Estimation des tassements sous fondations
Estimation des tassements sous fondations
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la structure (états limites vis-à-vis des déformations). Une estimation correcte des tassements
est primordiale, car c’est souvent ce critère qui limite les possibilités de fondations sur semelles
superficielles.
Globalement, le problème consiste (figure 11.30) à déterminer la déformation, c’est-à-dire le
tassement s en tout point d’une semelle de rigidité EI, chargée et reposant sur un multi-
couche, chaque couche étant définie par une loi de comportement, par exemple une loi
élastoplastique (Ei, νi, c´i, φ´i).
Cette approche est complexe mais peut être appliquée à l’aide de méthodes aux éléments finis
lorsque l’importance des ouvrages et la complexité du site le justifient.
EI s
a c
q = Cte
Tassement s = Cte
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Sol pulvérulent Sol pulvérulent
b q = Cte d
Tassement s = Cte
Semelle souple Semelle rigide
Fig. 11.31. Répartition des contraintes et des déformations sous une semelle souple et une semelle rigide
Dans les applications courantes, le niveau des contraintes de service est tel qu’il permet de
considérer que le sol reste en tout point dans le domaine élastique (les plastifications locales
éventuelles sont négligées). À partir de cette hypothèse, les trois méthodes les plus couram-
ment utilisées sont les suivantes :
• la théorie de l’élasticité ;
• la méthode d’intégration par tranches ;
• la méthode pressiométrique.
Q´
Q´
q´
s q´
σ´v0
E´, ν´ s
E´, ν´
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Remarque
Lorsque des terrassements conduisent à des modifications du niveau du terrain, c’est la contrainte σ´v0 avant
terrassement qui est considérée (création de sous-sols, par exemple), le comportement du sol étant supposé
irréversible. En présence d’argiles, et particulièrement d’argiles gonflantes, il faut cependant tenir compte du
soulèvement provoqué par le déchargement dû aux terrassements.
Le coefficient de réaction n’est pas une caractéristique intrinsèque du sol, mais dépend de la
forme et des dimensions de la semelle. D’après (34c), kv est inversement proportionnel à B.
Nota : kv est appelé module de réaction dans la pratique courante, bien qu’il n’ait pas les
dimensions d’un module.
Le coefficient de réaction est souvent mesuré à l’aide d’un essai de chargement à la plaque. Le
module de Westergaard kw est le coefficient correspondant à une plaque rigide de 75 cm de
diamètre (cf. Norme NF P94-117-3). Il est possible de relier le coefficient de réaction verti-
cale kv d’une semelle et le module de Westergaard kw par :
75
kv = g · kw · (35)
B
π
avec g : coefficient de forme = ;
4f
B : largeur de la semelle (cm).
Le tableau 11.14 fournit les valeurs des coefficients f et g pour les semelles circulaires carrées
ou rectangulaires, souples et rigides.
424 | Fondations superficielles
f g
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L/B Centre Bord Moy. Centre Bord Moy.
1 1,12 0,56 0,95 0,70 1,40 0,83
Plaque rectangulaire souple 2 1,53 0,77 1,30 0,51 1,02 0,60
de côté B et L 3 1,78 0,89 1,52 0,44 0,88 0,52
5 2,10 1,05 1,83 0,37 0,75 0,43
10 2,58 1,29 2,25 0,30 0,61 0,35
L/B
1 0,87 0,90
1,2 0,94 0,84
Plaque rectangulaire rigide
1,6 1,07 0,73
de côté B et L
2 1,18 0,665
3 1,40 0,56
5 1,68 0,47
La norme NF P94-261 propose pour les valeurs de f, alors appelé Cf , les coefficients tirés des
abaques de Giroud. Les écarts entre les deux tableaux restent néanmoins à la marge.
L/B 1 2 3 5 10
Fondation rigide 0,88 1,21 1,43 1,72 2,18
Bord 0,56 0,76 0,89 1,05 1,27
Fondation souple
Centre 1,12 1,53 1,78 2,10 2,58
Remarques
1. Le module de Westergaard peut être considéré comme un coefficient non drainé dans les sols cohérents et
drainé dans les sols pulvérulents. Il est utilisé, par exemple, pour :
• le dimensionnement des dallages et des chaussées en béton ;
• l’étude des tassements des semelles reposant sur du sable ;
• l’étude des déformations dues à des sollicitations brèves.
2. Il est également possible de réaliser des essais de chargement de longue durée.
3. E. Absi [11 Absi 1972] a également donné des coefficients de forme relatifs à la déformation d’une semelle
rectangulaire soumise à un couple. En milieu élastique, il y a en effet également proportionnalité entre la
rotation de la semelle et la valeur du couple appliqué.
4. K. Terzaghi [11 Terzaghi 1961] a donné des ordres de grandeur du coefficient de réaction pour une plaque
rigide carrée de 30 cm de côté (1 pied carré) et a proposé d’autres formules pour calculer le coefficient de
réaction d’une semelle de forme quelconque.
Estimation des tassements | 425
[Link] . Principe
Lorsque les sols d’assise sont composés de plusieurs couches de compressibilité différente, les
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formules précédentes ne s’appliquent plus. La méthode décrite ci-après comporte deux phases :
• la détermination de la répartition des contraintes en profondeur ;
• le calcul du tassement de chaque couche de sol en fonction de la contrainte transmise à la
profondeur concernée et de la compressibilité du sol à cette profondeur. Le tassement total
se calcule ensuite par sommation des tassements dus à chaque couche.
La compressibilité du sol est définie à l’aide d’essais œdométriques, ou bien par corrélation
entre le module œdométrique et le module pressiométrique.
Q = q·ds
θ
σv
M
σ
Fig. 11.33. Contraintes dues à une charge ponctuelle dans un milieu élastique semi-indéfini
Notons que σv ne dépend ni de E ni de ν. La figure 11.34 fournit les courbes d’égale contrainte
verticale appelées bulbes des contraintes ainsi que la répartition des contraintes exercées sur des
plans horizontaux.
426 | Fondations superficielles
Q en kN
0m
80 %
1m 30 %
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3m 5%
z
a) bulbe des contraintes
Q en kN
0m
21 %
11,9 % θ 11,9 %
1,50 m
7,6 %
4,3 % 4,3 %
2,50 m
qz
qz = 4 Q2
27°
π·z
27°
z Répartition simplifiée
Remarque : avec les unités indiquées sur la figure, la contrainte s’exprime en kPa.
Plus la profondeur augmente, plus l’intensité de la contrainte diminue, mais plus la zone
influencée s’élargit, l’aire de la surface délimitée par la courbe de répartition des contraintes
sur un plan horizontal restant constante et égale à Q.
Par mesure de simplification, cette répartition est souvent remplacée par une pression
uniforme qz appliquée sur une largeur correspondant à une diffusion en profondeur selon un
cône d’arête inclinée de 27° sur la verticale (2 vertical pour 1 horizontal) tel que représenté
4Q
sur la figure 11.34b. Il s’ensuit que qz = .
π · z2
Le milieu étant élastique, σv est proportionnelle à q ; il est donc possible de calculer pour
chaque point la valeur numérique du rapport σv /q à l’aide de (37). Ce rapport est appelé
facteur d’influence ; la contrainte σv en est directement déduite.
Cette intégration peut être aisément réalisée par ordinateur, même pour des formes de
semelles complexes et des chargements d’intensité variable sur la surface de la semelle.
Estimation des tassements | 427
Les valeurs du facteur d’influence pour des semelles simples chargées uniformément sont
données ci-après.
[Link]. Contrainte dans l’angle d’un rectangle et au centre d’une semelle circulaire
Le tableau de la figure 11.35 donne la valeur du facteur d’influence σv /q à l’aplomb de l’angle
d’un rectangle souple de dimensions B et L.
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Ce tableau permet d’obtenir la répartition des contraintes σv en tout point du sol sous une
semelle rectangulaire allant du carré à la semelle infinie, ce qui couvre la plupart des fonda-
tions courantes.
Dans le domaine élastique, il est licite de superposer différents états. Pour déterminer la
contrainte σv à l’aplomb d’un point quelconque A´, il suffit donc d’additionner l’influence
des quatre rectangles chargés I à IV à l’aplomb du point A´.
En particulier, si A´ est le centre de la semelle, les quatre rectangles sont égaux avec B1 = B/2
et L1 = L/2. Le coefficient d’influence global est alors égal à quatre fois celui donné par le
tableau de la figure 11.35 en considérant B1 et L1.
L1 L2
q=1
B1 I II B2 Pour un point A´ intérieur,
prendre la somme des
L4 IV A´ III B3 4 rectangles ayant
A ds = 1 A´ pour sommet.
B4 L3
L B
L>B B1 L2
Z
Pour un point A˝ sur un
L1 I II B2 côté, prendre la somme
des 2 rectangles ayant
M ce point pour sommet.
A˝
Fig. 11.35. Facteur d’influence à l’aplomb de la verticale d’un sommet d’un rectangle souple uniformément chargé
De même, le coefficient d’influence à l’aplomb d’un point situé à l’extérieur de la semelle est
obtenu par addition et soustraction d’un certain nombre de rectangles.
428 | Fondations superficielles
Les facteurs d’influence à l’aplomb de la verticale du centre d’une surface circulaire souple de
rayon R uniformément chargée sont donnés par le tableau 11.16.
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[Link]. Effet radier
Étant donné la diffusion des contraintes, à partir d’une certaine profondeur, il y a interférence
entre les contraintes transmises par les différentes semelles d’un même bâtiment ou de
constructions voisines. En profondeur, tout se passe comme si le bâtiment était fondé sur un
radier général : c’est l’effet radier. Il faut tenir compte de cet effet pour le calcul des tassements
lorsque les fondations sont rapprochées et reposent sur des couches compressibles épaisses.
q´
D σ´v0 D
hw hw
γ
z+D
La figure 11.37 représente la répartition des contraintes au droit de l’axe de la semelle qui
exerce sur le sol une contrainte q´ supposée uniformément répartie. Sur cette figure, la profon-
deur z est comptée à partir du niveau de la semelle.
q´ étant la contrainte sous une semelle souple (éventuellement déjaugée), la comparaison de
l’état initial et de l’état final montre que la construction de la semelle entraîne une surcharge
égale à q´ − σ´v0 au niveau de la fondation.
Estimation des tassements | 429
La répartition des contraintes en profondeur (courbe II) sous l’action de q´ − σ´v0 est déter-
minée à partir des coefficients d’influence ou par traitement informatique en utilisant directe-
ment la formule (37).
La courbe III d’état final est obtenue en additionnant à chaque profondeur la contrainte
initiale (courbe I) et l’accroissement de contrainte 'σz due à la semelle (courbe II).
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hw – D
Hi zi
Surcharge (II)
Trois méthodes, toutes fondées sur l’essai œdométrique, sont alors utilisables pour calculer le
tassement de la tranche d’épaisseur Hi (figure 11.37).
e0
e1
Indice des vides
σ´z0 σ´z1 σ´
Fig. 11.38. Utilisation directe de la courbe de compressibilité
430 | Fondations superficielles
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Utilisation du module œdométrique
Eoed étant le module sécant entre σ´z0 et σ´z1 (voir chapitres 4 et 6), le tassement de la tranche
se déduit directement de la définition de ce module :
σ´ − σ´z0
Δs = Hi · z1 (40)
Eoed
B
B
p
s
H
H
Δσv
Δσv
Δz
Δz
Δσh
Δh
Par ailleurs, A. W. Skempton a établi que si le sol est soumis à des variations instantanées de
contraintes, la variation correspondante de pression interstitielle en un point est donnée par
la formule (41), où Δσ1 et Δσ3 sont les variations des contraintes principales (avec σ2 = σ3)
au point considéré.
Δu = B ·[Δσ3 + A ·(Δσ1 − Δσ3)] (41)
B et A sont des coefficients numériques dits coefficients de pression interstitielle qui dépendent
du sol et peuvent être mesurés à l’appareil triaxial.
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Pour des sols saturés, B = 1. La valeur de A est variable et dépend de l’histoire du sol et en
particulier du degré de surconsolidation des sols argileux.
Revenons à la figure 11.39b. Les contraintes Δσv et ΔσH, qui correspondent à Δσ1 et Δσ3
dans l’axe de la semelle, produisent donc des variations de pression interstitielle différentes,
donc des tassements différents selon le type d’argile.
A. W. Skempton et L. Bjerrum [11 Skempton 1967] ont traduit ces observations par la
formule :
sf = si + μ · soed (42)
avec sf : tassement final (hormis le tassement secondaire) ;
si : tassement instantané ;
soed : tassement de consolidation déduit directement de l’œdomètre ;
μ : coefficient dépendant du rapport H/B et du coefficient A du sol.
Le tassement sous la semelle se calcule à partir de l’équation (42) ci-avant.
La valeur de si se déduit de la formule (34bis) en remplaçant E´ et ν´ par Eu et νu = 0,5 ;
Eu peut être déterminé au cours d’un essai triaxial non drainé.
soed est calculé par la méthode des tranches (voir § [Link]) ; la valeur de μ est donnée par la
figure 11.40.
μ
H = épaisseur de la couche de sol
1,0
0,8
0,6
Remarques
1. La figure 11.40 montre que le tassement de consolidation dans les argiles raides est beaucoup plus faible
que celui donné par l’application directe de la méthode œdométrique : il est donc indispensable de
procéder à cette correction pour obtenir une estimation réaliste des tassements.
2. Le tassement instantané est souvent négligé.
432 | Fondations superficielles
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11.6.4. Calcul des tassements par la méthode pressiométrique
La méthode décrite ci-après [11 Ménard 1975] ne s’applique qu’aux fondations dont la
largeur est faible par rapport à l’épaisseur des couches compressibles (figure 11.39b). Les deux
types de tassements décrits au paragraphe [Link] se superposent comme suit :
• un tassement de consolidation sc dans la zone située directement sous la semelle, où les
contraintes normales sont élevées, zone dénommée domaine sphérique par L. Ménard, qui
considère que cette zone peut être limitée à une demi-sphère pour une semelle isolée ou un
demi-cylindre pour une semelle continue ;
• un tassement sd dû à des déformations de cisaillement (déformation du sol vers l’extérieur
de la semelle). Ces déformations se font à volume constant comme dans l’essai pressiomé-
trique. L. Ménard a appelé domaine déviatorique les zones essentiellement affectées par ces
déformations.
Domaine
sphérique ue
Do riq
m sc to
ain via
e Dé
sd
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L/B Cercle Carré 2 3 5 20
λc 1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5
λd 1 1,12 1,53 1,78 2,14 2,65
[Link]. Valeurs de Ec et Ed
Sol homogène
Ec = Ed = EM (45)
avec EM : module pressiométrique du sol homogène
0 E1
1
B 2 E2
3
2B 4 E3;5
5
3B 6
7 E6;8
4B 8
9
5B 10
11
12 E9;16
6B
13
7B 14
15
16
8B
Les modules Ei;j (par exemple E6;8) sont eux-mêmes obtenus en considérant la moyenne
harmonique des différents modules pressiométriques mesurés à l’intérieur des tranches
élémentaires i à j.
Remarques
1. La formule (46b) représente une approche particulière de la prise en compte de la diffusion des contraintes
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sous la semelle.
3. Si une couche très résistante est intercalée, l’application des formules (46a et 46b) est encore acceptable.
En revanche, si une couche peu consistante est intercalée, c’est-à-dire une couche présentant des caracté-
ristiques plus faibles que les autres, son influence doit être prise en compte à l’aide la méthode décrite dans
le paragraphe suivant.
Δσ´
zpc
Hpc
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rieures à 1,5 σ´v0.
Le tassement total ss est estimé par la formule suivante :
z1
ss ≅ C1·C2·(q − σ´v0)· ∫ C I·E´· dz
0 3
z
(48)
σ’vp
B
2B 1
2 B
3B
q
σ´v0
4B
Commentaire : une fois calculé σ´vp (sans la charge q), le graphique doit être modifié en
q − σ´v0
déplaçant le point Izp en abscisse à la valeur de 0,5 + 0,1 (en remplacement de 0,5).
σ´vp
436 | Fondations superficielles
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On peut trouver différentes estimations de tassements à partir des sondages SPT dans la litté-
rature, en particulier étrangère. La norme française ne prévoit pas de pouvoir utiliser directe-
ment le SPT à des fins de détermination des tassements des semelles superficielles. Une
méthode est détaillée dans l’Eurocode 7 partie 2. La méthode de Peck, Hanson et Thornburn
est présentée ci-après [11 Reese 2005]. On rappelle que ces méthodes sont adaptées à des
terrains sableux. En l’absence d’expérience comparable, l’utilisation de ces méthodes est
délicate.
qa = 0,41 Cw · NSPT · s (49)
où : Dw (49bis)
Cw = 0,5 + 0,5
Df + B
avec qa : contrainte effective en kPa entraînant un tassement de s millimètres ;
Cw : facteur correctif de nappe ;
NSPT : nombre de coups SPT corrigé ;
Dw : profondeur de la nappe depuis la surface ;
Df : profondeur de la base de la semelle depuis la surface ;
B : largeur de la fondation.
Le nombre de coups NSPT mesuré est corrigé par le facteur multiplicatif CN déterminé à partir
de la figure suivante, en fonction de la contrainte effective σ´0 [11 Peck 1974].
CN
0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0
Contrainte effective à la profondeur de l’essai σ´ (kPa)
100
200
300 1915
CN = 0,77 log
σ´0
σ´0 (kPa)
400
500
Fig. 11.45. Facteur correctif en fonction de la contrainte effective verticale d’après [11 Peck 1974]
Estimation des tassements | 437
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n’en sera pas affectée ; seuls l’aspect et les liaisons avec l’extérieur limiteront les tassements
admissibles (rupture de canalisations, dénivelées visibles, etc.).
Généralement, le tassement n’est pas uniforme et les risques de désordres dépendent de la
rigidité de la structure et de ses possibilités d’adaptation ainsi que de l’amplitude des tasse-
ments différentiels entre les appuis.
Pour illustrer ces propos, considérons l’effet d’un tassement différentiel élevé de la pile centrale
d’un pont à deux travées (figure 11.46).
Fig. 11.46. Effet du tassement de la pile centrale d’un pont à deux travées
Si les deux travées sont indépendantes et isostatiques, ce tassement n’induira pas de contraintes
importantes et les désordres, de type architectural uniquement, ne se manifesteront que pour
des tassements différentiels élevés.
S’il s’agit d’un tablier continu, un tassement, même modéré, entraîne des contraintes dans la
structure susceptibles de provoquer des désordres structuraux, voire la ruine complète de
l’ouvrage pour des tassements plus importants.
Dans les ouvrages hyperstatiques, qui sont les plus courants, les tassements les plus contrai-
gnants sont les tassements différentiels. Les valeurs admissibles peuvent être très variables et
dépendent de la nature de l’ouvrage, de ses possibilités de déformation et de la gêne entraînée
pour l’exploitation.
C’est ainsi :
• que, pour un four de cimenterie, il est exigé un tassement différentiel inférieur à 1 cm
entre deux appuis consécutifs distants d’une trentaine de mètres et supportant chacun
plusieurs milliers de tonnes ;
• qu’un tassement de plusieurs décimètres est parfaitement admissible entre la périphérie et
le centre d’un réservoir d’hydrocarbure de grand diamètre.
438 | Fondations superficielles
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De plus, si les sols sont de consistance très molle ou molle, les essais œdométriques donnent
des résultats plus satisfaisants que le pressiomètre, qui a tendance à sous-estimer les tasse-
ments dans ce cas.
• Les formules (44a et 44b) de la méthode pressiométrique sont bien adaptées pour les tasse-
ments des fondations superficielles reposant sur des sols ayant une certaine consistance,
comme c’est généralement le cas. La méthode des tranches associée à l’essai œdométrique
conduit à des tassements plus élevés, même si elle est appliquée en déduisant les modules
œdométriques des essais pressiométriques par l’application de la formule (9) du chapitre 6.
Par ailleurs, comme indiqué précédemment, l’approche utilisée pour le calcul des tassements
n’est pas indifférente aux résultats ; c’est pourquoi on relève dans la littérature [11 Ménard 1975]
[11 Leonards 1968], des ordres de grandeur assez différents qui doivent impérativement être
replacés dans leur contexte.
Le tableau 11.18 fournit, à titre purement indicatif, les ordres de grandeur habituels.
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Nature de la construction Méthode des tranches et Méthode pressiométrique (2)
essais à l’œdomètre
Les Eurocodes structuraux et l’annexe H de l’Eurocode 7-partie 1 fournissent aussi des infor-
mations auxquelles il convient de se reporter.
Radiers
Les radiers rigides doivent répondre aux mêmes critères que les semelles superficielles. Les
radiers souples sont dimensionnés de manière à limiter le tassement différentiel aux valeurs
admissibles. Le tassement total peut atteindre des valeurs assez élevées limitées par l’aspect
architectural et les liaisons avec l’extérieur, notamment les réseaux enterrés.
Toit flottant
Jupe
B
Fond
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Longrine
Fig. 11.47. Réservoir métallique
80 %
60 %
40 %
Essais in situ
20 %
0%
1. E-06 1. E-05 1. E-04 1. E-03 1. E-02 1. E-01
Fig. 11.48. Principe de variation des modules en fonction de la déformation ε ou de la distorsion γ [11 Reiffsteck 2002]
Ces phénomènes ont notamment été étudiés pour prédire le comportement des fondations
des machines vibrantes et des structures sous sollicitations sismiques, qui seront abordés dans
le paragraphe suivant. Le sol ne présente pas un comportement élastique linéaire. Néanmoins,
Déplacements et rotations – Coefficients de raideurs | 441
dans la mesure où de nombreuses études font appel à cette loi de comportement, son domaine
d’application peut être élargi dès lors que l’on est capable de définir un module pseudo-
élastique de sol dans la gamme d’effort et de déformation considérée.
Gazetas [11 Gazetas 1983] présente des valeurs de raideurs sous différentes considérations. Le
tableau 11.19 présente les valeurs de raideurs pour une semelle circulaire posée sur un massif
élastique semi-indéfini. On notera que la raideur verticale correspond bien à la formule (34)
pour une semelle rigide.
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Tableau 11.19. Raideurs statiques d’une semelle circulaire de rayon R0 sur un massif de sol élastique semi-indéfini
[11 Gazetas 1983]
Les tableaux 11.20 et 11.21 présentent quelques configurations jugées les plus courantes.
Pour de plus amples informations, il conviendra de se reporter à la référence [11 Gazetas 1983].
Tableau 11.20. Raideurs statiques d’une fondation circulaire reposant sur un massif élastique semi-indéfini stratifié
[11 Gazetas 1983]
Tableau 11.21. Raideurs statiques d’une fondation circulaire encastrée dans un massif élastique reposant
sur un substratum [11 Gazetas 1983]
442 | Fondations superficielles
Tableau 11.22. Raideurs verticales et en translation d’une fondation superficielle selon [11 NF P94-261 2013]
E ·B 2 E ·B
Fondation circulaire
1 − ν2 (2 − ν)·(1 + ν)
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E
KB = ·β · B ·L
E 2 (2 − ν)·(1 + ν) B
Fondation rectangulaire ·β · B ·L
2 (2 − ν2) v E
KL = ·β · B ·L
2 (2 − ν)·(1 + ν) L
0,73 E E
Fondation filante Kv ≈ KB ≈
2 (1 − ν2) (2 − ν)·(1 + ν)
Kφ B 2
Fondation circulaire =
Kv 6
0,5 0,5 1,9 0,5
Fondation rectangulaire
Kθ;B
≈ B 2·
0,4 L
B( ) + 0,1 ( BL ) Kθ;L
≈ B 2·
0,4 L
B ( ) + 0,034 ( BL )
Kv
βv · ( BL ) Kv
βv · ( BL )
Kθ;L
Fondation filante = 2,15 B 2
Kv
Remarque
Pour des fondations circulaires, les différentes formulations de raideurs proposées sont bien similaires en
E
considérant B = 2 R et G = .
2 (1 + ν)
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machine.
m
Pv·sin ωt
A
kz
A
Le rapport d’amortissement peut encore s’écrire ε = ; Ac est l’amortissement critique
Ac
avec Ac = 2 kz·m .
Si A est supérieur à Ac, il n’y a pas d’oscillation de la fondation.
Avec une machine rotative possédant une masse tournante m, une vitesse de rotation ω et un
· ω2· r et l’équation (53) devient :
excentrement r, la force appliquée est de la forme F = m
β2
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m·r
zmax = · (53bis)
m [(1 − β ) + 4 ε2· β2]0,5
2 2
8
Facteur d’amplification dynamique fd
6
ε = 0,08
ε = 0,10
4
ε = 0,15
ε=0
2
ε = 0,20
ε = 1,00
0
1,0 2,0 ω = ω
ω0 kz
m
Fig. 11.50. Valeurs du facteur d’amplification dynamique fd
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[Link]. Paramètres « dynamiques » du sol
Comme sous sollicitations statiques, le comportement du sol reste lié au caractère drainé ou
non drainé des sols et à l’amplitude de déformation, comme présenté dans la figure 11.48.
Naturellement, la vitesse d’application des efforts amène souvent à condidérer un comporte-
ment non drainé du sol.
(N/m) (Pa/m)
Déplacement horizontal
dans deux directions perpendiculaires Kx Cx Kx = S ·Cx
Ky Cy Ky = S ·Cy
(m·N/rad) (Pa/m/rad)
Basculement
rotation autour de deux axes perpendiculaires Kψ Cψ Kψ = IOx·Cψ
Kφ Cφ Kφ = IOy·Cφ
Lacet
rotation autour d’un axe vertical Kθ Cθ Kθ = IOz·Cθ
16 (1 − ν)·E ·R Kx,y =
E
·β · B ·L
Horizontal x ou y Kx,y =
(7 − 8 ν)·(1 + ν) 2 (1 − ν2) x,y
2 E ·R E
Vertical Kz = Kz = ·β · B ·L
1 − ν2 2 (1 − ν2) z
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2 E ·R 3 E
Basculement ψ ou φ Kψ,φ = Kψ,φ = ·β ·B 2· B ·L
3 (1 − ν2) 2 (1 − ν2) ψ,φ
8 E ·R 3
Lacet θ Kθ =
3 (1 + ν)
Les valeurs de βz, βx,y, βψ,φ sont données par la figure 11.51.
βz βψ,φ
βx,y
βz
= 0,1
our ν
β x,y p
2 1
r ν = 0,3
β x,y pou
r ν = 0,5
β x,y pou
β ψ,φ
1 0,5
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 L/B
machine. En outre, les sollicitations sont trop brèves pour entraîner des tassements de consoli-
dations dans les sols argileux.
Les tassements peuvent être provoqués soit par liquéfaction ou par un compactage par vibra-
tion des sables lâches et des remblais, soit par fluage des argiles molles correspondant à des
déformations à volume constant.
Aussi est-il déconseillé de fonder directement des machines vibrantes sur :
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• des sables plus ou moins silteux lâches,
• des remblais non ou médiocrement compactés,
• des argiles molles.
Une solution de fondation ou de renforcement de sol adaptée à la nature du sol doit être
recherchée (pieux, colonnes ballastées, jet-grouting, substitution de sol, etc.) ; ces techniques
sont décrites dans les chapitres suivants.
Les risques de tassement sous la charge critique doivent être examinés, mais les contraintes
statiques transmises au sol sont généralement faibles et de l’ordre de quelques dizaines
de kilopascals.
Remarque
Nous nous sommes limités à un aperçu des problèmes de fondations propres aux machines vibrantes. Le
lecteur confronté à cette question devra procéder à une recherche plus approfondie dans les publications
spécialisées et surtout ne pas hésiter à faire appel à un expert en « dynamique » des sols.
Pour se prémunir de tels effets, la solution la plus couramment utilisée est de fonder les fonda-
tions à une profondeur telle que le front de gel n’atteigne pas la base des fondations.
La définition de la profondeur hors-gel H0 est représentée par la figure 11.53.
D ≥ H0
D ≥ H0
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D ≥ H0 /sin β
β
0,5
0,7
0,8
0,7
0,6 0,9
0,5
0,6 0,7
0,5
0,8
0,7
0,7
0,6 0,6
0,5
0,5
0,5
Fig. 11.54. Carte indicative de profondeur minimale de mise hors-gel H0 pour une altitude inférieure à 150 m
[11 NF P94-261 2013]
Dispositions constructives | 449
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La première étape consiste à identifier le risque et à le quantifier. Des essais adaptés doivent
être réalisés.
L’essai œdométrique permet de repérer les sols gonflants et rétractables [11 Philipponnat 1978].
L’essai de gonflement à l’œdomètre (norme XP P94-091) permet de mesurer le potentiel de
gonflement d’un sol situé dans un état d’humidité donné et l’essai de retrait (norme
XP P94-060-2) [11 Philipponnat 1991] permet d’évaluer les « tassements » qui risquent de se
produire sous l’effet du retrait. Ces essais sont traités en détail dans le chapitre 6. Le relevé du
profil hydrique apporte également des renseignements très utiles.
À moins de fondations profondes, des dispositions constructives particulières doivent être
prises. Elles ont pour but soit d’obtenir un état d’humidité constant sous le niveau d’assise,
soit de permettre à la structure de s’adapter aux déformations, soit une combinaison des deux.
Les précautions les plus courantes, applicables en France métropolitaine, sont les suivantes :
• fondations par semelles continues armées et de forte inertie ;
• hauteur d’encastrement minimum conseillée : 1,5 m ;
• coulage des fondations à pleine fouille pour éviter les infiltrations préférentielles dans les
remblais des fouilles ;
• éloignement des plantations d’arbres ; le retrait provoqué par l’action de succion des
racines se fait sentir jusqu’à une distance de 1 à 1,5 fois la hauteur de l’arbre adulte et
même parfois plus pour certaines essences ;
• drainage des eaux de circulations saisonnières si elles existent ; le système de drainage doit
être indépendant et éloigné de plusieurs mètres des fondations ; en revanche, il faut éviter
de perturber un niveau phréatique établi ;
Fig. 11.55. Dispositions constructives forfaitaires permettant de limiter les risques liés
au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux (document BRGM)
450 | Fondations superficielles
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convient, en particulier, d’éviter les sous-sols enterrés à l’amont et à niveau côté aval.
Réaction
normale
du terrain
Réaction
tangentielle
du terrain
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qnet = kp · p*le ou qnet = kc · qce (56)
La valeur de De /B servant à déterminer la valeur de kp est bornée à 2,5.
Pour des pressions inférieures à la pression maximale, on considère une proportionnalité
entre pression et déplacement.
0,40
≥0,70
Terrain Terrain Couverture Dh
Remblai en place Remblai en place
ø D
ø
D D Rocher b h´
franc
h a
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a a
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φ´r : angle de frottement interne du remblai ;
π φ
Ka : coefficient de poussée des terres, égal à tan2 − .
4 2 ( )
[Link].3. Justification d’un massif pour terrain rocheux
Ce type de massif ne convient que pour des rochers francs non altérés et non fissurés. Le
massif est coulé en pleine fouille. Pt est négligé et Q l = Qft est donné par la formule (60) qui
exprime la résistance mobilisable par frottement latéral.
q
Q l = 2 (a + b)·(h´ − 0,30)· s (60)
1,4
avec a et b : dimensions transversales du massif rectangulaire ;
h´ : hauteur d’ancrage dans le rocher ;
0,30 : réduction forfaitaire pour tenir compte d’une altération superficielle ;
qs : frottement latéral selon les abaques pressiométriques (chapitre 12) ;
1,4 : coefficient réducteur pour tenir compte de la proximité de la surface.
Remarques
1. L’utilisation de ces méthodes de calcul suppose que soient respectées les prescriptions figurant dans les
directives précitées relatives à la conception et à leur réalisation (notamment pour le remblaiement des
fouilles).
2. Les coefficients de sécurité à appliquer sur les charges de rupture déterminées ci-dessus dépendent des
règlements spécifiques aux ouvrages concernés par ces fondations.
Remarque
La proportionnalité entre pression et déplacement n’est normalement valable que jusqu’à la pression de
fluage.
454 | Fondations superficielles
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On pourra retenir un comportement similaire au frottement vertical sur les faces latérales du
massif, comme décrit précédemment.
Réaction du terrain Mk
à considérer en fonction
des conditions d’exécution Vk
x Hk
Terrain naturel
y
Réaction
tangentielles
Réaction
normales
xG ; yG ; θ
Fig. 11.58. Schéma de calcul d’une fondation semi-profonde [NF P94-261 2013]
Sous ELU, les vérifications sont menées en appliquant les coefficients de sécurité partiels
présentés ci-dessous.
Tableau 11.26. Valeurs des coefficients partiels appliquées sur les résistances locales [NF P94-261 2013]
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Tangentielles
Normale à la base Normale aux faces
ELU à l’ensemble des faces
de la fondation du fût
de la fondation
V
M0
Fh0
x
Kh z
C D
Kv
a
Fig. 11.59. Méthode de M. Cassan
456 | Fondations superficielles
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Fx
Hx hx V
W
h Pa Pp
x
O
x
qmax
p
La contrainte maximale sous la base qmax, dont la détermination est complexe, est fournie par
la table de Pohl dont un extrait condensé est présenté au tableau 11.27.
V+W
qmax est calculé à partir de : qmax = μ · , où V est la sollicitation verticale, W le poids du
a ·b
massif, a et b la largeur et la longueur du massif, ex et ey les excentricités générées par les efforts
horizontaux Fx et Fy ; μ est trouvé à partir de la table de Pohl.
ey /b
0,48 33,3 44,9 54,3 62,3 78,1 93,8 134 188 469
0,4 6,67 8,99 10,9 12,5 15,6 18,8 26,8 37,5 93,8
0,3 3,33 4,49 5,43 6,23 7,81 9,38 13,4 18,8 46,9
0,2 2,22 2,99 3,62 4,14 5,19 6,23 8,90 12,5 31,1
0,1 1,6 2,2 2,63 2,99 3,74 4,49 6,42 9,99 22,5
La butée des terres Pp s’exerce sur la face frontale et la poussée Pa sur la face arrière.
Fondations semi-profondes | 457
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L’effort horizontal en tête T0 est équilibré par la réaction frontale Ph et par la résultante Hd de
la résistance au cisaillement sur la base de la norme NF P94-261. Ph est la résultante de p(z)
(figure 11.61).
Q
M0
T0
D0
D
Ph Vd
kp. σ´v0
Hd
p(z)
q´min
q´max
Le moment M0 est équilibré par le moment résistant dû à Ph et par celui dû à une répartition
trapézoïdale ou triangulaire des réactions verticales sur la base.
Rh;d est donné par les formules (29a et b) (voir § 11.4) :
Vd · tan δa;k
• en conditions drainées : Rh;d = (29b)
γR;h· γR;d;h
Remarques
1. Il est admis que la loi de mobilisation du frottement latéral sur la base de la fondation soit du type élasto-
plastique ; c’est-à-dire que Rh;d est mobilisé quel que soit le déplacement non nul.
2. La réaction frontale p(z) est négligée sur la hauteur D0 sur laquelle le sol est susceptible d’être remanié ou
soumis à des modifications climatiques pouvant altérer cette réaction (hauteur de gel, hauteur sensible au
retrait des argiles, etc.).
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3. L’expression p(z) = kh(z)·δ conduit à une pression frontale constante dans un milieu homogène (tant que
la butée n’est pas atteinte).
4. Pour les structures sensibles aux déformations, la formule (61) est souvent remplacée par la formule
suivante :
p(z) = K · σ´v0(z) (62)
K est habituellement limité à une valeur telle que K0 ≤ K ≤ 1.
Fondations semi-profondes | 459
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460 | Fondations superficielles
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[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Nota : l’ensemble des références de la bibliographie normative citée dans l’ouvrage est regroupé
dans l’annexe J.
CHAPITRE 12
[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Fondations profondes
[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
s s
Sable
légèrement limoneux Q1
d2
3
+ traces végétales
Profondeur en m
6 6
Sable
Q3 9
fin
Q4 12
beige 15
15
Fig. 12.3. Transmission des charges dans un pieu – résultats expérimentaux (d’après H. Cambefort)
Description, comportement et principes de justifications | 463
250
[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
200
Frottement latéral en kPa
150
100
50
0
0 5 10 15
Déplacement du fût en mm
Fig. 12.2. Mobilisation de frottement latéral – résultats expérimentaux
La part reprise en frottement latéral, par exemple entre les profondeurs d1 et d2, est Q1 − Q2
et le frottement unitaire τ mobilisé entre ces deux niveaux est donné par :
Q1 − Q2
τ= (1)
P·(d2 − d1)
P étant le périmètre du pieu.
L’examen des essais de chargement montre que le processus de mobilisation de la résistance
découle des lois respectives contraintes/déformations en frottement latéral et en pointe
(figure 12.3).
464 | Fondations profondes
[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
l’accroissement de charge est repris par la mobilisation de qs en profondeur et par une mobi-
lisation progressive de l’effort de pointe.
Enfin, pour les charges élevées, le frottement latéral est mobilisé en totalité sur tout le fût et
la rupture se produit lorsque l’effort de pointe est à son tour totalement mobilisé.
Il en résulte que, lorsque les pieux ne sont pas fichés dans un substratum rocheux ou du
moins très résistant, c’est le frottement latéral qui est mobilisé en premier et ceci pour un très
faible déplacement, la résistance de pointe constituant une réserve de sécurité vis-à-vis de la
rupture.
Pour des charges de traction, la résistance de pointe n’intervient pas et seul le frottement
latéral est mobilisé.
Pieu
2,5 B Extensomètres
éventuels Essai
préalable
Inclinomètre
éventuel
Effort
Déplacement
Base repère
Pieu
Rotule Inclinomètre éventuel
Base repère
Déplacement
b équipement du pieu : vue de dessus
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vérifier la stabilité d’un pieu unique mais aussi celle du groupe considéré dans son ensemble.
Par ailleurs, les fondations profondes traversant des couches compressibles surchargées
peuvent être soumises à des efforts parasites qui sont essentiellement :
• du frottement négatif sous l’effet du tassement du sol environnant ;
• des poussées horizontales sous l’effet du fluage latéral des sols mous chargés
dissymétriquement.
Les actions liées à des surcharges avoisinantes, à des phénomènes de gonflement ou de
soulèvement des sols, à des glissements de terrain ou à des tremblements de terre sont aussi
susceptibles d’impacter les pieux.
La norme NF P94-262 retient un classement en relation avec les normes européennes
d’exécution des pieux :
• NF EN 1536 : pieux forés ;
• NF EN 12699 : pieux avec refoulement de sol ;
• NF EN 14199 : micropieux.
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Classe Catégorie Technique de mise en œuvre Abréviation Norme de référence
Les fondations étant forcément en contact avec l’environnement extérieur, la durabilité est un
paramètre à prendre en compte (attaque des ciments par les sulfates, corrosion des aciers,
attaque fongique du bois, …).
On n’abordera ici que les aspects durabilité dans les terrains pour les matériaux béton et acier,
seuls matériaux constitutifs traités dans la norme NF P94-262.
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ou mortier à base de ciment
On ne s’attache ici qu’à présenter les paramètres principaux propres aux fondations coulées
en place sans aborder les calculs de structures proprement dits.
Les sujétions propres aux pieux bétons, coulis ou mortier, préfabriqués, ne sont pas traitées
car elles relèvent intégralement de l’application de l’Eurocode 2. On rappelle néanmoins que
pour ce type de fondations, les conditions de manutention (transport, levage, …) et de mise
en place (battage, vibrofonçage, …) s’avèrent régulièrement plus dimensionnantes que la
phase d’exploitation de l’ouvrage.
Notes :
(1) Pour l’application de la norme NF EN 1536, un enregistrement continu des paramètres d’excavation et de béton-
nage sous forme graphique doit être fourni pour chaque pieu et faire l’objet d’un rapport sous forme papier. Les
valeurs de ces paramètres sont visualisables en temps réel dans la machine réalisant les pieux.
(2) Lorsque le bétonnage ne se fait pas par l'intermédiaire d'une trémie mais directement à la pompe à béton, il est
conseillé de procéder à un enregistrement spécifique des paramètres d'exécution. Ces derniers sont visualisables
en temps réel par l'opérateur de la machine sous forme de graphique.
(3) Les pieux, pour lesquels le système d’enregistrement continu des paramètres d’excavation et de bétonnage n’aura
pas fonctionné, seront testés par un essai d’intégrité. Un nombre identique d’essais d’intégrité est à réaliser sur
des pieux pour lesquels l’enregistrement des paramètres aura été réalisé correctement pour servir d'étalonnage lors
de l'interprétation des essais.
(4) Pour des valeurs de fck supérieures ou égales à 25 MPa, la valeur de f ck * est prise égale à 18,33 MPa lorsque la
formule (2) conduit à une valeur moindre.
468 | Fondations profondes
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Ceci peut se traduire par le tableau suivant :
Tableau 12.3. Présentation des valeurs de k2
L L
> 20 ≤ 20
B B
B B
B ≤ 0,6 1,35 − 1,3 −
2 2
Notes :
(1) Les procédures A, B ou C sont indifféremment autorisées, mais les procédures A et B ne sont possibles que si les
pieux sont armés sur toute leur hauteur.
(2) Selon la norme NF P94-160-1 (méthode sonique par transparence). Dans ce cas, les tubes utilisés, de 40 mm de
diamètre intérieur minimum, sont à placer de façon à ne pas nuire à l’enrobage des armatures principales
des cages.
(3) Selon la norme NF P94-160-4 ou NF P94-160-2 (méthode vibratoire par impédance ou par réflexion). Lorsque
cette méthode n’est pas applicable ou lorsque la géométrie et le contexte géotechnique sont susceptibles d’en
compromettre la pertinence, il convient de recourir à la méthode A. Lorsque le défaut de représentativité de la
méthode par impédance est constaté a posteriori, il convient d’effectuer des auscultations au moyen de la
méthode sismique parallèle selon la norme NF P94-160-3.
(4) Les normes de type NF EN se substitueront aux normes de type NF P94-160 lorsqu’elles seront applicables.
Principes de justifications | 469
Tableau 12.5. Nombre minimal de pieux ou de barrettes à ausculter pour des contrôles renforcés d’intégrité
pour les ponts [NF P94-262 2012]
[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
Notes :
(1) Les procédures d'auscultation A ou B peuvent être appliquées indifféremment.
(2) Selon la norme NF P94-160-1 (méthode sonique par transparence). Dans ce cas, les tubes utilisés, de 40 mm de
diamètre intérieur minimum, sont à placer de façon à ne pas nuire à l’enrobage des armatures principales
des cages.
(3) Selon la norme NF P94-160-4 (méthode vibratoire par impédance).
(4) Les normes de type NF EN se substitueront aux normes de type NF P94-160 lorsqu’elles seront applicables.
Les différentes méthodes d’auscultation préconisées aux fins de contrôle renforcé d’intégrité
des pieux sont abordées dans le paragraphe 12.8.
Pour les armatures, l’espacement des armatures doit rester inférieur à 5 fois (c + Φ/2) avec
c l’épaisseur d’enrobage et Φ le diamètre des armatures, et la contrainte à l’ELS quasi perma-
nent dans les aciers passifs ne doit pas dépasser les valeurs suivantes sous la combinaison
d’action considérée :
• σs < 1 000 wmax pour des éléments ou parties d’éléments fléchies (c’est-à-dire ayant une
face tendue et une face comprimée) ;
• σs < 600 wmax pour des éléments ou parties d’éléments entièrement tendus.
Avec σs (MPa) la valeur absolue de la contrainte maximale admise dans l’armature immédia-
tement après la formation de la fissure et wmax (mm) l’ouverture calculée de la fissure.
Lorsque plusieurs agents agressifs sont présents avec des concentrations conduisant à un
classement XA3, la classe d’exposition reste XA3.
Tableau 12.6. Valeurs limites pour les classes d’exposition correspondant aux attaques chimiques par les sols
et les eaux souterraines naturels (extrait de FD P18-011)
[Link]:RUSTA:959777838:88866627:[Link]:1560807315
agressifs
XA1 XA2 XA3
CO2 agressif
NF EN 13577 a ≥ 15 et ≤ 40 > 40 et ≤ 100 > 100
(mg/l)
SO42− (mg/l) NF EN 196-2 ≥ 200 et ≤ 600 > 600 et ≤ 3 000 > 3 000 et ≤ 6 000
> 3 000 b
Mg2+ (mg/l) NF EN ISO 7980 ≥ 300 et ≤ 1 000 > 1 000 et ≤ 3 000
jusqu’à saturation
ISO 7150-1 ou
NH4+ (mg/l) ≥ 15 et ≤ 30 > 30 et ≤ 60 > 60 et ≤ 100 c d
ISO 7150-2
NF EN ISO 9963-1 et
TAC (mé/l) e ≤ 1,0 et ≥ 0,4 < 0,4 et ≥ 0,1 < 0,1 b
NF EN ISO 9963-2
a
Il est également possible d’utiliser la méthode Legrand-Poirier (cf. FD P18-011).
b
Une protection externe (enduits, revêtements) ou interne (imprégnation) est recommandée lorsque la concentra-
tion dépasse significativement la valeur seuil de la classe.
c Si le degré d’agressivité des solutions, des sols et des gaz présenté dans ce tableau dépasse les concentrations de la
classe XA3, il est nécessaire de prévoir une protection externe (enduits, revêtements) ou interne (imprégnation).
d Lorsque la concentration massique en ions bicarbonate HCO3− est supérieure à la concentration en ions ammo-
nium NH4+, il n’est pas nécessaire de prévoir de protection et les dispositions de XA3 suffisent, indépendamment
de la concentration en NH4+.
e 1 mé/l = 50 mg/l d’équivalent de CaCO3
f
Les sols argileux dont la perméabilité est inférieure à 10−5 m/s peuvent être placés dans une classe inférieure. En cas
de risque d’accumulation d’ions sulfate dans le béton due à l’alternance de périodes sèches et de périodes humides
ou par « succion capillaire », une valeur égale ou supérieure à 2 000 mg/kg conduit à un classement en XA2.
g
Conditions d’attaque non observées en pratique.
La norme NF EN 206-1 définit aussi les classes d’exposition liées aux agressions suivantes :
corrosion par carbonatation, corrosion par les chlorures, attaque par le gel-dégel, et présente
quelques exemples informatifs. L’ensemble est présenté dans le tableau 12.7.