Barycentres en géométrie affine
Barycentres en géométrie affine
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Document de travail pour la préparation au CAPES
Deuxième partie : BARYCENTRES
Page de Titre
JJ II 8 décembre 2003
J I
Dans cette deuxième partie nous étudions la notion de barycentre qui
est la traduction en affine du concept de combinaison linéaire dans un
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espace vectoriel. Le lecteur verra que c’est un outil très efficace pour
faire de la géométrie et notamment pour montrer que des points sont
Retour alignés ou que des droites sont concourantes.
Faites des dessins, encore des dessins, toujours des dessins !
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Quitter
C ONTENU DU COURS
I. Espaces affines
II. Barycentres
III. Convexité
Accueil
IV. Applications affines
Page de Titre
JJ II
Dans cette partie, E est un espace affine.
J I
Accueil
3 Repères affines et coordonnées 14
3.1 La remarque de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.2 Points affinement indépendants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
Page de Titre
3.3 Critères d’indépendance affine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.4 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Sommaire 3.5 Proposition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.6 Coordonnées cartésiennes selon un repère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
JJ II 3.7 Coordonnées barycentriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
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1. D ÉFINITIONS ET PROPRIÉTÉS
1.1. Définition. On appelle point pondéré un couple (a, λ) où a est un
point de E et λ un réel. Le nombre λ est appelé le poids ou la masse de a.
Quitter
Le point g est appelé barycentre des points ai affectés des masses λi ou
barycentre de la famille {(a1 , λ1 ), (a2 , λ2 ), . . . , (ar , λr )}.
Démonstration :Montrons d’abord que les conditions sont équivalentes. Il est clair que i) et
ii) sont équivalentes et que iv) implique iii). Pour voir que i) implique iv) on écrit la relation
de Chasles avec un point b quelconque :
r X − r r r
Accueil →
− → −→ X − → X −→
λi −→=
X
0 = gai λi (gb + bai ) = ( λi )gb + λi bai ,
i=0 i=0 i=0 i=0
Page de Titre
d’où le résultat. La démonstration du fait que iii) implique i) s’obtient en lisant le calcul
Sommaire
précédent à l’envers.
L’existence et l’unicité du point g sont claires avec iii) : si on choisit a ∈ E quelconque
r
Pr X λi −→
JJ II et si on pose λ = i=0 λi , on a g = a + aai .
i=0
λ
J I 1.3.1. ♠ Soient a, b et c trois points non alignés d’un plan affine. Soient g le barycentre de
{(a, 6), (b, −2)} et ω le barycentre de {(a, 2), (b, −1/2), (c, −1/2)}. Sur une figure, placer
Page 5 de 25 les points a, b, c, g et ω.
1.3.2. ♠ Montrer que les triangles abc et a0 b0 c0 ont même isobarycentre si et seulement si
Retour −→0 − → − →
aa + bb0 + cc0 = ~0.
Plein écran
1.4. Remarques
Fermer 1.4.1. Le barycentre est une “moyenne” des points pondérés : la “barycentration” est ana-
logue à une intégration et s’utilise souvent de manière analogue.
Quitter
1.4.2. Le barycentre ne dépend pas de l’ordre des points pondérés.
1.4.3. On ne demande pas que les points ai soient deux à deux distincts.
1.4.4. ♠ Existe-t-il dans le plan affine quatre points a, b, c et m tels que m soit barycentre
du système {(a, 1), (b, 1), (c, 1)} et barycentre du système {(a, 2), (b, 0), (c, 2)} ?
Page de Titre
1.4.6. Très important Grâce à (ii), on voit qu’on ne change pas le barycentre quand on
Pn λi par un même nombre α non nul. On peut donc supposer que la
multiplie chaque masse
masse totale Λ = i=0 λi de la famille est 1 en prenant α = Λ1 .
Sommaire
Pn Pn
1.4.7. Notation Lorsque i=0 λi = 1, on notera parfois le barycentre i=0 λi .ai . Cela
JJ II revient à considérer les points comme des vecteurs en vectorialisant E à partir d’un quel-
conque de ses points. (C’est la formule (iv)).
J I
1.4.8. ♠ Soit {(a1 , λ1 ), (a2 , λ2 ), . . . (ar , λr )} Pune famille de points pondérés de R2 où ai
n
est le couple (xi , yi ) et où la masse totale Λ = i=0 λi n’est pas nulle. Alors le barycentre
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de la famille {(a1 , λ1 ), (a2 , λ2 ), . . . , (ar , λr )} est le point (x, y) tel qu’on ait
Pn Pn
Retour i=0 λi .xi λi .yi
x= et y = i=0 .
Λ Λ
Plein écran
1.4.9. ♣ Généralisez ce dernier résultat à R3 , Rn .
Fermer 1.4.10. ♠ Dans l’espace affine de l’exemple I.1.2, déterminer le point m barycentre des
points i = (1, 0, 0), j = (0, 1, 0) et k = (0, 0, 1) affectés des coefficients a, b, c avec a + b +
Quitter
c = 1.
Pn
1.4.11. ♥ Les Pnfonctions scalaires (c’est-à-dire m 7→ i=1 λi mai 2 ) et vectorielle (c’est-
à-dire m 7→ i=1 λi − −→) de Leibniz, que vous avez rencontrées dans le secondaire et qui
ma i
se calculent à l’aide de barycentres, sont au programme du CAPES (et notamment de l’oral).
Vous devrez donc les avoir revues pour le concours.
1.5. Segment Grâce aux barycentres, on peut définir la notion de segment donc donner
Accueil un sens précis à l’expression : m est entre a et b.
Définition : Soient a et b deux points de E. Le segment [ab] est l’ensemble
Page de Titre des barycentres des points a et b affectés de masses positives. Les points a et
b sont appelés les extrémités du segment [ab].
Sommaire
1.5.1. ♠ Montrez que le point m appartient à [ab] si et seulement si il existe un réel α de
[0, 1] tel que m soit le barycentre de {(a, α), (b, 1 − α)}. z
JJ II
1.5.2. ♠ On dit parfois que [ab] est le segment fermé d’extrémités a et b. Définir les no-
J I tions de segments (ou intervalles) ouverts et semi-ouverts. z
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1.6. Isobarycentre
Définition : Si toutes les masses des points pondérés considérés sont égales et
non nulles, le barycentre est appelé isobarycentre. L’isobarycentre de deux
Retour
points a et b distincts est appelé milieu 2 du segment [ab].
Plein écran 1.6.1. ♠ Le milieu m d’un segment [ab] appartient au segment [ab] et il est caractérisé par
la relation −→ = 1−
am
→ −→ −→
2 ab ou par la relation équivalente am = mb.
Fermer
2 On notera que cette notion de milieu est purement affine : elle peut se définir indépendamment de l’existence
d’une distance sur l’espace affine considéré. Dans un problème de géométrie purement affine (sans introduction
Quitter d’une distance), on ne peut pas caractériser le milieu par les relations ma = mb = 12 ab : cela n’a aucun sens. Bien
entendu, en géométrie euclidienne, cette caractérisation est très importante.
1.6.2. ♠ Donnez les coordonnées du milieu de deux points de R2 , puis de l’isobarycentre
de n points de R2 . Déterminer l’isobarycentre des points i, j, k de 1.4.10.
1.7. Parallélogramme
1.7.1. ♣ Montrez que aba0 b0 est un parallélogramme (cf. I.6.4) si et seulement si les seg-
Accueil ments [aa0 ] et [bb0 ] ont même milieu.
Page de Titre
1.7.2. ♣ Soient trois points non alignés a, b et c et un point d dans [bc]. Construire un point
m sur la droite (ab) tel que le milieu n de [cm] soit sur la droite (ad).
Sommaire
1.8. Associativité du barycentre
Page 8 de 25 Proposition : Soit I = {0, 1, · · · , n}. Supposons qu’on ait une partition de I,
soit I = J0 ∪· · ·∪Jr (les Jk étant disjoints). Soient a0 , · · · , an des points de E
Retour
et λ0 , · · · , λn des scalaires
P de somme non nulle. Pour chaque k = 0, 1, · · · , r
on suppose que µk = i∈Jk λi est non nul et on note bk le barycentre de la
famille {(ai , λi ), i ∈ Jk }. Alors rk=0 µk est non nul et le barycentre b des
P
Plein écran
points bk affectés des masses µk (k = 0, . . . , r) est aussi le barycentre de la
famille {(ai , λi ), i ∈ I}.
Fermer Pr Pr P Pn
Démonstration :On a k=0 µk = k=0 i∈Jk λi = i=0 λi et cette quantité est non
nulle par hypothèse.
Quitter
Pr −→ − → Pr P −→
Par définition du barycentre on a k=0 µk bbk = 0 , soit encore k=0 i∈Jk λi bbk =
→
− −→ −→ −−→
0 . En appliquant la relation de Chasles : bbk = bai + ai bk pour i ∈ Jk on obtient
r X r n r
−
→ X −→ X X −−→ X −→ X X −−→
0 = λi bai + λi ai bk = λi bai + λi ai bk .
k=0 i∈Jk k=0 i∈Jk i=0 k=0 i∈Jk
Accueil
P −−→ → −
Comme bk est le barycentre de la famille {(ai , λi ), i ∈ Jk }, on a i∈Jk λi ai bk = 0 pour
Page de Titre Pn −→ − →
tout k. On en déduit i=0 λi bai = 0 , d’où le résultat.
Sommaire
Page 9 de 25
1.8.1. ♣. Isobarycentre de trois points Soient a, b, c trois points non alignés d’un plan af-
fine, g l’isobarycentre de a, b, c et a0 , b0 , c0 les milieux de [bc], [ca], [ab]. Montrer que g est
Retour le point d’intersection des médianes [aa0 ], [bb0 ], [cc0 ] et qu’il est situé au tiers de chacune
−→ −→
d’elles : par exemple on a a0 g = 13 a0 a.
Plein écran
1.8.2. ♣. Construire un triangle à partir de ses médianes Etant donné trois droites concou-
rantes construire un triangle admettant ces droites comme médianes (utiliser 1.7.1).
Fermer
1.8.3. ♣. Centre de gravité d’un tétraèdre. Soient a, b, c et d quatre points non coplanaires
Quitter de E (ces points déterminent un tétraèdre, leur enveloppe convexe (cf. III.2.1) dont ils sont
les sommets) et g leur isobarycentre. On note i, j, k, i0 , j 0 , k 0 les milieux des segments [ab],
[ac], [ad], [cd], [bd] et [bc].
Montrer que les droites (ii0 ), (jj 0 ) et (kk 0 ) sont concourantes en g.
Que dire des droites joignant un sommet du tétraèdre au centre de gravité de la face
opposée à ce sommet ?
Que dire des 6 plans Aff{abi0 }, Aff{acj 0 }, Aff{adk 0 }, Aff{cdi}, Aff{bdj}, Aff{bck} ?
Accueil Donner des constructions géométriques du centre de gravité d’un tétraèdre.
Page de Titre
1.9. Le théorème de double associativité
Proposition : Soient a0 , · · · , an et b0 , · · · , br deux familles de points de E.
Pour tout j = 0, · · · ,P
r, on suppose que bj est barycentre des points ai affectés
Sommaire
des masses λij avec ni=0 λij = P1 pour tout j. Soit g le barycentre des points
bj affectés des masses µj avec rj=0 µj = 1. Alors g est barycentre des points
JJ II
ai affectés des masses νi = rj=0 µj λij (supposées non nulles).
P
Démonstration :Notons déjà qu’on a :
J I
n
X n X
X r r
X n
X r
X
νi = µj λij = µj λij = µj = 1.
Page 10 de 25
i=0 i=0 j=0 j=0 i=0 j=0
1.9.2. ♠ En utilisant 1.3.2 ou la double associativité du barycentre, montrer que les tri-
angles abc et a0 b0 c0 ont même isobarycentre si a0 (resp. b0 , c0 ) est le milieu de [bc] (resp. [ca],
[ab]).
Accueil L’exercice suivant sera repris tout au long de ce chapitre :
Page de Titre 1.9.3. ♣ Soient abc un triangle, a0 un point du segment [bc], b0 un point du segment [ac] et
c0 un point du segment [ab]. On veut déterminer l’ensemble F des isobarycentres des points
Sommaire
a0 , b0 et c0 .
a) Ecrire ces hypothèses comme en 1.5 : a0 un point du segment [bc] i.e a0 est barycentre
de (b, α), (c, 1 − α) . . .
JJ II b) Ecrire l’isobarycentre de a0 , b0 et c0 comme un barycentre de a, b et c. (à suivre en 4.5)
J I
2. BARYCENTRES ET SOUS - ESPACES AFFINES
Page 11 de 25 2.1. Caractérisation des sous-espaces affines
Proposition : Soit V un sous-espace affine de E. Alors V est stable par ba-
Retour rycentration (i.e. le barycentre de toute famille finie de points de V pondérée
de façon quelconque est encore dans V ). Réciproquement, si V est une partie
Plein écran (non vide) de E stable par barycentration, alors V est un sous-espace affine
de E.
→
−
Fermer
Démonstration :1) Supposons V affine de direction PnV . Soient a1 , · · · , an des points de V
et soit g le barycentre de la famille (ai , λi ), avec i=1 λi = 1. Soit a un point de V . On a
→
−
donc −→ = Pn λ −
ag → −→
i=1 i aai . Comme a et les ai sont dans V , les vecteurs aai sont dans V , donc
Quitter −
→
aussi leur combinaison linéaire ag. Comme a est dans V , il en résulte que g est dans V .
2) Réciproquement, supposons V stable par barycentration. Soient a, x, y des points de
V et λ un scalaire. Définissons les points z et t de E par les formules : −→ = −
az →+−
ax → et
ay
→
− −→
at = λ ax. Par définition d’un sous-espace affine, il s’agit de montrer que z et t sont dans
V . Mais, en utilisant la relation de Chasles, on obtient les formules −−
→+−
za →+−
zx →=−
zy
→
0 et
→
− → −
− →
(1 − λ) ta + λ tx = 0 qui montrent que z et t sont des barycentres des points a, x, y, donc
sont dans V .
Accueil
Ainsi, les sous-espaces affines sont exactement les parties stables par
Page de Titre barycentration. Cela fournit une nouvelle méthode pour montrer qu’une
partie est un sous-espace affine.
Sommaire
2.1.1. ♣ Soit V une partie non vide de E, telle que pour tous a, b distincts dans V , la droite
JJ II (ab) est contenue dans V . Montrer que V est un sous-espace affine. z
2.2. Sous-espace affine engendré. Les barycentres permettent une nouvelle des-
J I cription du sous-espace engendré par un nombre fini de points :
Proposition : Soient a0 , · · · , ar ∈ E. L’ensemble des barycentres des ai
Page 12 de 25 (avec toutes les masses possibles de somme 1) est égal au sous-espace affine
Aff{a0 , · · · , ar } engendré par les ai .
Retour Démonstration :
1) Si g est le barycentre des ai affectés des masses λi (de somme 1) on écrit :
Plein écran r
g = a0 + −
a→ λi −
a−→
X
0 g = a0 + 0 ai
Fermer i=1
JJ II 2.2.1. ♠ Interpréter la proposition précédente dans le cas où E est l’espace affine de I.1.2
et où les points ai sont les points i, j, k de 1.4.10.
J I 2.2.2. ♥ Soit A une partie quelconque de E. Montrer que Aff A est l’ensemble X des
barycentres des familles finies de points de A affectés de masses quelconques. z
Page 13 de 25
Quitter
3. R EPÈRES AFFINES ET COORDONNÉES
3.1. La remarque de base
Proposition : Soient k + 1 points a0 , a1 , · · · , ak de E. Le sous-espace affine
Aff{a0 , a1 , · · · , ak } est de dimension au plus k.
Démonstration :
Accueil Par définition, la dimension de Aff{a0 , a1 , · · · , ak } est celle de sa direction. D’après
I.4.3, la direction de Aff{a0 , a1 , · · · , ak } est le sous-espace vectoriel Vect(−
a− → −−→
0 a1 , · · · , a0 ak )
−−→ −−→
qui admet donc un système générateur de k vecteurs : {a0 a1 , · · · , a0 ak }, sa dimension est
Page de Titre
alors au plus k.
Sommaire
3.1.1. Remarque On notera la différence avec les espaces vectoriels : il faut k + 1 points
pour engendrer un sous-espace affine de dimension k (c’est normal, il faut une origine en
JJ II plus).
Quitter
3.3. Critères d’indépendance affine
Proposition : Les assertions suivantes sont équivalentes
i) Les points a0 , a1 , · · · , ak sont affinement indépendants.
ii) ∀i = 0, · · · , k, ai ∈ / Aff{a0 , · · · , abi , · · · , ak } (où la notation abi si-
gnifie qu’on omet le point ai ).
Accueil
ii bis) ∀i = 0, · · · , k, ai n’est pas barycentre des points {a0 , · · · , abi , · · · , ak },
iii) Les points a0 , a1 , · · · , ak−1 sont affinement indépendants et ak n’ap-
partient pas à Aff{a0 , · · · , ak−1 } (i.e. n’est pas barycentre des points {a0 , · · · , ak−
iv) Pour tout i ∈ {0, · · · , k}, les vecteurs − a− → −−→ −−−→ −−−→
Page de Titre
0 ai , a1 ai , · · · , ai−1 ai , ai+1 ai , · · · ,
sont linéairement indépendants.
v) Il existe i ∈ {0, · · · , k} tel que les vecteurs − a− → −−→ −−−→ −−−→
Sommaire
0 ai , a1 ai , · · · , ai−1 ai , ai+1 ai , · ·
soient linéairement indépendants.
JJ II
Démonstration :L’équivalence de ii) et ii bis) résulte de 2.2.
Montrons i) =⇒ ii). On a vu en 3.1 ci-dessus que le sous-espace
J I
Xi = Aff{a0 , · · · , abi , · · · , ak },
Page 15 de 25
engendré par k points, est de dimension ≤ k − 1. Si ai est aussi dans Xi , le sous espace
engendré par a0 , · · · , ak est égal à Xi donc de dimension ≤ k − 1 ce qui contredit i).
Retour iii) =⇒ i) Comme les points a0 , · · · , ak−1 sont affinement indépendants, l’espace X0 =
Aff{a0 , · · · , ak−1 } est de dimension k−1. Mais alors, comme ak n’est pas dans X0 , l’espace
Plein écran X engendré par a0 , · · · , ak est strictement plus grand que X0 , donc de dimension ≥ k, donc
égale à k en vertu de 3.1 et on a prouvé que les points sont affinement indépendants.
ii) =⇒ i) On raisonne par récurrence sur k. Pour k = 1 la propriété est évidente grâce
Fermer
à 3.2.2 i). Passons de k − 1 à k. Pour i > 0, le point ai n’est pas dans le sous-espace affine
engendré par a1 , · · · , abi , · · · , ak . Par l’hypothèse de récurrence les points a1 , · · · , ak sont
Quitter donc affinement indépendants. L’implication iii) =⇒ i) permet alors de conclure.
En vertu de 4.3 on a, pour tout i,
→
−
(∗) X = Aff{a0 , · · · , ak } = ai + Vect(−
a−→
i aj , j 6= i) = ai + Vi .
Quitter
Choisir un repère dans un espace affine E de dimension n permet d’as-
socier à chaque point m ses n coordonnées cartésiennes dans le repère,
et ainsi d’identifier E avec Rn .
L’emploi des coordonnées cartésiennes permet toutes les opérations u-
suelles de la géométrie analytique. Son intérêt est de ramener un pro-
blème de géométrie à un calcul. C’est une méthode très puissante qu’on
Accueil
doit toujours penser à employer si on ne voit pas de solution géomé-
trique plus rapide. On se reportera aux exercices pour voir comment
Page de Titre écrire en termes de coordonnées des équations de droites, plans, etc.
Cependant les coordonnées cartésiennes font jouer un rôle particulier à
Sommaire
l’origine : cette dissymétrie peut compliquer inutilement une démons-
tration. Pour traiter analytiquement un problème où tous les points
jouent le même rôle, il vaut mieux utiliser les coordonnées barycen-
JJ II triques que nous introduisons ci-dessous.
J I
3.7. Coordonnées barycentriques
Proposition et définition : Soient a0 , · · · , ar des points de E affinement
Page 18 de 25 indépendants, de sorte que a0 , · · · , ar est un repère du sous-espace affine
engendré V = Aff{a0 , · · · , ar }. Alors tout point m de V s’écrit, de ma-
Retour Pr unique, comme barycentre des points ai affectés de masses λi vérifiant
nière
i=0 λi = 1. Les réels λi s’appellent les coordonnées barycentriques de m
Plein écran
sur le repère a0 , · · · , ar de V .
Démonstration :Il reste à prouver l’unicité de l’écriture de m comme barycentre. D’après la
définition (iv) du barycentre, supposons qu’on ait à la fois :
Fermer
r r r r
−
a−→ λi .−
a−→ et −
a−→ µi .−
a−→ où
X X X X
0m = 0 ai 0m = 0 ai λi = µi = 1
Quitter
i=1 i=1 i=0 i=0
Alors, comme a0 , · · · , ar est un repère, les vecteurs −
a−→
0 ai sont linéairement indépendants, de
sorte
Pr que l’on Par λi = µi pour i = 1, · · · , r. Enfin on en déduit λ0 = µ0 grâce à la relation
i=0 λi = i=0 µi = 1.
Quitter
Contrairement au théorème de Thalès, le résultat précédent n’est pas
explicitement au programme du CAPES. Il apparaît cependant très
fréquemment dans les épreuves écrites (sous une forme plus ou moins
dissimulée).
Accueil 3.7.6. ♣. Application. Soit (a, b, c) un repère du plan affine. On considère les points a0 , b0
et c0 de coordonnées barycentriques respectives (0, 2/3, 1/3), (3/4, 0, 1/4) et (3/5, 2/5, 0).
Les droites (aa0 ), (bb0 ) et (cc0 ) sont-elles concourantes ? Si oui, donner les coordonnées
Page de Titre
barycentriques du point de concours.
Sommaire 3.7.7. ♣. Théorème de Gergonne. Même situation que Céva, on suppose (aa0 ), (bb0 ), (cc0 )
concourantes en m. Montrer que l’on a :
JJ II −−→ −−→ −−→
a0 m b0 m c0 m
−→ + −
→ + −→ = 1.
J I a0 a b0 b c0 c
Quitter
4.2. Demi-droites
Définition : Soient a et b deux points distincts de E. La demi-droite [ab)
est l’ensemble des points p de (ab) tels que le segment semi-ouvert [bp[ (=
[bp] − {p}) ne contienne pas a.
♣. Soit m un point de (ab). On a donc − → = λ.−
am
→
ab avec λ réel.
a) Montrez que [ab) est l’ensemble des points m de (ab) tels que λ soit positif ou nul (on
−
am→
note λ = − → , cf. IV.4.1).
ab
Accueil b) Montrez que [ab) est l’ensemble des points de (ab) dont la coordonnée barycentrique
sur b dans le repère (a, b) est positive.
Page de Titre c) Montrez enfin que si (a, b, c) est un repère affine d’un plan affine E, alors [ab) est
l’ensemble des points m dont les coordonnées barycentriques sont de la forme (α, β, 0),
avec β ≥ 0.
Sommaire
4.3. Demi-plans
JJ II Définition : Soient a, b et c trois points non alignés d’un plan affine E. Le
demi-plan (fermé) délimité par (bc) et contenant a (noté E + dans la suite) est
J I l’ensemble des points m de E tels que (bc) ne coupe pas [am[ (i.e. (bc) ∩
[am[= ∅).
Page 23 de 25
4.3.1. ♠ Faites un dessin pour vous convaincre que cette définition correspond bien géo-
métriquement à l’intuition d’un demi-plan. Qu’obtiendrait-on si dans la définition on rem-
Retour plaçait “ne coupe pas [am[” par “ne coupe pas [am]” ? Remarquez que a appartient à E + .
Plein écran
Notre but est maintenant de transformer cette définition géométrique en
une définition analytique ; nous nous donnons un repère affine (a0 , b0 , c0 )
Fermer de E où a0 est choisi comme origine. Nous allons caractériser les points
de E + , d’abord par leurs coordonnées cartésiennes, puis par leurs coor-
Quitter
données barycentriques dans le repère (a0 , b0 , c0 ).
4.3.2. ♣ Dans le repère affine (a0 , b0 , c0 ), on suppose que l’équation de la droite (bc) est
donnée par la forme affine f (cf. IV.2.6.5) :
m ∈ (bc) ⇔ f (m) = 0
φm (t) = f (a + t−→
am).
Sommaire
(i) Montrez que φm est une fonction polynôme de degré au plus 1. Pour quels points m
JJ II est-elle constante ? En déduire qu’une équation de la droite ∆ passant par a et parallèle à
(bc) est f (m) = f (a).
J I (ii) Soit m tel que φm n’est pas constante, quand φm s’annule-t-elle ? Etudier son signe.
En déduire que si m n’appartient pas à ∆, la droite (am) rencontre (bc) en un point unique
p et que E + est l’ensemble des points m qui vérifient f (m) ≥ 0. Explicitez cette écriture en
Page 24 de 25
coordonnées cartésiennes.
(iii) Montrez, à l’aide des définitions géométriques, que, si m n’est pas sur ∆, on a l’équi-
Retour valence :
m ∈ E + ⇐⇒ m ∈ [pa).
Plein écran On cherche maintenant une condition nécessaire et suffisante sur les coordonnées bary-
centriques (α, β, γ) de m dans le repère (a, b, c) pour que m appartienne à E + .
Fermer e) Appliquer les résultats précédents au cas où le repère choisi est (b, c, a) : déterminer f
et f (a).
f) Caractériser les points de ∆ et de E + par leurs coordonnées barycentriques.
Quitter
g) Décrire l’ensemble des points vérifiant α = 32 .
4.4. Barycentres, aires et triangle Soit un triangle abc dans un plan affine P . Soit
m un point du plan. Une base B de P~ étant donnée, on appelle aire algébrique du triangle
construite sur les vecteurs −→ et −
ma
→
mb dans cet ordre le nombre réel 12 detB (−→ −
ma,
→
mb) que l’on
notera Aalg (mab). On pose :
J I 4.4.3. Application. Montrer que les médianes et les côtés d’un triangle définissent six petits
triangles de même aire.
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4.5. ♣ Suite de 1.9.3. Pour k égal à 1 ou 2, on pose :
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k−→ k−→ k−→
ak = b + bc, bk = c + ca, ck = a + ab
3 3 3
Plein écran c) Montrer que F contient les points a1 , a2 , b1 , b2 , c1 , c2 .
d) Donner un encadrement des coordonnées d’un point g de F dans le repère affine
Fermer
(a, b, c). Montrez que F est contenu dans un hexagone (intersection de 6 demi-plans) que
l’on dessinera. (A suivre en III.2.6.4.)
Quitter