Droits de l'Enfant au Rwanda
Droits de l'Enfant au Rwanda
L’ENFANT DE A à Z
MANUEL DE
VULGARISATION DES
DROITS DE L’ENFANT
1
2
3
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« L’enfant est comme un étranger dans une
ville inconnue dont il ne connaît ni la langue, ni les
coutumes, ni la direction des rues. […] Il a alors besoin
d’un informateur poli. »
Prawo dziecka do szacunku, MSK, Éd. Latona t. VII, Warszawa 1993 cité
dans Les droits de l’enfant défendus par Janusz Korczak
Jak kochac dziecko, MSK, Éd. Latona t. VII, Warszawa 1993 cité dans
Les droits de l’enfant défendus par Janusz Korczak
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TABLE DES MATIERES
Préface
A
Déchéance de l’autorité
parentale P.26 Devoir P.28
De cujus P.26 Dignité P.28
Délaissement d’enfant P.26 Discrimination P.28
Délinquance juvénile P.26 Divorce P.29
Désaveu P.27 Domicile P.29
Descendant, descendante P.27 Donation (entre vifs, à cause de mort) P.29
Déshérence P.27 Dot P.30
Détention P.27 Drogue P.30
Détournement P.27 Droit P.30
Développement P.28 Durée légale de la grossesse P.31
7
E
8
J
9
P
10
T
Utérin P.83
Xénophobie P.89
Zone P.89
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AVANT PROPOS
« Reconnaissant que l’enfant occupe une place unique et privilégiée dans la
société africaine et que, pour assurer l’épanouissement intégral et harmonieux
de sa personnalité, l’enfant devrait grandir dans un milieu familial, dans une
atmosphère de bonheur, d’amour et de compréhension… ». La première
partie de cet extrait du préambule de la Charte Africaine des Droits et du Bien-être
de l’Enfant, rappelle judicieusement qu’en Afrique, l’enfant est l’élément central
de la famille et de la société. Nombre de législateurs africains1 ont reconnu cette
place de l’enfant, et l’ont protégée en adoptant des textes spécifiques.
Pourtant, force est de constater que l’Afrique est l’un des continents dans lesquels
les droits des enfants sont les plus violés en dépit de la ratification des normes
internationales et de leur traduction dans des textes internes.
Beaucoup de cas de violations des droits des enfants trouvent leurs origines dans
les difficultés économiques des parents qui, obligés de lutter pour la survie, mettent
les droits de leurs enfants entre parenthèses. Les guerres civiles en Afrique sont
également des creusets de violations massives des droits des enfants. Certains
aspects de certaines cultures continuent également à soumettre les enfants,
à travers des rituels initiatiques et autres mutilations, à des traitements cruels,
inhumains et dégradants.
Quand nous regardons de plus près, nous nous rendons compte que l’ignorance
des droits des enfants est l’une des causes de leurs violations. Mais contrairement
à ce que l’on pourrait penser, cette ignorance ne résulte pas tant de l’absence de
lois, mais de la méconnaissance des lois existantes2. Se pose alors un sérieux
problème de vulgarisation des lois.
A travers ce guide, Avocats Sans Frontières (ASF) a voulu vulgariser les droits
et les devoirs des enfants, les mettre à la portée de tous. Il s’adresse en priorité
aux enfants eux-mêmes qui ont non seulement le droit d’avoir des droits, mais
aussi le droit de les connaître. Il s’adresse également aux différents acteurs
sociaux qui, chacun à son niveau, ont un rôle à jouer pour l’éducation et le plein
épanouissement de l’enfant (chef de famille, enseignant, autorité administrative,
religieuse, etc.).
Le style du présent a été simplifié pour permettre à ces personnes, en général non
juristes, de trouver aisément des réponses simples aux questions de tous les jours.
1 Parmi lesquels, le législateur rwandais.
2 Certaines dispositions floues des lois pourraient également produire un effet
contraire à l’esprit du législateur et provoquer la violation des droits des
enfants.
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La présentation par ordre alphabétique nous a non seulement permis de faire
en peu de lignes le tour des différents droits (civils et politiques, économiques,
sociaux et culturels) de l’enfant, mais surtout facilitera - nous l’espérons-
l’exploitation par le lecteur. La technique de renvoi a été utilisée et permettra à
celui-ci de retrouver dans le guide, le maximum d’informations sur les droits des
enfants. Pour répondre aux préoccupations des personnes vulnérables qui ont du
mal à saisir la justice et à se défendre sans assistance, ASF a annexé à ce guide,
quelques modèles d’actes de procédure en faveur des enfants. Ces modèles qui
sont reproduits avec toutes les réserves peuvent également servir d’aide mémoire
à certains professionnels.
Le guide et les modèles qui y sont annexés donnent l’information de
première nécessité et ne remplacent en aucun cas les conseils avisés d’un
professionnel du droit auquel il est toujours conseillé de recourir pour un meilleur
accompagnement.
Le lecteur remarquera à travers les lignes qui suivent que le législateur parle tantôt
d’enfant, tantôt de mineur, sans rentrer dans les définitions et les controverses
juridiques. Nous avons dans ce guide, donné le même sens à l’enfant et au
mineur entendus comme un être n’ayant pas encore la maturité nécessaire pour
se protéger par lui-même.
Enfin, Avocats Sans Frontières fait sien ce slogan de l’UNICEF, « Unissons-
nous pour les enfants » et exhorte tous les lecteurs non seulement à mettre en
pratique les droits des enfants, mais aussi à aider d’autres personnes à le faire. La
protection de ces droits est un ensemble, est l’œuvre de tous et nous ne pouvons
avoir « un monde digne des enfants » que si tous s’impliquent3.
Avocats Sans Frontières tient à exprimer ses plus vifs remerciements à l’UNICEF
et au Gouvernement du Canada pour avoir contribué, par leur financement, à
la réalisation de ce guide. Cependant, il convient de préciser que le contenu de
ce guide n’engage que l’organisation Avocats Sans Frontières et qu’il ne reflète
pas nécessairement le point de vue des bailleurs de fonds. Nous remercions
également tous ceux qui, par leurs apports ont contribué à son élaboration.
3
Les personnes physiques et les personnes morales (aussi bien privées que publi-
ques). L’Etat doit garantir le respect des droits des enfants et veiller à ce que la
justice pour mineurs ait pour seul objectif l’intérêt des mineurs eux-mêmes.
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A
Abandon
De manière générale, l’abandon est le fait de délaisser une personne au mépris
d’un devoir.
- Sur le plan moral, l’abandon est le fait pour le père ou la mère, de compromettre
gravement la santé, la sécurité et la moralité d’un ou plusieurs de ses enfants,
par mauvais traitements, par des exemples pernicieux d’inconduite notoire ou
d’ivrognerie.
- Sur le plan pécuniaire, l’abandon est le fait pour une personne de ne pas payer
la pension alimentaire ou à son conjoint et/ou à ses enfants au mépris d’une
condamnation judiciaire.
- L’abandon du foyer, est une forme d’abandon de famille résultant de l’abandon
prolongé de la résidence familiale, soit par le père ou la mère, soit par le mari alors
qu’il sait son épouse enceinte.
En plus du fait que ces agissements peuvent donner lieu à des actions en
pension alimentaire ou en divorce, ou même en changement de garde de
l’enfant au cas où les parents seraient déjà séparés. Ils sont réprimés par
les articles 380 et 381 du Code pénal. L’auteur de tels faits peut donc être
emprisonné.
- L’abandon ou le délaissement d’enfant est le fait d’abandonner en un lieu
solitaire ou non un enfant incapable de se protéger lui-même, en raison de son
état physique ou mental. Dans le même sens, l’exposition d’enfant est le fait
d’exposer en un lieu solitaire ou non un enfant incapable de se protéger lui-même,
en raison de son état physique ou mental.
Ces faits qui peuvent justifier le retrait de la garde de l’enfant à ce parent
ou même la déchéance de l’autorité parentale, sont également prévus et
réprimés par les articles 383 à 387 du Code pénal et 43 à 45 de la loi relative
aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences.
Administration légale
L’enfant n’ayant pas encore la capacité de gérer lui-même ses biens, son père ou
sa mère sont chargés de l’administration légale de ses biens jusqu’à sa majorité.
Si les deux parents sont décédés, l’administration est confiée à une personne
choisie par le conseil de famille ou par le juge.
L’administrateur légal ne doit poser que des actes d’administration et tout acte
conservatoire jugé nécessaire c’est-à-dire tous les actes de gestion nécessaire.
Les actes de disposition (c’est-à-dire de cession d’un bien) quant à eux sont
limitativement admis. De la sorte, les actes d’aliénation de même que ceux qui
sont de nature à grever le patrimoine de l’enfant ne peuvent être accomplis que
16
sur l’autorisation du tribunal (article 353 Code civil livre I). Au terme de l’article 408
Code civil, livre I.
Il doit rendre compte de sa gestion en fin de mandat sous peine d’engager sa
responsabilité. On parle alors de la reddition des comptes. L’action en reddition
des comptes est portée devant la juridiction du lieu d’ouverture de la tutelle
(article 128 du Code de l’organisation, du fonctionnement et de la compétence
judiciaires).
Adoption
L’adoption est la création par une décision de justice d’un lien de filiation entre
deux personnes qui n’ont normalement aucun lien de sang. Elle doit être fondée
sur de justes motifs et présenter des avantages pour l’adopté.
Conditions de l’adoption :
L’adoptant doit avoir au moins quinze ans de plus que la personne à adopter
à moins que la personne à adopter ne soit l’enfant de l’un des conjoints. Dans
ce dernier cas la différence d’âge exigée est de dix ans au moins. Pour de
justes motifs cette différence d’âge peut être réduite par le Ministre de la Justice
(article 333 du Code de l’organisation, du fonctionnement et de la compétence
judiciaires).
Procédure d’adoption :
Effets de l’adoption :
Le Code civil rwandais a consacré l’adoption simple et non celle plénière. Ainsi,
l’adopté garde ses liens avec sa famille d’origine et y conserve tous ses droits et
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toutes ses obligations et l’autorité parentale passe à l’adoptant qui a la garde de
l’adopté. Dans la famille d’origine, l’adopté conserve tous ses droits notamment
le droit à l’héritage. Dans la famille adoptive, il a également ce droit mais qui ne
se limite qu’aux biens de l’adoptant et non à sa famille (voir article 336 du Code
civil, livre I).
(Voir également : article 21 de la Convention relative aux droits de l’enfant, article 24
de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, ainsi que la Convention
sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale
à laquelle le Rwanda a adhéré par la loi n° 001/2008 du 14/01/2008).
Aliments
Ce terme désigne en général les choses nécessaires à la vie qu’en vertu d’un
devoir de solidarité familiale, celui qui le peut doit fournir à son parent dans le
besoin. Il s’agit, entre autres, de la nourriture, du logement, de l’habillement, des
frais médicaux, etc.
Il constitue un droit pour l’enfant qui est encore sous la responsabilité de ses
parents, mais peut aussi devenir un devoir lorsqu’il a des moyens et que ses
parents ou l’un d’eux est dans le besoin.
L’article 323 du Code pénal punit d’une peine de un an à cinq ans et/ou d’une
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amende n’excédant pas vingt mille francs, « quiconque aura volontairement privé
d’aliments ou de soins, au point de compromettre sa santé, un enfant âgé de
moins de 14 ans … ».
Ascendant, ascendante
Une personne est « l’ascendant » d’une autre, lorsque cette dernière en est issue
par la naissance et ce, à tous les degrés successoraux (père, mère, grands-
pères, grands-mères, arrière-grands-pères et arrière-grands-mères, etc.). Quand
on remonte dans l’ordre chronologique des naissances, il n’y a pas de fin à
l’ascendance. Les ascendants comprennent également les personnes qui sont
des collatéraux des ascendants (oncle et tantes, grands-oncles et grandes tantes,
etc.) qui dans chaque lignée paternelle ou maternelle ont un ascendant commun.
Le Code civil pourvoit aux droits des ascendants par exemple, quant au droit
aux aliments, quant aux effets du lien familial qui constituent un empêchement
au mariage. Il fixe également les effets de l’ascendance quant à la vocation des
personnes à succéder.
Assistance judiciaire
L’assistance judiciaire est le fait pour une personne indigente ou vulnérable, de
bénéficier de la gratuité des frais pour défendre ses droits en justice, mais aussi
de l’assistance gratuite d’un avocat.
« Le mineur poursuivi doit être assisté d’un conseil. A défaut de choix d’un conseil
par le mineur ou ses représentants légaux, le Ministère Public fait désigner par
le Bâtonnier, un conseil d’office » article 185 Code de procédure pénale, voir
également l’article 21 de la loi du 28/04/2001 relative aux droits et à la protection
de l’enfant contre les violences. Pour que cette disposition sur l’assistance
obligatoire d’un mineur soit effective, il faudrait envisager un fonds d’assistance
judiciaire durable.
Assurance
Le contrat d’assurance est un contrat aléatoire par lequel un organisme dit
«l’assureur» s’engage envers une ou plusieurs personnes déterminées ou un
groupe de personnes dites les «assurées», à couvrir, moyennant le paiement
d’une somme d’argent dite « prime d’assurance », une catégorie de risques
déterminés par le contrat que dans la pratique on appelle « police d’assurance ».
Les enfants ont droit à diverses assurances :
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- L’assurance scolaire : Elle permet de couvrir les dégâts causés ou subis
par les enfants dans les activités exercées par eux dans l’établissement
scolaire, les activités sportives, socioculturelles, etc. et éviter ainsi les
ennuis financiers.
- L’assurance éducation pour les enfants, permet de garantir la scolarité
des enfants dans certains cas déterminés dans le contrat (retraite ou
décès du ou des parents).
- L’assurance responsabilité civile pour enfant, couvre les parents en
cas de dommages corporels, matériels ou immatériels causés par leur
enfant à un tiers (voir garde de l’enfant).
Atteintes
L’enfant a droit à la protection contre les atteintes illégales à son honneur, à sa
réputation. Les immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile
ou sa correspondance sont également interdites (article 16 de la Convention
relative aux droits de l’enfant).
Audition / Interrogatoire
Un enfant en conflit avec la loi ne devrait être entendu à l’enquête de police qu’en
présence de son ou ses représentants légaux. Toutefois dans la pratique, les
enfants sont souvent entendus seuls. Devant le juge, l’enfant répond lui-même
aux questions, mais doit être assisté par un avocat.
En matière civile, les intérêts de l’enfant sont défendus par son représentant légal
et son audition ne semble pas nécessaire. Toutefois, le juge peut toujours décider
d’entendre l’enfant à titre de simples renseignements. Il en est également ainsi
lorsque l’enfant a déjà l’âge de la raison et que le juge estime nécessaire, dans
l’intérêt de l’enfant lui-même de recueillir son avis. L’article 12 de la Convention
relative aux droits de l’enfant reconnaît expressément cette possibilité d’entendre
les enfants.
Lorsque l’audition d’un enfant est nécessaire, elle doit être entourée de toutes les
garanties du procès équitable (interprète, respect de sa personnalité, temps de
repos, audition aux heures ouvrables, etc.), l’enfant ne doit pas être contraint de
témoigner contre lui-même ou de s’avouer coupable (article 40 de la Convention
relative aux droits de l’enfant). Le juge doit soit d’office, soit à la demande du
conseil de l’enfant, annuler tous les procès verbaux d’audition de l’enfant établis
en violation de ses droits (voir intérêt de l’enfant).
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Autorité parentale
Elle est l’ensemble des droits et des devoirs qui appartiennent au père et à la mère
en vertu de la loi (articles 344 à 354 du Code civil livre I) et que ceux-ci exercent
en commun, d’une part relativement à la personne de leurs enfants mineurs non
émancipés en vue de les protéger (garde, surveillance, éducation), d’autre part,
relativement aux biens de ceux-ci (administration et jouissance légale).
D’après l’article 345 du Code civil, livre I, l’autorité parentale est exercée par le
père et la mère. En cas de dissentiment, le juge doit trancher en tenant compte
de l’intérêt de l’enfant (voir également l’article 9 de la loi relative aux droits et
à la protection de l’enfant contre les violences). Le parent le plus diligent saisit
à cet effet le Tribunal de Base qui est territorialement compétent (article 36
paragraphe 5 de la loi de 2004 portant Code d’organisation, de fonctionnement et
de compétence judiciaires telle que modifiée à ce jour).
L’autorité parentale sur un enfant naturel non reconnu est exercée par la personne
qui en assure la garde (article 346 du Code civil livre I).
L’article 380 du Code pénal prévoit des sanctions (un emprisonnement de 3 mois
à deux ans et d’une amende de 20.000 Francs rwandais) contre la personne
qui se soustrait à tout ou partie des obligations d’ordre moral ou d’ordre matériel
résultant de l’autorité parentale.
Un parent peut également être déchu de l’autorité parentale par décision du juge
lorsqu’il s’est montré indigne de ses fonctions (exemple de l’inconduite ou de
mauvais traitements mettant en danger la moralité ou la santé de l’enfant) ou
encore dans les conditions spécifiées par la loi (article 359 du Code civil livre I).
Ce qui ne lui enlève pas l’obligation d’entretenir ses enfants mineurs (article 284
du Code civil). Voir aussi émancipation.
L’ayant cause ou l’ayant droit, est la personne qui a acquis un droit ou une
obligation d’une autre personne appelée son auteur.
Les héritiers sont des «ayants droit» ou des «ayants cause».
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B
Bien-être
Selon la Déclaration de l’ONU des droits de l’enfant, le bien-être de l’enfant est
assuré lorsque celui-ci « est en mesure de se développer d’une façon saine et
normale sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des
conditions de liberté et de dignité ».
C
Capacité
22
Centre de rééducation pour mineurs
Collatéral
Le mot collatéral qualifie dans les structures de la parenté et spécialement dans
l’ordre des successions, tout ce qui se rapporte à ceux des membres de la famille
qui, sans descendre les uns des autres, descendent d’un auteur commun (frères
et sœurs, neveux, nièces, oncles et tantes).
Les frères et sœurs d’une personne décédée sont des collatéraux privilégiés.
Les oncles et cousins d’une personne décédée sont des collatéraux ordinaires.
Pendant les conflits armés, les enfants doivent être particulièrement protégés contre
toutes les formes d’abus, d’exploitation et de violation massive de leurs droits.
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Les enfants ne doivent pas prendre part aux hostilités et ne doivent pas être
engagés dans l’armée.
La Convention relative aux droits de l’enfant fixe l’âge minimum à partir duquel
un enfant peut être enrôlé dans l’armée à 15 ans mais indique qu’un enfant de
plus de 15 ans et de moins de 18 ans, ne devrait pas participer directement aux
combats. Le Protocole facultatif à la même Convention, concernant l’implication
des enfants dans les conflits armés interdit en son article 4 aux groupes armés, le
recrutement et l’utilisation des enfants de moins de 18 ans. Dans le même sens,
la loi relative aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences est plus
protectrice et fixe l’âge minimum pour le service militaire à 18 ans (voir article 19
de la loi relative aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences, article
22 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, article 38 de la
Convention relative aux droits de l’enfant).
Toute personne qui viole les droits des enfants pendant cette période tombe
sous le coup des conventions de Genève sur le droit international humanitaire
(Convention relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre).
24
les parents ou alliés de l’enfant pris moitié du coté paternel et moitié du coté
maternel.
Il a reçu des attributions importantes notamment l’autorisation des décisions
d’aliénation des biens des mineurs, la nomination d’un tuteur ad hoc et l’approbation
de l’inventaire à la fin de la tutelle (voir articles 389, 391 et 408 du Code civil, livre I).
Consentement
Le consentement est la manifestation expresse de la volonté par l’auteur d’un acte
juridique ou une partie à un acte juridique. L’enfant étant frappé d’une incapacité
d’exercice, ne peut valablement donner son consentement (voir capacité)
Contestation d’état
L’action en contestation d’état est celle qui permet de combattre l’état conféré
à une personne par son acte de naissance ou la possession d’état. Il s’agit de
rétablir par la décision judiciaire, la conformité entre l’état d’une personne et le lien
physiologique qui l’unit à ses auteurs.
Force est de faire remarquer que cette action n’est pas réglementée expressément
dans le Code civil. Mais en matière de filiation certains articles en déterminent les
règles, notamment le cas de désaveu de paternité. Les actions d’état d’après
l’article 365 de la loi no 14 /2006 du 22/03/2006 modifiant et complétant la loi
organique no 7 /2004 portant OFCJ sont de la compétence des Tribunaux de Base
(voir détails désaveu sous D).
Crise
Lorsqu’un ménage traverse une grave situation de crise nécessitant l’intervention
du juge (séparation de résidence, de corps ou même divorce), il devient nécessaire
de veiller à ce que l’enfant ne soit pas très affecté par cette crise. Les décisions
prises par le juge en pareilles circonstances, doivent toujours tenir compte de
l’intérêt de l’enfant.
Culture
Délinquance juvénile
Elle est l’ensemble des agissements délictueux chez les jeunes.
Les parents, les éducateurs, l’Etat et bien d’autres, doivent prendre en amont des
mesures pour prévenir la délinquance juvénile.
En aval, dès qu’une infraction est commise par un enfant, la procédure pénale doit
avoir pour objectif la récupération et l’insertion du délinquant.
26
Désaveu
L’action en désaveu de paternité est l’action par laquelle le mari nie être le père
de l’enfant légitime né de son épouse et tend à faire écarter la présomption légale
de paternité (voir enfant sous E).
La loi distingue deux sortes de désaveu à savoir le désaveu par simple déclaration
(article 301 du Code civil, livre I) et celui par preuve contraire où le mari doit établir
des faits qui prouvent que pendant la période légale de conception située entre
300 et 180 jours avant la naissance de l’enfant, il ne pouvait pas en être le père.
L’action en désaveu doit être portée en justice devant le Tribunal de Base qui
est territorialement compétent. Elle est personnelle au mari sauf dans les limites
strictement définies où les héritiers peuvent poursuivre ou exercer l’action au nom
du père (article 305 du Code civil, livre I). L’article 303 du même code limite cette
action dans le temps. L’action en désaveu de paternité est dirigée contre l’enfant
et dans le cas où l’enfant serait encore mineur, il est défendu par sa mère ou un
tuteur nommé par le tribunal.
Descendant, descendante
C’est une personne issue directement d’une autre appelée ascendant soit au
premier degré (enfant), soit à un degré plus éloigné (petits-enfants, arrière-petits-
enfants, etc.). Cette appellation est surtout utilisée en matière successorale.
Déshérence
La déshérence est la situation dans laquelle se trouve un bien ou un patrimoine
lorsque son propriétaire est décédé sans laisser d’héritier connu ou, ce qui revient
au même, si tous les héritiers connus y ont renoncé.
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Développement
L’enfant a droit au développement.
La responsabilité d’élever l’enfant et d’assurer son développement incombe en
premier lieu aux parents, ou le cas échéant à ses représentants légaux. Ceux-ci
doivent être guidés par l’intérêt supérieur de l’enfant. L’Etat doit aider les parents
et mettre en place des structures d’accompagnement des parents dans cette
mission (article 18 de la Convention relative aux droits de l’enfant).
L’Etat doit également assurer à l’enfant un niveau de vie suffisant pour permettre
son développement physique, mental, spirituel, moral et social (article 27 de la
Convention relative aux droits de l’enfant).
Devoir
La communauté internationale, l’Etat, la société et la famille ont des devoirs
envers l’enfant. L’enfant de son côté a des devoirs : devoir de faire un bon usage
des droits qui lui sont reconnus, devoir de respecter les lois, devoir de respecter
ses parents, son tuteur, ses éducateurs, ses camarades et toutes les personnes
plus âgées que lui, devoir de s’appliquer à ses études ou son apprentissage,
de renforcer la solidarité de la société et de la nation, etc. (voir articles 31 de la
Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et 25 à 27 de la loi relative
aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences).
Dignité
Dignité signifie ici, l’honneur de l’enfant.
Toute forme d’humiliation de l’enfant est interdite ; de même, l’éducation de
l’enfant doit se faire dans le strict respect de sa dignité. La discipline scolaire doit
être appliquée d’une manière compatible avec la dignité de l’enfant (voir article 28
de la Convention relative aux droits de l’enfant).
Discrimination
La discrimination dans un premier sens est un traitement différentiel contraire au
principe de l’égalité consistant à refuser à des individus, des groupes, des droits
ou des avantages qui sont reconnus par ailleurs à d’autres. Dans un Etat, au
sein d’une même famille, les enfants doivent avoir les mêmes droits sans aucune
discrimination. Les filles doivent avoir les mêmes droits que les garçons, les plus
jeunes, les mêmes avantages que les aînés (le privilège de primogéniture qui
consistait à donner plus de droits aux enfants aînés a été supprimé).
L’article 3 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant prône la
non-discrimination.
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Toutefois, la loi institue souvent des discriminations en faveur des enfants. Il s’agit
des discriminations positives. L’objectif de ces discriminations est de protéger les
enfants contre la rigueur de la loi : C’est ainsi que l’enfant de moins de 14 ans
ne peut pas travailler dans une entreprise ; l’enfant de plus de 14 ans ne doit
pas travailler dans des établissements dangereux, incommodes et insalubres ou
dans les quarts de nuit, la femme qui a accouché a droit à un congé de maternité
et bénéficie des heures de tété après ce congé, l’enfant handicapé a droit à une
protection spécifique, etc.
La discrimination peut également être un délit pénal commis au moyen de
l’expression orale, écrite ou tout acte, fondés sur … ou les opinions destinées à
priver une ou plusieurs personnes de leurs droits prévus dans les lois en vigueur au
Rwanda et dans les conventions internationales auxquelles le Rwanda est partie
(voir article 3 de la loi no 47/2001 du 18/12/2001 sur la répression des crimes de
discrimination et pratique du sectarisme). Cette dernière loi en son article 5 prévoit
une peine d’emprisonnement de trois mois à deux ans et/ ou une amende de 50.000
à 300.000 francs rwandais pour toute personne coupable de discrimination.
Divorce
Le divorce qui est la dissolution du mariage prononcée par le Tribunal à la demande
d’un ou des époux peut avoir de graves conséquences sur la vie des enfants (voir
garde de l’enfant).
Domicile
Le domicile est le lieu où une personne a son principal établissement.
Le mineur est domicilié chez ses père et mère ou lorsque ceux-ci ont des domiciles
distincts, chez celui avec lequel il réside. On parle alors de domicile légal parce
qu’il est assigné par la loi.
Le domicile de l’enfant bénéficie de la même protection légale que celui de l’adulte.
L’enfant ne doit donc pas faire l’objet d’immixtions arbitraires dans son domicile.
Donation
La donation entre vifs est un contrat par lequel une personne se dépouille
irrévocablement et sans contrepartie d’un bien lui appartenant en faveur d’une
autre personne qui l’accepte.
La donation à cause de mort est une donation révocable appelée à prendre effet à
la mort du donateur et sous la condition que le donataire (bénéficiaire) lui survive.
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Dans les deux cas, l’enfant ne peut pas transmettre la propriété d’un bien par
donation parce qu’il n’a pas encore la capacité juridique. De même, l’administrateur
légal des biens de l’enfant ne peut pas faire des donations au nom de celui-ci sauf
sur autorisation du tribunal (article 353 du Code civil)1.
L’enfant peut cependant recevoir une donation entre vifs ou à cause de mort à
condition que cette donation n’apporte que des actifs (biens nouveaux) à son
patrimoine et pas d’obligations (dettes).
Droit
L’enfant bénéficie d’un large éventail de droits (dont une partie est reprise dans le
présent guide) qui doivent tous être respectés.
Le droit de correction est une prérogative autrefois attachée à la puissance
paternelle en vertu de laquelle le titulaire était en droit de faire détenir un enfant
mineur difficile dans un centre spécialisé ou d’infliger à l’enfant, une réprimande
manuelle (bastonnade). Ce droit n’existe plus et toute réprimande manuelle sur
l’enfant est interdite.
L’article 347 du Code civil livre I accorde un droit de correction aux personnes qui
exercent l’autorité parentale. Ce droit est également reconnu aux personnes qui
1.
L’article 353 du Code civil dispose que les actes d’aliénation et ceux susceptibles
de grever le patrimoine de l’enfant nécessitent l’autorisation du tribunal. Il convient
toutefois de se demander si l’administrateur des biens d’un enfant peut faire des
donations sur le patrimoine de celui-ci. Le législateur devrait exclure expressé-
ment tout acte à titre gratuit (donation) et ne prévoir l’autorisation du juge que
pour les actes à titre onéreux (vente).
30
assurent l’éducation des enfants. Cet article ne définit pas le droit de correction et
ne détermine pas ses limites2.
Force est cependant de signaler que les normes actuelles en matière des droits
de l’homme n’admettent pas qu’un degré même léger ou modéré, de châtiments
corporels soit infligé à l’enfant même prétendument dans son intérêt. Plusieurs
textes internationaux condamnent ainsi sans réserve les punitions corporelles en
tant que méthode éducative : l’article 19 de la Convention relative aux droits de
l’enfant en est un exemple.
Education
L’éducation de l’enfant doit se faire dans le strict respect de ses droits et les
prérogatives reconnues aux parents et aux éducateurs doivent être exercées
d’une manière compatible avec la dignité de l’enfant en tant qu’être humain (voir
article 28 de la Convention relative aux droits de l’enfant, article 11 de la Charte
2.
Cette disposition contraire à la politique rwandaise de protection de l’enfance
devrait être abrogée car elle peut conduire à la violation des droits des enfants.
31
africaine des droits et du bien-être de l’enfant, article 13 du Pacte international
relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, article 26 de la Déclaration
universelle des droits de l’homme).
L’enfant de son côté a le devoir d’être assidu à l’école, de bien travailler et de
respecter les enseignants et ses camarades.
Egalité
32
et devient capable, comme un majeur, des actes de la vie civile.
L’émancipation est dite légale lorsqu’elle résulte de plein droit du mariage de
l’enfant.
Elle est volontaire lorsqu’elle est prononcée, s’il y a de justes motifs, par le Ministre
de la Justice à la demande des père et mère ou de l’un d’eux, ou du tuteur (voir
articles 426 et suivants du Code civil livre I).
Emprisonnement
pas être emprisonné même si le Code de procédure pénale (qui est une loi de
procédure et non de fond) fixe la majorité pénale à 12 ans. La loi sur l’idéologie
du génocide permet cependant l’emprisonnement d’un mineur de 12 ans (voir
majorité pénale).
33
5 – Les mineurs doivent être détenus dans des conditions tenant dûment
compte de leur statut et de leur besoin particulier en fonction de leur âge, de leur
personnalité et de leur sexe, du type de délit ainsi que de leur état physique et
mental, et qui les protègent des influences néfastes et des situations à risque.
6 – Les mineurs détenus doivent être logés dans des locaux répondant à
toutes les exigences de l’hygiène et de la dignité humaine.
7 – Tout mineur emprisonné doit avoir droit à un nombre d’heures
approprié d’exercice libre par jour, en plein air si le temps le permet, au cours
desquelles il reçoit normalement une éducation physique et récréative.
8 – Tout mineur détenu a le droit de recevoir des soins médicaux tant
préventifs que curatifs et de suivre le régime alimentaire que le médecin peut lui
prescrire.
9 – En cas de décès d’un mineur en détention, le parent le plus proche
doit avoir le droit d’examiner le certificat de décès, de voir le corps, etc. Une
enquête doit également indépendante doit être effectuée sur les causes du décès
et le plus proche parent du mineur doit avoir accès au rapport de l’enquête. Il en
est de même si le mineur est décédé dans les six mois de sa libération et que l’on
a des raisons de croire que le décès est lié à la période de détention.
10 – Le mineur doit être autorisé à recevoir les visites de sa famille, etc.
Enfant
« …On entend par enfant tout être humain âgé de moins de dix-huit ans de
naissance sauf dispositions contraires » article premier loi relative aux droits et à
la protection de l’enfant contre les violences.
« Au terme de la présente Convention, on entend par enfant, tout être humain âgé
de moins de 18 ans » article 2 de la Charte africaine des droits et du bien-être de
l’enfant.
« Le mineur est l’individu de l’un ou l’autre sexe qui n’a pas encore atteint l’âge de
vingt et un an » article 360 du Code civil.
Ces définitions laissent entrevoir une contradiction sur l’âge de l’enfant, mais il n’y
a en réalité pas de contradiction puisque l’article 1er de la loi relative aux droits et à
la protection de l’enfant contre les violences, fixe l’âge de l’enfant à 18 ans « sauf
dispositions contraires » ; l’article 360 du Code civil constitue donc une disposition
contraire.
Bien que tous les enfants naissent égaux, le régime juridique des enfants peut
varier en fonction de la situation juridique des parents au jour de la conception ou
de la naissance, ainsi :
- L’enfant légitime est celui né dans le mariage de ses deux auteurs et
non désavoué par son père ou dans les 300 jours de la dissolution du mariage
de ses parents par le divorce des parents ou le décès du père (c’est-à-dire conçu
dans le mariage).
- L’enfant légitimé est l’enfant naturel à la naissance qui est devenu
légitime suite au mariage de ses parents.
- L’enfant adopté ou enfant adoptif est l’enfant qui n’a au départ aucun
lien de sang avec l’adoptant, mais qui est devenu son enfant par l’effet de sa
volonté et d’une décision de justice. Il a les mêmes droits que l’enfant légitime ou
légitimé.
- L’enfant naturel ou illégitime est celui né hors mariage.
- L’enfant adultérin est l’enfant naturel dont l’un au moins des parents
était engagé dans les liens du mariage au jour de sa conception.
On parle d’enfant adultérin a patre lorsqu’il est né de l’adultère de son
père, c’est-à-dire que le père était engagé dans les liens du mariage au jour de sa
conception avec une autre que sa mère. L’enfant adultérin a matre est celui né
35
de l’adultère de la mère c’est-à-dire que la mère était engagée dans les liens du
mariage au jour de sa conception avec un autre que son père.
L’enfant adultérin a patre peut être reconnu par son père naturel, mais l’enfant
adultérin a matre ne peut pas être reconnu par son père naturel pour la simple
raison que l’enfant né dans le mariage est présumé avoir pour père le mari de sa
mère. Cet enfant né du commerce adultérin de sa mère est donc présumé être
l’enfant légitime du mari de sa mère. Le mari peut faire tomber cette présomption
par une action en désaveu de paternité. Si l’action en désaveu de paternité abouti,
l’enfant devient naturel et peut être reconnu par son père naturel.
- L’enfant incestueux est l’enfant naturel né d’une mère et d’un père
entre lesquels le mariage est interdit par un empêchement de parenté ou d’alliance
(exemple, un enfant né des relations d’un père et de sa fille ou un enfant né des
relations d’un homme et de sa belle-sœur). Le législateur rwandais est muet sur
le sort de cet enfant.4 En revanche, il s’est prononcé sur l’enfant né du mariage de
ses parents incestueux Cet enfant a les mêmes droits que ceux issus d’une union
régulière de ses parents. En effet, même si leur mariage est annulé, il produit des
effets civils à l’égard des enfants quand bien même aucun des époux n’aurait été
de bonne foi. Il est statué sur la garde comme en matière de divorce.
- L’enfant conçu est l’enfant engendré, mais non encore né. En matière
successorale, la personnalité juridique lui est reconnue uniquement lorsqu’il s’agit
de ses intérêts à condition qu’il naisse vivant et viable. Il peut donc hériter de son
père décédé avant sa naissance et recevoir des biens, mais jamais des dettes.
- L’enfant trouvé : voir l’article 122 du Code civil livre I.
L’enfant légitime ou légitimé et l’enfant adoptif ont les mêmes droits sur la
succession de leurs parents contrairement à l’enfant naturel reconnu qui n’a le
droit de succession qu’à l’égard du parent qui l’a reconnu. La reconnaissance a
un effet individuel car elle n’établit la filiation qu’à l’égard de son auteur (articles
325 et 326 du Code civil livre I). De même, l’enfant adultérin a patre reconnu n’a
de droit que sur la succession de son père.
Il est souhaitable que le législateur se prononce sur le sort de l’enfant naturel in-
4.
cestueux et pas seulement sur le sort de l’enfant incestueux né d’un mariage nul.
36
de cette phase en présence de leur conseil.
Le Code de procédure pénale en son article 185 dispose que « le mineur poursuivi
doit être assisté d’un conseil. Voir également article 21 de la loi n°27/2001 relative
aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences. (Voir assistance
judiciaire).
Environnement
Les enfants doivent être élevés dans un environnement sain qui ne présente aucun
danger pour leur santé physique et mentale. Il s’agit aussi bien de l’ambiance
dans laquelle ils vivent que du cadre écologique.
Ceci impose des obligations vis-à-vis de la famille, de la société et de l’Etat.
Chacun a son niveau doit faire en sorte que l’ensemble des conditions naturelles
(physiques, chimiques, biologiques), culturelles (sociologiques) et écologiques
dans lesquelles les enfants vivent soient favorables à leur développement et à
leur épanouissement.
L’enfant a aussi le devoir de respecter l’environnement.
L’état d’une personne est constitué par l’ensemble des règles qui définissent sa
personnalité juridique, qui l’individualisent par rapport à sa famille et aux autres
personnes. L’état d’une personne comprend principalement ses prénoms et nom
de famille, son lieu et sa date de naissance, sa filiation, sa capacité civile, son
37
domicile, sa situation au regard de l’institution du mariage (célibataire, marié,
divorcé).
(voir aussi Possession d’état d’enfant)
Exploitation
38
d’utiliser des enfants dans les spectacles visant la prostitution ou la production de
matériel de caractère pornographique.
- L’article 42 réprime le fait de donner des stupéfiants à l’enfant ou de se
servir de lui pour le trafic de drogue, des armes ou de la contrebande.
Famille
La famille désigne au sens large, l’ensemble de personnes descendant d’un
auteur commun qui sont unies par le lien de parenté ou par la communauté de
sang et qui comprend par conséquent des collatéraux et des cousins éloignés.
Elle est encore le groupe restreint des père et mère et de leurs enfants vivant
avec eux. Le Code civil rwandais, même s’il réintègre la famille élargie dans les
formalités du mariage et en matière d’obligation alimentaire, protège uniquement
cette dernière catégorie, celle décrite dans l’article 27 de la Constitution de la
République du Rwanda.
La famille est la cellule de base naturelle de la société et partant le cadre de base
de l’éducation et de l’épanouissement de l’enfant. Elle doit donc être protégée et
encadrée par l’Etat pour être à la hauteur de ses missions.
Aucun enfant ne doit être enlevé à sa famille à moins que son intérêt ne le
commande.
En cas de dissolution de la famille, des mesures doivent être prises pour assurer
la protection des enfants (article 18 de la Charte africaine des droits et du bien-
être de l’enfant).
En cas de perte totale de la famille ou de déchéance des parents de l’autorité
parentale, l’enfant doit être placé dans une famille de remplacement ou toute
structure compétente agréée par l’Etat. L’Etat doit veiller que l’enfant placé dans
une famille de remplacement ait un cadre propice à son épanouissement.
On distingue plusieurs formes de famille :
39
rapports irréductibles comme l’interdiction du mariage en cas d’adoption plénière5.
- La famille légitime désigne les époux et leurs enfants ou l’ensemble
de la parenté légitime.
- La famille naturelle est celle qui n’est pas fondée sur le mariage, mais
repose, lorsqu’ils sont juridiquement constatés, sur des faits biologiques.
- La famille unilinéaire est celle dans laquelle l’enfant n’est légalement
rattaché qu’à l’un de ses parents (père ou mère), de sorte qu’il n’a dans son
ascendance, qu’une ligne paternelle ou maternelle ; exemple, l’enfant naturel dont
la filiation n’est légalement établie qu’à l’égard d’un de ses parents ; enfant adoptif
dans l’adoption plénière unilatérale.
- La famille monoparentale est celle dans laquelle l’enfant vit avec
un seul de ses parents (mère ou père) et qui englobe, outre les cas de famille
unilinéaire, toutes les hypothèses dans lesquelles l’enfant demeure légalement
rattaché à celui de ses parents avec lequel il ne vit pas et conserve à son égard
ses droits et devoirs ; exemple conjoint veuf, divorcé ou séparé de corps assurant
seul la garde de l’enfant.
Quel que soit le type de famille dans laquelle l’enfant est né ou vit, toutes
les dispositions doivent être prises par son ou ses parent (s) pour qu’il ait un
environnement idéal à son épanouissement.
Filiation
Elle est le lien de parenté unissant l’enfant à son père ou à sa mère. Comme
précédemment évoqué, la filiation peut être légitime, naturelle ou adoptive.
En dehors de la filiation adoptive, la filiation doit être uniquement fondée sur des
liens de sang et le paiement de la dot ou le versement d’une quelconque somme
à la mère ou à ses parents, ne confère à aucun homme de droit sur l’enfant né ou
à naître s’il n’en est pas le géniteur.
G
Garantie
L’Etat garantit le respect des droits des enfants sans aucune restriction (article 2
5.
Comme sus évoqué, l’adoption plénière n’existe pas en droit rwandais.
40
de la Convention relative aux droits de l’enfant, article 1er de la Charte africaine des
droits et du bien-être de l’enfant, article 2 loi relative aux droits et à la protection de
l’enfant contre les violences).
Garde à vue
La garde à vue est une mesure de police en vertu de laquelle sont retenues,
dans certains locaux non pénitentiaires et pour une durée limitée, des personnes
qui, tout en étant ni prévenues ni inculpées, doivent rester à la disposition des
autorités de police pour les nécessités d’enquête. La durée de la garde à vue est
de 72 heures non renouvelables.
D’après l’article 184 alinéa 1 du Code de procédure pénale, « le mineur de douze
ans ou plus ne peut pas être placé en garde à vue » ;
L’alinéa 2 du même article nuance en affirmant, qu’à titre exceptionnel, le mineur
de dix à douze ans qui est présumé avoir commis une infraction passible de cinq
ans d’emprisonnement au moins peut être placé en garde à vue pour une durée
ne pouvant excéder quarante-huit heures.
Cette disposition fait supposer que le mineur de 12 à 14 ans peut être placé en
garde à vue. La majorité pénale en droit pénal général rwandais étant encore à 14
ans, il y a lieu de constater qu’il existe une contradiction entre le Code pénal et le
Code de procédure pénale6.
La loi n° 18/2008 du 23/07/2008 portant répression du crime d’idéologie du
génocide qui est une loi pénale spéciale fixe la majorité pénale à 12 ans. D’après
l’article 9 alinéa 1 de cette loi, « lorsqu’un mineur âgé de moins de douze ans
est reconnu coupable de crime d’idéologie du génocide, il est transféré dans un
centre de rééducation pour une période ne dépassant pas douze mois »7.
6
Un projet de Code pénal ramenant la majorité pénale à 12 ans est actuellement
en cours d’examen. Il y a cependant lieu de rappeler que ramener la majorité
pénale à 12 ans reviendrait à ignorer que la justice pour mineurs a pour principal
objectif la récupération et l’insertion sociale du délinquant. Cela constituerait éga-
lement une contradiction avec l’esprit et la lettre de la loi n° 27/2001 du 28/04/2001
relative aux droits et à la protection des enfants contre les violences sexuelles car
on ne devrait pas d’un côté soutenir que l’enfant de moins de 18 ans est vulné-
rable et mérite une protection maximale et de l’autre admettre que le mineur de
12 ans est pleinement responsable de ses actes et peut être incarcéré. A défaut
d’être revue à la hausse, la majorité pénale devrait rester à 14 ans dans l’intérêt
du mineur.
7
La formulation « mineur reconnu coupable » amène à se demander si le mineur
de moins de douze ans doit être arrêté et jugé, puisqu’on ne peut être « reconnu
coupable » qu’à l’issue d’un procès.
41
L’alinéa 2 ajoute que « lorsqu’un mineur reconnu coupable du crime d’idéologie
du génocide est âgé de douze à dix huit ans, il est puni de la moitié de la peine
visée à l’article 4 de la présente loi sans préjudice de la possibilité de purger une
partie ou la totalité de la peine dans un centre de rééducation »8.
Garde de l’enfant
Le mineur n’ayant pas la capacité juridique pour gérer son patrimoine, cette tâche
8
L’article 4 prévoit une peine d’emprisonnement de dix à vingt-cinq ans et une
amende de deux cent mille à un million de francs rwandais.
42
est confiée par la loi à ses parents ou à un tiers. Le gestionnaire ou administrateur
n’a pas les pleins pouvoirs et ne devrait poser que des actes d’administration sur
le patrimoine de l’enfant, autrement dit des actes de gestion ordinaire à l’exclusion
des actes de disposition, c’est-à-dire de cession à titre onéreux ou gratuit des
biens.
Toutefois, il peut en cas de nécessité, poser des actes de disposition avec
l’autorisation expresse du juge. L’autorisation du juge n’exclut ni n’amoindri la
responsabilité du gestionnaire au cas où il aurait causé un préjudice à l’enfant.
Germain, germaine
Cet adjectif qualifie deux frères ou deux soeurs issus d’un même père et d’une
même mère. Lorsqu’ils sont issus d’un même père, mais de deux mères différentes,
ils sont dits «consanguins» et lorsqu’ils sont issus d’une même mère, mais de
pères différents on les dit «utérins».
Des cousins sont dits «germains», ou des cousines sont dites «germaines»,
lorsque soit dans la ligne maternelle, soit dans la ligne paternelle, ils ont des
grands-parents communs. On trouve aussi l’expression «issus de germains»,
pour qualifier les descendants de ces personnes.
Grossesse
La grossesse est l’état d’une femme enceinte depuis la conception de l’enfant
jusqu’à l’accouchement.
La constatation médicale de la grossesse ouvre à la femme, des mesures sanitaires
et sociales en l’occurrence la surveillance médicale, les allocations prénatales, la
protection contre le licenciement, le congé prénatal, le congé de maternité, les
heures de tété, etc. Toutes ces mesures sociales sont connues sous l’appellation
de discrimination positive.
43
droit d’opposer, au désaveu par simple dénégation (d’un enfant né avant le 180ème
jour du mariage), la fin de non recevoir tirée de la connaissance que son mari
aurait eue de la grossesse9.
H
Handicap
L’enfant handicapé est celui qui est diminué dans ses facultés physiques ou
mentales.
Tous les enfants sont égaux, mais en application de la protection des couches
vulnérables sus évoquées dans le cadre des discriminations positives, l’enfant
handicapé a droit à une protection spéciale tant en famille, à l’école, sur les lieux
publics qu’au travail10.
L’Etat doit prendre toutes les mesures appropriées pour garantir cette protection.
C’est ainsi que l’article 15 de la loi relative aux droits et à la protection contre les
violences édicte que « l’enfant handicapé doit être protégé de façon spéciale, pour
ses soins médicaux, ses études et son bien être social »11 (voir également l’article
13 de la Charte africaine des droits et le bien être de l’enfant, l’article 23 de la
Convention relative aux droits de l’enfant).
Honneur
44
l’enfant doivent être interdites.
L’enfant a également le devoir de se conformer aux lois qui régissent la société
pour protéger son honneur, sa réputation et sa vie privée.
I
Identité
L’identité est l’individualité de chacun, c’est-à-dire l’ensemble des caractères qui
permettent de l’identifier.
L’enfant a droit à son identité (article 8 de la Convention relative aux droits de
l’enfant).
Immunité
L’immunité est une cause d’impunité qui tient à la situation particulière de l’auteur
de l’infraction au moment où il la commet.
Les enfants bénéficient d’une immunité familiale pour les soustractions commises
au préjudice de leurs parents ce qui signifie en clair qu’un enfant ne peut pas
être condamné pénalement pour avoir volé un bien à son père ou à sa mère
(article 397 du Code pénal). L’enfant auteur du vol au préjudice de ses parents
peut toutefois être condamné à des réparations civiles, mais son complice majeur
à l’occasion de ce vol ne bénéficie pas de cette immunité et est passible de
poursuites pénales.
L’enfant a cependant le devoir de protéger le patrimoine familial.
L’incapacité est une inaptitude juridique qui, dans le cas déterminé par la loi,
empêche une personne d’acquérir ou d’exercer valablement un droit.
45
- L’incapacité d’exercice est l’inaptitude juridique qui frappe un enfant
et qui l’empêche d’exercer lui-même ses droits. Ainsi, l’enfant ne peut pas vendre
un bien, il ne peut non plus le louer ou le donner à quelqu’un. Les actes juridiques
faits par l’enfant en violation de cette incapacité sont entachés de nullité, il doit
donc être représenté par un tuteur.
Indignité
nfans conceptus pro nato habetur quoties de commodis ejus agitur (voir
enfant conçu sous E)
Infanticide
Information
En tant qu’être humain, l’enfant qui a déjà une faculté de discernement a le droit
d’être informé sur tous les évènements de sa vie ou toute décision le concernant
12
Causes d’indignité prononcées par le tribunal : 1- du vivant du parent décédé,
l’enfant a volontairement rompu les relations parentales avec lui ; 2- lors de la der-
nière maladie du défunt, l’enfant qui était tenu par la loi ou la coutume de lui don-
ner des soins a délibérément négligé de le faire ; 3- l’enfant a abusé de l’incapacité
physique ou mentale du défunt pour s’accaparer tout ou partie de l’héritage ; 4-
l’enfant a intentionnellement fait disparaître, détruit ou altéré le dernier testament
du défunt ou s’est prévalu d’un testament devenu sans valeur.
46
et de donner son opinion. Il a également le droit « de recevoir et de répandre des
informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous
une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen » de son
choix.
L’enfant de son côté ne doit pas abuser de ce devoir et doit respecter la réputation
d’autrui, la sécurité nationale, l’ordre public, la santé ou la moralité publique
(article 13 de la Convention relative aux droits de l’enfant).
Insalubrité
Intention
L’intention est la résolution intime d’agir dans un certain sens, de commettre
une infraction. Donnée psychologique relevant de la volonté interne, l’intention
est souvent retenue comme élément constitutif d’un acte ou d’un fait juridique.
L’intention est au cœur du droit pénal puisqu’à quelques exceptions, elle doit
être établie pour qu’une infraction soit constituée. Il faut donc que la personne
poursuivie ait toute la capacité de discernement ; tel n’est pas le cas pour l’enfant
mineur de douze ans ou moins (voir garde à vue sous G, minorité sous M).
Intérêt de l’enfant
L’intérêt de l’enfant est ce qui est bien pour lui, ou encore ce que réclame le bien
de l’enfant. L’intérêt de l’enfant est le critère principal de toute mesure judiciaire ou
extrajudiciaire concernant l’enfant (tutelle, garde de l’enfant, adoption, placement,
éducation, etc.).
« Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des
institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités
47
administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être
une considération primordiale », (article 3 de la Convention relative aux droits de
l’enfant, voir également l’article 4 de la Charte africaine des droits et du bien-être
de l’enfant et l’article 9 de la loi relative aux droits et à la protection de l’enfant
contre les violences sexuelles).
Internement
J
Jeux (Voir loisir sous L)
Jouissance légale
La jouissance légale est le droit qui appartient aux parents d’un enfant mineur
ou, en cas de divorce, au parent auquel l’administration des biens appartenant à
l’enfant a été confiée, de pouvoir pendant le temps de sa minorité, recueillir les
revenus des capitaux appartenant à ce dernier. Il s’agit d’un véritable usufruit à
caractère temporaire dont ceux ou celui qui en est le titulaire peuvent être privés
en cas d’abus.
Le juge des enfants est un magistrat auprès d’un tribunal spécifique, détaché aux
affaires des mineurs. Il est choisi en fonction de sa formation et de son expérience
en cette matière. Le droit rwandais ne parle pas expressément des juges pour
mineurs mais précise que certains juges seront détachés à la Chambre spécialisée
pour mineurs auprès de chaque Tribunal de Grande Instance (article 9 de la loi
portant code d’organisation, fonctionnement et compétence judiciaires de 2008).
48
Dans le cadre de la protection des mineurs, le droit pénal appliqué aux enfants
doit tenir compte des particularités de cette catégorie. Ainsi au Rwanda, le Code
pénal pose expressément le principe selon lequel les mineurs âgés de plus de
14 ans et de moins de 18 ans sont pénalement responsables des crimes, délits
ou contraventions dont ils ont été reconnus coupables mais avec un traitement
spécial (voir article 77 du Code pénal).
C’est dans cette optique de protection de ces enfants que la loi prévoit que les
mineurs auxquels est imputée une infraction ne sont justiciables que de la Chambre
spécialisée pour mineurs auprès des Tribunaux de Grande Instance (article 75
de la loi portant organisation, fonctionnement et compétence judiciaires). Voir
également l’article 192 de la loi portant Code de procédure pénale).
L
Langue
50
Libération
Acte ou décision par lequel on libère quelqu’un d’une infraction dont il était
chargé.
Les condamnés qui ont à subir une ou plusieurs peines d’emprisonnement, peuvent
bénéficier d’une libération conditionnelle s’ils ont donné des preuves suffisantes
de bonne conduite et s’ils présentent des gages sérieux de réadaptation sociale
(article 134 du Code pénal). Cette mise en liberté est ordonnée par arrêté du
Ministre ayant la justice dans ses attributions après avis du parquet et du
directeur de la prison. Le Ministre détermine les conditions auxquelles la libération
pourra être soumise ainsi que le mode de surveillance des libérés conditionnels
(article136 du Code pénal).
La libération conditionnelle devrait être de règle chez les condamnés mineurs
après un certain nombre d’années d’emprisonnement.
Liberté
L’enfant a le droit :
- d’exprimer librement ses idées. (article 34 de la Constitution de la République
du Rwanda du 04 juin 2003 telle que révisée à ce jour).
- à la liberté d’expression, le droit de recevoir et répandre des informations
(articles 9 ,11 de la loi 27/2001du 28/04/2001, art. 19 de la Déclaration
universelle des droits de l’homme, art. 13 de la CIDE).
Il y a cependant des limites à cette liberté d’expression :
1. Il doit respecter les libertés et les droits des autres,
2. Il ne peut pas mettre la société en danger.
- à la liberté de pensée et de conscience (comprendre ce qui te fait agir), il peut
pratiquer une religion. (article 33 de la Constitution de la République du Rwanda
du 04 juin 2003 telle que révisée à ce jour ; l’article 293 du Code pénal prévoit des
sanctions pour celui qui aura porté atteinte à la liberté des cultes).
Les parents ou le tuteur de l’enfant le conseillent et l’orientent dans les bonnes
voies pour la jouissance de ses droits, conformément à son intérêt, mais de
manière non coercitive (article 13 de la loi 27/2001, art 18 de la Déclaration des
droits de l’homme, article 14 de la Convention internationale des droits de l’enfant).
Personne ne peut obliger l’enfant de croire en une religion ou à penser certaines
choses. Croire ou non, c’est à l’enfant de choisir.
- à la liberté d’association et de réunion qu’il exerce conformément à la loi
(article 35 de la Constitution de la République du Rwanda du 04 juin 2003 telle
51
que révisée à ce jour).
Cette liberté est atténuée par le fait que l’association ne doit pas porter atteinte
à la sécurité et à la sûreté nationale, ainsi qu’à l’ordre public, à la santé ou à la
moralité publiques, ou aux droits et liberté d’autrui (article 15 de la Convention
internationale des droits de l’enfant).
Loisir
Le loisir est l’occupation, la distraction pendant le temps de liberté.
L’enfant a le droit au repos, aux loisirs, au jeu, aux activités récréatives. Il a le
droit de participer librement aux activités artistiques et culturelles (article 31 de la
Convention internationale des droits de l’enfant, article 17 de la loi du 28/04/2001,
article 12 de la Charte africaine de droits et du bien être de l’enfant).
Il incombe à l’Etat de protéger ce droit et d’encourager toutes les initiatives
favorisant son développement.
Maltraitance
Mauvais traitements physiques ou psychologiques infligés à des personnes de
tout âge ou à des enfants en particulier. Aucune forme de maltraitance ne doit
être infligée à un enfant, même dans le cadre de son éducation. La maltraitance
englobe également le travail et l’exploitation domestiques des enfants et est
punie par la loi, elle peut également justifier le retrait de l’autorité parentale (voir
également torture, travail des enfants).
Mariage
Au plan du droit civil, le mariage est l’institution par laquelle un homme et une
femme s’unissent pour vivre en commun et fonder une famille.
Il repose nécessairement sur un consentement librement donné par chacun des
époux et suppose une volonté sincère de se comporter comme mari et femme.
En droit rwandais, on ne peut se marier qu’à partir de 21 ans, toutefois, l’enfant
de moins de 21 ans peut se marier sur autorisation expresse du Ministre de la
52
Justice en cas de motifs graves (articles 171 du Code civil, livre I). Le Code ne
précise pas ces motifs graves, l’appréciation est donc laissée à la discrétion du
Ministre. Dans la pratique, on a pu observer des cas où le Ministre a autorisé le
mariage d’une fille âgée de plus de 18 ans, mais moins de 21 ans parce qu’elle
était enceinte. L’autorisation peut également être donnée pour permettre à un
enfant mineur d’être émancipé dans des cas spécifiques.
Le mariage est considéré comme forcé lorsque la personne mariée n’a pas encore
atteint l’âge de vingt et un ans et n’a pas donné son consentement.
Toute cohabitation comme homme et femme dans le cas où l’un ou les deux
partenaires n’ont pas encore atteint l’âge requis par le livre 1er du Code civil est
qualifiée de mariage précoce.
Ces types de mariage sont prévus et punis par les articles 47 à 50 de la Loi
n°27/2001 du 28/4/2001 relative aux droits et à la protection de l’enfant contre
les violences.
Selon l’Unicef, “la pratique du mariage des filles très jeunes est très courante en
Afrique sub-saharienne et en Asie du Sud”13.
Masse successorale
Elle est l’ensemble des biens d’une personne décédée qui sont transmis à ses
cohéritiers (parmi lesquels on trouve nécessairement ses enfants).
L’inventaire de la masse successorale est prévu par les articles 74 à79 de la Loi
n° 22/99 du 12/11/1999 complétant le Livre Premier du Code civil et instituant
la Cinquième partie relative aux Régimes Matrimoniaux, aux Libéralités et aux
Successions.
13
Le Centre de recherches Innocenti de l’Unicef. Dans certaines parties spécifi-
ques d’Afrique orientale et occidentale, les mariages de fillettes pré-pubères ne
sont pas inhabituels. Toutefois, le Centre remarque également que les mariages
suivant de près la puberté sont courants chez les populations au mode de vie tra-
ditionnel au Moyen - Orient, en Afrique du Nord et dans certaines parties d’Asie.
Les mariages d’adolescentes entre seize et dix-huit ans sont courants en Améri-
que latine et en Europe de l’Est.
Certaines sont contraintes à ces unions, d’autres sont simplement trop jeunes
pour prendre une décision en connaissance de cause. Le consentement est alors
donné par une autre personne au nom de l’enfant. L’enfant n’a pas la possibilité
d’exercer son droit de choisir. Pour cette raison, les mariages précoces peuvent
être également appelés mariages forcés. Sous leur forme la plus extrême, les ma-
riages forcés sont la conséquence d’enlèvements. Ces mariages constituent une
récompense et un encouragement pour les soldats. Toutes ces formes de mariage
en violation des droits des enfants sont condamnables. [Link]/
femmes/[Link]
53
Mère
Femme qui a donné la vie ou la naissance à un enfant ou qui l’a adopté (voir
autorité parentale).
- La mesure provisoire, quant à elle, est une mesure prise pour la durée
d’un procès afin de régler momentanément une situation urgente en attendant une
décision définitive. C’est le cas par exemple de la garde provisoire des enfants
pendant l’instance en divorce, ou de l’allocation d’une provision alimentaire au
conjoint et aux enfants pendant l’instance en divorce.
54
Mineur émancipé (voir émancipation)
Minorité
La «minorité» est le statut juridique que la loi attache à la personne qui n’a pas
atteint l’âge de la majorité.
Le mineur est placé sous l’ autorité parentale conjointe de ses deux parents ou
sous l’autorité parentale d’un seul d’entre eux (décès d’un des parents légitimes,
jugement de divorce ou de séparation de corps des parents décidant de ne confier
l’autorité parentale qu’à un seul d’entre eux, enfant naturel reconnu que par un
seul des parents) ou encore sous l’autorité d’un tuteur dont les actes sont contrôlés
par le conseil de famille (article 283 du Code civil livre I).
La minorité prend fin soit, au jour du quantième anniversaire de l’intéressé, soit
lors de la dispense d’âge par le Ministre de la Justice ou son délégué.
La minorité varie selon le domaine juridique :
55
- Excision : Action d’enlever en coupant une partie (clitoris) des organes
génitaux de la fille. L’excision pratiquée sur une enfant est condamnable et ne
saurait être justifiée ni par la religion, ni par la culture.
Nationalité
La nationalité est le fait pour une personne de relever de la législation d’un Etat.
Elle est le lien juridique qui relie un individu à un Etat déterminé. Elle confère les
droits et devoirs liés à la citoyenneté (droit de voter et d’être élu, droit d’accéder
aux emplois publics et professions réservées aux nationaux, devoirs de payer les
impôts, de participer au service militaire, etc.).
14
Nous n’avons trouvé aucune recherche scientifique probante sur le sujet, mais
le principe de précaution devrait inviter les parents à plus de prudence.
56
L’enfant a droit à la nationalité rwandaise conformément à la loi sur la nationalité.
L’enfant né d’une mère rwandaise et d’un père étranger obtient automatiquement
la nationalité rwandaise (voir l’article 6 de la loi n°27/2001 du 28/4/2001 relative
aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences et l’article 6 de la loi
organique n° 30/2008 du 25/07/2008 portant Code de la nationalité rwandaise).
Tout enfant né au Rwanda de parents inconnus ou apatrides ou à qui la nationalité
de l’un de ses parents ne peut lui être attribuée est rwandais (art.9).
Devient rwandais de plein droit l’enfant mineur non émancipé de nationalité
étrangère ou apatride adopté par un rwandais (art.12)
Nom
Le nom sert à désigner un individu et à le distinguer des autres.
Dès sa naissance l’enfant a droit à un nom et une nationalité pour son identification
(article 5 de la loi du 28/04/2001 aux droits et à la protection de l’enfant contre les
violences, article 7 de la Convention internationale des droits de l’enfant, article 6
de la Charte africaine des droits et du bien être de l’enfant ; également les articles
58 et 59 de la loi nº 42/1988 du 27 octobre 1988 portant Titre Préliminaire et Livre
Premier du Code civil).
Oppression
L’enfant ne doit subir aucune forme d’oppression qu’elle soit d’origine familiale,
politique, culturelle, scolaire ou même économique. Les parents et l’Etat doivent
lui garantir un environnement qui favorise son épanouissement et permette la
formation de son identité, de sa personnalité.
Ordre successoral
Les dispositions de la loi relative aux régimes matrimoniaux, libéralités et
successions définissent l’ordre selon lequel les héritiers d’une personne décédée
accèdent à sa succession :
En cas de mariage sous le régime de la séparation des biens, les héritiers viennent
à succession dans l’ordre suivant :
l. Les enfants du défunt ;
57
2. Le père et la mère du défunt ;
3. Les frères et soeurs consanguins du défunt ;
4. Les demi-frères et sœurs du défunt ;
5. Les oncles et tantes paternels et maternels du défunt.
Hormis les père et mère du défunt, les héritiers légataires morts avant le de cujus,
sont représentés à la succession par leurs descendants. En clair, les enfants
décédés avant l’un de leur géniteur sont représentés à la succession de celui-ci
par leurs propres enfants.
Chaque rang exclut les autres dans l’ordre de la succession.
L’ordre successoral en cas de mariage sous le régime de la séparation des biens
est régi par les articles 66 et 67 de la loi n° 22/99 du 12/11/1999 complétant le
Livre Premier du Code civil et instituant la Cinquième partie relative aux Régimes
Matrimoniaux, aux Libéralités et aux Succession.
La succession des conjoints mariés sous le régime de la communauté universelle
s’effectue de la façon suivante :
1. En cas de décès de l’un d’eux, l’époux survivant assure l’administration de
l’entièreté du patrimoine tout en assumant les devoirs d’éducation des enfants et
d’assistance aux parents nécessiteux du défunt ;
2. Lorsque les deux conjoints décèdent en laissant des enfants, ceux-ci succèdent
à l’entièreté du patrimoine mais doivent assister leurs grands-pères et leurs
grands-mères ;
Lorsque les enfants sont consanguins, le patrimoine est divisé en deux, chaque
enfant étant appelé à la succession de son parent ;
3. Lorsque les époux décèdent sans laisser d’enfant, le patrimoine est partagé
en deux, la moitié étant attribuée aux successeurs du mari, l’autre revenant aux
successeurs de la femme ;
4. Lorsque le veuf ou la veuve n’a pas d’enfant avec le de cujus, il lui revient la
moitié du patrimoine commun, l’autre moitié étant attribuée aux successeurs du
de cujus ;
5. Lorsque le veuf ou la veuve ne s’acquitte pas de son devoir d’assistance aux
parents nécessiteux du de cujus, le conseil de famille alloue à ces derniers une
part de la succession du défunt ;
6. En cas de défaillance de l’époux survivant dans son devoir d’élever les enfants
du de cujus, la succession est amputée de 3/4 qui sont donnés aux enfants ;
7. L’époux survivant qui n’a plus d’enfant du de cujus à sa charge et qui désire
se remarier, rentre en propriété de la 1/2 de la succession, l’autre moitié étant
attribuée aux successeurs du de cujus ;
8. En cas de remariage de l’époux survivant encore tenu au devoir d’éducation
58
des enfants du de cujus, il rentre en propriété du 1/4 de la succession et continue
à administrer les 3/4 restant pour le compte des enfants ;
9. Lorsque l’époux survivant ne se remarie pas mais donne naissance à un
enfant illégitime, la 1/2 du patrimoine est, au jour où les enfants sont appelés à
la succession, dévolue à ceux du de cujus et l’autre moitié à tous les enfants du
veuf ou de la veuve par parts égales sans discrimination entre les légitimes et les
illégitimes.
L’ordre successoral en cas de mariage sous le régime de la communauté
universelle est régi par l’article 70 de la loi n° 22/99 du 12/11/1999 complétant le
Livre Premier du Code civil et instituant la Cinquième partie relative aux Régimes
Matrimoniaux, aux Libéralités et aux Successions.
La succession des époux mariés sous le régime de la communauté réduite aux
acquêts suit, pour les acquêts, les dispositions de la présente loi relatives à la
succession des personnes mariées sous le régime de la communauté universelle,
et pour le patrimoine propre, celles relatives à la succession des mariés sous le
régime de la séparation des biens.
L’ordre successoral en cas de mariage sous le régime de la communauté réduite
aux acquêts est régie par l’article 71 de la loi n° 22/99 du 12/11/1999 complétant le
Livre Premier du Code civil et instituant la Cinquième partie relative aux Régimes
Matrimoniaux, aux Libéralités et aux Successions.
Outrage
L’outrage est une expression menaçante, diffamatoire ou injurieuse, ou une
manifestation de mépris à l’égard d’une personne dépositaire de l’autorité ou de
la force publique.
- L’outrage aux bonnes mœurs est une atteinte à la moralité publique
par voie de parole, écrits, images, emblèmes, distribution des chansons ou autres
objets contraires aux bonnes moeurs.
- L’outrage public à la pudeur est une action consistant à causer
publiquement un scandale par des gestes ou des exhibitions obscènes.
Le droit pénal rwandais regroupe les deux sous le vocable outrage public aux
bonnes mœurs qui constitue, d’après les articles 377 et 378 du Code pénal, un
délit (voir pudeur).
59
P
Paix
Rapports réguliers, sans violence, d’une nation avec une autre. Absence de
querelles, de troubles internes. L’enfant a droit à la paix.
Partage d’ascendants
Le partage d’ascendant est l’acte accompli par des parents de leur vivant, par
lequel ils partagent leur patrimoine entre leurs enfants ou leurs descendants qui
en deviennent, chacun pour la portion lui dévolue, propriétaires. Ce partage vaut
accomplissement des devoirs des parents d’éduquer et de donner un patrimoine
propre à leurs enfants.
Le partage d’ascendant est prévu par les articles 42 et 43 de la loi n° 22/99 du
12/11/1999 complétant le Livre Premier du Code civil et instituant la Cinquième
partie relative aux Régimes Matrimoniaux, aux Libéralités et aux Successions.
Patrimoine
Le patrimoine est constitué par l’ensemble des biens matériels et immatériels ainsi
que des obligations qui appartiennent à une personne physique ou morale. Il s’agit
des droits et des charges appréciables en argent (article 29 de la Constitution de
la République du Rwanda du 04 juin 2003 telle que révisée à ce jour).
Lors du décès d’une personne on désigne l’ensemble du patrimoine du défunt qui
fait l’objet d’un partage par le mot «héritage» ou encore par l’expression masse
successorale.
Pédophilie
La pédophilie est l’attirance sexuelle d’un adulte envers les personnes impubères,
le désir sexuel d’un adulte envers les enfants. Un pédophile est une personne
éprouvant ce type d’attirance.
Au Rwanda, comme dans la plupart des pays, ce type d’attirance est considéré
comme une perversion sexuelle et les activités s’y rapportant sont condamnées
par la loi. La protection des enfants exige que les pédophiles soient dénoncés
(voir violences sexuelles).
60
Peine (voir également emprisonnement)
La peine est une sanction infligée aux délinquants en rétribution des infractions
qu’ils commettent.
Une plainte est un acte par lequel une victime d’une infraction dénonce ces
faits à l’autorité compétente. Les parents ou tout autre représentant légal de
l’enfant victime d’une infraction peuvent déposer plainte à la station de police
devant un officier de police judiciaire. Mais comme il ne s’agit à ce niveau que
de la dénonciation, une plainte déposée par l’enfant lui-même est parfaitement
recevable, à condition que la constitution de partie civile ne soit faite le moment
venu que par le représentant légal de l’enfant.
La Police judiciaire est chargée de constater les infractions, de recevoir les
dénonciations, plaintes et rapports relatifs à ces infractions, de rassembler les
preuves à charge et à décharge et de rechercher les auteurs, coauteurs et leurs
complices en vue de l’exercice de l’action publique par le Ministère Public (voir
l’article 19 de la loi nº 13/2004 du 17/5/2004 portant Code de procédure pénale).
Une plainte avec constitution de partie civile peut être déposée par les représentants
légaux de l’enfant directement au Parquet.
Pornographie
La pornographie mettant en scène les enfants est l’utilisation des enfants dans
des activités sexuelles contre une rémunération. Ces activités doivent être
punies de peines criminelles, effectives et dissuasives. La sanction concerne non
seulement l’activité elle-même, mais aussi toute personne qui jouit des revenus
de ce commerce illicite et immoral. Les Etats doivent protéger les enfants pour
qu’ils ne soient pas exploités aux fins de la production de spectacles de caractère
pornographique (article 34 de la Convention internationale des droits de l’enfant,
article 40 de la loi n°27/2001 du 28/04/2001 relative aux droits et à la protection
de l’enfant contre les violences).
Possession d’état d’enfant
La possession d’état est une présomption légale permettant d’établir la filiation
d’une personne sur la base de certains faits constatés par sa famille et par son
entourage relativement aux relations ayant existé entre elle et la personne dont
62
elle se dit être le fils ou la fille.
La possession d’état d’enfant légitime s’établit par une réunion suffisante de faits
qui indiquent le rapport de filiation et de parenté entre un individu et la famille à
laquelle il prétend appartenir.
Les principaux de ces faits sont :
- que l’individu a reçu son nom du père auquel il prétend appartenir ;
- que le père l’a toujours traité comme son enfant et a pourvu, en cette
qualité, à son éducation, à son entretien et son établissement ;
- qu’il a été reconnu constamment comme tel dans la société ;
- qu’il a été reconnu comme tel dans la famille (l’article 309 de la loi nº 42/1988 du
27 octobre 1988 portant Titre Préliminaire et Livre Premier du Code civil).
Présomption de paternité
La présomption de paternité est un mécanisme juridique conçu dans l’intérêt de
l’enfant et de la famille qui permet d’établir la filiation de L’enfant. Ainsi, l’enfant né
ou conçu pendant le mariage a pour père le mari de sa mère et est légitime. Est
présumé conçu pendant le mariage, l’enfant né depuis le cent-quatre-vingtième
jour du mariage ou dans les trois cents jours qui suivent la dissolution du mariage
(voir l’article 296 de la Loi nº 42/1988 du 27 octobre 1988 portant Titre Préliminaire
et Livre Premier du Code civil).
Présomption d’innocence
La présomption d’innocence est le principe selon lequel toute personne qui se
voit reprocher une infraction est réputée innocente tant que sa culpabilité n’a
pas été légalement et définitivement établie. Un enfant poursuivi bénéficie aussi
de la présomption d’innocence. Cette présomption d’innocence devrait limiter le
placement des mineurs en détention préventive (voir l’article 19 de la Constitution
de la République du Rwanda, l’article 11 de la Déclaration universelle des droits de
l’homme de 1948 de l’ONU, l’article 7 la Charte africaine des droits de l’Hommes
et des Peuples et l’article 44 de la loi n°13/2004 du 17/05/2004 portant Code de
procédure pénale).
63
La précaution est différente de la prévention.
• La prévention vise les risques avérés, ceux dont l’existence est démontrée
ou connue empiriquement (parfois même assez connu pour qu’on puisse
en estimer la fréquence d’occurrence). Exemples : Le risque nucléaire,
l’utilisation de produits tels que l’amiante, le tabagisme. L’incertitude ne
porte pas sur le risque, mais sur sa réalisation.
• La précaution vise les risques probables, non encore confirmés
scientifiquement, mais dont la possibilité peut être identifiée à partir de
connaissances empiriques et scientifiques.
Exemples : le développement des organismes génétiquement modifiés,
les émissions des téléphones portables.
Le principe de précaution est le fait de prévenir un risque probable qui peut résulter de :
* L’alimentation pas saine (OGM),
* L’environnement,
* L’émission de téléphones portables.
Les problèmes concernés par le principe de précaution sont souvent par nature
des problèmes internationaux. Par exemple, le réchauffement climatique, la
dissémination des OGM sont des problèmes qui ont émergé car leurs conséquences
peuvent être potentiellement importantes par leur aspect international : les actions
de certains ont des répercussions sur la qualité de la vie d’autres.
Le principe de précaution impose aux Etats, aux opérateurs économiques et
aux industriels, l’obligation de prendre toutes les dispositions pour éviter des
conséquences néfastes du développement sur l’homme. Il ne faut pas attendre que
des symptômes apparaissent sur l’homme pour agir, il faut anticiper, prévenir.
Les enfants, catégorie fragile par essence, méritent encore une protection
accrue.
C’est ainsi que même si les effets ne sont pas scientifiquement établis, il n’est
pas conseillé d’installer les antennes de relais téléphoniques sur les toits des
écoles ou à proximité15. Il en est de même des produits fabriqués à base d’OGM
qui doivent porter clairement cette indication sur leur emballage pour laisser aux
consommateurs la possibilité de choisir.
Prison (voir emprisonnement)
Une prison est un lieu déterminé par Arrêté Présidentiel où sont incarcérées
les personnes sur la décision du juge (article 3 de la loi. portant création et
organisation du Service National des Prisons).
15
TGI Grasse, 1ére Ch. A ,17/06/03, La Roquette-sur-Siagne c/SFR. En l’espèce
il s’agissait d’obtenir le déplacement des troubles anormaux du voisinage sur la
base du principe de précaution.
64
En cas d’emprisonnement, l’enfant est séparé des adultes (voir article 21 loi
n°27/2001 relative aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences).
Propriété
La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus
absolue et exclusive, sauf les restrictions qui résultent de la loi et des droits
réels appartenant à autrui (article 14 du Code civil « droit des biens »). Ce droit
s’applique aux biens de toute nature, aux meubles comme aux immeubles.
Ce droit comprend celui d’user de la chose, d’en remettre l’usage à une personne,
le droit de la modifier, de la détruire ou d’en disposer. L’enfant mineur propriétaire
d’un bien, n’a que le droit de jouissance, tous les autres actes devant être
accomplis par l’administrateur légal de ses biens. C’est-à-dire qu’il peut l’utiliser
lui-même, mais ne peut ni le donner, ni le vendre à un tiers. Un enfant mineur
peut par exemple vivre dans une maison laissée par un parent prédécédé ou des
revenus locatifs de cette maison, mais ne peut ni la donner, ni la vendre.
Prostitution des enfants
Toute forme d’exploitation sexuelle des enfants, y compris la prostitution, est
formellement interdite.
L’Etat doit prendre toutes les mesures appropriées pour empêcher que les enfants
soient exploités à des fins de prostitution (article 34 de la Convention internationale
des droits de l’enfant, article 39 de la loi n° 27/2001 du 28 avril 2001).
La personne qui partage les revenus de la prostitution d’un enfant sera punie d’un
emprisonnement de 2 ans à 5 ans (article 40 de la loi n°27/2001 susvisée).
Protection
Pupille de l’Etat
Putatif
L’adjectif «putatif» caractérise les actes nuls à la validité desquels tel intéressé a
cru par erreur et auxquels la loi fait produire certains effets en faveur des intéressés
de bonne foi. Exemple, le mariage putatif est un mariage réellement célébré mais
qui a été annulé par une décision de justice alors que l’un au moins des époux
a été abusé sur sa validité (c’est-à-dire était de bonne foi car ne connaissait pas
au jour de la célébration, la cause de la nullité). Ce mariage produit néanmoins
ses effets légaux à l’égard des enfants, des anciens époux s’ils étaient tous deux
de bonne foi, ou de celui d’entre eux qui a été reconnu avoir été de bonne foi au
moment de la célébration du mariage. Le mariage «putatif» produit les mêmes
66
effets juridiques que s’il avait été dissous à la suite d’une procédure de divorce.
Le mariage annulé produit les effets civils à l’égard des enfants quand bien même
aucun des époux n’aurait été de bonne foi.
Il est statué sur leur garde comme en matière de divorce (voir article 233 de la loi
nº 42/1988 du 27 octobre 1988 portant Titre Préliminaire et Livre Premier du Code
civil). En clair, les enfants nés d’un mariage putatif sont considérés comme des
enfants légitimes.
Q
Qualité de la vie
Afin d’éviter qu’en gratifiant une ou plusieurs personnes n’appartenant pas à ses
héritiers légaux, un géniteur déshérite ses enfants par le biais d’une donation ou d’un
testament, et que, par ce moyen, le stipulant laisse ceux-ci dans le besoin, la loi a
institué une «réserve» au profit de ses descendants et, en l’absence de descendants,
au profit de ses ascendants. Le montant de la réserve est une fraction de la valeur de
l’ensemble des biens laissés par le défunt au moment de son décès. La valeur de ces
mêmes biens, lorsqu’elle excède la «réserve» constitue la «quotité disponible» dont
toute personne peut disposer à son gré. Aucune règle n’empêche un disposant de
laisser tout ou partie de la «quotité disponible» à un héritier à réserve.
Toute personne a le droit de faire des libéralités sur son patrimoine propre pourvu
67
qu’elle ne dépasse pas la quotité disponible.
Quel que soit le régime matrimonial choisi, la quotité disponible ne peut dépasser le
1/5 du patrimoine du donateur s’il a un enfant.
Toutefois, si le donateur n’a pas d’enfant, la quotité disponible ne peut excéder le
tiers de son patrimoine.
L’excédent sur la quotité disponible est constitué par la différence entre le
patrimoine propre du donateur et ses dettes au jour de la libéralité.
La quotité disponible a pour objectif la protection de la famille et est prévue par
l’article 31 de la Loi n° 22/99 du 12/11/1999 complétant le Livre Premier du Code
civil et instituant la Cinquième partie relative aux Régimes Matrimoniaux, aux
Libéralités et aux Successions.
Quotité saisissable
Recherche de maternité
68
La procédure est prévue par l’article 330 de la loi nº 42/1988 du 27 octobre 1988
portant Titre Préliminaire et Livre Premier du Code civil.
L’action doit être engagée comme toute action civile, devant le Tribunal de Base
du domicile de la présumée mère.
Recherche de paternité
Les enfants dont la paternité ou la maternité est établie suite à l’action en recherche
de paternité ou de maternité ont les mêmes droits et obligations que les enfants
légitimes à l’égard de l’époux concerné (voir l’article 331 de la loi nº 42/1988 du 27
octobre 1988 portant Titre Préliminaire et Livre Premier du Code civil).
Reconnaissance d’enfant
Réfugié
Un réfugié est une personne qui a dû fuir son pays d’origine afin d’échapper à un
danger (article 1 de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés du
28 juillet 1951).
Si un enfant cherche à obtenir le statut de réfugié en vertu des règles et procédure
internationales, il doit bénéficier d’une protection spéciale et de l’aide ainsi que du
respect de tous les droits énumérés dans la Convention internationale des droits
de l’enfant (article 22 de la Convention internationale des droits de l’enfant, article
23 de la Charte africaine des droits et du bien - être de l’enfant).
Religion (voir liberté)
Repos
L’enfant a droit au repos et de se livrer à des jeux et à des loisirs convenant à son
âge. Le repos de l’enfant de moins de seize ans entre deux périodes de travail doit
avoir une durée minimum de douze heures consécutives (voir l’article 17 de la loi
n°27/2001 du 28/4/2001 relative aux droits et à la protection de l’enfant contre les
violences et l’article 63 de la loi n° 51/2001 du 30 décembre 2001 portant Code
du travail).
Représentation
La représentation est le mandat donné par une institution ou une personne, à une
autre institution ou personne, d’assurer certaines missions.
La représentation est ainsi un contrat passé entre un mandant et un mandataire.
Elle est aussi un acte par lequel une personne (mandant) donne à une autre
(mandataire), le pouvoir de faire quelque chose au nom et pour le compte du
mandant. Le contrat ne se forme que par l’acceptation du mandataire.
Un mineur ne peut ni représenter, ni donner pouvoir à quelqu’un pour le
représenter. Il obéit plutôt au régime de la représentation légale, c’est-à-dire que
ses représentants sont prévus par la loi et le cadre de leur mission défini par la loi.
70
Un avocat ne peut par exemple représenter un enfant mineur en justice que s’il
est désigné par son représentant légal.
L’enfant a le devoir de respecter ses parents, son tuteur, ses éducateurs, ses
camarades et toutes les personnes plus âgées que lui (article 25 de la loi
n°27/2001 du 28/4/2001 relative aux droits et à la protection de l’enfant contre
les violences).
Responsabilité civile
Réunification familiale
Lorsque les parents et les enfants résident dans des pays différents, les Etats
doivent veiller à favoriser leurs contacts et répondre aux demandes concernant
l’entrée ou la sortie d’un Etat en vue d’une réunification familiale avec humanité
et diligence. L’article 74 du Protocole additionnel I de 1977 aux Conventions de
Genève de 1949, édicte clairement que « Les Hautes Parties contractantes et les
parties au conflit faciliteront dans toute la mesure du possible le regroupement
des familles dispersées en raison des conflits armés ».
Ces droits ne peuvent être limités que pour des raisons d’ordre public et de
sécurité nationale. Cette disposition s’applique particulièrement pour les réfugiés,
mais elle pourrait s’étendre à tous les autres cas où une famille s’est retrouvée
séparée du fait des contraintes ou des contingences de la vie.
S
Salaire
Le salaire est la contrepartie du travail fourni. Dans le cadre d’un contrat de travail,
le salaire est l’ensemble des rémunérations ou des prestations fournies par un
employeur à chacun de ses salariés en rétribution de leurs services. Les enfants
qui travaillent ont droit, à compétence égale, au même salaire que tout autre
employé.
Le fait de faire travailler un enfant sans salaire ou avec un salaire insignifiant
constitue un cas d’exploitation passible de poursuites et de sanctions pénales.
72
Santé, droit à la santé
L’OMS proclame que «La possession du meilleur état de santé qu’il est capable
d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles
que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique
ou sociale ».
Le droit à la santé a été inscrit dans de nombreux traités internationaux et régionaux
juridiquement contraignants relatifs aux droits de l’homme :
Sécurité sociale
73
Servitude pour dettes
La servitude pour dettes est une façon de payer une dette en fournissant
directement un travail plutôt qu’avec de l’argent ou des biens. Aboutissant très
souvent au travail forcé, la servitude pour dettes est assimilée à de l’esclavage par
de nombreux pays ainsi que par certaines conventions internationales, notamment
en ce qui concerne le travail des enfants (voir également pires formes de travail).
Sida
En 2007 au Rwanda, on a estimé 3,4 millions d’enfants âgés de 0-17 ans, dont
825.000 orphelins du SIDA et 2 millions d’autres enfants vulnérables16.
Le Gouvernement du Rwanda s’est engagé à veiller au respect des droits de
l’enfant en général et des orphelins en particulier, selon les dispositions de la
Convention sur les droits de l’enfant, de la Charte africaine des droits et du bien
être de l’enfant, à travers sa Constitution et les autres dispositions légales y
relatives.
Bien que des progrès significatifs aient été réalisés dans le domaine de la protection
des droits fondamentaux de l’enfant, il reste encore des défis à relever.
En effet, vu le contexte de pauvreté et l’expansion du VIH/SIDA au Rwanda17,
la capacité des familles et des communautés à s’occuper des orphelins en leur
fournissant des soins, un soutien moral, l’accès à l’éducation et une protection
nécessaires à leur croissance, reste en deçà des besoins.
Pour fournir un environnement favorable à la protection aux orphelins et autres
enfants vulnérables, le Gouvernement du Rwanda a élaboré une « Politique
nationale pour les orphelins et autres enfants vulnérables » et d’autres politiques et
stratégies sectorielles telle que la protection sociale, la santé, l’éducation et sur le
VIH/SIDA. Cette politique a quatre principes qui régissent la protection de l’enfant
à savoir le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, de la non discrimination, du
droit à la survie et au développement.
��
Cette étude (enquête) a été menée par SIAPAC en collaboration avec MAS-
DEC pour le MIGEPROF et l’UNICEF dans le seul but d’appuyer le gouvernement
rwandais dans la mise en œuvre du plan d’action national pour les orphelins et
autres enfants vulnérables.
17
Le Rwanda est un des pays africains les plus peuplés, avec une densité de 336
hab./ km2. 60 % de sa population a moins de 20 ans (49 % moins de 15 ans). La
population adulte de plus de 65 ans ne dépasse pas 3 %.La population féminine
représente 54 % et une grande majorité de la population est analphabète : 43 %
des hommes et 67 % des femmes.
74
Au Rwanda, la formulation d’une stratégie nationale de lutte contre le VIH/SIDA
représente une première réponse bien établie qu’a prise le gouvernement pour
combattre la pandémie du VIH/SIDA. Il faut également noter que d’autres priorités,
telles que la prévention de la transmission du VIH aux hommes et femmes qui ont
des enfants ainsi que la prévention de la mortalité (des parents infectés) sont des
stratégies qui sont susceptibles d’améliorer la situation des enfants.
Succession
18
Déclaration d’une adolescente bosniaque devant le Conseil de Sécurité des
Nations Unies lors du Sommet mondial de l’enfance à New York, Mai 2002.
75
T
Tout comme les adultes, les enfants peuvent être impliqués dans des procédures
judiciaires qui les concernent directement ou indirectement. Par conséquent, ils
peuvent aussi devoir témoigner devant un tribunal par exemple dans un litige sur
leur garde entre leurs parents.
Un enfant de 12 ans est apte à témoigner comme les adultes (article 60 de la loi
n°13/2004 du17/05/2004 portant Code de procédure pénale). A moins de 12 ans,
l’enfant est entendu mais son témoignage est complété par d’autres preuves.
Les enfants ne dépassant pas l’âge de 14 ans comme les adultes sont aptes à
témoigner sans prêter serment, leurs déclarations sont complétés par d’autres
preuves (article 63 de la loi n° 15/2004 du 12/06/2004 sur l’Administration de la
Preuve). On dit qu’ils sont entendus à titre de simples renseignements.
On remarque une certaine contradiction du législateur sur l’âge de l’enfant qui doit
témoigner.
Temps de travail (voir discrimination positive, repos)
Testament
Un testament est un document écrit par lequel une personne dispose de la manière
dont ses biens seront distribués après son décès. Ces dernières volontés peuvent
résulter soit d’un acte authentique, soit d’un acte sous seing privé (voir les articles
56 et suivants de la loi n° 22/99 du 12/11/1999 complétant le Livre Premier du
76
Code civil et instituant la Cinquième partie relative aux Régimes Matrimoniaux,
aux Libéralités et aux Successions).
Tolérance
La tolérance est la vertu qui porte à accepter ce que l’on n’accepterait pas
spontanément. En d’autres termes, c’est une notion qui définit le degré
d’acceptation face à un élément contraire à une règle morale, civile ou physique
particulière. Plus généralement, elle définit la capacité d’un individu à accepter une
chose avec laquelle il n’est pas en accord. Et par extension moderne, l’attitude
d’un individu face à ce qui est différent de ses valeurs.
77
inhumains ou dégradants.
Les pratiques culturelles africaines susceptibles de constituer des traitements
cruels, inhumains et dégradants pour l’enfant doivent être interdites.
La torture est interdite par la Constitution de la République du Rwanda
(article 15), la Convention relative aux droits de l’enfant (article 37), le
Pacte international relatif aux droits civils et politiques (Article 7 ), la Charte
africaine des droits de l’homme et des peuples (article 5), la loi portant modes
et administration de la preuve (article 6) et la Loi n°27/2001 du 28/4/2001
relative aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences (article 20).
Trafic de stupéfiants
(voir drogues)
Traite d’enfant
La traite des personnes est « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement
ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à
d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité
ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou
d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une
autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation
de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail
ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la
servitude ou le prélèvement d’organes ».
La traite des êtres humains est également définie comme le déplacement de
personnes sous la violence, la contrainte ou par la tromperie à des fins de travail
forcé, de servitude ou de pratiques analogues à l’esclavage.
La traite des êtres humains est un trafic souvent lié au crime organisé dont
les victimes se laissent piéger par des offres d’embauches alléchantes ou des
promesses d’une vie meilleure. La traite des êtres humains concerne tous les
individus, mais touche essentiellement les femmes et les enfants.
La traite des enfants est interdite par la Convention des Nations unies
contre la criminalité transnationale organisée, ouverte à la signature le 12
décembre 2000 et l’article 41 de la loi n°27/2001 du 28/4/2001 relative aux
droits et à la protection de l’enfant contre les violences.
78
Traitement
(voir protection)
Traitement cruel
(voir torture)
Transfusion sanguine
Une transfusion sanguine est une opération consistant à injecter, par perfusion
intraveineuse, du sang ou des dérivés sanguins.
Certaines sectes refusent cette transfusion au motif qu’elle est contraire à leur
conviction. Dans certains pays européens, il est admis que « les médecins
doivent tout mettre en œuvre pour convaincre les malades de la nécessité de
l’acte médical » mais en aucun cas n’obligent le patient. Pour le cas des mineurs,
le médecin peut passer outre la conviction religieuse des parents et faire une
transfusion sanguine à l’enfant lorsqu’il n’y a pas d’autre alternative. Cette mesure
est justifiée par l’intérêt de l’enfant. L’intérêt de l’enfant exige en effet qu’on
l’empêche de mourir même en violation des convictions religieuses des parents.
Il est interdit d’engager un enfant n’ayant pas atteint l’âge de seize ans (article 4
du nouveau Code du travail).
L’enfant d’un âge compris entre seize et dix - huit ans ne peut être employé que si
les conditions suivantes sont réunies:
- Il doit disposer d’un temps de repos entre deux périodes de travail
d’une durée minimale de douze heures consécutives ( article 5 du nouveau Code
du travail).
- Il ne doit pas effectuer un travail disproportionné à ses capacités.
- Il ne peut pas être employé aux travaux nocturnes, pénibles, insalubres
ou dangereux tant pour sa santé que pour sa formation et sa moralité ( article 6 du
nouveau Code du travail).
En cas de violation de ces prescriptions légales, le contrat de travail est résilié
et une indemnité de préavis accordée à l’enfant ( article 7 du nouveau Code du
travail).
Tout Etat s’engage à poursuivre une politique nationale visant à assurer l’abolition
effective du travail des enfants et à élever progressivement l’âge minimum
d’admission à l’emploi ou au travail à un niveau permettant aux adolescents
79
d’atteindre le plus complet développement physique et mental.
L’âge minimum ne devra pas être inférieur à l’âge auquel cesse la scolarité
obligatoire, ni en tout cas à quinze ans.
Le travail des enfants est réglementé par les articles premier, 2.3 et 4 de la
Convention concernant l’âge minimum d’admission à l’emploi, 1973 (ratifiée par
le Rwanda le 15/04/1981,les articles 4, 5, 6 et 7 du nouveau Code
du travail et l’article 18 de la loi n°27/2001 du 28/4/2001 relative
aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences).
L’enfant ne peut accomplir un travail dangereux ou nuisant à son éducation, à sa
santé et son développement (article 32 §2 de la convention internationale des
droits de l’enfant, article 15 de la Charte africaine des droits et du bien être de
l’enfant, la Convention 138 de l’OIT qui a pour objectif de supprimer le travail des
enfants de moins de 14 ans et la Convention 182 de l’OIT sur les pires formes de
travail des enfants19).
a) le travail ou le service effectué en vertu des lois sur le service militaire obligatoire
et relatif aux activités de caractère purement militaire ;
b) le travail ou le service exigé d’un individu comme conséquence d’une
condamnation prononcée par décision judiciaire et portant sur des activités autres
que celles régies par la Convention internationale relative à l’abolition du travail
forcé, à la condition que le travail ou le service soit exécuté sous la surveillance et
le contrôle des autorités publiques et que ledit individu ne soit pas concédé ou mis
à la disposition des particuliers, compagnies ou personnes morales privées ;
c) le travail ou le service exigé en cas de force majeure, notamment la guerre,
les sinistres ou les menaces de sinistres tels qu’incendies, inondations, famines,
tremblements de terre, éruptions volcaniques et épizooties violentes et, en
19
Cette Convention énumère parmi les pires formes de travail : l’esclavage, la
servitude pour dette et le servage, le travail forcé, la mendicité.
80
général, toutes circonstances mettant en danger la vie ou risquant de mettre en
danger la vie ou les conditions normales d’existence de l’ensemble ou d’une partie
de la population ;
d) Tout travail ou service prévu ou effectué en vue d’une formation à caractère purement
civique et patriotique.
e) Tout travail ou service faisant partie des obligations civiques normales des citoyens.
Travaux susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de
l’enfant (pires formes de travail)
Les pires formes de travail des enfants peuvent consister en :
a) toutes les formes d’esclavage ou pratiques analogues, telles que la vente et la
traite des enfants, la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail forcé
ou obligatoire, y compris le recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de
leur utilisation dans des conflits armés ;
b) l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant à des fins de prostitution, de
production de matériel pornographique ou de spectacles pornographiques ;
c) l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant aux fins d’activités illicites,
notamment pour la production et le trafic de stupéfiants, tels que les définissent
les conventions internationales pertinentes ;
d) les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s’exercent,
sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant.
Tout Etat doit prendre des mesures immédiates et efficaces pour assurer
l’interdiction et l’élimination des pires formes de travail des enfants et ce, de toute
urgence.
Les pires formes de travail sont définies par l’article 3 de la Convention concernant
l’interdiction des pires formes de travail des enfants et l’action immédiate en vue
de leur élimination, 1999 (ratifiée par le Rwanda, 25/05/2000, J.O., 1 avril 2000,
p. 11), l’article 15 du Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des
peuples relatif aux droits et du bien-être de l’enfant du 29 novembre 1999, l’article
8 du nouveau Code du travail et l’article 18 de la loi n°27/2001 relative aux droits
et à la protection de l’enfant contre les violences.
Tutelle
La «tutelle» est le régime juridique auquel sont soumis les mineurs qui ne sont pas
sous l’administration légale de leurs parents.
81
La tutelle s’ouvre à l’égard d’un enfant mineur lorsque le père et la mère sont tous
deux décédés, absents, disparus ou déchus de l’autorité parentale.
Elle s’ouvre aussi à l’égard d’un enfant naturel, s’il n’a ni père ni mère qui l’aient
reconnu.
Le droit individuel de choisir un tuteur parent ou étranger à la famille n’appartient
qu’au survivant des père et mère. Lorsqu’il n’a pas été choisi au mineur un tuteur
par le survivant de ses père et mère et que le mineur a un autre ascendant, celui-
ci est tuteur de droit. S’il y a plusieurs ascendants de degrés différents, la tutelle
appartient de droit à l’ascendant du degré le plus proche, et s’il y en a plusieurs de
même degré, le tuteur sera désigné parmi eux par le conseil de tutelle.
Lorsqu’un enfant mineur et non émancipé reste sans père ni mère, ni tuteur élu
par ses père et mère, ni ascendant ou si le tuteur désigné par le conseil de tutelle
se trouve dans les cas d’exclusion ou valablement excusé, il sera pourvu par le
Tribunal de Base à la nomination d’un autre tuteur.
Le Tribunal de Base pourvoit également à la nomination d’un tuteur pour l’enfant
mineur et non émancipé dont la filiation n’est pas établie. Il en va de même pour
l’enfant naturel mineur et non émancipé qui reste sans père ni mère ou si le tuteur
désigné par le conseil de tutelle se trouve dans les cas d’exclusion ou valablement
excusé.
Les organes de la tutelle sont : le conseil de tutelle, le tuteur, le subrogé tuteur, le
Tribunal de Base.
Le conseil de tutelle est composé, outre le Président du Tribunal de Base du ressort
où la tutelle est ouverte ou son délégué, de six parents ou alliés pris, moitié du côté
paternel, moitié du côté maternel et suivant l’ordre de proximité dans chaque ligne.
La tutelle est réglementée par les article 361 et ss de la Loi nº 42/1988 du 27
octobre 1988 portant Titre Préliminaire et Livre Premier du Code civil.
Tuteur
Le tuteur représente le mineur dans les actes de la vie civile. Il administre ses
biens en bon père de famille et est personnellement responsable du préjudice
occasionné au pupille par sa mauvaise gestion. Le tuteur accomplit seul tous les
actes conservatoires et d’administration conformes aux intérêts du pupille et à
l’utilisation économique normale de ses biens personnels.
Le tuteur exerce le droit de garde sur la personne du mineur pupille. Il est tenu de
pourvoir à l’entretien et à l’éducation de son pupille.
En entrant en fonction, le tuteur dresse état et inventaire des biens mobiliers et
immobiliers du mineur pupille.
82
L’état et l’inventaire sont dressés en présence d’un subrogé tuteur, contresignés
par celui-ci et déposés sans délai au greffe du Tribunal de Base de résidence à
la diligence du tuteur.
Les actes d’aliénation, de même que tous actes de nature à grever le patrimoine
du pupille, ne peuvent être accomplis par le tuteur que moyennant l’autorisation
préalable du conseil de tutelle. Cette autorisation ne doit être accordée que pour
cause d’une nécessité absolue ou d’un avantage évident. En cas de nécessité
absolue, le conseil de tutelle n’accorde son autorisation qu’après avoir constaté,
par un compte sommaire présenté par le tuteur, que les derniers, effets mobiliers
et revenus du mineur sont insuffisants.
Subrogé tuteur
V
Vagabondage
Le vagabondage est le style de vie de celui qui vit de manière permanente sans
adresse et sans emploi, volontairement ou non.
Il s’agit de l’état de toute personne n’ayant ni domicile certain, ni moyens de
83
subsistance et qui n’exerce habituellement aucun métier.
Le vagabondage est une infraction prévue par l’article 284 du Code pénal rwandais
même s’il ne prévoit pas de peine.
Le vagabondage des enfants doit être combattu par l’Etat et les divers acteurs
sociaux, non pas à travers la répression pénale, mais par la recherche des causes
du mal et l’apport de solutions appropriées à leurs besoins. Tout enfant a en effet
besoin d’un cadre propice pour son épanouissement et le vagabondage est le
symptôme d’un échec soit des parents, de la famille en général ou même de
l’Etat.
L’être humain et a fortiori l’enfant ne peuvent pas faire l’objet du commerce (article
35 Convention relative aux droits de l’enfant). (voir également Traite des enfants)
Vie privée
La vie privée, en fait il faut pour être précis dire plutôt «le droit à l’intimité de la
vie privée» fait partie des droits civils. Les composantes de la vie privée n’ont pas
fait l’objet d’une définition ou d’une énumération limitative afin d’éviter de limiter la
protection aux seules prévisions légales. Les tribunaux ont appliqué le principe de
cette protection, au droit à la vie sentimentale et à la vie familiale, au secret relatif
à la santé, au secret de la résidence et du domicile, et au droit à l’image (article 16
de la Convention relative aux droits de l’enfant).
Viol (voir viol commis sur un mineur ou par un mineur)
Violence
La violence au sens du droit civil, est l’acte délibéré ou non, provoquant chez celui
qui en est la victime, un trouble physique ou moral comportant des conséquences
dommageables pour sa personne ou pour ses biens. L’enfant qui a subi cette
violence ou préjudice a droit à la réparation selon le Code civil (article 258).
Violences sexuelles
Elles peuvent être définies comme « tout acte sexuel, tentative pour obtenir un
acte sexuel, commentaire ou avances de nature sexuelle, ou actes visant à un
trafic ou autrement dirigés contre la sexualité d’une personne utilisant la coercition,
commis par une personne indépendamment de sa relation avec la victime, dans
84
tout contexte, y compris, mais s’en s’y limiter, le foyer et le travail20 ».
Selon la loi rwandaise relative aux droits et la protection de l’enfant contre les
violences, « toute relation sexuelle ou toute pratique basée sur le sexe faites à
l’enfant quelle que soit sa forme et le moyen utilisé, constituent le viol commis sur
l’enfant » (voir également l’article 7 de la loi portant prévention et répression des
violences basées sur le genre).
Dans beaucoup de pays, la loi reste floue en ce qui concerne les relations sexuelles
entre deux mineurs consentants. En fait, le problème est généralement considéré
comme du domaine de l’éducation parentale et n’est que très rarement présenté
devant les tribunaux.
Mais au Rwanda, des mineurs sont poursuivis et condamnés pour avoir eu des
relations sexuelles consentantes avec d’autres mineurs21.
Les violences sexuelles sont prévues par la loi n°27/2001 du 28/4/2001
relative aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences.
L’enfant a droit de connaître ses parents notamment sa mère et d’être élevé par
eux. Lorsque l’enfant se trouve dans l’impossibilité de vivre avec ses parents, il a
droit aux soins fondamentaux de ses parents et de leur rendre visite quand il le
veut à condition que cela ne porte pas atteinte à sa sécurité et à celle du pays.
Aussi longtemps que l’enfant n’a pas atteint l’âge de six ans, il doit vivre avec sa
mère à condition que cela n’aille pas à l’encontre de l’intérêt de l’enfant (article
9 de la Convention relative aux droits de l’enfant et article 7, loi n°27/2001 du
28/4/2001 relative aux droits et à la protection de l’enfant contre les violences).
Vulnérabilité
La vulnérabilité est la fragilité ou encore l’état d’une personne qui n’est pas capable
de se défendre par elle-même ou qui se défend mal face aux aléas de la vie. Dans
le contexte africain, la vulnérabilité n’est pas facile à définir.
Les enfants vulnérables sont les enfants exposés à des conditions qui ne leur
permettent pas de jouir des droits fondamentaux pour leur développement
20
OMS (2002), « Rapport mondial sur la violence et la santé ».
Le législateur rwandais devrait s’attarder sur la qualification et la répression
��
des relations sexuelles entre mineurs afin d’éviter qu’une loi censée protéger les
mineurs ne produise souvent des effets pervers.
85
harmonieux, notamment :
- Enfants qui vivent dans des ménages dirigés par d’autres enfants,
- Enfants dans des foyers de placement familial,
- Enfants de la rue,
- Enfants vivant dans des centres,
- Enfants en conflit avec la loi,
- Enfants avec incapacités physique ou mentale,
- Enfants affectés par des conflits armés,
- Enfants faisant l’objet d’exploitation ou d’abus sexuels,
- Enfants dans la main-d’œuvre,
- Enfants affectés de maladies graves ou infectés par le VIH/SIDA,
- Enfants dont la mère est en prison,
- Enfants de familles très pauvres,
- Enfants de réfugiés ou de personnes déplacées,
- Enfants de mère célibataire,
- Enfants qui sont mariés avant l’âge de la majorité,
- Enfants des ménages en situation de crise ou dont les parents sont séparés
(dans certains cas).
Les principales causes de la vulnérabilité des enfants au Rwanda tel qu’il ressort
du rapport sur les critères de vulnérabilité22 sont :
86
qui n’a pas été à l’école ou qui a interrompu le cycle de sa formation est voué
à la vulnérabilité et à l’échec parce que son avenir est remis en cause ;
- La famille nombreuse : une famille nombreuse n’ayant pas beaucoup de
moyens a du mal à satisfaire les besoins essentiels de ses membres, ce
qui génère la frustration des enfants les conduisant à la délinquance et à la
mendicité ;
- La maladie des parents comme le SIDA ou d’autres maladies chroniques
qui les empêchent de subvenir aux besoins de leurs familles.
Au Rwanda, les enfants vulnérables se caractérisent par :
Au niveau international
Au niveau national
88
enfants restent nombreux car il s’agit d’une quête permanente. La question de la
responsabilité pénale à 12 ans par exemple semble aller à l’encontre de la volonté
affichée de protéger les enfants. Il en est de même pour les délais de détention
des mineurs et des cas de « violences sexuelles » entre mineurs.
Avocats Sans Frontières développe quant à elle depuis janvier
2007 diverses activités en faveur des enfants :
- Assistance judiciaire aux mineurs en conflit avec la loi devant les tribunaux ;
depuis 2008, assistance aux mineurs à partir de la station de police dans
certaines régions.
- Assistance judiciaire en matière civile aux mineurs pour les actions en
pension alimentaire ou en réclamation d’un droit successoral.
- Formation des acteurs judiciaires sur les droits des mineurs (juges,
procureurs, avocats et officiers de police judiciaire).
- Formation des membres des ONG nationales sur les droits des mineurs et
sensibilisation sur le même sujet.
Xénophobie
Z
Zone
La zone est un lieu destiné à être utilisé pour des fins bien déterminées. On
89
distingue les différentes zones (neutres, de combats, etc.).
Selon la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en
temps de guerre et les protocoles additionnels, les femmes et les enfants doivent
faire l’objet d’un respect particulier et être protégés contre toute forme d’atteinte.
ANNEXES / IMIGEREKA
ANNEXE 1 / UMUGEREKA WA 1
90
UREGA / Demandeur :…………………………mwene / fils (fille) de……......………
na / et ……………………........…… wavutse / né(e) ……............………...…………
Utuye mu kagari ka/résidant dans la cellule de .....………… Umurenge/Secteur
……………………….. Akarere/District ………………………. Intara/Province
………………………………..………
Uhagarariye umwana/Représentant le mineur : amazina/nom et
prénom……………………… mwene/fils (fille) de …………………… na/et
………………………… wavutse/né(e)………………………
Utuye mu kagari ka/résidant dans la cellule de …..………… Umurenge/Secteur
…………… ……………….. Akarere/District ………………………. Intara/Province
………………………………..………
Umuhagarariye/Représentant :
Amazina/Nom :
Aho atuye/résidant :
Avoka cyangwa isano bafitanye/Avocat ou parenté
91
Urukiko rwa /Tribunal de ………………………………………………………………..
Umukono cyangwa igikumwe by’urega/signature ou empreintes digitales du
demandeur
Ingwate y’amagarama/frais de consignation ……………......……....…
Kitansi/Quittance ………………………..
92
ANNEXE 2 / UMUGEREKA 2
93
Uregwa/défendeur:
Amazina / nom et prénom ………………………………………………………………
Utuye mu kagari / résidant dans la cellule de ……..........………….....
umurenge/Secteur ……………Akarere/District …..…………………. Intara
cyangwa Umujyi wa Kigali/Province ou Ville de Kigali ……………… Igihugu/Pays
…………………………….
IBYO DUSABA URUKIKO/CONCLUSIONS
KUBERA IZO MPAMVU ZOSE/POUR TOUS CES MOTIFS:
Urega asaba urukiko / la partie demanderesse demande au Tribunal de :
- kwakira ikirego cy’umwana ahagarariye/Recevoir l’action du parent/ tuteur
représentant le mineur d’âge
- Kwemeza ko ikirego cyemewe kandi ko gifite ishingiro/Déclarer l’action recevable
et fondée
- Kwemeza ko umwana ari uwa Kanaka cyangwa Nyirakanaka/Affirmer que tel
ou telle est père ou mère du mineur
95
- Gutegeka uwo mubyeyi gutanga ibitunga umwana/Ordonner que la pension
alimentaire soit attribuée)
Umukono/Signature
96
ANNEXE 3 / UMUGEREKA WA 3
97
UKO IBINTU BITEYE / RAPPEL DES FAITS
98
- Kwemeza ko ikirego cyemewe kandi gifite ishingiro/Déclarer l’action recevable et fondée
- Kwemeza ko umwana ari uwe/ Affirmer qu’il est le père de l’enfant
Ubutabera buzaba bwubahirijwe/ Ainsi justice sera faite
Umukono/ Signature
99
ANNEXE 4 / UMUGEREKA WA 4
100
UKO IBINTU BITEYE / RAPPEL DES FAITS
101
KUBERA IZO MPAMVU ZOSE/ POUR TOUS CES MOTIFS :
Umukono/Signature
102
ANNEXE 5 / UMUGEREKA WA 5
HABURANA / EN CAUSE
ICYAHA / PREVENTION :
103
Uhagarariye umwana /représentant le mineur :
- Amazina/Nom et Prénom ………………………….................... mwene/
fils (fille) de ……………….na/et de ……………. wavutse tariki ya/né(e)
le ………………………utuye mu kagari ka/résidant dans la cellule de
…………………umurenge wa/Secteur de ………………… Akarere ka/District
de …………………………………..…….. Intara / Province de/Ville de Kigali
…………………………………
104
KU BIREBANA N’AMATEGEKO/ EN DROIT
Urega yerekana ingingo z’amategeko ashingiraho /La partie civile relève les
différentes dispositions légales sur lesquelles elle fonde son action.
Umukono /Signature
105
URUTONDE RW’IMIGEREKA/LISTE DES ANNEXES
Urega yerekana ingingo z’amategeko ashingiraho /La partie civile relève les
différentes dispositions légales sur lesquelles elle fonde son action.
108
URUTONDE RW’IMIGEREKA/ LISTE DES ANNEXES
109
Mandat d’Avocats Sans Frontières
110
111
112
113
114
115
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ING Privalis 630-0227491-85
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BIC: BBRUBEBB
Canadian International
Development Agency
116
L'enfant a le droit à la protection contre toute forme d'humiliation, et son éducation doit respecter strictement sa dignité. La Convention relative aux droits de l'enfant interdit également les atteintes illégales à sa réputation, et les immixtions arbitraires dans sa vie privée ou sa correspondance .
La contestation de paternité, ou action en désaveu, doit être portée devant le Tribunal de Base compétent. Cette action est généralement personnelle au mari, sauf dans certains cas précis où les héritiers peuvent la poursuivre. Elle doit être menée selon des délais stricts, et si l'enfant est mineur, il est défendu par sa mère ou un tuteur nommé par le tribunal .
Les parents sont tenus d'exercer l'autorité parentale conjointement, ce qui inclut la garde, la surveillance, l'éducation des enfants mineurs non émancipés, ainsi que la gestion de leurs biens. En cas de désaccord, le juge doit trancher en tenant compte de l'intérêt de l'enfant. Se soustraire à ces obligations peut entraîner des sanctions pénales allant jusqu'à deux ans d'emprisonnement .
Pour une action en reconnaissance d'enfant, le parent demandeur doit prouver soit une cohabitation ou une relation continue avec le parent prétendu. Des témoins peuvent corroborer ces faits. Si le demandeur est marié, le consentement de l'époux est généralement requis, sauf en cas de séparation de corps. Ces actions soutiennent les intérêts de l'enfant et sont jugées par le tribunal .
L'État rwandais a la responsabilité d'assister les parents pour garantir le développement de l'enfant en assurant un niveau de vie suffisant, permettant ainsi le développement physique, mental, spirituel, moral et social de l'enfant. Cette assistance implique également la mise en place de structures de soutien aux parents, conformément à l'article 18 et 27 de la Convention relative aux droits de l'enfant .
L'audition d'un enfant doit respecter les garanties d'un procès équitable telles que la présence d'un interprète si nécessaire, le respect de sa personnalité, et la programmation d'auditions durant les heures ouvrables. L'enfant ne doit pas être contraint de témoigner contre lui-même .
Lorsque les parents ne parviennent pas à s'accorder sur l'exercice de l'autorité parentale, le tribunal intervient pour garantir que les décisions prises sont dans l'intérêt supérieur de l'enfant, en veillant à sa protection et à sa sécurité .
Lors de l'interrogatoire d'un enfant en conflit avec la loi, les représentants légaux doivent être présents durant l'enquête de police, bien que cela ne soit pas toujours respecté en pratique. Devant le juge, l'enfant doit être assisté par un avocat. Ces mesures visent à garantir les droits de l'enfant dans le cadre d'un procès équitable, conformément à l'article 40 de la Convention relative aux droits de l'enfant .
Le Code pénal rwandais prévoit une peine d'emprisonnement d'un à cinq ans et/ou une amende n’excédant pas vingt mille francs pour quiconque prive volontairement un enfant de moins de 14 ans d'aliments ou de soins, compromettant ainsi sa santé .
L'adoption simple selon le Code civil rwandais permet à l'adopté de garder ses liens avec sa famille d'origine, y conservant tous ses droits et obligations, y compris le droit à l'héritage. Par ailleurs, l'autorité parentale passe à l'adoptant, mais les droits de l'adopté dans la famille adoptive se limitent aux biens de l'adoptant uniquement, et non à ceux de sa famille .