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Apprendre à prier pour les malades
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n°2
Comment prier pour les
malades
Carlo BrugnoliRemerciements
Je remercie chaleureusement toutes les personnes qui ont contribué a la réalisation de cet
‘ouvrage; en particulier le Pasteur Marcel Ziehli, le Docteur Josiane Volkmar-André, Mesdames
Cynthia Bloomer, Nathalie Aranjo, Jacqueline Schwerzmann, Doris Vuilleumier, Elisabeth
Nussbaum et Messieurs René Hinterholz, Yves-Pascal et Luc-Olivier Suter. Cette collaboration
ma été trés précieuse.
Sommaire
Préface
Introduction
| Un fondement biblique pour agir avec assurance.
Il Mieux comprendre pour opérer dans la liberté.
Ill Comment commencer.
IV La présomption outrage, mais la sagesse soulage...
V Et ceux qui ne sont pas guéris?.
Lettre au lecteur ....
Préface
‘Quel encouragement nous apporte la lecture de cet ouvrage sur la guérison!
Les questions, les hésitations, les frustrations que nous pouvons rencontrer en priant pour les
malades sont toutes abordées ici. Et pas de n'importe quelle fagon! En effet, le message véhiculé
par ce livre suscite en nous un nouvel enthousiasme.
Merci, Carlo, pour le défi que tu me lances a prier pour les matades en vue de leur guérison,
Nous avons besoin de nous rappeler que le Seigneur désire utiliser chacun de nous dans le
ministére de la guérison.
Allons-y!
‘Cynthia Bloomer, au service du Seigneur dans le cadre de JEM depuis 25 ans
Introduction
Je me préparais a donner l'enseignement qui va suivre dans une communauté, quand il me
‘sembla entendre le Seigneur miinterpeller: "Sais-tu pourquoi ily a tant de guérisseurs dans cette
région...?" II poursuivit: “C’est 4 cause de I'étendue de la souffrance et parce que mon Eglise n'a
as la renommée de prier pour les malades.”
Notre attitude habituelle est de tenir la société qui nous entoure pour seule responsable du
foisonnement de charlatans et de la juger séverement. Mais n’avons-nous pas trop longtemps fait
barrage entre Christ, notre téte, et les foules dont il a compassion? N'avons-nous pas été pour lui
Un corps désobéissant, indisponible, lent a comprendre et @ agir?
‘Quelques années auparavant, j{avais eu un autre dialogue sur le méme theme, disant alors au
Seigneur: "Tu sais que je ne suis pas un spécialiste en la matiére, comment pourrais-jeVenseigner?” La réponse n/avait pas tardé: “Le jour oli tu seras un spécialiste, les gens ne
{écouteront plus; ils diront: "Cela marche pour lui, mais pas pour nous”. C’est maintenant, en
étant 'un d’entre eux, que tu dois partager ce que tu sais.”
Ce n'est done pas l'ouvrage d’un expert que vous tenez entre vos mains, mais celui d’un simple
frére en Christ qui a beaucoup a apprendre, qui a connu des échecs et des années de priére pour
les malades sans grands résultats visibles. Ce n’est pas une étude compléte et encore moins
“infaillble’; c'est pourquoi je vous invite examiner toutes choses, a retenir ce qui est bon et &
poursuivre vos investigations. Ce livre souligne que le temps est venu d’exercer un ministére de
‘compassion et de guérison envers une multitude de personnes malades et souffrantes; non pour
une élite seulement mais pour l'ensemble du peuple de Dieu. A la fin de cette lecture vous aurez,
je Vespére, un nouvel outil que vous utiliserez souvent et efficacement, sachant que Dieu fait des
choses extraordinaires par des gens ordinaires.
Nous étudierons ensemble les points suivants
- Une base biblique pour agir avec assurance
~ Mieux comprendre pour opérer dans la liberté
- Comment commencer
- La présomption outrage, mais la sagesse soulage
~ Et ceux quine sont pas guéris?Chapitre |
Un fondement biblique pour agir avec assurance
est un ministére commun @ tout chrétien, a savoir ressembler 4 Jésus-Christ. La Bible dit
clairement que notre Pére poursuit un but primordial dans nos vies dés linstant de notre
conversion: nous transformer image de son Fils'. Que nous le sachions ou non, que nous le
voulions ou non, que nous le croyions ou non, il en est ainsi. Evidemment, notre marche sera plus
facile et nos progrés plus grands si nous acceptons cela et le recherchons
Le chrétien qui prétend n’avoir aucun ministére resemble 4 un prince qui se prendrait pour un
mendiant. Celui qui au contraire insiste sans cesse sur “son ministére’, évitant ainsi la
responsabilité globale d'ambassadeur du Royaume, ignore qu’au-dela des dons et des ministéres
bien réels et variés, il en est un qui englobe tous les autres: suivre le Maitre, faire ce quil fait, dire
ce quil dit
Sil en est bien ainsi, existe-t-il dans IEcriture un résumé des oeuvres de Christ? Est-il possible
de cemer le contenu du ministére de celui qui a le plus influencé 'humanité? En a-til parlé lui-
méme? Si c'est le cas, le pragmatisme et la sagesse devraient nous convaincre de écouter
attentivement plutét que de chercher nos propres définitions. Le contenu du ministére de Jésus
nous est décrit alors que Jean-Baptiste, de sa prison, envoie ses disciples pour s'enquérir de
essentiel: “Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?" Voici fa question de
millions dhommes et de femmes au travers des siécles. Nous pourrions l'amplifier ainsi: “Es-tu
Emmanuel? Dieu est-il venu chez fes hommes... sur notre petite planéte? Avons-nous un
‘exemple parfait @ suivre? Es-u le sauveur du péché, de la maladie, de la mort, du diable et de
Venter?" Voici la réponse de Jésus: “Allez rapporter a Jean ce que vous avez vu et entendu:
les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds
entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres’...”
Jésus parle de ses oeuvres, reflet de sa personne, témoignage de son message. A quatre reprise
il mentionne ici guérisons et miracles, puis il évoque les résurrections et termine par Yannonce de
la bonne nouvelle. Jésus, par la croix, va donner a cette bonne nouvelle sa dimension complete et
universelle. Et, soulignons-le clairement, une guérison n’est rien en comparaison du salut étemel
d'un étre humain; mais, ceci dit, nous devons laisser toute sa force a ce texte.
Si Jésus est réellement notre Maitre et que nous voulons étre ses disciples, et non ceux d'un
Jésus imaginaire remodelé a nos convenances, nous devons reconnaitre importance énorme
quill donne lui-méme a l’exercice du ministére envers les malades de tout genre.
Ce bref fondement posé, nous étudierons sa lumiére l'une des promesses les plus exaltantes
* Rom 8:29, 2 Cor 3:18
P Luc 7:20-22que Jésus nous ait laissée:
“En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera lui aussi les oeuvres que je
fais, et il en fera de plus grandes’.”
Cette parole est glorieuse; cependant, une foule d’interprétations erronées ont tenté de la ternir.
Mais celles-ci ne résistent pas @ une lecture attentive, Mentionnons-les pour mieux souligner la
portée de cette promesse:
- Certains proclament aujourdhui: “En créant des hépitaux chrétiens, en voyageant sur tous les
continents, en parlant des millions de personnes sur les ondes, nous faisons des oeuvres plus
grandes que celles de Jésus.”
Dans un sens cela est vrai, mais rappelons qu'l n'a pas seulement dit: “Celui qui croit en moi fera
de plus grandes oeuvres que je n’ai faites”, mais: “En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit
en moi fera lui aussi es oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes.” Nous ne pouvons
done utiliser la deuxiéme partie du verset pour évincer la premiere!
Un jour, des témoins de Jéhovah sont venus & ma porte. Deux jeunes filles avaient déja passé
ne premiére fois, maintenant un responsable remplacait lune delle. Pariant de ce verset, ils
insistaient sur les oeuvres “plus grandes” que leur mouvement accomplissait aujourd'hui. Je
revenais alors d'une convention au Bénin et leur racontai le témoignage de la résurrection d'un
enfant de deux ans, nommé Zacharie’. Il était mort suite @ une rapide poussée de fiévre aux
environs de quinze heures. Sa mére® avait alors convoque plusieurs femmes responsables dans
Féglise avec lesquelles elle avait longuement intercédé. L'enfant était froid et ne respirait plus
depuis des heures; les villageois étaient déja au courant du déces, lorsque, vers vingt heures, il
Tevint a la vie! Ce témoignage, dont la population était garante, fut apporté devant quelque cing
mille personnes par la maman tenant enfant dans ses bras. Bien qu’orateur dans la convention,
je ne fus pour rien dans ce miracle; mais je m’entretins personnellement avec la maman pour
verifier les faits. Les pasteurs me confirmérent que dans les cent vingt églises dont ils sont
responsables, les résurrections sont rares mais se produisent de temps a autre, souvent en
réponse a la priere de simples chrétiens.
Jinterpeliai done mes interlocuteurs: “Vous n’avez que trois possibilités face & ce témoignage:
soit m’accuser de mensonge, soit attribuer ce miracle & Dieu ou encore au diable...” Aprés un
temps de silence, le responsable me répondit: “Je sais que vous ne nous avez pas menti et Dieu
ne fait plus ce genre de miracle aujourd'hui, c’est done le diable qui a ressuscité cet enfant.” Je
me suis alors tourné vers la jeune fille, cherchant a faire appel 4 son discemement: “Pouvez-vous
saisir ce que vous venez d'entendre: pour défendre la doctrine de votre mouvement, votre
responsable doit attribuer a Satan un pouvoir que jamais I'Ecriture ne lui donne, Pourtant Jésus a
dit (et vous le lisez noir sur blanc): *Celui qui croit en moi fera lui aussi les oeuvres que j'ai
faites...” Qu’allez-vous choisir: votre mouvement ou Jésus?’ J’ai senti qu'elle était touchée.
9 in 14:12,
* Zacharie est aujourd'hui en seconde année primaire (1999),
5 Mme Ballovi Salomé, Eglise Pentectte de la Fol, Dévé, B.P. 13, Aplahoud, Rép. du Bénin,= Une deuxiéme interprétation entendue parfois est la suivante: “Nous ferons les oeuvres que
Jésus a faites si nous travaillons dans des contrées lointaines, peu développées et dépourvues
de soins médicaux.”
Gloire Dieu pour tous les miracles et guérisons quil effectue aux extrémités de la terre, mais
Jésus n'a pas lié sa promesse @ la situation géographique ou a la densité des médecins et des
hépitaux par habitants, mais a fa foi en lui.
Dieu a la méme compassion pour !Occident que pour les pays en voie de développement. Il est
vrai que beaucoup d’Européens ont vu leur foi grandir alors quils assistaient 4 des conversions et
des guérisons lors d'un séjour sur le continent africain; mais on ne perd pas lonction quand on
reprend tavion! Dieu est disposé @ agir partout dans le monde, méme dans notre lieu de
naissance
Je lai expérimenté dans mon village natal oi j'tais invité pour une campagne d'évangélisation
En terminant le message, jai proposé aux malades qui désiraient la prire de s’approcher aprés,
la réunion. J'ai dit ouvertement qu’en Afrique non loin de cinquante personnes, pour le méme
auditoire, saisiraient occasion, mais que la probablement deux ou trois seulement le feraient..
Effectivement, trois personnes demandérent la priére. Il y avait un homme qui souffrait d'une
sciatique; il ressentit immédiatement une Iégére amélioration et s'en retourna a la maison. La, il
trouva sa tante alitée et fiévreuse. II lui expliqua qu’on venait de prier pour lui et qu’ayant regu un
message sur la priére pour les malades, il était disposé a le faire pour elle. Elle accepta la
proposition de son neveu avec joie et... fut instantanément guérie. Le lendemain, ils vinrent tous
deux témoigner au micro de ces faits. Pour ma part, ce fut comme un clin d'oeil du Seigneur. II
aime tous les hommes de la méme maniére et il sait encourager ceux qui se mettent en route. S'il
ya plus de guérisons en Afrique, cela provient avant tout du nombre plus élevé de personnes qui
les demandent. Cessons de croire et d'affirmer que Dieu n’agit pas ou peu en Occident; nous
verrons alors Dieu guérir jusque dans nos hépitaux universitaires, nos laboratoires futuristes
juchés dans des tours de verre et nos autres sites sophistiqués.
- Une troisiéme interprétation trés commune est la suivante: “Nous ferions les oeuvres que Jésus
a faites si nous vivions au temps des premiers apétres.”
Nous serions done nés deux mille ans trop tard, quel dommage! Heureusement, Jésus n’a pas lié
cette promesse a une époque définie de I'Histoire, mais toujours a la simple foi en lui
Un pasteur expliquait un jour a un Gitan que Dieu ne faisait plus de miracles aujourd'hui. Celui-ci
lui demanda alors:
~ Que faites-vous quand une personne a le cancer dans votre église?
- Nous prions pour elle en disant: "Seigneur guéris-la, si c’est ta volonté”. Et le Gitan de répondre:
- A supposer que Dieu la guérisse, comment appelleriez-vous cela...?
- Mais voici I'interprétation secréte de la plupart des chrétiens contemporains: “Je ferais les
oeuvres que Jésus @ faites si javais un grand ministére. Si jétais un évangéliste renommé, un
grand pasteur, un prophéte, un apétre, un docteur peut-étre... mais cette promesse ne me
concerne pas.”
Jésus a dit: "Celui qui croit en mo/’, il n’a pas dit: “Celui qui est apétre, celui qui a fait une école
biblique ou celui qui a vingt-cing ans d'expérience chrétienne”. Comme pour en relever extréme
importance, il a repris cette promesse juste avant son ascension en soulignant que ces signes7
accompagneront non seulement les apétres, mais bien ceux qui auront cru’. histoire des
réveils, comme les innombrables témoignages, a l'instar de la résurrection citée plus haut, ne font
que confirmer ce fait.
- Finalement relevons une cinquiéme interprétation paraissant bien subtile: “Oui bien sir Jésus
voudrait faire de grands miracles par nous; personnellement j'aimerais tellement faire les oeuvres
que Jésus a faites, mais mon église r‘est pas préte, ma ville n'est pas préte, mon pays n'est pas
prét, ma culture n'est pas préte.”
Penchons-nous encore une fois sur cette promesse: elle n'est pas collective, elle est au contraire
tout & fait personnelle. Jésus n’a pas dit: “Ceux qui croient en moi” mais: “Celui qui croit en moi”
Celui, comporte le sens masculin et féminin de disciple.
Quelle est donc linterprétation correcte de ce passage? Je vous propose celle-ci: lisez-la avec
une grande attention. Jésus dit: “En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi
fera lui aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes.”
Lorsque nous renongons a sourettre Ecriture & nos interprétations particuliéres et ne cherchons
plus @ lire entre les lignes mais bien plutét @ lire les lignes elles-mémes, la puissance et la
dimension extraordinaire de la promesse prennent toute leur valeur!
Ch Me 1815-48Chapitre II
Mieux comprendre pour opérer dans Ia liberté
Si nous voulons exercer un ministére envers les malades, il est bon d’en comprendre certains
aspects fondamentaux. En voici cing qui, au cours de notre travail missionnaire, ont aidé des
centaines de jeunes et d’adultes. Ces chrétiens ont pu ainsi entrer dans un service essentie! et
passionnant.
1. Faire ce que Dieu fait et dire ce qu'il dit
“Vraiment je vous 'assure: le Fils ne peut rien faire de sa propre initiative, il agit seulement
daprés ce quil voit faire au Pére, Parce que le Pére aime le Fils, il linitie a tout ce quill fait’ ~
Voici deux affirmations qui éclairent le sujet que nous traitons. Tout d’abord, Jésus souligne
clairement que, dans sa marche terrestre, il ne pouvait improviser ni miracles, ni guérisons. II était
parfaitement Dieu mais, pour nous servir d’exemple, il demeurait, comme un homme, dépendant
des dons de l'Esprit pour accomplir les oeuvres du Pére. C’est ainsi que son premier miracle eut
lieu & Cana, aprés avoir été baptisé d’eau et revétu de la puissance de Esprit, et non durant son
enfance comme voudraient 'enseigner certaines traditions.
Un serviteur de Dieu, qui a formé des milliers de pasteurs dans le monde enter sur le sujet que
nous traitons, affima ceci: “Lun des grands secrets appris durant mes années de ministére
envers les malades est tout simplement de faire ce que le Pére me dit de faire et de dire ce que le
Pére me dit de dire. J'ai découvert que lorsque je cherche sa pensée et quil me donne ses
convictions (ce soir, je veux guérir ou agir de telle et telle maniére), les résultats prennent une
toute autre dimension.”
Quelques jours aprés avoir mieux compris cette pensée, je m'envolais comme évangéliste aux
cétés de I’équipe musicale “Visa” pour une tournée de dix-huit soirées au Togo, au Burkina Faso
et au Mali, Le sixiéme jour, Rolf Schneider, dirigeant de l’équipe, et moi-méme recevions la méme
conviction: ce soir Dieu nous appelait & prier pour les malades, il voulit les guérir. Le moment
venu, nous avons fait comme d'habitude un appel a la conversion, puis nous avons invité les
malades et les souffrants qui le voulaient 2 s’avancer vers la scéne. Nous avons alors
expérimenté une action de Dieu comme aucun de nous ne l'avait jamais vue. Ce soir-la, et
dautres par la suite, Dieu soulagea ou guérit presque l'ensemble des personnes qui en firent la
demande. Les souffrances disparaissaient ou diminuaient de maniére sensible durant la priére.
Ce fut pour moi un véritable tournant,
Nous pouvons prier par tradition, par habitude, par désir personnel ou par nécessité,
mais nous ne verrons jamais les mémes résultats que si nous recherchons la pensée de
notre Pére. Nous ne sommes pas plus grands que Jésus, nous pouvons done dire avec lui: “Je
7 Jn 8:19 Parole vivantene peux rien faire de ma propre initiative...”
Ceci signifie-t-il que Dieu soit récalcitrant a guérir et & agir? Ou encore que nous sommes
condamnés 4 linaction? Non, Dieu agit plus et mieux que nous; ses voies ne sont pas opposées
mais supérieures aux nétres, meilleures que les nétres. Nous n’avons inventé ni la compassion,
nila guérison, ni 'évangélisation! C’est lui qui nous les a fait découvrir et qui voudrait nous y
initier. En effet, si nous revenons a la deuxiéme affirmation de Jean 5:19, il nous est dit: "Parce
que le Pére aime le Fils il linitie 4 tout ce quill fait.” Ce n'est pas a nous “d’embarquer” Dieu.
par tous les moyens possibles, dans notre ministére; mais c'est lui qui prend initiative de nous
initier 4 son travail, C'est lui qui désire que nous portions du fruit, que les gens soient sauvés et
guéris, mais c'est lui le “chef d’apprentissage”
Le Pére vous aime comme il aime Jésus, il voudrait vous initier comme il Ia initié et agir aussi
fortement et efficacement au travers de vous qu’au travers de Jésus. S'il s'agissait de nos
oeuvres, nous ne pourtions jamais le croire, mais s'il s'agit des oeuvres du Pére, il est évident
qu’elles seront toujours dignes de lui
Les contrats de travail que Dieu nous donne sont tellement sages. Prenons l'exemple de celui
que Jésus a proposé a Pierre: "Suis-moi et je ferai de toi un pécheur d'hommes®.” La
responsabilité de Pierre était simple: /e suivre. Si Pierre avait dO bricoler a sa facon pour devenir
pécheur d'hommes, le résultat aurait 6 médiocre. Quant a Jésus, sa responsabilité n’était pas
de contraindre Pierre a le suivre mais de faire de lui un pécheur d’hommes. On retrowve ici le
méme principe: moi, je ne peux rien faire de ma propre initiative mais, sije fe veux bien et parce
que le Pére maime, il va miinitier & ce quil fait
Un pasteur anglais, trés connu dans le domaine qui nous concerne, s’est exprimé ainsi: “Lorsque
Jai commencé a prier pour les malades, je voyais ma priére exaucée dans 10% des cas,
aujourd'hui cette proportion est d’environ 60%.” N’est-ce pas encourageant d’entendre le
témoignage humble et concret de ceux qui nous ont devancés? Pierre était-il un expert aprés son
premier mois de formation? Et pouvait-il devenir qualfié sans apprendre? ll en est de méme pour
chacun de nous.
2. La foi du malade et la foi de celui qui exerce le ministére
La foi du malade
~ Jésus a demandé aux deux aveugles qui le suivaient: “Croyez-vous que je puisse faire cela’?"
Ine leur a pas demandé: “Croyez-vous que je le feraf?’ Car la foi que Dieu demande au malade
est de croire qu’il peut le guérir. Sa foi se manifestera par une demande, un cri, un déplacement
physique vers le ministere disponible. La foi de Jésus se situait 4 un autre niveau, il croyait non
seulement que son Pére pouvait guérir mais qu'l allait le faire.
- En Mare 7:31, on améne a Jésus un sourd-muet. Pour le Seigneur c’est la preuve que ces gens
oient que Dieu peut le guérir. Leur démarche elle-méme est la démonstration de leur foi.
° Ch Mat. 4:19
° Mat. 9:2810
Le don spirituel, lui, va opérer par Jésus.
- En d'autres circonstances, le Seigneur va jusqu’é ressusciter un jeune homme par pure
compassion, sans que la mére de celui-ci n’en fasse la demande”
Pourquoi n’est-il pas en train de “torturer” les malades, les accusant d'incrédulité et liant de
pesants fardeaux sur leur téte? D'oil lui vient cette prodigieuse liberté? Je crois quielle vient
précisément de /a distinction entre sa responsabilité et celle des malades. Jésus ne confond
pas les roles. Rempli de Esprit et de la pensée de son Pére, il exerce les dons spirituels avec
une compassion, une liberté, une gratuité et un amour saisissants. En voici quelques exemples
conerets:
Luc 713ray
- Jésus n’exige rien de la belle-mére de Pierre, il la prend simplement par la main et la fait lever"
len est de méme pour l'homme dont la maladie le fait enfler et que Jésus guérit un jour de
sabbat™
- Quand les hommes découvrent le toit pour en faire descendre le paralytique, Jésus voit leur foi
Avant méme qu'aucune demande ou explication ne lui soit donnée, il déclare a linfirme que ses
péchés sont pardonnés. Cette réponse spontanée a la foi de ces hommes scandalise les
personnalités religieuses qui aiment obscurcir et alourdir les voies de Dieu; mais Jésus fera
encore un pas de plus et guérira le paralytique”.
~ Un lépreux lui dira: “Maitre, si tu le veux, tu peux me rendre pur”. Ce qui sous-entend: “Je ne
sais pas si tu vas me rendre pur, mais je sais que tu as la puissance de le faire et fespére que tu
le feras.” Voila l'expression méme de la foi du malade. Et Jésus de répondre: “Je le veux, sois
pur”. Il exerce ainsi la foi par laquelle s‘opére le miracle.
lest impossible que le don spirituel de la foi opére par un malade non chrétien, et il est rare quill
‘se manifeste par un chrétien tremblant de fiévre au fond de son lit. Méme les grands hommes de
Dieu sont bien misérables et parfois découragés quand la maladie les terrasse. Cependant,
comme tout chrétien, ils peuvent faire appel aux anciens. II est vrai quiil existe de belles
‘exceptions: des chrétiens infirmes ou malades qui recoivent seuls la certitude de leur guérison".
Crest évidemment une bonne chose que le chrétien malade nourrisse sa foi dans la parole et la
‘communion avec Dieu; mais la sagesse biblique nous montre habituellement des personnes dans
le besoin, qui croient que Dieu peut les délivrer. Elles font alors appel aux membres du corps de
Christ qui exercent en leur faveur un ministére.
A Nazareth, par contre, les habitants ne croient pas en Jésus, doutant quil puisse les guérir. IIs
ne remplissent done pas leur “cahier des charges”, si bien que Jésus ne peut y exercer quun
Me 1:30
Lue 141-6
* Luc 6:17-25
oh Mat. 82-4
OF Act 14:10ministére limité'®,
Nous parlons souvent de la guérison que Pierre et Jean ont opérée envers l'infirme placé a la
porte du temple en se demandant pourquoi Jésus ne avait pas guéri. Sans avoir toute la
réponse, nous pouvons maintenant mieux comprendre:
Nous lisons en Matthieu 21:12,14: “Jésus entra dans le temple... des aveugles et des boiteux
s’approchérent de Jésus et il les guérit.”
Jésus n'a jamais couru aprés les malades pour les supplier d'accepter son ministére;
contrairement a ce que certains chrétiens se croient tenus de faire... Mais il n’a jamais refusé son
aide 8 ceux qui la lui demandaient. Nous ne savons pas si le boiteux guéri en Actes 3 avait cétoyé
Jésus de prés, mais nous pouvons penser que si cela avait été le cas et s'il avait fait appel 4 lui
ce jour-la, il n’aurait certainement pas fait exception dans la guérison collective décrite par
Matthieu
Jamais, dans les Evangiles ou le livre des Actes, nous ne voyons Jésus ou les apétres accuser
les malades se présentant a eux de manquer de foi. Cette pratique, courante de nos jours, est
cruelle, Dire a un malade qui a demande la priére: “Si tu n’es pas guéri, c'est parce que tu rias
pas cru’ est une fuite, une accusation culpabilisante non fondée, une pratique religieuse
dépourwue de toute compassion, une “tradition” étrangére a la Parole de Dieu. Gardons-nous
cependant de faire le procés de tel ou tel serviteur de Dieu car vous qui lisez ces lignes, vous
tes précisément appelé, non premiérement a rechercher le service des autres, mais bien & vous
préparer a les servir.
"nat 13:5813
La sévérité de Jésus ne vise pas les malades, mais justement ceux qui exercent le ministere: ses,
disciples. Quand ceux-ci ne parviennent pas a aider un enfant tourmenté que son pére leur a
amené, le Seigneur ne demande rien a l'enfant. Il exhorte simplement le pére a rester dans la foi
malgré linsuccés du moment. Mais Jésus reprend les siens avec force: “Quelle race incrédule!
Combien de temps est-ce que je devrai done rester avec vous? Jusqu’a quand est-ce que je
devrai encore vous supporter'”?"
Si, comme nous le savons, Jésus n'a pas utilisé sa divinité, mais les dons de Esprit, pour opérer
lui-méme cette délivrance, ce passage démontre quil était spirituellement prét a agir,
contrairement aux disciples qui auraient di rétre.
Par contre, nous voyons Jésus exprimer son admiration face @ la foi de lofficier romain: “Je vous
le déclare, c'est la vérité: je n’ai jamais trouvé une telle foi chez qui que ce soit en Israé!".” Il en
est de méme pour la femme Cananéenne: “Oh! Que ta foi est grande! Il te sera fait selon ce que
tu désires"®.” Dans ce demier récit, Jésus Jui-méme ne semble pas disposé 4 exaucer cette
femme, mais celle-ci a une certitude: laquelle? Jésus peut délivrer sa file.
Qu’en est-il de la foi de celui qui exerce le ministére?
Elle doit s'appuyer sur ce que Dieu dit, par sa Parole et par I'Esprit. Pour illustrer cette pensée,
imaginons que j'attende d'un ami quil me prenne en voiture devant ma porte; le simple fait de
savoir quill a le permis de conduire ne suffit pas. C’est sa parole - je te prendrai a dix heures
devant chez toi - qui nourrit ma foi. J'attends sa venue car j'ai confiance en ce quil m’a dit. Non
seulement je sais qu'il peut me prendre en voiture (puisquiil a le permis de conduire), mais 2
cause de sa promesse je sais qu'il va le faire. Essayer d’avoir foi qu'il va passer me prendre
@ dix heures avec la seule information qu’il a le permis de conduire est une entreprise
désespérée... C'est pourtant ainsi que des multitudes de chrétiens prient pour la guérison de
leurs semblables et ne voient, de ce fait, que de trés maigres résultats. Ce n'est pas la foi “espoir”
(Dieu peut le faire) qui obtient la réponse, mais la foi “assurance” (Dieu va le faire). La foi
assurance implique obligatoirement une amitié, une communion en esprit avec Dieu (il est
impossible de croire en une parole que je n’ai pas entendue). La Parole écrite en est le fondement
mais elle doit étre vivifiée par Esprit.
Me 19.4. K.
Mat. 8:10
Mat. 15:2814
- “Je sais que tu m'exauces toujours®, dira Jésus a son Pére devant le tombeau de Lazare.
- "Ce que j'ai, je te le donne*, sera expression de Pierre face a Iinfirme dont nous venons de
parler (notons encore que ce dernier n’avait rien demandé de plus que l'auméne!),
Lobjectif ne sera plus de prier comme des brebis sans berger et de terminer notre requéte par le
trop célébre dicton - si c'est ta volonté -, mais d’écouter notre Dieu et de prier et d'agir sefon sa
volonte.
C'est de sa parole que vient la foi, pas de la priére en soi. Sa parole est une semence de vie,
la priére répand la semence mais /a priére n’est pas la semence. Une priére qui s'appuie sur
elle-méme est faible, elle est souvent un cri de désespoir, elle est assaillie par le doute. Celle qui
émane d'une direction divine est pleine d'attente, souvent joyeuse et remplie d’espérance
Quand, pour ma part, jjai compris cette perspective de responsabilité partagée, cela n'a pas
engendré de fardeau mais, au contraire, une joie et une grande liberté, Pourquoi? Parce que cela
signifie que je peux me préparer. écouter la voix de mon Pére et rechercher les oeuvres quil a
préparées pour moi comme ambassadeur du Royaume. Je ne suis pas tributaire d'une prétendue
foi “préfabriquée” que le malade devrait produire et qui consisterait en une mixture de trois versets
bibliques, une forte autosuggestion, un peu de patience, beaucoup de persévérance, une lutte
désespérée contre le doute, un visage crispé d'extraterrestre et que sais-je encore? Non, /a foi
du malade s‘exprime essentiellement par sa demande, et la foi de celui qui exerce le
ministére s’appuie essentiellement sur ce que Dieu lui dit. Alléluia!
3. Les guérisons instantanées et les guérisons
progressives
‘Comme entrée en matiére, voici deux exemples de personnes qui me sont proches et travaillent
toutes deux a JEM (quand c'est possible, et avec leur accord, vous trouverez leur adresse en
notes pour confirmation).
Marguerite Diarra’ dansait avec talent dans une piéce chorégraphique appelée “L’Ami” que nous
présentions dans le cadre de grandes campagnes d’évangélisation. Le 5 juin 1988, elle fut victime
d'un accident de la route dans lequel une personne perdit la vie et plusieurs autres furent
grigvement blessées. Marguerite en sortit vivante mais, aprés trois mois d'hépital, elle souffrait
toujours de terribles douleurs dans toute sa jambe droite. Les mois passérent; il n’était plus
question de chorégraphie pour elle. En février 1989, en fin de soirée, elle se plaga dans la file de
malades demandant la priére. Nous lui avons imposé les mains et, aprés une bréve priére, lui
avons demandé comment elle se sentait. Elle balanga sa jambe sans aucune difficulté et affirma
tre guérie, Nous lui avons alors demandé de revenir le lendemain pour nous donner des
nouvelles. Elle revint donc et témoigna d'une guérison compléte et instantanée. Six mois plus
7 in 11:42
7 pot. 3:6
” Marguerite Diarra, JEM, BP 83, Koutiala, Mali15
tard, elle avait repris la chorégraphie.
Voici un exemple type de guérison progressive:
Salomon Hadzi® venait de se marier quand, suite & un accident au Togo en octobre 1991, il se
retrouva tétraplégique, Souffrant sans discontinuer, il entra dans un hépital pourtant réputé, mais
oi! Yon ne put rien faire pour lui. Le septiéme jour, il fut rapatrié en Suisse et accueilli dans
Thépital spécialisé de Nottwil. Des centaines de chrétiens avaient déja été mobilisés dans la
priére. Les spécialistes déclarérent qu'une opération aurait dai se faire dans les huit heures qui
avaient suivi accident. De nombreuses radios et un scanner ne signalérent aucune fracture qui
pourrait étre & origine de la paralysie ou des douleurs. Seul le canal rachidien paraissait trop
Gtroit, ce qui décida les médecins @ entreprendre une intervention. En opérant, ils découvrirent
dans la moelle épiniére une fracture et de minuscules esquilles d’os, invisibles la radio. Les
douleurs disparurent avec elles.
Les médecins se prononcérent ainsi: “Huit a douze mois d'hospitalisation seront nécessaires et le
patient doit se préparer a vivre dans un fauteuil roulant pour le restant de ses jours.”
Mais dés le lendemain, Salomon put bouger une phalange du pied gauche. Les progrés
continuérent lentement mais constamment. Deux mois et demi aprés l'accident, il commenga a
marcher; six semaines encore et il put sortir de Ihdpital. Neuf mois aprés accident et a la
stupéfaction générale, il pouvait marcher plusieurs heures d'affilée. Aprés onze mois, il reprit ses
responsabilités au Togo. II pouvait maintenant utiliser ses quatre membres presque normalement
et porter le bébé que son épouse venait de mettre au monde. Actuellement, ils ont quatre
enfants.
Pourquoi Dieu 2-til agi ainsi? Je ne sais pas. Mais imaginez que nous ayons prié avec Salomon
Un jour apres son accident et que nous lui ayons intimé ordre, au Nom de Jésus, de se lever. En
cas d’échec, nous aurions pu tirer des conclusions hatives, culpabilisantes pour soi et pour
Finfirme, et surtout fatalistes: Dieu ne veut pas le guérir.
Prier pour un malade, c'est envoyer un fax @ Dieu. Que la réponse soit instantanée ou se fasse
attendre, il faut rester confiant “comme une servante qui a les yeux sur la main de sa maitresse™”
La plupart des chrétiens qui ne saisissent pas ce principe sont tentés par deux options
malheureuses: soit ils n’ont jamais le courage de prier ouvertement avec les malades, soit ils se
‘sentent contraints @ une prigre ronfiante, bréve et sans suite dans la relation avec la personne.
‘Quel dommage!
Comprendre, au contraire, que Dieu guérit parfois sur-le-champ, parfois dans Iheure qui suit,
parfois progressivement, nous donne une formidable liberté: celle de rester dans la foi tout en
accompagnant le malade dans une priére qui, individuellement ou en groupe, avec ou sans le
malade, peut se prolonger sur plusieurs heures et plusieurs rencontres”.
® Salomon Hadzi, JEM, BP 40, Kpalimé. Togo
Of Ps. 123:2
* Le Révérend Mo Nut, dans son ouvrage "Le pouvoir de guérir’ (écitions "Cert, développe ce concept
avec une extraordinaire humilité et honnéteté en y apportant des témoignages bouleversants.16
Un médecin, rempli de I'Esprit et responsable des GBH" pour plusieurs pays, me disait qu'avant
de saisir cela, il était terriblement géné. D'une part il se sentait conduit a prier avec plusieurs de
ses patients; mais d'autre part, lorsqul le faisait, il n’osait presque plus les visiter de peur de
constater un échec.
Depuis, il vit la priére d'une tout autre maniére: il est détendu, il sait quilla le temps et ne se laisse
plus enfermer dans un réle quelconque. II marche dans la vérité et la transparence avec les
souffrants qu'il accompagne. Si le malade est guéri rapidement ou instantanément il s'en réjouit et
donne gloire & Dieu; si la guérison est plus lente, il accompagne le malade avec compassion. S'i
nly a pas de guérison, le malade aura eu ses cétés un étre humain plein de sollcitude qui n’a
pas joué le réle du grand “manitou, mais qui, sans prétention, a pleuré avec celui qui pleure,
souffert et partagé beaucoup d'amour.
Je me trouvais & Bamako, capitale du Mali, pour une campagne d'évangélisation. Avec le
responsable national de Jeunesse en Mission nous avions prié jusque tard dans la nuit pour
beaucoup de malades. Ce soir-la, rien n'avait été facile. Des personnes qui avaient des bras et
des jambes tordus ou souffraient d'insomnies et de maux divers, s’étaient approchées. Nous
avions imposé les mains et prié nominativement pour chacune d’elles. Comme d'habitude je leur
avais demandé ensuite comment elles se sentaient, si elles pouvaient faire quelque chose
quelles ne pouvaient pas faire avant la priére...? Les réponses avaient été trés largement
négatives. Vers minuit, nous sommes repartisia téte basse, quelque peu découragés.
Le lendemain soir, dés notre arrivée sur le lieu de la campagne et alors que nous installions le
matériel, se produisit ce qui ne m’est jamais arrivé en plus de six cent soirées d'évangélisation
ne premigre dame vint spontanément vers nous pour nous dire: “Vous avez prié pour moi hier
soir et, pour la premiere fois, j'ai pu porter aujourd'hui de eau sur ma téte.” Elle n’avait pas
terminé qu'une deuxiéme dame intervint: “Aujourd'hui, jai pu puiser pour la premiere fois de eau
au puits.” Une troisiéme, interrompant notre travail, affirma: “Je n'ai pas eu besoin des quatre
médicaments que je dois prendre quotidiennement pour ne pas souffrir’ (nous ne lui avions
nullement suggéré d'abandonner ses médicaments, mais elle nen avait pas eu besoin)
Finalement une quatrigme témoigna: “J'ai dormi comme je n’avais pas pu le faire depuis des
mois.”
Jaurais probablement déja pu partager le principe de la guérison progressive avant de vivre cette
‘seconde soirée, mais désormais j'en avais cu la preuve tangible!
4. Dieu confirme ce qu'on annonce: étre connu comme priant
pour les malades
Votre boite aux lettres se remplit-elle de publicité d’astrologues, de guérisseurs, d’arnaqueurs en
tout genre promettant équilibre et santé? On nous propose autant de solutions qu'il y a de
souffrances; méme les hépitaux et les assurances maladies dérapent vers des pratiques plus
® Groupes Bibliques des Hopitaux17
occultes que scientifiques. C'est triste, c'est dramatique, mais oll est le peuple de Dieu’? Ou sont
les églises ayant la renommée de prier pour les malades? Ou sont les disciples de Jésus de
Nazareth? Si votre voisin a des problémes de santé, sait-il que vous vous sentez concerné? S'il
développe le cancer ou est victime d'une crise cardiaque, peut-il compter sur votre prigre?
Comme dans tous les domaines, l'autre extréme existe aussi. II se trouve des églises survoltées,
des prédicateurs présomptueux, des chrétiens déséquilibrés qui, sans aucune sagesse,
promettront ce quiils ne peuvent fenir. Ce n'est pas le propos tenu ici
Dieu cherche aujourd'hui des hommes et des femmes consacrés, animés de vraie compassion
pour une population malade et souffrante; des disciples ordinaires pour accomplir des oeuvres
extraordinaires; des groupes de priére disponibles et connus pour porter les petits et grands
problémes de santé de leur entourage, de leur quartier, de leur ville
Beaucoup de chrétiens pensent: “Je parlerai de la guérison quand Dieu memploiera dans ce
domaine." Mais Dieu leur répond: “Quand tu patleras de la guérison, je temploierai dans ce
ministére.” C’est ainsi que s‘installe un discours de sourds:
- Seigneur, va visiter cette personne, pose ta main sur elle, bénis-la, encourage-la, guéris-la
~ Mon fils, va visiter cette personne, pose tes mains sur elle, bénis-la, encourage-la, guéris-la en
mon nom
Ce dialogue continuera jusqu’a ce que nous laissions a Dieu sa place et que nous prenions la
nétre, Oui, Dieu confirme sa parole, mais il nous faut avoir le courage de lannoncer. Dieu ne
confirmera pas ce que nous gardons secret. Est-il si difficile de dire & une amie ayant partagé son
besoin: “Je fais partie d'un petit groupe de priére, acceptes-tu que nous priions pour cela?’ Il se
peut qu'elle refuse, mais aussi qu'elle accepte avec gratitude. Imaginez que chaque croyant de
votre ville, en toute humilité mais avec sérieux et vérité, se rende ainsi disponible. Imaginez que
les sujets récoltés fassent objet d'une intercession fervente dans Tunité, un grand nombre
seraient guéris. Ce témoignage produirait une croissance notable de conversions,
5. Au sujet du corps, ne pas confondre le temps présent avec
Péternité!
Qui d’entre nous a regu un corps nouveau lors de sa conversion? II marrive de poser cette
question a 'auditoire réuni et de constater que plusieurs mains se lévent... La Bible enseigne qu’a
la nouvelle naissance nous recevons un esprit nouveau; quant a notre me, elle est restaurée,
renouvelée dans notre la avec Christ. Qu’en est-il alors de notre corps?
- “Et méme nous qui sommes chrétiens, bien que nous ayons le Saint-Esprit comme un avant-
goat de la gloire future, nous gémissons en attendant d’étre délivrés de la souffrance et du mal
Nous aussi, nous attendons avec impatience le jour ol! nous recevrons la plénitude de nos droits
denfants de Dieu, ainsi que les nouveaux corps quill nous a promis, des corps qui ne seront
jamais malades et qui ne mourront jamais?’.”
- ‘Le corps est semé méprisable, il ressuscite glorieux; il est semé infirme (plein de faiblesses), i
ressuscite plein de force™..”
- “Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée
7” Rom. 8:23 Le Livre
2 4 Cor. 15:4318,
Dieu, et non pas a nous™.”
= *C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors méme que notre homme extérieur se
détruit, notre homme intérieur se renowvelle de jour en jour.”
- “Aussi nous gémissons dans cette tente, désirant revétir notre domicile céleste™...”
Notre corps actuel est imparfait, il vieilit et mourra un jour (ou sera transformé au retour du
Seigneur). Beaucoup de chrétiens, consciemment ou non, ne le comprennent pas ou ne
acceptent pas. lls pensent, que d'une maniére ou d'une autre, la marche par Esprit, lexercice
des dons et le réveil spirituel les dispensent de tomber malades, de vieillr et de mourir.
Certes, la marche par I'Esprit est une bénédiction formidable pour notre corps terrestre et Dieu
fait des miracles bouleversants; mais si nous nions notre nature terrestre, nous nous exposons &
de grandes déceptions et serons sources de divisions, de jugements l'emporte-piéce et de
condamnations.
Le point traité ici est déticat; il demande équilibre et réflexion. Nous allons en étudier plusieurs
facettes pour essayer de mieux le cerner
[Link]
Examinons ce que les amis de Dieu, tout au long de la Bible, nous apprennent sur le sujet:
Le patriarche Jacob - Vous auriez pu étre celui que Dieu a appelé Israél, rempli de Esprit au
point de prophétiser sur chacun de vos enfants, et pourtant étre gravement malade.
*2Cor. 47
[Link]. 4:16
"[Link]. 5:219
Celui-ci, voyant sa mort approcher, convoqua tous ses fils, prophétisa sur eux, se recoucha et
mourut®,
Le prophéte Elisée - Vous auriez pu étre l'un des plus grands prophétes, ressusciter les morts,
frapper d'aveuglement une armée entiére, changer les lois de la physique, multiplier la nourriture,
guérir le lépreux, étre honoré par Dieu au point que vos propres ossements soient source de
résurrection et pourtant mourir malade. C’est ce que la Bible nous apprend d’Elisée™
Le roi Ezéchias - Vous auriez pu étre l'un des rois les plus fidéles du peuple élu et cependant
fréler la mort pour cause de maladie™
Un ami de Jésus - Vous auriez pu étre ami personnel de Jésus. Le recevoir dans votre maison
pour les repas et le logis, mais cependant mourir aprés une pénible maladie durant laquelle vos
messages au Seigneur semblaient sans réponse. C'est histoire de Lazare™ (lui ne savait pas
que Jésus le ressusciterait)
De Ia parenté d’un apétre - Vous auriez pu étre de la proche parenté de l'apétre Pierre et
tomber malade; ce fut le cas de sa belle-mere™,
Ch Gen, 48:1... 49:33
® 2 Rol, 13:14
2 Roi, 20:1
in 144-44
% Me 1:30-3120
Dans l’équipe de choc de I’apétre Paul - Vous auriez pu faire partie de l'équipe missionnaire
de Paul et, malgré cela, fréler la mort. Ce dernier écrit: “Epaphrodite a été malade, en effet, tout
prés de la mort; mais Dieu a eu pitié de lui, et non seulement de lui, mais aussi de moi, afin que je
niaie pas tristesses sur tristesses... honorez de tels hommes car c'est pour loeuvre de Christ
quil a été prés de mourir”.” Trophime, un autre membre de 'équipe, avait dd rester a Milet pour
cause de maladie".
Le psaume 103 nous dit: “Je suis Eternel qui te guérit de toutes tes maladies”. Mais beaucoup
lisent cette promesse ainsi: “Je suis 'Etemel qui te garde de toute maladie”
Le psaume 41 affirme:"L’Etemel le soutient sur son lit de souffrance’. De qui s'agit-i? De celui
qui préte attention au faible, qui a compassion des autres; celuia est soulagé quand il est lui-
méme malade.
Dans Véglise de Jérusalem - Celle-ci comptzit peut-étre plus de vingt mille membres; en effet,
stite a la guérison miraculeuse a la porte du temple, le nombre des hommes (sexe masculin en
grec, il pourrait done s'agir de familles) a augmenté jusqu’a environ cing mille, Par la suite sa
croissance est encore soulignée a maintes reprises et une foule de sacrificateurs vient a Christ®.
Jacques, auteur de lépitre, Pierre et Jean étaient considérés comme des colonnes dans cette
assemblée"'; et pourtant, vous aviez fe droit de tomber malade. Cette remarque peut
surprendre, mais savez-vous que dans de nombreux milieux chrétiens, le pasteur va précher
comme si de rien n’était et sans oser mentionner son état de santé, alors que sa place serait dans
un lit a'hépital? Pourquoi? Pour la simple raison que sa théologie et la pensée de sa communauté
‘ou de sa dénomination considérent que le fait de tomber malade est obligatoirement lié a
Finerédulité et au péché!
In’en était nullement ainsi dans l'église primitive que nous admirons tant; Jacques en parle avec
ne grande simplicité: “Quelgu'un parmi vous est-i| malade? Quil appelle les anciens de Eglise;
ceux-ci prieront pour lui et verseront de I'huile sur lui au nom du Seigneur”
[Link] mort
Sois fidéle jusqu’a /a mort, et je te donnerai la couronne de vie, nous dit Jésus en Apocalypse
2:10. Nous savons que notre passage sur terre est provisoire; I'aiguillon du désespoir de fa mort a
* phi, 227-30
2 Tim. 4:20
* pct. 4:4
® Act 5:14, 6:1, 67
* Gal 29
* Jac, 5:14, au verset 15 le péché est mentionné, mais non comme une constante absolue.2
déja été 6té pour le croyant, mais elle n'est pas encore anéantie. Le temps dans lequel nous
vivons inclut, méme pour le chrétien marchant par I'Esprit, la vieillesse et la mort.
Ces demiéres années, de nombreuses églises ont redécouvert les dons spirituels. Elles ont alors
commencé a prier pour les malades de maniére plus spécifique. Devant des cas de leucémie
enfantine, de SIDA et autres situations médicalement désespérées, une pattie de 'église locale
s'est mise & prophétiser la guérison. L’autre partie, moins catégorique mais tout aussi fervente,
sest également engagée dans la priere. Malgré cela, le ou les malades faisant objet de priéres
de guérison sont malheureusement décédés. Les croyants se sont alors accusés mutuellement,
les uns disant: “Vous étes de faux prophétes, vous aviez annoncé la guérison et la personne est
morte!”, et les autres rétorquant: "Vous étes des incrédules, si vous n’aviez pas douté de la parole
de Dieu, la personne serait aujourd'hui vivante et guérie!” Ces propos se sont parfois envenimés
jusqu’a l'éclatement de la communauté. Cette situation, loin d’étre exceptionnelle, est d’autant
plus fréquente lorsquill y a confusion entre la marche par I'Esprit dans un corps terrestre et la vie
éternelle dans un corps céleste.
Mon église d'envoi a perdu son premier pasteur et, par la suite, la femme du second pasteur, tous
deux emportés par un cancer. Ce furent des années trés dures pour les fidéles qui, par ailleurs,
voyaient de nombreuses autres personnes guéries miraculeusement.
A Jeunesse en Mission, 4 Lausanne, nous avons perdu une jeune missionnaire de vingt-deux ans
pleine d'entrain qui avait, a vue humaine, un avenir prometteur. Nous avons prié pour elle avant de
la visiter a rhdpital; le Seigneur nous a dit: “Je vais la reprendre”. Nous sommes allés la trouver
avec appréhension, sans savoir comment aborder le sujet; mais c'est elle qui nous a devancés,
nous affirmant avoir recu la méme conviction. Le Seigneur |'a reprise trois semaines plus tard
‘sans que nous ayons de réponse a nos “pourquoi”,
Nous évaluons les choses avec notre regard humain, mais Dieu ne partage pas la méme vision. I!
regarde les choses par rapport a Iéternité et salt pourquoi notre passage sur la terre peut étre
court, “normal” ou long.
Notre responsable national au Cameroun est mort subitement a I'age de quarante ans. A ce
moment-a, son épouse attendait un quatriéme enfant. L'oeuvre pionniére a disparu avec ui
Pourquoi? Nous ne le savons pas. Ses collaborateurs ont prié une nuit entire pour sa
résurrection; je crois quiils ont eu raison de le faire et je me serais joint 4 eux, mais au matin le
‘Seigneur leur a fait comprendre que ce départ était définitit.
Pour revenir a léglise de Jérusalem, a supposer que cette communauté ait compté vingt mille
membres, elle a aussi connu vingt mille décés. Les quelques résurrections ont elles-mémes été
suivies de la mort naturelle. Elle a vécu ces enterrements non parce qu'elle avait péché ou
rétrogradé, mais simplement parce qu'elle était composée de chrétiens mortels. Elle n'a pas fait
erreur de confondre le temps présent avec I'éternité.
Plus de chrétiens qu'on ne le croit sont persuadés qu'un enterrement n’a lieu que par manque de
foi. Dans leur pensée, si le pasteur était rempli de 'Esprit ou si Jésus était physiquement présent,
on nassisterait pas un ensevelissement mais 4 une résurrection. Pourtant Dieu lui-méme a
présidé a un enterrement, celui de Moise”. Si Dieu a enterré son serviteur et ami, nous pouvons
certainement suivre son exemple sans nous sentir coupables!
Certains évitent d’affronter la question de face par une sorte de pirouette spirituelle: "Le Seigneur
* Deu, 24:66reviendra avant ma mort". Beaucoup l'espérent, d'autres le sous-entendent, quelques-uns
laffirment ouvertement. II est bon d’attendre le retour du Seigneur, et I'Esprit, en nous, dit: “Viens
Seigneur Jésus”. Cependant, “une doctrine peut en cacher une autre”. Paul écrit, dans une
lettre a Timothée, quill sait que heure de sa mort est proche", L’apétre acceptait ce fait.
* Ape. 22:20
2 Tim. 4623
Si un serviteur de Dieu avait pu écrire et précher que Jésus reviendrait avant sa mort, c'était bien
Vapétre Jean. Non seulement il avait bénéficié d'une prophétie personnelle de la bouche méme de
Jésus (en réponse a Pierre) - “si je veux quill reste en vie jusqu’d ce que je revienne, que
timporte” - mais le bruit courait parmi les croyants qu'il ne mourrait pas. Jean profita-t-l de ces
circonstances exceptionnelles pour s'échafauder une aura pseudo-spirituelle? Non, il corrigea
humblement la rumeur*®.
Une église qui vit aujourd'hui pleinement le Royaume de Dieu verra des résurrections, des
miracles et beaucoup de guérisons; mais elle aura aussi des ensevelissements douloureux (et
dautres empreints de paix). Si nous ne sommes pas préts a cela, nous nous exposons & des
incompréhensions, des conflits et des divisions, La maturité nous permet d’accepter qu'une
personne de quatre-vingts ans, atteinte d'une maladie incurable, soit guérie instantanément,
tandis qu'un jeune homme de quinze ans soit repris.
Cela veutsil dire que Dieu guérit les bobos et ne guérit pas les pires fléaux qui nous atteignent?
Bien sGr que non. En étant attentif aux témoignages qui nous parviennent, nous constatons que
les interventions divines les plus inctoyables se produisent: membres recréés, y compris les
nerfs, le liquide rachidien, les tympans, les yeux, les dents, et la guérison de toutes les maladies
‘sans exception.
Concemant le corps, le miracle physique le plus stupéfiant dont j'ai entendu parler jusqu’a ce jour
concerne un bébé né sans bras ni jambes, ia téte pleine d'eau et la colonne vertébrale tordue. Ila
&té amené ainsi par sa maman pour la priére’”. L'homme de Dieu a posé ses mains sur la téte de
Tenfant qui est redevenue normale. Il a ensuite passé sa main le long du dos qui s'est redressé,
puis il a tiré légérement sur chaque moignon et les quatre membres se sont formés
instantanément et complétement dans sa main. C’est un bébé sain qui a été rendu a sa mere.
Pourtant, homme par lequel Dieu a opéré ce miracle porte un appareil auditif sur Foreille. Sil
avait dit: “Seigneur, le jour ou tu guériras ma surdité je commencerai a prier pour les malades”, i
serait passé a c6té d'oeuvres glorieuses sans le savoir. Pourquoi n’est-il pas guéri? Je ne le sais
pas; mais Dieu ['utilise puissamment tel quill est. Bien que son étre extérieur se détruise, la
puissance de Dieu se manifeste dans sa faiblesse.
Si vous observez entourage immédiat de grands hommes et femmes de Dieu, vous trouverez
souvent ce genre de paradoxe. Puisse le peuple de Dieu comprendre ces choses afin de grandir
en sagesse et en puissance.
C. Les accidents
Le livre de Job nous parle de la foudre et des ouragans qui peuvent tuer**. La femme de Lot a été
transformée en statue de sel, Absalom est resté suspendu aux branches d'un arbre, quarante-
Jn 21:22-24
*" Temoignage donné par Ken Wright durant I'Ecole dEvangélisation de 1975 a Lausanne,
Job 1:16-1824
deux enfants ont été mis en piéces par deux ourses, les prophetes ont perdu un outil de travail,
Varche, posée sur un char tiré par des boeufs, a failli tomber“*
Le propos nlest pas de nous étendre sur les causes de ces événements®, dramatiques ou
bénins, mais de souligner la lucidité de I'Ecriture face aux dangers physiques bien réels qui nous
entourent.
De nombreuses précautions sont dictées au peuple d'lsraé! concernant:
- les homicides involontaires,
- les taureaux susceptibles de tuer a coups de comes,
les citernes a recouvrir,
- les effets néfastes de lalcool sur les décisions importantes et lenseignement,
les risques d’incendie,
- les balustrades a installer autour des terrasses,
* Gen. 19:26, 2 Sam. 18:9, 2 Roi 2:24 86:5, 1 Chr. 139
* Les références sont aussi |& pour vous en facilter étude personnelle.- thygiéne collective nécessaire™,
La connaissance du danger, la prudence, les précautions, les systémes de protection, la sobrieté,
la prévention, I'hygiéne et la bonne gestion de nos corps font naturellement partie de la vie en
Christ. Les chrétiens qui pensent en étre dispensés cause de leur foi ou qui accusent
diincrédulité ceux qui prennent des mesures légitimes de sécurité, s'exposent a bien des périls
lis ont un corps terrestre mais vivent comme sils avaient déja leur corps céleste!
Quand le diable proposa 4 Jésus de sauter du haut du temple, sous prétexte d'un passage
biblique parlant de protection et interprété a sa maniére, celui-ci lui répondit: “ll est aussi écrit: Tu
ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu”
Paul, dans ses voyages, savait étre en danger de mort. II a vécu trois naufrages, a dd affronter les
rivieres en crues, les déserts et le froid®, et a été mordu par un serpent’
Lun de nos responsables aux Philippines s'est fait attaquer par un requin lors d'une baignade et
en est mort. D’autres équipiers ont été tués dans un accident d'avion. Un char russe a écrasé les
deux occupants d'une voiture de Médair sur la frontiére tehétchéne...
Pourtant, combien de milliers de fois Dieu a fait des prodiges pour sauver ses enfants! Dans
Fétemité, nous découvrirons quil nous a épargnés et protégés dans une multitude de
circonstances, et nous a guéris bien souvent a notre insu avant méme que les symptémes ne se
manifestent.
Quelle conclusion pouvons-nous tirer de tout cela? Nous sommes des gérants responsables et
non des marionnettes. Dieu nous protége réellement, mais nous devons étre tout aussi réellement
prudents. La politique du tout ou rien - Dieu me protége, il ne peut rien m’arriver ou Dieu ne fait
rien, on doit se débrouiller tout seul - ne tient pas devant la sagesse de I'Ecriture et les multitudes
de témoignages traversant I'Histoire et provenant de tous les continents. Faire notre part ou notre
possible en comptant sur Dieu pour limpossible semble plus proche d'une attitude biblique.
Avant d’étudier la mise en pratique, résumons les points déja abordés:
Ime faut:
* Exo, 24:12, 28, 33/ Lev, 10:10 8 14:8-9 / Deu 22:8 & 23:13-44
Mat, 45-7
Of 2Cor. 11:23-27
or Act. 28326
- Un fondement biblique pour agir avec assurance: ma destinée est de ressembler a Jésus. Il a
promis que si je crois en lui je ferai moi aussi les oeuvres quill a faites et méme de plus grandes.
~ Comprendre et rechercher la pensée du Pére. II veut minitier & ce ministére parce quill m’aime.
- Comprendre la différence entre la foi que Dieu attend du malade et celle de celui qui prie.
~ Comprendre qu'une guérison peut étre immediate ou progressive.
~ Comprendre que Dieu cherche des chrétiens connus comme priant pour les malades afin d’agir
par eux.
~ Comprendre la différence entre notre corps actuel et celui que nous recevrons a la résurrection.
Chapitre III
Comment commencer
1. Se mettre en route
“Aspirez aux dons les meilleurs*.
“Puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l'édification de I'Eglise que vous
cherchiez & en posséder abondamment® ”
Imaginez un internat en feu rempli de centaines d'enfants. Les pompiers arrivent avec camions,
échelles, mousse carbonique et autres masques a oxygéne. ls seraient préts a intervenir, mais ils
tiennent entre eux ce discours: “Si Dieu nous appelle @ sauver ces enfants, nous sommes
entiérement disponibles; mais nous ne voulons pas étre prétentieux au point de croire que nous
pourrions les sauver par nos propres forces.” Si ces soldats du feu restaient les bras croisés
contempler la tragédie, ils seraient tous emprisonnés pour non-assistance 4 personnes en
danger. La population tout entiére serait immanquablement scandalisée et dégottée par latitude
de ces hommes.
Combien de chrétiens sincéres tiennent aujourd'hui ces propos: “Si Dieu veut miutiliser pour prier
pour les malades, je suis entiérement disponible, Mais pour Instant il ne m’a rien dit et je ne
voudrais pas agir orgueilleusement par mes propres forces.” Ges paroles, sages en apparence,
Tiont rien de biblique. Cette attitude de “neutralité’, chére a tant de disciples, est en réalité
coupable. S'il existe des ministeres plus particuliérement orientés vers les malades, tous les
chrétiens sont appelés a imiter Jésus-Christ, non pas virtuellement mais réellement. I! a pris un
temps considérable pour les malades, car le Pére avait et a toujours compassion d’eux. Les
malades ce sont, a un moment donné ou & un autre, la totalité de mes amis, de mes voisins et
4 Cor. 12:31, 14:1
4 Cor. 14:1227
des habitants de mon pays.
Une jeune fille a demandé un jour a un pasteur de I’Eglise réformée: “Pouvons-nous prier pour les
malades?” Celui-ci a répondu: "Non, nous ne pouvons pas prier pour les malades, nous devons
prier pour les malades.” Jésus a dit: “Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru
En mon nom... ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris”.” Il serait bon de
cesser de dire “mais” et d’écouter celui que nous appelons Seigneur.
Un pasteur, qui m’accompagnait pour un séminaire au Bénin, s'est vu entouré d’enfants malades
et infirmes. L'un d'eux, aveugle et agé seulement de trois ou quatre ans, s'est agrippé & son
pantalon en demandant la priére. Aucune amelioration tangible ne s'est produite a ce moment-la,
mais ce pasteur est revenu en Europe bouleversé. Son coeur saignait comme s'il s’était agi de
‘ses propres enfants. Intellectuellement, il savait déja que la Bible nous exhorte a rechercher les
dons et il priait pour différents besoins depuis longtemps; mais tout 4 coup, il comprenait
Turgence de rechercher ardemment les dons de Dieu, de se jeter @ genoux devant lui face a la
misére criante qui nous entoure.
Ce nest pas avec le désir de briller que nous devons nous mettre en route et chercher a étre
équipé par le Seigneur; mais parce que la Bible nous l'ordonne. Nous devrions prier pour les
malades comme si nous étions a leur place.
Jai eu le privilage de voir des centaines de chrétiens prier ouvertement pour la premiere fois de
leur vie pour les malades; ceci dans le cadre de campagnes d'évangélisation qui sont autant de
lieux de mise en pratique des séminaires qui les précadent. Ils se sont mis en route et ont
‘expérimenté qu‘eux aussi sont aimés du Pere qui les initie a tout ce quill fait. Beaucoup d'entre
eux ‘ont dit ensuite: “C'est incroyable; j'ai prié pour cette personne, je lui ai imposé les mains et
tout & coup j'ai recu un verset biblique, une pensée ou quelque chose comme une parole de
connaissance; puis jai ressenti que ma priére était portée par un souffle prophétique.” A ma
connaissance, aucun n’est arrivé a la conclusion: “Ce nest pas mon appel, ¢a ne marche pas, je
suis découragé.” Au contraire, des témoignages en grand nombre attestent que Dieu sait former
et utiliser ceux qui relévent ce défi
Pour vous, la mise en route consistera peut-étre a prier dans le secret de votre chambre, ou
silencieusement au travail pour un collague; ou encore a vous rendre réceptif au Saint-Esprit
quand retentit la siréne d'une ambulance. Seigneur, que dois-je demander? Peut-étre une famille
vat-elle passer par une grande détresse? Peut-éire quelqu'un est-iI coincé entre des tdles
froissées ou pris au piége d'un incendie? Peut-étre s'agit-il d'une noyade, d'un arrét cardiaque,
d'un empoisonnement? Quil s’agisse d'un cas grave ou bénin, il sera différent, car une personne
au moins se sera mise en priére: vous.
Cette réflexion ne doit pas devenir une loi pesante; mon objectif est de vous proposer une
possibilité de vivre la compassion au quotidien.
Se mettre en route ne signifie done pas nécessairement de prier pour quinze malades qui font la
queue & votre porte, mais d'entrer dans ce service Ia oll vous étes, tel que vous étes.
Les premiers pas sont importants: celui qui lit ces lignes et les oublie se retrouvera dans trois ou
cing ans au méme point qu’aujourd’hui; mais celui qui se met en route aura parcouru un long
chemin aux cétés du Seigneur qui est bouleversé par les foules malades.
5 Mo 16:182. Accueillir le malade
Quand vous entrez pour la premiere fois dans le cabinet d'un médecin, son sourire, sa poignée
de main, le ton de sa voix, ses gestes, les questions qu'il vous pose et la qualité de son écoute
peuvent déja contribuer au processus de guérison. Ces choses sont d'autant plus importantes
que vous étes en position de faiblesse et de souffrance. Lincertitude, l'angoisse parfois, vous
ont poursuivi plusieurs jours durant; finalement, espérant une aide devenue nécessaire, vous
vous étes décidé a prendre rendez-vous. Il en est de méme quand une personne s’approche de
vous pour demander la priére ou quand vous visitez un malade.
Regardons ces notions d'un peu plus prés:
- Les salutations: il est normal et naturel de saluer, au moins par le regard et le sourire®, la
personne dans le besoin.
- Le ton de la voix: notre douceur doit étre connue de tous les hommes™,
- Les expressions du visage et les gestes: la bonté, identification, le don de son temps, la
‘sagesse tout comme I'impatience, la dureté, le mépris ou la suffisance, se lisent sur notre visage
et dans nos gestes.
= Les questions a poser”: Comment vous appelez-vous? De quoi s’agit-il? Souffrez-vous en ce
moment? Qu’allons-nous demander ensemble 4 Dieu’? Comment cela a-til commencé? Le temps
que vous pouvez consacrer a lentretien influencera bien entendu le nombre de questions et la
longueur des réponses. Vos questions serviront de base minimale a votre priére. Parfois, il vaut
mieux ne pas en savoir trop; votre expression sera plus libre et spontanée; la précision et la
justesse de vos propos pourraient alors devenir un puissant encouragement pour la personne.
Restez fonciérement simple, ne jouez aucun réle, ni celui de 'expert, ni celui de juge et encore
moins celui de médecin. Vos questions ne sont ld que dans le but de mieux servir.
- La qualité de l’écoute: le malade doit se sentir écouté comme s'il était pour vous, a ce moment
précis, la seule personne au monde. Concentrez-vous ef, s'il le faut, penchez-vous pour mieux
entendre. N'oubliez jamais qu'en posant une question vous donnez le droit & votre vis-a-vis de
éfléchir et de répondre. Qui répond avant d'avoir écouté montre sa bétise et se couvre de
ridicule", nous dit le livre des Proverbes.
Quand le contexte ne convient pas & une salutation habituelle
Phi 45
Le chapitre 6 du livre "Progresser avec Dieu" traite le sujet plus & fond.
© Bro, 18:1329
- Honorer le malade: ce mot résume toute lattitude qui doit émaner de nos actes et de nos
paroles. Nous devrions pouvoir apprendre par la suite que la personne pour laquelle nous venons
de prier est le maire, un ministre ou la fille du président, sans que cela ne suscite de géne en
nous.
Pour mieux souligner Importance de l'accuei
solidement ancrées et qui n’ont rien de biblique:
il faut également dénoncer des habitudes parfois
- Tutoyer le malade et avoir une attitude dominatrice: rien ne nous autorise & commencer
soudain tutoyer une personne, connue ou non, comme si le fait d’exercer un ministére envers
elle nous conférait ce droit par on ne sait quel mystére. Nous sommes des serviteurs et non des
seigneurs; le ton péremptoire que certains utilisent est déplacé.
- Interroger sans égard: l'interrogatoire policier (s'il a réussi a s'immiscer dans votre église,
votre dénomination ou votre vie), comportant de nombreuses questions répétitives, accusatrices
et indiserétes, devrait disparaitre.
- Prendre la téte du malade dans ses mains, la serrer et la secouer comme un prunier: &
voir certains opérer, on pourrait croire que la guérison est proportionnelle @ I'énergie quils y
déploient.
- Hurler et postillonner dans les oreilles du matade: c'est encore la religiosité et la confusion
entre décibels et foi qui s’étalent ici dans toute leur laideur.
- Imposer les mains de maniére indiscréte: une femme qui pose sa main sur la cuisse d'un
homme ou un homme qui le fait sur les bronches d'une femme est un spectacle trop fréquent.
Ces gestes, faits sans arriére-pensées, manquent de sagesse et ne sont pas nécessaires. Poser
‘sobrement nos mains sur les épaules ou la téte du malade évite le discrédit.
- Pousser le malade en arriére’: si cette pratique est répréhensible, j'ai également constaté
que certains malades tiennent plus & tomber sur le sol qu’a écouter la priére. Il est surprenant de
voir 4 quel point I'étre humain aime se fabriquer des pratiques religieuses, fussent-elles d’avant-
garde!
Dans les campagnes de JEM, comme dans d'autres campagnes dénominationnelles, la
population sait que nous prions pour tous les malades qui le désirent. Nous formons localement
de nombreuses personnes pour exercer ce ministére de maniére personnalisée. Des centaines
de malades sont ainsi accueillis, écoutés, aimés. IIs entendent leur nom ou leur prénom prononcé
devant Dieu, souvent pour la premiére fois de leur vie. Ils ne voient pas seulement un crateur de
loin, difficilement accessible, mais rencontrent des hommes et des femmes comme eux
Beaucoup sont soulagés, beaucoup se portent mieux, beaucoup sont guéris, beaucoup ne sont
pas guéris, beaucoup ne sont pas guéris immédiatement; mais tous sentent que quelqu'un s'est
soucié d'eux. Grace a cela, un quartier entier peut savoir que le Dieu des chrétiens est vivant; le
® Le sujet est repris plus loin. Une personne peut tomber devant Dieu, mais ce qui est condamnable,
c'est de la pousser.30
comportement futur de ses habitants, face a I'Evangile, en est alors influencé.
3. Un dialogue sans bruit
‘Comme pour un entretien de conversion ou de relation d'aide, le volume sonore qui entoure le
dialogue qui nous conceme doit étre aussi faible que possible. Les décibels, eux seuls, n’ont
jamais guéri un seul malade, n'ont jamais sauvé un seul perdu ni chassé un seul démon. Le
probleme ne se pose pas dans un cadre privé, mais il est crucial dans nos rencontres
‘communautaires, Autant une bonne sonorisation, une chorale ou un groupe musical peuvent étre
précieux au moment opportun, autant ils peuvent entraver le ministére quand le temps des
entretiens est arrivé. Nous venons de mentionner la qualité de I'écoute; elle est parfois difficile
dans une atmosphére paisible, mais elle devient quasiment impossible quand bien méme la
chorale ne ferait que chantonner.
Aprés miétre égosillé, tant de fois et dans tant de milieux, pour surpasser le volume sonore qui
siinstalle traditionnellement et fidélement dés qu’on demande au prédicateur de prier pour les
malades, je me pose la question: de quoi avons-nous tellement peur pour étre a ce point zélés
pour “couvrir” la priére en question?
~ Avons-nous peur du silence? Les gens réunis apprendront bien plus en écoutant la priére, qu’en
chantant pour la deux cent quarante-cinquiéme fois le méme refrain.
- Avons-nous peur que les gens s‘ennuient? Laissons-les partir paisiblement.
- Avons-nous peur des indiscrétions? II y a relativement peu de choses confidentielles et il est
toujours possible de baisser le ton, de se mettre a l’écart ou de réserver ces choses pour un
entretien privé. Une famille spirituelle ayant des relations saines devrait au contraire se sentir
concernée par la santé de ses membres: si une partie du corps souffre, toutes les autres
souffrent aves elle, nous enseigne Paul”.
- Ou alors avons-nous peur du dialogue en lu-méme, peur d'avoir des témoins, peur d'avoir des
nouvelles réelles et audibles de la personne au bénéfice de la priére? Ce serait triste et en méme
temps un contre-apprentissage. Cette pratique prive 'église d'une occasion d'apprendre a prier
pour les malades; cette demiére ne peut discerner et juger une éventuelle parole prophétique,
Mientend pas la parole de connaissance (qui devrait étre confirmée), ne peut se réjouir avec le
malade qui se porte mieux ou encore ignore que le combat doit se poursuivre. Je crois que la
tradition religicuse qui consiste a faire chanter ou prier & haute voix toute 'assemblée, ou encore
faire jouer les musiciens, pendant la priére pour les malades prive de riches bénédictions a la fois
ces deriers, Ja communauté réunie et coux qui exercent le ministere. Comment les disciples ont-
ils pu apprendre de Jésus? N’était-ce pas précisément en le regardant faire et en 'coutant?
4. L’écoute de I'Esprit
Quand vous commencez a prier spécifiquement pour quelqu'un et que la personne comprend ce
que vous dites, Dieu, souvent, s’exprimera au travers de vos paroles. Méme si vous ne dites pas:
ainsi parle 'Etemee... il y aura dans votre priére quelque chose qui vient de son coeur.
4 Cor 12:2831
Pourquoi tant de gens se tournent-ils vers les horoscopes? L’une des raisons est quils ont faim
de paroles personnalisées; ils n’entendent du matin au soir qu'un flot de paroles superficielles,
impersonnelles et fades. Leur 4me crie, bien que la plupart lignorent, pour une parole de Dieu
Lthomme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole que Dieu prononce™.
Mat. 4:432
Prier sous la conduite de Esprit n'est pas compliqué; il habite en nous et sait que nous
dépendons de lui. Ce qui peut parfois compliquer les choses, c'est notre désir de briller,
dimpressionner, de tenir un réle qui n'est pas le nétre. Ce peut étre aussi une fausse humilité,
Une timidité coupable, une attitude servile qui s’exprimera par de longs discours apparemment
sages mais qui détruisent foi et courage. L'apétre Paul a dit: “Par la grace de Dieu je suis ce que
je suis™ et (comme déja mentionné précédemment) Pierre a déclaré au boiteux: “Ce que jai, je te
le donne... Si vous me permettez cette expression, je dirais que Dieu n'est impressionné ni par
‘ceux qui se gonflent, ni par ceux qui se dégonflent!
Examinons quelques aspects de ce ministére:
A. Faire silence et écouter
‘Quelques secondes de tranquilité vous permettront de discemer la direction que doit prendre
votre priére. En groupe, il est possible d’exprimer en peu de mots votre dépendance totale de
Dieu et d’attendre un instant: la premiére personne qui recoit ce qu'il convient de demander ou de
faire initiera l'action.
B. Priére d'intercession
La plupart du temps, votre priére commencera simplement en vous adressant a votre Pére
céleste, nommant le malade et ses besoins. Plaider en faveur d'une tierce personne est un acte
puissant.
©. Texte biblique
Si un texte biblique vous est donné, donnez-le par coeur en lincluant & votre priére ou cherchez-le
discrétement dans votre Bible (évitez de donner la référence a ce moment-la ou diinterrompre le
recueillement des personnes impliquées). Si vous devez donner une explication ou une
interprétation, limitez-vous strictement cela sans amorcer une discussion.
D. Ordre donné au nom du Seigneur
Dieu a parlé et le monde a été créé, Jésus a commandé au vent et a la mer de se calmer, ila
menacé la fievre et il a parlé au figuier, Suite a ce dernier événement et a 'étonnement de Pierre,
Jésus a souligné ce principe en disant: “Si quelqu'un dit 4 cette montagne: dte-toi de la et jette-toi
dans la mer, et s'il ne doute pas dans son coeur, mais croit que ce quill a dit arrive, cela lui sera
accordé"”
Nous serons done parfois conduits a parler a la maladie ou a la douleur. Dieu tient chaque
molécule de l'univers par sa parole. En son nom, nous pouvons donc étre amenés a parler & une
colonne vertébrale, a un genou, a une oreille®, etc. Nous ne parlons pas a un esprit, mais bien &
4 Cor. 18:10
pct. 3:6
© Mar. 11:23,
© Mar. 7:34-96 Jésus dit. ouvre-tol. Aussitot ses oreilles s‘ouvrirent.33
la matiére, & la maladie ou & ses sympt6mes. II ne faut pas agir en deca ou au-dela de notre foi,
mais selon notre fof”. Certaines personnes, découvrant ce principe, en font un systéme; ils
cordonnent alors a tour de bras des choses qui ne se produisent pas.
Sans pouvoir l'expliquer, je constate que l'onction de I'Esprit peut augmenter pendant la priére et
que les dons de foi (conviction surmaturelle), guérisons ou miracles peuvent soudain se
manifester. Je me souviens en particulier d'une fin de soirée oil cela s'est produit: il y avait une
enfant devant moi, je ne me rappelle plus quelle était sa souffrance mais je ressentais avec force
que Dieu était sur le point de la guérir. Je savais intérieurement qu'il me suffirat de la toucher, de
prier briévement ou d'ordonner la guérison pour qu'elle soit guérie sur-le-champ; et c’est bien cela
qui artiva
E, Le combat spirituel
Une maladie ou une souffrance peut étre d'origine démoniaque. II existe bon nombre de livres,
spécialisés qui traitent du sujet. Je ne mentionnerai ici que quelques conseils de base venant de
mon expérience limitée, acquise sur le terrain.
Dans la plupart des cas, méme s'il y a influence démoniaque, il n'y aura pas de manifestations
particuliéres. Parfois vous serez conscient du combat qui s'est livré et parfois cela vous restera
caché. Le Seigneur agit bien souvent discrétement et ne nous révéle pas tout; mais la lumigre
chasse les ténébres. Si vous étes conscient d'une influence ténébreuse, votre priére et votre
‘communication verbale pourront soit s'orienter ouvertement en ce sens, soit rester plus discréte
afin de ne pas impliquer un malade qui ne comprendrait pas ou ne serait pas en état de porter a
chose,
Sile cas semble plus grave, voici quelques pistes possibles:
~ Dans un contexte public
| n'est pas bon de monopoliser I'attention et de perturber les autres groupes en priére en livrant
un combat publiquement. Emmenez la personne a 'écart et assurez-vous de l'aide nécessaire.
Dans nos campagnes, nous séparons le ministére envers les malades d'avec les entretiens qui
demandent une relation d'aide ou une délivrance. Dés lors qu'une personne dans le groupe des
malades manifeste le besoin d'un entretien plus approfondi, elle est conduite auprés d'un groupe
qui s'est spécialement préparé 4 cela.
- Dans un contexte privé:
Assurez-vous d'étre au moins & deux pour continuer le ministére.
Si vous n’avez pas l'expérience nécessaire, confiez le cas a des personnes compétentes.
Je rencontre bon nombre de chrétiens aussi sincéres que zélés mais qui, une fois de plus, par
tradition, chassent systématiquement des esprits mauvais quand ils prient pour un malade.
Malheureusement il y a, comme vous le savez peut-étre, un démon impossible a chasser: c'est le
démon qui n’existe pas! Pour nous aider a saisir enjeu de la situation, prenons un cas classique:
Madame Dupont souffre depuis trois ans de maux de téte chroniques. Elle demande la prigre et
voici quion menace et chasse un “démon de mal de téte”. Pourtant, Madame Dupont n'est pas
guérie. Elle commence alors a raisonner ainsi: quand ils ont prié pour moi, se dit-ele, ils ont tout
® Rom, 12:334
de suite discerné que mes maux de téte étaient d'origine démoniaque... Maintenant je comprends;
c'est un démon qui me harcéle. Madame Dupont sera alors tentée de remuer ciel et terre pour
trouver un homme de Dieu assez “puissant” pour la délivrer. Elle s’entétera au point que nul ne
pourra la persuader quielle se trompe et, par conséquent, constatera que personne ne la
comprend et ne peut laider. Elle pourrait dés lors glisser sur la pente dangereuse de la
dépression et du désespoir. Pourquoi? Parce quielle a été victime d'un mauvais discernement et
dune tradition malsaine.
A cause de cela, il est bon, tout particuliérement en débutant ce service, de ne pas faire mention
desprit mauvais dans nos paroles, sans une conviction précise du Seigneur et surtout pas par
tradition.
F, Parole prophétique et parole de sagesse
Au risque de me répéter, j'aimerais souligner que Dieu est simple. II nous demande d'aimer ceux
pour lesquels nous prions et d'avoir compassion d’eux. Les dons spirituels sont des dons; nous
Ne pourrons jamais les fabriquer. Ils ne sont pas des médailles décoratives mais des outils de
travail. Généralement, ce sera pendant que vous priez qu'une sagesse sumaturelle ou une
pensée prophétique vous sera donnée. Cela se passe parfois si discrétement que seule la
personne en face de vous le discernera. Dans un contexte différent, mais qui illustre bien ce
point, j'ai vécu la situation suivante: j'étais & table en face d'un homme que je rencontrais pour la
premiere fois et qui se posait des questions au sujet de la polygamie. II était influencé par une
secte pernicieuse. Je lui répondis: “Quand Dieu créa Adam et Eve, il ne fit pas Adam, Eve et
Geraldine”. Mes hétes restérent quelque peu interloqués, alors que leurs enfants pouttaient de
Tire. Sa femme s'appelait Géraldine!
G. Parole de connaissance
Je me souviens, dans Ecole d’Evangélisation de JEM que j'ai suivie en qualité d’étudiant, avoir
entendu un enseignant déclarer en début de cours: “ll y a trois éléves qui ont des problémes de
santé.” Il les a alors énumérés et a appelé les personnes a se manifester en signe de
confirmation. Tous trois ont été guéris sur-le-champ. La plupart des éléves étaient au courant de
leur situation, mais pas lorateur. Si Dieu révéle de maniére surnaturelle des problémes de santé,
clest dans le but de les résoudre, En 1992, lors d'un Service d’Eté Abidjan, Vorateur a regu la
révélation que Dieu était en train de guérir les genoux d'une dame se trouvant dans la foule. Ia
ensuite courageusement demandé a celle-ci de se faire connaitre. Une personne distinguée et
déja agée a alors fait signe; elle est montée sur le podium pour raconter qu'elle s'était déja rendue
a New York puis a Paris pour se faire opérer, sans grand succés. Elle ajouta qu’elle venait 2
instant d’étre guérie, le démontrant par sa souplesse retrouvée. La parole de connaissance,
comme tous les autres dons, ne fait pas de nous des spécialistes médicaux et doit étre
confirmée.
H. Prier a plusieurs sous la direction de Esprit
Si nous sommes plusieurs @ prier pour un malade, il faut résolument éviter d'en faire une
cérémonie”. Celle-ci consisterait 4 se dire: 'autre a prié, donc je dois aussi le faire; et tout le
monde de dire sa petite ou longue priére répétitive”™ révélant, par [a méme, passablement
diincrédulité. Ces temps de prigre deviennent alors interminables, en particulier quand plusieurs
personnes souffrantes attendent.
7° 1 ne s'agit pas ici d'une réunion de pridre pour entourer spéciiquement un malade, mais d'un ministre
publique exercé envers de nombreuses personnes,
7 Oh Mat. 6:735
La priére en petit groupe ne devrait pas refiéter une rangée de perroquets en conférence sur un
perchoir, mais un corps obgissant en action: l'oeil regarde, le cerveau analyse, le pied se déplace,
la main secourt.
Quand les malades sont trés nombreux, il m'arrive de demander a la dizaine de pasteurs présents
sur le podium, et représentant presque autant de dénominations, d’exercer ce ministére
publiquement tel un corps de serviteurs. Je leur explique briévement que nous n’allons pas faire
ne cérémonie consistant en dix longues priéres, mais que le micro sera disponible pour chacun
selon la direction de I'Esprit-Saint. Nous n’aurons pas peur du silence, nous ne chercherons pas
impressionner par nos paroles mais simplement a étre fidéles et obéissants. Ce qui se produit
alors peut étre un moment fort et fructueux. L'un priera avec ferveur pour ceux qui, par exemple,
souffrent de maux de dos, l'autre recevra et donnera une magnifique promesse biblique, un
troisieme entonnera un chant de circonstance et un quatriéme exprimera encore une priére
prophétique. Nous ressentirons peut-étre & ce momenta que ce ministére public doit se
poursuivre, pour tous ceux qui le désirent, par imposition des mains individuelle,
La méme situation, gérée humainement ou charnellement, aurait pu se dérouler ainsi: puisque le
premier pasteur a prié durant trois minutes, le second, qui a une communauté plus grande, a prié
plus longuement encore. Le troisiéme a fait, quant a lui, la démonstration d'une priere plus belle,
alors que le quatriéme ne demeurera pas en reste et fera sous-entendre que les autres priéres
n’étaient pas tellement spirituelles en comparaison de la sienne. Le cinquiéme profitera de
audience attentive pour essayer de recruter, par sa priére, quelques nouvelles brebis, et ainsi de
suite jusqu’a la délivrance pour tous que sera l'amen final.
Prier a plusieurs consiste donc:
- A accepter de ne pas s'exprimer chaque fois haute voix, tout en écoutant et soutenant
pleinement ce qui se dit.
~ A éventuellement compléter le ministére exercé, sans répéter ce qui a déja été donné, mais en
se limitant exclusivement & ce que I'Esprit nous donne: texte, parole de sagesse, etc
5. La gratuité de votre démarche
“Guérissez les malades... vous avez regu gratuitement, donnez aussi gratuitement™.”
La gratuité est fun des éléments qui étabiit une différence claire entre la priere au nom de Jésus
et invocation du chariatan qui cherche un gain pécunier. Cette gratuité s'étend a deux éléments.
celui des finances bien str, mais elle concerne également 'aspect moral et spirituel. La guérison
est un cadeau sans contrepartie.
Observons ces composantes dans la guérison de Naaman, le général syrien lépreux (A.T.), et
celle de la femme qui souffrait d'une perte de sang et qui toucha le vétement de Jésus (N.T.)
Elisée et Naaman’:
7 Mat. 10:8
7 2 Rol, 6:1-1836
Gratuité financiére - Cet officier croit que la guérison est négociable, ou du moins cherche-til a
se faire agréer, puisquil emporte avec lui equivalent de plus d'un million de dollars. Elisée
cependant n’acceptera ses dons ni avant, ni aprés la guérison.
Gratuité morale - Naaman est adorateur d'un dieu paien, mais Elisée se gardera bien de lui dire:
convertis-toi d'abord a I'Eternel si tu veux quil te guérisse... Dieu n’est pas un marchand de tapis!
envoie la pluie pour tous et c'est par sa bonté quill nous pousse a la repentance”*
Emerveillé par sa guérison, Naaman déclerera: “Je reconnais quill n'y a point de Dieu sur toute la
terre, si ce n'est en Israéi... Je ne veux plus offrir de sacrifices... a d'autres dieux qu’au Seigneur
diisraél.” Avec une grande lucidité, il expose encore au prophéte une situation bien délicate et peu
glorieuse: “Quand mon maitre, le roi de Syrie, entre dans le temple de son dieu Rimmon pour
prier, je dois miincliner jusqu’a terre en méme temps que lui, car il s’appuie sur mon bras. Que le
Seigneur veuille bien me pardonner ce geste.” Qu’aurais-je répondu? Qu’auriez-vous répondu?
Elisée, lui, répond: “Va en paix’
™ Rom. 2:437
Jésus et la femme qui souffrait d'une perte de sang”:
Gratuité financiére - Elle avait dépensé, pour n’aller que de mal en pis, tout ce quielle
possédait. Le contraste est d’autant plus fort quand, au simple contact de Jésus, elle est guérie
gratuitement.
Gratuité morale - On ose a peine imaginer combien de blessures morales et spirituelles elle
avait accumulées en douze ans de vaines errances. Pensez-vous qu'elle était moralement ou
spirituellement acceptable? Méme aux yeux de la loi, sa maladie la rendait impure”. Elle est
pourtant exaucée sans condition.
Cette double générosité est une valeur du Royaume de Dieu; elle marque une notable différence
ar rapport aux exigences humaines, légales et peut-étre ténébreuses qui pesaient depuis douze
ans sur ses épaules. Jésus lui dit: "Va en paix’.
Certaines lettres de nouvelles aujourd'hui vont jusqu’a suggérer, par un habile manége
théologique, que votre guérison dépend de Importance de votre don financier. Plus
communément, de nombreux disciples de Christ, croyant bien faire, marchandent leur priére
emvers les malades: si tu te convertis, si tu enléves cette médaille, si tu viens dans notre groupe,
si tute repens... je prierai pour toi.
Diautres encore, certainement avec d'excellentes motivations, se sont mis a dépouiller ceux qui
venaient a la priére de tous leurs bijoux occultes. Imaginez une épouse qui revient de la réunion et
‘se présente a son mari sans le précieux collier familial hérité de Varriére-grand-mere...
‘Que faire? Luc, dans le livre des Actes, mentionne qu'aprés avoir vu des oeuvres miraculeuses
diverses: “Beaucoup de ceux qui étaient devenus croyants venaient avouer et déclarer
publiquement ce quills avaient fait. Un grand nombre de ceux qui avaient pratiqué la magie
apportérent leurs livres et les brilérent devant tout le monde... il y en avait pour cinquante
mille piéces d'argent””.”
Sont-ce les apétres qui ont dépouillé de leurs onéreux livres occultes les habitants d'Ephése?
Non, pas du tout. Mais si quelquun, convaincu de péché, veut briler ou détruire ses bijoux et
objets occultes, alléluia! Mais cela se fera ouvertement (devant tout le monde), sous l'entigre
responsabilité des propriétaires légitimes et non en passant furtivement le pendentif du cou de la
dame qui demande la priére dans la poche du prédicateur!!
Etre prudents comme des serpents et sages comme des colombes dans ce domaine peut nous
éviter de finir ce genre de relation d'aide en prison! Etre persécuté pour le Seigneur est une
chose, étre persécuté pour nos bétises en est une autre
% Mar, 9:25-34
™ Ley 15:25
T Act. 19:18-1938
Est-ce a dire que devant 'dolitrie, l'astrologie et autres religiosités néfastes nous devions rester
muets comme des carpes? Non, bien sGr, mais il y a un temps pour tout. Votre amour, votre
compassion, votre silence méme, vous donneront le droit de parler quand la personne reconnaitra
que vous étes ambassadeur d'un Royaume qui n'est pas de ce monde. La relation d'aide prendra
place au moment opportun. Vouloir rendre un malade “acceptable” avant de prier pour Iui, c'est
tirer sur les pétales de la rose pour ouvir. Mais, me direz-vous, n'y a-til pas des exceptions, et
que dire des chrétiens désobéissants? Oui, il y a des exceptions, des situations & confesser
dabord, des révélations spécifiques venant réellement de Dieu et non du légalisme; mais les
exceptions doivent rester des exceptions et la gratuité du Royaume la régle de l'amour.
Dieu désire la reconnaissance (et le changement de vie) de ceux qu'll guérit, mais il ne limpose
pas. Jésus a été attristé de ce qu'un seul des dix lépreux soit revenu sur ses pas pour le
remercier, mais les neuf autres ne sont pas redevenus Iépreux pour autart... II a dit: "Témoignez
de l'amour & vos ennemis et priez pour ceux qui vous poursuivent de leur haine. Ainsi vous vous
‘comporterez vraiment comme les enfants de votre Pére céleste, car lui il fait luire son soleil sur
les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie a ceux qui font sa volonté comme
a ceux qui ne la font pas”®.”
J'ai vu & plusieurs reprises des musulmans guéris a instant méme par le Seigneur. Certains
étaient pas préts a se convertir, mais je sais que Jésus ne marchande pas; la grace ne peut se
marchander. Comprendre cela me libere dans l'action: la compassion, la priére et la guérison sont
gratuites.
6. Le Royaume de Dieu est meilleur que les modes de
passage
Un jour, Jésus, crachant par terre, a fait de la boue avec sa salive pour 'appliquer sur les yeux
d'un aveugle”. Celui-ci a ét6 guéri. Pourtant Jésus n'a pas ensuite ouvert une industrie de “sainte
boue’. Il n'a pas non plus concu une lettre de nouvelles avec une petite pastille de boue
accrochée en en-éte et accompagnée d'une explication: “Décollez, appliquez soir et matin et
vous serez guéris.” Lorsqu’on cherche une ragle observer dans la maniére dont Jésus
guérissait les malades, on s’apergoit quill ny a pas de régle. Jésus ne nous enseigne pas des
rites a suivre mais i! nous enselgne la dépendance du Pére.
Le succés, la réussite, comportent une tentation: celle d'entrer dans une habitude qui deviendra
un rite et finalement une orniére de laquelle on ne sortira plus.
Voici une liste, bien incomplete, de quelques modes qui passent et repassent
- jeter tous ses médicaments & la poubelle,
- répéter sans arrét une promesse,
- faire systématiquement onction dhuile,
= pousser le malade par terre,
- faire tousser les gens pour que les démons sortent,
~ secouer la téte du malade en Iui imposant les mains,
7 Mat, 5:44-45 Parole vivante
"nos- répéter d'innombrables fois “au nom de Jésus",
~crier,
- faire de grands gestes en se prenant pour un chef d'orchestre.
Si plusieurs de ces pratiques sont condamnables, d'autres n’ont qu'un défaut: elles sont
devenues des traditions qui finissent par sentir mauvais. De la fraicheur d'une action de I'Esprit,
on a fait une boite de conserve. On sous-entend, par nos paroles et nos pratiques, que “ga doit
‘se passer comme ¢a’ si l'on veut étre guéri. Comme il est bien plus facile de faire des disciples
légalistes que spirituels, ces modes font rapidement le tour de la planéte.
Je connais un homme que Dieu emploie pour accomplir de nombreuses guérisons et miracles.
Un jour, il a enlevé ses lunettes “au nom de Jésus” et les a jetées a la poubelle. Deux semaines
plus tard, il s'est rendu chez lopticien pour en acheter une nouvelle paire... Parfois, des
témoignages de ce type sont posits mais /’initiative en revient a Dieu. La foi peut nous amener
par exemple mettre un doigt dans loreille d’un sourd et a dire: “Ouvre-toi’; mais l'observateur
ui, voyant cette scéne, la copie, ne verra aucun résultat. C’est ce qu'on apprend de la tentative
périlleuse des sept fils d'un grand-prétre juif, nommé Scéva®. La vie n'est pas dans un “truc”, la
guérison non plus. Dieu se laisse toucher quand nous agissons sur sa parole, mais il est
certainement affligé quand nous croyons pouvoir nous servir de lui
Si nous regardons aux stratégies de Dieu dans les guerres que les Isradlites devaient livrer, nous
retrouvons le méme principe: lors d'un de ces combats, ils ont fait le tour d'une ville; une autre
fois, ils ont brisé des cruches; une autre fois, ils ont attendu d'entendre un bruit de pas dans les
cimes des mariers; une autre fois, ils ont mis les musiciens devant larmée et ainsi de suite". Le
chef de l'armée ne pouvait jamais dire: désormais j'agirai ainsi pour les vingt ans venir, mais
bien plutét: désormais, avant chaque combat, jécouterai le Seigneur. La seule régle était, et est
toujours, 'obéissance a Dieu.
‘Supposons que je vive une série de réunions durant lesquelles plusieurs personnes tombent 2
terre sous le poids de la gloire de Dieu’ a cause d'une forte conviction de péché™. sans parler de
délivrances ou autres manifestations divines™. Je me retrouve la semaine suivante dans un
© pct. 19:11-168
* Jos. 6, Jug. 7:19-20, 1 Chr. 14:15, 2 Chr, 20:21-22
® Dan, 108-10, Ape. 117
® Act. 18:29, Act, 227
Jn 18:640
contexte tout différent et recommence a prier pour les gens mais, a mon grand désarroi, personne
ne tombe. Dieu est-il parti? Dois-je exhorter les fidéles plus d'ouverture? Dois-je commencer &
faire semblant et les “aider” & tomber?! II est toujours possible de continuer par la chair ce qui a
commencé par Esprit, surtout si la foule qui vous entoure, ayant entendu parler des réunions
précédentes, est venue pour ‘voir cela” de plus pres.
Un européen, en visite en Afrique, a tenu des réunions dans une église que je visite
fréquemment. ll a prié pour une premiére personne qui est tombée, la deuxiéme également;
quand la troisiéme est tombée a son tour, le responsable africain s'est approché et a
publiquement arrété faffaire. Pourquoi? Cet homme imposait les mains aux gens en posant ses
doigts sur leur front et en entourant leur nez avec la paume de sa main. Cette demiére était
imbibée d'un produit anesthésiant... Je sais que certains lecteurs pourraient utiliser ce récit pour
‘jeter le bébé avec l'eau du bain’ et parler contre ces choses. J'espere que vous aurez la sagesse
et le discernement pour ne pas le faire; car s'il est dangereux de tromper les gens comme cet
homme ''a fait, il est tout aussi dangereux de parler contre les oeuvres authentiques du Saint-
Esprit. Une imitation n’est utile que dans la mesure ol original existe réellement. Ce n’est pas
parce qu'un jour quelqu'un nous trompe avec un faux billet de banque que nous cesserons
utiliser les vrais.
Llapétre Jean qui avait mis sa téte sur ia poitrine du Maitre, est tombe 4 terre comme mort
quand il 'a vu glorifié dans I'le de Patmos®. Bien évidemment, c'est cette gloire qui 'a mis a terre
et non inverse. Que penserions-nous de Jean, si Ecriture nous apprenait que, par la suite, il se
jetait & terre dans lespoir que Jésus lui apparaisse?
7. Marcher dans la vérité
Ine s'agit pas simplement de dire la vérité, mais de la vivre. Elle nous rend alors enfin libres
d'étre nous-mémes, ce qui permet & ceux qui s'approchent de nous de l’étre également.
“lls arrivérent @ Bethsaida. On lui amena un aveugle en lui demandant de /e toucher. Jésus prit
aveugle par /a main et le conduisit hors du village, puis il lui mouilla les yeux avec sa salive, lui
imposa les mains et lui demanda: “Vois-tu quelque chose?” L'aveugle regarda et répondit
“Jfapergois des hommes - on dirait des arbres qui se déplacent” Alors Jésus posa encore
une fois ses mains sur les yeux de Taveugle. Celui-ci regarda droit devant lui, Maintenant il vit
tout distinctement, méme de loin®."
J'aimerais souligner dans ce récit quatre aspects démontrant la synergie entre vérité et liberté.
A, Jésus ne se laisse pas manipuler par la pression psychologique que la foule exerce
sur lui.
‘On peut imaginer ici lattente de la populace: Jésus arrive, elle est excitée et veut du spectacle.
Pour cela, elle demande a Jésus de toucher 'aveugle, Certainement au courant des miracles qui
ont eu lieu @ son contact, elle a tout organisé pour quill entre dans le réle du guérisseur
folklorique. Mais Jésus ne se laisse pas prendre au piége de Vorgueil. Son but n’est pas de se
faire une renommée de star (sinon il entrerait dans le jeu que les villagecis Iui suggérent), mais
bien de guérir 'aveugle. Ce dernier n’a nullement besoin d'une petite animation champétre, mais
désespérément d'une authentique guérison.
B, Jésus n'a pas besoin d’une ambiance particuliére pour agir.
® Jn 13:13, Ape. 1:17
Mo 8:22.25,41
Ici, elle est peut-étre méme un handicap qui oblige a s'en éloigner. 1I prend 'aveugle par la main;
ile touche done mais sans le guérir, et humblement le conduit (peut-étre sur quelques centaines
de métres) hors du village.
Quand vous priez publiquement pour les malades, les personnes présentes chercheront parfois &
vous infliger leurs traditions pour que vous agissiez selon leur godt: ambiance musicale
“chautfée’, priéres ampoulées, exhortations scandées aux micros, mouvement de masse
désordonné ou discipline policiere.
Prenons une situation plus simple et privée et qui n’a rien de dramatique; elle montre cependant
combien facilement nous glissons sur la pente de nos traditions. II est tard, en saluant nos hdtes
sur le pas de la porte, je découvre que 'épouse souffre dans son avant-bras. Intérieurement, je
ressens la compassion du Seigneur et aimerais en parler a Dieu a Instant, ce qui ne prendrait
que quelques secondes. Malheureusement, je sais aussi que nous sommes pris dans un
systéme religieux qui cherche a transformer en réunion ce qui devrait rester spontané. Si done je
propose la priére, au lieu de parler @ Dieu la od nous sommes comme des enfants qui
s'adressent a leur Pére, nous devrons défaire nos manteaux, retourner au salon et commencer
une réunion... II semble que parler @ Dieu sur un pas de porte ne soit pas convenable; et si
quelqu'un nous voyait? Non, il vaut mieux s'asseoir en cercle, fermer les yeux, courber les
épaules, joindre les mains et réciter nos phrases catéchisées...
Pourtant, suivre Jésus ne consistait pas a assister a un chapelet sans fin de réunions, mais &
vivre @ pleins poumnons. Ce n’était pas seulement 4 cause du climat météorologique mais aussi 2
cause du climat spirituel, Qu’avons-nous donc fait en cloisonnant la puissance de vie du
Royaume dans une muttitude de réunions, de traditions et de programmes interminables? Nous
Nous sommes cadenassés dans nos murs, nos comités et nos organigrammes! Nous avons
perdu une grande part de la liberté des enfants de Dieu que le Nouveau Testament appelle
glorieuse””!
C. Jésus n’a ni un style religieux, ni un dialogue religieux.
Si vous avez une attitude théatrale, survoltée ou religieuse, vous obtiendrez des réponses
thédtrales, survoltées ou religieuses. Mais si vous étes aussi naturel que spirituel, vous aurez la
vérité. Les émotions seront parfois trés fortes, cependant tellement belles lorsquielles se
manifestent dans une atmosphere authentique, chaleureuses et véeridique.
Beaucoup de chrétiens croient qu'en posant la question “comment allez-vous?” a la personne
pour laquelle ils viennent de prier, manifestent de lincrédulité et, de ce fait, mettent en péril la
guérison. Mais Jésus, le plus naturellement du monde, demande 'aveugle: “Vois-tu quelque
chose?”
Comment vous sentez-vous? Pouvez-vous bouger ce membre? Avez-vous ressenti quelque
chose durant la priére?... sont des questions absolument légitimes qui vous aideront dans le
service que vous exercez
D. Jésus ne conditionne pas le malade pour obtenir la réponse désirée et ne se fache pas
quand le malade dit la vérité.
Laveugle regarda et répondit: “Alléluia, je suis guéri.” Non... Avec Jésus, le malade pouvait dire la
vérité: “'apercois des hommes - on dirait des arbres qui se déplacent.” Jésus ne réagit pas
négativement: “Incrédule, si tu avais cru, tu aurais été guéri, va, retourne la maison.” II ne se
décourage pas, ne se culpabilise pas et n’exhorte pas laveugle a avoir plus de foi, mais pose
encore une fois ses mains sur les yeux de laveugle. Par son attitude et son enseignement, il
produisait une atmosphére oi! le malade se sentait aimé, oi il pouvait étre vrai, ott il comprenait ce
* Rom, 8:2142
que Jésus lui demandait et Jésus comprenait ce quill lui répondait. Son style de vie mettait les
malades @ aise, faisons de méme. Un chencelier, Lord Hailsham a dit de Jésus: “On aurait sans
doute été au plus haut point enchanté de sa compagnie...” Ce n’était pas un triste Galiléen, mais
Un jeune homme équilibré, robuste, exemple de générosité supréme et de gentillesse.
Certaines prédications s'ach@vent ainsi: “Ceux qui diront “je suis guéri” seront guéris! Qui est
guéri?” Les mains se lévent, les flashes crépitent, les secrétaires prennent note et... les malades
repartent malades. Au nom d'un méli-mélo théologique, on a cru que Jésus entrerait dans la
boite, mais il n'est pas plus disposé aujourd'hui qu'a Bethsaida a le faire. Si Jésus avait manipulé
aveugle, il aurait obtenu une premiére réponse formulée ainsi: “Alléluia, je vois, je vois, je vois...”
Et "homme serait reparti a moitié guéri
Mais ne devons-nous pas croire que ce que nous demandons nous l'obtiendrons? Oui, et c'est
done bien la foi qui permet le résultat et non le résultat (proclamé) qui produit la foi. La foi est une
ferme assurance et cette assurance “transpire” dans nos paroles et nos actes; mais lincrédulité,
dissimulée sous une couche de proclamations a 'emporte-pidce, est entiérement sterile.
Pour achever ce point, rappelons-nous I'intervention d’Elisée auprés d'un enfant décédé. Il y a ici
non pas deux mais trois étapes résumées ci-dessous:
- Elisée envoie Guéhazi, son serviteur, poser son baton sur le visage de l’enfant, mais rien ne
‘se passe. II revient vers Elisée et dit: “L'enfant ne s'est pas réveillé.”
~ Lorsqu’Elisée arrive dans la maison, il trouve l'enfant allongé sur le lit. Il entre alors dans la
chambre, ferme la porte et prie /’Eternel, Il s’étend sur renfant; met sa bouche sur sa bouche,
‘Se YeUX SUT Ses yeux et Ses mains sur ses mains. La chair de lenfant se réchautfe.
- Elisée s‘éloigne, va ga et /é par la maison, puis remonte et s'étend sur enfant. L'enfant
éternue sept fois, et ouvre les yeux’.
Elisée agit dans ce cas selon les indications qu'll percoit au fur et 4 mesure. || avait certainement
espéré que, par son baton, Dieu ressusciterait l'enfant. Cet échec provisoire ne larréte pas. Il prie
et recoit certainement la direction divine de s'étendre sur l'enfant. La victoire n'est pas encore la,
mais un signe encourageant se produit: le corps tout entier de l'enfant se réchauffe. II ne s'agit
donc pas d'un processus naturel dii au contact avec Elisée, mais bien du toucher de Dieu qui a
commence. Elisée fait alors une pause, peut-étre ail besoin de réfléchir, de se retrouver seul
sans la présence de l'enfant, de chercher encore la direction de Dieu. Toujours est-il que le
moment venu il retourne s'étendre une deuxiéme fois sur lenfant qui, alors, ressuscite. Dans ce
récit, la marche dans la vérité est une clef.
Souvent, je constate qu'aprés un premier temps de priére la personne se porte réellement mieux
sans pour autant étre guérie. Il y a parfois, dans nos campagnes, des personnes qui reviennent
quatre fois demander la priére et qui voient quatre améliorations distinctes.
Jésus, comme Elisée, nous montre un style de ministére dépouillé d'attifices, mais puissant et
efficace. L'apétre Jean a écrit sous l'inspiration de Esprit: “Je n'ai pas de plus grande joie que
dapprendre que mes enfants marchent dans la vérité®." Offrons cette joie & notre Pére céleste.
Of 2 Rol. 4:34-35
aun 4Chapitre IV
La présomption outrage, mais la sagesse soulage
“La sagesse qui vient d'en haut est en premier pure (de tout mal), de plus elle aime la paix, elle
est courtoise et douce... Elle agit sans duplicité ni feinte. Elle est sans facon et sans fard. Elle se
montre compréhensive et conciliante, elle est ouverte a la discussion et capable de céder, pleine
de bonté et de compassion; elle produit beaucoup de bonnes actions.”
1. La complémentarité entre soigner, visiter et guérir les
malades
Nous mettons parfois en opposition ce que Dieu met en paralléle et en complément. Notre étude
porte sur la priére pour les malades. Jésus a dit: “Guérissez les malades’, mais il a encore
donné, dans ce domaine précis, deux autres mandats a son Eglise:
A. Visiter les malades
Jésus a dit: “J’étais malade et vous m’avez visité*". Ce sont les justes qui regoivent cette parole.
II ne dit pas “V’étais malade et vous étes venus me guérir ou vous miavez soigné’. II considére
que la visite aux malades est un mandat bien particulier et suffisamment important pour étre
autonome. Etre auménier dans un hépital ou faire une simple visite a une personne souffrante est
un appel reconnu et honoré par notre Seigneur. C'est un don de temps, parfois d'argent; c'est un
don d'amour humble et courageux
B. Soigner les malades
Laissez-moi vous rappeler la parabole du bon Samaritain®. Jésus va la donner comme
interpretation du plus grand des commandements: aimer.
Un homme descend de Jérusalem Jéricho. Attaqué par des brigands, il est abandonné sur le
chemin, & demi mort. Deux personnages religieux passent par la sans se soucier de lui, mais un
Samaritain en a compassion. lI bande le blessé, verse de 'huile et du vin sur les plaies (les
médicaments de 'époque), le charge sur sa propre monture (\'ambulance de lépoque) et
Temméne a Ihétellerie ((hépital de !'poque). |! manifeste une telle sollcitude quil reste a veiller
prés de lui toute fa nuit, paie sa pension et ses soins, s'engage @ couvrir les éventuels frais
supplémentaires et, quelques jours plus tard, revient prendre de ses nouvelles.
Nest-ce pas un exemple de solidarité entre bien-portants et malades digne de nos meilleures
institutions? J’aimerais avoir le courage de la clarté face a ce récit et dire que je suis convaincu
de lutiité des ambulances, des médicaments, des hépitaux, des médecins et des assurances,
pour autant que ces demiéres soient le reflet d'une solidarité collective (le bien-portant paie pour
"Jac, 3:17 Parole vivante
Mat 108
® Mat. 25:96
® Luc 10:30-37“4
le malade). En tant que chrétien, il est fondamental de comprendre ces choses car Jésus ajoute:
“Va et toi, fais de méme”. Scigner les malades, du début a la fin en y incluant toutes les
implications pratiques, est un mandat que notre Seigneur a donné a son Eglise.
Si nous avions encore le moindre doute, Jésus déclare en Marc 2:17 et Luc 5:31 que les malades
ont besoin de médecin: “Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais ce sont Jes malades qui
‘ont besoin de médecin.” Aviez-vous déja remarqué que Jésus disait cela? Ainsi, nous
comprenons mieux que des hépitaux chrétiens aient été fondés en pleine période de réveil oll la
puissance de Dieu se manifestait pourtant par d’étonnants miracles. Guérir, soigner et visiter les
malades sont trois actions qui émanent du méme coeur, celui de notre Pére et créateur. Celui qui
rie pour les malades en regardant de haut l'auménier et le médecin, 'auménier qui se considere
comme propriétaire de “ses malades”, tout comme le médecin qui méprise visite et priére font
tous les trois fausse route. Considérer l'autre comme au-dessus de soi, 'honorer et lui donner sa
place, reconnaitre que les trois fonctions sont nécessaires et complémentaires, c'est vivre et
pratiquer la Parole.
2. La présomption médicale
Le dictionnaire définit ainsi la présomption: opinion trop avantageuse de soi-méme; suffisance,
prétention.
D’aprés ce que nous venons de voir au point précédent, nous pouvons comprendre que si nous
avons le mandat de prier pour les malades, il ne nous octroie pas le droit de supplanter I'infirmier
ou le médecin. Plus lonction et les fruits dans notre service grandiront, plus la tentation sera
grande d'outrepasser cette frontiére. C'est ainsi que de réels serviteurs de Dieu ont mis des
malades en danger de mort en les exhortant a jeter leurs médicaments. Le diagnostic et /a
médication ne sont pas de notre ressort.
Ce mest done pas parce que nous prions pour les malades et méme prions avec efficacité que
nous recevons tout a coup un dipléme dinfirmier ou de médecin! Court-circuiter l'autorité
médicale est dangereux
Quand un malade est guéri, il est sage que le médecin traitant le confirme a exemple de Jésus
qui, selon les principes médicaux de la loi juive*, envoya les Képreux se montrer aux
sacrificateurs. Jésus était trés sensible a son mandat. Quand on voulut le pousser dans une
fonction qui n’était pas la sienne, il s'exclama: “Qui m’a établi juge parmi vous?" Et lorsqu’on
voulut le faire roi, il se déroba a la foule®.
lest évident qu'un médecin chrétien peut avoir les deux mandats (ou les trois) et se permettre de
donner des conseils médicaux en complément a sa priére. Il en est de méme pour nos infirmieres
dans leurs voyages missionnaires: elles sont souvent aussi bien conduites & donner quelques
conseils curatifs aux mamans qui aménent leurs bébés pour la priére, qu’a prier avec les malades
quielles suivent médicalement. En résumé, erreur est d'utiliser notre position d'autorité et la
* Ley. 13et 14
oh Luc 12:14
ot un 615confiance que place en nous le malade pour empiéter sur un domaine qui n’est pas le notre.
Prenons le cas d’une visite effectuée auprés d'une personne hospitalisée en chambre commune
dans une telle situation, il est de premiére importance d'agir avec sagesse, tenant compte du
cadre dans lequel s’effectue la visite. Imaginons deux scénarios opposés. Dans le premier, le
chrétien prie si fort qu’on l'entend deux chambres plus loin. II termine en saisissant le malade par
la main et, arrachant intubations et autres cordons d'assistance médicale, le fait sauter hors du lit
au nom du Seigneur... Il sera certainement renvoyé “manu militari” de létablissement avec
interdiction a'y revenir.
Dans le second cas, @ la fin de la visite, le chrétien propose la priére a la personne alitée. Prenant
sa main dans la sienne le plus naturellement du monde et gardant les yeux ouverts, il parle
doucement @ Dieu en faveur du malade, puis s'en va discrétement. A supposer que le médecin
soit dans la chambre ou méme que I’hépital cultive une attitude sciemment anti-chrétienne, il sera
difficile a qui que ce soit de lui faire un reproche. La puissance de Dieu ne sera aucunement
limitée. Ainsi, en restant sous son mandat, ce chrétien conservera ses entrées a Ihopital. Les
guérisons et les convalescences bénies menées @ bien par le Seigneur, ne pourront étre que
confirmées par le corps médical et les patients”.
3. La présomption spirituelle
Pour informer les gens de notre intention de prier pour les malades lors de nos campagnes
d'évangélisation, nous indiquons simplement sur nos affiches et banderoles publicitaires “Priére
pour les malades". Durant les soirées, méme lorsque plusieurs centaines de personnes
demandent la priére, nous prions généralement nommément pour chacune d'elles. Mais nous
n’annongons pas: “Amenez tous vos malades, ils seront guéris”. Ce genre de promesses se sont
parfois terminées par des procés peu glorieux
Il est vrai que Jésus n’a pas seulement dit de prier pour les malades, mais aussi de les guérir.
Cela ne signifie pas que nous ayons le mandat divin de dire a chaque fois: “Sois guéri au nom de
Jésus.” Cette affirmation devrait venir d'une conviction profonde, d'une pensée prophétique ou
d'une parole de connaissance, mais jamais d'un automatisme.
Tout véritable disciple désire certainement voir la gloire de Dieu se manifester au point que tous
les malades présents soient guéris. Jésus I'a vécu a de nombreuses reprises, ainsi que Pierre et
Paul® et certainement d'autres disciples, comme les soixante-dix envoyés”. Souvenons-nous
simplement que ce sont /es fruits qui ont produit la renommée et non cette derniére qui a
créé les fruits,
L’action de Dieu se manifestait aussi au point que tous ceux qui touchaient la frange du
vétement de Jésus ol, par la suite, étaient couverts par ombre de Pierre ou encore étaient en
contact avec un mouchoir ayant touché Paul, étaient guéris"™. Ceux qui utilisent ces passages de
Ecriture pour envoyer a grande échelle des étoffes sur lesquelles ils ont prié, ont souvent des
résultats mitigés, car ils ne vivent pas une visitation “au point que”
* Son ministére, une fois teconnu, pourra s‘exercer plus ouvertement
% Mat. 8:16, 12:15, Luc 4:40, Act 515-16, 19:11-12, 28:9 et sous-entendu Mat, 15:30, 19.2, ete,
* Luc 10:9
10 Mat. 14:98, Act. §:16-18, 19:11-1246
4. N’ayons pas peur d'étre analysés
Jésus n'est pas opposé a ce quion observe ce quil fait. Des multitudes de scientifiques dans les
branches les plus variées étudient chaque jour les merveilles de Dieu. Le créateur de toutes
choses est également le meilleur médecin de l'univers et il ne craint pas que son travail soit
‘examiné. L'aveugle a dit aux pharisiens: “Je sais une chose, j'étais aveugle et maintenant je
vois."" Et comme I'homme était devant eux, ils n'avaient rien a redire.
Si vous priez pour un malade et quil aille chercher confirmation de sa guérison auprés de son
médecin de famille, ce n'est ni un manque de foi, ni de lincrédulité. Comme nous l'avons vu, cela
peut étre au contraire, tres sage. Il est normal que le médecin traitant confirme la guérison et
modifie le traitement en conséquence. Les témoignages ainsi confirmés ont un impact
généralement plus profond que les autres.
Chapitre V
Et ceux qui ne sont pas guéris?
Pourquoi certains de ceux pour lesquels nous prions ne sont-ils pas guéris?
“Je ne sais pas.” C'est ainsi quiont répondu Kathryn Kuhiman et bien d'autres serviteurs et
servantes que Dieu 2 puissamment utilisés dans le domaine de la guérison. De nombreuses
situations nous dépassent. Paul, qui voyait tant de guérisons, a parlé de “tristesses sur
tristesses” avant la guérison dE paphrodite.
“Je ne sais pas” signifie également: “Je partage votre perplexité, je souffre avec vous, j'
tellement vous guérir, moi aussi je suis un homme, je suis solidaire, je suis avec vous...”
“Je ne sais pas”: c'est aussi la réponse de I'humilité devant la création tout entiére qui souffre et
soupire apres la délivrance™.
“Je ne sais pas’: c'est encore une perplexité mélée d’admiration devant des géants de la foi tels
que Corrie Ten Boom, décédée aprés avoir passé cing années alitée sans pouvoir parler, et tant
dautres qui, par leur foi, avaient reu un bon témoignage et n’ont pas obtenu ce qui leur avait
616 promis. lls sont morts, sans avoir obtenu les choses promises, mais iis les ont vues et
saluées de loin en confessant quils étaient étrangers et résidents temporaires sur la terre’.
“Je ne sais pas”: c'est tout simplement la vérité face 4 ce que la Bible appelle “le mystére du mal
imerais
1 dn 9:25:
2 Rom, 8:19:22
© Cf Heb. 11:39, 11:13a7
qui agit dans ce monde.”"*
Nous connaissons en partie. L'homme charnel préfére souvent les extrémes: “Je sais tout” ou “Je
ne sais rien’, mais homme spirituel sait quill connait en partie". II ne va pas bouder pour passer
ensuite a l'exaltation ou vice versa, mais marchera a la lumiére qu'll a recue, dans rhumilité et
Vobéissance.
Dans cette attitude, et tout en sachant que, comme Paul, des chrétiens fidéles peuvent passer
par une grande tristesse et perplexitg, il faut aussi reconnaitre que nombre de passages bibliques
nous éclairent en nommant des obstacles réels a certaines guérisons. En voici quelques-uns
dont plusieurs ont déja été mentionnés, d'autres s'y ajoutant, d'autres encore manquant
certainement a la liste.
4. Beaucoup de guérisons sont partielles
Quand une maladie est portée dans la priére, il arrive fréquemment que’
= nous trouvions une médication mieux adaptée, un médecin plus compétent;
- les effets secondaires diminuent ou disparaissent;
- les douleurs s’atténuent;
- le mal cesse de progresser et parfois recule;
© Cf 2 Ths 27
"5 4Cor, 12:948
- le moral de la personne éprouvée soit bien meilleur",
- des conseils inspirés soient apportés;
= nous apprenions & gérer plus vite et mieux notre handicap
Un serviteur de Dieu donné ce témoignage que je trouve intéressant a bien des égards: le 25%
des personnes pour lesquelles jai prié ont é6 guéries & 100%, le 50% ont été guéries entre 5%
et 95%, le 25% n’ont pas été guéries du tout.
2. Notre corps vieillit et se détruit
Ce processus est naturel; connaissez-vous une seule personne qui ait un corps parfaitement
sain? Bien que Dieu puisse tout, il faut reconnaitre, a lexemple des rides qui se creusent, de la
vue qui baisse ou de la mémoire qui diminue progressivement, que notre corps s'use et se
fragilise, Le fatalisme n'est pourtant pas de mise et lonction de Dieu “cultivée” fait et fera de
notables différences jusqu’a notre dernier souffle
3. La mort existe
Plus la personne nous est proche et plus ce fait est difficile a accepter. Cependant un
acharnement spirituel peut étre aussi malsain qu'un acharnement thérapeutique.
4. Une guérison physique peut étre conditionnée par une
guérison morale
“Un espoir différé rend le coeur malade, mais un désir qui aboutit est un arbre de vie"”.”
“Les chefs se rendent malades, échauffés par le vin"®."
5. La confession et l’'abandon de péchés spécifiques peuvent
étre une condition a la guérison
"5 Pro. 18:14
© ro. 13:12
1 O86 7:549
Rester bloqué dans 'amertume, lorgueil, 'adultére, la superstition ou d'autres péchés et s'y
enfermer, tout comme résister a la conviction de Esprit dans d'autres domaines peut empécher
une guérison et aller jusqu’a provoquer la mot.
“Ne te fie pas a ton propre jugement, mais soumets-toi au Seigneur et détourne-toi du mal. Ce
sera le remade 4 tous tes troubles, | apaisement de tes maux'".”
6. Le jugement de Dieu
“Odi voulez-vous quill vous frappe encore, vous qui persistez dans la révolte? La téte est couverte
de blessures, le coeur tout entier est malade. Des pieds la téte plus rien n’est intact. Tout n'est
que blessures, traces de coups et plaies ouvertes que personne nia nettoyées, ni pansées, ni
soignées a I'huile""”
“Le roi Joram recut une lettre provenant du prophéte Elie et disant: ... Tu as incité les gens a se
tourner vers de faux dieux... Tu as assassiné tes propres fréres... C'est pourquoi tu seras atteint
de diverses maladies dont une empirera de jour en jour, jusqu’a ce que tes intestins se
répandent hors de ton corps"”
“Crest pour cela quil y 2 parmi vous beaucoup de malades et dinfirmes, et qu'un assez grand
nombre sont décédés".”
7. Lincrédulité du malade
Un malade ne remplit pas son “cahier des charges” au niveau de sa foi quand:
= il est “stir que de toute fagon Dieu ne le guérira jamais";
- il ne croit pas que Dieu s'inquiéte de lui;
- il pense que Dieu n'est pas concemé par ce genre de “détails”;
- il pense que Dieu ne guérit plus personne aujourd'hui;
= il pense que Dieu n'est pas capable de le guérir;
- il doute de lexistence de Dieu.
19 Jac. 5:16, 1 Cor. 11:90
10 Pro, 3:7-8
esa 15-6
"of 2Chr, 211245
4 Cor. 11:308. L’incrédulité de celui qui prie
“Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde... rien ne vous serait impossible'.”
4 sat. 17:20SI
“Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous
voudrez, et cela vous sera accordé"".”
Face a de telles promesses, il est certain que notre responsabilité est grande. C’est en cultivant
lamitié avec le Seigneur et en marchant dans l'obéissance que notre foi se développe.
9. La recherche diligente de la pensée de Dieu
Nous passons trop souvent un temps incalculable a discuter de nos malheurs, parfois aussi &
nous plaindre, & maugréer et a critiquer Dieu. Mais que se passerait-iI si nous consacrions
réellement une heure & écouter sa version des choses? Paul a gardé son écharde (quelle quiait
été sa nature), mais Dieu lui a donné une réponse.
“Mon fils, sois attentif 4 mes paroles, préte oreille & mes discours... Car c’est la vie pour ceux
qui les trouvent, c’est /a santé pour tout leur corps'"*.”
“Vous étes mes amis, si vous faites ce que je vous commande... Je vous appelle amis, parce que
je vous ai fait connaitre tout ce que j'ai appris de mon Pére'”.”
10. La guérison par les soins
Bien que Dieu puisse restaurer caries ou membres cassés miraculeusement, la plupart d'entre
nous passons par les soins du dentiste ou du médecin. Le médecin soigne mais c'est Dieu qui
gueérit. II faut nous souvenir que prier pour un malade n’exclut pas la médecine; en effet, Dieu
nous montrera dans certains cas que nous devons parler au malade dans ce sens.
11. La nécessité d’étre acteur et non spectateur face a notre
santé personnelle
fait la liste de toutes mes maladies et faiblesses physiques, en commencant par le
bout des cheveux et en finissant par le bout des pieds. J'ai ainsi trouvé et noté une vingtaine de
choses, comme les plombages, la myopie, le paludisme et autres refroidissements frequents.
Sachant que mon corps est le temple du Saint-Esprit et que nulle part la Bible ne me condamne
8 on 18:7
8 pro, 4:20,22
dn 18:14-1552
au statu quo jusqu’a la mort, ai commencé a “baigner” chacun de ces aspects dans la prigre.
Chaque année, je fais le point. A ce jour, soit dix ans plus tard, sept maladies ont disparu, dont
une quasi instantanément; dans quatre domaines la situation est meilleure, dans huit autres elle
est stable, dans un seul elle est pire. Je pense que cet exemple honnéte illustre bien la différence
entre le fatalisme, le négativisme ou la révolte, et une attitude combative et réaliste. Quelques
ennuis de santé divers qui ne figurent pas sur la liste se sont aussi manifestés et ajoutés de
temps a autre.
Pourquoi ne pas vous arréter un instant, et aujourd'hui méme faire votre propre liste? Votre état
de santé général pourrait s'améliorer aussi réellement que sérieusement. Notre priére envers un
proche peut également s'inspirer de cette pensée.
“Cher ami, je souhaite - et je prie - que tu prospéres a tous égards et que ton corps soit
en aussi bonne santé que ton ame'”.”
Ma In2AKRésumé du livre
- Ma destinée est de ressembler & Jésus. II a promis que si je crois en lui, je ferai moi aussi les
oeuvres quil a faites et méme de plus grandes.
Comprendre:
- Et rechercher la pensée du Pére. II veut minitier & ce ministére parce qu'il m’aime.
- La différence entre la foi “espérance" et la foi “assurance”.
- Qu’une guérison peut étre immédiate ou progressive.
- Que Dieu cherche des chrétiens conus comme priant pour les malades afin d’agir par eux.
- La différence entre notre corps terrestre et celui que nous recevrons a la résurrection.
Agir:
- Pour progresser, il faut se mettre en route!
- Accueilir les malades avec respect,
- Le volume sonore est un ennemi du dialogue.
- Prier selon la direction de Esprit-Saint.
- La priére n'est pas @ vendre...
- Ne pas suivre la mode mais la Parole.
~ Marcher dans la verité.
Présomption et sagesse:
- Trois mandats complémentaires: visiter, soigner et guérir.
- Le diagnostic et la médication ne sont pas de notre domaine,
- Les fruits produisent la renommée et non inverse.
- Laissez le médecin confirmer la guérison.
Et ceux qui ne sont pas guéris?
- Je ne sais pas.
= Ce que la Bible en dit
Questions:
Quels sont les domaines oi je dois le plus changer ma facon de penser?
Quels sont les domaines oii je dois changer ma fagon d'agir?
Quand et comment vais-je me mettre en route?
Quels sont les malades pour lesquels le Saint-Esprit me demande de prier?
Quels sont les moments dans la semaine que je consacrerai a ce ministére?34
Quelles sont mes maladies et faiblesses actuelles?
‘Comment vais-je porter ma propre santé dans la priere?
Lettre au lecteur
Chere lectrice, cher lecteur,
Je vous remercie de Tattention que vous avez portée a ces lignes. Ma priére est qu’aprés avoir
examine toutes choses et retenu ce qui est bon, vous entriez résolument dans ce précieux service
de compassion.
Cet ouvrage, comme les précédents et ceux de la méme série, peut faire lobjet d'un séminaire
ouvert & tous. Cependant, jaimerais, avec mon épouse et l'équipe qui nous accompagne parfois,
servir le peuple de Dieu dans I'unité et garder une priorité: !évangélisation. Si donc vous désirez
nous inviter dans votre pays ou région, écrivez-nous librement'® en prenant en considération les
deux suggestions suivantes:
- Pouvez-vous envisager de rassembler le plus grand nombre possible de chrétiens de votre
région dans leur diversité, afin d'éviter une répétition de I'action avec un autre groupe, quelque
temps plus tard?
- Pouvez-vous considérer d'organiser, simultanément ou consécutivement, une campagne ou des
rencontres d'évangélisation, afin de concrétiser les enseignements par leur mise en pratique?
Que Celui qui peut faire infiniment au-delé de tout ce que nous demandons ou pensons vous
fottifie, vous encourage et vous bénisse abondamment,
Carlo Brugnoli
1? Montoliou 79, 1010 Lausanne, Suisse.
Nous répondrons valontiers aux invitations dans l'exercice du ministére, mais nous ne pouvons assumer de
correspondance personnelleDos du livre
Imaginez un internat en feu rempli de centaines d'enfants en péril. Les pompiers arrivent avec
camions, échelles, mousse carbonique et masques a oxygéne, mais au lieu d'intervenir, les voici
en train de discourir entre eux en ces termes: "Si Dieu nous appelle a sauver ces enfants, nous
sommes entigrement disponibles, mais nous ne voulons pas étre prétentieux au point de croire
que nous pourrions les sauver par nos propres forces...”
Si ces soldats du feu restaient les bras croisés a contempler la tragédie, la population tout entire
en serait immanquablement scandalisée et dégottée. Ces hommes seraient condamnés pour
non assistance a personne en danger.
Combien de chrétiens sincéres tiennent aujourd'hui ces propos: “Si Dieu veut mlutiliser pour prier
pour les malades, je suis entiérement disponible. Mais pour instant il ne ma rien dit et je ne
voudrais pas agir orgueilleusement par mes propres forces.” Ces paroles, sages en apparence,
niont rien de biblique. Cette “neutralite”, chere a tant de disciples, est en réalité coupable. Sil
existe des ministéres plus particuliérement orientés vers les malades, tous les chrétiens sont
appelés a imiter Jésus-Christ, non pas virtuellement mais réellement. ll a pris un temps
considérable pour les malades, car le Pére avait et a toujours compassion deux. A un moment
donné ou a un autre, chaque membre de ma famille, chacun de mes amis, de mes voisins et de
tous ceux que je cétoie peuvent en avoir besoin,
Photo: Carlo et Michéle Brugnoli
Aprés avoir dirigé durant plusieurs années I'Ecole d’Evangélisation et le Centre de Jeunesse en
Mission & Lausanne, Carlo Brugnoli, accompagné de son épouse, exerce aujourd'hui un ministére
d'évangéliste et d'enseignant au service de tous, dans la francophonie et au-dela. |I est l'auteur de
plusieurs ouvrages largement diffusés et traduits.
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