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Polynomes

Ce document définit les polynômes à une indéterminée à coefficients dans un corps K. Il présente leur structure algébrique d'anneau commutatif et de K-espace vectoriel. Il introduit également les notions de degré, base canonique, familles à degrés échelonnés.

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Polynomes

Ce document définit les polynômes à une indéterminée à coefficients dans un corps K. Il présente leur structure algébrique d'anneau commutatif et de K-espace vectoriel. Il introduit également les notions de degré, base canonique, familles à degrés échelonnés.

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© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

P OLYNÔMES
Dans tout ce chapitre, K désigne les corps R ou C.

1 Polynômes à une indéterminée à coefficients dans K


1.1 Définition

Définition 1.1 Polynôme

On appelle polynôme à une indéterminée à coefficients dans K toute suite presque nulle (i.e. nulle à
partir d’un certain rang) d’éléments de K.
Si on choisit de noter X l’indéterminée, une telle suite (an ) nulle à partir du rang p + 1 se note alors a0 +
X
+∞
a1 X + · · · + ap Xp ou encore an Xn , cette somme étant en fait finie.
n=0
L’ensemble des polynômes à une indéterminée à coefficients dans K se note alors K[X].

 Attention ! Contrairement à ce qui se passait auparavant, on ne confondra pas polynômes et fonctions


polynomiales.

Remarque. L’ensemble des suites presque nulles de KN se note K(N) . On peut donc identifier K[X] et K(N) .

Définition 1.2

I On appelle monôme tout polynôme du type λXk avec λ ∈ K.


I On appelle polynôme constant tout polynôme du type λX0 = λ avec λ ∈ K.
I On appelle polynôme nul le polynôme correspondant à la suite nulle.
I On appelle coefficient dominant d’un polynôme le coefficient de son monôme de plus haut degré.
I On appelle polynôme unitaire un polynôme dont le coefficient dominant est égal à 1.

P
Remarque. Si P est un polynôme non nul de coefficient dominant λ, alors λ est un polynôme unitaire : on
dit que c’est le polynôme normalisé de P.

Proposition 1.1

Deux polynômes sont égaux si et seulement si leurs coefficients sont égaux.

Remarque. En particulier, un polynôme est nul si et seulement si ses coefficients sont nuls.

 Attention ! L’indéterminée X n’est pas un élément de K. En particulier, résoudre des équations polynomiales
de la manière suivante n’a aucun sens.

X2 − 1 = 0 ⇐⇒ (X = 1 ou X = −1)

En effet, X2 − 1 = 0 signifie que X2 − 1 est le polynôme nul i.e. celui dont tous les coefficients sont nuls, ce qui
est manifestement faux. Les égalités X = 1 et X = −1 n’ont pas plus de sens.
Quant on voudra résoudre une équation polynomiale, on prendra garde d’introduire un scalaire. Par exemple, si
z ∈ R, ce qui suit à un sens.
z2 − 1 = 0 ⇐⇒ (z = 1 ou z = −1)

[Link] 1
© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Définition 1.3 Opérations sur les polynômes

X
+∞ X
+∞
Soient P = an Xn et Q = bn Xn deux polynômes de K[X] et λ ∈ K.
n=0 n=0
X
+∞
Addition On définit le polynôme P + Q par (an + bn )Xn .
n=0
X
+∞ X
Multplication On définit le polynôme P × Q par cn Xn avec cn = ak bl .
n=0 k+l=n

X
+∞
Multiplication par un scalaire On définit le polynôme λ.P par λan Xn .
n=0
X
+∞
Composition de polynômes On définit le polynôme P ◦ Q = P(Q) par a n Qn .
n=0

Remarque. Dans la définition du produit, on vérifie que la suite (cn ) est presque nulle. De plus, cette définition
du produit est telle que Xn × Xp = Xn+p pour tout (n, p) ∈ N2 .

Remarque. Dans le cas particulier où Q = X, le polynôme P ◦ Q vaut P(X). Le polynôme P peut donc aussi
bien être noté P ou P(X).

Exemple 1.1

La composition consiste simplement à remplacer l’indéterminée X par un polynôme.


Par exemple, si P = X2 + X + 1, alors P(X − 1) = (X − 1)2 + (X − 1) + 1, P(X2 ) = X4 + X2 + 1 ou encore
P(X3 − 1) = (X3 − 1)2 + (X3 − 1) + 1.
Si (P, Q) ∈ K[X]2 vérifie (X2 + 1)P = XQ, alors (X4 + 1)P(X2 ) = X2 Q(X2 ), en substituant X2 à X.

Définition 1.4

I Un polynôme P est dit pair si P(−X) = P(X).


I Un polynôme P est dit impair si P(−X) = −P(X).

Exercice 1.1

X
+∞
Soit P = an Xn ∈ K[X].
n=0
1. Montrer que P est pair si et seulement si a2n+1 = 0 pour tout n ∈ N.
2. Montrer que P est impair si et seulement si a2n = 0 pour tout n ∈ N.

Proposition 1.2 Structures de K[X]

I (K[X], +, ×) est un anneau commutatif.


I (K[X], +, .) est un K-espace vectoriel.

Remarque. (K[X], +, ., ×) est en fait une K-algèbre commutative.

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© Laurent Garcin MPSI Lycée Jean-Baptiste Corot

Remarque. Le fait que K[X] soit une K-algèbre commutative, combiné au fait que Xn × Xp = Xn+p pour tout
(n, p) ∈ N2 , nous dit qu’on peut calculer avec les polynômes comme on en avait l’habitude.

Remarque. (K[X], ◦) est un monoïde non commutatif, c’est-à-dire que la loi ◦ est une loi interne associative
mais non commutative sur K[X], d’élément neutre le polynôme X.

Définition 1.5 Base canonique de K[X]

La famille (Xn )n∈N est une base de K[X] appelée la base canonique de K[X].

Proposition 1.3

Soient (P, Q, R) ∈ K[X]3 et (λ, µ) ∈ K2 . Alors

(λP + µQ) ◦ R = λP ◦ R + µQ ◦ R (PQ) ◦ R = (P ◦ R)(Q ◦ R)

 Attention ! En général, R ◦ (λP + µQ) 6= λR ◦ P + µR ◦ Q et R ◦ (PQ) 6= (R ◦ P)(R ◦ Q).

1.2 Degré d’un polynôme

Définition 1.6 Degré d’un polynôme

X
+∞
Soit P = an Xn ∈ K[X]. Le degré de P, noté deg P, est défini par :
n=0

max{n ∈ N | an 6= 0} si P 6= 0
deg P =
−∞ si P = 0

Proposition 1.4 Degré et opérations

Soient (P, Q) ∈ K[X]2 et (λ, µ) ∈ K2 .


(i) deg(λP + µQ) 6 max(deg P, deg Q).
(ii) deg(PQ) = deg P + deg Q.
(iii) deg P ◦ Q = deg P × deg Q si Q 6= 0.

Remarque. On adopte la convention n + (−∞) = (−∞) + n = −∞ pour tout n ∈ N ∪ {−∞}.

Remarque. Si P et Q sont des polynômes de degrés distincts, deg(P + Q) = max(deg P, deg Q).

Corollaire 1.1 Intégrité de K[X]

L’anneau K[X] est intègre.

Corollaire 1.2 Éléments inversibles de K[X]

Les éléments inversibles de K[X] sont les polynômes de degré 0.

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Définition 1.7 Polynômes de degré inférieur ou égal à n

Soit n ∈ N. On note Kn [X] l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à n.

Proposition 1.5 Structure de Kn [X]

Soit n ∈ N. Kn [X] est un sous-espace vectoriel de K[X]. La famille (Xk )06k6n est une base de Kn [X] appelée
la base canonique de Kn [X].

 Attention ! Kn [X] n’est pas un sous-anneau de K[X].

Définition 1.8 Famille finie de polynômes à degrés échelonnés

Soit (P0 , P1 , . . . , Pn ) une famille de polynômes de K[X]. On dit que la famille (P0 , P1 , . . . , Pn ) est à degrés
échelonnés si :
∀i ∈ J0, n − 1K, deg Pi < deg Pi+1

Définition 1.9 Famille dénombrable de polynômes à degrés échelonnés

Soit (Pn )n∈N une famille de polynômes de K[X]. On dit que la famille (Pn )n∈N est à degrés échelonnés si la
suite (deg Pn ) est strictement croissante.

Proposition 1.6

Une famille de polynômes à degrés échelonnés est libre si et seulement si elle ne contient pas le polynôme
nul.

Remarque. Une famille (P0 , . . . , Pn ) de K[X] telle que deg Pi = i pour tout i ∈ J0, nK est une base de Kn [X].
Une famille (Pn )n∈N de K[X] telle que deg Pn = n pour tout i ∈ N est une base de K[X].

Exercice 1.2 Valuation d’un polynôme

X
+∞
Soit P = an Xn ∈ K[X]. La valuation de P, noté val P, est définie par :
n=0

min{n ∈ N | an 6= 0} si P 6= 0
val P =
+∞ si P = 0

1. Montrer que val(P + Q) > min(val P, val Q).


2. Montrer que val(PQ) = val P + val Q.

1.3 Fonctions polynomiales et racines

Définition 1.10 Fonction polynomiale

X
+∞ X
+∞
Soit P = an Xn . Pour x ∈ K, on note P(x) = an xn .
n=0 n=0
K −→ K
L’application P̃ : est appelée la fonction polynomiale associée au polynôme P.
x 7−→ P(x)

[Link] 4
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 Attention ! On ne dira jamais que l’on prend X = x dans P(X). En effet, x et X ne sont pas des objets du
même type, la relation X = x n’a aucun sens. On dira plutôt que l’on substitue x à X dans P(X), ou que l’on
remplace X par x dans P(X), ou bien encore que l’on évalue P en x.

K[X] −→ KK
Remarque. L’application est un morphisme de K-algèbres pour les lois +, ., × et un
P 7−→ P̃
morphisme de monoïdes pour la loi ◦.

Remarque. On verra plus tard qu’on peut justifier d’un point de vue théorique l’identification entre polynôme
et fonction polynomiale que vous acceptiez sans broncher jusqu’à maintenant.

Remarque. Il faut bien faire la différence entre le fait qu’un polynôme s’annule (son évaluation en un scalaire
est nulle) et le fait qu’un polynôme est nul (tous ses coefficients sont nuls).
Par exemple, si (X − a)P = 0, alors P = 0 par intégrité bien que X − a s’annule en a. Ce qui compte, c’est que
X − a n’est pas le polynôme nul.

Exercice 1.3

K[X] −→ K
Soit a ∈ K. Montrer que est une forme linéaire sur K[X].
P 7−→ P(a)

Définition 1.11 Racine

Soient P ∈ K[X] et a ∈ K. On dit que a est une racine de P (dans K) si P(a) = 0.


Attention ! La précision « dans K » peut avoir de l’importance : le polynôme X2 + 1 admet des racines dans
C mais pas dans R.

Méthode Montrer qu’un polynôme à coefficients réels admet une racine réelle
On peut employer des techniques d’analyse pour montrer qu’un polynôme admet une racine réelle.
1. Le théorème des valeurs intermédiaires assure l’existence d’une racine de P ∈ R[X] si P change de signe.
2. Le théorème de Rolle montre que P 0 s’annule si P prend deux fois la même valeur.

Exemple 1.2

Un polynôme à coefficients réels de degré impair admet nécessairement une racine réelle d’après le théorème
des valeurs intermédiaires.

Proposition 1.7

Soient P ∈ K[X] pair ou impair et a ∈ K. Alors a est une racine de P si et seulement si −a est également
une racine de P.

1.4 Conjugaison

Définition 1.12 Conjugué d’un polynôme

X
+∞ X
+∞
Soit P = an Xn ∈ C[X]. On appelle polynôme conjugué de P le polynôme P = an Xn .
n=0 n=0

[Link] 5
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Remarque. En particulier, P ∈ R[X] si et seulement si P = P.

Proposition 1.8

Soient P ∈ C[X] et a ∈ C. Alors a est une racine de P si et seulement si a est une racine de P.
En particulier, si P ∈ R[X], les racines complexes non réelles de P sont conjuguées deux à deux.

Proposition 1.9

Soient (P, Q) ∈ C[X]2 et (λ, µ) ∈ C2 . Alors

λP + µQ = λ P + µ Q PQ = P Q

En particulier, si (λ, µ) ∈ R2 , λP + µQ = λP + µQ.

1.5 Dérivation

Définition 1.13 Polynôme dérivé

X
+∞ X
+∞
Soit P = ak Xk . Le polynôme P 0 = kak Xk−1 est appelé le polynôme dérivé de P. On définit par
k=0 k=1
récurrence les polynômes dérivés successifs P(n) de P pour n ∈ N.

Remarque. La dérivation des polynômes « coïncide » avec la dérivation des fonctions.


0
Si K = R, P‹0 = P̃ .
Ä ä 0
Si K = C, P‹0 = P̃|R .
|R
En fait, on peut établir des notions de dérivabilité et de dérivée pour les fonctions de C dans C. On a alors
0
P‹0 = P̃ , que le corps soit R ou C.

Définition 1.14 Dérivées successives


0
Soit P ∈ K[X]. On définit les dérivées successives de P en posant P(0) = P et P(n+1) = P(n) pour tout n ∈ N.

Proposition 1.10 Degré de la dérivée

Soit P ∈ K[X]. Si n 6 deg P, deg P(n) = deg P − n. Sinon P(n) = 0.


De manière générale, deg P(n) 6 deg P − n.

Exemple 1.3
(k) n! (k)
Pour k 6 n, (Xn ) = (n−k)! X
n−k
et pour k > n, (Xn ) = 0.

Proposition 1.11 Linéarité de la dérivation

Soient (P, Q) ∈ K[X]2 et (λ, µ) ∈ K2 . Alors (λP + µQ) 0 = λP 0 + µQ 0 .


Pour tout n ∈ N, (λP + µQ)(n) = λP(n) + µQ(n) .

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K[X] −→ K[X]
Remarque. Si on note D : , D ∈ L(K[X]). D n’est pas injectif puisque Ker D = K0 [X].
P 7−→ P 0
De manière générale, Ker Dn = Kn−1 [X] pour tout n ∈ N∗ .

Proposition 1.12 Dérivée d’un produit

Soit (P, Q) ∈ K[X]2 .


I (PQ) 0 = P 0 Q + PQ 0 .
X
n Ç å
(n) n (k) (n−k)
I Formule de Leibniz : (PQ) = P Q
k
k=0

Proposition 1.13 Formule de Taylor pour les polynômes

Soient P ∈ K[X] et a ∈ K.

X
+∞ (n)
P (a) X
+∞ (n)
P (a) n
P= (X − a)n P(a + X) = X
n! n!
n=0 n=0

Proposition 1.14 Dérivée d’une composée

Soit (P, Q) ∈ K[X]2 . Alors (P ◦ Q) 0 = (P 0 ◦ Q)Q 0 .

Exemple 1.4

Soit P ∈ K[X]. Alors P(−X) 0 = −P 0 (−X) et P(X2 ) 0 = 2XP 0 (X2 ).

2 Arithmétique de K[X]
2.1 Divisibilité dans K[X]

Définition 2.1 Divisibilité dans K[X]

Soit (P, Q) ∈ K[X]2 . On dit que P divise Q ou que Q est un multiple de P s’il existe A ∈ K[X] tel que Q = AP.
On note P|Q.

Proposition 2.1 Propriétés de la divisibilité

Soit (A, B, C, D) ∈ K[X]4 .


Réflexivité A|A.
Transitivité Si A|B et B|C alors A|C.
«Pseudo-antisymétrie» Si A|B et B|A, alors il existe λ ∈ K∗ tel que B = λA. On dit alors que les polynômes
A et B sont associés.
«Combinaison linéaire» Si D|A et D|B, alors D|AU + BV pour tout (U, V) ∈ K[X]2 .
Produit Si A|B et C|D, alors AC|BD.
En particulier, si A|B alors An |Bn pour tout n ∈ N.
Multiplication/division par un polynôme Si D 6= 0, A|B ⇐⇒ AD|BD.

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Remarque. On pourrait introduire la notion de congruence pour les polynômes comme pour les entiers mais
ce n’est pas au programme...

2.2 Division euclidienne

Proposition 2.2 Division euclidienne

Soit (A, B) ∈ K[X]2 avec B 6= 0. Alors il existe un unique couple d’entiers (Q, R) ∈ K[X]2 vérifiant :

(i) A = BQ + R (ii) deg R < deg B

A s’appelle le dividende, B le diviseur, Q le quotient, et R le reste.

Remarque. Soit (A, B) ∈ R[X]2 . La division euclidienne de A par B est la même dans R[X] ou dans C[X].

Exemple 2.1

Soient P ∈ K[X] et a ∈ K. Le reste de la division euclidienne de P par X − a est P(a).

Méthode Calculer le reste d’une division euclidienne


X
deg B−1
Pour calculer le reste de la division euclidienne de A par B, on écrit A = BQ + R avec R = ak Xk . On
k=0
évalue ensuite en les racines de B. En effet, si a est une racine de B, alors P(a) = R(a). Ceci nous permet de
déterminer les coefficients de R.

Exemple 2.2

Déterminer le reste de la division euclidienne de X10 − X5 par X2 − 3X + 2.

Proposition 2.3

Soit (A, B) ∈ K[X]2 avec B 6= 0. Alors B divise A si et seulement si le reste de la division euclidienne de A
par B est nul.

Remarque. Soient (A, B) ∈ R[X]2 . Si B divise A dans C[X], alors B divise également A dans R[X].

Proposition 2.4 Racine et divisibilité

Soient P ∈ K[X] et a ∈ K. a est une racine de P si et seulement si X − a divise P.

[Link] 8
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Méthode Division euclidienne de P par (X − a)p


La formule de Taylor nous donne directement le quotient est le reste de la division euclidienne de P par (X−a)p .
En effet, P = (X − a)p Q + R avec
X P(n) (a)
Q= (X − a)n−p
n!
n>p
X P(n) (a)
R= (X − a)n
n<p
n!

Algorithme de la division euclidienne


X3 + X + 1 X+1
−(X3 + X2 ) X2 − X + 2
−X2 + X
−(−X2 − X)
2X + 1
−(2X + 2)
−1

Exercice 2.1

Soit B ∈ K[X] avec deg B > 1. Montrer que l’application qui à un polynôme P associe le reste de la division
euclidienne de P par B est un projecteur de K[X]. Déterminer son noyau et son image.

2.3 PGCD

Définition 2.2 PGCD

Soit (P, Q) ∈ K[X]2 . On appelle plus grand commun diviseur (PGCD) du couple (P, Q) tout polynôme
D ∈ K[X] vérifiant :
(i) D est multiple commun de P et Q i.e. D|P et D|Q ;
(ii) tout diviseur commun de P et Q divise D.

Proposition 2.5 Existence et « unicité » du PGCD

Soit (P, Q) ∈ K[X]2 . Deux PGCD de (P, Q) sont associés.


Il existe un unique PGCD unitaire ou nul de (P, Q). On le note P ∧ Q.

Remarque. Le PGCD de deux polynômes est nul si et seulement si ces deux polynômes sont nuls.

Remarque. Soit P ∈ K[X] avec P 6= 0. P ∧ 0 = P


b où P
b est le polynôme normalisé de P.

Lemme 2.1

Soit A = BQ + R la division euclidienne de A ∈ K[X] par B ∈ K[X] avec B 6= 0. Alors A ∧ B = B ∧ R.

L’algorithme suivant permet de déterminer le PGCD de deux polynômes par une succession de divisions eucli-
diennes.

[Link] 9
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Algorithme d’Euclide
On reprend l’idée de l’algorithme d’Euclide vu dans le cadre de l’arithmétique dans Z. On définit donc une
suite (Rn ) de la manière suivante :
1. On pose R0 = A et R1 = B.
2. Pour n > 1, Rn+1 est le reste de la division euclidienne de Rn−1 par Rn .
(deg Rn ) est une suite strictement décroissante d’éléments de N ∪ {−∞} (à partir du rang 1) : elle est donc
égale à −∞ à partir d’un certain rang. La suite (Rn ) est donc nulle à partir d’un certain rang. Soit N l’indice
du dernier terme non nul de cette suite. Le lemme précédent montre que R N = A ∧ B où RN est le polynôme
” ”
normalisé de RN .

Exemple 2.3

Déterminons le PGCD de 6X4 + 8X3 − 7X2 − 5X − 2 et 6X3 − 4X2 − X − 1.

6X4 + 8X3 − 7X2 − 5X − 2 = (X + 2) × (6X3 − 4X2 − X − 1) + 2X2 − 2X


6X3 − 4X2 − X − 1 = (3X + 1) × (2X2 − 2X) +X−1
2
2X − 2X = 2X × (X − 1) +0

On a donc (6X4 + 8X3 − 7X2 − 5X − 2) ∧(6X3 − 4X2 − X − 1) = X − 1.

Théorème 2.1 Bézout

Soit (A, B) ∈ K[X]2 . Il existe (U, V) ∈ K[X]2 tels que AU + BV = A ∧ B. On appelle (U, V) un couple de
coefficients de Bézout. Une égalité du type précédent s’appelle une identité de Bézout.

 Attention ! Ces coefficients ne sont pas uniques. Si (U0 , V0 ) est un couple de coefficients de Bezout, tous les
couples de la forme (U0 + KB, V0 − KA) avec K ∈ K[X] le sont aussi.
La réciproque de ce théorème est fausse.

Algorithme d’Euclide étendu


On reprend à nouveau l’idée de l’algorithme d’Euclide étendu vu dans le cadre de l’arithmétique dans Z. On
reprend les notations de l’algorithme d’Euclide. Pour tout n > 1, on a Rn+1 = Rn − Qn Rn−1 . Le dernier reste
non nul RN est le PGCD D de A et B. On abrégera combinaison linéaire à coefficients polynomiaux en CLP.
On peut ainsi exprimer D comme une CLP de RN−1 et RN−2 . Puis comme on peut exprimer RN−1 comme
une CLP de RN−2 et RN−3 , on peut exprimer D comme une CLP de RN−2 et RN−3 , etc... Finalement on peut
exprimer D comme une CLP de R0 = A et R1 = B. Plutôt qu’un long discours, reprenons l’exemple traité
pour l’algorithme d’Euclide standard.

Exemple 2.4

Réécrivons les divisions euclidiennes de l’algorithme d’Euclide standard sous une autre forme :

2X2 − 2X = (6X4 + 8X3 − 7X2 − 5X − 2) − (X + 2) × (6X3 − 4X2 − X − 1)


X − 1 = (6X3 − 4X2 − X − 1) − (3X + 1) × (2X2 − 2X)

On part ensuite du PGCD (c’est-à-dire X − 1) et on remonte les lignes de la manière suivante :

X − 1 = (6X3 − 4X2 − X − 1) − (3X + 1) × (2X2 − 2X)


h i
= (6X3 − 4X2 − X − 1) − (3X + 1) (6X4 + 8X3 − 7X2 − 5X − 2) − (X + 2) × (6X3 − 4X2 − X − 1)
= −(3X + 1) × (6X4 + 8X3 − 7X2 − 5X − 2) + (3X2 + 7X + 3) × (6X3 − 4X2 − X − 1)

Et voilà notre identité de Bézout.

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2.4 Polynômes premiers entre eux

Définition 2.3 Polynômes premiers entre eux

Soit (P, Q) ∈ K[X]2 . On dit que P et Q sont premiers entre eux si leurs seuls diviseurs communs sont les
polynômes constants non nuls i.e. si leur PGCD vaut 1.

Théorème 2.2 Bézout

Soit (P, Q) ∈ K[X]2 . Alors P et Q sont premiers entre eux si et seulement si il existe (U, V) ∈ K[X]2 tel que
UP + VQ = 1.

Remarque. Contrairement au premier théorème de Bézout, on a bien ici une équivalence.

Théorème 2.3 Gauss

Soit (A, B, C) ∈ K[X]3 . Si A|BC et A ∧ B = 1 alors A|C.

Proposition 2.6

Soit (P1 , . . . , Pr ) ∈ K[X]r et Q ∈ K[X].


1. Si P1 , . . . , Pr sont tous premiers avec Q, alors le produit P1 . . . Pr est également premier avec Q.
2. Si P1 , . . . , Pr sont premiers entre eux deux à deux et divisent Q, alors le produit P1 . . . Pr divise également
Q.

Lemme 2.2

Soit (a, b) ∈ K2 avec a 6= b. Alors (X − a) ∧(X − b) = 1.

Théorème 2.4

Un polynôme de degré n ∈ N de K[X] possède au plus n racines dans K.

Méthode Prouver qu’un polynôme est nul


Pour prouver qu’un polynôme est nul, il suffit de prouver qu’il possède une infinité de racines.

Exercice 2.2

Soit P ∈ K[X] tel que P(X + 1) = P(X). Montrer que P est constant.

Exercice 2.3

Déterminer les polynômes P ∈ C[X] tels que P(R) ⊂ R.

Proposition 2.7

Si le corps K est infini, l’application qui à un polynôme P ∈ K[X] associe la fonction polynomiale P̃ ∈ KK est
une application linéaire injective.

[Link] 11
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Remarque. C’est même un morphisme injectif de K-algèbres.

Remarque. Autrement dit, toute fonction polynomiale est associée à un unique polynôme, ce qui justifie la
fait que l’on confonde polynôme et fonction polynomiale. Cette identification repose sur le fait que R et C sont
des corps infinis. Mais tous les corps ne sont pas infinis comme vous le verrez l’année prochaine.

Méthode Identification de coefficients


Si deux fonctions polynomiales coïncident sur un ensemble infini (typiquement R), leurs coefficients sont égaux.

Remarque. La réciproque est évidemment vraie.

Proposition 2.8 Polynôme interpolateur de Lagrange

Soient (x0 , . . . , xn ) et (y0 , . . . , yn ) deux n-uplets de Kn+1 où les xi sont distincts deux à deux. Il existe un
unique polynôme de Kn [X] tel que P(xi ) = yi pour tout i ∈ J0, nK.
X n
Le polynôme en question est yi Li où
i=0
Y X − xj
Li =
xi − xj
j6=i


Kn [X] −→ Kn+1
Remarque. Il suffit en effet de montrer que l’application est un isomor-
P 7−→ (P(x0 ), . . . , P(xn ))
phisme.

Remarque. Les polynômes


Qn Q ∈ K[X] tels que Q(xi ) = yi pour tout i ∈ J0, nK (sans contrainte de degré) sont
les polynômes P + M i=0 (X − xi ) avec M ∈ K[X].

2.5 PPCM

Définition 2.4 PPCM

Soit (P, Q) ∈ K[X]2 . On appelle plus petit commun multiple du couple (P, Q) tout polynôme M ∈ K[X]
vérifiant :
(i) M est un multiple commun de P et Q i.e. P|M et Q|M ;
(ii) tout multiple commun de P et Q est multiple de M.

Proposition 2.9 Existence et « unicité » du PPCM

Soit (P, Q) ∈ K[X]2 . Deux PPCM de P et Q sont associés.


Il existe un unique PPCM unitaire ou nul de (P, Q). On le note P ∨ Q.

Remarque. Le PPCM de deux polynômes est nul si et seulement si l’un des deux est nul.

Proposition 2.10 Lien entre PGCD et PPCM

Soit (P, Q) ∈ K[X]2 . Alors (P ∧ Q)(P ∨ Q) et PQ sont associés.

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3 Racines multiples
3.1 Définition

Définition 3.1 Racines multiples

Soient P ∈ K[X] et a ∈ K. On dit que a est une racine de P d’ordre (de multiplicité) p si p est le plus grand
entier k tel que (X − a)k divise P.
On dit que a est une racine multiple de P si a est une racine d’ordre au moins 2.


Remarque. Si P 6= 0, cet entier p existe puisque k ∈ N (X − a)k |P est une partie non vide (elle contient

0) et majorée (par deg P) de N.

Remarque.
I Dire que a est une racine d’ordre p de a signifie que (X − a)p |P mais que (X − a)p+1 6 | P.
I Dire que a est une racine d’ordre au moins p signifie que (X − a)p |P.
I Une racine de P est une racine d’ordre au moins 1.
I Une racine d’ordre 0 n’est pas une racine de P.

Lemme 3.1

Soit (a, b) ∈ K2 avec a 6= b. Soit (p, q) ∈ N2 . Alors (X − a)p ∧(X − b)q = 1.

Théorème 3.1

Soit P ∈ K[X] un polynôme de degré n ∈ N. Alors P possède au plus n racines comptées avec leur multi-
plicité.

Exemple 3.1

Le polynôme (X − 1)(X + 1)2 (X − 2)3 possède 3 racines distinctes mais 6 racines comptées avec leur multiplicité.

3.2 Dérivation et ordre de multiplicité


Remarque. Les deux sommes précédentes sont bien entendu finies puisque la suite des dérivées successives de
P est nulle à partir d’un certain rang.

Proposition 3.1 Caractérisation de la multiplicité d’une racine

Soient P ∈ K[X], a ∈ K et r ∈ N. a est une racine de P de multiplicité r si et seulement si

∀k ∈ J0, r − 1K, P(k) (a) = 0 et P(r) (a) 6= 0

Remarque. P(a) = P 0 (a) = · · · = P(r−1) (a) = 0 si et seulement si a est racine de P de multiplicité au


moins égale à r.
a est racine multiple de P si et seulement si P(a) = P 0 (a) = 0.

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Méthode Division euclidienne


Pour trouver le reste R de la division euclidienne de P ∈ K[X] par (X − a)r (X − b)s , on peut constater que P − R
est divisible par (X − a)r (X − b)s . Autrement dit, a et b sont des racines de P − R d’ordre respectifs au moins
r et s. On en déduit les conditions

R(a) = P(a) R 0 (a) = P 0 (a) ... R(r−1) (a) = P(r−1) (a)


R(b) = P(b) R 0 (b) = P 0 (b) ... R(s−1) (b) = P(s−1) (b)

ce qui suffit à déterminer R (r + s conditions pour un polynômes de Kr+s−1 [X]).

Exercice 3.1 Calcul d’un reste

Déterminer de deux manières le reste R dans la division euclidienne d’un polynôme P ∈ K[X] par B = (X − a)2
où a ∈ K.

Proposition 3.2

Soient P ∈ K[X] pair ou impair et a ∈ K. a est une racine de P de multiplicité r si et seulement si −a est
également une racine de P de multiplicité r.

Remarque. Si P est pair ou impair, a est une racine d’ordre au moins r de P si et seulement si −a est
une racine d’ordre au moins r de P.

Proposition 3.3

Soient P ∈ C[X], a ∈ C et r ∈ N. a est une racine d’ordre r de P si et seulement si a est une racine d’ordre
r de P.
En particulier, si P ∈ R[X], les racines complexes non réelles de P sont conjuguées deux à deux et deux racines
complexes non réelles conjuguées sont de même ordre de multiplicité.

Remarque. a est une racine d’ordre au moins r de P si et seulement si a est une racine d’ordre au moins
r de P.

4 Factorisation
4.1 Polynômes irréductibles

Définition 4.1 Polynômes irréductibles

Soit P ∈ K[X]. On dit que P est irréductible (dans K[X]) si P n’est pas constant et si ses seuls diviseurs sont
les polynômes constants et les polynômes associés à P.

 Attention ! La précision « dans K[X] » peut avoir de l’importance : le polynôme X2 + 1 est irréductible dans
R[X] mais pas dans C[X].

Remarque. Deux polynômes irréductibles distincts sont premiers entre eux.

Exemple 4.1

Tout polynôme de degré 1 est irréductible.

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Il est important de comprendre que les polynômes irréductibles ont le même rôle dans l’anneau K[X] que les
nombres premiers dans l’anneau Z.

Proposition 4.1 Lemme d’Euclide

Soit (P, A, B) ∈ K[X]3 avec P irréductible. Si P|AB, alors P|A ou P|B.

Remarque. Cette propriété se généralise par récurrence à un produit de plus de deux polynômes.

Proposition 4.2

Soit (A, B) ∈ K[X]2 . A et B sont premiers entre eux si et seulement si ils n’admettent aucun diviseur
irréductible commun.

Théorème 4.1 Décomposition en facteurs irréductibles dans K[X]

On note I l’ensemble des polynômes irréductibles unitaires de K[X].


Soit P ∈ K[X] non nul. Il existe un unique λ ∈ K∗ et une unique famille
Y (µR )R∈I d’entiers naturels presque
tous nuls (i.e. nuls sauf un nombre fini d’entre eux) telle que Q = λ RµR .
R∈I

Comme dans le cas de l’arithmétique dans Z, on peut caractériser la divisibilité, le PGCD et le PPCM à l’aide
de cette décomposition en facteurs irréductibles.

Proposition 4.3
Y Y
Soient P = λ RµR et Q = µ RνR .
R∈I R∈I
(i) P|Q ⇐⇒ ∀R ∈ I, µR 6 νR .
Q
(ii) P ∧ Q = R∈I Rmin(µR ,νR ) .
Q
(iii) P ∨ Q = R∈I Rmax(µR ,νR ) .

4.2 Factorisation dans C[X]

Théorème 4.2 Théorème de d’Alembert-Gauss

Tout polynôme non constant de C[X] possède une racine (dans C).

Proposition 4.4 Irréductibles de C[X]

Les polynômes irréductibles de C[X] sont les polynômes de degré 1.

Corollaire 4.1

Tout polynôme non nul de C[X] admet autant de racines comptées avec multiplicité que son degré.

Corollaire 4.2

Deux polynômes C[X] sont premiers entre eux si et seulement si ils n’ont pas de racine complexe commune.

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Remarque. C’est a fortiori vrai pour des polynômes de R[X] à condition de considérer les racines complexes.
Par exemple, (X + 1)(X2 + 1) et (X + 2)(X2 + 1) n’ont pas de racine réelle commune mais ne sont pas premiers
entre eux.

Exemple 4.2

Les polynômes X2 + X + 1 et X4 − 1 sont premiers entre eux.

Corollaire 4.3

Soit (P, Q) ∈ C[X]2 . Alors P divise Q si et seulement si toute racine complexe de P est racine de Q avec au
moins le même ordre de multiplicité.

Remarque. C’est a fortiori vrai si (P, Q) ∈ R[X]2 à condition de considérer les racines complexes. Posons
P = (X + 1)(X2 + 1) et Q = (X + 1)2 (X4 + 1). Toute racine réelle de P (ici −1) est racine de Q avec au moins le
même ordre de multiplicité. Pourtant P ne divise pas Q.

Exemple 4.3

Soit P ∈ R[X]. X2 + X + 1 divise P si et seulement si P(j) = 0.

Proposition 4.5
Q
Pour n ∈ N∗ , la décomposition en facteurs irréductibles de Xn − 1 est Xn − 1 = ω∈Un X − ω.

Exercice 4.1

Soit (m, n) ∈ (N∗ ) . Montrer que (Xm − 1) ∧(Xn − 1) = Xm ∧ n − 1.


2

4.3 Factorisation dans R[X]

Proposition 4.6 Irréductibles de R[X]

Les polynômes irréductibles de R[X] sont les polynômes de degré 1 et les polynômes de degré 2 de discriminant
strictement négatif.

Méthode Factorisation dans R[X]


Pour factoriser un polynôme réel dans R[X], on le factorise d’abord dans C[X] puis on regroupe les facteurs
comportant des racines complexes non réelles conjuguées deux à deux.

Remarque. Une relation utile à connaître est X2 − 2X cos θ + 1 = (X − eiθ )(X − e−iθ ) pour θ ∈ R.

Exercice 4.2

Donner la décomposition en facteurs irréductibles de X4 + 1 dans C[X] et R[X].

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Exercice 4.3

Décomposer le polynôme P = (X + 1)7 − X7 − 1 en produit de facteurs irréductibles dans C[X] et dans R[X] en
sachant que j est une racine multiple de P.

4.4 Lien entre coefficients et racines d’un polynôme

Définition 4.2 Polynôme scindé

Soit P ∈ K[X]. On dit que P est scindé (sur K) s’il peut s’écrire comme un produit de polynômes de degré 1
de K[X].

 Attention ! La précision « sur K » peut avoir de l’importance : X2 + 1 est scindé sur C mais pas sur R.

Proposition 4.7

Tout polynôme de C[X] de degré supérieur ou égal à 1 est scindé sur C.

Proposition 4.8

Un polynôme de K[X] de degré n ∈ N∗ est scindé sur K si et seulement si il possède exactement n racines
dans K comptées avec multiplicité.

Exemple 4.4

Le polynôme Xn − 1 est scindé sur C et


Y
Xn − 1 = (X − ω)
ω∈Un

Définition 4.3 Fonctions symétriques élémentaires

Soit (α1 , . . . , αn ) ∈ Kn . Pour k ∈ J1, nK, on définit la kème fonction symétrique élémentaire de α1 , . . . , αn
notée σk par X
σk = αi1 αi2 . . . αik
16i1 <i2 <···<ik 6n

Exemple 4.5

Concrètement σk est la somme de tous les produits de k éléments parmi α1 , . . . , αn . Si n = 3,

σ1 = α1 + α2 + α3 σ2 = α1 α2 + α2 α3 + α3 α1 σ3 = α1 α2 α3

Proposition 4.9 Relations coefficients/racines

X
n
Soient P = ak Xk un polynôme de degré n ∈ N∗ , scindé sur K et (α1 , . . . , αn ) ∈ Kn .
k=0
On note σ1 , . . . , σn les fonctions symétriques élémentaires associées à α1 , . . . , αn .
Alors α1 , . . . , αn sont les n racines de P (comptées avec multiplicité) si et seulement si ∀k ∈ J1, nK, σk =
(−1)k an−k
an .

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Remarque. σ1 est la somme des racines et σn est le produit des racines. On a alors σ1 = − aan−1
n
et σn =
(−1)n aan0 .

Exemple 4.6
X Y
Montrer que ω = 0 pour n > 2 et ω = (−1)n+1 pour n > 1.
ω∈Un ω∈Un

Exercice 4.4 O Relations cœfficients-racines, III

Résoudre dans C le système suivant :



 x + y + z = 1
x2 + y2 + z2 = 9
 1
x + y1 + 1
z = 1

5 Compléments
5.1 PGCD d’un nombre fini de polynômes

Définition 5.1 PGCD

Soit (P1 , . . . , Pr ) ∈ K[X]r . On appelle plus grand commun diviseur (PGCD) de (P1 , . . . , Pr ) tout polynôme
P ∈ K[X] vérifiant :
(i) P est un diviseur commun des Pi ;
(ii) tout diviseur commun des Pi est un diviseur de P.

Proposition 5.1 Existence et « unicité » du PGCD

Soit (P1 , . . . , Pr ) ∈ K[X]r . Si les Pi sont non tous nuls, il existe un unique PGCD unitaire de (P1 , . . . , Pr ). On
le note P1 ∧ . . . ∧ Pr . L’unique PGCD de (0, . . . , 0) est 0.
Deux PGCD de (P1 , . . . , Pr ) sont associés.

Théorème 5.1 Bézout

X
r
Soit (P1 , . . . , Pr ) ∈ K[X]r . Il existe (U1 , . . . , Ur ) ∈ K[X]r tel que Ui Pi = P1 ∧ . . . ∧ Pr .
i=1

5.2 Polynômes premiers entre eux dans leur ensemble

Définition 5.2 Polynômes premiers entre eux dans leur ensemble

Soit (P1 , . . . , Pr ) ∈ K[X]r . On dit que P1 , . . . , Pr sont premiers entre eux dans leur ensemble si P1 ∧ . . . ∧ Pr = 1.

 Attention ! Si les Pi sont premiers entre eux deux à deux, alors ils sont premiers entre eux dans leur ensemble
mais la réciproque est fausse.
Par exemple, (X − 1)(X − 2), (X − 2)(X − 3), (X − 3)(X − 1) sont premiers entre eux dans leur ensemble sans être
premiers entre eux deux à deux.

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Théorème 5.2 Bézout

Soit (P1 , . . . , Pr ) ∈ K[X]r . Alors P1 ∧ . . . ∧ Pr = 1 si et seulement si il existe (U1 , . . . , Ur ) ∈ K[X]r tel que
X
r
Ui Pi = 1.
i=1

Proposition 5.2

Soit (P1 , . . . , Pr ) ∈ K[X]r . Alors P1 ∧ . . . ∧ Pr = 1 si et seulement si il existe P1 , . . . , Pr n’admettent aucun


diviseur irréductible commun.

5.3 PPCM d’un nombre fini de polynômes (hors programme)

Définition 5.3 PPCM (hors programme)

Soit (P1 , . . . , Pr ) ∈ K[X]r . On appelle plus petit commun multiple (PPCM) de (P1 , . . . , Pr ) tout polynôme
P ∈ K[X] vérifiant :
(i) P est un multiple commun des Pi ;
(ii) tout multiple commun des Pi est un multiple de P.

Proposition 5.3 Existence et « unicité » du PPCM (hors programme)

Soit (P1 , . . . , Pr ) ∈ K[X]r . Si les Pi sont tous non nuls, il existe un unique PPCM unitaire de (P1 , . . . , Pr ). On
le note P1 ∨ . . . ∨ Pr .
Sinon, l’unique PPCM de (P1 , . . . , Pr ) est 0.
Deux PPCM de (P1 , . . . , Pr ) sont associés.

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