Espaces de Lebesgue Lp et Propriétés
Espaces de Lebesgue Lp et Propriétés
3.0.5 R EMARQUE
On a montrer qu’à l’inverse si f n’est pas identiquement nulle p.p. alors il existe
e > 0 tel que µ({ x 2 X | | f ( x )| > e}) > 0.
Il s’en suit que pour obtenir une norme il faudrait identifier les fonctions égales
p.p. i.e. f ⇠ g si et seulement si µ({ x 2 X | | f ( x ) 6= g( x )}) = 0.
On pose alors N ( X ) = { f 2 L p ( X ) | f ( x ) = 0 p.p. }.
58
3. Les espaces de Lebesgue L p : 59
3.0.7 D ÉFINITION
L p ( X ) = L p ( X )/N ( X )
3.0.8 R EMARQUE
Grâce au lemme précédent, k f k p = k gk p si f ⇠ g donc k f k p ne dépend pas du
représentant de la classe.
3.0.9 D ÉFINITION
Pour toute function mesurable f : X ! C son supremum essentiel (ou sa borne
supérieure essentielle) , noté k f k• , par
3.0.10 D ÉFINITION
L• ( X ) = L• ( X )/N ( X )
3.0.11 T HÉORÈME
Soit p et q deux exposants conjugués ( 1p + 1
= 1), 1 p •. Soit ( X, S, µ) un
q
espace mesuré. Soient f et g deux fonctions mesurables à valeurs dans C. Alors on
a les inégalités suivantes :
3. Les espaces de Lebesgue L p : 60
ap bq
ab +
p q
1 1 ap bq
exp(ln a p ) + exp(ln bq ) + .
p q p q
⌅
1 1 p 1
k f k p k| f + g| p kq + k gk p k| f + g| p kq = k f k p + k gk p k f + gk p .
Ainsi, k f + gk p k f k p + k gk p .
3.0.15 Exercice (inégalité de Hôlder généralisée) Soient p1 , . . . , pn , r 2 [1, +•] tels que
n
1 1
 pi = r .
i =1
Alors pour f 1 , . . . , f p : X ! C des fonctions mesurables on a :
n n
’ fi ’ k f i k pi .
i =1 r i =1
3.0.18 D ÉFINITION
On appelle support d’une fonction f : X ! C et on note supp( f ) le sous-ensemble
fermé de X, adhérence de l’ensemble des x 2 X tels que f ( x ) 6= 0 i.e.
supp( f ) = { x 2 X | f ( x ) 6= 0}.
Démonstration: On va commencer par le cas 1 p < +•. Soit ( f n ) une suite de Cau-
chy dans L p ; remplaçant au besoin cette suite par une sous-suite on peut supposer
que
1
k f n +1 f n k p n ;
2
•
posant g0 = f 0 et gn = f n f n 1 , pour n 1 et G = Â+ n =0 | gn | .
n p
Alors, la suite Gn = Âk=0 | gk | est dans L ( X ), en effet pour tout n, k Gn k p =
k Âk=0 | gk |k p Ânk=0 k gk k p Ânk=0 2k1 1 + k f 0 k p 1 2n1 1 + k f 0 k p 1 + k f 0 k p .
n
Le cas p = +•.
Soit  f n une série normalement convergente de L• ( X ) i.e.  k f n k• < •. On doit
n n
montrer que la série converge. Posons An = { x 2 X | | f n ( x )| > k f n k• }. Par défini-
•
tion de k.k• , An est de mesure nulle et par suite A = [+
n=0 An est de mesure nulle et
+•
pour tout x 2 X \ A ; Â | f n (x)| < •. Comme C est complet, pour tout x 2 X \ A ;
n =0
+•
 f n ( x ) converge, on note par f ( x ) cette somme et pose f ( x ) = 0 si x 2 A. Alors f
n =0
est mesurable comme somme d’une série de fonctions mesurables convergeant p.p.
+•
et | f ( x )| Â k f n k• < • d’où f 2 L • ( X ).
n =0
N +•
D’autre part f ( x ) Â f n (x) Â k f n k• pour tout x 2 X \ A ainsi
n =0 n = N +1
N +•
f  fn  k f n k• ! 0 lorsque N ! +•
n =0 • n = N +1
3. Les espaces de Lebesgue L p : Approximation dans L p , (1 p < +•). 63
3.0.21 C OROLLAIRE
Soit p 2 [1, +•]. Soit f n et f des fonctions de L p ( X ) telles que limn!+• k f n f kp =
0; il existe alors une sous-suite f nk qui converge presque partout vers f .
De plus, il existe une fonction g 2 L p telle que | f nk ( x )| g( x ) p.p.
3.1.1 T HÉORÈME
Si 1 p < +•, alors E est dense dans L p ( X ).
Démonstration: Soit f une fonction positive telle que f 2 L p . D’après 2.0.52, il existe
une suite croissante de fonctions simples positives Sn telle que Sn % f .
p
Alors µ({R x 2 X | Sn ( x )R 6= 0}) = µ({ x 2 X | Sn ( x ) mn }) = µ({ x 2 X | Sn ( x )
p p
mn }) m1p X Sn dµ m1p X f p dµ < •. Ainsi Sn 2 E.
h h
D’autre part, 0 Sn f entraîne 0 ( f Sn ) p f p ; d’après le théorème de
convergence dominée limn!+• k f Sn k p = 0.
Le cas f à valeurs réelles se réduit au cas positive en écrivant f = f + f et
celui de f à valeurs complexes par la décomposition f = Re( f ) + iIm( f ). ⌅
3.1.3 C OROLLAIRE
Pour 1 p < +•, L p ( X ) est séparable.
D’où l’ensemble des fonctions indicatrices 1O avec O ouvert et µ(O) < +• est une
famille totale de L p ( X ).
Soit B une base dénombrable de la topologie de X. Alors tout ouvert O s’écrit
O = [i+=•1 Õi avec Õi 2 B .
Posant D = {réunion finie d’éléments de B}. Alors D est dénombrable et tout
ouvert O est limite d’une suite croissante d’élément de D à savoir Un = [in=1 Õi .
Alors d’après le théorème de convergence dominée k1O 1Un k p ! 0 et ainsi D est
une famille totale. ⌅
3.1.5 D ÉFINITION
Le support d’une fonction f ,d’un espace topologique E à valeurs dans C est l’adhé-
rence de { x 2 E| f ( x ) 6= 0}, qu’on notera supp( f ).
3.1.6 T HÉORÈME
Soit 1 p < +•. Alors Cc ( X ), l’espace des fonctions continues de X ! C à support
compact, est dense dans L p ( X ) .
3.1.12 T HÉORÈME
Soit 1 p < +•. Alors D( X ) = Cc• ( X ), l’espace des fonctions de classe C • de
X ! C à support compact, est dense dans L p ( X ).
3.1.14 R EMARQUE
1) L’ensemble des fonctions continues à support compact n’est pas dense dans L• ( X ),
si X est un ouvert dense.
Soit f = 31X . S’il existe une suite f n 2 Cc ( X ) telle que limn!+• k f n f kin f ty = 0.
Alors, il existe N > 0 tel que k f n f kin f ty 1 si n N.
3. Les espaces de Lebesgue L p : Approximation dans L p , (1 p < +•). 66
3.1.15 Exercice Soit 0 < p < r < q. Montrer que si ( X, S, µ) est un espace mesuré, alors
Lr ( µ ) ✓ L p ( µ ) + L q ( µ ).
A = { x 2 X : | f ( x )| > 1}
B = { x 2 X : | f ( x )| 1}.
On pose g = f 1 A et h = f 1B . Alors f = g + h et comme 0 < p < r < q, | g| p , | h|q
| f |r sur X. Ainsi, f 2 Lr (µ) entraîne g 2 L p (µ) et h 2 Lq (µ). ⌅
⇣ ⌘p
k f kp
3.1.17 Exercice (inégalité de Markov) Soit f 2 L p . Alors µ({ x 2 X | | f ( x )| > t}) t .
Voici un exemple de fonction à valeurs finies presque partout, qui est dans L1
mais pas dans L2 .
1
3.1.20 Exercice Soit f ( x ) = p si 0 < x < 1 et f ( x ) = 0 pour x 2/ ]0, 1[. Soit {rn }•
n=1 une
x
•
f ( x rn )
suite de nombres rationnels. On pose pour x 2 R, g( x ) := Â .
n =1
2n
Montrer que g 2 L1 (R ) (et donc g( x ) < • p.p.) mais, que g 2/ L2 (R ).
R R1 R
Solution: On a , R f = 0 f = 2, alors que R f 2 = •. Ainsi, f 2 L1 (R ) mais pas
dans L2 (R ). D’après le corollaire du théorème de convergence monotone, on a
Z • Z
1
g( x ) dx = Â n f (x rn ) dx.
R n =1
2 R
/ L2 .
Maintenant le membre de droite est égal à +•, d’où, g 2 ⌅
3.2.2 P ROPOSITION
i) supp( f ⇤ g) ⇢ supp( f ) + supp( g).
ii) Le produit de convolution est commutatif :
pour tout f 2 L1 (R n ) et g 2 L1 (R n ) on a
f ⇤g = g⇤ f
3. Les espaces de Lebesgue L p : Produit de convolution 68
( f ⇤ g) ⇤ h = f ⇤ ( g ⇤ h)
3.2.5 C OROLLAIRE
( L1 (R n ), ⇤) est une algèbre de Banach (i.e. k f ⇤ gk1 k f k1 k gk1 ) (sans élément unité)
3.2.6 Exercice Montrer qu’il n’existe pas de f 2 L1 (R n ) tel que f ⇤ g = g pour tout g 2
L1 (R n ).
3. Les espaces de Lebesgue L p : Produit de convolution 69
k f ⇤ g kr k f k p k h k q
En particulier, si f 2 L p (R n ) et g 2 Lq (R n ) , alors f ⇤ g 2 Lr (R n ).
Z
Démonstration: On a | f ⇤ g( x )| | f | ⇤ | g|( x ) = | f (x y)|| g(y)| dy
Rn
Z
1
p( 1p 1 1 1
= (| f ( x y)| p | g(y)|q ) r | f ( x y)| r) | g(y)||q( q r) dy
Rn
Comme 1 = ( 1p 1 1
r) + (q
1 1
r)+ r , l’inégalité de Hölder généralisée 3.0.15 nous
donne :
1
p( 1p 1
q( 1q 1
| f ⇤ g( x )| k (| f | p ( x .)| g|q ) r kr .k| f | r) (x .)k pr .k| g| r) k qr
r p r q
d’où
1 p( 1p 1
r) q( 1q 1
r)
| f ⇤ g( x )| (| f | p ⇤ | g|q ( x )) r k f k p k gkq .
Alors
Z ✓Z ◆
r p q r p r q
| f ⇤ g( x )| dx | f | ⇤ | g| ( x ) dx k f k p k gkq
Rn Rn
r p r q p r p r q
(k| f | p k1 k| g|q k1 ) k f k p k gkq = k f k p k gkq k f k p k gkq
finalement, k f ⇤ gkr k f k p k gkq ⌅
3.2.9 R EMARQUE
On a les cas particuliers de l’inégalité de Young.
1. Si p = q = 1, alors r = 1 et si f 2 L1 (R n ) et g 2 L1 (R n ) , alors f ⇤ g 2 L1 (R n )
et k f ⇤ gk1 k f k1 k gk1 .
2. Si p 2 [1, +•] et q son exposant conjugué i.e. 1p + 1q = 1, alors r = +•. Si
f 2 L p et g 2 Lq , alors f ⇤ g 2 L• et k f ⇤ gk• k f k p k gkq .
3. Si p 2 [1, +•] et q = 1 alors , r = p et si f 2 L p (R n ) et g 2 L1 (R n ) , alors
f ⇤ g 2 L p (R n ) et k f ⇤ gk p k f k p k gk1 .
3.2.12 P ROPOSITION
1 1
Soit p 2 [1, +•[ et q son exposant conjugué i.e. p + q = 1. Soit f 2 L p et g 2 Lq ,
alors f ⇤ g est uniformément continue et bornée.
ktx zf f k p .k g k q
Comme p 2 [1, +•[, d’après la proposition précédente, pour tout e > 0, il existe
d > 0 tel que k hk d
entraîne kth f f kp e
Donc | f ⇤ g( x ) f ⇤ g(z)| ek gkq dès que k x zk d, i.e. x 7! f ⇤ g( x ) est
uniformément continue.
∂|a| f
Da f :=
∂x1a1 . . . ∂xnan
n
où |a| = Â ai est la longueur du multi-indice a.
i =1
3. Les espaces de Lebesgue L p : Produit de convolution 71
3.2.14 R EMARQUE
La formule de Leibnitz nous donne pour f et g 2 C |a| (R n , C ) :
a! b g
D a ( f .g) = Â b!g!
∂ f .∂ g
b,g2N n
b+g=a
où a! = a1 ! . . . an !, b! = b 1 ! . . . b n ! et g! = g1 ! . . . gn !.
3.2.15 T HÉORÈME
Soit k 2 N. Soit f 2 Cc (R n ) et g 2 Cck (R n ) alors f ⇤ g 2 Cck (R n ) et pour tout a 2 N n
tel que |a| k on a
Da ( f ⇤ g) = f ⇤ Da g
Démonstration: Comme supp( f ⇤ g) ⇢ supp( f ) + supp( g), est supp( f ⇤ g) est com-
pact comme sous-ensemble fermé d’un compact. Pour montrer D a ( f ⇤ g) = f ⇤ D a g
on utilise le théorème de dérivation sous le signe intégral. Pour tout y 2 R n , la fonc-
tion x 7! f (y) D a g( x y) est continue. Soit x0 2 R n et B( x0 , r ) une boule fermée
centrée en x0 . Pour tout x 2 B( x0 , r ) on a
! 0 1
3.2.17 T HÉORÈME
Soit {yk }k 1 une approximation de l’identité de classe C • (voir 3.1.10 pour la construc-
tion).
Z Z
| f k (x) f ( x )| = ( f (x y) f ( x ))yk (y) dy = ( f (x y) f ( x ))yk (y) dy
Rn B(0, 1k )
sup | f ( z1 ) f (z2 )| ! 0
|z1 z2 | 1k
3.3 Annexe
3.3.1 Dualité
Soit p 2 [1, +•[ et q son exposant conjugué, ( 1p + 1q = 1).
Soit g 2 Lq ( X ), alors l’inégalité de Hölder, kRf gk1 k f k p k gkq , permet de définir
une forme linéaire l g : L p ( X ) ! C par l g ( f ) := X f g dµ.
3.3.1 T HÉORÈME
1
Soit 1 p < +•, et q son exposant conjugué i.e. + 1q = 1. Alors l’application
p
f : Lq ( X ) ! ( L p ( X ))0 telle que g 7! f( g) := l g est une application unitaire, ainsi le
dual topologique de L p ( X ), ( L p ( X ))0 , est identifié à Lq ( X ).
Alors, | f 0 | p = | g| p(q 1)
= | g|q , d’où k f 0 k p = k gkqp . Ainsi, f 0 2 L p ( X ) et k f 0 k p > 0.
R R
|f( g)( f )| |f( g)( f 0 )| f 0 g dµ g 6 =0
| g|q dµ
X
On en déduit, kf( g)k = sup = = q
k f kp k f0 k p k f0 k p
f 6 =0 k gkqp
q
k gkq
d’où kf( g)k q = k gkq .
k gkqp
3. Les espaces de Lebesgue L p : Annexe 73
3.3.4 R EMARQUE
En général, ( L• )0 contient strictement L1 , car L• n’est pas séparable.