0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
210 vues50 pages

Estimation des tassements sous fondations

Ce document décrit différentes méthodes pour estimer les tassements d'une fondation, notamment la théorie de l'élasticité et le coefficient de réaction du sol. Il explique également comment déterminer le tassement en utilisant ces méthodes pour une fondation reposant sur un sol élastique homogène.

Transféré par

TOURE
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
210 vues50 pages

Estimation des tassements sous fondations

Ce document décrit différentes méthodes pour estimer les tassements d'une fondation, notamment la théorie de l'élasticité et le coefficient de réaction du sol. Il explique également comment déterminer le tassement en utilisant ces méthodes pour une fondation reposant sur un sol élastique homogène.

Transféré par

TOURE
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Estimation des tassements | 421

11.6. Estimation des tassements

11.6.1. Méthodologie – Contraintes de contact sous la fondation


Après s’être assuré que le critère de rupture est respecté (états limites de mobilisation de la
capacité portante), il convient de vérifier que le tassement de la fondation est acceptable pour

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
la structure (états limites vis-à-vis des déformations). Une estimation correcte des tassements
est primordiale, car c’est souvent ce critère qui limite les possibilités de fondations sur semelles
superficielles.
Globalement, le problème consiste (figure 11.30) à déterminer la déformation, c’est-à-dire le
tassement  s en tout point d’une semelle de rigidité  EI, chargée et reposant sur un multi-
couche, chaque couche étant définie par une loi de comportement, par exemple une loi
élastoplastique (Ei, νi, c´i, φ´i).
Cette approche est complexe mais peut être appliquée à l’aide de méthodes aux éléments finis
lorsque l’importance des ouvrages et la complexité du site le justifient.

EI s

E1, ν1, c´1, φ´1

E2, ν2, c´2 , φ´2

Ei, νi, c´i, φ´i

Fig. 11.30. Semelle reposant à la surface d’un multicouche élastoplastique

Afin d’illustrer ce problème, examinons la répartition des contraintes et des déformations


sous une fondation supportant une charge uniformément répartie et reposant sur un milieu
homogène (figure 11.31).
Une semelle parfaitement souple transmet directement la contrainte uniforme au sol ; en
revanche, la déformation, c’est-à-dire le tassement, est variable. Si le domaine élastique est
conservé en tout point du massif, le tassement sera plus élevé au centre qu’au bord ; c’est géné-
ralement le cas pour les sols cohérents (figure  11.31a). Dans les sols pulvérulents, et en
l’absence d’ancrage, il y a plastification du sol au voisinage du bord et le tassement y est plus
important (figure 11.31b).
À l’inverse, une semelle parfaitement rigide entraîne un tassement uniforme et les contraintes
sous la semelle sont variables (figures 11.31c et d).
Le fond métallique d’un réservoir d’hydrocarbure est un exemple de semelle parfaitement
souple. Un puits rempli de gros béton correspond à une semelle parfaitement rigide.
422 | Fondations superficielles

Sol cohérent Sol cohérent

a c
q = Cte
Tassement s = Cte

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Sol pulvérulent Sol pulvérulent

b q = Cte d

Tassement s = Cte
Semelle souple Semelle rigide

Fig. 11.31. Répartition des contraintes et des déformations sous une semelle souple et une semelle rigide

Dans les applications courantes, le niveau des contraintes de service est tel qu’il permet de
considérer que le sol reste en tout point dans le domaine élastique (les plastifications locales
éventuelles sont négligées). À partir de cette hypothèse, les trois méthodes les plus couram-
ment utilisées sont les suivantes :
• la théorie de l’élasticité ;
• la méthode d’intégration par tranches ;
• la méthode pressiométrique.

11.6.2. Détermination du tassement par la théorie de l’élasticité –


Coefficient de réaction du sol
Dans certaines configurations simples, l’application directe de la théorie de l’élasticité permet
de déterminer le tassement analytiquement ou à l’aide d’abaques [11 Giroud 1973]. Nous
nous limiterons au milieu élastique homogène semi-indéfini.
Le tassement en un point quelconque d’une semelle reposant à la surface de ce milieu
s’exprime par la formule (34a). Si la semelle est ancrée, la formule approchée (34b) sera appli-
quée (figure 11.32).
1 − ν´2 (34a)
s = f· ·B · q´

1 − ν´2
s = f· ·B ·(q´ − σ´v0) (34b)

avec s : tassement au point considéré ;
B : diamètre ou largeur de la semelle ;
q´ : contrainte effective moyenne appliquée au sol par la semelle ;
f : coefficient de forme qui dépend de la forme de la semelle, de sa rigidité et, pour les
semelles souples, de la position du point considéré ;
σ´v0 : contrainte effective initiale régnant au niveau de la semelle.
Estimation des tassements | 423



s q´
σ´v0
E´, ν´ s
E´, ν´

Fig. 11.32. Semelle rigide dans un milieu élastique semi-indéfini

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Remarque
Lorsque des terrassements conduisent à des modifications du niveau du terrain, c’est la contrainte σ´v0 avant
terrassement qui est considérée (création de sous-sols, par exemple), le comportement du sol étant supposé
irréversible. En présence d’argiles, et particulièrement d’argiles gonflantes, il faut cependant tenir compte du
soulèvement provoqué par le déchargement dû aux terrassements.

Les formules (34a) et (34b) peuvent s’écrire comme suit :


q´ − σ´v0 = kv · s (34c)
avec kv : coefficient de réaction verticale du sol.

Le coefficient de réaction verticale du sol relie directement le tassement à la contrainte appli-


quée. Il s’exprime en MPa/m. Pour des sollicitations brèves, il faut remplacer E´ et ν´ par Eu
et νu.

Le coefficient de réaction n’est pas une caractéristique intrinsèque du sol, mais dépend de la
forme et des dimensions de la semelle. D’après (34c), kv est inversement proportionnel à B.

Nota : kv est appelé module de réaction dans la pratique courante, bien qu’il n’ait pas les
dimensions d’un module.

Le coefficient de réaction est souvent mesuré à l’aide d’un essai de chargement à la plaque. Le
module de Westergaard kw est le coefficient correspondant à une plaque rigide de 75 cm de
diamètre (cf. Norme NF P94-117-3). Il est possible de relier le coefficient de réaction verti-
cale kv d’une semelle et le module de Westergaard kw par :
75
kv = g · kw · (35)
B
π
avec g : coefficient de forme = ;
4f
B : largeur de la semelle (cm).

Le tableau 11.14 fournit les valeurs des coefficients f et g pour les semelles circulaires carrées
ou rectangulaires, souples et rigides.
424 | Fondations superficielles

Tableau 11.14. Valeurs numériques des coefficients f et g

f g

Plaque circulaire rigide π/4 1

Centre Bord Moy. Centre Bord Moy.


Plaque circulaire souple
1 2/π 0,85 0,785 1,233 0,924

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
L/B Centre Bord Moy. Centre Bord Moy.
1 1,12 0,56 0,95 0,70 1,40 0,83
Plaque rectangulaire souple 2 1,53 0,77 1,30 0,51 1,02 0,60
de côté B et L 3 1,78 0,89 1,52 0,44 0,88 0,52
5 2,10 1,05 1,83 0,37 0,75 0,43
10 2,58 1,29 2,25 0,30 0,61 0,35

L/B
1 0,87 0,90
1,2 0,94 0,84
Plaque rectangulaire rigide
1,6 1,07 0,73
de côté B et L
2 1,18 0,665
3 1,40 0,56
5 1,68 0,47

La norme NF P94-261 propose pour les valeurs de f, alors appelé Cf , les coefficients tirés des
abaques de Giroud. Les écarts entre les deux tableaux restent néanmoins à la marge.

Tableau 11.15. Abaques de Giroud, extrait de [NF P94-261 2013]

L/B 1 2 3 5 10
Fondation rigide 0,88 1,21 1,43 1,72 2,18
Bord 0,56 0,76 0,89 1,05 1,27
Fondation souple
Centre 1,12 1,53 1,78 2,10 2,58

Remarques
1. Le module de Westergaard peut être considéré comme un coefficient non drainé dans les sols cohérents et
drainé dans les sols pulvérulents. Il est utilisé, par exemple, pour :
• le dimensionnement des dallages et des chaussées en béton ;
• l’étude des tassements des semelles reposant sur du sable ;
• l’étude des déformations dues à des sollicitations brèves.
2. Il est également possible de réaliser des essais de chargement de longue durée.
3. E. Absi [11 Absi 1972] a également donné des coefficients de forme relatifs à la déformation d’une semelle
rectangulaire soumise à un couple. En milieu élastique, il y a en effet également proportionnalité entre la
rotation de la semelle et la valeur du couple appliqué.
4. K. Terzaghi [11 Terzaghi 1961] a donné des ordres de grandeur du coefficient de réaction pour une plaque
rigide carrée de 30 cm de côté (1 pied carré) et a proposé d’autres formules pour calculer le coefficient de
réaction d’une semelle de forme quelconque.
Estimation des tassements | 425

11.6.3. Détermination du tassement par la méthode d’intégration


par tranches

[Link] . Principe
Lorsque les sols d’assise sont composés de plusieurs couches de compressibilité différente, les

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
formules précédentes ne s’appliquent plus. La méthode décrite ci-après comporte deux phases :
• la détermination de la répartition des contraintes en profondeur ;
• le calcul du tassement de chaque couche de sol en fonction de la contrainte transmise à la
profondeur concernée et de la compressibilité du sol à cette profondeur. Le tassement total
se calcule ensuite par sommation des tassements dus à chaque couche.
La compressibilité du sol est définie à l’aide d’essais œdométriques, ou bien par corrélation
entre le module œdométrique et le module pressiométrique.

[Link]. Répartition des contraintes en profondeur sous une charge ponctuelle


Il est admis que la répartition des contraintes en profondeur est la même que si le milieu était
homogène. Cette simplification n’entraîne pas d’erreur importante tant qu’il s’agit de sols
meubles pour lesquelles les ordres de grandeur des modules ne sont pas trop différents. Elle
n’est plus valable, par exemple, si une couche rocheuse est intercalée.
Boussinesq (1885) a étudié la répartition des contraintes dans un massif élastique semi-
indéfini sous l’action d’une force ponctuelle Q appliquée à la surface du massif. Il apparaît,
entre autres, que la contrainte sur une facette horizontale, en un point M situé à la profon-
deur  z, est orientée selon OM (figure 11.33) et que la composante verticale de cette
contrainte σv est donnée par :
3Q
σv = · cos5 θ (36)
2 π · z2

Q = q·ds

θ
σv
M
σ

Fig. 11.33. Contraintes dues à une charge ponctuelle dans un milieu élastique semi-indéfini

Notons que σv ne dépend ni de E ni de ν. La figure 11.34 fournit les courbes d’égale contrainte
verticale appelées bulbes des contraintes ainsi que la répartition des contraintes exercées sur des
plans horizontaux.
426 | Fondations superficielles

Q en kN

0m
80 %

1m 30 %

Courbe d’égale contrainte


2m 10 %
σv = 5 Q
100

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
3m 5%

z
a) bulbe des contraintes

Q en kN

0m
21 %

11,9 % θ 11,9 %

1,50 m
7,6 %
4,3 % 4,3 %
2,50 m
qz
qz = 4 Q2
27°

π·z
27°

z Répartition simplifiée

b) distribution des contraintes dans un plan horizontal

Remarque : avec les unités indiquées sur la figure, la contrainte s’exprime en kPa.

Fig. 11.34. Répartition des contraintes sous une charge ponctuelle

Plus la profondeur augmente, plus l’intensité de la contrainte diminue, mais plus la zone
influencée s’élargit, l’aire de la surface délimitée par la courbe de répartition des contraintes
sur un plan horizontal restant constante et égale à Q.
Par mesure de simplification, cette répartition est souvent remplacée par une pression
uniforme qz appliquée sur une largeur correspondant à une diffusion en profondeur selon un
cône d’arête inclinée de 27° sur la verticale (2 vertical pour 1 horizontal) tel que représenté
4Q
sur la figure 11.34b. Il s’ensuit que qz = .
π · z2

[Link]. Répartition des contraintes en profondeur sous une semelle souple


Considérons une semelle de surface S et de forme quelconque (figure 11.35). La contrainte
verticale σv en un point M du massif peut être obtenue par l’intégration de la formule (36),
soit :
3q
σv =
S 2π·z
5

2 · cos θ · ds (37)

Le milieu étant élastique, σv est proportionnelle à q ; il est donc possible de calculer pour
chaque point la valeur numérique du rapport σv /q à l’aide de (37). Ce rapport est appelé
facteur d’influence ; la contrainte σv en est directement déduite.
Cette intégration peut être aisément réalisée par ordinateur, même pour des formes de
semelles complexes et des chargements d’intensité variable sur la surface de la semelle.
Estimation des tassements | 427

Les valeurs du facteur d’influence pour des semelles simples chargées uniformément sont
données ci-après.

[Link]. Contrainte dans l’angle d’un rectangle et au centre d’une semelle circulaire
Le tableau de la figure 11.35 donne la valeur du facteur d’influence σv /q à l’aplomb de l’angle
d’un rectangle souple de dimensions B et L.

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Ce tableau permet d’obtenir la répartition des contraintes σv en tout point du sol sous une
semelle rectangulaire allant du carré à la semelle infinie, ce qui couvre la plupart des fonda-
tions courantes.
Dans le domaine élastique, il est licite de superposer différents états. Pour déterminer la
contrainte σv à l’aplomb d’un point quelconque A´, il suffit donc d’additionner l’influence
des quatre rectangles chargés I à IV à l’aplomb du point A´.
En particulier, si A´ est le centre de la semelle, les quatre rectangles sont égaux avec B1 = B/2
et L1 = L/2. Le coefficient d’influence global est alors égal à quatre fois celui donné par le
tableau de la figure 11.35 en considérant B1 et L1.

L1 L2
q=1
B1 I II B2 Pour un point A´ intérieur,
prendre la somme des
L4 IV A´ III B3 4 rectangles ayant
A ds = 1 A´ pour sommet.
B4 L3
L B
L>B B1 L2
Z
Pour un point A˝ sur un
L1 I II B2 côté, prendre la somme
des 2 rectangles ayant
M ce point pour sommet.

Fig. 11.35. Facteur d’influence à l’aplomb de la verticale d’un sommet d’un rectangle souple uniformément chargé

De même, le coefficient d’influence à l’aplomb d’un point situé à l’extérieur de la semelle est
obtenu par addition et soustraction d’un certain nombre de rectangles.
428 | Fondations superficielles

Les facteurs d’influence à l’aplomb de la verticale du centre d’une surface circulaire souple de
rayon R uniformément chargée sont donnés par le tableau 11.16.

Tableau 11.16. Facteurs d’influence au centre d’une surface circulaire souple

z/R 0,25 0,5 1 2 4 8


σv /q 0,99 0,91 0,65 0,28 0,09 0,02

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
[Link]. Effet radier
Étant donné la diffusion des contraintes, à partir d’une certaine profondeur, il y a interférence
entre les contraintes transmises par les différentes semelles d’un même bâtiment ou de
constructions voisines. En profondeur, tout se passe comme si le bâtiment était fondé sur un
radier général : c’est l’effet radier. Il faut tenir compte de cet effet pour le calcul des tassements
lorsque les fondations sont rapprochées et reposent sur des couches compressibles épaisses.

[Link]. Diagramme de répartition des contraintes en profondeur – Méthode des tranches


Considérons une semelle souple ancrée à la profondeur D dans un sol de densité  γ
(figure 11.36).
La nappe est supposée régner à la profondeur hw. On se propose de déterminer le tassement
dans l’axe de la semelle (la démarche est identique pour un point situé en dehors de cet axe).
Il convient de raisonner en contrainte effective, sachant qu’au-dessus de la nappe, les
contraintes totales et effectives sont considérées comme identiques.


D σ´v0 D
hw hw
γ
z+D

γ´ σ´z0 = γ · hw + γ´· [(z + D) − hw]


σ´z1
M M
a) État initial avant construction b) État final

Fig. 11.36. Influence de la semelle sur l’état des contraintes verticales

La figure 11.37 représente la répartition des contraintes au droit de l’axe de la semelle qui
exerce sur le sol une contrainte q´ supposée uniformément répartie. Sur cette figure, la profon-
deur z est comptée à partir du niveau de la semelle.
q´ étant la contrainte sous une semelle souple (éventuellement déjaugée), la comparaison de
l’état initial et de l’état final montre que la construction de la semelle entraîne une surcharge
égale à q´ − σ´v0 au niveau de la fondation.
Estimation des tassements | 429

La répartition des contraintes en profondeur (courbe II) sous l’action de q´ − σ´v0 est déter-
minée à partir des coefficients d’influence ou par traitement informatique en utilisant directe-
ment la formule (37).
La courbe III d’état final est obtenue en additionnant à chaque profondeur la contrainte
initiale (courbe I) et l’accroissement de contrainte 'σz due à la semelle (courbe II).

σ´v0 σ´z0 σ´z1 (q´ − σ´v0) q´ σ´v


0

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
hw – D

Hi zi

Surcharge (II)

Hn État final (III)


zn
État initial = contrainte verticale
effective (I)

Fig. 11.37. Répartition des contraintes à l’aplomb de l’axe de la semelle

Trois méthodes, toutes fondées sur l’essai œdométrique, sont alors utilisables pour calculer le
tassement de la tranche d’épaisseur Hi (figure 11.37).

Utilisation directe de la courbe de compressibilité


À la profondeur zi sous la semelle, la contrainte verticale est donc passée de la valeur σ´z0 à la
valeur σ´z1. La courbe œdométrique du sol considéré (figure 11.38) permet de déduire les
indices des vides e0 et e1 correspondants.
La variation d’indice des vides est donc 'e = e0 − e1. Le tassement Δs de la couche d’épais-
seur Hi est donc (voir chapitre 6) :
Δe
Δs = Hi · (38)
1 + e0

e0
e1
Indice des vides

σ´z0 σ´z1 σ´
Fig. 11.38. Utilisation directe de la courbe de compressibilité
430 | Fondations superficielles

Utilisation des coefficients Cs et/ou Cc


Selon le cas, l’application des formules (54) et (55) du chapitre 6 permet d’obtenir 's = − 'H.
La plus complète de ces formules est rappelée ci-après avec les présentes notations (cas où σ´z0
< σ´p et σ´z1 < σ´p) :
σ´ σ´
Δs = Hi ·
Cs
(
1 + e0
· log p +
Cc
σ´z0 1 + e0
· log z1
σ´p
(39)
)

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Utilisation du module œdométrique
Eoed étant le module sécant entre σ´z0 et σ´z1 (voir chapitres 4 et 6), le tassement de la tranche
se déduit directement de la définition de ce module :
σ´ − σ´z0
Δs = Hi · z1 (40)
Eoed

[Link]. Tassement total – Correction de A. W. Skempton et L. Bjerrum


Le tassement total est obtenu par sommation des tassements Δs des tranches horizontales
depuis la cote 0 sous la semelle jusqu’à une profondeur telle que l’accroissement des contraintes
devienne négligeable ou que la base des couches compressibles soit atteinte.
Jusqu’à présent, il a été supposé que les contraintes dues à la fondation n’entraînaient que des
déformations verticales, comme dans l’œdomètre. Ceci n’est vrai que sous une surface chargée
de grande largeur B par rapport à l’épaisseur H de la couche compressible (figure 11.39a). Le
sol est confiné et ne peut tasser que par réduction de volume.

B
B

p
s
H
H

Δσv
Δσv
Δz
Δz
Δσh
Δh

a) Surface de grande largeur b) Semelle étroite

Figure 11.39. Déformation en profondeur

Lorsque la fondation est étroite, il y a également des possibilités de déformations latérales.


En supposant le chargement appliqué instantanément et le sol argileux, le tassement de la
semelle se décompose en :
• un tassement instantané si dû à une déformation du sol vers l’extérieur de la semelle ; cette
déformation s’effectue à volume constant et met en jeu les caractéristiques non drainées Eu
et νu ;
• un tassement de consolidation sc dû à la dissipation des pressions interstitielles sous la
semelle, et qui va donc évoluer avec le temps.
Estimation des tassements | 431

Par ailleurs, A. W. Skempton a établi que si le sol est soumis à des variations instantanées de
contraintes, la variation correspondante de pression interstitielle en un point est donnée par
la formule (41), où Δσ1 et Δσ3 sont les variations des contraintes principales (avec σ2 = σ3)
au point considéré.
Δu = B ·[Δσ3 + A ·(Δσ1 − Δσ3)] (41)
B et A sont des coefficients numériques dits coefficients de pression interstitielle qui dépendent
du sol et peuvent être mesurés à l’appareil triaxial.

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Pour des sols saturés, B = 1. La valeur de A est variable et dépend de l’histoire du sol et en
particulier du degré de surconsolidation des sols argileux.
Revenons à la figure 11.39b. Les contraintes Δσv et ΔσH, qui correspondent à Δσ1 et Δσ3
dans l’axe de la semelle, produisent donc des variations de pression interstitielle différentes,
donc des tassements différents selon le type d’argile.
A. W. Skempton et L. Bjerrum [11 Skempton 1967] ont traduit ces observations par la
formule :
sf = si + μ · soed (42)
avec sf : tassement final (hormis le tassement secondaire) ;
si : tassement instantané ;
soed : tassement de consolidation déduit directement de l’œdomètre ;
μ : coefficient dépendant du rapport H/B et du coefficient A du sol.
Le tassement sous la semelle se calcule à partir de l’équation (42) ci-avant.
La valeur de si se déduit de la formule (34bis) en remplaçant E´ et ν´ par Eu et νu = 0,5 ;
Eu peut être déterminé au cours d’un essai triaxial non drainé.
soed est calculé par la méthode des tranches (voir § [Link]) ; la valeur de μ est donnée par la
figure 11.40.
μ
H = épaisseur de la couche de sol
1,0

0,8

0,6

0,4 H/B = 0,5


H/B = 1
0,2 H/B = 4
A
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0

Fortement Surconsolidée Normalement consolidée Molle très


surconsolidée sensible

Fig. 11.40. Valeur du coefficient μ dans les argiles

Remarques
1. La figure 11.40 montre que le tassement de consolidation dans les argiles raides est beaucoup plus faible
que celui donné par l’application directe de la méthode œdométrique : il est donc indispensable de
procéder à cette correction pour obtenir une estimation réaliste des tassements.
2. Le tassement instantané est souvent négligé.
432 | Fondations superficielles

[Link]. Semelle rigide


Le tassement obtenu à partir de la répartition des contraintes à l’aplomb du centre de la
semelle correspond à une valeur maximale. Si la semelle possède une certaine rigidité, le tasse-
ment moyen sera plus faible. En première approximation, il est possible d’admettre que le
tassement d’une semelle parfaitement rigide est égal à 80 % de celui obtenu au centre de la
semelle souple équivalente.

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
11.6.4. Calcul des tassements par la méthode pressiométrique
La méthode décrite ci-après [11 Ménard 1975] ne s’applique qu’aux fondations dont la
largeur est faible par rapport à l’épaisseur des couches compressibles (figure 11.39b). Les deux
types de tassements décrits au paragraphe [Link] se superposent comme suit :
• un tassement de consolidation sc dans la zone située directement sous la semelle, où les
contraintes normales sont élevées, zone dénommée domaine sphérique par L. Ménard, qui
considère que cette zone peut être limitée à une demi-sphère pour une semelle isolée ou un
demi-cylindre pour une semelle continue ;
• un tassement sd dû à des déformations de cisaillement (déformation du sol vers l’extérieur
de la semelle). Ces déformations se font à volume constant comme dans l’essai pressiomé-
trique. L. Ménard a appelé domaine déviatorique les zones essentiellement affectées par ces
déformations.

Domaine
sphérique ue
Do riq
m sc to
ain via
e Dé
sd

Fig. 11.41. Domaines déviatorique et sphérique

[Link] . Formule générale


Le tassement de la semelle s’écrit :
s = sc + sd (43)
α
où : sc = ·(q´ − σ´v0)· λc·B (44a)
9 Ec
α
sd =
2
9 Ed
·(q´ − σ´v0)·B0· λd ·
B
B0 ( ) (44b)

avec α : coefficient rhéologique ;


q´ : contrainte effective appliquée par la semelle ;
2
B : largeur de la semelle avec B ≥ 0,6 m, sinon sd = ·(q´ − σ´v0)·B0· λdα ;
9 Ed
B0 : largeur de référence = 0,6 m ;
Estimation des tassements | 433

Ec et Ed : modules pressiométriques moyens pondérés dans les domaines sphérique et


déviatorique ;
λc et λd : coefficients de forme fonction du rapport L/B de la semelle.
Les valeurs de α ont été présentées au chapitre 6, tableaux 11 et 12. Les valeurs de λc et λd
sont données dans le tableau 11.17.

Tableau 11.17. Valeurs des coefficients de forme λc et λd

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
L/B Cercle Carré 2 3 5 20
λc 1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5
λd 1 1,12 1,53 1,78 2,14 2,65

[Link]. Valeurs de Ec et Ed
Sol homogène
Ec = Ed = EM (45)
avec EM : module pressiométrique du sol homogène

Sols modérément hétérogènes


La méthode ci-après s’applique à des sols dont les caractéristiques peuvent varier sensible-
ment. Toutefois, elle ne s’applique plus si les couches concernées sont de nature trop contras-
tées (argile de consistance molle et roche, par exemple).
Le sol sous la semelle est découpé en tranches élémentaires fictives d’épaisseur égale à B/2 et
numérotées de 1 à 16 (fig. 11.42).

0 E1
1
B 2 E2
3
2B 4 E3;5
5
3B 6
7 E6;8
4B 8
9
5B 10
11
12 E9;16
6B
13
7B 14
15
16
8B

Fig. 11.42. Formules de Ménard : découpage du sol d’assise en tranches

Ec et Ed sont donnés par les formules :


Ec = E1 (46a)
4 1 1 1 1 1
= + + + + (46b)
Ed E1 0,85 E2 E3;5 2,5 E6;8 2,5 E9;16
434 | Fondations superficielles

Les modules Ei;j (par exemple E6;8) sont eux-mêmes obtenus en considérant la moyenne
harmonique des différents modules pressiométriques mesurés à l’intérieur des tranches
élémentaires i à j.

Remarques
1. La formule (46b) représente une approche particulière de la prise en compte de la diffusion des contraintes

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
sous la semelle.

2. L’utilisation de la moyenne harmonique moyenne comme valeur représentative découle directement du


fait que les tassements sont inversement proportionnels aux modules.

3. Si une couche très résistante est intercalée, l’application des formules (46a et 46b) est encore acceptable.
En revanche, si une couche peu consistante est intercalée, c’est-à-dire une couche présentant des caracté-
ristiques plus faibles que les autres, son influence doit être prise en compte à l’aide la méthode décrite dans
le paragraphe suivant.

Prise en compte d’une couche peu consistante


Considérons une couche peu consistante d’épaisseur Hpc située à la profondeur zpc sous la
semelle. Elle est caractérisée par son module pressiométrique Epc et un coefficient
rhéologique αpc.
Le calcul comporte les étapes suivantes :
• calcul du tassement de la fondation s = sc + sd à l’aide des formules (44a et 44b) en faisant
abstraction de cette couche molle, c’est-à-dire en adoptant comme module pressiométrique
sur l’épaisseur de cette couche le module moyen des couches voisines, soit Ev (figure 11.43) ;
• calcul de l’accroissement de contrainte effective Δσ´ à la profondeur zpc sous la semelle,
Δσ´  pouvant être déterminé en appliquant le coefficient d’influence correspondant
à q´ − σ´v0 ;
• calcul du complément du tassement Δs dû à la présence de la couche molle et donné par
la formule :
α α
(
Δs = Δσ´· pc − v ·Hpc
Epc Ev
(47)
)
q´ − σ´v0
Epc Ev E

Δσ´
zpc
Hpc

Fig. 11.43. Prise en compte d’une couche peu consistante


Estimation des tassements | 435

11.6.5. Calcul des tassements à partir du pénétromètre statique


[Link] . Méthode de Schmertmann
La méthode semi-empirique dénommée méthode de Schmertmann est présentée entre
autres dans l’Eurocode 7 partie 2 et reprise dans la norme d’application nationale française
NF P94-261.
Son domaine d’application se limite à des sols grenus pulvérulents pour des contraintes supé-

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
rieures à 1,5 σ´v0.
Le tassement total ss est estimé par la formule suivante :
z1
ss ≅ C1·C2·(q − σ´v0)· ∫ C I·E´· dz
0 3
z
(48)

où : σ´v0 et C2 = 1,2 + 0,2 log t


C1 = 1 − 0,5
q − σ´v0
avec C3 = 1,25 pour des fondations carrées et 1,75 pour des semelles filantes avec L > 10 B ;
E´ vaut 2,5 qc pour des fondations circulaires ou carrées et 3,5 qc pour des fondations
filantes ;
σ´v0 est la contrainte effective initiale à la base de la fondation ;
t est le temps, en années ;
Iz est un facteur d’influence des déformations verticales calculé entre la profondeur 0
et z1 à partir de la figure 11.44 où :
Izp est le facteur d’influence maximale ;
σ´vp est la contrainte effective à la profondeur B/2 ou B sous la semelle respective-
ment pour une semelle axisymétrique (circulaire ou carrée) et filante.
Iz
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6
0
B/2 q − σ’ v0
} Izp = 0,5 + 0,1
Profondeur relative sous
le niveau de la semelle

σ’vp
B

2B 1
2 B

3B
q
σ´v0

4B

Iz facteur d’influence de la déformation verticale sous une semelle rigide


3 σ’vp
1 axisymétrique (L/B = 1)
2 déformation plane (L/B > 10)
4
3 B/2 (axisymétrique) ; B (déformation plane)
4 valeur de Izp pour la profondeur relative considérée sous la semelle

Fig. 11.44. Facteur d’influence des déformations Iz [NF P94-261 2013]

Commentaire : une fois calculé σ´vp (sans la charge q), le graphique doit être modifié en
q − σ´v0
déplaçant le point Izp en abscisse à la valeur de 0,5 + 0,1 (en remplacement de 0,5).
σ´vp
436 | Fondations superficielles

[Link]. Utilisation de corrélations


L’Eurocode 7 et la norme NF P94-261 admettent d’avoir recours à des corrélations entre qc
et les modules de sols. On cite en particulier celles de Sanglerat [11 Sanglerat 1972] reliant qc
au module œdométrique, rappelées en annexe G.

11.6.6. Calcul des tassements à partir du SPT

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
On peut trouver différentes estimations de tassements à partir des sondages SPT dans la litté-
rature, en particulier étrangère. La norme française ne prévoit pas de pouvoir utiliser directe-
ment le SPT à des fins de détermination des tassements des semelles superficielles. Une
méthode est détaillée dans l’Eurocode 7 partie 2. La méthode de Peck, Hanson et Thornburn
est présentée ci-après [11 Reese 2005]. On rappelle que ces méthodes sont adaptées à des
terrains sableux. En l’absence d’expérience comparable, l’utilisation de ces méthodes est
délicate.
qa = 0,41 Cw · NSPT · s (49)

où : Dw (49bis)
Cw = 0,5 + 0,5
Df + B
avec qa : contrainte effective en kPa entraînant un tassement de s millimètres ;
Cw : facteur correctif de nappe ;
NSPT : nombre de coups SPT corrigé ;
Dw : profondeur de la nappe depuis la surface ;
Df : profondeur de la base de la semelle depuis la surface ;
B : largeur de la fondation.
Le nombre de coups NSPT mesuré est corrigé par le facteur multiplicatif CN déterminé à partir
de la figure suivante, en fonction de la contrainte effective σ´0 [11 Peck 1974].
CN
0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Contrainte effective à la profondeur de l’essai σ´ (kPa)

100

200

300 1915
CN = 0,77 log
σ´0
σ´0 (kPa)

400

500

Fig. 11.45. Facteur correctif en fonction de la contrainte effective verticale d’après [11 Peck 1974]
Estimation des tassements | 437

11.6.7. Tassements admissibles

[Link] . Tassement total et tassement différentiel


Considérons une construction quelconque pour laquelle le tassement total a été estimé à
l’aide de l’une des méthodes décrites précédemment.
Si la construction tasse d’une façon uniforme ou bascule légèrement sans distorsion, l’ossature

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
n’en sera pas affectée ; seuls l’aspect et les liaisons avec l’extérieur limiteront les tassements
admissibles (rupture de canalisations, dénivelées visibles, etc.).
Généralement, le tassement n’est pas uniforme et les risques de désordres dépendent de la
rigidité de la structure et de ses possibilités d’adaptation ainsi que de l’amplitude des tasse-
ments différentiels entre les appuis.
Pour illustrer ces propos, considérons l’effet d’un tassement différentiel élevé de la pile centrale
d’un pont à deux travées (figure 11.46).

a) Ouvrage isostatique b) Ouvrage hyperstatique

Fig. 11.46. Effet du tassement de la pile centrale d’un pont à deux travées

Si les deux travées sont indépendantes et isostatiques, ce tassement n’induira pas de contraintes
importantes et les désordres, de type architectural uniquement, ne se manifesteront que pour
des tassements différentiels élevés.
S’il s’agit d’un tablier continu, un tassement, même modéré, entraîne des contraintes dans la
structure susceptibles de provoquer des désordres structuraux, voire la ruine complète de
l’ouvrage pour des tassements plus importants.
Dans les ouvrages hyperstatiques, qui sont les plus courants, les tassements les plus contrai-
gnants sont les tassements différentiels. Les valeurs admissibles peuvent être très variables et
dépendent de la nature de l’ouvrage, de ses possibilités de déformation et de la gêne entraînée
pour l’exploitation.
C’est ainsi :
• que, pour un four de cimenterie, il est exigé un tassement différentiel inférieur à 1 cm
entre deux appuis consécutifs distants d’une trentaine de mètres et supportant chacun
plusieurs milliers de tonnes ;
• qu’un tassement de plusieurs décimètres est parfaitement admissible entre la périphérie et
le centre d’un réservoir d’hydrocarbure de grand diamètre.
438 | Fondations superficielles

[Link]. Estimation des tassements totaux


Les différentes méthodes exposées précédemment font apparaître certaines divergences entre
elles et chacune a son domaine d’application préférentiel.
• La méthode des tranches conduit à une bonne estimation des tassements dans la configu-
ration d’une couche compressible mince eu égard à la largeur de la surface chargée
(figure 11.39a). Il faut d’ailleurs observer que la formule (47) est une application directe
de cette méthode.

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
De plus, si les sols sont de consistance très molle ou molle, les essais œdométriques donnent
des résultats plus satisfaisants que le pressiomètre, qui a tendance à sous-estimer les tasse-
ments dans ce cas.
• Les formules (44a et 44b) de la méthode pressiométrique sont bien adaptées pour les tasse-
ments des fondations superficielles reposant sur des sols ayant une certaine consistance,
comme c’est généralement le cas. La méthode des tranches associée à l’essai œdométrique
conduit à des tassements plus élevés, même si elle est appliquée en déduisant les modules
œdométriques des essais pressiométriques par l’application de la formule (9) du chapitre 6.

[Link]. Estimation des tassements différentiels


Les différences de tassement entre deux appuis ont deux causes :
1) les différences de charge ; un appui supportant 2 000 kN tasse plus qu’un appui
supportant 200 kN ;
2) l’hétérogénéité des sols.
Si la première cause est facile à prendre en compte, il est beaucoup plus délicat d’estimer
l’influence de l’hétérogénéité.
Lorsque le nombre d’appuis est limité, comme pour les ouvrages d’art, et qu’une reconnais-
sance suffisante a été réalisée, il est possible de calculer les tassements totaux au droit de
chaque appui et donc d’estimer directement les tassements différentiels.
Le plus souvent, notamment pour les structures du type « bâtiment », il faut faire une estima-
tion empirique en considérant que le tassement différentiel peut atteindre 50 % à 100 % du
tassement total selon l’hétérogénéité du site et des charges. Il est aussi possible de se reporter
aux règles énoncées dans la notice générale D60 [11 Ménard 1975] qui prend en compte
l’hétérogénéité du sol par des notions simples de probabilités et la rigidité des constructions
par l’introduction d’un coefficient kn.

[Link]. Tassements admissibles


Les valeurs admissibles des tassements différentiels font appel à la notion de distorsion  δ
donnée par la formule :
Δs
δ= (50)
L
avec Δs : tassement différentiel entre 2 appuis ;
L : distance entre ces appuis.
Les critères d’admissibilité des tassements totaux et différentiels sont des données importantes
pour le géotechnicien puisqu’elles conditionnent souvent le choix des fondations. Elles
doivent au besoin faire l’objet d’une concertation étroite entre l’architecte, l’ingénieur des
structures et le géotechnicien.
Estimation des tassements | 439

Par ailleurs, comme indiqué précédemment, l’approche utilisée pour le calcul des tassements
n’est pas indifférente aux résultats ; c’est pourquoi on relève dans la littérature [11 Ménard 1975]
[11 Leonards 1968], des ordres de grandeur assez différents qui doivent impérativement être
replacés dans leur contexte.
Le tableau 11.18 fournit, à titre purement indicatif, les ordres de grandeur habituels.

Tableau 11.18. Ordre de grandeur des tassements admissibles

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Nature de la construction Méthode des tranches et Méthode pressiométrique (2)
essais à l’œdomètre

Tass. total δ Δs pour 10 m δ


(mm) (mm)

Immeubles 50 1/250 à 1/1 000


1/500 (1)
– fragiles 3 3/10 000
– normaux 5 5/10 000
– souples 7 7/10 000

Locaux industriels 1/300


ossature béton ou métallique
– avec remplissage fragile 8 8/10 000
– avec remplissage ordinaire 10 1/1 000
– sans remplissage 15 1,5/1 000

Tours, mâts, cheminées inclinaison : 1/500 non précisé –

Machines vibrantes (groupe diésel,


1/5 000 non précisé –
générateur…)

(1) Valeur recommandée


(2) Les tassements différentiels admissibles par cette méthode sont 3 à 4 fois plus faibles que par la méthode
classique ;  le calcul des tassements par les deux méthodes conduit à des résultats qui sont souvent dans un
rapport similaire.

Les Eurocodes structuraux et l’annexe H de l’Eurocode 7-partie 1 fournissent aussi des infor-
mations auxquelles il convient de se reporter.

Radiers
Les radiers rigides doivent répondre aux mêmes critères que les semelles superficielles. Les
radiers souples sont dimensionnés de manière à limiter le tassement différentiel aux valeurs
admissibles. Le tassement total peut atteindre des valeurs assez élevées limitées par l’aspect
architectural et les liaisons avec l’extérieur, notamment les réseaux enterrés.

Réservoirs métalliques (figure 11.47)


La jupe repose sur une longrine annulaire ; la distorsion le long de la longrine entraîne une
déformation par torsion de la jupe. Le tassement différentiel admissible est limité à
environ 1,2 cm (0,5 pouce) par 10 m de circonférence pour les réservoirs à toit flottant et
à 2,5 cm pour les réservoirs à toit fixe.
En revanche, le tassement différentiel entre la jupe et le fond du réservoir peut atteindre des
valeurs élevées, de l’ordre de 1 % du diamètre B.
440 | Fondations superficielles

Toit flottant

Jupe
B

Fond

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Longrine
Fig. 11.47. Réservoir métallique

11.7. Déplacements et rotations –


Coefficients de raideurs
Nous nous sommes focalisés jusqu’à présent sur le déplacement vertical d’une fondation sous
l’application d’une charge verticale. On peut être amené à s’intéresser aux déformations du
sol sous d’autres sollicitations (efforts horizontaux, moments).
Il est habituel de traiter ces problèmes en définissant des ressorts :
• Kh : rapport entre la charge horizontale et le déplacement résultant. Pour des fondations
rectangulaires, on utilisera les notations KB et KL pour des translations parallèles respecti-
vement à la largeur et à la longueur de la fondation ;
• Kθ : rapport entre le moment et l’angle résultant autour de l’axe vertical (torsion) ;
• Kφ et Kψ : rapport entre le moment et l’angle résultant autour d’un axe horizontal (balance-
ment). Pour des fondations rectangulaires, on utilisera aussi les notations Kθ;B et Kθ;L pour
des rotations autour de l’axe parallèle respectivement à la largeur et à la longueur de la
fondation.

Géophysique Colonne Triaxial et œdomètre


E/Emax (cross-hole) résonnante
G/Gmax
100 %

80 %

60 %

40 %
Essais in situ
20 %

0%
1. E-06 1. E-05 1. E-04 1. E-03 1. E-02 1. E-01
Fig. 11.48. Principe de variation des modules en fonction de la déformation ε ou de la distorsion γ [11 Reiffsteck 2002]

Ces phénomènes ont notamment été étudiés pour prédire le comportement des fondations
des machines vibrantes et des structures sous sollicitations sismiques, qui seront abordés dans
le paragraphe suivant. Le sol ne présente pas un comportement élastique linéaire. Néanmoins,
Déplacements et rotations – Coefficients de raideurs | 441

dans la mesure où de nombreuses études font appel à cette loi de comportement, son domaine
d’application peut être élargi dès lors que l’on est capable de définir un module pseudo-
élastique de sol dans la gamme d’effort et de déformation considérée.
Gazetas [11 Gazetas 1983] présente des valeurs de raideurs sous différentes considérations. Le
tableau 11.19 présente les valeurs de raideurs pour une semelle circulaire posée sur un massif
élastique semi-indéfini. On notera que la raideur verticale correspond bien à la formule (34)
pour une semelle rigide.

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Tableau 11.19. Raideurs statiques d’une semelle circulaire de rayon R0 sur un massif de sol élastique semi-indéfini
[11 Gazetas 1983]

Raideur verticale Kv Raideur horizontale Kh Balancement Kφ Torsion Kθ

4 G ·R0 8 G ·R0 8 G ·R03 16 G ·R03


1−ν 2−ν 3 (1 − ν) 3

Les tableaux 11.20 et 11.21 présentent quelques configurations jugées les plus courantes.
Pour de plus amples informations, il conviendra de se reporter à la référence [11 Gazetas 1983].

Tableau 11.20. Raideurs statiques d’une fondation circulaire reposant sur un massif élastique semi-indéfini stratifié
[11 Gazetas 1983]

Tableau 11.21. Raideurs statiques d’une fondation circulaire encastrée dans un massif élastique reposant
sur un substratum [11 Gazetas 1983]
442 | Fondations superficielles

La norme NF P94-261 propose quant à elles les formules suivantes :

Tableau 11.22. Raideurs verticales et en translation d’une fondation superficielle selon [11 NF P94-261 2013]

Raideur verticale Kv Raideur horizontale Kh KB KL

E ·B 2 E ·B
Fondation circulaire
1 − ν2 (2 − ν)·(1 + ν)

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
E
KB = ·β · B ·L
E 2 (2 − ν)·(1 + ν) B
Fondation rectangulaire ·β · B ·L
2 (2 − ν2) v E
KL = ·β · B ·L
2 (2 − ν)·(1 + ν) L

0,73 E E
Fondation filante Kv ≈ KB ≈
2 (1 − ν2) (2 − ν)·(1 + ν)

0,25 0,5 0,15 0,5 0,15 0,5 0,5


avec βv = 1,55 ( BL ) + 0,8 ( BL ) ; βB = 3,4 ( BL ) + 1,2 ( BL ) ; βL = 3,4 ( BL ) + 0,4 ( BL ) + 0,8 ( BL )
Tableau 11.23. Raideurs en balancement d’une fondation superficielle selon [11 NF P94-261 2013]

Raideurs en balancement Kφ Kθ;B Kθ;L

Kφ B 2
Fondation circulaire =
Kv 6
0,5 0,5 1,9 0,5

Fondation rectangulaire
Kθ;B
≈ B 2·
0,4 L
B( ) + 0,1 ( BL ) Kθ;L
≈ B 2·
0,4 L
B ( ) + 0,034 ( BL )
Kv
βv · ( BL ) Kv
βv · ( BL )
Kθ;L
Fondation filante = 2,15 B 2
Kv

Remarque
Pour des fondations circulaires, les différentes formulations de raideurs proposées sont bien similaires en
E
considérant B = 2 R et G = .
2 (1 + ν)

11.8. Fondations des machines vibrantes


11.8.1. Introduction
Lorsque des installations industrielles incluent des machines vibrantes, un examen particulier
du comportement dynamique de ces machines est nécessaire pour définir les possibilités de
fondation.
Les installations les plus courantes concernées sont les moteurs thermiques, les turbines, les
générateurs, les compresseurs et, plus généralement, les machines tournantes.
Fondations des machines vibrantes | 443

Le problème consiste essentiellement à :


• définir les fréquences propres du système et les amplitudes maximales des déformations
(déplacements et rotations) de la machine ;
• s’assurer que les vibrations transmises par le massif au sol ne risquent pas d’entraîner des
tassements inacceptables, voire la liquéfaction du sol de fondation à plus ou moins long
terme ;
• s’assurer que les vibrations restent admissibles pour le fonctionnement et l’utilisation de la

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
machine.

11.8.2. Réponse d’une machine vibrante


[Link] . Principes du calcul
[Link] .1 . Système à 1 degré de liberté
Considérons un massif indéformable de masse m possédant deux plans de symétrie verticaux
reposant sur le sol et excité par une force sinusoïdale verticale appliquée au centre d’inertie
(figure 11.49).

m
Pv·sin ωt

A
kz

Fig. 11.49. Modèle à 1 degré de liberté

Le sol est modélisé par un ressort de raideur kz et un amortisseur de constante A.


L’équation différentielle définissant les mouvements verticaux du massif s’écrit :
m · z̈ + A · ż + kz· z = P(t) = Pv· e i ω t (51)
i ω t
En état stationnaire, la solution à une sollicitation harmonique sera z(t) = zv · e .
L’équation (51) permet de définir deux caractéristiques essentielles :
• la fréquence de résonance :
La formule (52) donne la valeur de pulsation propre du système ωn (rad/s) ; la fréquence
de résonance en est directement déduite : fn = ωn /2 π.
kz
ωn = (52)
m
• l’amplitude maximale du mouvement :
Pv
zmax = (53)
kz·[(1 − β2)2 + 4 ε2· β2]0,5
ω A
avec β = et ε =
ωn 2 kz·m
444 | Fondations superficielles

A
Le rapport d’amortissement peut encore s’écrire ε = ; Ac est l’amortissement critique
Ac
avec  Ac = 2 kz·m .
Si A est supérieur à Ac, il n’y a pas d’oscillation de la fondation.
Avec une machine rotative possédant une masse tournante m,  une vitesse de rotation ω et un
 · ω2· r et l’équation (53) devient :
excentrement r, la force appliquée est de la forme F = m
β2

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
m·r
zmax = · (53bis)
m [(1 − β ) + 4 ε2· β2]0,5
2 2

8
Facteur d’amplification dynamique fd

6
ε = 0,08

ε = 0,10
4
ε = 0,15
ε=0

2
ε = 0,20

ε = 1,00
0
1,0 2,0 ω = ω
ω0 kz
m
Fig. 11.50. Valeurs du facteur d’amplification dynamique fd

Remarquons encore que l’équation (53) peut s’écrire :


F 1
zmax = fd · avec fd = (54)
kz [(1 − β ) + 4 ε2· β2]0,5
2 2

La figure 11.50 fournit la valeur du facteur d’amplification dynamique fd en fonction du


rapport d’amortissement ε et du rapport des fréquences ω /ωn. On constate que les facteurs
d’amplification sont faibles si ω /ωn < 0,5 ou si ω /ωn > 1,5.
Ce résultat est primordial puisqu’il permet de se mettre à l’abri de vibrations gênantes même
si la valeur du coefficient d’amortissement n’est pas connue. En effet, le rapport ω /ωn  =
ω /[(kz /m)0,5] peut être modifié en faisant varier le poids m du massif. En général, le plus
pratique est d’alourdir le massif de fondation de façon que ω /ωn soit supérieur à 1,5.
En pratique, le rapport du poids du massif au poids de la machine varie entre 2 et 5.
Fondations des machines vibrantes | 445

[Link] .2. Système général à 6 degrés de liberté


Dans le cas le plus général, le système possède 6 degrés de liberté ; l’action du sol peut être
représentée par 6 ressorts et 6 constantes d’amortissement. La résolution du système, c’est-à-
dire la détermination des fréquences de résonance et de l’amplitude des déformations maxi-
males, fait appel à des moyens de calcul très spécialisés.
Notons qu’il existe d’autres approches que celle exposée ci-dessus [11 Pecker 1984].

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
[Link]. Paramètres « dynamiques » du sol
Comme sous sollicitations statiques, le comportement du sol reste lié au caractère drainé ou
non drainé des sols et à l’amplitude de déformation, comme présenté dans la figure 11.48.
Naturellement, la vitesse d’application des efforts amène souvent à condidérer un comporte-
ment non drainé du sol.

[Link].1 . Coefficient de raideur


Les coefficients de raideur des ressorts sont reliés aux coefficients de réaction par les relations
données dans le tableau 11.24, où S est l’aire de la fondation en m2, IOx, IOy, IOz sont les
moments d’inertie de la surface d’appui au sol par rapport aux axes Ox, Oy et Oz.
Les symboles utilisés dans le tableau 11.25 pour désigner les coefficients de réaction (ou
module de réaction selon le langage courant) sont ceux habituellement utilisés en dynamique.
En particulier, le coefficient de réaction dynamique Cz est similaire au coefficient de réaction
verticale statique kv avec lequel le géotechnicien est familiarisé.
Tableau 11.24. Paramètres dynamiques du sol

Type de déplacement Raideur Coefficient de Relation


du ressort K réaction dynamique C entre K et C

(N/m) (Pa/m)
Déplacement horizontal
dans deux directions perpendiculaires Kx Cx Kx = S ·Cx
Ky Cy Ky = S ·Cy

Déplacement vertical Kz Cz Kz = S ·Cz

(m·N/rad) (Pa/m/rad)
Basculement
rotation autour de deux axes perpendiculaires Kψ Cψ Kψ = IOx·Cψ
Kφ Cφ Kφ = IOy·Cφ

Lacet
rotation autour d’un axe vertical Kθ Cθ Kθ = IOz·Cθ

Les coefficients de raideur dépendent des dimensions de la fondation et des caractéristiques


du sol (module, coefficient de Poisson). Le tableau 11.25 donne la valeur des différents coef-
ficients de raideur pour une semelle circulaire rigide de rayon R et pour une semelle rectan-
gulaire (B × L) rigide.
446 | Fondations superficielles

Tableau 11.25. Raideur équivalente pour un milieu semi-indéfini

Mouvement Semelle rigide circulaire Semelle rigide rectangulaire

16 (1 − ν)·E ·R Kx,y =
E
·β · B ·L
Horizontal x ou y Kx,y =
(7 − 8 ν)·(1 + ν) 2 (1 − ν2) x,y

2 E ·R E
Vertical Kz = Kz = ·β · B ·L
1 − ν2 2 (1 − ν2) z

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
2 E ·R 3 E
Basculement ψ ou φ Kψ,φ = Kψ,φ = ·β ·B 2· B ·L
3 (1 − ν2) 2 (1 − ν2) ψ,φ

8 E ·R 3
Lacet θ Kθ =
3 (1 + ν)

Les valeurs de βz, βx,y, βψ,φ sont données par la figure 11.51.

βz βψ,φ
βx,y

βz
= 0,1
our ν
β x,y p
2 1
r ν = 0,3
β x,y pou

r ν = 0,5
β x,y pou

β ψ,φ
1 0,5

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 L/B

Fig. 11.51. Valeurs des coefficients β en fonction de L/B

[Link].2. Coefficient d’amortissement


Connaître le coefficient d’amortissement n’est pas toujours indispensable pour définir la
fréquence de résonance puisque celle-ci est peu modifiée par un amortissement modéré
(figure 11.50).
En revanche, l’amplitude des déformations dépend directement du coefficient d’amortisse-
ment. Ce coefficient peut être déterminé expérimentalement à l’aide d’essais de plaque dyna-
miques [NF P94-117-2 2004].

[Link]. Tassements dus aux vibrations


Les machines vibrantes reposent généralement sur des massifs en béton à forte inertie permet-
tant d’obtenir une fréquence propre éloignée de la fréquence de fonctionnement de la
Dispositions constructives | 447

machine. En outre, les sollicitations sont trop brèves pour entraîner des tassements de consoli-
dations dans les sols argileux.
Les tassements peuvent être provoqués soit par liquéfaction ou par un compactage par vibra-
tion des sables lâches et des remblais, soit par fluage des argiles molles correspondant à des
déformations à volume constant.
Aussi est-il déconseillé de fonder directement des machines vibrantes sur :

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
• des sables plus ou moins silteux lâches,
• des remblais non ou médiocrement compactés,
• des argiles molles.
Une solution de fondation ou de renforcement de sol adaptée à la nature du sol doit être
recherchée (pieux, colonnes ballastées, jet-grouting, substitution de sol, etc.) ; ces techniques
sont décrites dans les chapitres suivants.
Les risques de tassement sous la charge critique doivent être examinés, mais les contraintes
statiques transmises au sol sont généralement faibles et de l’ordre de quelques dizaines
de kilopascals.

Remarque
Nous nous sommes limités à un aperçu des problèmes de fondations propres aux machines vibrantes. Le
lecteur confronté à cette question devra procéder à une recherche plus approfondie dans les publications
spécialisées et surtout ne pas hésiter à faire appel à un expert en « dynamique » des sols.

11.9. Dispositions constructives


11.9.1. Règle des 3 pour 2
Il est admis, lorsque des fondations sont assises à des niveaux différents, de respecter la règle
dite des 3 pour 2, tel que représenté par la figure 11.52.

β ≤ 34° (pente de 3 de base pour 2 de hauteur)

Fig.11.52. Dispositions relatives à l’emplacement des fondations [11 NF P94-261 2013]

11.9.2. Protection contre le gel


Pour les matériaux relativement peu perméables, le gel de l’eau contenue dans les sols provo-
quera une augmentation de volume, et donc un soulèvement. Par ailleurs, l’eau peut se
concentrer sous forme de lentilles de glace ce qui, lors du dégel, peut provoquer une perte de
portance du sol.
448 | Fondations superficielles

Pour se prémunir de tels effets, la solution la plus couramment utilisée est de fonder les fonda-
tions à une profondeur telle que le front de gel n’atteigne pas la base des fondations.
La définition de la profondeur hors-gel H0 est représentée par la figure 11.53.

D ≥ H0
D ≥ H0

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
D ≥ H0 /sin β
β

Fig. 11.53. Profondeur de mise hors-gel H0 [11 NF P94-261 2013]

La carte de la figure 11.54 donne les profondeurs minimales d’encastrement H0 à respecter


en France métropolitaine lorsque l’altitude est inférieure à 150 m, ceci pour éviter l’influence
néfaste du gel. Cette carte ne tient pas compte de la nature du sol.
La correction d’altitude à adopter au-delà de 150 m est la suivante :
A − 150 (55)
H = H0 +
4 000
avec A l’altitude ; H, H0 et A sont exprimés en mètres.
Quel que soit le type de sol, l’encastrement minimal ne sera pas inférieur à 0,50 m.
Pour plus de précisions, on se reportera à l’annexe O de la norme NF P94-261.

0,5
0,7

0,8
0,7
0,6 0,9
0,5

0,6 0,7

0,5
0,8
0,7
0,7

0,6 0,6
0,5

0,5
0,5

Fig. 11.54. Carte indicative de profondeur minimale de mise hors-gel H0 pour une altitude inférieure à 150 m
[11 NF P94-261 2013]
Dispositions constructives | 449

11.9.3. Dispositions constructives spécifiques relatives aux sols


gonflants et rétractables
Lorsque les fondations reposent sur des sols gonflants et rétractables (voir chapitres 5 et 6), la
mise hors gel est insuffisante pour se prémunir contre les mouvements différentiels causés par
le retrait et le gonflement des sols argileux sous les variations saisonnières ou accidentelles de
teneur en eau.

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
La première étape consiste à identifier le risque et à le quantifier. Des essais adaptés doivent
être réalisés.
L’essai œdométrique permet de repérer les sols gonflants et rétractables [11 Philipponnat 1978].
L’essai de gonflement à l’œdomètre (norme XP P94-091) permet de mesurer le potentiel de
gonflement d’un sol situé dans un état d’humidité donné et l’essai de retrait (norme
XP P94-060-2) [11 Philipponnat 1991] permet d’évaluer les « tassements » qui risquent de se
produire sous l’effet du retrait. Ces essais sont traités en détail dans le chapitre 6. Le relevé du
profil hydrique apporte également des renseignements très utiles.
À moins de fondations profondes, des dispositions constructives particulières doivent être
prises. Elles ont pour but soit d’obtenir un état d’humidité constant sous le niveau d’assise,
soit de permettre à la structure de s’adapter aux déformations, soit une combinaison des deux.
Les précautions les plus courantes, applicables en France métropolitaine, sont les suivantes :
• fondations par semelles continues armées et de forte inertie ;
• hauteur d’encastrement minimum conseillée : 1,5 m ;
• coulage des fondations à pleine fouille pour éviter les infiltrations préférentielles dans les
remblais des fouilles ;
• éloignement des plantations d’arbres ; le retrait provoqué par l’action de succion des
racines se fait sentir jusqu’à une distance de 1 à 1,5 fois la hauteur de l’arbre adulte et
même parfois plus pour certaines essences ;
• drainage des eaux de circulations saisonnières si elles existent ; le système de drainage doit
être indépendant et éloigné de plusieurs mètres des fondations ; en revanche, il faut éviter
de perturber un niveau phréatique établi ;

Éloigner les Rigidifier la Joint de Maîtriser les Limiter


arbres (ou écrans structure rupture eaux pluviales l’évaporation
antiracines) (chaînages) près des maisons

Éviter les fuites Sous-sol Ancrage minimal des Pas de drainage


de canalisations général ou fondations (0,80 à 1,20 m) trop proche
enterrées vide sanitaire homogène entre amont et aval

Fig. 11.55. Dispositions constructives forfaitaires permettant de limiter les risques liés
au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux (document BRGM)
450 | Fondations superficielles

• réalisation d’une forme étanche au pourtour de la construction ;


• plancher bas sur vides sanitaires (les dallages sont à éviter et les cloisons sur dallage sont à
proscrire, sauf avec une désolidarisation totale de la structure) ;
• chaînages soignés des constructions ; conçus de manière à rigidifier la structure ;
• joints complets rapprochés sur les bâtiments allongés et à chaque aile de bâtiment.
Notons encore que les constructions implantées sur les pentes sont particulièrement exposées,
puisque le retrait-gonflement provoque des phénomènes de solifluxion (voir chapitre 9). Il

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
convient, en particulier, d’éviter les sous-sols enterrés à l’amont et à niveau côté aval.

11.10. Fondations semi-profondes


11.10.1. Définition et description des sollicitations
Les fondations semi-profondes sont constituées par des massifs en béton ou béton armé
coulés en pleine fouille, du moins dans leur partie inférieure. Leur encastrement équi-
valent De /B est compris entre 1,5 et 5. Généralement, leur profondeur est comprise entre 2
et 6 m.
Ce mode de fondation est utilisé lorsqu’une couche, située de préférence au-dessus du niveau
de la nappe et présentant des caractéristiques mécaniques intéressantes, est rencontrée à une
profondeur modérée. Si la nappe est présente, la réalisation devient délicate.
Dans un sol homogène, les fondations semi-profondes permettent d’augmenter la capacité
portante et de réduire les tassements sous les charges verticales ; elles permettent la reprise
d’efforts latéraux importants et, dans certaines conditions, la reprise d’efforts d’arrachement.
Elles permettent également de se mettre à l’abri des risques de retrait-gonflement.
Ces massifs sont étudiés en fonction des sollicitations prédominantes qui peuvent être :
• une charge de compression verticale : par exemple, les fondations d’immeuble à ossature
en béton armé ;
• un effort d’arrachement : par exemple, M
les fondations de supports tétrapodes
V
de lignes à haute tension ;
• des efforts latéraux : effort horizontal
H
et moment de renversement : par
exemple, les fondations de mâts et
pylônes monopodes.

Réaction
normale
du terrain
Réaction
tangentielle
du terrain

Fig. 11.56. Fondations semi-profondes [11 NF P94-261 2013]


Fondations semi-profondes | 451

11.10.2. Fondations semi-profondes soumises à une charge verticale


centrée

[Link] . Réaction verticale normale à la base


La valeur maximale de la réaction verticale normale à la base correspond à la contrainte qnet
mobilisable sous une fondation.

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
qnet = kp · p*le ou qnet = kc · qce (56)
La valeur de De /B servant à déterminer la valeur de kp est bornée à 2,5.
Pour des pressions inférieures à la pression maximale, on considère une proportionnalité
entre pression et déplacement.

[Link]. Frottement vertical sur les faces latérales


Si l’on peut concevoir qu’une fondation semi-profonde se rapproche d’une fondation
profonde, il convient d’être prudent sur la prise en compte du frottement vertical, notam-
ment en fonction des conditions d’exécution, de la hauteur de gel, de la hauteur des sols
sensibles au retrait-gonflement, etc. Le fascicule 62 [11 Fascicule n°62 titre V 1993] neutra-
lisait une hauteur minimale de 1,5 B, afin de tenir compte de la déconsolidation du sol en
cours de travaux. Cette valeur semble néanmoins exagérée lorsque la largeur de la fondation
dépasse 1 m. Une valeur forfaitaire de 1 à 1,5 m paraît plus correcte.
Lorsqu’un frottement vertical est retenu, il est loisible de retenir une loi de comportement
élastoplastique basée sur les valeurs de frottement maximal et de relation effort-
déplacement (kh) établies pour des fondations profondes et tirées de la norme NF P94-262
(voir chapitre 12).

11.10.3. Fondations semi-profondes soumises à un effort


d’arrachement

[Link] . Domaine d’application – Types de massif étudiés


En général, les efforts d’arrachements sur les fondations semi-profondes, et a fortiori superfi-
cielles, ne sont pas autorisés et sont équilibrés par un lestage des structures ou des fondations.
Toutefois, et depuis plusieurs décennies, les constructeurs de lignes électriques aériennes
utilisent des massifs semi-profonds conçus pour reprendre des efforts d’arrachement parfois
considérables (1 000 à plus de 3 000 kN). Nous nous limiterons à exposer les principes des
méthodes de dimensionnement de ces massifs détaillées dans la référence [11 Edf-Cert 1996].
Trois types de massifs, de forme parallélépipédique, sont utilisés :
• massifs à redans pour les sols meubles cohérents (figure 11.57a) ;
• massifs sans redan pour des sols pulvérulents (figure 11.57b) ;
• massifs pour terrains rocheux (figure 11.57c).
452 | Fondations superficielles

Qft Qft Qft


ø

0,40

≥0,70
Terrain Terrain Couverture Dh
Remblai en place Remblai en place
ø D
ø
D D Rocher b h´
franc

h a

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
a a

a) Massif à redans b) Massif sans redan c) Massif pour terrain rocheux

Fig. 11.57. Types de fondations pour reprise d’effort d’arrachement

[Link]. Détermination de l’effort d’arrachement à la rupture Qft


La méthode décrite succinctement ci-après est tirée des directives EDF [11 Edf-Cert 1996].
Les notations qui suivent sont également fidèles à ces directives.
L’effort d’arrachement à la rupture est la somme de deux termes :
• un terme de poids propre Pt, correspondant au poids du massif et des terres qu’il supporte,
• un terme de frottement Q l correspondant à la résistance au cisaillement mobilisé dans le
sol ou le remblai, entre la base de la fondation et la surface.
La formule générale s’écrit donc :
Qft = Pt + Q l (57)

[Link].1 . Justification d’un massif à redans pour sol cohérent


Le redan doit être taillé dans le sol en place ; c’est la raison pour laquelle l’usage de ces massifs
est limité aux sols possédant une certaine cohésion. Dans ces conditions, le terme de frotte-
ment mobilise la résistance du sol en place.
Pt est le poids total, éventuellement déjaugé, du massif en béton et des terres situées au-dessus
de la base rectangulaire de dimensions a et b.
Q l est déterminé en considérant la résistance au cisaillement du sol sur les plans verticaux
situés à l’aplomb du contour de la base et en supposant que la contrainte horizontale n’est pas
perturbée par la réalisation du massif. La formule (58) fournit la valeur de Q l.
Q l = P · D ·(c´ + 0,5 γ · D ·K0 · tan φ´) (58)
avec P : périmètre de la base du massif = 2 (a + b) ;
D : profondeur d’encastrement de la fondation ;
γ : poids volumique moyen du sol en place sur la hauteur D ;
c´ : cohésion effective moyenne sur la hauteur D ;
φ´ : angle de frottement interne moyen sur la hauteur D ;
K0 : coefficient de pression des terres au repos.
Fondations semi-profondes | 453

[Link].2. Justification d’un massif sans redan


Pt est calculé comme précédemment. En revanche, la valeur de Q l est différente car le frotte-
ment est supposé se mobiliser au contact du remblai et du sol en place.
Q l = P · h ·[c´ + 0,5 γ ·(2D − h)·K0· tan φ´] + P ·(D − h)·[c´r + 0,5 γ ·(D − h)·Ka· tan φ´r] (59)
avec h : hauteur du massif coulé pleine fouille (voir figure 11.57b) ;
c´r : cohésion du remblai (généralement égale à 0) ;

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
φ´r : angle de frottement interne du remblai ;
π φ
Ka : coefficient de poussée des terres, égal à tan2 − .
4 2 ( )
[Link].3. Justification d’un massif pour terrain rocheux
Ce type de massif ne convient que pour des rochers francs non altérés et non fissurés. Le
massif est coulé en pleine fouille. Pt est négligé et Q l = Qft est donné par la formule (60) qui
exprime la résistance mobilisable par frottement latéral.
q
Q l = 2 (a + b)·(h´ − 0,30)· s (60)
1,4
avec a et b : dimensions transversales du massif rectangulaire ;
h´ : hauteur d’ancrage dans le rocher ;
0,30 : réduction forfaitaire pour tenir compte d’une altération superficielle ;
qs : frottement latéral selon les abaques pressiométriques (chapitre 12) ;
1,4 : coefficient réducteur pour tenir compte de la proximité de la surface.

Remarques
1. L’utilisation de ces méthodes de calcul suppose que soient respectées les prescriptions figurant dans les
directives précitées relatives à la conception et à leur réalisation (notamment pour le remblaiement des
fouilles).
2. Les coefficients de sécurité à appliquer sur les charges de rupture déterminées ci-dessus dépendent des
règlements spécifiques aux ouvrages concernés par ces fondations.

11.10.4. Fondations semi-profondes soumises à un effort latéral

[Link] . Réaction normale frontale horizontale


La réaction normale maximale doit être bornée à la butée limite ou à la pression limite du
terrain en place.
Pour des pressions inférieures aux valeurs maximales, il convient de retenir une proportion-
nalité entre pression et déplacement.

Remarque
La proportionnalité entre pression et déplacement n’est normalement valable que jusqu’à la pression de
fluage.
454 | Fondations superficielles

[Link]. Frottement horizontal à la base de la fondation


On considère un frottement maximal identique à celui d’une fondation superficielle et régi
par la cohésion et le frottement du sol avec, là encore, une proportionnalité entre effort et
déplacement du massif.

[Link]. Frottement horizontal sur les faces latérales

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
On pourra retenir un comportement similaire au frottement vertical sur les faces latérales du
massif, comme décrit précédemment.

11.10.5. Déplacement et rotation d’une fondation semi-profonde


L’ensemble des réactions locales du sol étant défini par des lois élastoplastiques avec une
proportionnalité effort/déplacement jusqu’à l’atteinte d’un palier, le massif de fondation peut
être représenté par la figure 11.58.
On rappellera que le sol ne travaille pas en traction et qu’aucun frottement n’est mobilisé tant
que la contrainte normale est considérée nulle.

Réaction du terrain Mk
à considérer en fonction
des conditions d’exécution Vk
x Hk
Terrain naturel

y
Réaction
tangentielles

Réaction
normales

xG ; yG ; θ

Fig. 11.58. Schéma de calcul d’une fondation semi-profonde [NF P94-261 2013]

Le problème consiste alors à déterminer les coordonnées du centre de rotation et la rotation


de la fondation considérée comme un bloc rigide.

11.10.6. Situations de calcul et vérifications


Les vérifications sont à mener sous ELS et sous ELU.
Sous ELS, on vérifie que les déplacements et les rotations du massif sont acceptables par
rapport aux exigences définies et que les contraintes locales appliquées au sol n’atteignent pas
le fluage.
Fondations semi-profondes | 455

Sous ELU, les vérifications sont menées en appliquant les coefficients de sécurité partiels
présentés ci-dessous.

Tableau 11.26. Valeurs des coefficients partiels appliquées sur les résistances locales [NF P94-261 2013]

Valeurs des coefficients partiels γR;d

Loi d’interaction locale

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Tangentielles
Normale à la base Normale aux faces
ELU à l’ensemble des faces
de la fondation du fût
de la fondation

Phases durable et transitoire 2,0 1,4 1,1

Phase accidentelle 1,4 1,1 1,0

11.10.7. Exemples de fondations semi-profondes soumises


à des efforts latéraux et de renversement
Il existe de nombreuses méthodes pour calculer les massifs de fondation soumis à des efforts
de renversement, notamment les trois méthodes décrites ci-après.

[Link] . Méthode de M. Cassan


Les essais de chargement ont montré que, dans un sol homogène, le massif a tendance à
pivoter autour d’un centre de rotation (point C de la figure 11.59) dont la position est
variable mais reste généralement voisine de la mi-hauteur du massif.
Les efforts sont supposés être dirigés selon un axe de symétrie du massif et les coefficients de
réaction sur les faces latérales kh et kv sont supposés connus. Il est alors possible de déterminer
la rotation de ce massif ainsi que la répartition des contraintes sur son pourtour, de façon que
celles-ci équilibrent les forces extérieures. La méthode de calcul a été exposée par M. Cassan
[11 Cassan 1978] tant pour des sols homogènes que pour les multicouches.

V
M0

Fh0
x
Kh z

C D

Kv

a
Fig. 11.59. Méthode de M. Cassan
456 | Fondations superficielles

[Link]. Méthode du réseau d’état


Lorsque les sollicitations horizontales s’exercent simultanément selon deux directions (Fx
et Fy), une approche souvent utilisée pour les massifs parallélépipédiques (notamment pour
les pylônes et mâts monopodes) est la méthode du réseau d’état : elle suppose que le massif
bascule au niveau de sa base (point O de la figure 11.60).

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Fx

Hx hx V

W
h Pa Pp
x
O
x
qmax
p

Fig. 11.60. Méthode du réseau d’état

La contrainte maximale sous la base qmax, dont la détermination est complexe, est fournie par
la table de Pohl dont un extrait condensé est présenté au tableau 11.27.
V+W
qmax est calculé à partir de : qmax = μ · , où V est la sollicitation verticale, W le poids du
a ·b
massif, a et b la largeur et la longueur du massif, ex et ey les excentricités générées par les efforts
horizontaux Fx et Fy ; μ est trouvé à partir de la table de Pohl.

Tableau 11.27. Extrait de la table de Pohl - valeurs de μ

ey /b

0,48 33,3 44,9 54,3 62,3 78,1 93,8 134 188 469

0,46 16,7 22,5 27,2 31,1 39,1 46,9 67 93,8 234

0,4 6,67 8,99 10,9 12,5 15,6 18,8 26,8 37,5 93,8

0,3 3,33 4,49 5,43 6,23 7,81 9,38 13,4 18,8 46,9

0,2 2,22 2,99 3,62 4,14 5,19 6,23 8,90 12,5 31,1

0,1 1,6 2,2 2,63 2,99 3,74 4,49 6,42 9,99 22,5

0 0 1,6 1,96 2,22 2,78 3,33 4,78 6,67 16,7

ex /a 0 0,1 0,16 0,2 0,26 0,3 0,36 0,4 0,46

La butée des terres Pp s’exerce sur la face frontale et la poussée Pa sur la face arrière.
Fondations semi-profondes | 457

Le dimensionnement est réalisé de façon que qmax < qref.


Bien que reposant sur une hypothèse peu satisfaisante de rotation du massif, cette méthode,
décrite dans [11 Edf-Cert 1996], semble assez sécuritaire et est largement validée par l’expé-
rience. Toutefois, elle ne donne aucune indication sur les déformations du massif.

[Link]. Méthode simplifiée

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
L’effort horizontal en tête T0 est équilibré par la réaction frontale Ph et par la résultante Hd de
la résistance au cisaillement sur la base de la norme NF P94-261. Ph est la résultante de p(z)
(figure 11.61).
Q

M0
T0

D0

D
Ph Vd

kp. σ´v0
Hd

p(z)
q´min

q´max

Fig. 11.61. Méthode simplifiée

Le moment M0 est équilibré par le moment résistant dû à Ph et par celui dû à une répartition
trapézoïdale ou triangulaire des réactions verticales sur la base.
Rh;d est donné par les formules (29a et b) (voir § 11.4) :

• en conditions non drainées : Rh;d = min


A´· cu;k
γR;h· γR;d;h
; 0,4 Vd ( ) (29a)

Vd · tan δa;k
• en conditions drainées : Rh;d = (29b)
γR;h· γR;d;h

La valeur de p(z) est donnée par la formule (61) :


p(z) = min[kp· σ´v0(z); kh(z)· δ] (61)
où : kp· σ´v0(z) représente la contrainte de butée à la profondeur z ;
kh(z) : coefficient de réaction surfacique horizontal pour une surface de dimensions B
et D, B étant la longueur frontale du massif ;
δ : déplacement horizontal admissible supposé constant sur la hauteur du massif.
458 | Fondations superficielles

Remarques
1. Il est admis que la loi de mobilisation du frottement latéral sur la base de la fondation soit du type élasto-
plastique ; c’est-à-dire que Rh;d est mobilisé quel que soit le déplacement non nul.
2. La réaction frontale p(z) est négligée sur la hauteur D0 sur laquelle le sol est susceptible d’être remanié ou
soumis à des modifications climatiques pouvant altérer cette réaction (hauteur de gel, hauteur sensible au
retrait des argiles, etc.).

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
3. L’expression p(z) = kh(z)·δ conduit à une pression frontale constante dans un milieu homogène (tant que
la butée n’est pas atteinte).
4. Pour les structures sensibles aux déformations, la formule (61) est souvent remplacée par la formule
suivante :
p(z) = K · σ´v0(z) (62)
K est habituellement limité à une valeur telle que K0 ≤ K ≤ 1.
Fondations semi-profondes | 459

Bibliographie

[11 Absi 1972] ABSI E., Études de problèmes particuliers – parties I et IV, Annales I.T.B.T.P. n° 265, 1970
et n° 289, 1972.
[11 Canépa 2004] CANÉPA Y., GARNIER J., Études expérimentales du comportement des fondations

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
superficielles. État de l’art, Symposiums internationaux sur l’identification et la détermination des para-
mètres des sols et des roches pour les calculs géotechniques, les fondations superficielles et l’amélioration
des sols, volume 2, pp155-260, 2004.
[11 Cassan 1978] CASSAN M., Les essais in situ en mécanique des sols, Eyrolles, 1978.
[11 Cfms 2011] CFMS, Recommandations sur la conception, le calcul, l’exécution et le contrôle de fonda-
tions d’éoliennes, CFMS, 2011.
[11 Edf-Cert 1996] EDF-CERT, Directives techniques pour l’étude et la construction de lignes aériennes,
tome V, fondations des pylônes, CERT-EDF, 1996 (mise à jour 2000).
[11 Fascicule n°62 titre V 1993] Ministère de l’Équipement, du Logement et des Transports, Règles
techniques de calcul et de conception des fondations des ouvrages de génie de civil, Fascicule 62, titre V, Textes
Officiels, n° 93-3, 1993.
[11 Frank 1999] FRANK R., Calcul des fondations superficielles et profondes, Presses de l’ENPC,
Techniques de l’ingénieur, 1999.
[11 Gazetas 1983] GAZETAS G., Analyse of machine foundation vibrations, Soil Dynamics and
Earthquake Engineering, 1983.
[11 Giroud 1973] GIROUD J.P., NHIEM T.V. et OBIN D., Tables pour le calcul des fondations, Dunod,
1973.
[11 Gonin 1992] GONIN H., VANDANGEON P., LAFEUILLADE M.P., « Étude sur les corrélations
entre le standard penetration test et le pressiomètre », Rev. Fran. Géotech. n° 58, 1992.
[11 Leonards 1968] LEONARDS G.A., Les fondations, Dunod, 1968.
[11 Magnan 2004] MAGNAN Y., DRONIUC N. et CANEPA Y., Les méthodes de calcul de la portance
des fondations superficielles, Symposiums internationaux sur l’identification et la détermination des para-
mètres des sols et des roches pour les calculs géotechniques, les fondations superficielles et l’amélioration
des sols, volume 2, pp79-154, 2004.
[11 Mataar 1977] MATAAR M. et SALENCON J., Capacité portante d’une semelle filante sur sol pure-
ment cohérent d’épaisseur limitée et de cohésion variable avec la profondeur, Annales de l’ITBTP, n° 352,
1977.
[11 Ménard 1975] MÉNARD L., Règles d’utilisation des techniques pressiométriques et d’exploitation des
résultats obtenus pour le calcul des fondations, Notice générale D60, Société L. Ménard, 1975.
[11 Peck 1974] PECK R.B., HANSON W.E. et THORNBURN T.H., Foundation Engineering,
John Wiley & sons, 1974.
[11 Pecker 1984] PECKER A., Dynamique des sols, Presses ENPC, 1984.
[11 Philipponnat 1978] PHILIPPONNAT G., Désordres dus aux argiles gonflantes dans la région pari-
sienne, Annales de l’ITBTP, 1978.
[11 Philipponnat 1991] PHILIPPONNAT G., « Retrait-gonflement des argiles, proposition de
méthodologie », Rev. Fran. Géotech. n° 57, oct. 1991.
[11 Reese 2005] REESE L., ISENHOWER W. et WANG S.T., Analysis and Design of Shallow and Deep
Foundations, Wiley, 2005.
[11 Reiffsteck 2002] REIFFSTECK P., Nouvelles Technologies d’essai en mécanique des sols – État de l’art,
Symp. Int. PARAM 2002, Paris, Presses de l’ENPC, 2002.
460 | Fondations superficielles

[11 Sanglerat 1972] SANGLERAT G. et GENDARME G., The penetrometer and soil exploration,
Elsevier, 1972.
[11 Skempton 1967] SKEMPTON A. W. et BJERRUM L., « A contribution to the settlement analysis
of foundations on clays », Rev. Géotechnique, déc. 1967.
[11 Tcheng 1957] TCHENG Y., Fondation superficielle en milieu stratifié, Proc. 5th Inter. Conf. On Soil
Mech. And Found. Eng. Londres Vol. I (p. 449-452). Butterworths, 1957.
[11 Terzaghi 1961] TERZAGHI K. et PECK R.B., Mécanique des sols pratique, Dunod, 1961.

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Nota : l’ensemble des références de la bibliographie normative citée dans l’ouvrage est regroupé
dans l’annexe J.
CHAPITRE 12

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Fondations profondes

12.1. Description, comportement et


principes de justifications
12.1.1. Définitions
Les fondations profondes sont caractérisées par la manière dont le sol est sollicité pour résister
aux charges appliquées, par des méthodes d’exécution qui font appel à des technologies et à
des entreprises spécialisées et par un fort élancement.
Par définition, une fondation est considérée comme profonde lorsque De /B est supérieur à 5 ;
B est la largeur de la fondation et De est la hauteur d’encastrement équivalente déterminée
selon une méthode exposée par la suite (voir partie [Link]) et similaire à celle utilisée pour
les fondations superficielles.
Dans un souci de simplification, l’ensemble des différents types de fondations profondes est
souvent désigné par le terme générique pieu.

12.1.2. Comportement des fondations profondes


12.1 .2.1 . Comportement sous charge axiale
Les nombreux essais de chargement réalisés au cours des dernières décennies sur des pieux
instrumentés ont permis de bien comprendre le comportement d’une fondation profonde
soumise à des charges verticales croissantes et de différencier le comportement en pointe du
pieu de celui le long du fût.

12.1 .2.1 .1 . Résistance limite de pointe


Considérons un pieu pénétrant d’une hauteur h dans la couche d’ancrage. Si une charge
croissante est transmise à la base de ce pieu, la courbe charge/enfoncement (figure 12.1a) aura
une allure identique à celle correspondant au chargement d’une fondation superficielle (voir
462 | Fondations profondes

chapitre 11). Des tassements de plus en plus importants se produiront et la résistance limite


en pointe Rb sera atteinte conventionnellement pour un enfoncement de B/10, B étant la
largeur ou le diamètre du pieu.
qpu qp qs τ

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
s s

a) Résistance de pointe b) Frottement latéral

Fig. 12.1. Relation contrainte/déformation

12.1 .2.1 .2. Mobilisation du frottement latéral


En fonction du déplacement relatif entre le pieu et le sol avoisinant, la mobilisation du frot-
tement latéral unitaire τ obéit à un comportement tout à fait différent (figure 12.1b), puisque
le déplacement n’est plus dû à un tassement du sol mais à une distorsion par cisaillement.
Il apparaît que le frottement latéral se mobilise rapidement, et proportionnellement au dépla-
cement, pour atteindre une quasi-stabilisation correspondant au frottement axial limite qs.
Ce palier est obtenu pour des déplacements faibles compris généralement entre 5 et 15 mm.
La figure 12.2 ci-contre présente les résultats expérimentaux de différents essais de charge-
ment de pieux.

12.1 .2.1 .3. Mobilisation progressive de la résistance du sol


Le comportement du pieu soumis à des charges croissantes a été mis en évidence par
H. Cambefort [12 Cambefort 1964 et 1971] et découle des éléments présentés dans les para-
graphes précédents.
En équipant le pieu d’essai avec des extensomètres répartis à différentes profondeurs d1, d2,
d3, etc. il est possible de connaître les charges Q1, Q2, Q3, etc. transmises à chaque niveau
pour chaque étape de chargement (figure 12.3).

Coupe du sol Effort dans le pieu


Q
0 0 500 1 000 1 500 2 000 kN
d1

Sable
légèrement limoneux Q1
d2

3
+ traces végétales
Profondeur en m

et argile noire sableuse Q2


d3

6 6
Sable
Q3 9

fin
Q4 12

beige 15
15

Fig. 12.3. Transmission des charges dans un pieu – résultats expérimentaux (d’après H. Cambefort)
Description, comportement et principes de justifications | 463

250

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
200
Frottement latéral en kPa

150

100

50

0
0 5 10 15
Déplacement du fût en mm
Fig. 12.2. Mobilisation de frottement latéral – résultats expérimentaux

La part reprise en frottement latéral, par exemple entre les profondeurs d1 et d2, est Q1 − Q2
et le frottement unitaire τ mobilisé entre ces deux niveaux est donné par :
Q1 − Q2
τ= (1)
P·(d2 − d1)
P étant le périmètre du pieu.
L’examen des essais de chargement montre que le processus de mobilisation de la résistance
découle des lois respectives contraintes/déformations en frottement latéral et en pointe
(figure 12.3).
464 | Fondations profondes

Compte tenu de la déformabilité propre du pieu, le frottement latéral se mobilise d’abord


dans la partie supérieure, proportionnellement au déplacement relatif du pieu et du sol,
absorbant ainsi la charge appliquée. Ensuite, le frottement latéral unitaire atteint sa valeur
maximale qs et reste pratiquement constant quel que soit le déplacement supplémentaire.
Les faibles charges sont donc entièrement reprises par la mobilisation du frottement latéral
dans les couches supérieures. Les contraintes transmises à la pointe sont nulles. Lorsque la
charge Q augmente, le frottement latéral qs étant déjà mobilisé dans les couches supérieures,

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
l’accroissement de charge est repris par la mobilisation de qs en profondeur et par une mobi-
lisation progressive de l’effort de pointe.
Enfin, pour les charges élevées, le frottement latéral est mobilisé en totalité sur tout le fût et
la rupture se produit lorsque l’effort de pointe est à son tour totalement mobilisé.
Il en résulte que, lorsque les pieux ne sont pas fichés dans un substratum rocheux ou du
moins très résistant, c’est le frottement latéral qui est mobilisé en premier et ceci pour un très
faible déplacement, la résistance de pointe constituant une réserve de sécurité vis-à-vis de la
rupture.
Pour des charges de traction, la résistance de pointe n’intervient pas et seul le frottement
latéral est mobilisé.

12.1 .2.2. Comportement sous sollicitations transversales


L’étude du comportement des pieux sous charges transversales repose sur des essais de charge-
ment en vraie grandeur en nombre limité et sur des essais réalisés sur modèles réduits.
Lorsqu’on applique progressivement et par paliers une charge transversale sur un pieu vertical,
on observe généralement en premier lieu un déplacement du pieu proportionnel à la charge
appliquée. Au-delà d’un certain effort, les variations de déplacements s’accélèrent et les durées
de stabilisation des déplacements sous un effort donné augmentent.

Système Effort Déplacement


de par rapport à la
réaction Rotule base repère
Sol

Pieu
2,5 B Extensomètres
éventuels Essai
préalable
Inclinomètre
éventuel

a équipement du pieu : vue en coupe

Mesurage de la force Extensomètres éventuels

Effort
Déplacement
Base repère
Pieu
Rotule Inclinomètre éventuel
Base repère
Déplacement
b équipement du pieu : vue de dessus

Fig. 12.4. Essai de chargement de pieu sous charge horizontale


Principes de justifications | 465

12.1 .2.3. Pieu soumis à des efforts parasites et divers


À l’origine, les pieux étaient de faible section et prévus pour reprendre uniquement des
charges axiales.
Les pieux, et a fortiori les barrettes à forte inertie transversale, peuvent également résister à des
efforts horizontaux ou à des moments en tête.
Lorsque les pieux sont très rapprochés, ils forment un groupe de pieux. Il convient alors de

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
vérifier la stabilité d’un pieu unique mais aussi celle du groupe considéré dans son ensemble.
Par ailleurs, les fondations profondes traversant des couches compressibles surchargées
peuvent être soumises à des efforts parasites qui sont essentiellement :
• du frottement négatif sous l’effet du tassement du sol environnant ;
• des poussées horizontales sous l’effet du fluage latéral des sols mous chargés
dissymétriquement.
Les actions liées à des surcharges avoisinantes, à des phénomènes de gonflement ou de
soulèvement des sols, à des glissements de terrain ou à des tremblements de terre sont aussi
susceptibles d’impacter les pieux.

12.2. Principes de justifications

12.2.1. Vérifications aux états limites


Selon la norme NF P94-262, norme d’application nationale de l’Eurocode 7 relative aux
fondations profondes, les vérifications suivantes sont nécessaires :
À l’ELU :
• état limite de portance ;
• état limite de traction ;
• résistance aux charges transversales ;
• résistance structurale ;
• stabilité générale.
À l’ELS :
• mobilisation du terrain par une fondation profonde sous charge axiale ;
• déplacement et déformation (charge axiale, charge transversale) ;
• résistance structurale.

12.2.2. Classement des différents types de fondations profondes


Les paragraphes précédents ont montré que, même si le comportement restait globalement
identique, les capacités portantes que l’on pouvait espérer d’une fondation profonde dépen-
daient non seulement du sol mais aussi de la technique de mise en œuvre, d’où la nécessité de
proposer un classement des pieux en fonction du mode d’exécution.
466 | Fondations profondes

La norme NF  P94-262 retient un classement en relation avec les normes européennes
d’exécution des pieux :
• NF EN 1536 : pieux forés ;
• NF EN 12699 : pieux avec refoulement de sol ;
• NF EN 14199 : micropieux.

Tableau 12.1. Classes et catégories de pieux [12 NF P94-262 2012]

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Classe Catégorie Technique de mise en œuvre Abréviation Norme de référence

1 Foré simple (pieux et barrettes) FS


2 Foré boue (pieux et barrettes) FB
3 Foré tubé (virole perdue) FTP
1 NF EN 1536
4 Foré tubé (virole récupérée) FTR
Foré simple ou boue avec rainure
5 FSR, FBR, PU
ou puits
Foré tarière creuse simple
2 6 FTC, FTCD NF EN 1536
rotation, ou double rotation
7 Vissé moulé VM
3 NF EN 12699
8 Vissé tubé VT
Battu béton préfabriqué
9 BPF, BPR
ou précontraint
Battu enrobé
4 10 BE NF EN 12699
(béton – mortier – coulis)
11 Battu moulé BM
12 Battu acier fermé BAF
5 13 Battu acier ouvert BAO NF EN 12699
14 Profilé H battu HB
6 NF EN 12699
15 Profilé H battu injecté HBi
7 16 Palplanches battues PP NF EN 12699
17 Micropieu type I M1
1 bis
18 Micropieu type II M2
Pieu ou micropieu injecté NF EN 1536/14199/12699
19 PIGU, MIGU
mode IGU* (type III)
8
Pieu ou micropieu injecté
20 PIRS, MIRS
mode IRS* (type IV)
* IGU : Injection globale et unitaire ; IRS : Injection répétitive et sélective

12.2.3. Matériaux constitutifs des fondations profondes


La charge ultime d’un pieu peut être limitée par la résistance propre du matériau qui le
constitue. La justification de cette résistance relève des Eurocodes relatifs aux matériaux
(béton, acier, bois, etc.), avec parfois des adaptations afin de tenir compte de la mise en œuvre
particulière des éléments de fondation.
Principes de justifications | 467

Les fondations étant forcément en contact avec l’environnement extérieur, la durabilité est un
paramètre à prendre en compte (attaque des ciments par les sulfates, corrosion des aciers,
attaque fongique du bois, …).
On n’abordera ici que les aspects durabilité dans les terrains pour les matériaux béton et acier,
seuls matériaux constitutifs traités dans la norme NF P94-262.

[Link] . Paramètres de calcul des matériaux béton, béton armé, coulis

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
ou mortier à base de ciment
On ne s’attache ici qu’à présenter les paramètres principaux propres aux fondations coulées
en place sans aborder les calculs de structures proprement dits.
Les sujétions propres aux pieux bétons, coulis ou mortier, préfabriqués, ne sont pas traitées
car elles relèvent intégralement de l’application de l’Eurocode 2. On rappelle néanmoins que
pour ce type de fondations, les conditions de manutention (transport, levage, …) et de mise
en place (battage, vibrofonçage,  …) s’avèrent régulièrement plus dimensionnantes que la
phase d’exploitation de l’ouvrage.

[Link] .1 . Valeur caractéristique de la résistance à la compression


La valeur caractéristique de la résistance à la compression se détermine à partir de la
formule (2).
* = inf [ fck(t);Cmax; fck ]· 1
f ck (2)
k1·k2
avec fck(t) : résistance caractéristique à la compression à t jours ;
Cmax et k1 sont définis au tableau 12.2 ;
fck : résistance caractéristique à la compression à 28 jours mesurée sur cylindre ;
k2 défini au tableau 12.3.
Tableau 12.2. Coefficients applicables à la détermination de la résistance caractéristique de compression du béton,
coulis ou mortier des pieux [NF P94-262]

Classe Cmax (MPa) k1

1 Pieux forés et barrettes 35 1,3

2 Pieux tarière creuse avec enregistrement des paramètres (notes 1, 3 et 4) 30 1,35

3 Pieux vissés moulés (note 2) 35 1,3

4 Pieux battus moulés 35 1,3

Notes :
(1) Pour l’application de la norme NF EN 1536, un enregistrement continu des paramètres d’excavation et de béton-
nage sous forme graphique doit être fourni pour chaque pieu et faire l’objet d’un rapport sous forme papier. Les
valeurs de ces paramètres sont visualisables en temps réel dans la machine réalisant les pieux.
(2) Lorsque le bétonnage ne se fait pas par l'intermédiaire d'une trémie mais directement à la pompe à béton, il est
conseillé de procéder à un enregistrement spécifique des paramètres d'exécution. Ces derniers sont visualisables
en temps réel par l'opérateur de la machine sous forme de graphique.
(3) Les pieux, pour lesquels le système d’enregistrement continu des paramètres d’excavation et de bétonnage n’aura
pas fonctionné, seront testés par un essai d’intégrité. Un nombre identique d’essais d’intégrité est à réaliser sur
des pieux pour lesquels l’enregistrement des paramètres aura été réalisé correctement pour servir d'étalonnage lors
de l'interprétation des essais.
(4) Pour des valeurs de fck supérieures ou égales à 25 MPa, la valeur de f ck * est prise égale à 18,33 MPa lorsque la
formule (2) conduit à une valeur moindre.
468 | Fondations profondes

Pour les ponts, la valeur de Cmax est limitée à 25 MPa.


Pour les pieux de catégories 1 à 7, 10, 11 et 17, la valeur du coefficient k2 est égale à 1,0
hormis dans les cas suivants :
• k2 = 1,05 pour les pieux dont le rapport de la plus petite dimension B à la longueur est
inférieur à 1/20 ;
• k2 = 1,3 − B/2 pour les pieux dont la plus petite dimension est inférieure à 0,6 m ;
• k2 = 1,35 − B/2 pour les pieux réunissant les deux conditions ci-dessus.

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Ceci peut se traduire par le tableau suivant :
Tableau 12.3. Présentation des valeurs de k2

L L
> 20 ≤ 20
B B
B B
B ≤ 0,6 1,35 − 1,3 −
2 2

B ≥ 0,6 1,05 1,0

[Link] .2. Vérification à l’ELU


La valeur de calcul de la résistance à la compression simple fcd est déterminée à partir de la
formule (3).
f*
[ f (t) C
fcd = min αcc·k3· ck ; αcc· ck ; αcc· max
γc γc γc
(3)
]
avec αcc : 1,0 sur la hauteur où le pieu est armé et 0,8 sur la hauteur où le pieu n’est pas armé ;
γc : 1,5 sous ELU durables et transitoires et 1,2 en ELU accidentel ;
k3 : 1,2 dans le cas d’un contrôle renforcé et 1,0 dans le cas contraire.
Les conditions d’un contrôle renforcé des pieux, permettant d’adopter une valeur de 1,2 pour k3,
sont précisées dans les tableaux 12.4 et 12.5, le tableau 12.5 étant spécifique aux ponts.
Tableau 12.4. Nombre minimal de pieux ou de barrettes à ausculter pour des contrôles renforcés d’intégrité
[NF P94-262 2012], à l’exception des ponts

Méthodes d’auscultation (notes 1 à 4)


A B C
1/8 par transparence (note 2)
Nombre de pieux 1/6 par transparence 1/4 par impédance
+
concernés (note 2) (note 3)
1/6 par impédance (note 3)

Notes :
(1) Les procédures A, B ou C sont indifféremment autorisées, mais les procédures A et B ne sont possibles que si les
pieux sont armés sur toute leur hauteur.
(2) Selon la norme NF P94-160-1 (méthode sonique par transparence). Dans ce cas, les tubes utilisés, de 40 mm de
diamètre intérieur minimum, sont à placer de façon à ne pas nuire à l’enrobage des armatures principales
des cages.
(3) Selon la norme NF P94-160-4 ou NF P94-160-2 (méthode vibratoire par impédance ou par réflexion). Lorsque
cette méthode n’est pas applicable ou lorsque la géométrie et le contexte géotechnique sont susceptibles d’en
compromettre la pertinence, il convient de recourir à la méthode A. Lorsque le défaut de représentativité de la
méthode par impédance est constaté a posteriori, il convient d’effectuer des auscultations au moyen de la
méthode sismique parallèle selon la norme NF P94-160-3.
(4) Les normes de type NF EN se substitueront aux normes de type NF P94-160 lorsqu’elles seront applicables.
Principes de justifications | 469

Tableau 12.5. Nombre minimal de pieux ou de barrettes à ausculter pour des contrôles renforcés d’intégrité
pour les ponts [NF P94-262 2012]

Méthodes d’auscultation (1)


A B

80 % par transparence (2)


Nombre de pieux concernés 100 % par transparence (2) +
30 % par impédance (3)

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Notes :
(1) Les procédures d'auscultation A ou B peuvent être appliquées indifféremment.
(2) Selon la norme NF P94-160-1 (méthode sonique par transparence). Dans ce cas, les tubes utilisés, de 40 mm de
diamètre intérieur minimum, sont à placer de façon à ne pas nuire à l’enrobage des armatures principales
des cages.
(3) Selon la norme NF P94-160-4 (méthode vibratoire par impédance).
(4) Les normes de type NF EN se substitueront aux normes de type NF P94-160 lorsqu’elles seront applicables.

Les différentes méthodes d’auscultation préconisées aux fins de contrôle renforcé d’intégrité
des pieux sont abordées dans le paragraphe 12.8.

[Link] .3. Vérification à l’ELS


Sous ELS caractéristiques, les valeurs moyennes et maximales, calculées sur la surface
comprimée de la section la plus sollicitée de l’élément, doivent respecter les inégalités
suivantes :
σmoy ≤ 0,3 k3· f ck
* (4a)

σmax ≤ min(0,6 k3· f ck


* ; 0,6 fck ) (4b)

Pour les armatures, l’espacement des armatures doit rester inférieur à 5 fois (c + Φ/2) avec
c l’épaisseur d’enrobage et Φ le diamètre des armatures, et la contrainte à l’ELS quasi perma-
nent dans les aciers passifs ne doit pas dépasser les valeurs suivantes sous la combinaison
d’action considérée :
• σs < 1 000 wmax pour des éléments ou parties d’éléments fléchies (c’est-à-dire ayant une
face tendue et une face comprimée) ;
• σs < 600 wmax pour des éléments ou parties d’éléments entièrement tendus.
Avec σs (MPa) la valeur absolue de la contrainte maximale admise dans l’armature immédia-
tement après la formation de la fissure et wmax (mm) l’ouverture calculée de la fissure.

[Link]. Agressivité des eaux et des sols pour les bétons


Certaines substances chimiques contenues dans l’eau et le sol peuvent attaquer les bétons.
Le tableau 12.6 issu de la norme EN 206-1 définit les classes d’expositions XA1 à XA3 en
fonction des caractéristiques chimiques mesurées en laboratoire sur des échantillons d’eau et
de sols dans lesquels seront réalisées les fondations. Il est complété par la norme FD P18-011.
Le choix de la classe se détermine par rapport à la caractéristique chimique correspondant à
l’agression la plus élevée. Lorsqu’au moins deux caractéristiques agressives correspondent à
une même classe, l’environnement est classé dans la classe immédiatement supérieure.
470 | Fondations profondes

Lorsque plusieurs agents agressifs sont présents avec des concentrations conduisant à un
classement XA3, la classe d’exposition reste XA3.

Tableau 12.6. Valeurs limites pour les classes d’exposition correspondant aux attaques chimiques par les sols
et les eaux souterraines naturels (extrait de FD P18-011)

Agents Norme d’essai Classe d’agressivité selon NF EN 206/CN:2014

[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
agressifs
XA1 XA2 XA3

Agressivité des eaux en fonction de leur concentration en agents agressifs et de leur pH :


eaux stagnantes ou à faible courant, climat tempéré, pression normale

CO2 agressif
NF EN 13577 a ≥ 15 et ≤ 40 > 40 et ≤ 100 > 100
(mg/l)

SO42− (mg/l) NF EN 196-2 ≥ 200 et ≤ 600 > 600 et ≤ 3 000 > 3 000 et ≤ 6 000

> 3 000 b
Mg2+ (mg/l) NF EN ISO 7980 ≥ 300 et ≤ 1 000 > 1 000 et ≤ 3 000
jusqu’à saturation

ISO 7150-1 ou
NH4+ (mg/l) ≥ 15 et ≤ 30 > 30 et ≤ 60 > 60 et ≤ 100 c d
ISO 7150-2

pH NF T 90-008 ≤ 6,5 et ≥ 5,5 < 5,5 et ≥ 4,5 < 4,5 et ≥ 4,0 c

NF EN ISO 9963-1 et
TAC (mé/l) e ≤ 1,0 et ≥ 0,4 < 0,4 et ≥ 0,1 < 0,1 b
NF EN ISO 9963-2

Agressivité des sols

SO42− (mg/kg > 12 000 et


NF EN 196-2 ≥ 2 000 et ≤ 3 000 > 3 000 et ≤ 12 000
de sol sec) f ≤ 24 000 c

H2S (mg/m3) NF EN 16502 > 200 g g

a
Il est également possible d’utiliser la méthode Legrand-Poirier (cf. FD P18-011).
b
Une protection externe (enduits, revêtements) ou interne (imprégnation) est recommandée lorsque la concentra-
tion dépasse significativement la valeur seuil de la classe.
c Si le degré d’agressivité des solutions, des sols et des gaz présenté dans ce tableau dépasse les concentrations de la
classe XA3, il est nécessaire de prévoir une protection externe (enduits, revêtements) ou interne (imprégnation).
d Lorsque la concentration massique en ions bicarbonate HCO3− est supérieure à la concentration en ions ammo-
nium NH4+, il n’est pas nécessaire de prévoir de protection et les dispositions de XA3 suffisent, indépendamment
de la concentration en NH4+.
e 1 mé/l = 50 mg/l d’équivalent de CaCO3
f
Les sols argileux dont la perméabilité est inférieure à 10−5 m/s peuvent être placés dans une classe inférieure. En cas
de risque d’accumulation d’ions sulfate dans le béton due à l’alternance de périodes sèches et de périodes humides
ou par « succion capillaire », une valeur égale ou supérieure à 2 000 mg/kg conduit à un classement en XA2.
g
Conditions d’attaque non observées en pratique.

La norme NF EN 206-1 définit aussi les classes d’exposition liées aux agressions suivantes :
corrosion par carbonatation, corrosion par les chlorures, attaque par le gel-dégel, et présente
quelques exemples informatifs. L’ensemble est présenté dans le tableau 12.7.

Vous aimerez peut-être aussi