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Polyèdres : Assemblage et Propriétés

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Gloria Perez
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page 83

recherche de le ballon de football

polyèdres particuliers Nous allons vous exposer différentes façons


d'assembler les pentagones et les hexagones
réguliers pour former un polyèdre convexe.
par Aurélien Hatri, Hermès Loco (1°S) et Parmi ces façons vous en connaissez deja
Karima Ghellam (TS), Atelier « Exploration deux : celle qui correspond au ballon de foot-
Mathématique » du lycée Louise Michel de ball,
Bobigny

enseignant : M. François Gaudel

Merci à Jean Brette pour ses idées et sa venue


au lycée.

et celle où il n'y a pas du tout d'hexagone (il


s'agit du dodécaèdre régulier).

Premièrement, nous allons montrer qu'un tel


assemblage comporte forcément douze penta-
gones.

Deuxièmement, nous allons montrer qu'il ne


peut pas y avoir plus de vingt hexagones.

Troisièmement, à l'aide de polygones en


plastique nous présenterons une autre façon
d'assembler hexagones et pentagones régu-
liers.

“[Link]” en 1995
page 84

Premièrement, Deuxièmement,

Appellons x le nombre de pentagones et y le Trois hexagones ne peuvent avoir un sommet


nombre d'hexagones. commun. Chaque hexagone a donc au moins
3 arêtes communes avec un pentagone. Or il
Appliquons la formule d'Euler : s–a+f=2, où y a 12 pentagones ce qui fait
s est le nombre de sommets, a le nombre
d'arêtes et f le nombre de faces. 12 × 5 = 60

5x + 6 y arêtes de pentagones. Il ne peut donc pas y


s= avoir plus de 20 hexagones.
3
En effet, chaque sommet appartient à exacte- Le ballon de football est donc le polyèdre
ment trois faces (la somme des angles doit constitué d'hexagones et de pentagones
être inférieure à 360°), et il y a x faces possé- réguliers qui comporte le plus de faces.
dant 5 sommets et y faces en possédant six.

5x + 6 y
a=
2
En effet chaque arête appartient à exactement
deux faces, et il y a x faces comportant cinq
arêtes et y faces en comportant 6.

f =x+y
Troisièmement,
En effet le nombre de faces est ég al au
nombre de pentagones plus le nombre d'hexa- Nous avons construit également un polyèdre
gones. comportant douze pentagones et deux hexa-
gones ; mais nous n'avons pas prouvé son
D'où existence, ni montré qu'il n'y en avait pas
d'autres.
5x + 6 y 5x + 6 y
− +x+ y = 2
3 2
et

10x + 12 y + 6x + 6 y − 15 x − 18 y = 12

Donc

x = 12

Conclusion :

Le nombre de pentagones d'un ballon de foot


(et de tout autre polyèdre convexe constitué
de pentagones et d'hexagones réguliers) est
… 12.

“[Link]” en 1995
page 85

Généralisation de la formule d'Euler Dans la coupe du polygone, nous pouvons


voir la présence de 2 nouveaux polygones
Nous allons maintenant généraliser la formu- (polygones de coupe). Nous supposons que
le d'Euler, vue précédemment, dans le cas de chacun possède
polyèd res « t r o u é s » [n on s i m p l e m e n t • 1 face
connexes] : pour commencer, regardons ce • n sommets
qui se passe dans un polyèdre à un trou. • n arêtes

Regardons de plus près ce qui se passe pour


les sommets.

s' représente le nouveau nombre de sommets.


s est l'ancien nombre de sommets. Etant
donné que sur les polygones de coupe on a
2 n sommets en plus, nous avons la formule
suivante :

Ce polyèdre possède : s sommets, a arêtes, s' = s + 2 n


f faces.
Regardons ce qui se passe pour les arêtes.
Sectionnons le par un plan qui ne passe par
aucun sommet. Un tel plan existe forcément, a' représente le nouveau nombre d'arêtes tan-
car les sommets sont en nombre fini alors que dis que a représente l'ancien nombre. Chaque
les plans disjoints (parallèles) qui coupent sommet d'un polygone de coupe correspond,
notre « beignet » comme sur la figure sont en avec son vis-à-vis, à une arête coupée en
nombre infini ; cela nous permet de faire un deux donc on a rajouté (2 – 1 =) 1 arête.
calcul « général ».
Pour n points, on a n arêtes coupées en deux.
Nous obtenons le polyèdre suivant, possédant On a donc rajouté (2 n – n =) n arêtes. Avec
0 trou : nous avons écarté les deux bords de les 2 n arêtes des pôlygones de coupe, nous
la coupure. avons donc la formule suivante :

a' = a + 2 n + n
a' = a + 3 n

Voyons maintenant ce qu'il advient des faces.


f' représente le nouveau nombre de faces. f est
l'ancien nombre de faces.

Lors de la coupe du polyèdre, chaque arête


du polygone de coupe a coupé une face en
deux. Donc on a rajouté (2 – 1 =) 1 face. Or
comme il y a n arêtes dans ce nouveau poly-
Les deux nouvelles faces qui en résultent gone, n faces sont coupées en deux donc on a
n'ont pas été placées, ce qui explique qu'on rajouté 2 n – n soit n faces en plus. Et comme
voie l'intérieur du polyèdre. il y a les deux faces que sont les polygones de
coupe eux mêmes, nous avons la formule sui-
Appelons s' le nombre de sommets, f' l e vante :
nombre de faces, a' le nombre d'arêtes de ce
nouveau polyèdre. f' = f + 2 + n

“[Link]” en 1995
page 86

Avant la coupe, nous avions : le polyèdre de Csaszar

s a f Problème : trouver des polyèdres n'ayant pas


de diagonales.
Après cette dernière, nous avons:
On connaît déjà le tétraèdre. Nous allons par-
s' a' f' ler du polyèdre découvert en 1940 par le
=s+2n =a+3n =f+2+n mathématicien hongrois Akos CSASZAR.

Or le second polyèdre n'a plus de trou, donc Ses propriétés :


on a : Sommets : 7 Faces : 14
Arêtes : 21 Trou : 1
s' – a' + f' = 2 Pas de diagonale : tous les sommets sonts
s + 2 n – (a + 3 n) + f + 2 + n = 2 joints par les arêtes. Il en résulte que toutes
s+2 n–a–3n+f+2+n=2 les faces sont des triangles.
s –a+f+2=2
s–a+f=0 On va montrer que le polyèdre de Czacazar
est le seul polyèdre à un trou ne possédant
Pour 0 trou , on a : s – a + f = 2 pas de diagonales.
Pour 1 trou, on a : s – a + f = 0
Nous utiliserons la formule d'Euler pour un
Un raisonnement par récurrence permet alors polyèdre à un trou :
de généraliser la formule d'Euler sous la
forme suivante : s–a+f=0

s – a + f = 2 (1 – k) Chaque face est bordée par 3 arêtes, sinon il y


aurait une diagonale non tracée. Mais chaque
(k indiquant le nombre de trous) arête est utilisée par 2 faces. On obtient
donc :

a = 3 f ou f = 2 a
2 3

On sait aussi que chaque sommet est relié à


(s–1) autres sommets pour former (s– 1 )
arêtes. Donc s sommets sont reliés à (s–1)
autres sommets, ce qui donne s (s – 1) arêtes.

Mais chaque arête relie deux sommets. Donc


chaque arête est comptée deux fois, ce qui
donne :
s (s - 1)
a=
2

(nombre de combinaisons de deux éléments


pris parmi s).

Exemples : prenons un triangle : 3 arêtes


quatre points : 6 arêtes.

“[Link]” en 1995
page 87

Remplaçons a et f en fonction de s dans la Après 3 × 4 qui donne s = 7, le premier cas


relation d'Euler : est 8 × 9 qui nous donne :

s - a+ f = 0 s – 4 = 8 d'où s = 12,
s (s - 1) 2 12 n = 72 d'où :
s- + a= 0
2 3
s (s - 1) 2 s (s - 1) n = 6 et a = 66, f = 44.
s- + =0
2 3 2
6 s + 2 s2 - 2 s - 3 s 2 + 3 s = 0
6 L e deux ième mu ltiple est obten u po ur
7 s - s2 = 0 11 × 12 = 132 : n = 11, s = 15, a = 105, f = 70.
s (7 - s) = 0
Mais nous ne savons pas si ces polyèdres
Comme s = 0 ne convient pas, évidemment, il existent.
faut donc s = 7, et on en déduit le nombre
d'arêtes : le polyèdre de Szilassi
7 (7 - 1)
a= = 21 Par contre, le dual du polyèdre de Csaszar
2
existe : c'est le polyèdre de Szilassi (trouvé
et de faces : par ce dernier en 1977).

f = 2 × 21 = 14 [NDLC : si le polyèdre de Szilassi est le dual


3 du polyèdre de Csaszar, alors le polyèdre de
Csaszar est le dual du polyèdre de Szilassi ;
… On peut se demander si ce polyèdre existe et donc si le polyèdre de Szilassi existe, je ne
(Csaszar, 1940). vois pas ce qui empêcherait le polyèdre de
Csaszar d'exister …]
Maintenant, nous allons montrer qu'il faut
au moins six trous pour trouver un autre Il a sept faces toutes adjacentes deux à deux,
polyèdre sans diagonales : la formule d'Euler et un trou. Pour le peindre sans que deux
donne une solution pour un nombre de trous faces adjacentes aient une couleur commune,
n = 6, mais pas pour 2, 3, 4, 5. il faut utiliser sept couleurs. Nous avons
fabriqué un pavage particulièrement simple
Pour n trous, on a : s – a + f = –2 (n – 1) du tore, qui a la même propriété (voir article
suivant).
On a, comme dans ce qui précède :
Jean Brette nous ayant prêté un petit polyèdre
f = 2 a et a = 3 f de Csaszar en plastique, nous nous sommes
3 2 appliqués à en calculer les coordonnées, et
s - a + f = -2 (n-1) ⇔ - s 2 + 7 s = -12 (n-1) l'avons tracé à l'aide de « Maple ». Le résultat
n'est pas génial … Par contre nous en avons
construit un avec des tiges de bambou et une
ce qui nous donne : face relevable. Enfin, après avoir longtemps
séché sur le polyèdre de Szilassi, nous en
(s - 3)(s - 4) = 12 n avons trouvé un dessin et un patron dans un
ancien numéro de « Pour la Science ».
Pour n = 0, on retrouve s = 4 (tétraèdre), et
pour n = 1, s = 7 (polyèdre de Csaszar). Dans
le cas général, (s – 3)(s – 4), qui est le produit
de deux entiers positifs consécutifs, doit être
un multiple de 12.

“[Link]” en 1995
page 88

annexe 1 — le polyèdre de Csaszar en kit Voici un exemple de coordonnées pour les


différents points :
F
E A(–1, 0, 0) ; B(0, 1, –0.15) ; C(1, 0, 0) ;
D( 0, – 1, – 0.1 5) ; E (0.4 , –0 .15 , 0.6 5) ;
F(–0.4, 0.15, 0.65) ; G(0, 0, 2).
A

Une fois les coordonnées connues, nous


D avons fabriqué notre polyèdre en bambou, et
C B aussi en carton, en calculant les longueurs des
arêtes. Cela n'a pas été le plus facile !
Ci-dessus, nous voyons la partie inférieure du
polyèdre de Csaszar : elle comporte six poins
A, B, C, D, E, F :

• A, B, C, D, qui forment la « base », consti-


tuent, vus de dessus, un carré ; cependant, la
diagonale [BD] est un peu en dessous de la
diagonale [A C] (elles ne se coupent donc
pas).

• Les point E et F sont au dessus du tout ; le


segment [EF] est plus court que les deux seg-
ments précédents, horizontal comme eux. Sa
direction a subi une légère rotation d'axe ver- G
tical par rapport à [AC].

Les faces sont les suivantes : A D B, D B C,


A C F, A C E, B C F, A D E, E F B, E F D.
Naturellement tous les points sont joints par
une arête. A ce stade, il manque encore un
point, nous n'avons pas encore un polyèdre à
un trou : il n'y a ni intérieur, ni extérieur.
E F

• Le dernier point, G, vient coiffer le tout ; il


A
apporte avec lui les faces : GCD, GCE, GEB,
GBA, GAF, GFD. D
B
C

“[Link]” en 1995
page 89

annexe 2 — le polyèdre de Szilassi en kit

• Vue du polyèdre de Szilassi : chaque face


touche les 6 autres.
cf

a ec
c cg
c
c b
dc
dc
a d
d
gd d
b
df
ed
• Patron des 7 faces hexagonales du poly-
èdre de Szilassi, nommées a, b, c, d, e, f, g.
(d'après E. Gilbert, des laboratoires Bell).
L'assemblage se fait en accolant les côtés de
même nom.

3,357

a ea
d e
be de e g
c d f fe e
a f e c fa
a g f
e f
a bf
af
ba
ba
eb gd
b a g
f g f
b g g
eg b
cg
b
bg d
c
b

“[Link]” en 1995

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