. Champ de déformation (Cisaillement maximal)
Les figures (5a, 5b et 5c) représentent les champs de déformation (cisaillement maximal) dans le milieu
granulaire pour un arrachement de 20 pixels et pour des écartements entre nus de plaques respectifs de (3B),
(4B) et (6B). On remarque que les bulbes de cisaillement au niveau de la surface du massif à mi distance entre
nus de plaques sont d’autant plus grands que les plaques se rapprochent l’une de l’autre avec une plus grande
intensité de cisaillement qui atteint la valeur de 3% pour un écartement de 3B alors qu’elle ne dépasse pas les
0.76% pour un écartement de 4B et les 0.38% pour un écartement de 6B. Notons l’effet de bord, aux coins des
bases des faces supérieures des plaques.
(a) S = 3B, 20 pixels
(b) S = 4B, 20 pixels
(c) S = 6B, 20 pixels
Fig. 5. Champ de déformation (cisaillement maximal) pour un arrachement de 20 pixels et pour différentes
distances entre nus de plaques.
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4. CONCLUSION
L’étude expérimentale que nous avons menée, s’est basée principalement sur l’évolution du milieu granulaire
soumis à l’arrachement des plaques d’ancrage.
Les essais d’arrachement effectués ont permis de quantifier le champ de déplacement vertical et celui des
déformations du milieu granulaire au-dessus des « plaques d’ancrage » grâce à la technique de corrélation
d’image. Le choix d’un arrachement de 20 pixels (déplacement imposé) se justifie par le souci de présenter des
champs de déformations correspondant à un état de rupture. Une multitude de couple de photos ont été traité,
allant jusqu’à un arrachement de 33 pixels et plus. Au-delà de 18 pixels, la configuration déformée est
pratiquement inchangée, ce qui montre qu’à ce stade de sollicitation, le milieu a atteint sa rupture et qu’un état
de plasticité s’installe.
L’interaction des zones de ruptures des plaques voisines est étudiée cinématiquement en faisant varier le
paramètre distance entre nus de plaques. Il s’avère qu’un écartement minimal d’environ quatre fois la largeur de
la semelle (4B) est nécessaire pour que deux plaques d’ancrage voisines agissent indépendamment sur le milieu.
La corrélation entre la phénoménologie de l’évolution des champs de déplacement et de déformation au-dessus
de la plaque d’ancrage et le mode de rupture du massif d’ancrage, faisant objet d’études antérieures a été mise
en évidence grâce à la superposition entre les isovaleurs du déplacement vertical (pour un enfoncement de 20
pixels) et le mode de rupture généralisé défini par Ilamparuthi et al. (2002) [7].
Références
[1] G.C Meyerhof, and S.I. Adams, The ultimate uplift capacity of foundations, Can Geotech J, 5 (4), 1968,
PP225-244.
[2] J Kumar, and K.M Krouzer, Interference effect on the vertical uplift capacity of two shallow horizontal
anchors, Géotechnique, 58 (10), 2008, PP821–824.
[3] T.H Hanna, R Sparks, and M Yilmaz, Anchor behaviour in sand, J Soil Mech Found Div, ASCE, 98 (11),
1972, PP1187–2007.
[4] J.D Geddes, and E.J Murray, Plate anchor groups pulled vertically in sand, J Geotech Eng, ASCE, 122 (7),
1996, PP509–516.
[5] H Abbad H, Mise au point d’un dispositif d’analyse des déformations planes par corrélation d’images, Thèse
de doctorat, 2011, Université de Sidi Bel Abbès, Algérie.
[6] P Vacher, S Dumoulin , Morestin and SMguil-Touchal, Bidimensional strain measurement using digital
images, Poc. Instn. Mech. Engrs, 213, 1999, 811–817.
[7] Ilamparuthi K, Dickin EA and Muthukrishnaiah K, Experimental investigation of the uplift capacity of
circular plate anchors in sand, Can Geotech J 2002;39:648–64.